Rééducation du coude

la radio après l’opération Le 12 septembre dernier, je me cassais donc le coude lors d’une chute de vélo. Bilan : fracture de l’olécrane très déplacée et fracture sans déplacement de la tête radiale (bras gauche).

La rééducation de l’articulation du coude n’est pas une chose facile, celle-ci ayant une fâcheuse tendance à s’ankyloser. J’écris cet article car j’aurai bien voulu trouver un peu plus d’infos sur le net à ce sujet, les choses n’étant pas toujours bien expliquées (ou comprises).

Sortie de l’hôpital

Arrivé le samedi après-midi, opéré le samedi soir, et reparti dès le dimanche midi, je n’avais pas reçu d’instructions très claires du chirurgien concernant la rééducation. Ces choses doivent leur paraître évidentes, alors qu’elles ne le sont pas du tout pour le simple mortel (qui n’était que blessé fort heureusement).

J’avais donc une broche pour l’olécrane, et la fracture sans déplacement de la tête radiale n’avait pas été traitée, devant se remettre toute seule. Le chirurgien m’avait expliqué que je n’avais pas de plâtre, ce qui me permettait une “petite mobilité d’entretien”, et que je devais garder l’écharpe pendant un mois. Il m’avait par ailleurs préparé un courrier à remettre à mon médecin généraliste ou à un chirurgien  orthopédiste (car j’ai été opéré en Bretagne, mais vis en Région Parisienne).

De toutes façons, la première semaine, pas grand chose d’autre à faire que d’attendre que la douleur s’estompe (les comprimés de paracétamol sont assez efficaces pour y remédier), et de gérer les nuits, certainement le moins drôle de l’affaire. Pour le reste, un bon bouquin fait l’affaire, tout en empêchant quiconque de s’approcher de vous par le côté gauche (c’était ma principale hantise) ou de vous cogner le coude quelques part. A noter que l’avant-bras est très enflé, et même jusqu’aux phalanges les premiers jours.

Quand commencer la rééducation ?

La deuxième semaine, je voulais savoir quand commencer la rééducation. J’appelais mon kiné, qui m’explique que c’est le chirurgien et personne d’autre qui peut donner cette information. Je rappelle donc l’hôpital, obtient le secrétariat du chirurgien, qui après avoir parlé à ce dernier… me dit qu’il m’a déjà tout expliqué… je lui répond que je n’ai sans doute pas compris… Il en ressort que je dois garder l’écharpe un mois, puis consulter. Quant à la rééducation, je devrais pouvoir la faire seul !!

la radio de contrôle un mois après l’accident Remonté entre-temps sur Paris, je prend donc, sur les conseils de mon médecin généraliste, un rendez-vous avec un chirurgien orthopédiste à l’hôpital Foch pour le 12 octobre, soit pile un mois après l’accident. A peine rentré dans son cabinet, il me demande si j’ai déjà commencé la rééducation ! à ma réponse négative, il me dit que c’est dommage, que j’ai perdu un peu de temps…Puis il observe les radios et remarque que la fracture de la tête radiale a finalement bougé un peu… il en conclut que le chirurgien avait sans doute de bonnes raisons… mais que je risque de ne pas retrouver toute ma mobilité antérieure, notamment sur la rotation.

Première leçon : ne pas hésiter à anticiper la visite de contrôle avec le chirurgien, et éviter de perdre des jours précieux de rééducation : on ne peut pas la commencer avant son feu vert, mais chaque jour perdu est un jour d’ankylose supplémentaire.

Extension, flexion, rotation

Et voilà, depuis bientôt trois semaines, j’ai commencé cette fameuse rééducation. Je vois le kiné pratiquement tous les jours, et répète les mêmes exercices le soir. Le week-end, je les fais tout seul matin et soir.

Les exercices sont assez simples, il s’agit donc pour les trois mouvements de forcer un peu à l’aide de l’autre main, relâcher la pression, appuyer à nouveau. Il faut se faire un peu mal, mais rien d’insurmontable. D’autant que le constat est simple : mieux la rééducation est faite, mieux on récupère. Et passé un certain temps, de toutes façons l’articulation n’évoluera plus. On est donc un peu sur le fil du rasoir, surtout au début, il ne faut pas trop forcer car l’articulation (la fracture) est encore fragile, mais assez pour la réveiller et contrer la tendance à l’ankylose. D’ailleurs, à la fin des exercices, le coude est chaud ! Le kiné m’a conseillé d’acheter un “cold-pack” (pas plus de 10€ en pharmacie, sinon votre pharmacien vous arnaque) et de l’appliquer une fois les exercices terminés.

Le bon côté de la chose est que l’on peut observer la progression, le moins bon est qu’elle est très lente. On peut même un jour perdre les progrès de la veille, ou perdre en extension ce que l’on a gagné en flexion. Comme dit mon kiné : « c’est une course de fond, pas un sprint. Il faut être patient et tenace».

Les gestes

Une autre manière de progresser se passe à travers les gestes de la vie quotidienne. Assez bizarrement, il faut se forcer un peu à réutiliser son bras lorsqu’on le peut. Bien que gaucher (contrarié, certes), j’ai pendant un bon mois dû tout faire de la main droite. Le cerveau a parfaitement enregistré la douleur côté gauche, et il faut ensuite se stimuler pour ne pas conserver cette habitude, et réutiliser la main gauche. On deviendrait vite droitier à ce rythme là…

Certains gestes, habituellement connus comme nocifs, peuvent néanmoins vous aider grandement lors de ce réapprentissage :

boire peut vous aider à travailler votre flexionfumer peut aussi vous aider !

Vous pouvez bien sûr remplacer la boisson par celle de votre choix, le travail en flexion sera le même. Si vous êtes non fumeur, c’est plus embêtant… mais vous pouvez vous y mettre pendant deux mois, et vous n’êtes pas obligé d’avaler la fumée. Si ces petits trucs peuvent aider… ;-)

Après 3 semaines

Après de trois semaines de rééducation, de plus en plus de gestes de la vie courante sont possibles, s’améliorent quotidiennement et permettent de mesurer les progrès : les connaissant parfaitement, on perçoit facilement le moindre millimètre de gagné. C’est important pour se motiver et continuer les exercices sérieusement. Les muscles reprennent forme au fur et à mesure, et ça tire au niveau de l’épaule. Malgré tout, il reste encore du boulot à faire, voilà où j’en suis côté flexion et extension maximale :

flexion maximumextension maximum

La question finale, c’est combien je vais perdre ? on m’a bien laissé entendre que je ne retrouverais pas forcément “toute” ma mobilité. Le kiné est content des progrès effectués (et si le kiné  est content, je suis content). En terme de fonctionnalité, il me dit que je ne devrais déjà pas être gêné à ce stade. Il me reste tout de même grosso-modo 20% à récupérer de chaque côté… concernant la rotation : la pronation (paume vers le bas) est bonne, la supination (paume vers le haut) est encore à améliorer (si je fais la manche, pas sûr que la pièce reste dans la main).

J’ai fait mon premier footing dimanche dernier, la bras restait collé au corps au début, mais après une demi-heure, il se balançait d’avant en arrière, sans douleur. Cela fait du bien à l’articulation, lui apporte un peu de mouvement.

Prochaine étape : le 16 novembre chez le chirurgien, pour faire le point.

Voir également ce dernier article : Fracture du coude - 6 mois après.

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