Propaganda – Edward Bernays

Propaganda - Edwards Bernays Cela faisait un bout de temps que j’avais entendu parler de ce livre, souvent cité comme référence lorsqu’il s’agit de manipulation de l’opinion publique, et des débuts de la société de consommation. J’ai donc été très content de voir qu’il existait en français, et plus encore quand j’ai vu que la préface était signée de Normand Baillargeon, auteur de l’excellent Petit cours d’auto-défense intellectuelle.

En fait, c’est cette préface que j’ai le plus apprécié : Normand Baillargeon résume parfaitement toute l’histoire, le personnage, la théorie, le côté faussement naïf présenté par Edward Bernays et les dérives qui ont vite lieu, sans oublier le contexte historique.

Le livre en lui-même n’est finalement que l’argumentaire de Bernays pour se vendre, ce qui ne le rend pas moins glaçant avec son postulat de base selon lequel le peuple doit être guidé (le gouvernement invisible) ou bien carrément marrant lorsqu’il affirme le besoin de sincérité nécessaire pour que la manipulation fonctionne.

De quoi s’agit-il ?

Une nouvelle forme de publicité, mais nous sommes en 1913, et cette approche est nouvelle. Plutôt que vanter les avantages du produit ou d’une cause, il s’agit ici de créer une association avec une autre chose – d’inspiration freudienne – que le public ne pourra manquer de désirer. Pour la première fois, l’approche est scientifique : psychologie, sociologie et psychanalyse !

Car Bernays est le neveu de Freud, et l’œuvre de ce dernier est pour beaucoup dans sa conception de la propagande, mot qu’il souhaite d’ailleurs réhabiliter et dont il regrette le sens péjoratif qu’on lui accorde généralement. Là on rigole franchement !

C’est ce que les américains appellent le spin, c’est-à-dire la manipulation – des nouvelles, des médias, de l’opinion – ainsi que la pratique systématique de l’interprétation et de la présentation partisane des faits. En français, cela s’appelle « les relations publiques ».

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Morcheeba – Blood like lemonade

Blood like lemonade - Morcheeba En rentrant un soir de la semaine dernière, j’ai regardé « Ce soir où jamais », l’excellente émission de débat de Frédéric Taddéi. Et en fin d’émission, comme toujours, passe un groupe en « live ».

Cette fois-là, c’était le groupe Morcheeba qui jouait un morceau de son dernier album Blood like lemonade. Ils avaient choisi le deuxième titre de l’album : Even though, la musique était assez minimaliste, et la voix de la chanteuse Skye Edwards, magnifique. Tout cela m’a donné envie d’écouter l’album, et je n’ai pas été déçu.

Voilà deux petits extraits pour vous faire une idée : la chanson entendue d’abord, puis celle qui donne son titre à l’album :

Even Though
Blood Like Limonade

Morcheeba est un groupe anglais formé dans les années 90 par les frères Godfrey, Paul (DJ) et Ross (guitare et clavier). La chanteuse Skye Edwards avait quitté le groupe en 2003 pour divergences musicales… Là voilà revenue, pour notre plaisir à tous !

Lambon 2010

Accéder à l'album Voilà les photos de l’édition 2010 du Lambon. La météo a été clémente (mais souvent menaçante), et le tournoi de tennis a tenu toutes ses promesses : c’est Bruno qui gagne, mais là n’est pas l’exploit : c’est Caro qui sort Eric ! cela a forcément beaucoup plu à nombres d’entre-nous, ce dernier nous ayant littéralement saoûlé tout au long de l’année avec sa victoire en 2009.

Le vendredi, on visite la maison de Marylin, revenue l’année dernière « au pays », dans un tout petit hameau, perdu au milieu de la campagne Poitevine. L’atelier est encore en travaux, mais l’endroit promet d’être très agréable à vivre.

La photo de groupe est très réussie je trouve, c’est la dernière photo de l’album.

Le guide TV libre QMagneto

QMagneto - fenêtre principale QMagneto est un EPG (Electronic Program Guide) qui permet d’afficher les programmes TV, de les visualiser, et de programmer leur enregistrement. En outre, on peut enregistrer les programmes venant de la Freebox, de la Neufbox ou d’un décodeur TNT. Il est disponible sous Windows, Mac OS X et Linux. C’est un logiciel libre (sous licence GNU General Public), et accessoirement développé par un Français, Jean-Luc Biord.

On peut bien sûr enregistrer directement depuis la freebox HD, mais le format est en Time Shifting (.ts). Avec QMagneto, tout se fait du PC, et le format sera du MPEG4 (.avi), ce qui est un peu plus pratique (encore que VLC lit très bien les fichiers Time Shifting). L’inconvénient est bien sûr que le PC doit être allumé…

Si l’installation de QMagneto est simple, la configuration des ports et des programmes n’est pas évidente, alors voilà ce que j’ai fait pour que cela marche sous Ubuntu Lucid Lynx 10.04, après quelques recherches sur le net. Continuer la lecture… Le guide TV libre QMagneto

Vidéo Lambon 2010 : Rednex – Cotton Eye Joe

Et voilà la vidéo du Lambon 2010 : cette année, c’est très Country, avec la chanson « Cotton Eye Joe» des Rednex. La chorégraphie est à priori le fruit d’un long travail, et le public répond présent (ne loupez pas les commentaires !). La fin est quant à elle admirablement rendue par une inspiration de Corentin.

Après deux pièces de théâtre laissant place à une imagination pour le moins délirante, nous voilà donc cette année avec un spectacle country. Fallait-il que les enfants suivent l’exemple donné par les mamans l’année dernière ? on peut se poser la question…

La vidéo est en HD, alors si votre débit est bon, n’hésitez pas à cliquer sur la vidéo (pour aller sur Youtube), passer en haute résolution, puis en plein écran :

meilleure résolution

La vidéo

PS : J’ai du faire un montage vidéo pour ajouter le « rappel », ainsi que le petit texte de transition : réalisé avec Openshot Video Editor, un logiciel entièrement libre sous licence GPL V3. Un logiciel avec une interface se voulant le clone de Windows Movie Maker© et Imovie©. Effectivement, très simple d’utilisation, et efficace.

“Écoutez” France Culture… en mp3 (2)

écoutez France Culture

J’avais écrit un article expliquant comment télécharger une émission de France Culture lorsque le podcast n’est plus disponible, mais l’écoute en ligne toujours possible.

Le site de France Culture vient d’être complètement refait, et la manip n’est plus valide. Il faut procéder d’une manière légèrement différente, et c’est finalement plus simple puisque l’on récupère directement le fichier au format mp3, alors qu’auparavant il s’agissait d’un fichier Real Player (.rm) qu’il fallait ensuite convertir en mp3.

Voilà donc comment faire maintenant

Lorsque vous arrivez sur la page d’écoute de l’émission, faites un clic droit sur le joli bouton rouge (voir image ci-dessus) et choisissez « Copier l’adresse du lien ». Ouvrez ensuite une fenêtre Terminal et taper la commande wget suivie du lien précédemment copié :

récupérer le lien avec wget

Éditer le fichier récupéré, et rechercher «MP3», vous devez obtenir quelque chose de ce genre :

édition du fichier récupéré

La partie qui nous intéresse, c’est le chemin (incomplet) du fichier MP3, surligné en jaune dans l’image ci-dessus, soit :

sites/default/files/sons/2010/05/s21/LES_NOUVEAUX_CHEMINS_DE_LA_CONNAISSANCE_26_05_2010.MP3

Il ne reste plus qu’à ajouter le début du chemin manquant, à savoir :

http://www.franceculture.com/

Ce qui nous donne le chemin complet suivant :

http://www.franceculture.com/sites/default/files/sons/2010/05/s21/LES_NOUVEAUX_CHEMINS_DE_LA_CONNAISSANCE_26_05_2010.MP3

Il ne reste plus qu’à télécharger le fichier en question, toujours à l’aide la commande wget par exemple :

récupération du fichier mp3

Et voilà, le fichier est maintenant prêt à être copié sur votre balladeur…

Paranoid Park – Gus Van Sant

Paranoid Park C’était il y a déjà quelques semaines, j’ai regardé Paranoid Park sur Arte. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je faisais confiance à Gus Van Sant, réalisateur de Good Will Hunting que j’avais beaucoup apprécié, ainsi qu’Elephant, toutefois dans un registre plus particulier (le drame du lycée de Columbine).

C’est donc l’histoire d’Alex, un adolescent de Portland (Californie), fan de skate qui se rend souvent à «Paranoid Park», LE terrain de glisse où se retrouvent les meilleurs skaters du coin… encore faut-il oser affronter le regard des autres : ne dit-on pas que personne n’est jamais assez mûr pour «Paranoid Park» ? … Le corps d’un homme est retrouvé non loin de là, coupé en deux par un train, et la police enquête. Est-ce un accident ? Que s’est-il passé ? Quelqu’un a-t-il vu quelque chose ?

Paranoid Park Passé les premières minutes, on se laisse emporter par la narration toute en subtilité et pleine de poésie de Gus Van Sant. Alex va être interrogé par la police comme tous les skaters du lycée. L’interrogatoire du flic est révélateur : il tente désespérément de la jouer « pote » avec Alex, du genre « moi aussi j’ai été jeune »… pitoyable ! on comprend vite dans quelle société vit Alex, et le peu de place qu’il y trouve. Il n’exprime rien, totalement hermétique au monde des adultes, mais gardant une façade amicale, cool. Les quelques scènes où l’on aperçoit sa mère ne font que renforcer ce sentiment et c’est encore une fois remarquablement filmé : la mère apparait en arrière-plan, incomplète, ou alors ce n’est qu’une ombre ou même une voix. Les dialogues font le reste. Tout est dit en quelques plans. Les scènes de skate sont elles filmées comme un espace de liberté, presque onirique.

Cerise sur le gâteau, quel ne fût pas mon plaisir de découvrir que deux morceaux d’Elliott Smith font partie de la bande son : Angeles et The White Lady Loves You More. Gus Van Sant est décidément un fan, son film « Good Will Hunting » comportait déjà plusieurs titres de ce grand song-writer américain que fût Elliott Smith. Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer le second morceau :

[audio:https://pled.fr/wp-content/uploads/2010/05/TheWhiteLadyLovesYouMore.mp3]

Ce film est rediffusé samedi soir 29 mai sur Arte, à 1h10 : si vous êtes de sortie, à vos magnétoscopes !

Zazie dans le métro – Raymond Queneau

Zazie dans le métro - Raymond Queneau Zazie a dix ans, et la langue bien pendue. Venue à Paris passer deux jours chez son oncle Gabriel, elle n’a qu’une envie : prendre le métro. Hélas, il est en grève…Elle ne le prendra finalement que dans l’avant-dernier chapitre, mais elle ne s’en apercevra pas, car elle dort.

Pourquoi ce titre alors ? on apprend à la fin du roman que la genèse de ce roman fût longue, de 1945 à 1959 : Raymond Queneau modifia alors deux chapitres du manuscrit en supprimant les deux transports en métro de ses personnages, tant celui-ci avait changé. Les deux fragments initiaux sont ajoutés à la suite de cette édition : « Zazie vraiment dans le métro ».

Raymond Queneau avait aussi un grand projet : inquiet du danger à laisser la langue parlée s’éloigner de la langue littéraire, il jeta les base du néo-français, à l’orthographe plus ou moins phonétique, et au vocabulaire typique du langage parlé. C’est amusant, car notre époque a plutôt vu la bataille inverse, celle de la défense du français littéraire contre celui des sms… Raymond Queneau reconnaîtra l’échec de ce projet à la fin de sa vie, admettant par exemple que la télévision n’avait pas eu l’impact négatif qu’il craignait. … il n’a peut-être pas vécu assez longtemps !

Toujours est-il qu’il s’en donne à cœur joie dans ce roman à l’histoire surréaliste et aux dialogues savoureux. Exemple, et je n’ai pas fait de fautes de frappe :

– Tonton, qu’elle crie, on prend le métro ?
– Non.
– Comment ça, non ?
Elle s’est arrêtée. Gabriel stope également, se retourne, pose la valoche et se met à espliquer.
– Bin oui : y a grève. Le métro, ce moyen de transport éminemment parisien, s’est endormi sous terre, car les employés aux pinces perforantes ont cessé tout travail.
– Ah les salauds, s’écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi.
– Y a pas qu’à toi qu’ils font ça, dit Gabriel parfaitement objectif.
– Jm’en fous. N’empêche que c’est à moi que ça arrive, moi qu’étais si heureuse, si contente et tout de m’aller voiturer dans lmétro. Sacrebleu, merde alors.
– Faut te faire une raison, dit Gabriel dont les propos se nuançaient parfois d’un thomisme légèrement kantien.
Et, passant sur le plan de la cosubjectivité, il ajouta :
– Et puis faut se grouiller : Charles attend.
– Oh, celle-là je la connais, s’esclama Zazie furieuse, je l’ai lue dans les Mémoires du général Vermot.
– Mais non, dit Gabriel, mais non, Charles, c’est un pote et il a un tac. Je nous le sommes réservé à cause de la grève précisément, son tac. T’as compris ? En route.

Zazie est plutôt délurée, a réponse à tout, et ne s’en laissera conter par personne. Et comme les adultes de ce roman sont également tous de sérieux « clients », on ne s’ennuie pas au fil des pages et des réflexions des uns et des autres.

Je vous laisse découvrir les « Skeutadittaleur », « bloudjinzes » et autres libertés d’écriture qu’il vous faudra parfois relire deux ou trois fois pour les comprendre !

Raymond Queneau est né au Havre en 1903, mort à Paris en 1976 d’un cancer du poumon. Il était romancier, poète et mathématicien. Zazie dans le métro a fait l’objet d’une adaptation au cinéma par Louis Malle.

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