Mauvais affichage du blog sur mobile

Surprise hier, en affichant mon blog sur le smartphone, j’avais un espace à droite inutilisé :

Manifestement, la partie « web responsive » détectait mal la largeur de l’écran, mais pourquoi ? Je n’ai pas fait de modifications sur le thème récemment, je ne comprenais donc pas trop d’où pouvait venir le problème.

J’ai commencé par vider le cache du navigateur et recharger la page, sans changement. Puis j’ai installé un autre navigateur sur le smartphone : idem, le problème persistait. Ce matin, j’ai donc commencé à regarder cela de plus près, et j’ai été assez heureux puisque j’ai vite trouvé comment corriger ce problème, même si je ne maîtrise pas le sujet…

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Intérieur nuit – Marisha Pessl

J’ai hésité à choisir ce livre, dont le sujet est la quête d’un mystérieux réalisateur de films d’horreur, ce qui n’est vraiment pas ma tasse de thé. Mais le petit post-it du libraire en disait du bien, tant pour l’écriture que pour la qualité de l’enquête. Le livre était de plus assez original avec ses coupures de presse et captures d’écrans qui parsèment l’histoire, pour donner un air de vérité au récit… À défaut de trouver mieux, j’ai tenté l’aventure.

Le personnage central est Scott McGrath, un journaliste déclassé après avoir accusé sans preuves Cordova, le fameux réalisateur. L’histoire démarre avec la mort d’Ashley, la fille de Cordova : McGrath va vouloir enquêter sur cette mort qu’il trouve suspecte afin de percer enfin le mystère qui entoure le réalisateur et toute son œuvre. Il embarque avec lui Nora une jeune fille apprentie actrice et un jeune homme désœuvré Hopper, tous deux croisés au début de son enquête.

C’est bien écrit, et le ton du narrateur (McGrath) ne manque ni d’humour ni de distance quand il le faut, rendant le récit assez agréable, même si l’enquête semble assez erratique, chaque étape déclenchant la suivante sans forcément qu’un lien ou un semblant de logique semble mener quelque part.

Arrivé aux trois-quarts du bouquin, on bascule dans ce que je craignais, quittant la réalité pour un monde de magie noire, de sorcellerie ou même de sacrifice d’enfants lors de l’incursion au « Peak », l’immense propriété chargée de mystère où Cordova a réalisé tous ses films. À moins que tout cela ne soit que le résultat de l’imagination débordante et chauffée à blanc de McGrath ? Le récit perd alors beaucoup de son intérêt à mon goût, et la tentative de l’auteur pour retomber sur ses pieds dans la partie finale n’est pas je trouve une grande réussite. Tout ça pour ça ?

Ce n’est pas un mauvais bouquin, mais il est nettement préférable d’être fan de films d’horreur pour l’apprécier à sa juste valeur !

Marisha Pessl, née en 1977, est une écrivaine américaine. En fait j’avais déjà lu un roman de cette autrice : La physique des catastrophes. En relisant l’article que j’en avais fait à l’époque, je retrouve un peu les mêmes défauts : très verbeux, une intrigue un peu faible, et une fin laborieuse. « L’enfant prodige de la littérature américaine » a encore un long chemin devant elle.

Un pays à l’aube – Dennis Lehane

Voilà un livre choisi au hasard chez le libraire, et qui s’est révélé être une très bonne surprise.

Je ne trouvais rien qui me plaisait ou m’attirait au rayon Littérature, je suis alors allé voir côté romans policiers, et j’ai regardé celui-là : la collection Rivages/Noir est une référence, et l’épaisseur du livre me convenait (856 p, je cherchais un gros roman pour mieux m’y plonger). Le quatrième de couverture parlait de l’après première guerre mondiale aux États-Unis, de problèmes raciaux ainsi que d’infiltration des milieux anarchistes… Tout cela m’a convaincu !

Ma première impression, c’est que c’est un vrai roman, pas un simple roman policier même si le personnage principal est flic ; c’est très bien écrit, avec une histoire bien prenante, et où l’auteur s’est bien documenté sur l’époque, ce qui ajoute toujours de l’intérêt au récit je trouve.

Le premier sujet abordé, c’est le racisme : ce dernier est omniprésent dans les rapports sociaux, et les noirs ont intérêt à rester à leur place ! À cette époque, on peut parler de ségrégation même si la situation peut différer d’un état à l’autre. Leurs droits sont réduits au minimum, et un blanc à tout pouvoir au moindre prétexte. Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l’Ohio, en fera l’expérience dès le début du roman au cours d’une partie de base-ball improvisée avec des joueurs professionnels (blancs bien sûr) dont le train est en panne, et qui se font malmener par ces jeunes noirs pour qui le base-ball est un jeu… Mais peuvent-ils battre des blancs pour autant ?

Luther va finir par se retrouver à Boston, dans un climat d’après-guerre avec des policiers à peine payés qui ne peuvent nourrir leur famille, et menacent de se syndiquer ou pire de faire grève (une hérésie pour l’establishment). Tout cela dans un milieu social très tendu, avec des anarchistes, émigrés pour la plupart, qui veulent s’en prendre au système capitaliste tellement inégalitaire dans cette période d’immense pauvreté. L’agent Danny Coughlin, pourtant issu d’une famille de nantis, va se retrouver malgré lui à mener le mouvement contestataire, face à un chef de la police qui ne pense qu’à les réprimer (l’occasion aussi de voir brièvement J.E. Hoover encore tout jeune commencer à dresser ses listes de citoyens et à combattre « le péril rouge »). Tout cela va dégénérer en terribles émeutes. Luther et Danny vont se lier d’amitié au milieu de tous ces dangers.

Une histoire très prenante, d’autant qu’elle se base sur évènements qui ont vraiment eu lieu, décrivant une époque pas forcément connue, comme celle du mouvement anarchiste et de la montée du syndicalisme.

Dennis Lehane, né en 1965 à Boston, est un écrivain d’origine irlandaise, et auteur de romans policiers, dont le cadre est presque exclusivement la ville de Boston. Ses romans ont été plusieurs porté à l’écran :

  • 2003 : Mystic River de Clint Eastwood
  • 2007 : Gone Baby Gone de Ben Affleck
  • 2010 : Shutter Island de Martin Scorsese
  • 2014 : Quand vient la nuit (The Drop) de Michaël R. Roskam
  • 2016 : Live by Night de Ben Affleck

Tout ça me donne envie de mieux découvrir cet auteur. Je lirais bien Mystic River par exemple, dont Eastwood a tiré un film très fidèle au roman. Et la bonne nouvelle, c’est que Un pays à l’aube est le premier d’une trilogie « Coughlin » : il est suivi de Ils vivent la nuit puis de Ce monde disparu. De bons moments de lecture en perspective !

FMD : Find My Device

Voilà une solution très pratique quand on veut localiser son téléphone, soit en le faisant simplement sonner soit en retrouvant sa position GPS (perte, vol). Ainsi que d’autres options plus radicales, comme de l’effacer à distance.

Je parle ici d’une application Android bien sûr, mais aussi de la partie serveur, l’ensemble fournissant une solution autonome totalement open source et sécurisée, respectant votre vie privée comme il se doit :

FMD vous permet de localiser, de faire sonner, d’effacer et d’envoyer d’autres commandes à votre appareil lorsqu’il est perdu. Il se veut une alternative open source sécurisée à Find My Device de Google.

Le serveur étant disponible en mode Docker, je l’ai installé très facilementsur mon NAS. Le client Android, disponible sur F-Droid, demandera lui un peu plus d’attention, car il a besoin d’un système de Push Notification, et de permissions particulières. Cela me prendra donc un peu plus de temps, mais finalement tout fonctionne comme attendu.

Voilà les différentes étapes à suivre…

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Gnome-weather et les petites villes

J’utilise Gnome comme environnement de bureau (DE) et j’en suis très content. Il est à la fois beau, ergonomique, homogène, tout en restant limité dans ses options, ce qui évite de se perdre dans des menus sans fin. C’est le choix fait par les devs, et ma foi, c’est cohérent.

Pour une part, on s’adapte à leurs choix, et pour le reste il y a les extensions Gnome qui permettent de personnaliser un peu l’expérience utilisateur. L’ensemble me convient.

Par contre, je n’avais pas trouvé comment afficher la petite ville où j’habite dans Gnome-weather. Je n’avais pas d’autre choix que de choisir Quimper, la ville la plus proche reconnue par l’application. Mais voilà, le problème est désormais réglé (il y a toujours une solution).

Pas de chance, aujourd’hui il pleut ! 😉

Il faut d’abord se rendre sur https://nominatim.openstreetmap.org pour identifier les coordonnées de latitude et de longitude de votre ville :

Dans mon cas, on obtient donc les valeurs suivantes :

Centre Point (lat,lon)47.9081865,-3.979665
test légende

Il va falloir ensuite convertir les valeurs avec l’opération suivante :

Coordonnées GPS Formule Résultat
Latitude 47.9081865÷(180÷3.141592654) 0.83615559319367762
Longitude -3.979665÷(180÷3.141592654) −0,0694582573854495

Source pour la conversion : test add_city.sh.

Voilà, il ne reste plus qu’à lancer dconf, l’éditeur de configuration de Gnome, et d’ouvrir la clef org.gnome.Weather.locations, et de modifier la valeur comme suit :

La valeur personnalisée à entrer dans mon cas est :

[<(uint32 2, <('La Forêt-Fouesnant', 'LFRQ', false, [(0.8361555931936776, -0.069458257385449501)], @a(dd) [])>)>]

Attention, la moindre erreur de syntaxe ne sera pas pardonnée ! Personnellement, j'ai d'abord choisi Quimper via l'interface de l'application, puis je suis allé modifier à la main la valeur des coordonnées lat/lon, en appliquant le même nombre de décimales.

Serveur Joplin en mode Docker

J’utilise depuis longtemps Joplin comme application de prise de notes. Elle est vraiment très complète, propose un client Android, et permet la synchronisation entre les appareils bien sûr. Tout ce qu’il me fallait entre le PC et le smartphone.

Puis j’ai vu qu’il était possible d’installer un serveur avec Docker pour synchroniser et partager les notes de manière plus efficace, j’ai donc décidé d’installer ce serveur sur mon joli NAS.

Joplin est vraiment très complet : il permet de créer des carnets dans lesquels on peut créer des notes (deux niveaux de classement donc, indispensable), il accepte tous types d’attachements aux notes (images, pdf, audio, etc…), propose un nombre impressionnants de plugins (+350 ?), dispose d’un éditeur markdown (le format de stockage des notes) mais aussi au format « rich text », ou encore d’utiliser un éditeur externe, etc, etc… Difficile de faire plus complet ! Et bien sûr disponible sur toutes les plateformes (Windows, Linux, Android, iOS). Sans oublier une caractéristique importante :

Joplin est « hors ligne d’abord », ce qui signifie que vous avez toujours toutes vos données sur votre téléphone ou votre ordinateur. Cela garantit que vos notes sont toujours accessibles, que vous ayez ou non une connexion Internet.

Enfin c’est un français, Laurent Cozic (un breton en plus ! 😎 ) qui en est le créateur. Il s’est lancé dans ce projet en 2016, ne trouvant pas ce qu’il voulait dans les solutions existantes : un logiciel open-source axé sur la sécurité et la vie privée. Bravo à lui ! On peut se dire que depuis preques 10 ans, Joplin est devenu un logiciel assez abouti avec plein de fonctionnalités.

Voilà l’interface du client sur Linux :

On peut mettre une icône à chaque Carnet, créer une Table of Content, etc…

Mais cet article concerne la mise en place du serveur : ça a été assez simple, mais voyons voir cela tout de même…

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Le complot contre l’Amérique – Philip Roth

Retour à Philip Roth, un grand écrivain et une valeur sûre en terme de roman et de qualité d’écriture. Ça faisait longtemps que j’avais coché ce livre, cette dystopie où l’auteur imagine ce qui se serait passé si le célèbre aviateur Charles Lindbergh avait gagné les élections en 1940 aux dépends de Roosevelt.

Charles Lindbergh, très populaire, avait dans la vraie vie exprimé sa sympathie à l’égard d’Hitler, et reproché aux juifs américains de pousser l’Amérique à entrer en guerre. Le scénario n’est donc pas totalement éloigné d’une réalité possible : celle où les juifs américains sont peu à peu ostracisés, et amenés à craindre le pire.

Mais le roman n’est pas une simple dystopie qui pourrait effectivement être très sombre, car tout est raconté par les yeux d’un enfant de 7 ans, le petit Philip, dont la famille vit à Newark dans un petit appartement, le père étant agent d’assurance, la mère au foyer, avec un frère un peu plus âgé : une famille comme tant d’autres, qui arrive peu ou prou à joindre les deux bouts, peu religieuse, et avant tout américaine. C’est extrêmement bien vu et cela apporte beaucoup de fraîcheur à l’histoire, avec la compréhension globale du gamin des évènements qui se succèdent, et la vision un peu fantasmée par son imagination qu’il en a :

C’est la peur qui préside à ces Mémoires, une peur perpétuelle. Certes, il n’y a pas d’enfance sans terreurs, mais tout de même : aurais-je été aussi craintif si nous n’avions pas eu Lindbergh pour président, ou si je n’étais pas né dans une famille juive ?

Car Lindbergh une fois élu conclut un accord avec Hitler, et le nouveau président met en avant la neutralité et le refus d’envoyer de jeunes américains se faire tuer, ce qui lui assure une certaine popularité. Puis le gouvernement crée un programme appelé « Des gens parmi d’autres », destinés à envoyer de jeunes garçons « issus de minorités religieuses » au fin fond de l’Amérique profonde pour mieux s’intégrer à la société américaine, programme auquel participera Andy, le frère aîné de Phil. C’est le début de mesures visant particulièrement les juifs, et l’inquiétude monte vite sur ce qui pourrait suivre.

Et Phil va avoir matière à réflexion : entre son père très attaché aux valeurs de la démocratie américaine, sa mère prête à émigrer au Canada, son grand frère qui revient avec de nouvelles idées en tête du programme qui l’a envoyé 6 mois au Kentucky, son cousin Calvin qui a choisi dès le début de partir combattre Hitler sous les couleurs de l’armée canadienne, et qui en revient estropié et très aigri quelques mois plus tard… Jusqu’à sa tante qui se marie à un rabbin corrompu qui sert de caution morale à Lindbergh pour valider sa politique auprès des chrétiens… Le gamin va avoir bien du mal à se construire !

Puis ce sera le tour du programme « Homestead 42 » : cette fois c’est la société d’assurance où travaille le père de Phil qui le relocalise dans une bourgade du Kentucky, ce qui obligerait la famille entière à quitter son quartier de Newark et sa communauté juive où ils se sentent malgré tout en sécurité. Les choses deviennent sérieuses et la situation se tend, d’autant que la violence anti-juive et des débuts de pogrom commencent à faire leur apparition.

Heureusement, Phil nous raconte aussi sa vie au quotidien, avec ses yeux d’enfant, et cela rend la lecture de ce roman beaucoup plus légère que la société et ce qui s’y passe, fort heureusement. Comme cette anecdote à propos de son cousin Calvin qui m’a fait éclater de rire :

Lorsqu’il prit de l’âge et du poids, et que son moignon s’écorcha du même coup de façon chronique, lorsqu’il dut passer des semaines sans mettre sa prothèse en attendant qu’elle cicatrise, Minna le conduisit à la plage publique, l’été, et tout habillée sous un grand parasol, le couva du regard : il passait des heures à batifoler dans le ressac réparateur, se balançait avec la vague, faisait la planche en crachant des geysers salés, et puis, pour semer la panique chez les touristes de la plage bondée, jaillissait de l’eau en criant : « Un requin, un requin ! » tout en désignant son moignon d’un air horrifié.

Philip Roth a fort judicieusement inséré à la fin du roman une chronologie véritable de personnages principaux de son roman, ce qui permet de resituer la réalité dans cette dystopie.

On y apprend tout de même que Lindbergh trouvait Hitler plutôt sympathique, qu’il avait été décoré sur ordre du Führer de la Croix de l’Aigle allemand, médaille d’or à quatre petites croix gammées, qu’on décerne aux étrangers pour services rendus au Reich. Et les propos qu’il tenait sur les juifs peuvent largement le faire passer pour un antisémite. Il faudra Pearl Harbour pour le faire changer d’avis.

Un autre personnage, pas assez présent dans le roman, mérite d’être noté : Henri Ford, lui aussi décoré par le gouvernement de Hitler, se revendiquant lui aussi pacifiste, et comme Lindbergh rendant les juifs responsables de la guerre, et particulièrement les banquiers judéo-allemands.

En mai 1920, le Dearborn Independent, qu’il a racheté en 1918, publie le premier de quatre-vingt-onze articles détaillés que Ford consacre à dénoncer « le Juif international : problème mondial » ; les numéros suivants publieront en feuilleton les Protocoles des Sages de Sion, censés révéler la stratégie des Juifs pour dominer le monde, document fabriqué de toutes pièces qu’il fait passer pour authentique. Deux ans après la première parution du journal, le tirage atteint près de 300 000 exemplaires. On force la main aux concessionnaires Ford pour qu’ils s’y abonnent comme à un produit dérivé ; les articles, violemment antisémites, sont réunis dans une édition en quatre volumes : The International Jew : A World Foremost Problem.
[…]
Vers le milieu des années vingt, il est poursuivi en justice par un avocat de Chicago pour diffamation ; l’affaire se règle hors des prétoires. En 1927, il se rétracte et cesse d’attaquer les Juifs ; il accepte de mettre un terme à ses publications antisémites ; il ferme le Dearborn Independent, entreprise déficitaire qui lui a coûté pas loin de cinq millions de dollars.

Aujourd’hui encore, beaucoup de gens croient à la réalité des Protocoles des Sages de Sion… Quelle misère ! 😥

Autre article sur Philip Roth sur ce blog :

Philip Roth (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie.

Comme des ombres sur la terre – James Welch

J’ai déjà lu deux livres de cet auteur, qui a la particularité d’être amérindien et plus précisément né dans la réserve indienne Pieds-Noirs de Browning dans le Montana. Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré ce récit véritablement étonnant.

Car si dans les deux romans transparaissaient les origines indiennes de l’auteur, par ses personnages principaux eux aussi indiens et évoluant dans le monde moderne, dans celui-ci, nous allons plonger à l’intérieur d’une tribu Blackfeet vivant dans le Montana, dans les années 1870, à l’époque où les blancs ne cessent de gagner du terrain de façon inéluctable, malgré les traités signés.

Se battre contre eux est sans espoir, tant ils sont nombreux et cruels, et il ne reste à la tribu d’autre choix que de tenter désespérément de continuer à vivre selon leur mode de vie tant que c’est encore possible. Nous allons suivre l’évolution d’un jeune garçon de 15 ans, jusqu’à ce qu’il devienne un père de famille au milieu de tous ces bouleversements.

C’est une véritable immersion, et il faudra que le lecteur devine le sens de certains mots, notamment celui des animaux (cornes-noires, remue-la-queue, ours-vrai, quatre-jambes, mordeurs-de-bois, etc…), ou des saisons comme des lieux : tous les noms donnés représentent leur essence, c’est à la fois beau et poétique.

On est vite transporté dans l’histoire, la vie de « Chien de l’Homme Blanc » qui prendra ensuite le nom de « Trompe-le-Corbeau » après un raid chez les Crows pour leur voler des chevaux. Puis il apprendra à soigner avec le secours d’un homme-aux-multiples-visages, aura des visions et découvrira son animal-pouvoir, Oiseau Corbeau. Tout ce récit nous transporte dans le monde des indiens Blackfeet, et c’est magnifique !

En guise d’extrait, voilà juste le premier paragraphe :

Maintenant que le temps avait changé, la lune-des-feuilles-qui-tombent blanchissait dans le ciel noir et Chien de l’Homme Blanc se sentait inquiet. Mâchant un bâton de viande séchée, il regarda Faiseur de Froid rassembler ses forces. Au nord, les nuages sombres s’amoncelaient en cercles, entamant leur danse avec une lente fureur délibérée. La nuit s’avançait, et il se tourna vers les marécages qui bordaient la Rivière des Deux Médecines. Les feux allumés en vue du repas illuminaient l’intérieur des tipis des Mangeurs Solitaires. C’était le moment de la soirée où les chiens eux-mêmes se reposaient et où les chevaux paissaient tranquillement le long des berges herbeuses.

James Welch (1940-2003), est un romancier et poète américain, né dans la réserve indienne des Pieds-Noirs, dans le Montana. Son succès ouvrira la voie à plein d’autres auteurs amérindiens.

Une histoire de Fairphone et de GPS

Voilà presque une année que ma sœur se plaint régulièrement du temps que mettait son Fairphone 3+ à se localiser (GPS). Cela peut prendre une bonne minute comme cinq minutes, ou même ne jamais aboutir. Et comme elle fait beaucoup de randonnées, c’est vraiment devenu problématique pour elle. Au point de penser à changer de téléphone… Or la durabilité est une chose importante à ses yeux, diminuer son empreinte écologique un principe, et c’est pour cela qu’elle avait acheté ce Fairphone.

J’avais déjà regardé ses réglages, tout semblait correct, puis on passait à autre chose, et le problème revenait dans la conversation quelques mois plus tard, sans pour autant avancer dans sa résolution. Le fait qu’elle habite à l’autre bout de la France ne facilitait pas non plus les choses.

Fin août, elle est passée en Bretagne (on a fait le tour du Cap Sizun en vélo électrique sur trois jours, c’étaient les derniers beaux jours et ça a été génial 😎 ), j’ai donc eu le temps de me pencher plus sérieusement sur le problème.

Et voilà, un mois plus tard, le problème est résolu, et le Fairphone est reparti pour quelques années je l’espère. Bon, on va le voir dans cet article, tout n’a pas été aussi idyllique que ça, Fairphone a des qualités mais aussi des limites…

Pour les plus pressés, c’était l’antenne du GPS qui suite à une chute du tel qui était endommagée, et il a fallu changer le « rear panel », qu’hélas Fairphone ne fournit pas comme module de remplacement. Heureusement, Leboncoin est là…

Voyons voir tout ça étape par étape…

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Bleus blancs rouges – Benjamin Dierstein

Je ne sais plus où j’ai entendu parler de ce roman politico-policier traitant des années 80 et des troubles de l’époque : Mesrine l’ennemi public numéro un, les attentats du FPLP, Action Directe, etc… Le tout sur fond politique avec les années Giscard, avec l’affaire des diamants de Bokassa, la montée en puissance de Miterrand, l’affaire Robert Boulin, etc… Les ingrédients étaient là pour écrire roman passionnant.

Et l’histoire commence bien avec Marco et Jacquie, tous les deux à l’école de police, tous deux postulants pour la première place, l’un penchant nettement côté droite-catho, l’autre qui va peu à peu se découvrir à gauche… Viendront vite se greffer au récit le milieu de la prostitution de luxe et des boites de nuit parisiennes, les barbouzes de la « France-Afrique », les hommes politiques, le S.A.C, Kadhafi… Ajoutez à cela les différents organes de l’état : DST, RG, BRI, j’en passe et des meilleurs, l’auteur ne recule devant rien !

Mais la lecture va vite devenir difficile, et j’avoue avoir eu un peu de mal à finir ce roman, pour découvrir qu’après toutes ces pages, il faudra attendre un tome deux puis un troisième, l’auteur étant à priori un adepte des trilogies. Ce sera sans moi.

Alors quoi ? d’abord la médiocrité de la plupart des personnages, leur grossièreté, leur machisme omniprésent rend la lecture difficile. La pauvre Jacquie a bien du mal à exister dans l’histoire, elle disparaît d’ailleurs peu à peu. Place aux mecs, aux salauds, ceux pour qui la violence est la meilleure façon de s’exprimer, et une bonne baise la meilleure façon de se défouler après une dure journée (la place des femmes est essentiellement réduite à ce rôle). Et les dialogues sont à l’image des personnages, au ras des pâquerettes. Il en ressort un ensemble caricatural et nauséeux.

Quant au contexte historique, l’auteur nous raconte ce qu’il veut, c’est son interprétation, à prendre ou à laisser : il s’est sans doute beaucoup documenté si l’on en croit la bibliographie en fin de volume, mais de là à nous raconter comment Robert Boulin est mort… Dès lors, le reste n’est-il pas à l’avenant ? Alors pourquoi se « payer » toute cette noirceur et cette vulgarité pour une histoire qui comme la police n’avance que très lentement, plus occupée par une guéguerre des services qu’à arrêter les terroristes. On tourne en rond, et l’ennui le dispute au désintérêt.

Le « James Ellroy à la française » n’est pas pour ce coup-ci, loin s’en faut !

Benjamin Dierstein, né en 1983 à Lannion, est un auteur de romans policiers. Il a obtenu le Prix Landerneau Polar des Espaces Culturels E.Leclerc 2025 pour ce roman. Tout cela fleure bon la Bretagne, mais ne suffit pas à me convaincre de lire la suite.

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