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Mes premiers Bitcoins

Mon fournissseur de VPN dont je suis très satisfait n’acceptant plus de paiement par carte de crédit pour l’instant (les banques doivent lui prendre trop de frais !), j’ai du faire l’acquisition de Bitcoins afin de payer mon abonnement.

Ça ne s’est pas révélé trop compliqué, mais j’ai tout de même tatonné un peu, voici donc un retour d’expérience à toutes fins utiles. Je précise que je n’y connaissais absolument rien, et que j’en connais encore très peu. Mais au moins, j’ai réussi à faire ce que je voulais.

En gros, il faut d’abord installer un gestionnaire de “wallet” (portefeuille) sur son PC avec un logiciel comme Electrum, puis acheter des Bitcoins avec votre carte bancaire sur un site comme Coinbase. Ensuite il faudra les transférer dans votre wallet. À partir de ce moment, vous utiliser vos bitcoins pour payer/acheter ce que vous voulez.

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Les grands – Sylvain Prudhomme

Livre conseillé par le libraire de Puteaux, et une très bonne surprise.

L’histoire se passe en Guinée-Bissau, et Couto, guitariste du groupe Mama Djombo qui rencontra le succès dans les années 70, nous raconte une journée bien particulière. Un coup d’État se prépare, juste avant l’annonce du résultat des élections : rien de vraiment surprenant dans ce pays…

Mais Couto apprend au réveil que Dulce, la chanteuse du groupe, vient de mourir. Il va déambuler toute la journée jusqu’au soir où un concert du groupe est prévu. L’occasion de revenir sur le passé, de la guerilla contre les portugais au succès mondial du groupe.

L’histoire se lit facilement, et on est vite accroché et mis dans l’ambiance. C’est aussi un hommage à la musique, ainsi qu’au peuple de la Guinée-Bissau. Un bon moment de lecture.

Sylvain Prudhomme, né en 1979, est un écrivain français. Il a passé son enfance dans différents pays d’Afrique. Ce roman a été désigné « Révélation française de l’année 2014 » par la rédaction du magazine Lire.

SPIN – Robert Charles Wilson

Après avoir lu et apprécié Blind Lake du même auteur, j’ai vu que SPIN avait remporté le prix Hugo en 2006, et que l’on en disait beaucoup de bien. J’ai donc eu envie de le lire.

Et il mérite son prix. C’est un bon roman de SF, avec une idée de base excellente qui permet de raconter une histoire très prenante, avec trois personnages attachants : Diane et Jason, les jumeaux, et Tyler leur ami d’enfance. Alors de quoi s’agit-il ?

Un soir, les étoiles disparaissent du ciel. Il apparaît que la terre est désormais entourée d’une sorte d’enveloppe que l’on appelle “Spin”. À l’extérieur de cette enveloppe protectrice, le temps s’écoule cent millions de fois plus vite, le soleil vieillit d’autant et devient une menace pour la planète.

Qui a mis cette barrière en place ? Les humains vont chercher des réponses et des solutions, et en trouver une géniale : puisque la temps est accéléré en dehors de la terre, il y a peut-être la possibilité de “terraformer” Mars afin de permettre à la planète de devenir peu à peu habitable pour les humains ? Avec ce décalage de temps, quelques mois sur terre peuvent suffire à modifier profondément Mars en y envoyant les bonnes molécules au bon moment…

Voilà, je vous laisse découvrir la suite. L’histoire est très prenante, et la fin donne vraiment envie d’attaquer le tome 2, puisqu’il s’agit du premier tome d’une trilogie. Malheureusement, les critiques sont nettement moins bonnes pour les tomes suivants… J’ai tout de même déjà commandé le 2 (intitulé AXIS), je me ferai ainsi ma propre idée !

Robert Charles Wilson, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d’origine américaine.

Le Vautour – Gil Scott-Héron

J’avais lu avec grand plaisir il n’y a pas si longtemps l’autobiographie de Gil Scott-Héron, intitulée La dernière fête. En plus d’être un excellent musicien, précurseur du rap, il était très engagé socialement et politiquement, défenseur de la cause noire américaine.

Sans oublier qu’il voulait au départ être écrivain, et qu’il a réussi à faire publier ce premier roman “Le Vautour”, sans aucun succès. Comme il l’explique dans la postface, “publié chez un petit éditeur de littérature pornographique et de polar désireux d’ouvrir son catalogue à une marginalité, la littérature du ghetto. Le Vautour resta sans écho. Oublié avant d’être lu…“.

C’est en fait un bon polar qui se passe à New-York, où un dealer est retrouvé mort assassiné dans la rue. Nous allons suivre quatre individus du quartier qui l’ont connu : Spade le solitaire, Junior le chef de bande, Tommy l’éducateur, et QI l’intellectuel ; chacun va apporter un morceau de la vérité sur ce qui s’est passé.

C’est plutôt bien ficelé, la vérité n’apparaîtra qu’à la fin, mais la description du milieu et de comment les choses fonctionnent est vraiment passionnante et bien racontée. On sent que c’est écrit par quelqu’un qui sait de quoi il parle.

Gil Scott-Héron (1949-201) est un musicien, poète et romancier américain. Il est célèbre pour ses « chansons-poèmes » The Revolution Will Not Be Televised, The Bottle ou Angel Dust. Il a écrit un autre roman, “The Niger Factory”, hélas pas encore traduit en français.

Un jardin de sable – Earl Thompson

Toujours fan de cette collection “Les grands animaux” avec ses belles couvertures hypnotiques, j’ai sauté sur ce nouvel opus sans en savoir plus. Et je n’ai pas été déçu, même si “c’est du brutal” comme dirait l’autre.

L’histoire se passe pendant la Grande Dépression (post Krach de 1929), où une famille passe de simple fermier à la plus grande pauvreté. Langage grossier, sexe sans pudeur, tout est dit et raconté.

Dans ce milieu sans espoir, on compatit sur l’enfance du petit Jacky, abandonné par sa mère volage et élevé (si l’on peut dire) par ses grands-parents. C’est sordide, sans espoir, et le développement personnel de Jacky au milieu de ce grand nulle part inquiète. Les conditions de vie (ou de survie) sont terribles, et pourtant la dégringolade sociale s’aggrave à chaque coup dur. Le grand-père Mac jure constamment sur Roosevelt et sa clique, ce qui lui attire des ennuis au cas où il n’en aurait pas eu déjà assez.

Pendant ce temps-là, Jacky a des problèmes d’intégration à l’école, et son attirance malsaine pour ce qu’il y a sous les jupes des filles…

Il y a une très bonne préface de Donald Ray Pollock, qui donne envie de lire ce livre. Il dit entre autres :

Je n’avais jamais rien lu de tel. D’accord, c’était rempli de sexe, de salauds, de crasse, d’alcool et d’une profonde pauvreté, mais, à sa façon triste et sordide, c’était également beau.
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L’homme-dé – Luke Rhinehart

Premier livre conseillé par Thomas, le libraire de Puteaux où je passais sans doute pour la dernière fois. Et énorme déception à la lecture, je n’ai pas du tout aimé ce roman écrit en 1971 et soi-disant “livre culte”.

Si l’idée de départ est intéressante, j’ai très vite été déçu par le ton et le côté répétitif des aventures de ce psy new-yorkais qui décide de s’en remettre aux dés pour la moindre décision de sa vie.

Il pourrait y avoir des réflexions intéressantes sur la personnalité de chacun et de son interaction avec l’entourage, sur l’obligation de correspondre à cette image que la société impose, et les conséquences de vouloir y échapper… Mais on part plutôt dans la gaudriole, le sexe, et la violence de la société américaine.

Ça se veut drôle, et ça l’est parfois, mais c’est aussi très intellectuel, citadin : le personnage principal caricature à loisir son métier, sa relation avec sa femme… Il tente une approche Zen de sa vie, sans réel succès. Puis choisit de s’en remettre aux dés : il écrit 6 possibilités sur un papier (dont certaines hors de sa zone de confort), lance le dé et obéit à la décision. Évidemment, son rapport aux autres change et sa vie ne va pas tarder à faire de même…

Il y a des passages intéressants, comme quand il parle du moi que nous nous sommes construits et qui devient en fait une prison au sein de laquelle on s’ennuie. C’est ce que l’homme-dé comme il l’appelle cherche à fuir, pour retrouver une vie réelle, hors de toute routine. Mais l’auteur ne peut s’empêcher de glisser dans le texte des idées pour le moins incongrues, portant pratiquement tout le temps sur le sexe comme par hasard… On a finalement l’impression que l’auteur est en train de se psychanalyser lui-même par le biais de ce roman, et que nous lecteurs sommes obligés de subir ses errements heureusement émaillés parfois de quelques vérités. Mais on retombe toujours dans le baratin du psy citadin intellectuel qui personnellement me fatigue assez vite.

Le quatrième de couverture parle de roman culte, roman de la contre-culture, faisant partie des 50 meilleurs romans, un autre plus modeste des 100 meilleurs romans… Pour moi, même si le sujet traité est intéressant, il manque singulièrement de profondeur et reste au mieux une comédie sans grand intérêt au final. Plutôt que remettre ses choix au hasard, mieux vaut pratiquer le Yi-King, on a au moins ainsi accès à la sagesse chinoise millénaire.

Luke Rhinehard, de son vrai nom George Powers Cockcroft, né en 1932, est un écrivain américain. L’homme-dé est son roman le plus connu. Il serait semi-autobiographique : à la lecture du roman, j’ose espérer que “semi” est largement surévalué.

KVM pour remplacer VirtualBox

L’autre jour je me suis décidé à utiliser KVM pour mes machines virtuelles, en lieu et place de VirtualBox.

Je n’étais pas totalement satisfait de la solution proposée par Oracle : d’abord parce qu’il y avait soit la version intégrée à Ubuntu mais toujours en retard, soit la version proposée par Oracle mais à installer à la main, mais aussi à cause des “Guest additions”, qu’il fallait réinstaller à chaque nouvelle version. C’était assez lourd, ça ne fonctionnait pas toujours, et VirtualBox me faisait penser à une belle usine à gaz. Le copier/coller ne fonctionnait pas nativement, etc…

KVM a l’avantage d’être intégré de base au noyau Linux, alors pourquoi s’en priver ? Il faut par contre installer une interface graphique pour gérer les machines virtuelles, et pour cela, virt-manager est là. Au final, on dispose d’une solution totalement open-source, mieux intégrée, qui m’a l’air plus performante en terme d’utilisation CPU que VirtualBox (mais ce n’est peut-être qu’une impression), et qui répond à mes besoins assez basique en terme de machines virtuelles.

Voyons voir comment installer tout ça, migrer les machines VirtualBox que j’avais, et faire les premiers pas avec ce nouvel environnement.

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Ma vie d’aventures – Henry de Monfreid

Petit passage à “La libraire du voyage” à Rennes, d’où je ne peux ressortir sans un livre sous le bras : cette fois ce sera “Mes vies d’aventures” de Henry de Monfreid.

Henry de Monfreid me fait forcément penser à la série TV qui passait quand j’étais jeune : “Les secrets de la mer rouge”. L’auteur en parle d’ailleurs brièvement dans cet ouvrage, en expliquant que s’il a participé au scénario, il a peu à peu perdu le contrôle sur la réalisation finale.

Mais revenons à ce récit, une vraie vie d’aventures sans conteste ! Dès le récit de son enfance, il montre une franchise totale. Le style par contre n’est pas exceptionnel, on a parfois du mal à suivre l’anecdote qu’il raconte de manière parfois très condensée, comme s’il était pressé de passer à la suivante, ou comme quelqu’un qui a trop de choses à dire… Il emploie aussi de temps en temps un mot très peu usité de la langue française, comme pour montrer sa culture. Et à d’autre moments, un paragraphe très lyrique (ou poétique) surgit de nulle part et vient agrémenter la narration plutôt factuelle.

Mais si le style n’a rien de remarquable, les aventures qu’il raconte le sont sans aucun doute, et le dépaysement du lecteur total. Bref, pour reprendre Nicolas Bouvier, :

On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent.

Henry de Monfreid n’hésite pas à prendre des risques, sur une inspiration, un contact qu’on lui a donné… Il sait apparemment juger les hommes assez rapidement, et savoir s’il peut leur faire confiance ou non. Son jugement a l’air fiable, ce qui n’empêche bien sûr pas une prise de risque, mais c’est ainsi qu’il veut mener sa vie. Il a même été prisonnier de guerre durant la seconde guerre mondiale à 60 ans, ce qui ne l’empêchait pas de penser à s’évader !

Il est chasseur de perles occasionnel, mais surtout trafiquant d’abord d’armes, puis de haschisch qu’il amène en Égypte d’abord de Grèce, puis quand l’Europe en interdit la culture, en provenance d’Inde. Il monte ensuite des entreprises en Éthiopie (minoterie, centrale électrique), mais s’en fera déposséder par le Negus, avec lequel il n’est pas tendre. Il ne l’est pas plus d’ailleurs avec l’administration coloniale française.

Mais côté aventures, certaines histoires dans la mer rouge sont vraiment d’un autre monde (en plus d’une autre époque), comme celle de Zeit mis au cachot, et promis à une mort très sophistiquée : on utilise le lait d’un cactus particulier pour le rendre aveugle, puis on l’abandonne aux hyènes qui ont la particularité d’attaquer d’abord au ventre… Une mort dans les plus grandes souffrances est alors garantie ! Quel raffinement !! Heureusement, Monfreid réussira à le sauver.

Il y a aussi des histoires plus positives, comme celle de la femelle éléphant blessée que Monfreid aide dans un premier temps à se dégager de l’attaque d’une horde de hyènes, et qui un mois plus tard l’épargnera à son tour, mais massacrera son vélo ! 😎

Au final un bon moment de lecture, et une vie certes résumée à grands traits mais qui reste incroyable.

Henry de Monfreid (1879-1974) est un commerçant et écrivain français. Il a beaucoup écrit sur sa vie (romans, autobiographies), j’espère que le style est meilleur, pas sûr puisque ce récit date de 1973 (publié initialement sous le titre de “Le feu de Saint-Elme”)… Reste à revoir le feuilleton TV des années 70 !

Les délices de Tokyo – Durian Sukegawa

Une fois n’est pas coutume, j’ai vu le film avant de lire ce roman. En fait j’avais offert le roman à une amie, puis remarqué qu’il avait été adapté à l’écran.

Mais bon, le film m’a tellement plu que j’ai voulu lire le livre. Et honnêtement, l’adaptation est bonne et respecte l’essentiel de l’histoire, même si comme toujours il y a plus de choses dans le roman.

C’est une très belle histoire, pleine de sensibilité, et la culture japonaise n’y est pas étrangère, comme la relation entre les trois personnages : l’homme désabusé, la vieille femme et la jeune fille. Et vous ne cuirez plus les haricots de la même manière après avoir lu ou vu cette histoire ! 😉

Je ne veux pas en dire plus pour ne rien dévoiler, mais ce petit roman est une belle surprise. Je ne peux que le recommander, et plutôt dix fois qu’une.

Durian Sukegawa, nom de plume de Tetsuya Sukekawa, est né en 1962 à Tokyo. Il est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l’École de pâtisserie du Japon. “Les délices de Tokyo” est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase en 2015.