Fenua – Patrick Deville

Fenua signifie « territoire » en Tahitien. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur la Polynésie où ma frangine navigue depuis bientôt deux ans (le bateau a une sorte de visa de 3 ans, après il faut quitter le territoire !).

Patrick Deville va donc nous raconter à sa manière l’histoire de la Polynésie depuis l’arrivée des occidentaux (deux cents ans, ce n’est pas si vieux) : Bougainville et Cook les découvreurs, l’île de Pâques et la Bounty, Melville et Moby Dick, Pierre Loti et son frère médecin, Gauguin le peintre, Jack London, j’en passe et des meilleurs, ils sont nombreux à être passés par là , pour le meilleur et pour le pire ! Elsa Triolet, russe d’origine, future résistante française, ou encore Alain Gerbault, marin solitaire au destin peu commun, qui aura le tort de choisir le camp de Pétain.

Et toujours avec la même méthode : Patrick Deville s’installe sur place (à Papeete), avec plein de bouquins sur le sujet, et raconte donc l’histoire de ceux qui sont passés par cet endroit, pas toujours de façon chronologique (ce sont plus les lieux qui guident le récit), passant allègrement du présent au passé, dans son style parfois un peu particulier et aux tournures de phrases alambiquées. On est parfois plus dans l’évocation presque onirique tant il saute d’un personnage ou d’un lieu à l’autre dans une (très) longue phrase… obligeant parfois à une deuxième lecture (on aime ou on déteste !), mais on apprend plein de choses quand même.

Habituellement, sa présence sur place permet de mettre en relief le présent et le passé, mais cette fois cela n’apporte pas grand chose, il traite en fait de l’actualité en fin d’ouvrage : entre indépendantistes et autonomistes, après l’hégémonie de Gaston Flosse, et les millions versés par l’État français en échange des essais nucléaires…. le présent n’est pas évident à gérer pour les locaux !

J’ai tout de même noté quelques romans à lire :

  • Les Civilisés de Claude Farrère : pas vraiment en rapport avec le lieu, mais une sévère critique des coloniaux dépravés à Saïgon, prix Goncourt en 1905.
  • Touriste de bananes de Georges Simenon : un auteur à ne pas réduire aux « Maigret », grand écrivain si j’en crois ce que j’ai pu lire à son propos.
  • La tête coupable de Romain Gary, auteur que l’on ne présente plus.

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Patrick Deville est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchéa meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour Peste & Choléra le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.

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