Confessions d’un barjo – Philip K. Dick

Confessions d'un barjo - Philip K. DickEn lisant la magnifique monographie Philip K. Dick, Simulacres et illusions, j’ai appris que PKD avait écrit aussi des romans de littérature générale (ou romans réalistes), et ne s’était mis à la science-fiction uniquement parce qu’à l’époque (l’après-guerre), les chances d’être publié étaient beaucoup plus fortes.

Chose très vite confirmée, puisque les romans réalistes de PKD furent tous refusés (par tous les éditeurs qui les ont lus) ; il fallut attendre la fin des années quatre-vingt, et parfois plus longtemps, pour pouvoir les lire en langue française.

J’avais ainsi découvert Les voix de l’asphalte en 2007 sur la table d’un libraire, pour un roman écrit en 1952 ! Et j’avais trouvé le roman très bon, avec ce personnage qui a tout pour être heureux, et qui pourtant ressent un profond malaise dans cette société.

Confessions d’un barjo sera le seul  roman réaliste qui sera publié de son vivant, en 1975 (le roman ayant été écrit en 1959). Le titre complet est : «Confessions d’un barjo (Jack Isidore, de Seville, en Californie) où sont chroniqués des faits scientifiquement avérés survenus entre 1945 et 1959».

Ce fameux Jack Isidore est donc bien le barjo annoncé. Pas méchant pour un sou, collectionneur obsessionnel, très calé sur des sujets plus fumeux les uns que les autres (principalement invasions extraterrestres et fin du monde), incapable de s’occuper de lui-même, il se retrouve à vivre dans la maison de sa sœur Fay et son mari Charley.

Fay est une belle femme,  brillante, mais aussi cruelle et égoïste. Quant à Charley, il est porté sur la violence conjugale… Jack observe tout cela avec son regard décalé. Voilà ce qu’en dit PKD :

Cet homme capable de pardonner, de juger objectivement (dans son analyse finale) le cœur et les actes de ses semblables m’apparaît comme une sorte de héros romantique ; je songeais certainement à moi-même lorsque j’ai écrit ce livre et maintenant que je le relis après tant d’années, je suis satisfait de mon modèle intérieur, de mon alter ego, Jack Isidore de Seville, Californie : plus désintéressé que je ne le suis, et profondément meilleur.

Fay de son côté est sans doute inspirée de Anne, la femme que PKD venait d’épouser à l’époque !

J’ai bien aimé ce roman, la lecture est agréable, fluide, passant d’un personnage à l’autre au fil des chapitres. On se demande bien ce qui va se passer entre le frère et la sœur aux tempéraments si différents… Jack, malgré ses obsessions et ses lubies, analyse plutôt bien les comportements humains. Absurde et humour sont présents, mais aussi le drame.

Ce roman a été porté à l’écran par Jérôme Boivin, avec Hippolyte Girardot, en 1992. Hélas, et pour des  raisons inconnues, il n’est jamais sorti en DVD… Et donc aucune chance de le voir, à moins qu’il ne passe un jour sur Arte ?

Philip K. Dick (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ».

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