Le dernier des Mohicans – James Fenimor Cooper

Le dernier des mohicans

Un magnifique bandeau rouge ajoutait : “Le premier romancier américain”, puis “Nouvelle traduction”… Je me suis laissé tenté par ce livre que j’ai du lire quand j’étais très jeune…

Les deux préfaces de l’auteur nous donnent le contexte historique du roman, de manière tout à fait sérieuse et précise (les territoires, les tribus indiennes), et je m’attendais à partir dans un récit quasi historique. Passé les premières pages, j’ai vite été surpris par le ton général, l’auteur se permettant parfois de prendre un recul pour le moins inattendu dans la narration.

Ajoutons à cela une capacité des personnages à longuement discuter du pourquoi et du comment dans un style parfois très ampoulé, et tout cela en pleine scène d’action ; l’on se retrouve très vite dans une sorte de récit théâtral où l’on a vraiment du mal à trouver ses marques.

Et puis tout à coup, une scène d’une violence extrême vous frappe comme un uppercut : celle du guerrier indien avec le bébé ! Plus tard, ce sera le grand guignol, quand les indiens se font berner avec le déguisement en ours, ou encore avec la tête de castor…  Là, on tombe carrément dans le conte pour enfants tellement c’est peu crédible !

Seul le fond historique est vrai, et pas inintéressant pour autant : la guerre que se livre anglais et français, chacun allié avec des tribus d’indiens différentes ; les européens respectant un code d’honneur comme à l’époque, ce que les indiens bien sûr ne font pas ! Les personnages centraux sont très attachants, les deux Mohicans étant particulièrement calmes et intelligents , et l’éclaireur, alias Œil-de-Faucon, plutôt adroit au tir qui rappelle constamment que son “sang est blanc”, pour bien se différencier des indiens : c’est un chasseur blanc, américain, qui a choisi de vivre loin de la civilisation, au milieu de la nature.

À l’opposé, les Hurons et leur chef “Renard Agile” sont dépeints comme cruels et belliqueux, aux croyances primitives, crédules et faciles à berner… Loin du niveau de la civilisation, ce ne sontque de vulgaires sauvages !

Globalement très déçu donc par ce roman, qui n’a sans doute pas très bien vieilli. Du coup, j’ai revu le film avec Daniel Day-Lewis, dont j’avais gardé un bon souvenir : l’histoire a été considérablement simplifiée (cette fois avec raison), mais il n’en reste finalement pas grand chose d’intéressant. Seule reste la musique ! 😉

James Fenimor Cooper (1789-1851) est un écrivain américain. Une partie de son œuvre est consacrée des amérindiens d’Amérique du Nord. On retrouve le personnage d’Œíl-de-Faucon dans cinq romans, dont Le Dernier des Mohicans, La Prairie et Le Tueur de daims.

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