Archives de catégorie : Littérature

Perfidia – James Ellroy

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu d’Ellroy : j’étais assez fan à une époque, et j’avais pratiquement tout lu de lui, en commençant par le Dalhia noir (premier tome du fameux « Quatuor de Los Angeles »). J’avais été particulièrement impressionné par son American Tabloïd, retraçant les années précédent l’assassinat de JFK.

J’étais même assez crédule pour croire qu’Ellroy décrivait une réalité fût-elle romancée ! Mais plus tard, j’appris qu’il avait largement inventé des faits quand cela l’arrangeait, et qu’il s’agissait donc d’une totale fiction. Cela m’avait un peu déçu de la part de l’écrivain.

Pour ce …

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage – Haruki Murakami

Roman conseillé par Olivier, un ex-collègue et ami de lecture. J’ai déjà lu du Haruki Murakami, j’aime plutôt bien (Kafka sur le rivage) même si je trouve parfois que c’est vraiment trop long (1Q84).

J’ai été vite pris par l’histoire de Tsukuru, toute empreinte de sensibilité et de recherche à la fois de sa place et de sens à sa vie. Comme souvent avec Murakami, on oscille entre la réalité et les rêves, ou plutôt les rêves ont un vrai rapport avec la réalité.

Tsukuru formait avec 4 autres collégiens un groupe d’amis extrêmement soudés, en …

Cartel – Don Winslow

Suite de La Griffe du Chien, où l’on retrouve Art Keller quelques années plus tard, retiré dans un monastère à s’occuper des abeilles. Adan Barrera est sous les verrous dans une prison californienne. Tout va bien.

La première chose qui frappe en ouvrant ce roman, c’est la longue liste de journalistes (peut-être 200, plus…) à qui ce livre est dédié, tous assassinés ou « disparus » pendant la période couverte, soit de 2004 à 2012.

Adan Barrera va réussir à se faire transférer dans une prison mexicaine, d’où il ne tardera pas à s’échapper. Keller va devoir reprendre du …

La griffe du chien – Don Winslow

C’est à la radio que j’ai entendu parler de cet auteur, à l’occasion de la sortie du dernier opus (« La Frontière ») de sa trilogie policière sur le trafic de drogue et sa filière aux implications tentaculaires aux U.S.A.

Les deux premiers tomes de cette trilogie étant disponibles en format poche (et même vendus ensemble dans un petit coffret), j’en ai fait l’acquisition et je viens donc de finir le premier.

Le style n’est pas très littéraire, on est dans le descriptif concret, par contre l’histoire est prenante, comme tout bon polar. Elle débute en 1975 et se termine …

La Horde du Contrevent – Alain Damasio

C’est sur France Culture que j’ai entendu parler de cet auteur, où l’on mentionnait qu’il écrivait peu (un livre tous les 10 ans), et de la S.F. française.

Ces deux arguments n’étant pas pour me déplaire, j’ai regardé un peu ce qu’il avait écrit, et j’ai commencé par celui-ci (dans une très belle édition de Folio), donné comme un énorme succès d’édition et ayant remporté le grand prix de l’imaginaire 2006.

C’est d’ailleurs la première remarque que je ferais : il s’agit bien d’imaginaire, beaucoup plus que de S.F.. Et côté imaginaire, c’est superbe, on entre dès les premières pages …

Tatoo – Earl Thompson

Suite de l’excellent Un jardin de sable, on retrouve Jack à 14 ans, revenu à Wichita (Kanzas), chez ses grands-parents, vivotant dans la misère et la pauvreté la plus totale. Économiquement, l’après-guerre n’est guère plus réjouissant que l’après-Grande Dépression !

Il est toujours aussi peu adapté à la société : il a d’une part une addiction au sexe qu’il ne contrôle pas, et ne voit les femmes qu’à travers ce prisme (les scènes décrites de ses expériences sont toujours très crues) ; d’autre part, il ne comprend pas que le peu de potes qu’il fréquente soient toujours dans la …

L’art de perdre – Alice Zeniter

Roman recommandé par Martine et Béatrice lors de la randonnée dans le Finistère Nord l’été dernier.

Je n’ai pas été déçu et ne peux que le recommander à mon tour ! C’est bien écrit, et aussi très bien raconté ; dès le début on est accroché par cette histoire sur trois générations, et l’intérêt ne baisse pas jusqu’aux dernières pages, avec même de l’émotion quand Naïma et les membres de sa famille tracent dans l’air leur arbre généalogique : j’ai trouvé cette scène très belle et intense.

Ali le grand-père doit quitter l’Algérie par crainte de représailles de la part …

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

Livre recommandé par Olivier, un ancien collègue de boulot avec qui je suis resté en contact principalement pour notre amour commun de la littérature. Il vient parfois sur ce blog voir ce que j’ai lu ! 😉

Et très bon conseil que cette lecture, une histoire très touchante principalement par la façon dont elle est racontée : c’est par la voix de Scout, une petite fille de 9 ans, que la vie de cette petite ville d’Alabama, dans les années 1935, au sortir de la grand dépression, nous est contée.

Et cette description de la vie a quelque chose d’extrêmement …

L’homme aux lèvres de saphir – Hervé Le Corre

Toujours un roman recommandé par Thomas le libraire de Puteaux, un roman policier cette fois : c’est l’histoire d’une sorte de Jack l’éventreur parisien. Nous sommes en 1870, peu de temps avant la Commune (qui est évoquée dans les dernières pages d’ailleurs).

L’écriture est soignée, dans un beau style au vocabulaire précis, parfois roturier selon le contexte. Les conditions de vie du peuple parisien sont décrites sans prendre de gants, et l’on peut parler de misère humaine. Les hommes exploités, travaillant dur pour gagner une misère, les femmes se prostituant pour survivre, une police de l’Empire corrompue et violente : …

Jack Baron et l’éternité – Norman Spinrad

En rangeant ma bibliothèque, je suis tombé sur ce vieux bouquin qui m’avait bien plu à l’époque… C’est aujourd’hui une œuvre de référence de la SF américaine des années 60-70.

Je l’ai relu avec grand plaisir, même si le côté SF a largement été gommé, les « vidphones » (fussent-ils portables) ont fait long feu comparé à nos smartphones ! Par contre le pouvoir des médias est toujours un sujet d’actualité, comme celui de la corruption de nos élites, ou encore le racisme, éternel problème des États-Unis.

Le style est un peu particulier, avec des passages sans ponctuation donnant un …