Le Loup des mers – Jack London

Je continue mon exploration de Jack London, avec son deuxième succès, publié en 1904, un an après l’Appel de la forêt.

Quand Humphrey Van Weyden, jeune homme distingué, prend le ferry pour traverser la baie de San Francisco, il est loin d’imaginer qu’à la suite d’un naufrage, il va se retrouver sur une goélette partant chasser le phoque au large du Japon et refusant de le ramener à terre !

Pire que cela, le capitaine du navire, Loup Larsen, se révèle être un personnage dangereux, colosse doué d’une force et d’une agilité peu commune, régnant par la terreur ; il n’est pas aussi rustre qu’il n’y paraît car ayant beaucoup lu mais considère la vie comme un simple processus de survie, où c’est le plus fort qui gagne (la sélection naturelle de Darwin et le thème nietzschéen du surhomme, tous deux présents dans Martin Eden, écrit plus tard). L’intellectuel de bonne famille croie lui au caractère sacré de toute vie humaine ; il va être obligé de se forger un caractère, des muscles, et de se plier aux fortes contraintes de la vie de matelot (métier très dur à l’époque).

On croit que l’on va s’ennuyer dans ce huit-clos en pleine mer, mais le récit reste captivant, tant Loup Larsen se révèle clivant et hors du commun, et malgré tout attiré par les discussions intellectuelles qu’il peut avoir avec Humphrey. Il y a du Joseph Conrad dans ce roman, tant l’aspect psychologique des différents personnages est habilement décrit, au gré des événements souvent contraires qui surviennent.

J’ai moins aimé la deuxième partie du roman, quand Maud Brewster est à son tour récupérée en pleine mer, et dont Humphrey va vite tomber amoureux… L’histoire perd de sa force et de sa crédibilité pour arriver à un happy-end un peu mièvre.

Jack London (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l’aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d’aventures. Ce roman est inspiré d’une campagne de chasse aux phoque à laquelle Jack London participa en 1893.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.