La Vérité Sur Bébé Donge

C’est à la radio, probablement lors de l’émission Le Book Club sur FC l’après-midi, qu’une invitée mentionnait ce livre (ainsi qu’un autre, très connu, mais ce sera pour le prochain article) comme des livres qui l’avaient marquée. Les romans de Simenon sont plus que de simples polars, de vraies peintures de la société (voir ce qu’en dit Simon Leys en fin d’article). J’ai donc noté le titre pour le lire.

Et effectivement, c’est un petit livre étonnant et original. Le fait de voir Jean Gabin sur la couverture n’est peut-être pas la meilleure idée de l’éditeur, parce que le personnage principal lui est irrémédiablement associé, mais bon…

C’est un polar dans le sens où il y a une tentative de meurtre, et ce, dès les premières pages : une femme tente d’empoisonner son mari. Mais François va s’en sortir, et Bébé Donge (tout le monde l’appelle ainsi) sa femme avoue tranquillement en être l’auteur sans pour autant expliquer les raisons de son acte. Et le roman va consister à travers les interrogations de François à dresser un portrait tout en finesse des personnages, de la société, de la place de la femme à cette époque, pour amener ce dernier à finalement comprendre les raisons de cet acte, et à changer profondément.

Magie du blog, cet article précise ce que pensait Simon Leys à propos de Simenon (ils sont tous deux belges), et c’est du Leys tout craché ! 😯

Lorsque Simon Leys remplaça Georges Simenon à l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, dont il n’aimait ni le personnage, ni ses romans policiers (il l’avait traité de Balzac du pauvre !), il fit cette remarque lors de son discours d’introduction :

La création est chez lui saisissante. Il n’y a pas d’effets littéraires, pas d’éloquence, mais une parfaite saisie de la réalité. Cela contraste avec la profonde médiocrité de l’homme, la platitude de ses idées. Simenon fournit un exemple extrême de contraste entre la grandeur de l’œuvre et la petitesse de l’auteur. Céline est un autre exemple. Lucien Rebatet également.

Georges Simenon (1903-1989) est un écrivain belge francophone. Ses romans policiers éclipsent le reste de son œuvre très riche (193 romans et presque autant de nouvelles). Il est considéré par certains hommes de lettres (comme André Gide) comme « un romancier de génie ». Ce qui n’est pas le cas de Simon Leys comme on peut le lire ci-dessus.

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