Peste & Choléra – Patrick Deville

Peste & Choléra - Patrick Deville D’abord offert à des amis sur un conseil du libraire, on m’a également offert ce livre par la suite. Les amis m’ayant confirmé qu’il s’agissait d’un bon roman, c’est assez confiant que j’en ai commencé la lecture.

Et je n’ai pas été déçu : d’abord parce que l’histoire racontée est celle véridique d’Alexandre Yersin, illustre inconnu à qui l’on doit la découverte du bacille de la peste (la Yersinia Pestis…), excusez du peu. Puis le style littéraire de Patrick Deville, qui sait admirablement raconter cette vie exceptionnelle, mariant aisément la distance et l’humour, le contexte et la précision historique… difficile à définir, mais très élégant et parfaitement abouti.

Yersin était l’un des chercheurs faisant partie du premier groupe autour de Louis Pasteur, à la fin du XIXe siècle. Alors que beaucoup d’entre eux obtinrent un prix Nobel à un moment ou à un autre, lui passera au travers et restera dans l’anonymat. Mais quelle vie !

En fait, il préfère l’aventure au laboratoire, ses héros sont Stanley et Livingstone… Il part en Asie, sera marin, explorateur, puis s’installera au Vietnam, à Nah Trang, loin des deux guerres mondiales qui vont ravager l’Europe. Là, il s’intéresse à l’agriculture, et développe notamment la culture de l’hévéa qu’il importe et acclimate. C’est l’époque où les automobiles arrivent, et il anticipe les besoins en caoutchouc pour les pneumatiques : il fournira alors Michelin… ce qui lui assurera les fonds nécessaires à ses activités multiples.

C’est drôle, lorsque le libraire me présenta ce roman, il me dit “ce type a tout loupé”, faisant sans doute référence à l’absence de reconnaissance et à son relatif anonymat. Je trouve au contraire qu’il a su vivre la vie dont il avait envie, sans se laisser détourner par son “devoir” ou ses “responsabilités”. Une belle leçon de liberté.

Patrick Deville est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchea meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour ce roman le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.

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