L’homme-dé – Luke Rhinehart

Premier livre conseillé par Thomas, le libraire de Puteaux où je passais sans doute pour la dernière fois. Et énorme déception à la lecture, je n’ai pas du tout aimé ce roman écrit en 1971 et soi-disant “livre culte”.

Si l’idée de départ est intéressante, j’ai très vite été déçu par le ton et le côté répétitif des aventures de ce psy new-yorkais qui décide de s’en remettre aux dés pour la moindre décision de sa vie.

Il pourrait y avoir des réflexions intéressantes sur la personnalité de chacun et de son interaction avec l’entourage, sur l’obligation de correspondre à cette image que la société impose, et les conséquences de vouloir y échapper… Mais on part plutôt dans la gaudriole, le sexe, et la violence de la société américaine.

Ça se veut drôle, et ça l’est parfois, mais c’est aussi très intellectuel, citadin : le personnage principal caricature à loisir son métier, sa relation avec sa femme… Il tente une approche Zen de sa vie, sans réel succès. Puis choisit de s’en remettre aux dés : il écrit 6 possibilités sur un papier (dont certaines hors de sa zone de confort), lance le dé et obéit à la décision. Évidemment, son rapport aux autres change et sa vie ne va pas tarder à faire de même…

Il y a des passages intéressants, comme quand il parle du moi que nous nous sommes construits et qui devient en fait une prison au sein de laquelle on s’ennuie. C’est ce que l’homme-dé comme il l’appelle cherche à fuir, pour retrouver une vie réelle, hors de toute routine. Mais l’auteur ne peut s’empêcher de glisser dans le texte des idées pour le moins incongrues, portant pratiquement tout le temps sur le sexe comme par hasard… On a finalement l’impression que l’auteur est en train de se psychanalyser lui-même par le biais de ce roman, et que nous lecteurs sommes obligés de subir ses errements heureusement émaillés parfois de quelques vérités. Mais on retombe toujours dans le baratin du psy citadin intellectuel qui personnellement me fatigue assez vite.

Le quatrième de couverture parle de roman culte, roman de la contre-culture, faisant partie des 50 meilleurs romans, un autre plus modeste des 100 meilleurs romans… Pour moi, même si le sujet traité est intéressant, il manque singulièrement de profondeur et reste au mieux une comédie sans grand intérêt au final. Plutôt que remettre ses choix au hasard, mieux vaut pratiquer le Yi-King, on a au moins ainsi accès à la sagesse chinoise millénaire.

Luke Rhinehard, de son vrai nom George Powers Cockcroft, né en 1932, est un écrivain américain. L’homme-dé est son roman le plus connu. Il serait semi-autobiographique : à la lecture du roman, j’ose espérer que “semi” est largement surévalué.

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