Sous le titre Travailler plus pour gagner moins, par Gilles Biassette et Lysiane J. Baudu, un livre raconte l’histoire et le fonctionnement de Wal-Mart. Le livre a suscité un article dans le Canard de cette semaine, dans la très bonne rubrique Plouf!. Qui lui même a suscité cet article, car les informations qui y sont mentionnées éclairent d’un angle intéressant le fonctionnement de cette chaîne de supermarchés américains.
Un peu d’histoire d’abord : en 1962, Sam Walton ouvre une épicerie au fin fond de l’Arkansas. Aujourd’hui, l’épicerie est devenue une chaîne de supermarchés, et la plus grosse boite privée du monde. Elle laisse loin derrière elle les boites qui font souvent la Une : Microsoft, McDo, Nike, Coca-Cola… avec un chiffre d’affaire de 378 milliard de dollards, soit sept fois plus que celui de Microsoft. Le reste est à l’avenant : deux millions de salariés (plus gros employeur mondial), 4000 magasins aux 2tats-Unis, 3000 ailleurs dans le monde.
Quel est donc le secret de cette réussite fulgurante ? Wal-Mart offre les prix les plus-bas d’Amérique, inférieurs de 15% à ses concurrents. Et comment y arrive-t-il ?
D’abord en s’approvisionnant à l’étranger, là où les salaires sont les moins chers : 80% des articles vendus par Wal-Mart viennent de Chine (bonjour le tissu industriel local). Puis en utilisant intensivement les nouvelles technologies : informatique pour tracer en temps réel le produit scanne la caissière, satellites pour la gestion du flux des containers à travers le monde, etc.
Mais aussi en pressurant les salariés (euh, les « associés ») : emplois massivement partiels, salaires minimum, couverture sociale minimale, syndicats interdits, et flexibilité à outrance. Les magasins sont ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, et les associés sont fermement incités à accepter de travailler un week-end complet ou au moins un jour par semaine, d’être enfermé à clef dans l’entreprise en dehors des heures d’ouverture (ah bon, ils ferment de temps en temps quand même). A oublier les quarts d’heure de pause, de faire noter les heures supplémentaires…
Les associés en question se barrent évidemment dès qu’ils le peuvent. Wal-Mart a le plus gros « turnover » des Etats-Unis. Et c’est parfait : il n’y a pas de petites économies, autant de pris sur les primes (ancienneté, bonus, santé, vacances).
Comme le résument les auteurs du livre :
Henry Ford payait bien ses salariés pour qu’ils puissent s’acheter ses voitures, Wal-Mart paie mal les siens pour qu’ils soient obliger d’acheter ses produits.
Résumé de l’article : des salariés à temps partiel, mal payés, n’ayant pas les moyens de la ramener. Des prix écrasés pour que le gouvernement puisse dire voyez-votre-pouvoir-d’achat-ne-baisse-pas. Voilà le modèle dont rêve notre président auto-proclammé du pouvoir d’achat. Le travail du dimanche ne devrait être qu’un premier pas.
(le Canard enchaîné – mercredi 17 décembre 2008)
Enthousiasmé par « Le liseur », déçu par « Le noeud gordien », je me suis tout de même laissé tenté par ce dernier livre de Bernhard Schlink : « Le week-end ».
Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît, tu risquerais de ne pas te perdre…

J’ai découvert Kenna fin octobre, lors de l’émission One Shot Not de Manu Katché. Ce qu’il y a de bien dans cette émission, c’est que l’on voit un peu les coulissses, l’arrivée des musiciens, de courtes scènes prises pendant la réalisation de l’émission. Et Kenna y apparait comme un type très sympa, toujours à déconner, sensible et direct à la fois. Lui son groupe interprèteront deux morceaux, Say good bye to love et Out of control (state of emotion).
Le libraire de Puteaux me parlait l’autre jour de cet auteur avec enthousiasme, me montrant le gros pavé qu’il était en train de lire : « Contre-jour », le récit démarrant sur les traces des anarchistes de l’Ouest américain à la fin du XIXè siècle… que Thomes Pynchon, l’auteur, vivait caché depuis des années, pas de photos, pas d’interview à la presse… Je décidais tout de même de commencer plus petit, avec Vente à la criée du lot 49, deux cents pages en format poche.
En voyant ce bouquin sur la table du libraire, je me suis dit qu’il était peut-être intéressant de lire Marx, en ces temps où la capitalisme semble rencontrer quelques problèmes « conceptuels ».