Archives de catégorie : Littérature

Comme un empire dans un empire – Alice Zeniter

J’avais beaucoup aimé L’Art de perdre du même auteur, alors quand ma sœur m’a recommandé la lecture de celui-ci, j’ai suivi son conseil. Et je n’ai pas vraiment accroché, ni à l’histoire, ni au style.

L’histoire me paraît être un prétexte à l’auteur pour donner son avis sur la société, et manque cruellement d’intérêt. Que ce soit les errements d’Antoine, assistant parlementaire d’un député socialiste en mal de vivre, ou ceux de « L », pseudo hackeuse à l’esprit perturbé.

Ma frangine parlait d’une histoire très ancrée dans la réalité sociale d’aujourd’hui… Franchement, je ne suis pas convaincu : si la crise des Gilets Jaunes est effectivement évoquée, c’est pour mieux la balayer comme une chose du passé. Quant aux « zadistes » ou assimilés, vivant en marge de la société, c’est pour montrer qu’on peut vivre comme ça quelques semaines, mais pas plus.

Concernant le monde des hackers, on a droit à un bréviaire documenté sur Anonymous, Assange, Wikileaks, etc… Beau travail de documentation, balancé au lecteur pour le meilleur et pour le pire. Le passage suivant m’a tout de même fait sourire :

L aurait pu, en revanche, lui parler de l’être formidable qu’était Elias au-dedans, la brièveté élégante de ses lignes de code, des motifs récurrents qu’elle pouvait repérer dans ses commandes DOS.

Je souhaite bien du courage aux hackers qui utilisent le DOS, ça ne va pas être facile pour eux ! 😛

En fait, il n’y a pas vraiment d’histoire, et c’est là tout le problème. Il faut attendre le dernier tiers du roman pour qu’il se passe enfin quelque chose, et le style de l’auteur que j’avais tant aimé dans l’Art de perdre (au service d’un vrai sujet), m’a paru ici ennuyeux, lénifiant. Oubliant que pour écrire un roman, il faut avoir une histoire à raconter.

Le titre est d’ailleurs un peu à cette image, un peu pompeux en regard du contenu. C’est un extrait de Spinoza, Éthique, III :

En vérité, on dirait qu’ils conçoivent l’homme dans la Nature comme un empire dans un empire.

Un roman qui sera vite oublié en ce qui me concerne…

Alice Zeniter, née en 1986, est une romancière, traductrice, scénariste, dramaturge et metteuse en scène de théâtre française. Elle a obtenu le Prix Goncourt des lycéens 2017 avec l’Art de perdre.

Les amazones – Jim Fergus

Troisième et dernier volet de cette trilogie… J’avais moins aimé le second, que dire du troisième ? Tout est permis dans cette suite, y compris faire revivre les personnages morts précédemment, ce qui permet de faire se rencontrer les personnages des deux premiers tomes, et de raconter encore la même histoire.

Autant dire que l’on va s’ennuyer ferme, avec ces nouveaux journaux entrecroisés de May et Molly. Déjà qu’il ne se passe pas grand chose… Heureusement le surnaturel est là, et permet à peu près tout ce que l’on veut, sans rien devoir expliquer : retour des disparus, passage dans un monde parallèle, retour dans le monde réel…

Dommage, avec les deux personnages contemporains, arrière-x-x-petits-enfants des premiers personnages qui apparaissent, il y avait sans doute mieux à faire. Molly Standing Bear, avec son don de « changeuse de forme », mystérieuse sur ses activités de recherche des femmes indiennes portées disparues dont personne ne s’occupe et surtout pas la justice américaine (les statistiques sont effrayantes : 5712 femmes disparues en 2016, et seulement 116 enregistrées par le DOJ), avec l’aide de Jon Dodd, journaliste de son état, aurait pu donner un roman totalement nouveau, contemporain, sur le sort de ces femmes indigènes de nos jours (meurtres, trafic, viols).

Sans doute le filon était-il trop beau, on ne change pas une histoire qui marche : quand même 400 000 exemplaires vendus en France pour « Mille femmes blanches » (et 1 million dans le monde) !!

Jim Fergus, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. “Mille femmes blanches” est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.

La vengeance des mères – Jim Fergus

Ce roman est la suite de Mille femmes blanches, que j’avais bien aimé, donc pourquoi ne pas continuer l’histoire ? Hélas, ce fût une déception, car cette « suite » n’est qu’une répétition du premier opus. Écrit seize ans après, ça ressemble fort à un objet commercial, destiné à surfer sur le succès qu’avait rencontré le premier tome.

Car on reprend la même histoire : un nouveau contingent de femmes blanches (alors que le projet avait pourtant été arrêté dans le tome 1), nouveau personnage principal féminin (Molly remplace May), nouvelle tribu (le chef Hawk remplace le chef Little Wolf), même rôle du méchant (qui perd à chaque fois, ouf !), anecdotes similaires, etc…

Bref, on s’ennuie ferme, car la découverte du monde indien n’est plus là, même si l’accent est semble-t-il plus mis sur la condition des femmes, particulièrement maltraitées dans le monde des blancs.

À noter que la femme sur la couverture s’appelle Pretty Nose, chef de guerre ayant combattu à la bataille de Little Bighorn. Elle était arapaho, et a fini sa vie dans une réserve, à l’âge d’au moins 102 ans !

Jim Fergus, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. “Mille femmes blanches” est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.

Mille femmes blanches – Jim Fergus

Je ne m’étais jamais décidé à acheter ce livre, qui se retrouve régulièrement sur la table des libraires depuis une vingtaine d’années. Peut-être le fait que ce soit un roman et pas une histoire vraie…

C’est en voyant sur la table du libraire le tome 3 « Les Amazones » que je me suis finalement décidé à lire cette (désormais) trilogie…

J’avoue avoir passé un bon moment avec ce premier tome. La lecture est aisée et agréable, et même si c’est de la littérature « grand public », l’histoire de ces femmes échangées contre des chevaux, et partant vivre avec les indiens cheyennes est intéressante et bien traitée.

La description du mode de vie des Cheyennes est bien décrite, une civilisation qui valait bien la notre (plus respectueuse de la nature, c’est certain !), sans pour autant l’idéaliser. À la fin de ce premier tome, l’expédition des jeunes guerriers chez leurs ennemis les Shoshones n’a rien à envier en terme de cruauté à l’attaque du camp par la cavalerie US…

L’impossibilité de voir cohabiter ce peuple avec l’invasion sans fin des blancs, qu’ils soient fermiers, chercheurs d’or, ou aventuriers est également bien décrite : tous réclament la protection de l’armée, et le seul choix laissé aux indiens est de rejoindre une réserve où ils devront se sédentariser et dépérir. Tout cela au mépris des traités précédemment signés, il va de soi : seul le « Grand Père Blanc » de Washington décide finalement de ce qui vaut la peine d’être respecté.

Je vais de suite attaquer le tome 2, intitulé « La vengeance des mères »…

Jim Fergus, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. « Mille femmes blanches » est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.

La force des choses T2 – Simone de Beauvoir

Dès le début de ce tome 2, Simone de Beauvoir reprend goût à la vie après son petit coup de blues à la fin du tome 1, quand elle voit sa jeunesse lui échapper. La vie étant ce qu’elle est, elle rencontre Claude Lanzmann avec qui elle va retrouver ce qu’elle croyait avoir perdu pour toujours.

Elle obtient en 1954 le prix Goncourt pour Les Mandarins, ce qui la rassure d’une part (son écriture lui a pris 4 ans), et lui apporte un certain confort matériel, elle qui vivait plutôt sur les deniers de Sartre jusqu’à présent (mais sans remord, puisqu’ils partagent tout).

Dans ce deuxième tome, la guerre d’Algérie, qu’elle qualifie de « drame personnel », est omniprésente. C’est donc aussi un excellent rappel des événements qui se sont passés durant cette période (1952-1962), et dont la France ne sort pas grandie. Elle y exprime d’ailleurs la honte qu’elle a ressenti pour son pays et ses concitoyens.

Ce n’est pas de mon plein gré, ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai laissé la guerre d’Algérie envahir ma pensée, mon sommeil, mes humeurs. Le conseil de Camus – défendre, malgré tout, son propre bonheur – personne n’était plus enclin que moi à le suivre. Il y avait eu l’Indochine, Madagascar, le Cap Bon, Casablanca : je m’étais toujours rétablie dans la sérénité. Après la capture de Ben Bella et le coup de Suez, elle s’effondra : le gouvernement allait s’entêter dans cette guerre. L’Algérie obtiendrait son indépendance : mais dans longtemps. À ce moment où je n’entrevoyais plus la fin, la vérité de la pacification acheva de se dévoiler. Des appelés parlèrent ; des renseignements affluèrent : conversations, lettres adressées à moi, à des amis, reportages étrangers, rapports plus ou moins secrets que de petits groupes diffusaient. On ne savait pas tout, mais beaucoup, mais trop. Ma propre situation dans mon pays, dans mon monde, dans mes rapports à moi-même s’en trouva bouleversée.

Cela va l’amener à s’impliquer beaucoup plus politiquement, on la découvre d’ailleurs très à gauche, et clairement contre les bourgeois et leur bien-pensance. Mais « après l’après-guerre », ce sont pourtant bien eux qui ont gagné, avec l’atlantisme.

Coïncidence, je lisais ce récit alors qu’à la TV débutaient les hommages au général de Gaulle (pour le 50ème anniversaire de sa mort) : le contraste était grand avec les amères critiques de Simone de Beauvoir à son égard. Car si de Gaulle revient au pouvoir en 1958 et accorde l’indépendance à l’Algérie en 1962, entre ces deux dates, il laissera faire bien des choses et il y aura beaucoup de morts, que ce soit en Algérie ou en France, par l’armée, l’O.A.S. ou la police.

Le livre ne se limite pas pour autant à la guerre d’Algérie, il y a aussi ses récits de voyages qui sont toujours aussi intéressants, à Cuba d’abord où Castro vient de prendre le pouvoir, mais aussi au Brésil, dont elle nous fait un long récit passionnant.

Elle termine ce livre par un dernier voyage en U.R.S.S. (alors sous Khrouchtchev), dont elle dresse un portrait sans doute un peu trop optimiste sur l’avenir du communisme, à l’époque en pleine déstanilisation. Comme quoi on peut être philosophe sans être visionnaire pour autant !

Revoyons un peu tout cela, avec quelques extraits :

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La force des choses T1 – Simone de Beauvoir

Retour à Simone de Beauvoir, et au récit de ses souvenirs, après Mémoire d’un jeune fille rangée, puis La force de l’âge. Nous sommes en 1945, c’est l’après-guerre dans un Paris libéré, avec l’envie de vivre mais aussi encore beaucoup de privations.

Ce premier tome s’achève en 1952. Entre temps, elle aura publié Le deuxième sexe, qui fera d’elle une figure de proue du féminisme, et commencé la rédaction de son roman Les Mandarins (qui lui prendra quatre ans, et pour lequel elle recevra le prix Goncourt).

Au-delà du récit de cette période riche en événements, j’ai trouvé ses récits de voyage sont particulièrement agréables à lire, elle sait en quelques phrases bien senties décrire un pays, une ville, ou un simple journée.

Une autre partie consiste en la fréquentation du milieu intellectuel parisien, pas forcément la plus intéressante, d’autant que Simone de Beauvoir ne prend pas la peine de vous présenter ses interlocuteurs, tant pis pour vous si vous ne les connaissez pas (parfois, ce ne sera même qu’un initiale qui sera utilisée). J’ai tout de même retenu cette remarque qu’elle fait quand elle se rend à un cocktail à la demande de Sartre :

Sourire aussi cordialement à des adversaires qu’à ses amis, c’est ramener les engagements à des opinions, et tous les intellectuels, droite ou gauche, à leur commune condition bourgeoise. C’est elle qu’on m’imposait ici comme ma vérité et c’est pourquoi j’eus cette cuisante impression de défaite.

Voyons voir un peu tout cela…

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Underworld – William R. Burnett

J’ai d’abord entendu parler de cet auteur grâce à Bertrand Tavernier, qui en faisait l’éloge dans la postface de La Route de l’Ouest. Puis j’avais lu l’excellent Terreur Apache, et enfin un polar tout aussi bon intitulé Fin de parcours trouvé par hasard dans une librairie.

J’ai été agréablement surpris quand j’ai vu que Quarto avait publié ce recueil, les romans de Burnett n’étant pas forcément facile à trouver. De plus, j’aime bien les publications de Quarto, toujours bien documentées, où l’on en apprend toujours sur l’auteur, son histoire, son univers (on y trouve une biographie, une filmographie, etc….).

Il s’agit ici de romans noirs, de polars, pour lesquels Burnett est d’ailleurs le plus connu (que ce soit en tant qu’écrivain que comme scénariste), même s’il s’est essayé d’autres styles, comme des westerns par exemple, mais pas seulement. Comme il est dit dans l’excellente préface de Benoît Tadié :

Avant Burnett, il y avait des gangsters dans le roman, mais pas de roman de gangsters. Ce genre qui n’existait pas, il l’avait inventé en 1929 et continuerait à le dominer pendant plusieurs décennies, déportant le centre (le détective) à la marge, ramenant la marge (le gangster) au centre, découvrant un univers dans la tête de criminels professionnels et d’outlaws.

Je retiens aussi de lui sa trilogie « western » : Adobe Walls (Terreur Apache – 1953), suivi de Pale Moon (Lune pâle – 1958), et enfin Mi Amigo (1959). J’ai pu lire le premier en format poche, le dernier en format epub, et je les ai trouvé très bons. Mais Pale Moon n’est disponible qu’en format broché (22€), ça m’embête de mettre ce prix pour un livre datant de 1956. Mais il s’agit d’une nouvelle traduction, de 2018, gageons qu’Actes Sud le publiera en format poche bientôt…

Voyons voir un peu le contenu de ce Quarto…

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Les tambours de la pluie – Ismaïl Kadaré

Livre recommandé par ma sœur Dominique. Et bonne recommandation, l’histoire est plaisante à lire, et de plus basée sur des faits historiques. Nous sommes au XVème siècle, et l’Albanie a des envies d’indépendance vis-à-vis du tout-puissant Empire Ottoman. Le conflit paraît déséquilibré à priori !

Le contexte historique : Georges Kastriote, fils d’un prince albanais, avait été pris en otage dès son plus jeune âge par le sultan, et élevé à la cour (l’Empire ottoman, comme les romains d’ailleurs, était friand de ce genre de pratiques). Il devint ainsi général de l’Empire à l’âge de 22 ans. Un beau jour, le redouté général Skandergerg (il était appelé ainsi) déserta l’armée ottomane et rejoignît son pays d’origine, qu’il n’avait jamais oublié. Ce sera le début d’un conflit qui durera vingt-cinq ans, entre la petite Albanie et la superpuissance ottomane, et qui deviendra l’acte fondateur de l’Albanie.

Ce roman décrit les débuts de ce conflit, avec la première expédition de l’armée ottomane, avec le siège d’une citadelle. Les forces en présence laissent peu de doutes quant à l’issue de la bataille, et pourtant… Les tambours de la pluie annonceront la fin du siège jusqu’à la saison prochaine ! C’est très bien écrit, et le récit se passe côté turc, à travers quelques personnages qui dévoilent le côté implacable et tout-puissant du pacha ! Mais les astrologues, les énormes canons pas plus que les fameux janissaires ne seront suffisants pour emporter la bataille… La soif de liberté des assiégés sera plus forte.

Ismaïl Kadaré, né en 1936, est un écrivain albanais. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains et intellectuels européens du XXe siècle et, en plus, comme une voix universelle contre le totalitarisme.

Terres de crépuscule – J. M. Coetzee

C’est en lisant un article du Monde, pendant le confinement, que j’avais noté ce livre dans ma liste. Il s’agit de deux nouvelles, intitulées « Le projet Vietnam » pour la première, et « Le récit de Jacobus Coetzee » pour la seconde.

« Le projet Vietnam » regroupe plusieurs analystes censés réfléchir à comment gagner cette guerre (côté américain). C’est le récit à la première personne de l’un de ceux-ci, Eugène Dawn, qui a manifestement perdu la boule et est en plein délire paranoïaque, persuadé que son supérieur, un certain Coetzee (!) veut se débarrasser de lui. Toujours est-il que ce qu’il propose dans son rapport est réellement glaçant : très documenté, prenant en compte la culture et la mythologie vietnamienne pour développer ses idées extrêmes, il propose purement et simplement l’extermination de l’ennemi Vietcong. Son délire le mènera fort heureusement à l’asile, place qu’il appréciera finalement puisque les médecins lui demandent de s’expliquer, ce qu’il considère comme une marque de considération… Le fait que ce récit soit écrit à la première personne donne un relief particulier à ce texte, nous plaçant au cœur des divagations de Dawn.

Le second texte, intitulé « Le récit de Jacobus Coetzee » est également écrit à la première personne, c’est le récit de l’expédition d’un colon hollandais en Afrique du Sud, qui se rend dans des territoires encore vierges pour chasser l’éléphant, accompagné par quelques serviteurs indigènes. Il va croiser une tribu dont il ne sait pas si elle est vraiment amicale, et y tomber malade, ce qui va très vite compliquer les choses : pendant sa fièvre, ses biens sont dispersés, son personnel retourne à la vie tribale ; il perd tout, sans pour autant subir aucune violence… Il réussira à s’en échapper, accompagné de son seul vieux serviteur, et à revenir à sa ferme. Il retournera alors avec une troupe sur le territoire de la tribu pour se venger. Là encore, ce que raconte ce Jacobus est assez glaçant, exprimant le racisme ordinaire des colons de cette époque (l’histoire se passe en 1685). L’histoire semble véridique, établie et racontée par un ancêtre de l’auteur…

Voilà donc deux récits donnant à voir la façon de penser de deux hommes qui sont chacun à leur manière bien loin des qualités que l’on attend d’un être humain, tout cela raconté sans affect, afin de laisser le lecteur face à face avec cette terrible réalité. C’est aussi ce qui leur donne toute leur force. Car c’est très bien écrit, l’auteur maîtrise son art d’écrivain, ne choisit pas des sujets faciles et ne fait rien pour arrondir les angles !

J.M. Coetzee, né en 1940 en Afrique du Sud, est un romancier et professeur de littérature australien. Prix Nobel de littérature en 2003, voilà ce que dit sa page Wikipedia, ce qui confirme l’impression ressentie à la lecture de ces deux nouvelles :

Marquée par le thème de l’ambiguïté, la violence et la servitude, son œuvre juxtapose réalité politique et allégorie afin d’explorer les phobies et les névroses de l’individu, à la fois victime et complice d’un système corrompu qui anéantit son langage.

C’est avec son roman Disgrâce qui traite directement de la société sud-africaine post-apartheid, qu’il écrit son œuvre de maturité (dont le succès fait beaucoup pour l’attribution du prix Nobel). Il a été porté à l’écran par Steve Jacobs en 2010.

Le nom des étoiles – Pete Fromm

Livre offert par amis, je ne connaissais pas l’auteur, son plus grand succès est « Indian Creek », roman autobiographique qui raconte son expérience de la solitude dans les montagnes rocheuses lorsqu’il était âgé d’une vingtaine d’années (1978-79).

Celui-ci est un peu similaire j’imagine, quand 25 ans plus tard, on lui propose d’aller passer un mois dans un parc du Montana, pour surveiller la croissance d’alevins, dans une zone par ailleurs peuplée de grizzlys. Il est alors marié, a dépassé la quarantaine, et est père de deux enfants.

La lecture est agréable, l’auteur partage bien son amour de la nature, son expérience de la solitude, de la faune locale, même si la rencontre avec un grizzly tient plus de l’Arlésienne ! Il profite aussi de cette solitude pour revenir sur les grandes étapes de sa vie, qui l’ont amené ce présent.

Et c’est un peu le problème de ce livre : il ne se passe pas grand chose, l’auteur est partagé entre son amour d’une telle vie, et le manque qu’il ressent de ses enfants, qui occupent ses pensées en permanence et qui sont devenus le sel de sa vie. Le quotidien est raconté en détail, mais hormis cela, il n’y a pas grand chose. Et l’ennui n’est jamais très loin, malgré l’évidente sincérité de l’auteur à décrire ce qu’il ressent et perçoit. Il faudra attendre l’épilogue pour une belle leçon de vie…

À voir si « Indian Creek » est plus intense en expérience, c’est sans doute le cas. En lisant celui-ci, je me disais que l’histoire ne méritait pas vraiment d’être contée.

Pete Fromm, né en 1958 (excellente année ! 😛 ), est un écrivain américain. Il a fait plusieurs petits boulots comme maître-nageur puis de « Ranger » dans un parc national avant de renconter un modeste succès avec son premier recueil de nouvelles en 1992.