
Cadeau d’un ami, j’ai lu récemment ce petit polar venu du froid, dont les auteurs sont paraît-il passés maître de l’art. Pas sûr que J.-P. Manchette aurait dit la même chose, mais soit.
L’histoire est assez prenante avec cette femme venue du monde humanitaire et qui se trouve propulsée ministre de l’Intérieur en attendant de prochaines élections. Un poste qui ne se refuse pas, sans doute, mais qui requiert un minimum de compétences tout de même. On plonge d’entrée dans quelque chose de peu crédible.
Et l’auteur va nous promener à travers de tous petits chapitres qui donnent du rythme à défaut de sens, de personnages en personnages : la ministre, son chef de cabinet, la femme de ménage, le chauffeur garde du corps, un ou deux journalistes, et un clochard alcoolique. Tout ce petit monde se croise et interagit, on saupoudre d’un peu de réseaux sociaux, sans oublier le misogynisme ambiant du monde politique, peut-être le vrai-faux sujet de cette histoire. Tout cela est très bien et lisible, mais le lecteur attend patiemment qu’une intrigue démarre pour de bon. Mais l’auteur se disperse façon puzzle, et tout va se dénouer et prendre vaguement du sens dans les dernières pages, le dénouement étant globalement très décevant et peu crédible. Tout ça pour ça ?
La vraie trahison, c’est de présenter ce roman comme un roman policier.
Lilja Sigurðardóttir, née en 1972 en Islande, est donc une auteure de roman policier si l’on en croit Wikipedia. Elle est connue pour son son troisième roman Piégée (“Gildran”, 2015). Elle publie à peu près un roman par an, c’est peut-être ça le problème.