Le grand soir & Cul-sec – Roger L. Simon

Livre conseillé par Jean-Patrick Manchette, dont je suis en train de lire les chroniques cinéma qu’il écrivait dans Charlie-Hebdo, et comme il ne peut pas s’empêcher de parler de polars par-ci par-là… En plus avec un titre pareil, il fallait bien voir de quoi il retournait.

Alors c’est marrant et original, mais bon il ne faut rien attendre de particulier au niveau de l’intrigue, elle n’est qu’un prétexte ! Nous sommes au début des années 70, Moses Wine est un détective privé juif, fauché, divorcé avec 2 enfants dont il doit assurer la garde certains jours, et qui fume des pétards à l’occasion, ça l’aide à se concentrer.

Il se retrouve à enquêter pour le compte d’un sénateur démocrate sur un ancien gauchiste révolutionnaire qui menace de déclencher un attentat pour afficher son soutien au sénateur… soutien bien encombrant et qui ressemble fort à une manipulation. Mais qui se cache derrière celle-ci ? De fil en aiguille, une secte satanique va apparaître, rendant l’enquête de plus en plus échevelée (et de moins en moins crédible, il faut bien le dire)…

Finalement, l’intérêt du roman se trouve dans l’époque et la description qu’en fait l’auteur. La Californie des années 70, avec toutes ses folies et son rêve d’une société sans interdictions… Voilà les première lignes du roman, toutes les références y sont, et on saisit bien le contexte :

La dernière fois que j’avais vu Lila Shea, nous faisions l’amour à l’arrière d’un ex-corbillard Chrysler, modèle 1952, garé dans une rue en face du Centre de recrutement d’Oakland. Les gaz lacrymogènes passaient par les interstices du plancher et nos oreilles retentissaient des coups de matraque distribués par les forces de police. Le hurlement des sirènes couvrait les gémissements de plaisir de Lila. Nous étions à l’automne 1967 – les chaudes journées d’octobre – et, comme nous venions juste d’en finir, Lila se dégagea, se glissa, abandonna le matelas pneumatique des surplus de l’Armée, remonta son slip de coton et disparut dans la nuit sans même un au revoir.

Lila avait toujours été comme ça – l’un de ces êtres exaltés qui ont traversé les années soixante tels des goûteurs de vin, dégustant chaque cru avant de passer au suivant. Elle avait tout fait. Le Free Speech Mouvement, les Students for a Democratic Society, la défonce collective dans les chambres crasseuses de Haight-Ashbury, les Hell’s Angels, les trips en bus avec les « Merry Pranksters » de Ken Kesey, l’acide au Fillmore et les communautés de Taos.

Dans la foulée, j’ai enchaîné sur « Cul-sec », le deuxième opus de la série (il y a huit romans dans la série consacrée au détective Moses Wine). Ici l’enquête va mener Moses vers le monde du marché du sexe très en vogue à l’époque, entre les boutiques de massage, de bars topless, ou les centres de libération sexuelle et spritiuelle…

Comme pour le roman précédent, l’intrigue n’est qu’un prétexte à décrire le Los Angeles de l’époque. Disons que ça se lit bien à la plage, avec cet été qui arrive… 😉

Pour le reste, je vais en rester là, j’y reviendrai peut-être, mais c’est quand même bien allumé tout en étant sans prétention littéraire…

Roger L. Simon, né en 1943 à New-York, est un écrivain, scénariste et réalisateur de romans policiers. Le grand soir a été porté à l’écran sous son titre original The Big Fix (1978).

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