Archives de catégorie : Littérature

Le Vautour – Gil Scott-Héron

J’avais lu avec grand plaisir il n’y a pas si longtemps l’autobiographie de Gil Scott-Héron, intitulée La dernière fête. En plus d’être un excellent musicien, précurseur du rap, il était très engagé socialement et politiquement, défenseur de la cause noire américaine.

Sans oublier qu’il voulait au départ être écrivain, et qu’il a réussi à faire publier ce premier roman “Le Vautour”, sans aucun succès. Comme il l’explique dans la postface, “publié chez un petit éditeur de littérature pornographique et de polar désireux d’ouvrir son catalogue à une marginalité, la littérature du ghetto. Le Vautour resta sans écho. Oublié avant d’être lu…“.

C’est en fait un bon polar qui se passe à New-York, où un dealer est retrouvé mort assassiné dans la rue. Nous allons suivre quatre individus du quartier qui l’ont connu : Spade le solitaire, Junior le chef de bande, Tommy l’éducateur, et QI l’intellectuel ; chacun va apporter un morceau de la vérité sur ce qui s’est passé.

C’est plutôt bien ficelé, la vérité n’apparaîtra qu’à la fin, mais la description du milieu et de comment les choses fonctionnent est vraiment passionnante et bien racontée. On sent que c’est écrit par quelqu’un qui sait de quoi il parle.

Gil Scott-Héron (1949-201) est un musicien, poète et romancier américain. Il est célèbre pour ses « chansons-poèmes » The Revolution Will Not Be Televised, The Bottle ou Angel Dust. Il a écrit un autre roman, “The Niger Factory”, hélas pas encore traduit en français.

Un jardin de sable – Earl Thompson

Toujours fan de cette collection “Les grands animaux” avec ses belles couvertures hypnotiques, j’ai sauté sur ce nouvel opus sans en savoir plus. Et je n’ai pas été déçu, même si “c’est du brutal” comme dirait l’autre.

L’histoire se passe pendant la Grande Dépression (post Krach de 1929), où une famille passe de simple fermier à la plus grande pauvreté. Langage grossier, sexe sans pudeur, tout est dit et raconté.

Dans ce milieu sans espoir, on compatit sur l’enfance du petit Jacky, abandonné par sa mère volage et élevé (si l’on peut dire) par ses grands-parents. C’est sordide, sans espoir, et le développement personnel de Jacky au milieu de ce grand nulle part inquiète. Les conditions de vie (ou de survie) sont terribles, et pourtant la dégringolade sociale s’aggrave à chaque coup dur. Le grand-père Mac jure constamment sur Roosevelt et sa clique, ce qui lui attire des ennuis au cas où il n’en aurait pas eu déjà assez.

Pendant ce temps-là, Jacky a des problèmes d’intégration à l’école, et son attirance malsaine pour ce qu’il y a sous les jupes des filles…

Il y a une très bonne préface de Donald Ray Pollock, qui donne envie de lire ce livre. Il dit entre autres :

Je n’avais jamais rien lu de tel. D’accord, c’était rempli de sexe, de salauds, de crasse, d’alcool et d’une profonde pauvreté, mais, à sa façon triste et sordide, c’était également beau.
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L’homme-dé – Luke Rhinehart

Premier livre conseillé par Thomas, le libraire de Puteaux où je passais sans doute pour la dernière fois. Et énorme déception à la lecture, je n’ai pas du tout aimé ce roman écrit en 1971 et soi-disant “livre culte”.

Si l’idée de départ est intéressante, j’ai très vite été déçu par le ton et le côté répétitif des aventures de ce psy new-yorkais qui décide de s’en remettre aux dés pour la moindre décision de sa vie.

Il pourrait y avoir des réflexions intéressantes sur la personnalité de chacun et de son interaction avec l’entourage, sur l’obligation de correspondre à cette image que la société impose, et les conséquences de vouloir y échapper… Mais on part plutôt dans la gaudriole, le sexe, et la violence de la société américaine.

Ça se veut drôle, et ça l’est parfois, mais c’est aussi très intellectuel, citadin : le personnage principal caricature à loisir son métier, sa relation avec sa femme… Il tente une approche Zen de sa vie, sans réel succès. Puis choisit de s’en remettre aux dés : il écrit 6 possibilités sur un papier (dont certaines hors de sa zone de confort), lance le dé et obéit à la décision. Évidemment, son rapport aux autres change et sa vie ne va pas tarder à faire de même…

Il y a des passages intéressants, comme quand il parle du moi que nous nous sommes construits et qui devient en fait une prison au sein de laquelle on s’ennuie. C’est ce que l’homme-dé comme il l’appelle cherche à fuir, pour retrouver une vie réelle, hors de toute routine. Mais l’auteur ne peut s’empêcher de glisser dans le texte des idées pour le moins incongrues, portant pratiquement tout le temps sur le sexe comme par hasard… On a finalement l’impression que l’auteur est en train de se psychanalyser lui-même par le biais de ce roman, et que nous lecteurs sommes obligés de subir ses errements heureusement émaillés parfois de quelques vérités. Mais on retombe toujours dans le baratin du psy citadin intellectuel qui personnellement me fatigue assez vite.

Le quatrième de couverture parle de roman culte, roman de la contre-culture, faisant partie des 50 meilleurs romans, un autre plus modeste des 100 meilleurs romans… Pour moi, même si le sujet traité est intéressant, il manque singulièrement de profondeur et reste au mieux une comédie sans grand intérêt au final. Plutôt que remettre ses choix au hasard, mieux vaut pratiquer le Yi-King, on a au moins ainsi accès à la sagesse chinoise millénaire.

Luke Rhinehard, de son vrai nom George Powers Cockcroft, né en 1932, est un écrivain américain. L’homme-dé est son roman le plus connu. Il serait semi-autobiographique : à la lecture du roman, j’ose espérer que “semi” est largement surévalué.

Ma vie d’aventures – Henry de Monfreid

Petit passage à “La libraire du voyage” à Rennes, d’où je ne peux ressortir sans un livre sous le bras : cette fois ce sera “Mes vies d’aventures” de Henry de Monfreid.

Henry de Monfreid me fait forcément penser à la série TV qui passait quand j’étais jeune : “Les secrets de la mer rouge”. L’auteur en parle d’ailleurs brièvement dans cet ouvrage, en expliquant que s’il a participé au scénario, il a peu à peu perdu le contrôle sur la réalisation finale.

Mais revenons à ce récit, une vraie vie d’aventures sans conteste ! Dès le récit de son enfance, il montre une franchise totale. Le style par contre n’est pas exceptionnel, on a parfois du mal à suivre l’anecdote qu’il raconte de manière parfois très condensée, comme s’il était pressé de passer à la suivante, ou comme quelqu’un qui a trop de choses à dire… Il emploie aussi de temps en temps un mot très peu usité de la langue française, comme pour montrer sa culture. Et à d’autre moments, un paragraphe très lyrique (ou poétique) surgit de nulle part et vient agrémenter la narration plutôt factuelle.

Mais si le style n’a rien de remarquable, les aventures qu’il raconte le sont sans aucun doute, et le dépaysement du lecteur total. Bref, pour reprendre Nicolas Bouvier, :

On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent.

Henry de Monfreid n’hésite pas à prendre des risques, sur une inspiration, un contact qu’on lui a donné… Il sait apparemment juger les hommes assez rapidement, et savoir s’il peut leur faire confiance ou non. Son jugement a l’air fiable, ce qui n’empêche bien sûr pas une prise de risque, mais c’est ainsi qu’il veut mener sa vie. Il a même été prisonnier de guerre durant la seconde guerre mondiale à 60 ans, ce qui ne l’empêchait pas de penser à s’évader !

Il est chasseur de perles occasionnel, mais surtout trafiquant d’abord d’armes, puis de haschisch qu’il amène en Égypte d’abord de Grèce, puis quand l’Europe en interdit la culture, en provenance d’Inde. Il monte ensuite des entreprises en Éthiopie (minoterie, centrale électrique), mais s’en fera déposséder par le Negus, avec lequel il n’est pas tendre. Il ne l’est pas plus d’ailleurs avec l’administration coloniale française.

Mais côté aventures, certaines histoires dans la mer rouge sont vraiment d’un autre monde (en plus d’une autre époque), comme celle de Zeit mis au cachot, et promis à une mort très sophistiquée : on utilise le lait d’un cactus particulier pour le rendre aveugle, puis on l’abandonne aux hyènes qui ont la particularité d’attaquer d’abord au ventre… Une mort dans les plus grandes souffrances est alors garantie ! Quel raffinement !! Heureusement, Monfreid réussira à le sauver.

Il y a aussi des histoires plus positives, comme celle de la femelle éléphant blessée que Monfreid aide dans un premier temps à se dégager de l’attaque d’une horde de hyènes, et qui un mois plus tard l’épargnera à son tour, mais massacrera son vélo ! 😎

Au final un bon moment de lecture, et une vie certes résumée à grands traits mais qui reste incroyable.

Henry de Monfreid (1879-1974) est un commerçant et écrivain français. Il a beaucoup écrit sur sa vie (romans, autobiographies), j’espère que le style est meilleur, pas sûr puisque ce récit date de 1973 (publié initialement sous le titre de “Le feu de Saint-Elme”)… Reste à revoir le feuilleton TV des années 70 !

Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa

Une fois n’est pas coutume, j’ai vu le film avant de lire ce roman. En fait j’avais offert le roman à une amie, puis remarqué qu’il avait été adapté à l’écran.

Mais bon, le film m’a tellement plu que j’ai voulu lire le livre. Et honnêtement, l’adaptation est bonne et respecte l’essentiel de l’histoire, même si comme toujours il y a plus de choses dans le roman.

C’est une très belle histoire, pleine de sensibilité, et la culture japonaise n’y est pas étrangère, comme la relation entre les trois personnages : l’homme désabusé, la vieille femme et la jeune fille. Et vous ne cuirez plus les haricots de la même manière après avoir lu ou vu cette histoire ! 😉

Je ne veux pas en dire plus pour ne rien dévoiler, mais ce petit roman est une belle surprise. Je ne peux que le recommander, et plutôt dix fois qu’une.

Durian Sukegawa, nom de plume de Tetsuya Sukekawa, est né en 1962 à Tokyo. Il est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon. “Les délices de Tokyo” est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase en 2015.

Blind Lake – Robert Charles Wilson

J’ai entendu parler de ce roman de SF sur l’excellent site linuxfr.org : et oui, on n’y parle pas que de linux ou de logiciels libres, et cela en fait tout son charme.

Je découvre donc cet auteur de SF par la même occasion, et ma foi j’ai été agréablement surpris : la lecture est facile, l’histoire prenante et le récit addictif, les personnages humains et attachants, et on ne part pas dans des délires sans queue ni tête. À ce titre, cela m’a fait penser à Philip K. Dick, même si les sujets abordés sont différents, et les personnages moins “perturbés”…

Que se passe-t-il donc à Blind Lake, un centre de recherche disposant d’une sorte de télescope (“l’Œil”) très sophistiqué qui permet de suivre les moindres faits et gestes d’un extraterrestre (“le Sujet”) sur la planète UMa47/E, située a cinquante années-lumière…

Un blocus vient d’être décrété, et toute communication brusquement coupée avec le monde extérieur. Personne ne comprend ce qui se passe… à part Tess, une petite fille au syndrome d’Asperger, qui semble voir des choses que les autres ne voient pas. Chris, un journaliste venu là pour un simple interview et pris dans le blocus va enquêter… C’est le moment que “Le Sujet” choisit pour brusquement quitter sa routine immuable et s’enfoncer dans le désert…

L’Œil est piloté par des systèmes O/BEC, des calculateurs quantiques ET organiques dont les hommes ne maîtrisent plus vraiment le fonctionnement : les hommes l’entretiennent, se contentant de lui fournir le bon environnement, et le système se développe par lui-même, atteignant une complexité inédite. Il est ainsi capable de décrypter un signal extrêmement faible et brouillé parvenant de planètes lointaines, et de reconstituer les images.

Mais peut-on vraiment faire confiance aux informations fournies par l’Œil ? La création de l’homme (tel l’apprenti-sorcier) l’a manifestement dépassé, dès lors quelle peut ou doit être la relation entre l’homme et la machine ? “Le Sujet” apportera une réponse…

Robert Charles Wilson, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d’origine américaine. Il a reçu le prix Hugo pour son roman Spin en 2006. Ce roman est le premier d’une trilogie, et apparemment le meilleur des trois… Il est déjà sur l’étagère en attente de lecture !

Les étoiles s’éteigent à l’aube – Richard Wagamese

Ce roman est le premier de l’auteur, et le deuxième que je lis, après Jeu blanc. C’est celui-ci qui est censé être le meilleur, selon le libraire, l’ordre de lecture est donc ascendant !

Belle histoire, prenante, d’un fils que son père alcoolique a choisi de confier à un vieil homme afin qu’il l’éduque avec des principes et des valeurs, ce dont il aurait été incapable…

Franck grandit à la ferme, au contact de la nature, développant une personnalité peu loquace, peu compatissante, où les rares rencontres avec son père ne lui apportent que frustration.

Sentant la mort venir, le père appelle son fils pour son dernier voyage, car il veut être enterré en haut d’une crête, face à un magnifique paysage, comme le faisaient les anciens guerriers.

Ce voyage permettra au père de faire le récit de sa vie, une vie difficile de journalier amérindien, qui part faire le guerre de Corée, une autre guerre de tranchées, et y commettra un acte qui le hantera toute sa vie. Et d’enfin parler à Franck de sa mère.

Franck pardonne-t-il à son père en fin de compte ? Difficile à dire, mais au moins il connaît désormais l’histoire de ses ancêtres, la place du vieil homme dans l’histoire, et semble plus apaisé. Le pardon viendra sans doute plus tard.

Richard Wagamese (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne Ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario.

Jeu blanc – Richard Wagamese

Roman recommandé par Graing, lecteur occasionnel du blog, dans un commentaire sur cet article à propos d’un roman de Joseph Conrad.

Lorsque j’ai demandé ce livre au libraire, ce dernier m’a immédiatement recommandé le premier livre de cet auteur, “Les étoiles s’éteignent à l’aube”. J’ai donc pris les deux, mais commencé par celui-ci.

J’ai bien aimé cette histoire, on est tout de suite accroché par ce récit qu’un indien appelé Saul, en cure de désintoxication alcoolique, nous fait de sa vie, en commençant par son enfance, lorsqu’il vivait en pleine nature, loin de la civilisation, avec sa grand-mère qui lui apprenait les coutumes anciennes, et avec qui il partageait des visions, car il avait également ce don.

Puis Saul se retrouve dans une école chrétienne, “éduqué” de force, forcé d’oublier sa culture et même son langage, comme tant d’autres indiens… Mais un prêtre introduit le hockey et forme une équipe. Et c’est la révélation. Saul se passionne pour ce jeu, et son don lui permet de “voir” les lignes de jeu, les espaces qui se libèrent… Dès son premier match, son talent explose. Vient son ascension dans le monde du hockey, jusqu’à rejoindre une équipe de haut niveau : mais que ce soit les coéquipiers ou les spectateurs, il reste un indien partout et tout le temps. Il se venge par le jeu, mais devient alors la cible de coups, et finit par les rendre, devenant un joueur violent et individualiste…

Il quitte alors sa famille d’adoption, enchaînant les petits boulots, avec toujours cette violence en lui, prête à éclater. Il devient bûcheron, où sa violence éclate pour de bon. Puis il sombre dans l’alcool… Il se retrouve dans un centre de désintox, retour au début du bouquin. Le dénouement final, je ne vous le dévoile pas, mais il m’a pris de court, tout est soudain revisité sous un nouvel éclairage…

Belle histoire donc, bien écrite, où la période du hockey tient l’essentiel du roman, c’est presque dommage, mais c’est tout de même très prenant, et plein d’émotions.

Richard Wagamese (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario. Ce roman (son deuxième) est fortement inspiré de sa propre vie ou celle de sa propre famille. Il a été adapté au cinéma en 2017 par Stephen S. Campanelli sous le titre “Indian Horse”.

Zomia ou l’art de ne pas être gourverné – James C. Scott

Ce livre m’avait été recommandé il y a pas mal de temps par mon libraire de Puteaux ! J’avais noté le titre dans un coin, et suis retombé dessus par hasard, alors qu’il vient d’être publié en format poche. C’était le moment de l’acheter et de lire.

Il s’agit donc d’un essai, sur un sujet très intéressant qui bouscule pas mal d’idées reçues. Il y a toutefois beaucoup de redites, ce qui rend la lecture de l’ouvrage un peu fastidieuse (626 pages). Mais l’essentiel du message est passionnant, même s’il est assez vite compris.

En plus, la zone géographique concernée est l’Asie du Sud-Est, où j’étais encore il y a peu… Ma vision des ethnies locales (particulièrement en Birmanie) est désormais très différente de ce qu’elle était !

Alors de quoi s’agit-il ? Ces fameuses ethnies sont souvent perçues et présentées comme nos ancêtres, vivant dans les montagnes, n’ayant pas encore rejoint la société civilisatrice… L’auteur nous propose une toute autre explication, celle de peuples ayant fui les vallées vers des zones refuges, hors d’atteinte d’un État trop autoritaire et contraignant : travail forcé, impôts, conscription, religion, etc…

Il n’y a là aucune séquence évolutionniste, et les tribus ne sont pas “antérieures” aux États. Elles représentent plutôt une formation sociale qui se définit par sa relation à l’État : “Si les dirigeants du Moyen-Orient ont dû affronter un “problème tribal”, […] on peut dire que les tribus ont fait face à un éternel “problème de l’État”.”

Cette contre-histoire est en elle-même passionnante, et on y apprend plein de choses, comme par exemple que la muraille de Chine (et une autre pour les Miao, au sud de la Chine) ont autant servi à se protéger des barbares venant de l’extérieur que pour empêcher la population de partir…

Voilà un peu plus d’explications sur la Zomia (qui vient de Zo “reculé” et Mi “peuple”), ainsi que quelques extraits…

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Power – Michaël Mention

J’ai acheté ce livre sur la table du libraire quand j’ai vu qu’il racontait l’histoire des Black Panthers. C’était l’occasion d’en savoir plus sur ce mouvement, et ce roman a parfaitement répondu à mes attentes, brisant pas mal d’idées reçues.

C’est donc l’histoire du BPPFSD (Black Panther Party For Self Defense), depuis sa création jusqu’à son éclatement et ses dérives largement orchestrées par le FBI (programme COINTELPRO).

Le rythme de l’écriture est assez haletant, comme ce que vivent les personnages que nous allons suivre ; les scènes violentes arrivent sans prévenir, comme dans la rue. C’est très prenant, pour peu qu’en plus on s’intéresse à cette époque où l’Amérique bascule (années 60-70).

Nous allons suivre trois personnages, chapitre après chapitre : une jeune militante du BPP, un flic blanc et un infiltré par le FBI. Tous vont plus ou moins finir par être détruits, chacun à leur manière. Les destins croisés de Charlène, Neil et Tyrone vont vous accrocher, c’est certain !

Cerise sur le gâteau, il y a des références fréquentes à des morceaux de musique de l’époque, que l’auteur a eu la bonne idée de lister en fin d’ouvrage : l’occasion de se faire une “Playlist” (32 morceaux), et d’une belle découverte en ce qui me concerne avec ce morceau :

May Blitz (Album May Blitz) – Smoking the Day Away

Voilà quelques notes prises lors de la lecture de ce roman, qui peut sans aucun doute être pris comme une belle retranscription de l’époque, tout en restant un roman et donc une fiction.

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