
« Je tiens Dos Passos pour le plus grand écrivain de notre temps ». Signé : Jean-Paul Sartre, à propos de « 1919 », le second volet de cette trilogie appelée U.S.A.
J’avais déjà entendu parler en bien de cet auteur, mais aussi de la difficulté à lire certains de ses ouvrages. Après m’être renseigné, je me suis lancé dans la lecture de cette trilogie retraçant le début du vingtième siècle aux États-Unis à travers le destin de personnages appelés à se croiser ou pas.
La première chose que j’ai envie de dire, c’est l’extraordinaire fluidité du texte : j’ai été littéralement absorbé par la vie de ces personnages, que l’on voit se dérouler sous nos yeux. Je relevais parfois la tête, encore saisi par le récit, me rendant compte tout à coup du morceau de vie qui vient d’être raconté… Dos Passos adopte un style « behavioriste », à savoir qu’il raconte les faits sans porter de jugement ni s’attarder sur la psychologie de ses personnages : c’est au lecteur de se construire sa propre idée. D’où l’espèce de vertige qui nous envahit quand on prend soudainement conscience du pan de vie qui vient de s’écouler.
Chaque chapitre porte le nom d’un personnage, puis on passe à un autre, pour revenir au précédent (ou pas). Dos Passos intercale entre eux des sections un peu particulières, appelées « Actualités » et « L’Œil-caméra ». Le premier type est composée d’extraits de coupures de presse, publicités, chansons populaires, et se lit à peu près facilement, donnant même un peu de cadre historique au récit. Le second est très particulier, composé des morceaux de phrases collés les uns aux autres (qui sont autobiographiques nous apprend la préface), et je les ai lues je l’avoue en diagonale. De courtes biograpĥies de personnages marquants de l’époque sont aussi insérées de-ci de-là, souvent caustiques, toujours pertinentes.
Hormis cette particularité, j’ai dévoré les 1200 pages de ces trois romans :
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