Les faux-monnayeurs – André Gide

Les faux-monnayeurs - André Gide Encore un livre d’André Gide, mais un roman cette fois-ci. Je voulais voir ce que pouvait donner un roman de cet auteur, n’ayant lu que des récits de voyage : Voyage au Congo et Retour d’U.R.S.S.

D’abord, quel plaisir de lire un grand auteur ! On a beau dire, le style de grands écrivains (et sans doute plus de cette époque), c’est quelque chose ! Et assurément, André Gide en fait partie.

L’histoire est assez difficile à raconter, avec quatre personnages principaux : Olivier et Bernard, tous deux lycéens mais qui s’apprêtent à entrer dans la vie active, et deux écrivains homosexuels, l’oncle Édouard et Robert de Passavant… Ces derniers vont chercher à s’attirer les bonnes grâces deux autres…

Rien de graveleux pour autant, tout est exprimé sur le ton des sentiments ressentis, comme une amitié profonde entre deux êtres : on y parle de sentiments nobles en fait. Pas plus qu’une histoire de fausse monnaie ! Le titre fait référence à un élément mineur de l’histoire, où le petit frère d’Olivier, qui n’a pas froid aux yeux, trafique un peu.

Et bien d’autres intrigues viennent s’y mêler : les membres des familles d’Olivier et Bernard ont aussi leurs histoires et leurs problèmes, et il y a finalement pas mal de personnages qui participent à l’histoire. Cerise sur le gâteau, l’oncle Édouard écrit un roman s’intitulant « Les faux-monnayeurs » dans lequel il note les événement de sa vie, créant ainsi une mise en abîme dans la construction de l’histoire, parfaitement maîtrisée par André Gide.

On se laisse facilement porter par le style, la richesse de l’histoire, les sentiments des personnages. Ce que l’on peut appeler un bon roman.

André Gide (1869-1951) est un écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Issu d’une famille de la haute bourgeoisie protestante, il assume son homosexualité dès 1893, ce qui ne devait pas être évident. Plusieurs de ses œuvres sont sur ce thème ou au moins l’abordent ; avec Corydon qu’il choisit de publier sans crainte du scandale que cela allait inévitablement provoquer (on est en 1924, et l’homosexualité est encore considérée comme une perversion), il exprimera sa vision (le  sous-titre est « Quatre dialogues socratiques »). Les faux-monnayeurs, publié en 1925, a été reconnu comme précurseur de nouveaux styles littéraires, comme le nouveau roman.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *