La découverte du ciel – Harry Mulish

Je continue de piocher dans le carton que m’a laissé ma frangine, et je prends ce (gros) “poche” : 1140 pages tout de même.

On est vite accroché par cette histoire d’amitié entre deux jeunes gens prometteurs. Mais on se demande bien où l’auteur veut nous emmener, et les prologues de chaque partie ne sont pas là pour nous rassurer. Et sans grande surprise, la fin sera décevante… Mais revoyons cela un peu plus en détail.

Tout commence donc par un prologue mystico-religieux : un dialogue entre ce qui doit être deux anges, parlant d’une sorte de destinée mise en place, afin de préparer un plan mystérieux, à base de rencontres pré-destinées et de procréation à l’ADN maîtrisé. Autant dire qu’à cet instant, je crains le pire pour les mille et quelques pages restantes !

Puis l’histoire proprement dite démarre, et nous assistons à la rencontre de deux jeunes gens brillants : Onno, fils de très bonne famille, linguiste renommé, tenant du génie, et désordonné dans sa vie matérielle ; et Max, astrologue doué, à la généalogie compliquée (voir plus bas celle de l’auteur), à la culture très vaste, particulièrement en musique, et coureur de jupons invétéré. Leur amitié sera immédiate et indéfectible.

Puis survient Ada, une jeune violoncelliste qui bousculera cette belle amitié. Les personnages sont fins et intelligents, avec du caractère, et les répliques fusent… Jusque là, tout va bien.

Fin de la première partie, nouveau prologue et donc re-dialogue de nos anges  : tout cette histoire aurait pour but de contrecarrer les desseins du diable, qui a conquis la terre !? Aïe Aïe Aïe…

L’histoire continue, un enfant va naître, particulier, je ne vais pas tout vous dévoiler, mais l’intérêt baisse, des longueurs apparaissent, la crédibilité s’effondre… Surtout, je commence à me douter que la fin  va être une déception. Il y a tout de même des passages intéressants sur l’architecture (voir les dessins de Piranèse), et qui donnent envie d’aller visiter Rome et Jérusalem,  et leur trésor architectural.

La fin est plutôt ridicule à mon goût, et la moralité de l’histoire serait que les hommes ne croyant plus en Dieu (Dieu est mort, cf. Nietzsche), Dieu à son tour ne croit plus aux hommes et a voulu récupérer les tables de la Loi. Aux hommes maintenant de se débrouiller tout seuls, avec le Diable… No comment !

Un roman qui partait pourtant bien, on n’en est que plus déçu.

Harry Mulisch (1927-2010) est un écrivain néerlandais. Comme son héros Max, sa mère était juive et son père a collaboré avec l’Allemagne nationale-socialiste.

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