Bouquin acheté un peu au hasard, il était sur la table du libraire, un gros pavé de 1000 pages, relatant les aventures en Inde d’un australien évadé de prison, dans les années 1980.
Ça tombait bien, je cherchais un gros bouquin, une longue histoire dans laquelle plonger, alors je n’ai pas hésité longtemps, d’autant que l’Inde, c’était mon premier grand voyage (6 mois), et en plus dans les années 80 (comme cette histoire) ! D’ailleurs, au fil de la lecture, quand l’auteur parle de l’assassinat d’Indira Ghandi, je me suis dit « mais j’y étais ! », et je me souviens très bien des événements terribles qui en avaient découlés (c’était assez chaud, pour dire le moins !). Mais aussi d’autres moments plus cool, quand l’auteur cite certains endroits de Goa, cela m’a aussi rappelé des souvenirs…
J’ai trouvé ce roman carrément génial, je l’ai littéralement dévoré, et tourné chaque page avec bonheur et impatience, totalement pris par le récit. C’est un vrai roman d’aventure, inspiré toutefois de sa vie réelle, comme l’auteur s’en explique :
Certaines expériences de ma vie sont décrites à peu près comme elles sont arrivées, et d’autres sont des récits créés, justifiés par mon expérience. Je voulais écrire deux ou trois romans sur des éléments bruts de ma vie, me permettant d’explorer les thèmes qui m’intéressaient, tout en gardant le récit immédiat en l’ancrant à certaines de mes vraies expériences. Ce sont des romans, pas des autobiographies, et tous les personnages et dialogues sont créés. Peu importe que cela soit vrai ou non pour moi, c’est à quel point ils sont vrais pour nous tous, et pour notre humanité commune.
Le roman commence quand Lin arrive à Bombay, après s’être évadé d’une prison en Australie. C’est un fugitif, recherché par Interpol, et il va devoir se planquer. Il se lie avec Prabaker, un petit indien au sourire irrésistible qui vit de petits trafics avec les touristes, et qui va lui faire découvrir le vrai Bombay avant de l’emmener vivre dans son village pendant 6 mois. De retour à Bombay, de fil en aiguille, Lin va se retrouver médecin dans l’immense bidonville, et cette expérience va profondément le marquer. Puis son passé de truand va l’amener à trouver la protection d’un clan mafieux dirigé par Khaderbhai, un homme charismatique à la recherche d’une certaine sagesse, et qui va le prendre sous son aile… mais aussi le manipuler, car rien n’est simple ni gratuit dans ce monde.
Lin est aussi à la recherche d’une certaine rédemption, après avoir gâcher la première partie de sa vie (drogue, attaque à main armée), ce qui le rend assez sympathique, même dans si dans le monde qu’il fréquente, il doit rester sur le qui-vive et toujours se faire respecter. Difficile d’échapper à son karma comme on dit là-bas ! 😉 Certains passages expriment cette recherche philosophique ou spirituelle, en particulier dans les discussions qu’il a avec Khaderbhai : après tout on est en Inde, c’est le bon endroit. Lin n’est toutefois pas du tout religieux.
Les aventures vont se succéder à un rythme soutenu, les personnages dont Lin s’entoure sont plutôt sympathiques, et la belle Karla dont il tombe éperdument amoureux n’est pas facile à conquérir, ni à cerner. Jusqu’à un départ en Afghanistan avec Khaderbhai et quelques hommes pour apporter de l’aide aux moudjahidines qui luttent contre les envahisseurs russes.
Un excellent roman d’aventure, haletant, j’ai vraiment adoré lire cette histoire, bien écrite, et aux rebondissements spectaculaires. La quête spirituelle de Lin apporte un équilibre plutôt bien trouvé. Et la façon dont il parle de l’Inde et des indiens, de comment il s’imprègne de leur culture et la façon dont il la vit, sonne vraiment juste ! Il aime réellement l’Inde et particulièrement Bombay, malgré toute sa folie mais aussi pour l’humanité qui se dégage de chaque habitant, si pauvre soit-il.
Gregory David Roberts né en 1952 à Melbourne est un auteur australien. C’est un ancien héroïnomane accusé de grand banditisme à cause de plusieurs braquage de banque. Il s’échappe de prison en 1980 et s’enfuie en Inde, où il a vécu pendant dix ans. Il sera finalement capturé en Allemagne, extradé en Australie où il purgera sa peine, c’est là qu’il écrira Shantaram. Puis il a fini par revenir à Bombay, où il a participé à des actions caritatives pour aider les pauvres.
Une série TV éponyme a été réalisée à partir de ce roman (Apple TV). L’histoire est pas mal modifiée, seuls restent les personnages. L’ensemble est plutôt décevant, ne réussissant pas à retranscrire l’esprit du roman ni l’amour de l’Inde qu’exprime si bien l’auteur.