Ma vie d’aventures – Henry de Monfreid

Petit passage à “La libraire du voyage” à Rennes, d’où je ne peux ressortir sans un livre sous le bras : cette fois ce sera “Mes vies d’aventures” de Henry de Monfreid.

Henry de Monfreid me fait forcément penser à la série TV qui passait quand j’étais jeune : “Les secrets de la mer rouge”. L’auteur en parle d’ailleurs brièvement dans cet ouvrage, en expliquant que s’il a participé au scénario, il a peu à peu perdu le contrôle sur la réalisation finale.

Mais revenons à ce récit, une vraie vie d’aventures sans conteste ! Dès le récit de son enfance, il montre une franchise totale. Le style par contre n’est pas exceptionnel, on a parfois du mal à suivre l’anecdote qu’il raconte de manière parfois très condensée, comme s’il était pressé de passer à la suivante, ou comme quelqu’un qui a trop de choses à dire… Il emploie aussi de temps en temps un mot très peu usité de la langue française, comme pour montrer sa culture. Et à d’autre moments, un paragraphe très lyrique (ou poétique) surgit de nulle part et vient agrémenter la narration plutôt factuelle.

Mais si le style n’a rien de remarquable, les aventures qu’il raconte le sont sans aucun doute, et le dépaysement du lecteur total. Bref, pour reprendre Nicolas Bouvier, :

On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent.

Henry de Monfreid n’hésite pas à prendre des risques, sur une inspiration, un contact qu’on lui a donné… Il sait apparemment juger les hommes assez rapidement, et savoir s’il peut leur faire confiance ou non. Son jugement a l’air fiable, ce qui n’empêche bien sûr pas une prise de risque, mais c’est ainsi qu’il veut mener sa vie. Il a même été prisonnier de guerre durant la seconde guerre mondiale à 60 ans, ce qui ne l’empêchait pas de penser à s’évader !

Il est chasseur de perles occasionnel, mais surtout trafiquant d’abord d’armes, puis de haschisch qu’il amène en Égypte d’abord de Grèce, puis quand l’Europe en interdit la culture, en provenance d’Inde. Il monte ensuite des entreprises en Éthiopie (minoterie, centrale électrique), mais s’en fera déposséder par le Negus, avec lequel il n’est pas tendre. Il ne l’est pas plus d’ailleurs avec l’administration coloniale française.

Mais côté aventures, certaines histoires dans la mer rouge sont vraiment d’un autre monde (en plus d’une autre époque), comme celle de Zeit mis au cachot, et promis à une mort très sophistiquée : on utilise le lait d’un cactus particulier pour le rendre aveugle, puis on l’abandonne aux hyènes qui ont la particularité d’attaquer d’abord au ventre… Une mort dans les plus grandes souffrances est alors garantie ! Quel raffinement !! Heureusement, Monfreid réussira à le sauver.

Il y a aussi des histoires plus positives, comme celle de la femelle éléphant blessée que Monfreid aide dans un premier temps à se dégager de l’attaque d’une horde de hyènes, et qui un mois plus tard l’épargnera à son tour, mais massacrera son vélo ! 😎

Au final un bon moment de lecture, et une vie certes résumée à grands traits mais qui reste incroyable.

Henry de Monfreid (1879-1974) est un commerçant et écrivain français. Il a beaucoup écrit sur sa vie (romans, autobiographies), j’espère que le style est meilleur, pas sûr puisque ce récit date de 1973 (publié initialement sous le titre de “Le feu de Saint-Elme”)… Reste à revoir le feuilleton TV des années 70 !

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