Cartel – Don Winslow

Suite de La Griffe du Chien, où l’on retrouve Art Keller quelques années plus tard, retiré dans un monastère à s’occuper des abeilles. Adan Barrera est sous les verrous dans une prison californienne. Tout va bien.

La première chose qui frappe en ouvrant ce roman, c’est la longue liste de journalistes (peut-être 200, plus…) à qui ce livre est dédié, tous assassinés ou “disparus” pendant la période couverte, soit de 2004 à 2012.

Adan Barrera va réussir à se faire transférer dans une prison mexicaine, d’où il ne tardera pas à s’échapper. Keller va devoir reprendre du service auprès de la DEA, car sa tête est mise à prix par Barrera.

Démarre alors une lutte sanglante entre les différents cartels pour prendre le pouvoir ou simplement garder son territoire. L’hégémonie de Barrera est largement contestée avec le temps passé derrière les barreaux, et la lutte sera féroce. Les Zetas particulièrement, une sorte de force para-militaire, sont particulièrement cruels et font régner la terreur, n’épargnant personne, et encore moins les civils.

Quant à la police, aux fédéraux, à l’armée, jusqu’au gouvernement mexicain, tout le monde est plus ou moins corrompu, les sommes d’argent dont disposent les narcos trafiquants étant tellement importantes. Même les américains devront à un moment passer une alliance avec le moindre mal pour éviter le pire.

Et c’est encore une longue série de meurtres, d’assassinats, de tortures, de décapitations à laquelle nous allons assister. C’est encore plus violent que le premier opus je crois. La lutte entre les cartels est d’une violence extrême. On a tout de même droit à un répit dans le roman quand l’auteur s’attache à décrire la vie de journalistes à Juarez, un des lieux frontaliers où les cartels s’affrontent pour se l’approprier.

C’est un roman, comme le précise l’auteur, mais il s’est beaucoup documenté pour l’écrire. Si c’est proche de la réalité, c’est carrément terrifiant, et cela en dit long sur notre monde. Il est même fait mention à un moment de l’aide financière apportée par les narcos en 2008 au système bancaire pour éviter qu’il ne s’écroule…

Don Winslow, né en 1953, est un écrivain américain spécialisé dans le roman policier. Auparavant, il a été comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari ! L’un de ses romans, Savages a été adapté à l’écran par Oliver Stone, je l’ai vu, je n’ai pas trop aimé : personnages caricaturaux, violence gratuite, histoire peu crédible… Soit du petit Oliver Stone, soit du petit Don Winslow, soit les deux ! !

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