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Passage de Thunderbird à Evolution

C’est la lecture d’une dépêche sur les dernières avancées de Thunderbird sur linux-fr.org qui m’a donné envie de migrer vers Evolution, le client de messagerie (et d’informations personnelles comme l’agenda ou le carnet d’adresses) par défaut de Gnome.

L’article est pourtant positif, pointant les progrès de Thunderbird, que j’avais d’ailleurs pu constater avec la dernière version v102 : amélioration de l’interface, correction de bugs, support de protocoles amélioré permettant de se passer de certaines extensions…

Tout allait pour le mieux, mais une phrase m’a fait tiquer :

Pour des questions de sécurité, IMAP et SMTP ont été réécrits de C vers JavaScript.

Bon, je ne suis pas développeur, mais dire ça, c’est tout de même assez gonflé ! Il est sans doute plus juste de dire que les compétences de développement en C sont plus rares que celles en JS, comme il est suggéré dans l’un des commentaires de la dépêche, que d’invoquer des raisons de sécurité. Mais c’est un commentaire très ironique qui a retenu mon attention, qui « dégomme » pas mal TH, et notamment son utilisation mémoire :

Passer de C à Javascript c’est surtout encore consommer utiliser intelligemment plus de ressource processeur et de mémoire vive. Effectivement, Rust aurait été un meilleur choix risqué. Mais il y a aussi l’option d’auditer le code C et d’écrire une suite de test complète. Thunderbird fait partie de ces logiciels qui se dégradent lentement mais sûrement avec le temps qui migrent vers les technologies du web 3.0 . Pour gérer mes 4 boîtes emails, il s’accapare n’utilise admirablement qu’ un unique gigaoctet de mémoire vive, a des lenteurs et crashs aléatoires incite son utilisateur a le fermer régulièrement dans un soucis d’optimisation des ressources. L’équipe de développement a clairement pris le chemin de la réécriture totale en JavaScript, une route sans retour au pays du typage dynamique et autres joyeuseté qu’il est bon de fuir quand on cherche à faire un logiciel performant et fiable des meilleurs logiciels actuels. Heureusement que l’on a de jolies icônes maintenant, merci la MZLA Technologies Corporation.

En plus de me faire bien rigoler, cela m’a fait prendre conscience d’un certains nombre de choses. Et comme j’avais aussi observé d’autres problèmes avec Thunderbird, cela m’a décidé à me pencher sur Gnome Evolution, le client par défaut sous Debian. Et ça m’a plu, c’est mieux intégré au système que Thunderbird, plus sobre aussi.

Dans cet article, nous allons voir les nouveautés apportées par Thunderbird qui auraient du me satisfaire, puis les raisons qui m’ont finalement décidé à migrer vers Evolution.

Concernant le passage proprement dit et la personnalisation nécessaire, comme la boite de réception unifiée, ou l’archivage des mails, ce sera l’objet d’un prochain article.

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Impact – Olivier Norek

Auteur recommandé par ma frangine, au titre qu’il est un ancien flic et que ses romans traitent bien de la réalité, avec le personnage du Capitaine Coste. Avant de me lancer dans la série « Coste », je décide tout de même de tester l’auteur avec son dernier ouvrage, j’ai nommé Impact (2020).

Dès le début, c’est une impression de « déjà lu » qui l’a emporté : un capitaine d’industrie pris en otage, un duo homme flic/femme psychologue peu crédible, des personnages plus caricaturaux les uns que les autres… et de tout petits chapitres, il ne s’agirait tout de même pas de faire de la littérature ! Quant au scénario, le mieux est de ne rien en dire, surtout la fin en forme de happy-end, il fallait oser…

Entre les deux c’est l’ennui qui domine avec ces énumérations un chapitre sur deux des méfaits écologiques que subit la planète, tout cela dûment documenté en fin d’ouvrage pour faire sérieux… Je n’avais déjà pas aimé Le zoo de Mengele, là c’est pareil, à la sauce française. L’écologie sert de prétexte à une intrigue bidon, et on se dit que cela va suffire.

Dommage, il y avait certainement mieux à faire, mais c’est manifestement écrit à toute vitesse, juste un produit de consommation qui va bien se vendre sur les étals des libraires, ou plutôt en grande surface, sa meilleure place.

Olivier Norek, né en 1975 à Toulouse, est un écrivain et scénariste farnçais, capitaine à la police judiciaire, en disponibilité depuis son premier succès littéraire (on ne sait jamais). Peut-être que sa « Trilogie 93 » vaut le détour, à voir.

La Zone du Dehors – Alain Damasio

Quand j’avais acheté La Horde du Contrevent il y a 2 ans, j’avais également fait l’acquisition de celui-ci, puisque ces deux ouvrages sont les deux best-sellers de l’auteur. Chronologiquement, « La Zone du Dehors » est d’ailleurs son premier roman.

N’ayant pas été complètement séduit par « La Horde… » à l’époque, j’avais laissé « La Zone… » de côté sur l’étagère. Il faut dire aussi qu’ayant lu ou écouté certains interviews d’Alain Damasio, je ne partageais pas vraiment ses vues clairement « anti-système », et que cela ne m’encourageait pas à le (re)lire.

Profitant d’un creux dans ma liste de lecture, je m’y suis enfin plongé. Alors, que dire ? L’histoire n’est qu’un vaste prétexte à promouvoir l’anarchie si chère à l’auteur. Et il le dit clairement dans la première postface (au moins cela a conforté mon impression lors de la lecture) :

Ce livre a été écrit dans un but, unique : comprendre, en Occident, à la fin du vingtième, pourquoi et comment se révolter. Contre qui ? ajouteront certains en guise de prolongement, mais déjà ça glisse, ça devient incertain et flaqué, car la question, que pose ces nouveaux pouvoirs auxquels chacun de nous est aujourd’hui confronté, dans son corps, aux tripes même, sans le vouloir, sans s’en dépêtrer, d’où qu’il se tienne, hautain même, indifférent ou narquois, cette question est devenue : contre quoi ?

« Se révolter contre qui, contre quoi » … Moi je veux bien, mais ce que j’aimerais surtout savoir, c’est « Pour quoi ? ». Là-dessus, c’est toujours la même rengaine. Je ne dois plus avoir l’âge requis pour ce genre d’utopie anar, où l’on se contente de critiquer le pouvoir en place pour réclamer à cor et à cri la liberté, afin que l’homme (nouveau) puisse enfin révéler au grand jour ses talents créatifs, fraternels, et développer un monde parfait. L’aspiration à une société sans contrôle, une sorte d’ode au Far-West, où malheureusement c’était souvent la loi du plus fort qui régnait me semble-t-il.

Et donc on a vraiment l’impression que l’histoire n’est qu’un prétexte, et que les longs discours de Capt et de ses amis de la Volte sont bien le cœur du roman. On cite allègrement Nietzsche, Deleuze, Foucault voir Camus, ça fait toujours bien… L’auteur s’amuse aussi avec les mots (cela fait partie de son écriture), en en créant de nouveaux, parfois avec bonheur, mais pas toujours ; il s’offre aussi quelques morceaux de bravoure, comme le moment où Capt est plongé dans le Cube : c’est pour moi illisible, j’ai zappé ces pages. L’ensemble manque singulièrement d’action, et on s’ennuie pas mal à tourner les pages.

La société décrite, sur un satellite de Saturne, surpeuplée et aux dimensions restreintes, est forcément très organisée, technologique, et surveillée. Les membres de la Volte veulent casser ce contrôle au nom d’une liberté qu’ils se gardent bien de développer. Si le scénario de la première partie tient à peu près la route (je dis bien « à peu près »), après l’attaque de l’émetteur TV, on est plutôt dans l’improbable pourvu que l’on puisse encore et toujours dérouler le message : la révolution est nécessaire et justifie la violence.

Donc un gros BOF ! À noter qu’écrit en 2000, c’est la guerre en Ukraine qui, ayant déclenché un conflit mondial destructeur, a obligé les terriens à émigrer sur d’autres planètes… Bien vu !

Alain Damasio, né en 1969 à Lyon, est un écrivain de science-fiction et typoète français. Son domaine de prédilection est l’anticipation politique. Il marie ce genre à des éléments de science-fiction ou de fantasy et décrit des dystopies politiques. Il alerte sur les dérives de la technologie servant au contrôle des individus.

La fête au bouc – Mario Varga Llosa

C’est François Busnel, à la « P’tite Librairie », qui présentait ce bouquin l’autre jour. Et comme j’avais déjà pu apprécier Mario Vargas Llosa avec Le rêve du Celte, je n’ai pas hésité.

Là encore, l’auteur nous raconte une histoire vraie, celle de la République dominicaine, et de la fin du dictateur Rafael Trujillo, qui régna près de 30 ans sur l’île.

Trujillo, dont j’avais déjà entendu parlé dans le livre Effondrement de Jared Diamond : de manière surprenante, il reconnaissait que la déforestation avait pu être stoppée dans deux cas, au Japon et à Saint-Domingue, et que dans les deux cas il s’agissait de dictatures… Concernant Trujillo, il parlait d’une gestion « en père de famille » : en lisant ce livre, on comprend mieux de quoi il retourne.

Le récit commence avec Urania, jeune avocate new-yorkaise revenue pour la première fois à Saint-Domingue depuis qu’elle avait du quitter le pays à l’adolescence. Pour quelle raison revient-elle devant son père mourant, qui avait été l’un des proches du dictateur avant d’être mis à l’index, et quelle était la raison de cet expatriation ? Il faudra attendre la fin du livre pour le savoir

« Il va venir… » : Cette phrase sera répétée de nombreuses fois par les quatre hommes qui attendent au bord de la route que passe le véhicule de Trujillo, le Chef, le Généralissime, le Bienfaiteur, le Père de la Nouvelle Patrie, mais aussi le Bouc, comme il est surnommé, car il aime se prouver sa virilité avec de jeunes filles vierges qu’on lui fournit. C’est le second fil conducteur de l’histoire… jusqu’à l’attentat, qui survient à la moitié du livre.

Avec ces deux axes, l’auteur va d’abord dérouler petit à petit l’histoire de cette dictature, à travers les personnages qui l’ont traversé, qu’ils soient victimes innocentes ou acteurs dévoués, prêts à tout pour lui plaire, et surtout ne pas lui déplaire. Car Trujillo a développé un véritable culte à sa personne, et dirige le pays d’une main de fer, maintenant tout son entourage dans une peur perpétuelle de la disgrâce ; le profit personnel ne l’intéresse pas (mais sa famille possède les principales entreprises, la fameuse « gestion en père de famille !). C’est au départ un militaire formé par les Marines des États-Unis, anticommuniste et conservateur, ce qui lui donnera les clefs du pouvoir. Il chassera les immigrés haïtiens du pays (et en massacrera des milliers au passage), relancera l’économie, avec l’appui des américains, de l’Église, de l’armée et des classes aisées. Tout cela est parfaitement raconté, l’emprise qu’il exerce est alors totale.

Les difficultés commenceront lorsqu’il tentera d’assassiner le président du Venezuela, Rómulo Betancourt. Les États-Unis le lâchent alors, la situation économique se détériore, et même l’Église commence à prendre ses distances…

Après l’attentat, tout ne passera pas comme prévu, c’est la seconde partie du livre. La prise de contrôle de l’armée échoue, et la répression (terrible) s’engage. Ils seront peu des complotistes à survivre à celle-ci. Certains choisiront de mourir les armes à la main, la plupart seront capturés, torturés puis tués. Deux d’entre eux pourront se cacher pendant les 6 mois que dureront les derniers soubresauts du régime… D’assassins, ils deviendront justiciers (et les meilleurs amis du monde) ; ils recevront les honneurs du président Balaguer, placé à ce poste par Trujillo dans un rôle de fantoche, mais qui saura très habilement conserver le poste. Passionnant !

Mario Vargas Llossa, né en 1936, est un écrivain péruvien. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2010. Engagé politiquement, il a évolué du communisme (soutenant la révolution cubaine avant d’être déçu) au libéralisme. Il s’est présenté aux élections péruvienne en 1990, mais a été battu. Il a été très ami avec Gabriel Garcia Marquez, mais leur amitié s’est brisée un soir, à la sortie d’un cinéma, Llossa donnant un coup de poing en plein visage de Marquez !! Le sujet de la dispute restera secret.

Rivage de la colère – Caroline Laurent

C’est ma sœur Dominique qui m’a parlé de ce roman, dont le sujet de fond est le sort réservé à l’archipel des Chagos, en plein océan indien. Son tour du monde en bateau favorise sans aucun doute un intérêt pour les océans et les îles qui les parsèment ! 😉

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas vraiment accroché au style de l’autrice, ni à sa façon de mêler la petite histoire à la grande. Côté style, tout semble découpé : petites phrases, petits chapitres, passages incessants d’une époque à une autre… Tout est fait pour tenter de donner un intérêt à cette histoire d’amour romancée qui en manque grandement, et qui n’est finalement qu’un prétexte somme toute inutile.

On le verra plus bas, la vraie histoire remplit déjà toute les cases, avec de vrais personnes qui souhaitent revenir sur leur terre natale. Alors à quoi bon créer ces personnages imaginaires, et cette intrigue assez peu crédible (à mon goût en tout cas, la relation entre Marie et Gabriel faite de « je t’aime moi non plus » offre vraiment peu d’intérêt).

L’autrice explique dans sa postface :

Le passage du réel à la fiction me semble aussi nécessaire que problématique. Faire un roman, un pur roman, me mettre au service exclusif de la narration, et tricher parfois avec les faits et la chronologie. Je me résigne, consciente également que je ne ferai pas l’économie d’un voyage à Maurice.

C’est bien de reconnaître que c’est problématique de tricher avec les faits. Quant à être obligée d’aller à Maurice, effectivement, quelle contrainte ! 🙄

Dommage, car la grande Histoire, c’est celle d’une injustice qui frappe l’archipel des Chagos, la « dernière colonie » britannique dans l’océan Indien. Dans les années 1960, la Grande-Bretagne profite de l’indépendance de Maurice pour en exclure les îles Chagos (moyennant rétribution), puis offrir ces dernières aux États-Unis qui y construiront une base militaire. Pour ce faire, la Grande-Bretagne contraint les Chagossiens (qui y demeuraient depuis le XVIIIe siècle) à l’exil, au mépris de toutes les lois internationales, en prétendant que ces îles sont inhabitées. La plupart des Chagossiens se retrouveront dans des bidonvilles à Port-Louis.

Coïncidence, alors que je venais de terminer ce roman, un journaliste TV faisait son édito sur un autre livre portant sur le même sujet : La dernière colonie de Philippe Sands. Pas de romance ici, l’auteur est l’avocat qui lutte au tribunal de La Haye pour la reconnaissance de cette injustice (crime contre l’humanité). La troisième partie de son livre est consacrée à Liseby Élysé, qui est elle une véritable personne expulsée alors qu’elle était jeune mariée et enceinte de son premier enfant. Elle se bat depuis sans relâche pour pouvoir retourner sur son île natale. Son témoignage vidéo est assez poignant.

Donc voilà, le roman a au moins le mérite de parler de cette histoire peu connue. Le style de l’autrice ne m’a pas plu, pas plus que la partie romanesque. Pour ceux qui veulent vraiment connaître le sort des habitants des îles Chagos, il vaut mieux je pense lire le livre de Philippe Sands !

Caroline Laurent, née en 1988, est une écrivaine et éditrice franco-mauricienne. Elle a reçu le Grand Prix des blogueurs littéraires 2020 pour ce roman.

Le squelette sous cloche – Robert Van Gulik

J’ai acheté ce livre 1€ à la foire du livre l’année dernière, et je savais ne pas me tromper, ayant déjà lu deux enquêtes du juge Ti, personnage qui a réellement existé au VIIe siècle, dans la Chine des Tang, dont il fut l’un des plus grands détectives.

Le juge vient d’arriver à Pou-yang, cité imaginaire de la province de Kiang-sou. Il va vite être confronté à trois affaires criminelles, dont il va comme à son habitude démêler habilement les pièges, pour identifier et punir les coupables.

On est tout de suite plongé dans l’ambiance, et tout l’intérêt de ces histoires, hormis le côté « Sherlock Holmes » des enquêtes, est la véracité des descriptions sociétales et culturelles : l’organisation de la société, de sa justice, les portraits de personnages, les temples taoïstes et bouddhistes, tout correspond scrupuleusement à l’époque, et nous offre l’image d’un empire extrêmement structuré. Pas étonnant que Simon Leys nous en recommande la lecture.

Robert Van Gulik (1910-1967) est un écrivain, diplomate, sinologue et intellectuel distingué. C’est en 1948 au Japon qu’il traduit un roman policier chinois, le Dee Goong An ou Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti, fonctionnaire de l’époque Tang. En s’inspirant de vieux récits chinois, Van Gulik écrit alors dix-sept récits policiers fictifs, affaires débrouillées par son juge Ti.

Oui mon commandant ! – Amadou Hampâté Bâ

Voilà donc le tome 2 des mémoires d’Amadou Hampâté Bâ. Il est essentiellement consacré au début de sa carrière au sein de l’administration coloniale, jusqu’à son retour à Bamako en 1933. Il est alors âgé de 32 ans, et annonce que ce sera un tournant dans sa vie familiale, sa carrière administrative, et aussi sa vie spirituelle. Hélas, le troisième tome de ses mémoires ne sera jamais écrit, l’auteur nous ayant quitté trop tôt.

Ce tome se lit avec grand plaisir, les anecdotes au sein de l’administration coloniale confrontée à la culture africaine créant des situations aussi variées que riches d’enseignement. Tout dépend bien sûr de l’attitude du « commandant », et bien souvent le jeune fonctionnaire qu’est Amadou permettra d’arranger les situations ou de prévenir les problèmes liés à l’incompréhension des différences culturelles. Il est par ailleurs toujours aussi friand des récits de la tradition orale…

Comme il le raconte avec humour, la populace avait réduit la société à quatre classes :

Celle des « blancs-blancs » (ou toubabs), qui comprenait tous les Européens d’origine ; celle des « blancs-noirs », qui comprenait tous les indigènes petits fonctionnaires et agents de commerce lettrés en français, travaillant dans les bureaux et factureries des blancs-blancs qu’ils avaient d’ailleurs tendance à imiter ; celle des « nègres des blancs », qui comprenait tous les indigènes illettrés mais employés à un titre quelconque par les blancs-blancs ou les blancs-noirs (domestiques, boys, cuisiniers, etc.) ; et enfin celle des « noirs-noirs », c’est-à-dire les Africains restés pleinement eux-mêmes et constituant la majorité de la population. C’était le groupe supportant patiemment le joug du colonisateur, partout où il y avait un joug à porter.

Amadou Hampâté Bâ va aussi évolué spirituellement, et recevra de son maître spirituel Tierno Bokar les enseignements d’amour et de tolérance qui vont féconder sa vie. Quand il envisage de démissionner de l’administration, son maître s’y opposera formellement :

Ton travail est ta seule ressource pour entretenir ta nombreuse famille, me dit-il. En outre, il te permet d’intervenir efficacement auprès des chefs blancs en faveur des victimes sans défense, souvent punies ou accusées à tort. Enfin, et c’est pour moi capital, je ne voudrais pas que plus tard, tu tombes dans la tentation de te faire entretenir par tes élèves. Ce serait vivre de la religion, et non la faire vivre. La religion n’est pas un métier : c’est une ascèse en vue de notre propre purification spirituelle. Tu as un métier qui te permet de rester indépendant, garde-le.

Un conseil effectivement plein de sagesse !

Il y a 3 annexes à la fin du livre, rédigées par Hélène Heckmann, la légataire littéraire d’Amadou Hampâté Bâ.

La première est à propos de l’authenticité des Mémoires et de « L’étrange destin de Wangrin« , une histoire incroyable que j’ai lu à la même époque que ces mémoires, récit jubilatoire d’un interprète africain qui va se jouer de l’administration coloniale (c’est l’œuvre la plus connue d’Amadou Hampâté Bâ). Comme on pouvait s’y attendre, tout est vrai.

La seconde porte sur l’identité réelle de Wangrin (un surnom), la rumeur ayant courue qu’il ne s’agissait finalement que d’une autobiographie déguisée. Il n’en est rien , et Wangrin s’appelait en fait Samba Traoré. Si vous n’avez pas lu cette histoire, je vous la recommande chaudement, vous n’allez pas vous ennuyer !

La troisième annexe donne un aperçu des dates à venir si un troisième tome était paru. On y voit Amadou subir des tracasseries en raison de son appartenance à la branche « hamalliste » de la Tidjaniya, puis devenir membre de l’IFAN (Institut Français de l’Afrique Noire) à Dakar. Il rencontre ensuite Félix Houphouët-Boigny qui deviendra son ami. Il fonde ensuite à Bamako l’Institut des sciences humaines, dont il devient le directeur. Il sera aussi ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Mali en Côte d’Ivoire, et enfin memebre du conseil de l’Unesco !

Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) est un écrivain et ethnologue malien, défenseur de la tradition orale, notamment peule. Membre du Conseil exécutif de l’Unesco de 1962 à 1970, il y lance son appel : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. », phrase devenue célèbre.

Installation Debian sur le nouveau PC

Suite à l’achat du nouveau PC, j’ai bien sûr du réinstaller tout le système. Voilà près de 8 mois que je suis passé d’Ubuntu à Debian, et je ne regrette pas une seconde ce choix. J’ai pourtant choisi la version « unstable » pour bénéficier des dernières versions de logiciel (Gnome particulièrement), et franchement, ce n’est que du bonheur ! 😎

Bref, me voilà avec ce nouveau PC, et tout le système à réinstaller. Je décide de repartir d’un système propre, et comme je peux avoir les deux machines démarrées en même temps, d’utiliser Filezilla pour une copie via le réseau de différents dossiers de fichiers perso. J’en profite d’ailleurs pour réorganiser mes dossiers un peu mieux. disons de manière plus rationnelle.

Concernant mon ancien répertoire home, je vais tout simplement le recopier dans un répertoire /home/pascal-SH87R6 afin d’avoir à ma disposition tout fichier dont je pourrais avoir besoin pour « reconstruire » mon nouvel environnement (comme les fichiers playlists de Rhythmbox par exemple).

Voyons voir tout cela, après un début difficile du au BIOS de ma nouvelle carte-mère, tout s’est déroulé sans problème, j’ai juste noté quelques spécificités rencontrées sur certains logiciels…

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Amkoullel l’enfant Peul – Amadou Hampâté Bâ

J’ai repris ce livre dans ma bibliothèque, l’ayant lu il y a très longtemps, et dont j’avais gardé un bon souvenir.

Ce sont ses mémoires auxquelles l’auteur nous convie, lui le grand défenseur de la tradition orale africaine. On peut donc être confiant de la véracité de ses souvenirs d’enfance. Il reste même fidèle à sa pudeur peule : les confidences s’arrêtent à la porte de son intimité (se raconter soi-même est considéré comme indécent).

Ce premier tome nous raconte son enfance, entre Bandiagara et Bamako au Mali (ex Soudan Français). C’est une plongée au début du XXème siècle, dans une culture riche et complexe , entre la tradition héritée des empires africains, l’islamisation puis la colonisation française qui bat son plein.

L’essentiel de ce premier tome est consacré à sa jeunesse. La description des liens familiaux héritée de la tradition est très surprenante pour un occidental, et ces relations sont parfois complexes. Ainsi des « captifs » (disons des serviteurs attachés à la famille pour rester simple) peuvent se voir hériter de la fortune de leur maître et devenir le tuteur de ses enfants… Ce sera le cas de Beydari, que le père d’Amkoullel avait racheté à un maître cruel (il en racheta ainsi quinze, toujours dans un acte pieux, et en affranchit six, les autres refusant de le quitter). Et ce n’est qu’un exemple !

Le dépaysement est garanti, et la description de cette vie qui ne date que d’un siècle est assez vertigineuse, tant le monde a changé depuis…

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KDE Connect : La connexion a échoué

Pour connecter le smartphone au PC, j’utilise le très pratique KDE Connect, avec l’extension Gnome GSConnect.

J’apprécie particulièrement que la musique du PC se mette en pause lors d’un appel (entrant ou sortant). J’utilise aussi la possibilité de copier des fichiers sur le smartphone sans avoir besoin d’utiliser un câble USB, et enfin quelques fois pour les SMS, bien que la synchronisation si on a un long historique ne fonctionne pas toujours très bien. Voilà pour l’essentiel de mon usage.

C’est le deuxième point qui me posait problème, le menu « Monter » ne faisant pas apparaître le smartphone dans Nautilus :

Rien ne se passe en sélectionnant « Monter »…

Voyons voir comment analyser ce qui se passe… et résoudre le problème ! 😎

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