Thaïlande : fin du voyage

24/01/2019 – Mae Sot

Départ ce matin de Moulmein en Birmanie, en taxi collectif. Au moment de régler ma note à l’hôtel (après un petit-déjeuner aussi copieux que la veille), la dame s’excuse pour hier soir, car une (jeune) employée a voulu entrer dans ma chambre alors que j’y étais ! Je la rassure en lui disant que ce n’est rien, et qu’il n’est même pas besoin de s’excuser.

Le taxi vient me chercher à l’hôtel, et je monte devant à côté du chauffeur, un jeune gars. Nous sommes quatre personnes, je paie 10 000 K, il y a 3h de route de prévu, avec une partie où la route est défoncée, et les ponts encore précaires… La dernière partie est par contre une belle route sinueuse qui serpente à travers la chaîne montagneuse, et où le chauffeur manifestement s’éclate et roule à fond. Ça va, mais c’est tout de même un peu chaud parfois pour doubler des camions. Il anticipe beaucoup, il me fait l’effet d’un jeune qui n’a pas encore connu d’accident et sous-estime les dangers de la route.

À l’arrivée, il me dépose dans une rue et me montre au loin le poste frontière. Je pars donc à pied, sors de Birmanie, arrive au poste Thaïlandais, remplis la fiche d’immigration, puis je prends un tuk-tuk collectif pour 20 Baths pour rejoindre la ville de Mae Sot, située à quelques kilomètres. J’ai réservé une chambre pour deux nuits au Hop Inn, une sorte d’Ibis local. C’est un peu à l’écart du centre ville, mais c’est moderne, très propre, efficace, et avec un petit déjeuner sympa en extérieur.

Je déjeune rapidement dans le centre-ville, dans un petit restaurant genre fast-food mais avec de vrais plats tout de même. Je discute un peu avec le patron, puis reprends mon sac à dos et file à l’hôtel me reposer un peu.

Le soir, je croise un jeune cyclo-touriste français : avec son frère, il est parti du Vietnam et ils comptent rejoindre la France à vélo ! Pour ne pas faire QUE du vélo, et rendre leur voyage utile, ils plantent des graines d’arbres fruitiers au fil des associations qu’ils rencontrent pendant leur voyage. Ici, à Mae Sot, c’est une association qui s’occupe de réfugiés birmans (il y en a beaucoup à Mae Sot).

Plus tard, je prends une bière dans un bar sympa, et commence à discuter avec un groupe d’anglais et de suisses assis à côté de moi. Ils ont à peu près mon âge, et se déplacent en moto ; ils passent la frontière demain, direction le Myanmar. Ils veulent descendre tout au Sud puis remonter côté Thaïlande. Il y a un certain Alan, qui est du pays de Galles (et que j’ai bien du mal à comprendre, il a un accent terrible), mais qui a l’air d’être un sacré numéro.

C’est lui qui a engagé la conversation alors que je buvais ma bière tranquille : revenant du bar pour s’asseoir à sa table, il passe devant moi, et me demande de quel pays je viens. Je lui réponds la France, il me répond qu’il n’est jamais allé en France, et va s’asseoir. Puis il se retourne vers moi et me dit : “Take this as a compliment”… Je lui réponds que puisqu’il le dit… On rigole, et c’est comme ça que la conversation commence. La femme à côté de lui, qui est suisse, participe à la conversation, et on échange sur nos voyages, on parle du Myanmar, je leur dis combien j’ai aimé ce pays et ses habitants que je trouve fantastiques.

Quelques minutes plus tard, il me dit que nous sommes frères puisque je suis breton et lui gallois ! Il connaît un peu la Bretagne, et me dit qu’on ne paie pas les autoroutes chez nous, et qu’une ville a même été indépendante de la France, il cherche le nom sans le trouver, et je suis incapable de l’aider, je ne connais pas cette histoire : je me renseignerai plus tard, il s’agit de St-Malo, qui a proclamé son indépendance et fondé la République de St -Malo en 1590, qui a duré 4 ans. On en apprend tous les jours et quelque soit l’endroit !

Alan me raconte aussi que la dernière invasion du pays de Galle, c’était les soldats français, qu’ils ont débarqué dans le champ de son ancêtre, et que l’horloge familiale a encore le trou d’une balle tirée un soldat français, etc… Je dois préciser qu’Alan n’en est pas à sa première bière, et qu’il a le verbe facile ! Mais bon, on rigole bien, et heureusement que les suisses sont là pour me traduire certains passages en français !

Je vais ensuite dîner dans un resto indien, et rentre à l’hôtel.

25/01/2019 – Mae Sot

Je passe une journée tranquille à Mae Sot. Je change mes derniers Kyats dans un “Money Shop” car la banque n’en veut pas ! Du coup, je change aussi mon dernier billet de 50$ dans un autre “Money shop”, muslim celui-là, car le taux de change est meilleur : 31,40 au lieu de 31,26 ! Bon, c’est plus pour le principe qu’autre chose, et en plus ça m’occupe, je n’ai pas grand chose d’autre à faire…

Bouddha débonnaire…

Je me promène, visitant quelques temples et pagodes, là aussi histoire de passer le temps, car au niveau de l’émotion que cela suscite en moi, on est proche du néant.

D’une manière générale, je vois les moines comme des parasites de la société, je n’ai plus aucune fascination pour le bouddhisme et sa spiritualité comme j’ai pu en avoir quand j’étais plus jeune. Pour moi, les moines représentent une “église” comme les autres, vivant sur le dos de la communauté, qui se saigne pour elle (obole quotidienne, dons pour la construction de temples, etc…).

Plein de Bouddhas, grands, petits, ronds…

Puis je cherche la gare routière sur OsmAnd car je dois réserver un ticket de bus pour demain. OsmAnd ne m’indique qu’une seule gare au sud de la ville, j’y vais en tuk-tuk, mais une fois arrivé là-bas, comme je veux aller à Tak, on me renvoie à une autre gare routière, en plein centre-ville, d’où je viens en fait ! Grrr… Merci à la recherche dans OsmAnd qui est vraiment aléatoire, je l’ai déjà constaté en cherchant des hôtels par exemple. Ceci dit, les guides de voyage servent au moins à ça, rubrique “Comment partir de…”, et c’est bien pratique.

“Chevaucher le tigre”….

Je paie finalement 250 B pour la balade en tuk-tuk, ça me parait cher, et le conducteur ne veut rien négocier, bon, c’est peut-être le prix, je suis un peu perdu à ce niveau en repassant en Thaïlande ! En prenant le tuk-tuk, j’avais demandé le prix de la course A/R, il m’avait fait “2” avec les doigts, et au retour, comme nous sommes passés par l’autre gare routière en centre ville, il a soudainement retrouvé son anglais et me demande “two hundred fifty”. Finalement tout ça n’a servi à rien, ils ne donnent pas de ticket la veille, il suffit de venir à la gare le jour même, il y a un départ toutes les 45 minutes ! Ah les plaisir du voyage ! 😎

26/01/2019 – Tak

J’arrive à Tak vers midi, et je prends un moto-bike jusqu’à l’hôtel, 50 B pour 2,5 kms. Ça confirme le prix du tuk-tuk d’hier, et ça me permet de me recaler sur le prix des courses. La route pour arriver de Mae Sot était une 4 voies avec beaucoup de tronçons en travaux et à double sens, et le chauffeur roulait assez vite dans ces grandes courbes qui s’enchaînent les une après les autres. Le trajet a duré deux heures, tant mieux, j’en ai marre des longs trajets en bus, je crois que je commence à saturer à ce niveau.

Après m’être installé à l’hôtel, je vais à pied dans le centre, et je vois un petit bâtiment “Tourism Information” le long de la rivière. Je m’y rend afin de préparer les étapes suivantes de mon voyage sur lesquelles j’hésite encore : il me reste une bonne semaine à passer en Thaïlande avant de reprendre l’avion, il faut que je m’organise et décide où je vais. Mais je tombe sur un type en uniforme qui ne parle pas un mot d’anglais (mais pas un seul !), et je comprends vite qu’il ne pourra m’être d’aucune aide.

Le soleil est pile dans l’axe du pont !

Pas grave, je me promène le long du fleuve, Tak est une petite ville absolument pas touristique, c’est intéressant de voir la vie des thaïlandais dans ce cadre.

Le soleil se couche, la chaleur tombe un peu, les gens sortent se promener, c’est clairement le meilleur moment de la journée. Il y a un pont assez joli (un peu genre Golden Gate de SF) qui traverse le fleuve.

Le joli pont qui traverse la Ping river

Je croise un hollandais qui cherche une guesthouse pas trop cher… il arrive de je ne sais plus où, mais a fait 250 kms sur son scooter ! Et demain, il repart direction Chiang Mai, soit près de 270 kms. Il est content d’avoir fait pratiquement la moitié du chemin, mais reconnait que c’est trop, et qu’il a vraiment mal aux fesses ! Il est en Thaïlande depuis fin Septembre. Je lui ai parlé du Myanmar, que les gens y étaient incroyables, qu’il devrait y aller faire un tour, mais apparemment il est trop fan de la Thaïlande pour en sortir !

La nuit tombe, je mange sur une petite place près du fleuve, un endroit comme je les aime, avec plein de petits restos qui se montent le soir, on installe des tables et des chaises, et très vite la place qui était vide se remplit de gens, l’ambiance est cool et décontractée, pas de musique, les gens parlent doucement… La vraie Thaïlande !

La petite place est vite remplie… j’aime ces ambiances paisibles.

27/01/2019 – Sukhotaï

Départ ce matin en bus à 10h45 alors que l’horaire donnée sur le billet est de 11h30 ! J’étais parti boire un café en face, ils sont venus me chercher à 10h30 !!

J’écris cela tel que c’est écrit sur mon carnet de voyage… Vous aurez l’explication dans quelques jours de ce décalage horaire, et les conséquences seront toutes autres. Mais sur le coup je ne me pose pas de questions, je me dis qu’ils sont partis avant l’heure voilà tout.

J’ai finalement décidé de m’arrêter à Sukhotaï, la première capitale du Royaume de Siam, et d’y rester 2 jours. J’en avais déjà entendu parler, le site vaut le détour. J’y arrive vers midi, et je m’installe dans la Guest House que j’ai réservé : cette fois, j’ai privilégié le prix, 800 B pour deux nuits (soit 20€), et le confort est plutôt spartiate, matelas fatigué, pas de clim mais un ventilo, une salle de bain limite, mais bon ça va aller. La vieille dame qui est à l’accueil ne parle pas anglais… Moi qui voulait des infos pour la suite de mon voyage, c’est loupé !

J’ai la journée de demain pour visiter le site, ça devrait suffire en louant un vélo. Je passe l’après-midi tranquille, je bouquine un peu dans la chambre, puis je me promène dans la rue principale de Sukhotaï “Ancient city”. L’entrée de la zone historique est payante jusqu’à 18h, j’attendrai donc demain pour la visiter, même si je vais y faire un petit tour après 18h, mais comme la nuit tombe vite à cette heure, je repère juste vite fait les lieux, et demain de bonne heure, il y a aura une bonne lumière !

Wat Traphang Thong, au milieu de Sukhotaï ancient city

Je réserve ensuite un ticket de bus pour après-demain, destination Bangkok. Après réflexion, je saute l’étape Ayutthaya (sur la route pour arriver à Bangkok), car je veux passer 3 jours à la plage avant de partir. Le départ est prévu à 8h20 et il y a 7h de route pour arriver à Bangkok.

Ensuite, il faudra que je trouve un bus pour m’emmener à Hua Hin, la station balnéaire que j’ai choisie pour terminer ce voyage. En fait j’ai cherché la plage la plus près de Bangkok, en évitant toute la zone Pattaya et compagnie… Finalement, Hua Hin au Sud Ouest semble une bonne option, sinon il faut aller loin à l’Est de Bangkok. L’idée est donc de repartir directement sans passer une nuit à Bangkok. Après quelques recherches sur le net, ça devrait être faisable, avec un départ vers 18H arrivée à Hua Hin à 22h… Je vais voir ça plus tard, pour l’instant je ne réserve pas d’hôtel à Hua Hin, rien n’est encore bouclé au départ de Bangkok.

Cet après-midi, en me promenant, j’ai croisé plusieurs fois une européenne qui était dans le bus par lequel je suis arrivé. Ce soir, elle m’a snobé, regardant ostensiblement de l’autre côté… Alors qu’ici, quand on se croise, on se regarde, un sourire en appelle un en retour, et c’est quand même beaucoup plus cool ! Réflexe d’européenne, elle a du croire que je la draguais….

Ce soir, Rennes joue contre le PSG, défaite attendue ; depuis la reprise, ça tire dure : éliminé en CDL par Monaco, défaite contre Guingamp, nul contre Montpellier, rien en va plus. Sinon j’ai toujours le sommeil perturbé, je me réveille à 5h du matin, ou 6h les bons jours… Demain, il ne me reste que 7 jours avant de rentrer en France.

28/01/2019 – Sukhotaï

Rennes a perdu comme prévu. Comme j’étais réveillé à 2 ou 3 h du mat’, j’ai suivi une partie du match sur un internet… Après le petit-déjeuner, je loue un vélo 30 B. C’est un vieux clou, la selle s’affaisse vers l’arrière, elle est trop basse, etc… Mais ça ira bien pour la journée !

En prenant le billet pour le “parc historique”, je croise un américain : il me dit “C’est une vraie french invasion ! que se passe-t-il, vous n’êtes pas heureux dans votre pays et vous venez ici ? … Comme nous les américains !”. Je lui réponds qu’il a raison, que lui a Trump comme président, et nous les “Yellow Jackets” dans la rue… On en rigole et on discute un peu. Il est surpris qu’il faille maintenant payer 100 B par zone (il y a trois zones dans le parc historique, plus 10 B par vélo) alors qu’il y a quelques années, c’était 100 B pour toutes les zones ! Je lui dis qu’au Laos, il faut payer pour monter sur le “viewpoint” du moindre village… Il confirme, et me dit : “en fait, le meilleur pays c’est le Vietnam : beau pays, bonne bouffe, hôtels pas chers, etc…”. Je lui dit combien j’ai aimé le Myanmar, il me répond OK mais les hôtels sont chers ! Il a l’air de bien connaître l’Asie du Sud-Est en tout cas…

Balade en vélo dans le parc donc, il y a plein de statues du Bouddha assez majestueuses, le site est parfaitement entretenu, on circule dans des allées entourées de pelouse, l’ensemble est assez beau, et très serein de bonne heure le matin, avant que les cars de touristes ne débarquent !

Un bouddha, un stupa, des colonnes… c’est Suthokaï !

Il y a aussi des aspects khmers à certains temples, qui me rappellent Angkor…

Wat Si Sawai, 12e s, construit par les khmers, sanctuaire hindou dédié à Shiva

Je continue la balade, c’est plutôt sympa, les représentations de Bouddha sont multiples, c’est étonnant une telle densité.

Ils sont partout !
Phra Achana, la plus grande statue du Bouddha de Sukhotaï

Puis je passe à la deuxième zone du parc historique, au nord de la première, où se trouve cet impressionnant Bouddha totalement entouré de murs, comme un écrin pour le protéger.

C’est le Wat Si Chum. De loin on ne voit que le visage du Bouddha Phra Achana…

J’aime bien aussi cette statue debout, avec cette position de la jambe et du bras, je la trouve très harmonieuse.

Le temple “au japonais” !

À un moment, je dois patienter de longues minutes pour prendre une photo d’un temple. Il y a là un japonais (ou un koréen ?) qui se prend en photo devant l’entrée : il a installé l’appareil sur un trépied et dispose d’une télécommande. Il s’assoit alors sur les marches, et se prend la tête vers la droite, puis vers la gauche, puis face caméra, puis la jambe droite négligemment allongée, puis debout contre le portique du monument, etc, etc… Il recommence alors toute la série en ayant déplacé l’angle de vue de 3 centimètres ! J’espère qu’il a pu poster la photo parfaite sur les réseaux sociaux ! 😉

Je pars ensuite faire un grand tour en vélo vers le troisième site, à l’ouest. J’y pénètre sans payer le ticket, en passant par un petit sentier indiqué sur OsmAnd, de manière involontaire. Je croise à un carrefour deux couples de Québecois, également en vélo, et nous discutons 5 minutes de nos voyages ; je leur parle forcément des birmans ! Ils me demandent quel endroit j’ai le plus apprécié, et je réponds Mrauk U.

Le soleil va bientôt se coucher, la chaleur baisse, et même s’il y a un peu de monde, chacun respecte le silence et ce moment très paisible.

Coucher de soleil sur Sukhotaï

Le soir, je prends un poisson cuit vapeur avec des légumes (chou, persil) et sa petite sauce pimentée. Ça change de la friture, j’apprécie vraiment !

Poisson cuit vapeur, ça change !

Cet après-midi, j’ai réservé un bon hôtel à Hua-Hin (promo Booking, depuis quelque temps j’ai atteint le niveau 2 “Genius” !). J’ai aussi réservé une place dans un minibus au départ de Bangkok vers Hua-Hin pour 17h30, car le nombre de places disponibles commençait à baisser, pas possible donc d’attendre d’être sur place pour acheter un ticket. J’espère donc que tout va bien se passer, car le timing est un peu serré : je devrais arriver à 15h30 à Mo Chit, l’immense gare routière au nord de Bangkok. Tout va se jouer là ! Je repars de Mo Chit, c’est déjà un bon truc, ça évite un changement de gare routière.

29/01/2019 – Hua Hin

Quelle journée !! Il est 20h30, et je bois ma première gorgée de bière à la terrasse d’un resto à Hua Hin : vraiment ce n’était pas gagné vu comment la journée avait commencé !

Ce matin donc, je me réveille à 7h, prends mon petit-déjeuner, et arrive tranquillement au petit arrêt de bus de Sukhotaï Ancient City à 8h05, avec le bus prévu à 8h20. L’agence où j’ai acheté mon ticket est juste là, et un type s’approche et me demande si je vais à Chiang Mai, je lui réponds non, que je vais à Bangkok par le bus de 8h20. Il me montre l’horloge qui indique 8h35… Je regarde ma montre : 8h05 ! Je commence à avoir des sueurs froides… Il appelle une femme, c’est celle à qui j’ai acheté le ticket il y a deux jours. Elle prend mon ticket et me montre l’heure, j’ai l’impression qu’elle m’engueule, en tout cas elle parle fort. Je me mets à gueuler aussi, lui montrant l’heure à ma montre, sur mon téléphone, répétant qu’il est 8h05 ! C’est la première fois que le ton monte depuis le début de mon voyage, en Asie c’est assez rare : il ne faut jamais perdre la face !

La femme va en chercher une autre dans la boutique d’à côté, qui parle mieux anglais, et pendant ce temps je comprends ce qui se passe : vous vous rappelez ce bus pris à Tak où les gens étaient venus me chercher au café alors que je pensais avoir largement le temps ? En fait, il faut savoir qu’il y a un demi fuseau horaire entre la Birmanie et la Thaïlande (soit 1/2h), et pour une raison inconnue mon téléphone ne s’était pas mis automatiquement à l’heure locale en arrivant en Birmanie ; je l’avais donc passée en manuel… Et donc depuis 5 jours, je vis en Thaïlande en étant resté à l’heure birmane, soit 1/2h en retard, sans m’en rendre compte le moins du monde ! C’est beau les vacances, on ne soucie pas de l’heure, la preuve est faite…

Bref, la femme m’explique dans un bon anglais que tout n’est pas perdu, le bus s’arrêtant ensuite à Sukhotaï New City, et qu’il y reste un bon quart d’heure… Elle appelle un tuk-tuk, me dit combien je dois le payer, soit 150 B : je connais finalement le prix Thaï pour faire 4 à 5 kms !! 🙂 Pendant ce temps, la première femme a pris son tél et doit appeler la gare routière de Sukhotaï New City, enfin j’imagine ! Je m’excuse auprès d’elle et saute dans le tuk-tuk, nous voilà partis à fond sur la route !

On arrive à la gare routière, et là un type a l’air de m’attendre, il est au tél, me fait signe, je paie le tuk-tuk, le type me dit d’attendre, il discute au tél… Là je suis dans l’inconnu total, je ne peux que supposer ce qui se passe… OK, on s’occupe de moi, mais je ne comprends rien de ce qui se dit, ça fait bizarre. Soudain le type rappelle le tuk-tuk qui s’apprêtait à partir, je remonte dedans et on repart pour je ne sais où ! Finalement, on traverse la ville, et tout à coup je vois un bus arrêté au bord de la route. C’est “mon bus” qui m’attend ! Je donne mon ticket, monte dedans, et le bus repart aussitôt ! Je m’en veux, dans la précipitation, j’ai oublié de donner un pourboire au chauffeur du tuk-tuk, qui a fait un extra… Sinon vraiment trop forts ces Thaïlandais, quelle souplesse dans le fonctionnement et quelle réactivité : je m’imagine en France dans la même situation, pas besoin de vous faire un dessin sur ce qui ce serait passé.

Reste maintenant à arriver à l’heure à Bangkok. À 15h45, nous sommes à l’entrée de la mégapole, coincé dans un énorme bouchon. Je m’inquiète, puis ça se débloque et nous arrivons à 16h30 à Mo Chit. Je me précipite dehors, demande de l’aide pour trouver la “Mo Chit New Van Station”, ce n’est pas évident, il faut sortir de la gare, prendre une passerelle pour passer au-dessus d’une voie routière… Et j’arrive 10mn avant le départ qui a été avancé à 17h (et cette fois je suis à la bonne heure !). J’arrive au guichet, aucun problème avec mon billet acheté sur le net, j’ai ensuite juste le temps d’acheter un sandwich et une bouteille d’eau au 7-Eleven d’à côté, de monter dans le minivan, et on part direction Hua Hin. Je suis assis à l’avant, le chauffeur roule vite dans le trafic, c’est chaud. On voit d’ailleurs un accident, ce n’est pas trop étonnant.

Finalement arrivée à 20h au lieu de 21h prévu (le chauffeur a vraiment “bombé” toute la route !). Il fait nuit bien sûr, je prends un moto-taxi pour arriver à l’hôtel, je n’ai pas trop l’énergie pour me repérer et y aller à pied. Je suis au Hua Hin Whi Sand Hotel, 3 étoiles, situé tout près de la plage, la chambre est top, je ne me refuse rien pour ces 3 derniers jours.

Après avoir posé mon sac, je ressors tout de suite me promener dans le quartier animé pas très loin de l’hôtel. Hua Hin se révèle être une station balnéaire très touristique, et plutôt friquée. Les bars, restos, sont collés les uns aux autres, les enseignes et les néons brillent, la musique est forte, et les touristes issus d’une classe sociale manifestement aisée pullulent ; on se croirait à La Baule ou je ne sais où ! Aïe, ce n’est pas ce que je cherchais… Je trouve tout de même une terrasse d’un petit resto qui a l’air plus tranquille, et m’offre une bière je dois dire bien méritée après cette longue journée !

Après avoir bu ma bière, je demande à la serveuse thaï si elle ne connaît pas un petit resto thaïlandais dans le coin : elle me répond que j’y suis, que son bar restaurant en est un ! OK, elle est Thaï, mais le bar restaurant n’est pas typique et un peu cher… Je fais un petit tour, les restaurants ne sont pas donnés, rien en-dessous de 100/150 B dans le coin, il va falloir trouver une cantine ailleurs dès demain. Pour ce premier soir, je dîne au “KOTI restaurant since 1932” (!), qui fait le coin d’une rue. Je mange dehors, sur le trottoir, l’ambiance est plutôt sympa et le service efficace, et les prix abordables.

Le KOTI restaurant

Si les birmans étaient fatigants avec leurs crachats et leurs raclements de gorge, les Thaïs sont bruyants, ils parlent très fort comme si leur interlocuteur était à 50m.

30/01/2019 – Hua Hin

Balade sur la plage ce matin, elle fait des kilomètres de long, j’ai du marcher 3 kms puis revenir. Je ne me suis pas baigné, j’ai préféré marcher. Le bord de mer de totalement occupé par des hôtels plus ou moins chics, souvent plus que moins…

La plage de Hua Hin

Puis j’ai voulu aller à la gare réserver un billet de train pour Bangkok départ vendredi midi, mais on ne peut réserver de billet que pour le train de 6h du matin ou celui de 17h ; pour celui de 14h, il faut acheter le billet le jour même ! Allez comprendre pourquoi… Du coup, je vais à la gare routière tout près et prends un billet de bus pour vendredi 12h. Tant pis pour le train, j’aurais bien aimé changé de moyen de locomotion mais bon.

Jolie vue de la terrasse d’un bar un peu tranquille

En dehors du prix des plats dans les restos dans le quartier où j’étais hier soir (centre ville, près de la plage), on voit quand même beaucoup de touristes assez âgés ; bon ok j’en fais partie, mais je suis moins bien sapé !Peu de jeunes en fait, est-ce parce que nous sommes bientôt en février ? Ou alors le coin est vraiment connoté “station balnéaire assez luxueuse” pour que les jeunes l’évitent ? Parmi les “retraités”, certains se promènent avec une jeune asiatique : vrai couple ou c’est juste pour les vacances ? Comment savoir…

31/01/2019 – Hua Hin

Aujourd’hui jeudi, j’ai pu voir la plage comme elle est tous les jours sauf le mercredi ! J’avais trouvé ça plutôt calme hier, et tant mieux, mais aujourd’hui, les transats sont installés sur plusieurs rangées, bien serrés, et venant jusqu’au bord des vagues ! Ce qui rend la balade un peu plus compliquée, il faut marcher dans l’eau pour les contourner, et on s’attire des regards chargés de reproches si on a le malheur d’éclabousser le touriste affalé sur son transat ! On dirait un mini market, sauf qu’il n’y a ni légumes ni fruits, juste de la bidoche d’étalée au soleil ! 😎

Du coup, je me baigne, puis rentre à l’hôtel. Le ciel est un peu couvert aujourd’hui, le soleil percera vers midi, mais ce sera tout pour la journée. Je suis content de partir demain, Hua Hin n’est vraiment pas mon style d’endroit. Pour deux jours, ça va, mais je n’y reviendrai certainement pas.

Hier j’ai payé 85 B un “lime juice”, c’est vraiment n’importe quoi ! Ce soir, je suis allé boire deux bières sur la terrasse du petit resto où j’étais allé le premier soir. Je paie avec un billet de 500 B pour payer la note de 120 B, et on me rend 40 B… Si je n’avais pas réclamé, je me faisais avoir de 340 B. L’erreur est humaine, mais bon vu le quartier et la clientèle, j’imagine que les arnaques vont bon train.

Je dîne dans une petite cantine que j’ai vu cet après-midi en me promenant. C’est super bon, il y a du monde, la cuisine donne sur la rue, et la cuisinière assure grave ! Le service est un peu long, mais ça vaut le coup d’attendre, et on ne s’ennuie pas une seconde, il suffit de regarder le spectacle !

Un bon resto comme je les aime !

01/02/2019 – Bangkok

Bien arrivé vers 16h30 à mon hôtel préféré, j’ai nommé Inn Saladeng, près du Lumpini Park. J’ai pris le bus à midi, j’étais à 15h30 à la gare routière de Bangkok (une autre, quartier sud), puis j’ai pris un taxi 400 B pour arriver à l’hôtel.

Ensuite, je suis allé à pied à Siam Square. Bonjour la pollution quand tu es piéton ici, je comprends que la plupart des Thaïs portent un masque. J’avais le souvenir de plein de petits restos alignés les uns à la suite des autres, mais impossible de les retrouver. J’ai l’impression que le quartier a beaucoup changé et est maintenant occupé par de grands immeubles, avec des boutiques de marques ou des centres commerciaux. C’était il y a dix ans, donc c’est bien possible, dommage, l’endroit était beaucoup plus convivial…

J’ai continué à marcher jusqu’à la station BTS (Bangkok Train Sky, une sorte de RER aérien) plus au nord, et mangé dans une petite galerie commerciale, au pied de la station, avec des restos et des bars. Là encore, le resto m’a présenté une note de 285 B au lieu de 205 B ! Ça fait deux fois en deux jours que les additions sont bidons, ils arnaquent les touristes ou quoi ?

02/01/2019 – Bangkok

Ce matin, direction Chatuchak Market, le plus grand marché de Bangkok. C’est mon avant-dernier jour ici, il est temps de faire quelques achats. Sur les recommandations de l’hôtel, j’ai pris le métro pour m’y rendre, c’est mieux et moins cher que le BTS.

J’ai acheté une valise qui va me servir de bagage à main pour l’avion, car j’ai quand même un peu plus de choses au retour qu’à l’aller. Les dimensions sont un peu supérieures à celles indiquées sur le site d’Air France, j’ai donc longuement hésité à la prendre. Le vendeur me certifiait qu’il n’y aurait aucun problème, que c’est la taille standard, moi j’avais bien noté les dimensions officielles et ça ne collait pas. Je suis allé à la recherche d’un autre magasin de valises, que j’ai fini par trouver assez loin de là (Chatuchak market, c’est immense, on s’y perd très facilement). Quand j’explique au type ce que je veux, il me dit OK, et m’emmène… au premier magasin ! 😀 Le premier vendeur a du me prendre pour un fou ! J’ai fini par lui acheter la valise, en croisant les doigts pour ne pas avoir d’ennui à l’enregistrement.

J’ai aussi acheté deux bricoles, une pour maman, et un Bouddha en tek pour moi. Je suis revenu à 15h à l’hôtel, j’étais crevé, ce marché est immense, et il faisait très chaud ; ajoutez à cela la foule et la pollution… Une fois les affaires posées, je vais au centre commercial de Silom, à deux pas de l’hôtel, pour dépenser mes derniers sous. Il y a l’air conditionné, c’est tout de même bien agréable ! J’ai acheté un sweet à capuche, deux pantalons (en solde à 50%), et des sandales au design ergonomique (marque OOFOS) dont je suis curieux de voir l’effet sur la voûte plantaire à l’usage. Cette dernière vendeuse, plus sympa que les autres, m’a emmené à un bureau dans le CC et fait remplir un formulaire : à l’aéroport, je pourrai me faire rembourser une partie de la TVA : c’est le “VAT refund” !

Ah oui, je suis aussi allé chez le coiffeur cet AM, 300 B pour une coupe à la main et pas à la tondeuse. C’était sympa, la nana a fait ça très bien, je lui ai demandé de faire les oreilles à la fin, et elle a fait ça très bien.

03/02/2019 – Bangkok

C’est le dernier jour, un dimanche. Rennes a gagné contre Amiens, petite victoire, mais victoire quand même ! Le matin, je vais me promener au Lumphini park, et cette fois il est bien calme, à part les corneilles qui se battent : j’en ai vu une sur le dos, ailes écartées, en signe de soumission, une autre la dominait et une troisième lui donnait un coup de bec sur la tête ! Ça recommencé à l’identique, puis elle est partie, je pense qu’elle avait compris la leçon : ça ne rigole pas dan le monde des corneilles ! Moi, j’essayais malgré cette animation de lire tranquillement, assis sur un banc, les corneilles me passant parfois à ras.

L’après-midi, je suis allé en métro à Chinatown, arpenter les ruelles marchandes. C’était plutôt sympa, beaucoup de monde, beaucoup de magasins, il vaut mieux mettre son sac à dos sur le ventre.

Chinatown, joliment décoré.

Au moins on est à l’écart du trafic routier de la capitale, toujours infernal. Car la place du piéton (comme partout durant ce voyage) n’est pas plus sur les trottoirs (occupés par les deux roues ou les voitures pour se garer, et les échoppes des petits vendeurs), que sur la route. Sans oublier les odeurs d’égouts, toujours récurrentes. Les grandes villes, c’est assez compliqué ici, et ce n’est pas ce que je préfère.

Le soir, je suis allé dîner au très bon resto où j’étais allé le soir de mon arrivée, le “Bitterman”. J’en ai eu pour 1500 B cette fois : bon, c’est mon dernier repas à Bangkok, j’ai repris le même poisson avec brocolis et champignons, et c’était toujours aussi bon.

Demain, je vais à l’aéroport en BTS puis le train. et je vais savoir si mon bagage cabine va passer : je suis un peu inquiet, et j’ai peur de devoir payer un supplément bagage.

04/02/2019 : Rennes

Et voilà le moment du départ. À l’aéroport de Bangkok, tout s’est bien passé : j’ai fait la queue pour me faire rembourser la TVA (300 B), mais ça fonctionne bien, et j’ai pu acheter du thé au jasmin et quelques sauces curry avec la recette qui va bien avec. Mon bagage à main n’a posé aucun problème à l’enregistrement, j’ai poussé un grand ouf de soulagement !

Vol Air France sans problème, si ce n’est qu’arrivé à mon rang, il n’y avait plus de choix pour le plat principal avec le plateau-repas, je voulais l’autre bien sûr. La qualité du menu était très nettement inférieure à celui servi à l’aller par TWA ! Ce sont pourtant les mêmes compagnies maintenant, non ? C’est même AF qui a racheté TWA… Ou alors est-ce l’aéroport de départ qui fait la différence ? Je n’en sais rien. J’ai pu regarder 3 films pendant le vol, dont celui sur Freddy Mercury : Bohemian Rhapsody, que j’ai trouvé vraiment excellent. Et aussi “Le grand bain”, une bonne comédie. Le dernier, je ne m’en souviens plus.

Arrivée à Roissy à 18h heure locale, et là l’attente pour le vol de Rennes à 21h30 a été un peu longue. J’avais un petit coup de barre, je n’ai pratiquement pas dormi dans l’avion. Je devrais pouvoir enfin régler mon rythme de sommeil dans la semaine qui vient, il est grand temps !

À Rennes, j’ai pris un taxi pour rentrer. Le chauffeur m’a parlé des gilets jaunes forcément, puis des risques de sa profession, la mise en danger la nuit, je l’ai écouté en me disant que quand même, il était à Rennes, il se la racontait un peu !

Voilà, c’est la fin de ce journal de voyage. Je garde un souvenir exceptionnel de ces 10 semaines en Asie, j’ai tout aimé, je n’ai pas eu une seule galère, je ne me suis jamais senti en danger, je n’ai eu que deux jours de pluie, j’ai tout le temps mangé cuisine locale, je n’ai jamais pris une pizza ou un hamburger comme j’ai beaucoup vu d’occidentaux le faire… 😉

Côté budget, un calcul rapide me donne à peu près 5000 euros tout compris, en prenant un vol régulier sur de grandes compagnies pour l’aller-retour, plus deux vols intérieurs sur place, en dormant dans de bons hôtels pratiquement tout le temps (typiquement avec climatisation, ça fait forcément monter le prix). Pour dix semaines, ce n’est pas si élevé que ça.

Bien sûr, les routes que ce soit au Laos ou en Birmanie, ce n’est pas vraiment ça, il faut vraiment en tenir compte quand on organise son itinéraire. Le mien a été pas mal chamboulé par rapport à ce que j’avais prévu au départ, mais c’est bien de garder une place au hasard, la possibilité de changer parce qu’on a croisé quelqu’un qui nous a parlé de… En plus, avec des systèmes comme Booking, ou Agoda (assez populaire en Asie), on peut facilement réserver la veille pour le lendemain (se méfier tout de même des jours de fêtes locaux, ça peut tout changer ! voir Vang Vieng…).

Voilà, j’espère que vous avez pris plaisir à lire ce récit, comme j’en ai pris à l’écrire. 😎

Pascal – achevé le 8 mai 2020

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Sommaire du voyage :

  1. Présentation
  2. Arrivée en Thaïlande
  3. Cambodge
  4. Sud Laos
  5. Nord Laos
  6. Birmanie – première partie
  7. Birmanie – deuxième partie
  8. Thaïlande : fin du voyage

Lectures, Ubuntu, Smartphone, Cinéma, entre autres…