Le dernier des maîtres – P. K. Dick

p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg Coïncidence ? hier soir, j’ai regardé le débat Ségo-Sarko jusqu’à 23h, puis, un peu lassé je dois dire, je suis allé me coucher et j’ai ouvert mon livre de chevet du moment, à savoir les nouvelles de P.K. Dick (tome 1).

La nouvelle s’appelait “Le dernier des maîtres” (1953), avec en préambule un petit commentaire à postérori (1978) de l’auteur:

Ici je fais confiance à un robot pour remplir les fonctions de chef, mais à un robot qui est en même temps le serviteur souffrant, donc une sorte de Christ. Le chef comme serviteur de l’homme: un chef dont on devrait – peut-être – se dispenser. Une ambiguïté plane sur la morale de cette histoire. Faut-il que nous ayons un chef, ou bien devrions-nous penser par nous-mêmes ? C’est la seconde solution qui parait évidente, en principe. Mais… il arrive qu’un gouffre sépare ce qui est théoriquement juste de ce qui est pratiquement réalisable. Il est intéressant ici que je préfère placer ma confiance en un robot plutôt qu’en un androïde. Sans doute est-ce parce que le robot, lui, ne tente pas de faire passer pour ce qu’il n’est pas.

Amusant en cette période électorale, non ?

Dans la nouvelle, tous les gouvernements ont été anéantis par le peuple qui s’est soulevé en masse il y a 200 ans, las des guerres incessantes créées par ces gouvernements, brûlant tous les bâtiments, le savoir technologique, détruisant l’arsenal de bombes nucléaires, et retournant à une vie plus simple, plus libre, et pacifique. Le mouvement s’appelle la Ligue Anarchiste.

Dans une vallée reculée, un vieux robot a été oublié et a recréé une mini société technologique, car il détient seul le savoir perdu. Il a bien entendu recréé une armée sur-équipée, sachant qu’ils seraient probablement découverts un jour, et qu’ils devront se protéger, se défendre. A un moment, le robot dit:

Nous sommes en présence d’un paradoxe: un gouvernement d’anarchistes… un anti-Etat, en somme. Au lieu de diriger le monde, ils se promènent sur les routes afin de s’assurer que nul ne le fait à leur place.

J’aime bien la dernière phrase.

La L.A. finira par le trouver et le détruire également.

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