Archives de catégorie : Cinéma

Hedy Lamarr : from Extase to wifi – Alexandra Dean

Hedy Lamarr Une actrice glamour d’Hollywood qui invente une technologie encore utilisée de nos jours par le GPS ou le WIFI, ça intrigue… Je suis donc allé voir ce documentaire au TNB de Rennes.

Hedy Lamarr est autrichienne, née en 1914, belle et intelligente. Elle devient vite actrice, sa beauté déjà reconnue, et tourne un film, Extase, où elle apparaît dénudée et où elle mime une scène d’orgasme pour la première fois au cinéma qui fait sensation : cette réputation ne la quittera plus.

En fait, elle expliquera plus tard que pour cette fameuse scène (qui ne montre que les visages des acteurs), elle ne savait pas ce qu’elle tournait : elle tournait seule, on lui demandait de prendre des poses, de lever les bras, etc… et de ne pas poser de questions. Tout est en fait suggéré par la suite avec un montage habile !

Son premier étant pro-nazi (marchand d’armes), elle fuit aux États-Unis, et commence une carrière à Hollywood. Son film le plus célèbre est sans doute Samson et Dalila de Cecil B. Demile (en tout cas pour moi !). Elle tourne avec les plus grands réalisateurs, comme King Vidor, Victor Fleming, Jacques Tourneur, Marc Allégret.

Au début de la seconde guerre mondiale, les allemands ont le dessus, surtout sur la mer. Le système radio de guidage des torpilles des alliés est facilement brouillé par les allemands. Avec l’aide de George Antheil pour la conception, elle invente alors un nouveau système de guidage, fonctionnant par saut de fréquence, et empêchant ainsi la détection et le brouillage du signal.

Bien que breveté par l’armée, le système restera dans les tiroirs jusqu’à la fin des années cinquante. Il est toujours utilisé aujourd’hui pour le GPS, les liaisons chiffrées militaires, les communications des navettes spatiales avec le sol, la téléphonie mobile ou dans la technique Wi-Fi. Rien que ça ! Elle recevra d’ailleurs des hommages tardifs, mais pas d’argent comme cela aurait dû être le cas.

Elle sera aussi productrice de films, montrant ainsi son indépendance et son émancipation (féministe avant l’heure). Malheureusement, elle y perdra beaucoup d’argent sans rencontrer le succès (piètre femme d’affaire dira-telle). Passant de riche à pauvre, pour une femme comme elle, il reste toujours le mariage…

Le reste de sa vie est moins glamour et plus commun pour une actrice d’Hollywood : nombreux mariages donc et encore plus d’aventures, recours aux drogues pour tenir le coup (Methamphétamine fournie par le Dr Feelgood !)), chirurgie esthétique pour garder sa beauté jusqu’à d’autres opérations pour rattraper les précédentes : les dernières images de sa vie montrent qu’il est nettement préférable d’accepter de vieillir ! ;-). Pour finir retirée du monde, sans doute parce qu’elle se trouve trop moche pour être vue en public… Un peu triste tout ça !

Un documentaire très intéressant donc, une forte personnalité avec une vie remplie de haut et de bas… mais d’une beauté éclatante ! On peut toutefois lui reprocher d’être un peu partial sur le personnage en montrant principalement ses bons côtés (intelligente, féministe) et en évoquant à peine les côtés sombres (mariages nombreux et ratés, besoins d’argent, dépendance aux drogues, chirurgie esthétique).

Centaure – Aktan Arym Kubat

La critique du “Canard” était plutôt élogieuse : “paysages à couper le souffle”, “conte épuré” “chant d’amour aux traditions kirghizes”, et se terminait par un “Lumineux” sans appel.

Je serais beaucoup moins enthousiaste sur ce film, même si j’ai passé un bon moment : si les sujets abordés ne manquent pas d’intérêt, le film manque carrément de rythme. Quant aux paysages à couper le souffle, il y a bien quelques plans larges où des montagnes enneigées apparaissent à l’arrière-plan de plaines verdoyantes, mais rien de plus.

Le film démarre avec ce proverbe Kirghize : “Le cheval est les ailes de l’homme”. Un ancien voleur de chevaux (appelé Centaure) ne peut supporter de les voir enfermés, et s’introduit la nuit dans les propriétés pour les libérer, tout en profitant de l’occasion pour se payer un bon galop dans la steppe… Il finit par se faire attraper.

C’est l’occasion de voir que la société est en pleine mutation, avec l’enrichissement de quelques uns, la notion de propriété (et donc du vol), et surtout la radicalisation de l’islam qui veut imposer la charia. La scène du procès est assez édifiante sur ce choc de civilisation, avec la disparition du monde traditionnel que l’on sent inéluctable.

L’histoire ne se terminera pas bien pour Centaure, et la pirouette de fin avec ce qui arrive à son fils au même moment n’est pas une grande trouvaille. Un bon film tout de même, mais n’y allez pas pour les paysages grandioses, vous seriez déçus !

Bienvenue à Suburbicon – George Clooney

Bienvenue à Suburbicon - George Clooney C’est à la suite d’une critique positive du “Canard” que je suis allé voir ce film. Réalisé par George Clooney, mais avec un scénario des frères Coen, je me disais que cela être un bon moment : une histoire où le personnage principal tente une arnaque, mais enchaîne les mauvaises décisions jusqu’à la catastrophe finale de son projet. Typique des frères Coen (Sang pour sang, Fargo, etc…). J’adore !

Pour cette fois, j’ai plutôt été déçu, même si tous les ingrédients sont là. J’ai trouvé ça convenu, assez lourdingue, lent… Comme un mauvais Coen en quelque sorte.

Surtout je n’ai pas compris ce que venait faire dans l’histoire la famille noire qui vient s’installer comme voisins. Bien sûr, c’est l’occasion de montrer le racisme assumé par les blancs de cette petite banlieue américaine des années 50, mais c’est fait de façon très caricaturale, et surtout n’a par ailleurs aucun lien avec l’histoire principale, l’arnaque à l’assurance qui tourne au fiasco. Vraiment dommage !

La faute à qui ? au réalisateur, car n’est pas les frères Coen qui veut ? ou au scénario, finalement assez faiblard ? pour le premier je ne sais pas, mais pour le second ça ne fait guère de doute.

La belle et la meute – Kaouther Ben Hania

La belle et la meute - Kaouther Ben HaniaSéance ciné aujourd’hui pour voir ce film inspiré d’un fait réel, et raconté dans le livre Coupable d’avoir été violée par Meriem Ben Mohamed (c’est un pseudo, et c’est déjà révélateur !).

Cette jeune tunisienne de 27 ans a été violée le 03 septembre 2012 par deux policiers. Elle a porté plainte, et c’est le sujet de ce film, même s’il n’est pas fidèle aux faits qui se sont réellement passés. Comme on peut l’imaginer, ce n’est pas simple de vouloir porter plainte pour un viol, qui plus est en Tunisie, et pire encore d’accuser la police de ce viol.

C’est ce chemin de croix que raconte le film, en neuf plans séquences d’intensité inégales, mais qui nous emmène dans le cauchemar que va devoir vivre la jeune fille.Car cette nuit-là, que ce soit à l’hôpital ou au commissariat, qu’elle se retrouve face à des femmes ou des hommes, il lui faudra une volonté farouche pour ne pas abandonner… L’omnipotence des hommes est terrible ! Les femmes au mieux compatissent, mais ne vont pas pour autant prendre parti.

Dommage que la réalisatrice n’ait pas choisi de raconter la vraie histoire, cela aurait donné au film encore plus de force je crois. Le film s’arrête d’ailleurs quand la jeune fille sort du commissariat, au petit matin, libre d’aller voir le procureur de la République pour enfin pouvoir porter plainte. Rien n’est encore fait !

Dans la réalité, la jeune fille sera d’abord inculpée d’atteinte aux bonnes mœurs, mais cette inculpation se solde par un non-lieu en novembre 2012. Deux ans plus tard, les deux policiers ont été condamnés (en appel) à quinze ans de prison. Elle vit maintenant à Paris avec son compagnon, car la pression était trop forte en Tunisie : menaces de la famille des policiers, les amis qui ne vous parlent plus, peur de la police et des islamistes…

Blade Runner 2049 – Denis Villeneuve

Blade Runner 2049 - Denis Villeneuve Fan de Philip K. Dick, je ne risquais pas de louper ce film, d’autant qu’Arte avait eu la bonne idée de rediffuser le premier “Blade Runner” de Ridley Scott (1982), adaptation du roman de P.K. Dick : Les androids rêvent-ils de moutons électriques.

Et j’ai passé un bon moment, malgré quelques longueurs (2h44). Du côté positif, l’ambiance (décors, musique) qui sont assez fidèles à la première mouture, et où l’on plonge avec délice. Le scénario, sans être à la hauteur du premier film, est assez prenant pour vous accrocher un moment. Mais la sophistication et la lenteur de certaines scènes font que l’on s’ennuie tout de même un peu, pour être finalement déçu par le scénario.

Concernant ce dernier, je n’ai pas retrouvé la force du premier film, notamment avec la dernière scène, celle où Roy Batty, le Nexus-6, finit par sauver la vie du Blade Runner par pure empathie, ce sentiment qui est censé être la spécificité de l’âme humaine… C’est l’idée de base du roman de Philip K. Dick, d’ailleurs : qu’est-ce que c’est qu’être humain, qu’est-ce qui nous différencie d’une machine sophistiquée ?

Dans ce nouveau film, la clef du scénario est la capacité d’enfanter des réplicants. Car leur fabrication est limitée, or les humains en ont de plus en plus besoin (comme main d’œuvre) ; s’ils pouvaient donc se reproduire tout seuls, cela résoudrait le problème. Or nous apprenons que la Tyrell Corporation du premier film savait le faire, mais hélas, le savoir a été depuis perdu… Et comme Harrison Ford et la belle Rachel étaient amoureux, un enfant était né de cet amour !

Personnellement, j’ai tout de même passé un bon moment. Le premier film durait deux heures, et est considéré comme un film culte. Pas besoin de faire plus long…

Le jeune Karl Marx – Raoul Peck

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck J’avais envie de voir ce film pour mieux connaître le personnage qui encore aujourd’hui est souvent mentionné dès que l’on parle de crise économique (du capitalisme). J’en suis ressorti un peu sur ma faim, mais bon, pas facile non plus de faire mieux je pense. Les deux premières scènes du film sont très explicites :

La première nous montre des pauvres ramassant du bois mort dans une forêt. Une voix off nous explique la différence entre la branche valide d’un arbre, et une branche morte, se demandant si la branche morte appartient toujours à l’arbre, et accessoirement à son propriétaire… Puis des hommes à cheval arrivent en chargeant, frappant sans retenue les gueux qui ont osé ramasser le bois mort.

La deuxième scène se passe dans une usine, où l’on voit des hommes, des femmes et des enfants travailler sur des machines. Apparemment, pas grand chose ne les distingue des gueux de la première scène (travailleurs pauvres). Arrive le patron qui fait un beau discours menaçant (je ne sais plus trop pourquoi), ce à quoi une ouvrière se rebelle et se fait virer sur le champ. Le fils du patron n’est autre que Friedrich Engels, qui va suivre l’ouvrière qui deviendra sa femme.

Le décor est installé, celui d’une classe ouvrière à l’aube de l’ère industrielle, qui n’a pas grand chose à envier aux esclaves. Le besoin de changer ce monde, et le sentiment de révolte qui va avec, n’est pas bien compliqué à comprendre et à accepter.

Nous retrouvons ensuite Karl Marx, alors journaliste en Allemagne, qui se fait expulser et se réfugie en France. Il assiste aux discours de Proudhon, auteur du célèbre : “La propriété, c’est le vol”. Ils se rencontrent à plusieurs reprises, mais sans être vraiment en accord sur leurs idées, Marx lui reprochant d’être trop théorique, trop abstrait. Quand un peu plus tard Proudhon publiera sa “Philosophie de la misère”, Marx en fera une critique très sévère appelée “Misère de la philosophie” ! On imagine le personnage…

Engels viendra rencontrer Marx, et ils vont devenir inséparables. Engels connaît le monde des nantis, et celui des ouvriers, et il ne manque pas d’argent ; Marx est un penseur du matérialiste historique, assez redoutable quand il s’agit d’apporter la contradiction, mais peu doué pour les concessions, comme on l’a vu avec Proudhon. Il ne partage pas non plus les thèses de l’anarchie chères à Bakounine. Financièrement, il est fauché.

Avec Engels, ils vont approcher un mouvement clandestin appelé La ligue des justes, créé à Paris par des ouvriers allemands, et s’approchant du socialisme utopique. Les deux compères prétendront avoir Proudhon comme ami pour être crédible ! La Ligue des justes deviendra bientôt la Ligue des communistes, et Karl Marx publiera son Manifeste du Parti Communiste.

Voilà, ce sont les cinq années de la vie de Karl Marx qu’a choisi le réalisateur de montrer. Je suis resté sur ma faim car les échanges de dialectique politique sont un peu trop rapides à mon goût, on survole vraiment beaucoup de choses en très peu de temps, alors que certaines scènes de la vie familiale de Marx ou de Engels m’ont paru de peu d’intérêt. Mais il s’agissait sans doute d’un besoin d’équilibre afin que le film ne soit pas trop ardu, et cela a aussi le mérite de rendre Marx un peu plus humain.

Cela n’en reste pas moins un très bon film, d’une réalisation très classique, décrivant un moment crucial de la moitié du XIXème siècle, quand on sait tout ce qui va suivre. Ne pas confondre pour autant le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx avec ce qu’en ont fait les différents Partis communistes de la planète ! 😉 D’ailleurs, à l’époque, aucun Parti communiste n’existait, et l’ouvrage fut par la suite republié sous le titre Manifeste communiste).

Gabriel et la montagne – Fellipe Barbosa

Gabriel et la montagne - Fellipe BarbosaJe croyais avoir loupé ce film dont j’avais entendu parlé en bien à la radio ; et puis non, il passait encore hier au TNB de Rennes. J’y suis donc allé, sans savoir grand chose du film si ce n’est que c’était à propos d’un voyage ; en fait, nous sommes à mi-chemin entre le film et le documentaire.

Je ne savais donc pas que c’était une histoire vraie, et ne l’ai appris qu’à la fin du film, quand de vraies photos de Gabriel passent en diaporama, et où l’on reconnaît sans hésitation certaines scènes du film, ainsi que les personnages que Gabriel a rencontré. Car si Gabriel, sa copine et les autres touristes sont des acteurs professionnels, les autres sont les vrais protagonistes de l’histoire, ceux que Gabriel a vraiment rencontré !

Gabriel est donc un jeune brésilien qui termine son tour du monde d’un an par l’Afrique. Nous le suivons du Kenya au Malawi, voyageant sans grand budget, sac au dos, façon routard. Il tient à vivre comme les locaux, à faire de vraies rencontres… et se considère comme un voyageur et pas comme un simple touriste. Le personnage est très sympathique, et l’acteur qui l’interprète (João Pedro Zappa) excellent.

Hélas, l’histoire va tourner au drame, je ne dévoile rien, on est averti dès le début du film : Gabriel va trouver la mort à quelques jours de son retour au Brésil. La suite est un long flash-back où l’on revoit tout son parcours africain, et donc les personnes qu’il a rencontré, ce qu’il a fait, comment il voyageait…

La fin est tragique, mais Gabriel commet une grave erreur ; il a pourtant fait le tour du monde, et a du s’aguerrir pendant ce voyage d’un an. Et pourtant, refusant d’écouter les conseils de prudence de son guide, il choisit de partir seul dans la montagne pour une histoire d’expiration de visa, voulant faire en une journée ce qui en demande plusieurs, sous-estimant les dangers ou se sur-estimant lui-même. Un problème assez typique de certains occidentaux.

Un très bon film, j’ai beaucoup aimé, cela donne envie de prendre son sac à dos et de partir à l’aventure ! La seule et vraie manière de voyager…

Le Caire confidentiel – Tarik Saleh

Le Caire confidentiel - Tarik Saleh Avec un titre pareil, faisant référence à “L.A. Confidential”, le roman de James Elroy (admirablement adapté à l’écran par Curtis Hanson), je n’ai pas trop hésité pour aller voir ce film, d’autant que les critiques étaient plutôt bonnes dans l’ensemble.

Franchement j’ai bien aimé, pas tant pour l’intrigue elle-même que pour l’ambiance globale du film, la manière dont la ville du Caire est rendue. Car après le policier assez mutique, le personnage principal de ce film est sans conteste la ville du Caire, admirablement rendue, aussi bien visuellement (les déplacements des flics en voiture) que musicalement (la bande son retranscrit bien l’ambiance).

De tout cela ressort une peinture sociale très réaliste, oscillant entre une pauvreté sans espoir et une extrême richesse qui permet tout. Quant à l’intrigue, assez classique, réserve principalement comme surprise la corruption omniprésente à tous les étages ! Même ceux qui luttent contre la corruption ne cherchent en fait qu’à avoir leur part du gâteau.

La dernière scène est assez terrible, avec le policier qui se fait tabasser par les manifestants de ce qui sera “printemps arabe” égyptien, permettant à son oncle, grand maître de la corruption, de s’échapper. Quand on sait ce qu’il est advenu dudit printemps arabe en Égypte, la corruption n’a pas du s’arranger depuis…

Lou Andreas-Salomé – Cordula Kablitz-Post

Lou Andreas-Salomé - Cordula Kablitz-Post Lou Andreas-Salomé a été une femme exceptionnelle  : belle, grande intellectuelle, philosophe, psychanalyste… Très attachée à son indépendance, et capable de rendre fou amoureux des hommes comme Nietzsche (sans espoir) ou Rilke (avec succès), ou de se faire respecter par Freud lui-me qui l’appelait la “Compreneuse”.

J’avais fait un article sur un petit livre L’école de la vie, une sélection de textes de Lou Andreas-Salomé rassemblés par Élisabeth Barillé : j’avais trouvé le niveau intellectuel de ses textes plutôt élevé, et leur lecture peu aisée !

Ce biopic retrace les grandes étapes de sa vie, sous une forme classique, faite de flashbacks sur les étapes marquantes de sa vie, alors que très vieille et malade, elle écrit ses mémoires. Mais on retrouve pas le personnage brillant intellectuellement que l’on peut imaginer, le film se limite presque exclusivement à ses rapports avec les hommes qu’elle croise dans sa vie.

Difficile peut-être de rendre compte du niveau intellectuel de la dame, sans faire un film indigeste, en tout cas au grand public… On se contentera donc de son désir d’indépendance et de la difficulté qu’elle aura à vouloir vivre en pure amitié intellectuelle avec les hommes qu’elle rencontrera, et de sa facilité à les quitter dans ce cas.

Comme le montre le film, à la fin de sa vie Lou va brûler pas mal de documents, les jugeant trop personnels, ne regardant qu’elle ; d’autant que les nazis sont susceptibles de venir perquisitionner à tout moment ! On ne sait donc pas tout sur sa vie, loin de là, et ce biopic n’a manifestement pas l’intention de s’attaquer aux zones d’ombre de Lou. D’autres hypothèses ont été faites, comme l’essai de Françoise Giroud (lire ce résumé ici) où le personnage décrit est très différent et beaucoup plus complexe.

À partir de là, difficile de faire un film complet et objectif, parce que tout simplement on ne sait pas ! Lou Andreas-Salomé a volontairement effacé les traces, et comme c’était apparemment une personne très individualiste, le mystère risque de durer encore longtemps !

Dans ce film, encore adolescente, le pasteur Heinrich Gillot lui enseigne théologie, philosophie, littérature… et finit par la demander en mariage (en lui sautant littéralement dessus), alors qu’il est nettement plus âgé qu’elle (et marié de surcroît). Elle est assez choquée, et refuse bien entendu… Cela semble être le point de départ de son aversion pour le mariage (comme le présente le film donc).

Elle qui veut vivre libre, sans se retrouver liée à quiconque par un contrat de mariage qui immanquablement restreindrait sa liberté (à cette époque, on ne peut que la louer), se voit sans cesse demander en mariage par ceux qu’elle considère comme ses amis intellectuels : Paul Rée, Friedrich Nietzsche, Friedrich Carl Andreas, Rainer Maria Rilke. Elle finira par céder et se marier avec Friedrich Carl Andreas (il menace de se suicider), mais avec la promesse de ne jamais le consommer sexuellement.

L’amour sexuel, elle le connaîtra (à 36 ans) pour la première fois avec Rilke, avec qui elle restera toujours très liée : le film l’affirme, la fiche wikipedia indique “probablement”… et je ne parle pas de ce que propose Françoise Giroud !

Pour conclure, un film sans doute incomplet, taillé pour ne pas choquer le grand public, laissant dans l’ombre la sexualité de Lou Andreas-Salomé, ne montrant pas vraiment sa grande vivacité intellectuelle (qui séduisit Freud lui-même). Globalement, la deuxième partie de sa vie et d’ailleurs très peu traitée, celle où elle devient psychanalyste, et où pourtant elle trouvera sa voie.

Alien : Covenant – Ridley Scott

Alien : Covenant - Ridley Scott Je ne suis pas un grand fan des films d’horreur, plutôt de SF, et ici on parle de “science-fiction horrifique” ! Mais je me souviens encore de la sortie du premier Alien (1979) avec Sigourney Weaver, et cette phrase sur l’affiche “Dans l’espace, personne ne vous entend pas crier”… À l’époque, c’était pas mal.

Bref, j’avais une place gratuite au Gaumont, je suis allé voir ce nouvel opus, censé se placer chronologiquement entre Prometheus et ce premier Alien. Il y a déjà une suite de prévue, et peut-être d’autres encore si cela marche bien.

Personnellement, je n’ai pas vraiment accroché. Le scénario a du mal à tenir la route, tout comme les personnages. Mention spécial à l’équipage du vaisseau, qui peut se résumer à une bande d’abrutis irresponsables, toujours prêts à prendre systématiquement la mauvaise décision… Pas étonnant que la catastrophe arrive, et tant pis pour le suspens !

Du coup, la partie “SF” vole en éclat. Il y a bien une brève explication pour faire le lien avec le film Prometheus, mais juste le minimum, hein, afin de pouvoir faire encore plein de films pour arriver à Alien. Ça va coûter un bras, à ce rythme là !

Il ne reste donc que la partie “horreur”. Et on tombe dans du déjà vu mille fois, avec le monstre hideux qui surgit au milieu de l’écran avec un hurlement monstrueux (forcément), ou qui sort de la poitrine du pauvre membre de l’équipage dans un bain de sang, car il ne faudrait tout de même pas lésiner sur l’hémoglobine !

Comme je l’ai lu quelque part : “Ridley, dans l’espace, personne ne t’entend merder !”