Le Grand Monde – Pierre Lemaître

Retour à Pierre Lemaître avec cette tétralogie intitulée « Les années glorieuses », où l’auteur annonce « feuilletter le [XXème] siècle », œuvre à priori prometteuse, et à tout le moins ambitieuse. Je n’ai pourtant pour l’instant pas été convaincu par cet auteur, que ce soit par son prix Goncourt Au-revoir Là-haut, ou par Alex un polar que l’on m’avait recommandé. Mais je m’engageais dans cette lecture sans à priori particulier, et même un intérêt pour le sujet choisi.

Mais ce sera encore une déception. Je ne comprends décidément pas cet auteur, comment peut-il choisir d’imaginer cette famille Pelletier pour prétendre raconter le siècle ? La psychologie de ses personnages est à peine décrite, et pourtant il y aurait beaucoup à dire sur le comportement de certains (Geneviève et Jean en particulier), ils sont pour la plupart caricaturaux, et cela semble suffire à l’auteur. Les scènes sont parfois ubuesques et souvent pas du tout crédibles. En fait on ne sait pas trop ce que l’on est en train de lire : du grand guignol ? les Pieds Nickelés ? la rubrique des faits-divers ? De plus, l’auteur-narrateur a toujours sa manie de s’adresser de temps en temps directement au lecteur, ce que je n’aime pas du tout.

À la fin de ce premier opus, l’auteur nous présente une « Dette de reconnaissance » en guise de postface, où il cite en détail tous les sources (personnes, livres, etc…) permettant de d’authentifier l’essentiel des faits historiques abordés (particulièrement sur l’Indochine et l’après-guerre en France). Mais cela ne suffit malheureusement pas à rendre une histoire crédible, ni passionnante à lire. Cela pourrait se résumer ainsi : les faits historiques sont dans l’ensemble exacts, et l’auteur s’est documenté, une historienne en a vérifié l’authenticité, etc… ; sur cette trame, l’auteur nous inflige des personnages caricaturaux à peine brossés, et imagine une trame et des anecdotes pour relier tout ça, à grand coups de fil blanc, et à l’intérêt très relatif (pour rester positif). Comment ne pas être déçu ?

C’est dommage, le prix Goncourt a du apporter à Pierre Lemaître une certaine aisance financière et une confiance des éditeurs lui laissant le temps de creuser ses romans, ses personnages… Mais non, il continue avec le même type d’histoires, c’est sans doute son style, sa signature ? Il est le troisième auteur français le plus lu en 2023, ce qui n’est pas forcément bon signe pour la qualité littéraire de l’œuvre. Et les quatre romans de cette tétralogie ont été publiés entre 2022 et 2026, soit en moins de quatre ans : là non plus, ce n’est pas bon signe.

Je vais tout de même continuer avec le tome 2, en sachant à quoi m’attendre, pour voir si l’histoire et les personnages prennent un peu de consistence. L’espoir fait vivre…

Pierre Lemaitre, né en 1951 à Paris, est romancier et scénariste. Il a d’abord écrit des romans policiers, et reçoit le prix Goncourt pour le roman Au-revoir Là-haut en 2013.

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