Indignation – Philip Roth

Retour à Philip Roth, une valeur sûre, avec ce petit poche que j’ai lu avec plaisir : on y sourit d’abord, puis la lecture devient plus interrogative quand on comprend que tout cela va finir en drame.

Nous sommes en 1951. C’est l’histoire de Marcus, un jeune étudiant qui choisit une université un peu éloignée du domicile familial car son père est un vrai “père juif”, au-delà de la rationalité, alors que le fils est l’étudiant modèle, travailleur, sérieux, obstiné, etc…

Il étudie dur pour réussir sa vie, faire honneur à ses parents ; il est obsédé par la possibilité d’un échec, et particulièrement de se retrouver envoyé à la guerre de Corée, sort réservé aux jeunes qui perdent le statut d’étudiant.

L’université de Winesburg qu’il a choisi se révèle être d’obédience baptiste, avec un office religieux hebdomadaire obligatoire pour les étudiants, ce qui horripile Markus qui est profondément athée, disciple du libre penseur Bertrand Russell, et prêt à le revendiquer. Quand Marcus doit supporter un sermon (qu’il soit religieux, ou celui du doyen de l’université quand les ennuis commencent), il chante intérieurement à tue-tête les paroles de l’hymne national chinois (où le mot “indignation” résonne particulièrement en lui !) : 😀

Debout, vous qui refusez d’être mis sous le joug !
De notre chair, de notre sang,
Nous bâtirons une nouvelle Grande Muraille !
Le peuple chinois connaît son plus grand danger.
L’indignation emplit le cœur de nos compatriotes.
Debout ! Debout ! Debout !
Tous les cœurs à l’unisson,
Bravons le feu de l’ennemi,
Marchons !
Bravons le feu de l’ennemi,
Marchons ! Marchons ! Marchons !

Pour la même raison, il ne rejoint aucune des fraternités de l’université, et ne se lie vraiment avec personne ; il déménage même plusieurs fois car ses colocataires l’empêchent de s’organiser comme il le souhaite. Marcus rencontre alors Olivia, une jeune fille qui a déjà fait une tentative de suicide. Sa première conquête à l’université… Tout semble aller pour le mieux.

Puis tout va basculer, petit à petit, jusqu’au destin inéluctable qui attend Marcus. Car c’est le portrait d’une époque encore très corsetée, et où la jeunesse étouffe. Une nuit de folie où les valeurs morales de l’université vont être mises à mal va provoquer un durcissement du règlement, qui sera fatal à Marcus.

Autre article sur Philip Roth sur ce blog :

Philip Roth (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie.

BQ Aquaris X Pro : passage à LineageOS 16

J’ai finalement reçu mon BQ Aquaris X Pro, de retour de réparation (verre de protection de l’appareil photo fêlé), après un mois d’attente. Je commençais à trouver le temps long, d’autant que je n’avais aucune nouvelle de BQ, mais finalement je suis très satisfait puisqu’ils ont fait la réparation gratuitement !

Puisque je devais tout réinstaller y compris le déblocage, le recovery, etc… J’en ai profité pour passer à LineageOS 16 (Android Pie) puisque tout le monde dit que c’est désormais hyper stable.

De plus, la toute dernière version (11 juillet) est importante puisque le noyau Linux passe de la version 3.18 à 4.9 ! Ce qui signifie une nette amélioration de la consommation de la batterie en mode “standby”.

Toute l’installation s’est passé comme un charme, et j’ai même eu de très bonnes surprises… Voyons tout cela dans le détail.

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Réseau local : 10 Mb/s ou 1 Gb/s ?

Hier soir, j’ai remarqué que la copie d’un fichier vers ma baie Synology prenait beaucoup de temps… Ça m’a un peu énervé, je voulais regarder un film et le système m’indiquait 30 mn pour copier un fichier de 2 Go…

Ce matin, j’ai décidé de vérifier un peu tout ça, car cela faisait plusieurs jours que j’avais remarqué un réseau inhabituellement lent, sans pour autant m’y pencher sérieusement. Bien m’en a pris, car j’ai vite trouvé la solution.

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Croisières et caravanes – Ella Maillart

Si vous n’avez rien lu d’Ella Maillart, vous pouvez commencer par celui-ci, puisqu’elle y résume un peu sa vie et ses voyages. Cela donne une vue d’ensemble, et permet de mieux situer chacun de ses récits.

Elle explique aussi comment et pourquoi elle a choisi ce mode de vie, ainsi que son évolution spirituelle, notamment lors de son séjour en Inde. Elle nous distille ainsi quelques remarques pleines de sagesse tout au long de ce récit.

Elle commence par son enfance, de son amour de la voile, sur le lac Léman d’abord, puis en Méditerranée avec son amie Miette. De leur projet avorté à peine parties de traversée de l’Atlantique : Miette est tombée malade, annulant leur rêve d’aller jusqu’en Polynésie.

Après plusieurs petites expériences professionnelles, Ella va choisir de partir en Russie qui semble échapper au marasme général qui règne en Europe à cette époque (1930). Un vent nouveau semble y souffler, même si les avis divergent sur la valeur de l’expérience.

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Voyage en Asie 2018 : Birmanie – Lac Inle

Nouvel album qui fait suite à celui du trekking : une fois au Lac Inle, le petit groupe est resté ensemble pour une journée supplémentaire, afin de visiter les alentours du lac Inle. Grosse journée avec un départ à 5h30 pour récupérer tout le monde et voir le lever de soleil sur le lac, et les fameux pêcheurs :

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Ensuite, ballade en bateau jusqu’au marché de Nan Pan, puis jusqu’aux pagodes de Shwe Inn Dein… Et pour finir quelques photos de Nyaung Shwe, avec mon cours de cuisine, le “Zuzu’s cooking class” !

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Chien Blanc – Romain Gary

C’est sur le forum r/france de Reddit que Romain Gary était mentionné (le vendredi, il y a un sujet “Culture” épinglé), et puis une autre fois sur France Culture, où l’on parlait de ce roman précisément. Je me suis dit que c’était un auteur à redécouvrir. J’avais énormément aimé “Les racines du ciel”, que ma sœur m’avait offert il y a bien longtemps. Je n’ai pas été déçu par celui-là.

Romain Gary raconte cette histoire de manière autobiographique, en son nom propre. Il vit alors en Californie, avec sa femme Jean Seberg. Il recueille un jour d’orage un berger allemand qui a l’air adorable. Mais il s’avère que c’est un “chien blanc”, c’est-à-dire qu’il a subi un dressage à la mode sudiste : très doux avec les blancs, et qui se transforme en bête sauvage à la simple vue d’un noir.

Gary décide de le soigner quand tout le monde lui dit que c’est impossible, qu’il est trop tard. Il le dépose dans un zoo tenu par une de ses connaissance, et Keys, un employé noir, accepte de s’en occuper.

C’est bien sûr l’occasion de parler du racisme aux État-Unis. Romain Gary nous livre une vision très personnelle, mais passionnante, à travers l’histoire, la psychologie humaine, la “société de provocation”, etc… Pas de place pour l’apitoiement ici, personne n’est “tout blanc” dans l’affaire, si je peux me permettre ce jeu de mots… 😉

Très bon roman, au style particulier, mais qui possède une belle originalité vu le sujet traité. Et l’on est loin des poncifs habituels, Romain Gary mettant au contraire un point d’honneur à les démonter.

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Voyage en Asie 2018 : Birmanie – Trekking

Premier album photo sur la Birmanie (ou le Myanmar plus exactement). Je commence par le trekking de trois jours entre Kalaw et le lac Inle, avec de beaux paysages comme celui-ci, où la brume occupe encore le fond des vallées :

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Nous étions cinq français, l’agence “Uncle Sam’s family” avait bien fait les choses, ça facilitait la communication, qui s’est révélée excellente… Sans oublier notre guide “Oui-Oui” : phonétiquement au moins c’était comme ça que nous l’appelions ! 😉

Le trekking faisait donc trois jours de marche donc, soit environ 62 kms, et avec finalement peu de dénivelé. Les repas étaient assurés sur le parcours, et nous avons passé deux nuits chez l’habitant, où le froid tombait vite le soir dès le soleil couché… Nous ne transportions que nos effets personnels, le sac était donc assez léger.

Il a fait super beau, tout s’est très bien passé, et j’en garde un super souvenir.

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Lester Bangs Mégatonnique rock critic – Jim DeRogatis

Une biographie, c’est toujours bien parce que cela raconte la vie d’une personne, aussi déjantée soit-elle, comme c’est le cas ici. Et quand ce sont les éditions Tristram qui la publie, c’est encore mieux : belle édition, parsemée de photos d’époque, et donc d’artistes comme le groupe des Clash sur la couverture, avec Lester Bangs au centre.

Tristram, c’est une petite maison d’édition française, située à Auch. Je l’ai connue par les bouquins de Hunter S. Thompson qu’elle a publié (le testament Gonzo par exemple). Bizarrement, on dirait qu’ils n’ont plus de site internet, mais on peut trouver leur collection sur le site rue des livres.

Lester Bangs est donc un critique rock qui a révolutionné le genre, et dont les textes incarnaient un genre littéraire effectivement très “rock” ! Une sorte de journalisme Gonzo, où il se met autant en scène que l’artiste qu’il interviewe.

Il était l’ami des musiciens qui le prenaient pour leur égal : Captain Beefheart, Lou Reed, Patti Smith, Les Clash pour n’en citer que quelques uns… Il est même monté sur scène lui-même, on peut le trouver sur youtube, comme ici avec un morceau intitulé There’s a man in there avec son groupe Birdland (morceau que je préfère à son titre phare Let it Blurt).

Il y a d’autres morceaux qui valent le détour, comme Accident of God, ou Kill Him Again

Pour tout vous dire, la lecture de biographie, aussi emphatique soit-elle, ne m’a pas fait aimer le personnage pour autant. En résumé, on peut dire qu’il a passé sa vie à se défoncer, à toujours remettre à demain l’écriture d’un livre (l’écriture était sans doute son vrai talent), et est mort à 33 ans.

C’était un personnage complexe, un créatif qui n’arrivera pas à trouver sa voie : il veut écrire un livre, mais ne sait pas comment d’y prendre, et reporte sans cesse ; ses tentatives de monter un groupe musical sont aussi un échec. Il finit par être jaloux de la réussite des autres (brouille avec Patti Smith), ou parce qu’ils vont dans une autre direction que celle qu’il préconise. Il veut “écrire le roman ultime”, “avoir la liaison ultime”, “faire le concert ultime”, etc… Tout cela en étant défoncé du matin au soir, c’est un peu compliqué !

Son enfance ne l’a pas aidé, certes, mais bon, on a quand même l’impression d’un immense gâchis. Et s’il avait de très bon côtés, des qualités comme un sens de l’amitié très fort, ça ne devait pas être facile d’être ami avec un type comme ça, qui en voulait un peu au monde entier de ne pas être reconnu à sa propre valeur.

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Le Négus – Ryszard Kapuscinski

C’est le libraire de l’excellente Librairie du voyage à Rennes qui m’a montré de ce bouquin sur l’empereur Haïlé Sélassié, alors que je lui parlais de La vie que j’ai choisie de Wilfred Thesiger. Ce dernier y dressait un portrait plutôt élogieux du Négus, du combat de son peuple contre Mussolini…

Ce ne sera pas vraiment le cas ici. La majorité de l’ouvrage est fait de témoignages recueillis par l’auteur après la chute du souverain, auprès de personnages du Palais : fonctionnaires, serviteurs, etc… Ils sont narrés sous une forme naïve qui prête à sourire, mais au fur et à mesure de la description du fonctionnement du royaume, le sourire va vite s’effacer.

La préface de Christophe Brun est déjà passionnante, parlant de l’auteur, du journalisme et du romancier, de la vérité et du roman, de leurs frontières fragiles. Mais aussi des ressemblances entre les régimes monarchiques et les États communistes, ces derniers réinventant les mêmes thèmes :

L’empathie souveraine de Kapuscinski vis-à-vis de son impérial sujet vient en particulier de ce que les États communistes réinventèrent, en les “nationalisant”, nombre de traits caractéristiques de l’absolutisme monarchique. Ainsi de la possession du pays par le souverain (collectivisme d’État) et de l’appui sur une aristocratie renouvelée de temps à autre par des purges culpabilisatrices (les apparatchiks de la nomenklatura). Ainsi du fondement religieux du pouvoir politique investi dans une transcendance (la nécessité historique que la “science” marxiste révélait) par des textes sacrés (les écrits de Marx et Engels puis des divers “Pères de l’Église”” communiste) et par le culte de la personnalité des leaders. Ainsi d’un langage uniquement propre à la célébration permanente (la langue de bois) et d’une historiographie officielle. Ainsi de la mise en beauté de façades éphémères du régime lors des visites du souverain et des observateurs étrangers. Ainsi de la “loyauté” comme vertu suprême exigée du peuple en échange de la “bonté” du souverain prodiguant sans désemparer des “encouragements” à tous ses sujets, sans égard pour l’efficacité réelle de l’action mais pourvu que soit respectée la conformité aux rites censés garantir la pérennité du régime.

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Zenphoto – Thème ZpMobile : afficher les images en taille réelle

Zenphoto… depuis 2005 !

Voilà bien longtemps que j’utilise Zenphoto pour gérer mes albums : le premier article sur mon blog date de 2006, quand Zenphoto date de 2005. J’avais même participé à la traduction française à l’époque !

J’en suis très satisfait, pour essentiellement deux raisons : la gestion des sous-albums et la possibilité de mettre un commentaire sur chaque photo, ce qui donne de l’intérêt au parcours de l’album… C’est d’ailleurs sa qualité principale : une multitude d’options permettent d’arriver à ce que l’on veut, contrairement à d’autres ‘web gallery’ où l’on doit s’adapter à ce qui a été fait. D’autre part, on peut poser des questions sur leur forum, on obtient une réponse assez vite, ce qui est appréciable.

En 2015, j’installais un nouveau thème zpmobile, afin que l’affichage soit compatible avec nos beaux smartphones… Tout allait donc très bien, il n’y avait qu’un chose qui me chiffonnait : les images sur le PC étaient affichées avec une largeur maximale de 595px (et bien sûr s’adaptaient à la taille de l’écran du smartphone), sans avoir la possibilité de les afficher en pleine taille.

C’est ce que je me suis attaché à modifier il y a déjà quelque temps déjà, je le copie ici pour partager la modification à faire pour ceux que ça intéresserait.

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Lectures, Ubuntu, Smartphone, Cinéma, entre autres…