Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick

philip k. dick- nouvelles tome 2 J’avais commencé ce second tome des nouvelles de Philip K. Dick il y a un bon bout de temps. Si j’ai aimé la première période (1953-1963), en revanche la deuxième (1963-1981) me passionnait beaucoup moins. Plus j’avançais dans le livre (et dans le temps), moins les nouvelles me plaisaient. Je l’avais donc mis de côté, pour ne le finir que récemment.

Depuis ses débuts, les deux questions fondamentales de l’oeuvre de K. Dick étaient “qu’est-ce que la réalité ?” et “qu’est ce qu’être humain ?“. Mais vers 1974, il vit une expérience mystique qui lui fera ajouter une troisième question : “qu’est-ce que la divinité ?“. En 1980, il écrira Siva, premier tome de sa trilogie divine. Je me rappelle l’avoir lu à cette époque, c’est quand même complètement “barré”, c’est le moins que l’on puisse dire.

C’est un peu la même chose avec les nouvelles de cette époque : une fois terminées, on se demande ce qu’il a voulu raconter. Son expérience mystique, la prise d’amphétamines, sa tendance paranoïaque l’emmènent dans une direction où il est difficile de le suivre.

Philip K. Dick meurt en 1981 d’un malaise cardiaque, quelques jours avant la sortie au cinéma de Blade Runner de Rifley Scott, tiré de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

J’ai particulièrement aimé cette nouvelle :

Un jeu guerrier

Wiseman travaille à l’Office terrien des critères d’importation. Le problème est le suivant : les produits importés de Ganymède (à l’autre bout du système solaire), des jouets pour enfants, sont fantastiques et génèrent d’énormes profits aux sociétés importatrices. Oui, mais quelles sont vraiment les intentions de Ganymède ? ne cherchent-ils pas à envahir la Terre avec l’aide de leurs “jouets” si sophistiqués ?

Avec ses collègues, il va contrôler trois nouveaux jeux : une troupe de soldats qui attaquent une citadelle, un costume de cow-boy inspiré de l’ancien far-west, et un jeu appelé Syndrome, proche du Monopoly.

Ils vont consacrer toute leur énergie sur les deux premiers, car il se passe des choses étranges : les petits soldats disparaissent un par un (ils semblent absobés par “la citadelle, bloc de métal sombre inviolable), et la veste de cow-boy qui fait revenir en enfance celui qui la porte, le coupant de la réalité…

Le troisième jeu passera les tests sans problème, et Joe Hauck, directeur des ventes, en apportera même un à ses enfants le soir. Les enfants se précipitent sur le jeu et apprennent les régles du jeu. Au cours d’une partie, Joe Hauck se rend compte de sa méprise : lui n’avait pas lu les régles du jeu… Car les régles sont inversées : c’est la personne qui amasse le plus d’actions qui perd.

Ils n’ont jamais connu le Monopoly, se dit Hauck. C’est pourquoi ce jeu tordu ne leur parait pas anormal. […] Déjà les deux enfants apprenaient à se défaire naturellement de leurs possessions. Ils renonçaient avidement à leur capital, avec un empressement, un abandon qui leur faisait trembler les mains. Levant sur son père des yeux brillants, Lora déclara : «c’est le meiileur jeu éducatif que tu nous aies jamais rapporté, papa !».

Ganymède gagnera peut-être la guerre économique…

C’est dans ce volume que l’on trouve l’excellent “Rapport minoritaire” (Minority report), dont un film a été tiré. Ces deux nouvelles sont de la première époque.

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