Le palmier et l’étoile – Leonardo Padura

Le palmier et l'étoile - Leonardo Padura C’est le troisième roman de Leonard Padura que je lis, sans compter « le cycle des quatre saisons » mettant en scène Mario Conde, policier cubain désabusé. Dans celui-ci, l’auteur nous emmène aux origines de l’indépendance de Cuba, par le biais de la poèsie.

Fernando, exilé en Espagne depuis dix-huit ans, revient à Cuba pour trouver un manuscrit autobiographique du grand poète José Maria Heredia, auquel il a consacré sa thèse. Il est aussi revenu pour découvrir qui parmi ses amis l’a trahi et forcé à l’exil.

Car il  sera beaucoup question d’exil dans ce roman (et de trahison): au XIXe siècle, José Maria Heredia le poète y est également contraint, impliqué qu’il est dans un mouvement conspirationniste (Cuba est alors sous domination espagnole) où l’a mené son idéalisme. Le roman se déroule alors sur trois époques différentes : contemporaine pour Fernando, début XIXe siècle pour José Maria Heredia, et début XXe siècle pour son fils José de Jésus Heredia, franc-maçon, chargé par son père de protéger un manuscrit.

Tout au long des quatre cents pages de ce roman, aucun chapitre, seul un changement de paragraphe indiquera le changement d’époque… un peu déroutant au début, surtout entre les époques du père poète et du fils franc-maçon où il ne faut pas se mélanger entre les personnages (même famille, mais génération différente). Mais l’intrigue est suffisamment passionnante pour nous faire oublier tout ça !

Comme toujours, la base historique de l’histoire est solide, et l’on en apprend pas mal sur cette époque sous domination espagnole ; les cubains pensent bien à se révolter, mais le soulèvement ne se produira pas, et pour une bonne raison : les propriétaires terriens (cubains et nantis) ont tellement peur que les esclaves se soulèvent par la même occasion (leur faisant perdre ainsi leur fortune) qu’ils préféreront continuer leurs arrangements avec l’occupant espagnol. Or le manuscrit disparu du poète pourrait bien apporter son lot de révélations sur cette époque et déranger quelques familles.

De son côté, Fernando fera la paix avec son passé et ses amis, et retrouvera même son amour d’enfance…

Je classe ce roman entre « L’homme qui aimait les chiens » (son meilleur à mon avis, pour le côté historique sur la mort et l’exil de Trotsky) et « Hérétiques » (sur l’errance du peuple juif et ceux qui osent défier la religion ou l’ordre établi). Les trois étant bien entendu tous excellents.

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Leonardo Padura, né en 1955 à La Havane, est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Après avoir commencé par des romans policiers (voir Le cycle des quatre saisons), il prend de l’ampleur avec ses derniers romans, beaucoup plus ambitieux… et parfaitement maîtrisés.

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