Les villes de la plaine – Diane Meur

Les villes de la plaine - Diane MeurCela commence comme une fable agréable, philosophique, dans une ancienne civilisation imaginaire, et la curiosité nous fait facilement tourner les pages des premiers chapitres : où l’auteur va-t-il donc nous emmener ?

Hélas, les promesses ne seront pas tenues. Si c’est plutôt bien écrit, le style qui se veut assez raffiné se révèle assez vite lassant : presque celui d’un conte que l’on raconterait à des enfants, assez pompeux, avec un peu trop de recherche dans le vocabulaire. On comprend bien l’effet recherché, mais également l’échec.

Quant au sujet, c’est celui d’une civilisation construite sur un texte religieux fondateur ; or le sens de ce dernier s’avère avoir été détourné par une élite au fil des siècles afin de prendre le pouvoir. Avec en parallèle, une histoire d’amour entre un homme et une femme, ce n’est pas trop dur à écrire, et ça plaît toujours, hein ? J’oubliais deux ou trois chapitres se passant à une époque beaucoup plus rapprochée, qui n’apportent rien du tout, si ce n’est que les hypothèses des archéologues sont parfois loin de la réalité…

Tout cela apporte finalement de la déception à tous les niveaux : sujet manifestement trop vaste pour être traité de la sorte, on s’ennuie assez vite une fois la curiosité des premiers chapitres passée. Tout ça pour dénoncer finalement des évidences : des hommes détournent des textes pseudo-religieux pour mieux asseoir leur pouvoir sur les masses ? Mince alors, je n’avais jamais remarqué… Heureusement que le pauvre berger sans éducation réussit à séduire et sauver la belle, puis à retourner dans son village arriéré, où ils pourront couler des jours heureux ! Il a même failli sauver la civilisation, mais bon, faut pas trop exagérer quand même !

Diane Meur,  née à Uccle le 7 janvier 1970, est une femme de lettres belge d’expression française. Elle est titulaire d’une maîtrise de littérature comparée de l’Université Paris-IV ainsi qu’un DEA de sociohistoire de la littérature. Ceci explique sans doute le sujet de ce roman.

Juste la fin du monde – Xavier Dolan

Juste la fin du monde - Xavier Dolan Grosse déception en allant voir ce film, sélectionné dans le « Festival Cinéma Télérama » qui passe en ce moment à Rennes. Avec un titre pareil, et sachant que c’est l’histoire d’un écrivain qui revient dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine, je m’attendais à quelque chose de pesant, mais peut-être profond, sur la difficulté à communiquer entre les êtres…

Hélas, dès le début, on tombe dans une espèce de caricature de rapports humains, l’écrivain en question étant largement mutique, passant le film à sourire bêtement en guise de réponse ; quant à la famille, ils sont tous plus ou moins névrosés (plutôt plus que moins), ce qui donne des scènes et des dialogues complètement irréels : Marion Cotillard bafouille pendant tout le film, Vincent Cassel pique sa crise dès qu’il ouvre la bouche, etc…

On pourrait croire que les acteurs sont mauvais, mais vu leur notoriété, il semble bien que ce soit les dialogues et les scènes qui soient d’une débilité profonde. C’est d’ailleurs bien la seule profondeur que l’on atteindra ici.

À se demander comment ce film peut faire l’objet d’une sélection quelconque… Mais avec Télérama, c’est vrai que tout est possible !

Six récits au fil inconstant des jours – Shen Fu

Six récits au fil inconstant des jours - Shen Fu Un roman traduit par Simon Leys, noté pendant la lecture de sa biographie. Le contenu est à l’image du  titre, plein de beauté, de douceur et de fraîcheur…

Shen Fu (1763 – ?) était un obscur lettré, fonctionnaire se retrouvant souvent sans emploi, amené à emprunter, mettre en gages le peu qu’il a, et même à vivre chez des amis. Rien ne le destinait à la postérité, sauf ce recueil qui connût un immense succès en Chine, puis à l’étranger, dès sa publication, hélas largement posthume !

Le propos est on ne peut plus simple : raconter des expériences d’une vie sans grande histoire. Mais par cette simplicité même, il nous charme. Dommage que des six récits il n’en  subsiste que quatre…

Le premier est entièrement dédié à sa femme Chen Yun, intitulé « Souvenirs heureux : la vie conjugale » ; il nous raconte la rencontre et le mariage qui suivit, tous deux formant un couple très amoureux et complice. On en apprend beaucoup sur les mœurs de l’époque, et l’on est même surpris, comme avec l’histoire de la concubine Hanyuan, où Chen Yun semble proposer un ménage à trois ! Nous sommes loin de la femme soumise que l’on imagine…

Puis viennent les « Souvenirs exquis : les heures oisives », où l’auteur va nous détailler un peu leurs occupations, étant tous deux amateurs de poésie, aimant à deviser le soir au clair de lune, ou à se trouver une demeure un peu à l’écart pour en faire un nid douillet, en l’aménageant de belle manière, et pas uniquement l’intérieur : le jardin est aussi important, et révèle tout un art pour occuper l’espace afin d’apaiser l’esprit.

C’est alors le tour des « Souvenirs amers : les épreuves »… Les relations avec son père vont se détériorer sur un malentendu, Chen Yun va tomber malade, les soucis d’argent vont commencer. Ce récit commence ainsi :

Pourquoi donc la vie est-elle semée d’épreuves ? Le plus souvent elles surviennent comme une conséquence de nos fautes ; mais ceci ne saurait être mon cas, car tous mes malheurs sont venus, au contraire, de cette disposition que j’ai à suivre les élans de mon cœur, à respecter la parole donnée et à m’exprimer sans détour.

Le livre se termine par les « Souvenirs allègres… » où Shen Fu nous écrit une sorte de petit guide des endroits qu’il a pu visiter au cours de vie (amené à voyager pour occuper un poste quelques mois par exemple). À moins d’être sur place et d’aller visiter ces lieux, j’y ai trouvé peu d’intérêt, en dehors du style toujours aussi simple et candide, le rendant très agréable à lire.

J’ai beaucoup aimé les noms très poétiques employés pour nommer les lieux : le Pont des Dix Mille Années, la Source des Fleurs de Pêchers, une chambre baptisée « La Tour Parfumée de l’Invitée », un point de vue dominant un paysage immense appelé « Mille Arpents de Nuées »…

Simon Leys fournit une très belle préface, et nous explique :

Il n’y a rien d’idyllique ni de mièvre dans ce tableau de la vieille Chine ; Shen Fu et sa femme ont cruellement souffert sous la règle implacable de l’ancienne société, — mais sans révolte cependant : la société qui les écrase est aussi celle qui les a portés et nourris ; c’est d’elle qu’ils tiennent le meilleur d’eux-mêmes, leur sensibilité, leur humanité, un art de vivre exquis, et un courage sublime dans l’adversité.

Il  y a aussi quelques notes explicatives en fin d’ouvrage, pour donner un peu de contexte à certaines fêtes ou traditions mentionnés par Shen Fu, comme la Fête du Double Neuf (le neuvième jour du neuvième mois lunaire) :

C’est une des plus anciennes fêtes traditionnelles ; sa signification et son origine sont assez obscures ; il semble qu’elle commémore la manière dont une population ancienne aurait échappé jadis à un cataclysme naturel en se réfugiant au sommet d’une montagne. Quelle que soit sa signification initiale, le rite est resté, et aujourd’hui encore, à la date du Double-Neuf, on fait l’ascension d’une montagne, d’une colline ou de tout lieu élevé avoisinant l’endroit où l’on vit. Cette fête est devenue, elle aussi, un agréable prétexte à excursion et pique-nique.

Shen Fu est né en 1763 sous la dynastie Qing. On ignore la date de sa mort. « Six récits au fil inconstant des jours » fut retrouvé par hasard en 1849 et ne fut imprimé qu’en 1877. Simon Leys l’a traduit en 1966.

American Pastoral – Ewan McGregor

American Pastoral - Ewan McGregor Ce film avait reçu une très bonne critique du Canard, et est adapté d’un roman de Philip Roth qui a reçu le prix Pulitzer en 1997 : suffisant pour avoir envie de le voir.

C’est l’Amérique des années 1960, Seymour Levov, surnommé « Le Suédois » pour son look, champion de son lycée, a tout pour avoir une vie heureuse : une femme ex-Miss Jersey, la fabrique de gants de son père dont il prend les commandes, et une adorable petite fille dont le seul problème est de bégayer.

Mais le rêve va tourner au cauchemar, la petite fille grandit et se radicalise, révoltée par la guerre du Vietnam et les émeutes raciales qui secouent le pays : elle commet un attentat à la bombe dans la poste locale, provoquant un mort, puis disparaît.

Le Suédois ne va jamais s’en remettre, cherchant désespérément à retrouver sa fille, et son couple va éclater. Il finira par la retrouver, mais ce n’est plus la même personne. Il ne s’en remettra jamais.

Il y a une tension constante dans ce film, et le jeu des acteurs est parfait. On en ressort un peu secoué… Cela donne envie de lire le bouquin !

Vol au-dessus d’un nid de coucou – Ken Kesey

Vol au-dessus d'un nid de coucou - Ken Kesey Après avoir découvert l’extraordinaire Et quelques fois j’ai comme une grande idée, j’ai eu envie de lire le premier roman de cet auteur pour le moins atypique. Il suffit de lire Acid test de Tom Wolfe pour se faire une idée de la vie incroyable qu’a eu Ken Kesey, au moins ses jeunes années !

Au début des années soixante, pour quelques dollars, il s’était porté volontaire pour tester diverses drogues psychédéliques dans un hôpital psychiatrique. C’était l’époque de la découvert du LSD, les scientifiques étudiaient ces drogues qui altéraient l’état de conscience. Six mois plus tard, cherchant un travail, il se retrouva embauché comme aide-soignant dans le même service, avec le même médecin, sous les ordres de la même infirmière. C’est de cette expérience qu’il écrira cette histoire.

À noter que cette belle édition inclut des dessins que l’auteur fît à ce moment-là (montrant ainsi un autre talent), comme il nous l’explique dans la courte préface :

Les visages étaient toujours là, toujours aussi douloureusement à nu. Par stratégie d’évitement, je pris l’habitude de me réfugier derrière un calepin dans lequel je griffonnais. Cela me valut beaucoup de compliments de la part des infirmières : « Très bien, M. Kesey ! C’est la bonne approche. Il faut apprendre à les connaître. »
Je griffonnais aussi des visages. Non, pas exactement. En écumant cette pile d’esquisses, je m’aperçois que les visages se sont insinués dans ma tête et gravés dans mon esprit. Le stylo à la main, je n’avais qu’à attendre que la magie opère.

Bien sûr, j’ai vu et revu le film que Miloš Forman en a tiré en 1975, avec Jack Nicholson et Louise Fletcher. Si le film est assez fidèle au roman, la première différence est que le narrateur, dans le roman, c’est l’indien gigantesque que McMurphy appelle « Grand Chef ».

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Neruda – Pablo Larrain

Neruda - Pablo Larrain Je suis allé voir ce film au hasard, sachant vaguement que Pablo Neruda était un poète chilien… Et l’histoire racontée, même s’il ne faut pas y chercher une vérité historique, m’a bien plu.

La voix off qui intervient dans la narration en dit finalement beaucoup sur le personnage, et donne envie d’aller lire la page wikipedia de Pablo Neruda pour tenter de démêler le vrai du faux…

Dans le film, Pablo Neruda est sénateur communiste, et critique vertement le gouvernement de González Videla. Nous sommes en 1948, c’est le début de la guerre froide. Videla lance alors une vague d’arrestation chez les communistes. C’est à l’inspecteur Óscar Peluchonneau qu’est confiée la mission d’arrêter Neruda. Nous allons alors assister à un jeu de chat et de la souris entre les deux personnages. On croisera même lors de cette traque un certain Pinochet, qui dirige alors le centre de détention en plein désert de sel où sont enfermés les communistes.

Dans cette course poursuite, Neruda laisse un de ses livres à chaque étape, pour que le policier le trouve et le lise. Le film est bien sûr le prétexte à dire de nombreux poèmes, magnifiques, sur l’amour, la liberté ou l’oppression…Mais il n’est pas pour autant tendre avec le poète, le montrant plutôt narcissique et assez arrogant. Tout se termine par une mise en abîme, où le détective se rend compte qu’il est un fantasme né de l’imagination de Neruda, qui aime se voir traité en ennemi public numéro un…

Si l’on en croit une des premières scènes du film, Neruda est certes communiste, mais comme tant d’autres personnages de la haute société, habitués des fêtes privées, et à une certaine débauche sexuelle… La voix off nous explique que si le communisme arrivait réellement au pouvoir, Neruda serait certainement l’un des premiers à fuir le pays ! Cela situe un peu le personnage, par ailleurs difficile à cerner semble-t-il, autant dans le film que dans la réalité.

Sur la page wikipedia, on apprend que Neruda avait dirigé la campagne électorale de Videla. Ce dernier menant ensuite un politique de droite, le poète avait réagit par un discours au Sénat portant le célèbre titre d’Émile Zola : J’accuse ! C’est alors qu’il échappe à son arrestation pour se réfugier en Europe. Il soutiendra plus tard Allende, et mourra quelques jours après le coup d’État de Pinochet.

Les naufragés du Batavia – Simon Leys

Les naufragés du Batavia- Simon Leys Premier bouquin tiré de l’excellente biographie Simon Leys : navigateur entre les mondes de Philippe Paquet que j’ai lue récemment.

Simon Leys s’intéressa à ce fait divers, l’un des plus sensationnels du XVIIè siècle : le naufrage du Batavia. Comme le Titanic, ce navire qui incarnait l’orgueil et la puissance de son époque, sombra lors de son tout premier voyage. Le navire coula au large de l’Australie, mais il y eut environ trois cents rescapés qui purent débarquer sur un archipel. Hélas, ils tombèrent sous la coupe d’un psychopathe qui, secondé par une poignée de « disciples », en massacra les deux-tiers.

On apprend d’ailleurs dès le début une chose étonnante : pendant trois siècles, du XVè à la fin du XVIIIè, les navigateurs occidentaux ne disposaient que de moyens dérisoires pour calculer leur position. Si la latitude était assez facile à calculer (pourvu que le soleil et l’horizon soient visibles), la longitude était vaguement estimée en fonction de la vitesse apparente du bateau ; la force du vent et les courants pouvaient largement fausser ces estimations.

C’est ce qui arriva au Batavia : remontant trop tard au nord pour rallier Java, il sombra sur un récif d’îlots de corail, à quelque 80 kilomètres des côtes de l’Australie !

Cette histoire fascinait Leys, et particulièrement les mécanismes par lesquels s’instaure une tyrannie (lui, le contempteur de la dictature maoïste). Rien ne manquait : la mise en place d’un totalitarisme basé sur la surveillance, la délation, l’arbitraire, l’injustice, l’isolement et l’autarcie, et la création d’une nomenklatura fière et jalouse de ses privilèges.

Il collecta des informations pendant des années (dix-huit ans) sans se décider à publier, quand un autre auteur, Mike Dash, publia toute l’histoire, et de manière très complète. Leys publia néanmoins ce petit essai, se limitant à y apporter ses réflexions personnelles.

Ce petit texte est suivi d’un autre, Prosper : quand Simon Leys était encore étudiant, avant de partir pour l’Extrême-Orient, il eu l’occasion de naviguer à bord d’un thonier breton (un des derniers encore à la voile). Un court récit, qui montre les conditions de vie très dures et précaires des marins à cette époque, quand ils partaient pour « une marée »… et aussi l’importante consommation d’alcool quand ils étaient à terre !

Statistiques du blog – année 2016

Tout d’abord, meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2017 à toutes et à tous passant sur ce blog, par hasard ou pas. Santé & bonheur pour vous et vos proches, c’est le plus important dans ce monde aux équilibres instables, bien malin qui pourrait prévoir ce qui va se passer…

Comme chaque année, c’est l’occasion de faire les statistiques du blog. L’année dernière, j’étais reparti pratiquement de zéro puisque je venais de migrer vers un nouvel hébergeur, suite à des déconvenues avec Free.

Les chiffres sont donc logiquement en hausse comparés à 2015, sans toutefois retrouver les plus belles années chez Free. Il faut maintenant tenir compte de l’évolution d’internet et de ses usages : les blogs comme celui-ci sont en perte de vitesse, il faut maintenant être sur Facebook, ou Google+, bref les fameux réseaux sociaux, pour être « visible ». À ce prix, je préfère largement devenir invisible ! 😉

Tout dépend aussi des sujets abordés : j’ai beaucoup d’articles sur les bouquins que j’ai lu, qui intéressent potentiellement peu de monde. On voit par contre que les articles sur le smartphone, ou même Ubuntu (un article cette année), ont eu plus de succès, ce qui est logique : ce sont des articles qui expliquent comment faire les choses, ou résoudre un problème.

J’ai aussi commencé à faire des articles sur les films que je vais voir : depuis que je suis à Rennes, je peux profiter du Ciné TNB, à la programmation souvent plus intéressante que celle des grands cinémas (sans pour autant négliger ceux-ci quand le film le mérite).

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Confiteor – Jaume Cabré

Confiteor - Jaume Cabré Bouquin offert par ma frangine, à qui ce roman avait énormément plu, avec une vaste histoire qui parcourt plusieurs époques, principalement l’Inquisition, la guerre d’Espagne, la seconde guerre mondiale.

Si l’histoire est il est vrai assez passionnante, elle est aussi très difficile à lire, l’auteur s’amusant à changer de contexte et de personnage d’une phrase à l’autre, ou remplaçant le « je » par un « il » au sein d’une même phrase. Considérant qu’il y a beaucoup de personnages (nécessitant un index à la fin pour aider le lecteur à s’y retrouver), mais également d’époques et de lieux différents, était-ce vraiment nécessaire ? Je n’en suis pas persuadé.

Ajoutez à cela que le roman en question fait 900 pages, il est conseillé de ne pas trop le délaisser si l’on ne veut pas perdre complètement le fil, s’il y en a un : l’expression « décousu » prend ici tout son sens !

Cette complexité s’explique ainsi : en fait, nous lisons le manuscrit qu’Adrià Ardevol, au seuil de sa vie et atteint par la maladie d’Alzheimer, a donné à son ami d’enfance pour qu’il le publie. Côté recto, il s’agit d’un essai sur le Mal qu’il avait démarré (Adrià est un grand érudit), et côté verso il a voulu raconter sa vie et son amour éternel à sa femme disparue.

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Le pavillon rouge & Meurtre à Canton – Robert Van Gulik

Le pavillon rouge C’est en lisant la biographie de Simon Leys que j’ai entendu parlé de cet auteur un peu atypique, puisque grand sinologue, homme très cultivé, diplomate hollandais dans de nombreux pays, et donc également auteur de romans policiers se passant dans la chine impériale du VIIéme siècle.

Ce sont des enquêtes assez plaisantes à suivre, le juge Ti résolvant les énigmes par la logique, tout en finesse et réflexion. Une sorte de Maigret chinois ! L’univers décrit nous permet de découvrir les us et coutumes de cette époque, et le dépaysement est assuré. Amateurs de polars à l’ancienne, vous serez comblés !

Meurtre à Canton Dans le pavillon rouge, l’intrigue se passe sur l’île du Paradis, un lieu de plaisirs et de débauche… Un jeune homme de l’Académie Impériale s’est suicidé, puis la plus belle courtisane de l’île est retrouvée morte. L’enquête va s’avérer compliquée à mener…

Dans Meurtre à Canton, l’intrigue est complexe, entre la cupidité des uns, et la communauté arabe venue pour commercer, mais qui s’est implantée et finit par menacer le pouvoir local… Sans parler de la rivalité des chinois du nord et du sud !

Point commun entre les deux romans, le rôle des femmes est souvent celui de courtisanes, ou de prostituées, qui se servent de leurs charmes pour mener à bien leurs projets. Quand on sait que Van Gulik était aussi passionné par les estampes érotiques de la dynastie Ming, et pas seulement de façon théorique, ceci explique cela !

Robert Van Gulik (1910-1967) est un écrivain, diplomate, sinologue et intellectuel distingué. C’est en 1948 au Japon qu’il traduit un roman policier chinois, le Dee Goong An ou Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti, fonctionnaire de l’époque Tang. En s’inspirant de vieux récits chinois, Van Gulik écrit alors dix-sept récits policiers fictifs, affaires débrouillées par son juge Ti.

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