

Je ne me souviens plus comment je suis tombé sur cet auteur australien, et je ne suis pas fan des nouvelles en général. Mais je dois dire que celles-ci sont assez réjouissantes et agréables à lire.
Sans prétention aucune, ce sont de petites histoires comme celles que l’on peut entendre au coin d’un bar, tout en étant persuadé que le type qui la raconte l’enjolive largement s’il ne l’a pas carrément inventée de toutes pièces. Mais cela importe peu, parce que c’est drôle et que l’on passe un bon moment.
Alors voilà, si vous voulez vous échapper un peu de la grisaille quotidienne avec l’automne qui arrive, et partir pour l’outback australien, sa nature sauvage, ses animaux surprenants et potentiellement dangereux, ses australiens grands buveurs de bière ou ses énigmatiques Aborigènes qui maîtrisent leur environnement, n’hésitez pas et laissez-vous emporter par ces histoires.
Kenneth Cook (1929-1987) est un journaliste, réalisateur, scénariste et écrivain australien. Le koala tueur est son plus grand succès, et fait partie de trois recueils de nouvelles : il manque La vengeance du Wonbat que je n’ai pas encore lu. Son roman Cinq matins de trop, beaucoup plus sombre, a été adapté au cinéma sous le titre Réveil dans la terreur (Wake in fright) ou Outback en Europe, doit aussi mériter le détour. J’ai aussi noté À toute berzingue, un road-movie à travers l’outback, et enfin Le vin de la colère de Dieu, un récit sur la guerre du Vietnam. Tous ces romans doivent valoir le détour.
Il y a une postface à la fin du Koala tueur qui raconte un peu le parcours de Kenneth Cook, foudroyé par une crise cardiaque à 57 ans, alors qu’il campait dans le bush, au bord du’une rivière. Extraits :
Il fut un opposant farouche à la guerre du Vietnam, allant jusqu’à créer un parti politique. Il était aussi un ardent défenseur de la nature, qu’il savait particulièrement menacée par tous les animaux introduits en Australie et revenus à l’état sauvage, un thème qui revient souvent dans son œuvre. Comme beaucoup de citadins australiens d’origine européenne, Cook entretenait une relation de haine et d’amour avec le bush. Mais Cook n’était pas un écrivain de salon, il écrivait d’expérience. Jeune journaliste pour la radio publique australienne (ABC), il était resté en poste dans des villes reculées où il a situé plusieurs de ses œuvres (Cinq matins de trop par exemple). Pour ce qui est du cadre, la brousse australienne se prête à souhait aux aventures invraisemblables : paysages insolites, animaux bizarres, faune humaine excentrique, villes perdues repaires d’indésirables cherchant à se faire oublier, scientifiques de tout poil absorbés dans des études de terrain et une population aborigène subtile régnant en maître sur son environnement.