Les particules élémentaires – Michel Houellebecq

Les particules élémentaires - Michel Houellebecq C’est le troisième livre de Michel Houellebecq que je lis, et c’est sans doute celui que j’ai préféré.

J’avais d’abord lu La carte et le territoire, et si j’avais bien aimé, le fait que l’auteur se mette lui-même en scène (ainsi que Beigbeder) m’avait beaucoup moins plu, soit en gros toute la deuxième partie. Puis, reprenant les choses au début, j’ai lu Extension du domaine de la lutte, son premier roman : pas mal non plus, mais tellement sombre, avec ses personnages suicidaires et fortement perturbés, débouchant sur une vision de la société moderne sans espoir.

Ici, c’est l’histoire de deux frères (enfin demi-frères puisque d’une mère différente), nés tous les deux dans les années 50. Ils ne se sont connus qu’au Lycée, et vont évoluer très différemment : Michel deviendra un scientifique de haut niveau, nettement introverti et ayant fait le choix de vivre seul ; quant à Bruno, fonctionnaire, une forte tendance à la masturbation va lui rendre sa vie sexuelle un peu compliquée…

Ce livre, c’est presque de la sociologie ! Il y a une description fulgurante du vingtième siècle, à travers la généalogie des deux frères : en quelques pages, Houellebecq vous dresse un résumé de l’évolution de notre société occidentale assez sidérant (et toujours aussi peu optimiste).

C’est très bien écrit, comme d’habitude, et l’histoire est assez fouillée, la vie des deux frères passionnante à suivre, sous des dehors frivoles. L’ensemble est une longue dissertation sur la vie, sur le sens que l’on essaie désespérément d’y trouver, et bien sûr de sa fin inéluctable.

L’épilogue est sans appel : les travaux de Michel permettent quelques années plus tard à la science de créer « une nouvelle espèce intelligente créée par l’homme à son image et à sa ressemblance », mais sans la sexualité comme moyen de reproduction, puisque immortelle… L’humanité devenant ainsi « la première espèce animale de l’univers connu à organiser elle-même les conditions de son remplacement ».

Michel Houellebecq (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.

Motorola Moto G 4G LTE : passage à Android 6 (Stock Android 6.0)

À propos du téléphone J’étais satisfait de ma Stock ROM Android 5.1, préparée à partir de celle qu’utilise Motorola (factory firmware image), très stable, débarrassée des services Motorola non nécessaires, avec le root, optimisée, etc… Aucun problème rencontré en presque un an.

Et puis j’ai vu sur le forum XDA qu’une ROM 6.0 appelée Identity Crisis 6 LTE avait été réalisée par le même développeur, mais à partir d’une ROM pour le Motorola Moto G 4G (2nd gen) soit le XT1072, et donc portée sur le XT1039. Comme le dit le développeur :

Motorola said: NO, XDA said: Yes!

Le truc qui m’a fait installer cette nouvelle ROM, c’est qu’elle supportait l’EAP-SIM, méthode d’authentification nécessaire pour pouvoir se connecter au réseau Freewifi_Secure. Quand on est Free Mobile, c’est pratique de pouvoir bénéficier de ce réseau, et de s’y connecter automatiquement et de manière totalement sécurisée, puisque l’identification se fait avec la carte SIM du téléphone.

L’installation est passée comme une lettre à la poste, en voilà le résumé et les quelques petits trucs que j’ai noté en installant cette ROM. Et deux petites frayeurs pour finir…

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Lawrence d’Arabie par Michel Renouard

Lawrence d'Arabie - Michel Renouard Deuxième biographie écrite par Michel Renouard que je lis, après celle de Joseph Conrad. De Lawrence d’Arabie, je ne connaissais pas grand-chose, si ce n’est le film réalisé par David Lean en 1962, où on le voit unifier les tribus arabes pour se battre contre l’empire ottoman pendant la première guerre mondiale.

Cela a donc été un plaisir de découvrir grâce au travail de Michel Renouard toute la complexité de Thomas Edward Lawrence, et surtout sa dimension… Même s’il était de petite taille et plutôt chétif, c’était un bourreau de travail (intellectuel comme manuel), et doté d’une grande résistance physique (grâce à sa volonté, entraînant son corps depuis longtemps à supporter la souffrance).

C’est d’abord un grand érudit, diplômé d’Oxford, passionné d’histoire, d’architecture (particulièrement les châteaux-forts), mais aussi de littérature : il écrira le célèbre « Les sept piliers de la sagesse», récit de ses aventures lors de la révolte arabe, mais se lancera aussi dans une traduction de L’Odyssée d’Homère.

C’est aussi un anti-conformiste, peu enclin à respecter le protocole, ce qui lui vaudra des inimitiés, mais aussi de solides amitiés, comme avec Churchill…

Mais le plus surprenant dans le personnage, c’est son « asexualité » : tout ce qui est physique semble le dégoûter, il est pur esprit, et son corps doit suivre sa volonté, ce qui lui sera bien utile dans le désert… Il peut vivre en véritable ascète. Il est néanmoins sensible à la beauté physique, homme ou femme, sans que cela implique quoique ce soit ; si l’on ajoute que l’amitié entre hommes est quelque chose d’assez commun dans les pays arabes, on désamorce assez facilement les rumeurs d’homosexualité.

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Réchauffement climatique

Comme vous le savez peut-être, je lis régulièrement le blog de Paul Jorion, et deux animations sur le réchauffement climatique m’ont impressionné : par leur côté visuel, elles sont terriblement parlantes…

La première date d’un article de mai 2016, paru sous le titre « La fièvre monte à El Pao » :

L’animation vient du site Climate Lab book, tenu par des scientifiques qui veulent partager leurs données (Open Climate science). Sur cette page, il y a une petite FAQ à propos de l’animation :

1. Caractéristiques que vous pouvez voir :
1877-1878: fort événement El Nino qui réchauffe les températures mondiales.
1880s-1910: petit refroidissement, en partie due à des éruptions volcaniques.
1910-1940s: réchauffement, en partie en raison du redressement après les éruptions volcaniques, petite augmentation de la production solaire et variabilité naturelle.
1950-années 1970: températures assez « plates » car le refroidissement des aérosols sulfatés masque le réchauffement de gaz à effet de serre.
1980-aujourd’hui: fort réchauffement, avec des températures plus élevés en 1998 et 2016 en raison d’événements El Nino forts.

2. Pourquoi commencer en 1850 ? Parce que c’est lorsque l’ensemble de données HadCRUT4 commence, nous ne disposons pas d’assez de données de température auparavant pour construire de manière fiable la température moyenne mondiale.

3. Les températures sont-elles «hors de contrôle» ? Non. Les humains sont en grande partie responsables du réchauffement passé donc nous avons le contrôle sur ce qui se passe ensuite.

4. Que signifient les couleurs? Les couleurs représentent le temps. Violet pour les premières années, puis le bleu, vert au jaune pour la plupart des dernières années.

La seconde date d’aujourd’hui (14 septembre 2016), et l’article est intitulé « Climat : dérapage incontrôlé » (sans plus d’informations) :

tempanoms_gis_august2016

Je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que l’on aura bien du mal à maintenir l’augmentation de la température en dessous de 2°C, comme le prévoit l’accord conclu lors de la COP21 (l’accord se fixe même de tendre vers 1,5°C d’augmentation, afin de permettre la sauvegarde des États insulaires, les plus menacés par la montée des eaux.).

Comancheria – David Mackenzie

Comancheria - David Mackenzie Je suis allé voir ce film avec un copain, sans vraiment savoir ce qui m’attendait. Ce fût une très bonne surprise, et pour plein de raisons :

D’abord, une bonne histoire avec deux frères qui braquent des banques poursuivis par deux vieux Rangers, de bons dialogues à l’humour décapant (notamment entre les deux Rangers, l’un est blanc, l’autre indien, et ça vanne pas mal !), et tout cela sur le fond d’une Amérique en pleine crise économique : il est loin le rêve américain (même celui du gaz de shiste est déjà passé !).

De très bons acteurs, y compris dans les seconds rôles, tous participant à décrire une Amérique en plein marasme, avec de petits salaires pour eux qui ont la chance de travailler… Et les banques qui continuent de se gaver pendant ce temps.

Car si les deux frangins braquent des banques, ce sont toujours les agences d’une banque bien précise, celle qui a profité de la détresse de leur mère pour lui saisir la propriété familiale à sa mort. L’idée est donc de rembourser la banque avec son propre argent avant que l’échéance n’arrive ! 😉

Le cinéaste britannique David Mackenzie l’explique ainsi :

Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’est qu’il met en scène ce que j’appelle la ‘criminalité rédemptrice’, autrement dit, il s’attache à des personnages honnêtes qui transgressent la loi pour des raisons légitimes. C’est aussi un croisement très rare entre le western, la comédie, le film de braquage et le road-movie

La signification du titre original est « Hell or high water » m’a intrigué, voilà l’explication fournie sur la page wikipedia :

Le titre original fait référence à une clause inscrite sur certains contrats de prêts décrivant la nécessité pour l’emprunteur de procéder au remboursement, quelles que soient les difficultés qu’il pourrait rencontrer. Le terme vient d’une expression familière aux États-Unis qui indique que quelque chose doit être accompli « come Hell or high water », soit en français « quand bien même l’enfer ou le déluge s’abattrait sur nous ».

Si on ajoute une excellente bande-son préparée par Nick Cave & Warren Ellis, on est sûr de passer un très bon moment ! Une très bonne surprise donc, un film qui fait penser à ceux des frères Coen…

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