Archives de catégorie : Littérature

Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa

Une fois n’est pas coutume, j’ai vu le film avant de lire ce roman. En fait j’avais offert le roman à une amie, puis remarqué qu’il avait été adapté à l’écran.

Mais bon, le film m’a tellement plu que j’ai voulu lire le livre. Et honnêtement, l’adaptation est bonne et respecte l’essentiel de l’histoire, même si comme toujours il y a plus de choses dans le roman.

C’est une très belle histoire, pleine de sensibilité, et la culture japonaise n’y est pas étrangère, comme la relation entre les trois personnages : l’homme désabusé, la vieille femme et la jeune fille. Et vous ne cuirez plus les haricots de la même manière après avoir lu ou vu cette histoire ! 😉

Je ne veux pas en dire plus pour ne rien dévoiler, mais ce petit roman est une belle surprise. Je ne peux que le recommander, et plutôt dix fois qu’une.

Durian Sukegawa, nom de plume de Tetsuya Sukekawa, est né en 1962 à Tokyo. Il est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon. “Les délices de Tokyo” est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase en 2015.

Blind Lake – Robert Charles Wilson

J’ai entendu parler de ce roman de SF sur l’excellent site linuxfr.org : et oui, on n’y parle pas que de linux ou de logiciels libres, et cela en fait tout son charme.

Je découvre donc cet auteur de SF par la même occasion, et ma foi j’ai été agréablement surpris : la lecture est facile, l’histoire prenante et le récit addictif, les personnages humains et attachants, et on ne part pas dans des délires sans queue ni tête. À ce titre, cela m’a fait penser à Philip K. Dick, même si les sujets abordés sont différents, et les personnages moins “perturbés”…

Que se passe-t-il donc à Blind Lake, un centre de recherche disposant d’une sorte de télescope (“l’Œil”) très sophistiqué qui permet de suivre les moindres faits et gestes d’un extraterrestre (“le Sujet”) sur la planète UMa47/E, située a cinquante années-lumière…

Un blocus vient d’être décrété, et toute communication brusquement coupée avec le monde extérieur. Personne ne comprend ce qui se passe… à part Tess, une petite fille au syndrome d’Asperger, qui semble voir des choses que les autres ne voient pas. Chris, un journaliste venu là pour un simple interview et pris dans le blocus va enquêter… C’est le moment que “Le Sujet” choisit pour brusquement quitter sa routine immuable et s’enfoncer dans le désert…

L’Œil est piloté par des systèmes O/BEC, des calculateurs quantiques ET organiques dont les hommes ne maîtrisent plus vraiment le fonctionnement : les hommes l’entretiennent, se contentant de lui fournir le bon environnement, et le système se développe par lui-même, atteignant une complexité inédite. Il est ainsi capable de décrypter un signal extrêmement faible et brouillé parvenant de planètes lointaines, et de reconstituer les images.

Mais peut-on vraiment faire confiance aux informations fournies par l’Œil ? La création de l’homme (tel l’apprenti-sorcier) l’a manifestement dépassé, dès lors quelle peut ou doit être la relation entre l’homme et la machine ? “Le Sujet” apportera une réponse…

Robert Charles Wilson, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d’origine américaine. Il a reçu le prix Hugo pour son roman Spin en 2006. Ce roman est le premier d’une trilogie, et apparemment le meilleur des trois… Il est déjà sur l’étagère en attente de lecture !

Les étoiles s’éteigent à l’aube – Richard Wagamese

Ce roman est le premier de l’auteur, et le deuxième que je lis, après Jeu blanc. C’est celui-ci qui est censé être le meilleur, selon le libraire, l’ordre de lecture est donc ascendant !

Belle histoire, prenante, d’un fils que son père alcoolique a choisi de confier à un vieil homme afin qu’il l’éduque avec des principes et des valeurs, ce dont il aurait été incapable…

Franck grandit à la ferme, au contact de la nature, développant une personnalité peu loquace, peu compatissante, où les rares rencontres avec son père ne lui apportent que frustration.

Sentant la mort venir, le père appelle son fils pour son dernier voyage, car il veut être enterré en haut d’une crête, face à un magnifique paysage, comme le faisaient les anciens guerriers.

Ce voyage permettra au père de faire le récit de sa vie, une vie difficile de journalier amérindien, qui part faire le guerre de Corée, une autre guerre de tranchées, et y commettra un acte qui le hantera toute sa vie. Et d’enfin parler à Franck de sa mère.

Franck pardonne-t-il à son père en fin de compte ? Difficile à dire, mais au moins il connaît désormais l’histoire de ses ancêtres, la place du vieil homme dans l’histoire, et semble plus apaisé. Le pardon viendra sans doute plus tard.

Richard Wagamese (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne Ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario.

Jeu blanc – Richard Wagamese

Roman recommandé par Graing, lecteur occasionnel du blog, dans un commentaire sur cet article à propos d’un roman de Joseph Conrad.

Lorsque j’ai demandé ce livre au libraire, ce dernier m’a immédiatement recommandé le premier livre de cet auteur, “Les étoiles s’éteignent à l’aube”. J’ai donc pris les deux, mais commencé par celui-ci.

J’ai bien aimé cette histoire, on est tout de suite accroché par ce récit qu’un indien appelé Saul, en cure de désintoxication alcoolique, nous fait de sa vie, en commençant par son enfance, lorsqu’il vivait en pleine nature, loin de la civilisation, avec sa grand-mère qui lui apprenait les coutumes anciennes, et avec qui il partageait des visions, car il avait également ce don.

Puis Saul se retrouve dans une école chrétienne, “éduqué” de force, forcé d’oublier sa culture et même son langage, comme tant d’autres indiens… Mais un prêtre introduit le hockey et forme une équipe. Et c’est la révélation. Saul se passionne pour ce jeu, et son don lui permet de “voir” les lignes de jeu, les espaces qui se libèrent… Dès son premier match, son talent explose. Vient son ascension dans le monde du hockey, jusqu’à rejoindre une équipe de haut niveau : mais que ce soit les coéquipiers ou les spectateurs, il reste un indien partout et tout le temps. Il se venge par le jeu, mais devient alors la cible de coups, et finit par les rendre, devenant un joueur violent et individualiste…

Il quitte alors sa famille d’adoption, enchaînant les petits boulots, avec toujours cette violence en lui, prête à éclater. Il devient bûcheron, où sa violence éclate pour de bon. Puis il sombre dans l’alcool… Il se retrouve dans un centre de désintox, retour au début du bouquin. Le dénouement final, je ne vous le dévoile pas, mais il m’a pris de court, tout est soudain revisité sous un nouvel éclairage…

Belle histoire donc, bien écrite, où la période du hockey tient l’essentiel du roman, c’est presque dommage, mais c’est tout de même très prenant, et plein d’émotions.

Richard Wagamese (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario. Ce roman (son deuxième) est fortement inspiré de sa propre vie ou celle de sa propre famille. Il a été adapté au cinéma en 2017 par Stephen S. Campanelli sous le titre “Indian Horse”.

Zomia ou l’art de ne pas être gourverné – James C. Scott

Ce livre m’avait été recommandé il y a pas mal de temps par mon libraire de Puteaux ! J’avais noté le titre dans un coin, et suis retombé dessus par hasard, alors qu’il vient d’être publié en format poche. C’était le moment de l’acheter et de lire.

Il s’agit donc d’un essai, sur un sujet très intéressant qui bouscule pas mal d’idées reçues. Il y a toutefois beaucoup de redites, ce qui rend la lecture de l’ouvrage un peu fastidieuse (626 pages). Mais l’essentiel du message est passionnant, même s’il est assez vite compris.

En plus, la zone géographique concernée est l’Asie du Sud-Est, où j’étais encore il y a peu… Ma vision des ethnies locales (particulièrement en Birmanie) est désormais très différente de ce qu’elle était !

Alors de quoi s’agit-il ? Ces fameuses ethnies sont souvent perçues et présentées comme nos ancêtres, vivant dans les montagnes, n’ayant pas encore rejoint la société civilisatrice… L’auteur nous propose une toute autre explication, celle de peuples ayant fui les vallées vers des zones refuges, hors d’atteinte d’un État trop autoritaire et contraignant : travail forcé, impôts, conscription, religion, etc…

Il n’y a là aucune séquence évolutionniste, et les tribus ne sont pas “antérieures” aux États. Elles représentent plutôt une formation sociale qui se définit par sa relation à l’État : “Si les dirigeants du Moyen-Orient ont dû affronter un “problème tribal”, […] on peut dire que les tribus ont fait face à un éternel “problème de l’État”.”

Cette contre-histoire est en elle-même passionnante, et on y apprend plein de choses, comme par exemple que la muraille de Chine (et une autre pour les Miao, au sud de la Chine) ont autant servi à se protéger des barbares venant de l’extérieur que pour empêcher la population de partir…

Voilà un peu plus d’explications sur la Zomia (qui vient de Zo “reculé” et Mi “peuple”), ainsi que quelques extraits…

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Power – Michaël Mention

J’ai acheté ce livre sur la table du libraire quand j’ai vu qu’il racontait l’histoire des Black Panthers. C’était l’occasion d’en savoir plus sur ce mouvement, et ce roman a parfaitement répondu à mes attentes, brisant pas mal d’idées reçues.

C’est donc l’histoire du BPPFSD (Black Panther Party For Self Defense), depuis sa création jusqu’à son éclatement et ses dérives largement orchestrées par le FBI (programme COINTELPRO).

Le rythme de l’écriture est assez haletant, comme ce que vivent les personnages que nous allons suivre ; les scènes violentes arrivent sans prévenir, comme dans la rue. C’est très prenant, pour peu qu’en plus on s’intéresse à cette époque où l’Amérique bascule (années 60-70).

Nous allons suivre trois personnages, chapitre après chapitre : une jeune militante du BPP, un flic blanc et un infiltré par le FBI. Tous vont plus ou moins finir par être détruits, chacun à leur manière. Les destins croisés de Charlène, Neil et Tyrone vont vous accrocher, c’est certain !

Cerise sur le gâteau, il y a des références fréquentes à des morceaux de musique de l’époque, que l’auteur a eu la bonne idée de lister en fin d’ouvrage : l’occasion de se faire une “Playlist” (32 morceaux), et d’une belle découverte en ce qui me concerne avec ce morceau :

May Blitz (Album May Blitz) – Smoking the Day Away

Voilà quelques notes prises lors de la lecture de ce roman, qui peut sans aucun doute être pris comme une belle retranscription de l’époque, tout en restant un roman et donc une fiction.

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Lune Comanche – Larry McMurtry

Autant le dire tout de suite : c’est un bon cru ! Après la découverte de l’excellent Lonesome Dove, j’avais été très déçu par La marche du mort. J’avais donc des doutes en attaquant ce gros volume (790p).

Mais ils furent vite dissipés, et on retrouve nos deux rangers au début de leur carrière, pour des aventures prenantes. Le roman se situe chronologiquement entre leurs débuts dans La marche du mort, et bien avant Lonesome Dove.

Les personnages sont toujours aussi marqués : les deux chefs indiens d’abord, avec le voleur de chevaux Kicking Wolf, et le redoutable guerrier Buffalo Hump sans oublier son fils le très méchant Blue Duck . Il y a aussi le capitaine des Texas Rangers, Inish Scull, un héros qui s’ennuie tellement qu’il va jeter entre les mains d’Amuhado, le “Black Vaquero”, véritable incarnation du mal, mexicain aux origines probablement Maya, aux tortures très raffinées…

Bref on ne s’ennuie pas, même si on se demande toujours quelle est la part de vérité historique concernant l’époque, ou la culture Comanche… Tout pourrait être complètement inventé ! Mais il faut bien dire que l’on dévore les pages, sauf peut-être au début de la troisième partie, après la guerre de Sécession, qui met du temps à démarrer.

Si vous avez aimé Lonesome Dove, vous aimerez certainement Lune Comanche.

Larry McMurtry, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Il a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain.

Entre ciel et terre – Jón Kalman Stefánsson

Nouvelle lecture d’un roman conseillé par Béatrice, une amie de ma sœur. C’est aussi le premier ouvrage d’une trilogie. Hélas, je n’ai pas vraiment accroché.

La narration au style particulier nous emmène vite dans l’atmosphère du récit, dans cette vie rude des pêcheurs islandais. Et on se laisse emporter par l’histoire, sans savoir où celle-ci va nous emporter, comme la barque qui les emmène vers le large alors que la tempête menace.

Un gamin va perdre son ami qui aimait tant la poésie, au point d’en oublier de mettre sa vareuse en prenant la mer, chose peu crédible soit dit entre nous… Par ces latitudes glaciales, une telle erreur se paie cash.

Dès lors, le gamin va retourner au village et l’histoire s’essouffle, le style perd de sa force… Le gamin va être recueilli, l’occasion de décrire brièvement la vie au village, monotone, dans ce pays qui n’a pas de grandes villes… Une vie certes moins dure que celle des pêcheurs, mais guère plus réjouissante, avec l’alcool comme ultime recours. La fin de l’histoire arrive vite, et c’est tant mieux.

Bref, je n’ai pas été conquis par ce premier roman de l’auteur : malgré un bon début, l’histoire et le style ne tiennent par leurs promesses.

Jón Kalman Stefánsson, né en 1963, est un écrivain et poète islandais. Sa trilogie romanesque (ce roman donc , suivi de “La Tristesse des anges” et “Le Cœur de l’homme”) lui ont apporté reconnaissance et succès.

Ti-Puss – Ella Maillart

Premier livre d’Ella Maillart d’où je ressort déçu… Pourtant j’aime l’auteur et ses récits de voyage, j’adore l’Inde où j’ai fait mon premier grand voyage, et je n’ai rien contre les chats…

Mais là, j’ai trouvé un mélange des genres plutôt raté : le récit est centré sur sa chatte Ti-Puss et sa relation à elle, tout en suivant les préceptes de maîtres de méditation et de sagesse indiens qui prônent le détachement de soi et des choses matérielles de ce monde.

Or c’est un peu à l’inverse auquel nous assistons : elle croit voir en Ti-Puss l’expression de la sagesse qu’elle recherche désespérément en Inde. J’y vois plutôt un attachement et un amour plutôt égoïste, loin de “l’Amour” débarrassé du “Moi” individuel comme lui enseignent les sages… Et comme tout un chacun avec son animal domestique, elle lui attribue des qualités humaines : la route vers le détachement est encore longue !

De plus, le style est plutôt heurté, arrivant rarement à donner un tableau de son environnement, et c’est vraiment dommage, on est tout de même en Inde, où le dépaysement est omniprésent ! Les seuls passages fluides concernent Ti-Puss, et encore…

Dans son désir d’apprendre, elle vit avec les indiens, à l’écart des autres blancs (qui ne se mélangent pas), mais va tout de même régulièrement retrouver des amis européens manifestement fortunés, partant même faire une chasse au tigre ! Tout cela me paraît dès lors très confus.

Bref, vous l’aurez compris, très déçu par ce récit. C’est l’éternelle histoire du voyageur-écrivain ou de l’écrivain-voyageur. Ici, le voyageur écrit sans vraiment voyager, et donc échoue.

Autres livres d’Ella Maillart sur ce blog :

Ella Maillart (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. J’ai désormais lu ses principaux récits de voyage. Le meilleur est sans conteste “Oasis interdites”, suivi par “La voie cruelle”. “Croisières et caravanes” est un résumé de sa vie, et peut être une porte d’entrée à son œuvre.

Pour qui sonne le glas – Ernest Hemingway

C’est après avoir regardé un documentaire sur la guerre d’Espagne, La tragédie des brigades internationales sur Arte, que j’ai eu envie de lire ce livre. J’avais aussi noté “Aventures d’un jeune homme” de John Dos Pasos, mais de ce que je lis à son sujet, c’est un peu daté.

Et c’est aussi ce que l’on peut remarquer avec celui-ci : écrit en 1940, le style est vraiment différent de ce que l’on pourrait écrire aujourd’hui sur un tel sujet. Mais la magie opère, on se laisse tout de même prendre par le récit, malgré une première partie un peu lente.

Les dialogues entre les personnages sont particulièrement directs, est-ce parce que les personnages sont rustres ? ou est-ce l’éventualité d’une mort prochaine qui apporte cette urgence et ce besoin de vérité ? Cette proximité et les questionnements qu’elle soulève sont captivants.

Les personnages prennent corps peu à peu, entre Roberto l’américain venu se battre par idéal et ces paysans espagnols qui se battent pour une République qu’ils connaissent à peine. Roberto est envoyé par l’armée républicaine pour faire sauter un pont, et a besoin de leur aide, mais l’opération est rendue dangereuse car elle doit se faire absolument le matin, ce qui rend la fuite périlleuse.

Le coup de foudre entre Roberto et Maria la jeune et belle espagnole opère dans cette urgence que le danger implique. Les hommes boivent beaucoup de vin et s’expliquent durement… Mais l’on s’ennuie tout de même un peu dans cette première moitié de roman.

Les choses sérieuses commencent lorsqu’une patrouille passe près de leur camp. Les réflexions sur la mort, sur l’acte de tuer d’autres hommes, et peut-être d’aimer le faire, travaillent Roberto… Un autre camp de partisans est attaqué, et massacré sans qu’ils n’interviennent car l’objectif stratégique c’est le pont. On est alors pris par le récit et l’action, jusqu’à ce que le glas sonne…

D’ailleurs, le titre vient d’un texte de John Donne présenté en exergue du roman, dont voici la fin :

La mort de tout homme me diminue, parce que je suis solidaire du Genre Humain. Ainsi donc, n’envoie jamais demander : pour qui sonne la glas ; il sonne pour toi.

J’en ai profité pour regarder le film qui en a été tiré, et qui date lui de 1943, réalisé par Sam Wood. Il est assez fidèle au roman, mais très prude sur la relation entre Roberto et Maria… C’en est d’ailleurs assez amusant quand on compare les scènes décrites ou plus souvent manquantes à ce sujet ! Toujours est-il que le film n’a pas le charme du roman, ni sa profondeur.

Ernest Hemingway (1899-1961) est un écrivain, journaliste, et correspondant de guerre américain. Il participa à la guerre d’Espagne comme journaliste aux côtés des républicains, et écrira ce roman par la suite. Si l’on en croit la page wikipedia, il se fâchera avec son grand John Dos Pasos lors de la mort suspecte de l’écrivain José Robles Pazos attribuée aux Staliniens. Son analyse de la guerre d’Espagne, sa compromission locale avec la propagande stalinienne et l’absence d’aide d’Hemingway face à la disparition de son ami, insupportent Dos Passos.