Doublons dans l’agenda de Gnome

Après le passage à Ubuntu 19.10, j’ai eu quelques problèmes à régler avec l’agenda de Gnome. Mais d’abord un peu de contexte :

L’agenda fournit par Gnome (a.k.a Gnome calendar) est plutôt réussi, très beau, mais malheureusement je n’ai pas réussi à le faire fonctionner avec CalDAV. Or j’utilise ce protocole via un serveur Baikal pour synchroniser mes agendas avec le smartphone.

Il faut donc utiliser Lightning, le calendrier de Thunderbird pour ce faire. D’ailleurs, le passage à 19.10 m’avait obligé à installer de nouvelles extensions pour assurer cette synchro CalDAV (voir cet article).

Ensuite, si l’on veut synchroniser Lightning avec l’agenda de Gnome, il faut installer une extension appelée EDS Calendar Integration. À noter que la synchronisation ne fonctionne que dans un sens, de Lightning vers Gnome Agenda.

Voilà donc en détail comment j’ai échoué à faire fonctionner Gnome Calendar avec CalDAV (pourtant je n’étais pas loin… je referai des essais). Ensuite, j’ai rencontré deux problèmes lié à la mise à jour : perte de la synchro entre Lightning et Gnome Agenda, puis agendas dupliqués côté Gnome.

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Jeu blanc – Richard Wagamese

Roman recommandé par Graing, lecteur occasionnel du blog, dans un commentaire sur cet article à propos d’un roman de Joseph Conrad.

Lorsque j’ai demandé ce livre au libraire, ce dernier m’a immédiatement recommandé le premier livre de cet auteur, “Les étoiles s’éteignent à l’aube”. J’ai donc pris les deux, mais commencé par celui-ci.

J’ai bien aimé cette histoire, on est tout de suite accroché par ce récit qu’un indien appelé Saul, en cure de désintoxication alcoolique, nous fait de sa vie, en commençant par son enfance, lorsqu’il vivait en pleine nature, loin de la civilisation, avec sa grand-mère qui lui apprenait les coutumes anciennes, et avec qui il partageait des visions, car il avait également ce don.

Puis Saul se retrouve dans une école chrétienne, “éduqué” de force, forcé d’oublier sa culture et même son langage, comme tant d’autres indiens… Mais un prêtre introduit le hockey et forme une équipe. Et c’est la révélation. Saul se passionne pour ce jeu, et son don lui permet de “voir” les lignes de jeu, les espaces qui se libèrent… Dès son premier match, son talent explose. Vient son ascension dans le monde du hockey, jusqu’à rejoindre une équipe de haut niveau : mais que ce soit les coéquipiers ou les spectateurs, il reste un indien partout et tout le temps. Il se venge par le jeu, mais devient alors la cible de coups, et finit par les rendre, devenant un joueur violent et individualiste…

Il quitte alors sa famille d’adoption, enchaînant les petits boulots, avec toujours cette violence en lui, prête à éclater. Il devient bûcheron, où sa violence éclate pour de bon. Puis il sombre dans l’alcool… Il se retrouve dans un centre de désintox, retour au début du bouquin. Le dénouement final, je ne vous le dévoile pas, mais il m’a pris de court, tout est soudain revisité sous un nouvel éclairage…

Belle histoire donc, bien écrite, où la période du hockey tient l’essentiel du roman, c’est presque dommage, mais c’est tout de même très prenant, et plein d’émotions.

Richard Wagamese (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario. Ce roman (son deuxième) est fortement inspiré de sa propre vie ou celle de sa propre famille. Il a été adapté au cinéma en 2017 par Stephen S. Campanelli sous le titre “Indian Horse”.

Zomia ou l’art de ne pas être gourverné – James C. Scott

Ce livre m’avait été recommandé il y a pas mal de temps par mon libraire de Puteaux ! J’avais noté le titre dans un coin, et suis retombé dessus par hasard, alors qu’il vient d’être publié en format poche. C’était le moment de l’acheter et de lire.

Il s’agit donc d’un essai, sur un sujet très intéressant qui bouscule pas mal d’idées reçues. Il y a toutefois beaucoup de redites, ce qui rend la lecture de l’ouvrage un peu fastidieuse (626 pages). Mais l’essentiel du message est passionnant, même s’il est assez vite compris.

En plus, la zone géographique concernée est l’Asie du Sud-Est, où j’étais encore il y a peu… Ma vision des ethnies locales (particulièrement en Birmanie) est désormais très différente de ce qu’elle était !

Alors de quoi s’agit-il ? Ces fameuses ethnies sont souvent perçues et présentées comme nos ancêtres, vivant dans les montagnes, n’ayant pas encore rejoint la société civilisatrice… L’auteur nous propose une toute autre explication, celle de peuples ayant fui les vallées vers des zones refuges, hors d’atteinte d’un État trop autoritaire et contraignant : travail forcé, impôts, conscription, religion, etc…

Il n’y a là aucune séquence évolutionniste, et les tribus ne sont pas “antérieures” aux États. Elles représentent plutôt une formation sociale qui se définit par sa relation à l’État : “Si les dirigeants du Moyen-Orient ont dû affronter un “problème tribal”, […] on peut dire que les tribus ont fait face à un éternel “problème de l’État”.”

Cette contre-histoire est en elle-même passionnante, et on y apprend plein de choses, comme par exemple que la muraille de Chine (et une autre pour les Miao, au sud de la Chine) ont autant servi à se protéger des barbares venant de l’extérieur que pour empêcher la population de partir…

Voilà un peu plus d’explications sur la Zomia (qui vient de Zo “reculé” et Mi “peuple”), ainsi que quelques extraits…

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Power – Michaël Mention

J’ai acheté ce livre sur la table du libraire quand j’ai vu qu’il racontait l’histoire des Black Panthers. C’était l’occasion d’en savoir plus sur ce mouvement, et ce roman a parfaitement répondu à mes attentes, brisant pas mal d’idées reçues.

C’est donc l’histoire du BPPFSD (Black Panther Party For Self Defense), depuis sa création jusqu’à son éclatement et ses dérives largement orchestrées par le FBI (programme COINTELPRO).

Le rythme de l’écriture est assez haletant, comme ce que vivent les personnages que nous allons suivre ; les scènes violentes arrivent sans prévenir, comme dans la rue. C’est très prenant, pour peu qu’en plus on s’intéresse à cette époque où l’Amérique bascule (années 60-70).

Nous allons suivre trois personnages, chapitre après chapitre : une jeune militante du BPP, un flic blanc et un infiltré par le FBI. Tous vont plus ou moins finir par être détruits, chacun à leur manière. Les destins croisés de Charlène, Neil et Tyrone vont vous accrocher, c’est certain !

Cerise sur le gâteau, il y a des références fréquentes à des morceaux de musique de l’époque, que l’auteur a eu la bonne idée de lister en fin d’ouvrage : l’occasion de se faire une “Playlist” (32 morceaux), et d’une belle découverte en ce qui me concerne avec ce morceau :

May Blitz (Album May Blitz) – Smoking the Day Away

Voilà quelques notes prises lors de la lecture de ce roman, qui peut sans aucun doute être pris comme une belle retranscription de l’époque, tout en restant un roman et donc une fiction.

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Thunderbird 68 et la synchro CardDAV/CalDAV

Avec la mise à jour d’Ubuntu 19.10, je me suis rendu compte que la synchronisation de mes contacts et de mes agendas ne fonctionnait plus…

Il m’a d’ailleurs fallu presque 3 semaines pour m’en rendre compte, et oublier un rendez-vous… Comme quoi mon agenda n’est pas surchargé, et c’est très bien comme ça ! 😎

J’utilisais l’extension SoGo Connector, mais celle-ci ne fonctionne plus avec la version 68 de Thunderbird livrée avec la dernière version d’Ubuntu.

Je lui ai vite trouvé un remplaçant, mais j’ai passé beaucoup de temps pour le faire fonctionner, étant d’abord parti sur une mauvaise piste..

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Lune Comanche – Larry McMurtry

Autant le dire tout de suite : c’est un bon cru ! Après la découverte de l’excellent Lonesome Dove, j’avais été très déçu par La marche du mort. J’avais donc des doutes en attaquant ce gros volume (790p).

Mais ils furent vite dissipés, et on retrouve nos deux rangers au début de leur carrière, pour des aventures prenantes. Le roman se situe chronologiquement entre leurs débuts dans La marche du mort, et bien avant Lonesome Dove.

Les personnages sont toujours aussi marqués : les deux chefs indiens d’abord, avec le voleur de chevaux Kicking Wolf, et le redoutable guerrier Buffalo Hump sans oublier son fils le très méchant Blue Duck . Il y a aussi le capitaine des Texas Rangers, Inish Scull, un héros qui s’ennuie tellement qu’il va jeter entre les mains d’Amuhado, le “Black Vaquero”, véritable incarnation du mal, mexicain aux origines probablement Maya, aux tortures très raffinées…

Bref on ne s’ennuie pas, même si on se demande toujours quelle est la part de vérité historique concernant l’époque, ou la culture Comanche… Tout pourrait être complètement inventé ! Mais il faut bien dire que l’on dévore les pages, sauf peut-être au début de la troisième partie, après la guerre de Sécession, qui met du temps à démarrer.

Si vous avez aimé Lonesome Dove, vous aimerez certainement Lune Comanche.

Larry McMurtry, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Il a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain.

DAVx : Erreur de serveur HTTP – expected 207

Suite à la dernière mise à jour de DAVx (version 2.6-ose) sur mon smartphone tournant fièrement LineageOS 16, j’ai commencé à avoir des messages d’erreurs récurrents lors de la synchronisation de mes contacts :

Notification d’erreur de DAVx

Comme le message l’indique, c’est manifestement un problème côté serveur, qui renvoie un mauvais code HTTP (200 au lieu de 207).

J’utilise un serveur Baikal pour synchroniser mes contacts et calendriers, je suis donc allé voir de ce côté. Sur cette page, la version 0.6.0 est disponible. J’ai donc récupéré le ZIP sans plus de recherche, puis suivi la procédure de mise à jour décrite ici :

C’est très simple, un peu comme WordPress (en plus, je me suis abstenu de sauvegardé ma base de données !) : il suffit de remplacer tous les fichiers et répertoires à l’exception dossier Specific qui contient vos fichiers de configuration.

Ensuite, il suffit de se rendre sur la page d’administration, quelque chose comme http://dav.example.org/baikal/html/admin/, et de lancer la mise à jour :

Et voilà, quelques secondes plus tard, mon serveur est passé en version 0.6.0, et le message d’erreur côté smartphone a disparu !

C’est parfois bien l’informatique, quand on règle un problème rapidement sans trop se prendre la tête ! 😎

Entre ciel et terre – Jón Kalman Stefánsson

Nouvelle lecture d’un roman conseillé par Béatrice, une amie de ma sœur. C’est aussi le premier ouvrage d’une trilogie. Hélas, je n’ai pas vraiment accroché.

La narration au style particulier nous emmène vite dans l’atmosphère du récit, dans cette vie rude des pêcheurs islandais. Et on se laisse emporter par l’histoire, sans savoir où celle-ci va nous emporter, comme la barque qui les emmène vers le large alors que la tempête menace.

Un gamin va perdre son ami qui aimait tant la poésie, au point d’en oublier de mettre sa vareuse en prenant la mer, chose peu crédible soit dit entre nous… Par ces latitudes glaciales, une telle erreur se paie cash.

Dès lors, le gamin va retourner au village et l’histoire s’essouffle, le style perd de sa force… Le gamin va être recueilli, l’occasion de décrire brièvement la vie au village, monotone, dans ce pays qui n’a pas de grandes villes… Une vie certes moins dure que celle des pêcheurs, mais guère plus réjouissante, avec l’alcool comme ultime recours. La fin de l’histoire arrive vite, et c’est tant mieux.

Bref, je n’ai pas été conquis par ce premier roman de l’auteur : malgré un bon début, l’histoire et le style ne tiennent par leurs promesses.

Jón Kalman Stefánsson, né en 1963, est un écrivain et poète islandais. Sa trilogie romanesque (ce roman donc , suivi de “La Tristesse des anges” et “Le Cœur de l’homme”) lui ont apporté reconnaissance et succès.

Mise à jour Ubuntu 19.10

Ubuntu 19.10 “Eoan Ermine”

L’autre jour, j’ai fait la mise à jour vers la dernière version d’Ubuntu, soit la 19.10, code name “Eoan Ermine”.

Depuis le passage en 18.04 (voir cet article), j’étais repassé en mode “mise à jour tous les 6 mois”, après être sagement resté en version LTS pendant 2 ans : en effet, le passage au bureau Gnome était un changement important, et chaque nouvelle version apporte une meilleure intégration de celui-ci.

Et franchement, je ne suis pas déçu, je suis assez “fan” de ce bureau, beau et efficace à l’utilisation. J’utilise le thème Adwaita (c’est sobre, couleur gris clair comme sur un Mac), avec le nouveau thème d’icônes “Yaru” qui s’affine lui aussi petit à petit. L’ensemble me plaît bien :

Thème Adwaita et Yaru pour les icônes, curseurs et sons.

Côté fond d’écran, j’utilise une photo que j’avais prise au Maroc, puis je l’ai “floutée” avec Gimp pour l’utiliser sur l’écran de verrouillage (grâce à Gnome Tweaks) :

Image prise du côté de Sidi Ifni, au sud d’Agadir… À droite, l’écran de verrouillage !

Mais revenons à la mise à jour de la 19.04 vers la 19.10. Il y a eu quelques petits détails à corriger, et un bug avec le son déjà identifié ; bref rien de méchant, mais en voici la liste.

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Sorry we missed you – Ken Loach

Un Ken Loach, ça ne se loupe pas, surtout quand il décide de parler du problème de l'”Uberisation ” de la société, et du sort réservé aux travailleurs qui tentent cette voie.

Franchement j’ai bien aimé, c’est un bon Ken Loach, qui ne s’apitoie pas sur le sort de cette famille, mais se contente de décrire leur quotidien. Et il est assez terrible, avec Ricky sans emploi, et Abby sa femme qui s’occupe de personnes âgées à domicile, mal payée et exploitée par une société sans état d’âme (qui parle de “clients” aussi dramatique que la situation d’abandon puisse être pour ces personnes).

Dès le début, on sent le piège se refermer : Ricky demande à sa femme Abby de vendre leur seul bien, à savoir la voiture qui sert à Abby pour faire sa tournée (elle ira en transports en commun à la place !), pour acheter une fourgonnette qui va lui permettre de faire le chauffeur-livreur à son compte, travaillant pour une compagnie qui va l’exploiter de belle manière… Le rêve d’accession à la propriété va enfin pouvoir se réaliser !

Mais très vite la situation va devenir intenable : au moindre souci, Ricky va subir l’exploitation sans scrupules de la compagnie, devenant corvéable à merci, sans aucune protection, et sous la menace permanente d’être “dégagé”.

Et des problèmes familiaux, Ricky va en avoir avec son fils adolescent… J’ai trouvé la scène où les parents s’expliquent dans la chambre alors que Ricky a failli en venir aux mains avec son fils très forte. Abby lui explique que ce qu’il faut, en ce moment, c’est surtout garder le contact avec leur fils, et Ricky le prend comme un reproche personnel, alors Abby réexplique tranquillement. Elle est d’une patience admirable, d’un dévouement et d’une empathie exceptionnelle. C’est sans conteste le plus beau personnage du film.

Ken Loach, né en 1936, est un réalisateur britannique. Son œuvre est engagée et dénonce souvent les abus de la société capitaliste et le sort qu’elle réserve aux travailleurs.

Lectures, Ubuntu, Smartphone, Cinéma, entre autres…