Sur les falaises de marbre – Ernst Jünger

Sur les falaises de marbre - Ernst Jünger C’est le libraire qui m’a conseillé ce livre alors que l’on parlait de « belle écriture ». J’avais pour ma part entendu parler de cet auteur, mais pour un autre livre : Heliopolis (mi-SF, mi-philosophique, ça me tentait bien), hélas épuisé apparemment.

Les critiques parlent du chef-d’œuvre d’Ernst Jünger pour ce roman allégorique (fable ?), écrit peu avant la seconde guerre mondiale (1939), et où certains veulent voir un avertissement contre le nazisme.

Le sujet est celui de la civilisation contre la barbarie, et de l’impossibilité de rester neutre. Tout cela dans un monde imaginaire, La Marina, où deux frères vivent paisiblement dans un ermitage, occupés par leur bibliothèque et leur herbier, vivant en accord avec la nature, etc… Mais le Grand Forestier, seigneur du pays au nord, va envahir et détruire La Marina. Oh le vilain méchant !

Je n’en dirai pas plus, vu qu’arrivé à la moitié, j’ai refermé le bouquin. Peut-être y retournerai-je un jour, vu que tout le monde semble unanime, mais franchement, ça ne m’a pas du tout plu et je m’ennuyais ferme page après page : beaucoup trop éloigné de la réalité à mon goût. Exemple au hasard :

Une période étrange s’ouvrit alors pour nous à La Marina. Tandis que dans le pays le crime prospérait comme le réseau des moisissures sur le bois pourri, nous nous absorbions de plus en plus profondément dans le mystère des fleurs, et leurs calices nous semblaient plus grands, plus radieux que jamais. Mais avant tout nous poursuivions notre travail sur le langage, car nous reconnaissions dans la parole l’épée magique dont le rayonnement fait pâlir la puissance des tyrans. Parole, esprit et liberté sont sous trois aspects une seule et même chose.

Il semble bien que l’épée magique n’ait pas suffit à sauver La Marina…

Ernst Jünger (1895-1998) est un écrivain allemand. Il participa aux deux guerres mondiales, dans les troupes de choc au cours de la première et sous l’uniforme de la Wehrmacht comme officier de l’administration militaire d’occupation à Paris à partir de 1941. Officiellement, il s’est tenu à l’écart de la vie politique de son pays à l’arrivée des nazis au pouvoir, mais cette vision est contestée par certains comme Michel Onfray (qui fidèle à son habitude décortique la vie du personnage et la compare au contenu de son œuvre). Figure controversée dans son pays, sa vie d’homme de lettres est apparemment plus importante que celle de militaire…

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