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        <title>Littérature on Pascal&#39;s weblog</title>
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        <description>Recent content in Littérature on Pascal&#39;s weblog</description>
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        <lastBuildDate>Mon, 13 Jul 2026 07:36:25 +0000</lastBuildDate><atom:link href="https://pled.fr/categories/litt%C3%A9rature/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml" /><item>
            <title>Aqua - Gaspard Kœning</title>
            <link>https://pled.fr/aqua-gaspard-koening/</link>
            <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 07:36:25 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;img src=&#34;https://pled.fr/aqua-gaspard-koening/aqua.png&#34; alt=&#34;Featured image of post Aqua - Gaspard Kœning&#34; /&gt;&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aqua.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cadeau de ma frangine, qui aime bien cet auteur et m&amp;rsquo;a déjà parlé d&amp;rsquo;Humus plusieurs fois. Il se trouve que lors de sa venue, on a pu regarder ensemble l&amp;rsquo;émission &amp;ldquo;C politique&amp;rdquo; sur France 5 un dimanche où Gaspard Kœning était invité, et j&amp;rsquo;ai bien aimé le personnage et ce qu&amp;rsquo;il disait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc attaqué ce roman avec un à-priori positif. Et je n&amp;rsquo;ai pas plus accroché que ça pendant la première partie : on tourne les pages avec plaisir certes, l&amp;rsquo;histoire de ce village dont la source se tarit, et qui va manquer d&amp;rsquo;eau un bel été est prenante, mais les événements s&amp;rsquo;enchaînent trop vite, les personnages sont un peu caricaturaux, comme si l&amp;rsquo;auteur voulait traiter le sujet à tous les niveaux possibles : commune, communauté de commune, préfet, ministre, cabinet, etc&amp;hellip; en incluant les différents types de citoyens dans le village : fermiers, écolos, bobos, collapsologues, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le récit bascule quand une solution finit par apparaître, avec l&amp;rsquo;hydrologie régénérative qui devrait permettre à la rivière et à la source de retrouver son fonctionnement d&amp;rsquo;antan. Et au delà de ça, la prise de conscience de Martin, l&amp;rsquo;énarque assez détestable du début du roman, qui grâce à la découverte de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Elinor_Ostrom&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Elinor Ostrom&lt;/a&gt; et sa théorie des communs, va savoir amener les habitants du village à en faire eux-mêmes le choix (élément primordial) lors d&amp;rsquo;une réunion où chaque villageois prend la parole et donne son avis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques passages sur le sujet :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L’école de Bloomington pose, derrière des concepts et des diagrammes assez techniques, un principe ravageur : la confiance en autrui. Il faut faire confiance. Postuler que les plus modestes des citoyens sont capables non seulement de s’organiser sur le terrain, mais aussi de décider ensemble de leurs propres objectifs. C’est vrai pour les cultivateurs espagnols des huertas, c’est vrai pour les pêcheurs turcs, c’est vrai pour les flics de Los Angeles. Le propos est universel. L’acte de foi est inconditionnel. « Plutôt que d’imaginer que certains individus sont incompétents, malveillants ou irrationnels tandis que d’autres seraient omniscients, explique Ostrom, je postule que les êtres humains sont tous dotés des mêmes capacités de raisonnement qui doivent leur permettre de saisir la structure d’un environnement complexe et d’en résoudre les problèmes. » Tout le contraire de ce qu’a appris Martin à l’ENA.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ou encore : « Le but central de la politique publique devrait être de faciliter le développement d’institutions qui fassent ressortir le meilleur de chacun d’entre nous. » Jusqu’à présent, Martin pensait que le but central de la politique publique était d’éviter que ne s’exprime le pire de chacun d’entre nous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tant qu’une explication théorique montrant la valeur des processus d’auto-organisation n’est pas pleinement fournie et acceptée, les décisions majeures de politique publique continueront à être fondées sur l’illusion que les individus ne peuvent se gouverner eux-mêmes et ont besoin d’une autorité extérieure. » En somme, Ostrom a passé sa vie à démontrer pourquoi des gens comme lui, Martin, sont non seulement inutiles mais nuisibles. Elle ne lui en veut pas. Nulle agressivité, nul dogmatisme sous sa plume. C’est pire. Elle a pitié de lui, de sa naïveté, de sa méconnaissance des vérités anthropologiques, de sa croyance si primaire dans les vertus d’une autorité extérieure qui organiserait la société comme Dieu créant le monde. Elle s’excuserait presque de devoir le dessiller.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Moins d&amp;rsquo;État, de contrôle, plus de responsabilités et de décisions communes au niveau local. C&amp;rsquo;est cet État tout puissant, hyper centralisé, si loin des réalités du terrain, qui est mis en évidence :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Martin découvre l’étendue du troc, du travail au noir, des constructions sans permis, des arrangements ni vu ni connu. Plus les maires sont ensevelis sous des circulaires et des formulaires, plus leurs administrés semblent vivre hors de tout cadre légal, dans un état semi-anarchique que Martin n’est pas loin de leur envier. Les innombrables normes que lui et ses collègues du ministère s’échinaient à définir dessinent une sorte de cohérence abstraite, alimentant les administrations et les consultants, mais depuis longtemps détachée de toute espèce de réalité. Sur le terrain, on ne désobéit pas franchement, on se contente de faire semblant d’obéir, ce qui permet aux bureaux de contrôle de faire semblant de contrôler. On « prend le gauche », selon l’expression du bocage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai terminé ce roman avec beaucoup de plaisir. C&amp;rsquo;est très rafraîchissant, et pour un livre qui a pour titre Aqua, c&amp;rsquo;est bien normal après tout ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaspard_Koenig&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gaspard Kœning&lt;/a&gt;, né en 1982, est un philosophe, romancier et homme politique français. Il a travaillé comme &amp;ldquo;plume&amp;rdquo; au cabinet de Christine Lagarde, puis à la BERD. Ses tentatives d&amp;rsquo;élection côté politique n&amp;rsquo;ont apparemment pas rencontrées de grand succès. En 2020, il opère un virage écologique, défendant l&amp;rsquo;autonomie locale (le sujet de ce roman), une transition agroécologique ainsi qu&amp;rsquo;une forme de sobriété émancipatrice.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sept fugitifs - Frédéric Prokosch</title>
            <link>https://pled.fr/sept-fugitifs-frederic-prokosch/</link>
            <pubDate>Sat, 04 Jul 2026 14:20:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sept-fugitifs-frederic-prokosch/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;7fugitifs.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est François Busnel de « La p’tite librairie » qui a recommandé cet auteur, mais pour un autre titre : &amp;ldquo;Hasards de l&amp;rsquo;Arabie Heureuse&amp;rdquo;, livre que j&amp;rsquo;ai immédiatement commandé chez le libraire, le titre m&amp;rsquo;interpelant, puisque j&amp;rsquo;avais lu et apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/la-mort-en-arabie-thorkild-hansen/&#34; &gt;La mort en Arabie&lt;/a&gt; de Thorkild Hansen, où l&amp;rsquo;on apprenait que le Yemen actuel s&amp;rsquo;appelait ainsi au XVIIIème siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En attendant de recevoir ce livre, j&amp;rsquo;ai pu lire cet autre titre du même auteur, et ma foi j&amp;rsquo;ai été très agréablement surpris. Roman d&amp;rsquo;aventure et de voyage, aux évocations très prenantes, presque poétiques, et un récit qui ne vous lâche pas, le drame et l&amp;rsquo;issue incertaine étant omniprésentes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit donc de sept européens (dont une femme), chassés du Sin-Kiang par la guerre civile, qui rejoignent la caravane d&amp;rsquo;un marchand chinois aux desseins incertains. Arrivés à Aksou, ils vont devoir se séparer par la force des choses : certains seront emprisonnés, d&amp;rsquo;autres assignés à résidence, quand d&amp;rsquo;autres pourront continuer leur voyage, puis voir leur chemin se séparer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les conditions sont rudes, les règles inconnues, les hommes croisés peuvent être amicaux ou dangereux, et la nature sans pitié quand le froid ou la sécheresse arrive. C&amp;rsquo;est toute cette incertitude qui rend le roman si prenant, et le danger qui rôde n&amp;rsquo;est jamais bien loin. L&amp;rsquo;auteur va suivre chacun des individus qui s&amp;rsquo;avance vers son destin de façon inéluctable ; certains le pressentent et l&amp;rsquo;acceptent, d&amp;rsquo;autres essaient d&amp;rsquo;y échapper. Tous seront ramenés à leurs souvenirs d&amp;rsquo;enfance, et à ce qu&amp;rsquo;ils sont devenus&amp;hellip; Voici quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En arrivant aux abords d&amp;rsquo;Aksou, le décor est planté :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le docteur Liéou sortit sa boîte à thé et alluma sa petite lampe. Une pâle flamme bleue en forme de larme jaillit et bientôt la bouilloire bouillait. Layeville, le grand et bel Anglais, s&amp;rsquo;agenouilla auprès de lui sur le gravier. Le docteur Liéou lui sourit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;« Ceci… » – et il pointa ses minces doigts griffus vers le groupe lointain des maisons bleuâtres nichées parmi les arbres ; la brume du matin ou peut-être un nuage de fumée était suspendu au-dessus comme un voile – « Ceci, c&amp;rsquo;est Aksou. » La petite flamme bleue vacillait dans l&amp;rsquo;ombre couleur de perle. Elle répandait une douce et mouvante pâleur sur les traits du docteur Liéou quand il se penchait pour écouter l&amp;rsquo;eau en ébullition. A Layeville, il paraissait fantomal, une créature d&amp;rsquo;un autre monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;« Je ne puis pas répondre, continua-t-il dans son anglais tintant, délicat, précis, de ce qui nous arrivera à Aksou. C&amp;rsquo;est un endroit écarté, Aksou, un avant-poste comme vous dites. Personne n&amp;rsquo;y est en sécurité par ces temps-ci. Personne. Mais… » et il sourit, la peau desséchée de son visage fendue en cent petites rides, « il faut espérer pour le mieux… ».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Allemand Von Wald, géologue, est emprisonné et se remémore son enfance. Une belle réflexion sur ce que sont les souvenirs et leur rapport avec nos émotions au cours de notre vie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ah! ces jours étaient passés pour jamais! Mais que lui importait! il se les rappelait avec une joie pure, sans la moindre trace de regret. Et d&amp;rsquo;ailleurs pouvaient-ils vraiment s&amp;rsquo;évanouir jamais? Où qu&amp;rsquo;il fût, quoi qu&amp;rsquo;il pût faire. Puisqu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;avaient jamais existé que là où il pouvait encore aujourd&amp;rsquo;hui les trouver – dans son esprit. Notre vie quotidienne, jamais tout à fait claire à nos yeux, est pour toujours et de la façon la plus trompeuse inextricablement tissée avec les fils colorés du passé ; de sorte que tout ce que nous faisons ou disons, tout ce que nous sentons, est une tapisserie merveilleuse issue en partie du moment présent, en partie de l&amp;rsquo;infinité de nos souvenirs ; en somme, qu&amp;rsquo;est-ce qui pourrait jamais nous paraître beau, ou nous émouvoir à l&amp;rsquo;improviste, de quelque manière que ce fût, si l&amp;rsquo;objet présent ne murmurait pas à notre oreille un mot, un mot unique dont il réveille en nous les multiples échos ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et pourtant, quel mensonge ! Nos émotions sont d&amp;rsquo;autant plus profondes que notre puissance de souvenir est plus grande ; mais jamais, dans l&amp;rsquo;enfance et la jeunesse, ces choses n&amp;rsquo;auraient pu exister avec autant de force que nous l&amp;rsquo;imaginons maintenant ; ce sont les années, les attristantes, les épuisantes années, qui leur ont donné cette tendre résonance, et en fait la mémoire n&amp;rsquo;est pas le souvenir de ce qui a été mais plutôt la peinture achevée de ces premières scènes, de ces premiers désirs ébauchés par nos cœurs capricieux, recouverts et rendus à jamais fabuleux par des couches et des couches de désirs nouveaux. Et ce qui fait la tromperie encore plus cruelle, c&amp;rsquo;est précisément ceci : que ce dont nous nous souvenons n&amp;rsquo;est pas un champ, ou un bois, ou une chambre, ou un sourire, ou une phrase magique, mais quelque chose qui nous a en réalité échappé pour toujours : le moment précis où nous étions étendu dans le champ, le souffle suspendu, le moment où nous errions à travers le bois, où nous nous sommes arrêté au seuil de la chambre, le moment où nous avons imprimé sur une bouche notre premier baiser, où nous avons entendu les mots qui accueillaient notre amour. Cela, c&amp;rsquo;est cela qui est l&amp;rsquo;instant fragile, euclidien, emporté par le torrent des jours, l&amp;rsquo;instant que nous ne reverrons plus jamais tel qu&amp;rsquo;il fut, si pur, si simple ; qui n&amp;rsquo;est plus pour nous qu&amp;rsquo;un talisman, un sésame qui ressuscite pour la centième fois la musique de nos joies et de nos amours.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le français La Scaze, âgé et malade, est incapable de quitter Aksou. Il se voit devenir une autre personne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Assis devant son miroir il se mit à contempler le visage qu&amp;rsquo;il voyait en face de lui. Tout d&amp;rsquo;abord il ne vit qu&amp;rsquo;un masque, une moitié dans l&amp;rsquo;ombre, une moitié éclairée par la lueur orangée du brasero. Puis, peu à peu, il en distingua les traits. De larges yeux étincelants regardaient dans ses yeux, avec un regard profond, pénétrant, qui perçait à jour ses pensées. La bouche de l&amp;rsquo;autre était plus molle, la peau moins vivante, lui sembla-t-il. L&amp;rsquo;expérience avait étendu sur tout ce visage son réseau à peine visible. Et pourtant c&amp;rsquo;était un visage singulier, magnétique, presque fascinant. Oui, il y avait là une espèce de puissance, un jaillissement d&amp;rsquo;énergie. Quelque chose d&amp;rsquo;autre aussi. Une certaine perversion, peut-être ? Quelque chose qu&amp;rsquo;il avait déjà remarqué sur tant de visages parmi ces hordes rusées qui depuis des siècles et des siècles guettent on ne sait quoi du fond de l&amp;rsquo;Asie Centrale. Son visage, après tant d&amp;rsquo;années, se mettait à vivre d&amp;rsquo;une vie tout à fait nouvelle, singulière. Comme c&amp;rsquo;était étrange ! Mais il commençait à comprendre. C&amp;rsquo;était lui-même qui avait changé. Un nouvel être régnait en lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà pour le style et l&amp;rsquo;ambiance. C&amp;rsquo;est à mon avis un grand roman par ses qualités littéraires, mais aussi un récit d&amp;rsquo;aventure incroyable. Il a parfaitement sa place dans la collection Imaginaire de Gallimard, car notre imagination est constamment sollicitée, pour notre plus grand bonheur. Je me disais en le lisant que les européens qui voyageaient dans cette région du monde au début du XXème siècle étaient de vrais aventuriers !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederic_Prokosch&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frédéric Prokosch&lt;/a&gt; (1908-1989) est un écrivain américain : romancier, poète, critique littéraire, traducteur. Il a rencontré le succès avec ses romans Les Asiatiques (1930) et Sept fugitifs (1937). Il était resté en Europe après la seconde guerre mondiale, et s&amp;rsquo;est éteint à Grasse, où il s&amp;rsquo;était retiré.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un jumeau singulier - Donald Westlake</title>
            <link>https://pled.fr/un-jumeau-singulier-donald-westlake/</link>
            <pubDate>Wed, 01 Jul 2026 08:08:20 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;unjumeausingulier.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme chaque été, je choisis un vieux polar sur mon étagère pour lire à la plage. Cette année, je me suis laissé guidé par JP Manchette dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/les-yeux-de-la-momie-jean-patrick-manchette/&#34; &gt;Les Yeux de la momie&lt;/a&gt; lues dernièrement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Donald Westlake est un bon auteur de polars, à la réputation affirmée. Il fait partie de ces auteurs qui a écrit sous plusieurs pseudonymes, chacun avec un style différent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce qu&amp;rsquo;en disait Manchette dans ses &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/chroniques-jean-patrick-manchette/&#34; &gt;chroniques sur les romans noirs&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On vibre avec Stark, on rumine amèrement avec Tucker Coe, et on rigole le plus souvent avec Westlake, quoique cette dernière et première signature soit celle qui réserve, et se réserve, le plus de surprises.&#xA;Ceux qui manquaient de hauteur ont voulu s’élever au-dessus de leur genre. La grandeur de Westlake est de travailler toujours contre sa propre élévation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et plutôt que d&amp;rsquo;écrire moi-même sur ce roman, voilà ce qu&amp;rsquo;en dit Manchette :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il nous faut ajouter que, dans la collection Fayard/Noir, le Donald Westlake, &amp;ldquo;Un jumeau singulier&amp;rdquo;, est hilarant. C&amp;rsquo;est plutôt un vaudeville qu&amp;rsquo;un polar, au fait, et le diabolique Westlake y exploite jusqu&amp;rsquo;à des extrémités inconnues une situation de théâtre de boulevard, pimentée d&amp;rsquo;une dose massive de sexe. Le prolifique polygraphe est ici à peu près dans la même veine qu&amp;rsquo;au moment d&amp;rsquo;&amp;ldquo;Adios Séhérazade&amp;rdquo; (Denoël, 1972 - cherchez, bon sang ! cherchez !). À ne pas lire dans le métro : on éclate de rire tous les cinq cents mètres, on effraie les gens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà tout de même le pitch : un type drague une fille, apprend qu&amp;rsquo;elle a une sœur jumelle, et s&amp;rsquo;invente un frère jumeau pour draguer la sœur&amp;hellip; Très drôle effectivement, mais la fin le sera moins, et surtout pas morale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Donald Westlake&lt;/a&gt; (1933-2008) est un écrivain et scénariste américain, également connu sous de nombreux pseudonymes (Richard Stark, Alan Marshall, Tucker Coe …). Ses personnages les plus connus sont John Dortmunder, voleur brillant mais terriblement malchanceux (signature : Donald Westlake), et Parker, un personnage beaucoup plus sombre, sans états d’âme, brutal et violent (signature : Richard Stark).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mon roman préféré de Westlake : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/kahawa-donald-westlake/&#34; &gt;Kahawa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les yeux de la momie - Jean-Patrick Manchette</title>
            <link>https://pled.fr/les-yeux-de-la-momie-jean-patrick-manchette/</link>
            <pubDate>Wed, 01 Jul 2026 07:40:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-yeux-de-la-momie-jean-patrick-manchette/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;momie.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en voulant offrir à un ami les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/chroniques-jean-patrick-manchette/&#34; &gt;chroniques&lt;/a&gt; (sur le roman noir) de Manchette, aux éditions Rivages Noirs, hélas épuisé aujourd&amp;rsquo;hui, que je suis tombé sur l&amp;rsquo;intégrale de ces autres chroniques, sur le cinéma cette fois-ci, que l&amp;rsquo;auteur a tenu dans Charlie-Hebdo de 1979 à 1982. Du coup, j&amp;rsquo;en ai acheté deux exemplaires, un pour l&amp;rsquo;ami et un pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ouvrage est précédé de &amp;ldquo;57 notes sur le cinéma&amp;rdquo;, heureusement fort brèves, et auxquelles je n&amp;rsquo;ai pas compris grand chose, mais qui rappellent que Manchette était un intellectuel capable de théoriser ou de philosopher très sérieusement sur les sujets lui tenant à cœur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La suite est heureusement plus abordable, et on retrouve toute la gouaille, l&amp;rsquo;irrespect, l&amp;rsquo;humour, la dérision, les coups de gueule, etc&amp;hellip; dont Manchette se délectait lors de ses chroniques. Et donc on rigole bien à les relire, mais je conseillerai de le faire avec modération : j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord commencé à lire ces chroniques comme on lit un roman, les unes après les autres, mais le rythme était trop élevé (aussitôt lue aussitôt oubliée) ; je me suis alors mis à en lire une ou deux chaque jour, tout en lisant un roman en parallèle, afin de mieux en profiter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Manchette a pour le cinéma un peu la même vision que pour les polars : l&amp;rsquo;âge d&amp;rsquo;or est terminé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je tiendrai ici, jusqu&amp;rsquo;à nouvel ordre, une chronique consacrée principalement au cinéma. Ça tombe assez mal parce que j&amp;rsquo;ai de l&amp;rsquo;aversion pour ce que le cinéma est devenu. Naguère, le cinéma était fait par les riches, pour les pauvres. À présent, il est toujours fait par les riches, mais comme les pauvres restent devant leur télé, le cinéma est fait pour les cadres&amp;hellip; Comme grondait Louis Jouvet dans la Charette fantôme : Quelle pitié ! quelle pitié !&amp;quot;. Mais nous n&amp;rsquo;en aurons pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il ne va pas se priver, ne parlant pas toujours des films à l&amp;rsquo;affiche, ou parlant de films qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas vu, parfois aussi de polars comme s&amp;rsquo;il ne pouvait s&amp;rsquo;en empêcher&amp;hellip; L&amp;rsquo;ensemble est assez jubilatoire, et surtout rappelle la liberté de ton de cette époque, où l&amp;rsquo;on pouvait rire de tout. Beaucoup de choses qu&amp;rsquo;il écrit, tout comme le vocabulaire employé, provoqueraient aujourd&amp;rsquo;hui un scandale. C&amp;rsquo;est donc aussi rafraîchissant, et fait réfléchir au monde actuel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand les chroniques passent sur &amp;ldquo;La semaine de Charlie&amp;rdquo;, puis &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Hebdo Hara-Kiri&amp;rdquo;, de mai 1981 à décembre 1981, le ton faiblit, le cœur n&amp;rsquo;y est plus, et c&amp;rsquo;est son fils Doug Headline qui écrit semble-t-il. Après le scandale de l&amp;rsquo;équipe de Charlie dans l&amp;rsquo;émission Droit de réponse, c&amp;rsquo;est la fin de Charlie hebdo (faillite) et une ultime chronique, très éclairante, de JPM clos ce recueil. Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tout le journalisme et les autres moyens d&amp;rsquo;information modernes ont pour but la dissimulation de la vérité, parfois par le mensonge pur et simple, et généralement par le bavardage inepte. (J&amp;rsquo;en ai fait personnellement la vérification expérimentale partielle : devant vivre de ce que j&amp;rsquo;écris, j&amp;rsquo;ai publié dans Charlie Hebdo cent articles de critique cinématographique ; et j&amp;rsquo;ai toujours pris soin - sauf s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de reprises - de rédiger AVANT d&amp;rsquo;avoir vu le film ; et le plus souvent, je n&amp;rsquo;ai pas non plus vu les films après ; et plusieurs de mes pairs ont loué mes bons jugements, et d&amp;rsquo;autres ont souhaité polémiquer avec moi ; et en effet, sur le terrain du bavardage inepte, je les avais égalé sans mal).&lt;br&gt;&#xA;Charlie hebdo, sous ses divers titres, avait été un haut lieu du bavardage inepte le plus moderne. [&amp;hellip;] La disparition de Charlie hebdo est donc une bonne chose. Les gens ont commencé à se désintéresser du bavardage inepte. Les lecteurs se sont supprimés, sachant qu&amp;rsquo;ils ont maintenant autre chose à faire que de lire des conneries. Cette suppression commence par les plus intelligents. Les lecteurs de Charlie hebdo étaient des cons plutôt moins cons que d&amp;rsquo;autres : ils l&amp;rsquo;ont prouvé justement en cessant de lire ce journal. Ce progrès va se poursuivre. Dans l&amp;rsquo;émission de télévision Droit de réponse, le soir du 2 janvier, la placidité inégale des journalistes invités s&amp;rsquo;explique ainsi : elle était proportionnelle à la niaiserie de leurs lecteurs ; et les débatteurs les plus olympiens ont donc été ceux que les progrès de l&amp;rsquo;intelligence ne menacent pas encore dans leur gagne-pain.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il termine ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur tient à remercier les bières Guiness, Spaten et Gueuze LAmbic, sans le précieux concours desquelles il n&amp;rsquo;aurait pas pu exercer le métier de journaliste pendant presque deux ans (août 1979 - juillet 1981).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et puis, chers lecteurs, See you in hell, comme ils disent à la fin d&amp;rsquo;Elmer Gantry.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À jeun, le 6 janvier 1982&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jean-Patrick Manchette.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sachez tout de même qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas du tout aimé &amp;ldquo;Star Wars&amp;rdquo; (il y revient plusieurs fois), mais a beaucoup apprécié &amp;ldquo;Les Aventuriers de l&amp;rsquo;Arche perdue&amp;rdquo;. Ce dernier est un vrai film d&amp;rsquo;Aventures, quand le premier est un film &amp;quot; &lt;em&gt;volontairement et scientifiquement planifié pour qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y ait dedans ni sexe, ni violence, ni sentiments d&amp;rsquo;aucune sorte&lt;/em&gt;&amp;quot;. Et donc pas très bon pour la psyché de nos enfants&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En bon ouvrage sur Manchette, on trouvera plusieurs index à la fin du livre, un sur les titres de films, l&amp;rsquo;autre sur les noms cités. Ce qu&amp;rsquo;il aurait apprécié je crois ! Utilisez cet index lorsque que vous recherchez un film à regarder, et voyez s&amp;rsquo;il considère qu&amp;rsquo;il vaut le détour. Tout en gardant en tête qu&amp;rsquo;il ne l&amp;rsquo;a probablement pas vu ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Patrick_Manchette&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt; (1942-1995) est un écrivain français, auteur de romans policiers, critique littéraire et de cinéma, scénariste et dialoguiste de cinéma, et traducteur. Ces chroniques révèlent en creux un peu mieux le personnage, et l&amp;rsquo;esprit de l&amp;rsquo;époque, en particulier à Charlie Hebdo.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les guerriers de l&#39;hiver - Olivier Norek</title>
            <link>https://pled.fr/les-guerriers-de-lhiver-olivier-norek/</link>
            <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 10:07:11 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;guerriers-hiver.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis pas fan de l&amp;rsquo;auteur, ayant lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/impact-olivier-norek/&#34; &gt;Impact&lt;/a&gt; puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/trilogie-93-olivier-norek/&#34; &gt;Trilogie 93&lt;/a&gt; sans avoir apprécié ni le style ni sa façon de raconter les histoires. Ce roman m&amp;rsquo;ayant été recommandé par plusieurs personnes, et considérant le côté historique de la chose, je me suis dit que ça valait peut-être le coup de faire un nouvel essai avec cet auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le début, je n&amp;rsquo;ai pas accroché, le trait étant volontairement grossi, les méchants et stupides russes contre les gentils et braves finlandais, j&amp;rsquo;avais l&amp;rsquo;impression de lire un conte pour enfants. Il faut attendre la fin du bouquin pour le drame de la guerre l&amp;rsquo;emporte et que l&amp;rsquo;histoire prenne un peu de substance&amp;hellip; Ça devient intéressant et prenant à lire, mais hélas le roman est déjà pratiquement fini&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois la dernière page tournée, l&amp;rsquo;auteur nous explique que tout est vrai, le moindre fait d&amp;rsquo;armes, et jusqu&amp;rsquo;au dialogues qui proviennent d&amp;rsquo;archives ou transmis par des passionnés ; il va même jusqu&amp;rsquo;à nous fournir les cartes des opérations, les photos d&amp;rsquo;époque des principaux personnages. OK, moi je veux bien, l&amp;rsquo;auteur a fait un gros travail de documentation, de recherche, d&amp;rsquo;enquête (c&amp;rsquo;est un ancien de la police ! :wink: ), etc&amp;hellip; Mais le récit manque quand même d&amp;rsquo;envergure, de contexte, c&amp;rsquo;est la grand histoire abordée par le petit bout de la lorgnette, avec des personnages présentés de manière assez caricaturale, et une nette difficulté à mettre à la hauteur de l&amp;rsquo;événement historique que l&amp;rsquo;auteur a décidé d&amp;rsquo;aborder.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Évidemment, le rapprochement entre cette guerre Russo-Finlandaise de 1939 et celle qui oppose aujourd&amp;rsquo;hui l&amp;rsquo;Ukraine à la Russie est frappant, et on ne peut qu&amp;rsquo;espérer un meilleur épilogue aujourd&amp;rsquo;hui, car à la fin de la guerre d&amp;rsquo;hiver, c&amp;rsquo;est tout de même la Russie qui l&amp;rsquo;emporte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Norek&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Olivier Norek&lt;/a&gt;, né en 1975 à Toulouse, est un écrivain et scénariste français, capitaine à la police judiciaire. En tant que scénariste, il a participé à la saison 6 d’Engrenages, à la série télévisée « Les Invisibles » (France 2- 2021) ainsi qu’à un téléfilm « Tout le monde ment » avec Vincent Elbaz (France 2 – 2022).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le grand soir &amp;amp; Cul-sec - Roger L. Simon</title>
            <link>https://pled.fr/le-grand-soir-cul-sec-roger-l-simon/</link>
            <pubDate>Sat, 30 May 2026 15:30:05 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-grand-soir-cul-sec-roger-l-simon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;legrandsoir.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par Jean-Patrick Manchette, dont je suis en train de lire les chroniques cinéma qu&amp;rsquo;il écrivait dans Charlie-Hebdo, et comme il ne peut pas s&amp;rsquo;empêcher de parler de polars par-ci par-là&amp;hellip; En plus avec un titre pareil, il fallait bien voir de quoi il retournait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors c&amp;rsquo;est marrant et original, mais bon il ne faut rien attendre de particulier au niveau de l&amp;rsquo;intrigue, elle n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un prétexte ! Nous sommes au début des années 70, Moses Wine est un détective privé juif, fauché, divorcé avec 2 enfants dont il doit assurer la garde certains jours, et qui fume des pétards à l&amp;rsquo;occasion, ça l&amp;rsquo;aide à se concentrer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se retrouve à enquêter pour le compte d&amp;rsquo;un sénateur démocrate sur un ancien gauchiste révolutionnaire qui menace de déclencher un attentat pour afficher son soutien au sénateur&amp;hellip; soutien bien encombrant et qui ressemble fort à une manipulation. Mais qui se cache derrière celle-ci ? De fil en aiguille, une secte satanique va apparaître, rendant l&amp;rsquo;enquête de plus en plus échevelée (et de moins en moins crédible, il faut bien le dire)&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, l&amp;rsquo;intérêt du roman se trouve dans l&amp;rsquo;époque et la description qu&amp;rsquo;en fait l&amp;rsquo;auteur. La Californie des années 70, avec toutes ses folies et son rêve d&amp;rsquo;une société sans interdictions&amp;hellip; Voilà les première lignes du roman, toutes les références y sont, et on saisit bien le contexte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La dernière fois que j’avais vu Lila Shea, nous faisions l’amour à l’arrière d’un ex-corbillard Chrysler, modèle 1952, garé dans une rue en face du Centre de recrutement d’Oakland. Les gaz lacrymogènes passaient par les interstices du plancher et nos oreilles retentissaient des coups de matraque distribués par les forces de police. Le hurlement des sirènes couvrait les gémissements de plaisir de Lila. Nous étions à l’automne 1967 – les chaudes journées d’octobre – et, comme nous venions juste d’en finir, Lila se dégagea, se glissa, abandonna le matelas pneumatique des surplus de l’Armée, remonta son slip de coton et disparut dans la nuit sans même un au revoir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Lila avait toujours été comme ça – l’un de ces êtres exaltés qui ont traversé les années soixante tels des goûteurs de vin, dégustant chaque cru avant de passer au suivant. Elle avait tout fait. Le Free Speech Mouvement, les Students for a Democratic Society, la défonce collective dans les chambres crasseuses de Haight-Ashbury, les Hell’s Angels, les trips en bus avec les « Merry Pranksters » de Ken Kesey, l’acide au Fillmore et les communautés de Taos.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;151px&#34; data-flex-grow=&#34;63&#34; height=&#34;316&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-grand-soir-cul-sec-roger-l-simon/culsec.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la foulée, j&amp;rsquo;ai enchaîné sur &amp;ldquo;Cul-sec&amp;rdquo;, le deuxième opus de la série (il y a huit romans dans la série consacrée au détective Moses Wine). Ici l&amp;rsquo;enquête va mener Moses vers le monde du marché du sexe très en vogue à l&amp;rsquo;époque, entre les boutiques de massage, de bars topless, ou les centres de libération sexuelle et spritiuelle&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme pour le roman précédent, l&amp;rsquo;intrigue n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un prétexte à décrire le Los Angeles de l&amp;rsquo;époque. Disons que ça se lit bien à la plage, avec cet été qui arrive&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, je vais en rester là, j&amp;rsquo;y reviendrai peut-être, mais c&amp;rsquo;est quand même bien allumé tout en étant sans prétention littéraire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Simon#S%C3%A9rie_Moses_Wine&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Roger L. Simon&lt;/a&gt;, né en 1943 à New-York, est un écrivain, scénariste et réalisateur de romans policiers. Le grand soir a été porté à l&amp;rsquo;écran sous son titre original The Big Fix (1978).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le silence et la colère - Pierre Le maître</title>
            <link>https://pled.fr/le-silence-et-la-colere-pierre-le-maitre/</link>
            <pubDate>Fri, 22 May 2026 16:18:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-silence-et-la-colere-pierre-le-maitre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lemaitre2.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien que n&amp;rsquo;ayant pas aimé le tome 1 de la tétralogie de Pierre Lemaître intitulée : &amp;ldquo;Les années glorieuses&amp;rdquo;, j&amp;rsquo;ai quand même voulu lire le tome 2, par curiosité, et pour essayer de comprendre où l&amp;rsquo;auteur voulait en venir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, je crois que c&amp;rsquo;est fait, et je vais en rester là. Je n&amp;rsquo;accroche pas du tout à cet auteur dont les histoires et ses personnages sont d&amp;rsquo;un inintérêt total. Je comprends mieux par contre quand l&amp;rsquo;auteur dit vouloir &amp;ldquo;feuilleter le siècle&amp;rdquo; avec sa tétralogie : il prend des sujets d&amp;rsquo;époque, ici ce sera l&amp;rsquo;avortement après-guerre, la mort annoncée d&amp;rsquo;un village qui va être enseveli sous les eaux suite à la construction d&amp;rsquo;un barrage, et enfin la naissance du magasin Tati (enfin&amp;hellip; si l&amp;rsquo;on veut !). Comme dans le premier tome, à partir de ça, on va tisser une histoire avec les personnages que l&amp;rsquo;on a, et voilà ! L&amp;rsquo;ensemble offre peu ou pas d&amp;rsquo;intérêt, mais on s&amp;rsquo;en fout, c&amp;rsquo;est facile à lire, ça va se vendre, et c&amp;rsquo;est bien là l&amp;rsquo;essentiel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La famille Pelletier continuera ses aventure sans moi, de même que l&amp;rsquo;auteur pourra continuer à noircir des pages, l&amp;rsquo;éditeur à remplir ses caisses, et les arbres à être abattus pour rien. Quelle misère !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Lemaitre&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pierre Lemaitre&lt;/a&gt;, né en 1951 à Paris, est romancier et scénariste. Il a d’abord écrit des romans policiers, et reçoit le prix Goncourt pour le roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre/&#34; &gt;Au-revoir Là-haut&lt;/a&gt; en 2013.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Grand Monde - Pierre Lemaître</title>
            <link>https://pled.fr/le-grand-monde-pierre-lemaitre/</link>
            <pubDate>Wed, 13 May 2026 16:48:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-grand-monde-pierre-lemaitre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;legrandmonde.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Pierre Lemaître avec cette tétralogie intitulée &amp;ldquo;Les années glorieuses&amp;rdquo;, où l&amp;rsquo;auteur annonce &amp;ldquo;feuilletter le [XXème] siècle&amp;rdquo;, œuvre à priori prometteuse, et à tout le moins ambitieuse. Je n&amp;rsquo;ai pourtant pour l&amp;rsquo;instant pas été convaincu par cet auteur, que ce soit par son prix Goncourt &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre/&#34; &gt;Au-revoir Là-haut&lt;/a&gt;, ou par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/alex-pierre-lemaitre/&#34; &gt;Alex&lt;/a&gt; un polar que l&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;avait recommandé. Mais je m&amp;rsquo;engageais dans cette lecture sans à priori particulier, et même un intérêt pour le sujet choisi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais ce sera encore une déception. Je ne comprends décidément pas cet auteur, comment peut-il choisir d&amp;rsquo;imaginer cette famille Pelletier pour prétendre raconter le siècle ? La psychologie de ses personnages est à peine décrite, et pourtant il y aurait beaucoup à dire sur le comportement de certains (Geneviève et Jean en particulier), ils sont pour la plupart caricaturaux, et cela semble suffire à l&amp;rsquo;auteur. Les scènes sont parfois ubuesques et souvent pas du tout crédibles. En fait on ne sait pas trop ce que l&amp;rsquo;on est en train de lire : du grand guignol ? les Pieds Nickelés ? la rubrique des faits-divers ? De plus, l&amp;rsquo;auteur-narrateur a toujours sa manie de s&amp;rsquo;adresser de temps en temps directement au lecteur, ce que je n&amp;rsquo;aime pas du tout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la fin de ce premier opus, l&amp;rsquo;auteur nous présente une &amp;ldquo;Dette de reconnaissance&amp;rdquo; en guise de postface, où il cite en détail tous les sources (personnes, livres, etc&amp;hellip;) permettant de d&amp;rsquo;authentifier l&amp;rsquo;essentiel des faits historiques abordés (particulièrement sur l&amp;rsquo;Indochine et l&amp;rsquo;après-guerre en France). Mais cela ne suffit malheureusement pas à rendre une histoire crédible, ni passionnante à lire. Cela pourrait se résumer ainsi : les faits historiques sont dans l&amp;rsquo;ensemble exacts, et l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est documenté, une historienne en a vérifié l&amp;rsquo;authenticité, etc&amp;hellip; ; sur cette trame, l&amp;rsquo;auteur nous inflige des personnages caricaturaux à peine brossés, et imagine une trame et des anecdotes pour relier tout ça, à grand coups de fil blanc, et à l&amp;rsquo;intérêt très relatif (pour rester positif). Comment ne pas être déçu ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est dommage, le prix Goncourt a du apporter à Pierre Lemaître une certaine aisance financière et une confiance des éditeurs lui laissant le temps de creuser ses romans, ses personnages&amp;hellip; Mais non, il continue avec le même type d&amp;rsquo;histoires, c&amp;rsquo;est sans doute son style, sa signature ? Il est le troisième auteur français le plus lu en 2023, ce qui n&amp;rsquo;est pas forcément bon signe pour la qualité littéraire de l&amp;rsquo;œuvre. Et les quatre romans de cette tétralogie ont été publiés entre 2022 et 2026, soit en moins de quatre ans : là non plus, ce n&amp;rsquo;est pas bon signe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vais tout de même continuer avec le tome 2, en sachant à quoi m&amp;rsquo;attendre, pour voir si l&amp;rsquo;histoire et les personnages prennent un peu de consistence. L&amp;rsquo;espoir fait vivre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Lemaitre&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pierre Lemaitre&lt;/a&gt;, né en 1951 à Paris, est romancier et scénariste. Il a d&amp;rsquo;abord écrit des romans policiers, et reçoit le prix Goncourt pour le roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre/&#34; &gt;Au-revoir Là-haut&lt;/a&gt; en 2013.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>My absolute darling - Gabriel Talent</title>
            <link>https://pled.fr/my-absolute-darling-gabriel-talent/</link>
            <pubDate>Fri, 08 May 2026 08:33:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/my-absolute-darling-gabriel-talent/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;myabsolutedarling.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par la libraire : &amp;ldquo;histoire dure mais personnage attachant, bien écrit&amp;rdquo;. Il ne m&amp;rsquo;en fallait pas plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est effectivement une histoire très dure, celle d&amp;rsquo;une jeune fille de 14 ans sous l&amp;rsquo;emprise d&amp;rsquo;un père survivaliste au comportement incontrôlable, violent, pervers, dangereux, très dangereux&amp;hellip; Turtle grandit dans cet entourage malsain, a des difficultés à l&amp;rsquo;école (bien sûr) car toutes ses valeurs ont été perverties par les actions du père.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La prouesse de l&amp;rsquo;auteur, c&amp;rsquo;est de réussir à nous faire comprendre le dilemme moral dans lequel vit Turtle, totalement perdue entre l&amp;rsquo;amour filial qu&amp;rsquo;elle porte à son père et l&amp;rsquo;éducation qu&amp;rsquo;elle en a reçu, et son aspiration à s&amp;rsquo;en libérer. La rencontre de deux jeunes adolescents de son âge vont l&amp;rsquo;aider à franchir le pas de l&amp;rsquo;émancipation. Et quand son père ramène une fillette un soir à la maison, les faits vont s&amp;rsquo;enchaîner de manière irréversible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman dur, la libraire avait raison, mais l&amp;rsquo;histoire de Turtle est brillamment écrite, et on a du mal à lâcher le livre même si le côté toxique du père est difficile à supporter. Heureusement, on s&amp;rsquo;attache à Turtle et à sa lutte pour sa liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Tallent&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gabriel Talent&lt;/a&gt;, né en 1987, est un écrivain américain. Il aura mis huit ans à écrire &amp;ldquo;My absolute darling&amp;rdquo;, son premier roman, publié en 2017, et qui sera encensé par la critique. Son deuxième roman vient d&amp;rsquo;être publié, &amp;ldquo;La Voie&amp;rdquo;, toujours aux éditions Gallmeister mais pas encore en format poche, et a l&amp;rsquo;air de valoir aussi le détour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sud Lointain - Erwan Bergot</title>
            <link>https://pled.fr/sud-lointain-erwan-bergot/</link>
            <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 14:48:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sud-lointain-erwan-bergot/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sudlointain.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà une trilogie que j&amp;rsquo;avais emmené sur ma liseuse lors de mon dernier voyage, afin de &amp;ldquo;rester dans l&amp;rsquo;ambiance&amp;rdquo;. En fait, je ne l&amp;rsquo;ai lue qu&amp;rsquo;à mon retour, mais bon&amp;hellip; ça l&amp;rsquo;a prolongé en quelque sorte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une saga familiale qui retrace toute l&amp;rsquo;époque de l&amp;rsquo;Indochine, et plus particulièrement du Vietnam, puisque l&amp;rsquo;histoire démarre avec l&amp;rsquo;arrivée à Saïgon de quatre jeunes français qui y débarquent au début du XXème siècle, prêts à se lancer dans ce nouveau monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors c&amp;rsquo;est romanesque à souhait, il ne faut pas s&amp;rsquo;attendre à une étude historique sur le colonialisme et ses conséquences ! Ici, le colon a de bonnes intentions et veut autant le développement de ses affaires que celles du pays, sans oublier le bien-être de ses ouvriers. Je caricature à peine. Néanmoins, on va traverser 75 ans d&amp;rsquo;histoire, car le fond historique et les événements réels servent de toile de fond au récit, et c&amp;rsquo;est à la fois intéressant et instructif. Ne connaissant pas bien cette période de l&amp;rsquo;Histoire, j&amp;rsquo;y ai appris pas mal de choses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;existence dès le début de la colonisation de mouvements indépendantistes, qu&amp;rsquo;ils soient simplement nationalistes ou déjà communistes, et qui ne cesseront d&amp;rsquo;interagir avec les événements historiques, notamment avec la seconde guerre mondiale. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs assez naturel, et même les vietnamiens qui collaborent avec les colons aspirent un jour ou l&amp;rsquo;autre à l&amp;rsquo;indépendance et l&amp;rsquo;émancipation. On observe aussi le manque de connaissance (voir le mépris) de la culture vietnamienne (et l&amp;rsquo;influence de la culture chinoise au sein de celle-ci) par les colons qui voue leur occupation à l&amp;rsquo;échec. Certes tout cela n&amp;rsquo;a en fait rien de très nouveau dans un contexte colonial, mais l&amp;rsquo;auteur a le mérite de retracer ces mouvements auxquels ses personnages sont confrontés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La période qui m&amp;rsquo;a le plus surpris, c&amp;rsquo;est celle de la seconde guerre mondiale et du gouvernement de Vichy. Jusque là, la France arrivait à peu près à contenir l&amp;rsquo;armée japonaise à la frontière chinoise&amp;hellip; Avec la défaite de 1940, le gouvernement Pétain signe un accord avec les japonais qui les autorisent à y installer leurs troupes. Si la France garde le rôle d&amp;rsquo;administration, les japonais se servent de l&amp;rsquo;Indochine comme base stratégique et l&amp;rsquo;exploitation économique française sert à soutenir l&amp;rsquo;effort de guerre japonais. En fait, les troupes françaises d&amp;rsquo;Indochine n&amp;rsquo;ont guerre le choix, car elles ne font pas le poids contre l&amp;rsquo;armée japonaise ; quant à rejoindre &amp;ldquo;la France libre&amp;rdquo;, ce n&amp;rsquo;est guère possible, et cela leur sera reproché dès la fin du régime de Vichy. En 1945, la situation dégénère et les japonais prennent militairement le contrôle de l&amp;rsquo;Indochine en quelques jours, les soldats français étant pour la plupart tués ou faits prisonniers (puis tués), une faible partie réussissant à rejoindre la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela ne durera que quelques mois, et c&amp;rsquo;est ensuite au tour des japonais de perdre la guerre, et ce sera la tentative de retour des français pour un temps. Car les choses ont changé, les mouvements nationalistes sont plus présents, mieux organisés (Viet Minh), et des américains qui ne vont pas tarder à entrer en scène, jouant la carte du nationalisme avec Hô Chi Minh du fait de l&amp;rsquo;anticolonialisme affiché de Roosevelt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On connaît mieux la suite, avec la guerre d&amp;rsquo;Indochine que les français perdront, puis la guerre du Vietnam perdue par les américains. Dans le dernier tome de cette trilogie, les descendants de la saga essaient encore de vivre dans ce pays malgré tout, et l&amp;rsquo;histoire se termine avec la chute de Saïgon en 1975. J&amp;rsquo;ai aimé lire cette fresque historique, pleine de rebondissements, et qui colle bien à l&amp;rsquo;Histoire ; la saga de ces français à qui les drames ne sont pas épargnés n&amp;rsquo;est pas non plus sans intérêt, même si les mauvais côtés du colonialisme sont largement gommés. La bio de l&amp;rsquo;auteur explique ceci et cela, ainsi que la qualité de l&amp;rsquo;écriture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Erwan_Bergot&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Erwan Bergot&lt;/a&gt; (1930-1993), est un écrivain et journaliste français, ancien officier parachutiste. Né de parents bretons, il fait de brillantes études chez les Jésuistes avant d&amp;rsquo;obtenir une licence en faculté de lettres. Puis il s&amp;rsquo;engage dans l&amp;rsquo;armée. Il participa à la guerre d&amp;rsquo;Indochine, à la bataille de Dien Bien Phu, où il sera fait prisonnier, et connaîtra alors des conditions de détention extrêmement difficiles. Blessé pendant la guerre d&amp;rsquo;Algérie, il passera définitivement à l&amp;rsquo;écriture et au journalisme. Il a écrit de nombreux romans retraçant le sort de ses compagnons d&amp;rsquo;arme, &amp;ldquo;les obscurs, les sans-grades, ceux qui n&amp;rsquo;ont jamais leur mot à dire dans l&amp;rsquo;histoire&amp;rdquo;. Militaire jusqu&amp;rsquo;au fond de l&amp;rsquo;âme, mais bon écrivain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dennis Lehane - Le Silence</title>
            <link>https://pled.fr/dennis-lehane/</link>
            <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 08:23:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dennis-lehane/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Le-silence.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/un-pays-a-laube-dennis-lehane/&#34; &gt;Un pays à l&amp;rsquo;aube&lt;/a&gt; qui m&amp;rsquo;avait beaucoup plu (beaucoup plus qu&amp;rsquo;un simple polar), je suis parti en voyage avec une collection des livres de cet auteur, avec l&amp;rsquo;idée de lire ses romans à peu près dans l&amp;rsquo;ordre chronologique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc commencé par la série &lt;strong&gt;Kenzie et Gennaro&lt;/strong&gt;, un couple de détectives privés, qui entretient une relation d&amp;rsquo;amitié amoureuse plutôt instable, et où Gennaro représente un peu trop la caricature du privé, prenant tout au deuxième degré, avec beaucoup d&amp;rsquo;humour, et ne reculant jamais devant le danger pourtant très présent. Bon, on sent une progression dans l&amp;rsquo;écriture et surtout dans les scénarios au fur et à mesure des romans de la série, et heureusement d&amp;rsquo;ailleurs, parce que l&amp;rsquo;on part de loin. Les scénarios sont très noirs, et on fait souvent face au mal absolu, sans espoir. J&amp;rsquo;ai donc lu &lt;strong&gt;Un dernier verre avant la guerre&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Ténèbres, prenez-moi la main&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Sacré&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Prières pour la pluie&lt;/strong&gt;, (tous des années 90) et plus tard &lt;strong&gt;Moonlight Mile&lt;/strong&gt; (2010). Les deux derniers sont pas mal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/un-pays-a-laube-dennis-lehane/&#34; &gt;Un pays à l&amp;rsquo;aube&lt;/a&gt; (2008) étant le premier roman d&amp;rsquo;une trilogie, je me suis ensuite attaqué à la suite de cette série &lt;strong&gt;Coughlin&lt;/strong&gt;, du nom de la famille irlandaise de Boston. Franchement, la suite est plutôt décevante &lt;strong&gt;Ils vivent la nuit&lt;/strong&gt; (2008) et &lt;strong&gt;Ce monde disparu&lt;/strong&gt; (2015), avec le fils Jo qui devient un chef mafieux sans être vraiment un méchant. On a du mal à y croire et à accrocher aux péripéties. Le premier opus vaut seul le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis retour en arrière chronologique, pour aborder des romans plus connus car adaptés à l&amp;rsquo;écran, comme &lt;strong&gt;Mystic River&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Shutter Island&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Gone, Baby Gone&lt;/strong&gt; (qui fait partie de Kenzie et Gennaro). Là, on a de vrais bons romans, souvent durs dans le scénario, avec un thème récurrent chez cet auteur, l&amp;rsquo;enfance maltraitée, sauf Shutter Island, qui est un vrai bon roman, meilleur que le film me semble-t-il, mais il faudrait que je le revoie&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai ensuite continué avec ses derniers romans : &lt;strong&gt;Quand vient la nuit&lt;/strong&gt;, avec ce barman mutique qui passe pour un idiot et qui va tirer son épingle du jeu, excellent !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc pour finir avec &lt;strong&gt;Le silence&lt;/strong&gt;, son dernier roman (2023), et qui vaut vraiment le détour avec ce portrait de femme forte dans un milieu social très bien décrit. On est dans la banlieue de Boston, un quartier irlandais &amp;ldquo;géré&amp;rdquo; par une bande qui se veut protectrice d&amp;rsquo;une population pauvre et dépendante, où sont exacerbées les valeurs traditionnelles de la communauté et leur appartenance à la race blanche. Mais une jeune fille va disparaître, et sa mère Mary Pat Fennessy n&amp;rsquo;aura de cesse de trouver ce qu&amp;rsquo;il lui est arrivée, en bravant tous les dangers et les interdits. Magistral ! Ce roman vous tient en haleine du début à la fin, et l&amp;rsquo;attachement au combat de cette femme la rend peu à peu sympathique, ce qui n&amp;rsquo;est pas forcément le cas au début.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Globalement Lehane est donc devenu un très bon auteur donc, très attaché à sa ville de Boston, et qui mélange habilement les peintures sociales et les scénarios policiers, apportant indéniablement une plus value aux histoires.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Lehane&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dennis Lehane&lt;/a&gt;, né en 1965 à Boston, est un écrivain d’origine irlandaise, et auteur de romans policiers, dont le cadre est presque exclusivement la ville de Boston. Ses romans ont été plusieurs porté à l’écran :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;2003 : Mystic River de Clint Eastwood&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2007 : Gone Baby Gone de Ben Affleck&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2010 : Shutter Island de Martin Scorsese&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2014 : Quand vient la nuit (The Drop) de Michaël R. Roskam&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2016 : Live by Night de Ben Affleck (un échec&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a aussi participé à l&amp;rsquo;écriture de l&amp;rsquo;excellente série &amp;ldquo;The Wire&amp;rdquo; : il en a écrit trois épisodes et joue le rôle d&amp;rsquo;un policier dans un autre. Il apparaît aussi, comme d&amp;rsquo;autres écrivains de polars, dans la série Castle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Michael Connelly et Harry Bosch</title>
            <link>https://pled.fr/michael-connelly-et-harry-bosch/</link>
            <pubDate>Sat, 18 Apr 2026 16:30:46 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;connelly-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant le voyage en Asie de cet hiver, j&amp;rsquo;ai repris la série Harry Bosch de Michael Connelly que j&amp;rsquo;avais d&amp;rsquo;ailleurs commencé lors du voyage précédent, voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/harry-bosch-michael-connelly/&#34; &gt;cet article&lt;/a&gt;, en m&amp;rsquo;arrêtant après treize romans, soit un peu moins de la moitié. Puis j&amp;rsquo;en avais lu trois de plus au fil du temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc repris au numéro 17, &amp;ldquo;Le cinquième témoin&amp;rdquo;, qui ne m&amp;rsquo;a guère emballé avec Mickey Haller, le demi-frère de Harry Bosch, en bon vieux roublard du barreau. Mais pour rentrer à ce point dans les détails d&amp;rsquo;une procédure judiciaire, c&amp;rsquo;est que le reste est bien faiblard&amp;hellip; Et on s&amp;rsquo;ennuie un peu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et d&amp;rsquo;opus en opus, j&amp;rsquo;ai rarement retrouvé la verve des premiers romans de la série : l&amp;rsquo;auteur fait vieillir le personnage de Harry Bosch, plus ou moins en retraite, et j&amp;rsquo;ai eu plusieurs fois une impression de relecture, tant les ficelles utilisées par l&amp;rsquo;auteur se répètent, les mêmes astuces narratives, les mêmes rebondissements&amp;hellip; Franchement, il était temps que ça s&amp;rsquo;arrête. Et sans surprise, dans les derniers romans, Bosch passe la main à Renée Ballard, une jeune femme tout aussi opiniâtre et réfractaire à la hiérarchie que lui. Ce qui devrait aussi permettre à l&amp;rsquo;auteur de traiter au autre aspect, le machisme et la misogynie ambiante au sein du L.A.P.D ? À voir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu tous les romans jusqu&amp;rsquo;à &amp;ldquo;L&amp;rsquo;étoile du désert&amp;rdquo; (n° 30). Depuis un nouveau roman est sorti &amp;ldquo;À qui sait attendre&amp;rdquo;, où Bosch est toujours présent, ainsi que Ballard, mais aussi Maddie, la fille de Bosch, qui est entrée dans la police. Je ne suis pas trop pressé de le lire. Espérons que l&amp;rsquo;auteur saura se renouveler, ce n&amp;rsquo;est pas gagné si cela devient une affaire de famille. Il n&amp;rsquo;y a pas que Bosch qui vieillit, l&amp;rsquo;auteur aussi, et cela se sent ! Après, il tient un bon filon, alors pourquoi pas continuer si ça marche ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Connelly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Connelly&lt;/a&gt;, né en 1956, est l’un des principaux auteurs américains de romans policiers. Il est assez prolifique. Les romans mettant en scène Harry Bosch ont été portés à l’écran dans une série TV éponyme (7 saisons). Une autre série existe depuis 2022 sur Amazon, « Bosch: Legacy » (3 saisons). Pour coller à l&amp;rsquo;évolution des romans, une nouvelle série &amp;ldquo;Ballard&amp;rdquo; est sortie, dont on attend la deuxième saison, prévue pour 2027.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Faire bientôt éclater la terre - Karl Marlantes</title>
            <link>https://pled.fr/faire-bientot-eclater-la-terre-karl-marlantes/</link>
            <pubDate>Sat, 14 Mar 2026 16:04:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/faire-bientot-eclater-la-terre-karl-marlantes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;marlantes.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais bien aimé cet auteur avec son récit très prenant sur la guerre du Vietnam (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/retour-a-matterhorn-karl-marlantes/&#34; &gt;Retour à Matterhorn&lt;/a&gt;), alors quand la libraire m&amp;rsquo;a recommandé ce livre, je n&amp;rsquo;ai pas trop hésité. En plus, c&amp;rsquo;est un gros pavé (+1000 pages) et j&amp;rsquo;aime bien me plonger dans une longue histoire, pour tant est qu&amp;rsquo;elle soit intéressante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avant de commencer, le titre original est &lt;strong&gt;Deep River&lt;/strong&gt;, je ne sais pas qui a trouvé le titre français, mais bon&amp;hellip; C&amp;rsquo;est vrai que dans cette histoire on coupe beaucoup d&amp;rsquo;arbres, et plus généralement on exploite énormément les ressources naturelles, mais bon c&amp;rsquo;est une époque de pionniers et ces fameuses ressources semblent alors inépuisables. Cela m&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;ailleurs fait penser à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/et-quelques-fois-jai-comme-une-grande-idee-ken-kesey/&#34; &gt;Et quelques fois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée&lt;/a&gt; de Ken Kesey ( &lt;strong&gt;Sometimes a great notion&lt;/strong&gt;, un chef d&amp;rsquo;œuvre!), où il est aussi question de bûcherons de l&amp;rsquo;Oregon qui s&amp;rsquo;en donnent à cœur joie, et où le concept d&amp;rsquo;écologie n&amp;rsquo;existe guère à l&amp;rsquo;époque. D&amp;rsquo;ailleurs, là aussi les bûcherons se mettent en grève.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à cette épopée, récit d&amp;rsquo;une immigration finlandaise quittant un pays en proie à l&amp;rsquo;oppression russe, et de la fratrie qui arrive au nord de l&amp;rsquo;Oregon, où coule la Deep River, et où s&amp;rsquo;installe Ilmari le frère aîné, puis Matti le benjamin, bientôt rejoint par leur sœur Aino, le personnage principal de cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est là le problème : Aino est une personne assez butée, emplie d&amp;rsquo;un idéal communiste sans concession, très égoïste finalement, à qui il va arriver pas mal de malheurs : sa vie ne sera pas facile, mais quelque part elle le mérite tellement son intransigeance est extrême. C&amp;rsquo;est ce qui m&amp;rsquo;a déplu dans ce personnage, tellement obnubilé par sa cause qu&amp;rsquo;il finit par faire beaucoup de mal autour de lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aino va se battre contre le capitalisme de la fin du XIXe - début XXe qui exploite les ouvriers dans les grandes largeurs, ces derniers travaillant du matin au soir et vivant dans des conditions misérables, le tout pour un salaire de misère. Elle va passer sa vie à tenter de fédérer les ouvriers avec l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Industrial_Workers_of_the_World&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;IWW&lt;/a&gt;, le syndicat international qui tenta d&amp;rsquo;unifier tous les travailleurs à cette époque, les émigrés de l&amp;rsquo;Europe de l&amp;rsquo;Est étant déjà sensibilisés aux idées anti-capitalistes et révolutionnaires. Puis viendra la première guerre mondiale qui ne va rien arranger (les grévistes sont alors assimilés à des traîtres), puis la crise de 29 (sur laquelle l&amp;rsquo;auteur passe assez vite).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans l&amp;rsquo;ensemble c&amp;rsquo;est un bouquin, qui retrace l&amp;rsquo;épopée de cette fratrie où chaque membre suit une voie différente, mais qui sait garder ses liens familiaux au fil de toutes ces années. Dommage que le personnage central soit si buté ! Il y a aussi quelques longueurs au fil de ce long roman, le combat de Aino étant assez répétitif, tout comme les maigres résultats obtenus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marlantes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Karl Marlantes&lt;/a&gt;, né en 1944, est un écrivain américain. Ce roman est inspiré de l&amp;rsquo;histoire de ses ancêtres, ce qui explique sans doute les longueurs, peut-être dues au besoin de respecter leur histoire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sud &amp;amp; Ouest - Joan Didion</title>
            <link>https://pled.fr/sud-ouest-joan-didion/</link>
            <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 14:21:21 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sud-ouest-joan-didion/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sud-ouest.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé lire Joan Didion, avec sa vision sans concession et ses phrases qui font mouche, que ce soit par sa chronique de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/lamerique-joan-didion/&#34; &gt;l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt; des années 70, ou de façon romancée comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/mauvais-joueurs-joan-didion/&#34; &gt;Mauvais joueurs&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je me suis alors laissé tenté par ce petit livre présenté comme deux carnets de voyage, l&amp;rsquo;un au Sud des États-Unis dans les années 70, puis un deuxième en 1976 quand Didion s&amp;rsquo;est installée à San Francisco pour y couvrir le procès de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Hearst&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Patty Hearst&lt;/a&gt; (la fille de milliardaire enlevée par un groupe terroriste d&amp;rsquo;extrême-gauche, avec qui elle participera à certaines actions).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela paraissait prometteur, et ce fut une énorme déception, uniquement compensée par la brièveté du récit. Il ne s&amp;rsquo;agit que vagues notes jetées sur le papier, parfois sans même prendre le temps de construire une phrase, souvent sans en donner le contexte, bref cela n&amp;rsquo;a de valeur que pour les historiens qui voudraient se pencher sur la vie et l&amp;rsquo;œuvre de Joan Didion. Que l&amp;rsquo;éditeur se permette de le décrire comme suit relève plus de l&amp;rsquo;arnaque qu&amp;rsquo;autre chose (car ce petit livre est vendu 15 €) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les deux textes nous permettent de mieux comprendre l’Amérique de ces années-là, et de ce fait, l’Amérique de Trump, dans ce court livre brillant où l’acuité du regard de Didion fait toujours mouche.&amp;quot;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour être positif, j&amp;rsquo;ai tout de même retenu deux choses : il y a effectivement cette idée surprenante qu&amp;rsquo;elle énonce et qui prend peut-être tout son sens aujourd&amp;rsquo;hui avec la deuxième élection de Trump :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J’avais seulement une impression, vague et informe, une impression qui me frappait parfois, et que je ne pouvais expliquer de façon cohérente, selon laquelle pendant quelques années le Sud, et en particulier la côte du golfe du Mexique, avait été pour l’Amérique ce qu’on disait encore de la Californie, et ce que pour moi la Californie n’était pas : l’avenir, la source secrète d’une énergie bonne et mauvaise, le centre psychique. Je ne tenais guère à en parler.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une sorte d&amp;rsquo;inversion où les idées progressistes sont reléguées aux oubliettes, et où celles que l&amp;rsquo;on considérait comme rétrogrades reviennent au premier plan. C&amp;rsquo;est écrit en 1970 et plutôt actuel je dirais&amp;hellip; Didion note aussi pendant son séjour dans le Sud :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Distorsion temporelle : la guerre de Sécession, c’était hier, mais on parle de 1960 comme si c’était il y a trois cents ans.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon voilà, inutile d&amp;rsquo;acheter ce livre, qui n&amp;rsquo;en est pas un.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Didion&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joan Didion&lt;/a&gt; (1934-2021) est une journaliste et romancière américaine. Elle a travaillé pour la magazine Vogue à ses débuts. Élue femme de l’année en 1968 par le L.A. Times (aux côtés de Nancy Reagan), elle a aussi coécrit le scénario de &lt;em&gt;Panique à Needle Park&lt;/em&gt;. Son dernier essai, « L’année de la pensée magique » — qui relate la mort soudaine de son mari d’une crise cardiaque — a reçu le National Book Award.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Chien 51 - Laurent Gaudé</title>
            <link>https://pled.fr/chien-51-laurent-gaude/</link>
            <pubDate>Wed, 26 Nov 2025 09:39:21 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chine51.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;ai demandé à la libraire ce qu&amp;rsquo;elle pensait de ce livre, elle m&amp;rsquo;a répondu &amp;ldquo;meilleur que le film !&amp;rdquo;. Ce qui m&amp;rsquo;a rappelé que j&amp;rsquo;avais entendu une émission de radio où l&amp;rsquo;auteur était invité à parler de son livre : c&amp;rsquo;était à l&amp;rsquo;occasion de la sortie du film ! Je n&amp;rsquo;ai pas eu la présence d&amp;rsquo;esprit de lui répondre : &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est toujours le cas !&amp;rdquo;. :wink: Même la couverture du bouquin a été refaite avec l&amp;rsquo;affiche du film&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien Laurent Gaudé, j&amp;rsquo;ai déjà lu deux de ses livres, c&amp;rsquo;est toujours bien écrit et de ce côté c&amp;rsquo;est rassurant. Son style de récit, écrit à la troisième personne histoire de prendre de la distance et de la hauteur par rapport aux faits racontés est reconnaissable entre tous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois, on est plongé d&amp;rsquo;entrée dans une dystopie où la Grèce en pleine faillite est achetée par un consortium privé, et les citoyens priés de quitter le pays pour rejoindre une société futuriste, divisée en trois zones, dont deux sont protégées par un dôme pour se protéger des terribles tempêtes : je vous laisse imaginer ce qu&amp;rsquo;est la zone 3.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Zem alias Chien 51 est un policier de la zone 3, il a trop vécu et se souvient de la Grèce d&amp;rsquo;avant, bien aidé par une drogue puissante qui le replonge à cette époque et le détruit peu à peu. Il va être amené à enquêter sur un meurtre sous les ordres de Salia, une inspectrice de la zone 2 (un maître-chien), ce qui va les mener à approcher les puissants, avec les risques que cela comporte. L&amp;rsquo;occasion aussi de découvrir peu à peu l&amp;rsquo;organisation de cette société technophile et policière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon roman mi-SF, mi-polar, bien écrit. Le scénario m&amp;rsquo;a tout de même laissé sur ma faim, en particulier quand les deux policiers censés enquêter ensemble font subitement cavalier seul, sans explications : ce qui devait arriver arrive donc&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai aussi du relire les derniers paragraphes pour être bien certain d&amp;rsquo;avoir compris la fin : pas vraiment le happy-end auquel je m&amp;rsquo;attendais&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Gaud%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Laurent Gaudé&lt;/a&gt;, né en 1972 à Paris, est un écrivain français. Il a obtenu le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/la-mort-du-roi-tsongor-laurent-gaude/&#34; &gt;La Mort du roi Tsongor&lt;/a&gt; en 2003, puis le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta, en 2004.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Intérieur nuit - Marisha Pessl</title>
            <link>https://pled.fr/interieur-nuit-marisha-pessl/</link>
            <pubDate>Tue, 18 Nov 2025 09:34:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/interieur-nuit-marisha-pessl/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;interieurnuit-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai hésité à choisir ce livre, dont le sujet est la quête d&amp;rsquo;un mystérieux réalisateur de films d&amp;rsquo;horreur, ce qui n&amp;rsquo;est vraiment pas ma tasse de thé. Mais le petit post-it du libraire en disait du bien, tant pour l&amp;rsquo;écriture que pour la qualité de l&amp;rsquo;enquête. Le livre était de plus assez original avec ses coupures de presse et captures d&amp;rsquo;écrans qui parsèment l&amp;rsquo;histoire, pour donner un air de vérité au récit&amp;hellip; À défaut de trouver mieux, j&amp;rsquo;ai tenté l&amp;rsquo;aventure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage central est Scott McGrath, un journaliste déclassé après avoir accusé sans preuves Cordova, le fameux réalisateur. L&amp;rsquo;histoire démarre avec la mort d&amp;rsquo;Ashley, la fille de Cordova : McGrath va vouloir enquêter sur cette mort qu&amp;rsquo;il trouve suspecte afin de percer enfin le mystère qui entoure le réalisateur et toute son œuvre. Il embarque avec lui Nora une jeune fille apprentie actrice et un jeune homme désœuvré Hopper, tous deux croisés au début de son enquête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien écrit, et le ton du narrateur (McGrath) ne manque ni d&amp;rsquo;humour ni de distance quand il le faut, rendant le récit assez agréable, même si l&amp;rsquo;enquête semble assez erratique, chaque étape déclenchant la suivante sans forcément qu&amp;rsquo;un lien ou un semblant de logique semble mener quelque part.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arrivé aux trois-quarts du bouquin, on bascule dans ce que je craignais, quittant la réalité pour un monde de magie noire, de sorcellerie ou même de sacrifice d&amp;rsquo;enfants lors de l&amp;rsquo;incursion au &amp;ldquo;Peak&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;immense propriété chargée de mystère où Cordova a réalisé tous ses films. À moins que tout cela ne soit que le résultat de l&amp;rsquo;imagination débordante et chauffée à blanc de McGrath ? Le récit perd alors beaucoup de son intérêt à mon goût, et la tentative de l&amp;rsquo;auteur pour retomber sur ses pieds dans la partie finale n&amp;rsquo;est pas je trouve une grande réussite. Tout ça pour ça ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas un mauvais bouquin, mais il est nettement préférable d&amp;rsquo;être fan de films d&amp;rsquo;horreur pour l&amp;rsquo;apprécier à sa juste valeur !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marisha_Pessl&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marisha Pessl&lt;/a&gt;, née en 1977, est une écrivaine américaine. En fait j&amp;rsquo;avais déjà lu un roman de cette autrice : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/la-physique-des-catastrophes-marisha-pessl/&#34; &gt;La physique des catastrophes&lt;/a&gt;. En relisant l&amp;rsquo;article que j&amp;rsquo;en avais fait à l&amp;rsquo;époque, je retrouve un peu les mêmes défauts : très verbeux, une intrigue un peu faible, et une fin laborieuse. &amp;ldquo;L’enfant prodige de la littérature américaine&amp;rdquo; a encore un long chemin devant elle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un pays à l&#39;aube - Dennis Lehane</title>
            <link>https://pled.fr/un-pays-a-laube-dennis-lehane/</link>
            <pubDate>Mon, 10 Nov 2025 16:49:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-pays-a-laube-dennis-lehane/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;unpaysalaube-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un livre choisi au hasard chez le libraire, et qui s&amp;rsquo;est révélé être une très bonne surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne trouvais rien qui me plaisait ou m&amp;rsquo;attirait au rayon Littérature, je suis alors allé voir côté romans policiers, et j&amp;rsquo;ai regardé celui-là : la collection Rivages/Noir est une référence, et l&amp;rsquo;épaisseur du livre me convenait (856 p, je cherchais un gros roman pour mieux m&amp;rsquo;y plonger). Le quatrième de couverture parlait de l&amp;rsquo;après première guerre mondiale aux États-Unis, de problèmes raciaux ainsi que d&amp;rsquo;infiltration des milieux anarchistes&amp;hellip; Tout cela m&amp;rsquo;a convaincu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ma première impression, c&amp;rsquo;est que c&amp;rsquo;est un vrai roman, pas un simple roman policier même si le personnage principal est flic ; c&amp;rsquo;est très bien écrit, avec une histoire bien prenante, et où l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est bien documenté sur l&amp;rsquo;époque, ce qui ajoute toujours de l&amp;rsquo;intérêt au récit je trouve.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le premier sujet abordé, c&amp;rsquo;est le racisme : ce dernier est omniprésent dans les rapports sociaux, et les noirs ont intérêt à rester à leur place ! À cette époque, on peut parler de ségrégation même si la situation peut différer d&amp;rsquo;un état à l&amp;rsquo;autre. Leurs droits sont réduits au minimum, et un blanc à tout pouvoir au moindre prétexte. Luther Laurence, jeune ouvrier noir de l&amp;rsquo;Ohio, en fera l&amp;rsquo;expérience dès le début du roman au cours d&amp;rsquo;une partie de base-ball improvisée avec des joueurs professionnels (blancs bien sûr) dont le train est en panne, et qui se font malmener par ces jeunes noirs pour qui le base-ball est un jeu&amp;hellip; Mais peuvent-ils battre des blancs pour autant ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Luther va finir par se retrouver à Boston, dans un climat d&amp;rsquo;après-guerre avec des policiers à peine payés qui ne peuvent nourrir leur famille, et menacent de se syndiquer ou pire de faire grève (une hérésie pour l&amp;rsquo;establishment). Tout cela dans un milieu social très tendu, avec des anarchistes, émigrés pour la plupart, qui veulent s&amp;rsquo;en prendre au système capitaliste tellement inégalitaire dans cette période d&amp;rsquo;immense pauvreté. L&amp;rsquo;agent Danny Coughlin, pourtant issu d&amp;rsquo;une famille de nantis, va se retrouver malgré lui à mener le mouvement contestataire, face à un chef de la police qui ne pense qu&amp;rsquo;à les réprimer (l&amp;rsquo;occasion aussi de voir brièvement J.E. Hoover encore tout jeune commencer à dresser ses listes de citoyens et à combattre &amp;ldquo;le péril rouge&amp;rdquo;). Tout cela va dégénérer en terribles émeutes. Luther et Danny vont se lier d&amp;rsquo;amitié au milieu de tous ces dangers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une histoire très prenante, d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;elle se base sur évènements qui ont vraiment eu lieu, décrivant une époque pas forcément connue, comme celle du mouvement anarchiste et de la montée du syndicalisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dennis_Lehane&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dennis Lehane&lt;/a&gt;, né en 1965 à Boston, est un écrivain d&amp;rsquo;origine irlandaise, et auteur de romans policiers, dont le cadre est presque exclusivement la ville de Boston. Ses romans ont été plusieurs porté à l&amp;rsquo;écran :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;2003 : Mystic River de Clint Eastwood&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2007 : Gone Baby Gone de Ben Affleck&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2010 : Shutter Island de Martin Scorsese&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2014 : Quand vient la nuit (The Drop) de Michaël R. Roskam&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2016 : Live by Night de Ben Affleck&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout ça me donne envie de mieux découvrir cet auteur. Je lirais bien Mystic River par exemple, dont Eastwood a tiré un film très fidèle au roman. Et la bonne nouvelle, c&amp;rsquo;est que &lt;em&gt;Un pays à l&amp;rsquo;aube&lt;/em&gt; est le premier d&amp;rsquo;une trilogie &amp;ldquo;Coughlin&amp;rdquo; : il est suivi de &lt;em&gt;Ils vivent la nuit&lt;/em&gt; puis de &lt;em&gt;Ce monde disparu&lt;/em&gt;. De bons moments de lecture en perspective !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le complot contre l&#39;Amérique - Philip Roth</title>
            <link>https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/</link>
            <pubDate>Sat, 18 Oct 2025 14:58:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;complot.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Philip Roth, un grand écrivain et une valeur sûre en terme de roman et de qualité d&amp;rsquo;écriture. Ça faisait longtemps que j&amp;rsquo;avais coché ce livre, cette dystopie où l&amp;rsquo;auteur imagine ce qui se serait passé si le célèbre aviateur Charles Lindbergh avait gagné les élections en 1940 aux dépends de Roosevelt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Charles Lindbergh, très populaire, avait dans la vraie vie exprimé sa sympathie à l&amp;rsquo;égard d&amp;rsquo;Hitler, et reproché aux juifs américains de pousser l&amp;rsquo;Amérique à entrer en guerre. Le scénario n&amp;rsquo;est donc pas totalement éloigné d&amp;rsquo;une réalité possible : celle où les juifs américains sont peu à peu ostracisés, et amenés à craindre le pire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le roman n&amp;rsquo;est pas une simple dystopie qui pourrait effectivement être très sombre, car tout est raconté par les yeux d&amp;rsquo;un enfant de 7 ans, le petit Philip, dont la famille vit à Newark dans un petit appartement, le père étant agent d&amp;rsquo;assurance, la mère au foyer, avec un frère un peu plus âgé : une famille comme tant d&amp;rsquo;autres, qui arrive peu ou prou à joindre les deux bouts, peu religieuse, et avant tout américaine. C&amp;rsquo;est extrêmement bien vu et cela apporte beaucoup de fraîcheur à l&amp;rsquo;histoire, avec la compréhension globale du gamin des évènements qui se succèdent, et la vision un peu fantasmée par son imagination qu&amp;rsquo;il en a :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est la peur qui préside à ces Mémoires, une peur perpétuelle. Certes, il n’y a pas d’enfance sans terreurs, mais tout de même : aurais-je été aussi craintif si nous n’avions pas eu Lindbergh pour président, ou si je n’étais pas né dans une famille juive ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car Lindbergh une fois élu conclut un accord avec Hitler, et le nouveau président met en avant la neutralité et le refus d&amp;rsquo;envoyer de jeunes américains se faire tuer, ce qui lui assure une certaine popularité. Puis le gouvernement crée un programme appelé &amp;ldquo;Des gens parmi d&amp;rsquo;autres&amp;rdquo;, destinés à envoyer de jeunes garçons &amp;ldquo;issus de minorités religieuses&amp;rdquo; au fin fond de l&amp;rsquo;Amérique profonde pour mieux s&amp;rsquo;intégrer à la société américaine, programme auquel participera Andy, le frère aîné de Phil. C&amp;rsquo;est le début de mesures visant particulièrement les juifs, et l&amp;rsquo;inquiétude monte vite sur ce qui pourrait suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Phil va avoir matière à réflexion : entre son père très attaché aux valeurs de la démocratie américaine, sa mère prête à émigrer au Canada, son grand frère qui revient avec de nouvelles idées en tête du programme qui l&amp;rsquo;a envoyé 6 mois au Kentucky, son cousin Calvin qui a choisi dès le début de partir combattre Hitler sous les couleurs de l&amp;rsquo;armée canadienne, et qui en revient estropié et très aigri quelques mois plus tard&amp;hellip; Jusqu&amp;rsquo;à sa tante qui se marie à un rabbin corrompu qui sert de caution morale à Lindbergh pour valider sa politique auprès des chrétiens&amp;hellip; Le gamin va avoir bien du mal à se construire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis ce sera le tour du programme &amp;ldquo;Homestead 42&amp;rdquo; : cette fois c&amp;rsquo;est la société d&amp;rsquo;assurance où travaille le père de Phil qui le relocalise dans une bourgade du Kentucky, ce qui obligerait la famille entière à quitter son quartier de Newark et sa communauté juive où ils se sentent malgré tout en sécurité. Les choses deviennent sérieuses et la situation se tend, d&amp;rsquo;autant que la violence anti-juive et des débuts de pogrom commencent à faire leur apparition.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Heureusement, Phil nous raconte aussi sa vie au quotidien, avec ses yeux d&amp;rsquo;enfant, et cela rend la lecture de ce roman beaucoup plus légère que la société et ce qui s&amp;rsquo;y passe, fort heureusement. Comme cette anecdote à propos de son cousin Calvin qui m&amp;rsquo;a fait éclater de rire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Lorsqu’il prit de l’âge et du poids, et que son moignon s’écorcha du même coup de façon chronique, lorsqu’il dut passer des semaines sans mettre sa prothèse en attendant qu’elle cicatrise, Minna le conduisit à la plage publique, l’été, et tout habillée sous un grand parasol, le couva du regard : il passait des heures à batifoler dans le ressac réparateur, se balançait avec la vague, faisait la planche en crachant des geysers salés, et puis, pour semer la panique chez les touristes de la plage bondée, jaillissait de l’eau en criant : « Un requin, un requin ! » tout en désignant son moignon d’un air horrifié.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philip Roth a fort judicieusement inséré à la fin du roman une chronologie véritable de personnages principaux de son roman, ce qui permet de resituer la réalité dans cette dystopie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y apprend tout de même que Lindbergh trouvait Hitler plutôt sympathique, qu&amp;rsquo;il avait été décoré sur ordre du Führer de la Croix de l’Aigle allemand, médaille d’or à quatre petites croix gammées, qu’on décerne aux étrangers pour services rendus au Reich. Et les propos qu&amp;rsquo;il tenait sur les juifs peuvent largement le faire passer pour un antisémite. Il faudra Pearl Harbour pour le faire changer d&amp;rsquo;avis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre personnage, pas assez présent dans le roman, mérite d&amp;rsquo;être noté : Henri Ford, lui aussi décoré par le gouvernement de Hitler, se revendiquant lui aussi pacifiste, et comme Lindbergh rendant les juifs responsables de la guerre, et particulièrement les banquiers judéo-allemands.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En mai 1920, le Dearborn Independent, qu’il a racheté en 1918, publie le premier de quatre-vingt-onze articles détaillés que Ford consacre à dénoncer « le Juif international : problème mondial » ; les numéros suivants publieront en feuilleton les Protocoles des Sages de Sion, censés révéler la stratégie des Juifs pour dominer le monde, document fabriqué de toutes pièces qu’il fait passer pour authentique. Deux ans après la première parution du journal, le tirage atteint près de 300 000 exemplaires. On force la main aux concessionnaires Ford pour qu’ils s’y abonnent comme à un produit dérivé ; les articles, violemment antisémites, sont réunis dans une édition en quatre volumes : The International Jew : A World Foremost Problem.&lt;br&gt;&#xA;[&amp;hellip;]&lt;br&gt;&#xA;Vers le milieu des années vingt, il est poursuivi en justice par un avocat de Chicago pour diffamation ; l’affaire se règle hors des prétoires. En 1927, il se rétracte et cesse d’attaquer les Juifs ; il accepte de mettre un terme à ses publications antisémites ; il ferme le Dearborn Independent, entreprise déficitaire qui lui a coûté pas loin de cinq millions de dollars.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui encore, beaucoup de gens croient à la réalité des Protocoles des Sages de Sion&amp;hellip; Quelle misère ! :cry:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article sur Philip Roth sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12164&#34; &gt;J’ai épousé un communiste&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11887&#34; &gt;Goodbye, Colombus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/indignation-philip-roth/&#34; &gt;Indignation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Roth&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip Roth&lt;/a&gt; (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Comme des ombres sur la terre - James Welch</title>
            <link>https://pled.fr/comme-des-ombres-sur-la-terre-james-welch/</link>
            <pubDate>Tue, 14 Oct 2025 13:52:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/comme-des-ombres-sur-la-terre-james-welch/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ombressurlaterre.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai déjà lu deux livres de cet auteur, qui a la particularité d&amp;rsquo;être amérindien et plus précisément né dans la réserve indienne Pieds-Noirs de Browning dans le Montana. Autant vous le dire tout de suite, j&amp;rsquo;ai adoré ce récit véritablement étonnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car si dans les deux romans transparaissaient les origines indiennes de l&amp;rsquo;auteur, par ses personnages principaux eux aussi indiens et évoluant dans le monde moderne, dans celui-ci, nous allons plonger à l&amp;rsquo;intérieur d&amp;rsquo;une tribu Blackfeet vivant dans le Montana, dans les années 1870, à l&amp;rsquo;époque où les blancs ne cessent de gagner du terrain de façon inéluctable, malgré les traités signés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Se battre contre eux est sans espoir, tant ils sont nombreux et cruels, et il ne reste à la tribu d&amp;rsquo;autre choix que de tenter désespérément de continuer à vivre selon leur mode de vie tant que c&amp;rsquo;est encore possible. Nous allons suivre l&amp;rsquo;évolution d&amp;rsquo;un jeune garçon de 15 ans, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il devienne un père de famille au milieu de tous ces bouleversements.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une véritable immersion, et il faudra que le lecteur devine le sens de certains mots, notamment celui des animaux (cornes-noires, remue-la-queue, ours-vrai, quatre-jambes, mordeurs-de-bois, etc&amp;hellip;), ou des saisons comme des lieux : tous les noms donnés représentent leur essence, c&amp;rsquo;est à la fois beau et poétique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est vite transporté dans l&amp;rsquo;histoire, la vie de &amp;ldquo;Chien de l&amp;rsquo;Homme Blanc&amp;rdquo; qui prendra ensuite le nom de &amp;ldquo;Trompe-le-Corbeau&amp;rdquo; après un raid chez les Crows pour leur voler des chevaux. Puis il apprendra à soigner avec le secours d&amp;rsquo;un homme-aux-multiples-visages, aura des visions et découvrira son animal-pouvoir, Oiseau Corbeau. Tout ce récit nous transporte dans le monde des indiens Blackfeet, et c&amp;rsquo;est magnifique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En guise d&amp;rsquo;extrait, voilà juste le premier paragraphe :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Maintenant que le temps avait changé, la lune-des-feuilles-qui-tombent blanchissait dans le ciel noir et Chien de l’Homme Blanc se sentait inquiet. Mâchant un bâton de viande séchée, il regarda Faiseur de Froid rassembler ses forces. Au nord, les nuages sombres s’amoncelaient en cercles, entamant leur danse avec une lente fureur délibérée. La nuit s’avançait, et il se tourna vers les marécages qui bordaient la Rivière des Deux Médecines. Les feux allumés en vue du repas illuminaient l’intérieur des tipis des Mangeurs Solitaires. C’était le moment de la soirée où les chiens eux-mêmes se reposaient et où les chevaux paissaient tranquillement le long des berges herbeuses.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Welch&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Welch&lt;/a&gt; (1940-2003), est un romancier et poète américain, né dans la réserve indienne des Pieds-Noirs, dans le Montana. Son succès ouvrira la voie à plein d’autres auteurs amérindiens.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bleus blancs rouges - Benjamin Dierstein</title>
            <link>https://pled.fr/bleus-blancs-rouges-benjamin-dierstein/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Oct 2025 14:01:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/bleus-blancs-rouges-benjamin-dierstein/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bbr.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman politico-policier traitant des années 80 et des troubles de l&amp;rsquo;époque : Mesrine l&amp;rsquo;ennemi public numéro un, les attentats du FPLP, Action Directe, etc&amp;hellip; Le tout sur fond politique avec les années Giscard, avec l&amp;rsquo;affaire des diamants de Bokassa, la montée en puissance de Miterrand, l&amp;rsquo;affaire Robert Boulin, etc&amp;hellip; Les ingrédients étaient là pour écrire roman passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et l&amp;rsquo;histoire commence bien avec Marco et Jacquie, tous les deux à l&amp;rsquo;école de police, tous deux postulants pour la première place, l&amp;rsquo;un penchant nettement côté droite-catho, l&amp;rsquo;autre qui va peu à peu se découvrir à gauche&amp;hellip; Viendront vite se greffer au récit le milieu de la prostitution de luxe et des boites de nuit parisiennes, les barbouzes de la &amp;ldquo;France-Afrique&amp;rdquo;, les hommes politiques, le S.A.C, Kadhafi&amp;hellip; Ajoutez à cela les différents organes de l&amp;rsquo;état : DST, RG, BRI, j&amp;rsquo;en passe et des meilleurs, l&amp;rsquo;auteur ne recule devant rien !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais la lecture va vite devenir difficile, et j&amp;rsquo;avoue avoir eu un peu de mal à finir ce roman, pour découvrir qu&amp;rsquo;après toutes ces pages, il faudra attendre un tome deux puis un troisième, l&amp;rsquo;auteur étant à priori un adepte des trilogies. Ce sera sans moi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors quoi ? d&amp;rsquo;abord la médiocrité de la plupart des personnages, leur grossièreté, leur machisme omniprésent rend la lecture difficile. La pauvre Jacquie a bien du mal à exister dans l&amp;rsquo;histoire, elle disparaît d&amp;rsquo;ailleurs peu à peu. Place aux mecs, aux salauds, ceux pour qui la violence est la meilleure façon de s&amp;rsquo;exprimer, et une bonne baise la meilleure façon de se défouler après une dure journée (la place des femmes est essentiellement réduite à ce rôle). Et les dialogues sont à l&amp;rsquo;image des personnages, au ras des pâquerettes. Il en ressort un ensemble caricatural et nauséeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au contexte historique, l&amp;rsquo;auteur nous raconte ce qu&amp;rsquo;il veut, c&amp;rsquo;est son interprétation, à prendre ou à laisser : il s&amp;rsquo;est sans doute beaucoup documenté si l&amp;rsquo;on en croit la bibliographie en fin de volume, mais de là à nous raconter comment Robert Boulin est mort&amp;hellip; Dès lors, le reste n&amp;rsquo;est-il pas à l&amp;rsquo;avenant ? Alors pourquoi se &amp;ldquo;payer&amp;rdquo; toute cette noirceur et cette vulgarité pour une histoire qui comme la police n&amp;rsquo;avance que très lentement, plus occupée par une guéguerre des services qu&amp;rsquo;à arrêter les terroristes. On tourne en rond, et l&amp;rsquo;ennui le dispute au désintérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le &amp;ldquo;James Ellroy à la française&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est pas pour ce coup-ci, loin s&amp;rsquo;en faut !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Dierstein&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Benjamin Dierstein&lt;/a&gt;, né en 1983 à Lannion, est un auteur de romans policiers. Il a obtenu le Prix Landerneau Polar des Espaces Culturels E.Leclerc 2025 pour ce roman. Tout cela fleure bon la Bretagne, mais ne suffit pas à me convaincre de lire la suite.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le restaurant de l&#39;amour retrouvé - Ito Ogawa</title>
            <link>https://pled.fr/le-restaurant-de-lamour-retrouve-ito-ogawa/</link>
            <pubDate>Sun, 28 Sep 2025 16:21:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-restaurant-de-lamour-retrouve-ito-ogawa/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ogawa-ito.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman offert par mon cousin Olivier : de la littérature japonaise et un roman traitant d&amp;rsquo;un restaurant et de cuisine, cela ne pouvait pas me déplaire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Rinco, une jeune fille vivant à Tokyo, qui perd sa voix quand son petit-ami l&amp;rsquo;abandonne, et qui décide de retourner dans le village de son enfance où vit encore sa mère, pour y ouvrir un restaurant, nommé &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Escargot&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce restaurant qui ne dispose que d&amp;rsquo;une seule table fonctionne de manière un peu particulière, et uniquement sur réservation : Rinco s&amp;rsquo;entretient alors longuement avec les convives auparavant afin de déterminer le plat qu&amp;rsquo;elle va leur préparer. Si le modèle économique paraît peu crédible, les plats ainsi préparés vont rendre les clients heureux, et la rumeur va ainsi se propager : en mangeant à &lt;em&gt;L’Escargot,&lt;/em&gt; on voyait ses vœux réalisés et ses amours comblées. Il faut dire qu&amp;rsquo;ils sont justement préparés avec amour, comme Rinco l&amp;rsquo;explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si tu cuisines en étant triste ou énervée, le goût ou la présentation en pâtissent forcément. Quand tu prépares à manger, pense toujours à quelques chose d&amp;rsquo;agréable, il faut cuisiner dans la joie et la sérénité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ma grand-mère me le disait souvent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc un hymne à la cuisine japonaise, à son raffinement, à la beauté et au goût unique d&amp;rsquo;un légume ou d&amp;rsquo;un fruit qui a poussé dans les meilleures conditions&amp;hellip; On retrouve toute la sophistication de la culture japonaise, cette fois sur le côté culinaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste l&amp;rsquo;histoire manque un peu de contenu, tout comme les personnages certes originaux mais pas vraiment aboutis. On ne peut pas dire non plus que ce soit très bien écrit, mais c&amp;rsquo;est le premier roman de cet autrice, on lui pardonnera donc en se concentrant sur les plats préparés et l&amp;rsquo;attention qui leur est portée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ito_Ogawa&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ito Ogawa&lt;/a&gt;, née en 1973, est une écrivaine japonaise. Ce roman a été porté à l&amp;rsquo;écran sous le titre de &lt;em&gt;Rinco&amp;rsquo;s Restaurant&lt;/em&gt;. Elle a aussi écrit &lt;em&gt;La papeterie Tsubaki&lt;/em&gt;, qui a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;être plus apprécié des lecteurs, avec toujours comme centre d&amp;rsquo;intérêt la culture japonaise (ici la calligraphie). C&amp;rsquo;est la tome 1 d&amp;rsquo;une série de trois : suivent &lt;em&gt;La république du bonheur&lt;/em&gt;, et &lt;em&gt;Lettres d&amp;rsquo;amour de Kamakura&lt;/em&gt;. De tous ces romans, il ressort à chaque fois une atmosphère de &amp;ldquo;feel good story&amp;rdquo; semble-t-il, à voir si l&amp;rsquo;on aime ou pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lochazuke&#34;&gt;L&amp;rsquo;ochazuke&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Et puisque l&amp;rsquo;on parle cuisine, j&amp;rsquo;ai retenu son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://ohmonbento.com/ochazuke/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ochazuke&lt;/a&gt;, qu&amp;rsquo;elle prépare avec le strict minimum, obligée de préparer quelque chose dans l&amp;rsquo;urgence en n&amp;rsquo;ayant pratiquement rien sous la main :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans l’autocuiseur à riz du bar, il devait rester du riz blanc qui n’avait pas été utilisé pour la soupe de riz, un peu plus tôt. Avec ce morceau de katsuobushi, je pourrais faire un excellent bouillon. Du bouillon et du riz : j’allais préparer un ochazuke tout simple. Je me suis mise à découper avec énergie la bonite séchée en copeaux. En cherchant bien, j’ai même eu la chance de retrouver des algues kombu dans un tiroir.[&amp;hellip;]&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J’ai enlevé les algues de la casserole au bon moment et, après une brève pause, j’y ai versé une généreuse portion de copeaux de bonite fraîchement râpée. Dès que la bonite a commencé à sentir bon, j’ai éteint le gaz et filtré le liquide à la passoire. Jusque-là, tout allait bien, comme d’habitude. Un peu de sel pour finir et ce serait parfait.&#xA;Puis j’ai rempli un grand bol, réchauffé au préalable, avec du riz pris dans l’autocuiseur, et j’ai versé par-dessus le bouillon que je venais juste de préparer. C’était prêt. Comme il restait quelques brins de ciboule de Hakata sur la planche à découper, je les ai rassemblés et posés sur l’ochazuke.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà d&amp;rsquo;autres infos &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://ohmonbento.com/ochazuke/#Ingredients_et_Variantes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt; sur ce plat traditionnel. Il s&amp;rsquo;agit donc d&amp;rsquo;un plat tout simple à base de riz et de thé vert (ou de bouillon miso), auquel on vient ajouter un peu ce que l&amp;rsquo;on veut dans une version moins sommaire que celle du roman. Je pourrais m&amp;rsquo;inspirer de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://sudachirecipes.com/cold-ochazuke/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cette recette&lt;/a&gt; et faire mon propre Ochazuke&amp;hellip; Car faire un bouillon avec des algues de Bretagne et du Katsuobushi &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pen-online.com/fr/food/une-usine-de-bonite-sechee-au-coeur-de-la-bretagne/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;fabriqué à Concarneau&lt;/a&gt;, ça devrait être facile non ? :wink:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Liberté sous condition - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/liberte-sous-condition-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Sat, 27 Sep 2025 08:08:02 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;libertesouscondition.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le poche que j&amp;rsquo;avais choisi sur mon étagère cet été pour aller à la plage. Un bon polar de Jim Thompson, je ne prenais pas de gros risques !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Honnêtement, ce n&amp;rsquo;est pas son meilleur roman, mais il a la particularité d&amp;rsquo;être le numéro 1 paru dans la collection Rivages Noir, ce qui n&amp;rsquo;est pas un mince honneur !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Patrick Cosgrove, appelons-le Pat, condamné sévèrement à une longue peine de prison pour une erreur de jeunesse. Il obtient une mise en liberté sous condition dans la petite ville de Capital City, sous le contrôle de Doc Luther, un politicien prêt à tout pour se sortir des prochaines élections&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pat a beau être très intelligent, il a bien du mal à voir clair dans le jeu de dupes organisé par le Doc&amp;hellip; Tout le suspens de l&amp;rsquo;histoire se tient là : comment Pat va-t-il pouvoir se sortir du piège qui manifestement lui a été tendu, mais qui reste d&amp;rsquo;une opacité à toute épreuve ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dénouement nous réserve une belle surprise, et pour une fois avec Jim Thompson, la fin est plutôt optimiste&amp;hellip; Un bon roman de plage !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977), est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Il écrira au total vingt-neuf romans, en partie autobiographiques, dont la plupart servant avant tout à rembourser des dettes. Il meurt dévoré par l’alcool et la maladie, dans la misère et l’anonymat.&lt;br&gt;&#xA;Il a peu été reconnu de son vivant, ce n’est qu’après sa mort que sa réputation grandit. Côté cinéma français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a été adapté de « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » comme autre adaptation connue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jim Thompson a aussi écrit une sorte d&amp;rsquo;autobiographie intitulée &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/vaurien-jim-thompson/&#34; &gt;Vaurien&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;avais beaucoup appréciée, hélas difficile à trouver de nos jours, on se demande ce que font les éditeurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Retour à Matterhorn - Karl Marlantes</title>
            <link>https://pled.fr/retour-a-matterhorn-karl-marlantes/</link>
            <pubDate>Wed, 10 Sep 2025 08:07:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/retour-a-matterhorn-karl-marlantes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;matterhorn.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman choisi au hasard sur la table du libraire, le petit carton écrit à la main en disait le plus grand bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est principalement l&amp;rsquo;histoire de Mellas, jeune sous-lieutenant de réserve, affecté à la compagnie Bravo, qui tient une position au sommet d&amp;rsquo;une colline appelée Matterhorn, perdue en pleine jungle vietnamienne, et Mellas se demande comment il va bien pouvoir sortir en vie de cette sale histoire. Car la mort est omniprésente, chacun le sait, et la peur est sa compagne. La jungle elle-même est un danger, le terrain est hostile, le ravitaillement souvent impossible provoque la faim et la soif, et la fatigue et le manque de sommeil complètent le tableau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La compagnie reçoit l&amp;rsquo;ordre d&amp;rsquo;abandonner la position pour aller affronter une jungle hostile, pour un périple aussi terrible qu&amp;rsquo;inutile. Après un bref retour vers les lignes arrière, l&amp;rsquo;ordre est alors donné à la compagnie d&amp;rsquo;aller reconquérir la colline, désormais occupée par les vietnamiens. Cela ne se fera pas sans de lourdes pertes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tous ces soldats sont des gamins de 18-20 ans, qui connaissent à peine la vie, et que la guerre va transformer ou simplement tuer. Les conflits raciaux propres aux américains sont également omniprésents dans le groupe, et la hiérarchie militaire, par ses décisions largement contestables, va déclencher des réactions incontrôlables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est vraiment un grand roman sur la guerre, qui la décrit comme elle est, avec ce qu&amp;rsquo;elle fait aux hommes, comment elle les transforme. Le récit est très prenant. Et concernant la guerre du Vietnam, ils savent tous que seuls les vietnamiens peuvent la gagner, et cela prendra le temps qu&amp;rsquo;il faudra. La vacuité de toute guerre apparaît comme une évidence, au cas où ce serait nécessaire de le rappeler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marlantes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Karl Marlantes&lt;/a&gt;, né en 1944, est un écrivain américain. Le roman s&amp;rsquo;inspire de l&amp;rsquo;expérience de l&amp;rsquo;auteur au Vietnam, même si tout est pure fiction comme annoncé dans une courte préface.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Jours barbares - William Finnegan</title>
            <link>https://pled.fr/jours-barbares-william-finnegan/</link>
            <pubDate>Sat, 30 Aug 2025 14:20:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/jours-barbares-william-finnegan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;joursbarbares.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre était proposé par François Busnel lors de son émission &amp;ldquo;La p&amp;rsquo;tite librairie&amp;rdquo;. Le sujet m&amp;rsquo;a plu, l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une vie, même si j&amp;rsquo;étais averti qu&amp;rsquo;il y avait &amp;ldquo;beaucoup de surf&amp;rdquo; dans ce récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beaucoup de pages sur le surf donc, mais on y apprend tout de même beaucoup de choses, en particulier la complexité des connaissances à acquérir sur un spot pour en apprécier les qualités et savoir choisir les vagues : les vents, les fonds, la houle, le take-off, la météo, etc&amp;hellip; Il faut beaucoup de temps et d&amp;rsquo;abnégation pour y arriver. Sans oublier les dangers de ce sport, entre les récifs sur lesquels on peut être projeté, et la vague qui vous plaque sous l&amp;rsquo;eau qui vous obligera à attendre de remonter à la surface pour respirer à nouveau ; si à ce moment là une deuxième vague vous renvoie au fond, cela peut devenir très compliqué&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En dehors de ça, la vie de ce jeune homme passionné qui quitte tout, réfractaire au système, est très intéressante : nous sommes dans les années 70, en Californie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Avec véhémence, je me faisais l’avocat de l’insoumission, qui, sans doute, modèlerait un peu mon futur, et commençait déjà à bouleverser l’existence des frères aînés de certains de mes amis. La guerre du Vietnam était mauvaise, pourrie jusqu’à l’os. Dans ma tête, l’armée, le gouvernement, la police et les grandes entreprises se confondaient. Comme soudés les uns aux autres, en une unique masse oppressive… le Système, le Pouvoir. C’était à l’époque, bien entendu, l’idéologie politique courante chez les jeunes, et je n’ai pas tardé à ajouter les autorités scolaires à l’ennemi. Mon attitude désinvolte, voire méprisante, à l’égard de la loi, n’était surtout qu’une rémanence de l’enfance, où le défi et les ennuis auxquels on peut se soustraire forment une bonne partie de la gloriole.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien sûr une époque, mais sa façon de penser et de voyager (au moins dans les premières années), de vouloir s&amp;rsquo;imprégner des coutumes locales, ça m&amp;rsquo;a parlé. Parti de Californie à Hawaï avec un ami, il poursuit sa quête des vagues à travers le Pacifique Sud, toujours vers l&amp;rsquo;ouest : les îles Fidji, Samoa, jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;Australie, puis l&amp;rsquo;Afrique du Sud, où il va se retrouver enseignant dans une école réservée aux Noirs, en plein Apartheid. Cette expérience sera fondatrice. Il va revenir aux États-Unis, à New-York, et y devenir journaliste et écrivain. Mais malgré tout, malgré les années qui commencent à peser physiquement (car le surf demande beaucoup d&amp;rsquo;énergie), il continue de surfer, encore et encore&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un autre extrait vers la fin du livre, empreint de nostalgie sur une époque désormais révolue, où le surf était la passion de quelques uns, et où les meilleurs spots étaient un secret jalousement gardé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cinq planches de surf rouge sang sont boulonnées à un mur de granit de Times Square. Depuis 1987, date à laquelle j’ai commencé à travailler pour le &lt;em&gt;New Yorker&lt;/em&gt;, j’ai traversé Times Square par tous les temps, mais je n’ai commencé à m’y sentir mal à l’aise qu’au cours de ces dernières années. En grande partie à cause de ces planches. Ce sont des pintails en single, au nose élégamment mais exagérément effilé. Ce ne sont pas de vraies planches, seulement un décor – la vitrine d’un point de vente Quiksilver –, mais leur contour en goutte d’eau étirée me rappelle viscéralement un moment de ma vie et un lieu (Hawaï, la fin de mon adolescence), où des planches de forme identique étaient du dernier cri lorsqu’on prenait les plus grandes vagues. Mais, en plus, il y a cette vidéo qui passe en boucle sur les nombreux grands écrans qui surplombent le même magasin. Pour tous les autres passants, ce n’est sans doute que clinquant et plaisir pour les yeux. Cette vague turquoise qui roule d’un écran à l’autre ? Je la connais, cette vague. Elle se trouve dans l’est de Java, à la lisière d’une jungle. Bryan et moi avons campé là-bas, dans une cabane branlante au sommet d’un arbre. C’était dans une vie antérieure. Pourquoi faut-il qu’ils montrent ici cette vague précisément ? Et ce jeune gars qui, le dos voûté, glisse dans ses profondeurs ? Je sais qui c’est. C’est un personnage curieux, en raison surtout de son refus d’exploiter son talent. Il ne concourt pas, ne se livre pas non plus à des démonstrations ostentatoires dans les situations qui, de toute évidence, devraient les appeler. Ses sponsors, dont Quiksilver, le paient pour surfer ainsi avec obstination et style : une sorte de Bartleby postmoderne, admiré dans tout le milieu du surf pour son déni de tout. Et alors, si je reconnais au premier coup d’œil ce flemmard qui enfile un tube indonésien qui m’est familier, quelle importance ? Eh bien, c’est parce qu’il me semble, parfois, que ma vie privée, une partie importante de mon âme, est exposée là, livrée au regard de tous, comme n’importe quelle affiche publicitaire vantant telle camionnette ou tel crédit à la consommation, et ce, sur toutes les surfaces où mes yeux se posent, y compris, dernièrement, sur les écrans de télévision des taxis.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les surfeurs espèrent avec amertume que le surf se ringardisera un jour comme la pratique des rollers. Alors, peut-être, des millions de kooks renonceront-ils et laisseront-ils les vagues aux seuls purs et durs. Mais les multinationales qui cherchent à fourguer l’image et l’idée du surf sont bien décidées, naturellement, à “promouvoir ce sport”.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce dernier chapitre, malgré la nostalgie d&amp;rsquo;une époque, l&amp;rsquo;auteur garde toujours l&amp;rsquo;amour et l&amp;rsquo;envie d&amp;rsquo;aller surfer dès qu&amp;rsquo;il en a la possibilité, et c&amp;rsquo;est sans doute le message qui reste après cette lecture : l&amp;rsquo;histoire de la passion d&amp;rsquo;une vie, jamais reniée et jamais épuisée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/William_Finnegan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Finnegan&lt;/a&gt;, né en 1952, est un écrivain et journaliste américain. Il s&amp;rsquo;est particulièrement attaqué aux questions du racisme et des conflits en Afrique australe et de la politique au Mexique et en Amérique du Sud. Ce livre (titre original : &amp;quot; &lt;em&gt;Barbarian Days: A Surfing Life&lt;/em&gt;&amp;quot;) a reçu le prix Pulitzer 2016 pour la biographie ou l&amp;rsquo;autobiographie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La forêt de cristal - J.G. Ballard</title>
            <link>https://pled.fr/la-foret-de-cristal-j-g-ballard/</link>
            <pubDate>Fri, 22 Aug 2025 14:43:45 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;foretdecristal-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant l&amp;rsquo;été, je prends un format poche dans ma bibliothèque pour aller à la plage&amp;hellip; Ça permet de relire un livre lu il y a bien longtemps&amp;hellip; À l&amp;rsquo;époque, j&amp;rsquo;étais assez fan de cette collection &amp;ldquo;présence du futur&amp;rdquo; et j&amp;rsquo;en achetais régulièrement pour découvrir la S.F. J&amp;rsquo;ai pris celui-là au hasard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, la relecture de celui-ci ne me laissera pas de grands souvenirs. Une forêt en Afrique se transforme en cristal, irradiant une lumière surnaturelle et fascinante. Le Dr Sanders arrive sur les lieux, invité par des amis eux aussi médecins, à venir voir cet étrange phénomène. Mais la petite ville de Mont Royal est déjà hors d&amp;rsquo;atteinte, l&amp;rsquo;armée a bouclé le territoire, et le mal semble s&amp;rsquo;étendre sur la planète puisque Miami serait aussi touché&amp;hellip; Sanders va tout de même trouver le moyen de se rendre sur place&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avoue ne pas avoir vraiment accroché, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est échiné à trouver comment décrire cette forêt et n&amp;rsquo;a pas ménagé ses efforts certes, mais l&amp;rsquo;ensemble est assez répétitif et sans grand intérêt autre que littéraire (il a vraiment fait le tour de tout le vocabulaire possible pour décrire un phénomène de ce type). Tout cela au détriment de l&amp;rsquo;histoire qui va se révéler assez ennuyeuse, assortie d&amp;rsquo;une vague réflexion philosophique sur la mort et la vie éternelle ou un truc du genre qui m&amp;rsquo;a laissé de marbre (humour !). Bon je n&amp;rsquo;ai peut-être pas compris, la cristallisation semblerait être devenue l&amp;rsquo;état ultime à atteindre, mieux que la vie ou la mort :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En termes absolus, il me semble, Max, que toute la profession médicale est peut-être périmée, détrônée. Je ne pense pas que la simple distinction entre la vie et la mort ait encore beaucoup de sens à présent. Plutôt que d’essayer de guérir ces malades, vous devriez les mettre sur un bateau et les envoyer à Mont Royal.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sera d&amp;rsquo;ailleurs le choix du Dr Sanders à la fin du roman, personnage au demeurant pas très sympathique, son succès auprès des deux femmes qu&amp;rsquo;il croise dans l&amp;rsquo;histoire paraissant assez incongru, comme le manque d&amp;rsquo;épaisseur des personnages féminins, tous deux réduits à ce simple rôle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/J._G._Ballard&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;J.G. Ballard&lt;/a&gt; (1930-2009) est un écrivain de science-fiction et d&amp;rsquo;anticipation sociale britannique. Il est né à Shanghaï dans la concession internationale où travaillait son père. Il en écrira un livre semi-autobiographique intitulé &lt;em&gt;Empire du Soleil&lt;/em&gt; dont Spielberg fera un film. Je me souviens avoir lu &lt;em&gt;Crash !&lt;/em&gt; de cet auteur (livre qui le rendra célèbre) et avoir été un peu choqué à l&amp;rsquo;époque, et qui a aussi été porté à l&amp;rsquo;écran.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;heure des prédateurs - Giuliano Da Empoli</title>
            <link>https://pled.fr/lheure-des-predateurs-giuliano-da-empoli/</link>
            <pubDate>Sat, 02 Aug 2025 09:30:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lheure-des-predateurs-giuliano-da-empoli/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;heurepredateurs.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais déjà lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-mage-du-kremlin-giuliano-da-empoli/&#34; &gt;Le mage du Kremlin&lt;/a&gt; du même auteur, et quand j&amp;rsquo;ai entendu parler de celui-ci et du sujet abordé, cela m&amp;rsquo;a intéressé. C&amp;rsquo;est un essai assez court sur un thème cher à l&amp;rsquo;auteur, celui de l&amp;rsquo;arrivée des autocrates, et de la fin de l&amp;rsquo;ancien monde des démocraties qui même imparfaites respectaient encore certaines règles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au passage, payer 19 € pour 152 pages, pour quelques anecdotes de voyages agrémentées de réflexions personnelles, c&amp;rsquo;est quand même cher payé. D&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;auteur a bénéficié d&amp;rsquo;une bonne couverture médiatique&amp;hellip; Mais pour protéger le prix unique du livre, la solution serait apparemment une taxe sur les livres d&amp;rsquo;occasion. De qui se moque-t-on ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après un premier chapitre un peu décousu, sorte de mini tour du monde en 20 pages en guise d&amp;rsquo;introduction sur le sujet de ce livre et de ce qui va suivre, l&amp;rsquo;auteur va chapitre après chapitre raconter, au fil des réunions auxquelles il a pu assister, comment il perçoit les nouveaux acteurs du monde. Et ce n&amp;rsquo;est guère réjouissant, il prend même César Borgia comme archétype de ces nouveaux prédateurs. Machiavel a aussi sa place, naturellement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En guise de mise en bouche, il nous parle de Mohamed Ben Salman (MBS), de son sourire permanent et de la bonhomie qu&amp;rsquo;il dégage. Puis nous rappelle la prise d&amp;rsquo;otage au Ritz-Carlton de Riyad de toute l&amp;rsquo;aristocratie saoudienne, et la coercition pour les plus chanceux qui s&amp;rsquo;en suivit. Ou ce qu&amp;rsquo;il advint de Jamal Khashoggi lorsqu&amp;rsquo;il entra dans le consulat saoudien à Istambul pour renouveler son passeport.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis c&amp;rsquo;est le tour de Bukele, président du Salvador, &amp;ldquo;le dictateur le plus cool de la Terre&amp;rdquo; comme il s&amp;rsquo;autoproclame, ou encore &amp;ldquo;le roi philosophe&amp;rdquo; comme on peut le lire dans sa biographie. Le Salvador était le pays le plus violent du monde, et les membres des gangs s&amp;rsquo;identifiaient par des tatouages ; la mesure fut radicale : 80 000 tatoués emprisonnés, dont quelques malheureux fans de rocks&amp;hellip; Le Salvador devient dès lors le pays le plus sûr de l&amp;rsquo;hémisphère occidental ! Et Bukele de proclamer à la tribune de l&amp;rsquo;O.N.U. :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Certains disent que nous avons emprisonné des milliers de personnes, mais la vérité est que nous en avons libéré des millions, maintenant ce sont les bons qui vivent à l’abri de la peur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la différence de MBM, Bukele évolue dans une démocratie, dont il teste constamment les limites, menaçant la Chambre de la colère du peuple lorsque qu&amp;rsquo;on veut s&amp;rsquo;opposer à ses plans, modifiant la Constitution pour pouvoir se représenter, et étant élu avec 84% des voix&amp;hellip; &amp;ldquo;Nous ne sommes pas un régime à parti unique&amp;rdquo;, commente Bukele, &amp;ldquo;nous sommes une démocratie avec un parti hégémonique.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après un passage obligé par Trump, le meilleur reste à venir avec les conquistadors de la tech qui l&amp;rsquo;accompagnent : ce sont eux les nouveaux prédateurs, qui méprisent les anciennes élites politiques, et ne pensent qu&amp;rsquo;à s&amp;rsquo;en débarrasser : ils sont pressés, ne respectent pas de règles, convaincus de leur pouvoir, et seule la loi du plus fort compte. S&amp;rsquo;ils parviennent à leurs fins, les démocraties seront balayées.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aujourd’hui, nos démocraties paraissent encore solides. Mais nul ne peut douter que le plus dur est à venir. Le nouveau président américain a pris la tête d’un cortège bariolé d’autocrates décomplexés, de conquistadors de la tech, de réactionnaires et de complotistes impatients d’en découdre. Une ère de violence sans limites s’ouvre en face de nous et, comme au temps de Léonard, les défenseurs de la liberté paraissent singulièrement mal préparés à la tâche qui les attend.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ajoutez maintenant l&amp;rsquo;IA pour un portrait final encore plus inquiétant. Là aussi l&amp;rsquo;auteur va nous décrire quelques acteurs clefs de ce monde : deux références en la matière sont canadiens : Geoffrey Hinton (Prix Nobel de physique 2024) ayant quitté Google, où il avait un rôle de consultant, pour pouvoir s’exprimer plus librement sur les risques de l’IA. Et Yoshua Bengio, enseignant au département d’informatique de l’université de Montréal, et qui a refusé les millions de toutes les boîtes du secteur pour garder son indépendance. Ajoutons Yann Le Cun (franco-américain), qui dirige le laboratoire sur l’intelligence artificielle de Meta, le groupe qui possède Facebook, WhatsApp et Instagram. Depuis le prix Turing qui leur a été attribué conjointement en 2018, ces trois-là, Hinton, Bengio et Le Cun, sont considérés comme les pères fondateurs de l’« intelligence artificielle » telle que nous la connaissons aujourd’hui. Seul hic, ils ne sont d’accord sur presque rien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au cours d&amp;rsquo;un déjeuner officiel, Bengio et Le Cun se font face : le premier a l&amp;rsquo;air humain et les questions qu&amp;rsquo;il pose sont celles d&amp;rsquo;un scientifique qui cherche à comprendre. Le Cun a lui un ton péremptoire et n&amp;rsquo;exprime que des certitudes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le Cun a investi les milliards de Zuckerberg dans des modèles open source qui mettent la technologie la plus puissante de l’histoire de l’humanité à la portée de tous, y compris des groupes les plus extrémistes : une technologie qui, parmi ses nombreuses facultés mirifiques, peut doter chaque individu d’un pouvoir de destruction jusqu’ici réservé aux États. Alors que d’autres posent le problème de la dissémination incontrôlée des armes de destruction massive, Le Cun n’a aucune hésitation : l’intelligence artificielle ne présente pas le moindre risque et quiconque prétend ou envisage le contraire doit être plus ou moins un demeuré mental, y compris ses anciens collègues chercheurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dernière partie : l&amp;rsquo;auteur se retrouve dans une réunion à Lisbonne organisée par Henry Kissinger, avec un beau gratin de gens de pouvoirs (OTAN, Parlement européen, ministres, PDG, milliardaires, militaires, services secrets&amp;hellip;), devant deux pontes de l&amp;rsquo;IA : Sam Altman, le patron d’OpenAI, les yeux écarquillés, le ton monocorde, avec une volonté de puissance sans limites qui transparaît dans chacun de ses propos. Et Demis Hassabis, visage souriant du posthumain affiché, peut-être encore plus inquiétant car derrière son affabilité méditerranéenne, il pense vraiment que le seul espoir de l’humanité est de s’en remettre au dieu numérique qu’il est en train de créer dans la fabrique de DeepMind. Et voilà ce qu&amp;rsquo;il observe :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au fur et à mesure qu’Altman et Hassabis progressaient dans leur exposé, leur auditoire affichait une mine de plus en plus déconfite. Le premier souffrant du syndrome d’Asperger et l’autre étant complètement absorbé par sa quête messianique, le patron d’OpenAI et celui de DeepMind étaient aveugles à ce qui se passait, mais le phénomène était frappant. En écoutant les deux papes de l’IA, les simples mortels, bien que tout-puissants, présents dans la salle réalisaient de plus en plus clairement qu’il n’y avait pas le moindre point de contact entre leur expérience et le monde nouveau qui se déployait sous leurs yeux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est peut-être ce décalage qui est le plus inquiétant, deux mondes parallèles, l&amp;rsquo;un au pouvoir mais tout de même largué face aux nouvelles technologies, et le nouveau monde, avec des prédateurs qui n&amp;rsquo;hésiteront pas à se débarrasser des vieux meubles. Le portrait dressé de ces types de la Silicon Valley promoteurs de l&amp;rsquo;IA est aussi glaçant, que reste-t-il d&amp;rsquo;humain chez eux ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;il faut retenir un truc drôle dans cet essai, c&amp;rsquo;est le petit jeu auquel l&amp;rsquo;auteur se livrait avec un ami : après chaque voyage, ils attribuaient ce qu&amp;rsquo;ils avaient vécu à l&amp;rsquo;une des trois séries suivantes : &lt;em&gt;The West Wing&lt;/em&gt;, qui présente une version vertueuse de la politique, ou &lt;em&gt;House of Cards&lt;/em&gt;, avec ses politiciens machiavéliques, ou enfin &lt;em&gt;The Thick of It&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Veep&lt;/em&gt;, deux séries sous forme de comédie des erreurs permanentes, aux personnages inadaptés à leur rôle, essayant désespérément de s&amp;rsquo;en sortir comme ils le peuvent. Le résultat était, en général, d’environ 10 % de &lt;em&gt;West Wing&lt;/em&gt;, 20 % de &lt;em&gt;House of Cards&lt;/em&gt;, et le reste de &lt;em&gt;Veep&lt;/em&gt;. Faut-il en rire ou en pleurer ? Je vais sans doute regarder Veep&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Giuliano_da_Empoli&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Giuliano da Empoli&lt;/a&gt;, né en 1973, est un écrivain et conseiller politique italo-suisse. Il a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi. « Le Mage du Kremlin » est son premier roman, qui a reçu remporté le Grand Prix du Roman de l’Académie française (et donc manqué de peu le Goncourt). Auparavant, il a publié plusieurs essais dont l’un consacré aux spin-doctors nationaux-populistes (Les Ingénieurs du chaos, Lattès, 2019), traduit en douze langues. On voit que le sujet le passionne.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Meurtre du Commandeur - Haruki Murakani</title>
            <link>https://pled.fr/le-meurtre-du-commandeur-haruki-murakani/</link>
            <pubDate>Tue, 29 Jul 2025 16:36:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-meurtre-du-commandeur-haruki-murakani/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;commandeur2.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J’aime plutôt bien cet auteur : j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=661&#34; &gt;Kafka sur le rivage&lt;/a&gt;, un peu moins &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6576&#34; &gt;1Q84&lt;/a&gt; (trop long), et apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/lincolore-tsukuru-tazaki-et-ses-annees-de-pelerinage-haruki-murakami/&#34; &gt;L&amp;rsquo;incolore Tsukuru Tazaki&amp;hellip;&lt;/a&gt; . Ses histoires oscillent toujours entre le rêve et la réalité, sans pour autant trop basculer dans le fantastique, ce dont je ne suis pas fan. C&amp;rsquo;est en lisant je ne sais plus quel roman que l&amp;rsquo;un des personnages lisait celui-ci, cela m&amp;rsquo;est resté dans la tête et quand je l&amp;rsquo;ai vu sur l&amp;rsquo;étagère du libraire, je l&amp;rsquo;ai pris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors autant le dire tout de suite, je n&amp;rsquo;ai pas été emballé par ce double opus, l&amp;rsquo;auteur a cette fois franchi ma limite en ce qui concerne le fantastique et l&amp;rsquo;invraisemblable. L&amp;rsquo;intrigue est en plus d&amp;rsquo;une lenteur incroyable, on s&amp;rsquo;ennuie ferme, et l&amp;rsquo;histoire se termine par un retour à la situation du début, au soulagement de tout le monde, celui du personnage principal du roman, et celui de l&amp;rsquo;auteur sans doute, qui manifestement ne savait plus comment s&amp;rsquo;en sortir. Une métaphore qui illustre le vide ce roman et son inutilité. C&amp;rsquo;est par contre bien écrit et raconté, Murakami reste un grand écrivain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a aussi pas mal de répétitions au fil du récit, bien inutiles à part le nombre de lignes. L&amp;rsquo;auteur souffre semble-t-il aussi certaines fixations, comme les marques et modèles de voitures, ou la taille des seins des femmes, qui font l&amp;rsquo;objet de remarques et d&amp;rsquo;attention constantes au fil du récit. Pour le reste, &amp;ldquo;le mystère est grand&amp;rdquo; pourrait être sa devise, sans plus d&amp;rsquo;explication.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;148px&#34; data-flex-grow=&#34;61&#34; height=&#34;324&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-meurtre-du-commandeur-haruki-murakani/commandeur1-2.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seule chose plaisante est le récit du narrateur, personnage calme, cultivé et lucide, et son récit est empreint de la culture japonaise, des relations entre les gens pleines de tact, etc&amp;hellip; Les autres personnages sont intéressant aussi : Menshiki, un voisin assez original, très riche, qui semble habitué à toujours obtenir ce qu&amp;rsquo;il veut, et avoir toujours un coup d&amp;rsquo;avance quand il demande un service, et qui n&amp;rsquo;inspire pas confiance malgré son extrême amabilité. Il y a aussi Marié, la jeune fille impliquée dans l&amp;rsquo;histoire, au caractère particulier et à la grande sensibilité. Et d&amp;rsquo;autres&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le fantastique prend le dessus sur le récit, et si au départ c&amp;rsquo;est le prétexte de réflexions sur la vie qui ne sont pas sans intérêt, on va partir dans le tome 2 dans un truc sans queue ni tête, qui ne sera pas expliqué et pour cause ! Puis tout va rentrer dans l&amp;rsquo;ordre, fin de l&amp;rsquo;histoire, merci de l&amp;rsquo;avoir suivie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;quot; &lt;em&gt;La boucle ne sera point bouclée&lt;/em&gt;&amp;quot; comme dirait le Commandeur. :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haruki Murakami&lt;/a&gt; est né à Kyoto en 1949. Après des études de théâtre et de cinéma, il ouvre un club de jazz à Tokyo avant de se consacrer à l’écriture. Pour échapper au conformisme de la société japonaise, il s’expatrie en Grèce et en Italie, puis aux États-Unis. En 1995, après le séisme de Kobe et l’attentat de la secte Aum, il rentre au Japon.&lt;br&gt;&#xA;Quinze ans séparent ce roman de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/kafka-sur-le-rivage-haruki-murakami/&#34; &gt;Kafka sur le rivage&lt;/a&gt;, et il semble bien que l&amp;rsquo;auteur ne se bonifie pas avec le temps, ou soit en manque criant d&amp;rsquo;inspiration.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Calibre-Web</title>
            <link>https://pled.fr/calibre-web/</link>
            <pubDate>Tue, 22 Jul 2025 16:48:09 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/calibre-web/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;calibre-web.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puisque maintenant j&amp;rsquo;ai un beau NAS x64 qui tourne, je peux penser à installer de nouveaux containers. Et j&amp;rsquo;ai vu qu&amp;rsquo;il en existait un pour Calibre, le gestionnaire de livres numériques que j&amp;rsquo;utilise sur le PC.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée est intéressante : rendre la bibliothèque disponible via internet. Le scénario typique, c&amp;rsquo;est que vous êtes en vacances loin de chez vous, et en manque de lecture : rien de plus simple alors que d&amp;rsquo;accéder à votre bibliothèque via internet, et de télécharger un livre de votre choix.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;interface est propre et très fluide :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;280px&#34; data-flex-grow=&#34;116&#34; height=&#34;1064&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/calibre-web-1.png&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/calibre-web/calibre-web-1_hu_3d6a93379ca7e945.png 800w, https://pled.fr/calibre-web/calibre-web-1.png 1242w&#34; width=&#34;1242&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;installation du container est simplissime, puis on verra comment copier les livres récupérés sur la liseuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-bibliothèque&#34;&gt;La bibliothèque&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La première chose à faire est bien sûr de déplacer l&amp;rsquo;ensemble de la bibliothèque (les livres au format &lt;code&gt;.epub&lt;/code&gt; en ce qui me concerne) vers le NAS. J&amp;rsquo;ai donc créé un dossier au même niveau que ma bibliothèque Plex, soit dans le dossier OMV-DATA :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;302px&#34; data-flex-grow=&#34;125&#34; height=&#34;412&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/Capture-decran-du-2025-07-21-16-59-15.png&#34; width=&#34;519&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis j&amp;rsquo;y ai copié toute l&amp;rsquo;arborescence des mes livres, y compris le fichier &lt;code&gt;metadata.db&lt;/code&gt;. Je vérifie ensuite avec Calibre (l&amp;rsquo;application sur le PC) que je retrouve bien tous mes livres à cet emplacement, puis j&amp;rsquo;efface l&amp;rsquo;ancien dossier que j&amp;rsquo;utilisais en local sur le PC.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;container-calibre-web&#34;&gt;Container Calibre-Web&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Pour installer le container docker, je passe par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/dockge-gestion-des-container-docker/&#34; &gt;Dockge&lt;/a&gt;, puisque je trouve cet outil si pratique. J&amp;rsquo;y crée le fichier &lt;code&gt;compose.yaml&lt;/code&gt; comme suit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-yaml&#34; data-lang=&#34;yaml&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;services&lt;/span&gt;:&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;  &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;calibre-web&lt;/span&gt;:&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;image&lt;/span&gt;: &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;lscr.io/linuxserver/calibre-web:latest&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;container_name&lt;/span&gt;: &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;calibre-web&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;environment&lt;/span&gt;:&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;PUID=996&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;PGID=1000&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;TZ=Europe/Paris&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;volumes&lt;/span&gt;:&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;/srv/dev-disk-by-uuid-xxxxx-yyyy-zzzz-7697ca5/AppData/Calibre/data:/config&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;/srv/dev-disk-by-uuid-xxxxx-yyyy-zzzz-7697ca5/OMV-DATA/Calibre:/books&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;ports&lt;/span&gt;:&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;      - &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;8083&lt;/span&gt;:&lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;8083&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;restart&lt;/span&gt;: &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;unless-stopped&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;networks&lt;/span&gt;: {}&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;À adapter avec vos valeurs bien sûr. On retrouve le dossier &lt;code&gt;OMV-DATA/Calibre&lt;/code&gt; précédemment créé, et un dossier &lt;code&gt;AppData/Calibre&lt;/code&gt;. Le port 8083 proposé par défaut n&amp;rsquo;était pas utilisé, je le garde donc. Voilà, c&amp;rsquo;est hyper simple, il n&amp;rsquo;y a plus qu&amp;rsquo;à lancer le container. Reste à gérer l&amp;rsquo;accès depuis l&amp;rsquo;extérieur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;dns-proxy&#34;&gt;DNS, Proxy&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Pour ce faire, je crée d&amp;rsquo;abord un nouvel enregistrement chez l&amp;rsquo;hébergeur de mon blog (Infomaniak) comme suit : puisque j&amp;rsquo;ai déjà créé un sous-domaine lors de la mise en place de mon serveur Nextcloud (j&amp;rsquo;avais alors créé un enregistrement de type A avec l&amp;rsquo;adresse IP de ma box, puis un enregistrement de type CNAME pour le service Nextcloud), je n&amp;rsquo;ai cette fois qu&amp;rsquo;à créer un nouvel enregistrement de type CNAME pour le service calibre, sous la forme : &lt;code&gt;calibre.sous-domaine.domaine&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste à configurer Swag, le proxy-serveur, pour qu&amp;rsquo;il autorise cet accès : je procède la même façon que pour Nextcloud en créant un fichier &lt;code&gt;calibre.subdomain.conf&lt;/code&gt; dans &lt;code&gt;AppData/swag/nginx/proxy-confs/ &lt;/code&gt;:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;$ cat calibre.subdomain.conf&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;server &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;{&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    listen &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;443&lt;/span&gt; ssl;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    listen &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;::&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;:443 ssl;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    server_name calibre.xxx.pled.fr;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;location / &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;{&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    proxy_pass http://192.168.x.y:8083;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;    &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;}&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;}&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Il faut également que Swag obtienne un certificat &lt;strong&gt;Letsencrypt&lt;/strong&gt; pour que l&amp;rsquo;on puisse utiliser le HTTPS lorsque l&amp;rsquo;on ouvre la page d&amp;rsquo;accueil de Calibre-Web. Il suffit pour cela d&amp;rsquo;ajouter le sous-domaine à Nextcloud dans le fichier compose de la stack Nextcloud/Mariadb/Swag :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-yaml&#34; data-lang=&#34;yaml&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;- &lt;span style=&#34;color:#ae81ff&#34;&gt;SUBDOMAINS=nextcloud,calibre&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Et de redémarrer le container. Voilà, tout fonctionne du premier coup, c&amp;rsquo;est parfait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;utilisation-calibre-web&#34;&gt;Utilisation Calibre-Web&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Tout est hyper simple et intuitif. La fonction recherche est efficace, mais dépend forcément des informations saisies dans Calibre, comme les étiquettes, les séries, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une option sympa sur Calibre-Web est de pouvoir créer &amp;ldquo;une étagère&amp;rdquo;, où l&amp;rsquo;on peut sélectionner des livres qui nous intéressent sans pour autant vouloir les télécharger immédiatement. J&amp;rsquo;en ai créé une qui s&amp;rsquo;appelle &amp;ldquo;À lire&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;355px&#34; data-flex-grow=&#34;147&#34; height=&#34;717&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/shelf.png&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/calibre-web/shelf_hu_91175c2656c4adee.png 800w, https://pled.fr/calibre-web/shelf.png 1061w&#34; width=&#34;1061&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il suffit ensuite de cliquer sur un livre pour soit le télécharger, soit l&amp;rsquo;ajouter à la bibliothèque :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;260px&#34; data-flex-grow=&#34;108&#34; height=&#34;735&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/joursbarbares.png&#34; width=&#34;799&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h2 id=&#34;copier-sur-la-liseuse-kobo&#34;&gt;Copier sur la liseuse Kobo&#xA;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Quand je suis à domicile, je branche ma liseuse Kobo Aura HD sur le PC, et j&amp;rsquo;utilise Calibre pour y ajouter de nouveaux livres. Mais comment procéder si je suis en voyage ? (je n&amp;rsquo;emmène pas de PC dans mon sac à dos!).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;intégration-kobo&#34;&gt;Intégration Kobo&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Il existe bien une option d&amp;rsquo;intégration de Kobo dans Calibre-Web, mais je ne l&amp;rsquo;ai pas testée. On peut trouver des infos &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://github-wiki-see.page/m/janeczku/calibre-web/wiki/Kobo-Integration&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sur cette page&lt;/a&gt;, mais c&amp;rsquo;est encore en phase de développement, et comme le dit le développeur, il est préférable d&amp;rsquo;attendre pour l&amp;rsquo;utiliser. Je vais suivre son conseil, mais c&amp;rsquo;est une très bonne nouvelle !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;connexion-au-smartphone&#34;&gt;Connexion au smartphone&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;240px&#34; data-flex-grow=&#34;100&#34; height=&#34;100&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/adaptateur.png&#34; width=&#34;100&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc testé la solution la plus simple : utiliser mon smartphone. Je télécharge donc un livre à partir de mon instance Calibre-Web via le navigateur de mon tel, puis je connecte ma liseuse avec le câble habituel micro USB -&amp;gt; USB 2.0 auquel j&amp;rsquo;ajoute un adaptateur USB 2 -&amp;gt; USB C (qui était fourni avec mon Pixel). Le Koboreader apparaît dans le gestionnaire de fichiers, et je n&amp;rsquo;ai plus qu&amp;rsquo;à copier le fichier &lt;code&gt;.epub&lt;/code&gt; téléchargé sur la liseuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;224px&#34; data-flex-grow=&#34;93&#34; height=&#34;556&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/calibre-web/filemanager.png&#34; width=&#34;520&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est mieux de créer manuellement un dossier avec le nom de l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;existe pas déjà, afin de garder le même type d&amp;rsquo;organisation (Calibre le faisant automatiquement). Puis y copier le fichier &lt;code&gt;.epub&lt;/code&gt; dans ce répertoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, je peux partir en vacances ou en voyage l&amp;rsquo;esprit tranquille, je pourrais toujours récupérer des livres à distance et les ajouter à ma liseuse ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La guerre et la paix - Léon Tolstoï</title>
            <link>https://pled.fr/la-guerre-et-la-paix-leon-tolstoi/</link>
            <pubDate>Sun, 13 Jul 2025 16:09:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-guerre-et-la-paix-leon-tolstoi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;guerreetpaix.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais repéré il y a quelque temps cette édition de la grande œuvre de Tolstoï, d&amp;rsquo;un tiers plus courte, où les réflexions philosophiques de l&amp;rsquo;auteur sont réduites à l&amp;rsquo;essentiel et l&amp;rsquo;action resserrée (six versions seront publiées du vivant de l&amp;rsquo;auteur). Ce qui laisse tout de même 1200 pages&amp;hellip; Mais bon, j&amp;rsquo;avais envie de me plonger dans un gros bouquin, et de découvrir ce classique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mon impression un peu mitigée tout de même : c&amp;rsquo;est bien écrit certes, on est dans la lignée des grands auteurs du XIXème, mais l&amp;rsquo;essentiel est consacré à la description des classes supérieures russes, aux discussions de salon entre princes, comtesses, jeunes ambitieux ou vieux comploteurs, fabuleusement riches ou en quête d&amp;rsquo;un bon mariage pour se refaire, et où la religion est omniprésente&amp;hellip; Certes, cela décrit un monde et une époque, et plutôt bien d&amp;rsquo;ailleurs, mais on passe beaucoup de temps à décrire un monde superficiel et très convenu. Pour eux, la guerre ou la paix finalement importe peu, ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un sujet de discussion comme un autre, même lorsque Napoléon est à Moscou. Il y a bien un courant réformateur qui circule, aux idées nouvelles, Pierre, un personnage atypique et attachant côtoyant les francs-maçons, mais l&amp;rsquo;ensemble de la société, de type médiéval, est encore très conservatrice : il y a Dieu, l&amp;rsquo;Empereur et la Russie éternelle, le reste importe peu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a deux passages sur la guerre, le premier est traité rapidement et raconte la victoire d&amp;rsquo;Austerlitz en 1805 face à une armée russe, ses alliés autrichiens et allemands, tous totalement désorganisés, aux généraux incapables car nommés en fonction de leur titre et non de leur compétences. Le second passage, traite un peu plus longuement de la campagne de Russie, et l&amp;rsquo;auteur finit par nous expliquer que tout ce qui arriva n&amp;rsquo;est pas le résultat d&amp;rsquo;une tactique particulière, mais plutôt de l&amp;rsquo;enchaînement des circonstances : la nature conquérante de Napoléon, la désorganisation de l&amp;rsquo;armée russe jamais prête pour accepter l&amp;rsquo;affrontement, jusqu&amp;rsquo;à la bataille de Borodino, dont Tolstoï explique que chacun s&amp;rsquo;en déclare le vainqueur, mais que l&amp;rsquo;on ne peut se réjouir de 80 000 meurtres le même jour au même endroit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En livrant et en acceptant la bataille de Borodino, Koutouzov et Napoléon agirent de façon involontaire et irréfléchie. Mais ce n&amp;rsquo;est que par la suite que les historiens falsifièrent en faits avérés des preuves alambiquées de la prescience et du génie des chefs de guerre qui, parmi tous les mécanismes involontaires des évènements du monde, en furent les acteurs les plus serviles et les plus involontaires.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela résume bien ce qu&amp;rsquo;il pense des campagnes militaires, et de ce que l&amp;rsquo;on en raconte : les soldats qui étaient sur le terrain font d&amp;rsquo;ailleurs de même, enjolivant ce qui leur est arrivé alors qu&amp;rsquo;il crevaient de peur. Tolstoï explique même que la guerre peut se résumer à cela : faire peur à l&amp;rsquo;adversaire le premier, pour qu&amp;rsquo;il tourne les talons et s&amp;rsquo;enfuie. En d&amp;rsquo;autres termes, le premier qui laisse la peur prendre le dessus a perdu la bataille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour revenir à la noblesse russe, les descriptions psychologiques des personnages, tout comme les motivations de leurs actes, donnent tout de même de l&amp;rsquo;intérêt au récit. L&amp;rsquo;auteur a beaucoup de recul sur ce monde qu&amp;rsquo;il connaît bien (il est lui-même un aristocrate), comme il l&amp;rsquo;explique dans une rapide postface : c&amp;rsquo;est assez méprisant d&amp;rsquo;ailleurs, puisqu&amp;rsquo;il explique qu&amp;rsquo;il parle de ce monde car de toutes façons celui des marchands, des cochers, des moujiks, etc&amp;hellip; n&amp;rsquo;a aucun intérêt, vu la bassesse de leur condition : leur vie est monotone, ennuyeuse, et tout ce qu&amp;rsquo;ils font relève de la jalousie, la cupidité et les passions matérielles. Cette postface était d&amp;rsquo;ailleurs une préface, puisque l&amp;rsquo;auteur termine en disant &amp;ldquo;il est encore temps de refermer ce livre&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;éditeur a semble-t-il préféré déplacer ce court texte en fin d&amp;rsquo;ouvrage !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Tolsto%C3%AF&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Léon Tolstoï&lt;/a&gt; (1828-1910) est un écrivain russe. Il est célèbre pour ses romans et ses nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l&amp;rsquo;époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il condamne les pouvoirs civils et ecclésiastiques. Il est excommunié par l&amp;rsquo;Église orthodoxe russe ; après sa mort, ses manuscrits sont détruits par la censure tsariste. Il veut et entend mettre en lumière dans ses œuvres les grands enjeux de la Civilisation. Guerre et Paix, qu&amp;rsquo;il met cinq ans à écrire, est considéré comme son œuvre majeure.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;avocat indien - James Welch</title>
            <link>https://pled.fr/lavocat-indien-james-welch/</link>
            <pubDate>Mon, 16 Jun 2025 08:09:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lavocat-indien-james-welch/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lavocatindien-1.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième roman de cet auteur d&amp;rsquo;origine amérindienne, dont le premier &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/lhiver-dans-le-sang-james-welch/&#34; &gt;L&amp;rsquo;hiver dans le sang&lt;/a&gt;, m&amp;rsquo;avait bien plu, et aussi surpris par la façon qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;auteur de faire passer son message.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce sera un peu la même chose avec celui-ci : l&amp;rsquo;histoire commence dans une prison, où un détenu demande à sa femme d&amp;rsquo;en apprendre un peu plus sur un avocat qui vient de lui refuser sa conditionnelle. Va-t-on avoir droit à un polar ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement non, car le récit va se concentrer sur cet avocat indien, Sylvester Yellow Calf, qui a su s&amp;rsquo;extirper d&amp;rsquo;un milieu difficile pour réussir professionnellement parmi les blancs. De grande taille, il a vite acquis dans sa jeunesse une popularité en tant que joueur de basket talentueux. Puis une bourse à l&amp;quot;université lui permet d&amp;rsquo;acquérir les diplômes pour devenir avocat. Et plus il se rapproche des blancs pour son métier (et ceux-ci l&amp;rsquo;accueillent chaleureusement), plus il s&amp;rsquo;éloigne des siens. Il réussit tellement bien que le patron du cabinet d&amp;rsquo;avocat lui ouvre la voie à une carrière politique, ce qui changerait fondamentalement sa vie (pas seulement professionnelle, mais aussi sentimentale).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est le vrai sujet de ce roman, derrière cette machination qu&amp;rsquo;essaie de monter le détenu&amp;hellip; Jusqu&amp;rsquo;où Sly est-il prêt à aller ? Ne s&amp;rsquo;est-il déjà pas trop éloigné de ses racines ? Il va être amené à réfléchir sérieusement à ce qu&amp;rsquo;il veut faire de sa vie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Welch&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Welch&lt;/a&gt; (1940-2003), est un romancier et poète américain, né dans la réserve indienne des Pieds-Noirs, dans le Montana. Son succès ouvrira la voie à plein d’autres auteurs amérindiens.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Downgrade de ma liseuse Kobo Aura HD</title>
            <link>https://pled.fr/downgrade-de-ma-liseuse-kobo-aura-hd/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Jun 2025 15:43:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/downgrade-de-ma-liseuse-kobo-aura-hd/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;kobo.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais récemment fait &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/&#34; &gt;un article&lt;/a&gt; sur ma liseuse, dont la réinitialisation forcée avait installé la dernière version du &lt;strong&gt;firmware&lt;/strong&gt; Kobo, soit la 4.38. Sauf qu&amp;rsquo;avec cette dernière, l&amp;rsquo;utilisation de la liseuse devenait problématique, et notamment le temps nécessaire à tourner une page, qui avait très sensiblement augmenté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du coup, j&amp;rsquo;avais installé Plato, qui me redonnait la fluidité mais s&amp;rsquo;installait &amp;ldquo;à côté&amp;rdquo; du firmware Kobo, ce qui m&amp;rsquo;obligeait après le démarrage de la liseuse de lancer ensuite Plato, soit une étape supplémentaire, même si le chargement de ce dernier était rapide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis l&amp;rsquo;autre jour, je vois passer l&amp;rsquo;information (sur Mastodon) comme quoi on peut &amp;ldquo;downgrader&amp;rdquo; sa liseuse, et que si l&amp;rsquo;on veut une version qui ne collecte pas tes données de lecture, il faut choisir une version de septembre 2019 (ou antérieure).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne m&amp;rsquo;en fallait pas plus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après quelques recherches avec le bon vocabulaire (j&amp;rsquo;avais cherché &amp;ldquo;logiciel&amp;rdquo; mais c&amp;rsquo;est bien &amp;ldquo;firmware&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;il faut utiliser), je trouve facilement les anciennes versions sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pgaskin.net/KoboStuff/kobofirmware.html&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ce site&lt;/a&gt;. On trouve aussi des infos de versions vs modèles &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://wiki.mobileread.com/wiki/Kobo_Firmware_Releases&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;, mais tout le nécessaire est sur le premier lien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il suffit alors de cliquer sur &amp;ldquo;Other versions&amp;rdquo; sur la ligne de &amp;ldquo;Kobo Aura HD&amp;rdquo; pour obtenir toute la liste des versions antérieures :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;306px&#34; data-flex-grow=&#34;127&#34; height=&#34;389&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/downgrade-de-ma-liseuse-kobo-aura-hd/Capture-decran-du-2025-06-09-17-37-12.png&#34; width=&#34;496&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je télécharge dans un premier temps la version de 2015 (on m&amp;rsquo;avait offert cette liseuse à cette époque). Puis je commence par faire un &amp;ldquo;Factory Reset&amp;rdquo; pour me débarrasser de Plato et partir d&amp;rsquo;une situation propre. Ce n&amp;rsquo;est sans doute pas nécessaire, mais dans le doute&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je procède comme pour une mise à jour manuelle : il suffit de dézipper le fichier téléchargé, et d&amp;rsquo;en copier le contenu dans le dossier &lt;code&gt;.kobo&lt;/code&gt; de la liseuse (à côté de l&amp;rsquo;existant), après avoir connecté celle-ci au PC. Puis on déconnecte la liseuse, et elle installe automatiquement la version copiée, puis redémarre. Cela prend un peu de temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà, la v 3.17 est installée, toute simple, sans demande de connexion wifi etc&amp;hellip; Sauf qu&amp;rsquo;après avoir copié des livres via Calibre, impossible de les ouvrir, la liseuse plante et redémarre ! :sad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je recommence la même manip (sans factory reset), mais avec cette fois une version de septembre 2019, la première dispo (j&amp;rsquo;aurais du choisir la dernière parmi les 3 logiquement), et je me retrouve donc avec la 4.17.13651. Après le redémarrage, mes livres sont toujours là et je peux les ouvrir. Et passer à la page suivante est de nouveau quasi-instantané, enfin !! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;afficher-la-couverture-du-livre-en-cours&#34;&gt;Afficher la couverture du livre en cours&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Reste à afficher la couverture du livre en cours quand la liseuse est éteinte, à la place du logo FNAC et ce sera parfait !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai suivi &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.cheatsheet.fr/2019/12/28/kobo-afficher-la-couverture-du-livre-en-cours-lors-de-la-veille/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ce lien&lt;/a&gt;, en appliquant les deux méthodes ! En fait, j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord appliqué la Solution 2, qui me paraissait plus logique. J&amp;rsquo;ai donc connecté la liseuse au PC, et édité le fichier &lt;code&gt;/.kobo/Kobo/Kobo eReader.conf&lt;/code&gt; en y ajoutant les lignes suivantes :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;PowerOptions&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;showBookCoverWhenOff&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt;true&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;showBookCoverWhenSuspended&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt;true&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Mais il semble que les paramètres n&amp;rsquo;aient pas été pris en compte (peut-être avec cette version de firmware plutôt ancienne ?). Je n&amp;rsquo;ai pas creusé plus que ça, et appliqué également la solution 1 : éditer le fichier &lt;code&gt;/.kobo/affiliate.conf&lt;/code&gt; et remplacer :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;General&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;affiliate&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt;fnac&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;par :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;General&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;affiliate&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt;Kobo&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Et cette fois cela a fonctionné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;conclusion&#34;&gt;Conclusion&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Je suis bien content d&amp;rsquo;être revenu à une version plus simple pour ma liseuse. En gros, tout ce qui a été ajouté depuis ne me sert à rien (connexion, compte en ligne, statistiques collectées, etc&amp;hellip;). Je n&amp;rsquo;ai pas besoin de passer une &amp;ldquo;appli&amp;rdquo; Kobo Desktop sous Windows, de m&amp;rsquo;identifier avec un compte Fnac ou Rakuten, sans parler des plantages de leur appli dont j&amp;rsquo;avais fait l&amp;rsquo;expérience (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/&#34; &gt;l&amp;rsquo;article&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plato m&amp;rsquo;a bien rendu service, mais comme je le disais, c&amp;rsquo;est tout de même plus agréable d&amp;rsquo;utiliser le firware Kobo, qui est tout de même un peu plus ergonomique, si tant est que la version en soit pas pourrie par des fonctions dont je me moque et qui ne sont là que pour essayer de vendre des livres.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;hiver dans le sang - James Welch</title>
            <link>https://pled.fr/lhiver-dans-le-sang-james-welch/</link>
            <pubDate>Sat, 07 Jun 2025 08:47:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhiver-dans-le-sang-james-welch/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lhiverdanslesang-1.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est avec &amp;ldquo;La petite librairie&amp;rdquo; que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre, en écoutant d&amp;rsquo;une oreille distraite ce qu&amp;rsquo;en disait François Busnel. Je ne savais donc pas trop à quoi m&amp;rsquo;attendre en le commençant, à part que l&amp;rsquo;auteur était d&amp;rsquo;origine indienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes dans les années 60, et c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une errance, celle d&amp;rsquo;un indien qui erre dans le monde contemporain, en se remémorant son enfance avec son frère aujourd&amp;rsquo;hui disparu. Tout comme son père, retrouvé mort dans un fossé en voulant rentrer chez lui, ivre, lors d&amp;rsquo;une nuit d&amp;rsquo;hiver comme en réserve le Montana.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le narrateur, dont on ne connaîtra pas le nom, est censé vivre chez sa mère et sa grand-mère, cette dernière ayant été la troisième épouse de Standing Bear, un grand chef Blackfeet. Il va partir à la recherche d&amp;rsquo;une fille qu&amp;rsquo;il a ramené un jour et que l&amp;rsquo;on prend pour sa femme&amp;hellip; De bar en bar, échangeant des dialogues parfois surréalistes avec des personnages qu&amp;rsquo;il croise au hasard de sa quête, une atmosphère est tracée, un monde apparaît et c&amp;rsquo;est toute la force de ce roman. Dès la première page, le ton est donné, il n&amp;rsquo;y a plus qu&amp;rsquo;à se laisser emporter :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rentrer à la maison, ce n’était plus très facile. Ça n’avait jamais été une partie de plaisir, mais c’était devenu un véritable calvaire. Ma gorge me faisait mal, mon genou abîmé me faisait mal et ma tête me faisait mal dans la fournaise.[&amp;hellip;] Rentrer chez ma mère et une vieille qui était ma grand-mère. Et la fille qu’on prenait pour ma femme. Mais elle ne comptait pas vraiment. D’ailleurs, aucune d’elles ne comptait ; elles n’étaient plus rien pour moi. Sans raison spéciale. Je n’éprouvais ni haine, ni amour, ni remords, ni mauvaise conscience, rien qu’une distance qui s’accroissait au fil des ans.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’était peut-être le paysage, la prairie grillée sous le soleil éclatant, le vert pâle de la vallée de la Milk River, les eaux laiteuses de la rivière, l’armoise et les peupliers, les plaines desséchées et craquelées qui se transforment en marécages dès qu’arrive la pluie. Ce paysage avait créé une distance aussi vaste qu’il était désert, et les gens se toléraient et se traitaient de même avec distance.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais celle que je ressentais ne venait pas du paysage ni des gens ; elle venait de moi. J’étais aussi loin de moi qu’un faucon de la lune. Et c’était pour ça que je n’éprouvais aucun sentiment particulier à l’égard de ma mère et de ma grand-mère. Ou de la fille qui vivait avec moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Welch&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Welch&lt;/a&gt; (1940-2003), est un romancier et poète américain, né dans la réserve indienne des Pieds-Noirs, dans le Montana. &lt;em&gt;L&amp;rsquo;hiver dans le sang&lt;/em&gt; est son premier roman, qui connaîtra le succès et ouvrira la voie à plein d&amp;rsquo;autres auteurs amérindiens.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Reine de cœur - Akira Mizubayashi</title>
            <link>https://pled.fr/reine-de-coeur-akira-mizubayashi/</link>
            <pubDate>Thu, 05 Jun 2025 08:43:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/reine-de-coeur-akira-mizubayashi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;reinedecoeur.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais beaucoup aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/ame-brisee-akira-mizubayashi/&#34; &gt;L&amp;rsquo;âme brisée&lt;/a&gt; du même auteur, alors je me suis dit pourquoi ne pas lire celui-ci ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas ressenti autant d&amp;rsquo;émotion avec cet autre roman, sans doute parce que les histoires sont proches par les thèmes évoqués : histoire franco-japonaise, monde de musiciens classiques, instrument qui traverse les années et l&amp;rsquo;espace (ici l&amp;rsquo;alto a remplacé le violon), et aussi la guerre, la séparation, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La magie du roman précédent n&amp;rsquo;est plus là, et une légère impression de déjà lu ne peut s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;être présente, et même si l&amp;rsquo;histoire est différente, elle est un peu convenue et offre peu de surprise. Peut-être même un peu d&amp;rsquo;ennui ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Akira_Mizubayashi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Akira_Mizubayashi&lt;/a&gt;, né en 1951, est un écrivain japonais, d’expression japonaise et française. Ce roman a été écrit directement en français.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La dernière séance - Larry McMurtry</title>
            <link>https://pled.fr/la-derniere-seance-larry-mcmurtry/</link>
            <pubDate>Thu, 29 May 2025 15:56:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-derniere-seance-larry-mcmurtry/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laderniereseance.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/lonesome-dove-larry-mcmurtry/&#34; &gt;Lonesome dove&lt;/a&gt; de cet auteur, j&amp;rsquo;ai aussi été déçu par d&amp;rsquo;autres romans&amp;hellip; Bref, j&amp;rsquo;ai tenté celui-ci, un peu en référence au titre et à l&amp;rsquo;émission d&amp;rsquo;Eddy Mitchell qui nous a longtemps proposé de bons classiques de l&amp;rsquo;âge d&amp;rsquo;or du cinéma américain, en début de soirée sur FR3, ce qui ne nous rajeunit pas ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;attendais à un roman de type &amp;ldquo;western&amp;rdquo;, mais non, l&amp;rsquo;histoire se passe dans les années 50 dans une petite ville du Texas perdue aux confins du désert. Duane et Sonny s&amp;rsquo;ennuient ferme, travaillent à la plateforme pétrolière après le lycée pour se faire un peu d&amp;rsquo;argent de poche, et pensent beaucoup aux filles et à leur première expérience sexuelle qui ne saurait tarder (c&amp;rsquo;est le sujet principal du roman et il est traité sans filtre !)&amp;hellip; Duane est amoureux de Lacy, la plus belle jeune fille du lycée (mais d&amp;rsquo;une famille riche), et Sonny ne va pas tarder à larguer la fille avec qui il sort sans grande conviction. Ils vont tous se trouver confrontés à la vraie vie, qui sera bien différente de ce qu&amp;rsquo;ils imaginaient, pour le meilleur et pour le pire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette chronique d&amp;rsquo;une petite ville est finalement assez touchante, et raconte de façon assez cash les premiers émois amoureux de jeunes hommes et femmes de cette époque dans une Amérique puritaine, comment les adultes s&amp;rsquo;en accommodent, les différences entre riches et pauvres, etc&amp;hellip; Le titre fait référence à la fermeture du cinéma, la TV ayant déjà fait largement diminuer la fréquentation de la salle : c&amp;rsquo;est aussi la fin d&amp;rsquo;un monde. J&amp;rsquo;ai trouvé la fin est très réussie, avec beaucoup de nostalgie qui se dégage de toute cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_McMurtry&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Larry McMurtry&lt;/a&gt;, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. &lt;em&gt;La dernière séance&lt;/em&gt; a été porté à l&amp;rsquo;écran par Peter Bogdanovich en 1972. McMurtry a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;hôtel du cygne - Zhang Yueran</title>
            <link>https://pled.fr/lhotel-du-cygne-zhang-yueran/</link>
            <pubDate>Wed, 28 May 2025 09:19:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhotel-du-cygne-zhang-yueran/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hotel-cygne-1.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-clou-zhang-yueran/&#34; &gt;Le clou&lt;/a&gt; qui m&amp;rsquo;avait beaucoup plu, j&amp;rsquo;ai voulu lire cet autre roman du même auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Grosse déception, ce tout petit roman n&amp;rsquo;offre que peu d&amp;rsquo;intérêt, et le style n&amp;rsquo;arrange rien : les scènes s&amp;rsquo;enchaînent sans grand effort de liaison, l&amp;rsquo;histoire se termine avant d&amp;rsquo;avoir commencée, et les quelques personnages à part Yu-Ling sont assez peu développés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De quoi s&amp;rsquo;agit-il ? Yu-Ling travaille dans une famille de l&amp;rsquo;élite et s&amp;rsquo;occupe du petit Dada. Alors qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;apprête avec son compagnon peu scrupuleux à enlever Dada pour demander une rançon, elle apprend que le grand-père vient d&amp;rsquo;être inculpé pour corruption, le père arrêté, et la mère disparue. Le plan tombe à l&amp;rsquo;eau, que faire désormais de cet enfant ? De retour à la demeure familiale, les autres employés ont pillé la maison avant de disparaître&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On suppose que le sujet est celui d&amp;rsquo;une société inégalitaire, de super riches corrompus, et du mépris dans lequel les employés les tiennent, prêts à les dépouiller à la moindre occasion. Seul le personnage de Yu-Ling offre un peu d&amp;rsquo;intérêt, mais l&amp;rsquo;histoire se terminant avant de commencer vraiment&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit roman est tout juste une nouvelle, sans style, et très décevant après avoir lu &amp;ldquo;Le clou&amp;rdquo;. Le monde de l&amp;rsquo;édition ne lasse pas d&amp;rsquo;interroger&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Zhang_Yueran&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Zhang Yueran&lt;/a&gt;, née en 1982, est un romancière chinoise. Ce roman a été écrit un an après &amp;ldquo;Le clou&amp;rdquo;. Elle avait mis 7 ans pour écrire ce dernier, celui-ci lui a pris certainement beaucoup moins de temps, et ça se voit.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le secret du mari - Liane Moriarty</title>
            <link>https://pled.fr/le-secret-du-mari-liane-moriarty/</link>
            <pubDate>Wed, 28 May 2025 08:15:37 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;secret-mari.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois n&amp;rsquo;est pas coutume, j&amp;rsquo;ai découvert cette autrice par une série TV : Little Big Lies, adaptée d&amp;rsquo;un roman écrit postérieurement à celui de cet article.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La série, avec entre autres l&amp;rsquo;excellente Nicole Kidman, raconte avec une certaine férocité la vie superficielle de femmes très riches à Monterey, Californie (dans le roman, l&amp;rsquo;histoire de passe en Australie). Leur vie et leur comportement sont finement observés, jusqu&amp;rsquo;au drame qui ne manque pas de survenir. La saison 2 ne manque pas non plus d&amp;rsquo;intérêt en traitant les conséquences du drame. Une saison 3 est évoquée, mais semble peu probable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec ce roman, écrit l&amp;rsquo;année précédant le succès de Little Big Lies, Liane Moriarty confirme son sujet de prédilection, à savoir les relations de couple et particulièrement la psychologie féminine. Cecilia va découvrir dans le grenier une lettre de son mari &amp;ldquo;À n&amp;rsquo;ouvrir qu&amp;rsquo;après ma mort&amp;rdquo;. Tess, de son côté, apprend que son mari et sa meilleure amie sont tombés amoureux l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre. Enfin Rachel vit dans la douleur depuis vingt ans après le meurtre de sa fille. Cecilia, hyper-active, va bien sûr lire la lettre, et le fragile équilibre de ce petit monde va largement vaciller. La fin du roman est plutôt bien trouvée et traitée intelligemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liane_Moriarty&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Liane Moriarty&lt;/a&gt;, née en 1966, est une romancière australienne. Après avoir travaillé dans le marketing, elle obtient une maîtrise et commence à écrire. Le secret du mari a obtenu un énorme succès aux États-Unis, et a été traduit dans 55 pays, et sera porté à l&amp;rsquo;écran sous peu.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Volte-face - Michael Connelly</title>
            <link>https://pled.fr/volte-face-michael-connelly/</link>
            <pubDate>Tue, 27 May 2025 15:38:15 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;volteface.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Michael Connelly avec ce 16e opus de la saga Harry Bosch.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y retrouve son demi-frère Mickey Haller, l&amp;rsquo;avocat de l&amp;rsquo;excellent &amp;ldquo;La défense Lincoln&amp;rdquo;. Cette fois, Mickey va passer de l&amp;rsquo;autre côté de l&amp;rsquo;allée et être le procureur du comté de Los Angeles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Incarcéré depuis 24 ans pour le meurtre d&amp;rsquo;une fillette, Jason Jessup vient d’être libéré sous caution suite à un test ADN qui semble l’innocenter. Un nouveau procès a donc lieu, et il faudra prouver que l&amp;rsquo;accusé est bien coupable du crime pour lequel il a été précédemment condamné. Harry Bosch sera bien sûr l&amp;rsquo;enquêteur du procureur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas été emballé par cette histoire, dont l&amp;rsquo;essentiel se passe au tribunal, avec force détails sur la façon dont vont s&amp;rsquo;affronter la défense et l&amp;rsquo;accusation. Toute la partie enquête de Bosch avec les mystérieuses activités de Jessup durant la nuit va faire pschitt et le témoin mystère de la défense également, tout cela menant à une fin sans grande surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Encore un numéro pas très réussi pour la saga Harry Bosch donc. Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/les-neufs-dragons-michael-connelly/&#34; &gt;Les neufs dragons&lt;/a&gt; déjà décevant, Michael Connelly aurait-il perdu son inspiration ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Connelly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Connelly&lt;/a&gt;, né en 1956, est l’un des principaux auteurs américains de romans policiers. Il est assez prolifique. Les romans mettant en scène Harry Bosch ont été portés à l’écran dans une série TV éponyme (7 saisons). Une autre série existe depuis 2022 sur Amazon, « Bosch: Legacy », dont je viens de découvrir qu&amp;rsquo;une saison 3 est désormais disponible !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Fouché - Stefan Zweig</title>
            <link>https://pled.fr/fouche-stefan-zweig/</link>
            <pubDate>Sun, 25 May 2025 15:42:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/fouche-stefan-zweig/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fouche.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/&#34; &gt;Le monde d&amp;rsquo;hier&lt;/a&gt; de Stefan Zweig, j&amp;rsquo;avais remarqué que cet auteur avait eu le talent d&amp;rsquo;écrire d&amp;rsquo;excellentes biographies de personnages célèbres. J&amp;rsquo;avais déjà lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/magellan-stefan-sweig/&#34; &gt;Magellan&lt;/a&gt; qui confirmait cette impression. Son honnêteté intellectuelle et sa capacité de travail sont garantes d&amp;rsquo;un récit de qualité. Voici donc celle de Joseph Fouché, dont tout le monde connaît le nom, mais sans doute moins ce qu&amp;rsquo;a été sa vie&amp;hellip; Enfin c&amp;rsquo;était le cas pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage vaut effectivement le détour, tellement il est resté énigmatique et caché derrière ses fonctions successives, véritable disciple de Machiavel, animal au sang froid, qui a su traverser des temps troublés et toujours rejoindre le camp des vainqueurs au gré des événements. Il suffit de résumer son parcours :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De santé fragile, il entre au séminaire de l&amp;rsquo;Oratoire de Nantes, où il devient professeur de sciences pendant dix ans, sans toutefois prononcer ses vœux sacerdotaux : est-ce un signe ? déjà il répugne à s&amp;rsquo;engager irrévocablement&amp;hellip; Ce sera le trait principal de son caractère pendant toute sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis vient la Révolution française, dont il embrasse la cause avec ardeur et devient député de Nantes. Girondin (donc modéré), il vote pourtant la mort de Louis XVI sous la pression populaire alors que la veille encore il prétendait faire le contraire. Et devient aussi vite Jacobin parmi les plus extrêmes&amp;hellip; Nommé proconsul, il se fait remarquer par son extrémisme à Nantes. À tel point qu&amp;rsquo;il est envoyé à Lyon (la ville se révolte contre les excès des révolutionnaires) : il y deviendra &amp;ldquo;le mitrailleur de Lyon&amp;rdquo; : la guillotine travaillant trop lentement, il va massacrer des groupes de prisonniers placés sous la mitraille des canons, les corps étant ensuite jetés dans le Rhône ; 2000 personnes seront ainsi exécutées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le vent tourne et cette violence commence à ne plus plaire à Paris. Fouché se rallie vite aux modérés, mais Robespierre le convoque à Paris. La lutte entre les deux hommes sera terrible, Fouché voit le couperet de la guillotine s&amp;rsquo;approcher de très près, il se cache, œuvre dans l&amp;rsquo;ombre, et réussit l&amp;rsquo;impossible : monter une conspiration avec la majorité des députés dit &amp;ldquo;faibles&amp;rdquo; contre l&amp;rsquo;homme le plus puissant de France, et le faire emprisonner. Un véritable coup de maître. Mais dans les jeux de pouvoir qui suivent, Fouché va tout perdre et sauver une nouvelle fois sa tête de justesse. Il disparaît pendant trois ans pour vivre ces années dans la plus grande misère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais la Révolution se termine, les temps changent, l&amp;rsquo;argent revient, l&amp;rsquo;heure de Napoléon Bonaparte et de Louis XVIII arrive. Là encore, vite nommé ministre de la police, Fouché va réussir à se tenir quoiqu&amp;rsquo;il arrive au plus près du pouvoir en ces temps pourtant troublés. Il va arrêter les derniers républicains sans le moindre remord, et reprendre le jeu où il excelle, parlant peu, agissant dans l&amp;rsquo;ombre, et s&amp;rsquo;en sortant à chaque fois. L&amp;rsquo;affrontement avec Napoléon qui s&amp;rsquo;en méfie autant qu&amp;rsquo;il en a besoin vaut le détour. Fouché deviendra très riche, sera nommé Duc d&amp;rsquo;Otrante, mais après les Cent-Jours (quand Napoléon revient de l&amp;rsquo;île d&amp;rsquo;Elbe) puis l&amp;rsquo;avènement de Louis XVIII, où là encore Fouché a réussi à s&amp;rsquo;en sortir (du grand art !), son ambition finira par le perdre : il épouse une comtesse et son premier témoin est Louis XVIII : c&amp;rsquo;est-à-dire le frère Louis XVI, dont Fouché avait demandé la mort ! C&amp;rsquo;en est trop, et la noblesse ne va pas le lui pardonner, il va être banni et finira dans la solitude.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, voilà ce qui Stefan Zweig à propos de Fouché et incidemment des diplomates. Je me souviens que dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/&#34; &gt;Le monde d&amp;rsquo;hier&lt;/a&gt;, il leur attribue beaucoup de responsabilités dans le déclenchement de la 1ère guerre mondiale :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est ainsi que d’une manière tout à fait imprévue, simplement par plaisir psychologique, je me suis mis à écrire l’histoire de Joseph Fouché, comme une contribution à une étude biologique encore inexistante et pourtant très nécessaire, du diplomate, de cette race d’esprit qui n’a pas encore été complètement examinée et qui est la plus redoutable de notre univers.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas des hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l’emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, – ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Stefan Zweig&lt;/a&gt; (1881-1942) est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Il quitte son pays natal en 1934, et se se suicidera au Brésil en 1942, désespéré d’assister à l’agonie du monde. Il est l’auteur de plusieurs biographies : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/magellan-stefan-sweig/&#34; &gt;Magellan&lt;/a&gt; que j’ai lu et aimé, Joseph Fouché donc, et aussi Marie-Antoinette ou encore Marie Stuart. Un auteur qui mérite certainement le détour.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le passage du canyon - Ernest Haycox</title>
            <link>https://pled.fr/le-passage-du-canyon-ernest-haycox/</link>
            <pubDate>Tue, 20 May 2025 07:57:05 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-passage-du-canyon-ernest-haycox/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;canyon.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un dernier roman de Haycox pour conclure mon cycle !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci, comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/les-pionniers-ernest-haycox/&#34; &gt;Les pionniers&lt;/a&gt;, décrit la vie des colons arrivant dans l&amp;rsquo;Oregon. Cette fois, c&amp;rsquo;est à Jacksonville, petite colonie minière loin des villes : prospecteurs, paysans, commerçants, tous cherchent à développer leurs activités, avec encore le risque de tribus indiennes aux alentours&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Logan Stuart, le personnage principal, est un entrepreneur averti, louant ses services et ses mules pour transporter les marchandises, et les affaires marchent bien. C&amp;rsquo;est un homme droit, loyal, ambitieux, que peu de choses effraient, y compris prendre des risques en affaire. Son meilleur ami, George Camrose, va se marier avec Lucy Overmire ; pourtant, les rapports entre Logan et Lucy montrent que ces deux là se comprennent intuitivement et que Logan ne peut rien lui refuser ; mais Lucy a choisi George, et Logan respecte son choix.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toujours avec Haycox, ce sont les rapports entre personnages, et la personnalité de ceux-ci, qui font le sel de cette histoire. Et ce qui est très appréciable, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à retranscrire la vie comme elle était à l&amp;rsquo;époque, sans la romancer plus que nécessaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme dans Les pionniers, il y a un méchant, Honey Bragg qui est une véritable brute que tout le monde craint, et la population va œuvrer pour que Logan se batte avec Bragg afin de s&amp;rsquo;en débarrasser à peu de frais&amp;hellip; Mais d&amp;rsquo;autres problèmes vont survenir dans ce petit monde : l&amp;rsquo;or, que ce soit celui des orpailleurs ou celui transporté vers les banques de la ville la plus proche, suscite des convoitises et les choses vont très vite se compliquer, et même dégénérer quand les Indiens vont être amenés à se défendre. Car comme le dit Logan, ce n&amp;rsquo;est pas la raison qui guide les actions des hommes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce n’est pas la raison qui te donne faim. Ce n’est pas la raison qui t’incite à te battre, à intriguer ou qui t’envoie chez Corson pour boire un verre et passer un bon moment. Ce n’est pas la raison qui te pousse à soutenir un ami, à vénérer ton Dieu ou à appartenir à une loge. Ce n’est pas la raison qui te retient auprès de tes amis, qui te fait pleurer, rire et transpirer. Tu fais quelque chose, et ensuite tu trouves une excuse pour qualifier ton geste de raisonnable, mais ce n’est pas pour ça que tu le fais, Henry. Tu le fais parce que quelque chose de beaucoup plus profond t’a poussé à le faire. La raison est la lueur pâle et tremblotante d’une bougie que brandit un homme pour guider ses pas quand le feu qui brûlait en lui s’est éteint.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Haycox&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernest Haycox&lt;/a&gt; (1899-1950) est un écrivain américain, prolifique auteur de westerns. Parmi ses admirateurs, on comptait Gertrude Stein et Ernest Hemingway. En 2005, le prestigieux jury des Western Writers comptait Haycox parmi les vingt-quatre meilleurs auteurs de l’Ouest du XXe siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman a été porté à l&amp;rsquo;écran par Jacques Tourneur en 1946, et l&amp;rsquo;adaptation est assez fidèle. Autres œuvres ont été portées à l’écran : La Chevauchée fantastique (Stagecoach, 1939), Les clairons sonnent la charge (Bugles in the Afternoon, 1952).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Des clairons dans l&#39;après-midi - Ernest Haycox</title>
            <link>https://pled.fr/des-clairons-dans-lapres-midi-ernest-haycox/</link>
            <pubDate>Mon, 19 May 2025 08:33:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/des-clairons-dans-lapres-midi-ernest-haycox/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;clairons.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue avec Haycox et j&amp;rsquo;ai choisi ce roman parce qu&amp;rsquo;il parle de la bataille de Little Bighorn menée par le fameux général Custer. C&amp;rsquo;est la plus grande bataille de la guerre contre les Sioux, et leur plus grande victoire, Custer y trouvant la mort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, dans les westerns hollywoodiens, la réalité des faits n&amp;rsquo;est pas le premier critère, et il est toujours délicat de critiquer un général de l&amp;rsquo;armée américaine (comme dans l&amp;rsquo;histoire officielle d&amp;rsquo;ailleurs) : que ce soit dans &amp;ldquo;La charge fantastique&amp;rdquo; (Raoul Walsh, 1941) ou &amp;ldquo;Custer, l&amp;rsquo;homme de l&amp;rsquo;Ouest&amp;rdquo; (Robert Siodmak, 1967), l&amp;rsquo;homme est exonéré de beaucoup de choses. Il y a bien &amp;ldquo;Little Big Man&amp;rdquo; (Arthur Penn, 1970), mais l&amp;rsquo;histoire est volontairement imaginaire (et loufoque) et ne revendique rien du côté historique. Reste &amp;ldquo;Le massacre de Fort Apache&amp;rdquo; (John Ford, 1948), une fiction s&amp;rsquo;appuyant tout de même sur la bataille de Little Bighorn et dénonçant la vanité d&amp;rsquo;un alter-ego de Custer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bertrand Tavernier faisait l&amp;rsquo;éloge de ce roman dans la postface des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/les-pionniers-ernest-haycox/&#34; &gt;Pionniers&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Haycox avait déjà affiché les mêmes convictions humanistes dès 1942, dans Des clairons dans l’après-midi, qui donnait de la bataille de Little Big Horn et de la guerre menée contre les Sioux une vision complexe, à mille lieues de la grandiose glorification hollywoodienne magistralement dirigée par Raoul Walsh, avec un portrait nuancé, contradictoire mais sévère non seulement de Custer, décrit comme un officier téméraire mais immature et assoiffé de publicité, mais aussi des autres généraux et de la politique indienne de Washington. Néanmoins, il s’agissait d’une fresque historique, centrée autour de l’armée, avec des personnages fouillés, non manichéens, un regard humaniste et tolérant, aussi le sujet, le propos empêchaient qu’on puisse y évoquer de vrais rapports interraciaux, intimes ou collectifs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le début du roman est assez passionnant avec l&amp;rsquo;énigmatique Kern Shafter qui accompagne la jeune Joséphine Russel jusqu&amp;rsquo;à &amp;ldquo;la frontière&amp;rdquo;. Shafter, officier déchu, va se réengager comme simple soldat dans le 7e de cavalerie commandé par Custer. Il y retrouve son ennemi juré le lieutenant Garnett, qui a le talent de savoir séduire les femmes. Là encore, Haycox va s&amp;rsquo;en donner à cœur joie pour décrire les rapport humains entre ces trois là&amp;hellip; Un exercice où il excelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au moment de la bataille de Little Bighorn, Shafter et Garnett seront dans le bataillon du major Reno que Custer a envoyé lancer la première attaque : la situation va très vite se compliquer pour eux, d&amp;rsquo;autant que pour une raison inconnue, Custer, qui devait prendre les Sioux en tenaille, n&amp;rsquo;arrivera jamais ; on apprendra juste qu&amp;rsquo;il est mort, ainsi que son bataillon, victime de ses ambitions et de son sentiment de supériorité. Sans doute une précaution de l&amp;rsquo;auteur pour s&amp;rsquo;en tenir à ce qui est officiellement reconnu par tous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé ce roman, le personnage de Shafter est très intéressant, et si l&amp;rsquo;écriture de Haycox reste simple et directe, les rapports et les dialogues entre les personnages sont vraiment passionnants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Haycox&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernest Haycox&lt;/a&gt; (1899-1950) est un écrivain américain, prolifique auteur de westerns. Parmi ses admirateurs, on comptait Gertrude Stein et Ernest Hemingway. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/les-pionniers-ernest-haycox/&#34; &gt;Les pionniers&lt;/a&gt; (The Earthbreakers), son dernier roman, publié à titre posthume (1952), est sans doute le plus abouti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Huit de ses œuvres ont été portées à l’écran, tels La Chevauchée fantastique (Stagecoach, 1939), Le Passage du canyon (Canyon Passage, 1946) et Les clairons sonnent la charge (Bugles in the Afternoon, 1952). En 2005, le prestigieux jury des Western Writers comptait Haycox parmi les vingt-quatre meilleurs auteurs de l’Ouest du XXe siècle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les pionniers - Ernest Haycox</title>
            <link>https://pled.fr/les-pionniers-ernest-haycox/</link>
            <pubDate>Sun, 04 May 2025 16:44:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-pionniers-ernest-haycox/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pionniers.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus trop où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre, mais quand j&amp;rsquo;ai vu que la série &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Ouest, le vrai&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Actes Sud était dirigée par Bertrand Tavernier, je n&amp;rsquo;ai guère hésité, me souvenant de ses préfaces très documentée pour l&amp;rsquo;excellente trilogie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/la-captive-aux-yeux-clairs-the-big-sky-1-a-b-guthrie/&#34; &gt;The Big Sky&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à la littérature &amp;ldquo;Western&amp;rdquo; donc, et l&amp;rsquo;histoire commence fort avec des colons franchissant au péril de leurs vies la dernière chaîne montagneuse avant de rejoindre l&amp;rsquo;Oregon, la terre promise. Les conditions météorologiques sont dantesques, ce que ces hommes et femmes endurent est terrible, et la mort jamais très loin. La vie décrite de ces paysans devenus colons pour vivre leur rêve est vraiment très dure, particulièrement la première année (après un voyage déjà très difficile) où il faudra attendre la première récolte pour espérer un peu de répit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Rice Burnett fait partie de ces colons, et est le plus expérimenté d&amp;rsquo;entre eux grâce à une expérience de trappeur aux sources du Missouri. Il est au centre du récit, et souhaite s&amp;rsquo;intégrer à ce groupe et passer à une vie sédentaire. Célibataire, il hésite entre deux femmes aux caractères très différents, l&amp;rsquo;une provocante et l&amp;rsquo;autre tout en retenue, et c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un des points que l&amp;rsquo;auteur va approfondir. D&amp;rsquo;autres personnages émaillent le récit, comme Cal Lockyear habité par la violence, ou Hawn marié à une indienne et ostracisé. Tous les personnages sont très bien décrits, et donnent de la profondeur au récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car si l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à décrire la vraie histoire de ces pionniers, il se penche aussi sur les rapports humains, ceux des individus et du groupe bien sûr mais aussi ceux entre hommes et femmes, et j&amp;rsquo;ai été surpris par ce qu&amp;rsquo;il décrit : une jeune femme a largement son mot à dire pour le choix de son mari, et les hommes sont très respectueux des usages en cours dans cette société très pudibonde. Si on parle souvent à mots couverts, les choses sont dites d&amp;rsquo;une façon ou d&amp;rsquo;une autre. Cela donne des dialogues parfois surprenants, assez elliptiques, dont l&amp;rsquo;auteur semble se délecter. Il accorde aussi une grande attention aux attitudes des intervenants (un plissement des lèvres, un regard détourné, une pâleur subite, etc&amp;hellip;) pour donner une clef supplémentaire de compréhension à la scène. Tout cela apporte beaucoup d&amp;rsquo;intérêt à l&amp;rsquo;histoire de cette communauté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai aimé ce roman, au style assez simple et direct. Les hommes et les femmes sont décrits avec empathie et profondeur, la nature est omniprésente par sa beauté et par sa puissance. La description de l&amp;rsquo;époque et de l&amp;rsquo;aventure que vivaient ces gens est admirablement rendue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Haycox&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernest Haycox&lt;/a&gt; (1899-1950) est un écrivain américain, prolifique auteur de westerns. Les pionniers (The Earthbreakers) est son dernier roman, publié à titre posthume (1952), et sans doute son plus abouti. Parmi ses admirateurs, on comptait Gertrude Stein et Ernest Hemingway.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Huit de ses œuvres ont été portées à l&amp;rsquo;écran, tels La Chevauchée fantastique (Stagecoach, 1939), Le Passage du canyon (Canyon Passage, 1946) et Les clairons sonnent la charge (Bugles in the Afternoon, 1952). En 2005, le prestigieux jury des Western Writers comptait Haycox parmi les vingt-quatre meilleurs auteurs de l&amp;rsquo;Ouest du XXe siècle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Migrations - Charlotte McConaghy</title>
            <link>https://pled.fr/migrations-charlotte-mcconaghy/</link>
            <pubDate>Thu, 01 May 2025 16:40:36 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;migrations.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/je-pleure-encore-la-beaute-du-monde-charlotte-mcconaghy/&#34; &gt;Je pleure encore la beauté du monde&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai voulu lire le premier roman de l&amp;rsquo;auteure, qui lui avait valu un franc succès.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors il y a beaucoup de similarités entre les deux romans : le thème écologique bien sûr qui concerne ici la disparition des espèces, et celle des Sternes arctiques en particulier (dans son second roman, c&amp;rsquo;était la réintroduction de loups en Écosse ) ; et le personnage principal qui est dans les deux romans une jeune femme au caractère très affirmé, atypique, rebelle et difficile à gérer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Micrations, c&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire de ces Sternes arctiques qui ont la spécificité de faire l&amp;rsquo;aller-retour entre l&amp;rsquo;Arctique et l&amp;rsquo;Antarctique durant leur migration annuelle ! C&amp;rsquo;est la dernière espèce d&amp;rsquo;oiseaux encore existante, il n&amp;rsquo;y a plus de poisson ou presque (la pêche est interdite), et pour les animaux sauvages, hormis ceux dans les réserves&amp;hellip; Ce récit provoque un choc à imaginer un tel monde&amp;hellip; peut-être pas si loin de nous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, l&amp;rsquo;instabilité de Franny Stone, sa recherche de ses origines sans réel intérêt et dont on fait tout une histoire, le mystère artificiel qui entoure son passage en prison, m&amp;rsquo;ont un peu trop rappelé l&amp;rsquo;autre roman. J&amp;rsquo;espère que pour le prochain roman de l&amp;rsquo;auteure, celle-ci saura se renouveler un peu. Un bon moment de lecture ceci dit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Charlotte McConaghy, née en 1988, est une romancière australienne. Bizarrement, elle n’a pas encore sa page wikipedia. Il s’agit de son premier roman, traduit en 25 langues, et qui devrait être porté à l’écran…&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les neufs dragons - Michael Connelly</title>
            <link>https://pled.fr/les-neufs-dragons-michael-connelly/</link>
            <pubDate>Wed, 30 Apr 2025 07:51:16 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesneufdragons.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue la série Harry Bosch de Michael Connelly avec ce quinzième opus. Un petit polar de temps en temps ne pouvant pas faire de mal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors globalement, c&amp;rsquo;est plutôt une déception, l&amp;rsquo;intrigue n&amp;rsquo;atteint pas le niveau habituel et on a du mal à croire à cet aller-retour express à Hong-Kong et tout ce qui s&amp;rsquo;y passe : aller s&amp;rsquo;attaquer à une triade chinoise le temps d&amp;rsquo;une journée, même pour Harry Bosch, c&amp;rsquo;est peu crédible ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un événement important aura tout de même lieu lors de ce voyage, avec la mort d&amp;rsquo;un personnage clef de l&amp;rsquo;entourage de notre héros (je n&amp;rsquo;en dis pas plus). La soudaineté avec laquelle cette scène arrive prend vraiment le lecteur par surprise. Pour le reste, l&amp;rsquo;intrigue est assez tirée par les cheveux avec cette histoire d&amp;rsquo;enlèvement à HK dont on a du mal à comprendre le lien avec l&amp;rsquo;enquête dont Bosch s&amp;rsquo;occupe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, un petit Connelly, nettement en manque d&amp;rsquo;inspiration, à moins que ce ne soit une œuvre purement alimentaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Connelly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Connelly&lt;/a&gt;, né en 1956, est l’un des principaux auteurs américains de romans policiers. Il est assez prolifique. Les romans mettant en scène Harry Bosch ont été portés à l’écran dans une série TV éponyme (7 saisons). Une autre série existe depuis 2022 sur Amazon, « Bosch: Legacy » (2 saisons à ce jour).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté cinéma, il y a « Créance de sang » avec Clint Eastwood mettant en scène Terry Mc Caleb, un ancien agent du FBI. On peut voir un autre personnage du même auteur, Michael Haller, avocat et demi-frère de Bosch, dans « La défense Lincoln », avec Matthew McConaughey (excellent film !).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hier les oiseaux - Kate Wilhelm</title>
            <link>https://pled.fr/hier-les-oiseaux-kate-wilhelm/</link>
            <pubDate>Tue, 29 Apr 2025 16:56:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/hier-les-oiseaux-kate-wilhelm/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hierlesoiseaux.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir relu avec plaisir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-temps-des-genevriers-kate-wilhelm/&#34; &gt;Le temps des genévriers&lt;/a&gt;, je me suis dit qu&amp;rsquo;il fallait lire le meilleur roman de cet auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire débute de façon assez morbide, les ressources de la planète s&amp;rsquo;épuisent, et les humains finissent par disparaître, les diverses pollutions ayant amené la fin de la fertilité. Sauf dans une vallée, où les Summer ont anticipé les choses et commencé à travailler sur des études scientifiques qui aboutissent au clonage comme solution temporaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire change alors et décrit l&amp;rsquo;évolution de cette société de clone qui naît, encore dirigée par des &amp;ldquo;anciens&amp;rdquo; qui vont peu à peu se faire remplacer. Or les clones réagissent et vivent différemment, toujours par groupe de clones, ressentant les choses ensemble, et incapables d&amp;rsquo;individualisme. La nature leur fait peur, ils restent cantonnés dans leurs bâtiments. L&amp;rsquo;intelligence et la créativité semble aussi en baisse constante, la diversité et l&amp;rsquo;individualisme sont vus comme un danger. Mark est l&amp;rsquo;un des derniers enfants né de la reproduction humaine, et a vécu grâce à sa mère une enfance en contact avec la nature et l&amp;rsquo;art. Il est mis à l&amp;rsquo;index par cette société à cause de ses différences et de son refus de se plier aux règles, mais lorsque les ressources de la vallée s&amp;rsquo;épuisent et qu&amp;rsquo;il faut aller explorer le monde alentour, il va se révéler bien utile. Mark va devoir trouver sa voie dans cette société de clones qui semble être une impasse et sans espoir à long terme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon roman, l&amp;rsquo;histoire est assez originale et prenante car on se demande bien comment tout cela va finir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kate_Wilhelm&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kate Wilhelm&lt;/a&gt; (1928-2018) est une écrivaine américaine. Son mari est également auteur de SF. Ce roman a obtenu le prix Hugo du meilleur roman en 1977 et le prix Locus du meilleur roman la même année.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les fantômes du vieux pays - Nathan Hill</title>
            <link>https://pled.fr/les-fantomes-du-vieux-pays-nathan-hill/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Apr 2025 16:14:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-fantomes-du-vieux-pays-nathan-hill/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fantomesvieuxpays.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par la libraire : bien écrit, bonne histoire, brillant&amp;hellip; Je l&amp;rsquo;attaque sans rien savoir de l&amp;rsquo;histoire, pas même le contenu du quatrième de couverture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est vrai que l&amp;rsquo;histoire et le rythme de l&amp;rsquo;écriture sont efficaces, on est emmené par le récit, mais on se demande bien où !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence par cette femme de 61 ans qui lance spontanément une poignée de graviers à un homme politique qui traverse un parc où elle était tranquillement assise sur un banc. Mais les médias ont tout filmé, et l&amp;rsquo;affaire prend une ampleur nationale. Le passé de sa jeunesse à Chicago en 1968 ressort, tout est monté en épingle&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En parallèle, Samuel, le fils qu&amp;rsquo;elle a abandonné quand il avait 11 ans, devenu professeur de littérature, a bien du mal à gérer ne serait-ce que sa vie, et poussé par un éditeur peu scrupuleux, va tenter de tirer profit de cette histoire, mais là aussi, il ne sait pas vraiment où il va atterrir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est très caustique sur la société américaine, et cet aspect est très plaisant : plusieurs sujets sont abordés au fil de l&amp;rsquo;histoire, et c&amp;rsquo;est souvent très ironique, parfois un peu trop léger à mon goût, mais dans l&amp;rsquo;ensemble, c&amp;rsquo;est vraiment pas mal. Le point d&amp;rsquo;orgue du roman est cette manifestation à Chicago en août 1968, au moment du congrès démocrate, où la manipulation des étudiants pacifistes est totale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ensemble est assez brillant en effet, je suis d&amp;rsquo;accord avec la libraire, et j&amp;rsquo;ai passé un bon moment à lire ce roman. Surtout dans la façon dont l&amp;rsquo;auteur tire le fil de l&amp;rsquo;histoire, et emmène le lecteur sans que jamais l&amp;rsquo;intérêt ne baisse d&amp;rsquo;un cran. Du bon grand roman américain comme ils savent le faire, sans trop de longueurs non plus comme c&amp;rsquo;est parfois le cas (le roman fait quand même près de 1000 pages).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathan_Hill&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Nathan Hill&lt;/a&gt;, né en 1975, est un romancier américain. C&amp;rsquo;est son premier roman, il a reçu en France le prix Révélation étrangère du magazine Lire en 2017.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Je pleure encore la beauté du monde - Charlotte McConaghy</title>
            <link>https://pled.fr/je-pleure-encore-la-beaute-du-monde-charlotte-mcconaghy/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Apr 2025 15:14:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/je-pleure-encore-la-beaute-du-monde-charlotte-mcconaghy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;beautedumonde.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de cette autrice, mais c&amp;rsquo;était pour son premier roman &amp;ldquo;Migrations&amp;rdquo; (parait-il très bon), et puis je suis tombé sur celui-ci, avec un très beau titre, donc je me suis laissé tenter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire assez prenante d&amp;rsquo;une tentative de réintroduction de loups en Écosse, dans les Highlands. L&amp;rsquo;opération est dirigée par Inti Flynn, une jeune biologiste manifestement très compétente mais aussi très directrice. De plus, Inti souffre d&amp;rsquo;une &amp;ldquo;synesthésie visuo-tactile&amp;rdquo; (la maladie existe, mais l&amp;rsquo;auteur semble l&amp;rsquo;avoir poussée à son extrême), qui lui fait ressentir dans sa chair ce qu&amp;rsquo;elle peut observer de ses yeux, en particulier la douleur de coups ou de blessures reçus par un être humain ou un animal. Cela accentue l&amp;rsquo;empathie ressentie lors de la lecture de cette histoire et de son développement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien sûr, les loups soulèvent des réactions violentes parmi les éleveurs locaux, et les tensions montent, inévitables, jusqu&amp;rsquo;au drame. L&amp;rsquo;animal est pourtant fascinant à plus d&amp;rsquo;un titre : son mode de vie en meute, son intelligence (tu ne traques pas les loups, tu traques leurs proies), et en particulier son impact sur la flore que le projet met en avant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les cervidés grignotent les jeunes pousses d’arbres et de végétaux. Avec eux, rien ne se développe. Nous sommes envahis par les cerfs et les chevreuils. Les loups réguleront cette population et les inciteront à se déplacer, ce qui permettra aux plantes et à la végétation de croître naturellement, ce qui favorisera le retour des insectes pollinisateurs, des rongeurs et des mammifères de petite taille, ce qui incitera les oiseaux de proie à revenir sur le territoire. En contrôlant également la population de renards, les loups permettront aux animaux de taille moyenne tels que les blaireaux et les castors de prospérer. Les arbres pourront de nouveau pousser, et fabriquer l’air que nous respirons. Un écosystème diversifié est un écosystème en bonne santé qui profite à tout le monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre sujet est traité au cours du roman : Inti est venue en Écosse avec sa sœur Aggie qui vit recluse et n&amp;rsquo;a plus prononcé un mot depuis une expérience traumatique avec un homme violent. Cette violence masculine n&amp;rsquo;est pas étrangère au village, et est même exacerbée par le conflit latent généré par le projet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dénouement est plutôt bien vu et inattendu, et Inti qui croyait tout maîtriser va se rendre compte que c&amp;rsquo;était loin d&amp;rsquo;être le cas. Quant à la violence, celle des hommes dépasse largement celles des animaux !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman plaisant à lire où le lecteur est bien accroché, et beaucoup plus réussi que le dernier roman à vision écologique que j&amp;rsquo;ai lu, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous-clara-arnaud/&#34; &gt;Et vous passerez comme des vents fous&lt;/a&gt;, et qui m&amp;rsquo;avait largement déçu et laissé sur ma faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Charlotte McConaghy, née en 1988, est une romancière australienne. Bizarrement, elle n&amp;rsquo;a pas encore sa page wikipedia. Il s&amp;rsquo;agit de son deuxième roman, dont le titre original est &amp;ldquo;Once there were wolves&amp;rdquo;. Son premier roman &amp;ldquo;Migrations&amp;rdquo; dont on dit le plus grand bien devrait être porté à l&amp;rsquo;écran&amp;hellip; Je vais commencer par le lire en attendant !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Zouleikha ouvre les yeux - Gouzel Iakhina</title>
            <link>https://pled.fr/zouleikha-ouvre-les-yeux-gouzel-iakhina/</link>
            <pubDate>Sat, 29 Mar 2025 10:30:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/zouleikha-ouvre-les-yeux-gouzel-iakhina/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;zouleikha.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre acheté au hasard, il était sur la table de la librairie avec un petit commentaire élogieux d&amp;rsquo;une des libraires, comme ils font souvent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire de Zouleikha, une paysanne Tatar vivant dans la République Socialiste Autonome Tatare, du côté de Kazan. Entre des conditions de vie extrêmement dures, un mari du genre bestial, et une belle-mère acariâtre qui la harcèle sans cesse, sa vie est assez proche de celle d&amp;rsquo;une bête de somme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient alors une troupe de l&amp;rsquo;Armée Rouge commandée par le camarade Ignatov, qui entreprend de déplacer les populations réticentes au collectivisme vers la Sibérie pour peupler le territoire. C&amp;rsquo;est la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9koulakisation&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;dékoulakisation,&lt;/a&gt; les koulaks étant ces paysans qui n&amp;rsquo;adhéraient pas à la politique de collectivisation des terres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mari sera tué sur place et la belle-mère aveugle abandonnée à son sort. Entassée avec d&amp;rsquo;autres dans des wagons à bestiaux, débute alors pour Zouleikha une longue déportation (un trajet de plusieurs mois fait d&amp;rsquo;errances, la machine soviétique s&amp;rsquo;enrayant parfois) jusqu&amp;rsquo;à un territoire vierge où les survivants sont quasiment abandonnés à leur sort, sous la surveillance du malheureux Ygnatov, manipulé par son supérieur. Zouleikha s&amp;rsquo;aperçoit alors qu&amp;rsquo;elle est enceinte de son mari&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La petite communauté réussira tant bien que mal à survivre au premier terrible hiver, puis les choses s&amp;rsquo;organiseront un peu mieux, le pouvoir soviétique ayant grand besoin du bois coupé sans relâche par la petite communauté. Zouleikha va peu à peu s&amp;rsquo;ouvrir au monde, se libérer de ses croyances et de ses peurs (un mélange de croyances animistes et d&amp;rsquo;un Dieu tout-puissant), en s&amp;rsquo;affirmant en tant que femme et aussi en tant que mère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit est assez prenant, tout est raconté au niveau de Zouleikha, sans grandes explications sur ce qui se passe hors de leur périmètre de vie. La dureté de la vie de petit groupe est le plus marquant bien sûr, et le semblant d&amp;rsquo;amélioration qu&amp;rsquo;ils finissent par atteindre semble paradoxalement un énorme progrès quand on voit d&amp;rsquo;où ils sont partis&amp;hellip; Les efforts de Zouleikha permettront à son fils d&amp;rsquo;avoir d&amp;rsquo;autres espérances.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouzel_Iakhina&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gouzel Iakhina&lt;/a&gt;, née en 1977, est une écrivaine russe. Fille d&amp;rsquo;un médecin et d&amp;rsquo;un ingénieur, elle a travaillé dans la publicité et le marketing. &lt;em&gt;Zouleikha ouvre les yeux&lt;/em&gt; est son premier roman, écrit en 2015, qui a rencontré un grand succès et a été traduit dans 20 langues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;ombre de la montagne - Gregory David Roberts</title>
            <link>https://pled.fr/lombre-de-la-montagne-gregory-david-roberts/</link>
            <pubDate>Thu, 20 Mar 2025 17:33:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lombre-de-la-montagne-gregory-david-roberts/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ombre-montagne.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/shantaram-gregory-david-roberts/&#34; &gt;Shantaram&lt;/a&gt; qui m&amp;rsquo;avait captivé, j&amp;rsquo;étais très content de découvrir par hasard qu&amp;rsquo;il y avait une suite à l&amp;rsquo;histoire ! J&amp;rsquo;ai donc enchaîné immédiatement avec ce roman, où l&amp;rsquo;on reprend l&amp;rsquo;histoire pratiquement où on l&amp;rsquo;avait laissée. L&amp;rsquo;épaisseur est la même, comme le nombre de pages, environ 1000.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lin revient juste d&amp;rsquo;un séjour à Goa, et les choses ont bien changé à Bombay, depuis la mort de Khaderbhai en Afghanistan, moment clef de la fin du premier opus. Ce dernier était le chef &amp;ldquo;éclairé&amp;rdquo; du clan mafieux, avec une recherche philosophique et religieuse du sens de la vie, de la notion du bien et du mal, ce qui avait fait que Lin le suivait. Son successeur n&amp;rsquo;a pas les mêmes qualités humaines et le profit et la force deviennent les seules choses importantes : la drogue et la prostitution que Khaderbhai avait toujours refusé sur son territoire font leur apparition, comme la guerre avec un autre clan qui veut s&amp;rsquo;approprier le territoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;histoire est toujours aussi captivante, la première partie est beaucoup plus sombre et violente, même si l&amp;rsquo;auteur essaie manifestement de détendre l&amp;rsquo;atmosphère par quelques scènes plus légères (et qui du coup détonnent un peu). Puis Lin va réussir à se libérer de son appartenance au clan, et retrouver Karla, elle aussi prête à accepter l&amp;rsquo;amour qui les unit. Le rythme de l&amp;rsquo;histoire ralentit, ils vont passer quelques mois sur une montagne où le moine qui inspirait Khaderbhai donne son enseignement. Lin alias Shantaram finira par trouver la rédemption qu&amp;rsquo;il cherchait depuis longtemps, se détachant enfin de la violence en jetant symboliquement ses couteaux dans l&amp;rsquo;océan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_David_Roberts&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gregory David Roberts&lt;/a&gt; est né en 1952 à Melbourne et est un auteur australien. C’est un ancien héroïnomane accusé de grand banditisme à cause de plusieurs braquage de banque. Il s’échappe de prison en 1980 et s’enfuie en Inde, où il a vécu pendant dix ans. Il sera finalement capturé en Allemagne, extradé en Australie où il purgera sa peine, et c’est là qu’il écrira Shantaram. Il a fini par revenir ensuite à Bombay, où il a participé à des actions caritatives pour aider les pauvres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une série TV éponyme a été réalisée à partir du premier roman (Apple TV). Il devait y avoir une saison 2, mais l&amp;rsquo;audience n&amp;rsquo;étant pas au rendez-vous de la première saison, le projet a été annulé.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Shantaram - Gregory David Roberts</title>
            <link>https://pled.fr/shantaram-gregory-david-roberts/</link>
            <pubDate>Sun, 02 Mar 2025 10:26:05 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/shantaram-gregory-david-roberts/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;shantaram.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bouquin acheté un peu au hasard, il était sur la table du libraire, un gros pavé de 1000 pages, relatant les aventures en Inde d&amp;rsquo;un australien évadé de prison, dans les années 1980.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça tombait bien, je cherchais un gros bouquin, une longue histoire dans laquelle plonger, alors je n&amp;rsquo;ai pas hésité longtemps, d&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;Inde, c&amp;rsquo;était mon premier grand voyage (6 mois), et en plus dans les années 80 (comme cette histoire) ! D&amp;rsquo;ailleurs, au fil de la lecture, quand l&amp;rsquo;auteur parle de l&amp;rsquo;assassinat d&amp;rsquo;Indira Ghandi, je me suis dit &amp;ldquo;mais j&amp;rsquo;y étais !&amp;rdquo;, et je me souviens très bien des événements terribles qui en avaient découlés (c&amp;rsquo;était assez chaud, pour dire le moins !). Mais aussi d&amp;rsquo;autres moments plus cool, quand l&amp;rsquo;auteur cite certains endroits de Goa, cela m&amp;rsquo;a aussi rappelé des souvenirs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé ce roman carrément génial, je l&amp;rsquo;ai littéralement dévoré, et tourné chaque page avec bonheur et impatience, totalement pris par le récit. C&amp;rsquo;est un vrai roman d&amp;rsquo;aventure, inspiré toutefois de sa vie réelle, comme l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;en explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Certaines expériences de ma vie sont décrites à peu près comme elles sont arrivées, et d&amp;rsquo;autres sont des récits créés, justifiés par mon expérience. Je voulais écrire deux ou trois romans sur des éléments bruts de ma vie, me permettant d&amp;rsquo;explorer les thèmes qui m&amp;rsquo;intéressaient, tout en gardant le récit immédiat en l&amp;rsquo;ancrant à certaines de mes vraies expériences. Ce sont des romans, pas des autobiographies, et tous les personnages et dialogues sont créés. Peu importe que cela soit vrai ou non pour moi, c&amp;rsquo;est à quel point ils sont vrais pour nous tous, et pour notre humanité commune.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman commence quand Lin arrive à Bombay, après s&amp;rsquo;être évadé d&amp;rsquo;une prison en Australie. C&amp;rsquo;est un fugitif, recherché par Interpol, et il va devoir se planquer. Il se lie avec Prabaker, un petit indien au sourire irrésistible qui vit de petits trafics avec les touristes, et qui va lui faire découvrir le vrai Bombay avant de l&amp;rsquo;emmener vivre dans son village pendant 6 mois. De retour à Bombay, de fil en aiguille, Lin va se retrouver médecin dans l&amp;rsquo;immense bidonville, et cette expérience va profondément le marquer. Puis son passé de truand va l&amp;rsquo;amener à trouver la protection d&amp;rsquo;un clan mafieux dirigé par Khaderbhai, un homme charismatique à la recherche d&amp;rsquo;une certaine sagesse, et qui va le prendre sous son aile&amp;hellip; mais aussi le manipuler, car rien n&amp;rsquo;est simple ni gratuit dans ce monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lin est aussi à la recherche d&amp;rsquo;une certaine rédemption, après avoir gâcher la première partie de sa vie (drogue, attaque à main armée), ce qui le rend assez sympathique, même dans si dans le monde qu&amp;rsquo;il fréquente, il doit rester sur le qui-vive et toujours se faire respecter. Difficile d&amp;rsquo;échapper à son karma comme on dit là-bas ! :wink: Certains passages expriment cette recherche philosophique ou spirituelle, en particulier dans les discussions qu&amp;rsquo;il a avec Khaderbhai : après tout on est en Inde, c&amp;rsquo;est le bon endroit. Lin n&amp;rsquo;est toutefois pas du tout religieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les aventures vont se succéder à un rythme soutenu, les personnages dont Lin s&amp;rsquo;entoure sont plutôt sympathiques, et la belle Karla dont il tombe éperdument amoureux n&amp;rsquo;est pas facile à conquérir, ni à cerner. Jusqu&amp;rsquo;à un départ en Afghanistan avec Khaderbhai et quelques hommes pour apporter de l&amp;rsquo;aide aux moudjahidines qui luttent contre les envahisseurs russes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un excellent roman d&amp;rsquo;aventure, haletant, j&amp;rsquo;ai vraiment adoré lire cette histoire, bien écrite, et aux rebondissements spectaculaires. La quête spirituelle de Lin apporte un équilibre plutôt bien trouvé. Et la façon dont il parle de l&amp;rsquo;Inde et des indiens, de comment il s&amp;rsquo;imprègne de leur culture et la façon dont il la vit, sonne vraiment juste ! Il aime réellement l&amp;rsquo;Inde et particulièrement Bombay, malgré toute sa folie mais aussi pour l&amp;rsquo;humanité qui se dégage de chaque habitant, si pauvre soit-il.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_David_Roberts&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gregory David Roberts&lt;/a&gt; né en 1952 à Melbourne est un auteur australien. C&amp;rsquo;est un ancien héroïnomane accusé de grand banditisme à cause de plusieurs braquage de banque. Il s&amp;rsquo;échappe de prison en 1980 et s&amp;rsquo;enfuie en Inde, où il a vécu pendant dix ans. Il sera finalement capturé en Allemagne, extradé en Australie où il purgera sa peine, c&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;il écrira Shantaram. Puis il a fini par revenir à Bombay, où il a participé à des actions caritatives pour aider les pauvres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une série TV éponyme a été réalisée à partir de ce roman (Apple TV). L&amp;rsquo;histoire est pas mal modifiée, seuls restent les personnages. L&amp;rsquo;ensemble est plutôt décevant, ne réussissant pas à retranscrire l&amp;rsquo;esprit du roman ni l&amp;rsquo;amour de l&amp;rsquo;Inde qu&amp;rsquo;exprime si bien l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>C&#39;est arrivé la nuit - Marc Lévy</title>
            <link>https://pled.fr/cest-arrive-la-nuit-marc-levy/</link>
            <pubDate>Tue, 04 Feb 2025 16:27:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/cest-arrive-la-nuit-marc-levy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;carrivelanuit.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;avais jamais rien lu de Marc Lévy, mais l&amp;rsquo;ayant vu en interview à la TV, le personnage est plutôt sympathique et dit des choses plutôt censées sur notre société. Alors quand je l&amp;rsquo;ai entendu parler de la série &amp;ldquo;9&amp;rdquo; et de sa bande de hackers, j&amp;rsquo;ai voulu voir de quoi il retournait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela a été une énorme déception, c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;un niveau affligeant d&amp;rsquo;un point de vue littérature, tant du point de vue du scénario que de l&amp;rsquo;écriture. Je n&amp;rsquo;ai même pas envie de trop m&amp;rsquo;étendre, ça n&amp;rsquo;en vaut pas la peine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je me disais qu&amp;rsquo;une AI entraînée à la prose du sieur Lévy devrait pouvoir générer un bouquin équivalent en un minimum de temps, il suffirait de lui fournir la base d&amp;rsquo;un scénario en quelques mots, ce qui ne devrait pas demander trop d&amp;rsquo;effort. Tant qu&amp;rsquo;à faire un produit de consommation, autant y aller franchement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté style, on est noyé de phrases toutes faites, stéréotypées, que l&amp;rsquo;on est obligé de lire en diagonale tellement c&amp;rsquo;est niais. À un moment, j&amp;rsquo;ai voulu revenir en arrière pour vérifier un point, je me souvenais parfaitement du contexte de ce passage, mais j&amp;rsquo;étais incapable de le retrouver tellement le texte insipide prédomine sur les événements du récit, ce qui confirme d&amp;rsquo;ailleurs qu&amp;rsquo;il ne se passe pas grand chose au fil des pages (il y a 3 tomes à remplir).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Inutile de préciser que je ne lirai pas la suite, ni rien d&amp;rsquo;autre de Marc Lévy. L&amp;rsquo;autre jour je voulais commander de vieux polars de Jim Thompson chez mon libraire, qui me répondait systématiquement &amp;ldquo;épuisé, indisponible&amp;rdquo;&amp;hellip; On ferait mieux de rééditer les romans de grands auteurs que de publier ce genre de littérature qui n&amp;rsquo;en porte que le nom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Levy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marc Lévy&lt;/a&gt;, né en 1961, est un romancier français devenu célèbre avec son premier roman &amp;ldquo;Et si c&amp;rsquo;était vrai&amp;hellip;&amp;rdquo;. Je pensais en lisant &amp;ldquo;C&amp;rsquo;est arrivé la nuit&amp;rdquo; aux &amp;ldquo;Club des cinq&amp;rdquo; de la bibliothèque verte que je lisais étant petit (on est à peu près au même niveau) ; or je lis sur sa page wikipedia qu&amp;rsquo;il écrit des histoires dans les repas Happy Meals pour MacDo , relatant les aventures de quatre enfants. Il a peut-être trouvé sa voie, qu&amp;rsquo;ils soient 4, 5 ou 9, peu importe ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La mémoire des mers - Petra Rautiainen</title>
            <link>https://pled.fr/la-memoire-des-mers-petra-rautiainen/</link>
            <pubDate>Fri, 24 Jan 2025 17:41:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-memoire-des-mers-petra-rautiainen/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;memoire-des-mers.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nouveau cadeau de Noël, et encore un livre dans lequel je ne suis pas vraiment rentré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En premier lieu à cause d&amp;rsquo;Aapa, le personnage principal, au comportement très désagréable, et dont on se demande bien ce qu&amp;rsquo;elle vient faire dans ce récit. On pourrait lui conseiller aussi de boire moins d&amp;rsquo;alcool, ça l&amp;rsquo;aiderait à se comporter de façon moins agressive et égoïste envers les autres. D&amp;rsquo;ailleurs, on se demande assez longtemps de quoi l&amp;rsquo;auteur veut nous parler : on comprend bien que la mer, les baleines et le réchauffement climatique sont au centre de tout, mais pour dire quoi ? Et quelle est la crédibilité de l&amp;rsquo;arrivée d&amp;rsquo;Aapa dans sa ville natale, au nord de la Norvège, envoyée de Floride par une compagnie pétrolière pour préparer un documentaire qui sera trafiqué au montage ? (ce dont Aapa se contrefout au passage). À peu près aussi élevée que l&amp;rsquo;intérêt que l&amp;rsquo;on éprouve à lire cette histoire, et c&amp;rsquo;est dommage d&amp;rsquo;en faire la partie principale du roman. Le récit est par ailleurs entrecoupé d&amp;rsquo;un journal, écrit par une femme, partie sur un navire de recherche scientifique explorant la banquise de l&amp;rsquo;océan arctique, des années plus tôt, et déjà confrontée aux comportements déviants des baleines. Cette partie aurait sans doute mérité mieux que quelques extraits disséminés au fil des chapitres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé tout ça très brouillon, on tourne les pages en attendant d&amp;rsquo;y trouver de l&amp;rsquo;intérêt, mais cet espoir disparaît peu à peu. Non, désolé, je n&amp;rsquo;ai pas du tout accroché ni au style, ni au fond de l&amp;rsquo;histoire, malgré le dépaysement de cette petite ville du nord de la Norvège. Le sujet est intéressant, mais l&amp;rsquo;histoire qui nous est contée échoue assez nettement à nous en parler réellement, et la rédemption d&amp;rsquo;Aapa arrive un peu tard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petra Rautiainen est née en 1988 en Finlande. Ce roman est son deuxième, le premier &amp;ldquo;Un Pays de neige et de cendres&amp;rdquo; ayant connu son petit succès. Elle n&amp;rsquo;a pas encore sa page Wikipedia.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Et vous passerez comme des vents fous - Clara Arnaud</title>
            <link>https://pled.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous-clara-arnaud/</link>
            <pubDate>Sat, 11 Jan 2025 10:07:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/et-vous-passerez-comme-des-vents-fous-clara-arnaud/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Etvouspasserez.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cadeau de Noël de ma frangine, choisi dans une librairie sur les conseils du libraire si j&amp;rsquo;ai bien compris. C&amp;rsquo;est toujours délicat d&amp;rsquo;offrir un livre que l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;a pas lu, et ça fait longtemps que je ne me fie plus aux conseils du libraire, les rythmes de publications de bouquins sont tels qu&amp;rsquo;à mon avis ils sont bien souvent dans l&amp;rsquo;instant et vendent ce qu&amp;rsquo;ils ont mis en évidence sur les tables, les produits littéraires du moment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vous l&amp;rsquo;avez déjà compris, je n&amp;rsquo;ai pas trop apprécié ce roman, qui est bien écrit certes, au vocabulaire recherché et très précis, ainsi vous saurez ce qu&amp;rsquo;est une estive (pâturage d&amp;rsquo;altitude des Pyrénées francophones), mot omniprésent dans le roman : le titre était tout trouvé, c&amp;rsquo;est dommage, mais un vers de poésie ça en jette beaucoup plus ! L&amp;rsquo;auteure utilise aussi le mot &amp;ldquo;animale&amp;rdquo; pour parler de l&amp;rsquo;ours car c&amp;rsquo;est une femelle. C&amp;rsquo;est correct, mais très rare : sous forme d&amp;rsquo;adjectif oui, mais sous forme de nom commun féminin, je ne l&amp;rsquo;avais encore jamais vu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y parle donc d&amp;rsquo;une ourse, réintroduite dans les Pyrénées (parmi d&amp;rsquo;autres), et qui va poser des problèmes aux bergers durant l&amp;rsquo;estive, opposant scientifiques et écolos à certains bergers et autres chasseurs (traités de façon assez caricaturale)&amp;hellip; Mais bon, sujet intéressant à priori.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sauf que&amp;hellip; l&amp;rsquo;auteure vient y ajouter le récit en parallèle de Jules qui à la fin du XIXe siècle capture un ourson, le dresse et s&amp;rsquo;en va parcourir le monde, pour finir à New-York. Autre histoire, autre époque, dont on se demande ce qu&amp;rsquo;elle vient faire là, d&amp;rsquo;autant que c&amp;rsquo;est largement bâclé, avec quelques chapitres disséminés de ci de là, et un lien artificiel révélé en fin de roman. Cela valait tout juste une histoire racontée autour d&amp;rsquo;un feu de bois un soir, sur la fameuse estive !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sauf que&amp;hellip; l&amp;rsquo;on apprend pas grand chose, et je me demande ce que l&amp;rsquo;auteure a voulu nous conter, à part l&amp;rsquo;évidence du conflit que tout le monde connaît. Elle commence par un faux suspense avec une &amp;ldquo;tragédie&amp;rdquo; mystérieuse qui se serait passée l&amp;rsquo;année précédente (je déteste ce genre de procédé), et dont il faudra attendre la moitié du bouquin pour en avoir tous les détails, et qui fera largement plouf, tout ça pour ça (ah bon, il y a des accidents en montagne ?). Et quand ça va mal tourner, l&amp;rsquo;histoire s&amp;rsquo;arrête brutalement. Qui a commis l&amp;rsquo;irréparable ? quelles sont les conséquences ? que fait la police ? la recherche d&amp;rsquo;Alma aboutira-t-elle ? cela n&amp;rsquo;intéresse pas l&amp;rsquo;auteure, toute consacrée à une belle écriture, à la description de la nature et à la beauté de la vie pastorale dans les fameuses estives. L&amp;rsquo;histoire n&amp;rsquo;a aucune importance, ce qui est dommage pour un roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Déception donc, un roman très vite oublié dès le livre fermé, un produit littéraire bien documenté, un travail sérieux, mais où la forme prends le pas sur le fond. Or c&amp;rsquo;est le fond, l&amp;rsquo;histoire qui me passionne dans un roman, la complexité des personnages, etc&amp;hellip; À chacun ses goûts.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Clara_Arnaud&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Clara Arnaud&lt;/a&gt;, née en 1986, est une écrivaine française. Ce roman a reçu le prix du roman d&amp;rsquo;écologie 2024. Voyageuse, elle a publié en 2010 &amp;ldquo;Sur les chemins de Chine&amp;rdquo;, récit d&amp;rsquo;une traversée à cheval de 6 mois à travers le pays, alors qu&amp;rsquo;elle a 21 ans.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un tueur sur la route - James Ellroy</title>
            <link>https://pled.fr/un-tueur-sur-la-route-james-ellroy/</link>
            <pubDate>Fri, 03 Jan 2025 10:41:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-tueur-sur-la-route-james-ellroy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;untueursurlaroute.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai voulu relire ce roman d&amp;rsquo;Ellroy dont j&amp;rsquo;avais gardé un souvenir assez glaçant, le récit d&amp;rsquo;un tueur en série raconté à la première personne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se nomme Martin Michael Plunkett, 35 ans. Témoin d&amp;rsquo;une scène d&amp;rsquo;adultère dans son enfance qui va le traumatiser, il devient un garçon solitaire, son esprit rempli de visions qu&amp;rsquo;il superpose à la réalité, soumis à un super héros fictif de BD appelé &amp;ldquo;Super Saigneur&amp;rdquo; (et son alter-ego féminin) avec qui il dialogue dans sa tête. Il est obsédé par la blondeur, développe une homosexualité latente, et n&amp;rsquo;ose pas passer à l&amp;rsquo;acte. À côté de tout ça, il est très intelligent et réussi parfaitement à duper tout son monde, et ne ressent absolument aucune empathie pour le genre humain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se contente de vol et de voyeurisme lors de ses premiers méfaits, et finit par passer un an en prison. Dès lors, il va devenir excessivement prudent, et le premier assassinat arrive brutalement dans le récit sans que l&amp;rsquo;on y soit vraiment préparé. C&amp;rsquo;est très violent. Plunkett va ensuite partir sur la route, et tuer au hasard de ses rencontres, atteignant une quarantaine de meurtres à son actif. Au cours de ce périple, il va rencontrer son alter-ego, Ross Anderson, un policier tout aussi dangereux et intelligent, et de plus très bel homme. Les vingt pages suivantes reprennent les meurtres de ce dernier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit est entrecoupé de coupures de presse relatant les versions officielles et l&amp;rsquo;état des recherches de la police. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;époque où une unité spécialisée pour traquer les tueurs en série est montée par le F.B.I. et elle finira par porter ses fruits en ce qui concerne Anderson et Plunkett. Mais ce dernier ne reconnaîtra que les quatre derniers meurtres qu&amp;rsquo;il a commis, mais négociera l&amp;rsquo;accès aux dossiers de la police pour écrire ses mémoires en prison : c&amp;rsquo;est le récit que l&amp;rsquo;on a entre les mains.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman un peu glaçant à lire, qui montre combien un meurtrier intelligent qui tue sans véritable autre mobile que celui de tuer peut se révéler extrêmement dangereux et difficile à traquer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Ellroy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Ellroy&lt;/a&gt;, né en 1948 à Los Angeles, est un écrivain et scénariste américain. J&amp;rsquo;ai lu presque tous ses romans à une époque, notamment sa trilogie &amp;ldquo;Underworld USA&amp;rdquo; qui raconte l&amp;rsquo;ascension et la mort de JFK, la mort de J.E. Hoover, les dernières années de la guerre du Vietnam et la présidence de Richard Nixon. Je suis depuis largement revenu sur mon jugement quand j’ai appris qu’il avait largement inventé des faits quand cela l’arrangeait, et qu’il s’agissait donc d’une totale fiction. Cela m’avait un peu déçu de la part de l’écrivain (sans parler de son côté réactionnaire quand on l&amp;rsquo;écoute en interview).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Moon Palace - Paul Auster</title>
            <link>https://pled.fr/moon-palace-paul-auster/</link>
            <pubDate>Fri, 27 Dec 2024 16:52:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/moon-palace-paul-auster/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;moonpalace.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paul Auster nous a quitté il y a peu, j&amp;rsquo;ai eu envie de lire un de ses romans que je n&amp;rsquo;avais pas déjà lu (il y a longtemps), comme &amp;ldquo;La trilogie New-Yorkaise&amp;rdquo;, ou &amp;ldquo;La musique du hasard&amp;rdquo;, parmi ceux dont je me souviens, ou comme &amp;ldquo;Léviathan&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Le voyage d&amp;rsquo;Anna Blume , dont je n&amp;rsquo;ai gardé aucun souvenir (!). J&amp;rsquo;ai choisi &amp;ldquo;Moon Palace&amp;rdquo;, bien noté si j&amp;rsquo;en crois &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_livres_de_Paul_Auster/2168341&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cette liste&lt;/a&gt; puisqu&amp;rsquo;il en arrive en tête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans mes souvenirs, Paul Auster est certainement un conteur-né, qui sait vous emmener avec brio dans des histoires toujours surprenantes, mais qui a du mal à finir ses histoires, à retomber sur ses pieds. Dans ce roman, ce n&amp;rsquo;est pas le cas, quand Marco Stanley Fogg atteint la côte du Pacifique après un long parcours, il est effectivement arrivé à la fin d&amp;rsquo;un cycle, prêt à débuter une nouvelle vie, et l&amp;rsquo;histoire peut s&amp;rsquo;arrêter là.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Auparavant, il nous aura raconté son histoire peu banale, fils d&amp;rsquo;un père inconnu et d&amp;rsquo;une mère disparue quand il avait onze ans, et élevé par un oncle un peu bohème. devient un étudiant fauché, ayant beaucoup lu, solitaire et rêveur, un intellectuel qui se veut original mais qui est surtout pommé, et qui finit par se clochardiser dans Central Park. Tout prêt de mourir de faim et sauvé in extremis par un ami et une jeune fille dont il tombera éperdument amoureux, il doit alors se présenter pour la conscription, et se confie ainsi au psy de l&amp;rsquo;armée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nos vies sont déterminées par de multiples contingences, déclarai-je, en essayant d&amp;rsquo;être aussi succinct que possible, et nous luttons chaque jour contre ces chocs, ces accidents, afin de conserver notre équilibre. Il y a deux ans, pour des raisons philosophiques et personnelles, j&amp;rsquo;ai décidé de renoncer à cette lutte. Ce n&amp;rsquo;était pas par envie de me tuer – n&amp;rsquo;allez pas croire ça – mais parce qu&amp;rsquo;il me semblait que si je m&amp;rsquo;abandonnais au chaos de l&amp;rsquo;univers, l&amp;rsquo;univers me révélerait peut-être en dernier ressort une harmonie secrète, une forme, un plan, qui m&amp;rsquo;aideraient à pénétrer en moi-même. La condition était d&amp;rsquo;accepter les choses telles qu&amp;rsquo;elles se présentaient, de se laisser flotter dans le courant de l&amp;rsquo;univers. Je ne prétends pas y avoir très bien réussi. En fait, j&amp;rsquo;ai échoué lamentablement. Mais l&amp;rsquo;échec n&amp;rsquo;entache pas la sincérité de la tentative. Même si j&amp;rsquo;ai failli en mourir, je crois que cela m&amp;rsquo;a rendu meilleur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela résume assez bien le début du roman et le personnage ! (évidemment, il sera réformé, ce qui était en partie le but du discours&amp;hellip; ). Fogg va alors se retrouver au service d&amp;rsquo;un vieillard encore plus original que lui, coincé sur sa chaise roulante, et qui va lui raconter sa vie pour écrire ses mémoires avant de mourir. L&amp;rsquo;occasion pour l&amp;rsquo;auteur de nous emmener dans une nouvelle histoire peu banale et passionnante&amp;hellip; Puis Fogg se retrouvera seul, face à lui-même, et se dirigera vers l&amp;rsquo;Ouest pour trouver son propre chemin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon roman, plaisant à lire, Fogg reste toujours d&amp;rsquo;une honnêteté totale et une personnalité attachante à travers toutes ses aventures. Avec son côté poète, il s&amp;rsquo;attache aux coïncidences que la vie procure, comme ses prénoms (Marco comme Marco Polo et Stanley comme le journaliste qui retrouva Livingstone) qui le prédisposent donc aux voyages. La lune revient aussi plusieurs fois dans sa vie, et d&amp;rsquo;autre coïncidences avec lesquelles l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amuse pour le plus grand bonheur du lecteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Auster&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Paul Auster&lt;/a&gt; (1947-2024) est un romancier, scénariste et réalisateur américain. Côté cinéma, j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Smoke_%28film,_1995%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Smoke&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Brooklyn_Boogie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Brooklyn Boogie&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, deux films auxquels Paul Auster (scénriste des deux et réalisateur du second), avec un excellent Harvey Keitel dans le rôle du patron du Brooklyn Cigar Company, un débit de tabac de Brooklyn, où défilent des personnages hauts en couleur, autant de tranches de vie dont on se délecte.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ville noire ville blanche - Richard Price</title>
            <link>https://pled.fr/ville-noire-ville-blanche-richard-price/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Dec 2024 10:57:35 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;viiolenoirevilleblanche.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en cherchant &amp;ldquo;The Corner&amp;rdquo; de David Simon (le livre qui a inspiré la série &amp;ldquo;The Wire&amp;rdquo;), hélas introuvable, que la libraire m&amp;rsquo;a parlé de celui-ci, traitant d&amp;rsquo;un sujet similaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, ici, il ne s&amp;rsquo;agit pas de trafic de drogue, mais d&amp;rsquo;une banlieue noire de New York, bordant un autre quartier blanc celui-là. Brenda, une femme (blanche) va déclarer s&amp;rsquo;être fait voler sa voiture aux limites de ce quartier avec son enfant sur la banquette arrière. Les forces de l&amp;rsquo;ordre se déploient, le quartier est vite cerné, et les médias s&amp;rsquo;emparent de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;inspecteur Lorenzo, né dans ce quartier, dispose de peu de temps pour démêler ce qui s&amp;rsquo;est passé avant que les choses ne dégénèrent. Il va devoir se frotter au mutisme de Brenda, en état de choc, et gérer les tensions qui montent peu à peu entre les habitants du quartier et les policiers blancs qui l&amp;rsquo;encerclent. Y aurait-il eu un tel déclenchement des forces de l&amp;rsquo;ordre pour une femme noire ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus qu&amp;rsquo;un polar, c&amp;rsquo;est une description des tensions entre communautés, presque une étude sociologique. L&amp;rsquo;intrigue avance lentement, tout de passe sur deux jours, mais la lecture reste prenante, c&amp;rsquo;est très bien écrit et les personnages très bien rendus avec leurs complexités, que ce soit Lorenzo, Brenda ou la journaliste Jesse. La description de la vie de la cité est aussi très réaliste. J&amp;rsquo;ai bien aimé aussi l&amp;rsquo;épilogue, empreint d&amp;rsquo;une certaine humanité après toutes ces tensions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Price_%28sc%C3%A9nariste%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Richard Price&lt;/a&gt;, né en 1949 dans le Bronx à New York, est un écrivain, scénariste et producteur américain. Il est entre autres le scénariste de &amp;ldquo;La couleur de l&amp;rsquo;argent&amp;rdquo; de Martin Scorsese. &amp;ldquo;Ville noire, ville blanche&amp;rdquo; a été adapté au cinéma sous le titre &amp;ldquo;La couleur du crime&amp;rdquo; (Freedomland).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>2034 - Elliot Ackerman</title>
            <link>https://pled.fr/2034-elliot-ackerman/</link>
            <pubDate>Thu, 12 Dec 2024 17:32:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/2034-elliot-ackerman/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;2034.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre, une fiction sur une escalade entre grandes puissances amenant à un conflit nucléaire&amp;hellip; Heureusement que ça se lit assez vite, parce que franchement l&amp;rsquo;auteur ne s&amp;rsquo;est pas trop cassé la tête une fois l&amp;rsquo;idée de scénario trouvée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le départ, on est surpris : les chinois sont capables par une cyberattaque d&amp;rsquo;annihiler tous les systèmes de défense américains ! plus rien ne fonctionne, les porte-avions deviennent aussi faciles à couler qu&amp;rsquo;une barque de pêcheur, alors que bateaux chinois sont eux invisibles. Évidemment, ça simplifie le rapport de force, et bien sûr rien ne sera expliqué sur cet avantage pourtant décisif.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour faire bonne mesure, l&amp;rsquo;auteur a cru bon d&amp;rsquo;inclure dans le scénario des russes et des iraniens, dont les actions n&amp;rsquo;ont pas vraiment d&amp;rsquo;intérêt, si ce n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ajouter de nouveaux personnages. Puis ce sera au tour des indiens qui tenteront de ramener la paix. Et l&amp;rsquo;histoire ne se déroule que par le biais de ces personnages tous aussi caricaturaux les uns que les autres. On passe de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre, ils agissent, réagissent, ou obéissent tout simplement. L&amp;rsquo;aspect géo-politique, la diplomatie, etc&amp;hellip; rien de tout cela ne sera traité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, un thriller de politique fiction très décevant, trop basique pour être intéressant. Un roman de gare, comme on dit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Elliot_Ackerman&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Elliot Ackerman&lt;/a&gt;, né en 1980, est un auteur américain. Il a servi pendant neuf ans dans le corps des Marines des États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Houris - Kamel Daoud</title>
            <link>https://pled.fr/houris-kamel-daoud/</link>
            <pubDate>Thu, 05 Dec 2024 17:21:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/houris-kamel-daoud/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;houris.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu envie de lire le prix Goncourt, appréciant le personnage de Kamel Daoud à travers ses interviews, et connaissant le sujet de ce livre, à savoir les dix années de guerre civile qu&amp;rsquo;a connu l&amp;rsquo;Algérie dans les années 90, entre l&amp;rsquo;armée et le Front Islamique du Salut, qui avait gagné les élections.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, je n&amp;rsquo;ai pas du tout passé un bon moment de lecture, et j&amp;rsquo;ai du me forcer pour aller jusqu&amp;rsquo;au bout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces longs monologues chargés de répétitions m&amp;rsquo;ont empêché de rentrer dans l&amp;rsquo;histoire, et le style littéraire de l&amp;rsquo;auteur encore plus, qui prime manifestement sur le contenu, qui est lui délivré au compte goutte : l&amp;rsquo;ennui est vite présent et m&amp;rsquo;a rarement quitté. Il y a aussi toutes ces phrases où le prophète est invoqué par les uns et par les autres à tout bout de champ, ainsi qu&amp;rsquo;un côté morbide très présent, tout le long, tout le temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que ce soit Aube, le personnage principal du roman, qui s&amp;rsquo;adresse à l&amp;rsquo;enfant qu&amp;rsquo;elle a dans son ventre, puis Aïssa le chauffeur-libraire, et encore l&amp;rsquo;imam de la mosquée du village de Had Chekala, toutes leurs logorrhées où on a l&amp;rsquo;impression soit qu&amp;rsquo;ils parlent à un abruti, soit qu&amp;rsquo;ils sont abrutis eux-mêmes par leurs propres mots, m&amp;rsquo;ont vite lassées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais alors l&amp;rsquo;Histoire dans tout ça ? Ce qui ressort de ce roman est assez terrible, d&amp;rsquo;abord pour la place des femmes dans la société algérienne décrite, ou plutôt l&amp;rsquo;absence de place, réduite en fait à quasiment aucun droit. Si cette société est telle que la décrit Daoud, c&amp;rsquo;est franchement inquiétant. Ensuite ce silence ordonné par la loi sur les dix ans de guerre, qui a manifestement été de l&amp;rsquo;ordre de l&amp;rsquo;horreur (comme toute guerre finalement) et dont l&amp;rsquo;auteur appuie le côté morbide avec des fanatiques égorgeant sans distinction aucune des villages entiers. Et pour finir l&amp;rsquo;omniprésence de la religion forcément, qui écrase tout et tout le monde. On n&amp;rsquo;en saura guère plus sur le côté historique de cette guerre civile, ce que j&amp;rsquo;attendais en fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;avais déjà pas aimé le style de l&amp;rsquo;auteur dans son livre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/meursault-contre-enquete-kamel-daoud/&#34; &gt;Meursault contre-enquête&lt;/a&gt; (prix Goncourt premier roman 2015 d&amp;rsquo;ailleurs). Voilà ce que j&amp;rsquo;avais écrit à l&amp;rsquo;époque :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je n’ai pas du tout accroché. Même si c’est très bien écrit, il ne m’en reste qu’une longue lamentation assez déplaisante,&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je peux faire à peu près le même constat pour celui-ci. La question que je me pose, c&amp;rsquo;est pour qui écrit Kamel Daoud ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kamel_Daoud_%28%C3%A9crivain%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kamel Daoud&lt;/a&gt;, né en 1970, est un écrivain et journaliste franco-algérien d&amp;rsquo;expression française, humaniste autoproclamé. Très critique vis-à-vis de l&amp;rsquo;Islam, cela lui a valu pas mal d&amp;rsquo;ennuis, dont une fatwa par un imam salafiste algérien, et plus tard d&amp;rsquo;être accusé d&amp;rsquo;islamophobie par un collectif composé d’historiens, d’anthropologues ou de sociologues, probablement issus d&amp;rsquo;une certaine gauche.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans l&#39;ombre - Gilles Boyer &amp;amp; Édouard Philippe</title>
            <link>https://pled.fr/dans-lombre-gilles-boyer-edouard-philippe/</link>
            <pubDate>Thu, 05 Dec 2024 15:36:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dans-lombre-gilles-boyer-edouard-philippe/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;danslombre.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien la première fois que je lis un livre d&amp;rsquo;homme politique, et plus encore écrit à quatre mains ! Mais bon, le côté polar, peut-être teinté de réalisme, m&amp;rsquo;a attiré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franchement, c&amp;rsquo;est pas trop mal, on passe derrière la scène d&amp;rsquo;une campagne politique, à travers les yeux d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;apparatchik&amp;rdquo;, le bras droit du &amp;ldquo;Patron&amp;rdquo;, le candidat, loin au-dessus de la mêlée. L&amp;rsquo;équipe autour de lui est réduite et chacun a une tâche bien dédiée : la presse, les discours, la direction de campagne, l&amp;rsquo;organisation matérielle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Patron vient de remporter la primaire au sein de son parti, et va se présenter au premier tour de la présidentielle. Les choses ne vont pas tarder à se compliquer quand des rumeurs de primaires truquées vont apparaître. Qui est derrière cette rumeur, est-elle vraie ? La belle machine va vite s&amp;rsquo;enrayer, et les choses déraper. Un peu trop d&amp;rsquo;ailleurs !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré quelques explications du monde politique un peu laborieuses, quelques ficelles un peu grosses, des personnages souvent caricaturaux, c&amp;rsquo;est assez bien écrit et la lecture est prenante avec un suspens bien tenu. On a toutefois un peu de mal à croire que l&amp;rsquo;on aille jusqu&amp;rsquo;à des meurtres dans le contexte d&amp;rsquo;une telle primaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais ce qui ressort (et qui m&amp;rsquo;a dérangé) le plus, c&amp;rsquo;est le cynisme total de pas mal de personnages. C&amp;rsquo;est vraiment trop marqué, même si on comprend bien que l&amp;rsquo;intrigue &amp;ldquo;polar&amp;rdquo; est le prétexte pour montrer l&amp;rsquo;atmosphère et l&amp;rsquo;organisation d&amp;rsquo;une campagne. Que ces hommes soient obnubilés par le but ultime, la victoire qui seule compte, OK. Mais ce cynisme omniprésent était-il nécessaire pour démonter les rouages d&amp;rsquo;une organisation de campagne électorale ? Je n&amp;rsquo;en suis pas certain, et cela a un peu gêné ma lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89douard_Philippe&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Édouard Philippe&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Boyer&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gilles Boyer&lt;/a&gt; ont été tous deux les conseillers de l&amp;rsquo;ombre d&amp;rsquo;Alain Juppé, des apparatchiks donc selon la terminologie du roman. Le premier a franchi le Rubicon, devenant maire du Havre puis Premier ministre. Le second est député européen depuis 2019.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Easy money - David Simon</title>
            <link>https://pled.fr/easy-money-david-simon/</link>
            <pubDate>Tue, 26 Nov 2024 10:17:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/easy-money-david-simon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;easymoney.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;David Simon est le créateur de la série The Wire, que j&amp;rsquo;avais beaucoup appréciée pour son réalisme dans la description de cette banlieue de Baltimore, et des tensions qui la parcourent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit récit raconte, sous une forme journalistique, les faits que l&amp;rsquo;auteur a pu amasser sur la vie de Melvin Williams, dit &amp;ldquo;Little Melvin&amp;rdquo;, une légende des rues de Baltimore, un gamin futé et calculateur, devenu l&amp;rsquo;un des plus importants barons de la drogue, et que la police aura bien du mal a coincer, car il ne s&amp;rsquo;implique jamais directement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faudra une longue enquête de deux ans (l&amp;rsquo;histoire que raconte The Wire, avec les fameux bipeurs utilisés par les trafiquants) pour le faire tomber. C&amp;rsquo;est lors de cet emprisonnement que David Simon, alors jeune journaliste, avait convaincu Williams de lui raconter son histoire : il s&amp;rsquo;ensuivit des centaines d&amp;rsquo;entretiens, Simon publiant des articles dans la presse au fur et à mesure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est donc pas à proprement parler un roman, mais plutôt une collection des faits concernant toute cette histoire, à propos du personnage de Melvin Williams, de son organisation, des enquêtes de la police, etc&amp;hellip; Cela fait à peine une centaine de pages, mais on voit bien la genèse de The Wire transparaître à travers tout ça, et on a bien envie de revisionner cette série pour le plaisir !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Simon&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;David Simon&lt;/a&gt;, né en 1960, est un journaliste, écrivain et scénariste américain. Il a produit la série The Wire (co-écrit avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ed_Burns&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ed Burns&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;un des inspecteurs de l&amp;rsquo;enquête sur Williams). Il est l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;autres séries qui valent le détour (pour celles que j&amp;rsquo;ai vu) car décrivant toujours un pan de la société, que ce soit la politique, la police et les trafics, etc&amp;hellip; :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2000_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2000&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corner&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;The Corner&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2002_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2002&lt;/a&gt; - &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2008_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2008&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sur_%C3%A9coute&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sur écoute&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; ( &lt;em&gt;The Wire&lt;/em&gt;)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2008_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2008&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Generation_Kill_%28s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Generation Kill&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2011_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2011&lt;/a&gt; - &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2013_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2013&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Treme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Treme&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2015_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2015&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Show_Me_a_Hero&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Show Me a Hero&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2017_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2017&lt;/a&gt; - &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2019_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2019&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Deuce&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;The Deuce&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2020_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2020&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Plot_Against_America_%28mini-s%C3%A9rie%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;The Plot Against America&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/2022_%C3%A0_la_t%C3%A9l%C3%A9vision&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;2022&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/We_Own_This_City&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;We Own This City&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;En ce moment, je regarde Treme (4 saisons), qui raconte la vie de musiciens à La Nouvelle Orléans, après le passage de l&amp;rsquo;ouragan Katrina. C&amp;rsquo;est vraiment très bien, tant côté musical que pour les difficultés à retrouver une vie normale après la catastrophe et des dysfonctionnements qui s&amp;rsquo;en suivirent.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les déracinés - Catherine Bardon</title>
            <link>https://pled.fr/les-deracines-catherine-bardon/</link>
            <pubDate>Sat, 16 Nov 2024 10:27:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-deracines-catherine-bardon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesderacines.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par une bonne âme à ma sœur, premier roman d&amp;rsquo;une saga de 5 tomes. En ce qui me concerne, je m&amp;rsquo;arrêterai là, pas du tout convaincu par ce premier opus, pour dire le moins.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est pourtant propice à un grand roman : on retrouve le Vienne décrit par Stéphan Zweig dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/&#34; &gt;Le monde d&amp;rsquo;hier&lt;/a&gt;. La ville où rayonne la liberté et la culture va basculer sous l&amp;rsquo;emprise du nazisme et de l&amp;rsquo;anti-sémitisme. Suivra un exil dans une République bananière qui aurait pu prolonger un récit somme toute tragique. Mais non, l&amp;rsquo;auteure a choisit de se focaliser sur l&amp;rsquo;aspect romance, hélas contrariée par les événements mondiaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire de Wilhelm et Alma : lui est journaliste issu d&amp;rsquo;une famille de la classe moyenne, elle a suivi des études de dentiste et est issue de la haute bourgeoisie viennoise. Ils tombent éperdument amoureux l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre et se marient rapidement. Alors que l&amp;rsquo;Allemagne d&amp;rsquo;Hitler étend son emprise sur le pays, ils coulent des jours heureux et insouciants, jouissant de leurs privilèges, aveugles au danger qui approche, malgré des signaux évidents qui poussent la sœur de Wilhelm et son mari à émigrer aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Premier questionnement sur le récit : on a l&amp;rsquo;impression que l&amp;rsquo;auteure veut tellement nous raconter avec forces détails historiques l&amp;rsquo;évolution de la situation à Vienne (prouvant ainsi le sérieux de l&amp;rsquo;écrivain) qu&amp;rsquo;elle force ses personnages à y rester beaucoup plus longtemps que raisonnable. La seule raison donnée tient en une phrase d&amp;rsquo;Almah : &amp;ldquo;pas sans les parents&amp;rdquo;. Sauf que les parents, d&amp;rsquo;une autre génération, ont décidé de rester quoiqu&amp;rsquo;il arrive. Le sujet n&amp;rsquo;est plus évoqué par ailleurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Wilhelm et Almah vont partir très tard (en 1939, alors que Zweig est parti en 1934 : pour un journaliste Wil n&amp;rsquo;est pas très futé !), quand ça devient très compliqué et que les États-Unis ont depuis longtemps fermé leurs frontières. Le couple va donc se trouver par un concours de circonstances dans une espèce de Kibboutz en République Dominicaine, sous l&amp;rsquo;œil bienveillant du dictateur Trujillo, dont je connaissais l&amp;rsquo;histoire avec l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/la-fete-au-bouc-mario-varga-llosa/&#34; &gt;La fête au Bouc de Mario Varga LLosa&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;histoire de ces colons juifs à Sosúa est par ailleurs véridique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au passage, si l&amp;rsquo;on compare ces deux livres, le talent d&amp;rsquo;écrivain de Mario Varga Llosa saute aux yeux et la comparaison fait mal à l&amp;rsquo;auteure de ce roman, manifestement dépassée par son sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a beaucoup de choses qui m&amp;rsquo;ont déçu dans ce roman, en premier lieu ce mélange entre la grande Histoire et la romance de nos deux personnages. La matière a un grand récit est là, et pourtant l&amp;rsquo;auteure ne réussit jamais à les fondre en un tout homogène, soit elle se concentre sur la première (disons la partie à Vienne), soit sur la seconde (toute la partie à Sosúa où on est résolument passé dans la petite histoire et où la grande (la dictature de Trujillo par exemple, ou même la difficulté à établir une colonie en partant de rien) est presque totalement absente.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit est à la première personne (Wil) sauf de temps en temps où l&amp;rsquo;auteure reprend la main, c&amp;rsquo;est un peu surprenant et pas très plaisant à la lexture ; d&amp;rsquo;autres fois c&amp;rsquo;est le journal de Wil qui n&amp;rsquo;apporte vraiment que peu d&amp;rsquo;intérêt&amp;hellip; Les chapitres sont très courts (mauvais signe), et sont affublés d&amp;rsquo;un titre tout aussi inutile que ridicule (en général le mot clef du chapitre en question). Même l&amp;rsquo;aspect romance est assez mièvre est caricatural dans l&amp;rsquo;ensemble.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;arrête mes critiques ici, ce n&amp;rsquo;est vraiment pas le genre de littérature que je recherche. À classer dans la surproduction de romans qui encombrent les tables des libraires, compliquent le choix des lecteurs, et pour lesquels on abat des arbres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.babelio.com/auteur/Catherine-Bardon/416308&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Catherine Bardon&lt;/a&gt; ne dispose pas d&amp;rsquo;une page Wikipedia. Elle a apparemment travaillé longtemps pour des guides touristiques et est tombée sous le charme de la République Dominicaine. Après une carrière dans la communication, elle se consacre désormais à l’écriture. :cry:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La fille des collines - Charles Williams</title>
            <link>https://pled.fr/la-fille-des-collines-charles-williams/</link>
            <pubDate>Fri, 15 Nov 2024 15:11:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fille-des-collines-charles-williams/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lafilledescollines.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est après avoir vu le film &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hot_Spot_%28film%29https://fr.wikipedia.org/wiki/Hot_Spot_%28film%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hot Spot&lt;/a&gt; de Dennis Hopper, adapté d&amp;rsquo;un roman de Charles Williams ( &lt;em&gt;Hell Nath No Fury&lt;/em&gt;), que je suis arrivé à ce bouquin, le premier qu&amp;rsquo;ait écrit son auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un roman noir très classique, publié en 1951. L&amp;rsquo;intrigue apparaît assez vite : deux frères très différents, Bob et Lee, ont été élevés par un père très autoritaire. Lee, l&amp;rsquo;aîné et &amp;ldquo;le beau gosse&amp;rdquo; a toujours bénéficié de la clémence du père aujourd&amp;rsquo;hui disparu, et est toujours resté dans la petite ville rurale du Sud des États-Unis. Bob, au contraire, a du partir dans une université après une brouille définitive avec le père. Sa tentative de devenir joueur de football professionnel ayant échouée, il revient au pays et découvre que Lee, bien que marié, est toujours un coureur de jupons invétéré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;est entiché d&amp;rsquo;Angelina, genre de femme fatale un peu sauvage qui ne laisse personne indifférent. Mais son père, un fermier assez austère, ne plaisante pas avec l&amp;rsquo;honneur de sa fille. Lee s&amp;rsquo;enfonce dans l&amp;rsquo;alcool et son attirance pour Angelina tourne à l&amp;rsquo;obsession. La situation ne peut que dégénérer, et Bob va devoir trouver une solution pour éviter qu&amp;rsquo;une catastrophe n&amp;rsquo;éclate&amp;hellip; La façon dont il va le faire surprend pour le moins, et bien malin celui qui peut deviner comment tout cela va finir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon polar très classique, dans un Amérique rurale des années 50, un monde simple où l&amp;rsquo;honneur peut se régler d&amp;rsquo;un simple coup de fusil&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Williams_%28%C3%A9crivain_am%C3%A9ricain%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Charles Williams&lt;/a&gt; (1909-1975) est un auteur américain de romans policiers. Ce premier roman le décide à devenir écrivain professionnel. Il est l&amp;rsquo;auteur de Fantasia chez les ploucs (The diamond bikini), adapté à l&amp;rsquo;écran par Gérard Pirès avec Lino Ventura, Jean Yanne et Mireille Darc.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Kobo Aura HD : installation de Plato</title>
            <link>https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/</link>
            <pubDate>Thu, 14 Nov 2024 16:47:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;plato-2.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dimanche dernier, ma liseuse Kobo m&amp;rsquo;a planté : impossible de la démarrer, je croyais bien qu&amp;rsquo;elle était morte, après 9 années de bons et loyaux services, cadeau des collègues pour mon départ en (pré) retraite ! Et puis non, le lendemain, en lisant le manuel (le fameux RTFM ! :lol: ), et en appuyant à la fois sur le bouton lumière et le bouton démarrage, elle a bien voulu repartir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme j&amp;rsquo;étais assez mécontent du temps mis à tourner une page depuis la dernière mise à jour, j&amp;rsquo;ai décidé d&amp;rsquo;installer une solution alternative, j&amp;rsquo;ai nommé &lt;strong&gt;Plato&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revoyons tout ça depuis le début.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;état-des-lieux&#34;&gt;État des lieux&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Ma liseuse est assez vieille, et au retour de mon dernier voyage, j&amp;rsquo;ai du enlever la coque qui commençait à poser problème : en mode lecture, la face avant repliée sur la face arrière de la liseuse, l&amp;rsquo;aimant (de ce que j&amp;rsquo;ai compris) provoquait des mises en veille intempestives de la liseuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus l&amp;rsquo;écran semblait fatiguer, m&amp;rsquo;affichant de temps en temps les menus (menu du haut, ou du bas, ou les deux) alors que j&amp;rsquo;étais tranquillement en train de lire sans toucher à l&amp;rsquo;écran.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une tentative ultime, je me décidais il y a quelque temps à faire une mise à jour du système.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;kobo-by-fnac&#34;&gt;Kobo by Fnac&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Je me retrouve alors avec une version plus récente du système Kobo. Je suis moins embêté me semble-t-il par les menus intempestifs (mais toujours un peu), et d&amp;rsquo;une façon générale les appuis sur l&amp;rsquo;écran ne sont pas toujours très réactifs, ou alors ce sont les zones de l&amp;rsquo;écran ou encore la lourdeur du système : franchement l&amp;rsquo;expérience n&amp;rsquo;est pas au top !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre je remarque tout de suite que le temps pour tourner la page est beaucoup plus long qu&amp;rsquo;avec la version précédente (1 seconde, ça peu paraître très long), et c&amp;rsquo;est assez désagréable à l&amp;rsquo;usage. Je me dis que je vais peut-être devoir acheter une nouvelle liseuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc dimanche soir, refus de démarrer, un premier reset fonctionne (appui long sur le bouton d&amp;rsquo;alimentation), je branche la liseuse, et essaie de continuer en mode Wi-Fi mais j&amp;rsquo;obtiens un message &amp;ldquo;une erreur est survenue&amp;rdquo;, impossible de continuer (apparemment un bug, il est impossible à cette étape de se connecter en Wi-Fi, après plusieurs essais). OK, je redémarre le PC, lance une VM Windows, puis &amp;ldquo;l&amp;rsquo;appli&amp;rdquo; Kobo Desktop, qui me demande de m&amp;rsquo;identifier avec mon compte FNAC (non mais sans déc&amp;rsquo; ? :mad: ), et là encore plantage : ma liseuse est déconnectée de Windows, l&amp;rsquo;appli m&amp;rsquo;indique de vérifier ma connexion à internet, et si je veux la fermer, on me dit qu&amp;rsquo;une opération est en cours ! Un autre bug ? bravo Kobo ! Bref, je débranche la liseuse, et là elle est totalement plantée, le reset ne donne rien&amp;hellip; Je vais me coucher en me disant que cette fois la liseuse a rendu l&amp;rsquo;âme, et que je suis bon pour en racheter une.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le lendemain, lecture du manuel, et je vois une autre combinaison de touches :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ol&gt;&#xA;&lt;li&gt;Maintenez enfoncé le bouton de la lumière de votre liseuse.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Faites glisser le bouton d&amp;rsquo;alimentation vers la droite jusqu&amp;rsquo;à ce que le voyant d&amp;rsquo;alimentation clignote.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Relâchez le bouton de la lumière et le bouton d&amp;rsquo;alimentation.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ol&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cela fonctionne, la liseuse redémarre courageusement, et me demande de me connecter à Kobo Desktop. À la connexion du périphérique à Windows, j&amp;rsquo;ai un message me disant le système de fichiers a besoin d&amp;rsquo;être réparé (sans doute la conséquence du débranchement forcé de la veille), ce que je fais et qui prend 2 secondes. Puis je me reconnecte à Kobo Desktop, et là même problème qu&amp;rsquo;hier, perte du périphérique, vérifier la connexion Internet, etc&amp;hellip; J&amp;rsquo;attends un peu, puis débranche la liseuse, j&amp;rsquo;ai alors un écran noir avec un bouton &amp;ldquo;power&amp;rdquo; barré&amp;hellip; Bon, je décide de la laisser ainsi et de voir si elle finit par repartir. Et c&amp;rsquo;est le cas, quand je reviens plus tard, elle a redémarré avec un système totalement réinitialisé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;alternatives&#34;&gt;Alternatives&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Un bon point des liseuses Kobo est d&amp;rsquo;autoriser l&amp;rsquo;installation d&amp;rsquo;autres systèmes. Et je me dis que c&amp;rsquo;est le bon moment pour en tester un autre ; je me rappelais avoir testé à une époque KOReader sans être très convaincu, puis être revenu au système Kobo d&amp;rsquo;origine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a en fait deux possibilités : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://koreader.rocks/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;KOReader&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://github.com/baskerville/plato&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Plato&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;KOReader&lt;/strong&gt; est très complet, avec beaucoup d&amp;rsquo;options, et disponible pour Kindle, Kobo, PocketBook, Android et Linux. Il supporte les formats suivants : EPUB, PDF, DjVu, XPS, CBT, CBZ, FB2, PDB, TXT, HTML, RTF, CHM, DOC, MOBI et ZIP. On se perd un peu dans les menus&amp;hellip;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Plato&lt;/strong&gt; est beaucoup plus basique et disponible uniquement pour les liseuses Kobo. Il supporte les formats EPUB, PDF, DjVu, XPS, CBZ, FB2, MOBI et TXT. Il est aussi extrêmement rapide et léger.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après des années d&amp;rsquo;utilisation, je connais mes usages et ils sont très simples : lire un EPUB. Toutes les autres fonctionnalités, je sais que je ne les utiliserai pas. Je m&amp;rsquo;oriente donc cette fois vers Plato.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;installation&#34;&gt;Installation&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Tout se passe sur le forum &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.mobileread.com/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;mobileread&lt;/a&gt; (une mine d&amp;rsquo;informations par ailleurs) : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.mobileread.com/forums/showthread.php?t=314220&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;https://www.mobileread.com/forums/showthread.php?t=314220&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On commence par télécharger le &amp;ldquo;one click package&amp;rdquo; (à la fin du post #1) pour Plato ou KOReader, ou bien les deux car on peut tout à fait installer les deux systèmes. On télécharge aussi le script d&amp;rsquo;installation KFMon d&amp;rsquo;où l&amp;rsquo;on va extraire le script d&amp;rsquo;installation. On se retrouve alors avec une arborescence comme ça :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;585px&#34; data-flex-grow=&#34;244&#34; height=&#34;342&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-36-52.png&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-36-52_hu_bf7aeb3924ed80f4.png 800w, https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-36-52.png 835w&#34; width=&#34;835&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis on suit les instructions du post  #2 : Il ne reste plus qu&amp;rsquo;à lancer le script et choisir ce que l&amp;rsquo;on veut installer (après avoir connecté la liseuse au PC bien entendu) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;583px&#34; data-flex-grow=&#34;243&#34; height=&#34;343&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-46-21.png&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-46-21_hu_1ee2ced7f8f9c3ea.png 800w, https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Capture-decran-du-2024-11-11-17-46-21.png 834w&#34; width=&#34;834&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je choisis de n&amp;rsquo;installer que Plato. Le script se déroule alors, puis il en reste plus qu&amp;rsquo;à déconnecter proprement la liseuse, la mise à jour se fait, et on redémarre : un nouveau menu NickelMenu est apparu en bas à droite de l&amp;rsquo;écran :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;555px&#34; data-flex-grow=&#34;231&#34; height=&#34;216&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/Nickel-menu-1.png&#34; width=&#34;500&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait on ne va pas remplacer le système de Kobo, mais installer Plato &lt;strong&gt;à côté&lt;/strong&gt;. À chaque démarrage de la liseuse, on démarre sur le système Kobo, un nouveau menu est disponible en bas de l&amp;rsquo;écran, à partir duquel on lance Plato ou KOReader selon ce que l&amp;rsquo;on a installé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un peu inattendu, mais il suffit d&amp;rsquo;utiliser la mise en veille plutôt que l&amp;rsquo;arrêt de votre liseuse lors de l&amp;rsquo;utilisation pour contourner ce problème. La consommation de la batterie est tout de même impacté, mais le démarrage est immédiat, et cette fois on arrive directement sur la page où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;était arrêté, dans Plato bien sûr.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Info&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De ce que j&amp;rsquo;ai pu lire, il n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs ni possible, ni recommandé de démarrer directement sur Plato (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.mobileread.com/forums/showthread.php?t=331896&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;source&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a des choses initialisées par le script Nickel à bas niveau qu&amp;rsquo;il est préférable d&amp;rsquo;effectuer lors d&amp;rsquo;un démarrage. L&amp;rsquo;auteur de Plato avait même fait un script &lt;code&gt;standalone.sh&lt;/code&gt; pour démarrer directement dessus, mais il l&amp;rsquo;a apparemment retiré depuis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;personnalisation&#34;&gt;Personnalisation&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Plato est donc installé, et après quelques jours d&amp;rsquo;utilisation, j&amp;rsquo;en suis plutôt satisfait, tourner les pages est immédiat, et c&amp;rsquo;est un vrai plaisir à l&amp;rsquo;usage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a par contre une ou deux choses que j&amp;rsquo;aimerais changer, et je ne vois aucun menu Paramètres. En fait, il faut aller modifier un fichier à la main pour personnaliser un peu l&amp;rsquo;application. Il faut pour cela connecter la liseuse au PC (en mode partage), et ouvrir le fichier &lt;code&gt;/media/pascal/KOBOeReader/.adds/plato/Settings.toml&lt;/code&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour y voir un peu plus clair, un fichier &lt;code&gt;Settings-sample.toml&lt;/code&gt; est fourni qui définit chaque paramètre afin de pouvoir modifier le fichier de configuration en connaissance de cause. Je vous engage à le parcourir pour voir quelles options vous intéressent et modifier le fichier de configuration en conséquence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;afficher-la-couverture-en-mode-veille-ou-extinction&#34;&gt;Afficher la couverture en mode veille ou extinction&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Dans le fichier Settings-sample.toml, on peut lire :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# Defines the images displayed when entering an intermission.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# Possible values: &amp;#34;logo:&amp;#34;, &amp;#34;cover:&amp;#34;, &amp;#34;/path/to/image/file&amp;#34;.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# If a relative file path is given, it will be relative to&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# the installation directory.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;intermissions&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;suspend &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; &lt;span style=&#34;color:#e6db74&#34;&gt;&amp;#34;logo:&amp;#34;&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;power-off &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; &lt;span style=&#34;color:#e6db74&#34;&gt;&amp;#34;logo:&amp;#34;&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;share &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; &lt;span style=&#34;color:#e6db74&#34;&gt;&amp;#34;logo:&amp;#34;&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Il suffit alors, dans le fichier &lt;code&gt;Settings.toml&lt;/code&gt; de remplacer &lt;code&gt;logo&lt;/code&gt; par &lt;code&gt;cover&lt;/code&gt;, et le tour est joué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;page-suivante-pour-le-coin-inférieur-droit&#34;&gt;Page suivante pour le coin inférieur droit&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Une habitude que j&amp;rsquo;ai, c&amp;rsquo;est de tourner la page en appuyant sur le coin inférieur droit avec mon pouce. C&amp;rsquo;est le plus pratique je trouve, puisque je tiens ma liseuse par le bas quand je lis. Mais par défaut, ce n&amp;rsquo;est pas le cas avec Plato.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait l&amp;rsquo;écran est divisé en zone, avec des actions pour chacune, selon le mode. Il y a même des gestes (swipes) définis pour exécuter des actions définies :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;456px&#34; data-flex-grow=&#34;190&#34; height=&#34;333&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/regions-swipes-1.png&#34; width=&#34;634&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout est détaillé dans le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://github.com/baskerville/plato/blob/master/doc/MANUAL.md#reader&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Manual de Plato&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En ce qui me concerne, on voit dans la doc que la zone &amp;ldquo;SEC&amp;rdquo; (south-east-corner) est définie pour l&amp;rsquo;option &amp;ldquo;aller à la page&amp;rdquo; en mode normal. Heureusement, il existe un paramètre pour cette zone, comme nous l&amp;rsquo;indique le fichier &lt;code&gt;Settings-sample.toml&lt;/code&gt;:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;reader&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# The action triggered when tapping the south-east corner.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# Possible values: &amp;#34;go-to-page&amp;#34;, &amp;#34;next-page&amp;#34;.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;south-east-corner &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; &lt;span style=&#34;color:#e6db74&#34;&gt;&amp;#34;go-to-page&amp;#34;&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Il suffit donc de mettre &lt;code&gt;next-page&lt;/code&gt; en lieu et place de &lt;code&gt; go-to-page&lt;/code&gt; pour avoir le comportement que je veux ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;usage, la zone SEC est un peu trop étroite, je dois vraiment coller mon pouce au bord droit de l&amp;rsquo;écran pour rester dans la zone. Heureusement, là aussi Plato me permet de configurer la grandeur de la zone, retour au fichier &lt;code&gt;Settings-sample.toml&lt;/code&gt;:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;highlight&#34;&gt;&lt;pre tabindex=&#34;0&#34; style=&#34;color:#f8f8f2;background-color:#272822;-moz-tab-size:4;-o-tab-size:4;tab-size:4;-webkit-text-size-adjust:none;&#34;&gt;&lt;code class=&#34;language-bash&#34; data-lang=&#34;bash&#34;&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;[&lt;/span&gt;reader&lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;]&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# The width ratio, relative to `min(W, H) / 2`, of the strip and corner touch regions.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;&lt;span style=&#34;color:#75715e&#34;&gt;# Launch the *Touch Events* application to display the current touch regions.&lt;/span&gt;&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;strip-width &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; 0.6&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&#34;display:flex;&#34;&gt;&lt;span&gt;corner-width &lt;span style=&#34;color:#f92672&#34;&gt;=&lt;/span&gt; 0.4&#xA;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;&lt;p&gt;La valeur dans le fichier &lt;code&gt;Settings.toml&lt;/code&gt; est à 0.4000000238418579, je la passe à 0.6000000238418579, et je vais vérifier avec l&amp;rsquo;application &amp;ldquo;Touch Events&amp;rdquo; comme indiqué. Ci-dessous le menu pour accéder à &amp;ldquo;Touch Events&amp;rsquo;, les zones de l&amp;rsquo;écran par défaut, et les zones après modifications :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;584px&#34; data-flex-grow=&#34;243&#34; height=&#34;316&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/kobo-aura-hd-installation-de-plato/corners-1.png&#34; width=&#34;770&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà, ma liseuse a retrouvé une seconde jeunesse ! :grin: La couverture du livre s&amp;rsquo;affiche sur l&amp;rsquo;écran hors lecture, elle démarre au quart de tour grâce au mode veille, les pages tournent à la vitesse de l&amp;rsquo;éclair, et je peux me concentrer sur la lecture, je ne demande rien d&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le temps des genévriers - Kate Wilhelm</title>
            <link>https://pled.fr/le-temps-des-genevriers-kate-wilhelm/</link>
            <pubDate>Sat, 09 Nov 2024 16:17:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-temps-des-genevriers-kate-wilhelm/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;letempsdesgenevriers.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un livre de SF que j&amp;rsquo;ai lu quand j&amp;rsquo;étais jeune (disons dans les années 80), et que j&amp;rsquo;avais très bien noté : j&amp;rsquo;ai retrouvé cette info dans de vielles lettres que ma frangine avait gardée :oops: ! J&amp;rsquo;avais toujours le bouquin sur mes étagères, alors je me suis dit pourquoi ne pas le relire et voir ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors c&amp;rsquo;est de la Science-Fiction très classique de l&amp;rsquo;époque, avec un scénario qui a le mérite d&amp;rsquo;avoir déjà un côté écologique en présentant une planète à bout de souffle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arthur est le fils d&amp;rsquo;un cosmonaute, et rêve de relancer le programme de la station spatiale internationale abandonné il y a une génération. Jean est la fille d&amp;rsquo;un autre cosmonaute qui a trouvé la mort dans cette station, et étudie la linguistique sans vraiment s&amp;rsquo;épanouir dans sa vie. Leurs parents étaient amis, et ils ont tous deux passé une partie de leur enfance ensemble, puis la vie les a séparé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La sécheresse dévaste l&amp;rsquo;Ouest des États-Unis, poussant les habitants de la Côte Ouest vers des &amp;ldquo;Villes-nouvelles&amp;rdquo; construites à la hâte, où les gens perdent leur dignité et le vernis de la civilisation, et où règne la misère et la loi du plus fort. Seuls les Indiens décident de rester sur leurs terres et de s&amp;rsquo;adapter à la nature comme ils l&amp;rsquo;ont toujours fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jean va perdre son boulot et se rejoindre les indiens, changer radicalement sa philosophie de vie et trouver son équilibre. Arthur va se retrouver impliqué dans une lutte sans merci entre militaires et pouvoir politique pour la station spatiale lorsqu&amp;rsquo;un objet étrange est trouvé en orbite de la terre : est-ce un message d&amp;rsquo;une autre civilisation, ou une tentative de manipulation des Russes ? Car pendant ce temps, la sécheresse gagne toute la planète&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le récit est très classique avec une opposition de type David contre Goliath, et la lecture aisée, des événements très durs vont arriver à nos deux personnages, sans que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;y attende le moins du monde. Arthur va devoir retrouver Jean pour ses talent de linguiste, il y aura de fausses pistes, et le dénouement saura se faire attendre sans se dévoiler trop vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon moment de lecture. Pour info, le genévrier est un arbre très résistant et capable de pousser sur des sols arides.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kate_Wilhelm&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kate Wilhelm&lt;/a&gt; (1928-2018) est une écrivaine américaine. Son mari est également auteur de SF. Ce roman a obtenu le prix Apollo en 1981.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un anglais sous les tropiques - William Boyd</title>
            <link>https://pled.fr/un-anglais-sous-les-tropiques-william-boyd/</link>
            <pubDate>Sat, 26 Oct 2024 08:56:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-anglais-sous-les-tropiques-william-boyd/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;unanglaissouslestropiques.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ayant lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-romantique-william-boyd/&#34; &gt;Le romantique&lt;/a&gt; de William Boyd il y a peu, j&amp;rsquo;ai eu envie de relire le premier roman de cet auteur, que j&amp;rsquo;avais lu il y a bien longtemps, et dont je gardais un excellent souvenir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce fût un plaisir de le relire. Il faut dire que le personnage de Morgan Leafy, fonctionnaire désabusé de l&amp;rsquo;Empire britannique au fin fond d&amp;rsquo;un obscur pays d&amp;rsquo;Afrique mérite le détour. Il cumule tous les clichés de l&amp;rsquo;occidental égaré en Afrique : trop d&amp;rsquo;embonpoint, abus d&amp;rsquo;alcool, sexe facile, et servile serviteur de son patron le haut-commissaire. Ce dernier lui confie une mission, et Morgan sera prêt à toutes les humiliations pour la réaliser, à savoir s&amp;rsquo;allier avec un politicien local et pour cela corrompre le docteur Murray, un honorable représentant de l&amp;rsquo;Empire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais rien ne va se passer comme prévu, et bien malin celui qui devinerait comment les événements vont s&amp;rsquo;enchaîner les uns aux autres, pour le plus grand plaisir du lecteur : on ne s&amp;rsquo;ennuie pas une seconde, et le grand final sera à la hauteur. C&amp;rsquo;est très drôle, même si derrière toute cette bouffonnerie, on retrouve des stéréotypes pas si éloignés que ça de la réalité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Boyd_%28%C3%A9crivain%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Boyd&lt;/a&gt;, né en 1952 à Accra (Ghana), est un écrivain britannique. Il a écrit de nombreux romans dont plusieurs se passent en Afrique ( &lt;em&gt;Un anglais sous les tropiques&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Comme neige au soleil&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Brazzaville plage&lt;/em&gt;), et même un James Bond (Solo) à la demande de la famille de Ian Fleming. Il partage sa vie entre Londres et le Sud-Ouest de la France.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le clou - Zhang Yueran</title>
            <link>https://pled.fr/le-clou-zhang-yueran/</link>
            <pubDate>Tue, 22 Oct 2024 15:43:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-clou-zhang-yueran/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leclou.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre acheté chez le libraire sur une inspiration (belle couverture, auteure chinoise), et choix confirmé par la libraire en levant les deux pouces&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire prenante de deux trentenaires un peu perdus, amis inséparables pendant leur enfance, et qui se retrouvent le temps d&amp;rsquo;une soirée pour se raconter toutes ces années, et ce qui les a séparé à jamais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chacun leur tour, d&amp;rsquo;un chapitre à l&amp;rsquo;autre, ils vont se raconter leur enfance, et le mystère qui entoure leurs grands-pères respectifs, à l&amp;rsquo;époque de la révolution culturelle : l&amp;rsquo;un est mourant, l&amp;rsquo;autre a passé sa vie comme un légume sur un lit d&amp;rsquo;hôpital avant de disparaître.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Li Jiaqui rentre de Pékin où elle est devenue une rédactrice de mode, mais sa vie sentimentale est un échec. Elle vouait une admiration sans bornes à son père, professeur et poète, qui déserta le foyer familial alors qu&amp;rsquo;elle était encore très jeune. Cheng Gong lui habite toujours chez sa tante dans le même appartement qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque. Il vient d&amp;rsquo;abandonner son travail après avoir manqué de trahir un ami pour l&amp;rsquo;appât du gain. De classe sociale inférieure, il s&amp;rsquo;est vite endurci, et a pu découvrir ce qui était arrivé à son grand-père.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit vous attrape vite, et il ne faudra pas se perdre entre les membres respectifs de chaque famille, chacun parlant en son propre nom à tour de rôle. Ces deux familles déchirées, dans une société en plein bouleversement, où les individus ont bien du mal à trouver des repères, et les générations encore plus, racontent un pan de l&amp;rsquo;histoire chinoise contemporaine d&amp;rsquo;une très belle manière. C&amp;rsquo;est très bien écrit, d&amp;rsquo;une fluidité sans faille, et très prenant même si ce ne sont finalement que les événements de la vie qui nous sont contés, certes sur trois générations que l&amp;rsquo;Histoire a bien malmené.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Zhang_Yueran&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Zhang Yueran&lt;/a&gt;, née en 1982, est un romancière chinoise. &amp;ldquo;Le clou&amp;rdquo; est son premier roman traduit en français. Le titre fait référence à une histoire dont son père a été le témoin. Elle a mis sept ans à l&amp;rsquo;écrire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mauvais joueurs - Joan Didion</title>
            <link>https://pled.fr/mauvais-joueurs-joan-didion/</link>
            <pubDate>Mon, 21 Oct 2024 08:54:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mauvais-joueurs-joan-didion/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mauvaisjoueurs.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Joan Didion dont j&amp;rsquo;avais bien aimé le style de ses chroniques sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/lamerique-joan-didion/&#34; &gt;l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois, c&amp;rsquo;est un roman, qui décrit sans détour le monde d&amp;rsquo;Hollywood, de ses excès et de ses faux-semblants. Et c&amp;rsquo;est assez glaçant, Joan Didion ne fait pas de cadeau !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas de mise en contexte, on entre tout de suite dans le monde de Maria, actrice hollywoodienne qui a connu brièvement son heure de gloire, et se remet (ou pas) d&amp;rsquo;une dépression chronique. Elle a bien du mal à se séparer de son ex-mari, un réalisateur en vogue, imagine pouvoir s&amp;rsquo;occuper de sa petite fille qui est internée pour troubles mentaux. Ils sont amis avec BZ un producteur et sa femme Hélène.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela on le découvre au fur et à mesure de lecture, car rien n&amp;rsquo;est expliqué du contexte, juste les interactions de Maria avec son monde, et les réflexions des personnages. Le tableau s&amp;rsquo;éclaire ainsi petit à petit : milieu du cinéma hollywoodien, actrice à la dérive, couples qui se déchirent, alcool, drogues, sexe, violence, trahison&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois rentré dans le récit, les phrases percutantes à la Didion font mouche, et c&amp;rsquo;est la peinture sans fard d&amp;rsquo;un monde dépravé, où chaque personnage est avant tout d&amp;rsquo;un égoïsme profond. Il n&amp;rsquo;y a personne à sauver&amp;hellip; Le style de Joan Didion nous oblige à une adaptation, et il faut un certain temps pour rentrer dans l&amp;rsquo;histoire. Mais le portrait dressé mérite le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Didion&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joan Didion&lt;/a&gt; (1934-2021) est une journaliste et romancière américaine. Elle a travaillé pour la magazine Vogue à ses débuts. Élue femme de l’année en 1968 par le L.A. Times (aux côtés de Nancy Reagan), elle a aussi coécrit le scénario de &lt;em&gt;Panique à Needle Park&lt;/em&gt;. Son dernier essai, « L’année de la pensée magique » — qui relate la mort soudaine de son mari d’une crise cardiaque — a reçu le National Book Award.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a un documentaire sur Netflix intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.netflix.com/fr/title/80117454&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le centre ne tiendra pas&lt;/a&gt; (The center will not hold) qui retrace sa carrière et ses luttes personnelles. Elle y dit qu&amp;rsquo;il y a beaucoup d&amp;rsquo;elle dans Maria&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le verdict du plomb - Michael Connelly</title>
            <link>https://pled.fr/le-verdict-du-plomb-michael-connelly/</link>
            <pubDate>Wed, 16 Oct 2024 16:03:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-verdict-du-plomb-michael-connelly/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;verdictduplomb.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à la série Harry Bosch, un petit polar de temps en temps ne peut pas faire de mal. Il faut même se forcer un peu pour ne pas enchaîner directement sur le suivant, c&amp;rsquo;est assez addictif. L&amp;rsquo;ordre de lecture de la série est sujet à plusieurs versions sur le net, et j&amp;rsquo;avais celui-ci comme le numéro 14. Si Bosch y apparaît bien, c&amp;rsquo;est plutôt l&amp;rsquo;avocat Mikey Haller qui en est le personnage principal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais vu l&amp;rsquo;excellent film &lt;strong&gt;La défense Lincoln&lt;/strong&gt; qui est l&amp;rsquo;adaptation cinématographique du premier roman de la série Mickey Haller. Celui-ci est le deuxième, et m&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;ailleurs permis de comprendre le titre du premier : c&amp;rsquo;est parce que Haller préfère travailler dans sa voiture (une Lincoln) plutôt que d&amp;rsquo;avoir un bureau ! Aussi simple que ça, mais je n&amp;rsquo;avais pas percuté ! :sad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mikey Haller va cette fois défendre un ponte de Hollywood pressé d&amp;rsquo;être jugé pour que son innocence soit déclarée. Harry Bosch lui enquête sur le meurtre de l&amp;rsquo;avocat initialement prévu pour cette affaire. C&amp;rsquo;est assez prenant, entre le fonctionnement de la justice américaine, le travail d&amp;rsquo;avocat pour défendre son client, et celui de Bosch pour éclaircir le meurtre. Bien sûr, tout cela est lié, et la lumière ne se fera qu&amp;rsquo;à la fin ! On y apprendra aussi dans les dernières pages que nos deux personnages sont des demi-frères, ce qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon polar donc, mais je préfère tout de même retrouver une enquête d&amp;rsquo;Harry Bosch la prochaine fois&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Connelly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Connelly&lt;/a&gt;, né en 1956, est l’un des principaux auteurs américains de romans policiers. Il est assez prolifique. Les romans mettant en scène Harry Bosch ont été portés à l’écran dans une série TV éponyme (7 saisons) que j&amp;rsquo;ai vraiment apprécié.&lt;br&gt;&#xA;Une autre série existe depuis 2022 sur Amazon, « Bosch: Legacy » : 2 saisons sont parues, la 3e et dernière est prévue pour le printemps 2025. C&amp;rsquo;est déjà nettement moins bon, mais Harry Bosch est toujours là, même si cette série se concentre plutôt sur sa fille.&lt;br&gt;&#xA;Côté cinéma, il y a « Créance de sang » avec Clint Eastwood mettant en scène Terry Mc Caleb, un ancien agent du FBI. Et donc « La défense Lincoln », avec Matthew McConaughey.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vers un monde univoque - Thomas Bauer</title>
            <link>https://pled.fr/vers-un-monde-univoque-thomas-bauer/</link>
            <pubDate>Wed, 16 Oct 2024 09:19:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vers-un-monde-univoque-thomas-bauer/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;monde-univoque.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est mon cousin Olivier qui m&amp;rsquo;a offert ce livre, lors d&amp;rsquo;un passage en Bretagne : alors que je lui faisais visiter Concarneau et sa ville close, nous sommes aussi passés à la librairie &lt;strong&gt;Albertine&lt;/strong&gt; où je devais aller chercher un bouquin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Faisant usage de politesses réciproques, je lui ai alors offert &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/&#34; &gt;Le monde d&amp;rsquo;hier&lt;/a&gt; de Stefan Zweig que je venais de lire et avais beaucoup apprécié, et lui m&amp;rsquo;offrit donc ce livre, un essai philosophique dont je me suis dit : &amp;ldquo;pourvu que ce ne soit pas trop abscond à lire&amp;hellip;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;a pas été le cas, et c&amp;rsquo;est tout le mérite de l&amp;rsquo;auteur, d&amp;rsquo;avoir su rester accessible et de ne pas utiliser de jargon philosophique. La langage reste simple, et facilement compréhensible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plein de courage, j&amp;rsquo;entamais donc l&amp;rsquo;excellente préface de Christopher Pollmann, qui commençait par cette citation :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La croyance qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a qu&amp;rsquo;une seule vérité,&lt;br&gt;&#xA;et que l&amp;rsquo;on est soi-même en possession de celle-ci,&lt;br&gt;&#xA;est la racine la plus profonde de tous les maux du monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Max Born (1882 à 1970, prix Nobel de physique en 1954)&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;étais aussi content de voir que dès la deuxième page, Stefan Zweig était cité deux fois ! Quelques pages plus loin je lisais ceci :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En-deçà des éloges, l&amp;rsquo;ambiguïté semble bénéfique à la vie collective. En effet, elle favorise le lien social tout en épargnant l&amp;rsquo;individu de certaines agressions. Elle suscite un sentiment d&amp;rsquo;appartenance grâce à des expressions, symboles et comportements partagés, donc rien de trop explicite ni clivant, permettant d&amp;rsquo;éviter des positionnements trop tranchés et les confrontations qui ne manquent pas d&amp;rsquo;en découler.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et là, je me disais : mon cousin n&amp;rsquo;essaierait-il pas de me faire passer un message ? :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors ce livre m&amp;rsquo;a-t-il fait comprendre certaines choses ? Je dois répondre oui à cette question, même si je ne suis pas certain que cela va modifier ce que je pense, peut-être un peu tout de même, en tout cas dans la compréhension concernant la direction dans laquelle va notre société.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le monde s&amp;rsquo;uniformise, c&amp;rsquo;est un des effets de la mondialisation : on le voit facilement en voyageant, avec ces &amp;ldquo;non-lieux&amp;rdquo; que sont les aéroports, les supermarchés, les hôtels, etc&amp;hellip; Devant avant tout être fonctionnels, les moyens priment sur la fin. Il en est de même avec les langues parlées, ou encore les couleurs (vêtements, voitures, bâtiments), produits pour un marché planétaire, on remplace les couleurs toujours connotées par des tons plus sobres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du coup, l&amp;rsquo;ambiguïté recule, et l&amp;rsquo;intolérance à son égard augmente : qu&amp;rsquo;une chose puisse avoir des significations variées, voire contraires selon les contextes et les personnes, dérange. La tendance est à la dualité, c&amp;rsquo;est noir ou blanc, et tout se réduit à une paire de significations dichotomiques, voire manichéennes. Pour l&amp;rsquo;auteur, notre tolérance à l&amp;rsquo;ambiguïté est trop faible, sans pour autant nier les problèmes qu&amp;rsquo;entraîneraient son excès. Il ne s&amp;rsquo;agit pas d&amp;rsquo;encourager l&amp;rsquo;ambiguïté, mais de l&amp;rsquo;apprivoiser.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et on trouve dans l&amp;rsquo;Histoire des périodes tolérantes ou non :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il semble qu&amp;rsquo;en matière de tolérance à l&amp;rsquo;ambiguïté, l&amp;rsquo;histoire fut plus turbulente en Europe que dans d&amp;rsquo;autres régions du monde. Sensiblement plus souvent que, par exemple, dans les sociétés moyen-orientales, l&amp;rsquo;Europe alterna entre des périodes relativement tolérantes à l&amp;rsquo;ambiguïté, comme la Renaissance, l&amp;rsquo;humanisme et le baroque, et des périodes très intolérantes à l&amp;rsquo;ambiguïté, telles que les guerres de Religion, la Révolution française, ou l&amp;rsquo;ère des idéologies à la fin du XIXe et au XXe siècles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En terme de religion, il existe des points communs frappants entre la &amp;ldquo;tyrannie de la vertu&amp;rdquo; de Calvin et les conceptions islamistes des fanatiques musulmans d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. [&amp;hellip;] Obsession de la vérité, négation de l&amp;rsquo;histoire et aspiration à la pureté sont ainsi les trois marques de l&amp;rsquo;intolérance à l&amp;rsquo;ambiguïté qui constituent la base de tout fondamentalisme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout l&amp;rsquo;ouvrage de Bauer met en avant l&amp;rsquo;ambiguïté et ses vertus, et non ses défauts (incertain, imprécis), comme il est perçu de nos jours : la science en quête de certitudes, le capitalisme en quête d&amp;rsquo;efficacité, et même le fondamentalisme qu&amp;rsquo;il soit religieux ou anti-religieux d&amp;rsquo;ailleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur va ainsi décliner cette idée, en fonction de certains critères comme la religion, ou la société capitaliste mondialisée, et c&amp;rsquo;est assez convaincant. Et c&amp;rsquo;est ce manque de tolérance vis-à-vis de l&amp;rsquo;ambiguïté qui va générer ce fondamentalisme&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour d&amp;rsquo;autres sujets, comme l&amp;rsquo;art, et même le vin naturel, cela l&amp;rsquo;est beaucoup moins m&amp;rsquo;a-t-il semblé. Il part parfois d&amp;rsquo;un postulat discutable (en tout cas pas évident pour moi), et déroule à la suite sa démonstration. Forcément, il arrive à ses fins.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon bouquin d&amp;rsquo;une centaine de pages qui se lit bien, et de bonnes choses à retenir dans ce monde où l&amp;rsquo;on tend à nous enfermer dans des réponses un peu trop exclusives. Restons ouverts !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas Bauer&lt;/strong&gt; est professeur d&amp;rsquo;études arabes et islamiques à l&amp;rsquo;université de Münster. Il a reçu le prix Leibnitz le prix scientifique puis le prix Tractatus de l&amp;rsquo;essai philosophique pour le présent ouvrage. Il n&amp;rsquo;a pas encore de page Wikipedia !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les derniers jours de Stefan Zweig - Laurent Seksik</title>
            <link>https://pled.fr/les-derniers-jours-de-stefan-zweig-laurent-seksik/</link>
            <pubDate>Wed, 25 Sep 2024 15:39:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-derniers-jours-de-stefan-zweig-laurent-seksik/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;derniersjourszweig.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/&#34; &gt;Le monde d&amp;rsquo;hier&lt;/a&gt;, dont Zweig envoya le manuscrit à son éditeur deux jours avant de se donner la mort, j&amp;rsquo;ai vu ce livre et voulu en savoir plus sur ces fameux derniers jours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une évocation, en partie imaginaire, puisqu&amp;rsquo;il est impossible de savoir vraiment ce qui s&amp;rsquo;est passé dans la tête de Zweig. L&amp;rsquo;auteur a choisi d&amp;rsquo;employer la troisième personne pour parler de Stefan Zweig (il fait ceci, il pense cela, Lotte lui dit ceci, etc&amp;hellip;), toujours au temps passé, et sans aucun dialogue reconstitué. Tout ceci ne rend pas la lecture très facile, on hésite parfois : est-ce une pensée du personnage ou la retranscription d&amp;rsquo;un dialogue ? L&amp;rsquo;impression globale est que l&amp;rsquo;on est tenu à distance, impossible de s&amp;rsquo;identifier à l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en septembre 1941, Stefan Zweig , expatrié, arrive à Pétropolis au Brésil, avec sa femme Lotte (plus jeune que lui de 40 ans, elle était sa secrétaire avant que Zweig ne divorce pour l&amp;rsquo;épouser en 1938). Passé les premiers moments où ils croient pouvoir échapper au désespoir dans ce monde neuf, Zweig sombre vite dans une dépression qu&amp;rsquo;il traîne avec lui, et dont il n&amp;rsquo;arrivera pas à sortir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;appuie les écrits de l&amp;rsquo;auteur (son journal) et sur les faits avérés, les gens qu&amp;rsquo;il a rencontré là-bas, comme Bernanos qui était lui aussi réfugié au Brésil à l&amp;rsquo;époque. Leur rencontre, dont Zweig espérait beaucoup, sera un échec :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il avait longtemps hésité avant d’aller rendre visite à Bernanos, qui vivait à Barbacena, à quelques heures de train de Pétropolis. Il redoutait d’imposer au Français son inconsolable tristesse, ses lourds silences, en un mot sa présence. Mais il voulait voir un écrivain, parler avec un écrivain, retrouver le sentiment d’exister avec une âme sœur – un autre auteur ayant choisi l’exil absolu. Il rêvait de parler à nouveau français, retrouver Paris, au milieu du Brésil. Et qui sait ? Puiser dans la ferveur de son hôte la force de se remettre au travail.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bernanos l&amp;rsquo;encourage à écrire, à se battre avec ses armes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce serait bien que vous y écriviez aussi… Un simple article de votre main, cela aura de la valeur. Un texte de Zweig dans cette Amérique du Sud qui vous admire et vous célèbre, cette bouteille à la mer lancée vers la France, où l’on vous aime aussi, ça n’aurait pas de prix. [&amp;hellip;] Je sais, reprit Bernanos, que vous êtes un être plein d’humilité, vous voulez ignorer l’influence que l’on vous prête. Et puis, on se sent loin de tout, ici, le malheur déteint sur nous et nous ravit notre force. Mais il faut trouver le courage d’agir. Il faut croire, je ne dis pas forcément en un Dieu, il me semble plus raisonnable de ne pas croire en Dieu que de croire en un Dieu géomètre. Non, il faut croire en notre force et en notre raison. Nous disposons, nous, les vagabonds, nous, les écrivains, entre nos mains, au bout de nos doigts, d’une arme puissante. Il faut se montrer digne de ce don d’écrire, digne de cette bénédiction divine. Votre plume, votre nom est un redoutable glaive que craignent les Goebbels, les Laval, tous les imbéciles et les lâches. Écrivez, agissez. Les colonnes du &lt;em&gt;Jornal&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;Correira da Manha&lt;/em&gt; vous sont ouvertes comme l’est le cœur des Brésiliens. Rejoignez-moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est peine perdue, Zweig voit l&amp;rsquo;Europe occupée par les Nazis, la culture européenne disparaître, ses frères juifs persécutés partout. Le coup de grâce semble avoir été la chute de Singapour :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Singapour est tombé. Singapour, dernier rempart de la civilisation, s’est rendu aux Japonais. Jamais on n’aurait pu imaginer. La forteresse anglaise et ses cent mille soldats ! « Les Anglais ont perdu la guerre », sous-titre le journal. Le dernier bastion est tombé. Maintenant, les barbares ont le monde à leurs pieds. L’horizon s’ouvre à eux. Maintenant, les vaillants soldats de la Couronne avancent, tête basse, en haillons, dans la jungle malaise. Singapour est tombé. La route du pétrole s’ouvre aux Japonais. La guerre est terminée. Les Allemands foncent vers Suez. Demain, les puissances de l’Axe feront leur jonction. Dans un an, les barbares seront à Rio. La fête est terminée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En février 1942, le couple se suicide en absorbant du Véronal. La seule question que l&amp;rsquo;on peut se poser finalement, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;il ait entraîné dans son geste ultime sa femme Lotte. Elle était certainement très éprise de lui, mais aussi beaucoup plus jeune, et certainement pas aussi désespérée. Quelle a été son influence dans le choix de Lotte ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Seksik&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Laurent Seksik&lt;/a&gt;, né en 1962, est un médecin et écrivain français. Il adaptera son roman au théâtre sous la pièce au titre éponyme, jouée en 2012 et interprétée par Patrick Timsit et Elsa Zylberstein.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Plage - Alex Garland</title>
            <link>https://pled.fr/la-plage-alex-garland/</link>
            <pubDate>Sat, 21 Sep 2024 15:26:20 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laplage.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir du film, sans doute parce que ça se passe en Thaïlande, que les personnages sont de jeunes routards, et qu&amp;rsquo;il y a Virginie Ledoyen ! :wink: Mes souvenirs étaient pour autant assez flous, je me souvenais du saut à la cascade&amp;hellip; Et je n&amp;rsquo;avais pas lu le livre, et c&amp;rsquo;était donc l&amp;rsquo;occasion de le faire, quitte à revoir le film ensuite, car c&amp;rsquo;est toujours mieux dans ce sens là.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, alors, c&amp;rsquo;est assez glauque, et la belle aventure d&amp;rsquo;une plage secrète isolée du monde et habitée par des babas-cool se révèle vite assez sombre. Une fois sur l&amp;rsquo;île, Richard, le personnage principal (un anglais) part assez vite en vrille et ses dialogues imaginaires avec Daffy Duck (le personnage qui meurt dès les premières pages et transmet la fameuse carte à Richard) sont un bon baromètre de sa santé mentale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le paradis idyllique va vite se transformer en une longue descente aux enfers, et la scène finale est littéralement cauchemardesque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture est agréable, on est pris par le récit, les différents personnages ont chacun leur personnalité, et la vie de groupe avec ses affinités et ses tensions plutôt bien décrite. Les dialogues entre Richard et Daffy viennent entrecouper le récit, mais on comprendra à la fin leur côté un peu prophétique avec ces références au Vietnam&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc revu le film dans la foulée, et ça a été une énorme déception. Beaucoup de chose ont disparues (personnages, scènes), tout est simplifié à l&amp;rsquo;extrême, Richard (Léonardo Di Caprio) devient un américain, et séduit bien entendu Françoise (Virginie Ledoyen), alors que dans le livre cela n&amp;rsquo;arrive pas, même si Richard est sous le charme. Ce qui est plus intéressant d&amp;rsquo;ailleurs, notamment pour ses relations avec Étienne (Guillaume Cannet) dont le rôle devient du coup insipide. Même la fin est modifiée : tout le monde se sauve sur un bateau, et hop, Happy End ! À oublier très vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alex_Garland&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alex Garland&lt;/a&gt;, né en 1970, est un romancier, scénariste et réalisateur britannique. La Plage est son premier roman, inspiré de son expérience de routard. Ce n&amp;rsquo;est pas lui qui a fait le scénario du film, on se demande bien pourquoi&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nirliit - Juliana Léveillé-Trudel</title>
            <link>https://pled.fr/nirliit-juliana-leveille-trudel/</link>
            <pubDate>Thu, 19 Sep 2024 16:19:13 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nirliit.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par une amie de ma sœur, croisée lors d&amp;rsquo;une journée de rando, et où nous avions échangé quelques titres de romans qui nous avaient marqués.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour celui-ci, on est immédiatement plongé dans une ambiance un peu particulière par le style d&amp;rsquo;auteur, qui nous emmène dans un monde inconnu, tant par la géographie que par les hommes et les femmes qui y vivent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au printemps, la narratrice, revient comme chaque année dans cette petite ville isolée où vivent des Inuits sédentarisés. Elle s&amp;rsquo;occupe des enfants pendant l&amp;rsquo;été, et repart avant l&amp;rsquo;hiver. Son ton est triste car elle pense à Eva, une amie portée disparue dans des conditions pas vraiment éclaircies, mais victime de la violence d&amp;rsquo;un homme. Elle oscille entre tristesse et colère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La narratrice va peu à peu dresser le portrait de ces jeunes adolescents et de ce qu&amp;rsquo;ils deviennent comme jeunes adultes, dans cette ville où des ouvriers blancs viennent travailler sous contrat, attirés par l&amp;rsquo;argent, et toujours prêts à une aventure sans lendemain avec une jeune fille. La différence de mentalité et de mode de vie entre ces deux mondes se révèle catastrophique. L&amp;rsquo;alcool fait des dégâts terribles, l&amp;rsquo;argent que les compagnies versent pour exploiter les richesses du sol rend le travail inutile, les magasins d&amp;rsquo;état vendent leur malbouffe&amp;hellip; Il reste bien peu d&amp;rsquo;espoir pour construire quelque chose de viable ici, et partir pour le Sud est presque impossible, tant l&amp;rsquo;écart culturel est immense. La description de ce monde est très sombre, et les premières victimes en sont les femmes autochtones.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé ce récit, l&amp;rsquo;écriture et le ton de l&amp;rsquo;auteur, qui a su par petites touches dresser un portrait assez précis de ce que peut être la vie dans ce genre de ville aux confins du monde, avec une nature à la fois pleine de beauté, mais aussi très dangereuse. Mais les hommes aussi sont dangereux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Juliana Léveillé-Trudel, née en 1985, est une écrivaine québecoise. Nirliit est son premier roman (2015), inspiré de son propre vécu, ayant travaillé dans l&amp;rsquo;éducation au Nunavik, région du Nord-Québec principalement habitée par les Inuits.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;enragé - Sorj Chalandon</title>
            <link>https://pled.fr/lenrage-sorj-chalandon/</link>
            <pubDate>Wed, 11 Sep 2024 16:29:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lenrage-sorj-chalandon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lenrage.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais bien aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-quatrieme-mur-sorj-chalandon/&#34; &gt;Le quatrième mur&lt;/a&gt; du même auteur, et l&amp;rsquo;histoire de cette colonie pénitentiaire pour mineurs à Belle-Île-en-mer m&amp;rsquo;a intéressé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout est basé sur des faits réels, cette ancienne prison (2000 communards y seront enfermés) est transformée en 1880 pour faire partie des 35 &amp;ldquo;colonies pénitentiaires agricoles et maritimes&amp;rdquo; créées par le gouvernement de la Troisième République pour lutter contre la délinquance juvénile.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La discipline y est extrêmement sévère, et la violence physique et psychologique exercée sur les enfants omniprésente (même si elle est interdite par les règlements). Un soir, au réfectoire, un enfant croque dans son fromage avant de manger sa soupe, un gardien en profite pour le frapper, et c&amp;rsquo;est le début d&amp;rsquo;une révolte violente d&amp;rsquo;une centaine d&amp;rsquo;enfants, dont une bonne moitié en profitera pour s&amp;rsquo;évader.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La recherche des fuyards est lancée, et la population locale y participe (20 francs de récompense par enfant retrouvé). Jacques Prévert se trouve à ce moment en vacances sur l&amp;rsquo;île, et écrira un poème intitulé &amp;ldquo;La chasse aux enfants&amp;rdquo;. Tous seront repris, on ne s&amp;rsquo;échappe pas si facilement d&amp;rsquo;une île.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sorj Chalandon s&amp;rsquo;est donc inspiré de cette histoire en imaginant qu&amp;rsquo;un enfant n&amp;rsquo;est pas retrouvé. Il s&amp;rsquo;appelle Jules Bonneau, dit La Teigne, et ce n&amp;rsquo;est pas usurpé. La violence est devenue son unique moyen d&amp;rsquo;expression, il le revendique et reste dangereux à tout moment, même quand il reçoit de l&amp;rsquo;aide. À tel point qu&amp;rsquo;il est difficile de s&amp;rsquo;attacher au personnage au fil de la lecture, par ailleurs assez prenante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une rédemption difficilement acquise, et description d&amp;rsquo;un bagne pour enfant à Belle-Île (comme certains l&amp;rsquo;ont appelé), à l&amp;rsquo;entre deux-guerres, pas si lointain que ça et terriblement indigne ! L&amp;rsquo;auteur y intègre habilement des personnages avec chacun leur propre cause : Ronan le pêcheur breton, Sophie l&amp;rsquo;infirmière &amp;ldquo;faiseuse d&amp;rsquo;anges&amp;rdquo;, Alain le communiste, et Panxto le basque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sorj_Chalandon&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sorj Chalandon&lt;/a&gt; (né en 1952) est un journaliste et écrivain français. Reporter de guerre, il a obtenu le prix Albert-Londres en 1988 pour ses reportages dans&#xA;Libération. Depuis 2009, il est journaliste au Canard enchaîné. Ce livre a reçu (entre autres) le prix Goncourt des lycéens 2013.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de cet établissement pénitentiaire a &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissements_p%C3%A9nitentiaires_de_Belle-%C3%8Ele-en-Mer&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sa page wikipedia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le monde d&#39;hier - Stefan Zweig</title>
            <link>https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/</link>
            <pubDate>Sun, 08 Sep 2024 16:51:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-monde-dhier-stefan-zweig/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lemondedhier.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela faisait un moment que j&amp;rsquo;avais ce livre dans ma liste, j&amp;rsquo;en avais entendu parler à la radio, quelqu&amp;rsquo;un disait qu&amp;rsquo;il était bon de lire ce livre à notre époque, car on pouvait y retrouver certaines similitudes avec celle décrite par l&amp;rsquo;auteur, c&amp;rsquo;est-à-dire depuis sa naissance en 1881 jusqu&amp;rsquo;à la seconde guerre mondiale, où il choisit délibérément d&amp;rsquo;arrêter son récit, car c&amp;rsquo;est le point final d&amp;rsquo;une époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur nous raconte donc cette période, ce qui est arrivé au monde et comment il l&amp;rsquo;a traversé. Il est autrichien et juif, écrivain, profondément humaniste, attaché aux arts et à la culture, pacifiste bien sûr, européen convaincu, et très méfiant vis-à-vis des nationalismes de toutes sortes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Obligé de choisir l&amp;rsquo;exil, il est d&amp;rsquo;une franchise absolue tout au long de ce récit passionnant et l&amp;rsquo;explique ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L’apatride, justement, se trouve en un nouveau sens libéré, et seul celui qui n’a plus d’attache à rien n’a plus rien à ménager. J’espère ainsi remplir au moins une des conditions essentielles à toute peinture loyale de notre époque : la sincérité et l’impartialité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce qu&amp;rsquo;il décrit est très instructif, d&amp;rsquo;abord la description du monde au début du XXème siècle, après quarante ans de paix, et comment on de déplaçait librement à cette époque. Puis cette première guerre mondiale qui arrive sans véritable raison, résultat d&amp;rsquo;un jeu secret de nations et de diplomates imbus de leur puissance nouvelle. Ensuite ce sera la montée des nationalismes, qu&amp;rsquo;il verra venir et le forcera à l&amp;rsquo;exil, qu&amp;rsquo;il vivra difficilement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Né en 1881 à Vienne, Stefan Zweig grandit dans un empire austro-hongrois où la stabilité est de mise, au sein d&amp;rsquo;une famille bourgeoise, conformiste, juive mais non religieuse. Si l&amp;rsquo;éducation est très stricte, la jeunesse cherche à s&amp;rsquo;émanciper, particulièrement dans les sphères culturelles dans une Vienne où la culture est à son apogée, fêtée et reconnue comme telle. Il poursuit avec succès des études de littérature, et ne tarde pas connaître de petits succès (en poésie, même s&amp;rsquo;il va vite se tourner vers la traduction d&amp;rsquo;abord, puis le roman et les biographies). Il en profite pour voyager en Europe, et même aux États-Unis ou en Inde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qu&amp;rsquo;il dit de cette époque où l&amp;rsquo;on pouvait voyager en toute liberté laisse rêveur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et de fait, rien peut-être ne rend plus sensible le formidable recul qu’a subi le monde depuis la Première Guerre mondiale que les restrictions apportées à la liberté de mouvement des hommes et, de façon générale, à leurs droits. Avant 1914, la terre avait appartenu à tous les hommes. Chacun allait où il voulait et y demeurait aussi longtemps qu’il lui plaisait. Il n’y avait point de permissions, point d’autorisations, et je m’amuse toujours de l’étonnement des jeunes, quand je leur raconte qu’avant 1914 je voyageais en Inde et en Amérique sans posséder de passeport, sans même en avoir jamais vu un. On montait dans le train, on en descendait sans rien demander, sans qu’on vous demandât rien, on n’avait pas à remplir une seule de ces mille formules et déclarations qui sont aujourd’hui exigées. Il n’y avait pas de permis, pas de visas, pas de mesures tracassières ; ces mêmes frontières qui, avec leurs douaniers, leur police, leurs postes de gendarmerie, sont transformées en un système d’obstacles ne représentaient rien que des lignes symboliques qu’on traversait avec autant d’insouciance que le méridien de Greenwich.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà comment il explique la première guerre mondiale :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si aujourd’hui on se demande à tête reposée pourquoi l’Europe est entrée en guerre en 1914, on ne trouve pas un seul motif raisonnable, pas même un prétexte. Il ne s’agissait aucunement d’idées, il s’agissait à peine des petits districts frontaliers ; je ne puis l’expliquer autrement que par cet excès de puissance, que comme une conséquence tragique de ce dynamisme interne qui s’était accumulé durant ces quarante années de paix et voulait se décharger violemment. Chaque État avait soudain le sentiment d’être fort et oubliait qu’il en était exactement de même du voisin ; chacun voulait davantage et nous étions justement abusés par le sentiment que nous aimions le plus : notre commun optimisme. Car chacun se flattait qu’à la dernière minute l’autre prendrait peur et reculerait ; ainsi les diplomates commencèrent leur jeu de bluff réciproque. Quatre fois, cinq fois, à Agadir, dans la guerre des Balkans, en Albanie, on s’en tint au jeu ; mais les grandes coalitions resserraient sans cesse leurs liens, se militarisaient toujours plus. En Allemagne, on établit en pleine paix un impôt de guerre ; en France, on prolongea la durée du service ; finalement les forces en excès durent se décharger, et les signes météorologiques dans les Balkans indiquaient la direction d’où les nuages approchaient déjà de l’Europe&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;entre-deux guerre voit apparaître le nationalisme et de jeunes hommes militarisés, dont l&amp;rsquo;auteur avait vu les mêmes en Italie quelques années plus tôt, et se demandant qui les finance (bonne question !) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais ensuite surgirent tout à coup, dans les localités frontalières de Reichenbach et de Berchtesgaden où je me rendais presque chaque semaine, des troupes d’abord réduites, puis de plus en plus nombreuses, de jeunes gens en bottes à revers et chemises brunes, chacun portant sur la manche un brassard à croix gammée de couleur criarde. Ils organisaient des réunions et des défilés, paradaient dans les rues en chantant ou en scandant des chœurs parlés, couvraient les murs de gigantesques placards et les barbouillaient de croix gammées ; pour la première fois je m’aperçus qu’il y avait derrière ces bandes surgies brusquement des puissances financières et d’autres forces influentes. Ce n’était pas le seul Hitler, lequel, à l’époque, ne prononçait encore ses discours que dans les caves des brasseries bavaroises, qui pouvait avoir équipé ces milliers de jeunes gens d’un appareil aussi coûteux. Ce devaient être des mains plus puissantes qui poussaient de l’avant ce nouveau mouvement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viennent vite les premières mesures anti-juives&amp;hellip; Il est assez lucide pour savoir que ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un début, et il quitte l&amp;rsquo;Autriche pour Londres assez rapidement, devenant par la même un réfugié, un apatride, et pire que tout, en tant qu&amp;rsquo;autrichien se retrouve souvent assimilé à un allemand. Il raconte cette anecdote terrible à la mort de sa mère, restée à Vienne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une des premières mesures prises à Vienne lui avait porté un coup très sensible : avec ses quatre-vingt-quatre ans, elle avait déjà les jambes faibles, et quand elle faisait sa petite promenade quotidienne, elle avait coutume, après cinq ou dix minutes de marche pénible, de se reposer sur un banc du Ring ou du parc. Hitler n’était pas depuis huit jours maître de la ville qu’on prit un arrêté bestial interdisant aux Juifs de s’asseoir sur un banc — une de ces mesures qui visiblement n’avaient été inventées que dans le dessein sadique de tourmenter perfidement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va beaucoup souffrir de cette condition d&amp;rsquo;exilé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mon œuvre littéraire, dans sa langue originelle, a été réduite en cendres, dans ce pays même où mes livres s’étaient fait des amis de millions de lecteurs. C’est ainsi que je n’ai plus ma place nulle part, étranger partout, hôte en mettant les choses au mieux ; même la vraie patrie que mon cœur s’est choisie, l’Europe, est perdue pour moi depuis que pour la seconde fois, courant au suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. Contre ma volonté, j’ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité qu’atteste la chronique des temps ; jamais — ce n’est aucunement avec orgueil que je le consigne, mais avec honte — une génération n’est tombée comme la nôtre d’une telle élévation spirituelle dans une telle décadence morale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant aux causes de la seconde guerre mondiale, voilà ce qu&amp;rsquo;il dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au fond, en 1939, il n’y avait pas un seul des hommes d’Etat qu’on respectât, et personne ne remettait avec foi sa destinée entre leurs mains. Le moindre cantonnier français se moquait de Daladier ; en Angleterre, depuis Munich — peace for our time ! —, toute confiance en la prévoyance de Chamberlain avait disparu ; en Italie, en Allemagne, les masses levaient des yeux, pleins de crainte, vers Mussolini, vers Hitler : où va-t-il encore nous mener ? Sans doute, on ne pouvait s’en défendre, il y allait de la patrie ; ainsi les soldats prirent leurs fusils, les femmes laissèrent partir leurs enfants, mais ce n’était plus, comme autrefois, avec la conviction inébranlable que le sacrifice n’avait pu être évité. On obéissait, mais on ne témoignait pas d’allégresse. On montait au front, mais on ne rêvait plus d’être un héros ; déjà les peuples et les individus sentaient qu’ils n’étaient que les victimes, ou de quelque folie humaine, politique, ou d’une fatalité insondable et maligne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est admirablement écrit, et passionnant de bout en bout. Je ne sais pas si l&amp;rsquo;on peut vraiment faire la comparaison avec notre époque, tellement de choses ont changé. Mais la montée des nationalismes utilise par contre toujours les mêmes arguments à travers le temps, il devrait donc être plus facile de les reconnaître&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Stefan Zweig&lt;/a&gt; (1881-1942) est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Il quitte son pays natal en 1934, et se se suicidera au Brésil en 1942 (il vient d&amp;rsquo;envoyer le manuscrit de ce livre à son éditeur), désespéré d&amp;rsquo;assister à l&amp;rsquo;agonie du monde. Sa femme, malade, l&amp;rsquo;accompagne dans ce dernier voyage, refusant de lui survivre. Il est l’auteur de plusieurs biographies : Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie Stuart, et de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/magellan-stefan-sweig/&#34; &gt;Magellan&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;ai lu et aimé. Un auteur qui mérite certainement le détour.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le cerf-volant - Laetitia Colombani</title>
            <link>https://pled.fr/le-cerf-volant-laetitia-colombani/</link>
            <pubDate>Sat, 31 Aug 2024 14:54:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-cerf-volant-laetitia-colombani/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cerfvolant.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais beaucoup aimé le film &amp;ldquo;La tresse&amp;rdquo; (sans avoir lu le bouquin) : cette histoire de trois femmes au caractère affirmé et aux destins si différents (une indienne &amp;ldquo;intouchable&amp;quot;qui se bat pour sa fille, une italienne qui se bat pour sauver l&amp;rsquo;entreprise de son père, et une américaine avocate très ambitieuse) dont le récit va peu à peu créer un lien entre ces trois femmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je me suis donc dit que je pouvais lire un autre roman du même auteur. Je dois dire que j&amp;rsquo;ai été extrêmement déçu par celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce récit à la troisième personne, avec cette histoire cousue de fil blanc listant tous les malheurs de l&amp;rsquo;Inde, sans oublier d&amp;rsquo;y inclure par-ci par-là un mot du vocabulaire local (beedies, chapatis, dhaba, etc&amp;hellip;) histoire de bien montrer que l&amp;rsquo;on sait de quoi l&amp;rsquo;on parle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Léna, le personnage principal, n&amp;rsquo;est guère crédible avec son lourd secret (mais qu&amp;rsquo;est-il donc arrivé à son ami François ?), créé de toutes pièces pour apporter un peu de suspense, et donc régulièrement évoqué ; mais il faudra passer la moitié de l&amp;rsquo;ouvrage pour en avoir la révélation, et il sera à la hauteur du roman. Sinon, Léna repart en France, revient en Inde, s&amp;rsquo;engage, se désengage, et manque singulièrement de constance. Le reste est assez caricatural, même si la différence culturelle est réelle et immense ; mais ça on le savait depuis le début.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant l&amp;rsquo;histoire de &amp;ldquo;La Tresse&amp;rdquo; est géniale, autant celle-ci est bidon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même l&amp;rsquo;écriture est décevante, ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une suite de petits paragraphes, dans un style un peu journalistique et bien peu littéraire, on pense plutôt à un scénario pour le cinéma qu&amp;rsquo;à un véritable roman. En le lisant, je pensais à cette surproduction de romans qui embête bien les libraires et rend leur travail compliqué (sans parler du papier).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Laetitia_Colombani&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Laetitia Colombani&lt;/a&gt;, née en 1975 à Bordeaux, est une réalisatrice, actrice, scénariste et écrivaine française. Ceci explique cela.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Amérique - Joan Didion</title>
            <link>https://pled.fr/lamerique-joan-didion/</link>
            <pubDate>Mon, 12 Aug 2024 16:02:28 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamerique.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de Joan Didion et de ce livre, sans doute lors d&amp;rsquo;une émission de FC. Ces chroniques de l&amp;rsquo;Amérique des année 60 et 70 m&amp;rsquo;ont tout de suite intéressé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un recueil de textes prélevés dans différents livres de l&amp;rsquo;auteur, et qui commence avec la fin des années 60 et d&amp;rsquo;abord à San Francisco, où l&amp;rsquo;assassinat de Sharon Tate sonne la fin du rêve communautaire américain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chaque chapitre traite d&amp;rsquo;un sujet, à la façon de Joan Didion, à savoir un mélange de (nouveau) journalisme et de littérature. C&amp;rsquo;est très bien écrit, et le fait-divers s&amp;rsquo;éclaire, sous les observations de l&amp;rsquo;auteur pleine de lucidité et d&amp;rsquo;un brin de pessimisme, pour donner bientôt le portrait assez critique et sans filtre d&amp;rsquo;une Amérique emplie de contradictions. Et c&amp;rsquo;est passionnant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le recueil est divisé en trois parties : la fin des années 60 donc, puis de la Californie, le paradis perdu (elle y est née), et enfin de New-York la pomme pourrie (elle y a vécu plusieurs années), pour terminer avec un dernier chapitre à Honolulu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a par exemple ce chapitre sur John Wayne, très touchant et drôle à la fois, où elle raconte comment à 8 ans elle le découvre au cinéma :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est là, en cet été 1943 tandis que le vent chaud soufflait dehors, que j’ai vu John Wayne pour la première fois. Vu la démarche, entendu la voix. Que je l’ai entendu dire à la fille dans un film qui s’appelait « La Ruée sanglante » qu’il lui construirait une maison, « au tournant du fleuve, là où poussent les peupliers ». Il se trouve que je ne suis pas devenue, en grandissant, une héroïne de western, et même si les hommes que j’ai connus avaient de nombreuses qualités et m’ont emmenée vivre dans de nombreux endroits que j’ai appris à aimer, ils n’étaient jamais John Wayne, et ils ne m’ont jamais emmenée à ce tournant du fleuve, là où poussent les peupliers. Dans ce recoin profond de mon cœur où pour l’éternité tombe la pluie artificielle, c’est toujours la réplique que j’espère entendre. [&amp;hellip;]&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans le monde de John Wayne, John Wayne était censé donner les ordres. « On y va », disait-il, et « En selle ». « En avant, hue », et « Un homme doit faire ce qu’il a à faire ». « Hello, there », disait-il quand il rencontrait une fille, sur un chantier ou dans un train ou debout sur le perron, attendant quelqu’un avec qui chevaucher dans les hautes herbes. Quand John Wayne parlait, impossible de se méprendre sur ses intentions ; il avait une autorité sexuelle si forte que même un enfant pouvait la percevoir. Et dans un monde dont nous avions très tôt compris qu’il était caractérisé par la vénalité, le doute et les ambiguïtés paralysantes, il évoquait un autre monde, un monde qui avait jadis ou n’avait peut-être jamais existé, mais qui en tout cas n’existait plus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle nous parle aussi de l&amp;rsquo;affaire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Patricia_Hearst&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Patty Hearst&lt;/a&gt;, cette fille de milliardaire enlevée par une organisation d&amp;rsquo;extrême gauche et qui va ensuite participer aux actions de ce groupe (attaque de banques entre autres), et dont Joan Didion essaie de démêler les fils lors de son procès en toute lucidité : c&amp;rsquo;est là aussi très intéressant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viens l&amp;rsquo;histoire du viol d&amp;rsquo;une joggeuse à NY qui va défrayer la chronique et symboliser &amp;ldquo;le viol d&amp;rsquo;une femme blanche par des noirs&amp;rdquo; et devenir l&amp;rsquo;agression d&amp;rsquo;une ville.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais il y avait dans cette affaire une tension affective particulière, issue en partie des associations et des tabous profonds et allusifs attachés, dans l’histoire noire américaine, à l’idée du viol des femmes blanches. Le viol demeurait, dans la mémoire collective de nombreux Noirs, le cœur même de leur victimisation. Les hommes noirs étaient accusés de violer les femmes blanches, alors même que les femmes noires, comme l’écrivait Malcolm X dans son Autobiographie, avaient été « violées par le maître blanc jusqu’à ce que commence à émerger une race créée de toutes pièces, fabriquée à la main et passée au lavage de cerveau, qui n’était même plus de sa véritable couleur, qui ne connaissait même plus ses vrais noms de famille ».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;au jour où Joan ne supporte plus du tout cette ville et va la quitter pour retourner en Californie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne pourrais pas vous dire quand j’ai commencé à comprendre. Tout ce que je sais, c’est qu’à vingt-huit ans, ça allait très mal. Tout ce qu’on me disait, j’avais l’impression de l’avoir déjà entendu, et je ne pouvais plus écouter. Je ne pouvais plus rester assise dans des petits bars près de Grand Central à écouter quelqu’un se plaindre de l’incapacité de sa femme à accepter de l’aide tandis qu’il ratait à nouveau son train pour le Connecticut. Cela ne m’intéressait plus d’apprendre quelle avance d’autres personnes avaient touchée de leur éditeur, d’entendre parler de pièces à Philadelphie dont le deuxième acte se passait mal, ou de gens qui me plairaient beaucoup si je voulais bien faire l’effort de sortir et les rencontrer. Je les avais déjà rencontrés, toujours.[&amp;hellip;]&lt;br&gt;&#xA;Je blessais les gens que j’aimais, et j’offusquais ceux que je n’aimais pas. Je pris mes distances avec la personne qui m’était plus proche qu’aucune autre. Je pleurais jusqu’à ne plus faire la différence entre les moments où je pleurais ou pas, je pleurais dans les ascenseurs et dans les taxis et dans les pressings chinois, et quand j’allai consulter le médecin il me dit seulement que j’avais l’air déprimée et que je devrais voir un « spécialiste ». Il m’écrivit le nom et l’adresse d’un psychiatre, mais je n’y allai pas.&lt;br&gt;&#xA;À la place, je me mariai, ce qui se révéla une très bonne chose, mais au mauvais moment, puisque je ne pouvais toujours pas [&amp;hellip;] parler aux gens et que je pleurais toujours dans les pressings chinois. Jamais jusqu’alors je n’avais compris ce que signifiait « désespoir », et je ne suis pas sûre de le comprendre aujourd’hui, mais cette année-là, je compris.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, ce fut vraiment un bon moment de lecture : de bonnes chroniques sur de vrais sujets, bien écrits et analysés en toute lucidité, et à travers lesquels perce la franchise et l&amp;rsquo;honnêteté de l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Didion&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joan Didion&lt;/a&gt; (1934-2021) est une journaliste et romancière américaine. Elle a travaillé pour la magazine Vogue à ses débuts. Élue femme de l&amp;rsquo;année en 1968 par le L.A. Times (aux côtés de Nancy Reagan), elle a aussi coécrit le scénario de &lt;em&gt;Panique à Needle Park&lt;/em&gt;. Son dernier essai, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;année de la pensée magique&amp;rdquo; — qui relate la mort soudaine de son mari d&amp;rsquo;une crise cardiaque — a reçu le National Book Award.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les rues de Laredo - Larry McMurtry</title>
            <link>https://pled.fr/les-rues-de-laredo-larry-mcmurtry/</link>
            <pubDate>Mon, 12 Aug 2024 09:17:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-rues-de-laredo-larry-mcmurtry/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laredo.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En passant chez le libraire l&amp;rsquo;autre jour, j&amp;rsquo;ai vu ce bouquin, &lt;strong&gt;l&amp;rsquo;épisode final de Lonesome Dove&lt;/strong&gt;, comme indiqué sur la couverture. Je l&amp;rsquo;ai pris immédiatement, en espérant que cela soit un bon cru. Car si j&amp;rsquo;avais bien aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15326&#34; &gt;Lune Comanche&lt;/a&gt;, qui retrace les débuts des deux Texas Rangers de Lonesome Dove, j&amp;rsquo;avais été très déçu par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10911&#34; &gt;La marche du mort&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour ce dernier opus, je suis un peu mitigé : ni bon ni mauvais, surtout très lent et avec une histoire assez faible finalement. C&amp;rsquo;est un peu la dernière mission de Woodrow Call, la mission de trop où dès le départ, on sent bien qu&amp;rsquo;il serait mieux sur un rocking-chair à profiter de ses vieux jours qu&amp;rsquo;à se lancer à la poursuite d&amp;rsquo;un redoutable voleur de trains. On serait presque tenté de dire la même chose de l&amp;rsquo;auteur, qui étire l&amp;rsquo;histoire autant que faire se peut, avec beaucoup de répétitions lorsqu&amp;rsquo;il décrit les réflexions des uns et des autres&amp;hellip; On frôle dès lors l&amp;rsquo;ennui !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, ce sont les rôles des femmes qui donnent de la valeur à ce récit, avec Maria, la mère de Joey Garza, le voleur de trains qui adore tuer de loin avec son fusil à lunette, et qui porte en lui une telle haine que l&amp;rsquo;amour filial de Maria est mis à rude épreuve. Et puis il y a Lorena, la femme de Pea Eye le fidèle partenaire de Woodrow, qui lui aussi aurait mieux fait de rester dans sa ferme avec sa femme et ses enfants. Lorena, ancienne prostituée devenue institutrice et femme dotée d&amp;rsquo;un fort caractère, viendra elle-même rechercher son mari avant qu&amp;rsquo;il ne soit trop tard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela de part et d&amp;rsquo;autre de la frontière mexicaine où les guerres indiennes relèvent du passé, mais où subsistent quelques êtres malfaisants comme ce voleur de train élevé chez les Comanches, ou encore le dénommé Mox-Mox surnommé le &amp;ldquo;brûleur d&amp;rsquo;hommes&amp;rdquo;. Beaucoup de personnages du roman sont au crépuscule de leur vie, vestiges d&amp;rsquo;une époque révolue, et ce sentiment de crépuscule est omniprésent, y compris dans l&amp;rsquo;écriture de ce dernier roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_McMurtry&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Larry McMurtry&lt;/a&gt;, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Une autre série avec pour héros Duane Moore démarre avec un titre connu, &amp;ldquo;La dernière séance&amp;rdquo;, porté à l&amp;rsquo;écran par Peter Bogdanovitch. Il a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain. À noter qu&amp;rsquo;en 2011, Larry McMurtry a épousé Norma Faye Kesey, la veuve de l&amp;rsquo;écrivain Ken Kesey (1935-2001) !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Printeurs - Ploum</title>
            <link>https://pled.fr/printeurs-ploum/</link>
            <pubDate>Fri, 09 Aug 2024 09:06:12 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;printeurs.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais déjà lu des articles de Ploum sur le net, il était assez impliqué dans Ubuntu il y a déjà quelques années. J&amp;rsquo;ai vu ensuite qu&amp;rsquo;il avait publié un livre, mais je ne m&amp;rsquo;y étais pas intéressé plus que ça.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis j&amp;rsquo;ai vu une conference video qui m&amp;rsquo;a bien plu, tant dans le ton que sur le fond, le personnage ne manquant par ailleurs pas d&amp;rsquo;humour. Et c&amp;rsquo;est comme ça que j&amp;rsquo;ai commandé son bouquin, via mon libraire qui m&amp;rsquo;avouait n&amp;rsquo;avoir jamais commandé à cette maison d&amp;rsquo;édition (PVH) !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien la SF, et je suis très bien rentré dans l&amp;rsquo;histoire, on est placé tout de suite dans un univers genre Cyberpunk comme dans Neuromancien de William Gibson, et on découvre un monde hyper technophile à chaque page, on est clairement dans un futur où la technologie est omniprésente. Chacun porte un neurex, capteur de conductivité, en fait un simple serre-tête, qui capte vos pensées et vous fournit des infos en relation, les projetant sur vos lentilles, le tout couplé à votre téléphone. Même la réalité est &amp;ldquo;améliorée&amp;rdquo; et projetée sur vos lentilles, embellissant les rues, les éclairant, etc&amp;hellip; Peut-on d&amp;rsquo;ailleurs encore parler de réalité ? Tout cela inclut bien sûr de la publicité, omniprésente, que l&amp;rsquo;on peut si l&amp;rsquo;on a les moyens désactiver pour quelques heures&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La société est de type totalitaire (type 1984) et très répressive, même si l&amp;rsquo;on en saura assez peu finalement hormis le fait qu&amp;rsquo;il est très difficile d&amp;rsquo;y échapper, tant le contrôle est total. Nellio, le personnage central du roman, est recruté par une organisation assez mystérieuse pour ses talents d&amp;rsquo;ingénieur spécialisé en impression 3D. Dans un ailleurs non déterminé, l&amp;rsquo;ouvrier 689 parvient à sortir de sa condition d&amp;rsquo;esclave en devenant tortionnaire à son tour, dans un monde d&amp;rsquo;une violence extrême. Ces deux mondes vont finalement se rejoindre, dans une scène finale assez apocalyptique&amp;hellip; encore qu&amp;rsquo;un chat appuyant sur la touche d&amp;rsquo;un clavier peut toujours sauver le monde ! Ce qui prouve aussi que l&amp;rsquo;auteur est bien informaticien&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon moment de lecture, c&amp;rsquo;est bien écrit, et on est en permanence à essayer de décrypter ce monde, et de savoir dans quel projet Nellio est embarqué. On n&amp;rsquo;aura toutefois que peu d&amp;rsquo;infos globales sur cette société et comment elle en est arrivée là, si ce n&amp;rsquo;est que tout est géré par un algorithme monstrueux dont le contrôle échappe à son créateur&amp;hellip; Une petite remarque toutefois : Junior, le policier qui se met soudainement à les aider est vraiment peu crédible dans ce contexte. Enfin, à la dernière page, il est écrit &amp;ldquo;Suite à paraître : &lt;em&gt;Scanneurs&lt;/em&gt; par Ploum&amp;rdquo;, dont il semble bien qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est jamais eu lieu ! :sad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_Dricot&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lionel Dricot&lt;/a&gt;, né en 1981, est un est un blogueur, écrivain de science-fiction, développeur1 de logiciel libre. Il était pas mal impliqué sur Ubuntu au début (beta testeur) et a été reconnu comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://ubuntu.com/community/membership&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ubuntu membership&lt;/a&gt;. Il a publié notamment &amp;ldquo;Ubuntu efficace&amp;rdquo; aux éditions Eyrolles. Sur son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://ploum.net/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog&lt;/a&gt;, il parle des logiciels libres, de ses écrits, de la société comme il la voit. Il a également écrit un recueil de nouvelles : &amp;ldquo;Stagiaire au spatioport Omega 3000 et autres joyeusetés que nous réserve le futur&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au passage, voilà la conférence dont je parlais en début d&amp;rsquo;article, donnée comme &amp;ldquo;Keynote d&amp;rsquo;ouverture&amp;rdquo; à &lt;strong&gt;Touraine Tech&lt;/strong&gt;, intitulée &amp;ldquo;Pourquoi ?&amp;rdquo;. Pourquoi fait-on des logiciels de plus en plus complexes alors qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agit depuis le début que d&amp;rsquo;afficher du texte sur un écran ? Pourquoi les utilisateurs ne veulent pas faire les mises à jour d&amp;rsquo;un logiciel qui les satisfait tel quel ?? C&amp;rsquo;est émaillé d&amp;rsquo;anecdotes de sa vie professionnelle qui m&amp;rsquo;ont rappelé des souvenirs et m&amp;rsquo;ont bien fait marrer ! :grin:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;video-wrapper&#34;&gt;&#xA;    &lt;iframe loading=&#34;lazy&#34; &#xA;            src=&#34;https://www.youtube.com/embed/mXuPJtV07vE&#34; &#xA;            allowfullscreen &#xA;            title=&#34;YouTube Video&#34;&#xA;    &gt;&#xA;    &lt;/iframe&gt;&#xA;&lt;/div&gt;&#xA;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Moby Dick - Herman Melville</title>
            <link>https://pled.fr/moby-dick-herman-melville/</link>
            <pubDate>Fri, 19 Jul 2024 08:35:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/moby-dick-herman-melville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;moby-dick.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu envie de m&amp;rsquo;attaquer à ce monument de la littérature, dans la traduction d&amp;rsquo;Armel Guerne plutôt que celle de Jean Giono, qui avait eu bien du mal à réaliser cette tâche, et avait du demander l&amp;rsquo;aide de deux autres traducteurs. Après lecture, je comprends mieux pourquoi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, j&amp;rsquo;ai été très déçu et les presque 1000 pages du roman m&amp;rsquo;ont parues bien longues (voire ennuyeuses) au point sur la fin d&amp;rsquo;en lire certaines en diagonale quand je voyais le style s&amp;rsquo;enflammer. Je m&amp;rsquo;explique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Melville est également un poète, et cela se ressent dans son écriture : le récit est parsemé d&amp;rsquo;envolées lyriques mystico-religieuses qui personnellement m&amp;rsquo;ont vite lassé. Il paraît que ce livre est l&amp;rsquo;emblème du romantisme américain, et est aujourd&amp;rsquo;hui considéré comme l&amp;rsquo;un des plus importants romans de la langue anglaise. Très bien, mais ce n&amp;rsquo;est pas ce que j&amp;rsquo;attends d&amp;rsquo;un roman : les exercices de style de ce genre, et les références constantes à la bible, au bien et au mal tels qu&amp;rsquo;ils pouvaient être considérés à cette époque (fin XVIIIe), ne me passionnent guère. Le roman résiste mal à l&amp;rsquo;épreuve du temps je trouve&amp;hellip; Un petit extrait pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce fut par le plus grand des hasards que le navire lui-même, au bout du compte, tomba sur lui et le sauva. Mais à partir de cette heure, le pauvre petit Noir erra sur le pont comme un égaré, ayant perdu l&amp;rsquo;esprit — ou du moins (car qui saurait décider de ces choses) c&amp;rsquo;était ce qu&amp;rsquo;ils disaient de lui. L&amp;rsquo;océan railleur n&amp;rsquo;avait pas voulu de son corps physique et l&amp;rsquo;avait rendu ; mais il avait englouti son âme immatérielle. Il l&amp;rsquo;avait engloutie, mais sans l&amp;rsquo;emporter toute entière. Non. Il l&amp;rsquo;avait entraînée en de merveilleuses profondeurs où, vivante, elle voyait glisser de temps à autre dans son regard passif d&amp;rsquo;étranges ombres et des figures du monde primordial encore dans le chaos. La Sagesse, cette sirène avaricieuse, lui révélait la masse accumulée de ses trésors; et parmi les éternités joyeuses et sans cœur et perpétuellement jeunes, Pip voyait le Dieu omniprésent avec les multitudes infinies d&amp;rsquo;insectes corallins qui poussaient jusqu&amp;rsquo;au faîte, jusqu&amp;rsquo;au dehors du firmament des eaux, leurs orbes colossaux. Le pied de Dieu posé sur les leviers du grand métier universel, il le voyait ; et il le disait ; et pour cela ses compagnons de bord le nommaient fou. L&amp;rsquo;humaine insanité est ainsi la santé, le sens et le sentiment du ciel ; et c&amp;rsquo;est en s&amp;rsquo;éloignant de toute raison humaine que l&amp;rsquo;homme parvient, à la fin, à ce contact, à cette pensée céleste qui reste, pour la raison, absurdité et folie ; bonheur et malheur, alors, lui sont indifférents exactement comme est impassible le Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas illisible, ni sans intérêt, mais l&amp;rsquo;accumulation de pages de ce style a achevé de me lasser. Quant à l&amp;rsquo;histoire du capitaine Achab et de sa haine obsessionnelle pour Moby Dick, elle pourrait aussi bien tenir en 200 pages. Les baleiniers partaient à cette époque pour deux ou trois ans de mer, à chasser le cachalot sans répit pour en extraire la graisse et surtout le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Spermaceti&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;spermaceti&lt;/a&gt;, le tout étant stocké dans les cales du navire, et c&amp;rsquo;est finalement l&amp;rsquo;essentiel du roman, la rencontre tant attendue avec Moby Dick et l&amp;rsquo;affrontement final n&amp;rsquo;occupant finalement qu&amp;rsquo;une cinquantaine de pages à la fin de l&amp;rsquo;ouvrage. On en apprend donc beaucoup sur cette activité et les cétacés en général, le dénommé Ismahel prétendant aborder tous les sujets qui y sont liés de façon très (trop ?) approfondie et exhaustive. Je ne sais d&amp;rsquo;ailleurs pas jusqu&amp;rsquo;à quel point il faut le croire aujourd&amp;rsquo;hui, les connaissances de l&amp;rsquo;époque ayant sans doute pris un peu de plomb dans l&amp;rsquo;aile. Tout cela relève de la chasse systématique qui ne peut conduire à terme qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;extinction de l&amp;rsquo;espèce ; mais à l&amp;rsquo;époque, pas plus que dans le roman, jamais cet aspect n&amp;rsquo;est évoqué. On comprend que Moby Dick ait choisi d&amp;rsquo;attaquer frontalement tout baleinier s&amp;rsquo;approchant d&amp;rsquo;elle ! Melville s&amp;rsquo;est probablement inspiré d&amp;rsquo;une histoire vraie, le naufrage de l&amp;rsquo;Essex attaqué par un cachalot blanc géant appelé Mocha Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant la traduction, la page wikipedia du roman indique &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moby-Dick#%C3%89ditions_en_fran%C3%A7ais&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;six versions en français&lt;/a&gt;, et donne en exemple la première phrase du roman. Les célèbres premiers mots &amp;quot; &lt;em&gt;Call me Ishmael&lt;/em&gt;&amp;quot; sont ainsi traduits en &amp;quot; &lt;em&gt;Je m&amp;rsquo;appelle Ishmaël. Mettons.&lt;/em&gt;&amp;quot; par Jean Giono quand Armel Guerne aboutit à &amp;quot; &lt;em&gt;Appelons-moi Ismahel&lt;/em&gt;&amp;quot;, qui est un peu plus élégant tout de même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Herman_Melville&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Herman Melville&lt;/a&gt; (1819-1891) est un romancier, essayiste et poète américain. Il s&amp;rsquo;engage comme simple marin à 20 ans sur un navire marchand, puis sur le baleinier Acushnet, et déserte pour s&amp;rsquo;installer aux îles Marquises. Taïpi, son premier livre, et sa suite, Omoo, sont des récits d&amp;rsquo;aventures inspirés de sa rencontre avec les peuples des îles, et rencontrent le succès. Moby Dick (publié en 1851) sera par contre un échec commercial, et ne sera redécouvert et porté aux nues que dans les années 1920.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Promesse - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/promesse-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Sat, 29 Jun 2024 15:19:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/promesse-pearl-buck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;promesse.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc la suite de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20834&#34; &gt;Fils de dragon&lt;/a&gt;. On retrouve essentiellement Lao San, le troisième fils de Ling Tan, et son éternelle promise la belle Mayli. Si l&amp;rsquo;histoire entre ces deux-là est le fil conducteur du récit, mais offre finalement peu d&amp;rsquo;intérêt, le moment historique choisi est lui intéressant, tout comme la façon dont les chinois perçoivent les occidentaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lao San est devenu Cheng, un valeureux capitaine de l&amp;rsquo;armée chinoise, et fait partie d&amp;rsquo;un contingent envoyé en Birmanie pour soutenir les anglais (le peuple des Ying) alors en très mauvaise situation face aux japonais. La Chine veut ainsi montrer qu&amp;rsquo;elle peut compter comme un allié sérieux contre les forces de l&amp;rsquo;Axe, elle qui a bien besoin d&amp;rsquo;une aide extérieure : en effet, si les japonais l&amp;rsquo;emportent en Birmanie, cela achèvera l&amp;rsquo;encerclement de la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui est intéressant, c&amp;rsquo;est la façon dont les chinois perçoivent les occidentaux, qu&amp;rsquo;ils ne comprennent absolument pas. Tchang Kaï-chek a donné l&amp;rsquo;ordre au contingent chinois d&amp;rsquo;obéir à un général américain (le peuple des Mei), et ce dernier va les faire patienter à la frontière birmane, les empêchant de venir au secours des anglais très mal embarqués, sans plus d&amp;rsquo;explications. Quand l&amp;rsquo;ordre est enfin donné, la situation est déjà désespérée, Rangoon est tombé aux mains des japonais, et les anglais sont en déroute complète.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les chinois vont alors se jeter courageusement dans la bataille pour permettre aux anglais de s&amp;rsquo;échapper en franchissant le pont d&amp;rsquo;un fleuve. Et le pire va arriver : dès le pont franchi, les anglais le détruisent, empêchant ainsi les chinois de les rejoindre, et les laissant se faire littéralement massacrer par l&amp;rsquo;ennemi. Historiquement, il s&amp;rsquo;agit de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_de_Birmanie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Campagne de Birmanie&lt;/a&gt;, ou &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Force_exp%C3%A9ditionnaire_chinoise_de_Birmanie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la force expéditionnaire chinoise de Birmanie&lt;/a&gt;. Je ne sais si cette bataille a vraiment eu lieu, et de cette façon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nos deux personnages vont tout de même s&amp;rsquo;en réchapper, happy end oblige, mais la chose qui ressort du roman, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;incompréhension entre occidentaux et asiatiques : les anglais particulièrement sont décrits comme incapables de se comporter autrement qu&amp;rsquo;en êtres supérieurs (que ce soit envers les birmans, les chinois, ou encore les hindous). Plus globalement, les écarts de culture et de comportement sont tels que l&amp;rsquo;entente ne peut fonctionner. Voilà par exemple un dialogue entre Mayli et un soldat anglais alors qu&amp;rsquo;ils font route ensemble, fuyant les combats :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Nous avons une responsabilité vis-à-vis de ce pays.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au mot responsabilité, il releva la tête et contempla cette Birmanie verdoyante à travers laquelle la route s’enfonçait comme une épée d’argent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Pourquoi, dit-elle, pourquoi vous sentez-vous une responsabilité vis-à-vis de ce pays ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Parce que, répondit-il gravement, il fait partie de l’empire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Mais pourquoi l’empire ? dit Mayli. Pourquoi ne pas laisser ce peuple disposer de son propre pays et se gouverner lui-même ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— On ne peut pas rejeter ainsi une chose dont on a la responsabilité. On a envers elle un devoir à accomplir.&#xA;À son expression honnête et troublée, elle comprit qu’il pensait sincèrement ce qu’il disait et qu’il sentait le poids de ce devoir sur ses épaules et sur celles de tout son peuple.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle laissa, elle aussi, errer son regard sur cette contrée verdoyante.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Le monde serait pour nous meilleur, dit-elle, si vous et les vôtres n’étiez pas si bons.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il la regarda et se mit à bégayer, comme il faisait toujours quand il ne comprenait pas très bien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Que… que voulez-vous dire ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Nous pourrions être libres si vous ne pensiez pas qu’il est de votre devoir de nous sauver, dit-elle avec un regard à la fois triste et rieur. Votre sens du devoir fait de vous des maîtres et de nous des esclaves. Nous ne pouvons échapper à votre bonté. Votre honnêteté nous ligote. Un de ces jours, nous défierons votre Dieu lui-même et nous nous libérerons.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans les dernières pages, la petite troupe de rescapés se sépare : les anglais prennent à l&amp;rsquo;Ouest, pour rejoindre l&amp;rsquo;Inde et l&amp;rsquo;Empire, quand les chinois choisissent l&amp;rsquo;Est pour retourner dans leur pays. Un hindou qui avait jusque là toujours suivi Cheng et lui vouait une véritable dévotion (Cheng avait sauvé sa famille de la haine des birmans). Mais l&amp;rsquo;hindou choisit alors sa propre route :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L’Hindou, qui pendant des jours avait marché silencieusement et fidèlement derrière Cheng, rassemblant son corps mince et noir, fit un véritable bond, comme si ses jambes étaient des ressorts d’acier, et s’élança à la suite des Anglais. Il fit cela sans bruit, sans un cri, sans un mot d’adieu. Il disparut dans l’obscurité à la poursuite des Anglais, ses pieds nus ne faisant dans la poussière pas plus de bruit que ceux d’un tigre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils aperçurent dans un éclair son visage sauvage, le blanc de ses grands yeux tristes, l’éclat de ses dents blanches, puis il disparut.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils étaient tous trop surpris pour parler et ce fut Cheng qui, le premier, dit en s’adressant à Charlie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Cet Hindou… a-t-il toujours son poignard ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Vous savez bien qu’il l’a toujours à la main et qu’il ne le lâche ni jour ni nuit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Ce n’est pas un bon signe pour eux, dit Cheng d’un air sombre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, c&amp;rsquo;est la fin des romans de Pearl Buck que je m&amp;rsquo;étais promis de lire. Il ressort de ces histoires le récit d&amp;rsquo;un monde en pleine transformation : la culture traditionnelle (et figée) faite du respect absolu des aînés, des mariages arrangés, d&amp;rsquo;une vie toute tracée dès la naissance, est largement remise en question par les jeunes, sans doute sous l&amp;rsquo;influence occidentale, présente dans les villes de la côte. Le monde paysan est lui aussi remis en cause, avec sa pauvreté sans espoir, la dureté de son travail, le paiement des taxes aux propriétaires, etc&amp;hellip; Les rumeurs de révolution, d&amp;rsquo;un monde nouveau et plus juste courent à travers les campagnes. Enfin, l&amp;rsquo;occupation japonaise est décrite comme assez terrible, de véritables tyrans, méprisant, haïssant et exploitant les chinois (ce qui d&amp;rsquo;ailleurs facilitera le sentiment nationaliste de cet immense pays). On ne peut que regretter que Pearl Buck n&amp;rsquo;ait pas écrit sur la révolution communiste de Mao, mais elle était déjà rentrée aux États-Unis à ce moment de l&amp;rsquo;histoire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n’a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine, et parlera chinois avant l’américain. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu’elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Fils de dragon - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/fils-de-dragon-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Sat, 22 Jun 2024 14:33:48 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;filsdedragon.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;étais fait une liste de romans de Pearl Buck à lire, et celui-ci devait être le dernier. Mais il se termine par un magnifique &amp;ldquo;À SUIVRE&amp;rdquo; qui va m&amp;rsquo;obliger à ajouter un livre à ma liste&amp;hellip; D&amp;rsquo;autant que c&amp;rsquo;est un bon cru, décrivant un moment de la grande Histoire (la seconde guerre sino-japonaise), toujours raconté très simplement par l&amp;rsquo;auteur, mais où beaucoup de choses sont dites, et certaines particulièrement dures.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons suivre comme souvent une famille de paysans, celle du patriarche Ling Tan, personnage central du roman. Il cultive sa terre non loin de la ville de Nankin, avec sa femme, ses trois fils dont deux sont mariés&amp;hellip; Une vie simple, traditionnelle et finalement assez heureuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;invasion japonaise va venir fracasser tout cela. D&amp;rsquo;abord par des bombardements massifs auxquels les paysans ne comprennent rien, puis l&amp;rsquo;invasion de la ville et le massacre qui s&amp;rsquo;en suivit, et enfin l&amp;rsquo;occupation par les japonais se comportant en véritables tortionnaires. Tout en conservant le ton anodin que l&amp;rsquo;auteur affectionne, rien n&amp;rsquo;est caché de l&amp;rsquo;horreur de la guerre et des exactions que commettent les soldats : viols des femmes fussent-elles âgées ou d&amp;rsquo;adolescents, meurtres, pillage, tout y passe. Les récoltes des paysans sont en majorité saisies, leurs animaux abattus pour nourrir l&amp;rsquo;occupant&amp;hellip; Il ne s&amp;rsquo;agit alors plus dans un premier temps que de survivre par tous les moyens pour la famille de Ling Tan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les japonais iront jusqu&amp;rsquo;à réintroduire l&amp;rsquo;opium pour mieux asservir la population. Les fils de Ling Tan vont partir dans les collines pour résister, et lui va persévérer en cultivant sa terre, luttant avec les autres villageois comme ils le peuvent contre l&amp;rsquo;envahisseur. Certains chinois choisissent de collaborer, ou tout au moins de tirer profit de la situation, ce qui fait réfléchir Ling Tan, et comme toujours avec les personnages de Pearl Buck, la référence ultime reste la terre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;« Comment connaître le coeur des hommes, maintenant ?» se dit Ling Tan. Tout autour d’eux, tandis qu’ils marchaient, s’étendait la campagne familière, la terre toujours fertile malgré les villages détruits et noircis par le feu. Sur cette route, autrefois animée par des fermiers allant vendre leur marchandise au marché, des ânes portant sur le dos des sacs de riz mis en croix, des colporteurs allant offrir leur marchandise dans les villages, des paysans poussant des brouettes, il n’y avait presque plus personne.&lt;br&gt;&#xA;Mais la terre était toujours là, et ce qu’elle avait donné une fois, elle pouvait encore le donner, si on ne la trahissait pas. Ling Tan regarda la poussière brune de la route qui collait à ses pieds chaussés de sandales, et dit à son fils :&lt;br&gt;&#xA;— Nous qui travaillons la terre, nous ne devons pas lui manquer. Laissons trahir ceux qui sont au-dessus de nous s’ils sont mauvais à ce point, mais nous, ne trahissons pas la terre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est assez prenante, chacun des fils réagissant différemment, et la résistance s&amp;rsquo;organisant petit à petit. L&amp;rsquo;armée chinoise s&amp;rsquo;est retiré à l&amp;rsquo;intérieur du pays, et l&amp;rsquo;on peut rejoindre &amp;ldquo;le pays libre&amp;rdquo; pour mieux préparer une future contre-attaque contre l&amp;rsquo;envahisseur, ce qui entretient malgré tout l&amp;rsquo;espoir. Et puis, quand Ling Tan a presque abandonné tout espoir, on entend dire qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;autre bout de la planète, d&amp;rsquo;autres peuples combattent le même ennemi : les mystérieux habitants du pays des &lt;em&gt;Mei&lt;/em&gt; et celui des &lt;em&gt;Ying&lt;/em&gt;. L&amp;rsquo;espoir renaît et Ling Tan sent des larmes lui monter aux yeux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon roman, les personnages sont attachants, l&amp;rsquo;histoire laisse peu de répit, même s&amp;rsquo;il y a bien une partie un peu à l&amp;rsquo;eau de rose quand il s&amp;rsquo;agit de trouver une femme à la hauteur de Lao San, le troisième fils, devenu un valeureux combattant, mais bon&amp;hellip; La belle Mayli aura son rôle à tenir dans la suite du roman (que je suis en train de lire) !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Historiquement, nous sommes en 1937, et il s&amp;rsquo;agit de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_guerre_sino-japonaise&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la seconde guerre sino-japonaise&lt;/a&gt;. Après avoir conquis Shanghai, les japonais arrivent à Nankin, la capitale provisoire choisie par Tchang Kaï-chek. Le bombardement stratégique de la capitale, destiné à tuer des civils, et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;les massacres qui s&amp;rsquo;ensuivent&lt;/a&gt;, indignera le monde civilisé et vaudront au Japon un blâme de la Société des Nations. Le Japon espérait alors terminer cette guerre en quelques mois, mais ce ne sera pas le cas : Tchang Kaï-chek se retire avec son armée à l&amp;rsquo;intérieur de la Chine utilisant son vaste territoire comme arme défensive. Cette guerre ne prendra fin qu&amp;rsquo;avec la capitulation des japonais en 1945.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n’a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine, et parlera chinois avant l&amp;rsquo;américain. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu’elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Patriote - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/le-patriote-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Mon, 10 Jun 2024 09:49:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-patriote-pearl-buck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lepatriote.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pearl Buck toujours, je m&amp;rsquo;étais fait une petite liste de romans à lire, voici l&amp;rsquo;avant-dernier. L&amp;rsquo;idée c&amp;rsquo;était de passer à d&amp;rsquo;autres romans, quitter la vie de paysans chinois d&amp;rsquo;avant Mao pour aller vers des romans parlant de la révolution communiste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et celui-ci est assez intéressant, qui aborde plutôt le conflit chino-japonais d&amp;rsquo;ailleurs, avec Tchang Kaï-chek et son armée nationale d&amp;rsquo;un côté, et les révolutionnaires communistes de l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;I-wan est le fils d&amp;rsquo;un riche banquier à Shanghai, et se lie à En-lan, un jeune étudiant, leader charismatique d&amp;rsquo;un mouvement clandestin, révolutionnaire et communiste. Ils militent activement ensemble et préparent l&amp;rsquo;arrivée de Tchang Kaï-chek, le grand chef de l&amp;rsquo;armée révolutionnaire. Mais ce dernier va tourner sa veste, préférant une alliance politique avec les occidentaux et les banquiers chinois, allant même jusqu&amp;rsquo;à exterminer les communistes (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Shanghai&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;massacre de Shanghai&lt;/a&gt;). I-wan ne doit son salut qu&amp;rsquo;à son père, et doit s&amp;rsquo;exiler du jour au lendemain au Japon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va y rester plusieurs années, s&amp;rsquo;y marier et avoir deux fils. Il découvre la culture japonaise et ses différences avec la sienne : leurs coutumes omniprésentes, les traditions ancestrales auprès desquelles l&amp;rsquo;individu n&amp;rsquo;existe pas, leur soumission totale à l&amp;rsquo;empereur, leur éducation très stricte, mais aussi la sophistication de leur jardins et leur amour de la beauté, leur acceptation du destin lors d&amp;rsquo;un tsunami&amp;hellip; I-wan mettra longtemps à comprendre Tama, sa femme, et son étrange mélange d&amp;rsquo;acceptation des coutumes tout en se revendiquant &amp;ldquo;mobo&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire moderne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant tout ce temps, I-wan est tenu à l&amp;rsquo;écart de ce qui se passe entre les deux pays, même s&amp;rsquo;il sait que la situation est tendue depuis longtemps, le Japon occupant la Mandchourie. Il a du fuir son pays et abandonner son idéal révolutionnaire, et a choisi de se consacrer à son bonheur personnel, à se construire un nid familial où il pourra vivre heureux. Mais la guerre entre les deux nations va remettre en cause ce fragile équilibre, et il va devoir retourner en Chine pour défendre son pays, ce que Tama comprend parfaitement : cela fait partie de son devoir, comme le sien est de servir son mari.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;I-wan va rencontrer Tchang Kaï-chek, et lui servir de messager grâce à son passé communiste. Il est envoyé dans les provinces du Nord-Ouest, là où les armées communistes se sont réfugiées, pour leur proposer une alliance contre l&amp;rsquo;envahisseur. Et y retrouver avec surprise En-lan, devenu l&amp;rsquo;un de leurs chefs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très bon roman, même si comme à son habitude Pearl Buck reste à la hauteur de ses personnages. I-wan est parfois très indécis et contradictoire entre son amour pour Tama et son sentiment d&amp;rsquo;être chinois, et il y a quelques longueurs sur le sujet. Mais on devine bien le Japon aux ambitions hégémoniques, plus développée que son voisin, la Chine, qui n&amp;rsquo;est pas encore vraiment unifiée (entre ses seigneurs de guerre, les communistes et l&amp;rsquo;armée nationale révolutionnaire), mais qui va justement le devenir en luttant contre l&amp;rsquo;envahisseur nippon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n’a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu’elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Pivoine - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/pivoine-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Tue, 04 Jun 2024 15:00:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/pivoine-pearl-buck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pivoine.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue avec Pearl Buck et ce roman un peu différent de ceux lus précédemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe au début du XXème siècle dans une famille juive, installée dans une ville au nord de la Chine d&amp;rsquo;avant Mao. Ezra, le père de famille, est un riche commerçant et ne s&amp;rsquo;occupe pas trop de la religion (sa mère est chinoise) alors que sa femme est très pieuse et très attachée aux nombreux rites de la religion juive, jusqu&amp;rsquo;à rêver d&amp;rsquo;un retour sur la terre promise. Ils ont un fils David, porteur de tous leurs espoirs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est cet aspect qui est très intéressant et parfaitement traité. Contrairement à l&amp;rsquo;Europe, les juifs ne sont en aucune manière ostracisés ou persécutés en Chine, et pour Mme Ezra, le danger est plutôt dans la perte de leur identité juive (le peuple élu) et de se retrouver absorbé par la culture chinoise, eux si accueillants et toujours prompts à profiter des plaisirs de la vie, ou à offrir une de leurs filles en mariage au fils de ce riche commerçant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pivoine est une jeune esclave de deux ans la cadette de David, achetée très jeune pour servir le jeune maître. Enfants, ils ont tous les deux développés une relation d&amp;rsquo;amitié profonde, mais en grandissant, les choses changent, et Pivoine doit désormais garder ses distances. Bien qu&amp;rsquo;éprouvant un amour sans faille pour David, elle est capable de se sacrifier et ne penser qu&amp;rsquo;à son bonheur à lui&amp;hellip; encore que le conseil d&amp;rsquo;une vieille servante la fait réfléchir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qu’avait donc dit Wang Ma ? « Obéir… obéir… et faire ce qu’on veut. Les deux choses s’accordent parfaitement, – si on est habile. » Étranges paroles, pleines de sagesse ! Pivoine y réfléchit et leur sens pénétra graduellement, comme un métal précieux, dans les eaux profondes de son âme. Tout à coup, elle se sourit si bien que deux fossettes se mirent à danser sur ses joues.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mme Ezra va tout faire pour que David se marie avec Leah, la fille du rabbin, et Pivoine se désespère. La vieille servante lui explique alors :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pivoine joignit les mains sur ses genoux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— La vie, dit-elle en détachant les mots, est-elle triste ou gaie ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D’après son expression, son sérieux, Wang Ma parut comprendre la question de Pivoine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Au fond ? demanda-t-elle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Au fond, répondit Pivoine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Wang Ma, l’air grave, ne manifesta ni surprise ni ahurissement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— La vie est triste, dit-elle, d’une voix nette et décidée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Nous ne pouvons donc pas nous attendre à du bonheur ? demanda Pivoine, songeuse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Certainement pas, répondit Wang Ma avec assurance.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Vous dites cela d’une manière si enjouée !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le ton de Pivoine était lamentable, et elle se mit à pleurer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Tu ne seras heureuse que lorsque tu auras compris que la vie est triste, déclara Wang Ma. Regarde-moi, Petite Sœur. Que de rêves j’ai faits, que d’espoirs, avant d’avoir compris que la vie est triste ! Après cela j’ai cessé de rêver, je n’espérais plus. Maintenant les bonnes choses qui m’arrivent me rendent souvent heureuse. Je ne m’attends à rien, alors tout m’est une joie. (Wang Ma cracha habilement dans la cour, par l’ouverture de la porte.) Ah ! oui, fit-elle d’un ton réconfortant, la vie est triste, résigne-toi à cela.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Merci, fit doucement Pivoine (et elle s’essuya les yeux).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elles restèrent assises toutes les deux un moment, plongées dans leurs réflexions. Puis Wang Ma se mit à parler très affectueusement :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Tu dois penser à toi, Pivoine. Si tu désires passer tes années dans cette maison, cherche à savoir qui sera la femme de notre Jeune Maître. Qu’il le veuille ou non, l’épouse d’un homme le dirige. Elle a le pouvoir, parce qu’elle a sa place dans le lit ; choisis donc la femme de David.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Moi ! s’écria Pivoine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pivoine va alors œuvrer dans l&amp;rsquo;ombre pour contrecarrer ce projet, persuadée que David ne serait alors pas heureux. Quitte à lui trouver une autre femme. Puis les choses vont tourner au drame&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman plaisant, où l&amp;rsquo;on découvre un peu de la vie quotidienne dans une ville chinoise prospère de cette époque, dans une période sans guerre ni famine. La beauté de Pivoine finira par lui attirer des ennuis, et elle ne devra son salut qu&amp;rsquo;en se réfugiant dans un monastère bouddhiste. Son personnage, d&amp;rsquo;une beauté et d&amp;rsquo;une intelligence rare, acceptant sa condition d&amp;rsquo;esclave sans pour autant renoncer à ses espoirs, est magnifique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n’a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu’elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Trilogie &#34;La terre chinoise&#34; - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/trilogie-la-terre-chinoise-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Tue, 28 May 2024 16:44:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/trilogie-la-terre-chinoise-pearl-buck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;terre-chinoise.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue la découverte de Pearl Buck avec une trilogie nommée &amp;ldquo;La Terre chinoise&amp;rdquo;, dont le premier tome valut à l&amp;rsquo;auteur le prix Pulitzer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme à son habitude, l&amp;rsquo;auteur nous raconte les choses simplement, décrivant le quotidien des paysans et ce à quoi ils font face, quelles coutumes régissent leur vie, les sécheresses ou inondations (provoquant la famine) auxquelles ils doivent faire face etc&amp;hellip; Même si une révolution est évoquée et finit par se produire, n&amp;rsquo;attendez aucune grande explication théorique sur le sujet ou son contexte : seul sera évoqué ce qu&amp;rsquo;elle produit directement sur les personnages du roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, on va suivre d&amp;rsquo;abord Wang Lung un paysan qui va peu à peu s&amp;rsquo;élever socialement mais en gardant les pieds sur terre. Ses enfants, éduqués, auront déjà d&amp;rsquo;autres ambitions que de travailler la terre. La troisième génération verra la révolution arriver et renverser l&amp;rsquo;ordre ancestral qui régissait toute la vie des enfants (mariage, travail), ces derniers devant obéissance à leurs parents sans autre choix que celui de disparaître. C&amp;rsquo;est le thème principal de cette trilogie, le passage du monde ancien à un monde nouveau, amené par une révolution vécue du terrain, c&amp;rsquo;est-à-dire qu&amp;rsquo;elle ne change pas grand chose pour les pauvres malgré les grandes promesses d&amp;rsquo;un monde nouveau&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tome 1 - La Terre chinoise&lt;/strong&gt; : c&amp;rsquo;est histoire de Wang Lung, pauvre paysan qui au début de l&amp;rsquo;histoire ose à peine frapper à la porte de la grande maison d&amp;rsquo;une riche famille de la ville pour venir y chercher une esclave qu&amp;rsquo;il a pu prendre pour femme, sa seule possibilité au vu de sa pauvreté. O-len, bien que mutique la plupart du temps, se révélera une femme accomplie, travailleuse, et qui lui apportera plusieurs enfants, dont trois fils. Un peu plus tard, la famine due à une longue sécheresse va les obliger à fuir vers une ville du Sud, où une révolte va permettre à Wang Lung de se constituer un petit capital en participant au pillage de la demeure d&amp;rsquo;un riche. De retour sur ses terres, en bon paysan, il va investir dans la terre, et peu à peu devenir lui-même un riche propriétaire terrien, son amour de la terre et d&amp;rsquo;une vie simple ne le quittant jamais. Mais sa famille est dès lors établie, des paysans travaillent la terre à sa place et donnent la moitié de leur récolte au propriétaire, l&amp;rsquo;argent rentre dès lors facilement. À la fin du récit, il rachète même la grande maison dont il osait à peine franchir le seuil au début du récit… Ses deux premiers fils ont appris à lire, et Wang Lung avait prévu de garder le troisième fils à ses côtés pour en faire un paysan et prendre sa suite. Mais le fait est qu&amp;rsquo;aucun des trois n&amp;rsquo;a envie de travailler la terre, et le fils cadet s&amp;rsquo;enfuit vers le Sud pour rejoindre un seigneur de guerre et devenir soldat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;159px&#34; data-flex-grow=&#34;66&#34; height=&#34;301&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/trilogie-la-terre-chinoise-pearl-buck/lesfilsdewanglung.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tome 2 - Les Fils de Wang Lung&lt;/strong&gt; : L&amp;rsquo;histoire reprend où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;était arrêté, et Wang Lung se meurt. Ses fils suivent chacun leur chemin : Wang l&amp;rsquo;aîné est attiré par la vie facile et les femmes, et se contente de dépenser l&amp;rsquo;argent qui rentre. Wang II devient un riche marchand, il a gardé de son père le côté pingre, et s&amp;rsquo;enrichit sans jamais dépenser plus que nécessaire. Le roman va se concentrer sur le troisième, appelé Wang le Tigre. Personnage très sombre et renfermé sur lui-même, craignant les femmes, il va plus ou moins parvenir à atteindre son but : devenir un seigneur de guerre. Il est sans crainte et très loyal envers ses hommes, Il remonte vers le nord et s&amp;rsquo;établit non loin de sa région natale, et y devient un chef redouté, à la tête d&amp;rsquo;une armée de mille hommes. Il aura tout de même à cœur de se marier (avec une femme et une concubine simultanément) dans le but avoué d&amp;rsquo;assurer sa descendance. Sa femme lui offrira une fille, et sa concubine le fils tant espéré qu&amp;rsquo;il va dès lors prendre sous sa coupe exclusive, et l&amp;rsquo;élever très durement, le destinant à prendre la relève de son armée le moment venu. Mais là aussi, le fils refuse le destin tracé par son père. Il fait pourtant tout ce qu&amp;rsquo;il lui demande, mais reste renfermé et mutique, ne montrant jamais le moindre enthousiasme. Des rumeurs de révolution commencent à se répandre au sud…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;155px&#34; data-flex-grow=&#34;64&#34; height=&#34;308&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/trilogie-la-terre-chinoise-pearl-buck/lafamilledispersee.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tome 3 - La famille dispersée&lt;/strong&gt; : troisième et dernier opus, et sans doute le plus intéressant, malgré quelques longueurs. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Wang Yuan, le fils de Wang le Tigre, qui finit par s&amp;rsquo;enfuir pour se libérer de l&amp;rsquo;emprise de son père, n&amp;rsquo;ayant aucun appétit pour la guerre. Il se retrouve dans une grande ville où la mère de sa sœur va l&amp;rsquo;accueillir et lui permettre d&amp;rsquo;étudier, tout en étant au contact d&amp;rsquo;étrangers très actifs dans cette ville. La révolution se rapproche, des mouvements clandestins font leur apparition, attirant beaucoup de jeunes dont l&amp;rsquo;un des cousins de Yuan. Il s&amp;rsquo;agit avant tout pour eux de se libérer de toutes les contraintes des générations précédentes : mariages forcés, place de la femme (pieds comprimés), obéissance totale aux anciens qui décident de l&amp;rsquo;orientation de votre vie. Bien que peu impliqué, Yuan se fait arrêter lors d&amp;rsquo;une rafle de la police, et moyennant une forte rançon que la famille entière en se cotisant réussit à payer, il s&amp;rsquo;exile pour plusieurs années aux États-Unis. Il y étudie énormément, mais reste une personne solitaire et très perturbée, oscillant sans cesse entre fascination et haine pour ces étrangers et leur monde. En particulier quand il rencontre Mary, une jeune fille vers qui il se sent intellectuellement attiré. Comme son père, il a peur des femmes et n&amp;rsquo;en a encore connu aucune, et avec elles aussi il éprouve des sentiments contradictoires. Il finit par se persuader que seule une femme de sa race pourrait lui convenir. Cette longue partie, l&amp;rsquo;exil, comporte quelques longueurs, les atermoiements de Yuan étant assez répétitifs, le personnage devenant vite assez énervant par sa vision perturbée du monde. Il est finalement totalement perdu et n&amp;rsquo;arrive pas à trouver sa place dans ce monde. De retour dans son pays, la révolution a commencé à changer des choses, une nouvelle capitale se construit, mais déjà les promesses faites aux paysans font long feu : peu de choses changent, les pauvres restent pauvres, et les chefs de la révolution s&amp;rsquo;accaparent les richesses et le pouvoir. Des inondations achèvent de ruiner les espoirs mis en elle. Des rumeurs d&amp;rsquo;une nouvelle révolution font leur apparition&amp;hellip; Yuan finit par trouver l&amp;rsquo;amour dans les toutes dernières pages. Ouf, c&amp;rsquo;était pas gagné !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n’a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine. Ce n’est qu’à 17 ans qu’elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu’elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Mère - Pearl Buck</title>
            <link>https://pled.fr/la-mere-pearl-buck/</link>
            <pubDate>Wed, 15 May 2024 16:16:01 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamere-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est lors d&amp;rsquo;un dîner avec des amis que j&amp;rsquo;ai entendu parler de Pearl Buck. Le frère d&amp;rsquo;une amie, qui vit en Asie depuis toujours, après avoir étudié les langues orientales, racontait qu&amp;rsquo;adolescent, c&amp;rsquo;est la lecture de Pearl Buck qui avait été le déclencheur de son amour pour l&amp;rsquo;Asie, et particulièrement le fait qu&amp;rsquo;elle parlait des &amp;ldquo;petites gens&amp;rdquo;, des paysans, des gens du peuple.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela m&amp;rsquo;a donné envie de lire ses romans pour voir de quoi il retourne, avec cette autrice américaine fille de missionnaires qui appris le chinois avant l&amp;rsquo;anglais, et qui vécu toute son enfance et son adolescence immergée dans la culture chinoise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une préface (pas celle de ce livre, mais le suivant que je lis actuellement), son œuvre est bien décrite :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le roman chinois fut abandonné au peuple. Il fallait que le narrateur se fasse comprendre d’auditeurs ignorants, et pour cela être direct, simple, s’attacher à bien caractériser les personnages, à respecter la vie et la vraisemblance. Il ne s’agissait surtout pas de briller par érudition. [&amp;hellip;] De sa connaissance approfondie du roman chinois, Pearl Buck a surtout tiré des leçons d’humanité, de dévouement à la cause de la vie. Elle ne se pose pas en génie unique mais en vivant témoin. « C’est dans cette tradition populaire du roman que je suis née, c’est à travers elle que je suis devenue écrivain. Mon ambition, en conséquence, n’est pas tournée vers les belles lettres et les grâces du style. » Son énergie créatrice s’exerce dans le sens de la vie, d’encore plus de vie, c’est une énergie à la fois physique et spirituelle qui engage tout l’être et l’entraîne. Le romancier n’est que l’interprète de la vie telle qu’il la ressent en lui et autour de lui. Le critère de valeur du roman, c’est le poids de vie qu’il contient. Il est fait pour la rue, pour la place publique, pour tout le monde. Pearl Buck est entrée dans la littérature de plain-pied, sans aucun piédestal, et en visant le grand nombre, non pour être « best-seller », mais pour communiquer avec les gens. Or elle a réussi au-delà de toute espérance.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est bien le cas pour ce roman, l&amp;rsquo;histoire toute simple d&amp;rsquo;une mère, dont on ne saura même pas le nom, qui traverse la vie et ses vicissitudes sans jamais renoncer ou baisser les bras. Ce ne sont pourtant pas les épreuves qui vont l&amp;rsquo;épargner, à commencer par son mari qui disparaît du jour au lendemain car la vie aux champs est trop dure. On la suivra jusqu&amp;rsquo;à sa vieillesse, avec un magnifique message final, vrai hymne à la vie comme expliqué ci-dessus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pearl_Buck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pearl Buck&lt;/a&gt; (1892-1973) est une femme de lettres américaine et a obtenu le prix Nobel de littérature en 1938. Elle n&amp;rsquo;a que 3 mois quand ses parents missionnaires partent pour la Chine. Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;à 17 ans qu&amp;rsquo;elle revient aux États-Unis suivre ses études universitaires, avant de vite retourner Chine où elle épousera un missionnaire agronome, dont elle divorcera peu après être revenue aux États-Unis en 1933. Première femme lauréate du prix Pulitzer qu&amp;rsquo;elle obtient en 1932. Elle adoptera sept enfants et aura combattu toute sa vie les injustices, défendu les minorités ainsi que les droits des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Oh, Hippie days ! - Alain Dister</title>
            <link>https://pled.fr/oh-hippie-days/</link>
            <pubDate>Sun, 12 May 2024 16:31:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/oh-hippie-days/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ohhippiedays.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur FC que j&amp;rsquo;ai entendu une &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/for-interieur-alain-dister-1ere-diffusion-21-05-2006-1774790&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;interview de Alain Dister&lt;/a&gt;, où il raconte comment en 1966 il part pour l&amp;rsquo;Amérique, terre de toutes les utopies, et découvre les débuts du mouvement hippie à San Francisco, alors que les États-Unis s&amp;rsquo;engagent massivement au Vietnam.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela m&amp;rsquo;a donné envie de lire son livre, écrit comme un journal, presque au jour le jour, racontant ses trois voyages successifs : un premier de 3 mois en 1966, où il découvre le début du mouvement à San Francisco, pour y revenir l&amp;rsquo;année suivante, le carcan sociétal en France lui pesant définitivement trop (nous sommes avant mai 68). Il y restera pratiquement un an. Enfin, Il y fera un dernier séjour six mois plus tard (et pour 6 mois), qui annonce la fin du mouvement, et dont il peut s&amp;rsquo;estimer heureux d&amp;rsquo;être revenu &amp;ldquo;intact&amp;rdquo;, à lire son récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons tout ça de plus près, avec en bonus en fin d&amp;rsquo;article une idée de Playlist (audio) inspirée des titre de morceaux cités dans le livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte est écrit avec beaucoup de franchise et d&amp;rsquo;honnêteté, sur ce qu&amp;rsquo;il voit et expérimente, à la fois très attiré par le mouvement et tout ce qui se passe dans le Haight-Ashbury, scène incroyable d&amp;rsquo;une révolution incroyable (et utopiste). Mais aussi de lucidité car deux ans plus tard, le rêve va peu à peu se terminer : le portrait qu&amp;rsquo;il dresse d&amp;rsquo;ailleurs n&amp;rsquo;est pas forcément très rose, avec ces milliers de jeunes continuant d&amp;rsquo;arriver de toute l&amp;rsquo;Amérique (ou d&amp;rsquo;ailleurs) pour vivre leur rêve, se retrouvant à mendier dans la rue, dormir sous les porches des bâtiments, etc&amp;hellip; Le risque de tomber dans la drogue est grand, les vrais dealers sont arrivés, la violence avec, et tout devient très glauque avec une répression qui s&amp;rsquo;accroît.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La foule indistincte, pieds nus, transie sous la bruine, est de plus en plus dense. Le quartier, envahi durant le &amp;ldquo;summer of love&amp;rdquo;, n&amp;rsquo;a cessé de se remplir de nouveaux arrivants, toujours plus pauvres, toujours plus largués, toujours plus assoiffés de drogues&amp;hellip; Et ce n&amp;rsquo;est pas l&amp;rsquo;offre qui manque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils vivent de rien, se nourrissent de peu (du riz complet et des légumes bouillis les bons jours !), et cherchent leur spiritualité dans les cultures orientales. Le système ne leur fait pas de cadeau : avec Nixon président ou Reagan gouverneur de Californie, ça ne rigole pas, et les descentes de police sont le quotidien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;N&amp;rsquo;y-a-t-il pas là quelque chose d&amp;rsquo;intrigant, voire de mystérieux, quelque chose qui, nécessairement, laissera des traces, capables de resurgir un jour ou l&amp;rsquo;autre malgré toutes les tentatives d&amp;rsquo;étouffement, de négation, de ringardisation, de dévoiement, sinon de suppression pure et simple de ses acteurs, de ses penseurs, jugés trop dangereux pour que le système en place puisse continuer à fonctionner ? OK, on ne va pas sanctifier toutes les dérives au nom de la recherche spirituelle ou de la révolution sociale&amp;hellip; C&amp;rsquo;est beau tout de même, cette idée de révolution, quand on y pense&amp;hellip; Révolution du sexe, libre, révolution du plaisir, gratuit, révolution des sens, explosés, déréglés, révolution de l&amp;rsquo;apparence&amp;hellip;Alors, qu&amp;rsquo;ils aient, les acteurs de cette révolution, cherché d&amp;rsquo;autres voies, dans les traditions d&amp;rsquo;autres pays, d&amp;rsquo;autres cultures, quoi de plus naturel, dès lors que les repères proposés par leur société d&amp;rsquo;origine étaient devenus inacceptables&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lui ne fait pas mieux, vivant un petit cachet de Rock &amp;amp; Folk de temps en temps pour ses photos ou articles, vendant ses desseins, ou d&amp;rsquo;un petit boulot à faire la plonge ou vendre des journaux, mais aussi profitant en bon parasite dans un loft surpeuplé&amp;hellip; Il fait le minimum pour pouvoir acheter des pellicules photos et mitrailler, croisant artistes connus (Jimmi Hendrix) et inconnus, prenant des photos en noir &amp;amp; blanc ou en couleur&amp;hellip; Il reste le frenchy qui prend des photos, toujours un peu à distance, vrai observateur de tout ce qui se passe, assez dilletante sur le mouvement, et toujours content de croiser une belle nana. Il parle des Diggers et de leurs repas gratuits ou de leur magasin tout aussi gratuit (lire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5865&#34; &gt;Ringolevio&lt;/a&gt; sur le sujet). Et aussi des Merry Pranksters de Ken Kesey (lire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte est régulièrement coupé d&amp;rsquo;une sorte de lettre à l&amp;rsquo;une des personnes dont il a croisé la route, un ami, souvent une fille avec qui il a eu une aventure et dont il se demande ce qu&amp;rsquo;elle est devenue, et s&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;auraient pas pu avoir une histoire plus sérieuse&amp;hellip; La fidélité n&amp;rsquo;était trop dans l&amp;rsquo;air du temps, et Dister a tout de même bien profité de l&amp;rsquo;époque sur ce sujet ! Les &amp;ldquo;lettres&amp;rdquo; sont toujours bien écrites et permettent de mieux comprendre dans quel état d&amp;rsquo;esprit il se trouvait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vers la fin de son second séjour, il manque de peu de goûter à l&amp;rsquo;héroïne, branché par Régine, une de ses amies de longue date, elle tout à fait accro :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y avait cette chanson des Doors, The End, la montée sur la guitare, puis la voix de Jim Morrison. Le climat,&amp;hellip; On se la repassait sans arrêt, rien que pour ça — le climat. On écoutait beaucoup aussi Heroin par le Velvet Underground. Tout pareil, pour le climat. L&amp;rsquo;héro, j&amp;rsquo;ai failli essayer. C&amp;rsquo;était bien parti pour. Régine, tu m&amp;rsquo;avais invité chez des amis à toi, à un moment quelqu&amp;rsquo;un a sorti son matériel. En fait, tu étais venue pour ça, et t&amp;rsquo;avais décidé, je crois, de me brancher. &amp;ldquo;Tu verras, juste une fois, faut que t&amp;rsquo;essayes, c&amp;rsquo;est cool, on est entre amis, etc&amp;hellip;&amp;rdquo; Le baratin habituel. La seringue a fait le tour,. Un type barbu qui ressemblait à Trostky s&amp;rsquo;est fait le premier shoot. Puis il a tendu l&amp;rsquo;aiguille, vers toi, vers moi&amp;hellip; Impatiente, tu t&amp;rsquo;es jetée dessus, &amp;ldquo;tu verras après, laisse-moi voir si c&amp;rsquo;est du bon bourrin&amp;rdquo;, et tu t&amp;rsquo;es envoyé ton fix. Et tout de suite, t&amp;rsquo;es partie dans la vape. Overdose. C&amp;rsquo;était ça que tu voulais me refiler ? Bigre ! On t&amp;rsquo;a fait marcher de long en large, on t&amp;rsquo;a traînée, presque, en te soutenant chacun sous un bras, on t&amp;rsquo;a fait une piqûre d&amp;rsquo;eau salée, on t&amp;rsquo;a fait remarcher, toi si pâle tout d&amp;rsquo;un coup, finalement t&amp;rsquo;as ouvert un œil à moitié, très loin sous la paupière, et puis tu as lâché : &amp;ldquo;J&amp;rsquo;ai tout compris !&amp;rdquo; On s&amp;rsquo;est quitté là-dessus. Te voir partir en overdose, ça m&amp;rsquo;a douché froid, ça m&amp;rsquo;a ôté l&amp;rsquo;envie de toucher au smack, c&amp;rsquo;était comme une déclaration de guerre. Le type, je m&amp;rsquo;en souviens, il dessinait des posters, des trucs égyptiens&amp;hellip; Il croyait entrer dans l&amp;rsquo;éternité&amp;hellip; On était dans cet ailleurs, on vibrait avec, l&amp;rsquo;avenir avait ce goût de mort et de lumière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand il retraverse les États-Unis pour revenir à NY à la fin du second séjour, on croit lire une scène du film &lt;strong&gt;Easy Rider&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous ne sommes qu&amp;rsquo;un bande de hippies embarqués dans une voiture étrangère (une Volvo), signe manifeste d&amp;rsquo;une hostilité marquée à l&amp;rsquo;Amérique par ailleurs démontrée par la longueur de nos cheveux et ce long sticker, là, sur le pare-chocs arrière, PEACE IN VIETNAM. C&amp;rsquo;est dans le Wyoming, en plein territoire cow-boy, que ça commence à se gâter. À Fort Laramie, nous sommes entrés dans un restaurant pour avaler un robuste petit déjeuner. La carte propose son assortiment de pancakes habituel, et des formules tout compris, de café, toasts, œufs brouillés, patates, haricots blancs, saucisse, bacon, jus d&amp;rsquo;orange, de quoi se caler jusqu&amp;rsquo;au soir&amp;hellip; La route, depuis l&amp;rsquo;aube, a été longue, nous avons faim. La salle est presque vide, à part quelques hommes accoudés au bar, leur chemise de lainage à carreaux débordant de jeans salis par le travail. Une serveuse apparaît, elle semble sortie d&amp;rsquo;une photo de Diane Arbus, elle a la bouche amère, trop fardée. Elle porte une minijupe noire sur de courtes cuisses gainées de bas résilles. Elle s&amp;rsquo;approche et se plante devant nous, sans nous accorder un regard : &amp;ldquo;On ne vous servira pas, vous pouvez partir&amp;rdquo; Sur un ton nasal monocorde. Une voix sans âme, brisée par la cigarette. Je voudrais protester, argumenter&amp;hellip; Mark et Cherry ont compris. Déjà, ils ont ramassé leurs sacs et se dirigent vers la porte. La Volvo est juste devant, et démarre aussitôt. Dans notre dos, quand nous sommes sortis, il y avait des envies de meurtre dans le regard des hommes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La 3e partie, où il reste essentiellement à NY, est une véritable descente assez morbide. Il passe la plupart du temps dans un loft à fumer, se désintéressant peu de tout, au nom d&amp;rsquo;une pseudo philosophie nihiliste, vendant même son appareil photo&amp;hellip; Le portrait dressé par ce qui se passe à NY (SF is dead) est assez catastrophique. Il finit par retourner sur la côte Ouest, à Berkeley, et est présent lors de la lutte pour le jardin réalisé sur le terrain d&amp;rsquo;une université, avec des affrontements assez violents avec la police puis l&amp;rsquo;armée (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/1969_People%27s_Park_protest&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;1969 People&amp;rsquo;s Park Protest&lt;/a&gt;). Il rentre finalement en France en juin 1969, apparemment il était grand temps pour lui de se sortir de ce mouvement devenu finalement assez mortifère (refus de la société, utopie, fuite dans les drogues de plus en plus dures).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, la musique est bien sûr omniprésente dans le récit, et il nous propose au fil des pages ses petites playlists du moment, avec les groupes emblématiques du mouvement comme les Grateful Dead, ou Jefferson Airplane. Mais il y a aussi plein d&amp;rsquo;autres qui ont traversé les époques comme les Beatles, les Rolling Stones, Bob Dylan, Janis Joplin, Zappa&amp;hellip; et encore d&amp;rsquo;autres qui ont depuis fini aux oubliettes. J&amp;rsquo;ai consciencieusement noté tous les titres, dans un fichier texte &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2024/05/Playlist-Alain-Dister.txt&#34; &gt;Playlist-Alain-Dister.txt&lt;/a&gt;, si vous voulez vous créer votre propre playlist &amp;ldquo;Oh hippie days&amp;rdquo; à partir de cette liste ! :cool: Attention, certains titres sont disons assez particuliers (du genre improvisations planantes&amp;hellip; on aime ou on n&amp;rsquo;aime pas !), quand d&amp;rsquo;autres fois il s&amp;rsquo;agit du nom d&amp;rsquo;un album complet&amp;hellip; Dans le premier cas, j&amp;rsquo;ai supprimé le morceau de ma playlist, et dans le second choisi arbitrairement un titre de l&amp;rsquo;album. Mais à la fin, la playlist est plutôt sympa, et d&amp;rsquo;environ 80 morceaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Dister&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alain Dister&lt;/a&gt; (1941-2008), est un journaliste et photographe français, auteur de nombreux ouvrages concernant le rock. Dans les années 1980 Alain Dister produit des émissions de radio pour France Culture, des films documentaires, en particulier pour l&amp;rsquo;émission télévisée &amp;ldquo;Les Enfants du rock&amp;rdquo;. Il a aussi été critique d&amp;rsquo;art pour la revue Connaissance des arts. Il ne s&amp;rsquo;est jamais coupé les cheveux !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Là où chantent les écrevisses - Delia Owens</title>
            <link>https://pled.fr/la-ou-chantent-les-ecrevisses-delia-owens/</link>
            <pubDate>Thu, 02 May 2024 16:18:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-ou-chantent-les-ecrevisses-delia-owens/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;delia-owens.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma sœur Dominique qui m&amp;rsquo;a ardemment conseillé ce bouquin alors qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;en était qu&amp;rsquo;à la moitié de sa lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je confirme donc que la première partie est bonne, on suit les aventures de cette jeune fille à peine adolescente qui se retrouve à vivre seule dans les marais, abandonnée petit à petit par sa famille, quelque part en Caroline du Nord. Kya va développer une vie en harmonie avec cette nature d&amp;rsquo;une diversité sans fin : les oiseaux, les insectes, les coquillages, les poissons&amp;hellip; Le village d&amp;rsquo;à côté la rejette, à commencer par l&amp;rsquo;école, elle est devenue &amp;ldquo;la fille des marais&amp;rdquo;, et cela lui convient très bien finalement. Cette partie est très bien rendue et très prenante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En parallèle à ce récit mais quelques années plus tard (on passe de chapitre en chapitre d&amp;rsquo;une histoire à l&amp;rsquo;autre), le corps d&amp;rsquo;un jeune homme est retrouvé dans le village, déclenchant une enquête policière, conduite tout en douceur par la police locale, pleine de bon sens, et se satisfaisant de peu de preuves. L&amp;rsquo;autre partie de l&amp;rsquo;histoire fait soudainement un bond en avant pour se synchroniser, Kya a dès lors 22 ans, est devenue une belle jeune femme qui fait tourner le cœur des hommes, et va vite devenir la coupable idéale. L&amp;rsquo;histoire perd beaucoup de son intérêt à ce moment là je trouve, l&amp;rsquo;auteur perd le charme de son récit, et peine à passer à une histoire policière qui devient vite ennuyeuse (même si je m&amp;rsquo;en veux de ne pas avoir deviné qui était le coupable et surtout pour quelles raisons, car après coup, cela parait évident).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon roman tout de même, dont un film a été tiré : &amp;ldquo;Where the crawdads sing&amp;rdquo;. Il retranscrit bien la partie enquête, mais loupe totalement le côté symbiose avec la nature (en fait, il n&amp;rsquo;essaie même pas). J&amp;rsquo;aurai tout de même appris comment on dit écrevisse en anglais ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Delia_Owens&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Delia Owens&lt;/a&gt; est une écrivaine et une zoologiste américaine née en 1949. Il s&amp;rsquo;agit son premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Harry Bosch - Michael Connelly</title>
            <link>https://pled.fr/harry-bosch-michael-connelly/</link>
            <pubDate>Thu, 18 Apr 2024 16:30:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/harry-bosch-michael-connelly/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bosch.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vers la fin de mon voyage en Asie, j&amp;rsquo;ai attaqué le cycle Harry Bosch (Hieronymus Bosch pour être précis, comme le peintre), dans l&amp;rsquo;ordre chronologique s&amp;rsquo;il vous plaît. J&amp;rsquo;en ai poursuivi la lecture une fois revenu, et je viens juste d&amp;rsquo;arrêter hier : treize romans lus, soit à peu près la moitié de la totalité des romans (25).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bosch est un flic de L.A., ancien du Vietnam (il était un &amp;ldquo;rat de tunnels&amp;rdquo;, membre d&amp;rsquo;une unité chargée de nettoyer les tunnels creusés par les Vietcongs, dire que je lisais ça en étant au Vietnam !). Il se sent investi d&amp;rsquo;une mission quand il pourchasse les criminels, et y consacre tout son temps, se révélant incapable d&amp;rsquo;établir une véritable relation sentimentale avec les quelques femmes avec qui il a une aventure. Ces dernières devinent vite son côté obsessionnel et individualiste. Il a une tendance certaine à n&amp;rsquo;en faire qu&amp;rsquo;à sa tête, se fier à son intuition et à ses capacités d&amp;rsquo;analyse, par ailleurs toutes deux excellentes, lui permettant de résoudre ses enquêtes. On de demande quand même quand est-ce qu&amp;rsquo;il dort&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses relations avec la hiérarchie sont pour le moins tendues, et il est parfois l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une enquête des services internes. L&amp;rsquo;auteur dresse d&amp;rsquo;ailleurs un portrait assez critique de la police de L.A. : corruption, carriérisme, politique&amp;hellip; quand ils ne sont pas carrément les meurtriers de l&amp;rsquo;enquête en cours. Bref, tous des empêcheurs de tourner en rond dans le meilleur des cas pour Harry Bosch, qui ne fait de toutes façons confiance à personne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autre personnage des romans, c&amp;rsquo;est la ville de Los Angeles, la ville de tous les espoirs mais aussi de tous les périls. La violence policière et les émeutes suivant l&amp;rsquo;affaire Rodney King sont en référence constante et ont marqué la ville&amp;hellip; Mais il y a aussi sa pollution, ses bons restos, sans oublier ses embouteillages qui n&amp;rsquo;auront plus de secrets pour vous, Bosch étant passé maître dans l&amp;rsquo;art de les contourner !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final, de bons romans policiers, avec de bonnes intrigues, et dont on tourne les pages sans avoir vraiment envie d&amp;rsquo;arrêter. En ayant lu treize à la suite, le personnage de Bosch a fini tout de même par me taper sur le système, son côté &amp;ldquo;je suis investi d&amp;rsquo;une mission, je n&amp;rsquo;en fait qu&amp;rsquo;à ma tête et je ne respecte rien ni personne&amp;rdquo; le rendant assez imbuvable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà les titres que j&amp;rsquo;ai lu à la suite :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Les Égouts de Los Angeles, 1993&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La Glace noire, 1995&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La Blonde en béton, 1996&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le Dernier Coyote, 1999&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le Cadavre dans la Rolls, 1998&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L’Envol des anges, 2000&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L’Oiseau des ténèbres, 2001&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Wonderland Avenue, 2002&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Lumière morte, 2003&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Los Angeles River, 2004&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Deuil interdit, 2005&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Echo Park, 2007&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;A genoux, 2008&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, il était grand temps de faire une pause, et de revenir à des romans disons plus littéraires&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Connelly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Connelly&lt;/a&gt;, né en 1956, est l&amp;rsquo;un des principaux auteurs américains de romans policiers. Il est assez prolifique. Les romans mettant en scène Harry Bosch ont été portés à l&amp;rsquo;écran dans une série TV éponyme (7 saisons). Une autre série existe depuis 2022 sur Amazon, &amp;ldquo;Bosch: Legacy&amp;rdquo; (2 saisons à ce jour).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté cinéma, il y a &amp;ldquo;Créance de sang&amp;rdquo; avec Clint Eastwood mettant en scène Terry Mc Caleb, un ancien agent du FBI. On peut voir un autre personnage du même auteur, Michael Haller, avocat et demi-frère de Bosch, dans &amp;ldquo;La défense Lincoln&amp;rdquo;, avec Matthew McConaughey (excellent film !).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le cycle de l&#39;Ekumen - Ursula Le Guin</title>
            <link>https://pled.fr/le-cycle-de-lekumen-ursula-le-guin/</link>
            <pubDate>Mon, 15 Apr 2024 15:32:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-cycle-de-lekumen-ursula-le-guin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamaingauchedelanuit.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en écoutant un podcast de France Culture dans la série &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-les-romans-qui-ont-change-le-monde&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les romans qui ont changé le monde&lt;/a&gt; que je suis tombé sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-culture-change-le-monde/la-main-gauche-de-la-nuit-d-ursula-k-le-guin-6995082&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cet épisode&lt;/a&gt; consacré à &amp;ldquo;La main gauche de la nuit&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Ursula Le Guin, qui vient de bénéficier d&amp;rsquo;une réédition accompagnée d&amp;rsquo;une traduction révisée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je connaissais le nom d&amp;rsquo;Ursula Le Guin, j&amp;rsquo;ai même un vieux &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Livre_d%27or_de_la_science-fiction&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Livre d&amp;rsquo;or de la SF&lt;/a&gt;&amp;rdquo; qui lui est consacré sur mes étagères, mais cela remonte à très loin, je n&amp;rsquo;en ai aucun souvenir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;émission était assez élogieuse pour cet auteur aujourd&amp;rsquo;hui décédée qui aurait pu (du) avoir le prix Nobel de littérature, et du coup je me suis penché sur ses œuvres quand je préparais mon voyage en Asie. Quitte à être dépaysé, la SF comme littérature de voyage, c&amp;rsquo;est pas mal&amp;hellip; D&amp;rsquo;autant que Catherine Dufour, qui préface cette édition collector, et présente à l&amp;rsquo;émission sur FC, précise :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un des rôles de la science fiction, c&amp;rsquo;est de décaler légèrement le réel et le point de vue, pour que la réalité de notre société nous saute à la face ; c&amp;rsquo;est précisément ce que fait Ursula Le Guin.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est un peu ce qui nous arrive en voyage ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos du podcast, on peut trouver la liste des &amp;ldquo;romans qui ont changé le monde&amp;rdquo; sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-les-romans-qui-ont-change-le-monde&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cette page&lt;/a&gt; (cela peut donner des envies ou des idées de lecture). J&amp;rsquo;en ai lu quelques uns : &amp;ldquo;Voyage au bout de la nuit&amp;rdquo; de Céline, &amp;ldquo;Au nom de la rose&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Umberto Eco, &amp;ldquo;Un barrage contre le pacifique&amp;rdquo; de Marguerite Duras, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;œuvre au noir&amp;rdquo; de Margerite Yourcenar, &amp;ldquo;Le seigneur des anneaux&amp;rdquo; de J.R. Tolkien, et ce sont tous de bons bouquins, sans oublier bien sûr &amp;ldquo;La main gauche de la nuit&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Ursula Le Guin. Seule exception à cette liste : &amp;ldquo;Mrs Dalloway&amp;rdquo; de Virginia Woolf qui m&amp;rsquo;a profondément ennuyé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai aussi noté quelques titres à lire : &amp;ldquo;Bonjour tristesse&amp;rdquo; de Françoise Sagan, &amp;ldquo;La Storia&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Elsa Morante, et peut-être &amp;ldquo;L&amp;rsquo;année de la mort de Fernando Reis&amp;rdquo; de José Saramago.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à Ursula Le Guin : j&amp;rsquo;ai donc emporté sur ma liseuse le cycle de l&amp;rsquo;Ekumen. Il se divise en deux parties : &amp;ldquo;La Ligue de tous les mondes&amp;rdquo; composés de trois romans, puis &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Ekumen&amp;rdquo;, composé de quatre romans. Il existe aussi des recueils de nouvelles qui viennent s&amp;rsquo;insérer et compléter l&amp;rsquo;œuvre, mais je m&amp;rsquo;en suis tenu uniquement aux romans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons voir un peu cela&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;la-ligue-de-tous-les-mondes&#34;&gt;La ligue de tous les mondes&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le Monde de Rocannon, 1966&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Planète Exil, 1966&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La Cité des Illusions, 1967&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces trois premiers romans, s&amp;rsquo;ils permettent de rentrer dans le monde imaginé par Ursula Le Guin, ne m&amp;rsquo;ont pas enthousiasmé plus que cela. Il n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs pas nécessaire de les lire pour attaquer le deuxième cycle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire du monde imaginé par contre vaut le détour : il y a des centaines de milliers d&amp;rsquo;années, la civilisation hainienne a colonisé de nombreux mondes dont la terre, disséminant ainsi des humanités à travers l&amp;rsquo;univers. Puis la civilisation s&amp;rsquo;écroula, et chaque monde vécu sa propre histoire, coupé des autres et oubliant leur existence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;157px&#34; data-flex-grow=&#34;65&#34; height=&#34;304&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-cycle-de-lekumen-ursula-le-guin/hain.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On trouve d&amp;rsquo;ailleurs en Poche, réunis en deux tomes d&amp;rsquo;une épaisseur respectable, l&amp;rsquo;intégrale des textes (romans et nouvelles) liés au cycle de l&amp;rsquo;Ekumen (supervisé par l&amp;rsquo;autrice). Pour les fans qui veulent tout lire, et dans l&amp;rsquo;ordre. Les nouvelles ne font apparemment que renforcer le monde créé en traitant et détaillant l&amp;rsquo;un de ses multiples aspects.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le rêve de l&amp;rsquo;Ekumen, c&amp;rsquo;est donc de restaurer cette ancienne communauté, afin de partager la connaissance (et développer le commerce) entre tous ces peuples. Car si l&amp;rsquo;invention de l&amp;rsquo;ansible (sorte de terminal) permet d&amp;rsquo;échanger du texte en temps réel malgré les énormes distances entre les mondes, les lois de la physique s&amp;rsquo;appliquent toujours pour les voyages physiques, obligeant à placer les voyageurs en état d&amp;rsquo;hibernation : s&amp;rsquo;ils ne vieillissent pas durant le voyage, le temps continue de s&amp;rsquo;écouler inexorablement dans le monde qu&amp;rsquo;ils ont quitté, rendant un éventuel retour compliqué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette ligue des mondes (l&amp;rsquo;Ekumen) envoie donc des émissaires sur chaque planète pour l&amp;rsquo;étudier dans un premier temps, et voir s&amp;rsquo;il est temps de leur proposer de rejoindre la ligue. Il faut procéder avec précaution, ne rien forcer, laisser chaque monde décider en toute liberté, selon ses croyances, le niveau de développement, les pouvoirs en place, le mode de société (communautaire ou individualiste), etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà pour le cadre dans lequel les différentes histoires se déroulent. C&amp;rsquo;est assez bien imaginé, et très prenant. Ursula Le Guin, fille d&amp;rsquo;anthropologue, a pour sa part suivi des études d&amp;rsquo;ethnologie, et cela apporte une indéniable qualité aux mondes imaginés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;lekumen&#34;&gt;L&amp;rsquo;Ekumen&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;La Main gauche de la nuit, 1969&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le nom du monde est forêt, 1972&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Les Dépossédés, 1974&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le Dit d’Aka, 2000&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette deuxième partie du cycle est passionnante, et peut donc être lue indépendamment de la première. Les quatre romans sont excellents, et traitent chacun d&amp;rsquo;un problème différent :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La main gauche de la nuit&lt;/strong&gt; : sans doute le chef d&amp;rsquo;œuvre d&amp;rsquo;Ursula Le Guin. Sur cette planète, les êtres ne sont genrés qu&amp;rsquo;une fois par mois, lors d&amp;rsquo;une poussée hormonale, et peuvent être aussi bien femme ou homme. Il en découle de profondes différences que l&amp;rsquo;émissaire (sexué) de l&amp;rsquo;Ekumen va découvrir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nom du monde est forêt&lt;/strong&gt; : cette fois, ce sont les terriens, avant la ligue des mondes, qui colonisent une planète aux ressources en bois immenses, jusqu&amp;rsquo;à en altérer l&amp;rsquo;écosystème. Les indigènes, apathiques et rêveurs, sont traités en esclave, et se révoltent une première fois. Entre-temps, la terre rejoint la Ligue et des instructions arrivent par l&amp;rsquo;ansible enjoignant aux terriens de libérer les indigènes. Petit roman férocement écologique et anti-colonialiste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les dépossédés&lt;/strong&gt; : sur la planète Urras, une révolte d&amp;rsquo;ouvriers anarcho-syndicalistes ont amené il y a deux cents ans à une séparation des deux visions de société : la lune Anarres a été offerte aux révoltés avec une garantie d&amp;rsquo;indépendance. Les deux sociétés se sont donc développées chacune selon leur système de pensée, l&amp;rsquo;une de type capitaliste, l&amp;rsquo;autre de type communiste libertaire. Mais Shevek, un physicien d&amp;rsquo;Anarres, va développer une théorie temporelle qui pourrait révolutionner les voyages spaciaux (peut-être l&amp;rsquo;origine de l&amp;rsquo;invention de l&amp;rsquo;ansible) et va être contacté par les savants d&amp;rsquo;Urras. Shevek va découvrir les sociétés d&amp;rsquo;Urras et aussi se rendre compte que sa société n&amp;rsquo;est plus aussi libertaire qu&amp;rsquo;elle le prétend.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dit d&amp;rsquo;Aka&lt;/strong&gt; : Sutty, une terrienne, est envoyé par l&amp;rsquo;Ekumen sur la planète Aka. La découverte de l&amp;rsquo;existence de l&amp;rsquo;Ekumen et de son projet a jeté le trouble dans la société d&amp;rsquo;Aka. Un courant scientiste a pris l&amp;rsquo;ascendant, cherchant à détruire férocement l&amp;rsquo;ancienne culture, pourtant riche d&amp;rsquo;enseignements. C&amp;rsquo;est tout ce que ne veut pas l&amp;rsquo;Ekumen, et Sutty la terrienne où un courant antiscientifique et religieux a récemment failli tout emporter, est peut-être la mieux placée pour sauver ce qui peut l&amp;rsquo;être.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quatre romans de haute tenue, aux thèmes universels (il suffit de penser aux problématiques de genre et au retour du religieux de nos jours&amp;hellip;), utilisant parfaitement ce que permet la science-fiction pour les développer et en tirer le meilleur. S&amp;rsquo;il y a peut-être parfois certaines longueurs, on est captivé et surtout incapables de prédire ce qui va se passer dans ces mondes inconnus. Du grand art !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ursula_K._Le_Guin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ursula Le Guin&lt;/a&gt; (1929-2018) est une écrivaine américaine de science-fiction et de fantasy. Ses thèmes favoris sont l&amp;rsquo;anarchisme, le taoïsme, le féminisme, l&amp;rsquo;ethnologie (forcément), la psychologie et la sociologie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;331px&#34; data-flex-grow=&#34;138&#34; height=&#34;400&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-cycle-de-lekumen-ursula-le-guin/ursulaleguin.png&#34; width=&#34;552&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté prix littéraires, elle a reçu aux États-Unis sept prix Hugo, six prix Nebula et vingt-deux prix Locus. En France, elle a notamment reçu le Grand prix de l&amp;rsquo;Imaginaire. Elle a été mentionnée plusieurs fois comme possible lauréate du Nobel de littérature.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Série Parker, signée Richard Stark</title>
            <link>https://pled.fr/serie-parker-signee-richard-stark/</link>
            <pubDate>Thu, 11 Jan 2024 02:34:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/serie-parker-signee-richard-stark/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;1000006167.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Première série de romans lus pendant mon voyage, j&amp;rsquo;ai choisi Richard Stark, alias Donald Westlake, et la série Parker, soit 24 romans !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parker est un voleur professionnel, doté d&amp;rsquo;un sang-froid à toute épreuve, et d&amp;rsquo;un minimum d&amp;rsquo;empathie. Il est froid, méthodique et efficace… Il vole essentiellement de l&amp;rsquo;argent liquide, le reste ne l&amp;rsquo;intéresse pas (trop compliqué à écouler). C&amp;rsquo;est un organisateur hors pair, ses coups sont toujours très bien montés, mais l&amp;rsquo;impondérable n&amp;rsquo;est jamais loin : une trahison, un bavard, un flic très malin&amp;hellip; Bref, il ne réussit pas à chaque fois !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;167px&#34; data-flex-grow=&#34;69&#34; height=&#34;330&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/serie-parker-signee-richard-stark/1000006168.jpg&#34; width=&#34;230&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bonne série de polars, qui s&amp;rsquo;étale de 1962 à 2013, les scénarios s&amp;rsquo;ameliorent et se complexifient au fil du temps, certaines histoires s&amp;rsquo;étalent sur plusieurs romans. On s&amp;rsquo;attache au personnage, malgré sa froideur : elle le rend au moins objectif ! 😉 (et j&amp;rsquo;aime bien son côté mutique : s&amp;rsquo;il estime qu&amp;rsquo;aucune réponse n&amp;rsquo;est nécessaire, il ne répond pas. Ne comptez pas sur lui pour entretenir la conversation !). Certains romans ont été adaptés au cinéma.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un court article, écrit sur le smartphone !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise à jour&lt;/strong&gt; une fois revenu de voyage : voilà la liste des romans dans l&amp;rsquo;ordre chronologique avec le nom de l&amp;rsquo;adaptation cinématographique s&amp;rsquo;il y en a eu. Parfois le titre de l&amp;rsquo;édition &amp;ldquo;Carré Noir&amp;rdquo; diffère de celui choisi par &amp;ldquo;Série Noire&amp;rdquo;&amp;hellip; Notez aussi le jeu de marabout entre Comeback et Breakout, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amuse) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;N°TitreAnnéeAdaptation à l&amp;rsquo;écran11963Comme une fleur&amp;quot;Le point de non-retour&amp;quot; (1967) puis &amp;ldquo;Payback&amp;rdquo; (1999)21964&amp;quot;Peau neuve&amp;quot; ou &amp;ldquo;Parker fait peau neuve&amp;quot;31964&amp;quot;La clique&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Parker par en croisade&amp;quot;Échec à l&amp;rsquo;organisation (1973)41964Pour l&amp;rsquo;amour de l&amp;rsquo;or51965&amp;quot;En coupe réglée&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Parker fait main basse&amp;quot;Mise à sac (1967)61966Rien dans le coffre71966&amp;quot;Le septième homme&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Le septième&amp;quot;81966&amp;quot;Sous pression&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Parker rafle la mise&amp;quot;91968Travail aux pièces101968&amp;quot;Le divan indiscret&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Parker reprend son vol&amp;quot;111969Blanc-bleu noir121969Un petit coup de vinaigre131971&amp;quot;Le défoncé&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Parker sonne l&amp;rsquo;hallali&amp;quot;141972Planque à Luna-ParkSlayground (1983)151973Portraits gratis161975Signé Parker171998Comeback182001Backflash192004FlashfireParker (2013)202005Firebreak212008Breakout222009A bout de course232012Demandez au perroquet242013Argent sale&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Donald Westlake&lt;/a&gt; (1933-2008) est un écrivain et scénariste américain, également connu sous de nombreux pseudonymes (Richard Stark, Alan Marshall, Tucker Coe …). Ses personnages les plus connus sont John Dortmunder, voleur brillant mais terriblement malchanceux (signature : Donald Westlake), et Parker, un personnage beaucoup plus sombre, sans états d’âme, brutal et violent (signature : Richard Stark).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le démon dans ma peau - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/le-demon-dans-ma-peau-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Sun, 19 Nov 2023 17:51:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-demon-dans-ma-peau-jim-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;demon-peau.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme prévu, j&amp;rsquo;ai lu ce roman après que l&amp;rsquo;auteur ait expliqué l&amp;rsquo;origine de son inspiration dans l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20401&#34; &gt;Vaurien&lt;/a&gt; (voir article précédent).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je dois dire que c&amp;rsquo;est bien mené, avec Lou Ford, ce shérif adjoint qui nous raconte à la première personne son délire de meurtres, particulièrement de femmes, suite à un traumatisme qu&amp;rsquo;il a subi dans son enfance. Et il va aller loin avant d&amp;rsquo;être empêché de nuire, car même s&amp;rsquo;il est vite soupçonné, l&amp;rsquo;absence de preuves et sa flagornerie toute sudiste lui permettent de poursuivre son projet en toute impunité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est prenant, avec toutes ces proverbes à la noix que Lou balance sans arrêt à ses interlocuteurs, ce qui le fait passer pour un abruti bavard, et qui l&amp;rsquo;arrange pour mener à bien ses projets (un peu comme dans un autre des romans de Jim Thompson, 1275 âmes, dont s&amp;rsquo;est inspiré Bertrand Tavernier pour &amp;ldquo;Coup de torchon&amp;rdquo;). Il y a aussi toutes ces phrases non achevées (presque trop), avec des points de suspension, car dans le Sud, il y a des choses qui ne disent pas&amp;hellip; La société décrite est finalement assez inquiétante : on peut faire beaucoup de choses tant que les apparences sont sauves.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un grand roman noir, où Jim Thompson montre tout son talent, adapté à l&amp;rsquo;écran sous le titre éponyme du roman : &amp;ldquo;The killer inside me&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977), est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Il écrira au total vingt-neuf romans, en partie autobiographiques, dont la plupart servant avant tout à rembourser des dettes. Il meurt dévoré par l’alcool et la maladie, dans la misère et l’anonymat.&lt;br&gt;&#xA;Il a peu été reconnu de son vivant, ce n’est qu’après sa mort que sa réputation grandit. Côté cinéma français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a donc été adapté de « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vaurien - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/vaurien-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Tue, 14 Nov 2023 17:18:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vaurien-jim-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vaurien.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours Jim Thompson, avec cette fois une sorte d&amp;rsquo;autobiographie où l&amp;rsquo;auteur nous raconte sa jeunesse pour le moins cahotique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son père est disons un original, autodidacte, ayant horreur de l&amp;rsquo;ignorance et forçant son fils, dès huit ans, à lire des ouvrages entiers comme l&amp;rsquo;Histoire de l&amp;rsquo;Amérique en douze volumes ou l&amp;rsquo;intégrale de la Correspondance des Présidents. Mais comme Jim refuse d&amp;rsquo;apprendre à l&amp;rsquo;école, il devient une calamité pour ses professeurs, sachant des choses qu&amp;rsquo;eux ignoraient, mais ignorant ce qu&amp;rsquo;il aurait du savoir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes au début du XXème siècle, et la famille passe de la fortune à la pauvreté suite à un revers de fortune quand le père se lance dans plusieurs forages de pétrole infructueux. De plus, il ne voit jamais le mal chez les autres, et se fait facilement arnaquer. La crise de 1929 ne va rien arranger à la situation, et il ne retrouvera jamais la réussite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très vite, Jim va devoir travailler en plus de l&amp;rsquo;école pour aider la famille, puis partir sur la route chercher le moindre travail. Il va faire plein de petits boulots : chasseur d&amp;rsquo;hôtel, poseur de pipelines, journaliste, j&amp;rsquo;en passe et des meilleurs, tout en essayant d&amp;rsquo;écrire et de proposer ses textes à des éditeurs. Doté d&amp;rsquo;une constitution robuste, il en abuse pourtant, en particulier l&amp;rsquo;alcool qui l&amp;rsquo;accompagnera toute sa vie. Mais aussi le tabac, auquel on peut ajouter un état dépressif car il ne s&amp;rsquo;en sort pas&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sont ces anecdotes de sa jeunesse qu&amp;rsquo;il nous raconte en toute franchise, et on ne s&amp;rsquo;ennuie pas une seconde, c&amp;rsquo;est réellement passionnant. Par l&amp;rsquo;époque d&amp;rsquo;une part, et par le personnage d&amp;rsquo;autre part, qui a acquis une expérience de la vie incroyable. Un vrai plaisir de lecture. Il nous raconte une anecdote qui mérite d&amp;rsquo;être contée, et qui lui inspira un roman des années plus tard :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mêlé à une bagarre, il écope d&amp;rsquo;une amende dix-huit dollars à payer dans les trois jours. Travaillant sur un derrick perdu dans la campagne à quarante miles de la ville, il décide de pas payer, persuadé que personne ne viendra le chercher. Mais le shérif-adjoint se pointe le quatrième jour, et Jim essaie de la jouer au plus malin en restant en haut de son derrick. Le policier l&amp;rsquo;attend alors tranquillement en somnolant sur le plancher, et quand Jim descend finalement, pris par la faim et la soif, la situation change brutalement :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Tu sais, ce n&amp;rsquo;était pas très malin, dit-il, Et c&amp;rsquo;est&amp;hellip;&lt;br&gt;&#xA;- Et c&amp;rsquo;est comme ça, le coupais-je. D&amp;rsquo;accord, mettons-nous en route.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Son sourire se maintint et s&amp;rsquo;élargit même un peu. Mais c&amp;rsquo;était un sourire figé, sans humour, et un voile semblait être tombé sur ses yeux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Qu&amp;rsquo;est-ce qui te rend si sûr, dit-il doucement, que tu vas quelque part ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Eh bien, je&amp;hellip; — je déglutis — je-je&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Un endroit salement isolé, ici, pas vrai ? Pas âme qui vive des miles à la ronde à part toi et moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- A-attendez, je-je n&amp;rsquo;essayais pas de&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Ai toujours vécu ici, continua-t-il du même ton, tout le monde me connaît. Personne ne te connaît. Et nous sommes seuls. Que penses-tu d&amp;rsquo;ça, toi qui es si futé ? Tu te balades dans l&amp;rsquo;coin, tu pètes le feu et tu rates pas une connerie. Comment tu crois qu&amp;rsquo;un pauv&amp;rsquo; péquenot pas bien malin comme moi réagirait dans un cas pareil ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il me fixa longuement et son sourire lui découvrit toutes les dents. Je restais paralysé et muet, une grosse boule glacée se formant dans mon estomac. Le vent sifflait et gémissait à travers le derrick. Il reprit la parole, en réponse à une question que je n&amp;rsquo;avais pas posée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- J&amp;rsquo;en ai pas besoin, dit-il, Y&amp;rsquo;a rien de c&amp;rsquo;qu&amp;rsquo;on peut faire avec un revolver qu&amp;rsquo;on puisse pas bien mieux faire autrement. J&amp;rsquo;vois pas à quoi m&amp;rsquo;servirait un revolver ici.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il déplaça légèrement ses pieds. Les muscles de ses épaules se gonflèrent. Il prit dans sa poche une paire de gants noirs en chevreau et les enfila, lentement. Il se frappa du poing la paume de la main.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- J&amp;rsquo;vais te dire une chose ; te dire deux p&amp;rsquo;tites choses. Y&amp;rsquo;a pas moyen de savoir c&amp;rsquo;que vaut un type rien qu&amp;rsquo;en le regardant. Y&amp;rsquo;a pas moyen de d&amp;rsquo;viner ce qu&amp;rsquo;il risque de faire s&amp;rsquo;il en a l&amp;rsquo;occasion. Tu vas te souvenir de tout ça ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;étais incapable de parler, mais je réussis à hocher la tête. Son sourire et son regard reprirent leur expression naturelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Tu m&amp;rsquo;as l&amp;rsquo;air faiblard, dit-il, tu devrais p&amp;rsquo;t&amp;rsquo;être manger et boire avant qu&amp;rsquo;on parte ?.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Jim Thompson de conclure :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il était allé aussi loin dans l&amp;rsquo;amabilité que le lui permettait son éducation et son sens des bonnes manières. Cela n&amp;rsquo;avait rien donné avec moi, alors il avait changé de tactique. C&amp;rsquo;était clair, à partir du moment où j&amp;rsquo;essayais de voir les choses par ses yeux et non par les miens.&lt;br&gt;&#xA;Je ne savais pas s&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;aurait tué parce qu&amp;rsquo;il ne le savait pas lui-même.&lt;br&gt;&#xA;En fin de compte, l&amp;rsquo;âge venant, je suis parvenu à le faire revivre sur le papier — le meurtrier sardonique, sympathique de mon quatrième roman, Le Démon dans ma peau. Mais cela m&amp;rsquo;a pris du temps, près de trente ans.&lt;br&gt;&#xA;Et son souvenir ne m&amp;rsquo;a toujours pas quitté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sera donc ma prochaine lecture : &lt;em&gt;Le démon dans ma peau&lt;/em&gt; (The killer inside me)&amp;hellip; :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il mentionne aussi un autre roman, &lt;em&gt;Nuit de fureur&lt;/em&gt;, dont le cadre lui a été inspiré par un boulot dans une boulangerie industrielle, un travail dur et quasiment ininterrompu, 7 jours sur 7, pour 12 dollars la semaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je termine par une blague qui montre son humour :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;était une grosse femme, bouffie, plus tout à fait de première fraîcheur. Je ne me prononcerai pas sur les dates, mais je peux certifier sans guère de risque, quel que soit l&amp;rsquo;âge du plus vieux métier du monde, qu&amp;rsquo;elle avait dû faire partie des membres fondateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977), est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Il écrira au total vingt-neuf romans, en partie autobiographiques, dont la plupart servant avant tout à rembourser des dettes. Il meurt dévoré par l’alcool et la maladie, dans la misère et l’anonymat.&lt;br&gt;&#xA;Il a peu été reconnu de son vivant, ce n’est qu’après sa mort que sa réputation grandit. Côté cinéma français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a été adapté d’un de ses romans, « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » et « &lt;strong&gt;The killer inside me&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Le démon dans ma peau&lt;/strong&gt; » ) comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Écrits perdus 1968-1977 - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/ecrits-perdus-1968-1977-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Mon, 13 Nov 2023 14:16:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ecrits-perdus-1968-1977-jim-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ecritsperdus2.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième tome de ces écrits perdus de Jim Thompson, plus concis, et que j&amp;rsquo;ai moins apprécié que le premier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis pas un grand fan des nouvelles, c&amp;rsquo;est parfois difficile d&amp;rsquo;y accrocher de par leur brièveté et le manque d&amp;rsquo;approfondissement. Mais là, on commence par deux textes inachevés, dont le premier assez conséquent (90 pages) qui s&amp;rsquo;arrête brusquement sans que l&amp;rsquo;on ait le moindre dénouement, et vous laissant totalement sur votre faim !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis viennent deux petits textes de quelques pages, dont un synopsis sans grand intérêt. Et l&amp;rsquo;on termine par deux vraies nouvelles inédites, une première où le personnage masculin tient un rôle assez machiste à la limite du proxénète et la femme est hyper sexualisée&amp;hellip; Dans la seconde, c&amp;rsquo;est une histoire assez sombre entre un frère et une sœur aux relations ambigües&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, pas le meilleur de Jim Thompson à mon goût, et nettement moins intéressant que le premier tome de ces &amp;ldquo;écrits perdus&amp;rdquo;. Les textes de ce deuxième tome sont d&amp;rsquo;une époque où l&amp;rsquo;auteur était peu publié, après la disparition des &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pulp_%28magazine%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pulps&lt;/a&gt;&amp;rdquo; dont il était assez dépendant. Il commençait et abandonnait des romans après en avoir proposé un échantillon substantiel à ses agents&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977), est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Il écrira au total vingt-neuf romans, en partie autobiographiques, dont la plupart servant avant tout à rembourser des dettes. Il meurt dévoré par l&amp;rsquo;alcool et la maladie, dans la misère et l&amp;rsquo;anonymat.&lt;br&gt;&#xA;Il a peu été reconnu de son vivant, ce n’est qu’après sa mort que sa réputation grandit. Côté cinéma français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a été adapté d’un de ses romans, « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » et « &lt;strong&gt;The killer inside me&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Le démon dans ma peau&lt;/strong&gt; » ) comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Écrits perdus 1929-1967 - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/ecrits-perdus-1929-1967-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Nov 2023 15:20:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ecrits-perdus-1929-1967-jim-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ecritsperdus1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue de piocher dans ma bibliothèque, et me tourne vers Jim Thompson, une référence de la grande époque des polars américains &amp;ldquo;série noire&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première nouvelle est aussi brève que glaçante, on est dans la tête d&amp;rsquo;un fou&amp;hellip; Les suivantes, de la période 1929, sont révélatrices de la pauvreté ambiante et de conditions de vie de l&amp;rsquo;époque qui nous paraissent extrêmes aujourd&amp;rsquo;hui. La recherche quotidienne de quelques pièces pour survivre jusqu&amp;rsquo;au lendemain&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viennent ensuite quelques chroniques policières, des reportages sur des crimes réels, chose que Thompson appréciait particulièrement. Des histoires qui sont en fait des récits de faits d&amp;rsquo;hiver, des meurtres à élucider, racontés à la première personne par l&amp;rsquo;un des enquêteurs, pas toujours identifié d&amp;rsquo;ailleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis d&amp;rsquo;autres nouvelles racontant des arnaques à la petite semaine, des combines plus ou moins sophistiquées, qui réussissent ou échouent lamentablement. Les types sont parfois tout aussi minables que leurs combines, eux aussi vivent au jour le jour&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai bien aimé celle où l&amp;rsquo;arnaqueur ayant réussi son coup, s&amp;rsquo;apprête à prendre le train pour New-York, habillé comme un prince grâce à son butin, et qui repère sur le quai un couple de petits vieux qui lui semblent des proies parfaites même s&amp;rsquo;il a les poches pleines, &amp;ldquo;parce qu&amp;rsquo;il était un escroc de sa nature, et qu&amp;rsquo;un escroc doit toujours escroquer.&amp;rdquo;. Mais les petits vieux sont des escrocs de haut vol et le pigeon ne sera pas celui que l&amp;rsquo;on croit&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On termine avec des récits plus autobiographiques, avec un écrivain en galère, alcoolique, fauché&amp;hellip; Ils sont écrits de manière très factuelle, sans sentiment ni apitoiement. C&amp;rsquo;est pourtant de lui-même qu&amp;rsquo;il parle, et il dit tout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977), est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Il a peu été reconnu de son vivant, ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;après sa mort que sa réputation grandit. Côté cinéma français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a été adapté d’un de ses romans, « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » et « &lt;strong&gt;The killer inside me&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Le démon dans ma peau&lt;/strong&gt; » ) comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le cercle fermé - Wessel Ebersohn</title>
            <link>https://pled.fr/le-cercle-ferme-wessel-ebersohn/</link>
            <pubDate>Mon, 30 Oct 2023 17:14:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-cercle-ferme-wessel-ebersohn/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cercleferme.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20371&#34; &gt;La nuit divisée&lt;/a&gt;, je continue avec Wessel Ebersohn avec ce deuxième roman présent dans ma bibliothèque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois Yudel accepte d&amp;rsquo;enquêter moyennant finance (il est fonctionnaire) sur une série de meurtres ou d&amp;rsquo;intimations commis sur des leaders radicaux au cours des dernières années. Les mandants sont persuadés qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de la police de la sécurité, organe tout puissant en Afrique du Sud. Reste à le prouver !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Yudel va donc chercher à comprendre ce qui relie toutes ces affaires, ce qui est loin d&amp;rsquo;être évident : les cibles comme les méthodes employées sont assez diverses, le temps a passé, et faire parler les témoins s&amp;rsquo;avère compliqué sinon dangereux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Honnêtement, je m&amp;rsquo;y suis un peu perdu et autant ennuyé à essayer de suivre ses investigations, et l&amp;rsquo;intérêt de cette première partie (soit les 3/4 du roman) n&amp;rsquo;est pas passionnante. Toujours est-il qu&amp;rsquo;après avoir été averti une première fois, Yudel se retrouve à l&amp;rsquo;hôpital après avoir reçu une flèche d&amp;rsquo;arbalète dans la poitrine. Manifestement, son enquête commence à sérieusement déranger.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie raconte brièvement comment le pays commença alors à changer (fin 1986), comment les communautés noires se révoltèrent, refusant d&amp;rsquo;être traités de la sorte par les autorités, comment on frôla la révolution, et comment la communauté blanche (ou au moins une partie) comprit qu&amp;rsquo;il fallait changer les choses pour éviter le pire. Ces quelques pages valent à elles seules de lire le livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la troisième partie, Yudel traque et pousse à bout l&amp;rsquo;un des responsables qu&amp;rsquo;il a finalement pu identifier grâce à ses talents de psychologue, un officier de la police de sécurité. Mais le système étant ce qu&amp;rsquo;il est, il n&amp;rsquo;obtiendra pas mieux que sa démission. Le roman se termine par un épilogue où l&amp;rsquo;on voit qu&amp;rsquo;aucun coupable n&amp;rsquo;est finalement poursuivi, et que la plupart des victimes ont du quitter le pays. Bienvenue en Afrique du Sud des années 80.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wessel_Ebersohn&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wessel Ebersohn&lt;/a&gt;, né en 1940 au Cap, est un écrivain sud-africain. Ce roman est en fait le dernier volet d&amp;rsquo;une trilogie, commencée par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20371&#34; &gt;La nuit divisée&lt;/a&gt;. Il me manque le deuxième intitulé &lt;em&gt;Coin perdu pour mourir&lt;/em&gt;. Avec cette trilogie, l&amp;rsquo;auteur a eu de nombreuses &amp;ldquo;tracasseries policières&amp;rdquo; de la part de l&amp;rsquo;ex-gouvernement d&amp;rsquo;Afrique du Sud.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La nuit divisée - Wessel Ebersohn</title>
            <link>https://pled.fr/la-nuit-divisee-wessel-ebersohn/</link>
            <pubDate>Sat, 28 Oct 2023 16:49:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-nuit-divisee-wessel-ebersohn/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lanuitdivisee.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pris dans ma bibliothèque un peu au hasard, je me souvenais de cet auteur de polar sud-africain, et peu importe qu&amp;rsquo;ils aient brisé nos rêves de coupe du monde de rugby ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais pas si l&amp;rsquo;on peut vraiment parler de polar, car Yudel, le personnage principal n&amp;rsquo;est pas un policier, mais un psychiatre qui travaille pour l&amp;rsquo;administration pénitentiaire. C&amp;rsquo;est la police qui lui envoie Mr Weizmann, un commerçant de 60 ans, &amp;ldquo;un brave pépé qui tue des gens&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il semble bien que le dénommé Weizmann laisse volontairement la porte de son épicerie entrouverte la nuit pour attirer les voleurs, toujours de race noire, et les abattre. Prétextant la légitime défense, il est systématiquement relâché.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Yudel est un fin psychologue, qui pratique éventuellement l&amp;rsquo;hypnose. Il observe son interlocuteur à l&amp;rsquo;affut du moindre signe révélateur : un mot, un mouvement des yeux, une réaction, et il décode l&amp;rsquo;information. C&amp;rsquo;est sa façon d&amp;rsquo;enquêter, et c&amp;rsquo;est assez intéressant à suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En toile de fond, il y a bien sûr le racisme institutionnalisé des Afrikaners envers les noirs, mais c&amp;rsquo;est la société de l&amp;rsquo;Afrique du Sud qui est décrite, avec le fameux &amp;ldquo;apartheid&amp;rdquo; (aboli en 1991) qui ne laisse finalement aucun droit aux noirs. Et si le pépé Weizmann a eu une enfance traumatique, eh bien, on le laisse commettre ses meurtres déguisés&amp;hellip; Yudel va tenter d&amp;rsquo;enrayer le mécanisme mortel.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A Soweto, comme dans la petite boutique de la rue Mybourgh, la nuit était divisée. Ici aussi, l&amp;rsquo;amour et le groupe se battaient contre la douleur et l&amp;rsquo;aliénation pour le pouvoir. Et ici non plus Yudel ne voyait pas de solution.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wessel_Ebersohn&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wessel Ebersohn&lt;/a&gt;, né en 1940 au Cap, est un écrivain sud-africain. À l&amp;rsquo;époque de la rédaction de ce roman (1981), il a du se séparer de sa femme pour des raisons de sécurité. Menacé par le gouvernement sud-africain, il se retira dans un lieu secret au bord de la mer, mais ne put empêcher que sa femme soit l&amp;rsquo;objet de nombreuses tracasseries policières.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Pierre qui brûle - Donald E. Westlake</title>
            <link>https://pled.fr/pierre-qui-brule-donald-e-westlake/</link>
            <pubDate>Tue, 17 Oct 2023 08:11:54 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pierrequibrule.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20344&#34; &gt;Kahawa&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai enchaîné avec un autre roman de Westlake, en fait le premier de la série Dortmunder, également mentionné dans l&amp;rsquo;émission de France Culture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton est vite donné quand Kelp, l&amp;rsquo;ami de Dortmunder, vient attendre ce dernier à sa sortie de prison : Kelp vient de voler une belle Cadillac pour épater son ami, mais ne maîtrise pas l&amp;rsquo;utilisation des nombreux boutons du tableau de bord. S&amp;rsquo;en suit une méprise, Dortmunder pensant qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;attend pour l&amp;rsquo;exécuter&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais Kelp va proposer &amp;ldquo;un coup&amp;rdquo; à Dortmunder, le planificateur de génie, le roi du braquage : dérober une émeraude pour le compte d&amp;rsquo;un pays africain. Et le vol bien préparé sera exécuté sans coup férir&amp;hellip; à un petit détail près, qui nécessitera une seconde opération pour récupérer un complice arrêté et qui seul sait où se trouve l&amp;rsquo;émeraude.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ainsi de suite, il faudra pas moins de cinq opérations, parfaitement planifiées et exécutées, pour enfin parvenir à mettre la main sur cette fichue pierre. Malchance, trahison, il faudra tout le génie et l&amp;rsquo;obstination de Dortmunder pour parvenir à sortir la tête haute de cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vous l&amp;rsquo;aurez compris, un polar léger, et moi qui ne suis pas trop fan des mélanges de genres, je dois dire que c&amp;rsquo;est bien écrit et assez drôle, certains dialogues font mouche, et cette histoire se lit avec plaisir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Donald Westlake&lt;/a&gt; (1933-2008) est un écrivain et scénariste américain, également connu sous de nombreux pseudonymes (Richard Stark, Alan Marshall, Tucker Coe …). Ses personnages les plus connus sont John Dortmunder, voleur brillant mais terriblement malchanceux (signature : Donald Westlake), et Parker, un personnage beaucoup plus sombre, sans états d’âme, brutal et violent (signature : Richard Stark).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Kahawa - Donald Westlake</title>
            <link>https://pled.fr/kahawa-donald-westlake/</link>
            <pubDate>Mon, 16 Oct 2023 09:08:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/kahawa-donald-westlake/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;kahawa.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a eu récemment deux émissions radios sur FC (redifusions) sur cet auteur de polars américain qui fait partie des grands maîtres du genre. Il a la particularité d&amp;rsquo;avoir utilisé plusieurs pseudonymes pour ses romans, mettant en scène des personnages très différents, et pratiquant l&amp;rsquo;humour dans un genre plutôt noir à priori. Bref, un auteur qui brouille les pistes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en ressortait qu&amp;rsquo;un très bon roman mentionné dans l&amp;rsquo;émission était sur mon étagère, je me suis empressé de le relire, et ce fût un vrai plaisir, n&amp;rsquo;ayant gardé que peu de souvenirs de ma précédente lecture, il y a longtemps !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs un des bons côtés du temps qui passe, les bouquins accumulés sur les étagères, mis en cartons et transportés au cours des différents déménagements d&amp;rsquo;une vie en se demandant si ça vaut la peine, commencent enfin à porter leurs fruits : si on ne se souvient pas l&amp;rsquo;histoire en détail, on se souvient qu&amp;rsquo;un roman vous avait plu ou pas, et venir piocher dedans est très agréable (et économique) !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici ce n&amp;rsquo;est pas vraiment un polar, Westlake nous proposant cette fois un roman d&amp;rsquo;aventure : le casse du siècle dans l&amp;rsquo;Ouganda d&amp;rsquo;Idi Amin Dada ! Il s&amp;rsquo;agit tout simplement de faire disparaître un train transportant toute la récolte de café du terrible dictateur. Valeur : six millions de dollars. De quoi attirer des convoitises, mais aussi des coups tordus, sans parler du danger à opérer à portée de la police secrète d&amp;rsquo;Idi Amin et de son &amp;ldquo;State Research Bureau&amp;rdquo;, un endroit où il ne vaut mieux pas être emmené pour interrogatoire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman démarre au tout début de la préparation du projet, ce qui nous permet de découvrir les différents personnages impliqués, et nous laisse le temps de découvrir leurs personnalités, leurs motivations, de nous les faire aimer ou pas. Car on ne fait pas disparaître un train comme ça ! Mais quand l&amp;rsquo;opération proprement dite démarre, on reste scotché au bouquin jusqu&amp;rsquo;à la fin&amp;hellip; Suspense garanti !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cerise sur le gâteau, la traduction est de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt;, gage d&amp;rsquo;une bonne traduction ! Selon lui, Westlake fait d&amp;rsquo;ailleurs partie des grands auteurs de polars américains :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On vibre avec Stark, on rumine amèrement avec Tucker Coe, et on rigole le plus souvent avec Westlake, quoique cette dernière et première signature soit celle qui réserve, et se réserve, le plus de surprises.&lt;br&gt;&#xA;Ceux qui manquaient de hauteur ont voulu s’élever au-dessus de leur genre. La grandeur de Westlake est de travailler toujours contre sa propre élévation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Donald Westlake&lt;/a&gt; (1933-2008) est un écrivain et scénariste américain, également connu sous de nombreux pseudonymes (Richard Stark, Alan Marshall, Tucker Coe …). Ses personnages les plus connus sont John Dortmunder, voleur brillant mais terriblement malchanceux (signature : Donald Westlake), et Parker, un personnage beaucoup plus sombre, sans états d&amp;rsquo;âme, brutal et violent (signature : Richard Stark).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le romantique - William Boyd</title>
            <link>https://pled.fr/le-romantique-william-boyd/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Oct 2023 16:42:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-romantique-william-boyd/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;romantique-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cadeau d&amp;rsquo;amis venus passer le week-end dans le Finistère, j&amp;rsquo;ai eu plaisir à renouer avec cet auteur que j&amp;rsquo;avais découvert il y a longtemps avec son excellent premier roman &amp;ldquo;Un anglais sous les tropiques&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sous-titre du roman est : &amp;ldquo;Ou la vraie vie de Cashel Greville Ross&amp;rdquo;, et l&amp;rsquo;auteur dans un court prologue nous explique qu&amp;rsquo;il est tombé par hasard sur une autobiographie inachevée qu&amp;rsquo;il a tenté de reconstituer dans le mesure du possible, en ajoutant la maxime suivante : &amp;quot; &lt;em&gt;Toute biographie est une œuvre de fiction, mais une fiction qui doit coller aux faits documentés&lt;/em&gt;&amp;quot;. Alors fiction ou réalité ? disons plutôt un artifice de l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais dans ce prologue, William Boyd dit quelques chose d&amp;rsquo;intéressant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si fascinants soient-ils, ces écrits griffonnés et ces rares objets ne suffisent pas pour brosser le portrait d&amp;rsquo;un homme ayant vécu plus de quatre-vingts ans. Que laissons-nous derrière nous quand nous mourons ? Au départ, elle semble prodigieuse, cette montagne de &amp;ldquo;choses&amp;rdquo; que nous avons acquises, toutes nos possessions, le bric-à-brac et la paperasse accumulés au long d&amp;rsquo;une vie. Mais elle s&amp;rsquo;effrite inexorablement, à un rythme surprenant, et en quelques décennies, un demi-siècle, un siècle, elle se réduit à presque rien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pourtant la vie de Cashel sera loin d&amp;rsquo;être banale : fils non reconnu d&amp;rsquo;un noble, blessé à Waterloo à 15 ans, puis membre de l&amp;rsquo;armée des Indes, il voyage en Europe et s&amp;rsquo;installe en Italie où il rencontre l&amp;rsquo;amour de sa vie, la comtesse Rafaela, ainsi qu&amp;rsquo;accessoirement Lord Byron et le poète Shelley. Puis il part chercher fortune aux États-Unis, revient en Angleterre pour partir à la recherche des sources du Nil à cinquante-six ans où bien sûr il va croiser John Speke (le découvreur officiel) qui lui volera sa découverte&amp;hellip; Je m&amp;rsquo;arrête là, lui non, il lui reste encore un peu de temps pour les dernières aventures de sa vie !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et même un peu trop à mon goût, son départ en Afrique a été pour moi le voyage de trop, tellement peu crédible à son âge, comme si l&amp;rsquo;auteur voulait multiplier les aventures sans tenir compte de l&amp;rsquo;âge. J&amp;rsquo;aurais préféré un épisode aux États-Unis plus long et plus abouti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est un plaisir que de lire le récit de Boyd, qui nous emmène avec allégresse dans les aventures de Cashel, qui comme il le répète à loisir a toujours écouté son cœur, « &lt;em&gt;Est-ce une grande force ou une terrible faiblesse ?&lt;/em&gt; ». Personnellement, je trouve qu&amp;rsquo;il a surtout cherché à assouvir ses pulsions, rien de bien grandiose sur ce point, et le titre du roman me paraît du coup largement usurpé. Mais pour le reste, c&amp;rsquo;est du pur bonheur : du style, un super récit, des aventures&amp;hellip; Tout est là pour passer un bon moment, et s&amp;rsquo;y replonger avec délices.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Boyd_%28%C3%A9crivain%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Boyd&lt;/a&gt;, né en 1952 à Accra (Ghana), est un écrivain britannique. Il a écrit de nombreux romans dont plusieurs se passent en Afrique ( &lt;em&gt;Un anglais sous les tropiques&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Comme neige au soleil&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Brazzaville plage&lt;/em&gt;), et même un James Bond (Solo) à la demande de la famille de Ian Fleming. Il partage sa vie entre Londres et le Sud-Ouest de la France.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les frères de Soledad - George Jackson</title>
            <link>https://pled.fr/les-freres-de-soledad-george-jackson/</link>
            <pubDate>Sat, 23 Sep 2023 15:53:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-freres-de-soledad-george-jackson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;freressoledad.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Simone de Beauvoir qui parlait de George Jackson dans le dernier tome de ses mémoires. Elle expliquait qu&amp;rsquo;elle et Sartre comptaient se rendre à son procès, mais qu&amp;rsquo;il fût abattu avant que celui-ci n&amp;rsquo;eût lieu (par un gardien, dans la cour de la prison). J&amp;rsquo;ai eu envie d&amp;rsquo;en savoir plus sur cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beau bouquin avec trois préfaces avant de commencer : une première de Jean Genêt essentiellement sur les conditions carcérales et le racisme aux États-Unis, lui qui a fait de la prison et fréquenté les Black Panthers&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis une seconde par le collectif Angles Morts (qui milite sur la violence et les crimes policiers) qui retrace l&amp;rsquo;histoire du racisme quasi institutionnel aux États-Unis, et particulièrement en prison (dont parlait Edward Bunker dans &amp;ldquo;La bête contre les murs&amp;rdquo;, et que justement Jackson va dépasser pour rallier tous les détenus dans une lutte contre le système et les matons), tout en reprenant tout l&amp;rsquo;historique de ce qui est arrivé à George Jackson. Passionnant, sauf à la fin où ils font un parallèle avec la situation en France, avec un chapitre intitulé : &amp;ldquo;D &lt;em&gt;es frères de Soledad aux frères de Villiers-le-Bel&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Goerge Jackson est &amp;ldquo;présent&amp;rdquo; pour tous ceux qui sont tombés sous les coups de la police et pour ceux qu&amp;rsquo;on enferme et qui meurent derrière les murs des prisons françaises.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comparer la situation raciale et pénitentiaire entre les États-Unis et la France, c&amp;rsquo;est largement hors sujet, du fait même du côté institutionnel de l&amp;rsquo;autre côté de l&amp;rsquo;Atlantique développé au début de leur propre texte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La troisième préface est écrite par le neveu de George Jackson, le fils de son frère Jonathan. Ce dernier fut abattu par la police alors qu&amp;rsquo;il tentait une action armée pour libérer les frères de Soledad :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce jour-là, Jonathan Jackson fait irruption, fusil au poing, dans le tribunal du comité de Marin où est jugé James McClain, un prisonnier noir accusé d&amp;rsquo;avoir poignardé un maton à San Quentin. À l&amp;rsquo;aide de deux prisonniers présents pour témoigner en faveur de James McClain, William Christmas et Ruchell Magee, Jonathan Jackson prend cinq otages, dont le juge et le substitut du procureur. Il exige la libération des Frères de Soledad. Quelques minutes plus tard, une pluie de balles s&amp;rsquo;abat sur la fourgonnette où Jonathan Jackson avait amené les otages. Jonathan, dix-sept ans, William Christmas et James McClain sont abattus, ainsi que le juge.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite une première lettre, sorte d&amp;rsquo;autobiographie de Jonathan Jackson, qui éclaire un peu son personnage, sa construction. Comme il le dit lui-même, il a toujours été en opposition, que ce soit à la maison ou à l&amp;rsquo;école. Issu d&amp;rsquo;une famille très pauvre, il s&amp;rsquo;en suit une vie dans la rue à ne faire que ce qu&amp;rsquo;il veut, des petits vols, des bagarres, le racisme&amp;hellip; Le destin est tout tracé : maison de redressement, prison&amp;hellip; Accusé d&amp;rsquo;avoir volé 70$ dans une station-service, il accepte un marché : avouer et n&amp;rsquo;avoir en retour qu&amp;rsquo;une légère peine de prison à la prison du comté. Mais il écope d&amp;rsquo;une condamnation à vie au pénitencier. Il a dix-huit ans !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait il est condamné à une peine indéterminée (jolie invention américaine), et doit chaque année passer devant une commission qui décide ou non de lui accorder une liberté conditionnelle, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;obtiendra jamais, quelque soit sa conduite. La même peine donc que Ron dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20062&#34; &gt;La bête contre les murs&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;Edward Bunker. Au fil de ces années de prison, George Jackson s&amp;rsquo;y politisera, se formera aux théories révolutionnaires et adhérera au Black Panther Party, d&amp;rsquo;inspiration marxiste-léniniste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les circonstances de sa mort ne sont pas très claires : George Jackson est retrouvé mort dans la cour de promenade de la prison, abattu par les tirs d&amp;rsquo;un garde, au terme de ce qui sera présenté comme &amp;ldquo;une tentative d&amp;rsquo;évasion&amp;rdquo;. Les versions contradictoires et improbables présentées à la presse par l&amp;rsquo;administration pénitentiaire n&amp;rsquo;arrangeront rien, et James Baldwin dira: &amp;ldquo;Aucun Noir ne croira jamais que Jackson est mort de la façon dont ils nous ont dit qu&amp;rsquo;il était mort&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Venons-en maintenant aux lettres proprement dites.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les premières lettres sont destinées à son père et sa mère, puis quelques unes à Jonathan son neveu, ensuite à son avocate, et aussi à une amie et à Angela Davis. George Jackson y apparaît comme un révolté, prônant la révolution, prêchant les thèses marxistes de l&amp;rsquo;époque, ventant les mérites de Mao (on est en 1970), etc&amp;hellip; On le sent un peu imbu de la culture qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est forgé en prison, comme s&amp;rsquo;il avait tout compris et était le seul&amp;hellip; D&amp;rsquo;ailleurs, il a un plan à sa sortie pour changer tout ça quand il sortira, &amp;ldquo;l&amp;rsquo;homme nouveau&amp;rdquo;, tout ça&amp;hellip; Relire ça cinquante après, forcément, l&amp;rsquo;idéal communiste a plutôt mal vieilli.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il semble être très souvent placé en isolement, ce qui ne doit rien arranger à sa lucidité, et le rendre encore extrémiste si ce n&amp;rsquo;est parano (milieu oblige). Il se forge un mental d&amp;rsquo;acier, prétend contrôler son corps (1000 pompes par jour) et ses émotions par une discipline de fer&amp;hellip; Si cela semble être vrai pour son corps, ça l&amp;rsquo;est moins pour ses émotions, quoiqu&amp;rsquo;il en dise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en veut à ses parents pour l&amp;rsquo;éducation qu&amp;rsquo;il a eu, de ne pas lui avoir appris la discrimination que les noirs subissent, de lui avoir toujours proposé de suivre le droit chemin et d&amp;rsquo;essayer de s&amp;rsquo;intégrer à la société (un peu gonflé tout de même !). Mais pour lui, les noirs ne sont sortis de l&amp;rsquo;esclavage que pour entrer dans une autre forme de sous-prolétariat sans autre espoir que la survie. Quant à Martin Luther King, c&amp;rsquo;est un faible à prôner la non-violence, qui ne fonctionne que si l&amp;rsquo;ennemi peut faire preuve de pitié&amp;hellip; Or ce n&amp;rsquo;est pas le cas, et la seule solution est la lutte armée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa détention est systématiquement prolongée, à chaque passage devant un conseil, repoussant l&amp;rsquo;espoir d&amp;rsquo;une sortie à l&amp;rsquo;année suivante. Même s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a commis aucune faute pendant 18 mois, il est tout de même prolongé. Il sait pertinemment que ses lettres sont systématiquement lues par l&amp;rsquo;administration pénitentiaire, et on peut s&amp;rsquo;interroger sur la pertinence de ce qu&amp;rsquo;il écrit s&amp;rsquo;il espère une libération, car il ne fait aucun doute qu&amp;rsquo;une fois en liberté, il serait un danger pour la société&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final, l&amp;rsquo;individu paraît très extrémiste dans ses idées, on a presque de la peine pour ce qu&amp;rsquo;il subit, toujours à l&amp;rsquo;isolement, trente minutes de sortie de sa cellule par jour, sans parler du harcèlement des gardiens (les &amp;ldquo;porcs&amp;rdquo;), et du danger constant qui rode toujours en prison. Comment pourrait-il être lucide et avoir une vision positive ou au moins mesurée ? Par contre, la situation des Noirs à cette époque, tant dans la société et encore plus en prison, est décrite de manière assez terrible. Le démon de l&amp;rsquo;Amérique qui n&amp;rsquo;est toujours pas réglé de nos jours, même si la situation s&amp;rsquo;est tout de même beaucoup améliorée, et sans passer par la lutte armée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Jackson_%28Black_Panther%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Jackson&lt;/a&gt; (1941-1971), est un militant noir américain qui a passé les 12 dernières années de sa vie en prison. Il était l&amp;rsquo;un des Soledad Brothers. La publication de ses lettres a accru sa renommée. Sa mort fut un élément déclencheur de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mutinerie_de_la_prison_d%27Attica&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;mutinerie de la prison d&amp;rsquo;Attica&lt;/a&gt;, révélant le racisme du système pénitentiaire américain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La plaisanterie - Kundera</title>
            <link>https://pled.fr/la-plaisanterie-kundera/</link>
            <pubDate>Tue, 19 Sep 2023 16:32:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-plaisanterie-kundera/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laplaisanterie.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Kundera nous ayant quitté il n&amp;rsquo;y a pas longtemps, j&amp;rsquo;ai eu envie de le relire, et j&amp;rsquo;ai trouvé dans ma bibliothèque celui-ci, que j&amp;rsquo;ai donc lu il y a très longtemps. J&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir de cet auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La plaisanterie, c&amp;rsquo;est celle que Ludvik fait à une jeune fille pour faire son intéressant, en lui envoyant une carte postale (sans enveloppe) avec ce texte : &lt;em&gt;L&amp;rsquo;optimisme est l&amp;rsquo;opium du genre humain ! L&amp;rsquo;esprit sain pue la connerie. Vive Trotski ! Ludvik&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sauf que dans la Tchécoslovaquie de l&amp;rsquo;après-guerre, communiste jusqu&amp;rsquo;au bout des ongles, le texte ne passe pas du tout. Ludvik, jeune étudiant brillant et membre actif du Parti (bien qu&amp;rsquo;intérieurement, il n&amp;rsquo;est pas dupe de la propagande), va se faire exclure du Parti et de l&amp;rsquo;université, et enrôlé de force dans l&amp;rsquo;armée avec les &amp;ldquo;noirs&amp;rdquo; (les déviants politiques et autres ennemis de classe).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien des années plus tard, Ludvik revient dans sa ville natale, pour y retrouver Helena la femme de Pavel, celui qui l&amp;rsquo;a exclut du Parti : il l&amp;rsquo;a séduite et compte bien se venger ainsi. Mais tout ne se passera pas comme prévu, il va croiser de vieux amis : Jaroslav, un musicien attaché aux traditions populaires, et aussi Kotska, resté croyant malgré le communisme. Sans oublier la coiffeuse Lucie, qui va réveiller chez Ludvik un pan oublié de son passage à l&amp;rsquo;armée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est divisé en chapitres où le narrateur change, et le passé nous sera ainsi restitué par chacun d&amp;rsquo;eux. La version de Ludvik sera ainsi contrebalancée par le récit des autres personnages, montrant combien la même histoire peut être différente selon l&amp;rsquo;un ou l&amp;rsquo;autre, tout comme l&amp;rsquo;idée que l&amp;rsquo;on peut se faire de la personnalité des autres, fussent-ils nos amis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ludvik n&amp;rsquo;apparaît pas comme quelqu&amp;rsquo;un de très sympathique au final, et si le roman n&amp;rsquo;est pas noir, il est au moins gris ! Entre les relations des gens entre eux, et le monde sclérosé dans lequel ils vivent, on comprend qu&amp;rsquo;il était temps que le Printemps de Prague arrive dans ce pays.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Milan_Kundera&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Milan Kundera&lt;/a&gt; (1929-2023) est un écrivain et dramaturge tchécoslovaque naturalisé français. Il a reçu le prix Médicis étranger en 1973 pour &amp;ldquo;La vie est ailleurs&amp;rdquo;, et le grand prix de littérature de l&amp;rsquo;Académie française pour l&amp;rsquo;ensemble de son œuvre en 2001.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Une mort très douce - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/une-mort-si-douce-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Wed, 06 Sep 2023 14:56:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/une-mort-si-douce-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;unemortsidouce.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit roman d&amp;rsquo;un peu plus de cent pages raconte presque sous la forme d&amp;rsquo;un journal les derniers jours de la mère de Simone de Beauvoir. Il est souvent associé à ses mémoires, sans en faire vraiment partie pour autant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En octobre 1963, Simone de Beauvoir reçoit un coup de fil : sa mère va être hospitalisée suite à une chute dans son appartement ; on soupçonne une fracture du col du fémur. C&amp;rsquo;est ainsi que commence ce récit, la fracture n&amp;rsquo;en sera pas une, mais un cancer de l&amp;rsquo;intestin grêle sera détecté. Elle et sa sœur vont se relayer pendant trois mois à son chevet. Comme toujours , l&amp;rsquo;auteure est d&amp;rsquo;une grande franchise, et toutes les questions qui se posent dans une telle situation sont abordées sans fard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord le rapport avec les médecins et plus généralement la médecine. Sa mère est une femme de soixante-dix-sept ans, très usée. Quand le cancer est diagnostiqué, une infirmière laisse échapper &amp;ldquo;Ne la laissez pas opérer&amp;rdquo; puis elle met la main sur sa bouche &amp;ldquo;Si le docteur N. savait que je vous ai dit ça ! Je vous ai parlé comme s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de ma propre mère&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;infirmière s&amp;rsquo;en ira sans ne plus rien dire. Lorsque Simone de Beauvoir demandera au docteur N. pourquoi opérer s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a plus d&amp;rsquo;espoir, il lui répondra sèchement &amp;ldquo;Je fais ce que je dois faire&amp;rdquo;, puis après l&amp;rsquo;opération &amp;ldquo;À l&amp;rsquo;aube il lui restait à peine 4 heures de vie. Je l&amp;rsquo;ai ressuscitée&amp;rdquo;. Et cela continuera ainsi pendant les trois mois. Elle en tire la conclusion suivante :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On est pris dans un engrenage, impuissant devant le diagnostic des spécialistes, leurs prévisions, leurs décisions. Le malade est devenu leur propriété : allez donc le leur arracher ! Il n&amp;rsquo;y avait qu&amp;rsquo;une alternative, le mercredi : opération ou euthanasie. Le cœur solide, vigoureusement réanimée, maman aurait résisté longtemps à l&amp;rsquo;occlusion intestinale et vécu l&amp;rsquo;enfer, car les docteurs auraient refusé l&amp;rsquo;euthanasie. Il aurait fallu me trouver là à six heures du matin. Mais même alors, aurais-je osé dire à N. : &amp;ldquo;Laissez-la s&amp;rsquo;éteindre&amp;rdquo; ? C&amp;rsquo;est ce que je suggérais quand j&amp;rsquo;ai demandé &amp;ldquo;Ne la tourmentez pas&amp;rdquo; et il m&amp;rsquo;a rabrouée avec la morgue d&amp;rsquo;un homme sûr de ses devoirs. Ils m&amp;rsquo;auraient dit : &amp;ldquo;Vous la privez peut-être de plusieurs années de vie.&amp;rdquo; Et j&amp;rsquo;étais obligée de céder.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Soixante-dix ans plus tard, je ne suis pas sûr que la situation ait beaucoup changée&amp;hellip; On peut annoncer ce que l&amp;rsquo;on veut sur la façon dont on souhaite mourir quand la fin sera venue, pas sûr que ce moment nous appartienne vraiment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simone de Beauvoir va ensuite passer pratiquement tous les jours à l&amp;rsquo;hôpital, sa mère évoluant dans un mensonge permanent sur son état véritable, soutenue par les anti-douleurs, parfois un peu loin du réel, revenant d&amp;rsquo;autres fois sur le passé&amp;hellip; Des souvenirs vont remonter, et elle qui ne croyait pas pleurer finira par craquer un soir en rentrant chez elle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle termine par ces mots :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Il a bien l&amp;rsquo;âge de mourir.&amp;rdquo; Tristesse des vieillards, leur exil : la plupart ne pensent pas que pour eux cet âge ait sonné. Moi aussi, et même à propos de ma mère, j&amp;rsquo;ai utilisé ce cliché. Je ne comprenais pas qu&amp;rsquo;on pût pleurer avec sincérité un parent, un aïeul de plus de soixante-dix ans. Si je rencontrais une femme de cinquante ans accablée parce qu&amp;rsquo;elle venait de perdre sa mère, je la tenais pour une névrosée : nous sommes tous mortels ; à quatre-vingts ans on est bien assez vieux pour faire un mort&amp;hellip;&lt;br&gt;&#xA;Mais non. On ne meurt pas d&amp;rsquo;être né, ni d&amp;rsquo;avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose. Savoir ma mère vouée par son âge à une fin prochaine n&amp;rsquo;a pas atténué l&amp;rsquo;horrible surprise : elle avait un sarcome. Un cancer, une embolie, une congestion pulmonaire : c&amp;rsquo;est aussi brutal et imprévu que l&amp;rsquo;arrêt d&amp;rsquo;un moteur en plein ciel. Ma mère encourageait à l&amp;rsquo;optimisme lorsque, percluse, moribonde, elle affirmait le prix infini de chaque instant ; mais aussi son vain attachement déchirait le rideau rassurant de la banalité quotidienne. Il n&amp;rsquo;y a pas de mort naturelle : rien de ce qui arrive à l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;est jamais naturel puisque sa présence met le monde en question. Tous les hommes sont mortels : mais pour chaque homme sa mort est un accident et, même s&amp;rsquo;il la connaît et y consent, une violence indue.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne s&amp;rsquo;agit pas d&amp;rsquo;un sujet facile, vous l&amp;rsquo;aurez compris, mais comme toujours avec Simone de Beauvoir, c&amp;rsquo;est passionnant, d&amp;rsquo;une grande lucidité, et plein de sensibilité. D&amp;rsquo;après Sartre, ce livre est le meilleur qu&amp;rsquo;elle ait écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses T1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses T2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Une mort si douce&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Ce roman est&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tout compte fait - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/tout-compte-fait-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Tue, 05 Sep 2023 15:35:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tout-compte-fait-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;toutcomptefait.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Suite et fin des mémoires de Simone de Beauvoir avec ce 4ème opus. J&amp;rsquo;ai lu le premier tome (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d&amp;rsquo;une jeune fille rangée&lt;/a&gt;) en 2014, il était temps de conclure !! :oops:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simone de Beauvoir écrit ce livre alors qu&amp;rsquo;elle a 64 ans (soit mon âge actuel ou presque !), et revient sur ces 10 dernières années (tome précédent). La perte de la jeunesse qu&amp;rsquo;elle avait ressenti si fort dans le précédent ouvrage s&amp;rsquo;est éclipsée pour faire place à une vieillesse acceptée comme une nouvelle étape qui finalement a aussi son intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle commence donc par un rapide retour sur sa vie, pour voir si le hasard y a joué un grand rôle (la réponse est non, elle a principalement fait des choix). Puis nous parle de ses amis, ceux avec qui elle a gardé le contact (qui sont souvent ceux qu&amp;rsquo;elle connaît de près, leur enfance, etc&amp;hellip;) et les autres avec qui le contact s&amp;rsquo;est rompu pour diverses raisons.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle parle ensuite des livres qu&amp;rsquo;elle a écrit dans ces dernières années (romans, nouvelles, préfaces) et de leur réception par les lecteurs et les critiques, pas toujours bien d&amp;rsquo;ailleurs, l&amp;rsquo;incompréhension venant d&amp;rsquo;une identification supposée (et erronée) entre elle et le personnage ou les idées de ses romans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis elle va nous parler des livres (ce qu&amp;rsquo;elle préfère), des films (laissant moins de place à l&amp;rsquo;imagination), du théâtre (où elle a du mal à s&amp;rsquo;immerger, à ne pas voir les acteurs derrière les personnages), et de la musique (qu&amp;rsquo;elle préfère écouter sur disque plutôt que d&amp;rsquo;aller à l&amp;rsquo;opéra), et enfin des peintres&amp;hellip; En général, elle n&amp;rsquo;aime pas trop la foule semble-t-il.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle aborde plus en détail les romans qu&amp;rsquo;elle a apprécié, pour essayer de comprendre ce qu&amp;rsquo;elle recherche, ce qu&amp;rsquo;elle peut trouver dans un roman. En premier viennent &amp;ldquo;Les Mots&amp;rdquo; de Sartre et &amp;ldquo;La Bâtarde&amp;rdquo; de Violette Leduc, dont elle a déjà parlé, et avec qui elle entretient un rapport singulier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle mentionne aussi &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Jackson_%28Black_Panther%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Jackson&lt;/a&gt;, dont elle ignorait tout avant de lire ses lettres (&amp;ldquo;Les frères de Soledad&amp;rdquo;, que j&amp;rsquo;ai commandé) : arrêté à 18 ans pour délinquance et emprisonné, il découvre les problèmes raciaux puis les domine intellectuellement, fondant la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Guerrilla_Family&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Black Guerilla Family&lt;/a&gt;, se réclamant du marxisme. Il se solidarise avec la révolte de ses frères du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Panther_Party&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Black Panther Party&lt;/a&gt;. Sartre et elle devaient aller à son procès, mais il sera abattu avant. On peut aussi citer &amp;ldquo;Devant mes yeux la mort&amp;hellip;&amp;rdquo; du même auteur, hélas introuvable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons voir la suite, en commençant par deux petites listes de romans ou de films qu&amp;rsquo;elle a apprécié. Puis nous irons au Japon, en U.R.S.S. dans les années 60, grâce aux voyages qu&amp;rsquo;elle a fait, toujours avec Sartre, de façon plus ou moins officielle, le couple étant internationalement connu. C&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;époque de la guerre du Vietnam, de la guerre des Six Jours entre Israël et les pays arabes. Pour finir en France dans ces années elles aussi mouvementées&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir réglé de belle manière son compte à Malraux, elle développe certains romans comme :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Wolf Solent de Cowper Powys&lt;/strong&gt; : la peinture d&amp;rsquo;un monde et l&amp;rsquo;aventure d&amp;rsquo;un homme.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Belle du Seigneur d&amp;rsquo;Albert Cohen&lt;/strong&gt; : la société qui nous investit et le grand amour.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Le Temps des parents de Vitia Hessel&lt;/strong&gt; : des héros proches de son cœur, une famille, l&amp;rsquo;éducation des enfants, les désarrois de l&amp;rsquo;adolescence.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Le pavillon des cancéreux d&amp;rsquo;Alexandre Soljenitsyne&lt;/strong&gt; : un microcosme du stalinisme, toute la réalité sociale, économique, politique de l&amp;rsquo;U.R.S.S. résumée.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La leçon d&amp;rsquo;allemand de Siegfried Lenz&lt;/strong&gt; : le nazisme tel qu&amp;rsquo;il a été vécu par des millions d&amp;rsquo;allemand.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté cinéma, elle cite Buster Keaton et Charlot pour le divertissement, ou encore les westerns italiens. Elle apprécie les films de Bergman sauf son côté mystique. Idem pour Luis Buñuel sauf sa fascination pour les thèmes religieux. Sélection rapide :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Z de Costa Gavras&lt;/strong&gt; : une œuvre criante de vérité.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les cœurs verts de Luntz&lt;/strong&gt; :un gang de jeunes qui jouent leur propre rôle.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Adalen 31 de Bo Widerberg&lt;/strong&gt; : la lutte des classes en Suède.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Joe Hill de Bo Widerberg&lt;/strong&gt; : sur les révoltes ouvrières.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Easy Rider de Dennis Hopper&lt;/strong&gt; : des américains robotisés, aliénés, rongés de ressentiment et prêts à tuer tout ce qui ne leur ressemble pas.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Joe, c&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;Amérique de John Avildsen&lt;/strong&gt; : haine et violence et rapports de classe.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Taking Off de Milos Forman&lt;/strong&gt; : le fossé qui sépare les générations, traité légèrement mais cruel.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Five easy pieces de Bob Rafelson&lt;/strong&gt; : tableau de la vie américaine, le héros condamné à la solitude.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Les Abysses de Nicolas Papadakis&lt;/strong&gt; : violence au sein de la bourgeoisie, qu&amp;rsquo;elle tient pour un chef d&amp;rsquo;œuvre et compare à celle des colons en Algérie, persuadés d&amp;rsquo;être aimés par les Arabes.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viennent ensuite les peintres qu&amp;rsquo;elle apprécie : Nicolas de Staël, Dubuffet, Bissière, Bonnard, Picasso (entre 1930 et 1950), Chagal, Delvaux, Klee, Goya, Max Ernst, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle fait de tout ceci un petit résumé finalement assez positif :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ainsi je continue à me cultiver. Suis-je plus ou moins instruite qu&amp;rsquo;autrefois ? Je ne cesse d&amp;rsquo;apprendre, mais les connaissances se développent si vite qu&amp;rsquo;en même temps mon ignorance grandit. Et ma mémoire laisse échapper une grande partie du savoir que j&amp;rsquo;ai emmagasiné. C&amp;rsquo;est surtout entre vingt-cinq et cinquante ans que j&amp;rsquo;ai beaucoup perdu : à peu près tout ce que je savais en mathématiques, en latin, en grec. Les systèmes philosophiques que j&amp;rsquo;ai étudiés autrefois, je ne m&amp;rsquo;en rappelle que les grandes lignes et je n&amp;rsquo;ai pas lu les ouvrages qui leur ont été consacrés pendant ces vingt dernières années. En littérature, je me sens toujours très proche des auteurs que j&amp;rsquo;aime. Sur la peinture, sur la musique, je n&amp;rsquo;ai pas cessé d&amp;rsquo;enrichir ou de consolider mes connaissances : même pendant ces dix dernières années, j&amp;rsquo;ai beaucoup acquis. Dans l&amp;rsquo;ensemble je me situe dans le monde plus clairement que lorsque j&amp;rsquo;avais quarante ans. Je comprends mieux la structure de la société et le déroulement de l&amp;rsquo;Histoire ; je déchiffre mieux les intentions et les réactions des individus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ensuite au tour de ses vacances, à travers la France, en Europe&amp;hellip; L&amp;rsquo;énumération des lieux visités est un peu lassante, ce qu&amp;rsquo;elle aime, ce qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;aime pas, cela n&amp;rsquo;a finalement pas grand intérêt (à mes yeux).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais viennent d&amp;rsquo;autres voyages beaucoup plus intéressants (nous sommes dans les années 60), où elle va développer le contexte historique, et nous communiquer ce qu&amp;rsquo;elle observe. Il s&amp;rsquo;agit toujours de déplacements avec Sartre, où ils sont reçus par des intellectuels plus ou moins officiellement, où ils donnent éventuellement quelques conférences, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord le &lt;strong&gt;Japon&lt;/strong&gt; : &amp;ldquo;si le Japon est riche, les japonais sont pauvres&amp;rdquo; observe-t-elle, l&amp;rsquo;ancien régime féodal ayant inculqué aux travailleurs d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui leur morale d&amp;rsquo;abnégation : ils sont totalement dévoués à l&amp;rsquo;entreprise, travaillent pour une misère, sont mal logés, etc&amp;hellip; Idem pour les enseignants et les universitaires. Elle nous décrit en détail le &lt;em&gt;bunkaru&lt;/em&gt;, un spectacle de marionnettes qui l&amp;rsquo;a captivée. En arrivant à Hiroshima, elle remarque ces mots sur un dépliant touristique : &amp;ldquo;Hiroshima est surtout célèbre par les cinq rivières qui la traversent&amp;rdquo;, et où l&amp;rsquo;on mentionne accessoirement que la ville a été détruite !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite plusieurs voyages en &lt;strong&gt;U.R.S.S.&lt;/strong&gt; (entre 62 et 66). Un dégel semblait se produire, la culture se libérait, et Khrouchtchev souhaitait une coexistence basée sur la compétition pacifique avec l&amp;rsquo;occident. Ils sont invités par l&amp;rsquo;Union des écrivains, mais la situation se détériore vite : pour les Soviétiques, la littérature doit servir à &amp;ldquo;embellir la vie des hommes&amp;rdquo;, comparant le travail de l&amp;rsquo;écrivain à celui d&amp;rsquo;un pilote, et doit défendre le réalisme socialiste. Leur relations va ainsi osciller ainsi pendant ces années, entre dégel et durcissement au fil de l&amp;rsquo;évolution politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils visitent la Crimée et elle raconte : pour collaboration avec les Allemands, Staline avait fait déporter tous les Tatars (habitants historiques de la Crimée) en Asie centrale où une grande partie d&amp;rsquo;entre eux sont morts. Elle était désormais peuplée d&amp;rsquo;Ukrainiens&amp;hellip; Petit rappel historique intéressant de nos jours. À chaque voyage, ils visitent des pays du bloc de l&amp;rsquo;Est, comme des touristes un peu privilégiés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si Sartre et SdB sont à priori favorables au socialisme, ils ne peuvent qu&amp;rsquo;observer les dérives du système soviétique. Ils sont certes lucides, mais sont aussi prudents dans leurs déclarations, étant tout de même reçus officiellement&amp;hellip; Tout cela s&amp;rsquo;achèvera après un voyage en Tchécoslovaquie et la fin du printemps de Prague. C&amp;rsquo;est à ce moment qu&amp;rsquo;elle lit &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Aveu&amp;rdquo; d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Artur_London#Artur_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Artur London&lt;/a&gt;, qui démontre magnifiquement comment on peut amener un prisonnier à avouer ce que l&amp;rsquo;on souhaite, et dont Costa Gavras fera un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Aveu&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;film&lt;/a&gt;. C&amp;rsquo;est la fin de leurs espoirs, ruinés par les Soviétiques. Elle termine en disant que leurs amis écrivains se meurent en Sibérie et que le procès de Stalingrad a mis en lumière l&amp;rsquo;antisémitisme en U.R.S.S, au niveau gouvernemental, et qu&amp;rsquo;elle ne reverra jamais Moscou, non sans regret.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis vient la guerre du &lt;strong&gt;Vietnam&lt;/strong&gt;, où Sartre et elle participent au projet de Lord Russell connu sous le nom du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_Russell&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tribunal de Stockholm&lt;/a&gt; : organiser un procès, en s&amp;rsquo;inspirant du Tribunal de Nuremberg, pour juger de l&amp;rsquo;action des américains au Vietnam. Ce Tribunal se tiendra à Stockholm dans un premier temps, et est composé de personnalités internationales venant de tous les coins du monde (juges, avocats, poète, écrivains, etc&amp;hellip; (Gisèle Halimi en fait partie). Des preuves et témoignages sont accumulés, parfois difficiles à supporter. Tout cela va durer près d&amp;rsquo;un an. Mais ce sera passionnant, et les USA seront accusés d&amp;rsquo;agression et d&amp;rsquo;attaque contre les populations civiles, avec la complicité de l&amp;rsquo;Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud. Ainsi que des attaques contre le Cambodge. La deuxième session se déroula au , avec la question du génocide, qui s&amp;rsquo;est peu à peu imposée avec la guerre totale engagée par les USA de manière unilatérale contre tout un peuple (bombardements massifs, épandages toxiques, dislocation des familles dans les villages&amp;hellip;). Il sera déclaré que les américains utilisaient des armes interdites, qu&amp;rsquo;ils traitaient les prisonniers et les civils de manière inhumaine et contraire aux lois de la guerre, qu&amp;rsquo;ils commettaient le crime de génocide. L&amp;rsquo;agression contre le Laos fut aussi dénoncée, ainsi que la complicité de la Thaïlande et des Philippines. Trois jurés ont considéré que le Japon aidait les U.S.A. mais n&amp;rsquo;étaient pas leur complice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis vient le &lt;strong&gt;Vietnam&lt;/strong&gt;, où Sartre et elle participent au orjet de Lord Russell connu sous le nom du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tribunal_Russell&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tribunal de Stockholm&lt;/a&gt; : organiser un procès, en s&amp;rsquo;inspirant du Tribunal de Nuremberg, pour juger de l&amp;rsquo;action des américains au Vietnam. Ce Tribunal se tiendra à Stockholm dans un premier temps, et est composé de personnalités internationales venant de tous les coins du monde (juges, avocats, poète, écrivains, etc&amp;hellip; (Gisèle Halimi en fait partie). Des preuves et témoignages sont accumulés, parfois difficiles à supporter. Tout cela va durer près d&amp;rsquo;un an. Mais ce sera passionnant, et les USA seront accusés d&amp;rsquo;agression et d&amp;rsquo;attaque contre les populations civiles, avec la complicité de l&amp;rsquo;Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud. Ainsi que des attaques contre le Cambodge.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième session se déroulera au Danemark, avec la question du génocide, qui s&amp;rsquo;est peu à peu imposée avec la guerre totale engagée par les USA de manière unilatérale contre tout un peuple (bombardements massifs, épandages toxiques, dislocation des familles dans les villages&amp;hellip;). Il sera déclaré que les américains utilisaient des armes interdites, qu&amp;rsquo;ils traitaient les prisonniers et les civils de manière inhumaine et contraire aux lois de la guerre, et qu&amp;rsquo;ils commettaient le crime de génocide. L&amp;rsquo;agression contre le Laos fut aussi dénoncée, ainsi que la complicité de la Thaïlande et des Philippines. Trois jurés ont considéré que le Japon aidait les U.S.A. mais n&amp;rsquo;étaient pas leur complice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite vient la &lt;strong&gt;guerre des Six Jours&lt;/strong&gt;. Elle commence par raconter leurs voyages en Égypte puis en Israël juste avant cette guerre, car la revue &lt;em&gt;Les Temps modernes&lt;/em&gt; préparait un dossier sur le conflit israélo-arabe. p497. Ils reviennent, Sartre et elle, persuadés que ni Nasser ni les israéliens ne veulent la guerre. Mais Israël finira par la déclencher quand Nasser fermera le golfe d&amp;rsquo;Aqaba (le coup d&amp;rsquo;État en Grèce, fomenté par les américains, aurait amené Nasser à agir ainsi pour montrer sa force). Les réactions sont plutôt anti-israéliennes, et quel qu&amp;rsquo;il soit, le vainqueur aurait eu tort de toutes façons. La position de SdB est la suivante : l&amp;rsquo;objectif des nations arabes était de détruire Israël, de manière plus ou moins avouée. C&amp;rsquo;est inacceptable pour elle, mais cela ne signifie pas pour autant qu&amp;rsquo;elle soutienne la politique des territoires occupés d&amp;rsquo;Israël. Elle observe les réactions en France, et voit la gauche soutenir les palestiniens, et la droite ressortir les slogans racistes entendus pendant la guerre d&amp;rsquo;Algérie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour en &lt;strong&gt;France&lt;/strong&gt;, avec qui SdB entretient un rapport difficile. Elle renvoie dos à dos De Gaulle et Mitterrand : la droite n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;autre dessein que de conserver le pouvoir, et la gauche essaie en vain de se rassembler autour d&amp;rsquo;un programme cohérent. La France renoue avec l&amp;rsquo;Espagne de Franco, l&amp;rsquo;affaire Ben Barka la déshonore&amp;hellip; Elle ne se sent concernée par rien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mai 68 arrive, elle décrit comment elle a vécu cette période, et les relations qu&amp;rsquo;ils avaient avec les étudiants en tant qu&amp;rsquo;intellectuels. La révolution avorta, le pays avait pris peur, les élections fin juin furent un succès pour les gaullistes.Il s&amp;rsquo;agissait pourtant d&amp;rsquo;une crise de la société néo-capitaliste et non celle d&amp;rsquo;une génération. Pour la première fois depuis 35 ans avait été posée la question de la révolution et du passage au socialisme dans un pays capitaliste avancé. Un an plus tard, c&amp;rsquo;est bien ce mouvement qui entraînait la défaite de De Gaulle au référendum constitutionnel, l&amp;rsquo;entraînant à la démission. Elle et Sartre gardent contact avec les gauchistes et les aident à maintenir leur journaux (La Cause du Peuple, L&amp;rsquo;Idiot International) dont l&amp;rsquo;État cherche à empêcher la publication par tous les moyens : ils en prennent la direction, même s&amp;rsquo;ils ne partagent toutes leurs thèses. SdB revient alors sur la condition ouvrière de l&amp;rsquo;époque, les patrons tout puissants, et le besoin de changer profondément la société. Voilà par quoi elle conclut le sujet :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Malgré quelques réserves — en particulier je ne saurais avoir une foi aveugle dans la Chine de Mao — je sympathise avec les maoïstes. Ils se revendiquent comme socialistes-révolutionnaires, en s&amp;rsquo;opposant au révisionnisme de l&amp;rsquo;U.R.S.S. et à la nouvelle bureaucratie créée par les trotskistes : je partage leur refus. Je n&amp;rsquo;ai pas la naïveté de croire qu&amp;rsquo;ils vont faire demain la révolution, et le &amp;ldquo;triomphalisme&amp;rdquo; de certains d&amp;rsquo;entre eux me semble puéril. Mais alors que toute la gauche traditionnelle accepte le système — se définissant comme une équipe de rechange ou comme une opposition respectueuse — ils en représentent une radicale contestation. Dans un pays sclérosé, endormi, résigné, ils créent des foyers d&amp;rsquo;agitation, ils réveillent l&amp;rsquo;opinion. Ils essaient de rassembler dans le prolétariat de &amp;ldquo;nouvelles forces&amp;rdquo; : les jeunes, les femmes, les étrnagers, les travailleurs des petites entreprises provinciales, moins encadrés par les syndicats que ceux des grandes concentrations industrielles. Ils encouragent et parfois de l&amp;rsquo;intérieur suscitent des actions d&amp;rsquo;un type nouveau : grèves sauvages, séquestrations. Ils posent effectivement le problème de l&amp;rsquo;existence d&amp;rsquo;une avant-guarde révolutionnaire. Si lep ays continue à se détériorer, si les contradictions du système deviennent de plus en plus manifestes, cette avant-guarde aura un rôle à jouer. De toutes façons, quelque soit l&amp;rsquo;avenir, je ne regretterai pas les quelques services que j&amp;rsquo;aurai pu leur rendre. J&amp;rsquo;aime mieux essayer d&amp;rsquo;aider les jeunes dans leur lutte qu&amp;rsquo;être le témoin passif d&amp;rsquo;un désespoir qui a conduit certains aux plus affreux suicides.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est assez révolutionnaire pour une personne de 64 ans ! En même temps, pas loin de faire les mêmes erreurs avec les maoïstes qu&amp;rsquo;avec la révolution soviétique&amp;hellip; Si le projet a toujours l&amp;rsquo;air sympathique, sa mise en œuvre dérape très vite. Elle termine en parlant du mouvement M.L.F. et de son ouvrage &amp;ldquo;Le deuxième Sexe&amp;rdquo;, de la condition des femmes à cette époque, de leur place dans la société. De tout cela, il ressort qu&amp;rsquo;effectivement, la société construite après-guerre avait un grand besoin de renouvellement, totalement sclérosée par une droite traditionaliste, et où la jeunesse et les femmes n&amp;rsquo;avaient que peu d&amp;rsquo;espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est sans doute pas le meilleur des quatre tomes de ses mémoires. La première partie a quelques faiblesses (ses amis, ses vacances) même si j&amp;rsquo;ai aimé le recul sur sa vie qu&amp;rsquo;elle prend (ça me parle). La deuxième partie, sur les années 60 dans le monde et en France, est par contre passionnante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;enchaîne avec &lt;em&gt;Une mort très douce&lt;/em&gt;, petit récit souvent associé à ses mémoires, où elle raconte la mort de sa mère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses T1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses T2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Tout compte fait&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Ce roman est donc le troisième opus d’une série autobiographique après &lt;em&gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La force de l’âge&lt;/em&gt; : viennent ensuite &lt;em&gt;Tout compte fait&lt;/em&gt;, auxquels on peut rallier le récit &lt;em&gt;Une mort très douce (1964).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le prince des marées - Pat Conroy</title>
            <link>https://pled.fr/le-prince-des-marees-pat-conroy/</link>
            <pubDate>Sun, 20 Aug 2023 14:02:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-prince-des-marees-pat-conroy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;prince-marees.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre était en vitrine du libraire, et c&amp;rsquo;est la mention &amp;ldquo;Le chef d&amp;rsquo;œuvre de la littérature américaine&amp;rdquo; qui a attiré mon œil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, c&amp;rsquo;est un peu surévalué ! C&amp;rsquo;est un gros roman (+1000 pages), et l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une famille du Sud des États-Unis, les Wingo. Un père violent, une mère manipulatrice, et voilà trois enfants qui vont grandir dans cet environnement, Luke le frère aîné, puis les jumeaux Samantha et Tom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Tom le narrateur. Il n&amp;rsquo;a plus de travail, sa femme songe à le quitter, quand Samantha (qui a fui le Sud pour vivre à New-York) se retrouve dans une clinique après une tentative de suicide. Tom file à NY et rencontre la psychiatre qui s&amp;rsquo;occupe de Samantha. De fil en aiguille, Tom va devoir raconter leur enfance à la psy pour aider celle-ci à soigner Samantha. Et on ne sera pas déçu, côté traumatismes et séquelles psychologiques, les trois enfants ont eu largement leur compte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà pour l&amp;rsquo;histoire. C&amp;rsquo;est plutôt bien écrit, alors qu&amp;rsquo;est-ce qui n&amp;rsquo;a pas fonctionné pour moi avec ce roman ? La première chose, c&amp;rsquo;est que c&amp;rsquo;est verbeux, très verbeux : des choses sont racontées sans avoir vraiment d&amp;rsquo;intérêt à part de multiplier le nombre de pages. Ensuite c&amp;rsquo;est le personnage de Tom qui m&amp;rsquo;a vite lassé, perpétuellement en train de faire de l&amp;rsquo;esprit en se croyant très drôle dans ses répliques, comme ses joutes verbales avec la psy qui sont vraiment usants. Et il en va un peu de même avec d&amp;rsquo;autres personnages, comme celui du père présenté comme violent, et dont la violence est bizarrement quasiment absente de tout le récit. La relation entre Tom et sa mère est aussi problématique, on a du mal à croire à leur relation adulte après tout ce qui s&amp;rsquo;est passé, leurs dialogues sont improbables&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à la fin, avec Luke comme ancien du Vietnam (encore !) qui se lance dans une lutte sans espoir, et le sort de Samantha qui après avoir été central est à peine traité dans l&amp;rsquo;épilogue&amp;hellip; Bref, un long roman qui manque d&amp;rsquo;équilibre, comme les personnages, avec malgré tout une histoire de fond assez dure qui aurait mérité un meilleur traitement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pat_Conroy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pat Conroy&lt;/a&gt; (1945-2016) est un écrivain du sud des États-Unis. Ce roman est considéré comme son chef-d&amp;rsquo;œuvre. Le livre a été adapté à l&amp;rsquo;écran par Barbara Streisand, à la fois réalisatrice, productrice et actrice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le film est assez fidèle au roman, en plus court forcément, et il m&amp;rsquo;a permis de comprendre une chose : en fait, le personnage central de l&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est Tom, et non Samantha comme je le croyais. Et cela éclaire l&amp;rsquo;histoire sous un autre angle&amp;hellip; Par contre, c&amp;rsquo;est Nick Nolte qui joue le rôle de Tom (Barbara Streisand jouant le rôle de la psy), et il est tout aussi énervant que le personnage du roman, mais cette fois en poussant des coups de gueule intempestifs, une autre forme que celle de l&amp;rsquo;humour pour exprimer le même traumatisme. :wink:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le silence des repentis - Kimi Cunningham Grant</title>
            <link>https://pled.fr/le-silence-des-repentis-kimi-cunningham-grant/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Aug 2023 15:21:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-silence-des-repentis-kimi-cunningham-grant/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;silence-repentis.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un roman que l&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;a donné en me disant : &amp;ldquo;Super, je ne l&amp;rsquo;ai pas lâché !&amp;rdquo;. En fait, la personne l&amp;rsquo;avait lu au cours d&amp;rsquo;une longue journée de train, puis partait en randonnée le lendemain, alors autant alléger le sac à dos, fût-ce de 200 grammes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne partagerai pas son enthousiasme. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme, Cooper, et de Finch sa petite fille de 8 ans qui vivent retirés du monde dans un chalet en pleine nature. L&amp;rsquo;homme, ancien militaire, se cache et élève sa fille seul, loin du monde. Ils sont ravitaillés une fois par an en denrées de base par un ancien ami de Cooper.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le suspense est bien entretenu au début du roman (mais que peut bien fuir Cooper ?), on finit par connaître assez vite la raison de tout cela. Et à se rendre compte du peu de crédibilité d&amp;rsquo;une telle histoire, et il en sera de même pour les personnages de ce roman. Quant à la fin, en mode &amp;ldquo;happy end&amp;rdquo; comme il se doit, on atteint les sommets.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, un roman de gare, oui, parfait pour oublier un long trajet. Pour le reste, hélas, pas grand chose à signaler, et effectivement, beaucoup trop lourd pour le mettre dans le sac à dos. :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Kimi Cunningham Grant n&amp;rsquo;a pas encore de page Wikipedia. Il en faudra sans doute beaucoup plus que ce roman&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le cavalier de la nuit - Robert Penn Warren</title>
            <link>https://pled.fr/le-cavalier-de-la-nuit-robert-penn-warren/</link>
            <pubDate>Mon, 31 Jul 2023 14:51:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-cavalier-de-la-nuit-robert-penn-warren/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lecavalierdelanuit.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à La petite librairie que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre, et comme Robert Penn Warren est l&amp;rsquo;auteur de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11324&#34; &gt;Tous les Hommes du Roi&lt;/a&gt;, un excellent roman, je l&amp;rsquo;ai commandé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La très bonne préface décrit le contexte historique du roman : au début du XXe siècle, dans le Sud des États-Unis, les petits producteurs de tabac sont pris à la gorge par les grandes compagnies qui s&amp;rsquo;entendent pour leur payer le tabac un prix dérisoire. Le capitalisme et l&amp;rsquo;hypocrisie libérale de la loi de l&amp;rsquo;offre et de la demande sont déjà à l&amp;rsquo;œuvre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les petits producteurs vont tenter de s&amp;rsquo;unir pour lutter contre ce cartel, mais tous ne jouant pas le jeu, la violence va vite devenir légitime et la situation se dégrader irrémédiablement. À ce jeu, Percy Munn, un jeune avocat épris de justice va vite se perdre et voir sa vie totalement bouleversée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est assez sombre dans l&amp;rsquo;ensemble (et pas seulement parce que tout ou presque se passe la nuit). Percy Munn fait des choix qu&amp;rsquo;il a du mal à s&amp;rsquo;expliquer, donnant l&amp;rsquo;impression aux autres d&amp;rsquo;une grande force alors qu&amp;rsquo;au fond de lui-même le doute est omniprésent. Il se renferme alors peu à peu sur lui-même alors que le mouvement s&amp;rsquo;effondre, jusqu&amp;rsquo;à vouloir commettre l&amp;rsquo;irréparable. C&amp;rsquo;est le point central de ce roman, plus que la lutte des petits producteurs contre les grandes compagnies. Comme l&amp;rsquo;explique un personnage à Munn :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;une manière ou d&amp;rsquo;une autre, ce que l&amp;rsquo;on fait, c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;on a dans la tête. Un homme suit son chemin et, même s&amp;rsquo;il regarde ailleurs, quand le moment est venu, la chose qu&amp;rsquo;il porte en lui se manifeste sans qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;en aperçoive. Ce qui le fait agir, ce n&amp;rsquo;est pas un accident fortuit ; de tout temps, la chose était en lui. Seulement, il ne le savait pas. Tant que le moment n&amp;rsquo;était pas venu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Penn_Warren&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Penn Warren&lt;/a&gt; (1905-1989) est un écrivain américain. Il a reçu le Prix Pulitzer pour ce roman en 1947, puis le Prix Pulitzer de la poésie en 1957 et 1979 : il est ainsi le seul homme de lettres à avoir été récompensé dans ces deux catégories. Le Cavalier de la Nuit est son premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hacke-moi si tu peux - Florent Curtet</title>
            <link>https://pled.fr/hacke-moi-si-tu-peux-florent-curtet/</link>
            <pubDate>Sun, 23 Jul 2023 15:48:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/hacke-moi-si-tu-peux-florent-curtet/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hackemoi.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre (l&amp;rsquo;auteur a bénéficié de quelques promotions dans les mass media), j&amp;rsquo;ai eu envie de le lire : un &amp;ldquo;Black Hat&amp;rdquo; qui devient &amp;ldquo;White Hat&amp;rdquo;, ça doit faire une belle histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais je m&amp;rsquo;attendais à autre chose, et j&amp;rsquo;ai été globalement déçu, même si l&amp;rsquo;histoire mérite d&amp;rsquo;être contée. Côté littérature, c&amp;rsquo;est lisible mais on sent les retouches, comme certaines phrases en fin de paragraphe qui tentent de donner un pseudo style littéraire à ce qui n&amp;rsquo;en a pas vraiment besoin d&amp;rsquo;ailleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Non, la déception vient de ce que j&amp;rsquo;attendais : un vrai hacker qui nous parle de ses techniques de hacking, comment il pénètre certains réseau etc&amp;hellip; L&amp;rsquo;auteur a manifestement choisi d&amp;rsquo;être accessible au grand public, et on a le récit d&amp;rsquo;un surdoué de l&amp;rsquo;informatique certes (tombé dedans quand il était petit), et qui va très vite utiliser ses talents pour se faire de l&amp;rsquo;argent : trafic de cartes bleues, fausse monnaie&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;ailleurs le plus souvent d&amp;rsquo;aller sur le &amp;ldquo;darknet&amp;rdquo; acheter ou vendre des choses illégales, que d&amp;rsquo;autre chose. Le pire c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;auteur est très jeune et tout cet argent ne lui sert pas vraiment, à part s&amp;rsquo;acheter de belles fringues et faire le beau&amp;hellip; L&amp;rsquo;image que j&amp;rsquo;ai vite eu du personnage, c&amp;rsquo;est celle d&amp;rsquo;un escroc, tout simplement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand il se fait arrêter, il s&amp;rsquo;en sort avec une peine légère car il est encore mineur. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;aussi occasion pour lui de découvrir les gens qui travaillent contre la cybercriminalité, et d&amp;rsquo;y trouver sa vocation. Florent Curtet peut au passage remercier ses parents qui l&amp;rsquo;ont toujours soutenu, aidé et payé l&amp;rsquo;amende de sa condamnation. Le récit ne dit pas s&amp;rsquo;il a réussi à garder un magot quelque part, et a pu en faire profiter ses parents (je l&amp;rsquo;espère pour eux). :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie, disons &amp;ldquo;la rédemption&amp;rdquo; et le passage en White Hat, est finalement assez intéressante quand il explique ce qu&amp;rsquo;il fait et comment. Il a pourtant encore cette tendance à être &amp;ldquo;borderline&amp;rdquo;, à ne pas respecter les règles, et ses justifications ne sont pas toujours convaincantes. Il se fera arrêter une nouvelle fois : à force de naviguer en zone grise, il s&amp;rsquo;octroie quelques défraiements alors qu&amp;rsquo;il joue l&amp;rsquo;intermédiaire entre un cabinet d&amp;rsquo;avocats et un groupe de hacker. Là encore, ce sont les parents qui paient la caution. À ce jour, il serait en attente de jugement, interdit d&amp;rsquo;exercer ses activités de médiateur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre est bien sûr un clin d&amp;rsquo;œil au film &amp;ldquo;Arrête-moi si tu peux&amp;rdquo;, de Spielberg. Au final, pas inintéressant, mais globalement décevant, encore que cela dépend peut-être de moi. À noter la préface d&amp;rsquo;Éric Naulleau, particulièrement oiseuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Florent Curtet est un expert en cybersécurité qui a travaillé pour l&amp;rsquo;ONU, Interpol ou des sociétés du CAC40. Il a fondé l&amp;rsquo;ONG &amp;ldquo;Hackers sans frontières&amp;rdquo; destinée à aider les victimes de cyberattaques, et aussi fondé une société &amp;ldquo;NEO Cyber&amp;rdquo; qui assure une formation pour négocier avec des cyber-attaquants.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Aucune bête aussi féroce - Edward Bunker</title>
            <link>https://pled.fr/aucune-bete-aussi-feroce-edward-bunker/</link>
            <pubDate>Sat, 15 Jul 2023 08:04:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/aucune-bete-aussi-feroce-edward-bunker/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aucunebeteaussiferoce.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je termine ma série Edward Bunker par son premier roman, celui qui lui offrit la reconnaissance, et certainement le plus complet, le plus abouti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Max Dembo sort de San Quentin en liberté conditionnelle, et bien décidé à rester dans le droit chemin. Hélas, Rosenthal, son directeur de conditionnelle est du genre psycho-rigide et lui impose des contraintes que Max ne peut accepter. Alors entre ses anciens amis peu fréquentables, et la quasi impossibilité de trouver un emploi en devant déclarer &amp;ldquo;je sors de prison&amp;rdquo;, la partie n&amp;rsquo;est pas gagnée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand Rosenthal va le faire enfermer une semaine pour une simple suspicion (erronée) de consommation de drogue, Max va craquer et retourner du mauvais côté de la loi. Il va monter deux cambriolages avec un certain succès, et même rencontrer une femme avec qui il s&amp;rsquo;entend à merveille&amp;hellip; Malgré la tension permanente d&amp;rsquo;une vie de fugitif, il semble plutôt bien s&amp;rsquo;en sortir même s&amp;rsquo;il se sait en sursis. Puis viendra le gros coup, une bijouterie, qui permettrait d&amp;rsquo;être tranquille un bon bout de temps. Tout est préparé avec minutie et professionnalisme, à la minute près. Mais tout va basculer, et Max va se retrouver pourchassé par la police, l&amp;rsquo;instinct de survie à fleur de peau, avec la dose de paranoïa indispensable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un grand roman noir, Bunker y décrit très bien le cheminement qui ramène Max presque inexorablement vers le seul monde qu&amp;rsquo;il connaît. Ses pensées, ses raisonnements, ses réactions sont finement décrites, comme la description des changements qui se sont opérés dans Los Angeles pendant son long séjour en prison&amp;hellip; On est happé par le destin presque écrit par avance, encore que la fin réserve une surprise&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit extrait révélateur, lorsqu&amp;rsquo;un barman refuse de répondre aux questions de Max. Ce dernier l&amp;rsquo;insulte copieusement, prêt à lui sauter à la gorge :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ma salive gicla jusqu&amp;rsquo;à lui. Ses yeux s&amp;rsquo;écarquillèrent. Le mépris se trouva soudain remplacé par la peur. Il battit en retraite jusqu&amp;rsquo;à se cogner contre le comptoir derrière lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je tremblais — mais la vue de son visage dissipa mes furies. Seul le vague souvenir, surgi du fond de ma mémoire, qu&amp;rsquo;une bagarre verrait mon retour en prison, m&amp;rsquo;avait empêché de plonger au-dessus du bar et de le frapper jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;inconscience. Et si mes paroles de furies n&amp;rsquo;avaient pas déclenché la réaction voulue, j&amp;rsquo;aurais été prêt à aller jusqu&amp;rsquo;au bout malgré tout. J&amp;rsquo;avais l&amp;rsquo;habitude des hommes qui se respectaient les uns les autres — non par simple savoir-vivre, mais parce que chacun savait que l&amp;rsquo;autre était dangereux et que le moindre manquement pouvait dégénrer en violence, voire en meurtre, aussi brutalement qu&amp;rsquo;une éruption de volcan.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce roman, écrit en prison, qui va le faire découvrir comme écrivain, grâce à la protection de Louise Wallis, l&amp;rsquo;épouse d&amp;rsquo;un producteur d&amp;rsquo;Hollywood. Il lui aura fallu dix-sept années d&amp;rsquo;écriture, et six romans refusés, pour être enfin publié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bunker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward Bunker&lt;/a&gt; (1933-2005) est un écrivain américain auteur de romans policiers, et scénariste de cinéma. Il fut le plus jeune détenu (17 ans) à être incarcéré à San Quentin, l’un des pénitenciers les plus durs des États-Unis (deux évasions à son actif, dont une de deux ans). Il sort pour la dernière fois de prison en 1975, soit à 42 ans ! Il a notamment écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;No Beast so Fierce&lt;/em&gt; (1973, &lt;em&gt;Aucune bête aussi féroce&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre &lt;em&gt;Straight Man&lt;/em&gt; (1978), &lt;em&gt;Le Récidiviste&lt;/em&gt; avec Dustin Hoffman). Ce roman donc.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;The Animal Factory&lt;/em&gt; (1977, &lt;em&gt;La Bête contre les murs&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2000) avec Willem Defoe).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Little Boy Blue&lt;/em&gt; (1981, &lt;em&gt;La Bête au ventre&lt;/em&gt;).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Dog Eat Dog&lt;/em&gt; (1995, &lt;em&gt;Les Hommes de Proie&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2016) avec Nicolas Cage).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les hommes de proie - Edward Bunker</title>
            <link>https://pled.fr/les-hommes-de-proie-edward-bunker/</link>
            <pubDate>Fri, 14 Jul 2023 12:40:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-hommes-de-proie-edward-bunker/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leshommesdeproie.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue de relire E. Bunker, avec cette fois son quatrième roman, au titre original plus évocateur : &amp;ldquo;Dog Eat Dog&amp;rdquo;. Ça ne va pas rigoler&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils sont trois, anciens pensionnaires de San Quentin, la célèbre prison de Californie. Dès le premier chapitre, on découvre Mad Dog, accro à l&amp;rsquo;héroïne, tueur sans scrupule, paranoïaque, dangereux et instable. Diesel, lui s&amp;rsquo;en sort pas trop mal, avec une femme et un enfant, travaillant pour un syndicat comme exécuteur des basses œuvres comme quand un professionnel ne veut pas jouer le jeu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tous deux attendent la sortie de prison de Troy, qu&amp;rsquo;ils respectent et sont prêts à suivre quoiqu&amp;rsquo;il propose. Et Troy a bien réfléchi : il va s&amp;rsquo;attaquer aux gangsters et aux trafiquants de drogue, comme ça personne n&amp;rsquo;ira se plaindre à la police&amp;hellip; Si le premier coup se passe plutôt bien, les choses vont vite mal tourner, et la violence se déchaîner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toujours avec Bunker, l&amp;rsquo;histoire se place du côté des truands, vu de leur monde, et avec leurs règles. Ici, l&amp;rsquo;auteur insiste bien sur le fait que la prison rend les hommes pires à leur sortie que lorsqu&amp;rsquo;ils y sont entrés. Et on n&amp;rsquo;est pas déçu, le pire, on va y avoir droit, c&amp;rsquo;est du roman noir de chez noir ! Un grand polar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un film éponyme en a été tiré en 2017, réalisé par Paul Schrader, avec Nicolas Cage : aussi mauvais sur le bouquin est bon ! :sad: D&amp;rsquo;ailleurs, Nicolas Cage a tout de même participé à un sacré paquet de navets mine de rien, paraît-il pour assurer son train de vie dispendieux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bunker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward Bunker&lt;/a&gt; (1933-2005) est un écrivain américain auteur de romans policiers, et scénariste de cinéma. Il fut le plus jeune détenu (17 ans) à être incarcéré à San Quentin, l’un des pénitenciers les plus durs des États-Unis (deux évasions à son actif, dont une de deux ans). Il sort pour la dernière fois de prison en 1975, soit à 42 ans ! Il a notamment écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;No Beast so Fierce&lt;/em&gt; (1973, &lt;em&gt;Aucune bête aussi féroce&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre &lt;em&gt;Straight Man&lt;/em&gt; (1978), &lt;em&gt;Le Récidiviste&lt;/em&gt; avec Dustin Hoffman).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;The Animal Factory&lt;/em&gt; (1977, &lt;em&gt;La Bête contre les murs&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2000) avec Willem Defoe).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Little Boy Blue&lt;/em&gt; (1981, &lt;em&gt;La Bête au ventre&lt;/em&gt;).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Dog Eat Dog&lt;/em&gt; (1995, &lt;em&gt;Les Hommes de Proie&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2016) avec Nicolas Cage). Ce roman donc.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Bête contre les murs - Edward Bunker</title>
            <link>https://pled.fr/la-bete-contre-les-murs-edward-bunker/</link>
            <pubDate>Mon, 10 Jul 2023 14:33:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-bete-contre-les-murs-edward-bunker/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;labetecontrelesmurs.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième lecture d&amp;rsquo;Edward Bunker après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20003&#34; &gt;La Bête au ventre&lt;/a&gt; (je ne les lis pas dans l&amp;rsquo;ordre, mais peu importe), ce roman traite plus particulièrement de l&amp;rsquo;incarcération, de la vie en prison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ron, 25 ans, fils de bonne famille, mais trafiquant de drogue à la belle vie (argent facile), se retrouve emprisonné à San Quentin. Il se retrouve confronté au monde sans pitié de la prison, et se fait vite remarquer avec sa jeunesse et sa belle gueule&amp;hellip; Heureusement, il va trouver une protection en la personne de Earl, un vieux briscard membre de La Fraternité Aryenne, confrérie qui protège les prisonniers blancs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ron découvre un monde où le moindre signe de faiblesse est immédiatement exploité, et où la guerre raciale est omniprésente et peut se déclencher à tout moment&amp;hellip; Il a apprendre à survivre dans ce milieu, et va trouver en Earl une sorte de père et un ami avec qui échanger des idées ou partager des lectures. Ron attend la révision de son jugement et espère sortir assez rapidement pour bonne conduite. Mais dans cet univers qui change les hommes radicalement, tout ne va pas se passer comme prévu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La prison a deux codes de lois, apprit Ron, celui de l&amp;rsquo;administration et celui des prisonniers. Afin de pouvoir retrouver la liberté, le prisonnier ne doit pas être pris à enfreindre la loi de l&amp;rsquo;administration, qui ressemble très vaguement aux limites qu&amp;rsquo;impose la société. Mais pour survivre, il doit suivre les codes des bas-fonds.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman captivant, et assez terrible sur les conditions de vie dans une telle prison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bunker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward Bunker&lt;/a&gt; (1933-2005) est un écrivain américain auteur de romans policiers, et scénariste de cinéma. Il fut le plus jeune détenu (17 ans) à être incarcéré à San Quentin, l’un des pénitenciers les plus durs des États-Unis (deux évasions à son actif, dont une de deux ans). Il sort pour la dernière fois de prison en 1975, soit à 42 ans ! Il a notamment écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;No Beast so Fierce&lt;/em&gt; (1973, &lt;em&gt;Aucune bête aussi féroce&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre &lt;em&gt;Straight Man&lt;/em&gt; (1978), &lt;em&gt;Le Récidiviste&lt;/em&gt; avec Dustin Hoffman).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;The Animal Factory&lt;/em&gt; (1977, &lt;em&gt;La Bête contre les murs&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2000) avec Willem Defoe), ce roman donc.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Little Boy Blue&lt;/em&gt; (1981, &lt;em&gt;La Bête au ventre&lt;/em&gt;).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Dog Eat Dog&lt;/em&gt; (1995, &lt;em&gt;Les Hommes de Proie&lt;/em&gt;, adapté à l’écran sous le titre éponyme (2016) avec Nicolas Cage).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Bête au ventre - Edward Bunker</title>
            <link>https://pled.fr/la-bete-au-ventre-edward-bunker/</link>
            <pubDate>Thu, 29 Jun 2023 16:11:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-bete-au-ventre-edward-bunker/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;labeteauventre.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;été, la saison pour aller à la plage, et donc de choisir quelques vieux polars en format poche sur mon étagère&amp;hellip; Cette année, j&amp;rsquo;ai jeté mon dévolu Edward Bunker, qui m&amp;rsquo;avait laissé de bons souvenirs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus qu&amp;rsquo;un polar, celui-ci est le récit de l&amp;rsquo;enchaînement des faits qui vont conduire un gamin de 11 ans vers la case prison, et ce de manière pratiquement inexorable. L&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à expliquer ce qui pousse Alex à agir (ou plutôt à réagir) de la sorte, et c&amp;rsquo;est passionnant. En plus, c&amp;rsquo;est certainement en partie autobiographique, puisque c&amp;rsquo;est un peu le chemin qu&amp;rsquo;a suivi l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Abandonné par sa mère, et le père n&amp;rsquo;étant pas en situation de l&amp;rsquo;élever seul, Alex est ballotté de foyers d&amp;rsquo;adoption en écoles militaires dès l&amp;rsquo;âge de quatre ans, et va très vite se rebeller. Dès les premières pages du roman, l&amp;rsquo;auteur nous explique très bien tout ça :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au départ, ses rébellions avaient été aveugles, moins actes délibérés que réactions réflexes à la douleur — douleur de la solitude et de l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;amour, bien qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;eût pas de nom à l&amp;rsquo;époque pour ces choses, pas même aujourd&amp;rsquo;hui encore. Une part de lui échappait à tout contrôle lorsqu&amp;rsquo;il se retrouvait confronté à l&amp;rsquo;autorité, et il était enclin à de violentes explosions spontanées devant la plus petite provocation.Les garçons privilégiés, en particulier dans les écoles militaires, le regardaient de haut et déclenchaient ses furies, et leur suite inéluctable de punitions en représailles qui expliquaient les raisons de ses fugues. L&amp;rsquo;un après l&amp;rsquo;autre, foyers et institutions militaires annonçaient à son père que le gamin devait partir. D&amp;rsquo;aucuns le considéraient épileptique ou psychotique, mais son électro-encéphalogramme négatif les avait réfutés, et un psychiatre qui travaillait comme bénévole au Community Chest le trouva normal. À chaque fois qu&amp;rsquo;il se faisait renvoyer, il gagnait de pouvoir rester auprès de son père, dans le meublé que ce dernier occupait, quelques jours durant, voire une semaine, et il dormait sur un petit lit pliant. Il était heureux pendant ces interludes. Rébellion et chaos avaient leur finalité — il échappait ainsi aux tourments. Le temps qui s&amp;rsquo;écoulait entre son arrivée et l&amp;rsquo;explosion commença à se faire de plus en plus court.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le tableau est dressé, et Alex va se diriger vers son destin, incapable de se maîtriser face à l&amp;rsquo;injustice, à l&amp;rsquo;abus d&amp;rsquo;autorité&amp;hellip; À cela vont vite s&amp;rsquo;ajouter les règles entre jeunes délinquants : ne jamais montrer aucun signe de faiblesse sinon on devient une victime ou une cible, n&amp;rsquo;accepter ou ne proférer aucune insulte ou remarque désobligeante (le code sur ce que l&amp;rsquo;on peut dire ou non est déjà très strict&amp;hellip;). La seule réponse possible est toujours la même : la violence quelqu&amp;rsquo;en soit les conséquences. L&amp;rsquo;auteur décrit bien d&amp;rsquo;où viennent tous ces jeunes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils étaient nombreux, les ignares et les coléreux, les jeunes noirs illettrés du Sud rural, qui s&amp;rsquo;étaient retrouvés à Watts au fur et à mesure que le métayage disparaissait au profit d&amp;rsquo;une mécanisation de l&amp;rsquo;agriculture ; leurs parents cherchaient un emploi d&amp;rsquo;ouvrier d&amp;rsquo;usine et eux se retrouvaient livrés à eux-mêmes dans les rues de la cité. Les Chicanos, et ils étaient nombreux dans ce cas, racontaient des histoires similaires, sauf que leurs parents étaient venus de l&amp;rsquo;autre côté de la frontière. Et les accents d&amp;rsquo;Oklahoma étaient fréquents chez les Blancs : c&amp;rsquo;était les enfants du Dust Bowl, ou alors, ils étaient nés de foyers brisés ou de parents alcooliques. Des jeunes de toutes races, incapables de traiter le moindre problème autrement que par des explosions de furie,des enfants dérangés, victimes ultimes de maladies de famille et de société, pareilles à une litanie sans fin.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une chose tout de même différencie Alex des autres : il est loin d&amp;rsquo;être stupide et s&amp;rsquo;exprime bien (il doit même faire attention à adapter son langage en fonction de son interlocuteur s&amp;rsquo;il veut éviter des ennuis). Son seul refuge est la lecture et il n&amp;rsquo;est jamais aussi calme et serein que lorsqu&amp;rsquo;il est au trou avec quelques livres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il profitera de quelques moments de liberté entre deux établissements, à la faveur d&amp;rsquo;une évasion ou d&amp;rsquo;une conditionnelle, sans vraiment savoir quoi en faire finalement, sans autre rêve que d&amp;rsquo;avoir de belles fringues et de voler une voiture, trop jeune qu&amp;rsquo;il est pour imaginer autre chose que de profiter du moment présent. Il se persuade petit à petit qu&amp;rsquo;il est destiné à vivre de l&amp;rsquo;autre côté de la loi, et son audace grandit avec le temps. On le quittera à 16 ans, lors d&amp;rsquo;un braquage qui tourne mal et qui l&amp;rsquo;enverra sans doute en prison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Bunker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward Bunker&lt;/a&gt; (1933-2005) est un écrivain américain auteur de romans policiers, et scénariste de cinéma. Il fut le plus jeune détenu (17 ans) à être incarcéré à San Quentin, l&amp;rsquo;un des pénitenciers les plus durs des États-Unis (deux évasions à son actif, dont une de deux ans). Il sort pour la dernière fois de prison en 1975, soit à 42 ans ! Il conteste plus ou moins son passé de criminel, en déclarant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si je devais mettre sur une balance tout ce que j&amp;rsquo;ai fait à la société et tout ce que celle-ci m&amp;rsquo;a fait, je ne sais de quel côté elle pencherait.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut sans doute comprendre cette phrase dans le sens où les prisons américaines sont extrêmement dures, et l&amp;rsquo;on en ressort souvent pire que lorsqu&amp;rsquo;on y est entré, inadapté à la société qui de toutes façons vous rejette. C&amp;rsquo;est le sens de plusieurs de ses romans d&amp;rsquo;ailleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a notamment écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;No Beast so Fierce&lt;/em&gt; (1973, &lt;em&gt;Aucune bête aussi féroce&lt;/em&gt;, adapté à l&amp;rsquo;écran sous le titre &lt;em&gt;Straight Man&lt;/em&gt; (1978), &lt;em&gt;Le Récidiviste&lt;/em&gt; avec Dustin Hoffman).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;The Animal Factory&lt;/em&gt; (1977, &lt;em&gt;La Bête contre les murs&lt;/em&gt;, adapté à l&amp;rsquo;écran sous le titre éponyme (2000) avec Willem Defoe).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Little Boy Blue&lt;/em&gt; (1981, &lt;em&gt;La Bête au ventre&lt;/em&gt;), ce roman donc.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;em&gt;Dog Eat Dog&lt;/em&gt; (1995, &lt;em&gt;Les Hommes de Proie&lt;/em&gt;, adapté à l&amp;rsquo;écran sous le titre éponyme (2016) avec Nicolas Cage).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a également joué comme acteur, toujours pour de brèves apparitions, notamment dans &lt;em&gt;Le Récidiviste&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Animal Factory&lt;/em&gt;, mais aussi dans &lt;em&gt;Reservoir Dogs&lt;/em&gt; de Quentin Tarantino (M. Blue), ou encore &lt;em&gt;Running Man&lt;/em&gt; de Paul Michael Glaser (Lenny).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;320px&#34; data-flex-grow=&#34;133&#34; height=&#34;427&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/la-bete-au-ventre-edward-bunker/edwardbunkerreservoirdogs.jpg&#34; width=&#34;570&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, le personnage de Nate, un criminel de carrière qui s&amp;rsquo;occupe de recel dans le film Heat (1995), joué par Jon Voight, aurait été inspiré par Bunker, qui était consultant pour le réalisateur Michael Mann.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les frères K - David James Duncan</title>
            <link>https://pled.fr/les-freres-k-david-james-duncan/</link>
            <pubDate>Mon, 26 Jun 2023 16:13:09 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesfreresK.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours dans cette belle collection &amp;ldquo;Les grands animaux&amp;rdquo; de Monsieur Toussaint Louverture (c&amp;rsquo;est mon septième, et ils s&amp;rsquo;alignent très joliment dans la bibliothèque&amp;hellip;), j&amp;rsquo;ai choisi ce roman sur la table du libraire sans trop savoir de quoi il retournait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit ici d&amp;rsquo;un roman assez verbeux (800 pages), bien écrit certes, mais empreint de culture américaine à tel point que l&amp;rsquo;intérêt en est tout de même diminué : notamment pour ce qui concerne le baseball qui occupe toute la première partie du récit, ainsi que l&amp;rsquo;aspect religieux de la société, avec un point de vue assez critique certes, mais qui est omniprésent tout au long de l&amp;rsquo;histoire. Hormis ces deux écueils, le récit est plaisant et nous emmène là où on ne l&amp;rsquo;attend pas, et c&amp;rsquo;est là son plus grand atout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de la famille Chance, composée de 6 enfants : le père est un ancien espoir du base-ball, qui a malencontreusement perdu son pouce dans une machine outil, mais qui va tout faire pour réapprendre à lancer la balle après une longue période d&amp;rsquo;abattement&amp;hellip; La mère quant à elle est une adepte acharnée de la religion protestante adventiste, qui va s&amp;rsquo;enfoncer dans ses croyances jusqu&amp;rsquo;à rompre avec ses devoirs de mère. Dans ce foyer, les enfants vont grandir de façon un peu atypique, chacun développant ses propres spécificités&amp;hellip; Entre humour et tendresse, on se laisse emporter par le récit, raconté de belle manière par l&amp;rsquo;un des enfants, Kincaid, peut-être le plus équilibré de tous, et dont on saura peu de choses finalement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis, sur fond de guerre du Vietnam, l&amp;rsquo;histoire va basculer vers quelque chose de plus dramatique, et la famille à moitié dispersée va redevenir le point d&amp;rsquo;ancrage primordial pour surmonter les épreuves. Ce virage dans le récit est raconté sur le même ton, de manière progressive, et donne une profondeur et un intérêt inattendu à cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final, un grand roman de la littérature américaine qui vaut certainement le détour. Si vous êtes fan de baseball, c&amp;rsquo;est un plus ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/David_James_Duncan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;David James Duncan&lt;/a&gt;, né en 1952, est un romancier américain, connu pour connu pour ses deux romans à succès &lt;em&gt;The River Why&lt;/em&gt; (1983) (paru dans la même collection &amp;ldquo;Les grands animaux&amp;quot;sous le titre &lt;em&gt;La rivière pourquoi&lt;/em&gt;) et ce roman (1992).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>De beaux lendemains - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/de-beaux-lendemains-russel-banks/</link>
            <pubDate>Sun, 04 Jun 2023 15:09:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/de-beaux-lendemains-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;debeauxlendemains.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Russel Banks, et relecture de ce roman, dont je gardais le souvenir suivant : dénonciation du système judiciaire américain, où il y a toujours un responsable dont on va pouvoir soutirer de l&amp;rsquo;argent, et où les avocats se font une joie d&amp;rsquo;intervenir gratuitement, demandant simplement un pourcentage sur les indemnités éventuelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais en fait, le récit est plus complexe que ce souvenir, et carrément passionnant. L&amp;rsquo;histoire est celle d&amp;rsquo;un bus scolaire sortant de la route et s&amp;rsquo;écrasant au fond d&amp;rsquo;un ravin, provoquant un drame dans une petite communauté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman est composé de cinq chapitres, donnant chacun la parole à l&amp;rsquo;un des acteurs de ce drame. D&amp;rsquo;abord la conductrice du bus, Dolorès Driscoll, qui nous raconte comment l&amp;rsquo;accident est arrivé. Puis c&amp;rsquo;est au tour de Billy Ansel, père de deux enfants disparus dans l&amp;rsquo;accident, dont on va suivre le comportement et ce qu&amp;rsquo;il pense de l&amp;rsquo;arrivée des avocats dans la petite vile. Vient ensuite le tour de Mitchell Stephens, l&amp;rsquo;avocat de new-York, venu pour rendre justice et empêcher qu&amp;rsquo;un tel drame se reproduise si on l&amp;rsquo;écoute, intelligent et fin psychologue, mais qui a aussi ses propres problèmes avec sa fille. Enfin, c&amp;rsquo;est au tour de Nicole Burnell de prendre la parole, jeune fille rescapée de l&amp;rsquo;accident, sur un fauteuil roulant, intelligente et aussi très perspicace, ayant des comptes à régler avec son père. Pour le dernier chapitre, c&amp;rsquo;est Dolorès qui reprend la parole, pour une ultime scène lors de la foire du Comté, quand tous les habitants de Sam Dent se retrouvent pour la course de stock-car&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toujours, le récit est très prenant et Russel Banks décidément un grand conteur autant qu&amp;rsquo;un grand écrivain. La narration est parfaitement maîtrisée, certaines scènes se recoupent entre les différents récits de chacun, mais avec un point de vue différent&amp;hellip; C&amp;rsquo;est très bien fait !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vais continuer à lire ou relire cet auteur, il vaut vraiment le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; (1940-2023) est un écrivain « progressiste » américain (dixit wikipedia). Il a été actif politiquement, prenant par exemple position contre l’intervention en Irak, ou le Patriot Act. Il a été le troisième président du Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie, et le président fondateur de &lt;em&gt;Cities of Refuge North America&lt;/em&gt;, qui s’est donné pour mission d’établir aux États-Unis des lieux d’asile pour des écrivains menacés ou en exil.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Silence dans les champs - Nicolas Legendre</title>
            <link>https://pled.fr/silence-dans-les-champs-nicolas-legendre/</link>
            <pubDate>Sun, 04 Jun 2023 14:27:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/silence-dans-les-champs-nicolas-legendre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;silencedansleschamps.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre offert par ma frangine, dont on avait déjà discuté et partagé des articles du Monde. Je connaissais donc déjà le sujet, mais ce livre (cette enquête) a le mérite de tout présenter de manière très claire et de façon complète.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le système est assez simple finalement : dans les années 60, la Bretagne s&amp;rsquo;est lancée dans l&amp;rsquo;agro-industrie : produire du volume à bas coût, en circuit long. Les paysans n&amp;rsquo;ont pas d&amp;rsquo;autre choix que de grossir, ou de sortir du jeu (en 50 ans, on est passé de 370 000 paysans à 55 200). C&amp;rsquo;est la course à la productivité, on ne garde que les meilleurs, et les restants se tuent au travail pour un salaire de misère (car ils sont devenus la variable d&amp;rsquo;ajustement de cette industrie)&amp;hellip; pour finir par craquer à leur tour (suicide), et leurs terres seront alors rachetées, etc. D&amp;rsquo;autres se retrouvent ouvriers dans les usines de l&amp;rsquo;agro-alimentaire, corvéables à merci pour un autre salaire de misère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le pire est sans doute la loi d&amp;rsquo;omerta, à la limite d&amp;rsquo;un système mafieux, que subit un agriculteur quand il veut sortir du système ou en révéler les abus : en plus des acteurs de ce modèle, les banques (prêts refusés) mais aussi l&amp;rsquo;État (contrôles incessants) sont carrément complices pour lui mettre une pression terrible et lui rendre la vie impossible. Idem pour les journalistes et toute personne se mettant en travers de la route.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il existe pourtant d&amp;rsquo;autres systèmes (prairies et trèfle blanc), plus vertueux, en circuit court, permettant de développer une agriculture durable, offrant une meilleure rémunération au paysan, lui rendant sa fierté par la même occasion. On éviterait ainsi la culture du maïs gourmande en eau, les importations de soja (destiné à combler la manque en protéine du maïs), l&amp;rsquo;usage excessif des intrants chimique, etc&amp;hellip; Voir extrait plus bas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La démonstration du bouquin est imparable, très bien documentée, et agrémentée de témoignages directs sur chacun des aspects abordés. La lecture en est donc agréable, et l&amp;rsquo;on en ressort avec un sentiment mitigé, tellement le tableau décrit est sombre et semble sans issue. C&amp;rsquo;est comme pour le changement climatique, on sait qu&amp;rsquo;il faut changer de modèle, mais les intérêts économiques et/ou les profits de quelques uns sont autant de freins extrêmement puissants au changement, avec l&amp;rsquo;aide ou le laisser-faire des autorités politiques et judiciaires prêtes à toutes les faiblesses pour éviter un conflit direct et violent avec des agriculteurs manipulés. Il semble pourtant bien qu&amp;rsquo;à force de tirer sur la corde (la nature, les hommes), le système arrive à son terme. Espérons que ce soit le cas, et qu&amp;rsquo;une transition en douceur soit possible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Témoignage d&amp;rsquo;un éleveur de porcs sur le fonctionnement de cette &amp;ldquo;agriculture&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ma formation BTS technicien agricole, on nous emmenait, au début, dans une ferme qui &amp;ldquo;tournait pas rond&amp;rdquo;. Fallait penser un plan pour la redresser. On avait six heures. Tout le monde a eu une note entre 2 et 3 sur 20, la première fois. On s&amp;rsquo;est fait engueuler par le professeur de gestion : vous n&amp;rsquo;avez rien compris, on vous forme pour pousser les paysans à produire ! Après on a compris. On avait 18 sur 20. Première chose : appeler l&amp;rsquo;abattoir. Toutes les vaches de races rustiques locales, dehors, remplacées par des Holstein. Deuxième coup de téléphone : bulldozer. On rase toutes les haies. Troisième coup de téléphone : pelleteuse-draineuse. On assèche les zones humides. Quatrième coup de téléphone : on commande 25 tonnes d&amp;rsquo;ammonitrate (engrais de synthèse). Cinquième : 25 tonnes de soja. C&amp;rsquo;était en 1975-1976. Voilà. Je vous passe les doses d&amp;rsquo;herbicide.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et les gagnants du système (les banques en premières) ne sont pas disposés à céder leur place, comme le rappelle JC Larsonneur, député macroniste du Finistère :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les solutions aux problèmes structurels des filières bretonnes sont connues: moins de cheptels, moins de dépendances aux intrants et à l&amp;rsquo;alimentation animale importée, plus d&amp;rsquo;autonomie des paysans, des animaux élevés sur litières ou à l&amp;rsquo;extérieur et plus de valeur ajoutée. C&amp;rsquo;est techniquement faisable pour les producteurs, s&amp;rsquo;ils sont accompagnés. La vraie question concerne l&amp;rsquo;écosystème qui vit grâce au modèle actuel : les dizaines de milliers d&amp;rsquo;emplois dans le machinisme, le marketing, les chaînes de distribution en circuit long, les start-up qui travaillent sur l&amp;rsquo;agriculture de précision, et tout le système bancaire breton&amp;hellip; Comment on passe de ça à autres chose sans tout péter ? [] Mais la question n&amp;rsquo;est même pas officiellement posée ! [] Parce que poser une telle question, c&amp;rsquo;est déjà explosif !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le système (la FNSEA typiquement) sait utiliser les paysans pour mettre la pression côté gouvernement, utilisant la violence comme moyen de pression :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On garde les paysans attachés. On les affame. Et puis, quand il faut, quand on a besoin d&amp;rsquo;obtenir des subventions ou une évolution réglementaire, on les lâche. On leur donne l&amp;rsquo;ordre d&amp;rsquo;aller casser des trucs. Quand c&amp;rsquo;est fini, hop, à la niche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final, le tableau est le suivant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ces éléments disparates dessinent le portrait d&amp;rsquo;une région à deux vitesses. D&amp;rsquo;un côté, ceux, agriculteurs, patrons ou cadres d&amp;rsquo;entreprises agro-industrielles, qui bénéficient à fond du modèle productiviste - au prix, parfois, du franchissement de &amp;ldquo;lignes jaunes&amp;rdquo;. De l&amp;rsquo;autre, des paysans anonymes qui s&amp;rsquo;épuisent à la tâche et gagnent peu, ainsi que des salariés du secteur agro-alimentaire travaillant dans des conditions difficiles pour des salaires faibles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourtant, &amp;ldquo;beaucoup de gens savent&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Beaucoup de gens savent que des paysans élus pour représenter leurs pairs ont promu et mis en œuvre le démantèlement de leur propre corporation. En 1968, le président de la FNSEA, Michel Debatisse, nommé secrétaire d&amp;rsquo;État aux Industries agricoles et alimentaires sous Giscard, déclarait : Les deux tiers des entreprises agricoles n&amp;rsquo;ont pas, en termes économiques, de raison d&amp;rsquo;être. Nous sommes d&amp;rsquo;accord pour réduire le nombre d&amp;rsquo;agriculteurs.&lt;br&gt;&#xA;- Beaucoup de gens savent que l&amp;rsquo;approche technoscientifique et pétrochimique de l&amp;rsquo;agriculture a entraîné l&amp;rsquo;empoisonnement des sols, de l&amp;rsquo;air et de l&amp;rsquo;eau, mais aussi, dans certains cas, des paysans eux-mêmes.&lt;br&gt;&#xA;- Beaucoup de gens savent que ce système a considérablement enrichi une &amp;ldquo;élite&amp;rdquo; dont divers représentants ont fait d&amp;rsquo;un proverbe de Basse Bretagne leur devise : &amp;ldquo;À la santé de chacun, et le profit pour moi seul !&amp;rdquo;.&lt;br&gt;&#xA;- Beaucoup de gens savent que des institutions impuissantes ou conciliantes ont injecté des milliards d&amp;rsquo;euros d&amp;rsquo;argent public pour perfuser ce système et réparer ses conséquences néfastes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y avait pourtant d&amp;rsquo;autres solutions, mais la Pac européenne a tout bouleversé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le productivisme a démarré juste après guerre pour &amp;ldquo;nourrir la France&amp;rdquo; ? c&amp;rsquo;est faux, archi faux ! On invente à cette époque un modèle basé sur la prairie, mais une prairie économe, sans besoin d&amp;rsquo;azote de synthèse. Avant le productivisme, l&amp;rsquo;Inra préconisait la polyculture-élevage, le système herbager et le porc sur paille. Le lait écrémé produit par les vaches de la ferme servait à nourrir les porcs de la ferme. C&amp;rsquo;était un fonctionnement circulaire et ça nous a sortis de la misère. Dès la fin des années 1950, on avait d&amp;rsquo;excellents résultats et on gagnait de l&amp;rsquo;argent. Quand la Pac arrive, elle instaure des prix garantis. À partir de là, on peut produire n&amp;rsquo;importe quoi, n&amp;rsquo;importe où, n&amp;rsquo;importe comment, on est sûrs d&amp;rsquo;être payés. Ça a tout bousculé. Jusque là, on faisait à la fois des vaches laitières et des porcs. Et là, on s&amp;rsquo;est dit : pourquoi s&amp;rsquo;emmerder à faire trente-six productions, on en fait une seule, ce sera beaucoup plus simple puisque les prix sont garantis. Sur dix-sept agriculteurs dans mon Ceta, neuf ont choisi la production porcine, huit la production laitière. Ceux qui se sont lancés dans l&amp;rsquo;élevage de porcs hors-sol n&amp;rsquo;avaient plus la contrainte de la gestion des prairies, mais ils n&amp;rsquo;avient plus, non plus, le lait des vaches pour nourrir les porcs&amp;hellip; puisqu&amp;rsquo;ils avaient abandonné les vaches laitières. Il leur fallait donc acheter le complément pour nourrir le cochon : ça tombait bien, le soja arrivait d&amp;rsquo;Amérique ! Or, en Bretagne, on a des ports pour accueillir les bateaux de soja&amp;hellip; Les comptables, les techniciens et le Crédit Agricole passaient dans les fermes, ils disaient : &amp;ldquo;Vous gagnez beaucoup d&amp;rsquo;argent avec vos cinquante truies, vous gagnerez encore plus avec cent truies&amp;hellip;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour finir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On continue pourtant à se raconter des histoires. On agite au besoin le spectre de la famine et l&amp;rsquo;épouvantail du &amp;ldquo;retour à la charrette à bœufs&amp;rdquo; pour discréditer les systèmes alternatifs.&lt;br&gt;&#xA;La course au profit, le productivisme, l&amp;rsquo;extractivisme et le consumérisme ont poussé les écosystèmes et les sociétés humaines à bout, partout où ils se sont imposés, sous les cieux de la démocratie comme ceux du communisme autoritaire. Malgré cela, divers blocages, à commencer par le refus d&amp;rsquo;un certaine nombre d&amp;rsquo;acteurs dominants de remettre en cause leurs acquis et leur vision du monde, empêchent tout changement structurel.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;entendais l&amp;rsquo;autre jour sur FC que les bénéficiaires de l&amp;rsquo;inflation (ceux qui en ont profité pour accroître leurs profits) sont au nombre de trois : l&amp;rsquo;énergie, les transports maritimes et &amp;hellip; l&amp;rsquo;industrie agro-alimentaire ! Tiens donc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.nicolas-legendre.com&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Nicolas Legendre&lt;/a&gt;, né en 1985, est un journaliste, écrivain et photographe breton. Il a travaillé pour Le Monde, ou encore Géo. Il a aussi écrit &amp;ldquo;Les Routes de la vodka&amp;rdquo; (Arthaud, 2019) et &amp;ldquo;L’Himalaya breton&amp;rdquo; (Editions du Coin de la Rue, 2020).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Anne de Green Gables - Lucy Maud Montgomery</title>
            <link>https://pled.fr/anne-de-green-gables-lucy-maud-montgomery/</link>
            <pubDate>Mon, 22 May 2023 16:26:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/anne-de-green-gables-lucy-maud-montgomery/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;annedegreengables.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un livre que je n&amp;rsquo;aurais sans doute jamais acheté par moi-même. J&amp;rsquo;étais dans la librairie quand j&amp;rsquo;ai entendu une cliente demander à la libraire &amp;ldquo;un roman positif&amp;rdquo;&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai alors pensé à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19575&#34; &gt;Âme brisée&lt;/a&gt;, et me suis dit que c&amp;rsquo;était un bon critère. Du coup, je suis reparti avec ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une petite fille orpheline de 11 ans douée d&amp;rsquo;un pouvoir d&amp;rsquo;imagination insatiable, vivant autant dans ses rêves que dans la réalité, qui est adoptée par un frère et une sœur déjà âgés, tous deux célibataires, vivant dans une ferme au milieu d&amp;rsquo;une nature idyllique, proche d&amp;rsquo;un village hors du temps situé sur une île canadienne. L&amp;rsquo;atmosphère y est champêtre, et les années vont passer, au gré des rêves et de l&amp;rsquo;enthousiasme apporté par Anne, tempérés par ses deux tuteurs d&amp;rsquo;une autre génération.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même s&amp;rsquo;il y a une certaine répétition aux aventures d&amp;rsquo;Anne (c&amp;rsquo;est un peu &amp;ldquo;les malheurs de Sophie&amp;rdquo;), on ne peut nier la fraîcheur du récit, et l&amp;rsquo;ensemble est bien écrit (particulièrement la description de la nature) ; on se laisse finalement facilement emporter par les anecdotes qui se succèdent, celles d&amp;rsquo;une enfant qui grandit et apprend à tempérer son enthousiasme, ainsi qu&amp;rsquo;à appréhender la réalité et ses contraintes d&amp;rsquo;une société encore religieuse et très moralisatrice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un livre que vous pouvez offrir sans hésitation à votre mère ou votre grand-mère, ou les deux, selon votre âge&amp;hellip; :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucy_Maud_Montgomery&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lucy Maud Montgomery&lt;/a&gt; (1874-1942), est une romancière et poète canadienne. Ce premier roman a connu le succès et n&amp;rsquo;est que le premier tome de la &amp;ldquo;saga d&amp;rsquo;Anne&amp;rdquo; (dix tomes). Pour ma part, je m&amp;rsquo;en tiendrai à celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Quatre heures vingt-deux minutes et 18 secondes - Lionel Shriver</title>
            <link>https://pled.fr/quatre-heures-vingt-deux-minutes-et-18-secondes-lionel-shriver/</link>
            <pubDate>Thu, 18 May 2023 15:04:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/quatre-heures-vingt-deux-minutes-et-18-secondes-lionel-shriver/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;4heures22minutes.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman à la petite librairie. L&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;une critique de la bien-pensance autour du sport et de la performance n&amp;rsquo;étant pas pour me déplaire, et connaissant l&amp;rsquo;auteur par un film choc (voir plus bas), je n&amp;rsquo;ai pas hésité longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un couple de soixantenaires dont la femme a toujours fait du sport, mais de manière individuelle et à l&amp;rsquo;encontre des modes ; hélas, les genoux de Serenata l&amp;rsquo;empêchent désormais toute pratique suivie. C&amp;rsquo;est le moment que choisit Remington, qui vient de se faire licencier, pour lui annoncer qu&amp;rsquo;il va faire un marathon, lui qui n&amp;rsquo;a jamais pratiqué le moindre sport.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va s&amp;rsquo;en suivre une lente dérive du couple à l&amp;rsquo;entrée du troisième âge : eux si complices habituellement ne vont plus pouvoir communiquer, d&amp;rsquo;autant que Remington va aller plus loin avec l&amp;rsquo;assistance d&amp;rsquo;un coach en visant un triathlon, jusqu&amp;rsquo;à mettre sa santé en danger.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ensemble est assez drôle, et la critique de tout ce qui circule autour du sport assez bien vue. Entre les messages du type &amp;ldquo;n&amp;rsquo;écoute pas ton corps, seule ta volonté compte&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;effet de groupe d&amp;rsquo;où les autres sont forcément exclus, le business généré et l&amp;rsquo;argent dépensé, le portrait global est assez acerbe et sans pitié. D&amp;rsquo;autant que d&amp;rsquo;autres sujets de société sont abordés dans l&amp;rsquo;histoire, comme le wokisme ou la religion, avec le même regard critique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton est assez inégal toutefois, on oscille parfois entre la caricature et de petites phrases bien senties, ce qui fait que l&amp;rsquo;on décroche parfois, mais l&amp;rsquo;ensemble vaut largement le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lionel_Shriver&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lionel Shriver&lt;/a&gt;, née Margaret Ann Shriver en 1957, est une femme de lettres et journaliste américaine. Elle change son prénom à 15 ans car elle se sent un garçon manqué. Elle est l&amp;rsquo;auteur de &amp;ldquo;We need to talk about Kevin&amp;rdquo;, dont j&amp;rsquo;ai vu l&amp;rsquo;adaptation au cinéma : un récit très dur sur la relation d&amp;rsquo;une mère avec son fils qui va commettre l&amp;rsquo;irréparable dans un lycée. Film choc, comme doit l&amp;rsquo;être le roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sur les chemins noirs - Sylvain Tesson</title>
            <link>https://pled.fr/sur-les-chemins-noirs-sylvain-tesson/</link>
            <pubDate>Sun, 16 Apr 2023 16:01:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sur-les-chemins-noirs-sylvain-tesson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chemins-noirs.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est du film dont j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord entendu parlé, et ensuite du livre dont il est adapté, qui raconte cette traversée de la France, du Mercantour à la pointe du Cotentin, en suivant le plus possible de vieux chemins, évitant bien sûr le goudron, mais aussi les sentiers de randonnée (dans la mesure du possible).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis pas fan de l&amp;rsquo;auteur, même si son accident (chute d&amp;rsquo;un toit) semble l&amp;rsquo;avoir transformé (et pas que physiquement), lui le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toiturophilie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;toiturophile&lt;/a&gt;. C&amp;rsquo;est en tout cas ce qu&amp;rsquo;il laisse entendre dans ce récit, et la décision de se lancer ce défi en lieu et place de rééducation montre la force de caractère du bonhomme. L&amp;rsquo;alcool, cause de sa chute, lui est désormais interdit, ça change aussi la donne !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien écrit, Sylvain Tesson est cultivé et le paysage lui inspire de nombreuses réflexions qu&amp;rsquo;il agrémente parfois de références culturelles, sans en faire trop heureusement. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs plus un ouvrage littéraire que le récit plus factuel de cette traversée de la France du Sud-Est jusqu&amp;rsquo;au Cotentin. Il donnera peu de détail sur son évolution physique, mais vu d&amp;rsquo;où il part, dès sa sortie de l&amp;rsquo;hôpital, le bougre a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;être résistant à la douleur. Il est bon marcheur, puisqu&amp;rsquo;il parle parfois de 40 kms par jour (après plusieurs semaines de marche tout de même !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre, très peu infos sur le contenu du sac, ce qu&amp;rsquo;il mange, comment il s&amp;rsquo;est organisé&amp;hellip; On sait juste qu&amp;rsquo;il emporte une dizaine de cartes IGN avec lui (de quoi aller jusqu&amp;rsquo;au Mont Ventoux), cartes qu&amp;rsquo;il va scruter pour s&amp;rsquo;y frayer un chemin hors des sentiers battus (l&amp;rsquo;expression n&amp;rsquo;a jamais aussi bien convenue). J&amp;rsquo;aurais bien aimé qu&amp;rsquo;il nous en dise plus sur ces détails pratiques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est parfois accompagné quelques jours par un ami, sa fille également le rejoint pour une journée et une nuit. Il dort souvent dehors, à l&amp;rsquo;abri d&amp;rsquo;un arbre, fait un feu et dîne&amp;hellip; Mais peut aussi bien se retrouver à l&amp;rsquo;hôtel ou plus rarement chez l&amp;rsquo;habitant. Peu de rencontres, et encore moins de dialogues, quelques mots et voilà&amp;hellip; Sur les chemins noirs, on est économe de tout !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À passer des jours à éviter &amp;ldquo;la civilisation&amp;rdquo;, il raconte tout ce qu&amp;rsquo;elle a généré comme changement : le remembrement, la productivité imposée aux agriculteurs qui durent quitter la montagne pour la plaine, etc&amp;hellip; Honnêtement, rien de très nouveau sur le sujet (mais des vérités certes), et pas certain qu&amp;rsquo;il soit le mieux placé pour en parler. Mais au final, une réflexion tout de même intéressante sur le monde moderne, ce qu&amp;rsquo;il a transformé dans nos campagnes à coups de promesses non tenues&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, je ne dirai pas que c&amp;rsquo;est un grand livre, loin s&amp;rsquo;en faut (mais il se laisse lire sans problème), on reste dans les pensées de Sylvain Tesson, et ça reste très personnel. On sent tout de même le type de réflexion et le recul qu&amp;rsquo;amènent la marche, menée dans une solitude recherchée et appréciée, avec une volonté de rester hors des grands axes et loin des villes. Et c&amp;rsquo;est sans doute le meilleur du livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvain_Tesson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sylvain Tesson&lt;/a&gt;, né en 1972, est un écrivain voyageur. Il est par certains qualifié d&amp;rsquo;imposteur en tant qu&amp;rsquo;écrivain voyageur reproduisant des clichés éculés de la littérature de voyage. Le personnage est de toute façon assez clivant et provocateur, amoureux de l&amp;rsquo;espirt slave et de la Russie. Il a repris dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Axe_du_loup&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;Axe du loup&lt;/a&gt; l&amp;rsquo;itinéraire de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12263&#34; &gt;À marche forcée&lt;/a&gt; (cette histoire d&amp;rsquo;évadés du Goulag qui traverse l&amp;rsquo;Asie du Nord au Sud jusqu&amp;rsquo;à Calcutta&amp;hellip;), afin d&amp;rsquo;en vérifier la faisabilité : pour lui, l&amp;rsquo;aventure est plausible, malgré quelques anomalies absolues, comme &amp;ldquo;dix jours sans boire dans le Gobi&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Ange sur le toit - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/lange-sur-le-toit-russel-banks/</link>
            <pubDate>Tue, 11 Apr 2023 15:47:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lange-sur-le-toit-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;langesurletoit.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours dans l&amp;rsquo;idée de lire ou relire Banks, je suis tombé sur ce petit recueil de nouvelles chez le libraire. Eh bien, ce fut un vrai plaisir que de lire ces dix nouvelles (parfois c&amp;rsquo;est compliqué : soit on n&amp;rsquo;accroche pas à l&amp;rsquo;histoire, soit on est frustré de sa fin rapide).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce ne fût pas le cas ici, toutes les histoires se tiennent sur le même thème, celui des rapports humains, que ce soit ceux entre mari et femme, père et fille, fils et mère âgée, patron et employée, et même notre rapport au monde. Et d&amp;rsquo;un moment-clé, à priori anodin, où soudain plus rien ne sera comme avant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franchement, c&amp;rsquo;est bien, c&amp;rsquo;est simple, et le mieux est parfois l&amp;rsquo;ennemi du bien. Quelles sont nos réelles motivations ? Le passé est-il vraiment ce que l&amp;rsquo;on se rappelle ou ce que l&amp;rsquo;on a bien voulu nous dire ? Notre confiance en nous-même ne tient elle pas à peu de chose ? Tout peut basculer si vite&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et avec Russel Banks, on a l&amp;rsquo;assurance d&amp;rsquo;une belle écriture. Un très bon recueil de nouvelles donc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; (1940-2023) est un écrivain « progressiste » américain (dixit wikipedia). Il a été actif politiquement, prenant par exemple position contre l’intervention en Irak, ou le Patriot Act. Il a été le troisième président du Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie, et le président fondateur de &lt;em&gt;Cities of Refuge North America&lt;/em&gt;, qui s’est donné pour mission d’établir aux États-Unis des lieux d’asile pour des écrivains menacés ou en exil.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les miracles du bazar Namiya - Keigo Higashino</title>
            <link>https://pled.fr/les-miracles-du-bazar-namiya-keigo-higashino/</link>
            <pubDate>Thu, 06 Apr 2023 16:54:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-miracles-du-bazar-namiya-keigo-higashino/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bazarNamiya.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre choisi un peu au hasard à la librairie de Concarneau, envie de retrouver un univers japonais sans doute, après avoir gardé un très bon souvenir de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19575&#34; &gt;Âme brisée&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le bazar Namiya est fermé depuis longtemps, mais par un curieux et inexpliqué phénomène, il va revivre une nuit, quand trois petits voyous vont s&amp;rsquo;y réfugier. L&amp;rsquo;ancien propriétaire avait pris l&amp;rsquo;habitude de répondre aux lettres que des inconnus déposaient dans sa boite aux lettres, lui demandant conseil face à un problème dans leur vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Durant cette nuit, le temps va se contracter et faire revivre certaines demandes d&amp;rsquo;il y a quarante ans, auxquelles les trois jeunes vont tenter de répondre. Le prétexte à raconter quelques tranches de vie qui s&amp;rsquo;entremêlent les une aux autres, de façon tout aussi étrange que cette contraction du temps. L&amp;rsquo;occasion aussi de montrer qu&amp;rsquo;un conseil de bonne foi peut être mal avisé, et finalement sera interprété par celui qui le reçoit pour correspondre à ce qu&amp;rsquo;il pense au fond de lui, peut-être inconsciemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture est agréable (sans atteindre les sommets), on s&amp;rsquo;emmêle un peu entre les personnages, les époques et les destins croisés, mais si l&amp;rsquo;on fait abstraction de cette contraction du temps, c&amp;rsquo;est plaisant à lire, et le tout dans la culture et la société japonaise de ces 40 dernière s années.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Keigo_Higashino&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Keigo Higashino&lt;/a&gt;, né en 1958, est un écrivain japonnais, auteur réputé de romans policiers bien ciselés. Il est reconnu en 1985 avec son roman &amp;ldquo;Après l&amp;rsquo;école&amp;rdquo; (non traduit), ce qui lui permet d&amp;rsquo;arrêt son travail d&amp;rsquo;ingénieur chez DENSO, et de se consacrer à l&amp;rsquo;écriture. En 2010, il reçoit le &amp;ldquo;Prix polar du meilleur roman international&amp;rdquo; à Colmar pour &amp;ldquo;La maison où je suis mort autrefois&amp;rdquo;. Auteur prolifique semble-t-il, plusieurs de ses écrits ont été adaptés à l&amp;rsquo;écran (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Films_based_on_works_by_Keigo_Higashino&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Comprendre sa douleur - Earl Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/comprendre-sa-douleur-earl-thompson/</link>
            <pubDate>Fri, 31 Mar 2023 09:52:27 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;comprendre-sa-douleur.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Troisième volume de l&amp;rsquo;histoire en partie autobiographique d&amp;rsquo;Earl Thompson, publié à titre posthume, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15508&#34; &gt;Un jardin de sable&lt;/a&gt; puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15871&#34; &gt;Tatoo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois le personnage s&amp;rsquo;appelle Jarl Carlson, il est devenu adulte, et essaie de s&amp;rsquo;en sortir avec toujours autant de difficultés, incapable de trouver sa voie et sa place. Son enfance où il a du apprendre la vie à la dure tout seul, puis ses années d&amp;rsquo;armée et de guerres l&amp;rsquo;ont endurci sans l&amp;rsquo;épanouir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il suit des cours à l&amp;rsquo;université grâce à son allocation éducative de GI, et travaille dans un HP pour compléter son salaire. Il plaît aux femmes, participe à l&amp;rsquo;édition d&amp;rsquo;une revue universitaire, mais est profondément insatisfait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et donc, se disait-il, voilà à quoi j&amp;rsquo;en suis réduit : un grincheux, un aigri, qui vit dans une putain de YMCA, se tire sur la nouille en se demandant si sa bite rétrécit, s&amp;rsquo;il est assez masculin, s&amp;rsquo;il est barjot ou non de bosser pour une misère, et qui se sent coupable comme c&amp;rsquo;est pas permis parce que, même comme ça, il est certain d&amp;rsquo;être destiné à bien mieux que ses pairs, que ses ancêtres, que l&amp;rsquo;autre connard qui se paluche dans la chambre minable d&amp;rsquo;à côté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout semble s&amp;rsquo;arranger lorsqu&amp;rsquo;il rencontre une jeune doctoresse divorcée et que le coup de foudre est réciproque. Mais il enverra tout balader sur un coup de tête, ou plutôt sur un malaise récurrent qui le hante :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis une espèce de salopard congénital. Je le sais, et j&amp;rsquo;essaie de travailler là-dessus (…) Mais je passe mon temps à me rappeler d&amp;rsquo;où je viens, où je suis passé, ce que j&amp;rsquo;ai fait, et j&amp;rsquo;ai l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;être un nègre blanc qui trompe une société qui ne soupçonne rien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a une phrase dans l&amp;rsquo;autobiographie de Woody Guthrie, En Route vers la gloire, qui dit à peu près: « Où que je sois, j&amp;rsquo;ai toujours l&amp;rsquo;impression que je devrais être ailleurs. »&amp;gt; C&amp;rsquo;est exactement ce que ressentait Carlson. Le pourquoi de cet état de fait, en revanche, était un mystère.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il finira par se lancer dans l&amp;rsquo;écriture, persuadé d&amp;rsquo;être un grand écrivain. Le premier essai se révélera mauvais, et l&amp;rsquo;enverra toucher le fond. Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;à ce moment qu&amp;rsquo;il écrira vraiment quelque chose d&amp;rsquo;excellent, même s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;écoulera encore beaucoup de temps et de travail avant qu&amp;rsquo;il ne soit publié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Contrairement aux deux premiers tomes, où l&amp;rsquo;on éprouve de l&amp;rsquo;empathie pour le jeune personnage malgré ses &amp;ldquo;dérives&amp;rdquo;, ici c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;un homme adulte qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit, qui se révèle parfois vraiment détestable et très égoïste. Mais c&amp;rsquo;est aussi un personnage étonnant, refusant de se plier à ce que la société &amp;ldquo;bien pensante&amp;rdquo; voudrait, intelligent, qui cerne bien les personnes qu&amp;rsquo;il rencontre, avec toujours ce rapport étrange au sexe, ainsi qu&amp;rsquo;avec les femmes : il aime, mais n&amp;rsquo;éprouve aucune jalousie, ni aucun besoin de fidélité, semblant confondre sexe et amour. Attention, les scènes de sexe sont assez nombreuses et plutôt crues.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Earl_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Earl Thompson&lt;/a&gt; (1931-1978) est un écrivain américain. Les trois romans mentionnés ici sont largement autobiographiques, et celui-ci publié à titre posthume (titre original &amp;ldquo;The Devil to Pay&amp;rdquo;). Libération a relevé une ressemblance dans les romans sur sa jeunesse, avec &amp;ldquo;Mort à crédit&amp;rdquo; de Céline. Earl Thompson a aussi publié un autre roman (&amp;ldquo;Caldo Largo&amp;rdquo;) de son vivant, mais non traduit en français à ce jour. Il meurt d’une rupture d’anévrisme à l’apogée de son succès, à l&amp;rsquo;âge de 47 ans.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le livre d&#39;Ebenezer Le Page - Gerald Basil Edwards</title>
            <link>https://pled.fr/le-livre-debenezer-le-page-gerald-basil-edwards/</link>
            <pubDate>Tue, 21 Mar 2023 17:35:31 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Ebezener.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime cette collection &amp;ldquo;Les grands animaux&amp;rdquo; de la maison d&amp;rsquo;édition &amp;ldquo;Monsieur Toussaint Louverture&amp;rdquo;. Aussi quand la libraire de Concarneau m&amp;rsquo;a conseillé ce roman, je l&amp;rsquo;ai pris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une vie, la sienne, que nous raconte Ebenezer Le Page, alors qu&amp;rsquo;il est âgé de 80 ans et sent que la fin approche. C&amp;rsquo;est un pur habitant de Guernesey, l&amp;rsquo;île anglo-normande qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a jamais quitté. Il a vu passer la 1ere guerre mondiale, y a échappé tout en voyant des amis partir pour défendre l&amp;rsquo;Angleterre, et certains ne pas revenir&amp;hellip; La seconde guerre mondiale verra les allemands occuper son île chérie qui va ensuite se transformer avec le tourisme à l&amp;rsquo;époque moderne. Les noms de lieux et de rues sont en français, héritage du duché de Normandie, et les habitants parlent un patois où le vieux français se fait sentir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ebenezer a du caractère, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire, a mené une vie solitaire, athée au milieu de cathos, anglicans et méthodistes ; il assume son indépendance, sans prétendre être ni intelligent ni parfait, et est souvent assez réactionnaire, dans le sens où &amp;ldquo;c&amp;rsquo;était mieux avant&amp;rdquo;. Les cancans de l&amp;rsquo;île sont racontés avec force détails, histoires de familles, de mariages, de fâcheries, de générations&amp;hellip; Y compris son histoire d&amp;rsquo;un amour qui n&amp;rsquo;aboutira pas avec la belle Liza Quéripel, ou la mort de son ami d&amp;rsquo;enfance Jim qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;oubliera jamais (il oublie peu de choses il est vrai), ou encore la difficulté à vivre de son cousin Raymond, travaillé par des amours interdites&amp;hellip; À travers tout cela, c&amp;rsquo;est la vie de l&amp;rsquo;île qu&amp;rsquo;il nous raconte, avec son franc-parler, ses jugements sans appel, sa franchise aussi, et son humour jamais très loin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin est particulièrement émouvante, quand Ebenezer se met en quête de trouver un héritier, lui qui n&amp;rsquo;a plus de famille hormis des cousins au troisième ou quatrième degré. Il va les voir pour les jauger, sans qu&amp;rsquo;aucun ne trouve grâce à ses yeux. Mais il finira par trouver la bonne personne, et cette rencontre finale est vraiment très belle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gerald_Basil_Edwards&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gerald Basil Edwards&lt;/a&gt; (1899-1976), né à Guernesey, est un auteur britannique dont cet ouvrage est le seul livre. Il l&amp;rsquo;écrit à la fin de sa vie, alors qu&amp;rsquo;il vit en ermite, sans réussir à le faire publier. C&amp;rsquo;est un ami qui y parviendra quelques années après sa mort, et le livre connaîtra le succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La génération de l&#39;utopie - Pepetela</title>
            <link>https://pled.fr/la-generation-de-lutopie-pepetela/</link>
            <pubDate>Wed, 15 Mar 2023 09:16:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-generation-de-lutopie-pepetela/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pepetela.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre recommandé par François Busnel dans la petite librairie, avec cette histoire relatant la désillusion de jeunes Angolais après la révolution et l&amp;rsquo;indépendance acquise dont le titre m&amp;rsquo;a tout de suite interpelé. Et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu, c&amp;rsquo;est passionnant de bout en bout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sara, Aníbal, Malongo, Vítor et Elias sont étudiants angolais à Lisbonne, quand les premiers mouvements de libération armés apparaissent en Angola (1961). Le milieu étudiant est en ébullition à la Maison des Étudiants de l&amp;rsquo;Empire, sous l&amp;rsquo;œil du PIDE, la police politique du gouvernement Salazar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sara, étudiante en médecine, sort avec Malongo, joueur de foot semi-pro, plus intéressé par la fête et les filles que par la politique. Sara est très lucide et clairvoyante (sauf en amour) mais est tenue un peu à l&amp;rsquo;écart en tant que femme de ce qui se trame dans les coulisses de la Maison des Étudiants. Anibal, qui après une licence d&amp;rsquo;histoire et de philosophie, effectue son service militaire obligatoire, va devoir fuir rapidement pour éviter de partir se battre contre son pays natal. Vitor lui, échoue à ses examens et étudie peu, s&amp;rsquo;intéresse à la politique mais sans vraiment s&amp;rsquo;impliquer, et souffre du racisme montant à Lisbonne. Quant à Elias, qui ne fait pas vraiment partie du groupe, il vit dans un foyer protestant en dehors de Lisbonne ; c&amp;rsquo;est un intellectuel, politisé, et justifiant la violence nécessaire à la révolution.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman se divise en quatre parties qui englobent une période de 30 ans, du début de la lutte armée (1961), jusqu&amp;rsquo;aux accords de paix après la guerre civile entre différents groupes révolutionnaires comme le MPLA et l&amp;rsquo;UNITA (1991), en passant par l&amp;rsquo;indépendance après la chute du gouvernement Salazar et la révolution des œillets (1975). Nos cinq personnages, avec chacun son parcours, se retrouveront tous à Luanda, la capitale de l&amp;rsquo;Angola, à la fin de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman passionnant, retraçant l&amp;rsquo;itinéraire de ces jeunes pleins d&amp;rsquo;espoir pour leur pays natal, et qui verront peu à peu leurs belles idées d&amp;rsquo;indépendance, de justice et d&amp;rsquo;égalité se fracasser face à la réalité. Cinq destins très différents, et une fresque pour laquelle on se passionne, car si elle est historique elle sait rester au niveau des individus qui la composent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pepetela&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pepetela&lt;/a&gt;, de son vrai nom Artur Pestana, est né en 1941 à Benguela et est un écrivain angolais. Après des études au Portugal il s’exile à Paris et à Alger. En 1960 il s’engage dans la guerre d’indépendance avec le MPLA et en 1975 il est nommé Vice-Ministre de l’Éducation. Professeur de sociologie et écrivain, il a publié une quinzaine de livres. En 1997, le Prix Camões, le plus important prix littéraire de la langue portugaise, lui a été décerné pour l’ensemble de son œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Yellow birds - Kevin Powers</title>
            <link>https://pled.fr/yellow-birds-kevin-powers/</link>
            <pubDate>Sat, 04 Mar 2023 17:53:12 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/yellow-birds-kevin-powers/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;yellowbirds.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un article du Monde où l&amp;rsquo;on demandait à des auteurs de recommander un livre et un seul : à cet exercice, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigitte_Giraud&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Brigitte Giraud&lt;/a&gt; (prix Goncourt 2022) recommandait ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un tout petit roman, le récit à la première personne d&amp;rsquo;un soldat américain parti combattre en Irak. Récit en partie autobiographique puisque l&amp;rsquo;auteur est effectivement un vétéran de la guerre d&amp;rsquo;Irak.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;écriture est assez littéraire, presque poétique par moments, et l&amp;rsquo;auteur arrive à nous embarquer dans le quotidien de Bartle, 21 ans, revenu d&amp;rsquo;Irak, sans pour autant être dans une description factuelle. Il s&amp;rsquo;agit plutôt de l&amp;rsquo;évocation de ce qui s&amp;rsquo;est passé là-bas, en combattant à Al Tafar, mais aussi des raisons de l&amp;rsquo;engagement, et surtout du retour très difficile à vivre : car Murphy, 18 ans, son jeune compagnon de combat n&amp;rsquo;est pas rentré au pays comme Bartle en avait fait la promesse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit et construit, et les images que l&amp;rsquo;auteur transmet permettent de rendre compte de la violence et de l&amp;rsquo;absurdité des combats, mais surtout de ce qui se passe dans les têtes de ces jeunes américains plongés sans grande préparation dans ce maelstrom. Le retour sera tout aussi difficile à vivre pour Bartle, et l&amp;rsquo;on comprend bien ce que peuvent éprouver les vétérans en manque total de repères et de raisons de vivre dans un monde redevenu sans violence et aux valeurs qui apparaissent tellement vaines. Ne serait-ce que pour cela, cette lecture vaut vraiment le coup.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kevin_Powers&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kevin Powers&lt;/a&gt; est né en 1980 en Virginie. Il s&amp;rsquo;est engagé à 17 ans et est parti combattre en Irak de 2004 à 2005. Il a ensuite étudié la littérature (sans doute grâce aux bourses accordées aux vétérans), et a obtenu un diplôme de poésie. Yellow Birds est son premier roman, en partie autobiographique. Il a été porté à l&amp;rsquo;écran en 2017 par Alexandre Moore.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Trilogie 93 - Olivier Norek</title>
            <link>https://pled.fr/trilogie-93-olivier-norek/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Mar 2023 10:39:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/trilogie-93-olivier-norek/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;trilogie93.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les recommandations de ma frangine, je retente une lecture de Norek avec son œuvre &amp;ldquo;phare&amp;rdquo; : trois romans policiers qui se passent dans le &amp;ldquo;neuf trois&amp;rdquo;, là où Norek exerçait son métier de policier avant de prendre la plume.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les trois romans se composent de &amp;ldquo;Code 93&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Territoires&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Surtensions&amp;rdquo;. On y suit les enquêtes du capitaine Coste, flic humaniste qui arrive peu à peu au bout de sa capacité à digérer la violence qui l&amp;rsquo;entoure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est pas mal, mais honnêtement, je ne suis décidément pas un grand fan de l&amp;rsquo;auteur. Le personnage de Coste est plutôt sympa, son équipe aussi, mais on a bien du mal à accrocher aux amourettes que tente désespérément de créer l&amp;rsquo;auteur pour ses personnages ; sorti de l&amp;rsquo;enquête proprement dite, le reste a bien du mal à exister. L&amp;rsquo;accumulation de chapitres très courts n&amp;rsquo;arrange rien à l&amp;rsquo;affaire, et les limites de l&amp;rsquo;écrivain à vraiment passer à la littérature s&amp;rsquo;affichent. Restent les enquêtes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Code 93&lt;/strong&gt; ne m&amp;rsquo;a pas du tout emballé, la police n&amp;rsquo;ayant pratiquement rien à enquêter, puisque qu&amp;rsquo;un journaliste et le coupable se chargent pratiquement de tout, ce dernier allant même jusqu&amp;rsquo;à se donner la mort. Mais que fait la police ? :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Territoire&lt;/strong&gt; est par contre une vraie réussite, que ce soit au niveau de l&amp;rsquo;intrigue simple et efficace, comme de l&amp;rsquo;implication sociale et politique que le trafic de drogue implique dans ces quartiers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surtensions&lt;/strong&gt; est pas mal non plus, mais l&amp;rsquo;intrigue est cette fois beaucoup moins évidente, la première partie servant plus de prétexte qu&amp;rsquo;autre chose (et résolue en trois coups de cuillère à pot), et n&amp;rsquo;apportant rien à la deuxième enquête à part servir à l&amp;rsquo;épilogue&amp;hellip; Bref, un peu capillotracté et pas au niveau du précédent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, voilà, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19264&#34; &gt;Impact&lt;/a&gt;, roman plus récent, et qui m&amp;rsquo;avait déjà largement déçu (le succès aidant, on produit au lieu de créer), je pense avoir fait le tour de cet auteur. En le lisant, je pensais aux grands auteurs américains de romans noirs décrits par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;Manchette dans ses chroniques&lt;/a&gt;, en me disant qu&amp;rsquo;on était quand même à des lieux de la qualité de ces romans. À sa décharge, différents lieux, différentes époques peuvent expliquer certaines différences, mais pas toutes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Norek&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Olivier Norek&lt;/a&gt;, né en 1975 à Toulouse, est un écrivain et scénariste français, capitaine à la police judiciaire, en disponibilité depuis son premier succès littéraire (trop pratique). En tant que scénariste, il a participé à la saison 6 d&amp;rsquo;Engrenages, à la série télévisée &amp;ldquo;Les Invisibles&amp;rdquo; (France 2- 2021) ainsi qu&amp;rsquo;à un téléfilm &amp;ldquo;Tout le monde ment&amp;rdquo; avec Vincent Elbaz (France 2 - 2022).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sous le règne de Bone - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/sous-le-regne-de-bone-russel-banks/</link>
            <pubDate>Sat, 18 Feb 2023 17:25:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sous-le-regne-de-bone-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bone.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Troisième relecture de Banks avec ce roman qui m&amp;rsquo;avait bien plu à l&amp;rsquo;époque, genre livre de chevet de tout adolescent en crise existentielle&amp;hellip; mais pas réservé pour autant à cette génération. Un roman d&amp;rsquo;apprentissage comme le précise Wikipedia.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le récit du voyage initiatique d&amp;rsquo;un jeune ado de 14 ans complètement paumé, qui préfère fumer des pétards que d&amp;rsquo;aller à l&amp;rsquo;école, amené à quitter le domicile familial où son beau-père le harcèle, et qui commence à ne pas imaginer vivre autrement que de trafics en tout genre&amp;hellip; Bref, Chappie, avec sa crête d&amp;rsquo;Iroquois, est largement sur la mauvaise pente, et son avenir plutôt sombre. Il se fait tatouer deux os croisés sur le bras, et prend le nom de Bone.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vie va lui faire croiser un espèce de clochard rasta, I-Man, qui lui transmettra sa philosophie de vie, et sera le premier à lui inculquer des valeurs positives. Petit à petit, à chaque expérience (il y en aura, et pas toujours sympas !), on voit Bone commencer à réfléchir par lui-même, nous faire partager ses réflexions pouvant apparaître comme naïves mais qui vont lui faire découvrir les frontières entre le bien et le mal et se construire sa propre morale&amp;hellip; I-Man l&amp;rsquo;emmènera en Jamaïque, où Bone finira par croiser son vrai père qui n&amp;rsquo;est hélas pas un modèle, et achèvera de lui forger le caractère et de le préparer à sa future vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très belle histoire, car Bone est attachant, et le voir évoluer au fil de ses aventures, jusqu&amp;rsquo;à se construire en ayant réussi à garder ses valeurs est très positif.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marrant, la référence à la fin au bateau &amp;ldquo;Belinda Blue&amp;rdquo; du capitaine Ave à la fin de l&amp;rsquo;histoire sur lequel s&amp;rsquo;embarque Bone : c&amp;rsquo;est le bateau qui apparaît dans &amp;ldquo;Continents à la dérive&amp;rdquo; ou Ave est Avery, le copain de Bob Dubois ! Alors que Bone est écrit en 1995, et &amp;ldquo;Continents&amp;hellip;&amp;rdquo; en 1987 : un petit clin d&amp;rsquo;œil de l&amp;rsquo;auteur ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Encore un bon moment de passé à relire Russel Banks, je vais continuer à lire ou relire cet auteur, c&amp;rsquo;est encore mieux que je ne m&amp;rsquo;en souvenais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; (1940-2023) est un écrivain « progressiste » américain (dixit wikipedia). Ce livre contient des descriptions explicites d&amp;rsquo;utilisation de drogue et d&amp;rsquo;abus sexuel, qui en raison de l&amp;rsquo;âge du narrateur, ont contribué à susciter une polémique lors de la publication aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Continents à la dérive - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/continents-a-la-derive-russel-banks/</link>
            <pubDate>Tue, 07 Feb 2023 17:45:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/continents-a-la-derive-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;continents-derive.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je poursuis avec Russel Banks, et j&amp;rsquo;ai relu avec plaisir celui-ci, qui m&amp;rsquo;avait marqué à l&amp;rsquo;époque de ma première lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un joli titre (&amp;ldquo;Continental drift&amp;rdquo;) qui reflète bien la dérive de deux individus d&amp;rsquo;origine différente, un américain moyen du New Hampshire et une jeune femme d&amp;rsquo;Haïti. Ces deux vies vont se télescoper comme peuvent le faire deux continents&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À l&amp;rsquo;inverse de Wade Whitehouse (dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;) il est difficile d&amp;rsquo;éprouver de l&amp;rsquo;empathie pour Bob Dubois, le personnage central de ce récit. Ils sont pourtant tous les deux des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/White_Anglo-Saxon_Protestant&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;WASP&lt;/a&gt;, originaires du New Hampshire comme l&amp;rsquo;était Russel Banks, tous deux mécontents de leur vie et voulant la changer. Seulement Bob a une femme et deux petites filles, et il va les entraîner vers une lente et inévitable dégringolade, larguant boulot et maison pour un rêve en Floride, où il va se faire manipuler aussi bien par son frère que par son &amp;ldquo;meilleur ami&amp;rdquo;. À chaque fois, il est le dindon de la farce, et à chaque fois, il recommence, éternel insatisfait de sa propre médiocrité, sans jamais se remettre en question. Bref, il n&amp;rsquo;est pas méchant, c&amp;rsquo;est plutôt ce qu&amp;rsquo;on pourrait appeler &amp;ldquo;un pauvre type&amp;rdquo; ! Russel Banks est plus clément :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pendant des années, Bob a été le genre de personne qui croit qu&amp;rsquo;il existe deux sortes de gens : les enfants et les adultes, et qu&amp;rsquo;ils constituent des espèces bien distinctes. Ensuite, quand il a lui-même atteint l&amp;rsquo;âge adulte et découvert que l&amp;rsquo;enfant qui était en lui non seulement se refusait à mourir ou à disparaître mais, de plus, semblait ne pas vouloir céder le pas à l&amp;rsquo;adulte, et qu&amp;rsquo;il a vu que cela n&amp;rsquo;était pas vrai de lui seul mais aussi de tous ceux qu&amp;rsquo;il connaissait — sa femme, son frère, ses amis, et même sa mère et son père —, Bob, à regret, tristement, se sentant de plus en plus seul, en est arrivé à croire que, tout bien considéré, les adultes n&amp;rsquo;existaient pas, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y avait que des enfants qui essayaient, généralement sans succès, d&amp;rsquo;imiter des adultes. Les gens ressemblent plus ou moins à des adultes, c&amp;rsquo;est tout.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vanise Dorsinville fuit elle la violence et la pauvreté de son île après un énième cyclone, avec son bébé et son cousin Claude, et rêve d&amp;rsquo;atteindre l&amp;rsquo;Amérique, son rêve à elle. Elle va vivre des choses terribles, sans jamais se plaindre, se réfugiant dans le culte vaudou pour pouvoir affronter le réel&amp;hellip; Le portrait des haïtiens que dresse l&amp;rsquo;auteur est assez étonnant, sortes de grands enfants naïfs pourtant extrêmement déterminés et sereins grâce à leurs croyances qui viennent apporter une autre réponse à ce qui arrive. La rencontre des deux mondes sera terrible, et un véritable drame, d&amp;rsquo;où personne ne sortira indemne, le lecteur compris.. Voilà les dernières lignes du roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On écrit des livres — romans, récits et poèmes bourrés de détails — qui essaient de nous expliquer le monde, comme si la connaissance que nous avons de gens comme Bob Dubois, Vanise et Claude Dorsinville pouvait apporter la liberté à des gens de leur espèce. Elle n&amp;rsquo;y changera rien. Connaître les faits de la vie et de la mort de Bob Dubois ne change rien au monde. Notre célébration de sa vie, la complainte que nous pouvons élever sur sa mort, en revanche, le peuvent. Se réjouir ou se lamenter sur des vies qui ne sont pas la nôtre, même s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de vies complètement inventées — non surtout s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de vies complètement inventées —, prive le monde tel qu&amp;rsquo;il est d&amp;rsquo;un peu de l&amp;rsquo;avidité dont il a besoin pour continuer d&amp;rsquo;être lui-même. Le sabotage et la subversion sont, par conséquent, les desseins de ce livre. Va, mon livre, va contribuer à la destruction du monde tel qu&amp;rsquo;il est.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; (1940-2023) est un écrivain « progressiste » américain (dixit wikipedia). Il était actif politiquement, prenant par exemple position contre l’intervention en Irak, ou le Patriot Act. Il a été le troisième président du Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie, et le président fondateur de &lt;em&gt;Cities of Refuge North America&lt;/em&gt;, qui s&amp;rsquo;est donné pour mission d&amp;rsquo;établir aux États-Unis des lieux d&amp;rsquo;asile pour des écrivains menacés ou en exil.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Affliction - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/affliction-russel-banks/</link>
            <pubDate>Thu, 26 Jan 2023 10:54:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/affliction-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;affliction1-1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Russel Banks nous a quitté il y a peu, cela a été l&amp;rsquo;occasion de me rappeler que j&amp;rsquo;avais ce livre dans ma bibliothèque depuis des années sans l&amp;rsquo;avoir lu&amp;hellip; alors que je suis fan de cet auteur ! Allez comprendre&amp;hellip; C&amp;rsquo;était ma sœur qui me l&amp;rsquo;avait donné, et je ne sais pas si c&amp;rsquo;est la couverture (j&amp;rsquo;ai du prendre une photo, c&amp;rsquo;est une vieille édition, elle a heureusement été changée depuis), ou le titre qui m&amp;rsquo;avait fait reporter sa lecture à plus tard puis à oublier ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien m&amp;rsquo;en a pris d&amp;rsquo;enfin le lire, car j&amp;rsquo;ai été happé par l&amp;rsquo;histoire de Wade, cet homme blanc américain (WASP) du New Hampshire, qui paraît un peu frustre au début de l&amp;rsquo;histoire, mais que le narrateur (son frère, l&amp;rsquo;intellectuel de la famille) va nous faire découvrir peu à peu, nous amenant à comprendre pourquoi Wade est comme il est, avec ses qualités et ses défauts : l&amp;rsquo;américain moyen dont Banks dénonce les valeurs bien sûr, mais aussi un homme marqué par son enfance et qui prend ses décisions sur un coup de tête, totalement dominé par les émotions contradictoires qui s&amp;rsquo;agitent en lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien malin qui peut deviner comment l&amp;rsquo;histoire va se terminer, même si l&amp;rsquo;on a compris que ce sera de façon dramatique, et le frère intello n&amp;rsquo;est à mon avis pas si innocent que ça dans ce dénouement&amp;hellip; Voilà un petit extrait qui je trouve décrit bien les courants contradictoires qui agitent Wade :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il savait qu&amp;rsquo;au fond de son cœur existait de l&amp;rsquo;amour — un amour pour Jill aussi cohérent et pur que de l&amp;rsquo;algèbre ; peut-être aussi de l&amp;rsquo;amour pour Margie ; et pour maman, cette pauvre maman qui maintenant était morte et à jamais loin de lui ; et, malgré tout, de l&amp;rsquo;amour pour Lillian : de l&amp;rsquo;amour pour les femmes — mais il avait beau essayer dans tous les sens, il n&amp;rsquo;arrivait pas à organiser sa vie de manière à faire fond sur cet amour. Il y avait tous ces autres sentiments troubles et pleins de haine qui se mettaient sans cesse en travers, sa rage, sa peur et tout simplement sa détresse.Si d&amp;rsquo;une façon ou d&amp;rsquo;une autre il arrivait à balayer tout ça d&amp;rsquo;un geste énorme et violent, comme d&amp;rsquo;un coup de patte d&amp;rsquo;ours, il était certain qu&amp;rsquo;il aurait alors la liberté d&amp;rsquo;aimer sa fille. Il pourrait enfin être un bon père, un bon mari, un bon fils et un bon frère. Il deviendrait un homme bon. Et bien sûr il ne désirait rien de plus. Être un homme bon. Il imaginait cet être-bon comme un état qui vous conférait la puissance et la clarté à chaque moment de votre vie quotidienne. Il descendit lentement les marches, entra dans la camionnette et démarra. Il recula, puis il prit Clinton Street vers l&amp;rsquo;ouest. Il allait chercher sa fille.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très bon roman, du coup je me replonge dans Russel Banks, je vais relire les romans que j&amp;rsquo;avais aimé à l&amp;rsquo;époque, en commençant par &amp;ldquo;Continents à la dérive&amp;rdquo;&amp;hellip; puis &amp;ldquo;Sous le règne de Bone&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; (1940-2023) est un écrivain &amp;ldquo;progressiste&amp;rdquo; américain (dixit wikipedia). Il était actif politiquement, prenant par exemple position contre l&amp;rsquo;intervention en Irak, ou le Patriot Act. &amp;ldquo;Affliction&amp;rdquo; a été porté à l&amp;rsquo;écran par Paul Shrader (1997) : le film est fidèle au roman, presque trop, les événements s&amp;rsquo;enchaînent sans prendre le temps de bien comprendre la personnalité de Wade alors que c&amp;rsquo;est tout le sel du roman&amp;hellip; Un autre roman, &amp;ldquo;De beaux lendemains&amp;rdquo; a été adapté au cinéma : l&amp;rsquo;histoire de cet accident de car scolaire, où un avocat va s&amp;rsquo;acharner à trouver un responsable pour obtenir des dommages et intérêts (1997), plus abouti si je me rappelle bien.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La nuit des béguines - Aline Kiner</title>
            <link>https://pled.fr/la-nuit-des-beguines-aline-kiner/</link>
            <pubDate>Sat, 21 Jan 2023 17:16:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-nuit-des-beguines-aline-kiner/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;beguines.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cadeau de Noël encore, et toujours un conseil du libraire : cette fois, il ne s&amp;rsquo;est pas trop trompé&amp;hellip; :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman intéressant pour ce qu&amp;rsquo;il raconte de cette communauté religieuse laïque qui regroupe des femmes au Moyen-Âge, qu&amp;rsquo;elles soient célibataires ou veuves. En France, c&amp;rsquo;est le roi Louis IX qui, en 1264, en fait venir, les installe dans une maison et les soutient : c&amp;rsquo;est le grand béguinage royal de Paris, où se déroule notre histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les femmes peuvent ainsi vivre leur foi de façon assez indépendante, sans avoir fait de vœu d&amp;rsquo;appartenance à un ordre religieux, et ainsi plus libre de mener leurs propres actions caritatives. Cette liberté associée à un vœu de pauvreté ne va pas sans provoquer des réactions du clergé officiel. Surtout quand &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_Porete&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marguerite Porete&lt;/a&gt;, une béguine des Flandres, écrit un ouvrage intitulé &amp;ldquo;Le miroir des âmes simples&amp;rdquo;, décrivant un &amp;ldquo;pur amour&amp;rdquo; de Dieu qui dispense d&amp;rsquo;obéir aux commandements&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;époque est d&amp;rsquo;ailleurs toujours la même que celle de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19583&#34; &gt;l&amp;rsquo;Œuvre au noir&lt;/a&gt; de Marguerite Yourcenar lu récemment : on a vite fait de se retrouver sur le bûcher au moindre soupçon d&amp;rsquo;hérésie (et celle-ci est à géométrie variable). Dans ce roman, en marge de l&amp;rsquo;histoire des béguines, ce sont les Templiers qui vont faire les frais de la colère de Philippe Le Bel, et qui subiront ce châtiment. Marguerite Porete subira aussi le même sort, et la liberté des béguines sera ensuite un peu plus contrôlée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de Maheut la Rousse (il ne fait pas bon d&amp;rsquo;être rousse non plus à cette époque !) n&amp;rsquo;est finalement qu&amp;rsquo;un prétexte à raconter avec précision la vie de cette époque pour ces femmes. C&amp;rsquo;est très bien documenté, et bien écrit, même si certaines descriptions sont un peu répétitives parfois (le spectacle de la rue).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Aline_Kiner&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Aline Kiner&lt;/a&gt; (1959-2019) est une romancière et journaliste française (Thalassa, Sciences &amp;amp; Avenir) après avoir fait des études de lettres. Elle a reçu le prix Culture et Bibliothèques pour tous en 2018 pour cet ouvrage, et ce succès lui a donné un supplément d&amp;rsquo;énergie alors qu&amp;rsquo;elle se savait condamnée.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bartleby - Herman Melville</title>
            <link>https://pled.fr/bartleby-hermann-melville/</link>
            <pubDate>Sat, 14 Jan 2023 10:54:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/bartleby-hermann-melville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bartleby.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit article pour petit roman (par la taille je précise !) :smile: C&amp;rsquo;est sur un article du Monde demandant à des écrivains de conseiller un livre que j&amp;rsquo;ai entendu parler de celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En moins de cent pages, Melville va nous raconter l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un employé, simple copiste d&amp;rsquo;un homme de loi, qui un beau jour décide de répondre à toute demande par la phrase suivante : &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;J&amp;rsquo;aimerais mieux pas&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&amp;quot; ! Et tout cela sans aucune agressivité, ni même aucun signe extérieur de contrariété, son visage restant même totalement neutre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela déstabilise complètement son employeur, qui va tout essayer pour le faire changer d&amp;rsquo;avis plutôt que de le virer, par mansuétude d&amp;rsquo;abord, puis par charité ou philanthropie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, alors c&amp;rsquo;est original, vaguement drôle, mais on fait tout de même rapidement le tour de la blague ! Et même si des philosophes (Derrida, Deleuze&amp;hellip;) se sont penchés sur ce petit ouvrage en disant plein de choses intelligentes, comme nous l&amp;rsquo;explique la préface que j&amp;rsquo;ai trouvé par ailleurs assez longue et barbante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut juste retirer de ce roman cette phrase et trouver le bon moment pour la placer en société quand on vous demande de faire quelque chose qui ne vous sied pas : &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;J&amp;rsquo;aimerais mieux pas.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot;. Ce n&amp;rsquo;est ni un refus, ni une décision, et cela ne nécessite aucune explication supplémentaire, juste un silence qui suffira sans doute à déstabiliser votre interlocuteur ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Herman_Melville&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Herman Melville&lt;/a&gt; (1819-1891) est un romancier et poète américain. Il ne connut le succès avec Moby Dick qu&amp;rsquo;après sa mort. Sa vie mérite le détour, puisqu&amp;rsquo;il sera marin dans le Pacifique, désertera (raconté dans le roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ta%C3%AFpi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Typee&lt;/a&gt;), participera à une mutinerie, s&amp;rsquo;évadera de prison à Tahiti (raconté dans le roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Omoo&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tomoo&lt;/a&gt;). Voilà deux romans que je lirai sans doute avant de m&amp;rsquo;attaquer au monument &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moby-Dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Moby Dick&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Roi par effraction - François Garde</title>
            <link>https://pled.fr/roi-par-effraction-francois-garde/</link>
            <pubDate>Sat, 07 Jan 2023 14:53:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/roi-par-effraction-francois-garde/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;roipareffraction.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre reçu en cadeau de Noël, conseil du libraire&amp;hellip; bon, on n&amp;rsquo;est pas obligé d&amp;rsquo;avoir les mêmes goûts que ledit libraire, je l&amp;rsquo;ai expérimenté depuis longtemps ! :wink: Car si l&amp;rsquo;histoire de Joachim Murat, maréchal d&amp;rsquo;Empire de Napoléon, mérite certes d&amp;rsquo;être contée, la façon dont l&amp;rsquo;auteur a choisi de le faire m&amp;rsquo;a laissé totalement hors de l&amp;rsquo;histoire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman commence quand Murat est incarcéré alors qu&amp;rsquo;il tente dans un geste désespéré de reprendre Naples avec une poignée de compagnons, alors que Napoléon vogue déjà vers St-Hélène. L&amp;rsquo;aventure tourne court, et dès lors, le récit va se diviser entre la vie de Murat proprement dite, et ses derniers jours, emprisonné et attendant la sentence finale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais plutôt que de choisir un style purement biographique, François Garde a choisi de se mettre dans la tête de Murat, et de nous faire part de ses pensées intimes, de ses espoirs, de ses atermoiements, jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;heure de sa mort. Cette façon de faire m&amp;rsquo;a profondément gêné, étant par nature assez imaginaire, voir fantasmée. Dommage, car l&amp;rsquo;auteur connaît manifestement son sujet, le récit de la vie de Murat en témoigne. J&amp;rsquo;aurais préféré plus de détails sur le contexte historique tout au long de cette période que cette introspection imaginaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joachim Murat, fils d&amp;rsquo;un aubergiste, d&amp;rsquo;abord destiné au sacerdoce, s&amp;rsquo;enfuit et s&amp;rsquo;enrôle dans les chasseurs, puis dans la cavalerie où il va exceller. Cavalier émérite mais indiscipliné, il réalisera de nombreux exploits lors de charges héroïques et victorieuses au cours de différentes batailles où l&amp;rsquo;emmène Napoléon Bonaparte. Fait maréchal d&amp;rsquo;Empire et prince français par Napoléon Ier, il sera également grand amiral de l&amp;rsquo;Empire, grand-duc de Berg, puis roi de Naples à partir de 1808 sous le nom de Joachim Napoléon Ier. Marié à Caroline, la sœur de l&amp;rsquo;Empereur, ce dernier le tiendra malgré tout toujours à distance (comme d&amp;rsquo;autres sans doute) quand Murat recherchera toujours sa reconnaissance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Piètre politicien, il lâchera l&amp;rsquo;Empereur après la campagne de Russie, signant un accord avec les autrichiens afin de préserver son royaume de Naples. Rêvant d&amp;rsquo;unifier l&amp;rsquo;Italie, lors du retour de Napoléon de l&amp;rsquo;île d&amp;rsquo;Elbe, dans un ultime revirement, Murat déclare pourtant la guerre à l&amp;rsquo;Autriche. Ce sera l&amp;rsquo;erreur fatale, lâché par Napoléon et obligé de fuire en Corse, d&amp;rsquo;où il lancera sa dernière expédition vers Naples.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Garde&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;François Garde&lt;/a&gt;, né en 1959, est un écrivain et un haut fonctionnaire français. Il est connu pour son roman &amp;ldquo;Ce qu&amp;rsquo;il advint du sauvage blanc&amp;rdquo; qui remporta de nombreux prix, dont le Goncourt du premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Œuvre au noir - Marguerite Yourcenar</title>
            <link>https://pled.fr/loeuvre-au-noir-marguerite-yourcenar/</link>
            <pubDate>Fri, 06 Jan 2023 10:22:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/loeuvre-au-noir-marguerite-yourcenar/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;oeuvreaunoir.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ayant lu et apprécié les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8951&#34; &gt;Mémoires d&amp;rsquo;Hadrien&lt;/a&gt; (1951), premier grand succès de l&amp;rsquo;autrice, je ne pouvais faire l&amp;rsquo;impasse sur cet autre roman historique, clé de voûte de son œuvre si l&amp;rsquo;on en croit Wikipedia.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois, nous sommes transportés au Moyen-Âge, en Flandres au XVIème siècle, dans une époque assez agitée entre les guerres de territoire et celles de religion. Tout cela est d&amp;rsquo;ailleurs un peu compliqué à suivre, entre les catholiques et les protestants (réformes calviniste et luthérienne), et la réforme radicale avec ses &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anabaptisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;anabaptistes&lt;/a&gt;. Ces derniers, mêlant révolte religieuse et sociale, et s&amp;rsquo;écartant un peu trop du dogme officiel, seront d&amp;rsquo;ailleurs massacrés par l&amp;rsquo;armée coalisée des princes, défenseurs du Saint-Empire romain germanique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une préface donnant les bases du contexte historique n&amp;rsquo;aurait vraiment pas été superflue ! D&amp;rsquo;habitude, je râle quand les préfaces dévoilent l&amp;rsquo;histoire et regrette qu&amp;rsquo;elles n&amp;rsquo;aient pas été des postfaces : pour une fois c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;inverse ! Heureusement, les notes de l&amp;rsquo;auteur en fin d&amp;rsquo;ouvrage aident un peu ; on y trouve aussi les &amp;ldquo;Carnets de notes&amp;rdquo; que l&amp;rsquo;auteur a tenu à faire incorporer aux éditions de son roman, et ils valent le détour !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est le personnage de Zenon que nous allons suivre : libre penseur, philosophe, chirurgien, alchimiste&amp;hellip; Il a eu une vie riche et traversé son époque en prenant toujours ses précautions, parfois amené à fuir du jour au lendemain pour sauver sa peau. Nous allons l&amp;rsquo;accompagner jusqu&amp;rsquo;à ses derniers jours, lorsqu&amp;rsquo;il sera finalement arrêté et jugé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le fait le plus marquant de l&amp;rsquo;époque est l&amp;rsquo;omniprésence de la religion et du christianisme en particulier, ainsi que l&amp;rsquo;obligation pour chacun d&amp;rsquo;y croire : dans le cas contraire, la vie ne vaut pas cher !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est magnifiquement écrit, avec un vocabulaire riche, comme Marguerite Yourcenar sait faire. Voilà ce que nous précise les notes de l&amp;rsquo;auteur sur le contexte historique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La formule L&amp;rsquo;Œuvre au noir, donnée comme titre au présent livre, désigne dans les traités alchimiques la phase de séparation et de dissolution de la substance qui était, dit-on, la part la plus difficile du Grand Œuvre. On discute encore si cette expression s&amp;rsquo;appliquait à d&amp;rsquo;audacieuses expériences sur la matière elle-même ou s&amp;rsquo;entendait symboliquement des épreuves de l&amp;rsquo;esprit se libérant des routines et des préjugés. Sans doute a-t-elle signifié tout à tour ou à la fois l&amp;rsquo;un et l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les quelques soixante années à l&amp;rsquo;intérieur desquelles s&amp;rsquo;enferme l&amp;rsquo;histoire de Zénon ont vu s&amp;rsquo;accomplir un certain nombres d&amp;rsquo;événements qui nous concernent encore : la scission de ce qui restait vers 1510 de l&amp;rsquo;ancienne Chrétienté du Moyen Âge en deux partis théologiquement et politiquement hostiles ; la faillite de la Réforme devenue protestantisme et l&amp;rsquo;écrasement de ce que l&amp;rsquo;on pourrait appeler son aile gauche ; l&amp;rsquo;échec parallèle du catholicisme enfermé pour quatre siècles dans le corselet de fer de la Contre-Réforme ; les grandes explorations tournées de plus en plus en simple mise en coupe du monde ; le bond en avant de l&amp;rsquo;économie capitaliste, associé aux débuts de l&amp;rsquo;ère des monarchies.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela donne envie de lire cette histoire, non ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le plus étonnant sont ces fameux &amp;ldquo;Carnets de notes&amp;rdquo; : ils nous révèle la face cachée qu&amp;rsquo;un auteur peut avoir avec son œuvre, et comment le temps qui passe continue de le faire réfléchir à son contenu. Voilà quelques exemples :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Où, quand, comment ? Où que ce soit, à quelle date et peu importe quels moyens, je suis sûre d&amp;rsquo;avoir à mon chevet un médecin et un prêtre - Zénon et le prieur des Cordeliers.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comparant les personnages d&amp;rsquo;Hadrien et Sénon :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Deux êtres profondément différents l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre : l&amp;rsquo;un reconstruit sur des fragments du réel, l&amp;rsquo;autre imaginaire, mais nourri d&amp;rsquo;une bouillie de réalité. Les deux lignes de force, l&amp;rsquo;une partie du réel et remontant vers l&amp;rsquo;imaginaire, l&amp;rsquo;autre partie de l&amp;rsquo;imaginaire et s&amp;rsquo;enfonçant dans le réel, s&amp;rsquo;entrecroisant. Le point central est précisément le sentiment de l&amp;rsquo;ÊTRE.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de la longue période de la vie de Zénon qui n&amp;rsquo;est pas détaillée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai pourtant passé bien des heures à rêver ces épisodes, et il était tentant de les écrire, quitte à donner au livre cent pages de plus&amp;hellip; Mais la hiérarchie des faits et des souvenirs eût été irréparablement compromise. On aurait eu une de ces pâles biographies où rien n&amp;rsquo;est dit parce que tout l&amp;rsquo;est.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_Yourcenar&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marguerite Yourcenar&lt;/a&gt; (1903-1987) est une femme de lettres française naturalisée américaine en 1947 (elle quitte la France en 1939), auteur de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poète, traductrice, essayiste et critique littéraire. Son roman L&amp;rsquo;Œuvre au noir, paru en 1968, connaît un grand succès et remporte le prix Femina par un vote à l&amp;rsquo;unanimité du jury. Elle fut la première femme élue à l’Académie française (1980).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Âme brisée -  Akira Mizubayashi</title>
            <link>https://pled.fr/ame-brisee-akira-mizubayashi/</link>
            <pubDate>Wed, 04 Jan 2023 17:18:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ame-brisee-akira-mizubayashi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ame-brisee.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur reddit (sujet &amp;ldquo;weekend culture&amp;rdquo; du vendredi) que j&amp;rsquo;ai entendu parlé en bien de ce roman. La personne disait qu&amp;rsquo;elle avait même eu la larme à l&amp;rsquo;œil au cours du récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je dois dire que moi aussi, j&amp;rsquo;ai ressenti de l&amp;rsquo;émotion en lisant cette histoire touchante, très bien racontée, de ce violon dont l&amp;rsquo;âme a été brisée, et qui à travers le temps et l&amp;rsquo;espace va retrouver vie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est transporté dans un monde d&amp;rsquo;amour de la musique et de personnages aux sentiments nobles&amp;hellip; Et franchement, ça fait du bien !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Akira_Mizubayashi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Akira_Mizubayashi&lt;/a&gt;, né en 1951, est un écrivain japonais, d&amp;rsquo;expression japonaise et française. Ce roman a reçu le prix des libraires 2020.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le profanateur - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/le-profanateur-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Tue, 20 Dec 2022 16:28:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-profanateur-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;LeProfanateur.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai vu cette réédition sur le site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.dickien.fr/index_files/tag-r00e900e9dition.php&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;dickien.fr&lt;/a&gt;, le titre ne me disant rien, je l&amp;rsquo;ai acheté en passant à la librairie. Après vérification je l&amp;rsquo;avais déjà lu, dans un recueil de romans de la collection Omnibus, édité par les Presses de la Cité (voir image ci-dessous). Mais c&amp;rsquo;était il y a si longtemps que je l&amp;rsquo;ai relu avec grand plaisir, n&amp;rsquo;en ayant gardé aucun souvenir ! :oops:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est plutôt sympa : dans une société extrêmement moralisatrice où toute chose non utile, le plaisir compris, est sévèrement réprimée (Vive le Rémor, ou le Réarmement Moral), Allan Purcell, cadre dans une agence de communication, parfaitement intégré à la société, se met à commettre la nuit des actes de vandalisme dont il ne garde aucun souvenir. La façon dont il dénature la statue du fondateur du Rémor, son premier méfait, est hilarante !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;152px&#34; data-flex-grow=&#34;63&#34; height=&#34;306&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-profanateur-philip-k-dick/omnibus.png&#34; width=&#34;195&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Allan va essayer de comprendre ce qui lui arrive, alors qu&amp;rsquo;au même moment on lui propose une promotion inespérée, le poste de directeur de TéléMédia, qui diffuse les programmes TV&amp;hellip; Les deux événements auraient-ils un lien ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La scène finale, très bien amenée, conclut fort habilement ce petit roman peu connu qui date de 1956, ce qui en fait donc l&amp;rsquo;un des premiers romans de P. K. Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, principalement de science-fiction. Plusieurs de ses romans ont été porté à l’écran, comme Blade Runner, Minority Report, Total Recall… Moins connu, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Scanner_Darkly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A Scanner Darkly&lt;/a&gt; (l’adaptation de Substance Mort) est vraiment excellent dans le genre « délire schizo » familier à Dick. Ses nouvelles complètes, qui étaient épuisées, ont été rééditées par Gallimard dans la collection Quarto, en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Nouvelles-completes-I-et-II#&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;deux gros volumes&lt;/a&gt; à déguster.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Croc-blanc - Jack London</title>
            <link>https://pled.fr/croc-blanc-jack-london/</link>
            <pubDate>Wed, 14 Dec 2022 15:47:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/croc-blanc-jack-london/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;croc-blanc.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais lu quelques Jack London récemment, et j&amp;rsquo;avais laissé de côté Croc-blanc, il était temps de combler cette lacune.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois, on est pour de bon dans un roman pour adolescent, l&amp;rsquo;histoire étant assez romanesque avec un happy-end digne de Disney à la fin ! De plus, le récit étant écrit du point de vue de Croc-Blanc, l&amp;rsquo;anthropomorphisme y est omniprésent, et gêne parfois la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est loin de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18993&#34; &gt;Martin Eden&lt;/a&gt;, le meilleur de ceux que j&amp;rsquo;ai lu ! Ceci dit, les aventures de Croc-blanc sont tout de même agréables à suivre, et le roman à lire. On ne peut toutefois s&amp;rsquo;empêcher de le mettre en parallèle avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19007&#34; &gt;l&amp;rsquo;Appel de la forêt&lt;/a&gt;, le premier succès de Jack London, écrit en 1903 : ce dernier relate l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un chien domestique enlevé à un juge par des malfrats, qui se retrouve en Alaska à tirer des traîneaux, à subir de mauvais traitements, finit par rencontrer un bon maître, et à la fin rejoindra une meute de loups.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, c&amp;rsquo;est le chemin inverse : Croc-blanc est né d&amp;rsquo;un père loup et d&amp;rsquo;une mère mi-chienne mi-louve dans le grand &amp;ldquo;Wild&amp;rdquo; où survivre est le seule loi qui compte, passera à peu près par les mêmes étapes pour finir en Californie dans la résidence d&amp;rsquo;un juge ! Publié en 1906, on peut se demander si Jack London n&amp;rsquo;a pas repris la même idée &amp;ldquo;à l&amp;rsquo;envers&amp;rdquo; avec l&amp;rsquo;idée de surfer sur son premier succès !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack London&lt;/a&gt; (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l’aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d’aventures. Il ne faut le réduire à un écrivain pour adolescents, son œuvre est beaucoup plus vaste et aussi politiquement engagée.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Poussière dans le vent - Leonardo Padura</title>
            <link>https://pled.fr/poussiere-dans-le-vent-leonardo-padura/</link>
            <pubDate>Mon, 12 Dec 2022 16:59:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/poussiere-dans-le-vent-leonardo-padura/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;poussieredanslevent.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien cet auteur, que j&amp;rsquo;avais découvert avec l&amp;rsquo;excellent &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34; &gt;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, qui retrace sous forme romancée l&amp;rsquo;assassinat de Trostky à Cuba.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman-ci raconte l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un groupe d&amp;rsquo;amis très soudés depuis le lycée, qui aime à s&amp;rsquo;appeler &amp;ldquo;Le Clan&amp;rdquo;, et qu&amp;rsquo;un événement mystérieux va faire exploser (un mort et une disparition), amenant certains d&amp;rsquo;entre eux à s&amp;rsquo;exiler aux États-Unis ou en Europe. L&amp;rsquo;auteur va nous les présenter un par un, éclaircissant peu à peu le fameux événement (qui fera un peu &amp;ldquo;pschitt&amp;rdquo; à mon avis, mais peu importe).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car le vrai sujet du roman est l&amp;rsquo;échec du système Cubain, ainsi que l&amp;rsquo;exil auquel sont amenés les gens s&amp;rsquo;ils veulent avoir une vie à la hauteur de leurs aspirations. L&amp;rsquo;histoire se passe dans les années 90, et la pénurie de denrées alimentaires se fait durement sentir ; nourrir sa famille devient un combat quotidien, tout se fait en mode débrouille, pendant que l&amp;rsquo;État continue de déverser des messages optimistes. Avec le temps, la pénurie ne fait qu&amp;rsquo;aggraver la corruption déjà présente, anéantissant l&amp;rsquo;espoir qui pourrait encore subsister chez les plus authentiques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si beaucoup de membres du Clan vont s&amp;rsquo;exiler, chacun vivra son exil très différemment, certains voulant tirer un trait définitif sur le passé et tout oublier, quand d&amp;rsquo;autres nourriront toujours une nostalgie et une mélancolie pour leur île chérie, l&amp;rsquo;individualisme occidental ne leur correspondant pas&amp;hellip; Clara, personnage central du groupe, choisira elle de rester et d&amp;rsquo;y élever ses enfants, qui eux s&amp;rsquo;exileront à leur tour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela est très bien raconté par l&amp;rsquo;auteur, et le tableau dressé d&amp;rsquo;une vie à Cuba bien pessimiste. Le roman manque toutefois un peu de rythme, chaque membre du groupe racontant finalement un peu la même chose, principalement l&amp;rsquo;inexorable échec du système cubain : difficulté pour se nourrir, pas de travail, corruption, peur de la police et de la délation. Et sans doute la nostalgie éprouvée par l&amp;rsquo;auteur lui-même&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Padura&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Leonardo Padura&lt;/a&gt; est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Il est aussi l’auteur du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8605&#34; &gt;Cycle Les Quatre saisons&lt;/a&gt;, quatre polars avec dans le rôle principal Mario Conde, un flic « hétérosexuel macho-stalinien », alcoolo et désabusé, vengeur des petits et des faibles !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nullarbor - David Fauquemberg</title>
            <link>https://pled.fr/nullarbor-david-fauquemberg/</link>
            <pubDate>Fri, 02 Dec 2022 09:38:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nullarbor-david-fauquemberg/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nullarbor.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je crois que c&amp;rsquo;est ma sœur qui m&amp;rsquo;a parlé de cet auteur, et quand j&amp;rsquo;ai vu qu&amp;rsquo;il avait remporté le prix Nicolas Bouvier 2007 pour ce roman, je n&amp;rsquo;ai pas hésité une seconde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est un vrai récit de voyage dans lequel nous embarque l&amp;rsquo;auteur, sans fioritures, on est pris par le rythme, tout peut arriver au prochain paragraphe, sans avertissement ni préambule.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Récit à la première personne de ce jeune français qui traverse sans trop de moyens l&amp;rsquo;Australie de Sydney à Perth, croisant des personnages atypiques, et qui une fois arrivé à Perth, à court d&amp;rsquo;argent, se retrouve embarqué sans aucune expérience sur &amp;ldquo;La perle des mers&amp;rdquo; pour une campagne de pêche. Le récit sera glaçant, tant par les conditions de travail plus que dangereuses que par la façon dont les requins sont rejetés à la mer encore vivants après leur avoir découpé leur aileron, pratique interdite mais rémunératrice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il remonte vers le nord, du côté de Broome, où il va enfin faire une vraie rencontre avec Augustus, un ancien de la tribu Bardi, force de la nature, qui l&amp;rsquo;accueille et lui fait partager la vie locale. &amp;ldquo;Napoleon&amp;rdquo; (ainsi nommé par Augustus) va enfin découvrir ce qu&amp;rsquo;il était venu chercher.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;à la dernière scène, j&amp;rsquo;ai cru à un véritable journal de voyage&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Fauquemberg&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;David Fauquemberg&lt;/a&gt;, né en 1973, est un écrivain et traducteur français. Nullarbor est son premier roman, pour lequel il a donc remporté le prix Nicolas Bouvier, grand maître de la littérature de voyage( voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2009&#34; &gt;L&amp;rsquo;usage du monde&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La tristesse du samouraï - Victor del Arbol</title>
            <link>https://pled.fr/la-tristesse-du-samourai-victor-del-arbol/</link>
            <pubDate>Sun, 27 Nov 2022 17:44:12 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-tristesse-du-samourai-victor-del-arbol/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tristesse-samourai.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plus le titre que de bonnes critiques qui m&amp;rsquo;a attiré vers ce roman noir espagnol, entre polar et thriller, dans une Espagne encore marquée par le franquisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur nous emmène vite dans son intrigue, mêlant époque contemporaine et les années de la seconde guerre mondiale, quand l&amp;rsquo;Espagne est en pleine dictature militaire sous Franco. Les liens entre les différents protagonistes vont peu à peu se dévoiler, révélant des destins croisés et emmêlés&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand Maria, avocate, fait condamner en 1977 un policier pour tortures, elle ne se doute pas qu&amp;rsquo;en 1941, une femme a été froidement abattue pour avoir tenté de fuir son mari violent, Guillermo Mola, chef de la Phalange de la région. Et qu&amp;rsquo;en agissant ainsi, elle est elle-même manipulée&amp;hellip; pour essayer de faire enfin accuser l&amp;rsquo;immonde Publio, l&amp;rsquo;homme de confiance de Guillermo, qui a toujours su rester dans l&amp;rsquo;ombre et tire encore les ficelles de nos jours, préparant la tentative de coup d&amp;rsquo;État de 1981 (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tentative_de_coup_d%27%C3%89tat_de_1981_en_Espagne&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;bien réelle&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les nostalgiques du franquisme ont la vie dure, et la vengeance est un plat qui se mange froid ! C&amp;rsquo;est bien écrit, l&amp;rsquo;intrigue est prenante et les pièces du puzzle se mettent petit à petit en place, c&amp;rsquo;est le principal intérêt de l&amp;rsquo;histoire. Et c&amp;rsquo;est bien un roman noir, pas de happy end !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%ADctor_del_%C3%81rbol&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Victor del Arbol&lt;/a&gt;, né en 1968 à Barcelone, est un auteur de roman policier. Auparavant, il a travaillé comme fonctionnaire dans le corps de la police catalane. C&amp;rsquo;est ce roman, paru en 2011, traduit en une douzaine de langues, best-seller en France, qui lui a apporté la notoriété et le prix du polar européen 2012.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Magellan - Stefan Zweig</title>
            <link>https://pled.fr/magellan-stefan-sweig/</link>
            <pubDate>Fri, 25 Nov 2022 16:46:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/magellan-stefan-sweig/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;magellan.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a tous appris à l&amp;rsquo;école que Magellan était le premier homme à avoir fait le tour du monde ! Mais le récit précis et détaillé qu&amp;rsquo;en fait Stefan Zweig vaut la peine d&amp;rsquo;être lu. L&amp;rsquo;auteur a lu toutes les archives et s&amp;rsquo;attache être précis et à préciser les sources (ou leur absence) quand il le faut.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Magellan, fort d&amp;rsquo;une solide expérience de marin et de soldat acquise lors de précédents voyages en Orient et au Maroc, doté d&amp;rsquo;un caractère effacé et taciturne, mais aussi très obstiné et ambitieux, sollicite auprès du roi Manoel du Portugal un poste qu&amp;rsquo;il estime avoir largement mérité. Devant le refus (et le mépris) affiché par son souverain, il va se tourner vers le royaume d&amp;rsquo;Espagne, et obtenir du futur Charles Quint les moyens de financer une expédition vers l&amp;rsquo;Ouest. Cinq bateaux vont être préparés. Le pari est risqué, mais le profit peut être énorme !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car à cette époque, les épices sont la source d&amp;rsquo;une extrême richesse. La route connue passe par le contournement de l&amp;rsquo;Afrique, et est contrôlée par les portugais. En effet, à la suite du premier voyage de Christophe Colomb, le pape a divisé le monde entre une zone réservée à l&amp;rsquo;Espagne, et l&amp;rsquo;autre au Portugal : c&amp;rsquo;est le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Tordesillas&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;traité de Tordesillas&lt;/a&gt;. La ligne de partage se situe à l&amp;rsquo;Ouest des îles du Cap Vert (incluant un petit bout du Brésil, ce qui explique pourquoi l&amp;rsquo;on y parle portugais alors que tout le reste de l&amp;rsquo;Amérique latine parle espagnol).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée de Magellan est simple : il est persuadé de pouvoir contourner le continent américain comme cela a été fait par les portugais avec le Cap de Bonne-Espérance en Afrique. Ce faisant, il espère atteindre les îles aux épices (les Moluques), espérant les rendre de fait espagnoles : l&amp;rsquo;incertitude de la distance à parcourir pour faire le tour du monde rendant incertaine la position du méridien à l&amp;rsquo;opposé à la ligne de partage du traité de Tordesillas&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le passage (le détroit de Magellan, un étroit goulet avant d&amp;rsquo;atteindre l&amp;rsquo;extrémité du continent (le Cap Horn ) est hélas beaucoup plus au Sud que le Cap de Bonne-Espérance, et les certitudes de Magellan s&amp;rsquo;effondrent. Les vivres commencent sérieusement à manquer, la mutinerie des capitaines espagnols contre ce portugais mutique qui dirige tout d&amp;rsquo;une main de fer, la longue traversée du Pacifique, tout cela rend ce voyage passionnant, et c&amp;rsquo;est un miracle qu&amp;rsquo;ils arrivent à trois bateaux (l&amp;rsquo;un a fait naufrage, l&amp;rsquo;autre a déserté et fait demi-tour) aux îles aux épices . La preuve que Magellan était un grand navigateur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, alors que le plus dur est fait, Magellan va trouver bêtement la mort lors d&amp;rsquo;un combat inutile contre une tribu rebelle : il sous-estime leurs forces, ou surestime les siennes, et n&amp;rsquo;engage que 60 hommes alors qu&amp;rsquo;il pouvait en disposer de beaucoup plus, sans compter l&amp;rsquo;aide des guerriers du souverain local avec qui il est allié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un seul bateau reviendra à Séville, avec seulement dix-huit hommes à bord. Magellan ne recevra aucun honneur posthume, dénigré à la fois par les espagnols et par les portugais. Aucune de ses dernières volontés (il avait rédigé son testament avant de partir) ne sera exécutée. Il faudra attendre le XXe siècle pour qu&amp;rsquo;il soit réhabilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a un documentaire sur Arte, en 4 épisodes, qui retrace cette aventure : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023013/l-incroyable-periple-de-magellan/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;incroyable périple de Magellan&lt;/a&gt;. Tout aussi passionnant, peut-être plus complet et avec des images des lieux traversés, comme le détroit de Magellan, où l&amp;rsquo;imagine mieux la difficulté à trouver un passage vu l&amp;rsquo;état où en était déjà l&amp;rsquo;expédition&amp;hellip; Il aura fallu beaucoup de force de caractère et d&amp;rsquo;excellents marins pour réussir cet exploit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Stefan Zweig&lt;/a&gt; ( 1881-1942) est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Il quitte son pays natal en 1934, en raison de la montée du nazisme pour se réfugier à Londres, puis au Brésil où il se suicidera. Il est l&amp;rsquo;auteur de plusieurs biographies : Joseph Fouché, Marie-Antoinette, Marie Stuart&amp;hellip; et Magellan. Dans son livre testament, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_d%27hier._Souvenirs_d%27un_Europ%C3%A9en&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le Monde d&amp;rsquo;hier. Souvenirs d&amp;rsquo;un Européen&lt;/a&gt;, Zweig se fait chroniqueur de cet « âge d&amp;rsquo;or » de l&amp;rsquo;Europe et analyse ce qu&amp;rsquo;il considère comme l&amp;rsquo;échec d&amp;rsquo;une civilisation.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bitterroot - James Lee Burt</title>
            <link>https://pled.fr/bitterroot-james-lee-burt/</link>
            <pubDate>Fri, 18 Nov 2022 10:39:37 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bitterroot.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Polar conseillé par &amp;ldquo;La petite librairie&amp;rdquo;, décrit comme &amp;ldquo;un roman noir au grand air&amp;rdquo;, je me suis dit pourquoi pas ? D&amp;rsquo;autant que j&amp;rsquo;ai déjà lu du James Lee Burke avec son flic favori Dave Robicheaux qui enquête dans la Louisiane profonde&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici c&amp;rsquo;est un autre de ses personnages auquel l&amp;rsquo;auteur nous convie, c&amp;rsquo;est Billy Bob Holland, ex-Texas Ranger devenu avocat, qui passe quelques jour dans le Montana, chez son ami Voss dit &amp;ldquo;le Doc&amp;rdquo;, vétéran du Vietnam peu loquace, et prompt à régler ses comptes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Polar assez pesant, où la violence est latente sur fond de profits tirés mine d&amp;rsquo;or détruisant la nature, de ségrégationnistes, d&amp;rsquo;une bande de bikers, et même de mafieux&amp;hellip; sans oublier quelques agents fédéraux omniprésents. Alors certes la nature grandiose du Montana est présente et nombreux paraphes la décrivant parsèment le récit pour lui rendre hommage, mais bon, ça m&amp;rsquo;a semblé un peu trop détaché de l&amp;rsquo;intrigue elle-même, comme si c&amp;rsquo;était une tâche que s&amp;rsquo;était assigné l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Intrigue à laquelle je n&amp;rsquo;ai pas plus accroché, Billy Bob étant loin d&amp;rsquo;être sympathique (il est hanté par le meurtre involontaire d&amp;rsquo;un ami, et son comportement avec les femmes laisse beaucoup à désirer), tout comme son ami le Doc qui traverse l&amp;rsquo;histoire en décrochant à peine quelques mots.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref on s&amp;rsquo;ennuie pas mal et il ne se passe pas grand chose entre les éclats de violence qui font progresser une intrigue plutôt brouillonne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Lee_Burke&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Lee Burke&lt;/a&gt;, né en 1936, est un auteur de romans policiers américain. Dave Robicheaux reste son personnage le plus connu, et si vous n&amp;rsquo;avez pas vu le film &amp;ldquo;Dans la brume électrique&amp;rdquo; (à défaut d&amp;rsquo;avoir lu le bouquin) je vous le recommande chaudement !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Mage du Kremlin - Giuliano da Empoli</title>
            <link>https://pled.fr/le-mage-du-kremlin-giuliano-da-empoli/</link>
            <pubDate>Thu, 17 Nov 2022 15:20:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-mage-du-kremlin-giuliano-da-empoli/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lemagedukremlin.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman a failli être prix Goncourt&amp;hellip; Il était finaliste de ce scrutin très indécis. Personnellement, le sujet abordé ici me paraît plus intéressant que celui du lauréat, &amp;ldquo;Vivre vite&amp;rdquo;, une remise en question d&amp;rsquo;un destin tragique à coup de &amp;ldquo;Et si&amp;hellip;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Mage du Kremlin retrace l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme de l&amp;rsquo;ombre participant à la prise de pouvoir de Vladimir Poutine. C&amp;rsquo;est un roman, mais inspiré de personnages et de faits réels.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Honnêtement, je n&amp;rsquo;ai pas appris grand chose de l&amp;rsquo;arrivée au pouvoir de Poutine : homme de Elstine, directeur du FSB (ex-KGB), il joue les modestes en n&amp;rsquo;acceptant qu&amp;rsquo;à reculons le poste de président du gouvernement de la Russie. Mais une fois en poste, il va très vite tout verrouiller et s&amp;rsquo;attribuer les pleins pouvoirs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vadim Baranov est le &amp;ldquo;mage&amp;rdquo; (inspiré de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladislav_Sourkov&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vladislav Sourkov&lt;/a&gt;, éminence grise de Vladimir Poutine) qui va rencontrer un lettré français venu à Moscou faire des recherches sur Zamiatine, l&amp;rsquo;auteur de &amp;ldquo;Nous&amp;rdquo; (article &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=241&#34; &gt;ici&lt;/a&gt;), célèbre dystopie pré-Stalinienne qui a probablement inspiré George Orwell et son 1984. Vadim, personnage cultivé, ayant travaillé d&amp;rsquo;abord à la télévision russe, va lui raconter comment il a participé à l&amp;rsquo;avènement de Poutine et aidé à asseoir son pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La ficelle Zamiatine pour initier l&amp;rsquo;entretien entre les deux hommes est un peu grosse, tout comme la fin du roman, avec la vision d&amp;rsquo;un futur déshumanisé, à coups de grandes pensées sur l&amp;rsquo;occident, l&amp;rsquo;exercice du pouvoir dans une démocratie, la technologie développée pour la guerre, la disparition de la vie privée&amp;hellip; tout cela aboutissant au monde totalitaire que décrit Zamiatine justement. Ou à l&amp;rsquo;arrivée de Dieu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le plus intéressant est sans doute la période d&amp;rsquo;ouverture à l&amp;rsquo;occident et donc au capitalisme (époque Gorbatchev puis Eltsine), décrite comme un véritable Far West où les plus malins ont tout raflé, devenant immensément riches, alors que le peuple continuait de manquer de tout. Cela créait les conditions pour une reprise en main d&amp;rsquo;un pouvoir ferme ; voilà ce que raconte Vadim sur le peuple russe alors qu&amp;rsquo;il travaillait à la TV :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous faisions une télévision barbare et vulgaire comme le veut la nature de ce média. Les Américains n’avaient plus rien à nous apprendre, en fait c’était nous qui repoussions les frontières du trash. Mais, de temps à autre, l’immémoriale âme russe émergeait des profondeurs. À un certain moment, nous avons eu l’idée d’un grand show patriotique. En demandant à notre public de nous indiquer ses héros, les personnages sur lesquels se fonde l’orgueil de la mère Russie, nous nous attendions aux grands esprits : Tolstoï, Pouchkine, Andreï Roublev, ou que sais-je, un chanteur, un acteur comme cela arriverait chez vous. Mais que nous ont donné les spectateurs, la masse informe du peuple habitué à courber le dos et baisser le regard ? Que des noms de dictateurs. Leurs héros, les fondateurs de la patrie, coïncidaient avec une liste d’autocrates sanguinaires : Ivan le Terrible, Pierre le Grand, Lénine, Staline. On a été obligés de falsifier les résultats pour faire gagner Alexandre Nevski, un guerrier au moins, pas un exterminateur. Mais celui qui a recueilli le plus de voix fut Staline. Staline, vous vous rendez compte ? C’est là que j’ai compris que la Russie ne serait jamais devenue un pays comme les autres. Non pas qu’il y ait eu un vrai doute.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et une fois arrivé au pouvoir, la Tchétchénie sera le théâtre parfait pour Poutine de montrer qu&amp;rsquo;il ne plaisante pas :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— L’arène idéale est sous nos yeux, reprit Poutine. La patrie est sous pression. Les intégristes islamiques ne se contentent plus de la Tchétchénie, ils visent à s’emparer du Daguestan puis de l’Ingouchie, de la Bachkirie et jusqu’au cœur du pays. Si nous les laissons faire, dans quelques années il ne restera plus aucune trace de la Fédération.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Pardonnez-moi, Vladimir Vladimirovitch, j’y réfléchirais à deux fois avant de m’engager dans ce bordel. Ces dernières années, la Tchétchénie a tué plus de carrières politiques à Moscou que d’ennemis sur le champ de bataille.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Parce qu’aucun de ces politiciens n’a affronté l’affaire avec assez d’énergie. Ils voulaient faire la guerre sans le dire, une guerre humaine, à l’américaine, et voyez comme cela s’est terminé. Ils se sont fait massacrer par les islamistes. Moi, je vous parle d’autre chose. Gagner le prix Nobel de la paix ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est de vaincre les séparatistes et la menace qu’ils représentent pour l’intégrité de la Fédération de Russie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Je ne discute pas les raisons géopolitiques, Vladimir Vladimirovitch, je n’y entends rien. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que politiquement c’est un suicide.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— C’est là que vous faites erreur, Vadim Alexeïevitch, vous vous êtes laissé convaincre par les Occidentaux qu’une campagne électorale consiste en deux équipes d’économistes qui se disputent autour d’un dossier en PowerPoint. Ce n’est pas le cas : en Russie, le pouvoir, c’est autre chose.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On sait ce qu&amp;rsquo;il a fait (et comment) en Tchétchénie&amp;hellip; Poutine va mettre son système en place, entouré d&amp;rsquo;une garde rapprochée, où lui seul décide, et où il est fortement recommandé d&amp;rsquo;obéir. Et si l&amp;rsquo;on en croit ce récit, le cercle d&amp;rsquo;influence va se restreindre petit à petit, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il se retrouve seul à gouverner, la paranoïa aidant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Tu sais quel est le problème, Vadia ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Bien sûr que je le sais, Boris, le problème c’est que Poutine est un espion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Non, écoute-moi, Vadia, ce n’est pas un espion. Ton chef travaillait pour le contre-espionnage. Ce n’est pas la même chose du tout ! Tu sais quelle est la différence ? Que les espions cherchent des informations exactes, c’est leur métier. Le métier des gens du contre-espionnage en revanche est d’être paranoïaques. Voir des complots partout, des traîtres, les inventer quand on en a besoin : ils ont été formés comme ça, la paranoïa fait partie de leurs obligations professionnelles. Dans la tête du Tsar, rien n’arrive jamais spontanément. Les médias sont toujours manipulés. Les manifs, l’indignation des gens, rien n’est jamais comme cela en a l’air. Il y a toujours quelqu’un derrière qui tire les ficelles, un marionnettiste qui poursuit son propre dessein. C’est ce qu’il a pensé au moment du sous-marin, quand les journalistes faisaient simplement leur métier et que les gens avaient toutes les raisons du monde d’être en colère. Et c’est ce qu’il pense maintenant en ce qui concerne l’Ukraine. Comme si ces pauvres Ukrainiens n’avaient pas leurs raisons pour se rebeller contre les bandits qui les gouvernent.— Non, écoute-moi, Vadia, ce n’est pas un espion. Ton chef travaillait pour le contre-espionnage. Ce n’est pas la même chose du tout ! Tu sais quelle est la différence ? Que les espions cherchent des informations exactes, c’est leur métier. Le métier des gens du contre-espionnage en revanche est d’être paranoïaques. Voir des complots partout, des traîtres, les inventer quand on en a besoin : ils ont été formés comme ça, la paranoïa fait partie de leurs obligations professionnelles. Dans la tête du Tsar, rien n’arrive jamais spontanément. Les médias sont toujours manipulés. Les manifs, l’indignation des gens, rien n’est jamais comme cela en a l’air. Il y a toujours quelqu’un derrière qui tire les ficelles, un marionnettiste qui poursuit son propre dessein. C’est ce qu’il a pensé au moment du sous-marin, quand les journalistes faisaient simplement leur métier et que les gens avaient toutes les raisons du monde d’être en colère. Et c’est ce qu’il pense maintenant en ce qui concerne l’Ukraine. Comme si ces pauvres Ukrainiens n’avaient pas leurs raisons pour se rebeller contre les bandits qui les gouvernent.[&amp;hellip;] La Russie de Poutine n’est pas ma patrie, Vadia. Je ne la reconnais plus. Avec tous nos défauts, pour la première fois dans l’histoire russe, nous avions réussi à construire un pays libre, dans lequel les personnes pouvaient dire et faire ce qu’elles voulaient. Pour la première fois en onze siècles d’histoire, Vadia, tu te rends compte ? Et en quelques années vous avez tout foutu en l’air, tout. Vous avez retransformé la Russie en ce qu’elle a toujours été : une énorme prison.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors roman, fiction certes, mais éclairante sur ce que peut être la vision de Poutine sur le monde, et sa façon d&amp;rsquo;exercer le pouvoir. On peut supposer que c&amp;rsquo;est réaliste, même si ce n&amp;rsquo;est pas rassurant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Giuliano_da_Empoli&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Giuliano da Empoli&lt;/a&gt;, né en 1973, est un écrivain et conseiller politique italo-suisse. Il a été le conseiller politique du président du Conseil italien Matteo Renzi. &amp;ldquo;Le Mage du Kremlin&amp;rdquo; est son premier roman, qui a reçu remporté le Grand Prix du Roman de l’Académie française (et donc manqué de peu le Goncourt). Auparavant, il a publié plusieurs essais dont l&amp;rsquo;un consacré aux spin doctors nationaux-populistes (Les Ingénieurs du chaos, Lattès, 2019), traduit en douze langues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Au loin - Hernán Díaz</title>
            <link>https://pled.fr/au-loin-hernan-diaz/</link>
            <pubDate>Mon, 07 Nov 2022 10:53:15 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;auloin.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je suis tombé sur ce bouquin par hasard, et en lisant le résumé, cela m&amp;rsquo;a paru original, avec cette histoire de géant suédois perdu dans le grand Far West et faisant la route en sens inverse de la Californie vers New-York.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et l&amp;rsquo;impression a été confirmée, on se demande bien ce qui se passe dans cette histoire pour le moins atypique. L&amp;rsquo;auteur a pris le parti de décrire le monde à travers les yeux de son héros, et comme ledit héros sait à peine où il se trouve, ne parle pas la langue du pays, et qu&amp;rsquo;au fil de ses aventures il est amené à fuir les hommes&amp;hellip; On se retrouve vite dans une sorte de no man&amp;rsquo;s land où il s&amp;rsquo;agit simplement de survivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Håkan, fils de paysans suédois, totalement inculte, doit émigrer aux États-Unis avec son frère aîné, direction New-York. Mais il se perdent sur le port de Portsmouth, et Håkan embarque sur le mauvais bateau, à destination de la Californie ! À la fois naïf et totalement perdu, ne parlant pas un mot d&amp;rsquo;anglais, il est tour à tour pris en charge, utilisé, ou fait prisonnier sans comprendre grand chose à ce qui se passe. Et le lecteur à peine plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa rencontre avec Lorimer, humaniste scientifique lui est salutaire, il apprend des rudiments d&amp;rsquo;anglais, des connaissances anatomiques et chirurgicales, et acquiert les moyens (un âne et une mule) de vraiment démarrer sa longue route vers l&amp;rsquo;Est et New-York. C&amp;rsquo;est quand il va croiser les colons sur la piste que tout va à nouveau basculer : Håkan, véritable force de la nature et doux comme un agneau, va devoir défendre sa peau et tuer pour survivre. Il devient malgré lui un homme recherché pour meurtre : dès lors, approcher des villes devient dangereux, et la quête vers New-York impossible. Débute alors une longue errance, en mode survie, jusqu&amp;rsquo;à une dernière rencontre qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;emmènera en Alaska. Une fois là, Håkan prendra une nouvelle décision&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire a donc le mérite d&amp;rsquo;être originale, mais on reste tout de même largement sur sa faim. Finalement on ne sait rien des contrées traversées : je m&amp;rsquo;attendais à ce qu&amp;rsquo;il croise des tribus indiennes, mais les plaines sont mystérieusement désertes. La solitude d&amp;rsquo;Håkan finit par peser sur le lecteur : son mode de (sur)vie n&amp;rsquo;offre que peu d&amp;rsquo;intérêt et est assez répétitif, constituant l&amp;rsquo;essentiel d&amp;rsquo;un récit où les rares événements extérieurs auxquels il est confronté manquent singulièrement de contexte et de crédibilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Hernan_Diaz_%28writer%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hernán Díaz&lt;/a&gt;, né en 1973, a été finaliste du prix Pulitzer de la fiction pour ce premier roman. Il explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Est-ce que la question de la nationalité importe encore quand on arrive nulle part ? J’ai été un étranger toute ma vie. Je suis né en Argentine, que j’ai quittée à deux ans pour la Suède, suivi d’un bref retour en Argentine, avant de partir pour Londres, puis New York où je vis depuis vingt ans. C’est une question qui me tient à cœur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ici et maintenant - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/ici-et-maintenant-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Sat, 05 Nov 2022 11:02:48 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;icietmaintenant.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jim Thompson est l&amp;rsquo;un de mes écrivains de polar préférés, et profitant d&amp;rsquo;un creux dans ma liste de lecture, j&amp;rsquo;ai repris celui-ci sur son étagère, en ayant gardé un bon souvenir lors de sa première lecture. J&amp;rsquo;en parle dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11666&#34; &gt;cet article&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit du premier roman de l&amp;rsquo;auteur, et ce n&amp;rsquo;est pas un polar, mais plutôt une chronique semi-autobiographique de sa vie dans les années 40. Le titre &amp;ldquo;zen&amp;rdquo; cache un quotidien d&amp;rsquo;une tristesse absolue, Jimmie se démène pour tenter de boucler les fins de mois, sans grand succès, vivant dans une petite maison avec sa femme, ses trois enfants, sa vieille mère et sa sœur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il travaille comme magasinier dans une usine d&amp;rsquo;aviation (c&amp;rsquo;est le début de la guerre) et nous fait partager ses relations avec ses collègues et ses chefs, allant jusqu&amp;rsquo;à nous expliquer comment sont gérés les stocks de pièces détachées, en quoi le système n&amp;rsquo;est pas fiable, et comment il décide de l&amp;rsquo;améliorer. Mais aussi sa peur de voir son passé communiste ressurgir, qui le ferait renvoyer immédiatement. On ne peut pas dire que ce soit passionnant, mais cela dresse le décor et l&amp;rsquo;ambiance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car les maigres dollars qu&amp;rsquo;il gagne sont absolument nécessaires à maintenir un semblant d&amp;rsquo;équilibre au foyer, où les tensions s&amp;rsquo;accumulent&amp;hellip; Jimmie a connu une période plus faste en écrivant quelques nouvelles, puis a perdu le fil, l&amp;rsquo;alcool n&amp;rsquo;aidant pas à résoudre son mal de vivre dans cette société qu&amp;rsquo;il ne comprend pas. Comme sa mère, qui ne comprend pas pourquoi il n&amp;rsquo;écrit pas à nouveau (comme s&amp;rsquo;il pouvait écrire sur commande)&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela donne un roman très sombre, chargé d&amp;rsquo;un poids et d&amp;rsquo;une tristesse qui accable tout le monde sans espoir d&amp;rsquo;en sortir. Il se passe peu de choses en fait, si ce n&amp;rsquo;est le quotidien d&amp;rsquo;une famille pauvre. Il faudra attendre les dernières pages et même les toutes dernières lignes pour savoir comment cet épisode de sa vie se termine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977) est un écrivain de romans noirs américain. Il est aussi scénariste de cinéma. Côté français, le film « &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt; » de Bertrand Tavernier a été adapté d’un de ses romans, « &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt; » (excellent !); « &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt; » d’Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de « &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt; »  ). Outre-atlantique, on peut aussi citer « &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt; » et « &lt;strong&gt;The killer inside me&lt;/strong&gt; » (« &lt;strong&gt;Le démon dans ma peau&lt;/strong&gt; » ) comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La conquête des îles de la terre ferme - Alexis Jenni</title>
            <link>https://pled.fr/la-conquete-des-iles-de-la-terre-ferme-alexis-jenni/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Nov 2022 17:43:29 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;conquete.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par ma sœur Martine, et ce fut un excellent conseil (ce n&amp;rsquo;est pas toujours le cas, nos goûts diffèrent souvent !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire que l&amp;rsquo;histoire des conquistadors espagnols est un sujet que j&amp;rsquo;ai en tête depuis longtemps, notamment après avoir lu Jared Diamond (dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8838&#34; &gt;De l&amp;rsquo;inégalité parmi les sociétés&lt;/a&gt;) racontant l &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Cajamarca&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;a bataille de Cajamarca&lt;/a&gt; et comment Pizarro avait vaincu l&amp;rsquo;armée de l&amp;rsquo;empereur Atahualpa avec une centaine d&amp;rsquo;hommes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, il s&amp;rsquo;agit du récit (romancé certes, mais tous les faits sont vrais) de la conquête de l&amp;rsquo;empire aztèque par Hermàn Cortés. Là aussi, avec 500 hommes dont certains n&amp;rsquo;étaient que des artisans, il va renverser l&amp;rsquo;empire aztèque. C&amp;rsquo;est le récit incroyable de cette épopée que va nous raconter l&amp;rsquo;un de ces hommes, Juan de la Luna, que Cortés a placé à ses côtés comme secrétaire et gratte-papier. Au crépuscule de sa vie, il revient sur cette incroyable aventure, avec un souffle certain qui emporte le lecteur (moi en tout cas). Cette conquête reste fascinante malgré son côté sanglant. Beaucoup y trouveront la mort, et les rescapés seront à jamais marqués par la violence de l&amp;rsquo;aventure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais un à priori très négatif sur Cortés, ce récit le nuance un peu. Il était manifestement un très habile politique, un meneur d&amp;rsquo;hommes et un fin tacticien. Ensuite, l&amp;rsquo;écart culturel entre ces deux mondes, jusqu&amp;rsquo;à la façon de faire la guerre, était tellement gigantesque que cela ne pouvait que mal tourner. Si les espagnols, attirés par l&amp;rsquo;or, veulent conquérir et convertir les indiens, ces derniers avec leurs sacrifices sanglants quotidiens ne semblent pas représenter un modèle de civilisation non plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre &amp;ldquo;Les îles de la terre ferme&amp;rdquo; vient de la situation de la capitale de l&amp;rsquo;empire : à l&amp;rsquo;arrivée des Espagnols en 1519, Tenochtitlán (Mexico) compte près de 100 000 habitants, et l&amp;rsquo;île sur laquelle se trouve la ville est reliée aux rives du lac par plusieurs chaussées surélevées qui convergent vers le centre cérémoniel, près du temple principal et de la résidence de l&amp;rsquo;empereur Moctezuma.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour mieux visualiser la situation, voilà une carte et une illustration de ce que pouvait être cette cité :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;153px&#34; data-flex-grow=&#34;63&#34; height=&#34;750&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://i2.wp.com/pled.fr/wp-content/uploads/2022/11/carte.jpg?ssl=1&#34; width=&#34;479&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;464px&#34; data-flex-grow=&#34;193&#34; height=&#34;426&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://i0.wp.com/pled.fr/wp-content/uploads/2022/11/mexico.jpeg?ssl=1&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/mexico_837431905931021280_hu_9f6fd0a9e23d5708.jpg 800w, https://i0.wp.com/pled.fr/wp-content/uploads/2022/11/mexico.jpeg?ssl=1 825w&#34; width=&#34;825&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est assez fascinant, et on peut imaginer la surprise des conquistadors quand après des semaines de marche à travers la jungle, après avoir franchi des montagnes, ils ont aperçu cette ville&amp;hellip; (les lacs ont été asséchés depuis, et la ville s&amp;rsquo;est bien entendu étendue).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce que dit Cortés à Juan de la Luna qu&amp;rsquo;il appelle Innocent : :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J’ai vu tout ça. Nous l’avons fait, et on l’oubliera si je ne le raconte pas, personne ne le croira quand il le lira, mais nous l’avons fait. Traverser la mer inconnue, vaincre des armées, détruire nos navires, entrer dans cette ville, nous emparer du grand Montezuma, faire périr ses capitaines pendant qu’il est aux fers, et survivre. Ces grands faits incroyables, nous en sommes les acteurs, mais Dieu seul les préparait sur notre route. Car quels hommes oseraient imaginer tout ça ? Et quels hommes oseraient l’accomplir ? Nous, Innocent, nous. Dieu si tu veux, mais Il ne m’a rien dit, j’ai tout osé seul, et nous tous l’avons fait.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Super bouquin, j&amp;rsquo;ai vraiment aimé le récit, très prenant, avec le style bien particulier d&amp;rsquo;Innocent qui nous plonge dans l&amp;rsquo;époque, mais aussi sa franchise et sa lucidité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_Jenni&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alexis Jenni&lt;/a&gt;, né en 1963 à Lyon, est un écrivain français (et professeur de SVT), qui a reçu le prix Goncourt en 2011 pour &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Art français de la Guerre&amp;rdquo;, son premier roman, (apparemment, les avis ont été mitigés sur ce prix). &amp;ldquo;La Conquête des îles de la Terre Ferme&amp;rdquo; est écrit en 2017, et a reçu le prix du roman historique en 2018 à Blois.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Impact - Olivier Norek</title>
            <link>https://pled.fr/impact-olivier-norek/</link>
            <pubDate>Sat, 22 Oct 2022 09:52:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/impact-olivier-norek/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;impact-norek.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Auteur recommandé par ma frangine, au titre qu&amp;rsquo;il est un ancien flic et que ses romans traitent bien de la réalité, avec le personnage du Capitaine Coste. Avant de me lancer dans la série &amp;ldquo;Coste&amp;rdquo;, je décide tout de même de tester l&amp;rsquo;auteur avec son dernier ouvrage, j&amp;rsquo;ai nommé Impact (2020).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le début, c&amp;rsquo;est une impression de &amp;ldquo;déjà lu&amp;rdquo; qui l&amp;rsquo;a emporté : un capitaine d&amp;rsquo;industrie pris en otage, un duo homme flic/femme psychologue peu crédible, des personnages plus caricaturaux les uns que les autres&amp;hellip; et de tout petits chapitres, il ne s&amp;rsquo;agirait tout de même pas de faire de la littérature ! Quant au scénario, le mieux est de ne rien en dire, surtout la fin en forme de happy-end, il fallait oser&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre les deux c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ennui qui domine avec ces énumérations un chapitre sur deux des méfaits écologiques que subit la planète, tout cela dûment documenté en fin d&amp;rsquo;ouvrage pour faire sérieux&amp;hellip; Je n&amp;rsquo;avais déjà pas aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19097&#34; &gt;Le zoo de Mengele&lt;/a&gt;, là c&amp;rsquo;est pareil, à la sauce française. L&amp;rsquo;écologie sert de prétexte à une intrigue bidon, et on se dit que cela va suffire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dommage, il y avait certainement mieux à faire, mais c&amp;rsquo;est manifestement écrit à toute vitesse, juste un produit de consommation qui va bien se vendre sur les étals des libraires, ou plutôt en grande surface, sa meilleure place.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Norek&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Olivier Norek&lt;/a&gt;, né en 1975 à Toulouse, est un écrivain et scénariste français, capitaine à la police judiciaire, en disponibilité depuis son premier succès littéraire (on ne sait jamais). Peut-être que sa &amp;ldquo;Trilogie 93&amp;rdquo; vaut le détour, à voir.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Zone du Dehors - Alain Damasio</title>
            <link>https://pled.fr/la-zone-du-dehors-alain-damasio/</link>
            <pubDate>Fri, 14 Oct 2022 16:18:24 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lazonedudehors.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;avais acheté &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16047&#34; &gt;La Horde du Contrevent&lt;/a&gt; il y a 2 ans, j&amp;rsquo;avais également fait l&amp;rsquo;acquisition de celui-ci, puisque ces deux ouvrages sont les deux best-sellers de l&amp;rsquo;auteur. Chronologiquement, &amp;ldquo;La Zone du Dehors&amp;rdquo; est d&amp;rsquo;ailleurs son premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;N&amp;rsquo;ayant pas été complètement séduit par &amp;ldquo;La Horde&amp;hellip;&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;époque, j&amp;rsquo;avais laissé &amp;ldquo;La Zone&amp;hellip;&amp;rdquo; de côté sur l&amp;rsquo;étagère. Il faut dire aussi qu&amp;rsquo;ayant lu ou écouté certains interviews d&amp;rsquo;Alain Damasio, je ne partageais pas vraiment ses vues clairement &amp;ldquo;anti-système&amp;rdquo;, et que cela ne m&amp;rsquo;encourageait pas à le (re)lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Profitant d&amp;rsquo;un creux dans ma liste de lecture, je m&amp;rsquo;y suis enfin plongé. Alors, que dire ? L&amp;rsquo;histoire n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un vaste prétexte à promouvoir l&amp;rsquo;anarchie si chère à l&amp;rsquo;auteur. Et il le dit clairement dans la première postface (au moins cela a conforté mon impression lors de la lecture) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce livre a été écrit dans un but, unique : comprendre, en Occident, à la fin du vingtième, pourquoi et comment se révolter. Contre qui ? ajouteront certains en guise de prolongement, mais déjà ça glisse, ça devient incertain et flaqué, car la question, que pose ces nouveaux pouvoirs auxquels chacun de nous est aujourd&amp;rsquo;hui confronté, dans son corps, aux tripes même, sans le vouloir, sans s&amp;rsquo;en dépêtrer, d&amp;rsquo;où qu&amp;rsquo;il se tienne, hautain même, indifférent ou narquois, cette question est devenue : contre quoi ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Se révolter contre qui, contre quoi&amp;rdquo; &amp;hellip; Moi je veux bien, mais ce que j&amp;rsquo;aimerais surtout savoir, c&amp;rsquo;est &amp;quot; &lt;strong&gt;Pour quoi&lt;/strong&gt; ?&amp;quot;. Là-dessus, c&amp;rsquo;est toujours la même rengaine. Je ne dois plus avoir l&amp;rsquo;âge requis pour ce genre d&amp;rsquo;utopie anar, où l&amp;rsquo;on se contente de critiquer le pouvoir en place pour réclamer à cor et à cri la liberté, afin que l&amp;rsquo;homme (nouveau) puisse enfin révéler au grand jour ses talents créatifs, fraternels, et développer un monde parfait. L&amp;rsquo;aspiration à une société sans contrôle, une sorte d&amp;rsquo;ode au Far-West, où malheureusement c&amp;rsquo;était souvent la loi du plus fort qui régnait me semble-t-il.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc on a vraiment l&amp;rsquo;impression que l&amp;rsquo;histoire n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un prétexte, et que les longs discours de Capt et de ses amis de la Volte sont bien le cœur du roman. On cite allègrement Nietzsche, Deleuze, Foucault voir Camus, ça fait toujours bien&amp;hellip; L&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amuse aussi avec les mots (cela fait partie de son écriture), en en créant de nouveaux, parfois avec bonheur, mais pas toujours ; il s&amp;rsquo;offre aussi quelques morceaux de bravoure, comme le moment où Capt est plongé dans le Cube : c&amp;rsquo;est pour moi illisible, j&amp;rsquo;ai zappé ces pages. L&amp;rsquo;ensemble manque singulièrement d&amp;rsquo;action, et on s&amp;rsquo;ennuie pas mal à tourner les pages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La société décrite, sur un satellite de Saturne, surpeuplée et aux dimensions restreintes, est forcément très organisée, technologique, et surveillée. Les membres de la Volte veulent casser ce contrôle au nom d&amp;rsquo;une liberté qu&amp;rsquo;ils se gardent bien de développer. Si le scénario de la première partie tient à peu près la route (je dis bien &amp;ldquo;à peu près&amp;rdquo;), après l&amp;rsquo;attaque de l&amp;rsquo;émetteur TV, on est plutôt dans l&amp;rsquo;improbable pourvu que l&amp;rsquo;on puisse encore et toujours dérouler le message : la révolution est nécessaire et justifie la violence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Donc un gros BOF ! À noter qu&amp;rsquo;écrit en 2000, c&amp;rsquo;est la guerre en Ukraine qui, ayant déclenché un conflit mondial destructeur, a obligé les terriens à émigrer sur d&amp;rsquo;autres planètes&amp;hellip; Bien vu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Damasio&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alain Damasio&lt;/a&gt;, né en 1969 à Lyon, est un écrivain de science-fiction et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_graphique&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;typoète&lt;/a&gt; français. Son domaine de prédilection est l’anticipation politique. Il marie ce genre à des éléments de science-fiction ou de fantasy et décrit des dystopies politiques. Il alerte sur les dérives de la technologie servant au contrôle des individus.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La fête au bouc - Mario Varga Llosa</title>
            <link>https://pled.fr/la-fete-au-bouc-mario-varga-llosa/</link>
            <pubDate>Fri, 07 Oct 2022 09:41:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fete-au-bouc-mario-varga-llosa/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lafeteaubouc.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est François Busnel, à la &amp;ldquo;P&amp;rsquo;tite Librairie&amp;rdquo;, qui présentait ce bouquin l&amp;rsquo;autre jour. Et comme j&amp;rsquo;avais déjà pu apprécier Mario Vargas Llosa avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11757&#34; &gt;Le rêve du Celte&lt;/a&gt;, je n&amp;rsquo;ai pas hésité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Là encore, l&amp;rsquo;auteur nous raconte une histoire vraie, celle de la République dominicaine, et de la fin du dictateur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rafael_Trujillo&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Rafael Trujillo&lt;/a&gt;, qui régna près de 30 ans sur l&amp;rsquo;île.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Trujillo, dont j&amp;rsquo;avais déjà entendu parlé dans le livre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18073&#34; &gt;Effondrement de Jared Diamond&lt;/a&gt; : de manière surprenante, il reconnaissait que la déforestation avait pu être stoppée dans deux cas, au Japon et à Saint-Domingue, et que dans les deux cas il s&amp;rsquo;agissait de dictatures&amp;hellip; Concernant Trujillo, il parlait d&amp;rsquo;une gestion &amp;ldquo;en père de famille&amp;rdquo; : en lisant ce livre, on comprend mieux de quoi il retourne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit commence avec Urania, jeune avocate new-yorkaise revenue pour la première fois à Saint-Domingue depuis qu&amp;rsquo;elle avait du quitter le pays à l&amp;rsquo;adolescence. Pour quelle raison revient-elle devant son père mourant, qui avait été l&amp;rsquo;un des proches du dictateur avant d&amp;rsquo;être mis à l&amp;rsquo;index, et quelle était la raison de cet expatriation ? Il faudra attendre la fin du livre pour le savoir&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Il va venir&amp;hellip;&amp;rdquo; : Cette phrase sera répétée de nombreuses fois par les quatre hommes qui attendent au bord de la route que passe le véhicule de Trujillo, le Chef, le Généralissime, le Bienfaiteur, le Père de la Nouvelle Patrie, mais aussi le Bouc, comme il est surnommé, car il aime se prouver sa virilité avec de jeunes filles vierges qu&amp;rsquo;on lui fournit. C&amp;rsquo;est le second fil conducteur de l&amp;rsquo;histoire&amp;hellip; jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;attentat, qui survient à la moitié du livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec ces deux axes, l&amp;rsquo;auteur va d&amp;rsquo;abord dérouler petit à petit l&amp;rsquo;histoire de cette dictature, à travers les personnages qui l&amp;rsquo;ont traversé, qu&amp;rsquo;ils soient victimes innocentes ou acteurs dévoués, prêts à tout pour lui plaire, et surtout ne pas lui déplaire. Car Trujillo a développé un véritable culte à sa personne, et dirige le pays d&amp;rsquo;une main de fer, maintenant tout son entourage dans une peur perpétuelle de la disgrâce ; le profit personnel ne l&amp;rsquo;intéresse pas (mais sa famille possède les principales entreprises, la fameuse &amp;ldquo;gestion en père de famille !). C&amp;rsquo;est au départ un militaire formé par les Marines des États-Unis, anticommuniste et conservateur, ce qui lui donnera les clefs du pouvoir. Il chassera les immigrés haïtiens du pays (et en massacrera des milliers au passage), relancera l&amp;rsquo;économie, avec l&amp;rsquo;appui des américains, de l&amp;rsquo;Église, de l&amp;rsquo;armée et des classes aisées. Tout cela est parfaitement raconté, l&amp;rsquo;emprise qu&amp;rsquo;il exerce est alors totale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les difficultés commenceront lorsqu&amp;rsquo;il tentera d&amp;rsquo;assassiner le président du Venezuela, Rómulo Betancourt. Les États-Unis le lâchent alors, la situation économique se détériore, et même l&amp;rsquo;Église commence à prendre ses distances&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après l&amp;rsquo;attentat, tout ne passera pas comme prévu, c&amp;rsquo;est la seconde partie du livre. La prise de contrôle de l&amp;rsquo;armée échoue, et la répression (terrible) s&amp;rsquo;engage. Ils seront peu des complotistes à survivre à celle-ci. Certains choisiront de mourir les armes à la main, la plupart seront capturés, torturés puis tués. Deux d&amp;rsquo;entre eux pourront se cacher pendant les 6 mois que dureront les derniers soubresauts du régime&amp;hellip; D&amp;rsquo;assassins, ils deviendront justiciers (et les meilleurs amis du monde) ; ils recevront les honneurs du président Balaguer, placé à ce poste par Trujillo dans un rôle de fantoche, mais qui saura très habilement conserver le poste. Passionnant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mario_Vargas_Llosa&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mario Vargas Llossa&lt;/a&gt;, né en 1936, est un écrivain péruvien. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2010. Engagé politiquement, il a évolué du communisme (soutenant la révolution cubaine avant d’être déçu) au libéralisme. Il s’est présenté aux élections péruvienne en 1990, mais a été battu. Il a été très ami avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garc%C3%ADa_M%C3%A1rquez&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gabriel Garcia Marquez&lt;/a&gt;, mais leur amitié s’est brisée un soir, à la sortie d’un cinéma, Llossa donnant un coup de poing en plein visage de Marquez !! Le sujet de la dispute restera secret.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Rivage de la colère - Caroline Laurent</title>
            <link>https://pled.fr/rivage-de-la-colere-caroline-laurent/</link>
            <pubDate>Wed, 21 Sep 2022 09:58:25 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;rivage-colere.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma sœur Dominique qui m&amp;rsquo;a parlé de ce roman, dont le sujet de fond est le sort réservé à l&amp;rsquo;archipel des Chagos, en plein océan indien. Son tour du monde en bateau favorise sans aucun doute un intérêt pour les océans et les îles qui les parsèment ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché au style de l&amp;rsquo;autrice, ni à sa façon de mêler la petite histoire à la grande. Côté style, tout semble découpé : petites phrases, petits chapitres, passages incessants d&amp;rsquo;une époque à une autre&amp;hellip; Tout est fait pour tenter de donner un intérêt à cette histoire d&amp;rsquo;amour romancée qui en manque grandement, et qui n&amp;rsquo;est finalement qu&amp;rsquo;un prétexte somme toute inutile.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le verra plus bas, la vraie histoire remplit déjà toute les cases, avec de vrais personnes qui souhaitent revenir sur leur terre natale. Alors à quoi bon créer ces personnages imaginaires, et cette intrigue assez peu crédible (à mon goût en tout cas, la relation entre Marie et Gabriel faite de &amp;ldquo;je t&amp;rsquo;aime moi non plus&amp;rdquo; offre vraiment peu d&amp;rsquo;intérêt).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;autrice explique dans sa postface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le passage du réel à la fiction me semble aussi nécessaire que problématique. Faire un roman, un pur roman, me mettre au service exclusif de la narration, et tricher parfois avec les faits et la chronologie. Je me résigne, consciente également que je ne ferai pas l’économie d’un voyage à Maurice.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien de reconnaître que c&amp;rsquo;est problématique de tricher avec les faits. Quant à être obligée d&amp;rsquo;aller à Maurice, effectivement, quelle contrainte ! :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dommage, car la grande Histoire, c&amp;rsquo;est celle d&amp;rsquo;une injustice qui frappe &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Archipel_des_Chagos&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;l&amp;rsquo;archipel des Chagos&lt;/a&gt;, la « dernière colonie » britannique dans l&amp;rsquo;océan Indien. Dans les années 1960, la Grande-Bretagne profite de l&amp;rsquo;indépendance de Maurice pour en exclure les îles Chagos (moyennant rétribution), puis offrir ces dernières aux États-Unis qui y construiront une base militaire. Pour ce faire, la Grande-Bretagne contraint les Chagossiens (qui y demeuraient depuis le XVIIIe siècle) à l&amp;rsquo;exil, au mépris de toutes les lois internationales, en prétendant que ces îles sont inhabitées. La plupart des Chagossiens se retrouveront dans des bidonvilles à Port-Louis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Coïncidence, alors que je venais de terminer ce roman, un journaliste TV faisait son édito sur un autre livre portant sur le même sujet : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.babelio.com/livres/Sands-La-derniere-colonie/1440552&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La dernière colonie de Philippe Sands&lt;/a&gt;. Pas de romance ici, l&amp;rsquo;auteur est l&amp;rsquo;avocat qui lutte au tribunal de La Haye pour la reconnaissance de cette injustice (crime contre l&amp;rsquo;humanité). La troisième partie de son livre est consacrée à Liseby Élysé, qui est elle une véritable personne expulsée alors qu&amp;rsquo;elle était jeune mariée et enceinte de son premier enfant. Elle se bat depuis sans relâche pour pouvoir retourner sur son île natale. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=I_bRdd7T0j0&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Son témoignage vidéo&lt;/a&gt; est assez poignant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Donc voilà, le roman a au moins le mérite de parler de cette histoire peu connue. Le style de l&amp;rsquo;autrice ne m&amp;rsquo;a pas plu, pas plus que la partie romanesque. Pour ceux qui veulent vraiment connaître le sort des habitants des îles Chagos, il vaut mieux je pense lire le livre de Philippe Sands !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Laurent_%28%C3%A9crivaine%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Caroline Laurent&lt;/a&gt;, née en 1988, est une écrivaine et éditrice franco-mauricienne. Elle a reçu le Grand Prix des blogueurs littéraires 2020 pour ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le squelette sous cloche - Robert Van Gulik</title>
            <link>https://pled.fr/le-squelette-sous-cloche-robert-van-gulik/</link>
            <pubDate>Mon, 19 Sep 2022 08:35:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-squelette-sous-cloche-robert-van-gulik/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;squelette-sous-cloche.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai acheté ce livre 1€ à la foire du livre l&amp;rsquo;année dernière, et je savais ne pas me tromper, ayant déjà lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10419&#34; &gt;deux enquêtes&lt;/a&gt; du juge Ti, personnage qui a réellement existé au VIIe siècle, dans la Chine des Tang, dont il fut l&amp;rsquo;un des plus grands détectives.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le juge vient d&amp;rsquo;arriver à Pou-yang, cité imaginaire de la province de Kiang-sou. Il va vite être confronté à trois affaires criminelles, dont il va comme à son habitude démêler habilement les pièges, pour identifier et punir les coupables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est tout de suite plongé dans l&amp;rsquo;ambiance, et tout l&amp;rsquo;intérêt de ces histoires, hormis le côté &amp;ldquo;Sherlock Holmes&amp;rdquo; des enquêtes, est la véracité des descriptions sociétales et culturelles : l&amp;rsquo;organisation de la société, de sa justice, les portraits de personnages, les temples taoïstes et bouddhistes, tout correspond scrupuleusement à l&amp;rsquo;époque, et nous offre l&amp;rsquo;image d&amp;rsquo;un empire extrêmement structuré. Pas étonnant que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys&lt;/a&gt; nous en recommande la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_van_Gulik&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Van Gulik&lt;/a&gt; (1910-1967) est un écrivain, diplomate, sinologue et intellectuel distingué. C’est en 1948 au Japon qu’il traduit un roman policier chinois, le &lt;em&gt;Dee Goong An&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti&lt;/em&gt;, fonctionnaire de l’époque Tang. En s’inspirant de vieux récits chinois, Van Gulik écrit alors dix-sept récits policiers fictifs, affaires débrouillées par son juge Ti.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Oui mon commandant ! - Amadou Hampâté Bâ</title>
            <link>https://pled.fr/oui-mon-commandant-amadou-hampate-ba/</link>
            <pubDate>Thu, 15 Sep 2022 08:36:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/oui-mon-commandant-amadou-hampate-ba/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ouimoncommandant.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc le tome 2 des mémoires d&amp;rsquo;Amadou Hampâté Bâ. Il est essentiellement consacré au début de sa carrière au sein de l&amp;rsquo;administration coloniale, jusqu&amp;rsquo;à son retour à Bamako en 1933. Il est alors âgé de 32 ans, et annonce que ce sera un tournant dans sa vie familiale, sa carrière administrative, et aussi sa vie spirituelle. Hélas, le troisième tome de ses mémoires ne sera jamais écrit, l&amp;rsquo;auteur nous ayant quitté trop tôt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce tome se lit avec grand plaisir, les anecdotes au sein de l&amp;rsquo;administration coloniale confrontée à la culture africaine créant des situations aussi variées que riches d&amp;rsquo;enseignement. Tout dépend bien sûr de l&amp;rsquo;attitude du &amp;ldquo;commandant&amp;rdquo;, et bien souvent le jeune fonctionnaire qu&amp;rsquo;est Amadou permettra d&amp;rsquo;arranger les situations ou de prévenir les problèmes liés à l&amp;rsquo;incompréhension des différences culturelles. Il est par ailleurs toujours aussi friand des récits de la tradition orale&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme il le raconte avec humour, la populace avait réduit la société à quatre classes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Celle des &amp;ldquo;blancs-blancs&amp;rdquo; (ou toubabs), qui comprenait tous les Européens d&amp;rsquo;origine ; celle des &amp;ldquo;blancs-noirs&amp;rdquo;, qui comprenait tous les indigènes petits fonctionnaires et agents de commerce lettrés en français, travaillant dans les bureaux et factureries des blancs-blancs qu&amp;rsquo;ils avaient d&amp;rsquo;ailleurs tendance à imiter ; celle des &amp;ldquo;nègres des blancs&amp;rdquo;, qui comprenait tous les indigènes illettrés mais employés à un titre quelconque par les blancs-blancs ou les blancs-noirs (domestiques, boys, cuisiniers, etc.) ; et enfin celle des &amp;ldquo;noirs-noirs&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire les Africains restés pleinement eux-mêmes et constituant la majorité de la population. C&amp;rsquo;était le groupe supportant patiemment le joug du colonisateur, partout où il y avait un joug à porter.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Amadou Hampâté Bâ va aussi évolué spirituellement, et recevra de son maître spirituel Tierno Bokar les enseignements d&amp;rsquo;amour et de tolérance qui vont féconder sa vie. Quand il envisage de démissionner de l&amp;rsquo;administration, son maître s&amp;rsquo;y opposera formellement :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ton travail est ta seule ressource pour entretenir ta nombreuse famille, me dit-il. En outre, il te permet d&amp;rsquo;intervenir efficacement auprès des chefs blancs en faveur des victimes sans défense, souvent punies ou accusées à tort. Enfin, et c&amp;rsquo;est pour moi capital, je ne voudrais pas que plus tard, tu tombes dans la tentation de te faire entretenir par tes élèves. Ce serait vivre de la religion, et non la faire vivre. La religion n&amp;rsquo;est pas un métier : c&amp;rsquo;est une ascèse en vue de notre propre purification spirituelle. Tu as un métier qui te permet de rester indépendant, garde-le.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un conseil effectivement plein de sagesse !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a 3 annexes à la fin du livre, rédigées par Hélène Heckmann, la légataire littéraire d&amp;rsquo;Amadou Hampâté Bâ.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première est à propos de l&amp;rsquo;authenticité des Mémoires et de &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89trange_Destin_de_Wangrin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;étrange destin de Wangrin&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, une histoire incroyable que j&amp;rsquo;ai lu à la même époque que ces mémoires, récit jubilatoire d&amp;rsquo;un interprète africain qui va se jouer de l&amp;rsquo;administration coloniale (c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;œuvre la plus connue d&amp;rsquo;Amadou Hampâté Bâ). Comme on pouvait s&amp;rsquo;y attendre, tout est vrai.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seconde porte sur l&amp;rsquo;identité réelle de Wangrin (un surnom), la rumeur ayant courue qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agissait finalement que d&amp;rsquo;une autobiographie déguisée. Il n&amp;rsquo;en est rien , et Wangrin s&amp;rsquo;appelait en fait Samba Traoré. Si vous n&amp;rsquo;avez pas lu cette histoire, je vous la recommande chaudement, vous n&amp;rsquo;allez pas vous ennuyer !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La troisième annexe donne un aperçu des dates à venir si un troisième tome était paru. On y voit Amadou subir des tracasseries en raison de son appartenance à la branche &amp;ldquo;hamalliste&amp;rdquo; de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tijaniyya&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tidjaniya&lt;/a&gt;, puis devenir membre de l&amp;rsquo;IFAN (Institut Français de l&amp;rsquo;Afrique Noire) à Dakar. Il rencontre ensuite Félix Houphouët-Boigny qui deviendra son ami. Il fonde ensuite à Bamako l&amp;rsquo;Institut des sciences humaines, dont il devient le directeur. Il sera aussi ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Mali en Côte d&amp;rsquo;Ivoire, et enfin memebre du conseil de l&amp;rsquo;Unesco !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Hamp%c3%a2t%c3%a9_B%c3%a2&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Amadou Hampâté Bâ&lt;/a&gt; (1901-1991) est un écrivain et ethnologue malien, défenseur de la tradition orale, notamment peule. Membre du Conseil exécutif de l’Unesco de 1962 à 1970, il y lance son appel : « &lt;strong&gt;En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.&lt;/strong&gt; », phrase devenue célèbre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Amkoullel l&#39;enfant Peul - Amadou Hampâté Bâ</title>
            <link>https://pled.fr/amkoullel-lenfant-peul-amadou-hampate-ba/</link>
            <pubDate>Tue, 06 Sep 2022 15:25:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/amkoullel-lenfant-peul-amadou-hampate-ba/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;amkoullel.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai repris ce livre dans ma bibliothèque, l&amp;rsquo;ayant lu il y a très longtemps, et dont j&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sont ses mémoires auxquelles l&amp;rsquo;auteur nous convie, lui le grand défenseur de la tradition orale africaine. On peut donc être confiant de la véracité de ses souvenirs d&amp;rsquo;enfance. Il reste même fidèle à sa pudeur peule : les confidences s&amp;rsquo;arrêtent à la porte de son intimité (se raconter soi-même est considéré comme indécent).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce premier tome nous raconte son enfance, entre Bandiagara et Bamako au Mali (ex Soudan Français). C&amp;rsquo;est une plongée au début du XXème siècle, dans une culture riche et complexe , entre la tradition héritée des empires africains, l&amp;rsquo;islamisation puis la colonisation française qui bat son plein.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;essentiel de ce premier tome est consacré à sa jeunesse. La description des liens familiaux héritée de la tradition est très surprenante pour un occidental, et ces relations sont parfois complexes. Ainsi des &amp;ldquo;captifs&amp;rdquo; (disons des serviteurs attachés à la famille pour rester simple) peuvent se voir hériter de la fortune de leur maître et devenir le tuteur de ses enfants&amp;hellip; Ce sera le cas de Beydari, que le père d&amp;rsquo;Amkoullel avait racheté à un maître cruel (il en racheta ainsi quinze, toujours dans un acte pieux, et en affranchit six, les autres refusant de le quitter). Et ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un exemple !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dépaysement est garanti, et la description de cette vie qui ne date que d&amp;rsquo;un siècle est assez vertigineuse, tant le monde a changé depuis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le jeune Amkoullel va donc grandir au sein d&amp;rsquo;une culture &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Peuls&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Peule&lt;/a&gt;, peuple nomade établi dans tout le Sahel, aux origines encore incertaines de nos jours. Son père Hampaté Bâ meurt alors qu&amp;rsquo;il est très jeune, il sera élevé par sa mère Kadidja qui est une femme de fort caractère et pleine de ressources, ainsi que par son père adoptif Tidjani Thiam (second mari de Kadidja), personnage très pieux et d&amp;rsquo;une droiture morale extrême. Tous deux sont d&amp;rsquo;ethnie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toucouleurshttps://fr.wikipedia.org/wiki/Toucouleurs&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;toucouleur&lt;/a&gt; (donc parlant peul et musulman).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Amkoullel ira d&amp;rsquo;abord à l&amp;rsquo;école coranique, ce qui lui forgera la mémoire (en apprenant par cœur le Coran sans comprendre le sens des phrases). Il vit une enfance heureuse à Bandiagara, courant la brousse avec ses petits camarades, sans grande contrainte finalement, et jouissant d&amp;rsquo;une grande liberté une fois l&amp;rsquo;école terminée : piégeurs de petits animaux, chapardeurs de potagers, baignade dans le fleuve, etc&amp;hellip; Plus tard, il fondera sa &amp;ldquo;waaldé&amp;rdquo;, une association de jeunes du même âge.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le passé des empires africains est encore très présent dans la tradition, et Amkoullel y montre vite de l&amp;rsquo;intérêt, quand le soir les adultes se réunissent dans la cour de son père et que les griots content les récits des anciens. Il va très vite se passionner pour ces temps anciens, l&amp;rsquo;histoire des familles et des peuples, et ne manquera pas lors de ses déplacements de toujours chercher à apprendre des grands maîtres de la parole. Parallèlement, il développe son apprentissage de la religion musulmane. Il suit une première fois l&amp;rsquo;école française à Bandiagara, mais fugue pour rejoindre ses parents installés à Kati, au nord de Bamako.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;époque de la première guerre mondiale, et les français recrutent beaucoup de soldats parmi la population. L&amp;rsquo;effort de guerre provoque une terrible famine en 1914. Amkoullel va finir par retourner à l&amp;rsquo;école française, à Bamako cette fois-ci, et la suivre avec assiduité car il veut obtenir un vrai statut social.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La guerre finie, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion pour ceux qui en reviennent de démystifier les blancs (&amp;ldquo;les dieux de la brousse&amp;rdquo;) qui ne sont finalement que des humains, mortels, pouvant être malade, blessé, avoir peur, etc&amp;hellip; Leur pouvoir reste cependant total sur la population, et il suffit de travailler pour l&amp;rsquo;administration coloniale pour disposer de beaucoup de pouvoir, ce dont certains n&amp;rsquo;hésitent pas à abuser, qu&amp;rsquo;ils soient blancs ou noirs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà pour ce premier tome, nous quittons Amkoullel à l&amp;rsquo;âge de 22 ans. Il vient d&amp;rsquo;obtenir son précieux certificat d&amp;rsquo;étude. Il aurait alors dû partir pour l&amp;rsquo;île de Gorée, pour y poursuivre ses études. Mais sa mère refuse de le laisser partir, et Amkoullel ne peut que s&amp;rsquo;incliner (car on ne discute pas la décision d&amp;rsquo;une mère). Cela déplaît fortement au gouverneur, qui l&amp;rsquo;affecte d&amp;rsquo;autorité à un poste très éloigné de Bamako : ce sera Ouagadougou, en Haute-Volta ! Suite et fin au tome 2.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Amadou_Hamp%c3%a2t%c3%a9_B%c3%a2&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Amadou Hampâté Bâ&lt;/a&gt; (1901-1991) est un écrivain et ethnologue malien, défenseur de la tradition orale, notamment peule. Membre du Conseil exécutif de l&amp;rsquo;Unesco de 1962 à 1970, il y lance son appel : « &lt;strong&gt;En Afrique, quand un vieillard meurt, c&amp;rsquo;est une bibliothèque qui brûle.&lt;/strong&gt; », phrase devenue célèbre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Neige - Orhan Pamuk</title>
            <link>https://pled.fr/neige-orhan-pamuk/</link>
            <pubDate>Tue, 30 Aug 2022 16:00:31 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;neige.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par ma sœur Dominique, l&amp;rsquo;auteur est turc et a reçu le prix Nobel de littérature. À priori, je pars assez confiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est très bien écrit, on reconnaît la patte d&amp;rsquo;un grand écrivain autant dans le style que dans la structure de la narration, les 600 pages du roman se lisent très bien, même si on rentre doucement dans l&amp;rsquo;histoire, tellement ce qu&amp;rsquo;elle raconte est loin de nous&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ka, le personnage principal, est un poète turc qui vit exilé en Allemagne. Au début du roman, il revient à Kars, une petite ville perdue à l&amp;rsquo;Est de la Turquie, chargé par un journal d&amp;rsquo;Istanbul d&amp;rsquo;enquêter sur le suicide plusieurs jeunes filles portant le foulard. La ville va se retrouver isolée du reste du pays à la suite d&amp;rsquo;une tempête de neige. Et il va s&amp;rsquo;en passer des choses pendant ces quelques jours&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a bien du mal à cerner le personnage de Ka et comprendre comment il fonctionne&amp;hellip; Son côté poète le rend inclassable, et parmi les tensions qui traversent cette ville, il va se retrouver un peu perdu, tantôt manipulé, tantôt méfiant, toujours sans réelle conviction semble-t-il&amp;hellip; car il n&amp;rsquo;assume pas grand chose, et transporte ses angoisses avec lui, la première étant son amour d&amp;rsquo;enfance, la belle Ipek, la véritable raison de son retour dans cette ville, et qu&amp;rsquo;il espère ramener avec lui à Francfort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelle est la vraie raison du suicide de ces jeunes femmes ? Car les courants qui traversent la ville sont multiples dans cette Turquie toujours déchirée entre les pro-occident d&amp;rsquo;Ataturk et les traditionalistes à tendance religieuse, sans parler des jeunes Kurdes ; ajoutez à cela un état policier sans scrupules, l&amp;rsquo;armée qui joue sa propre carte, puis les politiciens, et vous obtenez une situation explosive. Ces quelques jours d&amp;rsquo;isolement total vont être l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;un mini coup d&amp;rsquo;État aux multiples rebondissements sur fond de montée islamiste. Un portrait bien étrange des idées contradictoires qui travaillent ce peuple.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois le contexte et le dépaysement assimilé, on est vite pris par l&amp;quot;histoire. Une chose très drôle est ce journal qui publie la veille ce que le rédacteur en chef pense qu&amp;rsquo;il va se passer le lendemain&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Orhan_Pamuk&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Orhan Pamuk&lt;/a&gt;, né en 1952 à Istanbul, est un écrivain turc. Il a reçu en 2006 le prix Nobel de littérature, devenant ainsi le premier Turc à recevoir cette distinction. De culture musulmane, il est pourtant considéré comme contestataire dans son pays (refus du statut d&amp;rsquo;artiste d&amp;rsquo;état, déclaration sur le génocide arménien), et même menacé de mort par les nationalistes. Il vivrait aujourd&amp;rsquo;hui aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Zoo de Mengele - Gert Nygardshaug</title>
            <link>https://pled.fr/le-zoo-de-mengele-gert-nygardshaug/</link>
            <pubDate>Mon, 29 Aug 2022 09:21:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-zoo-de-mengele-gert-nygardshaug/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;zoo-mengele.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre m&amp;rsquo;avait été recommandé il y a longtemps par un lecteur du blog (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12086&#34; &gt;ici&lt;/a&gt;), et puis récemment on l&amp;rsquo;avait aussi recommandé à ma sœur, avec un scénario du genre&amp;quot;écoterroriste&amp;quot; à priori intéressant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du coup je me suis décidé à le lire, et cela a été une grosse déception. L&amp;rsquo;histoire est très caricaturale : un petit indien de la jungle amazonienne qui va se venger des méchants gringos à la tête des sociétés capitalistes en les tuant un par un pour faire changer les choses, avec l&amp;rsquo;aide de trois ami(e)s&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut déjà douter de l&amp;rsquo;efficacité d&amp;rsquo;un tel projet, et tout le scénario est cousu de fil blanc, l&amp;rsquo;auteur ne s&amp;rsquo;est vraiment pas cassé la tête à tenter de le rendre &amp;ldquo;a minima&amp;rdquo; crédible. On aurait pu espérer des scènes d&amp;rsquo;action lors de la réalisation de leurs actions terroristes, à priori complexes à mettre en œuvre (les puissants sont bien protégés) mais non : on règle cela en un petit paragraphe. La palme revenant au coup des ballons remplis de gaz mortel qui vont miraculeusement pénétrer par les fenêtres du douzième étage d&amp;rsquo;un building, poussés gentiment par le vent ! Pourquoi se casser la tête ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;on retire la noble indignation face à la déforestation et à la disparition des peuples autochtones, il ne reste vraiment rien à ce roman où l&amp;rsquo;ennui prédomine largement. On pourrait au mieux le classer dans la catégorie &amp;ldquo;conte pour enfant&amp;rdquo; au regard du scénario, mais vu la violence sous-jacente et la radicalité exprimée, ça ne colle pas. Il y a une suite, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une trilogie, mais ce ne sera pas pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gert Nygardshaug, né en 1946, est un auteur norvégien. Diplômé de philosophie, il se préparait à devenir enseignant. Puis il abandonne son projet pour devenir travailleur social, puis charpentier, puis marin ! C&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;il parcourt le monde. Écrivain un peu par hasard (il commence par des polars), il a l&amp;rsquo;occasion de se rendre en Amazonie interviewer la veuve d&amp;rsquo;un défenseur de la forêt amazonienne assassiné. Il y resta 3 mois et en rentrant, il savait quelle histoire il allait écrire&amp;hellip; Le zoo de Mengele (1989) rencontra un énorme succès en Norvège. Il ne paraît en France qu&amp;rsquo;en 2014 !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Persona - Maxime Girardeau</title>
            <link>https://pled.fr/persona-maxime-girardeau/</link>
            <pubDate>Fri, 05 Aug 2022 16:44:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/persona-maxime-girardeau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;persona.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en lisant un article à propos du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.lechienjaune.fr/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;festival du chien jaune&lt;/a&gt; à Concarneau que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur de polar et de ce premier roman. L&amp;rsquo;auteur expliquait bien connaître le monde des Gafam&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai pensé à Cory Doctorow et à son roman &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=841&#34; &gt;Dans la dêche au royaume enchanté&lt;/a&gt;&amp;rdquo; qui m&amp;rsquo;avait beaucoup plu dans son approche, et j&amp;rsquo;ai attaqué ce roman en ayant les mêmes attentes dans le traitement de l&amp;rsquo;impact des réseaux sociaux, appliqué cette fois à un polar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre vient du concept de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Persona_%28psychologie_analytique%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Persona&lt;/a&gt;, mot qui désignait le masque que portaient les acteurs de théâtre dans l&amp;rsquo;antiquité, puis un concept élaboré par C.G. Jung : il s&amp;rsquo;agit de « ce que quelqu&amp;rsquo;un n&amp;rsquo;est pas en réalité, mais ce que lui-même et les autres personnes pensent qu&amp;rsquo;il est. ». Et c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;exploitent les Gafam à travers vos données personnelles typiquement pour cibler les publicités. Cela aurait pu être un point de départ intéressant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce fut une grosse déception, et à tous les niveaux je crois. On est ici dans un polar où il est primordial que les victimes aient été horriblement torturées, avec un sadisme certain, et même (dans la mesure du possible) laissées en vie pour que leur souffrance perdure. Deuxième élément : les personnages travaillant dans ou autour des fameux Gafam sont caricaturaux à l&amp;rsquo;extrême, totalement déshumanisés car dévorés par leur ambition personnelle. Ensuite la police, pourtant une unité spéciale, va se révéler totalement inutile, voire larguée, au point de devoir se faire aider par une personne&amp;hellip; des Gafam ! Enfin, pour conclure, un coupable totalement improbable, sorti de nulle part où il aurait d&amp;rsquo;ailleurs mieux fait de rester (il a bien sûr un lien avec la C.I.A., ça ne coûte pas cher et ça impressionne toujours).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, des personnages caricaturaux aux relations improbables, une intrigue à deux balles tirée par les cheveux où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;ennuie ferme la plupart du temps, ajoutez à cela pas mal d&amp;rsquo;incohérences ou de facilités d&amp;rsquo;écriture&amp;hellip; et donc un épilogue totalement foireux. Le compte n&amp;rsquo;y est pas, et de loin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.fayard.fr/auteurs/maxime-girardeau&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Maxime Girardeau&lt;/a&gt;, né en 1980, ne dispose pas encore de page Wikipedia. Avant de se mettre à l&amp;rsquo;écriture, il a travaillé 12 ans dans le marketing digital, au sein d&amp;rsquo;une des fameuses Gafam. Il partage maintenant son temps entre la direction d&amp;rsquo;un incubateur de startups et l&amp;rsquo;écriture de romans. Ceci explique peut-être cela.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Loup des mers - Jack London</title>
            <link>https://pled.fr/le-loup-des-mers-jack-london/</link>
            <pubDate>Tue, 02 Aug 2022 09:04:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-loup-des-mers-jack-london/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leloupdesmers.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue mon exploration de Jack London, avec son deuxième succès, publié en 1904, un an après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19007&#34; &gt;l&amp;rsquo;Appel de la forêt&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand Humphrey Van Weyden, jeune homme distingué, prend le ferry pour traverser la baie de San Francisco, il est loin d&amp;rsquo;imaginer qu&amp;rsquo;à la suite d&amp;rsquo;un naufrage, il va se retrouver sur une goélette partant chasser le phoque au large du Japon et refusant de le ramener à terre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pire que cela, le capitaine du navire, Loup Larsen, se révèle être un personnage dangereux, colosse doué d&amp;rsquo;une force et d&amp;rsquo;une agilité peu commune, régnant par la terreur ; il n&amp;rsquo;est pas aussi rustre qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y paraît car ayant beaucoup lu mais considère la vie comme un simple processus de survie, où c&amp;rsquo;est le plus fort qui gagne (la sélection naturelle de Darwin et le thème nietzschéen du surhomme, tous deux présents dans Martin Eden, écrit plus tard). L&amp;rsquo;intellectuel de bonne famille croie lui au caractère sacré de toute vie humaine ; il va être obligé de se forger un caractère, des muscles, et de se plier aux fortes contraintes de la vie de matelot (métier très dur à l&amp;rsquo;époque).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On croit que l&amp;rsquo;on va s&amp;rsquo;ennuyer dans ce huit-clos en pleine mer, mais le récit reste captivant, tant Loup Larsen se révèle clivant et hors du commun, et malgré tout attiré par les discussions intellectuelles qu&amp;rsquo;il peut avoir avec Humphrey. Il y a du Joseph Conrad dans ce roman, tant l&amp;rsquo;aspect psychologique des différents personnages est habilement décrit, au gré des événements souvent contraires qui surviennent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai moins aimé la deuxième partie du roman, quand Maud Brewster est à son tour récupérée en pleine mer, et dont Humphrey va vite tomber amoureux&amp;hellip; L&amp;rsquo;histoire perd de sa force et de sa crédibilité pour arriver à un happy-end un peu mièvre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack London&lt;/a&gt; (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l’aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d’aventures. Ce roman est inspiré d&amp;rsquo;une campagne de chasse aux phoque à laquelle Jack London participa en 1893.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Retour de service - John Le Carré</title>
            <link>https://pled.fr/retour-de-service-john-le-carre/</link>
            <pubDate>Sun, 31 Jul 2022 16:50:34 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;LeCarre.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Conseillé par mon ami Patrice, qui lit beaucoup, mais souvent des trucs que je ne lirais pas ! Bon, on se retrouve tout de même de temps en temps sur certains titres ou auteurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors forcément, John Le Carré, grand maître du roman d&amp;rsquo;espionnage et de la guerre froide, je me suis dit qu&amp;rsquo;il était temps de découvrir cet auteur, décédé en 2020 à l&amp;rsquo;âge de 89 ans. Ce roman est d&amp;rsquo;ailleurs le dernier publié de son vivant, d&amp;rsquo;autres posthumes sont à venir&amp;hellip; :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé celui-ci, d&amp;rsquo;abord parce que mes intuitions se sont révélées exactes (c&amp;rsquo;est toujours plaisant dans un polar), mais surtout pour l&amp;rsquo;atmosphère &amp;ldquo;post Brexit&amp;rdquo;, et l&amp;rsquo;impact de dirigeants comme Boris Johnson, Poutine ou encore Trump. Bref le côté époque actuelle est bien plaisant, et fait prendre conscience que les auteurs de romans d&amp;rsquo;espionnage d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui peuvent se frotter les mains : si la guerre froide est finie depuis longtemps, cette nouvelle ère de tensions qui s&amp;rsquo;annonce offre des perspectives infinies ; alliées aux nouvelles technologies (assez absentes de ce roman), il y a de quoi faire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car pour le reste, le récit reste très &amp;ldquo;british&amp;rdquo; et le style un peu désuet, sans pour autant jamais devenir ennuyeux. Nat, espion britannique pratiquement à la retraite, et passionné de badminton (d&amp;rsquo;où le titre), va se retrouver impliqué dans une sale affaire d&amp;rsquo;agent double. L&amp;rsquo;occasion pour l&amp;rsquo;auteur de nous fournir une belle leçon de géopolitique de ce nouveau monde : l&amp;rsquo;Angleterre ayant quitté l&amp;rsquo;Europe, coincée entre le grand frère américain dirigé par Trump, et la Russie de Poutine et ses oligarques bien implantés dans la City&amp;hellip; Tout se passe de manière très soft, et on parle plus de hiérarchie, de carrière, et des différentes organisations censées travailler ensemble mais aux intérêts parfois divergents&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_le_Carr%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Le Carré&lt;/a&gt; (1931-2020) est un auteur de romans d&amp;rsquo;espionnage britannique, ayant auparavant travaillé pour le MI5 et le MI6. Son troisième roman, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Espion_qui_venait_du_froid&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;espion qui venait du froid&lt;/a&gt; (1963), est devenu un best-seller mondial.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Appel de la forêt - Jack London</title>
            <link>https://pled.fr/lappel-de-la-foret-jack-london/</link>
            <pubDate>Tue, 19 Jul 2022 08:34:43 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;appel-foret.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit roman est le véritable premier succès de Jack London, publié en 1903.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il raconte l&amp;rsquo;histoire de Buck, un gros chien qui coule des jours heureux en Californie quand il est enlevé à son maître et vendu comme chien de traîneau en Alaska. Il va lui falloir apprendre à se défendre dans un monde hostile, que ce soit avec les hommes ou les autres chiens.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit à petit, Buck va s&amp;rsquo;imposer face aux autres chiens, se détacher des hommes après la mort d&amp;rsquo;un maître qui le respectait, et ressentir un appel plus puissant encore, plus atavique, celui des loups, dont il deviendra chef de meute.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman très plaisant à lire, et que l&amp;rsquo;on peut prendre comme une allégorie où l&amp;rsquo;homme doit s&amp;rsquo;adapter à un monde violent s&amp;rsquo;il veut survivre. Et certainement ressentir l&amp;rsquo;appel des grands espaces comme Jack London.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai par contre regardé le film de Chris Sanders (2020) qui en a été tiré, et c&amp;rsquo;était une horreur : mélange de vues réelles et de numérisation (Buck par exemple), tout y est caricaturé, pluie de bons sentiments façon Disney, histoire modifiée pour rajouter des ficelles plus grosses les unes que les autres&amp;hellip; Il y a même Omar Sy, c&amp;rsquo;est pour dire le sérieux de l&amp;rsquo;adaptation !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack London&lt;/a&gt; (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l’aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d’aventures. Il ne faut le réduire à un écrivain pour adolescents avec ses succès « L’Appel de la forêt » ou « Croc-Blanc », son œuvre est beaucoup plus vaste et aussi politiquement engagée.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Martin Eden - Jack London</title>
            <link>https://pled.fr/martin-eden-jack-london/</link>
            <pubDate>Mon, 18 Jul 2022 15:32:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/martin-eden-jack-london/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;MartinEden.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le récit le plus autobiographique de Jack London, l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un jeune homme pauvre mais qui a déjà roulé sa bosse, et qui tombe amoureux de Ruth, une jeune fille de bonne famille. Doué d&amp;rsquo;une force de caractère et de travail peu commune, Martin Eden va devoir tout apprendre : parler correctement, se cultiver, lire et encore lire ; il est plein d&amp;rsquo;une énergie folle et vite persuadé de réussir comme écrivain, pour à terme mériter l&amp;rsquo;amour de Ruth.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit jusqu&amp;rsquo;alors assez romanesque bascule dans autre chose et devient passionnant : Martin se révèle un intellectuel de haut niveau, et se rend compte que derrière cette bourgeoisie idéalisée, qui a pu recevoir une bonne éducation, se cache un conventionnalisme béat sans aucune idée réelle de ce qu&amp;rsquo;est la culture. Seules les conventions comptent, et d&amp;rsquo;ailleurs entre-temps, Ruth l&amp;rsquo;a rejeté puisqu&amp;rsquo;il refuse de chercher une situation stable. Lui est plutôt attiré par les théories évolutionnistes, et par les théories de Nietzsche qui prêche l&amp;rsquo;individualisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Obligé un temps de travailler comme blanchisseur pour gagner sa vie, la description en est ahurissante : un travail harassant du matin jusqu&amp;rsquo;à tard le soir, qui l&amp;rsquo;abrutit au sens premier du mot : il est alors incapable de lire quoique ce soit, il devient une véritable bête de somme&amp;hellip; Et finit par commencer à boire le week-end, seule façon de s&amp;rsquo;offrir l&amp;rsquo;illusion d&amp;rsquo;échapper quelques heures à ce cauchemar. Moment fort de l&amp;rsquo;histoire, et qui montre bien le sort des travailleurs de l&amp;rsquo;époque, et l&amp;rsquo;incapacité de se sortir de ce cercle infernal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le succès va finir par arriver, au moment où Martin a décidé de ne plus écrire. Sa vision du monde change alors à nouveau, il devient célèbre (en envoyant aux éditeurs tous ses écrits précédemment rejetés), mais il est revenu de tout et ne croit plus en rien. La fin du récit est d&amp;rsquo;une grande force, et il n&amp;rsquo;y aura pas de &amp;ldquo;happy end&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très bon roman, qui démarre doucement et termine très fort !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack London&lt;/a&gt; (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l’aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d’aventures. Il ne faut le réduire à un écrivain pour adolescents avec ses succès « L’Appel de la forêt » ou « Croc-Blanc », son œuvre est beaucoup plus vaste et aussi politiquement engagée. D&amp;rsquo;ailleurs Jack London prétend que Martin Eden est plus une attaque contre Nietzsche et son individualisme qu&amp;rsquo;un roman autobiographique !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La route - Jack London</title>
            <link>https://pled.fr/la-route-jack-london/</link>
            <pubDate>Sun, 17 Jul 2022 17:10:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-route-jack-london/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Laroute.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma sœur Dominique qui m&amp;rsquo;a parlé à maintes reprises de cet auteur à la vie incroyable, dont j&amp;rsquo;avoue être passé un peu à côté (j&amp;rsquo;ai du lire Croc-Blanc à l&amp;rsquo;adolescence, je n&amp;rsquo;en ai aucun souvenir).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc fait ma petite sélection parmi ses œuvres, et décidé de commencer par celui-ci, où Jack London nous raconte ses aventures de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hobo&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;hobo&lt;/a&gt; (sorte de vagabond, ou travailleur sans domicile) pour nous en expliquer les bases, ce qu&amp;rsquo;il faut faire, ou éviter&amp;hellip; Un témoignage intéressant de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Connu en France sous le titre &amp;ldquo;Les vagabonds du rail&amp;rdquo;, son titre original &amp;ldquo;The road&amp;rdquo; a inspiré Jack Kerouac pour son célèbre &amp;ldquo;On the road&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le premier chapitre, il nous démontre qu&amp;rsquo;il est un beau parleur, car pour mendier, il faut savoir inventer une histoire dès la première seconde, et pas une histoire que l&amp;rsquo;on raconte tout le temps et à tout le monde, mais une histoire adaptée à votre interlocuteur, qui va le faire flancher&amp;hellip; En une fraction de seconde, au premier regard, il faut être capable d&amp;rsquo;inventer une histoire propre à arriver à ses fins ! Du coup, en lisant son récit, je me demandais quelle était la part de vérité ! :wink:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La mendicité, il en a honte au début, puis finit par la voir comme un exercice intellectuel :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De ma vie je n’avais encore tendu la main ; ce fut la plus dure épreuve dont j’eus à souffrir en partant sur le trimard. Sur ce chapitre j’avais des notions absurdes. D’après ma philosophie, il était plus digne de voler que de demander l’aumône : le vol était plus noble, parce que le risque et le châtiment étaient proportionnellement plus grands. En tant que pilleur d’huîtres, j’avais déjà récolté des condamnations qui m’eussent valu, si j’avais dû les purger, un séjour d’un millier d’années dans les prisons d’État. Voler était un acte viril ; mendier était sordide et méprisable. Mais je devais modifier plus tard cette façon de voir ; je finis par considérer la mendicité comme une joyeuse farce, une aimable plaisanterie, une gymnastique de l’audace.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;époque est difficile, sans travail, avec cette incroyable histoire que celle de l&amp;rsquo;armée du &amp;ldquo;général Kelly&amp;rdquo;, 2000 hommes traversant le pays, que Jack London a suivi quelque temps. Voilà ce que nous apprend sur cet épisode Jean-François Duval dans son excellente postface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Durant les années 1893-1894, les États-Unis traversaient une crise économique telle qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;en connaîtront plus avant 1929. Rarement dans l&amp;rsquo;histoire de ce pays, on aura vu autant de vagabonds: ils sont des millions. Bon nombre d&amp;rsquo;entre eux, pleins d&amp;rsquo;espoir, s&amp;rsquo;étaient dans les années de prospérité rués vers l&amp;rsquo;Ouest : la fortune était au bout du chemin, et en effet du travail les y attendaient. Mais tout à coup, les voilà chômeurs, c&amp;rsquo;est le temps du reflux, du retour vers l&amp;rsquo;Est, d&amp;rsquo;une immense désillusion. Le 25 mars 1894, à l&amp;rsquo;initiative d&amp;rsquo;un petit industriel idéaliste de l&amp;rsquo;Ohio, Jacob S. Coxey, un mouvement se crée qui veut contraindre le gouvernement fédéral à réagir. Coxey projette une marche sur Washington qui doit réunir cent mille chômeurs. Le nombre sera loin d&amp;rsquo;être atteint, mais cette pétition &amp;ldquo;portant bottes aux pieds&amp;rdquo; va tout de même prendre une ampleur spectaculaire dont la presse fera ses gros titres : elle réclame le lancement d&amp;rsquo;un programme de travaux publics et l&amp;rsquo;affectation de fonds à la construction de routes. Répondant à cet appel, des milliers de sans-emploi et d&amp;rsquo;exclus rejoignent des &amp;ldquo;armées industrielles&amp;rdquo; qui surgissent spontanément dans les États de Californie, d&amp;rsquo;Oregon, de Washington, d&amp;rsquo;Idaho, du Montana, dirigés par des leaders s&amp;rsquo;autoproclamant &amp;ldquo;généraux&amp;rdquo;. [&amp;hellip;] Ces troupes qui se déplaçaient [&amp;hellip;], procédaient dans l&amp;rsquo;ensemble avec discipline, ordre, respect des lieux traversés. Dans certaines villes, elles sont accueillies et saluées par curieux, sympathisants, comité de soutien et détachements de police ; dans d&amp;rsquo;autres - c&amp;rsquo;est fonction de la sensibilité politique du coin -, l&amp;rsquo;inquiétude des autochtones est manifeste et l&amp;rsquo;on se réjouit de voir ces milliers d&amp;rsquo;importuns déguerpir - d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;assurer leur ravitaillement gratis. Alors que les responsables des compagnies de chemins de fer en appelent à la police ou à l&amp;rsquo;armée pour expulser les hobos des trains de marchandises qu&amp;rsquo;ils ont réquisitionnés, la population locale, elle, voudrait au contraire les y maintenir ou les y remettre pour les voir repartir aussi vite qu&amp;rsquo;ils sont arrivés !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit même dans le récit de London que des trains sont affrêtés spécialement pour se débarrasser des hobos, aux frais de la ville !&amp;hellip; Bref, un petit récit sans prétention et bien sympathique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_London&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack London&lt;/a&gt; (1876-1916) est un écrivain américain dont les thèmes de prédilection sont l&amp;rsquo;aventure et la nature sauvage. Il a connu le succès après des années de pauvreté, de vagabondage et d&amp;rsquo;aventures. Il ne faut le réduire à un écrivain pour adolescents avec ses succès &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Appel de la forêt&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Croc-Blanc&amp;rdquo;, son œuvre est beaucoup plus vaste et aussi politiquement engagée.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Trois romans de Marc Behm</title>
            <link>https://pled.fr/trois-romans-de-marc-behm/</link>
            <pubDate>Sat, 25 Jun 2022 15:06:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/trois-romans-de-marc-behm/</guid>
            <description>&lt;p&gt;Pour la plage, rien ne remplace un bon polar format poche ! En tout cas, l&amp;rsquo;édition Quarto que je lisais normalement (voir article précédent) n&amp;rsquo;était certainement pas appropriée ! Du coup, j&amp;rsquo;ai commencé par un Marc Behm choisi dans ma bibliothèque, puis un autre et enfin le dernier de ma collection&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir de ces polars à l&amp;rsquo;époque (il y a bien longtemps), de quelque chose d&amp;rsquo;original.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;475px&#34; data-flex-grow=&#34;198&#34; height=&#34;306&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/trois-romans-de-marc-behm/3marcbehm.png&#34; width=&#34;606&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, ce ne fut pas si génial que ça, et l&amp;rsquo;on est effectivement loin des polars classiques ! Les trois romans ont des points communs, comme celui du personnage solitaire emporté dans une sorte fuite en avant, ou encore la mort, omniprésente et obsessionnelle, et pas forcément définitive. L&amp;rsquo;auteur imprime sa marque, son amour de Shakespeare, des grands classiques de l&amp;rsquo;Opéra par des citations&amp;hellip; L&amp;rsquo;ensemble est assez atypique, pas déplaisant, pas génial non plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Reine de la nuit&lt;/strong&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;Edmonde, jeune allemande dont le père vient de mourir, mais dont elle sent toujours la présence à ses côtés. Née en 1915, Edmonde va être entraînée dans la montée du nazisme, fréquentant presque par hasard le petit groupe qui dirigera le Reich. Elle-même ne croit à rien, tout les hommes qu&amp;rsquo;elle croise ne sont pour elle que des &amp;ldquo;cochons d&amp;rsquo;enculés&amp;rdquo;&amp;hellip; et toutes les femmes de potentielles partenaires sexuelles (Eva Braun comprise). Elle qui ne demandait rien d&amp;rsquo;autre que de &amp;ldquo;faire de longues promenades avec mon père, tous les deux, côte à côte&amp;rdquo; se retrouvera membre des S.S., et finira tout de même sur l&amp;rsquo;échafaud, après une longue errance erotico-délirante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trouille&lt;/strong&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Joe Egan, qui a la particularité de voir la mort arriver sous la forme d&amp;rsquo;une femme habillée tout en noir. Dès lors, il passe sa vie à fuir, toujours à l&amp;rsquo;affût, prêt à disparaître, persuadé qu&amp;rsquo;elle est à sa recherche. Et à la fin, qui gagne ? C&amp;rsquo;est le meilleur des trois à mon avis, et sans doute celui qui m&amp;rsquo;avait laissé cette bonne impression.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crabe&lt;/strong&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Lucy, démon sous la forme d&amp;rsquo;une jeune femme chargée de collecter les âmes de ceux dont la vie est arrivée à terme. Lors de vacances à Paris, elle se trouve aux prises avec un autre démon, qui se révèle puissant et dangereux. L&amp;rsquo;histoire avec un grand H va alors s&amp;rsquo;incruster dans le récit, avec le grand &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hannibal_Barca&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hannibal Barca&lt;/a&gt; qui franchit les Alpes sans jamais prendre Rome. Vous saurez ici pourquoi ! Un indice sur sa page wikipedia ? &lt;em&gt;en phénicien Hanni-baal signifie&lt;/em&gt; « &lt;em&gt;qui a la faveur de Baal&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Behm&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marc Behm&lt;/a&gt; (1925-2007) est un écrivain de roman policier et un scénariste américain, ayant vécu à Paris. Il est également l&amp;rsquo;auteur de &lt;strong&gt;Mortelle Randonnée&lt;/strong&gt;, porté à l&amp;rsquo;écran par Claude Miller, avec Isabelle Adjani et Michel Serrault. Roman par ailleurs recommandé par Jean-Patrick Manchette dans ses &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;Chroniques&lt;/a&gt;, gage de qualité ! Il faudrait que je lise celui-là du coup&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Aventures heureuses - Jean-Christophe Rufin</title>
            <link>https://pled.fr/aventures-heureuses-jean-christophe-rufin/</link>
            <pubDate>Sat, 25 Jun 2022 09:36:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/aventures-heureuses-jean-christophe-rufin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aventures-heureuses.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;avais jamais rien lu de cet auteur, alors quand j&amp;rsquo;ai vu cette belle édition chez Quarto, classée sous la rubrique &amp;ldquo;Voyage&amp;rdquo; chez le libraire, ça m&amp;rsquo;a forcément donné envie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;JC Rufin, médecin de formation, a été l&amp;rsquo;un des pionniers de Médecins sans frontières. Il a également eu une carrière dans les ministères et la diplomatie (ambassadeur de France au Sénégal).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La couverture est belle avec cette ancienne carte du monde, le recueil sous-titré &amp;ldquo;Romans historiques&amp;rdquo;&amp;hellip; Le titre lui-même me faisait penser à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12291&#34; &gt;La mort en Arabie de Thorkild Hansen&lt;/a&gt;, puisque l&amp;rsquo;on appelait l&amp;rsquo;actuel Yemen &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Arabie heureuse&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;époque des Lumières. Enfin, sur le quatrième de couverture, un extrait de l&amp;rsquo;avant-propos de l&amp;rsquo;auteur précise :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À eux quatre, ces romans constituent une sorte de fresque qui, du XVe au XVIIe siècle, développe un même thème, celui de la rencontre des civilisations. Ils restituent autant d’étapes de la dramatique collision de l’Europe avec d’autres peuples, d’autres mémoires et d’autres pensées. Ils forment une longue chronique des malentendus, des occasions manquées, des incompréhensions qui ont abouti à la situation contemporaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour moi, c&amp;rsquo;était sûr, j&amp;rsquo;allais partir dans un récit historique et apprendre plein de choses. Ce ne sera que (très) partiellement vrai, et une déception, ceci dès le premier roman. L&amp;rsquo;auteur est un adepte du roman d&amp;rsquo;aventure romanesque, avec des héros solaires auxquels on sait immédiatement que rien ne fâcheux ne peut arriver. C&amp;rsquo;est bien écrit, et même soigné, parfois un peu trop, très fluide, on tourne les pages et les péripéties qui se suivent sont aussi vite résolues.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors certes, la trame générale de chaque roman correspond à des faits qui se sont réellement passés, et qui méritent d&amp;rsquo;être contés. L&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est documenté et le contexte est fidèlement rendu, mais le besoin d&amp;rsquo;y mettre au centre une histoire d&amp;rsquo;amour et d&amp;rsquo;en faire la trame principale de l&amp;rsquo;histoire en retire beaucoup d&amp;rsquo;intérêt. C&amp;rsquo;est un avis personnel, apparemment l&amp;rsquo;auteur a de nombreux lecteurs enthousiastes, a obtenu le prix Goncourt pour Rouge Brésil, et il a comme on dit trouvé son public (ce qui semble important pour lui).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Attention, tout n&amp;rsquo;est pas négatif loin de là, j&amp;rsquo;ai surtout été trompé par cet avant-propos de l&amp;rsquo;auteur, un peu prétentieux je trouve : la coquille est belle, mais elle m&amp;rsquo;a parue vide. Il s&amp;rsquo;agit de littérature grand public, et ce n&amp;rsquo;est pas un hasard. Voilà ce que dit l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je trouve que le mainstream, le fait d&amp;rsquo;écrire pour un grand nombre, est quelque chose de respectable. C&amp;rsquo;est aussi une transgression sans doute peut-être. En France en tout cas, le mainstream est un peu mal vu. Or, je crois qu&amp;rsquo;on peut être exigeant, on peut essayer d&amp;rsquo;écrire le mieux possible et d&amp;rsquo;exprimer les choses le plus profondément possible tout en les rendant accessibles à un grand nombre. Je n&amp;rsquo;ai pas la coquetterie de me dire que moins je suis lu, meilleur c&amp;rsquo;est, ou autre. Cela ne veut pas dire non plus qu&amp;rsquo;être très lu veut dire que c&amp;rsquo;est très bon. Ce n&amp;rsquo;est pas aussi simple. C&amp;rsquo;est, à mon sens, un défi considérable de pouvoir être lu par beaucoup en essayant de conserver cette qualité, enfin, une qualité en tout cas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je respecte, mais je trouve que c&amp;rsquo;est au détriment du fond.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petite déception aussi donc pour cette édition Quarto, qui m&amp;rsquo;avait habitué à plus de qualité. Chaque roman est suivi d&amp;rsquo;une partie &amp;ldquo;Accueil de la presse et réception de l&amp;rsquo;œuvre&amp;rdquo;. On y trouve beaucoup d&amp;rsquo;éloges, l&amp;rsquo;un des articles compare même JC Rufin à Joseph Conrad !! Je peux vous assurer qu&amp;rsquo;on en est très loin, autant par la forme que par le fond. Quant aux préfaces de chaque roman, je les ai trouvé sans grand intérêt, et toujours promptes à dévoiler l&amp;rsquo;intrigue du roman que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;apprête à lire. Par contre, les autres textes de l&amp;rsquo;auteur qui suivent les romans sont intéressants, tout comme les entretiens et conférences qui viennent ensuite, ainsi que les repères biographiques qui retracent l&amp;rsquo;itinéraire tout de même remarquable de J.-C. Rufin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons tout de même un peu de quoi chaque histoire retourne, notamment le fait historique choisi :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;Abyssin&lt;/strong&gt; : L&amp;rsquo;histoire qui sert de prétexte au roman est celle d&amp;rsquo;un médecin/apothicaire français vivant au Caire (un certain &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-Charles_Poncet&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Poncet&lt;/a&gt;), et envoyé par le consul de France en Abyssinie soigner le Roi (le négus), sous le règne de Louis XIV. Hélas, en lisant ce premier roman, on est plus proche d&amp;rsquo;Angélique Marquise des Anges que d&amp;rsquo;un roman historique et de la rencontre des civilisations ! :oops: D&amp;rsquo;où la déception par rapport à mes attentes. Les péripéties et leur dénouement sont cousues de fil blanc, et l&amp;rsquo;issue ne fait aucun doute.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le héros est médecin (enfin apothicaire) et soigne, mais de manière surprenante (vu la profession de l&amp;rsquo;auteur) rien n&amp;rsquo;est dit sur les maux dont souffrent ses patients. Un onguent, un remède, et voilà l&amp;rsquo;affaire est dite. Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;en lisant les interviews de l&amp;rsquo;auteur par la suite que j&amp;rsquo;ai compris que c&amp;rsquo;est ainsi que se pratiquait la médecine à cette époque (et jusqu&amp;rsquo;à la fin du XIXe siècle d&amp;rsquo;ailleurs !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rouge Brésil&lt;/strong&gt; : meilleure histoire, plus incertaine quant à son développement, on suit donc ces aventures avec intérêt, d&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;essentiel est basé sur une réalité historique surprenante : la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/France_antarctique&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;France antarctique&lt;/a&gt; de Villegagnon, qui s&amp;rsquo;installa dans la baie de Rio de Janeiro, y construisit un fort, avec l&amp;rsquo;espoir d&amp;rsquo;y fonder une colonie. Le projet échouera, les Portugais ne partageant pas ce point de vue ! De plus, la colonie française se déchire entre catholiques et protestants, sujet traité en détail par l&amp;rsquo;auteur, l&amp;rsquo;occasion de voir les calvinistes à l&amp;rsquo;œuvre, et leur extrémisme religieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si dans la réalité le fort de Coligny fut bel et bien détruit par les Portugais, dans le roman il en sera tout autrement, le besoin romanesque d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;happy end&amp;rdquo; devant être à la hauteur de Just et Colombe, les deux héros de l&amp;rsquo;histoire. La réalité dépasse quand même la fiction, puisque des enfants étaient bel et bien embarqués sur les bateaux lors de la colonisation de l&amp;rsquo;Afrique et de l&amp;rsquo;Amérique, pour servir de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Drogman#Colonisation_et_truchements&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;truchements&lt;/a&gt;, car supposés apprendre plus facilement la langue des indigènes pour permettre ensuite de communiquer avec eux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand Cœur&lt;/strong&gt; : on franchit encore un palier avec ce roman, et je me suis dit alors que l&amp;rsquo;auteur progressait à chaque nouveau récit. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_C%C5%93ur&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jacques Cœur&lt;/a&gt;, argentier du roi Charles VII, qui va ouvrir des relations commerciales avec les pays du Levant. Tout à la fois négociant, banquier, armateur, il va s&amp;rsquo;élever très haut jusqu&amp;rsquo;à se brûler les ailes. Là encore l&amp;rsquo;histoire est vraie dans ses grands traits, et romancée avec l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;amour (platonique) entre Jacques Cœur et Agnès Sorel la maîtresse du Roi, mais sans prendre trop de place cette fois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce récit, raconté à la première personne prend tout de suite plus d&amp;rsquo;intérêt, d&amp;rsquo;une part par l&amp;rsquo;histoire passionnante de son ascension et l&amp;rsquo;introspection qu&amp;rsquo;elle permet. La narration est aussi parfaitement maîtrisée, qui commence quand Jacques Cœur, poursuivi, se cache sur une île grecque et écrit ses mémoires car sentant sa fin proche. Le portrait du roi Charles VII est assez saisissant et le danger à le fréquenter parfaitement rendu&amp;hellip; C&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;époque où le royaume de France s&amp;rsquo;établit pour de bon, après que Jeanne d&amp;rsquo;Arc ait &amp;ldquo;bouté les anglais hors de France&amp;rdquo; !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le meilleur roman de cette série à mon avis, et de loin !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tour du monde du roi Zibeline&lt;/strong&gt; : On repart pour une grande épopée à priori passionnante avec un tour du monde à l&amp;rsquo;époque de Louis XV&amp;hellip; L&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un aventurier né en europe centrale, fait prisonnier au Kamchatka, et qui deviendra &amp;ldquo;roi de Madagascar&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;auteur retombe vite dans son travers semble-t-il préféré : l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;amour indéfectible qui rend les héros invincibles (enfin pas cette fois&amp;hellip;), mais qui rendent les péripéties qui émaillent le récit bien ternes et sans intérêt. Stevanov le traître en est le bon exemple, à chaque fois une nouvelle chance lui est laissé, à chaque fois il trahit, et à chaque fois le héros s&amp;rsquo;en sort indemne. Lassant. Le voyage d&amp;rsquo;Alaska à Lorient occupe bien peu de place et pourtant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré un bon début, je suis largement resté sur ma faim tout au long de l&amp;rsquo;histoire. Là encore, le cadre est parfait : histoire vraie et incroyable, véracité du contexte historique, tout semble réuni, et pourtant ça coince : on se concentre sur les anecdotes, on fait de belles phrases, on tourne les pages&amp;hellip; L&amp;rsquo;ensemble est largement remanié et romancé, et finalement, on n&amp;rsquo;y croit pas une seconde !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Christophe_Rufin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Christophe Rufin&lt;/a&gt;, né en 1952, est un médecin, écrivain et diplomate français. Il est aussi membre de l&amp;rsquo;Académie Française.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les frères Ashkenazi - Israël Joshua Singer</title>
            <link>https://pled.fr/les-freres-ashkenazi-israel-joshua-singer/</link>
            <pubDate>Fri, 20 May 2022 16:33:02 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;les-freres-ashkenazi.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre commandé suite à l&amp;rsquo;émission quotidienne de François Busnel &amp;ldquo;La p&amp;rsquo;tite librairie&amp;rdquo;, où il recommande la lecture d&amp;rsquo;un roman, souvent au format poche. Pour celui-ci, la commande du libraire mit plusieurs mois à être livrée, le roman étant en cours de réédition&amp;hellip; peut-être grâce à François Busnel ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Simha et Yakov, deux frères que tout oppose, faux jumeaux, et aussi différents l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre physiquement qu&amp;rsquo;intellectuellement. À travers leurs vies, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de la ville de Lodz en Pologne qui est contée, depuis la révolution industrielle jusqu&amp;rsquo;à la Grande Guerre et la Révolution russe. La population se divise alors entre polonais, émigrants allemands, et la communauté juive.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les métiers à tisser manuels vont être petit à petit remplacés par des machines, et d&amp;rsquo;immenses usines vont faire leur apparition. La pauvreté est terrible, les ouvriers exploités et laissés dans la misère, qu&amp;rsquo;ils soient polonais, allemands ou juifs. Pourtant, des opportunités se présentent à qui veut ou sait les prendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première moitié du roman est une plongée dans le monde juif et ses traditions, avec ceux qui veulent les suivre à la lettre, et les autres prêts à les oublier pour s&amp;rsquo;adapter au monde moderne qui arrive à grands pas. Différents courants traversent la communauté : les orthodoxes qui rejettent le changement, ceux croyant aux Lumières et au progrès, et même les premiers révolutionnaires marxistes… Simha, renfermé, très intelligent mais dévoré par l&amp;rsquo;ambition, va se jeter à corps perdu dans une ascension sociale qu&amp;rsquo;il désire plus que tout, quand Yakov, d&amp;rsquo;un naturel aimable et bon vivant, semble béni des dieux et attirer la réussite à lui sans effort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais la grande Histoire va vite rattraper la petite, et le roman prendre une autre dimension après cette première partie consacrée à la famille Ashkenazi. Affamés, le premier mouvement de révolte des ouvriers sera vite et durement réprimé, et les juifs déjà les victimes d&amp;rsquo;un pogrom par les ouvriers chrétiens enivrés. Ce sera dès lors récurrent de les voir devenir les boucs émissaires des crises qui vont se succéder, quel que soit l&amp;rsquo;occupant ou le régime. Les polonais, qu&amp;rsquo;ils soient de la noblesse, ouvriers ou paysans, les méprisent ; l&amp;rsquo;occupant russe et les terribles cosaques ne feront guère mieux, tuant et pillant leurs biens sans vergogne. C&amp;rsquo;est assez frappant et terrible à la fois, de voir comment cette communauté sera systématiquement stigmatisée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne manque que les repères historiques à ce livre pour en faire une grande fresque : aucune date n&amp;rsquo;est donnée, et même Lénine est appelé &amp;ldquo;Le petit homme chauve et trapu&amp;rdquo;&amp;hellip; La première partie consacrée à la famille et au monde juif de l&amp;rsquo;époque est toutefois un peu longuette, on est vraiment dans la &amp;ldquo;petite histoire&amp;rdquo;. Mais cela reste un bon roman, bien écrit, plaisant à lire, et qui rappelle bien la misère de la condition ouvrière au début de l&amp;rsquo;industrialisation, et le terrible destin des juifs, boucs émissaires systématiques de l&amp;rsquo;histoire. Le roman s&amp;rsquo;arrête avant la seconde guerre mondiale, qui verra la quasi extermination des juifs polonais par les allemands.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Israel_Joshua_Singer&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Israël Joshua Singer&lt;/a&gt; (1893-1944) est un écrivain yiddish. Il était le frère aîné de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Bashevis_Singer&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Isaac Bashevis Singer&lt;/a&gt; et le frère cadet d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Esther_Kreitman&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Esther Kreitman&lt;/a&gt;. Il fut d&amp;rsquo;abord journaliste en Pologne, puis émigra en 1934 aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Au doigt et à l&#39;oreille - Ross Thomas</title>
            <link>https://pled.fr/au-doigt-et-a-loreille-ross-thomas/</link>
            <pubDate>Sat, 07 May 2022 08:37:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/au-doigt-et-a-loreille-ross-thomas/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;doigt-oreille.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un polar de la série noire, sans doute noté lors de la lecture des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;chroniques de Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt;. Le roman est de 1981, ça date un peu, pourtant le thème est un classique toujours pas démodé : la C.I.A. et ses agents douteux voir corrompus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est pourtant un terroriste nommé Félix qui se fait assassiner au début de l&amp;rsquo;histoire. Mais les Lybiens le prennent très mal, car c&amp;rsquo;était un ami du colonel Mourabet, successeur de Khadafi, mort d&amp;rsquo;une crise cardiaque provoquée par un accès de rage ! :lol:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Lybiens sont persuadés que ce sont les américains qui sont derrière ce qu&amp;rsquo;ils pensent encore être un simple enlèvement, et organisent les représailles en enlevant le frère du président : le deal est clair. Il va s&amp;rsquo;en suivre une course poursuite, entre la C.I.A., un agent &amp;ldquo;spécial&amp;rdquo; agissant au nom du président, et les véritables auteurs de la mort du fameux Félix.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même si la lecture est plaisante, je n&amp;rsquo;ai pas trouvé là un grand polar. Le style est lapidaire, concentré sur l&amp;rsquo;action, les scènes s&amp;rsquo;enchaînent sans répit et l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;achemine vers un dénouement tout de même aussi peu crédible que sans surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, ce roman n&amp;rsquo;a pas été traduit par Manchette mais par G.A. Louedec. Jean-Patrick Manchette ne traduira (plus tard) que trois des romans de Ross Thomas :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Out On The Rim (1987) sous le titre La Quatrième Durango (1991).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;The fourth Durango (1989) sous le titre Crépuscule chez Mac (1993).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Voodoo, Ltd (1992) sous le titre Voodoo, Ltd (1999).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;on en croit Wikipedia (voir ci-dessous) , cela peut valoir le coup de se pencher sur ces derniers romans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ross_Thomas&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ross Thomas&lt;/a&gt; (1926-1995), est un auteur américain de romans policiers, qui publie aussi sous le nom de Oliver Bleek. Spécialiste du thriller politique à ses débuts, son style s&amp;rsquo;affirme sur le tard. Ses personnages se font alors grinçants, ses intrigues se concentrent sur l&amp;rsquo;arnaque, ce qui emporte notamment l&amp;rsquo;adhésion de Jean-Patrick Manchette, qui traduira en français plusieurs de ses dernières œuvres.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les abeilles grises - Andreï Kourkov</title>
            <link>https://pled.fr/les-abeilles-grises-andrei-kourkov/</link>
            <pubDate>Mon, 02 May 2022 14:50:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-abeilles-grises-andrei-kourkov/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;abeilles-grises.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur était passé sur &amp;ldquo;C à vous&amp;rdquo;, et je me suis dit que ça pouvait valoir le coup de lire son dernier roman, afin d&amp;rsquo;avoir un point de vue de l&amp;rsquo;intérieur sur l&amp;rsquo;occupation russe dans le Donbas, le roman ayant été écrit avant la guerre actuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture s&amp;rsquo;est révélée agréable, et l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;attache vite aux pérégrinations de Sergueï Sergueïtch et de ses abeilles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sergueï vit dans un village abandonné, et pleine &amp;ldquo;zone grise&amp;rdquo;, coincé entre l&amp;rsquo;armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes. Ils ne sont plus que deux dans le village, Sergueï et Pachka, son ami-ennemi d&amp;rsquo;enfance, bien obligés de composer tous les deux malgré leurs points de vue différents sur le conflit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis au printemps, Sergueï va prendre la route avec ses ruches pour les emmener dans un endroit plus calme, où ses abeilles pourront produire leur miel en toute sécurité. Il va se rendre d&amp;rsquo;abord en Ukraine, puis en Crimée, l&amp;rsquo;occasion pour lui de faire des rencontres bonnes et mauvaises, et pour le lecteur de se faire une idée de ce que peut être la vie là-bas, même si Sergueï vit un peu dans son monde, au centre duquel sont les abeilles (vive l&amp;rsquo;apithérapie !) et dont il compare l&amp;rsquo;organisation à celle des humains.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le début de l&amp;rsquo;histoire est un peu lent, on s&amp;rsquo;attache vite au personnage et à son amour des abeilles. En Crimée, l&amp;rsquo;expérience de l&amp;rsquo;autorité russe est sans appel, et le titre du roman &amp;ldquo;les abeilles grises&amp;rdquo; aura son explication finale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andre%C3%AF_Kourkov&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Andreï Kourkov&lt;/a&gt;, né en 1961, est un écrivain ukrainien de langue russe. Il vit entre Kiev et Londres.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Fenua - Patrick Deville</title>
            <link>https://pled.fr/fenua-patrick-deville/</link>
            <pubDate>Fri, 29 Apr 2022 09:53:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/fenua-patrick-deville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fenua.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fenua signifie &amp;ldquo;territoire&amp;rdquo; en Tahitien. L&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;en apprendre un peu plus sur la Polynésie où ma frangine navigue depuis bientôt deux ans (le bateau a une sorte de visa de 3 ans, après il faut quitter le territoire !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Patrick Deville va donc nous raconter à sa manière l&amp;rsquo;histoire de la Polynésie depuis l&amp;rsquo;arrivée des occidentaux (deux cents ans, ce n&amp;rsquo;est pas si vieux) : Bougainville et Cook les découvreurs, l&amp;rsquo;île de Pâques et la Bounty, Melville et Moby Dick, Pierre Loti et son frère médecin, Gauguin le peintre, Jack London, j&amp;rsquo;en passe et des meilleurs, ils sont nombreux à être passés par là , pour le meilleur et pour le pire ! Elsa Triolet, russe d&amp;rsquo;origine, future résistante française, ou encore Alain Gerbault, marin solitaire au destin peu commun, qui aura le tort de choisir le camp de Pétain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et toujours avec la même méthode : Patrick Deville s&amp;rsquo;installe sur place (à Papeete), avec plein de bouquins sur le sujet, et raconte donc l&amp;rsquo;histoire de ceux qui sont passés par cet endroit, pas toujours de façon chronologique (ce sont plus les lieux qui guident le récit), passant allègrement du présent au passé, dans son style parfois un peu particulier et aux tournures de phrases alambiquées. On est parfois plus dans l&amp;rsquo;évocation presque onirique tant il saute d&amp;rsquo;un personnage ou d&amp;rsquo;un lieu à l&amp;rsquo;autre dans une (très) longue phrase&amp;hellip; obligeant parfois à une deuxième lecture (on aime ou on déteste !), mais on apprend plein de choses quand même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Habituellement, sa présence sur place permet de mettre en relief le présent et le passé, mais cette fois cela n&amp;rsquo;apporte pas grand chose, il traite en fait de l&amp;rsquo;actualité en fin d&amp;rsquo;ouvrage : entre indépendantistes et autonomistes, après l&amp;rsquo;hégémonie de Gaston Flosse, et les millions versés par l&amp;rsquo;État français en échange des essais nucléaires&amp;hellip;. le présent n&amp;rsquo;est pas évident à gérer pour les locaux !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai tout de même noté quelques romans à lire :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Civilis%C3%A9s_%28roman,_1905%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les Civilisés&lt;/a&gt; de Claude Farrère : pas vraiment en rapport avec le lieu, mais une sévère critique des coloniaux dépravés à Saïgon, prix Goncourt en 1905.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Touriste_de_bananes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Touriste de bananes&lt;/a&gt; de Georges Simenon : un auteur à ne pas réduire aux &amp;ldquo;Maigret&amp;rdquo;, grand écrivain si j&amp;rsquo;en crois ce que j&amp;rsquo;ai pu lire à son propos.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_T%C3%AAte_coupable&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La tête coupable&lt;/a&gt; de Romain Gary, auteur que l&amp;rsquo;on ne présente plus.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Patrick Deville sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34; &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34; &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34; &gt;Pura Vida&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7128&#34; &gt;Équatoria&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6462&#34; &gt;Patrick Deville&lt;/a&gt; est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34; &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt; meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34; &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt; le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Alabama 1963 - Ludovic Manchette, Christian Niemiec</title>
            <link>https://pled.fr/alabama-1963-ludovic-manchette-christian-niemiec/</link>
            <pubDate>Tue, 26 Apr 2022 09:30:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/alabama-1963-ludovic-manchette-christian-niemiec/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Alabama-1.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus trop comment je suis arrivé à lire ce bouquin : c&amp;rsquo;est sans doute le patronyme &amp;ldquo;Manchette&amp;rdquo; qui m&amp;rsquo;a fait de l&amp;rsquo;œil, mais hélas aucun rapport avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17980&#34; &gt;Jean-Patrick&lt;/a&gt; ! :sad: Ajouter à cela quelques bonnes critiques, et voilà !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, ce roman est d&amp;rsquo;une nullité incroyable. Aucun style pour commencer, des chapitres d&amp;rsquo;une page ou deux, beaucoup de dialogues convenus et sans intérêt, des personnages caricaturaux, une histoire bâclée, tout est réuni (et réussi) pour un véritable navet. Pas la peine de se mettre à quatre mains pour écrire un truc pareil !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc un polar, avec un détective privé. Mais ce dernier est ivre tous les soirs, et décuite dans la journée, tout juste capable de marcher quelques pas sans trébucher, mais pas de conduire son véhicule, et encore moins une enquête, ce qui est tout de même gênant ! On s&amp;rsquo;en remettra donc à une voyante pour identifier le coupable, à la fin du bouquin ; c&amp;rsquo;est pratique, en quelques pages, l&amp;rsquo;affaire est bouclée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le racisme ambiant (à priori un sujet intéressant), est traité ici de façon caricaturale, jusqu&amp;rsquo;à saturation&amp;hellip; C&amp;rsquo;est apparemment la grande révélation du livre : dans les années 60, en Alabama, le racisme et la ségrégation existaient ! :idea:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si j&amp;rsquo;en crois &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.lisez.com/auteur/ludovic-manchette/149274&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la page Biographie des auteurs&lt;/a&gt; du site de leur maison d&amp;rsquo;édition &amp;ldquo;Editis - cherche midi&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ludovic Manchette et Christian Niemiec ont remporté &lt;strong&gt;une dizaine de prix littéraires&lt;/strong&gt; pour leur premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On recherche toujours les prix en question, une récompense est offerte à celui qui pourra fournir des informations à ce sujet ! :lol:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Jean Jaurès - Gilles Candar, Vincent Duclert</title>
            <link>https://pled.fr/jean-jaures-gilles-candar-vincent-duclert/</link>
            <pubDate>Thu, 14 Apr 2022 08:46:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/jean-jaures-gilles-candar-vincent-duclert/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;jaures.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est par ma sœur Dominique que j&amp;rsquo;en suis arrivé à lire cette biographie de Jean Jaurès. Elle était curieuse de mieux connaître la vie de ce grand personnage de l&amp;rsquo;histoire, et comme j&amp;rsquo;étais de mon côté plongé dans cette période d&amp;rsquo;avant-guerre (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18473&#34; &gt;U.S.A.&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18605&#34; &gt;Les raisins de la colère&lt;/a&gt;) je me suis dit que ça tombait bien de voir cette fois le côté français de ce début de XXe siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cette biographie commence par les derniers jours de Jaurès, occupé à se battre jusqu&amp;rsquo;au bout pour la paix et contre la guerre qui arrive. Il est assassiné le 31 juillet 1914, et la première guerre mondiale est déclarée le lendemain !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La faute au gouvernement français qui n&amp;rsquo;a pas essayé de convaincre la Russie, et aux allemands qui n&amp;rsquo;ont pas voulu raisonner l&amp;rsquo;Empire austro-hongrois malgré les concessions faites par la Serbie (guerre des Balkans). Bref les Empires étaient à l&amp;rsquo;œuvre, et les alliances prisonnières d&amp;rsquo;une diplomatie secrète. Exactement ce que dénonçait et craignait Jaurès.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fait incroyable, son assassin &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Villain&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Raoul Villain&lt;/a&gt; sera emprisonné pendant toute la durée de la guerre, puis jugé en 1919 dans un contexte de ferveur nationaliste. Non seulement il sera acquitté mais en plus honoré d&amp;rsquo;être un bon patriote par le président de la Cour ! On mesure là l&amp;rsquo;idéalisme de Jaurès ! :???:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écrit par des historiens, cette biographie (plutôt pro-Jaurès me semble-t-il) est très détaillée et un peu fastidieuse à lire, j&amp;rsquo;ai du m&amp;rsquo;accrocher pour arriver au bout ! Particulièrement toute la partie purement politique, sa vie de député&amp;hellip; Les parties plus intéressantes sont, en dehors de son assassinat, celle sur l&amp;rsquo;affaire Dreyfus bien sûr, mais aussi celle concernant &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Armée nouvelle&amp;rdquo;, qui nous offre une synthèse de sa pensée sociale et économique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À son actif, on peut lister sa défense constante de la République (encore jeune et fragile), ses combats pour la laïcité, la Séparation de l&amp;rsquo;Église et de l&amp;rsquo;État (1905), l&amp;rsquo;école publique, la justice sociale, la retraite ouvrière, le droit de grève des fonctionnaires, l&amp;rsquo;impôt sur le revenu (1914), et la lutte pour l&amp;rsquo;abolition de la peine de mort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il était aussi profondément anti-capitaliste, pour le collectivisme et contre la propriété industrielle, prônant la nationalisation des grandes entreprises. Lors de l&amp;rsquo;affaire Dreyfus, il mettra un peu de temps à se ranger du côté des &amp;ldquo;dreyfusards&amp;rdquo;&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;a par ailleurs jamais exercé de responsabilités gouvernementales.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais reprenons la biographie depuis le début :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jaurès est un élève doué, vite remarqué et envoyé à l&amp;rsquo;École normale supérieure, où il obtient une agrégation de philosophie. Député à 26 ans (c&amp;rsquo;est la IIIe République), il sera vite happé par la politique. Il perdra son poste de député aux élections suivantes, mais se retrouve alors adjoint au maire de Toulouse, où on lui confie le domaine de l&amp;rsquo;Instruction publique, dans lequel il va s&amp;rsquo;épanouir (1890). Puis il sera réélu sans discontinuer. Il affine sa vision politique, et se rapproche des socialistes, opposant au matérialisme historique et à la lutte des classes marxiste l&amp;rsquo;idée philosophique d&amp;rsquo;un idéal humain et d&amp;rsquo;une justice sociale (on garde quand même le concept de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;homme nouveau&amp;rdquo; chers aux révolutionnaires&amp;hellip;):&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est l’homme, en pleine disposition de ses forces intellectuelles et morales, porteur de l’idée de justice, qui réalise l’« ère nouvelle » par la « révolution socialiste ». Ainsi, celle-ci perd son caractère de déterminisme gouverné par le matérialisme historique et instaure l’humanité comme la collectivité des hommes libres, pensants et agissants en conscience.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il publie aussi régulièrement des articles dans les journaux, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;usage à l&amp;rsquo;époque. Il deviendra vite un adversaire redoutable : c&amp;rsquo;est un orateur très talentueux, et ses discours sont vite remarqués. Féru d&amp;rsquo;histoire (il dirigera une &amp;ldquo;Histoire socialiste de la France contemporaine&amp;rdquo; dont il rédigera les volumes consacrés à la Révolution Française), lisant les classiques Grecs et Romains dans le texte original, il aborde toujours les problèmes avec de la hauteur en s&amp;rsquo;attachant aux grands principes plutôt qu&amp;rsquo;à un événement ponctuel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;laffaire-dreyfus&#34;&gt;L&amp;rsquo;affaire Dreyfus&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Vient l&amp;rsquo;affaire Dreyfus qui va être le révélateur (1894). Au départ, Jaurès ne se range pas du côté des &amp;ldquo;dreyfusards&amp;rdquo;, de peur de perdre le soutien de sa base : Dreyfus est finalement un capitaliste et un officier, deux figures que combat justement le prolétariat. L&amp;rsquo;antisémitisme est également assez populaire, les juifs étant complaisamment désignés comme capitalistes par excellence. Jaurès navigue alors en eaux troubles, coincé par sa pensée anticapitaliste, le système d&amp;rsquo;injustice que subit le prolétariat, et un antisémitisme ambiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1895, Dreyfus est condamné par le Conseil de guerre pour trahison et envoyé au bagne, au cours d&amp;rsquo;un procès entaché d&amp;rsquo;irrégularités commises par la hiérarchie militaire. Il faudra l&amp;rsquo;acquittement du véritable coupable (Esterhazy), la découverte des faux de l&amp;rsquo;État-major, et que Zola publie son &amp;ldquo;J&amp;rsquo;accuse&amp;hellip; !&amp;rdquo; (1898) pour que Jaurès se décide à rejoindre les &amp;ldquo;dreyfusards&amp;rdquo;, mais dans un premier temps à titre individuel et comme intellectuel. Zola sera d&amp;rsquo;ailleurs condamné et choisira l&amp;rsquo;exil. Puis Jaurès publie &amp;quot; &lt;strong&gt;Les Preuves&lt;/strong&gt;&amp;quot;, qui détaille toute l&amp;rsquo;affaire de très près, et aide à convaincre et réunir les socialistes. Pour Jaurès, il s&amp;rsquo;agit avant tout de démontrer que la justice républicaine doit s&amp;rsquo;appliquer à tout citoyen, qu&amp;rsquo;il soit riche ou pauvre (et donc à tout soldat quelque soit son grade), et non de se désintéresser de l&amp;rsquo;affaire au prétexte de la personnalité de Dreyfus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La cour de cassation annule le jugement de 1894, un nouveau procès est organisé à Rennes en 1899. Il ne va pas se passer vraiment comme prévu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Trop sûrs d’eux, les dreyfusards derniers déclarent relever le défi de la discussion contradictoire sur l’ensemble du dossier d’accusation de Dreyfus et donc s’éloigner du cadre strict des débats défini par l’arrêt de révision, sans réaliser le piège que comporte le défi lancé par les antidreyfusards. Tout reprendre des faits parce que rien ne devrait être exclu des débats, dans l’idée que la vérité s’y imposera, conduit à sortir du jugement de la Cour de cassation fondé sur une instruction et des débats très approfondis, qui a brisé de nombreuses légendes dont celle des aveux de Dreyfus, et qui a frôlé la proclamation de l’innocence complète de l’accusé. Les dreyfusards veulent rééditer le procès en révision, faire « toute la lumière » comme s’y engage Jaurès le 4 août, écrivant, parfaitement confiant : « nous n’avons rien à redouter, et les bandits, cette fois encore, se prendront à leur propre crime». Ils ne réalisent point qu’un conseil de guerre ne peut être le cadre de cette démonstration générale de vérité, d’autant que les accusateurs de Dreyfus préparent leur contre-offensive et que le ministre de la Guerre n’est en rien décidé à contrôler de près les agissements du commissaire du gouvernement, le commandant Carrière. Celui-ci va progressivement basculer dans le camp des antidreyfusards animé à Rennes par le très puissant général Mercier. Plus globalement, la décision de sortir des réquisitions définies par la Cour de cassation fragilise un combat pour la justice présenté comme tel. Les dreyfusards ont cru que la puissance de la vérité allait être suffisante pour obtenir la justice. Au procès de Rennes, ils vont de désillusion en désillusion, passant du doute au désespoir, comprenant trop tard que la justice ne peut venir du conseil de guerre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Cour rend son verdict : Dreyfus est reconnu coupable de trahison mais « avec circonstances atténuantes ». Verdict absurde : peut-on trahir avec des circonstances atténuantes ? Dreyfus dépose un pourvoi en cassation, mais épuisé, à bout de forces, il accepte finalement la grâce proposée par Waldeck-Rousseau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;vie-et-œuvre-politique&#34;&gt;Vie et œuvre politique&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Jaurès a alors gagné en renommée, est réélu député, et va s&amp;rsquo;attacher à œuvrer à l&amp;rsquo;unification des courants socialistes, ce qui ne sera pas chose facile. L&amp;rsquo;émergence d&amp;rsquo;un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_des_gauches&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bloc des gauches&lt;/a&gt; entre les radicaux-socialistes (centre gauche) et les socialistes, auquel Jaurès est favorable, va permettre l&amp;rsquo;entrée au gouvernement de &amp;ldquo;défense républicaine&amp;rdquo; de Waldeck-Rousseau d&amp;rsquo;un ministre socialiste (1902), ce qui divise dans un premier temps, les courants les plus à gauche (Jules Guesde, Édouard Vaillant) étant férocement contre, adeptes d&amp;rsquo;une opposition plus orthodoxe (marxiste). Il s&amp;rsquo;agit pourtant de défendre la République attaquée par les nationalistes et les antisémites (que Jaurès appelle la réaction royaliste et boulangiste), mais aussi de certains républicains prêts à sacrifier la justice par crainte de l&amp;rsquo;État-major.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela ne tiendra que 4 ans, avec l&amp;rsquo;arrivée de Clémenceau au gouvernement et la fin de l&amp;rsquo;unité à gauche (1905). Ce sera néanmoins l&amp;rsquo;âge d&amp;rsquo;or de l&amp;rsquo;anticléricalisme, avec non seulement la séparation des églises et de l&amp;rsquo;État, mais aussi l&amp;rsquo;interdiction et la fermeture des congrégations religieuses (beaucoup survivront toutefois en se laïcisant), afin de retirer l&amp;rsquo;influence religieuse sur l&amp;rsquo;éducation des petits français.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jaurès défend donc une République face aux souverainistes et aux conservateurs (fussent-ils républicains, peu pressés de changer l&amp;rsquo;ordre établi, aux mains des grandes familles, des notables). Car si la liberté a été conquise par la Révolution, l&amp;rsquo;égalité reste à établir et c&amp;rsquo;est le combat de Jaurès : la justice sociale, l&amp;rsquo;accès à l&amp;rsquo;éducation, l&amp;rsquo;égalité des droits. D&amp;rsquo;autres projets ont du mal à voir le jour : l&amp;rsquo;impôt sur les revenus, et la retraite des ouvriers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On entre alors dans une période de pur combat politique, que Jaurès ne dénigre pas, il aime plutôt ça apparemment, son talent d&amp;rsquo;orateur pouvant être redoutable. L&amp;rsquo;unification des socialistes se fissure avec le gouvernement Clémenceau, entre les courants, les syndicats, les coopératives… C&amp;rsquo;est très mouvant et compliqué à suivre, de la vraie politique où les alliances se font et se défont au gré du temps. Mais Jaurès sait garder de la hauteur, voir à long terme, et reste tout de même une sorte de guide, de référence. Le Parti Socialiste Français est fondé. Il se démène aussi à mettre en place une internationale socialiste. Dès 1904 (conflit russo-japonais) il anticipe les risques de guerre et prône pour une internationale ouvrière, au point d&amp;rsquo;imaginer de retourner les armes contre nos dirigeants si ces derniers déclarent une guerre. Cela lui attire les inimitiés de beaucoup de côtés : le nationalisme et le patriotisme ne sont jamais très loin, et un tel discours est extrêmement risqué. La &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Section_fran%c3%a7aise_de_l%27Internationale_ouvri%c3%a8re&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;SFIO&lt;/a&gt; est créée en 1905.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Humanit%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;Humanité&lt;/a&gt;, que Jaurès a fondé, perd de l&amp;rsquo;argent, et il arrive (plutôt habilement) à en faire l&amp;rsquo;organe du parti socialiste pour en assurer le financement. Cela réussit plutôt bien car les tirages augmentent quand d&amp;rsquo;autres titres (chaque fédération semble avoir son journal) sont à la baisse. (((Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;après-guerre, en 1920, quand la SFIO adhérera à l&amp;rsquo;internationale communiste, que L&amp;rsquo;Humanité de viendra l&amp;rsquo;organe officiel du PCF.)))&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_Tanger&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la crise du Maroc&lt;/a&gt; (1905), que la France dispute à l&amp;rsquo;Allemagne, Jaurès exprime son rejet de la poltique de Clemenceau et l&amp;rsquo;espoir de voir la religion musulmane évoluer vers la modernité :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si je souffre lorsque tombe un soldat français, je souffre aussi lorsqu’un Marocain succombe sous nos balles […]. Nous, Français, qui devrions seconder le mouvement de liberté qui se développe chez les musulmans, nous nous rendons haïssables et odieux et cela en pure perte. C’est votre honneur à vous, prolétaires français, de comprendre la grande solidarité humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Deux mouvements, deux tendances inverses se disputent le monde musulman : il y a les fanatiques qui veulent en finir par la haine, le fer et le feu, avec la civilisation européenne et chrétienne, et il y a les hommes modernes, les hommes nouveaux, comme était Mohammed Abdou en Égypte en 1882, comme est aujourd’hui Mustapha Kameh, comme est l’élite des musulmans de l’Inde unis aux Hindous, comme le sont ces musulmans de la Turquie qui viennent de tendre fraternellement la main aux Arméniens égorgés. Il y a toute une élite qui dit : l’islam ne se sauvera qu’en se renouvelant, qu’en interprétant son vieux livre religieux selon un esprit nouveau de liberté, de fraternité, de paix&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vision humaniste là encore. Il évolue sur le colonialisme, souhaitant une collaboration plutôt qu&amp;rsquo;une recherche de rentabilité et d&amp;rsquo;exploitation ne pouvant déboucher à terme que sur le conflit (tout peuple aspire à se libérer, comme tout être humain aspire à la liberté) &amp;hellip; Quand la propagande dénonce la férocité du Sultan marocain, Jaurès répond non sans ironie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Toute la grande Europe clémente, des gibets de Moscou aux fossés de Monjuich, condamne avec autorité la cruauté marocaine, et les chrétiens font au Coran l’honneur inattendu de réclamer de lui plus qu’ils ne réclament de l’Évangile.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand la peine de mort est votée (dans un contexte défavorable), il déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est partout, c’est en toute question la même politique d’exclusion et de brutalité. Il y a des individus maudits, socialement maudits et qui sont à jamais incapables de se relever ; il y a des races socialement, historiquement maudites qui ne seront jamais assimilées par les civilisations supérieures. Il y a sans doute aussi des classes socialement maudites qui ne seront jamais appelées à une libre coopération. Fatalité de la guerre et de la haine, fatalité des races, fatalité des servitudes économiques, fatalité du crime et des répressions sauvages, voilà quel est, selon nos contradicteurs, le fondement durable ou plutôt le fondement éternel de l’échafaud !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La loi sur les retraites votée (en 1906) finit pas être promulguée (1910), même si elle est largement modifiée par le Sénat : âge reporté à 65 ans (quand seulement 15% des travailleurs atteignent cet âge), par un système par capitalisation. Beaucoup s&amp;rsquo;y opposent à gauche (une retraite pour les morts ?), mais là encore Jaurès voit plus loin : le principe est posé, avec une cotisation salariale et patronale ; les montants sont encore faibles, mais il est persuadé que cela évoluera. Le temps lui donnera raison, puisque qu&amp;rsquo;en 1912 l&amp;rsquo;âge en sera avancé à 60 ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a toujours des luttes au sein des différents courants socialistes et radicaux (&amp;ldquo;Les intrigues quotidiennes, le combat politique toujours renouvelé et recommencé&amp;rdquo;) ce qui résume bien la vie de Jaurès finalement. Il se bat aussi pour une représentation proportionnelle au Parlement. Il y a beaucoup de divisions sur le sujet (et on y est encore de nos jours !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;larmée-nouvelle&#34;&gt;L&amp;rsquo;armée nouvelle&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le second grand ouvrage écrit par Jaurès. Au-delà des questions militaires, il y offre une synthèse de sa pensée économique et sociale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est son &amp;ldquo;grand œuvre&amp;rdquo; après &amp;ldquo;Les Preuves&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est la partie que j&amp;rsquo;ai trouvé la plus intéressante de cette biographie, qui reprend la vision de Jaurès sur un certain nombre de sujets, et pas que l&amp;rsquo;armée. L&amp;rsquo;éducation par exemple, peut-être un peu utopique, il semble croire que par la culture et l&amp;rsquo;éducation on va régler tous les problèmes des individus (c&amp;rsquo;est le cas pour lui qui se détend en lisant les Anciens dans le texte !). Il réfléchit toujours au niveau national mais aussi international, persuadé que c&amp;rsquo;est le seul moyen d&amp;rsquo;empêcher les guerres&amp;hellip; Il devient vraiment le grand homme du socialisme, reconnu dans toute l&amp;rsquo;Europe, invoque Plutarque et Michelet aux côtés de Marx&amp;hellip;. Bizarre qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;ait jamais exercé de responsabilités politiques je trouve. Il est resté un théoricien&amp;hellip; idéaliste, mais aussi conscient de ce qui se passe et surtout des risques de guerre générale avec les empires russes, allemands, austro-hongrois, turcs&amp;hellip; l&amp;rsquo;opacité des diplomaties, les envies de puissance sont plutôt la règle. Il tente désespérément de mettre en route une internationale socialiste, où les travailleurs pourraient empêcher la guerre par la grève ou d&amp;rsquo;autres moyens, mais il se heurte vite aux sentiments nationalistes des uns et des autres qui rendent impossible cette vision un peu &amp;ldquo;utopique&amp;rdquo;. On en restera aux congrès organisés annuellement, pavés de bonnes intentions et de beaux discours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La guerre des balkans (1912-1913) en est la triste évidence. Les chrétiens de l&amp;rsquo;Empire Ottoman (Bulgarie, Serbie, Grèce, Monténégro) veulent reprendre leur autonomie face aux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeunes-Turcs&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jeunes-Turcs&lt;/a&gt; (nouvellement arrivés au pouvoir), et gagner un peu de territoire par la même occasion. Le jeu des grandes puissances européennes ne fera rien pour trouver une solution pacifique, et tout cela mènera doucement à la première guerre mondiale. Jaurès lui prônait une intégration de cette &amp;ldquo;Turquie d&amp;rsquo;Europe&amp;rdquo;, permettant ainsi d&amp;rsquo;éviter la guerre, et de favoriser une évolution pacifique de l&amp;rsquo;Empire Ottoman. Toujours cette hauteur de vue et cette vision à long terme qui le caractérise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La situation internationale se tend, l&amp;rsquo;Allemagne augmente la taille de son armée, Poincaré et le gouvernement Briand veulent porter le service à trois ans (pourtant ramené à deux ans en 1905). Jaurès est contre plaide pour un arbitrage international pour tous les conflits, un rapprochement franco-allemand, des milices nationales, et un impôt sur la richesse pour payer les défenses militaires, déchaînant les passions contre lui. Là aussi très difficile d&amp;rsquo;arriver à une majorité, on est vite taxé de traître, les instincts nationalistes remontent vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On connaît la suite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lhéritage&#34;&gt;L&amp;rsquo;héritage&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Il reste LE grand homme du socialisme français. Humaniste certainement, idéaliste aussi mais conscient des réalités, en voilà un bon résumé je trouve :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J’admirais que, vivant parmi toutes les laideurs de la vie politique, il restât un idéaliste incorrigible qui passait sans effort des manœuvres parlementaires et des intrigues de couloirs les plus vulgaires aux vues de philosophie sociale les plus belles et les plus hautes. C’était vraiment un disciple de Platon qui faisait honneur à son maître. J’admirais aussi son socialisme qui reposait sur une conception très haute de la vie humaine, qui, cherchant à défendre ce qu’il y a déjà de noble et de bon dans le patrimoine humain, n’était que la forme démocratique de son idéalisme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;javascript:void%280%29&#34; &gt;75&lt;/a&gt; », confie l’un d’eux. Avec sa « confiance dans l’instruction et ses mérites » et son « souci de prendre en charge tout l’acquis national », Jaurès « réalise à leurs yeux la difficile synthèse du radicalisme jacobin et du socialisme internationaliste ». Cette synthèse peut prendre différentes formes. Seul Jaurès semble leur donner une unité. Il apporte de la « confiance », de l’« humain », comme s’en ouvre un instituteur de Saône-et-Loire :&lt;br&gt;&#xA;« Je considère Jaurès comme le seul qui apportait de l’humain dans toutes les explosions de colère que constituaient les conflits ouvriers de l’époque. Il éduquait au lieu d’exciter, sans oublier toutefois le but à atteindre : la possession par ceux qui produisent des moyens de production et d’échange. Par la suite, je suis resté, et je suis toujours un jauressiste impénitent. »&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La République des instituteurs, enquête des années 1960.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après-guerre, comme avant-guerre, il y aura les pro-Jaurès et les contres, et cela évoluera au fil du temps (et des opportunités) : quand le bloc URSS s&amp;rsquo;effondre, les communistes sont bien contents de retrouver en Jaurès les valeurs de l&amp;rsquo;anti-capitalisme et de l&amp;rsquo;internationalisme. Mitterrand lui rendra hommage au Panthéon en 1981. Plus tard, Sarkozy utilisera des citations de Jaurès pour en tirer avantage, tout en détournant sa pensée. Etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son œuvre (écrits, discours) est immense et beaucoup de travail d&amp;rsquo;historien et d&amp;rsquo;analyse reste encore à faire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au cinéma : on peut citer un téléfilm d&amp;rsquo;Ange Casta : &amp;ldquo;Jaurès, vie et mort d’un socialiste&amp;rdquo; (1979) avec Bernard Fresson, un docu-fiction de Didier Baulès : &amp;ldquo;La force de l&amp;rsquo;idéal&amp;rdquo; (1995), un documentaire &amp;ldquo;Jaurès est vivant !&amp;rdquo; de Bernard George passé sur Arte (2014), ou encore le téléfilm &amp;ldquo;Jaurès, naissance d&amp;rsquo;un géant&amp;rdquo; de Jean-Daniel Verhaeghe (2005) avec Philippe Torreton.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Candar&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gilles Candar&lt;/a&gt;, né en 1954, est un historien français, spécialiste des XIXe et XXe siècles et des gauches françaises, enseignant et militant politique de gauche.&lt;br&gt;&#xA;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Duclert&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vincent Duclert&lt;/a&gt;, né en 1961, est un historien, enseignant-chercheur, et un inspecteur général de l&amp;rsquo;Éducation nationale français.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Anéantir - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/aneantir-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Sun, 27 Mar 2022 16:28:17 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aneantir.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai vu par hasard ce livre dans les nouveautés de la médiathèque, je l&amp;rsquo;ai réservé, et comme il était encore à l&amp;rsquo;étape &amp;ldquo;protection &amp;amp; couverture&amp;rdquo;, je dois être le premier à l&amp;rsquo;avoir obtenu quand il a été prêt. :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le premier paragraphe, les mots &amp;ldquo;célibataire&amp;rdquo; et &amp;ldquo;mort&amp;rdquo; sont prononcés, c&amp;rsquo;est donc bien du Houellebecq ! Le mot sexe ne tardera pas, rassurez-vous !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Trêve de plaisanterie, que vaut ce dernier opus de notre écrivain-provocateur en chef ? Franchement, je n&amp;rsquo;ai pas été enthousiasmé, Houellebecq semble pourtant un peu apaisé, et plus préoccupé par la mort que par le sexe. Une nouvelle obsession, on vieillit tous, n&amp;rsquo;est-ce pas ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré de bons passages, où l&amp;rsquo;on est emporté par le récit et l&amp;rsquo;écriture toujours fluide, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire qui pêche, qui manque singulièrement de lien : mais de quoi l&amp;rsquo;auteur nous parle-t-il vraiment ? quel est le sujet ? plutôt qu&amp;rsquo;&amp;ldquo;Anéantir&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Dispersion&amp;rdquo; aurait été un bon titre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car cela commence comme un roman d&amp;rsquo;espionnage, avec un groupe terroriste très mystérieux (et qui le restera), utilisant des techniques informatiques jamais vues (et l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;en saura pas plus), publiant des textes à l&amp;rsquo;alphabet inconnu (il l&amp;rsquo;est toujours), provoquant des attentats extrêmement sophistiqués (ou alors de simples incendies), etc&amp;hellip; Cette histoire occupe une bonne partie du roman, pour finalement disparaître.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite je n&amp;rsquo;ai pas compris pourquoi un groupe d&amp;rsquo;extrême-droite anti-euthanasie va libérer le père de Paul ? L&amp;rsquo;auteur semble mélanger allègrement euthanasie et maltraitance hospitalière, et toute cette partie semble surgie de nulle part, peut-être l&amp;rsquo;envie de dire du bien de l&amp;rsquo;extrême-droite et soigner son côté provoc ? Et s&amp;rsquo;il évoque (brièvement) le problème des EHPAD, c&amp;rsquo;est loin d&amp;rsquo;être développé comme il le faudrait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La mini-intrigue politique en toile de fond n&amp;rsquo;a pas grand intérêt, même si l&amp;rsquo;on peut facilement imaginer qui est le président et qui est le ministre des finances (indice : il s&amp;rsquo;appelle Bruno) : mais encore une fois, cela n&amp;rsquo;a aucun intérêt. Reste le choix final de Paul, que l&amp;rsquo;on comprend assez facilement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le problème de la fin de vie serait donc le thème du roman, la possibilité de l&amp;rsquo;euthanasie étant rejetée sans plus d&amp;rsquo;explications, mais le choix de refuser de vivre à tout prix étant lui validé. Débrouillez-vous avec ça !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois le livre refermé, je me disais que Houellebecq a peut-être déjà dit ce qu&amp;rsquo;il avait à dire. Désormais il se répète, et est moins percutant dans ses analyses sociologiques (on est loin des particules élémentaires !). Il y a tout de même de bonnes pages : toute l&amp;rsquo;histoire familiale de Paul, malgré ses quelques incohérences, est agréable à lire, et aurait suffit à faire un excellent roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans du même auteur sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11316&#34; &gt;Plateforme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Houellebecq&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt;, (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles Tome 2 : 1964-1979 - Frank Herbert</title>
            <link>https://pled.fr/nouvelles-tome-2-1964-1979-frank-herbert/</link>
            <pubDate>Sat, 12 Mar 2022 17:42:29 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;FHT2.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18408&#34; &gt;Tome 1&lt;/a&gt;, il était logique de passer au tome 2 de cette belle édition de l&amp;rsquo;intégrale des nouvelles de Frank Herbert. Bon, je ne vous dirai pas que j&amp;rsquo;ai été enthousiasmé par ces nouvelles, l&amp;rsquo;auteur ayant dans sa carrière privilégié les romans, mais bon&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première nouvelle &amp;ldquo;La délicatesse du saboteur&amp;rdquo; annonce un peu la couleur : un contexte compliqué dans un monde radicalement différent, où deux Terriens et un extra-terrestre s&amp;rsquo;expliquent devant un tribunal sur un sujet assez abscons. La nouvelle se terminant par une pirouette, on vient de passer 40 pages à essayer de comprendre de quoi il retourne&amp;hellip; pour rien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le Comité du tout&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est un peu pareil, on est encore au tribunal où le prévenu déclare avoir inventé une arme aussi surpuissante que facile à fabriquer, et qu&amp;rsquo;elle est désormais à la portée de tous puisqu&amp;rsquo;il en a publié les plans. Cette arme est donc censée sauver le monde de tout pouvoir trop autoritaire, et donc de ce tribunal ! Mouais&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je trouve que l&amp;rsquo;auteur a parfois une approche assez scientifique, développant des concepts complexes qui ne se prêtent pas toujours bien au format court des nouvelles. Sinon comme le veut l&amp;rsquo;époque, beaucoup portent sur la colonisation par l&amp;rsquo;homme de nouvelles planètes, et des problèmes en découlant : comment y subsister (&amp;ldquo;Semences&amp;rdquo;), le rapport à une autre intelligence (&amp;ldquo;Chants d&amp;rsquo;une flûte sensible&amp;rdquo;, une de mes préférées). J&amp;rsquo;ai aussi bien aimé &amp;ldquo;Les esclaves du vert&amp;rdquo; qui a pour sujet l&amp;rsquo;écologie et le respect de toutes les formes du vivant, toutes nécessaires à l&amp;rsquo;équilibre de la planète.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, comparé à Philip K. Dick et à ses 120 nouvelles toutes meilleures les unes que les autres, on est assez loin du compte avec ces quarante nouvelles de Frank Herbert (et encore certaines ne font qu&amp;rsquo;une page !). Mais elles sont tout de même agréable à lire pour la plupart, reflétant bien cette époque bénie de la S.-F.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Herbert&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frank Herbert&lt;/a&gt; (1920-1985) est un écrivain américain de science-fiction, principalement connu pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dune_%28roman%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dune&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les raisins de la colère - John Steinbeck</title>
            <link>https://pled.fr/les-raisins-de-la-colere-john-steinbeck/</link>
            <pubDate>Sat, 05 Mar 2022 17:20:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-raisins-de-la-colere-john-steinbeck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;raisins.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18473&#34; &gt;U.S.A. de Dos Passos&lt;/a&gt;, et sur les conseils de ma sœur Domi, j&amp;rsquo;ai enchaîné sur ce roman (prix Pulitzer) de John Steinbeck (prix Nobel de littérature).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes à l&amp;rsquo;époque de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Grande Dépression&lt;/a&gt; (1929-1939), et nous allons suivre la famille Joad, simples métayers, obligés de quitter l&amp;rsquo;Oklahoma et la terre qu&amp;rsquo;ils ont travaillé depuis des générations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;histoire est forte et très prenante (on se demande bien comment tout cela va finir), l&amp;rsquo;écriture a pas mal vieilli et m&amp;rsquo;a semblé un peu naïve, comme le sont ces fermiers qui ne comprennent pas ce monde en plein bouleversement, et dont ils sont brutalement exclus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les chapitres alternent entre le récit de ce qui arrive à la famille Joad, et d&amp;rsquo;autres décrivant plus globalement le contexte dans lequel elle évolue. Le ton de ces derniers est parfois celui d&amp;rsquo;un prêche, comme si le narrateur énonçait des vérités immanentes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Craignez le temps où les bombes ne tomberont plus et où les avions existeront encore… car chaque bombe est la preuve que l’esprit n’est pas mort. Et craignez le temps où les grèves s’arrêteront cependant que les grands propriétaires vivront… car chaque petite grève réprimée est la preuve qu’un pas est en train de se faire. Et ceci encore vous pouvez le savoir… craignez le temps où l’Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l’homme même, et cette qualité seule est l’homme, distinct dans tout l’univers.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur ce sujet, je préfère m&amp;rsquo;en tenir à Georges Brassens :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mourir pour des idées, l&amp;rsquo;idée est excellente [&amp;hellip;] Mourons pour les idées d&amp;rsquo;accord, mais de mort lente !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Apparemment, Steinbeck était très religieux, ceci explique cela. Mais bon, dans l&amp;rsquo;ensemble, ces chapitres sont plutôt utiles pour bien comprendre l&amp;rsquo;époque et ses enjeux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La famille Joad est donc obligée de quitter sa ferme, à cause de la sécheresse et des tracteurs devenus plus rentables. Ils prennent comme tant d&amp;rsquo;autres la route 66 direction la Californie où des tracts publicitaires leur promettent le plein emploi. La mythique route 66 sera ici celle de l&amp;rsquo;exode vers une terre promise qui ne tiendra pas ses promesses. Là-bas, ils seront des &amp;ldquo;Ockies&amp;rdquo;, comme des milliers d&amp;rsquo;autres, à errer sur les routes, méprisés et chassés par les locaux, et exploités par les grands propriétaires terriens et le système capitaliste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette famille est la grande réussite de l&amp;rsquo;histoire, ils sont une douzaine, des grand parents aux enfants petits et grands, et chaque personnage a sa propre personnalité, son rôle dans l&amp;rsquo;histoire, même si le drame est omniprésent. On s&amp;rsquo;attache forcément à tout ce qui leur arrive, et à leur lutte incessante pour s&amp;rsquo;en sortir tout en gardant la tête haute. &amp;ldquo;Man&amp;rdquo;, la mère, en est le socle immuable, et Tom, le fils prodigue qui sort de prison, l&amp;rsquo;adulte qui doit assumer malgré son envie de révolte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La scène finale est d&amp;rsquo;une force incroyable&amp;hellip; Je ne vous en dis pas plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je me suis empressé de regarder le film (1940) une fois le livre fini, et ce fut une déception malgré le jeune Henri Fonda. Le film se concentre uniquement sur Man et Tom, le reste de la famille est réduit au simple rang de figurants, et l&amp;rsquo;ordre chronologique modifié pour arriver à une fin plus proche d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;happy end&amp;rdquo;, même si l&amp;rsquo;objectif est impossible à atteindre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu deux autres romans de Steinbeck, plus drôles et même comiques :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2741&#34; &gt;Tortilla Flat&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2939&#34; &gt;Rue de la sardine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Steinbeck&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Steinbeck&lt;/a&gt; (1902-1968) est un écrivain américain, prix Nobel de littérature en 1962, faisant partie des &amp;ldquo;géants des lettres américaines&amp;rdquo;. &amp;ldquo;Les raisins de la colère&amp;rdquo; est considéré comme son chef d&amp;rsquo;œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>U.S.A. - John Dos Passos</title>
            <link>https://pled.fr/u-s-a-john-dos-passos/</link>
            <pubDate>Fri, 18 Feb 2022 17:52:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/u-s-a-john-dos-passos/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;usa.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Je tiens Dos Passos pour le plus grand écrivain de notre temps&amp;rdquo;. Signé : Jean-Paul Sartre, à propos de &amp;ldquo;1919&amp;rdquo;, le second volet de cette trilogie appelée U.S.A.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais déjà entendu parler en bien de cet auteur, mais aussi de la difficulté à lire certains de ses ouvrages. Après m&amp;rsquo;être renseigné, je me suis lancé dans la lecture de cette trilogie retraçant le début du vingtième siècle aux États-Unis à travers le destin de personnages appelés à se croiser ou pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première chose que j&amp;rsquo;ai envie de dire, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;extraordinaire fluidité du texte : j&amp;rsquo;ai été littéralement absorbé par la vie de ces personnages, que l&amp;rsquo;on voit se dérouler sous nos yeux. Je relevais parfois la tête, encore saisi par le récit, me rendant compte tout à coup du morceau de vie qui vient d&amp;rsquo;être raconté&amp;hellip; Dos Passos adopte un style &amp;ldquo;behavioriste&amp;rdquo;, à savoir qu&amp;rsquo;il raconte les faits sans porter de jugement ni s&amp;rsquo;attarder sur la psychologie de ses personnages : c&amp;rsquo;est au lecteur de se construire sa propre idée. D&amp;rsquo;où l&amp;rsquo;espèce de vertige qui nous envahit quand on prend soudainement conscience du pan de vie qui vient de s&amp;rsquo;écouler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chaque chapitre porte le nom d&amp;rsquo;un personnage, puis on passe à un autre, pour revenir au précédent (ou pas). Dos Passos intercale entre eux des sections un peu particulières, appelées &amp;ldquo;Actualités&amp;rdquo; et &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Œil-caméra&amp;rdquo;. Le premier type est composée d&amp;rsquo;extraits de coupures de presse, publicités, chansons populaires, et se lit à peu près facilement, donnant même un peu de cadre historique au récit. Le second est très particulier, composé des morceaux de phrases collés les uns aux autres (qui sont autobiographiques nous apprend la préface), et je les ai lues je l&amp;rsquo;avoue en diagonale. De courtes biograpĥies de personnages marquants de l&amp;rsquo;époque sont aussi insérées de-ci de-là, souvent caustiques, toujours pertinentes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hormis cette particularité, j&amp;rsquo;ai dévoré les 1200 pages de ces trois romans :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le 42e paralèlle&amp;rdquo; suivi de &amp;ldquo;1919&amp;rdquo; puis &amp;ldquo;La grosse galette&amp;rdquo;. Avec tout de même une préférence pour le premier, où les personnages sont des gens proche du peuple, qui essaient de s&amp;rsquo;en sortir dans la vie, y arrivant ou pas. Je pense à Mac attiré par les mouvements ouvriers révolutionnaires de l&amp;rsquo;époque, ou Janey sa sœur qui essaie de s&amp;rsquo;en sortir et où l&amp;rsquo;on voit la difficile condition des femmes de cette époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Époque d&amp;rsquo;ailleurs terriblement conservatrice, où le mariage semble déjà bien mal perçu par les femmes, ressemblant plus à une impasse qu&amp;rsquo;à un épanouissement. Les hommes ne pensent qu&amp;rsquo;à coucher avec elles sans s&amp;rsquo;engager, alors qu&amp;rsquo;il y a pas vraiment de solutions de contraception. Ajoutez une morale religieuse à tout cela, et vous avez le tableau d&amp;rsquo;une société qui ne laisse aucune place à la nostalgie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;1919&amp;rdquo; est consacré à l&amp;rsquo;époque de la première guerre mondiale. Celle-ci n&amp;rsquo;est pas traitée directement, au départ on voit plutôt des américains volontaires partir comme ambulanciers ou infirmiers, qui passent plus leur temps à se saouler ou à rechercher une conquête féminine qu&amp;rsquo;à autre chose. On perçoit l&amp;rsquo;immense foutoir derrière tout ça, et l&amp;rsquo;énorme démotivation des combattants, qui partent à l&amp;rsquo;assaut en criant &amp;ldquo;À bas la guerre !&amp;rdquo;. Aucun n&amp;rsquo;y croit, c&amp;rsquo;est le marasme (et le massacre) complet, on parle des bolcheviques, des allemands qui n&amp;rsquo;en pensent pas moins, et de la révolution ouvrière à l&amp;rsquo;œuvre de chaque côté, à bas le capitalisme ! D&amp;rsquo;autres pensent à leur carrière et déjà à l&amp;rsquo;après-guerre. Les personnages du roman sont souvent dans les salons, à boire du champagne et se saouler au whisky. La fin du tome est tout de même marquée par les troubles ouvriers, les syndicats, le traitement qu&amp;rsquo;on leur réserve. Une brève bio de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henry Ford&lt;/a&gt;, personnage aux idées bien arrêtées et rétrogrades, fervent adepte du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Taylorisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Taylorisme&lt;/a&gt; dans ses usines (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Winslow_Taylor&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frederik Taylor&lt;/a&gt; a aussi droit à sa bio) , antisémite qui ramena d&amp;rsquo;Europe &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Protocoles_des_Sages_de_Sion&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le protocole des Sages de Sion&lt;/a&gt; dont il fera la promotion. J&amp;rsquo;avais déjà entendu cette histoire sur un podcast France Culture, Ford est largement impliqué dans le développement du sentiment antisémite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;La grosse galette&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;après-guerre, la capitalisme à l&amp;rsquo;œuvre, les débuts de l&amp;rsquo;industrie aéronautique. L&amp;rsquo;on est définitivement dans les milieux d&amp;rsquo;affaire, l&amp;rsquo;alcool coule à flot malgré la prohibition, au point de se demander si cette dernière n&amp;rsquo;était pas un mal nécessaire : beaucoup de personnages sont carrément alcooliques. Dos Passos semble oublier totalement la classe ouvrière pour se concentrer sur un monde de privilégiés ou qui tentent de l&amp;rsquo;être.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté historique, et comme Dos Passos s&amp;rsquo;abstient aussi de commentaires sur le contexte, on en est réduit à ses propres interrogations. J&amp;rsquo;aurais bien voulu en savoir plus par exemple sur ce président &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Woodrow_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Woodrow Wilson&lt;/a&gt; (démocrate) qui avant guerre va lutter contre les trusts et autoriser les grèves ; et qui réélu en 1916 sur la promesse de ne pas entrer en guerre, y engagera pourtant le pays quelques mois plus tard. À la fin de la guerre, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_la_paix_de_Paris&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la conférence de Paris&lt;/a&gt; est l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;interminables tractations : si Dos Passos insiste bien sur la durée inhabituelle de celle-ci, il ne nous éclaire en rien là non plus. On connaît aujourd&amp;rsquo;hui l&amp;rsquo;influence de ces accord sur le seconde guerre mondiale, le partage du monde, etc&amp;hellip; C&amp;rsquo;est un peu la limite de son œuvre : il raconte merveilleusement, mais n&amp;rsquo;explique rien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il me semble qu&amp;rsquo;après-guerre, aux États-Unis, un virage est pris : la parti communiste est déclaré illégal, les immigrants sont pointés du doigt (venant d&amp;rsquo;Europe avec leurs utopies socialistes), les grèves ouvrières sont durement réprimées ; parallèlement la prohibition est déclarée, les capitalistes spéculent, et la grande dépression de 1929 arrive. Tout ceci fait le lien avec l&amp;rsquo;époque de la &amp;ldquo;contre-révolution&amp;rdquo; chère à Jean-Patrick Manchette qui arrive, avec l&amp;rsquo;essor de la pègre américaine, et l&amp;rsquo;organisation totalitaire de la société démocratique (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;cet article&lt;/a&gt;), d&amp;rsquo;où naîtra le polar à l&amp;rsquo;américaine, le fameux &amp;ldquo;hard boiled&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Dos_Passos&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Dos Passos&lt;/a&gt; (1896-1970) est un écrivain et un peintre américain. Cette édition comporte comme toujours une biographie, l&amp;rsquo;occasion de voir que Dos Passos est un grand érudit, sans doute assez mondain, qui voyagea et écrivit beaucoup. Son autre succès littéraire est &lt;strong&gt;Manhattan Transfer&lt;/strong&gt;, dont le personnage central est la ville de New-York, décrite à travers de multiples personnages ; le reste de son œuvre semble plus difficile d&amp;rsquo;accès d&amp;rsquo;après ce que j&amp;rsquo;ai pu voir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philippe Roger explique dans son excellente préface le parcours politique atypique de Dos Passos :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est son parcours d’homme des Lumières et de progressiste devenu, à la fin de sa vie, hostile à toute réglementation sociale, consacrant même ses dernières forces à polémiquer contre la loi de huit heures par haine de l’interventionnisme d’État – c’est ce bizarre trajet de la gauche la plus « libérale » à la droite extrême, au nom de la tradition libertarian américaine, que John Dos Passos reproduira pour son propre compte, passant du socialisme anarchisant de sa jeunesse et du militantisme aux côtés des communistes à la défiance envers le « collectiviste » Franklin Delano Roosevelt – jusqu’à épouser la cause du maccarthysme dans les années 1950 et à rallier l’aile droite du Parti républicain dans les années 1960. Mais qui lui eût fait cette prédiction dans les années 1930, du temps de U.S.A., aurait sans doute été mal reçu…&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;un des moments clés de revirement est sans doute la guerre d&amp;rsquo;Espagne, quand son ami républicain José Roblès est assassiné au nom du &amp;ldquo;communisme de guerre&amp;rdquo; par les staliniens. Ce sera aussi le début de sa brouille avec Hemingway, qui persistera à nier le noyautage des staliniens pourtant bien réel lors de la guerre d&amp;rsquo;Espagne.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles Tome 1 : 1952 - 1962 - Frank Herbert</title>
            <link>https://pled.fr/nouvelles-tome-1-1952-1962-frank-herbert/</link>
            <pubDate>Tue, 18 Jan 2022 10:36:04 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;FH-nouvelles.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai craqué quand j&amp;rsquo;ai vu cette très belle édition de nouvelles de Frank Herbert chez le libraire. Il y a même un marque-page d&amp;rsquo;inclus, à l&amp;rsquo;image de la couverture ! La classe&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le même genre, j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé les recueils de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34; &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt;, on est à peu près à la même époque, et puis c&amp;rsquo;est Frank Herbert quand même !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ensemble est assez plaisant à lire, même si l&amp;rsquo;on reste très loin d&amp;rsquo;une œuvre comme Dune (publié en 1965) : ce sont les débuts de l&amp;rsquo;écrivain auquel on assiste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé sa première nouvelle &amp;ldquo;Vous cherchez quelque chose&amp;rdquo;, où un hypnotiseur se révèle un peu trop curieux&amp;hellip; Puis les thèmes chers à Frank Herbert se révèlent petit à petit : la conscience humaine, l&amp;rsquo;esprit, la psychologie, la civilisation, la religion&amp;hellip; Et comme on est dans les années 50, la guerre froide et l&amp;rsquo;armement atomique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une série de quatre nouvelles mettent en scène le même personnage, Lewis Orne, qui par ses prémonitions va s&amp;rsquo;élever jusqu&amp;rsquo;à devenir peut-être un Dieu sinon un prophète apte à guider les peuples. Ces quatre nouvelles formeront le roman &amp;ldquo;Et l&amp;rsquo;homme créa un Dieu&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres nouvelles sont sur le ton de la légèreté, comme B.E.U.A.R.K., révélant un Frank Herbert auquel on est peu habitué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste à commander le tome 2 !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Herbert&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frank Herbert&lt;/a&gt; (1920-1985) est un écrivain américain de science-fiction, principalement connu pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dune_%28roman%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dune&lt;/a&gt;. Privilégiant les longs romans, il n&amp;rsquo;a écrit qu&amp;rsquo;un quarantaine de nouvelles. Comparé à Philip K. Dick, c&amp;rsquo;est effectivement très peu !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Fondation 1 - Isaac Asimov</title>
            <link>https://pled.fr/fondation-1-isaac-asimov/</link>
            <pubDate>Mon, 03 Jan 2022 11:01:11 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fondation.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est après avoir vu la série proposée par Apple TV que je me suis décidé à relire ce grand classique de la S.-F. dont j&amp;rsquo;avais peu de souvenirs, peut-être même n&amp;rsquo;avais-je lu que le premier tome, je ne sais plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais au préalable écouté une &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/fondation-la-base&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;émission sur France Culture&lt;/a&gt; qui validait la série, la déception n&amp;rsquo;en a donc été que plus forte : je n&amp;rsquo;ai ni aimé, ni reconnu grand chose de l&amp;rsquo;histoire originale dans cette série bien américaine : c&amp;rsquo;est beau, ça brille, mais à part ça&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ça tombait bien, Folio SF nous propose un recueil des trois premiers tomes du cycle : Fondation - Fondation &amp;amp; Empire - Seconde Fondation. Soit la trilogie fondamentale, écrits dans les années 50, car quatre autres tomes sont venus l&amp;rsquo;encadrer (deux en amont, deux en aval) dans les années 80-90, et qui comme souvent ne sont pas considérés comme primordiaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc lu cette trilogie avec plaisir, c&amp;rsquo;est très cohérent, fluide, même si j&amp;rsquo;ai trouvé la lecture et les péripéties du récit un peu trop faciles, mais en lisant la page wikipedia, c&amp;rsquo;est une caractéristique de l&amp;rsquo;écriture de l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Isaac Asimov, en dehors d&amp;rsquo;une inventivité débordante, se caractérise par la simplicité de son écriture. Pour lui, comme pour nombre d&amp;rsquo;auteurs anglo-saxons, les styles tourmentés ne font que rebuter le lecteur. C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire, et elle seule, qui est mise en avant. Il fonde ses livres sur des dialogues entre protagonistes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée de départ est géniale : l&amp;rsquo;Empire galactique domine l&amp;rsquo;univers, mais la civilisation va s&amp;rsquo;effondrer, c&amp;rsquo;est en tout cas ce que prédit une nouvelle science : la psychohistoire. Pour réduire le temps d&amp;rsquo;anarchie entre deux phases de civilisation, la Fondation est créée sur une planète aux confins de l&amp;rsquo;univers. Une mystérieuse Seconde Fondation est également évoquée, située à l&amp;rsquo;autre extrémité de l&amp;rsquo;univers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le premier tome, la jeune Fondation est confronté à des moments charnières où elle doit résoudre un grave conflit qui met son existence en danger. Et chaque leader du moment (on ne s&amp;rsquo;attache pas aux personnages, car l&amp;rsquo;échelle de temps est grande) va trouver la solution. J&amp;rsquo;ai trouvé tout ça un peu répétitif comme scénario, mais agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le second tome, la Fondation devra affronter les reste de l&amp;rsquo;Empire (sans trop de problème), puis sera confrontée au &amp;ldquo;Mulet&amp;rdquo;, un mutant que la psychohistoire n&amp;rsquo;avait pas prévu, et qui pourrait donc tout remettre en cause. Le mystère sur l&amp;rsquo;identité du Mulet et ses pouvoirs ne seront révélés que très tardivement dans le récit, et on s&amp;rsquo;ennuie un peu en attendant cette révélation. À la fin du tome apparaît la mystérieuse Seconde Fondation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le troisième opus sera consacré à l&amp;rsquo;avènement de cette Seconde Fondation, dont je ne suis pas peu fier d&amp;rsquo;avoir deviné l&amp;rsquo;emplacement dès le deuxième tome ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De la bonne S.-F. des années 50, de bonne qualité car encore tout à fait lisible de nos jours (techniquement parlant). Mais malgré la très bonne idée de départ, on est tout de même sur des aventures assez basiques, les bons contre les méchants, du même niveau que Star Wars.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Asimov&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Isaac Asimov&lt;/a&gt; (1920-1992) né russe et naturalisé américain en 1928, est un professeur de biochimie, connu pour ses œuvres de Science-Fiction et ses livres de vulgarisation scientifique. Fondation est son œuvre la plus connue, mais le cycle des robots l&amp;rsquo;est également, notamment avec les fameuses trois lois :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Première Loi :&lt;/strong&gt; « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Deuxième Loi :&lt;/strong&gt; « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Troisième Loi :&lt;/strong&gt; « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n&amp;rsquo;entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme au boulet rouge - Jean-Patrick Manchette</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-au-boulet-rouge-jean-patrick-manchette/</link>
            <pubDate>Tue, 21 Dec 2021 10:46:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-au-boulet-rouge-jean-patrick-manchette/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lhommeaubouletrouge.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai finalement pu lire ce roman de Jean-Patrick Manchette (et de B.J. Sussman) désormais épuisé, et qui ne fait pas partie du recueil &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17980&#34; &gt;Romans noirs&lt;/a&gt; de Quarto&amp;hellip; vu que ce n&amp;rsquo;est pas vraiment un polar, mais plutôt un western !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit en fait de la novellisation en français (JPM) d&amp;rsquo;un scénario en anglais de Barth Jules Sissman. Au passage le film ne se fera jamais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Manchette faisait des traductions pour le côté alimentaire de la chose&amp;hellip; S&amp;rsquo;il était fan de westerns, c&amp;rsquo;était plutôt du côté de &lt;em&gt;Rio Bravo&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Captive aux yeux clairs&lt;/em&gt; (voir le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11024&#34; &gt;roman de A. B. Guthrie&lt;/a&gt;) ou de &lt;em&gt;La prisonnière du désert&lt;/em&gt; qu&amp;rsquo;il faut se tourner (tous recommandés par Bertrand Tavernier), et pas vers les westerns italiens.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la préface on peut lire ce qu&amp;rsquo;en dit Manchette quand on lui propose cette traduction :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu le scénario, dont Soulat me propose que je fasse une Série Noire. Il est assez tarte, tout est dans le masque, la brutalité, la grossièreté - influence du western italien sensible. Mais c&amp;rsquo;est toujours bon à prendre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le travail sera achevé en un mois, et franchement cela se sent à la lecture, on est loin d&amp;rsquo;un véritable roman. L&amp;rsquo;ensemble reste très scénaristique, découpé en scènes qui se suivent sans réel lien&amp;hellip; Quant à l&amp;rsquo;histoire, Manchette ne s&amp;rsquo;est pas trompé, c&amp;rsquo;est du brutal sans beaucoup de nuances.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc Quarto a eu raison de ne pas inclure ce texte dans son édition, il ne vaut pas grand chose, bien qu&amp;rsquo;il soit tout de même paru en Carré Noir, puis chez Folio Policier. Et on excusera Manchette qui devait nourrir sa famille !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les mémoires d&#39;un chat - Hiro Arikawa</title>
            <link>https://pled.fr/memoires-dun-chat-hiro-arikawa/</link>
            <pubDate>Mon, 20 Dec 2021 17:16:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/memoires-dun-chat-hiro-arikawa/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;memoiresdunchat.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu ce bouquin un peu au hasard, après avoir lu un bon avis sur un blog où j&amp;rsquo;étais arrivé après la lecture d&amp;rsquo;un article technique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La chance ne sourit pas toujours, et j&amp;rsquo;ai plutôt été déçu par ce petit roman qui ne tient pas les promesses de son titre : je m&amp;rsquo;attendais à lire le point de vue d&amp;rsquo;un chat pendant toute l&amp;rsquo;histoire, et ce n&amp;rsquo;est le cas qu&amp;rsquo;occasionnellement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La majorité du récit est raconté par Satoru, un humain comme vous et moi, japonais, et qui a recueilli Nana, un chat errant. Quelques années plus tard, Satoru cherche parmi ses amis à placer Nana, car il ne peut plus le garder pour une raison mystérieuse, dont on se doute toutefois assez vite. L&amp;rsquo;occasion de parcourir le Japon et revenir sur le passé de Satoru : son enfance, son adolescence, son entrée dans la vie active.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceci dit, le récit est sympa, plein d&amp;rsquo;humanité, et par le biais des rencontres avec ses amis, on en apprend un peu sur le Japon et sa culture (vraiment un peu), et c&amp;rsquo;est ce qui sauve tout de même cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hiro_Arikawa&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hiro Arikawa&lt;/a&gt;, née en 1972, est une écrivaine japonaise de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Light_novel&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;light novels&lt;/a&gt;, qui sont (je le découvre en écrivant cet article) des &amp;ldquo;romans légers&amp;rdquo; destinés aux jeunes adultes. Ceci explique cela. :cool:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Chroniques - Jean-Patrick Manchette</title>
            <link>https://pled.fr/chroniques-jean-patrick-manchette/</link>
            <pubDate>Mon, 20 Dec 2021 10:36:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/chroniques-jean-patrick-manchette/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chroniques.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme j&amp;rsquo;avais bien aimé son recueil &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17980&#34; &gt;Romans noirs&lt;/a&gt;, à la fois pour l&amp;rsquo;écrivain mais aussi la personnalité de l&amp;rsquo;auteur, je me suis lancé dans la lecture de ces &amp;ldquo;Chroniques&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit des articles que Manchette a écrit entre les années 1976 et 1985 sur le roman noir, d&amp;rsquo;abord dans Charlie Mensuel, puis dans la revue Polar (les &amp;ldquo;Notes noires&amp;rdquo;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même si ces chroniques datent forcément un peu (avec le risque que le bouquin mentionné soit épuisé), c&amp;rsquo;est assez jubilatoire car Manchette ne manque ni de compétences et de connaissances sur le sujet, pas plus que d&amp;rsquo;humour et d&amp;rsquo;auto-dérision sur lui-même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les chroniques de Charlie sont toutefois un peu lassantes quand on les lit ainsi à la suite les unes des autres. En plus de dater, elles se résument souvent la liste des derniers titres publiés par la Série Noire (incontournable bien sûr), le Carré Noir ou encore Le Masque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre, celles de la revue Polar sont plus fouillées, et beaucoup plus intéressantes : il parle du syndicalisme aux USA, de la crise de 29, de l&amp;rsquo;évolution de la société après-guerre. Car le rapport à la société est primordial dans le roman noir : contre culture, capitalisme, révolution et contre-révolution sont des thèmes récurrents… Ces chroniques sont une mine d&amp;rsquo;informations sur le roman noir, qu&amp;rsquo;il définit à plusieurs reprises en le différenciant des romans à énigme, ceux à suspense, et même du néo-polar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il explique tout cela, n&amp;rsquo;hésitant pas à faire passer des messages politiques sur ce qu&amp;rsquo;il en pense lui-même, avec distance et humour la plupart du temps, fort heureusement, mais pas toujours : voir en fin d&amp;rsquo;article le passage sur HB (Human Bomb) à Neuilly et ce qu&amp;rsquo;il en dit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les grand maîtres du roman noir sont Dashiell Hammett, W. R. Burnett, Donald Westlake, Jim Thompson etc&amp;hellip; J&amp;rsquo;en ai fait une petite liste en fin d&amp;rsquo;article. En France, il cite Léo Mallet et surtout Pierre Siniac dont il dit beaucoup de bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il nous livre aussi des anecdotes truculentes qui révèle sa culture littéraire, comme celle à propos de Hammett et Hemingway que je résiste pas à vous livrer, vu que cela confirme ce que je pense de ces deux auteurs :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un soir de 1938, Dashiell Hammett et Hemingway sont assis au Stork Club, bourrés comme des coings, avec d&amp;rsquo;autres gens cosmopolites et de gauche. Hemingway vaticine à propos d&amp;rsquo;intellectuels espagnols qu&amp;rsquo;il faut aider à échapper à Franco ou aux camps de concentration français. Il fait chier Hammet, qui le lui dit. Hemingway se pose une cuillère sur la saignée du bras et, pliant le bras, il plie la cuillère, et il défie Hammett d&amp;rsquo;en faire autant. Hammett lui répond qu&amp;rsquo;il pense qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a pas que les intellectuels dans la vie, et pourquoi est-ce qu&amp;rsquo;il ne va pas plutôt emmerder comme d&amp;rsquo;habitude Scott Fitzgerald, qui est le meilleur écrivain américain. Là, Hemingway est vraiment fâché. Il défie encore Hammett de plier la cuillère. &amp;ldquo;Je ne pense pas que je pourrais, dit Hammett, et quand je faisais des choses comme ça, c&amp;rsquo;était contre de l&amp;rsquo;argent de Pinkerton. Pourquoi tu ne vas pas au jardin jouer au cerceau ?&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plutôt bien envoyé de la part de Hammett à ce prétentieux d&amp;rsquo;Hemingway ! :razz:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons donc ce qu&amp;rsquo;est le roman noir, quel est son style, son époque, en terminant par une courte liste des grands auteurs selon Jean-Patrick Manchette&amp;hellip;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman noir est né aux États-Unis, au moment de la contre-révolution, plus importante que la prohibition :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Comme je le répète toujours avec une obstination maniaque, la contre-révolution triomphant mondialement dans les années 20 est plus importante, pour la genèse du polar à l&amp;rsquo;américaine, que la prohibition de l&amp;rsquo;alcool à la même époque, phénomène dont tous les historiens du genre font grand cas, et qui est effectivement important, mais formel et, au train où vont les phénomènes, plutôt épiphénoménal.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut comprendre la contre-révolution, terme récurrent chez Manchette : au début du siècle, la révolution prolétarienne est omniprésente, même aux États-Unis (syndicats ouvriers comme l&amp;rsquo;IWW, etc&amp;hellip; je suis en train de lire la trilogie USA de John Dos Passos qui en parle pas mal). Puis vient la première guerre mondiale. Une fois celle-ci gagnée, c&amp;rsquo;est la contre-révolution, c&amp;rsquo;est-à-dire la reprise en main par le capitalisme (et la corruption) de la société.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La pègre américaine a pris son essor avec la contre-révolution, et l&amp;rsquo;organisation totalitaire de la société démocratique. Elle est le &amp;ldquo;crime organisé&amp;rdquo;, et dans cette expression c&amp;rsquo;est le mot &amp;ldquo;organisé&amp;rdquo; qui importe. Faute d&amp;rsquo;une perspective révolutionnaire, la violence sociale est devenue simple moyen de pression, qu&amp;rsquo;utilisent indifféremment patrons et syndicats. Les pégriots américains débutent comme hommes de main dans les années 20. Trente ou quarante ans plus tard, ils sont cossus, et installés dans tous les recoins du système social.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Depuis, la société est depuis définitivement corrompue, et voilà ce que dit Manchette à propos de l&amp;rsquo;assassinat des frères Kennedy, après avoir expliqué l&amp;rsquo;interpénétration entre la CIA et le crime organisé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que le crime organisé des décennies récentes n&amp;rsquo;est pas abouché seulement avec les services spéciaux. Son énorme puissance économique et politique (les entreprises, les syndicats, les machines (voir Polar n° 13) n&amp;rsquo;a cessé de croître depuis la Prohibition. L&amp;rsquo;argent mafieux et la puissance mafieuse sont devenus déterminants jusque dans le choix des présidents des États-Unis. Aussi, depuis l&amp;rsquo;assassinat des deux Kennedy, qui était une mesure d&amp;rsquo;urgence fâcheusement tapageuse, on n&amp;rsquo;a plus vu défiler à la Maison-Blanche que deux truands, un chef des services secrets, et divers imbéciles heureux manifestement dépourvus de tout pouvoir. Les décisions se prennent ailleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman noir est donc intimement lié à cette époque et sa violence. Ce qui n&amp;rsquo;empêche pas de le faire perdurer, du moins tant que le capitalisme est là :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le roman noir ne sortira plus de la répétition formelle. Mais le roman noir n&amp;rsquo;a pas besoin d&amp;rsquo;en sortir. Son histoire formelle ne dure guère plus de dix ans, de &amp;ldquo;La Moisson rouge&amp;rdquo; (Hammett) au &amp;ldquo;Grand Sommeil&amp;rdquo; (Chandler). Mais il n&amp;rsquo;y a pas que la forme. Il y a la manière dont le roman noir mord. De ce côté, l&amp;rsquo;imagination se lasserait plutôt de concevoir que la société bourgeoise de fournir. J&amp;rsquo;affirme avec un mortel sérieux que seule la chute capitalisme peut rendre le roman noir caduque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Manchette va plus loin en prétendant que le roman noir est supérieur au roman littéraire (ou roman d&amp;rsquo;art), car dépouillé de prétentions inutiles. Et se moque de certains journalistes ou universitaires qui s&amp;rsquo;en rendent compte dix ans plus tard, mais pour mieux vendre le néo-polar :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vous savez notre opinion sur le polar à l&amp;rsquo;américaine : il a été le plus grand genre romanesque du deuxième quart de ce siècle, notamment en ce qu&amp;rsquo;il est désillusionné, et dépouillé de beaucoup de prétentions artistiques - tandis que dans le même temps, le roman d&amp;rsquo;art ne pouvait que se répéter et se rendre de plus en plus ridicule au yeux de tous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Sauf les journalistes et les universitaires : ils ont attendu les années 70 pour s&amp;rsquo;en apercevoir. Et, dans un accès de bouffonnerie dont ils sont coutumiers, car ils sont formés et payés pour, ils se sont exclamés soudain, plus de dix ans après la mort du polar, que voici un genre vivant, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas inférieur au roman d&amp;rsquo;art mais que c&amp;rsquo;est plutôt le contraire. Au point qu&amp;rsquo;à présent de jeunes littérateurs, et même des littérateurs âgés, tâchent de faire croire qu&amp;rsquo;ils écrivent du polar, ou du moins du nouveau polar, pour vendre leur salade. Ainsi promet-on le nom du polar quand la chose est morte, ce qui est de la bonne politique, de bons auteurs l&amp;rsquo;ont souligné (notamment Machiavel et plus près de nous Ernest Debord), et bref il est arrivé au polar la même aventure posthume qu&amp;rsquo;aux Droits de l&amp;rsquo;Homme, au beaujolais, au reste. Impudence bien menue, comparée aux autres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et se sentir obligé de préciser qu&amp;rsquo;un roman est &amp;ldquo;davantage qu&amp;rsquo;un roman policier&amp;rdquo;, ça a le don de l&amp;rsquo;énerver, forcément :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rions en tout cas encore une fois des feuillistes qui affirment sempiternellement de tel ou tel ouvrage qu&amp;rsquo;il est davantage qu&amp;rsquo;un &amp;ldquo;roman policier&amp;rdquo;. Le roman noir, grandes têtes molles, ne vous a pas attendus pour se faire une stature que la plupart des écoles romanesques de ce siècle ont échoué à atteindre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il laisse tout de même une chance au roman de S.-F. :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nos convictions, latentes ou développées, c&amp;rsquo;est tout de même que le roman noir est supérieur à tout, notamment sous le point de vue formel, et que nous tenons le dernier bunker où se fabriquent encore des romans qui méritent un peu d&amp;rsquo;être lus (il y a aussi parfois de bons romans de S.-F., mais la S.-F. n&amp;rsquo;a aucune cohérence formelle). Nous ne croyons pas un instant que quelqu&amp;rsquo;un peut reprendre l&amp;rsquo;offensive, faire une percée littéraire (de temps en temps, il y a un bon roman blanc, et toujours, il est écrit comme au XIXème siècle).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté style, il préfère l&amp;rsquo;écriture &amp;ldquo;behavioriste&amp;rdquo; (chère à Hammett) à celle trop sophistiquée du roman littéraire. On décrit les faits, rien que les faits, au lecteur de se faire à partir de là une idée de la psychologie des personnages. Il se réfère à Maupassant qui l&amp;rsquo;a sans doute théorisé le premier :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les partisans de l&amp;rsquo;objectivité prétendant, au contraire, nous donner la représentation exacte de ce qui a lieu dans la vie, évitent avec soin toute explication compliquée, toutes dissertation sur les motifs, et se bornent à faire passer sous nos yeux les personnages et les événements. Pour eux, la psychologie doit être cachée dans le livre comme elle est cachée en réalité sous les faits dans l&amp;rsquo;existence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste les autres types de romans policier. Le roman à énigme, c&amp;rsquo;est celui du roman policier classique tel que les anglais l’avaient imaginé : le bien et le mal clairement identifiable, une intrigue dans un milieu aisé qui se résout grâce à une faculté d’analyse hors du commun. Vient ensuite le roman à suspense :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans l&amp;rsquo;histoire du &amp;ldquo;roman policier&amp;rdquo;, le suspense en tant que genre se présente comme un moment intermédiaire entre le roman à énigme et le roman noir. Il n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;en apparence un moment autonome. Il est en fait hybride, et l&amp;rsquo;étiquette couvre des produits très hétérogènes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Admettons toutefois que dans le roman à suspense, qui adopte volontiers le point de vue de la victime, ou du criminel involontaire, ou encore de l&amp;rsquo;innocent injustement traqué, le héros est en tout cas en danger, et il ne sait pas pourquoi. C&amp;rsquo;est à cette ignorance qui provoque au moins la tension, et de préférence l&amp;rsquo;effroi, qui sont son but et constitue le genre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, voilà le nouveau polar, ou le néo-polar, dont les propres romans de Manchette font d&amp;rsquo;ailleurs partie si j&amp;rsquo;ai bien compris ! Soit il était de mauvaise humeur le jour de cette chronique, soit il n&amp;rsquo;est pas tendre avec lui-même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le &amp;ldquo;nouveau polar&amp;rdquo;, parle de l&amp;rsquo;effondrement d&amp;rsquo;un monde qui hourrah ! hourrah ! a commencé de s&amp;rsquo;effondrer autrement qu&amp;rsquo;en paroles. Le &amp;ldquo;nouveau polar&amp;rdquo; est superflu. Frivolité toujours ; ennui souvent. Au mieux, distraction, bouquins bons à lire dans le train. La seule grâce que je lui souhaite, c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;être assez distrayant pour être lu parfois, dans les trains qu&amp;rsquo;ils prennent, par des camarades. Salut à tous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un sujet qui lui tient également à cœur est celui des traducteurs (il l&amp;rsquo;était lui-même), souvent mal payés, parfois incompétents. Il nous livre d&amp;rsquo;ailleurs quelques exemples révélateurs des résultats désastreux d&amp;rsquo;une mauvaise traduction&amp;hellip; Il insiste pour bien préciser que la responsabilité finale incombe au responsable de publication.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La plaie des traducteurs qualifiés, c&amp;rsquo;est le sous-emploi. Le sous-emploi des traducteurs qualifiés résulte de l&amp;rsquo;emploi de mauvais traducteurs, tantôt des débutants, tantôt des gâteux boulimiques qui massacrent huit mille feuillets par an, pour vingt-quatre briques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cependant, on n&amp;rsquo;oubliera pas que les les directeurs de collections ont la responsabilité de surveiller ce qu&amp;rsquo;ils gouvernent. Il leur appartient de distinguer entre le mauvais traducteur qui merdoie d&amp;rsquo;un bout à l&amp;rsquo;autre, et le bon traducteur qui est parfois victime d&amp;rsquo;un coup de barre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté références, il cite à plusieurs reprises l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11324&#34; &gt;Tous les hommes du Roi&lt;/a&gt; de Robert Penn Warren, son pseudo-polar favori (que j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé). Voilà ce qu&amp;rsquo;il en dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand la contre-révolution a triomphé, c&amp;rsquo;est toute la vie humaine qui devient contre-révolutionnaire. S&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a plus de bonne fin possible, tous les moyens sont mauvais. Alors Robert Penn Warren peut écrire Les fous du roi (Stock), remarquable roman littéraire sur la fin et les moyens, qui emprunte sa forme au polar. Sujet : la carrière d&amp;rsquo;un sénateur populiste (qui ressemble à Huey Long), et les réflexions morales et immorales que cette histoire inspire à un journaliste désabusé, mais aspirant en secret au Beau, au Bien et à l&amp;rsquo;Amour.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Plein de maïs, de drugstores, de politique, d&amp;rsquo;auréoles de sueur sous les aisselles des complets blancs, de gangsters, de screts enfouis dans le passé (c&amp;rsquo;est-à-dire dans l&amp;rsquo;Histoire), de chantages, de violence, Les Fous du roi est à la fois cette chose monstrueuse - un greffon littéraire au flanc du roman noir - et un polar à part entière, long, chaste, juteux. Un roman de la contre-révolution. Nous y revoilà. C&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a pas de meilleure définition du polar classique, peut-être.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il mentionne aussi George Orwell, qui apparemment n&amp;rsquo;aimait pas le polar, et recommande &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;George Orwell : l&amp;rsquo;horreur de la politique&lt;/a&gt; de Simon Leys. Je plussoie, deux noms et deux belles références.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je termine sur une note plus dure : dans une chronique, il revient sur l&amp;rsquo;affaire du preneur d&amp;rsquo;otage HB à Neuilly, et ce qu&amp;rsquo;il dit est assez glaçant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au moment où j&amp;rsquo;écris, le flot bourbeux des informations a déjà oublié le preneur d&amp;rsquo;otages &amp;ldquo;HB&amp;rdquo;, et d&amp;rsquo;ici que vous me lisiez on l&amp;rsquo;aura totalement perdu de vue. Il faut tout de même dire nettement que c&amp;rsquo;était un pauvre con, qui n&amp;rsquo;a rien su faire d&amp;rsquo;autre que donner un suspense conventionnel à quelques millions de veaux, puis se faire éclater la gueule par les tueurs du RAID. S&amp;rsquo;il tenait absolument à prendre des otages (ce qui est à peu près exclusivement une manière de se faire tuer vite fait), que n&amp;rsquo;a-t-il braqué une école privée, où sont les enfants des bourges, plutôt qu&amp;rsquo;une école maternelle publique où, à Neuilly, ne se trouvent que les mômes des bonnes. Et que n&amp;rsquo;a-t-il tué tout de suite un enfant. Les téléspectateurs seraient au moins sortis de leur molle stupeur. &amp;ldquo;HB&amp;rdquo; fut un délinquant absolument moderne : dangereux comme un mouton, abattu comme un veau.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça me fait penser à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nada_%28roman_de_Manchette%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Nada&lt;/a&gt;, un roman de Manchette qui raconte l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un groupe anarchiste qui va au bout de ses idées. Politiquement, Manchette pouvait manifestement être assez extrémiste aussi !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-grands-auteurs-selon-manchette&#34;&gt;Les grands auteurs selon Manchette&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Voilà donc une petite liste des principaux maîtres du roman noir selon Jean-Patrick Manchette. Forcément la liste date un peu, puisque si vous avez bien suivi, la période est limitée dans le temps. ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dashiell_Hammett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dashiell Hammett&lt;/a&gt;, le maître incontesté, et surtout le premier à casser les codes. Je recommande l&amp;rsquo;édition Quarto &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17733&#34; &gt;Romans&lt;/a&gt;, qui permet d&amp;rsquo;en savoir un peu plus sur le personnage et sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/W._R._Burnett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;W. R. Burnett&lt;/a&gt; : Contemporain de Hammett, le meilleur romancier du gangstérisme selon Manchette. J&amp;rsquo;ai lu le recueil de Quarto &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16786&#34; &gt;Underworld&lt;/a&gt;, excellent. Mais aussi &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11136&#34; &gt;Terreur Apache&lt;/a&gt;, dans la catégorie Western, qui vaut le détour !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Horace_McCoy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Horace McCoy&lt;/a&gt; : Contemporain de Hammett, connu pour son &amp;ldquo;On achève bien les chevaux&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Un linceul n&amp;rsquo;a pas de poches&amp;rdquo;. Son ambition d&amp;rsquo;écrivain le poussait vers Hemingway, Dos Passos ou Steinbeck, le style doit donc être de qualité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_E._Westlake&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Donald Westlake&lt;/a&gt; qui écrira sous plusieurs pseudonymes, chacun avec un style différent :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On vibre avec Stark, on rumine amèrement avec Tucker Coe, et on rigole le plus souvent avec Westlake, quoique cette dernière et première signature soit celle qui réserve, et se réserve, le plus de surprises.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ceux qui manquaient de hauteur ont voulu s&amp;rsquo;élever au-dessus de leur genre. La grandeur de Westlake est de travailler toujours contre sa propre élévation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Chandler&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Raymond Chandler&lt;/a&gt;, dont le nom est souvent associé à Hammett.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une succession historique, on ne désigne pas un des duettistes, mais deux moments différents, un contraste. Après la brutalité morale et stylistique de Hammett, Chandler veut une écriture plus élégante et des sentiments plus élevés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la psychologie complexe et subtilement construite de ses personnages qui sera le moteur de ses intrigues, où les passions et les intérêts individuels mènent tout, tandis que les truands font de la figuration. Et c&amp;rsquo;est le charme bien réel d&amp;rsquo;un style &amp;ldquo;véritablement artistique&amp;rdquo; qui fera le reste.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_M._Cain&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James M. Cain&lt;/a&gt; : Connu pour son premier roman &amp;ldquo;Le facteur sonne toujours deux fois&amp;rdquo;. Manchette le classe après réflexion comme auteur de polar, car un polar est la littérature de la crise avant d&amp;rsquo;être un roman policier, et Cain parle surtout de la crise de 1929.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (mon préféré) : Manchette le cite souvent, le qualifiant de &amp;ldquo;grand parano de génie&amp;rdquo;. Voilà ce qu&amp;rsquo;il dit sur &amp;ldquo;1275 âmes&amp;rdquo;, le chef-d&amp;rsquo;œuvre de Thompson (adapté au cinéma par Bertrand Tavernier sous le titre &amp;ldquo;Coup de torchon&amp;rdquo;) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;1275 âmes, toujours cité, jamais égalé. Ce livre-ci, il faut le mettre à part, comme il faut mettre à part son auteur, parce que Thompson était une sorte de dingue ; il s&amp;rsquo;est coulé tant bien que mal dans le moule du polar, mais sa noirceur et sa violence sont intérieures plutôt que sociales et historiques ; certainement il est l&amp;rsquo;auteur de polars dont il serait le plus facile de faire le commentaire psychanalytique (sommaire), tant ses ouvrages sont des écheveaux de fantasmes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Patrick_Manchette&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt; (1942-1995) est un écrivain français, auteur de romans policiers, critique littéraire et de cinéma, scénariste et dialoguiste de cinéma, et traducteur. Ces chroniques révèlent un peu mieux le personnage, érudit en littérature, et ancien militant d&amp;rsquo;extrême gauche.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Voyage gelé - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/le-voyage-gele-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Thu, 18 Nov 2021 18:14:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-voyage-gele-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;le-voyage-gele.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En jetant un œil aux rayons de la librairie, je suis tombé sur ce petit recueil de nouvelles de Philip K. Dick, mon auteur préféré de S.F.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En le feuilletant, j&amp;rsquo;ai eu l&amp;rsquo;impression que je ne les avais peut-être pas déjà toutes lues, alors je l&amp;rsquo;ai emporté. Un achat compulsif, puisque j&amp;rsquo;ai lu les deux gros tomes de nouvelles de l&amp;rsquo;auteur ! (après vérification, elles font bien toutes parties des nouvelles que j’ai lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=490&#34; &gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;là&lt;/a&gt;). :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais bon, c&amp;rsquo;était tout de même plaisant de lire ce petit recueil qui regroupe des nouvelles écrites entre 1953 et 1981, ce qui couvre un spectre assez large de son œuvre. Elles sont assez inégales entre elles, mais c&amp;rsquo;est parfait pour quelqu&amp;rsquo;un qui veut découvrir les nouvelles de cet auteur. On y retrouve certaines des obsessions de l&amp;rsquo;auteur, comme dans &amp;ldquo;Une proie rêvée&amp;rdquo; avec l&amp;rsquo;apparition d&amp;rsquo;un visage dans le ciel&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et dans le petit texte qui sert de préface, Dick parle de sa première nouvelle, intitulée &amp;ldquo;Reug&amp;rdquo;, une de mes préférées. C&amp;rsquo;est à propos d&amp;rsquo;un chien et de la façon dont il voit les éboueurs venir voler la précieuse nourriture que la famille emmagasine précieusement tous les jours dans une grande boite avec couvercle&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon j&amp;rsquo;ai bien aimé &amp;ldquo;Le retour des explorateurs&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Que faire de Ragland Park&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un numéro inédit&amp;rdquo; (celle-là je m&amp;rsquo;en souvenais) et &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Autremental&amp;rdquo;. Et bien sûr celle qui donne son titre au recueil : le passager d&amp;rsquo;un astronef voit son système d&amp;rsquo;hibernation tomber en panne. Il va donc devoir rester conscient, seul avec lui-même pendant la durée du voyage, soit 10 ans ! Heureusement, l&amp;rsquo;ordinateur de bord est là, et, pour lui éviter de devenir un légume, va lui procurer des stimuli sensoriels en lui injectant ses meilleurs souvenirs&amp;hellip; Mais tout ne va pas se passer comme prévu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, principalement de science-fiction. Plusieursde ses romans ont été porté à l&amp;rsquo;écran, comme Blade Runner, Minority Report, Total Recall&amp;hellip; Moins connu, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Scanner_Darkly&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A Scanner Darkly&lt;/a&gt; (l&amp;rsquo;adaptation de Substance Mort) est vraiment excellent dans le genre &amp;ldquo;délire schizo&amp;rdquo; familier à Dick. Ses nouvelles complètes, qui étaient épuisées, ont été rééditées par Gallimard dans la collection Quarto, en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Nouvelles-completes-I-et-II#&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;deux gros volumes&lt;/a&gt; à déguster.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Effondrement - Jared Diamond</title>
            <link>https://pled.fr/effondrement-jared-diamond/</link>
            <pubDate>Tue, 16 Nov 2021 10:50:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/effondrement-jared-diamond/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;effondrement.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8838&#34; &gt;De l&amp;rsquo;inégalité des sociétés&lt;/a&gt; du même auteur que j&amp;rsquo;avais beaucoup apprécié, j&amp;rsquo;ai voulu lire un autre essai de cet auteur passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le premier parlait de l&amp;rsquo;origine des sociétés (et pourquoi certaines avaient pris le dessus), celui-ci parle de la fin desdites sociétés (et des raisons de leur effondrement). Un sujet d&amp;rsquo;actualité en cette période de COP26, même si le livre date de 2005.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jared Diamond va donc ausculter certaines sociétés disparues, comme celle de l&amp;rsquo;île de Pâques, ou les Mayas d&amp;rsquo;Amérique centrale, ou encore les colonies vikings du Groenland, puis s&amp;rsquo;intéresser ensuite à des sociétés qui ont su redresser la barre à temps (Nouvelle-Guinée, Japon), et enfin à des sociétés contemporaines en difficulté (le Montana, Haïti, Rwanda, Australie, Chine) ; tout cela à travers cinq facteurs qu&amp;rsquo;il a identifié. Puis dans une seconde partie, il tirera de tout cela des leçons pratiques, en s&amp;rsquo;efforçant de finir sur une note optimiste, mais qui est moins convaincante allez savoir pourquoi ! :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur nous fait profiter de ses multiples compétences (histoire, géographie, biologie, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9onomie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;géonomie&lt;/a&gt;) pour nous parler de ces civilisations, et c&amp;rsquo;est passionnant tout en restant facile à lire. S&amp;rsquo;il y a sans doute moins de pertinence dans la seconde partie, ce livre a tout de même le mérite de réveiller notre conscience écologique, c&amp;rsquo;est en tout cas l&amp;rsquo;effet qu&amp;rsquo;il a eu sur moi, et je ne regarderai plus une zone déforestée du même œil dorénavant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les cinq facteurs identifiés par Jared Diamond et potentiellement à l&amp;rsquo;œuvre dans l&amp;rsquo;effondrement d&amp;rsquo;une société sont : des dommages environnementaux, un changement climatique, des voisins hostiles, des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux, et enfin les réponses apportées par les sociétés à ces problèmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il prend toutefois bien garde à ne pas parler de déterminisme environnemental. Il ne connaît d&amp;rsquo;ailleurs aucun cas où seuls les dommages écologiques seraient responsables d&amp;rsquo;un effondrement. Mais parmi les cinq facteurs cités précédemment, &lt;strong&gt;seul le dernier est toujours significatif&lt;/strong&gt; quelque soit l&amp;rsquo;effondrement étudié. À méditer !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je disais que la déforestation m&amp;rsquo;avait marquée, car c&amp;rsquo;est le scénario typique : l&amp;rsquo;homme déforeste car il a besoin du bois (pour les pirogues, pour se chauffer, pour les constructions, etc&amp;hellip;), les pluies se font alors plus rares et plus dévastatrices, ravinant le sol, qui va alors se saliniser, le rendant impropre à la culture &amp;hellip; À partir de là, les choses se compliquent très vite : impossibilité de nourrir la population, période sécheresse aux conséquences dramatiques. Sans oublier la vision à court terme des chefs, assez récurrente dans l&amp;rsquo;Histoire, qui empêche la prise de conscience et de mesures.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jared Diamond cite deux cas où la déforestation a pu être stoppée à temps : dans les deux cas, ce sont des dictateurs qui ont pris des mesures autoritaires permettant d&amp;rsquo;empêcher l&amp;rsquo;effondrement de leur société ! Il s&amp;rsquo;agit du Japon de l&amp;rsquo;ère Tokugawa (dynastie de shoguns) et de Saint-Domingue sous la dictature de Trujillo : ils imposèrent tous deux des règles strictes pour lutter contre la déforestation, et réussirent à instaurer une gestion des ressources durables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le Japon, c&amp;rsquo;est plus discutable, car c&amp;rsquo;est essentiellement en allant chercher leur bois ailleurs, mais enfin l&amp;rsquo;île a été sauvée. Pour Saint-Domingue, la comparaison avec Haïti est assez parlante en elle-même. Et finalement les motivations dans ces deux cas sont sans doute liées à la durée au pouvoir d&amp;rsquo;une dynastie ou la gestion &amp;ldquo;en père de famille&amp;rdquo; de Trujillo.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le cas de l&amp;rsquo;Australie est très intéressant, dans le sens où ils cumulent pas mal d&amp;rsquo;erreurs. Ils puisent dans les ressources renouvelables (vivantes) comme dans celles qui ne se renouvellent pas : les mines seront par exemple exploitées à fond tant qu&amp;rsquo;il y a du minerai, puis ils iront creuser ailleurs, soit ! Le problème est d&amp;rsquo;appliquer la même méthode aux ressources vivantes. Quand on déforeste, il est important de ne pas couper les arbres plus vite qu&amp;rsquo;ils ne repoussent, pour rendre cette ressource durable. Idem pour les ressource maritimes. Apparemment, les australiens ont du mal à comprendre cela. Ils ont également des problèmes sérieux de salinisation des sols, et ont généré de redoutables déséquilibres en introduisant des espèces animales (lapins, renards) ou végétales (mimosa). Tout cela rend le tableau dressé par Jared Diamond assez inquiétant pour ce continent-île..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre exemple surprenant est la politique du Montana au début du XXème siècle d&amp;rsquo;adopter une politique de suppression des incendies pour protéger leurs grands arbres, mesure à priori louable. Mais les conséquences ne furent pas celles attendues :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les pins ponderosa adultes ont une écorce épaisse de cinq centimètres et sont relativement résistants au feu qui, à leur place, brûle le sous-étage de futaies de sapins de Douglas sensibles au feu qui ont poussé depuis le dernier incendie. Mais, après seulement une décennie de pousse jusqu’au prochain feu, ces futaies sont encore trop peu élevées pour que le feu puisse en partir pour se propager vers les cimes. Le feu reste donc confiné au sol et dans le sous-étage. C’est pourquoi de nombreuses forêts naturelles de pins ponderosa ont des allures de parc, avec peu de matières combustibles, de grands arbres bien espacés et un sous-étage relativement net.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les forestiers préférèrent abattre ces grands et vieux pins ponderosa, de bonne qualité et résistants au feu ; dans le même temps, la politique anti-incendies permit pendant des dizaines d’années au sous-étage de se peupler de jeunes sapins de Douglas qui allaient eux aussi prendre de la valeur en grandissant. La densité des arbres passa de soixante-quinze à cinq cents arbres par hectare, les matières combustibles furent multipliées par six et le Congrès refusa à plusieurs reprises de débloquer les fonds nécessaires au débroussaillage. Un autre facteur lié à l’activité humaine, le pâturage des moutons dans les forêts nationales, a peut-être également joué un rôle majeur en réduisant les broussailles du sous-étage qui auraient alimenté de nombreux feux de faible intensité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsqu’un feu se déclare finalement dans une forêt tapissée de petites pousses, que celui-ci soit dû à la foudre ou à la négligence humaine ou – et c’est malheureusement souvent le cas – à un acte délibéré, les jeunes arbres déjà élevés peuvent se transformer en une échelle le long de laquelle le feu peut se propager jusque dans les cimes. Il se crée parfois un incendie infernal inextinguible et dont les flammes peuvent monter jusqu’à plus de cent mètres, qui peut se propager de cime en cime par bonds énormes, atteindre des température de mille degrés Celsius, anéantir la banque de graines du sol et dans certains cas entraîner des coulées de boue et une érosion massive.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;La comparaison entre Haïti et Saint-Domingue est aussi passionnante. Sur la même île, séparée en deux, une société s&amp;rsquo;en sort et pas l&amp;rsquo;autre, qui court à la catastrophe. L&amp;rsquo;Histoire nous apprend que pour Haïti :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bien que l’élite, mulâtre, parlât français – la majorité de la population ne comprenant que le créole – et se sentît proche de la France, la crainte de l’esclavage la conduisit à adopter une constitution interdisant aux étrangers de posséder de la terre ni de contrôler par l’investissement des moyens de production.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc, le commerce se développa sur Saint-Domingue, accueillant sur son sol des étrangers, participant au commerce mondial, quand Haïti était tenu à l&amp;rsquo;écart. Et ce n&amp;rsquo;est pas une question de dictature, puisque les deux pays ont eu leur compte chacun à ce sujet (voir plus bas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la seconde partie, il traite des raisons rationnelles et irrationnelles qui font que les gens agissent d&amp;rsquo;une façon ou d&amp;rsquo;une autre. C&amp;rsquo;est à mon avis parfois un peu biaisé, on assène des chiffres qui ne veulent pas forcément dire grand chose, sinon à justifier le raisonnement que l&amp;rsquo;on souhaite tenir. Il en ressort tout une série de raisons verbeuses peu convaincantes à mes yeux. Personnellement, je pense que toute cette partie pourrait se résumer à la vision à court terme et au profit qui s&amp;rsquo;en dégage de la part de nos dirigeants &amp;amp; industriels.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De manière assez surprenante, Jared Diamond ne tarit pas d&amp;rsquo;éloges pour la société &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.chevron.com/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Chevron&lt;/a&gt; (compagnie pétrolière), la décrivant comme très respectueuse de l&amp;rsquo;environnement dans la gestion de ses chantiers. Il ne parle d&amp;rsquo;ailleurs que très peu du CO2, des énergies nécessaires à notre société, du réchauffement climatique. Rappelons que ce livre a été écrit en 2005 et que ce n&amp;rsquo;est pas le sujet (ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un aspect de l&amp;rsquo;un des cinq critères !). Voilà toutefois ce qu&amp;rsquo;il dit à ce sujet :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pendant de nombreuses années, les scientifiques ont polémiqué sur la réalité, la cause et l’étendue du réchauffement global : les températures dans le monde atteignent-elles vraiment des niveaux historiques aujourd’hui ? Si tel est le cas, dans quelle mesure les humains en sont-ils les premiers responsables ? La plupart des scientifiques autorisés s’accordent désormais à penser que récemment, malgré les variations annuelles de la température qui nécessitent des analyses complexes pour en extraire les tendances, l’atmosphère a réellement connu une hausse inhabituellement élevée de la température et que les activités humaines en sont la principale cause. Les incertitudes qui demeurent concernent l’ampleur future de l’effet qu’on peut en attendre : par exemple, les températures globales moyennes augmenteront-elles seulement de 1,5° ou bien de 5° au cours du prochain siècle ? Ces chiffres ne semblent pas signifier grand-chose, mais il ne faut pas oublier que les températures globales moyennes n’étaient inférieures que de 5° à l’apogée du dernier âge glaciaire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est aussi moins convaincant lorsqu&amp;rsquo;il parle des sociétés, des gouvernements, des consommateurs pour obliger une production &amp;ldquo;propre et viable&amp;rdquo;, gérant les ressources et laissant les sites propres. Après un inventaire, où les exploitants des ressources de minerai prennent cher (destruction des sols, des nappes, etc&amp;hellip;), il parle des labels &amp;ldquo;verts&amp;rdquo;, tout en expliquant aussi la complexité de suivre (par exemple) le circuit du bois certifié (par manque de traçabilité), sans parler des sociétés qui créent leur propre label en s&amp;rsquo;auto-certifiant, rendant ainsi le choix du consommateur ingérable. Du coup son discours sur la responsabilité des consommateurs (sur laquelle il insiste beaucoup) se révèle peu pertinent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tant que le sacro-saint commerce sera protégé (voir l&amp;rsquo;OMC ou l&amp;rsquo;Europe et le fameux traité de Lisbonne), tout le reste me paraît du blabla (coucou Greta ! ;) ). Et ce n&amp;rsquo;est pas le consommateur qui va régler le problème. Voir la COP26 et l&amp;rsquo;accord sur l&amp;rsquo;arrêt de la déforestation signé par le Brésil, alors qu&amp;rsquo;avec Bolsonaro, le Brésil n&amp;rsquo;a jamais autant abattu d&amp;rsquo;arbres ! Et même quand les coupes sont réglementées, on voit des sociétés d&amp;rsquo;abattages se comporter en voyoux, ne tenant aucun compte des réglementations, signant des accords avec des locaux (un peu d&amp;rsquo;argent, un voyage&amp;hellip; et l&amp;rsquo;arnaque est faite), abattant les arbres et disparaissant, ni vu ni connu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure cet article, il raconte tout de même une anecdote fort intéressante à propos de gens vivant en aval d&amp;rsquo;un barrage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand on sonde l’opinion qui vit en aval du barrage sur sa crainte d’une éventuelle rupture, cette peur est moindre en aval, elle augmente au fur et à mesure qu’on s’approche, atteint son paroxysme à quelques kilomètres du barrage, puis décroît brutalement et tend vers zéro parmi les habitants les plus proches du barrage ! Autrement dit, ces derniers, qui sont les plus certains d’être inondés en cas de rupture, disent d’une certaine manière ne pas être concernés. Ce déni d’origine psychologique est leur seule façon de vivre dans une normalité quotidienne. Le déni d’origine psychologique est un phénomène bien attesté dans la psychologie individuelle, mais il semble s’appliquer aussi à la psychologie des groupes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est assez révélateur du comportement humain vis-à-vis d&amp;rsquo;une catastrophe, et guère réjouissant si l&amp;rsquo;on attend une réaction et des mesures (le fameux cinquième facteur).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jared_Diamond&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jared Diamond&lt;/a&gt;, né en 1937, est un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Biologiste&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;biologiste&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;évolutionniste&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Physiologiste&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;physiologiste&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9onomie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;géonomiste&lt;/a&gt; américain. Professeur de géographie à l’UCLA, il est connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique : De l’inégalité parmi les sociétés (prix Pulitzer 1998) et Effondrement.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mars la rouge - Kim Stanley Robinson</title>
            <link>https://pled.fr/mars-la-rouge-kim-stanley-robinson/</link>
            <pubDate>Sat, 23 Oct 2021 14:31:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mars-la-rouge-kim-stanley-robinson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mars-rouge.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur, il était reçu lors de l&amp;rsquo;émission de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-jeudi-24-juin-2021&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La méthode scientifique&lt;/a&gt; pour un grand entretien. Ce roman est le premier de &amp;ldquo;La trilogie de Mars&amp;rdquo; : suivent &amp;ldquo;Mars la verte&amp;rdquo; puis &amp;ldquo;Mars la bleue&amp;rdquo;. Je me suis dit que cela pouvait être intéressant à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, ce ne fût pas le cas, et peu d&amp;rsquo;aspects de ce premier tome trouvent grâce à mes yeux, que j&amp;rsquo;ai trouvé ennuyeux et sans intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ennuyeux pour ses longues descriptions des multitudes de sites martiens traversés : cratères, canyons, mesa, et arroyos se succèdent sans relâche, au fil des pérégrinations des personnages qui prennent plaisir à sillonner la planète de long en large, grâce à des routes construites miraculeusement en un temps record. Lassant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car la conquête de la planète Mars, plutôt hostile à la vie humaine à priori, est ici une simple formalité : en effet, la science et la technologie parent à toutes les difficultés : ah les robots que l&amp;rsquo;on programme en 2 minutes et qui vont tout construire tout seul sans que l&amp;rsquo;on ne s&amp;rsquo;occupe plus de rien, c&amp;rsquo;est bien pratique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cela laisse le temps aux cent premiers humains (la plupart peu sympathiques par ailleurs) de s&amp;rsquo;écharper, de comploter les uns contre les autres que ce soit pour prendre le pouvoir, par jalousie, ou à propos du &amp;ldquo;terraforming&amp;rdquo; qui consiste à transformer radicalement la planète pour la rendre habitable par l&amp;rsquo;homme, grâce à la science et la technologie qui permet à peu près tout, y compris les idées les plus saugrenues comme de capturer un astéroïde de glace autour de Saturne pour le ramener autour de Mars&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, en une trentaine d&amp;rsquo;années à peine (ah oui on a aussi trouvé le moyen de repousser le vieillissement des personnages, trop bien :cool: ), la planète est devenue un immense chantier envahi par des milliers d&amp;rsquo;humains venus piller ses ressources. Heureusement, [spoiler] les luttes de pouvoir finiront par tout détruire dans une révolution apocalyptique finale. Les quelques survivants serviront sans doute de base au tome suivant pour un nouveau départ.[/spoiler]. Ce sera sans moi ! :neutral:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur a déclaré : &amp;ldquo;La science-fiction est le réalisme de notre temps. C’est la meilleure façon de décrire le monde dans lequel nous vivons.” Même si je ne suis pas d&amp;rsquo;accord avec ce postulat, à la lecture de ce premier opus, je ne peux hélas que confirmer : KSR a transporté sur Mars des problèmes d&amp;rsquo;humains luttant pour le pouvoir, s&amp;rsquo;entre-déchirant entre eux, et Mars n&amp;rsquo;est finalement qu&amp;rsquo;un prétexte. Sans intérêt donc, c&amp;rsquo;est pour moi de la mauvaise SF.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Stanley_Robinson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kim Stanley Robinson&lt;/a&gt;, né en 1952, est un auteur de science-fiction américain. Sa trilogie sur Mars et la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Terraformation&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;terraformation&lt;/a&gt; de celle-ci est son œuvre la plus connue. J&amp;rsquo;ai lu qu&amp;rsquo;il avait soutenu une thèse sur les romans de Philip K. Dick en 1982&amp;hellip; Dommage qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;en soit pas inspiré pour ses propres romans ! ;)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sauvage par nature - Sarah Marquis</title>
            <link>https://pled.fr/sauvage-par-nature-sarah-marquis/</link>
            <pubDate>Sat, 16 Oct 2021 17:14:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sauvage-par-nature-sarah-marquis/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sauvageparnature.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma sœur Martine qui m&amp;rsquo;a parlé de Sarah Marquis : elle lisait &amp;ldquo;Instincts&amp;rdquo;, un autre livre où Sarah traverse une partie sauvage de l&amp;rsquo;Australie en mode survie, pendant 3 mois. Du coup, ça m&amp;rsquo;a intéressé, pour le voyage et l&amp;rsquo;aventure bien sûr, mais aussi pour le côté vécu, qui apporte toujours un plus à la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais j&amp;rsquo;ai préféré commencé par un autre récit, antérieur à Instincts, où Sarah se lance dans la traversée du continent asiatique partant de la Mongolie pour terminer en Australie ! Cette fois, elle n&amp;rsquo;est pas en mode survie, elle pousse une &amp;ldquo;charrette&amp;rdquo; contenant nourriture, tente, etc&amp;hellip; Des points de ravitaillement sont prévus au long du périple, qui va durer près de 3 ans !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec un tel programme, je me suis dit que j&amp;rsquo;allais me régaler à lire ce récit. Mais ce ne sera pas vraiment le cas, beaucoup de choses sont assez décevantes, et on reste largement sur sa faim une fois la lecture terminée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est correct pour un voyageur-écrivain ((&amp;ldquo;On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent&amp;rdquo; - Nicolas Bouvier)). C&amp;rsquo;est le contenu qui pose problème : si cela commence assez bien avec la Mongolie, la traversée de la Chine se résume à quelques pages, puis le même sort est réservé au Laos et à la Thaïlande. Une fois en Australie par contre, on retrouve un vrai récit, on comprend qu&amp;rsquo;elle aime et connaît ce pays (c&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;elle a fait sa première grande marche, vers 2004). D&amp;rsquo;ailleurs, on peut se demander ce que vient faire l&amp;rsquo;Australie dans cette traversée du continent asiatique, qui se suffit largement à lui-même. :???:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au voyage, je m&amp;rsquo;interroge aussi énormément sur ce qu&amp;rsquo;elle cherche ? manifestement, ce n&amp;rsquo;est pas le contact avec les gens, elle est extrêmement méfiante pour dire le moins, particulièrement avec les hommes. L’hospitalité et la noblesse des mongols (décrite dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12263&#34; &gt;À marche forcée&lt;/a&gt;) est balayée ici, ce sont tous des rustres assoiffés d&amp;rsquo;alcool et de sexe. Quant aux chinois (et j&amp;rsquo;imagine les laotiens et les thaïlandais dans la foulée), ce sont au mieux des paysans arriérés et sales dont il vaut mieux se tenir à distance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;interrogeais alors sur le fait que ce soit une femme, voyageant seule, et que cela complique certainement les choses. Mais bon, il y a autre chose : Sarah Marquis aime la solitude, la marche, l&amp;rsquo;effort, et cela semble lui suffire. Elle a un rapport quasi mystique avec la nature, et y recherche la communion. Seules la petite complicité et les sourires échangés avec quelques femmes croisées trouvent grâce à ses yeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du coup, je me demandais pourquoi elle avait écrit ce livre ? Voir même entrepris ce voyage ? Car c&amp;rsquo;est avant tout une histoire personnelle qu&amp;rsquo;elle réalise, et le désert lui convient mieux. On sent que derrière il y a les sponsors, les contrats signés, un blog où elle doit fournir du texte régulièrement, elle cite même la marque de tee-shirt qu&amp;rsquo;elle porte à un moment, etc&amp;hellip; À plusieurs reprises, elle doit revoir ses plans (météo, fièvre, etc&amp;hellip;) : hop, un coup de fil avec le téléphone satellite, et on vient la chercher. Elle partira ainsi faire la Chine pour finir la Mongolie plus tard, en repartant du même endroit bien sûr. Alors aventurière peut-être, mais aussi femme d&amp;rsquo;affaire. Ou l&amp;rsquo;aventure envisagée comme un business, ce qui la rend nettement moins belle à mes yeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela me laisse une impression mitigée, je m&amp;rsquo;attendais à une aventure humaine, c&amp;rsquo;est-à-dire avec des rencontres, et sur ce point, ce livre est une vraie déception. Reste les trucs de survie qu&amp;rsquo;elle partage, son mental pour tenir le coup et aller au bout de sa résistance physique, tout cela teinté d&amp;rsquo;une certaine religiosité, cette communion avec la nature qu&amp;rsquo;elle recherche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Marquis&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sarah Marquis&lt;/a&gt;, née en 1972 est une aventurière Suisse. La marche longue distance est sa spécialité : la cordillère des Andes (7000 kms), les États-Unis du nord au sud par les Rocheuses et le désert des Mojaves (4200 kms), la traversée des déserts australiens (14000 kms).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Une confession - John WainWright</title>
            <link>https://pled.fr/une-confession-john-wainwright/</link>
            <pubDate>Fri, 15 Oct 2021 16:53:07 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;confession.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne me souviens plus pourquoi j&amp;rsquo;avais noté ce bouquin à lire, mais c&amp;rsquo;était une bonne info.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc démarré ce roman sans rien en savoir, ni sans lire le quatrième de couverture. Et c&amp;rsquo;est manifestement la bonne méthode, parce que l&amp;rsquo;auteur vous embarque dans une histoire dont vous demandez bien où elle va vous mener&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et tout est justement dans la façon dont l&amp;rsquo;histoire est racontée, et les faits petits à petits révélés. L&amp;rsquo;histoire démarre avec John Duxbury, 50 ans, homme tout à fait respectable, qui écrit son journal intime dont la lecture est destinée à son fils Harry, parce qu&amp;rsquo;il veut lui transmettre toute la vérité sur sa vie avec Maude, la mère de Harry. Jusque là, rien de suspect, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;impact du temps qui passe sur un couple, l&amp;rsquo;amour des premières années qui s&amp;rsquo;efface, c&amp;rsquo;est même assez pertinent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis lors d&amp;rsquo;un week-end au bord de la mer, justement destiné à renouer les liens du couple, tout va basculer, y compris nos certitudes de lecteur. Je n&amp;rsquo;en dis pas plus, c&amp;rsquo;est tout l&amp;rsquo;intérêt de ce roman et de sa construction. La fin sera inéluctable, avec l&amp;rsquo;arrivée de l&amp;rsquo;inspecteur Harker, un homme d&amp;rsquo;expérience et dévoué à son métier, et qui se soucie peu de sa hiérarchie dès lors qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de vérité. Mais la vérité intéresse-t-elle quelqu&amp;rsquo;un finalement ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un vrai plaisir de lecture, avec une fin à la Sherlock Holmes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Wainwright&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Wainwright&lt;/a&gt; (1921-1995) est un auteur britannique de roman policier. Auteur prolifique (83 ouvrages), son policier type est d&amp;rsquo;âge moyen, très scrupuleux, comme l&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;inspecteur Harker dans ce roman : on parle dans ce cas de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A9dure_polici%C3%A8re&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;romans de procédure policière&lt;/a&gt;. Le film &amp;ldquo;Garde à vue&amp;rdquo; de Claude Miller est adapté de Brainwash (&amp;ldquo;À table !&amp;rdquo; pour l&amp;rsquo;édition française), l&amp;rsquo;un de ses romans, dont Simenon dira le plus grand bien.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Flash - Charles Duchaussois</title>
            <link>https://pled.fr/flash-charles-duchaussois/</link>
            <pubDate>Fri, 08 Oct 2021 09:15:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/flash-charles-duchaussois/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;flash.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nouvelle relecture d&amp;rsquo;un roman que j&amp;rsquo;avais lu dans ma jeunesse. Le livre dans ma bibliothèque étant bien jauni, j&amp;rsquo;en ai racheté un exemplaire récent, avec cette magnifique couverture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais gardé de ce roman le souvenir d&amp;rsquo;un type qui part sur &amp;ldquo;la route des Indes&amp;rdquo;, et qui manque de finir dans les neiges de l&amp;rsquo;Himalaya, drogué jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;os.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, &amp;ldquo;la route&amp;rdquo; occupe bien peu de place dans ce récit, et c&amp;rsquo;est surtout la longue descente aux enfers qui est racontée, avec une certaine subjectivité par l&amp;rsquo;auteur, malgré ses efforts de tout vouloir raconter. Certes, l&amp;rsquo;auteur a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;avoir un forte personnalité, mais il a aussi une haute opinion de lui-même, ce qui au fil du récit apparaît comme nettement exagéré !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est quand même un petit truand à la base, vivant de ses méfaits (vols et arnaques) pour lui assurer ses revenus, et sur lesquels il reste très discret (à part l&amp;rsquo;arnaque d&amp;rsquo;Istambul où il récolte une grosse somme et dont il est assez fier). Avec cet argent, il s&amp;rsquo;entoure d&amp;rsquo;une petite cour de routards fauchés dont il paie tous les frais, drogues comprises, ce qui certainement lui apporte la reconnaissance dont il semble avoir besoin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Katmandou qu&amp;rsquo;il décrit semble être celui d&amp;rsquo;une autre époque (on est en 1969), celle où seule une petite communauté d&amp;rsquo;occidentaux était venue troubler la vie locale, et où la drogue circulait librement&amp;hellip; À la fin du récit, l&amp;rsquo;auteur raconte d&amp;rsquo;ailleurs le début de la fin de cette époque, où la police népalaise commence à expulser à tour de bras ces &amp;ldquo;touristes&amp;rdquo; d&amp;rsquo;un genre particulier, devenus ingérables et indésirables. J&amp;rsquo;y étais en 1984, et tout avait déjà beaucoup changé, fort heureusement !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu déçu donc par cette relecture, même si le récit a le mérite d&amp;rsquo;être une histoire vraie, ce qui apporte toujours un intérêt supplémentaire à mes yeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Duchaussois&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Charles Duchaussois&lt;/a&gt; (1940-1991) est un écrivain français, selon Wikipédia. Flash est son seul roman, autobiographique, et il l&amp;rsquo;a dicté sur un magnétophone avant de l&amp;rsquo;envoyer aux maisons d&amp;rsquo;éditions. Peut-on vraiment parler d&amp;rsquo;écrivain dans ce cas ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa fin de vie semble avoir été plutôt misérable : drogue, meurtre et prison : Wikipédia utilise d&amp;rsquo;ailleurs un bel euphémisme à ce propos : &amp;ldquo;une tragédie intervient et Charles est emprisonné pour l&amp;rsquo;homicide du frère de Christiane&amp;rdquo; (sa femme). Il meurt d&amp;rsquo;un cancer des poumons.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Romans noirs - Jean-Patrick Manchette</title>
            <link>https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/</link>
            <pubDate>Mon, 04 Oct 2021 17:04:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;manchette.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur français de polars (voir les liens en fin d&amp;rsquo;article). J.P. Manchette y était présenté comme celui qui importa en France le style des romans noirs américains (fan de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17733&#34; &gt;Dashiell Hammett&lt;/a&gt;), style qu&amp;rsquo;il baptisera lui-même de &amp;ldquo;néo-polar&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu avec grand plaisir ces &amp;ldquo;Romans noirs&amp;rdquo;, bien français, des années 70-80, et pas mal politisés : que ce soit l&amp;rsquo;extrême-droite ou l&amp;rsquo;ultra-gauche, l&amp;rsquo;anti-système est présent. C&amp;rsquo;est lié à l&amp;rsquo;époque certainement, mais aussi aux convictions de l&amp;rsquo;auteur (voir plus bas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par ailleurs, Manchette ne perd pas son temps en descriptions oiseuses, on est tout de suite dans l&amp;rsquo;action, et elle ne s&amp;rsquo;arrêtera qu&amp;rsquo;à la fin de l&amp;rsquo;histoire. La lecture en est rendue assez haletante, on ne s&amp;rsquo;ennuie pas, et on tourne les pages avec délectation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce que l&amp;rsquo;on appelle l&amp;rsquo;écriture &amp;ldquo;behavioriste&amp;rdquo; ou comportementaliste chère au romancier américain &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dashiell_Hammett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dashiell Hammett&lt;/a&gt;. Dans ce style d&amp;rsquo;écriture, seuls les comportements, les actes et les faits sont décrits mais presque jamais les sentiments et les états d&amp;rsquo;âme. Il appartient au lecteur, à partir des fragments visibles du puzzle, de tirer la vision d&amp;rsquo;ensemble et d&amp;rsquo;entendre, par-delà les mots, ce qui n&amp;rsquo;a pas été dit (Wikipedia).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons un peu le contenu de ce recueil, les adaptations cinéma qui ont été faites de ses romans (avec plus ou moins de succès), son auto-biographie, et enfin un petit mot sur la SF puisque qu&amp;rsquo;il a participé à une collection de romans de SF qui m&amp;rsquo;a rappelé mes premières lectures !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Info&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je croyais avoir lu l&amp;rsquo;intégrale de J.P. Manchette avec ce recueil, mais en discutant avec la libraire, il manque apparemment &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-policier/L-Homme-au-boulet-rouge&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&amp;ldquo;L&amp;rsquo;homme au boulet rouge&amp;rdquo;&lt;/a&gt;, écrit en collaboration avec B.J. Sussman, juste après &amp;ldquo;Laissez bronzer les cadavres !&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;unique western écrit par J.P. Manchette&amp;hellip; hélas épuisé ! :(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La libraire m&amp;rsquo;a proposé de me le prêter si elle le retrouve dans sa bibliothèque ! :)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le recueil commence par &lt;strong&gt;Laissez bronzer les cadavres !&lt;/strong&gt; (écrit en collaboration avec J.P. Bastid), première publication dans la collection Série Noire (en 1971), et dont je me demandais s&amp;rsquo;il allait rester des survivants dans cette sorte de huis-clos dans un village abandonné dans le Gard&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;Affaire N&amp;rsquo;Gustro&lt;/strong&gt;, paru peu de temps après, fait clairement référence à l&amp;rsquo;affaire Ben Barka. Il en dira :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans L&amp;rsquo;Affaire N&amp;rsquo;Gustro, j&amp;rsquo;avais pris le point de vue d&amp;rsquo;un “fasciste”, pour me distancier, comme on dit à Vincennes : ça a un peu agacé les lecteurs de la Série noire, qui n&amp;rsquo;ont pas très bien compris si j&amp;rsquo;étais d&amp;rsquo;extrême droite ou non.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite &lt;strong&gt;Ô dingos, ô chateaux!&lt;/strong&gt; (1972), porté à l&amp;rsquo;écran par Yves Boisset dans &amp;ldquo;Folle à tuer&amp;rdquo;, avec Marlène Jobert (adaptation fidèle).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nada&lt;/strong&gt; raconte l&amp;rsquo;enlèvement d&amp;rsquo;un ambassadeur par un groupe d&amp;rsquo;anarchistes. C&amp;rsquo;est le roman le plus directement politique de Manchette. Il fait dire à son personnage principal :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le terrorisme gauchiste et le terrorisme étatique, quoique leurs mobiles soient incomparables, sont les deux mâchoires du même piège à cons…&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et lui-même explique plus tard à propos du groupe révolutionnaire de Nada :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils représentent politiquement un danger public, une véritable catastrophe pour le mouvement révolutionnaire. J&amp;rsquo;ai exposé que le naufrage du gauchisme dans le terrorisme est le naufrage de la révolution dans le spectacle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut préciser que Manchette était assez proche des idées de l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Internationale_situationniste&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Internationale situationniste&lt;/a&gt; formalisée par Guy Debord, et de sa critique de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Soci%C3%A9t%C3%A9_du_spectacle_%28livre%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la société du spectacle&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nada sera adapté au cinéma par Claude Chabrol, mais ce dernier coupe au montage une phrase du communiqué du groupe Nada où sont attaqués le Parti communiste et &lt;em&gt;L&amp;rsquo;Humanité&lt;/em&gt;. Manchette estime que le message du roman est dénaturé et désavoue le film ! :eek:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnellement, Je l&amp;rsquo;ai trouvé fidèle au roman, c&amp;rsquo;est plutôt un bon film, très &amp;ldquo;révolutionnaire&amp;rdquo; dans sa vision d&amp;rsquo;un état comme le décrivait Nietzsche : &amp;ldquo;Le plus froid des monstres froids&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans les deux romans suivants ( &lt;strong&gt;Morgue pleine&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Que d&amp;rsquo;os&lt;/strong&gt;) apparaît le personnage d&amp;rsquo;Eugène Tarpon, sorte d&amp;rsquo;anti-héros, détective privé fauché, ancien gendarme ayant tué accidentellement un manifestant, jetant sur le monde un regard désabusé, et roulant en 2CV.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viennent ensuite &lt;strong&gt;Le petit bleu de la côte Ouest&lt;/strong&gt;, abordant le malaise des cadres, façon Manchette. Puis &lt;strong&gt;Fatale&lt;/strong&gt; (sans doute le moins abouti à mon avis), et enfin &lt;strong&gt;La position du tireur couché&lt;/strong&gt;, excellent, porté deux fois à l&amp;rsquo;écran : &amp;ldquo;Le Choc&amp;rdquo; avec Alain Delon (qui sera un échec), et &amp;ldquo;The Gunman&amp;rdquo; avec Sean Penn (très librement adapté, il ne reste pas grand chose de l&amp;rsquo;histoire originale).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce recueil, après les neufs romans publiés de Manchette (la plupart en Série Noire), viennent deux textes, l&amp;rsquo;un abandonné : &lt;strong&gt;Iris&lt;/strong&gt; puis un autre non inachevé : &lt;strong&gt;La princesse de sang&lt;/strong&gt;. On passe ensuite de façon inattendue à une BD que Manchette avait fait avec Tardi : &lt;strong&gt;Griffu&lt;/strong&gt; (avec encore un privé bien de chez nous, revenu de tout !). Et on termine par &amp;ldquo;Le coin des affaires&amp;rdquo;, sorte de catalogue des objets et références des années 1970-1980, faisant partie de l&amp;rsquo;univers de Manchette.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme toujours dans Quarto, vient une biographie de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Patrick_Manchette&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt; (1942-1995), décidément parti trop tôt. En autres, il aura été (dans les années 1975-1980) chroniqueur des jeux de l&amp;rsquo;esprit dans Métal Hurlant, critique de cinéma dans Charlie Hebdo et auteur de critique de romans noirs dans Charlie Mensuel, sous le pseudonyme de &lt;strong&gt;Shuto Headline&lt;/strong&gt; (qui sont la traduction en japonais puis en anglais de son nom ! :smile: ).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il souffrira d&amp;rsquo;agoraphobie pendant plusieurs années et reste alors retranché dans son appartement parisien. Il avait l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;être hyper actif, gros fumeur (toujours une clope à la main sur les photos), et meurt d&amp;rsquo;un cancer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est J.P. Manchette qui se décrit le mieux :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lauteur-par-lui-même&#34;&gt;L&amp;rsquo;auteur par lui-même&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Né le 19 décembre 1942 à Marseille, dans la classe moyenne.&lt;br&gt;&#xA;Enfance et première jeunesse à Malakoff (Hauts-de-Seine).&lt;br&gt;&#xA;Études secondaires au lycée Michelet.&lt;br&gt;&#xA;Études supérieures d&amp;rsquo;anglais et d&amp;rsquo;histoire et géographie à Paris. Pas de diplômes.&lt;br&gt;&#xA;À l&amp;rsquo;époque et par périodes : auto-stoppeur longue distance, pompiste, instituteur, assistant de français dans un collège pour aveugles en Angleterre (Worcester), militant néo-bolchevik, contrebassiste et saxophoniste (alto), cinéphile.&lt;br&gt;&#xA;Écrit professionnellement depuis 1965/.&lt;br&gt;&#xA;Marié, un fils. Vit à Clamart depuis 1965, compte s&amp;rsquo;installer à Pairs en 1979.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De 1965 à 1970, effectue des travaux d&amp;rsquo;écriture très divers : films libidineux, synopsys, retapage de scénarios, négrifications, adaptations &amp;ldquo;littéraire&amp;rdquo; de films, télévision scolaire, t.v. de diffusion normale (série Les Globe-Trotters), prière d&amp;rsquo;insérer, romans d&amp;rsquo;aventures pour adoslecents, romans pornographiques, films pour la prévention des accidents du travail, et nombreuses traductions de l&amp;rsquo;anglais, seul ou en collaboration avec sa femme traductrice.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Après 1970, publie des romans à la Série Noire (Gallimard), et collabore aux films suivants :&#xA;- Nada, de Claude Chabrol.&#xA;- Folle à tuer, d&amp;rsquo;Yves Boisset.&#xA;- L&amp;rsquo;Agression, de Gérard Pirès.&#xA;- L&amp;rsquo;Ordinateur des pompes funèbres, de Gérard Pirès.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Est considéré comme &amp;ldquo;gauchiste&amp;rdquo; et représentatif de la nouvelle tendance du roman noir français. Se réfère aussi à la vieille tendance &amp;ldquo;réaliste-critique&amp;rdquo; du roman noir américain, étant entendu qu&amp;rsquo;elle a changé de fonction et de théâtre? Au reste, pense que le Roman a depuis un bout de temps fini de donner tout ce qu&amp;rsquo;il pouvait donner, et cherche seulement à distraire ses amis.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aime : les jeux (à l&amp;rsquo;exception des jeux d&amp;rsquo;argent) ; le cinéma hooluwoodien ; le jazz ; la pensée allemande ; l&amp;rsquo;entrecôte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;romans-de-sf&#34;&gt;Romans de SF&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Il sera aussi à l&amp;rsquo;initiative d&amp;rsquo;une collection de science-fiction nommée &amp;ldquo;Chute Libre&amp;rdquo; (CHAMP LIBRE), dirigée par Jean-Claude Zylberstein, avec des auteurs tels que Philip José Farmer, Philip K. Dick, Norman Spinrad, J.G. Ballard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Champ_libre&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Champ Libre&lt;/a&gt; avait pour but de publier des ouvrages de critique sociale reflétant des courants de gauche critique et d&amp;rsquo;extrême gauche non léniniste de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui me rappelle mes premières lectures, mais dans une autre collection : &lt;strong&gt;Titres/SF&lt;/strong&gt;(J.C. LATTÈS). C&amp;rsquo;est avec cette collection que j&amp;rsquo;ai commencé à lire des romans (de SF donc). En y regardant de plus près, il semble bien que Titres S.F. ait repris pas mal des titres de Chute Libre, quatre ans plus tard (1975 &amp;amp; 1979), si j&amp;rsquo;en crois &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.noosfere.org/livres/collection.asp?NumCollection=211&amp;amp;numediteur=3538&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;nooSFere&lt;/a&gt;, le site de référence de la SF en France.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, j&amp;rsquo;ai trouvé l&amp;rsquo;explication racontée par JP Manchette lui-même dans ses &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18117&#34; &gt;Chroniques&lt;/a&gt; (Charlie mensuel juillet 1979) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Encore la crise : voici une petite dizaine d&amp;rsquo;années, la collection Chute libre, aux éditions Champ libre, voulut être à la nouvelle époque ce que la Série noire avait été à l&amp;rsquo;époque précédente. Je le sais, j&amp;rsquo;y étais, et c&amp;rsquo;est moi qui donnai son nom de baptême à cette gentille collection. Elle a publié surtout de la S.-F., parfois excentrique. Enfin elle s&amp;rsquo;est tue, comme la fraction debordiste de l&amp;rsquo;ex-Internationale situationniste restait seule à contrôler Champ libre et se souciait peu de gérer une collection de romans. Du coup, beaucoup de titres de Chute libre vont être réédités, avec d&amp;rsquo;autres textes, dans la collection bon marché Titres S.-F., chez Lattès.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le plaisir, quelques comparaisons de couvertures entre Titres/SF et Chute Libre :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;568px&#34; data-flex-grow=&#34;236&#34; height=&#34;349&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF1.jpg&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF1_hu_72fe9ef805282817.jpg 800w, https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF1.jpg 827w&#34; width=&#34;827&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;568px&#34; data-flex-grow=&#34;236&#34; height=&#34;350&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF2.jpg&#34; srcset=&#34;https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF2_hu_6345ace53387f111.jpg 800w, https://pled.fr/romans-noirs-jean-patrick-manchette/SF2.jpg 829w&#34; width=&#34;829&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mine de rien, les couvertures de l&amp;rsquo;époque en jetaient pas mal, non ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;france-culture&#34;&gt;France Culture&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Et voilà les liens des deux émissions qui parlent de Jean-Patrick Manchette, qui sont assez passionnantes pour découvrir l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/raymond-chandler-et-jean-patrick-manchette-34-la-vie-decriture-de-jean-patrick-manchette&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La vie d&amp;rsquo;écriture de Jean-Patrick Manchette&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-oeuvres/raymond-chandler-et-jean-patrick-manchette-44-loeuvre-au-noir-de-manchette&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;oeuvre au noir de Manchette&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une belle découverte en tout cas, il y a ses chroniques (polars, cinéma) de disponibles Chez Rivages noirs apparemment. Ainsi que son journal, mais d&amp;rsquo;après FC, pas forcément très faciles à lire, Manchette se livrant très peu finalement.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La barrière Santaroga - Franck Herbert</title>
            <link>https://pled.fr/la-barriere-santaroga-franck-herbert/</link>
            <pubDate>Tue, 14 Sep 2021 16:46:22 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;santaroga.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Relecture d&amp;rsquo;un roman dont j&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir dans ma jeunesse ! Plongé dans un gros volume Quarto, il me fallait un poche à emmener à la plage ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après la saga de Dune qui m&amp;rsquo;avait fasciné (le film tant attendu de Villeneuve sort demain d&amp;rsquo;ailleurs !), j&amp;rsquo;avais à l&amp;rsquo;époque exploré un peu ce que l&amp;rsquo;auteur avait pu écrire d&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, un livre de poche, ça ne vieillit pas forcément bien : 40+ ans après, les pages étaient toutes jaunies, mais la reliure avait tenu le coup, donc ça allait de ce côté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire tient toujours la route, avec cette vallée qui vit en autarcie et refuse ce qui vient du monde extérieur, ce qui embête bien certains investisseurs&amp;hellip; Le Dr Gilbert Dasein, psychologue, est envoyé à son tour pour essayer de comprendre ce qui se passe, après que deux précédents émissaires aient tous les deux subis de malencontreux accidents (mortels bien sûr) ! L&amp;rsquo;occasion pour lui de revoir Jenny, une étudiante dont il était tombé amoureux avant qu&amp;rsquo;elle ne retourne dans sa vallée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première chose que remarque Dasein, c&amp;rsquo;est ce &amp;ldquo;Jaspé&amp;rdquo; omniprésent dans la nourriture, et qui semble éveiller l&amp;rsquo;esprit&amp;hellip; Le comportement des habitants de la vallée est par ailleurs assez troublant, comme si une sorte d&amp;rsquo;inconscient collectif était à l&amp;rsquo;œuvre. Puis des accidents &amp;ldquo;fortuits&amp;rdquo; commencent à lui arriver&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman ne livrera pas toutes ses réponses aux questions soulevées par Dasein. Et la plupart des réponses du médecin local sont même plutôt fumeuses&amp;hellip; On pense au LSD bien sûr, auquel Jenny s&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs montrée résistante (!) lors d&amp;rsquo;un test lorsqu&amp;rsquo;elle était étudiante avec Gilbert (le roman a été écrit en 1967).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intrigue est tout de même prenante, car Dasein est clairement en danger, même si tout le monde se montre amical avec lui puisqu&amp;rsquo;il est l&amp;rsquo;ami de Jenny&amp;hellip; Mais l&amp;rsquo;on reste un peu sur sa faim au terme du roman&amp;hellip; une faim de Jaspé ! ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement une bonne relecture !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frank_Herbert&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Franck Herbert&lt;/a&gt; (1920-1986) est un écrivain américain auteur de romans de science-fiction. &lt;strong&gt;Dune&lt;/strong&gt; en étant bien sûr le plus célèbre (6 romans pour la saga complète), avec l&amp;rsquo;écologie au cœur de l&amp;rsquo;histoire (en 1965). Il a aussi suivi une formation de psychanalyste, qui transparaît de ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Une aristocrate en Asie - Vita Sackville-West</title>
            <link>https://pled.fr/une-aristocrate-en-asie-vita-sackville-west/</link>
            <pubDate>Sun, 05 Sep 2021 09:30:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/une-aristocrate-en-asie-vita-sackville-west/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vita-sackville-west.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si je n&amp;rsquo;ai pas du tout apprécié les œuvres de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17792&#34; &gt;Virginia Woolf&lt;/a&gt;, la lecture de sa biographie m&amp;rsquo;aura tout de même permis de noter ce livre, et je ne le regrette pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le récit d&amp;rsquo;un voyage qu&amp;rsquo;entreprend Vita Sackville-West et son mari, diplomate à Téhéran, en 1926, sur une piste ancienne traversant le pays Bakhtyar. Vita est à la recherche d&amp;rsquo;iris pourpres pour en ramener dans son jardin en Angleterre ! Ce n&amp;rsquo;est heureusement qu&amp;rsquo;un prétexte au voyage, du moins peut-on l&amp;rsquo;espérer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car si Vita est une vraie aristocrate, elle ne manque ni d&amp;rsquo;humour ni de recul par rapport à ce qu&amp;rsquo;elle est ou à ce qu&amp;rsquo;elle voit, et son récit est très plaisant à lire : c&amp;rsquo;est un vrai journal de voyage, avec un beau dépaysement en prime, vu le lieu et l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle démarre ce petit récit sans trop savoir où cela va la mener, et le termine par une réflexion sur la vie nomade, sur notre fameuse civilisation, notre esprit toujours occupé&amp;hellip; Voilà le début du dernier chapitre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;en aperçois maintenant : alors que j&amp;rsquo;ai commencé ce livre sans grand espoir d&amp;rsquo;en faire autre chose qu&amp;rsquo;un simple compte rendu, il a, presque de lui-même, adopté une certaine logique pour se répartir en deux blocs principaux, ordonnés par la force du contraste. Deux communautés différentes ont traversé la scène, l&amp;rsquo;une caractérisée par l&amp;rsquo;épuisement, l&amp;rsquo;ignorance et la pauvreté, et l&amp;rsquo;autre par l&amp;rsquo;énergie, la culture scientifique et la prospérité, mais toutes deux également soumises à leurs propres modes de pensée. J&amp;rsquo;aimerais croire que mon impartialité est telle que le lecteur ne peut deviner où vont mes sympathies. Et je souhaiterais conclure par une troisième image, qui ne représente ni une forme d&amp;rsquo;existence anachronique ni une civilisation moderne. Les tribus de bergers sont passées, survivantes d&amp;rsquo;un monde révolu, les marteaux ont retenti autour des vestiges du temple de Feu. À présent il est temps de voir ce qu&amp;rsquo;il advient des empires présomptueux, comme l&amp;rsquo;Empire britannique, et, sur une note si prophétique, d&amp;rsquo;en finir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un vrai récit de voyage donc, avec beaucoup de sincérité. J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé, dommage qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;en ait pas écrit d&amp;rsquo;autres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter sur le quatrième de couverture, on mentionne que &amp;quot; &lt;em&gt;le truculent périple du couple sera émaillé de scènes de ménage, Harold ne perdant pas une occasion d’accabler de reproches cette épouse qui l’a emmené se perdre au milieu des nomades&lt;/em&gt;&amp;quot;. On pourrait imaginer une sorte de vaudeville, mais c&amp;rsquo;est totalement erroné, j&amp;rsquo;ai noté &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; scène où un désaccord entre eux est évoqué, et c&amp;rsquo;est tout ; le mari est d&amp;rsquo;ailleurs largement absent du récit, ce n&amp;rsquo;est pas le sujet du livre. Très étonnant, l&amp;rsquo;éditeur ferait bien de relire l&amp;rsquo;ouvrage ! :mad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vita_Sackville-West&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vita Sackville-West&lt;/a&gt; (192-1962) est une poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice et jardinière britannique ! Virgina Woolf en tomba amoureuse et leur liaison fut passionnée et compliquée, Vita gardant sa liberté. VW s&amp;rsquo;en inspira pour écrire Orlando, son roman le plus célèbre (et que j&amp;rsquo;ai trouvé sans intérêt).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Série Bangkok 2, 3, 4, 5 et 6 - John Burdett</title>
            <link>https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/</link>
            <pubDate>Tue, 10 Aug 2021 09:53:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bangkok2.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais bien aimé le premier opus de cette série, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17092&#34; &gt;Bangkok 8&lt;/a&gt;, je me suis donc replongé en ce début d&amp;rsquo;été dans l&amp;rsquo;univers de Sonchaï, ce policier bouddhiste et donc incorruptible de Bangkok.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, comparés au premier opus, à l&amp;rsquo;intrigue classique et captivante, ces cinq romans policiers sont globalement très décevants ! :(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouve l&amp;rsquo;atmosphère des quartiers chauds de Bangkok en toile de fond, avec toujours ces réflexions sur le fossé culturel avec le monde occidental, et particulièrement la prostitution qu&amp;rsquo;il justifie allègrement comme moyen d&amp;rsquo;émancipation pour une jeune femme Thaïe : on pourrait en discuter longuement ! 8-O&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les personnages récurrents autour de Sonchaï se précisent dans cette deuxième aventure, et c&amp;rsquo;est plutôt sympa pour une série : le colonel Vikorn, son chef aussi corrompu qu&amp;rsquo;omniscient (un peu trop d&amp;rsquo;ailleurs), et Kimberley l&amp;rsquo;agent du FBI qui lui donne un coup de main de temps en temps (pratique pour obtenir des infos rapidement) ; apparaissent Chanya la compagne de Sonchaï (une ancienne prostituée), et Lek son assistant (un homme habité par un esprit féminin, et s&amp;rsquo;interroge sur une éventuelle opération pour devenir un &amp;ldquo;Katoye&amp;rdquo;, une femme transgenre).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au cours du récit, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;adresse parfois au lecteur en l&amp;rsquo;appelant &amp;ldquo;farang&amp;rdquo; (ce qui signifie &amp;ldquo;étranger blanc&amp;rdquo; en Thaïlande), avec une tendance à nous caricaturer et nous faire apparaître nous les occidentaux comme des matérialistes violents assoiffé d&amp;rsquo;argent et de sexe, sans aucune intelligence et incapables de comprendre la culture Thaï… Cela manque tout de même un peu de nuance, et si l&amp;rsquo;effet est assez sympa au début, il finit par lasser&amp;hellip; Et finalement, c&amp;rsquo;est la vision de l&amp;rsquo;auteur de la culture asiatique qui devient caricaturale !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car je dois dire que la lecture de ces cinq épisodes m&amp;rsquo;a globalement déçu, entre l&amp;rsquo;effet répétitif sur le monde la prostitution à Bangkok, l&amp;rsquo;absence de suivi sur les pistes amorcées, et le niveau des intrigues qui deviennent de plus en plus laborieuses, pour finir en apothéose avec le thème du transhumanisme où l&amp;rsquo;auteur semble se perdre totalement, incapable de finir l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme je suis tout de même allé au bout des cinq romans, revoyons les un par un : le thème abordé, et ce que j&amp;rsquo;en ai pensé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le thème abordé est celui du tatouage pour le numéro 2 intitulé logiquement &amp;ldquo;Bangkok Tatoo&amp;rdquo;. On retrouve Sonchaï installé en couple avec Chanya. Première apparition de Lek, son assistant, partagé entre son métier de flic et son envie de changer de sexe. Les tatouages peuvent être une œuvre d&amp;rsquo;art s&amp;rsquo;ils sont réalisés par un artiste, et intéresser des collectionneurs mafieux japonais&amp;hellip; L&amp;rsquo;intrigue se tient, et la lecture est agréable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;147px&#34; data-flex-grow=&#34;61&#34; height=&#34;326&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/bangkok3.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le troisième opus intitulé &amp;ldquo;Bangkok Psycho&amp;rdquo;, on aborde les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Snuff_movie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;snuff-movies&lt;/a&gt; : il s&amp;rsquo;agit de vidéos où un véritable meurtre est mis en scène&amp;hellip; Je n&amp;rsquo;avais jamais entendu ce terme. Scénario un peu compliqué, tiré par les cheveux, où le fantôme de la victime vient interférer avec le monde des vivants&amp;hellip; Une manière sans doute d&amp;rsquo;aborder le rapport aux morts des Thaïlandais, il vaut mieux s&amp;rsquo;en tenir là pour l&amp;rsquo;intérêt de cette lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;145px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;330&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/bangkok4.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite &amp;ldquo;Le parrain de Katmandou&amp;rdquo;, où nous allons retrouver Sonchaï dans un sale état, suite à un drame familial personnel. L&amp;rsquo;enquête va le mener à Katmandou, où il va rencontrer un maître Tibétain, adepte du bouddhisme tantrique, très différent de celui pratiqué en Thaïlande. Le maître communiquera à Sonchaï son mantra, qui lui permet d&amp;rsquo;accéder à un niveau de conscience supérieur (trop cool ! :-P )&amp;hellip; Quant à l&amp;rsquo;intrigue, on passe un niveau supérieur dans l&amp;rsquo;improbable, l&amp;rsquo;auteur semble se perdre à force de vouloir aborder des problèmes géopolitiques et rattacher ceux-ci à la Thaïlande&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;145px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;329&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/bangkok5-1.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec le cinquième intitulé &amp;ldquo;Le Pic du Vautour&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;auteur aborde le thème des trafics d&amp;rsquo;organe. Sujet intéressant, les profits étant énormes et le risque judiciaire beaucoup moindre pour les trafiquants. Mais encore une fois difficile de justifier la Thaïlande comme étant au cœur du trafic mondial ! La campagne électorale de Vikorn pour être gouverneur de Bangkok et le rôle de la Chine dans tout ça est encore une fois tiré par les cheveux&amp;hellip; Les personnages qui apparaissent, comme le flic de Hong-Kong, sont peu crédibles, et l&amp;rsquo;intrigue semble bâclée. De plus en plus déçu par les aventures de Sonchaï !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;150px&#34; data-flex-grow=&#34;62&#34; height=&#34;319&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/serie-bangkok-2-3-4-5-et-6-john-burdett/bangkok6.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, voilà le dernier opus intitulé &amp;ldquo;le Joker&amp;rdquo; : le thème abordé est cette fois celui du transhumanisme, où les états cherchent à fabriquer des surhommes pour le monde futur, ou bien sûr les humains &amp;ldquo;normaux&amp;rdquo; n&amp;rsquo;auront pas vraiment de place à part servir leurs maîtres. C&amp;rsquo;est sans conteste le moins bon de tous ces polars, l&amp;rsquo;auteur se perd dans un délire entre la maîtrise du LSD permettant d&amp;rsquo;atteindre grosso-modo le niveau de conscience d&amp;rsquo;un Dieu, et la technologie permettant de fabriquer des individus invincibles&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur finit ce dernier opus par une pirouette incompréhensible, qui laisse le lecteur sur sa faim&amp;hellip; ou sa déception en repensant au premier opus de cette série, et à la lente descente jusqu&amp;rsquo;à ce dernier épisode. Il est temps d&amp;rsquo;arrêter quand l&amp;rsquo;inspiration n&amp;rsquo;est plus là !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Burdett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Burdett&lt;/a&gt;, né en 1951 à Londres, est un auteur de romans policiers ayant été précédemment avocat à Hong Kong. Son premier roman, Bangkok 8, pourrait bien être porté à l&amp;rsquo;écran un jour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Virginia Woolf - Romans, Essais</title>
            <link>https://pled.fr/virginia-woolf/</link>
            <pubDate>Sat, 24 Jul 2021 17:16:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/virginia-woolf/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;virginia-woolf.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Grosse désillusion que la lecture (avortée) de ce recueil ! J&amp;rsquo;avais lu et entendu que Virginia Woolf était une grande autrice, aussi ai-je acheté cette édition Quarto en toute confiance : le moins que je puisse dire, c&amp;rsquo;est que je ne partage pas cet avis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;strong&gt;Mrs Dalloway&lt;/strong&gt;, puis &lt;strong&gt;Vers le Phare&lt;/strong&gt;, j&amp;rsquo;ai abandonné au milieu d&amp;rsquo; &lt;strong&gt;Orlando&lt;/strong&gt;, l&amp;rsquo;ennui arrivant à son apogée, et l&amp;rsquo;idée même de continuer la lecture me décourageant d&amp;rsquo;ouvrir le livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seule la biographie s&amp;rsquo;est révélée passionnante, Virginia Woolf passant sa vie entre écriture et dépression, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;elle décide de mettre fin à ses jours quand elle pressentira que la crise à venir risque de la faire basculer dans la folie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors certes, c&amp;rsquo;est très bien écrit, mais l&amp;rsquo;absence totale d&amp;rsquo;histoire m&amp;rsquo;a dans un premier temps surpris, puis dépité. On est plongé dans les pensées intimes des personnages, passant de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre pour que finalement se dessine une situation somme toute sans grand intérêt, d&amp;rsquo;autant que le milieu décrit est nettement bourgeois. La lecture m&amp;rsquo;est vite devenue d&amp;rsquo;un ennui insupportable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans les deux premiers romans cités, nous sommes au début du XXe siècle dans une société anglaise victorienne, aisée, coincée, et où le &amp;ldquo;paraître&amp;rdquo; est la règle. Le personnage central est une femme d&amp;rsquo;une beauté remarquable, qui semble tout ordonner, tout comprendre, sans rien dire pour autant&amp;hellip; Tout cela m&amp;rsquo;a paru extrêmement superficiel, pour dire le moins.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à &lt;strong&gt;Orlando&lt;/strong&gt;, une soi-disant biographie (en fait une déclaration d&amp;rsquo;amour à Vita Sackville-West, voir plus bas), c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme né au XVIe siècle qui se réveille en femme à trente ans, et vit jusqu&amp;rsquo;au XXe siècle. L&amp;rsquo;autrice s&amp;rsquo;est manifestement bien amusée à l&amp;rsquo;écrire (elle s&amp;rsquo;adresse au lecteur comme à un enfant à plusieurs reprises dans le récit), et moi beaucoup moins à le lire, toujours pour les mêmes raisons, en y ajoutant le côté fable parodique assez incongru. Si encore on y traitait de la relation entre les sexes dans la société anglaise à travers les époques traversées, cela aurait pu être intéressant. Mais je n&amp;rsquo;y ai rien trouvé de tel, ou alors de façon extrêmement superficielle (et prude).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si j&amp;rsquo;ai bien compris, son œuvre peut se comparer à celle de Proust, et cela me conforte dans mon refus de lire ce dernier : trop bourgeois, et sans intérêt autre que littéraire. En fait, tout cela a vieilli, c&amp;rsquo;était peut-être novateur au début du XXe siècle, mais offre peu d&amp;rsquo;intérêt aujourd&amp;rsquo;hui, voir me semble complètement dépassé. Un peu comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17330&#34; &gt;Heminway&lt;/a&gt; dont j&amp;rsquo;ai lu les nouvelles récemment, sauf que là le personnage semble en plus détestable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le meilleur moment de lecture est donc finalement la biographie de Virginia Woolf qui ouvre le recueil. Enfance bourgeoise dans une famille aisée, VW reçoit une éducation de qualité et se révèle vite une intellectuelle de haut niveau. Âgée de 13 ans, la mort de sa mère, puis deux ans plus tard de sa sœur, plonge VW dans sa première dépression. Dix ans plus tard, c&amp;rsquo;est au tour de son père (avec qui elle était très liée) de disparaître : VW s&amp;rsquo;effondre et connaît son premier internement, le premier d&amp;rsquo;une longue série.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par l&amp;rsquo;intermédiaire de son frère, VW fait partie du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bloomsbury_Group&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bloomsbury group&lt;/a&gt;, un groupe d&amp;rsquo;artistes, d&amp;rsquo;universitaires et d&amp;rsquo;intellectuels aux mœurs sexuelles paradoxalement plutôt libérées. On ne trouve aucune trace de cette libération dans ses romans qui sont d&amp;rsquo;une pruderie totale sur le sujet (en tout cas dans ceux que j&amp;rsquo;ai lu de ce recueil). Ce n&amp;rsquo;est finalement guère surprenant, dans sa biographie elle semble attacher beaucoup d&amp;rsquo;importance à la publication de ses œuvres et à ce que l&amp;rsquo;on en dit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Virginia se marie avec Léonard Woolf, un membre du club (avec qui elle vivra jusqu&amp;rsquo;à son suicide), mais leur relation restera platonique. Elle est attirée par les femmes, et particulièrement &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vita_Sackville-West&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vita Sackville-West&lt;/a&gt;, poétesse et romancière à la vie exubérante, dont j&amp;rsquo;ai du coup acheté un roman : &amp;ldquo;Voyage d&amp;rsquo;une aristocrate en Asie&amp;rdquo;, qui raconte son voyage en Iran avec son diplomate de mari, en 1926&amp;hellip; J&amp;rsquo;espère ne pas être déçu, mais un récit de voyage j&amp;rsquo;ai toujours du mal à résister ! ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;VW finira par se suicider quand elle sentira que la folie la gagne, et que la nouvelle crise qu&amp;rsquo;elle sent venir va l&amp;rsquo;emporter&amp;hellip; Elle remplit ses poches de pierres, et s&amp;rsquo;enfonce dans la rivière qui longe sa propriété.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Virginia Woolf&lt;/a&gt; (1882-1941) est une femme de lettres anglaise, et l&amp;rsquo;un des principaux écrivains modernistes du XXe siècle siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ma sœur m&amp;rsquo;a parlé du roman &amp;ldquo;The Hours&amp;rdquo; de Mickael Cunningham (Les Heures), le récit de 3 femmes où l&amp;rsquo;on retrouve les hantises de Virginia Woolf (et même le style semble-t-il). Pas sûr que je le lise, mais je vais revoir le film éponyme, avec sans doute un nouveau regard (mon souvenir étant assez vague).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Paradis Perdus - Eric-Emmanuel Schmitt</title>
            <link>https://pled.fr/paradis-perdus-eric-emmanuel-schmitt/</link>
            <pubDate>Mon, 21 Jun 2021 09:53:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/paradis-perdus-eric-emmanuel-schmitt/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;paradis-perdus.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en écoutant deux interviews à la TV de l&amp;rsquo;auteur que j&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre : son projet n&amp;rsquo;est rien de moins que de retracer l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;humanité, en plusieurs tomes il va de soi. Celui-ci étant le premier, censé traiter de la fin du néolithique et du déluge.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Projet titanesque, ambitieux et alléchant ! Hélas, la déception est la hauteur des attentes : immense. :cry:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le projet n&amp;rsquo;est apparemment qu&amp;rsquo;un prétexte, et il s&amp;rsquo;agit plutôt d&amp;rsquo;un récit à l&amp;rsquo;eau de rose, sans aucun intérêt ni semblant de vérité historique ; un vague roman pour enfants, je ne sais trop comment le qualifier, le mieux est de l&amp;rsquo;oublier très vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La note de l&amp;rsquo;éditeur par laquelle s&amp;rsquo;ouvre l&amp;rsquo;ouvrage est pourtant dithyrambique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La Traversée des temps lance un défi prodigieux : raconter l’histoire de l’humanité sous une forme purement romanesque, entrer dans l’Histoire par des histoires, comme si Yuval Noah Harari croisait Alexandre Dumas…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce projet titanesque anime Éric-Emmanuel Schmitt depuis trente ans, une aspiration qui a fini par creuser un chemin de vie. À l’ombre de ses autres textes (romans, nouvelles, théâtre, essais), il y a travaillé sans relâche, amassant des connaissances historiques, scientifiques, religieuses, médicales, sociologiques, philosophiques, techniques, tout en laissant son imagination créer des personnages forts, touchants, inoubliables, auxquels on s’attache et l’on s’identifie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;un côté, cela confirme mon opinion sur Yuval Noah Harari ! :) De l&amp;rsquo;autre, l&amp;rsquo;ensemble est très prétentieux, et le traitement du déluge une vaste rigolade. L&amp;rsquo;auteur essaie de se racheter avec des notes en fin de chapitre censées apporter une touche de vérité historique, mais là encore c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;échec.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vous laisse avec un court extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le rire d’un oiseau ricocha sur les flots, s’enfonça de rebond en rebond jusqu’aux limites de l’audible. En dessous de nous, des adolescents sveltes se purifiaient par des ablutions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric-Emmanuel_Schmitt&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Eric-Emmanuel Schmitt&lt;/a&gt;, né en 1960, est un dramaturge, nouvelliste, romancier, réalisateur et comédien franco-belge. Il est agrégé de philosophie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Captive du temps perdu - Vernor Vinge</title>
            <link>https://pled.fr/la-captive-du-temps-perdu-vernor-vinge/</link>
            <pubDate>Wed, 09 Jun 2021 10:07:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-captive-du-temps-perdu-vernor-vinge/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;captive-temps-perdu.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en écoutant une émission sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre, où il était dit que Vernor Vinge avait abordé le voyage dans le temps de la seule manière possible, à savoir vers le futur, et sans retour possible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça m&amp;rsquo;avait parlé parce que j&amp;rsquo;ai effectivement toujours été déçu de romans abordant le thème du voyage dans le temps, sous la forme d&amp;rsquo;un aller-retour : l&amp;rsquo;auteur se trouve alors confronté à un paradoxe impossible à résoudre, et s&amp;rsquo;en sort généralement par une pirouette finale toujours décevante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vernor_Vinge&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vernor Vinge&lt;/a&gt; est aussi celui qui a remis au goût du jour le concept de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Singularit%C3%A9_technologique&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Singularité technologique&lt;/a&gt;, selon laquelle l&amp;rsquo;homme sera un jour dépassé par les machines : à ce stade, soit il fusionnera avec elles, soit ce sera l&amp;rsquo;extinction de l&amp;rsquo;espèce humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sont donc ces deux thèmes qui sont abordés dans ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les humains peuvent utiliser des bulles dans lesquelles ils rentrent en stase, et faire un saut dans le futur, que ce soit pour fuir le présent ou plus prosaïquement en attendant que des investissements préalablement effectués fructifient&amp;hellip; Mais pour ceux qui réintègrent la temporalité après le XXIIIème siècle, une terrible surprise les attend : l&amp;rsquo;humanité a disparu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès lors, les quelques 300 humains restants doivent se mettre d&amp;rsquo;accord : que faire désormais ? sachant que s&amp;rsquo;ils se divisent, ils ne seront pas assez nombreux pour reconstruire l&amp;rsquo;humanité. Des groupes se forment, tous ne venant pas de la même époque et n&amp;rsquo;ayant pas le même niveau de développement technologique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Des luttes politiques s&amp;rsquo;engagent, chaque leader proposant sa vision et son projet, liés à la façon dont il explique la disparition de l&amp;rsquo;espèce humaine : y-a-t-il eu fusion avec les machines, la fameuse Singularité ? ou bien une guerre atomique ? un virus mortel ? une attaque des extra-terrestres ? Les possibilités ne manquent pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;essentiel du roman est une enquête criminelle, menée par Wil Brierson, un flic afro-américain du bon vieux XXème siècle. Lui a été &amp;ldquo;shangaïé&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire envoyé dans le futur contre sa volonté. Il est chargé d&amp;rsquo;enquêter sur la disparition d&amp;rsquo;un des leaders, Marta Korolev, qui a été abandonnée à l&amp;rsquo;extérieur d&amp;rsquo;une de ces bulles, juste avant un saut dans le futur, ce qui est considéré comme un meurtre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouve le journal de Marta, qui raconte son errance, seule au monde dans ce qui est devenu un passé de cinquante millions d&amp;rsquo;années.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette histoire est plutôt crédible en ce qui concerne le voyage dans le temps, et le journal de Marta est de loin la partie la plus prenante. Par contre, les &amp;ldquo;leaders&amp;rdquo; de chaque groupe manquent d&amp;rsquo;épaisseur à mon goût, sont même assez caricaturaux, et j&amp;rsquo;avais du mal à les identifier dans le fil du récit&amp;hellip; L&amp;rsquo;enquête en elle-même est assez confuse, comme l&amp;rsquo;impression finale de ce récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vernor_Vinge&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vernor Vinge&lt;/a&gt;, né en 1944, est un auteur de science-fiction américain. Il a aussi été professeur d&amp;rsquo;informatique et de mathématique à l&amp;rsquo;université de San Diego. Il est surtout connu pour son roman &amp;ldquo;Un feu sur l&amp;rsquo;abîme&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Romans - Dashiell Hammett</title>
            <link>https://pled.fr/romans-dashiell-hammett/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Jun 2021 16:39:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/romans-dashiell-hammett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hammet.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dashiel Hammett est une référence dans le monde du roman policier. Il fût le premier à casser les codes du roman policier classique tel que les anglais l&amp;rsquo;avaient imaginé : le bien et le mal clairement identifiable, une intrigue dans un milieu aisé qui se résout grâce à une faculté d&amp;rsquo;analyse hors du commun.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec Hammet, place à l&amp;rsquo;action, à la violence de la rue, aux femmes fatales, et au détective le revolver dans une main, un verre de whisky dans l&amp;rsquo;autre&amp;hellip; c&amp;rsquo;est la naissance du roman noir ! Et à la fin de l&amp;rsquo;histoire, on règle les comptes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire qu&amp;rsquo;à son époque, aux États-Unis, c&amp;rsquo;est la prohibition, la pègre n&amp;rsquo;a jamais été aussi puissante. De plus une expérience de détective à l&amp;rsquo;agence Pinterkton va lui fournir de bonnes bases et contribuer à son inspiration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce recueil contient les cinq romans que Hammett a écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord &lt;strong&gt;Moisson rouge&lt;/strong&gt; que j&amp;rsquo;ai trouvé excellent, suivi de &lt;strong&gt;Sang maudit&lt;/strong&gt; que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10022&#34; &gt;j&amp;rsquo;avais déjà lu&lt;/a&gt; (on le trouve en poche, intrigue à tiroirs), puis le célèbre &lt;strong&gt;Faucon Maltais&lt;/strong&gt; (porté à l&amp;rsquo;écran avec Humphrey Boggart) ; viennent ensuite &lt;strong&gt;La clé de verre&lt;/strong&gt; (belle intrigue) et enfin &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;Introuvable&lt;/strong&gt; (La quantité d&amp;rsquo;alcool absorbée à toute heure de la journée dans ce roman est étonnante !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans l&amp;rsquo;ensemble, il s&amp;rsquo;agit de cinq bons romans que j&amp;rsquo;ai apprécié et où j&amp;rsquo;ai eu plaisir à suivre l&amp;rsquo;intrigue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais ce qui m&amp;rsquo;a le plus étonné, c&amp;rsquo;est la vie de Dashiell Hammett. Ce recueil Quarto comporte comme toujours une biographie de l&amp;rsquo;auteur, et celle-ci est passionnante, le personnage ayant plusieurs facettes : voyons donc cela d&amp;rsquo;un peu plus près&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dashiell_Hammett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dashiel Hammett&lt;/a&gt; (1894-1961) est donc un écrivain et scénariste américain, considéré comme le père du roman noir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1908 : À 14 ans, il doit interrompre ses études (c&amp;rsquo;était un élève brillant) car son père est malade : il doit faire vivre sa famille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1914 : À 20 ans, il contracte sa première MST, ce ne sera pas la dernière. Il a commencé à boire, change souvent d&amp;rsquo;emploi et se montre instable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1915 : Il trouve un emploi à l&amp;rsquo;agence de détectives Pinkerton (dont la devise était : &amp;ldquo;Nous ne dormons jamais&amp;rdquo;). Il y restera pendant quelques années, et l&amp;rsquo;expérience du terrain contribuera fortement à son inspiration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1918 : Il quitte une première fois Pinkerton et s&amp;rsquo;engage dans l&amp;rsquo;armée, mais va vite tomber malade : broncho-pneumonie puis tuberculose, il est alors déclaré invalide à 50%.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1920 : Il retravaille pour Pinkerton dans l&amp;rsquo;état de Washington, à l&amp;rsquo;époque où la centrale syndicale organise les grandes grèves d&amp;rsquo;Anaconda. Puis se retrouve de nouveau à l&amp;rsquo;hôpital, et est déclaré invalide à 100%.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1922 : De santé fragile, il ne peut plus travailler et commence à écrire des nouvelles. Voilà la présentation qu&amp;rsquo;il envoie au rédacteur en chef du Black Mask :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis né le 27 mai 1894, dans le Maryland, entre les fleuves Potomac et Patuxent, et ai été élevé à Baltimore.&lt;br&gt;&#xA;J&amp;rsquo;ai quitté le lycée - le Baltimore Polytechnic Institute - après tout de même un semestre d&amp;rsquo;études, pour exercer sans plaisir et au déplaisr de mes patrons les métiers d&amp;rsquo;employé aux chemins de fer, de garçon chez un agent de changes, d&amp;rsquo;ouvrier dans la fabrication des machines, dans la conserverie, et autres. Dans la plupart des cas je fus renvoyé.&lt;br&gt;&#xA;Une petite annonce énigmatique me fit intégrer l&amp;rsquo;Agence de détectives Pinkerton, où je restai jusqu&amp;rsquo;au début de 1922, date à laquelle j&amp;rsquo;ai laissé tomber pour voir de quoi j&amp;rsquo;étais capable en matière d&amp;rsquo;écriture.&lt;br&gt;&#xA;Entre les deux, je vécus une période sans incidents dans l&amp;rsquo;armée, pendant la guerre, et j&amp;rsquo;obtins le grade de sergent ; je me mariais et eu une fille.&lt;br&gt;&#xA;Pour le reste, je suis un type grand et maigre, aux cheveux grisonnants, et très paresseux. Je n&amp;rsquo;ai aucune ambition au sens où on l&amp;rsquo;entend habituellement. J&amp;rsquo;aime vivre le plus près possible du cœur des grandes villes. Je n&amp;rsquo;ai ni loisirs préférés, ni passe-temps.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1926, une hépatite lui est diagnostiquée : il boit déjà beaucoup&amp;hellip; Il va vite abandonner sa femme et ses deux filles, et rencontrer son premier succès avec Moisson rouge. Il est désormais alcoolique, accumule les histoires de femmes. Il rencontre Lillian Hellman avec qui il restera finalement jusqu&amp;rsquo;au bout, formant un couple atypique, amants infidèles&amp;hellip; Il sera même condamné pour agression sexuelle, et à nouveau victime de maladie vénérienne&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pauvre, il a écrit pour gagner de l&amp;rsquo;argent ; quand il deviendra riche (romans, nouvelles, contrat avec Hollywood), il cessera d&amp;rsquo;écrire ! Il recyclera son œuvre autant qu&amp;rsquo;il le pourra, dépensera sans compter, capable de filer en douce d&amp;rsquo;un hôtel où il est installé depuis plusieurs semaines. Il déclarera plus tard : &amp;ldquo;J&amp;rsquo;ai cessé d&amp;rsquo;écrire parce que je ne pouvais plus que me répéter. C&amp;rsquo;est le début de la fin…&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1937, la guerre d&amp;rsquo;Espagne bat son plein, il est membre du conseil d&amp;rsquo;administration de la &amp;ldquo;Screen Writers Guild&amp;rdquo;, un syndicat des scénaristes d&amp;rsquo;obédience communiste, et s&amp;rsquo;engage dans le militantisme. En 1940, il est président national du &amp;ldquo;Comittee on Election Rights-1940&amp;rdquo;, un groupe de soutien aux candidats communistes. En 1941, il est président de la Ligue des écrivains américains, aligné sur les positions du parti communiste vis-à-vis de la guerre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1940, le Smith Act est voté (en dépit de l&amp;rsquo;opposition de Roosevelt), qui déclare qu&amp;rsquo;il est criminel de &amp;ldquo;prôner, encourager, conseiller ou enseigner volontairement ou consciemment, l&amp;rsquo;obligation, la nécessité, l&amp;rsquo;avantage ou la justesse de renverser ou détruire tout gouvernement des États-Unis par la force ou la violence&amp;rdquo;. En outre, il est criminel de créer ou d&amp;rsquo;être membre d&amp;rsquo;une association au service de ces objectifs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En dépit de ses problèmes de santé, il est accepté dans l&amp;rsquo;armée. Le FBI enquête déjà sur lui, mais ne parvient pas à le localiser. Il est affecté en Alaska, et chargé de la création d&amp;rsquo;un quotidien destiné aux troupes stationnées dans les îles. Il reçoit 2319$ de droits en 1943, mais ne fait pas de déclaration d&amp;rsquo;impôts (et Hellman qu&amp;rsquo;il a chargée de ses finances non plus). Les conditions de vie sont très austères, et pourtant il qualifie cette période d&amp;rsquo;heureuse : loin de ses proches, d&amp;rsquo;Hollywood, de l&amp;rsquo;alcool, des femmes&amp;hellip; Il a du temps, il lit beaucoup.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1945, un quotidien de droite dénonce des &amp;ldquo;agitateurs communistes&amp;rdquo; infiltrés dans l&amp;rsquo;armée, et Hammett figure dans la liste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après quelques excès, il est démobilisé. Il partage alors son temps entre la ferme de Pleasantville dont Hellman a fait l&amp;rsquo;acquisition, retrouvant la nature de son enfance, et l&amp;rsquo;enseignement de l&amp;rsquo;écriture du roman policier à la &amp;ldquo;Jefferson School of Social Science&amp;rdquo;, un institut de formation pour adultes. Hammett y est très assidu, et s&amp;rsquo;abstient de boire les jours où il doit donner son cours. Il y enseignera pendant 10 ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hammett est élu président du New York Civil Right Congress, qui lutte pour les libertés civiles des Noirs comme des Blancs, ce qui en fait la première organisation américaine à mettre sur la scène internationale le problème du racisme aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1948, nouvelle hospitalisation à cause de son alcoolisme : on lui dit clairement qu&amp;rsquo;une récidive sera mortelle. Douze dirigeants du parti communiste sont condamnés à de lourdes peines (loi Smith). Voici ce qu&amp;rsquo;en dit Hammett dans la préface du livre qu&amp;rsquo;un journaliste y consacre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Même si ses méthodes faisaient souvent penser à Alice au pays des merveilles, le tribunal fédéral de Foley Square ne baignait pas dans une ambiance de conte de fées. L&amp;rsquo;apparente absurdité masquait un noir dessein et l&amp;rsquo;ange du bizarre cachait derrière son dos un couperet bien aiguisé. Le procureur du gouvernement a eu beau s&amp;rsquo;évertuer à répéter qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;une banale affaire criminelle, il n&amp;rsquo;en a jamais rien été. Dès le moment où les dirigeants communistes ont été arrêtés, le 12 juillet 1948 (au moment où la campagne présidentielle battait son plein), et jusqu&amp;rsquo;au verdict de culpabilité rendu le 14 octobre 1948, il n&amp;rsquo;a été question que de politique. L&amp;rsquo;inculpation était politique, le procès était politique, le verdict était politique. La défense seule ne l&amp;rsquo;a pas été, car on lui en a dénié le droit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sera le dernier texte de Hammett. En 1950, lors d&amp;rsquo;un interview, il déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Savez-vous quel est le meilleur auteur de polars aujourd&amp;rsquo;hui ? C&amp;rsquo;est un belge d&amp;rsquo;expression française, Georges Simenon. Son dernier livre, La neige était sale, vient d&amp;rsquo;être traduit.&lt;br&gt;&#xA;Pourquoi est-il le meilleur ?&lt;br&gt;&#xA;Parce qu&amp;rsquo;il est intelligent. Par certains côtés, il me fait penser à Edgar Poe.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quatre des dirigeants du parti communiste condamnés décident de se dérober à la justice. Leurs cautions avaient été fournies par le Civil Right Congress : ses cinq administrateurs sont alors convoqués devant la justice, dont Dashiell Hammett. Tous sont décidés à préserver l&amp;rsquo;anonymat des donateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hammett refuse de répondre au juge en se réclamant du Cinquième Amendement. En vérité, Hammett ne connaissait pas le nom des donateurs et il aurait sans doute pu facilement le prouver. Mais il se refuse à ce mode de défense au nom de l&amp;rsquo;idée qu&amp;rsquo;il se fait de la démocratie. Il est condamné à 6 mois de prison ferme. La caution est fixée à 100 000 $, somme considérable. Tous ses biens sont mis sous séquestre. Le parquet lui réclame 100 000 $ d&amp;rsquo;impôts : il s&amp;rsquo;agit des années 1943 à 1945, quand il était sous les drapeaux, auxquels s&amp;rsquo;ajoutent les intérêts&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand il est libéré, désormais sur la liste noire, il ne peut plus travailler, ses revenus ont été saisis par le Trésor Public (111 000 $), les radios annulent toute diffusion de l&amp;rsquo;adaptation de son œuvre, etc&amp;hellip; La prison a accéléré la dégradation de sa santé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1953, il est à nouveau convoqué pour déposer devant la sous-commission McCarthy. Hammett s&amp;rsquo;abrite toujours derrière le Cinquième Amendement. Quand McCarthy lui demande s&amp;rsquo;il est bien raisonnable pour le gouvernement d&amp;rsquo;acheter et de faire circuler des livres dont les auteurs sont communistes (les livres de Hammett font bien sûr partie des ouvrages visés), Hammett répond : &amp;ldquo;Si je devais combattre le communisme, je ne le ferais sûrement pas en donnant le moindre livre à lire aux gens.&amp;rdquo; Tous les livres de Hammett sont retirés des bibliothèques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1955 : Il est à nouveau convoqué pour ses liens avec le Civil Right Congress. Il déclare : &amp;ldquo;Le mot communisme n&amp;rsquo;a rien de sale pour moi. Quand vous travaillez au progrès de l&amp;rsquo;humanité, vous ne vous posez pas la question de savoir si un type est communiste ou non.&amp;rdquo; Fin août, Hammett a une crise cardiaque. Il se sent épuisé en permanence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1956 : La Jefferson School est fermée pour activités subversives. Le FBI l&amp;rsquo;interroge sur sa capacité à payer ses impôts, Hammett répond qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a plus ni revenus, ni économies.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1957 : La Cour fixe le montant du passif fiscal de Hammett à 140 795 $.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1961 : Hammett meurt d&amp;rsquo;un cancer du poumon. Il est enterré selon ses vœux au cimetière d&amp;rsquo;Arlington, où reposent les anciens combattants depuis la guerre de Sécession.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme qui mit fin à l&#39;histoire - Ken Liu</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-qui-mit-fin-a-lhistoire-ken-liu/</link>
            <pubDate>Wed, 05 May 2021 08:36:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-qui-mit-fin-a-lhistoire-ken-liu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;kenliu.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre Ken Liu, en fait celui par qui j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur de SF. Comme il était dit que ce mini-roman comportait des scènes difficiles, j&amp;rsquo;avais préféré aborder l&amp;rsquo;auteur par un recueil de nouvelles, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17593&#34; &gt;La ménagerie de papier&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman d&amp;rsquo;une centaine de pages ne peut pas vraiment être classé dans la SF : mis à part qu&amp;rsquo;un scientifique ait mis au point un moyen de retourner dans le passé, le sujet est traité comme un documentaire historique, et en l&amp;rsquo;occurrence celui d&amp;rsquo;un crimes de guerre et crimes contre l&amp;rsquo;humanité. C&amp;rsquo;est plus un prétexte semble-t-il pour se remémorer ces faits peu connus en occident, écrits sous la forme d&amp;rsquo;une suite d&amp;rsquo;interviews de différents intervenants, comme un documentaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit donc de l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_731&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Unité 731&lt;/a&gt;. En 1931, en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandchoukouo&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mandchourie&lt;/a&gt; (territoire aujourd&amp;rsquo;hui chinois annexé à l&amp;rsquo;époque par les japonais), une unité militaire japonaise a procédé à des expériences terribles (vivisection sans anesthésie et autres horreurs chimiques) sur des humains (des civils chinois) ((Lisez &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_731&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la page Wikipedia&lt;/a&gt; si vous voulez en savoir plus et si vous avez le cœur bien accroché)). Le Japon a longtemps nié son existence, et a fini par la reconnaître en 2002, tout en se dédouanant de toute compensation, les réparations d&amp;rsquo;après-guerre ayant déjà été réglées&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un sujet difficile donc. Le roman aborde plusieurs questionnements, comme à qui appartient l&amp;rsquo;Histoire ? Le territoire étant un état indépendant contrôlé par le Japon à l&amp;rsquo;époque, la Chine actuelle a-t-elle finalement quoique ce soit à revendiquer ? Quelle est finalement la valeur d&amp;rsquo;un témoignage individuel ? Quant aux déclarations de vieux soldats japonais ayant fait partie de cette unité, ne sont-ils pas déjà séniles, ou à la recherche de reconnaissance médiatique ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, je ne sais pas trop en voulait en venir Ken Liu, sauf à parler de cet épisode, et à vouloir démontrer que de telles choses peuvent toujours recommencer, et même rester inpunies :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les historiens estiment qu’entre deux et cinq cent mille Chinois, presque tous des civils, ont été tués par les armes bactériologiques et chimiques mises au point ici et dans des laboratoires annexes : anthrax, choléra, peste bubonique. À l’issue de la guerre, le général MacArthur, commandant en chef des forces Alliées, a préservé les membres de l’Unité 731 de toute poursuite judiciaire pour crimes de guerre afin de récupérer les résultats de leurs expériences et de soustraire lesdites données à l’Union Soviétique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Liu&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Liu&lt;/a&gt;, né en 1976 en Chine, est un écrivain américain de science-fiction. Il est de littérature anglaise, mais aussi d’informatique, et a même travaillé chez MS avant de rejoindre une startup.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La ménagerie de papier - Ken Liu</title>
            <link>https://pled.fr/la-menagerie-de-papier-ken-liu/</link>
            <pubDate>Mon, 26 Apr 2021 09:06:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-menagerie-de-papier-ken-liu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;menagerie-papier.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur reddit que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur, et j&amp;rsquo;ai choisi ce recueil de nouvelles pour le découvrir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme l&amp;rsquo;auteur le dit lui-même dans son avant-propos, il a commencé comme nouvelliste, et ce recueil contient les nouvelles les plus reconnues, mais aussi des textes dont il est fier. Première lecture idéale donc !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ça a plutôt été une bonne découverte, les récits sont dans des domaines très variés : science-fiction bien sûr, et dans tous les thèmes du genre, ou simplement imaginaire. Et toujours avec un sujet de fond, comme la mémoire, l&amp;rsquo;espèce humaine, la place de l&amp;rsquo;individu, l&amp;rsquo;amour,, la vie, l&amp;rsquo;Histoire, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est agréable, l&amp;rsquo;auteur profite souvent d&amp;rsquo;un simple changement de paragraphe pour changer de scène et de contexte, c&amp;rsquo;est un peu surprenant au début, mais on s&amp;rsquo;y fait, cela apporte une certaine vivacité au récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas trop aimé &amp;ldquo;Le Livre chez diverses espèces&amp;rdquo;, mais c&amp;rsquo;est la seule nouvelle dans ce cas. La première du recueil, &amp;ldquo;Renaissance&amp;rdquo; vous plonge tout de suite dans le bain, avec comme sujet la capacité d&amp;rsquo;oublier : sommes-nous définis par nos actions ou par leurs souvenirs ? &amp;ldquo;La Plaideuse&amp;rdquo; m&amp;rsquo;a rappelé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10419&#34; &gt;les enquêtes du juge Ti de Robert Van Gulik&lt;/a&gt;. Enfin la nouvelle éponyme &amp;ldquo;La ménagerie de papier&amp;rdquo; est une belle histoire pleine de tendresse, qui traite pourtant d&amp;rsquo;un sujet difficile.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Liu&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Liu&lt;/a&gt;, né en 1976 en Chine, est un écrivain américain de science-fiction. Il est diplômé de littérature anglaise, mais aussi d&amp;rsquo;informatique, et a même travaillé chez MS avant de rejoindre une startup.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;astragale - Albertine Sarrazin</title>
            <link>https://pled.fr/lastragale-albertine-sarrazin/</link>
            <pubDate>Wed, 14 Apr 2021 13:59:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lastragale-albertine-sarrazin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;albertine.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À Concarneau, la librairie où je vais a pour nom &lt;strong&gt;Albertine&lt;/strong&gt;. En lisant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17099&#34; &gt;L&amp;rsquo;anomalie&lt;/a&gt;, le prix Goncourt 2020, il était fait mention d&amp;rsquo;une librairie du même nom à New-York.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je posais alors la question de l&amp;rsquo;origine de ce nom au libraire, qui me répondit que c&amp;rsquo;était effectivement une référence à la librairie de New-York, mais aussi à Albertine Sarrazin, auteur de l&amp;rsquo;Astragale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du coup, je lui achetais ce roman, dont il me prévînt du contenu parfois argotique, et qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait du récit autobiographique d&amp;rsquo;une cavale. Ce à quoi je répondais que les vrais récits ont toujours quelque chose de plus que les fictions, si belles soient-elles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Albertine s&amp;rsquo;évade à 19 ans d&amp;rsquo;une prison-école en sautant d&amp;rsquo;un mur de dix mètres, se brisant l&amp;rsquo;astragale. Elle se traîne jusqu&amp;rsquo;à la route, et est ramassée par Julien Sarrazin, voyou comme elle, qui deviendra l&amp;rsquo;amour de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est effectivement un récit écrit à fleur de peau, où l&amp;rsquo;on sent l&amp;rsquo;urgence de la vie, avec des raccourcis parfois saisissants, comme ici lorsqu&amp;rsquo;elle parle de son sauveur, et des hôtes qui vont l&amp;rsquo;héberger quelque temps :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je sens chez mes hôtes, à son endroit, une cupidité servile, voilée par le ton camarade et complice, qu&amp;rsquo;équilibrent aux deux bouts le respect pour le type qui sait voler, et la condescendance pour le type qu&amp;rsquo;on dépanne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé le récit prenant, même s&amp;rsquo;il faiblit sur la fin, au fil des absences répétées de Julien. Le style est vraiment original et puissant, Albertine nous offre le récit de sa vie pendant cette période, sans fard ni faux-semblants, un monde éloigné du notre, avec d&amp;rsquo;autres valeurs et d&amp;rsquo;autres règles. L&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;une autre vie ne les effleure d&amp;rsquo;ailleurs même pas, c&amp;rsquo;est comme ça.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albertine_Sarrazin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Albertine Sarrazin&lt;/a&gt; (1937-1967), née à Alger, est une femme de lettres qui a décrit sa vie de délinquante et de prostituée, ainsi que son expérience des prisons pour femmes. L&amp;rsquo;Astragale a été porté deux fois à l&amp;rsquo;écran, une première fois en 1968 par Guy Casaril (avec Marlène Jobert), puis en 2015 par Brigitte Sy.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À lire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albertine_Sarrazin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sa page Wikipedia&lt;/a&gt;, on peut vraiment parler de destin tragique : fille de l&amp;rsquo;assistance publique, adoptée (le père est médecin miliaire), violée à dix ans par un oncle, elle reçoit une éducation rigoureuse, et obtient de nombreux prix d&amp;rsquo;excellence. Indisciplinée, son père l&amp;rsquo;oblige à voir un psychiatre, puis la place en maison de correction. Ce sera le début d&amp;rsquo;un chemin vers la délinquance, les vols, la prostitution. Quand elle demande de l&amp;rsquo;aide à ses parents, ils obtiendront la révocation de leur adoption, chose rarissime. Son amour avec Julien sera entrecroisé de séjours en prison (pour l&amp;rsquo;un ou l&amp;rsquo;autre). Et quand enfin ils se trouvent un endroit pour vivre en paix, enfin heureux et &amp;ldquo;rangés&amp;rdquo;, elle meurt sur une table d&amp;rsquo;opération à la suite d&amp;rsquo;une anesthésie mal préparée. Julien gagnera son procès en appel contre l&amp;rsquo;équipe chirurgicale.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Je suis pilgrim - Terry Hayes</title>
            <link>https://pled.fr/je-suis-pilgrim-terry-hayes/</link>
            <pubDate>Wed, 14 Apr 2021 08:02:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/je-suis-pilgrim-terry-hayes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pilgrim.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.reddit.com/r/france/search?q=title%3AWeek-end%2BCulture&amp;#43;author%3AAutoModerator&amp;amp;restrict_sr=on&amp;amp;sort=new&amp;amp;t=all&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;reddit weekend culture&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;ai entendu parler en bien de ce roman policier, ou disons plutôt ce &amp;ldquo;thriller&amp;rdquo; à base d&amp;rsquo;anti-terrorisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur, en bon scénariste d&amp;rsquo;Hollywood, ne lésine ni sur le niveau de la menace, ni sur l&amp;rsquo;intelligence et le danger du méchant, mais rassurez-vous le bien triomphera du mal. Happy-end oblige ! :lol:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire démarre avec un meurtre &amp;ldquo;parfait&amp;rdquo; à NY qui va se retrouver lié à un complot terroriste du Moyen-orient à base d&amp;rsquo;arme bactériologique visant à détruire les États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La façon dont les deux affaires sont liées est sans doute le point faible du roman (la ficelle est un peu grosse), et j&amp;rsquo;ajouterai que la manie que l&amp;rsquo;auteur a de nous prévenir quand son héros a loupé quelque chose, avec une phrase du style &amp;ldquo;je n&amp;rsquo;avais pas fait attention à cela, j&amp;rsquo;aurais du écouter, j&amp;rsquo;allais bientôt le regretter&amp;hellip;&amp;rdquo; n&amp;rsquo;apporte pas grand chose au récit, et devient vite lassant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais dans l&amp;rsquo;ensemble c&amp;rsquo;est assez bien mené, très prenant, et l&amp;rsquo;on ne s&amp;rsquo;ennuie pas tout au long des 900 pages que l&amp;rsquo;on dévore facilement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Terry_Hayes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Terry Hayes&lt;/a&gt;, né en 1951, anglo-australien, journaliste de formation, devient scénariste en participant à Mad Max 2, puis s&amp;rsquo;installe à Hollywood. Il a signé les scénarios de &amp;ldquo;Calme blanc&amp;rdquo; et &amp;ldquo;From Hell&amp;rdquo;. &amp;ldquo;I am Pilgrim&amp;rdquo; est son premier roman, publié en 2013, qui deviendra un best-seller.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tous les hommes n&#39;habitent pas le monde de la même façon - Jean-Paul Dubois</title>
            <link>https://pled.fr/tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde-de-la-meme-facon-jean-paul-dubois/</link>
            <pubDate>Thu, 08 Apr 2021 09:36:36 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde-de-la-meme-facon-jean-paul-dubois/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tous-les-hommes.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Auteur recommandé par ma frangine, qui me disait : &amp;ldquo;j&amp;rsquo;aime bien JP Dubois, c&amp;rsquo;est léger, bien écrit, souvent avec de l&amp;rsquo;humour&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc choisi ce titre-ci pour le découvrir, ayant obtenu le prix Goncourt 2019, gage de qualité minimale garantie ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, je rejoins à peu près l&amp;rsquo;avis de ma sœur, c&amp;rsquo;est agréable à lire, fluide, et léger&amp;hellip; très léger.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tellement léger que l&amp;rsquo;on se demande bien où Paul Hansen veut en venir à nous raconter sa vie depuis sa cellule, hormis la raison de son incarcération, que l&amp;rsquo;on attend sans grande impatience.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il partage sa cellule avec Patrick Horton, colosse un peu simplet, accessoirement biker, qui permet de meubler un peu l&amp;rsquo;histoire, tout comme le père de Paul, pasteur danois exilé ayant perdu la foi il y a bien longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois la raison connue, l&amp;rsquo;épilogue délivré, l&amp;rsquo;histoire se termine. On referme le livre, il ne s&amp;rsquo;est rien passé, tout est réuni pour oublier cette histoire très vite. Vivement l&amp;rsquo;édition poche pour mieux coller au principe de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_de_gare&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;littérature de gare&lt;/a&gt; ! ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On se demande comment ce roman a pu obtenir le prix Goncourt ! Non pas qu&amp;rsquo;il soit particulièrement mauvais, mais parce que cela révèle un vide sidéral dans l&amp;rsquo;édition française, à moins que ce prix prestigieux ne veuille plus rien signifier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Dubois&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Paul Dubois&lt;/a&gt;, né en 1950 à Toulouse, est un écrivain français. Il a auparavant suivi des études de sociologie, puis a été journaliste. Il ne sacralise pas l&amp;rsquo;acte d&amp;rsquo;écriture, et a même dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis venu à l&amp;rsquo;écriture, car c&amp;rsquo;est le moyen de gagner sa vie le moins douloureusement possible&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous voilà prévenus ! :)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Douze palais de mémoire - Anna Moï</title>
            <link>https://pled.fr/douze-palais-de-memoire-anna-moi/</link>
            <pubDate>Mon, 05 Apr 2021 09:31:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/douze-palais-de-memoire-anna-moi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;douze-palais.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais vu un interview de l&amp;rsquo;autrice à la T.V., je m&amp;rsquo;étais dit que cette histoire de boat-people vietnamien pouvait être intéressante. J&amp;rsquo;en ressors légèrement déçu, la lecture est agréable, mais l&amp;rsquo;histoire manque de profondeur : il s&amp;rsquo;agit plus d&amp;rsquo;un exercice littéraire, réussi certes, mais voilà&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le récit à deux voix de Khanh, le père, ingénieur mathématicien, et sa fille de six ans Tiên, qui quittent clandestinement le Vietnam devenu communiste. Khanh va petit à petit nous narrer leur histoire et les raisons de leur départ, quand Tiên avec ses mots d&amp;rsquo;enfant nous racontera comment elle vit cette aventure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Khanh est issu d&amp;rsquo;une noble lignée, fait partie des classes privilégiées, et sa famille ne souffre pas particulièrement des restrictions idéologiques de la révolution. Ce ne sera donc pas la raison de leur départ. Ses talents de mathématicien lui valent même d&amp;rsquo;être utilisé par le Régime. Les douze palais de mémoire représentent la manière dont il a organisé tous les événements de sa vie en mémoire, et qu&amp;rsquo;il va nous livrer au fil des chapitres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tiên du haut de ses six ans voit toute cette aventure de façon naïve, jeux de mots à l&amp;rsquo;appui, ce qui est souvent assez drôle, l&amp;rsquo;autrice jouant sur ce thème à la fois pour offrir son regard d&amp;rsquo;enfant sur les changements apportés par la Révolution et sur ce voyage en bateau un peu bizarre tout de même, et dont son père lui a juste dit que c&amp;rsquo;était une surprise, et qu&amp;rsquo;ils allaient aller faire quelque chose en Amérique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;épilogue est tiré par les cheveux, poétique certes, mais pas très réaliste ! Un peu à l&amp;rsquo;image de ce récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Mo%C3%AF&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Anna Moï&lt;/a&gt;, née en 1955 à Saïgon, est une écrivaine et styliste française. Elle est arrivée en France après son Bac (obtenu au lycée français de Saigon). Dans les années 80, elle travaille dans la mode et voyage beaucoup. Polyglotte (elle parle vietnamien, français, thaï, japonais, anglais, allemand), elle s&amp;rsquo;installe à Saigon en 1992 et vit entre Paris et Hô-Chi-Minh-Ville. Son premier roman, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Riz_noir_%28roman%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Riz noir&lt;/a&gt;, publié en 2004, me plairait peut-être plus, plus ancré dans la réalité historique.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles complètes - Ernest Hemingway</title>
            <link>https://pled.fr/nouvelles-completes-ernest-hemingway/</link>
            <pubDate>Fri, 02 Apr 2021 16:18:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nouvelles-completes-ernest-hemingway/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hemingway.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;étais déjà partagé en entamant ce gros volume (1200 pages) contenant l&amp;rsquo;intégrale des nouvelles de Ernest Hemingway : j&amp;rsquo;avais lu quelque part que le meilleur d&amp;rsquo;Hemingway se trouvait dans ses nouvelles, alors quand j&amp;rsquo;ai vu cette édition Quarto, je l&amp;rsquo;ai commandée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre-temps, la lecture de Simone de Beauvoir m&amp;rsquo;avait un peu refroidit sur le personnage et son œuvre. Voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;cet article&lt;/a&gt;, dont voici un extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Son individualisme impliquait une connivence décidée avec l’injustice capitaliste ; c’était celui d’un dilettante assez riche pour financer de coûteuses expéditions de chasse et de pêche et pratiquant à l’égard des guides, des serviteurs, des indigènes un paternalisme ingénu. Lanzmann me fit remarquer que « Le Soleil se lève aussi » était entaché de racisme ; un roman est un microcosme : si le seul pleutre est un Juif, le seul Juif, un pleutre, un rapport de compréhension, sinon une relation universelle, est posé entre ces deux caractères.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;D’ailleurs, les complicités que nous propose Hemingway à tous les tournants de ses récits impliquent que nous avons conscience d’être, comme lui, aryens, mâles, dotés de fortune et de loisirs, n’ayant jamais éprouvé notre corps que sous la figure du sexe et de la mort. Un seigneur s’adresse à des seigneurs. La bonhommie du style peut tromper, mais ce n’est pas un hasard si la droite lui a tressé de luxuriantes couronnes : il a peint et exalté le monde des privilégiés&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès lors que j&amp;rsquo;avais acheté ce volume, il ne me restait plus qu&amp;rsquo;à le lire, et à me faire ma propre idée !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Première chose, la moitié de cette intégrale consiste en nouvelles d&amp;rsquo;à peine deux pages, et qui ne valent pas grand chose à moins de préparer une thèse sur Hemingway. Ensuite, ses lettres offrent peu d&amp;rsquo;intérêt, il se contente d&amp;rsquo;y affirmer que ce qu&amp;rsquo;il vient d&amp;rsquo;écrire est &amp;ldquo;rudement bon&amp;rdquo;, et se préoccupe de savoir quand et comment il pourra le faire publier, et accessoirement qu&amp;rsquo;on lui envoie de l&amp;rsquo;argent. Il me faudra donc attendre plus de 600 pages pour vraiment commencer à accrocher avec le recueil daté de 1930-1936, qui s&amp;rsquo;ouvre avec &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Une drôle de traversée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; (1933), nouvelle dure et sans morale qui vous laisse sur le carreau. Auparavant, seule &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;invincible&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; (1924), sur la corrida, un de ses thèmes récurrents, avait retenu mon attention.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus ennuyeux, il utilise des mots comme nègre, youpin, macaroni, moricaud, bougnoule… On est dans les années 1920/30, et c&amp;rsquo;est certainement révélateur de l&amp;rsquo;époque, mais n&amp;rsquo;excuse rien. Dans une de ses lettres à un critique russe, il propose même à deux de ses compatriotes actuellement aux USA d&amp;rsquo;organiser le meurtre d&amp;rsquo;un nègre (ou de le tuer pour eux) : probablement de l&amp;rsquo;humour ! En 1951, quand un ami lui demande l&amp;rsquo;autorisation de publier une partie de leur correspondance, il lui demande de remplacer &amp;ldquo;Juifs&amp;rdquo; par &amp;ldquo;Gens de New-York&amp;rdquo; (à propos de deux producteurs de théâtre new-yorkais qui avaient modifié la mise en scène de sa pièce), expliquant qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait pas du tout l&amp;rsquo;intention de donner à ça le moindre sens péjoratif ou antisémite que cela aurait aujourd&amp;rsquo;hui. La lettre en question datait de 1939&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela confirme ce que disait Simone de Beauvoir. Tout cela transpire l&amp;rsquo;homme blanc, idéalement américain voyageant en Europe, chasseur ou pêcheur (c&amp;rsquo;est son côté j&amp;rsquo;aime la nature), grand buveur, qui profite bien de la vie, et où les femmes ont finalement peu de place (il divorcera 3 fois, et se mariera 4, souvent très peu de temps après le divorce).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il reste tout de même quelques bonnes nouvelles dans tout ça, fort heureusement. Mais une &amp;ldquo;sélection des meilleures nouvelles&amp;rdquo; aurait été préférable à cette intégrale, et j&amp;rsquo;aurais gagné plusieurs centaines de pages ! ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour les plus curieux, voici quelques autres remarques et notes de lecture &amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lécrivain&#34;&gt;L&amp;rsquo;écrivain&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Il emploie un style assez direct, usant ou abusant parfois de dialogues redondants et inutiles, répliques possibles de la vie courante, mais sans intérêt à l&amp;rsquo;écrit… Il s&amp;rsquo;épargne aussi la contextualisation de l&amp;rsquo;histoire, le passé des personnages : le lecteur est plongé immédiatement dans un récit, et découvre au fil de la lecture, les tenants et aboutissants, comme des pièces de puzzle qui se mettent en place petit à petit. Ce sont des nouvelles, donc ce n&amp;rsquo;est si surprenant que ça, et c&amp;rsquo;est plutôt bien fait quand l&amp;rsquo;histoire vaut le coup.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il écrit sur ce qu&amp;rsquo;il connaît, et les thèmes qui reviennent sont la nature sauvage et la pêche à la truite, réminiscences de son enfance, avec un certain Nick Adams comme personnage récurent, probable avatar d&amp;rsquo;Hemingway. Puis vient la tauromachie (&amp;ldquo;la rencontre entre le courage et l&amp;rsquo;art&amp;rdquo;) qui l&amp;rsquo;a fasciné lors de ses voyages en Espagne (de là lui vient l&amp;rsquo;attachement pour ce pays). Viennent aussi la guerre (il a participé comme ambulancier à la première guerre mondiale, en tant que volontaire, puis à la guerre d&amp;rsquo;Espagne, en tant que reporter). Enfin la pêche au gros à Cuba, et la chasse, avec quelques bonnes nouvelles autour d&amp;rsquo;un safari en Afrique, comme &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;heure triomphale de Francis Macomber&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; ou &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les neiges du Kilimandjaro&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot; .&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce qu&amp;rsquo;il écrit dans la nouvelle &amp;ldquo;Sur l&amp;rsquo;écriture&amp;rdquo; (1924) à propos de Nick (son avatar) et désir d&amp;rsquo;écrire : il a beau faire dire à Nick qu&amp;rsquo;il invente ses histoires, blablabla&amp;hellip; je n&amp;rsquo;en crois pas un mot !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La seule écriture valable, c&amp;rsquo;est celle que l&amp;rsquo;on invente, celle qu&amp;rsquo;on imagine. C&amp;rsquo;est ça qui rend les choses réelles. [&amp;hellip;] Tout ce qu&amp;rsquo;il avait écrit de bon, il l&amp;rsquo;avait inventé. Rien de ce qu&amp;rsquo;il écrivait n&amp;rsquo;était jamais arrivé dans la réalité. D&amp;rsquo;autres choses, oui. De meilleures, peut-être. [&amp;hellip;] Dans ses histoires, Nick n&amp;rsquo;était jamais lui-même. Il se fabriquait. Bien sûr, il n&amp;rsquo;avait jamais vu d&amp;rsquo;Indienne en train d&amp;rsquo;accoucher. C&amp;rsquo;est pour ça que c&amp;rsquo;était bon. Personne ne le savait. En fait, il avait vu une femme accoucher sur la route de Karagath et il avait essayé de lui venir en aide. C&amp;rsquo;est de là que ça venait.&lt;br&gt;&#xA;Il voulait toujours pouvoir écrire comme ça. Un jour, il le ferait. Il voulait devenir un grand écrivain. Il était sûr d&amp;rsquo;y parvenir. Il le savait de multiples façons. Il y arriverait en dépit de tout. C&amp;rsquo;était dur, mais il réussirait.&lt;br&gt;&#xA;C&amp;rsquo;était dur de devenir un grand écrivain quand on aime le monde, qu&amp;rsquo;on aime y vivre et qu&amp;rsquo;on aime certaines personnes en particulier. C&amp;rsquo;est dur quand on aime tant de lieux. On est en bonne santé, on se sent bien, on s&amp;rsquo;amuse bien et au diable le reste. [&amp;hellip;]&lt;br&gt;&#xA;C&amp;rsquo;était facile d&amp;rsquo;écrire si on voulait utiliser des trucs. Tout le monde s&amp;rsquo;en servait. Joyce en avait inventé des centaines de nouveaux. Le fait qu&amp;rsquo;ils étaient nouveaux ne le empêchait pas d&amp;rsquo;être des trucs, pas meilleurs que les autres. Ils deviendraient tous des clichés.&lt;br&gt;&#xA;Lui, Nick, avait envie d&amp;rsquo;écrire comme Cézanne peignait.&lt;br&gt;&#xA;Cézanne avait commencé avec tous les trucs. Puis il avait tout foutu en l&amp;rsquo;air et il avait construit un vrai machin. C&amp;rsquo;était affreusement difficile à faire. Cézanne était le plus grand de tous. Le plus grand pour toujours. Ce n&amp;rsquo;était pas un culte. Lui, Nick, voulait écrire sur la campagne de telle façon qu&amp;rsquo;elle soit aussi présente que celle de Cézanne dans ses tableaux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et dans une lettre à son père :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vois-tu, j&amp;rsquo;essaie dans toutes mes histoires de faire passer le sentiment de la vie telle qu&amp;rsquo;elle est - non pas seulement de décrire la vie - mais de la restituer vivante. De sorte que quand on a lu quelques chose de moi, on ait le sentiment d&amp;rsquo;avoir vraiment vécu la chose. On ne peut parvenir à ça sans y faire entrer le mauvais et le laid aussi bien que ce qui est beau. Parce que si tout y est beau on ne peut pas y croire. Les choses ne sont pas comme ça. C&amp;rsquo;est seulement en montrant les deux côtés - en 3 dimensions et si possible 4 qu&amp;rsquo;on peut écrire comme je veux le faire. Donc quand tu verras quelque chose de moi que tu n&amp;rsquo;aimes pas, rappelle-toi que j&amp;rsquo;étais sincère quand je l&amp;rsquo;ai écrite et que j&amp;rsquo;essaie d&amp;rsquo;atteindre quelque chose. Si j&amp;rsquo;écris une vilaine histoire, qui peut vous être odieuse à toi et à Mère, il se peut que la suivante en soit une qui vous plaira énormément.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il fait sans doute référence à une de ses première nouvelles, &amp;quot; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Là-haut dans le Michigan&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;quot;, écrite très tôt (en 1921 lorsqu&amp;rsquo;il arrive à Paris), et qu&amp;rsquo;il aura bien du mal à faire publier aux États-Unis, pour raison de censure. Elle raconte en quelques pages comment un homme rustre abuse un soir d&amp;rsquo;une jeune fille naïvement amoureuse. Là aussi, c&amp;rsquo;est sec et sans commentaires. Quand il la fait lire à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Stein&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gertrude Stein&lt;/a&gt;, elle lui dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bon, mais c&amp;rsquo;est inaccrochable. Je veux dire que c&amp;rsquo;est comme un tableau peint par un artiste qui ne peut pas l&amp;rsquo;accrocher dans une exposition.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;sur-la-guerre&#34;&gt;Sur la guerre&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Il y a une nouvelle sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne intitulée &amp;quot; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;En contrebas&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;quot; qui est assez forte, à propos d&amp;rsquo;un déserteur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous avions passé la matinée à l&amp;rsquo;endroit d&amp;rsquo;où venait le Français entre deux âges. Nous avions séjourné dans la poussière, la fumée, le bruit, la mitraille, la mort, la peur de la mort, la vaillance, la lâcheté, la folie et l&amp;rsquo;échec d&amp;rsquo;une offensive manquée. Nous avions séjourné dans ce champ labouré qu&amp;rsquo;on ne traversait qu&amp;rsquo;au prix de sa vie. Nous nous étions jetés à plat ventre, nous avions construit des monticules pour protéger nos têtes, nous avions travaillé le menton dans la boue, nous avions attendu l&amp;rsquo;ordre de franchir ce talus au-delà duquel personne n&amp;rsquo;était arrivé vivant.&#xA;Nous avions été aux côtés de ceux qui attendaient là, à plat ventre, des tanks qui ne venaient pas ; qui attendaient sous les sifflements de plus en plus déchirants et les explosions fracassantes des obus, les lambeaux de métal et de terre projetés comme par une fontaine de boue ; avec au-dessus de nos têtes la fusillade qui formait un rideau sonore de détonations. Nous savions ce que ressentaient ceux qui attendaient là. Ils s&amp;rsquo;étaient avancés autant qu&amp;rsquo;ils l&amp;rsquo;avaient pu. Et aucun homme ne pouvait aller plus loin sans perdre la vie quand était venu l&amp;rsquo;ordre d&amp;rsquo;avancer encore.&lt;br&gt;&#xA;Nous avions passé la matinée entière à l&amp;rsquo;endroit d&amp;rsquo;où venait le Français entre deux âges. Je comprenais comment un homme pouvait tout à coup, apercevant avec évidence l&amp;rsquo;inanité de mourir dans une offensive ratée, étant tout à coup saisi par un éclair de lucidité et de bon sens comme ceux qui précèdent la mort, prenant conscience du caractère désespéré de l&amp;rsquo;entreprise, de son absurdité, découvrant la réalité des faits, comment un homme pouvait tout simplement faire demi-tour et s&amp;rsquo;en aller comme le Français l&amp;rsquo;avait fait. S&amp;rsquo;en aller ne signifiait pas qu&amp;rsquo;on fût lâche, mais simplement trop lucide, qu&amp;rsquo;on avait compris tout à coup qu&amp;rsquo;il fallait partir, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y avait rien d&amp;rsquo;autre à faire.&lt;br&gt;&#xA;Le Français avait abandonné l&amp;rsquo;offensive avec une grande dignité et je le comprenais en tant qu&amp;rsquo;homme. Mais c&amp;rsquo;est en tant que soldat que les deux hommes chargés d&amp;rsquo;assurer la police de la Brigade l&amp;rsquo;avaient pris en chasse, et la mort dont il s&amp;rsquo;était écarté l&amp;rsquo;avait rejoint au-delà de la crête montagneuse, dès qu&amp;rsquo;il avait été à l&amp;rsquo;abri des balles et des obus, en route vers la rivière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout est raconté de manière plutôt froide comme sait faire Hemingway (il couvre cette guerre en tant que reporter), son personnage allant même jusqu&amp;rsquo;à expliquer que la discipline est un mal nécessaire. Un Espagnol qui s&amp;rsquo;auto-mutilera pour fuir le front subira le même sort, sans plus d&amp;rsquo;empathie du narrateur/reporter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une lettre à sa famille, il écrit en 1937 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il se peut que les Rouges soient aussi mauvais qu&amp;rsquo;on le dit mais ils sont le peuple espagnol contre les propriétaire terriens absentéistes, les maures, les Italiens et les Allemands. Je sais que les Blancs sont dégueulasses car je les connais très bien et j&amp;rsquo;aimerais jeter un coup d&amp;rsquo;œil sur les autres pour voir comment ça s&amp;rsquo;équilibre d&amp;rsquo;un point de vue humanitaire. C&amp;rsquo;est là la répétition générale de l&amp;rsquo;inévitable guerre européenne et j&amp;rsquo;aimerais essayer d&amp;rsquo;écrire de la correspondance de guerre anti-guerre qui contribuerait à nous tenir en dehors d&amp;rsquo;elle quand elle éclatera. Je ne crois pas à gagner de l&amp;rsquo;argent avec les souffrances d&amp;rsquo;autrui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela ne correspond pas vraiment à ce qu&amp;rsquo;il fera lors de la seconde guerre mondiale, tout heureux d&amp;rsquo;y aller une fois la victoire assurée&amp;hellip; (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hemingway#Seconde_Guerre_mondiale&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la page wikipedia&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;john-dos-passos&#34;&gt;John Dos Passos&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les lettres offrent donc peu d&amp;rsquo;intérêt, la plupart étant adressées à ses éditeurs ou relecteurs. L&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;elle se démarque, écrite à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Dos_Passos&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dos Passos&lt;/a&gt; à propos de la guerre d&amp;rsquo;Espagne. Leurs avis divergent, et Hemingway ne semble pas accepter que l&amp;rsquo;on dise que les Républicains aient été noyautés et manipulés par les communistes soviétiques (staliniens). Lui étant là-bas en 37/38 en tant que journaliste, ce manque de lucidité est plutôt dommage, car c&amp;rsquo;est bien ce qui s&amp;rsquo;est passé ! Cela scellera la fin de leur amitié, la faute à Hemingway comme vous l&amp;rsquo;allez voir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce que nous explique le recueil en préambule à la lettre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dos Passos, vieil ami d&amp;rsquo;Hemingway, avait été associé au projet de film sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne qui devait être tourné par Joris Ivens. Or, déjà mis en garde avant son départ sur les risques d&amp;rsquo;une mainmise communiste par un ami anarchiste, Dos Passos fut à son arrivée en Espagne très vite amené à prendre ses distances. La disparition de son traducteur, José Roblès, dont il finit par apprendre qu&amp;rsquo;il avait été exécuté, vraisemblablement par les communistes, parce qu&amp;rsquo;il en savait trop sur le noyautage par les services spéciaux soviétiques de l&amp;rsquo;administration républicaine, lui ouvrit définitivement les yeux. La rencontre d&amp;rsquo;Orwell, qui avait rejoint les antistaliniens dissidents du P.O.U.M., ne fit que le confirmer dans ses analyses. Hemingway ressentit comme une trahison les articles que Dos Passos publia à son retour aux États-Unis dans les revues Common Sense et, au début de 1938, Red Book.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la lettre qui suit ces explications, et qu&amp;rsquo;Hemingway adresse à Dos Passos en 1938, il ne mâche pas ses mots et persiste à nier le noyautage des staliniens. Il termine assez méchamment en le traitant à mots à peine couverts de Judas en se disant &amp;ldquo;poignardé dans le dos par un vieil ami&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, il semble bien qu&amp;rsquo;Hemingway ait été un moment séduit par le socialisme, comme tant d&amp;rsquo;autres après le crise de 1929 et la misère qui s&amp;rsquo;en suivit. Et il devait être du genre dogmatique, donc stalinien, ceci explique cela. ;)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une autre lettre adressée à William Faulkner en 1947, il dit ceci à propos de Dos Passos :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai toujours eu de la sympathie et de l&amp;rsquo;estime pour Dos et pensé qu&amp;rsquo;il était un écrivain de 2e ordre parce que manquant d&amp;rsquo;oreille. Un boxeur de 2e ordre n&amp;rsquo;a pas de main gauche, même chose que l&amp;rsquo;oreille pour un écrivain, et en conséquence se fait mettre K.O. et c&amp;rsquo;est tout ce qui est arrivé à Dos pour chacun de ses livres. Aussi un terrible snob (parce que bâtard) (ce dont je me réjouirais) et très embêté d&amp;rsquo;avoir du sang nègre quand il aurait pu être notre meilleur écrivain noir s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était contenté d&amp;rsquo;être un nègre, comme je l&amp;rsquo;espère nous l&amp;rsquo;aurions fait.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit qu&amp;rsquo;il a la rancune tenace, et que ses attaques sont en-dessous de la ceinture. En fait, il passera beaucoup de temps sur la fin de sa vie à se défendre contre les critiques de son œuvre et les atteintes des biographes à sa vie privée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;filmographie&#34;&gt;Filmographie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Je me limite aux adaptations concernant des nouvelles que j&amp;rsquo;ia aimé&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h4 id=&#34;1944---to-have-and-have-not&#34;&gt;1944 - To Have and Have Not&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;h5 id=&#34;titre-français--le-port-de-langoisse&#34;&gt;Titre français : Le port de l&amp;rsquo;angoisse&#xA;&lt;/h5&gt;&lt;p&gt;Réalisé par Howard Hawks, scénario et dialogues de Jules Furthman et William Faulkner, avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est dans les deux nouvelles &amp;quot; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le retour du trafiquant&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;quot; et &amp;quot; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Une drôle de traversée&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&amp;quot; insérées ensuite dans &amp;ldquo;En avoir ou pas&amp;rdquo; (roman) qu&amp;rsquo;apparaît pour la première fois le personnage d&amp;rsquo;Harry Morgan qu&amp;rsquo;Humphrey Bogart incarne à l&amp;rsquo;écran, avec Lauren Bacall dont c&amp;rsquo;est le premier rôle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y aura deux autres adaptations cinématographiques :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;1950 : &amp;ldquo;The Breaking point&amp;rdquo;, réalisation Michael Curtiz (titre français : Trafic en haute mer).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1958 : &amp;ldquo;The Gun Runners&amp;rdquo;, réalisation Don Siegel.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;1946---the-killers&#34;&gt;1946 - The Killers&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;h4 id=&#34;titre-français--les-tueurs&#34;&gt;Titre français : Les Tueurs&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;Réalisé par Robert Siodmack, avec Burt Lancaster et Ava Gardner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;après la nouvelle du même nom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y aura une autre adaptation :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;1964 - &amp;ldquo;The Killers&amp;rdquo;, réalisé par Don Siegel, avec Lee Marvin, John Cassavetes, Angie Dickinson, Ronald Reagan.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;1947---the-macomber-affair&#34;&gt;1947 - The Macomber Affair&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;h4 id=&#34;titre-français--laffaire-macomber&#34;&gt;Titre français : L&amp;rsquo;Affaire Macomber&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;L&amp;rsquo;heure triomphale de Francis Macomber&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Réalisation Zoltan Korda, avec Robert Preston, Joan Bennett, Gregory Peck.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;1952---the-snows-of-kilimanjaro&#34;&gt;1952 - The Snows of Kilimanjaro&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;h4 id=&#34;titre-français--les-neiges-du-kilimanjaro&#34;&gt;Titre français : Les neiges du Kilimanjaro&#xA;&lt;/h4&gt;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;après la nouvelle du même nom. Réalisation Henry King, en Technicolor, avec Gregory Peck, Susan Hayward, Ava Gardner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;hr&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hemingway&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernest Hemingway&lt;/a&gt; (1899-1961) est un écrivain, journaliste et correspondant de guerre américain. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1954 &amp;ldquo;pour le style puissant et nouveau par lequel il maîtrise l&amp;rsquo;art de la narration moderne&amp;rdquo;. Il se suicide d&amp;rsquo;un coup de fusil quand il se voit dépérir (cécité, diabète, cyrrhose, comportement paranoïaque). Il avait blâmé son père pour avoir cette même voie, la considérant comme un acte de lâcheté.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Life - Keith Richards</title>
            <link>https://pled.fr/life-keith-richards/</link>
            <pubDate>Thu, 04 Mar 2021 07:57:00 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;life.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre prêté par des amis, j&amp;rsquo;avais gardé une très bonne impression de la biographie de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12566&#34; &gt;Lester Bangs&lt;/a&gt;, un critique rock. L&amp;rsquo;idée de me plonger dans l&amp;rsquo;histoire des Rolling Stones n&amp;rsquo;était donc pas pour me déplaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En général j&amp;rsquo;aime bien les biographies, mais ici il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une auto-biographie, celle de Keith Richards, cofondateur avec Mick Jagger, Brian Jones et Ian Stewart des Rolling Stones, le célébrissime groupe rock. Et c&amp;rsquo;est plutôt sa propre histoire que Keith raconte, avec une certaine franchise (à défaut de lucidité), mais aussi beaucoup d&amp;rsquo;estime personnelle ! :shock: Eh oui, c&amp;rsquo;est une rock star, et son contact avec la réalité est manifestement altéré par la vie qu&amp;rsquo;il a mené.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Non seulement cela, mais en plus d&amp;rsquo;être indéniablement un guitariste dans l&amp;rsquo;âme, il a aussi été un junkie, accro à l&amp;rsquo;héroïne pendant une bonne quinzaine d&amp;rsquo;années, et cela occupe un bon tiers du bouquin. Son message à ce sujet est d&amp;rsquo;ailleurs très ambigu, puisqu&amp;rsquo;on peut le résumer à &amp;ldquo;n&amp;rsquo;en prenez pas, moi j&amp;rsquo;avais de la super qualité, c&amp;rsquo;est pour ça que j&amp;rsquo;ai tenu, et puis j&amp;rsquo;ai toujours contrôlé mes doses…&amp;rdquo;. :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté style littérraire, ce n&amp;rsquo;est pas vraiment génial. Il s&amp;rsquo;est pourtant fait aidé par James Fox, un journaliste, qui l&amp;rsquo;a interrogé pendant cinq ans&amp;hellip; Il y manque un rythme de narration, un vrai récit, car c&amp;rsquo;est plutôt une juxtaposition de souvenirs, les changements de paragraphe sont parfois abrupts, même si la chronologie est globalement respectée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;impression que me laisse le personnage est assez mitigée. Certes, il fait preuve de beaucoup de franchise dans son récit, il revendique une vraie fidélité en amitié comme en amour, sa passion c&amp;rsquo;est le blues et la guitare, il y consacre toute sa vie, et ne se sent jamais aussi bien qu&amp;rsquo;en studio. Il nous donne d&amp;rsquo;ailleurs beaucoup de détails sur le sujet, sur son jeu en open-tuning, sa guitare à cinq cordes, etc&amp;hellip; Pas de doute qu&amp;rsquo;un guitariste y trouvera son bonheur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après, le côté rock-star dénature beaucoup de choses. À lire certains de ses exploits, comme d&amp;rsquo;être toujours armé, de tirer des coups de feu dans le plancher d&amp;rsquo;une chambre d&amp;rsquo;hôtel (sous l&amp;rsquo;effet de la came, il s&amp;rsquo;en rappelle à peine), on se dit que ce type a vécu dans un monde parallèle, star du rock camé finalement pas très sympathique. Et quand à la fin du bouquin, il nous livre sa recette de saucisses-purées, on se demande bien ce que ça vient faire là et jusqu&amp;rsquo;où l&amp;rsquo;on va aller dans le genre &amp;ldquo;je suis un type génial&amp;rdquo; ! :idea:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Idem pour le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_d%27Altamont&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;festival d&amp;rsquo;Altamont&lt;/a&gt;, dont il semble minimiser le drame (meurtre d&amp;rsquo;un spectateur par le service d&amp;rsquo;ordre assuré par les Hells Angels, à la demande des Rolling Stones), et s&amp;rsquo;affranchir de toute responsabilité. Cela m&amp;rsquo;a vraiment surpris la façon dont il raconte cet épisode, pour lui ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une anecdote, il s&amp;rsquo;en rappelle à peine (encore une fois).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre, à leurs débuts, il décrit bien les adolescentes hurlant et gesticulant (réellement hystériques) lors de leurs concerts (et ceux de Beatles) : ça leur fait presque peur, et c&amp;rsquo;est le signe d&amp;rsquo;une époque et du besoin de se libérer du carcan rigide de leur éducation… La société est en train de changer radicalement, et le rock en est l&amp;rsquo;un des véhicules de cette révolution culturelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À cette époque, ils se bornent à &amp;ldquo;copier&amp;rdquo; la façon de jouer des bluesmen de Chicago (Muddy Waters en tête), puis Mick et Keith se mettent à écrire des morceaux, d&amp;rsquo;abord &amp;ldquo;pop&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;ils vendent car ils ne pourraient pas le jouer sur scène, tout tourné vers le blues qu&amp;rsquo;ils sont&amp;hellip; puis enfin pour eux-mêmes, le succès aidant. Le premier hit sera &amp;ldquo;Satisfaction&amp;rdquo; et leur premier LP &amp;ldquo;Aftermath&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;album &amp;ldquo;Beggars Banquet&amp;rdquo; sera le premier chef-d&amp;rsquo;œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs à cette époque, seuls comptent les 45 tours, avec un hit de moins de 2&#39;30&amp;quot;, et une face B de piètre qualité. C&amp;rsquo;est imposé par les radios&amp;hellip; Les Stones comme les Beatles, grâce à leur succès, vont briser cette régle et imposer les 33 tours (LPs) avec des morceaux qui peuvent faire 11 minutes : &amp;ldquo;C&amp;rsquo;est comme ça et ce n&amp;rsquo;est pas négociable&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec le succès, les shows et les tournées s&amp;rsquo;enchaînent sans réel arrêt, c&amp;rsquo;est impressionnant. Ils marchent au speed et au pétard pour tenir le rythme. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;époque des drogues (66 et plus) : arrivée du LSD, de la cocaïne, et de l&amp;rsquo;héroïne&amp;hellip; &amp;ldquo;Ken Kesey porte une lourde responsabilité&amp;rdquo; ! nous dit Keith : un peu facile je trouve pour se dédouaner&amp;hellip; Ils font plusieurs voyages à Tanger, c&amp;rsquo;est le début de l&amp;rsquo;histoire avec Anita dont la relation avec Brian Jones est de toutes façons en train de mal tourner. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anita_Pallenberg&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Anita Pallenberg&lt;/a&gt; est magnifique, possède une très forte personnalité, mais elle est aussi accro aux drogues, ce qui compliquera leur relation quand plusieurs années plus tard, Keith décrochera.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La tournée de 72 semble avoir été un summum dans le genre, les Stones voyageant avec leur propre avion. Le groupe était exclu des grands hôtels tellement ils étaient ingérables ; Keith en garde finalement peu de souvenirs tellement il était défoncé ! :(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il passe en procès à Toronto pour trafic de drogues et risque gros ; l&amp;rsquo;affaire est en partie montée en épingle par la police qui cherche à faire un exemple avec Keith, qui l&amp;rsquo;a bien cherché il faut le dire&amp;hellip; Je le laisse raconter l&amp;rsquo;épilogue, avec une très belle anecdote :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été déclaré coupable mais le juge a précisé : &amp;ldquo;Jen e l&amp;rsquo;emprisonnerai pas car c&amp;rsquo;est un toxicomane et il dispose de ressources.&amp;rdquo; Le prévenu, a-t-il édicté, resterait en liberté mais devrait poursuivre son traitement médical, le tout à une condition : il donnerait un concert au profit des non-voyants. C&amp;rsquo;était trè intelligent, la solution la plus proche d&amp;rsquo;un jugement de Salomon qu&amp;rsquo;on ait vue depuis une paie. Et c&amp;rsquo;était arrivé grâce à une fille qui suivait les Stones partout sur la route, Rita, mon ange aveugle. Elle ne voyait rien mais elle se rendait en stop à chacun de nos concerts. Complètement intrépide, la fille. On m&amp;rsquo;avait parlé d&amp;rsquo;elle en coulisses et ça a été trop pour moi de l&amp;rsquo;imaginer levant le pouce dans les ténèbres permanentes, alors je l&amp;rsquo;ai branchée sur les chauffeurs de camions de la tournée, j&amp;rsquo;ai veillé à ce qu&amp;rsquo;on assure sa sécurité et qu&amp;rsquo;on lui donne à manger. Et quand je me suis fait coincer au Canada, c&amp;rsquo;est elle, toute seule, qui s&amp;rsquo;est présentée devant le juge et lui a raconté cette histoire. D&amp;rsquo;où son idée de concert pour les aveugles. L&amp;rsquo;amour et le dévouement de gens comme Rita, c&amp;rsquo;est quelque chose qui continue à m&amp;rsquo;époustoufler. Et donc, ha ha !, une issue a été trouvée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de sa relation avec Mick Jagger, s&amp;rsquo;ils sont très potes dès le début, les choses se compliquent quand Keith décroche de la drogue et commence à vouloir participer aux décisions. Mais dès qu&amp;rsquo;il donne son avis, il se fait rembarrer plutôt sèchement par Mick ! Toutes les années où Keith était sous l&amp;rsquo;emprise des drogues, et laissait le leadership à Mick, la phrase qui revenait souvent dans la bouche de ce dernier était : &amp;ldquo;Mais tais-toi donc Keith, c&amp;rsquo;est idiot !&amp;rdquo;. Lorsque Keith &amp;ldquo;se réveille&amp;rdquo;, la tension va vite monter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Selon Keith, Mick souffre alors du LVS ( &lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt; ead &lt;strong&gt;V&lt;/strong&gt; ocalist &lt;strong&gt;S&lt;/strong&gt; yndrome) et la rupture devient inévitable quand en signant le contrat avec CBS, Mick signe aussi un contrat pour des disques solos, sans prévenir personne. Il a pris la grosse tête. Ses disques solos ne valent d&amp;rsquo;ailleurs pas grand chose musicalement selon Keith, Mick est à l&amp;rsquo;époque obsédé par les tubes qu&amp;rsquo;il entend en boite de nuit, et cherche à les preproduire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Keith sortira ensuite des albums solo avec des musiciens de son choix, tous très bons. J&amp;rsquo;ai écouté album &amp;ldquo;Talk is cheap&amp;rdquo; : pas mal au niveau musique, mais il n&amp;rsquo;a pas vraiment de voix je trouve.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Keith_Richards&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Keith Richards&lt;/a&gt;, né en 1943 à Dartford, est donc un musicien, auteur-compositeur, guitariste, et co-fondateur du groupe The Rolling Stones.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La forêt sombre - Cixin Liu</title>
            <link>https://pled.fr/la-foret-sombre-cixin-liu/</link>
            <pubDate>Sat, 16 Jan 2021 10:41:04 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;foret-sombre.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième tome donc, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=17140&#34; &gt;Le problème à trois corps&lt;/a&gt;, qui s&amp;rsquo;était révélé plutôt pas mal. Les suites étant ce qu&amp;rsquo;elles sont, il n&amp;rsquo;est pas toujours facile de rester au niveau du premier opus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sera le cas ici, je me suis plutôt ennuyé à lire ce gros pavé (700 pages), et pas seulement à cause des longueurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre de &amp;ldquo;Forêt sombre&amp;rdquo; fait référence au concept suivant : l&amp;rsquo;homme est dans l&amp;rsquo;univers comme dans une forêt sombre, remplie de prédateurs dangereux. Signaler sa présence (comme en envoyant une sonde donnant notre localisation) est donc extrêmement dangereux, voir stupide. Une civilisation plus avancée que la notre n&amp;rsquo;aurait pour seul réflexe que de nous détruire, plutôt que d&amp;rsquo;attendre que nous la dépassions. Concept intéressant, mais relevant tout de même d&amp;rsquo;une paranoïa typiquement humaine ! :mad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On sait donc que les Trisolariens vont arriver dans 450 ans, et que leurs intentions ne sont pas amicales. Mais la réponse imaginée par la Terre, l&amp;rsquo;histoire des &amp;ldquo;Colmateurs&amp;rdquo;, dans laquelle nous entraîne l&amp;rsquo;auteur est d&amp;rsquo;une pauvreté navrante, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire. Et voilà déjà la moitié du bouquin de passée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La suite est à peine mieux, il y a pas mal d&amp;rsquo;incohérences, de facilités prises avec l&amp;rsquo;échelle du temps, etc&amp;hellip; Par exemple la minuscule sonde envoyée par les trisolariens, capable de vraiment beaucoup de choses (tout ?), véritable couteau suisse à l&amp;rsquo;échelle des planètes : on est dans un postulat du genre &amp;ldquo;comme on ne connaît rien à leur technologie, tout est possible, et on peut écrire à peu près n&amp;rsquo;importe quoi&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour résumer, le scénario est vraiment faible, la narration ennuyeuse avec beaucoup de personnages et de situations inutiles ; quant à l&amp;rsquo;aspect &amp;ldquo;hard SF&amp;rdquo;, censé garantir une certaine rigueur scientifique, c&amp;rsquo;est plutôt à une imagination débridée que nous avons affaire, sur une base pseudo-scientifique tout de même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai abandonné le troisième tome après 200 pages : ça partait encore dans tous les sens, sur fond d&amp;rsquo;explications scientifiques, comme si l&amp;rsquo;auteur en faisait l&amp;rsquo;inventaire et construisait l&amp;rsquo;histoire autour au fur et à mesure, sans y accorder vraiment d&amp;rsquo;importance. Il était grand temps d&amp;rsquo;arrêter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À part le tome 1, avec cette civilisation extra-terrestre et l&amp;rsquo;idée du jeu vidéo pour la découvrir, je trouve le reste vraiment faible, que ce soit le scénario ou la narration. Après tout, si l&amp;rsquo;auteur est si populaire en Chine, ça doit forcément être &amp;ldquo;grand public&amp;rdquo; ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Cixin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cixin Liu&lt;/a&gt;, né en 1963 à Yangquan, est l’écrivain de Science-Fiction le plus populaire en République populaire (donc) de Chine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le problème à trois corps - Cixin Liu</title>
            <link>https://pled.fr/le-probleme-a-trois-corps-cixin-liu/</link>
            <pubDate>Tue, 05 Jan 2021 18:16:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-probleme-a-trois-corps-cixin-liu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;les3corps.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman (une trilogie en fait) de SF partant d&amp;rsquo;un vrai problème de physique, en l&amp;rsquo;occurrence &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_%C3%A0_N_corps&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le problème à N corps&lt;/a&gt;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On appelle cela de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hard_science-fiction&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;hard science-fiction&lt;/a&gt;, à savoir que les technologies, les sociétés et leurs évolutions décrites dans le roman sont supposées crédibles en l&amp;rsquo;état actuel de nos connaissances.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le cas présent, les interactions entre deux astres sont connues et prévisibles (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_k%C3%A9pl%C3%A9rien&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;mouvement képlérien&lt;/a&gt;). Mais ajoutez un troisième astre, et la situation devient imprévisible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce qui arrive sur une planète lointaine, où le mouvement chaotique de trois soleils rend la survie impossible. Les Trisolariens doivent trouver une autre planète&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur terre, en Chine, en pleine Révolution Culturelle, une jeune scientifique est dûment rééduquée après que son père ait été éliminé par les Gardes Rouges. Ye Wenjie est bien consciente que l&amp;rsquo;être humain court à sa perte, et qu&amp;rsquo;il est indigne de la planète Terre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;en dirai pas plus, histoire de ne pas faire comme l&amp;rsquo;éditeur qui sur le quatrième de couverture dévoile toute l&amp;rsquo;intrigue. Bravo ! :mad:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai globalement apprécié cette histoire, même si le récit se disperse un peu, oscillant entre littérature grand public avec des situations sans grand intérêt et des personnages auxquels on a du mal à s&amp;rsquo;attacher, et puis tout de même un fond d&amp;rsquo;intrigue assez passionnant. L&amp;rsquo;idée du jeu vidéo qui reproduit la situation sur la planète est vraiment géniale&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai de suite enchaîné sur le tome 2&amp;hellip; À suivre&amp;hellip;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Cixin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cixin Liu&lt;/a&gt;, né en 1963 à Yangquan, est l&amp;rsquo;écrivain de Science-Fiction le plus populaire en République populaire (donc) de Chine. Il a obtenu le prix Hugo en 2015 pour cet ouvrage.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;anomalie - Hervé Letellier</title>
            <link>https://pled.fr/lanomalie-herve-letellier/</link>
            <pubDate>Sat, 26 Dec 2020 10:19:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lanomalie-herve-letellier/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lanomalie.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plutôt rare que je lise le prix Goncourt de l&amp;rsquo;année avant la fin de celle-ci&amp;hellip; Comme quoi tout arrive, et aussi qu&amp;rsquo;il est inutile de se précipiter, car ce n&amp;rsquo;a pas été un grand moment de lecture ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;en avais entendu le &amp;lsquo;pitch&amp;rsquo; à la radio : le même avion atterri deux fois à New-York, avec les mêmes passagers, à quelques mois d&amp;rsquo;intervalle&amp;hellip; Un scénario digne d&amp;rsquo;un roman de science-fiction ; cela avait achevé de me décider.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien que la lecture soit agréable, je n&amp;rsquo;y ai rien trouvé de bien remarquable, pas plus dans le style que dans le récit, auquel je n&amp;rsquo;ai finalement pas du tout accroché. Cela ne fait que confirmer mes doutes sur ces prix littéraires : si c&amp;rsquo;est le meilleur roman de l&amp;rsquo;année, alors il y a de quoi s&amp;rsquo;inquiéter ! Par contre Gallimard a de quoi se réjouir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le premier tiers consiste en une galerie de portraits rapidement tracés, où les personnages ont en commun d&amp;rsquo;avoir pris ce vol Paris-NY. Le problème est que ces personnages manquent de profondeur, et l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;ennuie déjà en passant de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La partie centrale est l&amp;rsquo;analyse du problème, par les scientifiques, le FBI, etc&amp;hellip; Là, l&amp;rsquo;auteur hésite à basculer dans la farce, entre les procédures de sécurité établies par de jeunes scientifiques dignes de potaches, le niveau des réactions du président des États-Unis (manifestement, l&amp;rsquo;auteur avait tablé sur une réélection de Trump) : l&amp;rsquo;histoire perd en intérêt, et je commence à me demander si tout cela ne va pas se terminer par une jolie pirouette !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La troisième partie s&amp;rsquo;applique à traiter les différentes réactions de chaque personnage désormais dédoublé. Il y en pour tous les goûts, à chacun de faire son marché. On peine à reconnaître les individus de la première partie. Je ne vais pas spoiler la fin&amp;hellip; Disons que c&amp;rsquo;est du niveau d&amp;rsquo;une nouvelle de SF.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est finalement l&amp;rsquo;auteur qui parle le mieux de son livre, puisque parmi les personnages, il y a un écrivain qui a écrit un livre intitulé &amp;ldquo;L&amp;rsquo;anomalie&amp;rdquo;&amp;hellip; En général, ce genre d&amp;rsquo;introspection ou de mise en abîme ne me plaît pas trop, je trouve que cela reflète un manque d&amp;rsquo;imagination de l&amp;rsquo;auteur, ou un quant-à-soi bien parisien. Bref, voilà ce qu&amp;rsquo;il écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Victor vient de poser le dernier mot au court livre qui raconte l’avion, l’anomalie, la divergence. Comme titre il a pensé à &lt;em&gt;Si par une nuit d’hiver deux cent quarante-trois voyageurs&lt;/em&gt; – et Anne a secoué la tête –, puis il a voulu en faire l’incipit – et Anne a soupiré. Ce sera finalement un titre bref, un seul mot. Hélas, &lt;em&gt;L’Anomalie&lt;/em&gt; était déjà pris. Il ne tente pas d’expliquer. Il témoigne, avec simplicité. Il n’a retenu que onze personnages, et devine qu’hélas, onze, c’est déjà beaucoup trop. Son éditrice l’a supplié, Victor, pitié, c’est trop compliqué, tu vas perdre tes lecteurs, simplifie, élague, va à l’essentiel. Mais Victor n’en fait qu’à sa tête. Il a attaqué le roman avec un pastiche à la Mickey Spillane, à propos de ce personnage dont nul ne sait grand-chose. Non, non, pas assez littéraire pour un premier chapitre, lui a reproché Clémence, quand cesseras-tu de jouer ? Mais Victor est plus joueur que jamais.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Allez à l&amp;rsquo;essentiel&amp;hellip; oui, encore faudrait-il qu&amp;rsquo;il y en ait un ! Bref, décevant pour un prix Goncourt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Le_Tellier&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hervé Letellier&lt;/a&gt;, né en 1957, est un auteur français de romans, nouvelles, poésies, théâtre. Il semble assez prolifique.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bangkok 8 - John Burdett</title>
            <link>https://pled.fr/bangkok-8-john-burdett/</link>
            <pubDate>Mon, 21 Dec 2020 17:35:17 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bangkok8.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce polar qui comme son nom l&amp;rsquo;indique se passe à Bangkok&amp;hellip; Mais cela m&amp;rsquo;a donné envie de le lire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bonne pioche, car même si l&amp;rsquo;auteur est britannique, il semble bien connaître son sujet, et nous embarque dans un thriller où l&amp;rsquo;inspecteur Sonchaï Jitpleecheep est un &lt;em&gt;arhat&lt;/em&gt;, un saint bouddhiste, qui résout ses enquêtes avec l&amp;rsquo;aide de la méditation&amp;hellip;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les dérives de son pays (corruption, prostitution) nous sont présentées sous un angle inattendu, loin des poncifs des occidentaux : nos valeurs étant différentes, c&amp;rsquo;est finalement somme toute logique. Mais bon, que ce soit les bienfaits sociétaux de la corruption ou l&amp;rsquo;émancipation féminine grâce à la prostitution, c&amp;rsquo;est bien sûr à prendre avec le recul nécessaire que procure le bouddhisme… ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est tout de même intéressant à lire, et l&amp;rsquo;intrigue policière est très prenante, avec une entame magistrale parfaitement réussie. Le personnage de Sonchaï, intègre puisque &lt;em&gt;arhat&lt;/em&gt;, nous fait partager le résultat parfois surprenant de ses méditations tout en menant l&amp;rsquo;enquête avec clairvoyance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon polar donc, original et dépaysant, qui est en fait le premier d&amp;rsquo;une série de plusieurs aventures de l&amp;rsquo;inspecteur Jitpleecheep. Je devrais donc y revenir bientôt&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Burdett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;John Patrick Burdett&lt;/a&gt;, né en 1951 à Londres, est un romancier britannique, auteur de romans policiers. C&amp;rsquo;est un ancien avocat, qui a travaillé douze ans à Hong Kong. Il est notamment l&amp;rsquo;auteur du best-seller Bangkok 8 et de ses suites, Bangkok Tattoo, Bangkok Haunts, The Godfather Of Kathmandu et The Bangkok Asset.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Comme un empire dans un empire - Alice Zeniter</title>
            <link>https://pled.fr/comme-un-empire-dans-un-empire-alice-zeniter/</link>
            <pubDate>Fri, 11 Dec 2020 17:22:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/comme-un-empire-dans-un-empire-alice-zeniter/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;commeunempire.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais beaucoup aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15785&#34; &gt;L&amp;rsquo;Art de perdre&lt;/a&gt; du même auteur, alors quand ma sœur m&amp;rsquo;a recommandé la lecture de celui-ci, j&amp;rsquo;ai suivi son conseil. Et je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché, ni à l&amp;rsquo;histoire, ni au style.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire me paraît être un prétexte à l&amp;rsquo;auteur pour donner son avis sur la société, et manque cruellement d&amp;rsquo;intérêt. Que ce soit les errements d&amp;rsquo;Antoine, assistant parlementaire d&amp;rsquo;un député socialiste en mal de vivre, ou ceux de &amp;ldquo;L&amp;rdquo;, pseudo hackeuse à l&amp;rsquo;esprit perturbé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ma frangine parlait d&amp;rsquo;une histoire très ancrée dans la réalité sociale d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui&amp;hellip; Franchement, je ne suis pas convaincu : si la crise des Gilets Jaunes est effectivement évoquée, c&amp;rsquo;est pour mieux la balayer comme une chose du passé. Quant aux &amp;ldquo;zadistes&amp;rdquo; ou assimilés, vivant en marge de la société, c&amp;rsquo;est pour montrer qu&amp;rsquo;on peut vivre comme ça quelques semaines, mais pas plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant le monde des hackers, on a droit à un bréviaire documenté sur Anonymous, Assange, Wikileaks, etc&amp;hellip; Beau travail de documentation, balancé au lecteur pour le meilleur et pour le pire. Le passage suivant m&amp;rsquo;a tout de même fait sourire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L aurait pu, en revanche, lui parler de l’être formidable qu’était Elias au-dedans, la brièveté élégante de ses lignes de code, des motifs récurrents qu’elle pouvait repérer dans ses commandes DOS.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je souhaite bien du courage aux hackers qui utilisent le DOS, ça ne va pas être facile pour eux ! :P&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, il n&amp;rsquo;y a pas vraiment d&amp;rsquo;histoire, et c&amp;rsquo;est là tout le problème. Il faut attendre le dernier tiers du roman pour qu&amp;rsquo;il se passe enfin quelque chose, et le style de l&amp;rsquo;auteur que j&amp;rsquo;avais tant aimé dans l&amp;rsquo;Art de perdre (au service d&amp;rsquo;un vrai sujet), m&amp;rsquo;a paru ici ennuyeux, lénifiant. Oubliant que pour écrire un roman, il faut avoir une histoire à raconter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre est d&amp;rsquo;ailleurs un peu à cette image, un peu pompeux en regard du contenu. C&amp;rsquo;est un extrait de Spinoza, Éthique, III :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En vérité, on dirait qu&amp;rsquo;ils conçoivent l&amp;rsquo;homme dans la Nature comme un empire dans un empire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman qui sera vite oublié en ce qui me concerne&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Zeniter&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alice Zeniter&lt;/a&gt;, née en 1986, est une romancière, traductrice, scénariste, dramaturge et metteuse en scène de théâtre française. Elle a obtenu le Prix Goncourt des lycéens 2017 avec l&amp;rsquo;Art de perdre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les amazones - Jim Fergus</title>
            <link>https://pled.fr/les-amazones-jim-fergus/</link>
            <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 17:24:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-amazones-jim-fergus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;amazones.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Troisième et dernier volet de cette trilogie&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais moins aimé le second, que dire du troisième ? Tout est permis dans cette suite, y compris faire revivre les personnages morts précédemment, ce qui permet de faire se rencontrer les personnages des deux premiers tomes, et de raconter encore la même histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant dire que l&amp;rsquo;on va s&amp;rsquo;ennuyer ferme, avec ces nouveaux journaux entrecroisés de May et Molly. Déjà qu&amp;rsquo;il ne se passe pas grand chose&amp;hellip; Heureusement le surnaturel est là, et permet à peu près tout ce que l&amp;rsquo;on veut, sans rien devoir expliquer : retour des disparus, passage dans un monde parallèle, retour dans le monde réel&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dommage, avec les deux personnages contemporains, arrière-x-x-petits-enfants des premiers personnages qui apparaissent, il y avait sans doute mieux à faire. Molly Standing Bear, avec son don de &amp;ldquo;changeuse de forme&amp;rdquo;, mystérieuse sur ses activités de recherche des femmes indiennes portées disparues dont personne ne s&amp;rsquo;occupe et surtout pas la justice américaine (les statistiques sont effrayantes : 5712 femmes disparues en 2016, et seulement 116 enregistrées par le DOJ), avec l&amp;rsquo;aide de Jon Dodd, journaliste de son état, aurait pu donner un roman totalement nouveau, contemporain, sur le sort de ces femmes indigènes de nos jours (meurtres, trafic, viols).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans doute le filon était-il trop beau, on ne change pas une histoire qui marche : quand même 400 000 exemplaires vendus en France pour &amp;ldquo;Mille femmes blanches&amp;rdquo; (et 1 million dans le monde) !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Fergus&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Fergus&lt;/a&gt;, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. “Mille femmes blanches” est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La vengeance des mères - Jim Fergus</title>
            <link>https://pled.fr/la-vengeance-des-meres-jim-fergus/</link>
            <pubDate>Sat, 05 Dec 2020 11:05:14 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vengeancedes-meres.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman est la suite de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16978&#34; &gt;Mille femmes blanches&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;avais bien aimé, donc pourquoi ne pas continuer l&amp;rsquo;histoire ? Hélas, ce fût une déception, car cette &amp;ldquo;suite&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une répétition du premier opus. Écrit seize ans après, ça ressemble fort à un objet commercial, destiné à surfer sur le succès qu&amp;rsquo;avait rencontré le premier tome.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car on reprend la même histoire : un nouveau contingent de femmes blanches (alors que le projet avait pourtant été arrêté dans le tome 1), nouveau personnage principal féminin (Molly remplace May), nouvelle tribu (le chef Hawk remplace le chef Little Wolf), même rôle du méchant (qui perd à chaque fois, ouf !), anecdotes similaires, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, on s&amp;rsquo;ennuie ferme, car la découverte du monde indien n&amp;rsquo;est plus là, même si l&amp;rsquo;accent est semble-t-il plus mis sur la condition des femmes, particulièrement maltraitées dans le monde des blancs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter que la femme sur la couverture s&amp;rsquo;appelle Pretty Nose, chef de guerre ayant combattu à la bataille de Little Bighorn. Elle était arapaho, et a fini sa vie dans une réserve, à l&amp;rsquo;âge d&amp;rsquo;au moins 102 ans !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Fergus&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Fergus&lt;/a&gt;, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. “Mille femmes blanches” est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mille femmes blanches - Jim Fergus</title>
            <link>https://pled.fr/mille-femmes-blanches-jim-fergus/</link>
            <pubDate>Fri, 27 Nov 2020 10:08:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mille-femmes-blanches-jim-fergus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;millefemmesblanches.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne m&amp;rsquo;étais jamais décidé à acheter ce livre, qui se retrouve régulièrement sur la table des libraires depuis une vingtaine d&amp;rsquo;années. Peut-être le fait que ce soit un roman et pas une histoire vraie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en voyant sur la table du libraire le tome 3 &amp;ldquo;Les Amazones&amp;rdquo; que je me suis finalement décidé à lire cette (désormais) trilogie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avoue avoir passé un bon moment avec ce premier tome. La lecture est aisée et agréable, et même si c&amp;rsquo;est de la littérature &amp;ldquo;grand public&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;histoire de ces femmes échangées contre des chevaux, et partant vivre avec les indiens cheyennes est intéressante et bien traitée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La description du mode de vie des Cheyennes est bien décrite, une civilisation qui valait bien la notre (plus respectueuse de la nature, c&amp;rsquo;est certain !), sans pour autant l&amp;rsquo;idéaliser. À la fin de ce premier tome, l&amp;rsquo;expédition des jeunes guerriers chez leurs ennemis les Shoshones n&amp;rsquo;a rien à envier en terme de cruauté à l&amp;rsquo;attaque du camp par la cavalerie US&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;impossibilité de voir cohabiter ce peuple avec l&amp;rsquo;invasion sans fin des blancs, qu&amp;rsquo;ils soient fermiers, chercheurs d&amp;rsquo;or, ou aventuriers est également bien décrite : tous réclament la protection de l&amp;rsquo;armée, et le seul choix laissé aux indiens est de rejoindre une réserve où ils devront se sédentariser et dépérir. Tout cela au mépris des traités précédemment signés, il va de soi : seul le &amp;ldquo;Grand Père Blanc&amp;rdquo; de Washington décide finalement de ce qui vaut la peine d&amp;rsquo;être respecté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vais de suite attaquer le tome 2, intitulé &amp;ldquo;La vengeance des mères&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Fergus&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Fergus&lt;/a&gt;, né en 1950, est un écrivain américain, né de mère française. &amp;ldquo;Mille femmes blanches&amp;rdquo; est son premier roman, avec lequel il rencontra le succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La force des choses T2 - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/la-force-des-choses-t2-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Sat, 14 Nov 2020 16:33:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-force-des-choses-t2-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laforcedeschosesII.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le début de ce tome 2, Simone de Beauvoir reprend goût à la vie après son petit coup de blues à la fin du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;tome 1&lt;/a&gt;, quand elle voit sa jeunesse lui échapper. La vie étant ce qu&amp;rsquo;elle est, elle rencontre Claude Lanzmann avec qui elle va retrouver ce qu&amp;rsquo;elle croyait avoir perdu pour toujours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle obtient en 1954 le prix Goncourt pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les Mandarins&lt;/a&gt;, ce qui la rassure d&amp;rsquo;une part (son écriture lui a pris 4 ans), et lui apporte un certain confort matériel, elle qui vivait plutôt sur les deniers de Sartre jusqu&amp;rsquo;à présent (mais sans remord, puisqu&amp;rsquo;ils partagent tout).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce deuxième tome, la guerre d&amp;rsquo;Algérie, qu&amp;rsquo;elle qualifie de &amp;ldquo;drame personnel&amp;rdquo;, est omniprésente. C&amp;rsquo;est donc aussi un excellent rappel des événements qui se sont passés durant cette période (1952-1962), et dont la France ne sort pas grandie. Elle y exprime d&amp;rsquo;ailleurs la honte qu&amp;rsquo;elle a ressenti pour son pays et ses concitoyens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas de mon plein gré, ce n&amp;rsquo;est pas de gaieté de cœur que j&amp;rsquo;ai laissé la guerre d&amp;rsquo;Algérie envahir ma pensée, mon sommeil, mes humeurs. Le conseil de Camus - défendre, malgré tout, son propre bonheur - personne n&amp;rsquo;était plus enclin que moi à le suivre. Il y avait eu l&amp;rsquo;Indochine, Madagascar, le Cap Bon, Casablanca : je m&amp;rsquo;étais toujours rétablie dans la sérénité. Après la capture de Ben Bella et le coup de Suez, elle s&amp;rsquo;effondra : le gouvernement allait s&amp;rsquo;entêter dans cette guerre. L&amp;rsquo;Algérie obtiendrait son indépendance : mais dans longtemps. À ce moment où je n&amp;rsquo;entrevoyais plus la fin, la vérité de la pacification acheva de se dévoiler. Des appelés parlèrent ; des renseignements affluèrent : conversations, lettres adressées à moi, à des amis, reportages étrangers, rapports plus ou moins secrets que de petits groupes diffusaient. On ne savait pas tout, mais beaucoup, mais trop. Ma propre situation dans mon pays, dans mon monde, dans mes rapports à moi-même s&amp;rsquo;en trouva bouleversée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela va l&amp;rsquo;amener à s&amp;rsquo;impliquer beaucoup plus politiquement, on la découvre d&amp;rsquo;ailleurs très à gauche, et clairement contre les bourgeois et leur bien-pensance. Mais &amp;ldquo;après l&amp;rsquo;après-guerre&amp;rdquo;, ce sont pourtant bien eux qui ont gagné, avec l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;atlantisme&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Coïncidence, je lisais ce récit alors qu&amp;rsquo;à la TV débutaient les hommages au général de Gaulle (pour le 50ème anniversaire de sa mort) : le contraste était grand avec les amères critiques de Simone de Beauvoir à son égard. Car si de Gaulle revient au pouvoir en 1958 et accorde l&amp;rsquo;indépendance à l&amp;rsquo;Algérie en 1962, entre ces deux dates, il laissera faire bien des choses et il y aura beaucoup de morts, que ce soit en Algérie ou en France, par l&amp;rsquo;armée, l&amp;rsquo;O.A.S. ou la police.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre ne se limite pas pour autant à la guerre d&amp;rsquo;Algérie, il y a aussi ses récits de voyages qui sont toujours aussi intéressants, à Cuba d&amp;rsquo;abord où Castro vient de prendre le pouvoir, mais aussi au Brésil, dont elle nous fait un long récit passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle termine ce livre par un dernier voyage en U.R.S.S. (alors sous Khrouchtchev), dont elle dresse un portrait sans doute un peu trop optimiste sur l&amp;rsquo;avenir du communisme, à l&amp;rsquo;époque en pleine déstanilisation. Comme quoi on peut être philosophe sans être visionnaire pour autant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revoyons un peu tout cela, avec quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On commence par quelques brefs récits de leurs voyages en Europe (l&amp;rsquo;automobile permet une liberté jusqu&amp;rsquo;alors inconnue), et où elle nous déclare son amour pour Rome, ville où la beauté est partout&amp;hellip; En Espagne, elle est surprise par l&amp;rsquo;attitude du peuple espagnol, vaincu et pourtant souriant. Une conversation l&amp;rsquo;éclaira :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À Grenade, comme nous dînions à l&amp;rsquo;hôtel de l&amp;rsquo;Alhambra, Lanzmann, irrité contre le maître d&amp;rsquo;hôtel qui lui interdisait d&amp;rsquo;ôter son veston, fit une sortie contre les militaires et les curés qui gouvernaient ce pays ; l&amp;rsquo;autre se mit à rire : il ne les aimait pas non plus. Pendant la guerre civile, il avait travaillé dans l&amp;rsquo;hôtel de Valence où se trouvaient Malraux et Erhrenboug. Il évoqua quelques souvenirs, puis sa voix se durcit : &amp;ldquo;Vous nous avez encouragés à nous battre ; et puis vous nous avez laissé tomber ; et qui a payé ? nous. Un million de morts ; partout sur les routes, les places, des morts. Nous ne recommencerons pas, plus jamais, à aucun prix. &amp;quot; Oui, ces hommes tranquilles avaient risqué leur vie pour un autre avenir ; ils étaient les fils, les frères de ceux qui l&amp;rsquo;avaient donné ; l&amp;rsquo;Angleterre et la France étaient aussi responsables de leur résignation que l&amp;rsquo;Allemagne et l&amp;rsquo;Italie. Il fallait attendre qu&amp;rsquo;une autre génération, moins écrasée de souvenirs, retrouvât l&amp;rsquo;espoir et reprît la lutte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis elle démarre le récit des événements de l&amp;rsquo;époque, en particulier les soulèvements en Pologne et en Hongrie, où le visage de l&amp;rsquo;U.R.S.S. apparaît plus clairement, on va passer du pays socialiste frère au rideau de fer et à la guerre froide ; Sartre va se désolidariser du P.C.F. tout en prêchant toujours pour un socialisme&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme je le disais plus haut, une grosse partie de ce tome est consacré à l&amp;rsquo;Algérie, avec les mensonges proférés par les politiques comme par les journalistes, qui affectent profondément Simone de Beauvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que ce soit en Algérie avec la torture quasi officielle, les camps dits de &amp;ldquo;regroupement&amp;rdquo; où l&amp;rsquo;on déplace des populations entières dont on a détruit les villages, et que l&amp;rsquo;on laisse littéralement mourir de faim (la moitié des enfants y meurent). Certains camps font pire en regroupant des leaders ou des combattants, et ceux là peuvent être appelés camps d&amp;rsquo;extermination.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ou en France, où les arrestations arbitraires, les disparitions d&amp;rsquo;individus, ou encore les ratonnades, sont le quotidien. Personne ne proteste vraiment (alors que tout le monde &amp;ldquo;sait&amp;rdquo; ce qui se passe), à part une minorité (communiste) dont les manifestations sont sévèrement contrôlées et/ou réprimées. La presse est aux ordres, les politiques laissent faire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même Camus n&amp;rsquo;est pas clair sur le sujet, lui qui vient pourtant de l&amp;rsquo;Algérie&amp;hellip; Il se range du côté de De Gaulle quand ce dernier fait son retour en 1958 à la demande du général Massu, ce qui laisse penser qu&amp;rsquo;il se range du côté des militaires. Simone de Beauvoir et Sartre sont quant à eux atterrés par ce que devient la France, comme du comportement des français : les fascistes et les racistes n&amp;rsquo;hésitent plus à se montrer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Car, à condition qu&amp;rsquo;on lui la fardât, le pays consentait allégrement à cette guerre. Je ne m&amp;rsquo;émouvais pas quand les ultras manifestaient sur les Champs-Élysées ; ils réclamaient qu&amp;rsquo;on se battît &amp;ldquo;jusqu&amp;rsquo;au bout&amp;rdquo;, et qu&amp;rsquo;on collât la gauche au poteau, ils cassaient au passage les vitres de l&amp;rsquo;Agence de tourisme au-dessus de laquelle l&amp;rsquo;Express a ses bureaux. C&amp;rsquo;était des ultras. Ce qui m&amp;rsquo;atterra, c&amp;rsquo;est que le chauvinisme eût gagné l&amp;rsquo;immense majorité des Français, et de découvrir la profondeur de leur racisme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la torture, elle n&amp;rsquo;épargne personne, et surtout pas Camus. Elle éclaire d&amp;rsquo;ailleurs d&amp;rsquo;un jour nouveau la fameuse phrase de Camus sur la justice :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La torture était à présent un fait si bien établi que l&amp;rsquo;Église elle-même avait dû se prononcer sur sa légitimité. Beaucoup de prêtres la refusaient, en paroles et par des actes ; mais il y avait aussi des aumôniers pour encourager les corps d&amp;rsquo;élite ; quant aux évêques, la plupart allaient très loin dans la tolérance, aucun ne se hasardaient bien avant dans le blâme. Parmi les laïques, que de silences consentants ! Celui de Camus me révoltait. Il ne pouvait plus arguer, comme pendant la guerre d&amp;rsquo;Indochine, qu&amp;rsquo;il ne voulait pas faire le jeu des communistes ; alors il grommelait que la métropole ne comprenait pas le problème. Quand il vint à Stockholm recevoir le prix Nobel, il se découvrit davantage. Il vanta la liberté de la presse française : cette semaine-là, L&amp;rsquo;Express, L&amp;rsquo;Observateur, France-Nouvelle furent saisis. Devant un vaste public, il déclara : &amp;ldquo;J&amp;rsquo;aime la Justice ; mais je défendrai ma mère avant la Justice&amp;rdquo;, ce qui revenait à se ranger du côté des pieds-noirs. La supercherie, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;il feignait de se tenir au-dessus de la mêlée, fournissant ainsi une caution à ceux qui souhaitaient concilier cette guerre et ses méthodes avec l&amp;rsquo;humanisme bourgeois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle nous raconte toute cette période politique avec brio, c&amp;rsquo;est vraiment passionnant à lire, et c&amp;rsquo;est important de se rappeler le comportement de la France et des français à cette époque, où finalement on ne se comporte pas mieux que les occupants allemands d&amp;rsquo;un passé pourtant si proche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À la Chambre, au cours d&amp;rsquo;une séance que Pouillon nous raconta, Claudius Petit dir à Frey :&lt;br&gt;&#xA;&amp;ldquo;Nous savons maintenant ce que ça signifiait d&amp;rsquo;être allemands pendant le nazisme !&amp;rdquo; ; ses paroles tombèrent dans un silence de mort. Il y avait plus de cinq ans que Marrou avait évoqué Buchenwald et la Gestapo ; pendant des années, les Français avaient accepté les mêmes complicités que les Allemands sous le régime nazi ; le malaise tardif que certains en éprouvaient ne me réconciliait pas avec eux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis Camus meurt dans un accident de la route, ainsi que Michel Gallimard. Boris Vian était mort quelques mois plus tôt. Elle commence à s&amp;rsquo;interroger sur son âge et l&amp;rsquo;inéluctabilité de la mort :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vian, Camus, Michel : la série des morts avait commencé, elle continuerait jusqu&amp;rsquo;à la mienne, qui viendrait forcément trop tôt ou trop tard.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;assistais, impuissante, au jeu de forces étrangères : l&amp;rsquo;histoire, le temps, la mort. Cette fatalité ne me laissait même plus la consolation de pleurer. Regrets, révoltes, je les avais épuisés, j&amp;rsquo;étais vaincue, je lâchais prise. Hostile à cette société à laquelle j&amp;rsquo;appartenais, bannie, par l&amp;rsquo;âge, de l&amp;rsquo;avenir, dépouillée fibre par fibre du passé, je me réduisais à ma présence nue. Quelle glace !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils partent au Brésil en 1960 pour un voyage de plusieurs mois ; leur guide est &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorge_Amado&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jorge Amado&lt;/a&gt;, un écrivain brésilien qu&amp;rsquo;ils ont rencontré à Paris. Le récit détaillé est passionnant. Le racisme de classe y est très présent (et même le racisme tout court je dirais), et les travailleurs pauvres ont peu d&amp;rsquo;espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les Brésiliens pourtant se disent démocrates et jusqu&amp;rsquo;à un certain point c&amp;rsquo;est vrai ; ils ignorent la morgue ; maîtres et domestiques vivent, superficiellement, sur un pied d&amp;rsquo;égalité ; à Itabuna, quand le gérant de la fazenda nous a offert un verre, le chauffeur qui nous conduisait a bu au salon avec nous. Le clivage se fait plus bas ; les gérants ne traitent pas en égaux, pas même en hommes, les travailleurs des plantations. Jusqu&amp;rsquo;à un certain point aussi, les Brésiliens refusent le racisme. Presque tous ont du sang juif, parce que la plupart des Portugais qui émigrèrent en Amérique du Sud étaient des Juifs ; presque tous ont du sang noir. Pourtant, j&amp;rsquo;ai constaté dans les milieux bourgeois un antisémitisme assez vif. Et jamais nous n&amp;rsquo;avons aperçu dans les salons, les universités, ni dans nos autitoires un visage chocolat ou café au lait. Sartre en fit tout haut la réflexion pendant une conférence, à Saint-Paul, puis il se ravisa : il y avait un Noir dans la salle ; mais c&amp;rsquo;était un technicien de la télévision. La ségrégation est économique, soit ; le fait est que les descendants des esclaves sont tous restés prolétaires ; et dans les favellas, les pauvres Blancs se sentent supérieurs aux Noirs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les hommes à la peau et aux cheveux sombres nous regardaient, leurs machettes à la main, la haine aux yeux. À Cuba, ils avaient cette peau, ces cheveux, ces machettes, et leurs yeux fixés sur Castro étincelaient d&amp;rsquo;amour.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Portrait sans concession de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frantz_Fanon&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frantz Fanon&lt;/a&gt;, auteur des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Damn%C3%A9s_de_la_Terre&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Damnés de la Terre&lt;/a&gt; dont Sartre écrit la préface. Ce médecin martiniquais qui s&amp;rsquo;engage du côté des Algériens dans leur lutte contre l&amp;rsquo;État français, brillant esprit (fondateur du courant de pensée tiers-mondiste) qui hélas mourra avant l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Algérie, atteint d&amp;rsquo;une leucémie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1961, mort de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Lumumba&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lumumba&lt;/a&gt;, au Congo belge, assassiné dans des circonstances complexes (voir le film de Raoul Peck). Les mouvements d&amp;rsquo;indépendance se multiplient en Afrique, et les violences aussi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En France, rien ne s&amp;rsquo;arrange, la tentative de putsch heureusement tourne court (attentat contre de Gaulle), mais les ratonnades se succèdent aux attentats au plastic, on retrouve des algériens pendus dans le Bois de Boulogne, l&amp;rsquo;affaire du métro Charone&amp;hellip; Avec Sartre, ils devront déménager plusieurs fois quand l&amp;rsquo;O.A.S. commencera à plastiquer à tout va dans Paris. Ils vont pas mal s&amp;rsquo;impliquer dans les manifestations, les meetings organisés par la gauche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sartre cherche à trouver une voie commune avec les communistes, mais ceux-ci s&amp;rsquo;entêtent à lutter exclusivement contre l&amp;rsquo;O.A.S., et ne veulent pas entendre parler d&amp;rsquo;un soutien au F.L.N. Voilà ce qu&amp;rsquo;il déclare lors du procès de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Jeanson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Francis Jeanson&lt;/a&gt; (philosophe français soutenant le F.L.N.) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Donc, je le répète, cette indépendance est certaine. Ce qui ne l&amp;rsquo;est pas, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;avenir de la démocratie en France. Car la guerre d&amp;rsquo;Algérie a pourri ce pays. L&amp;rsquo;amenuisement progressif des libertés, la disparition de la vie politique, la généralisation de la torture, l&amp;rsquo;insurrection permanente du pouvoir militaire contre le pouvoir civil, marquent une évolution que l&amp;rsquo;on peut sans exagération qualifier de fasciste. Devant cette évolution, la gauche est impuissante, et elle le restera si elle n&amp;rsquo;accepte pas d&amp;rsquo;unir ses efforts à la seule force qui lutte aujourd&amp;rsquo;hui réellement contre l&amp;rsquo;ennemi commun des libertés algériennes et des libertés françaises. Et cette force, c&amp;rsquo;est le F.L.N.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simone de Beauvoir achève son récit par un magnifique épilogue où elle dresse un bilan plutôt amer de sa vie et où perce la détresse dans laquelle la plonge son âge et sa jeunesse perdue. Elle n&amp;rsquo;a pourtant alors que 55 ans&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au passage, j&amp;rsquo;ai noté que Simone de Beauvoir dresse une sévère critique d&amp;rsquo;Hemingway (et brièvement de Faulkner) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En 1956, Faulkner avait dit dans une interview qu&amp;rsquo;il fallait laisser aux sudistes le soin de régler à leur manière le problème noir ; il se déclarait solidaire des Blancs, même s&amp;rsquo;il fallait descendre dans la rue et tirer sur les Noirs. Quant à Hemingway, je continuais d&amp;rsquo;admirer certaines de ses nouvelles. Mais &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Adieu aux Armes&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le Soleil se lève aussi&amp;rdquo;, relus, me déçurent. Il avait fait faire un grand progrès à la technique romanesque ; mais, leur nouveauté disparue, les procédés, les stéréotypies sautaient aux yeux. Surtout, je découvrais chez lui une conception de la vie qui ne m&amp;rsquo;était pas du tout sympathique. Son individualisme impliquait une connivence décidée avec l&amp;rsquo;injustice capitaliste ; c&amp;rsquo;était celui d&amp;rsquo;un dilettante assez riche pour financer de coûteuses expéditions de chasse et de pêche et pratiquant à l&amp;rsquo;égard des guides, des serviteurs, des indigènes un paternalisme ingénu. Lanzmann me fit remarquer que &amp;ldquo;Le Soleil se lève aussi&amp;rdquo; était entaché de racisme ; un roman est un microcosme : si le seul pleutre est un Juif, le seul Juif, un pleutre, un rapport de compréhension, sinon une relation universelle, est posé entre ces deux caractères. D&amp;rsquo;ailleurs, les complicités que nous propose Hemingway à tous les tournants de ses récits impliquent que nous avons conscience d&amp;rsquo;être, comme lui, aryens, mâles, dotés de fortune et de loisirs, n&amp;rsquo;ayant jamais éprouvé notre corps que sous la figure du sexe et de la mort. Un seigneur s&amp;rsquo;adresse à des seigneurs. La bonhommie du style peut tromper, mais ce n&amp;rsquo;est pas un hasard si la droite lui a tressé de luxuriantes couronnes : il a peint et exalté le monde des privilégiés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dommage, je viens d&amp;rsquo;acheter un recueil de ses nouvelles ! :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses T1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La force des chose T2&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La force des choses T1 - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/la-force-des-choses-t1-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Tue, 03 Nov 2020 17:54:35 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laforcedeschoses1.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Simone de Beauvoir, et au récit de ses souvenirs, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoire d&amp;rsquo;un jeune fille rangée&lt;/a&gt;, puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l&amp;rsquo;âge&lt;/a&gt;. Nous sommes en 1945, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;après-guerre dans un Paris libéré, avec l&amp;rsquo;envie de vivre mais aussi encore beaucoup de privations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce premier tome s&amp;rsquo;achève en 1952. Entre temps, elle aura publié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Deuxi%C3%A8me_Sexe&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le deuxième sexe&lt;/a&gt;, qui fera d&amp;rsquo;elle une figure de proue du féminisme, et commencé la rédaction de son roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les Mandarins&lt;/a&gt; (qui lui prendra quatre ans, et pour lequel elle recevra le prix Goncourt).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au-delà du récit de cette période riche en événements, j&amp;rsquo;ai trouvé ses récits de voyage sont particulièrement agréables à lire, elle sait en quelques phrases bien senties décrire un pays, une ville, ou un simple journée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une autre partie consiste en la fréquentation du milieu intellectuel parisien, pas forcément la plus intéressante, d&amp;rsquo;autant que Simone de Beauvoir ne prend pas la peine de vous présenter ses interlocuteurs, tant pis pour vous si vous ne les connaissez pas (parfois, ce ne sera même qu&amp;rsquo;un initiale qui sera utilisée). J&amp;rsquo;ai tout de même retenu cette remarque qu&amp;rsquo;elle fait quand elle se rend à un cocktail à la demande de Sartre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Sourire aussi cordialement à des adversaires qu&amp;rsquo;à ses amis, c&amp;rsquo;est ramener les engagements à des opinions, et tous les intellectuels, droite ou gauche, à leur commune condition bourgeoise. C&amp;rsquo;est elle qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;imposait ici comme ma vérité et c&amp;rsquo;est pourquoi j&amp;rsquo;eus cette cuisante impression de défaite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons voir un peu tout cela&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sartre et Simone de Beauvoir sont intimement liés, on le sait, et ce qui arrive à l&amp;rsquo;un arrive à l&amp;rsquo;autre ; c&amp;rsquo;est très présent dans ce récit, où elle parle beaucoup de ce qui arrive à Sartre, et qui l&amp;rsquo;affecte tout autant. C&amp;rsquo;est étonnant, et cela en dit long sur la relation intellectuelle qu&amp;rsquo;il avaient construits tous les deux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En effet, Sartre et son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; rencontre après-guerre un certain succès (et tout autant de critiques comme il se doit !). C&amp;rsquo;est sans doute l&amp;rsquo;époque qui fait que cette doctrine plaît aux gens&amp;hellip; Mais cette célébrité vient trop vite à son goût (il l&amp;rsquo;aurait préféré posthume !) et l&amp;rsquo;empêche de travailler comme il le souhaiterait. À ce sujet, le portrait en creux que Simone de Beauvoir en dresse fait apparaître un bourreau de travail, très engagé politiquement (beaucoup plus qu&amp;rsquo;elle même).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils se sentent tous deux proches du PC, mais les communistes rejettent Sartre car pas assez dogmatique, voir dangereux pour eux (il leur volerait des adhérents&amp;hellip;). À cette époque, les communistes sont staliniens, la ligne du parti ne se discute pas. Et le matérialisme historique ne colle pas vraiment avec l&amp;rsquo;existentialisme&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Leurs idées sont diffusées par le biais de la revue &amp;ldquo;Les Temps modernes&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;ils ont créé, pendant que Camus continue de s&amp;rsquo;occuper de &amp;ldquo;Combat&amp;rdquo;. Les relations avec Camus sont aussi difficiles, qui est plus attiré par la ligne de Gaulle&amp;hellip; Mais leurs divergences ne les empêchent pas de s&amp;rsquo;apprécier quand ils se croisent, jusqu&amp;rsquo;à une brouille finale quand &amp;ldquo;l&amp;rsquo;après-guerre a fini de finir&amp;rdquo; : Sartre se rapproche de l&amp;rsquo;U.R.S.S, et Camus des U.S.A, c&amp;rsquo;est la rupture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;après-guerre immédiat n&amp;rsquo;est pas la partie la plus intéressante du livre, avec toutes ces rencontres avec les intellectuels, artistes ou journalistes parisiens, au cours de soirées parfois bien arrosées. Je note tout de même la rencontre avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vian&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Boris Vian&lt;/a&gt;, qu&amp;rsquo;elle apprécie. Il joue de la trompette dans les boites de jazz ; puis il publie &amp;ldquo;J&amp;rsquo;irai cracher sur vos tombes&amp;rdquo; (pastichant Henry Miller) sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, pour lequel il aura des ennuis avec la justice, le roman étant jugé pornographique. L&amp;rsquo;année suivante, il publiera &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89cume_des_jours&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;écume des jours&lt;/a&gt;, où l&amp;rsquo;on trouve comme personnages Jean Sol Partre et la Duchesse de Bovouard&amp;hellip; :-D&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Heureusement, cela s&amp;rsquo;améliore ensuite, l&amp;rsquo;Histoire reprenant ses droits : l&amp;rsquo;union politique de l&amp;rsquo;après-guerre vole vite en éclats et le combat gauche-droite reprend de plus belle : pro-américain ou pro-communiste ? Et pas de place à un socialisme en dehors de ce choix, comme le souhaiterait Sartre : la peur d&amp;rsquo;une nouvelle guerre dont le théâtre serait l&amp;rsquo;Europe y est pour beaucoup. Ils désespèrent tous les deux de voir les valeurs bourgeoises reprendre le dessus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils voyagent aussi régulièrement, ensemble ou séparément, en Europe (ils vont chaque année en Italie), mais aussi en Yougoslavie (non-alignée) et même en Tchécoslovaquie (de l&amp;rsquo;autre côté du rideau de fer). Puis en Afrique, dont j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé le récit. Simone de Beauvoir se rend également en Amérique, où elle rencontre Nelson Algren avec qui elle aura une relation (racontée dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L&amp;rsquo;Amérique au jour le jour&lt;/a&gt;) qui n&amp;rsquo;aura pas de suite principalement du fait de sa relation avec Sartre (mais aussi Algren aime trop Chicago quand elle aime trop Paris). Mais elle en sera tout de même très peinée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ces années que je raconte, j&amp;rsquo;ai pris beaucoup de vacances : ça consiste, en général, à travailler ailleurs. Cependant j&amp;rsquo;ai fait de longs voyages pendant lesquels je n&amp;rsquo;écrivais pas : c&amp;rsquo;est que mon projet de connaître le monde reste étroitement lié à celui de l&amp;rsquo;exprimer. Ma curiosité est moins barbare que dans ma jeunesse, mais presque aussi exigeante : on n&amp;rsquo;a jamais fini d&amp;rsquo;apprendre parce qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;a jamais fini d&amp;rsquo;ignorer. Je ne veux pas dire que pour moi aucun moment ne soit gratuit : jamais un instant ne m&amp;rsquo;a semblé perdu s&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;apportait un plaisir. Mais à travers la dispersion de mes occupations, divertissements, vagabondages, il y a une constante volonté d&amp;rsquo;enrichir mon savoir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis elle publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Deuxi%C3%A8me_Sexe&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le deuxième sexe&lt;/a&gt;, qui provoque beaucoup de réactions, les plus virulentes étant les plus négatives comme toujours. Cet ouvrage fera d&amp;rsquo;elle la figure de proue du mouvement féministe. Elle explique ici ce qu&amp;rsquo;elle a voulu écrire et pourquoi, c&amp;rsquo;est passionnant (personnellement, je ne l&amp;rsquo;ai pas lu, seulement un résumé intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En gros, je demeure d&amp;rsquo;accord avec ce que j&amp;rsquo;ai dit. Je n&amp;rsquo;ai jamais nourri l&amp;rsquo;illusion de transformer la condition féminine ; elle ne changera sérieusement qu&amp;rsquo;au prix d&amp;rsquo;un bouleversement de la production. C&amp;rsquo;est pourquoi j&amp;rsquo;ai évité de m&amp;rsquo;enfermer dans ce qu&amp;rsquo;on appelle &amp;ldquo;le féminisme&amp;rdquo;. Je n&amp;rsquo;ai pas non plus apporté de remède à chaque trouble particulier. Du moins ai-je aidé mes contemporaines à prendre conscience d&amp;rsquo;elles-mêmes et de leur situation.&lt;br&gt;&#xA;Beaucoup d&amp;rsquo;entre elles, certes, ont désapprouvé mon livre : je les dérangeais, je les contestais, je les exaspérais ou je les effayais. Mais à d&amp;rsquo;autres j&amp;rsquo;ai rendu service, je le sais par de nombreux témoignages et d&amp;rsquo;abord par une correspondance qui dure depuis douze ans. Elles ont trouvé dans mes exposés un secours contre les images d&amp;rsquo;elles-mêmes qui les révoltaient, contre les mythes qui les écrasaient ; elles ont réalisé que leurs difficultés ne réflétaient pas une disgrâce singulière, mais une condition générale ; cette découverte leur a évité de se mépriser, certaines y ont puisé la force de lutter. La Lucidité ne fait pas le bonheur, mais elle le favorise et donne du courage. Des psychiatres m&amp;rsquo;ont dit qu&amp;rsquo;ils faisaient lire Le Deuxième Sexe à leurs patientes, et non seulement à des intellectuelles, mais à des petites bourgeoises, des employées, des ouvrières. &amp;ldquo;Votre livre m&amp;rsquo;a été d&amp;rsquo;un grand secours. Votre livre m&amp;rsquo;a sauvée&amp;rdquo;, m&amp;rsquo;ont écrit des femmes de tous les âges et de diverses conditions.&lt;br&gt;&#xA;Si mon livre a aidé les femmes, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;il les exprimait, et réciproquement elles lui ont conféré sa vérité. Grâce à elles, il ne scandalise plus. Les mythes masculins se sont écaillés pendant ces dix dernières années. Et bien des femmes-écrivains m&amp;rsquo;ont dépassé en hardiesse. Trop d&amp;rsquo;entre elles, à mon goût, ont pour unique thème la sexualité ; du moins se posent-elles, pour en parler, comme regard, sujet, conscience, liberté.&lt;br&gt;&#xA;On m&amp;rsquo;aurait surprise et même irritée, à trente ans, si on m&amp;rsquo;avait dit que je m&amp;rsquo;occuperais des problèmes féminins et que mon public le plus sérieux, ce serait des femmes. Je ne le regrette pas. Divisées, déchirées, désavantagées, pour elles plus que pour les hommes il existe des enjeux, des victoires, des défaites. Elles m&amp;rsquo;intéressent ; et j&amp;rsquo;aime mieux, à travers elles, avoir sur le monde une prise limitée, mais solide, que de flotter dans l&amp;rsquo;universel.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle explique aussi ce qu&amp;rsquo;elle a voulu faire avec &amp;ldquo;Les Mandarins&amp;rdquo;, un roman sur lequel elle a travaillé quatre ans, et consacré beaucoup d&amp;rsquo;énergie. C&amp;rsquo;est un témoignage sur l&amp;rsquo;époque qu&amp;rsquo;elle a voulu rendre, et il ne faut pas y chercher les personnages réels (Sartre, Camus, Algren) derrière ceux du roman. Les caractères ou les qualités des uns et des autres ont été réparti comme l&amp;rsquo;auteur l&amp;rsquo;a voulu pour servir la fiction. C&amp;rsquo;est surtout un roman de l&amp;rsquo;après-guerre, et&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;estime pas non plus que Les Mandarins soit un roman à thèse. Le roman à thèse impose une vérité qui éclipse toutes les autres et qui arrête la ronde indéfinie des contestations ; moi, j&amp;rsquo;ai décrit certaines manières de vivre l&amp;rsquo;après-guerre sans proposer de solution aux problèmes qui inquiètent mes héros. Un des principaux thèmes qui se dégage de mon récit, c&amp;rsquo;est celui de la répétition, au sens que Kierkegaard donne à ce mot : pour posséder vraiment un bien , il faut l&amp;rsquo;avoir perdu et retrouvé. Au terme du roman, Henri et Dubreuilh reprennent le fil de leur amitié, de leur travail littéraire et politique ; ils retournent à leur point de départ ; mais entre-temps toutes leurs espérances étaient mortes. Désormais, au lieu de se bercer d&amp;rsquo;un optimisme facile ils assument les difficultés, les échecs, le scandale, qu&amp;rsquo;implique toute entreprise. À l&amp;rsquo;enthousiasme des adhésions se substitue pour eux l&amp;rsquo;austérité des préférences.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simone de Beauvoir finit par dresser un bilan peu reluisant de la situation globale en 1952 : la production est au niveau de 1929, les prix augmentent sans cesse alors que les salaires ont à peine bougé. La bourgeoisie s&amp;rsquo;acharne contre le communisme, propagande contre &amp;ldquo;la cinquième colonne&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;appui. La gauche est divisée, incapable d&amp;rsquo;arrêter la politique colonialiste comme la guerre d&amp;rsquo;Indochine. Le Maccarthysme aux USA bat son plein, on enquête même sur les fonctionnaires de l&amp;rsquo;O.N.U, et Eisenhower parle de guerre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa propre situation semble aussi lui échapper, elle se voit basculer vers la vieillesse. Sa rupture avec Algren lui fait penser que c&amp;rsquo;était sa dernière aventure, qu&amp;rsquo;elle ne retrouverait jamais la chaleur d&amp;rsquo;un corps, qu&amp;rsquo;un monde se ferme à elle&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur ces considérations que le tome 1 s&amp;rsquo;achève, reste à entamer le tome 2 pour connaître la suite !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La force des choses T1&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses T2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  title=&#34;Simone de Beauvoir sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  title=&#34;Existentialisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Ce roman est donc le troisième opus d’une série autobiographique après &lt;em&gt;Mémoires d&amp;rsquo;une jeune fille rangée&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La force de l&amp;rsquo;âge&lt;/em&gt; : viennent ensuite &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_compte_fait&#34;  title=&#34;Tout compte fait&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, auxquels on peut rallier le récit &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_mort_tr%C3%A8s_douce&#34;  title=&#34;Une mort très douce&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Une mort très douce&lt;/a&gt; (1964).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Underworld - William R. Burnett</title>
            <link>https://pled.fr/underworld-william-r-burnett/</link>
            <pubDate>Mon, 26 Oct 2020 16:23:54 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/underworld-william-r-burnett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;underworld.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord entendu parler de cet auteur grâce à Bertrand Tavernier, qui en faisait l&amp;rsquo;éloge dans la postface de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11069&#34; &gt;La Route de l&amp;rsquo;Ouest&lt;/a&gt;. Puis j&amp;rsquo;avais lu l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11136&#34; &gt;Terreur Apache&lt;/a&gt;, et enfin un polar tout aussi bon intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11308&#34; &gt;Fin de parcours&lt;/a&gt; trouvé par hasard dans une librairie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été agréablement surpris quand j&amp;rsquo;ai vu que Quarto avait publié ce recueil, les romans de Burnett n&amp;rsquo;étant pas forcément facile à trouver. De plus, j&amp;rsquo;aime bien les publications de Quarto, toujours bien documentées, où l&amp;rsquo;on en apprend toujours sur l&amp;rsquo;auteur, son histoire, son univers (on y trouve une biographie, une filmographie, etc&amp;hellip;.).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit ici de romans noirs, de polars, pour lesquels Burnett est d&amp;rsquo;ailleurs le plus connu (que ce soit en tant qu&amp;rsquo;écrivain que comme scénariste), même s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est essayé d&amp;rsquo;autres styles, comme des westerns par exemple, mais pas seulement. Comme il est dit dans l&amp;rsquo;excellente préface de Benoît Tadié :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Avant Burnett, il y avait des gangsters dans le roman, mais pas de roman de gangsters. Ce genre qui n&amp;rsquo;existait pas, il l&amp;rsquo;avait inventé en 1929 et continuerait à le dominer pendant plusieurs décennies, déportant le centre (le détective) à la marge, ramenant la marge (le gangster) au centre, découvrant un univers dans la tête de criminels professionnels et d&amp;rsquo;outlaws.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je retiens aussi de lui sa trilogie &amp;ldquo;western&amp;rdquo; : Adobe Walls (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11136&#34; &gt;Terreur Apache&lt;/a&gt; - 1953), suivi de Pale Moon (Lune pâle - 1958), et enfin Mi Amigo (1959). J&amp;rsquo;ai pu lire le premier en format poche, le dernier en format epub, et je les ai trouvé très bons. Mais &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.actes-sud.fr/node/66178&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pale Moon&lt;/a&gt; n&amp;rsquo;est disponible qu&amp;rsquo;en format broché (22€), ça m&amp;rsquo;embête de mettre ce prix pour un livre datant de 1956. Mais il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une nouvelle traduction, de 2018, gageons qu&amp;rsquo;Actes Sud le publiera en format poche bientôt&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons voir un peu le contenu de ce Quarto&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce recueil commence comme il se doit par une biographie de l&amp;rsquo;auteur, bien qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en existe aucune d&amp;rsquo;officielle, et certaines zones d&amp;rsquo;ombre et incertitudes demeurent. Ce qui m&amp;rsquo;a surpris, c&amp;rsquo;est que malgré ses succès littéraires et de scénaristes, W. R. Burnett ne semble pas avoir vécu dans l&amp;rsquo;opulence, connaissant même la faillite&amp;hellip; à cause de son amour des courses de chevaux et de lévriers, tout s&amp;rsquo;explique ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ensuite une trilogie qui nous est proposée, se passant dans &amp;ldquo;la grande ville du Midwest&amp;rdquo; très bien évoquée mais jamais nommée (mais qui doit être Chicago), et s&amp;rsquo;il y a peu de violence, le thème est la corruption qui progresse à chaque histoire, comme expliqué dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les romans de sa trilogie représentaient pour Burnett, d&amp;rsquo;une manière presque spenglerienne, trois moments de la chute morale de la ville : le statu quo (The Asphalt Jungle (1949), dans lequel la loi et le crime sont encore relativement séparés), le déséquilibre (Little Men, Big World (1951), où ils s&amp;rsquo;interpénètrent), l&amp;rsquo;anarchie (Vanity Row, (1952) où ils se confondent. Et cette corruption qui gangrène le système général travaille aussi les hommes. Rompant avec un genre qui avait une tendance manichéenne à opposer les justiciers aux criminels, le bien au mal, l&amp;rsquo;argent honnête au &amp;ldquo;blood money&amp;rdquo;, Burnett montre que ces oppositions ne résistent pas non plus à l&amp;rsquo;échelle des individus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Viennent ensuite Underdog (1958), où apparaît la mafia, nouvelle menace pour la ville, venue de l&amp;rsquo;extérieur celle-ci ; et enfin The Cool Man (1968), l&amp;rsquo;avant-dernier livre de Burnett publié de son vivant, qui raconte l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme qui a échappé à son milieu d&amp;rsquo;origine, mais qui voit son passé le rattraper.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Évidemment, les atmosphères sont datées, mais les scénarios sont solides, et leur lecture passionnante. De bons vieux polars, avec au cœur de l&amp;rsquo;histoire des truands qui ont une vraie personnalité, des doutes, et aussi des valeurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le recueil enchaîne ensuite sur un extrait du journal de W. R. Burnett, écrit à la fin de sa vie, où ce dernier ne se prive de donner son avis sur la littérature et les arts en général, sans prendre de gants, le recul de l&amp;rsquo;âge aidant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La vieillesse a ses compensations : quand j&amp;rsquo;étais très jeune, je voulais voir toutes les pièces de théâtre et tous les films, lire tous les livres, écouter toute la musique. J&amp;rsquo;étais dans un état de fièvre permanent. Désormais, je suis plus tranquille et, dans une certaine mesure, plus sage. Je sais combien les bonnes pièces et les bons films, les bons livres et la bonne musique sont rares. Je dois reconnaître que, quel que soit le domaine, mes goûts ont tendance à se restreindre. Je déteste qu&amp;rsquo;on se vautre dans l&amp;rsquo;émotion - je préfère donc Tourguéniev à Dostoïevski, Debussy à Wagner - et les écrivains français à toute autre communauté nationale d&amp;rsquo;écrivains. Vous imaginez quelle est ma réaction intime face au rock - avec son sentimentalisme idiot et son analphabétisme musical. Je crois que ça suffit pour aujourd&amp;rsquo;hui - je ne suis pas un critique, donc l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;éclectisme n&amp;rsquo;est pas un défaut en ce qui me concerne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;en ai retenu quelques conseils ou avis, en commençant par celui bien utile sur Proust et son œuvre fleuve :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si vous n&amp;rsquo;avez ni la patience ni le temps de lire toute la Recherche [c&amp;rsquo;est parfois ardu], lisez &amp;ldquo;Du côté de chez Swan&amp;rdquo; et &amp;ldquo;À l&amp;rsquo;ombre des jeunes filles en fleur&amp;rdquo;, les deux premiers volumes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de T. E. Lawrence, &amp;ldquo;le bonimenteur&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;il ne porte pas vraiment dans son cœur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un personnage un peu à la manière de Frederick Rolfe, Baron Corvo - homosexuel, masochiste (il aimait être battu), qui vivait une sorte de vie fantasmée et reste intéressant, non à cause de ses exploits (largement mensongers) ou de son écriture - mais parce qu&amp;rsquo;il incarne un cas clinique hors du commun.&lt;br&gt;&#xA;Je n&amp;rsquo;oublierai jamais le respect avec lequel on le traitait dans les années 1920 - la fascination que son nom inspirait. Entre autre choses, je me rappelle qu&amp;rsquo;on me l&amp;rsquo;avait vanté comme s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;un génie littéraire prodigieux. [&amp;hellip;] Mais à cette époque, les années 1920, je n&amp;rsquo;avais pas confiance en mon propre jugement comme aujourd&amp;rsquo;hui. J&amp;rsquo;étais intimidé par les louanges qui fusaient de tous les côtés. Je faisais mine d&amp;rsquo;être impressionné comme il se devait - mais des doutes intimes continuaient à travailler mon esprit obstiné. En fait, Lawrence était un carriériste qui faisait sa propre promotion et jouait les vedettes, tout en prétendant le contraire. Tout ce qu&amp;rsquo;il faisait, c&amp;rsquo;était pour la galerie, y compris sa disparition de la société. Et il a trompé son monde, jusqu&amp;rsquo;à Bernard Shaw.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai toujours trouvé Lawrence complètement antipathique - prétentieux, sans humour, faux, hermétique. Contrairement à Charles Doughty, qui a écrit un livre magnifique sur l&amp;rsquo;Arabie, &amp;ldquo;Travels in Arabia Deserta&amp;rdquo; (1888, qui est aussi un exercice de style, entre autres choses), Lawrence n&amp;rsquo;était pas vraiment intéressé par l&amp;rsquo;Arabie ni par rien d&amp;rsquo;autre que lui-même - comme toutes les personnalités psychopathes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À prendre avec des pincettes tout de même, cela ne semble pas très objectif ; en lisant la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10129&#34; &gt;biographie de Lawrence d&amp;rsquo;Arabie par Michel Renoir&lt;/a&gt;, le personnage est plus complexe que cela.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de Simenon :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Simenon ne s&amp;rsquo;intéresse guère au suspense en tant que tel : ses romans sont si peu américains à cet égard. Maigret est rarement en danger. Simenon s&amp;rsquo;intéresse avant tout aux personnages, à l&amp;rsquo;atmosphère et au dénouement lent et patient de l&amp;rsquo;intrigue criminelle, qui est souvent mesquine, sordide - rarement bizarre ou sensationnelle. Travail de routine policière. Sa principale préoccupation semble être de brosser un tableau naturaliste du Paris de son temps, sans embellissement, sombre, teinté d&amp;rsquo;aucune idéologie. Ces romans de Maigret pourraient s&amp;rsquo;avérer aussi précieux pour les futurs chercheurs qui s&amp;rsquo;intéresseront au mode de vie des Parisiens du milieu du XXe siècle, que les scènes parisiennes décrites par Restif de La Bretonne pendant la Révolution française nous sont précieuses. Ces scènes sont incomparables. De même qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a rien de vraiment comparable à Maigret, dans aucune littérature.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, à la suite d&amp;rsquo;une discussion avec un ami, les livres qu&amp;rsquo;il emmènerait sur une île déserte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les œuvres complètes de Shakespeare, Stephen Crane, Conrad, Anatole France et les romans majeurs de Balzac. Les Mémoires de Casanova. Toutes les histoires de Maigret de Simenon et l&amp;rsquo;intégralité de Sherlock Holmes. Un choix de romans et de nouvelles de Guy de Maupassant, en particulier Bel-Ami ; les romans de Mark Aldanov - et les œuvres complètes d&amp;rsquo;Ivan Tourguéniev. Parmi mes contemporains : &amp;ldquo;Berlin Stories&amp;rdquo; de Paul Morand ; &amp;ldquo;1984&amp;rdquo; et &amp;ldquo;La ferme des animaux&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Orwell et &amp;ldquo;Le Zéro et l&amp;rsquo;Infini&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Arthur Koestler.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un article intitulé &amp;ldquo;Parlons d&amp;rsquo;Art&amp;rdquo;, il est sans pitié pour Picasso, Dali et même Miro :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Comme son copain Picasso, Dali avait du talent, et comme Picasso, il n&amp;rsquo;avait rien à dire, c&amp;rsquo;est pourquoi les deux hommes se sont réfugiés quelque part dans l&amp;rsquo;éclectisme. Tous deux paraissent antihumanistes et aveugles au monde naturel visible. N&amp;rsquo;ayant pas réussi à approcher le mérite des impressionnistes, ni même des postimpressionnistes, Picasso s&amp;rsquo;est réfugié dans le cubisme et d&amp;rsquo;autres arts non figuratifs - ou dans des déformations complètes de la silhouette humaine, par exemple une femme ayant deux yeux sur le même côté du visage. &amp;ldquo;Fabuleux&amp;rdquo;, ont crié les critiques à la mode. Picasso, pas idiot pour un sou, voyait dans quelle direction le vent soufflait, il leur a donné ce qu&amp;rsquo;ils voulaient et il a eu un succès colossal. Il a même admis son charlatanisme - plus ce qu&amp;rsquo;il peignait était fou, disait-il, plus il était acclamé et plus il gagnait de l&amp;rsquo;argent. Je ne crois pas qu&amp;rsquo;il ait jamais été poussé , comme l&amp;rsquo;étaient Dali et Miro, par des pulsions &amp;ldquo;anti-art&amp;rdquo; - je pense qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait qu&amp;rsquo;un seul but, l&amp;rsquo;autopromotion - et il y a réussi plus considérablement que n&amp;rsquo;importe quel autre peintre dans l&amp;rsquo;histoire de la civilisation occidentale. Il est même devenu multimillionnaire. Dali a également bien réussi financièrement, pas de doute, mais pas aussi bien que ce vieux renard de Pablo - (Les peintures de Dali sont-elles jamais vendues aux enchères ? Je n&amp;rsquo;en vois pas trace dans le journal.)&lt;br&gt;&#xA;Dali était prétentieux, farfelu, sans humour et semblait toujours en équilibre entre l&amp;rsquo;égomanie et le charlatanisme. Il ne peignait jamais (ou rarement) ce qu&amp;rsquo;il voyait, mais il peignait d&amp;rsquo;après une théorie. La dureté semble lui être naturelle et allait toujours chez lui avec une sorte d&amp;rsquo;inhumanité.&lt;br&gt;&#xA;Miro était très différent. C&amp;rsquo;était un farceur avec un sens aigu de l&amp;rsquo;absurde - et un vrai sens de l&amp;rsquo;humour. Comme Dali, pendant un certain temps, il avait pour objectif de &amp;ldquo;détruire la peinture&amp;rdquo;. Il a donc peint de petits gribouillis idiots, où trônent généralement des pieds ou quelques chose qui leur ressemble. Les choses ont l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;être fragmentées et de voler dans toutes les directions. La réalité n&amp;rsquo;y fait jamais intrusion un seul instant. Le travail de Miro ressemble à celui d&amp;rsquo;un enfant talentueux mais perturbé. Les critiques n&amp;rsquo;ont pas tari d&amp;rsquo;éloges. Génial, fabuleux. Historique. Miro a dû en rire à gorge déployée tous les soirs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Burnett n&amp;rsquo;est pas fan de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;art abstrait ultramoderne&amp;rdquo;, on l&amp;rsquo;aura compris. Voilà comment il conclut sur le sujet :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;art abstrait ultramoderne est aussi mort que le dodo mais il ne veut tout simplement pas tomber, étant maintenu en pied par la critique qui a appris à l&amp;rsquo;université qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a que ça de vrai et par des marchands qui voudraient continuer à le vendre à des gogos. On persiste à propager le mythe selon lequel il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un art &amp;ldquo;d&amp;rsquo;avant-garde&amp;rdquo; alors qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit en réalité d&amp;rsquo;un art de l&amp;rsquo;establishment, tout comme la peinture de salon était l&amp;rsquo;art établi de Paris jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;arrivée des &amp;ldquo;impressionnistes&amp;rdquo; révolutionnaires.&lt;br&gt;&#xA;L&amp;rsquo;art abstrait ultramoderne tombera lentement dans le discrédit, malgré tout ce que peuvent faire les critiques et les marchands - même les universités finiront peut-être par s&amp;rsquo;en détourner et par encourager les jeunes peintres à regarder autour d&amp;rsquo;eux et à peindre ce qu&amp;rsquo;ils voient comme ils le voient. Et non selon une théorie préconçue. On continuera toujours à bricoler et à expérimenter avec l&amp;rsquo;art, bien sûr : le bric-à-brac, les objets, les collages et autres substituts - et pourquoi pas ? Il y a de la place pour tout cela. Et ce mouvement qui ressemble à un mastodonte a la vie dure, pour une raison bien simple : la chose la plus rare au monde est un talent original et une pensée originale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ouvrage se termine par une filmographie complète, que ce soit les adaptations de ses romans que les nombreux scénarios auxquels il a participé. Voilà une petite sélection :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À commencer par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Petit_C%C3%A9sar_%28film%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Little Caesar&lt;/a&gt; (1929) qui révèle l&amp;rsquo;auteur, et qui est porté rapidement au cinéma. J&amp;rsquo;ai vu le film, c&amp;rsquo;est tout de même très daté de nos jours : c&amp;rsquo;est le premier grand succès du film de gangsters du cinéma parlant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À partir de cette date, Burnett va beaucoup travailler pour les studios d&amp;rsquo;Hollywood, et participer à de multiples films pendant une vingtaine d&amp;rsquo;années. Le plus grand succès scénaristique est &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_%C3%89vasion_%28film,_1941%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;High Sierra&lt;/a&gt; (1940) avec Humphrey Bogart (&amp;ldquo;La Grande Évasion&amp;rdquo; en français). Vu également, et je l&amp;rsquo;ai trouvé excellent. Deux remakes en ont été fait : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fille_du_d%C3%A9sert_%28film,_1949%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La fille du désert&lt;/a&gt; (1949), et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Peur_au_ventre_%28film,_1955%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La peur au ventre&lt;/a&gt; (1955).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En tant qu&amp;rsquo;auteur, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Quand_la_ville_dort_%28film%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;The Asphalt Jungle&lt;/a&gt; (Quand la ville dort) en 1950 a été porté à l&amp;rsquo;écran par John Huston. Marilyn Monroe, alors au début de sa carrière, y tient un second rôle qui la fera remarquer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la catégorie Western, on peut citer &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sorcier_du_Rio_Grande&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Arrowhead&lt;/a&gt; (Le sorcier du Rio Grande) en 1953 avec Charlton Heston, qui est l&amp;rsquo;adaptation de l&amp;rsquo;excellent Adobe Walls, A Novel of the Last Apache Rising (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11136&#34; &gt;Terreur Apache&lt;/a&gt;). Il existe une autre adaptation réalisée par Robert Aldrich en 1972 : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fureur_apache&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Fureur Apache&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitaine_Myst%C3%A8re&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Captain Lightfoot&lt;/a&gt; (Capitaine Mystère), un roman d&amp;rsquo;aventures exotique, est adapté par Douglas Sirk (1955), mais l&amp;rsquo;adaptation est selon Burnett ratée. Un remake transposé aux États-Unis sera fait en 1974 sous le titre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Canardeur&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Thunderbolt and Lightfoot&lt;/a&gt; (Le Canardeur) par Michael Cimino, avec Clint Eastwood : le roman est plagié par Cimino, ce qui provoquera la colère de Burnett.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vanity Row a été porté à l&amp;rsquo;écran sous le titre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Accused_of_Murder&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Accused of Murder&lt;/a&gt; (en). Burnett se plaindra que le patron de Republic Pictures, mari de l&amp;rsquo;actrice principale, ait changé la fin du roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Eh bien, la femme du chef du studio ne pouvait pas être coupable, alors il en a fait une innocente. Et il a complètement fichu en l&amp;rsquo;air le film.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour terminer, tout le monde connaît le film &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_%C3%89vasion_%28film,_1963%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La grande Évasion&lt;/a&gt;&amp;rdquo; (The Great Escape) de John Sturgess avec Steve Mac Queen (1963) : eh bien, le scénario est de W. R. Burnett !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/W._R._Burnett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;W. R. Burnett&lt;/a&gt; (1899-1982) est un écrivain de roman noir et un scénariste américain. Je vous laisse explorer sa page wikipedia pour la liste complète des œuvres auxquelles il a participé. Chapeau l&amp;rsquo;artiste !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les tambours de la pluie - Ismaïl Kadaré</title>
            <link>https://pled.fr/les-tambours-de-la-pluie-ismail-kadare/</link>
            <pubDate>Fri, 25 Sep 2020 07:45:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-tambours-de-la-pluie-ismail-kadare/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;les-tamboursdelapluie.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre recommandé par ma sœur Dominique. Et bonne recommandation, l&amp;rsquo;histoire est plaisante à lire, et de plus basée sur des faits historiques. Nous sommes au XVème siècle, et l&amp;rsquo;Albanie a des envies d&amp;rsquo;indépendance vis-à-vis du tout-puissant Empire Ottoman. Le conflit paraît déséquilibré à priori !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le contexte historique : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Scanderbeg&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Georges Kastriote&lt;/a&gt;, fils d&amp;rsquo;un prince albanais, avait été pris en otage dès son plus jeune âge par le sultan, et élevé à la cour (l&amp;rsquo;Empire ottoman, comme les romains d&amp;rsquo;ailleurs, était friand de ce genre de pratiques). Il devint ainsi général de l&amp;rsquo;Empire à l&amp;rsquo;âge de 22 ans. Un beau jour, le redouté général Skandergerg (il était appelé ainsi) déserta l&amp;rsquo;armée ottomane et rejoignît son pays d&amp;rsquo;origine, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait jamais oublié. Ce sera le début d&amp;rsquo;un conflit qui durera vingt-cinq ans, entre la petite Albanie et la superpuissance ottomane, et qui deviendra l&amp;rsquo;acte fondateur de l&amp;rsquo;Albanie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman décrit les débuts de ce conflit, avec la première expédition de l&amp;rsquo;armée ottomane, avec le siège d&amp;rsquo;une citadelle. Les forces en présence laissent peu de doutes quant à l&amp;rsquo;issue de la bataille, et pourtant&amp;hellip; Les tambours de la pluie annonceront la fin du siège jusqu&amp;rsquo;à la saison prochaine ! C&amp;rsquo;est très bien écrit, et le récit se passe côté turc, à travers quelques personnages qui dévoilent le côté implacable et tout-puissant du pacha ! Mais les astrologues, les énormes canons pas plus que les fameux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Janissaire&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;janissaires&lt;/a&gt; ne seront suffisants pour emporter la bataille&amp;hellip; La soif de liberté des assiégés sera plus forte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%AFl_Kadar%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ismaïl Kadaré&lt;/a&gt;, né en 1936, est un écrivain albanais. Il est considéré comme l&amp;rsquo;un des plus grands écrivains et intellectuels européens du XXe siècle et, en plus, comme une voix universelle contre le totalitarisme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Terres de crépuscule - J. M. Coetzee</title>
            <link>https://pled.fr/terres-de-crepuscule-j-m-coetzee/</link>
            <pubDate>Thu, 24 Sep 2020 16:22:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/terres-de-crepuscule-j-m-coetzee/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;terresdecrepuscule.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en lisant un article du Monde, pendant le confinement, que j&amp;rsquo;avais noté ce livre dans ma liste. Il s&amp;rsquo;agit de deux nouvelles, intitulées &amp;ldquo;Le projet Vietnam&amp;rdquo; pour la première, et &amp;ldquo;Le récit de Jacobus Coetzee&amp;rdquo; pour la seconde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le projet Vietnam&amp;rdquo; regroupe plusieurs analystes censés réfléchir à comment gagner cette guerre (côté américain). C&amp;rsquo;est le récit à la première personne de l&amp;rsquo;un de ceux-ci, Eugène Dawn, qui a manifestement perdu la boule et est en plein délire paranoïaque, persuadé que son supérieur, un certain Coetzee (!) veut se débarrasser de lui. Toujours est-il que ce qu&amp;rsquo;il propose dans son rapport est réellement glaçant : très documenté, prenant en compte la culture et la mythologie vietnamienne pour développer ses idées extrêmes, il propose purement et simplement l&amp;rsquo;extermination de l&amp;rsquo;ennemi Vietcong. Son délire le mènera fort heureusement à l&amp;rsquo;asile, place qu&amp;rsquo;il appréciera finalement puisque les médecins lui demandent de s&amp;rsquo;expliquer, ce qu&amp;rsquo;il considère comme une marque de considération&amp;hellip; Le fait que ce récit soit écrit à la première personne donne un relief particulier à ce texte, nous plaçant au cœur des divagations de Dawn.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le second texte, intitulé &amp;ldquo;Le récit de Jacobus Coetzee&amp;rdquo; est également écrit à la première personne, c&amp;rsquo;est le récit de l&amp;rsquo;expédition d&amp;rsquo;un colon hollandais en Afrique du Sud, qui se rend dans des territoires encore vierges pour chasser l&amp;rsquo;éléphant, accompagné par quelques serviteurs indigènes. Il va croiser une tribu dont il ne sait pas si elle est vraiment amicale, et y tomber malade, ce qui va très vite compliquer les choses : pendant sa fièvre, ses biens sont dispersés, son personnel retourne à la vie tribale ; il perd tout, sans pour autant subir aucune violence&amp;hellip; Il réussira à s&amp;rsquo;en échapper, accompagné de son seul vieux serviteur, et à revenir à sa ferme. Il retournera alors avec une troupe sur le territoire de la tribu pour se venger. Là encore, ce que raconte ce Jacobus est assez glaçant, exprimant le racisme ordinaire des colons de cette époque (l&amp;rsquo;histoire se passe en 1685). L&amp;rsquo;histoire semble véridique, établie et racontée par un ancêtre de l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc deux récits donnant à voir la façon de penser de deux hommes qui sont chacun à leur manière bien loin des qualités que l&amp;rsquo;on attend d&amp;rsquo;un être humain, tout cela raconté sans affect, afin de laisser le lecteur face à face avec cette terrible réalité. C&amp;rsquo;est aussi ce qui leur donne toute leur force. Car c&amp;rsquo;est très bien écrit, l&amp;rsquo;auteur maîtrise son art d&amp;rsquo;écrivain, ne choisit pas des sujets faciles et ne fait rien pour arrondir les angles !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/J._M._Coetzee&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;J.M. Coetzee&lt;/a&gt;, né en 1940 en Afrique du Sud, est un romancier et professeur de littérature australien. Prix Nobel de littérature en 2003, voilà ce que dit sa page Wikipedia, ce qui confirme l&amp;rsquo;impression ressentie à la lecture de ces deux nouvelles :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Marquée par le thème de l&amp;rsquo;ambiguïté, la violence et la servitude, son œuvre juxtapose réalité politique et allégorie afin d&amp;rsquo;explorer les phobies et les névroses de l&amp;rsquo;individu, à la fois victime et complice d&amp;rsquo;un système corrompu qui anéantit son langage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est avec son roman &lt;strong&gt;Disgrâce&lt;/strong&gt; qui traite directement de la société sud-africaine post-apartheid, qu&amp;rsquo;il écrit son œuvre de maturité (dont le succès fait beaucoup pour l&amp;rsquo;attribution du prix Nobel). Il a été porté à l&amp;rsquo;écran par Steve Jacobs en 2010.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le nom des étoiles - Pete Fromm</title>
            <link>https://pled.fr/le-nom-des-etoiles-pete-fromm/</link>
            <pubDate>Sun, 06 Sep 2020 16:13:23 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lenomdesetoiles.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre offert par des amis, je ne connaissais pas l&amp;rsquo;auteur, son plus grand succès est &amp;ldquo;Indian Creek&amp;rdquo;, roman autobiographique qui raconte son expérience de la solitude dans les montagnes rocheuses lorsqu&amp;rsquo;il était âgé d&amp;rsquo;une vingtaine d&amp;rsquo;années (1978-79).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci est un peu similaire j&amp;rsquo;imagine, quand 25 ans plus tard, on lui propose d&amp;rsquo;aller passer un mois dans un parc du Montana, pour surveiller la croissance d&amp;rsquo;alevins, dans une zone par ailleurs peuplée de grizzlys. Il est alors marié, a dépassé la quarantaine, et est père de deux enfants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture est agréable, l&amp;rsquo;auteur partage bien son amour de la nature, son expérience de la solitude, de la faune locale, même si la rencontre avec un grizzly tient plus de l&amp;rsquo;Arlésienne ! Il profite aussi de cette solitude pour revenir sur les grandes étapes de sa vie, qui l&amp;rsquo;ont amené ce présent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est un peu le problème de ce livre : il ne se passe pas grand chose, l&amp;rsquo;auteur est partagé entre son amour d&amp;rsquo;une telle vie, et le manque qu&amp;rsquo;il ressent de ses enfants, qui occupent ses pensées en permanence et qui sont devenus le sel de sa vie. Le quotidien est raconté en détail, mais hormis cela, il n&amp;rsquo;y a pas grand chose. Et l&amp;rsquo;ennui n&amp;rsquo;est jamais très loin, malgré l&amp;rsquo;évidente sincérité de l&amp;rsquo;auteur à décrire ce qu&amp;rsquo;il ressent et perçoit. Il faudra attendre l&amp;rsquo;épilogue pour une belle leçon de vie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À voir si &amp;ldquo;Indian Creek&amp;rdquo; est plus intense en expérience, c&amp;rsquo;est sans doute le cas. En lisant celui-ci, je me disais que l&amp;rsquo;histoire ne méritait pas vraiment d&amp;rsquo;être contée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pete_Fromm&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pete Fromm&lt;/a&gt;, né en 1958 (excellente année ! :-P ), est un écrivain américain. Il a fait plusieurs petits boulots comme maître-nageur puis de &amp;ldquo;Ranger&amp;rdquo; dans un parc national avant de renconter un modeste succès avec son premier recueil de nouvelles en 1992.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Boussole - Mathias Énard</title>
            <link>https://pled.fr/boussole-mathias-enard/</link>
            <pubDate>Thu, 27 Aug 2020 16:18:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/boussole-mathias-enard/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;boussole.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre offert pas des amis, un prix Goncourt ça rassure, et qui parle de l&amp;rsquo;Orient, ça devrait être bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franz Ritter, musicologue épris d&amp;rsquo;Orient (mais aussi et surtout de Sarah), passe une nuit blanche et revient sur ses voyages et son amour impossible avec la fameuse Sarah, chercheuse et spécialiste des rapports entre l&amp;rsquo;Orient et l&amp;rsquo;Occident.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;évoquer les personnages célèbres ou les illustres inconnus qui ont participé à ce &amp;ldquo;melting pot&amp;rdquo; au fil du temps, qu&amp;rsquo;ils soient musiciens (Litz), ethnologues, écrivains (Flaubert), poètes (Hafez)&amp;hellip; En passant par la Turquie, la Syrie, l&amp;rsquo;Iran&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franz tisse une toile passionnante où tout s&amp;rsquo;entremêle, et dont il est finalement difficile de dire qui a influencé qui, tellement les influences sont multiples et croisées. La grande Histoire est aussi présente, les empires, la religion, jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque récente où l&amp;rsquo;EI détruit les tambours et les trompettes comme symboles de la musique occidentale, alors que leur origine remonte à l&amp;rsquo;empire ottoman…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parmi les personnages évoqués, j&amp;rsquo;ai noté avec surprise &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Gurdjieff&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gurdjieff&lt;/a&gt;, dont j&amp;rsquo;ai lu quelques bouquins quand j&amp;rsquo;étais jeune et à la recherche d&amp;rsquo;ésotérisme&amp;hellip; S&amp;rsquo;il était orientaliste, c&amp;rsquo;était aussi probablement un escroc, ou à tout le moins un manipulateur. Je me souviens de son livre &amp;quot; &lt;em&gt;Rencontre avec des hommes remarquables&lt;/em&gt;&amp;quot;, dont a été tiré un film de Peter Brooks (que je visionnerais bien). Je n&amp;rsquo;étais par contre pas allé au bout de &amp;quot; &lt;em&gt;Récits de Belzébut à son petit-fils&lt;/em&gt;&amp;quot;, un peu trop mystique à mon goût ! Pour compléter le sujet, à l&amp;rsquo;époque j&amp;rsquo;avais aussi lu &amp;quot; &lt;em&gt;Fragments d&amp;rsquo;un enseignement inconnu&lt;/em&gt;&amp;quot;, d&amp;rsquo;Ouspensky : c&amp;rsquo;était un disciple de Gurdjieff, et il y détaille son enseignement&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Est aussi mentionné, et cette fois à plusieurs reprises, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Annemarie_Schwarzenbach&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Annemarie Schwarzenbach&lt;/a&gt;. Je ne l&amp;rsquo;ai pas compris tout de suite, mais il s&amp;rsquo;agit de Christina, la compagne de voyage d&amp;rsquo;Ella Maillart dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La Voie cruelle&lt;/a&gt;. Sa vie n&amp;rsquo;a pas été simple (addiction à la morphine), mais c&amp;rsquo;était une grande voyageuse et dotée d&amp;rsquo;une grande sensibilité. Elle a écrit plusieurs récits, comme &amp;ldquo;Où est la terre des promesses ? avec Ella Maillart en Afghanistan&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Hiver au Proche-Orient&amp;rdquo; qui méritent sans doute d&amp;rsquo;être lus&amp;hellip; Je le note dans ma liste !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;il y a deux ou trois moments où j&amp;rsquo;ai trouvé que le fil de la narration se détendait un peu, l&amp;rsquo;ensemble reste passionnant, et l&amp;rsquo;auteur fait preuve de beaucoup d&amp;rsquo;érudition.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé l&amp;rsquo;anecdote de la boussole qui indique l&amp;rsquo;Est, ce qui trouble beaucoup Franz, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;on lui explique qu&amp;rsquo;il y a en fait deux aiguilles, la vraie cachée sous un double-fond, et la fausse décalée de 90° ! J&amp;rsquo;aimerais bien avoir une boussole semblable, mais qui indique l&amp;rsquo;Ouest&amp;hellip; je veux dire la Bretagne !! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mathias_%C3%89nard&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mathias Énard&lt;/a&gt;, né en 1972 à Niort, est un écrivain et traducteur français, qui a reçu le prix Goncourt pour ce roman en 2015. Formé à l&amp;rsquo;école du Louvre, il a suivi des études d&amp;rsquo;arabe et de persan, et passé plusieurs années au Moyen-Orient. Le style littéraire de Mathias Énard est souvent décrit comme « érudit ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les Essais - Montaigne</title>
            <link>https://pled.fr/les-essais-montaigne/</link>
            <pubDate>Tue, 11 Aug 2020 16:34:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-essais-montaigne/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesessais.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un livre que j&amp;rsquo;avais depuis peut-être 15 ans sur mon étagère, je m&amp;rsquo;y étais essayé une première fois sans succès, abandonnant après quelques chapitres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit pourtant d&amp;rsquo;un livre chaudement recommandé par Michel Onfray par exemple, et accessoirement par mon libraire de l&amp;rsquo;époque. Une belle édition, en français moderne qui plus est, la rendant ainsi beaucoup plus accessible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, il s&amp;rsquo;agit du premier livre où l&amp;rsquo;auteur parle de lui-même (&amp;quot; &lt;em&gt;Je n’ai d’autre objet que de me peindre moi-même.&lt;/em&gt;&amp;quot;), cela ne se faisait pas avant, ce qui lui donne toute sa saveur. Montaigne écrit ces Essais de 1572 jusqu&amp;rsquo;à sa mort, soit en pleine guerre des religions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franchement j&amp;rsquo;ai du me forcer pour aller au bout. L&amp;rsquo;homme est honnête et plus que cela lorsqu&amp;rsquo;il parle de lui-même, et le simple fait qu&amp;rsquo;il nous parle du 16e siècle est intéressant. Mais ce qui peut apparaître comme de la sagesse est finalement du simple bon sens, surtout avec les limitations de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;une part je ne l&amp;rsquo;ai pas toujours trouvé très clair tellement il est loquace (on ne sait plus très bien de quoi il parle et ce qu&amp;rsquo;il en pense), et d&amp;rsquo;autre part l&amp;rsquo;époque actuelle porte tout de même un sacré coup à ses raisonnements, particulièrement vis-à-vis de la science et de la raison, dont il se méfie d&amp;rsquo;ailleurs beaucoup. La médecine de l&amp;rsquo;époque est un exemple frappant du décalage, et on le comprend aisément sur ce point !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant la religion (le livre fut d&amp;rsquo;abord accepté puis mis à l&amp;rsquo;index par le Saint-Office en 1676), Montaigne est assez prudent. Il y a tout un chapitre (&amp;ldquo;Apologie de Raymond Sebon&amp;rdquo; - Livre II) de plus de 200 pages, où il glorifie la Nature mais en tant que création divine, et donc parfaite. Je dois dire que je ne suis pas allé au bout de ce chapitre, ça m&amp;rsquo;a vite lassé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon Montaigne est un homme sincère, modeste, assez âgé, et l&amp;rsquo;approche de la mort semble le tracasser pas mal (il souffre de la maladie de la pierre (calculs). Il est assez solitaire, et préconise plutôt le retrait des affaires du monde et conseille de mener une vie paisible. Il précise qu&amp;rsquo;à fréquenter le monde, on risque de devoir s&amp;rsquo;adapter à lui, et comme par ailleurs il précise plusieurs fois qu&amp;rsquo;il vit à une époque corrompue et ignorante, on risque tout simplement de se corrompre soi-même… Sur ces points, je serais plutôt en phase avec lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vertu est une qualité sur laquelle il revient souvent, indispensable à un homme de bien. Il précise toutefois que l&amp;rsquo;on peut aller à l&amp;rsquo;encontre de sa conscience si c&amp;rsquo;est pour le bien de l&amp;rsquo;État ! (le bien général ?). Surprenant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si je devais donner un conseil, ce serait de lire d&amp;rsquo;abord le livre III, c&amp;rsquo;est à mon avis le plus intéressant et de loin, celui où il parle le plus de lui-même et de sa relation au monde dans lequel il vit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme il est toujours intéressant de mettre un visage sur un personnage, voilà celle de la page wikipédia :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;181px&#34; data-flex-grow=&#34;75&#34; height=&#34;335&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/les-essais-montaigne/montaigne.png&#34; width=&#34;254&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques remarques supplémentaires pour ceux que cela intéresse&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout le texte est parsemé de citations latines (Montaigne maîtrise le latin qu&amp;rsquo;il a appris avant le français, et voue une admiration à la ville de Rome) ainsi que de références aux Anciens (Sénèque, Plutarque, Platon, Virgile, Socrate, etc…), racontant les hauts faits et gestes des Alexandre, César, et autres grandes figures de l&amp;rsquo;antiquité, même si parfois on est à mi-chemin entre le récit historique et la légende colportée à travers les siècles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Montaigne ne semble par pour autant remettre en cause leur crédibilité, ce qui aujourd&amp;rsquo;hui n&amp;rsquo;aurait aucun sens. Il nous recommande même de ne pas juger avec nos outils une chose d&amp;rsquo;une autre culture et d&amp;rsquo;une autre époque. Ce type de raisonnement a tout de même ses limites.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le signe d&amp;rsquo;une époque où la science n&amp;rsquo;a pas encore fait le ménage dans les croyances et autres balivernes. Il parle plus de raison que de science d&amp;rsquo;ailleurs. Il est même réservé quant à la science, dont il se méfie et lui préfère l&amp;rsquo;observation du monde animal pour apprendre comment se comporter. Selon lui, cela suffit pour conduire sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;écart entre les époques est assez criant. Ses remarques sont pourtant souvent de bon sens, même s&amp;rsquo;il est difficile parfois de savoir ce qu&amp;rsquo;il pense vraiment du sujet qu&amp;rsquo;il a abordé : il ajoute des remarques personnelles, des citations latines, des exemples tirés de l&amp;rsquo;Antiquité, aborde le pour et le contre&amp;hellip; Et à la fin du chapitre (dont le titre ne reflète pas forcément le contenu), ce n&amp;rsquo;est pas toujours très clair. Sans compter qu&amp;rsquo;ayant écrit ce livre sur plusieurs années, son opinion est susceptible d&amp;rsquo;avoir évoluée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La façon dont il parle des femmes est sans doute un reflet de l&amp;rsquo;époque, on ne peut lui en vouloir : il leur montre du respect, mais elles sont inférieures à l&amp;rsquo;homme, c&amp;rsquo;est un fait. Les pauvres n&amp;rsquo;ont pour se montrer digne qu&amp;rsquo;à accompagner leur mari dans la mort&amp;hellip; Il est très honnête quand il observe que l&amp;rsquo;on demande aux femmes d&amp;rsquo;être fidèles alors que les hommes ne le sont pas, et que c&amp;rsquo;est de toutes façons contre leur nature&amp;hellip; (comme les hommes sans doute ?).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai aussi noté un passage virulent contre les espagnols et leur conquête du Nouveau Monde (&amp;ldquo;Sur les voitures&amp;rdquo;, le titre est différent du sujet traité), et comment ils ont trahis de manière honteuse les deux derniers puissants monarques de ce monde : Atahualpa, roi du Pérou, et Cuauhtémoc, roi de Mexico (empereur aztèque) : leur appétit pour l&amp;rsquo;or leur faisant commettre le pire : accusation bidon, torture, mise à mort. C&amp;rsquo;était bien de le dire, déjà à cette époque. Montaigne regrette que l&amp;rsquo;on ait pas appris de ces peuples, puisqu&amp;rsquo;ils étaient aussi des créatures de Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_de_Montaigne&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Montaigne&lt;/a&gt; (1533-1592) est au choix un philosophe, un humaniste et moraliste de la Renaissance, ou un écrivain érudit, précurseur et fondateur des « sciences humaines et historiques ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Alex - Pierre Lemaître</title>
            <link>https://pled.fr/alex-pierre-lemaitre/</link>
            <pubDate>Mon, 10 Aug 2020 09:18:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/alex-pierre-lemaitre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Alex.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième tentative de livre audio, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16603&#34; &gt;un premier essai&lt;/a&gt; pas vraiment concluant. Ce roman m&amp;rsquo;avait par ailleurs été chaudement recommandé par ma sœur Dominique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourquoi retourner au livre audio alors que la première expérience ne m&amp;rsquo;avait pas plu me direz-vous ? Essentiellement parce que je suis en train de lire &amp;ldquo;Les Essais&amp;rdquo; de Montaigne, soit plus de 1300 pages qui me paraissent bien longues (article à venir, j&amp;rsquo;ai presque terminé), et le livre audio est un moyen de couper sans me plonger dans un autre roman &amp;ldquo;papier&amp;rdquo;, ce qui pourrait reléguer Les Essais sur une étagère pour n&amp;rsquo;en plus bouger&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons au polar lui-même qui ne m&amp;rsquo;a vraiment pas enthousiasmé, le seul côté intéressant étant qu&amp;rsquo;Alex passe du rôle de victime à celui de meurtrière. En dehors de cette particularité scénaristique à laquelle s&amp;rsquo;est essayé Pierre Lemaître, il n&amp;rsquo;y a rien de très passionnant dans tout ça, et encore moins dans le style. Pour le côté audio, le &amp;ldquo;lecteur&amp;rdquo; force sur sa voix et ses intonations en fonction des personnages, ce qui est plutôt déplaisant ! Je ne suis décidément pas fan de l&amp;rsquo;exercice&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Double déception donc, une fois de plus. J&amp;rsquo;essaierai d&amp;rsquo;éviter les livres audio à l&amp;rsquo;avenir (pour la plage, puisque c&amp;rsquo;est la saison, il y a les podcasts qui sont parfaits !) ; quant aux recommandations de lecture (d&amp;rsquo;amis, de la famille, du libraire&amp;hellip; ), franchement je suis mieux servi par moi-même : j&amp;rsquo;ai toujours une liste de livres notés au fil de mes écoutes radio ou de mes lectures, et ça ne marche pas trop mal comme ça. Ce qui n&amp;rsquo;empêche pas une vérification par la lecture des critiques de lecteurs : dans ce cas, je lis plutôt les 3 étoiles afin d&amp;rsquo;avoir du pour et du contre puis je valide ou pas selon ce que l&amp;rsquo;on dit du style, de l&amp;rsquo;intrigue, des longueurs, de la fin, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, Pierre Lemaître ne m&amp;rsquo;avait pas impressionné avec son prix Goncourt &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6798&#34; &gt;Au-revoir Là-haut&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, particulièrement par son style. Cela se confirme avec Alex, écrit quelques années plus tôt. Il y a un interview audio de l&amp;rsquo;auteur à la suite du roman, et le personnage a l&amp;rsquo;air plutôt sympathique, sans prétention, content d&amp;rsquo;avoir testé ce changement de rôle pour le personnage principal. Ce n&amp;rsquo;est pas suffisant pour réussir un bon polar&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Piège nuptial - Douglas Kennedy</title>
            <link>https://pled.fr/piege-nuptial-douglas-kennedy/</link>
            <pubDate>Tue, 28 Jul 2020 09:40:22 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;piegenuptial.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais plus où j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman, en termes plutôt élogieux (peut-être sur la page &amp;ldquo;Vendredi - Culture&amp;rdquo; de reddit), et comme j&amp;rsquo;ai pu le trouver en format audio, j&amp;rsquo;ai tenté une première approche de ce mode de &amp;ldquo;lecture&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, les deux aspects de cette expérience m&amp;rsquo;ont plutôt déçus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman d&amp;rsquo;abord : histoire sans grand intérêt, peu crédible, style pauvre, personnages pour la plupart débiles (à part le narrateur), on s&amp;rsquo;y ennuie ferme, le dénouement est sans surprise, et on est bien content d&amp;rsquo;entendre le mot FIN.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au livre audio, je reste sceptique. Certes il y a des bons côtés comme par exemple pouvoir avoir une autre activité (faire la cuisine par exemple) tout en écoutant le récit. Mais j&amp;rsquo;y vois surtout un inconvénient : c&amp;rsquo;est cette voix qui vient s&amp;rsquo;intercaler entre vous et le récit. Une sorte de personnage non désiré, avec ses propres intonations, qui vient perturber la relation privilégiée qu&amp;rsquo;il y a entre un lecteur et son livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas insurmontable, et on finit plus ou moins par l&amp;rsquo;oublier par moments, mais pour cette première expérience, et dans ce cas précis, la voix bien mâle du lecteur sur ce texte aux accents machos m&amp;rsquo;a nettement déplu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Douglas_Kennedy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Douglas Kennedy&lt;/a&gt;, né en 1955, est un écrivain américain, &amp;ldquo;qui décrit de manière très acerbe certains aspects des États-Unis d&amp;rsquo;Amérique. Il dénonce notamment leur puritanisme religieux&amp;rdquo;. Je n&amp;rsquo;ai pas du tomber sur sa meilleure œuvre !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Lambeau - Philippe Lançon</title>
            <link>https://pled.fr/le-lambeau-philippe-lancon/</link>
            <pubDate>Sat, 06 Jun 2020 09:23:54 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lelambeau.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman recommandé par Béa, une amie de ma sœur : je ne l&amp;rsquo;aurais pas lu de ma propre initiative, trouvant le sujet trop &amp;ldquo;glauque&amp;rdquo;&amp;hellip; C&amp;rsquo;était un à priori, et comme souvent il n&amp;rsquo;était pas justifié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philippe Lançon est un survivant de l&amp;rsquo;attentat de Charlie Hebdo, survenu le 07 janvier 2015. Il en ressort avec la mâchoire fracassée (mais pas que), qui nécessitera une greffe : on lui enlève l&amp;rsquo;os du péroné pour celle-ci, et c&amp;rsquo;est ce type d&amp;rsquo;opération que l&amp;rsquo;on appelle &amp;ldquo;le lambeau&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On plonge vite dans ce récit bien écrit, avec un souci de vérité dénué d&amp;rsquo;apitoiement, et aussi beaucoup de profondeur. Au-delà des blessures physiques, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;impact psychologique qui frappe le plus. Car plus rien ne sera comme avant, il est devenu une autre personne, sa vie précédente est terminée, et ce de façon irrémédiable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été happé par la première partie, réellement captivante. Ce besoin de reconstituer la dernière journée, de donner un sens aux événements, une raison, ou une issue (si je n &amp;lsquo;avais pas fait ça…), puis l&amp;rsquo;impact terrible de ce qui s&amp;rsquo;est passé dans cette pièce, à jamais gravé dans sa mémoire, et qui fait que la vie précédente est bien terminée pour toujours. Tout cela remet en place ce qu&amp;rsquo;est la vie et le sens que l&amp;rsquo;on peut lui donner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Suivent les longs mois à l&amp;rsquo;hôpital, les nombreux passages au bloc, toute la reconstruction tant physique que psychologique, avec la forte implication du personnel soignant. Son investissement à lui doit alors être total, sa volonté tout entière tournée vers ce but, au point de restreindre les visites de proches à un cercle restreint, pour éviter d&amp;rsquo;être emmené là où il ne doit pas aller : laisser remonter certaines émotions pourraient l&amp;rsquo;amener à basculer irrémédiablement dans la folie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie, quand il quitte l&amp;rsquo;hôpital de la Salpêtrière pour celui des Invalides, perd en force, ses préoccupations reprennent un aspect plus terrestre, ou plus personnel (famille, amis, occupations culturelles) même si le retour vers une nouvelle vie est loin d&amp;rsquo;être facile, comme le simple fait de quitter le cocon de sa chambre d&amp;rsquo;hôpital&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lan%c3%a7on&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philippe Lançon&lt;/a&gt; est né en 1963, est un journaliste et romancier français, chroniqueur à Libération et à Charlie Hebdo au moment des faits. Ce roman a reçu le prix Femina 2018.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les serpents sont-ils nécessaires ? - Brian de Palma &amp; Susan Lehman</title>
            <link>https://pled.fr/les-serpents-sont-ils-necessaires-brian-de-palma-susan-lehman/</link>
            <pubDate>Mon, 01 Jun 2020 09:19:08 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesserpents.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cadeau de mon libraire de Puteaux avant que je ne quitte définitivement cette ville. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs la &amp;ldquo;Sélection Rivages des libraires2019&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une petite histoire sans prétention, assez plaisante à lire, avec ses petits paragraphes de quelques lignes qui succèdent les uns aux autres. Peut-être une ébauche de scénario de film qui n&amp;rsquo;a pas abouti ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut toutefois s&amp;rsquo;interroger sur les motivations qui ont mené à ce roman. Quant à obtenir le prix des libraires&amp;hellip; c&amp;rsquo;est à désespérer de ces derniers ! :?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours est-il que l&amp;rsquo;on sourit facilement aux leçons de vie que prennent les différents personnages, dont les aventures, à défaut d&amp;rsquo;être originales, sont contées avec légèreté dans un style simple.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, un petit roman sans grande ambition, mais pas forcément désagréable à lire, sur la plage par exemple.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_De_Palma&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Brian De Palma&lt;/a&gt; est un réalisateur de cinéma que l&amp;rsquo;on ne présente plus. Susan Lehman est sa compagne et a une formation de juriste. Ceci est leur premier roman policier.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Perfidia - James Ellroy</title>
            <link>https://pled.fr/perfidia-james-ellroy/</link>
            <pubDate>Sat, 23 May 2020 09:44:12 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;perfidia.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça faisait longtemps que je n&amp;rsquo;avais pas lu d&amp;rsquo;Ellroy : j&amp;rsquo;étais assez fan à une époque, et j&amp;rsquo;avais pratiquement tout lu de lui, en commençant par le &lt;strong&gt;Dalhia noir&lt;/strong&gt; (premier tome du fameux &amp;ldquo;Quatuor de Los Angeles&amp;rdquo;). J&amp;rsquo;avais été particulièrement impressionné par son &lt;strong&gt;American Tabloïd&lt;/strong&gt;, retraçant les années précédent l&amp;rsquo;assassinat de JFK.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;étais même assez crédule pour croire qu&amp;rsquo;Ellroy décrivait une réalité fût-elle romancée ! Mais plus tard, j&amp;rsquo;appris qu&amp;rsquo;il avait largement inventé des faits quand cela l&amp;rsquo;arrangeait, et qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait donc d&amp;rsquo;une totale fiction. Cela m&amp;rsquo;avait un peu déçu de la part de l&amp;rsquo;écrivain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour ce premier tome d&amp;rsquo;une nouvelle série intitulée &amp;ldquo;Second Quatuor de Los Angeles&amp;rdquo;, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché. J&amp;rsquo;étais même assez soulagé d&amp;rsquo;arriver au bout des 900 pages : j&amp;rsquo;ai trouvé le roman assez glauque, et l&amp;rsquo;intrigue finalement très décevante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est condensée sur 3 semaines et se passe à Los Angeles, au moment où les japonnais attaquent Pearl Harbor. C&amp;rsquo;est le début de l&amp;rsquo;entrée en guerre des États-Unis, et l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;une traque aux japonnais habitants de L.A. Cette dernière a bien existé d&amp;rsquo;ailleurs, les japonnais émigrés aux USA (les &amp;ldquo;Nisei&amp;rdquo;) étant alors &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Internement_des_Nippo-Am%C3%A9ricains&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;internés dans des camps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ellroy utilise ce fait historique pour élaborer une histoire où l&amp;rsquo;on retrouve ses thèmes de prédilection, et certains de ses personnages, à commencer par Dudley Smith, personnage assez haïssable, flic pourri parmi les pourris. On est d&amp;rsquo;ailleurs vite noyé au départ par le nombre de personnages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a d&amp;rsquo;ailleurs pas un personnage que l&amp;rsquo;on peut qualifier de normal dans ce roman, à commencer par les flics. Alcool, drogues (benzédrine, opium), meurtres, violence extrême, magouilles, ambition démesurée, eugénisme, puritains cathos, philosophie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/White_Anglo-Saxon_Protestant&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;WASP&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;en passe et des meilleures, comme un antisémitisme latent plusieurs fois évoqué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela rend la lecture assez usante, d&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;intrigue très dense chronologiquement (tout se passe en trois semaines) se révèle finalement assez éparpillée et peu intéressante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas certain que la suite de ce quatuor vaille la peine de s&amp;rsquo;y pencher. Ellroy tourne en rond avec ses obsessions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Ellroy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Ellroy&lt;/a&gt; est né en 1948 en Calfornie, est un auteur de romans noirs et de &amp;ldquo;romans policiers historiques&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage - Haruki Murakami</title>
            <link>https://pled.fr/lincolore-tsukuru-tazaki-et-ses-annees-de-pelerinage-haruki-murakami/</link>
            <pubDate>Fri, 08 May 2020 15:41:23 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;TsukuruTazaki.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman conseillé par Olivier, un ex-collègue et ami de lecture. J&amp;rsquo;ai déjà lu du Haruki Murakami, j&amp;rsquo;aime plutôt bien (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=661&#34; &gt;Kafka sur le rivage&lt;/a&gt;) même si je trouve parfois que c&amp;rsquo;est vraiment trop long (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6576&#34; &gt;1Q84&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été vite pris par l&amp;rsquo;histoire de Tsukuru, toute empreinte de sensibilité et de recherche à la fois de sa place et de sens à sa vie. Comme souvent avec Murakami, on oscille entre la réalité et les rêves, ou plutôt les rêves ont un vrai rapport avec la réalité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tsukuru formait avec 4 autres collégiens un groupe d&amp;rsquo;amis extrêmement soudés, en parfait équilibre et complémentarité. Tous ont un nom en relation avec une couleur, sauf Tsukuru, qui se perçoit comme incolore, et se dévalorise inconsciemment par rapport au groupe. Il doit alors quitter Nagoya et poursuivre ses études à Tokyo. Peu de temps après, Tsukuru est rejeté du groupe sans aucune explication.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette exclusion va fortement perturber le développement de sa personnalité, et il faudra la rencontre avec Sara pour qu&amp;rsquo;il retourne vers son passé chercher les raisons de cette exclusion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu cette histoire avec plaisir et intérêt, j&amp;rsquo;étais juste un peu déçu de la fin, où j&amp;rsquo;aurais bien aimer assister à la rencontre avec Sara après le retour de Tsukuru ! Le personnage de Sara reste d&amp;rsquo;ailleurs un peu mystérieux, alors qu&amp;rsquo;il est plein de sagacité et d&amp;rsquo;intérêt : on en reste un peu sur sa faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haruki Murakami&lt;/a&gt; est né à Kyoto en 1949. Après des études de théâtre et de cinéma, il ouvre un club de jazz à Tokyo avant de se consacrer à l’écriture. Pour échapper au conformisme de la société japonaise, il s’expatrie en Grèce et en Italie, puis aux États-Unis. En 1995, après le séisme de Kobe et l’attentat de la secte Aum, il rentre au Japon.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Cartel - Don Winslow</title>
            <link>https://pled.fr/cartel-don-winslow/</link>
            <pubDate>Fri, 01 May 2020 08:33:59 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cartel.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Suite de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16111&#34; &gt;La Griffe du Chien&lt;/a&gt;, où l&amp;rsquo;on retrouve Art Keller quelques années plus tard, retiré dans un monastère à s&amp;rsquo;occuper des abeilles. Adan Barrera est sous les verrous dans une prison californienne. Tout va bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première chose qui frappe en ouvrant ce roman, c&amp;rsquo;est la longue liste de journalistes (peut-être 200, plus&amp;hellip;) à qui ce livre est dédié, tous assassinés ou &amp;ldquo;disparus&amp;rdquo; pendant la période couverte, soit de 2004 à 2012.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Adan Barrera va réussir à se faire transférer dans une prison mexicaine, d&amp;rsquo;où il ne tardera pas à s&amp;rsquo;échapper. Keller va devoir reprendre du service auprès de la DEA, car sa tête est mise à prix par Barrera.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Démarre alors une lutte sanglante entre les différents cartels pour prendre le pouvoir ou simplement garder son territoire. L&amp;rsquo;hégémonie de Barrera est largement contestée avec le temps passé derrière les barreaux, et la lutte sera féroce. Les Zetas particulièrement, une sorte de force para-militaire, sont particulièrement cruels et font régner la terreur, n&amp;rsquo;épargnant personne, et encore moins les civils.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à la police, aux fédéraux, à l&amp;rsquo;armée, jusqu&amp;rsquo;au gouvernement mexicain, tout le monde est plus ou moins corrompu, les sommes d&amp;rsquo;argent dont disposent les narcos trafiquants étant tellement importantes. Même les américains devront à un moment passer une alliance avec le moindre mal pour éviter le pire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est encore une longue série de meurtres, d&amp;rsquo;assassinats, de tortures, de décapitations à laquelle nous allons assister. C&amp;rsquo;est encore plus violent que le premier opus je crois. La lutte entre les cartels est d&amp;rsquo;une violence extrême. On a tout de même droit à un répit dans le roman quand l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à décrire la vie de journalistes à Juarez, un des lieux frontaliers où les cartels s&amp;rsquo;affrontent pour se l&amp;rsquo;approprier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un roman, comme le précise l&amp;rsquo;auteur, mais il s&amp;rsquo;est beaucoup documenté pour l&amp;rsquo;écrire. Si c&amp;rsquo;est proche de la réalité, c&amp;rsquo;est carrément terrifiant, et cela en dit long sur notre monde. Il est même fait mention à un moment de l&amp;rsquo;aide financière apportée par les narcos en 2008 au système bancaire pour éviter qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;écroule&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Winslow&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Don Winslow&lt;/a&gt;, né en 1953, est un écrivain américain spécialisé dans le roman policier. Auparavant, il a été comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari ! L’un de ses romans, &lt;strong&gt;Savages&lt;/strong&gt; a été adapté à l’écran par Oliver Stone, je l&amp;rsquo;ai vu, je n&amp;rsquo;ai pas trop aimé : personnages caricaturaux, violence gratuite, histoire peu crédible&amp;hellip; Soit du petit Oliver Stone, soit du petit Don Winslow, soit les deux ! !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La griffe du chien - Don Winslow</title>
            <link>https://pled.fr/la-griffe-du-chien-don-winslow/</link>
            <pubDate>Sun, 19 Apr 2020 10:09:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-griffe-du-chien-don-winslow/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lagriffeduchien.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur, à l&amp;rsquo;occasion de la sortie du dernier opus (&amp;ldquo;La Frontière&amp;rdquo;) de sa trilogie policière sur le trafic de drogue et sa filière aux implications tentaculaires aux U.S.A.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les deux premiers tomes de cette trilogie étant disponibles en format poche (et même vendus ensemble dans un petit coffret), j&amp;rsquo;en ai fait l&amp;rsquo;acquisition et je viens donc de finir le premier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style n&amp;rsquo;est pas très littéraire, on est dans le descriptif concret, par contre l&amp;rsquo;histoire est prenante, comme tout bon polar. Elle débute en 1975 et se termine en 1999, et décrit la lutte d&amp;rsquo;un agent de la DEA, Art Keller, face aux Barrera, deux frères et leur oncle mexicains qui contrôlent le trafic de drogue entre le Mexique et les États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne faut pas se le cacher, c&amp;rsquo;est essentiellement une longue série de meurtres et d&amp;rsquo;assassinats en tous genres à laquelle nous allons assister, où le pauvre Art aura bien du mal à rester intègre. Car les intérêts des uns et des autres s&amp;rsquo;emmêlent irrémédiablement : la lutte anti-communiste menée par la CIA en Amérique centrale et du Sud passe au-dessus de tout, et cette dernière n&amp;rsquo;hésite pas à passer des accords avec les trafiquants de drogues si cela peut les aider à atteindre leurs objectifs. Ainsi les budgets voté par le Congrès américain permettent in fine d&amp;rsquo;approvisionner en drogue les États-Unis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les mêmes trafiquants n&amp;rsquo;hésiteront pas plus tard à fournir des armes aux producteurs de drogues d&amp;rsquo;Amérique du Sud en échange de leur production ! Ajoutez à cela une corruption de tous côtés et à tous les étages (particulièrement au Mexique) facilitée par les gigantesques sommes d&amp;rsquo;argent générées par le trafic de drogue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon polar donc, j&amp;rsquo;attaque le second tome dans la foulée, puisque j&amp;rsquo;ai acheté le coffret ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Don_Winslow&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Don Winslow&lt;/a&gt;, né en 1953, est un écrivain américain spécialisé dans le roman policier. Auparavant, il a été comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari ! L&amp;rsquo;un de ses romans, &lt;strong&gt;Savages&lt;/strong&gt; a été adapté à l&amp;rsquo;écran par Oliver Stone.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Horde du Contrevent - Alain Damasio</title>
            <link>https://pled.fr/la-horde-du-contrevent-alain-damasio/</link>
            <pubDate>Wed, 08 Apr 2020 16:05:45 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;horde.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur, où l&amp;rsquo;on mentionnait qu&amp;rsquo;il écrivait peu (un livre tous les 10 ans), et de la S.F. française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces deux arguments n&amp;rsquo;étant pas pour me déplaire, j&amp;rsquo;ai regardé un peu ce qu&amp;rsquo;il avait écrit, et j&amp;rsquo;ai commencé par celui-ci (dans une très belle édition de Folio), donné comme un énorme succès d&amp;rsquo;édition et ayant remporté le grand prix de l&amp;rsquo;imaginaire 2006.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs la première remarque que je ferais : il s&amp;rsquo;agit bien d&amp;rsquo;imaginaire, beaucoup plus que de S.F.. Et côté imaginaire, c&amp;rsquo;est superbe, on entre dès les premières pages dans un monde inconnu, et il n&amp;rsquo;y a plus qu&amp;rsquo;à se laisser emporter par le récit. Tout ça est parfaitement réussi, même s&amp;rsquo;il faut un peu de temps pour appréhender ce monde créé de toutes pièces, le vocabulaire avec lequel l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est bien amusé, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La 34e Horde, un groupe de 23 individus, formé depuis l&amp;rsquo;enfance, a pour mission de filer plein Est, luttant contre des vents terribles, pour trouver justement l&amp;rsquo;origine des vents. Toutes les Hordes précédentes ont échouées, les périls sont nombreux dans un monde peuplé de créatures étranges, ou d&amp;rsquo;humains tout aussi dangereux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je reste au final tout de même un peu sur ma faim, malgré le plaisir pris à lire ces aventures. Ce genre de littérature n&amp;rsquo;est pas vraiment ma tasse de thé, même si je dois reconnaître que dans le genre, c&amp;rsquo;est superbe, et la part laissée à l&amp;rsquo;imagination est belle. Le monde créé est très original, mais finalement les aventures que croisent la Horde sont assez classiques (un adversaire ou un obstacle incroyablement fort que l&amp;rsquo;on finit par battre typiquement), et la fin m&amp;rsquo;a personnellement laissé justement sur&amp;hellip; ma faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Damasio&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alain Damasio&lt;/a&gt;, né en 1969 à Lyon, est un écrivain de science-fiction et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_graphique&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;typoète&lt;/a&gt; français. Son domaine de prédilection est l&amp;rsquo;anticipation politique. Il marie ce genre à des éléments de science-fiction ou de fantasy et décrit des dystopies politiques. La Horde du contrevent est son roman le plus connu, mais je n&amp;rsquo;ai pas vu d&amp;rsquo;anticipation politique ici, juste une énorme occasion de faire fonctionner son imaginaire !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tatoo - Earl Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/tatoo-earl-thompson/</link>
            <pubDate>Wed, 25 Mar 2020 15:02:32 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tatoo.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Suite de l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15508&#34; &gt;Un jardin de sable&lt;/a&gt;, on retrouve Jack à 14 ans, revenu à Wichita (Kanzas), chez ses grands-parents, vivotant dans la misère et la pauvreté la plus totale. Économiquement, l&amp;rsquo;après-guerre n&amp;rsquo;est guère plus réjouissant que l&amp;rsquo;après-Grande Dépression !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est toujours aussi peu adapté à la société : il a d&amp;rsquo;une part une addiction au sexe qu&amp;rsquo;il ne contrôle pas, et ne voit les femmes qu&amp;rsquo;à travers ce prisme (les scènes décrites de ses expériences sont toujours très crues) ; d&amp;rsquo;autre part, il ne comprend pas que le peu de potes qu&amp;rsquo;il fréquente soient toujours dans la frime, à jouer les machos, et que s&amp;rsquo;il ne fait pas pareil, il passe pour un homo. Il est finalement très solitaire, et n&amp;rsquo;a pratiquement pas de vie sociale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a toujours accroché au cœur cette angoisse qui l&amp;rsquo;étreint dès qu&amp;rsquo;il lui arrive quelque chose de positif, lui disant qu&amp;rsquo;il va forcément être démasqué et devra retourner à sa misère et son exclusion sociale. Au point de provoquer l&amp;rsquo;échec lui-même parfois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il réussit bientôt à s&amp;rsquo;engager dans la Navy en trafiquant son acte de naissance, son seul espoir de sortir de l&amp;rsquo;impasse dans laquelle il se trouve et de se trouver un avenir, loin de cette ville qu&amp;rsquo;il connaît si bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est toujours aussi addictif comme lecture, le style est fluide, et le milieu décrit d&amp;rsquo;une pauvreté terrible. Il en ressort que lorsqu&amp;rsquo;on est issu des classes sociales défavorisées, né du mauvais côté de la vie, il est très difficile de s&amp;rsquo;en sortir. Et même quand Jack se retrouvera à l&amp;rsquo;université à son retour de la Navy, il fera l&amp;rsquo;amère expérience que là aussi, le savoir semble réservé à un milieu dont il ne fait pas partie, dont il ne possède pas les codes. La solidarité qui existait encore à l&amp;rsquo;époque de la Grande Dépression a disparu, remplacée par une envie égoïste de s&amp;rsquo;enrichir, quelqu&amp;rsquo;en soit le prix.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit extrait, au moment où sa mère vient de mourir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Docteurs, infirmières, bonnes sœurs, famille, ils étaient tous réunis là, en cet instant, à la mort d&amp;rsquo;une brave femme qui, en raison des circonstances, de l&amp;rsquo;ignorance et d&amp;rsquo;une vulnérabilité de surface, avait dû faire commerce de son corps. Elle lui avait donné tout ce qu&amp;rsquo;elle avait pu. Et en donnant ce qu&amp;rsquo;elle-même jugeait si dérisoire, peut-être préservait-elle quelque chose de profondément intime. Il fallait qu&amp;rsquo;elle sache quelque chose, pour mourir ainsi dans une solitude aussi calculée.&lt;br&gt;&#xA;Il l&amp;rsquo;aimait beaucoup, il l&amp;rsquo;admirait aussi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Earl_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Earl Thompson&lt;/a&gt; (1931-1978) est un écrivain américain. Le jardin de sable et ce roman sont largement autobiographiques. Il en publiera un troisième (Caldo Largo) puis meurt d’une rupture d’anévrisme à l’apogée de son succès. Un quatrième roman sera publié après sa mort, intitulé “The Devil to Pay”, qui vient clore la trilogie autobiographique entamée avec ses deux premiers romans. Malheureusement il n&amp;rsquo;est pas encore traduit en français semble-t-il.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;art de perdre - Alice Zeniter</title>
            <link>https://pled.fr/lart-de-perdre-alice-zeniter/</link>
            <pubDate>Thu, 12 Mar 2020 17:51:36 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lart-de-perdre-alice-zeniter/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lartdeperdre.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman recommandé par Martine et Béatrice lors de la randonnée dans le Finistère Nord l&amp;rsquo;été dernier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas été déçu et ne peux que le recommander à mon tour ! C&amp;rsquo;est bien écrit, et aussi très bien raconté ; dès le début on est accroché par cette histoire sur trois générations, et l&amp;rsquo;intérêt ne baisse pas jusqu&amp;rsquo;aux dernières pages, avec même de l&amp;rsquo;émotion quand Naïma et les membres de sa famille tracent dans l&amp;rsquo;air leur arbre généalogique : j&amp;rsquo;ai trouvé cette scène très belle et intense.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ali le grand-père doit quitter l&amp;rsquo;Algérie par crainte de représailles de la part du FLN, et connaîtra le sort réservé aux harkis, perdant toute sa fierté et incapable d&amp;rsquo;adopter la culture ou la langue française. Son fils Hamid rejettera ce passé jusqu&amp;rsquo;à s&amp;rsquo;enfoncer dans un mutisme forcené dès que l&amp;rsquo;Algérie est mentionnée. Ce sera Naïma sa fille qui fera la première le chemin du retour pour en revenir apaisée, mais sans avoir obtenu de réponses pour autant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une telle histoire pourrait facilement être ennuyeuse ou partisane, mais l&amp;rsquo;auteur garde de la hauteur sur la narration des événements qui secouent cette famille. La grande histoire et la petite se mêlent de façon très harmonieuse, et tout cela rend le bouquin captivant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé que les première lignes racontent l&amp;rsquo;origine de la colonisation française de l&amp;rsquo;Algérie : le coup d&amp;rsquo;éventail (ou de chasse-mouches) que le Dey d&amp;rsquo;Alger donna au consul de France : petite cause, grande conséquences ! J&amp;rsquo;avais déjà lu cette histoire et j&amp;rsquo;en parlais dans l&amp;rsquo;article fait suite à la lecture de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11566&#34; &gt;Les empires coloniaux européens 1815-1919&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;Henri Wesseling. Voilà le passage en question :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La colonisation de l’Algérie commence pour une sombre histoire de fierté nationale : la France a une dette envers l’Algérie depuis la Révolution française ; à cette époque, l’Algérie avait fournit du blé aux armées françaises. En 1827, la France tardant à rembourser, le dey d’Alger convoque le consul de France ; l’entretien fut si animé que le dey, perdant patience, frappa le consul sur le nez avec une tapette. Cette offense servira d’excuse pour envoyer une expédition militaire quelques années plus tard, en 1830. La vraie raison est politique : le roi Charles X et sa Restauration sont impopulaires, et l’expédition est un moyen de rétablir le prestige de la France, de rappeler la grande époque des victoires napoléoniennes. Il n’y a à ce moment aucun dessein d’expansion coloniale. Charles X fut tout de même renversé quelques mois plus tard. Son successeur Louis-Philippe hésitait à conserver l’Algérie. Les militaires (pour la gloire) et les négociants marseillais (pour l’argent) étaient pour. L’Angleterre ayant fait savoir qu’elle n’y voyait pas d’inconvénients, Louis-Philippe décidé d’y rester.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_Zeniter&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alice Zeniter&lt;/a&gt;, née en 1986, est une romancière, traductrice, scénariste, dramaturge et metteuse en scène de théâtre française. Elle a obtenu le Prix Goncourt des lycéens 2017 avec ce roman, le dernier qu&amp;rsquo;elle a publié. Cerise sur le gâteau, elle vit actuellement en Bretagne, dans les Côtes d&amp;rsquo;Armor ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La couverture du livre est un extrait du &amp;ldquo;Tigre dans une tempête tropicale&amp;rdquo; du douanier Rousseau. J&amp;rsquo;aime bien la tête du tigre, qui n&amp;rsquo;a pas l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;apprécier du tout ladite tempête ! L&amp;rsquo;autre titre de ce tableau est &amp;ldquo;Surpris !&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ne tirez pas sur l&#39;oiseau moqueur - Harper Lee</title>
            <link>https://pled.fr/ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur-harper-lee/</link>
            <pubDate>Tue, 03 Mar 2020 18:15:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur-harper-lee/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;harperlee.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre recommandé par Olivier, un ancien collègue de boulot avec qui je suis resté en contact principalement pour notre amour commun de la littérature. Il vient parfois sur ce blog voir ce que j&amp;rsquo;ai lu ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et très bon conseil que cette lecture, une histoire très touchante principalement par la façon dont elle est racontée : c&amp;rsquo;est par la voix de Scout, une petite fille de 9 ans, que la vie de cette petite ville d&amp;rsquo;Alabama, dans les années 1935, au sortir de la grand dépression, nous est contée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cette description de la vie a quelque chose d&amp;rsquo;extrêmement frais, de naturel, quand Scout essaie de comprendre le monde qui l&amp;rsquo;entoure, celui de son frère Jem un peu plus âgé, et surtout celui des adultes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est vite accroché par sa personnalité, son récit et sa vision du monde, c&amp;rsquo;est même assez surprenant. Puis l&amp;rsquo;histoire va se développer : Atticus, le père de Scout, avocat de son métier, va défendre Tom, un noir accusé à tort de viol. Et dans cet Alabama là, il n&amp;rsquo;a guère de chance de s&amp;rsquo;en sortir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Harper_Lee&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Harper Lee&lt;/a&gt; (1926-2016) est une romancière américaine qui a reçu le prix Pulitzer en 1961 pour ce premier (et presque unique) roman. Auparavant, elle avait aidé Truman Capote dans ses recherches pour l&amp;rsquo;écriture de &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1846&#34; &gt;De sang froid&lt;/a&gt;&amp;rdquo;. Même si ce n&amp;rsquo;est pas une autobiographie, l&amp;rsquo;histoire est largement inspirée de l&amp;rsquo;enfance de Harper Lee, fille d&amp;rsquo;avocat dans une petite ville d&amp;rsquo;Alabama. Une adaptation sera portée à l&amp;rsquo;écran en 1962, réalisée par Robert Mulligan, avec Gregory Peck.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bizarrement, Harper Lee ne publiera plus rien d&amp;rsquo;autre, sauf un an avant sa mort, où un inédit est retrouvé, écrit dans les années 50, et reprenant les personnages de ce premier roman, mais vingt ans plus tard. Il semble que cet inédit ne soit pas aussi bon que &amp;ldquo;To kill a mockingbird&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au fait, l&amp;rsquo;oiseau moqueur, ou le &amp;ldquo;mockingbird&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est le rossignol qui enchante les humains par la variété de son chant ! Le tuer serait donc vraiment une chose horrible.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme aux lèvres de saphir - Hervé Le Corre</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-aux-levres-de-saphir-herve-le-corre/</link>
            <pubDate>Wed, 26 Feb 2020 09:25:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-aux-levres-de-saphir-herve-le-corre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lhommeauxlevresdesaphir.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours un roman recommandé par Thomas le libraire de Puteaux, un roman policier cette fois : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une sorte de Jack l&amp;rsquo;éventreur parisien. Nous sommes en 1870, peu de temps avant la Commune (qui est évoquée dans les dernières pages d&amp;rsquo;ailleurs).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;écriture est soignée, dans un beau style au vocabulaire précis, parfois roturier selon le contexte. Les conditions de vie du peuple parisien sont décrites sans prendre de gants, et l&amp;rsquo;on peut parler de misère humaine. Les hommes exploités, travaillant dur pour gagner une misère, les femmes se prostituant pour survivre, une police de l&amp;rsquo;Empire corrompue et violente : le tableau dressé est sombre, très sombre, comme le récit. Pas étonnant que le peuple se révolte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire met en scène un personnage ayant vraiment existé, Isidore Ducasse, plus connu sous le pseudonyme de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Comte_de_Lautr%C3%A9amont&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Comte de Lautréamont&lt;/a&gt;. jeune poète mort à 24 ans. Son premier écrit &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chants_de_Maldoror&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les chants de Maldoror&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, un ouvrage poétique en prose, est à la base de l&amp;rsquo;histoire : Maldoror est un personnage fictionnel mystérieux et maléfique, et dans le roman un ami d&amp;rsquo;Isidore se l&amp;rsquo;approprie et s&amp;rsquo;applique à réitérer ses meurtres aussi abominables soient-ils.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter en lisant la page wikipedia que de nombreux artistes font référence à ces chants de Maldoror, comme Julien Clerc, Hubert-Félix Thiéphaine, ou encore Gainsbourg&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si la chronologie du récit s&amp;rsquo;emmêle un peu dans la dernière partie, où le temps s&amp;rsquo;étire et se contracte sans logique, c&amp;rsquo;est un bon roman policier, qui se lit bien même si c&amp;rsquo;est tout de même très noir. Et n&amp;rsquo;attendez pas de &amp;ldquo;happy end&amp;rdquo; à la fin !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Herv%C3%A9_Le_Corre&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hervé Le Corre&lt;/a&gt;, né en 1955 à Bordeaux, est un auteur de romans policiers. Ce roman a reçu le prix Mystère de la critique en 2005.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Jack Baron et l&#39;éternité - Norman Spinrad</title>
            <link>https://pled.fr/jack-baron-et-leternite-norman-spinrad/</link>
            <pubDate>Mon, 17 Feb 2020 10:48:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/jack-baron-et-leternite-norman-spinrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;jackbaron.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En rangeant ma bibliothèque, je suis tombé sur ce vieux bouquin qui m&amp;rsquo;avait bien plu à l&amp;rsquo;époque&amp;hellip; C&amp;rsquo;est aujourd&amp;rsquo;hui une œuvre de référence de la SF américaine des années 60-70.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je l&amp;rsquo;ai relu avec grand plaisir, même si le côté SF a largement été gommé, les &amp;ldquo;vidphones&amp;rdquo; (fussent-ils portables) ont fait long feu comparé à nos smartphones ! Par contre le pouvoir des médias est toujours un sujet d&amp;rsquo;actualité, comme celui de la corruption de nos élites, ou encore le racisme, éternel problème des États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est un peu particulier, avec des passages sans ponctuation donnant un rythme halluciné au récit. Nous sommes dans les années 70, et on sort à peine de drogues comme le LSD. Le langage est parfois vulgaire, et les scènes de sexe un peu crues voir machistes ; la femme de Jack Baron n&amp;rsquo;a pas non plus un très beau rôle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jack Baron est un ancien militant communiste revenu de ses idéaux, et devenu le journaliste animant une émission hebdomadaire suivie par cent millions d’Américains &amp;ldquo;recensés au dernier sondage Brackett&amp;rdquo; comme il est répété plusieurs fois ! Il est très doué pour titiller les politiques et autres affairistes, jouant le rôle de défenseur de la veuve et l&amp;rsquo;orphelin, pseudo robin des bois sachant bien s&amp;rsquo;arrêter avant d&amp;rsquo;aller trop loin : &amp;ldquo;The show must go on&amp;rdquo;&amp;hellip; Il tient à sa place et à son salaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout va changer quand il va se confronter à Benedict Howards, créateur d&amp;rsquo;une Fondation privée pour l&amp;rsquo;immortalité humaine qui cryogénise les mourants pour 50 000 $, afin de pouvoir les sauver quand les recherches de la fondation pour atteindre l&amp;rsquo;immortalité auront abouties. Jack Baron va se voir proposer un marché difficile à refuser, et se faire manipuler à son tour (un peu facilement d&amp;rsquo;ailleurs, alors qu&amp;rsquo;il est censé exceller à ce petit jeu). Sa vengeance sera terrible, et bien sûr en direct !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Spinrad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Norman Spinrad&lt;/a&gt;, né en 1940 à New-York, est un auteur de science-fiction américain. Appartenant à la nouvelle vague qui a révolutionné le style dans les années 60-70, il a été rendu célèbre par des livres comme &amp;ldquo;Jack Baron et l&amp;rsquo;éternité&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Rêve de fer&amp;rdquo;. Il vit depuis plusieurs années à Paris.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Eureka Street - Robert McLiam Wison</title>
            <link>https://pled.fr/eureka-street-robert-mcliam-wison/</link>
            <pubDate>Sun, 09 Feb 2020 17:10:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/eureka-street-robert-mcliam-wison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;eurekastreet.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Encore un livre conseillé par mon libraire de Puteaux&amp;hellip; et toujours pas convaincu par ses recommandations ! Là encore, j&amp;rsquo;en ressors largement déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas un mauvais bouquin en soi, ni une mauvaise histoire, mais c&amp;rsquo;est le mélange des genres qui ne m&amp;rsquo;a pas plu ici : le problème politique de l&amp;rsquo;Irlande du Nord d&amp;rsquo;un côté et les &amp;ldquo;aventures&amp;rdquo; des deux amis Chuckie le protestant et Jake le catholique de l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a donc l&amp;rsquo;amour évident de l&amp;rsquo;auteur pour sa ville Belfast, finalement le personnage principal de ce roman, et la façon qu&amp;rsquo;il a de parler du problème politique, des factions à l&amp;rsquo;œuvre, et de les ridiculiser à sa façon, sans pour autant expliquer quoique ce soit sur l&amp;rsquo;histoire de cette lutte. C&amp;rsquo;est néanmoins pas mal tourné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis on a les aventures de Chuckie (sa réussite financière essentiellement) qui ne sont absolument pas crédibles et relèvent plus de la comédie loufoque que d&amp;rsquo;autre chose ; il y a aussi les atermoiements amoureux et autres errements de Jake, dont l&amp;rsquo;épilogue est le sommet. Malgré le contexte, c&amp;rsquo;est léger, on sourit, et on attend surtout la suite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On tombe ainsi de haut quand, à la moitié du bouquin, le chapitre 11 nous décrit par le menu et d&amp;rsquo;une façon sidérante l&amp;rsquo;attentat à la bombe de Fountain Street. Là, on ne rigole plus, c&amp;rsquo;est plutôt dur à lire. Le chapitre qui suit démarre ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais Fountain Street constitue un détail mineur. Le site lui-même est futile, l’événement banal à certains points de vue, le tribut une simple information technique. Pareils attentats à la bombe, pareils assassinats n’impliquent pas vraiment les gens impliqués. Les morts et les blessés constituent un sous-produit dénué de sens. Les victimes résultent du hasard, ce sont des obscurs. Personne ne s’intéresse à elles. Et certainement pas les poseurs de bombes. Car c’est nous qu’ils visent.&#xA;De tels événements sont autant de messages. Ils sont conçus pour nous dire quelque chose. Pour nous montrer quelque chose, en tout cas. Ces actes ne sont pas des fins en soi. Ce sont des démonstrations. Regardez ce que nous sommes capables de faire, disent-ils. Regardez ce que nous sommes capables de vous faire.&#xA;Nous sommes terrifiés. Nous devons être terrifiés. Voilà pourquoi ça s’appelle le terrorisme&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après quelques pages, on repartira vite dans la comédie et la gaudriole, mis à part quelques belles pages sur Belfast. Et voilà ce qui m&amp;rsquo;a gêné dans ce roman : il est extrêmement déséquilibré, et ce chapitre sur l&amp;rsquo;attentat, très puissant, marque d&amp;rsquo;autant plus les esprits. C&amp;rsquo;est peut-être ce qu&amp;rsquo;a cherché à faire l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_McLiam_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert McLiam Wilson&lt;/a&gt;, né en 1964 à Belfast, est un écrivain nord-irlandais. Eureka Street est son roman le plus connu.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Axis - Robert Charles Wilson</title>
            <link>https://pled.fr/axis-robert-charles-wilson/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Feb 2020 18:43:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/axis-robert-charles-wilson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;axis.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme annoncé après la lecture du tome 1, j&amp;rsquo;ai nommé l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15688&#34; &gt;Spin&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai donc lu la suite, &lt;strong&gt;Axis&lt;/strong&gt;. Et comme redouté à la lecture des commentaires sur ce tome 2, énorme déception.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée initiale de Spin ayant fait long feu, l&amp;rsquo;auteur peine manifestement a enchaîner sur quelques chose d&amp;rsquo;intéressant. Cette pseudo suite se révèle ennuyeuse de bout en bout. Pire encore, les personnages du premier tome ont disparu ou presque : certes Diane est encore là (mais à la fin de sa vie, fût-elle prolongée) mais totalement inutile à l&amp;rsquo;histoire ; quant à Tyler, le personnage principal de Spin, il est mort entre les deux tomes, pas de chance pour lui ! :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ni pour nous d&amp;rsquo;ailleurs, puisqu&amp;rsquo;ils sont remplacés par Lise, personnage ayant la particularité de ne rien comprendre et de toujours prendre la mauvaise décision. Et parTurk qui fait de son mieux, mais étant amoureux de Lise, le pauvre n&amp;rsquo;a que peu de chances de briller.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je plaisante, mais c&amp;rsquo;est pour mieux mettre en évidence l&amp;rsquo;absence totale d&amp;rsquo;intrigue, on s&amp;rsquo;ennuie ferme du début à la fin, et je me demande si nous ne sommes pas là face à une commande de l&amp;rsquo;éditeur : &amp;quot; &lt;em&gt;Écoute Robert, écrit une suite à Spin, ça a trop bien marché. N&amp;rsquo;importe quoi on s&amp;rsquo;en fout, et je te file 500 000 $&lt;/em&gt;&amp;quot;&amp;hellip; Robert aurait apparemment respecté le deal à la lettre ! :roll:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Charles_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Charles Wilson&lt;/a&gt;, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d’origine américaine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Porte - Magda Szabó</title>
            <link>https://pled.fr/la-porte-magda-szabo/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Feb 2020 17:01:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-porte-magda-szabo/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laporte.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre roman recommandé par le libraire de Puteaux&amp;hellip; Histoire originale, qui se lit bien, mais de là à parler de chef d&amp;rsquo;œuvre de littérature hongroise&amp;hellip; c&amp;rsquo;est aller un peu loin. Enfin je l&amp;rsquo;espère pour les hongrois !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage central est vraiment atypique, cette Emerence, et toute l&amp;rsquo;histoire repose sur elle : n&amp;rsquo;ayant reçue aucune éducation, elle s&amp;rsquo;est forgée son propre caractère, a développé une vision de la vie assez tranchée, et ses prises de position sont sans concession ni discussion possible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Emerence est la femme de ménage de la narratrice, elle-même écrivain. Deux mondes très éloignés, la narratrice étant une intellectuelle, cultivée, écrivaine reconnue dans son pays. Rien n&amp;rsquo;aurait du les lier, et pourtant&amp;hellip; une étrange relation s&amp;rsquo;établit entre les deux femmes qui vont petit à petit s&amp;rsquo;apprivoiser l&amp;rsquo;une l&amp;rsquo;autre, mélange de fascination et d&amp;rsquo;admiration réciproque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais en plus de son caractère très spécial, Emerence a une particularité : elle ne laisse personne franchir sa porte. Les volets sont fermés en permanence, elle aurait dit-on un chat qui ne sort jamais&amp;hellip; Le mystère reste entier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Emerence se livrera petit à petit, et fera même une exception pour sa nouvelle amie, mais sera-telle payée en retour de sa confiance accordée ? Peut-on décider de ce qui est bien pour l&amp;rsquo;autre à sa place ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Magda_Szab%C3%B3&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Magda Szabó&lt;/a&gt; (1917-2007) est une écrivaine, auteure de livres pour enfants et poétesse hongroise. Son roman La Porte (1987), a reçu le prix Femina en 2003, lorsqu&amp;rsquo;il fut traduit en français.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les grands - Sylvain Prudhomme</title>
            <link>https://pled.fr/les-grands-sylvain-prudhomme/</link>
            <pubDate>Mon, 03 Feb 2020 10:19:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-grands-sylvain-prudhomme/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesgrands.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par le libraire de Puteaux, et une très bonne surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe en Guinée-Bissau, et Couto, guitariste du groupe Mama Djombo qui rencontra le succès dans les années 70, nous raconte une journée bien particulière. Un coup d&amp;rsquo;État se prépare, juste avant l&amp;rsquo;annonce du résultat des élections : rien de vraiment surprenant dans ce pays&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais Couto apprend au réveil que Dulce, la chanteuse du groupe, vient de mourir. Il va déambuler toute la journée jusqu&amp;rsquo;au soir où un concert du groupe est prévu. L&amp;rsquo;occasion de revenir sur le passé, de la guerilla contre les portugais au succès mondial du groupe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se lit facilement, et on est vite accroché et mis dans l&amp;rsquo;ambiance. C&amp;rsquo;est aussi un hommage à la musique, ainsi qu&amp;rsquo;au peuple de la Guinée-Bissau. Un bon moment de lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvain_Prudhomme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sylvain Prudhomme&lt;/a&gt;, né en 1979, est un écrivain français. Il a passé son enfance dans différents pays d&amp;rsquo;Afrique. Ce roman a été désigné « Révélation française de l&amp;rsquo;année 2014 » par la rédaction du magazine Lire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>SPIN - Robert Charles Wilson</title>
            <link>https://pled.fr/spin-robert-charles-wilson/</link>
            <pubDate>Sat, 01 Feb 2020 11:08:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/spin-robert-charles-wilson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;spin.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu et apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15431&#34; &gt;Blind Lake&lt;/a&gt; du même auteur, j&amp;rsquo;ai vu que SPIN avait remporté le prix Hugo en 2006, et que l&amp;rsquo;on en disait beaucoup de bien. J&amp;rsquo;ai donc eu envie de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il mérite son prix. C&amp;rsquo;est un bon roman de SF, avec une idée de base excellente qui permet de raconter une histoire très prenante, avec trois personnages attachants : Diane et Jason, les jumeaux, et Tyler leur ami d&amp;rsquo;enfance. Alors de quoi s&amp;rsquo;agit-il ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un soir, les étoiles disparaissent du ciel. Il apparaît que la terre est désormais entourée d&amp;rsquo;une sorte d&amp;rsquo;enveloppe que l&amp;rsquo;on appelle &amp;ldquo;Spin&amp;rdquo;. À l&amp;rsquo;extérieur de cette enveloppe protectrice, le temps s&amp;rsquo;écoule cent millions de fois plus vite, le soleil vieillit d&amp;rsquo;autant et devient une menace pour la planète.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qui a mis cette barrière en place ? Les humains vont chercher des réponses et des solutions, et en trouver une géniale : puisque la temps est accéléré en dehors de la terre, il y a peut-être la possibilité de &amp;ldquo;terraformer&amp;rdquo; Mars afin de permettre à la planète de devenir peu à peu habitable pour les humains ? Avec ce décalage de temps, quelques mois sur terre peuvent suffire à modifier profondément Mars en y envoyant les bonnes molécules au bon moment&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, je vous laisse découvrir la suite. L&amp;rsquo;histoire est très prenante, et la fin donne vraiment envie d&amp;rsquo;attaquer le tome 2, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit du premier tome d&amp;rsquo;une trilogie. Malheureusement, les critiques sont nettement moins bonnes pour les tomes suivants&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai tout de même déjà commandé le 2 (intitulé AXIS), je me ferai ainsi ma propre idée !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Charles_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Charles Wilson&lt;/a&gt;, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d’origine américaine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Vautour - Gil Scott-Héron</title>
            <link>https://pled.fr/le-vautour-gil-scott-heron/</link>
            <pubDate>Sat, 25 Jan 2020 09:41:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-vautour-gil-scott-heron/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;levautour.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais lu avec grand plaisir il n&amp;rsquo;y a pas si longtemps l&amp;rsquo;autobiographie de Gil Scott-Héron, intitulée &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10739&#34; &gt;La dernière fête&lt;/a&gt;. En plus d&amp;rsquo;être un excellent musicien, précurseur du rap, il était très engagé socialement et politiquement, défenseur de la cause noire américaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans oublier qu&amp;rsquo;il voulait au départ être écrivain, et qu&amp;rsquo;il a réussi à faire publier ce premier roman &amp;ldquo;Le Vautour&amp;rdquo;, sans aucun succès. Comme il l&amp;rsquo;explique dans la postface, &amp;quot; &lt;em&gt;publié chez un petit éditeur de littérature pornographique et de polar désireux d&amp;rsquo;ouvrir son catalogue à une marginalité, la littérature du ghetto. Le Vautour resta sans écho. Oublié avant d&amp;rsquo;être lu…&lt;/em&gt;&amp;quot;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en fait un bon polar qui se passe à New-York, où un dealer est retrouvé mort assassiné dans la rue. Nous allons suivre quatre individus du quartier qui l&amp;rsquo;ont connu : Spade le solitaire, Junior le chef de bande, Tommy l&amp;rsquo;éducateur, et QI l&amp;rsquo;intellectuel ; chacun va apporter un morceau de la vérité sur ce qui s&amp;rsquo;est passé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plutôt bien ficelé, la vérité n&amp;rsquo;apparaîtra qu&amp;rsquo;à la fin, mais la description du milieu et de comment les choses fonctionnent est vraiment passionnante et bien racontée. On sent que c&amp;rsquo;est écrit par quelqu&amp;rsquo;un qui sait de quoi il parle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gil_Scott-Heron&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gil Scott-Héron&lt;/a&gt; (1949-201) est un musicien, poète et romancier américain. Il est célèbre pour ses « chansons-poèmes » The Revolution Will Not Be Televised, The Bottle ou Angel Dust. Il a écrit un autre roman, &amp;ldquo;The Niger Factory&amp;rdquo;, hélas pas encore traduit en français.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un jardin de sable - Earl Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/un-jardin-de-sable-earl-thompson/</link>
            <pubDate>Mon, 20 Jan 2020 11:21:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-jardin-de-sable-earl-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;jardindesable.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours fan de cette collection &amp;ldquo;Les grands animaux&amp;rdquo; avec ses belles couvertures hypnotiques, j&amp;rsquo;ai sauté sur ce nouvel opus sans en savoir plus. Et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu, même si &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est du brutal&amp;rdquo; comme dirait l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe pendant la Grande Dépression (post Krach de 1929), où une famille passe de simple fermier à la plus grande pauvreté. Langage grossier, sexe sans pudeur, tout est dit et raconté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce milieu sans espoir, on compatit sur l&amp;rsquo;enfance du petit Jacky, abandonné par sa mère volage et élevé (si l&amp;rsquo;on peut dire) par ses grands-parents. C&amp;rsquo;est sordide, sans espoir, et le développement personnel de Jacky au milieu de ce grand nulle part inquiète. Les conditions de vie (ou de survie) sont terribles, et pourtant la dégringolade sociale s&amp;rsquo;aggrave à chaque coup dur. Le grand-père Mac jure constamment sur Roosevelt et sa clique, ce qui lui attire des ennuis au cas où il n&amp;rsquo;en aurait pas eu déjà assez.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant ce temps-là, Jacky a des problèmes d&amp;rsquo;intégration à l&amp;rsquo;école, et son attirance malsaine pour ce qu&amp;rsquo;il y a sous les jupes des filles&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a une très bonne préface de Donald Ray Pollock, qui donne envie de lire ce livre. Il dit entre autres :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n’avais jamais rien lu de tel. D’accord, c’était rempli de sexe, de salauds, de crasse, d’alcool et d’une profonde pauvreté, mais, à sa façon triste et sordide, c’était également beau.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa mère reviendra finalement chercher Jacky. Elle est encore une belle femme, et il est attiré par elle, ignorant de toute notion d&amp;rsquo;inceste tant son éducation est proche du néant. Mais les rêves de l&amp;rsquo;enfant d&amp;rsquo;habiter une vraie maison au sein d&amp;rsquo;une vraie famille s&amp;rsquo;effondreront vite quand ils arrivent dans le Mississippi, dans un cabanon miteux avec Bill, le copain/mari de sa mère, ancien détenu retournant régulièrement en prison, alcoolique chronique allant jusqu&amp;rsquo;aux crise de delirium. Fini l&amp;rsquo;école, le gamin va devoir se débrouiller seul, apprendre à ramener de l&amp;rsquo;argent, et donc à voler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bill est ivre en permanence, le frappe parfois, est amical à d&amp;rsquo;autres moments, simulant le rôle du père dans lequel Jacky s&amp;rsquo;engouffre plein d&amp;rsquo;espoir. Il grandit dans ce milieu instable, désirant toujours sa mère, jalousant Bill tout en rêvant qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;occupe de lui comme un père, et profitant de sa jeunesse pour voler en toute effronterie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la description d&amp;rsquo;un monde d&amp;rsquo;une pauvreté crasse, l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un gamin qui n&amp;rsquo;est pas vraiment élevé, laissé à lui-même pour comprendre ce monde dur et sans pitié. Son développement en est forcément biaisé, avec son obsession pour le sexe, son rapport à sa mère. Parfois, on sourit malgré tout devant son innocence, comme lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;enflamme d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;Ouaiiis !&amp;rdquo; en oubliant toute méfiance, comme un enfant qui accorde toute sa confiance a un adulte dont il connaît pourtant la duplicité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit extrait à propos des gamins, valable à cette époque ou peut-être même encore de nos jours :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une fois installé au comptoir, sur un tabouret, il passa sa commande.&#xA;&amp;ldquo;Un bol de chili et un Coca.&#xA;- Au petit déjeuner ?&amp;rdquo;, s&amp;rsquo;étonna la femme au visage rougeaud et aux bras comme des jambons.&#xA;Avant, tenu compte de l&amp;rsquo;heure matinale, il aurait sûrement, cédant à l&amp;rsquo;intimidation, changé sa commande et demandé du lait et des cornflakes. Plus maintenant.&#xA;&amp;ldquo;Ouais. Et plein de crackers, s&amp;rsquo;il vous plaît.&amp;rdquo;&#xA;La femme haussa les épaules et alla remuer de sa grande louche le chili qui mijotait en permanence dans sa marmite sur un immense réchaud. Elle creva la pellicule d&amp;rsquo;écume rouge qui s&amp;rsquo;était formée à la surface et lui remplit un grand bol débordant de haricots bien piquants dans leur graisse rouge pimentée.&#xA;&amp;ldquo;Maintenant, les gamins , ça court les rues tout seuls comme des chiens errants&amp;rdquo;, murmura la femme sur le ton de la confidence à un vieux schnoque du coin installé à l&amp;rsquo;autre bout du comptoir, en désignant du menton le jeune garçon courbé sur le bol fumant. Je sais pas où on va, comme ça.&#xA;- Oh, alors ça, c&amp;rsquo;est pas nouveau. Moi j&amp;rsquo;bossais déjà sur le fleuve quand j&amp;rsquo;étais pas plus vieux qu&amp;rsquo;lui. Et j&amp;rsquo;faisais l&amp;rsquo;boulot d&amp;rsquo;un adulte, hein ! C&amp;rsquo;est marrant comme les gens, y s&amp;rsquo;figurent que les gamins, y sont comme des p&amp;rsquo;tits anges. Mon cul , oui ! Moi, c&amp;rsquo;que j&amp;rsquo;ai vu, et attention, hein, j&amp;rsquo;ai voyagé dans l&amp;rsquo;monde entier, moi ! C&amp;rsquo;est que le plus souvent les gamins, ça doit s&amp;rsquo;battre pour survivre, et dès qu&amp;rsquo;y sont p&amp;rsquo;tits. Les gamins, c&amp;rsquo;est pas du tout comme les gens y croyent, hein.&amp;quot;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après la dépression, la guerre est vite arrivée. Le seul espoir de Jacky est alors de s&amp;rsquo;engager dès qu&amp;rsquo;il le pourra, quitte à fabriquer de faux papiers car il n&amp;rsquo;a pas encore l&amp;rsquo;âge légal&amp;hellip; C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;objet du prochain roman déjà paru dans la même collection, &lt;em&gt;Tattoo&lt;/em&gt;, qui est la suite des aventures de Jack&amp;hellip; Je ne vais pas tarder à le lire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Earl_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Earl Thompson&lt;/a&gt; (1931-1978) est un écrivain américain. Ce roman et le suivant (Tattoo) sont largement autobiographiques. Il en publie un troisième (Caldo Largo) puis meurt d&amp;rsquo;une rupture d&amp;rsquo;anévrisme à l&amp;rsquo;apogée de son succès. Un quatrième roman sera publié après sa mort, intitulé &amp;ldquo;The Devil to Pay&amp;rdquo;, qui vient clore la trilogie autobiographique entamée avec ses deux premiers romans.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme-dé - Luke Rhinehart</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-de-luke-rhinehart/</link>
            <pubDate>Fri, 17 Jan 2020 09:27:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-de-luke-rhinehart/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lhommede.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Premier livre conseillé par Thomas, le libraire de Puteaux où je passais sans doute pour la dernière fois. Et énorme déception à la lecture, je n&amp;rsquo;ai pas du tout aimé ce roman écrit en 1971 et soi-disant &amp;ldquo;livre culte&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;idée de départ est intéressante, j&amp;rsquo;ai très vite été déçu par le ton et le côté répétitif des aventures de ce psy new-yorkais qui décide de s&amp;rsquo;en remettre aux dés pour la moindre décision de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il pourrait y avoir des réflexions intéressantes sur la personnalité de chacun et de son interaction avec l&amp;rsquo;entourage, sur l&amp;rsquo;obligation de correspondre à cette image que la société impose, et les conséquences de vouloir y échapper&amp;hellip; Mais on part plutôt dans la gaudriole, le sexe, et la violence de la société américaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça se veut drôle, et ça l&amp;rsquo;est parfois, mais c&amp;rsquo;est aussi très intellectuel, citadin : le personnage principal caricature à loisir son métier, sa relation avec sa femme&amp;hellip; Il tente une approche Zen de sa vie, sans réel succès. Puis choisit de s&amp;rsquo;en remettre aux dés : il écrit 6 possibilités sur un papier (dont certaines hors de sa zone de confort), lance le dé et obéit à la décision. Évidemment, son rapport aux autres change et sa vie ne va pas tarder à faire de même…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a des passages intéressants, comme quand il parle du moi que nous nous sommes construits et qui devient en fait une prison au sein de laquelle on s&amp;rsquo;ennuie. C&amp;rsquo;est ce que l&amp;rsquo;homme-dé comme il l&amp;rsquo;appelle cherche à fuir, pour retrouver une vie réelle, hors de toute routine. Mais l&amp;rsquo;auteur ne peut s&amp;rsquo;empêcher de glisser dans le texte des idées pour le moins incongrues, portant pratiquement tout le temps sur le sexe comme par hasard&amp;hellip; On a finalement l&amp;rsquo;impression que l&amp;rsquo;auteur est en train de se psychanalyser lui-même par le biais de ce roman, et que nous lecteurs sommes obligés de subir ses errements heureusement émaillés parfois de quelques vérités. Mais on retombe toujours dans le baratin du psy citadin intellectuel qui personnellement me fatigue assez vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le quatrième de couverture parle de roman culte, roman de la contre-culture, faisant partie des 50 meilleurs romans, un autre plus modeste des 100 meilleurs romans&amp;hellip; Pour moi, même si le sujet traité est intéressant, il manque singulièrement de profondeur et reste au mieux une comédie sans grand intérêt au final. Plutôt que remettre ses choix au hasard, mieux vaut pratiquer le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yi_Jing&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Yi-King&lt;/a&gt;, on a au moins ainsi accès à la sagesse chinoise millénaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Luke_Rhinehart_%28George_Cockcroft%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Luke Rhinehard&lt;/a&gt;, de son vrai nom George Powers Cockcroft, né en 1932, est un écrivain américain. L&amp;rsquo;homme-dé est son roman le plus connu. Il serait semi-autobiographique : à la lecture du roman, j&amp;rsquo;ose espérer que &amp;ldquo;semi&amp;rdquo; est largement surévalué.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ma vie d&#39;aventures - Henry de Monfreid</title>
            <link>https://pled.fr/ma-vie-daventures/</link>
            <pubDate>Tue, 24 Dec 2019 16:36:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ma-vie-daventures/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;monfreid.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit passage à &amp;ldquo;La libraire du voyage&amp;rdquo; à Rennes, d&amp;rsquo;où je ne peux ressortir sans un livre sous le bras : cette fois ce sera &amp;ldquo;Mes vies d&amp;rsquo;aventures&amp;rdquo; de Henry de Monfreid.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Henry de Monfreid me fait forcément penser à la série TV qui passait quand j&amp;rsquo;étais jeune : &amp;ldquo;Les secrets de la mer rouge&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;auteur en parle d&amp;rsquo;ailleurs brièvement dans cet ouvrage, en expliquant que s&amp;rsquo;il a participé au scénario, il a peu à peu perdu le contrôle sur la réalisation finale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à ce récit, une vraie vie d&amp;rsquo;aventures sans conteste ! Dès le récit de son enfance, il montre une franchise totale. Le style par contre n&amp;rsquo;est pas exceptionnel, on a parfois du mal à suivre l&amp;rsquo;anecdote qu&amp;rsquo;il raconte de manière parfois très condensée, comme s&amp;rsquo;il était pressé de passer à la suivante, ou comme quelqu&amp;rsquo;un qui a trop de choses à dire&amp;hellip; Il emploie aussi de temps en temps un mot très peu usité de la langue française, comme pour montrer sa culture. Et à d&amp;rsquo;autre moments, un paragraphe très lyrique (ou poétique) surgit de nulle part et vient agrémenter la narration plutôt factuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais si le style n&amp;rsquo;a rien de remarquable, les aventures qu&amp;rsquo;il raconte le sont sans aucun doute, et le dépaysement du lecteur total. Bref, pour reprendre Nicolas Bouvier, :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Henry de Monfreid n&amp;rsquo;hésite pas à prendre des risques, sur une inspiration, un contact qu&amp;rsquo;on lui a donné… Il sait apparemment juger les hommes assez rapidement, et savoir s&amp;rsquo;il peut leur faire confiance ou non. Son jugement a l&amp;rsquo;air fiable, ce qui n&amp;rsquo;empêche bien sûr pas une prise de risque, mais c&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;il veut mener sa vie. Il a même été prisonnier de guerre durant la seconde guerre mondiale à 60 ans, ce qui ne l&amp;rsquo;empêchait pas de penser à s&amp;rsquo;évader !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est chasseur de perles occasionnel, mais surtout trafiquant d&amp;rsquo;abord d&amp;rsquo;armes, puis de haschisch qu&amp;rsquo;il amène en Égypte d&amp;rsquo;abord de Grèce, puis quand l&amp;rsquo;Europe en interdit la culture, en provenance d&amp;rsquo;Inde. Il monte ensuite des entreprises en Éthiopie (minoterie, centrale électrique), mais s&amp;rsquo;en fera déposséder par le Negus, avec lequel il n&amp;rsquo;est pas tendre. Il ne l&amp;rsquo;est pas plus d&amp;rsquo;ailleurs avec l&amp;rsquo;administration coloniale française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais côté aventures, certaines histoires dans la mer rouge sont vraiment d&amp;rsquo;un autre monde (en plus d&amp;rsquo;une autre époque), comme celle de Zeit mis au cachot, et promis à une mort très sophistiquée : on utilise le lait d&amp;rsquo;un cactus particulier pour le rendre aveugle, puis on l&amp;rsquo;abandonne aux hyènes qui ont la particularité d&amp;rsquo;attaquer d&amp;rsquo;abord au ventre&amp;hellip; Une mort dans les plus grandes souffrances est alors garantie ! Quel raffinement !! Heureusement, Monfreid réussira à le sauver.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a aussi des histoires plus positives, comme celle de la femelle éléphant blessée que Monfreid aide dans un premier temps à se dégager de l&amp;rsquo;attaque d&amp;rsquo;une horde de hyènes, et qui un mois plus tard l&amp;rsquo;épargnera à son tour, mais massacrera son vélo ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final un bon moment de lecture, et une vie certes résumée à grands traits mais qui reste incroyable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_de_Monfreid&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henry de Monfreid&lt;/a&gt; (1879-1974) est un commerçant et écrivain français. Il a beaucoup écrit sur sa vie (romans, autobiographies), j&amp;rsquo;espère que le style est meilleur, pas sûr puisque ce récit date de 1973 (publié initialement sous le titre de &amp;ldquo;Le feu de Saint-Elme&amp;rdquo;)&amp;hellip; Reste à revoir le feuilleton TV des années 70 !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les délices de Tokyo - Durian Sukegawa</title>
            <link>https://pled.fr/les-delices-de-tokyo-durian-sukegawa/</link>
            <pubDate>Tue, 17 Dec 2019 16:44:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-delices-de-tokyo-durian-sukegawa/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;delicestokyo.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois n&amp;rsquo;est pas coutume, j&amp;rsquo;ai vu le film avant de lire ce roman. En fait j&amp;rsquo;avais offert le roman à une amie, puis remarqué qu&amp;rsquo;il avait été adapté à l&amp;rsquo;écran.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais bon, le film m&amp;rsquo;a tellement plu que j&amp;rsquo;ai voulu lire le livre. Et honnêtement, l&amp;rsquo;adaptation est bonne et respecte l&amp;rsquo;essentiel de l&amp;rsquo;histoire, même si comme toujours il y a plus de choses dans le roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une très belle histoire, pleine de sensibilité, et la culture japonaise n&amp;rsquo;y est pas étrangère, comme la relation entre les trois personnages : l&amp;rsquo;homme désabusé, la vieille femme et la jeune fille. Et vous ne cuirez plus les haricots de la même manière après avoir lu ou vu cette histoire ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne veux pas en dire plus pour ne rien dévoiler, mais ce petit roman est une belle surprise. Je ne peux que le recommander, et plutôt dix fois qu&amp;rsquo;une.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Durian Sukegawa, nom de plume de Tetsuya Sukekawa, est né en 1962 à Tokyo. Il est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l&amp;rsquo;École de pâtisserie du Japon. &amp;ldquo;Les délices de Tokyo&amp;rdquo; est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase en 2015.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Blind Lake - Robert Charles Wilson</title>
            <link>https://pled.fr/blind-lake-robert-charles-wilson/</link>
            <pubDate>Tue, 17 Dec 2019 16:11:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/blind-lake-robert-charles-wilson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;BlindLake.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman de SF sur l&amp;rsquo;excellent site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://linuxfr.org&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;linuxfr.org&lt;/a&gt; : et oui, on n&amp;rsquo;y parle pas que de linux ou de logiciels libres, et cela en fait tout son charme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je découvre donc cet auteur de SF par la même occasion, et ma foi j&amp;rsquo;ai été agréablement surpris : la lecture est facile, l&amp;rsquo;histoire prenante et le récit addictif, les personnages humains et attachants, et on ne part pas dans des délires sans queue ni tête. À ce titre, cela m&amp;rsquo;a fait penser à Philip K. Dick, même si les sujets abordés sont différents, et les personnages moins &amp;ldquo;perturbés&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que se passe-t-il donc à Blind Lake, un centre de recherche disposant d&amp;rsquo;une sorte de télescope (&amp;ldquo;l&amp;rsquo;Œil&amp;rdquo;) très sophistiqué qui permet de suivre les moindres faits et gestes d&amp;rsquo;un extraterrestre (&amp;ldquo;le Sujet&amp;rdquo;) sur la planète UMa47/E, située a cinquante années-lumière&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un blocus vient d&amp;rsquo;être décrété, et toute communication brusquement coupée avec le monde extérieur. Personne ne comprend ce qui se passe&amp;hellip; à part Tess, une petite fille au syndrome d&amp;rsquo;Asperger, qui semble voir des choses que les autres ne voient pas. Chris, un journaliste venu là pour un simple interview et pris dans le blocus va enquêter&amp;hellip; C&amp;rsquo;est le moment que &amp;ldquo;Le Sujet&amp;rdquo; choisit pour brusquement quitter sa routine immuable et s&amp;rsquo;enfoncer dans le désert&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Œil est piloté par des systèmes O/BEC, des calculateurs quantiques ET organiques dont les hommes ne maîtrisent plus vraiment le fonctionnement : les hommes l&amp;rsquo;entretiennent, se contentant de lui fournir le bon environnement, et le système se développe par lui-même, atteignant une complexité inédite. Il est ainsi capable de décrypter un signal extrêmement faible et brouillé parvenant de planètes lointaines, et de reconstituer les images.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment faire confiance aux informations fournies par l&amp;rsquo;Œil ? La création de l&amp;rsquo;homme (tel l&amp;rsquo;apprenti-sorcier) l&amp;rsquo;a manifestement dépassé, dès lors quelle peut ou doit être la relation entre l&amp;rsquo;homme et la machine ? &amp;ldquo;Le Sujet&amp;rdquo; apportera une réponse&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Charles_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Charles Wilson&lt;/a&gt;, né en 1953 en Californie, est un auteur de science-fiction canadien d&amp;rsquo;origine américaine. Il a reçu le prix Hugo pour son roman Spin en 2006. Ce roman est le premier d&amp;rsquo;une trilogie, et apparemment le meilleur des trois&amp;hellip; Il est déjà sur l&amp;rsquo;étagère en attente de lecture !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les étoiles s&#39;éteigent à l&#39;aube - Richard Wagamese</title>
            <link>https://pled.fr/les-etoiles/</link>
            <pubDate>Tue, 10 Dec 2019 17:39:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-etoiles/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesEtoiles.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman est le premier de l&amp;rsquo;auteur, et le deuxième que je lis, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15425&#34; &gt;Jeu blanc&lt;/a&gt;. C&amp;rsquo;est celui-ci qui est censé être le meilleur, selon le libraire, l&amp;rsquo;ordre de lecture est donc ascendant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Belle histoire, prenante, d&amp;rsquo;un fils que son père alcoolique a choisi de confier à un vieil homme afin qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;éduque avec des principes et des valeurs, ce dont il aurait été incapable&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franck grandit à la ferme, au contact de la nature, développant une personnalité peu loquace, peu compatissante, où les rares rencontres avec son père ne lui apportent que frustration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sentant la mort venir, le père appelle son fils pour son dernier voyage, car il veut être enterré en haut d&amp;rsquo;une crête, face à un magnifique paysage, comme le faisaient les anciens guerriers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce voyage permettra au père de faire le récit de sa vie, une vie difficile de journalier amérindien, qui part faire le guerre de Corée, une autre guerre de tranchées, et y commettra un acte qui le hantera toute sa vie. Et d&amp;rsquo;enfin parler à Franck de sa mère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franck pardonne-t-il à son père en fin de compte ? Difficile à dire, mais au moins il connaît désormais l&amp;rsquo;histoire de ses ancêtres, la place du vieil homme dans l&amp;rsquo;histoire, et semble plus apaisé. Le pardon viendra sans doute plus tard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Wagamese&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Richard Wagamese&lt;/a&gt; (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne Ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Jeu blanc - Richard Wagamese</title>
            <link>https://pled.fr/jeu-blanc-richard-wagamese/</link>
            <pubDate>Fri, 06 Dec 2019 15:46:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/jeu-blanc-richard-wagamese/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;jeublanc.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman recommandé par Graing, lecteur occasionnel du blog, dans un commentaire sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;cet article&lt;/a&gt; à propos d&amp;rsquo;un roman de Joseph Conrad.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsque j&amp;rsquo;ai demandé ce livre au libraire, ce dernier m&amp;rsquo;a immédiatement recommandé le premier livre de cet auteur, &amp;ldquo;Les étoiles s&amp;rsquo;éteignent à l&amp;rsquo;aube&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;ai donc pris les deux, mais commencé par celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé cette histoire, on est tout de suite accroché par ce récit qu&amp;rsquo;un indien appelé Saul, en cure de désintoxication alcoolique, nous fait de sa vie, en commençant par son enfance, lorsqu&amp;rsquo;il vivait en pleine nature, loin de la civilisation, avec sa grand-mère qui lui apprenait les coutumes anciennes, et avec qui il partageait des visions, car il avait également ce don.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis Saul se retrouve dans une école chrétienne, &amp;ldquo;éduqué&amp;rdquo; de force, forcé d&amp;rsquo;oublier sa culture et même son langage, comme tant d&amp;rsquo;autres indiens&amp;hellip; Mais un prêtre introduit le hockey et forme une équipe. Et c&amp;rsquo;est la révélation. Saul se passionne pour ce jeu, et son don lui permet de &amp;ldquo;voir&amp;rdquo; les lignes de jeu, les espaces qui se libèrent&amp;hellip; Dès son premier match, son talent explose. Vient son ascension dans le monde du hockey, jusqu&amp;rsquo;à rejoindre une équipe de haut niveau : mais que ce soit les coéquipiers ou les spectateurs, il reste un indien partout et tout le temps. Il se venge par le jeu, mais devient alors la cible de coups, et finit par les rendre, devenant un joueur violent et individualiste&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il quitte alors sa famille d&amp;rsquo;adoption, enchaînant les petits boulots, avec toujours cette violence en lui, prête à éclater. Il devient bûcheron, où sa violence éclate pour de bon. Puis il sombre dans l&amp;rsquo;alcool&amp;hellip; Il se retrouve dans un centre de désintox, retour au début du bouquin. Le dénouement final, je ne vous le dévoile pas, mais il m&amp;rsquo;a pris de court, tout est soudain revisité sous un nouvel éclairage&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Belle histoire donc, bien écrite, où la période du hockey tient l&amp;rsquo;essentiel du roman, c&amp;rsquo;est presque dommage, mais c&amp;rsquo;est tout de même très prenant, et plein d&amp;rsquo;émotions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Wagamese&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Richard Wagamese&lt;/a&gt; (1955-2017) est un auteur et journaliste canadien. Il appartient à la nation amérindienne ojibwé, originaire du nord-ouest de l’Ontario. Ce roman (son deuxième) est fortement inspiré de sa propre vie ou celle de sa propre famille. Il a été adapté au cinéma en 2017 par Stephen S. Campanelli sous le titre &amp;ldquo;Indian Horse&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Zomia ou l&#39;art de ne pas être gourverné - James C. Scott</title>
            <link>https://pled.fr/zomia-james-c-scott/</link>
            <pubDate>Sat, 23 Nov 2019 18:08:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/zomia-james-c-scott/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;zomia.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre m&amp;rsquo;avait été recommandé il y a pas mal de temps par mon libraire de Puteaux ! J&amp;rsquo;avais noté le titre dans un coin, et suis retombé dessus par hasard, alors qu&amp;rsquo;il vient d&amp;rsquo;être publié en format poche. C&amp;rsquo;était le moment de l&amp;rsquo;acheter et de lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit donc d&amp;rsquo;un essai, sur un sujet très intéressant qui bouscule pas mal d&amp;rsquo;idées reçues. Il y a toutefois beaucoup de redites, ce qui rend la lecture de l&amp;rsquo;ouvrage un peu fastidieuse (626 pages). Mais l&amp;rsquo;essentiel du message est passionnant, même s&amp;rsquo;il est assez vite compris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En plus, la zone géographique concernée est l&amp;rsquo;Asie du Sud-Est, où j&amp;rsquo;étais encore il y a peu&amp;hellip; Ma vision des ethnies locales (particulièrement en Birmanie) est désormais très différente de ce qu&amp;rsquo;elle était !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors de quoi s&amp;rsquo;agit-il ? Ces fameuses ethnies sont souvent perçues et présentées comme nos ancêtres, vivant dans les montagnes, n&amp;rsquo;ayant pas encore rejoint la société civilisatrice&amp;hellip; L&amp;rsquo;auteur nous propose une toute autre explication, celle de peuples ayant fui les vallées vers des zones refuges, hors d&amp;rsquo;atteinte d&amp;rsquo;un État trop autoritaire et contraignant : travail forcé, impôts, conscription, religion, etc…&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a là aucune séquence évolutionniste, et les tribus ne sont pas &amp;ldquo;antérieures&amp;rdquo; aux États. Elles représentent plutôt une formation sociale qui se définit par sa relation à l&amp;rsquo;État : &amp;ldquo;Si les dirigeants du Moyen-Orient ont dû affronter un &amp;ldquo;problème tribal&amp;rdquo;, [&amp;hellip;] on peut dire que les tribus ont fait face à un éternel &amp;ldquo;problème de l&amp;rsquo;État&amp;rdquo;.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette contre-histoire est en elle-même passionnante, et on y apprend plein de choses, comme par exemple que la muraille de Chine (et une autre pour les Miao, au sud de la Chine) ont autant servi à se protéger des barbares venant de l&amp;rsquo;extérieur que pour empêcher la population de partir…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un peu plus d&amp;rsquo;explications sur la Zomia (qui vient de Zo &amp;ldquo;reculé&amp;rdquo; et Mi &amp;ldquo;peuple&amp;rdquo;), ainsi que quelques extraits&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;introduction&#34;&gt;Introduction&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La Zomia est cette zone montagneuse de la taille de l&amp;rsquo;Europe qui comprend quelques provinces chinoises, le nord est de l&amp;rsquo;Inde, ainsi qu&amp;rsquo;une partie de la Birmanie, de la Thaïlande, du Laos et du Vietnam.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence par une bonne préface, écrite par l&amp;rsquo;auteur, très lisible, et qui prévient que ces dernières décennies ont considérablement changé la donne, les régions enclavées l&amp;rsquo;étant de moins en moins. Les États nations modernes revendiquent le contrôle de tout leur territoire, et la technologie aidant, l&amp;rsquo;armée conquiert petit à petit ces espaces frontières nécessaires à la vie en dehors du système de ces tribus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans oublier le tourisme, je pense à ces zones qui s&amp;rsquo;ouvrent en Birmanie, où l&amp;rsquo;on peut aller justement voir ces ethnies, et tant qu&amp;rsquo;à faire y aller au moment de leurs fêtes traditionnelles, pour faire de belles photos&amp;hellip; et apporter notre mode de vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-ethnies&#34;&gt;Les ethnies&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aurais souhaité plus de récits détaillant les migrations et l&amp;rsquo;histoire de ces ethnies, mais on manque en fait de détails de ce genre : les peuples des montagnes sont mouvants et complexes, et le récit officiel des États masquent et transforment cette réalité en un beau récit civilisationnel. Certains groupes ont même volontairement abandonné l&amp;rsquo;écriture, ce qui ne facilite pas les choses. Comme l&amp;rsquo;observe Claude Lévi-Strauss :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une chose étrange que l&amp;rsquo;écriture [&amp;hellip;]. Le seul phénomène qui l&amp;rsquo;ait fidèlement accompagnée est la formation des cités et des empires, c&amp;rsquo;est-à-dire l&amp;rsquo;intégration dans un système politique d&amp;rsquo;un nombre considérable d&amp;rsquo;individus et leur hiérarchisation en castes et en classes [&amp;hellip;]. Elle paraît favoriser l&amp;rsquo;exploitation des hommes avant leur illumination.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On entend donc parler des Wa, des Karhens, des Hmong, etc&amp;hellip; sans rien connaître de leur histoire, de leur lutte, etc&amp;hellip; Ça manque vraiment pour rendre la lecture passionnante, mais ce n&amp;rsquo;est pas le but de l&amp;rsquo;ouvrage. Dommage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;zones-refuges-et-interaction&#34;&gt;Zones refuges et interaction&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La représentation officielle est donc fausse : ces zones sont au départ des zones refuges pour ceux qui fuient une guerre, ou un état trop autoritaire, le travail forcé, les impôts, la conscription, la religion, etc&amp;hellip; Elles sont plus mouvantes, moins hiérarchisées (la place de la femme y est plus égalitaire), on y pratique une activité de chasseur/cueilleur, ou une agriculture sur brûlis efficace mais qui oblige à se déplacer, contrairement aux vallées qui pratiquent la mono-culture intensive, c&amp;rsquo;est-à-dire la riziculture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais aussi et surtout, ces deux zones communiquent et échangent de tout temps entre elles : contrebande entre frontières étatiques, allers-retours des personnes selon le contexte politique, etc&amp;hellip; Ces deux types de sociétés ont de toutes façons besoin l&amp;rsquo;une de l&amp;rsquo;autre : sel, métal pour les uns, bois rares, épices, légumes pour les autres. Les tribus des montagnes peuvent aussi effectuer des razzias dans les vallées à l&amp;rsquo;occasion ! Elles sont en fait issues de la même population. Voilà une explication du processus :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais il serait absurde, explique Keesing, de penser qu&amp;rsquo;une peuplade qui pratique aujourd&amp;rsquo;hui la cueillette la pratiquait déjà il y a un siècle : il se pourrait tout aussi bien qu&amp;rsquo;elle ait pratiqué l&amp;rsquo;agriculture permanente. Selon lui, ce sont la périodisation des nombreuses vagues de migration, leur positionnement altimétrique, ainsi que le mode de subsistance des populations concernées qui expliquent la diversité luxuriante de la mosaïque ethnique des collines, par opposition à l&amp;rsquo;uniformité des vallées. Il propose ainsi un modèle pour rendre compte de ce processus de différenciation ethnique. &amp;ldquo;Le modèle théorique le plus simple [&amp;hellip;] est celui d&amp;rsquo;un groupe originel, dont une fraction demeure dans les basses terres tandis qu&amp;rsquo;un autre gagne les montagnes. Chacune de ces composantes connaît alors un processus de redéfinition ethnique, de telle sorte qu&amp;rsquo;elles se différencient. des contacts perdurent, comme par exemple le commerce ou la guerre, qui fonctionnent comme des liens d&amp;rsquo;interdépendance et de conditionnements réciproques. Le groupe qui s&amp;rsquo;est réfugié en altitude peut alors se scinder et ses différentes branches peuvent occuper des niches écologiques distinctes, comme par exemple des altitudes différentes, ce qui multiplie les possibilités de diversification au sein même des régions montagneuses. La dichotomie entre collines et vallées s&amp;rsquo;est ainsi construite sur le fait historique de la migration d&amp;rsquo;une partie de la population des basses terres loin des États qui y régnaient. Et la diversité culturelle, linguistique et ethnique qui caractérise les collines est le résultat de conflits internes aux hautes terres, certes, mais aussi de la grnade variété d&amp;rsquo;environnements écologiques que l&amp;rsquo;on y trouve et de leur relatif isolement les uns vis-à-vis des autres, dû à l&amp;rsquo;âpreté du terrain.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-états&#34;&gt;Les États&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les États (accapareurs de richesses) ont besoin d&amp;rsquo;une zone bien particulière pour se développer, qui apporte à la fois des réserves de nourriture et aussi de main d&amp;rsquo;œuvre. Une plaine pour passer à la riziculture irriguée assure le meilleur rendement et une conservation idéale, ainsi qu&amp;rsquo;une taxation facile ; un terrain plat pour faciliter les déplacements ; un fleuve ou une route est également nécessaire pour le commerce.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le besoin de population est également crucial pour les États, pour asseoir sa richesse. Celle-ci peut diminuer par la fuite des individus, une maladie, une famine (la densité de population amène ses problèmes)&amp;hellip; Reste alors la guerre contre un autre état, avec un gros potentiel de main d&amp;rsquo;œuvre à la clef, mais aussi un gros risque de disparition (malheur au vaincu). Ou alors la chasse à l&amp;rsquo;homme dans les collines pour capturer ceux qui vivent en dehors de l&amp;rsquo;État. Et de fait, tous ces états de plaines sont à cette époque des états esclavagistes, certaines ethnies des collines participant même à la traque et au marchandage, l&amp;rsquo;esclave devenant une denrée comme une autre, et plutôt rentable !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a donc plutôt de petits royaumes, qui peuvent parfois s&amp;rsquo;allier pour en former un plus puissant, mais qui sera probablement éphémère&amp;hellip; et toujours très dépendants du relief du terrain. Comme le dit Edmund Leach :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Presque chaque agglomération birmane de quelque importance revendique le fait d&amp;rsquo;avoir été un jour ou l&amp;rsquo;autre la capitale d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;royaume&amp;rdquo; dont l&amp;rsquo;étendue était à la fois grandiose et improbable.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire officielle nous raconte donc celle des royaumes, mais en fait ceux-ci marquent en pointillés la longue histoire des périodes sans États, à la population mouvante, et ne laissant que peu de traces ; car plus il y a de densité, plus il y aura de traces laissées pour les ethnologues…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h2 id=&#34;la-civilisation-et-la-culture&#34;&gt;La civilisation et la culture&#xA;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;La &amp;ldquo;civilisation&amp;rdquo; elle même est pure création, comme son pendant &amp;ldquo;les barbares&amp;rdquo;. Dans la plaine, les classes dirigeantes importent des rites hindouistes de toutes pièces, créant ainsi une pseudo culture, des fêtes, des célébrations grandioses&amp;hellip; Les &amp;ldquo;barbares&amp;rdquo; ont une société égalitaire, animistes, mouvante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les organisations sociales des tribus semblent même être faites en opposition à celle d&amp;rsquo;un État, pour mieux y répondre et s&amp;rsquo;en affranchir. On y trouve souvent un égalitarisme fort : &amp;ldquo;Amenez-moi à votre chef&amp;rdquo; (phrase typique du colon) n&amp;rsquo;a parfois aucun sens ; certaines tribus revendiquent même dans leurs traditions de tuer tout chef qui deviendrait trop autoritaire… On nomme parfois un chef bidon pour satisfaire des colonisateurs… dont on ne tient aucun compte. Les généalogies sont aussi volontairement tronquées pour éviter toute tentative de domination.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les trois dernières stratégies qu&amp;rsquo;une tribu a à sa disposition sont des stratégies de résistance et d&amp;rsquo;évasion. À quelques rares exceptions près, les peuples sans État de l&amp;rsquo;Asie du Sud-Est ont rarement pu recourir à l&amp;rsquo;option militaire. Dans la mesure où elle requiert souvent l&amp;rsquo;adoption de l&amp;rsquo;agriculture sur abattis-brûlis, la fuite a déjà fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une discussion. Ce qu&amp;rsquo;il nous reste à étudier est la stratégie de dernier recours, c&amp;rsquo;est-à-dire la réorganisation sociale. Elle implique la désagrégation de la société en unités minimales, souvent des foyers, et s&amp;rsquo;accompagne généralement de stratégies de subsistance favorisant les petits groupes dispersés. Ernest Gellner caractérise ce choix délibéré chez les Berbères à partir de la formule &amp;ldquo;se diviser pour être moins dirigé&amp;rdquo;. Cet aphorisme astucieux suggère que la devise romaine &amp;ldquo;diviser pour mieux régner&amp;rdquo; cesse d&amp;rsquo;être opératoire au-delà d&amp;rsquo;un certain degré d&amp;rsquo;atomisation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que des légumineuses comme le manioc, la pomme de terre, le maïs, venus du nouveau monde ont permis de vivre plus haut en altitude. Les légumes tubercules se prêtent aussi admirablement à ce type de vie (invisibles sous terre, on peut revenir pus tard sur place les récolter !).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On considère communément que les États et les empires ont été fondés par les tribus - ainsi songe-t-on à Gengis Khan, Charlemagne, Osman ou aux Mandchous. Pourtant, il est beaucoup plus juste de dire que ce sont les États qui font les tribus, et non l&amp;rsquo;inverse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les &amp;ldquo;tribus&amp;rdquo; sont inclassables que soit culturellement (langue maternelle par exemple), elles sont un véritable patchwork d&amp;rsquo;individus de provenances différentes, parlant plusieurs langues, protéiformes et s&amp;rsquo;adaptant si nécessaire selon leur interlocuteur. Les tentatives de classement et de nommage (eux s&amp;rsquo;appellent &amp;ldquo;le peuple de la rivière X&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;le peuple de la vallée Y&amp;rdquo;) ne sont pour les États que des manières de les classifier, puis de nommer un chef censé les représenter afin d&amp;rsquo;arriver leurs fins. Il faut noter qu&amp;rsquo;avec les politiques récentes, cela peut être avantageux d&amp;rsquo;accepter d&amp;rsquo;être telle ethnie, pour bénéficier de droits particuliers&amp;hellip; Encore une fois, les tribus s&amp;rsquo;adaptent !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dernier chapitre est consacré aux prophètes qui ont mené les soulèvements de tribus au cours de l&amp;rsquo;histoire. Le mythe de l&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;un monde meilleur fonctionne, porté par un shaman, un moine de la forêt aux pouvoirs surnaturels, ou un individu charismatique, tous capables de fédérer plusieurs tribus aux cultures différentes pour la promesse d&amp;rsquo;un avenir meilleur&amp;hellip; Ces croyances millénaristes sont fréquentes dans les collines, et même la religion catholique s&amp;rsquo;est bien implantée dans certaines tribus, comme en réaction aux religions des plaines.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_C._Scott&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James C. Scott&lt;/a&gt;, né en 1936, est un professeur de sciences politiques à l&amp;rsquo;Université Yale aux États-Unis. Politiste anarchiste américain, il est un critique et continuateur de Pierre Clastres, Foucault, Bourdieu, Lukes, etc. Il a été une figure du mouvement Pérestroïka en sciences politiques.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Power - Michaël Mention</title>
            <link>https://pled.fr/power-michael-mention/</link>
            <pubDate>Thu, 21 Nov 2019 18:24:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/power-michael-mention/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;power.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai acheté ce livre sur la table du libraire quand j&amp;rsquo;ai vu qu&amp;rsquo;il racontait l&amp;rsquo;histoire des Black Panthers. C&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;en savoir plus sur ce mouvement, et ce roman a parfaitement répondu à mes attentes, brisant pas mal d&amp;rsquo;idées reçues.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire du &lt;strong&gt;BPPFSD&lt;/strong&gt; ( &lt;strong&gt;B&lt;/strong&gt; lack &lt;strong&gt;P&lt;/strong&gt; anther &lt;strong&gt;P&lt;/strong&gt; arty &lt;strong&gt;F&lt;/strong&gt; or &lt;strong&gt;S&lt;/strong&gt; elf &lt;strong&gt;D&lt;/strong&gt; efense), depuis sa création jusqu&amp;rsquo;à son éclatement et ses dérives largement orchestrées par le FBI (programme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/COINTELPRO&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;COINTELPRO&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le rythme de l&amp;rsquo;écriture est assez haletant, comme ce que vivent les personnages que nous allons suivre ; les scènes violentes arrivent sans prévenir, comme dans la rue. C&amp;rsquo;est très prenant, pour peu qu&amp;rsquo;en plus on s&amp;rsquo;intéresse à cette époque où l&amp;rsquo;Amérique bascule (années 60-70).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons suivre trois personnages, chapitre après chapitre : une jeune militante du BPP, un flic blanc et un infiltré par le FBI. Tous vont plus ou moins finir par être détruits, chacun à leur manière. Les destins croisés de Charlène, Neil et Tyrone vont vous accrocher, c&amp;rsquo;est certain !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cerise sur le gâteau, il y a des références fréquentes à des morceaux de musique de l&amp;rsquo;époque, que l&amp;rsquo;auteur a eu la bonne idée de lister en fin d&amp;rsquo;ouvrage : l&amp;rsquo;occasion de se faire une &amp;ldquo;Playlist&amp;rdquo; (32 morceaux), et d&amp;rsquo;une belle découverte en ce qui me concerne avec ce morceau :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;&lt;audio controls preload=&#34;metadata&#34;&gt;&#xA;  &lt;source src=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2019/11/01%20-%20Smoking%20the%20Day%20Away.ogg&#34; type=&#34;audio/ogg&#34;&gt;&#xA;  Your browser does not support the audio element.&#xA;&lt;/audio&gt;&#xA;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques notes prises lors de la lecture de ce roman, qui peut sans aucun doute être pris comme une belle retranscription de l&amp;rsquo;époque, tout en restant un roman et donc une fiction.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire commence à une époque très tendue : Malcom X vient d&amp;rsquo;être tué, puis ce sera le tour de M. L. King… Tous ceux qui commencent à être écouté et pas seulement par les noirs risquent le même sort. On peut y ajouter la guerre du Vietnam, les émeutes raciales de Watts à Los Angeles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mouvement est d&amp;rsquo;abord créé pour protéger les droits des noirs littéralement harcelés par la police : ils organisent des patrouilles dans les rues, en tenue, armés, magnétophones en main pour s&amp;rsquo;assurer de la légalité des interventions des forces de l&amp;rsquo;ordre. Et cela fonctionne&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Trois bouquins sont remis lors de l&amp;rsquo;adhésion au BPP : Les damnés de la terre, le livre de Malcom X, et le petit livre rouge. Le BPP est clairement politisé, tendance marxiste, prônant la révolution. Il organise également des repas gratuits, des petits déjeuners pour les enfants du quartier, s&amp;rsquo;étend sur une dizaine de villes, édite un journal, ouvre des cliniques…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Inutile de dire que cela ne plaît pas en haut-lieu : quelques années après le MacCarthysme, un mouvement marxiste n&amp;rsquo;est pas imaginable aux États-Unis. J.E. Hoover, directeur du FBI, va réactiver le programme COINTELPRO créé à l&amp;rsquo;époque contre le communisme, et l&amp;rsquo;appliquer aux mouvements noirs, et particulièrement les Black Panthers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un premier temps, le mouvement se développe tout de même , et prend encore plus d&amp;rsquo;essor quand Marlon Brando lui apporte son soutien. D&amp;rsquo;autres vedettes viendront après, comme Jean Seberg (Romain Gary en parle dans son roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12618&#34; &gt;Chien blanc&lt;/a&gt;), après que les flics aient tué l&amp;rsquo;un des leaders lors d&amp;rsquo;une véritable embuscade.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le FBI agit dans l&amp;rsquo;ombre, infiltrant le mouvement, lançant une campagne de discrédit, manipulant les gangs qui sont souvent en opposition avec le BPP (eux résonnent en territoire, pas pour changer la société). Résultat : les leaders du BPP sont soit emprisonnés, soit forcé à l&amp;rsquo;exil, ou encore simplement assassinés par les gangs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les flics vont jusqu&amp;rsquo;à ramasser des gamins à la sortie de l&amp;rsquo;école dans le quartier d&amp;rsquo;un gang, pour les déposer devant le bureau du BPP d&amp;rsquo;un autre quartier de la ville : le gamin se fait alors rosser, cela augmente la tension et le désir de vengeance des gangs&amp;hellip; La police laisse aussi les dealers de drogue opérer en toute tranquillité : plus il y a de drogue à circuler, moins il y aura de recrues au BPP ! Tous les moyens sont bons, et ce n&amp;rsquo;est pas joli. La situation dégénère, la violence monte&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut lire un excellent interview de Michael Mention &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://gruznamur.com/2018/04/11/interview-1-livre-en-5-questions-power-michael-mention/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;. Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De plus, le sujet était si complexe que j’ai décidé de le traiter en deux parties : la première, relativement courte, pour relater l’émergence du parti et ses acteurs principaux, et la deuxième, bien plus longue, pour être au plus près des anonymes qui ont « fait » ce mouvement au quotidien (ceux que l’Histoire oublie toujours, privilégiant les leaders).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Micha%C3%ABl_Mention&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michaël Mention&lt;/a&gt;, né en 1979 à Marseille, est un écrivain français. Il a reçu le Grand Prix du Festival Sans Nom de Mulhouse 2018 et le Prix des blogueurs Festival Lisle Noir pour ce roman. Certainement un auteur à découvrir, en ce qui me concerne.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lune Comanche - Larry McMurtry</title>
            <link>https://pled.fr/lune-comanche-larry-mcmurtry/</link>
            <pubDate>Sat, 16 Nov 2019 18:22:11 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lune-comanche.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite : c&amp;rsquo;est un bon cru ! Après la découverte de l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9257&#34; &gt;Lonesome Dove&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;avais été très déçu par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10911&#34; &gt;La marche du mort&lt;/a&gt;. J&amp;rsquo;avais donc des doutes en attaquant ce gros volume (790p).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais ils furent vite dissipés, et on retrouve nos deux rangers au début de leur carrière, pour des aventures prenantes. Le roman se situe chronologiquement entre leurs débuts dans La marche du mort, et bien avant Lonesome Dove.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les personnages sont toujours aussi marqués : les deux chefs indiens d&amp;rsquo;abord, avec le voleur de chevaux Kicking Wolf, et le redoutable guerrier Buffalo Hump sans oublier son fils le très méchant Blue Duck . Il y a aussi le capitaine des Texas Rangers, Inish Scull, un héros qui s&amp;rsquo;ennuie tellement qu&amp;rsquo;il va jeter entre les mains d&amp;rsquo;Amuhado, le &amp;ldquo;Black Vaquero&amp;rdquo;, véritable incarnation du mal, mexicain aux origines probablement Maya, aux tortures très raffinées&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref on ne s&amp;rsquo;ennuie pas, même si on se demande toujours quelle est la part de vérité historique concernant l&amp;rsquo;époque, ou la culture Comanche&amp;hellip; Tout pourrait être complètement inventé ! Mais il faut bien dire que l&amp;rsquo;on dévore les pages, sauf peut-être au début de la troisième partie, après la guerre de Sécession, qui met du temps à démarrer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si vous avez aimé Lonesome Dove, vous aimerez certainement Lune Comanche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_McMurtry&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Larry McMurtry&lt;/a&gt;,&#xA;né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain.&#xA;Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Il a&#xA;également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de&#xA;Brokeback Mountain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Entre ciel et terre - Jón Kalman Stefánsson</title>
            <link>https://pled.fr/entre-ciel-et-terre-jon-kalman-stefansson/</link>
            <pubDate>Sun, 03 Nov 2019 14:17:27 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;entrecieletterre.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nouvelle lecture d&amp;rsquo;un roman conseillé par Béatrice, une amie de ma sœur. C&amp;rsquo;est aussi le premier ouvrage d&amp;rsquo;une trilogie. Hélas, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La narration au style particulier nous emmène vite dans l&amp;rsquo;atmosphère du récit, dans cette vie rude des pêcheurs islandais. Et on se laisse emporter par l&amp;rsquo;histoire, sans savoir où celle-ci va nous emporter, comme la barque qui les emmène vers le large alors que la tempête menace.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un gamin va perdre son ami qui aimait tant la poésie, au point d&amp;rsquo;en oublier de mettre sa vareuse en prenant la mer, chose peu crédible soit dit entre nous&amp;hellip; Par ces latitudes glaciales, une telle erreur se paie cash.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès lors, le gamin va retourner au village et l&amp;rsquo;histoire s&amp;rsquo;essouffle, le style perd de sa force&amp;hellip; Le gamin va être recueilli, l&amp;rsquo;occasion de décrire brièvement la vie au village, monotone, dans ce pays qui n&amp;rsquo;a pas de grandes villes&amp;hellip; Une vie certes moins dure que celle des pêcheurs, mais guère plus réjouissante, avec l&amp;rsquo;alcool comme ultime recours. La fin de l&amp;rsquo;histoire arrive vite, et c&amp;rsquo;est tant mieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, je n&amp;rsquo;ai pas été conquis par ce premier roman de l&amp;rsquo;auteur : malgré un bon début, l&amp;rsquo;histoire et le style ne tiennent par leurs promesses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%B3n_Kalman_Stef%C3%A1nsson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jón Kalman Stefánsson&lt;/a&gt;, né en 1963, est un écrivain et poète islandais. Sa trilogie romanesque (ce roman donc , suivi de &amp;ldquo;La Tristesse des anges&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Le Cœur de l’homme&amp;rdquo;) lui ont apporté reconnaissance et succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ti-Puss - Ella Maillart</title>
            <link>https://pled.fr/ti-puss-ella-maillart/</link>
            <pubDate>Mon, 14 Oct 2019 15:39:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ti-puss-ella-maillart/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ti-puss.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Premier livre d&amp;rsquo;Ella Maillart d&amp;rsquo;où je ressort déçu&amp;hellip; Pourtant j&amp;rsquo;aime l&amp;rsquo;auteur et ses récits de voyage, j&amp;rsquo;adore l&amp;rsquo;Inde où j&amp;rsquo;ai fait mon premier grand voyage, et je n&amp;rsquo;ai rien contre les chats&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais là, j&amp;rsquo;ai trouvé un mélange des genres plutôt raté : le récit est centré sur sa chatte Ti-Puss et sa relation à elle, tout en suivant les préceptes de maîtres de méditation et de sagesse indiens qui prônent le détachement de soi et des choses matérielles de ce monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Or c&amp;rsquo;est un peu à l&amp;rsquo;inverse auquel nous assistons : elle croit voir en Ti-Puss l&amp;rsquo;expression de la sagesse qu&amp;rsquo;elle recherche désespérément en Inde. J&amp;rsquo;y vois plutôt un attachement et un amour plutôt égoïste, loin de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Amour&amp;rdquo; débarrassé du &amp;ldquo;Moi&amp;rdquo; individuel comme lui enseignent les sages&amp;hellip; Et comme tout un chacun avec son animal domestique, elle lui attribue des qualités humaines : la route vers le détachement est encore longue !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus, le style est plutôt heurté, arrivant rarement à donner un tableau de son environnement, et c&amp;rsquo;est vraiment dommage, on est tout de même en Inde, où le dépaysement est omniprésent ! Les seuls passages fluides concernent Ti-Puss, et encore&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans son désir d&amp;rsquo;apprendre, elle vit avec les indiens, à l&amp;rsquo;écart des autres blancs (qui ne se mélangent pas), mais va tout de même régulièrement retrouver des amis européens manifestement fortunés, partant même faire une chasse au tigre ! Tout cela me paraît dès lors très confus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, vous l&amp;rsquo;aurez compris, très déçu par ce récit. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;éternelle histoire du voyageur-écrivain ou de l&amp;rsquo;écrivain-voyageur. Ici, le voyageur écrit sans vraiment voyager, et donc échoue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres d&amp;rsquo;Ella Maillart sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12091&#34; &gt;Des monts Célestes aux sables Rouges&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34; &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La voie cruelle&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12625&#34; &gt;Croisières et caravanes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ella_Maillart&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ella Maillart&lt;/a&gt; (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. J&amp;rsquo;ai désormais lu ses principaux récits de voyage. Le meilleur est sans conteste &amp;ldquo;Oasis interdites&amp;rdquo;, suivi par &amp;ldquo;La voie cruelle&amp;rdquo;. &amp;ldquo;Croisières et caravanes&amp;rdquo; est un résumé de sa vie, et peut être une porte d&amp;rsquo;entrée à son œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Pour qui sonne le glas - Ernest Hemingway</title>
            <link>https://pled.fr/pour-qui-sonne-le-glas-ernest-hemingway/</link>
            <pubDate>Thu, 10 Oct 2019 17:07:33 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pourquisonneleglas.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est après avoir regardé un documentaire sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://boutique.arte.tv/detail/traga_die_brigades_internationales&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La tragédie des brigades internationales&lt;/a&gt; sur Arte, que j&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre. J&amp;rsquo;avais aussi noté &amp;ldquo;Aventures d&amp;rsquo;un jeune homme&amp;rdquo; de John Dos Pasos, mais de ce que je lis à son sujet, c&amp;rsquo;est un peu daté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est aussi ce que l&amp;rsquo;on peut remarquer avec celui-ci : écrit en 1940, le style est vraiment différent de ce que l&amp;rsquo;on pourrait écrire aujourd&amp;rsquo;hui sur un tel sujet. Mais la magie opère, on se laisse tout de même prendre par le récit, malgré une première partie un peu lente.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les dialogues entre les personnages sont particulièrement directs, est-ce parce que les personnages sont rustres ? ou est-ce l&amp;rsquo;éventualité d&amp;rsquo;une mort prochaine qui apporte cette urgence et ce besoin de vérité ? Cette proximité et les questionnements qu&amp;rsquo;elle soulève sont captivants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les personnages prennent corps peu à peu, entre Roberto l&amp;rsquo;américain venu se battre par idéal et ces paysans espagnols qui se battent pour une République qu&amp;rsquo;ils connaissent à peine. Roberto est envoyé par l&amp;rsquo;armée républicaine pour faire sauter un pont, et a besoin de leur aide, mais l&amp;rsquo;opération est rendue dangereuse car elle doit se faire absolument le matin, ce qui rend la fuite périlleuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le coup de foudre entre Roberto et Maria la jeune et belle espagnole opère dans cette urgence que le danger implique. Les hommes boivent beaucoup de vin et s&amp;rsquo;expliquent durement&amp;hellip; Mais l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;ennuie tout de même un peu dans cette première moitié de roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les choses sérieuses commencent lorsqu&amp;rsquo;une patrouille passe près de leur camp. Les réflexions sur la mort, sur l&amp;rsquo;acte de tuer d&amp;rsquo;autres hommes, et peut-être d&amp;rsquo;aimer le faire, travaillent Roberto&amp;hellip; Un autre camp de partisans est attaqué, et massacré sans qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;interviennent car l&amp;rsquo;objectif stratégique c&amp;rsquo;est le pont. On est alors pris par le récit et l&amp;rsquo;action, jusqu&amp;rsquo;à ce que le glas sonne&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, le titre vient d&amp;rsquo;un texte de John Donne présenté en exergue du roman, dont voici la fin :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La mort de tout homme me diminue, parce que je suis solidaire du Genre Humain. Ainsi donc, n&amp;rsquo;envoie jamais demander : pour qui sonne la glas ; il sonne pour toi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;en ai profité pour regarder le film qui en a été tiré, et qui date lui de 1943, réalisé par Sam Wood. Il est assez fidèle au roman, mais très prude sur la relation entre Roberto et Maria&amp;hellip; C&amp;rsquo;en est d&amp;rsquo;ailleurs assez amusant quand on compare les scènes décrites ou plus souvent manquantes à ce sujet ! Toujours est-il que le film n&amp;rsquo;a pas le charme du roman, ni sa profondeur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Hemingway&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernest Hemingway&lt;/a&gt; (1899-1961) est un écrivain, journaliste, et correspondant de guerre américain. Il participa à la guerre d&amp;rsquo;Espagne comme journaliste aux côtés des républicains, et écrira ce roman par la suite. Si l&amp;rsquo;on en croit la page wikipedia, il se fâchera avec son grand ami John Dos Pasos lors de la mort suspecte de l&amp;rsquo;écrivain José Robles Pazos attribuée aux Staliniens. Son analyse de la guerre d&amp;rsquo;Espagne, sa compromission locale avec la propagande stalinienne et l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;Hemingway face à la disparition de son ami, insupportent Dos Pasos.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;archipel d&#39;une autre vie - Andreï Makine</title>
            <link>https://pled.fr/larchipel-dune-autre-vie-andrei-makine/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Oct 2019 16:54:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/larchipel-dune-autre-vie-andrei-makine/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;archipel-autre-vie.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je connaissais déjà cet auteur avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2291&#34; &gt;Le testament français&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé. J&amp;rsquo;ai donc abordé celui-ci, recommandé par Béatrice, plutôt confiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette histoire commence un peu comme un conte tragi-comique, avec cette poursuite dans la taïga un peu surréaliste :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un criminel s&amp;rsquo;est échappé lors d&amp;rsquo;un transfert, et l&amp;rsquo;on envoie cinq hommes pour le rattraper : il y a là deux militaires gradés, un commissaire politique, deux soldats et un chien. Mais les poursuivants ont bien du mal à attraper leur cible, cette dernière semblant les narguer en restant à portée de vue mais restant pourtant insaisissable ! Puis le criminel poursuivi s&amp;rsquo;avère être une femme, en même temps qu&amp;rsquo;une redoutable connaisseuse de la survie dans la taïga&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourtant, le premier paragraphe m&amp;rsquo;avait intrigué, et promettait une certaine profondeur au récit&amp;hellip; Je l&amp;rsquo;avais relu plusieurs fois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À cet instant de ma jeunesse, le verbe &amp;ldquo;vivre&amp;rdquo; a changé de sens. Il exprimait désormais le destin de ceux qui avaient réussi à atteindre la mer des Chantars. Pour toutes les autres manières d&amp;rsquo;apparaître ici-bas, &amp;ldquo;exister&amp;rdquo; allait me suffire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Pavel l&amp;rsquo;un des soldats qui nous raconte l&amp;rsquo;histoire de cette traque, et celle-ci va le changer. Elle lui permettra de se débarrasser de la peur du système (&amp;ldquo;le pantin de chiffon&amp;rdquo; qui le hante depuis l&amp;rsquo;enfance), et de partir vivre une vraie vie, au lieu de simplement exister.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une petite histoire bien sympathique donc, avec cette fable qui oscille entre comédie et tragédie, pour dénoncer le fonctionnement d&amp;rsquo;un système totalitaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Makine&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Andreï Makine&lt;/a&gt;&#xA;est un écrivain français né en Sibérie en 1957. En 1987, à la faveur&#xA;d’échanges culturels entre la France et la Russie, il demande et obtient&#xA;l’asile politique, puis la nationalité française en 1996.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nymphéas noirs - Michel Bussi</title>
            <link>https://pled.fr/nimpheas-noirs/</link>
            <pubDate>Tue, 17 Sep 2019 15:25:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nimpheas-noirs/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nympheas-noirs.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre prêté par un ami comme un super bouquin, il avait fait le tour d&amp;rsquo;amis communs, tout le monde avait adoré, dénouement incroyable, etc… Déjà c&amp;rsquo;est un polar, je commence à douter de la grandeur de la chose, mais sait-on jamais ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ça commence mal, je ne suis pas vraiment fan du style, de la façon dont la vieille parle à la première personne puis s&amp;rsquo;adresse directement au lecteur : &amp;ldquo;Vous serez d&amp;rsquo;accord…&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Je ne sais pas si vous êtes comme moi…&amp;rdquo;, etc… Bof bof !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite, les deux personnages de flics, Laurenç et Silvio qui ne sont pas très crédibles, un peu caricaturaux ; leurs rapports (les blagues de Laurenç, le premier degré de Silvio) un peu convenu. On continue avec Laurenç qui tombe immédiatement amoureux de l&amp;rsquo;institutrice, qui cherche manifestement à le charmer, et ça marche, toute piste menant à elle sera dorénavant systématiquement écartée… Et quand le mari jaloux menace Laurenç, devinez ce qui arrive : le valeureux policier clôt l&amp;rsquo;enquête !! Ben voyons…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dénouement est à la hauteur de ce qui précède, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;étant permis de changer les noms des personnages pour monter son intrigue ! Alors forcément quand l&amp;rsquo;explication arrive, les mystères fondent comme neige au soleil… Non seulement cela, mais &amp;ldquo;la vieille&amp;rdquo; Jacqueline a projeté ses souvenirs sur les scènes qu&amp;rsquo;elle voyait, mélangeant présent et passé ! C&amp;rsquo;est facile de balader le lecteur avec de tels procédés&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, pas du tout convaincu, ni par le style, ni part l&amp;rsquo;histoire. Polar français moyen, et puis ça se passe en Normandie, comme tous les romans de cet auteur, et comme je suis breton, ça ne pouvait pas coller ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Bussi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Bussi&lt;/a&gt;, né en 1965, est un écrivain français, également professeur de géographie. Il serait le deuxième écrivain français en terme de livres vendus, selon un classement GFK-Le Figaro de janvier 2019. !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le chemin des âmes - Joseph Boyden</title>
            <link>https://pled.fr/les-chemins-de-lame-joseph-boyden/</link>
            <pubDate>Sat, 31 Aug 2019 16:43:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-chemins-de-lame-joseph-boyden/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;boyden.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre recommandé par Béatrice, une amie de ma sœur, grande lectrice apparemment, et qui au fil notre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15122&#34; &gt;randonnée dans le Finistère&lt;/a&gt; m&amp;rsquo;a donné quelques conseils de lecture. Celui-ci est donc le premier&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Histoire à deux voix, celle de Xavier Bird, un indien Cree qui revient de la guerre 14-18 dans un sale état, et celle de sa tante Niska qui vient le chercher à la gare, pour repartir en canoë vers leurs terres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit est assez prenant, entre Xavier qui raconte la sale guerre avec son ami Elijah, et Niska qui raconte son enfance, vivant dans les bois et refusant la société des blancs, puis élevant Xavier, qui devient un excellent chasseur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je suis tout de même resté sur ma faim avec ce roman, agréable à lire, bien écrit, avec une histoire prenante, mais qui déçoit par une certaine monotonie du récit des combats (guerre de tranchées). J&amp;rsquo;ai attendu longtemps le dénouement, et quand celui-ci est enfin arrivé, il m&amp;rsquo;a déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Xavier et Elijah, volontaires pour la grande guerre, vont vite être identifiés comme tireurs d&amp;rsquo;élite, et envoyés régulièrement dans le &amp;ldquo;no man&amp;rsquo;s land&amp;rdquo; de cette guerre de tranchées, pour s&amp;rsquo;y camoufler, attendre le jour et tirer sur le malheureux qui aura la mauvaise idée de lever la tête, ou sur le nid de mitrailleuse qui décime leurs frères de combat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au-delà de la description de la &amp;ldquo;sale guerre&amp;rdquo; (hélas déjà connue), c&amp;rsquo;est la descente d&amp;rsquo;Elijah, qui va peu à peu être détruit par elle, avec l&amp;rsquo;aide de la morphine, dont l&amp;rsquo;usage quotidien va vite le transformer, sous les yeux attentifs de Xavier : Elijah va devenir &amp;ldquo;accro&amp;rdquo; à la morphine comme à l&amp;rsquo;assassinat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;y ai donc trouvé quelques longueurs, un récit des combats assez monotone : la guerre de tranchées est une guerre de positions, le rôle des tireurs d&amp;rsquo;élite est toujours le même de place en place, et l&amp;rsquo;on attend longtemps qu&amp;rsquo;il se passe enfin quelque chose entre les deux hommes, puisque l&amp;rsquo;on sait depuis le début qu&amp;rsquo;Elijah n&amp;rsquo;est pas revenu au pays.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand enfin la fameuse scène arrive, quand les deux hommes s&amp;rsquo;affrontent, difficile de bien comprendre de quel côté est la folie, qui veut le premier tuer l&amp;rsquo;autre. La lettre que Xavier a reçu de sa tante quelques jours avant vient de plus brouiller les cartes… J&amp;rsquo;ai relu ce passage plusieurs fois, ce n&amp;rsquo;est pas clair, peut-être l&amp;rsquo;auteur a-t-il voulu laisser ce doute pour montrer que la guerre avait fait sombrer les deux hommes dans la folie, chacun à leur manière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Boyden&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Boyden&lt;/a&gt;, né en 1966, est un écrivain canadien, avec des origines irlandaises, écossaises et indiennes. Ses romans sont consacrés aux indiens du nord de l&amp;rsquo;Ontario. La libraire m&amp;rsquo;a conseillé &amp;ldquo;Dans le grand cercle du monde&amp;rdquo; de cet auteur.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Une Désolation - Yasmina Reza</title>
            <link>https://pled.fr/une-desolation-yasmina-reza/</link>
            <pubDate>Sat, 24 Aug 2019 15:59:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/une-desolation-yasmina-reza/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;desolation.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deuxième auteur identifié par Luc Ferry comme &amp;ldquo;de grands écrivains français&amp;rdquo;, après Emmanuel Carrère et son roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=13436&#34; &gt;D&amp;rsquo;autres vies que la mienne&lt;/a&gt;. Cette fois c&amp;rsquo;est donc Yasmina Reza et le roman &amp;ldquo;Une désolation&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc confirmation que je n&amp;rsquo;ai pas les mêmes goûts (ni les mêmes opinions) que Luc Ferry. Je ne suis ennuyé ferme à la lecture de ce roman, heureusement assez court.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit du monologue de Samuel, un vieil homme, à son fils parti sans doute sur une plage lointaine à se laisser vivre et profiter du temps qui passe, bref à vouloir &amp;ldquo;être heureux&amp;rdquo;. Ce qui rend fou Samuel, pour qui la vie est un combat, où il faut prendre tout ce que l&amp;rsquo;on peut, encore et encore, même au seuil de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au début, il faut se faire au rythme de la narration, appréhender les personnages qui apparaissent petit à petit : la mère, la sœur, les amis. Le type est aigri, certes, mais au moins il dit ce qu&amp;rsquo;il pense, sans fioritures, sans souci du politiquement correct, sur la vie, les gens, les femmes et l&amp;rsquo;amour, vieillir, etc&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;en reste pas moins de plus en plus désagréable au fil du récit, laissant peu de place pour un apitoiement ou une quelconque nostalgie pour ce type aigri, méprisant, prédateur sans remords.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il aime Bach, qui lui aurait sauvé la vie de l&amp;rsquo;ennui. Grand bien lui fasse ! Ce livre n&amp;rsquo;aura pas eu le même effet sur moi&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Reza&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Yasmina Reza&lt;/a&gt;, née en 1959 à Paris, est une écrivaine française. J&amp;rsquo;ai vu le film &amp;ldquo;Carnage&amp;rdquo;, adapté d&amp;rsquo;une de ses pièces de théâtre : j&amp;rsquo;ai bien aimé ce huis clos, où chaque personnage a un côté auquel on adhère, et un autre avec lequel on est en complet désaccord.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>D&#39;autres vies que la mienne - Emmanuel Carrère</title>
            <link>https://pled.fr/dautres-vies-que-la-mienne-emmanuel-carrere/</link>
            <pubDate>Mon, 19 Aug 2019 16:18:54 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;dautresviesquelamienne.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Luc Ferry, à la radio qui citait cet auteur comme un des grands écrivains français, et ce roman en particulier. Ayant déjà lu des trucs bien d&amp;rsquo;Emmanuel Carrère (notamment &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9060&#34; &gt;Je suis vivant et vous êtes tous morts&lt;/a&gt;, une belle biographie de Philip K. Dick), je me suis lancé dans celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, je savais ne pas avoir les mêmes idées politiques que Mr Ferry, je sais maintenant qu&amp;rsquo;il en est de même en littérature ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Histoire vraie comme le prétend l&amp;rsquo;auteur ? c&amp;rsquo;est bien possible, d&amp;rsquo;autant que le tsunami de la première partie n&amp;rsquo;a pas vraiment de rapport avec l&amp;rsquo;histoire des juges qui suit : ceci explique sans doute cela.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;auteur est friand de ce genre de mélange ; cette fois il va même jusqu&amp;rsquo;à mentionner les notes de relecture d&amp;rsquo;Étienne (un personnage) sur le manuscrit du livre&amp;hellip; C&amp;rsquo;est pousser le bouchon un peu loin ! Il y a également plusieurs références à Jean-Claude Romand, dont EC a écrit l&amp;rsquo;histoire (L&amp;rsquo;adversaire) dont on ne comprend pas bien l&amp;rsquo;utilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu du mal à rentrer dans cette histoire, avec ce mode de narration où l&amp;rsquo;auteur se met en scène, revient dans le récit, ressort pour faire une référence à Romand, etc&amp;hellip; On passe du Tsunami aux problèmes des magistrats puis au cancer : &amp;ldquo;tout est vrai&amp;rdquo; dit-il&amp;hellip; Oui, peut-être, mais ça manque terriblement de lien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin de Juliette est assez morbide, même si on comprend bien que l&amp;rsquo;auteur ait choisi justement de raconter cela. D&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;à tous ces malheurs (jusqu&amp;rsquo;à la nounou qui a perdu son mari) il affiche son bonheur en contre-point, bien conscient de la chance qu&amp;rsquo;il a&amp;hellip; On frôle l&amp;rsquo;indécence (à moins qu&amp;rsquo;elle ne soit dépassée depuis longtemps).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très mauvais Carrère à mon avis : raconter les malheurs des autres parce qu&amp;rsquo;on les a croisés dans notre vie où heureusement tout va bien&amp;hellip; D&amp;rsquo;autres vies que la sienne, c&amp;rsquo;est certain ! Bientôt un livre sur le manque d&amp;rsquo;inspiration ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Carr%C3%A8re&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Emmanuel Carrère&lt;/a&gt; est né en 1957 à Paris. Diplômé de l’institut d’études politiques, d’abord journaliste, puis écrivain, scénariste et réalisateur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire des juges, la plus intéressante (le combat contre le cancer et le surendettement) a été portée à l&amp;rsquo;écran dans &amp;ldquo;Toutes nos envies&amp;rdquo;, mais malgré un bon début on sombre vite dans le pathos, avec pas mal de modifications par rapport au roman, comme le fait de cacher et refuser la maladie alors que c&amp;rsquo;est tout le contraire dans le roman. Mauvaise adaptation d&amp;rsquo;un mauvais roman donc.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Message des hommes vrais au monde mutant - Marlo Morgan</title>
            <link>https://pled.fr/message-des-hommes-vrais-au-monde-mutant-marlo-morgan/</link>
            <pubDate>Thu, 15 Aug 2019 15:41:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/message-des-hommes-vrais-au-monde-mutant-marlo-morgan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;marlomorgan.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Recommandé par Didier, un ami&amp;hellip; qui m&amp;rsquo;avait raconté le début si surprenant : une américaine qui se retrouve à tout abandonner dans l&amp;rsquo;instant, papiers, argent, vêtements (y compris les chaussures !) pour suivre une tribu aborigène qui s&amp;rsquo;enfonce dans le désert, et va peu à peu l&amp;rsquo;initier à leurs croyances et mode de vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Histoire surprenante, tellement surprenante qu&amp;rsquo;elle est probablement inventée de toute pièce (voir en fin d&amp;rsquo;article pour plus de détails). Heureusement, je ne l&amp;rsquo;ai appris qu&amp;rsquo;après la lecture, ce qui a évité de me la gâcher&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut toutefois lire dans la préface que ce livre &amp;quot; &lt;em&gt;est présenté comme un roman de façon à protéger la petite tribu d&amp;rsquo;Aborigènes de complications légales&lt;/em&gt;&amp;quot;. Je me demande si ce n&amp;rsquo;est pas plutôt l&amp;rsquo;auteur que cette mention protège ! :-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En le lisant, je trouvais tout de même le style peu attrayant, avec un ton un peu &amp;ldquo;conte pour les enfants&amp;rdquo;, rempli de bonnes vieilles vérités mêlées à un peu d&amp;rsquo;exotisme et de fantastique. La notion du temps est aussi très mal rendue pour une telle expérience, forcément profondément marquante. Ce livre devrait être un gros pavé, avec un récit détaillé de ce qu&amp;rsquo;elle a du endurer jour après jour. Mais ce ne sont finalement que quelques anecdotes collées les unes aux autres, où l&amp;rsquo;auteur fait des comparaisons avec notre société souvent un peu faciles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis il y a ce côté &amp;ldquo;nous formons un tout avec la nature/le monde, si nous le respectons il nous respectera aussi, et pourvoira à nos besoins&amp;rdquo;, un discours quasi religieux et enfantin qui rend l&amp;rsquo;ensemble peu crédible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Indépendamment de tout cela, ce récit a le mérite de passer un message écologique à notre civilisation. La façon païenne dont les Aborigènes envisagent leur rapport au monde est infiniment plus respectueuse que la notre : les hommes font partie du monde, et forment un tout ; la disparition d&amp;rsquo;une espèce animale, c&amp;rsquo;est donc une partie de nous qui disparaît, et n&amp;rsquo;est pas sans conséquences.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Est pointé du doigt également le comportement des blancs vis-à-vis des Aborigènes d&amp;rsquo;Australie, comparable au sort réservé aux Indiens d&amp;rsquo;Amérique : négation de leur culture, appropriation des lieux de cultes, enlèvement des enfants pour leur inculquer nos valeurs, etc…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Difficile de s&amp;rsquo;étendre plus sur le sujet, puisque les Aborigènes contestent ce qu&amp;rsquo;elle raconte sur leur culture et s&amp;rsquo;en trouvent offensés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Venons-en tout de même aux choses difficiles à croire dans ce récit :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La tribu communique entre ses membres par la télépathie, qui remplace la parole&amp;hellip; Pourquoi pas après tout, mais l&amp;rsquo;auteur semble s&amp;rsquo;y accoutumer très vite, et ça c&amp;rsquo;est un peu plus difficile à croire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chaque jour, la nourriture se présente d&amp;rsquo;elle-même quand il le faut (rappelons que l&amp;rsquo;on est en plein désert) ; on peut même être prévenu le matin par une vision (perroquets, dromadaires&amp;hellip;). Selon l&amp;rsquo;auteur, le groupe se déplace sans destination précise… Cet aspect &amp;ldquo;ne t&amp;rsquo;occupe de rien, tout viendra à toi en temps et en heure&amp;rdquo; est difficile à croire, surtout concernant l&amp;rsquo;eau en plein désert.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un membre du groupe fait une chute : c&amp;rsquo;est une fracture ouverte du tibia ! La personne est soignée (crème et paroles mystérieuses) et hop, elle remarche dès le lendemain matin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin Marlo Morgan doit un jour guider la tribu et c&amp;rsquo;est une terrible épreuve ; elle ne trouve rien pendant deux jours : pas d&amp;rsquo;eau, pas de nourriture, et n&amp;rsquo;a aucune idée de la direction à prendre… Elle demande de l&amp;rsquo;aide au groupe, mais personne ne répond. Au seuil de la mort, il faudra finalement qu&amp;rsquo;elle cesse d&amp;rsquo;utiliser la partie gauche du cerveau (intellect) et utilise la partie droite (intuition) pour qu&amp;rsquo;enfin elle sache où se diriger et trouver un point d&amp;rsquo;eau très rapidement. Ouf ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous apprendrons finalement que cette tribu mystérieuse a décidé de quitte ce monde, en ne se reproduisant plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marlo_Morgan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marlo Morgan&lt;/a&gt;, née en 1937, est une écrivaine américaine, auteur de ce best-seller controversé (1990). Bizarrement, ce livre s&amp;rsquo;est vendu partout dans le monde sauf en Australie. Devant le succès d&amp;rsquo;édition, un projet de film a finalement du être abandonné sous la pression de huit Aborigènes (des anciens) venus spécialement aux États-Unis dans ce but… L&amp;rsquo;auteur a ensuite présenté des excuses aux aborigènes et aurait également admis que son livre était une fiction lors d’une confrontation avec « les anciens ».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le fait que ce soient les Aborigènes eux-mêmes qui contestent la véracité des faits me font pencher pour le canular. Les liens en bas de la page wikipedia ne font que confirmer cette opinion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela n&amp;rsquo;a pas empêché Marlo Morgan de récidiver quelques années plus tard avec un autre ouvrage. Il faut dire que le premier lui a rapporté 1,7 millions de dollars quand elle a cédé les droits d&amp;rsquo;édition&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Adieu Gary Cooper - Romain Gary</title>
            <link>https://pled.fr/adieu-gary-cooper-romain-gary/</link>
            <pubDate>Wed, 07 Aug 2019 17:18:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/adieu-gary-cooper-romain-gary/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;garycooper.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Romain Gary fait partie des auteurs que j&amp;rsquo;apprécie, et découvert il y a longtemps avec &amp;ldquo;Les racines du ciel&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;il faudrait que je relise. Alors après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12618&#34; &gt;Chien blanc&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé, j&amp;rsquo;ai lu celui-ci, dont j&amp;rsquo;avais entendu parler sur reddit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, ce fut une déception. Je n&amp;rsquo;ai jamais vraiment accroché à cette histoire, certes pleine de dérision sur le monde moderne, mais un peu trop loufoque à mon goût. Quant au style&amp;hellip; n&amp;rsquo;est pas Céline qui veut !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors de quoi s&amp;rsquo;agit-il ? Une bande de fanas de skis se morfond dans un chalet à 2500 m d&amp;rsquo;altitude : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;été, la croûte terrestre commence à apparaître par endroits, on ne peut plus vraiment skier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le narrateur nous présente les individus présents, tous un peu perchés (et le narrateur aussi d&amp;rsquo;ailleurs). Le style est un peu inattendu, avec des phrases peu construites, un peu comme du langage parlé, avec beaucoup de bêtises de dites, et tout de même quelques vérités essentielles (ouf !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;été, il faut subvenir à ses besoins, alors Lenny va descendre &amp;ldquo;au niveau de la merde&amp;rdquo;, à Genève, où on lui a promis un boulot. C&amp;rsquo;est la fin du premier chapitre long de quelques 70 pages (le seul dans ce cas) qui m&amp;rsquo;aura bien ennuyé dans l&amp;rsquo;ensemble.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tous sont là pour fuir la société, qui ne vaut rien. Lenny ressemble à Gary Cooper, beau gosse, pas intellectuel pour un sou, doué sur les skis et qui ne rêve qu&amp;rsquo;à ces moments de solitude, là-haut, à glisser&amp;hellip; Il est américain, et fuit autant la société matérielle que le Vietnam. Aucune fille ne lui résiste, et les séparations sont toujours difficiles : elles s&amp;rsquo;accrochent !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire prend enfin un peu d&amp;rsquo;intérêt et de consistance avec le boulot de Lenny, qui doit séduire Jess, la fille du Consul américain, pour il ne sait quelles raisons. Il y parvient assez facilement, mais pour une fois Jess lui plaît et cela le perturbe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La narration continue dans son style un peu surréaliste, la description d&amp;rsquo;un monde fait de faux-semblants, celui suranné d&amp;rsquo;avant guerre dans un restaurant de Genève où de vieilles fortunes se remémorent le passé, ou celui actuel (mais peu crédible) d&amp;rsquo;une jeunesse dorée qui s&amp;rsquo;amuse à se faire peur en rançonnant les étrangers qui viennent placer leur argent en Suisse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En toile de fond, le Vietnam et le sort des noirs américains revient souvent en questionnement, il semble que Romain Gary ait vraiment été marqué par ces deux problèmes que l&amp;rsquo;Amérique n&amp;rsquo;arrive pas a régler (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12618&#34; &gt;Chien blanc&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une histoire que j&amp;rsquo;ai trouvé globalement décevante. Romain Gary s&amp;rsquo;est peut-être amusé à l&amp;rsquo;écrire, mais pas moi à la lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Romain_Gary&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Romain Gary&lt;/a&gt;&#xA;(1914-1980) est un aviateur, militaire, résistant, diplomate,&#xA;romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et&#xA;anglaise. Il est le seul romancier à avoir reçu deux fois le prix&#xA;Goncourt, la deuxième fois sous le pseudonyme d’Émile Ajar.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Indignation - Philip Roth</title>
            <link>https://pled.fr/indignation-philip-roth/</link>
            <pubDate>Tue, 23 Jul 2019 15:30:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/indignation-philip-roth/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;indignation.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Philip Roth, une valeur sûre, avec ce petit poche que j&amp;rsquo;ai lu avec plaisir : on y sourit d&amp;rsquo;abord, puis la lecture devient plus interrogative quand on comprend que tout cela va finir en drame.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en 1951. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Marcus, un jeune étudiant qui choisit une université un peu éloignée du domicile familial car son père est un vrai &amp;ldquo;père juif&amp;rdquo;, au-delà de la rationalité, alors que le fils est l&amp;rsquo;étudiant modèle, travailleur, sérieux, obstiné, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il étudie dur pour réussir sa vie, faire honneur à ses parents ; il est obsédé par la possibilité d&amp;rsquo;un échec, et particulièrement de se retrouver envoyé à la guerre de Corée, sort réservé aux jeunes qui perdent le statut d&amp;rsquo;étudiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;université de Winesburg qu&amp;rsquo;il a choisi se révèle être d&amp;rsquo;obédience baptiste, avec un office religieux hebdomadaire obligatoire pour les étudiants, ce qui horripile Markus qui est profondément athée, disciple du libre penseur Bertrand Russell, et prêt à le revendiquer. Quand Marcus doit supporter un sermon (qu&amp;rsquo;il soit religieux, ou celui du doyen de l&amp;rsquo;université quand les ennuis commencent), il chante intérieurement à tue-tête les paroles de l&amp;rsquo;hymne national chinois (où le mot &amp;ldquo;indignation&amp;rdquo; résonne particulièrement en lui !) : :D&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Debout, vous qui refusez d&amp;rsquo;être mis sous le joug !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De notre chair, de notre sang,&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous bâtirons une nouvelle Grande Muraille !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le peuple chinois connaît son plus grand danger.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;indignation emplit le cœur de nos compatriotes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Debout ! Debout ! Debout !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tous les cœurs à l&amp;rsquo;unisson,&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bravons le feu de l&amp;rsquo;ennemi,&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Marchons !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bravons le feu de l&amp;rsquo;ennemi,&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Marchons ! Marchons ! Marchons !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour la même raison, il ne rejoint aucune des fraternités de l&amp;rsquo;université, et ne se lie vraiment avec personne ; il déménage même plusieurs fois car ses colocataires l&amp;rsquo;empêchent de s&amp;rsquo;organiser comme il le souhaite. Marcus rencontre alors Olivia, une jeune fille qui a déjà fait une tentative de suicide. Sa première conquête à l&amp;rsquo;université… Tout semble aller pour le mieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis tout va basculer, petit à petit, jusqu&amp;rsquo;au destin inéluctable qui attend Marcus. Car c&amp;rsquo;est le portrait d&amp;rsquo;une époque encore très corsetée, et où la jeunesse étouffe. Une nuit de folie où les valeurs morales de l&amp;rsquo;université vont être mises à mal va provoquer un durcissement du règlement, qui sera fatal à Marcus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article sur Philip Roth sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12164&#34; &gt;J&amp;rsquo;ai épousé un communiste&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11887&#34; &gt;Goodbye, Colombus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/&#34; &gt;Le complot contre l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Roth&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip Roth&lt;/a&gt; (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Croisières et caravanes - Ella Maillart</title>
            <link>https://pled.fr/croisieres-et-caravanes-ella-maillart/</link>
            <pubDate>Tue, 16 Jul 2019 15:52:09 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/croisieres-et-caravanes-ella-maillart/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;croisieres-et-caravanes.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si vous n&amp;rsquo;avez rien lu d&amp;rsquo;Ella Maillart, vous pouvez commencer par celui-ci, puisqu&amp;rsquo;elle y résume un peu sa vie et ses voyages. Cela donne une vue d&amp;rsquo;ensemble, et permet de mieux situer chacun de ses récits.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle explique aussi comment et pourquoi elle a choisi ce mode de vie, ainsi que son évolution spirituelle, notamment lors de son séjour en Inde. Elle nous distille ainsi quelques remarques pleines de sagesse tout au long de ce récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle commence par son enfance, de son amour de la voile, sur le lac Léman d&amp;rsquo;abord, puis en Méditerranée avec son amie Miette. De leur projet avorté à peine parties de traversée de l&amp;rsquo;Atlantique : Miette est tombée malade, annulant leur rêve d&amp;rsquo;aller jusqu&amp;rsquo;en Polynésie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après plusieurs petites expériences professionnelles, Ella va choisir de partir en Russie qui semble échapper au marasme général qui règne en Europe à cette époque (1930). Un vent nouveau semble y souffler, même si les avis divergent sur la valeur de l&amp;rsquo;expérience.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc son premier séjour à Moscou, où la vie est difficile, chaque kopeck dépensé compte pour pouvoir se nourrir et se loger. Mais il y règne une certaine fraternité, chacun étant décidé à se sacrifier pour le bien de la communauté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À son retour en Europe, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;incompréhension : elle se rend compte que chacun a déjà son idée de ce qui se passe là-bas, peu importe ce qu&amp;rsquo;elle peut dire. Elle arrive tout de même à faire publier un bref récit de son voyage, ce qui lui permet de repartir bientôt pour un autre, celui qu&amp;rsquo;elle va raconter dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12091&#34; &gt;Des monts Célestes aux sables Rouges&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle nous raconte donc brièvement sa boucle en Asie centrale, où elle s&amp;rsquo;approche du Sin-kyang chinois qui la fascine déjà (mais elle devra rester du côté &amp;ldquo;russe&amp;rdquo; des montagnes). De ce second voyage elle écrira donc son premier roman. En le lisant, j&amp;rsquo;avais remarqué que le style n&amp;rsquo;était pas parfait, elle confirme ici qu&amp;rsquo;elle y passa un été entier, peinant chaque jour à écrire ce premier livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis elle montrera ses photos à un directeur de presse, qui lui donnera du matériel photo ainsi qu&amp;rsquo;un projecteur, ce qui lui permettra de donner des conférences&amp;hellip; Tout ceci va l&amp;rsquo;aider de nouveau à financer un nouveau voyage. Entre-temps, elle s&amp;rsquo;est lancé dans le ski, sa deuxième passion, allant jusqu&amp;rsquo;à faire partie de l&amp;rsquo;équipe suisse féminine de ski nouvellement créée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme elle l&amp;rsquo;explique, il est important de faire quelque chose à fond dans sa vie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ainsi que deux simples passe-temps, le ski et le bateau, m&amp;rsquo;aidèrent à vivre pendant les années d&amp;rsquo;incertitude. Je crois qu&amp;rsquo;on doit apprendre quelque chose à fond, peu importe quoi : cela ne peut manquer d&amp;rsquo;être utile par la suite. Dès que l&amp;rsquo;on est sûr d&amp;rsquo;être profondément sincère avec soi-même (et non pas seulement pour l&amp;rsquo;apparence), l&amp;rsquo;important est de persévérer dans sa marotte, son idée personnelle, même si elle paraît absurde à autrui, au lieu d&amp;rsquo;attendre indéfiniment que les circonstances mettent, ou ne mettent pas, à vos pieds ce que vous désirez. &amp;ldquo;Aide-toi, le Ciel t&amp;rsquo;aidera&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Oui, les premiers pas dans une vie indépendante sont difficiles à accomplir. Personne ne tient compte de vos besoins et de vos désirs, et pendant quelques années il faut vivre sur ses propres forces jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;on soit sûr de soi. Tôt ou tard, une aide surgit, les choses deviennent plus faciles, la vague que l&amp;rsquo;on a soulevée finit par vous porter. Une fois que les gens savent quoi faire de vous, ils trouvent à vous utiliser et des perspectives s&amp;rsquo;ouvrent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle trouve ainsi une aide financière (demandant de faibles moyens car elle voyage simplement) auprès d&amp;rsquo;un journal parisien pour aller comme journaliste en Mandchourie qui est alors occupée par les Japonnais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après une expérience assez violente qu&amp;rsquo;elle subit dans un train, elle cherche à comprendre la haine qui semble animer les soldats japonais. Voilà son explication :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne cherche pas à faire haïr les Japonais, mais il faut chercher à comprendre comment certains maux prennent naissance et se développent dans le monde, à notre époque ; comment la propagande peut transformer en une bande de brutes un peuple qui, par nature, est plein de qualités charmantes. Les Japonais croient fermement être le seul peuple descendant d&amp;rsquo;une déesse, et, de ce fait, un peuple élu (comme si nous n&amp;rsquo;étions pas tous des enfants de Dieu). De plus, on leur a inculqué des rancunes amères.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Leurs dirigeants leur disent que depuis un demi-siècle la race blanche s&amp;rsquo;oppose à leur bonheur. On leur enseigne que depuis la guerre sino-japonaise, en 1895, &amp;ldquo;les puissances étrangères&amp;rdquo; les ont obligés à renoncer à une partie des avantages qu&amp;rsquo;ils avaient obtenus ; qu&amp;rsquo;ils ont été pareillement trompés en 1905, après leur victoire sur la Russie, et de même en 1918. Plus tard, l&amp;rsquo;émigration, si nécessaire pour eux, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique, a été entravée. Les États-Unis, ô honte inacceptable ! les considérèrent comme indignes d&amp;rsquo;acquérir la nationalité américaine, eux, la première race du monde. Tout cela est sur le même modèle que la propagande nazie ou fasciste, qui a produit des obsessions massives, dépassant tout ce qu&amp;rsquo;on peut concevoir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les stupides soldats que j&amp;rsquo;avais rencontrés étaient à peine sortis de l&amp;rsquo;adolescence et ce n&amp;rsquo;était de leur faute s&amp;rsquo;ils étaient fous ; on leur avait promis un continent et on leur avait dit qu&amp;rsquo;ils pouvaient traiter comme bon leur semblerait les races inférieures qui l&amp;rsquo;habitaient. Ils étaient toujours disposés à faire d&amp;rsquo;un Chinois ou d&amp;rsquo;un Blanc un objet de dérision.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois à Pékin, vient le moment d&amp;rsquo;organiser son grand périple, pour rejoindre enfin le Sin-kiang, pourtant classé zone interdite, car les russes n&amp;rsquo;ont toujours pas le contrôle de la région, sujette à de nombreux troubles. Elle rencontre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Fleming&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Peter Fleming&lt;/a&gt; à Pékin, qu&amp;rsquo;elle a déjà croisé en Mandchourie, et ils décident de tenter le voyage ensemble. Ce voyage sera raconté dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34; &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;, son meilleur récit et sa plus grande aventure, de ce que j&amp;rsquo;ai lu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis ce sera le voyage en voiture avec son amie Christina décrit dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La voie cruelle&lt;/a&gt;&amp;hellip; Cruelle comme le destin de Christina, dont elle nous dit des mots touchants et profonds :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cet être doué de qualités rares, qui charmait tous ceux qui l&amp;rsquo;approchaient, eut une vie tragique. Bien que dans ses dernières lettres elle m&amp;rsquo;eût dit qu&amp;rsquo;elle comprenait enfin mes explications de deux ans auparavant, il est clair que ne pas parvenir à la sauver d&amp;rsquo;elle-même avait été un échec. Et je commençais à voir que tout au contraire c&amp;rsquo;était elle qui m&amp;rsquo;avait aidée dans une évolution qui devait me permettre d&amp;rsquo;assimiler l&amp;rsquo;enseignement de l&amp;rsquo;Inde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ma vie de sport et de voyages toute tournée vers l&amp;rsquo;extérieur, je n&amp;rsquo;avais jamais mis en doute la réalité absolue du monde concret. Mais pendant des mois, alors que je vivais à son côté, les plus belles mosquées ou les plus fascinantes scènes de la vie nomade chez les Afghans n&amp;rsquo;étaient tout à coup plus dotées que d&amp;rsquo;une réalité de second plan, incapables de me distraire du tourment que me causait l&amp;rsquo;obsession de mon amie. La vie intérieure colore et conditionne la vie extérieure ; elle est plus proche de nous et d&amp;rsquo;une réalité plus essentielle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est pourquoi, malgré sa difficulté, le conseil &amp;ldquo;Connais-toi toi-même&amp;rdquo; est impérieux pour ceux qui se vouent à la recherche de la réalité, puisque notre vision du monde extérieur dépend de tout ce qui - en nous-mêmes - est capable de voir. Si je ne sais pas que mes lunettes sont vertes, comment pourrais-je imaginer que la route est plus verte pour moi que pour les autres ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle va rester en Inde suivre les enseignements d&amp;rsquo;un sage. Elle nous en dit quelques mots :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais sous aucun de ses multiples aspects le monde ne peut donner de réponse fondamentale. Elle ne peut venir que de Dieu, et Dieu ne peut être nulle part ailleurs qu&amp;rsquo;en nous-même. Cette vérité, il faut que chacun en fasse la découverte personnelle. C&amp;rsquo;est dans l&amp;rsquo;être spirituel, caché au-dedans de nous, qu&amp;rsquo;est la source vive de nos plus profondes aspirations ; elles ne seront satisfaites que si cet être spirituel est libéré. Chez beaucoup d&amp;rsquo;entre nous, il est impuissant, comme paralysé parce qu&amp;rsquo;il a été négligé ; et le pouvoir de lui rendre la vie gît dans notre cœur et non pas dans le cerveau. Ce n&amp;rsquo;est pas parce qu&amp;rsquo;on me l&amp;rsquo;a enseigné que je dis cela, mais parce que j&amp;rsquo;en ai éprouvé la vérité. C&amp;rsquo;est à mes yeux le fait le plus important qui ressort de tout ce que j&amp;rsquo;ai vu et compris ; c&amp;rsquo;est la somme de mes découvertes. Aujourd&amp;rsquo;hui je me sens comblée et tout en vivant en solitaire, plus jamais je ne pourrai souffrir d&amp;rsquo;isolement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aux Indes, j&amp;rsquo;étais au début d&amp;rsquo;un voyage tout nouveau qui devait me conduire plus avant vers la vie complète et harmonieuse que je cherchais instinctivement. Pour entreprendre ce voyage, il me fallait apprendre d&amp;rsquo;abord à connaître les &amp;ldquo;terres inconnues&amp;rdquo; de mon propre esprit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et elle termine l&amp;rsquo;ouvrage par ces mots :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Somme toute, j&amp;rsquo;étais parvenue à comprendre clairement que pour la plupart des Occidentaux, l&amp;rsquo;équilibre, l&amp;rsquo;amour du prochain, la sagesse seront inaccessibles aussi longtemps que la plus importante partie de nous-même restera ignorée ou encore étouffée par nos vies profanes, axées uniquement sur l&amp;rsquo;obtention d&amp;rsquo;une sécurité qui ne peut pas exister sur le plan matériel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour la première fois je pus accepter sans révolte, parce que je commençais à la comprendre, l&amp;rsquo;absurdité de notre monde et l&amp;rsquo;absurdité des efforts que jusqu&amp;rsquo;ici j&amp;rsquo;avais tentés en aveugle pour gagner une harmonie profonde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres d&amp;rsquo;Ella Maillart sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12091&#34; &gt;Des monts Célestes aux sables Rouges&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34; &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La voie cruelle&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15228&#34; &gt;Ti-Puss&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ella_Maillart&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ella Maillart&lt;/a&gt; (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. Le prochain roman que je devrais lire sera sans doute &amp;ldquo;Ti-Puss, Trois ans en Inde avec ma chatte&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Chien Blanc - Romain Gary</title>
            <link>https://pled.fr/chien-blanc-romain-gary/</link>
            <pubDate>Fri, 12 Jul 2019 17:17:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/chien-blanc-romain-gary/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chienblanc.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur le forum &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.reddit.com/r/france/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;r/france de Reddit&lt;/a&gt; que Romain Gary était mentionné (le vendredi, il y a un sujet &amp;ldquo;Culture&amp;rdquo; épinglé), et puis une autre fois sur France Culture, où l&amp;rsquo;on parlait de ce roman précisément. Je me suis dit que c&amp;rsquo;était un auteur à redécouvrir. J&amp;rsquo;avais énormément aimé &amp;ldquo;Les racines du ciel&amp;rdquo;, que ma sœur m&amp;rsquo;avait offert il y a bien longtemps. Je n&amp;rsquo;ai pas été déçu par celui-là.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Romain Gary raconte cette histoire de manière autobiographique, en son nom propre. Il vit alors en Californie, avec sa femme Jean Seberg. Il recueille un jour d&amp;rsquo;orage un berger allemand qui a l&amp;rsquo;air adorable. Mais il s&amp;rsquo;avère que c&amp;rsquo;est un &amp;ldquo;chien blanc&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire qu&amp;rsquo;il a subi un dressage à la mode sudiste : très doux avec les blancs, et qui se transforme en bête sauvage à la simple vue d&amp;rsquo;un noir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gary décide de le soigner quand tout le monde lui dit que c&amp;rsquo;est impossible, qu&amp;rsquo;il est trop tard. Il le dépose dans un zoo tenu par une de ses connaissance, et Keys, un employé noir, accepte de s&amp;rsquo;en occuper.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien sûr l&amp;rsquo;occasion de parler du racisme aux État-Unis. Romain Gary nous livre une vision très personnelle, mais passionnante, à travers l&amp;rsquo;histoire, la psychologie humaine, la &amp;ldquo;société de provocation&amp;rdquo;, etc&amp;hellip; Pas de place pour l&amp;rsquo;apitoiement ici, personne n&amp;rsquo;est &amp;ldquo;tout blanc&amp;rdquo; dans l&amp;rsquo;affaire, si je peux me permettre ce jeu de mots&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très bon roman, au style particulier, mais qui possède une belle originalité vu le sujet traité. Et l&amp;rsquo;on est loin des poncifs habituels, Romain Gary mettant au contraire un point d&amp;rsquo;honneur à les démonter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Martin Luther King vient d&amp;rsquo;être assassiné, il y a des émeutes un peu partout (et les émeutes de Watts encore présentes dans les esprits&amp;hellip;). Son ami &amp;ldquo;Red&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;il a connu à Paris recrute aujourd&amp;rsquo;hui de jeunes noirs pour les envoyer au Vietnam ! Car son idée est ainsi de les former, qu&amp;rsquo;ils deviennent les meilleurs combattants, afin qu&amp;rsquo;à leur retour au pays, ils puissent rejoindre une armée noire pour se battre contre les blancs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car les théories de Elijah Muhammad sont d&amp;rsquo;actualité (auxquelles Mohamed Ali adhérera, aussi fantasques soient-elles), avec l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;un État indépendant noir, dans le sud des États-Unis&amp;hellip; De l&amp;rsquo;autre côté, les vedettes hollywoodiennes participent à des levées de fonds pour aider leurs frères noirs, et Jean Seberg y est très active.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout le monde en prend pour son grade, et cela rend le bouquin passionnant. Romain Gary dissèque tout cela de son regard acéré et avec son recul d&amp;rsquo;écrivain d&amp;rsquo;origine juive russe, qui a tout vécu ou presque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les noirs, qui adoptent l&amp;rsquo;islam comme religion en oubliant comment les musulmans ont conquis l&amp;rsquo;Afrique animiste (au fil du sabre)&amp;hellip; Qui veulent bien reconnaître une mère blanche dans leur ascendance s&amp;rsquo;ils sont un peu clairs de peau, mais jamais un père blanc, ce qui laisserait supposer le viol d&amp;rsquo;une aïeule&amp;hellip; Inacceptable, et pourtant tellement plus probable&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les intellectuels blancs américains eux culpabilisent systématiquement, et pardonnent aux émeutiers les vols et pillages au nom d&amp;rsquo;une &amp;ldquo;compensation&amp;rdquo;&amp;hellip; Il y en a même un qui, défenseur de la cause noire, propose à Romain Gary de s&amp;rsquo;occuper de &amp;ldquo;chien blanc&amp;rdquo;&amp;hellip; alors qu&amp;rsquo;en fait il craint de se faire attaquer dans sa belle villa durant les émeutes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant ce temps là, chien blanc est rééduqué par Keys, qui a réussi à briser l&amp;rsquo;agressivité du chien à force de ruse et patience. Au début, il rentre dans sa cage en tenue de protection, et &amp;ldquo;s&amp;rsquo;explique&amp;rdquo; avec le chien déchaîné&amp;hellip; Puis le nourrit, même si le chien refuse au début&amp;hellip; À terme, ils deviennent amis. Keys va jusqu&amp;rsquo;à amener son enfant dans la cage, et &amp;ldquo;l&amp;rsquo;atavisme&amp;rdquo; du chien envers les enfants fonctionne&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a aussi la rencontre avec Bobby Kennedy, que Jean organise pour lui parler de la cause noire, qu&amp;rsquo;on appelle pudiquement &amp;ldquo;le problème&amp;rdquo;, et arranger une rencontre avec deux leaders de la cause noire. Celle-ci aura lieu, et Bobby bien que libéral est le seul vers qui le peuple noir peut se tourner, même s&amp;rsquo;il ne croit pas à ses promesses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Survient mai 68 en France, et Romain Gary décide d&amp;rsquo;y aller, en partie pour échapper au &amp;ldquo;problème&amp;rdquo; dont il ne supporte plus tous les artifices de part et d&amp;rsquo;autres. Mais il revient vite à Beverly car Jean a reçu des menaces : des activistes noirs voient d&amp;rsquo;un mauvais œil sa présence et ses dons&amp;hellip; Les groupes sont de toutes façons infiltrés par le FBI et se déchirent entre eux. Difficile d&amp;rsquo;y voir clair dans ce jeu de dupes où tout le monde ment et manipule l&amp;rsquo;autre pour l&amp;rsquo;argent ou le pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin est plutôt sombre&amp;hellip; Chien blanc deviendra Chien noir&amp;hellip; Et selon Romain Gary les noirs loupent la seule vraie chance de leur peuple : celle d&amp;rsquo;être différents des blancs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Romain_Gary&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Romain Gary&lt;/a&gt; (1914-1980) est un aviateur, militaire, résistant, diplomate, romancier, scénariste et réalisateur français, de langues française et anglaise. Il est le seul romancier à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, la deuxième fois sous le pseudonyme d&amp;rsquo;Émile Ajar.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lester Bangs Mégatonnique rock critic - Jim DeRogatis</title>
            <link>https://pled.fr/lester-bangs-megatonnique-rock-critique-jim-derogatis/</link>
            <pubDate>Fri, 05 Jul 2019 17:29:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lester-bangs-megatonnique-rock-critique-jim-derogatis/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesterbangs.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une biographie, c&amp;rsquo;est toujours bien parce que cela raconte la vie d&amp;rsquo;une personne, aussi déjantée soit-elle, comme c&amp;rsquo;est le cas ici. Et quand ce sont les éditions Tristram qui la publie, c&amp;rsquo;est encore mieux : belle édition, parsemée de photos d&amp;rsquo;époque, et donc d&amp;rsquo;artistes comme le groupe des Clash sur la couverture, avec Lester Bangs au centre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tristram, c&amp;rsquo;est une petite maison d&amp;rsquo;édition française, située à Auch. Je l&amp;rsquo;ai connue par les bouquins de Hunter S. Thompson qu&amp;rsquo;elle a publié (le testament Gonzo par exemple). Bizarrement, on dirait qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont plus de site internet, mais on peut trouver leur collection [sur le site rue des livres](http:// &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.rue-des-livres.com/editeurs/857%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;https://www.rue-des-livres.com/editeurs/857)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lester Bangs est donc un critique rock qui a révolutionné le genre, et dont les textes incarnaient un genre littéraire effectivement très &amp;ldquo;rock&amp;rdquo; ! Une sorte de journalisme Gonzo, où il se met autant en scène que l&amp;rsquo;artiste qu&amp;rsquo;il interviewe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il était l&amp;rsquo;ami des musiciens qui le prenaient pour leur égal : Captain Beefheart, Lou Reed, Patti Smith, Les Clash pour n&amp;rsquo;en citer que quelques uns&amp;hellip; Il est même monté sur scène lui-même, on peut le trouver sur youtube, comme ici avec un morceau intitulé &lt;strong&gt;There&amp;rsquo;s a man in there&lt;/strong&gt; avec son groupe Birdland (morceau que je préfère à son titre phare &lt;strong&gt;Let it Blurt&lt;/strong&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;video-wrapper&#34;&gt;&#xA;    &lt;iframe loading=&#34;lazy&#34; &#xA;            src=&#34;https://www.youtube.com/embed/HgNyPLAcGAc&#34; &#xA;            allowfullscreen &#xA;            title=&#34;YouTube Video&#34;&#xA;    &gt;&#xA;    &lt;/iframe&gt;&#xA;&lt;/div&gt;&#xA;&#xA;&lt;p&gt;Il y a d&amp;rsquo;autres morceaux qui valent le détour, comme &lt;strong&gt;Accident of God&lt;/strong&gt;, ou &lt;strong&gt;Kill Him Again&lt;/strong&gt;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour tout vous dire, la lecture de biographie, aussi emphatique soit-elle, ne m&amp;rsquo;a pas fait aimer le personnage pour autant. En résumé, on peut dire qu&amp;rsquo;il a passé sa vie à se défoncer, à toujours remettre à demain l&amp;rsquo;écriture d&amp;rsquo;un livre (l&amp;rsquo;écriture était sans doute son vrai talent), et est mort à 33 ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;était un personnage complexe, un créatif qui n&amp;rsquo;arrivera pas à trouver sa voie : il veut écrire un livre, mais ne sait pas comment d&amp;rsquo;y prendre, et reporte sans cesse ; ses tentatives de monter un groupe musical sont aussi un échec. Il finit par être jaloux de la réussite des autres (brouille avec Patti Smith), ou parce qu&amp;rsquo;ils vont dans une autre direction que celle qu&amp;rsquo;il préconise. Il veut &amp;ldquo;écrire le roman ultime&amp;rdquo;, &amp;ldquo;avoir la liaison ultime&amp;rdquo;, &amp;ldquo;faire le concert ultime&amp;rdquo;, etc&amp;hellip; Tout cela en étant défoncé du matin au soir, c&amp;rsquo;est un peu compliqué !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son enfance ne l&amp;rsquo;a pas aidé, certes, mais bon, on a quand même l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;un immense gâchis. Et s&amp;rsquo;il avait de très bon côtés, des qualités comme un sens de l&amp;rsquo;amitié très fort, ça ne devait pas être facile d&amp;rsquo;être ami avec un type comme ça, qui en voulait un peu au monde entier de ne pas être reconnu à sa propre valeur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lester_Bangs&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lestie Conway Bangs&lt;/a&gt; naît donc en 1948, dans une petite ville de Californie. Sa mère est une dévote, faisant partie des témoins de Jehovah (comme la mère de Patti Smith), et il perdra son père très jeune.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La musique va très vite devenir un moyen pour Lester de s&amp;rsquo;échapper. En commençant par le jazz pour lequel il gardera toujours une passion (Mile Davis - Birth of the cool). Vient ensuite l&amp;rsquo;écriture : il est doué pour la littérature, ce sont les seuls cours qui l&amp;rsquo;intéressent au lycée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est fan de Kerouac et de la bande des Beats (Cassady, Ginsberg, etc&amp;hellip;). À tel point que lorsqu&amp;rsquo;il apprend la mort de Kerouac (en 1969, Lester a donc 21 ans), il va pleurer de longues heures. On peut dire qu&amp;rsquo;il est nostalgique de cette époque : le mouvement hippie de son époque c&amp;rsquo;est bien, mais les Beats, eux au moins, avaient de la culture !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très jeune, il se défonce à coups de bouteilles de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dextrom%C3%A9thorphane&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Romilar&lt;/a&gt;, un sirop contenant des opiacées. Il continuera longtemps, ajoutant très vite l&amp;rsquo;alcool en grandes quantités.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Le Romilar, écrivit Lester, est la dope de coin de rue ultime. Et pourquoi ? Parce qu&amp;rsquo;il y a un drugstore dans chaque rue, et que chacun a un rayonnage plein de vous-savez-quoi.&amp;rdquo; La dextrométhorphane le rendait à la fois engourdi et agité. &amp;ldquo;On dit que c&amp;rsquo;est une défonce parce que ça altère votre conscience et vos sensations physiques, mais dans le sens de la vacuité - un vide total, une totale absence de soi.&amp;rdquo; Comme beaucoup de produits psychédéliques, elle pouvait influencer l&amp;rsquo;écoute de la musique et provoquer des cénesthésies, ainsi que la sensation de &amp;ldquo;voir&amp;rdquo; les sons comme les couleurs. Mais elle avait aussi des effets nettement moins agréables.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand il travaille pour le magazine Creem (en mode communauté, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;époque !), ses amis/collègues le trouvent la nuit avec un casque sur les oreilles, le volume à fond, une bouteille d&amp;rsquo;alcool vide à ses pieds : il dort alors que le volume est si fort qu&amp;rsquo;il les a réveillé malgré le casque !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté musical, il déteste la pop commerciale, les morceaux faciles, et préfère la musique &amp;ldquo;dérangeante&amp;rdquo;, le heavy metal, celle qui a chaque réécoute te fait découvrir un nouveau petit détail. L&amp;rsquo;état dans lequel il l&amp;rsquo;écoute doit aussi jouer&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son hygiène est problématique, et il dégage une forte odeur corporelle. Il est provocateur, agressif ; il a tout de même des côtés attachants comme son besoin d&amp;rsquo;amitié (si vous êtes son ami vous pouvez lui demander n&amp;rsquo;importe quoi, il se mettra en quatre), sans doute lié à sa solitude sentimentale, éternel célibataire, très vite amoureux, mais incapable de maintenir une relation stable de part son comportement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnage provocateur, il est très agressif dans ses interviews:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En gros, je commençais à poser la question la plus insultante que je pouvais imaginer. Interviewer les rocks stars, c&amp;quot;&amp;lsquo;était une telle arnaque ! Une soumission servile à des gens qui en fait n&amp;rsquo;avaient rien de spécial. C&amp;rsquo;est un mec comme un autre, et alors ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses &amp;ldquo;passes d&amp;rsquo;armes&amp;rdquo; lors d&amp;rsquo;interviews avec Lou Reed (qui le fascine et avec qui il entretient une relation conflictuelle) restent mémorables, où chacun passe son temps à insulter l&amp;rsquo;autre. Lou ne peut pas encadrer Lester, qui représente tout ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;aime pas. Et Lester de publier ensuite un article intitulé : &amp;quot; &lt;em&gt;Louons maintenant les célèbres nains mortifères, ou comment je me suis castagné avec Lou Reed sans m&amp;rsquo;endormir une seule fois&lt;/em&gt;&amp;quot;. Une sorte de respect mutuel finira par s&amp;rsquo;établir entre eux deux. Après sa mort, Lou Reed dira :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Parfois, quand les gens sont obsédés par votre travail, c&amp;rsquo;est vraiment dangereux pour l&amp;rsquo;un comme pour l&amp;rsquo;autre. On peut décevoir quelqu&amp;rsquo;un très facilement quand les gens se rendent compte à quel point vous êtes humain.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lester quitte le magazine Creem où il était rédac-chef pour aller à New-York avec sa copine Nancy, qui le quittera malgré leur amour car il est devenu ingérable (drogues, alcool). Il fréquente le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/CBGB&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;CBGB&lt;/a&gt; (Country, BlueGrassand Blues) un club de NY, repère de la musique punk de l&amp;rsquo;époque, qui révélera entre autres les Ramones. Lester en devient le poivrot de service, côtoyant tous les artistes new-yorkais. Il finit par monter sur scène avec des musiciens de différents groupes. Voilà la pochette de son premier single, pied de nez à l&amp;rsquo;album &amp;lsquo;Transformer&amp;rsquo; de Lou Reed :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;720px&#34; data-flex-grow=&#34;300&#34; height=&#34;215&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/lester-bangs-megatonnique-rock-critique-jim-derogatis/bangs-reed.png&#34; width=&#34;645&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après le CBGB, il migre vers le Bells of Hell, un bar de poivrots où d&amp;rsquo;autres critiques rock se retrouvent et se soutiennent :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On pouvait aller au Bells sans un rond, se cuiter, se défoncer, se lever une nana et sortir avec du blé, parce qu&amp;rsquo;il y avait là un type appelé Al Fields qui jouait aux dés avec vous et ne gagnait jamais&amp;hellip; Vous voyez le genre d&amp;rsquo;endroit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais les temps changent, le magazine People apparaît, les maisons de disques se rendent compte que les critiques rocks ne font pas vendre les albums, mieux vaut un article positif et des passages radios pour vendre ! C&amp;rsquo;est la fin d&amp;rsquo;une époque, le disco arrive… Lester essaie de décrocher avec l&amp;rsquo;aide des AA (Alcooliques anonymes), pour des périodes plus ou moins longues, mais rechute toujours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il sera retrouvé mort dans sa chambre, probablement d&amp;rsquo;une overdose de Darvon et sans doute aussi de Valium. L&amp;rsquo;autopsie réalisée sera jugée primitive et incomplète, ce qui explique l&amp;rsquo;incertitude sur les causes réelles. La page Wikipedia française quant à elle attribue sa mort à des &amp;ldquo;complications respiratoires&amp;rdquo;, un bel euphémisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut trouver pas mal de morceaux de lui sur Youtube, et même des interviews, comme &amp;ldquo;Lester Bangs about music&amp;rdquo;. Deux recueils de ses critiques ont été publiés par les éditions Tristram :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Fêtes sanglantes &amp;amp; mauvais goût&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Psychotic Reactions &amp;amp; autres carburateurs flingués&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis pas sûr que cela me plaise, ce doit être un peu trop &amp;ldquo;barré&amp;rdquo;&amp;hellip; Et puis les critiques musicaux, ce n&amp;rsquo;est pas vraiment ma tasse de thé, parler de la musique est un exercice tellement particulier&amp;hellip; D&amp;rsquo;ailleurs Lester Bangs l&amp;rsquo;explique lui-même dans un article intitulé &amp;ldquo;Comment devenir rock critic ? un voyage mégatonnique avec Lester Bangs&amp;rdquo; que l&amp;rsquo;on trouve en annexe de cette bio :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La première chose à comprendre et à garder à l&amp;rsquo;esprit en permanence, c&amp;rsquo;est que tout le truc est bidon depuis le départ, il ne veut rien dire du tout sinon au niveau arnaque, ainsi que du point de vue des zélotes : vouloir infliger vos goûts aux gens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h2 id=&#34;côté-cinéma&#34;&gt;Côté cinéma&#xA;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;Cameron Crowe, ancien critique rock devenu cinéaste, réalisa en 2000 &amp;ldquo;Almost Famous&amp;rdquo;, film largement autobiographique. Ancien protégé de Lester, ce dernier y apparaît donc, incarné par Philip Seymour Hoffman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un jeune de 15 ans, William Miller, qui est fan de rock, et fait une première rencontre avec Lester Bangs, qui lui donne des conseils devenir un bon critique. William envoie ensuite un article au magazine Rolling Stones qui va alors l&amp;rsquo;envoyer suivre le groupe Stillwater en tournée à travers le pays.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très bon film, un vrai road-trip musical des années 70, au cœur d&amp;rsquo;un groupe et de ses groupies… William va y grandir tout en gardant sa personnalité. Et quand Rolling Stones lui met la pression, un petit coup de fil au grand frère Lester Bangs lui apporte la solution !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;côté-musique&#34;&gt;Côté musique&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Au fil de la lecture de cette bio, j&amp;rsquo;ai noté quelques albums que Lester appréciait (et qui pourraient me plaire) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Miles Davis - &amp;ldquo;Birth of the Cool&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Kind of Blue&amp;rdquo;, mais aussi &amp;ldquo;Miles Ahead&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Porgy and Bess, &amp;ldquo;Sketches of the Spain&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Jazz Track&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Van Morrison - &amp;ldquo;Astral Weeks&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Velvet Underground - &amp;ldquo;White Light/White Heat.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Jackson Brown - &amp;ldquo;The Pretender&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Toots &amp;amp; The Mayals - &amp;ldquo;Funky Kingston&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà selon le magazine &amp;ldquo;The Village Voice&amp;rdquo; le Top Ten de 1981 :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Sandinista! des Clash.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Wild Gift de X.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Trust d&amp;rsquo;Elvis Costello and the Attractions.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Tatoo you des Rolling Stones.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Pirates de Rickie Lee Jones.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;East Side Story de Squeeze.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Dreamtime de Tom Verlaine.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Controversy de Prince.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Street Songs de Rick James.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Beauty and the Beat des Go-Go&amp;rsquo;s.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, dans les avant-pages du livre, on peut lire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;ldquo;Lester Bangs : mégatonnique rock critic&amp;rdquo;&lt;/em&gt; c&amp;rsquo;est aussi un longbox anthologique de 3 CD, bande-son idéale de la vie et des livres de Lester Bangs en une cinquantaine de titres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On trouve la liste des morceaux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.amazon.fr/Lester-Bangs-Megatonnique-Rock-Coffret/dp/B000FVHHJG&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici sur Amazon&lt;/a&gt; par exemple :&lt;br&gt;&#xA;_&amp;ldquo;De Lou Reed et Captain Beefheart à Rocket From The Tombs et Kraftwerk : la bande son idéale des livres de Lester Bangs en 50 titres.&amp;rdquo;&lt;br&gt;&#xA;_ Franchement, ça fait un belle playlist à se construire, pour ceux qui aiment le rock/punk/reggae. Il y a de très bons morceaux (et même un d&amp;rsquo;Elvis) !!.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_DeRogatis&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim DeRogatis&lt;/a&gt;, né en 1964, est un critique musical et animateur de radio américain. Il était bien sûr fan de Lester Bangs, à qui il écrivit quand il était jeune, et à qui Lester Bangs répondit, comme il le faisait souvent, allant même jusqu&amp;rsquo;à entretenir une correspondance, ou même les appeler au téléphone.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Négus - Ryszard Kapuscinski</title>
            <link>https://pled.fr/le-negus-ryszard-kapuscinski/</link>
            <pubDate>Mon, 01 Jul 2019 17:33:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-negus-ryszard-kapuscinski/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;negus.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le libraire de l&amp;rsquo;excellente Librairie du voyage à Rennes qui m&amp;rsquo;a montré de ce bouquin sur l&amp;rsquo;empereur Haïlé Sélassié, alors que je lui parlais de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11132&#34; &gt;La vie que j’ai choisie de Wilfred Thesiger&lt;/a&gt;. Ce dernier y dressait un portrait plutôt élogieux du Négus, du combat de son peuple contre Mussolini&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce ne sera pas vraiment le cas ici. La majorité de l&amp;rsquo;ouvrage est fait de témoignages recueillis par l&amp;rsquo;auteur après la chute du souverain, auprès de personnages du Palais : fonctionnaires, serviteurs, etc… Ils sont narrés sous une forme naïve qui prête à sourire, mais au fur et à mesure de la description du fonctionnement du royaume, le sourire va vite s&amp;rsquo;effacer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La préface de Christophe Brun est déjà passionnante, parlant de l&amp;rsquo;auteur, du journalisme et du romancier, de la vérité et du roman, de leurs frontières fragiles. Mais aussi des ressemblances entre les régimes monarchiques et les États communistes, ces derniers réinventant les mêmes thèmes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;empathie souveraine de Kapuscinski vis-à-vis de son impérial sujet vient en particulier de ce que les États communistes réinventèrent, en les &amp;ldquo;nationalisant&amp;rdquo;, nombre de traits caractéristiques de l&amp;rsquo;absolutisme monarchique. Ainsi de la possession du pays par le souverain (collectivisme d&amp;rsquo;État) et de l&amp;rsquo;appui sur une aristocratie renouvelée de temps à autre par des purges culpabilisatrices (les apparatchiks de la nomenklatura). Ainsi du fondement religieux du pouvoir politique investi dans une transcendance (la nécessité historique que la &amp;ldquo;science&amp;rdquo; marxiste révélait) par des textes sacrés (les écrits de Marx et Engels puis des divers &amp;ldquo;Pères de l&amp;rsquo;Église&amp;rdquo;&amp;quot; communiste) et par le culte de la personnalité des leaders. Ainsi d&amp;rsquo;un langage uniquement propre à la célébration permanente (la langue de bois) et d&amp;rsquo;une historiographie officielle. Ainsi de la mise en beauté de façades éphémères du régime lors des visites du souverain et des observateurs étrangers. Ainsi de la &amp;ldquo;loyauté&amp;rdquo; comme vertu suprême exigée du peuple en échange de la &amp;ldquo;bonté&amp;rdquo; du souverain prodiguant sans désemparer des &amp;ldquo;encouragements&amp;rdquo; à tous ses sujets, sans égard pour l&amp;rsquo;efficacité réelle de l&amp;rsquo;action mais pourvu que soit respectée la conformité aux rites censés garantir la pérennité du régime.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On plonge tout de suite dans un autre monde, celui d&amp;rsquo;un pouvoir hyper centralisé (même ce mot paraît faible), où la première règle est la loyauté absolue au souverain, qui n&amp;rsquo;écrit rien de sa main (pour cela, il existe un &amp;ldquo;ministre de la plume&amp;rdquo; !), d&amp;rsquo;ailleurs sait-il seulement lire et écrire ? Il a bien sûr pouvoir de vie et de mort sur ses vassaux, mais distille ses bienfaits et punitions en recherchant un équilibre entre les factions, s&amp;rsquo;assurant ainsi de rester le maître.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On sourit donc au début devant le fonctionnement du pouvoir : la marche matinale du souverain, pendant laquelle trois personnes (représentant chacune un groupe différent) viennent lui confier les ragots et autres délations en provenance de la Cour. Puis ses décisions lors du conseil, à peine murmurées de sorte que personne ne sait vraiment ce qu&amp;rsquo;il a décidé (ainsi on ne pourra lui en tenir rigueur) ; c&amp;rsquo;est le ministre de la plume qui retranscrit ses paroles, et qui sera finalement le responsable si la décision est impopulaire (il aura mal compris), puisque le Negus ne peut se tromper ! Il y a aussi le &amp;ldquo;coucou&amp;rdquo;, un serviteur chargé de faire une courbette toutes les heures, afin que le souverain soit informé du temps qui passe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seule compte la loyauté au souverain, on peut être totalement incompétent, peu importe. Le pouvoir du souverain est absolu, et la prise d&amp;rsquo;initiatives fortement déconseillée. On imagine que la modernisation du pays, pourtant indispensable, devient problématique dans un tel système.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis on frémit après avoir rit&amp;hellip; Quand un gouverneur, ayant fait ses études aux États-Unis, nommé à son retour dans une province riche, se met à utiliser les dons qu&amp;rsquo;il reçoit (il est normal de s&amp;rsquo;enrichir quand on est au pouvoir, cela marche ainsi depuis des milliers d&amp;rsquo;années), pour faire construire des écoles, il est dénoncé au monarque, et muté dans une province pauvre et reculée. Cela provoquera le premier coup d&amp;rsquo;État en 1960, pendant le voyage au Brésil du Négus, qui sera vite réprimé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le vers est désormais dans le fruit. L&amp;rsquo;atmosphère est à la suspicion et la délation, l&amp;rsquo;armée et la police sont renforcées et coûtent de plus en plus cher. Forcé de réformer, de moderniser le Royaume encore à l&amp;rsquo;état moyenâgeux, l&amp;rsquo;argent vient vite à manquer ; les impôts augmentent, et de nouvelles révoltes apparaissent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis la famine au nord (récurrente) se fait connaître à l&amp;rsquo;international grâce à un journaliste (et avec l&amp;rsquo;aide des étudiants). On finit par découvrir que les greniers sont pleins, mais détenus par les dignitaires qui ont simplement augmenté les prix ! L&amp;rsquo;aide humanitaire arrive, qui à son tour est taxée par le gouvernement pour emplir les caisses de l&amp;rsquo;État&amp;hellip; Des casernes commencent à se révolter&amp;hellip; Bref, le système féodal archi corrompu s&amp;rsquo;écroule de toutes parts, les étudiants participant activement à ce renversement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À cette époque, il existait deux images de Hailé Sélassié : la première, celle de l&amp;rsquo;opinion internationale, présentait l&amp;rsquo;Empereur comme un monarque exotique mais efficace, doué d&amp;rsquo;une énergie inépuisable, d&amp;rsquo;un esprit vif et d&amp;rsquo;une sensibilité profonde, qui avait tenu tête à Mussolini puis avait récupéré son Empire et son trône, nourrissait l&amp;rsquo;ambition de développer son État et de jouer un rôle important sur la scène internationale. Le second - formé progressivement par une partie de l&amp;rsquo;opinion éthiopienne, critique et au début minoritaire - présentait le monarque comme un souverain décidé à défendre son pouvoir coûte que coûte, et surtout comme un immense démagogue, un paternaliste doué du sens du spectacle qui, par ses gestes et ses mots, masquait la vénalité, la stupidité et la servilité de l&amp;rsquo;élite régnante, créée et adorée par lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en 1974, l&amp;rsquo;armée (sans les généraux) est derrière un mouvement appelé &amp;ldquo;Derg&amp;rdquo;, qui agit prudemment, &amp;ldquo;au nom de l&amp;rsquo;empereur&amp;rdquo; ; et ce dernier de dément pas&amp;hellip; Il reste un personnage charismatique et intouchable pour l&amp;rsquo;instant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la faune du Palais contre laquelle se bat un groupe d&amp;rsquo;officiers, jeunes gens vifs et intelligents, patriotes ambitieux et amers, conscients de la tragédie où est plongée leur patrie, de la stupidité et de l&amp;rsquo;incompétence de l&amp;rsquo;élite, de la corruption et de la dépravation, de la misère et de la dépendance humiliante de leur pays à l&amp;rsquo;égard d&amp;rsquo;États plus puissants. Membres de l&amp;rsquo;armée impériale, ces derniers appartiennent aux couches inférieures de l&amp;rsquo;élite. Eux aussi ont profité des privilèges ; ce qui les motive toutefois, ce n&amp;rsquo;est pas la crainte de la pauvreté, qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont pas connue directement, mais un sentiment de honte et de responsabilité. Ils ont des armes et sont décidés à en faire pleinement usage. [&amp;hellip;] Pendant longtemps, le groupe de conspirateurs agit dans un secret absolu, la moindre fuite, la moindre indiscrétion pouvant provoquer des répressions et des exécutions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Négus erre dans son palais, encourageant tout le monde, les dignitaires qui cherchent à sauver leur peau comme les militaires : &amp;ldquo;Si la Révolution est bonne pour le peuple, alors je suis pour la Révolution&amp;rdquo;. Au Palais, la situation devient surréaliste, comme le raconte un fonctionnaire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La vie interne du Palais avait d&amp;rsquo;ailleurs une étrange allure, comme s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;existait que pour et par elle-même. Quand je sortais en ville en tant que préposé à la Poste du Palais, je voyais une vie normale, des autos qui circulaient dans les rues, des enfants qui jouaient au ballon, des marchands qui vendaient et des clients qui achetaient, des vieux, assis, qui bavardaient. Chaque jour, je passais d&amp;rsquo;un univers à l&amp;rsquo;autre, d&amp;rsquo;une vie à l&amp;rsquo;autre, sans plus savoir laquelle des deux était réelle. J&amp;rsquo;avais l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il me suffisait d&amp;rsquo;aller en ville, de me promener dans la foule plongée dans ses soucis quotidiens pour oublier aussitôt le Palais tout entier qui disparaissait comme s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait jamais existé, à tel point que j&amp;rsquo;étais pris de panique à l&amp;rsquo;idée de ne plus le retrouver à mon retour.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais son tour finit par arriver&amp;hellip; Si les dignitaires s&amp;rsquo;étaient enrichis, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;Empereur qui avait accumulé la plus grosse fortune. Plus il vieillissait, plus son avarice, sa cupidité sénile et pitoyable croissaient. Les militaires trouveront des liasses de billets cachés un peu partout dans le palais. Les avoirs dans les banques étrangères seront plus durs à récupérer, s&amp;rsquo;ils l&amp;rsquo;ont jamais été. L&amp;rsquo;ex-Empereur d&amp;rsquo;Éthiopie, Haïlé Sélassié 1er, meurt le 27 août 1975 d&amp;rsquo;un accident vasculaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ryszard_Kapu%C5%9Bci%C5%84ski&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ryszard Kapuscinski&lt;/a&gt; (1932-2007) est un écrivain et journaliste polonais, l&amp;rsquo;un des plus traduits à l&amp;rsquo;étranger. Il est connu pour ses reportages au cœur de l&amp;rsquo;Afrique, ses analyses du régime du chah d&amp;rsquo;Iran et ses descriptions de l&amp;rsquo;Europe communiste. Auteur à découvrir apparemment, voyageur/écrivain de la trempe de Bouvier&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ils vont tuer Robert Kennedy - Marc Dugain</title>
            <link>https://pled.fr/ils-vont-tuer-robert-kennedy-marc-dugain/</link>
            <pubDate>Mon, 17 Jun 2019 09:29:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ils-vont-tuer-robert-kennedy-marc-dugain/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;robertkennedy.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne connaissais pas cet auteur français, mais le titre m&amp;rsquo;a donné envie de lire ce roman. On parle souvent de l&amp;rsquo;assassinat de JFK, beaucoup moins de celui de son frère&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur va mêler la grande histoire à la petite, le roman a la réalité, ce qui présente des avantages et des inconvénients : cela permet d&amp;rsquo;élaborer la thèse du complot, de valider les fortes probabilités, de relier des pointillés et de tracer une ligne claire sur les événements et leurs auteurs, et ce pour les deux frères. L&amp;rsquo;ensemble est manifestement très documenté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;inconvénient est que l&amp;rsquo;on ne sait pas où s&amp;rsquo;arrête la réalité fût-elle probable et où commence la fiction. Car l&amp;rsquo;histoire est la suivante : un professeur prépare une thèse sur la mort de RFK, étant persuadé que la mort de ses parents est liée à celle-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La mort des parents du narrateur est évidemment l&amp;rsquo;élément fictionnel, mais est plutôt bien intégrée au récit, permettant d&amp;rsquo;aérer le côté historique plutôt dense &amp;hellip; Par contre l&amp;rsquo;épilogue final, qui remet tout en question, m&amp;rsquo;a beaucoup déçu. L&amp;rsquo;auteur se tire lui-même une balle dans le pied je trouve, décrédibilisant tout le reste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Coïncidence : la préface du roman que j&amp;rsquo;ai commencé après celui-ci cite Mario Vargas Llosa (écrivain péruvien, candidat malheureux à l&amp;rsquo;élection présidentielle de son pays), qui disait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En mentant, les romans traduisent une curieuse vérité, qui ne peut s&amp;rsquo;exprimer que sous le masque et le manteau, déguisée en ce qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien le cas ici, et c&amp;rsquo;est passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est donc serré mais reste agréable pour raconter l&amp;rsquo;assassinat de JFK, et les implications probables : CIA, J. E. Hoover, la mafia, les anti-castristes, et même George Bush père, sans oublier les militaires, le vice-président Johnson. Bref, il dérangeait manifestement beaucoup de monde, et c&amp;rsquo;est assez clairement expliqué&amp;hellip; Sa personnalité est également décrite : son addiction au sexe nécessitant le recours à des professionnelles, mais aussi la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_d%27Addison&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;maladie d&amp;rsquo;Addison&lt;/a&gt; dont il souffre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La personnalité de Bob, moins connue, n&amp;rsquo;en est que plus intéressante à découvrir : très lié à son frère, et pourtant tellement différent. Beaucoup moins charismatique, presque introverti, père de onze enfants&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;en est peut-être pas moins la première cible des tueurs, car c&amp;rsquo;est lui qui est le plus dangereux à la tête de la justice (procureur général), ne respectant pas le &amp;ldquo;deal&amp;rdquo; du père, Joe, avec la mafia, pour faire élire Jack.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La mort de son frère va l&amp;rsquo;obliger à une profonde remise en question, et il finit par se présenter (et être élu) au poste de sénateur. Puis il postule à l&amp;rsquo;investiture du Parti démocrate, même s&amp;rsquo;il est conscient des risques d&amp;rsquo;avoir la même fin que son frère. Il prend le parti des minorités noires et mexicaines, et promet l&amp;rsquo;arrêt de la guerre du Vietnam. Il sera abattu le soir même de sa victoire à la primaire de Californie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le tableau des États-Unis qui se profile en arrière plan est terrible : gangrené par la mafia, l&amp;rsquo;industrie militaire qui réclame son conflit quand le stock d&amp;rsquo;armes monte, les politiques corrompus et/ou incapables, et les pauvres laissés pour compte coupables de n&amp;rsquo;avoir pas réussi au pays de la réussite&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici deux extraits, en commençant par la thèse du narrateur et son rapport à la fiction et la réalité :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Votre manuscrit n&amp;rsquo;a rien d&amp;rsquo;une thèse, c&amp;rsquo;est un point de vue. Tel quel, ils vous le refuseront.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cet avertissement dispensé par Madsen à la lecture des premières pages de mon travail, quelques jours avant sa disparition, n&amp;rsquo;a rien changé à ma façon de procéder entre enquête journalistique et construction littéraire. Le mensonge impose d&amp;rsquo;être démonté, et de nombreuses années sont nécessaires pour y parvenir. C&amp;rsquo;est là-dessus que s&amp;rsquo;appuient les falsificateurs, convaincus que le temps joue en leur faveur. Une vérité n&amp;rsquo;a pas la même force selon sa place dans la chronologie. L&amp;rsquo;évidence d&amp;rsquo;un complot fomenté pour tuer JFK aurait explosé à la face du monde le lendemain de sa mort, les conséquences en auraient été différentes. Cinquante ans après, des milliers de chercheurs travaillent de bonne foi à exhumer le moindre indice prouvant qu&amp;rsquo;Oswald ne pouvait pas être le tueur, et l&amp;rsquo;aurait-il été, il n&amp;rsquo;aurait pas pu l&amp;rsquo;être seul. Pour avouer la réalité de cette conspiration, il faudra que les derniers acteurs, comme George Bush père, aient rejoint l&amp;rsquo;autre monde, celui où il est plus facile d&amp;rsquo;entrer que de sortir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceci dit, j&amp;rsquo;ai vu qu&amp;rsquo;un film comme &amp;ldquo;Killing Kennedy&amp;rdquo;, sorti en 2014, expose la thèse du tueur solitaire ! On peut se demander à quels fins ce genre de film est réalisé : les thèses révisionnistes ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà ce qu&amp;rsquo;il dit à propos du mouvement&amp;quot; Hip&amp;quot; des années 70 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Alors que l&amp;rsquo;idéologie libérale, car il s&amp;rsquo;agissait bien d&amp;rsquo;une idéologie sous nos latitudes, s&amp;rsquo;affrontait avec l&amp;rsquo;idéologie communiste au Vietnam, une troisième voie se dessinait, floue, dont les fondements étaient surtout de refuser les deux autres, deux cadres matérialistes qui avaient en commun de concentrer les pouvoirs entre les mains de minorités tyranniques. Certes la société libérale nous permettait de faire notre petite révolution sur nous-mêmes pendant que les cocos brimaient leur jeunesse, mais on peut aussi expliquer cette tolérance par la promesse de nouveaux marchés. La contre-culture a compris très vite que ce mouvement, miné par la drogue et les bonnes intentions, qui vendait de l&amp;rsquo;amour à crédit, allait se fracasser sur la réalité, celle d&amp;rsquo;un monde poussé par la force irrésistible de l&amp;rsquo;appropriation. La dimension spirituelle de notre mouvement était était empruntée à la brocante de l&amp;rsquo;esprit amérindien, à des philosophies d&amp;rsquo;Extrême-Orient qui, à l&amp;rsquo;usage, n&amp;rsquo;avaient pas de meilleur effet sur les instincts primaires des individus. De cette pause de quelques années dans la course à l&amp;rsquo;accumulation et à la prédation, il restera, pour ceux qui ont survécu au voyage psychédélique, une impressionnante créativité musicale, cinématographique et, surtout, une libération sans précédent de la condition féminine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le mouvement de la contre-culture n&amp;rsquo;a vraiment pris son envol que lorsque l&amp;rsquo;assassinat de Robert Kennedy a sonné le glas d&amp;rsquo;un changement politique en juin 1968. Mais j&amp;rsquo;ai le souvenir d&amp;rsquo;une vague montante qui portait en elle les stigmates de son désespoir. Sa traduction politique était déjà morte avant sa propre éclosion, et nous le savions. Nous le portions en nous, et l&amp;rsquo;enfoncement progressif dans la drogue en a été la confirmation la plus flagrante. L&amp;rsquo;overdose a fait autant de morts dans nos rangs que le napalm dans les rizières du Vietnam.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Découvrir l&amp;rsquo;autre sexe pendant ces années-là était une bénédiction. L&amp;rsquo;avortement, la contraception avaient rendu aux femmes leur corps et, par un effet de générosité, je me souviens avec quelle grâce elles nous en ont fait profiter. Le sexe ne conduisait plus systématiquement à donner la vie et pas encore à donner la mort comme une quinzaine d&amp;rsquo;années plus tard quand le sida rédempteur ferait son apparition. L&amp;rsquo;amour libre et le retour aux fondements du christianisme se mélangeaient dans un mouvement en recherche d&amp;rsquo;harmonie. Nous avons conquis notre liberté mais nous n&amp;rsquo;avons pas su quoi en faire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, le &amp;ldquo;sida rédempteur&amp;rdquo;, je ne trouve pas cela très heureux, et le nombre de morts par le naplam comparés à ceux par le sida, j&amp;rsquo;ai comme un doute&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Dugain&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marc Dugain&lt;/a&gt;, né en 1957 au Sénégal, est un romancier et réalisateur français. Sur le même sujet, il est l&amp;rsquo;auteur de &amp;ldquo;La malédiction d&amp;rsquo;Edgar&amp;rdquo; (roman biographique), qu&amp;rsquo;il a lui-même porté à l&amp;rsquo;écran quelques années plus tard (documentaire).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le dernier des Yakuzas - Jake Adelstein</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-des-yakuzas/</link>
            <pubDate>Thu, 30 May 2019 17:03:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-dernier-des-yakuzas/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;yakuzas.jpg#floatleft&#34;&gt; Ce livre est plus une étude qu&amp;rsquo;un roman : si la vie d&amp;rsquo;un Yakuza nous est contée, le style est journalistique, fait de phrases courtes, et n&amp;rsquo;a rien de très littéraire. Par contre, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à nous expliquer cette vie de yakuza dans le contexte japonais, si différent culturellement du notre, et cela le rend passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà le genèse de ce livre : l&amp;rsquo;auteur a mis en rogne un grand chef Yakuza en s&amp;rsquo;apprêtant à publier &amp;ldquo;Tokyo Vice&amp;rdquo; (son premier roman), et doit donc se protéger : il en fait la demande à Saigo, un ancien Yakuza, qui accepte à condition que Jake Adelstein publie ensuite sa propre histoire, afin que son fils, qu&amp;rsquo;il a peur de ne pas voir grandir, puisse comprendre ce qu&amp;rsquo;a été sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très vite, on mesure l&amp;rsquo;écart incroyable entre nos deux cultures. L&amp;rsquo;histoire de ce Yakuza nous en apprend beaucoup sur les rapports sociaux au Japon, et son histoire. On est souvent surpris voir dérouté ; quel monde différent, aux règles très strictes, aux codes étonnants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut remonter à l&amp;rsquo;après seconde guerre mondiale : le pays est dévasté, la police inexistante, le Japon est devenu une vaste zone de non-droit. Les émigrés chinois, coréens qui étaient réduits en esclavage pendant la guerre, occupent le terrain de la mafia et prennent leur revanche&amp;hellip; Les gangs japonnais ravivent alors les vieilles structures yakuzas ; celles-ci choisissent alors d&amp;rsquo;intégrer les coréens d&amp;rsquo;origine japonaise plutôt que de les combattre : la stratégie sera payante. Parfois, c&amp;rsquo;est même la police qui les soutient !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À l&amp;rsquo;origine, le business modèle des yakuzas est la protection des commerçants en échange d&amp;rsquo;argent. Globalement, on ne touche pas aux civils, on reste le plus discret possible. La hiérarchie est très forte, et chaque responsable doit reverser une partie de ses gains au niveau supérieur (système pyramidal).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Souvent très à droite, nationalistes (ce qui s&amp;rsquo;explique historiquement), ils peuvent avoir comme façade une officine politique ; la police les tolère et s&amp;rsquo;arrange avec eux, puisqu&amp;rsquo;ils participent au maintien de l&amp;rsquo;ordre. Saigo va apprendre à respecter les règles en prison (très dures au Japon), et formatrices pour les yakuzas. Car il y a toute une série de règles à respecter, mais celles-ci le sont de moins en moins avec l&amp;rsquo;époque moderne, et le système va s&amp;rsquo;écrouler peu à peu : usage des armes à feu, drogue, seul l&amp;rsquo;argent compte, avec comme résultat un durcissement des lois petit à petit par les politiques, et une police moins arrangeante&amp;hellip; C&amp;rsquo;est tout un monde qui disparaît pendant la &amp;ldquo;carrière&amp;rdquo; de Seigo.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce dernier va commencer comme petit voyou, grimpera dans la hiérarchie, malgré une accoutumance à la méthamphétamine (trouvaille d&amp;rsquo;un biochimiste japonnais). Heureusement, un cadre bienveillant le prendra comme chauffeur personnel et s&amp;rsquo;assurera qu&amp;rsquo;il décroche, ce qu&amp;rsquo;il fera non sans mal. Il saura arrêter à temps quand il sentira que le monde des yakuzas évoluait vers le pire : en arrêtant de payer ses cotisations, il se fait expulser de l&amp;rsquo;organisation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur en profite d&amp;rsquo;ailleurs pour mentionner les trois pires inventions du Japon : la méth donc, le sirop de maïs à haute teneur en fructose (deux fléaux aux États-Unis ! l&amp;rsquo;auteur étant américain&amp;hellip;). Et enfin&amp;hellip; le karaoké ! :-D&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seigo se fera faire un tatouage sur le corps, en utilisant une méthode traditionnelle extrêmement douloureuse, histoire de prouver son courage et sa résistance à la douleur. Il voulait une carpe, des fleurs de cerisiers et un dragon, voilà pour finir ce qu&amp;rsquo;explique l&amp;rsquo;auteur sur les deux premiers :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La carpe est l&amp;rsquo;un des symboles préférés des yakuzas. C&amp;rsquo;est un poisson masculin. Il nage à contre-courant et peut même remonter des torrents. Lorsqu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;attrape, il reste à plat sur la planche à découper, attendant courageusement la mort. C&amp;rsquo;est le poisson le plus stoïque qui soit. En japonais, carpe se dit &amp;ldquo;koi&amp;rdquo;, qui est aussi le synonyme d&amp;rsquo;&amp;ldquo;amour&amp;rdquo;, ce qui est de bon augure.&#xA;Les fleurs de cerisiers sont un symbole de transcendance et, d&amp;rsquo;une certaine manière, de détachement face à la mort. Ces fleurs ne s&amp;rsquo;ouvrent que très peu de temps avant de flétrir et de tomber, soufflées par le vent. Elles représentent donc l&amp;rsquo;idéal du yakuza qui veut vivre à plein régime avant de mourir jeune.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jake_Adelstein&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jake Adelstein&lt;/a&gt;, né en 1969, est un journaliste d&amp;rsquo;investigation américain, qui a consacré l&amp;rsquo;essentiel de sa carrière à couvrir le trafic d’êtres humains et le crime organisé au Japon.  Son premier livre, Tokyo Vice, a poussé Tadamasa Goto à devoir quitter la direction de son organisation criminelle !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La découverte du ciel - Harry Mulish</title>
            <link>https://pled.fr/la-decouverte-du-ciel-harry-mulish/</link>
            <pubDate>Wed, 08 May 2019 15:55:21 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ladecouverteduciel.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je continue de piocher dans le carton que m&amp;rsquo;a laissé ma frangine, et je prends ce (gros) &amp;ldquo;poche&amp;rdquo; : 1140 pages tout de même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est vite accroché par cette histoire d&amp;rsquo;amitié entre deux jeunes gens prometteurs. Mais on se demande bien où l&amp;rsquo;auteur veut nous emmener, et les prologues de chaque partie ne sont pas là pour nous rassurer. Et sans grande surprise, la fin sera décevante&amp;hellip; Mais revoyons cela un peu plus en détail.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence donc par un prologue mystico-religieux : un dialogue entre ce qui doit être deux anges, parlant d&amp;rsquo;une sorte de destinée mise en place, afin de préparer un plan mystérieux, à base de rencontres pré-destinées et de procréation à l&amp;rsquo;ADN maîtrisé. Autant dire qu&amp;rsquo;à cet instant, je crains le pire pour les mille et quelques pages restantes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis l&amp;rsquo;histoire proprement dite démarre, et nous assistons à la rencontre de deux jeunes gens brillants : Onno, fils de très bonne famille, linguiste renommé, tenant du génie, et désordonné dans sa vie matérielle ; et Max, astrologue doué, à la généalogie compliquée (voir plus bas celle de l&amp;rsquo;auteur), à la culture très vaste, particulièrement en musique, et coureur de jupons invétéré. Leur amitié sera immédiate et indéfectible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis survient Ada, une jeune violoncelliste qui bousculera cette belle amitié. Les personnages sont fins et intelligents, avec du caractère, et les répliques fusent&amp;hellip; Jusque là, tout va bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fin de la première partie, nouveau prologue et donc re-dialogue de nos anges  : tout cette histoire aurait pour but de contrecarrer les desseins du diable, qui a conquis la terre !? Aïe Aïe Aïe&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire continue, un enfant va naître, particulier, je ne vais pas tout vous dévoiler, mais l&amp;rsquo;intérêt baisse, des longueurs apparaissent, la crédibilité s&amp;rsquo;effondre&amp;hellip; Surtout, je commence à me douter que la fin  va être une déception. Il y a tout de même des passages intéressants sur l&amp;rsquo;architecture (voir les dessins de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Battista_Piranesi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Piranèse&lt;/a&gt;), et qui donnent envie d&amp;rsquo;aller visiter Rome et Jérusalem,  et leur trésor architectural.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin est plutôt ridicule à mon goût, et la moralité de l&amp;rsquo;histoire serait que les hommes ne croyant plus en Dieu (Dieu est mort, cf. Nietzsche), Dieu à son tour ne croit plus aux hommes et a voulu récupérer les tables de la Loi. Aux hommes maintenant de se débrouiller tout seuls, avec le Diable&amp;hellip; No comment !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un roman qui partait pourtant bien, on n&amp;rsquo;en est que plus déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Mulisch&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Harry Mulisch&lt;/a&gt; (1927-2010) est un écrivain néerlandais. Comme son héros Max, sa mère était juive et son père a collaboré avec l&amp;rsquo;Allemagne nationale-socialiste.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna</title>
            <link>https://pled.fr/petits-suicides-entre-amis-arto-paasilinna/</link>
            <pubDate>Sat, 27 Apr 2019 08:43:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/petits-suicides-entre-amis-arto-paasilinna/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;petitssuicides.jpg#floatleft&#34;&gt; Livre pris dans le carton que m&amp;rsquo;a laissé ma frangine, et cette fois petite déception : si l&amp;rsquo;histoire est plaisante et dite sur un ton décalé (vu le sujet), on sent bien que l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est amusé à écrire cette petite histoire qui contient tout de même quelques longueurs, et à l&amp;rsquo;issue rapidement prévisible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout naît de la rencontre de deux personnages qui ont la malencontreuse idée de se suicider le même jour dans la même grange&amp;hellip; Cet acte prévu dans la plus stricte intimité est de fait devenu impossible, et les deux hommes vont finalement se mettre en quête d&amp;rsquo;autres individus ayant pris la même décision qu&amp;rsquo;eux. Un groupe va finalement se former, un autocar sera trouvé, et la quête du meilleur endroit pour arriver à leurs fins tous ensemble leur fera traverser la Finlande, puis une partie de l&amp;rsquo;Europe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman commence ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l’apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d’années sous son joug forçant son âme à la noirceur et à la gravité. Le poids du pessimisme est tel que beaucoup voient dans la mort le seul remède à leur angoisse. Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l&amp;rsquo;Union Soviétique.&#xA;Mais les Finlandais sont une nation de guerriers. Ils ne capitulent pas. Ils se rebellent, encore et toujours, contre la tyrannie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton est donné, et l&amp;rsquo;on sourira à maintes reprises au long de cette fable tout de même sympathique. Mais sans plus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Arto_Paasilinna&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Arto Paasilina&lt;/a&gt; (1942-2018) est un écrivain, journaliste et poète finlandais. Né dans un camion, en plein exode face aux forces soviétiques, il commence à travailler dès l&amp;rsquo;âge de treize ans, exerçant divers métiers. Il explique lui-même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J’étais un garçon des forêts, travaillant la terre, le bois, la pêche, la chasse, toute cette culture que l’on retrouve dans mes livres. J’ai été flotteur de bois sur les rivières du nord, une sorte d’aristocratie de ces sans-domicile fixe, je suis passé d’un travail physique à journaliste, je suis allé de la forêt à la ville. Journaliste, j’ai écrit des milliers d’articles sérieux, c’est un bon entraînement pour écrire des choses plus intéressantes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son roman le plus célèbre est &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Li%C3%A8vre_de_Vatanen&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le lièvre de Vatanen&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;ai lu il y a bien longtemps. J&amp;rsquo;avais beaucoup aimé, c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme qui fait le chemin inverse, quittant femme et boulot pour la nature.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La mort en Arabie - Thorkild Hansen</title>
            <link>https://pled.fr/la-mort-en-arabie-thorkild-hansen/</link>
            <pubDate>Sat, 30 Mar 2019 16:31:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-mort-en-arabie-thorkild-hansen/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamortenarabie.jpg#floatleft&#34;&gt;Je continue de taper dans le carton de bouquins que m&amp;rsquo;a laissé ma frangine&amp;hellip; Bonne pioche avec cette histoire vraie, au XVIIIème siècle, d&amp;rsquo;une expédition en &amp;ldquo;Arabie Heureuse&amp;rdquo; (actuel Yemen) organisé par le roi du Danemark.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette histoire n&amp;rsquo;est pas sans rappeler &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10871&#34; &gt;Le procès des étoiles&lt;/a&gt; de Florence Trystram, que j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé : dans ces deux romans, on retrouve des scientifiques de l&amp;rsquo;époque des Lumières embarqués dans une expédition aux confins du monde connu, dans des conditions incroyables qui font d&amp;rsquo;eux de véritables aventuriers. Rien que pour cela, c&amp;rsquo;est fascinant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais d&amp;rsquo;où vient ce terme d&amp;rsquo;Arabie heureuse ? L&amp;rsquo;expression viendrait d&amp;rsquo;Alexandre le Grand, que les romains ont ensuite généralisée, attribuant à la partie sud de l&amp;rsquo;Arabie un côté verdoyant et fertile. Historiquement, c&amp;rsquo;est la civilisation minéenne (cinq cents ans avant Alexandre) qui y atteignait son apogée grâce au commerce entre l&amp;rsquo;Orient et la Méditerranée. Quand la navigation sur la mer d&amp;rsquo;Arabie fût maîtrisée, le déclin commença.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Or l&amp;rsquo;auteur nous apprend qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit en fait d&amp;rsquo;une erreur de traduction : Yémen signifie &amp;ldquo;la main droite&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;le côté droit&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;Arabe étant tourné vers l&amp;rsquo;Est pour désigner les points cardinaux, c&amp;rsquo;est de cette façon que &amp;ldquo;Yémen&amp;rdquo;, qui signifiait &amp;ldquo;droite&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;origine, a fini par désigner le &amp;ldquo;sud&amp;rdquo;&amp;hellip; La main droite étant assimilée aux choses positives, le mot &amp;ldquo;droite&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Yémen&amp;rdquo; en est venu à signifier heureux, qui porte bonheur. Et de l&amp;rsquo;Arabie du Sud on arrive ainsi à l&amp;rsquo;Arabie heureuse&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai un peu moins aimé la façon dont l&amp;rsquo;auteur procède pour nous faire ce récit : généralement sous la forme d&amp;rsquo;une narration plutôt bien écrite, mais s&amp;rsquo;autorisant parfois à en sortir pour nous préciser ce que dit le document officiel (essentiellement les lettres fournies par les explorateurs au royaume du Danemark), ce qui honnêtement n&amp;rsquo;apporte pas grand chose, à part faire sortir le lecteur du récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ordre chronologique n&amp;rsquo;est pas non plus toujours respecté, et la mort des membres de l&amp;rsquo;expédition souvent utilisée pour dramatiser le récit et créer un suspense aussi artificiel qu&amp;rsquo;inutile. D&amp;rsquo;ailleurs, on apprend très vite qu&amp;rsquo;un seul scientifique reviendra vivant&amp;hellip; Tout cela gâche un peu le plaisir de la lecture. Peut-être eût-il été plus judicieux de passer carrément à un récit romancé plus alerte et plus vivace.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par exemple, la mort de Van Haven est annoncée avant qu&amp;rsquo;ils ne pénètrent en Arabie heureuse&amp;hellip; Puis quand la mort arrive pour de bon (malaria) cinquante pages plus loin, l&amp;rsquo;auteur remplit plusieurs pages d&amp;rsquo;éloges du personnage après l&amp;rsquo;avoir critiqué sans relâche depuis le début de l&amp;rsquo;histoire (et avec raison !). Il se dépêche alors d&amp;rsquo;annoncer la mort du suivant pour entretenir le suspense ! Nous avons aussi droit a des réflexions plus ou moins pertinentes (plutôt moins), parfois moralisatrices, sur l&amp;rsquo;expédition, à la fin de chaque partie. Fort heureusement, le fond de l&amp;rsquo;histoire contrebalance tous ces défauts !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour revenir à l&amp;rsquo;histoire, les dissensions au sein du groupe sont incroyables, et ce depuis le début. Von Haven en est le grand responsable : Danois, imbus de lui-même à un point difficilement imaginable, paresseux, peureux, il cherche plus le confort et la rente du roi qu&amp;rsquo;à partir dans une expédition qui pourrait se révéler dangereuse. Pendant celle-ci, il préférera d&amp;rsquo;ailleurs les salons des diplomates au travail sur le terrain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très mauvais choix de personne qui va tout pourrir autour de lui. Car Peter Forsskal est beaucoup plus équilibré et tout aussi savant, mais il est suédois&amp;hellip; Remplacer Von Haven n&amp;rsquo;est donc pas une option. Les deux hommes seront très vite en conflit.  Un troisième homme, Carsten Niebhur, est un homme simple, bon astronome et mathématicien ; il se sait moins savant, et même le revendique. Un médecin et un peintre compléteront ce trio, mais ils ont moins d&amp;rsquo;importance dans le récit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et lorsque Von Haven achète une grande quantité d&amp;rsquo;arsenic à Constantinople, cela va achever de scinder le groupe ! Les organisateurs de l&amp;rsquo;expédition n&amp;rsquo;oseront pas trancher et refuseront d&amp;rsquo;écarter Von Haven comme les autres membres le demandent. Que ce soit par excès de diplomatie, ou un refus de voir la réalité, cela ne va rien arranger, d&amp;rsquo;autant que les décisions acheminées par courrier prennent des mois à arriver. Tout est donc réuni par un gigantesque fiasco !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils seront parfois mal accueillis, au Caire notamment, où l&amp;rsquo;occidental n&amp;rsquo;est apparemment pas bien vu&amp;hellip; Ensuite, au Yémen, à certains endroits ils seront très bien accueillis, et à d&amp;rsquo;autres très mal également : la population leur jette des pierres, on les prends pour des espions, des magiciens venus là pour semer le malheur&amp;hellip; Il faut souvent négocier âprement car tout est sujet à obtenir de l&amp;rsquo;argent ; jusqu&amp;rsquo;aux dignitaires locaux qui demandent une forte somme quand l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux meurt ! Ils s&amp;rsquo;en sortent en demandant un reçu officiel qu&amp;rsquo;ils seront susceptibles de montrer à une autorité supérieure à la capitale, ce qui fait reculer le demandeur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le bilan de l&amp;rsquo;expédition est terrible :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Forsskal, bourreau de travail et débordant d&amp;rsquo;énergie, qui a rempli des caisses et des caisses de ses travaux (plantes, animaux, insectes, graines&amp;hellip;), verra à peu près tout disparaître : perdus ou endommagés dans le transport vers le Danemark, laissé à l&amp;rsquo;abandon au Danemark pour des raisons politiques&amp;hellip; De plus, étant suédois, il avait &amp;ldquo;codé&amp;rdquo; certaines notes pour éviter d&amp;rsquo;en perdre la propriété. Bref, tout cela pour rien ou presque !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Niebhur sera donc le seul à revenir, et par voie terrestre, traversant l&amp;rsquo;Iran, puis l&amp;rsquo;Irak, la Syrie. À chaque ville qu&amp;rsquo;il atteint, il reste le temps de dresser la carte, de noter l&amp;rsquo;histoire de la ville, comme il l&amp;rsquo;a fait pendant tout le voyage. Cela peut lui prendre plusieurs mois. Il s&amp;rsquo;abîme gravement les yeux en notant les caractères cunéiformes de Persépolis, car ils sont seulement lisibles en pleine lumière&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand Niebhur finit par revenir au Danemark, 7 ans après le départ de l&amp;rsquo;expédition (!), le roi est mort, et il n&amp;rsquo;intéresse personne. Il écrit alors le récit de ses aventures, édité à ses propres frais, avec le même résultat. Ce n&amp;rsquo;est que plus tard que tout son travail finit par être reconnu par plusieurs universités européennes, où il est cordialement invité, mais il décline les invitations. De même pour les honneurs que le Danemark finit par lui accorder. Il refuse également de diriger une mission de cartographie, et demande finalement un poste administratif obscur dans la région de sa naissance : il aspire dorénavant à une vie calme et simple. Il vivra jusqu&amp;rsquo;à 80 ans, finira aveugle, puis sur un fauteuil avant de quitter paisiblement cette terre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sans conteste le héros de cette histoire, aux origines humbles, travailleur besogneux, amoureux du concret et de la logique, préférant la vie simple aux fastes de la Cour, et gardant jusqu&amp;rsquo;à sa mort une nostalgie du mode de vie des arabes, cette fameuse &amp;ldquo;Arabie heureuse&amp;rdquo; qui aura au moins existé pour lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thorkild_Hansen&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Thorkild Hansen&lt;/a&gt; (1927-1989) est un romancier danois. Il est l&amp;rsquo;auteur de critiques, notamment sur Knut Hamsun, et surtout d&amp;rsquo;une trilogie sur le commerce des esclaves par les Danois.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>À marche forcée - Slavomir Rawicz</title>
            <link>https://pled.fr/a-marche-forcee-slavomir-rawicz/</link>
            <pubDate>Tue, 12 Mar 2019 18:45:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/a-marche-forcee-slavomir-rawicz/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;amarcheforcee.jpg#floatleft&#34;&gt;Avec ce livre j&amp;rsquo;attaque un carton que m&amp;rsquo;a laissé ma sœur Dominique partie faire le tour du monde en bateau ! Elle a préparé une petite sélection de titres susceptibles de me plaire, et je lui garde son carton jusqu&amp;rsquo;à son retour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une très bonne idée, la sélection a l&amp;rsquo;air pas mal, et mon budget bouquin va s&amp;rsquo;en trouver allégé d&amp;rsquo;autant, ce qui n&amp;rsquo;est pas plus mal !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-là, je pense l&amp;rsquo;avoir lu, mais il y a très longtemps&amp;hellip; En tout cas je connaissais l&amp;rsquo;histoire. Par contre, j&amp;rsquo;étais persuadé que c&amp;rsquo;était une histoire vraie, mais &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%82awomir_Rawicz&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la page Wikipédia&lt;/a&gt; de l&amp;rsquo;auteur nous apprend le contraire : Rawicz se serait inspiré du récit d&amp;rsquo;un de ses compatriotes, Glinski, et encore là non plus rien n&amp;rsquo;est certain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le journaliste de Radio BBC, Hugh Levinson, qui a examiné The Long Walk (le titre original) sous toutes les coutures, déclare en 2010 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Se peut-il que Glinski soit le véritable héros de l&amp;rsquo;histoire et que Rawicz lui ait piqué son histoire ? C&amp;rsquo;est possible, mais nous n&amp;rsquo;avons trouvé aucun élément permettant de corroborer le récit haut en couleurs de l&amp;rsquo;évasion et du périple de Glinski.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela remet beaucoup de choses en question quand on le lit : roman ou histoire vraie ?&amp;hellip; Mais la lecture n&amp;rsquo;en reste pas moins agréable, même si le style n&amp;rsquo;a rien d&amp;rsquo;exceptionnel, et que finalement l&amp;rsquo;essentiel du récit se résume à marcher, marcher et encore marcher.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Restant à l&amp;rsquo;écart des habitations pendant ces 6 000 kms, en constante sous-alimentation, traversant le désert de Gobie, les efforts fournis paraissent en effet sidérants. La résistance humaine est réellement incroyable quand poussée dans ses retranchements, avec des hommes jeunes pour la porter (encore que &amp;ldquo;Mr Smith&amp;rdquo; soit plus âgé).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On se demande pourquoi ils ne s&amp;rsquo;arrêtent pas plus tôt, une fois sortis d&amp;rsquo;U.R.S.S ? Mais la Mongolie est un pays communiste, et le premier pays &amp;ldquo;ami&amp;rdquo; des alliés est finalement l&amp;rsquo;Inde ; cette destination devient alors une sorte d&amp;rsquo;obsession, leur terre promise&amp;hellip; Ils vont donc continuer de marcher, et à éviter les endroits habités. Ils éviteront même Lassa&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un des faits marquants de l&amp;rsquo;aventure est l&amp;rsquo;hospitalité et la noblesse des mongols qu&amp;rsquo;ils vont croiser au fil des chemins. Elle se répétera plusieurs fois, et après le traditionnel &amp;ldquo;J&amp;rsquo;espère que vos pieds vous portent bien dans votre voyage&amp;rdquo; (quand ils peuvent se comprendre), ils partageront ce qu&amp;rsquo;ils ont pour leur offrir le thé, de simples pistaches, ou un repas&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout le monde n&amp;rsquo;arrivera pas à destination, et le récit devient poignant à ces moments là. Ils ne seront que quatre à rallier Calcutta et à s&amp;rsquo;y faire soigner (ils sont partis à sept, et seront huit quand ils croiseront la route de Kristina, la jeune polonaise). Le trajet aura duré deux ans ! L&amp;rsquo;auteur restera pour sa part en traitement pendant plus d&amp;rsquo;un mois à l&amp;rsquo;hôpital, arrivé dans un état vraiment critique (la nuit, il essaie de s&amp;rsquo;évader pour reprendre la marche !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un passage est assez surprenant, celui où le narrateur décrit ce qu&amp;rsquo;il dit être sans doute &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Abominable Homme des Neiges&amp;rdquo; : ils observent des créatures énormes (hauteur estimée 2m40) marchant sur leurs pattes arrières, qui manifestement ne les craignent pas&amp;hellip; Ils ne s&amp;rsquo;en approchent pas et finiront pas les contourner. L&amp;rsquo;auteur est persuadé que ce jour là, ils ont probablement croisés ces êtres dont parlent les indigènes et pour lesquels des expéditions scientifiques ont été organisées&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;en ai ensuite profité pour regarder le film qui en a été fait : &amp;ldquo;Les chemins de la liberté&amp;rdquo; de Peter Weir (2010). Énorme déception, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une adaptation très libre de l&amp;rsquo;histoire, et tout a été changé on se demande bien pourquoi&amp;hellip; On s&amp;rsquo;en rend compte dès les premières images, et cela ne fait que se confirmer par la suite, à en devenir ridicule (ou énervant) lorsque l&amp;rsquo;on a encore le récit en tête. L&amp;rsquo;hospitalité des mongols n&amp;rsquo;est même pas mentionnée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir cet article, je reprends une belle phrase qu&amp;rsquo;ils prononcent une fois sauvés, qui résume bien par où ils sont passés (si l&amp;rsquo;histoire est vraie&amp;hellip;) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous allons pouvoir recommencer à vivre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%82awomir_Rawicz&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Slavomir Rawicz&lt;/a&gt; (1915-2004) était un officier de la cavalerie polonaise pendant la seconde guerre mondiale. The Long Walk&amp;quot; est le seul livre qu&amp;rsquo;il a écrit. Fait prisonnier en 1939 par l&amp;rsquo;armée soviétique, envoyé au goulag, il s&amp;rsquo;en évade donc avec six autres détenus. Des sa parution en 1956, des critiques, notamment celles de l&amp;rsquo;explorateur Peter Fleming et du tibétologue Hugh Richardson, sont venues remettre en question l&amp;rsquo;authenticité du récit.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>J&#39;ai épousé un communiste - Philip Roth</title>
            <link>https://pled.fr/jai-epouse-un-communiste/</link>
            <pubDate>Tue, 26 Feb 2019 18:29:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/jai-epouse-un-communiste/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;communiste.png#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai commencé ce livre commencé avant de partir en voyage, et il me restait une cinquantaine de pages pour le finir à mon retour. Cela n&amp;rsquo;a pas posé de problème, je me suis remis dans le contexte de l&amp;rsquo;histoire immédiatement, il y a en fait peu de personnages&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais entre-temps, j&amp;rsquo;avais lu &amp;ldquo;Mémoires d&amp;rsquo;un rouge&amp;rdquo; de Howard Fast, et si vous voulez vraiment vous renseigner sur ce qu&amp;rsquo;a été le maccarthysme, c&amp;rsquo;est celui-ci qu&amp;rsquo;il faut lire, et de loin !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman de Philip Roth est néanmoins très agréable à lire, sous la forme de deux personnes parlant d&amp;rsquo;une troisième, et racontant toute l&amp;rsquo;histoire, y compris la leur&amp;hellip; Et Roth sait raconter des histoires, y mettre du sens tout en gardant une lecture facile, remplie d&amp;rsquo;anecdotes, avec de nombreux aller/retour entre le passé et le présent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nathan retrouve Murray, son ancien prof de littérature, et ils vont parler de Ira, le frère de Murray, qui se révèle avoir été un communiste : parti de rien, ayant fait des boulots durs, puis la guerre, où il rencontre son mentor communiste. Puis il travaille à la radio, change de milieu, épouse Eve, une actrice belle et connue, s&amp;rsquo;installe dans une belle maison&amp;hellip; En léger décalage avec ses idées !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est cette dernière qui va tout déclencher en écrivant un livre intitulé &amp;ldquo;J&amp;rsquo;ai épousé un communiste&amp;rdquo;, lorsque leur mariage partira à veau l&amp;rsquo;eau définitivement. L&amp;rsquo;accusation de communisme est ainsi donnée en pâture au peuple américain, sur fond d&amp;rsquo;antisémitisme (car sous un communiste il y a souvent un juif). On apprendra finalement qu&amp;rsquo;Eve s&amp;rsquo;est fait manipulée pour faire élire un républicain au Sénat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit de Roth est ainsi fait de plusieurs rebondissements, où les choses présentées précédemment se révèlent être incomplètes : Murray délivre l&amp;rsquo;histoire comme on épluche un oignon, à chaque couche de nouvelles vérités apparaissent. Le lecteur a tout de même l&amp;rsquo;impression de se faire un peu balader ! Il y a aussi quelques longueurs, des réflexions pas forcément inintéressantes, qui se détournent de l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;Ira, qui elle n&amp;rsquo;avance que très doucement avec toutes ces digressions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est tout de même l&amp;rsquo;occasion de parler de l&amp;rsquo;histoire des État-Unis  et de cette période sombre. L&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une époque où l&amp;rsquo;anti-communisme est de rigueur, alors que quelques années plus tôt (après la crise de 1929), ce n&amp;rsquo;était pas du tout le cas. La vague est telle que les dénonciations sont courantes, voir recommandées (il faut sauver le pays du péril rouge).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La description de l&amp;rsquo;enterrement de Nixon vaut le détour, Roth n&amp;rsquo;y va pas par quatre chemins pour railler tous ces anciens ou futurs présidents des État-Unis venus rendre hommage à celui qui n&amp;rsquo;en méritait sans doute aucun ! L&amp;rsquo;occasion de rappeler que c&amp;rsquo;est le seul président a avoir obtenu l&amp;rsquo;immunité totale par son successeur&amp;hellip; Roth mentionne la présence &amp;ldquo;du trafiquant d&amp;rsquo;armes de l&amp;rsquo;Irangate, Adnan Kashoggi&amp;rdquo;&amp;hellip; Le nom m&amp;rsquo;a forcément fait sursauter : c&amp;rsquo;est en fait son neveu qui s&amp;rsquo;est assassiné au consulat d&amp;rsquo;Istanbul récemment.  Sur sa page wikipedia, il est simplement &amp;ldquo;marchand d&amp;rsquo;armes&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;éducation du jeune Nathan, entre Murray le prof (mesuré), son frère Ira (doctrinaire), et un autre prof Léo, qui va vouloir casser tout ce que Nathan a de conventionnel dans sa façon de penser et donc d&amp;rsquo;écrire. Nathan dans un premier temps va se laisser convaincre par Ira et aussi son ami O&amp;rsquo;Neal, car il est jeune et idéaliste, sans pour autant jamais &amp;ldquo;passer à l&amp;rsquo;acte&amp;rdquo; (laisser tomber ses études, rejoindre les ouvriers, etc&amp;hellip;). Son père sera là pour le mettre en garde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je termine avec un extrait où Murray explique &amp;ldquo;la décérébration&amp;rdquo; et la &amp;ldquo;déchéance morale&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;époque :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais il me semble que l&amp;rsquo;ère McCarthy a inauguré le triomphe du potin après-guerre ; le potin, credo consensuel de la république démocratique la plus vieille du monde. Le potin est notre foi. Le potin, parole d&amp;rsquo;évangile, religion nationale. En cette ère du potin, on se met à jeter en pâture au grand public pour l&amp;rsquo;amuser, non seulement la politique sérieuse, mais tout ce qu&amp;rsquo;il peut y avoir de sérieux. Le maccarthysme, premier bourgeon après-guerre de la décérébration américaine universellement florissante aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;McCarthy ne s&amp;rsquo;est jamais mêlé d&amp;rsquo;affaires communistes ; si tout le monde l&amp;rsquo;ignorait, lui le savait. Le procès-spectacle tel que sa croisade patriotique le mettait en scène n&amp;rsquo;était que du théâtre. Les caméras qui filmaient ses procès ne faisaient que leur donner un simulacre de réalité. Bien mieux que les autres politiciens américains avant lui, McCarthy comprenait que le législateur aurait intérêt à jouer la comédie ; il comprenait la valeur récréative de la déchéance, et comment alimenter les plaisirs de la paranoïa. Il nous a ramené à nos origines, au dix-septième siècle, où l&amp;rsquo;on mettait les fers aux gens. C&amp;rsquo;est comme ça que le pays a commencé, en faisant de la déchéance morale une distraction publique. McCarthy était un impressario. Plus ses idées étaient chimériques, plus ses accusations étaient scandaleuses, plus on brouillait les repères, plus on s&amp;rsquo;amusait. The Free et the Brave de Joe McCarthy, tel était le spectacle dans lequel mon frère devait avoir le rôle de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article sur Philip Roth sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11887&#34; &gt;Goodbye, Colombus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12676&#34; &gt;Indignation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/&#34; &gt;Le complot contre l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Roth&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip Roth&lt;/a&gt; (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie. Je poursuis ici le cycle “trilogie américaine” commencé avec “ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;”. Celui-ci est donc le deuxième roman de la « trilogie américaine », le dernier étant  &amp;ldquo;La Tache&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles complètes - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/nouvelles-completes-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Wed, 21 Nov 2018 17:40:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nouvelles-completes-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nouvelles-conrad.jpg#floatleft&#34;&gt; Je viens d&amp;rsquo;achever ce recueil des nouvelles de Joseph Conrad : 1500 pages, 1,3 kg, ce qui ne rend pas la lecture facile (assis à une table, ou allongé avec le livre posé sur le ventre ?)&amp;hellip; Quant à le transporter avec soi, mieux vaut oublier&amp;hellip; Mais bon, c&amp;rsquo;est de loin la meilleure option pour lire toutes ses nouvelles, et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu du contenu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les premières nouvelles, on sent que le style n&amp;rsquo;est pas encore établi&amp;hellip; mais très vite on retrouve le Conrad que l&amp;rsquo;on connaît, l&amp;rsquo;ambiance de ses histoires, ses personnages et sa façon de les décrire. Un plaisir jamais démenti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On trouve dans ce recueil &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Cœur de ténèbres&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, que j&amp;rsquo;avais déjà lu et qui est plus proche du roman que de la nouvelle (tiré de son expérience en Afrique, et qui inspira Apocalypse Now, rien que ça !). Ceci dit, c&amp;rsquo;est une habitude de Joseph Conrad que de commencer à écrire une nouvelle, puis de la voir se transformer en roman. Cela arrivera plusieurs fois !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la préface, Jacques Darras nous explique : Conrad n&amp;rsquo;est jamais revenu du Congo. [&amp;hellip;] Après son expérience africaine, Conrad s&amp;rsquo;est forgé une opinion sur le colonialisme qui ne variera plus. [&amp;hellip;] Polonais ayant souffert dans sa chair et dans son âme de la règle tsariste, il ne croit plus à la libération par les révolutions nationales. Son pessimisme est radical. Il touche à la nature humaine même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme est un animal méchant. Sa méchanceté doit être organisée. Le crime est une condition nécessaire de l&amp;rsquo;existence organisée. La société est essentiellement criminelle — ou elle n&amp;rsquo;existerait pas. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;égoïsme qui sauve tout — absolument tout — tout ce que nous abhorrons, tout ce que nous aimons. Et tout se tient. Voilà pourquoi je respecte les extrêmes anarchistes. &amp;ldquo;Je souhaite l&amp;rsquo;extermination générale&amp;rdquo;&amp;quot;. Très bien. C&amp;rsquo;est juste, et ce qui est plus, c&amp;rsquo;est clair. (Lettre de Joseph Conrad à Cunninghame Graham du 8 février 1899).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un constat pour le moins sombre ! Cela explique les deux romans sur l&amp;rsquo;anarchisme (&amp;ldquo;L&amp;rsquo;agent secret&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Sous les yeux de l&amp;rsquo;occident&amp;rdquo;) ; pourtant le portrait qu&amp;rsquo;il en dresse est pour le moins sévère, et sans concession.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à l&amp;rsquo;écrivain, car on en apprend aussi sur lui, sa façon d&amp;rsquo;écrire, son style, et plus encore. À la fin de l&amp;rsquo;article, vous trouverez la liste complète des recueils/nouvelles de cet ouvrage, ainsi que la filmographie des nouvelles de Conrad.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première nouvelle qu&amp;rsquo;il ait écrite se passe en Bretagne : Conrad y a habité 6 mois en 1896, juste après son mariage, à l&amp;rsquo;Île-Grande près de Lannion. Elle s&amp;rsquo;intitule &amp;ldquo;Les idiots&amp;rdquo;, et Conrad en dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un ouvrage si visiblement inspiré par la réalité qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;est impossible d&amp;rsquo;en rien dire. Il me fut suggéré non pas mentalement, mais visuellement, par les idiots eux-mêmes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une vision de la Bretagne plutôt sombre, et peu engageante ! :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé moins bonne une autre nouvelle, &amp;ldquo;Le Retour&amp;rdquo; : l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme qui rentre chez lui et trouve un mot de sa femme lui expliquant qu&amp;rsquo;elle est partie avec un autre&amp;hellip; L&amp;rsquo;homme est désemparé, sa vie superficielle s&amp;rsquo;effondre, puis sa femme revient le soir même ! En la lisant, je me disais que cela manquait de dialogues, tout est en non-dit, en intériorité chez l&amp;rsquo;homme, et c&amp;rsquo;en est frustrant, on attend constamment que le couple s&amp;rsquo;explique une bonne fois pour toute (la femme doit à peine dire quelques mots). Dans une lettre à un ami, Conrad dit qu&amp;rsquo;elle lui inspire &amp;ldquo;une horreur physique&amp;hellip; je la déteste&amp;rdquo;, ajoutant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est évident que ma voie est celle de la description et que je dois m&amp;rsquo;y cantonner. Il est certaines choses auxquelles je ne dois toucher en aucun cas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la courte biographie (imagée) qui suit les recueils, on apprend aussi qu&amp;rsquo;en 1905, Conrad s&amp;rsquo;intéressait de très près à la politique internationale, et notait la faiblesse de la Russie tsariste, mise en évidence lors que la guerre russo-japonaise. Contrairement à l&amp;rsquo;optimisme de l&amp;rsquo;époque, il fait le pronostic pessimiste d&amp;rsquo;une guerre mondiale. Il accuse la démocratie d&amp;rsquo;avoir mis toute sa foi dans la suprématie des intérêts matériels et répudié toute tradition morale au profit du seul bénéfice mercantile. Deux guerres mondiales plus tard, une opinion qui n&amp;rsquo;a pas pris une ride !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Conrad écrit à propos de &amp;ldquo;La Folie Almayer&amp;rdquo;, son premier roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis en train de lutter avec le chap. XI, une lutte à mort. Vous savez ! si je me laisse aller je suis perdu ! Je vous écris au moment de sortir. Il faut bien que je sorte quelquefois. Hélas ! je regrette chaque minute que je passe loin du papier. Je ne dis pas de la plume car j&amp;rsquo;ai écrit fort peu, mais l&amp;rsquo;inspiration me vient en regardant le papier. Puis ce sont des échappées à perte de vue ; la pensée s&amp;rsquo;en va vagabondant dans des grands espaces remplis de formes vagues. Tout est chaos encore mais – lentement – les spectres se changent en chair vivante, les vapeurs flottantes se solidifient et qui sait, – peut-être quelque chose naîtra dans le choc des idées indistinctes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La meilleure nouvelle de ce livre est sans conteste &amp;ldquo;La ligne d&amp;rsquo;ombre&amp;rdquo; (encore un mini roman). C&amp;rsquo;est autobiographique, et retrace le premier commandement de Conrad à bord d&amp;rsquo;un voilier. Confronté à une absence de vent, le navire est contraint à une quasi l&amp;rsquo;immobilité, et une épidémie de fièvre touche l&amp;rsquo;&amp;lsquo;équipage&amp;hellip; Passionnant, d&amp;rsquo;autant que Conrad n&amp;rsquo;est pas tendre avec le personnage principal, un peu imbus de lui-même et de ses compétences !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Typhon&amp;rdquo; est aussi excellent, avec ce capitaine qui décide de garder le cap, car comment savoir si une tempête est vraiment aussi coriace que le laissent entendre les instruments si l&amp;rsquo;on cherche à l&amp;rsquo;éviter ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a souvent présenté Conrad comme un auteur de récits liés à la mer, puisque ancien marin lui-même. Dans la préface de &amp;ldquo;Entre terre et mer&amp;rdquo;, son cinquième recueil, voilà ce que Conrad nous dit en parlant de &amp;ldquo;L&amp;rsquo;hôte secret&amp;rdquo;, et qui règle le débat :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans la partie spécialement maritime de mon œuvre, ce conte peut figurer comme un de mes &amp;ldquo;calmes&amp;rdquo;. Car si une classification par sujets semble légitime, j&amp;rsquo;ai fait deux &amp;ldquo;tempêtes&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le nègre de Narcisse&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Typhon&amp;rdquo;, et deux &amp;ldquo;calmes&amp;rdquo;, celui-ci et &amp;ldquo;La ligne d&amp;rsquo;ombre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, une dernière déclaration de Conrad dans la catégorie &amp;ldquo;Courrier des lecteurs&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été grandement critiqué pour avoir écrit &amp;ldquo;Freya des Sept-Îles&amp;rdquo; : on m&amp;rsquo;a reproché sa cruauté, à la fois dans des articles et dans des lettres personnelles. Je m&amp;rsquo;en rappelle une qui me fut adressée par un correspondant d&amp;rsquo;Amérique animé d&amp;rsquo;une furieuse colère. Au milieu d&amp;rsquo;un torrent d&amp;rsquo;imprécations, il me déclarait que je n&amp;rsquo;avais pas le droit d&amp;rsquo;écrire une aussi abominable histoire qui, me disait-il, avait gratuitement et intolérablement blessé ses sentiments. C&amp;rsquo;était une lettre fort intéressante. Impressionnante même. Je l&amp;rsquo;ai gardée quelques jours dans ma poche. Avais-je le droit ? La sincérité de sa colère m&amp;rsquo;en imposait. Avais-je ce droit ? Avais-je réellement péché comme il le disait, ou bien était-ce extravagance de sa part ? Il me semblait pourtant distinguer quelque méthode dans sa fureur&amp;hellip; Je composai dans ma tête une réponse violente, une réponse où j&amp;rsquo;argumentais avec calme, une réponse empreinte d&amp;rsquo;un hautain détachement, mais en fin de compte je n&amp;rsquo;en écrivis aucune et j&amp;rsquo;en ai oublié la forme. La lettre même de ce lecteur révolté s&amp;rsquo;est égarée, et rien ne subsiste d&amp;rsquo;autre que les pages de ce conte que je ne puis ni ne veux me rappeler.&#xA;Je suis heureux tout de même de penser que les deux femmes de ce livre : Alice, la victime maussade et passive de son destin, et Freya, si active, si individuelle, si déterminée à être la maîtresse du sien, ont dû susciter des sympathies, car de tous mes livres de contes, c&amp;rsquo;est celui qui a rencontré le plus de lecteurs dès sa parution.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici donc le contenu de chaque recueil de nouvelles de cet ouvrage (présentées par ordre chronologique) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Histoires inquiètes&lt;/strong&gt; (Tales of unrest) comprenant &amp;ldquo;Karain : un souvenir&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Les idiots&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un avant-poste du progrès&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le retour&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le lagon&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Jeunesse et deux autres récits&lt;/strong&gt; comprenant &amp;ldquo;Jeunesse&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Coeur des ténèbres&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Au bout du rouleau&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Typhon et autres récits&lt;/strong&gt; comprenant &amp;ldquo;Typhon&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Falk : un souvenir&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Amy Foster&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Pour demain&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Gaspar Ruiz et autres histoires&lt;/strong&gt; (A set of six) comprenant &amp;ldquo;Gaspar Ruiz&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;indicateur&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un anarchiste&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le duel&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Il conde&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Entre terre et mer&lt;/strong&gt; comprenant &amp;ldquo;Un sourire de la fortune&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;hôte secret&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Freya des Sept-Îles&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;En marge des marées&lt;/strong&gt; comprenant &amp;ldquo;Le planteur de Malata&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;associé&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;auberge des deux sorcières&amp;rdquo;, &amp;ldquo;À cause des dollars&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La ligne d&amp;rsquo;ombre&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Derniers contes&lt;/strong&gt; comprenant &amp;ldquo;L&amp;rsquo;âme d&amp;rsquo;un guerrier&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Le prince Roman&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;histoire&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;officier noir&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà la filmographie de ses nouvelles (uniquement) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;1952 - &amp;ldquo;Face to Face&amp;rdquo; de John Brahm et Bretaigne Windust, d&amp;rsquo;après les nouvelles &amp;ldquo;L&amp;rsquo;hôte secret&amp;rdquo; de Conrad et &amp;ldquo;La mariée s&amp;rsquo;en vient à Yellow Sky&amp;rdquo; de Stephen Crane.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1954 - &amp;ldquo;Laughing Anne&amp;rdquo; de Hert Wilcox, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;À cause des dollars&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1968 - &amp;ldquo;Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l&amp;rsquo;amico misteriosamente scomparo in Africa ?&amp;rdquo; de Ettore Scola, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Cœur de ténèbres&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1971 - &amp;ldquo;La ligne d&amp;rsquo;ombre&amp;rdquo; de Georges Franju, d&amp;rsquo;après les nouvelles &amp;ldquo;La ligne d&amp;rsquo;ombre&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Un sourire de la fortune&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1973 - &amp;ldquo;Au bout du rouleau&amp;rdquo; de Jean-Claude Bonnardot, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Au bout du rouleau&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1976 - &amp;ldquo;Smuga cienia&amp;rdquo;, de Andrzej Wajda, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;La ligne d&amp;rsquo;ombre&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1976 - &amp;ldquo;The duellists&amp;rdquo;, de Ridley Scott, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Le duel&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1979 - &amp;ldquo;Apocalypse Now&amp;rdquo; de Francis Ford Copola, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Cœur de ténèbres&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1993 - &amp;ldquo;Pour demain&amp;rdquo; de Fabrice Cazeneuve, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Pour demain&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1997 - &amp;ldquo;Swept from th eSea (Balayé par la mer&amp;rdquo; de Beeban Kidron, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Amy Foster&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;2002 - &amp;ldquo;Au bout du rouleau&amp;rdquo; de Thierry Binisti, d&amp;rsquo;après la nouvelle &amp;ldquo;Au bout du rouleau&amp;rdquo;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Des monts Célestes aux sables Rouges - Ella Maillard</title>
            <link>https://pled.fr/des-monts-celestes-aux-sables-rouges-ella-maillard/</link>
            <pubDate>Tue, 20 Nov 2018 15:18:50 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;desmontscelestesauxsablesrouges.jpg#floatleft&#34;&gt; Avec un récit d&amp;rsquo;Ella Maillart, on n&amp;rsquo;est jamais déçu, rien de mieux pour se mettre en mode &amp;ldquo;voyage&amp;rdquo;, ce que je ne vais pas tarder à faire, mais j&amp;rsquo;y reviendrai dans un futur article !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc un véritable journal de voyage qu&amp;rsquo;Ella nous livre ici : en 1932, elle part crapahuter (c&amp;rsquo;est bien le terme) au Kirghizistan et en Ouzbékistan. Elle parvient à s&amp;rsquo;incruster dans une expédition d&amp;rsquo;alpinistes amateurs vers les monts Célestes (Kirghizistan), aidés par la &amp;ldquo;Société de tourisme prolétarien&amp;rdquo;, seul moyen pour elle d&amp;rsquo;obtenir un permis, les étrangers n&amp;rsquo;étant pas bien vus dans ces zones frontalières&amp;hellip; Par la suite, elle continuera seule son voyage vers l&amp;rsquo;Ouzbékistan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par petites touches, elle nous offre une description d&amp;rsquo;une époque et d&amp;rsquo;un monde aujourd&amp;rsquo;hui révolu : dépaysement garanti ! Le style littéraire n&amp;rsquo;est pas toujours présent, mais la force des situations, des rencontres humaines et l&amp;rsquo;honnêteté de la narration le remplacent avantageusement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les brigands bassmatchis, omniprésents (et invisibles) que tout le monde craint dans la région&amp;hellip; La récente occupation des soviétiques, qui amènent leur système communiste et la planification imposée (monoculture du coton) qui bouleverse les équilibres alimentaires ; la pauvreté des kazaks, dans un environnement rude où se nourrir est le problème quotidien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On se pose la question : l&amp;rsquo;occupation soviétique est-elle une étape nécessaire vers la modernisation, ou plutôt la fin d&amp;rsquo;un monde et l&amp;rsquo;écrasement de cultures millénaires. Toujours est-il que le &amp;ldquo;plan de cinq ans en quatre ans&amp;rdquo; (sic !) laisse les populations affamées le temps de cette transition. A-t-il seulement réussi ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Outre ses rencontres avec la population locale, elle croisera entre autres un déporté trotzkyste, un anarchiste, des noirs américains qui sont là comme experts de la culture du coton, des marins ouzbèques, etc&amp;hellip; Et même des allemands &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mennonitisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;mennonites&lt;/a&gt; arrivés là par les aléas de l&amp;rsquo;histoire et parce qu&amp;rsquo;ils ont fait serment de ne jamais toucher une arme&amp;hellip; Leur mode de vie conservé intact dans ce pays d&amp;rsquo;une autre époque lui fait dire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il a fallu que je vienne jusqu&amp;rsquo;au milieu du Turkestan pour comprendre la force de la propreté, et la discipline d&amp;rsquo;une croyance&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut faire attention aux vols, tout objet a de la valeur, et plus encore s&amp;rsquo;il est rare, comme le couteau à six lames d&amp;rsquo;Ella (qu&amp;rsquo;elle récupérera de justesse), ou sa paire de chaussures (qu&amp;rsquo;elle se fera voler avant sa dernière étape à dos de chameau), ou encore sa pipe, prêtée, et soi-disant perdue&amp;hellip; Mais c&amp;rsquo;est aussi de magnifiques rencontres, où les gens donnent le peu qu&amp;rsquo;ils ont :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vrai, il n&amp;rsquo;y a que les pauvres pour avoir le cœur pareillement large envers une passante.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre se termine par ces derniers mots :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Voici enfin les hauts peupliers de la ville. Il n&amp;rsquo;y a plus d&amp;rsquo;imprévu possible, le vrai voyage est terminé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais un peu avant, elle a ces mots magnifiques :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jamais matin de ma vie ne m&amp;rsquo;a semblé plus beau. J&amp;rsquo;aimerais trouver un cri qui dise tout ce que je sens.&#xA;Partir, c&amp;rsquo;est revivre. Tout recommence, je ne sais pas ce que je vais traverser. Le soleil se lève, rouge comme il s&amp;rsquo;est couché hier. L&amp;rsquo;air étincelle de givre en suspension et j&amp;rsquo;avance dans une réalité plus belle qu&amp;rsquo;une féerie.&#xA;Pourtant, hier, comme ce fut dur d&amp;rsquo;ouvrir la porte du Lastotchka, de tourner le dos à cette cabine chaude ! J&amp;rsquo;ai bien hésité une heure avant de faire le geste athlétique de charger mon lourd sac sur l&amp;rsquo;épaule.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres d&amp;rsquo;Ella Maillart sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12625&#34; &gt;Croisières et caravanes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34; &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La voie cruelle&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15228&#34; &gt;Ti-Puss&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits supplémentaires pour vous donner envie&amp;hellip; ou pas (lire l&amp;rsquo;extrait sur les puces !) :-D&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses talents d&amp;rsquo;alpinistes mis à rude épreuve :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je rejoins Auguste, par la suite il me dit :&#xA;— Je viens de faire fuit un bouquetin dans cette cheminée, droit au-dessus de nous. Il n&amp;rsquo;en est pas encore redescendu, j&amp;rsquo;ai entendu une pierre rouler. Il a deux cornes, plus grandes que celles d&amp;rsquo;un chamois.&#xA;Aussitôt, je grimpe dans la belle roche solide. La bête est prise au piège, je vais la surprendre. La montée en biais semble possible, essayons. J&amp;rsquo;entends le bouc se déplacer. Une corniche, une petite cheminée, je monte toujours, chaque muscle obéissant et précis ; une dalle vite traversée, trop vite, puis&amp;hellip; heu&amp;hellip; où continuer ?&#xA;Diable ! tout est lisse comme du marbre poli, une cascade a usé jadis la pierre, mais il faut que j&amp;rsquo;avance, je n&amp;rsquo;ai qu&amp;rsquo;une pointe de pied sur une prise transitoire&amp;hellip; Le demi-tour est impossible, jamais je ne pourrai effacer mon épaule contre la paroi. Ma jambe se fatigue, le genou tremble de plus en plus&amp;hellip; Je vais &amp;ldquo;vider&amp;rdquo; ! Sous moi, une hauteur de trois étages avant de rencontrer l&amp;rsquo;éboulis : je suis perdue. La peur m&amp;rsquo;injecte de grandes vagues de froid dans les membres, je dois agir dans cette seconde même, sinon&amp;hellip; Du pied et de la main libres je tatônne vers mes avant-dernières prises, impossible de rien voir. Enfin, ça tient ! Mais je suis quasiment crucifiée et le vide me suce le dos. Il faut maintenant que mes doigts ne glissent pas pendant que je vais risquer un changement de pied.&#xA;Succès, sauvée, je peux regarder où je vais.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les latrines mode soviétique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quoique simples, les latrines de Tokmak, village musulman, sont les plus propres et les plus agréables que je connaisse. Près de la mosquée surmontée de son croissant, au fond d&amp;rsquo;un jardin planté de souples peupliers, s&amp;rsquo;élève une maison sur pilotis, divisée en une dizaine de cellules sans porte ; dans chacune d&amp;rsquo;elles, deux planches pour les pieds de chaque côté de l&amp;rsquo;ouverture du plancher&amp;hellip;&#xA;Le climat du pays dessèche et pulvérise tout, en le stérilisant ; l&amp;rsquo;air circule librement, il n&amp;rsquo;y a pas d&amp;rsquo;odeur. Au contraire, les Russes veulent à tout prix creuser des trous surmontés d&amp;rsquo;une cabane bien fermée ; dans cette terre glaise, la fosse n&amp;rsquo;est plus qu&amp;rsquo;un réservoir si infect que, pour l&amp;rsquo;éviter, on préfère les alentours.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les puces pendant la nuit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Imaginez-vous être confortablement installé sous la tente sombre, au chaud dans votre sac de couchage entre deux compagnons que vous touchez dès que vous bougez. À moitié endormi, vous sentez quelque chose de gênant sous la peau, comme une miette de pain. Est-ce une puce ou seulement une vieille morsure qui réveille ? Non, ça se promène, descend sous la manche et s&amp;rsquo;arrête maintenant : cela va encore se nourrir de vous ! Mais c&amp;rsquo;est bien localisé, juste sous le milieu du poignet ; alors, sans secousses, la deuxième main s&amp;rsquo;approche en rampant : un doigt s&amp;rsquo;abat sur la proie, l&amp;rsquo;assomme, la roule, et la saisit à l&amp;rsquo;aide du pouce.&#xA;Pour la tuer à coup sûr, il faut la partager en deux. Mais, prisonnier de votre sac, vous ne pouvez pas à chaque capture réveiller vos voisins en faisant de la lumière. Dans l&amp;rsquo;obscurité, je vous défie de faire deux morceaux de la chose dure, petite comme un grain de poivre. Vous voilà avec ce mangeur d&amp;rsquo;hommes entre les doigts, hésitant minute après minute sur la tactique à suivre. Mais somme toute, la langue et les dents sont bien plus habiles que les ongles : et voilà, l&amp;rsquo;affaire est liquidée, c&amp;rsquo;est tout simple, la &amp;ldquo;chose&amp;rdquo; a été prise par la langue, craquée en deux et crachée. Enfin débarrassé de l&amp;rsquo;ennemi, on peut dormir !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire terrible des kirghises, sur laquelle elle revient deux fois  :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En 1916, il y eut une grave révolte des Kirghises que le tsarisme mobilisait de force pour les besoins de l&amp;rsquo;armée.&#xA;Déjà en 1905, il y avait eu un premier réveil nationaliste au moment de la parution du journal Kazak. Mais le soulèvement de 1916 fut génral ; les indigènes entreprirent de creuser un canal qui devait déverser les eaux du lac dans le Tchou et inonder ainsi les Russes de Tokmak et de Fruonzé-Pichpek. Les Cosaques arrêtèrent l&amp;rsquo;insurrection et exterminèrent les révoltés. (Général Anienkof.)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On repère des traces de passage sur les cailloux, et, jalonnement macabre, des ossements. On ne fait pas cinquante mètres sans voir des côtes, des sabots, des vertèbres de bétail.&#xA;L&amp;rsquo;autre rive est dominée par un dent gigantesque, semblable à l&amp;rsquo;aiguille Verte, dont toute la face nord est piquée d&amp;rsquo;un glacier hérissé.&#xA;Notre moraine a la forme d&amp;rsquo;immenses vagues de pierre ; à chaque reprise, il y a un petit plateau d&amp;rsquo;une dizaine de mètres carrés, blanchi par des os éparpillés.&#xA;Chacun de ces replats a dû servir d&amp;rsquo;abri aux nomades fuyant avec leurs troupeaux exténués. Ce devait être en hiver parfois ; sous la neige, les bêtes ne voyaient pas les fondrières dressées par chaque caillou. Affamées, elles mouraient où elles se couchaient. Des crânes de chevaux apparaissent à demi ensablés.&#xA;Après le soulèvement national de 1916, alors que les Cosaques exterminaient les Kirghises, tous ceux qui le purent passèrent au Sin-Kiang. Mais là-bas, les Chinois n&amp;rsquo;avaient aucune raison de protéger ces Kirghises musulmans, d&amp;rsquo;origine turco-mongole : leur bétail fut volé peu à peu. Dénués de tout, ils décidèrent alors de rentrer chez eux. C&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;hiver, ils périrent en route par milliers.&#xA;Ceux qui atteignirent leur village trouvèrent sur leur terres des Russes qui ne leur vinrent pas en aide, bien sûr.&#xA;Révoltés à nouveau, les Kirghises affamés se vengèrent comme ils purent. C&amp;rsquo;était la fin de la grande année 17 ; peu à peu, les Russes démobilisés revinrent du front, devenus Rouges après la Révolution. Trouvant à chaque pas des marques de ravages, ils usèrent de représailles, se livrant à leur tour à des exécutions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur le voile :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pilniak qualifie Tachkent de ville extraordinairement ennuyeuse ; il parle sans doute de la moitié russe de cette immense capitale de 500 000 âmes, si tant est qu&amp;quot;on puisse, comme dit Kisch, compter au nombre des âmes les communistes qui la nient et les femmes musulmanes auxquelles le Coran en refuse une.&#xA;Mais pour la première fois, je me trouve dans une grande agglomération orientale et, avant que tout ne soit modernisé, je m&amp;rsquo;empresse de voir ce qui reste de la vieille vie.&#xA;Tout me surprend : les étroites rues pavées, coudées en labyrinthe, le nombre de femmes voilées, silhouettes de cercueils dressés, avec le contour raide et monolithique du parandja. Sur les têtes, un paquet ou une corbeille en équilibre. Cela n&amp;rsquo;a aucun sens de parler de voile : c&amp;rsquo;est treillis qu&amp;rsquo;il faudrait dire, tant est rigide et sombre cette toile en crin de cheval qui leur blesse le bout du nez, qu&amp;rsquo;elles pincent entre leurs lèvres lorsqu&amp;rsquo;elles se penchent pour regarder la qualité du riz qu&amp;rsquo;on leur offre, le regards pouvant seulement filtrer lorsque le tchédra est perpendiculaire devant leurs yeux. À l&amp;rsquo;endroit de la bouche, un rond mouillé reste marqué lorsqu&amp;rsquo;elles se redressent, que les nuages de poussière ambiante viennent vite poudrer. Usés, les tchédras sont roux et crevés, comme mangés par des mites&amp;hellip; La plupart des femmes ont des robes courtes, des bas et de souliers manufacturés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au Moyen Âge après qu&amp;rsquo;on lui ait raconté un récit digne de cette époque :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce terrible récit me fait penser une fois de plus que nous vivons en plein Moyen Âge ; il ne faut pas l&amp;rsquo;oublier. C&amp;rsquo;est seulement l&amp;rsquo;année 1311, avec quarante ans de retard sur le calendrier arabe de l&amp;rsquo;hégire. À chaque pas, le XIVème siècle se dresse en face du XXème ; le droit du plus fort a toujours primé et il faut créer de toutes pièces la notion de justice. À chaque pas, la force de l&amp;rsquo;habitude s&amp;rsquo;oppose à la force de volonté apportée par les soviets.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Ella_Maillart&#34;  title=&#34;Ella Maillart sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ella Maillart&lt;/a&gt; (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. Jeune, très sportive et pratiquant la voile et ski, elle tentera une traversée de l’Atlantique, participera aux régates olympiques puis pendant quatre années consécutives à la coupe du monde de ski alpin sous les couleurs de la Suisse. Son métier de journaliste va l’envoyer une première fois en Russie et c’est le début d’une série de voyages : traversée du Caucase (1930), de l’Asie centrale Russe (1932, ce roman), puis envoyée au Mandchoukuo, l’état créé par les japonnais en Chine par Le Petit Parisien (1934). Et en 1935, ce sera le grand voyage de Pékin à Srinagar raconté dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34;  title=&#34;article sur Oasis interdites&#34;&#xA;    &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans la forêt - Jean Hegland</title>
            <link>https://pled.fr/dans-la-foret/</link>
            <pubDate>Mon, 22 Oct 2018 17:56:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dans-la-foret/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;danslaforet.jpg#floatleft&#34;&gt;C&amp;rsquo;est en entendant le libraire conseiller ce bouquin à une cliente que je me suis laissé tenter. Il disait que les retours étaient bons, bonne histoire, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;irais pas jusqu&amp;rsquo;à le recommander vivement, mais c&amp;rsquo;est vrai que l&amp;rsquo;histoire est prenante ; même si elle manque un peu d&amp;rsquo;action, on reste accroché et curieux de voir comment tout cela va se terminer. La fin ne déçoit pas d&amp;rsquo;ailleurs, ce qui est déjà une bonne chose&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est tenu comme un journal, celui de Neil, sœur d&amp;rsquo;Eva : toutes deux très liées, vivant seules dans une maison isolée dans la forêt. Très vite, on comprend qu&amp;rsquo;une catastrophe a eu lieu, que les parents ne sont plus là, et qu&amp;rsquo;elles doivent se débrouiller en ne comptant que sur elles-mêmes. Plus d&amp;rsquo;électricité, plus d&amp;rsquo;essence : la &amp;ldquo;civilisation&amp;rdquo; s&amp;rsquo;est manifestement effondrée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie va nous raconter un peu la vie d&amp;rsquo;avant, les parents, la ville la plus proche, les passions des uns et des autres&amp;hellip; Il y a de beaux passages marqués par l&amp;rsquo;émotion, le souvenir de jours meilleurs&amp;hellip; Et quelques longueurs aussi, car il ne se passe pas grand chose au présent. Puis cela change heureusement, Eli arrive (le petit ami de Neil)&amp;hellip; Les choses vont commencer à bouger.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai tout de même trouvé certaines situations peu crédibles, comme le type qui surgit, commet son forfait, et disparaît sans profiter de son avantage (je n&amp;rsquo;en dis pas plus), ou encore le fait qu&amp;rsquo;elles attendent le dernier moment pour penser à trouver de nouvelles ressources alimentaires : ce n&amp;rsquo;est pourtant pas le temps qui leur manque !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais dans l&amp;rsquo;ensemble, on est pris, la situation dès lors évolue sans cesse, et la fin donne à réfléchir : après une suite d&amp;rsquo;adaptations, il faudra tout plaquer pour recommencer à zéro, dans la forêt&amp;hellip; Un roman sur l&amp;rsquo;après catastrophe finalement assez bien foutu, bien qu&amp;rsquo;un peu utopique me semble-t-il.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Hegland&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean Hegland&lt;/a&gt;, née en novembre 1956 à Pullman dans l&amp;rsquo;État de Washington, est une écrivaine américaine. &amp;ldquo;Dans la forêt&amp;rdquo; est son premier roman (1996). Il a été porté à l&amp;rsquo;écran en 2015 par Patricia Rozema sous le titre &amp;ldquo;Into the Forest&amp;rdquo;. La traduction française du roman date de 2017.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les idées des autres - Simon Leys</title>
            <link>https://pled.fr/les-idees-des-autres-simon-leys/</link>
            <pubDate>Sat, 20 Oct 2018 15:09:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-idees-des-autres-simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesideesdesautres.jpg#floatleft&#34;&gt;En commençant ce livre, j&amp;rsquo;étais assez confiant puisque, étant fan de Simon Leys, un recueil de citations sélectionnées de sa main ne pouvait logiquement que me plaire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce ne fût malheureusement pas vraiment le cas, je trouvé cette sélection assez inégale d&amp;rsquo;une part, et pour une autre part très empreintes de religiosité. Je sais que Simon Leys était très croyant, ce n&amp;rsquo;est donc qu&amp;rsquo;une demi surprise !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Certaines sont très  &amp;ldquo;intellectuelles&amp;rdquo;, mais manquent au fond de vérité, la recherche du bon mot ayant pris le pas sur l&amp;rsquo;idée. Heureusement d&amp;rsquo;autres sont percutantes et éclairent un sujet d&amp;rsquo;une lumière nouvelle. Il y a aussi celles qui ne me parlent pas du tout&amp;hellip; Un bon paquet sont donc aux connotations religieuses marquées (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Weil&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone Weil&lt;/a&gt;, et surtout &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%c3%a9on_Bloy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Léon Bloy&lt;/a&gt; qui est le plus cité, et catholique traditionaliste). Finalement, je préfère les citation chinoises, elles sont souvent plus poétiques !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elles sont toutes données dans leur langue originale (y compris les idéogrammes chinois), et ensuite traduites en français par les soins de l&amp;rsquo;auteur. Je reste tout de même un peu déçu donc de ce bric-à-brac de citations collées les unes aux autres, certes classées par sujet, et dans une édition de qualité. Peut-être n&amp;rsquo;étais-je pas réceptif à certaines citations, il faut aussi un état d&amp;rsquo;esprit en phase avec le sujet traité, ou avec ce mode d&amp;rsquo;expression &amp;ldquo;concentré&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En voici tout de même quelques unes pour votre plaisir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ma jeunesse, je n&amp;rsquo;avais jamais connu le goût du chagrin&#xA;Mais je me plaisais à hanter les haut balcons&#xA;Du haut desquels, pour écrire des poèmes nouveaux, je me forçais à chanter d&amp;rsquo;imaginaires chagrins.&#xA;Aujourd&amp;rsquo;hui j&amp;rsquo;ai bu le chagrin jusqu&amp;rsquo;à la lie&#xA;Je voudrais en parler, mais je me tais&#xA;Et si j&amp;rsquo;ouvre la bouche, c&amp;rsquo;est seulement pour dire : &amp;ldquo;L&amp;rsquo;air est frais, quel bel automne !&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Xin Qiji&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les gens le long de la plage&#xA;Se tournent tous et regardent du même côté&#xA;Ils tournent le dos à la terre&#xA;Et regardent la mer toute la journée&#xA;&amp;hellip; &amp;hellip; &amp;hellip; &amp;hellip; &amp;hellip;&#xA;Ils ne peuvent pas regarder bien loin&#xA;Ils ne peuvent pas regarder bien profond&#xA;Mais ça ne les empêche jamais&#xA;De contempler quand même&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Robert Frost&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si vous me demandez quelles sont les épreuves qu&amp;rsquo;il a dû traverser, je ne serai pas en mesure de vous répondre. Tout ce que je peux dire, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il donne est de quelqu&amp;rsquo;un de blessé, à l&amp;rsquo;égal, suis-je tenté d&amp;rsquo;ajouter, de tous ceux à qui fut refusé le don de l&amp;rsquo;illusion. Ne redoutez pas de le rencontrer : de tous les êtres, les moins insupportables sont ceux qui haïssent les hommes. Il ne faut jamais fuir un misanthrope&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cioran&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si tu attends de la philosophie qu&amp;rsquo;elle t&amp;rsquo;apprenne des choses, eh bien, tu peux être tranquille, elle ne t&amp;rsquo;apprendra rien du tout. Mais si tu te contentes d&amp;rsquo;y voir une invitation à te faire toi-même ta philosophie, il te reste un peu d&amp;rsquo;espoir. Remarque que tous les bons philosophes ont tous été des antiphilosophes : Schopenhauer, Nietzsche, Locke et les autres. Ils ont tous été un peu ce que le Canard enchaîné est au Figaro [&amp;hellip;] Apprends un peu, et tu deviendras toi-même un philosophe, ce qui est bien mieux que d&amp;rsquo;être un professeur de philosophie, ce qui est en tout cas beaucoup plus gai.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J. Paulhan&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand un homme a atteint la vieillesse et qu&amp;rsquo;il a rempli sa mission, il a le droit de confronter en paix l&amp;rsquo;idée de la mort. Il n&amp;rsquo;a plus besoin des autres, il les connaît déjà, et les a assez vus. Tout ce qu&amp;rsquo;il lui faut, c&amp;rsquo;est la paix. Il n&amp;rsquo;est pas décent d&amp;rsquo;aller le trouver, de l&amp;rsquo;assommer de bavardages, et de lui faire endurer des banalités. Il faudrait passer devant sa porte comme si personne ne vivait là.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;H. Hesse&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qui me dit que mon attachement à la vie n&amp;rsquo;est pas une illusion ? Qui me dit que mon horreur de la mort n&amp;rsquo;est pas simplement la réaction d&amp;rsquo;un individu qui, ayant quitté sa maison natale tout enfant, aurait oublié le chemin du retour ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Zuang Zi&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Simon Leys sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;Orwell ou l&amp;rsquo;horreur de la politique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : Navigateur entre les mondes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34; &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34; &gt;Le studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Habits_neufs_du_pr%C3%A9sident_Mao&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Les habits neufs du président Mao\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le misanthrope - Molière</title>
            <link>https://pled.fr/le-misanthrope/</link>
            <pubDate>Tue, 09 Oct 2018 16:29:54 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-misanthrope/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lemisanthrope.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai voulu lire cette pièce de Molière car parfois je me demande si je ne suis pas moi-même misanthrope ! Sur ce point particulier, cette lecture ne m&amp;rsquo;a pas vraiment éclairé, Alceste (le misanthrope) étant plus proche de la caricature que d&amp;rsquo;autre chose, extrémiste dans ses idées et sans aucune volonté de s&amp;rsquo;améliorer ni de comprendre le point de vue des autres. Je n&amp;rsquo;en suis pas encore là ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parmi les autres personnages de la pièce, il y a Philinte (l&amp;rsquo;ami bon et raisonné), Célimène (aimée par Alceste, à la critique particulièrement fine et pertinente), Arsinoé (fausse amie de Célimène, médisante), et enfin Alcaste et Clitandre, deux marquis adeptes de la flatterie telle qu&amp;rsquo;elle est pratiquée à la Cour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alceste reproche à Célimène d&amp;rsquo;être trop accueillante, de se plaire à des jeux verbaux, il souhaite un amour exclusif, et en devient belliqueux. Célimène choisira de ne pas suivre Alceste dans sa retraite, elle est jeune et préfère la vie&amp;hellip; On ne peut que lui donner raison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé que l&amp;rsquo;histoire en elle-même était de peu d&amp;rsquo;intérêt. La pièce rencontrera peu de succès à sa sortie, le public la trouvant trop sérieuse. Pour Jean-Jacques Rousseau, elle est au contraire l&amp;rsquo;emblème d&amp;rsquo;un théâtre qui a sacrifié la morale au comique, au point de jouer &amp;ldquo;le ridicule de la vertu&amp;rdquo; : un tel jugement me paraît très moraliste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, c&amp;rsquo;est loin d&amp;rsquo;être déplaisant à lire, le parler en vers a des charmes indéniables, et le contexte de l&amp;rsquo;époque, bien expliqué dans la préface de Jacques Chupeau, apporte de l&amp;rsquo;intérêt au sujet. Quelques vers méritent d&amp;rsquo;être retenus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette préface nous parle donc du rôle à avoir quand on se tient en société à l&amp;rsquo;époque (&amp;ldquo;portrait du siècle&amp;rdquo;) : être bon et patient avec les autres (comme Philinte), et ne pas vouloir imposer la vertu aux autres, en oubliant au passage de se regarder d&amp;rsquo;un œil critique (comme le fait Alceste). Car si l&amp;rsquo;on veut vivre avec les hommes, en bonne société, il faut se comporter ainsi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Difficile d&amp;rsquo;aller contre ce principe : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;Art de vivre entre les hommes, comme il se pratiquait à l&amp;rsquo;époque, et qui se transpose finalement très facilement à la notre. Mais peut-être sommes-nous allé trop loin avec le &amp;ldquo;politiquement correct&amp;rdquo; anglo-saxon qui poussé à l&amp;rsquo;extrême mine la communication. Le sujet est donc toujours d&amp;rsquo;actualité !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons tout de même à la pièce et à quelques passages :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un extrait de la préface tout d&amp;rsquo;abord : la prétention à la vertu et présomption des censeurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais cette sagesse serait incomplète si elle n&amp;rsquo;enseignait à se défier de toutes les formes de prétention, y compris la prétention à la vérité et à la vertu. Au centre du Misanthrope, par-delà le procès d&amp;rsquo;un monde livré au mensonge, à la dissimulation et à l&amp;rsquo;artifice, le spectacle des ambiguïtés de la vie morale et des incertitudes du jugement met en question la présomption des censeurs. C&amp;rsquo;est la réponde de Molière à la vertueuse indignation des &amp;ldquo;critiques zélés&amp;rdquo; qui, après s&amp;rsquo;être déchaînés contre &lt;em&gt;L&amp;rsquo;école des femmes&lt;/em&gt;, ont obtenu l&amp;rsquo;interdiction du &lt;em&gt;Tartuffe&lt;/em&gt;. Mais c&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;expression d&amp;rsquo;une réflexion morale approfondie qui donne à la comédie du Misanthrope un rare pouvoir d&amp;rsquo;interrogation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un portrait sans pitié dressé par Célimène d&amp;rsquo;un personnage de la Cour :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Oui ; mais il veut avoir trop d&amp;rsquo;esprit, dont j&amp;rsquo;enrage ;&#xA;Il est guindé sans cesse ; et dans tous ses propos,&#xA;On voit qu&amp;rsquo;il se travaille à dire de bons mots.&#xA;Depuis que dans sa tête il s&amp;rsquo;est mis d&amp;rsquo;être habile,&#xA;Rien ne touche son goût, tant il est difficile ;&#xA;Il veut voir des défauts à tout ce qu&amp;rsquo;on écrit,&#xA;Et pense que louer n&amp;rsquo;est pas d&amp;rsquo;un bel esprit,&#xA;Que c&amp;rsquo;est être savant que de trouver à redire,&#xA;Qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;appartient qu&amp;rsquo;aux sots d&amp;rsquo;admirer et de rire,&#xA;Et qu&amp;rsquo;en approuvant rien des ouvrages du temps,&#xA;Il se met au-dessus de tous les autres gens ;&#xA;Aux conversations même il trouve à reprendre :&#xA;Ce sont des propos trop bas pour y daigner descendre ;&#xA;Et les deux bras croisés, du haut de son esprit&#xA;Il regarde en pitié tout ce que chacun dit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand Arsinoé, au nom de l&amp;rsquo;amitié, répète des rumeurs pour nuire à Célimène, cette dernière lui répond vertement en utilisant le même prétexte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En m&amp;rsquo;apprenant les bruits que de moi l&amp;rsquo;on publie,&#xA;Je veux suivre, à mon tour, un exemple si doux,&#xA;En vous avertissant de ce que l&amp;rsquo;on dit de vous.&#xA;[&amp;hellip;]&#xA;Pour moi, contre chacun je pris votre défense,&#xA;Et leur assurai fort que c&amp;rsquo;était médisance ;&#xA;Mais tous les sentiments combattirent le mien ;&#xA;Et leur conclusion fut que vous feriez bien&#xA;De prendre moins de soin des actions des autres,&#xA;Et de vous mettre un peu plus en peine des vôtres ;&#xA;Qu&amp;rsquo;on doit se regarder soi-même un fort long temps,&#xA;Avant que de songer à condamner les gens ;&#xA;Qu&amp;rsquo;il faut mettre le poids d&amp;rsquo;&amp;lsquo;une vie exemplaire&#xA;Dans les corrections qu&amp;rsquo;aux autres on veut faire ;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, de l&amp;rsquo;utilité des défauts des hommes pour exercer notre vertu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tous ces défauts humains nous donnent dans la vie&#xA;Des moyens d&amp;rsquo;exercer notre philosophie :&#xA;C&amp;rsquo;est le plus bel emploi que trouve la vertu ;&#xA;Et si de probité tout était revêtu,&#xA;Si tous les cœurs étaient francs, justes et dociles,&#xA;La plupart des vertus nous seraient inutiles,&#xA;Puisqu&amp;rsquo;on en met l&amp;rsquo;usage à pouvoir sans ennui&#xA;Supporter, dans nos droits, l&amp;rsquo;injustice d&amp;rsquo;autrui ;&#xA;Et de même qu&amp;rsquo;un cœur d&amp;rsquo;une vertu profonde&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moli%C3%A8re&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Baptiste Poquelin dit Molière&lt;/a&gt; (1622-1673), est un comédien et dramaturge français. Comme j&amp;rsquo;étais à Pézenas il y a peu, je cite la phrase attribuée à Marcel Pagnol : &amp;ldquo;Si Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas&amp;rdquo; ! :cool:&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La transmigration de Timothy Archer - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/la-transmigration-de-timothy-archer-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Fri, 07 Sep 2018 11:34:30 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;LatransmigrationdeTA.jpg#floatleft&#34;&gt;Troisième et dernier tome, et donc après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11662&#34; &gt;SIVA&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11924&#34; &gt;L&amp;rsquo;invasion divine&lt;/a&gt;, de cette trilogie divine que j&amp;rsquo;ai décidé de relire. Au final, je reste sur l&amp;rsquo;impression que j&amp;rsquo;avais eu lors de ma première lecture, il y a bien longtemps : ces trois romans n&amp;rsquo;ont rien à voir avec toute l&amp;rsquo;œuvre précédente de Philip K. Dick, et offrent à mon avis très peu d&amp;rsquo;intérêt, à moins d&amp;rsquo;être versé dans les délires mystico-religieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça commence pourtant bien avec une vraie histoire, racontée par Angel, mariée avec Jeff, le fils de Timothy Archer, ce dernier étant évêque, rien que ça. Ce qui ne l&amp;rsquo;empêche pas d&amp;rsquo;être l&amp;rsquo;amant de Kirsten, une copine d&amp;rsquo;Angel. Le roman commence le jour de la mort de John Lennon, événement qui marque que le monde va mal&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Angel nous raconte d&amp;rsquo;abord la rencontre entre Timothy et Kirsten, puis tout ce qui en suivit. Elle n&amp;rsquo;est pas croyante et garde une distance critique avec tout ce qui arrive, ce qui n&amp;rsquo;est pas sans me déplaire ! C&amp;rsquo;est une ex-étudiante de Berkeley, diplômée, intellectuelle, mais assez paumée dans sa vie, fumant de l&amp;rsquo;herbe. Si elle garde une distance avec le délire religieux de son entourage, elle a finalement son propre délire aussi, plus intellectuel&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours est-il que des manuscrits de la mer morte ont été trouvés, écrits par les Zadokites, une très ancienne secte juive. Tim participe à leur étude, et il apparaît que tout ce qu&amp;rsquo;a dit Jésus existait déjà 200 ans auparavant, ce qui remet bien sûr largement en cause le statut de &amp;ldquo;fils de Dieu&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;on lui a attribué. De là à penser que Jésus n&amp;rsquo;était qu&amp;rsquo;un charlatan&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre temps, Jeff, jaloux de son père et amoureux de Kirsten, se suicide par arme à feu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un mot hébreu ressort des documents : Anokhi&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;agirait d&amp;rsquo;un champignon vénéneux, que les zadokistes préparaient d&amp;rsquo;une façon connue d&amp;rsquo;eux seuls, afin de s&amp;rsquo;en servir pendant leurs cérémonies, comme le pain et le vin des chrétiens. Autrement dit, les zadokistes étaient une secte qui s&amp;rsquo;éclataient avec des champignons hallucinatoires ! Rien ne va plus au royaume des cieux !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jeff se manifeste alors à Tim et Kirsten par des phénomènes paranormaux. Tim, Kirsten et Angel vont voir une voyante, qui leur transmet le message de Jeff : Kirsten va bientôt mourir, et Tim la suivra probablement très rapidement car &amp;ldquo;ils&amp;rdquo; sont en train de préparer leur place &amp;ldquo;ici&amp;rdquo;. Kirsten meurt effectivement peu de temps après, en absorbant une forte dose de barbituriques&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tim publie un livre sur la vie après la mort, puisque Jeff a communiqué avec lui, perdant ainsi son poste d&amp;rsquo;évêque. Il décide de partir en Israël à la recherche du fameux champignon, et y trouve la mort en partant dans le désert sans guide. Mais Tim revient dans l&amp;rsquo;esprit de Bill, le fils schizophrène de Kirsten !! Ce dernier retourne à l&amp;rsquo;hôpital (il alterne entrée et sortie depuis longtemps), et Angel se promet de l&amp;rsquo;aider à s&amp;rsquo;en sortir&amp;hellip; Fin de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ah tout de même que j&amp;rsquo;ai trouvé un truc intéressant, le test des proverbes qu&amp;rsquo;Angel fait passer à Bill :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Et moi je vais vous poser une question en retour, dis-je. Je vais vous citer un proverbe, un proverbe usuel, et m&amp;rsquo;en expliquerez le sens.&#xA;— J&amp;rsquo;aurai combien de temps ?&#xA;— Ce n&amp;rsquo;est pas minuté. Racontez-moi simplement ce que signifie le proverbe : &amp;ldquo;Chat échaudé craint l&amp;rsquo;eau froide&amp;rdquo;. Qu&amp;rsquo;est-ce que ça veut dire ?&#xA;Après un silence, Bill répondit : &amp;ldquo;Ça veut dire que si votre chat monte sur la cuisinière et renverse votre bouilloire, il se brûlera ; et après, il aura peur de la bouilloire même si l&amp;rsquo;eau n&amp;rsquo;est pas chaude&amp;rdquo;.&#xA;— Encore un autre sur le chat : &amp;ldquo;Quand le chat n&amp;rsquo;est pas là, les souris dansent&amp;rdquo;.&#xA;À nouveau, il garda un moment le silence, le front plissé. &amp;ldquo;Eh bien, dit-il enfin, si vous avez des souris chez vous, votre chat les chasse ; mais s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;en va ailleurs, les souris sont contentes parce qu&amp;rsquo;elles ont la paix&amp;rdquo;.&#xA;— &amp;ldquo;Qui veut voyager loin ménage sa monture&amp;rdquo;. Mais je savais déjà à quoi m&amp;rsquo;en tenir. Le fonctionnement de la pensée de Bill Lundborg était détérioré ; il était incapable d&amp;rsquo;expliquer le proverbe : il se contentait de le paraphraser en termes concrets, correspondant aux termes mêmes de son énoncé.&#xA;— Quand on se déplace à cheval, dit-il de façon hésitante, et qu&amp;rsquo;on a un long trajet à faire, il ne faut pas fatiguer le cheval.&#xA;— &amp;ldquo;Vanité, ton nom est femme&amp;rdquo;.&#xA;— Les femmes sont vaines. Mais ce n&amp;rsquo;est pas un proverbe. C&amp;rsquo;est une citation de quelque chose.&#xA;— C&amp;rsquo;est très bien, dis-je. Vous vous en êtes bien tiré. Mais en vérité – en vérité, je vous le dis, comme l&amp;rsquo;aurait formulé Tim, comme le formulait Jésus, et peut-être avant lui les zadokistes – j&amp;rsquo;avais en face de moi quelqu&amp;rsquo;un de complètement psychotique, à en croire le test des proverbes de Benjamin. J&amp;rsquo;en éprouvai une douleur vague et obsédante, en voyant devant moi ce garçon si jeune et physiquement si sain, et si inapte à déchiffrer un symbole, à penser de manière abstraite. Il souffrait du trouble cérébral psychotique classique : son raisonnement se limitait au concret.&#xA;Tu peux oublier ton intention de devenir programmeur d&amp;rsquo;ordinateurs, me dis-je. Tu continueras à peindre des carrosseries de voitures jusqu&amp;rsquo;à ce que le Juge eschatologique arrive et nous libère, tous autant que nous sommes, de nos tourments. Et alors ton esprit endommagé sera vraisemblablement guéri. Projeté dans le corps d&amp;rsquo;un cochon de passage, pour être précipité dans le vide. Là où est sa place.&#xA;&amp;ldquo;Excusez-moi&amp;rdquo;, dis-je. Je sortis de la cuisine et traversai la maison, allant le plus loin possible de Bill Lundborg, et je m&amp;rsquo;appuyai contre le mur en enfonçant le visage dans mon bras. Je sentis couler mes larmes – des larmes tièdes – mais je ne fis aucun bruit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur des romans de Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34; &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34; &gt;Le dernier des maîtres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34; &gt;Les voix de l’asphalte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=23&#34; &gt;Paycheck&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34; &gt;Souvenir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9733&#34; &gt;Confessions d’un barjo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11363&#34; &gt;Immunité et autres mirages futurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11662&#34; &gt;SIVA&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11924&#34; &gt;L’invasion divine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres sur Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9060&#34; &gt;Je suis vivant et vous êtes tous morts – Emmanuel Carrère&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9544&#34; &gt;Philip K. Dick, simulacres et illusions – Richard Comballot, Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;invasion divine - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/linvasion-divine-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Sun, 02 Sep 2018 09:32:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/linvasion-divine-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;invasiondivine.jpg#floatleft&#34;&gt;Suite de &amp;ldquo;la trilogie divine&amp;rdquo; avec ce deuxième tome. J&amp;rsquo;avais trouvé le premier tome (SIVA, voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11662&#34; &gt;ici&lt;/a&gt;) pas mal déjanté, mais assez drôle si l&amp;rsquo;on faisait abstraction des passages trop ésotériques. Pour celui-ci, c&amp;rsquo;est malheureusement beaucoup moins drôle, et encore plus &amp;ldquo;barré&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;ai trouvé cela difficile à suivre et vraiment pas passionnant. :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une nouvelle incarnation d&amp;rsquo;un fils de Dieu (mis au monde par une femme vierge comme il se doit), remplie de délires mystico-religieux sur fond de monde futuriste&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai tourné de nombreuses pages en lisant en diagonale tellement j&amp;rsquo;y trouvais peu d&amp;rsquo;intérêt&amp;hellip; De plus la narration se déplace dans le temps très facilement, même les personnages ont des visions du futur ou du passé, ce qui rend le suivi de l&amp;rsquo;histoire encore un peu plus compliqué, ce qui n&amp;rsquo;était vraiment pas nécessaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;PKD s&amp;rsquo;est beaucoup documenté sur le sujet, aucun doute là-dessus, et nous en abreuve jusqu&amp;rsquo;à plus soif ! Évangiles (apocryphes ou non), Torah, textes pré-chrétiens&amp;hellip; Il y en a pour tous les goûts. Je rappelle que l&amp;rsquo;auteur a vraiment eu des visions, et qu&amp;rsquo;il essaie par cette trilogie de transcrire cette expérience sous forme romancée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son Exégèse est d&amp;rsquo;ailleurs parue récemment, en deux tomes, pour ceux qui veulent aller plus loin de ce côté. J&amp;rsquo;ai peur que ce ne soit incompréhensible, et à 40€ pièce, je passe mon tour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Essayons tout de même de résumer cette histoire :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur une planète lointaine, Herb Asher rencontre Rybys; ils sont voisins, chacun vivant dans son dôme respectif, et effectuant leurs tâches. Rybys est très malade ; Yah (une divinité de cette planète, Dieu en fait) parle alors à Herb et lui demande de s&amp;rsquo;occuper de Rybys, qui est donc enceinte de Yah, tout en étant encore vierge. Ils sont aidés par un certain Elias. Elle doit revenir sur terre pour y amener l&amp;rsquo;enfant-dieu ; la maladie est réelle mais n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un prétexte pour obtenir l&amp;rsquo;autorisation de revenir sur terre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car sur terre, il y a un gouvernement bicéphale, avec un côté religieux appelé l&amp;rsquo;Église chrétienne islamiste, et un autre scientifique appelé la Légation scientifique. Ils sont aidés par un ordinateur géant (IA) appelé Grande Nouille pour gérer tout le système. Les deux dirigeants tentent de les empêcher de revenir sur terre, mais Yah est plus fort, détraquant le fonctionnement de l&amp;rsquo;IA pour passer les contrôles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant ce temps (!), sur terre, Emmanuel enfant a tout oublié. Elias s&amp;rsquo;occupe de lui, Rybys est morte dans une collision aérienne à son arrivée sur terre, et Herb a été mis en suspension cryonique en attendant la greffe d&amp;rsquo;une rate. Emmanuel va à l&amp;rsquo;école et rencontre Zina, une petite fille&amp;hellip; L&amp;rsquo;amnésie d&amp;rsquo;Emmanuel est volontaire, et un mécanisme va lui faire revenir la mémoire en temps voulu&amp;hellip; Il est Dieu, revenu sur terre pour le jugement dernier, ou un truc du genre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qui est Zina, une magicienne, une fée ? Elle emmène Emmanuel dans un monde parallèle où le diable (Bélial) est mis en cage dans un zoo, où les deux tyrans du gouvernement son des personnages secondaires, et où règne la beauté et l&amp;rsquo;harmonie ; elle conjure Emmanuel de ne pas détruire le monde (il serait revenu sur terre pour combattre le diable et détruire ce monde). Emmanuel commence à se rappeler qui est Zina, peut-être une entité créée par lui afin de l&amp;rsquo;aider à retrouver la mémoire&amp;hellip; Finalement c&amp;rsquo;est une autre moitié de lui-même ! Les dialogues entre les deux deviennent très ennuyeux ; Emmanuel relâche par erreur Bélial qui s&amp;rsquo;en va faire le mal dans ce monde&amp;hellip;  Ça frôle la débilité quand même niveau histoire !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Herb vit dans le monde parallèle, mais a soudain le rayon de lumière rose qui l&amp;rsquo;atteint et lui révèle la vérité (soit à peu près ce dont il est question dans SIVA, et qui est arrivé à PKD dans la vraie vie&amp;hellip;). On boucle sur cette histoire : notre monde est fictif, le temps est arrêté, Révélation, écrits religieux, etc&amp;hellip; Finalement ce sera un happy end : Herb sera sauvé par Linda Fox, une chanteuse dont il est amoureux depuis le début de l&amp;rsquo;histoire, et qui deviendra une sorte d&amp;rsquo;ange gardien pour lui. Le monde est sauvé, le diable vaincu. Ouf, le bouquin est terminé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est résumée ainsi par Herb lui-même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très simple, expliqua Herb Asher. Il y avait un plan : faire pénétrer Dieu sur Terre clandestinement. À l&amp;rsquo;état de fœtus dans le ventre de ma femme. Et l&amp;rsquo;entreprise a réussi. C&amp;rsquo;est pourquoi il y a eu ce mandat d&amp;rsquo;arrêt lancé contre moi. Le crime que j&amp;rsquo;ai commis a consisté à introduire Dieu subrepticement sur Terre, c&amp;rsquo;est-à-dire sur un monde où règne l&amp;rsquo;Esprit du Mal. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;Esprit du Mal qui contrôle en secret tout être et toute chose ici. Vous, par exemple, sans le savoir vous êtes au service de l&amp;rsquo;Esprit du Mal. [&amp;hellip;] La bataille est terminée. Dieu en est sorti vainqueur. Le pouvoir de Bélial a été détruit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà&amp;hellip; En lisant ça, je ne peux que regretter les romans de Philip K. Dick précédant sa &amp;ldquo;vision&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur des romans de Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34; &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34; &gt;Le dernier des maîtres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34; &gt;Les voix de l’asphalte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=23&#34; &gt;Paycheck&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34; &gt;Souvenir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9733&#34; &gt;Confessions d’un barjo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11363&#34; &gt;Immunité et autres mirages futurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11662&#34; &gt;SIVA&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres sur Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9060&#34; &gt;Je suis vivant et vous êtes tous morts – Emmanuel Carrère&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9544&#34; &gt;Philip K. Dick, simulacres et illusions – Richard Comballot, Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Attention à la marche ! - Mariel Primois Bizot</title>
            <link>https://pled.fr/attention-a-la-marche-mariel-primois-bizot/</link>
            <pubDate>Thu, 23 Aug 2018 17:22:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/attention-a-la-marche-mariel-primois-bizot/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;attentionalamarche.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai offert ce livre à un ami qui s&amp;rsquo;était investi dans le mouvement En Marche pendant la campagne présidentielle, et qui en est depuis revenu, vite ramené à la réalité par les jeux de pouvoirs inhérents à ce monde. Je lui ai ensuite emprunté le bouquin&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sous la forme d&amp;rsquo;un journal, c&amp;rsquo;est donc Mariel Primois Bizot, la femme de Jean-François Bizot (fondateur de Radio Nova et de la revue Actuel) qui nous raconte son aventure avec le mouvement En Marche, où elle s&amp;rsquo;inscrit très rapidement, espérant elle aussi y trouver une nouvelle manière de faire de la politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bénévole, elle va donc vivre l&amp;rsquo;aventure de l&amp;rsquo;intérieur du QG, triant le courrier, répondant au standard téléphonique, etc&amp;hellip; C&amp;rsquo;est tout cela qu&amp;rsquo;elle va nous raconter, à sa manière ; dès le début, une petite référence à Hunter S. Thompson (dont je suis fan) donne le style : ce sera du journalisme &amp;ldquo;gonzo&amp;rdquo;, au cœur de l&amp;rsquo;action comme il se doit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans son &amp;ldquo;journal&amp;rdquo;, elle s&amp;rsquo;adresse souvent à JFB, imaginant ce qu&amp;rsquo;il aurait dit ou fait, se rappelant les années &lt;em&gt;Actuel&lt;/em&gt;, mai 68&amp;hellip; Il en ressort vite une certaine nostalgie, à comparer ces deux époques qui n&amp;rsquo;ont finalement pas grand chose à voir l&amp;rsquo;une avec l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la deuxième moitié du bouquin, mon intérêt a sérieusement baissé, l&amp;rsquo;auteur cherchant trop (à mon goût) à théoriser le mouvement en faisant moult références à des penseurs ou des écrivains (Hannah Arendt, Deleuze, Vaneigem, Marx, Galeano, Wright, Devecchio, etc&amp;hellip;) et évoquant leur concepts (utopies réalistes ou réelles, concept de post-vérité, être générique, etc&amp;hellip;). C&amp;rsquo;est parfois abscons, et sinon a peu d&amp;rsquo;intérêt je trouve, si ce n&amp;rsquo;est celui de vouloir montrer sa culture, en bon intellectuelle parisienne !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On en apprend tout de même un peu sur le fonctionnement interne, très opaque finalement, le mouvement En Marche semblant n&amp;rsquo;être là que pour les apparences. Il y a aussi quelques références qui m&amp;rsquo;ont bien plu, comme celles au journalisme &amp;ldquo;gonzo&amp;rdquo; et aux Diggers de San Francisco.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à En Marche, vu de l&amp;rsquo;intérieur : très vite, elle se rend compte que tout vient d&amp;rsquo;en haut ; si on demande bien l&amp;rsquo;avis de la base, c&amp;rsquo;est manifestement plus pour les apparences qu&amp;rsquo;autre chose. Tout semble très verrouillé, et demander à lire le rapport que fait le responsable de la section après un débat n&amp;rsquo;est pas bien vu. Même chose lorsqu&amp;rsquo;on leur demande leur avis pour le débat du second tour avec Marine Le Pen : Marie s&amp;rsquo;interroge sur l&amp;rsquo;intérêt d&amp;rsquo;un tel débat, vu que Macron est entouré des meilleurs experts pour le préparer. À quoi cela sert-il alors ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, en parlant d&amp;rsquo;experts, où sont les fameux 500 experts qui ont soi-disant participé l&amp;rsquo;élaboration du programme à partir de la consultation des français ? Elle interroge  Marie-Laurence, une convaincue des premiers jours :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je repose ma question :&#xA;– Toi qui sait tout, pourquoi n&amp;rsquo;avons-nous pas du tout communiqué sur les cinq cents experts ? Pourquoi ne pas avoir donné certains de leurs noms pour asseoir la crédibilité du programme ?&#xA;– Parce que en fait, il ne s&amp;rsquo;agissait que de quelques personnes qui sont venues jeter un coup d&amp;rsquo;œil sur les informations récoltées, c&amp;rsquo;était bien avant les comités, tout ça. Il fallait bien avancer.&#xA;– Mais alors, les comités n&amp;rsquo;ont pas servi à la construction du programme ?&#xA;– Penses-tu ! C&amp;rsquo;était bien trop compliqué, les choses étaient déjà décidées.&#xA;– D&amp;rsquo;accord, mais aujourd&amp;rsquo;hui, qui analyse leurs comptes rendus lorsqu&amp;rsquo;ils remontent ici ? Il n&amp;rsquo;y a pas beaucoup de monde pour ça.&#xA;– L&amp;rsquo;idée est de garder le contact, de faire bouger les gens, de les mobiliser, c&amp;rsquo;est tout. Tu le sais bien, toi qui a travaillé au phoning&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mot qui vient pour résumer tout ça, c&amp;rsquo;est &lt;strong&gt;opacité&lt;/strong&gt; ! Qui est vraiment Macron ? comment le programme a été mis en place ? d&amp;rsquo;où vient-il ? aucune réponse n&amp;rsquo;est apportée, et les militants d&amp;rsquo;En Marche n&amp;rsquo;en savent guère plus. Pour la plupart, ils sont satisfait de participer à ce mouvement qui bouscule l&amp;rsquo;ancien monde politique, et pour quelques uns, l&amp;rsquo;opportunité d&amp;rsquo;une carrière offre un avenir radieux. Nous n&amp;rsquo;en apprendrons pas beaucoup plus, et c&amp;rsquo;est un peu la déception de ce livre : j&amp;rsquo;espérais en apprendre plus, avec un tel &amp;ldquo;insider&amp;rdquo;&amp;hellip; Où est passée la journaliste gonzo ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le lendemain de l&amp;rsquo;élection, l&amp;rsquo;auteur se demande même si Macron ne serait pas &amp;ldquo;gonzo&amp;rdquo; en incarnant de la sorte la fonction présidentielle :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est lui, le président gonzo, qui se retrouve à la tête du pays et des armées en ayant choisi de le vivre pleinement, comme Hunter S. Thompson vivait pleinement ses enquêtes ! Il est plus vrai que nature, comme on dit. En bon gonzo, il met en scène cette présidence sans la faire basculer dans l&amp;rsquo;interprétation. Il n&amp;rsquo;est pas dans le &lt;em&gt;fake&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est juste le contraire. [&amp;hellip;] Je dirai même que Macron a passé le mur du son du super-gonzo — &lt;em&gt;the edge&lt;/em&gt; —, puisqu&amp;rsquo;il se tient aussi bien en amont qu&amp;rsquo;en aval, derrière que devant, et même au-dessus des situations. Je m&amp;rsquo;explique : il prévoit, calcule, pronostique, actualise, met en scène, puis défonce la baraque en prenant l&amp;rsquo;option de vivre à fond le trip hyper fort de se retrouver, à moins de quarante ans, à la tête de la cinquième puissance mondiale — avec assurance et détermination. Bref, il incarne tout ça dans la plus réelle des réalités.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai tout de même retenu deux ou trois références qui m&amp;rsquo;ont plu. D&amp;rsquo;abord, qu&amp;rsquo;est-ce que c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;être de gauche ou de droite selon Deleuze :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ne pas être de gauche c&amp;rsquo;est quoi ? Ne pas être de gauche, c&amp;rsquo;est un peu comme une adresse postale, partir de soi, la rue, la ville, le pays, les autres pays de plus en plus loin. On commence par soi et, dans la mesure où on est privilégié dans un pays riche, on se dit : Comment faire pour que la situation dure ? On sent bien qu&amp;rsquo;il y a des dangers, que ça ne va pas durer tout ça, que c&amp;rsquo;est trop dément&amp;hellip; Comment faire pour que ça dure? On se dit, oh là là, les Chinois&amp;hellip; d&amp;rsquo;accord ils sont loin, mais comment je fais pour que l&amp;rsquo;Europe dure encore, etc. Être de gauche, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;inverse, c&amp;rsquo;est percevoir [&amp;hellip;] d&amp;rsquo;abord le pourtour, le monde, le continent, l&amp;rsquo;Europe, la France, etc., la ville, la rue, moi. C&amp;rsquo;est un phénomène de perception, on perçoit d&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;horizon. Ce n&amp;rsquo;est pas par générosité [&amp;hellip;], tu vois d&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;horizon et tu sais que ça ne peut pas durer, c&amp;rsquo;est pas possible, que ces milliards de gens qui crèvent de faim&amp;hellip; Non&amp;hellip; Ça peut durer encore cent ans, non mais&amp;hellip; Faut pas charrier, cette injustice absolue, c&amp;rsquo;est pas dans la morale, c&amp;rsquo;est dans la perception même. Donc, si on commence par le bout, c&amp;rsquo;est ça être de gauche [&amp;hellip;], c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;une certaine manière appeler de ses vœux, considérer que ce sont là les problèmes à régler [&amp;hellip;], être de gauche, c&amp;rsquo;est savoir que les problèmes du tiers-monde sont plus proches de nous que les problèmes de notre quartier. C&amp;rsquo;est vraiment une question de perception.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos du journalisme gonzo, elle le présente ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Évidemment, si tu n&amp;rsquo;as ni lu Hunter S. Thompson, ni vu l&amp;rsquo;adaptation cinématographique de son roman le plus fameux, &lt;em&gt;Las Vegas Parano&lt;/em&gt;, réalisée par Brian DePalma, ça risque d&amp;rsquo;être compliqué, mais je vais essayer quand même. Thompson est le journaliste excentrique américain des années 1960-1970, qui popularisa le principe du &amp;ldquo;journalisme gonzo&amp;rdquo;. À cheval entre le journalisme et la littérature, le gonzo signifie que l&amp;rsquo;auteur a plongé corps et âme sans son sujet, l&amp;rsquo;incarnant pleinement pour pouvoir le relater. En France, Joseph Kessel et Albert Londres ont été des précurseurs, et plus tard Actuel en a beaucoup usé. Eux ont plutôt appelé ça, comme Tom Wolfe, &amp;ldquo;nouveau journalisme&amp;rdquo;. Pour être plus précise, à Actuel, ils préféraient parler de &amp;ldquo;gratter un &lt;em&gt;J&amp;rsquo;ai fait&lt;/em&gt;&amp;rdquo;. Par exemple : &lt;em&gt;J&amp;rsquo;ai passé trois mois dans la peau d&amp;rsquo;un noir&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;J&amp;rsquo;ai été maître d&amp;rsquo;hôtel chez les rupins&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;J&amp;rsquo;ai fait du strip-tease à Kanzas City&lt;/em&gt;.&#xA;Pour être un bon journaliste gonzo, il faut être attiré avec audace par des expériences émotionnellement fortes, les vivre soi-même avant de les écrire et de les raconter à la première personne. Cela veut dire aussi, ne pas prétendre couvrir l&amp;rsquo;ensemble du sujet, mais oser une approche subjective pleinement assumée, et &lt;em&gt;en même temps&lt;/em&gt; — c&amp;rsquo;est là que c&amp;rsquo;est fort —, se situer non pas dans la fiction, mais au contraire, dans l&amp;rsquo;hyper-réalité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, la référence à &amp;ldquo;Las Vegas Parano&amp;rdquo; pour HST, ce n&amp;rsquo;est pas vraiment pertinent, il a écrit beaucoup plus &amp;ldquo;gonzo&amp;rdquo; que ça ! Son suivi de la campagne de Nixon en 1972 aurait été beaucoup plus pertinent. Paru initialement sous le nom &amp;quot; &lt;em&gt;La grande chasse au requin&lt;/em&gt;&amp;quot;, on le  trouve aux éditions Tristram en deux volumes : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour finir, cette explication des origines des Diggers (elle parle à JFB) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cent fois et dans des dizaines d&amp;rsquo;articles, à &lt;em&gt;Actuel&lt;/em&gt; et ailleurs, tu as remis l&amp;rsquo;ouvrage sur le métier, rabâchant ce qu&amp;rsquo;avaient été les origines du mouvement hippie et des premiers freaks. Ce n&amp;rsquo;était pas le boulevard de clichés du &lt;em&gt;peace and love&lt;/em&gt; — faites l&amp;rsquo;amour tout nus dans les parcs, bonjour les pétards et salut l&amp;rsquo;écroulette —, mais une vraie révolte contre l&amp;rsquo;oppression, le racisme et la guerre. Comme celle des Diggers de San Francisco, inconnus des jeunes générations d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui (qui les confondraient avec les Bronzés), alors que la carte de visite des Diggers était l&amp;rsquo;anonymat et la redistribution gratuite de un pour cent de la marchandise, bien avant la taxe Tobin. Et ils l&amp;rsquo;ont fait !&#xA;Qui connaît aujourd&amp;rsquo;hui le début de cette histoire ? Ça remonte à la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand avait éclaté le corset puritain de l&amp;rsquo;Amérique des pionniers. Une fois démobilisés, les GI&amp;rsquo;s avaient touché des pensions et des bourses et en avaient profité pour voyager. Pour regarder ailleurs. Certains étaient tombés amoureux de taxi-girls asiatiques, d&amp;rsquo;autres sont devenu existentialistes au Quartier latin et d&amp;rsquo;autres encore ont rencontré les nobles sauvages des îles du Pacifique ou la pensée zen du Japon. À leur retour, certains de ces anciens combattants devenus poètes ont été les premiers beatnicks, nourris de Sartre, Artaud, Breton et Camus, ou de Suzuki, Lao Tseu et Sri Aurobindo.&#xA;Mais Billie Holiday meurt junkie et Alen Ginsberg le crie dans &lt;em&gt;Howl&lt;/em&gt;, le plus grand poème du siècle. Il faut se secouer et s&amp;rsquo;entraider !&#xA;Les Diggers se forment en &lt;em&gt;caring gangs&lt;/em&gt;, des bandes amoureuses, forgées par les affinités, les trips vécus en commun, la curiosité, la faim de tout, la volonté de changer quitte à tout perdre, sauf le moral. Ils ont leur jargon beat-jazz et se comprennent à demi-mot. Fin 1966, ils savent ce qu&amp;rsquo;ils veulent et commencent par un happening sur la mort de l&amp;rsquo;argent et le début du &lt;em&gt;free&lt;/em&gt;. Ils ouvriront ensuite des &lt;em&gt;free clinics&lt;/em&gt;, des &lt;em&gt;free markets&lt;/em&gt; et des écoles parallèles. Le gratuit et la liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si vous voulez en savoir plus sur les Diggers, je vous recommande fortement la lecture de l&amp;rsquo;extraordinaire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5865&#34; &gt;Ringolevio&lt;/a&gt;, d&amp;rsquo;Hemmet Grogan, le leader anonyme des Diggers, à la vie incroyable. Et bien sûr &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid Test&lt;/a&gt;, de Tom Wolfe, plus fun, qui raconte leur folle aventure à travers les États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mariel_Primois&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mariel Primois&lt;/a&gt;, née en 1962, est une directrice artistique française. Elle a participé au graphisme de nombreux magazines (Globe, VSD, puis Nova Magazine), et participera à de nombreuses publications liées à Actuel.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La mort est mon métier - Robert Merle</title>
            <link>https://pled.fr/la-mort-est-mon-metier-robert-merle/</link>
            <pubDate>Mon, 13 Aug 2018 17:36:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-mort-est-mon-metier-robert-merle/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamortestmonmetier.jpg#floatleft&#34;&gt;C&amp;rsquo;est ma sœur qui m&amp;rsquo;a donné ce livre, sans quoi je ne l&amp;rsquo;aurais sans doute pas lu, le sujet étant plutôt morbide. Et puis voilà, je l&amp;rsquo;ai lu assez rapidement, le récit est prenant, et le portrait de cet homme assez terrifiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Rudolf Lang (qui s&amp;rsquo;appelait en réalité Rudolf Hoess), le commandant de camp d&amp;rsquo;Auschwitz. L&amp;rsquo;auteur nous explique dans la préface que l&amp;rsquo;essentiel de sa vie nous est connu par le psychologue américain Gilbert qui l&amp;rsquo;interrogea dans sa cellule pendant le procès de Nuremberg. Rudolf Hoess a également rédigé une confession écrite, mais les documents que Gilbert a communiqué à Robert Merle sont de loin les plus révélateurs du personnage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie du récit est une narration imaginée de l&amp;rsquo;enfance de Rudolf Hoess. Et c&amp;rsquo;est vraiment la clef de la personnalité qui va en découler : il vit une enfance très dure, avec un père terrible d&amp;rsquo;autorité, de foi religieuse qui va jusqu&amp;rsquo;au délire&amp;hellip; L&amp;rsquo;enfant est obsédé par l&amp;rsquo;obéissance, le devoir, l&amp;rsquo;ordre, le désir de bien faire, la peur de la punition, et se montre incapable de la moindre empathie envers les humains. Il subit des crises d&amp;rsquo;angoisse où le monde extérieur s&amp;rsquo;estompe, et ne reste que la peur qu&amp;rsquo;une chose terrible va arriver.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie est, selon l&amp;rsquo;auteur, plus l&amp;rsquo;œuvre d&amp;rsquo;un historien s&amp;rsquo;attachant à retranscrire la lente mise au point de l&amp;rsquo;usine de mort d&amp;rsquo;Auschwitz. Mais tout repose en fait sur son enfance : Rudolf Lang est proprement déshumanisé, et semble incapable de ressentir la moindre émotion. C&amp;rsquo;est pour cela qu&amp;rsquo;il sera remarqué par ses supérieurs, car il pousse très loin le désir d&amp;rsquo;exécuter ce qu&amp;rsquo;on lui demande, quoique que ce puisse être. Himmler le repérera et en fera son instrument dévoué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La préface de Robert Merle se termine ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce qui est affreux et nous donne de l&amp;rsquo;espèce humaine une opinion désolée, c&amp;rsquo;est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un de ces hommes que j&amp;rsquo;ai voulu décrire dans La mort est mon métier. Qu&amp;rsquo;on ne s&amp;rsquo;y trompe pas, : Rudolf Lang n&amp;rsquo;était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l&amp;rsquo;échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a eu sous le Nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l&amp;rsquo;intérieur de l&amp;rsquo;immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs &amp;ldquo;mérites&amp;rdquo; portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l&amp;rsquo;impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l&amp;rsquo;ordre, par respect pour l&amp;rsquo;État. Bref, en homme de devoir : et c&amp;rsquo;est en cela justement qu&amp;rsquo;il est monstrueux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je pensais à &amp;ldquo;Soumission à l&amp;rsquo;autorité&amp;rdquo; de Milton Friedman, forcément, mais là ça va plus loin, en tout cas d&amp;rsquo;après le portrait qu&amp;rsquo;en fait Robert Merle, le problème est encore plus profond : s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas sadique, il était par contre déshumanisé, bon pour l&amp;rsquo;asile.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà son histoire en résumé :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il fuira la maison à 15 ans : nous sommes en 1916, et il arrive à s&amp;rsquo;engager dans l&amp;rsquo;armée allemande, dans les dragons, malgré son jeune âge. Il part se battre au Moyen Orient, est blessé plusieurs fois, décoré. Il obéit aux ordres et tue sans aucun remords. L&amp;rsquo;armée lui convient parfaitement, car tout y est organisé, et il y suffit d&amp;rsquo;obéir aux ordres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis c&amp;rsquo;est la démobilisation, une période de vaches maigres où l&amp;rsquo;Allemagne est réduite à la misère par les vainqueurs de la guerre. Sa première expérience en usine se termine mal, car il fait son travail à fond, mettant les autres ouvriers en difficulté : il est tout simplement incapable de faire autrement : on lui a confié un travail, il le fait bien, et le plus rapidement possible. Il se fera finalement virer, car il crée des troubles avec les ouvriers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il erre alors sans but, parlant peu, incapable d&amp;rsquo;émotions, toujours sujet à ses crises d&amp;rsquo;angoisse. Il manque de se suicider d&amp;rsquo;un rien, et s&amp;rsquo;inscrit au parti nationaliste (chemises brunes). Il tue un traître à la cause, et se retrouve en prison pour cinq ans. Le recrutement du  parti nationaliste va bon train, car l&amp;rsquo;Europe (principalement la France) humilie et pille les ressources de l&amp;rsquo;Allemagne. À trop humilier le vaincu, on sait ce qui va arriver&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À sa sortie de prison, il est envoyé &amp;ldquo;au vert&amp;rdquo; par le parti. On lui confie une ferme à retaper, puis de s&amp;rsquo;y installer avec femme et meubles : le colonel propriétaire des terres devra l&amp;rsquo;obliger à se marier, tant il est solitaire et peu attiré par une vie commune. Leur vie est très dure, sans espoir d&amp;rsquo;enrichissement, mais au moins ils mangent à leur faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;1936 : Hitler arrive au pouvoir, et Himmler lui propose de s&amp;rsquo;occuper de Dachau : il s&amp;rsquo;agit de créer le camp qui s&amp;rsquo;occupera de rééducation pour les personnes emprisonnées. Il devient vite officier dans les SS. Cela lui plaît, car la vie est organisée comme dans l&amp;rsquo;armée. Quand la Pologne est envahie, il demande à partir au front car il préfère se battre, mais Himmler refuse, le pensant plus utile au camp.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est alors chargé se préparer la mise en place d&amp;rsquo;un projet encore secret : l&amp;rsquo;élimination des juifs dans les camps, les premières solutions mises en place se révélant peu satisfaisantes : &amp;ldquo;seulement&amp;rdquo; 80 000 morts en 6 mois ; on lui explique que le problème numéro un est l&amp;rsquo;enfouissement des cadavres : l&amp;rsquo;empilement des cadavres dans les charniers prend du temps, et il faut aller de plus en plus loin au fil du temps&amp;hellip; Glaçant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hoess va s&amp;rsquo;atteler à la tâche sans émotion aucune, un ordre est un ordre, il va l&amp;rsquo;exécuter du mieux possible. Ce sera la mise au point du système le plus efficace, étudié sous un mode industriel, avec pour seul but de trouver la meilleure façon d&amp;rsquo;arriver aux chiffres demandés. Il faut que les juifs entrent dans la pièce sans provoquer de heurts, que la gazage soit le plus efficace et le plus rapide possible, et enfin que le problème des cadavres soit résolu : la solution des fours pour les brûler réglera le problème.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il sera arrêté par les alliés, témoin au procès de Nuremberg, et jugé en Pologne. Sa défense sera qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a fait qu&amp;rsquo;obéir aux ordres, le mot clef sera &amp;ldquo;déshumanisé&amp;rdquo;, il n&amp;rsquo;éprouve aucun remords, son seul regret est qu&amp;rsquo;Himmler se soit suicidé, qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;ait pas assumé ses actes, car lui ne faisait qu&amp;rsquo;exécuter les ordres de son chef.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Goodbye, Colombus - Philip Roth</title>
            <link>https://pled.fr/goodbye-colombus/</link>
            <pubDate>Sun, 05 Aug 2018 16:28:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/goodbye-colombus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;goodbyecolombus.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a eu pas mal d&amp;rsquo;émissions sur Philip Roth au moment de sa mort, et j&amp;rsquo;en ai podcasté quelques unes. Une question presque récurrente demandée aux invités est &amp;ldquo;Par quel livre commencer la découverte de cet auteur ?&amp;rdquo;. Les réponses diffèrent souvent, mais l&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;elles m&amp;rsquo;a parue pleine de bon sens : commencer par son premier recueil de nouvelles, Goodbye Colombus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, je ne découvre pas vraiment, puisque j&amp;rsquo;ai déjà lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;ailleurs beaucoup aimé. Mais je me suis dit que j&amp;rsquo;allais suivre ce conseil pour le deuxième ; il m&amp;rsquo;a pourtant fallu patienter un peu, car lorsque je suis allé à la librairie, le rayon &amp;ldquo;Philip Roth&amp;rdquo; était carrément vide ! Tous les livres étaient en attente de livraison&amp;hellip; Heureusement, cela n&amp;rsquo;a pas duré longtemps, la semaine suivante, toute l&amp;rsquo;œuvre était à nouveau disponible, et même mise en avant par le libraire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans atteindre la profondeur de la Pastorale américaine, les nouvelles sont plutôt agréables à lire. Le sujet est bien sûr la société américaine et le monde juif, comme on peut s&amp;rsquo;y attendre avec cet auteur. Ce sont des nouvelles, et les sujets ne sont qu&amp;rsquo;évoqués, mais le ton est souvent drôle, et c&amp;rsquo;est bien écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première nouvelle qui donne son nom au recueil fait pratiquement la moitié du bouquin ! C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un amour d&amp;rsquo;été entre un jeune intellectuel juif et une étudiante de famille non juive celle-là, mais riche voire parvenue. L&amp;rsquo;occasion de décrire la famille (frère, père, mère) d&amp;rsquo;une façon plutôt caricaturale. L&amp;rsquo;amourette se terminera à la fin de l&amp;rsquo;été, quand la mère de la jeune fille trouvera un diaphragme dans le tiroir de la commode de sa fille adorée mais pas tant que ça&amp;hellip; Un acte manqué de sa part sans doute, pour provoquer la rupture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième s&amp;rsquo;intitule &amp;ldquo;la conversion des Juifs&amp;rdquo;, et est très drôle, avec cet élève qui dit que puisque Dieu peut tout faire il peut faire en sorte que Marie enfante de Jésus sans acte sexuel, ce qui amène à accepter que Jésus soit le fils de Dieu ! Évidemment, le Rabbin ne peut accepter une telle affirmation, et la situation va dégénérer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La troisième, &amp;ldquo;Défenseur de la foi&amp;rdquo;, met en scène le sergent Marx, vétéran de la guerre en Europe, aux prises avec Grossbart, une jeune recrue qui ne recule devant rien pour obtenir des passe-droits&amp;hellip; et mettra à mal la patience et la droiture de Marx.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Epstein&amp;rdquo;, la suivante, raconte l&amp;rsquo;histoire de Lou Epstein, 59 ans, qui va tromper sa femme avec la voisine : nouvelle courte et pas vraiment passionnante à mon goût.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite &amp;ldquo;L&amp;rsquo;habit ne fait pas le moine&amp;rdquo; : histoire d&amp;rsquo;un élève et de son copain de classe italien mauvais garçon : histoire banale avec tout de même une conclusion pertinente, avec cette histoire de fiche qui te suis toute ta vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peut-être la meilleure pour finir  &amp;ldquo;Eli le fanatique&amp;rdquo; : Une école juive s&amp;rsquo;installe aux abords d&amp;rsquo;une ville tranquille, un juif orthodoxe commence à y venir faire ses achats, et dérange la communauté juive intégrée, qui se qualifie de moderne, et vivant en bon entente avec les protestants. On demande à Eli, avocat de métier, de trouver une solution au problème (de les faire s&amp;rsquo;en aller en fait). Mais Eli le dépressif cherche un arrangement, et offre un de ses costumes au juif orthodoxe. Je ne sais pas pourquoi, cela m&amp;rsquo;a fait penser à Philip K. Dick, car Eli ne peut s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;enfiler le costume du juif orthodoxe en retour, et là tout bascule. Excellent !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article sur Philip Roth sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10918&#34; &gt;Pastorale américaine&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12164&#34; &gt;J&amp;rsquo;ai épousé un communiste&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12676&#34; &gt;Indignation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/&#34; &gt;Le complot contre l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Roth&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip Roth&lt;/a&gt; (1933-2018), est un grand écrivain américain, petit-fils d’immigrés juifs originaire de Galicie. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l’a jamais pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie. Si je poursuis le cycle &amp;ldquo;trilogie américaine&amp;rdquo; commencé avec &amp;ldquo;Pastorale américaine&amp;rdquo;, le prochain livre devrait être &amp;ldquo;J&amp;rsquo;ai épousé un communiste&amp;rdquo; dont le titre donne déjà envie !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hell&#39;s Angels - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/hells-angels-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Sat, 04 Aug 2018 18:29:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/hells-angels-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hellsangels.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais déjà lu ce bouquin de Hunter S. Thompson il y a une dizaine d&amp;rsquo;années (en fait, j&amp;rsquo;ai même dû découvrir HST par celui-ci), mais ne le voyant plus dans ma bibliothèque, et ayant lu à peu près toute l&amp;rsquo;œuvre de HST maintenant (au moins ce que l&amp;rsquo;on trouve en français), je l&amp;rsquo;ai racheté et relu dans la foulée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais de très bons souvenirs de ce récit, pur journalisme Gonzo, où l&amp;rsquo;écrivain s&amp;rsquo;incruste dans la bande des Hell&amp;rsquo;s Angels pour écrire un papier sur eux &amp;ldquo;de l&amp;rsquo;intérieur&amp;rdquo;, avec leur accord bien sûr&amp;hellip; et avec les risques que cela comporte, puisque cela se finira par un passage à tabac, les bikers le soupçonnant de vouloir se faire du fric sur leur dos.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avoue qu&amp;rsquo;à la relecture, cela ne m&amp;rsquo;a pas paru aussi bon, sans doute parce que c&amp;rsquo;est son premier livre. Pendant tout le long, HST est beaucoup sur un style usant beaucoup de suppositions (la situation aurait pu dégénérer, et alors il se serait passé ceci ou cela&amp;hellip;), forçant régulièrement le trait, ce qui est vite lassant. D&amp;rsquo;autres passages sont assez répétitifs, sur le thème &amp;ldquo;qui sont vraiment les Hell&amp;rsquo;s Angels&amp;rdquo; : en fait des types pas très futés, des &amp;ldquo;perdants&amp;rdquo;, fanas de mécanique, et qui font peur aux braves gens, mais pas si méchants que ça.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a aussi de bons passages sur la société américaine de cette époque, les rapports entre la police et la population qui est en en train de changer, avec par exemple les émeutes du ghetto de Watts, ou encore sur le LSD (voir plus bas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais bon, l&amp;rsquo;analyse de HST est tout de même percutante (comme souvent) : ce sont les médias californiens qui ont d&amp;rsquo;abord monté en épingle un fait divers minable (une rumeur de viol de deux jeunes filles, qui n&amp;rsquo;a jamais eu lieu) et qui ont initié la légende des Hell&amp;rsquo;s Angels afin de vendre du papier et d&amp;rsquo;éveiller la peur des concitoyens. La presse nationale s&amp;rsquo;en empare alors, augmentant le nombre de Hell&amp;rsquo;s Angels, leurs nuisances (des hordes barbares déboulant pour mettre telle ville à feu et à sang), exagérant le danger pour la brave société américaine, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La renommée de cette petite bande de motards sans envergure, plutôt sur le déclin qu&amp;rsquo;autre chose, devient alors nationale ; ils sont sans rien avoir demandé devenu le symbole de la révolte contre cette société formatée, les idoles des étudiants de Berkeley (dont ils casseront la gueule plus tard lors de manifs, car ce sont quand même des types plutôt racistes et violents à la base).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y apprend aussi que c&amp;rsquo;est grâce à HST que les Angels ont rencontré &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Kesey&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Kesey&lt;/a&gt; (l&amp;rsquo;auteur du chez-d&amp;rsquo;œuvre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9751&#34; &gt;Et quelques fois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée&lt;/a&gt;, car il n&amp;rsquo;a pas écrit que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10478&#34; &gt;Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucous&lt;/a&gt; !). La fête à La Honda dont il parle est d&amp;rsquo;ailleurs racontée dans le génial &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid Test&lt;/a&gt; de Tom Wolfe, autre adepte du journalisme Gonzo (qu&amp;rsquo;il appelait le nouveau journalisme) : Wolfe s&amp;rsquo;était attelé à suivre Ken Kesey et ses Merry Pranksters, qui s&amp;rsquo;éclataient au LSD (pas encore interdit à l&amp;rsquo;époque) dans un périple à travers l&amp;rsquo;Amérique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, voilà ce que raconte Hunter S. Thompson sur Ken Kesey :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Finalement, je n&amp;rsquo;ai réussi à les brancher que sur une seule personne, Ken Kesey, l&amp;rsquo;auteur de Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucous, installé à l&amp;rsquo;époque dans les bois de La Honda, au sud de Frisco. En 1965 et 1966, Kesey fut arrêté deux fois pour détention de marijuana, et finalement dut quitter le pays pour ne pas se faire coffrer. Même si les forces de l&amp;rsquo;ordre ne voyaient pas d&amp;rsquo;un bon œil le rapprochement qu&amp;rsquo;il opérait avec les Angels, Kesey n&amp;rsquo;en fît néanmoins qu&amp;rsquo;à sa tête.&#xA;J&amp;rsquo;avais retrouvé Kesey un après-midi d&amp;rsquo;août dans les studios d&amp;rsquo;une station télé de Frisco ; après avoir sifflé quelques bières avec lui, je lui ai annoncé que je devais passer déposer un disque brésilien pour Frenchy, à la Boîte de Vitesses. Il m&amp;rsquo;accompagna et, sitôt arrivé, fit grosse impression sur les Angels, encore au boulot. Après plusieurs heures passées à picoler, bâfrer et partager le joint symbolique, Kesey invita toute la section de Frisco à la fête qu&amp;rsquo;il donnait le samedi suivant à La Honda, où il partageait trois hectares de terrain un peu en retrait de l&amp;rsquo;autoroute avec sa bande, les Merry Pranksters, et où régnait vingt-quatre heures sur vingt-quatre une ambiance délirante.&#xA;Par un heureux hasard, neuf des Merry Pranksters, accusés de détention de marijuana, furent acquittés le vendredi, et les journaux du samedi ne manquèrent pas de signaler la triste nouvelle au moment même où Kesey postait à l&amp;rsquo;entrée de sa propriété une pancarte de cinq mètres de long et deux mètres de haut, proclamant en lettres rouges et bleues : &amp;ldquo;Bienvenue aux Hell&amp;rsquo;s Angels chez les Merry Pranksters&amp;rdquo;. Quoique partant d&amp;rsquo;un bon sentiment, la nouvelle consterna plutôt le voisinage. Et quand je suis arrivé chez Kesey, en début d&amp;rsquo;après-midi, il y avait cinq voitures de patrouille garées sur l&amp;rsquo;autoroute surveillant, impuissantes, la dizaine d&amp;rsquo;Angels déjà arrivés, et hors d&amp;rsquo;atteinte, dans la propriété, tout en attendant de pied ferme la vingtaine encore en route.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;HST explique ensuite que les Angels prirent goût au LSD à cette occasion, et ne manifestaient aucun signe de violence, tout au contraire ! Ils étaient beaucoup moins dangereux et agressifs qu&amp;rsquo;avec l&amp;rsquo;alcool&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon bouquin donc, pour démystifier qui sont vraiment les Hell&amp;rsquo;s Angels, et comment leur légende est née dans les années 60, époque charnière aux États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d’Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d’investigation basé sur l’immersion dans un milieu, n’hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d’Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le dernier stade de la soif - Frederick Exley</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-stade-de-la-soif-frederick-exley/</link>
            <pubDate>Tue, 24 Jul 2018 17:38:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-dernier-stade-de-la-soif-frederick-exley/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;le dernier stade de la soif&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ledernierstadedelasoif.jpg#floatleft&#34;&gt; Quatrième roman à paraître dans cette belle collection, qui trouvera sa place dans la bibliothèque à côté des autres, tous avec une jaquette stylisée mais d&amp;rsquo;une couleur différente.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une semi-autobiographie, comme le précise l&amp;rsquo;auteur dans une courte note précédent le récit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Même si les événements décrits dans ce livre ressemblent à ceux qui constituent ce long malaise qu&amp;rsquo;est ma vie, l&amp;rsquo;essentiel des personnages et des situations est le seul fruit de mon imagination.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme devenu alcoolique, amoureux des NY Giants, et obsédé par le succès et la gloire, resté sous l&amp;rsquo;influence d&amp;rsquo;un père trop talentueux. Malgré ce décor sombre, on est tout de suite accroché par la narration : c&amp;rsquo;est très bien écrit, fluide, précis, et l&amp;rsquo;auteur a une féroce envie de ne pas se conformer à cette société américaine trop convenue (nous sommes dans les années 50-60).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au début de la narration, l&amp;rsquo;auteur est professeur dans un lycée, et fait chaque week-end quatre-vingt kilomètres pour retourner dans sa ville natale, et pouvoir se saouler tranquillement jusqu&amp;rsquo;au dimanche après-midi où il lève le pied pour regarder le match des NY Giants à la TV ! Mais après une attaque cardiaque, il se retrouve à l&amp;rsquo;hôpital, et commence à se remémorer sa vie&amp;hellip; Le récit ne sera pas linéaire, et ce n&amp;rsquo;est toujours évident de savoir de quelle période il parle, entre les différents séjours en H.P. qu&amp;rsquo;il va faire&amp;hellip; Tout semble un peu mélangé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après des études de lettres en Californie, il part à New-York chercher du boulot, ayant élaboré avec des amis, un soir de cuite, un C.V. hyper gonflé ! Lors des entretiens, sa stratégie consiste à jouer au dandy surdoué et méprisant, éventuellement prêt à mettre son talent au service de l&amp;rsquo;entreprise ! C&amp;rsquo;est bien entendu voué à l&amp;rsquo;échec&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;en suivra une dégringolade de ville et en ville, avec un salaire toujours plus bas, jusqu&amp;rsquo;au retour à la ville natale et à l&amp;rsquo;hosto.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au cours de ses séjours en hôpital psychiatrique, il subira les thérapies de choc de l&amp;rsquo;époque, à savoir l&amp;rsquo;insuline (redoutable à priori) puis les électrochocs. Il en ressort à chaque fois se comportant de la façon que son psy attend de lui&amp;hellip; pour y retourner rapidement, au gré de son alcoolisation&amp;hellip; Il ne s&amp;rsquo;en sortira jamais, rendu fou par l&amp;rsquo;alcool, son ego et ses échecs ; mais aussi par son dégoût de l&amp;rsquo;Amérique et du mode de vie qu&amp;rsquo;elle impose.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les personnages croisés ne manquent pas de singularité et valent le détour, comme Mister Blue ou son propre beau-frère, Bounty. Ce qui nous vaut des pages d&amp;rsquo;anecdotes assez étonnantes, mais si l&amp;rsquo;on en croit l&amp;rsquo;auteur, rappelez-vous, ce n&amp;rsquo;est que pure fiction.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chose amusante, il est fait référence plusieurs fois à un ouvrage déjà paru dans cette même collection : avec d&amp;rsquo;abord cette réplique de Willie Stark parlant à Jack Burden, qu&amp;rsquo;il pense à utiliser pour saluer Paddy (un résident de l&amp;rsquo;HP qui a compris ce qu&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;alcoolisme et comment le combattre : en décidant de ne plus rendre les gens tristes) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les choses auraient pu tourner différemment, Jack&amp;hellip; Tu dois me croire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus loin, dans une énumération de personnes célèbres qu&amp;rsquo;il inviterait à sa table dans ses délires de millionnaires, il cite Robert Penn Warren ! Enfin, sur la bibliothèque de &amp;lsquo;USS Deborah&amp;rsquo;, la femme de Mister Blue, trône donc &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11324&#34; &gt;Tous les hommes du Roi&lt;/a&gt; de Robert Penn Warren&amp;hellip; Manifestement, ce roman fait partie des ouvrages de références pour Frederick Exley !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa route croisera aussi celle de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_McQueen&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Steve McQueen&lt;/a&gt;, dans un bar, forcément. Il en parle comme d&amp;rsquo;un type qui a l&amp;rsquo;apparence d&amp;rsquo;un dur, de quelqu&amp;rsquo;un que l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;emmerde pas, et chez qui on sent un désir de devenir célèbre et persuadé qu&amp;rsquo;il le deviendra.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lui est trop préoccupé par sa propre personne, son désir de devenir célèbre, et à trouver la femme de ses rêves. Il sympathise bien une fois avec une collègue, fantasme un peu sur elle, mais la jette quand elle lui dit ne pas aimer son bar préféré. À cette époque, il est à Chicago, et fait la fête tous les soirs après le boulot ; il a des conquêtes mais se comporte comme un macho avec les femmes, forçant souvent leurs faveurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il finit par rencontrer &amp;ldquo;la femme de sa vie&amp;rdquo;, Bunny ; il est sexuellement bloqué avec elle, ce qui n&amp;rsquo;empêche pas cette dernière de l&amp;rsquo;aimer. Mais une visite à ses parents petits bourgeois consommeront la rupture. Dans sa lucidité, il sait qu&amp;rsquo;il ne serait pas moins heureux en acceptant cette vie conventionnelle (femme, enfant, boulot, métro, dodo), mais il s&amp;rsquo;y refuse obstinément.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De retour chez sa mère, passant ses journées sur le canapé à regarder la TV et s&amp;rsquo;effrayant de ce monde conventionnel, on le voit sombrer petit à petit dans la folie et la paranoïa, son jugement étant manifestement affecté par les doses d&amp;rsquo;alcool absorbées. D&amp;rsquo;ailleurs, il parle peu de la quantité d&amp;rsquo;alcool qu&amp;rsquo;il absorbe, se contentant de raconter des anecdotes, qu&amp;rsquo;il ne peut supporter ce monde, et qu&amp;rsquo;il le fuit en buvant, acceptant qu&amp;rsquo;on le juge fou en retour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est entre ces séjours à l&amp;rsquo;HP qu&amp;rsquo;il commencera à écrire ce roman. Pour finir, voilà une description de poivrots dans un bar, à l&amp;rsquo;époque où il fréquente le fameux Mister Blue, pour vous donner une idée du style :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand nous entrions dans l&amp;rsquo;un de ces bars qui portaient invariablement le nom du patron, celui-ci et sa clientèle abreuvée de bière et constituée essentiellement d&amp;rsquo;ouvriers blêmes abonnés aux trois-huit, de grosses prostituées blafardes, de chômeurs myopes et de vieillards édentés, décollaient un instant leur regard du poste de télévision pour nous dévisager avec le dégoût que les prolétaires réservent aux bourgeois. C&amp;rsquo;était bien mal connaître Mister Blue que de croire qu&amp;rsquo;ils pouvaient nous intimider. Le regard vitreux du propriétaire déclenchait chez lui un rot enthousiaste et sonore, un étirement théâtral proche du déhanchement, un bâillement indifférent, un grattage de couilles en bonne et due forme, et un :&amp;ldquo;Vous servez à bouffer dans ce trou à rat ?&amp;rdquo;. Même le plus costaud des patrons n&amp;rsquo;aurait pas osé répondre à pareille insolence.&#xA;Mister Blue prétendait ne pas boire et ne pas fumer, même s&amp;rsquo;il avait pour habitude de faire les deux. Il ne buvait pas tant que ça. Tous les jours, il commandait un bourbon glace pour célébrer ce qui était à coup sûr la vente la plus lucrative de sa vie, mais il finissait chaque fois par en descendre six ou sept, ce qui avait le don de l&amp;rsquo;émécher, le rendant volubile et grossier. Dans cet état, il essayait de régaler les habitués en enchaînant saltos avant et arrière le long du bar. Trop absorbés à observer un crétin doucereux et obséquieux à la télévision, les clients ne se régalaient guère : ils ne regardaient même pas Mister Blue. Dans le triste univers de ces bars semblaient régner une règle tacite mais inviolable qui interdisait aux clients d&amp;rsquo;observer quoi que ce soit avec admiration – et plus particulièrement ce qui était vivant. Drogués à la télévision et riants comme des robots quand on leur intimait de le faire, ils passaient des heures à attendre leur service, rêvaient de devenir de riches satyres, tripotaient les pièces de monnaie que le gouvernement leur allouait, et mâchonnaient leurs cigares. Au vu des efforts que Mister Blue déployait pour les distraire, je développai une haine tenace face à leur indifférence stupide. Lorsque Mister Blue esquissait ses pas de gymnastique, j&amp;rsquo;avais envie de hurler : &amp;ldquo;Hé, les mecs ! Regardez ça ! Regardez Mister Blue !&amp;rdquo;. Mais je ne le faisais pas car je doutais de ma capacité à réveiller les morts.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Exley&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Frederick Exley&lt;/a&gt; (1929-1992) est un auteur américain devenu célèbre avec son premier roman, celui-ci. Son ami Jonathan Yardley (un critique célèbre, prix Pulitzer), a écrit une biographie d&amp;rsquo;Exley ( &lt;em&gt;Misfit,L’Étrange vie de Frederick Exley&lt;/em&gt;). La thèse principale de Yardley est qu’Exley fut l’homme d’un seul livre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vernon Subutex Tome 3 - Virgine Despentes</title>
            <link>https://pled.fr/vernon-subutex-3-virgine-despentes/</link>
            <pubDate>Mon, 16 Jul 2018 14:43:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vernon-subutex-3-virgine-despentes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vernonsubutex3.jpg#floatleft&#34;&gt;Presque deux ans après, voilà donc le tome 3 de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10265&#34; &gt;Vernon Subutex&lt;/a&gt; (format poche), dont j&amp;rsquo;avais apprécié les deux premiers opus. Pour ce troisième et dernier, la déception fut aussi grande que l&amp;rsquo;attente était longue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouve donc toute la bande&amp;hellip; avec heureusement un petit rappel des personnages en guise de préface, bien utile après tout ce temps. La lecture est toujours aussi facile, le style est fluide, et tout le monde en prend plein la gueule&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourquoi pas, mais cette critique sans appel d&amp;rsquo;une société individualiste (où l&amp;rsquo;on ne peut s&amp;rsquo;en sortir qu&amp;rsquo;en écrasant les autres), est souvent un peu trop facile, presque démago, quand elle n&amp;rsquo;est pas caricaturale (juifs, arabes, émigrés, tous dans le même sac), et finit très vite par lasser.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, tous les personnages étant des marginaux, plus ou moins exclus de ladite société, c&amp;rsquo;est plus simple de tout rejeter en bloc, sans grand discernement : un peu de mesure et de réflexion de la part de l&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;aurait pas fait de mal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par exemple, quand Aïcha écoute France Culture pour comprendre les attentats parisiens, on a droit à une critique des intellos qui ne comprennent rien au problème et cherchent dans le Coran les traces de violence induite&amp;hellip; Circulez il n&amp;rsquo;y a rien à voir, rien à apprendre, et encore moins à comprendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un minimum d&amp;rsquo;idée de scénario aurait également été apprécié, car concernant l&amp;rsquo;histoire proprement dite, il ne se passe pratiquement rien, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ennui le plus total : Vernon quitte le groupe (sur un motif bidon), Céleste enlevée, et quoi d&amp;rsquo;autre ? Une histoire d&amp;rsquo;héritage va fissurer ce groupe tellement soudé, et si éloigné des valeurs de cette société : ça ne tient absolument pas la route !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et après le Bataclan, vient Nuit Debout&amp;hellip; Une autre occasion de déblatérer sur la société (le monologue d&amp;rsquo;Olga est du grand n&amp;rsquo;importe quoi), encore plus caricatural si possible. Puis Vernon revient, Céleste est sauvée&amp;hellip; le groupe se reforme pour une nouvelle convergence, qui sera la dernière ! Mais je vous laisse découvrir pourquoi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a vraiment l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;un troisième tome inutile, bâclé, ce qui explique peut-être le temps mit à l&amp;rsquo;écrire. Son épilogue, dans un futur lointain post-nucléaire, envoyé en quelques pages, emporte la palme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginie_Despentes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Virginie Despentes&lt;/a&gt;, née en 1969 à Nancy, est est une écrivaine et réalisatrice française. Elle a connu le succès avec ses deux premiers romans, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Baise-moi_%28roman%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Baise-moi&lt;/a&gt; 1993) et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chiennes_savantes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les chiennes savantes&lt;/a&gt; (1995).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le rêve du Celte - Mario Vargas Llosa</title>
            <link>https://pled.fr/le-reve-du-celte/</link>
            <pubDate>Thu, 12 Jul 2018 05:44:49 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-reve-du-celte/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;le reve du celte&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lereveducelte.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en discutant avec mes sœurs que j&amp;rsquo;ai entendu parlé de ce livre. Elles me parlaient d&amp;rsquo;un livre dénonçant le colonialisme au Congo que j&amp;rsquo;étais censé connaître, et je ne voyais que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt; de Conrad&amp;hellip; Mais dans le même roman le personnage était censé partir en Amazonie ! Ce n&amp;rsquo;était donc pas Conrad&amp;hellip; Elles ont fini par retrouver le titre, et je me suis empressé de lire ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire (une biographie romancée en fait) de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Casement&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Roger Casement&lt;/a&gt;, à la fois diplomate britannique et nationaliste révolutionnaire irlandais. En tant que diplomate, il a dénoncé les horreurs du colonialisme au Congo, puis en Amazonie, forçant l&amp;rsquo;empire britannique à réagir. Plus tard, ses racines irlandaises vont lui faire prendre fait et cause pour les indépendantistes, jusqu&amp;rsquo;à rejoindre les plus extrémistes d&amp;rsquo;entre eux, adeptes d&amp;rsquo;une révolution passant forcément par les armes et même la création de martyres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand le récit commence, Roger Casement est en prison, et l&amp;rsquo;on va revenir peu à peu sur sa vie et ce qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;a amené là, condamné à mort pour trahison à attendre une éventuelle grâce&amp;hellip; La chronologie en peu difficile à suivre au début, car l&amp;rsquo;auteur fait référence à plusieurs époques différentes par petites touches (l&amp;rsquo;Afrique, l&amp;rsquo;Amérique du Sud, l&amp;rsquo;Allemagne), par contre c&amp;rsquo;est très bien écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homosexualité de Casement, si elle est assez vite annoncée, n&amp;rsquo;est pas beaucoup évoquée au long du récit, l&amp;rsquo;auteur reste assez discret sur le sujet. Sur sa page Wikipedia, pourtant, il est fait mention dès le début de ses &amp;ldquo;Black Diaries&amp;rdquo;, les journaux intimes qui feront scandale où Casement décrit en détail ses activités homosexuelles. Selon Llorca, il est probable que ces journaux intimes étaient en partie fantasmés, et qu&amp;rsquo;en plus le gouvernement britannique qui en publia des extraits au moment du procès, ait en fait publié des faux pour ne laisser aucune chance d&amp;rsquo;être gracié à Roger Casement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reprenons un peu toute cette vie dans l&amp;rsquo;ordre, car elle ne manque tout de même pas d&amp;rsquo;intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie concerne donc l&amp;rsquo;Afrique coloniale du roi des belges, avec l&amp;rsquo;utilisation sans modération de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chicotte&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;chicotte&lt;/a&gt; (fouet à lanière nouées fait à partir de peau d&amp;rsquo;hippopotame ou de rhinocéros séchées, causant des plaies terribles) par les sbires de Léopold II&amp;hellip; L&amp;rsquo;occasion aussi pour l&amp;rsquo;explorateur Stanley d&amp;rsquo;en prendre pour son grade, puisqu&amp;rsquo;il participe à la mise en place de ce système sans aucun état d&amp;rsquo;âme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et chose inattendue, Roger Casement va rencontrer &lt;strong&gt;Joseph Conrad&lt;/strong&gt; (après le quiproquo avec mes sœurs, c&amp;rsquo;était marrant de lire ça!), qui vient pour sa première affection assurer le commandement d&amp;rsquo;un petit vapeur assurant la navette entre Léopoldville-Kinshasa et les cataractes de Stanley Falls, à Kisangani. Casement va dessiller les yeux de Conrad sur ce qui se passe ici et la nature humaine. Conrad lui aurait dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vous m&amp;rsquo;avez dépucelé, Casement. Sur Léopold II, sur l&amp;rsquo;État indépendant du Congo. Peut-être même sur la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien sûr cette mission au Congo qui inspirera à Joseph Conrad son roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt; (roman qui lui-même inspirera Coppola pour Apocalypse Now !). Voilà le dialogue entre Casement et Alice (une amie) au sujet de ce livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;– Tu as lu &lt;em&gt;Au cœur des ténèbres&lt;/em&gt; ? demanda Roger à Alice. Trouves-tu juste cette vision de l&amp;rsquo;être humain ?&#xA;– Elle ne l&amp;rsquo;est pas, je présume, répondit l&amp;rsquo;historienne. Nous en avons beaucoup discuté un mardi, quand le livre est sorti. Ce roman est une parabole selon laquelle l&amp;rsquo;Afrique rend barbares les Européens civilisés qui s&amp;rsquo;y rendent. Ton Rapport sur le Congo a plutôt montré le contraire. Que c&amp;rsquo;est nous, Européens, qui avons importé là-bas les pires barbaries. De plus, tu es resté vingt ans en Afrique, toi, sans devenir un sauvage. Tu es revenu, au contraire, plus civilisé que tu ne l&amp;rsquo;étais quand tu es parti d&amp;rsquo;ici convaincu des vertus du colonialisme et de l&amp;rsquo;Empire.&#xA;– Conrad disait qu&amp;rsquo;au Congo la corruption morale de l&amp;rsquo;être humain remontait à la surface. Celle des Blancs et celle des Noirs. &lt;em&gt;Au cœur des ténèbres&lt;/em&gt; m&amp;rsquo;a souvent empêché de dormir. Je pense qu&amp;rsquo;il ne décrit ni le Congo, ni la réalité, ni l&amp;rsquo;histoire, mais l&amp;rsquo;enfer. Le Congo est un prétexte pour exprimer cette vision atroce que certains catholiques ont du mal absolu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours est-il que Joseph Conrad ne signera pas la pétition demandant la libération de Roger Casement, après sa condamnation à mort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons à l&amp;rsquo;histoire de Casement : après des années passées au Congo, où il était arrivé persuadé du rôle civilisateur de la colonisation, il devient Consul du Royaume Uni. Il part alors dans un long périple au moyen et nord Congo pour faire une enquête à propos des rumeurs sur le traitement inhumain infligé aux congolais&amp;hellip; Et c&amp;rsquo;est la découverte de l&amp;rsquo;horreur, des obligations intenables infligées aux villageois ainsi que les terribles sanctions qui en résultent si les quotas ne sont pas atteints (et ils ne peuvent l&amp;rsquo;être&amp;hellip;). Roger C. veut fournir ce rapport aux autorités anglaises afin que les nations obligent Léopold II à cesser ces horreurs. De retour en Angleterre, il publie son rapport et acquiert une certaine notoriété.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se rend alors compte que son expérience au Congo l&amp;rsquo;a rapproché des nationalistes irlandais, et ressent le besoin de se plonger dans la culture irlandaise, et même d&amp;rsquo;apprendre le gaélique (qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;arrivera jamais à maîtriser). Il part en Irlande, et se rapproche du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sinn_F%C3%A9in&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sinn Féin&lt;/a&gt; (qui veut dire &amp;ldquo;nous seuls&amp;rdquo;). Il retrouve aussi la religion catholique (il avait été baptisé par sa mère en cachette) car les seuls à avoir gardé leur humanité dans l&amp;rsquo;enfer congolais étaient quelques prêtres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On finit enfin par comprendre pourquoi il est emprisonné : pendant la première guerre mondiale, il a tenté de soulever des volontaires parmi les prisonniers faits par l&amp;rsquo;Allemagne pour monter une petite armée irlandaise, qui profiterait d&amp;rsquo;une offensive allemande pour déclencher un soulèvement en Irlande !! Rien que ça&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis en 1906 il est nommé Consul au Brésil (il accepte car il a besoin d&amp;rsquo;argent). Je me pose tout de même des questions sur cet homme qui veut se battre pour l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Irlande, mais accepte le poste de Consul du Royaume Uni&amp;hellip; Il fait tout de même de drôles d&amp;rsquo;arrangements avec sa conscience je trouve.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, en 1910, il prend la tête d&amp;rsquo;une commission d&amp;rsquo;enquête qui part au Pérou : les mêmes conditions qu&amp;rsquo;au Congo ont été dénoncées avec les indiens : fouet, amputations, etc&amp;hellip; On se sert même d&amp;rsquo;eux comme cible de tir, pour passer le temps ! Les contremaîtres qui font ça se font bien réprimander mais seulement parce que c&amp;rsquo;est autant de main-d&amp;rsquo;œuvre en moins&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Officiellement, on a mis fin à l&amp;rsquo;esclavage, mais les Indiens considérés comme des animaux ou presque, comme Voltaire le disait 200 ans plus tôt. Roger fait là aussi un lien avec l&amp;rsquo;Irlande&amp;hellip; Un peu exagéré je trouve.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se fait anoblir par la reine, et accepte ! Sir Roger n&amp;rsquo;est plus à ça près&amp;hellip; Et retourne en Amazonie pour vérifier si les choses ont changé, alors qu&amp;rsquo;il est très malade&amp;hellip; Il faut lui reconnaître un courage et une force de caractère incroyable. Finalement tout cette horreur s&amp;rsquo;arrêtera, le caoutchouc d&amp;rsquo;Asie amène la concurrence, et le scandale est trop grand, la compagnie va s&amp;rsquo;effondrer, la justice juger les coupables, et les Indiens retourner dans la forêt&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Homosexuel refoulé en Angleterre durant son adolescence (comme tant d&amp;rsquo;autres), c&amp;rsquo;est au Congo qu&amp;rsquo;il va avoir sa première expérience&amp;hellip; Il souffre de ces passes d&amp;rsquo;un soir, sans lendemain, pour de l&amp;rsquo;argent, parfois dans la rue&amp;hellip; Il peut s&amp;rsquo;en passer et avoir une période religieuse&amp;hellip; Mais se montre très cru dans le bref extrait de son journal que l&amp;rsquo;auteur nous cite. Ce dernier ajoute même que Casement ressentait le besoin d&amp;rsquo;être vulgaire et grossier dans son journal, sans comprendre pourquoi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La dernière partie du roman consacrée à l&amp;rsquo;Irlande, et à l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_de_P%C3%A2ques_1916&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;insurrection de Pâques 1916&lt;/a&gt;. Sévèrement réprimée, elle aura pour effet de rendre le mouvement populaire, ce que voulaient en fait les plus extrémistes des nationalistes : créer des martyres, comme à l&amp;rsquo;époque des premiers chrétiens, pour que le mouvement ne manque pas de forces vives&amp;hellip; En lisant cela, je me disais que ces extrémistes étaient finalement des intégristes religieux, et le mouvement de libération de l&amp;rsquo;Irlande en prend un sacré coup !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Casement part aux États-Unis pour récolter des fonds, et participe à plusieurs réunions secrètes. Il  va commettre plusieurs erreurs, la première étant de se faire accompagner par Eivind Adler Christensen, un beau suédois rencontré là-bas, avec qui il a une aventure. C&amp;rsquo;est en fait un espion anglais, dont il ne se méfie pas le moins du monde, tellement sous le charme&amp;hellip; Il va aussi garder sur lui certains papiers, que les anglais seront très heureux de récupérer quand ils l&amp;rsquo;arrêtent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roger devient donc extrémiste, presque fanatique sur le sujet : le retour à la langue celte, le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Home_Rule_%28Irlande%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Home Rule&lt;/a&gt; (une solution d&amp;rsquo;autonomie interne pour l&amp;rsquo;Irlande, que certains soutenaient comme un premier pas vers l&amp;rsquo;indépendance, dans la paix)) ne suffit pas&amp;hellip; On se retrouve finalement avec des extrémistes des deux côtés, les unionistes protestants de l&amp;rsquo;Ulster et les nationalistes indépendantistes catholiques&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En pleine première guerre mondiale, Casement va donc aller en Allemagne proposer à l&amp;rsquo;armée allemande de monter une brigade de nationalistes à partir de leurs prisonniers irlandais, de fournir armes et munitions aux nationalistes en Irlande, et enfin de synchroniser une attaque de l&amp;rsquo;Angleterre avec le soulèvement irlandais ! On mesure à quel point il en est arrivé&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les nationalistes extrémistes se moquent de l&amp;rsquo;intervention allemande, et sont prêts à mourir pour susciter des vocations. Casement n&amp;rsquo;est pas vraiment écouté ni pris au sérieux. De plus, il est toujours malade, et son état mental est limite, il travaille trop, s&amp;rsquo;investit trop. La révolte sera réprimée dans le sang, et Casement arrêté pour haute trahison, sabotage et espionnage. Il sera pendu le 3 août 1916.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La répression radicale des anglais, l&amp;rsquo;éclosion d&amp;rsquo;un mouvement nationaliste catholique réclamant l&amp;rsquo;indépendance, est historiquement le premier pas vers la République d&amp;rsquo;Irlande, et l&amp;rsquo;échec de la solution du &amp;ldquo;Home Rule&amp;rdquo;. La victoire des radicaux&amp;hellip; car c&amp;rsquo;est aussi le premier pas vers le conflit nord-irlandais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mario_Vargas_Llosa&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mario Vargas Llossa&lt;/a&gt;, né en 1936, est un écrivain péruvien. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 2010. Engagé politiquement, il a évolué du communisme (soutenant la révolution cubaine avant d&amp;rsquo;être déçu) au libéralisme. Il s&amp;rsquo;est présenté aux élections péruvienne en 1990, mais a été battu. Il a été très ami avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garc%C3%ADa_M%C3%A1rquez&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gabriel Garcia Marquez&lt;/a&gt;, mais leur amitié s&amp;rsquo;est brisée un soir, à la sortie d&amp;rsquo;un cinéma, Llossa donnant un coup de poing en plein visage de Marquez !! Le sujet de la dispute restera secret.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le voleur de temps - Tony Hillerman</title>
            <link>https://pled.fr/le-voleur-de-temps-tony-hillerman/</link>
            <pubDate>Thu, 05 Jul 2018 16:19:12 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-voleur-de-temps-tony-hillerman/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;levoleurdetemps.jpg#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11244&#34; &gt;La fille de Femme-Araignée&lt;/a&gt;, écrit par Anne Hillerman (sa fille), j&amp;rsquo;ai eu envie de relire &amp;ldquo;Le voleur de temps&amp;rdquo;, auquel Anne fait référence comme le roman l&amp;rsquo;ayant inspirée pour son premier récit. Ce dernier étant en fait une suite à l&amp;rsquo;histoire du papa, j&amp;rsquo;aurais été plus avisé de le relire avant, mais bon&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retrouver les deux personnages Joe Leaphorn et Jim Chee est toujours un plaisir. Dans ce roman, ils vont enquêter chacun de leur côté sur deux faits à priori indépendants l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre : Joe sur la disparition d&amp;rsquo;une archéologue, Jim sur le vol d&amp;rsquo;un véhicule.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joe est à deux semaines de prendre sa retraite, mais n&amp;rsquo;a pas l&amp;rsquo;air très pressé de passer à l&amp;rsquo;acte&amp;hellip; Quant à Jim, il se demande si la belle Janet Pete, avocate de son métier, ne pourrait pas devenir plus qu&amp;rsquo;une amie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le cœur de l&amp;rsquo;histoire repose sur une ancienne civilisation, les Anasazis, qui ont précédé les Navajos et mystérieusement disparus à l&amp;rsquo;époque de notre Moyen-Âge. Ils ont laissé de très belles poteries qui attirent les convoitises, et l&amp;rsquo;intérêt des archéologues.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme si Joe et Jim tiraient sur chaque bout d&amp;rsquo;une même ficelle, ils vont finir par se retrouver et recouper leurs informations. Jim gagnera l&amp;rsquo;estime de Joe Leaphorn (ce qui n&amp;rsquo;est pas rien !), en plus de lui sauver la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Hillerman&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tony Hillerman&lt;/a&gt; (1925-2008) est un écrivain auteur de nombreux romans policiers, dont les deux protagonistes (Joe Leaphorn et Jim Chee) sont membres de la police tribale Navajo. J&amp;rsquo;ai lu je pense toutes leurs aventures à une époque, l&amp;rsquo;aspect policier dans un contexte de tribu navajo avec leur culture et leurs lois apporte un plus indéniable, et les deux personnages sont très attachants.&#xA;Tony Hillerman a été adapté une fois au cinéma, dans un film appelé &amp;ldquo;Le vent sombre&amp;rdquo; (le titre du roman), mais TH renia le film ! Il est de plus introuvable&amp;hellip; dommage !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>SIVA - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/siva-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Thu, 14 Jun 2018 16:12:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/siva-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;siva.jpg#floatleft&#34;&gt; Ça faisait un moment que l&amp;rsquo;idée me trottait dans la tête : relire &amp;ldquo;La Trilogie divine&amp;rdquo; de Philip K. Dick. J&amp;rsquo;ai lu SIVA il y a très longtemps, mais je n&amp;rsquo;en avais pas gardé un excellent souvenir, trouvant cela ennuyeux et difficile à lire avec toutes ces références à des textes anciens mêlés à un délire métaphysique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien des années plus tard donc, j&amp;rsquo;ai repris le livre sur la bibliothèque, avec les pages bien jaunies par le temps ; je connais mieux la vie de Philip K. Dick, son histoire, sa vision (ou sa folie), sa tentative d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ex%C3%A9g%C3%A8se&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Exégèse&lt;/a&gt; (parue récemment en français d&amp;rsquo;ailleurs) pour expliquer ce qui lui est arrivé (en gros sa rencontre avec Dieu), &amp;ldquo;La Trilogie divine&amp;rdquo; étant la même chose, mais sous forme romancée&amp;hellip; Peut-être allais-je mieux l&amp;rsquo;apprécier ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Passées les premières pages assez drôles, avec la mort de Gloria, on part vite dans ce délire métaphysique difficile à suivre&amp;hellip; Pour compliquer le tout, le narrateur, Philip K. Dick et Horselover Fat (ces deux derniers étant des personnages de l&amp;rsquo;histoire) sont une seule et même personne !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, Horselover Fat a pu diagnostiquer une maladie grave de son fils après avoir reçu un faisceau de lumière rose, qui lui a également communiqué des informations concernant l&amp;rsquo;avenir de l&amp;rsquo;humanité. Il faut noter que cet événement est réellement arrivé à PKD et a permis de sauver son fils. Cela reste d&amp;rsquo;ailleurs très mystérieux, et si on peut douter de tout le reste, il semble bien qu&amp;rsquo;il a réellement sauvé la vie de son fils de cette manière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc un petit résumé de ce premier tome, accrochez vos ceintures, c&amp;rsquo;est bien déjanté !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On oscille pendant toute l&amp;rsquo;histoire entre des passages drôles (la folie vue de l&amp;rsquo;extérieur) et d&amp;rsquo;autres assez incompréhensibles (la folie vue de l&amp;rsquo;intérieur) ; pour ma part, je lirai ces passages en diagonale ! Fat a donc eu une vision de Dieu, ou même d&amp;rsquo;une entité supérieure à Dieu&amp;hellip; Il a eu une révélation&amp;hellip; Logiquement, sa femme le quitte, avec leur enfant. Fat tente alors de se suicider&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Interné dans un hôpital psy, Fat en sort vite, le Dr Stone (!) ne cherchant pas à le guérir de son délire métaphysique, mais au contraire l&amp;rsquo;y confortant : le but est de lui redonner confiance en lui-même. On peut voir ça comme une forme de guérison : Il n&amp;rsquo;est plus suicidaire, mais il est toujours barjo !! :-D&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parmi les réflexions pour comprendre ce qui se passe, il y a la théorie du &amp;ldquo;mimicry&amp;rdquo; (mimétisme) : comme certains animaux le font, et s&amp;rsquo;il existait une entité supérieure capable de se cacher &amp;ldquo;parfaitement&amp;rdquo;, alors qu&amp;rsquo;elle est pourtant là, présente dans notre monde ? De ne se laisser découvrir que par quelques personnes de son choix ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fat est alors habité par un autre être, Thomas ; ils partagent le même corps. Thomas vivait à l&amp;rsquo;époque romaine, celle des premiers chrétiens. Il prend le dessus sur Fat, lui faisant changer ses habitudes et ses goûts&amp;hellip;. En fait Thomas serait une vie antérieure de Fat&amp;hellip; Bouddha se souvenait bien de toutes ses vies antérieures : pourquoi ne se souviendrait-on pas également de nos vies futures !?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En mélangeant un peu toutes les connaissances ésotériques (Zoroastre, les grecs, les chrétiens, les musulmans, le bouddhisme, le Zen, etc&amp;hellip;) le délire continue, Fat poursuit son exégèse dont les extraits sont assez incompréhensibles ! Tout cela raconté par le narrateur, qui est à la fois l&amp;rsquo;ami de Fat, mais aussi Fat lui-même : schizophrénie assumée ou déguisée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis Fat va voir un film avec ses amis, un nanar de SF appelé SIVA : et c&amp;rsquo;est la révélation ! Derrière le scénario délirant, le film révèle pour des yeux avertis les mêmes choses que les visions de Fat : rayon rose, premiers chrétiens, fin de l&amp;rsquo;Empire avec la destitution de Nixon en 1974&amp;hellip; Ils contactent (via PKD qui en tant qu&amp;rsquo;écrivain a des contacts dans le monde du cinéma, logique !) l&amp;rsquo;auteur du film&amp;hellip; et Bingo ! Ils finissent par rencontrer Eric Lampton, sa femme Linda, le compositeur de musique Mini ; mais si leur délire comporte de nombreux points communs, le groupe de Fat s&amp;rsquo;effraie un peu, ils ont l&amp;rsquo;air complètement barrés (plus qu&amp;rsquo;eux, ce qui fait tout de même beaucoup ! ;-) ), et surtout la mort étant très présente dans leur délire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir rencontré l&amp;rsquo;incarnation divine (sous la forme d&amp;rsquo;une petite fille de 2 ans, qui fait disparaître Fat à la grande surprise de Phil, qui se retrouve ainsi de facto soigné de sa schizophrénie !), ils repartent chez eux avec pour mission de propager la bonne parole, le retour pour le jugement dernier, les élus seront sauvés, etc&amp;hellip; mais avant tout pour s&amp;rsquo;éloigner de Eric et Linda, qui sont fous à lier et dangereux selon eux. Quelques jours plus tard, ils apprennent que la petite fille est morte, Mini l&amp;rsquo;a tuée en essayant sur elle un nouveau rayon laser&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Épilogue : Fat qui avait disparu réapparaît, puis part à travers le monde à la recherche du &amp;ldquo;cinquième sauveur&amp;rdquo;&amp;hellip; Phil reste seul, Linda appelle car elle attend de nouveau un enfant&amp;hellip; Phil décrypte à la TV les messages subliminaux glissés dans les publicités&amp;hellip; Fin du premier opus de La Trilogie divine !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure, quand on pense à la vie réelle de PKD, cette tentative romancée de raconter ce qui lui est arrivé, sa vision d&amp;rsquo;une sorte de démiurge, validée par la guérison de son fils, puis essayer de l&amp;rsquo;expliquer (l&amp;rsquo;exégèse, très documentée), on pense irrémédiablement qu&amp;rsquo;il est devenu fou, ou à tout le moins obsédé par ce qui lui est arrivé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur des romans de Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34; &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34; &gt;Le dernier des maîtres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34; &gt;Les voix de l’asphalte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=23&#34; &gt;Paycheck&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34; &gt;Souvenir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9733&#34; &gt;Confessions d’un barjo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11363&#34; &gt;Immunité et autres mirages futurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres sur Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9060&#34; &gt;Je suis vivant et vous êtes tous morts – Emmanuel Carrère&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9544&#34; &gt;Philip K. Dick, simulacres et illusions – Richard Comballot, Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La femme sur l&#39;escalier - Bernhard Schlink</title>
            <link>https://pled.fr/la-femme-sur-lescalier-bernhard-schlink/</link>
            <pubDate>Thu, 24 May 2018 17:10:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-femme-sur-lescalier-bernhard-schlink/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;femmeescalier.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;aime bien cet auteur, alors quand j&amp;rsquo;ai vu ce poche sur la table du libraire, je l&amp;rsquo;ai pris tout de suite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un jeune homme qui tombe amoureux d&amp;rsquo;une femme peinte sur un tableau ; il la rencontre dans le cadre de son travail, et l&amp;rsquo;aide à échapper à deux hommes qui se la disputent (le mari et le peintre)&amp;hellip; Il croit qu&amp;rsquo;elle va le rejoindre, qu&amp;rsquo;une histoire d&amp;rsquo;amour va commencer, mais elle disparaît avec le tableau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il reprend alors sa vie plutôt rangée et poursuit sa carrière d&amp;rsquo;avocat. Des années plus tard, devenu veuf, sa carrière réussie derrière lui, il tombe un jour sur ce tableau, exposé dans un musée à Sidney ; après quelques recherches, il retrouve la femme qui vit seule, isolée du monde&amp;hellip; L&amp;rsquo;histoire prend alors une autre tournure&amp;hellip; Le femme est malade, et l&amp;rsquo;heure est venue de faire le point sur leurs vies respectives, et la vie en général.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est bien racontée, avec toutefois des petits chapitres très courts, trop courts parfois, la même scène continuant de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre&amp;hellip; comme si l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;était imposé cette règle, on se demande bien pourquoi !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La femme se dévoile difficilement, elle a passé des années en RDA où tout était terne et basique, mais sans ce continuel appel à la consommation de notre société. Pourquoi se cache-t-elle des autorités australiennes dans ce trou perdu ? À force de parler au chevet d&amp;rsquo;Irène, de lui raconter ce qu&amp;rsquo;auraient pu être leurs vies ensemble, d&amp;rsquo;essayer de connaître son passé pour mieux la comprendre, il s&amp;rsquo;interroge aussi sur lui-même et sa vie, son mariage, ses enfants&amp;hellip; Elle le titille aussi car ils sont fondamentalement différents, lui très sérieux et dans le système, elle rebelle à ce genre de vie établie, et maintenant à l&amp;rsquo;écart du monde. Puis la fin arrive, l&amp;rsquo;homme va retourner au monde, mais plus rien en sera comme avant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman, sans atteindre le niveau du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=647&#34; &gt;Liseur&lt;/a&gt;, ou du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1185&#34; &gt;Week-end&lt;/a&gt;, reste tout de même agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Bernard Schlink :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=647&#34; &gt;Le liseur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=863&#34; &gt;Le nœud gordien&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1185&#34; &gt;Le week-end&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6662&#34; &gt;Mensonges d’été&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernhard_Schlink&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bernhard Schlink&lt;/a&gt; est né en 1944 en Allemagne. Il a été professeur de droit, puis juge. Il a commencé par écrire des romans policiers, puis le succès est venu avec Le Liseur, pour lequel il a reçu plusieurs prix.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un paria des îles - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/le-paria-des-iles-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Mon, 07 May 2018 17:01:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-paria-des-iles-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pariadesiles.jpg#floatleft&#34;&gt; Retour à Joseph Conrad, une valeur sûre en ce qui me concerne : je ne suis jamais déçu par ses histoires. Les descriptions, que ce soit de la nature ou du caractère des personnages, sont vraiment remarquables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci est le deuxième roman de Conrad, il fait suite à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt; dans l&amp;rsquo;ordre de rédaction, mais on y retrouve Almayer quelques années plus tôt, juste avant sa chute. Et Conrad maîtrise déjà son art de la narration, tout a l&amp;rsquo;air maîtrisé, les personnages ont des profils psychologiques forts, et sont parfaitement décrits.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage principal est Willems, l&amp;rsquo;homme de confiance de Hudig et Cie, une grosse société de commerce des îles. Willems aime le pouvoir, et à montrer qu&amp;rsquo;il en a&amp;hellip; Mais il va faillir, son appétit va le pousser à faire une chose qui va lui coûter sa place. Son mentor, le capitaine Lingard (déjà rencontré dans la folie Almeyer) va alors le récupérer, et l&amp;rsquo;emmener se cacher le long d&amp;rsquo;un fleuve dont seul Lingard connaît l&amp;rsquo;accès, et où Almeyer est son représentant pour le commerce dont il tire sa fortune.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les deux hommes ne vont pas s&amp;rsquo;entendre, et vont chacun précipiter leur chute&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits dont le style m&amp;rsquo;a particulièrement plu, pour vous donner une idée de l&amp;rsquo;écriture de Joseph Conrad :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sous les tropiques, à la fin de l&amp;rsquo;après-midi, on guette souvent le premier souffle d&amp;rsquo;air :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un soupir sous l&amp;rsquo;azur embrasé, un frisson de la mer endormie, un souffle frais comme si l&amp;rsquo;on eût soudain ouvert une porte sur les étendues glacées de l&amp;rsquo;univers, et dans un remuement de feuilles, dans une inclinaison de branches, dans le tremblement de rameaux élancés, la brise marine frappa le rivage, remonta impétueusement le fleuve, s&amp;rsquo;engouffra dans ses larges lignes droites, et poursuivit son voyage dans le doux frémissement de l&amp;rsquo;onde assombrie, le murmure des branches, le bruissement des feuilles des forêts réveillées. Elle vint, dans le kampong de Lakamba, redonner au rouge terne des braises mourantes un pâle éclat ; et, touchées par elle, les minces spirales de fumée qui montaient tout droit de chaque tas rougeoyant se mirent à se balancer, à osciller, à redescendre en tourbillonnant et remplirent de l&amp;rsquo;arôme du bois qui brûle le demi-jour du bosquet ombragé. Les hommes qui avaient passé les chaudes heures de l&amp;rsquo;après-midi à somnoler à l&amp;rsquo;ombre s&amp;rsquo;éveillèrent, et le silence de la vaste cour fut rompu par le murmure hésitant de voix encore endormies, par des toux et des bâillements, et, çà et là, un éclat de rire, un appel sonore, un nom ou une plaisanterie lancés d&amp;rsquo;un ton doux et traînant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un portrait sans concession des hommes et de leurs actions au cours de leur vie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Consciemment ou inconsciemment, les hommes sont fiers de leur fermeté, de leur ténacité, de la droiture de leur dessein. Ils vont droit vers leur désir, jusqu&amp;rsquo;à la réalisation d&amp;rsquo;actions vertueuses — quelquefois criminelles — dans l&amp;rsquo;exaltante conviction de leur fermeté. Ils foulent le chemin de la vie, ce chemin que clôturent leurs goûts, leurs préjugés, leurs dédains ou leurs enthousiasmes, généralement honnêtes, invariablement stupides, et ils sont fiers de ne jamais s&amp;rsquo;égarer. Si d&amp;rsquo;aventure ils s&amp;rsquo;arrêtent, c&amp;rsquo;est pour regarder un moment par-dessus les haies qui les protègent, pour regarder les vallées embrumées, les cimes lointaines, les falaises et les marais, les forêts sombres et les plaines brumeuses où d&amp;rsquo;autres êtres humains usent péniblement leurs jours à marcher à tâtons, trébuchant sur les ossements des sages, sur les restes sans sépulture de ceux qui, avant eux, sont morts seuls, dans les ténèbres ou dans le grand soleil, à mi-chemin d&amp;rsquo;une destination quelconque. L&amp;rsquo;homme de caractère ne comprend pas et continue sa route, plein de mépris. Il ne s&amp;rsquo;égare jamais. Il sait où il va et ce qu&amp;rsquo;il veut. Poursuivant son voyage, il parvient à parcourir une longue distance sur son chemin étroit et, meurtri, fourbu, couvert de boue, il touche enfin au but ; il empoigne le prix de sa persévérance, de sa vertu, de son solide optimisme : une dalle mensongère sur une tombe obscure et vite oubliée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un bras du fleuve, à marée basse, des hommes se retrouvent bloqués dans leur canot à attendre que la marée leur permette de repartir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils dormirent ou restèrent assis, immobiles et patients. À mesure que le soleil montait, la brise disparut, et un calme parfait régna sur le ruisseau désert. Une troupe de singes nasiques parut et, se rassemblant sur l&amp;rsquo;avancée des branches, contempla le canot et les hommes immobiles dedans avec une gravité intense et chagrine, coupée de temps à autre par des accès irraisonnés de folle gesticulation. Un petit oiseau au poitrail de saphir faisait osciller un frêle rameau dans un rai oblique de lumière où il étincelait de-ci de-là comme une pierre précieuse tombée du ciel. Son minuscule œil rond dévisageait les étranges créatures tranquilles du bateau. Au bout d&amp;rsquo;un moment, il lança un grêle gazouillis qui retentit comme une impertinente drôlerie dans le solennel silence de ce lieu sauvage et grandiose ; dans ce silence grandiose, plein de violence et de mort.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Abraham et fils - Martin Winckler</title>
            <link>https://pled.fr/abraham-et-fils-martin-winckler/</link>
            <pubDate>Tue, 01 May 2018 13:55:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/abraham-et-fils-martin-winckler/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;abrahametfils.jpg#floatleft&#34;&gt;Cadeau d&amp;rsquo;un ami&amp;hellip; L&amp;rsquo;auteur est connu, j&amp;rsquo;avais il y a longtemps tenté de lire &amp;ldquo;La maladie de Sachs&amp;rdquo; pour m&amp;rsquo;arrêter assez vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc été dans un premier temps agréablement surpris par cette histoire attachante, dans les années 60, de ce père médecin (forcément !) qui débarque dans une petite ville de province avec son jeune fils Franz, qui vient de sortir d&amp;rsquo;un coma et a perdu la mémoire de sa vie passée. Cela fera partie du mystère entretenu par le narrateur avant de nous en livrer les clefs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un narrateur aux multiples visages, puisque c&amp;rsquo;est parfois Franz qui prend sa place ; sinon, l&amp;rsquo;auteur reprend ses droits en nous avertissant dès le début qu&amp;rsquo;il connaît plein d&amp;rsquo;histoires, qu&amp;rsquo;il aurait pu en raconter une autre&amp;hellip; Il interviendra parfois ainsi, sortant du récit sans ce que soit très pertinent à mon goût. &amp;ldquo;Les histoires, c&amp;rsquo;est la spécialité de la maison&amp;rdquo; est d&amp;rsquo;ailleurs la dernière phrase de ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malheureusement, on s&amp;rsquo;ennuie assez vite dans celle-ci, pleine de beaux sentiments : le père bon médecin aux principes humanistes, le gentil fils plein de curiosité dans son monde en partie imaginaire, à la lisière de celui des adultes&amp;hellip; Raconter des histoires c&amp;rsquo;est bien, avoir quelque chose à raconter c&amp;rsquo;est autre chose.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les chapitres s&amp;rsquo;enchaînent à un rythme soutenu, ils ne font jamais plus de trois ou quatre pages, coupant parfois une action en son milieu. Chacun est affublé d&amp;rsquo;un titre assez convenu. À de demander si ce roman ne s&amp;rsquo;adresse pas aux adolescents&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les journées se suivent et se ressemblent, le docteur Farkas et Claire son assistante se rapprochent, Franz et Luciane grandissent, les anecdotes se succèdent&amp;hellip; Le sujet de la mort de la mère et du comas de Franz ne sont toujours pas abordées par le père qui s&amp;rsquo;y refuse. On apprend tout de même qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un attentat en Algérie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franz doit porter des lunettes, Franz va à la piscine, Franz est un grand lecteur de BDs et de romans d&amp;rsquo;aventures&amp;hellip; Ah, le docteur Farkas lit le Canard enchaîné chaque semaine, preuve ultime que c&amp;rsquo;est un homme bien ! ;-) On finit donc par s&amp;rsquo;ennuyer un peu, il faut attendre le dernier tiers du livre pour qu&amp;rsquo;une histoire de résistants et d&amp;rsquo;une famille juive cachée dans la maison commence et apporte un deuxième souffle à cette histoire qui en avait bien besoin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On passe alors du récit des adultes impliquées à l&amp;rsquo;époque dans l&amp;rsquo;histoire et cherchant à rétablir la vérité, à celle de l&amp;rsquo;enfant lisant le journal de la famille juive qu&amp;rsquo;il a trouvé caché dans le grenier. Pas mal, mais au final une énigme finalement assez banale, facilement résolue par le Sherlock Holmes local, père &amp;amp; fils réunis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franz est tout de même touchant avec ses interrogations d&amp;rsquo;enfant sur la vie, sur la mémoire&amp;hellip; La mémoire qui est finalement le sujet de ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Winckler&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Martin Winckler&lt;/a&gt;, né en 1955 à Alger, de son vrai nom Marc Zaffran, est un médecin français connu sous ce pseudonyme comme écrivain. Il devient célèbre avec &amp;ldquo;La maladie de Sachs&amp;rdquo; (1998) qui reçoit le prix du livre Inter. À lire sa page Wikipedia, on se rend compte que ce roman est en partie autobiographique, le petit Franz étant le petit Marc. L&amp;rsquo;auteur nous promet d&amp;rsquo;ailleurs une suite&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Une ville sans loi - Jim Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/une-ville-sans-loi-jim-thompson/</link>
            <pubDate>Mon, 23 Apr 2018 17:05:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/une-ville-sans-loi-jim-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Une ville sans loi - Jim Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;villesansloi.jpg#floatleft&#34;&gt; Je suis plutôt fan de Jim Thompson, j&amp;rsquo;ai lu pas mal de ses romans policiers, mais ils ne sont pas sur ce blog, cela se passait &amp;ldquo;avant&amp;rdquo; ! Voir plus bas&amp;hellip; Celui-ci vient d&amp;rsquo;être réédité par Rivages/Noir dans une nouvelle traduction (et sous un nouveau titre) : &lt;strong&gt;Wild Town&lt;/strong&gt; a été initialement publié sous le titre &lt;strong&gt;Éliminatoires&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce roman, McKenna, que tout le monde appelle Bugs, arrive dans une ville champignon qui était encore une bourgade il y a peu, avant que l&amp;rsquo;on y trouve du pétrole&amp;hellip; Et l&amp;rsquo;adjoint du shérif lui propose vite un boulot d&amp;rsquo;agent de sécurité dans le seul hôtel de la ville ! Trop beau pour être vrai, se dit Bugs qui sent vite que l&amp;rsquo;on veut se servir de lui, et que cela risque fort de se terminer là d&amp;rsquo;où il vient, et n&amp;rsquo;a aucune envie de retourner : en prison !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre Hanlon le propriétaire de l&amp;rsquo;hôtel et Joyce sa jeune et jolie femme, Lou Ford le shérif adjoint qui comprend tout plus vite que tout le monde, la belle Amy qui est si gentille, Rosie la belle femme de chambre&amp;hellip; le jeu va être serré ! Bugs est bien décidé à ne pas se laisser faire, même s&amp;rsquo;il a tendance à agir par instinct, et à le regretter par la suite&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2018/04/jimthompson.jpg&#34; &gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;149px&#34; data-flex-grow=&#34;62&#34; height=&#34;965&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/une-ville-sans-loi-jim-thompson/jimthompson.jpg&#34; width=&#34;600&#34;&gt;&lt;/a&gt; Ce n&amp;rsquo;est sans doute pas le meilleur Thompson, mais l&amp;rsquo;intrigue est prenante, les personnages consistants et l&amp;rsquo;ambiance parfaitement rendue ; et il faudra attendre le dénouement pour tout comprendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons à mes lectures de cet auteur :  j&amp;rsquo;ai pris la photo de droite dans ma bibliothèque : ce sont tous les romans de Jim Thompson que j&amp;rsquo;ai lu, soit une vingtaine !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je me souviens particulièrement de &amp;quot; &lt;strong&gt;Ici et maintenant&lt;/strong&gt;&amp;quot; (son premier roman), véritable peinture sociale, en partie autobiographique, qui décrit les galères d&amp;rsquo;un apprenti écrivain obligé d&amp;rsquo;aller trimer à l&amp;rsquo;usine pour gagner la croûte de la famille&amp;hellip; Dans la même veine, et toujours autobiographique, même si j&amp;rsquo;en ai moins de souvenirs, il y a &amp;quot; &lt;strong&gt;À deux pas du ciel&lt;/strong&gt;&amp;quot;. Rien à voir avec des romans policiers, mais du vécu, et le tableau d&amp;rsquo;une époque et d&amp;rsquo;un monde qui m&amp;rsquo;avait marqué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et en voyant cette liste, les deux &amp;quot; &lt;strong&gt;Écrits perdus de Jim Thompson&lt;/strong&gt;&amp;quot; (1929-1967 et 1968-1977) me donnent aussi envie de les relire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Thompson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Thompson&lt;/a&gt; (1906-1977) est un écrivain américain de roman noir, un nouvelliste et un scénariste de cinéma. Côté français, le film &amp;quot; &lt;strong&gt;Coup de torchon&lt;/strong&gt;&amp;quot; de Bertrand Tavernier a été adapté d&amp;rsquo;un de ses romans, &amp;quot; &lt;strong&gt;1265 âmes&lt;/strong&gt;&amp;quot; ; &amp;quot; &lt;strong&gt;Série noire&lt;/strong&gt;&amp;quot; d&amp;rsquo;Alain Corneau avec Patrick Deweare est adapté de &amp;quot; &lt;strong&gt;A hell of a woman&lt;/strong&gt;&amp;quot; (&amp;quot; &lt;strong&gt;Une femme d’enfer&lt;/strong&gt;&amp;quot;). Outre-atlantique, on peut aussi citer &amp;quot; &lt;strong&gt;Les Arnaqueurs&lt;/strong&gt;&amp;quot; ou &amp;quot; &lt;strong&gt;The killer inside me&lt;/strong&gt;&amp;quot; (&amp;quot; &lt;strong&gt;Le démon dans ma peau&lt;/strong&gt;&amp;quot;) comme autres adaptations connues.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les empires coloniaux européens 1815-1919 - Henri Wesseling</title>
            <link>https://pled.fr/les-empires-coloniaux-europeens-1815-1919-henri-wesseling/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Apr 2018 16:15:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-empires-coloniaux-europeens-1815-1919-henri-wesseling/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les empires coloniaux européens 1815-1919 - Henri Wesseling&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;empirescoloniaux.jpg#floatleft&#34;&gt; Le colonialisme est une période de l&amp;rsquo;histoire que je voulais mieux connaître, surtout après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34; &gt;Voyage au Congo d&amp;rsquo;André Gide&lt;/a&gt;. Le livre est resté pas mal de mois sur l&amp;rsquo;étagère avant que je m&amp;rsquo;y plonge, j&amp;rsquo;avais peur que cela soit un peu trop fastifieux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, ce n&amp;rsquo;est pas ça le problème : sa lecture est assez facile et tout est très expliqué clairement. Mais voilà, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ouvrage d&amp;rsquo;un historien, et comme tel, son approche est assez spécifique, et ne satisfait pas un lecteur qui souhaite simplement qu&amp;rsquo;on lui raconte l&amp;rsquo;histoire de ces empires coloniaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, les événements sont découpés en périodes temporelles, et l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;arrête fréquemment au milieu de l&amp;rsquo;histoire de la colonisation d&amp;rsquo;un pays car la période temporelle du chapitre est achevée, ce qui est un peu frustrant ! Il est aussi capable de faire référence à des événements par leur nom sans en dire plus, vous êtes à priori censé les connaître. :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même remarque sur la période traitée dans ce livre, et annoncée dans le titre : 1815-1919 : comme l&amp;rsquo;auteur le dit lui-même dans la conclusion : &amp;quot; &lt;em&gt;on pourrait même soutenir que le colonialisme plein et entier n&amp;rsquo;a commencé qu&amp;rsquo;à partir de cette date&lt;/em&gt;&amp;quot;. Disons alors que ce livre ne parle que de la mise en place des empires coloniaux européens. CQFD. ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite, il y a de nombreuses pages consacrées aux détails sur qui occupe quoi et avec quel type de gouvernance, de qui dépend le gouverneur, etc&amp;hellip; (toujours le travail de l&amp;rsquo;historien). Ce n&amp;rsquo;est pas forcément le plus intéressant&amp;hellip; Enfin, il est parfois difficile de se faire une idée claire, tant les points de vue présentés sont flous et/ou contradictoires : par exemple le Portugal, pour la période 1870-1914 : économique ou pas économique, émigration ou pas, en une page, tout est dit et son contraire, selon les études qui y ont été consacrées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut tout de même résumer tout cela :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Ce sont bien les intérêts économiques des nations qui ont primé partout, même si la forme a été différente d&amp;rsquo;un pays à l&amp;rsquo;autre. On peut y ajouter les militaires et les missionnaires comme prosélytes, chacun pour leurs raisons faciles à deviner.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Quant à dire (comme on l&amp;rsquo;entend souvent) que cela a tout de même permis à ces pays de se développer (routes, voies ferrées, ports, etc&amp;hellip;), c&amp;rsquo;est loin d&amp;rsquo;être une évidence : tout cela a bel et bien été fait avec l&amp;rsquo;argent de ces pays, avec les travailleurs (forcés ou non ) de ces pays, etc&amp;hellip;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;esclavage a produit des effets durables, longtemps après son abolition. Des formes d&amp;rsquo;exploitation très violentes sont apparues. Les guerres coloniales ont été conduites sans scrupules, parfois apparentées à un génocide.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Enfin les sociétés coloniales sont en règle générale caractérisées par l&amp;rsquo;apartheid et la ségrégation.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai pris quelques notes tout au long de cette lecture, en voilà le résumé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;première-partie--évolutions-à-long-terme-1815-1919&#34;&gt;Première partie : évolutions à long terme, 1815-1919&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;On y apprend pourquoi l&amp;rsquo;on parle portugais au Brésil : à l&amp;rsquo;époque, les Portugais et les Espagnols se partagent le nouveau monde avec l&amp;rsquo;aide du Pape, qui trace une ligne de partage à l&amp;rsquo;ouest des îles du Cap-vert : c&amp;rsquo;est le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Tordesillas&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;traité de Tordessilas&lt;/a&gt;. Tout ce qui est à l&amp;rsquo;Ouest de cette ligne imaginaire sera pour l&amp;rsquo;Espagne&amp;hellip; mais la partie orientale du Brésil se trouve être à l&amp;rsquo;Est de cette ligne ! C&amp;rsquo;est ainsi que les Portugais s&amp;rsquo;installeront au Brésil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;abord la poussée démographie européenne qui pousse à aller découvrir ces nouveaux pays (est ou ouest), grâce à des années sans maladies, le progrès aidant. La révolution industrielle textile en Angleterre lui permettra d&amp;rsquo;exporter sa production typiquement aux Indes, trouvant là un marché gigantesque (et annihilant la fabrication manuelle locale, ce à quoi réagira Gandhi bien plus tard).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les approches sont très différentes selon les pays : l&amp;rsquo;Angleterre laisse les pouvoirs locaux en place quand la France, où depuis la Révolution on est très remonté contre toute forme de royauté, on veut imposer la République.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;Asie bénéficie d&amp;rsquo;un intérêt pour son ancienne civilisation, l&amp;rsquo;Africain est considéré comme l&amp;rsquo;incarnation de la sauvagerie primitive. Voltaire considérait les noirs comme des animaux. On proposa (approche scientifique oblige) de transférer un groupe de Noirs du Sénégal au Danemark afin de voir combien de temps il faudrait pour qu&amp;rsquo;ils redeviennent blancs, et partant, civilisés !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin de l&amp;rsquo;esclavage modifiera considérablement la donne : dans les indes occidentales (Antilles), on va importer de la main d&amp;rsquo;œuvre de l&amp;rsquo;étranger (Inde, Asie&amp;hellip;). En Afrique, l&amp;rsquo;intérêt de s&amp;rsquo;y installer va baisser, hormis l&amp;rsquo;Afrique du Sud et du Nord.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La colonisation de l&amp;rsquo;Algérie commence pour une sombre histoire de fierté nationale : la France a une dette envers l&amp;rsquo;Algérie depuis la Révolution française ; à cette époque, l&amp;rsquo;Algérie avait fournit du blé aux armées françaises. En 1827, la France tardant à rembourser, le dey d&amp;rsquo;Alger convoque le consul de France ; l&amp;rsquo;entretien fut si animé que le dey, perdant patience, frappa le consul sur le nez avec une tapette. Cette offense servira d&amp;rsquo;excuse pour envoyer une expédition militaire quelques années plus tard, en 1830. La vraie raison est politique : le roi Charles X et sa Restauration sont impopulaires, et l&amp;rsquo;expédition est un moyen de rétablir le prestige de la France, de rappeler la grande époque des victoires napoléoniennes. Il n&amp;rsquo;y a à ce moment aucun dessein d&amp;rsquo;expansion coloniale. Charles X fut tout de même renversé quelques mois plus tard. Son successeur Louis-Philippe hésitait à conserver l&amp;rsquo;Algérie. Les militaires (pour la gloire) et les négociants marseillais (pour l&amp;rsquo;argent) étaient pour. L&amp;rsquo;Angleterre ayant fait savoir qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;y voyait pas d&amp;rsquo;inconvénients, Louis-Philippe décidé d&amp;rsquo;y rester.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Afrique du Sud, ce sont les Hollandais qui s&amp;rsquo;installent en premier. C&amp;rsquo;est un point d&amp;rsquo;escale pour la route maritime vers l&amp;rsquo;Asie. Puis des colons agriculteurs arrivent : hollandais, mais aussi allemands, anglais, huguenots français. Puis les anglais occupent Le Cap ; les Afrikaners ou les Boers (premiers colon hollandais) voient cette puissance coloniale comme des envahisseurs étrangers, eux se considérant comme les locaux. C&amp;rsquo;est le moment de l&amp;rsquo;expansion (le grand Trek) et de luttes avec les ethnies locales (Zoulous).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Asie, la Chine (guerre de l&amp;rsquo;opium) et le Japon (flotte américaine) sont contraints par les occidentaux de s&amp;rsquo;ouvrir au négoce international. L&amp;rsquo;inde est la plus grande des colonies, &amp;ldquo;le joyau de la couronne de l&amp;rsquo;Empire&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;Indochine est la dernière chance des français de jouer un rôle en Asie. Sous le second Empire, on saisit un prétexte (l&amp;rsquo;assassinat de prêtres espagnols) et on envoie une expédition punitive prendre Saigon, puis Hué tombe (empire d&amp;rsquo;Annam) ; le Cambodge demande le protectorat français&amp;hellip; Ainsi naît l&amp;rsquo;Indochine Française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;limpérialisme-moderne&#34;&gt;L&amp;rsquo;impérialisme moderne&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;En France, c&amp;rsquo;est la fin du second empire, 1871 et la Commune de Paris: moment d&amp;rsquo;une évolution sociale et l&amp;rsquo;avènement de la classe ouvrière. L&amp;rsquo;expansion coloniale était également considérée comme un instrument permettant d&amp;rsquo;éviter des tensions sociales. Victor Hugo déclara en 1879 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup, résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus globalement, si l&amp;rsquo;esclavage est aboli, le racisme bat son plein :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les relations entre Européens et non-Européens étaient de plus en plus teintées de racisme, un racisme qui trouvait un appui semi-scientifique dans le darwinisme social. L&amp;rsquo;histoire enseignait que le mélange des races était dangereux, en particulier pour les races supérieures. L&amp;rsquo;éminent colonial néerlandais Jean-Chrétien Baud (gouverneur général des Indes néerlandaises et ministre des Colonies) l&amp;rsquo;avait déjà déclaré dans une note en 1850 : &amp;ldquo;Le droit de domination est (&amp;hellip;) considéré au sens strict comme une propriété de la race blanche pure de telle sorte que, alors que le Noir se courbe docilement devant le Blanc, il obéit avec une mauvaise grâce évidente à l&amp;rsquo;homme de sang mêlé.&amp;rdquo; Les Arabes pouvaient peut-être se mélanger aux nègres, écrivit John Crewford, mais pas avec les Anglo-Saxons. La distance était trop grande. Le gouverneur allemand d&amp;rsquo;Afrique du Sud-Ouest interdisit en 1905 les mariages mixtes entre Blancs et Noirs parce que de telles unions nuisaient à la race.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans oublier le fameux péril jaune :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La conception du monde sociodarwinienne se traduisit aussi par une obsession du danger. Certes, l&amp;rsquo;impérialisme était triomphaliste et chauvin, mais il était souvent teinté de peur et du sentiment qu&amp;rsquo;une menace planait. Les périls étaient nombreux. Il y avait le péril financier, le péril socialiste, le péril allemand, le péril américain mais le plus grand péril de tous était le &amp;ldquo;péril jaune&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J.A. Hobson publia en 1902 un livre intitulé &amp;quot; &lt;em&gt;Imperialism. A Study&lt;/em&gt;&amp;quot;. Il indique d&amp;rsquo;où provient l&amp;rsquo;impérialisme : au premier chef des milieux financiers de la métropole. D&amp;rsquo;autres groupes, tels les politiques, les militaires et les missionnaires, pouvaient parfois exercer une certaine influence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Espagne a perdu toutes ses colonies ou presque à l&amp;rsquo;époque napoléonienne. Son dernier joyau Cuba sera perdu après qu&amp;rsquo;un cuirassé, envoyé par les États-Unis pour protéger ses ressortissants soit coulé par une mine espagnole&amp;hellip; La guerre hispano-américaine qui en résultera signe la perte des derniers restes d&amp;rsquo;un empire mondial.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La conclusion de ce chapitre est floue : quelles sont les raisons de l&amp;rsquo;expansion continue du colonialisme durant cette période ? Le déséquilibre des forces est croissant entre Europe et Outre-mer (bateaux vapeurs, armement, etc..), le secteur médical a beaucoup progressé (armées mieux protégées des maladies) ; les mouvements autonomistes qui se déclarent sont alors sévèrement réprimés. Au final, il semble bien que le principal moteur soit tout de même l&amp;rsquo;enrichissement qui prime, ou l&amp;rsquo;économie,  et donc le capitalisme qui en soit responsable : de la demande d&amp;rsquo;esclavage, on passe à la demande agricole, mais toujours dans l&amp;rsquo;optique de profits.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roi Léopold II de Belgique en est un terrible exemple, qui s&amp;rsquo;approprie le Congo avec l&amp;rsquo;enrichissement comme objectif déclaré (et à titre de personne privée, car le gouvernement ne voulait pas de colonie, qui lui auraient fait perdre sa neutralité).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;limpérialisme-européen-en-afrique&#34;&gt;L&amp;rsquo;impérialisme européen en Afrique&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les résultats les plus importants venaient d&amp;rsquo;Asie. La Chine et le Japon étaient trop vastes pour entrer durablement dans la sphère d&amp;rsquo;influence des nations européennes. On ne faisait que développer d&amp;rsquo;anciennes activités coloniales.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Afrique, il en alla tout autrement : pas de possessions européennes avant 1870, et en 1914, il ne restait que deux pays qui n&amp;rsquo;étaient pas des colonies : le Liberia (qui venait d&amp;rsquo;être fondé par les américains pour y installer d&amp;rsquo;anciens esclaves noirs libérés), et l&amp;rsquo;Éthiopie, seul pays à s&amp;rsquo;être opposé avec succès à l&amp;rsquo;expansion coloniale (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11132&#34; &gt;La vie que j&amp;rsquo;ai choisie de Wilfred Thesiger&lt;/a&gt; pour une histoire de ce pays).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Égypte intéressait les Français, mais ce sera l&amp;rsquo;Angleterre qui va s&amp;rsquo;y installer, le canal de Suez étant stratégique. Le khédive Ismaïl avait voulu développer l&amp;rsquo;Égypte et s&amp;rsquo;était beaucoup endetté ; il finit par être mis sous tutelle financière étrangère. Cela déclencha une révolte interne, et l&amp;rsquo;armée pris le pouvoir. L&amp;rsquo;Angleterre intervint militairement sur un prétexte, et y restera jusqu&amp;rsquo;en 1951&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Afrique de l&amp;rsquo;Ouest, les britanniques intéressés par les possibilités commerciales reçurent les zones les plus importantes sous cet angle, quand les français, à la recherche d&amp;rsquo;un empire, et menés par des militaires, reçurent le plus de terre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au Congo, Léoplod II distribua des terres à des sociétés de monopole pour ses besoins de rentabilité ; il s&amp;rsquo;approprie le reste des terres et les exploite sans retenue (ivoire, caoutchouc), contraignant la population à les lui fournir ; cette dernière fut mise sous pression par tous les moyens : menacés, volés, frappés, violés, mutilés et assassinés. Il fallut un rapport anglais pour que le scandale éclate. Le gouvernement belge reprit alors le contrôle, l&amp;rsquo;état indépendant devenant le Congo Belge. Entre-temps, la population avait diminué de moitié, passant de 20 millions à 10 millions&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté Est, on retrouve l&amp;rsquo;Angleterre (Zanzibar, Kenya, Ouganda), et l&amp;rsquo;Allemagne (Tanzanie, Burundi, Ruanda). La France s&amp;rsquo;approprie Madagascar, où des colons de La Réunion s&amp;rsquo;installent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Portugais ne développent rien (Angola, Mozambique) : protectionnistes, ils se servent des territoires comme d&amp;rsquo;un marché où écouler leurs marchandises. Leur rêve de faire se rejoindre l&amp;rsquo;océan Atlantique et l&amp;rsquo;océan Indien est anéanti par les Anglais, qui s&amp;rsquo;installent en Rodhésie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Inde, la révolte des Cipayes (1857) marque un tournant : femmes et enfants anglais seront massacrés durant la bataille de Kampur, et cela va profondément changer le rapport des anglais aux indiens. Le mythe de l&amp;rsquo;indien, être inférieur mais docile et doux ( &lt;em&gt;the meek Hindu&lt;/em&gt;) sera remplacé par le mépris et la répugnance. On observera dans les hôtels une pancarte disant : &amp;quot; &lt;em&gt;Prière à tous les gentlemen de ne pas frapper le personnel&lt;/em&gt;&amp;quot;. L&amp;rsquo;armée sera réorganisée, l&amp;rsquo;occidentalisation se fera désormais graduellement par les réformes économiques, et les élites indiennes ne seront plus associées à la gestion du pays.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aux îles Samoa un conflit risquait de se déclarer entre britanniques, allemands et américains : c&amp;rsquo;est un typhon qui réglera le problème en détruisant les trois flottes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-première-guerre-mondiale-et-les-colonies&#34;&gt;La Première guerre mondiale et les colonies&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Si les luttes pour s&amp;rsquo;approprier des territoires (impérialisme colonial) ont généré des conflits, ils ont aussi permis d&amp;rsquo;apprendre à trouver des accords (le gâteau était assez grand&amp;hellip;). C&amp;rsquo;est donc bien les tensions entre Autriche-Hongrie et Serbie qui seront le déclencheur de la première guerre mondiale, ainsi que la conséquence du déclin de l&amp;rsquo;empire turc. Par contre, les colonies allaient être impliquées soit en tant que régions où se déroulaient des opérations de guerre, soit en fournissant des hommes et du matériel.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La carte perdue de John Selden - Timothy Brook</title>
            <link>https://pled.fr/la-carte-perdue-de-john-selden-timothy-brook/</link>
            <pubDate>Mon, 02 Apr 2018 17:00:09 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-carte-perdue-de-john-selden-timothy-brook/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La carte perdue de John Selden - Timothy Brook&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;selden.jpg#floatleft&#34;&gt; Comme j&amp;rsquo;avais bien aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11060&#34; &gt;Le chapeau de Wermeer&lt;/a&gt;, je me suis lancé dans ce nouvel opus de Timothy Brook. Cette fois, c&amp;rsquo;est une carte de la Chine du XVème siècle (ou plutôt de la mer de Chine) qui sert de prétexte pour remonter le temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, &amp;ldquo;la carte&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est pas aussi passionnante que &amp;ldquo;le chapeau&amp;rdquo;. D&amp;rsquo;abord parce qu&amp;rsquo;il y a beaucoup de conjectures avancées par l&amp;rsquo;auteur (le mystère de l&amp;rsquo;auteur de la carte reste entier), et parce que l&amp;rsquo;on sent que l&amp;rsquo;auteur a voulu réitérer un peu la même histoire, sans y parvenir pour autant : l&amp;rsquo;ensemble est un peu laborieux et parfois ennuyeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut aussi déplorer dans cette édition poche la taille des illustrations, et notamment des cartes. Elles sont beaucoup trop petites, en noir et blanc, et les nombreuses références à certains détails sont impossible à constater. Il en résulte une certaine frustration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y apprend tout de même des choses très intéressantes, je ne regrette pas cette lecture, loin de là. Nous sommes toujours à l&amp;rsquo;époque où le monde s&amp;rsquo;ouvre (XVIIème siècle essentiellement), et où les vieilles croyances sont remises en question : qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;accepte ou pas, le monde suit sa marche en avant. En occident s&amp;rsquo;affrontent la théorie de la mer fermée ou ouverte, le droit au commerce équitable ou à la prise de contrôle du territoire (opposition entre les juristes &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/John_Selden&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Selden&lt;/a&gt; l&amp;rsquo;anglais et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Hugo_Grotius&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;de Groot&lt;/a&gt; le hollandais), et l&amp;rsquo;orientalisme est déjà présent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En orient, les routes maritimes sont très nombreuses et les connaître offre un avantage certain. À cette époque, on utilisait pour naviguer des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Portulan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;portulans&lt;/a&gt;, qui donnaient les indications nécessaires aux marins pour aller d&amp;rsquo;un port à un autre, comme suivre tel cap pendant tant de temps, etc&amp;hellip; En mer de Chine, il fallait souvent faire appel à des pilotes chinois, gardiens jaloux de leurs connaissances maritimes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fameuse carte a ceci d&amp;rsquo;exceptionnel que la mer en est le véritable cœur : ce sont les routes maritimes justement qui ont servi de point de départ aux tracés, les côtes n&amp;rsquo;étant dessinées que par la suite. C&amp;rsquo;est la seule dans ce cas à cette époque, l&amp;rsquo;auteur en est inconnu, malgré toutes les analyses de Timothy Brook (elle a probablement été réalisée par un chinois ayant vu des cartes européennes). Car la représentation sur une carte plane de la courbure de la planète est un énorme problème pour les marins (résolu plus tard par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Mercator&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gérard Mercator&lt;/a&gt;). En partant des routes maritimes et du cap suivi par les marins, cette carte parvient à un résultat d&amp;rsquo;une précision stupéfiante bien avant que Mercator ne trouve la solution : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Projection_de_Mercator&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la projection de Mercator&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je terminerai par ce vieil adage chinois : &lt;strong&gt;Le ciel est rond et la terre carrée&lt;/strong&gt; : les premières cartes de la Chine la représentaient comme un carré, car c&amp;rsquo;est ainsi que les chinois eux-mêmes décrivaient leur royaume&amp;hellip; Si l&amp;rsquo;adage est évidemment faux, je trouve l&amp;rsquo;image assez belle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Brook&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Timothy Brook&lt;/a&gt;, né en 1951 à Toronto, est un historien et sinologue canadien. Il est considéré comme un grand spécialiste de l’histoire mondiale, “connectée”.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Wild - Cheryl Strayed</title>
            <link>https://pled.fr/wild-cheryl-strayed/</link>
            <pubDate>Sat, 31 Mar 2018 13:27:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/wild-cheryl-strayed/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Wild - Cheryl Strayed&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;wild.jpg#floatleft&#34;&gt;Je suis tombé sur ce bouquin par hasard dans la librairie : le livre était orienté face couverture, et le côté randonneur m&amp;rsquo;a tout de suite attiré. Ce que j&amp;rsquo;ai lu sur le quatrième de couverture a achevé de me convaincre, et je ne le regrette pas ! Si vous aimez la randonnée pédestre, les treks, alors n&amp;rsquo;hésitez pas, vous ne serez pas déçus par ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et vous ferez la découvert du PCT, le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacific_Crest_Trail&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pacific Crest Trail&lt;/a&gt; (soit le &lt;em&gt;Chemin des crêtes du Pacifique&lt;/em&gt; en français) : il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un sentier de randonnée qui part de la frontière mexicaine jusqu&amp;rsquo;à la frontière canadienne, et long de 4 200 kms. Sentier mythique, l&amp;rsquo;auteur du livre n&amp;rsquo;en fera qu&amp;rsquo;une partie, mais tout de même 1 700 kms, marchant pendant trois mois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc une histoire vraie, racontée bien des années plus tard avec beaucoup de sincérité et de fraîcheur par l&amp;rsquo;auteur. Cheryl Strayed est alors une jeune femme en plein doute (et même en pleine déroute) : elle vient de perdre sa mère avec qui elle était très proche, puis a divorcé, touché à l&amp;rsquo;héroïne&amp;hellip; Rien ne va plus ! Sur un coup de tête, elle part donc sur le PCT avec un sac à dos beaucoup trop lourd (&amp;ldquo;Monster&amp;rdquo;), preuve de son manque d&amp;rsquo;expérience.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On se laisse vite emporter par ce récit, la nature grandiose, les rencontres qu&amp;rsquo;elle fait, toutes emplies d&amp;rsquo;humanité, sauf une, avec deux chasseurs (elle écrit alors une chose très juste : si cela avait mal tourné, une seule rencontre aurait pu annihiler toutes les autres, et transformer cette belle aventure en cauchemar). Pour sa &amp;ldquo;genèse&amp;rdquo; aussi (c&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;elle l&amp;rsquo;appelle), car cette longue marche va lui faire accepter la perte de sa mère, et enfin se trouver elle-même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Magnifique ! Je l&amp;rsquo;ai dévoré et j&amp;rsquo;étais impatient de m&amp;rsquo;y replonger à la moindre occasion. Il se trouve que j&amp;rsquo;ai vu le film peu de temps après, sur Netflix : très décevant, on est très loin du roman, comme souvent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheryl_Strayed&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cheryl Strayed&lt;/a&gt;, née en 1968, est une romancière et essayiste américaine. En juin 2012, la présentatrice Oprah Winfrey annonce que &amp;ldquo;Wild&amp;rdquo; est sa sélection numéro 1 dans son Oprah&amp;rsquo;s Book Club 2.0. Le roman a été traduit en plus de trente langues depuis !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Betteraves rouges lacto-fermentées</title>
            <link>https://pled.fr/betteraves-rouges-lacto-fermentees/</link>
            <pubDate>Fri, 23 Mar 2018 18:19:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/betteraves-rouges-lacto-fermentees/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aliments-fermentes.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma frangine qui m&amp;rsquo;a parlé en premier du site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://nicrunicuit.com&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ni cru-ni cuit&lt;/a&gt; et des betteraves lacto-fermentées&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais déjà entendu parler des aliments lacto-fermentés et de leur bienfaits pour la santé chez Biocoop : le tofu étant parfois difficile à digérer, on trouve du tofu lacto-fermenté, plus digeste donc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;exemple le plus connu de légume fermenté est le chou de la choucroute : c&amp;rsquo;est du chou lacto-fermenté ! Et vous remarquerez maintenant son goût particulier&amp;hellip; pas désagréable du tout, mais facilement identifiable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il n&amp;rsquo;y a pas que la digestion qui soit facilitée par ce type d&amp;rsquo;aliments : il y a en fait plein de bénéfices pour la santé, entre autres ils renforcent notre système immunitaire, sont sources de vitamines (C, K, PP et B), détoxifient la nourriture, etc&amp;hellip; Voir cette liste sur la page &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://nicrunicuit.com/sante/10-bonnes-raisons-de-manger-des-aliments-fermentes/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;10 bonnes raisons de manger des aliments fermentés&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne s&amp;rsquo;agit pas pour autant d&amp;rsquo;en manger tous les jours (je crois qu&amp;rsquo;on se lasserait vite du goût !). Comme le précise Marie-Claire Frédéric :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les aliments fermentés, il ne faut pas manger que ça ! Ils doivent faire partie d’une alimentation variée et équilibrée. Le mieux est d’en consommer de petites quantités tous les jours ou régulièrement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc acheté ce petit livre très abordable (6,50 €), et me suis lancé aujourd&amp;rsquo;hui dans la préparation de deux bocaux de 50 cl de betteraves rouges lacto-fermentées, soit la première recette du livre. D&amp;rsquo;ailleurs, le livre est bien conçu, puisque après chaque recette de fermentation, on trouve plusieurs recettes de plats où sera utilisée cette préparation&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et si vous n&amp;rsquo;avez pas le livre, la recette est disponible sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://nicrunicuit.com/faire/comment-fermenter-les-betteraves/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cette page du site&lt;/a&gt;. D&amp;rsquo;ailleurs, merci à Marie-Claire Frédéric de partager ainsi ses connaissances, ses articles sont passionnants, elle est manifestement très compétente sur le sujet. Elle tient également un autre site, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.dumieletdusel.com/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;du miel et du sel&lt;/a&gt;, où l&amp;rsquo;on peut trouver des recettes plus classiques, comme son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.dumieletdusel.com/archives/2008/11/19/11417824.html&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;gratin de macaronis&lt;/a&gt; que je vais sûrement tester un de ces jours&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à la recette&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est super simple à préparer : techniquement, il n&amp;rsquo;y a  rien de compliqué. Par contre, le passage à la mandoline des 800 g de betteraves s&amp;rsquo;est révélé &amp;ldquo;sanglant&amp;rdquo; pour la cuisine, la betterave ayant cette propriété de tacher de rouge tout ce qu&amp;rsquo;elle touche, et très vite par voie de conséquence tout ce que vous touchez vous-même ! Ce qui implique un bon nettoyage une fois l&amp;rsquo;opération terminée&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois la betterave en coupée en julienne, il ne reste plus qu&amp;rsquo;à la tasser dans les deux bocaux, en y intercalant des graines de coriandre :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;320px&#34; data-flex-grow=&#34;133&#34; height=&#34;450&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/betteraves-rouges-lacto-fermentees/betteraves1.jpg&#34; width=&#34;600&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On termine en recouvrant les betteraves avec la saumure préalablement préparée. Cette dernière est composée d&amp;rsquo;un litre d&amp;rsquo;eau non chlorée (j&amp;rsquo;ai pris de l&amp;rsquo;eau en bouteille, mais on peut faire bouillir l&amp;rsquo;eau du robinet et la laisser refroidir), et de 30 g de gros sel gris de mer. Puis on ferme hermétiquement les bocaux, en s&amp;rsquo;assurant que la saumure recouvre bien les betteraves, et le tour est joué :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;320px&#34; data-flex-grow=&#34;133&#34; height=&#34;450&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/betteraves-rouges-lacto-fermentees/betteraves2.jpg&#34; width=&#34;600&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, demain, je vérifierai que le niveau de la saumure n&amp;rsquo;a pas baissé, sinon j&amp;rsquo;en rajoute : en fait, à cause de la fermentation, il est probable qu&amp;rsquo;il y ait un petit débordement de la saumure, il faut donc d&amp;rsquo;une part les poser sur une plaque protectrice pour ne pas tâcher l&amp;rsquo;étagère (!), et éventuellement remettre à niveau . Ensuite, on conserve sept jours à température ambiante, puis on stocke deux semaines entre 15 et 20°C. À partir de là, je peux le conserver ainsi pendant un an ou plus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais je pense qu&amp;rsquo;au bout des trois semaines, je goûterai ça rapidement. Comme l&amp;rsquo;idée est d&amp;rsquo;en manger un peu chaque jour, ce sera donc une petite salade de betteraves arrosées d&amp;rsquo;un filet d&amp;rsquo;huile d&amp;rsquo;olive, ou mélangées à un peu de crème fraîche en entrée !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a bien un truc qui m&amp;rsquo;a posé problème, alors voilà la réponse : dans le bouquin, il est indiqué de s&amp;rsquo;équiper, en sus des bocaux en verre avec joints de caoutchouc :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Des disques en verre ou des petites soucoupes pour servir de poids et garder les légumes immergés (Un sac de congélation rempli d&amp;rsquo;eau et bien fermé conviendra aussi).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Des disque en verre, je ne voyais pas trop ou trouver ça ! Pour cette première, j&amp;rsquo;ai trouvé dans un magasin des tout petits pots en verre que j&amp;rsquo;ai pu mettre dans les deux bocaux, mais ça me travaillait&amp;hellip; En fait, il y a &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://nicrunicuit.com/aide/conseils/le-poids-dans-le-bocal/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cette page&lt;/a&gt; sur le site qui donne des alternatives intéressantes, et surtout ce bon vieil &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.pyrex.fr/ebullison.html&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;anti-monte-lait&lt;/a&gt;&amp;rdquo; que l&amp;rsquo;on utilisait dans mon enfance pour faire chauffer le lait dans la casserole, qui fait office de &amp;ldquo;disque en verre&amp;rdquo; ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ferai une petite mise à jour de cet article dans 3 semaines, pour vous dire si c&amp;rsquo;est une réussite&amp;hellip; ou pas !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Info&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc voilà le retour : c&amp;rsquo;était très bon, on retrouve un peu le goût de la fermentation que l&amp;rsquo;on a dans le chou de la choucroute, mais avec le goût de la betterave bien sûr ; le mariage est excellent. J&amp;rsquo;ai dégusté les deux pots rapidement, en préparant une petit entrée le midi, avec des cerneaux de noix et un filet d&amp;rsquo;huile d&amp;rsquo;olive&amp;hellip; Délicieux !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La peste - Albert Camus</title>
            <link>https://pled.fr/la-peste-albert-camus/</link>
            <pubDate>Fri, 16 Mar 2018 16:28:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-peste-albert-camus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La peste - Albert Camus&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lapeste.jpg#floatleft&#34;&gt;Lire ou relire un classique ne fait jamais de mal, et si Albert Camus en est l&amp;rsquo;auteur, on est rarement déçu. Même si comme dans ce cas, le sujet semble à priori morbide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous voici donc à Oran, dans les années 40, et la ville ne va pas tarder à être &amp;ldquo;fermée&amp;rdquo; à cause de la peste ; nous allons suivre le docteur Rieux dans sa lutte contre la maladie, et surtout la réaction des gens face à ce fléau. Le mystère plane sur l&amp;rsquo;identité du narrateur, qui ne veut pas se dévoiler&amp;hellip; Il faudra attendre les dernières pages pour le savoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Camus va nous faire suivre ce combat quotidien contre un ennemi qui semble invincible. La ville va se transformer, comme les gens, le temps semble si long (l&amp;rsquo;épidémie durera environ neuf mois) que même l&amp;rsquo;espoir disparaît. Seul reste le devoir de soigner&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est remarquablement bien écrit, et le lecteur est vite pris par cette chronique au jour le jour. Les personnages qui entourent le docteur Rieux vont aussi façonner le récit. Le texte se lit très facilement, même si les idées exprimées sont d&amp;rsquo;une grande profondeur, et empreintes d&amp;rsquo;une grande humanité. Les faits sont eux parfois terribles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parmi les personnages du roman, il y a un certain Cottard, trafiquant au bout du rouleau qui vient de louper sa tentative de suicide, va retrouver une certaine envie de vivre, en quelque sorte heureux de voir que personne n&amp;rsquo;est épargné (il n&amp;rsquo;est plus le seul à risquer de mourir). De plus, la police semble l&amp;rsquo;avoir oublié, ce qui lui permet de reprendre ses trafics et de gagner de l&amp;rsquo;argent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mr Grand, son voisin et sauveur, est un brave homme, fonctionnaire qui se voudrait écrivain. Il bute sur la première phrase d&amp;rsquo;un roman qu&amp;rsquo;il voudrait parfait : tous les soirs, après sa journée de travail, il la réécrit jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;obsession. Il trouvera le temps pour faire partie des bénévoles qui vont aider à contrôler autant que faire se peut l&amp;rsquo;épidémie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est Tarrou qui mettra en place ces formations de bénévoles. Un peu mystérieux au début, semblant revenu de tout, il deviendra l&amp;rsquo;ami de Rieux, et lui racontera son histoire : fils d&amp;rsquo;un procureur qui a requis la peine capitale, qui n&amp;rsquo;est pour lui qu&amp;rsquo;un assassinat, il quitte sa famille et s&amp;rsquo;engage en politique, luttant dans différents pays d&amp;rsquo;Europe pour une société plus juste ; jusqu&amp;rsquo;à se rendre compte que cette idéologie est elle aussi capable de condamner à mort pour amener un monde où il n&amp;rsquo;y aurait plus à le faire&amp;hellip; (claire allusion au communisme). Sa désillusion sur l&amp;rsquo;Homme est alors totale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;intention du narrateur n&amp;rsquo;est cependant pas de donner à ces formations sanitaires plus d&amp;rsquo;importance qu&amp;rsquo;elles n&amp;rsquo;en eurent. À sa place, il est vrai que beaucoup de nos concitoyens céderaient aujourd&amp;rsquo;hui à la tentation d&amp;rsquo;en exagérer le rôle. Mais le narrateur est plutôt tenté de croire qu&amp;rsquo;en donnant trop d&amp;rsquo;importance aux belles actions, on rend finalement un hommage indirect et puissant au mal. Car on laisse supposer alors que ces belles actions n&amp;rsquo;ont tant de prix que parce qu&amp;rsquo;elles sont rares et que la méchanceté et l&amp;rsquo;indifférence sont des moteurs bien plus fréquents dans les actions des hommes. C&amp;rsquo;est là une idée que la narrateur ne partage pas. Le mal qui est dans le monde vient presque toujours de l&amp;rsquo;ignorance, et la bonne volonté peut faire autant de dégâts que la méchanceté, si elle n&amp;rsquo;est pas éclairée. Les hommes sont plutôt bons que mauvais, et en vérité ce n&amp;rsquo;est pas la question. Mais ils ignorent plus ou moins, et c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;on appelle vertu ou vice, le vice le plus désespérant étant celui de l&amp;rsquo;ignorance qui croit tout savoir et qui s&amp;rsquo;autorise alors à tuer. L&amp;rsquo;âme du meurtrier est aveugle et il n&amp;rsquo;y a pas de vraie bonté ni de bel amour sans toute la clairvoyance possible.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La ville change, les gens aussi&amp;hellip; Le Dr Rieux doit faire appliquer les mises en quarantaine décrétées aux premiers symptômes de la maladie ; chacun attend  un diagnostic clément, refusant parfois l&amp;rsquo;évidence. Même les enterrements changent, de manière terrible : on passe de l&amp;rsquo;individuel avec cercueil (mais avec une cérémonie abrégée), au collectif avec réutilisation des cercueils, puis à la fosse commune et à la chaux vive. Ceux employés à ce travail sont décimés, mais le chômage aidant, on trouvera toujours des remplaçants :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pour toutes ces opérations, il fallait du personnel et l&amp;rsquo;on était toujours à la veille d&amp;rsquo;en manquer. Beaucoup de ces infirmiers et de ces fossoyeurs d&amp;rsquo;abord officiels, puis improvisés, moururent de la peste. Quelque précaution que l&amp;rsquo;on prît, la contagion se faisait un jour. Mais à y bien réfléchir, le plus étonnant fut qu&amp;rsquo;on ne manqua jamais d&amp;rsquo;hommes pour faire ce métier, pendant tout le temps de l&amp;rsquo;épidémie. La période critique se plaça peu avant que la peste eût atteint son sommet et les inquiétudes du docteur Rieux étaient alors fondées. Ni pour les cadres ni pour ce qu&amp;rsquo;il appelait les gros travaux, la main-d&amp;rsquo;œuvre n&amp;rsquo;était suffisante. Mais, à partir du moment où la peste se fut réellement emparée de toute la ville, alors son excès même entraîna des conséquences bien commodes, car elle désorganisa toute la vie économique et suscita ainsi un nombre considérable de chômeurs. Dans la plupart des cas, ils ne fournissaient pas de recrutement pour les cadres, mais quant aux basses œuvres, elles s&amp;rsquo;en trouvèrent facilitées. À partir de ce moment, en effet, on vit toujours la misère se montrer plus forte que la peur, d&amp;rsquo;autant que le travail était payé en fonction des risques. Les services sanitaires purent disposer d&amp;rsquo;une liste de solliciteurs et, dès qu&amp;rsquo;une vacance venait de se produire, on avisait les premiers de la liste qui, sauf si dans l&amp;rsquo;intervalle ils étaient entrés eux aussi en vacances, ne manqueraient pas de se présenter. C&amp;rsquo;est ainsi que le préfet qui avait longtemps hésité à utiliser les condamnés, à temps ou à vie, pour ce genre de travail, put éviter d&amp;rsquo;en arriver à cette extrémité. Aussi longtemps qu&amp;rsquo;il y aurait des chômeurs, il était d&amp;rsquo;avis qu&amp;rsquo;on pouvait attendre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;abattement dans la population, tout le monde est concerné, pris dans ce quotidien terrible, on ne parle plus d&amp;rsquo;avenir, seul le présent compte. Puis il y a Rambert, un journaliste de Paris pris au piège dans cette ville, et qui dans un premier temps n&amp;rsquo;a pensé qu&amp;rsquo;à s&amp;rsquo;enfuir (demandant de l&amp;rsquo;aide à Cottard) : sa fiancée l&amp;rsquo;attend dans la capitale&amp;hellip; Il finira par se proposer comme volontaire aux &amp;ldquo;formations sanitaires&amp;rdquo; de bénévoles :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un moment après, Rambert et Rieux s&amp;rsquo;installaient à l&amp;rsquo;arrière de la voiture du docteur. Tarrou conduisait.&#xA;– Plus d&amp;rsquo;essence, dit celui-ci en démarrant. Demain, nous irons à pied.&#xA;– Docteur, dit Rambert, je ne pars pas et je veux rester avec vous.&#xA;Tarrou ne broncha pas. Il continuait de conduire. Rieux semblait incapable d&amp;rsquo;émerger de sa fatigue.&#xA;– Et elle ? dit-il d&amp;rsquo;une voix sourde.&#xA;Rambert dit qu&amp;rsquo;il avait encore réfléchit, qu&amp;rsquo;il continuait à croire ce qu&amp;rsquo;il croyait, mais que s&amp;rsquo;il partait, il aurait honte. Cela le gênerait pour aimer celle qu&amp;rsquo;il avait laissée. Mais Rieux se redressa et dit d&amp;rsquo;un voix ferme que cela était stupide et qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y avait pas de honte à préférer le bonheur.&#xA;– Oui, dit Rambert, mais il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul.&#xA;Tarrou, qui s&amp;rsquo;était tu jusque là, sans tourner la tête vers eux, fit remarquer que si Rambert voulait partager le malheur des hommes, il n&amp;rsquo;aurait plus jamais de temps pour le bonheur. Il fallait choisir.&#xA;– Ce n&amp;rsquo;est pas cela, dit Rambert. J&amp;rsquo;ai toujours pensé que j&amp;rsquo;étais étranger à cette ville et que je n&amp;rsquo;avais rien à faire avec vous. Mais maintenant que j&amp;rsquo;ai vu ce que j&amp;rsquo;ai vu, je sais que je suis d&amp;rsquo;ici, que je le veuille ou non. Cette histoire nous concerne tous.&#xA;Personne ne répondit et Rambert parut s&amp;rsquo;impatienter.&#xA;– Vous le savez bien d&amp;rsquo;ailleurs ! Ou sinon que feriez-vous dans cet hôpital ? Avez-vous donc choisi, vous, et renoncé au bonheur ?&#xA;Ni Rieux ni Tarrou ne répondirent encore. Le silence dura longtemps, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;on approchât de la maison du docteur. Et Rambert, de nouveau, posa sa dernière question, avec plus de force encore. Et, seul, Rieux se tourna vers lui. Il se souleva avec effort :&#xA;– Pardonnez-moi, Rambert, dit-il, mais je ne le sais pas. Restez avec nous puisque vous le désirez.&#xA;Une embardée de l&amp;rsquo;auto le fit taire. Puis il reprit en regardant devant lui :&#xA;– Rien au monde ne vaut qu&amp;rsquo;on se détourne de ce qu&amp;rsquo;on aime. Et pourtant je m&amp;rsquo;en détourne, moi aussi, sans que je puisse savoir pourquoi.&#xA;Il se laissa retomber sur son coussin.&#xA;– C&amp;rsquo;est un fait, voilà tout, dit-il avec lassitude. Enregistrons-le et tirons-en les conséquences.&#xA;– Quelles conséquences ? demanda Rambert.&#xA;– Ah ! dit Rieux, on ne peut pas en même temps guérir et savoir. Alors guérissons le plus vite possible. C&amp;rsquo;est le plus pressé.&#xA;À minuit, Tarrou et Rieux faisaient à Rambert le plan du quartier qu&amp;rsquo;il était chargé de prospecter, quand Tarrou regarda sa montre. Relevant la tête, il rencontra le regard de Rambert.&#xA;– Avez-vous prévenu ?&#xA;Le journaliste détourna les yeux :&#xA;– J&amp;rsquo;avais envoyé un mot, dit-il avec effort, avant d&amp;rsquo;aller vous voir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le premier essai du sérum mis au point est un échec : l&amp;rsquo;agonie de l&amp;rsquo;enfant du juge est poignante. La peste évolue et devient pulmonaire. La Toussaint arrive, pour se rendre compte que le rapport aux morts est différent : on y pense tous les jours au lieu d&amp;rsquo;une fois par an ! En Janvier, la peste semble marquer enfin  le pas : Grand est sauvé par le sérum. Puis les rats et les chats réapparaissent, le sérum rencontre enfin quelques succès.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais dans l&amp;rsquo;ensemble, l&amp;rsquo;infection reculait sur toute la ligne et les communiqués de la préfecture, qui avaient d&amp;rsquo;abord fait naître une timide et secrète espérance, finirent par confirmer, dans l&amp;rsquo;esprit du public, la conviction que la victoire était acquise et que la maladie abandonnait ses positions. À la vérité, il était difficile de décider qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;une victoire. On était obligé seulement de constater que la maladie semblait partir comme elle était venue. La stratégie qu&amp;rsquo;on lui opposait n&amp;rsquo;avait pas changé, inefficace hier et, aujourd&amp;rsquo;hui, apparemment heureuse. On avait seulement l&amp;rsquo;impression que la maladie s&amp;rsquo;était épuisée elle-même ou peut-être qu&amp;rsquo;elle se retirait après avoir atteint tous ses objectifs. En quelque sorte, son rôle était fini.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tarrou sera atteint à son tour, alors que tout va mieux. Dans sa lente agonie, il supporte la douleur stoïquement, se forcant à sourire dès qu&amp;rsquo;il croise le regard de la mère de Rieux qui le veille. La vie reprend, les gens retrouvent la joie, mais Rieux sait que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu&amp;rsquo;il peut rester endormi des dizaines d&amp;rsquo;années dans les meubles et le linge&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans d&amp;rsquo;Albert Camus sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7041&#34; &gt;Journaux de voyage&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6987&#34; &gt;Le premier homme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Camus&#34;  title=&#34;Albert Camus sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Albert Camus&lt;/a&gt; (1913-1960) est un écrivain, philosophe, dramaturge français, né en Algérie. Il est aussi journaliste engagé dans  la Résistance française durant la seconde guerre mondiale, et proche des courants libertaires dans les combats moraux de l’après-guerre. Ce livre a reçu le prix des critiques dès sa parution.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Face au vent - Jim Lynch</title>
            <link>https://pled.fr/face-au-vent-lynch/</link>
            <pubDate>Mon, 12 Mar 2018 11:00:22 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Face au vent - Jim Lynch&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;faceauvent.jpg#floatleft&#34;&gt;De passage à Puteaux en début d&amp;rsquo;année, je suis retourné voir mon ancien libraire ; et il m&amp;rsquo;a vendu ce livre comme &amp;ldquo;le livre de l&amp;rsquo;année&amp;rdquo;&amp;hellip; Je lui ai fait remarquer que l&amp;rsquo;on était en janvier, mais il a maintenu son jugement ! ;-) Je ne peux malheureusement confirmer son choix, comme quoi en littérature comme ailleurs, les goûts et les couleurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu du mal à accrocher dès le début, trouvant la présentation de la famille Johannssen un peu longue&amp;hellip; Famille de marins, un grand-père qui a dessiné de superbes bateaux aujourd&amp;rsquo;hui dépassés, et un père qui les construit mais qui peine à joindre les deux bouts. Ce dernier a surtout un tempérament très autoritaire, et les trois enfants grandissants vont se rebeller contre cette autorité, chacun à leur manière. La mère, admiratrice d&amp;rsquo;Einstein jusqu&amp;rsquo;à la folie, est au-dessus de tout ça&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faudra attendre la page 130 pour que nous soit révélé le premier événement déclencheur, à savoir l&amp;rsquo;éclatement de la famille jusque là soudée : Josh le narrateur part travailler dans un atelier de bateaux plus au sud ; Ruby, sa sœur ne passe pas la ligne d&amp;rsquo;arrivée lors d&amp;rsquo;une régate (avec une référence à Moitessier !), et son frère Bernard disparaît pour vivre une vie aventureuse. La mère part quant à elle enseigner à Atlanta.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Josh nous présente donc sa famille par touches successives, et leur amour de la voile : le style en est parfois heurté, avec de petits paragraphes collés les uns aux autres, sans liens particuliers, rendant la lecture peu agréable. Tout cela dessine une famille de personnages tous plus excentriques les uns que les autres (sauf Josh qui a l&amp;rsquo;air à peu près normal), et tous passionnés de voile, ce qui rend aussi certaines pages difficiles si ce domaine vous est étranger.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage central de l&amp;rsquo;histoire est finalement Ruby, fille hyper douée, sans doute trop à mon goût pour être crédible : elle a un don pour deviner la moindre brise de vent, mais aussi pour soulager toutes sortes de maux par imposition des mains, et j&amp;rsquo;en oublie certainement d&amp;rsquo;autres. Quant au dénouement final, pour tragique qu&amp;rsquo;il soit, il est finalement assez classique, empreint de rédemption, à l&amp;rsquo;américaine&amp;hellip; Déception donc, mais le libraire avait mis la barre trop haut !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Jim_Lynch_%28writer%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jim Lynch&lt;/a&gt;, né en 1961, est un auteur américain auteur de quatre romans. &lt;em&gt;À vol d&amp;rsquo;oiseau&lt;/em&gt; (Border Songs) a l&amp;rsquo;air de mériter le détour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Maître de Ballantrae - Stevenson</title>
            <link>https://pled.fr/le-maitre-de-ballantrae-stevenson/</link>
            <pubDate>Wed, 21 Feb 2018 15:32:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-maitre-de-ballantrae-stevenson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le Maître de Ballantrae - Stevenson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ballantrae.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en regardant un téléfilm que j&amp;rsquo;ai aperçu ce livre ! Un type arrivait dans une ferme occupée par des militants anti-système pour s&amp;rsquo;y planquer, et une jeune femme lui prêtait ce livre&amp;hellip; J&amp;rsquo;imaginais une sorte de livre culte, par l&amp;rsquo;auteur de &amp;ldquo;L&amp;rsquo;île au trésor&amp;rdquo; et de &amp;ldquo;L&amp;rsquo;étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finalement tomber sur un bon roman, très typé par le genre de littérature de l&amp;rsquo;époque (1889) : un style très classique, un peu ampoulé qui de nos jours semble un peu suranné. Même si le fond de l&amp;rsquo;histoire est assez sombre, cela reste une littérature pour adolescent je trouve. Autre remarque, la préface d&amp;rsquo;Alain Jumeau dévoile l&amp;rsquo;essentiel de l&amp;rsquo;intrigue, il vaut mieux la passer et la lire après le roman&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;essentiel de la narration est assurée par le fidèle intendant Mackellar, parfois très énervant par son mode d&amp;rsquo;expression, ses manières et ses réserves ; elle est aussi parfois confiée à un autre personnage &amp;ldquo;par souci d&amp;rsquo;authenticité&amp;rdquo;&amp;hellip; Ce jeu narratif de l&amp;rsquo;auteur (encensé par certains) ne m&amp;rsquo;a pas du tout convaincu. Sinon, l&amp;rsquo;histoire repose sur l&amp;rsquo;antagonisme entre deux frères : James, l&amp;rsquo;aîné, le Maître de Ballantrae, aventurier sans scrupules, mais charmeur et très habile ; et Henri, le cadet, sérieux, honnête, mais mal-aimé&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;Histoire (une guerre civile) amène James a cédér son titre et ses biens à son frère cadet pour partir combattre du côté des insurgés. Il a hélas choisi le mauvais camp, et s&amp;rsquo;il survit, il doit s&amp;rsquo;exiler. Mais il n&amp;rsquo;aura de cesse de revenir harceler son frère jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;issue finale. L&amp;rsquo;opposition de caractères des deux frères (et leur évolution) est intéressante ; même Mackellar finit par se laisser séduire un tant soit peu par l&amp;rsquo;éloquence et un côté chevaleresque de James&amp;hellip; Quant à Henri, il va développer une haine farouche contre son frère, jusqu&amp;rsquo;à en perdre la raison semble-t-il. La fin est un peu décevante, voire bâclée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Louis_Stevenson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Louis Stevenson&lt;/a&gt; (1850-1894) est un écrivain écossais et un grand voyageur. Il est reconnu comme auteur de romans d&amp;rsquo;aventures ou de récits fantastiques pour adolescents, mais aussi pour son talent de narrateur, tant pour les moyens utilisés que pour sa maîtrise. Il est aussi l&amp;rsquo;auteur de &lt;strong&gt;Voyage avec un âne dans les Cévennes&lt;/strong&gt; (1879) : aujourd&amp;rsquo;hui cette randonnée de 230 km est connue sous le nom de « chemin de Stevenson » et référencée comme sentier de grande randonnée GR70. À mettre dans le sac à dos avant de partir !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Légende d&#39;un dormeur éveillé - Gaëlle Nohant</title>
            <link>https://pled.fr/legende-dun-dormeur-eveille-gaelle-nohant/</link>
            <pubDate>Wed, 07 Feb 2018 18:19:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/legende-dun-dormeur-eveille-gaelle-nohant/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;dormeureveille.jpg#floatleft&#34;&gt;C&amp;rsquo;était le cadeau d&amp;rsquo;amis pour mon anniversaire, et un très bon choix que cette biographie romancée de Robert Desnos, poète français né en 1900, mort en1945. Et en plus de faire la connaissance de ce personnage plus qu&amp;rsquo;attachant, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion de décrire une époque, et la vie nocturne des &amp;ldquo;Montparnos&amp;rdquo; menant une vie assez dissolue, où l&amp;rsquo;heure était à la liberté, à la fête et à l&amp;rsquo;amour&amp;hellip; avant de rencontrer à nouveau la guerre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;abord très bien écrit, l&amp;rsquo;auteur prend le temps de construire de belles phrases, alors à nous lecteurs de prendre le temps de les savourer. De plus, un bout de poème est parfois inséré entre deux paragraphes, toujours à bon escient, ce qui nous fait découvrir la belle poésie de Robert Desnos.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aurais bien aimé une préface qui nous explique le processus de création, la part romancée, même si quelques lignes de l&amp;rsquo;auteur en fin d&amp;rsquo;ouvrage nous éclaire un peu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il fallait demeurer sur le fil ténu de la fiction tout en demeurant la plus fidèle possible à la vérité de l&amp;rsquo;histoire et des vies de tous les protagonistes. Inventer entre les clous, remplir les blancs, rejoindre la vérité par le biais de la fiction, ou en tout cas une vérité possible. Ce Robert Desnos est le mien, il ne saurait se substituer au vrai ni en épuiser la richesse, mais je veux croire qu&amp;rsquo;il lui ressemble.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc un petit résumé de la vie de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Desnos&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Desnos&lt;/a&gt;, comme je l&amp;rsquo;ai appris de ce roman, et surtout de l&amp;rsquo;époque qu&amp;rsquo;il aura traversé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Desnos est un poète, il vit de piges pour les journaux ou de petits boulots, et fait partie du mouvement surréaliste mené par André Breton. Mais très vite ce sera la rupture, car Breton exclu pour un oui ou un non, et ne supporte pas que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;oppose à lui ; Desnos supporte difficilement cet arbitraire. Quand Breton voudra rejoindre le communisme, ce sera la rupture, avec quelques autres : Georges Bataille, Jacques Prévert, Antonin Artaud pour les plus connus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté cœur, Desnos voue un amour à la chanteuse Yvonne George, qui ne lui rend guère, mais l&amp;rsquo;entraîne sur les chemins de l&amp;rsquo;opium. Yvonne meurt de tuberculose en 1930. Il va alors rencontrer Youki, une femme libre qui ne se contente pas d&amp;rsquo;un seul homme, qui aime la nuit et les fêtes&amp;hellip; mais qui a sa façon aime aussi Robert. Ils resteront ensemble jusqu&amp;rsquo;à la fin. Voici un petit portrait bien dressé par l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Très à l&amp;rsquo;aise dans son rôle de maîtresse de maison, Youki les régale d&amp;rsquo;anecdotes tonitruantes. Elle a le don d&amp;rsquo;extraire la cocasserie d&amp;rsquo;une situation, d&amp;rsquo;en restituer le sel et l&amp;rsquo;étrangeté. Robert espère toujours qu&amp;rsquo;elle ne boira pas trop, car l&amp;rsquo;alcool la déchaîne et ce n&amp;rsquo;est pas du goût de tout le monde. Quant à lui, il n&amp;rsquo;est rien qu&amp;rsquo;il ne lui pardonne. Elle sait effacer d&amp;rsquo;un mot tendre la cruauté de la veille, d&amp;rsquo;un baiser la trahison d&amp;rsquo;un instant. Quand elle est près de lui, elle est là toute entière, dans sa générosité et sa démesure. Elle séduit les hommes en demeurant l&amp;rsquo;amie des femmes. Quand elle est en paix avec elle-même, il est impossible de ne pas l&amp;rsquo;aimer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au début des années 30, c&amp;rsquo;est la dèche, il n&amp;rsquo;y a plus de travail, les conditions de vie sont dure. Puis vient l&amp;rsquo;heure de la radio, avec le feuilleton de Fantômas et la fameuse &amp;ldquo;Complainte de Fantômas&amp;rdquo; qui ponctue chaque épisode. Tout le monde la fredonne, le succès et la popularité sont grands.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient alors 1933, avec la montée des nationalismes : Hitler en Allemagne, mais aussi en France avec les ligues d&amp;rsquo;extrême-droite&amp;hellip; Le gouvernement de Daladier tombe lors d&amp;rsquo;une grosse manif des ligues, il y a plusieurs morts&amp;hellip; Vient la contre manifestation de la gauche, socialistes et communistes se rejoignent coude à coude en un flot immense alors que les appareils politiques restaient sur leurs positions (le parti communiste refusait le rapprochement avec les socialistes). Desnos fait la connaissance de Jean-Louis Barrault à cette époque : ils deviendront de grands amis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis en 1936, Léon Blum se fait agresser par des miliciens, mais est élu avec le Front Populaire. C&amp;rsquo;est alors la guerre d&amp;rsquo;Espagne, Léon Blum ne peut aider les républicains. sinon le FP éclate, et l&amp;rsquo;Angleterre menace de rompre le traité d&amp;rsquo;alliance ! (Blum envoie quand même des armes de manière non officielle). Allemands et italiens ne se gênent pas eux pour armer le général Franco, et plus encore.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la mort du poète Garcia Lorca (qui fait un rêve prémonitoire avec un agneau et des cochons&amp;hellip;). Les ambassadeurs et autres politiciens cherchent à préserver la paix à tout prix. Un autre rêve prémonitoire d&amp;rsquo;une guerre est envoyée à Desnos par une auditrice de la radio&amp;hellip; Et la guerre arrive pour de bon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les choses se dégradent rapidement. Après un accrochage littéraire avec Céline lors de la parution de &amp;ldquo;Les beaux draps&amp;rdquo;, Desnos est rétrogradé dans le journal &amp;ldquo;Aujourd&amp;rsquo;hui&amp;rdquo;, et devient simple rédacteur littéraire. Il est amené à faire des recherches généalogiques pour prouver qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas d&amp;rsquo;origine juive, comme le laisse entendre Céline.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il devient difficile de trouver de la nourriture, l&amp;rsquo;armée allemande occupe la ville, et certains amis choisissent de passer en zone libre. Desnos lui reste et va s&amp;rsquo;engager peu à peu dans la résistance, d&amp;rsquo;abord de manière passive (aidant à fournir de faux papiers, transmettant des renseignements), puis en participant au service &amp;ldquo;action&amp;rdquo;. Il est finalement arrêté ; pourtant prévenu de l&amp;rsquo;arrivée de la Gestapo, il ne tente pas de fuir pour protéger Youki.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À ce moment, la narration du roman change, et c&amp;rsquo;est Youki, à la première personne qui va nous raconter la suite, jusqu&amp;rsquo;à la fin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le plus dur pour elle est de ne rien savoir : où est-il interrogé (rue des Saussaies), dans quelle prison est-il placé (à Fresnes), puis quel camp (Fontainebleau)&amp;hellip; Youki prend des risques pour le savoir, et tente tout ce qu&amp;rsquo;elle peut pour le faire libérer. Elle croit bien y parvenir en obtenant que Robert soit retiré de la liste qui doit partir en déportation. Mais Alain Lambreaux, un journaliste collabo et antisémite, l&amp;rsquo;apprend et intervient personnellement pour qu&amp;rsquo;il soit finalement déporté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il survivra à la guerre, mais mourra peu de temps après, affaibli et malade du typhus, alors que la Croix Rouge essaie de soigner les survivants du camp, où Desnos n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une matricule et un squelette ambulant ; jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;un étudiant tchèque, Joseph Stuna, tombe sur son nom en consultant la liste des malades. Il connaît le mouvement surréaliste ; mais il est trop tard, Robert Desnos tombe dans le coma trois jours plus tard. Quand elle apprend la terrible nouvelle, Youki sera soutenue par le noyau dur de ses amis : Paul Éluard, Jean-Louis Barrault et Théodore Fraenkel, alias &amp;ldquo;le Doc&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a vite la larme à l&amp;rsquo;œil en lisant ces dernières pages. C&amp;rsquo;était la vie d&amp;rsquo;un poète éprit de liberté, qui a toujours défendu ses principes au mépris du danger. Sa mort un mois après la libération du camp est terrible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ga%C3%ABlle_Nohant&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gaëlle Nohant&lt;/a&gt;, née en 1973 à Paris, est une écrivaine française. C&amp;rsquo;est son quatrième roman ; le précédent, &lt;em&gt;La part des flammes&lt;/em&gt;, a reçu le prix des Lecteurs du livre de poche 2016.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Plateforme - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/plateforme-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Tue, 30 Jan 2018 17:36:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/plateforme-michel-houellebecq/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Plateforme - Michel Houellebecq&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;plateforme.jpg#floatleft&#34;&gt; Je continue la lecture des romans de Michel Houellebecq, même si j&amp;rsquo;ai été déçu par son dernier livre, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;. &lt;strong&gt;Plateforme&lt;/strong&gt; date de 2001, et paraît après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;, le roman qui l&amp;rsquo;a fait connaître du grand public.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et celui-ci démarre bien, j&amp;rsquo;ai aimé toute la première partie, lorsque Michel part en voyage organisé en Asie avec le club Nouvelles-Frontières. Le personnage principal va même y rencontrer de la femme de sa vie, et même s&amp;rsquo;il faut attendre le retour à Paris pour qu&amp;rsquo;ils se trouvent enfin, l&amp;rsquo;impossible arrive : Michel rencontre le bonheur avec une femme !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois la surprise passée, et quelques pages tournées, la suite de l&amp;rsquo;histoire dérape assez rapidement (sinon, ce ne serait plus du Houellebecq !) : la deuxième partie, axée sur le montage d&amp;rsquo;un système de tourisme sexuel, est carrément décevante. Beaucoup de poncifs sont énoncés comme des lois universelles (les hommes aiment coucher avec des asiatiques, et les femmes préfèrent les noirs&amp;hellip;) sur lesquels l&amp;rsquo;auteur bâtit son raisonnement qui se veut de type sociologique, avec du recul et une hauteur de vue. Or on reste quand même au ras des pâquerettes, et proche des réflexions du beauf&amp;rsquo; moyen.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;avais trouvé le côté sociologique très intéressant, et même fulgurant parfois, autant ici, c&amp;rsquo;est assez décevant, voir nul ! Les musulmans se font (déjà) taper dessus, et (à posteriori) le choix de la Thaïlande comme lieu d&amp;rsquo;attentat est plutôt mal choisi. À noter également des scènes de sexe, aux descriptions assez détaillées, ce que je n&amp;rsquo;avais pas observé dans ses deux premiers romans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc été plutôt déçu dans l&amp;rsquo;ensemble par ce roman : comme toujours, Houellebecq porte une vision très nihiliste du monde (pourquoi pas ?), mais qui me paraît un peu complaisante à la longue. Voilà l&amp;rsquo;un des derniers paragraphes, quand Michel a tout plaqué pour aller finir sa vie à Pattaya :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;au bout je resterai un enfant de l&amp;rsquo;Europe, du souci et de la honte ; je n&amp;rsquo;ai aucun message d&amp;rsquo;espérance à délivrer. Pour l&amp;rsquo;Occident je n&amp;rsquo;éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l&amp;rsquo;égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l&amp;rsquo;exporter.&#xA;Le soir tombe, les guirlandes multicolores s&amp;rsquo;allument aux devantures des &lt;em&gt;beer bars&lt;/em&gt;. Les seniors allemands s&amp;rsquo;installent, posent une main épaisse sur la cuisse de leur jeune compagne. Plus que tout autre peuple ils connaissent le souci et la honte, ils éprouvent le besoin de chairs tendres, d&amp;rsquo;une peau douce et indéfiniment rafraîchissante. Plus que tout autre peuple, ils connaissent le désir de leur propre anéantissement. Il est rare qu&amp;rsquo;on rencontre chez eux cette vulgarité pragmatique et satisfaite des touristes anglo-saxons, cette manière de comparer sans cesse les prestations et les prix. Il est rare également qu&amp;rsquo;ils fassent de la gymnastique, qu&amp;rsquo;ils entretiennent leur propre corps. En général ils mangent trop, boivent trop de bière, font de la mauvaise graisse ; la plupart mourront sous peu. Ils sont souvent amicaux, aiment à plaisanter, à offrir des tournées, à raconter des histoires ; leur compagnie pourtant est apaisante et triste.&#xA;La mort, maintenant, je l&amp;rsquo;ai comprise ; je ne crois pas qu&amp;rsquo;elle me fera beaucoup de mal. J&amp;rsquo;ai connu la haine, le mépris, la décrépitude et différentes choses ; j&amp;rsquo;ai même connu de brefs moments d&amp;rsquo;amour. Rien ne survivra de moi, et je ne mérite pas que rien me survive ; j&amp;rsquo;aurai été un individu médiocre, sous tous ses aspects.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans du même auteur sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18704&#34; &gt;Anéantir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Houellebecq&#34;  title=&#34;Michel Houellebecq sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt; (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Route d&#39;Oxiane - Robert Byron</title>
            <link>https://pled.fr/route-doxiane-robert-byron/</link>
            <pubDate>Mon, 15 Jan 2018 17:32:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/route-doxiane-robert-byron/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Route d’Oxiane - Robert Byron&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;routedoxiane.jpg#floatleft&#34;&gt; La PBP (Petite Bibliothèque Payot) a changé ses belles couvertures granulées pour un simple carton glacé, et c&amp;rsquo;est bien dommage ! Heureusement, l&amp;rsquo;essentiel est le contenu, et pour ce récit de voyage, je n&amp;rsquo;ai pas été déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Oxiane fait référence à une ancienne région le long de la frontière au nord de l&amp;rsquo;Afghanistan, également appelée &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bactriane&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bactriane&lt;/a&gt;. Dans ce récit, l&amp;rsquo;auteur nous raconte essentiellement son voyage en Iran, puis en Afghanistan. Nous sommes en 1933, les conditions de voyage sont parfois difficiles, que ce soit l&amp;rsquo;hébergement, l&amp;rsquo;état des routes (s&amp;rsquo;il y en a), les conditions climatiques (en hiver, on ne passe pas partout), la situation politique, ou tout simplement la dangerosité de la région (bandits).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela m&amp;rsquo;a assez vite rappelé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2009&#34; &gt;L&amp;rsquo;usage du monde de Nicolas Bouvier&lt;/a&gt;, garantie de qualité pour un tel récit de voyage. Ici, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;intéresse principalement aux origines de l&amp;rsquo;architecture islamique, et j&amp;rsquo;avais peur que cela ne prenne trop de place dans le récit. Mais non, il y a bien quelques pages parfois &amp;ldquo;dédiées&amp;rdquo; au sujet, mais pour le reste, c&amp;rsquo;est vraiment l&amp;rsquo;aventure au quotidien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Iran, où il est dangereux de parler du Shah en public, il décide alors de l&amp;rsquo;appeler Marjoribanks tout le long du roman, au cas où ses notes seraient lues. Il s&amp;rsquo;agit en fait de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Reza_Chah&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Reza Chah&lt;/a&gt;, qui modernise son pays à grands pas, très dur avec les religieux, ce qui ne le rend pas forcément très populaire. On sait ce qui arriva à son fils qui lui succéda&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a aussi des passages à propos de l&amp;rsquo;histoire des dynasties qui se sont succédées dans cette région du monde, comme celle de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Goharshad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Goharchad&lt;/a&gt;, au XVe siècle, la femme de l&amp;rsquo;empereur de l&amp;rsquo;empire Timuride, qui marqua son époque par son amour des arts et son destin. Ainsi le voyage se fait dans le temps mais aussi dans l&amp;rsquo;espace, passant par exemple à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Balkh&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Balkh&lt;/a&gt;, la mère de toutes les cités, et détruite par Gengis Khan, puis par les bolchevicks.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très bon livre de voyage donc, un livre culte selon le quatrième de couverture&amp;hellip; Voilà quelques extraits pour vous faire une idée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte est plaisant à lire, les paysages somptueux, ce qui n&amp;rsquo;empêche pas un humour très british, comme cette &amp;ldquo;rencontre&amp;rdquo; à Kala Julk :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De petits nuages brillent dans le bleu. Nous accédons, par de lentes pentes, à un paysage d&amp;rsquo;ondulations brunâtres marquetées de labours rouges et noirs, qui abrite dans ses replis des villages fortifiés gris puis va se briser sur les montagnes lointaines en vagues de collines striées de rose et de citron découvrant, plus loin encore, des rangs pressés de dentelures mauves. Les pics jumeaux de Tabriz nous accompagnent, et une nuée de papillons jaunes nous fait escorte. Loin en bas, un cavalier approche. &amp;ldquo;La paix soit avec vous.&amp;rdquo; &amp;ldquo;La paix soit avec vous.&amp;rdquo; Clip, clop, clip, clop, clip, clop&amp;hellip; Nous voici seuls à nouveau.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les tracasseries administratives peuvent durer des heures voir des jours. Ainsi pour obtenir l&amp;rsquo;acte de propriété d&amp;rsquo;une voiture :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au terme d&amp;rsquo;une heure d&amp;rsquo;âpres palabres, j&amp;rsquo;entrevis la possibilité de l&amp;rsquo;avoir le lendemain matin. Je me présentai donc le lendemain matin – et l&amp;rsquo;on me dit à nouveau : trois jours. Mais cette fois, étant seul, je me trouvais en position de force, du fait que je parlais suffisamment de persan pour dire ce que je voulais, mais pas assez pour comprendre un refus. Une fois encore, nous allâmes en troupe voir l&amp;rsquo;officier de l&amp;rsquo;autre côté de la rue. On se répandit de pièce en pièce. Le téléphone crachota : le document était né.&#xA;Tout cela, permettez-moi de le dire, n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une bribe, un mince échantillon de ce que fut ma vie durant ces quatre jours.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa première tentative pour aller à Kaboul (de Téhéran), se révélera un échec : voyage difficile, diarrhée puis dysenterie, jambe infectée et toute enflée, l&amp;rsquo;hiver qui arrive et la route qui devient impraticable. Il doit faire demi-tour et va en profiter pour découvrir le sud de la Perse. Retour à Mechhed et à la civilisation :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À l&amp;rsquo;hôpital américain, on appliqua des ventouses sur ma jambe. Le lendemain matin, à mon réveil, éprouvant le contact de draps propres sur mon menton et trouvant à côté de moi mon petit-déjeuner servi sur un plateau, je me pris à rêver d&amp;rsquo;un monde oublié.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours à Mechhed, où il y a une sorte de foyer d&amp;rsquo;accueil pour les réfugiés russes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;émigration clandestine russe en Perse se fait au rythme d&amp;rsquo;un millier de personnes par an. La plupart de ces gens n&amp;rsquo;ont aucune opposition de principe au système bolchevique : ils veulent simplement manger à leur faim. Si ce qu&amp;rsquo;ils disent est vrai, des monceaux de carapaces de tortues cernent à certains endroits les habitations ouvrières (la tortue est leur nourriture de base) ; rien d&amp;rsquo;étonnant dès lors qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;encourage pas les étrangers à visiter l&amp;rsquo;Asie centrale russe.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dialogue surréaliste à propos d&amp;rsquo;une escorte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Ne croyez-vous pas, me demanda candidement le Raïs-é-Amniya, qu&amp;rsquo;il vous faudrait une escorte pour aller à Firouzabad ?&#xA;- Je m&amp;rsquo;en remets pour cela à l&amp;rsquo;avis de Votre Éminence.&#xA;- Je pense qu&amp;rsquo;il vous en faudrait une. Un homme vous suffirait-il ?&#xA;- Sans aucun doute. Je ne suis pas millionnaire, je n&amp;rsquo;aurais pas de quoi louer des chevaux pour un escadron.&#xA;- Naturellement. Qui est millionnaire de nos jours ? Cinq hommes suffiront, j&amp;rsquo;imagine. Naturellement, ils monteront tous des chevaux de l&amp;rsquo;État : ce n&amp;rsquo;est pas ça qui manque. Et cela pourrait faciliter les choses si vous preniez un officier dans l&amp;rsquo;auto jusqu&amp;rsquo;à Kavar. Il s&amp;rsquo;occuperait là-bas de vos chevaux. Je vais lui dire de passer à votre hôtel à cinq heures pour régler tous les détails.&#xA;- Votre Éminence est trop aimable. Mais ne pourrait-il passer à huit heures au lieu de cinq, car je sors pour le thé ?&#xA;- Certainement. Vos désirs sont des ordres. Je lui dirai de passer à sept.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de l&amp;rsquo;inconfort :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Thrush, un maître d&amp;rsquo;école, part aussi pour Kaboul, par la route du Sud. Il a déclaré à l&amp;rsquo;ambassade qu&amp;rsquo;il avait soif d&amp;rsquo;aventures : Shir Ahmad, avec son obligeance coutumière, lui a alors suggéré de se faire passer pour espion russe, et d&amp;rsquo;échapper ensuite in extremis au peloton d&amp;rsquo;exécution en produisant une lettre de lui, Shir Ahmad, se ferait un plaisir de rédiger pour cette occasion.&#xA;Christopher et moi sommes tombés sur l&amp;rsquo;individu ce matin, alors que nous discutions des moyens à mettre en uvre pour effectuer ce voyage dans des conditions  de confort acceptables. Il nous a dit qu&amp;rsquo;il préférait l&amp;rsquo;inconfort, que sa personnalité s&amp;rsquo;épanouissait dans l&amp;rsquo;inconfort. Je connais ces gens-là : quand ils viennent agoniser dans vos bras, ils ne peuvent s&amp;rsquo;en prendre qu&amp;rsquo;à eux, et à eux seuls.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu plus loin sur la route, des nouvelles de Thrush :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le retard pris à Kariz a eu un effet bénéfique : Thrush est entre-temps parti pour Kandahar, laissant dans le livre d&amp;rsquo;or de Seyid Mahmoud une inscription disant que son établissement était, eu égard aux normes européennes, tout à fait consternant, mais que, rapporté aux normes afghanes, il ne souffrait aucune critique.  Voilà l&amp;rsquo;homme dont la personnalité d&amp;rsquo;épanouit dans l&amp;rsquo;inconfort.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Découverte de la steppe :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Après quelques kilomètres sur la route de Bandar-é-Shah, nous avons pris, sur la droite, une piste bordée d&amp;rsquo;échaliers. De hauts roseaux masquaient tout à la vue. Et soudain, tel un bateau quittant un estuaire, nous débouchâmes dans la steppe – un éblouissant, un aveuglant océan verdoyant. Je n&amp;rsquo;avais encore jamais vu cette quantité de vert. Dans les autres verts – vert d&amp;rsquo;émeraude, de jade ou de malachite, vert profond et tranché de la jungle du Bengale, vert frais et triste de l&amp;rsquo;Irlande, vert salade des vignobles méditerranéens, vert plein et épanoui des hêtres anglais en été – il y a toujours, en sous-dominante, une trace de bleu ou de jaune. Mais ici, c&amp;rsquo;était le vert dans son essence pure et inaltérable – couleur de la vie même. Le soleil était doux et tiède, les alouettes chantaient au-dessus de nos têtes. Derrière nous s&amp;rsquo;élevait le bleu brumeux, alpin, des pentes boisées de l&amp;rsquo;Alborz. Devant, l&amp;rsquo;incandescente verdure s&amp;rsquo;étirait jusqu&amp;rsquo;aux confins de la terre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Byron&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Byron&lt;/a&gt; (1905-1941) est un écrivain britannique, auteur principalement de récits de voyage. Il participa activement aux fêtes des &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bright_Young_People&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bright Young Things&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, était particulièrement intéressé par l&amp;rsquo;architecture, et l&amp;rsquo;art en général, des pays traversés.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tous les hommes du Roi - Robert Penn Warren</title>
            <link>https://pled.fr/tous-les-hommes-du-roi-robert-penn-warren/</link>
            <pubDate>Thu, 04 Jan 2018 10:31:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tous-les-hommes-du-roi-robert-penn-warren/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Tous les hommes du Roi - Robert Penn Warren&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tousleshommesduroi.jpg#floatleft&#34;&gt;Troisième livre publié dans cette très belle collection (après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9751&#34; &gt;Et quelques fois j&amp;rsquo;ai comme un grande idée de Ken Kesey&lt;/a&gt; puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11103&#34; &gt;Personne ne gagne de Jack Black&lt;/a&gt;) ; je l&amp;rsquo;ai acheté en toute confiance : hormis la beauté de l&amp;rsquo;objet, cette collection s&amp;rsquo;attache à publier (ou republier) des chefs-d&amp;rsquo;œuvres de la littérature américaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre original de ce roman est &lt;em&gt;All the King&amp;rsquo;s men,&lt;/em&gt; initialement traduit par &lt;em&gt;Les fous du Roi&lt;/em&gt; en français dans les précédentes éditions, aujourd&amp;rsquo;hui épuisées. On passe donc à une traduction littérale&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Willie Stark, un politicien populiste, fils de fermier, corrompu certes mais qui réalise des choses pour le peuple : construction de routes, d&amp;rsquo;écoles, d&amp;rsquo;hôpitaux. Un personnage qui a le don de galvaniser les foules par ses discours, et qui ne s&amp;rsquo;embarrasse pas de scrupules pour arriver à ses fins, utilisant finalement les mêmes moyens que ses adversaires, et peu respectueux de la justice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes dans les années trente, dans un état du sud des États-Unis. Le narrateur, Jack  Burden, est l&amp;rsquo;homme de confiance de Willie Stark, alias le Boss, qui est devenu gouverneur de l&amp;rsquo;État. Il n&amp;rsquo;en pense pas moins sur les agissements de son patron, mais se contente d&amp;rsquo;observer comment les choses se passent dans les coulisses du pouvoir. Son regard est lucide, blasé, désabusé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car Jack se cherche : après des études d&amp;rsquo;histoire, il est devenu journaliste. Puis sa rencontre avec Willie Stark l&amp;rsquo;a amené à plaquer un boulot où il s&amp;rsquo;ennuyait ferme pour le suivre dans son ascension politique. Mais un jour, le Boss lui demande d&amp;rsquo;enquêter sur un juge local que Jack a bien connu dans son enfance, un ami de sa mère. Car le Boss a besoin de trouver un moyen de pression sur ce juge pour la campagne électorale qui se profile. Quand Jack lui rétorque qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y aura probablement rien à trouver, Stark répond (ce qui pour lui signifie que toute personne est corrompu) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme est conçu dans le péché et élevé dans la corruption, il ne fait que passer de la puanteur des couches à la pestilence du linceul.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les éléments se mettent peu à peu en place pour que le drame éclate, qui n&amp;rsquo;épargnera personne&amp;hellip; Jack va pouvoir régler ses comptes avec son passé, et envisager de construire une nouvelle vie. Car finalement, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Jack qui s&amp;rsquo;impose à la fin !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas de doute, c&amp;rsquo;est un grand roman, remarquablement écrit. Bien que l&amp;rsquo;intrigue soit relativement lente, on est accroché par la qualité de l&amp;rsquo;écriture, les descriptions des personnages, la narration des événements parfaitement agencés. L&amp;rsquo;auteur maîtrise son art, cela se sent : la construction est magistrale, et quand le drame éclate, il est bien difficile de lâcher le bouquin !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La postface de Michel Mohrt nous explique que le personnage du Boss est inspiré par un homme politique qui a vraiment existé, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Huey_Pierce_Long&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Huey Long&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce roman s&amp;rsquo;inspire du célèbre Huey Long, gouverneur de l&amp;rsquo;État de Louisiane. Orateur populaire adoré des foules, il avait instauré une sorte de dictature qui se maintenait par la démagogie, la corruption et le chantage. Huey Long s&amp;rsquo;était fait le &amp;ldquo;défenseur&amp;rdquo; des petits, et il est incontestable que son passage au pouvoir a été marqué par des réalisations sociales importantes : hôpitaux, écoles, etc. Pour atteindre ses objectifs, tous les moyens étaient bons. Robert Penn Warren, qui a enseigné à l&amp;rsquo;Université de Bâton-Rouge, du temps où Huey Long régnait sur la Louisiane, a pu suivre de près sa carrière. Il a emprunté à sa vie plusieurs épisodes. De là à soutenir que le romancier avait été un partisan du gouverneur, et donc un odiex fasciste, il n&amp;rsquo;y avait qu&amp;rsquo;un pas. Certains l&amp;rsquo;ont allègrement franchi. Or, Robert Penn Warren n&amp;rsquo;a jamais côtoyé Huey Long de sa vie, il n&amp;rsquo;a même jamais partagé ses idées, et s&amp;rsquo;il est vrai que la personnalité de Willie Stark lui a été suggérée par celle du dictateur, elle reste cependant une création originale. Le lecteur français qui n&amp;rsquo;a jamais entendu parler de Long n&amp;rsquo;en est pas moins saisi par la figure de Stark.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Penn_Warren&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Penn Warren&lt;/a&gt; (1905-1989) est un écrivain américain. Il a reçu le Prix Pulitzer pour ce roman en 1947, puis le Prix Pulitzer de la poésie en 1957 et 1979 : il est ainsi le seul homme de lettres à avoir été récompensé dans ces deux catégories.&#xA;Le roman a été porté deux fois à l&amp;rsquo;écran : &lt;em&gt;Les Fous du roi&lt;/em&gt;, 1949, réalisé par Robert Rossen, récompensé de 2 Oscars et de 4 Golden Globes. Puis en 2006 par Steven Zaillian, avec Sean Penn. Il a également été adapté à la télévision par Sidney Lumet en 1958 !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Fin de parcours - William R. Burnett</title>
            <link>https://pled.fr/fin-de-parcours-william-r-burnett/</link>
            <pubDate>Sun, 31 Dec 2017 16:01:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/fin-de-parcours-william-r-burnett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Fin de parcours - William R. Burnett&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;findeparcours.jpg#floatleft&#34;&gt;J&amp;rsquo;ai découvert cet auteur avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11136&#34; &gt;Terreur Apache&lt;/a&gt;, un bon roman sur le grand Ouest, véritable western sans concession. Mais en lisant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/W._R._Burnett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sa fiche Wikipedia&lt;/a&gt;, on apprend qu&amp;rsquo;il est surtout connu pour ses romans noirs, puis comme scénariste, participant à de nombreux films.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord cherché à poursuivre sa trilogie démarrée avec Terreur Apache, mais le second ouvrage, Lune pale (Pale Moon) n&amp;rsquo;est plus disponible&amp;hellip; Le troisième, Mi Amigo, est lui dispo, mais pas en poche. :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En attendant, j&amp;rsquo;ai donc commandé ce polar, et je ne l&amp;rsquo;ai pas regretté ! Je confirme, W. R. Burnett est un grand auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons donc suivre Jim le Caïd, et sa splendeur irrésistible. Le type intelligent, au charme fou, capable d&amp;rsquo;arnaquer qui il veut avec son simple sourire et sa classe naturelle ! Mais Jim, au début du roman, a des états d&amp;rsquo;âme : il se sent au bout de son histoire, et a des idées noires. On pense bien sûr au titre du roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais une dernière opportunité va surgir, une belle femme millionnaire, célibataire&amp;hellip; Le gibier parfait pour Jim le caïd ! Même si l&amp;rsquo;affaire est apportée par Doc, un type malsain, camé, vicieux, et incontrôlable. Jim accepte, mais rien ne va se passer comme prévu : Jim va finir par tomber amoureux de Gladys, sans le comprendre vraiment, car c&amp;rsquo;est un sentiment qu&amp;rsquo;il ne connaît pas ; pour compliquer le tout, Gladys est un genre de femme qu&amp;rsquo;il ne connaît pas non plus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vous laisse découvrir la suite, le livre se dévore sans effort, le style est impeccable, on est pris par l&amp;rsquo;histoire et les personnages, curieux de voir comment tout cela va finir..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une petite remarque notée au passage m&amp;rsquo;a bien fait rire, quand il est dit à propos d&amp;rsquo;un avocat par l&amp;rsquo;un des personnages : &amp;ldquo;Mais il ne serait pas capable d&amp;rsquo;organiser une course truquée au Mexique !&amp;rdquo;&amp;hellip; :lol:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/W._R._Burnett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Riley Burnett&lt;/a&gt; (1899-1982) est un écrivain de roman noir et un scénariste américain. De plus, pas mal de films ont été adaptés de ses œuvres. Un auteur à creuser, sans aucun doute. Je vais sûrement lire d&amp;rsquo;autres polars de lui, il y a en a quelques uns d&amp;rsquo;encore disponibles.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Immunité et autres mirages futurs - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/immunite-et-autres-mirages-futurs-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Mon, 25 Dec 2017 16:06:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/immunite-et-autres-mirages-futurs-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Immunité et autres mirages futurs - Philip K. Dick&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;immunite.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est par la série TV intitulée &amp;ldquo;Philip K. Dick&amp;rsquo;s Electronic Dreams&amp;rdquo; que j&amp;rsquo;ai voulu acheter ce bouquin de nouvelles. Le premier épisode de la série était en effet basé sur une nouvelle intitulée &amp;ldquo;Under the Hood&amp;rdquo; ; après quelques recherches, je retrouvais cette nouvelle parue sous le titre &amp;ldquo;Immunité&amp;rdquo; en français&amp;hellip; Jusque là, tout va bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais après avoir scrupuleusement vérifié que cette nouvelle ne figurait pas dans mes deux tomes (pourtant imposants) de chez Denoël (Nouvelles, Tome 1 / 1947-1953 et Nouvelles, tome 2 / 1953-1981), je commandais donc ce petit recueil de 11 nouvelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela pour m&amp;rsquo;apercevoir plus tard qu&amp;rsquo;il existait bien dans le Tome 1 sus-cité, mais sous le nom &amp;ldquo;Chasse aux capuchons&amp;rdquo; ! :mad: Au passage, merci au site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://Le-ParaDick.fr/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le-ParaDick&lt;/a&gt;, qui bien que datant un peu, propose une liste complète des parutions (maintenu jusqu&amp;rsquo;en jusqu&amp;rsquo;en 2006).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour revenir à la nouvelle &amp;ldquo;Under the Hood&amp;rdquo;, la série TV a trouvé le moyen de modifier complètement l&amp;rsquo;histoire, pour mettre au premier plan une idylle entre le flic et la télépathe qui travaille pour la police&amp;hellip; Quelque chose qui n&amp;rsquo;existe pas du tout dans la nouvelle ! Le reste de l&amp;rsquo;histoire est également totalement changé, seul reste le capuchon qui permet d&amp;rsquo;échapper aux T.P., les mutants télépathes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, pour les films comme pour les séries, nous ne sommes pas gâtés avec les adaptations de Philip K. Dick (Blade Runner étant l&amp;rsquo;exception qui confirme la règle) ! Par contre, pour ce recueil de nouvelles publiées entre 1952 et 1954 (donc à ses débuts), on retrouve tout de suite l&amp;rsquo;univers de P. K. Dick, et le plaisir de le lire. Il a le don de vous embringuer dans ses histoires&amp;hellip; Comme on dit : souvent imité, jamais égalé !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur des romans de Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34; &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34; &gt;Le dernier des maîtres – P. K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34; &gt;Les voix de l’asphalte – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=23&#34; &gt;Paycheck – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34; &gt;Souvenir – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9733&#34; &gt;Confessions d’un barjo – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres sur Philip K. Dick :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9060&#34; &gt;Je suis vivant et vous êtes tous morts – Emmanuel Carrère&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9544&#34; &gt;Philip K. Dick, simulacres et illusions – Richard Comballot, Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ». &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.amazon.fr/LEx%C3%A9g%C3%A8se-Philip-K-Dick-1/dp/2290111503/ref=pd_sim_14_1?_encoding=UTF8&amp;amp;psc=1&amp;amp;refRID=9NFDYNHR98YPDY1S75PS&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;Exégèse de Philip K. Dick&lt;/a&gt; est parue récemment en deux tomes (2x800p) : &amp;quot; &lt;em&gt;Il s&amp;rsquo;agit de notes manuscrites, d&amp;rsquo;entrées de journal, de lettres et de travaux préparatoires, constituant une part essentielle de l&amp;rsquo;œuvre de Philip K. Dick qui, durant les huit dernières années de son existence, a cherché à donner du sens ses expériences visionnaires de mars-avril 1974&lt;/em&gt;&amp;quot;. Il faudrait que je jette un œil en librairie pour voir si c&amp;rsquo;est lisible&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai peur que ce soit un peu trop &amp;ldquo;barré&amp;rdquo;, et là il faut vraiment s&amp;rsquo;accrocher pour pouvoir le suivre !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sous les yeux de l&#39;Occident - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/sous-les-yeux-de-loccident-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Mon, 11 Dec 2017 18:22:11 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Sous les yeux de l’Occident - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;souslesyeuxdeloccident.jpg#floatleft&#34;&gt;Retour à Conrad&amp;hellip; grâce à la collection GF (Garnier-Flammarion) pour ce roman-ci. Cette collection, entre le poche et les éditions universitaires, propose des grands classiques, précédés d&amp;rsquo;une introduction qui contextualise le texte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnellement, j&amp;rsquo;aurai préféré que cette introduction soit une postface, puisqu&amp;rsquo;elle raconte toute la trame de l&amp;rsquo;histoire, qui va trahir qui, etc&amp;hellip; Ou bien qu&amp;rsquo;elle se contente de nous livrer des informations sur l&amp;rsquo;auteur et le moment de sa vie où il écrivit l&amp;rsquo;œuvre en question.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman fait partie des romans de Conrad sans aucun lien avec la mer, et rappelle par son contexte &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L&amp;rsquo;Agent secret&lt;/a&gt;, écrit quelques années plus tôt. Cette fois, c&amp;rsquo;est aux révolutionnaires russes que nous avons à faire ; et le regard de Conrad sur la Russie et son peuple, son régime autocrate et ses révolutionnaires n&amp;rsquo;est pas tendre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, à propos de Nathalie, le personnage le plus innocent du roman, et de sa mère, Conrad écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pourtant je voyais s&amp;rsquo;épaissir autour de la jeune fille, comme l&amp;rsquo;obscurité de la nuit qui tombe, l&amp;rsquo;ombre immense de la vie russe, qui allait l&amp;rsquo;engloutir bientôt. Je m&amp;rsquo;enquis de Mme Haldin, cette autre victime de l&amp;rsquo;ombre mortelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le personnage central s&amp;rsquo;appelle Razumov, un étudiant doué et solitaire. Il va se retrouver impliqué dans un attentat à son corps défendant, et sera confronté à un choix cornélien, qui l&amp;rsquo;amènera à Genève dans le milieu révolutionnaire. Comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;, Conrad fait preuve d&amp;rsquo;une maîtrise dans l&amp;rsquo;art de la narration, passant une fois à Genève à un narrateur extérieur à l&amp;rsquo;histoire, professeur anglais détenteur du journal de Razumov, et jouant avec le fil chronologique de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Razumov rassemble tous les traits du russe, et Conrad ne lui fait pas de cadeau : perturbé, travaillé constamment par ses pensées, traître, aux grands idéaux mais finalement très égoïste, intelligent mais renfermé, inadapté à la vie sociale, méprisant vis-à-vis de l&amp;rsquo;occident&amp;hellip; J&amp;rsquo;oubliais : imbu de lui-même, persuadé de sa supériorité intellectuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est encore à Nathalie que Conrad laisse une note d&amp;rsquo;optimisme poindre pour l&amp;rsquo;humanité, et ce ne sera pas par le biais d&amp;rsquo;une révolution :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je dois vous avouer que je ne renoncerai jamais à attendre le jour où toute discorde s&amp;rsquo;apaisera. Songez seulement à l&amp;rsquo;aube d&amp;rsquo;un pareil jour ! C&amp;rsquo;en est fini de la tempête, des coups et des haines ; tout est paisible ; le soleil nouveau se lève, et unis enfin, les hommes las prennent conscience de la fin de leurs luttes et connaissent la tristesse de leur victoire ! Tant d&amp;rsquo;être sont péri pour le triomphe d&amp;rsquo;une idée, tant de croyances les ont laissés en route. Ils se sentent seuls sur la terre, et se serrent les uns contre les autres. Oui, il y aura bien des heures amères ! Mais l&amp;rsquo;angoisse finira par être submergée au fond des cœurs sous les flots d&amp;rsquo;amour.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire. Un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/Au-coeur-des-tenebres-et-autres-ecrits&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;nouveau volume&lt;/a&gt; vient de paraître à La Pléiade, intitulé &lt;em&gt;Au cœur des ténèbres et autres écrits&lt;/em&gt;, avec une belle couverture colorée : un beau cadeau pour les fans en cette période de Noël !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
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            <title>Le dernier des Mohicans - James Fenimor Cooper</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-des-mohicans-james-fenimor-cooper/</link>
            <pubDate>Tue, 28 Nov 2017 17:58:51 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le dernier des mohicans&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ledernierdesmohicans.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un magnifique bandeau rouge ajoutait : &amp;ldquo;Le premier romancier américain&amp;rdquo;, puis &amp;ldquo;Nouvelle traduction&amp;rdquo;&amp;hellip; Je me suis laissé tenté par ce livre que j&amp;rsquo;ai du lire quand j&amp;rsquo;étais très jeune&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les deux préfaces de l&amp;rsquo;auteur nous donnent le contexte historique du roman, de manière tout à fait sérieuse et précise (les territoires, les tribus indiennes), et je m&amp;rsquo;attendais à partir dans un récit quasi historique. Passé les premières pages, j&amp;rsquo;ai vite été surpris par le ton général, l&amp;rsquo;auteur se permettant parfois de prendre un recul pour le moins inattendu dans la narration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ajoutons à cela une capacité des personnages à longuement discuter du pourquoi et du comment dans un style parfois très ampoulé, et tout cela en pleine scène d&amp;rsquo;action ; l&amp;rsquo;on se retrouve très vite dans une sorte de récit théâtral où l&amp;rsquo;on a vraiment du mal à trouver ses marques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis tout à coup, une scène d&amp;rsquo;une violence extrême vous frappe comme un uppercut : celle du guerrier indien avec le bébé ! Plus tard, ce sera le grand guignol, quand les indiens se font berner avec le déguisement en ours, ou encore avec la tête de castor&amp;hellip;  Là, on tombe carrément dans le conte pour enfants tellement c&amp;rsquo;est peu crédible !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seul le fond historique est vrai, et pas inintéressant pour autant : la guerre que se livre anglais et français, chacun allié avec des tribus d&amp;rsquo;indiens différentes ; les européens respectant un code d&amp;rsquo;honneur comme à l&amp;rsquo;époque, ce que les indiens bien sûr ne font pas ! Les personnages centraux sont très attachants, les deux Mohicans étant particulièrement calmes et intelligents , et l&amp;rsquo;éclaireur, alias Œil-de-Faucon, plutôt adroit au tir qui rappelle constamment que son &amp;ldquo;sang est blanc&amp;rdquo;, pour bien se différencier des indiens : c&amp;rsquo;est un chasseur blanc, américain, qui a choisi de vivre loin de la civilisation, au milieu de la nature.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À l&amp;rsquo;opposé, les Hurons et leur chef &amp;ldquo;Renard Agile&amp;rdquo; sont dépeints comme cruels et belliqueux, aux croyances primitives, crédules et faciles à berner&amp;hellip; Loin du niveau de la civilisation, ce ne sontque de vulgaires sauvages !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Globalement très déçu donc par ce roman, qui n&amp;rsquo;a sans doute pas très bien vieilli. Du coup, j&amp;rsquo;ai revu le film avec Daniel Day-Lewis, dont j&amp;rsquo;avais gardé un bon souvenir : l&amp;rsquo;histoire a été considérablement simplifiée (cette fois avec raison), mais il n&amp;rsquo;en reste finalement pas grand chose d&amp;rsquo;intéressant. Seule reste la musique ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Fenimore_Cooper&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Fenimor Cooper&lt;/a&gt; (1789-1851) est un écrivain américain. Une partie de son œuvre est consacrée des amérindiens d&amp;rsquo;Amérique du Nord. On retrouve le personnage d&amp;rsquo;Œíl-de-Faucon dans cinq romans, dont &lt;em&gt;Le Dernier des Mohicans&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Prairie&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le Tueur de daims&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les mémoires de Maigret - Simenon</title>
            <link>https://pled.fr/les-memoires-de-maigret-simenon/</link>
            <pubDate>Sat, 25 Nov 2017 18:01:35 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les mémoires de Maigret - Simenon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;memoiresmaigret.jpg#floatleft&#34;&gt;C&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce Maigret, &amp;ldquo;le meilleur&amp;rdquo; disait l&amp;rsquo;interlocuteur&amp;hellip; Je l&amp;rsquo;ai donc commandé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et la lecture fut un plaisir, avec une mise en abîme où Maigret, le personnage créé par Simenon l&amp;rsquo;auteur, nous parle de ses débuts et de sa rencontre avec&amp;hellip; Simenon, jeune auteur ambitieux qui, voulant mieux connaître le milieu policier, obtient par ses relations de passer quelque temps avec Maigret ; quelque temps plus tard, Maigret se retrouve à son corps défendant le personnage principal de ses romans ! Ces &amp;ldquo;mémoires&amp;rdquo; sont donc écrites pour rétablir la vérité !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons donc en apprendre sur les origines de Maigret : l&amp;rsquo;importance de la figure de son père, qui explique pourquoi pourquoi il commence par deux années de médecine avant de bifurquer vers la police. Puis suivre les différents postes qu&amp;rsquo;il occupe avant de devenir commissaire, ainsi que les milieux interlopes croisés en ces occasions&amp;hellip; Sans oublier sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme, et qui le connaît mieux que quiconque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela explique comment s&amp;rsquo;est construit l&amp;rsquo;homme et le commissaire, sa connaissance des milieux, sa compréhension des humains, son absence d&amp;rsquo;indignation ; ou encore son respect des &amp;ldquo;truands&amp;rdquo; (vous faîtes votre métier), tout cela amenant à une certaine vision de la société, où il peut presque prévoir ce qui va se passer (ou ce qui c&amp;rsquo;est passé) pour tel ou tel sorte d&amp;rsquo;individu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas d&amp;rsquo;énigme criminelle à résoudre donc dans ce petit roman, mais la découverte du vrai Maigret, et pas le personnage imaginaire créé par Simenon ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Georges Simenon&lt;/a&gt; (1903-1989) est un écrivain belge francophone. Ses romans policiers éclipsent le reste de son œuvre très riche (193 romans et presque autant de nouvelles). Il est considéré par certins hommes de lettres (comme André Gide) comme &amp;ldquo;un romancier de génie&amp;rdquo;. Simon Leys, qui ne l&amp;rsquo;appréciait guère disait de lui (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;voir cet article&lt;/a&gt;) : &amp;ldquo;Simenon fournit un exemple extrême de contraste entre la grandeur de l’œuvre et la petitesse de l’auteur. Céline est un autre exemple.&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Au cœur des Himalayas - Alexandra David-Néel</title>
            <link>https://pled.fr/alexandra-dn/</link>
            <pubDate>Thu, 16 Nov 2017 17:29:28 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Au cœur des Himalayas - Alexandra David-Néel&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;aucoeurdeshimalayas.jpg#floatleft&#34;&gt; Ce livre, publié en 1949, retrace la visite d&amp;rsquo;Alexandra David-Néel au Népal en 1912. C&amp;rsquo;est donc au tout début de sa vie d&amp;rsquo;aventureuse, bien avant qu&amp;rsquo;elle ne se rende au Tibet&amp;hellip; À cette époque, elle vient d&amp;rsquo;arriver en Inde : mariée, elle est partie en promettant à son mari de revenir dans dix-huit mois&amp;hellip; Elle ne reviendra que quatorze ans plus tard !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc le récit de son voyage au Népal qu&amp;rsquo;elle nous raconte : le pays est encore interdit aux étrangers, mais elle bénéficie d&amp;rsquo;une autorisation spéciale dont elle préfère ne pas dévoiler la source (sans doute un dignitaire anglais qui connaît un maharadja&amp;hellip;). Elle va ensuite pouvoir visiter Katmandou et les anciennes capitales du royaume, Patan et Bhaktapur, puis la région du Téraï, la plaine qui jouxte l&amp;rsquo;Inde. Elle se rendra également sur le lieu de naissance du Bouddha.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela en chaise à porteurs, avec serviteurs, gardes, etc&amp;hellip; Elle s&amp;rsquo;en défend et préférerai plus de liberté dans ses déplacements, mais son voyage est &amp;ldquo;sous contrôle&amp;rdquo;. La chaise à porteurs, les serviteurs, le cuisinier, ne semblent pas la déranger plus que ça par contre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle est très érudite sur la mythologie, l&amp;rsquo;histoire du royaume, les rites hindouistes et leurs sacrifices, les sectes, etc&amp;hellip; Et n&amp;rsquo;hésite pas à nous faire partager ses connaissances, au fil de son récit et de ses rencontres. On la sent tout de même un peu pédante parfois, condescendante envers les érudits locaux qu&amp;rsquo;elle rencontre ! Mieux vaut être un mystique ou un religieux que prétendre être un B.A. (bachelor ès Arts, l&amp;rsquo;équivalent de notre baccalauréat) à ses yeux !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;ensemble est tout de même intéressant, cela reste un beau récit de voyage. Le point d&amp;rsquo;orgue étant sa rencontre avec un tigre alors qu&amp;rsquo;elle est en train de méditer, seule dans la jungle. Elle garde son contrôle et tâche désespérément de continuer sa méditation&amp;hellip; et le tigre finit par s&amp;rsquo;en aller.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chose amusante, j&amp;rsquo;ai retrouvé la même légende que celle racontée dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11060&#34; &gt;Le chapeau de Vermeer&lt;/a&gt;, ou comment les espagnols obtiennent un bout de territoire de Manille pour y ouvrir un comptoir. Timothy Brook disait que c&amp;rsquo;était un stratagème emprunté à l&amp;rsquo;Énéide&amp;hellip; Ici, c&amp;rsquo;est la fille d&amp;rsquo;un Dieu, Kang Tchoungma qui utilise le même stratagème :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle était pieuse et décida de construire un stûpa en l&amp;rsquo;honneur de Bouddha. Pour ce faire, elle alla trouver le roi et le pria de lui donner un terrain sur lequel le stûpa pourrait être bâti. Mais bien que son intention fût d&amp;rsquo;ériger un grand stûpa elle ne demanda au roi que l&amp;rsquo;étendue d&amp;rsquo;un terrain qu&amp;rsquo;elle pourrait couvrir avec une peau de bœuf. Le roi ayant acquiescé à sa requête, la femme découpa une peau de bœuf en très fines lanières et en entoura l&amp;rsquo;espace qui est aujourd&amp;rsquo;hui occupé par le stûpa.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Décidément, les légendes ont la vie dure, mais manquent parfois de variété ! Pour info, il s&amp;rsquo;agissait du stûpa de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bodnath&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bodnath&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;un des plus grands du monde. Ceci dit, les espagnols avaient obtenu une longueur d’une douzaine de kilomètres&amp;hellip; Beaucoup plus forts que Kang Tchoungma ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, une autre anecdote qui m&amp;rsquo;a bien plu, à propos des Indiens et des Anglais (et des Blancs !) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sur les bords du Gange que j&amp;rsquo;ai entendu cette déclaration singulière : &amp;ldquo;Les Anglais nous méprisent et nous le savons. Mais nous nous méprisons les Anglais et ils ne le savent pas. C&amp;rsquo;est un avantage que nous avons sur eux.&#xA;L&amp;rsquo;Indien qui parlait ainsi nommait les Anglais parce qu&amp;rsquo;ils étaient les étrangers les plus proches de lui, mais tous les Blancs pouvaient être inclus dans sa déclaration.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandra_David-N%C3%A9el&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alexandra David-Néel&lt;/a&gt; (1868-1969) est une orientaliste, tibétologue, chanteuse d&amp;rsquo;opéra et féministe, journaliste et anarchiste, écrivaine et exploratrice, franc-maçonne et bouddhiste de nationalités française et belge ! Rien que ça, c&amp;rsquo;est ce que proclame Wikipedia en tout cas&amp;hellip; De ce petit récit de voyage, difficile de la croire anarchiste, ne serait-ce que par son mode de voyage, mais aussi par ses remarques sur les personnes qu&amp;rsquo;elle croise. Il semble qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;y soit surtout intéressée dans jeunesse, toujours selon Wikipedia : à ce titre, cela fait certainement beaucoup d&amp;rsquo;anarchistes sur la planète.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;enthousiasme - Daniel Rondeau</title>
            <link>https://pled.fr/lenthousiasme-daniel-rondeau/</link>
            <pubDate>Tue, 07 Nov 2017 18:12:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lenthousiasme-daniel-rondeau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’enthousiasme - Daniel Rondeau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lenthousiasme.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur pour un autre livre, qui vient de sortir, intitulé &lt;em&gt;Mécaniques du chaos&lt;/em&gt;, dont le journaliste ne disait pas tant de bien que ça, car trop ambitieux, voulant expliquer la complexité et le désordre du monde actuel. À voir, je n&amp;rsquo;en sais rien, mais le journaliste mentionnait par contre celui-ci, à propos de Mai 68 et des jeunes Maoïstes. Ça m&amp;rsquo;a donné envie de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman, ou ces mémoires pourrait-on dire, se passe après Mai 68, quand l&amp;rsquo;auteur arrête ses études pour aller en province pratiquer ce qui s&amp;rsquo;appelait &amp;ldquo;l&amp;rsquo;établissement&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire rejoindre les ouvriers, travailler à l&amp;rsquo;usine à leurs côtés, et propager la bonne parole révolutionnaire, et lutter avec eux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai été un peu déçu par ce livre, je m&amp;rsquo;attendais à un récit des événements auxquels &amp;ldquo;l&amp;rsquo;établi&amp;rdquo; se trouve confronté, des actions qu&amp;rsquo;il provoque, mais c&amp;rsquo;est plutôt le récit à posteriori de cette expérience, empreint de mélancolie, de souvenirs éparpillés sur un monde aujourd&amp;rsquo;hui disparu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est par contre très bien écrit, très honnête également sur ce que l&amp;rsquo;auteur a vécu, ses rapports avec le monde ouvrier (qui ne laisse pas duper plus que ça par un jeune étudiant qui vient prêcher la révolution, et qui ne sait même pas planter un clou !). Une chose qui frappe, c&amp;rsquo;est sa détermination et le degré d&amp;rsquo;embrigadement politique qui transparaît.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà comment tout a commencé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce fut un coup de tonnerre dans les réunions savantes des cellules de l&amp;rsquo;U.J.C (marxiste-léniniste), lorsque Robert Linhart lança un mouvement d&amp;rsquo;&amp;ldquo;établissement&amp;rdquo; en usine, auquel chacun était sommé d&amp;rsquo;adhérer. La lumière avait jailli des reportages de &amp;ldquo;Pékin information&amp;rdquo;, qui exaltaient le départ des lycéens révolutionnaires dans les campagnes chinoises, et de rencontres prometteuses avec quelques ouvriers qui travaillaient en ce que la direction marxiste-léniniste baptisa aussitôt, à la chinoise, &amp;ldquo;Usine n° 1&amp;rdquo;, – c&amp;rsquo;était je crois, l&amp;rsquo;usine Perrier. Il ne fallait plus compter sur un avenir d&amp;rsquo;intellectuel communiste, alliant harmonieusement les succès universitaires et la conscience de classe prolétarienne, selon la subtile dialectique qui permet de vivre d&amp;rsquo;une façon et de penser d&amp;rsquo;une autre, mais de &amp;ldquo;devenir ouvrier&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand on lit cela de nos jours, avec un bon recul sur ce que fut le maoïsme, ou l&amp;rsquo;expérience Cambodgienne par exemple, on frémit !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Rondeau&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Daniel Rondeau&lt;/a&gt;, né en 1948, est un écrivain, éditeur, et journaliste français. Le Grand Prix du roman 2017 de l’Académie française lui a été décerné pour &lt;em&gt;Mécaniques du chaos&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La fille de Femme-Araignée - Anne Hillerman</title>
            <link>https://pled.fr/la-fille-de-femme-araignee-anne-hillerman/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Nov 2017 18:02:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fille-de-femme-araignee-anne-hillerman/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La fille de Femme-Araignée - Anne Hillerman&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;femme-araignee.jpg#floatleft&#34;&gt; Fan de Tony Hillerman (je ne sais pas si j&amp;rsquo;ai tout lu, mais un paquet c&amp;rsquo;est certain), j&amp;rsquo;étais content de voir que sa fille avait repris le flambeau, et poursuivi les aventures de Joe Leaphorn et de Jim Chee, membres de la police Navajo&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, dès les premières pages de cette nouvelle aventure, Joe Leaphorn va se prendre une balle dans la tête, et passer la totalité du roman dans une chambre d&amp;rsquo;hôpital, entre la vie et la mort ! Dur, dur, pas de cadeau pour le personnage principal de son père, qui a traversé tant d&amp;rsquo;aventures&amp;hellip; :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, le personnage principal sera Bernadette Manuelito, la femme de Chee. Avec son mari, ils vont enquêter pour découvrir qui a pu commettre cet tentative de meurtre. Si on retrouve l&amp;rsquo;atmosphère des romans de son père, la police navajo, la culture ancestrale de ce peuple et son rapport au monde d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, j&amp;rsquo;ai été moins emballé par l&amp;rsquo;histoire, l&amp;rsquo;enquête en elle-même, qui traîne un peu en longueur j&amp;rsquo;ai trouvé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Anne Hillerman insiste plus me semble-t-il sur la beauté de la nature, le rôle de chaque endroit du territoire dans l&amp;rsquo;histoire du peuple navajo ; la famille, son mari, prennent aussi plus de place. Sans doute le passage d&amp;rsquo;un auteur masculin à un auteur féminin ? Cela apporte d&amp;rsquo;autres choses, même si le style est assez similaire, et c&amp;rsquo;est sans doute volontaire, pour garder le ton de la série&amp;hellip; Plutôt pas mal dans l&amp;rsquo;ensemble. Dans la postface, Anne Hillerman dit ceci à propos des romans de son père :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si j&amp;rsquo;ai énormément aimé tous ses romans, Le Voleur de temps, avec son intrigue et ses décors splendides, figure à l&amp;rsquo;origine de La fille de Femme-Araignée. Si vous ne l&amp;rsquo;avez pas lu, ou si vous ne l&amp;rsquo;avez pas lu récemment, je vous encourage à aller y regarder de plus près.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne vais pas me priver de ce plaisir, il est dans ma bibliothèque ! D&amp;rsquo;ailleurs, en lisant le quatrième de couverture, je vois que l&amp;rsquo;histoire est effectivement mentionnée dans ce roman-ci&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;agit donc d&amp;rsquo;une sorte de suite, on peut donc recommander de lire &lt;em&gt;Le Voleur de temps&lt;/em&gt; avant celui-ci pour bien profiter de l&amp;rsquo;histoire, sans que cela soit nécessaire pour autant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Anne Hillerman, née en 1949, a repris les aventures des héros de la police Navajo de son père avec ce roman, publié en 2013. Un deuxième est paru en 2015 : &lt;em&gt;Un rocher avec des ailes&lt;/em&gt;, disponible en français, mais pas encore en poche. Son troisième livre, Song of the Lion, est paru en 2017. Elle n&amp;rsquo;a pas encore de page wikipedia !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La vie que j&#39;ai choisie - Wilfred Thesiger</title>
            <link>https://pled.fr/la-vie-que-jai-choisie-wilfred-thesiger/</link>
            <pubDate>Wed, 25 Oct 2017 17:11:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-vie-que-jai-choisie-wilfred-thesiger/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La vie que j’ai choisie - Wilfred Thesiger&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laviequejaichoisie.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est une vie dans les déserts, parmi des peuples nomades encore fiers et sauvages, qu&amp;rsquo;a choisi l&amp;rsquo;auteur. Il est l&amp;rsquo;un des derniers grands explorateurs nous dit le quatrième de couverture. Et son récit ne manque pas d&amp;rsquo;intérêt, que ce soit pour le côté historique, son goût de l&amp;rsquo;aventure ou pour le mode de vie choisi. J&amp;rsquo;ai pris un grand plaisir à lire ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Anglais, il naît en Abyssinie (l&amp;rsquo;ancien empire d&amp;rsquo;Éthiopie) où son père représentait le Royaume-Uni, et y passe son enfance. Après des études en Angleterre (Eton, Oxford), il y revient à l&amp;rsquo;âge de vingt ans pour le sacre d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFl%C3%A9_S%C3%A9lassi%C3%A9_Ier&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haïlé Sélassié&lt;/a&gt;, le negus d&amp;rsquo;Éthiopie. Il est fasciné par le défilé des tribus devant leur empereur, &amp;quot; &lt;em&gt;rivalisant par l&amp;rsquo;ampleur de leurs suites, la magnificence de leurs tenues et de leurs équipages&amp;quot;&lt;/em&gt;. Cette image le marquera.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peu de temps après, il organise sa première expédition, dans le pays &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sert_Danakil&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Danakil&lt;/a&gt;, une région et un peuple encore insoumis et dangereux. L&amp;rsquo;expédition se passe bien, et ce sera pour lui la révélation : c&amp;rsquo;est ce mode de vie qu&amp;rsquo;il veut adopter, traverser des déserts à dos de chameaux ou de mules, chasser le lion ou le gibier, côtoyer des peuples pas encore soumis et influencés par l&amp;rsquo;occident.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va ainsi nous raconter ses voyages au Nord Soudan, et au Tibesti, puis de nouveau en Éthiopie. Au cours d&amp;rsquo;un de ses voyages dans le nord du pays, il visite &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lalibela&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lalibela&lt;/a&gt;, un site à priori extraordinaire, avec ses églises rupestres creusées dans la pierre sous le niveau du sol. Puis viendra la seconde guerre mondiale, à laquelle il participera, libérant l&amp;rsquo;Abyssinie de l&amp;rsquo;occupation Italienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au cours de sa vie, il voyagera aussi dans le Sud de l&amp;rsquo;Arabie, au Kurdistan, dans l&amp;rsquo;Hindu Kouch etc&amp;hellip; Mais ces voyages sont relatés dans d&amp;rsquo;autres livres. Il conclut celui-ci sur une note assez pessimiste concernant l&amp;rsquo;évolution du monde, conscient d&amp;rsquo;avoir connu un monde qui a depuis disparu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce livre, centré sur l&amp;rsquo;Abyssinie et sur son parcours, il nous dresse aussi une brève histoire de cet empire et de l&amp;rsquo;empereur Haïlé Sélassié. On y apprend par exemple comment la Société des Nations a abandonné ce pays quand les fascistes italiens l&amp;rsquo;ont envahi pour agrandir leur empire colonial. Principalement Anglais et Français réunis, avec le plan &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_Hoare-Laval&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hoare-Laval&lt;/a&gt;, qui ne voulaient pas froisser Mussolini, de peur qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;allie avec Hitler (nous sommes en 1935). L&amp;rsquo;Angleterre notamment avait des accords avec l&amp;rsquo;Abyssinie, elle ne les tiendra pas, en refusant de leur vendre des armes par exemple (entre autres).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les italiens pourtant sur-armés comparés aux tribus d&amp;rsquo;Abyssinie n&amp;rsquo;en recoururent pas moins au gaz moutarde, allant même jusqu&amp;rsquo;à bombarder un camp de la croix rouge, tout cela sans que la Société des Nations prennent des sanctions. Haïlé Sélassié fera un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_Ha%C3%AFl%C3%A9_S%C3%A9lassi%C3%A9_Ier_%C3%A0_la_Soci%C3%A9t%C3%A9_des_Nations&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;discours à Genève&lt;/a&gt;, au siège de la Société des Nations, qui restera aussi célèbre que sans effet. Toute cette histoire donne un bel exemple de l&amp;rsquo;attitude des États occidentaux vis-à-vis du &amp;ldquo;tiers monde&amp;rdquo;, et à la sagacité de leur diplomatie ! Cela nous éclaire aussi sur la façon dont le monde actuel a été construit&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à l&amp;rsquo;auteur, qui avec son côté anglais d&amp;rsquo;Oxford, ne manque pas de contradictions car s&amp;rsquo;il représente l&amp;rsquo;occident, il est contre l&amp;rsquo;imposition de notre mode de vie à ces populations. Il considère que l&amp;rsquo;on devrait s&amp;rsquo;arrêter à faire régner l&amp;rsquo;ordre et la justice, et pour le reste les laisser faire ce qu&amp;rsquo;ils veulent, respecter leur culture millénaire. Ce qui est tout à son honneur. Mais les rapports avec les locaux peuvent être très complexes : il mentionne à un moment un administrateur anglais qui aimait et respectait énormément les ethnies locales, admirant leur courage au combat tout en les massacrant à la mitrailleuse en cas de révolte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Wilfred adore chasser, c&amp;rsquo;est parfois utile quand il s&amp;rsquo;agit de protéger un village d&amp;rsquo;un lion qui attaque le bétail, mais c&amp;rsquo;est parfois pour lui &amp;ldquo;un sport&amp;rdquo;, et c&amp;rsquo;est beaucoup plus discutable. Mais cela lui permet aussi de se faire accepter par les tribus locales (&amp;ldquo;il est comme nous&amp;rdquo;). Il ne s&amp;rsquo;en cache pas, et rappelle plusieurs fois qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque, le gibier foisonnait, et qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y avait aucun risque d&amp;rsquo;extinction des espèces&amp;hellip;  Il tuera néanmoins quatre éléphants pendant son séjour dans le Nuer, nombre auquel il a droit, car c&amp;rsquo;est déjà réglementé (deux éléphants par an). Il chasse aussi le rhinocéros avec les locaux, et prend parfois des risques, il faut le reconnaître : chasser le lion peut vite se révéler dangereux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pendant la seconde guerre mondiale, il confesse qu&amp;rsquo;il combattrait volontiers aux côtés des Éthiopiens, même contre les anglais, ce qui en dit long sur son amour de ce pays ! Il participe activement à la libération du Godjam en 1940-1941, sous les ordres de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Orde_Charles_Wingate&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Orde Wingate&lt;/a&gt;, qui ramena l&amp;rsquo;empereur Haïlé Sélassié à Addis-Abeba de son propre chef. Il le compare par certains côtés à T.E. Lawrence, pour son investissement auprès des abyssins car il craignait que les Britanniques privent l&amp;rsquo;Abyssinie de son indépendance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a d&amp;rsquo;ailleurs des similitudes entre Wilfred Thesiger et T.E. Lawrence, tous deux amoureux du désert et des tribus nomades, jusqu&amp;rsquo;aux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_Sykes-Picot&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;accords de Sykes-Picot&lt;/a&gt; qui scella le sort du Proche Orient après la première guerre mondiale, comme ici le plan Hoare-Laval scella celui de l&amp;rsquo;Abyssinie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wilfred_Thesiger&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wilfred Thesiger&lt;/a&gt;, (1910-2003) était un explorateur et un écrivain britannique, connu pour ses descriptions des peuples nomades africains et asiatiques. Cette première découverte donne envie d&amp;rsquo;en lire d&amp;rsquo;autres, comme &amp;ldquo;Le désert des déserts&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Dans les montagnes d&amp;rsquo;Asie&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mysterium - Robert Charles Wilson</title>
            <link>https://pled.fr/mysterium-robert-charles-wilson/</link>
            <pubDate>Tue, 17 Oct 2017 17:31:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mysterium-robert-charles-wilson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mysterium - Robert Charles Wilson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mysterium.jpg#floatleft&#34;&gt; Ce joli bandeau &amp;ldquo;Prix Philip K. Dick&amp;rdquo; m&amp;rsquo;a donné envie de tester cet auteur que je ne connais pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, on est loin de Philip K. Dick ! J&amp;rsquo;ai eu du mal à accrocher à cette histoire, et je me demandais pourquoi : il y a pourtant ce monde dans lequel la ville de Two Rivers est projetée : un monde proche du notre mais ayant évolué différemment, une société en guerre, technologiquement en retard, et avec une hiérarchie religieuse très puissante, chrétienne mais gnostique et polythéiste ! De quoi faire une bonne histoire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peut-être est-ce le personnage principal, ce pauvre Dexter Graham qui manque vraiment de charisme et de profondeur. On met d&amp;rsquo;ailleurs du temps à savoir qui est le personnage principal, entre le jeune gamin Clifford ou encore Calvin, le neveu du savant fou Alan Stern.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et une fois le décor dressé, l&amp;rsquo;intrigue se révèle assez ennuyeuse, il ne se passe pas grand chose, et la fin est tout de même décevante. Les différences entre les deux sociétés auraient pu faire l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un traitement plus approfondi, plutôt que mettre l&amp;rsquo;accent sur la préparation de l&amp;rsquo;explosion nucléaire, inéluctable depuis le début.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, c&amp;rsquo;est assez bien écrit, avec un style simple et fluide. Au final, un roman de SF comme beaucoup d&amp;rsquo;autres, et loin d&amp;rsquo;arriver à la cheville du maître du Haut Château ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Charles_Wilson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Charles Wilson&lt;/a&gt;, né en 1953, est un auteur de science-fiction canadien d&amp;rsquo;origine américaine. Il est l&amp;rsquo;auteur de la trilogie Spin : Spin est le titre du premier tome, et  pour lequel il a reçu le prix Hugo. Les deux autres tomes ont l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;être plus inégaux !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le chapeau de Vermeer - Timothy Brook</title>
            <link>https://pled.fr/le-chapeau-de-vermeer-timothy-brook/</link>
            <pubDate>Mon, 09 Oct 2017 16:23:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-chapeau-de-vermeer-timothy-brook/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;LE chapeau de Vermeer - Timothy Brook&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lechapeaudevermeer.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai entendu parlé de ce livre. L&amp;rsquo;auteur était l&amp;rsquo;invité de &amp;ldquo;La fabrique de l&amp;rsquo;histoire&amp;rdquo; sur France Culture. Je l&amp;rsquo;ai trouvé passionnant, et cela m&amp;rsquo;a donné envie de lire son livre, &amp;ldquo;Le chapeau de Vermeer&amp;rdquo;, qui raconte le début de la mondialisation au XVIIème siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence par une chute de bicyclette que fait l&amp;rsquo;auteur à Delft, la ville de Vermeer. Il visite alors la ville, et nous présente le tableau &amp;ldquo;La vue de Delft&amp;rdquo; pour évoquer la Compagnie hollandaise des indes orientales (la VOC) qui va jouer un rôle important dans le développement du commerce et l&amp;rsquo;enrichissement du pays, en concurrence avec l&amp;rsquo;Espagne et le Portugal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Timothy Brook se sert ensuite d&amp;rsquo;autres tableaux de Vermeer comme autant de prétextes pour nous expliquer la naissance du commerce mondial au XVIIème siècle, à travers les découvertes, les conquêtes, ou le simple développement du commerce, particulièrement entre l&amp;rsquo;Europe et la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est passionnant et raconté de manière très agréable. Ainsi le chapeau de feutre sur le tableau de Vermeer &amp;ldquo;L&amp;rsquo;officier et la jeune fille riant&amp;rdquo; sera l&amp;rsquo;occasion de parler de la conquête du Canada par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_de_Champlain&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Samuel Champlain&lt;/a&gt;, car ce sont les fourrures de castor qui permettront de faire un feutre de qualité. Sur &amp;ldquo;La liseuse à la fenêtre&amp;rdquo;, ce sera le vase en porcelaine bleu et blanc de Chine qui servira de prétexte à parler de la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une grande partie est d&amp;rsquo;ailleurs consacrée à l&amp;rsquo;empire Chinois, puisque l&amp;rsquo;auteur est à la fois historien et sinologue. À cette époque, la dynastie Ming est réticente à s&amp;rsquo;ouvrir au monde occidental : en effet, l&amp;rsquo;ouverture au commerce extérieur permettrait l&amp;rsquo;enrichissement individuel, et ce dernier entraînerait alors la corruption (raisonnement qui en vaut bien d&amp;rsquo;autres&amp;hellip;). De plus, si la porcelaine chinoise a un immense succès en Europe, peu de choses de l&amp;rsquo;Occident intéressent finalement les Chinois ! Or pour faire du commerce, il faut être deux&amp;hellip; Ce sera l&amp;rsquo;argent (le métal), que les Espagnols extraient en grande quantité des mines d&amp;rsquo;Amérique du Sud (grâce aux esclaves indiens), qui servira de monnaie d&amp;rsquo;échange (c&amp;rsquo;est le cas de le dire), car la Chine a besoin du métal pour frapper sa monnaie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous verrons donc comment un juriste hollandais permettra que l&amp;rsquo;Espagne ne puisse interdire le commerce à une autre nation, ou comment le tabac connaîtra une inexorable expansion sur toute la planète&amp;hellip; Que les explorateurs doivent tout de même financer leurs expéditions, et participer ainsi au développement du commerce. Ou encore par quelle ruse les espagnols acquirent un bout de territoire de Manille : ils demandèrent au rajah un lopin de terre pas plus grand qu&amp;rsquo;une peau de bœuf, et celui-ci accepta. Ils découpèrent alors la peau de bœuf en fines lanières pour obtenir une longueur d&amp;rsquo;une douzaine de kilomètres, puis demandèrent au rajah de respecter sa promesse ! (stratagème emprunté à l&amp;rsquo;Énéide).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, tout cela fait une lecture passionnante et enrichissante, et limpide de surcroît ! Un livre à recommander sans aucun doute, un vrai plaisir de lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Brook&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Timothy Brook&lt;/a&gt;, né en 1951 à Toronto, est un historien et sinologue canadien. Il est considéré comme un grand spécialiste de l&amp;rsquo;histoire mondiale, &amp;ldquo;connectée&amp;rdquo;. Il a également écrit &amp;ldquo;La carte perdue de John Selden&amp;rdquo;, qui a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;offrir le même genre de plaisir.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Terreur apache - W. R. Burnett</title>
            <link>https://pled.fr/terreur-apache-w-r-burnett/</link>
            <pubDate>Sun, 01 Oct 2017 17:15:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/terreur-apache-w-r-burnett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Terreur apache - W. R. Burnett&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;terreurapache.jpg#floatleft&#34;&gt; Ce livre était mentionné par Bertrand Tavernier dans la postface de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11069&#34; &gt;La Route de l&amp;rsquo;Ouest&lt;/a&gt;, pour la façon dont l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;abstient de juger ou de donner des leçons de morale sur les personnages, se bornant à les décrire tels qu&amp;rsquo;ils pouvaient être à l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons donc suivre Walter Grein, chef des éclaireurs, appelé d&amp;rsquo;urgence à rejoindre un poste avancé, car rien ne va plus dans la réserve Apache : Porfirio, le vieux chef, est parti avec hommes et femmes en direction du Mexique, alors que Toriano, un jeune chef, accompagné de quelques guerriers, sème la terreur chez les colons.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Grein se lance à la poursuite de Toriano avec quelques hommes (indiens ou marginaux, pas de tuniques bleues !), pour une longue traque sans pitié&amp;hellip; Sans écouter Busby, un politicien de l&amp;rsquo;Est, persuadé que l&amp;rsquo;on peut encore parlementer. Pour Grein, ce Toriano doit être mis hors d&amp;rsquo;état de nuire le plus vite possible, avant que le situation ne dégénère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce que dit Grein des Apaches :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les Apaches aussi ont un code. Le voici : le plus fort, c&amp;rsquo;est celui qui tue le plus de monde. Après lui vient le plus grand voleur. Et en troisième position – mais c&amp;rsquo;est aussi une force – le plus grand menteur. Vous me suivez ? Comment voulez-vous  qu&amp;rsquo;un homme comme Busby puisse traiter avec des gens pareils ? Son indulgence, ils en rient. Ils la voient comme une faiblesse. Ils ne comprennent qu&amp;rsquo;une seule chose : la force.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre chose&amp;hellip; Vous dites &amp;ldquo;les Indiens&amp;rdquo;. Mais il ne s&amp;rsquo;agit pas juste des Indiens. Il s&amp;rsquo;agit des Apaches. De nombreux Indiens répondent à la gentillesse : les Pueblos, par exemple, ce sont des gens très aimables ; ou même les Navajos, qui ont renoncé à leurs mauvaises coutumes. Mais pas les Apaches. Savez-vous ce que veut dire &amp;ldquo;Apache&amp;rdquo; ? C&amp;rsquo;est un mot zuni qui signifie &amp;ldquo;ennemi&amp;rdquo;. Les autres Indiens les ont désignés ainsi – eux-mêmes se nomment les &amp;ldquo;N&amp;rsquo;De&amp;rdquo;. En réalité, &amp;ldquo;ennemis&amp;rdquo; est bien le terme qui convient : ennemis de la race humaine et de tout ce qui est vivant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est très direct, l&amp;rsquo;auteur ne s&amp;rsquo;embarrasse pas de fioritures pour décrire les situations ou les pensées des personnages, qu&amp;rsquo;ils soient indiens, mexicains ou militaires. C&amp;rsquo;est aussi la vérité d&amp;rsquo;une époque. Dans ce monde, la moindre erreur peut se payer cash, et la mort arriver brutalement. Tout cela fait un très bon roman, prenant et agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a également une postface de B. Tavernier, qui ne tarit pas d&amp;rsquo;éloge sur W. R. Burnett, auteur de romans noirs (Le petit César, Rien dans les manches, Quand la ville dort, Good-Bye Chicago, High Sierra&amp;hellip;), mais aussi scénariste (Tueur à gage, Scarface&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;High Sierra&lt;/strong&gt; ( &lt;strong&gt;La grande évasion&lt;/strong&gt;) sera adapté au cinéma (1947), scénario de John Huston et de W.R. Burnett, avec Humphrey Bogart. &lt;strong&gt;La fille du désert&lt;/strong&gt; (1949) est un remake en western de High Sierra), et &lt;strong&gt;La peur au ventre&lt;/strong&gt; (1955) une autre adaptation de High Sierra !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il nous apprend aussi que le personnage de Grein est inspiré par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Sieber&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Al Sieber&lt;/a&gt;, un célèbre chef éclaireur d&amp;rsquo;origine allemande, qui a inspiré beaucoup de films : &lt;strong&gt;Le sorcier du Rio Grande&lt;/strong&gt; (première adaptation de Fureur Apache), &lt;strong&gt;Bronco Apache&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Mr Horn&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Geronimo&lt;/strong&gt;. Mais la véritable adaptation de Fureur Apache, c&amp;rsquo;est &lt;strong&gt;Terreur Apache&lt;/strong&gt;, un des chefs-d&amp;rsquo;œuvre de Robert Aldrich, et le plus grand western des années 1970.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai aussi noté cette citation de Patrick McGilligan qui m&amp;rsquo;a bien plu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Huston aussi était un rebelle. Les gens confondent rebelle et révolutionnaire. Un révolutionnaire, c&amp;rsquo;est quelqu&amp;rsquo;un qui n&amp;rsquo;a plus de bureau, de pouvoir. Un rebelle, c&amp;rsquo;est quelqu&amp;rsquo;un qui s&amp;rsquo;oppose à toute forme d&amp;rsquo;autorité, qu&amp;rsquo;elle soit de droite ou de gauche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/W._R._Burnett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Riley Burnett&lt;/a&gt; (1899-1982) est un écrivain de roman noir et un scénariste américain. Il dit lui-même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Certains de mes meilleurs livres, à mon avis, sont des westerns. Je me suis passionné pour le Southwest à cause de son multiculturalisme, avec les Indiens, les Latinos, les Anglais&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai tendance à penser en trilogies et ma trilogie western comprend Adobe Walls (titre original de Terreur Apache), Pale Moon et Mi Amigo.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un écrivain à découvrir donc ! Sa trilogie western à continuer, et puis ses romans noirs, dont certains doivent valoir le détour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sulak - Philippe Jaenada</title>
            <link>https://pled.fr/sulak-philippe-jaenada/</link>
            <pubDate>Fri, 29 Sep 2017 16:51:54 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sulak.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;était pendant l&amp;rsquo;émission littéraire &amp;ldquo;21 centimètres&amp;rdquo; sur Canal qu&amp;rsquo;un journaliste recommandait ce bouquin : vie incroyable de cet Arsène Lupin des temps moderne, style haletant de l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si j&amp;rsquo;ai bien aimé le récit lui-même, j&amp;rsquo;ai été beaucoup moins fan du style de l&amp;rsquo;auteur, qui casse souvent le fil du récit pour y insérer des remarques personnelles, parfois totalement décorrélées du récit. Dommage, parce que le rythme du récit est parfaitement maîtrisé par ailleurs, très vivant, et on tourne page après page pour découvrir la vie de cet homme hors du commun. Un vrai polar&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vie de Bruno Sulak est réellement incroyable, et méritait d&amp;rsquo;être contée. Le personnage est assez charmeur, intelligent ; il commencera par braquer des supermarchés, et terminera par les bijouteries&amp;hellip; Entre-temps, il se sera évadé de prison plusieurs fois, mais sa dernière tentative lui sera fatale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur semble s&amp;rsquo;être beaucoup investi pour écrire ce livre, rencontrant les proches, etc&amp;hellip; Ce qui amène à se demander s&amp;rsquo;il est vraiment objectif dans sa narration : interprétation des faits, moralisation, suppositions inutiles sur la mort de Sulak le présentant comme une victime, l&amp;rsquo;État et la société étant les vrais responsables&amp;hellip; Moi je veux bien, mais Sulak savait parfaitement ce qu&amp;rsquo;il risquait, c&amp;rsquo;est quand même la règle du jeu&amp;hellip; Nietzsche disait : &amp;ldquo;l&amp;rsquo;État, le plus froid des monstres froids&amp;rdquo;, il n&amp;rsquo;y a rien de plus vrai.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le plus dérangeant, ce sont les digressions fréquentes sur d&amp;rsquo;autres gangsters, ou d&amp;rsquo;autres personnages de l&amp;rsquo;époque (Enrico Macias, Joëlle Mogensen), sans parler de sa vie personnelle (ce qu&amp;rsquo;il faisait à telle date)&amp;hellip; Un peu lassant à la longue, dommage, on sort du récit pourtant bien raconté par ailleurs. Cela a tout de même un bon côté, nous donnant le portrait d&amp;rsquo;une époque par petites touches, au cours de la courte vie de Bruno Sulak.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Jaenada&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philippe Jaenada&lt;/a&gt;, né en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain français. Il arrive à Paris au milieu des années 80, et enchaîne les petits boulots. Ses premiers romans sont inspirés de sa propre vie, où il manie la dérision vis-à-vis de lui-même, et est déjà adepte de nombreuses digressions. Sulak est le premier à s&amp;rsquo;inspirer de faits d&amp;rsquo;hiver, mais pas le dernier, et toujours avec le même style apparemment.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Personne ne gagne - Jack Black</title>
            <link>https://pled.fr/personne-ne-gagne-jack-black/</link>
            <pubDate>Wed, 20 Sep 2017 15:50:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/personne-ne-gagne-jack-black/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Personne ne gagne - Jack Black&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;personnenegagne.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;était sur France Culture, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-culture/rencontre-avec-dominique-bordes-editeur-aventureux&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;un matin du mois d&amp;rsquo;août dernier&lt;/a&gt;, où Dominique Bordes était l&amp;rsquo;invité &amp;ldquo;culture&amp;rdquo;. Je connaissais déjà cet éditeur grâce au fabuleux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9751&#34; &gt;Et quelque fois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée&lt;/a&gt; de Ken Kesey, certainement le meilleur roman que j&amp;rsquo;ai lu depuis longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la même collection, avec une toujours aussi belle jaquette et un beau papier, c&amp;rsquo;est cette fois sa propre histoire que Jack Black nous raconte, sorte de gentleman cambrioleur au tournant du XXème siècle. Son récit nous décrit une époque révolue, celle des Hobos (vagabonds) qui erraient dans l&amp;rsquo;ouest américain, avec leurs règles, leur solidarité, leurs rassemblements. Jack Black va devenir un &amp;ldquo;Yegg&amp;rdquo;, un perceur de coffre. À cette époque, pas d&amp;rsquo;empreintes, pas de fichiers centralisés&amp;hellip; et la frontière du Canada n&amp;rsquo;est pas loin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il fera tout de même plusieurs séjours en prison, recevra des coups de fouets (la moitié était donnée à l&amp;rsquo;entrée de la prison, l&amp;rsquo;autre au moment de la sortie, une fois la peine accomplie !), il aura également droit à la terrible camisole (qui sera interdite rapidement, trop cruelle et rendant les hommes fous), et deviendra accro à l&amp;rsquo;opium&amp;hellip; Il finira par se ranger, pour adopter une vie honnête qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait en fait jamais vraiment connue. Il militera ensuite contre la peine de mort, donnant des conférences ; il publiera des articles dans les journaux, puis ce livre ; deviendra archiviste dans un journal. Il disparaît en 1932, peut-être assassiné, peut-être s&amp;rsquo;est-il donné la mort&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le témoignage de cet homme est passionnant : tout est raconté sans aucune aménité ni esprit de revanche contre la société (contrairement au &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6485&#34; &gt;Voleur de George Darien&lt;/a&gt;, qui lui est révolté par les injustices de la société). Jack Black est devenu vagabond et voleur presque naturellement (orphelin de mère, père absent), c&amp;rsquo;est le seul monde qu&amp;rsquo;il connaît vraiment. Mais il va finir par comprendre qu&amp;rsquo;il ne mène nulle part, si ce n&amp;rsquo;est à une mort plus ou moins rapide. &amp;ldquo;Personne ne gagne&amp;rdquo; car les criminels feraient mieux de se ranger, et la société de punir les criminels comme la justice le fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà comme il se présente au début de son récit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;ai quitté l&amp;rsquo;école, j&amp;rsquo;étais aussi mal dégrossi qu&amp;rsquo;un garçon de quinze ans peut l&amp;rsquo;être. Je n&amp;rsquo;en connaissais pas plus sur le monde et ses étranges coutumes que la sainte femme qui m&amp;rsquo;avait appris à réciter mes prières au pensionnat. Avant mes vingt ans, je me suis retrouvé dans le box des accusés pour vol avec effraction. J&amp;rsquo;ai été acquitté, mais ça, c&amp;rsquo;est une autre histoire. En six ans, j&amp;rsquo;étais parti de chez mon père, j&amp;rsquo;avais pris la route. J&amp;rsquo;étais devenu un voleur à la sauvette, un videur de tiroirs-caisses, un visiteur de maisons mal fermées, un &lt;em&gt;careur&lt;/em&gt; de pensions bon marché, un petit cambrioleur à l&amp;rsquo;avenir prometteur. À vingt-cinq ans, j&amp;rsquo;étais un expert, un rôdeur nocturne, attentif à ne jeter son dévolu que sur les meilleures maisons, celles des gens aisés, négligents et assurés. J&amp;rsquo;opérais après minuit, toujours armé. À trente ans, j&amp;rsquo;étais un membre respecté de la confrérie des &lt;em&gt;yeggs&lt;/em&gt;. Ce voleur dont on ne sait rien. Silencieux, méfiant, dissimulé ; un voyageur sans attache, un &amp;ldquo;travailleur&amp;rdquo; de la nuit qui fuit la lumière, s&amp;rsquo;éloigne rarement des siens et reste sous la surface. Sillonnant les espaces, un automatique chargé à portée de main, le &lt;em&gt;yegg&lt;/em&gt; règne sur un autre monde, un monde souterrain, le monde des criminels.  À quarante, j&amp;rsquo;étais un bandit de grand chemin, solitaire et efficace, mais aussi un fugitif, avec pas moins de vingt-cinq ans à naviguer dans les bas-fonds. Une bien triste expérience dans les faits : innombrables vols, effractions, cambriolages. Tous les crimes possibles et imaginables contre la propriété privée. Arrestations, procès, acquittements, condamnations, évasions. Prisons ! Au moins quatre me reviennent clairement. Pénitenciers, centres de détention, cellules en tous genres, casernes, cachots, mitards ; les régimes au pain sec et à l&amp;rsquo;eau, les mauvais traitements, les coups de fouet et la redoutable camisole. Je revois aussi les fumeries d&amp;rsquo;opium, les rades à &lt;em&gt;viande saoule&lt;/em&gt;, les repaires de voleurs et les cachettes des mendiants. Les crimes aussitôt suivis d&amp;rsquo;une punition, sous une forme ou sous une autre. Le long de cette route, j&amp;rsquo;ai rarement eu l&amp;rsquo;occasion de boire du bon vin. Je n&amp;rsquo;ai pas souvent posé les yeux sur une femme, ni entendu des chansons. Toutes ces choses qui me sont arrivées pendant ces  années, je vais les raconter ici. Et je vais les raconter comme je les aies vécues : le sourire aux lèvres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Black_%28%C3%A9crivain%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack Black&lt;/a&gt; (1871-1932), de son vrai nom Thomas Callaghan, est un vagabond, cambrioleur professionnel, écrivain et archiviste pour le &lt;em&gt;San Francisco Call&lt;/em&gt;. Sa philosophie de vie a fortement influencé William S. Burroughs et ses écrits la Beat Generation (Kerouac, etc&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Walden - Henry D. Thoreau</title>
            <link>https://pled.fr/walden-henry-d-thoreau/</link>
            <pubDate>Fri, 15 Sep 2017 15:28:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/walden-henry-d-thoreau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Walden - Henry D. Thoreau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;walden.jpg#floatleft&#34;&gt; Encore un livre que j&amp;rsquo;ai laissé tomber après une cinquantaine de page. Ça fait deux à suivre après celui de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11092&#34; &gt;Hannah Arendt&lt;/a&gt;&amp;hellip; Mais cette fois, ce n&amp;rsquo;est pas parce que je n&amp;rsquo;y comprenais rien, mais parce que j&amp;rsquo;ai trouvé le texte assez ennuyeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le trouve pas mal en librairie en ce moment (j&amp;rsquo;ai vu jusqu&amp;rsquo;à trois rééditions différentes côte à côte) parce qu&amp;rsquo;il vient de passer dans le domaine public : les éditeurs s&amp;rsquo;en donnent à cœur joie, proposant une nouvelle traduction, plus moderne, plus lisible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais je n&amp;rsquo;ai pas du tout accroché aux élucubrations de l&amp;rsquo;auteur, qui semble être un personnage avec une forte personnalité, ayant beaucoup lu, et sûr de ses croyances (ou ses non-croyances). Malgré la nouvelle traduction, le monde a tellement changé depuis que ses considérations sur celui-ci n&amp;rsquo;ont que peu d&amp;rsquo;échos aujourd&amp;rsquo;hui !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite, la façon qu&amp;rsquo;a Thoreau d&amp;rsquo;asséner ses certitudes est un peu fatigante à la longue. Certes, il ne manque pas d&amp;rsquo;humour parfois, mais pour le reste, il a un côté &amp;ldquo;donneur de leçons&amp;rdquo; qui me rendait la lecture assez déplaisante et ennuyeuse. Et souvent, ce qu&amp;rsquo;il raconte n&amp;rsquo;a aucun intérêt, si ce n&amp;rsquo;est pour lui-même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme il le dit dans la citation en exergue du livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas l&amp;rsquo;intention d&amp;rsquo;écrire une ode au découragement, mais de me vanter aussi vigoureusement que Chanteclair dressé à l&amp;rsquo;aube sur son perchoir, au moins pour réveiller mes voisins.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut également lire sur le quatrième de couverture que ce livre a été apprécié par des générations d&amp;rsquo;écrivains américains, à commencer par des représentants de la Beat Generation, et qu&amp;rsquo;il est aussi à la source de la réflexion écologiste sur l&amp;rsquo;utilisation des ressources et la préservation des espèces sauvages&amp;hellip; Je veux bien, je ne sais pas si c&amp;rsquo;est le temps qui a passé, mais en tout cas je n&amp;rsquo;ai vraiment pas accroché ni au style, ni au contenu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henry David Thoreau&lt;/a&gt; (1817-1862) est un philosophe, naturaliste et poète américain. Walden est son œuvre majeure mais il a également écrit un essai intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_D%C3%A9sob%C3%A9issance_civile&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La désobéissance civile&lt;/a&gt;. Il refusa de payer ses impôts à un État qui admettait l&amp;rsquo;esclavage et faisait la guerre au Mexique (il ne passera qu&amp;rsquo;une nuit en prison, une de ses tantes ayant payé, contre son gré, à sa place). Il a inspiré les actions collectives menées par Gandhi et Martin Luther King.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La crise de la culture - Hannah Arendt</title>
            <link>https://pled.fr/la-crise-de-la-culture-hannah-arendt/</link>
            <pubDate>Thu, 14 Sep 2017 16:52:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-crise-de-la-culture-hannah-arendt/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La crise de la culture - Hannah Arendt&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;criseculture.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre dont j&amp;rsquo;ai arrêté la lecture au bout d&amp;rsquo;une cinquantaine de pages : trop ardu pour moi, pensée trop complexe ! Pourtant le sujet est très intéressant, et j&amp;rsquo;ai fait des efforts, mais vraiment&amp;hellip; Et je ne parle pas des mots en grec non traduits, des citations latines qui le sont parfois mais pas toujours (merci !), etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je pense qu&amp;rsquo;il faut un solide bagage culturel pour pouvoir suivre la pensée de madame Arendt, et moi je suis largué ! C&amp;rsquo;est dommage, je suis persuadé que l&amp;rsquo;on peut expliquer les mêmes concepts sans être aussi hermétique (ou ésotérique). Comme si Annah Arendt cherchait à montrer sa culture en même temps ; ça me fait penser à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9532&#34; &gt;Lou Andréas-Salomé&lt;/a&gt;, aussi difficile à suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La préface (écrite par l&amp;rsquo;auteur) est pourtant assez claire, et m&amp;rsquo;avait mis l&amp;rsquo;eau à la bouche. Il s&amp;rsquo;agit de savoir &lt;strong&gt;comment&lt;/strong&gt; penser à notre époque. Partant du principe que l&amp;rsquo;homme vit sur une brèche, avec le passé révolu derrière nous et l&amp;rsquo;avenir inconnu devant, nous devons à chaque génération redécouvrir comment penser le monde, sur la base de nos connaissances accumulées, et en fonction de ce qui nous fait face. Or nous vivons, à notre époque une crise de la culture : le monde moderne marque une rupture avec la tradition, qui avait tenu bon jusque là. Il faut véritablement revoir notre rapport au monde en fonction de cela pour pouvoir penser correctement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À défaut d&amp;rsquo;extraits du livre en lui-même, en voilà de la préface ! Hannah Arendt commence par citer une parabole de Kafka sur le passé et le présent :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il a deux antagonistes : le premier le pousse de derrière, depuis l&amp;rsquo;origine. Le second barre la route devant lui. Il se bat avec les deux. Certes, le premier le soutient dans son combat contre le second car il veut le pousser en avant et de même le second le pousse en arrière. Mais il n&amp;rsquo;en est ainsi que théoriquement. Car il n&amp;rsquo;y a pas seulement les deux antagonistes en présence mais aussi, encore lui-même, et qui connaît réellement ses intentions ? Son rêve, cependant, est qu&amp;rsquo;une fois, dans un moment d&amp;rsquo;inadvertance — et il y faudrait assurément une nuit plus sombre qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y en eut jamais — il quitte d&amp;rsquo;un saut la ligne de combat et soit élevé, à cause de son expérience du combat, à la position d&amp;rsquo;arbitre sur ses antagonistes dans leur combat l&amp;rsquo;un contre l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis, après avoir développé, elle ajoute :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;ennuyeux est que nous ne semblons ni équipés ni préparés pour cette activité de pensée, d&amp;rsquo;installation dans la brèche entre le passé et le futur. Pendant de très longues époques de notre histoire, en fait à travers les millénaires qui ont suivi la fondation de Rome et furent déterminés par des concepts romains, cette brèche fut comblée par ce que, depuis les Romains, nous avons appelé la tradition. Que cette tradition se soit usée avec l&amp;rsquo;avance de l&amp;rsquo;âge moderne n&amp;rsquo;est un secret pour personne. Lorsque le fil de la tradition se rompit finalement, la brèche entre le passé et le futur cessa d&amp;rsquo;être une condition particulière à la seule activité de la pensée et une expérience réservée au petit nombre de ceux qui faisaient de la pensée leur affaire essentielle. Elle devint une réalité tangible et un problème pour tous ; ce qui veut dire qu&amp;rsquo;elle devint un fait qui relevait de la politique.&#xA;Kafka fait référence à l&amp;rsquo;expérience, l&amp;rsquo;expérience du combat acquise par &amp;ldquo;lui&amp;rdquo; qui tient ferme entre l&amp;rsquo;affrontement des vagues du passé et du futur. Cette expérience est une expérience de pensée — puisque, comme nous l&amp;rsquo;avons vu, toute la parabole a trait à un phénomène mental — et elle ne peut être acquise, comme toute expérience, que par la pratique, par des exercices. [&amp;hellip;] Les huit essais suivants sont de tels exercices, et leur seul but est d&amp;rsquo;acquérir de l&amp;rsquo;expérience en : comment penser ; ils ne contiennent pas de prescription quant à ce qu&amp;rsquo;il faut penser ou aux vérités qu&amp;rsquo;il convient d&amp;rsquo;affirmer. Il ne s&amp;rsquo;agit surtout pas pour eux de renouer le fil rompu de la tradition ou d&amp;rsquo;inventer quelque succédané ultramoderne destiné à combler la brèche entre le passé et le futur. Tout au long de ces exercices le problème de la vérité est laissé en suspens ; on se préoccupe seulement de savoir comment se mouvoir dans cette brèche — la seule région peut-être où la vérité pourra apparaître un jour. [&amp;hellip;}&#xA;À cet égard, le livre est divisé en trois parties. La première traite de la rupture moderne dans la tradition et du concept d&amp;rsquo;histoire par lequel l&amp;rsquo;âge moderne a espéré remplacer les concepts de la métaphysique traditionnelle. La seconde partie discute de deux concepts politiques centraux et liés, l&amp;rsquo;autorité et la liberté ; elle présuppose la discussion de la première partie en ce sens que des questions aussi élémentaires et directes que : qu&amp;rsquo;est-ce que l&amp;rsquo;autorité ? qu&amp;rsquo;est-ce que la liberté ? peuvent surgir seulement si aucune des réponses fournies par la tradition ne sont plus bonnes ni utilisables. Les quatre essais de la dernière partie, enfin, sont de franches tentatives pour appliquer le mode de pensée mis à l&amp;rsquo;épreuve dans les deux premières parties du livre aux problèmes actuels immédiats auxquels nous sommes quotidiennement confrontés, non, certes, pour trouver des solutions déterminées mais dans l&amp;rsquo;espoir de clarifier les problèmes et d&amp;rsquo;acquérir quelque assurance dans la confrontation de questions spécifiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais pas vous, mais ça donne envie : apprendre à penser, ça peut se révéler très intéressant dans ce monde moderne où l&amp;rsquo;on est submergé d&amp;rsquo;informations. D&amp;rsquo;autant que les quatre essais sont : &amp;ldquo;La crise de l&amp;rsquo;éducation&amp;rdquo;, &amp;ldquo;La crise de la culture&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Vérité et politique&amp;rdquo; et enfin &amp;ldquo;La conquête de l&amp;rsquo;espace et la dimension de l&amp;rsquo;homme&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;y replongerai peut-être un jour&amp;hellip; Ou alors c&amp;rsquo;est le seul livre à emmener en voyage, pour avoir tout le temps de s&amp;rsquo;y plonger et replonger jusqu&amp;rsquo;à ce que l&amp;rsquo;on comprenne la pensée complexe (et très cultivée) d&amp;rsquo;Hannah Arendt !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hannah Arendt&lt;/a&gt; (19063-1975) est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine. Il y a peu de temps, le film éponyme &amp;ldquo;Hannah Arendt&amp;rdquo; était passé sur Arte : elle est envoyée (en tant que journaliste juive) au procès d&amp;rsquo;Eichmann en Israël, et y défend sa théorie de &amp;ldquo;la banalité du mal&amp;rdquo; (Eichamnn n&amp;rsquo;a fait qu&amp;rsquo;obéir aux ordres, mais parce qu&amp;rsquo;il est un type médiocre ; en aucun cas elle ne le déresponsabilise), déclenchant une immense controverse.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans un si beau pays - The Big Sky 3 - A.B. Guthrie</title>
            <link>https://pled.fr/dans-un-si-beau-pays-the-big-sky-3-a-b-guthrie/</link>
            <pubDate>Tue, 12 Sep 2017 17:36:07 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Dans un si beau pays - The Big Sky 3 - A.B. Guthrie&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;thebigsky3.jpg#floatleft&#34;&gt; Et voilà donc le troisième et dernier roman faisant partie de la série &amp;ldquo;The Big Sky&amp;rdquo;. Certainement le plus sombre des trois ! Peut-être parce que Guthrie l&amp;rsquo;a écrit plus de trente ans après les deux premiers, à l&amp;rsquo;âge de quatre-vingts ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous retrouvons Dick Summers à l&amp;rsquo;endroit où nous l&amp;rsquo;avions laissé à la fin de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11069&#34; &gt;La route de l&amp;rsquo;Ouest&lt;/a&gt;, où il avait emmené le convoi de colons, c&amp;rsquo;est-à-dire dans l&amp;rsquo;Oregon. Il souhaite désormais retrouver les grands espaces et retrouver la vie qu&amp;rsquo;il menait auparavant, faite de liberté et de bivouacs sous le ciel étoilé. Il part avec un nouveau compagnon, Higgins (et son violon).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il veut aussi retrouver Boone Caudill, son ancien compagnon de route, pour lui expliquer qu&amp;rsquo;il a commis une terrible erreur en tuant son ami Jim Deakins (cela se passe dans le premier roman de la série). Mais Dick Summers va d&amp;rsquo;abord retrouver Teal Eye, ou &amp;ldquo;la captive aux yeux clairs&amp;rdquo;&amp;hellip; avec qui il va s&amp;rsquo;installer, vivre et même avoir un enfant. Ils trouveront aussi une femme indienne pour Higgins. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais cela ne va pas durer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car il devient de plus en plus dur de vivre comme dans l&amp;rsquo;ancien temps, et c&amp;rsquo;est le sujet principal de ce roman : la présence des hommes blancs s&amp;rsquo;intensifie, et leur impact sur la nature en même temps. Les temps changent, et vouloir résister peut se révéler dangereux. Un blanc qui vit avec des indiens est-il encore un blanc ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir du tuer Boone Caudill, devenu un homme agressif et dangereux qui ne supportera pas de devoir faire face à la vérité, Summers devra se résoudre à aller vivre avec les indiens blackfeet de la tribu de Teal Eye, car la présence des blancs les y oblige&amp;hellip; Et les choses finiront par mal tourner : lors d&amp;rsquo;une expédition punitive (et totalement injustifiée), l&amp;rsquo;armée massacrera tout le camp, y compris Dick Summers. Comme pour mieux marquer la fin d&amp;rsquo;une époque, et la fin de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme pour les deux autres romans de la série, il y a une postface de Bertrand Tavernier. L&amp;rsquo;occasion de citer deux films : &lt;strong&gt;Jeremiah Johnson&lt;/strong&gt; (1972) pour la scène où l&amp;rsquo;on mentionne des indiens catholiques et &lt;strong&gt;La flèche brisée&lt;/strong&gt; (1950) pour le mariage avec une indienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A._B._Guthrie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A. B. Guthrie&lt;/a&gt; (1901-1991) est un romancier et historien américain. D’abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (la captive aux yeux clairs) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu’il voulait qu’on grave sur sa tombe, il répondit « Je veux être incinéré et j’aimerais qu’on inscrive sur ma tombe : « J’ai fait de mon mieux. »&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Route de l&#39;Ouest - The Big Sky 2 - A.B. Guthrie</title>
            <link>https://pled.fr/la-route-de-louest-the-big-sky-2-a-b-guthrie/</link>
            <pubDate>Mon, 11 Sep 2017 15:41:56 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;thebigsky2.jpg#floatleft&#34;&gt; Comme j&amp;rsquo;avais apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11024&#34; &gt;La captive aux yeux clairs&lt;/a&gt;, il était logique de continuer la trilogie &amp;ldquo;The Big Sky&amp;rdquo;&amp;hellip; En route donc pour cette deuxième partie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si la première mettait en avant les premiers hommes blancs (les trappeurs) à se rendre sur les terres indiennes du Montana, cette fois ce sont les colons qui quittent les terres ingrates du Missouri pour rejoindre l&amp;rsquo;Oregon. Tous espèrent une vie meilleure dans ce que les rumeurs décrivent comme un paradis sur terre, un territoire encore vierge qui leur tend les bras, avec des rivières, du gibier, des forêts&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour servir de guide, nous retrouvons le vieux Dick Summers, que la vie de paysan dans la Missouri ne tente plus guère. Et comme pour le premier opus, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache à décrire, sans à priori ni moralisme, le mode de vie de ces colons, leur organisation sociale, tout au long de cette immense traversée : 3600 kms quand même, en chariots, avec femme et enfants, dans une nature parfois peu clémente. Les personnages sont attachants, et la lecture de ces aventures forcément très agréable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;expédition se passera globalement bien, même si quelques morts seront à déplorer. Les conditions sont dures, le passage des chariots (fleuves, ravins) relève parfois de l&amp;rsquo;exploit, mais les hommes sont décidés, poussés par ce futur radieux qu&amp;rsquo;ils pensent les attendre. On ressent à la lecture ce besoin d&amp;rsquo;expansion vers l&amp;rsquo;Ouest, cette conquête que rien ne peut arrêter&amp;hellip; Les indiens sont déjà plus ou moins pacifiés, et ceux croisés près des forts déjà victime de l&amp;rsquo;alcool et dépendants des blancs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bertrand Tavernier, dans la postface, mentionne un autre roman &amp;ldquo;The Earthbreakers&amp;rdquo; de Ernest Haycox (jamais adapté au cinéma, jamais traduit en français non plus) qui s&amp;rsquo;attache à retracer les premières années des colons dans cet Oregon, complétant admirablement ce roman : ils vont endurer souffrances et privations avant de réussir à s&amp;rsquo;en sortir ! Le paradis espéré va se révéler beaucoup plus rude que prévu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et bien sûr la postface de B. Tavernier nous donne également quelques suggestions de films : &lt;strong&gt;La route de l&amp;rsquo;Ouest&lt;/strong&gt; (1967) d&amp;rsquo;Andrew McLaglen, dont B. Tavernier ne nous dit pas le plus grand bien, recommandant plutôt &lt;strong&gt;La Piste des Géants&lt;/strong&gt; (1930) pour son souffle épique. Il mentionne aussi &lt;strong&gt;Le convoi sauvage&lt;/strong&gt; (1971) de Richard Sarafian. Il parle également d&amp;rsquo;un livre, &lt;strong&gt;Terreur Apache&lt;/strong&gt; de W.R. Burnett, pour indiquer que ces deux auteurs s&amp;rsquo;immergent dans la façon de penser de leurs personnages, sans les condamner ou leur donner une leçon de morale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A._B._Guthrie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A. B. Guthrie&lt;/a&gt; (1901-1991) est un romancier et historien américain. D’abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (la captive aux yeux clairs) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu’il voulait qu’on grave sur sa tombe, il répondit « Je veux être incinéré et j’aimerais qu’on inscrive sur ma tombe : « J’ai fait de mon mieux. »&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La captive aux yeux clairs - The Big Sky 1 - A. B. Guthrie</title>
            <link>https://pled.fr/la-captive-aux-yeux-clairs-the-big-sky-1-a-b-guthrie/</link>
            <pubDate>Wed, 16 Aug 2017 17:28:45 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La captive aux yeux clairs - A. B. Guthrie&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bigsky1.jpg#floatleft&#34;&gt; Après la déception de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10911&#34; &gt;La marche du mort de Larry McMurtry&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai vu ce bouquin sur la table du libraire, qui est la premier d&amp;rsquo;une série de trois, appelée &lt;strong&gt;The Big Sky&lt;/strong&gt;(qui est aussi le titre original de ce roman). Mais comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9257&#34; &gt;Lonesome Dove&lt;/a&gt; m&amp;rsquo;avait tout de même donné goût à la littérature sur l&amp;rsquo;époque &amp;ldquo;Western&amp;rdquo;, je me suis laissé tenté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce fût une bonne surprise. Nous allons suivre les aventures de deux jeunes hommes, Boone Caudill et Jim Deakins, qui quittent leur Kentucky natal pour échapper à l&amp;rsquo;ennui et à une dure vie de paysan toute tracée. Ils rejoignent une expédition qui va remonter le fleuve Missouri jusqu&amp;rsquo;au territoire des indiens Blackfeet, réputés dangereux. À bord du bateau se trouve une jeune Blackfoot, Teal Eye, censée être la fille d&amp;rsquo;un chef indien, et donc permettre en la leur ramenant de les amadouer et pouvoir faire commerce avec eux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils vont aussi rencontrer Dick Summers, un homme plein d&amp;rsquo;expérience, un &amp;ldquo;mountain man&amp;rdquo;, un trappeur qui connaît la région et y a roulé sa bosse. Dick va les prendre sous son aile, et peu à peu apprendre ce mode de vie déjà en train de disparaître à Boone et Jim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parfaitement écrit, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion de décrire une époque, et le mode de vie de ces hommes au plus proche de la nature (nous sommes en 1830-1840). En même temps, l&amp;rsquo;avancée inexorable des hommes blancs sur les territoires indiens, leur impact sur la nature (la raréfaction du gibier) et sur les indiens (l&amp;rsquo;alcool et les maladies) sont en train de tout changer. À tel point que nos trois compères auront bien du mal à retrouver les Blackfeet (car Boone veut revoir Teal Eye), littéralement décimés par une épidémie de variole. Il y a une certaine mélancolie qui transparaît, surtout à travers les yeux de Dick, qui voit une époque se terminer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une très belle postface de Bertrand Tavernier conclut ce livre, l&amp;rsquo;occasion de noter quelques films de l&amp;rsquo;époque pour les amateurs de vieux westerns : &lt;strong&gt;La captive aux yeux clairs&lt;/strong&gt; (1952) de Howard Hawks bien sûr, mais aussi &lt;strong&gt;La prisonnière du désert&lt;/strong&gt; (1956), &lt;strong&gt;Au delà du Missouri&lt;/strong&gt; (1951), &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;homme des vallées perdues&lt;/strong&gt; (1952) et enfin &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;homme du Kentucky&lt;/strong&gt; (1955) (A.B. Guthrie a écrit le scénario des deux derniers).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous retrouverons Dick Summers dans le deuxième Opus, La Route de l&amp;rsquo;Ouest&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A._B._Guthrie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A. B. Guthrie&lt;/a&gt; (1901-1991) est un romancier et historien américain. D&amp;rsquo;abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (ce livre) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu&amp;rsquo;il voulait qu&amp;rsquo;on grave sur sa tombe, il répondit &amp;ldquo;Je veux être incinéré et j&amp;rsquo;aimerais qu&amp;rsquo;on inscrive sur ma tombe : &amp;ldquo;J&amp;rsquo;ai fait de mon mieux.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La ferme des animaux - George Orwell</title>
            <link>https://pled.fr/la-ferme-des-animaux-george-orwell/</link>
            <pubDate>Tue, 08 Aug 2017 16:50:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-ferme-des-animaux-george-orwell/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La ferme des animaux - George Orwell&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lafermedesanimaux.jpg#floatleft&#34;&gt; Il était temps que je lise cette fable de George Orwell, dont Simon Leys dit que c&amp;rsquo;est son chef-d&amp;rsquo;œuvre ! J&amp;rsquo;avais un peu peur de m&amp;rsquo;ennuyer à la lire, mais non, pas du tout, cette allégorie du communisme est magnifiquement racontée, et l&amp;rsquo;on prend un plaisir certain à la lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois l&amp;rsquo;homme chassé de la ferme, les grand principes d&amp;rsquo;égalité annoncés et les lendemains radieux promis&amp;hellip; arrive ce qui doit arriver : la prise de pouvoir et le début des privilèges pour une certaine classe, ici les cochons (les animaux les plus proches de l&amp;rsquo;homme ?).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai particulièrement aimé le côté révisionniste, où l&amp;rsquo;histoire est modifiée en fonction du présent : le pauvre Boule de neige, héros de la première bataille, vite devenu le bouc émissaire de tous les problèmes (on pense à Trotsky) ; les bêlements des moutons qui empêchent vite toute discussion lors des réunions en scandant sans les comprendre des slogans appris par cœur&amp;hellip; mais à qui cela fait-il penser ? Etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis la façon dont les grands principes sont petit à petit transformés : &amp;ldquo;Nul animal ne boira de l&amp;rsquo;alcool&amp;rdquo; devient &amp;ldquo;Nul animal ne boira de l&amp;rsquo;alcool à l&amp;rsquo;excès&amp;rdquo; quand Napoléon découvre la bière&amp;hellip; &amp;ldquo;Nul animal ne tuera un autre animal&amp;rdquo; devient &amp;ldquo;Nul animal ne tuera un autre animal sans raison valable&amp;rdquo; quant les exécutions commencent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les 7 commandements initiaux finissent d&amp;rsquo;ailleurs par se réduire à un seul : &amp;ldquo;Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d&amp;rsquo;autres&amp;rdquo;, et dans le dernier paragraphe, les cochons finissent par ressembler physiquement aux hommes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Douze voix coléreuses criaient et elles étaient toutes les mêmes. Il n&amp;rsquo;y avait plus maintenant à se faire de questions sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l&amp;rsquo;homme et de l&amp;rsquo;homme au cochon, et de nouveau du cochon à l&amp;rsquo;homme ; mais déjà il était impossible de distinguer l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, un bon moment de lecture. Paradoxalement, c&amp;rsquo;est Benjamin l&amp;rsquo;âne, qui se révèle le plus lucide sur toute l&amp;rsquo;histoire (il ne croit en rien, et semble revenu de tout !). On dit que les fables de La Fontaine sont de la même façon une lecture très enrichissante, à tous les âges (André Gide les avaient relues avec grand plaisir durant son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34; &gt;Voyage au Congo&lt;/a&gt;). Avec celle-ci, l&amp;rsquo;adage est confirmé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur George Orwell sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8071&#34; &gt;Hommage à la Catalogne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2722&#34; &gt;Dans la dèche à Paris et à Londres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=626&#34; &gt;1984&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;Orwell ou l’horreur de la politique – Simon Leys&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Orwell&#34;  title=&#34;George Orwell sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Orwell&lt;/a&gt; (1903-1950) a eu une vie incroyable : il a été policier aux Indes, clochard à Paris, ouvrier, combattant en Espagne, speaker à la BBC, et bien sûr écrivain. Malade de la tuberculose, il écrivit 1984 dans ses toutes dernières années, alors qu’il luttait déjà contre la mort. Le petit livre de Simon Leys ci-dessus vous en apprendra beaucoup sur le personnage et sa clairvoyance.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Naufrage au Mont-Blanc - Yves Ballu</title>
            <link>https://pled.fr/naufrage-au-mont-blanc-yves-ballu/</link>
            <pubDate>Thu, 03 Aug 2017 14:06:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/naufrage-au-mont-blanc-yves-ballu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Naufrage au Mont-Blanc - Yves Ballu&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;naufragemontblanc.jpg#floatleft&#34;&gt;C&amp;rsquo;est ma frangine qui m&amp;rsquo;a offert ce bouquin : elle habite Chamonix, alors forcément cette terrible histoire l&amp;rsquo;a passionnée, et elle a voulu me faire connaître ce qui reste une véritable tragédie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en 1956 : deux jeunes alpinistes (Vincendon, un parisien, et Henry, un belge) partent pour une course hivernale sur le Mont Blanc ; ils vont se retrouver coincés à 4000 mètres d&amp;rsquo;altitude, par -30°C, pendant plus de dix jours, leur calvaire étant suivi à la jumelle depuis Chamonix. Un hélicoptère qui tentera de se poser pour les secourir va s&amp;rsquo;écraser à leurs côtés&amp;hellip; Il y a maintenant six personnes à secourir !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si les deux alpinistes sont vivants, ils ont déjà leurs membres gelés, et même le visage pour l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux. D&amp;rsquo;autres secours vont être envoyés, mais l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;occupera d&amp;rsquo;abord de sauver les hommes de l&amp;rsquo;hélicoptère. L&amp;rsquo;issue sera fatale pour Vincendon et Henry, dont les corps ne seront ramenés dans la vallée qu&amp;rsquo;au printemps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Ballu&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Yves Ballu&lt;/a&gt; est ingénieur de formation, docteur ès sciences, passionné de montagne, et écrivain : apparemment dans l&amp;rsquo;ordre, car je n&amp;rsquo;ai pas trouvé que c&amp;rsquo;était ni très bien écrit et raconté. Il y a parfois des phrases convenues, ou des dialogues peu crédibles, comme ceux du notaire Maître de la Roche : ce personnage n&amp;rsquo;existant que pour exprimer des opinions caricaturaux, provocants ; sans doute pour refléter une partie de l&amp;rsquo;opinion ? mais le procédé n&amp;rsquo;est pas très bien venu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est appliqué à retranscrire les faits tels qu&amp;rsquo;ils se sont passés, sans chercher à protéger ou couvrir telle ou telle institution, et c&amp;rsquo;est déjà beaucoup, car des organismes comme la Compagnie des Guides de Chamonix (qui refusent carrément d&amp;rsquo;intervenir) et  l&amp;rsquo;EHM (École militaire de Haute Montagne) n&amp;rsquo;en sortent pas grandis, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire. Car entre la mauvaise foi des uns et les mauvaises décisions des autres, le tableau est cruel. Ajoutez à cela un peu de malchance, et vous aurez une idée de la tragédie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la décharge des guides de Chamonix, les courses hivernales sont une pratique peu courante à l&amp;rsquo;époque ; et pour les Chamoniards, voir ces jeunes inconséquents partir à la recherche d&amp;rsquo;un exploit ne les incitent pas à prendre des risques (pour eux, bénévoles qui ont une famille, etc&amp;hellip;). D&amp;rsquo;ailleurs, le débat sur la gratuité des secours en montagne n&amp;rsquo;est toujours pas clos de nos jours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a eu une émission de France Inter du 28/11/2016 sur le sujet, que l&amp;rsquo;on peut réécouter : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-28-novembre-2016&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Prisonniers du Mont-Blanc : l’affaire Vincendon Henry&lt;/a&gt;. On peut également retrouver deux trois photos sur le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://yvesballublog.canalblog.com/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog de Yves Ballu&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Pastorale américaine - Philip Roth</title>
            <link>https://pled.fr/pastorale-americaine-philip-roth/</link>
            <pubDate>Wed, 26 Jul 2017 17:38:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/pastorale-americaine-philip-roth/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Pastorale américaine - Philip Roth&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pastoraleamericaine.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais bien aimé le film, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10486&#34; &gt;American Pastoral&lt;/a&gt;, alors je me suis offert le bouquin, afin d&amp;rsquo;approfondir l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;abord, et ensuite pour découvrir l&amp;rsquo;écrivain Philip Roth dont je n&amp;rsquo;avais rien lu jusqu&amp;rsquo;à présent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai été déçu par aucun de ces deux points ! À propos de l&amp;rsquo;auteur, c&amp;rsquo;est vraiment très bien écrit, les phrases sont bien construites, le style est là, et les idées abordées traitées avec beaucoup de profondeur. On ne s&amp;rsquo;ennuie pas une seconde, et on sent la patte d&amp;rsquo;un grand !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet traité, c&amp;rsquo;est la fin du rêve américain, dans les années 60/70, en plein &amp;ldquo;Black Power&amp;rdquo; et guerre du Vietnam. Il y a bien une sorte de &amp;ldquo;surcouche&amp;rdquo; juive (!) dans le traitement des problèmes de société, mais cela reste extrêmement intéressant : Philip Roth n&amp;rsquo;en rajoute pas, même si c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un des thèmes qui lui tiennent à cœur, voir plus bas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne vais pas résumer à nouveau l&amp;rsquo;histoire, voir l&amp;rsquo;article sur le film pour cela. &amp;ldquo;Le Suédois&amp;rdquo; va donc chercher ce qui a bien pu clocher dans sa vie pour que sa fille bascule dans le terrorisme. Avec le livre, on analyse en long et en large toutes ses réflexions qui le hantent littéralement : il cherche désespérément une explication, une erreur qu&amp;rsquo;il aurait commise et qui expliquerait tout ! Il lui faut une explication rationnelle, absolument. On y voit toute la culpabilité que sa culture a pu lui inculquer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi la description du déclin de l&amp;rsquo;Amérique pour une génération qui avait tout pour réussir : leur grand-père avait trimé dur pour créer la boite, le père avait développé la richesse, tout était prêt pour qu&amp;rsquo;eux aient le meilleur, mais&amp;hellip; les morts vietnamiens seront les révélateurs du monde violent que les blancs imposent partout, et l&amp;rsquo;exploitation des pauvres pour assurer leur bonheur et leur niveau de vie&amp;hellip; Tout cela va lui exploser à la figure :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Oui, à l&amp;rsquo;âge de quarante-six ans, en 1973, aux trois quarts ou presque de ce siècle qui, sans égards pour les rituels funéraires, avait jonché le sol de cadavres d&amp;rsquo;enfants mutilés et des cadavres de leurs parents, le Suédois découvrait que nous sommes tous sous la coupe d&amp;rsquo;une puissance devenue folle. Ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une question de temps, sale Blanc, on y est tous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il les entendait rire d&amp;rsquo;ici, les Weathermen, les Panthères noires, l&amp;rsquo;armée rebelle, le ramassis des combattants de la violence, incorruptibles, qui le traitaient de criminel et le haïssaient jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;os parce qu&amp;rsquo;il faisait partie des possédants. Le Suédois enfin débusqué. Ils étaient ivres de joie, ravis d&amp;rsquo;avoir détruit sa fille jadis gâtée, et brisé sa vie de privilégié, et ils l&amp;rsquo;amenaient enfin à leur vérité, cette vérité qu&amp;rsquo;ils savaient être celle de tout Vietnamien, homme, femme, enfant, etc., celle de tout Noir colonisé d&amp;rsquo;Amérique, celle de tous ceux qui partout et de tout temps s&amp;rsquo;étaient fait baiser par le capitalisme et sa cupidité insatiable. Cette puissance devenue folle, sale Blanc, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;Amérique ! C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;empire américain ! C&amp;rsquo;est Chase Manhattan, General Motors, Standard Oil et Newark Maid LeatherWare ! Bienvenue à bord, chien capitaliste ! Bienvenue dans la race humaine baisée par l&amp;rsquo;Amérique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une petite explications sur le titre : La Pastorale américaine, c&amp;rsquo;est la fête de Thanksgiving, fête neutre, vidé de son contenu religieux, où deux cent cinquante millions de personnes mangent la même chose (une dinde), et où chacun met entre parenthèse ses griefs et ressentiments ; ça dure vingt-quatre heures.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article sur Philip Roth sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12164&#34; &gt;J&amp;rsquo;ai épousé un communiste&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11887&#34; &gt;Goodbye, Colombus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12676&#34; &gt;Indignation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/le-complot-contre-lamerique-philip-roth/&#34; &gt;Le complot contre l&amp;rsquo;Amérique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Roth&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip Roth&lt;/a&gt;, né en 1933, est un grand écrivain américain, petit-fils d&amp;rsquo;immigrés juifs originaire de Galicie. Avec Pastorale américaine (1997), il entame une inflexion historique de son œuvre, pour se pencher sur la crise de la gauche américaine, et l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;acculturation des juifs originaires d&amp;rsquo;Europe de l&amp;rsquo;Est aux États-Unis. Voir aussi &amp;ldquo;Le complot contre l&amp;rsquo;Amérique&amp;rdquo; sur ce thème. Souvent cité pour le prix Nobel de littérature, il ne l&amp;rsquo;a à ce jour pas reçu, ce que certains considèrent comme une anomalie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La marche du mort - Larry McMurtry</title>
            <link>https://pled.fr/la-marche-du-mort-larry-mcmurtry/</link>
            <pubDate>Sat, 22 Jul 2017 17:51:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-marche-du-mort-larry-mcmurtry/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La marche du mort - Larry McMurtry&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lamarchedumort.jpg#floatleft&#34;&gt;Énorme déception que cette &amp;ldquo;suite&amp;rdquo; de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9257&#34; &gt;Lonesome Dove&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;attendais en format poche depuis plus d&amp;rsquo;un an ! Ce n&amp;rsquo;est pas vraiment une suite à proprement parler, mais plutôt un retour aux origines de nos deux héros, Augustus McCrae et Woodwrow Call, quand encore jeunes ils s&amp;rsquo;engagent chez les Texas Rangers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, si dans Lonesome Dove, malgré un début poussif, on se laissait vite emporter par le souffle des grands espaces, la nature sauvage, pleine de dangers, bref la rude vie des cow-boys du Grand Ouest&amp;hellip; autant ici on s&amp;rsquo;ennuie ferme et on attend désespérément que l&amp;rsquo;histoire commence pour de bon. Ce ne sera pas la cas, et la fin est carrément bâclée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Larry McMurtry a ressenti le besoin de nous raconter les débuts des deux Rangers, mais on se demande bien pourquoi ; à part un contrat bien juteux, je ne vois pas&amp;hellip; ce n&amp;rsquo;est en tout cas certainement pas l&amp;rsquo;inspiration ! La troupe hétéroclite qui s&amp;rsquo;en va par deux fois en territoire indien va être décimée petit à petit, et c&amp;rsquo;est bien normal vu leur niveau et celui de leurs chefs. Les indiens eux sont très méchants et cruels, et ce sera à peu près tout ce que l&amp;rsquo;on saura (ah si, ils connaissent aussi parfaitement le terrain, les fourbes !). On atteint les sommets avec la fin, avec des personnages aussi inattendus que peu crédibles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a déjà une suite de publiée, &amp;ldquo;Lune Comanche - Lonesome Dove, l&amp;rsquo;affrontement&amp;rdquo;, mais en format broché. Dans un an, quand il sortira en format poche, je réfléchirai à deux fois avant de l&amp;rsquo;acheter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_McMurtry&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Larry McMurtry&lt;/a&gt;, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Il a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Chroniques - Bob Dylan</title>
            <link>https://pled.fr/chroniques-bob-dylan/</link>
            <pubDate>Wed, 19 Jul 2017 17:42:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/chroniques-bob-dylan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Chroniques - Bob Dylan&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Dylan.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas pour ce roman que Bob Dylan a reçu le prix Nobel de littérature, comme pourrait le laisser penser le bandeau que l&amp;rsquo;éditeur s&amp;rsquo;est empressé de rajouter ! Paru en 2004, le style est assez direct et concis, le célèbre compositeur-interprète, de son vrai nom Robert Zimmerman, nous raconte ses souvenirs, passant parfois de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre au gré des associations d&amp;rsquo;idées, glissant parfois un peu de poésie dans ses textes, et terminant par une ellipse à la même époque qu&amp;rsquo;au premier chapitre, nous laissant un peu sur notre faim&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est parfois un peu frustrant, d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit du Volume 1 de ses chroniques, mais qu&amp;rsquo;aucun Volume 2 n&amp;rsquo;est paru à ce jour ! Il faudra donc se contenter de ce que Dylan veut bien nous raconter ; c&amp;rsquo;est tout même très intéressant, voire passionnant, même si toute la culture folk américaine dont il est beaucoup question m&amp;rsquo;est personnellement tout à fait inconnue !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On commence donc à ses débuts et son arrivée à New-York, et plus précisément à Greenwich Village. D&amp;rsquo;emblée, il fait beaucoup de références à des chanteurs de folk américains d&amp;rsquo;où il tire son inspiration. Il fait vite quelques prestations dans les bars du quartier, reprenant des classiques du folk, ou piochant des bouts de textes pour y coller ses propres accords.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais il veut trouver ses propres mots pour &amp;ldquo;parler&amp;rdquo; à son époque ; il sait ce qu&amp;rsquo;il veut, c&amp;rsquo;est évident, mais n&amp;rsquo;a pas encore trouvé comment l&amp;rsquo;exprimer. Il lit, se documente énormément, en allant par exemple à la bibliothèque pour lire des articles des années 1850, cherchant l&amp;rsquo;inspiration, le déclic&amp;hellip; Il attend son heure, et semble empli d&amp;rsquo;une certitude intérieure, comme il l&amp;rsquo;explique à la fin de la première partie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai traversé Hudson Street jusqu&amp;rsquo;à Spring Street, je suis passé devant une poubelle pleine de briques, et je suis entré dans un café. Au comptoir de midi, la serveuse portait une veste en daim qui mettait en valeur ses jolies courbes. Elle avait des cheveux noir-bleu sous un fichu, des yeux bleus perçants, les sourcils soulignés d&amp;rsquo;un trait de crayon clair. J&amp;rsquo;aurais aimé qu&amp;rsquo;elle glisse une rose à ma boutonnière. Lorsqu&amp;rsquo;elle m&amp;rsquo;a servi une tasse de café fumant, je me suis retourné vers la vitrine. La ville entière se balançait devant mon nez. J&amp;rsquo;avais une idée nette de l&amp;rsquo;endroit où se trouvaient les choses. Il n&amp;rsquo;y avait pas à s&amp;rsquo;inquiéter pour l&amp;rsquo;avenir. Il était infiniment proche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On attend alors qu&amp;rsquo;il nous raconte ce déclic, le début de sa célébrité, mais on passe directement à quelques années plus tard, où il fuit la célébrité : il est harcelé à Woodstock (sa première maison) par des visiteurs importuns qui viennent de tout le pays. Il refuse d&amp;rsquo;être ce que ses albums et les médias ont fait de lui : un porte parole de son époque. Il est juste un gars normal qui veut s&amp;rsquo;occuper de sa famille (cinq enfants) et profiter des joies simples de la vie. C&amp;rsquo;est devenu malheureusement impossible&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la troisième partie intitulée &amp;ldquo;Oh mercy&amp;rdquo;, il s&amp;rsquo;est blessé à la main (mais ne dis pas comment), et il ne peut plus jouer à la guitare ; il repense à la tournée avec Tom Petty où il ne pensait qu&amp;rsquo;à arrêter, prendre sa retraite : il ne croit plus en ce qu&amp;rsquo;il chante, ne comprend plus ses propres textes, incapable de leur donner vie sur scène&amp;hellip; Puis au milieu de la tournée TP, profitant d&amp;rsquo;une coupure, il rejoint les Grateful Dead et a un flash en entendant un vieux musicien de jazz : il sait comment retrouver une force venue de lui-même en chantant, en changeant de technique vocale. Puis il repense a un vieux conseil de Lonnie Johnson (années 60) : un style de jeu basé sur des associations impaires&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà, avec tout ça il va pouvoir repartir en tournée, avec les mêmes chansons mais avec une interprétation nouvelle : renouveler son public, et tant pis si cela déplaît à l&amp;rsquo;ancien&amp;hellip; Peut-être grâce à sa blessure à la main, il retrouve même l&amp;rsquo;inspiration et écrit une vingtaine de chansons en un mois (dont Political World). Il part à la Nouvelle Orléans enregistrer un disque avec Danny Lanois, et nous raconte tout le processus de création, les prises, les arrangements, les visions différentes et les prises de bec, mais à terme un album est bien réalisé : &amp;ldquo;Oh Mercy&amp;rdquo;, qui (il le sait) ne fera pas de tubes, mais recevra une bonne critique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre chapitre &amp;ldquo;Fleuve de glace&amp;rdquo; et retour à ses débuts et à ceux qui l&amp;rsquo;ont inspiré : tout part de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Woody_Guthrie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Woody Guthrie&lt;/a&gt;, une véritable révélation pour lui ; il va se mettre à chanter ses chansons, pratique courante à l&amp;rsquo;époque. Puis il découvre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramblin%27_Jack_Elliott&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jack Elliott&lt;/a&gt;, qui fait de même avec Guthrie, mais en pleine maîtrise, ayant déjà sorti des disques&amp;hellip; Jack était le roi des folk-singers ! Et bien sûr la reine serait &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Baez&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joan Baez&lt;/a&gt;, née la même année que lui, et qui vient de sortir son premier disque. Elle le fascine, il sait qu&amp;rsquo;ils se rencontreront un jour, que leurs voix s&amp;rsquo;accordent :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Son disque chez Vanguard n&amp;rsquo;était pas de la roupie de sansonnet. Il était presque terrifiant — un répertoire dans le plus pur style traditionnel. Elle paraissait très mûre, elle était séduisante, intense, magique. Ce qu&amp;rsquo;elle faisait tombait très bien en place. Nous avions le même âge, et je me serais presque senti au-dessous de tout. Aussi bizarre que cela puisse paraître, quelques chose me disait que nous allions de pair — que ma voix serait le contre-point idéal de la sienne. À cette époque, tout nous séparait, un gouffre, un univers. Du fin fond de ma province, j&amp;rsquo;avais pourtant le sentiment étrange que nous nous rencontrerions. Je ne pouvais deviner qu&amp;rsquo;elle était depuis toujours une vraie solitaire, à ma façon, que ses parents l&amp;rsquo;avaient trimballée dans toutes sortes d&amp;rsquo;endroits, de Bagdad à San José. Elle avait une bien plus grande connaissance du monde que moi. Dans ces conditions, elle ne pouvait quand même pas trop me ressembler. Rien dans ses disques ne laissait percevoir aucune sorte d&amp;rsquo;intérêt pour les changements sociaux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne se trompe pas, elle sera beaucoup plus que tout ça pour lui, mais il n&amp;rsquo;en dira pas un mot dans ce Volume 1. Nous en resterons là, en espérant qu&amp;rsquo;un jour un Volume 2 sorte, mais je n&amp;rsquo;y crois guère, surtout après tout ce temps. Je pense que Dylan n&amp;rsquo;a aucune envie de raconter toute sa vie, de se livrer totalement, ce que l&amp;rsquo;on peut facilement comprendre : dans la seconde partie, il exprime très bien comment la célébrité lui a littéralement pourri sa vie d&amp;rsquo;homme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Dylan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bob Dylan&lt;/a&gt;, né en 1941, est un auteur-compositeur-interprète, une des figures majeures de la musique populaire aux États-Unis. Ses œuvres les plus célèbres datent des années 1960. Martin Scorsese lui a consacré un film documentaire &amp;ldquo;No direction Home&amp;rdquo;, que je me souviens avoir vu, probablement sur Arte : à ne pas louper si vous en avez l&amp;rsquo;occasion.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le procès des étoiles - Florence Trystram</title>
            <link>https://pled.fr/le-proces-des-etoiles-florence-trystram/</link>
            <pubDate>Thu, 13 Jul 2017 16:28:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-proces-des-etoiles-florence-trystram/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le procès des étoiles - Florence Trystram&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leprocesdesetoiles.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien les romans de voyage en général, et cette collection PBP/Voyageurs en particulier, très agréable à lire et à tenir en main.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour ce voyage, la plume d&amp;rsquo;une historienne sera nécessaire, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit du voyage au Pérou que firent, au XVIIIème siècle, trois personnalités de l&amp;rsquo;Académie royale des sciences de Paris : Godin, Bouguer et La Condamine. L&amp;rsquo;idée était d&amp;rsquo;aller y mesurer l&amp;rsquo;arc d&amp;rsquo;un méridien terrestre, afin de confirmer que la terre était ronde. Ils étaient accompagnés de plusieurs aides (techniciens, horlogers, ingénieurs) dont Joseph de Jussieu, médecin et naturaliste, personnage que j&amp;rsquo;ai trouvé le plus attachant du groupe, avec Charles de La Condamine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Leur aventure est proprement extraordinaire, on imagine facilement ce qu&amp;rsquo;un tel voyage à cette époque peut révéler comme surprises, problèmes à résoudre et dangers à affronter. Ce sera bien le cas, l&amp;rsquo;aventure durera plusieurs années, tous ne reviendront pas, et ceux qui reviendront seront changés à jamais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Louis Godin, responsable de l&amp;rsquo;expédition, va dépenser tout l&amp;rsquo;argent de l&amp;rsquo;équipe pour ses besoins personnels, jusqu&amp;rsquo;à compromettre la mission. Très vite, des dissensions apparaissent dans le groupe, qui ne vont rien arranger. Certains refusent de travailler ensemble, ou de communiquer leurs résultats aux autres&amp;hellip; Ajoutez à cela les conditions climatiques (altitude, climat), sans parler des tensions avec les gouvernements locaux (espagnols), et sans oublier les relations avec les métis, les indiens&amp;hellip; Malgré tout, ils iront au bout de la mission.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre temps, Couplet (aide-géographe) est mort de la fièvre jaune, Séniergue (médecin) a été assassiné par un amant jaloux, Morainville (techincien) a disparu dans la jungle, et Hugot (horloger) est tombé d&amp;rsquo;un échafaudage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Charles de La Condamine décidera de rentrer par le fleuve Amazone. Le technicien Godin des Odonnais (neveu de Louis Godin) qui s&amp;rsquo;est marié sur place, choisira de rester pour étudier la flore et les langues indigènes. Il se rend en Guyane, et les autorités espagnoles l&amp;rsquo;empêchent alors de revenir au Pérou. Sa femme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Godin_des_Odonais&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Isabelle&lt;/a&gt; décide alors de le rejoindre en descendant également le fleuve Amazone : elle sera la seule survivante de l&amp;rsquo;expédition (qui comptait quarante-deux personnes) : son histoire est incroyable et il faut le lire pour le croire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joseph de Jussieu reste donc le plus sympathique des savants. Peu sociable, il se passionne à étudier la nature. Il partira seul explorer le fleuve Amazone (pour fuir la société des hommes), sans arme, malgré les tribus d&amp;rsquo;indiens réputés anthropophages et réducteurs, dont il deviendra l&amp;rsquo;ami parce qu&amp;rsquo;il les a parfois soignés, ou partagé simplement le repas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il reviendra beaucoup plus tard que les autres, incapable de quitter le continent sud-américain : il reste quatre ans pour soigner les indiens dans les mines d&amp;rsquo;or, et tenter d&amp;rsquo;améliorer leurs conditions de travail inhumaines. Puis repart encore explorer la nature : le lac Titicaca le fascine&amp;hellip; Il vieillit, perd la mémoire et finit par revenir en France lorsqu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est plus capable de s&amp;rsquo;y opposer. Il n&amp;rsquo;est alors plus que l&amp;rsquo;ombre de lui-même&amp;hellip; Tous ses travaux sont restés à Lima, oubliés, et seront perdus à jamais&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Trystram&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Florence Trystram&lt;/a&gt; est une historienne et auteure française née en 1944. Elle a d&amp;rsquo;abord fait une thèse sur ce sujet, puis l&amp;rsquo;histoire des hommes l&amp;rsquo;a tellement passionnée qu&amp;rsquo;elle a écrit cette histoire, pour notre plus grand bonheur.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La condition humaine - André Malraux</title>
            <link>https://pled.fr/la-condition-humaine-andre-malraux/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Jul 2017 17:23:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-condition-humaine-andre-malraux/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La condition humaine - André Malraux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laconditionhumaine.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais du lire ce roman à l&amp;rsquo;école, mais sans en garder le moindre souvenir. Vu le titre, je me suis dit que cela valait peut-être la peine de le relire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui frappe d&amp;rsquo;entrée, c&amp;rsquo;est la difficulté de lecture : la construction des phrases est assez complexe, il faut parfois les relire pour comprendre ce que Malraux a voulu signifier. Je me suis dit que ça ne devait pas être facile à lire quand on est adolescent, l&amp;rsquo;Éducation nationale fait de drôles de choix !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon, l&amp;rsquo;histoire en elle-même et la période historique m&amp;rsquo;ont plu : nous sommes en Chine, au début du siècle, et la lutte pour le pouvoir bat son plein : d&amp;rsquo;un côté Tchang Kaï-Chek et son armée nationaliste (Kuomintang) est en marche vers Shanghai, et de l&amp;rsquo;autre des révolutionnaires communistes sans moyens tentent de faire se soulever les ouvriers locaux. Au milieu, un français, Ferral, œuvre pour préserver les intérêts commerciaux (et coloniaux) dont il est à la tête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire comporte plusieurs personnages que nous allons suivre, et qui auront des destins divers&amp;hellip; Les révolutionnaires communistes ne feront pas le poids : Tchen, engagé dans la lutte, va donner sa vie pour la révolution en se faisant exploser sous une voiture qu&amp;rsquo;il croit occupée par Tchang Kaï-Chek. Kyo, qui dirige l&amp;rsquo;insurrection, va croquer sa capsule de cyanure pour échapper à la torture. Son père, le professeur Gisors, est un intellectuel, intoxiqué à l&amp;rsquo;opium, que tout le monde vient consulter, et qui représente le sage de l&amp;rsquo;histoire. Voilà ce qu&amp;rsquo;il dit sur la condition humaine, puisque c&amp;rsquo;est le titre du bouquin :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il faut toujours s&amp;rsquo;intoxiquer : ce pays a l&amp;rsquo;opium, l&amp;rsquo;Islam le haschisch, l&amp;rsquo;Occident la femme&amp;hellip; Peut-être l&amp;rsquo;amour est-il surtout le moyen qu&amp;rsquo;emploie l&amp;rsquo;Occidental pour s&amp;rsquo;affranchir de sa condition d&amp;rsquo;homme&amp;hellip; [&amp;hellip;]&#xA;D&amp;rsquo;ailleurs, les hommes sont peut-être indifférents au pouvoir&amp;hellip; Ce qui les fascine dans cette idée, voyez-vous, ce n&amp;rsquo;est pas le pouvoir réel, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;illusion du bon plaisir. Le pouvoir du roi, c&amp;rsquo;est de gouverner, n&amp;rsquo;est-ce pas ? Mais, l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;a pas envie de gouverner : il a envie de contraindre, vous l&amp;rsquo;avez dit. D&amp;rsquo;être plus qu&amp;rsquo;homme, dans un monde d&amp;rsquo;homme. Échapper à la condition humaine, vous disais-je. Non pas puissant : tout-puissant. La maladie chimérique, dont la volonté de puissance n&amp;rsquo;est que la justification intellectuelle, c&amp;rsquo;est la volonté de déité : tout homme rêve d&amp;rsquo;être dieu. [&amp;hellip;]&#xA;Un dieu peut posséder, continuait le vieillard avec un sourire entendu, mais il ne peut conquérir. L&amp;rsquo;idéal d&amp;rsquo;un dieu, n&amp;rsquo;est-ce pas, c&amp;rsquo;est de devenir homme en sachant qu&amp;rsquo;il retrouvera sa puissance ; et le rêve de l&amp;rsquo;homme, c&amp;rsquo;est de devenir dieu sans perdre sa personnalité&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à Ferral, il va devoir rentrer en France pour essayer (sans succès) de sauver sa situation personnelle, qui seule lui importe. Au final, un roman somme toute assez passionnant, plus pour la période historique et la fameuse condition humaine des différents personnages, que pour le style. Le roman a reçu le prix Goncourt lors de sa sortie en 1933.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Malraux&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;André Malraux&lt;/a&gt; (1901-1976), est un écrivain, aventurier, homme politique et intellectuel français. En 1924, il est arrêté au Cambodge pour trafic d&amp;rsquo;antiquités Khmer ! En 1936, il combat aux côtés des républicains espagnols&amp;hellip; Il sera ministre de la culture sous De Gaulle, et ses cendres sont au Panthéon.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La porte des Enfers - Laurent Gaudé</title>
            <link>https://pled.fr/la-porte-des-enfers-laurent-gaude/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Jul 2017 16:09:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-porte-des-enfers-laurent-gaude/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La porte des Enfers - Laurent Gaudé&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laportedesenfers.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais lu déjà lu et apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1985&#34; &gt;La mort du roi Tsongor&lt;/a&gt; du même auteur, aussi quand le libraire m&amp;rsquo;a proposé celui-ci, je l&amp;rsquo;ai pris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour celui-ci, quand j&amp;rsquo;ai compris qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;une descente aux Enfers pour un père qui veut donner sa vie pour sauver celle de son fils mort, j&amp;rsquo;ai eu quelques réticences : je ne suis pas fan de ce genre d&amp;rsquo;histoire, loin très loin ne serait-ce que d&amp;rsquo;un rapport lointain avec une potentielle réalité. Disons que l&amp;rsquo;on revisite un mythe&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais je dois dire que j&amp;rsquo;ai tout de même lu l&amp;rsquo;histoire avec intérêt : d&amp;rsquo;abord c&amp;rsquo;est bien écrit (là-dessus, Laurent Gaudé est rassurant) ; ensuite une partie de l&amp;rsquo;histoire se passe dans le monde réel, et n&amp;rsquo;est pas sans intérêt : ce que vont devenir les parents, et particulièrement la mère, après la mort de leur enfant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Gaud%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Laurent Gaudé&lt;/a&gt;, né en 1972 à Paris, est un écrivain français. Il a obtenu le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires avec La Mort du roi Tsongor en 2003, puis le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta, en 2004.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Orwell ou l&#39;horreur de la politique - Simon Leys</title>
            <link>https://pled.fr/orwell-ou-lhorreur-de-la-politique-simon-leys/</link>
            <pubDate>Tue, 13 Jun 2017 16:45:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/orwell-ou-lhorreur-de-la-politique-simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Orwell ou l’horreur de la politique - Simon Leys&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;orwell.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;George Orwell est un personnage qui vaut le détour, de part ses écrits et ses actes, jamais en décalage l&amp;rsquo;un par rapport à l&amp;rsquo;autre, mais aussi pour sa lucidité, &amp;ldquo;sa capacité à saisir dans quel monde nous vivons&amp;rdquo; et à le transcrire dans un langage intelligible. Alors quand quelqu&amp;rsquo;un comme Simon Leys, autre grand personnage, produit un petit essai sur le premier (à peine une centaine de pages), cela vaut certainement le coup de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un réédition, la première datant de 1984 (allez savoir pourquoi !) était épuisée. L&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;ajouter quelques notes et une troisième annexe à propos de l&amp;rsquo;affaire de &amp;ldquo;la liste noire&amp;rdquo;, la dernière en date des calomnies à l&amp;rsquo;encontre d&amp;rsquo;Orwell, plus de cinquante ans après sa mort (le journal Le Monde était encore une fois dans le coup !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Leys s&amp;rsquo;appuie essentiellement sur la biographie très complète de Bernard Crick &amp;ldquo;George Orwell, une vie&amp;rdquo;, que l&amp;rsquo;on peut encore trouver, mais d&amp;rsquo;occasion apparemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première chose que nous dit Leys, c&amp;rsquo;est que Orwell, contrairement à l&amp;rsquo;idée générale qui en France réduit 1984 à une lutte contre le communisme, se battait avant tout au nom du socialisme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et pourtant, en France, il demeure sinon inconnu, du moins largement mécompris. Est-ce seulement l&amp;rsquo;effet de l&amp;rsquo;incurable provincialisme de ce pays ? Le malentendu qui l&amp;rsquo;entoure ici doit avoir également des causes politiques, semblables peut-être à celles qui permirent à Sartre et Beauvoir d&amp;rsquo;excommunier si durablement des rangs de l&amp;rsquo;intelligentsia bien-pensante un Camus ou un Koestler, coupables de la même lucidité.&#xA;Quand les français lisent Orwell, c&amp;rsquo;est généralement dans une optique digne du Reader&amp;rsquo;s Digest : son œuvre est alors réduite au seul 1984 privé de son contexte et arbitrairement réduit aux dimensions d&amp;rsquo;une machine de guerre anticommuniste. On ignore trop souvent que c&amp;rsquo;était au nom du socialisme qu&amp;rsquo;il avait mené sa lutte antitotalitaire, et que le socialisme, pour lui, n&amp;rsquo;était pas une idée abstraite, mais une cause qui mobilisait tout son être, et pour laquelle il avait d&amp;rsquo;ailleurs combattu et manqué se faire tuer durant la guerre d&amp;rsquo;Espagne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa conversion au socialisme intervient alors qu&amp;rsquo;il a déjà publié quatre livres : un éditeur l&amp;rsquo;envoie en 1936 dans le nord industriel de l&amp;rsquo;Angleterre enquêter sur la condition ouvrière, au moment de la Dépression. En quelques  semaines, l&amp;rsquo;injustice sociale et la misère fut pour lui une révélation bouleversante et définitive.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais il faut aussi retenir son enfance et les six années d&amp;rsquo;internat pour bien comprendre sa personnalité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il vécut très mal ces années, et ressentira toujours une révolte instinctive contre toute autorité établie, ainsi qu&amp;rsquo;un rejet de l&amp;rsquo;injustice sous toutes ses formes, l&amp;rsquo;amenant à toujours de placer du côté du faible et de l&amp;rsquo;opprimé. C&amp;rsquo;est le seul point de désaccord entre Leys et Crick, ce dernier tendant à minimiser cette époque. De plus, Orwell bénéficiait d&amp;rsquo;une bourse, source d&amp;rsquo;humiliation supplémentaire de la part du directeur de l&amp;rsquo;école.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il avait une haine et une horreur passionnelles de la &amp;ldquo;bonne société&amp;rdquo; à laquelle il appartenait par sa naissance et son éducation, mais dans laquelle la gêne financière de sa famille l&amp;rsquo;avait empêché de venir occuper sa place naturelle. Sur ce point, sa fureur ne désarma jamais. À l&amp;rsquo;hôpital, durant sa maladie finale, peu de temps avant de mourir, il entendit les voix de visiteurs aristocratiques dans une chambre voisine, et il trouva aussitôt l&amp;rsquo;énergie furieuse de noter dans le carnet qui ne quittait pas son chevet : &amp;ldquo;Quelles voix ! On devine des gens trop bien nourris, stupidement satisfaits d&amp;rsquo;eux-mêmes, avec cette constante façon de ricaner hé-hé-hé à propos de rien du tout. Et par-dessus tout, il y a cette espèce de lourdeur et de richesse, combinées avec une fondamentale mauvaise grâce, des gens qui, on le sent instinctivement sans même avoir besoin de les voir, sont les ennemis spontanés de tout ce qui est intelligent, ou sensible, ou beau. Pas étonnant que tout le monde nous déteste tant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Orwell se disait appartenir à &amp;ldquo;la couche inférieure de la strate supérieure de la classe moyenne, c&amp;rsquo;est-à-dire dans la strate supérieure de la classe moyenne, cette couche qui n&amp;rsquo;a pas d&amp;rsquo;argent&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après le collège, il devient officier de police colonial en Birmanie (faute de moyens, il ne pouvait continuer ses études, et sa famille avait des connections anglo-indiennes).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;expérience birmane, qui dura cinq ans, marqua une autre étape décisive de sa formation. Elle aggrava encore son sentiment de culpabilité et contribua sans doute à accentuer chez lui certaines tendances masochistes – qui ne sont pas sans rappeler, mais sous une forme beaucoup plus bénigne, le cas de T. E. Lawrence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, quand je lisais le passage narrant comment il avait vécu ses années d&amp;rsquo;internat, j&amp;rsquo;avais aussi pensé à T. E. Lawrence&amp;hellip; On imagine le nombre d&amp;rsquo;anglais qui ont du sortir frustrés et blessés de ce système d&amp;rsquo;éducation&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;il devint par la suite un adversaire de la politique impériale et un partisan de la décolonisation, il ne devint par pour autant un anticolonialiste primaire, et écrit ce qui suit dans un essai à propos de Kipling :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Parce que Kipling s&amp;rsquo;identifie à la classe des officiels, il possède une chose qui fait presque toujours défaut aux esprits &amp;ldquo;éclairés&amp;rdquo; – et c&amp;rsquo;est le sens de la responsabilité. Les bourgeois de gauche le détestent autant pour cela que pour sa cruauté et sa vulgarité. Tous les partis de gauche dans les pays industrialisés reposent fondamentalement sur une hypocrisie, car ils affichent de combattre quelque chose dont, en profondeur, ils ne souhaitent pas la destruction. Ils ont des objectifs internationalistes, et en même temps ils sont bien décidés à maintenir leur niveau de vie qui est incompatible avec ces objectifs. Nous vivons tous de l&amp;rsquo;exploitation des coolies asiatiques, et ceux d&amp;rsquo;entre nous qui sont &amp;ldquo;éclairés&amp;rdquo; soutiennent que ces coolies devraient être libérés ; mais notre niveau de vie et donc aussi notre capacité de développer des opinions &amp;ldquo;éclairées&amp;rdquo; exigent que le pillage continue. L&amp;rsquo;attitude humanitaire est nécessairement le fait d&amp;rsquo;un hypocrite, et c&amp;rsquo;est parce qu&amp;rsquo;il comprenait cette vérité que Kipling possédait ce pouvoir unique de créer des expressions qui frappent. Il serait difficile de river le clou au pacifisme niais des anglais en moins de mots que dans la phrase : &amp;ldquo;Vous vous moquez des uniformes qui veillent sur votre sommeil&amp;rdquo;. Kipling, il est vrai, ne comprenait pas les aspects économiques des relations entre l&amp;rsquo;élite intellectuelle et les vieilles culottes de peau ; il ne voyait pas que, si le planisphère est peint en rose, c&amp;rsquo;est essentiellement afin de pouvoir exploiter le coolie. Au lieu de considérer le coolie, il ne voyait que le fonctionnaire du gouvernement indien, mais même sur ce plan-là, il saisissait exactement le mécanisme des relations : qui protège qui. Il percevait clairement que, si certains peuvent être hautement civilisés, c&amp;rsquo;est seulement parce que d&amp;rsquo;autres, qui sont inévitablement moins civilisés, sont là pour les défendre et les nourrir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos du fascisme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ainsi par exemple, dans le camp socialiste, il était l&amp;rsquo;un des très rares esprits à avoir dès le début refusé le dogme simplificateur, qui voulait voir dans le fascisme &amp;ldquo;une forme de capitalisme avancé&amp;rdquo; ; il avait clairement perçu au contraire que le fascisme était en fait une perversion du socialisme, et que, malgré l&amp;rsquo;élitisme de son idéologie, c&amp;rsquo;était un authentique mouvement de masse, disposant d&amp;rsquo;une vaste audience populaire. Bien plus, dans le domaine psychologique, il put même aller jusqu&amp;rsquo;à dire : &amp;ldquo;Il n&amp;rsquo;y a que deux sortes de gens qui comprennent vraiment le fascisme, ceux qui en ont souffert, et ceux qui possèdent en eux-mêmes une fibre fasciste.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la racisme, et particulièrement sur l&amp;rsquo;antisémitisme, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion pour lui de dézinguer Sartre et son essai sur la question juive. En voici juste la fin :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En fait, tous les préjugés raciaux relèvent de la névrose, et il est peu probable qu&amp;rsquo;on puisse les accroître ou les diminuer par une argumentation quelconque. Une chose est certaine, le plus clair effet qu&amp;rsquo;ont les livres de cette sorte (dans la mesure où ils ont un quelconque effet) est probablement de rendre l&amp;rsquo;antisémitisme un peu plus répandu qu&amp;rsquo;avant. Si l&amp;rsquo;on voulait étudier sérieusement l&amp;rsquo;antisémitisme, le premier pas serait de la considérer comme un crime. Et en attendant, le moins on parlera &amp;ldquo;du&amp;rdquo; Juif ou de &amp;ldquo;l&amp;rdquo; Antisémite, comme s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de créatures étrangères à notre espèce, mieux cela vaudra !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceci dit, Orwell n&amp;rsquo;était pas parfait pour autant : peu avant la guerre, il pensait que la révolution socialiste était nécessaire. À l&amp;rsquo;automne 1940, il écrivait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Seule la révolution pourra sauver l&amp;rsquo;Angleterre ; il y a des années que ceci est évident, mais maintenant la révolution a commencé et elle se développera rapidement si nous réussissons à repousser l&amp;rsquo;invasion hitlérienne. D&amp;rsquo;ici deux ans, ou peut-être dans un an, si seulement nous pouvons tenir, on verra des transformations qui surprendront tous les idiots myopes. Les rigoles des rues de Londres devront peut-être charrier du sang – tant pis, qu&amp;rsquo;il en soit ainsi si c&amp;rsquo;est nécessaire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Leys de continuer :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il annonce avec confiance, pour un avenir immédiat, &amp;ldquo;la nationalisation de l&amp;rsquo;industrie, la suppression des gros revenus, l&amp;rsquo;établissement d&amp;rsquo;un système d&amp;rsquo;éducation égalitaire&amp;rdquo;. Ces mesures radicales susciteront probablement des résistances – qu&amp;rsquo;importe ! La révolution saura les mater : &amp;ldquo;Elle fusillera les traîtres, mais elle leur accordera d&amp;rsquo;abord un procès solennel et, à l&amp;rsquo;occasion, saura même en acquitter certains. Elle écrasera toute révolte ouverte, de manière prompte et terrible, mais elle n&amp;rsquo;interviendra que très peu en matière d&amp;rsquo;opinion orale et écrite.&amp;rdquo; On peut légitimement éprouver un certain malaise devant ces allègres évocations de rigoles qui charrient le sang et de contre-révolutionnaires que l&amp;rsquo;on colle au poteau, mais on ne saurait les ignorer sans se rendre coupable de falsification. Si quelques années plus tard, Orwell avait effectivement cessé de croire à la possibilité imminente de pareils bouleversements révolutionnaires, rien dans son œuvre ne nous permet de conclure qu&amp;rsquo;il aurait cessé de les juger souhaitables.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personne n&amp;rsquo;est parfait ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La présente édition se termine par une Annexe III, concernant &amp;ldquo;l&amp;rsquo;affaire de la liste noire&amp;rdquo; : encore récemment (1996, 2002), des &amp;ldquo;staliniens&amp;rdquo; lancèrent une rumeur selon laquelle Orwell aurait été un indicateur de la police, et aurait communiqué aux services secrets britanniques une liste d&amp;rsquo;intellectuels communistes. En France, Le Monde reportait encore cette rumeur en 2003 et titrait : &amp;quot; &lt;em&gt;Orwell, honorable correspondant : l&amp;rsquo;auteur de 1984 dénonçait aux services anglais les intellectuels crypto-communistes.&lt;/em&gt;&amp;rdquo; ! Simon Leys explique l&amp;rsquo;origine de cette rumeur, bien entendue infondée, et conclut ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le fait que, un demi-siècle après sa mort, Orwell ait pu encore être la cible d&amp;rsquo;une aussi crapuleuse calomnie montre bien quelle formidable et vivante menace il continue à présenter pour tous les ennemis de la vérité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Simon Leys sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : Navigateur entre les mondes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34; &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34; &gt;Le studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12014&#34; &gt;Les idées des autres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur George Orwell sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8071&#34; &gt;Hommage à la Catalogne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2722&#34; &gt;Dans la dèche à Paris et à Londres – George Orwell&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=626&#34; &gt;1984&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, il me reste à lire &amp;ldquo;La ferme des animaux, son chef-d&amp;rsquo;œuvre&amp;rdquo; !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Orwell&#34;  title=&#34;George Orwell sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Orwell&lt;/a&gt; (1903-1950) a eu une vie incroyable : il a été policier aux Indes, clochard à Paris, ouvrier, combattant en Espagne, speaker à la BBC, et bien sûr écrivain. Malade de la tuberculose, il écrivit 1984 dans ses toutes dernières années, alors qu’il luttait déjà contre la mort. Ce petit essai vous en apprendra plus sur le personnage, et de manière très agréable puisque c&amp;rsquo;est Simon Leys qui est aux commandes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Habits_neufs_du_pr%C3%A9sident_Mao&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Les habits neufs du président Mao\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ils savent tout de vous - Iain Levison</title>
            <link>https://pled.fr/ils-savent-tout-de-vous-iain-levison/</link>
            <pubDate>Tue, 06 Jun 2017 16:42:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ils-savent-tout-de-vous-iain-levison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2017/06/ilssaventoutdevous.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;Ils savent tout de vous - Iain Levison&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;160px&#34; data-flex-grow=&#34;66&#34; height=&#34;300&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/ils-savent-tout-de-vous-iain-levison/ilssaventoutdevous.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; Iain Levison, j&amp;rsquo;ai déjà lu deux de ses romans, et j&amp;rsquo;aime bien le côté social de ses récits, que ce soit le récit de ses années de galère lorsqu&amp;rsquo;il a obtenu sa licence de lettres, et où il a du accepter de travailler dans à peu près n&amp;rsquo;importe quoi (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9371&#34; &gt;Tribulations d&amp;rsquo;un précaire&lt;/a&gt;), ou son premier roman où le personnage principal licencié de son boulot accepte de devenir un tueur (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9363&#34; &gt;Un petit boulot&lt;/a&gt;) pour s&amp;rsquo;en sortir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour celui-ci, c&amp;rsquo;est encore un polar, genre que semble apprécier l&amp;rsquo;auteur. Snowe est un flic du Michigan, qui se met à percevoir les pensées des gens&amp;hellip; Au début, ce genre de truc peut se révéler marrant et pratique comme pour arrêter les coupables, mais cela devient vite problématique (son essai de drague tourne au fiasco), et on préfère vite la solitude !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis Terry, travaillant pour une agence gouvernementale, va le charger d&amp;rsquo;une mission : retrouver un prisonnier condamné à mort qui s&amp;rsquo;est échappé, et qui a les mêmes facultés que lui&amp;hellip; Mais la rencontre entre les deux télépathes ne va pas se passer comme prévu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un petit roman policier donc, sans grande envergure, même si la problématique de la surveillance généralisée (comme l&amp;rsquo;annonce le titre) fait partie de l&amp;rsquo;histoire. Mais il se lit agréablement (comme tous les bouquins de Levison), et il n&amp;rsquo;est pas exclu que l&amp;rsquo;on retrouve Snowe dans un futur roman, il pourrait bien devenir le personnage fétiche de l&amp;rsquo;auteur, en lutte contre ces agences aux pouvoirs très étendus&amp;hellip; Pure spéculation cependant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans du même auteur sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9363&#34; &gt;Un petit boulot&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9371&#34; &gt;Tribulations d’un précaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Iain_Levison&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Iain Levison&lt;/a&gt;, né en 1963 à Aberdeen, est un écrivain américain d’origine écossaise vivant à Philadelphie. Après avoir vécu avec sa mère célibataire dans un taudis d’Aberdeen, il part vivre aux États-Unis en 1971. Deux de ses romans ont déjà fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une adaptation au cinéma : &lt;em&gt;Arrêtez-moi là&lt;/em&gt; de Gilles Bannier avec Reda Kateb, et &lt;em&gt;Un petit boulot&lt;/em&gt; de Pascal Chaumeil avec Romain Duris.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La dernière fête - Gil Scott-Héron</title>
            <link>https://pled.fr/la-derniere-fete-gil-scott-heron/</link>
            <pubDate>Tue, 30 May 2017 17:34:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-derniere-fete-gil-scott-heron/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;LA dernière fête - Gil Scott-Héron&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ladernierefete.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais fait &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4027&#34; &gt;un article&lt;/a&gt; sur Gil Scott-Héron il y a quelques années, à l&amp;rsquo;occasion de la sortie de son dernier album sorti en 2010 et intitulé &amp;ldquo;I&amp;rsquo;m new here&amp;rdquo;, que j&amp;rsquo;avais d&amp;rsquo;ailleurs fini par acheter sur le défunt Ubuntu One Music Store (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4048&#34; &gt;ici&lt;/a&gt;, c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;époque où Canonical tentait plein de choses, aujourd&amp;rsquo;hui c&amp;rsquo;est plutôt l&amp;rsquo;inverse !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour revenir à Gil Scott-Héron, quand j&amp;rsquo;ai vu ce livre sur l&amp;rsquo;étagère du libraire, je l&amp;rsquo;ai feuilleté rapidement, et emmené sans hésitation : je sentais que cette autobiographie partielle allait me plaire. L&amp;rsquo;intuition était bonne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gil nous raconte sa vie, depuis son enfance jusqu&amp;rsquo;à la tournée qu&amp;rsquo;il fit avec Stevie Wonder en 1980-1981, le &amp;ldquo;Hotter than July Tour&amp;rdquo;, dont le but était de faire du 15 janvier un jour férié, date de l&amp;rsquo;anniversaire de Martin Luther King.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il fut élevé par sa grand-mère, puis par sa mère, qui lui ont transmis une bonne éducation. Sa mère lui faisait toujours confiance, mais attendait de bons résultats scolaires. Il est repéré par un prof et obtient une bourse pour aller à l&amp;rsquo;école de Fieldston pour préparer son bac, une école qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;aurait jamais eu les moyens de payer (il travaille tous les étés, et souvent le week-end pour aider sa mère). Voilà ce qu&amp;rsquo;il dit à propos de cet expérience :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À cet égard, je ne pourrai jamais accuser les élèves ou l&amp;rsquo;établissement de Fieldston d&amp;rsquo;être racistes. Je pourrais accuser les élèves qui se connaissaient depuis des années d&amp;rsquo;avoir préféré rester entre eux au lieu de passer du temps avec un nouveau. Je pourrais accuser les profs d&amp;rsquo;avoir enseigné à mes camarades de classe pendant dix ans et à moi pendant dix minutes. Mais je ne peux pas dire qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont pas pris le temps de m&amp;rsquo;expliquer que je ne travaillais pas assez.&#xA;Il y avait donc des élèves, des profs et des dirigeants qui ne m&amp;rsquo;appréciaient pas. Mais à leur décharge, je crois sincèrement qu&amp;rsquo;il ne fallait rien y voir de plus. Il y a eu beaucoup de noirs qui ne m&amp;rsquo;ont pas apprécié, au fil des ans. Ils avaient moins à cœur de me le faire savoir, voilà tout.&#xA;La plus grande part de cette sagesse, je l&amp;rsquo;ai acquise pendant ces trois années passées là-bas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le voit, il est concerné par sa condition sociale et raciale, être noir aux États-Unis n&amp;rsquo;est pas forcément facile, et il a 19 ans quand Martin Luther King se fait assassiné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, Gil Scott-Héron voulait être écrivain, et ce depuis ses plus jeunes années. Après son bac, il intègrera l&amp;rsquo;université de Lincoln car plusieurs écrivains noirs y ont atteint la renommée. Il sera même professeur de lettres quelques années. Mais de l&amp;rsquo;écriture de romans puis de poèmes, il passe à la musique avec un pote étudiant en formation musicale. Le succès va venir assez vite, et avec le titre &amp;ldquo;Angel Dust&amp;rdquo; (qui sera classé dans le top 10), il commence à accéder aux grandes salles de concert.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est célèbre pour ses « chansons-poèmes » &amp;ldquo;The Revolution Will Not Be Televised&amp;rdquo;, &amp;ldquo;We almost lost Detroit&amp;rdquo;, &amp;ldquo;The Bottle&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Angel Dust&amp;rdquo;. Les textes de ses chansons font souvent référence aux problèmes sociaux et raciaux. Avec son style mi-parlé, mi-chanté parfois (le &amp;ldquo;spoken word&amp;rdquo;), il est considéré par certains comme un précurseur du rap. Il participera aussi aux concerts &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/No_Nukes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;No Nuke&lt;/a&gt; organisé au Madison Square Garden de New-York par le groupe militant contre le nucléaire MUSE (Jackson Browne, Graham Nashe, etc&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;La dernière fête&amp;rdquo; nous emmène jusqu&amp;rsquo;à sa tournée avec Stevie Wonder : c&amp;rsquo;était Bob Marley qui devait accompagner Stevie au départ, mais Bob avait une tournée de prévue avec les Commodores au mois de novembre, et c&amp;rsquo;est à Gil que l&amp;rsquo;on a proposé de le rempalcer, avec son groupe Amnesia Express. Le remplacement, prévu pour quelques semaines, se prolongera jusqu&amp;rsquo;à la fin de la tournée : Bob Marley venait de tomber malade, atteint d&amp;rsquo;un cancer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, Gil nous raconte toute cette époque avec ses mots, parfois quelques textes sous forme de poésie. J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé, pour l&amp;rsquo;époque décrite, sa franchise, sa façon de parler de Stevie Wonder&amp;hellip; Son discours est très engagé socialement et politiquement, c&amp;rsquo;est un défenseur de la cause noire américaine, ce qui n&amp;rsquo;empêche pas l&amp;rsquo;émotion de poindre à certains passages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un dernier extrait : une fois son premier roman écrit, il le présente à un éditeur qui accepte de le publier mais avec deux conditions : &amp;ldquo;réécrire tout le dialogue du ghetto pour en faire de l&amp;rsquo;anglais&amp;rdquo;, et &amp;ldquo;intervertir les personnages numéros deux et numéro trois&amp;rdquo;. À la clef, un chèque de deux mille dollars, une somme importante pour l&amp;rsquo;époque (et pour Gil !) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;atmosphère avait sensiblement changé dans la pièce. Le climat s&amp;rsquo;était rafraîchi. Alors que j&amp;rsquo;étais dans l&amp;rsquo;expectative, l&amp;rsquo;éditeur s&amp;rsquo;est mis à ranger les dossiers et la paperasse sur son bureau, s&amp;rsquo;est à nouveau enfoncé dans son siège avant d&amp;rsquo;allumer une autre cigarette.&#xA;&amp;ldquo;Je te laisse le temps d&amp;rsquo;y réfléchir, a-t-il dit. Là, il y a un chèque de deux mille dollars libellé à ton nom. Et là, il y a ton manuscrit. J&amp;rsquo;ai été clair au sujet des modifications nécessaires à sa publication. À toi de décider si tu veux qu&amp;rsquo;il soit publié.&amp;rdquo;&#xA;Oui, c&amp;rsquo;était clair. Je n&amp;rsquo;ai pas bougé, concentré sur le billet de cinq dollars qui était à peu près tout ce qui me restait en poche. et dans le monde, d&amp;rsquo;ailleurs. C&amp;rsquo;était incroyable tous ces changements survenus au cours de l&amp;rsquo;année depuis que j&amp;rsquo;avais débuté l&amp;rsquo;écriture de ce livre. D&amp;rsquo;abord, j&amp;rsquo;avais simplement voulu voir jusqu&amp;rsquo;où cette idée me mènerait. Puis, quand j&amp;rsquo;étais retourné à la fac, j&amp;rsquo;avais voulu me fixer un programme précis, qui ne soit pas surchargé par les cours, les devoirs à rédiger, les livres à lire, et les exams à passer. C&amp;rsquo;est pour cela que j&amp;rsquo;avais arrêté la fac. Tout ce temps, j&amp;rsquo;avais voulu finir quelque chose. J&amp;rsquo;avais une liste d&amp;rsquo;idées aussi longue que la route qui allait de Jackson à la 17e Rue Ouest, toutes inachevées et voletant sur le bas-côté, morceaux de papier, fragments de pensées que je n&amp;rsquo;avais jamais développées. Plus qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en fallait pour rivaliser avec le tableau d&amp;rsquo;honneur de ma mère et de ses frères et sœurs, plus qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en fallait pour étouffer les ricanements de mes camarades de Lincoln qui me traitaient de fou. Il fallait que j&amp;rsquo;aille au bout de mon idée. Et j&amp;rsquo;avais réussi.&#xA;Mais comme je n&amp;rsquo;avais réellement jamais achevé quoi que ce soit, à part une ou deux lignes dans de quelconques publications scolaires, mon travail n&amp;rsquo;avait jamais dépassé les huées et les vindictes de la &amp;ldquo;racaille&amp;rdquo; réactionnaire de Lincoln qui soutenait que je n&amp;rsquo;allais plus en cours parce que je passais mon temps à fumer de la marijuana et que la seule chose que je ferais bien de rédiger c&amp;rsquo;était une lettre d&amp;rsquo;excuses pour avoir menti en prétendant écrire un livre. Et sur ce bureau devant moi ne se trouvait pas seulement ce qui me permettrait de leur clouer le bec, mais aussi u chèque de deux mille dollars. Vous imaginez ? Je pouvais revenir sur le campus l&amp;rsquo;année suivante, montrer que j&amp;rsquo;avais gagné une avance de deux mille dollars, et avoir l&amp;rsquo;occasion de coller des exemplaires du livre avec mon nom dessus sous le nez de ces grandes gueules de chambreurs, devant les membres de l&amp;rsquo;association des étudiants, des types qui m&amp;rsquo;avaient fait passer pendant des mois pour un fumeur de cannabis abruti. Et l&amp;rsquo;occasion de voir ma mère sourire et de justifier sa foi en moi, et de balayer les critiques acerbes de mon oncle. Il suffisait que je signe ce document et que je m&amp;rsquo;en aille.&#xA;Que je m&amp;rsquo;en aille en laissant mon manuscrit. Que je laisse mon manuscrit comme on laisse un animal domestique chez le véto pour le faire châtrer. Comme on laisse un cerf sur la table du taxidermiste pour qu&amp;rsquo;il lui arrache les tripes et le remplisse de sciure de bois, lui coupe la tête pour la faire trôner sur la fausse cheminée chez un m&amp;rsquo;as-tu-vu prétentieux et content de lui. J&amp;rsquo;ai tenté une nouvelle fois de peser le pour et le contre, assis dans ce fauteuil, parcouru de sueur froide, la figure impassible, comme un cadavre en veste de cuir.&#xA;Je me suis levé lentement en esquissant ce qui fut sans doute ma pire tentative de sourire. L&amp;rsquo;éditeur s&amp;rsquo;était détourné sur son fauteuil pivotant et s&amp;rsquo;efforçait de ne pas me regarder. Du coup, il ne m&amp;rsquo;a sans doute pas vu prendre le manuscrit et sortir du bureau.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gil_Scott-Heron&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gil Scott-Héron&lt;/a&gt; (1949-2011) est un musicien, poète et romancier américain. Voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.telerama.fr/musique/gil-scott-heron-le-parrain-du-rap-succombe-a-ses-demons,69366.php&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;cet article de Télérama&lt;/a&gt; paru quand il décède.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;art de la joie - Goliarda Sapienza</title>
            <link>https://pled.fr/lart-de-la-joie-goliarda-sapienza/</link>
            <pubDate>Thu, 11 May 2017 17:20:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lart-de-la-joie-goliarda-sapienza/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’art de la joie - Goliarda Sapienza&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;artdelajoie.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par mon libraire de Puteaux, imposant d&amp;rsquo;épaisseur avec ses 800 pages (5,6 cm !), dans la collection Météores de l&amp;rsquo;éditeur Le Tripode. &amp;ldquo;L&amp;rsquo;art de la joie&amp;rdquo; est aujourd&amp;rsquo;hui considéré comme une œuvre majeure de la littérature italienne contemporaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Modesta, née dans une famille misérable sur les bords de l&amp;rsquo;Etna, qui va se retrouver par les hasards de la vie héritière d&amp;rsquo;une famille dégénérée de nobles siciliens. S&amp;rsquo;en suivra une quête éperdue de liberté, de corps comme d&amp;rsquo;esprit, ainsi qu&amp;rsquo;une vie amoureuse palpitante. Et tout cela dans un style assez remarquable, où la vie palpite constamment et où la profondeur ne manque pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman commence fort, on est tout de suite accroché par cette enfance misérable à laquelle Modesta échappe pour se retrouver dans un couvent. À partir de là, elle va commencer à comprendre beaucoup de choses et à agir pour influer sur son futur. Elle est très intelligente, et j&amp;rsquo;imaginais à ce moment du roman un grand destin de femme à venir. Ce ne sera pas exactement le cas, mais elle va tout de même se construire une personnalité exceptionnelle, éprise de liberté de pensée dans un contexte de guerre et de fascisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui surprend le plus, c&amp;rsquo;est que tout ou presque est rendu sous la forme de dialogues ! C&amp;rsquo;est assez plaisant au début, mais finalement génère un manque de contexte un peu lassant par fois (par contre, cela donne un ton très original au roman) : par exemple quand elle se retrouve en prison pendant la guerre, il faudra attendre qu&amp;rsquo;elle en sorte pour en apprendre la raison, au détour d&amp;rsquo;une conversation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autres fois c&amp;rsquo;est à cause des personnages, et des dialogues sans fin sur le même thème, comme avec Brigitte qui est plutôt difficile à gérer et souvent à se plaindre. Après ce sera avec Carmine, le premier amant de Modesta : leurs &amp;ldquo;Je t&amp;rsquo;aime moi non plus&amp;rdquo; fatigue à la longue&amp;hellip; Un peu plus tard, ce sera pareil avec son amante Joy&amp;hellip; On tourne les pages et on s&amp;rsquo;ennuie un peu, il ne se passe pas grand chose&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout de même, il en reste un superbe roman, la vie d&amp;rsquo;une femme qui par la culture va s&amp;rsquo;émanciper totalement, vivre sans tenir compte des convenances (une femme en Sicile&amp;hellip;), veiller à élever ses enfants dans ce même esprit, s&amp;rsquo;engager politiquement et protéger les communistes en danger. Car en fond, l&amp;rsquo;histoire est à l&amp;rsquo;heure de la montée du fascisme italien, des communistes qui se cachent, puis vient la seconde guerre mondiale. Là aussi, j&amp;rsquo;aurai bien aimé plus de contexte historique. On a d&amp;rsquo;ailleurs un peu de mal à se rendre compte du temps qui passe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;S&amp;rsquo;ils avaient vu Ippolito, ils se seraient rendu compte qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;était pas aussi monstrueux que le leur avait représenté leur imagination. Ne jamais refuser de voir les côtés désagréables de la vie ; quand on ne les connaît pas, la réalité leur fat prendre des proportions gigantesques dans l&amp;rsquo;imagination, les transformant en cauchemars incontrôlables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les socialistes sont tombés dans le piège psychologique de la pensée libérale. Ils croient eux aussi à la bonté fondamentale des institutions démocratiques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les temps changent, Carmine, la science découvre plein de choses. Et cela, en notre faveur à nous, les femmes. Avec l&amp;rsquo;aide des médecins et du savoir, la femme se libérera bientôt de bien des condamnations dont l&amp;rsquo;ont accablée la nature et les maîtres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais pourquoi les hommes font-ils toujours la guerre,Modesta ?&#xA;Les intérêts,Béatrice. Uniquement pour des intérêts masqués par des idéaux. Et peut-être pour autre chose encore,plutôt difficile à comprendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mal réside dans les mots que la tradition a voulus absolus, dans les significations dénaturées que les mots continuent à revêtir. Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous. Voilà ce que je devais faire : étudier les mots exactement comme on étudie les plantes, les animaux. Et puis, les nettoyer de la moisissure, les délivrer des incrustations de siècles de tradition, en inventer de nouveaux, et surtout écarter pour ne plus m&amp;rsquo;en servir ceux que l&amp;rsquo;usage quotidien emploie avec le plus de fréquence, les plus pourris, comme : sublime, devoir, tradition, abnégation, humilité, âme, pudeur, cœur, héroïsme, sentiment, piété, sacrifice, résignation&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Attention, Bambolina, Crispina, Olimpia, attention ! D&amp;rsquo;ici 20 ou 30 ans, vous n&amp;rsquo;accuserez pas les hommes quand vous vous trouverez à pleurer dans quelques mètres carrés d&amp;rsquo;une petite pièce, les mains mangées par l&amp;rsquo;eau de javel. Ce ne sont pas les hommes qui vous ont trahies, mais ces femmes, anciennes esclaves, qui ont volontairement oublié leur esclavage et qui, se reniant, se placent aux côtés des hommes dans les diverses sphères du pouvoir.&#xA;(&amp;hellip;)Attention vous, privilégiées de la culture et de la liberté, de ne pas suivre l&amp;rsquo;exemple de ces négresses parfaitement alignées. A la place des mains cisaillées par l&amp;rsquo;eau de javel, pour vous se préparent des années du sinistre exercice masculin qui consiste à attacher les plus pauvres à la chaîne de montage et nuit sans sommeil de l&amp;rsquo;efficacité à tout prix. Et après 20 années de cet exercice vous vous trouverez enfermées dans des gestes et des pensées distordus comme ce spectre qui sourit par devoir bureaucratique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Goliarda_Sapienza&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Goliarda Sapienza&lt;/a&gt; (1924-1996) est née à Catane dans une famille anarcho-socialiste. Son père, avocat syndicaliste, fut l&amp;rsquo;animateur du socialisme sicilien jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;avènement du fascisme. Sa mère, Maria Giudice, figure historique de la gauche italienne, dirigea un temps le journal Il grido del popolo (Le Cri du peuple). &amp;ldquo;L&amp;rsquo;art de la joie&amp;rdquo; semble en partie inspirée de sa propre vie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Soumission - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/soumission-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Wed, 10 May 2017 17:23:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/soumission-michel-houellebecq/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Soumission - Michel Houellebecq&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;soumission.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le quatrième roman de Houellebecq que je lis, et sans aucun doute le moins bon. Publié en 2015, le sujet est évidemment sensible, et on peut se poser des questions sur les motivations de l&amp;rsquo;auteur. J&amp;rsquo;y verrai bien une envie de provocation, de jouer sur les peurs du moment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;, s&amp;rsquo;il y a une chose qui m&amp;rsquo;avait plu, c&amp;rsquo;était le côté analyse sociologique plutôt bien vu. Or dans celui-ci, on est rapidement déçu : l&amp;rsquo;élection au poste de président de la République du  leader du parti de la &amp;ldquo;Fraternité Musulmane&amp;rdquo; est tout sauf crédible, la France semble se limiter aux fachos d&amp;rsquo;extrême droite et aux cathos.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a vraiment du mal à croire à son scénario assez simpliste et envoyé en quelques chapitres sans trop se casser la tête à décrire une vraie sociologie comme il est pourtant capable de le faire. Chapitres d&amp;rsquo;ailleurs entrecoupés d&amp;rsquo;autres traitant des problèmes sexuels de son personnage principal par ailleurs extrêmement cultivé (habitude récurrente de Houellebecq, pour les deux points !), dont franchement on finit par se lasser : Houellebecq aurait mieux fait se soigner son scénario électoral pour le rendre plus crédible !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand par la suite, ledit personnage part en province car la situation à Paris devient dangereuse, c&amp;rsquo;est encore moins crédible : l&amp;rsquo;absence de radios, la scène dans la station-service&amp;hellip; Ça ne tient pas debout. La fin sera à l&amp;rsquo;image du reste. Déception donc, l&amp;rsquo;auteur semble fatigué, comme son héros. Il aurait pu s&amp;rsquo;abstenir, vu le sujet et la situation actuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Michel Houellebecq :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11316&#34; &gt;Plateforme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18704&#34; &gt;Anéantir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Houellebecq&#34;  title=&#34;Michel Houellebecq sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt; (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;agent secret - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/lagent-secret-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Sun, 30 Apr 2017 17:00:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lagent-secret-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’agent secret - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lagentsecret.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre roman de Joseph Conrad, parfois considéré comme le meilleur, sans doute parce qu&amp;rsquo;il est assez novateur pour l&amp;rsquo;époque, ce qui explique également son échec commercial à sa sortie. Personnellement, j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé, Conrad touche ici au génie dans la description psychologique de ses personnages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas de récits de mer ici, nous sommes dans les bas-quartiers de Londres, que Conrad lui-même décrit comme &amp;ldquo;la vision d&amp;rsquo;une ville monstrueuse, cruelle dévoreuse de la lumière du monde&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;histoire se passe au début du XXe siècle, un dénommé Verloc, espion ayant infiltré le milieu anarchiste local, et à la solde d&amp;rsquo;une puissance étrangère, est poussé par cette dernière à organiser un attentat afin d&amp;rsquo;influer sur la politique jugée trop laxiste du gouvernement anglais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Conrad s&amp;rsquo;inspire pour cela d&amp;rsquo;un fait divers réel : un français, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martial_Bourdin&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Martial Bourdin&lt;/a&gt; fut tué en 1894 devant l&amp;rsquo;Observatoire de Greenwich par la bombe qu&amp;rsquo;il transportait. Mais c&amp;rsquo;est la description des personnages qui est vraiment incroyable, d&amp;rsquo;une profondeur sur la psychologie humaine, et d&amp;rsquo;une noirceur sans grand espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce qu&amp;rsquo;il explique dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le livre que voici n&amp;rsquo;est autre que l&amp;rsquo;histoire en question [&amp;hellip;], tout le déroulement en ayant été inspiré par l&amp;rsquo;absurde cruauté de l&amp;rsquo;explosion de Greenwich Park qui en occupe le centre. J&amp;rsquo;ai eu là une tâche dont je ne dirai pas qu&amp;rsquo;elle fait été ardue, mais d&amp;rsquo;une difficulté on ne peut plus absorbante. Pourtant il fallait que ce fût fait. C&amp;rsquo;était une nécessité. Les figures groupées autour de Mme Verloc et reliées directement ou indirectement à sa conviction tragique et méfiante que &amp;ldquo;la vie ne supporte guère d&amp;rsquo;être examinée en profondeur&amp;rdquo; résultent de cette nécessité même. Personnellement, je n&amp;rsquo;ai jamais éprouvé le moindre doute quant à la réalité de l&amp;rsquo;histoire de Mme Verloc ; mais il a fallu la dégager de l&amp;rsquo;obscurité de cette ville immense, il a fallu la rendre croyable, je ne veux pas dire tellement en ce qui concerne l&amp;rsquo;âme de Mme Verloc que son milieu, pas tellement en ce qui concerne sa psychologie que son humanité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En effet, la &amp;ldquo;conviction tragique&amp;rdquo; de Madame Verloc va avoir des conséquences tragiques, le personnage va se transformer complètement quand elle va devoir affronter la réalité. Monsieur Verloc ne verra rien venir, tant l&amp;rsquo;incompréhension est grande entre eux deux&amp;hellip; Conrad ajoute :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À cet égard, je crois vraiment que l&amp;rsquo;Agent secret est un ouvrage parfaitement authentique. Il n&amp;rsquo;est pas jusqu&amp;rsquo;au dessein purement artistique, consistant à appliquer une méthode ironique à un sujet de ce genre, qui n&amp;rsquo;ait été formulé de façon délibérée et dans la sérieuse conviction que seul un traitement ironique me permettrait de dire tout ce que j&amp;rsquo;avais le sentiment de devoir dire au titre du mépris aussi bien que de la pitié.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On comprend que cela ait pu choquer les lecteurs à l&amp;rsquo;époque ! Il n&amp;rsquo;y a pas de personnages qui soient vraiment épargnés par l&amp;rsquo;auteur. Les anarchistes par exemple sont décrits comme très orgueilleux, aux motivations toutes personnelles, souffrant du manque de reconnaissance de leur talent. Voilà un exemple de description dont Conrad est capable :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La voie des révolutions, même les plus justifiées, est pavée d&amp;rsquo;impulsions personnelles déguisées en croyances. L&amp;rsquo;indignation du Professeur trouva en elle-même une cause finale, qui l&amp;rsquo;absolvait du péché de chercher dans la destruction les moyens de satisfaire son ambition. Détruire la foi du public en la légalité, telle était la formulation imparfaite de son fanatisme sourcilleux ; mais sa conviction sous-jacente que la charpente d&amp;rsquo;un ordre social établi ne peut être effectivement ébranlée que par une forme quelconque de violence collective ou individuelle était précise et exacte. Le Professeur était un agent de la morale&amp;hellip; ce point était bien établi dans son esprit. En jouant ce rôle d&amp;rsquo;agent dans une attitude d&amp;rsquo;impitoyable défi, il se donna les apparences de la puissance et du prestige personnel. Ce point était indéniable à ses yeux amèrement vindicatifs. Son agitation s&amp;rsquo;en trouvait calmée ; à leur manière, les plus ardents des révolutionnaires ne font peut-être pas autre chose que chercher la paix, comme le reste de l&amp;rsquo;humanité&amp;hellip; la paix d&amp;rsquo;une vanité flattée, d&amp;rsquo;appétits repus, ou peut-être d&amp;rsquo;une conscience tranquillisée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ne vous attendez donc pas un roman d&amp;rsquo;espionnage classique avec un héros qui brave les périls sans peur et sans reproches ! Mais l&amp;rsquo;histoire est prenante, c&amp;rsquo;est comme toujours remarquablement écrit ; le personnage de Stevie (le frère de Madame Verloc, un peu demeuré) est attachant, je pense à cette scène avec le fiacre et le cheval famélique où il réagit avec tant d&amp;rsquo;empathie à la douleur du cheval&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Impossible ici - Sinclair Lewis</title>
            <link>https://pled.fr/impossible-ici/</link>
            <pubDate>Thu, 27 Apr 2017 16:45:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/impossible-ici/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Impossible ici - Sinclair Lewis&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;impossibleici.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en écoutant une émission sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce bouquin. Brice Couturier (on aime ou on aime pas) nous parlait &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/ne-pas-plaquer-sur-des-realites-nouvelles-les-cauchemars&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt; de quelques livres traitant de dystopies (le contraire d&amp;rsquo;une utopie), comme le très connu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=626&#34; &gt;1984 de George Orwell&lt;/a&gt;, sujet d&amp;rsquo;actualité avec l&amp;rsquo;avènement de Donald Trump à la présidence des États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans Impossible ici, écrit en 1932, nous avons un politicien populiste qui prend le pouvoir en promettant de restaurer la grandeur du pays. Très vite, une milice paramilitaire se met en place, les opposants sont envoyés dans des camps, la presse est contrôlée&amp;hellip; Et malgré tout cela, il continue à avoir le soutien de la majorité des Américains. L&amp;rsquo;armée prendra finalement le pouvoir, et les États-Unis déclareront la guerre au Mexique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, le roman date un peu, forcément (le monde a beaucoup changé depuis, tout comme les modes de vie), et si ce n&amp;rsquo;est sans doute pas un grand roman (un peu longuet), sa lecture reste néanmoins agréable. On voit tout de même bien comment la bêtise peut prendre le pouvoir, et trouver beaucoup de supporters pour l&amp;rsquo;y maintenir pendant longtemps !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On suit les aventures de Doremus Jessup, directeur d&amp;rsquo;un petit journal local, qui n&amp;rsquo;est aps dupe de ce qui arrive, et va bon gré mal gré entrer en résistance contre le système qui se met en place. À de nombreuses occasions, le titre du roman est prononcé par l&amp;rsquo;un ou l&amp;rsquo;autre des personnages, pour bien illustrer&amp;hellip; le contraire ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter que chaque fois que Doresmus doit fuir, il emporte avec lui le même livre : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9clin_de_l%27Occident&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le déclin de l&amp;rsquo;occident&lt;/a&gt; - Tome 1 : il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un essai publié en 1918 par Oswald Spengler, théorisant le déclin inéluctable des civilisations, qui comme des êtres biologiques, naissent, vivent et meurent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon, on peut également noter une critique systématique de toutes les doctrines : les communistes se battent contre le gouvernement, mais n&amp;rsquo;échappent pas aux critiques pour autant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sinclair_Lewis&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sinclair Lewis&lt;/a&gt; (1885 - 1951), est un romancier et dramaturge majeur des années 1920 et 1930.  Il fut le premier Américain à recevoir le prix Nobel de littérature.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Deux années sur le gaillard d&#39;avant - Richard Henry Dana</title>
            <link>https://pled.fr/deux-annees-sur-le-gaillard-davant-richard-henry-dana/</link>
            <pubDate>Sat, 15 Apr 2017 17:42:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/deux-annees-sur-le-gaillard-davant-richard-henry-dana/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Deux années sur le gaillard d’avant&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;deuxannees.jpg#floatleft&#34;&gt;Un roman sur la mer, grand classique de la littérature américaine du XIXème siècle, qui plus est admirablement traduit et présenté par Simon Leys&amp;hellip; Cela ne pouvait que procurer de bons moments de lecture, et ce fût bien le cas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est avant tout un beau roman grâce à la narration très sincère de l&amp;rsquo;auteur, et le ton employé. On est vite pris par l&amp;rsquo;histoire, et la description de ce qu&amp;rsquo;était la vie des marins à cette époque ; il y a tout de même certaines pages utilisant un vocabulaire très technique, propre à la voile (il y a un glossaire à la fin du roman), mais elles ne sont pas gênantes, et reflètent plutôt l&amp;rsquo;énorme travail à fournir (et parfois l&amp;rsquo;urgence) lors d&amp;rsquo;un coup de vent ou d&amp;rsquo;une tempête sur ces grands voiliers de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors qu&amp;rsquo;il étudiait le droit à Harvard, et suite à un mal mystérieux (faiblesse de la vue), R. H. Dana embarque en 1834 à Boston sur le &amp;ldquo;Pilgrim&amp;rdquo; pour rejoindre la Californie via le Cap Horn : là-bas, ils vont récolter des peaux le long de la côte, les stocker et les préparer sur place, jusqu&amp;rsquo;à ce que le bateau soit plein. Dana va revenir à Boston au bout de deux ans, sur un autre bateau, le &amp;ldquo;Pilgrim&amp;rdquo; restant encore plusieurs mois sur la côté ouest, ce que ne veut pas le narrateur : il n&amp;rsquo;entend pas faire le matelot toute sa vie, et on le comprend !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui frappe le plus, ce sont les conditions de vie des matelots sur le navire : outre la nourriture très basique (pain et bœuf bouilli, mais pas pour les officiers bien entendu, même le thé leur est réservé !), les vêtements sont très peu adaptés (comparé à nos jours) pour affronter la pluie et le froid. Imaginez-vous des heures sur le pont sous la pluie sans vêtement vraiment adapté, ou à grimper dans les haubans pour remonter des voiles à moitié gelées, tout cela pendant une tempête de grêle, et sans gants pour vous protéger les doigts&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La foi religieuse est par ailleurs omniprésente, et laisse transparaître une société américaine très puritaine (rappelons-nous le Mayflower)&amp;hellip; D&amp;rsquo;ailleurs, le bateau s&amp;rsquo;appelle le &amp;ldquo;Pilgrim&amp;rdquo;, tout un programme. Et même si le dimanche est censé être le jour de repos des matelots (jour du Seigneur oblige), ce n&amp;rsquo;est pas souvent respecté par le capitaine, qui s&amp;rsquo;arrange pour imposer certaines tâches ce jour-là afin d&amp;rsquo;améliorer la rentabilité de l&amp;rsquo;armateur. Le capitaine a donc tous les pouvoirs, et se comporte à l&amp;rsquo;occasion en véritable tyran avec l&amp;rsquo;équipage (voir plus bas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi l&amp;rsquo;occasion de découvrir la Californie avant que la civilisation n&amp;rsquo;arrive : à cette époque, il n&amp;rsquo;y a que quelques missions et de petits villages occupés par les locaux (espagnols et indiens) comme à Santa Barbara, Monterey ou San Diego. San Francisco n&amp;rsquo;est même qu&amp;rsquo;une simple mission ! Puis dans la postface, quand R. H. Dana y revient vingt ans plus tard, en tant que touriste, tout a déjà beaucoup changé : entre temps, la ruée vers l&amp;rsquo;or a eu lieu et San Francisco est devenu une ville&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, un dernier chapitre qui avait été retiré de la seconde édition par l&amp;rsquo;auteur porte sur des considérations concernant les matelots confrontés à l&amp;rsquo;autorité du capitaine, et particulièrement sur les châtiments corporels (coups de fouets !) que ce dernier n&amp;rsquo;hésita pas à donner. Son raisonnement est un peu surprenant : comme les interdire serait dangereux (une autorité absolue est nécessaire pour éviter des rébellions ou simplement une grève qui pourrait se révéler catastrophique sur un bateau), sa recommandation est d&amp;rsquo;éduquer les matelots (et les capitaines), sans oublier leur foi religieuse : sinon on transformerait un pêcheur ignorant en un pêcheur intelligent et donc renforcé dans l&amp;rsquo;erreur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toute une époque et tout un monde, dépaysement assuré !!&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Des bruits dans la tête - Drago Jancar</title>
            <link>https://pled.fr/des-bruits-dans-la-tete-drago-jancar/</link>
            <pubDate>Thu, 16 Mar 2017 16:45:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/des-bruits-dans-la-tete-drago-jancar/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;desbruitsdanslatete.jpg#floatleft&#34;&gt; Bouquin recommandé par mon ancien libraire de Puteaux, alors que je lui parlais d&amp;rsquo;écrivains des pays de l&amp;rsquo;Est, et de leur qualité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une révolte dans un pénitencier du Monténégro, racontée par un des détenus qui n&amp;rsquo;a plus vraiment toute sa tête, ce qui le rend encore plus dangereux qu&amp;rsquo;il ne l&amp;rsquo;est déjà&amp;hellip; Keber ne supporte pas les grincements de métal, qu&amp;rsquo;ils soient réels ou dans sa tête, et il peut devenir très violent quand ils se produisent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce monde de détenus plus dangereux les uns que les autres, il paraît presque être le sage de l&amp;rsquo;histoire. Pourtant ses souvenirs le hantent, et il a parfois du mal à faire la différence avec le monde réel : son histoire d&amp;rsquo;amour avec Leonca d&amp;rsquo;abord, que sa jalousie et sa violence ont fini par rendre impossible, et sa vie passée qui défile, à bourlinguer sur les mers du monde, ou comme mercenaire ici ou là&amp;hellip; La vie de Keber est plus dans ses rêves et divagations que dans la réalité : ils lui permettent de ne pas sombrer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis il y a cette histoire du siège de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massada&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Massada&lt;/a&gt; en Judée, au Ier siècle qui le hante également, et dont Keber fait le parallèle avec le pénitencier assiégé. L&amp;rsquo;histoire (vraie) est assez incroyable, et vaut le détour : c&amp;rsquo;était une forteresse quasi imprenable surplombant la mer morte. Tenue par mille juifs extrémistes (les sicaires), ils résistèrent sept mois à l&amp;rsquo;armée romaine. Quand cette dernière réussit à pénétrer la citadelle, ils étaient tous morts ! Le suicide étant interdit par leur religion, les historiens accréditent l&amp;rsquo;idée qu&amp;rsquo;ils se sont tous entretués, chaque homme commençant par tuer sa famille, puis un tirage au sort se chargeant du reste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car dans le pénitencier, la révolte initiée par Keber à cause d&amp;rsquo;un gardien les empêchant de suivre un match de basket va prendre de l&amp;rsquo;ampleur. Pendant quelques jours, les détenus seront maître de la prison, et le pouvoir accaparé par les plus mauvais : un autre exemple d&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;une  dictature, comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon bouquin, très bien écrit, mais un histoire dure : contexte, personnages, et la narration par Keber dont le mental est manifestement altéré n&amp;rsquo;arrange rien !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Drago_Jan%C4%8Dar&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Drago Jančar&lt;/a&gt;, né le 13 avril 1948 à Maribor, est un écrivain slovène. Engagé politiquement, il eut des démêlés avec les autorités communistes, et connaîtra la prison. Il a reçu le Prix européen de littérature 2011 pour l&amp;rsquo;ensemble de son œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le pont sur la Drina - Ivo Andrić</title>
            <link>https://pled.fr/le-pont-de-la-drina-ivo-andric/</link>
            <pubDate>Mon, 27 Feb 2017 16:28:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-pont-de-la-drina-ivo-andric/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le pont sur la Drina - Ivo Andrić&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lepontsurladrina.jpg#floatleft&#34;&gt;Sur le quatrième de couverture, on peut lire : &amp;ldquo;Un des plus grands romans de ce siècle. Nicole Zand, Le Monde.&amp;rdquo; Sans aller jusqu&amp;rsquo;à cette critique un peu démesurée, c&amp;rsquo;est indéniablement un bon roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un pont, ou plutôt celle d&amp;rsquo;un village bosniaque depuis le XVIe siècle à nos jours. C&amp;rsquo;est ce passage du temps, la grande Histoire mais aussi la petite et les légendes locales, le progrès, les changements que cela génère, qui est parfaitement décrit dans ce roman, et qui lui donne toute sa saveur, d&amp;rsquo;autant que le narrateur prend tout le recul nécessaire pour nous le conter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Visegrad se situe de nos jours en Bosnie-Herzégovine, mais à l&amp;rsquo;époque où commence l&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;était un carrefour entre l&amp;rsquo;Orient et l&amp;rsquo;Occident, administré par l&amp;rsquo;empire Ottoman ; c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs le vizir Mehmed pacha Sokolović qui construit le pont qui va servir de fil rouge au narrateur. Dans le village se côtoient musulmans de Turquie ou « islamisés », chrétiens et juifs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis l&amp;rsquo;empire d&amp;rsquo;Autriche-Hongrie va remplacer celui des Ottomans, dont les frontières vont reculer très loin. La Serbie gagne son indépendance. Quand les autrichiens arrivent, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occident avec sa frénésie de progrès, à toujours vouloir organiser, répertorier : les ingénieurs débarquent, mesurent, transforment, optimisent. Les habitants observent cela, eux qui étaient habitués à se laisser vivre et ne pas faire plus que nécessaire, préférant aller s&amp;rsquo;asseoir sur le pont pour parler, boire et fumer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le village s&amp;rsquo;adapte, avec ses communautés qui vivent ensemble (bosniaques, serbes, turcs, musulmans ou chrétiens, juifs). Vient une période de paix et de prospérité&amp;hellip; Puis les prix augmentent, et si maintenant il y a des lois et des règlements qui remplacent l&amp;rsquo;arbitraire du monde d&amp;rsquo;avant, au final, on s&amp;rsquo;endette plus que l&amp;rsquo;on devient riche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Début 20e siècle, les jeunes ont des idéaux de liberté, et commencent à parler de nationalisme, d&amp;rsquo;une nation bosniaque où chacun pourrait vivre à sa guise&amp;hellip; Puis vient l&amp;rsquo;attentat de Sarajevo, la chasse aux Serbes, et la première guerre mondiale. Le pont commence à se faire bombarder&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivo_Andri%C4%87&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ivo Andrić&lt;/a&gt; (1892-1975), né en Bosnie-Herzégovine alors administrée par l&amp;rsquo;Autriche-Hongrie, est un écrivain yougoslave. Il est lauréat du prix Nobel de littérature en 1961. Ses romans sont rédigés avec un grand souci de vérité historique, et ses récits ont pour cadre la Bosnie. Visegrad a connu des massacres ethniques en 1992 pendant la guerre de Bosnie. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Vi%C5%A1egrad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les massacres de Višegrad&lt;/a&gt; et le non-dits qui les entourent sont au cœur du film &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Femmes_de_Visegrad&#34;  title=&#34;Les Femmes de Visegrad&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les Femmes de Visegrad&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, sorti en 2013.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les Clochards d&#39;Asmodée - Roland Pidoux</title>
            <link>https://pled.fr/les-clochards-dasmodee-roland-pidoux/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Feb 2017 11:07:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-clochards-dasmodee-roland-pidoux/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les Clochards d’Asmodée - Roland Pidoux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;clochardsdasmodee.jpg#floatleft&#34;&gt; Roman policier conseillé par mon ancien libraire de Puteaux lors d&amp;rsquo;un bref passage : l&amp;rsquo;occasion de vérifier que les goûts littéraires sont bien difficiles à cerner&amp;hellip; et à partager.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture n&amp;rsquo;est pas désagréable en elle-même, c&amp;rsquo;est un polar comme un autre, un peu à l&amp;rsquo;ancienne, écrit sans grand talent littéraire il faut le reconnaître. Un roman de gare, comme on dit, un petit polar où les meurtres s&amp;rsquo;enchaînent tranquillement pendant que le commissaire réfléchit à élucider l&amp;rsquo;énigme, ce qu&amp;rsquo;il arrivera à faire à la fin du livre bien sûr.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roland Pidoux (1920-2005) a été commissaire de police (chef de la sûreté urbaine à Besançon), là où se passe l&amp;rsquo;intrigue de ce polar. Il signa deux romans, dont le premier (&amp;ldquo;On y va patron ?&amp;rdquo;) reçu le prix du quai des Orfèvres en 1963. J&amp;rsquo;ai bien peur que ce prix n&amp;rsquo;ait été obtenu pour la seule raison qu&amp;rsquo;il était &amp;ldquo;de la maison&amp;rdquo; !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Souvenirs personnels - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/souvenirs-personnels-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Thu, 26 Jan 2017 17:15:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/souvenirs-personnels-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Souvenirs personnels - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;souvenirs.jpg#floatleft&#34;&gt; Avant de parler de ce livre, remarquez le visage et les yeux de Conrad : le personnage devait être impressionnant quand on était face à lui !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joseph Conrad nous offre donc quelques uns de ses souvenirs, une occasion de partir en voyage avec ce magnifique auteur. Il est quelque fois difficile à suivre dans ses pensées, qu&amp;rsquo;il laisse vagabonder au gré de ses souvenirs et des associations d&amp;rsquo;idées qu&amp;rsquo;ils provoquent ; de plus la postface nous explique que tout n&amp;rsquo;est pas forcément exact dans ce qu&amp;rsquo;il nous raconte&amp;hellip; Mais l&amp;rsquo;ensemble est un plaisir à lire, comme d&amp;rsquo;habitude, et puis n&amp;rsquo;est-ce pas tout l&amp;rsquo;art du romancier de mêler vérité et fiction ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Conrad va d&amp;rsquo;abord nous parler de son premier roman, La folie Almayer, de la réponse laconique du marin à qui il demanda s&amp;rsquo;il devait en continuer l&amp;rsquo;écriture, des années où il transporta ce manuscrit, au risque de le perdre quand sa pirogue chavira au Congo&amp;hellip; Puis nous voilà en Pologne, où il revient après avoir bourlingué sur les mers : les souvenirs d&amp;rsquo;enfance et de famille lui reviennent : sa décision de devenir marin, le frère de son grand-père qui servit sous Napoléon et qui mangea du chien (qui relève de la fiction également), l&amp;rsquo;histoire de la Pologne et sa révolte contre l&amp;rsquo;Empire Russe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vers le milieu du livre, deux chapitres m&amp;rsquo;ont paru à leur début un peu difficile à suivre, puis il revient à chaque fois à des anecdotes toujours intéressantes, comme sa rencontre avec le vrai Almayer (rencontre imaginaire, même si le personnage qui servit d&amp;rsquo;inspiration à Conrad exista réellement), ou ses examens de passage pour devenir capitaine de la marine anglaise qui valent également le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les villes de la plaine - Diane Meur</title>
            <link>https://pled.fr/les-villes-de-la-plaine-diane-meur/</link>
            <pubDate>Mon, 23 Jan 2017 17:04:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-villes-de-la-plaine-diane-meur/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les villes de la plaine - Diane Meur&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesvillesdelaplaine.jpg#floatleft&#34;&gt;Cela commence comme une fable agréable, philosophique, dans une ancienne civilisation imaginaire, et la curiosité nous fait facilement tourner les pages des premiers chapitres : où l&amp;rsquo;auteur va-t-il donc nous emmener ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, les promesses ne seront pas tenues. Si c&amp;rsquo;est plutôt bien écrit, le style qui se veut assez raffiné se révèle assez vite lassant : presque celui d&amp;rsquo;un conte que l&amp;rsquo;on raconterait à des enfants, assez pompeux, avec un peu trop de recherche dans le vocabulaire. On comprend bien l&amp;rsquo;effet recherché, mais également l&amp;rsquo;échec.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au sujet, c&amp;rsquo;est celui d&amp;rsquo;une civilisation construite sur un texte religieux fondateur ; or le sens de ce dernier s&amp;rsquo;avère avoir été détourné par une élite au fil des siècles afin de prendre le pouvoir. Avec en parallèle, une histoire d&amp;rsquo;amour entre un homme et une femme, ce n&amp;rsquo;est pas trop dur à écrire, et ça plaît toujours, hein ? J&amp;rsquo;oubliais deux ou trois chapitres se passant à une époque beaucoup plus rapprochée, qui n&amp;rsquo;apportent rien du tout, si ce n&amp;rsquo;est que les hypothèses des archéologues sont parfois loin de la réalité&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela apporte finalement de la déception à tous les niveaux : sujet manifestement trop vaste pour être traité de la sorte, on s&amp;rsquo;ennuie assez vite une fois la curiosité des premiers chapitres passée. Tout ça pour dénoncer finalement des évidences : des hommes détournent des textes pseudo-religieux pour mieux asseoir leur pouvoir sur les masses ? Mince alors, je n&amp;rsquo;avais jamais remarqué&amp;hellip; Heureusement que le pauvre berger sans éducation réussit à séduire et sauver la belle, puis à retourner dans son village arriéré, où ils pourront couler des jours heureux ! Il a même failli sauver la civilisation, mais bon, faut pas trop exagérer quand même !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Diane_Meur&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Diane Meur&lt;/a&gt;,  née à Uccle le 7 janvier 1970, est une femme de lettres belge d&amp;rsquo;expression française. Elle est titulaire d&amp;rsquo;une maîtrise de littérature comparée de l&amp;rsquo;Université Paris-IV ainsi qu&amp;rsquo;un DEA de sociohistoire de la littérature. Ceci explique sans doute le sujet de ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Six récits au fil inconstant des jours - Shen Fu</title>
            <link>https://pled.fr/six-recits-au-fil-inconstant-des-jours-shen-fu/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Jan 2017 16:37:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/six-recits-au-fil-inconstant-des-jours-shen-fu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Six récits au fil inconstant des jours - Shen Fu&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;shenfu.jpg#floatleft&#34;&gt; Un roman traduit par Simon Leys, noté pendant la lecture de sa &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;biographie&lt;/a&gt;. Le contenu est à l&amp;rsquo;image du  titre, plein de beauté, de douceur et de fraîcheur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Shen Fu (1763 - ?) était un obscur lettré, fonctionnaire se retrouvant souvent sans emploi, amené à emprunter, mettre en gages le peu qu&amp;rsquo;il a, et même à vivre chez des amis. Rien ne le destinait à la postérité, sauf ce recueil qui connût un immense succès en Chine, puis à l&amp;rsquo;étranger, dès sa publication, hélas largement posthume !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le propos est on ne peut plus simple : raconter des expériences d&amp;rsquo;une vie sans grande histoire. Mais par cette simplicité même, il nous charme. Dommage que des six récits il n&amp;rsquo;en  subsiste que quatre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le premier est entièrement dédié à sa femme Chen Yun, intitulé &amp;ldquo;Souvenirs heureux : la vie conjugale&amp;rdquo; ; il nous raconte la rencontre et le mariage qui suivit, tous deux formant un couple très amoureux et complice. On en apprend beaucoup sur les mœurs de l&amp;rsquo;époque, et l&amp;rsquo;on est même surpris, comme avec l&amp;rsquo;histoire de la concubine Hanyuan, où Chen Yun semble proposer un ménage à trois ! Nous sommes loin de la femme soumise que l&amp;rsquo;on imagine&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis viennent les &amp;ldquo;Souvenirs exquis : les heures oisives&amp;rdquo;, où l&amp;rsquo;auteur va nous détailler un peu leurs occupations, étant tous deux amateurs de poésie, aimant à deviser le soir au clair de lune, ou à se trouver une demeure un peu à l&amp;rsquo;écart pour en faire un nid douillet, en l&amp;rsquo;aménageant de belle manière, et pas uniquement l&amp;rsquo;intérieur : le jardin est aussi important, et révèle tout un art pour occuper l&amp;rsquo;espace afin d&amp;rsquo;apaiser l&amp;rsquo;esprit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est alors le tour des &amp;ldquo;Souvenirs amers : les épreuves&amp;rdquo;&amp;hellip; Les relations avec son père vont se détériorer sur un malentendu, Chen Yun va tomber malade, les soucis d&amp;rsquo;argent vont commencer. Ce récit commence ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pourquoi donc la vie est-elle semée d&amp;rsquo;épreuves ? Le plus souvent elles surviennent comme une conséquence de nos fautes ; mais ceci ne saurait être mon cas, car tous mes malheurs sont venus, au contraire, de cette disposition que j&amp;rsquo;ai à suivre les élans de mon cœur, à respecter la parole donnée et à m&amp;rsquo;exprimer sans détour.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre se termine par les &amp;ldquo;Souvenirs allègres&amp;hellip;&amp;rdquo; où Shen Fu nous écrit une sorte de petit guide des endroits qu&amp;rsquo;il a pu visiter au cours de vie (amené à voyager pour occuper un poste quelques mois par exemple). À moins d&amp;rsquo;être sur place et d&amp;rsquo;aller visiter ces lieux, j&amp;rsquo;y ai trouvé peu d&amp;rsquo;intérêt, en dehors du style toujours aussi simple et candide, le rendant très agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé les noms très poétiques employés pour nommer les lieux : le Pont des Dix Mille Années, la Source des Fleurs de Pêchers, une chambre baptisée &amp;ldquo;La Tour Parfumée de l&amp;rsquo;Invitée&amp;rdquo;, un point de vue dominant un paysage immense appelé &amp;ldquo;Mille Arpents de Nuées&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Leys fournit une très belle préface, et nous explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a rien d&amp;rsquo;idyllique ni de mièvre dans ce tableau de la vieille Chine ; Shen Fu et sa femme ont cruellement souffert sous la règle implacable de l&amp;rsquo;ancienne société, — mais sans révolte cependant : la société qui les écrase est aussi celle qui les a portés et nourris ; c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;elle qu&amp;rsquo;ils tiennent le meilleur d&amp;rsquo;eux-mêmes, leur sensibilité, leur humanité, un art de vivre exquis, et un courage sublime dans l&amp;rsquo;adversité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il  y a aussi quelques notes explicatives en fin d&amp;rsquo;ouvrage, pour donner un peu de contexte à certaines fêtes ou traditions mentionnés par Shen Fu, comme la Fête du Double Neuf (le neuvième jour du neuvième mois lunaire) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une des plus anciennes fêtes traditionnelles ; sa signification et son origine sont assez obscures ; il semble qu&amp;rsquo;elle commémore la manière dont une population ancienne aurait échappé jadis à un cataclysme naturel en se réfugiant au sommet d&amp;rsquo;une montagne. Quelle que soit sa signification initiale, le rite est resté, et aujourd&amp;rsquo;hui encore, à la date du Double-Neuf, on fait l&amp;rsquo;ascension d&amp;rsquo;une montagne, d&amp;rsquo;une colline ou de tout lieu élevé avoisinant l&amp;rsquo;endroit où l&amp;rsquo;on vit. Cette fête est devenue, elle aussi, un agréable prétexte à excursion et pique-nique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Shen_Fu&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Shen Fu&lt;/a&gt; est né en 1763 sous la dynastie Qing. On ignore la date de sa mort. &amp;ldquo;Six récits au fil inconstant des jours&amp;rdquo; fut retrouvé par hasard en 1849 et ne fut imprimé qu&amp;rsquo;en 1877. Simon Leys l&amp;rsquo;a traduit en 1966.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vol au-dessus d&#39;un nid de coucou - Ken Kesey</title>
            <link>https://pled.fr/vol-au-dessus-dun-nid-de-coucou-ken-kesey/</link>
            <pubDate>Tue, 10 Jan 2017 15:58:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vol-au-dessus-dun-nid-de-coucou-ken-kesey/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Vol au-dessus d’un nid de coucou - Ken Kesey&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;niddecoucou.jpg#floatleft&#34;&gt; Après avoir découvert l&amp;rsquo;extraordinaire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9751&#34; &gt;Et quelques fois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai eu envie de lire le premier roman de cet auteur pour le moins atypique. Il suffit de lire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test&lt;/a&gt; de Tom Wolfe pour se faire une idée de la vie incroyable qu&amp;rsquo;a eu Ken Kesey, au moins ses jeunes années !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au début des années soixante, pour quelques dollars, il s&amp;rsquo;était porté volontaire pour tester diverses drogues psychédéliques dans un hôpital psychiatrique. C&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;époque de la découvert du LSD, les scientifiques étudiaient ces drogues qui altéraient l&amp;rsquo;état de conscience. Six mois plus tard, cherchant un travail, il se retrouva embauché comme aide-soignant dans le même service, avec le même médecin, sous les ordres de la même infirmière. C&amp;rsquo;est de cette expérience qu&amp;rsquo;il écrira cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter que cette belle édition inclut des dessins que l&amp;rsquo;auteur fît à ce moment-là (montrant ainsi un autre talent), comme il nous l&amp;rsquo;explique dans la courte préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les visages étaient toujours là, toujours aussi douloureusement à nu. Par stratégie d&amp;rsquo;évitement, je pris l&amp;rsquo;habitude de me réfugier derrière un calepin dans lequel je griffonnais. Cela me valut beaucoup de compliments de la part des infirmières : &amp;ldquo;Très bien, M. Kesey ! C&amp;rsquo;est la bonne approche. Il faut apprendre à les connaître.&amp;rdquo;&#xA;Je griffonnais aussi des visages. Non, pas exactement. En écumant cette pile d&amp;rsquo;esquisses, je m&amp;rsquo;aperçois que les visages se sont insinués dans ma tête et gravés dans mon esprit. Le stylo à la main, je n&amp;rsquo;avais qu&amp;rsquo;à attendre que la magie opère.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien sûr, j&amp;rsquo;ai vu et revu le film que Miloš Forman en a tiré en 1975, avec Jack Nicholson et Louise Fletcher. Si le film est assez fidèle au roman, la première différence est que le narrateur, dans le roman, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;indien gigantesque que McMurphy appelle &amp;ldquo;Grand Chef&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Faisant croire qu&amp;rsquo;il est sourd-muet, présent depuis plusieurs années dans l&amp;rsquo;hôpital, et ayant déjà subi plusieurs électrochocs, il observe l&amp;rsquo;arrivée de McMurphy à travers son cerveau perturbé. Il perçoit par exemple une sorte de brouillard qui envahit parfois les salles des pensionnaires, comme des gaz qui seraient lâchés par les soignants pour les abrutir. Il a aussi imaginé tout un &amp;ldquo;Système&amp;rdquo; derrière les murs, fait de machines et de rouages, destiné a les asservir dans leur routine quotidienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On connaît l&amp;rsquo;histoire : McMurphy va s&amp;rsquo;attaquer à ce système, à cette Miss Ratched, une ancienne infirmière militaire qui règne sur son petit royaume en humiliant les patients pour les garder sous son contrôle. Puis il va se rendre compte que Miss Ratched a le pouvoir de retarder indéfiniment sa sortie ; il semble alors se calmer un peu&amp;hellip; mais va finalement reprendre son entreprise amenant les pensionnaires à contester cette autorité et ce conformisme morbide. Pourquoi prend-il tous ces risques, pourquoi ne s&amp;rsquo;échappe-t-il pas ? On se pose la question pendant la lecture, probablement par révolte contre ce système qu&amp;rsquo;il ne peut littéralement accepter. Il va alors subir plusieurs électrochocs, continuant à braver l&amp;rsquo;autorité, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;une lobotomie soit décidée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre articles sur Ken Kesey sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9751&#34; &gt;Et quelques fois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée - Ken Kesey&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test - Tom Wolfe&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Kesey&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Kesey&lt;/a&gt;, (1935-2001), est un écrivain américain. Après ce roman,il initie le groupe des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Merry_Pranksters&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Merry Pranksters&lt;/a&gt; qui traversera les États-Unis à bord d’un bus dans le but d’initier le plus de monde possible au LSD ! (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test&lt;/a&gt;). En 1966, après un séjour en prison, l&amp;rsquo;aventure des Pranksters est terminée, il va retourner vivre une vie tranquille, avec femme et enfants dans sa ville natale, à Springfield, Oregon, où il se remettra à écrire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les naufragés du Batavia - Simon Leys</title>
            <link>https://pled.fr/les-naufrages-du-batavia-simon-leys/</link>
            <pubDate>Tue, 03 Jan 2017 18:12:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-naufrages-du-batavia-simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les naufragés du Batavia- Simon Leys&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;batavia.jpg#floatleft&#34;&gt; Premier bouquin tiré de l&amp;rsquo;excellente biographie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : navigateur entre les mondes&lt;/a&gt; de Philippe Paquet que j&amp;rsquo;ai lue récemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Leys s’intéressa à ce fait divers, l’un des plus sensationnels du XVIIè siècle : le naufrage du Batavia. Comme le Titanic, ce navire qui incarnait l’orgueil et la puissance de son époque, sombra lors de son tout premier voyage. Le navire coula au large de l’Australie, mais il y eut environ trois cents rescapés qui purent débarquer sur un archipel. Hélas, ils tombèrent sous la coupe d’un psychopathe qui, secondé par une poignée de &amp;ldquo;disciples&amp;rdquo;, en massacra les deux-tiers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On apprend d&amp;rsquo;ailleurs dès le début une chose étonnante : pendant trois siècles, du XVè à la fin du XVIIIè, les navigateurs occidentaux ne disposaient que de moyens dérisoires pour calculer leur position. Si la latitude était assez facile à calculer (pourvu que le soleil et l&amp;rsquo;horizon soient visibles), la longitude était vaguement estimée en fonction de la vitesse apparente du bateau ; la force du vent et les courants pouvaient largement fausser ces estimations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce qui arriva au Batavia : remontant trop tard au nord pour rallier Java, il sombra sur un récif d&amp;rsquo;îlots de corail, à quelque 80 kilomètres des côtes de l&amp;rsquo;Australie !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette histoire fascinait Leys, et particulièrement les mécanismes par lesquels s’instaure une tyrannie (lui, le contempteur de la dictature maoïste). Rien ne manquait : la mise en place d’un totalitarisme basé sur la surveillance, la délation, l’arbitraire, l’injustice, l’isolement et l’autarcie, et la création d’une nomenklatura fière et jalouse de ses privilèges.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il collecta des informations pendant des années (dix-huit ans) sans se décider à publier, quand un autre auteur, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mike_Dash&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mike Dash&lt;/a&gt;, publia toute l’histoire, et de manière très complète. Leys publia néanmoins ce petit essai, se limitant à y apporter ses réflexions personnelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit texte est suivi d&amp;rsquo;un autre, &lt;strong&gt;Prosper&lt;/strong&gt; : quand Simon Leys était encore étudiant, avant de partir pour l&amp;rsquo;Extrême-Orient, il eu l&amp;rsquo;occasion de naviguer à bord d&amp;rsquo;un thonier breton (un des derniers encore à la voile). Un court récit, qui montre les conditions de vie très dures et précaires des marins à cette époque, quand ils partaient pour &amp;ldquo;une marée&amp;rdquo;&amp;hellip; et aussi l&amp;rsquo;importante consommation d&amp;rsquo;alcool quand ils étaient à terre !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Confiteor - Jaume Cabré</title>
            <link>https://pled.fr/confiteor-jaume-cabre/</link>
            <pubDate>Tue, 27 Dec 2016 18:11:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/confiteor-jaume-cabre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Confiteor - Jaume Cabré&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;confiteor.jpg#floatleft&#34;&gt; Bouquin offert par ma frangine, à qui ce roman avait énormément plu, avec une vaste histoire qui parcourt plusieurs époques, principalement l&amp;rsquo;Inquisition, la guerre d&amp;rsquo;Espagne, la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;histoire est il est vrai assez passionnante, elle est aussi très difficile à lire, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amusant à changer de contexte et de personnage d&amp;rsquo;une phrase à l&amp;rsquo;autre, ou remplaçant le &amp;ldquo;je&amp;rdquo; par un &amp;ldquo;il&amp;rdquo; au sein d&amp;rsquo;une même phrase. Considérant qu&amp;rsquo;il y a beaucoup de personnages (nécessitant un index à la fin pour aider le lecteur à s&amp;rsquo;y retrouver), mais également d&amp;rsquo;époques et de lieux différents, était-ce vraiment nécessaire ? Je n&amp;rsquo;en suis pas persuadé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ajoutez à cela que le roman en question fait 900 pages, il est conseillé de ne pas trop le délaisser si l&amp;rsquo;on ne veut pas perdre complètement le fil, s&amp;rsquo;il y en a un : l&amp;rsquo;expression &amp;ldquo;décousu&amp;rdquo; prend ici tout son sens !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette complexité s&amp;rsquo;explique ainsi : en fait, nous lisons le manuscrit qu&amp;rsquo;Adrià Ardevol, au seuil de sa vie et atteint par la maladie d&amp;rsquo;Alzheimer, a donné à son ami d&amp;rsquo;enfance pour qu&amp;rsquo;il le publie. Côté recto, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un essai sur le Mal qu&amp;rsquo;il avait démarré (Adrià est un grand érudit), et côté verso il a voulu raconter sa vie et son amour éternel à sa femme disparue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;Adrià, intellectuel surdoué, et de son immense amour pour sa femme Sara (ce qui ne l&amp;rsquo;empêche pas de lui mentir sur pratiquement toutes les choses importantes&amp;hellip;) ou alors l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un violon d&amp;rsquo;une très grande valeur qui va passer au fil de l&amp;rsquo;histoire de main en main, pour finir dans celles du père d&amp;rsquo;Adrià (antiquaire prêt à tout pour acquérir ce genre d&amp;rsquo;objet, et dont l&amp;rsquo;origine de la fortune va se révéler pour le moins douteuse). À moins que ce ne soit celle d&amp;rsquo;une étrange médaille ? Mais là, j&amp;rsquo;ai perdu le fil, je n&amp;rsquo;ai pas compris ce qu&amp;rsquo;elle venait faire dans l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;Adrià, je me demande même si l&amp;rsquo;auteur lui-même ne s&amp;rsquo;est pas planté, à force de tout mélanger&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et en suivant ces objets à travers l&amp;rsquo;Histoire, ou simplement grâce à la très grande érudition d&amp;rsquo;Adrià, nous allons traverser plusieurs périodes de l&amp;rsquo;Histoire, l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;une allégorie entre le Mal qui ronge l&amp;rsquo;être humain, et le Bien, qui par l&amp;rsquo;amour de l&amp;rsquo;art et de la beauté peuvent le sauver ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai ressenti un peu de lassitude à la moitié du bouquin, l&amp;rsquo;impression que cela n&amp;rsquo;en finissait pas. Les mêmes éléments racontés d&amp;rsquo;une manière plus classique auraient fait un bouquin tout aussi passionnant et beaucoup plus agréable à lire. Et peut-être un peu plus court tant qu&amp;rsquo;on y est ! Les auteurs américains sont friands de pages inutiles, mais ils ne sont pas les seuls apparemment. Dommage, car c&amp;rsquo;est par ailleurs très bien écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jaume_Cabr%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jaume Cabré&lt;/a&gt;, né le 30 avril 1947 à Barcelone, est un philologue, écrivain et scénariste espagnol d&amp;rsquo;expression catalane. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Confiteor&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Confiteor&lt;/a&gt; signifie &amp;ldquo;je reconnais, j&amp;rsquo;avoue&amp;rdquo;, et d&amp;rsquo;ailleurs le titre original du bouquin est &amp;ldquo;Jo confesso&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est le titre d&amp;rsquo;une prière liturgique latine commençant par ce mot latin, dont la version française est connue sous le titre &amp;ldquo;Je confesse à Dieu&amp;rdquo;. Par cette prière, le chrétien (catholique) se reconnaît, devant Dieu, pécheur vis-à-vis de Lui et vis-à-vis des hommes ; il sollicite son pardon.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le pavillon rouge &amp; Meurtre à Canton - Robert Van Gulik</title>
            <link>https://pled.fr/le-pavillon-rouge-meurtre-a-canton-robert-van-gulik/</link>
            <pubDate>Mon, 26 Dec 2016 14:57:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-pavillon-rouge-meurtre-a-canton-robert-van-gulik/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le pavillon rouge&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pavillonrouge.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en lisant la biographie de Simon Leys que j&amp;rsquo;ai entendu parlé de cet auteur un peu atypique, puisque grand sinologue, homme très cultivé, diplomate hollandais dans de nombreux pays, et donc également auteur de romans policiers se passant dans la chine impériale du VIIéme siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce sont des enquêtes assez plaisantes à suivre, le juge Ti résolvant les énigmes par la logique, tout en finesse et réflexion. Une sorte de Maigret chinois ! L&amp;rsquo;univers décrit nous permet de découvrir les us et coutumes de cette époque, et le dépaysement est assuré. Amateurs de polars à l&amp;rsquo;ancienne, vous serez comblés !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Meurtre à Canton&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;145px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;329&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/le-pavillon-rouge-meurtre-a-canton-robert-van-gulik/meurtreacanton.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt; Dans le pavillon rouge, l&amp;rsquo;intrigue se passe sur l&amp;rsquo;île du Paradis, un lieu de plaisirs et de débauche&amp;hellip; Un jeune homme de l&amp;rsquo;Académie Impériale s&amp;rsquo;est suicidé, puis la plus belle courtisane de l&amp;rsquo;île est retrouvée morte. L&amp;rsquo;enquête va s&amp;rsquo;avérer compliquée à mener&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans Meurtre à Canton, l&amp;rsquo;intrigue est complexe, entre la cupidité des uns, et la communauté arabe venue pour commercer, mais qui s&amp;rsquo;est implantée et finit par menacer le pouvoir local&amp;hellip; Sans parler de la rivalité des chinois du nord et du sud !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Point commun entre les deux romans, le rôle des femmes est souvent celui de courtisanes, ou de prostituées, qui se servent de leurs charmes pour mener à bien leurs projets. Quand on sait que Van Gulik était aussi passionné par les estampes érotiques de la dynastie Ming, et pas seulement de façon théorique, ceci explique cela !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_van_Gulik&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Van Gulik&lt;/a&gt; (1910-1967) est un écrivain, diplomate, sinologue et intellectuel distingué. C&amp;rsquo;est en 1948 au Japon qu&amp;rsquo;il traduit un roman policier chinois, le &lt;em&gt;Dee Goong An&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti&lt;/em&gt;, fonctionnaire de l&amp;rsquo;époque Tang. En s&amp;rsquo;inspirant de vieux récits chinois, Van Gulik écrit alors dix-sept récits policiers fictifs, affaires débrouillées par son juge Ti.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Simon Leys : navigateur entre les mondes - Philippe Paquet</title>
            <link>https://pled.fr/simon-leys-navigateur-entre-les-mondes-philippe-paquet/</link>
            <pubDate>Fri, 23 Dec 2016 09:27:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/simon-leys-navigateur-entre-les-mondes-philippe-paquet/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Simon Leys : navigateur entre les mondes - Philippe Paquet&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;simonleys.jpg#floatleft&#34;&gt;J&amp;rsquo;aime les biographies qui racontent l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;hommes remarquables. Ils peuvent avoir eu un destin exceptionnel, marquant l&amp;rsquo;Histoire (comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10129&#34; &gt;Lawrence d&amp;rsquo;Arabie&lt;/a&gt; par exemple, ou &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9383&#34; &gt;Simon Bolivar&lt;/a&gt;), mais pas forcément : ils peuvent aussi être de grands écrivains comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt;, ou être simplement très cultivés, et savoir nous faire partager cette culture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Leys (de son vrai nom Pierre Ryckmans) fait partie de cette dernière catégorie ; il est d&amp;rsquo;abord un amoureux de la peinture, puis de la calligraphie, ce qui l&amp;rsquo;amènera à devenir un grand sinologue ; il sera le premier à dénoncer les horreurs du maoïsme avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), à une époque où les intellectuels français portaient l&amp;rsquo;expérience chinoise aux nues, encore portés par l&amp;rsquo;esprit de Mai 68.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;a écrit qu&amp;rsquo;un seul roman, mais en a traduit de nombreux en y apportant un grand soin. Simon Leys a par ailleurs principalement écrit des essais pour nous faire partager ses passions : la mer, la littérature, la Chine. Et quand un homme comme lui, très cultivé, modeste mais sachant manier l&amp;rsquo;ironie mordante quand il le faut, vous fait partager ses réflexions sur la vie, on ne peut qu&amp;rsquo;être charmé. Voilà d&amp;rsquo;ailleurs le compte rendu que fît un journaliste de &amp;ldquo;La flandre libérale&amp;rdquo; après une conférence de Simon Leys sur la peinture (donnée en 1966) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;M. Ryckmans, svelte, au fin visage encadré d&amp;rsquo;une barbe noire, répondit avec une modestie charmante, et passionna d&amp;rsquo;emblée ses auditeurs par la sûreté, la captivante subtilité, l&amp;rsquo;élégance allusive de son exposé. Nous avons été charmés surtout par sa sincérité profonde, son sens de l&amp;rsquo;humanisme universel, et par un refus constant de pathos et de verbalisme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette biographie très complète se révèle donc passionnante à lire : le style est limpide, et se plonger dans les plus de 600 pages est un véritable plaisir à chaque fois renouvelé. Philippe Paquet, journaliste à &amp;ldquo;La Libre Belgique&amp;rdquo; et sinologue, a réalisé là un bien bel ouvrage ! Il y a par exemple quelques pages sur le métier de traducteur (part importante du travail de Simon Leys) qui sont d&amp;rsquo;un grand intérêt. On y parle aussi forcément de la culture chinoise, millénaire, qui fascina tant Simon Leys, suffisamment forte pour se remettre des années maoïstes. Et l&amp;rsquo;un des plaisirs supplémentaires que l&amp;rsquo;on peut y trouver, ce sont les livres mentionnés au fil de sa vie et de ses travaux, autant de titres à noter pour les lire plus tard. Très enrichissant donc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles du blog sur des ouvrages de Simon Leys :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34;  title=&#34;Lien vers l&amp;#39;article Le studio de l’inutilité&#34;&#xA;    &gt;Le studio de l’inutilité&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34;  title=&#34;Lien vers l&amp;#39;article Le bonheur des petits poissons&#34;&#xA;    &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34;  title=&#34;Lien vers l&amp;#39;article Les habits neufs du président Mao&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques remarques, un bref résumé de sa vie, et surtout quelques livres qui peuvent valoir le détour, notés au fur et à mesure de cette lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ma première surprise fut d&amp;rsquo;apprendre la position de Pierre Ryckmans sur le mariage pour tous. Fils d&amp;rsquo;une grande famille belge, il fréquente l&amp;rsquo;école catholique, sera et restera un chrétien convaincu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aux yeux de Leys, la famille pouvait &amp;ldquo;uniquement être constituée  par un homme, une femme et leur progéniture&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;était une question de bon sens. Que l&amp;rsquo;on puisse la remettre en cause faisait courir, selon lui, des risques graves à la civilisation. Et de citer à ce propos Chesterton : &amp;ldquo;Quand le sens commun cesse d&amp;rsquo;être commun, une société entre en phase terminale&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand le débat du mariage homosexuel arrive en Australie (où il réside),&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ryckmans fit une suggestion inattendue : &amp;ldquo;abolir la notion même de mariage et la remplacer systématiquement par celle d&amp;rsquo;union civile&amp;rdquo;. Les droits et obligations reconnus jusque-là aux époux seraient désormais attribués aux &amp;ldquo;partenaires concernés&amp;rdquo;, quels qu&amp;rsquo;ils soient : &amp;ldquo;un homme et une femme, un homme et un homme, une femme et une femme (ou, le cas échéant, en fonction de la volonté future d&amp;rsquo;une majorité démocratique d&amp;rsquo;électeurs, un homme et deux femmes, une femme et deux hommes, etc.)&amp;rdquo;. Le mariage ne subsisterait que sous la forme d&amp;rsquo;une institution religieuse. Après avoir accompli, &amp;ldquo;pour des raisons pratiques&amp;rdquo;, les formalités légales établissant l&amp;rsquo;union civile, les croyants  se rendraient  à l&amp;rsquo;église, à la synagogue, à la mosquée ou au temple pour &amp;ldquo;recevoir le soutien surnaturel qu&amp;rsquo;ils jugent essentiel pour garantir l&amp;rsquo;harmonie sacrée, permanente, féconde et définitive à laquelle ils veulent parvenir dans leur vie en tant que couple&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;égalité entre les diverses unions civiles serait totale, à une réserve près : l&amp;rsquo;adoption des enfants. Ryckmans proposait d&amp;rsquo;observer &amp;ldquo;un moratoire de cinquante ans&amp;rdquo;, de quoi donner suffisamment de recul aux psychologues et aux anthropologues pour qu&amp;rsquo;ils nous disent si les enfants sont ou non affectés par l&amp;rsquo;absence de parents hétérosexuels.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous avons vu en France que ces manifestations contre le mariage pour tous mobilisaient énormément de monde, comme si l&amp;rsquo;on touchait à quelque chose de sacré. Je persiste à ne pas comprendre cet volonté de conserver à tout prix le mot mariage pour l&amp;rsquo;union religieuse, car si l&amp;rsquo;on suit Ryckmans, c&amp;rsquo;est bien de ça qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit. Quant au moratoire pour l&amp;rsquo;adoption d&amp;rsquo;enfants, il me semble assez évident qu&amp;rsquo;ils seront plus heureux avec deux parents du même sexe qu&amp;rsquo;en restant à l&amp;rsquo;orphelinat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons à la vie de Pierre Ryckmans (brièvement) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1955 (à 19 ans), il a la chance de faire partie d&amp;rsquo;une délégation d&amp;rsquo;étudiants invités par la Chine qui cherche alors à s&amp;rsquo;ouvrir au monde occidental. Il va y rencontrer Zou En Lai. Fasciné par ce peuple à la culture millénaire, il décide à son retour d&amp;rsquo;apprendre le chinois tout en achevant ses études d&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;art. Puis il va voyager, en mer sur un thonier, puis en Afrique et en Asie (il aime crapahuter pour mieux découvrir le pays et ses habitants, une bonne manière de voyager). Il aimera d&amp;rsquo;ailleurs prendre son temps lors de voyages ultérieurs, prenant les billets les moins chers, comme lors d&amp;rsquo;un retour d&amp;rsquo;Asie en Belgique via les USA, ou celui de Belgique à Singapour via l&amp;rsquo;Iran et l&amp;rsquo;Inde&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1958, il obtient une petite bourse d&amp;rsquo;étude à Taïwan (où il rencontrera Tchang Kai Tcheck). Il va alors travailler à une thèse : &lt;em&gt;Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère de Shitao&lt;/em&gt;, puis traduit &lt;em&gt;La vie et l&amp;rsquo;œuvre de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Su_Renshan&#34;  title=&#34;Su Renshan&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Su Renshan&lt;/a&gt;, rebelle, peintre et fou, 1814-1849.&lt;/em&gt; Les sujets sont toujours choisis avec soin (personnages atypiques) et deviendront des œuvres de référence (prix Stanislas Julien pour le second).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1963, il va s&amp;rsquo;installer à Hong Kong et se marier avec Chang Hanfang qu&amp;rsquo;il a rencontré lors de son séjour à Taïwan. Il publie alors son premier livre, la traduction française ds &amp;ldquo;Six récits au fil des jours&amp;rdquo; de Shen Fu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1967, alors en poste à Hong Kong, il observe que le peu de communistes présents dans les syndicats des transports entreprennent de briser la vie économique de la ville, ce qui lui inspire le jugement suivant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la première fois qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;est donné d&amp;rsquo;observer sur le terrain une activité révolutionnaire communiste, en ayant toutes les données pour l&amp;rsquo;apprécier à sa juste valeur. Et les dernières illusions et sympathies que j&amp;rsquo;avais encore pu conserver jusqu&amp;rsquo;à présent pour certaines expressions du communisme achèvent brutalement de tomber : l&amp;rsquo;idée que le communisme s&amp;rsquo;appuie sur les masses et lutte pour les masses est décidément la plus grande imposture du siècle. Le sort des masses lui sont indifférentes, il les manœuvre par des procédés de chantage et de terreur, dont le cynisme passe l&amp;rsquo;imagination.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques mois plus tard, Mai 68 lui inspirera la réflexion suivante :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le drame est que, si les forces neuves et jeunes ont une conscience unanime de ce qu&amp;rsquo;il faut détruire, il n&amp;rsquo;existe encore aucune pensée créatrice, aucune ligne d&amp;rsquo;action révolutionnaire,aucune image concrète de ce que devrait être le monde nouveau à bâtir ; l&amp;rsquo;action n&amp;rsquo;est efficace que si elle est précédée par la pensée. Maintenant, hélas ! il s&amp;rsquo;est passé l&amp;rsquo;inverse : l&amp;rsquo;action a devancé la pensée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelle déception ! L&amp;rsquo;heure était venue — et la France était par excellence le lieu propice — de faire jaillir l&amp;rsquo;étincelle qui pourrait éclairer le monde sur les chemins du futur, et voici que la montagne révolutionnaire risque de n&amp;rsquo;accoucher que de quelques vieux rat pelés (Mitterrand et consorts) qui, à tout prendre, n&amp;rsquo;ont même pas la carrure et l&amp;rsquo;ampleur de regard d&amp;rsquo;un de Gaulle. [&amp;hellip;] Dire que la France a cette chance, à la portée de la main, de jouer dans ce monde affamé de renouveau, un rôle universel comparable à celui qu&amp;rsquo;elle avait joué en 1789 ! Et de Gaulle, lugubre crépuscule d&amp;rsquo;un grand homme, enfermé dans son égotisme romantique : il se bute sur l&amp;rsquo;affront personnel fait à son autorité, au lieu de déchiffrer les signes du futur et de s&amp;rsquo;employer à en faciliter l&amp;rsquo;avènement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1970, il s&amp;rsquo;installe à Camberra, et enseigne à l&amp;rsquo;Australian National University (il restera en Australie jusqu&amp;rsquo;à la fin de ses jours, mis à part quelques voyages ponctuels). C&amp;rsquo;est à ce moment qu&amp;rsquo;il prend le pseudonyme de Simon Leys pour publier &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1972, l&amp;rsquo;ambassade belge est réouverte à Pékin, et Pierre Ryckmans va y passer six mois comme attaché culturel. À son retour, il publie un nouveau livre &amp;ldquo;Ombres chinoises&amp;rdquo;, deuxième volet dénonçant le maoïsme (en 1976, il publiera &amp;ldquo;Images brisées&amp;rdquo; sur le même thème, bouclant ainsi sa trilogie sur le maoïsme). Dans un des trois textes qui forment l&amp;rsquo;épilogue de cet essai, il parle des &amp;ldquo;nouveaux philosophes&amp;rdquo; français (BHL, Gluksmann, Jambert, Lardreau) en ces termes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ces philosophes qu&amp;rsquo;en dialecte des bords de la Seine on appelle &amp;ldquo;nouveaux&amp;rdquo; (sans doute parce qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont mis que quarante ans à s&amp;rsquo;apercevoir d&amp;rsquo;une évidence qui, comme on dit en pékinois, était &amp;ldquo;aussi ostensible qu&amp;rsquo;&amp;lsquo;une punaise sur le crâne d&amp;rsquo;un tondu&amp;rdquo;), ils me paraissent surtout briller par un sens subtil de l&amp;rsquo;opportunité : pour ce qui est de sentir d&amp;rsquo;où vient le vent, de prévoir les sautes du temps, leur sensibilité pourrait rivaliser avec le légendaire rhumatisme des gardiens de phare. Sur la question du maoïsme, ils semblent au contraire avoir fait preuve d&amp;rsquo;une circonspection plus digne de maquignons dans une foire à bestiaux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de ces intellectuels qui persistèrent à soutenir le maoïsme pendant des années, on peut toujours voir le passage de Simon Leys à Apostrophes, où il ridiculise Maria Antonietta Macciocchi, la passionaria devenue député européenne :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;\df1k77Qajuw\&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le journal &amp;ldquo;Le monde&amp;rdquo; ne l&amp;rsquo;épargna pas non plus à cette époque, publiant plusieurs papiers &amp;ldquo;à charge&amp;rdquo; contre Simon Leys et sa dénonciation de la dictature maoïste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsque Simon Leys remplaça Georges Simenon à l&amp;rsquo;Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, dont il n&amp;rsquo;aimait ni le personnage, ni ses romans policiers (il l&amp;rsquo;avait traité de Balzac du pauvre !), il fit cette remarque lors de son discours d&amp;rsquo;introduction :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La création est chez lui saisissante. Il n&amp;rsquo;y a pas d&amp;rsquo;effets littéraires, pas d&amp;rsquo;éloquence, mais une parfaite saisie de la réalité. Cela contraste avec la profonde médiocrité de l&amp;rsquo;homme, la platitude de ses idées. Simenon fournit un exemple extrême de contraste entre la grandeur de l&amp;rsquo;œuvre et la petitesse de l&amp;rsquo;auteur. Céline est un autre exemple. Lucien Rebatet également.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut dire que la fin de sa vie fut gâchée par une sombre (et ubuesque) histoire de nationalité. Ses deux fils jumeaux furent déclarés apatrides suite à une erreur administrative (une vraie histoire belge). Il fallu six années de lutte incessante pour que la justice finisse par ordonner à l&amp;rsquo;État Belge de délivrer les fameux passeports.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parlons un peu bouquins maintenant, je m&amp;rsquo;en suis déjà procuré quelques uns, ils sont sur l&amp;rsquo;étagère et n&amp;rsquo;attendent que d&amp;rsquo;être lus :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;deux-années-sur-le-gaillard-davant-de-richard-henry-dana&#34;&gt;&amp;ldquo;Deux années sur le gaillard d&amp;rsquo;avant&amp;rdquo; de Richard Henry Dana&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De toutes les traductions que j&amp;rsquo;ai faites, celle qui me tient le plus à cœur, car elle m&amp;rsquo;a coûté le plus de peine et donné le plus de joie, c&amp;rsquo;est la traduction d&amp;rsquo;un classique de la littérature américaine, &amp;ldquo;Deux années sur le gaillard d&amp;rsquo;avant&amp;rdquo;, de R. H. Dana. J&amp;rsquo;ai réécrit trois fois mon manuscrit, et l&amp;rsquo;ai gardé dix-huit ans sur le métier. Bien que ma version française ait finalement reçu un accueil favorable de la critique et du public, je me suis une fois amusé à faire un petit calcul, mettant en regard le montant de mes droits de traducteur et le nombre d&amp;rsquo;heures investies dans cet ouvrage : il est évident que n&amp;rsquo;importe quel emploi de balayeur de rues ou de veilleur de nuit est cent fois mieux rémunéré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On dit souvent que &amp;ldquo;Deux années sur le gaillard d&amp;rsquo;avant&amp;rdquo; est le plus beau de tous les livres de mer ; mais cela me semble un compliment empoisonné : c&amp;rsquo;est un peu comme si on décernait à Madame de Bovary la palme du meilleur récit d&amp;rsquo;adultère normand, ou comme si on disait que Barnabooth est le chef-d&amp;rsquo;œuvre de la littérature hôtelière et ferroviaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ouvrage, poursuit Leys, est bien plus et bien autre chose qu&amp;rsquo;un &amp;ldquo;livre de mer&amp;rdquo;. Sous les apparences d&amp;rsquo;un sobre récit autobiographique se cache une œuvre d&amp;rsquo;art singulièrement riche et complexe. [&amp;hellip;] L&amp;rsquo;aventure n&amp;rsquo;est ici, pour Dana, que prétexte à sonder l&amp;rsquo;âme humaine, et d&amp;rsquo;abord la sienne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;six-récits-au-fil-inconstant-des-jours-de-shen-fu-&#34;&gt;&amp;ldquo;Six récits au fil inconstant des jours&amp;rdquo; de Shen Fu :&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit de l&amp;rsquo;autobiographie d&amp;rsquo;un homme modeste qui naquit dans une bonne famille de Suzhou sous le règne de Qianlong en 1763 (la date de la mort est incertaine, on avance 1810). C&amp;rsquo;était un petit fonctionnaire de province qui &amp;ldquo;avait certes une bonne culture littéraire et un agréable talent de peintre, mais tout cela faisait partie du bagage ordinaire de n&amp;rsquo;importe quel honnête homme&amp;rdquo;, nous rappelle Ryckmans. Faute d&amp;rsquo;avoir réussi les examens mandarinaux, il remplit &amp;ldquo;à contrecœur divers emplois subalternes dans les administrations locales ; il tâta du commerce, mais sans grand succès. Dans l&amp;rsquo;ensemble, son existence se déroula d&amp;rsquo;une façon assez vagabonde et souvent précaire&amp;rdquo;. D&amp;rsquo;aucuns auraient donc pu voir en lui un raté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte de Shen Fu n&amp;rsquo;avait été retrouvé et publié qu&amp;rsquo;en 1877, bien après sa mort. Le succès fut immédiat en Chine, peut-être parce que, comme l&amp;rsquo;indique Pierre Ryckmans, l&amp;rsquo;auteur-narrateur est &amp;ldquo;un délicieux badaud qui, jusque dans les pires traverses, ne perd jamais sa faculté d&amp;rsquo;émerveillement&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;intérêt tardif et limité qu&amp;rsquo;il suscita en Occident est d&amp;rsquo;autant plus surprenant que ce texte simple et sans  prétention inutile constitue une introduction subtile à la société chinoise traditionnelle, dont il décrit aussi bien les tares que les vertus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-pavillon-rouge-de-van-gulik&#34;&gt;&amp;ldquo;Le pavillon rouge&amp;rdquo; de Van Gulik&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Robert Van Gulick était un grand sinologue, de vingt-cinq ans son aîné, qui avait écrit &amp;ldquo;Chinese Pictorial Art as Viewed by the Connoisseur&amp;rdquo;, ouvrage qui fascinait Pierre Ryckmans par son expertise de la peinture chinoise.  Ce dernier alla même le rencontrer à Kula Lumpur alors qu&amp;rsquo;il se trouvait lui-même à Singapour, sur une inspiration subite, et en dépit de toutes les régles de la diplomatie (Van Gulik était ambassadeur des Pays-Bas).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Comme je pouvais tenir ma partie dans la conversation chinoise, Van Gulik se rendit compte du sérieux de mon entreprise, et après le déjeuner m&amp;rsquo;offrit de poursuivre le dialogue chez lui. Au moment même, tout cet enchaînement : voyage au pied levé, rencontre, déjeuner, dialogue, me parut délicieusement réussi, enrichissant et naturel. Ce n&amp;rsquo;est que bien plus tard, rétrospectivement (et après avoir été frotté, par les circonstances, au monde diplomatique), que je commençai à mieux apprécier combien l&amp;rsquo;accueil de Van Gulik avait été le fait d&amp;rsquo;une personnalité exceptionnellement originale et affranchie de toute convention. J&amp;rsquo;ai vraiment eu de la chance ce jour-là&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Van Gulik était aussi passionné par les estampes érotiques de la dynastie Ming, et publia &amp;ldquo;Sexual Life in Ancient China&amp;rdquo;&amp;hellip; Il en offrit un exemplaire à Pierre Ryckmans, ainsi qu&amp;rsquo;une aventure de son célèbre juge Ti, &amp;ldquo;Le pavillon rouge&amp;rdquo;. En effet, l&amp;rsquo;idée lui était venue, à la fin des années 1940, en traduisant un récit en chinois des enquêtes menées au VIIè siècle, sous les Tang, par le juge Di Renjie. Puis, s&amp;rsquo;inspirant de vieux récits chinois, il publiera seize ouvrages policiers fictifs, qui forment une série d&amp;rsquo;enquêtes mystérieuses conduites par son juge Ti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;stupeur-et-tremblements-et-biographie-de-la-faim-damélie-nothomb&#34;&gt;&amp;ldquo;Stupeur et tremblements&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Biographie de la faim&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Amélie Nothomb&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Leys disait admirer tout particulièrement ces deux livres :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Amélie Nothomb n&amp;rsquo;aurait écrit que ces deux livres-là, elle resterait déjà comme une romancière considérable&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par une singulière ironie, Amélie Nothomb serait élue, le 14 mars 2015, au fauteuil de Simon Leys à l&amp;rsquo;Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, un choix motivé en partie par le fait qu&amp;rsquo;elle aurait connu Leys depuis son enfance&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-naufragés-du-batavia-de-simon-leys&#34;&gt;&amp;ldquo;Les naufragés du Batavia&amp;rdquo; de Simon Leys&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Simon Leys s&amp;rsquo;intéressa à ce fait divers, l&amp;rsquo;un des plus sensationnels du XVIIè siècle : le naufrage du Batavia. Comme le Titanic, ce navire qui incarnait l&amp;rsquo;orgueil et la puissance de son époque, sombra lors de son tout premier voyage. Le navire coula au large de l&amp;rsquo;Australie, mais il y eut environ trois cents rescapés qui purent débarquer sur un archipel. Hélas, ils tombèrent sous la coupe d&amp;rsquo;un psychopathe qui en massacra les deux-tiers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette histoire fascinait Leys, et particulièrement les mécanismes par lesquels s&amp;rsquo;instaure une tyrannie (lui, le contempteur de la dictature maoïste). Rien ne manquait : la mise en place d&amp;rsquo;un totalitarisme basé sur la surveillance, la délation, l&amp;rsquo;arbitraire, l&amp;rsquo;injustice, l&amp;rsquo;isolement et l&amp;rsquo;autarcie, et la création d&amp;rsquo;une nomenklatura fière et jalouse de ses privilèges.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il collecta des informations pendant des années (dix-huit ans) sans se décider à publier, quand un autre auteur, Mike Dash, publia toute l&amp;rsquo;histoire, de manière très complète. Leys publia néanmoins ce petit essai, se limitant à y apporter ses réflexions personnelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;orwell-ou-lhorreur-de-la-politique-de-simon-leys&#34;&gt;&amp;ldquo;Orwell ou l&amp;rsquo;horreur de la politique&amp;rdquo; de Simon Leys&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La parution de cet ouvrage était destinée à honorer la date orwellienne de 1984. Cependant, l&amp;rsquo;ambition de Simon Leys était de démontrer à cette occasion qu&amp;rsquo;Orwell n&amp;rsquo;était pas seulement l&amp;rsquo;auteur de 1984. Déplorant que ce grand esprit, à défaut d&amp;rsquo;être nécessairement un grand écrivain, fût largement inconnu, ou incompris, en France (peut-être en raison de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;incurable provincialisme culturel de ce pays&amp;rdquo;), il entreprit, en soixante-dix pages, de restituer la diversité de l&amp;rsquo;œuvre, épinglant les livres (&amp;ldquo;La ferme des animaux&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;Orwell considérait comme son ouvrage le plus réussi, ou &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Hommage à la Catalogne&amp;rdquo;), mais surtout des essais (pour la plupart restés inédits en français) et des extraits de correspondance. En retraçant parallèlement le cheminement personnel de l&amp;rsquo;homme, qui se convertit au socialisme comme on embrasse une religion, qui se frotta aux réalités les plus terribles (les souffrances endurées dans l&amp;rsquo;internat où il fut consigné, la pauvreté dans le monde industriel du nord de l&amp;rsquo;Angleterre où il mena l&amp;rsquo;enquête, les tristes besognes de l&amp;rsquo;Empire britannique en Birmanie où il servit dans la police coloniale, la percée sanglante du fascisme en Espagne où il combattit), qui s&amp;rsquo;évertua à croire malgré tout en la possibilité d&amp;rsquo;une Révolution victorieuse (le pourfendeur du totalitarisme soviétique garda en effet jusqu&amp;rsquo;au bout sa confiance au socialisme), Simon Leys entendait souligner qu&amp;rsquo;en Orwell l&amp;rsquo;homme et l&amp;rsquo;œuvre s&amp;rsquo;épousent et se confondent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lagent-secret-et-sous-les-yeux-de-loccident-de-joseph-conrad&#34;&gt;&amp;ldquo;L&amp;rsquo;agent secret&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&amp;rdquo; de Joseph Conrad&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les deux meilleurs romans de Conrad selon Leys :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De Joseph Conrad, Leys fit également une lecture non conventionnelle pour souligner qu&amp;rsquo;il &amp;ldquo;est victime d&amp;rsquo;un malentendu quand on le réduit aux dimensions d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;écrivain de la mer&amp;rdquo;, alors que sa contribution la plus profonde et la plus originale réside dans ses grands romans terriens, tout particulièrement &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Agent secret&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&amp;rdquo;. Du premier, Leys indiqua qu&amp;rsquo;il avait la singularité d&amp;rsquo;être &amp;ldquo;écrit d&amp;rsquo;un bout à l&amp;rsquo;autre sur le mode ironique — un exemple unique pour un roman réaliste&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-idées-des-autres-de-simon-leys&#34;&gt;&amp;ldquo;Les idées des autres&amp;rdquo; de Simon Leys&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Le titre complet est : &lt;em&gt;Les idées des autres idiosyncratiquement compilées par Simon Leys pour l&amp;rsquo;amusement des lecteurs oisifs&lt;/em&gt;&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;agit donc d&amp;rsquo;une compilation de citations d&amp;rsquo;auteurs sélectionnés par Simon Leys, et donc reflétant ses propre goûts :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La plupart des gens sont d&amp;rsquo;autres gens, disait Oscar Wilde, leur pensées sont les opinions de quelqu&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;autre ; leur vie est une imitation ; leurs passions, une citation. Il n&amp;rsquo;y a qu&amp;rsquo;une façon de réaliser sa propre âme, c&amp;rsquo;est de se débarrasser de la culture.&#xA;En effet, beaucoup de florilèges me rappellent un assez morne personnage de ma connaissance ; il avait noté une collection de plaisanteries dans un petit carnet, et chaque fois qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;invitait quelque part, avant de se mettre en route, il commençait par mémoriser une douzaine d&amp;rsquo;anecdotes et de bons mots, dans l&amp;rsquo;espoir d&amp;rsquo;éblouir ses hôtes avec les feux d&amp;rsquo;artifices de son esprit. Toutefois, un florilège n&amp;rsquo;est pas nécessairement inspiré par un pathétique désir d&amp;rsquo;impressionner autrui au moyen de ce vernis d&amp;rsquo;emprunt que Wilde avait raison de railler. Il peut aussi refléter une réalité qu&amp;rsquo;avait bien saisie Alexandre Vialatte : &amp;ldquo;le plus grand service que nous rendent les grands artistes, ce n&amp;rsquo;est pas de nous donner leur vérité, mais la nôtre&amp;rdquo;. Un florilège qui rassemblerait des citations choisies seulement pour leur éloquence, leur profondeur, leur esprit ou leur beauté risquerait d&amp;rsquo;être tout à la fois fastidieux, interminable et incohérent. Il ne peut tirer son unité interne que de la personnalité et des goûts du compilateur lui-même, dont il présente une sorte de miroir. S.L.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Paquet_%28journaliste,_sinologue%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philippe Paquet&lt;/a&gt;, né à Namur en 1960, est un journaliste, sinologue et docteur en histoire. Il est l&amp;rsquo;auteur de &lt;em&gt;Madame Chiang Kai-shek. Un siècle d&amp;rsquo;histoire de la Chine&lt;/em&gt;, une autre biographie. Il connaissait personnellement Simon Leys, qui n&amp;rsquo;aura pas pu voir cet ouvrage publié, mais qui put néanmoins lire le manuscrit presque achevé.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les clochards célestes - Jack Kerouac</title>
            <link>https://pled.fr/les-clochards-celestes-jack-kerouac/</link>
            <pubDate>Mon, 28 Nov 2016 18:19:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-clochards-celestes-jack-kerouac/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les clochards célestes - Jack Kerouac&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;clochardscelestes.jpg#floatleft&#34;&gt; Il y a quelques années déjà (en 2007), on a beaucoup parlé dans les médias du cinquantenaire du roman culte de Jack Kerouac, &lt;strong&gt;Sur la route&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans mes souvenirs, je n&amp;rsquo;étais pas allé au bout de sa lecture, m&amp;rsquo;ennuyant passablement, mais j&amp;rsquo;avais par contre beaucoup aimé &lt;strong&gt;Les clochards célestes&lt;/strong&gt;. J&amp;rsquo;ai recherché ce dernier sans succès dans mes bouquins, et j&amp;rsquo;ai fini par l&amp;rsquo;acheter à nouveau, histoire de le relire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je dois dire que ce fut un plaisir de se replonger dans cette histoire pleine de fraîcheur, où l&amp;rsquo;on suit Ray Smith (alias Kerouac) et ses amis vivre frugalement, refusant le système, préférant rechercher la voie du Bouddha et le nirvana que la réussite professionnelle et matérielle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne s&amp;rsquo;agit pas de vivre en ermites pour autant, et les mœurs sont assez libres ; on fait joyeusement la fête et le vin coule à flots, mais on se raconte aussi des poèmes, on discute de philosophie orientale (tendance bouddhisme Zen), on médite, on dort à la belle étoile&amp;hellip; Et puis on prend son sac-à-dos pour aller passer avec des amis une nuit sur le plus haut sommet de la région, sans forcément bien préparer l&amp;rsquo;expédition, car l&amp;rsquo;essentiel est ailleurs : vivre libre et au grand air de la nature. Je comprends qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque, ce bouquin m&amp;rsquo;ait plu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis Ray Smith partira seul passer l&amp;rsquo;hiver au sommet d&amp;rsquo;une autre montagne (Desolation Peak) pour surveiller les feux de forêts, un moyen de concilier l&amp;rsquo;utile à l&amp;rsquo;agréable, et de profiter de quelques mois de solitude en pleine nature.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sans doute « la plus fraîche et la plus lumineuse » des œuvres de Kerouac  (Y. Le Pellec).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jack Kerouac (1922-1969) est un écrivain et poète américain. Son roman le plus célèbre est donc &amp;ldquo;Sur la route&amp;rdquo;, considéré comme le manifeste de la Beat Generation.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nostromo - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/nostromo-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Tue, 15 Nov 2016 18:05:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nostromo-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Nostromo - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nostromo.jpg#floatleft&#34;&gt; Retour à Joseph Conrad (quand on aime&amp;hellip;) avec le roman Nostromo, réputé comme le chef-d&amp;rsquo;œuvre de Conrad, mais d’une lecture difficile car la narration n’est pas linéaire. Lors de sa parution, il fût mal reçu par la critique qui le trouva trop complexe, trop long.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De nos jours, nous sommes habitués à des récits non chronologiques, la lecture n&amp;rsquo;en est donc pas si déroutante que cela. Je ne suis pourtant pas fan de ce genre de procédé, mais là, je dois dire que cela ne m&amp;rsquo;a absolument pas gêné, car c&amp;rsquo;est complètement maîtrisé. Quant à la longueur, soit environ 500 pages, pour un bon roman, c&amp;rsquo;est toujours un plaisir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est celle d&amp;rsquo;une république imaginaire en Amérique latine, avec ses coups d&amp;rsquo;États, ses luttes pour la démocratie&amp;hellip; à moins que ce ne soit pour la mine d&amp;rsquo;argent, exploitée par un anglais allié à des capitaux américains. Au milieu de ce petit monde créé de main de maître, se croisent aventuriers, noblesse locale, intellectuels, bandits, généraux&amp;hellip; Et bien sûr Nostromo, le personnage qui donne son titre au roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joseph Conrad va nous raconter cette histoire, avec comme toujours cette richesse dans la description des lieux, du caractère de chaque personnage, des événements qui s&amp;rsquo;enchaînent. Il y a aura travaillé pendant plus de deux années, et lui aura donné beaucoup de mal&amp;hellip; Mais le résultat est là, c&amp;rsquo;est un roman dans lequel on se plonge avec délice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nostromo, qui prend son temps pour apparaître dans  l&amp;rsquo;histoire, est un personnage au caractère complexe, avec de forts idéaux mais sans réelle ambition. Un héros auquel on va demander beaucoup&amp;hellip; Voilà comment Conrad le décrit dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Par atavisme accroché fermement à la terre, imprévoyant et généreux, prodigue de ses dons, d&amp;rsquo;une vanité virile, avec le sentiment confus de sa grandeur, son dévouement fidèle et quelque chose de désespéré aussi bien que d&amp;rsquo;éperdu dans ses élans, il est un homme du peuple, il est sa force désintéressée, qui ne daigne pas prendre la tête mais gouverne de l&amp;rsquo;intérieur. Des années plus tard, ayant avancé en âge sous le nom du célèbre capitaine Fidanza, avec des intérêts dans le pays, s&amp;rsquo;occupant de ses nombreuses affaires, suivi de regards respectueux dans les rues modernisées de Sulaco, rendant visite à la veuve du cargador, assistant aux séances de la Loge, écoutant dans un silence impassible des discours anarchistes pendant la réunion, protecteur énigmatique de la nouvelle agitation révolutionnaire, le riche camarade Fidanza, objet de la confiance générale mais portant enfermée dans son cœur la conscience de sa dégradation morale, il reste essentiellement un homme du peuple. Dans son mélange d&amp;rsquo;amour et de mépris pour la vie et dans sa conviction égarée d&amp;rsquo;avoir été trahi, de mourir trahi il ne sait trop par qui ni comment, il reste encore du peuple, le grand homme incontesté de celui-ci&amp;hellip; avec son histoire personnelle bien à lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car les circonstances (et quelques lingots d&amp;rsquo;argent) peuvent changer le caractère d&amp;rsquo;un homme&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>N°44, le mystérieux étranger - Mark Twain</title>
            <link>https://pled.fr/n44-le-mysterieux-etranger-mark-twain/</link>
            <pubDate>Mon, 14 Nov 2016 18:19:05 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/n44-le-mysterieux-etranger-mark-twain/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;N°44, le mystérieux étranger - Mark Twain&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;n44.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est sur les recommandations d&amp;rsquo;un ami que j&amp;rsquo;ai lu ce livre. Il s&amp;rsquo;agit du dernier roman de Mark Twain, qui ne sera publié qu&amp;rsquo;après sa mort (1910). Et encore : Mark Twain travailla sur trois versions de ce texte, des versions censurées seront d&amp;rsquo;abord publiées, et c&amp;rsquo;est finalement en 1969 que cette version complète et finale est enfin publiée aux U.S.A. En France, ce sont les éditions Tristram qui le publieront en 2011.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, je n&amp;rsquo;ai pas du tout accroché. Mais alors pas du tout, et je me demande bien ce que mon ami a bien pu y trouver&amp;hellip; Pour moi, c&amp;rsquo;est un conte assez enfantin, et où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;ennuie ferme en y cherchant désespérément un intérêt quelconque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe au Moyen-Âge, et le narrateur est un jeune apprenti travaillant dans une imprimerie. Son récit est empreint d&amp;rsquo;une foi religieuse frisant la bêtise pure, plus proche de la superstition que d&amp;rsquo;autre chose (ce qui était sans doute le cas à l&amp;rsquo;époque). Arrive un étranger qui dit s&amp;rsquo;appeler &amp;ldquo;N°44 série 864962&amp;rdquo;&amp;hellip; Ce dernier a des pouvoirs illimités et va mettre une belle pagaille dans le château, créant des avatars, faisant parler les animaux, j&amp;rsquo;en passe et des meilleures&amp;hellip;. Puis à la fin du récit, il annonce au jeune apprenti :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tout ce que je t&amp;rsquo;ai révélé est vrai : il n&amp;rsquo;y a pas de Dieu, pas d&amp;rsquo;univers, pas de race humaine, pas de vie terrestre, pas de paradis, pas d&amp;rsquo;enfer. Tout cela n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un Rêve, un rêve grotesque et imbécile. Rien n&amp;rsquo;existe à par Toi. Et Tu n&amp;rsquo;es qu&amp;rsquo;une Pensée – une Pensée vagabonde, une Pensée inutile,une Pensée sans attache, errant tristement dans les éternités vides !&#xA;Il disparut et me laissa consterné ; car je savais et j&amp;rsquo;avais compris que tout ce qu&amp;rsquo;il avait dit était vrai.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un nihilisme total donc, qui peut expliquer les versions censurées, et le temps qu&amp;rsquo;il a fallu pour publier la version complète et originale (si tant est que Mark Twain ai considéré le roman comme terminé). Mais bon, franchement, de nos jours, le message paraît largement dépassé, surtout sous cette forme, celle d&amp;rsquo;un conte pour enfants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Twain&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mark Twain&lt;/a&gt; (1835-1910) est un écrivain, essayiste et humoriste américain. Après avoir fait une carrière de militaire, été imprimeur puis journaliste, il se fait connaître par son roman &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_de_Tom_Sawyer&#34;  title=&#34;Les Aventures de Tom Sawyer&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les Aventures de Tom Sawyer&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; (1876) et sa suite, &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Aventures_de_Huckleberry_Finn&#34;  title=&#34;Les Aventures de Huckleberry Finn&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les Aventures de Huckleberry Finn&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; (1885). La page wikipedia précise aussi que &amp;ldquo;Mark Twain est un pamphlétaire virulent et irrévérencieux, notamment lorsqu’il s’en prend à Dieu, à la religion et aux fondements du christianisme&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vernon Subutex Tome 1 &amp; 2 - Virginie Despentes</title>
            <link>https://pled.fr/vernon-subutex-virginie-despentes/</link>
            <pubDate>Tue, 08 Nov 2016 18:33:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vernon-subutex-virginie-despentes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Vernon Subutex - Virginie Despentes&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Subutex1.jpg#floatleft&#34;&gt; Premier roman de Virginie Despentes que je lis : cet été, je vois un ami terminer le tome 1 de Vernon Subutex en étant semble-t-il très accroché aux dernières pages&amp;hellip; Étant à court de lecture, il me le recommande, et je le lui emprunte. Ce fut une bonne surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est assez alerte, fait de courtes phrases qui s&amp;rsquo;enchaînent à grande vitesse. On est pris par le rythme, on a envie de tourner les pages, même s&amp;rsquo;il faut ralentir pour tout capter car il en est dit beaucoup, dans ces phrases toutes simples. La description des (nombreux) personnages de l&amp;rsquo;intrigue, comme celle de la société, est presque brutale, sans concession. La triste condition humaine, revue et corrigée par le regard acerbe de Virginie Despentes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le tome 1 est assez sombre dans l&amp;rsquo;ensemble, où l&amp;rsquo;on voit Vernon Subutex, ancien disquaire, sombrer peu à peu jusqu&amp;rsquo;à devenir S.D.F. &lt;img alt=&#34;Vernon Subutex - Virginie Despentes&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;163px&#34; data-flex-grow=&#34;68&#34; height=&#34;293&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/vernon-subutex-virginie-despentes/Subutex2.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt; Le tome 2 (intelligemment précédé d&amp;rsquo;un index des personnages apparus dans le tome précédent) sera beaucoup plus lumineux, avec ce groupe d&amp;rsquo;amis qui se retrouvent autour de Vernon Subutex, au parc des Buttes Chaumont, pour discuter, écouter de la musique, fumer des joints et se la couler douce. Ça fait un peu penser aux années 70&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste le tome 3 ? il semblerait qu&amp;rsquo;il soit prévu, mais peu d&amp;rsquo;infos pour l&amp;rsquo;instant&amp;hellip; Sans doute encore en cours d&amp;rsquo;écriture. En tout cas, j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé ces deux romans, et je vais devoir revoir mon à-priori sur l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme la musique est très présente dans cette histoire, il y a &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.vernon-subutex.fr/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;un site&lt;/a&gt; (sans publicité, créé par&amp;hellip; un ancien disquaire !) qui a repris toutes les références musicales citées dans les deux tomes ; avec même &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.vernon-subutex.fr/vernon-subutex.html&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;une playlist&lt;/a&gt; à écouter en ligne !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginie_Despentes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Virginie Despentes&lt;/a&gt;, née en 1969 à Nancy, est est une écrivaine et réalisatrice française. Elle a connu le succès avec ses deux premiers romans, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Baise-moi_%28roman%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Baise-moi&lt;/a&gt; 1993) et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Chiennes_savantes&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les chiennes savantes&lt;/a&gt; (1995).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Soleil Hopi - Don C. Talayesva</title>
            <link>https://pled.fr/soleil-hopi-don-c-talayesva/</link>
            <pubDate>Wed, 26 Oct 2016 17:36:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/soleil-hopi-don-c-talayesva/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Soleil Hopi - Don C. Talayesva&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;soleilhopi.jpg#floatleft&#34;&gt; En rangeant mes vieux bouquins, je suis tombé sur celui-ci, et j&amp;rsquo;ai eu envie de le relire. Je croyais en avoir de bons souvenirs, et avec une préface de Claude Lévi-Strauss, je me suis laissé tenter. En fait, mes souvenirs n&amp;rsquo;étaient pas très précis : je me souvenais de bonnes lectures avec des textes de chefs indiens, comme &amp;ldquo;Pieds nus sur la terre sacrée&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais ce n&amp;rsquo;est pas le cas ici, il s&amp;rsquo;agit plutôt d&amp;rsquo;un ouvrage d&amp;rsquo;anthropologie, sous la forme de l&amp;rsquo;autobiographie d&amp;rsquo;un vieux chef indien Hopi ; il était d&amp;rsquo;ailleurs payé pour cela, sans doute à la page, ce qui laisse imaginer qu&amp;rsquo;il ait pu &amp;ldquo;broder&amp;rdquo; un peu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors si vous voulez savoir à quelle occasion on jette de la farine de maïs au sol et dans quelle direction, cet ouvrage est parfait ! Les cérémonies sont racontées avec force détail, et à moins de vouloir étudier à fond la culture Hopi, la lecture de ces moments n&amp;rsquo;est pas vraiment passionnante, et représente une grande partie de l&amp;rsquo;ouvrage. J&amp;rsquo;ai failli abandonner&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le début est cependant très intéressant, quand, tout jeune encore, Don Carlos Talayesva est envoyé à l&amp;rsquo;école des blancs, car c&amp;rsquo;est comme ça que cela se passe (colonisation) : il y apprend la langue, à lire et écrire, et bien sûr la religion chrétienne&amp;hellip; Il y restera quelques années, puis choisira de revenir vivre selon sa culture propre (et à suivre la Voie du Soleil).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme est apparemment d&amp;rsquo;une grande sincérité (et ne manque pas d&amp;rsquo;humour), il nous raconte beaucoup de choses sur la vie traditionnelle des indiens Hopi, l&amp;rsquo;éducation des enfants, etc&amp;hellip; Leur monde est rempli de croyances, de rites à respecter, et est en fait très religieux. Il faut dire que la vie dans ces régions arides n&amp;rsquo;a rien d&amp;rsquo;évident, on invoque souvent la pluie et s&amp;rsquo;il y a sécheresse, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;on a fait quelque chose de mal. La description des rites d&amp;rsquo;initiation est donc assez ennuyeuse pour un simple lecteur, à l&amp;rsquo;exception de son voyage au pays des morts lors de son passage à l&amp;rsquo;âge adulte ! À vous faire dresser les cheveux sur la tête&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si les rites ou cérémonies pour un oui pour un non réglementent beaucoup d&amp;rsquo;aspects de la vie, côté sexe, c&amp;rsquo;est par contre assez libre. Les jeunes hommes draguent et couchent à tout va, assez facilement&amp;hellip; jusqu&amp;rsquo;au jour du mariage, où finalement ils ne seront qu&amp;rsquo;à peine plus fidèles ! Don C. Talayesva semble considérer qu&amp;rsquo;un homme a besoin de plusieurs femmes, mais il souhaite conserver la sienne&amp;hellip;  Et quand sa femme lui demande des explications sur une rumeur d&amp;rsquo;infidélité, il inverse le problème en disant: &amp;quot; &lt;em&gt;Dans ce cas, ça ne paye pas d&amp;rsquo;être honnête, car même si une femme trompe son mari, elle ne peut supporter que son mari en fasse autant&lt;/em&gt;&amp;quot;. CQFD, rien de nouveau sous le soleil (Hopi) ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les faux-monnayeurs - André Gide</title>
            <link>https://pled.fr/les-faux-monnayeurs-andre-gide/</link>
            <pubDate>Thu, 13 Oct 2016 17:09:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-faux-monnayeurs-andre-gide/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les faux-monnayeurs - André Gide&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fauxmonneyeurs.jpg#floatleft&#34;&gt; Encore un livre d&amp;rsquo;André Gide, mais un roman cette fois-ci. Je voulais voir ce que pouvait donner un roman de cet auteur, n&amp;rsquo;ayant lu que des récits de voyage : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34; &gt;Voyage au Congo&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10041&#34; &gt;Retour d&amp;rsquo;U.R.S.S&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord, quel plaisir de lire un grand auteur ! On a beau dire, le style de grands écrivains (et sans doute plus de cette époque), c&amp;rsquo;est quelque chose ! Et assurément, André Gide en fait partie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est assez difficile à raconter, avec quatre personnages principaux : Olivier et Bernard, tous deux lycéens mais qui s&amp;rsquo;apprêtent à entrer dans la vie active, et deux écrivains homosexuels, l&amp;rsquo;oncle Édouard et Robert de Passavant&amp;hellip; Ces derniers vont chercher à s&amp;rsquo;attirer les bonnes grâces deux autres&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Rien de graveleux pour autant, tout est exprimé sur le ton des sentiments ressentis, comme une amitié profonde entre deux êtres : on y parle de sentiments nobles en fait. Pas plus qu&amp;rsquo;une histoire de fausse monnaie ! Le titre fait référence à un élément mineur de l&amp;rsquo;histoire, où le petit frère d&amp;rsquo;Olivier, qui n&amp;rsquo;a pas froid aux yeux, trafique un peu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et bien d&amp;rsquo;autres intrigues viennent s&amp;rsquo;y mêler : les membres des familles d&amp;rsquo;Olivier et Bernard ont aussi leurs histoires et leurs problèmes, et il y a finalement pas mal de personnages qui participent à l&amp;rsquo;histoire. Cerise sur le gâteau, l&amp;rsquo;oncle Édouard écrit un roman s&amp;rsquo;intitulant &amp;ldquo;Les faux-monnayeurs&amp;rdquo; dans lequel il note les événement de sa vie, créant ainsi une mise en abîme dans la construction de l&amp;rsquo;histoire, parfaitement maîtrisée par André Gide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On se laisse facilement porter par le style, la richesse de l&amp;rsquo;histoire, les sentiments des personnages. Ce que l&amp;rsquo;on peut appeler un bon roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Andr%C3%A9_Gide&#34;  title=&#34;André Gide sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;André Gide&lt;/a&gt; (1869-1951) est un écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Issu d’une famille de la haute bourgeoisie protestante, il assume son homosexualité dès 1893, ce qui ne devait pas être évident. Plusieurs de ses œuvres sont sur ce thème ou au moins l&amp;rsquo;abordent ; avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Corydon_%28Gide%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Corydon&lt;/a&gt; qu&amp;rsquo;il choisit de publier sans crainte du scandale que cela allait inévitablement provoquer (on est en 1924, et l&amp;rsquo;homosexualité est encore considérée comme une perversion), il exprimera sa vision (le  sous-titre est &amp;ldquo;Quatre dialogues socratiques&amp;rdquo;). Les faux-monnayeurs, publié en 1925, a été reconnu comme précurseur de nouveaux styles littéraires, comme le nouveau roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Retour de l&#39;U.R.S.S. - André Gide</title>
            <link>https://pled.fr/retour-de-lu-r-s-s-andre-gide/</link>
            <pubDate>Mon, 10 Oct 2016 15:47:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/retour-de-lu-r-s-s-andre-gide/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Retour de l’U.R.S.S. - André Gide&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;retourURSS.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un petit moment que j&amp;rsquo;avais dans l&amp;rsquo;idée de lire ce livre. D&amp;rsquo;abord parce que, publié en 1936, il alerte déjà sur les dérives du système communiste. Violemment critiqué lors de sa publication par toute une partie des intellectuels toujours séduits par le communisme, André Gide publiera un an plus tard &amp;ldquo;Les retouches&amp;hellip;&amp;rdquo; afin de leur répondre. Ce sont ces deux textes (relativement brefs) qui sont réunis dans ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième raison, c&amp;rsquo;est la qualité des écrits d&amp;rsquo;André Gide. Je l&amp;rsquo;ai découvert en lisant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34; &gt;Voyage au Congo&lt;/a&gt; : récit de voyage magnifiquement écrit, et brûlot politique dans sa dénonciation du colonialisme. D&amp;rsquo;ailleurs, là aussi, il se fera tailler des croupières par la droite française, qui voit là une attaque contre les intérêts de la nation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un personnage très cultivé, voyageur, qui écrit bien, et qui n&amp;rsquo;hésite pas à dénoncer les abus du pouvoir quand il s&amp;rsquo;y trouve confronté&amp;hellip; je me dis qu&amp;rsquo;un tel auteur mérite forcément d&amp;rsquo;être lu, et que l&amp;rsquo;on a peu de risque d&amp;rsquo;être déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le premier texte, on sent chez André Gide une certaine admiration pour ce qu&amp;rsquo;il découvre, et notamment les parcs de la culture, endroits où la jeunesse se retrouve après la journée pour y exercer toutes sortes d&amp;rsquo;activités (sportives, culturelles)  dans une sorte de ferveur joyeuse. Mais très vite, il se rend compte de l&amp;rsquo;impossibilité de critiquer le régime ; en particulier de l&amp;rsquo;effet désastreux sur les artistes, qui doivent se conformer à la rhétorique, leur art devant coller aux préceptes du gouvernement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les remarques concernent essentiellement les conséquences sur les artistes, mais André Gide étant passionné par l&amp;rsquo;art, c&amp;rsquo;est logique qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;intéresse de près à ce sujet, dans ce nouveau contexte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la deuxième partie, Gide développe les effets du régime : pauvreté, sous-alimentation, analphabétisme, désindividualisation, dénonciations (par les enfants), déportations&amp;hellip; S&amp;rsquo;il y a bien une dictature, ce n&amp;rsquo;est déjà plus celle du prolétariat, mais bien celle d&amp;rsquo;un despote et de son parti communiste tout puissant. Malheur à celui qui ose s&amp;rsquo;en écarter.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En URSS, il est admis d’avance et une fois pour toutes que, sur tout et n’importe quoi, il ne faut et ne saurait y avoir plus d’une opinion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, ses remarques sont pleines de bon sens, et le tout empreint d&amp;rsquo;une grande franchise. Difficile, par la suite, de dire &amp;ldquo;on ne savait pas !&amp;rdquo;. Ils seront pourtant nombreux à le vilipender, et parmi eux, Simone de Beauvoir, qui nous dit dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l&amp;rsquo;âge&lt;/a&gt; (que j&amp;rsquo;ai lu peu de temps avant) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le seul pays capable et sincèrement désireux de barrer la route au fascisme, c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;U.R.S.S. Et voilà que nous ne comprenions plus rien à ce qui se passait là-bas. Gide avait été trop prompt à s&amp;rsquo;engouer, trop prompt à se dédire, pour que nous prenions au sérieux le Retour d&amp;rsquo;U.R.S.S. qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était hâté de publier en revenant de Russie et qui avait fait grand bruit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un peu facile d&amp;rsquo;écrire ça, cela ressemble plus à de l&amp;rsquo;auto-justification pour éviter de dire qu&amp;rsquo;ils s&amp;rsquo;étaient tout simplement trompés (elle et Sartre).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Andr%C3%A9_Gide&#34;  title=&#34;André Gide sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;André Gide&lt;/a&gt; (1869-1951) est un écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Issu d’une famille de la haute bourgeoisie protestante, il assume son homosexualité dès 1893, ce qui ne devait pas être évident.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le dernier qui s&#39;en va éteint la lumière - Paul Jorion</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-qui-sen-va-eteint-la-lumiere-paul-jorion/</link>
            <pubDate>Mon, 03 Oct 2016 17:37:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-dernier-qui-sen-va-eteint-la-lumiere-paul-jorion/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le dernier qui s’en va éteint la lumière - Paul Jorion&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ledernierquisenva.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le premier livre de Paul Jorion que je lis, même si cela fait longtemps que je suis son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.pauljorion.com/blog/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog&lt;/a&gt;. J&amp;rsquo;avais un peu peur que cela ne soit trop compliqué à lire, mais finalement c&amp;rsquo;est accessible, même s&amp;rsquo;il faut parfois relire le paragraphe pour bien comprendre de quoi il s&amp;rsquo;agit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme indiqué sur la couverture, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un essai sur l&amp;rsquo;extinction de l&amp;rsquo;humanité. Le livre se compose de deux parties : la première sur l&amp;rsquo;économie, la seconde sur l&amp;rsquo;humain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Première remarque : Paul Jorion pose d&amp;rsquo;entrée le postulat que la fin de l&amp;rsquo;humanité est proche, alors que je m&amp;rsquo;attendais plutôt à une démonstration amenant une conclusion. Certes, il argumente tout au long de l&amp;rsquo;ouvrage pour démontrer son postulat, mais cette façon de présenter les choses m&amp;rsquo;a un peu surpris en démarrant la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, dès la préface, on est fixé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a cinquante ans à peine, l&amp;rsquo;espère humaine s&amp;rsquo;imaginait triomphante ; elle se découvre aujourd&amp;rsquo;hui au bord de l&amp;rsquo;extinction. À cette menace, elle ne répond que mollement, à la limite de l&amp;rsquo;indifférence ou — ce qui revient au même d&amp;rsquo;un point de vue pratique — en tentant d&amp;rsquo;en dégager un bénéfice commercial de toute tentative de réponse. C&amp;rsquo;est-à-dire en ignorant de facto l&amp;rsquo;urgence et l&amp;rsquo;ampleur du péril.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce que j&amp;rsquo;ai pu en retenir, ou plutôt ce qui a retenu mon attention : il y a bien sûr plein d&amp;rsquo;autres aspects abordés par Paul Jorion, notamment dans la seconde partie, avec beaucoup de références aux penseurs, auteurs, philosophes, de différentes époques. La ligne de raisonnement est parfois difficile à suivre, et la vision complète (l&amp;rsquo;inéluctabilité de la fin de notre espèce) peu évidente à saisir (mais c&amp;rsquo;est normal, puisque nous ne somme pas outillés pour cela !). Cet article n&amp;rsquo;est donc en aucun cas exhaustif de tous les sujets abordés par Paul Jorion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie sur l&amp;rsquo;économie est un peu complexe, mais très bien expliquée. Paul Jorion critique cette pseudo-science économique, capable de décerner des prix Nobel d&amp;rsquo;économie à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ronald_Coase&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ronald Case&lt;/a&gt; (1991) ou &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gary_Becker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gary Becker&lt;/a&gt; (1992). Le premier pour la commercialisation de la licence à polluer, le second pour la constitution de la famille dans une perspective de maximisation du profit (capital humain), et la traduction de la justice en une question de minimisation des coûts de l&amp;rsquo;appareil judiciaire. Pas besoin de sortir de St-Cyr pour comprendre que l&amp;rsquo;on marche sur la tête !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, pour Becker, tout est marchandisé : la justice par exemple se résume à minimiser le coût des prisonniers, des policiers, des juges, des indemnités à verser aux familles des victimes. Et s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;avère moins coûteux de laisser courir certains criminels&amp;hellip; pourquoi se gêner ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un monde où tout a un prix (carbone, droit de polluer, justice, et même les humains), on comprend facilement que tant qu&amp;rsquo;il y aura un profit possible, rien n&amp;rsquo;arrêtera le système.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée a fini par s&amp;rsquo;imposer que tout problème doit nécessairement se résoudre, non pas en pesant le pour et le contre, mais comme l&amp;rsquo;aboutissement d&amp;rsquo;un calcul. Or les chiffres s&amp;rsquo;attachent plus facilement aux quantités, dont le profit est un exemple, qu&amp;rsquo;aux qualités que sont les valeurs ou les vertus — les dignités.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceux qui nous disent qu&amp;rsquo;il ne faut plus évaluer la bonne santé d&amp;rsquo;une société en terme de PIB, de produit intérieur brut, qu&amp;rsquo;il faut adopter une approche davantage ciblée en terme d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;indice de bonheur&amp;rdquo;, tombent dans un piège, car, quelque soit la subtilité du la méthodologie choisie, le bonheur ne s&amp;rsquo;exprime pas par des nombres. L&amp;rsquo;approche correcte consiste à revenir à Aristote et à affirmer, dans l&amp;rsquo;esprit de la réflexion qu&amp;rsquo;il appliqua universellement au monde, que les valeurs et les prix relèvent de domaines absolument distincts, étanches l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre, et non pas à tenter de découvrir une valeur cachée derrière un prix, qui constituerait pour celui-ci sa vérité suprême, car il n&amp;rsquo;y a pas de valeur cachée derrière un prix : la seule chose qu&amp;rsquo;il y ait là, masquée, c&amp;rsquo;est un rapport de force entre êtres humains.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour Paul Jorion, nous faisons face à trois problèmes principaux :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;la crise environnementale&lt;/strong&gt; : épuisement des ressources, réchauffement climatique accompagné de l&amp;rsquo;acidification des océans et de la hausse du niveau de la mer.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;la crise de la complexité de nos systèmes&lt;/strong&gt; : rendus fragiles par les multiples interactions, disparition de l&amp;rsquo;emploi en faveur des machines et des logiciels.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;la crise économique et financière&lt;/strong&gt; : concentration des richesses, amplifiée par la spéculation.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à la démocratie elle est bel et bien enchaînée face au pouvoir de l&amp;rsquo;argent. Difficile d&amp;rsquo;en attendre quelque chose en l&amp;rsquo;état actuel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la seconde partie, qui concerne donc l&amp;rsquo;homme et son fonctionnement interne, par petites touches, Paul Jorion va nous expliquer que nous ne sommes malheureusement pas &amp;ldquo;équipés&amp;rdquo; pour réagir correctement face à cette situation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je l&amp;rsquo;ai trouvée plus complexe à suivre, mêlant philosophie, psychanalyse, religion, biologie&amp;hellip; On y parle des philosophes grecs, de Freud (moi, surmoi), de Nietzsche (la tragédie), de Shakespeare, de quelques films d&amp;rsquo;Hollywood, de mondes parallèles, de machines et de robots. Cela m&amp;rsquo;a paru un peu plus confus (il faut le suivre !), sans pour autant manquer d&amp;rsquo;intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paul Jorion commence fort, en nous expliquant que notre cerveau reptilien est le maître de nos réactions, de nos réflexes et de l&amp;rsquo;affect ; l&amp;rsquo;information n&amp;rsquo;arrivant au cortex qu&amp;rsquo;après (le cortex étant lui spécialisé dans le raisonnement, la réflexion rationnelle, etc..).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une autre caractéristique de notre cerveau, c&amp;rsquo;est que la conscience que nous avons de ce que nous faisons n&amp;rsquo;a pas été conçue comme un instrument qui nous permette de prendre des décisions. [&amp;hellip;] La représentation au niveau de la conscience de la volonté que nous allons poser un acte, ce que nous appelons notre &amp;ldquo;intention&amp;rdquo;, n&amp;rsquo;intervient en fait qu&amp;rsquo;entre une demi-seconde et&amp;hellip; dix secondes après que la décision d&amp;rsquo;agir a été prise au centre décisionnel du système nerveux, alors que l&amp;rsquo;acte lui-même a pu être réalisé par le corps un dixième de seconde seulement après l&amp;rsquo;événement nerveux qui en a été le véritable déclencheur. Pour le dire de manière imagée, la conscience arrive longtemps après la bataille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La conscience est privée du pouvoir décisionnel que nous lui attribuons habituellement, et du coup, nous devons revoir le sens que nous assignons à des expressions communes telles que &amp;ldquo;avoir l&amp;rsquo;intention de&amp;rdquo;, &amp;ldquo;vouloir&amp;rdquo;, &amp;ldquo;faire attention à&amp;rdquo;, se concentrer&amp;quot;, etc&amp;hellip; Je suggérais alors de remplacer, pour souligner les implications de la nouvelle représentation, le mot &amp;ldquo;conscience&amp;rdquo; par &amp;ldquo;imagination&amp;rdquo;, et le mot &amp;ldquo;inconscient&amp;rdquo; par &amp;ldquo;corps&amp;rdquo; [&amp;hellip;].&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en permanence comme dans un rêve. Nous débarquons dans une pièce où tout vient de se jouer à notre insu, où nous nous disons : &amp;ldquo;Ah oui, je comprends !&amp;rdquo;, pour nous rassurer sur le fait que précisément tout ne nous a pas échappé. Ce que les autres on fait, et ce que nous avons fait nous-mêmes et dont nous constatons les effets bénéfiques ou les dégâts. Notre conscience intervient donc comme après-coup, juste bonne à découvrir, comme au soir de la bataille, le champ couvert de morts et à se demander que faire à partir de là : nous intégrons une information nouvelle, nous apprenons sans aucun doute, mais nous ne pourrons faire usage des choses apprises, ou plutôt &amp;ldquo;notre corps ne pourra en faire usage&amp;rdquo;, que la prochaine fois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui amène la conclusion suivante, qui nous empêche d&amp;rsquo;évaluer les problèmes auxquels nous sommes confrontés :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous sommes donc équipés pour réagir à une catastrophe dont l&amp;rsquo;irruption relance notre dynamique d&amp;rsquo;affect à l&amp;rsquo;endroit de notre mémoire où des faits semblables ont préalablement été enregistrés, ce qui déclenche la réaction appropriée. Nous sommes au contraire très mal outillés pour anticiper une catastrophe d&amp;rsquo;un type nouveau : l&amp;rsquo;imaginer n&amp;rsquo;active aucune trace en mémoire, car aucune inscription n&amp;rsquo;y correspond. Et, du coup, aucun affect ne vient s&amp;rsquo;associer à la représentation que nous pouvons nous en faire ; nous disons que nous l&amp;rsquo;imaginons &amp;ldquo;de manière purement abstraite&amp;rdquo; — une façon de souligner l&amp;rsquo;absence, dans ce cas, d&amp;rsquo;affect associé. Hélas pour nous, imaginer une catastrophe d&amp;rsquo;un type entièrement nouveau n&amp;rsquo;a pas le pouvoir de nous faire peur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même notre fameuse &amp;ldquo;raison&amp;rdquo; ne pourra guère nous être d&amp;rsquo;une aide quelconque. Appelant Nietzsche à la rescousse :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La tragédie naît avec Sophocle, se déploie avec Eschyle, et s&amp;rsquo;achève avec Euripide, ami de Socrate chez qui, selon Nietzsche, l&amp;rsquo;invocation de la raison est le poison qui contaminera le style même de la tragédie et signera sa perte une fois pour toutes. Pourquoi ? Parce que le message que véhicule la tragédie, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;inéluctabilité du destin, alors que la raison nous affirme qu&amp;rsquo;avec un peu de réflexion, un peu de &amp;ldquo;jugeote&amp;rdquo;, tout finit par s&amp;rsquo;arranger. Qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en est pas ainsi, Nietzsche nous invite à le constater en regardant tout simplement autour de nous. Mais, pour cela, il convient de faire preuve d&amp;rsquo;un minimum de lucidité. Ce dont nous dissuade précisément sinon l&amp;rsquo;usage de la raison, du moins la confiance que nous mettons depuis Socrate en son pouvoir.&#xA;La raison est en fait, toujours selon Nietzsche, l&amp;rsquo;ultime deux ex machina, l&amp;rsquo;artifice dérisoire d&amp;rsquo;un dieu sorti de nulle part [&amp;hellip;] La raison, le logos, c&amp;rsquo;est le terme moyen du syllogisme, comme le montrera Aristote : celui qui s&amp;rsquo;efface dans sa conclusion. Et la raison &amp;ldquo;lave plus blanc&amp;rdquo; ! La baleine est un mammifère, les mammifères allaitent leurs petits, donc la baleine allaite ses petits. La &amp;ldquo;raison&amp;rdquo; du fait que la baleine allaite son baleineau, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;elle est un mammifère : le terme disparu, &amp;ldquo;mammifère&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est ce à quoi il suffisait de penser.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;avais pas bien compris cette histoire de la raison, terme moyen du syllogisme, s&amp;rsquo;effaçant dans la conclusion. En regardant sur la page &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Syllogisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;wikipedia&lt;/a&gt;, on peut lire que le syllogisme &amp;quot; &lt;em&gt;est l&amp;rsquo;ancêtre de la logique mathématique moderne et a été enseignée jusqu&amp;rsquo;à la fin du XIXe siècle&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour moi, le syllogisme typique, c&amp;rsquo;était &amp;ldquo;un cheval bon  marché est rare, ce qui est rare et cher, donc un cheval bon marché est cher&amp;rdquo;. Je me trompais, c&amp;rsquo;est en fait un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sophisme&lt;/a&gt;, qui prend l&amp;rsquo;apparence d&amp;rsquo;un syllogisme avec des arguments fallacieux dans l&amp;rsquo;intention de tromper l&amp;rsquo;auditoire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La nature, elle, recommence systématiquement de zéro quand un système échoue :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La nature ne résout pas les problèmes qui finissent par se poser : elle se débarrasse, dans sa splendide indifférence, de tout ce qui ne marche pas ; elle recommencera plus tard, car sa luxuriance sur une planète comme la Terre est une donnée. L&amp;rsquo;histoire paléontologique nous le révèle : lorsque l&amp;rsquo;une de ses tentatives de créer la vie sous de nouvelles formes échoue, elle n&amp;rsquo;insiste pas ; elle s&amp;rsquo;y reprendra tout simplement à nouveau, des millions d&amp;rsquo;années plus tard. Le temps et l&amp;rsquo;espace sont à son entière disposition, en quantité faramineuse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après une destruction massive d&amp;rsquo;espèces vivantes, du fait de l&amp;rsquo;impact d&amp;rsquo;une météorite ou d&amp;rsquo;une activité volcanique furieuse, la nature réinvente de zéro : elle ne réutilise pas des procédés ayant déjà servi. L&amp;rsquo;œil des poulpes est très ancien et de meilleure conception que celui dont nous disposons, nous, mammifères, plus récent de 200 millions d&amp;rsquo;années, et aboutissement d&amp;rsquo;une ligne distincte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;dessein intelligent&lt;/strong&gt;, absent de la nature, mais qui caractérise l&amp;rsquo;activité culturelle des hommes, constitue en soi une étape ultérieure aux processus biologiques, et leur a effectivement succédé dans le temps :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme a ajouté [au physique, au chimique et au biologique] un quatrième niveau : le dessein intelligent, absent de la nature, et qui tire parti de l&amp;rsquo;analogie. Ce qui caractérise l&amp;rsquo;intelligence humaine, c&amp;rsquo;est sa capacité à l&amp;rsquo;analogie, son talent à reconnaître des formes semblables dans des phénomènes distincts, et ceci en dépit de la nécessité d&amp;rsquo;opérer souvent cette reconnaissance à un niveau d&amp;rsquo;abstraction très élevé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme est donc capable de procéder par analogies. Cette capacité nous a permis de faire de grandes choses (démiurge), comme des machines et des robots&amp;hellip; Pour Paul Jorion, ce sont peut-être eux qui nous remplaceront, moins dépendants de la qualité de l&amp;rsquo;air ou de l&amp;rsquo;eau ! L&amp;rsquo;idée parait assez farfelue à la première lecture, mais quand on voit la vitesse des progrès réalisés par l&amp;rsquo;intelligence artificielle, deux générations d&amp;rsquo;humains pourraient peut-être suffire à développer des machines capables de nous survivre ; voir aboutir à une machine fabriquées par d&amp;rsquo;autres machines, lointaines descendantes de nos ultimes productions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Jorion de conclure :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il ne nous reste qu&amp;rsquo;à admettre, et à en tirer toutes les conséquences, que ce moment où &amp;ldquo;l&amp;rsquo;esprit scientifique, arrivé aux limites qu&amp;rsquo;il lui est impossible de franchir, doit reconnaître, par la constatation de ses limites, le néant de sa prétention à une aptitude universelle&amp;rdquo;, est aujourd&amp;rsquo;hui arrivé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, une petite citation de Mad Max dans Fury Road que mentionne Jorion à propos de l&amp;rsquo;espérance (&amp;ldquo;une bonne chose tant qu&amp;rsquo;elle est rare – à consommer sans excès, à l&amp;rsquo;image d&amp;rsquo;un petit apéro : point trop n&amp;rsquo;en faut.&amp;rdquo;) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tu sais l&amp;rsquo;espoir c&amp;rsquo;est malsain : si on peut pas réparer ce qui est brisé, on devient cinglé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Jorion&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Paul Jorion&lt;/a&gt;, né en 1946 à Bruxelles, est un anthropologue et essayiste belge. Il a également travaillé dans la finance aux États-Unis à partir de 1998, et a été l&amp;rsquo;un des premiers à annoncer la crise des subprimes. Souvent présenté comme économiste, c&amp;rsquo;est avant tout un anthropologue, ce qui lui permet d&amp;rsquo;aborder tout ce qui touche à l&amp;rsquo;homme, comme on le voit dans ce livre. Il tient un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.pauljorion.com/blog/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog&lt;/a&gt; que plusieurs auteurs alimentent (certains articles sont très pointus), et participe à de nombreuses conférences ou débats.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les particules élémentaires - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/les-particules-elementaires-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Sun, 25 Sep 2016 10:32:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-particules-elementaires-michel-houellebecq/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les particules élémentaires - Michel Houellebecq&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;particuleselementaires.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le troisième livre de Michel Houellebecq que je lis, et c&amp;rsquo;est sans doute celui que j&amp;rsquo;ai préféré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais d&amp;rsquo;abord lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;, et si j&amp;rsquo;avais bien aimé, le fait que l&amp;rsquo;auteur se mette lui-même en scène (ainsi que Beigbeder) m&amp;rsquo;avait beaucoup moins plu, soit en gros toute la deuxième partie. Puis, reprenant les choses au début, j&amp;rsquo;ai lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;, son premier roman : pas mal non plus, mais tellement sombre, avec ses personnages suicidaires et fortement perturbés, débouchant sur une vision de la société moderne sans espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de deux frères (enfin demi-frères puisque d&amp;rsquo;une mère différente), nés tous les deux dans les années 50. Ils ne se sont connus qu&amp;rsquo;au Lycée, et vont évoluer très différemment : Michel deviendra un scientifique de haut niveau, nettement introverti et ayant fait le choix de vivre seul ; quant à Bruno, fonctionnaire, une forte tendance à la masturbation va lui rendre sa vie sexuelle un peu compliquée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre, c&amp;rsquo;est presque de la sociologie ! Il y a une description fulgurante du vingtième siècle, à travers la généalogie des deux frères : en quelques pages, Houellebecq vous dresse un résumé de l&amp;rsquo;évolution de notre société occidentale assez sidérant (et toujours aussi peu optimiste).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, comme d&amp;rsquo;habitude, et l&amp;rsquo;histoire est assez fouillée, la vie des deux frères passionnante à suivre, sous des dehors frivoles. L&amp;rsquo;ensemble est une longue dissertation sur la vie, sur le sens que l&amp;rsquo;on essaie désespérément d&amp;rsquo;y trouver, et bien sûr de sa fin inéluctable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;épilogue est sans appel : les travaux de Michel permettent quelques années plus tard à la science de créer &amp;ldquo;une nouvelle espèce intelligente créée par l&amp;rsquo;homme à son image et à sa ressemblance&amp;rdquo;, mais sans la sexualité comme moyen de reproduction, puisque immortelle&amp;hellip; L&amp;rsquo;humanité devenant ainsi &amp;ldquo;la première espèce animale de l&amp;rsquo;univers connu à organiser elle-même les conditions de son remplacement&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Michel Houellebecq :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11316&#34; &gt;Plateforme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18704&#34; &gt;Anéantir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Houellebecq&#34;  title=&#34;Michel Houellebecq sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt; (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lawrence d&#39;Arabie par Michel Renouard</title>
            <link>https://pled.fr/lawrence-darabie-par-michel-renouard/</link>
            <pubDate>Tue, 20 Sep 2016 17:34:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lawrence-darabie-par-michel-renouard/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Lawrence d’Arabie - Michel Renouard&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lawrencedarabie-michelrenouard.jpg#floatleft&#34;&gt; Deuxième biographie écrite par Michel Renouard que je lis, après celle de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt;. De Lawrence d&amp;rsquo;Arabie, je ne connaissais pas grand-chose, si ce n&amp;rsquo;est le film réalisé par David Lean en 1962, où on le voit unifier les tribus arabes pour se battre contre l&amp;rsquo;empire ottoman pendant la première guerre mondiale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela a donc été un plaisir de découvrir grâce au travail de Michel Renouard toute la complexité de Thomas Edward Lawrence, et surtout sa dimension&amp;hellip; Même s&amp;rsquo;il était de petite taille et plutôt chétif, c&amp;rsquo;était un bourreau de travail (intellectuel comme manuel), et doté d&amp;rsquo;une grande résistance physique (grâce à sa volonté, entraînant son corps depuis longtemps à supporter la souffrance).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;abord un grand érudit, diplômé d&amp;rsquo;Oxford, passionné d&amp;rsquo;histoire, d&amp;rsquo;architecture (particulièrement les châteaux-forts), mais aussi de littérature : il écrira le célèbre &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Sept_Piliers_de_la_sagesse&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les sept piliers de la sagesse&lt;/a&gt;», récit de ses aventures lors de la révolte arabe, mais se lancera aussi dans une traduction de &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Odyss%C3%A9e&#34;  title=&#34;Odyssée&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;Odyssée&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hom%C3%A8re&#34;  title=&#34;Homère&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Homère&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi un anti-conformiste, peu enclin à respecter le protocole, ce qui lui vaudra des inimitiés, mais aussi de solides amitiés, comme avec Churchill&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le plus surprenant dans le personnage, c&amp;rsquo;est son &amp;ldquo;asexualité&amp;rdquo; : tout ce qui est physique semble le dégoûter, il est pur esprit, et son corps doit suivre sa volonté, ce qui lui sera bien utile dans le désert&amp;hellip; Il peut vivre en véritable ascète. Il est néanmoins sensible à la beauté physique, homme ou femme, sans que cela implique quoique ce soit ; si l&amp;rsquo;on ajoute que l&amp;rsquo;amitié entre hommes est quelque chose d&amp;rsquo;assez commun dans les pays arabes, on désamorce assez facilement les rumeurs d&amp;rsquo;homosexualité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après ses études (1910), il part au Moyen-Orient (Syrie, Palestine) occuper un poste d&amp;rsquo;archéologue. Quand la première guerre mondiale est sur le point d&amp;rsquo;éclater, il va devenir agent de renseignement en Palestine et en Égypte, sous couvert d&amp;rsquo;activités scientifiques (pratique courante à priori, ne serait-ce que pour établir les cartes de régions mal connues).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le véritable tournant de sa vie se trouve manifestement lorsqu&amp;rsquo;il est fait prisonnier par les Turcs à Deraa (Syrie), et qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;y fait fouetter et violer. Cet épisode, contesté dans la forme par certains, et quoiqu&amp;rsquo;il en soit hautement traumatisant, va le changer pour toujours. On lui prête par la suite des pratiques masochistes, utilisant la flagellation comme stimulant érotique. T.E. Lawrence écrit dans les Sept piliers de la sagesse :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cette nuit-là, dans Deraa, la citadelle même de mon intégrité personnelle s&amp;rsquo;était considérablement écroulée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Michel Renouard cite l&amp;rsquo;analyse de Florence Tamagne pour résumer l&amp;rsquo;essentiel :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;T.E. Lawrence est [&amp;hellip;] un excellent exemple d&amp;rsquo;inadaptation à la réalité sexuelle. Attiré par les hommes, il ne dépasse jamais l&amp;rsquo;enthousiasme platonique et bride ses désirs qu&amp;rsquo;il juge malsains [&amp;hellip;]. L&amp;rsquo;épisode le plus douloureux de sa vie, sa capture et son viol par le bey accentuèrent son sentiment de honte et de culpabilité. Sa répulsion vis-à-vis de la sexualité ne cessa de s&amp;rsquo;affirmer, sans jamais trouver de solution.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons à la &amp;ldquo;grande Histoire&amp;rdquo; : Lawrence va donc servir d&amp;rsquo;agent de liaison entre les Britanniques et les forces arabes. L&amp;rsquo;essentiel est, pour les Britanniques, de s&amp;rsquo;assurer que les tribus arabes se coordonnent et se battent contre l&amp;rsquo;Empire ottoman. Lawrence se battra à leurs côtés, et la prise d&amp;rsquo;Aqaba sera son principal fait d&amp;rsquo;arme, choisissant contre toute attente de passer par l&amp;rsquo;intérieur des terres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En échange de l&amp;rsquo;aide des forces arabes, les Britanniques leur ont laissé miroiter une certaine indépendance, notamment en Syrie, ce que Lawrence approuve. Mais pendant ce temps, à Genève, les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_Sykes-Picot&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;accord de Sykes-Picot&lt;/a&gt; ont scellé le sort de la région, partagée entre français et britanniques comme il se doit ! La géopolitique ne fait pas de cadeau, et les promesses&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lawrence va par la suite être le conseiller de Churchill, qui apprécie énormément le personnage et son indépendance d&amp;rsquo;esprit. Puis il va demander une affectation comme simple soldat à la R.A.F, sous un faux nom. Il souhaite retrouver un anonymat, une tranquillité d&amp;rsquo;esprit après avoir joué un rôle qui, dit-il, le dépassait. Il va enfin pouvoir se consacrer pleinement à son projet d&amp;rsquo;édition des Sept piliers de la sagesse, ainsi qu&amp;rsquo;à la traduction d&amp;rsquo;Homère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais son passé le rattrape, la presse ne le laisse pas en paix, son nom ressurgit régulièrement, et les rumeurs les plus folles circulent, comme par exemple d&amp;rsquo;être en mission secrète au Kurdistan&amp;hellip; Ce qui a pour effet d&amp;rsquo;énerver ses supérieurs, qui préféreraient se débarrasser de l&amp;rsquo;encombrant personnage. Il faudra un communiqué du roi George V pour calmer tout le monde, y compris la presse étrangère !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1935, il quitte l&amp;rsquo;armée définitivement, pour s&amp;rsquo;installer à Clouds Hill, un petit cottage qu&amp;rsquo;il a acheté et retapé. Passionné de motos et de vitesse, il trouve la mort le 19 mai de la même année, perdant le contrôle de son engin en voulant éviter deux cyclistes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Renouard&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Renouard&lt;/a&gt;, né en 1942 à Dinan, est un universitaire et écrivain français, auteur notamment de romans policiers.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Shibumi - Trevanian</title>
            <link>https://pled.fr/shibumi-trevanian/</link>
            <pubDate>Fri, 12 Aug 2016 17:58:06 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Shibumi - Trevanian&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;shibumi.jpg#floatleft&#34;&gt; Un roman culte, comme le claironne le bandeau ? justifié par le chiffre de deux millions d&amp;rsquo;exemplaires vendus ? J&amp;rsquo;aurais du me méfier !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, je cherchais un roman facile pour le mois d&amp;rsquo;août, genre bon polar&amp;hellip; D&amp;rsquo;après le quatrième de couverture, le héros est un maître du jeu de Go, élevé au Japon, formé aux arts martiaux, et tueur professionnel. On peut même y lire : « &lt;em&gt;Shibumi, le chef-d&amp;rsquo;œuvre de Trevanian, est un formidable roman d&amp;rsquo;espionnage et une critique acerbe de l&amp;rsquo;Amérique»&lt;/em&gt;. Cela semblait correspondre à mes besoins, et si en plus il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;un livre culte, alors&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, les promesses n&amp;rsquo;ont pas été tenues. S&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un livre culte, alors peut-être pour les ados en quête de héros invincibles et de jugements à l&amp;rsquo;emporte-pièce sur la méchante société pourrie par des gens très puissants qui domine le monde tout en restant dans l&amp;rsquo;ombre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à la critique acerbe de l&amp;rsquo;Amérique, on repassera. D&amp;rsquo;ailleurs, tout le monde en prend pour son compte (anglais, français, palestiniens, israéliens, basques, etc&amp;hellip;) : la critique est tellement facile quand on est prêt à dire n&amp;rsquo;importe quoi !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car que de poncifs dans ce roman au style souvent pompeux et aux jugements à deux balles&amp;hellip; Vraiment ça ne vole pas haut, pas plus haut que l&amp;rsquo;intrigue qui ne vaut vraiment rien à mes yeux. La seule partie vaguement intéressante est celle de l&amp;rsquo;enfance du héros Nicholas Hel. Une autre partie peut également valoir d&amp;rsquo;être lue si vous êtes amateur de spéléologie (et encore, le niveau des remarques de son truculent compagnon basque risquent de vous lasser)&amp;hellip;   Sinon, je ne vois pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la page wikipedia de l&amp;rsquo;auteur, on peut lire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;« J&amp;rsquo;étais obligé de donner à mon éditeur un nouveau livre. Un autre « Trevanian ». J&amp;rsquo;ai avalé cette pilule amère, et décidé d&amp;rsquo;écrire encore un livre dans le genre « super-espionnage »&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, ben voilà, on a tout compris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Trevanian&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Trevanian&lt;/a&gt; (1931/2005) est l&amp;rsquo;un des noms de plume de l&amp;rsquo;écrivain américain Rodney William Whitaker. Il semble habitué aux best-sellers, et a mené une vie retirée dans le pays basque, refusant tout entretien ou photos. Un de ses romans a été porté à l&amp;rsquo;écran : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Sanction&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La sanction&lt;/a&gt; (The Eiger Sanction).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Apprenti - Pierre Magnan</title>
            <link>https://pled.fr/apprenti-pierre-magnan/</link>
            <pubDate>Fri, 12 Aug 2016 17:00:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/apprenti-pierre-magnan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;apprenti&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;apprenti.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai acheté ce livre à la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Bleuet&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;librairie Le Bleuet&lt;/a&gt; du petit village de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Étonnant de trouver une librairie de cette taille dans un si petit village&amp;hellip; Il semblerait qu&amp;rsquo;en 2010, le propriétaire ait eu les yeux plus grand que le ventre en voulant s&amp;rsquo;agrandir pour s&amp;rsquo;adapter à la vente en ligne. Ce fut le début de problèmes financiers, aboutissant à la vente de la librairie, qui reste tout de même la plus grande librairie française indépendante en milieu rural.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puisque j&amp;rsquo;étais à Banon, j&amp;rsquo;ai choisi un auteur du coin dont plusieurs personnes m&amp;rsquo;avaient déjà dit du bien, Pierre Magnan, ami de Jean Giono, et dont toutes les œuvres se situent à Manosque ou sa région.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour une première découverte de cet auteur, je n&amp;rsquo;ai pas été déçu : Pierre Magnan y raconte ses années de jeunesse avec beaucoup de franchise, et on apprend beaucoup sur la vie des gens à cette époque, dans une petite ville comme Manosque : comme le monde a changé depuis ! Le contraste est saisissant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, facile et plaisant à lire, même si l&amp;rsquo;auteur aime parfois à utiliser des mots anciens ou peu usités de la langue française, comme pour nous montrer qu&amp;rsquo;il la maîtrise&amp;hellip; Mais c&amp;rsquo;est heureusement tout de même assez rare et pas gênant du tout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En terme de confidences, Pierre Magnan commence fort en nous racontant un épisode marquant de son enfance, voici comment il l&amp;rsquo;annonce :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce livre est le plus dur que j&amp;rsquo;aie jamais écrit. C&amp;rsquo;est celui qu&amp;rsquo;il me coûte le plus de confesser. Je soupire deux ou trois fois par pages en le composant. J&amp;rsquo;ahane sur ma vérité. Il m&amp;rsquo;arrive de me demander quel démon ricanant me pousse à l&amp;rsquo;extraire de moi et je retarde l&amp;rsquo;instant où le destin va se lever pour me rendre responsable de mon propre malheur.&#xA;Je porte ce secret au fond de mon cœur depuis soixante ans et c&amp;rsquo;est peut-être ce qui me fait si lourd d&amp;rsquo;aspect et d&amp;rsquo;âme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne vous livrerai pas le secret, il vous faudra lire le livre&amp;hellip; C&amp;rsquo;est raconté dès le début du livre, comme si l&amp;rsquo;auteur voulait se délivrer au plus vite de ce poids. Disons qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un caprice d&amp;rsquo;enfant aux conséquences terribles qu&amp;rsquo;il ne comprendra que plus tard ! Et ce qui nous laisse certains d&amp;rsquo;une grande franchise dans les souvenirs d&amp;rsquo;enfance que va nous conter l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vient ensuite la description de la Grand&amp;rsquo;Rue ou rue Grande de Manosque, étal par étal, magnifique fresque qui nous fait pénétrer au cœur de la vie du village, comme par exemple quand il parle du commerce de torréfaction électrique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En face de la cousine Rose, par exemple, il y a le fils de la veuve Imbert. Il semble que cet homme grand au regard triste soit tout entier contenu dans l&amp;rsquo;inscription qui orne sa boutique :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Veuve Imbert, torréfaction électrique&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme si cette manière de traiter le café devait le rendre meilleur et plus salubre. Grâce à lui, trois fois par semaine, la Grand&amp;rsquo;Rue sent d&amp;rsquo;un bout à l&amp;rsquo;autre le café torréfié à l&amp;rsquo;électricité sans qu&amp;rsquo;il soit possible de savoir si cette odeur est meilleure que celle qui flotte sur la rue Chacundier quand l&amp;rsquo;Henri Gardon brûle le sien au charbon de bois dans un antique brûloir en fer rouillé, tout en lisant &amp;ldquo;La porteuse de pain&amp;rdquo;.&#xA;Cet Imbert-là, j&amp;rsquo;ignore s&amp;rsquo;il a une femme. En tout cas il a une mère veuve à cheveux blancs avec qui ma grand-mère Brunel trame de longs conciliabules désolés. C&amp;rsquo;est une amie d&amp;rsquo;enfance et jamais la Marie Priapre n&amp;rsquo;achètera ailleurs son quart de café.&#xA;Du reste, celui-ci est déjà présenté dans l&amp;rsquo;un de ces beaux emballages hermétiques au lieu du commun papier gris bien proprement plié à la main comme chez l&amp;rsquo;Henri Gardon.&#xA;Ce paquet à suspendre dans l&amp;rsquo;arbre de Noël du rêve est destiné à faire croire qu&amp;rsquo;un tel conditionnement est propre à conserver intact l&amp;rsquo;arôme subtil du café alors qu&amp;rsquo;il d&amp;rsquo;abord que cet arôme existe. Combien de fois déjà à cette époque me suis-je penché plein d&amp;rsquo;espoir sur l&amp;rsquo;un de ces quarts de café que ma grand-mère rapportait de chez l&amp;rsquo;Imbert, mais l&amp;rsquo;arôme dont il était tant question n&amp;rsquo;atteignait jamais mes narines, alors que celui de l&amp;rsquo;Henri me comblait de souvenirs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les souvenirs vont ainsi se suivre, et les années défiler ; l&amp;rsquo;enfant grandit, sa vision du monde aussi. Sa rencontre avec Giono, fervent pacifiste (il publie son &amp;ldquo;Refus d&amp;rsquo;obéissance&amp;rdquo;) nous sera contée. Pierre Magnan assistera ainsi tout gamin aux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rencontres_du_Contadour&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Rencontres du Contadour&lt;/a&gt;, tout près de Banon justement : lecture, poésie, promenades, discussions sont au programme. La naissance de sa vocation d&amp;rsquo;écrivain viendra à cette époque, les images lui jaillissant littéralement au cerveau quand il noircit ses premières pages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais la guerre approche, et la façon dont il raconte cette époque, vu de Manosque par un jeune adolescent est vraiment très drôle, comme l&amp;rsquo;élection du Front populaire, ou les 40 heures et les congés payés qui ne signifient rien concrètement pour les travailleurs locaux, ou encore les défilés de tous bords qui ont lieu dans le village ! Finalement, il sera content que la ligne Maginot ait été trop courte, ce qui a permit de réduire la durée de la guerre&amp;hellip; À noter que c&amp;rsquo;est également un lecteur du Canard enchaîné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Magnan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pierre Magnan&lt;/a&gt; (1922-2012) est un écrivain français né à Manosque. Très lié à cette région, toute son œuvre y est située. Il a écrit plusieurs romans policiers, racontant les aventures du commissaire Laviolette, dont les aventures ont été portée à la TV. Son ouvrage le plus célèbre est &amp;ldquo;La maison assassinée&amp;rdquo;, porté au grand écran celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La force de l&#39;âge - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/la-force-de-lage-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Mon, 25 Jul 2016 17:18:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-force-de-lage-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La force de l’âge - Simone de Beauvoir&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laforcedelage.jpg#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d&amp;rsquo;une jeune fille rangée&lt;/a&gt;, je poursuis le récit de sa propre vie que s&amp;rsquo;est engagée à écrire Simone de Beauvoir. Le premier récit s&amp;rsquo;arrêtait à l&amp;rsquo;âge de vingt-et-un ans, celui-ci démarre donc en 1929 et se termine à la fin de la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est toujours aussi bien écrit, et d&amp;rsquo;une grande franchise. À tel point que les défauts apparaissent assez facilement, et le personnage que j&amp;rsquo;avais peut-être idéalisé montre ici d&amp;rsquo;autres facettes, avec le temps qui passe et l&amp;rsquo;entrée dans la vraie vie. Son image en prend un sérieux coup !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire à sa décharge que l&amp;rsquo;époque est assez confuse, avec la montée des nationalismes, la guerre d&amp;rsquo;Espagne, puis la seconde guerre mondiale. Quand on arrive à l&amp;rsquo;âge adulte dans ce contexte, pas facile de savoir comment l&amp;rsquo;on aurait soi-même agi&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès le prologue, elle annonce toutefois certaines limites à son récit autobiographique (facilement compréhensibles, mais disons &amp;ldquo;joliment&amp;rdquo; présentées) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cependant, je dois les prévenir que je n&amp;rsquo;entends pas leur dire tout. J&amp;rsquo;ai raconté sans rien omettre mon enfance, ma jeunesse ; mais si j&amp;rsquo;ai pu sans gêne, et sans trop d&amp;rsquo;indiscrétion, mettre à nu mon lointain passé, je n&amp;rsquo;éprouve pas à l&amp;rsquo;égard de mon âge adulte le même détachement et je ne dispose pas de la même liberté. Il ne s&amp;rsquo;agit pas ici de clabauder sur moi-même et sur mes amis ; je n&amp;rsquo;ai pas le goût des potinages. Je laisserai résolument dans l&amp;rsquo;ombre beaucoup de choses.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avant que la guerre n&amp;rsquo;arrive (soit pendant dix ans), on observe une grande aptitude (avec Sartre) à se donner des excuses, des justifications, refusant le système mais vivant en petits-bourgeois. Ils ont tous les deux de purs intellectuels se refusant à intervenir dans la vie politique, très égoïstes dans leurs actes, et cherchant surtout à profiter de la vie au maximum (c&amp;rsquo;est leur droit), mais avec aussi un côté manipulateur (voir plus bas l&amp;rsquo;histoire avec Olga).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par exemple, lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de partir en voyage en Allemagne pour rejoindre Sartre, Simone de Beauvoir n&amp;rsquo;hésite pas à poser un arrêt maladie bidon (Ah l&amp;rsquo;absentéisme dans l&amp;rsquo;Éducation nationale ! ;-) )&amp;hellip; Et plus tard quand un voyage en Italie est possible, dussent-ils visiter une exposition fasciste organisée par Mussolini, ce n&amp;rsquo;est pas une raison pour y renoncer :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cette année-là, Mussolini avait organisé à Rome une &amp;ldquo;Exposition fasciste&amp;rdquo; et, pour y attirer les touristes étrangers, les chemins de fer italiens leur consentaient une réduction de 70%. Nous en profitâmes sans scrupule.&#xA;Pour faire valider nos billets à prix réduits, il nous fallut nous présenter à l&amp;rsquo;exposition fasciste. Nous jetâmes un coup d&amp;rsquo;œil sur les vitrines où étaient exposés les revolvers et les matraques des &amp;ldquo;martyrs fascistes&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour des intellectuels, c&amp;rsquo;est assez moyen&amp;hellip; Michel Onfray leur reproche beaucoup ce voyage, et jusqu&amp;rsquo;ici, je ne comprenais pas trop son animosité à l&amp;rsquo;égard de Simone de Beauvoir. Je la comprends mieux maintenant, puisqu&amp;rsquo;il met toujours en perspective la vie et l&amp;rsquo;œuvre du philosophe&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici d&amp;rsquo;autres petites choses que j&amp;rsquo;ai noté qui la rende moins sympathique, suivis d&amp;rsquo;extraits relatant l&amp;rsquo;arrivée de la guerre, moment qui semble l&amp;rsquo;avoir tout de même amenée à revoir beaucoup de choses :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quoique se présentant comme toujours fauchée (elle a tout de même son salaire de prof. de philo), les voyages pendant les vacances s&amp;rsquo;enchaînent : des amis plus fortunés les invitent parfois, dans leurs propriétés, ou à l&amp;rsquo;étranger. La misère est relative, selon du milieu où l&amp;rsquo;on vient !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils ont aussi une attirance pour les quartiers mal famés lorsqu&amp;rsquo;ils découvrent une ville, comme pour se donner un petit frisson&amp;hellip; C&amp;rsquo;est assez surprenant, mais révélateur de leur volonté de jouissance. Petite anecdote, toujours prêts à tout essayer, à ne rien se refuser, Sartre essaie un jour la mescaline ! Mal lui en prendra, il sera perturbé pendant plusieurs mois, faisant des cauchemars, ayant des hallucinations&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sartre et elle ont une amie commune, (Olga, une des élèves de Simone de Beauvoir) ; beaucoup plus jeune qu&amp;rsquo;eux, c&amp;rsquo;est une jeune femme brillante mais qui se cherche, légèrement perturbée, qu&amp;rsquo;ils portent tous les deux au pinacle ; leur attitude avec elle est un peu manipulatrice, Olga apparaît parfois comme un jouet entre leurs mains&amp;hellip; Simone de Beauvoir reste par contre très discrète sur ses relations intimes avec Olga (comme avec d&amp;rsquo;autres femmes qui apparaissent dans le récit).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis viennent les rumeurs de guerre, qui apportent un nouvel intérêt au récit. Les temps sont troublés, la gauche française parle de paix lorsque la droite s&amp;rsquo;élève contre la montée de Hitler et des fascistes (en Allemagne, le monde ouvrier est persuadé que la montée d&amp;rsquo;Hitler est éphémère). Concernant la guerre d&amp;rsquo;Espagne, le droite applaudit Franco quand la gauche soutient les républicains. Elle fait plusieurs fois référence au Canard enchaîné, qui lui semble apparemment un journal crédible ! (d&amp;rsquo;ailleurs il y a peu de temps (6/7/2016), le Canard célébrait ses cent ans d&amp;rsquo;existence).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au  début de la deuxième partie, Simone de Beauvoir nous restitue son journal du début de la guerre, brut, au jour le jour. Partie passionnante, car il n&amp;rsquo;est pas évident d&amp;rsquo;imaginer comment ce genre de situation se passe concrètement. Elle change et s&amp;rsquo;ouvre au monde (qui s&amp;rsquo;impose à elle en quelque sorte, la changeant de son entre-soi et de sa quête d&amp;rsquo;un bonheur égoïste&amp;hellip;). Mais elle et Sartre ne s&amp;rsquo;impliquent pas pour autant dans la résistance. Simone de Beauvoir travaille même pour Radio Vichy : ils ont décidé que seul le contenu de leurs réalisations comptaient, peu importe le journal ou la radio&amp;hellip; Un peu limite là encore !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On apprendra aussi comment elle construit son premier roman, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;invitée&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est intéressant de voir d&amp;rsquo;une part le temps qu&amp;rsquo;elle y passe, comment la construction de l&amp;rsquo;histoire évolue, la trame de l&amp;rsquo;histoire, la psychologie des personnages et ce qu&amp;rsquo;ils doivent représenter (elle est tout de même agrégée de philo !), etc&amp;hellip; On n&amp;rsquo;imagine pas autant de travail et de réflexion pour aboutir à ce qui sera son premier roman (que je n&amp;rsquo;ai pas lu, mais qui à travers des personnages imaginaires décrit la relation entre Sarte, la fameuse Olga et elle-même).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits relatifs à l&amp;rsquo;arrivée de la guerre :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1932 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous avions une sympathie de plus en plus décidée pour la position des communistes ; aux élections de mai, ils perdirent trois cent mille voix ; Sartre n&amp;rsquo;avait pas voté : rien ne pouvait nous écarter de notre apolitisme. La victoire alla au cartel des gauches, c&amp;rsquo;est-à-dire au pacifisme : même les radicaux-socialistes travaillaient au désarmement et au rapprochement avec l&amp;rsquo;Allemagne. La droite dénonçait avec emphase l&amp;rsquo;ampleur prise par le mouvement hitlérien : il nous semblait évident qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;en exagérait l&amp;rsquo;importance puisqu&amp;rsquo;en fin de compte Hindenburg fut élu contre Hitler comme président du Reich, et von Papen choisi comme chancelier. L&amp;rsquo;avenir demeurait serein.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au passage à propos de Céline  (je n&amp;rsquo;ai pas eu la même lecture de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2211&#34; &gt;Mort à crédit&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous lisions tout ce qui paraissait ; le livre français qui compta le plus pour nous cette année, ce fut &amp;ldquo;Voyage au bout de la nuit&amp;rdquo; de Céline. Nous en savions par cœur un tas de passages. Son anarchisme nous semblait proche du nôtre. (note de bas de page : &amp;ldquo;Mort à crédit&amp;rdquo; nous ouvrit les yeux. Il y a un certain mépris haineux des petites gens qui est une attitude préfasciste).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;1934-1935 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Entre octobre 1934 et mars 1935, la situation politique devint, du moins pour le profane, de plus en plus confuse. La crise économique s&amp;rsquo;aggravait ; Salmson débauchait, Citroën faisait faillite ; le nombre de chômeurs atteignait deux millions. Une vague de xénophobie souleva la France : il était inadmissible qu&amp;rsquo;on employât une main-d&amp;rsquo;œuvre italienne ou polonaise alors que les ouvriers de chez nous manquaient de travail. Les étudiants d&amp;rsquo;extrême droite manifestèrent rageusement contre les étudiants étrangers qu&amp;rsquo;ils accusaient de vouloir leur ôter le pain de la bouche.[&amp;hellip;]&#xA;Toute cette droite nationaliste souhaitait l&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;un Hitler français, et poussait à la guerre contre le Führer allemand ; elle réclama que la durée du service militaire fût porté à deux ans.[&amp;hellip;] De son côté, la gauche avait ses perplexités. [&amp;hellip;] Cependant ils affirmaient unanimement que la guerre pouvait et devait être évitée.[&amp;hellip;]&#xA;Quant aux communistes, pendant ces deux trimestres, leur attitude fut des plus ambiguës. Ils votèrent contre la loi de deux ans et cependant, face au réarmement de l&amp;rsquo;Allemagne, ils ne se défendaient pas de souhaiter l&amp;rsquo;accroissement des forces militaires françaises. Je profitai de ces indécisions pour sauvegarder ma sérénité : puisque personne ne comprenait au juste ce qui se passait, pourquoi ne pas admettre qu&amp;rsquo;il ne se passait rien de sérieux ? Je repris paisiblement le fil de ma vie privée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;1935 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En mars 1935, Hitler rétablit le service militaire obligatoire et toute la France, à gauche comme à droite, fut prise de panique. Le pacte qu&amp;rsquo;elle signa avec l&amp;rsquo;U.R.S.S. inaugura une ère nouvelle : Staline approuvait officiellement notre politique de défense nationale ; la barrière qui séparait la petite bourgeoisie des ouvriers socialistes et communistes s&amp;rsquo;écroula soudain. Les journaux de toutes les couleurs, ou presque, se mirent à publier à profusion de bienveillants reportages sur Moscou et sur la puissante Armée Rouge.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Rassemblement populaire se fortifiait de jour en jour ; dans les bagarres qui mettaient aux prises militants de droite et de gauche, ceux-ci avaient le dernier mot. La proche victoire électorale du Front populaire ne faisait pas de doute. Le &amp;ldquo;mur d&amp;rsquo;argent&amp;rdquo; serait renversé, les &amp;ldquo;féodalités&amp;rdquo; seraient démantelées, les deux cents familles dépouillées de leur pouvoir. Les ouvriers feraient triompher leurs revendications, ils obtiendraient la nationalisation d&amp;rsquo;un grand nombre d&amp;rsquo;entreprises. À partir de là, l&amp;rsquo;avenir s&amp;rsquo;ouvrait.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;1936-1937&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La rébellion franquiste, en grande partie suscitée par Mussolini, fortifiait les espoirs de l&amp;rsquo;Axe à qui un accord germano-nippon rattacha le Japon. Toute la droite française applaudissait les victoires franquistes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autre part, j&amp;rsquo;avais suivi avec trop de joie la montée du Front populaire pour ne pas m&amp;rsquo;attrister de son déclin. Blum, en proie à de graves difficultés financières, déclarait qu&amp;rsquo;une &amp;ldquo;pause&amp;rdquo; était nécessaire. On venait de découvrir une association secrète, organisée par l&amp;rsquo;extrême droite, qui stockait des armes, et qui travaillait en liaison avec les services d&amp;rsquo;espionnage hitlériens. Le complot éventé, au lieu de publier les noms des conspirateurs, on étouffa l&amp;rsquo;affaire. L&amp;rsquo;Angleterre, comme la France, tolérait sans broncher l&amp;rsquo;intervention des forces allemandes et italiennes en Espagne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le seul pays capable et sincèrement désireux de barrer la route au fascisme, c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;U.R.S.S. Et voilà que nous ne comprenions plus rien à ce qui se passait là-bas. Gide avait été trop prompt à s&amp;rsquo;engouer, trop prompt à se dédire, pour que nous prenions au sérieux le Retour d&amp;rsquo;U.R.S.S. qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était hâté de publier en revenant de Russie et qui avait fait grand bruit. Mais que signifiaient les procès qui se déroulaient à Moscou ? [&amp;hellip;] Nous n&amp;rsquo;avions jamais imaginé l&amp;rsquo;U.R.S.S. comme un paradis, mais nous n&amp;rsquo;avions non plus mis sérieusement en question la construction socialiste. Il était gênant d&amp;rsquo;y être incités, au moment où la politique des démocraties nous écœurait. N&amp;rsquo;y avait-il plus un coin du monde où pût s&amp;rsquo;accrocher l&amp;rsquo;espoir ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;aviation nazie multipliait les bombardements sur Madrid, sur Barcelone ; dans le Nord, l&amp;rsquo;offensive franquiste redoublait de violence. Le 19 juin, Bilbao tombait. Les neutralistes français de gauche commençaient à comprendre leur erreur. Guéhenno dans &amp;ldquo;Vendredi&amp;rdquo; faisait son autocritique : &amp;ldquo;Il y a au fond des hommes de mon âge une masse de souvenirs paralysants&amp;rdquo;, écrivait-il. Il concluait : &amp;ldquo;Il faut accepter l&amp;rsquo;éventualité de la guerre pour sauver la paix&amp;rdquo;. Chez beaucoup un retournement analogue s&amp;rsquo;amorçait. Mais le gouvernement ne songe pas à modifier son attitude. Malgré ses excès de prudence, le cabinet Blum tomba, renversé par les chemins de fer, les assurances et les banques. [&amp;hellip;] Avec le nouveau ministère, la gauche restait au pouvoir ; mais le Canard enchaîné faisait beaucoup plus que badiner quand il annonçait qu&amp;rsquo;on allait vers une forme tout à fait neuve du Front populaire : sans communistes, sans socialistes, sans radicaux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;1938&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;On ne peut pas céder indéfiniment à Hitler&amp;rdquo;, me disait Sartre. Mais si la raison l&amp;rsquo;inclinait à accepter la guerre, il se révoltait tout de même à l&amp;rsquo;idée de la voir éclater. Nous passâmes de sombres journées ; nous allions beaucoup au cinéma et nous lisions toutes les éditions des journaux. Sartre se raidissait, tentant de concilier sa pensée politique et ses élans intimes : moi j&amp;rsquo;étais radicalement désemparée. Soudain l&amp;rsquo;orage s&amp;rsquo;éloigna sans avoir crevé, le pacte de Munich fut signé : je n&amp;rsquo;éprouvai pas le moindre scrupule à m&amp;rsquo;en réjouir. Il me semblait avoir échappé à la mort, et pour l&amp;rsquo;éternité. Il y avait même dans mon soulagement quelque chose de triomphant ; décidément, j&amp;rsquo;étais née coiffée ; le malheur ne m&amp;rsquo;atteindrait jamais.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;1939&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;esprit &amp;ldquo;Café de Flore&amp;rdquo; triomphait dans le cabaret que, grâce à l&amp;rsquo;appui de Sonia Mossé et d&amp;rsquo;une autre commanditaire, Agnès Capri, une ancienne élève de Dullin, ouvrit rue Molière au début de 1939. [&amp;hellip;] L&amp;rsquo;ironie, la parodie tenaient la première place dans les programmes de Capri ; en nous moquant des générations passées, nous éprouvions le délicat plaisir d&amp;rsquo;un narcissisme collectif : nous nous sentions lucides, avertis, critiques, intelligents. Quand un an plus tard j&amp;rsquo;eus compris mon aveuglement, mon ignorance, je pris en grippe toutes ces malices.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;est pas possible d&amp;rsquo;assigner un jour, une semaine, ni même un mois à la conversion qui s&amp;rsquo;opéra en moi. Mais il est certain que le printemps 1939 marque dans ma vie une coupure. Je renonçai à mon individualisme, à mon anti-humanisme. J&amp;rsquo;appris la solidarité. Avant d&amp;rsquo;aborder le récit de cette nouvelle période, je voudrais faire un rapide bilan de ce que m&amp;rsquo;avaient apporté ces dix années.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La force de l&amp;rsquo;âge&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses Tome 1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses Tome 2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  title=&#34;Simone de Beauvoir sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  title=&#34;Existentialisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Ce  roman est donc le second d’une série autobiographique : suivront &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Force_des_choses&#34;  title=&#34;La Force des choses&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La Force des choses&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_compte_fait&#34;  title=&#34;Tout compte fait&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; textes auxquels on peut rallier le récit &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_mort_tr%C3%A8s_douce&#34;  title=&#34;Une mort très douce&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Une mort très douce&lt;/a&gt; (1964).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le clan du sorgho rouge - Mo Yan</title>
            <link>https://pled.fr/le-clan-du-sorgho-rouge-mo-yan/</link>
            <pubDate>Mon, 18 Jul 2016 18:01:48 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-clan-du-sorgho-rouge-mo-yan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le clan du sorgho rouge - Mo Yan&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leclandusorghorouge.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais bien aimé les deux autres romans que j&amp;rsquo;ai lu de cet auteur : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2068&#34; &gt;Beaux seins, belles fesses&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6565&#34; &gt;Grenouilles&lt;/a&gt;. Le premier est parfois appelé &amp;ldquo;le cent ans de solitude chinois&amp;rdquo;, le second nous parle de la politique de l’enfant unique du président Mao. Tout cela à la façon de Mo Yan, c&amp;rsquo;est-à-dire sous la forme de grandes fresques pleines d&amp;rsquo;humour, sans toutefois dénoncer ouvertement le régime politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je dois dire que j&amp;rsquo;ai été assez déçu par celui-ci. C&amp;rsquo;est pourtant le livre qui a rendu célèbre l&amp;rsquo;auteur en 1986 (il est donc antérieur aux deux autres) : Mo Yan y rend hommage à ses grands-parents ainsi qu&amp;rsquo;à son père, en racontant leur histoire pour le moins mouvementée et sanglante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en 1939, en pleine guerre sino-japonaise,dans la province de Gaomi, au Nord-Est de la Chine. Les Japonais ont envahi la région et détruisent, tuent, brûlent et violent à tout va. Les petits paysans en sont réduits à se défendre et se battre avec les moyens du bord, plus ou moins mêlés aux brigands du coin. Ils partent tendre une embuscade à un convoi ennemi&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a là également des troupes communistes (encore en ascension) et les troupes nationalistes (Kuomintang). Si tout le monde combat les envahisseurs, ils ne se font pas pour autant de cadeaux entre eux, tous deux revendiquant le pouvoir sur les paysans, s&amp;rsquo;appropriant les armes qu&amp;rsquo;ils ont durement prises à l&amp;rsquo;ennemi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sorgho occupe une place centrale dans le récit, tout comme dans la vie des paysans. C&amp;rsquo;est une plante qui ressemble au maïs, qui leur apporte nourriture, fourrage, et même alcool. Elle est souvent évoquée par les personnages, et décrite par le narrateur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style littéraire est assez agréable (parfois un peu trop verbeux), avec comme toujours de très belles descriptions de la nature ; la description d&amp;rsquo;une époque et d&amp;rsquo;un monde rural disparu (où les animaux ont aussi leur place) est parfaitement rendue&amp;hellip; Mais attention, les scènes de violence et de combats sont assez crues&amp;hellip; car la mort est souvent au tournant quand on se bat avec de vieux pistolets contre des mitrailleuses. Et par conséquent, l&amp;rsquo;humour trouve peu sa place ici.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;absence de chronologie qui m&amp;rsquo;a vraiment dérangé. Tout semble raconté en plein désordre, comme des souvenirs revenant à la surface ; au lecteur de se débrouiller avec tout ça ! C&amp;rsquo;est réellement pénible, et on finit par se perdre et se lasser dans ces constants aller-retour entre les différentes époques de la vie de Yu Zhan&amp;rsquo;ao (le grand-père) et de Dai Fenglian (la grand-mère).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo_Yan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mo Yan&lt;/a&gt; (né en 1955) est un écrivain chinois qui a reçu le prix Nobel de littérature en 2012. Issu d&amp;rsquo;une famille paysanne (province de Gaomi) qui connaît la famine pendant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Le Grand Bond en avant\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le Grand Bond en avant&lt;/a&gt;. Pendant la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_culturelle&#34;  title=&#34;La \&amp;#34;Révolution culturelle\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Révolution culturelle&lt;/a&gt;, il est renvoyé de l’école ; il lui faudra s’engager dans l’armée pour pouvoir enfin écrire. Son prix Nobel a été contesté par de nombreux intellectuels chinois lui reprochant son manque de solidarité et d&amp;rsquo;engagement vis-a-vis des autres écrivains et intellectuels chinois réprimés par le pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sang maudit - Dashiell Hammett</title>
            <link>https://pled.fr/sang-maudit-dashiell-hammett/</link>
            <pubDate>Sun, 17 Jul 2016 17:08:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sang-maudit-dashiell-hammett/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Sang maudit - Dashiell Hammett&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sangmaudit.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en écoutant une émission sur France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur considéré comme le créateur du roman noir américain, pionnier de la &amp;ldquo;hard-boiled school&amp;rdquo;, soit &amp;ldquo;l&amp;rsquo;école des durs à cuire&amp;rdquo;, en référence aux personnages violents et apparemment dépourvus de sensibilité qui fourmillent dans ses histoires ; cela changeait des Miss Marple ou Hercule Poirot !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Effectivement, dès le début du roman, on est surpris par le ton très sec et direct adopté : on ne perd pas de temps dans de longues descriptions, il faut que l&amp;rsquo;enquête avance ! Et la tâche ne sera pas simple pour le détective (anonyme) de la compagnie d&amp;rsquo;assurance Continental. Il est fort heureusement extrêmement compétent, et semble toujours avoir une longueur d&amp;rsquo;avance, capable de démêler les informations pour en extraire celles qui sont pertinentes autant que d&amp;rsquo;analyser la psychologie des personnages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est composé en trois parties, et à la fin de chacune d&amp;rsquo;elle, l&amp;rsquo;affaire semble élucidée et résolue aux yeux de tous, malgré les doutes du &amp;ldquo;Continental Op&amp;rdquo;&amp;hellip; Et c&amp;rsquo;est bien  sûr lui qui a raison, il va falloir ré-ouvrir le dossier plusieurs fois, et à chaque fois remonter d&amp;rsquo;un niveau dans l&amp;rsquo;arnaque ou la manipulation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ensemble est tout de même un peu tiré par les cheveux, et il faudra que l&amp;rsquo;auteur consacre le dernier chapitre à nous expliquer le dénouement de l&amp;rsquo;affaire ! Mais le roman reste assez intéressant, grâce au personnage du &amp;ldquo;Continental Op&amp;rdquo;, à qui on la fait pas : ses questions abruptes, ses jugements sur les acteurs du drame, sa manière de gérer l&amp;rsquo;enquête même s&amp;rsquo;il reste assez discret sur ce qu&amp;rsquo;il prépare.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dashiell_Hammett&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dashiell Hammett&lt;/a&gt; (1894-1961) est un écrivain et un scénariste américain. Considéré comme le fondateur du roman noir, Il a influencé des auteurs comme Hemingway, Chandler et même Simenon en France. Né dans une famille pauvre, fils d&amp;rsquo;un escroc, il mène d&amp;rsquo;abord une vie de bohème où il apprend la loi de la rue, avant de devenir détective privé pour l&amp;rsquo;agence Pinkerton, dont il démissionnera quand celle-ci sera embauchée pour briser les grèves. Dans la deuxième partie de sa vie, alcoolique, il sera accusé de communisme sous l&amp;rsquo;ère du MacCarthysme (il n&amp;rsquo;a jamais caché ses sympathies pour cette idéologie) et ira en prison. Son œuvre la plus connue est sans doute &amp;ldquo;Le faucon Maltais&amp;rdquo; et son héros Sam Spade, interprété à l&amp;rsquo;écran par Humprey Bogart.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Non, ce pays n&#39;est pas pour le vieil homme - Cormac McCarthy</title>
            <link>https://pled.fr/non-ce-pays-nest-pas-pour-le-vieil-homme-cormac-mccarthy/</link>
            <pubDate>Fri, 01 Jul 2016 17:06:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/non-ce-pays-nest-pas-pour-le-vieil-homme-cormac-mccarthy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme - Cormac McCarthy&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;noncepays.jpg#floatleft&#34;&gt; Je connaissais le film des frères Coen, excellent, avec ce tueur en série réellement effrayant qui se ballade avec sa bouteille d&amp;rsquo;oxygène et son pistolet à tige utilisé dans les abattoirs ! Brrr, d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;il semble toujours avoir une longueur d&amp;rsquo;avance sur tous les autres&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est un copain qui m&amp;rsquo;a prêté le bouquin qui a inspiré ce film. L&amp;rsquo;auteur, j&amp;rsquo;ai déjà lu un roman de lui : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=822&#34; &gt;La route&lt;/a&gt; ; j&amp;rsquo;avais bien aimé, tout en notant une forte dose de chrétienté et de Châtiment Divin dans ce roman post-apocalyptique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais aussi noté un choix de traduction un peu surprenant : l&amp;rsquo;utilisation de « et » dans les énumérations, chose qui se fait en anglais, mais pas vraiment en français&amp;hellip; Et comme c&amp;rsquo;est le même traducteur qui est à l&amp;rsquo;œuvre ici, on retrouve très souvent ce genre de phrases que je trouve personnellement plutôt lourdingues :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme fait jouer la serrure d&amp;rsquo;un tiroir du bureau &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; en sort un coffret en acier &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; l&amp;rsquo;ouvre &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; en sort une carte &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; rabat le couvercle &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; ferme le coffret à clef &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; le range.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et des phrases comme ça, il y en a des centaines, car le style de l&amp;rsquo;auteur est assez brut, très précis sur les gestes et actions des personnages du roman. Idem pour les dialogues, des phrases courtes, sèches, où l&amp;rsquo;on répond du tac au tac sans fioritures. Ne vous attendez pas à de grandes envolées littéraires, mais plutôt à des réflexions sur la vie en quelques mots bien sentis&amp;hellip; Par contre, l&amp;rsquo;histoire est assez prenante, et l&amp;rsquo;on est assez vite accroché au récit, à espérer que Moss va quand même réussir à échapper aux tueurs à ses trousses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce ne sera pas le cas, et sa mort est annoncée assez abruptement, sans que la scène ait été écrite. On l&amp;rsquo;apprend quand les flics arrivent sur la scène de crime, sans savoir de qui il s&amp;rsquo;agit (comme dans le film).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis il y a le shérif Bell qui suit tout ça, complètement désabusé sur l&amp;rsquo;époque et sa violence, sur ce qu&amp;rsquo;est devenu son pays&amp;hellip; Il démissionnera d&amp;rsquo;ailleurs, écœuré par l&amp;rsquo;impuissance ressentie à lutter contre le mal. On retrouve d&amp;rsquo;ailleurs, toutefois à dose plus légère, la référence à Dieu qui a abandonné le monde, et l&amp;rsquo;idée que la perte du sentiment religieux est responsable de cet état de fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À part ça, le film suit assez fidèlement le bouquin, ce qui est assez rare pour être signalé. Il y a juste l&amp;rsquo;auto-stoppeuse que prend Moss qui a disparue, dommage car leurs dialogues étaient intéressants, Moss essayant de raisonner la jeune fugueuse et de lui expliquer qu&amp;rsquo;on ne repart jamais vraiment de zéro, comme en partant en stop vers la Californie pour fuir ses parents.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon polar, noir à souhait, à l&amp;rsquo;écriture toutefois un peu surprenante (et pas seulement par la traduction) : les dialogues ne sont pas franchement marqués, sauf par des retours à la ligne, mais se mêlant parfois à la narration. Mais bon on s&amp;rsquo;y fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cormac McCarthy&lt;/a&gt; est né en 1933 à Providence (Etats-Unis). Reconnu comme l’un des écrivains majeur de son époque, il a reçu le prix Pulitzer en 2007 pour «La route».«No country for old men» date de 2005. Il est hanté par la violence des hommes et la question du Mal (Nathalie Crom – Télérama). Son meilleur livre serait &lt;strong&gt;Méridien de sang&lt;/strong&gt; ( &lt;em&gt;Blood meridian&lt;/em&gt;) : un gamin au Texas qui se retrouve avec des chasseurs d’indiens, plongé dans un monde où seuls les plus violents survivent («sorte d’anti-western basé sur des faits réels. Noir, lyrique, et violent»). Et même très violent parait-il.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Indécence manifeste - David Lagercrantz</title>
            <link>https://pled.fr/indecence-manifeste-david-lagercrantz/</link>
            <pubDate>Thu, 30 Jun 2016 17:45:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/indecence-manifeste-david-lagercrantz/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Indécence manifeste - David Lagercrantz&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;indecence-manifeste.jpg#floatleft&#34;&gt;Cadeau offert par des amis, après avoir lu de concert &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9439&#34; &gt;Millenium 4&lt;/a&gt;, ce livre est celui avec lequel l&amp;rsquo;auteur a rencontré son premier succès, en 2009.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne sais pas si on peut vraiment parler de roman policier ici, puisque la victime est &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alan Turing&lt;/a&gt;, le célèbre mathématicien et cryptologue britannique, dont on connaît l&amp;rsquo;histoire et la fin (tristes tous les deux). Nous allons suivre l&amp;rsquo;enquête avec l&amp;rsquo;inspecteur Leonard Corell, certes, mais avec le sentiment qu&amp;rsquo;on pourrait lui fournir les réponses à beaucoup de ses questionnements ! Un peu gênant pour un polar&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;enquête n&amp;rsquo;est finalement qu&amp;rsquo;un prétexte pour raconter l&amp;rsquo;histoire de Turing, l&amp;rsquo;importance capitale de ses travaux lors de la seconde guerre mondiale, et surtout le traitement réservé alors aux homosexuels à cette époque encore récente. C&amp;rsquo;est certainement la partie la plus intéressante du roman. L&amp;rsquo;auteur semble par ailleurs s&amp;rsquo;être beaucoup documenté pour l&amp;rsquo;écrire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Indécence manifeste&lt;/em&gt;, le titre du livre, était la terminologie officielle du code pénal pour désigner une pratique homosexuelle toujours interdite dans l&amp;rsquo;Angleterre très puritaine d&amp;rsquo;après guerre. Oscar Wilde en fût également victime, et emprisonné deux ans pour cette raison. Turing choisira lui la castration chimique à la place&amp;hellip; (aux hormones femelles paradoxalement).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;attache aussi vouloir expliquer le travail de Turing. Pour cela, l&amp;rsquo;inspecteur Corell va donc s&amp;rsquo;escrimer à essayer de comprendre le travail de Turing, et donc de concepts mathématiques pour le moins complexes qui dépassent le commun des mortels&amp;hellip; Conséquence fâcheuse, on s&amp;rsquo;ennuie ferme durant ces longues pages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais cela donne envie à l&amp;rsquo;inspecteur Corell de reprendre ses études ! Nous aurons donc droit au classique happy-end du dernier chapitre, l&amp;rsquo;inspecteur Corell ayant abandonné la police, étant devenu docteur &lt;em&gt;honoris causa&lt;/em&gt; de l&amp;rsquo;université d&amp;rsquo;Édimbourg, et inaugurant en 1986 une conférence dédiée à Alan Turing, enfin réhabilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Lagercrantz&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;David Lagercrantz&lt;/a&gt; est né en 1962 en Suède. Après ce livre, il écrira une biographie de Zlatan Ibrahimović, puis Millénium 4.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Et quelques fois j&#39;ai comme une grande idée - Ken Kesey</title>
            <link>https://pled.fr/et-quelques-fois-jai-comme-une-grande-idee-ken-kesey/</link>
            <pubDate>Wed, 11 May 2016 17:56:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/et-quelques-fois-jai-comme-une-grande-idee-ken-kesey/</guid>
            <description>&lt;h3 id=&#34;et-quelques-fois-jattention-chef-dœuvre-&#34;&gt;&lt;img alt=&#34;Et quelques fois j’ai comme une grande idée - Ken Kesey&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;157px&#34; data-flex-grow=&#34;65&#34; height=&#34;305&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/et-quelques-fois-jai-comme-une-grande-idee-ken-kesey/kenkesey.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;Attention chef-d&amp;rsquo;œuvre !&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;ai vu ce livre sur la table du libraire, bien mis en évidence avec une petite étiquette &amp;ldquo;Par l&amp;rsquo;auteur de Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucou&amp;rdquo;, je savais déjà que j&amp;rsquo;allais l&amp;rsquo;acheter ! Car Ken Kesey (prononcer Ken Kizi), c&amp;rsquo;est le personnage principal du roman de Tom Wolfe, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test&lt;/a&gt;, cette histoire incroyable des années 60, à une époque où le LSD n&amp;rsquo;était pas encore interdit !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au film de Miloš Forman &amp;ldquo;Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucou&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est un film culte ! Je n&amp;rsquo;ai pas lu le livre, mais je savais que l&amp;rsquo;auteur en était Ken Kesey. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs en participant en tant que volontaire à des essais sur les drogues modifiant l’état de conscience qu&amp;rsquo;il découvre le LSD, mais aussi qu’il fréquente le milieu psychiatrique qui lui inspirera son premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais donc hâte de découvrir ce que Ken Kesey avait bien pu écrire ensuite. Je n&amp;rsquo;ai pas été déçu, quelle découverte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord, un mot sur l&amp;rsquo;objet : la jaquette est magnifique, avec son motif et ses reflets de bronze. La couverture est souple, et l&amp;rsquo;ouvrage fait presque neuf cents pages, au papier fin, recyclé : tout cela est plein de promesses&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors il y a bien sûr l&amp;rsquo;histoire, mais avant tout c&amp;rsquo;est le style de l&amp;rsquo;auteur qui marque le plus le lecteur : les propos des différents personnages s&amp;rsquo;entremêlent parfois au sein d&amp;rsquo;un même paragraphe, simplement distingués par des italiques, ou des parenthèses&amp;hellip; On s&amp;rsquo;habitue tout de même très vite, car c&amp;rsquo;est parfaitement maîtrisé, et cela donne beaucoup de force, de vie au roman. Ainsi un personnage nous parle, puis dans la même phrase un autre s&amp;rsquo;intercale, puis encore un autre&amp;hellip;  Évidemment, les situations sont liées, ont un point commun, et cela donne un éclairage complet sur ce qui se joue vraiment dans la scène.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un critique raconte que d&amp;rsquo;autres auteurs se sont essayés à ce mode de narration, mais aucun n&amp;rsquo;y est vraiment parvenu. Kesey lui maîtrise, et quand on lui demanda plus tard pourquoi il n&amp;rsquo;avait pas fait d&amp;rsquo;autres romans de ce style, il répondit : &amp;ldquo;Vous ne vous rendez pas compte, pour que tout ça tienne dans votre tête, il faut être jeune ! j&amp;rsquo;écrivais parfois trente heures d&amp;rsquo;affilée&amp;hellip;&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire maintenant : c&amp;rsquo;est celle d&amp;rsquo;une famille de bûcherons dans l&amp;rsquo;Oregon, les Stampers. Alors que toute la vallée est en grève, les Stampers continuent d&amp;rsquo;abattre des arbres, se mettant à dos toute la ville et le syndicat des bûcherons&amp;hellip; Il y a Henry, le patriarche rescapé d&amp;rsquo;une époque de pionniers où la vie était rude (c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire), son fils Hank, qui semble invincible, et sa femme Viviane. Hank appelle à l&amp;rsquo;aide son demi-frère Lee, sur la côte Est ; Lee est plutôt du genre intellectuel, et du genre perturbé mentalement (schizo/parano). Il rejoint la famille, mais bien décidé à assouvir une vengeance : il a un sérieux compte à régler avec Hank.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec sa méthode de narration, Kesey nous offre une plongée dans la psychologie de ses personnages véritablement passionnante : que ce soit les personnages principaux (Lee en particulier, mais Hank aussi que l&amp;rsquo;on apprend à apprécier), ou d&amp;rsquo;autres plus secondaires (comme le barman de la ville qui s&amp;rsquo;interroge sur le responsable syndical et ses méthodes), les pensées des uns et des autres se mêlant aux événements, l&amp;rsquo;on est vite totalement accroché par le récit. Sans parler de suspens (au sens roman policier), on se demande bien ce qui va se passer, comment ils vont réagir, et c&amp;rsquo;est difficile de reposer le roman !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis il y a la nature, admirablement racontée, sauvage et très présente. En premier lieu la Wakonda Auga, le fleuve au bord duquel sont installés les Stampers, aux crues incontrôlables (par les pluies, mais aussi par les marées car nous sommes près de l&amp;rsquo;embouchure du fleuve), obligeant ces derniers à constamment consolider les fondations de la maison. Mais pas d&amp;rsquo;écologie pour autant&amp;hellip; Le vieux Stampers dit d&amp;rsquo;ailleurs a un moment, en bon bûcheron de l&amp;rsquo;époque : &amp;ldquo;Coupez, coupez, ça repoussera toujours!&amp;rdquo;. Je garde en mémoire le matin où les Stampers, partant travailler, remontent le fleuve encore recouvert de brume&amp;hellip; Magnifique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà une petite vidéo de Dominique Bordes (10 mn) qui vous présente ce roman et son histoire beaucoup mieux que moi. Dominique Bordes est le directeur de la maison d&amp;rsquo;édition &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Monsieur Toussaint Louverture&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, a qui nous devons de pouvoir lire enfin ce roman :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;[embed]https://www.youtube.com/watch?v=iW7v7gtU0I4[/embed]&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voici maintenant quelques extraits, en commençant par la description de la Wakanda Auga, qui ouvre le roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dévalant le versant ouest de la chaîne côtière de l’Oregon&amp;hellip; viens voir les cascades hystériques des affluents qui se mêlent aux eaux de la Wakonda Auga. Les premiers ruisselets -caracolent comme d’épais courants d’air parmi la petite oseille et le trèfle, les fougères et les orties, bifurquent, se scindent&amp;hellip; forment des bras. Puis, à travers les busseroles et les ronces élégantes, les myrtilles et les mûres, les bras cascadent pour fusionner en ruisseaux, en torrents. Enfin, au pied des collines, émergeant entre les mélèzes laricins et les pins à sucre, les acacias et les épicéas – et puis la mosaïque vert et bleu des sapins de Douglas –, la rivière en personne franchit d’un bond cent cinquante mètres&amp;hellip; et là, regarde: voici qu’elle prend ses aises à travers champs.&#xA;Vue de la grand-route en surplomb du rideau d’arbres, elle est d’abord métallique comme un arc-en-ciel d’aluminium, un long copeau d’alliage lunaire. De plus près, elle se fait organique, vaste sourire liquide aux gencives hérissées de pilotis brisés et pourrissants, l’écume aux lèvres. D’encore plus près, elle s’aplanit pour devenir fleuve, aussi plate qu’une rue, grise comme du ciment et tout entière faite de pluie. Aussi plate qu’une rue tout entière faite de pluie, même au plus fort de la saison des crues, en raison d’un chenal si profond et d’un lit si érodé: nul bas-fond pour créer des rapides refluant à contre-courant, nul rocher pour agacer sa surface&amp;hellip; rien qui indique le mouvement sinon les grumeaux d’écume jaunâtre tourbillonnant au vent dans leur dérive vers la mer, et les troncs dressés de bosquets noyés que le flot noir et silencieux fait ployer, tendus et tremblants.&#xA;Une rivière lisse, d’apparence calme, qui dissimule le cruel biseau de son courant sous une surface lisse&amp;hellip; apparemment calme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques autres extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans le temps, j&amp;rsquo;accusais toujours le gamin de faire semblant d&amp;rsquo;être faible. Mais pour faire semblant d&amp;rsquo;être faible, il faut l&amp;rsquo;être. Car si on est fort, on n&amp;rsquo;a pas la faiblesse de simuler. Non personne ne peut jamais faire semblant d&amp;rsquo;être faible. Tu peux seulement faire semblant d&amp;rsquo;être fort&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour pouvoir goûter pleinement le choix qu&amp;rsquo;il a fait, un homme doit d&amp;rsquo;abord savoir qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;a eu, le choix. Maintenant, je le sais. Un être humain doit réussir à vivre avec d&amp;rsquo;autres&amp;hellip; avant d&amp;rsquo;y parvenir avec lui-même.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Docteur&amp;hellip;ça y est, je deviens fou, je disjoncte dans les grandes largeurs, ça me tombe dessus! [&amp;hellip;]&#xA;&amp;ldquo;Non, Leland, pas vous. Vous, ainsi que beaucoup d&amp;rsquo;autres de votre génération, vous trouvez en quelque sorte exclu de ce refuge-là. Il vous est désormais impossible de « devenir fou » dans le sens classique de l&amp;rsquo;expression. Il fut un temps où les gens « devenaient fous » fort à propos, et disparaissaient de la circulation. Comme des personnages de fiction à l&amp;rsquo;époque romantique. Mais de nos jours&amp;hellip; », et là je crois qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était même payé le luxe de bailler, « &amp;hellip;vous êtes trop bien informés sur vous-mêmes et votre psychisme. Vous connaissez trop intimement un trop grand nombre de symptômes de la maladie mentale pour vous laisser prendre par surprise. Et autre chose encore : tous autant que vous êtes, vous avez le don de vous libérer de votre frustration par le biais de fantasmes trop malins pour être honnêtes. Et vous, Leland, vous êtes le pire de la bande de ce point de vue. Alors&amp;hellip;vous serez peut-être névrosé jusqu&amp;rsquo;à la moelle pour le restant de vos jours, et malheureusement aussi vous serez peut-être bon pour un petit séjour à Bellevue et vous allez sans aucun doute en prendre pour 5 années supplémentaires de séances payantes avec moi – mais j&amp;rsquo;ai bien peur que vous ne soyez jamais complètement dingue. »&#xA;Et il s&amp;rsquo;était renversé dans son élégant fauteuil club avant d&amp;rsquo;ajouter: « désolé de vous décevoir, mais le meilleur diagnostic que je puisse vous offrir, c&amp;rsquo;est une bonne vieille schizophrénie à tendance paranoïaque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écoute fiston, voilà le topo, lui disait le lion pour résumer la situation. Il y a les huiles comme eux autres, et puis les lampistes comme nous autres. C&amp;rsquo;est pas difficile de dire qui est qui. Des huiles, il y en a qu&amp;rsquo;un petit peu: tout leur appartient, les champs de blé, la terre entière. Des lampistes comme nous, il y en a des millions: ils cultivent le blé et tous, ils crèvent la dalle. Les huiles, ils croivent qu&amp;rsquo;ils peuvent s&amp;rsquo;en tirer à bon compte parce qu&amp;rsquo;ils pensent qu&amp;rsquo;ils valent bien mieux que nous – peut-être que quelqu&amp;rsquo;un a cassé sa pipe et leur a laissé un gros paquet de fric, voilà pourquoi, et comme çà ils payent ce qu&amp;rsquo;ils veulent. Nous, faut qu&amp;rsquo;on les déloge de là-haut, tu piges? Faut qu&amp;rsquo;on leur montre une bonne fois pour toutes qu&amp;rsquo;on est tout aussi importants qu&amp;rsquo;eux ! Tout le monde est aussi important qu&amp;rsquo;eux ! Tout le monde cultive du blé ! Tous le monde en bouffe ! C&amp;rsquo;est pas plus compliqué que ça !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;est certain de rien sinon de sa capacité à échouer. Tel est notre plus grand credo, et qui n&amp;rsquo;a pas foi en lui - le blasphémateur, le dissident - suscitera en nous la plus sainte des colères. Tout écolier déteste son fanfaron de camarade qui se prétend capable de marcher sur la clôture sans jamais tomber. Toute femme méprise la petite jeunette qui a la certitude de pouvoir séduire son homme par sa seule beauté. Tout travailleur n&amp;rsquo;est jamais plus furieux qu&amp;rsquo;après un patron qui ne jure que par la supériorité de l&amp;rsquo;équipe dirigeante. Et cette colère peut être canalisée et exploitée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Kesey&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Kesey&lt;/a&gt;, (1935-2001), est un écrivain américain. Il a écrit &amp;ldquo;Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucou&amp;rdquo; après avoir découvert le LSD lors d&amp;rsquo;essais cliniques (1962), et initié le groupe des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Merry_Pranksters&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Merry Pranksters&lt;/a&gt; qui traversera les États-Unis à bord d&amp;rsquo;un bus dans le but d&amp;rsquo;initier le plus de monde possible au LSD ! (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34; &gt;Acid test&lt;/a&gt;). &amp;ldquo;Et quelquefois j&amp;rsquo;ai comme une grande idée&amp;rdquo; a été adapté au cinéma par Paul Newman sous le titre Le Clan des irréductibles.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Confessions d&#39;un barjo - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/confessions-dun-barjo-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Thu, 14 Apr 2016 17:52:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/confessions-dun-barjo-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Confessions d’un barjo - Philip K. Dick&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;confessionsdunbarjo.jpg#floatleft&#34;&gt;En lisant la magnifique monographie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9544&#34; &gt;Philip K. Dick, Simulacres et illusions&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai appris que PKD avait écrit aussi des romans de littérature générale (ou romans réalistes), et ne s&amp;rsquo;était mis à la science-fiction uniquement parce qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque (l&amp;rsquo;après-guerre), les chances d&amp;rsquo;être publié étaient beaucoup plus fortes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chose très vite confirmée, puisque les romans réalistes de PKD furent tous refusés (par tous les éditeurs qui les ont lus) ; il fallut attendre la fin des années quatre-vingt, et parfois plus longtemps, pour pouvoir les lire en langue française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais ainsi découvert &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34; &gt;Les voix de l’asphalte&lt;/a&gt; en 2007 sur la table d&amp;rsquo;un libraire, pour un roman écrit en 1952 ! Et j&amp;rsquo;avais trouvé le roman très bon, avec ce personnage qui a tout pour être heureux, et qui pourtant ressent un profond malaise dans cette société.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Confessions d&amp;rsquo;un barjo&lt;/strong&gt; sera le seul  roman réaliste qui sera publié de son vivant, en 1975 (le roman ayant été écrit en 1959). Le titre complet est : « &lt;em&gt;Confessions d&amp;rsquo;un barjo (Jack Isidore, de Seville, en Californie) où sont chroniqués des faits scientifiquement avérés survenus entre 1945 et 1959»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce fameux Jack Isidore est donc bien le barjo annoncé. Pas méchant pour un sou, collectionneur obsessionnel, très calé sur des sujets plus fumeux les uns que les autres (principalement invasions extraterrestres et fin du monde), incapable de s&amp;rsquo;occuper de lui-même, il se retrouve à vivre dans la maison de sa sœur Fay et son mari Charley.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fay est une belle femme,  brillante, mais aussi cruelle et égoïste. Quant à Charley, il est porté sur la violence conjugale&amp;hellip; Jack observe tout cela avec son regard décalé. Voilà ce qu&amp;rsquo;en dit PKD :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cet homme capable de pardonner, de juger objectivement (dans son analyse finale) le cœur et les actes de ses semblables m&amp;rsquo;apparaît comme une sorte de héros romantique ; je songeais certainement à moi-même lorsque j&amp;rsquo;ai écrit ce livre et maintenant que je le relis après tant d&amp;rsquo;années, je suis satisfait de mon modèle intérieur, de mon alter ego, Jack Isidore de Seville, Californie : plus désintéressé que je ne le suis, et profondément meilleur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fay de son côté est sans doute inspirée de Anne, la femme que PKD venait d&amp;rsquo;épouser à l&amp;rsquo;époque !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé ce roman, la lecture est agréable, fluide, passant d&amp;rsquo;un personnage à l&amp;rsquo;autre au fil des chapitres. On se demande bien ce qui va se passer entre le frère et la sœur aux tempéraments si différents&amp;hellip; Jack, malgré ses obsessions et ses lubies, analyse plutôt bien les comportements humains. Absurde et humour sont présents, mais aussi le drame.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman a été porté à l&amp;rsquo;écran par Jérôme Boivin, avec Hippolyte Girardot, en 1992. Hélas, et pour des  raisons inconnues, il n&amp;rsquo;est jamais sorti en DVD&amp;hellip; Et donc aucune chance de le voir, à moins qu&amp;rsquo;il ne passe un jour sur Arte ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d’essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour « Le maître du Haut Château » et le prix John Wood Campbell Memorial pour « Coulez mes larmes, dit le policier ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Philip K. Dick, simulacres et illusions - Richard Comballot, Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/philip-k-dick-simulacres-et-illusions-richard-comballot-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Wed, 30 Mar 2016 17:28:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/philip-k-dick-simulacres-et-illusions-richard-comballot-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2016/03/simulacresetillusions1.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;Philip K. Dick, Simulacres et illusions - Philip K. DICK, Richard COMBALLOT&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;204px&#34; data-flex-grow=&#34;85&#34; height=&#34;235&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/philip-k-dick-simulacres-et-illusions-richard-comballot-philip-k-dick/simulacresetillusions.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; J&amp;rsquo;avais entendu parler de ce livre un matin sur France Culture, il venait de sortir, et quelques jours plus tard, je le commandais chez le libraire, malgré le prix de 28 €. Bien m&amp;rsquo;en a pris, puisque près un an après, il est aujourd&amp;rsquo;hui épuisé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quel livre ! l&amp;rsquo;objet est vraiment magnifique&amp;hellip; Ce que je ne savais pas, c&amp;rsquo;est que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.editions-actusf.fr/collectif/monographie-dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ActuSF&lt;/a&gt;, l&amp;rsquo;éditeur, avait lancé une campagne de financement participatif pour finaliser le projet sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.ulule.com/monographie-dick/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;la plateforme Ulule&lt;/a&gt;. Les objectifs ont été atteints, et le projet a pu être réalisé avec toutes les options : couverture cartonnée, jaquette et signet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le contenu est également très soigné, avec beaucoup d&amp;rsquo;images des couvertures des œuvres de PKD au fil des pages, des photos de l&amp;rsquo;auteur, rendant la lecture agréable. La maison d&amp;rsquo;édition  nous présente ainsi la monographie (c&amp;rsquo;est-à-dire une étude détaillée) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À travers des interviews rares et parfois même inédites, ainsi que des articles écrits spécialement pour l&amp;rsquo;occasion par des spécialistes français (Étienne Barillier, Jacques Mucchielli, Olivier Noël&amp;hellip;), cette monographie se propose de porter un regard neuf sur l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;Ubik, avec des documents exceptionnels venus du monde entier (et notamment de l&amp;rsquo;une de ses femmes, Tessa Dick). On y découvre Philip K. Dick tout au long de sa carrière et sur des aspects essentiels et étonnants de son œuvre : son rapport au mystique et à la drogue, les adaptations ciné, l&amp;rsquo;auteur de littérature générale, etc.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est vraiment une somme de connaissance sur Philip K. Dick, et on en apprend beaucoup au fil de interviews et des articles sur le personnage. Il en ressort que le personnage était très érudit, possédant une culture impressionnante. Loin des clichés d&amp;rsquo;allumé à quoi on le résume souvent. Bref, un livre passionnant et magnifiquement réalisé, un &amp;ldquo;must have&amp;rdquo; pour les fans de Philip K. Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On trouve donc dans cette monographie beaucoup de choses, comme :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le premier chapitre est une synthèse biographique de Gilles Goulet, forcément passionnante.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Un interview de sa femme Tessa (où l&amp;rsquo;on voit qu&amp;rsquo;elle est aussi un peu allumée&amp;hellip;).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Un chapitre de Olivier Noël (voir son blog &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://findepartie.hautetfort.com/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Fin de partie&lt;/a&gt;) tentant de décrire et d&amp;rsquo;expliciter &amp;ldquo;la trilogie divine&amp;rdquo; (une tâche pour le moins ardue !), qu&amp;rsquo;il décrit lui-même comme &amp;ldquo;mes assez singuliers &lt;em&gt;Fragments sur l&amp;rsquo;idiot cosmique&amp;rdquo;&lt;/em&gt;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;On apprend que Robert Silverberg a écrit un hommage à Philip K. Dick, « &lt;em&gt;La Substitution&lt;/em&gt; », paru dans un recueil de nouvelles (apparemment moyennes) &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=303&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Compagnons secrets&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Un chapitre sur les adaptations de Philip K. Dick à l&amp;rsquo;écran (en général décevantes, car se servant certes de l&amp;rsquo;idée du roman ou de la nouvelle, mais ensuite privilégiant souvent le spectaculaire, Hollywood oblige). La plus aboutie est certainement celle de Blade Runner (Dick meurt quelques mois avant la sortie du film).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le dernier chapitre &amp;ldquo;Philip K. Dick dans ses propres termes&amp;rdquo;, où l&amp;rsquo;auteur commente lui-même trente de ses œuvres de science-fiction !&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;est mis à écrire de la SF parce que c&amp;rsquo;était à l&amp;rsquo;époque facile de se faire publier dans les fanzines très à la mode, mais a aussi écrit plusieurs romans (qui ne seront pour certains publiés que lorsqu&amp;rsquo;il sera reconnu). Comme par exemple &amp;ldquo;Confession d&amp;rsquo;un barjo&amp;rdquo;, écrit en 1960 et finalement publié en 1975 ; ce roman fut d&amp;rsquo;ailleurs adapté à l&amp;rsquo;écran par Jérôme Boivin, avec Hippolyte Girardot, sorti en 1992. Hélas, et pour une raison inconnue, il n&amp;rsquo;est jamais sorti en DVD&amp;hellip; Impossible donc de le visionner. :-(&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a toujours vécu modestement. À une époque (1971), il vivait dans un quartier pauvre, où &amp;ldquo;croiser un flic faisait peur&amp;rdquo;, et entre deux mariages, sa maison accueillait tous les paumés du quartier. Cela change votre vision de la société, et permet accessoirement de connaître les délires de ce genre de personnes ! C&amp;rsquo;est à ce moment qu&amp;rsquo;il devient parano, tente de se suicider et suit une cure de désintoxication.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il aura des visions&amp;hellip; la première, en 1963, une vision &amp;ldquo;du mal absolu&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un jour, comme je marchais tranquillement sur la petite route menant à ma cabane, en me faisant une fête de ces huit heures d&amp;rsquo;isolement le plus complet, j&amp;rsquo;ai levé les yeux vers le ciel et j&amp;rsquo;ai vu un visage. Enfin, je ne l&amp;rsquo;ai pas vraiment vu, mais il était là, et il n&amp;rsquo;était pas humain. C&amp;rsquo;était la face du mal absolu [&amp;hellip;]. Gigantesque, il emplissait un quart du ciel. Il arborait des fentes aveugles à la place des yeux ; il était tout en métal, il était cruel et, pire que tout, il était Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dick est terrorisé, d&amp;rsquo;autant plus que la vision persiste pendant plusieurs jours. Ce visage, qui deviendra celui de Palmer Eldritch dans le chef-d&amp;rsquo;œuvre &amp;ldquo;Le Dieu venu du Centaure&amp;rdquo; (1964), lui semble celui de Satan. Effrayé, il cherche refuge dans le christianisme : &amp;ldquo;Percevant là une déité malveillante, je voulais être rassuré par l&amp;rsquo;existence d&amp;rsquo;une déité bienveillante plus puissante.&amp;rdquo; Toute la famille suit des cours de catéchisme et se fait baptiser début 1964.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et des années plus tard, plusieurs visions vont le changer jusqu&amp;rsquo;à la fin de sa vie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;20 février 1974. Dick vient de se faire extraire une dent de sagesse. Pour calmer sa souffrance, il se fait livrer à domicile un antalgique. Il ouvre à la livreuse, une fille très brune et très belle, portant au cou un pendentif en forme de poisson. Sur sa demande, elle lui explique qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit du signe de reconnaissance utilisé par les premiers chrétiens. C&amp;rsquo;est pour lui le point de départ d&amp;rsquo;événements qui dureront plus d&amp;rsquo;un mois et dont il cherchera l&amp;rsquo;explication jusqu&amp;rsquo;à la fin de sa vie, doutant de leur réalité, brassant et retournant les hypothèses et les interprétations.&#xA;Ce signe du poisson déclenche en effet une série de visions. Il est le sujet d&amp;rsquo;un anamnèse (&amp;ldquo;rétablissement de la mémoire&amp;rdquo;), se souvenant d&amp;rsquo;avoir été un chrétien du 1er siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à partir de cette époque qu&amp;rsquo;il écrit sa trilogie divine (&amp;ldquo;S.I.V.A&amp;rdquo;, &amp;ldquo;L&amp;rsquo;invasion divine&amp;rdquo;, et &amp;ldquo;La transmigration de Timothy Archer&amp;rdquo;), tout en écrivant l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ex%C3%A9g%C3%A8se_%28livre%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Exégèse&lt;/a&gt;, texte monumental sur son œuvre dont une seule partie est publiée aux États-Unis. Ce n&amp;rsquo;est plus de la science-fiction ! J&amp;rsquo;avais personnellement décroché à la lecture S.I.V.A, une œuvre tout de même bien &amp;ldquo;barrée&amp;rdquo;&amp;hellip; Ce que j&amp;rsquo;ai appris dans ce livre, c&amp;rsquo;est que Dick non plus ne comprenait rien à ce qui lui arrivait, et son Exégèse était justement destinée à essayer de comprendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ses &amp;ldquo;Fragments sur l&amp;rsquo;idiot cosmique&amp;rdquo;, Olivier Noël explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Que s&amp;rsquo;est-il vraiment passé en 1974 ? Lawrence Sutin a dans son livre émis l&amp;rsquo;hypothèse, somme toute très convaincante, que Philip K. Dick souffrait d&amp;rsquo;une épilepsie du lobe temporal (également appelé syndrome de Geschwind) : hypergraphie, hyperreligiosité, absence de sexualité, émotivité, sentiment de culpabilité, agressivité, sentiment d&amp;rsquo;une destinée personnelle, hypermoralisme, paranoïa, obsession, etc. L&amp;rsquo;hypothèse épileptique avancée par Sutin semble définitivement concluante mais, bien que le délire psychotique s&amp;rsquo;origine dans un dysfonctionnement neurologique, il n&amp;rsquo;en fait pas moins sens (il ne faut pas confondre, rappelait le psychiatre helvète Binswanger, le &amp;ldquo;point de départ&amp;rdquo; biographique avec une &amp;ldquo;cause&amp;rdquo;).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste une chose étrange : lors d&amp;rsquo;une de ces visions, Dick a la révélation que son fils Christopher souffre d&amp;rsquo;une hernie inguinale qui peut lui être fatale. Le gamin est emmené à l&amp;rsquo;hôpital&amp;hellip; Le diagnostic est confirmé, et le gamin opéré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant sa consommation de drogues, Gilles Goulet nous dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plus tard dans l&amp;rsquo;année (1964) que Dick –à qui, encore de nos jours, colle à la peau l&amp;rsquo;image du dingue à la cervelle cramée par les drogues, et dont beaucoup ont prétendu que Le Dieu&amp;hellip; avait été écrit sous acide – s&amp;rsquo;initie au LSD, dont il ne connaît les effets qu&amp;rsquo;à travers la lecture d&amp;rsquo;un ouvrage d&amp;rsquo;Aldous Huxley. Il  a un très mauvais trip : &amp;ldquo;je suis allé directement en enfer [&amp;hellip;]. Le décor s&amp;rsquo;est gelé, il y avait d&amp;rsquo;énormes blocs rocheux,  un martèlement sourd quelque part, c&amp;rsquo;était le jour de colère et Dieu me jugeait pour mes péchés. Et ça durait, ça durait, des milliers d&amp;rsquo;années, et ça n&amp;rsquo;allait pas mieux, ça ne faisait qu&amp;rsquo;empirer. J&amp;rsquo;étais en proie à une atroce douleur physique et les seules paroles que je pouvais prononcer étaient en latin&amp;rdquo;.  On comprend pourquoi il n&amp;rsquo;y retouchera guère (en une seule occasion en fait). Tordons donc encore le cou à cette réputation de junkie (réputation dont il était lui-même en partie responsable) : tous les témoignages concordent sur le fait que hormis des expériences ponctuelles, Dick n&amp;rsquo;a jamais carburé qu&amp;rsquo;aux médicaments (tranquillisants, myorelaxants, antispasmodiques) et surtout, surtout, aux amphétamines.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus loin, dans l&amp;rsquo;interview de Charles Platt, Dick confirme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les seules drogues dont il m&amp;rsquo;est arrivé de faire régulièrement usage sont les amphétamines, qui m&amp;rsquo;aidaient à écrire autant que je le devais pour gagner ma vie. J&amp;rsquo;étais tellement peu payé pour un livre que j&amp;rsquo;écrivais qu&amp;rsquo;il me fallait en produire un très grand nombre. J&amp;rsquo;avais une femme extrêmement dépensière et des enfants&amp;hellip; Elle voyait une nouvelle voiture dont la ligne lui plaisait, et hop, elle l&amp;rsquo;achetait&amp;hellip; Selon la loi californienne, j&amp;rsquo;étais légalement responsable de ses dettes et j&amp;rsquo;écrivais par conséquent comme un fou. Je crois être arrivé à un point où j&amp;rsquo;ai pondu seize romans en cinq ans. Mon rythme était de soixante pages achevées par jour, et le seul moyen d&amp;rsquo;y arriver était de prendre de amphétamines – conformément au traitement qui m&amp;rsquo;était indiqué. J&amp;rsquo;ai finalement cessé d&amp;rsquo;en prendre, et je n&amp;rsquo;écris plus autant qu&amp;rsquo;autrefois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;interview de Charles Platt est d&amp;rsquo;ailleurs très intéressante sur la genèse de l&amp;rsquo;univers de Philip K. Dick. D&amp;rsquo;abord, comme l&amp;rsquo;influence de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/A._E._van_Vogt&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;A. E. van Vogt&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Monde_des_%C4%80&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Le monde des Ã&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un moment est venu où j&amp;rsquo;ai eu le sentiment que le science-fiction était quelque chose de vraiment important. Le monde des Ã de Van Vogt&amp;hellip; il y avait là-dedans quelque chose qui me fascinait complètement. Ça avait une qualité mystérieuse, ça faisait entrevoir de choses inouïes, il s&amp;rsquo;y présentait des problèmes qui n&amp;rsquo;étaient jamais complètement résolus. Je trouvais que ça avait une qualité prophétique ; c&amp;rsquo;est de là que m&amp;rsquo;est venu l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;une mystérieuse qualité de l&amp;rsquo;univers qui pouvait être abordée dans la science-fiction. Je me rends compte à présent que ce que j&amp;rsquo;apercevais vaguement était une sorte de monde métaphysique, un royaume invisible de choses à peine entrevues, ce que les gens du moyen Âge, finalement, percevaient comme le monde transcendant, le prochain monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis celle de C. G. Jung et l&amp;rsquo;idée de projection :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne sais pas si Van Vogt admettrait qu&amp;rsquo;il  est essentiellement un explorateur du surnaturel, mais tel est l&amp;rsquo;effet qu&amp;rsquo;il a produit sur moi. Je commençais à comprendre que ce que nous percevions n&amp;rsquo;était pas ce qui était effectivement là. J&amp;rsquo;étais intéressé par l&amp;rsquo;idée jungienne de projection – ce que nous expérimentons comme extérieur à nous peut en réalité être une projection de notre inconscient, ce qui signifie que le monde de chaque individu doit être quelque peu différent de celui de chaque autre individu, parce que le contenu de chaque inconscient individuel est dans une certaine mesure unique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il retrouve à peu près la même idée dans Héraclite :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que je tentais de faire dans ce livre [Le temps désarticulé], c&amp;rsquo;était de donner une idée de la diversité des mondes dans lesquels vivent les gens. Je n&amp;rsquo;avais pas encore lu Héraclite, à l&amp;rsquo;époque, je ne connaissais pas son concept d&amp;rsquo;ideos kosmos, le monde privé, opposé au koïnos kosmos, que nous partageons tous. Je ne savais pas que les pré-socratiques avaient commencé à faire ce genre de distinction.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;un monde objectif et d&amp;rsquo;un monde subjectif, avec une explication des procès staliniens que je trouve très pertinente :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Glissement de temps sur Mars représente exactement ce que je voulais écrire. L&amp;rsquo;histoire repose sur le postulat, si important pour moi, que non seulement chacun de nous vit dans un monde en quelque sorte unique, résultat de son propre contenu psychologique, mais que le monde subjectif d&amp;rsquo;un individu particulièrement puissant peut empiéter sur celui d&amp;rsquo;un autre individu. Si je peux vous faire voir le monde comme je le vois, alors vous penserez automatiquement comme je pense. Vous aboutirez aux conclusions qui sont les miennes. Et le plus grand pouvoir qu&amp;rsquo;un être humain puisse exercer sur les autres consiste à contrôler leurs perceptions de la réalité et à compromettre l&amp;rsquo;intégrité et l&amp;rsquo;individualité de leur monde. C&amp;rsquo;est ce qui se passe, par exemple, en psychothérapie. J&amp;rsquo;ai subi une thérapie de choc au Canada. Vous avez un tas de gens qui vous gueulent après, et soudain le mystère des procès d&amp;rsquo;épuration de Moscou, dans les années trente, s&amp;rsquo;éclaircit – qu&amp;rsquo;est-ce qui pouvait bien amener un individu à se lever et à avouer du ton le plus sincère qu&amp;rsquo;il avait commis un crime pour lequel il n&amp;rsquo;y avait d&amp;rsquo;autre punition que la mort ? Eh bien, la réponse réside dans l&amp;rsquo;incroyable pouvoir que possède tout groupe d&amp;rsquo;êtres humains d&amp;rsquo;envahir le monde d&amp;rsquo;un individu et de déterminer l&amp;rsquo;image qu&amp;rsquo;il a de lui-même jusqu&amp;rsquo;à la faire coïncider avec celle qu&amp;rsquo;ils ont de lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours dans le même interview, il explique le choix des personnages de ses romans, du type &amp;ldquo;anti-héros&amp;rdquo;  :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La plus grande menace du XXe siècle, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;État totalitaire. Il peut prendre bien des formes : le fascisme de gauche, les mouvements spirituels, les mouvements religieux, les centres de réhabilitation pour toxicomanes, les gens au pouvoir, ceux qui nous manipulent&amp;hellip; ou il peut provenir de quelqu&amp;rsquo;un qui est psychologiquement plus fort que vous. Au fond, je plaide la cause de ces gens qui manquent de force. Si j&amp;rsquo;étais fort moi-même, je ne ressentirais probablement pas cela comme une menace de taille. Je m&amp;rsquo;identifie aux gens faibles ; c&amp;rsquo;est une des raisons pour lesquelles mes protagonistes sont essentiellement des anti-héros. Ce sont pour ainsi dire des perdants ; encore que j&amp;rsquo;essaie de les pourvoir de qualités qui leur permettent de survivre. En même temps, je ne veux pas les voir développer des stratégies de contre-attaque qui les feraient passer à leur tour dans le camp des exploiteurs et des manipulateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un entretien avec Bernard Blanc et Yves Frémion, il décrit ainsi l&amp;rsquo;évolution de la politique aux États-Unis (l&amp;rsquo;interview date de 1977, soit peu de temps après l&amp;rsquo;élection de Jimmy Carter à la présidence des États-Unis). La vision historique des forces politiques est intéressante&amp;hellip; pour la suite, nul n&amp;rsquo;est prophète en son pays ! :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au début, notre gouvernement était gouverné par l&amp;rsquo;aristocratie du Sud, les Virginiens comme Thomas Jefferson, qui étaient beaucoup plus indulgents, beaucoup plus bienveillants que les gens de la Nouvelle-Angleterre. Cette aristocratie du Nord, d&amp;rsquo;une intolérance farouche, a succédé à l&amp;rsquo;aristocratie du Sud. Puis, récemment, les Américains ont vu naître une troisième force politique, celle de la côte ouest de la Californie, les gens du pays de l&amp;rsquo;orange, qui étaient complètement dépourvus d&amp;rsquo;idéologie, cupides, avides de pouvoir, sans aucun scrupule, sans aucune moralité. Les Américains ont été tellement choqués quand ils ont réalisé cela qu&amp;rsquo;ils ont brutalement remis en question la vie politique de ces trente ou quarante dernières années et qu&amp;rsquo;ils sont revenus au bon vieux style gouvernemental du Sud. Je pense que grâce  son prestige dans le monde et à son énorme pouvoir, l&amp;rsquo;Amérique va favoriser la mise en place de gouvernements plus indulgents, plus tolérants, plus démocratiques, dans les autres pays, et que la tendance qu&amp;rsquo;elle a eu d&amp;rsquo;installer des dictatures et des régimes totalitaires comme ça a été le cas au Chili, au Guatemala, en Bolivie, en Argentine et au Brésil, que cette tendance donc va être inversée et que le gouvernement américain ne soutiendra plus les groupes fascistes d&amp;rsquo;extrême droite, ne les aidera plus financièrement, ne leur accordera plus son prestige. Je pense et j&amp;rsquo;espère que c&amp;rsquo;est ce qui va se passer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_k_dick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un auteur américain de romans, de nouvelles, et d&amp;rsquo;essais de science-fiction. Il a reçu le prix Hugo pour &amp;ldquo;Le maître du Haut Château&amp;rdquo; et le prix John Wood Campbell Memorial pour &amp;ldquo;Coulez mes larmes, dit le policier&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Richard Comballot, né en 1965, est un spécialiste entre autres de la science-fiction hexagonale, et bien sûr de Philip K. Dick.Il a publié plus de cinquante entretiens ave les principaux auteurs français de science-fiction et de fantastique, désormais rassemblés en volumes : Voix du futur (2010), Clameurs (2014). Il a en outre piloté une quarantaine d&amp;rsquo;anthologies et de recueils de nouvelles pour de nombreux éditeurs.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Des larmes sous la pluie - Rosa Montero</title>
            <link>https://pled.fr/des-larmes-sous-la-pluie-rosa-montero/</link>
            <pubDate>Fri, 18 Mar 2016 11:02:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/des-larmes-sous-la-pluie-rosa-montero/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Des larmes sous la pluie - Rosa Montero&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;deslarmessouslapluie.jpg#floatleft&#34;&gt;J&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre sur le site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://dickien.fr&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;dickien.fr&lt;/a&gt;, qui traite de l&amp;rsquo;actualité &amp;ldquo;dickienne&amp;rdquo;, et française de préférence. Un très bon site pour les fans de Philip K. Dick !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car Rosa Montero nous livre un roman où le personnage principal est un &lt;strong&gt;réplicant&lt;/strong&gt;, faisant ainsi référence au roman de Philip K. Dick &amp;ldquo;Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques&amp;rdquo;, ou à son adaptation cinématographique &amp;ldquo;Blade Runner&amp;rdquo; de Ridley Scott.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un réplicant est un androïde très évolué, si proche de l&amp;rsquo;humain qu&amp;rsquo;il est difficile de les différencier (il éprouve des sentiments, a des souvenirs d&amp;rsquo;enfance, toutefois implantés&amp;hellip;), à ceci près que leur durée de vie est volontairement limitée dans le temps, ce qui amène le réplicant à se poser des questions existentielles, voir à se rebeller : c&amp;rsquo;est le thème du roman de Philip K. Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce roman, pas de rébellion, mais un décompte quotidien morbide chaque matin du nombre de jours restant à vivre pour Bruna Husky, réplicante de combat reconvertie en détective privée dans un monde futuriste guère réjouissant (une dystopie).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec ces références, j&amp;rsquo;ai donc entamé ce livre avec un à-priori positif.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en 2109, les planètes du système solaire sont l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;exploitation géologique en utilisant des réplicants, la téléportation ayant permis de s&amp;rsquo;affranchir des espaces intersidéraux (à quelque risque près : une mutation génétique peut survenir si l&amp;rsquo;on en abuse !) ; des guerres de territoires, déclenchées depuis la terre, ont eu lieu sur ces planètes par réplicants (de combat) interposés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a de très bonnes idées dans le roman, comme les &amp;ldquo;archives centrales des États-Unis de la Terre&amp;rdquo;, que contrôle Yiannis, un ami de Bruna : elles permettent de prendre connaissance de l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;humanité, et de voir que ces archives comportent des altérations mystérieuses (un peu comme dans 1984 où il s&amp;rsquo;agit de &amp;ldquo;réécrire l&amp;rsquo;Histoire&amp;rdquo;) dont le but est d&amp;rsquo;amener les humains à se dresser contre les réplicants. Et quand plusieurs &amp;ldquo;reps&amp;rdquo; se suicident après avoir tué des humains, la tension monte d&amp;rsquo;un cran entre les communautés. Qui se cache derrière cette manipulation ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, j&amp;rsquo;ai assez vite été déçu, d&amp;rsquo;abord par le personnage de Bruna Husky, vraiment peu crédible en détective, et qui préfère une bonne cuite le soir que de vraiment enquêter ; même comme androïde de combat, elle ne tient pas la route&amp;hellip; Heureusement que ses amis sont là pour faire le boulot, elle reste totalement passive et semble plutôt subir les  événements. Puis par le déroulement de l&amp;rsquo;intrigue, du niveau d&amp;rsquo;un polar moyen, avec une fin qui semble bâclée ! Dommage,  il y avait sans doute mieux à faire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre de ce livre vient de la dernière réplique du réplicant dans Blade Runner :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai vu tant de choses que vous, humains, ne pourriez pas croire. De grands navire en feu surgissant de l&amp;rsquo;épaule d&amp;rsquo;Orion. J&amp;rsquo;ai vu des rayons fabuleux, des rayons c briller dans l&amp;rsquo;ombre de la porte de Tannhäuser. Tous ces moments se perdront dans l&amp;rsquo;oubli comme des larmes sous la pluie. Il est temps de mourir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosa_Montero&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Rosa Montero&lt;/a&gt;, née en 1951 à Madrid, est une romancière et journaliste espagnole. Pour les fans, une suite des aventures de Bruna Husky est sortie : &amp;ldquo;Le poids du cœur&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Parano dans le bunker - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/parano-dans-le-bunker-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Sat, 05 Mar 2016 18:12:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/parano-dans-le-bunker-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Parano dans le bunker - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;parano-bunker.jpg#floatleft&#34;&gt;Voilà la deuxième partie des « Gonzo papers » (les « tables de la loi » du journalisme gonzo !), publié par les éditions Tristram. Avec ce livre, j&amp;rsquo;aurai lu tout ce qu&amp;rsquo;ils ont publiés sur Hunter S. Thompson (voir la liste en fin d&amp;rsquo;article). Merci à eux pour ces publications&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Parano dans le bunker&amp;rdquo; est l’édition revue et corrigé de « La grande chasse au requin », paru il y a trente ans aux Humanoïdes associés, puis chez 10/18, mais épuisé depuis longtemps. Il y avait deux volumes, celui-ci est le premier (« l&amp;rsquo;ancien testament gonzo ») ; le second volume (« l’ancien testament gonzo »), est publié par Tristram sous le titre « Dernier Tango à Las Vegas».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je les ai lu dans le mauvais ordre, mais cela importe peu&amp;hellip; en fait, l&amp;rsquo;édition originale américaine, The Great Shark Hunt (La grande chasse au requin), a été publiée en un seul volume de quatre sections. La première édition française (celle des Humanoïdes associés), a fait migrer la deuxième partie en troisième position, puis a découpé le tout en deux volumes. Tristram a choisi de respecter ce découpage, celui par lequel ils ont été initialement en France.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouve dans ces écrits tout le talent de HST, et sa façon bien a lui de faire du journalisme. Car sous les délires se cache une vraie analyse du sujet traité, parfois complètement décalée certes, mais qui permet de dire beaucoup plus de choses qu&amp;rsquo;un journalisme qui fait bien attention à rester en retrait du sujet, pour prétendre à une objectivité finalement très discutable&amp;hellip; HST lui va se jeter dedans, provoquer, rencontrer d&amp;rsquo;une façon beaucoup plus directe les personnes qu&amp;rsquo;il interviewe : c&amp;rsquo;est le principe du journalisme gonzo ! Ajoutez à cela un vrai talent d&amp;rsquo;écrivain, et vous êtes assuré de ne pas vous ennuyer à la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a une vraie conscience politique, et n&amp;rsquo;hésite pas à donner son avis (il est d&amp;rsquo;ailleurs très clairvoyant). On y retrouve des textes qui l&amp;rsquo;ont rendu célèbre, comme &amp;ldquo;Le Derby du Kentucky est décadent et dépravé&amp;rdquo;, ou &amp;ldquo;Les tentations de Jean-Claude Killy&amp;rdquo; dont il dresse un portrait sans concession ! &amp;ldquo;Pouvoir freak dans les Rocheuses&amp;rdquo; raconte sa tentative (presque réussie) de se faire élire shérif à Aspen&amp;hellip; Il y a aussi des articles sur le Haight-Ashbury de San Francisco, d&amp;rsquo;autres sur l&amp;rsquo;Amérique du Sud&amp;hellip; Passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Louisville, une ville du Sud avec les problèmes raciaux du Nord&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À Louisville, il est évident que les noirs ont gagné quelques batailles cruciales, mais au lieu de la percée définitive qu&amp;quot;ils attendaient, ils se retrouvent face au deuxième front de la ségrégation. Ils n&amp;rsquo;ont plus à affronter les sévices et les lois injustes mais les coutumes et les traditions. Après avoir gravi les premières marches, les Noirs de Louisville se heurtent à un obstacle beaucoup plus subtil que le simple &amp;ldquo;oui&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;non&amp;rdquo; imposé à leurs frères dans la plupart des coins du Sud, et doivent faire face à des problèmes très semblables à ceux d&amp;rsquo;une ville du Nord ou du Middle West.&#xA;Le pouvoir blanc a battu en retraite dans le secteur public, mais pour se retrancher plus solidement dans le privé. Et les Noirs – surtout les Noirs instruits – ont le sentiment que leur victoire est illusoire, et leur &amp;ldquo;progrès&amp;rdquo; un truc dont ils entendent seulement parler dans les journaux. La situation des Noirs de Louisville est peut-être passée de &amp;ldquo;séparés mais égaux&amp;rdquo; à &amp;ldquo;égaux mais séparés&amp;rdquo;, mais l&amp;rsquo;amélioration laisse encore beaucoup à désirer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les tentations de Jean-Claude Killy (qui fait office de faire-valoir pour la marque Chevrolet, à 300 000 $ par an)&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais aujourd&amp;rsquo;hui, sans plus rien à gagner, il est retombé sur terre comme nous tous, ballotté dans d&amp;rsquo;étranges combats dénués de signification, disputés sur un terrain peu familier ; hanté par un manque qu&amp;rsquo;aucune somme d&amp;rsquo;argent ne pourra combler ; bafoué par les règles en barbe à papa d&amp;rsquo;un jeu féroce qui le terrorise encore&amp;hellip; prisonnier d&amp;rsquo;une vie dorée où gagner veut dire fermer sa gueule et réciter, à la demande, un scénario écrit par d&amp;rsquo;autres. Voilà le nouveau monde de Jean-Claude Killy : c&amp;rsquo;est un petit-bourgeois français, beau gosse, qui s&amp;rsquo;est entraîné durement et a appris à skier si bien que son nom est devenu une immense valeur commerciale sur le marché d&amp;rsquo;une culture / économie ignoblement boursouflée qui dévore ses héros comme des hot-dogs et les honore à peu près autant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Notes pour la jaquette de &amp;ldquo;Las Vegas Parano&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;[&amp;hellip;] Et cette précision résume parfaitement l&amp;rsquo;essence de ce que j&amp;rsquo;ai appelé, pour aucune raison particulière, le Journalisme Gonzo. C&amp;rsquo;est un style de &amp;ldquo;reportage&amp;rdquo; fondé sur l&amp;rsquo;idée de Faulkner que la meilleure fiction est beaucoup plus vraie que n&amp;rsquo;importe quelle forme de journalisme – et les meilleurs journalistes l&amp;rsquo;ont toujours su.&#xA;[&amp;hellip;] Donc, maintenant, six mois plus tard, l&amp;rsquo;horrible bâtard est terminé. Et il me plaît, bien que j&amp;rsquo;aie raté tout ce que je voulais en faire. En fait de vrai Journalisme Gonzo, ça ne marche pas du tout – et même si avait marché, il me serait impossible de le reconnaître. Il faudrait vraiment être bon à enfermer – camisole et cellule capitonnée – pour écrire un truc pareil et jurer que c&amp;rsquo;est vrai.&#xA;[&amp;hellip;] Bien, ce que je veux surtout faire comprendre à propos de Las Vegas Parano c&amp;rsquo;est que, bien que ce ne soit pas ce que je voulais initialement, cet échec est si complexe que je veux prendre le risque de la défendre comme une première tentative, un peu branque sans doute, dans la direction où ce que Tom Wolfe appelle le &amp;ldquo;Nouveau Journalisme&amp;rdquo; vasouille depuis près de dix ans.&#xA;[&amp;hellip;] Une dernière chose importante que je voulais dire sur Las Vegas Parano c&amp;rsquo;est que j&amp;rsquo;ai pris mon pied à l&amp;rsquo;écrire, et c&amp;rsquo;est rare – du moins pour moi, parce qu&amp;rsquo;écrire a toujours été pour moi le job le plus haïssable. J&amp;rsquo;imagine que c&amp;rsquo;est un peu comme baiser, ça n&amp;rsquo;amuse que les amateurs. Les vieilles putes rigolent rarement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Étranges grondements en Aztlan (sur l&amp;rsquo;assassinat de Rubén Salazar par la police durant une marche)&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;affaire Salazar avait un côté particulièrement sinistre : pas parce qu&amp;rsquo;il était mexicain ou chicano, pas même parce que Acosta affirmait furieusement que les flics l&amp;rsquo;avaient abattu de sang-froid et que personne n&amp;rsquo;allait moufeter. Tout ça c&amp;rsquo;était les éléments habituels à ce genre de crime immonde, mais de mon point de vue personnel l&amp;rsquo;aspect le plus énorme de ce que disait Oscar était qu&amp;rsquo;il accusait la police d&amp;rsquo;être délibérément descendue dans la rue pour abattre un reporter qui leur créait des ennuis. Si c&amp;rsquo;était vrai, cela voulait dire que les enchères montaient foutrement. Quand les flics déclareront la chasse ouverte aux journalistes, quand ils se sentiront libres de décréter que toute &amp;ldquo;manifestation illégale&amp;rdquo; est une zone de feu à volonté, nous serons entrés dans une période particulièrement dégueulasse – et pas seulement pour les journalistes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pouvoir Freak dans les Rocheuses (quand HST se présente aux élections locales)&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Noter programme, essentiellement, était de chasser de la vallée tous les requins immobiliers : interdire au Département des Autoroutes de construire quatre voies dans la ville et en fait interdire toute circulation automobile dans les rues du centre. Les transformer toutes en allées gazonnées où tout le monde, y compris les freaks, pourrait faire ce qui lui plaît. Les flics deviendraient éboueurs et mécaniciens pour une flottille de bicyclettes municipales, à la disposition de tous. Plus d&amp;rsquo;énormes immeubles bloquant, dans aucune rue du centre, la vue de celui qui a envie de lever les yeux et de voir les montagnes. Plus de massacre du paysage, plus d&amp;rsquo;arrestations pour &amp;ldquo;tapage&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;entrave à la circulation&amp;rdquo;&amp;hellip; merde au tourisme, impasse pour l&amp;rsquo;autoroute, expulsés les avides pompeurs de fric, en un mot créer une ville où les  gens puissent vivre en êtres humains et non en esclaves d&amp;rsquo;un absurde Sens du Progrès qui nous précipite tous vers la folie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aussi cette campagne de 1969 fut-elle sans doute une idée encore plus insensée pour moi que pour Edwards. Il avait déjà tâté du conflit politique et avait l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;aimer ça. Mon seul militantisme consistait à vouloir foutre en l&amp;rsquo;air ce qui avait été, jusqu&amp;rsquo;alors, une trêve très confortable&amp;hellip; et rétrospectivement, je suis incapable de dire vraiment pourquoi je me suis lancé là-dedans. Ce fut probablement Chicago – cette semaine flippante d&amp;rsquo;août 1968. J&amp;rsquo;étais allé à la Convention démocrate comme journaliste et j&amp;rsquo;en suis revenu changé.&#xA;Pour moi, cette semaine à Chicago fut bien pire que le plus abominable mauvais trip à l&amp;rsquo;acide dont j&amp;rsquo;aie jamais entendu causer, même par ouï-dire. Ça m&amp;rsquo;a complètement et pour toujours baisé la tête, et ma première idée – quand j&amp;rsquo;ai fini par me calmer – fut la conviction absolue qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;était totalement impossible d&amp;rsquo;accepter la moindre trêve personnelle dans une nation capable de faire éclore un monstre aussi immonde que Chicago, et d&amp;rsquo;en être fière en plus. Soudain, j&amp;rsquo;ai eu l&amp;rsquo;envie irrésistible de prendre à la gorge les salauds qui s&amp;rsquo;étaient, on ne sait comment, glissés au pouvoir et étaient responsables de tout ce merdier.&#xA;Mais qui au juste ? Le maire Daley était-il une cause ou un symptôme ? Lyndon Johnson était fini, Hubert Humphrey cuit, McCarthy brisé, Kenedy mort&amp;hellip; Restait plus que Nixon, ce petit pet pompeux en plastique qui allait bientôt devenir notre président. J&amp;rsquo;étais allé à Washington pour son inauguration, dans l&amp;rsquo;espoir qu&amp;rsquo;un ouragan de merde réduirait la Maison Blanche en bouillie. Mais rien de ce genre n&amp;rsquo;est arrivé : pas d&amp;rsquo;ouragan de merde, pas de justice&amp;hellip; et Nixon est au pouvoir, bien cramponné.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vivre au temps d&amp;rsquo;Horacio Alger&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quelques jours plus tard, sur la coulée d&amp;rsquo;asphalte noir qui dévale la prairie de Bismark à Pierre, j&amp;rsquo;ai pris un jeune gars insouciant de Pennsylvannie. Il venait de charrier le foin dans le Dakota du Nord, et se rendait à Los Angeles où il avait la certitude de trouver quelque chose.&#xA;Ça se peut, ai-je pensé, mais espérons que je n&amp;rsquo;aurai pas à te ramasser à nouveau, dans dix ans, lorsqu&amp;rsquo;ils auront donné quelques tours de vis supplémentaires. Les ambulants sont une espèce en voie de disparition. À l&amp;rsquo;ère de l&amp;rsquo;automatisation et de la garantie de l&amp;rsquo;emploi, répondre à l&amp;rsquo;appel de la route, c&amp;rsquo;est creuser le trou qui se renfermera sur soi. On peut être certain qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;avenir, les ambulants formeront les gros bataillons des chômeurs chroniques. Ils n&amp;rsquo;ont jamais su ce qu&amp;rsquo;était la garantie de l&amp;rsquo;emploi, mais seulement le travail ; ils n&amp;rsquo;ont jamais su ce qu&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;épargne ; l&amp;rsquo;argent à peine gagné, ils le dépensaient, contribuant ainsi à l&amp;rsquo;édification d&amp;rsquo;une économie de plus en plus technologique où il y a de moins en moins de place pour eux avec chaque année qui passe.&#xA;À la sortie sud de Pierre, je me suis séparé de mon jeune optimiste et de sa valise de plastique bleu. Il s&amp;rsquo;est fondu dans un nuage de poussière et quand je l&amp;rsquo;ai aperçu de nouveau dans le rétroviseur, il avait le pouce pointé en direction de Los Angeles.&#xA;Pour ma part, je suis retourné à l&amp;rsquo;Holliday Inn – il y a une piscine et les chambres sont climatisées – pour méditer sur le paradoxe d&amp;rsquo;une nation si généreuse envers ceux qui, du fond d&amp;rsquo;innombrables sinécures corporatistes, chantent les louanges de l&amp;rsquo;individualisme farouche, et si ingrate envers l&amp;rsquo;armée décimée de ces réfugiés du passé qui le pratiquent au jour le jour sous une forme brutale, déracinée, suicidaire parfois, dont la plupart d&amp;rsquo;entre nous se sont détournés depuis longtemps, comme d&amp;rsquo;une habitude honteuse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Hashbury, capitale des hippies&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Grosso modo, &amp;ldquo;hip&amp;rdquo; se traduit par &amp;ldquo;informé&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;branché&amp;rdquo;. Un hippie est branché en permanence sur la réalité profonde. Il se met au diapason ou se laisse carrément porter par la lame de fond. Les hippies haïssent le toc. Ils veulent être ouverts, honnêtes, tendres, libres. Ils rejettent l&amp;rsquo;escroquerie au plastique qui triomphe dans l&amp;rsquo;Amérique du 20e siècle et lui préfèrent &amp;ldquo;le retour à la nature&amp;rdquo;, façon Adam et Ève. Ils récusent le moindre lien de parenté avec la Beat Generation sous prétexte que &amp;ldquo;ces blaireaux étaient tous négatifs. Nous sommes résolument positifs&amp;rdquo;. Ils méprisent la politique (&amp;ldquo;une farce de plus&amp;rdquo;) et se méfient de l&amp;rsquo;argent ainsi que de l&amp;rsquo;agressivité sous toutes ses formes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À mesure que les défoncés fauchés affluent dans le ghetto, la question du logement et de la nourriture se pose avec une acuité croissante. Les &amp;ldquo;Diggers&amp;rdquo; représentent peut-être une solution partielle à ce problème. Très jeunes, ils font preuve d&amp;rsquo;un pragmatisme à toute épreuve. On les a baptisés les &amp;ldquo;prêtres ouvriers&amp;rdquo; du mouvement hippie, ou encore  le &amp;ldquo;cabinet fantôme&amp;rdquo; du Hashbury. Ils ont mis sur pied des centres d&amp;rsquo;hébergement, des distributions de repas et de vêtements gratuits. Ils font du porte à porte et ramassent tout ce qu&amp;rsquo;on veut bien leur donner, du fric au pain rassis en passant par du matériel de camping. Des affichettes Diggers sont collées dans les magasins du quartier. On y lit que marteaux, scies, pelles, chaussures seront les bienvenus, bref, tout ce qui pourrait permettre à des clochards avec des fleurs dans les cheveux de subvenir, au moins en partie, à leurs besoins.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;en suit d&amp;rsquo;ailleurs une longue explication sur les Diggers et leur rôle (p 360 et suivantes), dont l&amp;rsquo;incroyable histoire est racontée par Emmett Grogan dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5865&#34; &gt;Ringolevio&lt;/a&gt;, un livre que j&amp;rsquo;ai énormément apprécié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d&amp;rsquo;Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d’investigation basé sur l’immersion dans un milieu, n’hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d’Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;école de la vie - Lou Andreas Salomé</title>
            <link>https://pled.fr/lecole-de-la-vie-lou-andreas-salome/</link>
            <pubDate>Tue, 09 Feb 2016 18:42:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lecole-de-la-vie-lou-andreas-salome/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’école de la vie - Lou Andreas Salomé&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;louandreassalome.jpg#floatleft&#34;&gt;Cela faisait longtemps que j&amp;rsquo;avais envie de lire quelque chose à propos de Lou Andreas Salomé, cette femme qui fit tourner la tête à Nietzsche et Rilke&amp;hellip; C’est à la radio que j’ai entendu parler de ce livre : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Barill%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Élisabeth Barillé&lt;/a&gt; était l’invitée de l’émission « Les racines du ciel » sur France Culture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit livre de 90 pages est donc une sélection de textes de Lou Andeas Salomé, choisis et présentés par Élisabeth Barillé. Si le livre est petit, le contenu est assez dense, et la lecture des textes de Lou se révèle assez ardue intellectuellement. En fait j&amp;rsquo;ai largement préféré les introductions d&amp;rsquo;Élisabeth Barillé, qui présente clairement chaque texte choisi, son contexte, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut sans doute admirer l&amp;rsquo;indépendance d&amp;rsquo;esprit de cette femme, sa grande érudition, et son désir de vivre sa vie comme elle l&amp;rsquo;entend, à une époque où ce n&amp;rsquo;était certes pas facile pour une femme. Mais je crois que je préférerais et de loin lire une biographie de sa vie que ses propres écrits.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En effet je reste un peu sceptique : les textes de Lou Andreas Salomé sont vraiment très &amp;ldquo;intellectuels&amp;rdquo;, beaucoup trop à mon goût (ou pour mes capacités). On peut certes deviner l&amp;rsquo;intelligence de cette femme à lire ses textes, mais j&amp;rsquo;y trouve aussi beaucoup de certitudes sur des sujets où l&amp;rsquo;on devrait laisser la place au doute.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa rencontre avec Freud, alors que la psychanalyse est encore naissante, sera pour elle une confirmation de ses intuitions. Elle entretiendra une correspondance avec Freud et sa fille Anna, et deviendra elle-même psychanalyste. Que la psychanalyse lui ait plu n&amp;rsquo;est dès lors pas une surprise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce qui m&amp;rsquo;a vraiment surpris par contre, c&amp;rsquo;est que Lou attribue à Nietzsche un fort instinct religieux, alors qu&amp;rsquo;il me semble plutôt connu pour son athéisme ! Mais de quoi parle Lou quand elle parle de Dieu et de religion ? à force d&amp;rsquo;intellectualiser, on remplace des mots par d&amp;rsquo;autres, on déplace le problème, pour y placer ses propres certitudes, mais on ne résout rien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits, et donc à propos de Dieu et de Nietzsche&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;dieu&#34;&gt;Dieu&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Voilà d&amp;rsquo;abord ce que nous dit Élisabeth Barillé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En 1921, soit trente-six ans après ses débuts d&amp;rsquo;écrivain, l&amp;rsquo;analyste qu&amp;rsquo;elle est devenue livre cette conclusion subtile : &amp;ldquo;On ne congédie pas Dieu, on lui est reconnaissant dans la vivacité de la vie que lui seul jadis parvenait à représenter vraiment. En réveillant ainsi la vie, il abolit pour ainsi dire sa nécessité&amp;rdquo;. Ni béquille, ni garde-fou, le Dieu de Lou, allégé de ses attributs fantaisistes, de ses dogmes autoritaires, s&amp;rsquo;impose &amp;ldquo;comme l&amp;rsquo;explosion même de la confiance en la vie&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voici le texte de Lou s&amp;rsquo;y rapportant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On ne congédie pas Dieu : on lui est reconnaissant dans la vivacité de la vie que lui seul jadis parvenait à représenter vraiment. En réveillant ainsi la vie, il abolit pour ainsi dire sa nécessité. Ainsi ce qui survit de lui le plus divinement, c&amp;rsquo;est vraiment sa négation. Et par le fait qu&amp;rsquo;il peut en être ainsi, il donne au périssable en général un de ses plus grands charmes, son charme le plus divin : ce qui signifie perte devient synonyme de retour à soi-même.&#xA;Assurément on pourra trouver paradoxal — n&amp;rsquo;est-ce pas la seule activité du sentiment qui en témoigne ? — que j&amp;rsquo;affirme à partir de là que rien n&amp;rsquo;a davantage égalé mon bonheur d&amp;rsquo;enfant auprès de Dieu que ce bonheur clair et grave de jeunesse dans la reconnaissance — cette connaissance tout à fait détournée de Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand Lou écrira ses mémoires, elle commence ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Notre première expérience, chose remarquable, est celle d&amp;rsquo;une disparition. Un instant auparavant, nous étions un tout indivisible, tout Être était inséparable de nous ; et voilà que nous avons été projeté dans la naissance, nous sommes devenus un petit fragment de cet Être et devons veiller désormais à ne pas subir d&amp;rsquo;autres amputations et à nous affirmer vis-à-vis du monde extérieur qui se dresse en face de nous avec une ampleur grandissante, et dans lequel, quittant notre absolue plénitude, nous sommes tombés comme dans un vide — qui nous a tout d&amp;rsquo;abord dépossédé. [&amp;hellip;]&#xA;Voilà le problème de l&amp;rsquo;enfance à ses débuts. C&amp;rsquo;est aussi celui de toute humanité à ses débuts : un sentiment d&amp;rsquo;appartenance à l&amp;rsquo;univers continue à s&amp;rsquo;y manifester tandis que la conscience s&amp;rsquo;éveille au contact des expériences de la vie : c&amp;rsquo;est comme le grand mythe d&amp;rsquo;une participation inaliénable à la toute-puissance. Et les premiers hommes surent maintenir cette croyance avec une telle certitude que le monde des apparences semblait tout entier subordonné à une magie accessible à l&amp;rsquo;homme. Ceux-ci ont toujours un peu douté de la validité universelle du monde extérieur qui semblait autrefois ne faire qu&amp;rsquo;un avec eux ; ils ont toujours réparé cette déchirure apparue à leur conscience grâce à l&amp;rsquo;imagination, bien que celle-ci doive adapter la structure de ses retouches inspirées par le Divin à la réalité extérieure de plus en plus présente. Ce monde au-dessus et à côté de lui, cette réplique imaginaire appelée à camoufler l&amp;rsquo;aspect problématique de la destinée humaine, l&amp;rsquo;homme l&amp;rsquo;appela sa religion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette dernière partie me fait d&amp;rsquo;ailleurs penser à ce que dit Max Stirner à propos de l&amp;rsquo;antiquité et des modernes (voir l&amp;rsquo;article &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6209&#34; &gt;L&amp;rsquo;Unique et sa propriété - Max Stirner&lt;/a&gt;), et de l&amp;rsquo;évolution de la perception du monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Donc si je comprends bien, Dieu ou cet Être supérieur, peu importe comment on l&amp;rsquo;appelle, est une évidence pour Lou, validée par ce sentiment d&amp;rsquo;incomplétude que ressentirait tout être humain depuis la naissance ; et la religion n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un artifice créé par l&amp;rsquo;imagination de l&amp;rsquo;homme. Elle revient souvent sur cette rupture avec ce &amp;ldquo;tout indivisible&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;elle remplace ensuite par la joie de vivre, tout cela démontrant l&amp;rsquo;existence de l&amp;rsquo;Être Suprême.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Or elle a été élevée dans une famille croyante ; puis à 17 ans, après avoir lu Spinoza (qui remplace Dieu par la nature) et Kant, elle perd son père et abandonne alors sa foi religieuse. Elle a alors comme maître un pasteur (beaucoup plus âgé qu&amp;rsquo;elle), qui voudra divorcer pour l&amp;rsquo;épouser, ce qu&amp;rsquo;elle refuse et qui la choque : il y a de quoi perdre la foi avouons-le !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela me laisse donc vraiment sceptique, je la vois plutôt comme une croyante qui a intellectualisé sa foi, mais qui reste croyante au bout du compte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;nietzsche&#34;&gt;Nietzsche&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Quand Lou rencontre Nietzsche, elle écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le caractère fondamentalement religieux de nos natures est notre point commun, et peut-être est-il si prononcé parce que nous sommes des libres-penseurs. [&amp;hellip;] Dans la libre-pensée, le sentiment religieux [&amp;hellip;] peut devenir la force héroïque de son être.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Élisabeth Barillé nous dit pourtant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jamais ils ne seront plus proches qu&amp;rsquo;au mois d&amp;rsquo;août 1882 en Thuringe. L&amp;rsquo;auteur du Gai Savoir s&amp;rsquo;emploie à guider sa disciple sur la voie libératrice de l&amp;rsquo;athéisme souverain et de l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Amor_fati&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Amor fatI&lt;/a&gt;. Ce grand &amp;ldquo;oui&amp;rdquo; jeté à la face du destin sera la clé de voûte de pensée de Lou pour sa vie entière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Or voilà ce que Lou écrira quelques années plus tard à propos de Nietzsche :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De toutes les tendances fondamentales de Nietzsche, aucune n&amp;rsquo;était plus profondément ancrée en lui que son instinct religieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la libre-pensée, le sentiment religieux ne peut pas se référer à quelque principe divin ou à un ciel dans lesquels les forces constitutives de la religion, telles que la faiblesse, la peur et la cupidité trouveraient leur compte. Dans la libre-pensée, le besoin religieux créé par les religions — ce rejeton plus noble des formes particulières de la foi —, abandonné en quelque sorte à lui-même, peut devenir la force héroïque de son être, le désir de se dévouer à une grande fin.&#xA;Il y a un trait héroïque dans le caractère de N., qui est essentiel en lui, c&amp;rsquo;est ce trait qui donne à l&amp;rsquo;ensemble de ses qualités et de ses pulsions leur caractère et leur unité. Nous le verrons apparaître un jour comme le messager d&amp;rsquo;une nouvelle religion, une religion dont les disciples seront des héros.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans ce cri célèbre de Nietzsche : &amp;ldquo;S&amp;rsquo;il y avait un Dieu, comment supporterais-je la pensée de ne pas être Dieu ?&amp;rdquo; [&amp;hellip;] Nietzsche arrachait sa confession à des abîmes plus profonds, montait la force qui a mis en branle sa pensée : c&amp;rsquo;est le martyre d&amp;rsquo;une vie entière passée à la quête d&amp;rsquo;un substitut de Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai plutôt l&amp;rsquo;impression que c&amp;rsquo;est surtout Lou qui cherche un substitut à Dieu, et qu&amp;rsquo;elle &amp;lsquo;analyse&amp;rsquo; Nietzsche à la lumière de ses propres croyances.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure, tout ça me paraît un peu fumeux, complexe à souhait, pour revenir au point de départ sans avoir rien explicité. Et comment le pourrait-on d&amp;rsquo;ailleurs ? Il y a des questions sans réponse&amp;hellip; Pas surprenant que la psychanalyse lui ait plu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Barill%C3%A9&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Élisabeth Barrillé&lt;/a&gt; est un écrivain français née en 1960 à Paris, alternant romans, biographies, essais et récits de voyage. Elle a été grand reporter pour des magazines de voyage, effectuant plusieurs voyages en Inde, puis en Russie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Millénium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz</title>
            <link>https://pled.fr/millenium-4-ce-qui-ne-me-tue-pas-david-lagercrantz/</link>
            <pubDate>Mon, 04 Jan 2016 18:33:43 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Millénium 4 - Ce qui ne me tue pas - David Lagercrantz&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;millenium4.jpg#floatleft&#34;&gt;Voici la fameuse suite à la trilogie de Stieg Larsson, tant attendue puisque son auteur fut victime d&amp;rsquo;une crise cardiaque avant la parution de son œuvre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après la polémique sur les droits d&amp;rsquo;auteur (la famille refusa d&amp;rsquo;inclure la compagne de 30 ans de Stieg Larsson car ils n&amp;rsquo;étaient pas mariés), je n&amp;rsquo;avais pas trop envie d&amp;rsquo;acheter ce livre, même si la part de recettes revenant à la famille sera intégralement reversée au magazine antiraciste Expo, fondé par Stieg Larsson. Finalement, je l&amp;rsquo;ai emprunté à des amis, et je l&amp;rsquo;ai lu en trois jours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors que vaut ce quatrième opus ? on retrouve bien l&amp;rsquo;ambiance de Millénium, avec les deux héros que sont Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. L&amp;rsquo;intrigue tourne autour de l&amp;rsquo;intelligence artificielle, de l&amp;rsquo;espionnage industriel et de la NSA. Lisbeth en ayant terminé avec son père, c&amp;rsquo;est avec sa sœur qu&amp;rsquo;elle va en découdre&amp;hellip; et comme celle-ci disparaît à la fin du roman, il y aura certainement une suite à ce quatrième tome (on ne tue pas la poule aux œufs d&amp;rsquo;or !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé dans l&amp;rsquo;ensemble, ça se lit très facilement, comme tout bon polar. Pour le style, j&amp;rsquo;ai trouvé qu&amp;rsquo;il  y avait beaucoup de personnages secondaires que l&amp;rsquo;auteur prend le temps de décrire, pour disparaître aussitôt, alourdissant inutilement l&amp;rsquo;histoire, qui manque tout de même un peu d&amp;rsquo;action. Une autre chose un peu énervante est sa manie de couper abruptement la narration à un moment crucial, pour y revenir plus tard et ainsi ménager le suspens. Un peu trop systématique à mon goût.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à la crédibilité&amp;hellip; Lisbeth qui hacke le réseau intranet de la NSA, l&amp;rsquo;enfant autiste qui craque une clef RSA&amp;hellip; tout semble permis ! D&amp;rsquo;ailleurs, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment retrouvé le personnage de Lisbeth, plus humaine dans ce roman, et également moins présente, à ma grande déception.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Lagercrantz&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;David Lagercrantz&lt;/a&gt;, né en 1962, est un journaliste et auteur de best-sellers suédois, également connu pour avoir écrit une biographie de Zlatan Ibrahimović.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La folie Almayer - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/la-folie-almayer-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Thu, 17 Dec 2015 17:45:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-folie-almayer-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La folie Almayer - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;almayer.jpg#floatleft&#34;&gt; Retour à Joseph Conrad, avec son premier roman, celui qui le consacra comme écrivain&amp;hellip; auprès des connaisseurs et des critiques essentiellement ! Car lors de sa sortie, le livre se vendît peu auprès du public, et encore aujourd&amp;rsquo;hui, ne fait pas partie de ses œuvres majeures.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourtant Conrad a pris le temps de peaufiner son premier récit : commencé en 1889, et à cette époque encore officier de marine, il va trimballer le manuscrit par delà les mers, et risquer de le perdre plusieurs fois. Le roman est finalement publié en 1895, et si Conrad n&amp;rsquo;en reçoit que très peu d&amp;rsquo;argent, il sait désormais qu&amp;rsquo;il deviendra un écrivain, et consacrera les trente années qu&amp;rsquo;il lui reste à vivre à écrire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le thème choisi par Conrad est celui de la déchéance d&amp;rsquo;un Européen en Indonésie. Quand le roman commence (mais la narration n&amp;rsquo;est pas chronologique, Conrad fait de fréquents aller-retour dans le passé, un style qu&amp;rsquo;il emploiera souvent dans ses romans), Kaspar Almayer fait le point sur sa vie en attendant désespérément le retour du capitaine Tom Lingard, assis sur sa véranda auprès d&amp;rsquo;entrepôts pourrissants au bord d&amp;rsquo;un fleuve, dans la jungle de Bornéo.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jeune hollandais, il a tout quitté pour suivre le capitaine Tom Lingard, aventurier surnommé Rajah Laut, le &amp;ldquo;Roi de la mer&amp;rdquo;, qui lui a promis la fortune, un trésor perdu dans la jungle ! Puis il s&amp;rsquo;est marié avec la fille adoptive malaise de Lingard, avec laquelle il a eu une fille, la prunelle de ses yeux. Mais les rêves de fortune se sont envolés, sa femme malaise le méprise, pendant que ses affaires périclitent, malmenées par la concurrence des commerçants arabes et les relations difficiles avec le Rajah local. Un maigre espoir subsiste pourtant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le premier roman de Conrad que je lis sans que le récit soit fait par un narrateur (le capitaine Marlow), et j&amp;rsquo;ai nettement préféré : Marlow est un peu lourd parfois, avec son air de tout savoir sur l&amp;rsquo;âme humaine ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus sérieusement, j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé ce roman : le style est parfait, Conrad a le génie de la description d&amp;rsquo;une nature tropicale (la jungle, le fleuve, la chaleur, la nuit&amp;hellip;), ainsi que de l&amp;rsquo;âme des hommes empêtrés dans leur destin, que ce soit l&amp;rsquo;amour, la puissance ou la gloire qui les guident. Je suis entré immédiatement dans l&amp;rsquo;histoire, et me suis délecté du style de l&amp;rsquo;auteur. Un bon livre pour s&amp;rsquo;évader de son environnement, ou bien à lire lors d&amp;rsquo;un voyage&amp;hellip; quoique simplement allongé sur n&amp;rsquo;importe quelle plage fera très bien l&amp;rsquo;affaire également !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vladimir Vladimirovitch  - Bernard Chambaz</title>
            <link>https://pled.fr/vladimir-vladimirovitch-bernard-chambaz/</link>
            <pubDate>Wed, 09 Dec 2015 18:47:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vladimir-vladimirovitch-bernard-chambaz/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Vladimir Vladimirovitch  - Bernard Chambaz&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vladimir.jpg#floatleft&#34;&gt;Bouquin offert par mon libraire (&amp;ldquo;sans aucune garantie, je ne l&amp;rsquo;ai pas lu&amp;hellip;&amp;rdquo;) avant que je ne déménage ; sur la marge, il est écrit &amp;ldquo;Exemplaire offert&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un type qui a la particularité d&amp;rsquo;avoir un célèbre homonyme, plus connu sous le nom de Vladimir Poutine. Voilà le point de départ du roman, et ce &amp;ldquo;double&amp;rdquo; va nous raconter sa vie et celle de l&amp;rsquo;autre, qu&amp;rsquo;il consigne dans ses carnets (rouge, gris, noir) : difficile d&amp;rsquo;échapper à l&amp;rsquo;omniprésence d&amp;rsquo;un tel homonyme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, je n&amp;rsquo;ai pas appris grand chose sur Poutine, la plupart des informations sont connues (son enfance de petite frappe, son ascension au KGB puis dans la hiérarchie du Parti, son opportunisme, sa nostalgie de la grande Russie), même si ces cahiers sont la partie la plus intéressante du livre, malheureusement minoritaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé le portrait est relativement complaisant, pas un mot par exemple sur l&amp;rsquo;enrichissement supposé qui ferait de Poutine l&amp;rsquo;un des hommes les plus riches du monde aujourd&amp;rsquo;hui. Mais comme se plaît à le répéter Hubert Védrine, on aurait pu avoir pire à la tête de la Russie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La plus grande partie du roman concerne l&amp;rsquo;autre Vladimir, le simple homonyme donc, et offre peu d&amp;rsquo;intérêt à mon goût, si ce n&amp;rsquo;est la description en pointillé de la vie quotidienne d&amp;rsquo;un Russe contemporain, avec ses petits problèmes (comme tout le monde).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Chambaz&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bernard Chambaz&lt;/a&gt;, né en 1949,  est un romancier, historien et poète français. Il reçoit le prix Goncourt du premier roman en 1993 pour L’Arbre des vies. Son père, Jacques Chambaz, fit partie du bureau politique du PCF de 1974 à 1979, ceci explique peut-être ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Badawi - Mohed Altrad</title>
            <link>https://pled.fr/badawi-mohed-altrad/</link>
            <pubDate>Tue, 01 Dec 2015 14:33:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/badawi-mohed-altrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Badawi - Mohed Altrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;badawi.jpg#floatleft&#34;&gt;Je crois que c&amp;rsquo;était lors d&amp;rsquo;un reportage de Stade2 qui présentait le portrait pour le moins atypique de ce chef d&amp;rsquo;entreprise, également premier actionnaire et président du Montpellier Hérault Rugby. L&amp;rsquo;homme avait un parcours incroyable (fils de bédouin syrien), un discours très humble et reconnaissant à la France dont il a pris la nationalité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est également écrivain, et j&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre pour mieux connaître son histoire, qu&amp;rsquo;il est censé raconter dans ce roman. Mais finalement, l&amp;rsquo;homme se livre peu, et beaucoup de choses ne sont pas dites. Je suis resté un peu sur ma faim à ce sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie est celle de son enfance, la plus intéressante : il perd sa mère très jeune, celle-ci ayant été auparavant répudiée par son mari. Il est alors élevé (durement) par sa grand-mère, et pour elle son avenir est tout tracé : il sera berger ! Mais l&amp;rsquo;enfant éprouve une fascination pour l&amp;rsquo;école, et fait tout pour pouvoir y aller. Non seulement il y arrive, mais son travail et ses résultats lui permettront de poursuivre ses études à la grande ville de Raqqah.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie est celle du retour au pays, et le récit perd en force : l&amp;rsquo;homme a poursuivi ses études en France, et est maintenant ingénieur, travaillant pour une compagnie pétrolière. Il se rend très vite compte qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a plus grand chose de commun avec ce pays, n&amp;rsquo;ayant pas vraiment de famille à retrouver&amp;hellip; Reste néanmoins son amour de jeunesse, Fadia, qui l&amp;rsquo;attend toujours, fidèle à leur promesse d&amp;rsquo;amour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est là que l&amp;rsquo;auteur peine manifestement à se livrer totalement. Au moment où il éprouve à nouveau des sentiments pour elle (ce qui n&amp;rsquo;avait rien d&amp;rsquo;évident après ces longues années), il va &amp;ldquo;fuir&amp;rdquo; sous le prétexte d&amp;rsquo;une obligation professionnelle, et finalement lui enverra une lettre pour lui signifier que leur histoire est terminée, même s&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;aime toujours&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai eu le sentiment que tout n&amp;rsquo;était pas dit ici : son ambition, son égoïsme ne sont certainement pas étrangères à son renoncement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohed_Altrad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mohed Altrad&lt;/a&gt; est né en 1948 ou bien en 1951, est un homme d&amp;rsquo;affaire français d&amp;rsquo;origine syrienne. Il est aussi auteur de romans et d&amp;rsquo;ouvrages de management.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Simon Bolivar : le rêve américain - Pierre Vayssière</title>
            <link>https://pled.fr/simon-bolivar-le-reve-americain-pierre-vayssiere/</link>
            <pubDate>Mon, 23 Nov 2015 18:42:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/simon-bolivar-le-reve-americain-pierre-vayssiere/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Simon Bolivar : le rêve américain - Pierre Vayssière&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;simon-bolivar.jpg#floatleft&#34;&gt;Quand j&amp;rsquo;avais lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7007&#34; &gt;Le général dans son labyrinthe&lt;/a&gt; de Gabriel Garcia Marquez, je m&amp;rsquo;étais dit qu&amp;rsquo;une biographie de Simon Bolivar devait être passionnante. J&amp;rsquo;ai donc regardé ce qui existait : rien de disponible en format poche, je me suis donc rabattu sur ce livre, écrit par un historien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est un peu là le problème, Pierre Vayssière a choisi une approche thématique (l&amp;rsquo;homme politique, le chef de guerre, le mythe, etc..), là où j&amp;rsquo;aurai préféré une simple chronologie de sa vie, particulièrement l&amp;rsquo;histoire de ses conquêtes, qui n&amp;rsquo;occupe finalement que soixante dix pages de ce gros volume.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le reste n&amp;rsquo;est pour autant ni inutile, ni inintéressant, loin de là : on cerne mieux le personnage complexe grâce à lui : ses origines, ses motivations, la part du mythe dans ce personnage au destin incroyable, surnommé &amp;ldquo;el Libertador&amp;rdquo;, encore aujourd&amp;rsquo;hui célébré (et récupéré) dans toute l&amp;rsquo;Amérique latine ; il a même donné son nom à tout un pays, la Bolivie. Mais pour la partie conquête, je suis resté largement sur ma faim&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors comment résumer cette histoire ? Il reste avant tout l&amp;rsquo;homme qui libéra plusieurs pays de trois siècles de colonisation espagnole : Venezuela, Colombie, Équateur, et même le Pérou (pour ce dernier, il lui faudra franchir la cordillère des Andes dans des conditions proprement incroyables). Hélas, son rêve d&amp;rsquo;unification fera long feu, et les caudillos locaux, les luttes politiques y mettront fin rapidement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Héritier du siècle des Lumières par son éducation et ses lectures, témoin des &amp;ldquo;révolutions atlantiques&amp;rdquo; aux États-Unis et en Europe, son rêve est d&amp;rsquo;unifier les pays d&amp;rsquo;Amérique latine, profitant du déclin de l&amp;rsquo;Empire espagnol mis à mal par Napoléon. Comme ce dernier (dont il est un fervent admirateur), Simon Bolivar est un républicain convaincu, mais partisan d&amp;rsquo;un pouvoir fort. Il est issu d&amp;rsquo;une riche famille créole (élite blanche, dont les origines remontent au pays basque), et se dit libéré de tout préjugé racial (il serait blanc métissé d&amp;rsquo;indien par son grand-père et en partie mulâtre par sa grand-mère). Il est de nature chétive, mais aussi un grand séducteur aimé des femmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire que la société sud-américaine fonctionne comme un système de castes, fruit de trois siècles de colonisation ; entre les blancs, les créoles, les esclaves noirs et les indiens, il n&amp;rsquo;est pas simple de s&amp;rsquo;y retrouver, et de comprendre qui veut quoi&amp;hellip; Comme à Cuba, on retrouve la réticence des grands propriétaires à libérer les esclaves, et Bolivar est issue d&amp;rsquo;une telle famille. Pourtant, Simon Bolivar réforme, mais plus par opportunisme, comme par exemple en libérant les esclaves noirs à condition qu&amp;rsquo;ils se battent avec lui, un marché qui ne les tente guère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure, le personnage reste tout de même sympathique, au regard de ce qu&amp;rsquo;il a accompli, même si le bilan est contrasté. Il est également surnommé &amp;ldquo;Le Don Quichotte de l&amp;rsquo;Amérique&amp;rdquo;, ce qui résume assez bien le personnage. Il avait soif de gloire, mais pas de pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pierre Vayssière n&amp;rsquo;a pas de page wikipedia ! Il est un historien spécialiste de l&amp;rsquo;Amérique latine, professeur émérite de l&amp;rsquo;Université de Toulouse II, et selon &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.bibliomonde.com/auteur/pierre-vayssiere-2464.html&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;bibliomonde&lt;/a&gt;, franchement marqué à droite :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pierre Vayssière offre une vision conservatrice de l&amp;rsquo;Amérique latine. Ses ouvrages proposent une image systématiquement défavorable des mouvements de gauche du sous-continent et au contraire ont tendance à minimiser les méfaits des dictatures et de l&amp;rsquo;interventionnisme nord-américain.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le cadre de cette biographie, cela a peu d&amp;rsquo;importance : George Washington avait signé un pacte de neutralité avec Madrid&amp;hellip; mais Simon Bolivar se méfiait (déjà) de leur expansionnisme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tribulations d&#39;un précaire - Iain Levison</title>
            <link>https://pled.fr/tribulations-dun-precaire-iain-levison/</link>
            <pubDate>Thu, 19 Nov 2015 18:44:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tribulations-dun-precaire-iain-levison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Tribulations d’un précaire - Iain Levison&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tribulationsdunprecaire.jpg#floatleft&#34;&gt;Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9363&#34; &gt;Un petit boulot&lt;/a&gt; qui m&amp;rsquo;avait bien plu, j&amp;rsquo;enchaîne avec le premier livre publié par cet auteur, un récit autobiographique sur les 42 petits boulots qu’il a exercés à la fin de sa licence de lettres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On comprend mieux la vision de la société évoquée dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9363&#34; &gt;Un petit boulot&lt;/a&gt; à la lecture des expériences professionnelles par lesquelles Iain Levison est passé&amp;hellip; Ayant dépensé 40 000 dollars (et donc complètement fauché) pour passer une licence de lettres qui se révèle totalement inutile (voir un handicap) pour trouver un travail, il nous raconte tous les petits boulots qu&amp;rsquo;il a du faire pour survivre, dont certains durs et dangereux en Alaska.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La description de cette société inégalitaire où le travailleur, peu payé, au contrat précaire, doit en plus subir toutes les brimades de petits chefs, les horaires impossibles, obligé de sourire au client en lui souhaitant &amp;ldquo;une bonne journée&amp;rdquo;, sans parler des arnaqueurs qui profitent de la précarité, etc&amp;hellip; ne manque ni de justesse (au moins c&amp;rsquo;est du vécu !), ni d&amp;rsquo;humour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais sa conclusion est assez amère : le travailleur est devenu une quantité négligeable, seuls comptent les résultats financiers ; l&amp;rsquo;attitude des entreprises vis-à-vis de ceux qui accomplissent le travail n&amp;rsquo;a véritablement jamais vraiment changée, et le fossé qui se creuse rend le dialogue impossible, car dénué de sens.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits, le dernier est la conclusion :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au  cours des dix dernières années, j&amp;rsquo;ai eu quarante-deux emplois dans six États différents. J&amp;rsquo;en ai laissé tomber trente, on m&amp;rsquo;a viré de neuf, quant aux trois autres, ç&amp;rsquo;a a été un peu confus. C&amp;rsquo;est parfois difficile de dire exactement ce qui s&amp;rsquo;est passé, vous savez seulement qu&amp;rsquo;il vaut mieux ne pas vous représenter le lendemain.&#xA;Sans m&amp;rsquo;en rendre compte, je  suis devenu un travailleur itinérant, une version moderne  du Tom Joad des &lt;em&gt;Raisins de la colère&lt;/em&gt;. À deux différences près. Si vous demandiez  à Tom Joad de quoi il vivait, il vous répondait : &amp;ldquo;Je suis ouvrier agricole&amp;rdquo;. Moi, je n&amp;rsquo;en sais rien. L&amp;rsquo;autre différence, c&amp;rsquo;est que Tom Joad n&amp;rsquo;avait pas fichu quarante mille dollars en l&amp;rsquo;air pour obtenir une licence de lettres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une usine délocalisée au Mexique aujourd&amp;rsquo;hui, une augmentation des salaires du Congrès demain, un fonctionnaire de l&amp;rsquo;Administration qui ferme les yeux sur la hausse des tarifs des compagnies de téléphone après-demain, et bientôt tout le monde doit se contenter de survivre. Les promoteurs immobiliers voient une occasion de gonfler les prix et personne ne le leur interdit. Où se cache le type censé dire &amp;ldquo;Non, ce ne serait pas juste &amp;quot; ? A-t-il seulement existé ? Les auteurs de la Constitution ont-ils négligé d&amp;rsquo;inclure un paragraphe sur ce qui arriverait quand la richesse commencerait à passer du peuple aux mains de quelques-uns ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a de nombreuses façons de voir la chose. Ça ne va pas si mal. Je vis dans le pays le plus riche du monde ; même être fauché ici vaut mieux que d&amp;rsquo;appartenir à la classe moyenne du Pérou ou de l&amp;rsquo;Angola. [&amp;hellip;] Ce n&amp;rsquo;est pas une question d&amp;rsquo;argent. Le véritable problème c&amp;rsquo;est que nous sommes tous considérés comme quantité négligeable. Un humain en vaut un autre. La loyauté et l&amp;rsquo;effort ne sont pas récompensés. Tout tourne autour des résultats financiers, un terme aussi détestable pour tout travailleur que &amp;ldquo;licenciement&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;retraite forcée&amp;rdquo;. D&amp;rsquo;accord, nos avons fait des progrès depuis l&amp;rsquo;édification du barrage Hoover ou depuis que les ouvriers mouraient en construisant les voies ferrées, mais l&amp;rsquo;attitude des entreprises vis-à-vis de ceux qui accomplissent le travail est restée la même. Et le balancier revient dans l&amp;rsquo;autre sens. Ceux qui font les promesses sont si loin de tout qu&amp;rsquo;ils ne voient même plus que leurs promesses ne signifient rien. Des actions de votre entreprise au bout de cinq ans ? Super, merci. Mais nous savons tous les deux que, statistiquement, dans cinq ans je serai parti depuis longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Iain_Levison&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Iain Levison&lt;/a&gt;, né en 1963 à Aberdeen, est un écrivain américain d’origine écossaise vivant à Philadelphie. Après avoir vécu avec sa mère célibataire dans un taudis d’Aberdeen, il part vivre aux États-Unis en 1971.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un petit boulot - Iain Levison</title>
            <link>https://pled.fr/un-petit-boulot-iain-levison/</link>
            <pubDate>Thu, 12 Nov 2015 18:17:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-petit-boulot-iain-levison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Un petit boulot - Iain Levison&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;unpetitboulot.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est par un article du Canard enchaîné que j&amp;rsquo;ai entendu parler de cet auteur ; c&amp;rsquo;était pour un autre livre (&amp;ldquo;Tribulations d&amp;rsquo;un précaire&amp;rdquo;) mais il y avait une référence à celui-ci, son premier roman. Il en était dit le plus grand bien, humour décapant dans un Amérique où sévit le chômage&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je l&amp;rsquo;ai lu en moins d&amp;rsquo;une journée, assez vite accroché par l&amp;rsquo;histoire et le ton mordant avec lequel elle est contée : dans une petite ville des États-Unis, la crise économique a frappé de plein fouet, et plusieurs usines ont fermées, laissant beaucoup de personnes sur le carreau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jake Skowran est l&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;entre elles, passablement écœuré par ce monde où seul compte le profit. Sa copine l&amp;rsquo;a quitté, il a du résilier son abonnement au câble et vendre sa télé, couper le chauffage de l&amp;rsquo;appartement&amp;hellip; et pour couronner le tout, il a des dettes de jeu. Jusqu&amp;rsquo;au jour où un bookmaker mafieux lui propose &amp;ldquo;un petit boulot&amp;rdquo;&amp;hellip; qui consiste à tuer sa femme qui le trompe ! N&amp;rsquo;ayant plus rien à perdre, Jake accepte et va devenir tueur à gage, sans aucun remord.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un bon polar, avec une écriture assez directe, et qui se lit très vite ; toute l&amp;rsquo;histoire est parsemée de réflexions sur la crise économique qui frappe et provoque le désespoir, la misère, la honte des gens&amp;hellip; Et c&amp;rsquo;est plutôt bien vu ! Voilà trois petits extraits pour vous faire une idée : vous verrez que les réflexions de Jake sur la société sont très lucides&amp;hellip; comme pour la façon dont il aborde le métier de tueur à gage !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si le directeur de l&amp;rsquo;empire Gas&amp;rsquo;n&amp;rsquo;Go m&amp;rsquo;appelait demain matin pour me dire que je suis foutu dehors encore une fois, la qualité de mon travail n&amp;rsquo;en souffrirait pas. Je n&amp;rsquo;arrêterais pas de nettoyer et je ne me mettrais pas à voler, comme ils le pensent. C&amp;rsquo;est pour ça que, en supposant que les licenciements soient jamais nécessaires, nous ne l&amp;rsquo;apprenons qu&amp;rsquo;à la dernière minute. Ils considèrent chaque fourmi ouvrière comme un traître potentiel qui crève d&amp;rsquo;envie de s&amp;rsquo;emparer de leur bien. Mais moi et les gars avec qui je travaillais n&amp;rsquo;étions pas là pour eux, ni même pour leur chèque. Nous étions là pour nous, parce que nous pouvions former une équipe et faire un boulot. Et le pire dans les licenciements, ç&amp;rsquo;a été de découvrir soudain que l&amp;rsquo;équipe était un mirage, créé par la direction pour obtenir davantage de nous à moindre coût. Ce que nous réalisions n&amp;rsquo;avait de sens que pour nous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Peut-être que rien de tout ça n&amp;rsquo;est vrai. Peut-être que Corinne Gardocki passe ses journées comme bénévole dans un foyer pour sans-abri et que son histoire avec le pilote de ligne est le produit de la paranoïa sénile de Gardocki. Le &amp;ldquo;pilote de ligne&amp;rdquo; est peut-être son frère. En fait ça m&amp;rsquo;est égal. Elle va mourir parce que j&amp;rsquo;ai été licencié d&amp;rsquo;une usine rentable en plein milieu de ma carrière. Elle va mourir parce que ma copine m&amp;rsquo;a quitté, parce que je ne supporte pas la vie de chômeur. Corinne Gardocki est une femme morte parce qu&amp;rsquo;un petit malin de Wall Street a décidé que notre usine ferait de plus gros bénéfices si elle se trouvait au Mexique. Je t&amp;rsquo;aurai, Corinne. Un problème moral ? Pas vraiment.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tommy me fait bosser comme une bête, et quand arrive samedi je suis vraiment fatigué. Fatigué par le travail. Quelle sensation merveilleuse et oubliée. Ceux qui ont un boulot et bossent comme des bêtes n&amp;rsquo;apprécient pas à sa juste valeur le privilège de ce sentiment de satisfaction, la beauté de leur épuisement, qu&amp;rsquo;ils peuvent porter comme une médaille. Cet épuisement vous donne de l&amp;rsquo;énergie, vous savez que vous avez apporté votre contribution, changé quelque chose. J&amp;rsquo;ai changé quelque chose en remplissant les pots à café, en nettoyant par terre et en enregistrant des paquets de chips et des bières. Je suis redevenu un travailleur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Iain_Levison&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Iain Levison&lt;/a&gt;, né en 1963 à Aberdeen, est un écrivain américain d&amp;rsquo;origine écossaise vivant à Philadelphie. Après avoir vécu avec sa mère célibataire dans un taudis d&amp;rsquo;Aberdeen, il part vivre aux États-Unis en 1971. Son premier livre, &lt;em&gt;Tribulations d&amp;rsquo;un précaire&lt;/em&gt; est un récit autobiographique sur les 42 petits boulots qu&amp;rsquo;il a exercés à la fin de sa licence de lettres. &lt;em&gt;Un petit boulot&lt;/em&gt; (2003) est son premier roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lonesome dove- Larry McMurtry</title>
            <link>https://pled.fr/lonesome-dove-larry-mcmurtry/</link>
            <pubDate>Fri, 09 Oct 2015 17:58:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lonesome-dove-larry-mcmurtry/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Lonesome dove- Larry McMurtry&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lonesomedove1.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ultime recommandation de mon libraire à qui je venais dire adieu puisque je déménageais et quittais la ville : &amp;ldquo;Si tu aimes les westerns, tu vas aimer ce livre&amp;hellip; Même Barak Obama l&amp;rsquo;a lu !&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il avait raison, c&amp;rsquo;est exactement ça ! Comme indiqué sur le quatrième de couverture : &amp;quot; &lt;em&gt;Si vous devez ne lire qu&amp;rsquo;un seul western dans votre vie, lisez celui-ci»&lt;/em&gt;, et la phrase est de James Crumley, un auteur de polars que j&amp;rsquo;aime bien, et que j&amp;rsquo;avais découvert avec &amp;quot; &lt;em&gt;Le Canard siffleur mexicain»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lonesome dove, c&amp;rsquo;est un bled du Texas, où il n&amp;rsquo;y a pas grand chose à faire. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;endroit où ont choisi de s&amp;rsquo;installer deux anciens Texas Rangers, Augustus McCrae et Woodrow Call, après avoir passé une bonne partie de leur vie à &amp;ldquo;pacifier&amp;rdquo; la région, comprendre se battre contre les Comanches pour que les blancs puissent s&amp;rsquo;y installer. Gus est autant bavard que fainéant, quand Call est mutique et un bosseur obsessionnel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils vivotent de la vente de chevaux, n&amp;rsquo;hésitant pas à traverser la frontière mexicaine pour aller en voler quelques uns quand il le faut : c&amp;rsquo;est moins dangereux que de ce côté-ci de la frontière, où le vol de chevaux est puni de pendaison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Call décide un beau jour de voler du bétail au Mexique, pour l&amp;rsquo;emmener dans le Montana et y établir un ranch : la région est à peine &amp;ldquo;pacifiée&amp;rdquo;, mais on la dit parfaite pour le bétail avec ses immenses prairies&amp;hellip; et être les premiers à y amener du bétail c&amp;rsquo;est s&amp;rsquo;assurer d&amp;rsquo;un bel avenir&amp;hellip; La route sera longue (plusieurs milliers de kilomètres), et pleine de dangers, tant pour les hommes que pour les animaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Lonesome dove- Larry McMurtry&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;160px&#34; data-flex-grow=&#34;66&#34; height=&#34;299&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/lonesome-dove-larry-mcmurtry/lonesomedove2.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai bien aimé cette histoire, malgré un début un peu lent, où le verbiage de Gus fatigue un peu, tout comme les interrogations existentielles du jeune Newt. Mais tout cela prend sa place quand les choses s&amp;rsquo;animent et qu&amp;rsquo;il faut prendre la piste. La vie telle qu&amp;rsquo;elle était à l&amp;rsquo;époque est très bien retranscrite : une vie dure, sans confort, que l&amp;rsquo;on soit homme ou femme, aguerri ou non&amp;hellip; La plupart des cow-boys n&amp;rsquo;ont aucune éducation, et savent peu de choses de la vie, si ce n&amp;rsquo;est monter à cheval et s&amp;rsquo;occuper d&amp;rsquo;un troupeau. La nature ne fait pas de cadeau, les indiens non plus, et c&amp;rsquo;est bien sûr encore plus compliqué si vous êtes une femme (les deux personnages féminins de l&amp;rsquo;histoire ont de fortes personnalités).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture est agréable, les personnages savoureux, bref une bonne alternative aux polars aussi vite lus qu&amp;rsquo;oubliés !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Larry_McMurtry&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Larry McMurtry&lt;/a&gt;, né en 1936, est un  un romancier, essayiste et scénariste américain. Lonesome Dove a remporté le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986. Il a également écrit avec Diana Ossana le scénario du film Le Secret de Brokeback Mountain.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La physique des catastrophes - Marisha Pessl</title>
            <link>https://pled.fr/la-physique-des-catastrophes-marisha-pessl/</link>
            <pubDate>Wed, 07 Oct 2015 17:21:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-physique-des-catastrophes-marisha-pessl/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La physique des catastrophes - Marisha Pessl&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;physique-catastrophe.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre recommandé par le libraire : &amp;ldquo;jeune auteur qui vous emmène dans des histoires incroyables&amp;hellip;&amp;rdquo; Je me suis laissé convaincre, et j&amp;rsquo;ai acheté son deuxième roman (Intérieur nuit) pour l&amp;rsquo;offrir à des amis (le libraire venait de le finir et en était encore tout retourné !), et pris celui-ci (son premier roman publié) pour moi-même : au moins, il est en format poche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur serait donc l&amp;rsquo;enfant prodige de la littérature américaine, et ce roman a été élu comme l&amp;rsquo;un des meilleurs livres de l&amp;rsquo;année 2006 par le New-York Times.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors&amp;hellip; bon, encore un auteur américain qui est payé à la ligne ! Le roman fait 800 pages&amp;hellip; un bon tiers en moins ne lui aurait pas fait de mal, et sans rien perdre de l&amp;rsquo;histoire. On s&amp;rsquo;ennuie ferme devant la lenteur de l&amp;rsquo;intrigue ; c&amp;rsquo;est important de bien présenter les personnages, ok, mais à un moment, il faut démarrer ; ici ça se passe à la page 280, et il faudra attendre la page 496 pour en venir au moment décisif du récit !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Roman brillant ? en fait non&amp;hellip; Le personnage principal est brillant, ce qui est différent. Bleue (c&amp;rsquo;est son nom) est une élève douée, élevée par son père, encore plus doué s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas un génie. Il sait tout sur tout, et sa fille ne peut faire moins qu&amp;rsquo;être la première de sa classe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Blue nous raconte l&amp;rsquo;histoire à la première personne, et en bonne surdouée, nous abreuve au moindre bout de phrase de références constantes à des auteurs ou des ouvrages de référence, parfois bidons, parfois instructives, mais finalement un peu fatigantes, car venant casser le fil du récit. Globalement, cela donne un effet &amp;ldquo;universitaire&amp;rdquo; au texte dont je me serais bien passé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire quant à elle est beaucoup trop délayée pour qu&amp;rsquo;on prenne vraiment plaisir à tourner les pages (on fatigue plutôt). Et paradoxalement, j&amp;rsquo;ai trouvée la fin laborieuse, avec un sentiment d&amp;rsquo;inachevé. Quant à l&amp;rsquo;examen final qui clôt le livre, j&amp;rsquo;avoue ne pas avoir eu le courage de le lire, je n&amp;rsquo;en pouvais plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marisha_Pessl&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marisha Pessl&lt;/a&gt;, née en 1977 est une écrivaine américaine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Faillir être flingué - Cécile  Minard</title>
            <link>https://pled.fr/faillir-etre-flingue-cecile-minard/</link>
            <pubDate>Sun, 04 Oct 2015 09:11:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/faillir-etre-flingue-cecile-minard/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Faillir être flingué - Cécile  Minard&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;flingue.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par la libraire, ma seule condition étant un format poche. Ce livre a par ailleurs reçu le prix Livre Inter 2015.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une histoire du Far-West, au temps des premiers pionniers qui s&amp;rsquo;aventurent dans les territoires indiens&amp;hellip; Et ils sont nombreux les personnages à être présentés dans la première partie du livre, sans qu&amp;rsquo;on sache vraiment ce qui les relie les uns aux autres&amp;hellip; Ils atterriront finalement tous dans une petite ville, pour s&amp;rsquo;y installer et y vivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas trop aimé cette histoire, particulièrement le contraste entre la première partie, qui se passe dans la plaine, au milieu des territoires indiens, avec des personnages et des rites mystérieux qui intriguent le lecteur&amp;hellip; pour basculer dans la deuxième partie dans cette petite ville ou chacun n&amp;rsquo;aspire plus qu&amp;rsquo;à une chose, monter sa petite affaire et gagner des dollars qui se révèle d&amp;rsquo;une banalité décevante. Et pourtant, certains personnages semblaient peu enclins à une vie sédentaire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;écriture est agréable, on a un peu de mal à s&amp;rsquo;y retrouver dans tous les personnages présentés au début, passant de l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre sans que l&amp;rsquo;on comprenne grand chose à ce qui se passe&amp;hellip; Et les mystères évoqués seront tout simplement oubliés une fois arrivé en ville, laissant sèchement le lecteur sur sa faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Histoire finalement décevante, sans grand intérêt. Limite &amp;ldquo;ils se marièrent et eurent beaucoup d&amp;rsquo;enfants&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9line_Minard&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cécile Minard&lt;/a&gt;, née à Rouen en 1969, est un écrivain français.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson</title>
            <link>https://pled.fr/la-lettre-a-helga-bergsveinn-birgisson/</link>
            <pubDate>Sat, 03 Oct 2015 12:33:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-lettre-a-helga-bergsveinn-birgisson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La lettre à Helga - Bergsveinn Birgisson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;helga.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre conseillé par la libraire, ma seule condition étant un format poche. Ce livre a par ailleurs reçu le prix du meilleur roman des lecteurs du POINT sélection 2015.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un petit roman d&amp;rsquo;une centaine de pages, très vite lu donc&amp;hellip; et ce n&amp;rsquo;est pas plus mal, parce que je n&amp;rsquo;y ai trouvé que peu d&amp;rsquo;intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme au seuil de sa vie, Bjarni, qui écrit une longue lettre à l&amp;rsquo;amour de sa vie, Helga&amp;hellip; Sauf que cet amour est toujours passé en second pour lui : il est resté avec sa femme légitime, et s&amp;rsquo;est contenté d&amp;rsquo;aimer Helga de loin&amp;hellip; Non content de s&amp;rsquo;apitoyer sur son sort, il persiste à en attribuer la responsabilité à Helga, ce qui est assez vite énervant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le  décor est celui de l&amp;rsquo;Islande et des grands espaces ; Bjarni est éleveur de brebis, Helga fermière. Nous aurons donc droit à de grandes phrases sur la nature, les anciennes valeurs du temps passé, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnellement, j&amp;rsquo;ai trouvé ces digressions sur la nature et le mode de vie des anciens un peu lassantes et répétitives. Bajrni se réfère toujours au passé, au bon sens paysan&amp;hellip; il aurait mieux fait d&amp;rsquo;apprendre à penser par lui-même, ça lui aurait été plus utile ! Un pauvre type, au final, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;a donné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bergsveinn_Birgisson&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bergsveinn Birgisson&lt;/a&gt;, né en 1971 à Reykjavik1, est un écrivain islandais, spécialiste de littérature médiévale scandinave .&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Arrive un vagabond - Robert Goolrick</title>
            <link>https://pled.fr/arrive-un-vagabond-robert-goolrick/</link>
            <pubDate>Fri, 02 Oct 2015 16:14:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/arrive-un-vagabond-robert-goolrick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Arrive un vagabond - Robert Goolrick&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;vagabond.jpg#floatleft&#34;&gt; Livre conseillé par la libraire, ma seule condition étant un format poche.  Ce livre a par ailleurs reçu le grand prix des lectrices ELLE roman 2013.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès les premières lignes, on est longuement prévenu : même si tout souvenir est une fiction&amp;hellip; il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une histoire vraie !! Et mieux encore, c&amp;rsquo;est un véritable mythe qui va nous être conté&amp;hellip;&#xA;En fait, l&amp;rsquo;auteur aurait transposé un fait-divers ayant eu lieu en Russie dans sa Virginie natale. Tout ça pour une histoire somme toute assez banale si on la résume à l&amp;rsquo;essentiel : un mari trompé, un meurtre et un suicide&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intérêt du roman est ailleurs en fait, dans la description de la vie de cette petite bourgade dans les années 50, avec ces gens simples dont la seule valeur est le travail, à l&amp;rsquo;honnêteté scrupuleuse, et avec qui la croyance en Dieu est difficilement discutable : il y a cinq églises pour les cinq cents habitants, en comptant celle réservée aux noirs ! Car même si ces braves gens n&amp;rsquo;ont rien contre les noirs, ces derniers vivent à l&amp;rsquo;écart du village : c&amp;rsquo;est le racisme ordinaire au  quotidien&amp;hellip; Ça se passe comme ça à Brownsburg, Virginie, en 1948.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arrive donc un vagabond, Charlie, qui va s&amp;rsquo;éprendre de Sylvan, une très belle jeune fille venue de la campagne, hélas mariée à un rustre qui l&amp;rsquo;a en fait &amp;ldquo;achetée&amp;rdquo; à ses parents pour quelques billets. Le drame ne peut alors qu&amp;rsquo;arriver&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le livre se lit facilement, j&amp;rsquo;ai trouvé la description des sentiments de Charlie un peu longuette et répétitive, et le personnage de Sylvan tellement mutique que peu crédible. Quant à la narration, l&amp;rsquo;auteur nous annonce à plusieurs reprise ce qui va se passer dans les pages suivantes, ce que je trouve assez désagréable&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon, le sujet aurait pu être le fanatisme religieux : ces braves gens se font littéralement promettre l&amp;rsquo;enfer à chaque office, alors que leur vie est très éloignée de tout péché. Un véritable conditionnement basé sur la crédulité des ouailles&amp;hellip; Ça fait peur, et ça devait vraiment se passer comme ça !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, j&amp;rsquo;ai noté que le frère de Charlie, Ned, une fois son frère mort, se tuera à l&amp;rsquo;alcool en sept semaines ! Le délai me paraît très court, Ned a du vraiment y aller fort ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Goolrick&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Goolrick&lt;/a&gt; est un écrivain américain né en Virginie en 1948. Après l&amp;rsquo;université, il vit plusieurs années en Europe, cherchant à devenir acteur ou peintre&amp;hellip; Il écrit une première nouvelle, puis ses parents le déshéritent, et il part travailler dans la publicité à NY. Il se fait virer à l&amp;rsquo;âge de cinquante ans et retourne alors dans sa Virginie natale, et se met à écrire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le jour où Nina Simone a cessé de chanter - Darina Al-Joundi / Mohamed Kacimi</title>
            <link>https://pled.fr/le-jour-ou-nina-simone-a-cesse-de-chanter-darina-al-joundi-mohamed-kacimi/</link>
            <pubDate>Fri, 25 Sep 2015 17:11:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-jour-ou-nina-simone-a-cesse-de-chanter-darina-al-joundi-mohamed-kacimi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le jour où Nina Simone a cessé de chanter&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lejourou.jpg#floatleft&#34;&gt;Livre conseillé par la libraire, ma seule condition étant un format poche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un livre fort, qui raconte l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une jeune fille née au Liban en 1968&amp;hellip; La guerre du Liban démarrant en 1975 (et qui va durer 17 ans), inutile de vous dire que ça ne sera pas une adolescence heureuse. Surtout si l&amp;rsquo;on est une femme, et élevée par son père dans un idéal de laïcité et de liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Littérairement parlant, j&amp;rsquo;ai trouvé la narration un peu sèche, les événements racontés parfois à la suite les uns derrière les autres sans souci de lien. Avec aussi une certaine crudité dans la narration, certaines scènes étant assez violentes&amp;hellip; mais bon les choses sont dites comme elles se sont passées, car il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une histoire vraie, celle de Darina Al-Joundi, écrite par Mohamed Kacimi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dommage aussi qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y ait pas plus de contexte historique sur cette guerre du Liban avec tous ses protagonistes (palestiniens, israéliens, chrétiens), mais cela aurait été alors une autre histoire, pas celle de Darina&amp;hellip; qui va la vivre de l&amp;rsquo;intérieur, au quotidien, en tant que femme, avec son besoin de vivre et de grandir dans ce pays en pleine folie meurtrière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le père de Darina est syrien, exilé au Liban où il enseigne la littérature. Sa mère est journaliste à la radio libanaise, et issue d&amp;rsquo;une grande famille. Son père élève ses enfants loin de la religion, son idéal est celui de la liberté, de la laïcité et de l&amp;rsquo;amour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La jeune fille, après une enfance assez heureuse, va rencontrer la guerre en pleine adolescence, un moment de sa vie où l&amp;rsquo;on est plutôt épris de liberté&amp;hellip; Le danger est présent partout, il leur faut souvent déménager (Beyrouth Ouest, puis Est, ou le Sud-Liban) et même s&amp;rsquo;exiler car le père écrit des chroniques de la guerre sous un pseudonyme. Elle va devoir faire son chemin seule, et se trompera souvent : alcool, drogue, sexe, Darina a bien du mal à survivre et à trouver sa voie, si tant est qu&amp;rsquo;il y en ait une. dans un monde occupé par des fous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle travaille bénévolement pour la Croix rouge au moment du massacre de Sabra :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Des ruelles et des maisons jonchées de cadavres d&amp;rsquo;enfants, de femmes et de vieillards, tous gonflés par la chaleur. Les femmes s&amp;rsquo;arrachaient les cheveux, hurlaient, racontaient par bribes la nuit du massacre, les fusées éclairantes des Israéliens, l&amp;rsquo;arrivée des phalangistes ivres et drogués, leur joie à découper les hommes en les collant contre un mur, le viol des jeunes filles sous les yeux de leurs familles. [&amp;hellip;] Les gens ne reconnaissaient les leurs qu&amp;rsquo;à leurs vêtements, tellement ils étaient défigurés. Je soutenais les femmes au moment de l&amp;rsquo;identification. Je pleurais et je vomissais. Cela dépassait la rage, la tristesse et même la folie. Je me sentais égorgée moi-même. Ce qui m&amp;rsquo;a fait le plus peur à Sabra ce ne sont pas les morts, mais ce qui se lisait sur le visage des vivants. Je venais d&amp;rsquo;avoir quatorze ans.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après leur arrivée à Chypre, ils souffrent d&amp;rsquo;insomnies :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À ce moment,  nous avons vécu d&amp;rsquo;affreuses insomnies, ni l&amp;rsquo;alcool ni les calmants n&amp;rsquo;en venaient à bout. Passé les premiers jours, nous nous sommes rendu compte que c&amp;rsquo;était à cause du silence qui régnait à Nicosie que nous ne trouvions pas le sommeil. Nous avons compris les dégâts que la guerre avait provoqués en nous, je me jetais sous les tables en entendant les sirènes des ambulances et mon père évitait toutes les fenêtres quand il entrait quelque part. Nous avons appris que la vie ce n&amp;rsquo;était pas la guerre car on disait tout le temps à Beyrouth et sous les bombes : «Mais nous on vit normalement».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand son père  meurt, elle tient la promesse qu&amp;rsquo;elle lui avait faite, à savoir ne laisser personne lire le Coran. Cela lui vaut d&amp;rsquo;être enfermée en hôpital psychiatrique (avec l&amp;rsquo;accord de sa mère) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;avais jamais connu la peur, dans les pires moments de la guerre, je rigolais sous les F16, je dansais aux moments des pires massacres, je faisais l&amp;rsquo;amour sous les bombes, mais au couvent de la Croix je tremblais tout le temps, j&amp;rsquo;avais peur des gifles des bonnes sœurs, peur de faire pipi, de laver les toilettes. Les femmes que je voyais autour de moi étaient pareilles à toutes les femmes que j&amp;rsquo;avais vues dans le monde arabe : des bêtes de trait. J&amp;rsquo;ai compris notre vulnérabilité de femmes, on a beau être une vedette, médecin, une célébrité, au moindre faux pas la femme redevient femme, bête de somme qu&amp;rsquo;on enchaîne comme on veut. J&amp;rsquo;avais peur de moi, je savais que je pouvais jouer le rôle de la folle et que je risquais de le rester pour de bon, cela m&amp;rsquo;était même plus facile que d&amp;rsquo;affronter cette société qui ne sait faire vivre les siens qu&amp;rsquo;avec un sentiment de honte. J&amp;rsquo;avais décidé de vivre, il fallait faire des compromis, il me fallait jouer leur jeu, en même temps, je voulais sortir du tunnel, aller vers la lumière. Toute ma liberté n&amp;rsquo;était qu&amp;rsquo;une illusion, il m&amp;rsquo;était plus facile en fait de rester avec les folles qui m&amp;rsquo;aimaient vraiment. Je pensais à Soumaya qui était amoureuse de moi et qui se jetait sur moi, me mordait jusqu&amp;rsquo;au sang. Il était plus facile de vivre avec elle qu&amp;rsquo;avec la société de Beyrouth où j&amp;rsquo;avais sur le dos toutes les étiquettes, droguée, pute, folle, lesbienne, athée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Darina_Al_Joundi&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Darina Al-Joundi&lt;/a&gt;, née en 1968 à Beyrouth, est une actrice syrio-libanaise. Elle se fait connaître en France lors du festival d&amp;rsquo;Avignon en 2007, par le spectacle éponyme &amp;ldquo;Le jour où Nina Simone a cessé de chanter&amp;rdquo;, dont toute la presse saluera la performance, comme le raconte Mohamed Kacimi dans  la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle qui était comédienne depuis l&amp;rsquo;âge de huit ans n&amp;rsquo;avait jamais joué en France. Son exil du Liban l&amp;rsquo;avait éloigné de la scène. Elle avait une telle avidité de jeu qu&amp;rsquo;au troisième jour les gens se battaient pour la voir. Impie, belle, ardente, et libérée, elle valait son pesant de poudre dans la Chapelle Sainte-Claire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lord Jim - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/lord-jim-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Fri, 25 Sep 2015 09:29:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lord-jim-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Lord Jim - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lordjim.jpg#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;biographie&lt;/a&gt; de Joseph Conrad, il me fallait lire le roman qui fût son plus grand succès, j&amp;rsquo;ai nommé Lord Jim !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur nous apprend dans la préface qu&amp;rsquo;il avait d&amp;rsquo;abord écrit une simple nouvelle sur l&amp;rsquo;épisode du transport de pèlerins, rien de plus. Après avoir écrit quelques pages, insatisfait, il les mit de côté pour un temps. Plus tard, l&amp;rsquo;épisode des pèlerins devint le point de départ d&amp;rsquo;une longue histoire, le récit d&amp;rsquo;un homme qui a perdu son honneur, et de la conscience aiguë qu&amp;rsquo;il en a.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt; , c&amp;rsquo;est un certain capitaine Marlow qui raconte ses souvenirs sur le fameux Jim. Marlow, c&amp;rsquo;est le genre de type qui en a vu beaucoup au long de sa vie (en bon marin, il a roulé sa bosse de part le monde, et l&amp;rsquo;on ne peut s&amp;rsquo;empêcher de penser qu&amp;rsquo;il représente l&amp;rsquo;auteur), capable de juger les hommes ou les situations d&amp;rsquo;un regard, d&amp;rsquo;en expliquer les ressorts psychologiques, voire d&amp;rsquo;en tirer la morale qui s&amp;rsquo;impose.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand on lit sur la page wikipedia que l&amp;rsquo;auteur est classé parfois à tord comme &amp;ldquo;auteur de romans de mer&amp;rdquo;,  c&amp;rsquo;est particulièrement vrai pour celui-ci : l&amp;rsquo;essentiel du roman tient de l&amp;rsquo;étude psychologique de Lord Jim avec tout le recul dont le capitaine Marlow est capable&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce dernier remarque le jeune homme alors que celui-ci est jugé par un tribunal local pour avoir commis l&amp;rsquo;irréparable pour un marin : alors second sur un navire transportant des pèlerins, il suit son capitaine et abandonne bateau et passagers, persuadé que le navire va sombrer dans les secondes suivantes&amp;hellip; Mais le navire de pèlerins ne coule pas, et ces derniers seront récupérés par un autre bateau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jim est un jeune homme empli d&amp;rsquo;idéal et de bravoure et est le seul de l&amp;rsquo;équipage à affronter la vérité ; il ne comprend pas comment il a pu sauter du bateau, était-ce la panique ? la peur ? l&amp;rsquo;intime certitude que le bateau allait couler ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&lt;em&gt;&amp;ldquo;J&amp;rsquo;avais sauté&amp;hellip;&amp;ldquo;Il s&amp;rsquo;interrompit et détourna le regard&amp;hellip;«Il faut croire».&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est prêt à en payer le prix, mais refuse qu&amp;rsquo;on le traite de lâche. Le tribunal se contentera de lui retirer sa licence, et voilà Jim condamné à errer de port en port, interdit de navigation, tel un homme blessé et à l&amp;rsquo;honneur perdu. Marlow va l&amp;rsquo;aider :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce qu’il lui fallait, c’était un allié, un aide, un complice moral. Je me rendais compte que je courais le risque de me laisser circonvenir, de me laisser aveugler et prendre au piège, d’être amené de force, pour ainsi dire, à jouer un rôle précis dans une discussion sans conclusion possible, pour celui qui voulait peser sans parti pris tous les éléments de la cause, et prêter une oreille impartiale aux parties en présence : à l’homme honorable qui avait ses droits, et à l’individu douteux qui formulait ses exigences. À vous qui n’avez pas connu Jim et qui n’entendez ses paroles que de ma bouche, je ne puis expliquer un tel conflit de sentiments. Il me semblait que l’on me faisait comprendre l’Inconcevable, et je ne connais aucun malaise comparable à celui d’une sensation pareille. J’étais amené à rechercher ce qui se cache de convention sous toute vérité, et ce qu’il y a d’essentielle vérité dans tout mensonge. Ce garçon-là s’adressait à toutes les faces de l’esprit, au côté perpétuellement tourné vers la lumière du jour, et à cette autre face de notre être qui se cache sournoisement dans une ombre éternelle, comme l’hémisphère inconnu de la lune, et ne s’éclaire parfois sur ses bords que d’une sinistre lumière cendrée. Il influait sur moi, je dois le reconnaître. Le fait, en soi, était obscur, insignifiant, tout ce que vous voudrez ; il ne s’agissait que d’un jeune homme perdu… un entre tant de millions d’autres ;… seulement c’était l’un de nous !… L’incident était aussi dénué d’importance que l’inondation d’une fourmilière, et pourtant le mystère de son attitude m’en imposait, comme s’il eût été au premier rang de ses pairs, comme si l’obscure vérité de sa conduite avait eu assez de poids pour affecter l’opinion que l’humanité pouvait concevoir d’elle-même…&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jim va pourvoir se reconstruire dans une île éloignée des routes commerciales, à l&amp;rsquo;écart du monde. Il va enfin pouvoir montrer sa valeur et son courage dans un monde neuf mais non sans tyran&amp;hellip; Mais peut-on échapper à son destin et au monde ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé ce roman ; la narration de Conrad est parfaitement maîtrisée, la description des ressorts psychologiques qui animent les individus sont parfaitement rendus, et passionnants. Certes l&amp;rsquo;intrigue avance lentement, et le récit est dense, mais l&amp;rsquo;écriture est limpide. Il peut toutefois arriver que Marlow vous énerve un peu, dans le genre &amp;ldquo;je sais tout et j&amp;rsquo;ai tout vu&amp;rdquo;, ou que le personnage de Jim vous agace, tellement entier, empli de fierté et d&amp;rsquo;idéal qu&amp;rsquo;il en devient un peu idiot parfois. Mais il est &amp;ldquo;l&amp;rsquo;un de nous&amp;rdquo;, comme le mentionne plusieurs fois l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip; à savoir un être humain, avec ses forces et ses faiblesses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d’origine polonaise puis devenu citoyen britannique, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Ce roman figure dans plusieurs listes recensant les meilleurs romans du XXe siècle. Il a été inspiré par le scandale de l&amp;rsquo;abandon du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/SS_Jeddah&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;SS Jeddah&lt;/a&gt; en 1880 et par la vie de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Brooke&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Brooke&lt;/a&gt; (1803-1868), premier roi blanc d&amp;rsquo;un territoire d&amp;rsquo;Asie du Sud-Est.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Fayette - Gonzague Saint Bris</title>
            <link>https://pled.fr/la-fayette-gonzague-saint-bris/</link>
            <pubDate>Mon, 24 Aug 2015 10:08:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fayette-gonzague-saint-bris/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La Fayette - Gonzague Saint Bris&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lafayette.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est un ami à qui je disais que j&amp;rsquo;aimais de plus en plus les bouquins historiques, typiquement la biographie d&amp;rsquo;un homme ayant marqué l&amp;rsquo;Histoire, car ils avaient cette saveur incomparable qu&amp;rsquo;est la réalité  comparée à une fiction parfois difficilement crédible ou peu intéresante&amp;hellip; cet ami donc me conseilla de lire la biographie de La Fayette.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après quelques recherches, la seule biographie existant en poche est celle-ci, écrite en 2006 par Gonzague Saint Bris&amp;hellip; j&amp;rsquo;avais quelques doutes sur l&amp;rsquo;auteur, qui se sont confirmés à la lecture : il montre un grand intérêt pour les titres et les lignées royales, et en le lisant, je ne pouvais m&amp;rsquo;empêcher de penser à Stéphane Bern ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style laisse d&amp;rsquo;ailleurs à désirer : pas mal de phrases avec des descriptions un peu convenues ou alambiquées, de généalogies énoncées longues comme un jour sans fin, ou encore cette manie de présenter un personnage sans le nommer, puis terminer par &amp;ldquo;en qui on aura reconnu&amp;rdquo;, ou &amp;ldquo;le lecteur aura reconnu&amp;rdquo;&amp;hellip; Un peu énervant tout ça !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons à l&amp;rsquo;essentiel, la vie de La Fayette ; selon l&amp;rsquo;auteur, La Fayette sera obsédé toute sa vie par deux choses : la liberté et la gloire. Pour la seconde, je ne suis pas vraiment convaincu, mais pour la première, il sera fidèle a son idéal de liberté jusqu&amp;rsquo;au bout, et plus généralement aux idéaux des Lumières.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Attiré par la volonté d&amp;rsquo;indépendance des Américains, il embarque à 19 ans, contre la volonté du roi , et à ses propres frais, pour rejoindre les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Patriot_%28R%C3%A9volution_am%C3%A9ricaine%29&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Insurgents&lt;/a&gt;. Il se battra aux côtés des américains, faisant partie de l&amp;rsquo;état-major de George Washington, avec qui il se noue d&amp;rsquo;amitié.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De retour en France, il va se trouver confronté à la révolution française. Extrêmement populaire, il aurait certainement pu prendre le pouvoir à un moment ou à un autre, mais il ne le recherchait manifestement pas ; il démissionnera même de son poste de commandant de la Garde nationale. Fidèle à ses idées donc, on peut aussi se dire qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est pas mal de fois fait &amp;ldquo;ballader&amp;rdquo; par les hommes de pouvoir, à vouloir toujours ménager la chèvre et le choux, à savoir la noblesse et l&amp;rsquo;idéal de liberté : il lutte contre le chaos proposé par certains révolutionnaires, et milite plutôt pour conserver le pouvoir royal (il pense à une monarchie constitutionnelle). Aux États généraux, il continue de siéger à côté des nobles (sans renier ses origines) et vote en fonction de ses idéaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Jacobins le déclarent &amp;ldquo;traître à la nation&amp;rdquo;, le forçant à chercher l&amp;rsquo;exil ; mais il est arrêté par les autrichiens qui le remettent aux prussiens. Il va alors passer cinq ans en captivité, au cachot, dans des conditions très difficiles. Il faudra attendre l&amp;rsquo;intervention de Napoléon Bonaparte pour qu&amp;rsquo;il soit libéré ; pourtant les deux hommes ne s&amp;rsquo;apprécient guère, et La Fayette s&amp;rsquo;opposera au titre de consul à vie que s&amp;rsquo;octroie Napoléon.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il aura ainsi traverser trois révolutions, quatre royaumes, deux républiques et un empire&amp;hellip; dans cette période trouble et complexe (de 1789 à l&amp;rsquo;avènement de Louis-Philippe), il tente de faire valoir ses idées, et y reste fidèle, démissionnant quand il le croit nécessaire. Il meurt en 1834, à l&amp;rsquo;âge de 77 ans, et la terre qui sert à recouvrir le cercueil vient partiellement d&amp;rsquo;Amérique, ramenée par lui-même lors d&amp;rsquo;un voyage qu&amp;rsquo;il y fit en 1824 : le voyage dura plus d&amp;rsquo;un an, et La Fayette y fût acclamé partout&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure, La Fayette aura finalement eut très peu de reconnaissance en son propre pays&amp;hellip; La période y est pour beaucoup, sans doute la plus instable de son histoire, et ce pendant de longues années. Contrairement aux États-Unis, sa patrie de cœur, où son amitié avec George Washington ne sera jamais démentie. Chateaubriand dira de lui :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Son aveuglement tenait lieu de génie car il n&amp;rsquo;avait qu&amp;rsquo;une seule idée, et heureusement pour lui elle était celle du siècle ; la fixité de cette idée a fait son empire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avant de mettre en avant ses contradictions :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Royaliste, il renversa en 1789 une royauté de huit siècles ; républicain, il créa en 1830 la royauté des barricades : il s&amp;rsquo;en est allé donnant à Philippe la couronne qu&amp;rsquo;il avait enlevée à Louis XVI […] Dans le Nouveau Monde, M. de La Fayette a contribué à la formation d&amp;rsquo;une société nouvelle ; dans le monde ancien, à la destruction d&amp;rsquo;une vieille société : la liberté l&amp;rsquo;invoque à Washington, l&amp;rsquo;anarchie à Paris.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gonzague_Saint_Bris&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gonzague Saint Bris&lt;/a&gt;, né en 1948, est un écrivain et journaliste français. Il aurait, selon le quatrième de couverture, consacré vingt ans de recherches à la rédaction de cette biographie de La Fayette&amp;hellip; À voir le nombre de publications du personnage sur sa page wikipedia (une cinquantaine !), certaines ont du être carrément bâclés ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le sermon sur la chute de Rome - Jérôme Ferrari</title>
            <link>https://pled.fr/le-sermon-sur-la-chute-de-rome-jerome-ferrari/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Jul 2015 14:05:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-sermon-sur-la-chute-de-rome-jerome-ferrari/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le sermon sur la chute de Rome - Jérôme Ferrari&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sermonchuterome.jpg#floatleft&#34;&gt; Livre chaudement recommandé par ma sœur aînée : &amp;ldquo;je l&amp;rsquo;ai lu deux fois, c&amp;rsquo;est plutôt rare, et à la fin, il y a le texte du sermon de St-Augustin&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;aurai pas le même enthousiasme pour ce livre, dont j&amp;rsquo;ai trouvé l&amp;rsquo;histoire et les personnages principaux peu intéressants. Et je ne parle pas des autres : la sœur Aurélie par exemple, qui semble n&amp;rsquo;être là que pour faire le lien avec St-Augustin, puisqu&amp;rsquo;elle participe à des fouilles à la recherche de la cathédrale où Augustin est mort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plutôt bien  écrit, avec souvent de longues phrases (trop longues ? trop alambiquées ?) ; les chapitres ne comportent aucun paragraphe, hormis les dialogues qui viennent parfois aérer un peu le texte. L&amp;rsquo;auteur est professeur de philosophie, il sait donc de quoi il parle, mais le lien qu&amp;rsquo;il fait entre la chute de Rome et l&amp;rsquo;échec de deux jeunes voulant relancer un bar corse me parait peu pertinent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est celle de deux jeunes étudiants corses à Paris qui, licence de philo en poche, lâchent tout pour revenir &amp;ldquo;au pays&amp;rdquo; et maintenir en vie le bar de leur village natal. L&amp;rsquo;aventure sera un succès quelque temps, mais se terminera mal, et pour des raisons assez terre à terre (en gros des histoires de cul).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Difficile pour moi de voir un lien avec la chute de Rome, le sermon de St Augustin arguant de plus que seul compte le salut éternel de nos âmes&amp;hellip; bon, je veux bien, mais ça ressemble tout de même à une belle arnaque ! Et le lien avec cette histoire largement tiré par les cheveux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Ferrari&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jérôme Ferrari&lt;/a&gt;, né en 1968, est un écrivain et traducteur français. Ce livre a reçu le prix Goncourt 2012.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Je suis vivant et vous êtes tous morts - Emmanuel Carrère</title>
            <link>https://pled.fr/je-suis-vivant-et-vous-etes-tous-morts-emmanuel-carrere/</link>
            <pubDate>Tue, 30 Jun 2015 16:59:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/je-suis-vivant-et-vous-etes-tous-morts-emmanuel-carrere/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Je suis vivant et vous êtes tous morts - Emmanuel Carrère&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pkdick.jpg#floatleft&#34;&gt;Sous ce titre bizarre se cache une phrase du roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik&lt;/a&gt;, de Philip K. Dick. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs le thème de ce roman, dans lequel les personnages croyant avoir échapper à une explosion sont en fait en état de mort clinique (ou presque, maintenus en vie grâce à la technologie) ; et cette  phrase leur est envoyé par le seul réel survivant afin de leur faire prendre conscience de leur état.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fan de Philip K. Dick depuis longtemps, j&amp;rsquo;ai tout de suite pris cette biographie par Emmanuel Carrère, auteur que j&amp;rsquo;apprécie également (j&amp;rsquo;ai aimé son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6722&#34; &gt;Limonov&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai également aimé celui-ci, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est manifestement beaucoup documenté, rencontré les proches, pour en arriver à nous raconter cette vie pour le moins perturbée de K. Dick. Il n&amp;rsquo;hésite pas à la romancer, faisant adroitement correspondre la chronologie des œuvres de Dick avec l&amp;rsquo;évolution du délire du personnage ; ou à donner son sentiment parfois, et l&amp;rsquo;ensemble est très agréable à lire. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une réédition en poche, le livre étant paru en 1993 (Éd. Seuil).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final, j&amp;rsquo;étais peiné pour Philip K. Dick, car je ne savais pas qu&amp;rsquo;il était réellement très perturbé dans la deuxième partie de sa vie, pour ne pas dire plus. Il semble bien qu&amp;rsquo;il se soit fait prendre à son propre jeu, et à croire en une autre réalité, à devenir mystique&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici d&amp;rsquo;ailleurs l&amp;rsquo;extrait du discours que Dick fit à Metz en 1977 (il meurt en 1982), mis en exergue du livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis certain que vous ne me croyez pas, et ne croyez même pas que je crois ce que je dis. Pourtant, c&amp;rsquo;est vrai. Vous êtes libres de me croire ou de ne pas me croire, mais croyez au moins ceci : je ne plaisante pas. C&amp;rsquo;est très sérieux, très important. Vous devez comprendre que, pour moi, le fait de déclarer une chose pareille est sidérant aussi. Un tas de gens prétendent se rappeler des vies antérieures ; je prétends, moi, me rappeler une autre vie présente. Je n&amp;rsquo;ai pas connaissance de déclarations semblables, mais je soupçonne que mon expérience n&amp;rsquo;est pas unique. Ce qui l&amp;rsquo;est peut-être, c&amp;rsquo;est le désir d&amp;rsquo;en parler.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais reprenons depuis le début&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence dès la naissance : Dick a une sœur jumelle, et ils naissent prématurés. La mère n&amp;rsquo;ayant pas assez de lait pour les deux, et la famille étant très pauvre, la petite Jane meurt un mois plus tard. Toute sa vie, Dick pensera que c&amp;rsquo;est peut-être lui qui est mort, et que sa sœur est toujours vivante. C&amp;rsquo;est sans aucun doute l&amp;rsquo;origine de sa &amp;ldquo;folie&amp;rdquo;, et qui explique sa vision du monde si particulière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À treize ans un rêve le perturbe :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une nuit, à cette époque, il fit un rêve qui revint à plusieurs reprises. Il se voyait chez un libraire, en train de chercher un numéro d&amp;rsquo;Astounding qui manquait à sa collection. Dans ce numéro très rare, hors de prix, était parue l&amp;rsquo;histoire intitulée &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Empire n&amp;rsquo;a jamais pris fin&amp;rdquo;. S&amp;rsquo;il mettait la main dessus, s&amp;rsquo;il pouvait la lire, il saurait tout. Le premier rêve fut interrompu avant qu&amp;rsquo;il vienne à bout de la pile de magazines défraîchis où, croyait-il, gisait le précieux exemplaire. Il attendit son retour avec une ferveur inquiète et, quand cela se produisit, soulagé que la pile soit toujours là, se remit fébrilement à la compulser. Elle s&amp;rsquo;amenuisait de rêve en rêve, mais il se réveilla toujours avant le dernier numéro. [&amp;hellip;] Au fil des semaines, son désir se teinta d&amp;rsquo;angoisse. Il savait que s&amp;rsquo;il lisait &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Empire n&amp;rsquo;a jamais pris fin&amp;rdquo;, tous les secrets du monde lui seraient révélés ; mais il devinait aussi que cette connaissance n&amp;rsquo;allait pas sans danger. Lovercraft l&amp;rsquo;avait écrit : si nous savions tout, la terreur nous rendrait fous. Il en vint à se représenter son rêve comme un piège diabolique, et le numéro enfoui sous la pile comme un monstre tapis, prêt à le dévorer quand il aurait fini de dévaler le toboggan conduisant dans sa gueule. Au lieu de se précipiter comme il le faisait au début, il essaya de freiner le mouvement de ses doigts qui, écartant un magazine après l&amp;rsquo;autre, le rapprochait de l&amp;rsquo;épouvante ultime. Il redouta le sommeil, s&amp;rsquo;entraîna à veiller.&#xA;Sans raison apparente, le rêve cessa. Il attendit son retour avec anxiété, puis de nouveau avec impatience ; au bout de deux semaines, il aurait tout donné pour qu&amp;rsquo;il revienne. Il se rappela le conte des trois souhaits, dont chacun est gaspillé pour remédier en catastrophe à l&amp;rsquo;imprudence du précédent : il avait souhaité lire &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Empire n&amp;rsquo;a jamais pris fin&amp;rdquo; ; puis, pressentant le danger, souhaité que cette lecture lui soit épargnée ; maintenant, il souhaitait encore lire, et si on refusait de l&amp;rsquo;exaucer, c&amp;rsquo;était peut-être, pensa-t-il, par miséricorde, parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait pas droit à un quatrième souhait. Le rêve ne revenant pas, il fut pourtant déçu. Il languit. Puis l&amp;rsquo;oublia.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À cette époque, il vit seul avec sa mère, ses parents ayant divorcé lorsqu&amp;rsquo;il avait cinq ans, ce dont il se plaindra toute sa vie.  À quatorze ans, il est un enfant plutôt solitaire, introverti, sujet à des crises d&amp;rsquo;anxiété, aux résultats scolaires moyens. Sa mère le conduit alors chez un psychiatre, ce sera le début d&amp;rsquo;une série presque ininterrompue jusqu&amp;rsquo;à sa mort. Cela lui donnera vite beaucoup d&amp;rsquo;aplomb pour parler psychiatrie, il s&amp;rsquo;en servira autant dans ses romans et nouvelles que dans la vie réelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Certes, il y a aussi sa prise de drogues en tous genres, de l&amp;rsquo;alcool au LSD (dont il dit n&amp;rsquo;en avoir consommé que deux fois) qui influera sur sa lucidité, mais aussi sa consommation excessive (et quotidienne) de médicaments (essentiellement des amphétamines, qui l&amp;rsquo;aidaient à écrire autant qu&amp;rsquo;il le devait pour gagner sa vie). Sans parler de la période hippie (il vit à Berkeley) et de tous les délires mystiques de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses relations avec les femmes sont assez compliquées. Il ne  peut vivre seul, mais l&amp;rsquo;heureuse élue devra s&amp;rsquo;adapter à lui et son univers&amp;hellip; Tâche ardue, que l&amp;rsquo;on abandonne à un moment ou un autre&amp;hellip; Il se mariera cinq fois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le succès mettra longtemps à venir, d&amp;rsquo;abord avec &amp;ldquo;Le maître du Haut-Château&amp;rdquo; qui s&amp;rsquo;inspire du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Yi-king&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Yi-King&lt;/a&gt; pour décrire une réalité parallèle. Il entend parler de ce livre en 1960, par un article de C. G. Jung, et ne s&amp;rsquo;en séparera plus, l&amp;rsquo;utilisant comme aide à la décision. J&amp;rsquo;ai fait ça aussi à une époque lointaine ! ;-) Suivent &amp;ldquo;Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques&amp;rdquo; (qui deviendra Blade Runner à l&amp;rsquo;écran), puis Ubik, considéré par certains comme son chef-d&amp;rsquo;œuvre. Mais cette période heureuse ne va pas durer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa quatrième femme le quitte, il ouvre sa porte à tous les hippies ou junkies de passage. Il cherche à se faire interner&amp;hellip; Un jour rentrant chez lui, il découvre qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est fait cambrioler. Sa paranoïa refait surface, et croit dur comme fer à un complot du FBI ou du KGB&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Stanislas Lem, auteur de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6980&#34; &gt;Solaris&lt;/a&gt; (dont le cinéaste Tarkoski a tiré un excellent film, conçu comme la riposte soviétique à &amp;ldquo;2001 l&amp;rsquo;odyssée de l&amp;rsquo;espace&amp;rdquo;), avait écrit un article sur la science-fiction américaine dont la conclusion était : &amp;ldquo;tous nul, sauf Philp K. Dick&amp;rdquo;. Lem voulait publier Ubik en Pologne, et invita Dick à s&amp;rsquo;y rendre pour pouvoir y toucher ses droits d&amp;rsquo;auteur (règle des pays socialistes) si le livre était publié&amp;hellip; Dick se braqua, pensant que c&amp;rsquo;était un piège pour le capturer, un complot des communistes (il accuse aussi Nixon d&amp;rsquo;être coco !). Il appellera également le FBI, persuadé que ses livres détiennent une vérité révélée, et qu&amp;rsquo;on veut l&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;agir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ensuite, il va vraiment tourner mystique et au délire métaphysique et schizophrénique. Il est persuadé que la réalité est fausse, et que lui seul s&amp;rsquo;en aperçoit. Le reste de son œuvre (la trilogie divine) reflète ce virage. J&amp;rsquo;ai lu SIVA il y a longtemps, je n&amp;rsquo;avais pas accroché du tout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Philip K. Dick sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8680&#34; &gt;Ubik – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Souvenir – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Souvenir – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Les voix de l’asphalte – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Les voix de l’asphalte – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=490&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le dernier des maîtres – P. K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Le dernier des maîtres – P. K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Kindred_Dick&#34;  title=&#34;Philip K. Dick sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un écrivain américain de science-fiction. Il a passé la majorité de sa vie dans une quasi-pauvreté, malgré quelques prix littéraires. Pourtant, son apport à la science-fiction est phénoménal, et plusieurs de ses œuvres ont été reprises au cinéma, comme Paycheck, Total Recall, Blade Runner, Minority Report, etc…&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Carr%C3%A8re&#34;  title=&#34;Emmanuel Carrère sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Emmanuel Carrère&lt;/a&gt; est né en 1957 à Paris. Diplômé de l’institut d’études politiques, d’abord journaliste, puis écrivain, scénariste et réalisateur.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath</title>
            <link>https://pled.fr/le-nazi-et-le-barbier-edgar-hilsenrath/</link>
            <pubDate>Tue, 30 Jun 2015 10:31:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-nazi-et-le-barbier-edgar-hilsenrath/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nazi-barbier.jpg#floatleft&#34;&gt; Auteur recommandé de façon assez enthousiaste par le libraire et une cliente, celle-ci venant chercher &amp;ldquo;Orgasme à Moscou&amp;rdquo;, son dernier roman. Je répondis que j&amp;rsquo;attendrai le format poche, et le libraire me proposa alors sur celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet de ce roman est assez délicat : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire, racontée à la première personne, de Max Schulz, né en Allemagne au début du XXème siècle. Quand le régime nazi arrive au pouvoir, il s&amp;rsquo;engage dans les SS par opportunisme, et participe au génocide du peuple juif. Puis, quand le vent tourne, grâce à un physique proche des caricatures antisémites de l&amp;rsquo;époque (nez crochu, etc&amp;hellip;), il prend l&amp;rsquo;identité de son ami d&amp;rsquo;enfance (juif) qu&amp;rsquo;il a lui-même assassiné durant la guerre. Il se trouve ensuite en Terre promise, et combat pour l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;État d&amp;rsquo;Israël.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton général du roman est à la caricature, la farce, et volontairement outrancier. L&amp;rsquo;auteur, juif allemand, ayant connu les ghettos, peut sans doute se le permettre. Il n&amp;rsquo;en reste pas moins vrai que plaisanter sur un tel sujet est loin d&amp;rsquo;être évident, et l&amp;rsquo;on se demande quel est le message (s&amp;rsquo;il y en a un), si ce n&amp;rsquo;est de  braver la morale bien pensante qui interdit toute plaisanterie sur la Shoa. Maigre consolation&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnellement, je n&amp;rsquo;ai pas trop aimé : ni le ton, ni l&amp;rsquo;histoire abracadabrante, et encore moins la façon dont le narrateur d&amp;rsquo;adresse au lecteur. La blague devient vite très lourde, l&amp;rsquo;humour scatologique lasse, et la véritable Histoire passe complètement à la trappe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman, écrit en 1969, fut d&amp;rsquo;abord publié aux États-Unis (1971) et longtemps refusé par les éditeurs allemands, puis finalement publié en 1977 par un petit éditeur. Il est publié en France en 2010. Vu le sujet abordé, et la manière de le traiter, on peut comprendre que les éditeurs allemands aient réfléchi à deux fois&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Hilsenrath&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edgar Hilsenrath&lt;/a&gt; est né en 1926 à Leipzig. Il est déporté dans le ghetto roumain de Mogilev-Podolsk en 1941. Libéré en 1944, il pat en Palestine, puis rejoint sa famille en France avant d&amp;rsquo;émigrer aux États-Unis. Son chef d&amp;rsquo;œuvre (et premier roman) est sans doute &amp;ldquo;Nuit&amp;rdquo;, qui s&amp;rsquo;inspire de ses années de ghetto, mais sans doute très dérangeant, car décrivant l&amp;rsquo;homme réduit à l&amp;rsquo;état de bête.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La vérité sur l&#39;affaire Harry Québert - Joël Dicker</title>
            <link>https://pled.fr/la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-joel-dicker/</link>
            <pubDate>Thu, 25 Jun 2015 16:56:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-verite-sur-laffaire-harry-quebert-joel-dicker/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La vérité sur l’affaire Harry Québert - Joël Dicker&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;affaireharryquebert.jpg#floatleft&#34;&gt; Recommandé par un client de la librairie comme un super bouquin, avec du suspense, du fond&amp;hellip; Bon, si c&amp;rsquo;est pour le côté addictif de la lecture, vu que l&amp;rsquo;auteur nous ballade largement autant que faire se peut, et que l&amp;rsquo;on a hâte de connaître cette fameuse vérité, Ok. La construction du scénario est bien maîtrisée, encore qu&amp;rsquo;on finit tout de même par trouver le temps long, et le sentiment d&amp;rsquo;être le pigeon de l&amp;rsquo;histoire finit par l&amp;rsquo;emporter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;est pourtant pas américain, mais là aussi combien de pages inutiles ! Encore un exemple de roman qui aurait pu être beaucoup plus efficace avec deux fois moins de pages&amp;hellip; À croire que les auteurs sont payés à la ligne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le  plus surprenant, c&amp;rsquo;est que ce roman ait reçu le Grand Prix du roman de l&amp;rsquo;Académie française ! on se demande bien pourquoi&amp;hellip; Car côté style, c&amp;rsquo;est assez basique (niveau polar).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a aussi reçu le Prix Goncourt des lycéens 2012 ; l&amp;rsquo;article précédent (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9028&#34; &gt;Le quatrième mur de Sorj Chalandon&lt;/a&gt;) ayant également remporté ce même prix mais l&amp;rsquo;année suivante, on peut donc se réjouir de la très nette progression de nos chers lycéens ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que dire ? la lecture n&amp;rsquo;a pas vraiment été désagréable, mais ça ne va pas beaucoup plus loin. Il y a pas mal de répétitions vu que l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amuse à nous repasser les mêmes événements plusieurs fois, en nous en révélant un peu plus, mais jamais assez. La crédibilité des personnages, surtout celui de la jeune fille, est difficilement crédible : dommage, elle est au cœur de l&amp;rsquo;intrigue. Et ce n&amp;rsquo;est pas le seul personnage peu crédible, la plupart sont également caricaturaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jo%C3%ABl_Dicker&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joël Dicker&lt;/a&gt;, né en 1985 à Genève. Ce livre est son second roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le quatrième mur - Sorj Chalandon</title>
            <link>https://pled.fr/le-quatrieme-mur-sorj-chalandon/</link>
            <pubDate>Wed, 24 Jun 2015 17:08:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-quatrieme-mur-sorj-chalandon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le quatrième mur - Sorj Chalandon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lequatriememur.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le libraire qui m&amp;rsquo;as mis ce bouquin dans les mains, alors que lui expliquais que je cherchais des histoires qui avaient du sens. Cette fois il ne s&amp;rsquo;est pas trompé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire commence par une scène de guerre localisé à Tripoli, Nord Liban, en 1983 : un tank tire sur un taxi, le passager est blessé par un éclat à la jambe, mais réussit à se mettre à l&amp;rsquo;abri ; le chauffeur du taxi aura moins de chance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le chapitre suivant nous ramène à Paris en 1974, où Georges, le narrateur (qui est aussi le passager du taxi), va reprendre l&amp;rsquo;histoire depuis le début, quand il  était à Paris, étudiant à la Sorbonne, jeune metteur en scène d&amp;rsquo;une troupe de théâtre amateur, et membre d&amp;rsquo;un mouvement d&amp;rsquo;extrême gauche, activiste et pro-palestinien. Il fait la rencontre de Samuel, un grec qui a fuit la dictature des colonels, plus âgé, et qui est lui aussi metteur en scène. Les deux hommes sympathisent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Samuel a un projet fou : monter l&amp;rsquo;Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth, en faisant jouer chaque personnage de la pièce par une communauté différente : chrétiens, chiites, Druzes, etc . Mais Sam tombe malade, et demande à Georges de reprendre le projet. Il va alors partir pour Beyrouth, où la guerre va le rattraper.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien écrit, et on est vite pris par l&amp;rsquo;histoire, par la tragédie&amp;hellip; La pièce Antigone sert de fil conducteur, on la découvre en détail grâce aux deux metteurs en scène, et c&amp;rsquo;est passionnant ; chaque communauté y trouvera sa propre vérité et donnera son accord pour la représentation. Mais la guerre ne laissera pas les choses se faire aussi facilement. Une autre tragédie, réelle celle-ci, prend place, et la tristesse nous envahit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sorj_Chalandon&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sorj Chalandon&lt;/a&gt; (né en 1952) est un journaliste et écrivain français. Reporter de guerre, il a obtenu le prix Albert-Londres en 1988 pour ses reportages dans&#xA;Libération. Depuis 2009, il est journaliste au Canard enchaîné. Ce livre a reçu (entre autres) le prix Goncourt des lycéens 2013.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Liseuse Kobo Aura HD : retour d&#39;expérience</title>
            <link>https://pled.fr/liseuse-kobo-aura-hd-retour-dexperience/</link>
            <pubDate>Tue, 23 Jun 2015 17:56:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/liseuse-kobo-aura-hd-retour-dexperience/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2015/06/kobo-aura-hd.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;Kobo Aura HD&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;180px&#34; data-flex-grow=&#34;75&#34; height=&#34;797&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/liseuse-kobo-aura-hd-retour-dexperience/kobo-aura-hd.jpg&#34; width=&#34;600&#34;&gt;&lt;/a&gt; Ce sont les collègues qui m&amp;rsquo;ont offert l&amp;rsquo;année dernière cette liseuse Kobo Aura HD : à l&amp;rsquo;époque, c&amp;rsquo;était la liseuse avec la plus haute définition existante, la &amp;ldquo;Porsche des liseuses&amp;rdquo; selon Kobo (c&amp;rsquo;est aussi la plus chère, aux alentours de 180 €). Il est temps de faire un petit retour d&amp;rsquo;expérience&amp;hellip; après 76 heures de lecture comme me l&amp;rsquo;indique l&amp;rsquo;écran d&amp;rsquo;accueil ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ma première liseuse, je ne prétend donc pas comparer quoique ce soit, simplement partager mes premières impressions sur ce nouveau mode de lecture, ainsi que l&amp;rsquo;appareil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus, je n&amp;rsquo;utilise pas le &amp;ldquo;Kobo Store&amp;rdquo; pour télécharger des livres, je me contente de voir ce que je peux trouver en format .epub sans DRM (ouvrages libres de droit, sur le web, etc..). À ce sujet, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://framabookin.org/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Framabookin&lt;/a&gt;, un nouveau service de Framasoft, vient de sortir, proposant plusieurs centaine de livres libres de droit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par contre mon libraire me propose bien des livres électroniques, via le site &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.librairesenseine.fr/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Libraires en Seine&lt;/a&gt;, mais bien entendu avec DRM, ce qui implique d&amp;rsquo;installer sur le PC un logiciel Adobe, qui n&amp;rsquo;est évidemment pas disponible sous Linux/Ubuntu. Tant pis pour eux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour au Kobo :  je n&amp;rsquo;utilise pas plus l&amp;rsquo;option &lt;strong&gt;Pocket&lt;/strong&gt;, un service en ligne qui  permet de lire des pages web que vous avez précédemment sauvegardées à partir de votre ordinateur. Et je ne parle pas des jeux d&amp;rsquo;échec et de Sudoku intégrés à l&amp;rsquo;appareil, classés sous la rubrique peu rassurante &amp;ldquo;Fonctionnalités Bêta&amp;rdquo;&amp;hellip; Ça tient plus du  gadget, limite hors sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors je l&amp;rsquo;avoue, je suis un peu partagé, il y a du pour et contre&amp;hellip;. Globalement satisfaisant pour la partie lecture pure, beaucoup moins pour l&amp;rsquo;écran tactile et la réactivité, et au final un prix assez élevé comparé à la concurrence qui ne parait pas justifié&amp;hellip; heureusement, on me l&amp;rsquo;a offerte ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a d&amp;rsquo;ailleurs un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://liseuses.survol.fr/&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;excellent site&lt;/a&gt; qui permet en fonction de vos critères de trouver le modèle vous correspondant. Par exemple, la Pocketbook Touch Lux 2 à moins de 100 € a l&amp;rsquo;air tout aussi bien&amp;hellip; pas d&amp;rsquo;écran tactile, mais des boutons, c&amp;rsquo;est peut-être aussi bien (voir plus loin).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Commençons par le positif :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;intérêt évident d&amp;rsquo;une liseuse, c&amp;rsquo;est la possibilité de stocker un grand nombre de livres : si on part en vacances, ou en voyage, c&amp;rsquo;est vraiment génial de pouvoir limiter le poids et le volume que représenterait une dizaine de bouquins par exemple. Théoriquement, on peut y stocker 3000 livres, et plus encore si l&amp;rsquo;on y ajoute une carte mémoire microSD.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;écran offre une excellente définition (1440 x 1080 pixels, affichage de 265 ppi) et une taille légèrement supérieure de 6,8 pouces. La lecture est vraiment agréable.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;éclairage (quand on lit dans la pénombre) est parfait. La technologie &amp;ldquo;Comfortlight&amp;rdquo; consiste en de petites LED tout autour de l&amp;rsquo;écran, et l&amp;rsquo;éclairage est dirigé vers l&amp;rsquo;écran. Tout l&amp;rsquo;intérêt étant de ne pas avoir comme sur un écran classique un rétro-éclairage qui au final fatigue les yeux.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le côté numérique permet de faire de petites choses sympa, comme de rechercher un mot (pratique si on ne se souvient plus d&amp;rsquo;un personnage, où si l&amp;rsquo;on revient quelque temps après sur un livre dont on sait que tel sujet y est abordé). On peut aussi prendre des notes en cours de lecture. Etc&amp;hellip;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les moins :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;écran tactile n&amp;rsquo;a pas une réactivité exceptionnelle. En changeant de page, je me retrouve assez souvent deux pages plus loin, ce qui est vraiment désagréable. Une liseuse avec de vrais boutons est finalement une meilleure option en l&amp;rsquo;état.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La liseuse est assez lente : à démarrer, à revenir au menu principal, etc&amp;hellip; Cela a de nombreux impacts, comme par exemple de vouloir sélectionner une zone de texte : l&amp;rsquo;absence de réactivité rend les choses difficiles, et on s&amp;rsquo;agace assez vite de ce problème, lié au processeur ou à l&amp;rsquo;écran tactile, ou les deux peut-être.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Les statistiques de lecture : petit plus qui a l&amp;rsquo;air bien sympathique, mais qui se révèle trop basique à l&amp;rsquo;usage : il suffit de rouvrir un livre pour qu&amp;rsquo;il perde son statut  &amp;ldquo;Lu&amp;rdquo;. Dans l&amp;rsquo;ensemble, la partie soft n&amp;rsquo;est vraiment pas très évoluée.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Si la durée de vie de la batterie est excellente (plusieurs semaines), ce n&amp;rsquo;est pas le cas par défaut. Pourtant, avec la technologie E-Ink utilisée dans les liseuses, une page affichée n&amp;rsquo;est pas censée consommer de l&amp;rsquo;énergie. Toujours est-il que, même avec le wifi désactivé, la liseuse se décharge assez vite si le mode veille n&amp;rsquo;est pas activé. Pourtant, j&amp;rsquo;ai l&amp;rsquo;étui &amp;ldquo;Kobo sleep&amp;quot;qui est censé enclencher automatiquement la veille de l&amp;rsquo;appareil, mais cela ne suffit manifestement pas : il faut absolument activer l&amp;rsquo;option&amp;quot;mettre en veille&amp;rdquo; après disons 15mn. Et l&amp;rsquo;on a enfin une très bonne autonomie.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Si le format BD est supporté, en noir &amp;amp; blanc, ça ne sert pas à grand chose : des liseuses couleurs commencent à apparaître sur le marché, mais sont plus chères et manquent d&amp;rsquo;éclat.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Idem pour le format PDF, la taille de l&amp;rsquo;écran fait que le format A4 classique d&amp;rsquo;un PDF le rend illisible.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, globalement, l&amp;rsquo;utilisation d&amp;rsquo;une liseuse est bien pratique et le confort de lecture est là. Clairement, ces objets sont fait pour lire des livres, les autres options sont plutôt de l&amp;rsquo;ordre du gadget. Le rafraîchissement et la réactivité laissent néanmoins à désirer, cela s&amp;rsquo;améliorera peut-être dans le futur.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un barbare en asie - Henri Michaux</title>
            <link>https://pled.fr/un-barbare-en-asie-henri-michaux/</link>
            <pubDate>Mon, 22 Jun 2015 12:30:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-barbare-en-asie-henri-michaux/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Un barbare en asie - Henri Michaux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;barbare-asie.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est Simon Leys dans son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34; &gt;studio de l’inutilité&lt;/a&gt; qui parlait de cet auteur et de ce livre avec suffisamment d&amp;rsquo;enthousiasme pour donner envie de le lire. J&amp;rsquo;hésitais un peu, Henri Michaux étant écrivain mais aussi poète, et je ne savais pas trop à quoi m&amp;rsquo;attendre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce fût un vrai bonheur à lire, lecture ponctuée parfois d&amp;rsquo;éclats de rire tant les remarques d&amp;rsquo;Henri Michaux sont souvent drôles. Il s&amp;rsquo;agit donc de notes prises durant un voyage en asie qu&amp;rsquo;il fît en 1931 : la moitié de l&amp;rsquo;ouvrage est consacrée à l&amp;rsquo;Inde, un quart à la Chine, pour finir avec le Japon et la Malaisie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une première préface, rédigée en 1945, l&amp;rsquo;auteur nous dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Douze ans me séparent de ce voyage. Il est là. Je suis ici. On ne peut plus grand-chose l&amp;rsquo;un pour l&amp;rsquo;autre. Il n&amp;rsquo;était pas une étude et ne peut le devenir, ni s&amp;rsquo;approfondir. Pas davantage être corrigé.&#xA;Il a vécu sa vie.&#xA;Je me suis limité à changer quelques mots, et seulement selon sa ligne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis dans une nouvelle préface, assez émouvante, rédigée en 1967, il confirme le décalage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le fossé s&amp;rsquo;est encore agrandi, un fossé de trente-cinq ans , à présent.&#xA;Et l&amp;rsquo;Asie continue son mouvement, sourd et secret en moi, large et violent parmi les peuples du monde. Elle se remanie,elle s&amp;rsquo;est remaniée, comme on ne l&amp;rsquo;aurait pas cru, comme je ne l&amp;rsquo;avais pas deviné.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il date ce livre. De l&amp;rsquo;époque à la fois engourdie et sous tension de ce continent ; il date. De ma naïveté, de mon  ignorance, de mon illusion de démystifier, il date. Il date d&amp;rsquo;un Japon excité, surexcité, parlant guerre, chantant guerre, promettant guerre, défilant, hurlant, vociférant, menaçant, harcelant, tenant en réserve des bombardements, des débarquements, des destructions, des invasions, des assauts, de la terreur.&#xA;Il date d&amp;rsquo;une Chine traquée, entamée, menacée de dépècement, n&amp;rsquo;arrivant plus à se ressaisir, méfiante, fermée, ne sachant plus avec une civilisation désorganisée faire face efficacement ni par ruse, ni par le nombre,  ni par rien d&amp;rsquo;éprouvé jusque-là, au cataclysme imminent.&#xA;Il date d&amp;rsquo;une Inde qui, avec des moyens inattendus ayant l&amp;rsquo;apparence de la faiblesse, essayait avec malaise de faire lâcher prise au solide peuple dominateur qui la tenait en dépendance. [&amp;hellip;]&#xA;Ce livre qui ne me convient plus, qui me gêne et me heurte, me fait honte, ne me permet de corriger que des bagatelles le plus souvent.&#xA;Il a sa résistance. Comme s&amp;rsquo;il était un personnage.&#xA;Il a un ton.&#xA;À cause de ce ton, tout ce que je voudrais en contrepoids y introduire de plus grave, de plus réfléchi, de plus approfondi, de plus expérimenté, de plus instruit, me revient, m&amp;rsquo;est renvoyé&amp;hellip; comme ne lui convenant pas. Ici barbare on fut, barbare on  doit rester.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas faux, Michaux s&amp;rsquo;attache à nous décrire l&amp;rsquo;homme de la rue comme il perçoit, mais aussi avec son  imaginaire, et son humour. Mais à force de tenter de nous décrire &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Indien est comme ci, le chinois est comme ça&amp;rdquo;, il est difficile d&amp;rsquo;éviter la caricature, et encore plus de résister au temps qui passe. Mais cela ne l&amp;rsquo;empêche pas de toucher juste parfois : sur l&amp;rsquo;Inde, que je connais un peu, je me suis esclaffé plusieurs fois à lire ses observations ; il ne s&amp;rsquo;agit pas ici de tout prendre au pied de la lettre&amp;hellip; Et puis, sa préface en forme d&amp;rsquo;auto-critique l&amp;rsquo;excuse largement, et nous met dans les bonnes conditions de lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnellement, je l&amp;rsquo;ai lu avec grand plaisir, et sous l&amp;rsquo;angle de l&amp;rsquo;humour, dont Michaux ne manque pas. Par contre, ses remarques sur la musique (il apprécie beaucoup la musique chinoise), et surtout le théâtre (dont il semble être un passionné) sont très pertinentes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits pour vous faire une idée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Indiens :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tous, sûrs d&amp;rsquo;eux-mêmes, avec un regard de miroir, une sincérité insidieuse et cette sorte d&amp;rsquo;impudence formée par la méditation, jambes croisées.&#xA;Des regards parfaits sans haut ni bas, sans défaut, sans succès, sans appréhension.&#xA;Debout, leur œil paraît appartenir à des hommes couchés. Couchés, à des hommes debout. Sans flexion, sans fléchissement, tous pris dans un filet. Lequel ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils vous regardent avec un contrôle d&amp;rsquo;eux-mêmes, un blocage mystérieux et, sans que ce soit clair, vous donnent l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;intervenir quelque part en soi,comme vous ne le pourriez pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rien n&amp;rsquo;est triste comme les choses manquées. L&amp;rsquo;attitude des religieux hindous porte infiniment rarement la marque divine. Ils l&amp;rsquo;ont comme le critique du Temps et les professeurs de littérature dans les lycées ont l&amp;rsquo;empreinte du génie littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Malgré leur nombre, les Indiens furent dans l&amp;rsquo;ensemble une proie. Alexandre le Grand, les rois grecs, les Huns, les Mongols, les Anglais, le monde entier les a battus, ils ont perdu leur indépendance depuis huit siècles. [&amp;hellip;] Représentez-vous une armée de milliers d&amp;rsquo;éléphants, d&amp;rsquo;autant de chars, de six cent mille hommes (de ces armées il  y en a eu contre Alexandre, contre quantité de conquérants), vous comprendrez que l bazar ça peut constituer.&#xA;Quel plaisir pour les Indiens, cette surabondance, mais une petite armée de dix mille fantassins y met la débandade.&#xA;Ajoutez qu&amp;rsquo;autre fois, les Hindous se servaient de shantras, ou formules magiques.&#xA;Il ne faut pas nier la valeur de la magie. Néanmoins, elle donne des résultats insuffisants. La préparation psychique est lente. Un homme tue plus vite d&amp;rsquo;un coup de sabre que par magie. Son sabre, il peut s&amp;rsquo;en servir à tout instant, il n&amp;rsquo;a pas à s&amp;rsquo;armer et à lui redonner du tranchant après chaque ennemi tué, le premier imbécile venu peut se servir d&amp;rsquo;un sabre, et on peut réunir plus facilement vingt mille imbéciles que vingt bons mages.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aux Indes, si vous ne priez pas, vous avez perdu votre voyage. C&amp;rsquo;est du temps donné aux moustiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a des maigreurs telles qu&amp;rsquo;on se demande si elles viennent de l&amp;rsquo;homme ou si elles ne  viennent pas du squelette.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y avait dans cette cour un très vieil homme : il me salua, mais j&amp;rsquo;aperçus le salut trop tard. La musique reprit et je me disais : &amp;ldquo;Pourvu qu&amp;rsquo;il me regarde encore !&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;était un pèlerin, il n&amp;rsquo;était pas d&amp;rsquo;ici. Il m&amp;rsquo;avait semblé qu&amp;rsquo;il avait de l&amp;rsquo;amitié pour moi. La musique s&amp;rsquo;acheva. J&amp;rsquo;étais transporté. Il se retourna sur moi, m&amp;rsquo;adressa son regard, et sortit. Dans son regards, il y avait quelque chose pour moi, particulièrement. Ce qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;a dit, je le cherche encore. Quelque chose d&amp;rsquo;important,  d&amp;rsquo;essentiel. Il me regarda, moi et ma destinée, avec une sorte d&amp;rsquo;acquiescement et de réjouissance, mais un  fil de compassion et presque de pitié y passa et je me demande ce que cela signifie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;un deux attrape le moindre renseignement sur vous, que vous avez trente-deux ans, par exemple, immédiatement, il en informe tout le voisinage, tous les voyageurs dans la gare, tous les passants de la ville. D&amp;rsquo;ailleurs, de loin, on l&amp;rsquo;interroge. Et il répond triomphalement : &amp;ldquo;Il a trente-deux ans. Il vient visiter les Indes !&amp;rdquo; Et la nouvelle étonnante se répand comme le feu dans la poudre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Chinois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand les chinois se vantent d&amp;rsquo;avoir trouvé le diabolo, le polo, le tir à l&amp;rsquo;arc, le football, le jiu-jitsu, le papier, etc., eh bien, que voulez-vous, ça n&amp;rsquo;élève pas le Chinois. Ça n&amp;rsquo;élève pas non plus l&amp;rsquo;Européen. Ça élève l&amp;rsquo;Hindou qui, intensément cultivé, n&amp;rsquo;inventa pas le diabolo, le football, etc.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la civilisation occidentale :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La civilisation des Blancs jamais ne tenta aucun peuple autrefois. Presque tous les peuples se passent de  confort. Mais quise passe d&amp;rsquo;amusements ? Le cinéma et le phonographe, le train sont les véritables missionnaires de l&amp;rsquo;Occident.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour finir, ce qui conclue la partie &amp;ldquo;Un barbare au Japon&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Y aura-t-il encore une guerre ? Regardez-vous, Européens, regardez-vous.&#xA;Rien n&amp;rsquo;est paisible dans votre expression.&#xA;Tout y est lutte, désir, avidité.&#xA;Me la paix, vous la voulez violemment.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michaux&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henri Michaux&lt;/a&gt; (1899-1984)  est un écrivain, poète et peintre d&amp;rsquo;origine belge d&amp;rsquo;expression française naturalisé français en 1955. Il interrompt ses études de médecine pour embarquer comme matelot (1920-1921). Mais le bateau est désarmé, il renonce à la mer et fait toutes sortes de métiers. À la suite d&amp;rsquo;un pari, il se met à écrire, et c&amp;rsquo;est André Gide en 1941 qui le fera découvrir lors d&amp;rsquo;une conférence. Ses livres, proches du surréalisme, et cependant tout à fait singuliers, sont des poèmes, des descriptions de mondes imaginaires, des inventaires de rêves. À l&amp;rsquo;âge de 55 ans, il explore les univers créés par des substances hallucinogènes (mescaline,  LSD et psilocybine) : parfois sous le contrôle d&amp;rsquo;un médecin, l&amp;rsquo;approche est scientifique (auto-observation) et le rapproche de son attrait pour la médecine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mémoires d&#39;Hadrien - Marguerite Yourcenar</title>
            <link>https://pled.fr/memoires-dhadrien-marguerite-yourcenar/</link>
            <pubDate>Fri, 19 Jun 2015 14:38:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/memoires-dhadrien-marguerite-yourcenar/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mémoires d’Hadrien - Marguerite Yourcenar&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;memoiresdhadrien.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en écoutant France Culture que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman (et de cet empereur romain). Réveillé un peu plus tôt que d&amp;rsquo;habitude (5h du mat&amp;rsquo;), j&amp;rsquo;allume la radio : c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;émission &amp;ldquo;Éloge du savoir&amp;rdquo; (c&amp;rsquo;est toujours fascinant d&amp;rsquo;écouter ces professeurs du collège de France discourir sur un sujet qu&amp;rsquo;ils maîtrisent complètement), en l&amp;rsquo;occurence une série de treize épisodes sur &amp;ldquo;L&amp;rsquo;empereur Hadrien et les cités grecques&amp;rdquo; (que j&amp;rsquo;ai podcasté mais pas encore écouté). Et on y mentionnait ce roman de Marguerite Yourcenar sur celui qui fût un empereur humaniste. Peut-être le fameux &amp;ldquo;philosophe roi&amp;rdquo; de Platon&amp;hellip; ou alors un &amp;ldquo;despote éclairé&amp;rdquo; ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit donc des mémoire fictives d&amp;rsquo;Hadrien, où il s&amp;rsquo;adresse à son petit-fils adoptif et éventuel successeur, Marc Aurèle. La lecture est passionnante, et c&amp;rsquo;est très bien écrit : Hadrien fait le point sur sa vie alors qu&amp;rsquo;il est âgé et malade, sorte de testament d&amp;rsquo;une vie pour le moins exceptionnelle. En le lisant, je me disais que si nos dirigeants avaient cette hauteur de vue, le monde serait certainement meilleur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marguerite Yourcenar a commencé ce roman alors qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;avait qu&amp;rsquo;une vingtaine d&amp;rsquo;années. Les éditeurs ayant refusé de le publier, elle l&amp;rsquo;abandonna pendant vingt cinq ans&amp;hellip; puis se remit à l&amp;rsquo;ouvrage. Elle a voulu &amp;ldquo;refaire du dedans ce que les archéologues du XIXe siècle on fait du dehors&amp;rdquo;, et ajoute &amp;ldquo;Si j&amp;rsquo;ai choisi d&amp;rsquo;écrire ces &lt;em&gt;Mémoires d&amp;rsquo;Hadrien&lt;/em&gt; à la première personne, c&amp;rsquo;est pour me passer le plus possible de tout intermédiaire, fût-ce de moi-même. [&amp;hellip;] Quoi qu&amp;rsquo;on fasse, on reconstruit toujours le monument à sa manière. Mais c&amp;rsquo;est déjà beaucoup de n&amp;rsquo;employer que des pierres authentiques.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hadrien succède à Trajan en 117. Ce dernier avait mené une politique d&amp;rsquo;expansion (l&amp;rsquo;empire romain est alors à son apogée territoriale), mais les peuples envahis se rebellant à un moment ou à un autre, les guerres succèdent aux guerres. Hadrien va instaurer la paix, abandonner les dernières conquêtes (territoires difficiles à réellement contrôler) pour privilégier la négociation et l&amp;rsquo;alliance avec ceux-ci, puis fortifier les frontières et adopter une politique purement défensive.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il voyagera longtemps à travers l&amp;rsquo;empire, pour rendre la justice, réorganiser les défenses, réformant le droit romain par la même occasion. Mais il est surtout passionné par l&amp;rsquo;art, et la civilisation grecque. Côté cœur, il délaisse très vite sa femme pour s&amp;rsquo;enticher d&amp;rsquo;un jeune éphèbe, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Antino%C3%BCs&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Antinoüs&lt;/a&gt;, qu&amp;rsquo;il ira jusqu&amp;rsquo;à diviniser lorsque celui-ci mourra&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un extrait qui m&amp;rsquo;a paru particulièrement pertinent pour notre époque :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il faut l&amp;rsquo;avouer, je crois peu aux lois. Trop dures, on les enfreint, et avec raison. Trop compliquées, l&amp;rsquo;ingéniosité humaine trouve facilement à se glisser entre les mailles de cette nasse traînante et fragile. Le respect des lois antiques correspond à ce qu&amp;rsquo;a de plus profond la piété humaine ; il sert aussi d&amp;rsquo;oreiller à l&amp;rsquo;inertie des juges. Les plus vieilles participent de cette sauvagerie qu&amp;rsquo;elles s&amp;rsquo;évertuaient à corriger ; les plus vénérables sont encore le produit de la force. La plupart de nos lois pénales n&amp;rsquo;atteignent, heureusement peut-être, qu&amp;rsquo;une petite partie des coupables ; nos lois civiles ne seront jamais assez souples pour s&amp;rsquo;adapter à l&amp;rsquo;immense et fluide variété des faits. Elles changent moins vite que les mœurs ; dangereuses quand elles retardent sur celles-ci, elles le sont davantage quand elles se mêlent de les précéder. Et cependant, de cet amas d&amp;rsquo;innovations périlleuses ou de routines surannées, émergent ça et là, comme en médecine, quelques formules utiles. Les philosophes grecs nous ont enseigné à connaître un peu mieux la nature humaine ; nos meilleurs juristes travaillent depuis quelques générations dans la direction du sens commun. J&amp;rsquo;ai effectué moi-même quelques-unes de ces réformes partielles qui sont les seules durables. Toute loi trop souvent transgressée est mauvaise : c&amp;rsquo;est au législateur de l&amp;rsquo;abroger ou à la changer, de peur que le mépris où cette folle ordonnance est tombée ne s&amp;rsquo;étende à d&amp;rsquo;autres lois plus justes. Je me proposais pour but une prudente absence de lois superflues, un petit groupe fermement promulgué de décisions sages. Le moment semblait venu de réévaluer toutes les prescriptions anciennes dans l&amp;rsquo;intérêt de l&amp;rsquo;humanité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mon but était simplement de diminuer cette masse de contradictions et d&amp;rsquo;abus qui finissent par faire de la procédure un maquis où les honnêtes gens n&amp;rsquo;osent s&amp;rsquo;aventurer et où prospèrent les bandits.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les hommes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne méprise pas les hommes. Si je le faisais, je n&amp;rsquo;aurais aucun droit, ni aucune raison, d&amp;rsquo;essayer de les gouverner. Je les sais vains, ignorants, avides, inquiets, capables de presque tout pour réussir, pour se faire valoir, même à leurs propres yeux, ou tout simplement pour éviter de souffrir. Je le sais : je suis comme eux, du moins par moment, ou j&amp;rsquo;aurais pu l&amp;rsquo;être. Entre autrui et moi, les différences que j&amp;rsquo;aperçois sont trop négligeables pour compter dans l&amp;rsquo;addition finale. Je m&amp;rsquo;efforce donc que mon attitude soit aussi éloignée de la froide supériorité du philosophe que l&amp;rsquo;arrogance du César. Les plus opaques des hommes ne sont pas sans lueurs : cet assassin joue proprement de la flûte ; ce contremaître déchirant à coups de fouet le dos des esclaves est peut-être un bon fils ; cet idiot partagerait avec moi son dernier morceau de pain. Et il y en a peu auxquels on ne puisse apprendre convenablement quelque chose. Notre grande erreur est d&amp;rsquo;essayer d&amp;rsquo;obtenir de chacun en particulier les vertus qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas, et de négliger de cultiver celles qu&amp;rsquo;il possède.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les biographies :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En un sens, toute vie racontée est exemplaire ; on écrit pour attaquer ou pour défendre un système du monde, pour définir une méthode qui nous est propre. Il n&amp;rsquo;en est pas moins vrai que c&amp;rsquo;est par l&amp;rsquo;idéalisation ou par l&amp;rsquo;éreintement à tout prix, par le détail lourdement exagéré ou prudemment omis, que se disqualifie presque tout biographe : l&amp;rsquo;homme construit remplace l&amp;rsquo;homme compris. Ne jamais perdre de vue le graphique d&amp;rsquo;une vie humaine, qui ne se compose pas, quoi qu&amp;rsquo;on dise, d&amp;rsquo;une horizontale et de deux perpendiculaires, mais bien plutôt de trois lignes sinueuses, étirées à l&amp;rsquo;infini, sans cesse rapprochées et divergeant sans cesse : ce qu&amp;rsquo;un homme a cru être, ce qu&amp;rsquo;il a voulu être, et ce qu&amp;rsquo;il fut.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de la religion chrétienne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je  passai tout un soir à discuter de l&amp;rsquo;injonction qui consiste à aimer autrui comme soi-même ; elle est trop contraire à la nature humaine pour être sincèrement obéie par le vulgaire, qui n&amp;rsquo;aimera jamais que soi, et ne convient nullement au sage, qui ne s&amp;rsquo;aime pas particulièrement soi-même.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la maladie et la vieillesse :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est difficile de rester empereur en présence d&amp;rsquo;un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d&amp;rsquo;homme. L&amp;rsquo;œil du praticien ne voyait en moi qu&amp;rsquo;un monceau d&amp;rsquo;humeurs, triste amalgame de lymphe et de sang. Ce matin, l&amp;rsquo;idée m&amp;rsquo;est venue pour la première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr, mieux connu de moi que mon âme, n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un monstre sournois qui finira par dévorer son maître.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur France Culture, pour retrouver la série d&amp;rsquo;émission &amp;ldquo;L’empereur Hadrien et les cités grecques&amp;rdquo;, passer par Émissions puis sélectionner l&amp;rsquo;émission Éloge du savoir ; ces treize émissions se situent entre le 05.01.2015 et le 04.02.2015.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vous pouvez aussi écouter une autre émission avec des extraits de ce livre (même si le sujet principal est Rome) ; c&amp;rsquo;est dans &amp;ldquo;Les nouveaux chemins de la connaissance&amp;rdquo;, et l&amp;rsquo;émission s&amp;rsquo;appelle &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-tous-les-chemins-menent-a-rome-34-memoires-d%E2%80%99hadrie&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tous les chemins mènent à Rome (3/4) : Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marguerite_Yourcenar&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marguerite Yourcenar&lt;/a&gt; (1903-1987) est une femme de lettres française naturalisée américaine en 1947 (elle quitte la France en 1939), auteur de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poète, traductrice, essayiste et critique littéraire. Son roman Mémoires d&amp;rsquo;Hadrien, en 1951, connaît un succès mondial et lui vaut le statut définitif d&amp;rsquo;écrivain. Elle fut la première femme élue à l&amp;rsquo;Académie française (1980).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Théorie de la vilaine petite fille - Hubert Haddad</title>
            <link>https://pled.fr/theorie-de-la-vilaine-petite-fille-hubert-haddad/</link>
            <pubDate>Thu, 11 Jun 2015 16:54:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/theorie-de-la-vilaine-petite-fille-hubert-haddad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Théorie de la vilaine petite fille - Hubert Haddad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;theorievilainepetitefille.png#floatleft&#34;&gt; Troisième (et probablement dernier) roman de cet auteur que je lis : décidément, je ne suis vraiment pas fan de cet auteur ni de son style ; quant à l&amp;rsquo;histoire ici contée, on en apprend autant en lisant la page wikipedia des frangines Fox.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors que dire ? c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C5%93urs_Fox&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;sœurs Fox&lt;/a&gt; qui jouèrent un rôle important début XIXe siècle dans la naissance du spiritualisme moderne. Séances de spiritisme, esprits, coups frappés pour répondre aux questions&amp;hellip; C&amp;rsquo;était devenu la mode, et des personnalités comme Victor Hugo s&amp;rsquo;y sont fait prendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, les histoires de spiritisme, ce n&amp;rsquo;est pas vraiment mon truc, mais pourquoi pas ? l&amp;rsquo;auteur a peut-être quelque chose à nous révéler à ce sujet ? il s&amp;rsquo;est certainement beaucoup documenté sur le sujet&amp;hellip; hélas, rien de tout cela, il va se borner à nous raconter l&amp;rsquo;histoire avec un parti pris tout de même problématique, celui de nous présenter la petite Kate comme ayant vraiment le don de discuter avec les esprits ; jusqu&amp;rsquo;au dernier chapitre où il persiste à semer le doute avec ces ossements retrouvés sous les fondations de la maison, ce qui confortera les adeptes des sœurs Fox dans leur croyance. C&amp;rsquo;est vrai qu&amp;rsquo;en partant du principe que tout cela est bidon (mon cas), il devient difficile de donner un quelconque intérêt à cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Outre les sœurs Fox, on y croise dans le roman des personnages hypothétiques, comme ce William Pill, dont on se demande ce qu&amp;rsquo;il vient faire dans l&amp;rsquo;histoire ; c&amp;rsquo;est vrai pour pas mal des personnages, ou de la guerre de sécession, réglée en quelques paragraphes. Il faut bien meubler&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tant qu&amp;rsquo;à raconter une histoire vraie, vouloir se plonger dans l&amp;rsquo;Amérique de cette époque, autant prendre un sujet intéressant, ce n&amp;rsquo;est pas ça qui manque. Bref, je ne suis pas fan du style de l&amp;rsquo;auteur, et le sujet choisi pour cette histoire n&amp;rsquo;a à mon avis aucun intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles du même auteur sur le blog, avec à chaque fois un avis plus que mitigé :-( :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7119&#34; &gt;Opium Poppy – Hubert Haddad&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6933&#34; &gt;Palestine – Hubert Haddad&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Haddad&#34;  title=&#34;Hubert Haddad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hubert Haddad&lt;/a&gt; est né en 1947 en Tunisie, est un écrivain de langue française, poète, romancier, historien d’art.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le palmier et l&#39;étoile - Leonardo Padura</title>
            <link>https://pled.fr/le-palmier-et-letoile-leonardo-padura/</link>
            <pubDate>Thu, 11 Jun 2015 15:33:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-palmier-et-letoile-leonardo-padura/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le palmier et l’étoile - Leonardo Padura&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lepalmieretletoile.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le troisième roman de Leonard Padura que je lis, sans compter &amp;ldquo;le cycle des quatre saisons&amp;rdquo; mettant en scène Mario Conde, policier cubain désabusé. Dans celui-ci, l&amp;rsquo;auteur nous emmène aux origines de l&amp;rsquo;indépendance de Cuba, par le biais de la poèsie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fernando, exilé en Espagne depuis dix-huit ans, revient à Cuba pour trouver un manuscrit autobiographique du grand poète &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Mar%C3%ADa_Heredia&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;José Maria Heredia&lt;/a&gt;, auquel il a consacré sa thèse. Il est aussi revenu pour découvrir qui parmi ses amis l&amp;rsquo;a trahi et forcé à l&amp;rsquo;exil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car il  sera beaucoup question d&amp;rsquo;exil dans ce roman (et de trahison): au XIXe siècle, José Maria Heredia le poète y est également contraint, impliqué qu&amp;rsquo;il est dans un mouvement conspirationniste (Cuba est alors sous domination espagnole) où l&amp;rsquo;a mené son idéalisme. Le roman se déroule alors sur trois époques différentes : contemporaine pour Fernando, début XIXe siècle pour José Maria Heredia, et début XXe siècle pour son fils José de Jésus Heredia, franc-maçon, chargé par son père de protéger un manuscrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout au long des quatre cents pages de ce roman, aucun chapitre, seul un changement de paragraphe indiquera le changement d&amp;rsquo;époque&amp;hellip; un peu déroutant au début, surtout entre les époques du père poète et du fils franc-maçon où il ne faut pas se mélanger entre les personnages (même famille, mais génération différente). Mais l&amp;rsquo;intrigue est suffisamment passionnante pour nous faire oublier tout ça !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toujours, la base historique de l&amp;rsquo;histoire est solide, et l&amp;rsquo;on en apprend pas mal sur cette époque sous domination espagnole ; les cubains pensent bien à se révolter, mais le soulèvement ne se produira pas, et pour une bonne raison : les propriétaires terriens (cubains et nantis) ont tellement peur que les esclaves se soulèvent par la même occasion (leur faisant perdre ainsi leur fortune) qu&amp;rsquo;ils préféreront continuer leurs arrangements avec l&amp;rsquo;occupant espagnol. Or le manuscrit disparu du poète pourrait bien apporter son lot de révélations sur cette époque et déranger quelques familles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De son côté, Fernando fera la paix avec son passé et ses amis, et retrouvera même son amour d&amp;rsquo;enfance&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je classe ce roman entre &amp;ldquo;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&amp;rdquo; (son meilleur à mon avis, pour le côté historique sur la mort et l&amp;rsquo;exil de Trotsky) et &amp;ldquo;Hérétiques&amp;rdquo; (sur l&amp;rsquo;errance du peuple juif et ceux qui osent défier la religion ou l&amp;rsquo;ordre établi). Les trois étant bien entendu tous excellents.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles du même auteur sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8637&#34; &gt;Hérétiques – Leonardo Padura&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8605&#34; &gt;Cycle Les quatre saisons – Leonardo Padura&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34; &gt;L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Padura&#34;  title=&#34;Leonardo Padura&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Leonardo Padura&lt;/a&gt;, né en 1955 à La Havane, est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Après avoir commencé par des romans policiers (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8605&#34;  title=&#34;Cycle Les quatre saisons – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;Le cycle des quatre saisons&lt;/a&gt;), il prend de l’ampleur avec ses derniers romans, beaucoup plus ambitieux… et parfaitement maîtrisés.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Joseph Conrad par Michel Renouard</title>
            <link>https://pled.fr/joseph-conrad-par-michel-renouard/</link>
            <pubDate>Tue, 02 Jun 2015 08:55:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/joseph-conrad-par-michel-renouard/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;conrad.jpg#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;, et avant de lire d&amp;rsquo;autres romans de Joseph Conrad, je poursuis la découverte de cet auteur par sa biographie. C&amp;rsquo;est toujours bien de connaître la vie d&amp;rsquo;un écrivain, et Michel Renouard le fait très bien, n&amp;rsquo;hésitant pas à donner du contexte lié à l&amp;rsquo;époque ou aux personnages rencontrés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il nous dresse le portrait d&amp;rsquo;un homme à l&amp;rsquo;enfance marquée (exil, orphelin à onze ans), qui après une première vie de marin (pendant vingt ans), s&amp;rsquo;établit écrivain en Angleterre, pays dont il deviendra citoyen.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Grand travailleur, fumeur invétéré, mari fidèle (austère ?), il mènera souvent grand train, et son agent littéraire (qui s&amp;rsquo;occupe de tout, paie les factures, etc.. afin de limiter les dégâts) s&amp;rsquo;arrachera les cheveux. L&amp;rsquo;argent qu&amp;rsquo;il empruntera à ses amis ou relations, il ne le remboursera jamais. Conrad utilise pour cela un argument d&amp;rsquo;une logique imparable :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ses livres, il n&amp;rsquo;en doute pas, rapporteront aux autres beaucoup d&amp;rsquo;argent, quand il sera mort. Quoi de plus normal, dès lors, s&amp;rsquo;il cherche, de son vivant, à profiter un peu de son travail ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il consacrera tout son temps à écrire des romans et des nouvelles (ainsi qu&amp;rsquo;une grosse correspondance), car si c&amp;rsquo;est un panier percé, il travaille dur pour nourrir sa famille, se vêtir élégamment, recevoir, etc&amp;hellip; Toutes les œuvres de Conrad, si elles ont souvent un rapport à la mer, décrivent plutôt l&amp;rsquo;âme humaine à travers des personnages confrontés à leur destin. Il a toujours voulu écrire &amp;ldquo;pour le plus grand nombre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La vie ne nous connaît pas et nous ne connaissons pas la vie - nous ne connaissons même pas nos propres pensées.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beaucoup d&amp;rsquo;entre elles ont été portées au cinéma, comme l&amp;rsquo; &lt;em&gt;Agent secret&lt;/em&gt; par Alfred Hitchcock (1936) puis Christopher Hampton (1996), ou d&amp;rsquo;autres comme &lt;em&gt;Le cœur des ténèbres&lt;/em&gt; qui inspira &lt;em&gt;Apocalypse Now&lt;/em&gt; de Francis Ford Coppola.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Joseph Conrad, de son vrai nom Teodor Józef Konrad Korzeniowski, étiqueté à tort comme &amp;ldquo;auteur de romans de mer&amp;rdquo;, connaît une enfance difficile : son père, noble polonais, est engagé politiquement pour l&amp;rsquo;indépendance de son pays, alors sous tutelle russe. Il est envoyé en exil, avec sa famille, et les conditions de vie sont difficiles. Joseph se retrouve orphelin à l&amp;rsquo;âge de onze ans, ses deux parents succombant à la tuberculose, et est alors confié à son oncle maternel, Tadeusz Bobrowski, Ce dernier sera toujours présent pour Conrad (les deux hommes entretiendront une longue correspondance), l&amp;rsquo;oncle soutenant financièrement le neveu dépensier jusqu&amp;rsquo;à sa mort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Conrad veut être marin. Il le sera pendant une vingtaine d&amp;rsquo;années, commençant comme mousse à Marseille, jusqu&amp;rsquo;à devenir capitaine au long cours de la marine britannique. De tous ces voyages, on sait peu de choses sur ses occupations, à part le fait de flâner sur les quais aux escales&amp;hellip; Il en tirera par contre beaucoup d&amp;rsquo;inspiration pour ses romans. Déjà dépensier, vivant au-dessus de ses moyens, il sollicitera constamment son oncle durant cette période, avec des prétextes plus ou moins crédibles. Même si l&amp;rsquo;oncle est lucide, il lui enverra toujours l&amp;rsquo;argent nécessaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Devenu citoyen britannique, Conrad décide de se consacrer à l&amp;rsquo;écriture. Il s&amp;rsquo;installe en Angleterre, et ne tarde pas à se marier. C&amp;rsquo;est à cette époque qu&amp;rsquo;il vient en Bretagne, à Lannion puis à l&amp;rsquo;île Grande, car la vie y est moins chère qu&amp;rsquo;à Londres. D&amp;rsquo;une manière générale, il déménagera très souvent dans sa vie, soit pour réduire les dépenses, soit parce qu&amp;rsquo;il a de nouveaux moyens (ou encore parce qu&amp;rsquo;il est instable ?). Il écrit, mais le succès se fait attendre, du moins celui du grand public (qui garantirait des revenus suffisants), car il est vite reconnu dans le milieu littéraire par ses pairs. En France, c&amp;rsquo;est André Gide qui le fera connaître.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il écrit, des romans, des nouvelles&amp;hellip; certaines publiées sous forme de feuilletons, comme cela se faisait à l&amp;rsquo;époque. L&amp;rsquo;argent commence à rentrer un peu, mais il lui en faudra toujours plus ! Il souffre aussi physiquement de la goutte, et est fréquemment l&amp;rsquo;objet de crises&amp;hellip; à la fin de sa vie, il ne pouvait même plus écrire, et dictait ses textes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paradoxalement, il parle très mal l&amp;rsquo;anglais, contrairement au français, qu&amp;rsquo;il parle parfaitement, et même avec un léger accent provençal (depuis ses années à Marseille). Vers la fin de sa vie (quand le grand succès arrive), il prend la parole devant deux cents personnes à Manhattan :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Seuls quelques linguistes à l&amp;rsquo;oreille affûtée comprennent quelque chose à la conférence et à la lecture d&amp;rsquo;extraits d&amp;rsquo; &lt;em&gt;Une victoire&lt;/em&gt;. Les autres invités se réjouissent de voir en chair et en os cet écrivain célèbre et âgé, très âgé même − c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il donne −, parlant d&amp;rsquo;une voix éteinte un dialecte non répertorié. Et les (rares) lettrés de s&amp;rsquo;étonner que ce loup de mer polonais puisse écrire aussi bien une langue qu&amp;rsquo;il prononce si mal. La qualité phonétique de la prestation, déjà fort médiocre dès les premières phrases, se dégrade au fil des minutes. La jeune comtesse Eleanor Pallfy, dont la plume est volontiers acide, note que l&amp;rsquo;orateur a &amp;ldquo;le regard traqué d&amp;rsquo;une lièvre qu&amp;rsquo;un braconnier vient d&amp;rsquo;attraper et s&amp;rsquo;apprête à étrangler&amp;rdquo;. Peu importe. A l&amp;rsquo;inverse des Français, les Américains savent recevoir. Alors que, les derniers mots de sa prestation prononcés, Conrad fond en larmes, une formidable ovation ponctue ce rendez-vous phonétique et mondain, faute d&amp;rsquo;avoir pu être littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après la lecture de cette biographie, où l&amp;rsquo;on peut suivre la genèse de ses œuvres, je retiens les romans suivants :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;1897 : Le Nègre du Narcisse (récit maritime)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1899 : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt; (qui inspira Apocalypse Now)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1900 : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt; (son plus grand succès)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1904 : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt; (peut-être son chef-d&amp;rsquo;œuvre, mais d&amp;rsquo;une lecture difficile car la narration n&amp;rsquo;est pas linéaire)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1907 : L&amp;rsquo;Agent secret (milieu anarchiste, roman policier)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin une petite info sur &amp;ldquo;la trilogie malaise&amp;rdquo;, si l&amp;rsquo;on veut la lire dans l&amp;rsquo;ordre chronologique :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;1920 : La Rescousse (dernier livre publié de JC)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1896 : Un paria des îles&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;1895 : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La Folie Almayer&lt;/a&gt; (premier livre publié par JC)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8759&#34; &gt;Le cœur des ténèbres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d&amp;rsquo;origine polonaise puis devenu citoyen britannique, est considéré comme l&amp;rsquo;un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle.&#xA;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Renouard&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Renouard&lt;/a&gt;, né en 1942 à Dinan, est un universitaire et écrivain français, auteur notamment de romans policiers. Il est également l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;une biographie de Lawrence d&amp;rsquo;Arabie (que croise Conrad) que je vais certainement lire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>De l&#39;inégalité parmi les sociétés - Jared Diamond</title>
            <link>https://pled.fr/de-linegalite-parmi-les-societes-jared-diamond/</link>
            <pubDate>Tue, 12 May 2015 13:09:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/de-linegalite-parmi-les-societes-jared-diamond/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;De l’inégalité parmi les sociétés - Jared Diamond&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;inegalite-parmi-les-societes.png#floatleft&#34;&gt; Livre conseillé par mon libraire, mais qui est resté pas mal de temps sur l&amp;rsquo;étagère : j&amp;rsquo;avais peur que cela soit un peu trop difficile à lire. Il n&amp;rsquo;en fût rien, bien au contraire : c&amp;rsquo;est manifestement bien traduit, et l&amp;rsquo;auteur est très clair dans ses explications.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en résulte un gros livre certes (près de 700 pages), mais qui se lit facilement, et où l&amp;rsquo;on a hâte de retourner tant ce que nous explique l&amp;rsquo;auteur est passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre original est peut-être plus parlant : &amp;ldquo;Guns, germs, and steel. The fates of human societies&amp;rdquo; (1997). Soit &amp;ldquo;Armes, germes, et acier. Les destins des sociétés humaines&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur propose même un résumé en une phrase :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire a suivi des cours différents pour les différents peuples en raison des différences de milieux, non pas de différences biologiques entre ces peuples.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur démarre avec une anecdote historique illustrant la rencontre de deux civilisations et ce qu&amp;rsquo;il en advint : en 1532, Francisco Pizarro, conquistador espagnol, organise une rencontre avec l&amp;rsquo;empereur inca Atahualpa, sur le haut plateau péruvien. Il est à la tête de 168 soldats espagnols, et Atahualpa entouré de son armée de 80 000 hommes. Pourtant, Pizarro va capturer l&amp;rsquo;empereur, et tuer plus de 7 000 indiens le jour même !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et tout cela donc grâce aux chevaux, aux armes en acier&amp;hellip; Les germes apportant les maladies jouent sur une période plus longue, mais sont tout aussi efficaces.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ajouterai tout de même que c&amp;rsquo;est aussi grâce à sa fourberie que Pizarro gagna, puisque c&amp;rsquo;était une entrevue à priori pacifique (Pizarro avait invité l&amp;rsquo;empereur en le lui assurant). Peut-être un autre élément à prendre en compte dans le choc de civilisations ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais redevenons sérieux : tout au long de l&amp;rsquo;ouvrage, l&amp;rsquo;auteur va nous expliquer comment et pourquoi certaines sociétés ont pris le dessus sur les autres, alors qu&amp;rsquo;il y a 13 000 ans, des foyers de civilisation humaine sont présents sur tous les continents ? Et les points clés sont :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le rôle de la production alimentaire (c&amp;rsquo;est-à-dire la domestication des plantes et des animaux sauvages) : les vivres augmentent alors, et l&amp;rsquo;homme peut se consacrer à autre chose, comme fabriquer des armes&amp;hellip; Ce n&amp;rsquo;était pas possible partout sur la planète, certaines zones géographiques étant privilégiées (typiquement &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Croissant_fertile&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le croissant fertile&lt;/a&gt;) par rapport à d&amp;rsquo;autres.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;évolution des germes caractéristiques des sociétés humaines denses favorisées par la révolution agricole :  par exemple, il y a eu plus d&amp;rsquo;indigènes américains tués par les germes que par les armes.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le rôle de la géographie dans la diffusion (écriture, technologie, mais aussi les espèces animales domestiquées) : en eurasie, on reste sur la même latitude et la transmission est facilitée (notamment pour les plantes et les animaux qui peuvent s&amp;rsquo;adapter), alors qu&amp;rsquo;en Amérique et en Afrique, l&amp;rsquo;axe est vertical (longitude) et le transfert est rendu beaucoup plus difficile (barrières naturelles, climats très différents).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ensemble est parsemé d&amp;rsquo;anecdotes qui rendent le texte passionnant, notamment celles sur la Nouvelle-Guinée que l&amp;rsquo;auteur connaît particulièrement bien. On y apprend beaucoup, c&amp;rsquo;est un très bon ouvrage de vulgarisation scientifique, même si le livre est critiqué pour certaines approximations, oublis, interprétations douteuses&amp;hellip; Il est vrai que vu l&amp;rsquo;ampleur de la tâche, il est certainement difficile de tout prendre en compte, de ne pas froisser quelques historiens plus rigoureux que ce survol de 13 000 ans d&amp;rsquo;histoire agace.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;essentiel est probablement là, et a le mérite de réfuter les explications racistes ou socio-religieuses de la supériorité des sociétés occidentales, ou de la supériorité intellectuelle de l&amp;rsquo;homme blanc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jared Diamond, né en 1937, est un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Biologiste&#34;  title=&#34;Biologiste&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;biologiste&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&#34;  title=&#34;Théories de l&amp;#39;évolution&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;évolutionniste&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Physiologiste&#34;  title=&#34;Physiologiste&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;physiologiste&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9onomie&#34;  title=&#34;Géonomie&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;géonomiste&lt;/a&gt; américain. Professeur de géographie à l&amp;rsquo;UCLA, il est connu pour ses ouvrages de vulgarisation scientifique. En 1998, il a reçu le prix Pulitzer pour cet ouvrage.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/extension-du-domaine-de-la-lutte-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Mon, 11 May 2015 16:37:00 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;extension-du-domaine-de-la-lutte.png#floatleft&#34;&gt; Deuxième roman de Houellebecq que je lis (après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;), et qui est son tout premier roman publié, il y a déjà quelques années, c&amp;rsquo;était en 1994 !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit roman de 150 pages en format poche, il ne faut pas trop de temps pour le lire. Le style est fluide, et la lecture aisée, comme sait faire Houellebeq.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un cadre informaticien de trente ans, complètement désabusé, et manifestement en phase de dépression. Il va nous raconter son histoire, et ce sera plutôt sombre&amp;hellip; avec heureusement quelques pointes d&amp;rsquo;humour ici où là.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dégoûté par un travail sans intérêt, sa vision de la société est sans espoir. Il vit seul, n&amp;rsquo;a pas de succès avec les femmes, et pense au suicide. Malgré tout, il évolue toujours dans ce monde libéral qu&amp;rsquo;il exècre, acteur totalement passif et observateur attentif des failles de notre société de consommation où il ne se reconnaît pas, où l&amp;rsquo;humain et l&amp;rsquo;amour n&amp;rsquo;ont plus vraiment de place.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peut-être que Houellebecq parle un peu de lui ici, à travers son héros. Au final, un livre assez agréable à lire, même si l&amp;rsquo;ensemble est tout de même très sombre : pas de happy-end ici, le héros termine le roman avec ces mots :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;en ai mal à la peau. Je suis au centre du gouffre. Je ressens ma peau comme une frontière, et le monde extérieur comme un écrasement. L&amp;rsquo;impression de séparation est totale ; je suis désormais prisonnier en moi-même. Elle n&amp;rsquo;aura pas lieu, la fusion sublime ; le but de la vie est manqué. Il est deux heures de l&amp;rsquo;après-midi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Michel Houellebecq :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11316&#34; &gt;Plateforme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5321&#34; &gt;La carte et le territoire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18704&#34; &gt;Anéantir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Houellebecq&#34;  title=&#34;Michel Houellebecq sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt; (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l’un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par « Extension du domaine de la lutte » (1994) et surtout « Les particules élémentaires » (1998). Élevé d’abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Pharisienne - François Mauriac</title>
            <link>https://pled.fr/la-pharisienne-francois-mauriac/</link>
            <pubDate>Mon, 11 May 2015 15:17:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-pharisienne-francois-mauriac/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La Pharisienne - François Mauriac&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lapharisienne.png#floatleft&#34;&gt; Deuxième roman de François Mauriac que je lis, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8797&#34; &gt;Le Sagouin&lt;/a&gt;. L&amp;rsquo;histoire se passe toujours au sein de la bourgeoisie catholique bordelaise, et le portrait de cette pharisienne que dresse Mauriac est sans concession.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;une pharisienne ? je n&amp;rsquo;en savais rien, et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wiktionary.org/wiki/pharisien#fr&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;wiktionary&lt;/a&gt; m&amp;rsquo;a éclairé : au sens propre, les pharisiens sont une secte du peuple juif qui affectaient de se distinguer par la sainteté extérieure de leur vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par analogie, c&amp;rsquo;est une personne qui, sûre de soi, juge de haut, avec orgueil et dureté, les actions ou les opinions des autres. C&amp;rsquo;est précisément le cas de Brigitte Pian dans ce roman : se sentant investie d&amp;rsquo;une mission par le Seigneur, aspirant à la sainteté, elle est sans pitié avec les personnes qui l&amp;rsquo;entourent quand elle estime qu&amp;rsquo;ils ne sont pas dans le droit chemin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est racontée par Louis, son beau-fils, alors jeune adolescent, ce qui donne beaucoup de fraîcheur à la narration. Là aussi, Mauriac excelle à décrire les pensées et questionnements d&amp;rsquo;un adolescent&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est magnifiquement écrit, la description des sentiments humains et du milieu social est profonde, ce qui est semble-t-il la spécialité de Mauriac. Le plus fort, je trouve, c&amp;rsquo;est que la fameuse Brigitte n&amp;rsquo;est pas grossièrement caricaturée : au contraire, ses sentiments sont longuement décrits, comme les motivations de ses actions. On en arriverait à plaindre la marâtre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle finira par se rendre compte de ses errements, confrontée aux conséquences de ses actions&amp;hellip; Voici le dernier paragraphe du roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle ne se dérobait pas lorsque je faisais allusion aux événements passés ; mais je compris qu&amp;rsquo;elle était détachée même de ses fautes et qu&amp;rsquo;elle abandonnait le tout à la Miséricorde. Au soir de sa vie, Brigitte Pian avait découvert enfin qu&amp;rsquo;il ne faut pas être semblable à un serviteur orgueilleux, soucieux d&amp;rsquo;éblouir le maître en lui payant son dû jusqu&amp;rsquo;à la dernière obole, et que Notre Père n&amp;rsquo;attend pas de nous que nous soyons les comptables minutieux de nos propres mérites. Elle savait maintenant que ce pas de mériter qui importe, mais d&amp;rsquo;aimer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Amen !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mauriac&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;François Mauriac&lt;/a&gt; (1885-1970) est un écrivain  français, prix Nobel de littérature en 1952. Il se révèle un remarquable analyste des passions de l’âme et un virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. Politiquement à droite, il soutient durant la guerre d’Espagne les Nationalistes dans un premier temps, puis se range, avec les chrétiens de gauche, du  côté des Républicains espagnols après le massacre de Guernica. Il soutiendra également l’indépendance de l’Algérie, et se ralliera au général De Gaulle sous la Ve République.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Sagouin - François Mauriac</title>
            <link>https://pled.fr/le-sagouin-francois-mauriac/</link>
            <pubDate>Mon, 04 May 2015 17:26:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-sagouin-francois-mauriac/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le Sagouin - François Mauriac&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sagouin.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est un collègue qui m&amp;rsquo;a parlé de cet auteur, se disant fan de l&amp;rsquo;écriture de François Mauriac, mentionnant &amp;ldquo;Le sagouin&amp;rdquo; et &amp;ldquo;La pharisienne&amp;rdquo; comme ses livres favoris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aussitôt dit, aussitôt commandés, et je commence donc par celui-ci, petit roman d&amp;rsquo;une bonne centaine de pages aux caractères assez gros&amp;hellip; Il se lit donc  très vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire du petit Guillaume, Guillou, surnommé &amp;ldquo;le Sagouin&amp;rdquo; par sa mère (je vous laisse deviner l&amp;rsquo;amour maternel de celle-ci). Cette dernière, venant de la bourgeoisie bordelaise, a souhaité faire un mariage avec une famille noble, mais en paie le prix : sa belle-mère, la vieille baronne, la déteste et la considère comme une étrangère de rang inférieur&amp;hellip; Son mari, effacé, la tient à distance, comme le reste d&amp;rsquo;ailleurs. Seule reste la cuisinière, Fräulein, offrant au petit Guillou l&amp;rsquo;affection dont il a tellement besoin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Guillou est considéré comme un bon à rien, qui plus est renvoyé du pensionnat des jésuites car il salit encore ses draps&amp;hellip; La famille intercède alors auprès de l&amp;rsquo;instituteur du village pour qu&amp;rsquo;il lui donne des cours. La manœuvre échoue car l&amp;rsquo;instituteur, socialiste, ne transige pas avec la lutte des classes ! Mais c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion de découvrir la passion qu&amp;rsquo;a Guillou pour la littérature, là où son imagination d&amp;rsquo;enfant peut s&amp;rsquo;envoler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un style concis, précis, François Mauriac nous raconte tout cela, et ce qu&amp;rsquo;il en adviendra. Roman sombre, où l&amp;rsquo;on est surpris par la fin sans recours. Petit roman par la taille, mais que de choses sont dites&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Mauriac&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;François Mauriac&lt;/a&gt; (1885-1970) est un écrivain  français, prix Nobel de littérature en 1952. Il se révèle un remarquable analyste des passions de l&amp;rsquo;âme et un virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. Politiquement à droite, il soutient durant la guerre d&amp;rsquo;Espagne les Nationalistes dans un premier temps, puis se range, avec les chrétiens de gauche, du  côté des Républicains espagnols après le massacre de Guernica. Il soutiendra également l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Algérie, et se ralliera au général De Gaulle sous la Ve République.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le cœur des ténèbres - Joseph Conrad</title>
            <link>https://pled.fr/le-coeur-des-tenebres-joseph-conrad/</link>
            <pubDate>Wed, 22 Apr 2015 17:57:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-coeur-des-tenebres-joseph-conrad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le cœur des ténèbres - Joseph Conrad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lecoeurdestenebres.png#floatleft&#34;&gt; Premier roman que je lis de ce grand auteur, s&amp;rsquo;il faut en croire Simon Leys : dans son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34;  title=&#34;Le studio de l’inutilité – Simon Leys&#34;&#xA;    &gt;studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/a&gt;, où il parle de ses passions, à savoir la littérature, la mer et la Chine, il ne tarit pas d&amp;rsquo;éloges sur cet écrivain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis c&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce roman : il était dit qu&amp;rsquo;il avait inspiré le film Apocalypse Now&amp;hellip; Ça a été le déclencheur, il était temps de lire cet auteur, en commençant par ce livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un marin, Marlow, un vagabond des mers, qui est le narrateur de cette histoire qui se passe au Congo en 1890. À cette époque, le Congo est sous la coupe de Léopold II de Belgique (propriété personnelle !), l&amp;rsquo;ivoire une denrée très recherchée, et les exactions des colonialistes sans limite. Marlow se voit chargé d&amp;rsquo;une mission : remonter le fleuve pour retrouver un certain Kurtz, qui à lui seul fourni plus d&amp;rsquo;ivoire que tous les autres agents ; son poste est le plus en amont du fleuve, et on le dit très malade&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé ce roman passionnant. Le lire en sachant qu&amp;rsquo;il a inspiré Apocalypse Now lui donne encore plus de saveur. C&amp;rsquo;est très bien écrit, et les descriptions des personnages et de leurs caractères sans concessions. Le récit de Marlow nous emporte le long de ce fleuve, au bord de cette jungle mystérieuse qui paraît bien sombre, et plus encore le cœur des hommes blancs que l&amp;rsquo;on y croise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du côté historique, Léopold II sera contraint sous la pression internationale de &amp;ldquo;céder&amp;rdquo; le Congo à la Belgique en 1908 (le Congo devenant alors le Congo belge) ; les exactions des colonialistes ne disparaîtront pas pour autant, voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34;  title=&#34;Voyage au Congo – André Gide&#34;&#xA;    &gt;Voyage au  Congo&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;André Gide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour conclure, cela me donne envie de lire d&amp;rsquo;autres romans de Joseph Conrad ; sur sa page wikipedia, il est dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il a été classé parfois comme auteur de « romans de mer », ce qui serait aussi restrictif pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Herman_Melville&#34;  title=&#34;Herman Melville&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Herman Melville&lt;/a&gt; sous le prétexte que celui-ci est surtout connu pour &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moby_Dick&#34;  title=&#34;Moby Dick&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Moby Dick&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;. De fait, &lt;em&gt;Au cœur des ténèbres&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Lord Jim&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Nostromo&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;L&amp;rsquo;agent secret&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Sous les yeux d&amp;rsquo;Occident&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Victoire&lt;/em&gt;, de grands, sombres et profonds romans, ne se passent pas, ou peu, en mer&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Joseph Conrad sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12037&#34; &gt;Nouvelles complètes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8913&#34; &gt;Joseph Conrad par Michel Renoir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10527&#34; &gt;Souvenirs personnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9216&#34; &gt;Lord Jim&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9421&#34; &gt;La folie Almayer&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10290&#34; &gt;Nostromo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10651&#34; &gt;L’Agent secret&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11248&#34; &gt;Sous les yeux de l&amp;rsquo;Occident&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11636&#34; &gt;Un paria des îles&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Conrad&#34;  title=&#34;Joseph Conrad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Joseph Conrad&lt;/a&gt; (1857-1924), d&amp;rsquo;origine polonaise, est considéré comme l&amp;rsquo;un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dernier tango à Las Vegas - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/dernier-tango-a-las-vegas-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Mon, 20 Apr 2015 17:58:31 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Dernier tango à Las Vegas - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;dernier-tango-las-vegas.png#floatleft&#34;&gt; Je continue ma lecture des œuvres de Hunter S. Thompson, et cette fois il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une partie des &amp;ldquo;Gonzo papers&amp;rdquo; (les &amp;ldquo;tables de la loi&amp;rdquo; du journalisme gonzo !), que l&amp;rsquo;éditeur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Tristram,79-.html&#34;  title=&#34;Le site de l&amp;#39;éditeur Tristram&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tristram&lt;/a&gt; s&amp;rsquo;est mis en tête de publier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce &amp;ldquo;Dernier tango à Las Vegas&amp;rdquo; est l&amp;rsquo;édition revue et corrigé de &amp;ldquo;La grande chasse au requin&amp;rdquo;, paru il y a trente ans aux Humanoïdes associés, puis chez 10/18, mais épuisé depuis longtemps. Il y avait deux volumes, celui-ci est en fait le second (&amp;ldquo;le nouveau testament gonzo&amp;rdquo;) ; je n&amp;rsquo;ai pas encore lu le premier volume (&amp;ldquo;l&amp;rsquo;ancien testament gonzo&amp;rdquo;), publié par Tristram sous le nom de &amp;ldquo;Parano dans le bunker&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie (la plus importante) reprend les extraits de &amp;ldquo;Fear and Loathing: On the Campaign Trail &amp;lsquo;72&amp;rdquo;, quand HST part sur les traces de la campagne présidentielle opposant Nixon à McGovern. J&amp;rsquo;avais hâte de lire ça, et c&amp;rsquo;est réellement passionnant : si HST a des comportements toujours aussi peu conformistes (c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire), son regard sur la politique et les hommes qui la font, est particulièrement acéré. On voit ici que c&amp;rsquo;est un vrai journaliste, connaisseur des hommes et de la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;McGovern, progressiste, sera battu à plates coutures par Nixon (novembre 72), malgré l&amp;rsquo;affaire en cours du watergate (juin 72). L&amp;rsquo;affaire des bandes magnétiques que détenait Nixon, qu&amp;rsquo;il refusera longtemps de remettre à la justice, et qui finalement déclencheront la procédure d&amp;rsquo;«impeachment», le forçant à démissionner (août 74), est particulièrement éclairante sur le personnage Nixon et son obstination à s&amp;rsquo;accrocher au pouvoir par tous les moyens. HST raconte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le tragique de cette histoire, c&amp;rsquo;est que George McGovern, en dépit de toutes ses erreurs et de son baratin imprécis sur &amp;ldquo;la nouvelle politique et l&amp;rsquo;honnêteté dans le gouvernement&amp;rdquo;, est un des rares hommes à s&amp;rsquo;être présentés pendant ce siècle à la présidence des États-Unis, qui comprenne véritablement quel fantastique monument aux meilleurs instincts de l&amp;rsquo;espère humaine ce pays aurait pu être, si nous avions pu l&amp;rsquo;empêcher de tomber entre les mains d&amp;rsquo;avides petits maquereaux comme Richard Nixon. McGovern a fait quelques stupides conneries, mais dans le contexte elles semblent frivoles, comparées aux saloperies que bricole Richard Nixon chaque jour de sa vie, délibérément, par politique, expression achevée de tout ce qu&amp;rsquo;il représente. Bon Dieu ! Où cela finira-t-il ? À quel point faut-il donc s&amp;rsquo;abaisser dans ce pays pour devenir Président ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il pressent d&amp;rsquo;ailleurs l&amp;rsquo;échec de McGovern malgré sa victoire éclatante aux primaires démocrates :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si George se fit démolir en novembre, ce ne sera pas la faute à Nixon. Il faudra bien chercher les responsabilités dans son équipe, parmi ceux qui ont réussi à lui faire avaler que toutes ces conneries sur la &amp;ldquo;nouvelle politique&amp;rdquo; avaient pu marcher pendant les primaires, mais foireraient contre Nixon – qu&amp;rsquo;il lui fallait donc abandonner après Miami ceux qui l&amp;rsquo;avaient soutenu au début pour s&amp;rsquo;appuyer, dans une rapide volte-face, sur ceux qui l&amp;rsquo;avaient ébranlés : la clique Meany/Daley/Humprey/Muskie, les rogatons séniles de la jadis toute-puissante &amp;ldquo;Coalition Roosevelt&amp;rdquo; du Parti Démocrate.&#xA;McGorvern a accepté. Il est allé au Texas pour rendre hommage à LBJ ; il a revu et corrigé son programme économique pour qu&amp;rsquo;il soit plus agréable à Wall Street ; il s&amp;rsquo;est rendu à Chicago pour s&amp;rsquo;adjuger toute la fine équipe démocrate de Daley, y compris le procureur de l&amp;rsquo;Illinois, Ed Hanrahan, toujours inculpé pour diverses accusations (obstruction à la justice) à la suite  de son intervention dans un raid policier sur le quartier général des Panthères Noires, il y a trois ans, qui aboutit à l&amp;rsquo;assassinat de Fred Hampton.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seconde partie est moins intéressante : que ce soit le concours de pêche de &amp;ldquo;La grande chasse au requin&amp;rdquo;, ou même le portrait de Mohamed Ali (je m&amp;rsquo;attendais à mieux, quelque chose de plus journalistique), on retombe dans les délires habituels de HST : même si j&amp;rsquo;aime bien, après une première partie si passionnante, je me suis un peu ennuyé&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d&amp;rsquo;Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le vide et le plein - Nicolas Bouvier</title>
            <link>https://pled.fr/le-vide-et-le-plein-nicolas-bouvier/</link>
            <pubDate>Thu, 02 Apr 2015 16:05:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-vide-et-le-plein-nicolas-bouvier/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le vide et le plein - Nicolas Bouvier&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;levideetleplein-bouvier.png#floatleft&#34;&gt; Nicolas Bouvier, je l&amp;rsquo;ai découvert avec &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2009&#34;  title=&#34;L’usage du monde – Nicolas Bouvier&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;usage du monde&lt;/a&gt;&amp;rdquo;, un livre culte : récit de voyage certes (et quel voyage : deux années pour traverser l&amp;rsquo;Europe et le Moyen-Orient jusqu&amp;rsquo;au sous-continent indien, tout cela à bord d&amp;rsquo;une fiat 500 !), mais aussi beaucoup plus que cela, par le ton du narrateur, ses observations, son humour, sa culture&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand j&amp;rsquo;ai vu ce poche sur la table du libraire, je n&amp;rsquo;ai donc pas vraiment hésité. Il s&amp;rsquo;agit de ses carnets d&amp;rsquo;un voyage fait au Japon en 1964, avec femme et enfant, qui ne furent publiés qu&amp;rsquo;en 2004, de manière posthume donc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et la lecture fût un plaisir : une série d&amp;rsquo;anecdotes, de réflexions, souvent drôles tellement les deux cultures sont différentes&amp;hellip; Je ne suis jamais allé au Japon, mais à lire ce livre, on comprend que ce soit pas toujours facile&amp;hellip; Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un ami qui a passé trois ans en Chine et vit à présent très heureux ici  me dit que l&amp;rsquo;espace mental qui nous sépare de la Chine est incomparablement plus facile à franchir que celui qui nous sépare du Japon. On s&amp;rsquo;en doutait. Ce qui fait tout le prix du Japon — souvent à nos dépens et à ceux des Japonnais — c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;être un pays extrême, presque sans références extérieures, un système clos, un peuple  qui doit encore aujourd&amp;rsquo;hui, malgré une immense flotte commerciale, la troisième économie du monde et un niveau très élevé d&amp;rsquo;éducation et d&amp;rsquo;information, se frapper violemment le front du poing pour se persuader qu&amp;rsquo;il ne rêve pas et que le monde  extérieur existe. Le seul proche voisin du Japon est la Corée que les Japonnais détestent et pour laquelle ils n&amp;rsquo;éprouvent que de l&amp;rsquo;éloignement. D&amp;rsquo;après un pool récent, c&amp;rsquo;est même le pays du monde pour lequel les Japonnais éprouvent le moins d&amp;rsquo;attraction. C&amp;rsquo;est donc comme si la Corée n&amp;rsquo;existait pas et l&amp;rsquo;insularité et l&amp;rsquo;isolement japonnais sont aussi marqués que dans le cas, disons, de l&amp;rsquo;Islande.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au gré des rencontres et du voyage, les situations inattendues, surprenantes, ne manqueront pas, autant d&amp;rsquo;occasions à narrer et de sources de réflexions. Le livre se termine par une &amp;ldquo;carte postale&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;– Et le Japon ?&#xA;– À la fin ça devient agréable.&#xA;– Pourquoi donc êtes-vous rentré alors ?&#xA;– Pour faire l&amp;rsquo;amour, cher monsieur. Cela n&amp;rsquo;allait plus : en plein hiver, je voyais des grappes de muscat danser dans le ciel, je mettais le verbe avant le sujet, et parfois même, deux cravates l&amp;rsquo;une sur l&amp;rsquo;autre. Il fallait bien faire quelque chose.&#xA;– J&amp;rsquo;ai cependant entendu dire qu&amp;rsquo;au Japon les occasions ne manquaient pas.&#xA;– Effectivement, c&amp;rsquo;est un pays sur lequel on entend dire beaucoup de choses. Et puis je vous répondrai comme l&amp;rsquo;ami Chamfort : &amp;ldquo;Est-ce ma faute si j&amp;rsquo;aime mieux les femmes que j&amp;rsquo;aime que celles que je n&amp;rsquo;aime pas ?&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un livre très agréable donc, que l&amp;rsquo;on lire par petits bouts puisque les anecdotes et réflexions se suivent sans être liées. Nicolas Bouvier, dans ces  carnets, nous montre tout son talent : drôle, surprenant, toujours lucide, d&amp;rsquo;une grande profondeur sans se prendre pour autant la tête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre article de cet auteur sur le blog : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2009&#34;  title=&#34;Lien permanent vers L’usage du monde – Nicolas Bouvier&#34;&#xA;    &gt;L’usage du monde – Nicolas Bouvier&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bouvier&#34;  title=&#34;Nicolas Bouvier sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&lt;strong&gt;Nicolas Bouvier&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (1929-1998) est un écrivain, photographe et voyageur suisse. Son œuvre est considérée comme un chef-d&amp;rsquo;œuvre de la littérature de voyage. On peut trouver quelques vidéos de Nicolas Bouvier sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.rts.ch/archives/recherche/?q=bouvier&#34;  title=&#34;Nicolas Bouvier sur le site de la RTS&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le site de la RTS&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ubik - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/ubik-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Tue, 24 Mar 2015 18:17:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ubik-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Ubik - Philip K. Dick&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ubik.png#floatleft&#34;&gt; Retour à mon écrivain de S.F. préféré, pour relire Ubik, que j&amp;rsquo;avais lu il y a longtemps. Je voulais rafraîchir un peu mes souvenirs, ce roman faisant partie des œuvres principales de l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est vraiment un bon roman de science-fiction, publié en 1969, et censé représenter un futur que l&amp;rsquo;auteur place en 1992 ! Nous avons échappé à ce monde, fort heureusement, encore que&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc un monde technologique où tout a été automatisé, jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;ouverture de la porte de votre appartement. Mais rien n&amp;rsquo;est gratuit, et si n&amp;rsquo;avez pas cinq cents dans votre poche, vous aurez du mal à sortir de votre conapt ! Heureusement, Joe Chip, notre héros, bien que fauché, trouvera toujours un moyen de s&amp;rsquo;en sortir : faire payer les autres, ou démonter la porte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une autre particularité de ce monde est la guerre sans merci que se livre deux sociétés : la société Harris qui emploie des psis/précogs/télépathes pour espionner les concurrents de leurs clients, et la société Runciter qui emploie des &amp;ldquo;anti-psis&amp;rdquo; pour contrer les pouvoirs des premiers. Une concurrence sauvage, donc&amp;hellip; tout cela en fait un beau monde capitaliste poussé à son paroxysme !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand les psis de Harris commencent à disparaître mystérieusement, Glen Runciter s&amp;rsquo;en va consulter sa femme, qui se trouve dans un état de semi-vie&amp;hellip; La science permet en effet de retarder la mort en conservant les individus dans cet état intermédiaire, mais à chaque &amp;ldquo;réveil&amp;rdquo;, la mort véritable se rapproche jusqu&amp;rsquo;à être inéluctable, comme il se doit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis, à chaque début de chapitre, un slogan vente les mérites d&amp;rsquo;un produit aussi mystérieux qu&amp;rsquo;universel : Ubik !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ubik instantané possède tout l’arôme du café-filtre fraîchement moulu. Votre mari vous dira : « Chérie, je trouvais ton café comme-ci comme-ça ; mais maintenant… miam, quel régal ! ». Sans danger si l’on se conforme au mode d’emploi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le rasage que nous vous offrons est sans précédent. N’est-il pas temps que le visage d’un homme ait lui aussi cette incomparable douceur ? Avec la lame Ubik en acier chromé de fabrication suisse, finis les jours des joues qui grattent. Essayez Ubik, messieurs, et faites-vous désirer. Attention : à utiliser exclusivement selon le mode d’emploi. Et avec précaution.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vos problèmes financiers vous préoccupent ? Visitez la Société d’Épargne et de Crédit Ubik. Vos dettes cesseront d’être un point noir. Supposons, par exemple, que vous empruntiez quatre-vingt-quinze poscreds à un taux d’intérêt minimum. Le total de vos versements se montera à…&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La suite, je vous laisse la découvrir, j&amp;rsquo;aurai d&amp;rsquo;ailleurs bien du mal à vous la raconter. Mais la force de ce roman, c&amp;rsquo;est que tout se tient finalement, même ce produit Ubik qui s&amp;rsquo;invite dans l&amp;rsquo;histoire sur la fin&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philip K. Dick est pourtant au début de sa carrière, mais il fait déjà preuve d&amp;rsquo;une belle maîtrise ! Autres articles sur Philip K. Dick sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8117&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Souvenir – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Souvenir – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=651&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Les voix de l’asphalte – Philip K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Les voix de l’asphalte – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=490&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le dernier des maîtres – P. K. Dick&#34;&#xA;    &gt;Le dernier des maîtres – P. K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Kindred_Dick&#34;  title=&#34;Philip K. Dick sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick&lt;/a&gt; (1928-1982) est un écrivain américain de science-fiction. Il a passé la majorité de sa vie dans une quasi-pauvreté, malgré quelques prix littéraires. Pourtant, son apport à la science-fiction est phénoménal, et plusieurs de ses œuvres ont été reprises au cinéma, comme Paycheck, Total Recall, Blade Runner, Minority Report, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Meursault, contre-enquête - Kamel Daoud</title>
            <link>https://pled.fr/meursault-contre-enquete-kamel-daoud/</link>
            <pubDate>Wed, 11 Mar 2015 11:28:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/meursault-contre-enquete-kamel-daoud/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Meursault, contre-enquête - Kamel Daoud&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;meursault.jpg#floatleft&#34;&gt; Après avoir vu un interview à la TV de Kamel Daoud à propos de ce livre, j&amp;rsquo;ai eu envie de lire cette &amp;ldquo;réponse&amp;rdquo; à &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Étranger&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Albert Camus. Le roman a été finaliste pour le prix Goncourt, sans le remporter pour autant, mais avait obtenu d&amp;rsquo;autres prix, comme le montre le bandeau de couverture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais avant de commencer, je me suis dit : relis d&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;Étranger, tu l&amp;rsquo;as lu à l&amp;rsquo;école il y a bien longtemps, ce sera bien de lire les deux à la suite. Aussitôt dit, aussitôt fait, d&amp;rsquo;autant que les deux romans, sensiblement de la même taille, se lisent assez vite. Mais je serai tenté de dire que c&amp;rsquo;est le seul point commun entre les deux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;Étranger de Camus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est vraiment un très bon roman, on est tout de suite intrigué par ce personnage qui nous parle, et dont on sent bien qu&amp;rsquo;il montre une sorte d&amp;rsquo;insensibilité, d&amp;rsquo;indifférence à tout ce qui lui arrive, vivant normalement au quotidien, mais dans un détachement total, étranger au monde qui l&amp;rsquo;entoure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vie a-t-elle un sens pour cet homme ? Sous le soleil omniprésent, il finit par tuer un Arabe sur la plage, sans vraiment savoir pourquoi. La deuxième partie du roman est le récit de son procès, où on lui reprochera plus son indifférence au monde (son attitude à la mort de sa mère, qui ouvre le roman) que le meurtre, ce qui le conduira à une condamnation fatale (et acceptée).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est magnifiquement écrit, Camus raconte d&amp;rsquo;une manière vraiment unique ; dire que c&amp;rsquo;était son premier roman ! Il parait qu&amp;rsquo;il existe une version audio de l&amp;rsquo;Étranger, lu par Albert Camus lui-même. J&amp;rsquo;aimerais bien l&amp;rsquo;écouter&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Meursault, contre-enquête&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À peine &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Étranger&amp;rdquo; refermé, j&amp;rsquo;entame donc &amp;ldquo;Meursault, contre-enquête&amp;rdquo;. Le narrateur, Haroun, est le frère de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Arabe&amp;rdquo; tué par Meursault ; plus de cinquante ans plus tard, vieil homme assis au coin d&amp;rsquo;un bar, il va donner enfin un nom à la victime de Meursault, et nous raconter l&amp;rsquo;histoire vue de l&amp;rsquo;autre côté, bien des années plus tard, après l&amp;rsquo;indépendance. L&amp;rsquo;homme est amer sur sa vie, son pays, la religion&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas du tout accroché. Même si c&amp;rsquo;est très bien écrit, il ne m&amp;rsquo;en reste qu&amp;rsquo;une longue lamentation assez déplaisante, souvent répétitive, avec cet Haroun qui interpelle constamment le lecteur sur ses malheurs. Je m&amp;rsquo;attendais à un jeu de miroir avec le roman de Camus, mais ce n&amp;rsquo;est apparemment pas ce que cherchait l&amp;rsquo;auteur : plutôt un prétexte pour parler de son pays à notre époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kamel_Daoud_%28%C3%A9crivain%29&#34;  title=&#34;Kamel Daoud sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kamel Daoud&lt;/a&gt;, né en 1970, est un  journaliste et écrivain algérien.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Little Brother - Cory Doctorow</title>
            <link>https://pled.fr/little-brother-cory-doctorow/</link>
            <pubDate>Wed, 04 Mar 2015 18:45:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/little-brother-cory-doctorow/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Little Brother - Cory Doctorow&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;littlebrother.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais été un peu déçu par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=841&#34;  title=&#34;Dans la dèche au Royaume Enchanté – Cory Doctorow&#34;&#xA;    &gt;Dans la dèche au royaume enchanté&lt;/a&gt; du même auteur, le trouvant trop imprégné de &amp;ldquo;culture américaine&amp;rdquo; (le monde de Disneyland). Pourtant Cory Doctorow est un type intéressant, très impliqué dans les nouvelles technologies de l&amp;rsquo;internet, la guerre des brevets, la gratuité du net&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec Little Brother, c&amp;rsquo;est aux restrictions de la liberté des citoyens qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;attaque cette fois, après un attentat terroriste à San Francisco. Un problème qui touche tout le monde, à proprement parler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un jeune ado, fan de jeux vidéo, tendance geek, est arrêté par les forces anti-terroristes, ayant simplement eu le tord de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Finalement relâché après une série d&amp;rsquo;interrogatoires musclés, en état de choc, il prend conscience que les libertés individuelles de son pays sont totalement bafouées au prétexte du terrorisme, et décide de lutter contre cet état de fait. Et surtout, son  meilleur ami, arrêté en même temps que lui, n&amp;rsquo;est pas réapparu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture du roman est très agréable, le narrateur est ce jeune ado qui nous raconte son histoire à la première personne, en faisant un véritable polar avec un vrai suspense. La technologie est forcément présente, puisque ce sera avec cette arme que le jeune w1n5t0n (prononcer Winston) va pouvoir se battre contre ces forces spéciales qui agissent sans respecter les lois civiques.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien raconté, j&amp;rsquo;y ai même trouvé une excellente explication (vulgarisation) du cryptage des mails (clé publique/clé privée), très didactique et très claire (chapître 10). Si le roman est sans doute destiné aux ados (il y a une histoire d&amp;rsquo;amour au milieu de tout ça), tout le monde peut le lire pour mieux comprendre les enjeux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Évidemment, il y a un happy-end, finalement peu crédible quand on regarde le monde réel, et ce qui s&amp;rsquo;est passé depuis le 09/11 aux USA&amp;hellip; (voir le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/USA_PATRIOT_Act&#34;  title=&#34;Patriot Act sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Patriot Act&lt;/a&gt; et ses conséquences sur les libertés). Mais cela en fait un roman très actuel, ou comment un adolescent sans autre problème que d&amp;rsquo;utiliser ses talents informatiques pour sécher les cours (car au lycée également, la sécurité devient très intrusive), va se transformer en révolutionnaire luttant contre le système, et finalement en une sorte de lanceur d&amp;rsquo;alerte, rendant toute l&amp;rsquo;histoire publique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cory_Doctorow&#34;  title=&#34;Cory Doctorow sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cory Doctorow&lt;/a&gt;, né en 1971 à Toronto (Canada), est blogueur (blog &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://boingboing.net/&#34;  title=&#34;blog Boing Boing&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Boing Boing&lt;/a&gt;), journaliste et auteur de science fiction. Il milite à l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Frontier_Foundation&#34;  title=&#34;EFF sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Electronic Frontier Foundation&lt;/a&gt;, et travaille pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons&#34;  title=&#34;Creative Common sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Creative Commons&lt;/a&gt;. Ses livres sont téléchargeables gratuitement sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://craphound.com/&#34;  title=&#34;site de Cory Doctorhow&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;son site&lt;/a&gt;, en anglais malheureusement.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hérétiques - Leonardo Padura</title>
            <link>https://pled.fr/heretiques-leonardo-padura/</link>
            <pubDate>Thu, 19 Feb 2015 18:48:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/heretiques-leonardo-padura/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Hérétiques - Leonado Padura&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;heretiques.png#floatleft&#34;&gt; Après lui avoir exprimé mon enthousiasme pour la lecture de &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34;  title=&#34;L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&lt;/a&gt;», mon libraire préféré m&amp;rsquo;a mis dans les mains ce nouveau roman de Leonardo Padura ; quand je lui demandai si c&amp;rsquo;était aussi bien, il me fit une mimique semblant signifier que c&amp;rsquo;était encore mieux ! Malgré la faiblesse de l&amp;rsquo;argumentation, je le prenais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, sans égaler à mon avis le sublime &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34;  title=&#34;L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&lt;/a&gt;», celui-ci va nous appendre des morceaux d&amp;rsquo;Histoire peu connus, et passionnants. Un petit mot toutefois pour l&amp;rsquo;éditeur : le bouquin est lourd et le format imposant (24x15 cm) rendant sa lecture un peu moins agréable. Ou est-ce l&amp;rsquo;auteur qui aurait peut-être pu en réduire le contenu, car il y a tout de même certaines longueurs (disons une multitude de détails).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intrigue tourne autour d&amp;rsquo;un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu à La Havane, et qui réapparaît tout aussi mystérieusement lors d&amp;rsquo;enchères à Londres. Mario Conde, l&amp;rsquo;ex-policier maintenant recyclé dans le commerce de livres anciens, est mandaté par un descendant d&amp;rsquo;une famille juive polonaise pour enquêter : ce tableau leur appartenait il y a bien longtemps&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se découpe en trois parties, à trois époques différentes. Le second fil conducteur de ce roman, c&amp;rsquo;est la liberté qu&amp;rsquo;a chaque individu de choisir sa propre route, faire ses propres choix, dans des contextes souvent difficiles et toujours contraignants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie va nous raconter les conditions de l&amp;rsquo;arrivée du  tableau à La Havane, mêlant la grande Histoire à la petite : en 1939, pour fuir l&amp;rsquo;Allemagne nazie et les persécutions, 963 juifs allemands embarquent à bord du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Louis_%28paquebot%29&#34;  title=&#34;Le paquebot Saint-Louis sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;paquebot Saint-Louis&lt;/a&gt; à destination de Cuba afin d&amp;rsquo;y attendre l&amp;rsquo;autorisation de rentrer aux États-Unis. Victimes d&amp;rsquo;un jeu de dupes entre les États-Unis, les Allemands, et le gouvernement cubain (nous sommes bien avant la révolution cubaine, et Batista déjà le colonel qui dirige la junte militaire au pouvoir), ils seront finalement refoulés vers l&amp;rsquo;Europe&amp;hellip; Entre-temps, des tractations ont eu lieu (quand il y a un peu d&amp;rsquo;argent à se faire&amp;hellip;) entre les officiels cubains et certains passagers ayant les moyens de monnayer leur débarquement. Dans le roman, c&amp;rsquo;est ainsi que le tableau de Rembrandt échoue à Cuba pour de longues années d&amp;rsquo;oubli (mais leurs propriétaires seront refoulés comme les autres).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie (la principale) va nous emmener à l&amp;rsquo;époque de Rembrandt (XVIIème siècle), à Amsterdam. À cette époque, les excommunications vont bon train, il ne s&amp;rsquo;agit pas de transgresser les règles religieuses&amp;hellip; un des apprentis du maître est un jeune juif séfarade, qui brave ainsi l&amp;rsquo;interdiction de sa religion de posséder ou de produire des images&amp;hellip; Ce qui n&amp;rsquo;est pas sans nous ramener au présent et aux caricatures du prophète&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La troisième et dernière partie nous ramène au Cuba contemporain, et à Mario Conde : son enquête lui fera approcher une jeunesse punk totalement déconnectée de la société cubaine. C&amp;rsquo;est la transition un peu difficile du roman&amp;hellip; mais l&amp;rsquo;occasion de retrouver Mario Conde ainsi qu&amp;rsquo;une description de la vie à Cuba de nos jours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Padura&#34;  title=&#34;Leonardo Padura&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Leonardo Padura&lt;/a&gt; est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Après avoir commencé par des romans policiers (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8605&#34;  title=&#34;Cycle Les quatre saisons – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;Le cycle des quatre saisons&lt;/a&gt;), il prend de l&amp;rsquo;ampleur avec ses derniers romans, beaucoup plus ambitieux&amp;hellip; et parfaitement maîtrisés.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Cycle Les quatre saisons - Leonardo Padura</title>
            <link>https://pled.fr/cycle-les-quatre-saisons-leonardo-padura/</link>
            <pubDate>Mon, 09 Feb 2015 18:57:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/cycle-les-quatre-saisons-leonardo-padura/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Passé parfait&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;passeparfait1.png#floatleft&#34;&gt; Après l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34;  title=&#34;L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai eu envie de lire d&amp;rsquo;autres romans de cet auteur cubain. Et je suis tombé sur cette série de quatre romans policiers, qui font partie du cycle &amp;ldquo;Les quatre saisons&amp;rdquo;, chaque histoire se déroulant à une saison de l&amp;rsquo;année 1989.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Leonardo Padura était journaliste, critique littéraire, scénariste pour le cinéma&amp;hellip; puis il décida de se lancer dans l&amp;rsquo;écriture, et ce seront ses quatre premiers romans. Des romans policiers, où le lieutenant Mario Conde, la quarantaine désabusée, tendance alcoolique, va enquêter dans La Havane.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Vents de carême&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;146px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;246&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/cycle-les-quatre-saisons-leonardo-padura/ventdecareme2.png&#34; width=&#34;150&#34;&gt; Mais attention, la censure existe à Cuba, et l&amp;rsquo;auteur utilise le roman policier, au gré des affaires qui sont confiées à Mario Conde, pour décrire cette société cubaine, amenée à gérer au quotidien une pénurie chronique (les camarades soviétiques ne les aident plus depuis longtemps). Les idéaux de la Révolution ont largement eu le temps de se ternir face à une réalité économique désastreuse. Pour certains, le seul espoir est de pouvoir un jour quitter l&amp;rsquo;île vers la Floride&amp;hellip; quand d&amp;rsquo;autres se sont laissés corrompre. Tout cela donne un intérêt supplémentaire à ces enquêtes policières (qui ne sont finalement qu&amp;rsquo;un prétexte).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Electre à la Havane&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;146px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;246&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/cycle-les-quatre-saisons-leonardo-padura/electre3.png&#34; width=&#34;150&#34;&gt; Il faut dire que la vision désabusée de Mario Conde n&amp;rsquo;y est pas étrangère. Célibataire, sa famille se résume à quelques amis d&amp;rsquo;enfance, avec qui le mot amitié prend tout son sens. Eux aussi ont eu leurs galères, ont vu leurs espoirs se réduire à peu de choses, leur jeunesse enfuie. Alors on boit du rhum de contrebande le soir, jusqu&amp;rsquo;à tomber par terre&amp;hellip; Auparavant, Joséphine, la mère du Flaco (le meilleur ami de Mario), est un véritable cordon-bleu, capable de tirer le meilleur de bien peu de choses, et ils peuvent se remplir l&amp;rsquo;estomac avant d&amp;rsquo;attaquer les choses sérieuses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’automne à Cuba&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;146px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;246&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/cycle-les-quatre-saisons-leonardo-padura/automne4.png&#34; width=&#34;150&#34;&gt; Un autre thème récurrent des histoires est la corruption des élites. Au moment de la révolution, beaucoup de riches cubains ont fuit le pays en y laissant leur richesse. L&amp;rsquo;État s&amp;rsquo;en est emparé, mais certains se sont enrichis facilement à ce moment-là, profitant de leur situation. Rien de nouveau sous le soleil, pourrait-on dire. Et s&amp;rsquo;il y a une chose qui énerve Mario Conde, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;injustice et la malhonnêteté ; il ne leur fera pas de cadeau.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans &amp;ldquo;Électre à La Havane&amp;rdquo; (le troisième), c&amp;rsquo;est le thème de l&amp;rsquo;homosexualité qui est abordé : hypocrisie des élites, préjugés moraux, répression politique, les homosexuels cubains eurent la vie difficile dans les années 60 et 70. Le meilleur des quatre romans à mon goût.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et dans &amp;ldquo;L&amp;rsquo;automne à Cuba&amp;rdquo;, après une dernière enquête, Mario Conde démissionne de la police, qui apparaît elle aussi largement corrompue. On a pu voir le personnage évoluer au cours de ces quatre romans : dégoûté, il décide finalement de devenir écrivain, ce qu&amp;rsquo;il voulait être plus jeune, et advienne que pourra :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il lui fallut courir pour s&amp;rsquo;enfermer dans les toilettes. Il ouvrit le robinet du lavabo et regarda l&amp;rsquo;eau qui coulait transparente et pure, avant de mettre les mains sous le jet et de se mouiller le visage, encore et encore, tentant d&amp;rsquo;enlever la saleté oppressante du désenchantement : la certitude d&amp;rsquo;avoir assisté à l&amp;rsquo;écroulement de plusieurs vies avait mis sous ses yeux la plus éclatante évidence quant à savoir pourquoi il avait été incapable d&amp;rsquo;écrire cette histoire dépouillée et émouvante à laquelle il rêvait depuis des années : ses vraies expériences étaient d&amp;rsquo;habitude ailleurs, très loin de la beauté, et il comprit qu&amp;rsquo;il devait d&amp;rsquo;abord vomir ses frustrations et ses haines pour être ensuite capable - s&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;était, si un jour il l&amp;rsquo;avait été - d&amp;rsquo;engendrer quelque chose de beau. Il venait juste de reconnaître la dimension de la peur qui l&amp;rsquo;avait empêché de laisser couler sur le papier, de rendre réel, vivant, indépendant, et peut-être impérissable, ce fleuve de lave obscure qui avait emporté sa vie et celle de ses amis, et les avaient transformés en ce qu&amp;rsquo;ils étaient : moins que rien, rien de rien, rien que le néant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Padura&#34;  title=&#34;Leonardo Padura&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Leonardo Padura&lt;/a&gt; est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Ces quatre romans sont donc ses premières œuvres : cela se sent dans le premier (Passé parfait), quand on le lit après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34;  title=&#34;L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&lt;/a&gt;&amp;hellip; mais le style évolue très vite, et le personnage de Mario Conde également. On a hâte de le retrouver dans d&amp;rsquo;autres romans !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Endgame Tome 1 - L&#39;appel - James Frey</title>
            <link>https://pled.fr/endgame-tome-1-lappel-james-frey/</link>
            <pubDate>Thu, 05 Feb 2015 18:33:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/endgame-tome-1-lappel-james-frey/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Endgame Tome 1 - L’appel - James Frey&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;endgame.png#floatleft&#34;&gt; Je n&amp;rsquo;aurais jamais du lire ce livre, c&amp;rsquo;est une erreur ! Et je vous conseille d&amp;rsquo;en faire autant, à moins d’être un ado (pas forcément attardé) ! :-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comment ce livre m&amp;rsquo;est-il arrivé entre les mains ? Eh bien, je dois remercier les amis, qui cette fois se sont bien plantés : tous les ans au réveillon, nous sommes deux ou trois à avoir droit à un cadeau, parce notre anniversaire est très proche (le 02 janvier dans mon cas)&amp;hellip; très belle attention de leur part, n&amp;rsquo;est-ce pas ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sauf que&amp;hellip; dans  la réalité, l&amp;rsquo;organisation pêche un peu : &amp;ldquo;on&amp;rdquo; va faire les courses au supermarché, et &amp;ldquo;on&amp;rdquo; choisit vite fait un bouquin au hasard parce qu&amp;rsquo;«on&amp;quot; est pressé : c&amp;rsquo;est ça ou &amp;ldquo;on&amp;rdquo; n&amp;rsquo;aura pas le temps d&amp;rsquo;aller boire un coup ! ;-) Et puis quoi on est au supermarché hein ? alors on en prend un gros, plus c&amp;rsquo;est gros plus c&amp;rsquo;est beau&amp;hellip; Là, en l&amp;rsquo;occurrence, ça pourra servir à caler un meuble éventuellement&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc voilà : un scénario à deux balles, des clichés à la pelle, et surtout une écriture affligeante de pauvreté, tout ça sur 500 pages. Un calvaire à lire, attendant désespérément quelque chose d&amp;rsquo;intéressant, en vain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme le livre est couplé à une opération sur le web, où les passionnés (pas de littérature en tout cas !) pourront aller essayer de résoudre les énigmes (500 000 $ à gagner tout de même !), l&amp;rsquo;auteur nous inflige page après page des chiffres jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;écœurement, car tout est important pour résoudre les énigmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en résulte donc des phrases du genre : &amp;quot; &lt;em&gt;ce matin, untel s&amp;rsquo;est réveillé à 10h 24mn et 8,412 secondes»&lt;/em&gt;. Le livre en est truffé ! Une horreur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comment conclure ? se rappeler qu&amp;rsquo;il existe des &lt;strong&gt;librairies&lt;/strong&gt; pour acheter des &lt;strong&gt;livres&lt;/strong&gt;, et accessoirement des &lt;strong&gt;libraires&lt;/strong&gt; pour vous conseiller !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Frey&#34;  title=&#34;James Frey sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Frey&lt;/a&gt;, né en 1969, est un écrivain américain, principalement connu pour ses mémoires ( &lt;em&gt;A Million Little Pieces&lt;/em&gt;), qui se révélèrent en partie bidon quelques années plus tard (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.theguardian.com/books/2006/jan/31/comment.mainsection&#34;  title=&#34;A million little lies&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;). On voit qu&amp;rsquo;avec ce livre il a définitivement choisi la voie du bidonnage, littéraire cette fois !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Éloge des voyages insensés - Vassili Golovanov</title>
            <link>https://pled.fr/eloge-des-voyages-insenses-vassili-golovanov/</link>
            <pubDate>Sat, 31 Jan 2015 11:19:53 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/eloge-des-voyages-insenses-vassili-golovanov/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Éloge des voyages insensés - Vassili Golovanov&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;golovanov.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lisabeth_Barill%C3%A9&#34;  title=&#34;Elisabeth Barillé sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Elisabeth Barillé&lt;/a&gt; était l&amp;rsquo;invitée de l&amp;rsquo;émission &amp;ldquo;Les racines du ciel&amp;rdquo; sur France Culture, pour y parler de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lou_Andreas_Salom%C3%A9&#34;  title=&#34;Lou Andréas Salomé sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lou Andréas Salomé&lt;/a&gt;, et de son livre &amp;ldquo;Lou Andreas Salomé : L&amp;rsquo;école de la vie&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la fin de l&amp;rsquo;émission, on lui demande si elle a un livre à recommander, et c&amp;rsquo;est ce livre qu&amp;rsquo;elle mentionne : &amp;quot; &lt;em&gt;pour moi un des plus beaux livres jamais écrit depuis ces vingt dernières années&amp;hellip; récit de voyage sur la quête du nord&amp;hellip; en  l&amp;rsquo;occurrence, quand on est russe, c&amp;rsquo;est le fin fond de la Sibérie&amp;hellip; récit qui croise les mythes, ses mythes intérieurs, les mythes de l&amp;rsquo;humanité»&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;en fallait pas plus pour me convaincre. Hélas, le livre n&amp;rsquo;existe pas en poche, et coûte tout de même 29 €&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre pourrait se limiter à &amp;ldquo;Éloge des voyages&amp;rdquo;, même si celui-ci est effectivement assez insensé, puisque l&amp;rsquo;auteur se rend sur une île appelée &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kolgou%C3%AFev&#34;  title=&#34;Kolgouev sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kolgouev&lt;/a&gt;, située dans la Mer de Barents (océan Arctique), et pratiquement déserte. Toujours est-il qu&amp;rsquo;à lire ce récit, on a une furieuse envie de prendre son sac à dos, même si une destination moins rude ferait aussi bien l&amp;rsquo;affaire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La prose de Vassili Golovanov, superbe, nous emporte avec lui dans cette expédition un peu folle ; il nous fait partager ses doutes, ses réflexions, l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;île, interroge les anciens, raconte des légendes, montre comment le peu de notre civilisation qui a réussi à venir jusqu&amp;rsquo;ici a réussi à détruire le mode de vie des locaux ; mais aussi l&amp;rsquo;expédition pour découvrir l&amp;rsquo;intérieur de l&amp;rsquo;île, les longues marches dans la toundra, les difficultés à trouver son chemin dans ce territoire vierge, le froid et l&amp;rsquo;humidité, la fatigue&amp;hellip; tout en décrivant magnifiquement cette nature pourtant si rude.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très beau livre sans aucun doute, je l&amp;rsquo;ai lu tranquillement, et c&amp;rsquo;était un plaisir de s&amp;rsquo;y replonger à chaque fois. La presse surnomme l&amp;rsquo;auteur &amp;ldquo;le Nicolas Bouvier russe&amp;rdquo;, et avec raison : même capacité à nous emmener dans un récit de voyage. Lui se classe dans les &amp;ldquo;géographes métaphysiques&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les premières lignes du roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans la chambre d&amp;rsquo;hôtel glaciale. Sous deux couvertures. En caleçon de laine. Nuit. Pluie derrière la fenêtre.&#xA;Pourquoi ? Pourquoi tout cela ? Envie soudaine de manger, de prendre une douche chaude.&#xA;Qu&amp;rsquo;est-ce que je cherche ? l&amp;rsquo;Île ? Elle a été découverte bien avant moi. L&amp;rsquo;Île, mon invention saugrenue ! Pas besoin de rêver longtemps pour se représenter ce qu&amp;rsquo;il y a là-bas. Étendue plate. Toundra. Ciel gris, bas, creusé en labour de nuages sombres. Soleil terne, blafard, toujours caché. Herbes chétives tremblant dans le vent et fleurs de camomille – apothéose de la floraison estivale&amp;hellip; Odeur d&amp;rsquo;humidité, partout des marécages, et le bord de mer qui ne sent que l&amp;rsquo;argile car l&amp;rsquo;eau, on ne sait pourquoi, ne sent rien. Jaune, glaciale&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marche dans la toundra&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et progressivement&amp;hellip; très progressivement&amp;hellip; cette nuit a commencé. La magie de cette nuit là.&#xA;Je n&amp;rsquo;avais jamais marché de nuit dans  la toundra.&#xA;Le  soleil s&amp;rsquo;était couché. Ou plutôt, il avait disparu pour deux petites heures,  s&amp;rsquo;enfonçant dans la brume bleue qui avait envahie l&amp;rsquo;horizon. Les ténèbres du brouillard nous avaient déjà cernés une première fois tandis que nous marchions mais, plus tard, lorsque nous somme parvenus à nous hisser sur le sommet du mont (là où, jadis, était plantée la croix des vieux-croyants) nous avons retrouvé derrière nous l&amp;rsquo;orange du soleil et le jaune du ciel, taches de gouache fraîche. Quand nous sommes enfin sortis de la forêt de saules, le ciel était déjà refroidi à l&amp;rsquo;exception d&amp;rsquo;une bande jaunâtre – fin ruban d&amp;rsquo;écorce arrachée à l&amp;rsquo;horizon – qui marquait l&amp;rsquo;endroit où le soleil avait disparu. Une mer de  sombres collines s&amp;rsquo;étendait devant nous. Je n&amp;rsquo;avais encore jamais  vu une toundra comme celle-ci. Jusqu&amp;rsquo;à présent, nous n&amp;rsquo;avions jamais perdu le repère de la plage et, même si nous traversions des lieux déserts, nous sentions toujours la présence de l&amp;rsquo;homme, ne fût-ce qu&amp;rsquo;à travers cet alphabet que la civilisation laissait traîner çà et là sur le sable.&#xA;À présent, tout avait changé. Plus nous avancions, et plus l&amp;rsquo;espace se refermait derrière nous, envoûtant et magique. Le vent continuait à rabattre un brouillard marin, glacé, presque aussi humide que la pluie. Duvet, sac  à dos, jeans, chaussures, tout était trempé et la peau de renne, bien serrée, était luisante de gel. Le bruit des vagues s&amp;rsquo;estompait, les cris des oiseaux faiblissaient et, dans la profonde obscurité transparente de la nuit, un pays de rêve s&amp;rsquo;ouvrait à nous.&#xA;Nous suivions le  bord escarpé de la rivière, franchissant de temps à autre de profonds ravins creusés par les affluents. En  fait, cette nuit-là, il ne se passa rien : nous marchions, nous boitillions et, vaille que vaille, nous avancions, droit devant nous, montant, descendant les versants de collines, puis à nouveau droit devant. Clopin-clopant. Que faire lorsque le soc des eaux a retourné la terre ?&#xA;Apparemment, il ne se passa rien d&amp;rsquo;autre. Mais comment dire l&amp;rsquo;abîme ténébreux des gorges sous un ciel de nacre translucide ? Le vert sombre des collines bordant les rivières, la traîtrise du crépuscule et le miroitement de l&amp;rsquo;eau en bas, dans la vallée ? Comment raconter le petit aigle à queue blanche qui s&amp;rsquo;envola soudain sous les pieds de Petka, silencieux, ailes déployées, à la verticale, presque debout en appui dans l&amp;rsquo;obscurité ? Ou l&amp;rsquo;apparition soudaine d&amp;rsquo;un tapis de mousse venant recouvrir le bord d&amp;rsquo;un ruisseau ? Les campanules – ou étaient-ce des myosotis – gouttelettes bleues et froides incrustées dans la nuit ? Comment dire  que plus la nuit s&amp;rsquo;avançait, plus l&amp;rsquo;aube se rapprochait, plus les couleurs flamboyaient, enchanteresses, incroyables ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le fils du Chaman&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il avait vu beaucoup de choses. Il avait vu comment les hommes avaient brutalement rompu les liens avec l&amp;rsquo;indicible, et comment le monde s&amp;rsquo;était effondré, privé de ses invisibles soutiens. Les gens de l&amp;rsquo;île n&amp;rsquo;égorgèrent plus les rennes ; au lieu de cela, ivres, ils commencèrent à les tuer, à leur fracasser la tête avec des barres de fer. Ils ne purent plus vivre sans biens matériels, ils perdirent leur endurance et leur sagesse de loup chasseur, ils devinrent méchants et insatiables comme des chiens et, comme les chiens, paresseux et dociles. Ils préférèrent la vodka à la vie lente et vide du temps jadis, lorsque son père était encore là, vie si rude, mais si merveilleuse. Assis sur les collines, ils chantaient tout en alimentant un maigre feu de brindilles arrachées à un buisson de la toundra.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intérêt des civilisés&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La véritable raison devait provenir de l&amp;rsquo;intérêt illimité que nous autres, les &amp;ldquo;civilisés&amp;rdquo;, portions à la  &amp;ldquo;sauvagerie&amp;rdquo; des autres peuples, ainsi que notre volonté de nous approprier leurs cultures sous un prétexte &amp;ldquo;scientifique&amp;rdquo;. Cette démarche leur a causé tant de tort ! Tout ce qui avait été pris à ces peuples aux différents stades de leur développement culturel : les tambourins, les masques de chaman, les breloques, les poupées des sadeev (des idoles), les ustensiles d&amp;rsquo;usage courant, les superbes vêtements portés lors des fêtes ou à l&amp;rsquo;occasion de rites, tout cela était mort, s&amp;rsquo;était desséché dans nos musées sans pour autant faire partie d&amp;rsquo;une culture commune. Ce qui est normal. Nous ne savions pas utiliser ces  objets parce que nous n&amp;rsquo;en avions pas besoin, et la seule chose dont nous ayons été capables avant de les reporter dans nos registres, fut de les trier selon l&amp;rsquo;idée que nous avions de ces cultures. Dans le meilleur des cas, ils devenaient des pièces de musée ; ex. n°&amp;hellip; Et ces fragments inanimés de cultures jadis vivantes montraient à quel point notre science pragmatique pouvait devenir mortelle. Je pense que mon désir de voir la petite corbeille de Siirt n&amp;rsquo;était, en fin de compte, que de la curiosité, rien de plus. Alors que pour Grigori Ivanovitch, cette petite corbeille et – qui sait ? – le fait de vouloir qu&amp;rsquo;elle reste cachée, avait un lien avec ce qui avait existé, existait, et existerait dans l&amp;rsquo;Île ; avec quelque chose de très personnel et, en même temps, de très important dans les rapport avec les Siirts : cet objet pouvait devenir un atout, au cas où&amp;hellip; Conservé entre ses mains, sur cette terre, il confirmait la permanence du temps et celle de la légende&amp;hellip;&#xA;Je mis longtemps à m&amp;rsquo;habituer à ces pensées sans toutefois parvenir à y adhérer pleinement. Je me souviens que j&amp;rsquo;éprouvais souvent le désir de &amp;ldquo;déterrer&amp;rdquo; quelque chose : les tombes des vieux-croyants, puis la bougra (une hutte de terre) en amont de la Pestchanka, où avait vécu une famille de Nenets transplantée sur l&amp;rsquo;île à la fin du XVIIIe siècle. Alik évoqua l&amp;rsquo;existence de cette bougra par hasard et, pendant quelques longues et douloureuses minutes, je fus en proie à une méchante fièvre de chercheur d&amp;rsquo;or, prêt à modifier sur-le-champ notre itinéraire pour aller fouiller. Je pense que c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;absence de pelles qui m&amp;rsquo;a arrêté. Lorsque je repris mon calme, je demandai à Alik pourquoi personne ne m&amp;rsquo;avait parlé de cette bougra plus tôt.&#xA;— Et pour quoi faire ? demanda-t-il avec un tranquille étonnement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Vassili_Golovanov&#34;  title=&#34;Vassili Golovanov sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Vassili Golovanov&lt;/a&gt;, né en 1960 à Moscou, est un journaliste, voyageur et écrivain. Cet ouvrage, publié en France en 2008, a reçu le prix de la Russophone et le prix Laure-Bataillon de la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hunter S. Thompson, journaliste &amp; hors-la-loi - William McKeen</title>
            <link>https://pled.fr/hunter-s-thompson-journaliste-hors-la-loi-william-mckeen/</link>
            <pubDate>Sun, 18 Jan 2015 18:22:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/hunter-s-thompson-journaliste-hors-la-loi-william-mckeen/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Hunter S. Thompson, journaliste &amp; hors-la-loi - William McKeen&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;HST-journaliste-hors-la-loi.png#floatleft&#34;&gt; Ce n&amp;rsquo;est pas le premier bouquin de Thompson que je lis, et pourtant c&amp;rsquo;est par celui-là qu&amp;rsquo;il vaut mieux commencer (en tout cas pour lire les &amp;ldquo;Gonzo papers&amp;rdquo;) : quoi de mieux qu&amp;rsquo;une biographie pour découvrir une personnalité ? surtout aussi complexe que celle-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car ce n&amp;rsquo;est pas facile de faire la part de vérité entre la légende, le personnage réel, et ses provocations. Lui-même s&amp;rsquo;y fera prendre d&amp;rsquo;ailleurs&amp;hellip; à son corps défendant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il voulait devenir un grand écrivain américain (il tapait à la machine à écrire des œuvres comme &amp;lsquo;Gatsby le magnifique&amp;rsquo; pour &amp;ldquo;apprendre&amp;rdquo;), mais il échoua, et le savait. Sa consommation de cocaïne n&amp;rsquo;y est pas étrangère, et marque nettement la baisse de ses capacités littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;éditeur Tristram qui nous propose cette traduction, préfacée par Philippe Manœuvre : couverture souple, papier recyclé, très agréable à lire. Tristram a également entamé la publication de l&amp;rsquo;intégrale des &amp;ldquo;Gonzo papers&amp;rdquo; (3 volumes déjà parus).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc quelqu&amp;rsquo;un qui a passé sa vie sous le régime coke/alcool, alcool/coke, et bien décidé à mener l&amp;rsquo;affaire jusqu&amp;rsquo;au bout, et qui a le dialogue suivant avec une étudiante lors d&amp;rsquo;une de ses conférences :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une étudiante : Monsieur Thompson&amp;hellip;&#xA;Hunter Thompson : Appelez-moi Hunter !&#xA;Une étudiante : Hunter&amp;hellip; êtes-vous pour ou contre la légalisation ?&#xA;Hunter Thompson : Pour ! Absolument pour ! Là, maintenant, tout de suite (applaudissements nourris) ! On va y laisser la moitié d&amp;rsquo;une génération, mais au regard de l&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est quoi une demi-génération (tohu-bohu dans la salle) ?!&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceci pour vous donner une idée du personnage&amp;hellip; Il ne lâche rien, et ne lâchera jamais rien&amp;hellip; journaliste/écrivain, inventeur du journalisme gonzo (lire &amp;ldquo;Las Vegas Parano&amp;rdquo;, ou encore mieux &amp;ldquo;Hell&amp;rsquo;s Angels&amp;rdquo;), mais pas que ça. Obsédé par &amp;ldquo;la mort du Rêve Américain&amp;rdquo;, la perte des idéaux des années 60 (moment qu&amp;rsquo;il associe à l&amp;rsquo;assassinat de JFK), il s&amp;rsquo;implique aussi en politique, soutenant les démocrates, et faisant de Nixon sa bête noire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La répression policière à Chicago lors de la convention démocrate de 1968 (660 arrestations, 1 000 blessés, un mort) le marqua également profondément :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis allé à la Convention démocrate en journaliste, j&amp;rsquo;en suis revenu en bête féroce.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il revint à Wood Creek presque muet et, pendant des semaines, ne put parler de Chicago sans fondre en larmes. Son cynisme envers la politique prit des proportions monstrueuses.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout ça pour dire que le personnage, certes tout en excès et provocation, est remarquablement lucide sur le monde, en particulier sur l&amp;rsquo;Amérique. Ses jugements sont souvent fulgurants, et ses écrits valent le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits choisis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Taper à la machine les grandes œuvres littéraires pour &amp;ldquo;apprendre&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Chaque fois qu&amp;rsquo;il avait un peu de temps de libre au magazine, Hunter se réfugiait dans son petit bureau et tapait à la machine le texte de Gatsby le magnifique et de L&amp;rsquo;Adieu aux armes. Il dira, bien des années plus tard : &amp;ldquo;Je suis très branché rythme — écrire au sens musical. J&amp;rsquo;aime le charabia, si ça chante. Chaque auteur est différent — phrases courtes, phrases longues, pas de virgule, plein de virgules&amp;hellip; ça aide beaucoup à comprendre ce qu&amp;rsquo;on fait. Vous écrivez, ils écrivaient aussi. Souvent ça ne colle pas — c&amp;rsquo;est-à-dire que vos mains ne veulent pas taper leurs mots — mais vous apprenez.&amp;rdquo; Ses amis y voyaient un exercice absurde, mais Hunter en défendait la logique: &amp;ldquo;Je veux ressentir l&amp;rsquo;effet que ça fait d&amp;rsquo;écrire aussi bien&amp;rdquo;, déclara-t-il à Poter Bibb. &amp;ldquo;Fondamentalement,  dira-t-il, c&amp;rsquo;est de la musique. Je voudrais apprendre des meilleurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;HST Raciste ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Semonin était l&amp;rsquo;un de ses correspondants réguliers ;  Hunter se moquait de son intérêt pour les africains et leur culture, de son souci altruiste des minorités. Dans ses lettres, il l&amp;rsquo;appelait &amp;ldquo;p&amp;rsquo;tit nègre&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Espingouin&amp;rdquo;.&#xA;&amp;ldquo;À certains égards, dit Semonin, je n&amp;rsquo;ai jamais eu l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il avait surmonté ses préjugés raciaux. C&amp;rsquo;était dans nos tripes à tous, dans nos os, parce que nous avions grandi dans le Sud. Alors que j&amp;rsquo;allais quitter l&amp;rsquo;Afrique, il m&amp;rsquo;a écrit une lettre commençant par &amp;ldquo;Cher petit nègre&amp;rdquo;. Il choisissait toujours ce genre de formule provocatrice. Je lui avais écrit que j&amp;rsquo;avais rencontré Malcom X et que je m&amp;rsquo;intéressais beaucoup à la politique nationale noire. Ce &amp;ldquo;petit nègre&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;était un truc qui sortait comme ça, mais rétrospectivement j&amp;rsquo;y vois, par en-dessous, une sorte d&amp;rsquo;insensibilité.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;origine du mot Gonzo :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Peut-être dérivé du Québecois gonzeaux, gonzo avait plusieurs significations. Bill Cardoso l&amp;rsquo;employait au sens des barmen de Boston, qui désignaient ainsi le dernier poivrot encore debout à l&amp;rsquo;issue d&amp;rsquo;une nuit de beuverie. Gozo sonnait bie. De plus, c&amp;rsquo;était le titre d&amp;rsquo;un instrumental de Jame Booker, hit régional venu de la Nouvelle-Orléans, que Hunter captait sur WWL tard le soir ; il avait adoré dès la première écoute ce titre au rythme enlevé, passablement délirant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut écouter le morceau sur Youtube &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://www.youtube.com/watch?v=50We4vvau7c&#34;  title=&#34;Gonzo par James Bookersur youtube&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;&amp;hellip; ça fait penser un peu à Herbie Mann, premier du top 10 des années 60 selon HST, voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le marathon d’Honolulu – Hunter S. Thompson&#34;&#xA;    &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après la  sortie de &amp;ldquo;Fear and Loahing in Las Vegas&amp;rdquo; (Las Vegas parano) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au fil des années, il y eut bien des comparaisons avec Gatsby le magnifique — les deux livres se lisent avec une stupéfiante clarté. &amp;ldquo;Il n&amp;rsquo;y a aucun mot mal placé, dira Douglas Brinkley, aucun bâclage.&amp;rdquo; Jay Gatsby et Raoul Duke sont tous deux de purs produits de leur époque, mais il y a entre eux une différence fondamentale : Gatsby croit qu&amp;rsquo;il est possible de se réinventer et ne comprend pas que ce qui s&amp;rsquo;est passé ne peut être recréé ; Duke, de son côté, reconnaît que le passé est mort et qu&amp;rsquo;il est impossible de le ressusciter, ce qui donne une ultime finalité à son idée du Rêve Américain de liberté et de potentialité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;impact de la cocaïne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Selon tous les témoignages, Hunter ne commença à toucher à la coke qu&amp;rsquo;en 1973, quand Rolling Stone lui fit parvenir une nouvelle édition des  articles sur la cocaïne de Freud, pour qu&amp;rsquo;il en rende compte, il éprouva le besoin d&amp;rsquo;essayer. [&amp;hellip;]&#xA;Rétrospectivement, Douglas Brinkley voit nettement quand le Hunter productif et prolifique disparut en cédant la place au sniffeur de coke, passant de vingt pages impeccables par jour à vingt pages impeccables par mois — s&amp;rsquo;il avait de la chance ; &amp;ldquo;Je crois que sa plus grande frustration, c&amp;rsquo;est quand la coke est entrée dans sa vie. Il n&amp;rsquo;avait plus la capacité de produire comme autrefois&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après un discours de Jimmy Carter (en 1976) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;C&amp;rsquo;était une foutue saloperie de bon discours&amp;rdquo;, dira Hunter. Il dressa l&amp;rsquo;oreille quand Carter mentionna que Bob Dylan (&amp;ldquo;un ami à moi&amp;rdquo;, précisa-t-il, et le chanteur avait bel et bien été invité dans la demeure du gouverneur à l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;un récent concert à Atlanta) était l&amp;rsquo;un des philosophes politiques qui guidaient son existence. Il cita plusieurs de ses chansons, notamment &amp;ldquo;The Lonesome Death of Hattie Caroll&amp;rdquo;, où il voyait un exemple de dénonciation des injustices de la vie moderne. Elle partait d&amp;rsquo;une histoire authentique : celle d&amp;rsquo;une jeune bonne noire à qui l&amp;rsquo;irréflexion d&amp;rsquo;un jeune blanc très riche avait coûté la vie. En guise de châtiment, il avait été condamné à six mois de prison. Que la vie de cette femme eût si peu de valeur avait indigné Dylan — et Carter aussi. Il évoqua le côté sombre de la politique, la pourriture du système judiciaire de Georgie, et la manière dont la nation, victime du Watergate, assistait à un horrible déclin des valeurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa blague préférée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le lieu de rassemblement de la presse était le lobby de l&amp;rsquo;Intercontinental Hotel, et il demandait souvent à la réception de le demander sous le nom de Martin Bormann, le célèbre criminel de guerre nazi (c&amp;rsquo;était une de ses blagues préférées). Il adorait voir la tête des gens quand le groom traversait avec ce nom sur son ardoise.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dévoré par son personnage Raoul Duke, avec une allusion au suicide :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pour Hunter, ce fut le cauchemar de la célébrité devenu réalité. Elle qui l&amp;rsquo;étouffait, qui lui interdisait de travailler, était désormais matière à  BD. Après les gens qui voulaient simplement un autographe, ou partager un joint, il était harcelé par d&amp;rsquo;autres qui criaient son nom&amp;hellip; sauf que ce n&amp;rsquo;était pas le sien, mais celui de ce gars&amp;hellip; de ce personnage : &amp;ldquo;Duke ! Duke ! Duke !&amp;rdquo; [&amp;hellip;]&#xA;Pour Hunter, tout ça  n&amp;rsquo;avait rien de drôle : &amp;ldquo;Quand on est un  écrivain américain reconnu, on ne pense pas se retrouver dans les comics. Être un personnage là-dedans de son vivant, c&amp;rsquo;est comme d&amp;rsquo;avoir deux têtes.&amp;rdquo;&#xA;Ce fut d&amp;rsquo;abord un simple sujet d&amp;rsquo;agacement, avant de devenir partie intégrante du fardeau d&amp;rsquo;être Hunter S. Thompson. &amp;ldquo;Le fou, le cinglé&amp;hellip; le drogué&amp;hellip; les gens y croyaient, dit Sandy. C&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;ils voulaient. Ce n&amp;rsquo;est pas ce que Hunter voulait quand il était plus jeune. Ce n&amp;rsquo;est pas ce qu&amp;rsquo;il désirait devenir.&#xA;Il avait déclaré à Steadman : &amp;ldquo;Je me sentirais pris au piège dans cette vie si je ne savais pas que je peux me suicider à tout moment.&amp;rdquo; Ralph voyait son ami et collaborateur dévoré par un personnage qu&amp;rsquo;il avait créé : &amp;ldquo;Il est devenu prisonnier de son propre culte.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la fin des années 70, son bilan sur la société :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette époque fut pour Hunter une déception, une trahison ; ses idéaux se retrouvaient dans les grands documents fondateurs de la nation, ses convictions s&amp;rsquo;étaient épanouies lors des vertueux soulèvement des sixties. Pour ceux qui y avaient cru, les trivialités de la décennie précédente étaient exaspérantes. À partir du moment ou Nixon avait traversé la pelouse la Maison Blanche pour grimper dans un hélicoptère et s&amp;rsquo;exiler en Californie, on aurait dit qu&amp;rsquo;on avait éteint la lumière. La presse avait brillamment couvert le mouvement des droits civiques, contribué à mettre un terme à la guerre du Vietnam, dénoncé les agissements de la Présidence avec les &amp;ldquo;Pentagon Papers&amp;rdquo;, fait tomber l&amp;rsquo;homme le plus puissant de la planète par ses révélations sur le Watergate. Cette presse-là disparut. Le magazine People fit son apparition presque aussitôt, le National Enquirer devint un titre comme les autres, et le public n&amp;rsquo;eut plus droit qu&amp;rsquo;à une suite incessante de vies de célébrités, avec cette solennité chuchotée autrefois réservée aux lancements de fusées spatiales, aux assassinats de Présidents et aux auditions devant le Congrès. Les chaînes qui auparavant promettaient une couverture exhaustive des conventions politiques n&amp;rsquo;en proposaient plus que des résumés tronqués en  fin de soirée. L&amp;rsquo;insignifiance triomphait : Trivia über alles. Tout ceci sur fond sonore monotone de rythme disco synthétique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le breakfast typique de HST :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Un pot de café&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Un Wild Turkey dans un grand verre avec deux glaçons&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Deux Bloody Mary&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Deux grands verres de jus d&amp;rsquo;orange&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Deux Heineken&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Quatre toasts&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Quatre pamplemousse entiers&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Six œufs&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Huit saucisses&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Analyse du Parti républicain :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il avait toujours en lui le feu politique qui avait brûlé pendant la période  de la campagne présidentielle de 1972. Examinant la scène politique au milieu du second mandat de Reagan,  il résumait ainsi l&amp;rsquo;histoire récente du Parti républicain : &amp;ldquo;Nixon était génétiquement un criminel. Agnew était une erreur. Ford était si totalement corrompu qu&amp;rsquo;il gagna des millions en pardonnant à Nixon, et Reagan commence à prendre les traits physiques typiquement espagnols de la famille Somoza, autrefois installée au Nicaragua.&amp;rdquo; Comme il l&amp;rsquo;écrivit des révélations du scandale Iran-Contra : &amp;ldquo;Quand celui-ci finira par exploser, le Watergate aura l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;une farce d&amp;rsquo;ado, et Richard Nixon d&amp;rsquo;un exemple parmi d&amp;rsquo;autres de petit politicard se défonçant à la cupidité et au gin bon marché.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dépressif à la fin de sa vie, Sandy (sa femme) raconte :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parfois les amis le trouvaient seul, dans le salon, en larmes. Elle savait pourquoi :&#xA;&amp;quot; C&amp;rsquo;était une figure tragique, tourmentée, dit-elle. Je ne crois pas que c&amp;rsquo;était un grand écrivain. Je crois qu&amp;rsquo;il avait manifestement un grand potentiel, en tant qu&amp;rsquo;écrivain et leader. Mais il est tombé — dramatiquement, et voilà très, très longtemps. Hunter voulait être un grand écrivain, il avait le génie, le talent et, au début, la volonté et les moyens. Il était horrifié et honteux de ce qu&amp;rsquo;il était devenu — je devrais dire en fait torturé. Il savait que ce qu&amp;rsquo;il écrivait n&amp;rsquo;avait absolument rien de super. Cela faisait partie de la torture. Et pourtant, il n&amp;rsquo;a jamais pu remonter. L&amp;rsquo;image, le pouvoir, le sdrogues, l&amp;rsquo;alcool, l&amp;rsquo;argent&amp;hellip; tout ça&amp;hellip; il n&amp;rsquo;est jamais devenu le grand écrivain américain qu&amp;rsquo;il aurait voulu être. Loin de là. Et il le savait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d&amp;rsquo;Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d’investigation basé sur l’immersion dans un milieu, n’hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d’Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Karoo- Steve Tesich</title>
            <link>https://pled.fr/karoo-steve-tesich/</link>
            <pubDate>Mon, 29 Dec 2014 18:51:48 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/karoo-steve-tesich/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Karoo- Steve Tesich&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;karoo.png#floatleft&#34;&gt; Conseillé par la libraire (&amp;ldquo;un bon délire&amp;rdquo;), prix du meilleur roman des lecteurs de Points 2014, je me suis dit que ce roman serait agréable à lire, sans prise de tête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que le pitch a l&amp;rsquo;air marrant, puisque le héros a cette incroyable faculté de boire de la vodka comme un trou sans jamais être saoul&amp;hellip; Une sorte de super-héros quoi ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré un début prometteur où Saul Karoo, c&amp;rsquo;est son nom, présente une vision très cynique de sa vie et du monde qui l&amp;rsquo;entoure, mon optimisme fut vite douché : il se révèle très vite un personnage détestable, totalement imbu de sa personne, qui radote son mépris et ses interrogations existentielles au fil des pages, évoluant dans le milieu hollywoodien, empli d&amp;rsquo;autres personnages tout aussi détestables, obsédés par la puissance et l&amp;rsquo;argent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le récit se déplace alors vers une sorte de romance insipide, où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;ennuie ferme d&amp;rsquo;une part, et où d&amp;rsquo;autre part le seul qui semble être dupe des évidences du scénario est cet être si intelligent qu&amp;rsquo;est Saul. La fin ne mérite ni d&amp;rsquo;être contée, ni d&amp;rsquo;être lue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela dans un style littéraire assez insipide, qui ne font qu&amp;rsquo;ajouter à l&amp;rsquo;ennui (avec un scénario solide, sur ce genre de romans, ce ne serait pas un problème).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Tesich&#34;  title=&#34;Steve Tesich sur wikipedia (US)&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Steve Tesich&lt;/a&gt; (1942-1996) est un scénariste, écrivain américain d&amp;rsquo;origine Serbe (il émigre à 15 ans). Il a reçu plusieurs récompenses pour le scénario du film &amp;ldquo;Breaking away&amp;rdquo; (la bande des quatres) paru en 1979. Karoo a été publié de manière posthume (1998), et cela explique peut-être l&amp;rsquo;enthousiasme excessif des critiques littéraires à son égard.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Souvenir - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/souvenir-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Sat, 27 Dec 2014 18:10:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/souvenir-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Souvenir - Philip K. Dick&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;souvenir.png#floatleft&#34;&gt; Retour à Philip K. Dick avec ce petit recueil de nouvelles acheté principalement pour une en particulier : &lt;strong&gt;Rajustement&lt;/strong&gt; (titre original : &lt;strong&gt;Adjustment Team&lt;/strong&gt;), parue en 1954, soit au tout début de la carrière de Philip K. Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette nouvelle a également fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un film : &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;Agence&lt;/strong&gt; (titre original : &lt;strong&gt;The Adjustment Bureau&lt;/strong&gt;), sorti en 2011, plus de cinquante ans après.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée maîtresse est bien sûr la même entre la nouvelle et le film : la réalité de nos existences quotidiennes est contrôlée par disons &amp;ldquo;une organisation&amp;rdquo;, et comme telle susceptible d&amp;rsquo;être corrigée en cas de problème. Cette &amp;ldquo;organisation&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est pas définie, on pense bien sûr à Dieu, ou un truc du genre (qui s&amp;rsquo;implique plus&amp;hellip;) ; dans la nouvelle, il est appelé le Vieillard, et décrit comme suit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un vieil homme tranquillement assis dans un immense siège de conception moderne contemplait calmement Fletcher en fixant sur lui des yeux pleins d&amp;rsquo;une indulgence mêlée de lassitude. Fletcher se sentit parcouru d&amp;rsquo;un étrange frisson. Ce n&amp;rsquo;était pas de la peur. Plutôt une vibration qui l&amp;rsquo;ébranla de la tête aux pieds — un sentiment profond de crainte et de respect nuancés de fascination.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est assez amusant de comparer les deux œuvres, elles n&amp;rsquo;ont pas grand chose à voir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-nouvelle&#34;&gt;La nouvelle&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Elle ne fait que quarante pages, et même si le thème abordé sera quelque chose de récurrent dans la carrière de P.K. Dick (jusqu&amp;rsquo;à tourner à l&amp;rsquo;obsession sinon plus), il s&amp;rsquo;y est manifestement  plus amusé qu&amp;rsquo;autre chose. Mis à part l&amp;rsquo;idée de base, la chute repose sur la femme de Fletcher, ou plutôt le couple Fletcher&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ed Fletcher est un agent immobilier, qui arrive plus tôt que prévu à son bureau, et tombe en plein &amp;ldquo;Réajustement&amp;rdquo;. Après quelques péripéties, il se retrouve devant le Vieillard :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Nous sommes maintenant confronté à un problème grave. Vous avez vu. Vous en savez trop. De plus, vous n&amp;rsquo;êtes pas coordonné avec la nouvelle configuration.&#xA;— Nom de nom, marmotta Ed. Bon, eh bien, je ne le dirai à personne. » Il dégoulinait de sueur glacée. « Vous pouvez y compter. Considérez-moi comme modifié aussi.&#xA;—Mais vous avez déjà parlé à quelqu&amp;rsquo;un, répliqua froidement le Vieillard.&#xA;Ed se mit à trembler. Son visage changea de couleur et devint d&amp;rsquo;une pâleur maladive. « Je le reconnais,c&amp;rsquo;est vrai.&#xA;— Votre épouse est au courant. » Le visage du Vieillard était déformé par la colère. «Une femme ! C&amp;rsquo;était vraiment la dernière chose à&amp;hellip;&#xA;— Je ne pouvais pas savoir. » Ed battit en retraite, tressaillant sous le coup de la panique. « Mais maintenant je sais. Vous pouvez comptez sur moi. Faisons comme si j&amp;rsquo;avais changé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce passage m&amp;rsquo;a bien fait rire&amp;hellip; le &amp;ldquo;Vieillard&amp;rdquo; qui perd son calme olympien parce qu&amp;rsquo;une femme est au courant&amp;hellip; (sous-entendu elle ne saura donc pas tenir sa langue).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La chute de la nouvelle confirme la blague, puisqu&amp;rsquo;après que Ed ait convaincu le Vieillard de lui faire confiance, qu&amp;rsquo;il saura garder le silence, qu&amp;rsquo;il sait comment s&amp;rsquo;y prendre avec sa femme en prétextant une excuse quelconque&amp;hellip;&#xA;À peine revenu sur terre, il est harcelé par sa femme qui ne croit pas un mot de ses excuses, et le pousse dans  ses derniers retranchements (&amp;ldquo;je veux savoir où tu étais, et avec qui !&amp;rdquo;) ; au moment ou Ed va craquer et avouer toute la vérité, la sonnette de la porte d&amp;rsquo;entrée se fait entendre : c&amp;rsquo;est un représentant qui vend des aspirateurs&amp;hellip; envoyé fort à propos par qui vous savez  pour soulager le pauvre Ed !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-film&#34;&gt;Le film&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;David (joué par Matt Daemon) est un jeune homme engagé en politique, en pleine ascension. Il croise une femme (Emily Blunt) dont il tombe immédiatement amoureux, mais ne sait comment la retrouver. Il la recroise par le plus grand des hasards, et cette fois prend son téléphone. Mais voilà : ces deux là ne doivent pas se rencontrer, cela fausse &amp;ldquo;le plan&amp;rdquo;, et un réajustement est donc nécessaire. Matt va tout faire pour la retrouver, et finalement, &amp;ldquo;le plan&amp;rdquo; sera modifié car leur amour est plus fort que tout. Na !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le film porte donc sur la fameuse question du libre-arbitre (non-résolue à ce jour). Somme-nous maître de notre destin, ou tout est-il écrit par avance ? Grande question, traitée ici avec une belle romance bien à l&amp;rsquo;eau de rose, comme sait si bien le faire le cinéma américain.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les effets spéciaux sont plutôt bien faits, et si le film se laisse regarder, on se lasse tout de même assez vite, la clef de l&amp;rsquo;intrigue étant rapidement éventée, et se résume assez vite à une course poursuite (Ah Hollywood quand tu nous tiens !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais tout est expliqué par la voix off en fin de film :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La plupart des gens obéissent à un tracé qui leur est proposé parce qu&amp;rsquo;ils ont peur d&amp;rsquo;en explorer un autre. Mais de temps à autre, arrivent des gens comme vous qui déjouent toutes les embûches que l&amp;rsquo;on place sur leur chemin. Des gens qui comprennent que &lt;strong&gt;le libre-arbitre est un cadeau dont on ne profite jamais si l&amp;rsquo;on ne se bat pas pour le défendre&lt;/strong&gt;. Je crois que c&amp;rsquo;est là le véritable plan du Grand Patron : qu&amp;rsquo;un jour, nous n&amp;rsquo;ayons plus à tracer de plan, que vous prendrez la relève.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai mis en gras la phrase du siècle ! Accessoirement, vous les gens, continuez à subir, à avoir peur, car si vous ne comprenez pas pourquoi, il existe un grand dessein qui vous dépasse et que d&amp;rsquo;autres s&amp;rsquo;évertuent à mener à bien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes très loin de  la nouvelle !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Hommage à la Catalogne - George Orwell</title>
            <link>https://pled.fr/hommage-a-la-catalogne-george-orwell/</link>
            <pubDate>Mon, 08 Dec 2014 08:51:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/hommage-a-la-catalogne-george-orwell/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Hommage à la Catalogne - George Orwell&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hommage-catalogne.png#floatleft&#34;&gt; La guerre d&amp;rsquo;Espagne est un sujet passionnant, faisant partie de l&amp;rsquo;histoire récente, et dont il y a beaucoup à apprendre. Quand un écrivain comme George Orwell décide de faire le compte-rendu de sa propre expérience, ça vaut le coup de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va essentiellement nous raconter son expérience personnelle, assez brève en fait (environ 6 mois à partir de fin 1936) ; il en résulte une description surprenante de ce que peut être une guerre de position, coincé dans sa tranchée, mal ou pas armé (!), à souffrir plus de la faim et du froid que d&amp;rsquo;autre chose. D&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;il se rend à Barcelone (pour se porter volontaire) avec sa femme, et que celle-ci l&amp;rsquo;y attend lorsqu&amp;rsquo;il est est sur le front.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais sa véritable intention est ailleurs : il s&amp;rsquo;est engagé dans les milices du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_ouvrier_d%27unification_marxiste&#34;  title=&#34;Le POUM sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;P.O.U.M.&lt;/a&gt; ( &lt;strong&gt;P&lt;/strong&gt; arti &lt;strong&gt;O&lt;/strong&gt; uvrier d&amp;rsquo; &lt;strong&gt;U&lt;/strong&gt; nification &lt;strong&gt;M&lt;/strong&gt; arxiste), un parti créé en 1935 à Barcelone, souvent réputé trotskiste, mais en fait simplement anti-stalinien. Atterré par la façon dont les intellectuels communistes accusent le P.O.U.M. de toutes les calomnies, il se décide à raconter ce qu&amp;rsquo;il  a vécu (le livre paraît, avec des difficultés, en avril 1938), en s&amp;rsquo;attachant à faire un récit d&amp;rsquo;une honnêteté scrupuleuse, très attentif à rapporter la vérité telle qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;a vécue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, en le lisant, je pensais à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7020&#34;  title=&#34;Lien permanent vers L’homme qui aimait les chiens – Leonardo Padura&#34;&#xA;    &gt;L’homme qui aimait les chiens (Leonardo Padura)&lt;/a&gt;, qui parle aussi un peu de cette période à Barcelone, et des manœuvres politiciennes de Staline et du Parti Communiste, plus concentré sur la prise de pouvoir parmi les républicains (socialistes/anarchistes/communistes) qu&amp;rsquo;à faire gagner la révolution.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A la fin du livre se trouvent deux appendices, originellement les chapitres V et XI, reporté ainsi à la demande de l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils traitent de la politique intérieure de la révolution espagnole, et il me semble que le lecteur ordinaire les trouverait ennuyeux. Mais, en même temps, ils ont une valeur historique, surtout le chapitre XI, et il serait dommage de les supprimer. En écrivant ce livre, j&amp;rsquo;ai tâché de concentrer mes réflexions politiques sans ces deux chapitres, et on peut les mettre à la fin sans interrompre le récit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je les ai trouvé passionnants, car ils apportent beaucoup à la compréhension de ce que fût la guerre d&amp;rsquo;Espagne, de ses enjeux, et du  rôle des uns et des autres, en particulier des communistes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A l&amp;rsquo;exception des petits groupements révolutionnaires qui existent dans tous les pays, le monde entier était résolu à empêcher la révolution en Espagne. Notamment le parti communiste, avec la Russie soviétique derrière lui, s&amp;rsquo;était jeté de tout son poids à l&amp;rsquo;encontre de la révolution. C&amp;rsquo;était la thèse communiste que, au stade actuel, faire la révolution serait fatal et que le but à atteindre en Espagne ne devait pas être le pouvoir ouvrier, mais la démocratie bourgeoise. Il est à peine besoin de souligner que ce fut cette ligne-là qu&amp;rsquo;adopta également l&amp;rsquo;opinion capitaliste &amp;ldquo;libérale&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc quelques extraits, où George Orwell nous conte son quotidien de milicien, nous fait part de l&amp;rsquo;expérience humaine inoubliable qu&amp;rsquo;il a alors vécu, puis sur l&amp;rsquo;évolution que pris cette guerre (ou cette révolution). C&amp;rsquo;est très bien écrit, et l&amp;rsquo;on sent toute l&amp;rsquo;importance que l&amp;rsquo;auteur met à vouloir partager son expérience, à dire sa vérité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord, un passage où l&amp;rsquo;auteur exprime bien ce qu&amp;rsquo;avait d&amp;rsquo;exceptionnel ce moment d&amp;rsquo;égalité parmi les milices ouvrières:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le point capital, c&amp;rsquo;est le fait d&amp;rsquo;avoir été tout ce temps-là isolé —  car au front l&amp;rsquo;on était presque complètement isolé du reste du monde : même de ce qui se passait à Barcelone l&amp;rsquo;on ne pouvait avoir qu&amp;rsquo;une vague idée — et parmi des gens que l&amp;rsquo;on pouvait, en gros mais sans trop se tromper, qualifier de révolutionnaires. Et ceci tenait au système des milices qui, sur le front d&amp;rsquo;Aragon, ne subit aucune modification fondamentale jusqu&amp;rsquo;en juin 1937. Les milices ouvrières, du fait qu&amp;rsquo;elles étaient levées sur la base des syndicats, et composées, chacune, d&amp;rsquo;hommes ayant à peu de chose près les mêmes opinions politiques, eurent  pour conséquence de canaliser vers une seule même portion du territoire tout ce que le pays comptait de sentiments les plus révolutionnaires. J&amp;rsquo;étais tombé plus ou moins par hasard dans la seule communauté de quelque importance de l&amp;rsquo;Europe occidentale où la conscience de classe et le refus d&amp;rsquo;avoir confiance dans le capitalisme fussent des attitudes plus courantes que leurs contraires. Ici sur ces hauteurs, en Aragon, l&amp;rsquo;on se trouvait parmi des  dizaines de milliers d&amp;rsquo;hommes, pour la plupart, mais non tous cependant,d&amp;rsquo;origine prolétarienne, vivant tous sur le même plan, mêlés sur un pied d&amp;rsquo;égalité. En théorie, c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;égalité absolue, et dans la pratique même il s&amp;rsquo;en fallait de peu. En un  sens il serait conforme à la vérité de dire qu&amp;rsquo;on faisait là l&amp;rsquo;expérience d&amp;rsquo;un avant-goût de socialisme, et j&amp;rsquo;entends par là que l&amp;rsquo;état d&amp;rsquo;esprit qui régnait était celui du socialisme. Un grand nombre des mobiles normaux de la vie civilisée — affectation, thésaurisation, crainte du patron, etc. — avaient absolument cessé d&amp;rsquo;exister.  L&amp;rsquo;habituelle division en classes de la société avait disparu dans une mesure telle que c&amp;rsquo;était chose presque impossible à concevoir dans l&amp;rsquo;atmosphère corrompue par l&amp;rsquo;argent de l&amp;rsquo;Angleterre ; il n&amp;rsquo;y avait là que les paysans et nous, et nul ne reconnaissait personne pour son maître. Bien entendu, un tel état de choses ne pouvait durer. Ce fut seulement une phase temporaire et locale dans la gigantesque partie qui est en train de se jouer sur toute la surface de la terre. Mais elle dura suffisamment pour avoir une action sur tous ceux qui la vécurent. Sur le moment, nous pûmes bien jurer et sacrer violemment, mais nous nous rendîmes compte après coup que nous avions pris contact avec quelque chose de singulier et de précieux. Nous avions fait partie d&amp;rsquo;une communauté où l&amp;rsquo;espoir était plus normal que l&amp;rsquo;indifférence et le scepticisme, où le mot &amp;ldquo;camarade&amp;rdquo; signifie camaraderie et non, comme dans la plupart des pays, connivence pour faire des blagues. Nous avions respiré l&amp;rsquo;air de l&amp;rsquo;égalité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;De la difficulté d&amp;rsquo;être vraiment objectif, et de la nécessité à être méfiant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cette guerre, à laquelle j&amp;rsquo;ai pris une part si inefficace, m&amp;rsquo;a laissé des souvenirs qui sont pour la plupart de mauvais souvenirs, et cependant je ne puis souhaiter ne pas en avoir été. Quand on a eu un aperçu d&amp;rsquo;un désastre tel que celui-ci — car, quelle qu&amp;rsquo;en soit l&amp;rsquo;issue, cette guerre d&amp;rsquo;Espagne, de toute manière, se trouvera avoir été un épouvantable désastre, sans même parler du massacre et des souffrances physiques —, il n&amp;rsquo;en résulte pas forcément de la désillusion et du cynisme. Il est assez curieux que dans son ensemble cette expérience m&amp;rsquo;ait laissé une foi, pas seulement non diminuée, mais accrue, dans la dignité des êtres humains. Et j&amp;rsquo;espère que le récit que j&amp;rsquo;en ai fait n&amp;rsquo;induit pas trop en erreur. Je crois que devant un événement comme celui-là, personne n&amp;rsquo;est, ne peut être, absolument véridique. Il est difficile d&amp;rsquo;arriver à une certitude à propos de quelque fait que ce soit, à moins d&amp;rsquo;en avoir été soi-même le témoin oculaire, et, consciemment ou inconsciemment, chacun écrit en partisan. Au cas où je ne vous l&amp;rsquo;aurais pas déjà dit précédemment au cours de ce livre, je vais vous dire à présent ceci : méfiez-vous de ma partialité, des erreurs sur les faits que j&amp;rsquo;ai pu commettre, et de la déformation qu&amp;rsquo;entraîne forcément le fait de n&amp;rsquo;avoir vu qu&amp;rsquo;un coin des événements. Et méfiez-vous exactement des mêmes choses en lisant n&amp;rsquo;importe quel livre sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur le changement qui s&amp;rsquo;opère à Barcelone en quelques mois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tous ceux qui firent deux voyages, à quelques mois d&amp;rsquo;intervalle, à Barcelone durant la guerre ont fait la remarque qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;y était opéré d&amp;rsquo;extraordinaires changements. Et, chose curieuse, qu&amp;rsquo;ils y fussent venus d&amp;rsquo;abord en août et de nouveau en janvier, ou comme moi, en décembre, puis en avril, ce fut la même constatation qui s&amp;rsquo;imposa à eux : à savoir, que l&amp;rsquo;atmosphère révolutionnaire avait disparu. A quiconque s&amp;rsquo;était trouvé là en août, alors que le sang était à peine sec dans les rues et que les milices étaient logées dans les hôtels de premier ordre, Barcelone en décembre ne pouvait que paraître &amp;ldquo;bourgeoise&amp;rdquo; ; à moi, nouvellement arrivé d&amp;rsquo;Angleterre, elle faisait l&amp;rsquo;effet d&amp;rsquo;une ville prolétarienne et dépassant même, à cet égard, tout ce que j&amp;rsquo;avais imaginé possible. A présent les choses étaient revenues en arrière. Barcelone était à nouveau une ville ordinaire, un peu dans la gêne et un peu éraflée par la guerre, mais sans nul signe extérieur de la prédominance de la classe ouvrière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les conjectures sur l&amp;rsquo;évolution probable du gouvernement laissent peu d&amp;rsquo;espoir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On pouvait déjà faire quelques conjectures sur l&amp;rsquo;avenir. Il était facile de prévoir que le gouvernement Caballero tomberait et serait remplacé par un gouvernement plus à droite dans lequel l&amp;rsquo;influence communiste serait plus forte (c&amp;rsquo;est ce qui arriva une ou deux semaines plus tard), gouvernement qui s&amp;rsquo;appliquerait à briser une fois pour toute la puissance des syndicats. Et pour ce qui est de la situation ultérieure — une fois Franco battu — même en laissant de côté les vastes problèmes posés par la  réorganisation de l&amp;rsquo;Espagne, la perspective n&amp;rsquo;était pas attrayante. Quant aux boniments des journaux pour faire croire que tout ceci était une &amp;ldquo;guerre pour la démocratie&amp;rdquo;, simple bourrage de crâne. Personne de sensé ne s&amp;rsquo;imaginait qu&amp;rsquo;il y aurait aucun espoir de démocratie, même au sens où nous l&amp;rsquo;entendons en Angleterre ou en France, dans un pays aussi divisé et épuisé que le serait l&amp;rsquo;Espagne une fois la guerre terminée. Il y aurait fatalement une dictature, et il était clair que l&amp;rsquo;occasion favorable d&amp;rsquo;une dictature de la classe ouvrière était passée. Autrement dit, les choses, dans l&amp;rsquo;ensemble, évolueraient dans le sens d&amp;rsquo;une sorte quelconque de fascisme, auquel, sans doute, on donnerait un nom plus poli et qui serait, parce qu&amp;rsquo;on était en Espagne, plus humain et moins effectif que les variétés italienne et allemande. Les seules alternatives étaient une dictature infiniment pire avec Franco à la tête, ou (chose toujours possible) que l&amp;rsquo;Espagne, une fois la guerre terminée, se trouvât morcelée, soit selon des frontières naturelles, soit en zones économiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;George Orwell sera souvent très touché par les espagnols et leur manière d&amp;rsquo;exprimer leur amitié :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Deux miliciens en permission, dont j&amp;rsquo;avais fait la rencontre pendant ma première semaine au front, vinrent voir un ami blessé t me reconnurent. C&amp;rsquo;étaient des gamins de dix-huit ans environ. Ils restèrent plantés à côté de mon lit, tout gauches, s&amp;rsquo;efforçant de trouver quelque chose à dire et n&amp;rsquo;y parvenant pas ; alors, pour me faire comprendre d&amp;rsquo;une autre manière qu&amp;rsquo;ils étaient navrés que je sois blessé, brusquement ils sortirent de leurs poches tout le tabac qu&amp;rsquo;ils avaient, me le donnèrent et s&amp;rsquo;enfuirent avant que j&amp;rsquo;aie pu le redonner. Que cela était bien espagnol ! Je me rendis compte peu après qu&amp;rsquo;on ne pouvait acheter de tabac nulle part en ville, et que ce qu&amp;rsquo;ils m&amp;rsquo;avaient donné c&amp;rsquo;était la ration d&amp;rsquo;une semaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;De retour à Barcelone, il va devoir s&amp;rsquo;enfuir pour ne pas être emprisonné :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais envie de courir le risque et de retourner à l&amp;rsquo;hôtel. Mais ma femme ne voulut pas en entendre parler. Patiemment, elle m&amp;rsquo;expliqua la situation. Peu importait ce que j&amp;rsquo;avais fait ou n&amp;rsquo;avais pas fait. Il ne s&amp;rsquo;agissait pas d&amp;rsquo;une rafle de criminels ; il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;un régime de terreur. Je n&amp;rsquo;étais coupable d&amp;rsquo;aucun acte précis, mais j&amp;rsquo;étais coupable de &amp;ldquo;trotskisme&amp;rdquo;. Le fait d&amp;rsquo;avoir servi dans les milices du P.O.U.M. était à lui seul amplement suffisant à me mener en prison. Il était vain, ici, de se cramponner à la notion anglaise qu&amp;rsquo;on est en sécurité aussi longtemps qu&amp;rsquo;on respecte la loi. Dans la pratique la loi était ce qui plaisait à la police qu&amp;rsquo;elle fût. La seule chose à faire était de me terrer et de ne pas laisser savoir que j&amp;rsquo;avais  eu quelque rapport que ce fût avec le P.O.U.M.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour finir quelques extraits des deux chapitres relégués en appendice, qui ne manquent pas d&amp;rsquo;intérêt, en particulier sur le rôle du parti communiste :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Finalement, un an après le début de la guerre et de la révolution, il restait un gouvernement composé entièrement de socialistes de l&amp;rsquo;aile droite, de libéraux et de communistes. Le glissement général vers la droite date à peu près d&amp;rsquo;octobre-novembre 1936, du moment où l&amp;rsquo;U.R.S.S. commença de fournir des armes au gouvernement et où le pouvoir commença à passer des anarchistes aux communistes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le seul trait inattendu — et qui, hors d&amp;rsquo;Espagne, a été cause d&amp;rsquo;innombrables malentendus — c&amp;rsquo;est que, parmi les partis du côté gouvernemental, les communistes ne se trouvaient pas à l&amp;rsquo;extrême gauche, mais à l&amp;rsquo;extrême droite. Rien là d&amp;rsquo;ailleurs qui dût surprendre, puisque la tactique du parti communiste dans les autres pays, particulièrement en France, a clairement montré que le communisme officiel doit être tenu, actuellement en tout cas, pour une force contre-révolutionnaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les anarchistes étaient à l&amp;rsquo;opposé de la majeure partie des soi-disant révolutionnaires : si leur politique était assez vague, leur haine du privilège et de l&amp;rsquo;injustice était d&amp;rsquo;une intransigeante sincérité. Idéologiquement, communisme et anarchisme sont aux antipodes l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre. Pour la pratique — c&amp;rsquo;est-à-dire quant à la forme de société souhaitée — il n&amp;rsquo;y avait entre eux qu&amp;rsquo;une différence d&amp;rsquo;accent, mais irréconciliable : les communistes mettent toujours l&amp;rsquo;accent sur le centralisme et l&amp;rsquo;efficacité, les anarchistes sur la liberté et l&amp;rsquo;égalité. L&amp;rsquo;anarchisme a des racines profondes en Espagne, et il est probable qu&amp;rsquo;il survivra au communisme lorsqu&amp;rsquo;elle ne sera plus sous l&amp;rsquo;influence russe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce à quoi travaillaient  les communistes, ce n&amp;rsquo;était pas à ajourner la révolution espagnole jusqu&amp;rsquo;à un moment plus propice, mais à prendre toutes dispositions pour qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;ait jamais lieu. Cela devenait de plus en plus évident au fur et à mesure que le temps passait, que de plus en plus de pouvoir était arraché des mains de la classe ouvrière, et que de plus en plus de révolutionnaires de toutes nuances étaient jetés en prison. Tout se faisait au nom de la nécessité militaire, parce que c&amp;rsquo;était là un prétexte pour ainsi dire &amp;ldquo;tout fait&amp;rdquo;, qui permettait de ramener les ouvriers en arrière, d&amp;rsquo;une position avantageuse à une position d&amp;rsquo;où, la guerre finie, il leur serait impossible d&amp;rsquo;opposer de la résistance à la réintroduction du capitalisme. Comprenez bien, je vous en prie, qu&amp;rsquo;en parlant ainsi, ce n&amp;rsquo;est pas contre les milliers de communistes qui moururent héroïquement pour la défense de Madrid, que j&amp;rsquo;en ai. Mais ce n&amp;rsquo;était pas eux qui dirigeaient la politique de leur parti. Quant aux communistes hauts placés, comment croire qu&amp;rsquo;ils ne savaient pas ce qu&amp;rsquo;ils faisaient !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;on garde un souci d&amp;rsquo;équité, on ne peut pas ne pas se rendre compte que la faute n&amp;rsquo;était pas — ne pouvait pas être, dans une affaire de cette sorte — tout du même côté. Si l&amp;rsquo;on a communément accepté une version des événements qui ne fait état que d&amp;rsquo;un seul son de cloche, c&amp;rsquo;est tout simplement que les partis révolutionnaires espagnols n&amp;rsquo;ont pas pied dans la presse étrangère. Dans la presse anglaise, en particulier, il vous faudrait longtemps chercher avant de découvrir, pour n&amp;rsquo;importe quelle période de la guerre, quelque allusion favorable  aux anarchistes espagnols. Ils ont été systématiquement dénigrés et, je le sais par ma propre expérience, il est presque impossible d&amp;rsquo;obtenir l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;un écrit pour leur défense.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur George Orwell :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=626&#34;  title=&#34;Lien permanent vers 1984 – George Orwell&#34;&#xA;    &gt;1984 – George Orwell&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2722&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Dans la dèche à Paris et à Londres – George Orwell&#34;&#xA;    &gt;Dans la dèche à Paris et à Londres – George Orwell&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3687&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Les soldats de Salamine – Javier Cercas&#34;&#xA;    &gt;Les soldats de Salamine – Javier Cercas&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Orwell&#34;  title=&#34;George Orwell sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Orwell&lt;/a&gt; (1903-1950) a eu une vie incroyable : il a été policier aux Indes, clochard à Paris, ouvrier, combattant en Espagne, speaker à la BBC, et bien sûr écrivain. Malade de la tuberculose, il écrivit 1984 dans ses toutes dernières années, alors qu’il luttait déjà contre la mort.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Équatoria - Patrick Deville</title>
            <link>https://pled.fr/equatoria-patrick-deville/</link>
            <pubDate>Wed, 05 Nov 2014 11:25:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/equatoria-patrick-deville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Équatoria - Patrick Deville&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;equatoria.png#floatleft&#34;&gt; Retour à Patrick Deville et à ses romans mêlant histoire et voyage. Cette fois, nous partons en Afrique centrale, et le fil rouge sera cette fois &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Savorgnan_de_Brazza&#34;  title=&#34;Pierre Savorgnan de Brazza sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pierre Savorgnan de Brazza&lt;/a&gt;, explorateur français d&amp;rsquo;origine italienne, dont la capitale de la République du Congo tirera son nom : Brazzaville.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Globalement, même remarque que pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34;  title=&#34;Pura Vida – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Pura Vida&lt;/a&gt; (qui nous emmenait en Amérique centrale) : un peu trop fouillis, trop de personnages et de lieux que l&amp;rsquo;on ne connaît pas, et l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;y perd un peu. Une simple carte de l&amp;rsquo;Afrique localisant les lieux, les fleuves, les villes mentionnées en début d&amp;rsquo;ouvrage n&amp;rsquo;aurait pas été superflue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois encore, il est préférable de connaître l&amp;rsquo;histoire (un peu) et la géographie (beaucoup) pour apprécier les œuvres de Patrick Deville à leur juste valeur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste la découverte de cet explorateur atypique, pacifiste, tenant à payer et nourrir décemment les porteurs utilisés dans les expéditions, allant même jusqu&amp;rsquo;à s&amp;rsquo;opposer au ministre des Colonies français qui veut soumettre les nouveaux territoires découverts au &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_de_concession&#34;  title=&#34;Le régime de concession sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;régime de la concession&lt;/a&gt; : on confie alors ces terres aux sociétés privées pour l&amp;rsquo;exploitation&amp;hellip; Voir à ce sujet &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4537&#34;  title=&#34;Voyage au Congo – André Gide&#34;&#xA;    &gt;Voyage au Congo d&amp;rsquo;André Gide&lt;/a&gt; pour se faire une idée de l&amp;rsquo;horreur coloniale qui en résulte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur aurait pu se concentrer sur cet explorateur qui  mérite l&amp;rsquo;attention, mais ce serait trop simple. Il nous emmène vers d&amp;rsquo;autres personnages, passant de l&amp;rsquo;un puis à un autre au gré des lieux traversés : Livingstone, Stanley, et d&amp;rsquo;autres moins connus comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Emin_Pacha&#34;  title=&#34;Emin Pacha sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Emin Pacha&lt;/a&gt; d&amp;rsquo;Equatoria ou &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tippu_Tipp&#34;  title=&#34;Tippu Tip sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tippu Tip&lt;/a&gt; de Zanzibar&amp;hellip; Tous explorant le cœur de l&amp;rsquo;Afrique, cherchant les sources des fleuves, ou à tracer les routes commerciales d&amp;rsquo;Ouest en Est ou du Nord au Sud. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quatoria&#34;  title=&#34;Équatoria sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Équatoria&lt;/a&gt; représente d&amp;rsquo;ailleurs la partie Sud du Soudan, aux sources du Nil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Patrick Deville :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Pura Vida – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Pura Vida – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Pura Vida – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Pura Vida&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18768&#34; &gt;Fenua&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6462&#34;  title=&#34;Patrick Deville sur wikipedia&#34;&#xA;    &gt;Patrick Deville&lt;/a&gt; est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchéa meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Peste &amp;amp; Choléra – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt; le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Opium Poppy - Hubert Haddad</title>
            <link>https://pled.fr/opium-poppy-hubert-haddad/</link>
            <pubDate>Wed, 29 Oct 2014 18:38:28 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Opium Poppy - Hubert Haddad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;opium-poppy2.png#floatleft&#34;&gt; Deuxième roman que je lis de cet auteur, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6933&#34;  title=&#34;Palestine – Hubert Haddad&#34;&#xA;    &gt;Palestine&lt;/a&gt;, qui ne m&amp;rsquo;avait pas particulièrement plu, notamment le style employé par l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en est un peu de même pour celui-ci, même si sa lecture a tout de même été plus plaisante : l&amp;rsquo;auteur ne s&amp;rsquo;envole pas dans de grandes phrases poétiques, et reste plus concret, ce que je préfère de beaucoup.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais bon, l&amp;rsquo;histoire est quand même un peu simpliste, avec ce gamin afghan paumé à Paris (on le serait à moins !) après avoir subi la guerre en Afghanistan, perdu sa famille, et même obligé de tuer son propre frère, avant de partir en exil&amp;hellip; L&amp;rsquo;histoire se terminera mal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit roman, il a l&amp;rsquo;avantage de se lire assez vite. Mais que d&amp;rsquo;évidences dans ce récit ! Alors, oui, la guerre c&amp;rsquo;est moche, et les conséquences sur les enfants terribles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Haddad&#34;  title=&#34;Hubert Haddad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hubert Haddad&lt;/a&gt; est né en 1947 en Tunisie. Écrivain de langue française, poète, romancier, historien d’art.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sur les falaises de marbre - Ernst Jünger</title>
            <link>https://pled.fr/sur-les-falaises-de-marbre-ernst-junger/</link>
            <pubDate>Wed, 29 Oct 2014 17:52:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sur-les-falaises-de-marbre-ernst-junger/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Sur les falaises de marbre - Ernst Jünger&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;falaises-marbre.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le libraire qui m&amp;rsquo;a conseillé ce livre alors que l&amp;rsquo;on parlait de &amp;ldquo;belle écriture&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;avais pour ma part entendu parler de cet auteur, mais pour un autre livre : Heliopolis (mi-SF, mi-philosophique, ça me tentait bien), hélas épuisé apparemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les critiques parlent du chef-d&amp;rsquo;œuvre d&amp;rsquo;Ernst Jünger pour ce roman allégorique (fable ?), écrit peu avant la seconde guerre mondiale (1939), et où certains veulent voir un avertissement contre le nazisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet est celui de la civilisation contre la barbarie, et de l&amp;rsquo;impossibilité de rester neutre. Tout cela dans un monde imaginaire, La Marina, où deux frères vivent paisiblement dans un ermitage, occupés par leur bibliothèque et leur herbier, vivant en accord avec la nature, etc&amp;hellip; Mais le Grand Forestier, seigneur du pays au nord, va envahir et détruire La Marina. Oh le vilain méchant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;en dirai pas plus, vu qu&amp;rsquo;arrivé à la moitié, j&amp;rsquo;ai refermé le bouquin. Peut-être y retournerai-je un jour, vu que tout le monde semble unanime, mais franchement, ça ne m&amp;rsquo;a pas du tout plu et je m&amp;rsquo;ennuyais ferme page après page : beaucoup trop éloigné de la réalité à mon goût. Exemple au hasard :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une période étrange s&amp;rsquo;ouvrit alors pour nous à La Marina. Tandis que dans le pays le crime prospérait comme le réseau des moisissures sur le bois pourri, nous nous absorbions de plus en plus profondément dans le mystère des fleurs, et leurs calices nous semblaient plus grands, plus radieux que jamais. Mais avant tout nous poursuivions notre travail sur le langage, car nous reconnaissions dans la parole l&amp;rsquo;épée magique dont le rayonnement fait pâlir la puissance des tyrans. Parole, esprit et liberté sont sous trois aspects une seule et même chose.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il semble bien que l&amp;rsquo;épée magique n&amp;rsquo;ait pas suffit à sauver La Marina&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ernst_J%C3%BCnger&#34;  title=&#34;Ernst Jünger sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ernst Jünger&lt;/a&gt; (1895-1998) est un écrivain allemand. Il participa aux deux guerres mondiales, dans les troupes de choc au cours de la première et sous l&amp;rsquo;uniforme de la Wehrmacht comme officier de l&amp;rsquo;administration militaire d&amp;rsquo;occupation à Paris à partir de 1941. Officiellement, il s&amp;rsquo;est tenu à l&amp;rsquo;écart de la vie politique de son pays à l&amp;rsquo;arrivée des nazis au pouvoir, mais cette vision est contestée par certains comme Michel Onfray (qui fidèle à son habitude décortique la vie du personnage et la compare au contenu de son œuvre). Figure controversée dans son pays, sa vie d&amp;rsquo;homme de lettres est apparemment plus importante que celle de militaire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bloody Miami - Tom Wolfe</title>
            <link>https://pled.fr/bloody-miami-tom-wolfe/</link>
            <pubDate>Thu, 16 Oct 2014 17:40:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/bloody-miami-tom-wolfe/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Bloody Miami - Tom Wolfe&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bloody-miami.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais bien aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34;  title=&#34;Acid test – Tom Wolfe&#34;&#xA;    &gt;Acid Test&lt;/a&gt; du même auteur (roman déjanté sur la période hippie de San Francisco), aussi quand j&amp;rsquo;ai  vu celui-ci en poche sur la table du libraire, je l&amp;rsquo;ai pris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tom Wolfe, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;inventeur du &amp;ldquo;nouveau journalisme&amp;rdquo; : un style littéraire, mais priorité aux faits de l&amp;rsquo;enquête. Ici, on doute qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse de faits, tant les personnages sont caricaturaux. Le style, c&amp;rsquo;est celui de Wolfe, rempli d&amp;rsquo;onomatopées comme &amp;ldquo;uhrghhh&amp;rdquo;, &amp;ldquo;hock hock hock&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Moiaahhh&amp;rdquo; ou encore &amp;ldquo;Craaaaaschhhh&amp;rdquo; ; il faut aimer (ou supporter).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire : un jeune flic cubain, Nestor Camacho, à la musculature impressionnante sauve un exilé cubain en mauvaise situation, mais ce dernier est arrêté par la même occasion (et probablement refoulé), sous le regard des médias. Il passe à la télé : héros pour les uns, mais traître pour la communauté cubaine et donc sa famille, il se sent mal. Quand il arrête quelques jour plus tard un dealer noir, les choses se compliquent encore pour lui, désormais étiqueté comme raciste par les médias. Comble de malchance, il vient de perdre sa copine Magdalena, une superbe &amp;rsquo;latina&amp;rsquo; qui préfère son patron le docteur Norman Lewis, un &amp;lsquo;porno-psychiatre&amp;rsquo;, blanc, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Wasp&#34;  title=&#34;WASP sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;WASP&lt;/a&gt;, riche et connaissant des gens encore plus riches. Parmi ces derniers, un mécène russe n&amp;rsquo;est pas insensible aux charmes de Magdalena, pendant que Nestor enquête avec un jeune journaliste sur les tableaux que ce mécène a offert à la ville&amp;hellip; seraient-ils des faux, et le mécène un horrible mafieux ? Par ailleurs, le chef de police est afro-américain, et le maire d&amp;rsquo;origine cubaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme on le voit, un scénario taillé sur mesure pour parler des problèmes communautaires de Miami, avec tous les excès qui sont associés à cette ville : débauche, sexe, argent-roi, corruption, violence, etc&amp;hellip; La plupart des personnages de ce roman sont soit complètement perdus dans ce monde, soit en profitent sans aucune retenue ni morale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais huit cents pages pour tout ça ? c&amp;rsquo;est certainement trop, des pages et des pages de description assez inutiles (sans parler des onomatopées) à mon goût.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout de même, au final, une description assez cruelle de la fin du rêve américain (one more !), version Miami 2012.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Wolfe&#34;  title=&#34;Tom Wolfe sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tom Wolfe&lt;/a&gt; est né en 1933 aux États-Unis. Il est l’un des créateurs (avec Norman Mailer, Truman Capote, J. Didion, Hunter S. Thompson) du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveau_journalisme&#34;  title=&#34;le Nouveau journalisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Nouveau journalisme&lt;/a&gt;. Ses premiers écrits sont souvent une critique du mode de vie américain. Il est surtout  connu pour son roman « Le bûcher des vanités » (1987) porté à l’écran par Brian de Palma.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mao, l&#39;histoire inconnue - Jung Chang &amp; Jon Halliday</title>
            <link>https://pled.fr/mao-lhistoire-inconnue-jung-chang-jon-halliday/</link>
            <pubDate>Mon, 13 Oct 2014 17:06:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mao-lhistoire-inconnue-jung-chang-jon-halliday/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mao, l’histoire inconnue - Tome 1 - Jung Chang &amp; Jon Halliday&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mao1.png#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34;  title=&#34;Les habits neufs du président Mao – Simon Leys&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; de Simon Leys (qui nous a malheureusement quitté en  août dernier), et discutant avec le libraire de ce cher Mao, il m&amp;rsquo;a proposé cette biographie non-officielle parue en deux gros tomes (+1200 pages) chez Folio Histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre de Simon Leys se concentrait sur une période très précise (1967-1969), au plus fort de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_culturelle&#34;  title=&#34;La Révolution culturelle sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Révolution culturelle&lt;/a&gt;, et dénonçait le premier à un Occident incrédule que ce n&amp;rsquo;était qu&amp;rsquo;une gigantesque (et tragique) manipulation de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mao_Tse_Toung&#34;  title=&#34;Mao Zedong sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mao Zedong&lt;/a&gt; destinée à lui rendre les pleins pouvoirs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces deux tomes reprennent quant à eux toute la vie de Mao, et ce n&amp;rsquo;est pas triste ! Alors attention : c&amp;rsquo;est totalement &amp;ldquo;à charge&amp;rdquo;, et le portrait dressé par les deux auteurs est sans concession, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire. Mao y apparaît comme un véritable monstre prêt à tout pour conquérir le pouvoir suprême et s&amp;rsquo;y maintenir, notamment en sacrifiant son peuple sans compter. Ainsi le quatrième de couverture déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mao Tsé-toung, qui pendant vingt-sept ans détint un pouvoir absolu sur un quart de la population du globe, fut responsable de la mort d&amp;rsquo;au moins soixante-dix millions de personnes en tant de paix, plus que tout autre dirigeant au XXe siècle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et le livre se termine par l&amp;rsquo;épilogue suivant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le portrait de Mao et sa dépouille continuent de dominer la place Tienanmen, au cœur de la capital chinoise. L’actuel régime communiste se déclare l’héritier de Mao et s’emploie toujours énergiquement à perpétuer son mythe.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir regardé un peu sur internet, ce livre est assez critiqué, en dépit de son succès de librairie&amp;hellip; Surtout par les sinologues professionnels : que ce chiffre de soixante-dix millions de morts est difficilement vérifiable d&amp;rsquo;une part, que la méthode utilisée par les auteurs n&amp;rsquo;est pas celle d&amp;rsquo;un véritable travail universitaire d&amp;rsquo;autre part (malgré les dix ans de recherches qu&amp;rsquo;ils y ont consacré), et enfin que Mao était un dirigeant complexe, tiraillé de contradictions et aux multiples facettes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, ce n&amp;rsquo;est peut-être pas  un travail universitaire, mais personnellement je l&amp;rsquo;ai dévoré. D&amp;rsquo;autre part, les dictateurs &amp;ldquo;tiraillé de contradictions et aux multiples facettes&amp;rdquo;, ça me laisse un peu froid. Hitler aimait la peinture, Mao la poésie, et alors ? Enfin, quelque soit le nombre de millions de morts, le chiffre exact importe peu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons au livre en lui-même : le style est très agréable à lire, et la narration parfaite : on est très vite accroché, et les multiples personnages chaque fois remis en contexte (j&amp;rsquo;avais peur d&amp;rsquo;une multitude de noms, d&amp;rsquo;une complexité à suivre tout cela, comme dans le livre de Simon Leys). L&amp;rsquo;histoire est passionnante, du début à la fin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À vingt-quatre ans, Mao déclare ceci :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne souscris pas à l&amp;rsquo;idée que pour être moral le motif de nos actions doit tendre au bien d&amp;rsquo;autrui. [&amp;hellip;] Bien entendu, il y a dans le monde des gens et des objets, mais tous ne s&amp;rsquo;y trouvent que pour moi. [&amp;hellip;] nous n&amp;rsquo;avons aucun devoir envers les autres. [&amp;hellip;] D&amp;rsquo;aucuns prétendent que l&amp;rsquo;on est responsable envers l&amp;rsquo;histoire. Je n&amp;rsquo;en crois rien. La seule chose qui m&amp;rsquo;intéresse, c&amp;rsquo;est mon développement personnel [&amp;hellip;]. J&amp;rsquo;ai mon désir et j&amp;rsquo;agis conformément à ce qu&amp;rsquo;il me dicte. Je ne suis responsable envers personne. »&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela m&amp;rsquo;a fait immédiatement penser à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6209&#34;  title=&#34;Lien permanent vers L’Unique et sa propriété – Max Stirner&#34;&#xA;    &gt;L’Unique et sa propriété&lt;/a&gt; de Max Stirner : même apologie de l&amp;rsquo;égoïsme ! Là où c&amp;rsquo;est intéressant, c&amp;rsquo;est que Stirner n&amp;rsquo;en devient pas pour autant un monstre. Il reste sympathique, plus préoccupé par sa liberté de pensée en fait (hantise du conditionnement) que par l&amp;rsquo;idée de se servir des  autres. Mao n&amp;rsquo;aura pas cette élévation de l&amp;rsquo;esprit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mao, l’histoire inconnue - Tome 2 - Jung Chang &amp; Jon Halliday&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;141px&#34; data-flex-grow=&#34;58&#34; height=&#34;340&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/mao-lhistoire-inconnue-jung-chang-jon-halliday/mao2.png&#34; width=&#34;200&#34;&gt; Mao, par hantise du travail, va vite choisir la politique, et le communisme comme terrain de jeu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses premières actions sont plus spectaculaires ou symboliques qu&amp;rsquo;efficaces, montrant ainsi un don certain pour la politique ; c&amp;rsquo;est comme ça qu&amp;rsquo;il va se faire remarquer, notamment de Staline.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très vite, il saura se protéger, se faire construire des résidences secrètes avec tunnel de secours, s&amp;rsquo;entourer de gardes, etc&amp;hellip; Il restera en fait peu visible au public, soucieux de sa longévité et très conscient des risques du métier (tel qu&amp;rsquo;il le pratique en tout cas !). Il régnera par la terreur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car lui n&amp;rsquo;hésite pas à tuer, que ce soit les adversaires politiques grâce aux procès staliniens qui lui ont bien montré comment procéder, dans ce merveilleux système communiste, avec les aveux publics en cerise sur le gâteau (Mao restera d&amp;rsquo;ailleurs Stalinien bien après l&amp;rsquo;Union Soviétique) ;  mais aussi les troupes de sa propre armée (en les envoyant sciemment au massacre), ou une bonne partie de la population (au gré des famines qu&amp;rsquo;il provoque), si tant est que cela peut lui servir politiquement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans un premier temps, il lui faut combattre les nationalistes (pro-capitalistes), menés par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchang_Ka%C3%AF-chek&#34;  title=&#34;Tchang Kaï-chek sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tchang Kaï-chek&lt;/a&gt;, tout en prétendant lutter avec lui contre les envahisseurs Japonais  (le &amp;ldquo;front-uni&amp;rdquo;), alliance qu&amp;rsquo;il ne respectera pas, laissant les nationalistes s&amp;rsquo;affaiblir en luttant contre les japonais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis, traqué par les nationalistes, alors qu&amp;rsquo;il doit rejoindre un contingent de l&amp;rsquo;armée au nord, ce sera &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Longue_Marche_%28histoire_de_Chine%29&#34;  title=&#34;La Longue Marche sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La longue Marche&lt;/a&gt;, périple totalement inutile de plus d&amp;rsquo;un an qui coûtera la vie à 100 000 hommes, tout simplement parce que Mao rechigne à rejoindre les troupes du Nord, où il risquerait de perdre son  autorité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois  au pouvoir, son obsession sera de faire de la Chine une grande puissance mondiale, et pour cela il est prêt à tout. L&amp;rsquo;Union soviétique lui fournit des armes et l&amp;rsquo;aide pour développer l&amp;rsquo;industrie (militaire) en échange de céréales, affamant ainsi sa propre population. Mao ne s&amp;rsquo;en cache pas :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Distribuer les ressources de façon égalitaire ne fera que ruiner le Grand Bond en avant. Quand il n’y a pas assez de nourriture, des gens meurent de faim. Il vaut mieux laisser mourir la moitié de la population, afin que l’autre moitié puisse manger suffisamment.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Résultat : l&amp;rsquo;économie du pays est tout près de s&amp;rsquo;effondrer, et d&amp;rsquo;immenses famines ont lieu : on estime que trente-huit millions de personnes moururent de faim ou de surmenage au cours des quatre années que dura le &amp;ldquo;Grand bond en avant&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la même continuité, il fera tout pour obtenir la bombe atomique avec l&amp;rsquo;aide des Russes. Les rapport internationaux entre grandes puissances sont à cet égard assez terrifiants (guerre de Corée, guerre du Vietnam), et Mao est prêt à tout, y compris provoquer les États-Unis pour provoquer une guerre nucléaire, arguant qu&amp;rsquo;il dispose du plus grand réservoir de population !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je terminerai sur le manque de clairvoyance de nos intellectuels ou des politiques face à ce pan gigantesque de l&amp;rsquo;histoire, avec Simone de Beauvoir d&amp;rsquo;abord, puis François Mitterrand, tous deux mentionnés dans le livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand Simone de Beauvoir se rendit en Chine en 1955, elle ignorait que la Chinoise francophone chargée de l&amp;rsquo;accompagner dans ses déplacements était obligée de demander la permission chaque fois qu&amp;rsquo;elle voulait lui parler sans passer par l&amp;rsquo;interprète. Après sa courte visite, dans un gros livre intitulé &amp;ldquo;La longue marche&amp;rdquo;, la Française pontifia: &amp;ldquo;[&amp;hellip;] le pouvoir qu&amp;rsquo;il [Mao] exerce n&amp;rsquo;est pas plus dictatorial que celui qu&amp;rsquo;a détenu par exemple un Roosevelt. La constitution de la Chine nouvelle rend impossible la concentration de l&amp;rsquo;autorité entre les mains d&amp;rsquo;un seul : le pays est dirigé par une équipe dont les membres sont unis  par une longue lutte en commun et une étroite camaraderie.&amp;rdquo; (Dans l&amp;rsquo;édition américaine, l&amp;rsquo;index thématique ne comporte à l&amp;rsquo;entrée &amp;ldquo;violence&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;un seul renvoi : &amp;ldquo;[Mao] sur la violence, comment l&amp;rsquo;éviter&amp;rdquo;.)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À l&amp;rsquo;inverse, lorsque Mao, en pleine famine, se répandit en mensonges éhontés devant François Mitterrand — &amp;ldquo;Je le répète, afin d&amp;rsquo;être entendu : il n&amp;rsquo;y a pas de famine en Chine&amp;rdquo; — celui-ci goba tout, et alla jusqu&amp;rsquo;à écrire que Mao &amp;ldquo;n&amp;rsquo; [était] pas un dictateur&amp;rdquo; mais un &amp;ldquo;humaniste&amp;rdquo;, trois ans avant de dénoncer la &amp;ldquo;dictature&amp;rdquo; du général de Gaulle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça fait peur&amp;hellip; et en même temps, démontre qu&amp;rsquo;ils sont bien peu nombreux ceux qui ne laissent pas duper par l&amp;rsquo;Histoire en cours. La même chose se répétera pour le Cambodge et les Khmers Rouges, dont Mao était le &amp;ldquo;parrain&amp;rdquo;&amp;hellip; on connaît maintenant la vérité de ce régime.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jung_Chang&#34;  title=&#34;Jung Chang sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jung Chang&lt;/a&gt; est un écrivain d&amp;rsquo;origine chinoise vivant en Angleterre. Née en 1952, elle sera brièvement Garde rouge pendant la Révolution culturelle, avant de partir travailler à la campagne puis en usine. Elle quitte la Chine en 1978 pour l&amp;rsquo;Angleterre, où elle devient docteur en linguistique. Elle se marie par la  suite avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Jon_Halliday&#34;  title=&#34;Jon Halliday sur wikipedia (us)&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jon Halliday&lt;/a&gt;,  historien britannique (irlandais), spécialiste de l&amp;rsquo;histoire de la Russie et de la République populaire de Chine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Pura Vida - Patrick Deville</title>
            <link>https://pled.fr/pura-vida-patrick-deville/</link>
            <pubDate>Mon, 29 Sep 2014 16:57:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/pura-vida-patrick-deville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Pura Vida - Patrick Deville&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;puravida.png#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Peste &amp;amp; Choléra – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt; puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Kampuchéa – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;avais apprécié tous les deux, je continue l&amp;rsquo;exploration de cet écrivain Nantais qui mêle avec bonheur histoire et géographie dans ses romans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci traite de l&amp;rsquo;Amérique centrale, et de nombreux révolutionnaires qui passèrent par là. Le &amp;ldquo;fil rouge&amp;rdquo; est &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Walker&#34;  title=&#34;William Walker sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;William Walker&lt;/a&gt;, aventurier américain au destin improbable qui tenta de conquérir plusieurs pays d&amp;rsquo;Amérique centrale, devint même (brièvement) président du Nicaragua, avant d&amp;rsquo;être fusillé par l&amp;rsquo;armée du Honduras.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style de Patrick Deville est toujours le même, mêlant les notes de son propre voyage au fil des différents pays visités pour préparer son roman. Mais bon, cette fois, j&amp;rsquo;ai eu un peu de mal à accrocher, peut-être parce que je ne connais bien ni la région, ni son histoire (plutôt mouvementée !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par de brefs chapitres, on passe trop souvent et trop vite d&amp;rsquo;un sujet à l&amp;rsquo;autre ; Simon Bolivar est mentionné par là, on évoque le Che par ici ; la vie de Augusto Sandino (Nicaragua Sandiniste) est racontée en  deux ou trois pages&amp;hellip; Difficile aussi de se faire une chronologie de tout ça. Voilà d&amp;rsquo;ailleurs ce que dit Patrick Deville à un moment :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;accumulais ainsi des notes pour une histoire du sandinisme ou même du Nicaragua. Ou de l&amp;rsquo;Amérique centrale dans son ensemble. Et éventuellement pour des récits qui rassembleraient un jour lointain certains couples historiques, sur le modèle des &lt;em&gt;Vies parallèles&lt;/em&gt; de Plutarque, la vie et la mort de Simon Bolivar et de Francisco Morazàn, de Narciso López  et de Louis Schlessinger, d&amp;rsquo;Augusto César Sandino et de Tacho Somoza, d&amp;rsquo;Antonio de la Guardia et de Roque-Dalton, du vrai Che Guevara et du faux, le Che punto-50&amp;hellip; Il ne m&amp;rsquo;échappait pas pourtant pas, à la présenter ainsi, qu&amp;rsquo;une entreprise d&amp;rsquo;aussi vaste envergure devait de loin excéder les modestes forces à ma disposition, et que les précipiter dans une telle aventure équivaudrait à lancer une poignée d&amp;rsquo;Indiens à l&amp;rsquo;assaut des tuniques bleues en terrain découvert, ou une poignée de mercenaires au-devant de  l&amp;rsquo;armée hondurienne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors, certes, c&amp;rsquo;est plaisant, on apprend plein de choses comme toujours, personnages fameux ou oubliés de l&amp;rsquo;Histoire, mais j&amp;rsquo;ai trouvé qu&amp;rsquo;on manquait de contexte parfois, ou que l&amp;rsquo;on survolait un morceau d&amp;rsquo;Histoire de manière un peu frustrante. Le lien entre les anecdotes n&amp;rsquo;est pas toujours évident, si ce n&amp;rsquo;est la zone géographique, ce qui donne finalement un beau patchwork sur l&amp;rsquo;Amérique centrale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;un autre côté, ce livre est paru en 2004, soit bien avant les deux autres livres cités, plus récents. Peut-être que l&amp;rsquo;auteur a affiné son style ? il faut dire aussi que je connais mieux l&amp;rsquo;histoire du Cambodge, c&amp;rsquo;est peut-être aussi pour cela que j&amp;rsquo;avais plus apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Kampuchéa – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Patrick Deville sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34; &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34; &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7128&#34; &gt;Équatoria&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18768&#34; &gt;Fenua&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6462&#34;  title=&#34;Patrick Deville sur wikipedia&#34;&#xA;    &gt;Patrick Deville&lt;/a&gt; est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchéa meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Peste &amp;amp; Choléra – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt; le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Journaux de voyage - Albert Camus</title>
            <link>https://pled.fr/journaux-de-voyage-albert-camus/</link>
            <pubDate>Fri, 19 Sep 2014 16:48:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/journaux-de-voyage-albert-camus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Journaux de voyage - Albert Camus&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;journaux-de-voyage.png#floatleft&#34;&gt; Deuxième livre d&amp;rsquo;Albert Camus après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6987&#34;  title=&#34;Le premier homme – Albert Camus&#34;&#xA;    &gt;Le premier homme&lt;/a&gt;, dernier roman (inachevé) de l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci n&amp;rsquo;est pas un roman, mais un recueil de deux cahiers concernant deux voyages, l&amp;rsquo;un aux États-Unis (1946), le second en Amérique du Sud (1949).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce petit livre se lit très vite. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un véritable journal de voyage, et la forme littéraire n&amp;rsquo;est pas toujours là, ce sont parfois de simples notes jetées sur le papier, avec des phrases très courtes, mais d&amp;rsquo;autres fois, le texte et la réflexion sont plus élaborés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Camus se servait par la suite de ces &amp;ldquo;cahiers&amp;rdquo; pour écrire ses romans. Ainsi certains passages ébauchés ici se retrouvent dans des romans, retravaillés. Une façon de voir comment l&amp;rsquo;auteur construit son œuvre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très agréable dans l&amp;rsquo;ensemble, on perçoit un peu de la personnalité de Camus, à lire ce qu&amp;rsquo;il pense de telle soirée, ou de telle rencontre&amp;hellip; c&amp;rsquo;est parfois sans pitié !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques exemples. L&amp;rsquo;arrivée à New-York d&amp;rsquo;abord :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Fatigué. Ma grippe revient. Et c&amp;rsquo;est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New-York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu&amp;rsquo;on change d&amp;rsquo;avis. Ce sont les détails qui me frappent : que les ramasseurs d&amp;rsquo;ordures portent des gants, que la circulation est disciplinée, sans intervention d&amp;rsquo;agents aux carrefours, etc., que personne n&amp;rsquo;a jamais de monnaie dans ce pays et que tout le monde a l&amp;rsquo;air de sortir d&amp;rsquo;un film de série.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avant d&amp;rsquo;arriver à Rio :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous arrivons dans deux jours. Tout d&amp;rsquo;un coup, l&amp;rsquo;idée de quitter ce bateau, cette cabine étroite où j&amp;rsquo;ai pu abriter pendant de longs jours un cœur détourné de tout, cette mer qui m&amp;rsquo;a tant aidé, m&amp;rsquo;effraie un peu. Recommencer à vivre, à parler. Des êtres, des visages, un rôle à jouer, il y faudrait plus de courage que je n&amp;rsquo;en sens. Par bonheur, je suis en pleine forme physique. Il y a pourtant des moments où je voudrais éviter la race humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après une réception avec un hôte particulièrement pédant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais Chamfort a raison : quand on veut plaire dans le monde il faut se résoudre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu&amp;rsquo;on sait par des gens qui les ignorent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, après avoir exprimé sa satisfaction d&amp;rsquo;avoir passé une soirée avec des compatriotes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le soir, dîner chez Robert Claverie. Rien que des Français, ce qui me repose. Quand on parle une langue étrangère, il y a, dit Huxley, quelqu&amp;rsquo;un en soi qui dit non de la main.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Camus&#34;  title=&#34;Albert Camus sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Albert Camus&lt;/a&gt; (1913-1960) est un écrivain, philosophe, dramaturge français, né en Algérie. Il est aussi journaliste engagé dans  la Résistance française durant la seconde guerre mondiale, et proche des courants libertaires dans les combats moraux de l’après-guerre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les fils de l&#39;homme - P.D. James</title>
            <link>https://pled.fr/les-fils-de-lhomme-p-d-james/</link>
            <pubDate>Fri, 19 Sep 2014 15:49:41 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-fils-de-lhomme-p-d-james/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les fils de l’homme - P.D. James&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;les-fils-de-l-homme.png#floatleft&#34;&gt; Retour à la science-fiction avec ce roman dont je ne sais plus comment j&amp;rsquo;en ai entendu parler. Toujours est-il que j&amp;rsquo;avais noté :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et si l&amp;rsquo;espèce humaine venait à être frappée de stérilité ? - sur la société totalitaire - SF&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On rentre très vite dans l&amp;rsquo;histoire, et ce qui m&amp;rsquo;a immédiatement plu, c&amp;rsquo;est le ton de la narration : c&amp;rsquo;est bien écrit, mais au-delà, il y a une certaine mélancolie qui se dégage, une sorte de fatalité sur le destin de l&amp;rsquo;espèce humaine, particulièrement au début du roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;histoire commence (livre premier : &lt;strong&gt;l&amp;rsquo;omega&lt;/strong&gt;) par la présentation de la situation, forcément peu optimiste : une humanité qui ne peut plus se reproduire est de fait vouée à la disparition ; le cadre de la société se délite forcément, et les libertés individuelles sont réduites par un pouvoir devenu totalitaire. Heureusement, dans la seconde partie intitulée «livre II : &lt;strong&gt;l&amp;rsquo;alpha&lt;/strong&gt;», vous l&amp;rsquo;aurez compris, une bonne nouvelle survient.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La suite est assez classique, avec tout le suspense requis, car il s&amp;rsquo;agit de protéger cette première naissance. Mais on se laisse entraîner sans problème jusqu&amp;rsquo;au dénouement final, où le dictateur Xan fait preuve d&amp;rsquo;une certaine naïveté&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/P._D._James&#34;  title=&#34;P. D. James sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;P. D. James&lt;/a&gt; née en 1920 à Oxford, est une femme écrivain de romans policiers. &amp;ldquo;Les fils de l&amp;rsquo;homme&amp;rdquo; est sans doute le seul roman d&amp;rsquo;anticipation qu&amp;rsquo;elle ait écrit. Un film en a été tiré en 2006, réalisé par &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfonso_Cuar%C3%B3n&#34;  title=&#34;Alfonso Cuarón sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alfonso  Cuarón&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme qui aimait les chiens - Leonardo Padura</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-qui-aimait-les-chiens-leonardo-padura/</link>
            <pubDate>Wed, 10 Sep 2014 17:08:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-qui-aimait-les-chiens-leonardo-padura/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’homme qui aimait les chiens - Leonardo Padura&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lhomme-qui-aimait-les-chiens.png#floatleft&#34;&gt; Sous ce titre un peu mystérieux se cache un superbe roman historique. J&amp;rsquo;ai vraiment beaucoup aimé, que ce soit le sujet ou le style, et les 700 pages sont passées comme une lettre à la poste. Excellent bouquin, passionnant de bout en bout, et avec une très belle couverture en plus ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman est l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;assassinat de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Trotsky&#34;  title=&#34;Léon Trotski sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Léon Trotsky&lt;/a&gt; par le dénommé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ram%C3%B3n_Mercader&#34;  title=&#34;Ramón Mercader sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ramón Mercader&lt;/a&gt;, de nationalité espagnole, un jour d&amp;rsquo;août 1940, à Mexico (partie historique)&amp;hellip; racontée par un cubain qui a longtemps préféré garder le silence tellement il avait peur des conséquences (partie romancée).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1977, ce cubain avait en effet rencontré sur une plage de Cuba un vieil homme se promenant avec deux magnifiques &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Barzoi&#34;  title=&#34;Barzoï sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Barzoï&lt;/a&gt; ; &amp;ldquo;L&amp;rsquo;homme qui aimait les chiens&amp;rdquo; (puisque c&amp;rsquo;est de lui dont il s&amp;rsquo;agit) finit par lui raconter une longue histoire&amp;hellip; qui le fascine et l&amp;rsquo;effraie à la fois : on est à Cuba, et certaines choses ne sont pas permises, comme le révisionnisme historique (enfin remettre en cause l&amp;rsquo;histoire déjà révisée&amp;hellip; comme de dire du bien de Trotski, officiellement traître au stalinisme).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout commence pendant la guerre d&amp;rsquo;Espagne où le jeune Ramón est recruté par les services secret soviétiques, tandis qu&amp;rsquo;au même moment, Trotski part en exil, sachant pertinemment que Staline le tuera lorsqu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en aura plus besoin, quelles que soient les précautions qu&amp;rsquo;il prendra. Puis commence l&amp;rsquo;époque des procès staliniens qui font froid dans le dos : Staline, en bon dictateur, commence ses purges, et Trotski peut encore servir à en justifier certaines. Alors seulement l&amp;rsquo;inévitable adviendra.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Là où le roman est très fort, c&amp;rsquo;est justement pare que c&amp;rsquo;est un cubain qui la raconte. Le personnage a lui aussi connu (et subit) le communisme dans sa jeunesse : quand il se décide à raconter cette histoire, en 2004, beaucoup d&amp;rsquo;eau a coulé sur les ponts, et il sait de quoi il parle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est parfaitement écrit (et traduit), et ce fut un véritable plaisir de le lire. Concernant la vérité historique du roman, le mieux est de laisser Leonardo Padura l&amp;rsquo;expliquer lui-même dans ses remerciements à la fin du livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À l&amp;rsquo;heure de sa conception, [&amp;hellip;] alors que nous étions au XXIe siècle et que l&amp;rsquo;URSS était morte et enterrée, j&amp;rsquo;ai voulu me servir de l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;assassinat de Trotski pour réfléchir à la perversion de la grande utopie du XXe siècle, ce processus où nombreux furent ceux qui engagèrent leur espérance et où nous fûmes tant et tant à perdre nos rêves et notre temps, quand ce ne fut pas notre sang et notre vie.  Et c&amp;rsquo;est pour cette raison que je m&amp;rsquo;en suis tenu, le plus fidèlement possible (souvenez-vous qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un roman, malgré l&amp;rsquo;étouffante présence de l&amp;rsquo;Histoire dans chacune des pages), aux épisodes et à la chronologie de la vie de Léon Trotski, durant les années où il fut exilé, harcelé et finalement assassiné, et que j&amp;rsquo;ai essayé de conserver tout ce que nous savons avec certitude (en vérité bien peu de choses) de la vie ou des vies de Ramón Mercader, reconstruit(s) en bonne partie au fil de la spéculation à partir de ce qui est vérifiable et de ce qui est historiquement possible ou plausible d&amp;rsquo;après le contexte. Cet équilibre entre réalité tangible et fiction concerne aussi bien Mercader que de nombreux autres personnages réels qui apparaissent dans le récit romancé — j&amp;rsquo;insiste, romancé — et construit par conséquent selon les libertés et les besoins de la fiction.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre va sortir en poche dès le mois prochain (collection Points, voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://lecerclepoints.com/livre-homme-qui-aimait-les-chiens-leonardo-padura-9782757826577.htm&#34;  title=&#34;L&amp;#39;annonce du livre sur le site de l&amp;#39;éditeur&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;) : ça peut valoir le coup d&amp;rsquo;attendre si vous comptez l&amp;rsquo;acheter bientôt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Padura&#34;  title=&#34;Leonardo Padura&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Leonardo Padura&lt;/a&gt; est un journaliste et écrivain cubain, né à La Havane en 1955. Il est l&amp;rsquo;auteur du Cycle Les Quatre saisons, quatre polars avec dans le rôle principal Mario Conde, un flic &amp;ldquo;hétérosexuel macho-stalinien&amp;rdquo;, alcoolo et désabusé, vengeur des petits et des faibles, que je vais me faire un plaisir de lire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le général dans son labyrinthe - Gabriel Garcia Marquez</title>
            <link>https://pled.fr/le-general-dans-son-labyrinthe-gabriel-garcia-marquez/</link>
            <pubDate>Mon, 08 Sep 2014 16:06:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-general-dans-son-labyrinthe-gabriel-garcia-marquez/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le général dans son labyrinthe - Gabriel Garcia Marquez&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;general-dans-son-labyrinthe.png#floatleft&#34;&gt; On a beaucoup parlé de Gabriel Garcia Marquez lors de sa mort en avril dernier, et les ventes de &amp;ldquo;Cent ans de solitude&amp;rdquo; ont dû augmenter de manière significative. Pour ma part, je l&amp;rsquo;avais lu il y a longtemps, et j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé, malgré la difficulté à s&amp;rsquo;y retrouver au fil des générations. ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Interrogé à propos de GGM sur France Culture, Alain Finkielkraut avait dit quelque chose de ce genre : quand je range un livre dans ma bibliothèque, il y a deux endroits : celui pour les livres que je ne vais pas relire, et l&amp;rsquo;autre pour ceux dont je sais que j&amp;rsquo;y reviendrai un jour. Parmi ces derniers, et concernant GGM, c&amp;rsquo;est &amp;ldquo;Le général dans son labyrinthe&amp;rdquo;, qui raconte les derniers jours de Simon Bolivar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsque je suis passé chez le libraire le commander, il était disponible en poche. Je le commande donc, on attend quelque jours, puis la livraison est annulée ! et bizarrement le livre n&amp;rsquo;est alors plus disponible qu&amp;rsquo;en format broché&amp;hellip; après discussion avec le libraire, il est bien possible que le format poche ait été &amp;ldquo;retiré&amp;rdquo; afin de privilégier un stock d&amp;rsquo;édition  brochée invendu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons au livre : je n&amp;rsquo;ai pas particulièrement aimé, les souvenirs de Simon Bolivar étant un peu trop foisonnants, la légende se mêlant à l&amp;rsquo;histoire (c&amp;rsquo;est un roman) avec la concours de la plume de GGM qui ne demande que ça&amp;hellip;  Mais aussi et surtout parce que je ne connais pas l&amp;rsquo;Histoire&amp;hellip; ce livre m&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;ailleurs donné l&amp;rsquo;envie d&amp;rsquo;en savoir plus sur le personnage : une biographie de Simon Bolivar doit être passionnante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sim%c3%b3n_Bol%c3%advar&#34;  title=&#34;Simon Bolivar sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Bolivar&lt;/a&gt; , &amp;ldquo;El Libertador&amp;rdquo;, a eu une vie incroyable, libérant plusieurs pays d&amp;rsquo;Amérique du Sud des colons espagnols : Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela, rien que ça. Son but ultime était de créer la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Colombie&#34;  title=&#34;la Grande Colombie, sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Grande Colombie&lt;/a&gt;, qui regroupait Équateur-Colombie-Panama-Venezuela en un seul pays, afin de mieux résister aux espagnols ou royalistes. Mais le projet ne lui survivra pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre raconte donc ses derniers jours, emplis de mélancolie : le général est malade, à l&amp;rsquo;article de la mort, voyant son rêve d&amp;rsquo;unification se déliter doucement, au gré des conflits naissants alors qu&amp;rsquo;il vient à peine d&amp;rsquo;annoncer qu&amp;rsquo;il quitte définitivement le pouvoir. Une longue descente le long du río Magdalena, dont l&amp;rsquo;issue ne fait guère de doute.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Garcia_Marquez&#34;  title=&#34;Gabriel Garcia Marquez sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gabriel Garcia Marquez&lt;/a&gt; (1927-2014) est un écrivain colombien. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1982. &amp;ldquo;Cent ans de solitude&amp;rdquo; est son chef-d&amp;rsquo;œuvre, qui lui apporta la célébrité.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le premier homme - Albert Camus</title>
            <link>https://pled.fr/le-premier-homme-albert-camus/</link>
            <pubDate>Thu, 04 Sep 2014 15:12:30 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-premier-homme-albert-camus/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le premier homme - Albert Camus&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;premier-homme.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un bout de temps que je m&amp;rsquo;étais promis de lire des œuvres d&amp;rsquo;Albert Camus : j&amp;rsquo;ai bien un vague souvenir du lycée avec &amp;ldquo;L&amp;rsquo;étranger&amp;rdquo;, mais c&amp;rsquo;est bien loin tout ça&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pourquoi cette envie ? Albert Camus fait partie des personnes qui ne sont pas souvent trompées avec l&amp;rsquo;histoire : que ce soit par ses positions sur la guerre d&amp;rsquo;Espagne ou celle d&amp;rsquo;Algérie, sa démission du parti communiste quand les camps de travail viennent ternir la belle image de l&amp;rsquo;idéologie communiste, sa rupture avec Sartre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;origine modeste (et revendiquée), Camus reste avant tout attaché à la liberté, et ses actes seront en phase avec ses idées. Enfin, il est d&amp;rsquo;abord écrivain avant d&amp;rsquo;être philosophe. Un auteur contemporain à ne pas manquer donc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je commence paradoxalement par son dernier roman, inachevé même puisqu&amp;rsquo;il y travaillait encore lors de sa mort accidentelle en 1960. La forme finale en aurait sans doute été différente, mais sur le fond, Camus voulait nous faire partager son histoire, celle de sa famille, et son enfance passée en Algérie, même s&amp;rsquo;il a changé les noms des personnages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire démarre par un retour de Jacques Cornery (A. Camus) sur les traces de son père, mort à la première guerre mondiale, né en Algérie, fils de ces premiers colons envoyés là-bas dans les années 1840. La description des conditions dans lesquelles ces colons arrivèrent est d&amp;rsquo;ailleurs terrible, entre le choléra, les conditions de vie, les bandes arabes, les soulèvements, etc&amp;hellip; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il avait fallu se secouer devant les soldats qui riaient et s&amp;rsquo;installer dans les tentes. Les maisons seraient pour plus tard, on allait les construire et puis distribuer les terres, le travail, le travail sacré sauverait tout. [..] « Ah ! les braves gens », disait Veillard qui riait. « Ils ont terminé leurs petites cagnas au printemps, et puis ils ont eu droit au choléra. [&amp;hellip;] Les deux tiers des émigrants étaient morts, là comme dans toute l&amp;rsquo;Algérie, sans avoir touché la pioche et la charrue.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis Camus nous contera son enfance, à Alger. La famille est très pauvre, le père étant mort ; l&amp;rsquo;éducation de la grand-mère est très sévère, la mère un peu distante, mais que Camus adore littéralement, et à  propos de laquelle il écrit de très belle pages :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Toute sa vie il l&amp;rsquo;avait vue retranchée — douce, polie, conciliante, passive même, et cependant jamais conquise par rien ni personne, isolée dans sa demi-surdité, ses difficultés de langage, belle certainement mais à peu près inaccessible et d&amp;rsquo;autant plus qu&amp;rsquo;elle était plus souriante et que son cœur à lui s&amp;rsquo;élançait plus vers elle –, oui, toute sa vie, elle avait gardé le même air craintif et soumis, et cependant distant, le même regard dont elle voyait, trente ans auparavant, sans intervenir, sa mère battre à la cravache Jacques, elle qui n&amp;rsquo;avait jamais touché ni même vraiment grondé ses enfants, elle dont on ne pouvait douter que ces coups ne la meurtrissaient aussi mais qui, empêchée d&amp;rsquo;intervenir par la fatigue, l&amp;rsquo;infirmité de l&amp;rsquo;expression et le respect dû à sa mère, laissait faire, endurait à longueur de jours et d&amp;rsquo;années, endurait les coups pour ses enfants, comme elle endurait pour elle-même la dure journée de travail au service des autres, les parquets lavés à genoux, la vie sans homme et sans consolation au milieu des reliefs graisseux et du linge sale des autres, les longs jours de peine ajoutés les uns aux autres pour faire une vie qui, à force d&amp;rsquo;être privée d&amp;rsquo;espoir, devenait aussi une vie sans ressentiment d&amp;rsquo;aucune sorte, ignorante, obstinée, résignée enfin à toutes les souffrances, les siennes comme celles des autres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit ici la puissance d&amp;rsquo;évocation d&amp;rsquo;Albert Camus et le talent de l&amp;rsquo;écrivain&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y aussi des pages magnifiques sur l&amp;rsquo;insouciance des enfants, sous le soleil d&amp;rsquo;Alger, courant jusqu&amp;rsquo;à la mer, heureux de vivre jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;ivresse. Puis Jacques sera remarqué par son instituteur, obtiendra une bourse qui lui permettra d&amp;rsquo;aller au lycée et de poursuivre ses études, alors que la grand-mère aurait préféré qu&amp;rsquo;il gagne sa vie au plus tôt. Quand en 1957, Albert Camus reçoit le prix Nobel de littérature, c&amp;rsquo;est à son vieil instituteur (après sa mère) qu&amp;rsquo;il le dédiera.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très beau livre donc, dommage que l&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;ait pas eu le temps de terminer complètement, il aurait certainement été encore plus abouti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Camus&#34;  title=&#34;Albert Camus sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Albert Camus&lt;/a&gt; (1913-1960) est un écrivain, philosophe, dramaturge français, né en Algérie. Il est aussi journaliste engagé dans  la Résistance française durant la seconde guerre mondiale, et proche des courants libertaires dans les  combats moraux de l&amp;rsquo;après-guerre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Solaris - Stanislas LEM</title>
            <link>https://pled.fr/solaris-stanislas-lem/</link>
            <pubDate>Mon, 11 Aug 2014 17:16:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/solaris-stanislas-lem/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Solaris - Stanislas LEM&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;solaris.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai toujours aimé la science-fiction, et c&amp;rsquo;est toujours un plaisir d&amp;rsquo;y revenir&amp;hellip; et avec ce genre de petit bijou encore plus ! Le roman ne date pourtant pas d&amp;rsquo;hier, paru en 1961 (1966 en France) ; mais c&amp;rsquo;est un classique, doté de deux adaptations cinématographiques (1972 puis 2002), j&amp;rsquo;y reviendrai.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut traiter de sujets très profonds avec ce genre de littérature : ici, ce serait l&amp;rsquo;incapacité que nous aurions à simplement communiquer avec une forme d&amp;rsquo;intelligence radicalement différente quelque part dans l&amp;rsquo;univers. Et rien n&amp;rsquo;empêche de porter la réflexion à notre mode de communication, entre individus de la même espèce, ici sur cette terre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Solaris, c&amp;rsquo;est donc une planète, tournant autour de deux soleils, et recouverte d&amp;rsquo;un gigantesque océan protoplasmique qui crée de gigantesques structures à sa surface, tout autant éphémères que fascinantes. Découverte il y a plus de cent ans, elle reste un mystère complet ayant donné naissance à une science : la Solaristique, dont les experts s&amp;rsquo;évertuent sans succès depuis des années à percer le mystère : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;océan, unique habitant de la planète, qui semble être doté d&amp;rsquo;une forme d&amp;rsquo;intelligence&amp;hellip; mais comment communiquer avec lui ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman démarre quand le Dr Kelvin (psychologue) arrive sur la station Solaris, rejoignant trois autres scientifiques déjà sur place ; quelque chose ne va pas, le comportement des scientifiques présents est étrange ; puis une femme apparaît, Harey, dont Kelvin a été amoureux dans le passé, et qui s&amp;rsquo;est suicidée plusieurs années auparavant&amp;hellip; Impossible que ce soit vraiment elle donc&amp;hellip; À moins que ce ne soit l&amp;rsquo;océan qui essaie d&amp;rsquo;entrer en contact ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les scientifiques veulent faire une expérience sur Harey (puisqu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas humaine malgré les apparences). Le Dr Kelvin ne sait ce qu&amp;rsquo;il  doit faire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Debout devant la fenêtre, le regard fixe, je n&amp;rsquo;avais pas vu venir la nuit. Un mince plafond de nuages élevés, coupole argentée reflétant faiblement le soleil disparu, voilait les étoiles.&#xA;Si elle disparaît après l&amp;rsquo;expérience, cela signifiera que je souhaitais sa disparition. Que je l&amp;rsquo;ai tuée. Non, je ne monterai pas chez Sartorius. Je ne suis pas obligé de leur obéir. Qu&amp;rsquo;est-ce que je leur dirai ? La vérité ? Non. Je ne peux pas leur dire la vérité. Il faudra jouer la comédie, mentir, encore et toujours&amp;hellip; Parce qu&amp;rsquo;il y a peut-être en moi des pensées, des intentions, des espoirs cruels dont je ne sais rien, parce que je suis un assassin qui s&amp;rsquo;ignore. L&amp;rsquo;homme est parti à la découverte d&amp;rsquo;autres mondes, d&amp;rsquo;autres civilisations, sans avoir entièrement exploré ses propres abîmes, son labyrinthe de couloirs obscurs et de chambres secrètes, sans avoir percé le mystère des portes qu&amp;rsquo;il a lui-même condamnées. Leur abandonner Harey&amp;hellip; par pudeur ? L&amp;rsquo;abandonner uniquement parce que je manque de courage ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté cinéma, l&amp;rsquo;adaptation d&amp;rsquo;Andrei Tarkovsky (1972) est fidèle au roman et traite le même sujet (avec peu de moyens techniques) ; la version de Steven Soderberg (2002), se concentre quant à elle sur l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;amour entre Kelvin (interprété par George Clooney) et Harey : ce qui valut la remarque suivante de Stanislas Lem :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;hellip;à ma connaissance, le livre ne se focalise pas sur les problèmes sexuels de personnes dans l&amp;rsquo;espace&amp;hellip; En tant qu&amp;rsquo;auteur de Solaris, je me permets de rappeler que je souhaitais seulement recréer une rencontre avec quelque chose qui existe certainement, sans doute de manière flamboyante, mais qui ne peut être réduit à des concepts, des idées ou des images humains. C&amp;rsquo;est pourquoi ce livre s&amp;rsquo;intitule &amp;ldquo;Solaris&amp;rdquo; et non pas &amp;ldquo;L&amp;rsquo;Amour dans l&amp;rsquo;espace&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est clair, et c&amp;rsquo;est drôle ! :-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Lem&#34;  title=&#34;Stanislas Lem sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Stanislas Lem&lt;/a&gt; (1921-2006) est un écrivain de science-fiction polonais. Ses études de médecine étant interrompues par la seconde guerre mondiale, il devient mécanicien-soudeur, et participe à la Résistance. Son oeuvre est construite autour d&amp;rsquo;une vision critique du comportement humain, sur l&amp;rsquo;incommunicabilité entre les humains et les civilisations extraterrestres, et sur le futur technologique de l&amp;rsquo;humanité.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Palestine - Hubert Haddad</title>
            <link>https://pled.fr/palestine-hubert-haddad/</link>
            <pubDate>Fri, 08 Aug 2014 17:46:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/palestine-hubert-haddad/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Palestine - Hubert Haddad&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;palestine.png#floatleft&#34;&gt; L&amp;rsquo;auteur m&amp;rsquo;avait été recommandé par le libraire à qui je demandais &amp;ldquo;une belle écriture&amp;rdquo;, je prenais donc ce petit livre pour le découvrir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur ce point précis, il n&amp;rsquo;a pas vraiment répondu à mes attentes : c&amp;rsquo;est bien écrit certes, mais dans un style un peu trop alambiqué à mon goût. On pourrait dire que l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;écoute écrire&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je crois que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;est mal compris avec le libraire ! j&amp;rsquo;aime bien quand les phrases ont leur rythme, leur propre musique ; le vocabulaire reste pour autant précis, décrivant la situation avec le plus de force et le moins de mots.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à l&amp;rsquo;histoire, elle reste peu crédible. En caricaturant à peine : un soldat israélien capturé et amnésique est recueilli par une famille palestinienne ; il va tomber amoureux de la belle palestinienne anorexique qui le soigne&amp;hellip; Je vous laisse découvrir la fin par vous-même, on atteint les sommets.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seule reste la description de la dureté de la vie quotidienne des palestiniens, réglée par l&amp;rsquo;occupant, le passage récurant des &amp;ldquo;check-point&amp;rdquo;, la sensation d&amp;rsquo;un contrôle et d&amp;rsquo;un assujettissement permanent. Sur ce point, cette histoire atteint son but.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un petit exemple pris au hasard du style qu&amp;rsquo;emploie l&amp;rsquo;auteur, et qui vient se greffer sur la narration proprement dite :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;absence ne se nomme ni ne s&amp;rsquo;esquisse jamais. À peine les ténèbres désignées, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;œil qui cligne. La lame la plus fine tranche entre l&amp;rsquo;instant nouveau et l&amp;rsquo;oubli sans fond. D&amp;rsquo;un coup le néant ravale les milliards d&amp;rsquo;années et recrache au hasard un soupir de résurrection.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon&amp;hellip; ce n&amp;rsquo;est pas avec des phrases de ce genre que l&amp;rsquo;on va aider à résoudre le problème palestinien ! (je plaisante sur un problème sérieux, désolé).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Haddad&#34;  title=&#34;Hubert Haddad sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hubert Haddad&lt;/a&gt; est né en 1947 en Tunisie. Écrivain de langue française, poète, romancier, historien d&amp;rsquo;art.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mémoires d&#39;une jeune fille rangée - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/memoires-dune-jeune-fille-rangee-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Wed, 16 Jul 2014 17:59:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/memoires-dune-jeune-fille-rangee-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mémoire d’une jeune fille rangée - Simone de Beauvoir&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;memoire-jeune-fille-rangee.png#floatleft&#34;&gt; Retour à Simone de Beauvoir dont j&amp;rsquo;apprécie beaucoup les romans (voir en fin d&amp;rsquo;article pour ceux que j&amp;rsquo;ai déjà lu).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celui-ci est le premier d&amp;rsquo;une série de quatre volumes où Simone de Beauvoir nous racontent ses mémoires, sa vie, son œuvre. Et puisque c&amp;rsquo;est le premier, il s&amp;rsquo;agit de son enfance, au début du XXème siècle, jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;âge de vingt et un ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un régal à lire : la construction de la personnalité d&amp;rsquo;un enfant puis d&amp;rsquo;une adolescente, décrite avec une objectivité remarquable ; la description de ce qu&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;éducation d&amp;rsquo;une jeune fille à cette époque ; un père employé dans un cabinet d&amp;rsquo;avocat et comédien amateur, une mère très pieuse issue de la bourgeoisie&amp;hellip; la guerre 14-18 ruinant la famille ainsi que leurs espoirs d&amp;rsquo;ascension sociale ; ses premières amours, et sa grande amie Zaza au destin tragique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On ne peut s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;admirer le recul et l&amp;rsquo;honnêteté avec lesquels elle nous compte tout ça, dans son style si agréable à lire&amp;hellip; on repense forcément à notre propre expérience : l&amp;rsquo;éducation reçue, la première rencontre avec le mensonge, la figure idéalisée des parents qui se fissure, la perte de la foi religieuse, la société et ses injustices (ou pas, selon les explications fournies par les parents), les premiers émois amoureux et les questionnements qui les accompagnent. C&amp;rsquo;est ainsi que la personnalité d&amp;rsquo;un être se construit et qu&amp;rsquo;il trouve sa place dans la vie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très tôt passionnée de littérature, et dès quinze ans persuadée qu&amp;rsquo;elle deviendra un écrivain célèbre, elle nous raconte avec forces détails tous ses souvenirs d&amp;rsquo;enfance et d&amp;rsquo;adolescence, sa volonté farouche d&amp;rsquo;échapper au destin promis aux jeunes filles à cette époque, et son émancipation intellectuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques  extraits qui vous donneront peut-être envie de le lire, ou de le faire lire à votre ado préféré !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-mots-et-la-réalité&#34;&gt;Les mots et la réalité&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le monde qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;enseignait se disposait harmonieusement autour de coordonnées fixes et de catégories tranchées. Les notions neutres en avaient été bannies : pas de milieu entre le traître et le héros, le renégat et le martyr ; tout fruit non comestible était vénéneux ; on  m&amp;rsquo;assurait que &amp;ldquo;j&amp;rsquo;aimais&amp;rdquo; tous les membres de ma famille, y compris mes grands-tantes les plus disgraciées. Dès mes premiers balbutiements, mon expérience démentit cet essentialisme. Le blanc n&amp;rsquo;était que rarement tout à fait blanc, la noirceur du mal se dérobait : je n&amp;rsquo;apercevais que des grisailles. Seulement, dès que j&amp;rsquo;essayais d&amp;rsquo;en saisir les nuances indécises, il fallait me servir de mots, et je me trouvais rejetée dans l&amp;rsquo;univers des concepts aux dures arêtes. Ce que je voyais de mes yeux, ce que j&amp;rsquo;éprouvais pour de bon, devait rentrer tant bien que mal dans ces cadres ; les mythes et les clichés prévalaient sur la vérité : incapable de la fixer, je laissais celle-ci glisser dans l&amp;rsquo;insignifiance.&#xA;Puisque j&amp;rsquo;échouais à penser sans le secours du langage, je supposais que celui-ci couvrait exactement la réalité ; j&amp;rsquo;y étais initiée par les adultes que je prenais pour des dépositaires de l&amp;rsquo;absolu : en désignant une chose, ils en expriment la substance, au sens où l&amp;rsquo;on exprime le goût d&amp;rsquo;un fruit. Entre le mot et son objet je ne concevais donc nulle distance où l&amp;rsquo;erreur pût se glisser ; ainsi s&amp;rsquo;explique que je me sois soumise au Verbe sans critique, sans examen, et lors même que les circonstances m&amp;rsquo;invitaient à en douter.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-place-sur-terre&#34;&gt;La place sur terre&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À huit ans, je n&amp;rsquo;étais plus gaillarde comme dans ma première enfance mais malingre et timorée. Pendant les séances de gymnastique dont j&amp;rsquo;ai parlé, j&amp;quot;étais vêtue d&amp;rsquo;un vilain maillot étriqué et une  de mes tantes avait dit à maman : &amp;ldquo;Elle a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;un petit singe.&amp;rdquo; Vers la fin du traitement, le professeur me réunit aux élèves d&amp;rsquo;un cours collectif : une bande de garçons et de filles qu&amp;rsquo;accompagnait une gouvernante. Les filles portaient des costumes en jersey bleu pâle, aux jupes courtes et gracieusement plissées ; leurs tresses lustrées, leur voix, leurs manières, tout en elles était impeccable. Cependant elles couraient, sautaient, cabriolaient, riaient avec la liberté et la hardiesse que je croyais l&amp;rsquo;apanage des voyous. Je me sentis soudain gauche, poltronne, laide : un petit singe ; sans aucun doute, c&amp;rsquo;est ainsi que ces beaux enfants me voyaient ; ils me méprisaient : pire, ils m&amp;rsquo;ignoraient. Je contemplai, désemparée, leur triomphe et mon néant.&#xA;Un matin, dans mon lit, je sanglotai. Mme Rollin me prit avec  embarras sur ses genoux et me demanda la raison de mes larmes ; il me sembla que nous jouions toutes deux une comédie, et je ne sus que répondre : non, personne ne m&amp;rsquo;avait brimée, tout le monde était gentil. La vérité c&amp;rsquo;est que, séparée de ma famille, privée des affections qui m&amp;rsquo;assuraient de mes mérites, des consignes et des repères qui définissaient ma place dans le monde, je ne savais plus comment me situer, ni ce que j&amp;rsquo;étais venue faire sur terre. J&amp;rsquo;avais besoin d&amp;rsquo;être prise dans des cadres dont la rigueur justifiait mon existence. Je m&amp;rsquo;en rendais compte, car je craignais le changement. Je n&amp;rsquo;eus à essuyer ni deuil ni dépaysement et c&amp;rsquo;est une des raisons qui me permirent de persévérer assez longtemps dans mes puériles prétentions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;linconvenance&#34;&gt;L&amp;rsquo;inconvenance&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y avait un mot qui revenait souvent dans la bouche des adultes : c&amp;rsquo;est inconvenant. Le contenu en était quelque peu incertain. Je lui avais d&amp;rsquo;abord attribué un sens plus ou moins scatologique. Dans &amp;ldquo;Les vacances&amp;rdquo; de Madame de Ségur, un des personnages racontait une histoire de fantôme, de cauchemar, de drap souillé qui me choquait autant que mes parents ; je liais alors l&amp;rsquo;indécence aux basses fonctions du corps ; j&amp;rsquo;appris ensuite qu&amp;rsquo;il participait tout entier à leur grossièreté : il fallait le cacher ; laisser voir ses dessous ou sa peau — sauf en quelques zones bien définies — c&amp;rsquo;était une incongruité. Certains détails vestimentaires, certaines attitudes étaient aussi répréhensibles qu&amp;rsquo;une indiscrète exhibition. Ces interdits visaient particulièrement l&amp;rsquo;espèce féminine ; une dame &amp;ldquo;comme il faut&amp;rdquo; ne devait ni se décolleter abondamment, ni porter des jupes courtes, ni teindre ses cheveux, ni les couper, ni se maquiller, ni se vautrer sur un divan, ni embrasser son mari dans les couloirs du métro : si elle transgressait ces règles, elle avait mauvais genre. L&amp;rsquo;inconvenance ne se confondait pas tout à fait avec le péché mais suscitait des blâmes plus sévères que le ridicule. Nous sentions bien, ma sœur et moi, que sous ses apparences anodines, quelque chose d&amp;rsquo;important se dissimulait, et pour nous protéger contre ce mystère nous nous hâtions de le tourner en dérision. Au Luxembourg, nous nous poussions du coude en passant devant les couples d&amp;rsquo;amoureux. L&amp;rsquo;inconvenance avait dans mon esprit un rapport, mais extrêmement vague, avec une autre énigme : les ouvrages défendus. Quelquefois, avant de me remettre un livre, maman en épinglait ensemble quelques feuillets ; dans &amp;ldquo;La guerre de Mondes&amp;rdquo; de Wells, je trouvai ainsi un chapitre condamné. Je n&amp;rsquo;ôtais jamais les épingles, mais je me demandais souvent : de quoi est-il question ? C&amp;rsquo;était étrange. Les adultes parlaient librement devant moi ; je circulais dans le monde sans y rencontrer d&amp;rsquo;obstacle ; pourtant dans cette transparence quelque chose se cachait ; quoi ? où ? en vain mon regard fouillait l&amp;rsquo;horizon, cherchant à repérer la zone occulte qu&amp;rsquo;aucun écran ne masquait et qui demeurait cependant invisible.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lélitisme&#34;&gt;L&amp;rsquo;élitisme&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À Meyrignac, un été, je lus un ouvrage d&amp;rsquo;histoire qui préconisait le suffrage censitaire. Je relevais la tête : &amp;ldquo;Mais c&amp;rsquo;est honteux d&amp;rsquo;empêcher les pauvres de voter !&amp;rdquo; Papa sourit. Il m&amp;rsquo;expliqua qu&amp;rsquo;une nation, c&amp;rsquo;est un ensemble de biens ; à ceux qui les détiennent revient normalement le soin de les administrer. Il conclut en me citant le mot de Guizot : &amp;ldquo;Enrichissez-vous.&amp;rdquo; Sa démonstration me laissa perplexe. Papa avait échoué à s&amp;rsquo;enrichir : aurait-il jugé bon qu&amp;rsquo;on le privât de ses droits ? Si je protestais, c&amp;rsquo;est au nom du système de valeurs qu&amp;rsquo;il m&amp;rsquo;avait lui-même enseigné. Il n&amp;rsquo;estimait pas que la qualité d&amp;rsquo;un homme se mesurât à son compte en banque ; il se moquait volontiers des &amp;ldquo;nouveaux riches&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;élite se définissait selon lui par l&amp;rsquo;intelligence, la culture, une orthographe correcte, une bonne éducation, des idées saines. Je le suivais facilement quand il objectait au suffrage universel la sottise et l&amp;rsquo;ignorance de la majorité des électeurs : seuls les gens &amp;ldquo;éclairés&amp;rdquo; auraient dû avoir voix au chapitre. Je m&amp;rsquo;inclinais devant cette logique que complétait une vérité empirique : les &amp;ldquo;lumières&amp;rdquo; sont l&amp;rsquo;apanage de la bourgeoisie. Certains individus des couches inférieures réussissent des prouesses intellectuelles mais ils conservent quelque chose de &amp;ldquo;primaire&amp;rdquo; et ce sont généralement des esprits faux. En revanche, tout homme de bonne famille possède un &amp;ldquo;je-ne-sais-quoi&amp;rdquo; qui le distingue du vulgaire. Je n&amp;rsquo;étais pas trop choquée que le mérite fût lié au hasard d&amp;rsquo;une naissance puisque c&amp;rsquo;était la volonté de Dieu qui décidait des chances de chacun. En tout cas, le fait me paraissait patent : moralement, donc absolument, la classe à laquelle j&amp;rsquo;appartenais l&amp;rsquo;emportait de loin sur le reste de la société. Quand j&amp;rsquo;allais avec maman rendre visite aux fermiers de grand-père, l&amp;rsquo;odeur du purin, la saleté des intérieurs où couraient des poules, la rusticité des meubles, me semblaient traduire la grossièreté de leurs âmes ; je les voyais travailler dans les champs, boueux, sentant la sueur et la terre, et jamais ils ne contemplaient l&amp;rsquo;harmonie du paysage, ils ignoraient les beautés des couchers de soleil. Ils ne lisaient pas, ils n&amp;rsquo;avaient pas d&amp;rsquo;idéal ; papa disait, sans animosité d&amp;rsquo;ailleurs, que c&amp;rsquo;étaient des &amp;ldquo;brutes&amp;rdquo;. Quand il lut &amp;ldquo;L&amp;rsquo;essai sur l&amp;rsquo;inégalité des races humaines&amp;rdquo; de Gobineau, j&amp;rsquo;adoptais avec empressement l&amp;rsquo;idée que leur cerveau différait du nôtre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-monde-ouvrier&#34;&gt;Le monde ouvrier&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quelques livres — Dickens, &amp;ldquo;Sans famille&amp;rdquo; d&amp;rsquo;Hector Malot — décrivaient de dures existences ; je trouvai terrible le sort des mineurs, enfouis tout le jour dans de sombres galeries, à la merci d&amp;rsquo;un coup de grisou. Mais on m&amp;rsquo;assura que les temps avaient changé. Les ouvriers travaillaient beaucoup moins, et gagnaient plus ; depuis la création des syndicats, les véritables opprimés c&amp;rsquo;étaient les patrons. Les ouvriers, beaucoup plus favorisés que nous, n&amp;rsquo;avaient pas à &amp;ldquo;représenter&amp;rdquo;, aussi pouvaient-ils s&amp;rsquo;offrir du poulet tous les dimanches ; au marché leurs femmes achetaient les meilleurs morceaux et elles se payaient des bas de soie. La dureté de leurs métiers, l&amp;rsquo;inconfort de leur logis, ils en avaient l&amp;rsquo;habitude ; ils n&amp;rsquo;en souffraient pas comme nous en aurions souffert. Leurs récriminations n&amp;rsquo;avaient pas l&amp;rsquo;excuse du besoin. D&amp;rsquo;ailleurs, disait mon père en haussant les épaules : &amp;ldquo;On ne meurt pas de faim !&amp;rdquo; Non, si les ouvriers haïssaient la bourgeoisie, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;ils étaient conscients de sa supériorité. Le communisme, le socialisme ne s&amp;rsquo;expliquaient que par l&amp;rsquo;envie : &amp;ldquo;Et l&amp;rsquo;envie, disait mon père, est un vilain sentiment.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-perte-de-la-foi&#34;&gt;La perte de la foi&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Depuis sept ans, je me confessais deux fois par mois à l&amp;rsquo;abbé Martin ; je l&amp;rsquo;entretenais de mes états d&amp;rsquo;âme ; je m&amp;rsquo;accusais d&amp;rsquo;avoir communié sans ferveur, prié du bout des lèvres, trop rarement pensé à Dieu ; à ces défaillances éthérées il répondait par un sermon d&amp;rsquo;un style élevé. Un jour, au lieu de se conformer à ces rites, il se mit à me parler sur un ton familier : &amp;ldquo;Il m&amp;rsquo;est revenu aux oreilles que ma petite Simone a changé&amp;hellip; qu&amp;rsquo;elle est désobéissante, turbulente, qu&amp;rsquo;elle répond quand on la gronde&amp;hellip; Désormais, il faudra faire attention à ces choses.&amp;rdquo; Mes joues s&amp;rsquo;embrasèrent ; je regardai avec horreur l&amp;rsquo;imposteur que pendant des années j&amp;rsquo;avais pris pour le représentant de Dieu : brusquement, il venait de retrousser sa soutane, découvrant ses jupons de bigote ; sa robe de prêtre n&amp;rsquo;était qu&amp;rsquo;un travesti ; elle habillait une commère qui se repaissait de ragots. Je quittai le confessionnal, la tête en feu, décidée à ne plus jamais y remettre les pieds.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mon père ne croyait pas ; les plus grands écrivains, les meilleurs penseurs partageaient son scepticisme ; dans l&amp;rsquo;ensemble, c&amp;rsquo;était surtout les femmes qui allaient à l&amp;rsquo;église ; je commençais à trouver paradoxal et troublant que la vérité fût leur privilège alors que les hommes, sans discussion possible, leur étaient supérieurs. En même temps, je pensais qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a pas de plus grand cataclysme que de perdre la foi et je tentais souvent de m&amp;rsquo;assurer contre ce risque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un soir, à Meyrignac, je m&amp;rsquo;accoudai, comme tant d&amp;rsquo;autres soirs, à ma fenêtre ; une chaude odeur d&amp;rsquo;étable montait vers les glacis du ciel ; ma prière prit faiblement son essor, puis retomba. J&amp;rsquo;avais passé ma journée à manger des pommes interdites et à lire, dans un Balzac prohibé, l&amp;rsquo;étrange idylle d&amp;rsquo;un homme et d&amp;rsquo;une panthère ; avant de m&amp;rsquo;endormir, j&amp;rsquo;allais me raconter de drôles d&amp;rsquo;histoires, qui me mettraient dans de drôles d&amp;rsquo;états. &amp;ldquo;Ce sont des péchés&amp;rdquo;, me dis-je. Impossible de tricher plus longtemps : la désobéissance soutenue et systématique, le mensonge, les rêveries impures n&amp;rsquo;étaient pas des conduites innocentes. Je plongeai mes mains dans la fraîcheur des lauriers-cerises, j&amp;rsquo;écoutai le glouglou de l&amp;rsquo;eau, et je compris que rien ne me ferait renoncer aux joies terrestres. &amp;ldquo;Je ne crois plus en Dieu&amp;rdquo;, me dis-je, sans grand étonnement. [&amp;hellip;]&#xA;Je devais fatalement en arriver à cette liquidation. J&amp;rsquo;étais trop extrémiste pour vivre sous l&amp;rsquo;œil de Dieu en disant au siècle à la fois oui et non. D&amp;rsquo;autre part, j&amp;rsquo;aurais répugné à sauter avec mauvaise foi du profane au sacré et à affirmer Dieu tout en vivant sans lui. Je ne concevais pas d&amp;rsquo;accommodements avec le ciel. Si peu qu&amp;rsquo;on lui refusât, c&amp;rsquo;était trop si Dieu existait ; si peu qu&amp;rsquo;on lui accordât, c&amp;rsquo;était trop s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;existait pas. Ergoter avec sa conscience, chicaner sur ses plaisirs ; ces marchandages m&amp;rsquo;écœuraient. C&amp;rsquo;est pourquoi je n&amp;rsquo;essayai pas de ruser. Dès que la lumière se fit en moi, je tranchai net.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;je-serai-écrivain&#34;&gt;Je serai écrivain&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si j&amp;rsquo;avais souhaité autrefois me faire institutrice, c&amp;rsquo;est que je rêvais d&amp;rsquo;être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m&amp;rsquo;assurerait une immortalité qui compenserait l&amp;rsquo;éternité perdue ; il n&amp;rsquo;y avait plus de Dieu pour m&amp;rsquo;aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l&amp;rsquo;humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m&amp;rsquo;intéressais à la fois à moi, et aux autres ; j&amp;rsquo;acceptais mon &amp;ldquo;incarnation&amp;rdquo; mais je ne voulais pas renoncer à l&amp;rsquo;universel : ce projet conciliait tout ; il flattait les aspirations qui s&amp;rsquo;étaient développées en moi au cours de ces quinze années.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Une œuvre, décidai-je, où je dirai tout, tout&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;insiste souvent dans mes carnets sur cette volonté de &amp;ldquo;tout dire&amp;rdquo; qui fait un curieux contraste avec la pauvreté de mon expérience. La philosophie avait fortifié ma tendance à saisir les choses dans leur essence, à la racine, sous l&amp;rsquo;aspect de la totalité ; et comme je me mouvais parmi des abstractions, je croyais avoir découvert, de façon décisive, la vérité du monde. De temps en temps, je soupçonnais qu&amp;rsquo;elle débordait ce que j&amp;rsquo;en connaissais : mais rarement. Ma supériorité sur les autres gens venait précisément de ce que je ne laissais rien échapper : mon œuvre tirerait sa valeur de cet exceptionnel privilège.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-philosophie&#34;&gt;La philosophie&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Psychologie, logique, morale, métaphysique : l&amp;rsquo;abbé Trécourt expédiait le programme à raison de quatre heures de cours par semaine.[&amp;hellip;] Pourtant, je me passionnai. Je retrouvais, traités par des messieurs sérieux, dans des livres, les problèmes qui avaient intrigué mon enfance ; soudain le monde des adultes n&amp;rsquo;allait plus de soi, il avait un envers, des dessous, le doute s&amp;rsquo;y mettait : si on poussait plus avant, qu&amp;rsquo;en resterait-il ? On ne poussait pas loin, mais c&amp;rsquo;était déjà extraordinaire, après douze ans de dogmatisme, une discipline qui posât des questions et qu&amp;rsquo;on me les posa à moi. Car c&amp;rsquo;était moi, dont on ne m&amp;rsquo;avait jamais parlé que par des lieux communs, qui me trouvait soudain en cause. Ma conscience, d&amp;rsquo;où sortait-elle ? d&amp;rsquo;où tirait-elle ses pouvoirs ?&#xA;Ce qui  m&amp;rsquo;attira surtout dans la philosophie, c&amp;rsquo;est que je pensais qu&amp;rsquo;elle allait droit à l&amp;rsquo;essentiel. Je n&amp;rsquo;avais jamais eu le goût du détail ; je percevais le sens global des choses plutôt que leurs singularités, et j&amp;rsquo;aimais mieux comprendre que voir ; j&amp;rsquo;avais toujours souhaité connaître tout ; la philosophie me permettrait d&amp;rsquo;assouvir ce désir, car c&amp;rsquo;est la totalité du réel qu&amp;rsquo;elle visait ; elle s&amp;rsquo;installait tout de suite en son cœur et me découvrait, au lieu d&amp;rsquo;un décevant tourbillon de faits et de lois empiriques, un ordre, une raison, une nécessité. Sciences, littérature, toutes les autres disciplines me parurent des parentes pauvres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-révolte&#34;&gt;La révolte&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je refusais les hiérarchies, les valeurs, les cérémonies par lesquelles l&amp;rsquo;élite se distingue ; ma critique ne tendait, pensais-je, qu&amp;rsquo;à la débarrasser de vaines survivances : elle impliquait en fait sa liquidation. Seul l&amp;rsquo;individu me semblait réel, important : j&amp;rsquo;aboutirais fatalement à préférer à ma classe la société prise dans sa totalité. Somme toute, c&amp;rsquo;était moi qui avais ouvert les hostilités ; mais je l&amp;rsquo;ignorais, je ne comprenais pas pourquoi mon père et tout son entourage me condamnaient. J&amp;rsquo;étais tombée dans un traquenard ; la bourgeoisie m&amp;rsquo;avait persuadée que ses intérêts se confondaient avec ceux de l&amp;rsquo;humanité ; je croyais pouvoir atteindre en accord avec elle des vérités valables pour tous : dès que je m&amp;rsquo;en approchais, elle se dressait contre moi. Je me sentais &amp;ldquo;ahurie, désorientée, douloureusement&amp;rdquo;. Qui m&amp;rsquo;avait mystifiée ? pourquoi ? comment ? En tout cas, j&amp;rsquo;étais victime d&amp;rsquo;une injustice et peu à peu ma rancune se tourna en révolte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;vanité&#34;&gt;Vanité&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais alors, pourquoi répétais-je avec désolation que &amp;ldquo;tout est vanité&amp;rdquo; ? En vérité, le mal dont je souffrais, c&amp;rsquo;était d&amp;rsquo;avoir été chassée du paradis de l&amp;rsquo;enfance et de n&amp;rsquo;avoir pas retrouvé une place parmi les hommes. Je  m&amp;rsquo;étais installée dans l&amp;rsquo;absolu pour pouvoir regarder de haut ce monde qui me rejetait ; maintenant, si je voulais agir, faire une œuvre, m&amp;rsquo;exprimer, il fallait y redescendre : mais mon mépris l&amp;rsquo;avait anéanti, je n&amp;rsquo;apercevais tout autour de moi que le vide. [&amp;hellip;]&#xA;Mon indigence, mon impuissance m&amp;rsquo;auraient moins inquiétée si j&amp;rsquo;avais soupçonné à quel point j&amp;rsquo;étais encore bornée, ignare ; une tâche m&amp;rsquo;aurait requise ; m&amp;rsquo;informer ; et d&amp;rsquo;autres se seraient bientôt proposées. Mais le pire, quand on habite une prison sans barreaux, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;a pas même conscience des écrans qui bouchent l&amp;rsquo;horizon ; j&amp;rsquo;errais à travers un épais brouillard, et je le croyais transparent. Les choses qui m&amp;rsquo;échappaient, je n&amp;rsquo;en entrevoyais même pas la présence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-plaisirs&#34;&gt;Les plaisirs&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le plaisir que je prenais à ces infimes aventures n&amp;rsquo;explique tout de même pas que j&amp;rsquo;aie de nouveau succombé à la séduction des mauvais lieux. Je m&amp;rsquo;en étonnai : &amp;ldquo;Jazz, femmes, danses, paroles impures, alcool, frôlements : comment puis-je n&amp;rsquo;être pas choquée, mais accepter ici ce que je n&amp;rsquo;accepterais nulle part, et plaisanter avec ces hommes ? Comment puis-je aimer ces choses avec cette passion qui vient de si loin, qui me tient si fort ? Qu&amp;rsquo;est-ce que je vais chercher dans ces endroits au charme trouble ?&amp;rdquo; [&amp;hellip;]&#xA;Je rôdai longtemps sur le boulevard Barbès, je regardais les putains et les voyous non plus avec horreur mais avec une espèce d&amp;rsquo;envie. De nouveau, je m&amp;rsquo;étonnai : &amp;ldquo;Il y a en moi je ne sais quel peut-être monstrueux désir, depuis toujours présent, de bruit, de lutte, de sauvagerie, et d&amp;rsquo;enlisement surtout&amp;hellip; Que faudrait-il aujourd&amp;rsquo;hui pour que moi aussi je sois morphinomane, alcoolique, et je ne sais quoi encore ? Une occasion seulement, peut-être, une faim un peu plus grande de tout ce que je connaîtrai jamais&amp;hellip;&amp;rdquo; Par moments je me scandalisais de cette &amp;ldquo;perversion&amp;rdquo;, de ces &amp;ldquo;bas instincts&amp;rdquo; que je découvrais en moi. Qu&amp;rsquo;aurait pensé Pradelle qui m&amp;rsquo;accusait autrefois de prêter à la vie trop de noblesse ? Je me reprochais d&amp;rsquo;être duplice, hypocrite. Mais je ne songeais pas à me renier : &amp;ldquo;Je veux la vie, toute la vie. Je me sens curieuse, avide, avide de brûler plus ardemment que tout autre, fût-ce à n&amp;rsquo;importe quelle flamme.&amp;rdquo;[&amp;hellip;&#xA;Je détestais de plus en plus franchement le catholicisme : voyant Lisa et Zaza se débattre contre &amp;ldquo;cette religion martyrisante&amp;rdquo;, je me réjouissais de lui avoir échappé ; en fait, j&amp;rsquo;en restais barbouillée ; les tabous sexuels survivaient, au point que je prétendais pouvoir devenir morphinomane ou alcoolique, mais que je ne songeais même pas au libertinage. Lisant Goethe, et le livre écrit sur lui par Ludwig, je protestai contre sa morale. &amp;ldquo;Cette place si tranquillement faite à la vie des sens, sans déchirement, sans inquiétude, me choque. La pire débauche, si c&amp;rsquo;est celle d&amp;rsquo;un Gide cherchant un aliment pour son esprit, une défense, une provocation, m&amp;rsquo;émeut ; les amours de Goethe me froissent.&amp;rdquo; Ou bien l&amp;rsquo;amour physique s&amp;rsquo;intégrait à l&amp;rsquo;amour tout court, et en ce cas tout allait de soi, ou c&amp;rsquo;était une tragique déchéance et je n&amp;rsquo;avais pas l&amp;rsquo;audace d&amp;rsquo;y sombrer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Mémoires d&amp;rsquo;une jeune fille rangée&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses Tome 1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses Tome 2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  title=&#34;Simone de Beauvoir sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  title=&#34;Existentialisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Ce  roman est donc le premier d&amp;rsquo;une série autobiographique : suivront &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Force_de_l%27%C3%A2ge&#34;  title=&#34;La Force de l&amp;#39;âge&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La Force de l&amp;rsquo;âge&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Force_des_choses&#34;  title=&#34;La Force des choses&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La Force des choses&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_compte_fait&#34;  title=&#34;Tout compte fait&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; textes auxquels on peut rallier le récit &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_mort_tr%C3%A8s_douce&#34;  title=&#34;Une mort très douce&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Une mort très douce&lt;/a&gt; (1964).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre</title>
            <link>https://pled.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre/</link>
            <pubDate>Thu, 22 May 2014 17:53:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Au revoir là-haut - Pierre Lemaitre&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;au-revoir-la-haut.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est à la radio que j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;abord entendu parler de ce roman, roulant tranquillement vers la Bretagne. On y évoquait l&amp;rsquo;immense marché que fût la construction de tous ces monuments aux morts érigés après le première guerre mondiale, et pain béni pour les sculpteurs&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En cette année 2014, où l&amp;rsquo;on commémore le centenaire de cette guerre 14-18, le sujet était bien choisi, et a peut-être joué pour obtenir le prix Goncourt ? Le style de l&amp;rsquo;auteur, qui vient du roman policier, ne m&amp;rsquo;a pas impressionné en tout cas, même si la lecture reste très agréable et l&amp;rsquo;histoire passionnante. Je m&amp;rsquo;attendais à quelque chose de beaucoup plus littéraire pour un Goncourt ; après discussion avec le libraire, il n&amp;rsquo;y a pas à attendre un style particulièrement soigné pour obtenir le prix Goncourt&amp;hellip; Dans le temps peut-être ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste l&amp;rsquo;histoire, passionnante de bout en bout, et qui retrace bien l&amp;rsquo;époque : les derniers jours de la guerre d&amp;rsquo;abord (et son horreur), puis l&amp;rsquo;après-guerre, avec tous ces soldats démobilisés dont la société ne sait que faire : estropiés, amochés, quand ce n&amp;rsquo;est pas leur regard égaré par les horreurs qu&amp;rsquo;ils ont vécu qui fait peur aux braves gens. Ils emmerdent tout le monde, d&amp;rsquo;autant que le pays est à reconstruire économiquement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idéal aurait été de gagner la guerre, mais sans aucun survivant ! Je dis ça en référence à Boris Vian, qui écrivait dans &amp;ldquo;Automne à Pékin&amp;rdquo; (je crois) à propos de la guerre : il faudrait tuer les survivants, il seraient sans doute moins nombreux à partir au front sans aucun espoir d&amp;rsquo;en revenir&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La société d&amp;rsquo;après-guerre est encore très semblable au XIXème siécle : nobles (riches ou ruinés), famille d&amp;rsquo;industriels richissimes impliqués dans la politique, tous détenant le pouvoir et la richesse&amp;hellip; en face, des pauvres (ouvriers, paysans, serviteurs), peu éduqués, avec seulement leurs bras à vendre pour une misère.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deux soldats rescapés (dont l&amp;rsquo;un a littéralement la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gueules_cass%C3%A9es&#34;  title=&#34;Gueules cassées sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;gueule cassée&lt;/a&gt;) vont monter une belle arnaque, et un militaire (noble ruiné) va en monter une autre, moins grandiose mais destinée à l&amp;rsquo;enrichir, enfin un industriel-politique va tenter de préserver l&amp;rsquo;honneur de son nom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté style, le narrateur est l&amp;rsquo;auteur, contemporain, et qui nous raconte l&amp;rsquo;histoire, ce qui surprend un peu (personnellement, je ne suis pas fan). Par exemple :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pour le moment, les gars sont dans l&amp;rsquo;attente de l&amp;rsquo;ordre d&amp;rsquo;attaquer. L&amp;rsquo;occasion n&amp;rsquo;est donc pas mauvaise pour observer Albert&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et l&amp;rsquo;auteur de nous décrire Albert. Un peu plus loin :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pour nous, aujourd&amp;rsquo;hui, Albert Maillard ne semble pas très grand, un mètre soixante-treize, mais pour son époque, c&amp;rsquo;était bien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il anticipe aussi parfois sur le récit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et finir enterré vivant à quelques encablures de la fin de la guerre, franchement, ce serait vraiment la cerise. Pourtant, c&amp;rsquo;est exactement ce qui va arriver. Enterré vivant, le petit Albert. La faute à &amp;ldquo;pas de chance&amp;rdquo;, dirait sa mère.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hormis ceci, la lecture est très plaisante, et on est vite accroché par l&amp;rsquo;histoire et les personnages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Lemaitre&#34;  title=&#34;Pierre Lemaitre sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pierre Lemaitre&lt;/a&gt;, né en 1951 à Paris, est romancier et scénariste. Il avait jusqu&amp;rsquo;ici écrit des romans policiers, et reçoit le prix Goncourt pour ce premier &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Picaresque&#34;  title=&#34;roman picaresquesur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;roman picaresque&lt;/a&gt; (et non historique comme on pourrait le croire).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Kampuchéa - Patrick Deville</title>
            <link>https://pled.fr/kampuchea-patrick-deville/</link>
            <pubDate>Tue, 15 Apr 2014 17:09:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/kampuchea-patrick-deville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Kampuchéa - Patrick Deville&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;kampuchea.png#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu et aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Peste &amp;amp; Choléra – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai commencé à regarder un peu ce qu&amp;rsquo;avait écrit d&amp;rsquo;autre Patrick Deville. Il y a plusieurs bouquins au format poche, et apparemment le thème du voyage est récurrent dans son œuvre (ainsi que l&amp;rsquo;Histoire), ce qui n&amp;rsquo;est pas pour me déplaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et celui-ci, qui raconte principalement l&amp;rsquo;histoire du Cambodge (mais pas seulement), depuis la découverte des temples d&amp;rsquo;Angkor à nos jours, m&amp;rsquo;a attiré en premier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chose amusante, je me rendis compte dès les premières pages que l&amp;rsquo;auteur était là-bas en 2009 pour préparer ce livre, c&amp;rsquo;est-à-dire la même année que moi lors de mon voyage en Asie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En plus de lieux mentionnés par lesquels je suis passé (My Tho et Can Tho au Vietnam par exemple), les souvenirs remontent à cette occasion : le procès de Doutch commençait à Phnom Penh, on en parlait le soir autour d&amp;rsquo;une bière, et j&amp;rsquo;apprenais par la même occasion cette histoire dont je ne connaissais pas grand chose, si ce n&amp;rsquo;est que les Khmers Rouge étaient des révolutionnaires communistes, et que leur révolution avait échoué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On apprend donc beaucoup sur l&amp;rsquo;Histoire de cette région du monde, ou sur des explorateurs oubliés comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Mouhot&#34;  title=&#34;Henri Mouhot sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henri Mouhot&lt;/a&gt; qui fit redécouvrir Angkor aux Occidentaux, avant de partir vers le Laos en remontant le Mékong jusqu&amp;rsquo;à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Luang_Prabang&#34;  title=&#34;Luang Prabang sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Luang Prabang&lt;/a&gt;, où il mourra de la fièvre jaune. J&amp;rsquo;ai loupé le Laos durant mon voyage, mais ce livre donne envie d&amp;rsquo;aller voir du côté de Luang Prabang&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur y mêle aussi ses propres souvenirs de voyage, et laisse libre cours à son imagination, comme lorsqu&amp;rsquo;il est à Saïgon, rue Catinat, la décrivant au fil des différents occupants du pays&amp;hellip; Il nous emmène à son rythme et à sa façon, et l&amp;rsquo;on voyage avec lui&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-cambodge&#34;&gt;Le Cambodge&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Sur leur histoire, difficile mieux résumer la situation :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les Khmers quant à eux en ont vu d&amp;rsquo;autres. &amp;ldquo;Après la chute d&amp;rsquo;Angkor, en 1431, les Cambodgiens ont passé quatre siècles dans les forêts, pris entre  les armées du Siam et de l&amp;rsquo;Annam, qui ne faisaient pas de quartier. Imaginez les Russes et les Allemands s&amp;rsquo;affrontant quatre siècles en Pologne. Les Khmers, de quinze millions, étaient huit cent mille à l&amp;rsquo;arrivée des Français.&amp;rdquo; [&amp;hellip;] L&amp;rsquo;urgence aujourd&amp;rsquo;hui n&amp;rsquo;est pas le procès. Les luttes sont sociales et environnementales. C&amp;rsquo;est le désastre naturel et l&amp;rsquo;impossibilité de toute contestation. Que restera-t-il du Cambodge dans dix ans ? Les autorités cambodgiennes ont vendu toutes les forêts, ont bradé des concessions énormes aux étrangers. Les Cambodgiens sont dépossédés de leurs propres terres, avec le cortège  de spoliations, d&amp;rsquo;expulsions. Les affres du présent comptent bien plus pour les Khmers que les tragédies d&amp;rsquo;il  y a trente ans. Toute dénonciation des injustices est impossible à cause du passé khmer rouge. Devant la moindre revendication d&amp;rsquo;équité, on brandit la menace du retour du communisme.&#xA;On peut dénoncer les massacres et exactions en tous genres des Khmers rouges, mais à part Ieng Sary, aucun  d&amp;rsquo;entre eux ne s&amp;rsquo;est enrichi, ni n&amp;rsquo;a placé un magot à l&amp;rsquo;étranger. C&amp;rsquo;étaient des nationalistes intransigeants et utopiques. On ne peut en dire autant des dirigeants actuels, qui dépècent le pays à leur propre profit. Ces dirigeants sont en majeure partie d&amp;rsquo;anciens cadres khmers rouges ayant appliqué les préceptes de l&amp;rsquo;Angkar.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la fin des Khmers rouges, et la réaction de l&amp;rsquo;Occident :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pol Pot et ses troupes sont repoussés vers la frontière thaïlandaise. Douch fait abattre les derniers prisonniers de S-21 et prend la fuite. Les Vietnamiens photographient les cadavres, découvrent les charniers, organisent le procès des Khmers rouges pour crimes de guerre. Le Conseil de sécurité exige le retrait des troupes étrangères. L&amp;rsquo;Assemblée générale confirme que le régime de Pol Pot est le représentant officiel du Cambodge à New York. La Commission des droits de l&amp;rsquo;Homme assimile l&amp;rsquo;intervention vietnamienne à une violation du  droit des peuples à disposer d&amp;rsquo;eux-mêmes. C&amp;rsquo;est que les Vietnamiens amènent avec eux les Russes au portes de la Thaïlande, de la Birmanie, de l&amp;rsquo;Inde. Les Soviétiques bâtissent à Phnom Penh une nouvelle ambassade, qui est un village de deux mille personnes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lalsace-lorraine-contre-la-cochinchine&#34;&gt;l&amp;rsquo;Alsace-Lorraine contre la Cochinchine&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Comme toujours dans les livres de Patrick Deville, on en apprend sur l&amp;rsquo;Histoire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une course contre l&amp;rsquo;Angleterre et l&amp;rsquo;Allemagne pour accéder à la Chine. La première est en Inde, en Birmanie, trace des pistes vers l&amp;rsquo;est et le nord. La seconde est à la traîne, empêtrée dans ses déboires africains. Plus tard Bismarck jettera l&amp;rsquo;éponge, acceptera de se défaire même de Zanzibar contre l&amp;rsquo;île d&amp;rsquo;Heligoland. Il refusera cependant de restituer l&amp;rsquo;Alsace et la Lorraine en échange de la Cochinchine, comme le lui proposera l&amp;rsquo;impératrice après la défaite de Sedan. Pendant plus d&amp;rsquo;un siècle, jusqu&amp;rsquo;à la fin de la Guerre froide, se donneront libre cours, dans cette Indochine ravagée, écrasée de bombes, les folies de l&amp;rsquo;Europe puis de l&amp;rsquo;Amérique, de la Russie et de la Chine. Les rêves écroulés, les actes d&amp;rsquo;héroïsme grandiose et les lâchetés immenses, les barbaries. Tout ce contre quoi voulaient lutter, à juste titre, quelques étudiants idéalistes du tiers-monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces étudiants idéalistes dont parle l&amp;rsquo;auteur, ce sont les futurs leaders des Khmers rouge : tous sont passés par Paris et la Sorbonne, tous émerveillés par la culture française et le siècle des lumières&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;pierre-loti&#34;&gt;Pierre Loti&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les derniers mots de Pierre Loti laissent songeur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Avait-il ce soir-là, à My Tho, Loti, déjà en tête ces phrases du Pèlerin d&amp;rsquo;Angkor, ou bien, souviens-toi, l&amp;rsquo;ami Loti, de ces phrases que tu n&amp;rsquo;as pas encore écrites, puisque nous sommes en 1901, des phrases de vieillard au soir de sa vie, incrédule comme un enfant déçu, qui avait cru aux promesses des brochures, et rêvait de toutes les mers et de tous les océans : &amp;ldquo;Alors, vraiment, ce n&amp;rsquo;était que ça, le monde ? Ce n&amp;rsquo;était que ça, la vie ?&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;sur-la-guerre&#34;&gt;Sur la guerre&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Vietnamiens contre Khmers rouges (ou russes contre chinois) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la Troisième guerre, après la française et l&amp;rsquo;américaine la chinoise. Une guerre par procuration. Aucun soldat chinois ni russe ne monte au front. La férocité est celle des temps angkoriens. [&amp;hellip;] On massacre les civils mais préfère blesser les combattants. Mutiler plutôt que tuer. Submerger les capacités médicales et démoraliser. Chaque amputé éloigne plusieurs ennemis du champ de bataille. Au fond des pièges, on n&amp;rsquo;enduit plus les chamrongs de poison. &amp;ldquo;Pour porter un homme blessé il en faut quatre autres, et pendant ce temps il crie, crie,crie, cela fait réfléchir les autres&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Celle d&amp;rsquo;Indochine :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pendant les deux premières guerres d&amp;rsquo;Indochine, Hô Chi Minh et son général Giáp n&amp;rsquo;ont pas ménagé les troupes, ont lancé des vagues successives d&amp;rsquo;assaillants sur des camps retranchés jugés imprenables par les prytanées, la première vague décimée par les mines, la deuxième accrochée aux barbelés, hachée par les mitrailleuses, pour qu&amp;rsquo;une troisième puisse la piétiner et progresser au contact. Aucune guerre n&amp;rsquo;a jamais été gagnée par des résistants même héroïques. Ni par des volontaires libres et enthousiastes. Mais par des hommes contraints au combat, menacés de mort s&amp;rsquo;ils font demi-tour et refusent de monter à l&amp;rsquo;assaut.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;anecdote&#34;&gt;Anecdote&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur nous fait part aussi de ses propres anecdotes au cours de son voyage. Ici il discute avec un vieil aviateur appelé &amp;ldquo;le Viking&amp;rdquo;, et nous livre une légende locale qui fait froid dans le dos :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous étions assis sur la terrasse de sa cabane à la frontière birmane, et il me disait la hantise des aviateurs de devoir se poser sur le persil sans balise de détresse, de descendre en parachute en essayant de mémoriser la direction  de la dernière piste entrevue avant la panne, le dernier serpent de rouille au milieu du  persil. L&amp;rsquo;arrêt des moteurs. L&amp;rsquo;oiseau blanc qu&amp;rsquo;on voit plus loin piquer du nez. Il m&amp;rsquo;avait raconté l&amp;rsquo;histoire de ce village indonésien et les croyances des chasseurs de grands singes, gorilles et orangs-outangs sacrés, enchaînés aux arbres, auxquels on apportait les restes des repas et des offrandes. On s&amp;rsquo;était aperçu que l&amp;rsquo;un des gorilles blancs avait gravé dans l&amp;rsquo;écorce avant sa mort son nom et celui de son village natal en Hollande. De telles légendes couraient parmi les aviateurs, me disait-il, les yeux écarquillés, emplissant son verre d&amp;rsquo;alcool de riz.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Patrick Deville sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34; &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34; &gt;Pura Vida&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7128&#34; &gt;Équatoria&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18768&#34; &gt;Fenua&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6462&#34;  title=&#34;Patrick Deville sur wikipedia&#34;&#xA;    &gt;Patrick Deville&lt;/a&gt; est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchea meilleur roman de l’année. En 2012, il reçoit pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6464&#34;  title=&#34;Peste &amp;amp; Choléra – Patrick Deville&#34;&#xA;    &gt;Peste &amp;amp; Choléra&lt;/a&gt; le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Limonov - Emmanuel Carrère</title>
            <link>https://pled.fr/limonov-emmanuel-carrere/</link>
            <pubDate>Wed, 02 Apr 2014 17:58:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/limonov-emmanuel-carrere/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Limonov - Emmanuel Carrère&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Limonov.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais entendu parlé de ce livre à la radio. Ou plutôt de ce personnage improbable, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Limonov&#34;  title=&#34;Edouard Limonov sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Limonov&lt;/a&gt;, dont à lire ou entendre l&amp;rsquo;histoire on se demande si l&amp;rsquo;on est en pleine fiction ou pas&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Poète-écrivain dissident, obligé de quitter l&amp;rsquo;URSS, il devient clochard puis majordome d&amp;rsquo;un milliardaire à New-York. C&amp;rsquo;est ensuite à Paris qu&amp;rsquo;il commence à être reconnu comme écrivain, sans toutefois rencontrer le succès. On le retrouve ensuite dans les Balkans aux côtés des forces serbes, puis de retour en Russie où il dirige le parti National-Bolchevique&amp;hellip; Ce dernier est interdit et Limonov emprisonné deux ans, où il continue à écrire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois sa peine purgée, il se rapproche de Kasparov (et donc des libéraux !), s&amp;rsquo;opposera à Poutine, mais on sait ce qu&amp;rsquo;il advint de l&amp;rsquo;élection de 2008 : Kasparov se retirera craignant pour sa vie, et Medvedev sera élu, Poutine ne pouvant postuler à un troisième  mandat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ajoutez à tout cela un côté sulfureux, le sexe, l&amp;rsquo;alcool, les femmes&amp;hellip; un personnage hors du commun, pas vraiment recommandable (tant pour ses idées que pour ses actes), mais qui va au bout de ses idées et de ses passions, obsédé par la volonté d&amp;rsquo;être célèbre, aimé et reconnu pour son talent&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, Emmanuel Carrère ne se contente pas de raconter la vie de Limonov. D&amp;rsquo;abord, il le connaît et l&amp;rsquo;a rencontré. Mais il parle aussi beaucoup de l&amp;rsquo;URSS puis de la Russie, de littérature et d&amp;rsquo;histoire. Ses propos viennent s&amp;rsquo;insérer dans le récit, au fil des événements et de ses réflexions ; ainsi le prologue commence par un séjour de l&amp;rsquo;auteur à Moscou après l&amp;rsquo;assassinat d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Politkovska%C3%AFa&#34;  title=&#34;Anna Politkovskaïa sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Anna Politkovskaïa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il parle aussi de lui, de ses doutes (d&amp;rsquo;une manière assez honnête apparemment) et même de sa mère, ce qui m&amp;rsquo;a rappelé des souvenirs : Hélène Carrère d&amp;rsquo;Encausse, c&amp;rsquo;était la &amp;ldquo;spécialiste de la Russie&amp;rdquo; (historienne) que l&amp;rsquo;on interviewait systématiquement lorsqu&amp;rsquo;il se passait quelque chose en URSS&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bouquin qui m&amp;rsquo;a bien plu, surtout pour le côté contemporain de l&amp;rsquo;histoire. Sinon Limonov montre la complexité d&amp;rsquo;un être humain : sans doute écrivain talentueux, dévoré par l&amp;rsquo;ambition et le désir de devenir célèbre, mais aussi petite frappe à son adolescence, puis politiquement nationaliste, nostalgique de la grandeur de l&amp;rsquo;URSS&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les titres de ses romans sont d&amp;rsquo;ailleurs assez parlants : &amp;ldquo;Le journal d&amp;rsquo;un raté&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Autoportrait d&amp;rsquo;un bandit dans son adolescence&amp;rdquo;, ou encore &amp;ldquo;Le petit salaud&amp;rdquo;. On peut au moins lui reconnaître une certaine lucidité ! Il écrit d&amp;rsquo;ailleurs sur toutes les périodes de sa vie, ce qui est aussi révélateur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce que l&amp;rsquo;on peut lire sur le quatrième de couverture :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Limonov n&amp;rsquo;est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il  a été voyou en Ukraine ; idole de l&amp;rsquo;underground soviétique sous Brejnev ; clochard,  puis valet de chambre d&amp;rsquo;un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l&amp;rsquo;immense bordel de l&amp;rsquo;après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d&amp;rsquo;un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.&#xA;C&amp;rsquo;est une vie aventureuse et ambiguë : un vrai roman. Et c&amp;rsquo;est une vie qui, je crois, raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cerise sur le gâteau, Emmanuel Carrère nous donne une petite leçon de méditation :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On s&amp;rsquo;en fait toute une montagne quand on n&amp;rsquo;a jamais essayé, mais c&amp;rsquo;est extrêmement simple, en fait, et peut s&amp;rsquo;enseigner en cinq minutes. On s&amp;rsquo;assied en tailleur, on se tient le plus droit possible, on étire la colonne vertébrale du coccyx jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;occiput, on ferme les yeux et on se concentre sur sa respiration. Inspiration, expiration. C&amp;rsquo;est tout. La difficulté est justement que ce soit tout. La difficulté est de s&amp;rsquo;en tenir à cela. Quand on débute, on fait du zèle, on essaie de chasser les pensées. On s&amp;rsquo;aperçoit vite qu&amp;rsquo;on ne les chasse pas comme ça mais on regarde leur manège tourner et, petit à petit, on est un peu moins emporté par le manège. Le souffle, petit à petit, ralentit. L&amp;rsquo;idée est de l&amp;rsquo;observer sans le modifier et c&amp;rsquo;est, là aussi, extrêmement difficile, presque impossible, mais en pratiquant on progresse un peu, et un peu, c&amp;rsquo;est énorme. On entrevoit une zone de calme. Si, pour une raison ou pour une autre, on n&amp;rsquo;est pas calme, si on a l&amp;rsquo;esprit agité, ce n&amp;rsquo;est pas grave : on observe son agitation, ou son ennui, ou son envie de bouger, et en les observant on les met à distance, on en est moins prisonnier.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Carr%C3%A8re&#34;  title=&#34;Emmanuel Carrère sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Emmanuel Carrère&lt;/a&gt; est né en 1957 à Paris. Diplômé de l&amp;rsquo;institut d&amp;rsquo;études politiques, d&amp;rsquo;abord journaliste, puis écrivain, scénariste et réalisateur. Ce livre sera l&amp;rsquo;un des grands succès commerciaux de la rentrée 2011.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mensonges d&#39;été - Bernhard Schlink</title>
            <link>https://pled.fr/mensonges-dete-bernhard-schlink/</link>
            <pubDate>Fri, 07 Mar 2014 18:49:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mensonges-dete-bernhard-schlink/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mensonges d’été - Bernhard Schlink&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mensongedete.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;aime bien cet auteur, alors quand j&amp;rsquo;ai vu ce poche sur la table du libraire, je l&amp;rsquo;ai pris tout de suite. Il s&amp;rsquo;agit en fait d&amp;rsquo;un recueil de sept nouvelles publiées en 2012.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme le titre le suggère, les nouvelles traitent du mensonge&amp;hellip; mais pas seulement en été ! Petit ou gros, par omission ou par peur, la vie humaine en est remplie&amp;hellip; Bernhard Schlink, avec délicatesse et talent, va nous raconter quelques situations de ce genre. Comme toujours, c&amp;rsquo;est très bien écrit, et ces petites histoires en disent long sur l&amp;rsquo;âme humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai particulièrement aimé &amp;ldquo;Le dernier été&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un homme qui se sait condamné et prévoit d&amp;rsquo;en finir après un dernier été passé en famille&amp;hellip; Très émouvant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et puis la dernière nouvelle &amp;ldquo;Le voyage vers le sud&amp;rdquo; : cette fois, c&amp;rsquo;est une dame qui se ment à elle-même sur ses souvenirs d&amp;rsquo;adolescence et son premier amour, persuadée qu&amp;rsquo;elle a été abandonnée puis s&amp;rsquo;est mariée avec un homme dont elle n&amp;rsquo;était pas amoureuse&amp;hellip; Elle va revoir ce premier amour, et devoir reconnaître que les choses ne s&amp;rsquo;étaient pas vraiment passées comme ça&amp;hellip; Très intéressant sur ces petits arrangements avec la conscience que l&amp;rsquo;on fait parfois : on travestit le passé pour se donner le beau rôle, ici celui de la victime.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernhard_Schlink&#34;  title=&#34;Bernhard Schlink sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bernhard Schlink&lt;/a&gt; est un écrivain allemand né en 1944. Il fait des études de droit, devient professeur de droit public et de philosophie. Il commence par écrire des romans policiers (voir le nœud gordien ci-dessous, que je n&amp;rsquo;avais pas beaucoup aimé). Puis en 1995 il publie &amp;ldquo;Le Liseur&amp;rdquo;, partiellement autobiographique, qui lui apportera la consécration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Bernard Schlink :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=647&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le liseur – Bernhard Schlink&#34;&#xA;    &gt;Le liseur&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1185&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le week-end – Bernhard Schlink&#34;&#xA;    &gt;Le week-end&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=863&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le noeud gordien – Bernhard Schlink&#34;&#xA;    &gt;Le noeud gordien&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le jour des corneilles - Jean-François Beauchemin</title>
            <link>https://pled.fr/le-jour-des-corneilles-jean-francois-beauchemin/</link>
            <pubDate>Tue, 04 Mar 2014 18:52:38 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le jour des corneilles - Jean-François Beauchemin&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lejourdescorneilles.png#floatleft&#34;&gt; Un autre petit livre recommandé par le libraire&amp;hellip; Pas certain que ce soit vraiment un livre culte, comme fièrement indiqué sur le bandeau, mais enfin la lecture s&amp;rsquo;est révélée assez plaisante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est par le langage que ce petit roman se démarque : l&amp;rsquo;auteur est québécois, certes, mais certains mots employés semblent soit venir du vieux français, soit être inventés&amp;hellip; Et tout cela donne un style et une ambiance assez homogène dans laquelle on finit par se plaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire en elle-même m&amp;rsquo;a un peu rappelé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6231&#34;  title=&#34;Lien permanent vers L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kivirähk&#34;&#xA;    &gt;L’homme qui savait la langue des serpents&lt;/a&gt; : nous sommes dans la forêt, loin de la civilisation, un  père élève seul son fils (le narrateur) depuis la mort de la mère. Le père est peu expansif, sujet au délire, et prompt à cogner. Le fils essaie de comprendre la vie, mais la folie grandissante de son père ne l&amp;rsquo;aide guère. Ça se terminera assez mal&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je dois dire que j&amp;rsquo;ai lu ce livre il y a deux mois, et que j&amp;rsquo;ai gardé très peu de souvenirs de l&amp;rsquo;histoire en elle-même. Seul reste le charme de la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Beauchemin&#34;  title=&#34;Jean-François Beauchemin sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-François Beauchemin&lt;/a&gt; est un écrivain québécois, né en 1960. Travaillant d&amp;rsquo;abord à Radio-Canada, il commence à écrire, publie plusieurs romans dont celui-ci en 2004. La même année, il est atteint d&amp;rsquo;une grave maladie qui va le plonger dans le coma six jours. Il en sortira, et écrit &amp;ldquo;La fabrication de l&amp;rsquo;aube&amp;rdquo;, qui relate ce retour à la vie. Il dit à ce propos :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jamais, je crois, je n’aurai été aussi complètement athée que maintenant, à présent que le souvenir de ce fatidique été 2004 s’évanouit peu à peu. Et pourtant, j’aime comme jamais cette image du Christ, figure mythique de tous les hommes, portant une croix, tombant, puis se relevant et marchant vers une vie autre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le jour des corneilles a inspiré &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_des_corneilles&#34;  title=&#34;Le jour des corneilles, film d&amp;#39;animation&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;un film d&amp;rsquo;animation&lt;/a&gt; du même nom.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Brûlons tous ces punks pour l&#39;amour des elfes - Julien Campredon</title>
            <link>https://pled.fr/brulons-tous-ces-punks-pour-lamour-des-elfes-julien-campredon/</link>
            <pubDate>Sun, 02 Mar 2014 18:25:24 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes - Julien Campredon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;brulonstouscespunks.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre que la libraire m&amp;rsquo;a mis dans les mains, en me promettant du bon temps, un bon délire, etc&amp;hellip; S&amp;rsquo;agissant d&amp;rsquo;un petit recueil de nouvelles au prix modéré (5€), je n&amp;rsquo;ai pas été très regardant, et suis reparti avec ce livre, en plus de ceux que je venais chercher (et que j&amp;rsquo;avais sélectionné moi-même).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;aurais pas du l&amp;rsquo;écouter ou la croire&amp;hellip; Comme quoi, les goûts littéraires, ça ne se partage pas forcément. Dès la préface de l&amp;rsquo;éditeur, faite essentiellement d&amp;rsquo;une pseudo-lettre de l&amp;rsquo;auteur (on s&amp;rsquo;interroge déjà&amp;hellip;), je me suis dit : &amp;ldquo;Aïe, c&amp;rsquo;est pas trop mon truc ce genre de délire&amp;rdquo;. Après une ou deux pages de la première nouvelle, j&amp;rsquo;ai refermé le livre définitivement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne peux donc pas en parler plus que ça&amp;hellip; c&amp;rsquo;est du délire, plutôt bien écrit mais bon, écrire des histoires sans queue ni tête d&amp;rsquo;une dizaine de pages, ce n&amp;rsquo;est pas forcément un grand exploit. Ce n&amp;rsquo;est en tout cas pas ce que je recherche dans la littérature : un minimum de sens, des auteurs qui ont quelque chose à dire, sont grandement appréciés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une nouvelle occasion de citer Schopenhauer ;-) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L’art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s’intéresser à tout ce qui attire l’attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d’un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire les bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est trop courte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Julien Campredon n&amp;rsquo;a pas de page wikipedia. J&amp;rsquo;ai lu qu&amp;rsquo;il était né en 1978.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les habits neufs du président Mao - Simon Leys</title>
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            <pubDate>Sat, 04 Jan 2014 17:13:34 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les habits neufs du président Mao - Simon Leys&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leshabitsneufsdupresidentmao.png#floatleft&#34;&gt; Ayant pu apprécier avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34;  title=&#34;Lien vers l&amp;#39;article Le studio de l’inutilité&#34;&#xA;    &gt;Le studio de l’inutilité&lt;/a&gt; puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34;  title=&#34;Lien vers l&amp;#39;article Le bonheur des petits poissons&#34;&#xA;    &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt; la façon dont Simon Leys distille avec bonheur sa culture et ses passions (la littérature, la mer), j&amp;rsquo;ai eu envie de lire le livre par lequel il s&amp;rsquo;est fait connaître (sous ce pseudonyme) : &amp;ldquo;Les habits neufs du président Mao&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre est publié en 1971, et retrace les événements entre 1967 et 1969, au plus fort de la &lt;strong&gt;Révolution culturelle&lt;/strong&gt;. Pour ce faire, Simon Leys se contente de lire la presse locale, celle de Hong-Kong, les publications officielles du Parti, etc..  et de les analyser à la lumière de sa grande connaissance de la Chine, où il réside et étudie depuis 1959.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À cette époque, beaucoup d&amp;rsquo;intellectuels français (et d&amp;rsquo;ailleurs) croient encore à une véritable révolution prolétarienne, la vague maoïste a encore de belles années devant elle. Et Simon Leys balaie tout ça en démontrant que le seul but de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mao_Tse_Toung&#34;  title=&#34;Mao Zedong sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mao Zedong&lt;/a&gt; en lançant cette &amp;ldquo;révolution culturelle&amp;rdquo;, était de (re)prendre le pouvoir qui lui échappait en éliminant le Parti communiste chinois. Un véritable pavé dans la mare !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bon, si l&amp;rsquo;on est pas spécialiste de la Chine, ce n&amp;rsquo;est pas évident de suivre&amp;hellip; entre la longue liste des intervenants, qu&amp;rsquo;ils soient du Parti, des gardes rouges ou de l&amp;rsquo;armée, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse de leur éviction ou de leur montée au pouvoir, c&amp;rsquo;est parfois difficile de s&amp;rsquo;y retrouver. Heureusement, la chronique est précédée d&amp;rsquo;une mise en perspective historique très utile .&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En voici les premiers mots, illustrant parfaitement le propos de l&amp;rsquo;ouvrage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo;, qui n&amp;rsquo;eut de révolutionnaire que le nom, et de culturel que le prétexte tactique initial, fut une lutte pour le pouvoir, menée au sommet entre une poignée d&amp;rsquo;individus, derrière le rideau de fumée d&amp;rsquo;un fictif mouvement de masse (dans la suite de l&amp;rsquo;événement, à la faveur du désordre engendré par cette lutte, un courant de masse authentiquement révolutionnaire se développa spontanément à la base, se traduisant par des mutineries militaires et par de vastes grèves ouvrières ; celles-ci, qui n&amp;rsquo;avaient pas été prévues au programme, furent impitoyablement écrasées).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le post-scriptum, on peut aussi lire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Depuis 1959 (conférence de Lushan), les dirigeants chinois n&amp;rsquo;ont pas cessé de chercher un moyen d&amp;rsquo;aiguiller Mao sur une voie de garage : leur idée était de le consacrer comme une sorte de fétiche suprême, et, donc , de le réduire à un glorieux état de paralysie, neutralisant ainsi une fois pour toutes, par cette apothéose même, tout le potentiel destructeur présenté par son redoutable talent d&amp;rsquo;invention.&#xA;À plusieurs reprises, Mao réussit à tromper leur vigilance — dans ce domaine, le lancement de la &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo; constitua son dernier coup de maître — mais, en fin de compte, les efforts de la bureaucratie furent largement couronnés de succès, tant et si bien que l&amp;rsquo;on peut même dire que la maoïsme est mort avant Mao. Mao lui-même en était conscient, et cela a d&amp;rsquo;ailleurs fait de lui, dans ses dernières années, une authentique figure de tragédie. Peu avant de rendre le dernier souffle, il fit à son entourage cette observation sarcastique qu&amp;rsquo;un bon nombre d&amp;rsquo;entre eux devaient être bien impatients de le voir enfin en route pour rencontrer Marx&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une chose assez drôle est la liste des noms dont Mao était affublé dans les diverses communications : &amp;ldquo;grandiose pilote&amp;rdquo;, &amp;ldquo;grandiose chef&amp;rdquo;, &amp;ldquo;grandiose général en chef&amp;rdquo;, &amp;ldquo;grandiose maître à penser&amp;rdquo;, &amp;ldquo;suprêmement bien-aimé président Mao&amp;rdquo;&amp;hellip; hélas, en ce qui concerne le pilotage, la réalité est toute autre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il souhaitait traduire dans les institutions sa contradiction interne : il était à la fois un homme de vision et un homme d&amp;rsquo;action — cela l&amp;rsquo;amenait à permettre à ces administrateurs efficaces dont les talents correspondaient à la moitié pragmatique de son esprit (les dirigeants du type de Zhou Enlai) d&amp;rsquo;opérer librement pour un temps, de façon à assurer au pays un certain degré de prospérité et de développement matériel, et puis, sur la base du capital ainsi accumulé, il se payait une extravagante orgie de radicalisme, lâchant en liberté tous les idéologues favoris et ses derviches tourneurs, déchaînant ses fantaisies visionnaires, à grands frais pour le pays.&#xA;Mao estimait — et il l&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;ailleurs écrit — que cela constituait la méthode la mieux appropriée pour gouverner le pays. &amp;ldquo;Une mesure de Yin, une mesure de Yang, voilà le Dao&amp;rdquo;, un pas vers la droite, un pas vers la gauche, voilà la voie de Mao.&#xA;Certes, Mao a toujours accordé une importance particulière à la &amp;ldquo;ligne des masses&amp;rdquo; : il ne faudrait pas oublier, cependant, que cette &amp;ldquo;ligne des masses&amp;rdquo; ne fut jamais encouragée et autorisée à se développer que dans la mesure où elle était dirigée contre les ennemis de Mao. Depuis le moment où il a réussi à s&amp;rsquo;emparer du pouvoir suprême dans le Parti et dans l&amp;rsquo;Armée (1935), durant les quelques quarante années qui ont suivi, Mao n&amp;rsquo;a jamais, en aucune circonstance, laissé qui que ce soit exprimer impunément, sous quelque forme que ce soit, la moindre critique de sa personne ou de sa politique. Les rares individus qui, sur la base de leur passé révolutionnaire, ou mus par leur honnêteté intellectuelle, ont osé enfreindre ce tabou, ont tous subi un sort tragique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au delà de la la chronique des événements, voilà quelques extraits, d&amp;rsquo;ordre plus général sur cette période. Le retour des intellectuels à la campagne, on a vu mieux comme révolution culturelle&amp;hellip; le dernier extrait, où l&amp;rsquo;on voit comment les paysans appliquaient en fin de compte ces réformes, est plutôt truculent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;réalisme-ou-idéologie-&#34;&gt;Réalisme ou idéologie ?&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La contradiction que Mao ne parvient pas à résoudre, c&amp;rsquo;est que la Chine ne peut remporter de succès dans l&amp;rsquo;ordre matériel qu&amp;rsquo;au prix d&amp;rsquo;entorses à la pureté idéologique. Cette contradiction n&amp;rsquo;est résolue que par la formule boiteuse (et terriblement dispendieuse) d&amp;rsquo;une perpétuelle alternance : mouvement de pendule entre les honteuses vaches grasses du réalisme, et les nobles vaches maigres de l&amp;rsquo;idéologie, — les secondes ne se nourrissant que des réserves accumulées par les premières.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-réforme-de-lenseignement&#34;&gt;La réforme de l&amp;rsquo;enseignement&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans le domaine de l&amp;rsquo;éducation, Mao peut enfin réaliser librement ses vieux rêves de réforme qui, deux fois dans le passé (en 1958 et en 1965) avaient été torpillés par l&amp;rsquo;appareil du régime. Primauté est donnée aux &amp;ldquo;bricoleurs rouges&amp;rdquo; sur les experts scientifiques. Les disciplines savantes sont discréditées et l&amp;rsquo;«improvisation indigène&amp;quot; (tu fangfa) proposée en exemple. L&amp;rsquo;enseignement théorique est largement réduite à la seule étude de la &amp;ldquo;pensée&amp;rdquo; de Mao ; pour le reste, les &amp;ldquo;activités de production&amp;rdquo; sont substituées aux cours.&#xA;L&amp;rsquo;administration est remaniée et simplifiée ; dans certaines administrations, le personnel s&amp;rsquo;est trouvé réduit des quatre cinquièmes ; l&amp;rsquo;excédent est envoyé aux champs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le système d&amp;rsquo;enseignement traditionnel est aboli. La durée des études est ramenée de quatre ans à trois ans ; il n&amp;rsquo;y a du reste plus d&amp;rsquo;études au sens formel du mot, mais seulement des discussions et des travaux pratiques menés en commissions. Au traditionnel binôme enseignants-étudiants, se substitue une composition plus complexe, faisant intervenir la participation de militaires, d&amp;rsquo;ouvriers et de paysans. Les examens sont supprimés, ou auront lieu à livre ouvert, la sélection des étudiants se fera uniquement sur une base politique, de même que l&amp;rsquo;attribution des diplômes. Cette réforme de l&amp;rsquo;enseignement est un événement d&amp;rsquo;une importance considérable, et qui risque d&amp;rsquo;exercer à long terme une influence dramatique sur l&amp;rsquo;avenir du pays. Par le passé les inventions visionnaires de Mao, tels les hauts fourneaux improvisés, etc., en opérant dans le domaine du concret quantitatif immédiatement mesurable, appelaient d&amp;rsquo;emblée leur correctif, leur échec possédait une force d&amp;rsquo;évidence qui ne laissait nulle place à la discussion et suscitait aussitôt un changement d&amp;rsquo;orientation. Au pire, ces expériences ne s&amp;rsquo;étaient soldées que par un gaspillage de temps, de main d&amp;rsquo;œuvre, de matière première et d&amp;rsquo;énergie. En ce qui concerne la réforme de l&amp;rsquo;enseignement par contre, ses effets immédiats resteront invisibles, et ne se feront sentir qu&amp;rsquo;à long terme, quand la présente génération de savants, d&amp;rsquo;ingénieurs, de techniciens et d&amp;rsquo;enseignants se retrouvera sans successeurs qualifiés pour prendre sa relève. Une fois de plus, on reconnaît ici ce style impétueux et tranchant de Mao, toujours prêt à risquer l&amp;rsquo;avenir du pays entier sur une impulsion de son tempérament. La chance lui est enfin offerte de régler ses comptes avec cette université qu&amp;rsquo;il avait toujours regardée avec la suffisance hostile de l&amp;rsquo;autodidacte, éprouvant pour l&amp;rsquo;orthodoxie académique ce mélange de jalousie et d&amp;rsquo;aversion qui caractérise le bricoleur de génie. Dans le bilan final de la &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo;, des mesures de ce genre pèseront sur le destin de la Chine de façon plus décisive que bien des initiatives d&amp;rsquo;ordre purement politique. Le drame est que le sort d&amp;rsquo;une nation de sept cents millions d&amp;rsquo;habitants puisse dépendre à ce point des idiosyncrasies d&amp;rsquo;un vieillard&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-grand-bond-en-arrière&#34;&gt;Le grand bond en arrière&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le centre d&amp;rsquo;attention politique semble vouloir maintenant se déplacer de la ville vers la campagne. La &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo; avait jusqu&amp;rsquo;à présent été un phénomène purement urbain, et à la faveur de l&amp;rsquo;anarchie générale, les campagnes s&amp;rsquo;étaient trouvées largement abandonnées à elles-mêmes — ce qui, assez ironiquement, explique d&amp;rsquo;ailleurs l&amp;rsquo;assez bonne situation de l&amp;rsquo;économie agricole à l&amp;rsquo;issue de ces deux années de chaos politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cependant que Pékin célèbre religieusement la victoire de sa &amp;ldquo;révolution&amp;rdquo;, dans les villages très cyniquement on tue le cochon et on joue aux cartes : pareil état de démobilisation des campagnes est sans précédent dans les annales du régime,  et l&amp;rsquo;ironie veut que ce soit précisément cette situation qui s&amp;rsquo;avère en fin de compte la plus bénéfique pour l&amp;rsquo;économie agricole&amp;hellip;&#xA;Si le régime n&amp;rsquo;a rien gagné dans l&amp;rsquo;aventure de la &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo;, pour Mao Zedong par contre celle-ci se solde incontestablement par une victoire personnelle : il a éliminé ses adversaires, récupéré les pouvoirs que depuis 1959 on lui avait progressivement ravis, et définitivement fait consacrer sa position de leader suprême. Le prix qu&amp;rsquo;il a dû payer pour parvenir à ce résultat pourrait paraître lourd, puisque le vieux potentat ne règne plus maintenant que sur une manière d&amp;rsquo;informe désert politique. En fait, pour Mao Zedong pareille situation n&amp;rsquo;est pas sans avantages : le Grand bond en arrière de la &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo; a sensiblement rapproché la Chine de cet idéal de la &amp;ldquo;page blanche&amp;rdquo; à laquelle l&amp;rsquo;incorrigible artiste rêvait de la ramener.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-zhong&#34;&gt;Le zhong&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au sommet de cette petite troupe hétéroclite, tiraillée par les jalousies et les rivalités secrètes, Mao fait de plus en plus figure de vieil empereur entouré de sa cour privée. Dans ce culte de Mao imposé maintenant au pays entier il faut relever le phénomène significatif (et ahurissant) de la résurection du vieux concept féodal de &amp;ldquo;zhong&amp;rdquo; (littéralement &amp;ldquo;fidélité&amp;rdquo;, loyalisme&amp;quot;) qui sert maintenant à qualifier les sentiments que la population doit cultiver à l&amp;rsquo;égard du leader suprême. Hors du contexte de l&amp;rsquo;histoire en Chine, il peut être difficile pour le lecteur occidental d&amp;rsquo;apprécier pleinement la portée du phénomène. Il faut savoir que cette notion de &amp;ldquo;zhong&amp;rdquo; est un produit spécifique de l&amp;rsquo;ancien despotisme impérial ; il caractérise le lien féodal de fidélité personnelle, inconditionnelle, unissant le sujet au souverain, le valet au maître ; que la &amp;ldquo;Révolution culturelle&amp;rdquo; en guise d&amp;rsquo;épilogue ait eu l&amp;rsquo;audace ou l&amp;rsquo;inconscience d&amp;rsquo;aller crocheter cette douteuse relique de l&amp;rsquo;ancien régime dans la poubelle où la révolution républicaine de 1911 croyait l&amp;rsquo;avoir rejetée pour jamais, — voilà qui est riche d&amp;rsquo;enseignement sur la nature &amp;ldquo;révolutionnaire&amp;rdquo; du présent régime&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-ville-à-la-campagne&#34;&gt;La ville à la campagne&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En ce qui concerne les mobiles de ce mouvement, ils paraissent tout à la fois économiques et politiques, ils répondent simultanément à une certaine philosophie et à certains problèmes concrets. Il s&amp;rsquo;agit de ramener la société chinoise dans son ensemble au stade primitif-paysan qui est le seul stade où elle est susceptible de se trouver réceptive à la pensée de Mao, et où cette pensée peut trouver ses pleines possibilités d&amp;rsquo;application ; éliminer  le secteur tertiaire qui, par son niveau d&amp;rsquo;éducation, la nature même de ses activités, développe  des exigences spécifiques et une intelligence critique qui l&amp;rsquo;amènent naturellement à s&amp;rsquo;inscrire en faux contre les dogmes simplistes du maoïsme ; prévenir la formation d&amp;rsquo;élites urbaines ; réduire l&amp;rsquo;écart entre les villes et les campagnes ; résoudre le problème du chômage urbain et de l&amp;rsquo;approvisionnement des villes en produits agricoles ; réduire le nombre des consommateurs urbains non productifs, en les transformant en main-d&amp;rsquo;œuvre agricole ; briser et disperser les noyaux oppositionnels des villes ; faire éclater les vieux cadres sociaux en brisant les liens de famille et de terroir. On peut trouver un nombre considérable de raisons à ces mouvements ; loin de s&amp;rsquo;exclure mutuellement, elles forment plutôt une convergence.&#xA;Pour les citadins, ce départ sans espoir de retour vers des villages lointains, où les conditions de vie sont encore très primitives, est ressenti comme un exil et un châtiment. Du côté des paysans qui doivent les accueillir , le mécontentement n&amp;rsquo;est pas moindre : ces nouveaux venus démoralisés et dépourvus d&amp;rsquo;expérience, plutôt que des auxiliaires, représentent d&amp;rsquo;abord des bouches supplémentaires à nourrir, des parasites qu&amp;rsquo;il faut loger et entretenir, bref un accroissement des charges pour les villages. Dans l&amp;rsquo;immédiat, les rancœurs respectives des arrivants et des paysans ne sont pas susceptibles de s&amp;rsquo;additionner : elles se neutralisent mutuellement par l&amp;rsquo;effet d&amp;rsquo;une hostilité réciproque sur laquelle ont misé les autorités. À long terme toutefois, on peut se demander si la mise en contact dans le pays entier de centaines de milliers d&amp;rsquo;intellectuels et d&amp;rsquo;activistes frustrés avec des masses paysannes qui étaient largement demeurées en marge de la politique, ne risquera pas de former un mélange détonnant, et si l&amp;rsquo;amertume critique des premiers n&amp;rsquo;agira pas sur la conscience politique endormie des seconds comme un ferment révolutionnaire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lordre-des-fusils&#34;&gt;L&amp;rsquo;ordre des fusils&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Que signifie cette victoire ? Si l&amp;rsquo;on se rappelle les projets initiaux du mouvement et que l&amp;rsquo;on jette un coup d&amp;rsquo;œil sur l&amp;rsquo;ensemble de son évolution en partant de la fameuse &amp;ldquo;tempête de janvier&amp;rdquo; (Shangai, 1967), le bilan final paraît singulièrement décevant. Comme en témoignent les premières tentatives de Shangai, Mao Zedong avait d&amp;rsquo;abord rêvé d&amp;rsquo;un type entièrement nouveau de pouvoir révolutionnaire (inspiré de la Commune de Paris); ceci s&amp;rsquo;avérant irréalisable, on dut se rabattre sur une formule moins radicale : le Comité révolutionnaire. Puis, dans la formule de Comité révolutionnaire il devint très vite évident que si les rebelles étaient capables de s&amp;rsquo;emparer du pouvoir, ils étaient incapables de le gérer. Pour pallier à leur inexpérience et à leur absence de discipline, il fallut inventer la formule de la &amp;ldquo;triple union&amp;rdquo; : théoriquement les rebelles en auraient formé l&amp;rsquo;élément moteur, appuyés par le muscle des militaires et les compétences spécialisées des anciens cadres. Mais dans la triple union, les exigences de rébellion d&amp;rsquo;une part et d&amp;rsquo;autre part celles de l&amp;rsquo;ordre et de l&amp;rsquo;efficacité, se montrèrent bientôt incompatibles. Finalement, c&amp;rsquo;est la rébellion qui fut sacrifiée à l&amp;rsquo;ordre, — l&amp;rsquo;ordre des fusils. Mais les rebelles ne se résignèrent pas sans lutte, et dans plusieurs provinces, leur résistance opiniâtre réussit à retarder de plusieurs mois l&amp;rsquo;établissement des Comités révolutionnaires, et même après leur installation, ces Comités se trouvèrent constamment en butte aux sabotages et aux attaques de factions extrémistes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;droitisme-ou-gauchisme-&#34;&gt;Droitisme ou gauchisme ?&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le régime n&amp;rsquo;est jamais parvenu à contrôler une résultante inévitable de ses méthodes autocratiques de gouvernement : &amp;ldquo;Chaque mouvement doté d&amp;rsquo;une orientation donnée, recèle son contraire ; au moment où l&amp;rsquo;on mène campagne contre le droitisme, se développe un gauchisme ; au moment où l&amp;rsquo;on lutte contre le gauchisme, se produit un droitisme&amp;rdquo;. Le nœud du problème, c&amp;rsquo;est que, malgré la prétention de Mao à incarner la &amp;ldquo;ligne des masses&amp;rdquo; et à &amp;ldquo;libérer la spontanéité des masses&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;initiative politique s&amp;rsquo;exerce unilatéralement de haut en bas, et la logique interne qui commande les coups de barre contradictoires du pilote reste inintelligible pour les galériens de la base. [&amp;hellip;]&#xA;Un bon exemple nous en est donné maintenant par le développement des deux mouvements théoriquement complémentaires d&amp;rsquo;«épuration des rangs de classe&amp;quot; (élimination des &amp;ldquo;ennemis de classe&amp;rdquo; qui subsistent par les cadres) et de &amp;ldquo;libération des cadres&amp;rdquo; (exonération de la toute grande majorité des cadres susceptibles de rachat, après élimination de la petite minorité irrécupérable). Dans les campagnes, la mise à exécution de ces deux mouvements a produit une inextricable confusion. Au reçu de la première instruction (&amp;ldquo;épuration des rangs de classe&amp;rdquo;), les paysans soucieux avant tout de montrer leur zèle maoïste et ne voulant pas risquer d&amp;rsquo;être soupçonnés de tiédeur, mirent d&amp;rsquo;emblée la totalité des cadres des brigades et des communes au ban de la collectivité. Il s&amp;rsquo;ensuivit une belle anarchie qui nécessita l&amp;rsquo;intervention de &amp;ldquo;groupe militaires de propagande de la pensée de Mao Zedong&amp;rdquo;. Les militaires reprennent la situation en main : les paysans sont accusés d&amp;rsquo;«aventurisme d&amp;rsquo;extrême gauche&amp;quot; et de &amp;ldquo;sabotage de l&amp;rsquo;application concrète de la pensée de Mao Zedong&amp;rdquo;. On leur explique qu&amp;rsquo;il faut maintenant &amp;ldquo;libérer les cadres&amp;rdquo;. Anxieux de se faire pardonner leur précédente erreur et de manifester leur bonne volonté et leur enthousiasme, les paysans s&amp;rsquo;empressent de réinstaller, immédiatement et en bloc, tous les cadres qu&amp;rsquo;ils venaient d&amp;rsquo;éliminer. Mais ce faisant, ils s&amp;rsquo;attirent de nouvelles foudres ; cette fois, ils ont péché par &amp;ldquo;opportunisme de droite&amp;rdquo; et par &amp;ldquo;absence de principes&amp;rdquo; : la libération des cadres ne peut se faire de façon aveugle, il faut passer par une phase préalable de &amp;ldquo;critique&amp;rdquo;. À ce point, les paysans perplexes s&amp;rsquo;aperçoivent que le zèle peut être plus dangereux que la passivité ; prudemment, ils abandonnent aux militaires le soin d&amp;rsquo;organiser la mise en scène d&amp;rsquo;une comédie dont eux-mêmes se contenteront de fournir le chœur. Aux militaires qui connaissent leur catéchisme, mais sont étrangers à la région, on désigne quelque idiot du village qui jouera le rôle de l&amp;rsquo;ennemi de classe ; cet ennemi de classe sera dûment critiqué et démasqué au cours d&amp;rsquo;une séance publique. La formalité de la &amp;ldquo;critique&amp;rdquo; ayant été ainsi remplie, les cadres pourront réintégrer leurs fonctions, et la vie reprendre son cours. À chaque dynastie, son rituel : depuis les siècles que ça dure&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Simon Leys sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;Orwell ou l&amp;rsquo;horreur de la politique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : Navigateur entre les mondes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34; &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34; &gt;Le studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12014&#34; &gt;Les idées des autres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans (il prend ce pseudonyme lors de la publication de livre, afin d&amp;rsquo;éviter de se retrouver interdit en Chine), est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>1Q84 - Haruki Murakami</title>
            <link>https://pled.fr/1q84-haruki-murakami/</link>
            <pubDate>Wed, 25 Dec 2013 17:49:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/1q84-haruki-murakami/</guid>
            <description>&lt;p&gt;Voilà&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai fini les trois tomes de ce &amp;ldquo;best-seller&amp;rdquo; mondial, et je me demande bien pourquoi c&amp;rsquo;est un best-seller. J&amp;rsquo;avais pourtant un à-priori positif sur Murakami, après avoir lu et apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=661&#34;  title=&#34;Kafka sur le rivage – Haruki Murakami&#34;&#xA;    &gt;Kafka sur le rivage&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec cette (très longue) trilogie, je révise largement mon jugement. Voilà donc une sorte de résumé, sur le ton de la plaisanterie&amp;hellip; mais bon après tant de déception et d&amp;rsquo;ennui au fil de ces plus de 1600 pages, il est normal de se détendre un peu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un seul tome aurait largement suffit&amp;hellip; à supposer que ce genre d&amp;rsquo;histoire ait un quelconque intérêt. En refermant le troisième tome, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;avoir perdu du temps qui prédomine. Que de pages inutiles, de redites, de personnages caricaturaux, ou encore de thèmes abandonnés&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une belle occasion de citer Schopenhauer :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L’art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s’intéresser à tout ce qui attire l’attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d’un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire les bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est trop courte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;tome-1&#34;&gt;Tome 1&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;1Q84 - Haruki Murakami - Tome 1&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;145px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;300&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/1q84-haruki-murakami/1Q84-1.jpg&#34; width=&#34;182&#34;&gt; Ce premier tome démarre plutôt bien : d&amp;rsquo;un chapitre à l&amp;rsquo;autre, on découvre les deux personnages principaux de ce roman : &lt;strong&gt;Aomamé&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Tengo&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tous les deux jeunes, beaux, intelligents, et intimement liés par le destin, même si la vie les a séparés depuis l&amp;rsquo;âge de 10 ans. Tous les deux pensent malgré tout l&amp;rsquo;un à l&amp;rsquo;autre comme le seul amour possible (mais aucun ne cherche tout simplement à retrouver l&amp;rsquo;autre en ouvrant l&amp;rsquo;annuaire).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aomamé a un talent spécial qui lui permet de tuer sans laisser de trace, et elle l&amp;rsquo;emploie sur les hommes qui se sont mal conduits avec les femmes ; une sorte de tueuse professionnelle œuvrant pour une vieille dame richissime très concernée par le problème. Aomamé est par ailleurs professeur de stretching (la meilleure bien sûr), et mène une vie très indépendante. De temps en temps, elle sort le soir pour se taper un mec qu&amp;rsquo;elle choisit elle-même, sa préférence étant pour les cadres autour de la quarantaine, au crâne légèrement dégarni (la référence, c&amp;rsquo;est Sean Connery).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tengo de son côté sert de &amp;ldquo;nègre&amp;rdquo; littéraire à son éditeur, et va réécrire la nouvelle d&amp;rsquo;un jeune étudiante qui gagnera ainsi le prix des nouveaux auteurs et rapportera du même coup beaucoup d&amp;rsquo;argent. Tout cela malgré sa réticence, car Tengo est bien entendu profondément honnête. Pour gagner sa vie, il est professeur de mathématique dans un lycée. C&amp;rsquo;est un génie des maths, mais il est aussi super fort en judo. Il a une maîtresse plus âgée que lui, mariée, et qu&amp;rsquo;il voit de manière régulière.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aomamé va devoir s&amp;rsquo;occuper du Maître d&amp;rsquo;une secte mystérieuse qui fait de très vilaines choses avec de jeunes filles. Mais plus que cela, elle est passée dans une sorte de monde parallèle, dans lequel deux lunes brillent dans le ciel nocturne. Mais à part quelques autres détails, c&amp;rsquo;est le même monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Du côté de Tengo, ça ne s&amp;rsquo;arrange pas non plus, la jeune fille véritable auteur de la nouvelle, s&amp;rsquo;est en fait échappée de la secte en question. Le monde est petit&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mystère s&amp;rsquo;épaissit quand il est fait mention des &amp;ldquo;Little people&amp;rdquo;, dont il est difficile de comprendre quoique ce soit, et qui seraient censés gouverner notre monde&amp;hellip; Tant qu&amp;rsquo;ils restaient fictifs dans la nouvelle, ça pouvait passer, mais l&amp;rsquo;auteur les fait apparaître dans le monde réel&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À ce moment de la lecture, je me dis que l&amp;rsquo;auteur va avoir du mal à s&amp;rsquo;en sortir, et je pressens le désastre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;tome-2&#34;&gt;Tome 2&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;1Q84 - Haruki Murakami - Tome 2&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;145px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;300&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/1q84-haruki-murakami/1Q84-2.jpg&#34; width=&#34;182&#34;&gt; J&amp;rsquo;aborde toutefois ce deuxième tome avec encore assez de curiosité pour voir où tout cela va nous mener. L&amp;rsquo;intrigue avance doucement, très doucement. On tourne les pages, sans qu&amp;rsquo;il se passe grand chose : en fait, on attend désespérément une éventuelle accélération, mais non : l&amp;rsquo;auteur a choisi de prendre son temps, de multiplier les pages certes très faciles à lire, dans un style très fluide, mais sans grand intérêt.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les &amp;ldquo;Little people&amp;rdquo; resteront très mystérieux voire totalement incompréhensibles (ils ont quand même tué un gentil chien de garde, ils doivent être méchants quelque part).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Maître de la secte a des pouvoirs extraordinaires (il arrive à soulever une pendule d&amp;rsquo;un poids respectable par la force de sa pensée, c&amp;rsquo;est pour dire), mais n&amp;rsquo;est pas le grand méchant loup que l&amp;rsquo;on imaginait : il souffre (le martyre ?), et est omniscient comme il se doit. Il est en fait le porte-parole des Little people sur Terre ! Aïe aïe aïe, je crains le pire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Heureusement, Aomamé tuera quand même le Maître, et de toutes façons c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;il voulait tant sa souffrance était grande. À la fin du tome 2, Aomamé choisit de se suicider pour sauver Tengo. On ne comprend pas vraiment le rapport, mais bon&amp;hellip; on n&amp;rsquo;est plus à ça près&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;tome-3&#34;&gt;Tome 3&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;1Q84 - Haruki Murakami - Tome 3&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;144px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;300&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/1q84-haruki-murakami/1Q84-3.jpg&#34; width=&#34;180&#34;&gt; Dernière ligne droite, plus que 600 pages pour finir l&amp;rsquo;histoire, allez un peu de courage !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ça commence fort, puisque Aomamé ne s&amp;rsquo;est en fait pas tuée ! On imagine la joie des lecteurs français ayant attendu six mois la sortie de ce troisième opus&amp;hellip; Mais alors, leur amour est toujours possible ? Oui, mais il faut qu&amp;rsquo;ils se retrouvent, et Tokyo, c&amp;rsquo;est grand ! D&amp;rsquo;autant que Tengo, depuis le Tome 2, est pas mal occupé par la mort de son père et du mystère de ses origines.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et oui, son père est-il vraiment son père ? la question ne sera pas résolue, mais un mystérieux contrôleur de la NHK frappera aux portes tout au long du roman pour réclamer la redevance TV, et figurez-vous que c&amp;rsquo;était le métier du père de Tengo&amp;hellip; là encore, cela n&amp;rsquo;apporte pas grand chose à l&amp;rsquo;histoire, par contre cela rempli un certain nombre de pages&amp;hellip; et puis c&amp;rsquo;est mystérieux !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement Aomamé et Tengo se retrouveront. J&amp;rsquo;attends avec impatience le tome 4 pour le mariage et les nombreux petits enfants !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami&#34;  title=&#34;Murakami sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haruki Murakami&lt;/a&gt; est un écrivain japonais né en 1949, ayant vécu plusieurs années en occident avant de revenir s&amp;rsquo;installer au Japon. Ses deux œuvres principales sont &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=661&#34;  title=&#34;Kafka sur le rivage – Haruki Murakami&#34;&#xA;    &gt;Kafka sur le rivage&lt;/a&gt; et 1Q84 : on peut donc dire qu&amp;rsquo;il alterne le bon et le (nettement) moins bon.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Grenouilles - Mo Yan</title>
            <link>https://pled.fr/grenouilles-mo-yan/</link>
            <pubDate>Mon, 11 Nov 2013 19:00:41 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Grenouilles - Mo Yan&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;grenouilles.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais bien aimé &amp;lsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2068&#34;  title=&#34;Beaux seins, belles fesses – Mo Yan&#34;&#xA;    &gt;Beaux seins, belles fesses&lt;/a&gt;&amp;rsquo;, et ma frangine m&amp;rsquo;a offert celui-ci, toujours de Mo Yan. Comme dans le précédent, on se retrouve plongé dans la Chine profonde et rurale, au moment où ce monde va connaître beaucoup de changements avec l&amp;rsquo;arrivée du président Mao et de ses réformes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois, Mo Yan a choisi de nous parler principalement de la politique de l&amp;rsquo;enfant unique (vers les années 70), et du bouleversement que cela provoqua sur ces familles paysannes, où la tradition recommande d&amp;rsquo;avoir un fils pour continuer la lignée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toujours, Mo Yan nous raconte cela avec beaucoup d&amp;rsquo;humour, avec des personnages truculents réagissant chacun à leur manière devant ces changements imposés par le Parti, les anecdotes multiples oscillant entre comédie et drame&amp;hellip; au lecteur de se forger son opinion ! Le titre du livre repose sur l&amp;rsquo;homonymie en chinois entre les mots &amp;ldquo;grenouille&amp;rdquo; et &amp;ldquo;bébé&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le narrateur va nous raconter la vie de sa tante, gynécologue de son état, et qui va se retrouver en charge de la mise en application de ce planning familial. De donneuse de vie, elle va devenir une farouche forcenée de l&amp;rsquo;avortement : il va de soi que les directives du Parti doivent être appliquées à la lettre. On imagine bien les drames que cela a pu causer, mais moins les combines montées pour y échapper quand c&amp;rsquo;est Mo Yan qui vous les raconte !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai malgré tout moins accroché à ce roman qu&amp;rsquo;au précédent. Il y manque une dimension plus globale, la chronique du village est certes révélatrice, mais&amp;hellip; Mo Yan énonce, mais ne dénonce rien. Il reste tout de même le charme d&amp;rsquo;un récit d&amp;rsquo;une autre époque, d&amp;rsquo;un autre monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo_Yan&#34;  title=&#34;Mo Yan sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mo Yan&lt;/a&gt;, est né en 1955 dans une famille paysanne. Pendant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Bond_en_avant&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Le Grand Bond en avant\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;le Grand Bond en avant&lt;/a&gt;, sa famille connaît la famine. Pendant la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_culturelle&#34;  title=&#34;La \&amp;#34;Révolution culturelle\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Révolution culturelle&lt;/a&gt;, il est renvoyé de l&amp;rsquo;école. Il lui faudra s&amp;rsquo;engager dans l&amp;rsquo;armée pour pouvoir enfin écrire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Just Kids - Patti Smith</title>
            <link>https://pled.fr/just-kids-patti-smith/</link>
            <pubDate>Thu, 31 Oct 2013 18:06:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/just-kids-patti-smith/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Just kids - Patti Smith&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;justkids.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;en avais entendu parler (en bien) à sa sortie, puis je l&amp;rsquo;avais oublié. Quand je l&amp;rsquo;ai vu au format poche sur la table du libraire, je n&amp;rsquo;ai pas hésité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu : Patti Smith raconte avec une grande sincérité ses premières années à New-York, sa rencontre avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Mapplethorpe&#34;  title=&#34;Robert Mapplethorpe sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Robert Mapplethorpe&lt;/a&gt;, et les années de galère avant de devenir la célèbre chanteuse de rock que l&amp;rsquo;on connaît.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arrivant du New Jersey, en 1967 (elle a une vingtaine d&amp;rsquo;années), un peu paumée, elle fait la connaissance de Robert, et une très belle histoire d&amp;rsquo;amour va alors commencer. Lui est artiste jusqu&amp;rsquo;au fond de son âme, et ne conçois pas d&amp;rsquo;autre vie. Elle est fan de poésie (Rimbaud&amp;hellip;), mais a des doutes sur son propre talent. Dans ce contexte, ils vont vivre des années de galère, fauchés comme les blés, jusqu&amp;rsquo;à partager un sandwich certains jours, ne pouvant en payer deux. On parle dans ce cas d&amp;rsquo;une vie de bohème&amp;hellip; c&amp;rsquo;est beau et romantique, mais la réalité que nous décrit Patti Smith nous remet les pieds sur terre. Ils ont vraiment galéré, et ce pendant plusieurs années, restant fidèles à leur passion commune pour l&amp;rsquo;art.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Robert va alors découvrir son homosexualité, mais cela n&amp;rsquo;altérera en rien leur relation. Ils vont rester très liés, tellement l&amp;rsquo;un stimule l&amp;rsquo;autre pour travailler, créer. C&amp;rsquo;est en cela que leur histoire est très belle, dépassant de loin le cadre d&amp;rsquo;une relation exclusive.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Robert deviendra un photographe célèbre pour ses portraits en noir et blanc (c&amp;rsquo;est lui qui réalise la pochette du premier disque de Patti Smith, Horses) ; il choquera aussi par ses photos de nus masculins et de l&amp;rsquo;univers SM.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Patti quant à elle commencera par lire des poèmes en public, puis aura l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;inviter un guitariste pour ponctuer sa lecture de quelques rifs&amp;hellip; Elle va aussi écrire des critiques rock (parait-il sans concessions !). C&amp;rsquo;est un peu comme ça que son histoire musicale commence&amp;hellip; De fil en aiguille, elle finira par monter un groupe rock&amp;hellip; et trouvera sa voie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre, bien qu&amp;rsquo;au format poche, contient pas mal de photos (noir et blanc bien sûr !) de cette époque. La couverture vous en donne un exemple. Personnellement, j&amp;rsquo;ai beaucoup aimé : c&amp;rsquo;est bien écrit, raconté avec beaucoup d&amp;rsquo;honnêteté, mais aussi de lucidité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Patti_Smith&#34;  title=&#34;Patti Smith sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Patti Smith&lt;/a&gt; est née en 1946 à Chicago. Elle est donc musicienne et chanteuse, mais aussi poète, peintre et photographe. Le fruit de ses soirées de travail avec Robert&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mr Nice - Howard Marks</title>
            <link>https://pled.fr/mr-nice-howard-marks/</link>
            <pubDate>Tue, 22 Oct 2013 17:48:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mr-nice-howard-marks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mr Nice - Howard Marks&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mrnice.png#floatleft&#34;&gt; Livre proposé par le libraire quand je lui disais que j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5865&#34;  title=&#34;article sur Ringolevio&#34;&#xA;    &gt;Ringolevio&lt;/a&gt;&amp;hellip; bon, dans ce dernier, il y avait un vrai projet social des Diggers et de son leader Emmet Grogan, &amp;ldquo;le grand théoricien du mouvement hippie… mais un hippie sérieux et très actif&amp;rdquo; comme le dit Paul Jorion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Rien de similaire dans ce roman, mais tout de même l&amp;rsquo;autobiographie assez incroyable de ce Gallois qui va devenir le plus gros trafiquant de haschich de l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;Angleterre. Il ne touchera jamais aux drogues dures, ne commettra aucune violence, usera de 43 identités, 25 sociétés écrans&amp;hellip; mais il va beaucoup énerver un type de la DEA qui en fera une affaire personnelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gamin, Howard Marks est plutôt doué à l&amp;rsquo;école, à peu près autant que dissipé. Après le lycée, il passe avec succès un examen d&amp;rsquo;entrée au prestigieux Balliol collège d&amp;rsquo;Oxford. Sa matière de prédilection est la physique ; il est du genre à préparer ses examens les deux dernières semaines et les passer haut la main ; mais s&amp;rsquo;il peut tricher pour les obtenir, ça ne le dérange pas non plus ! C&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;il va découvrir et aimer le cannabis. De plus, à l&amp;rsquo;époque (fin des années 60), la scène musicale anglaise est très active, avec les Beatles et les Rolling Stones&amp;hellip; Un environnement parfait pour un étudiant défoncé et plutôt doué.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À la même époque, il se passionne pour je jeu de Go, ce qui explique peut-être qu&amp;rsquo;il se révèlera un fin stratège&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vers les années 70, l&amp;rsquo;ami qui le fournissait se fait arrêter en Allemagne. Howard rencontre alors le fournisseur, un Afghan appelé Durrani, petit fils du frère de l&amp;rsquo;ancien roi d&amp;rsquo;Afghanistan. C&amp;rsquo;est comme ça qu&amp;rsquo;il va commencer sa carrière de dealer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;idée de base est assez simple : il faut un contact dans un aéroport pour récupérer les colis avant la douane et les sortir discrètement. Howard va alors se rendre en Irlande, et rencontrer un type de l&amp;rsquo;IRA, Mc Cann, un peu fou et incontrôlable. Ce dernier a besoin d&amp;rsquo;argent, pour la lutte armée&amp;hellip;enfin, on ne sait pas trop, tellement le type est difficile à cerner. Toujours est-il que le trafic commence, le hasch étant convoyé ensuite en voiture vers Londres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à ce moment qu&amp;rsquo;il est contacté par un ami d&amp;rsquo;Oxford, travaillant pour les services secrets britanniques (MI6) qui veut en savoir un peu plus sur ce Mc Cann et l&amp;rsquo;IRA. Howard n&amp;rsquo;en fera rien, mais s&amp;rsquo;en servira plus tard à son premier procès : il prétendra travailler pour les services secrets de sa Majesté !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cela va continuer ainsi, de manière exponentielle, le train de vie augmentant en même temps. Le réseau de contacts de développe, et le marché américain est très demandeur&amp;hellip; Là où l&amp;rsquo;on voit qu&amp;rsquo;il est imaginatif, c&amp;rsquo;est quand il utilise les opportunités du moment : à cette époque, de nombreux groupes rock partent en tournée aux USA. Il va donc cacher la drogue dans le matériel de groupes de rock britanniques fictifs partant en tournée aux USA&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;y a aucun contrôle aux douanes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ainsi de suite&amp;hellip;Howard Marks raconte tout cela avec beaucoup de franchise et on le lit comme un polar&amp;hellip; Le type est malin, et ne manque ni d&amp;rsquo;imagination, ni d&amp;rsquo;humour. Jamais il touchera aux drogues dures, ni ne montera d&amp;rsquo;opérations armées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, le type de la DEA finira par l&amp;rsquo;avoir, impliquant 14 pays dans la traque&amp;hellip; Il sera condamné et passera sept ans dans l&amp;rsquo;un des pénitenciers le plus dur des États-Unis, grâce à l&amp;rsquo;acharnement de la DEA. Les moyens employés pour y arriver sont finalement assez révoltants, tous les coups sont permis et la loi détournée pour y arriver. &amp;ldquo;L&amp;rsquo;état, le plus froid des monstres froids&amp;rdquo;, comme dit Nietzsche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Marks&#34;  title=&#34;Howard Marks sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Howard Marks&lt;/a&gt; est né en 1945. En 1997, il se présente aux élections législatives avec comme seul programme la légalisation du cannabis ! Il participe aussi à des &amp;ldquo;live show&amp;rdquo;, et jouera aussi dans quelques films. Le roman &amp;lsquo;Mr Nice&amp;rsquo; a été porté à l&amp;rsquo;écran en 2010 par Bernard Rose.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Voleur - Georges Darien</title>
            <link>https://pled.fr/le-voleur-georges-darien/</link>
            <pubDate>Fri, 11 Oct 2013 17:26:49 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-voleur-georges-darien/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le Voleur - Georges Darien&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;levoleur.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais entendu parler de ce bouquin à la radio : c&amp;rsquo;était le livre que tous les anarchistes avaient sous le bras à la fin du XIXème siècle&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;en fallait pas plus pour  me donner envie de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi commence le narrateur, Georges Randal :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le livre qu&amp;rsquo;on va lire, et que je signe, n&amp;rsquo;est pas de moi.[&amp;hellip;] Je l&amp;rsquo;ai volé.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le jeu de miroir est en place : le vrai nom de l&amp;rsquo;auteur est en fait Georges Adrien, écrivain français de tendance anarchiste. En 1894, comme un grand nombre d&amp;rsquo;anarchistes menacés par de nouvelles lois, il s&amp;rsquo;exile. Cette période de sa vie restera mystérieuse, laissant libre cours à l&amp;rsquo;imagination : est-ce sa vie d&amp;rsquo;alors qu&amp;rsquo;il raconte dans ce roman ? On n&amp;rsquo;en saura rien ; quand un journaliste lui demandait des précisions sur sa vie, il répondait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas pu comprendre, jusqu&amp;rsquo;ici, ce que la vie privée d&amp;rsquo;un littérateur pouvait avoir à faire avec la publication ou la représentation d&amp;rsquo;une de ses œuvres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais revenons au roman : sous une forme romanesque, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une sévère critique de la société bourgeoise, décadente et corrompue de l&amp;rsquo;époque, ainsi qu&amp;rsquo;un vibrant appel à la liberté. Mais celle-ci peut être synonyme de solitude&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Né dans une famille riche, et devenu orphelin, Georges Randal une fois adulte se rend compte que son oncle, tuteur de sa fortune, l&amp;rsquo;en a complètement dépouillé, qui plus est de manière tout à fait légale. Très lucide sur le monde qui l&amp;rsquo;entoure (banquiers, notaires, hommes d&amp;rsquo;affaire, ancienne noblesse), et sur l&amp;rsquo;état de la société (décadence des mœurs, corruption, injustice), il décide de devenir voleur en toute connaissance de cause et sans aucun remord.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je mange, je bois ; et je laisse l&amp;rsquo;assiette sur le buffet et la bouteille sur la table. Il y a des voleurs qui remettent tout en ordre, dans les maisons qu&amp;rsquo;ils visitent. Moi, jamais. Je fais un sale métier, c&amp;rsquo;est vrai ; mais j&amp;rsquo;ai une excuse : je le fais salement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si le ton ressemble parfois à un celui d&amp;rsquo;un vaudeville, et la table des matières à celle d&amp;rsquo;un roman feuilleton, le monde décrit est sans appel. George Randal est un révolté qui aspire à la liberté, et n&amp;rsquo;a aucun scrupule à voler des gens qui ne sont finalement que des voleurs, mais en toute impunité. Les portraits des personnages sont féroces, c&amp;rsquo;est très bien écrit, et les critiques de cette société bourgeoise et corrompue plutôt percutantes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais Randal va aussi rencontrer l&amp;rsquo;amour. Et son absolutisme, son besoin de liberté va lui faire refuser l&amp;rsquo;engagement que ce dernier implique. Le poids de la solitude deviens lourd à porter&amp;hellip; Le bilan final est encore une fois très lucide :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Conclusion ? Je ne serai plus un voleur, c&amp;rsquo;est certain. Et encore ! Pour répondre de l&amp;rsquo;avenir, il faudrait qu&amp;rsquo;il ne me fût pas possible d&amp;rsquo;interroger le passé&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai voulu vivre à ma guise, et je n&amp;rsquo;y ai pas réussi souvent. J&amp;rsquo;ai fait beaucoup de mal à mes semblables, comme les autres ; et même un peu de bien, comme les autres ; le tout sans grande raison et parfois malgré moi, comme les autres. L&amp;rsquo;existence est aussi bête, voyez-vous, aussi vide et aussi illogique pour ceux qui la volent que pour ceux qui la gagnent. Que faire de son cœur ? que faire de son énergie ? que faire de sa force ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà d&amp;rsquo;autres extraits pour vous faire une idée, y compris quelques portraits saignants&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;léducation&#34;&gt;L&amp;rsquo;éducation&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Éducation. La chasse aux instincts. On me reproche mes défauts ; on me fait honte de mes imperfections. Je ne dois pas être comme je suis, mais comme il faut. Pourquoi faut-il ?&amp;hellip; On m&amp;rsquo;incite à suivre les bons exemples ; parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a que les mauvais qui vous décident à agir. On m&amp;rsquo;apprend à ne pas tromper les autres ; mais point à ne pas me laisser tromper. On m&amp;rsquo;inocule la raison — ils appellent ça comme ça — juste à la place du cœur. Mes sentiments violents sont criminels, ou au moins déplacés ; on m&amp;rsquo;enseigne à les dissimuler. De ma confiance, on fait quelque chose qui mérite d&amp;rsquo;avoir un nom : la servilité ; de mon orgueil, quelque chose qui ne devrait pas en avoir : le respect humain. Le crâne déprimé par le casque d&amp;rsquo;airain de la saine philosophie, les pieds alourdis par les brodequins à semelles de plomb dont me chaussent les moralistes, je pourrai décemment, vers mon quatrième lustre, me présenter à mes semblables. J&amp;rsquo;aurai du savoir-vivre. Je regarderai passer ma vie derrière le carreau brouillé des conventions hyprocrites, avec permission de la romantiser un peu, mais défense de la vivre. J&amp;rsquo;aurai peur. Car il n&amp;rsquo;y a qu&amp;rsquo;une chose qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;apprenne ici, je le sais ! On m&amp;rsquo;apprend à avoir peur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lavarice-de-son-oncle&#34;&gt;L&amp;rsquo;avarice de son oncle&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;avare moderne. L&amp;rsquo;avare aux combinaisons savantes et à longue portée ; qui aime l&amp;rsquo;argent, certes ; qui ne l&amp;rsquo;aime pas, pourtant, comme une chose inerte qu&amp;rsquo;on entasse et qu&amp;rsquo;on possède, mais comme un être vivant et intelligent, comme la représentation réelle de toutes les forces du monde, comme l&amp;rsquo;essence de quelque chose de formidable qui peut créer et qui peut tuer, comme la réincarnation existante et brutale de tous les simulacres illusoires devant lesquels l&amp;rsquo;humanité se courbe. L&amp;rsquo;avare qui comprend que la contemplation n&amp;rsquo;est pas la jouissance ; que l&amp;rsquo;argent ne se reproduit que très difficilement d&amp;rsquo;une façon directe ; que l&amp;rsquo;or, étant l&amp;rsquo;émanation tangible des efforts universels, doit être aussi un stimulant vers de nouvelles manifestations d&amp;rsquo;énergie, et que l&amp;rsquo;homme qui le détient, au lieu de l&amp;rsquo;accumuler stupidement, doit le considérer comme un serviteur adroit et un messager fidèle, et le diriger habilement. Cet avare-là n&amp;rsquo;est pas un ladre ; c&amp;rsquo;est une bête de proie. Il reste un monstre ; mais il cesse d&amp;rsquo;être grotesque pour devenir terrible.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;portrait-de-paternoster-receleur&#34;&gt;Portrait de Paternoster (receleur)&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je l&amp;rsquo;examine, pendant qu&amp;rsquo;il parle. Une face glabre, sans couleur, un grand nez, des yeux verdâtres de chat malfaisant diminués, semble-t-il, par de gros sourcils poivre et sel qui se rejoignent et barrent le front, une bouche qui paraît avoir été fendue d&amp;rsquo;un coup de canif, des cheveux gris, légèrement bouclés, qui rappellent les perruques des tabellions d&amp;rsquo;opéra-comique. Mais la plume d&amp;rsquo;oie traditionnelle serait malvenue à se ficher dans ces cheveux-là, et les lunettes d&amp;rsquo;or n&amp;rsquo;iraient pas du tout sur ce grand nez ; ce n&amp;rsquo;est pas là une tête à faire rire, une figure de cabotin ; c&amp;rsquo;est la volonté, tenace et muette, maîtresse d&amp;rsquo;elle-même, qui a mis sa marque sur ce visage et cette tête, si laide qu&amp;rsquo;elle soit, est une tête d&amp;rsquo;homme. L&amp;rsquo;ossature est puissante ; et les lèvres, qui se crispent pour laisser filtrer l&amp;rsquo;ironie, pourraient s&amp;rsquo;ouvrir, si elles le voulaient, pour lancer d&amp;rsquo;effrayants coups de gueule.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;portrait-de-renée-intrigante&#34;&gt;Portrait de Renée (intrigante)&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle parle, elle parle ! Une voix mal soutenue, fébrile, qui passe sans transition du ton aigu aux inflexions doucereuses, incisive et insinuante, impatiente et cajoleuse, où l&amp;rsquo;émotion sursaute tandis que grince l&amp;rsquo;indifférence agacée, et où semble implorer une angoisse qui se raillerait d&amp;rsquo;elle-même. Quelque chose qui sautille sans cesse sur les yeux et sur les lèvres ; un rire trop fréquent et trop sec, qui ponctue la parole rapide. Des gestes hâtivement ébauchés, heurtés, gracieux quand même, qui disent toute la nervosité et toute la lassitude ennuyée des filles de ce monde artificiel, machiné, truqué, où l&amp;rsquo;argent est tout, où la vie n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une mascarade opulente et stupide. Cette femme, une jolie petite brune aux traits fins et aux beaux grands yeux, n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un pantin articulé par l&amp;rsquo;énervement que cause l&amp;rsquo;éternel besoin d&amp;rsquo;argent, mis en mouvement par le perpétuel désir de la toilette, et agité par l&amp;rsquo;incessante inquiétude. Et je l&amp;rsquo;écoute me raconter ses inutiles et audacieux mensonges, cette marionnette dont un costume du matin très simple, d&amp;rsquo;une fausse simplicité, moule ses formes, et qui s&amp;rsquo;est fait coiffer par Virot d&amp;rsquo;une capote minuscule, naïve comme une fleur et ouvragée comme un bijou.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;portrait-de-courbassol-député&#34;&gt;Portrait de Courbassol (député)&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Sa figure ? Ah je ne sais pas ! Je n&amp;rsquo;en vois rien ; on n&amp;rsquo;en peut rien voir. Il n&amp;rsquo;y a que la bouche qui soit visible ; sa bouche, sa gueule, sa sale gueule. Et même pas sa bouche : sa lèvre inférieures seulement. Oui, on ne voit que ça, dans la face de Courbassol. On ne peut pas y voir autre chose que sa lèvre inférieure !&#xA;Cette lèvre est une infamie. Un bourrelet épais, violacé, qui fait saillie en bec de pichet ébréché ; une chose molle, humide, sur laquelle les paroles paraissent glisser comme sur un liquide visqueux et dont les contractions spasmodiques semblent sucer la salive ; qui fait songer, malgré soi, à un débris sexuel de Hottentote. Cette lèvre-là, c&amp;rsquo;est une gargouille : la gargouille parlementaire&amp;hellip; Et des mensonges en tombent sans trêve, et des âneries, et des turpitudes&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lhomme-civilisé&#34;&gt;L&amp;rsquo;homme civilisé&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Des voleurs et des brigands, tous ces galériens ; c&amp;rsquo;est pour cela qu&amp;rsquo;ils sont au bagne. Parce qu&amp;rsquo;ils mangeaient les autres bêtes, les bêtes qui ne sont point cruelles et n&amp;rsquo;aiment pas les orgies sanglantes, les bonnes bêtes que l&amp;rsquo;homme a voulu délivrer de leurs oppresseurs.  Et elles sont heureuses, les bonnes bêtes, depuis qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est mis à tuer les fauves et à les enfermer dans des cages. Elles sont très heureuses. Le collier fait ployer leur cou et les harnais labourent leurs épaules meurtries ; et leur chair vivante, pantelante et rendue muette saigne sous le surin des saltimbanques de la science, dans l&amp;rsquo;ombre des laboratoires immondes. Demain, elles seront plus heureuses, encore. Je le crois.&#xA;À mesure que l&amp;rsquo;homme s&amp;rsquo;éloigne de la vie naturelle, la distance s&amp;rsquo;étend entre lui et les animaux. Non pas qu&amp;rsquo;il les dédaigne davantage, qu&amp;rsquo;il les sente plus inférieurs à lui. Ils lui paraissent supérieurs, au contraire. Ils lui font honte. Ils sont une injure vivante à son progrès factice, un sarcasme de sa civilisation d&amp;rsquo;assassin. Et sa férocité contre eux s&amp;rsquo;accroît, férocité vile qu&amp;rsquo;il couvre du prétexte actuel à toutes les bassesses — la nécessité scientifique&amp;hellip;&#xA;[&amp;hellip;] Et les réflexions que j&amp;rsquo;ai faites hier soir au sujet des bêtes me reviennent en mémoire. Les gouvernements, en débarrassant les peuples qu&amp;rsquo;ils dirigent des bandits qui les détroussaient, n&amp;rsquo;ont-ils point agi un peu comme l&amp;rsquo;homme qui a délivré les bonnes bêtes de la tyrannie des carnassiers ? Ma foi, si l&amp;rsquo;on cherchait à découvrir les causes par la simple étude des effets qu&amp;rsquo;elles produisent, on serait forcé d&amp;rsquo;admettre qu&amp;rsquo;en supprimant le voleur des grands chemins, les gouvernements n&amp;rsquo;ont eu d&amp;rsquo;autre souci que de permettre aux gens d&amp;rsquo;accumuler leurs épargnes pour les porter aux banques spoliatrices et aux entreprises frauduleuses ; et qu&amp;rsquo;en abolissant la piraterie, ils n&amp;rsquo;ont voulu que laisser la mer libre pour les évolutions des flottes qui vont appuyer les déprédations des aigrefins et les tentatives malhonnêtes des financiers&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-plein-emploi&#34;&gt;Le plein emploi&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cependant, à bien prendre, si l&amp;rsquo;on était obligé de donner de l&amp;rsquo;ouvrage à tous ceux qui n&amp;rsquo;en ont pas, qu&amp;rsquo;adviendrait-il ? La production, qui dépasse déjà de beaucoup la consommation, s&amp;rsquo;accroîtrait d&amp;rsquo;une façon déplorable ; et que ferait-on de tous ces produits ? Qu&amp;rsquo;en ferait-on, en vérité ?&amp;hellip; D&amp;rsquo;autre part, si l&amp;rsquo;on permettait à chaque meurt-de-faim de s&amp;rsquo;approprier une pièce de quarante sous, où irait-on ? Calculez un peu et vous serez effrayé. Car, relativement, les pièces de deux francs sont en bien petit nombre, et il y a tant d&amp;rsquo;affamés !&amp;hellip; Le mieux, en face d&amp;rsquo;une pareille situation, est encore de s&amp;rsquo;en tenir à la Loi, qui ne dit pas du tout que l&amp;rsquo;homme a droit au pain et au travail, et qui défend de prendre les pièces de quarante  sous. Et cette loi, il faut l&amp;rsquo;appliquer avec vigueur, sans pitié, et même sans bonne foi. Il y va du salut de la Société.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-propriété&#34;&gt;La propriété&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On a dit que la propriété c&amp;rsquo;est le vol. ; quelle confusion ! La propriété n&amp;rsquo;est pas le vol ; c&amp;rsquo;est bien pis ; c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;immobilisation des forces. Le peu d&amp;rsquo;élasticité dont elle jouit, elle le doit aux fripons. Le voleur a articulé la propriété, et l&amp;rsquo;honnête homme est son bâtard.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Darien&#34;  title=&#34;Georges Darien sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Georges Darien&lt;/a&gt; (1862-1921) est un écrivain français de tendance anarchiste. Il perd sa mère très jeune, et est élevé par une belle-mère catholique, puis devançant l&amp;rsquo;appel s&amp;rsquo;engage dans l&amp;rsquo;armée. Condamné par le conseil de guerre pour insoumission, il est envoyé à &amp;ldquo;Biribi&amp;rdquo;, le bagne militaire de Gafsa en Tunisie pour 33 mois de travaux forcés. Le récit sera son premier livre , Biribi, où il dénonce les conditions de détention ; mais il ne connaîtra pas de succès. Pas étonnant qu&amp;rsquo;il soit devenu anarchiste et anticlérical avec des débuts comme ça ! &amp;ldquo;Le voleur&amp;rdquo; a été porté à l&amp;rsquo;écran par Louis Malle en 1967. Le rôle de Randal y est tenu par Jean-Paul Belmondo.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Peste &amp; Choléra - Patrick Deville</title>
            <link>https://pled.fr/peste-cholera-patrick-deville/</link>
            <pubDate>Fri, 13 Sep 2013 17:22:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/peste-cholera-patrick-deville/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Peste &amp; Choléra - Patrick Deville&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;peste-et-cholera.jpg#floatleft&#34;&gt; D&amp;rsquo;abord offert à des amis sur un conseil du libraire, on m&amp;rsquo;a également offert ce livre par la suite. Les amis m&amp;rsquo;ayant confirmé qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait d&amp;rsquo;un bon roman, c&amp;rsquo;est assez confiant que j&amp;rsquo;en ai commencé la lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu : d&amp;rsquo;abord parce que l&amp;rsquo;histoire racontée est celle véridique d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Yersin&#34;  title=&#34;Alexandre Yersin sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Alexandre Yersin&lt;/a&gt;, illustre inconnu à qui l&amp;rsquo;on doit la découverte du bacille de la peste (la Yersinia Pestis&amp;hellip;), excusez du peu. Puis le style littéraire de Patrick Deville, qui sait admirablement raconter cette vie exceptionnelle, mariant aisément la distance et l&amp;rsquo;humour, le contexte et la précision historique&amp;hellip; difficile à définir, mais très élégant et parfaitement abouti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Yersin était l&amp;rsquo;un des chercheurs faisant partie du premier groupe autour de Louis Pasteur, à la fin du XIXe siècle. Alors que beaucoup d&amp;rsquo;entre eux obtinrent un prix Nobel à un moment ou à un autre, lui passera au travers et restera dans l&amp;rsquo;anonymat. Mais quelle vie !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, il préfère l&amp;rsquo;aventure au laboratoire, ses héros sont Stanley et Livingstone&amp;hellip; Il part en Asie, sera marin, explorateur, puis s&amp;rsquo;installera au Vietnam, à Nah Trang, loin des deux guerres mondiales qui vont ravager l&amp;rsquo;Europe. Là, il s&amp;rsquo;intéresse à l&amp;rsquo;agriculture, et développe notamment la culture de l&amp;rsquo;hévéa qu&amp;rsquo;il importe et acclimate. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;époque où les automobiles arrivent, et il anticipe les besoins en caoutchouc pour les pneumatiques : il fournira alors Michelin&amp;hellip; ce qui lui assurera les fonds nécessaires à ses activités multiples.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est drôle, lorsque le libraire me présenta ce roman, il me dit &amp;ldquo;ce type a tout loupé&amp;rdquo;, faisant sans doute référence à l&amp;rsquo;absence de reconnaissance et à son relatif anonymat. Je trouve au contraire qu&amp;rsquo;il a su vivre la vie dont il avait envie, sans se laisser détourner par son &amp;ldquo;devoir&amp;rdquo; ou ses &amp;ldquo;responsabilités&amp;rdquo;. Une belle leçon de liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Patrick Deville sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6745&#34; &gt;Kampuchéa&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7053&#34; &gt;Pura Vida&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=7128&#34; &gt;Équatoria&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18768&#34; &gt;Fenua&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6462&#34;  title=&#34;Patrick Deville sur wikipedia&#34;&#xA;    &gt;Patrick Deville&lt;/a&gt; est un écrivain français né en décembre 1957. Il suit des études de littérature comparée et de philosophie à Nantes, puis voyage pas mal apparemment. En 2011, le magazine Lire élit Kampuchea meilleur roman de l&amp;rsquo;année. En 2012, il reçoit pour ce roman le prix Femina, le prix du roman fnac, et le prix des Prix littéraires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Spooner - Pete Dexter</title>
            <link>https://pled.fr/spooner-pete-dexter/</link>
            <pubDate>Mon, 19 Aug 2013 18:01:16 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Spooner - Pete  Dexter&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;spooner.png#floatleft&#34;&gt; À la recherche d&amp;rsquo;un cadeau pour un ami, et sur les conseils du libraire, j&amp;rsquo;avais porté mon choix sur ce livre. J&amp;rsquo;ai profité de sa sortie en poche pour le lire, l&amp;rsquo;ami en question n&amp;rsquo;ayant pas semblé plus emballé que ça par l&amp;rsquo;histoire : &amp;ldquo;j&amp;rsquo;attends de voir où il veut en venir&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est donc celle d&amp;rsquo;un jeune garçon, Spooner, qui semble plus doué pour faire des bêtises que pour se comporter normalement. En fait il ne comprend pas vraiment le monde dans lequel il doit vivre, ni ses règles. Son beau-père l&amp;rsquo;aidera pourtant à trouver sa place dans une société puritaine et conservatrice, ayant lui-même eu des difficultés à y trouver la sienne (il ne s&amp;rsquo;agit pas de s&amp;rsquo;épanouir, plutôt de ne pas se faire rejeter). Sa vie d&amp;rsquo;adulte sera aussi compliquée, mais il deviendra tout de même journaliste, puis écrivain. On a vu pire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut attendre les derniers chapitres pour voir ces deux êtres se rapprocher un peu, l&amp;rsquo;âge aidant. C&amp;rsquo;est la partie la plus intéressante du roman, on réalise qu&amp;rsquo;une vie est passée sans qu&amp;rsquo;ils communiquent vraiment tous les deux&amp;hellip; la faute à personne, à chacun, à la société&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et entre le début et cette fin, soit cinq cent pages, nous serons abreuvés d&amp;rsquo;anecdotes souvent drôles, mais d&amp;rsquo;un intérêt limité. La scène de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;enterrement en mer&amp;rdquo; m&amp;rsquo;a fait penser  à &amp;quot; &lt;strong&gt;La conjuration des imbéciles&lt;/strong&gt;&amp;quot; de &lt;strong&gt;John Kennedy Toole&lt;/strong&gt; tant elle est loufoque. Sinon c&amp;rsquo;est bien écrit, l&amp;rsquo;auteur sait manifestement faire (bien écrire beaucoup de pages), mais reste assez superficiel dans l&amp;rsquo;ensemble.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final un roman américain de plus, avec le nombre respectable de pages qu&amp;rsquo;il faut. S&amp;rsquo;il avait fallu en mettre le double, ça aurait été facile, il suffisait d&amp;rsquo;ajouter de nouvelles anecdotes. Dommage à mon sens que l&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;aborde pas plus tôt le fond de l&amp;rsquo;histoire, et surtout ne le développe tout au long du roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pete_Dexter&#34;  title=&#34;Pete Dexter sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Pete Dexter&lt;/a&gt; est un écrivain/scénariste américain né en 1943 à Pontiac, Michigan. Il est également l&amp;rsquo;auteur de &amp;ldquo;Paperboy&amp;rdquo;, porté à l&amp;rsquo;écran en 2012.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Unique et sa propriété - Max Stirner</title>
            <link>https://pled.fr/lunique-et-sa-propriete-max-stirner/</link>
            <pubDate>Thu, 15 Aug 2013 18:04:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lunique-et-sa-propriete-max-stirner/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’Unique et sa propriété - Max Stirner&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;stirner.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre dont j&amp;rsquo;avais déjà entendu parler plusieurs fois, d&amp;rsquo;abord par Michel Onfray, puis au fil des lectures : souvent cité, toujours critiqué ou tourné en dérision (Marx l&amp;rsquo;appelle Sancho&amp;hellip;). Publié en 1844, il est immédiatement censuré, puis autorisé deux jours plus tard car &amp;ldquo;trop absurde pour être dangereux&amp;rdquo; ! Alors forcément, tout ça donnait envie de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La lecture n&amp;rsquo;a pas été facile, car Stirner tourne et retourne la même idée dans tous les sens, sans relâche et sous tous les angles, jusqu&amp;rsquo;à vous tourner la tête. Paradoxalement, je n&amp;rsquo;ai jamais fait autant de marques dans la marge, tant ses jugements sont percutants. Heureusement, le ton est plutôt agréable, l&amp;rsquo;auteur ne se réfugiant pas derrière des concepts philosophiques abscons.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De quoi s&amp;rsquo;agit-il ? un véritable réquisitoire contre toute aliénation de l&amp;rsquo;individu, que ce soit la religion, la philosophie, l&amp;rsquo;humanisme, l&amp;rsquo;État, le socialisme, le communisme&amp;hellip; et par conséquent une apologie de l&amp;rsquo;égoïsme qui seul peut nous rendre notre liberté. Stirner refuse toute sujétion, rien n&amp;rsquo;est au-dessus de son Moi, et il l&amp;rsquo;annonce clairement dès les premières lignes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;y a-t-il qui ne doive être ma cause ! Avant tout la bonne cause, puis la cause de Dieu, la cause de l&amp;rsquo;humanité, de la vérité, de la liberté, de la justice, la cause de mon peuple, de mon prince, de ma patrie et jusqu&amp;rsquo;à celle de l&amp;rsquo;esprit et mille autres. Seule ma cause ne doit jamais être ma cause. &amp;ldquo;Anathème sur l&amp;rsquo;égoïste qui ne pense qu&amp;rsquo;à soi!&amp;rdquo;.&#xA;Voyons donc comment ils l&amp;rsquo;entendent, leur cause, ceux-là mêmes qui nous font travailler, nous abandonner, nous enthousiasmer pour elle. [&amp;hellip;]&#xA;Pour Moi, il n&amp;rsquo;y a rien au-dessus de Moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il prône l&amp;rsquo;égoïsme donc, ce qui pose forcément le problème de la vie en société&amp;hellip; et c&amp;rsquo;est sans doute pour cela qu&amp;rsquo;il est si décrié. C&amp;rsquo;est aussi ce que j&amp;rsquo;attendais de comprendre : que propose-t-il à la place ? Il y répond, mais je trouve de manière assez succincte : Stirner remplace la loi (soumission) par une association libre d&amp;rsquo;égoïstes : la cause n&amp;rsquo;est pas l&amp;rsquo;association mais celui qui en fait partie. On multiplie ainsi la puissance, et l&amp;rsquo;association n&amp;rsquo;est que temporaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il est persuadé qu&amp;rsquo;ainsi tout se passera très bien&amp;hellip; un peu léger tout de même, car cela laisse la part belle aux prédateurs. Mais en y regardant de plus près, n&amp;rsquo;est-ce pas ce que l&amp;rsquo;on fait tous plus ou moins ? derrière les grands principes de l&amp;rsquo;humanisme, quand on regarde ce que font les gens (l&amp;rsquo;actualité nous en fait la démonstration tous les jours), n&amp;rsquo;est-ce pas Stirner qui a raison ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intérêt du livre à mon avis est surtout la mise en évidence de la sujétion de l&amp;rsquo;homme, que ce soit à la nature, puis à Dieu, puis à l&amp;rsquo;Homme, puis à l&amp;rsquo;État (dans l&amp;rsquo;ordre chronologique). Soyons nous-mêmes, et pas ce que l&amp;rsquo;on nous demande d&amp;rsquo;être. C&amp;rsquo;est la seule manière de s&amp;rsquo;épanouir complètement, partir de ce qui est en nous (et nous sommes tous unique) et pas de ce qui vient de l&amp;rsquo;extérieur. J&amp;rsquo;ai particulièrement aimé la partie où Stirner parle de la révolution française, c&amp;rsquo;est pour le moins percutant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Place à quelques extraits pour vous faire une idée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lantiquité&#34;&gt;L&amp;rsquo;antiquité&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Pour les anciens le monde était une vérité&amp;rdquo;, dit Feuerbach, mais il oublie cette addition capitale : une vérité dont ils cherchaient à trouver la non-vérité et que finalement ils découvrirent effectivement. On comprendra facilement le sens de ces paroles de Feuerbach si on les rapproche de la parole chrétienne sur &amp;ldquo;la vanité et l&amp;rsquo;instabilité du monde&amp;rdquo;. De même que le chrétien ne peut jamais se convaincre de la vanité de la divine parole, qui à mesure qu&amp;rsquo;on en pénètre les profondeurs doit apparaître au jour plus éclatante et triomphante, de même les anciens de leur côté vivaient dans le sentiment que le monde et les rapports au monde (par exemple les liens du sang) étaient le vrai devant quoi leur moi impuissant devait s&amp;rsquo;incliner. Or justement les plus hautes valeurs de l&amp;rsquo;antiquité sont rejetées par les chrétiens comme sans valeur ; ce que ceux-là reconnaissaient comme étant le vrai est flétri par ceux-ci comme vain mensonge : la haute signification de la patrie disparaît et le chrétien doit se considérer comme un &amp;ldquo;étranger sur cette terre&amp;rdquo; (Hébreux, XI, 13), le saint devoir de la sépulture, thème d&amp;rsquo;un chef-d&amp;rsquo;œuvre comme l&amp;rsquo;Antigone de Sophocle, est un soin misérable aux yeux des chrétiens : &amp;ldquo;Que les morts ensevelissent leurs morts&amp;rdquo; ; l&amp;rsquo;inviolable vérité des liens de famille est représentée comme une non-vérité dont on ne saurait trop tôt s&amp;rsquo;affranchir (Marc, X, 39), et ainsi en tout.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Prenons l&amp;rsquo;époque la plus brillante de l&amp;rsquo;antiquité, le siècle de Périclès ; alors l&amp;rsquo;éducation sophistique de l&amp;rsquo;époque faisait de rapides progrès, et la Grèce traitait comme chose légère ce qui jusque-là avait été pour elle d&amp;rsquo;une extrême gravité.&#xA;Trop longtemps les pères avaient été asservis à la puissance de l&amp;rsquo;état de choses existant auquel on n&amp;rsquo;osait toucher, pour que les générations suivantes n&amp;rsquo;eussent pu apprendre aux amères expériences du passé à prendre conscience d&amp;rsquo;elles-mêmes. Hardiment les sophistes proclament cette parole fortifiante : &amp;ldquo;Ne t&amp;rsquo;en laisse pas imposer&amp;rdquo;, et répandent cette doctrine de lumière : &amp;ldquo;Éprouve sur tout objet ton intelligence, ta sagacité, ton esprit ; une bonne intelligence bien exercée est un excellent viatique pour traverser le monde, elle nous prépare la meilleure des destinées, la vie la plus agréable&amp;rdquo;. Ils reconnaissent ainsi dans l&amp;rsquo;esprit l&amp;rsquo;arme véritable de l&amp;rsquo;homme contre le monde. Voilà pourquoi ils tiennent tant à l&amp;rsquo;habileté dialectique, à la facilité d&amp;rsquo;élocution, à l&amp;rsquo;art de la discussion, etc. Ils annoncent que l&amp;rsquo;esprit doit être employé contre tout, mais ils sont loin encore de la sainteté de l&amp;rsquo;esprit, car il n&amp;rsquo;est pour eux que moyen, il ne vaut que comme arme, comme pour les enfants la ruse et l&amp;rsquo;audace : leur esprit est l&amp;rsquo;incorruptible intelligence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui, on appellerait cela l&amp;rsquo;éducation exclusive de l&amp;rsquo;intelligence et on y ajouterait cet avertissement : ne formez pas seulement votre intelligence mais aussi votre cœur. C&amp;rsquo;est ce que fit Socrate. [&amp;hellip;] C&amp;rsquo;est pourquoi, dit Socrate, il ne suffit pas d&amp;rsquo;employer son intelligence à toute chose, mais il importe pour quelle cause on la met en œuvre. Nous dirions aujourd&amp;rsquo;hui : &amp;ldquo;On doit servir la bonne cause.&amp;rdquo; Mais servir une bonne cause, c&amp;rsquo;est être moral. Par suite, Socrate est le fondateur de l&amp;rsquo;éthique. [&amp;hellip;] Vous devez être &amp;ldquo;de cœur pur&amp;rdquo;, dit Socrate, pour qu&amp;rsquo;on estime votre sagesse. Dès lors commence la deuxième période de libération de l&amp;rsquo;esprit grec, la période de la pureté de cœur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;expérience quotidienne nous apprend que l&amp;rsquo;intelligence peut avoir renoncé depuis longtemps à une cause alors que le cœur bat de longues années encore pour elle. Ainsi l&amp;rsquo;intelligence était à tel point devenue maîtresse des vieilles puissances dominantes qu&amp;rsquo;il ne restait plus qu&amp;rsquo;à les chasser du cœur où elles séjournaient tranquillement pour que l&amp;rsquo;homme en fût définitivement délivré.&#xA;Cette guerre fut entreprise par Socrate, la paix n&amp;rsquo;eut lieu que le jour où le vieux monde mourut.&#xA;Avec Socrate commence l&amp;rsquo;examen du cœur, tout ce qu&amp;rsquo;il contient est passé au crible. Dans leur dernier et suprême effort, les anciens expulsèrent du cœur tout ce qui en faisait la substance ; ils ne voulurent plus qu&amp;rsquo;il battît pour quelque chose, — ce fut le fait des sceptiques. Les sceptiques atteignirent pour le cœur à cette même pureté que les sophistes avaient donnée à l&amp;rsquo;intelligence.&#xA;L&amp;rsquo;éducation sophistique a fait que l&amp;rsquo;intelligence ne reste plus tranquille devant rien, l&amp;rsquo;éducation sceptique a fait que le cœur n&amp;rsquo;est plus ému par rien. [&amp;hellip;]&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est là le résultat du travail gigantesque des anciens que l&amp;rsquo;homme se connaisse comme un être sans liens avec le monde, — hors du monde, — comme esprit. [&amp;hellip;]&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les anciens, dans leur lutte avec le monde, dans leurs efforts pour délivrer l&amp;rsquo;homme des liens pesants qui l&amp;rsquo;enveloppent et l&amp;rsquo;attachent à autre chose, en vinrent à chercher la dissolution de l&amp;rsquo;État et à donner la préférence à tout ce qui d&amp;rsquo;ordre purement privé. La chose publique, la famille, etc., prises comme rapports naturels, sont d&amp;rsquo;odieuses entraves qui amoindrissent ma liberté spirituelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-modernes&#34;&gt;Les modernes&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il a été dit plus haut  &amp;ldquo;pour les anciens le monde était une vérité&amp;rdquo;. Maintenant nous devons dire &amp;ldquo;pour les modernes l&amp;rsquo;esprit fut une vérité mais sans oublier d&amp;rsquo;ajouter, comme précédemment, une vérité dont ils cherchaient à saisir la non-vérité qu&amp;rsquo;ils sont en voie de découvrir réellement.&#xA;Le christianisme suit une marche analogue à celle de l&amp;rsquo;antiquité : jusqu&amp;rsquo;à la veille de la Réforme, l&amp;rsquo;intelligence demeure sous la domination des dogmes chrétiens, mais dans le siècle qui la précède elle se lève dans une attitude sophistique et joue avec tous les articles de foi un jeu hérétique. On disait couramment en Italie et principalement à la cour romaine : pourvu que le cœur demeure chrétien, on peut laisser la raison à ses fantaisies.&#xA;On était tellement habitué longtemps avant la Réforme aux querelles scolastiques que le pape et nombre d&amp;rsquo;autres avec lui prirent au début la révolte de Luther pour une querelle de moines. L&amp;rsquo;humanisme correspond à la sophistique et de même qu&amp;rsquo;au temps des sophistes la vie grecque était en plein épanouissement (siècle de Périclès), de même l&amp;rsquo;époque de l&amp;rsquo;humanisme, ou comme on pourrait dire encore du machiavélisme (l&amp;rsquo;imprimerie, la découverte de nouveau monde, etc.), fut brillante entre toutes. Le cœur alors était bien loin encore de vouloir se débarrasser de son contenu chrétien.&#xA;Comme Socrate, le Réforme prit le cœur au sérieux et on le vit se déchristianiser à vue d&amp;rsquo;œil. Il allait être bientôt délivré de l&amp;rsquo;accablant fardeau du christianisme. De jour en jour moins chrétien, le cœur perd la substance sur laquelle il travaille, il ne lui reste qu&amp;rsquo;une cordialité vide, un amour très général de l&amp;rsquo;humanité, l&amp;rsquo;amour des hommes, la conscience de la liberté et &amp;ldquo;la conscience de soi&amp;rdquo;.&#xA;C&amp;rsquo;est maintenant seulement que le christianisme est révolu parce que, maintenant, il est dénudé, mort, vide. Le cœur ne s&amp;rsquo;ouvre plus, ne se laisse plus envahir par rien, il rejette même ce qui pourrait se glisser en lui sans qu&amp;rsquo;il fût conscient ou &amp;ldquo;qu&amp;rsquo;il eût conscience se soi&amp;rdquo;. Le cœur critique tout de qui le veut pénétrer, impitoyablement, à mort, et n&amp;rsquo;est capable d&amp;rsquo;aucune amitié, d&amp;rsquo;aucune affection (sauf inconsciemment ou par surprise). D&amp;rsquo;ailleurs qu&amp;rsquo;y aurait-il à aimer parmi les hommes, quand tous sont égoïstes, qu&amp;rsquo;aucun n&amp;rsquo;est homme dans le sens du mot, c&amp;rsquo;est-à-dire qu&amp;rsquo;aucun n&amp;rsquo;est exclusivement esprit ? Le chrétien n&amp;rsquo;aime que l&amp;rsquo;esprit. Mais où en trouver un qui ne serait véritablement rien qu&amp;rsquo;esprit ?&#xA;Aimer l&amp;rsquo;homme en chair et en os ne serait plus une cordialité &amp;ldquo;spirituelle&amp;rdquo;, ce serait une trahison à la cordialité &amp;ldquo;pure&amp;rdquo;, à &amp;ldquo;l&amp;rsquo;intérêt théorique&amp;rdquo;. Car il ne faut pas s&amp;rsquo;imaginer que la pure cordialité soit seulement cette aimable disposition qui vous fait serrer la main à tout le monde. La pure cordialité n&amp;rsquo;est cordiale envers personne, elle est seulement une sympathie théorique, un intérêt que l&amp;rsquo;on porte à l&amp;rsquo;homme en tant qu&amp;rsquo;homme et non pris comme personne. La personne lui est antipathique parce qu&amp;rsquo;elle est &amp;ldquo;égoïste&amp;rdquo;, parce qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas l&amp;rsquo;homme, cette idée. Mais c&amp;rsquo;est seulement pour l&amp;rsquo;idée qu&amp;rsquo;il y a un intérêt théorique. Pour la pure cordialité ou la pure théorie, les hommes n&amp;rsquo;existent que pour être critiqués, honnis et foncièrement méprisés. Pour elle, comme pour le prêtre fanatique, ils ne sont rien qu&amp;rsquo;immondices et autres choses du même goût.&#xA;Ayant atteint cette pointe extrême de la cordialité qui n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;intérêt pour rien, nous devons apprendre finalement que l&amp;rsquo;esprit, qui est l&amp;rsquo;objet unique de l&amp;rsquo;amour du chrétien, n&amp;rsquo;est rien ou que l&amp;rsquo;esprit est un mensonge.&#xA;Tout cela présenté brièvement et quelque peu incompréhensible encore s&amp;rsquo;éclairera, espérons-le, dans les développements ultérieurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les anciens servaient, comme nous l&amp;rsquo;avons vu, le naturel, le temporel, l&amp;rsquo;ordre établi dans la nature, mais ils se demandaient continuellement s&amp;rsquo;ils ne pouvaient se dispenser de ce service et après qu&amp;rsquo;ils eurent fait des efforts surhumains pour s&amp;rsquo;en affranchir, à leur dernier soupir, le Dieu &amp;ldquo;vainqueur du monde&amp;rdquo; naquit. Toute leur action n&amp;rsquo;avait pas été autre chose que &amp;ldquo;philosophie&amp;rdquo;, effort pour découvrir le monde et le dépasser. et qu&amp;rsquo;est-ce la sagesse des nombreux siècles qui suivent ? Qu&amp;rsquo;est-ce que les modernes ont cherché à découvrir ? Non plus le monde, les anciens l&amp;rsquo;avaient déjà fait, mais Dieu que les anciens leur avaient légué, Dieu &amp;ldquo;qui est esprit&amp;rdquo;, qui est tout, et enfin tout ce qui appartient à l&amp;rsquo;esprit, toute spiritualité. Mais cette activité de l&amp;rsquo;esprit &amp;ldquo;qui sonde même les profondeurs de Dieu&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est la théologie. Ainsi les anciens n&amp;rsquo;ont rien de plus à nous montrer que la philosophie, les modernes ne vont pas plus loin que la théologie. Nous verrons plus tard que même les révoltes les plus récentes contre Dieu ne sont rien que les efforts extrêmes de la théologie, c&amp;rsquo;est-à-dire des insurrections théologiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;à-propos-de-néron&#34;&gt;À propos de Néron&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un Néron aux yeux des &amp;ldquo;bons&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un &amp;ldquo;mauvais&amp;rdquo; homme ; aux miens, ce n&amp;rsquo;est pas autre chose qu&amp;rsquo;un possédé, comme les &amp;ldquo;bons&amp;rdquo;, aussi. Les &amp;ldquo;bons&amp;rdquo; voient en lui un scélérat fieffé et l&amp;rsquo;attribuent à l&amp;rsquo;enfer. Pourquoi son arbitraire ne trouva-t-il aucun obstacle ? Pourquoi tout lui fut-il permis ? Valaient-ils mieux que lui ces Romains domestiqués qui subirent toutes les volontés d&amp;rsquo;un pareil tyran ? Les vieux Romains ne fussent jamais devenus ses esclaves et l&amp;rsquo;eussent aussitôt exécuté. Mais, parmi les romains d&amp;rsquo;alors, les &amp;ldquo;bons&amp;rdquo; se contentaient de lui opposer les exigences de la morale, au lieu d&amp;rsquo;opposer leur volonté ils soupiraient parce que leur empereur ne rendait pas hommage à la vertu : eux-mêmes demeuraient des sujets vertueux, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;enfin l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;eux trouva le courage d&amp;rsquo;abandonner ce rôle de &amp;ldquo;sujet vertueux et obéissant&amp;rdquo;. Alors ces mêmes &amp;ldquo;bons Romains&amp;rdquo; qui avaient supporté en citoyens soumis toutes les hontes réservées aux hommes sans volonté crièrent d&amp;rsquo;allégresse devant l&amp;rsquo;acte criminel et immoral du révolté. Où donc était chez eux ce courage révolutionnaire qu&amp;rsquo;ils estimaient maintenant qu&amp;rsquo;un autre avait osé l&amp;rsquo;avoir ? Ils ne pouvaient pas avoir ce courage, car une révolution et même une insurrection est toujours quelque chose d&amp;rsquo;&amp;ldquo;immoral&amp;rdquo;, à quoi on ne peut se décider que quand on cesse d&amp;rsquo;être &amp;ldquo;bon&amp;rdquo; et qu&amp;quot;on devient soit &amp;ldquo;mauvais&amp;rdquo;, soit ni l&amp;rsquo;un ni l&amp;rsquo;autre. Néron n&amp;rsquo;était pas pire que son temps où il n&amp;rsquo;y avait qu&amp;rsquo;une alternative : être bon ou mauvais. Son temps devait penser de lui : il est mauvais, au sens le plus complet du mot, ce n&amp;rsquo;est pas un tière, mais un méchant achevé. Tous les gens moraux ne peuvent que porter ce jugement. Des gredins de son espèce il s&amp;rsquo;en trouve encore aujourd&amp;rsquo;hui de temps à autre parmi les gens moraux (voir les Mémoires du chevalier de Lang). Sous de tels scélérats, on ne respire pas à l&amp;rsquo;aise, car en aucun instant on n&amp;rsquo;est assuré de sa vie, mais vit-on plus aisément sous le gouvernement des gens moraux ? On n&amp;rsquo;est pas plus assuré de sa vie, sauf que l&amp;rsquo;on est pendu &amp;ldquo;suivant les formes du droit&amp;rdquo;, on est du moins sûr de son honneur, et les couleurs nationales flottent en évidence. Le rude poing de la morale impitoyable sur les nobles manifestations de l&amp;rsquo;égoïsme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;à-propos-de-léducation&#34;&gt;À propos de l&amp;rsquo;éducation&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qui donc, plus ou moins consciemment, n&amp;rsquo;a pa remarqué que toute notre éducation a pour objet de faire naître en nous des sentiments, de nous les suggérer au lieu de laisser ce  soin à nous-mêmes quoi qu&amp;rsquo;il en arrive ? Entendons-nous le nom de Dieu, nous devons ressentir en nous la crainte divine ; celui de sa Majesté le roi, nous éprouvons les sentiments de respect, vénération, soumission ; le nom de la morale, nous pensons à quelque chose d&amp;rsquo;inviolable ; le nom du Mauvais, nous tremblons, etc. C&amp;rsquo;est à ces sentiments que l&amp;rsquo;on tend et quiconque par exemple éprouverait de la satisfaction aux actes du &amp;ldquo;Mauvais&amp;rdquo; devra être &amp;ldquo;fouetté&amp;rdquo;. Ainsi bourrés de sentiments suggérés nous paraissons aux portes de la majorité et sommes déclarés &amp;ldquo;majeurs&amp;rdquo;. Notre équipement consiste en &amp;ldquo;sentiments élevés, pensées sublimes, maximes inspiratrices, éternels principes, etc.&amp;rdquo;. On pousse les jeunes en troupeau à l&amp;rsquo;école afin qu&amp;rsquo;ils apprennent les vieilles ritournelles et quand ils savent par cœur le verbiage des vieux, on les déclare &amp;ldquo;majeurs&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;à-propos-de-la-hiérarchie&#34;&gt;À propos de la hiérarchie&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On divise parfois les hommes en deux classes, les gens cultivés et ceux qui ne le sont pas. Les premiers, tant qu&amp;rsquo;ils furent dignes de leur nom, s&amp;rsquo;occupèrent de pensées, de choses de l&amp;rsquo;esprit. La pensée étant le principe du christianisme, avec l&amp;rsquo;ère chrétienne ils devinrent les maîtres, et ils exigèrent, pour les pensées par eux reconnues, soumission et respect. L&amp;rsquo;État, l&amp;rsquo;empereur, Dieu, la morale, l&amp;rsquo;ordre, etc., sont des pensées de ce genre ou des esprits qui n&amp;rsquo;existent que pour l&amp;rsquo;esprit. Un être qui se contente de vivre, un animal, ne s&amp;rsquo;en inquiète pas plus qu&amp;rsquo;un enfant. L&amp;rsquo;homme inculte, en réalité, n&amp;rsquo;est pas autre chose qu&amp;rsquo;un enfant, et celui qui ne connaît que ses besoins naturels a pour ces esprits une parfaite indifférence ; mais aussi parce qu&amp;rsquo;il est faible contre eux,  il succombe sous leur puissance et est dominé par la pensée. Tel est le sens de la hiérarchie.&#xA;La hiérarchie, c&amp;rsquo;est la domination de la pensée, la suprématie de l&amp;rsquo;esprit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-mépris-chrétien-du-monde&#34;&gt;Le mépris chrétien du monde&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Quand le monde disparaîtrait, nous n&amp;rsquo;aurions pas peur&amp;rdquo; (psaume XLVI, 3). En somme, le champ est préparé pour la doctrine que le monde est vain, pour le mépris chrétien du monde.&#xA;En fait, l&amp;rsquo;histoire des temps antiques se clôt sur ce fait que j&amp;rsquo;ai atteint ma propriété dans le monde. &amp;ldquo;Toutes les choses me sont données par mon père&amp;rdquo; (Matthieu, XI, 27). Le monde a cessé vis-à-vis de moi d&amp;rsquo;être supérieur en puissance, inaccessible, sacré, divin, il a perdu son caractère céleste et je le traite suivant mon bon plaisir, au point qu&amp;rsquo;il dépendrait absolument de moi d&amp;rsquo;exercer sur lui tous mes pouvoirs miraculeux, c&amp;rsquo;est-à-dire la puissance de mon esprit ; déplacer des montagnes, ordonner aux mûriers de s&amp;rsquo;arracher eux-mêmes et d&amp;rsquo;aller se planter dans la mer (Luc, XVII, 6), enfin faire tout ce qu&amp;rsquo;il est possible de faire, c&amp;rsquo;est-à-dire tout ce qu&amp;rsquo;on peut imaginer : &amp;ldquo;Toute chose est possible à qui a la foi&amp;rdquo; (Marc, IX, 23). Je suis le maître du monde. La &amp;ldquo;souveraineté&amp;rdquo; m&amp;rsquo;appartient. Le mode est devenu prosaïque, car le divin a disparu de lui : il est ma propriété dont je dispose comme je (c&amp;rsquo;est-à-dire l&amp;rsquo;Esprit) l&amp;rsquo;entends.&#xA;Je me suis donc élevé à posséder le monde ; ç&amp;rsquo;a été la première complète victoire de l&amp;rsquo;égoïsme, il avait vaincu le monde, il s&amp;rsquo;en était délivré, et enfermait sous de solides serrures l&amp;rsquo;héritage d&amp;rsquo;une longue suite de générations.&#xA;La première propriété, la première &amp;ldquo;souveraineté&amp;rdquo;, est conquise.&#xA;Cependant, le maître du monde n&amp;rsquo;est pas encore maître de ses pensées, de ses sentiments, de sa volonté : il n&amp;rsquo;est pas maître et possesseur de l&amp;rsquo;esprit, car l&amp;rsquo;esprit est encore sacré, il est le &amp;ldquo;Saint-Esprit&amp;rdquo;, et le chrétien qui s&amp;rsquo;est délivré du monde ne peut pas se délivrer de Dieu. Si l&amp;rsquo;antique combat fut dirigé contre le monde, le combat médiéval (chrétien) fut la lutte conte soi, contre l&amp;rsquo;esprit ; si le premier eut pour objet le monde extérieur, le second s&amp;rsquo;attaqua au monde intérieur ; c&amp;rsquo;est &amp;ldquo;le retour sur soi-même&amp;rdquo;, l&amp;rsquo;examen réfléchi, la méditation.&#xA;Toute la sagesse des anciens est philosophie ou sagesse du monde, toute sagesse des modernes est théologie.&#xA;Les anciens (y compris les juifs) en avaient fini avec le monde, il s&amp;rsquo;agissait maintenant d&amp;rsquo;en finir avec soi-même, avec l&amp;rsquo;esprit, c&amp;rsquo;est-à-dire de se libérer de l&amp;rsquo;esprit ou de Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;létat&#34;&gt;L&amp;rsquo;État&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand, au XVIIIème siècle, on eut vidé jusqu&amp;rsquo;à la lie le calice de la soi-disant royauté absolue, on s&amp;rsquo;aperçut trop bien que le breuvage qu&amp;rsquo;il contenait n&amp;rsquo;avait pas goût humain pour ne pas jeter des regards de convoitise sur une autre coupe. Nos pères étaient des &amp;ldquo;hommes&amp;rdquo; et ils finirent pas désirer être pris comme tels.[&amp;hellip;]&#xA;Unissons-nous donc et que chacun de nous défende l&amp;rsquo;homme chez les autres ; nous trouverons dans notre union la protection nécessaire et nous formerons, alliés, une communauté d&amp;rsquo;hommes conscients de leur dignité d&amp;rsquo;hommes et unis comme &amp;ldquo;hommes&amp;rdquo;. Notre union c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;État, et nous sommes, nous les alliés, na nation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme véritable, c&amp;rsquo;est la nation, mais l&amp;rsquo;homme isolé est constamment un égoîste. Donc faites abstraction de votre personnalité, de votre individualité isolée, en laquelle demeurent l&amp;rsquo;inégalité égoïste et la discorde, et consacrez-vous tout entier à l&amp;rsquo;homme véritable, à la nation, l&amp;rsquo;État. Alors vous serez estimés comme hommes et vous aurez tout ce qui est le propre de l&amp;rsquo;homme ; l&amp;rsquo;État, l&amp;rsquo;homme vrai, vous reconnaîtra ses privilèges et vous donnera &amp;ldquo;les droits de l&amp;rsquo;homme&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;homme vous donne ses droits !&#xA;Ainsi parle la bourgeoisie.&#xA;Le régime bourgeois se résume en cette pensée que l&amp;rsquo;État, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;homme vrai et que la valeur humaine de l&amp;rsquo;individu consiste à être un citoyen de l&amp;rsquo;État. Il met tout son honneur à être un bon citoyen, au-dessus il ne connait rien, tout au plus cette vieillerie, — être un bon chrétien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-révolution-française&#34;&gt;La révolution française&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La propriété fut la matière essentiellement inflammable qui fit éclater l&amp;rsquo;incendie de la Révolution. Le gouvernement avait besoin d&amp;rsquo;argent, il était mis en demeure de prouver le principe que le gouvernement est absolu, et par conséquent seul maître de toute propriété, seul propriétaire. Il devait reprendre son argent qui se trouvait être la possession mais non la propriété de ses sujets. Au lieu de cela il convoque les états généraux, pour se faire accorder cet argent. On n&amp;rsquo;osa pas pousser la logique jusqu&amp;rsquo;au bout et l&amp;rsquo;illusion du pouvoir absolu fut détruite ; celui qui se fait &amp;ldquo;accorder&amp;rdquo; quelque chose ne peut pas être considéré comme absolu. Les sujets reconnurent qu&amp;rsquo;ils étaient propriétaires véritables et que c&amp;rsquo;était leur argent que l&amp;rsquo;on voulait. Ceux qui avaient été jusque-là sujets parvinrent à la conscience qu&amp;rsquo;ils étaient propriétaires. Bailly dépeint en peu de mots la situation : &amp;ldquo;Si vous ne pouvez disposer de ma propriété sans mon consentement, à plus forte raison ne pouvez-vous disposer de ma personne, ni de tout ce qui se rapporte à mon être moral et social. Tout cela est ma propriété comme la pièce de terre que je cultive et j&amp;rsquo;ai un droit, un intérêt à faire moi-même les lois&amp;rdquo;. Les paroles de Bailly laissent entendre que chacun était propriétaire. Cependant à la place du gouvernement, à la place du prince, ce fut la nation qui devint propriétaire et souveraine. Désormais l&amp;rsquo;idéal s&amp;rsquo;appellera &amp;ldquo;Liberté du peuple&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un peuple libre&amp;rdquo;, etc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La bourgeoisie est l&amp;rsquo;héritière des classes privilégiées. En fait les droits des barons qui leur furent confisqués comme &amp;ldquo;usurpés&amp;rdquo; ne firent que passer à la bourgeoisie. Car la bourgeoisie s&amp;rsquo;appelait maintenant &amp;ldquo;la nation&amp;rdquo;. Tous les privilèges furent &amp;ldquo;remis aux mains de la nation&amp;rdquo;. Ils cessèrent ainsi d&amp;rsquo;être des privilèges : ce furent des &amp;ldquo;droits&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est la nation maintenant qui perçoit la dîme, qui exige les corvées, elle a hérité des cours de justice nobles, du droit de chasse, des serfs. La nuit du 4 août fut la nuit de mort des privilèges (les villes aussi, les communes, les municipalités, étaient privilégiées, pourvues de droits seigneuriaux et féodaux) ; elle prit fin, une aube nouvelle apparut, celle du droit, des &amp;ldquo;droits de l&amp;rsquo;État&amp;rdquo;, des &amp;ldquo;droits de la nation&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le monarque en la personne du &amp;ldquo;souverain roi&amp;rdquo; était un bien misérable monarque, comparé au nouveau, à &amp;ldquo;la nation souveraine&amp;rdquo;. Cette monarchie était mille fois plus tranchante, plus sévère et plus conséquente. Contre le nouveau souverain il n&amp;rsquo;y avait plus aucn droit, plus de privilèges ; combien est limité, en comparaison, le &amp;ldquo;roi absolu&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;ancien régime. La Révolution transforme la monarchie limitée en monarchie absolue. Désormais tout tout droit qui n&amp;rsquo;est pas conféré par ce monarque est une &amp;ldquo;usurpation&amp;rdquo;. Mais tout privilège qu&amp;rsquo;il confère est un &amp;ldquo;droit&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;était donc devenu l&amp;rsquo;individu ? Un protestant de la politique, car il était entré en relation directe avec Dieu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Contre la loi de raison personne ne doit se révolter, autrement on encourt les plus durs châtiments. On veut que ma raison seule — et non pas ma personne ou les miens — se meuve et se manifeste librement ; c&amp;rsquo;est-à-dire qu&amp;rsquo;on veut la souveraineté de la raison, une souveraineté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;liberté-politique&#34;&gt;Liberté politique&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Liberté politique&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;est-ce que qu&amp;rsquo;il faut entendre par là ? Sans doute la liberté de l&amp;rsquo;individu libre de l&amp;rsquo;État et de ses lois ? Non, au contraire, l&amp;rsquo;assujettissement de l&amp;rsquo;individu dans l&amp;rsquo;État et aux lois de l&amp;rsquo;État. Mais pourquoi &amp;ldquo;liberté&amp;rdquo; ? Parce qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;est plus séparé de l&amp;rsquo;État par des personnes intermédiaires, mais parce qu&amp;rsquo;on se trouve en rapport direct et immédiat avec lui, parce qu&amp;rsquo;on est un citoyen de l&amp;rsquo;État, parce qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;est pas le sujet d&amp;rsquo;un autre, pas même du roi, considéré comme personne, car seule sa qualité de &amp;ldquo;chef  de l&amp;rsquo;État&amp;rdquo; nous fait ses sujets. La liverté politique, ce point fondamental du libéralisme, n&amp;rsquo;est pas autre chose qu&amp;rsquo;une seconde phase du protestantisme et court parallèlement à la &amp;ldquo;liberté religieuse&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-liberté-de-la-presse&#34;&gt;La liberté de la presse&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La liberté de la presse entre autres est une de ces libertés du libéralisme qui ne combat la contrainte de la censure que comme celle de l&amp;rsquo;arbitre personnel, tandis qu&amp;rsquo;elle se montre extrêmement encline à exercer la tyrannies par des &amp;ldquo;lois de presse&amp;rdquo;, en d&amp;rsquo;autres termes c&amp;rsquo;est pour eux-mêmes que les libéraux bourgeois veulent la liberté d&amp;rsquo;écrire ; car, comme ils sont avec la loi, leurs écrits ne les feront pas tomber sous le coup de la loi. On ne peut imprimer que ce qui est libéral, c&amp;rsquo;est-à-dire légal ; autrement, les lois, les &amp;ldquo;pénalités de presse&amp;rdquo; vous menacent. La liberté personnelle paraît assurée, et l&amp;rsquo;on ne remarque pas, quand une certaine limite est dépassée, que c&amp;rsquo;est le règne de la plus criante des servitudes. Certes nous sommes affranchis des ordres et personne n&amp;rsquo;a plus rien à nous commander, mais nous sommes devenus d&amp;rsquo;autant plus soumis à la loi. Nous sommes maintenant esclaves selon toutes les formes du droit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-travailleurs&#34;&gt;Les travailleurs&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;État, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;État bourgeois, c&amp;rsquo;est la constitution même de la bourgeoisie. Il protège l&amp;rsquo;homme non pas suivant son travail, mais suivant son obéissance (&amp;ldquo;loyalisme&amp;rdquo;), suivant qu&amp;rsquo;il exerce les droits qui lui sont conférés par l&amp;rsquo;État, conformément à la volonté, c&amp;rsquo;est-à-dire aux lois de l&amp;rsquo;État.&#xA;Dans le régime bourgeois, les travailleurs tombent constamment sous le joug des possesseurs, c&amp;rsquo;est-à-dire de tous ceux qui ont à leur disposition un bien de l&amp;rsquo;État quelconque (or,  tout ce qui est susceptible d&amp;rsquo;être possédé est bien de l&amp;rsquo;État, appartient à l&amp;rsquo;État, et n&amp;rsquo;est que le fief attribué à l&amp;rsquo;individu), particulièrement l&amp;rsquo;argent ou des biens territoriaux, ainsi que le travailleur tombe aux mains des capitalistes. Le travailleur ne peut faire valoir son travail en raison de la valeur qu&amp;rsquo;il a pour ceux qui en jouissent. &amp;ldquo;Le travail est mal payé :&amp;rdquo; Le capitaliste en tire le plus grand profit. Exception seulement pour les travaux de ceux qui contribuent à rehausser l&amp;rsquo;éclat et la domination de l&amp;rsquo;État, pour les travaux des hauts fonctionnaires qui sont bien, trop bien payés. L&amp;rsquo;État paye bien afin que ses &amp;ldquo;bons citoyens&amp;rdquo;, — la classe possédante, — puissent sans danger mal payer ; il s&amp;rsquo;assure par de bons traitements ses serviteurs dont il fait une arme de défense pour les &amp;ldquo;bons citoyens&amp;rdquo;, une &amp;ldquo;police&amp;rdquo; (à la police appartiennent les soldats, les fonctionnaires de toutes sortes, par exemple ceux de la justice, de l&amp;rsquo;instruction publique, etc., bref toute la &amp;ldquo;machine de l&amp;rsquo;État&amp;rdquo;), et les &amp;ldquo;bons citoyens&amp;rdquo; lui versent bien volontiers de forts impôts pour pouvoir payer d&amp;rsquo;autant moins leurs travailleurs.&#xA;Mais la classe des travailleurs en ce qui concerne ses intérêts essentiels n&amp;rsquo;est pas protégée (car ce n&amp;rsquo;est pas comme travailleurs qu&amp;rsquo;ils jouissent de la protection de l&amp;rsquo;État, mais comme sujets qu&amp;rsquo;ils jouissent de la protection de la police, une prétendue protection légale), aussi demeure-t-elle une force hostile à l&amp;rsquo;État, à cet État des gens qui possèdent, à cette &amp;ldquo;royauté&amp;rdquo; bourgeoise&amp;rdquo;. Son principe, le travail, n&amp;rsquo;est pas reconnu à sa valeur, il est exploité, c&amp;rsquo;est le butin de guerre des possédants, des ennemis.&#xA;Les travailleurs ont entre les mains la puissance la plus formidable, s&amp;rsquo;ils en prenaient une fois conscience et voulaient la mettre en œuvre, rien ne leur résisterait : ils n&amp;rsquo;auraient qu&amp;rsquo;à cesse de travailler, qu&amp;rsquo;à considérer la matière travaillée comme la leur propre et à en jouir. Tel est le sens des agitations prolétaires qui se manifestent de temps à autre.&#xA;L&amp;rsquo;État repose sur l&amp;rsquo;esclavage du travail. Si le travail devient libre, l&amp;rsquo;État est perdu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lindividualisme&#34;&gt;L&amp;rsquo;individualisme&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;À l&amp;rsquo;antique formule &amp;ldquo;rendez hommage à Dieu&amp;rdquo; correspond la formule moderne &amp;ldquo;rendez hommage à l&amp;rsquo;homme&amp;rdquo;. Mais moi je pense qu&amp;rsquo;il vaut mieux conserver pour moi cet honneur. [&amp;hellip;]&#xA;Parmi les théories sociales, la Critique est incontestablement la plus achevée, parce qu&amp;rsquo;elle éloigne et déprécie tout e qui sépare l&amp;rsquo;homme de l&amp;rsquo;homme ; tous les privilèges jusqu&amp;rsquo;au privilège de la foi. En elle, le principe d&amp;rsquo;amour du christianisme, le vrai principe social arrive à sa réalisation la plus pure, en elle est fait le dernier effort possible pour détruire chez les hommes l&amp;rsquo;exclusivisme et le parti pris de repousser : combat contre l&amp;rsquo;égoïsme,sous la forme la plus simple et la plus dure, l&amp;rsquo;exclusivisme, l&amp;rsquo;individualisme.&#xA;&amp;ldquo;Comment pouvez-vous véritablement vivre en société, tant qu&amp;rsquo;il existe parmi vous un tel exclusivisme ?&amp;rdquo;&#xA;Je demande au contraire : comment pouvez-vous vraiment êtres uniques tant qu&amp;rsquo;il existe entre vous un seul rapport ? Si vous avez ensemble connexion, vous ne pouvez vous séparer, su un &amp;ldquo;lien&amp;rdquo; vous attache ensemble, vous n&amp;rsquo;êtes quelque chose qu&amp;rsquo;ensemble ; et vos douze font une douzaine, vos mille font un peuple, vos millions l&amp;rsquo;humanité !&#xA;&amp;ldquo;Ce n&amp;rsquo;est que quand vous êtes humains que vous pouvez, comme hommes, avoir des relations avec les autres, de même que c&amp;rsquo;est seulement si vous êtes patriotes, que vous pouvez comme patriotes vous comprendre.&amp;rdquo; Parfait ! Et moi je réponds : &amp;ldquo;C&amp;rsquo;est seulement si vous êtes uniques que vous pouvez comme tels avoir des rapports ensemble.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La proposition &amp;ldquo;Dieu est devenu Homme&amp;rdquo; s&amp;rsquo;est transformée en celle-ci : &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Homme est devenu Moi&amp;rdquo;. Ce Moi est le moi humain. Mais nous, nous renversons la proposition et disons : je n&amp;rsquo;ai pu me trouver tant que je me suis cherché comme homme ; mais maintenant il apparaît que l&amp;rsquo;homme cherche à devenir Moi et à acquerir en Moi une corporalité, je remarque bien pourtant que tout dépend de Moi, et que l&amp;rsquo;homme sans Moi est perdu. Mais je ne puis consentir à me faire le tabernacle de ce Très-Saint et ne m&amp;rsquo;inquiéterai pas à l&amp;rsquo;avenir de savoir si mon activité réalise l&amp;rsquo;homme ou le non-homme : qu&amp;rsquo;on me délivre de cet esprit importun.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne veux rien reconnaître ou respecter en toi, ni le propriétaire ni le gueux, pas même l&amp;rsquo;homme, mais de toi je veux seulement user. Je trouve que le sel donne du goût à mes aliments, c&amp;rsquo;est pourquoi je l&amp;rsquo;y mêle, je reconnais que le poisson est une chair excellente, c&amp;rsquo;est pourquoi je m&amp;rsquo;en nourris, en toi je découvre le don d&amp;rsquo;égayer la vie, c&amp;rsquo;est pourquoi je te choisis pour compagnon.  Ou bien j&amp;rsquo;étudie dans le sel la cristallisation, dans le poisson, l&amp;rsquo;animalité, en toi, l&amp;rsquo;homme, etc., pour moi tu n&amp;rsquo;es que ce que tu es pour moi, c&amp;rsquo;est-à-dire mon objet, et, parce que mon objet, ma propriété.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-communisme&#34;&gt;Le communisme&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De son côté, le communisme, par l&amp;rsquo;abolition de toute propriété individuelle, me rejette encore plus sous la dépendance d&amp;rsquo;autrui — la généralité ou la totalité — et bien qu&amp;rsquo;il attaque violemment l&amp;rsquo;État, son intention est d&amp;rsquo;établir aussi son État, un status, un état de choses qui paralyse mon activité libren une autorité souveraine sur moi. Contre l&amp;rsquo;oppression que je subis de la part des propriétaires individuels, le communisme se soulève de plein droit, mais plus terrible encore est la puissance qu&amp;rsquo;il met aux mains de la toatlité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;association-dégoïstes&#34;&gt;Association d&amp;rsquo;égoïstes&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est pourquoi nous sommes tous deux, l&amp;rsquo;État et moi, ennemis. Moi, l&amp;rsquo;égoïste, je ne m&amp;rsquo;inquiète guère du bien de &amp;ldquo;cette société humaine&amp;rdquo; ; je ne lui sacrifie rien, je l&amp;rsquo;utilise seulement ; mais pour pouvoir l&amp;rsquo;utiliser complètement, je la transforme aussitôt en ma propriété, en ma créature, c&amp;rsquo;est-à-dire que je l&amp;rsquo;annihile et crée à sa place une association d&amp;rsquo;égoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Stirner&#34;  title=&#34;Max Stirner sur wikkpedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Max Stirner&lt;/a&gt; (1806-1856) est un philosophe allemand, considéré comme un des précurseurs de l&amp;rsquo;existentialisme et de l&amp;rsquo;anarchisme individualiste, bien qu&amp;rsquo;il ait lui-même toujours refusé le qualificatif d&amp;rsquo;anarchiste. Son livre fut violemment critiqué par Marx, et considéré par d&amp;rsquo;autres comme l&amp;rsquo;acte de décès de la philosophie&amp;hellip; Stirner finira sa vie dans la misère, allant deux fois en prison pour dettes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
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            <title>Urkas ! - Nicolaï Lilin</title>
            <link>https://pled.fr/urkas-nicolai-lilin/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Jun 2013 18:29:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/urkas-nicolai-lilin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Urkas ! - Nicolaï Lilin&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;urkas.png#floatleft&#34;&gt; Recommandé par une jeune libraire d&amp;rsquo;origine russe, j&amp;rsquo;ai donc lu Urkas !, ou comme l&amp;rsquo;indique le sous-titre : l&amp;rsquo;itinéraire d&amp;rsquo;un parfait bandit sibérien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sous une forme autobiographique romancée, l&amp;rsquo;auteur va nous raconter son enfance et son éducation dans une communauté sibérienne, dont la principale activité est le vol et les trafics en tous genre. Il faut dire que le gouvernement soviétique n&amp;rsquo;a rien fait pour eux, à part les déporter conte leur gré de Sibérie en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Transnistrie_%28pays%29&#34;  title=&#34;La Transnitirie sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Transnitrie&lt;/a&gt; (région coincée entre la Moldavie et l&amp;rsquo;Ukraine, revendiquant aujourd&amp;rsquo;hui son indépendance).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Contrairement à ce que l&amp;rsquo;on pourrait croire, le mode de vie est très réglementé, hiérarchisé, les actions codifiées selon des règles très strictes. Ils sont très religieux, et l&amp;rsquo;amour de la liberté n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;égal que la haine des policiers. La modernité venue du monde occidental est également proscrite. Le monde décrit est celui d&amp;rsquo;un autre temps, où l&amp;rsquo;honneur ne se marchande pas, et où un coup de couteau est vite donné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même les tatouages ont une signification bien précise (c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs la voie que choisira l&amp;rsquo;auteur, il deviendra tatoueur) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le tatouage est intrinsèquement lié à la culture de la communauté criminelle russe, et chacun d&amp;rsquo;eux à une signification. Il constitue une sorte de carte d&amp;rsquo;identité qui sert à communiquer son rang au sein de la société criminelle : le type de &amp;ldquo;métier&amp;rdquo; exercé par un bandit et diverses informations sur sa vie et ses expériences en prison.&#xA;Chaque communauté possède sa propre tradition du tatouage, avec une symbolique et des motifs spécifiques, ainsi qu&amp;rsquo;une façon bien à elle de placer les signes sur le corps, de les interpréter. La culture sibérienne du tatouage est la plus ancienne, car ce sont précisément les ancêtres des bandits sibériens qui ont commencé à tatouer des symboles cryptés. Par la suite, cette culture a été imitée par d&amp;rsquo;autres communautés et s&amp;rsquo;est répandue dans toutes les prisons russes, en transformant les principales significations des tatouages et la façon de les réaliser et de les interpréter. Les tatouages de la caste criminelle la plus puissante en Russie, appelée Graine noire, sont entièrement calqués sur la tradition des Urkas, mais ils ont une signification différente. Les motifs peuvent être identiques, mais seule une personne capable de lire un corps peut &amp;ldquo;raconter&amp;rdquo; avec précision ce qu&amp;rsquo;ils cachent et expliquer pourquoi ils sont différents.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dépaysement est total, et la découverte de ce monde à part très intéressante. On sent toutefois que l&amp;rsquo;auteur a amalgamé plusieurs anecdotes de la communauté pour construire son histoire, et l&amp;rsquo;ensemble manque un peu de lien. Les digressions au milieu d&amp;rsquo;un récit peuvent aussi être très longues&amp;hellip; mais on apprend plein de choses sur cette communauté, presque trop, comme si l&amp;rsquo;auteur avait voulu nous en dire le plus possible en une seule fois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, le roman vaut le détour pour la découverte d&amp;rsquo;un monde inattendu, raconté sans pudeur ni honte, presque avec détachement parfois, tant le récit peut être sordide (notamment en prison) ou l&amp;rsquo;usage de la violence absurde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La communauté décrite a aujourd&amp;rsquo;hui disparu&amp;hellip; Voilà ce que dit Nicolaï Ilin (citoyen italien aujourd&amp;rsquo;hui, résidant en Italie) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une telle communauté n’existe plus. Il n’y a plus que mon frère, moi, et peut-être encore une ou deux autres personnes. Le problème, c’est qu’il n’en reste pas non plus en Sibérie. Le noyau de cette communauté a été déporté en Transnistrie, où il n’a pu survivre. La communauté que je décris dans le livre se composait de 40 familles. On peut dire que la tradition a été un soutien, mais que dans certaines situations, la survie d’une communauté déracinée est impossible.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nicolaï Lilin n&amp;rsquo;a pas encore sa page sur wikipedia. À priori, il sera enrôlé par l&amp;rsquo;armée russe, puis envoyé en Tchétchénie, épisode qu&amp;rsquo;il évoque à la fin de ce livre, et qu&amp;rsquo;il racontera dans un autre livre : &lt;strong&gt;Sniper: Vie d&amp;rsquo;un soldat en Tchétchénie&lt;/strong&gt;. Apparemment, là aussi, un témoignage assez cru sur les horreurs commises là-bas.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le casse du siècle - Michael Lewis</title>
            <link>https://pled.fr/le-casse-du-siecle-michael-lewis/</link>
            <pubDate>Mon, 20 May 2013 09:56:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-casse-du-siecle-michael-lewis/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le casse du siècle - Michael Lewis&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cassedusiecle.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est un collègue du boulot qui m&amp;rsquo;a prêté ce livre ; j&amp;rsquo;en avais toutefois déjà entendu parler comme d&amp;rsquo;un bon bouquin sur la crise financière de 2008. En général, je ne suis pas trop fan de ce genre de littérature traitant de sujets d&amp;rsquo;actualité &amp;ldquo;à chaud&amp;rdquo;, mais je dois dire que j&amp;rsquo;ai bien aimé celui-ci, en particulier les portraits qu&amp;rsquo;il dresse des acteurs de cette histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a malgré tout quelques aspects de technique financière d&amp;rsquo;abordés, un peu compliqués et barbants, mais limités au minimum et bien expliqués. On peut ainsi garder le fil en se limitant aux principes de bases, et là c&amp;rsquo;est un véritable polar que l&amp;rsquo;on tient dans les mains.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Donc la crise c&amp;rsquo;est très simple :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Prenez des gens malhonnêtes et sans aucun scrupule, dont le seul objectif est de faire du profit sans tenir compte des conséquences, au risque de faire exploser tout le système, y compris la démocratie : j&amp;rsquo;ai nommé les banques d&amp;rsquo;affaires (Goldman Sachs en est le symbole le plus abouti, mais loin d&amp;rsquo;être la seule). Dans ce monde, pas d&amp;rsquo;éthique, tout est permis et sacrifié sur l&amp;rsquo;autel du profit : conflits d&amp;rsquo;intérêts, obstruction à la justice, etc&amp;hellip; Leurs traders, à peine sortis de l&amp;rsquo;école, sont les plus brillants et motivés par de très gros bonus, acceptant tout d&amp;rsquo;une hiérarchie hystérique et/ou incompétente. L&amp;rsquo;auteur Michael Lewis s&amp;rsquo;était retrouvé dans cette situation (diplômé d&amp;rsquo;un master en économie), et voilà ce qu&amp;rsquo;il en dit dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;une banque d&amp;rsquo;investissement de Wall Street ait été disposée à me payer des centaines de milliers de dollars pour prodiguer des conseils de placement à des adultes demeure à ce jour un mystère pour moi. J&amp;rsquo;avais 24 ans, et je ne connaissais rien, ni ne m&amp;rsquo;intéressais particulièrement, aux fluctuations du marché. La fonction essentielle de Wall Street était de répartir les capitaux : de décider qui devait en avoir on non. Croyez-moi quand je vous dis que je n&amp;rsquo;avais pas la moindre idée sur la question. Je n&amp;rsquo;avais jamais étudié la comptabilité, jamais dirigé d&amp;rsquo;entreprise, jamais même eu d&amp;rsquo;économies personnelles à gérer. Je m&amp;rsquo;étais retrouvé par hasard à travailler chez Salomon Brothers en 1985, et en étais ressorti, plus riche, en 1988, et bien que j&amp;rsquo;aie écrit un livre sur cette expérience, tout cela me semble toujours aussi grotesque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ajoutez-y une bonne dose d&amp;rsquo;incompétence avec les agences de notations (Moody&amp;rsquo;s, Standard &amp;amp; Poor&amp;rsquo;s), qui ont accordé leur fameux triple-A à des contrats très complexes sans n&amp;rsquo;y rien comprendre. À moins que là aussi, un peu de malhonnêteté et de conflits d&amp;rsquo;intérêts n&amp;rsquo;aient également joué un rôle&amp;hellip; C&amp;rsquo;est vrai que leur traders ne sont pas les plus brillants non plus, loi du marché oblige ! Toujours est-il qu&amp;rsquo;avec une telle note, ces produits toxiques se sont disséminés partout sur la planète financière, ce ne sont pas les gogos qui manquent&amp;hellip;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et tout cela dans un marché obligataire à peu près sans réglementation, où l&amp;rsquo;on refuse que le pire puisse arriver : en fait, ils ne peuvent même l&amp;rsquo;imaginer, tant le système de pensée ambiant vous en empêche. C&amp;rsquo;est un aspect intéressant du livre, la description des rapports humains dans ces boites fait froid dans le dos.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vous y êtes. Il ne reste plus qu&amp;rsquo;à proposer un prêt immobilier à des types qui au moindre problème (ou variation du marché) ne pourront pas le rembourser&amp;hellip; mais quand ce système de crédit fonctionne bien depuis 15 ans, comment imaginer que cela puisse ne pas continuer ? qu&amp;rsquo;à force de tirer sur la corde et de prêter à des gens de plus en plus pauvres, ce qui doit arriver va vraiment arriver ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Michael Lewis va nous raconter l&amp;rsquo;histoire de deux personnages atypiques, qui justement parce qu&amp;rsquo;ils ne font pas partie de ce milieu, vont deviner avant les autres que ces fameux prêts &amp;ldquo;subprimes&amp;rdquo; ne peuvent que mener dans le mur. Et ils vont donc parier contre (on appelle ça &amp;ldquo;être short&amp;rdquo;), grâce aux &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Credit_default_swap&#34;  title=&#34;Les \&amp;#34;Credit Default Swap\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;CDS&lt;/a&gt;, un autre produit financier de haute volée. Les deux personnages apparaissent un peu comme des héros lucides dans un monde de fous, mais mine rien ils participeront également à la catastrophe : s&amp;rsquo;ils sont les premiers à se rendre compte de la situation, ils seront suivis par bien d&amp;rsquo;autres, et des sommes colossales devront être versées au titre de ces contrats.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6349&#34;  title=&#34;Steve Eisman sur wipidedia (en)&#34;&#xA;    &gt;Steve Eisman&lt;/a&gt;, d&amp;rsquo;abord : analyste financier pour une petite société, peu enclin à la consensualité, atypique, plus intéressé par ses propres réflexions que par les gens autour de lui, se fichant totalement des bonnes manières (et donc se mettant des gens à dos). Sa mère explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En fait, Steven avait deux personnalités : la première était celle du petit garçon à qui elle avait offert le vélo flambant neuf dont il rêvait et qui avait aussitôt filé dans Central Park, prêté son vélo à un gamin qu&amp;rsquo;il ne connaissait ni d&amp;rsquo;Ève ni d&amp;rsquo;Adam, et vu l&amp;rsquo;autre mettre les bouts avec. La seconde était celle du jeune homme qui avait entrepris d&amp;rsquo;étudier le Talmud, non parce qu&amp;rsquo;il éprouvait le moindre intérêt pour Dieu, mais parce qu&amp;rsquo;il voulait découvrir les contradictions internes du livre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_Burry&#34;  title=&#34;Mike Burry sur wikipedia (en)&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mike Burry&lt;/a&gt; : tout en faisant ses études de médecine (il obtiendra un diplôme de physicien), il commence à s&amp;rsquo;intéresser à la finance, crée un blog, et se fait connaître par la justesse de ses analyses. Lui aussi va sentir la crise venir, à force de lire ce que les autres ne lisent pas. Il passe la majorité de son temps seul, se plonge dans la lecture de documents complexes, comme ceux décrivant les produits élaborés par les banques d&amp;rsquo;affaire que personne ne lit, et surtout pas les agences de notations. Ce n&amp;rsquo;est que plus tard, lorsque son fils se verra diagnostiquer du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Asperger&#34;  title=&#34;Syndrome d&amp;#39;Apserger sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;syndrome d&amp;rsquo;Asperger&lt;/a&gt; (une forme d&amp;rsquo;autisme), qu&amp;rsquo;il se rendra compte qu&amp;rsquo;il en est de même pour lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces deux personnages vont donc jouer contre, et devenir riches par la même occasion, quand au même moment des milliers d&amp;rsquo;américains vont se retrouver &amp;ldquo;homeless&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-marché-obligataire&#34;&gt;Le marché obligataire&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le marché obligataire, puisqu’il était principalement constitué de gros investisseurs institutionnels, n’avait connu aucune pression politique populiste équivalente [au marché des actions]. Même à mesure qu’il éclipsait le marché des actions, il avait échappé à toute régulation sérieuse. Les vendeurs d’obligations pouvaient dire et faire n’importe quoi sans crainte d’être dénoncés à quelque autorité que ce soit. Les traders d’obligations pouvaient exploiter des informations confidentielles sans risquer de se faire prendre. Les techniciens d’obligations pouvaient concocter de nouveaux véhicules de plus en plus complexes sans trop de soucier des régulations gouvernementales - c’est l’une des raisons pour lesquelles tant de produits dérivés découlaient, d’une manière ou d’une autre, d’obligations (…) L’opacité et la complexité du marché obligataire constituaient pour les grandes banques de Wall Street un énorme avantage. Le client vivait dans la crainte perpétuelle de ce qu’il ne savait pas. Et si les départements obligataires étaient de plus en plus la poule aux œufs d’or de Wall Street, c’était en partie pour la raison suivante : sur le marché obligataire, il était toujours possible de gagner de grosses sommes d’argent en misant sur la peur et l’ignorance des clients&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les marchés financiers sont une collection d’avis contraires. Moins le marché est transparent, plus les titres sont compliqués, et plus ça peut rapporter d’argent aux salles des marché des grandes banques de Wall Street. Les différences de vue permanentes sur la valeur des actions de quelque importante société cotée en Bourse n’apportent pas grand-chose, puisque aussi bien l’acheteur que le vendeur peuvent voir le juste prix de l’action sur leur écran, et que la commission du broker a été réduite sous l’effet de la concurrence. En revanche, les différents avis sur la valeur des CDS sur les obligations subprime - des titres complexes dont la valeur avait été dérivée de celle d’autres titres complexes- pouvaient être une mine d’or. Comme le seul opérateur sérieusement impliqué dans les CDS étaient Goldman Sachs, il y avait, au début, peu de concurrence sur les prix. L’offre, grâce à AIG, était virtuellement illimitée. Le problème était la demande (…) Chose incroyable, à ce point crucial de l’histoire financière qui précéda tant de chamboulements, la seule contrainte du marché des subprimes était le manque de personnes disposées à parier contre&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;arnaquer-les-pauvres&#34;&gt;Arnaquer les pauvres&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Où trouver des emprunteurs avec des scores Fico élevés (ce score prétend mesurer la solvabilité des emprunteurs individuels) ? Ici encore, les salles de marché obligataire de Wall Street exploitent une faille des agences de notation. Apparemment les agences ne saisissaient pas la différence entre un &amp;ldquo;score Fico avec un dossier mince&amp;rdquo; et &amp;ldquo;un score Fico avec un dossier épais&amp;rdquo;. Un dossier mince impliquait, comme son nom l’indiquait, un historique de crédit limité. En effet, le dossier était mince parce que la personne n’avait pas souvent emprunté. Les immigrés qui n’avaient jamais échoué à rembourser une dette, pour la simple et bonne raison qu’on ne leur avait jamais accordé le moindre crédit, avaient souvent des scores étonnement élevés et des dossiers minces. Moyennant quoi une nourrice jamaïquaine ou un cueilleur de fraises mexicain avec des revenus de 14000 dollars qui cherchaient à emprunter trois quarts de million de dollars, lorsqu’ils étaient filtrés à travers les modèles de Moody’s et S&amp;amp;P, se retrouvaient soudain utiles. Ils pouvaient améliorer la qualité apparente des assemblages de prêts et augmenter le pourcentage d’entre eux qui seraient déclarés triple-A.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;au-royaume-des-aveugles&#34;&gt;Au royaume des aveugles&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A la fin mars 2007, &amp;ldquo;nous étions quasiment sûrs que l’une des deux hypothèses suivantes était vraie. Soit le jeu était complètement truqué, soit nous avions complètement perdu la tête. L’escroquerie était si évidente qu’il nous semblait qu’elle avait des implications pour la démocratie. Nous avons vraiment eu peur.&amp;rdquo; Ils connaissaient des journalistes qui travaillaient au New York Times et au Wall Street Journal, mais leur histoire ne les intéressa pas. Un ami du Journal les mit en relation avec la division de contrôle de la SEC, mais ça ne donna rien non plus. Dans leurs bureaux de Lower Manhattan, les gens de la SEC les reçurent et écoutèrent avec politesse. (…) A mesure qu’ils parlaient, ils sentaient l’incompréhension de leur auditoire. (…) La SEC ne donna jamais suite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;pas-de-perdants&#34;&gt;Pas de perdants&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La frontière entre pari et investissement est artificielle et ténue. L’investissement le plus sûr a tout d’un pari (vous risquez de perdre tout votre argent dans l’espoir d’en gagner plus), et la spéculation la plus folle a les caractéristiques d’un investissement (vous pouvez récupérer votre argent avec un intérêt). Peut-être la meilleure définition de l’investissement est-elle la suivante : &amp;ldquo;un pari dont les probabilités sont en votre faveur&amp;rdquo;. Les personnes qui avaient shorté le marché des subprimes avaient les probabilités en leur faveur. Les personnes qui se trouvaient de l’autre côté -la totalité du système financier, pour ainsi dire- avaient parié avec les probabilités contre elles. Jusqu’à ce stade, l’histoire de ce livre n’aurait pu être plus simple. Ce qu’elle avait d’étrange et de compliqué, cependant, c’était qu’à peu près toutes les personnes des deux côtés du pari avaient quitté la table riches.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En refermant le livre, on se dit que ces mecs sont complètement cinglés, et bien capables de recommencer à la moindre occasion. Et ce ne sont pas les réglementations mises en place depuis qui les en empêcheront : 5 ans après, on en est toujours à discuter&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Lewis&#34;  title=&#34;Michael Lewis sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michael Lewis&lt;/a&gt; est né en 1960 à La Nouvelle Orléans. En 1988 il démissionne de Salomon Brothers, et écrit &amp;ldquo;Poker menteur&amp;rdquo;, que l&amp;rsquo;on comparera au &amp;ldquo;Bûcher des vanités&amp;rdquo; de Tom Wolfe. Il est aujourd&amp;rsquo;hui journaliste à Vanity Fair.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme qui savait la langue des serpents - Andrus Kivirähk</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-qui-savait-la-langue-des-serpents-andrus-kivirahk/</link>
            <pubDate>Sat, 13 Apr 2013 17:39:36 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-qui-savait-la-langue-des-serpents-andrus-kivirahk/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’homme qui savait la langue des serpents - Andrus Kivirähk&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;languedes-serpents.jpg#floatleft&#34;&gt; Coup de cœur du libraire, et je me suis laissé convaincre : au Moyen-Âge, en Estonie, l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un monde ancien qui disparaît, quand les hommes vivaient dans la forêt et commandaient aux animaux grâce à la langue des serpents&amp;hellip; Et puis la civilisation chrétienne  arrive, les familles quittent peu à peu la forêt pour cultiver les terres du Seigneur des lieux, adhèrent à la nouvelle religion, reniant par la même occasion le monde païen d&amp;rsquo;où ils venaient.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En commençant ce livre, je ne savais vraiment pas à quoi m&amp;rsquo;attendre. C&amp;rsquo;est une fable, plutôt bien écrite, mais une fois passé l&amp;rsquo;attrait de la découverte de ce monde un peu étrange, je me suis tout de même ennuyé ferme, me croyant plongé dans un roman pour adolescent tout au plus. Et puis quand les choses viennent à se corser pour &lt;strong&gt;Leemet&lt;/strong&gt;, le jeune narrateur et dernier habitant de la forêt, le refus et la critique de cette civilisation qui arrive est assez percutant, tendance anarchiste. La religion n&amp;rsquo;est pas épargnée bien sûr, mais aussi l&amp;rsquo;asservissement et la perte de la liberté. Le récit devient alors assez violent, et l&amp;rsquo;on se rend bien compte alors que l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;est pas dans un compte pour enfants&amp;hellip; Cela donne envie de finir l&amp;rsquo;histoire, pour ceux qui n&amp;rsquo;auront pas refermé le livre avant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est finalement la postface de Jean-Pierre Minaudier, intitulée &amp;ldquo;Le pamphlet sous la fable&amp;rdquo;, qui en parle le mieux :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Il n&amp;rsquo;y a plus personne dans la forêt&amp;rdquo; : c&amp;rsquo;est la première phrase, et elle revient au moins une dizaine de fois. L&amp;rsquo;homme qui savait la langue des serpents est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une solitude irrémédiable, malgré tous les efforts faits pour s&amp;rsquo;en arracher, et un récit du désenchantement du monde : la réalité sylvestre fantastique, débordante au début du roman, disparaît progressivement, exterminée (les serpents) ou tombée dans l&amp;rsquo;oubli (la salamandre). Le roman est surtout une réflexion sur ce que c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;être &amp;ldquo;le dernier des mohicans&amp;rdquo;, être en retard sur son temps, être en décalage avec le reste du monde ; réflexion menée, de manière très centro-européenne, par le biais de l&amp;rsquo;identité, du mode de vie, de la culture, de la langue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut préciser que l&amp;rsquo;identité nationale estonienne se fonde essentiellement sur la langue : les Estoniens sont très fiers d&amp;rsquo;avoir pu conserver durant des millénaires leur idiome pré-indo-européen et la culture qu&amp;rsquo;il véhicule, mais ils les sentent menacés par la modernité. L&amp;rsquo;extrême agressivité culturelle du pouvoir soviétique (russophone) qui les a opprimés durant un demi-siècle les a fortement alarmés, et la question se pose toujours, quoique autrement, dans notre monde anglophone et globalisé : les petites cultures, les minorités, les petits peuples ont-ils un avenir ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le roman de Kivirähk n&amp;rsquo;est absolument pas un livre romantique où s&amp;rsquo;exprimerait exclusivement la nostalgie de ce qui s&amp;rsquo;en va. Kivirähk est l&amp;rsquo;anti-Fenimore Cooper : même s&amp;rsquo;il se place du point de vue d&amp;rsquo;un homme de l&amp;rsquo;ancien monde et s&amp;rsquo;il souligne que pour certains d&amp;rsquo;entre nous il n&amp;rsquo;est pas d&amp;rsquo;autre choix possible que le rejet de la modernité, jamais il ne tombe dans le piège indigéniste qui consiste à idéaliser le temps jadis, les gens de la forêt, la dernière tribu, et à mépriser et condamner sans nuance l&amp;rsquo;ensemble du monde nouveau ? cette idéologie raciste à l&amp;rsquo;envers, en vogue depuis &amp;ldquo;Danse avec les loups&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Avatar&amp;rdquo;. Kivirähk présente la modernité comme ayant ses attraits (à commencer par le vin) : la répulsion que lui témoigne le narrateur est une affaire de goût plus que de bien et de mal. En revanche, l&amp;rsquo;univers traditionnel de la forêt sécrète des personnages particulièrement antipathiques comme Ülgas et Tambet, enfermés dans leur passion identitaire et tentant de jouer de leur statut de gardiens des traditions pour acquérir une position de pouvoir, jusqu&amp;rsquo;à devenir des assassins. Ce sont eux les vrais méchants du livre ; les Estoniens qui ont succombé aux sirènes de la modernité ne sont que des imbéciles (manifestement, pour Kivirähk comme pour Flaubert, la bêtise mène le monde). De même, l&amp;rsquo;anticléricalisme violent et sans nuances de l&amp;rsquo;ouvrage ne prend pas seulement le christianisme pour cible, mais aussi l&amp;rsquo;ancienne religion païenne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En lisant cette superbe réflexion sur le passage du temps, la mémoire et l&amp;rsquo;identité, on pense moins à Astérix qu&amp;rsquo;à ces Bretons bretonnants morts dans la tristesse de ne pas comprendre leurs petits-enfants devenus francophones, à ces Basques qui se battent légitimement pour sauver leur langue et leur identité, mais dont certains ont choisi le chemin d&amp;rsquo;Ülgas ; ou encore à ces communautés indiennes progressivement marginalisées, appauvries culturellement, réduites à quelques individus perdus dans un monde nouveau qu&amp;rsquo;ils détestent car il les a détruits, mais bien incapables de revenir à leur monde traditionnel disparu depuis toujours ? certains meurent de tristesse et d&amp;rsquo;alcool, comme Meeme ; d&amp;rsquo;autres se réfugient dans l&amp;rsquo;agressivité et la violence, sans espoir de vaincre. Mais face au temps qui passe et à un monde qui change à un rythme de plus en plus vertigineux, nous sommes tous (ou nous serons tous un jour) des Indiens, des Bretons, des Leemet : vivre en faisant le moins de dégâts possible autour de soi, c&amp;rsquo;est accepter l&amp;rsquo;inévitable tristesse de tout cela, sans se vautrer dans le conformisme et la bêtise qui triompheront toujours, sans pour autant verser dans la haine ni se réfugier dans l&amp;rsquo;idéalisation d&amp;rsquo;un passé fantasmé, qui est une autre forme de bêtise.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andrus_Kivir%C3%A4hk&#34;  title=&#34;Andrus Kivirähk sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Andrus Kivirähk&lt;/a&gt; (né le 17 août 1970 à Tallinn) est un auteur de nouvelles et de livres pour enfants, chroniqueur, dramaturge et scénariste estonien. Journaliste professionnel, c&amp;rsquo;est un chroniqueur plein d&amp;rsquo;humour et plein d&amp;rsquo;esprit violant les tabous. Comme écrivain il est très productif, il attire l’attention au début des années 1990 avec ses histoires d’Ivan Orav (Ivan L’écureuil). Il est un grand conteur, dont les écrits dégagent un humour chaleureux et délicat.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Morceaux de bravoure - Norman Mailer</title>
            <link>https://pled.fr/morceaux-de-bravoure-norman-mailer/</link>
            <pubDate>Sun, 03 Mar 2013 18:58:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/morceaux-de-bravoure-norman-mailer/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Morceaux de bravoure - Norman Mailer&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;morceaux-bravoure-norman-mailer.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est à la la suite d&amp;rsquo;une critique enthousiaste de Nicolas Demorand que j&amp;rsquo;ai acheté ce livre : &amp;ldquo;immense écrivain américain&amp;hellip; ruminations sur l&amp;rsquo;époque : l&amp;rsquo;anti-communisme, la culture pop américaine&amp;hellip; c&amp;rsquo;est formidable quand un écrivain se met à faire du journalisme&amp;hellip;un monstre sacré de la littérature américaine.&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;apprendrai à me méfier de l&amp;rsquo;enthousiasme de Mr Demorand à l&amp;rsquo;avenir ! Dans la préface, Norman Mailer précise qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit en fait de deux livres, qu&amp;rsquo;il a tenu à publier en un seul : le premier réunissant ses textes courts préférés des années soixante-dix, le second un choix d&amp;rsquo;interviews de la même période. La première s&amp;rsquo;appelle &lt;strong&gt;Pieces&lt;/strong&gt;, la seconde &lt;strong&gt;Pontifications&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie s&amp;rsquo;est révélée intéressante, Norman Mailer y parle de son métier d&amp;rsquo;écrivain, du pouvoir de la télé en racontant certaines émissions de télé auxquelles il a participé (dont une très drôle avec Truman Capote), de son ami et traducteur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Malaquais&#34;  title=&#34;Jean Malaquais sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean Malaquais&lt;/a&gt;, du &amp;ldquo;dernier tango à Paris&amp;rdquo;, de la C.I.A&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seconde par contre porte bien son nom : Pontifications. Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un recueil d&amp;rsquo;interviews donnés à des journalistes, à propos de mariage, du sexe, de Dieu et du Diable (Mailer croit plus au Diable qu&amp;rsquo;en Dieu semble-t-il, ce qui parait parfaitement idiot), de la science, etc..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trouvé toute cette deuxième partie complètement nulle, autant les questions des journalistes que les réponses de Mailer. De la vraie branlette intellectuelle, où transpire tous les problèmes typiques des américains : sexe, religion, racisme, etc&amp;hellip; Mais sous le couvert d&amp;rsquo;un intellectualisme  très élaboré, on peut discuter des heures du sexe des anges, n&amp;rsquo;est-ce pas ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, j&amp;rsquo;ai bien failli plusieurs fois refermer ce livre une bonne fois pour toutes. Norman Mailer a un avis sur tout, c&amp;rsquo;est un peu ça le problème, et une manière de l&amp;rsquo;exprimer très suffisante. Le personnage est complexe, certes, et a vraiment du mal à paraître sympathique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Norman_Mailer&#34;  title=&#34;Norman Mailer sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Norman Mailer&lt;/a&gt; (1923-2007) est un écrivain américain. Il connaît le succès à 25 ans avec &amp;ldquo;Les nus et les morts&amp;rdquo;, racontant l&amp;rsquo;histoire de soldats américains combattant sur un atoll japonnais. Il reconnaît qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait alors pas encore trouvé son propre style, s&amp;rsquo;étant contenté de copier ses mentors littéraires, comme Hemingway (il raconte ça très bien dans Morceaux de bravoure, d&amp;rsquo;une manière très honnête).&#xA;Vers les années 50, il est tenté par le marxisme et l&amp;rsquo;athéisme (apparemment il s&amp;rsquo;en est remis). Marié six fois, il agresse en 1960 sa femme à coups de canif ; elle ne porte pas plainte, mais Mailer passera trois semaines en hôpital psychiatrique. Dans les années 1970, il sera un farouche opposant à la guerre du Vietnam. Un peu plus tard, il s&amp;rsquo;opposera aussi à la présidence de Georges W. Bush.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La survie de l&#39;espèce - Paul Jorion &amp; Grégory Maklès</title>
            <link>https://pled.fr/la-survie-de-lespece-paul-jorion-gregory-makles/</link>
            <pubDate>Sun, 24 Feb 2013 11:06:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-survie-de-lespece-paul-jorion-gregory-makles/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2013/02/survie.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;La survie de l’espèce - Paul Jorion &amp; Grégory Maklès&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;170px&#34; data-flex-grow=&#34;71&#34; height=&#34;281&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/la-survie-de-lespece-paul-jorion-gregory-makles/survie-200.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; Quoi de mieux qu&amp;rsquo;un format BD pour expliquer quelque chose à priori d&amp;rsquo;aride et compliqué ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La survie de l&amp;rsquo;espèce&lt;/strong&gt; (Futuropolis-Arte), c&amp;rsquo;est le capitalisme expliqué à toutes et à tous, de 7 à 77 ans, et c&amp;rsquo;est Paul Jorion qui s&amp;rsquo;y colle pour les textes, avec Grégory Maklès pour les dessins.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant vous le dire tout de suite, c&amp;rsquo;est une vraie réussite !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme toute bonne BD, on la dévore avec délice ; &amp;ldquo;essai dessiné incisif, humoristique&amp;rdquo; indique la couverture&amp;hellip; c&amp;rsquo;est même cinglant parfois, le rire est à double tranchant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La violence du système y est démontrée de façon éclatante, avec beaucoup d&amp;rsquo;intelligence et d&amp;rsquo;humour. Les dessins de Grégory Malkès, bourrés de références, la sobriété volontaire des couleurs, sont  en parfaite symbiose avec le ton du texte&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car si le sujet est sérieux, la démonstration ne quitte pas son ton une seconde ; il ne s&amp;rsquo;agit pas d&amp;rsquo;apitoyer le lecteur, plutôt de le réveiller. Première partie : la &lt;strong&gt;fabrication du consentement&lt;/strong&gt;, et le &lt;strong&gt;surplus&lt;/strong&gt; qui en résulte, en partant des origines :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2013/02/PJ_19.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;La fabrication du consentement&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;253px&#34; data-flex-grow=&#34;105&#34; height=&#34;473&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/la-survie-de-lespece-paul-jorion-gregory-makles/PJ_19-500.jpg&#34; width=&#34;500&#34;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce &lt;strong&gt;surplus&lt;/strong&gt;, il faut le partager, vient alors le jeu du &lt;strong&gt;Partage du Surplus&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;RÈGLE DU JEU : LE BUT DU JEU DU PARTAGE DU SURPLUS EST DE PARTAGER LE SURPLUS LE MOINS POSSIBLE (EN TOUTE CIVILITÉ BIEN SÛR)&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième partie s&amp;rsquo;intitule : &lt;strong&gt;Ce qu&amp;rsquo;il advient du surplus&lt;/strong&gt; et la troisième et dernière : &lt;strong&gt;Le démenti par les faits&lt;/strong&gt;&amp;hellip; je vous laisse imaginer de quoi il retourne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte n&amp;rsquo;a rien à envier aux dessins :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Notez que le terme &amp;ldquo;demandeur d’emploi&amp;rdquo; reflète seulement le point de vue administratif. Si vous demandez à l’administration de faire un truc, vous êtes un demandeur (l’Administration est polie). Mais sur le marché de l’emploi, on devrait plutôt dire que Judith est une offreuse de travail, car elle offre sa capacité de travail à l’humanité. L’humanité n’est pas forcément intéressée. Et pour cause : grâce aux machines, l’humanité a de moins en moins besoin de travail. C’est un de ces problèmes complexes qu’il est plus simple de résoudre en décrétant que c’est la faute à quelqu’un. Dans le cadre de la compétition permanente, malheur au perdant… Outre le fait que ça élimine en priorité ceux qu’on estime être les moins utiles, ça incite ceux qui restent, quand on le leur demande gentiment, à courir plus vite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paul Jorion termine heureusement par une belle anecdote au ton optimiste, faites d&amp;rsquo;espoir dans la jeunesse. Une BD à lire, véritable ovni sur le sujet. À faire lire à ses enfants, à prêter à ses amis, ou mieux encore à leur offrir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jorion&#34;  title=&#34;Paul Jorion sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Paul Jorion&lt;/a&gt;, né le 22 juillet 1962 à Bruxelles, est un chercheur en sciences sociales, ayant fait usage des mathématiques dans de nombreux champs disciplinaires. Docteur en sciences sociales de l’université libre de Bruxelles, diplômé en sociologie et anthropologie sociale, il a enseigné dans plusieurs grandes universités, et travaillé aux Nations-Unies sur des projets de développements en Afrique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a également travaillé dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix, ayant préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.pauljorion.com&#34;  title=&#34;Le blog de Paul Jorion&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog&lt;/a&gt; est très un bon endroit pour se renseigner sur la crise. On peut aussi y trouver quelques planches complètes de La survie de l&amp;rsquo;espèce, comme celle de cet article.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le marathon d&#39;Honolulu - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/le-marathon-dhonolulu-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Sat, 02 Feb 2013 18:51:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-marathon-dhonolulu-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le marathon d’Honolulu - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Le-Marathon-d-Honolulu-de-Hunter-S.-Thompson.jpg#floatleft&#34;&gt; Retour à Hunter S. Thompson ; cette fois c&amp;rsquo;est le libraire qui m&amp;rsquo;a réservé ce livre sans que je ne lui demande rien ! Le genre de petite attention que seul un libraire peut vous apporter&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;alors inédit en France, publié sous le titre original de « The curse of Lono », ce sont les éditions Tristram qui le publient, sous un format &amp;ldquo;souple&amp;rdquo; bien agréable à tenir en main, avec une belle photo de HST pour la couverture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le retrouve au meilleur de sa forme, et l&amp;rsquo;on comprend mieux son mode de fonctionnement. À partir d&amp;rsquo;un événement réel, il va écrire un roman totalement déjanté. On imagine la trame de faits réels derrière son récit, mais chaque fait est exagéré, déformé, pour mieux s&amp;rsquo;intégrer au récit qu&amp;rsquo;il a imaginé, n&amp;rsquo;hésitant pas à y mêler un brin d&amp;rsquo;histoire et de mythologie locale&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car l&amp;rsquo;histoire est parsemée d&amp;rsquo;extraits des récits du dernier voyage du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Cook&#34;  title=&#34;James Cook sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Capitaine Cook&lt;/a&gt; lorsque celui-ci découvrit les îles Hawaï. Destin tragique, puisqu&amp;rsquo;il y trouva la mort dans d&amp;rsquo;étranges circonstances : lors de sa première arrivée, il fut considéré comme la réincarnation du dieu &lt;strong&gt;Lono&lt;/strong&gt;, car cela correspondait à la mythologie des indigènes. Un mois après, il repart, mais à cause d&amp;rsquo;une avarie au mât de misaine, décide de rebrousser chemin pour réparer le bateau. Et le drame éclate : cette fois, cela ne correspondait plus du tout à la mythologie locale, le dieu Lono n&amp;rsquo;était pas censé revenir aussi vite !&#xA;Des tensions apparaissent, un vol de chaloupes dégénère, Cook veut alors prendre le roi en otage, mais les locaux ne se laissent pas faire, et James Cook sera atteint à la tête d&amp;rsquo;un coup de dague au cours de l&amp;rsquo;affrontement. Ironie du sort, s&amp;rsquo;il avait su nager, il aurait pu s&amp;rsquo;échapper.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Thompson s&amp;rsquo;empare de tout ça, et le mélange vigoureusement, à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;alcool et de drogues diverses comme à son habitude. Cocktail détonnant garanti ! Par exemple HST part pêcher en mer&amp;hellip;se félicitant que le ciel soit dégagé le matin du départ :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je pris cela comme un bon présage, mais je me trompais. À la nuit tombée, nous allions nous retrouver engagés dans un combat à mort contre les éléments, impuissants, ballottés dans le pire du ressac et rendus à moitié fous par la peur et de puissants produits chimiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien sûr, HST se prendra pour la réincarnation du dieu Lono vers la fin de l&amp;rsquo;histoire ! Néanmoins, certaines de ses remarques sur le marathon en particulier, et le sport en général, ne manquent pas d&amp;rsquo;intérêt. Dans les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34;  title=&#34;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain – Hunter S. Thompson&#34;&#xA;    &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt;, il y avait une lettre qui en parlait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a aucune raison à tous ces coureurs à pied. Seul un imbécile tenterait d&amp;rsquo;expliquer pourquoi quatre mille japonais couraient à vitesse maximale le long du USS Arizona, mémorial englouti en plein milieu de Pearl Harbor, en compagnie de quatre ou cinq mille libéraux américains certifiés, défoncés à la bière et aux spaghettis, tous prenant le truc tellement au sérieux qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y en avait pas un sur deux mille pour sourire à la perspective d&amp;rsquo;une course de 42 kilomètres faisant figurer quatre mille japonais, avec départ et arrivée à un jet de pierre de Pearl Harbor, le matin du 7 décembre 1980&amp;hellip;&#xA;Trente-neuf ans plus tard. Que fêtent donc ces gens ? Et pourquoi en cet anniversaire tâché de sang ?&#xA;[&amp;hellip;] Cours comme si ta vie en dépendait, mon gars, car c&amp;rsquo;est tout ce qui te reste. Ceux-là même qui brûlaient leur ordre d&amp;rsquo;incorporation pendant les sixties, puis se perdirent au cours de la décénie suivante, sont maintenant dans la course à pied. Après que la politique a échoué et que les relations personnelles sont devenues ingérables ; après que Mc Govern eut perdu et Nixon explosé sous nos yeux&amp;hellip; une fois Ted Kennedy stassenisé et après que Jimmy Carter a tiré un trait sur toute personne ayant cru la moindre chose qu&amp;rsquo;il ait dite sur n&amp;rsquo;importe quel sujet — et après que la nation se soit tournée en masse vers la sagesse atavique de Ronald Reagan.&#xA;Ah, ce sont, après tout, les années 80, et le temps est enfin venu de voir qui a des dents, et qui n&amp;rsquo;en a plus&amp;hellip; Ce qui peut ou non rendre compte de l&amp;rsquo;étrange spectacle de deux générations d&amp;rsquo;activistes politiques et d&amp;rsquo;anarchistes sociaux se transformer enfin — vingt ans plus tard — en coureurs.&#xA;Pourquoi ? C&amp;rsquo;est ce que nous sommes venus examiner ici.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits, je me suis limité à ceux parlant du marathon, de manière sérieuse ou pas. Le dernier est particulièrement vrai.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est &lt;strong&gt;Running magazine&lt;/strong&gt; qui demande à Thompson de couvrir le marathon d&amp;rsquo;Honolulu, alors qu&amp;rsquo;il se considère en retraite du journalisme, ce qui lui inspire la remarque suivante :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le temps est venu d&amp;rsquo;écrire des livres — ou même des films, pour ceux qui peuvent garder leur sérieux. Parce qu&amp;rsquo;il y a de l&amp;rsquo;argent là-dedans, et aucun dans le journalisme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il écrit aussitôt à son pote Ralph, et ça part tout de suite en délire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous sommes tous les deux inscrits à cet événement, Ralph, et je suis quasi certain de gagner. Il faudra s&amp;rsquo;entraîner un peu, mais pas tant que ça.&#xA;L&amp;rsquo;essentiel sera de partir à fond sur les cinq premiers kilomètres. Ces nazis du corps se sont entraînés toute l&amp;rsquo;année pour l&amp;rsquo;effort suprême dans ce Super Bowl des marathons. Les organisateurs attendent 10 000 participants, et la distance est de 42 kilomètres ; ce qui veut dire qu&amp;rsquo;ils vont tous démarrer doucement&amp;hellip; parce que 42 bornes, ça fait une sacrée trotte, quelle que soit la raison, tous les pros dans ce domaine vont donc attaquer mollo, et ménager leur forces sur les 32 premiers kilomètres.&#xA;Mais pas nous, Ralph. On va jaillir des starting-blocks comme des torpilles humaines et altérer toute la nature de la course ; on va piquer un sprint au coude à coude et parcourir les cinq premiers kilomètres en moins de dix minutes.&#xA;Une telle allure va les rendre marteau, Ralph. Ces gens sont des fondus de jogging, leur truc n&amp;rsquo;est pas de foncer comme des dératés — notre stratégie va donc consister à courir les cinq premiers kilomètres comme des chiens de chasse en rut.[&amp;hellip;]&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je t&amp;rsquo;ai également inscrit au Pipeline Masters, la compétition internationale de surf, sur la côte nord de Oahu, le 26 décembre.&#xA;Il va falloir que tu travaillles un peu ton équilibre à grande vitesse, Ralph. Tu seras projeté sue les rouleaux déferlant à 80, voire 120 kilomètres à l&amp;rsquo;heure, et alors là, pas question de tomber.&#xA;Je ne t&amp;rsquo;accompagnerai pas pour la compète du Pipeline. Mon avocat a en effet émis de sérieuses objections, au regard du test d&amp;rsquo;urine et d&amp;rsquo;autres éventuelles complications juridiques.&#xA;En revanche, je participerai au célèbre Combat de Coqs à la mémoire de Liston. C&amp;rsquo;est du 1000 dollars l&amp;rsquo;unité sur l&amp;rsquo;échelle universelle — à savoir une minute dans la cage avec le coq te rapporte 1000 dollars&amp;hellip; ou cinq minutes avec un coq pour 5000 dollars&amp;hellip; deux minutes avec cinq coqs : 10 000 dollars&amp;hellip; etc.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu plus loin, un ami lui reparle de sa tactique de course, et lui raconte l&amp;rsquo;histoire de Wilbur, un joueur célèbre de football américain des années 70 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Wilbur a essayé de faire le coup de Rosie Ruiz il y a quelques années, à l&amp;rsquo;époque où il était encore au sommet de sa forme — il est entré dans la course au trente-huitième kilomètre, huit cent mètres devant tout le monde, et il a sprinté  comme un bâtard jusqu&amp;rsquo;à la ligne d&amp;rsquo;arrivée, en courant à ce qu&amp;rsquo;il considérait comme sa vitesse maximale&amp;hellip; Ça a été atroce. Dix-neuf personnes l&amp;rsquo;ont doublé sur trois kilomètres. Il a été aveuglé à force de vomir, et a dû faire les cent derniers mètres en rampant. Ces gens sont rapides, mec. Ils l&amp;rsquo;ont piétiné.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsque le marathon a lieu (auquel il ne participe pas bien entendu, il a trouvé un bar le long du parcours qui lui convient beaucoup mieux), il émet toutefois une observation tout à fait valable :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les athlètes courent tout en souplesse, leur foulée est réglée au millimètre, comme un moteur rotatif Wankel. Pas la moindre énergie gâchée, ils ne bataillent pas contre la chaussée, aucun claquement lourdingue comme celui des vulgaires joggeurs. Ces gens-là coulent avec fluidité, ils flottent, et ils flottent rudement vite.&#xA;Les simples participants, c&amp;rsquo;est autre chose. Très peu flottent avec fluidité, et peu nombreux sont ceux qui courent vite. Et plus ils sont lents plus ils font du boucan. Lorsque les dossards à quatre chiffres passèrent, la course fut bruyante au point d&amp;rsquo;être dérangeante, et désorganisée. Le chuintement élégant des athlètes avait dégénéré en un infernal bouillon de pieds qui frappaient et cognaient sur le macadam.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d’investigation basé sur l’immersion dans un milieu, n’hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d’Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les anonymes - R.J. Ellory</title>
            <link>https://pled.fr/les-anonymes-r-j-ellory/</link>
            <pubDate>Fri, 18 Jan 2013 10:57:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-anonymes-r-j-ellory/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les anonymes - R.J. Ellory&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesanonymes-ellory.png#floatleft&#34;&gt; Cet auteur de roman policier m&amp;rsquo;a été chaudement recommandé par un ami un soir, et je suis reparti de chez ce dernier avec ce livre sous le bras.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est vrai que l&amp;rsquo;on rentre bien dans cette histoire. C&amp;rsquo;est bien écrit, agréable à lire, et l&amp;rsquo;on a parfois du mal à refermer le bouquin sans passer au chapitre suivant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a toutefois certaines longueurs, qui expliquent les 700 pages du roman. L&amp;rsquo;inspecteur Miller semble parfois un peu naïf, comme s&amp;rsquo;il découvrait que la CIA a fait des choses vraiment pas belles en Amérique centrale&amp;hellip; Et si l&amp;rsquo;enquête piétine salement, on se demande parfois comment certaines évidences ne leur sautent pas aux yeux ; le manque de ressources de la police ne suffit pas à l&amp;rsquo;expliquer&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu quelque part sur le net que ce n&amp;rsquo;était pas le meilleur de ses romans : &lt;strong&gt;Seul le silence&lt;/strong&gt; est peut-être un meilleur choix pour découvrir l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/R.J._Ellory&#34;  title=&#34;R.J._Ellory sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;R.J. Ellory&lt;/a&gt; est né en 1965 à Birmingham. À lire la page wikipedia, il n&amp;rsquo;a pas eu une enfance facile, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire. Il fera trois mois de prison pour un vol de poulets dans un monastère. Il connaît finalement le succès en 2003 avec Candlemoth. En 2012, il se fait repérer sur internet à émettre des critiques positives sur ses bouquins&amp;hellip; et négatives pour les autres (en utilisant un pseudonyme bien sûr). Il s&amp;rsquo;est depuis excusé ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Principe du gouvernement représentatif - Bernard Manin</title>
            <link>https://pled.fr/principe-du-gouvernement-representatif-bernard-manin/</link>
            <pubDate>Tue, 25 Dec 2012 18:57:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/principe-du-gouvernement-representatif-bernard-manin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Principe du gouvernement représentatif - Bernard Manin&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;principe-gouvernement-representatif.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est Étienne Chouard qui parlait de ce livre lors de la conférence &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5524&#34;  title=&#34;L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;État et les banques, les dessous d&amp;rsquo;un hold-up historique&lt;/a&gt;. Il était en cours de réédition, et désormais à nouveau disponible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Étienne Chouard précisait : &lt;em&gt;Alors le titre n&amp;rsquo;est pas sexy, si vous le voyez dans une bibliothèque sans que je vous en ai parlé, vous ne l&amp;rsquo;achetez pas, vous vous dites ça je le lirai peut-être demain, mais pas tout de suite. Pourtant vous allez voir dès les premiers mots, c&amp;rsquo;est tout de suite sexy&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans aller jusque là, ce livre a le mérite d&amp;rsquo;être très clair, parfaitement construit, et c&amp;rsquo;est effectivement très intéressant. On y apprend plein de choses très utiles pour comprendre notre système de gouvernement actuel, que l&amp;rsquo;on présente à tort comme une démocratie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En effet, la première chose à comprendre est la suivante, et je cite Étienne Chouard à nouveau :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le mot démocratie pour les régimes actuels est une escroquerie. Si on continue à l&amp;rsquo;appeler démocratie , on ne s&amp;rsquo;en sort pas, on est comme dans une glue intellectuelle qui nous empêche de penser même l&amp;rsquo;alternative.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a pas de démocratie sans tirage au sort. Les athéniens pendant 200 ans se sont protégés des riches, ce sont les pauvres qui ont dirigé grâce au tirage au sort. Jusqu&amp;rsquo;en 1789, tout le monde savait que la démocratie c&amp;rsquo;était le tirage au sort, et que l&amp;rsquo;élection était aristocratique. Tous les penseurs politiques, Aristote, Montesquieu, Rousseau, tous savaient que la démocratie c&amp;rsquo;était le tirage au sort. Et puis bizarement, depuis que ce sont les élus qui ont mis en place le gouvernement représentatif, on n&amp;rsquo;en parle plus. On n&amp;rsquo;apprend plus cela à l&amp;rsquo;école.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bernard Manin s&amp;rsquo;est mis en tête de faire un bilan comparé, et c&amp;rsquo;est un plaidoyer pour le tirage au sort. Parce que les arguments de protection contre la corruption, de protection contre les injustices, de protection contre l&amp;rsquo;oligarchie&amp;hellip; mais c&amp;rsquo;est incroyable, vous allez adorer ! Ce livre là va vous changer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais contrairement à ce que dit Étienne Chouard (probablement porté par son enthousiasme), Bernard Manin ne fait pas vraiment un bilan comparé des deux systèmes, ni un plaidoyer pour le tirage au sort, même si ce dernier a des valeurs démocratiques évidentes. Ce n&amp;rsquo;est en tout cas pas comme cela que je l&amp;rsquo;ai perçu. Il s&amp;rsquo;agit plus du travail d&amp;rsquo;un chercheur retraçant l&amp;rsquo;évolution des systèmes de gouvernements depuis l&amp;rsquo;antiquité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il explique bien par contre comment le tirage au sort a brusquement disparu, remplacé par l&amp;rsquo;élection. Puis comment ce gouvernement représentatif a évolué au fil du temps : partis politiques, médias, fluctuation des votes, sondages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette dernière partie est très éclairante sur le fonctionnement de notre mode de gouvernement. Pourquoi les élus ne sont-ils pas tenus par leurs promesses durant leur mandat, mais comment ils sont potentiellement jugés sur leurs actes lors de la réélection. Pourquoi nos politiques sont-ils si friands des sondages ? ce dernier point était une énigme pour moi (au moins sur l&amp;rsquo;ampleur du phénomène) : grâce à ce livre, je comprend mieux de quoi il retourne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revoyons un peu tout cela, l&amp;rsquo;article est assez long, mais j&amp;rsquo;espère intéressant. Il ne remplace pas la lecture du livre bien entendu, pour ceux qui veulent creuser le sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;athènes&#34;&gt;Athènes&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Pour résumer, les grecs utilisaient donc le tirage au sort, de même que les républiques italiennes au Moyen-Âge, pour nommer certains responsables. D&amp;rsquo;autres étaient élus, il ne faut pas l&amp;rsquo;oublier. Ce qui prouve d&amp;rsquo;une part que la démocratie grecque était assez élaborée, d&amp;rsquo;autre part que l&amp;rsquo;élection n&amp;rsquo;est pas le mal&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Précision importante,  dans la démocratie grecque le tirage au sort se faisait parmi des volontaires ; ceux-ci étaient alors en charge de responsabilités pendant une année, à la suite de quoi une commission procédait à une vérification du mandat exercé. Une condamnation était possible si l&amp;rsquo;heureux élu n&amp;rsquo;avait pas su exercer sa charge correctement, dissuadant ainsi les candidatures irréfléchies et les manquements aux responsabilités ou aux lois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La liberté démocratique ne consistait donc pas à n&amp;rsquo;obéir qu&amp;rsquo;à soi-même, mais à obéir aujourd&amp;rsquo;hui à un autre dont on prendrait demain la place. L&amp;rsquo;alternance du commandement et de l&amp;rsquo;obéissance formait même, selon Aristote, la vertu du citoyen. Il semble, écrivait Aristote, que l&amp;rsquo;excellence d&amp;rsquo;un bon citoyen soit d&amp;rsquo;être capable de bien commander et de bien obéir. Et cette double capacité, essentielle au citoyen, s&amp;rsquo;apprenait dans l&amp;rsquo;alternance des rôles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bernard Manin conclue ainsi la première partie consacrée au mode de désignation des gouvernants à Athènes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;autre part, le tirage au sort n&amp;rsquo;était pas, contrairement à ce que l&amp;rsquo;on affirme parfois, aujourd&amp;rsquo;hui encore, une institution périphérique de la démocratie athénienne. Il traduisait au contraire plusieurs valeurs démocratiques fondamentales. Il s&amp;rsquo;ajustait sans difficulté à l&amp;rsquo;impératif de la rotation des charges. Il reflétait la profonde méfiance des démocrates à l&amp;rsquo;égard du professionnalisme politique. Et surtout, il assurait un effet analogue à celui de l&amp;rsquo;isègoria, le droit égal de prendre la parole, un des principes suprêmes de la démocratie. L&amp;rsquo;isègoria attribuait à tous ceux qui le souhaitaient une part égale du pouvoir exercé par le peuple assemblé. Le tirage au sort garantissait à n&amp;rsquo;importe qui le souhaitant, au premier venu, l&amp;rsquo;égale probabilité d&amp;rsquo;accéder aux fonctions exercées par un nombre plus restreint de citoyens. Les démocrates avaient l&amp;rsquo;intuition que, pour des raisons obscures, l&amp;rsquo;élection n&amp;rsquo;assurait pas, quant à elle, un semblable égalité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-tirage-au-sort&#34;&gt;Le tirage au sort&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;au XVIIe-XVIIIe siècle, les autorités intellectuelles discutaient encore des propriétés des deux modes de désignation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les élites cultivées qui établirent le gouvernement représentatif en avaient assurément connaissance. Cela jette sans doute quelque lumière sur les croyances et les objectifs qui les animaient lorsqu&amp;rsquo;il fut décidé que la représentation politique moderne serait exclusivement fondée sur l&amp;rsquo;élection.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rome&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Rome était un république &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wiktionary.org/wiki/censitaire&#34;  title=&#34;censitaire sur wiktionnaire&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;censitaire&lt;/a&gt;, où la richesse jouait un rôle primordial. Cette hiérarchie censitaire déterminait les degrés de la participation au pouvoir. Une société de classes, essentiellement oligarchique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sort était toute fois utilisé pour savoir qui voterait en premier, ou quel vote serait dépouillé d&amp;rsquo;abord. Le tirage au sort faisait apparaître le résultat comme un présage, et une indication des dieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, à la différence des Athéniens, les romains n&amp;rsquo;utilisaient pas le sort pour ses propriétés égalitaires. Dans la république censitaire qu&amp;rsquo;était Rome, le sort avait surtout pour effet d&amp;rsquo;agréger les voix et favoriser la cohésion politique, à la fois au sein des classes possédantes et dans le peuple tout entier, du fait de sa neutralité et de l&amp;rsquo;interprétation religieuse qu&amp;rsquo;on en donnait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les républiques italiennes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À Florence, la sélection des magistrats comportait d&amp;rsquo;abord un scrutin d&amp;rsquo;approbation ( &lt;em&gt;squittinio&lt;/em&gt;). Les noms de ceux qui obtenaient un nombre de voix favorables supérieur à un seuil fixé étaient mis dans des sacs (borsellini) dont on tirait au hasard les noms de ceux qui accéderaient aux magistratures. Plusieurs dispositions garantissaient la rotation des charges : les &lt;em&gt;divieti&lt;/em&gt; (interdictions). Celles-ci interdisaient qu&amp;rsquo;une même fonction soit attribuée plusieurs fois de suite à la même personne, ou aux membres d&amp;rsquo;une même famille, pendant une période donnée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ainsi, ayant introduit le tirage au sort pour lutter contre les factions, les florentins avaient en définitive redécouvert par l&amp;rsquo;expérience l&amp;rsquo;ancienne idée des démocrates athéniens : le sort est plus démocratique que l&amp;rsquo;élection. [&amp;hellip;] Les théoriciens et les acteurs des XVIIe et XVIIIe siècles, qui connaissaient l&amp;rsquo;expérience républicaine florentine, savaient que la croyance au caractère aristocratique de l&amp;rsquo;élection n&amp;rsquo;était pas propre à la culture politique grecque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Venise employait aussi le tirage au sort, mais d&amp;rsquo;une tout autre manière. Les Vénitiens avaient mis au point un système de désignation des magistrats extraordinairement complexe et subtil. Le sort n&amp;rsquo;intervenait dans ce système, peut-on dire schématiquement, que pour sélectionner les membres des comités qui proposaient des candidats au Grand Conseil (les &lt;em&gt;nominatori&lt;/em&gt;). Le tirage au sort n&amp;rsquo;était donc pas employé, comme à Florence, pour sélectionner les magistrats eux-mêmes. Les nominatori vénitiens proposaient plusieurs noms pour chaque charge à pourvoir. Les noms proposés étaient ensuite &lt;em&gt;immédiatement&lt;/em&gt; soumis au vote du Grand Conseil.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La sélection par tirage au sort du comité chargé de proposer les candidats, l&amp;rsquo;immédiateté de la publication des noms et du vote avaient &lt;em&gt;explicitement&lt;/em&gt; pour but d&amp;rsquo;empêcher les candidats de faire campagne avec des discours qui auraient pu enflammer les factions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;XVIIe et XVIIIe siècles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Harrington&#34;  title=&#34;Harrington sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Harrington&lt;/a&gt;, un des héros du républicanisme sous le protectorat de Cromwell, notait qu&amp;rsquo;Athènes avait été conduite à sa perte parce que, son Conseil ou Sénat étant désigné par le sort, il lui manquait &amp;ldquo;une aristocratie naturelle&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le Sénat, choisi en une seule fois par tirage au sort et non par élection, et renouvelé chaque année non pas en partie mais entièrement, n&amp;rsquo;était pas composé par l&amp;rsquo;aristocratie naturelle, et comme il ne siégeait pas assez longtemps pour devenir compétent ou pour se perfectionner dans ses fonctions, il n&amp;rsquo;avait pas l&amp;rsquo;autorité suffisante pour détourner  le peuple de ces turbulences constantes qui finirent par provoquer sa ruine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bien que tout homme soit capable d&amp;rsquo;être à son tour électeur, tous cependant ne sont pas capables d&amp;rsquo;être élus à des magistratures revêtues du pouvoir souverain ou ayant pour fonction de gouverner la république entière. Il ne serait donc pas sage d&amp;rsquo;exiger aussi que chacun exerce à tour de rôle ces hautes magistratures. Mais il suffit qu&amp;rsquo;elles soient exercées par tous ceux qui en sont estimés dignes par le jugement et la conscience de leur pays.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Harrington était par contre convaincu de l&amp;rsquo;importance de la rotation des charges (pas de mandats consécutifs).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Montesquieu&#34;  title=&#34;Montesquieu sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Montesquieu&lt;/a&gt;, de son côté, établissait un lien étroit entre le tirage au sort et la démocratie d&amp;rsquo;une part, et l&amp;rsquo;élection et l&amp;rsquo;aristocratie d&amp;rsquo;autre part. Il juge le tirage au sort comme &amp;ldquo;défecteux par lui-même&amp;rdquo;, mais que l&amp;rsquo;on peut en corriger le défaut le plus évident (la possible désignation d&amp;rsquo;individus incompétents), et c&amp;rsquo;est ce à quoi les plus grands législateurs se sont employés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;élection élève aux magistratures certaines catégories particulières d&amp;rsquo;individus. L&amp;rsquo;éloge que fait Montesquieu &amp;ldquo;de la capacité naturelle qu&amp;rsquo;a le peuple pour discerner le mérite&amp;rdquo; montre tout d&amp;rsquo;abord que, pour lui comme pour Harrington, le peuple porte spontanément son choix sur les élites naturelles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On sait qu&amp;rsquo;à Rome, quoique le peuple se fût donné le droit d&amp;rsquo;élever aux charges les plébéiens, il ne pouvait se résoudre à les élire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier quelque partie de son autorité. Il n&amp;rsquo;a à se déterminer que par des choses qu&amp;rsquo;il ne peut ignorer, et des faits qui tombent sous le sens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bernard Manin signale que les exemples des qualités qui font élire mêlent ce qui tient à la pure valeur personnelle (le succès à la guerre), ce qui relève à la fois de la vertu et du statut social (le zèle et l&amp;rsquo;honnêteté du notable ou du juge) et ce qui a peut-être simplement été hérité (fortune). Le peuple élit les meilleurs, mais l&amp;rsquo;éminence qu&amp;rsquo;il sélectionne n&amp;rsquo;est pas nécessairement le produit exclusif du talent et de l&amp;rsquo;effort personnels.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Rousseau&#34;  title=&#34;JJ Rousseau sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Rousseau&lt;/a&gt; quant à lui jugeait nécessaire d&amp;rsquo;intégrer la désignation des gouvernants par le sort à sa réflexion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rousseau comme Montesquieu voyaient bien ce qui nous frappe aujourd&amp;rsquo;hui et semble expliquer qu&amp;rsquo;on ne songe pas à désigner les gouvernants par le sort : le tirage au sort peut évidemment sélectionner des individus incompétents. Mais il leur semblait que le sort présentait par ailleurs d&amp;rsquo;autres propriétés ou mérites qui justifiaient qu&amp;rsquo;on le prenne du moins au sérieux et peut-être qu&amp;rsquo;on essaie de remédier à son défaut manifeste par des institutions supplémentaires.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-triomphe-de-lélection&#34;&gt;Le triomphe de l&amp;rsquo;élection&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Et puis soudain, c&amp;rsquo;est la fin du tirage au sort :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Or, une génération à peine après la publication de l&amp;rsquo;Esprit des lois et du Contrat social, la désignation des gouvernants par le sort s&amp;rsquo;était comme évanouie. Il n&amp;rsquo;en fut jamais question pendant les révolutions américaine et française. Les Pères Fondateurs proclamèrent en outre solennellement leur attachement à l&amp;rsquo;égalité des droits publiques entre les citoyens. L&amp;rsquo;extension du droit du suffrage fit l&amp;rsquo;objet de débats, mais on décida sans la moindre hésitation, de ce côté-ci de l&amp;rsquo;Atlantique comme de l&amp;rsquo;autre, d&amp;rsquo;établir au sein du corps des citoyens dotés de droits politiques le règne sans partage d&amp;rsquo;un mode de sélection réputé aristocratique. Le long parcours de la tradition républicaine révèle une rupture et un paradoxe que nous ne soupçonnons même plus aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au XVIIe et XVIIIe siècles, la sélection des gouvernants par le sort apparaissait comme une impossibilité et leur élection comme une évidence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y avait en effet une représentation au regard de laquelle les mérites du sort et de l&amp;rsquo;élection paraissaient considérablement différents et inégaux : le principe que toute autorité légitime dérive du consentement de ceux sur qui elle est exercée ou, en d&amp;rsquo;autres termes, que les individus ne sont obligés que par ce à quoi ils ont consenti. Les trois révolutions modernes se sont faites au nom de ce principe. Le fait est suffisamment connu et établi pour qu&amp;rsquo;il soit inutile d&amp;rsquo;en multiplier les preuves ici.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;élection accomplit deux choses à la fois : elle sélectionne les titulaires des charges, mais en même temps elle légitime leur pouvoir et crée chez ceux qui ont désigné un sentiment d&amp;rsquo;obligation et d&amp;rsquo;engagement envers ceux qu&amp;rsquo;ils ont désignés. Il y a tout lieu de penser que c&amp;rsquo;est cette conception du fondement de la légitimité et de l&amp;rsquo;obligation politique qui a entraîné l&amp;rsquo;éclipse du tirage au sort, et le triomphe de l&amp;rsquo;élection.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc les avantages de l&amp;rsquo;élection : une sorte de légitimation, et d&amp;rsquo;autre part le sentiment d&amp;rsquo;obligation pour l&amp;rsquo;électeur. Au passage une petite remarque intéressante :wink: :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;expression du consentement par l&amp;rsquo;élection avait déjà fait ses preuves comme une technique efficace d&amp;rsquo;engendrement de l&amp;rsquo;obligation. La convocation de représentants d&amp;rsquo;élus, en vue de créer dans la population un sentiment d&amp;rsquo;obligation, en particulier vis-à-vis de l&amp;rsquo;impôt, avait été employée avec succès depuis plusieurs siècles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a donc dans l&amp;rsquo;élection comme une promesse d&amp;rsquo;obéissance&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-nouveaux-gouvernements&#34;&gt;Les nouveaux gouvernements&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Après les révolutions et guerres d&amp;rsquo;indépendance, l&amp;rsquo;élection a donc pris le pas. Mais les premiers gouvernements représentatifs mis en place ont vite bénéficié de dispositions garantissant que les élus soient d&amp;rsquo;un statut social plus élevé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce résultat fut atteint de façon différente en Angleterre, en France et en Amérique. On peut dire schématiquement  que le statut supérieur des représentants était assuré en Angleterre par un mélange de dispositions légales, de normes culturelles et de facteurs organisationnels, et en France surtout par des dispositions légales. Le cas américain est plus complexe, mais aussi, on va le voir, plus révélateur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En Amérique, si l&amp;rsquo;on penche nettement pour l&amp;rsquo;extension du suffrage, il n&amp;rsquo;en est pas de même pour l&amp;rsquo;éligibilité.  L&amp;rsquo;argument avancé était la condition de propriété pour être elligible : justifiée d&amp;rsquo;abord pour le besoin d&amp;rsquo;indépendance économique suffisante pour être à l&amp;rsquo;abri de toute tentative de corruption, et surtout pour la reconnaissance du droit de propriété, l&amp;rsquo;un des droits les plus fondamentaux, rempart de la liberté républicaine, et devant être protégé par le gouvernement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle ne fut pourtant pas appliquée, et pour une raison inattendue : l&amp;rsquo;étendue du territoire imposait de telles différences empêchant de se mettre d&amp;rsquo;accord sur un seuil ! Et Bernard Manin de conclure non sans humour :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La caractère exceptionnellement égalitaire de la représentation aux États-Unis, est-on tenté de dire, devait plus à la géographie qu&amp;rsquo;à la philosophie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a eu beaucoup de débats aux États-Unis sur le droit de suffrage, d&amp;rsquo;éligibilité, tout au long de l&amp;rsquo;établissement de la Constitution. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Madison&#34;  title=&#34;Madison sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Madison&lt;/a&gt; en est l&amp;rsquo;un des principaux auteurs. Les conceptions anti-fédéralistes insistaient elles sur la similarité et la proximité entre représentant et représentés. Même s&amp;rsquo;ils ne l&amp;rsquo;emportèrent pas, ils enrichirent le débat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexander_Hamilton&#34;  title=&#34;Hamilton sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hamilton&lt;/a&gt;, fondateur du parti fédéraliste, et farouche partisan du rôle de la fortune pour la sélection, déclarait pour sa part :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Considérez les riches et les pauvres dans la société., les savants et les ignorants. Où prédomine la vertu ? La différence ne tient pas à la quantité, mais à la nature de vices inhérents à chaque classe ; et là, l&amp;rsquo;avantage appartient aux riches. Leurs vices sont probablement plus favorables à la prospérité de l&amp;rsquo;État que ceux des indigents, et ils participent moins de la dépravation morale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement il fut décidé que les élus se situeront plus haut que les électeurs, que ce soit par la sagesse, la vertu, le talent, ou même l&amp;rsquo;argent. Le régime est tout de même républicain car les élections répétées contraignent les représentants à répondre de leurs actions devant le peuple. En fait, l&amp;rsquo;élection, par elle-même, amène à ce résultat. Comme déjà dit plus haut, l&amp;rsquo;élection a un caractère aristocratique. Mais le droit pour tous de choisir librement leurs gouvernants était déjà un progrès en soi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Autant l&amp;rsquo;élection présente indubitablement des aspects inégalitaires et aristocratiques, autant sa dimension égalitaire et démocratique est indéniable, pourvu que les citoyens aient le droit de suffrage et qu&amp;rsquo;aucune condition légale ne limite l&amp;rsquo;éligibilité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le pouvoir n&amp;rsquo;est pas conféré par la supériorité elle-même, mais par le consentement des autres sur ce qu&amp;rsquo;ils considèrent comme une supériorité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;élection sélectionne un type particulier d&amp;rsquo;élites : des notables. Le gouvernement représentatif est, à ses origines, le règne du notable.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-partis-politiques&#34;&gt;Les partis politiques&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;arrivée de partis de masse a aussi pas mal changé les choses. Le candidat représente le parti, et les électeurs affiliés au parti votent pour lui sans état d&amp;rsquo;âme. Cela atténue l&amp;rsquo;effet de richesse sur la sélection des représentants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les promesses prennent ici plus d&amp;rsquo;importance. Mais même si les dirigeants ont une origine ouvrière, ils mènent en fait une vie de petits-bourgeois (tout à fait ce que rétorquait Bakounine à Marx, voir cet &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2375&#34;  title=&#34;Karl Marx – Révolution et socialisme&#34;&#xA;    &gt;article&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Là encore, une élite se dessine ; elle accède cependant au pouvoir sur la base de talents et de compétences particulières : le militantisme et le talent organisationnel.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La démocratie de parti est le règne du militant et de l&amp;rsquo;homme d&amp;rsquo;appareil.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La représentation devient alors le reflet d&amp;rsquo;une structure sociale. Cette transformation est le produit de l&amp;rsquo;industrialisation et du conflit de classe qu&amp;rsquo;elle a engendré.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-démocratie-du-public&#34;&gt;La démocratie du public&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Jusqu&amp;rsquo;aux années 70, le vote représentait le milieu social du citoyen, et était relativement stable. De nos jours, les résultats du vote peuvent varier considérablement d&amp;rsquo;un vote à l&amp;rsquo;autre. C&amp;rsquo;est la personnalité du candidat qui apparaît comme le facteur essentiel (personnalisation du pouvoir). L&amp;rsquo;âge des militants est passé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La démocratie du public est le règne de l&amp;rsquo;expert en communication.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les différents états sont devenus de plus en plus interdépendants, et les hommes politiques n&amp;rsquo;ont pas intérêt à se lier les mains en s&amp;rsquo;engageant sur un programme détaillé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On arrive à la situation suivante : les lignes de clivage étant incertaines et mouvantes, les candidats (gouvernants sortants ou opposants) vont chercher à découvrir laquelle peut les faire gagner. L&amp;rsquo;initiative des choix proposés étant à leur initiative, et pas à l&amp;rsquo;électorat, Bernard Manin parle donc de démocratie du public (côté passif de l&amp;rsquo;électeur, qui ne fait que réagir).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;autonomie des hommes politiques tient essentiellement à leur incertitude : ils ne connaissent pas par avance les principes de clivage les plus efficaces et les plus favorables. Mais la présence d&amp;rsquo;une sanction fait que chacun d&amp;rsquo;eux a intérêt à découvrir le partage le plus efficace et le plus favorable pour lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et l&amp;rsquo;on en arrive ainsi aux &lt;strong&gt;sondages&lt;/strong&gt; : l&amp;rsquo;homme politique va chercher constamment quel action ou discours politique est susceptible d&amp;rsquo;emporter l&amp;rsquo;adhésion ! Faut-il parler de tel sujet ou plutôt de tel autre ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les candidats prennent l&amp;rsquo;initiative de proposer un principe de partage, soit lors d&amp;rsquo;une élection, soit, à moindres risques, grâce aux sondages d&amp;rsquo;opinion, le public réagit ensuite à ce principe de partage, enfin les hommes politiques corrigent ensuite ou reprennent leur proposition initiale en fonction des réactions du public. Les candidats sont autonomes dans la mesure où ils choisissent d&amp;rsquo;essayer tel principe de partage plutôt que tel autre, mais leur autonomie est relative ou limitée dans la mesure où une épreuve de réalité vient sanctionner l&amp;rsquo;essai.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;conclusion&#34;&gt;Conclusion&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Cet article est déjà très long, il est temps de conclure. J&amp;rsquo;ai retenu quelques trucs concernant la période actuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;abord, les promesses électorales ont un statut particulier : il n&amp;rsquo;y a pas d&amp;rsquo;obligation à les tenir. Une fois élu, le représentant gouverne comme il l&amp;rsquo;entend. Les deux institutions qui pourraient le contraindre sont : le mandat impératif et la révocabilité permanente. Ni l&amp;rsquo;une ni l&amp;rsquo;autre n&amp;rsquo;ont jamais été appliquées (sauf pendant la Commune de Paris pour la seconde).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;un autre côté, la liberté d&amp;rsquo;expression publique permet aux gouvernants d&amp;rsquo;être informés : s&amp;rsquo;ils ne sont pas obligés de l&amp;rsquo;appliquer, ils ne peuvent non plus l&amp;rsquo;ignorer. Si le gouvernement représentatif conduit à une élite, il a néanmoins su évoluer. Il a le mérite d&amp;rsquo;être stable, de favoriser la discussion et d&amp;rsquo;éviter les affrontements (coalition gouvernementale).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;élu sera bien sûr jugé lors de la prochaine élection, et pas seulement sur les nouvelles promesses, mais aussi sur son bilan. Et c&amp;rsquo;est là que ça devient intéressant :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un gouvernant est élu avec la promesse de rétablir la situation de l&amp;rsquo;emploi. Or en arrivant au pouvoir, il se rend compte que le plein emploi est impossible (admettons qu&amp;rsquo;il ne le savait pas au départ, et qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agissait pas de pure rhétorique électorale). Il peut alors agir sur autre chose, comme en combattant l&amp;rsquo;insécurité très vigoureusement, et espérer se faire réélire ainsi. Ça ne vous rappelle rien ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et donc les représentants soumis à réélection sont incités &lt;em&gt;à anticiper le jugement rétrospectif des électeurs sur la politique qu&amp;rsquo;ils mènent&lt;/em&gt;. Et c&amp;rsquo;est là que les sondages prennent tout leur sens. Constamment, l&amp;rsquo;élu cherchera à connaître le sentiment des électeurs pour avoir une chance d&amp;rsquo;être réélu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le vote implique donc une sorte d&amp;rsquo;engagement (obéissance ?) qui doit bien arranger les gouvernants. Il mène par nature à la création d&amp;rsquo;une élite, à des professionnels de la politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme les grecs, un fin dosage des deux serait sans doute meilleur pour tous. Mais qui peut prendre cette décision aujourd&amp;rsquo;hui, les gouvernants ? ;-) c&amp;rsquo;est largement improbable : de fait le système est bien verrouillé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Manin&#34;  title=&#34;Bernard Manin sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bernard Manin&lt;/a&gt; né le 19 avril 1951 à Marseille, est un politologue français travaillant dans le domaine de la pensée politique et connu pour ses travaux sur le libéralisme et la démocratie représentative. Il est directeur d&amp;rsquo;études à l&amp;rsquo;EHESS et professeur à la New York University.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le bonheur des petits poissons - Simon Leys</title>
            <link>https://pled.fr/le-bonheur-des-petits-poissons-simon-leys/</link>
            <pubDate>Wed, 19 Dec 2012 18:35:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-bonheur-des-petits-poissons-simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le bonheur des petits poissons - Simon Leys&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bonheur-petits-poissons.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai déjà fait un article sur ce petit recueil suite à un article du Canard enchaîné, en février 2008 (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=704&#34;  title=&#34;article sur \&amp;#34;le bonheur des petits poissons\&amp;#34;&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;). À cette époque, je ne l&amp;rsquo;avais pas lu&amp;hellip; c&amp;rsquo;est maintenant chose faite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce recueil contient les chroniques publiées par l&amp;rsquo;auteur dans le &lt;em&gt;Magazine littéraire&lt;/em&gt; (2005-2006), ainsi que quelques chroniques plus anciennes parues dans d&amp;rsquo;autres revues.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme souvent avec Leys, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion pour lui de partager sa culture et son amour de la littérature. C&amp;rsquo;est toujours aussi agréable à lire, et de plus parsemé d&amp;rsquo;anecdotes et de citations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne résiste pas au plaisir de citer de nouveau l&amp;rsquo;apologue de Zhuang Zi qui sert de titre à l&amp;rsquo;ouvrage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa :  « Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux !  » Hui Zi objecta :  « Vous n’êtes pas un poisson ; d’où tenez-vous que les poissons sont heureux ? – Vous n’êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? – Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n’êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux. – Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m’avez demandé « d’où tenez-vous que les poissons sont heureux » la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d’où je le sais – eh bien, je le sais du haut du pont.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà ce que dit Simon Leys à propos de Céline, qui résume bien &amp;rsquo;le problème&amp;rsquo; je trouve :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai ici un disque de Céline que j&amp;rsquo;écoute de temps à autre : les premières pages du Voyage au bout de la nuit (lues par Michel Simon) vous donnent physiquement (chair de poule) le sentiment du génie à l&amp;rsquo;état pur.  C&amp;rsquo;est bouleversant. Puis vient une longue interview de l&amp;rsquo;auteur, qui radote et rabâche des platitudes. C&amp;rsquo;est consternant. Céline et le docteur Destouches auraient-ils donc été deux individus différents ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela continue ainsi sur plein de sujets : la paresse (un éloge), le tabac, le succès, la vérité&amp;hellip; toujours par le biais de la littérature, bien entendu. À ce sujet, une dernière citation, de Schopenhauer cette fois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;art de ne pas lire est très important. Il consiste à ne pas s&amp;rsquo;intéresser à tout ce qui attire l&amp;rsquo;attention du grand public à un moment donné. Quand tout le monde parle d&amp;rsquo;un certain ouvrage, rappelez-vous que quiconque écrit pour les imbéciles ne manquera jamais de lecteurs. Pour lire les bons livres, la condition préalable est de ne pas perdre son temps à en lire de mauvais, car la vie est trop courte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Habits_neufs_du_pr%C3%A9sident_Mao&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Les habits neufs du président Mao\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Simon Leys sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;Orwell ou l&amp;rsquo;horreur de la politique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : Navigateur entre les mondes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5692&#34; &gt;Le studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12014&#34; &gt;Les idées des autres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Habits_neufs_du_pr%C3%A9sident_Mao&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Les habits neufs du président Mao\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Home - Toni Morrison</title>
            <link>https://pled.fr/home-toni-morrison/</link>
            <pubDate>Sun, 02 Dec 2012 17:46:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/home-toni-morrison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Home - Toni Morrison&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;home.jpg#floatleft&#34;&gt; Un autre bouquin recommandé par un collègue : « tu verras, le racisme au quotidien en Amérique, très épuré, magnifique ».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Effectivement le bouquin n&amp;rsquo;est pas très épais, et en cela il est épuré ; on est plus proche ici d&amp;rsquo;une longue nouvelle que d&amp;rsquo;un véritable roman. À 17 € la nouvelle, c&amp;rsquo;est un peu cher, mieux vaut attendre la sortie en poche !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à l&amp;rsquo;histoire, elle se passe aux États-Unis dans les années 1950, en pleine ségrégation. Le héros (noir) ne revient pas du Vietnam mais de Corée&amp;hellip; ça ne change pas les troubles psychiques apparemment. Il va devoir retourner dans sa ville natale en Géorgie (un état du Sud) car sa sœur est en danger. Il la sauvera et réciproquement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est racontée dans un ordre autre que chronologique : c&amp;rsquo;est donc parti pour l&amp;rsquo;apprendre par bribes, dans le passé, dans le présent, recoller les morceaux du puzzle. Ça m&amp;rsquo;énerve ! ;-) Mais c&amp;rsquo;est bien écrit, et assez bien fait : une époque guère reluisante (et pourtant proche) se dessine par petites touches, comme la référence à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.autolife.umd.umich.edu/Race/R_Casestudy/Negro_motorist_green_bk.htm&#34;  title=&#34;The Negro  Motorist Green book&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&lt;strong&gt;The Negro Travelers&amp;rsquo; Green Book&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, guide de voyage à l&amp;rsquo;usage des noirs, listant les restaurants, les hôtels où ils ne se feront pas refouler&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais bon, la brièveté du &amp;lsquo;roman&amp;rsquo; empêche d&amp;rsquo;aller très loin dans la description de l&amp;rsquo;époque. Dommage, d&amp;rsquo;autant que l&amp;rsquo;histoire (le racisme, le retour de la guerre), n&amp;rsquo;a du coup rien de très original.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toni_Morrison&#34;  title=&#34;Toni Morrison sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Toni Morrison&lt;/a&gt; est née en 1931 dans l&amp;rsquo;Ohio, est une romancière, professeur de littérature et éditrice américaine, lauréate du Prix Pulitzer en 1988, et du prix Nobel de littérature en 1993. Elle s&amp;rsquo;est fait connaître en France avec son roman &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Beloved_%28roman%29&#34;  title=&#34;Beloved sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Beloved&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;aveuglement - José Saramago</title>
            <link>https://pled.fr/laveuglement-jose-saramago/</link>
            <pubDate>Sun, 25 Nov 2012 18:58:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/laveuglement-jose-saramago/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’aveuglement - José Saramago&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laveuglement-jose-saramago.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est un collègue qui m&amp;rsquo;a offert ce bouquin, en m&amp;rsquo;en disant le plus grand bien. Si l&amp;rsquo;idée de partager nos meilleures lectures est excellente (surtout au boulot), et même  si l&amp;rsquo;on pouvait lire sur la couverture de celui-ci « prix nobel de littérature », je dois dire que j&amp;rsquo;ai été un peu déçu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est en réalité une fable : un homme devient aveugle, puis deux, puis trois&amp;hellip; c&amp;rsquo;est en fait une épidémie de cécité qui semble n&amp;rsquo;épargner personne. Les premiers atteints sont placés en quarantaine dans un asile désaffecté, et laissés sans autre assistance que la fourniture de vivres quotidienne. Un groupe se forme, d&amp;rsquo;autres arrivent, encore et encore, et l&amp;rsquo;on va assister à la lente dégradation de tout ce qui fait de nous des citoyens civilisés&amp;hellip; La vie en société va vite se transformer en une jungle cruelle, et le vernis qui fait de nous des êtres civilisés s&amp;rsquo;effacer tout aussi rapidement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première chose qui m&amp;rsquo;a déplu, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;absence de ponctuation pour les dialogues : ils s&amp;rsquo;intègrent au texte du paragraphe, sans retour ligne ou quoique ce soit, tout juste amorcés par une majuscule. Exemple :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il agitait nerveusement les mains devant son visage, comme s&amp;rsquo;il nageait dans ce qu&amp;rsquo;il avait appelé une mer de lait, mais déjà sa bouche s&amp;rsquo;ouvrait pour lancer un appel au secours et au dernier moment la main de l&amp;rsquo;autre lui toucha légèrement le bras, Calmez-vous je vais vous conduire.  Ils se mirent en route très lentement, l&amp;rsquo;aveugle avait peur de tomber et traînait les pieds mais cela le faisait trébucher sur les irrégularités de la chaussée, Patience, nous sommes presque arrivés, murmurait l&amp;rsquo;homme, et un peu plus loin il demanda, Y-a-t-il chez vous quelqu&amp;rsquo;un qui puisse s&amp;rsquo;occuper de vous, et l&amp;rsquo;aveugle répondit, Je ne sais pas, ma femme n&amp;rsquo;est sans doute pas encore rentrée de son travail, il a fallu que ceci m&amp;rsquo;arrive aujourd&amp;rsquo;hui que je suis sorti plus tôt, Vous verrez que ça ne sera rien ,je n&amp;rsquo;ai jamais entendu dire que quiconque soit devenu aveugle comme ça, subitement, Et moi qui me vantais de ne pas porter de lunettes, je n&amp;rsquo;en ai jamais eu besoin.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un petit tour sur la page wikipedia de l&amp;rsquo;auteur nous apprend que c&amp;rsquo;est bien de son style qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;écriture de José Saramago est faite de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Ces phrases peuvent être vues comme une succession de phrases courtes où la virgule aurait remplacé le point. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l&amp;rsquo;adresse du lecteur. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités sous forme d&amp;rsquo;incises au cœur des phrases&#xA;On sent chez l&amp;rsquo;auteur une jubilation à balader le lecteur au gré de digressions, de métaphores et d&amp;rsquo;anachronismes qui mettent en relief des jeux de miroir où mensonge et vérité se confondent et s&amp;rsquo;échangent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Moi je veux bien&amp;hellip; Toujours est-il que j&amp;rsquo;ai trouvé ça assez gênant pendant la lecture, on est obligé de faire la ponctuation soi-même, de casser le rythme de lecture d&amp;rsquo;un (toujours long) paragraphe car on vient de passer de la narration au dialogue (et vice-versa). Je n&amp;rsquo;y vois aucun intérêt particulier, à part le fait de se faire balader !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour ma part, les digressions de l&amp;rsquo;auteur, utilisant le &amp;ldquo;nous&amp;rdquo; dans la narration, se résument à asséner une bonne vieille vérité sur la vie, éculée la plupart du temps. Quant à la fable&amp;hellip; bon si on devient tous aveugles, plus rien ne marche, et personne ne voit ce que vous faîtes ! Les brigands restent des brigands, les aveugles de naissance sont avantagés&amp;hellip; des trucs comme ça. Mais rassurez-vous, l&amp;rsquo;auteur a pensé à tout, il fallait bien un témoin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Saramago&#34;  title=&#34;José Saramago sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;José Saramago&lt;/a&gt; (1922-2010), est un écrivain et journaliste portugais. En 1998, il obtient le prix Nobel de littérature. Il s&amp;rsquo;est fortement engagé dans le mouvement altermondialiste, et est l&amp;rsquo;un des signataires du Manifeste de Porto Alegre. Il s&amp;rsquo;est également engagé dans la contestation de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Il a de plus souvent dénoncé la politique du gouvernement israélien vis-à-vis de la Palestine.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Joueur - Dostoïevski</title>
            <link>https://pled.fr/le-joueur-dostoievski/</link>
            <pubDate>Sat, 10 Nov 2012 18:13:52 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-joueur-dostoievski/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le Joueur - Dostoïevski&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lejoueur.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre en me disant qu&amp;rsquo;il devait décrire le phénomène d&amp;rsquo;addiction d&amp;rsquo;un joueur. Un grand écrivain, russe de surcroît, devait s&amp;rsquo;attaquer à ce sujet en profondeur me disais-je&amp;hellip; d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;il est probablement en partie autobiographique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, j&amp;rsquo;en fus pour mes frais sur ce point, mais ce petit roman est très agréable à lire. On se prend vite de sympathie pour le jeune Alexis Ivanovitch, jeune précepteur au service d&amp;rsquo;un général et de sa famille, amoureux transi de Polina Alexandrovna, belle-fille du général. Tout ce petit monde se trouve à Roulettenbourg (!), ville d&amp;rsquo;eau pour la haute société et disposant fort logiquement d&amp;rsquo;un casino.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourtant l&amp;rsquo;argent manque dans la famille&amp;hellip; Ah si la grand-mère là-bas en Russie pouvait décéder, l&amp;rsquo;héritage arrangerait tout&amp;hellip; Alexis va donc jouer parce que Polina le lui demande, puis se prendre lui-même au jeu. La grand-mère, personnage fantasque, débarque alors et se prend au jeu également, dilapidant l&amp;rsquo;argent restant de la famille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé la scène où Alexis doit s&amp;rsquo;expliquer devant le général d&amp;rsquo;une petite provocation qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est permis vis-à-vis d&amp;rsquo;une baronne prussienne, provocation faite à la demande de Polina bien sûr,  par jeu&amp;hellip; Le général le prend de très haut, mais Alexis ne se laisse pas démonter et prend le général à son propre jeu, retournant la situation d&amp;rsquo;une manière succulente.  Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Comprenez-vous, monsieur, à quoi vous m&amp;rsquo;avez exposé — oui, moi, mon cher monsieur ? C&amp;rsquo;est moi qui ai été obligé de présenter mes excuses au baron et de lui donner ma parole qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui même, là, sur le-champ, vous n&amp;rsquo;appartiendriez plus à la maison&amp;hellip;&#xA;- Pardon, pardon, général, c&amp;rsquo;est lui qui vous a demandé explicitement que je n&amp;rsquo;appartienne plus à votre maison, comme vous daignez vous exprimer ?&#xA;- Non ; c&amp;rsquo;est moi qui me suis senti obligé de lui donner cette réparation et il va de soi que le baron est resté content. Nous nous quittons, monsieur. [&amp;hellip;]&#xA;- Général, ça ne peut pas se terminer comme ça. Je regrette beaucoup que le baron vous ait fait des ennuis, mais — pardonnez-moi : c&amp;rsquo;est de votre faute. Comment avez-vous pu prendre sur vous de répondre de moi devant le baron ? Que signifie l&amp;rsquo;expression que j&amp;rsquo;appartiens à votre maison ? Je suis simplement précepteur dans votre maison, c&amp;rsquo;est tout. Je ne suis pas votre fils, je ne suis pas sous votre tutelle, vous n&amp;rsquo;avez pas le droit de répondre de mes actes. Je suis une personne juridiquement capable. J&amp;rsquo;ai vingt-cinq ans, je suis diplômé de l&amp;rsquo;université, je suis noble, je n&amp;rsquo;ai rien à voir avec vous. Il n&amp;rsquo;y a que le respect infini que j&amp;rsquo;éprouve pour vos mérites qui m&amp;rsquo;empêche de vous demander des explications plus approfondies pour avoir pris sur vous le droit de répondre de moi.&#xA;Le général fut tellement stupéfait qu&amp;rsquo;il en reste les bras ballants [&amp;hellip;]&#xA;- Mais pour le baron, je n&amp;rsquo;ai pas l&amp;rsquo;intention de laisser passer comme ça, poursuivis-je avec le plus grand sang-froid, [&amp;hellip;] et, général, comme vous avez accepté d&amp;rsquo;écouter tout à l&amp;rsquo;heure les plaintes du baron et de prendre son parti, vous plaçant vous-même, pour ainsi dire, en position de participant actif dans cette affaire, j&amp;rsquo;ai l&amp;rsquo;honneur de vous informer que, pas plus tard que demain matin, je demanderai au baron, en mon nom propre, une explication formelle sur le fait qu&amp;rsquo;ayant eu affaire avec moi, il se soit adressé à une tierce personne, comme si j&amp;rsquo;avais été moi-même indigne de répondre de mes actes.&#xA;Il arriva ce que je prévoyais. Le général, entendant cette nouvelle sottise, fît définitivement pris de panique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cela continue ainsi&amp;hellip; À la fin, ce sera le général qui suppliera Alexis de ne rien faire, lui promettant de le reprendre à son service. ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À ce moment du roman, je me dis que l&amp;rsquo;on va bien s&amp;rsquo;amuser avec un tel personnage. Mais il maîtrise beaucoup moins bien ses relations avec Polina, qui le manipule comme un jouet. Puis son amour pour elle se transformera en addiction pour le jeu, jusqu&amp;rsquo;à tout perdre, y compris la raison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Anna Grigorievna Dostoïevski, dans son excellente postface, explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Au reste, le héros perd tout, ce qui confirme que Dostoïevsky était plus lucide, en 1866, sur ses personnages que sur lui-même (comme ses personnages, d&amp;rsquo;ailleurs, sont ordinairement plus lucides sur les autres que sur leur propre destin : ainsi le Joueur, persuadé que la grand-mère, parce qu&amp;rsquo;elle est joueuse, ne peut que perdre !). On n&amp;rsquo;est prisonnier que de soi. Toujours est-il que Dostoïevski nous fait comprendre ce que Freud, plus tard, explicitera. L&amp;rsquo;illusion est un grand désir qui se prend pour une vérité — une espérance qui se prend pour une preuve.&#xA;La découverte n&amp;rsquo;est pas neuve, mais chacun doit la refaire pour son compte. Spinoza notait déjà que « nous sommes disposés de nature à croire facilement ce que nous espérons, difficilement ce dont nous avons peur, et à en faire respectivement trop ou trop peu de cas ».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À méditer&amp;hellip; Être lucide n&amp;rsquo;est peut-être pas aussi évident que ça ! &amp;ldquo;chacun doit la refaire pour son compte&amp;rdquo;, et à chaque instant&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fiodor_Dosto%C3%AFevski&#34;  title=&#34;Dostoïevski sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski&lt;/a&gt; est un l&amp;rsquo;un des plus grand écrivains russe (1821-1881). Il passera quatre années dans un bagne de Sibérie. Épileptique, joueur couvert de dette, il parcourera l&amp;rsquo;europe. En 1867, il se marie et commencera à publier ses œuvres les plus abouties. Il rentre en Russie en 1871. Wikipedia dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les romans de Dostoïevski sont parfois qualifiés de « métaphysiques », tant la question angoissée du libre arbitre et de l&amp;rsquo;existence de Dieu est au cœur de sa réflexion, tout comme la figure du Christ. Cependant ses œuvres ne sont pas des « romans à thèse », mais des romans où s&amp;rsquo;opposent de façon dialectique des points de vue différents avec des personnages qui se construisent eux-mêmes, au travers de leurs actes et de leurs interactions sociales.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un auteur à lire donc !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/nouveaux-commentaires-sur-la-mort-du-reve-americain-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Thu, 01 Nov 2012 16:18:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nouveaux-commentaires-sur-la-mort-du-reve-americain-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nouveauxcommentaires.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un autre recueil de textes de Hunter S. Thompson sur la mort du rêve américain. Il s&amp;rsquo;agit de l&amp;rsquo;un des cinq volumes des « Gonzo Papers », en cours de réédition par la maison d&amp;rsquo;édition  &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tristram&#34;  title=&#34;Tristram sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tristram&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils avaient été initialement publiés il y a trente ans aux Humanoïdes Associés (collection « Speed 17 »), sous la houlette de Philippe Manœuvre et de Philippe Garnier, puis en 10-18, mais étaient épuisés depuis longtemps. Les « Gonzo Papers », ce sont les tables de la loi du journalisme Gonzo !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais énormément apprécié &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741%c2%b2&#34;  title=&#34;article sur Gonzo Highway de Hunter S. Thompson&#34;&#xA;    &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt;, recueil de lettres de Hunter S. Thompson, chaque lettre étant précédée d&amp;rsquo;une courte présentation pour situer le contexte. On traversait ainsi l&amp;rsquo;Amérique des années 50 aux années 70, et le choix des lettres était judicieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ici on retrouve collés à la suite des lettres, des extraits de nouvelles, des reportages, etc&amp;hellip; sans aucune explication ni lien entre elles autre que chronologique (des années 50 aux années 90 cette fois). L&amp;rsquo;absence de contexte et de présentation rend les choses assez compliquées à suivre si l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;est pas un spécialiste de la politique américaine. Il y a bien quelques notes de l&amp;rsquo;éditeur, mais elles sont relayées en fin d&amp;rsquo;ouvrage, et très sommaires. Le logiciel ne gérait pas les notes de bas de page ?  ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus, j&amp;rsquo;ai trouvé certains textes totalement délirants et n&amp;rsquo;apportant vraiment rien, sinon que Hunter S. Thompson les a probablement écrits sous une drogue quelconque ; comme il le dit lui-même, on croit alors que tout ce que l&amp;rsquo;on écrit est génial, alors que le lendemain matin, tout est bon à jeter à la poubelle ! De là à les publier&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y trouve aussi quatre chapitres d&amp;rsquo;un certain « journal du rhum », correspondant à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34;  title=&#34;article sur Rhum Express&#34;&#xA;    &gt;Rhum Express&lt;/a&gt;, roman publié ultérieurement, et que j&amp;rsquo;avais malheureusement déjà lu. Le texte est très légèrement différent (j&amp;rsquo;ai comparé) mais ne mérite pas une nouvelle lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a tout de même des textes intéressants (comme le divorce du couple Pulitzer), tout n&amp;rsquo;est pas à jeter loin de là, avec toujours ce portrait de l&amp;rsquo;Amérique sans concession, très cynique. Thompson a sans aucun doute un sens critique très développé, et une vraie capacité à décrypter ce qui se passe,  mais lui-même apparaît tout aussi déjanté, comme l&amp;rsquo;Amérique qu&amp;rsquo;il décrit avec tant de rage. On peut aussi noter qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;énerve surtout quand il est personnellement impliqué. Un tempérament égocentrique sans aucun doute !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a par contre un autre bouquin de Thompson que j&amp;rsquo;aimerais bien lire : « Fear and Loathing: On the Campaign Trail &amp;lsquo;72 » où Thompson suit la campagne de Richard Nixon en 1972. Mais il n&amp;rsquo;a jamais été traduit en totalement en français : on en trouve seulement des extraits dans cette même collection sous le titre « Parano dans le bunker » et « Dernier tango à Las Vegas »&amp;hellip; si j&amp;rsquo;ai bien compris,  car  les « Gonzo Papers » sont durs à suivre au fil des rééditions !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d&amp;rsquo;Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ringolevio - Emmett Grogan</title>
            <link>https://pled.fr/ringolevio-emmett-grogan/</link>
            <pubDate>Sun, 21 Oct 2012 17:20:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ringolevio-emmett-grogan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Ringolevio - Emmett Grogan&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ringolevio.png#floatleft&#34;&gt; Je continue mon exploration des années 60 aux États-Unis avec ce livre qui mérite franchement le détour. C&amp;rsquo;est Paul Jorion qui le mentionnait sur son blog, lors de sa vidéo du vendredi le 17 août dernier (voir &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.pauljorion.com/blog/?p=40572&#34;  title=&#34;vidéo de Paul jorion&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parlant de la violence d&amp;rsquo;état, et de cet homme à priori inoffensif à New-York sur lequel la police tira plusieurs coups de feu à bout portant, Paul Jorion pense alors à Ringolevio et à Emmett Grogan, qu&amp;rsquo;il définit comme &amp;ldquo;le grand théoricien du mouvement hippie&amp;hellip; mais un hippie sérieux et très actif&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La courte préface d&amp;rsquo;Albie Baker, ami de l&amp;rsquo;auteur, commence ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le plus formidable jeu de mon enfance avait pour nom Ringolevio. C&amp;rsquo;était un jeu de vie et de mort. Un combat plutôt qu&amp;rsquo;un jeu. Je revois encore plusieurs des gosses de mon ancien quartier, dont j&amp;rsquo;ai gardé les noms en mémoire et qui, pour se soustraire à la capture ou pour capturer un adversaire, se sont précipités dans les bras de la mort ou se sont estropiés à vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Ringolevio nous préparait à la vie. À la violence, à l&amp;rsquo;inégalité, à la misère et à la guerre. Il nous apprenait à rentrer la tête dans les épaules quand c&amp;rsquo;était nécessaire et à gamberger vite et bien, deux qualités essentielles à la survie. On était peut-être nuls en maths, n&amp;rsquo;empêche qu&amp;rsquo;on passait les épreuves haut la main.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Emmett Grogan va donc nous raconter sa vie à partir de cette époque (en 1956, il a 13 ans) et à cette partie de Ringolevio qui va mal tourner, jusqu&amp;rsquo;aux années 1970 marquant la fin du mouvement hippie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Entre temps, il sera successivement petit voyou accro à l&amp;rsquo;héroïne, mis en prison où il se désintoxiquera seul, deviendra alors cambrioleur de haute volée, puis s&amp;rsquo;enfuira en Italie (où il s&amp;rsquo;intéressera à l&amp;rsquo;art et au cinéma), et enfin sera membre de l&amp;rsquo;IRA à Dublin. De retour aux États-Unis, il se fera réformer (pour éviter le Vietnam) avant de rejoindre San Francisco et le mouvement hippie. Il sera le fondateur des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Diggers_%28San_Francisco%29&#34;  title=&#34;Les Diggers sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Diggers&lt;/a&gt;. Même si ce mouvement de tendance anarchiste se refusait à toute hiérarchie, ce sont les ego de chacun qui provoqueront la fin du groupe (aux fortes personnalités) quelques années plus tard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais avant cela, ce qu&amp;rsquo;ils feront et la manière dont ils l&amp;rsquo;ont fait est passionnante. Grogan ne croit pas aux leaders, qu&amp;rsquo;ils soient politiques ou représentant des mouvements de contestations. Sa recherche d&amp;rsquo;anonymat permanente n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;égal que son énergie &lt;strong&gt;à faire&lt;/strong&gt; les choses, concrètement, gratuitement, et pour le peuple.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est gratuit parce que c&amp;rsquo;est à vous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Selon l&amp;rsquo;auteur, tout est vrai dans ce livre. Si c&amp;rsquo;est la vérité, l&amp;rsquo;histoire est incroyable. Mais comme l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est attaché toute sa vie à cultiver l&amp;rsquo;anonymat et la discrétion (Emmett Grogan n&amp;rsquo;est pas son vrai nom), personne ne sait vraiment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie raconte donc son adolescence New-Yorkaise, et la seconde les années en Europe, et représentent à elles deux la moitié du bouquin (soit 300 pages, à peine la moitié). Elles se lisent comme un polar, c&amp;rsquo;est parfaitement écrit et raconté, et on se demande jusqu&amp;rsquo;où peut aller ce type. Sur le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Emmett_Grogan&#34;  title=&#34;Emmet Grogan sur wikipedia US&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;wikipedia US&lt;/a&gt;, on met en doute son voyage en Italie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le reste traite presque essentiellement du mouvement hippie à San Francisco (où l&amp;rsquo;on retrouve le quartier de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Haight-Ashbury&#34;  title=&#34;Haight-Ashbury sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haight-Ashbury&lt;/a&gt; décrit dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34;  title=&#34;Acide test – Tom Wolfe&#34;&#xA;    &gt;Acid test&lt;/a&gt;), du groupe des Diggers et de comment ils ont participé à ce mouvement, quels étaient leur but, leur vision de la société. Le style perd un peu de rythme, l&amp;rsquo;écriture est moins plaisante, mais les sujets abordés de manière très sérieuse sont passionnants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À son retour aux États-Unis (1965), Emmett Grogan écoute les stations radio AM et FM de New-York, et découvre la matraquage médiatique et publicitaire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il en déduisit que lorsqu&amp;rsquo;on disposait de bières et de bretzels en quantité suffisante, d&amp;rsquo;un poste de radio et d&amp;rsquo;un poste de télé, on pouvait se barricader dans sa chambre pendant une semaine et la passer toute entière assis sur son cul, à écouter et à regarder, en sautant d&amp;rsquo;une station à l&amp;rsquo;autre. Que, bon gré mal gré, on finissait par se laisser imprégner par tout ce qu&amp;rsquo;ils souhaitaient vous inculquer, sur telle ou telle camelote ou sur machin ou machine, et de telle façon que votre marge de décision personnelle s&amp;rsquo;en trouvait réduite au strict minimum : quelle station vous choisissiez d&amp;rsquo;écouter et quel clampin vous préfériez entendre vous pressurer le citron. Quant à la teneur proprement dite du message, elle était aussi lénifiante qu&amp;rsquo;immuable — seuls variaient, encore que très légèrement, le style dans lequel on vous le délivrait et l&amp;rsquo;aspect extérieur du batteur d&amp;rsquo;estrade.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une voisine d&amp;rsquo;enfance patriote le dénonce alors au FBI car il est en âge de rentrer dans l&amp;rsquo;armée, et la guerre du Vietnam commence. Envoyé dans une base militaire en Californie, il réussira à se faire réformer en simulant la schizophrénie (la scène vaut le détour !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand Grogan se retrouve à San-Francisco et voit ce quartier de Haight-Ashbury, avec tous ces jeunes hippies débarquant de tout le pays, proie facile des propriétaires immobiliers et autres affairistes profitant de l&amp;rsquo;aubaine, qui en quelques mois se retrouvent fauchés (et défoncés) à errer dans les rues, il veut FAIRE quelque chose. Il croise d&amp;rsquo;ailleurs les Merry Pranksters d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5831&#34;  title=&#34;Acide test – Tom Wolfe&#34;&#xA;    &gt;Acid test&lt;/a&gt;, et les considère comme de simples allumés. Pour lui, seule compte l&amp;rsquo;action et ce qu&amp;rsquo;en retirent les défavorisés, de manière très concrète.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Diggers convoquent à une réunion les propriétaires du quartier et tous ceux impliqués de façon active dans le quartier afin de discuter des mesures à prendre. Quand l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux mentionne une Coopérative pour l&amp;rsquo;Emploi, il rétorque :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ouais, tu parles, la Coop ! Bel exemple de ce qui se passe ici. Oh, bien sûr, ça permet à une malheureuse fugueuse au bout du rouleau de trouver un job ! Un job dans un de ces ateliers de couture où vous faites suer le burnous, et où elle fabriquera des robes pour un dollar de l&amp;rsquo;heure ! Admettons qu&amp;rsquo;il lui faille deux heures pour en fabriquer une, hein ? Ça nous fait bien deux dollars la robe, si je ne m&amp;rsquo;abuse ? Ensuite, ses employeurs — tous ces hippies grands brûleurs d&amp;rsquo;encens — revendront la robe vingt-cinq ou trente dollars pièce; Au bout d&amp;rsquo;un moment, elle finira par se décourager, perdre toutes ses illusions sur ce genre d&amp;rsquo;expédient et retombera dans le ruisseau, encore plus bas qu&amp;rsquo;auparavant. Et c&amp;rsquo;est là qu&amp;rsquo;on la repêchera, nous autres. C&amp;rsquo;est à ça qu&amp;rsquo;elle sert, empaffé, ta saloperie de Coop. Vous autres, les commerçants H.I.P (Haight Independant Proprietors), ainsi que certaines autres personnes ici présentes, vous vous êtes démanchés pour construire le mythe de Haight-Ashbury, toutes ces foutaises sur cette liberté bidon à base de fumée d&amp;rsquo;encens et colliers de perles, mais, maintenant, vous ne voulez plus en branler une pour essayer d&amp;rsquo;endiguer le flot migratoire que vous avez déclenché. C&amp;rsquo;est pas votre problème, hein ? Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;ils vont devenir, tous ces gosses, en débarquant ici, quand ils auront réalisé que le mythe en question n&amp;rsquo;était précisément que ça&amp;hellip; un mythe ? La rue grouille déjà de gens affamés, désemparés, complètement déboussolés, et, bientôt, ils seront encore plus nombreux. Et vous autres, là-haut, sur votre petit nuage, vous auriez intérêt à trouver une solution à leurs problèmes, à couper dare-dare le robinet des salades métaphydiques qui vous font tellement mouiller vos petites culottes et à cesser un peu de jouer au Monopoly, parce que, sinon, j&amp;rsquo;en connais un qui risque de prendre ça très à cœur, très, très personnellement, et de vous enfoncer un putain de Yi-King dans le baba en guise de suppositoire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va donc organiser (avec ses frères et sœurs des Diggers) la distribution d&amp;rsquo;un repas gratuit, tous les jours. Cela aura un énorme succès, mais représente également un très gros travail. Pour les légumes, il s&amp;rsquo;arrange aux Halles avec les producteurs, et pour la viande, s&amp;rsquo;il faut la voler, il la vole (mais c&amp;rsquo;est dangereux, le &amp;ldquo;marché&amp;rdquo; étant occupé par les flics !). Ils vont aussi ouvrir un magasin gratuit, trouver des médecins pour soigner les gens gratuitement, etc..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peu lui importe les moyens, et l&amp;rsquo;on peut même regretter qu&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;étende pas plus sur le sujet. À un moment du livre, il donne des conseils à un groupe de Chicago sur la manière d&amp;rsquo;obtenir l&amp;rsquo;argent nécessaire à ce que l&amp;rsquo;on veut faire, mais sans nous la faire partager. À priori, transgresser la loi ne lui pose pas de problèmes, si le coup est bien préparé et que tu ne te fais pas prendre (héritage du Ringolevio).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Diggers rencontrent aussi les autres mouvements de contestation, et leurs leaders. Ils se déplacent à New-York dans le quartier du Lower East Side (qui s&amp;rsquo;appellera East Village) où commencent à se rassembler les jeunes hippies, aux côtés des portoricains et des noirs, pour y apporter leur expérience. Ils froissent souvent les leaders de ces mouvements par leurs positions assez radicales, et se créent des inimitiés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Invités dans Le Michigan au congrès annuel du SDS (Students for a Democratic Society), organisme regroupant pas mal de mouvements et organisations à travers tout le pays, quatre des Diggers font le voyage avec une idée bien arrêtée en tête. Se faisant reprocher de n&amp;rsquo;avoir jamais fait vraiment partie de la classe ouvrière, Tumble, l&amp;rsquo;un des Diggers présent, prend la parole en leur montrant deux cartes : la première montre qu&amp;rsquo;il a bossé douze ans comme docker sur les quais de San Francisco, la seconde qu&amp;rsquo;il a été membre actif du Parti communiste. Il explique que pour lui c&amp;rsquo;est maintenant du passé, et continue :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quoiqu&amp;rsquo;il en soit, la raison pour laquelle j&amp;rsquo;ai renoncé à mon engagement dans ces deux organisations, c&amp;rsquo;est que j&amp;rsquo;ai compris que c&amp;rsquo;était du vent, deux vrais sacs de merde, et que je ne voulais plus participer à cette merde. Participer au mensonge qui dit que toute transformation radicale de la société ne peut qu&amp;rsquo;être la réalisation de la dictature du prolétariat. Voyez-vous, je veux sincèrement faire quelque chose pour changer ce putain de système, et, quand j&amp;rsquo;ai enfin compris que j&amp;rsquo;avais réellement, très réellement envie de transformer les pitoyables conditions d&amp;rsquo;existence qui sont le lot du plus clair des gens dans ce putain de monde, j&amp;rsquo;ai réalisé que je devais cesser de me raconter des histoires; cesser définitivement d&amp;rsquo;assister aux réunions de cellule mensuelles, moi qui ramenais à la maison un salaire hebdomadaire de trois cent dollars. Et c&amp;rsquo;est précisément ce salaire qui m&amp;rsquo;a ouvert les yeux, qui m&amp;rsquo;a fait comprendre que mon engagement au Parti n&amp;rsquo;était rien d&amp;rsquo;autre qu&amp;rsquo;un passe-temps élitiste, qui me permettait tous les mois de soulager ma conscience sans jamais rien faire pour personne. Un beau jour, j&amp;rsquo;ai regardé autour de moi, constaté que mes amis jouaient comme moi au même petit jeu bidon — syndicat, parti, prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! —, je me suis rendu compte qu&amp;rsquo;ils menaient une confortable existence de nantis, et j&amp;rsquo;ai décidé d&amp;rsquo;en finir avec toutes ces conneries, avec tout ce temps perdu à tourner en rond, et j&amp;rsquo;ai montré mon cul au mensonge pour affronter ma propre vérité.&lt;br&gt;&#xA;Et c&amp;rsquo;est là que j&amp;rsquo;ai eu la chance de rencontrer mes frères ici présents, et, depuis, je travaille avec eux à réformer les choses. À changer les choses, non pas en exigeant qu&amp;rsquo;elles changent en participant à des manifestations ou à des marches de protestation, en suppliant le pouvoir de daigner concéder ces réformes au peuple, non ! mais en les changeant nous-mêmes.[&amp;hellip;]&lt;br&gt;&#xA;Je vous parle de changements immédiats, localisés, comme d&amp;rsquo;empêcher de pauvres gosses de crever de faim en leur trouvant de quoi bouffer, ou en faisant comprendre à un proprio qu&amp;rsquo;il aurait tout intérêt à installer le chauffage et l&amp;rsquo;eau courante dans ses taudis, s&amp;rsquo;il ne veut pas retrouver sa jolie maison de banlieue en cendres.Et croyez-moi, pour comprendre, il comprendra, car nous ne manquerons pas de lui faire savoir que nous savons où il habite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Emmet précise également :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;importance cruciale que revêtait l&amp;rsquo;anonymat lorsqu&amp;rsquo;on essayait avec sérieux et cohérence de subvertir l&amp;rsquo;ordre social et de s&amp;rsquo;affranchir en tant soit peu du carcan économique du système, l&amp;rsquo;objectif ultime de cette autarcie arrachée de haute lutte étant bien entendu l&amp;rsquo;autonomie totale. Une autonomie tant individuelle que collective, à la fois spirituelle et matérielle, qui déboucherait ultérieurement sur la longue lutte acharnée qu&amp;rsquo;il faudrait nécessairement mener pour instaurer la société sans classes, égalitaire et comparative qui succéderait à la libre concurrence, une société où le pouvoir serait décentralisé et octroyé au peuple dans son ensemble par le truchement d&amp;rsquo;un socialisme démocratique.&lt;br&gt;&#xA;[&amp;hellip;] Bon, vous aurez sans doute un certain mal à comprendre ça, vous qui n&amp;rsquo;arrêtez pas de grenouiller pour apparaître en bonne place, au premier rang, à la télé ou dans les journaux, pour vous prouvez que vous existez ! Mais pas moi, non, ni mes frères ni mes sœurs, vu ? Et vous savez pourquoi j&amp;rsquo;en ai la certitude ? Vous savez pourquoi je suis certain de ne pas me tromper ? Hein, pourquoi ?&lt;br&gt;&#xA;Eh bien, c&amp;rsquo;est tout simple : je ne plaisante pas, moi, voyez-vous ! Je n&amp;rsquo;essaye de leurrer personne, ni vous, ni moi, ni personne, sur les méthodes que j&amp;rsquo;emploie pour parvenir à ce bouleversement radical dont notre pays a tant besoin !&lt;br&gt;&#xA;Ça doit vous paraître foutrement incompréhensible, pas vrai ? Tous autant que vous êtes, tas de connards, vous seriez prêts à donner votre cul pour voir votre gueule en couverture de n&amp;rsquo;importe quel magazine, sous le titre Le Grand Méchant Loup gauchiste ! C&amp;rsquo;est pas vrai peut-être ? Et maintenant, vous me regardez tous&amp;hellip; moi qui suis plus beau et plus grand que n&amp;rsquo;importe quel enfoiré, femme ou homme, de cette foutue salle, en vous demandant pourquoi, foutre-dieu, je ne les autorise pas à me tirer le portrait et à faire de moi le &amp;ldquo;Le Grand Méchant Loup gauchiste&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;année, pas vrai ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après les avoir encore insultés quelques minutes, Grogan finira par renverser toutes les tables, frappant les types en pleine poire, saccageant la salle en les traitant tous de &amp;ldquo;foireux&amp;rdquo; et de &amp;ldquo;pourris&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1967, c&amp;rsquo;est le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Summer_of_love&#34;  title=&#34;Summer of Love sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Summer of Love&lt;/a&gt; à San Francisco, qui marquera la fin du mouvement hippie. Il en est de même pour Grogan et les Diggers: les ego et quelques malentendus  rendent l&amp;rsquo;entente dans le groupe difficile, et chacun vaque à ses occupations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Grogan se lance dans la livraison de repas gratuits à domicile, tâche énorme qui lui prend tout son temps. Il fera une rencontre inattendue : le gouverneur du Michigan George Romney et sa femme, qui parcourent le pays en vue de la prochaine campagne électorale, où il va se présenter comme candidat aux primaires du parti Républicain. Grogan envisagera un instant de les kidnapper, les emmenant dans son camion à l&amp;rsquo;insu des flics ! Finalement, il les laissera dans un parc de San-Francisco au milieu d&amp;rsquo;une bande de jeunes qui vont les insulter copieusement à propos de la guerre du Vietnam, jusqu&amp;rsquo;à ce que la police les retrouve ! Quand on voit aujourd&amp;rsquo;hui un autre Romney se présenter à la présidentielle US, on peut effectivement se dire que tout cela est bien verrouillé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant le Summer of Love, le jugement de Grogan est sans appel :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le &amp;ldquo;Human Be-In&amp;rdquo; des Haight Independant Proprietors avait été un mensonge, et ses conséquences attestaient clairement du destin qui guettait cette nation, ce pays qui permettait à de lamentables clowns, à de pseudo-radicaux contestataires de berner ses propres enfants en les entraînant dans une gigantesque mascarade dont l&amp;rsquo;unique objectif était de leur livrer l&amp;rsquo;accès aux mass médias. Ce grand jeu de la dèche auquel s&amp;rsquo;étaient livrés les jeunes Blancs dans tous les ghettos de l&amp;rsquo;amour du pays, comme le Haight-Ashbury ou le Lower East Side, n&amp;rsquo;était certes, pour la plupart d&amp;rsquo;entre eux, qu&amp;rsquo;un amusant simulacre. Mais, de la même manière que la véritable misère accouche inéluctablement d&amp;rsquo;une révolution authentique, la misère en peau de lapin de ces intrépides aventuriers accoucherait d&amp;rsquo;une révolution en trompe-l&amp;rsquo;œil, d&amp;rsquo;une révolution fantoche dans laquelle les champions de l&amp;rsquo;aventurisme continueraient de faire semblant, entraînant dans leur sillage le lumpen des concerts de rock, las de son propre voyeurisme passif.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est la fin d&amp;rsquo;une époque. Grogan va passer quelque temps à Woodstock, chez Bob Dylan qui l&amp;rsquo;y a invité. Les deux hommes font connaissance et apprennent à se connaître et à s&amp;rsquo;apprécier. Bob Dylan lui dédiera son album &amp;ldquo;Street Legal&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Emmett Grogan finira par quitter San-Francisco, et disparaîtra, la police ayant fini par remonter reconstituer le puzzle de sa vie. Puis il s&amp;rsquo;assiéra à une table pour écrire ce roman&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il existe un site des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.diggers.org/ringolevio.htm&#34;  title=&#34;Ringolevio sur le site des Diggers.org&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Diggers&lt;/a&gt; avec une page dédiée à Ringolevio, où l&amp;rsquo;on peut voir une vidéo surprenante ! Emmet Grogan y apparaît pour un jeu télévisé, lors de sortie de son livre (1972). L&amp;rsquo;émission s&amp;rsquo;appelle &amp;ldquo;To tell the truth&amp;rdquo;, et il s&amp;rsquo;agit de deviner parmi trois personnages lequel est le vrai Emmet Grogan.  Je vous laisse le plaisir de la regarder, et de découvrir le vrai Emmet Grogan en chair et en os (il a manifestement beaucoup de charisme) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;div class=&#34;video-wrapper&#34;&gt;&#xA;    &lt;iframe loading=&#34;lazy&#34; &#xA;            src=&#34;https://www.youtube.com/embed/uPE7cnUey4E&#34; &#xA;            allowfullscreen &#xA;            title=&#34;YouTube Video&#34;&#xA;    &gt;&#xA;    &lt;/iframe&gt;&#xA;&lt;/div&gt;&#xA;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://en.wikipedia.org/wiki/Emmett_Grogan&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Emmet Grogan&lt;/a&gt; est mort en 1978, à 35 ans, au terminus de Coney Island (métro de New-York), victime d&amp;rsquo;une overdose (selon le quatrième de couverture du livre) ou d&amp;rsquo;une crise cardiaque (selon la page wikipedia).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Acid test - Tom Wolfe</title>
            <link>https://pled.fr/acide-test-tom-wolfe/</link>
            <pubDate>Sun, 30 Sep 2012 17:39:11 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/acide-test-tom-wolfe/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Acid test - Tom Wolf&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;acidtest.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est en lisant &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34;  title=&#34;lien vers l&amp;#39;article Gonzo Highway – Hunter S. Thompson&#34;&#xA;    &gt;Gonzo Highway de Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; que j&amp;rsquo;ai entendu parlé de ce livre, puisque les deux auteurs se sont pas mal écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si Thompson représente le journalisme Gonzo, Tom Wolfe est lui l&amp;rsquo;inventeur du &amp;ldquo;nouveau journalisme&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire un style plus littéraire tout en respectant l&amp;rsquo;enquête et l&amp;rsquo;exactitude des faits :  &lt;em&gt;Investigation is an art, let&amp;rsquo;s just be kind of artists&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Acid test raconte l&amp;rsquo;histoire assez incroyable des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Merry_Pranksters&#34;  title=&#34;Les Merry Pranksters sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Merry Pranksters&lt;/a&gt; (les joyeux lurons) et surtout celle de leur leader, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Kesey&#34;  title=&#34;Ken Kesey sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Kesey&lt;/a&gt;. On est en plein dans les années 60, le LSD n&amp;rsquo;est encore connu que des scientifiques, et pas encore répréhensible légalement (ce qui pose un gros problème à la police)&amp;hellip; Le mouvement hippie en est à ses débuts : contestation de l&amp;rsquo;ordre établi, refus de la guerre du Vietnam. Kerouac a écrit &amp;ldquo;Sur la route&amp;rdquo; quelques années auparavant, tandis que Joan Baez fait connaître Bob Dylan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ken Kesey, vous le connaissez : à cette époque, il est le jeune auteur du roman &amp;ldquo;Vol au-dessus d&amp;rsquo;un nid de coucou&amp;rdquo; (1962). Étudiant à l&amp;rsquo;université de Standford, à Palo Alto (Californie), il participe en tant que volontaire à des essais sur les drogues modifiant l&amp;rsquo;état de conscience, et découvre le LSD. C&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;il fréquentera le milieu psychiatrique qui lui inspirera son roman. Mais ses expériences au LSD vont également beaucoup l&amp;rsquo;intéresser&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Personnage charismatique, il profite de son succès littéraire pour fonder une sorte de communauté à La Honda (Californie). Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;ouvrir les consciences, de se laisser aller et d&amp;rsquo;être &amp;ldquo;synchro&amp;rdquo; (en gros participer à la vie active mais sous acide&amp;hellip;) : c&amp;rsquo;est la naissance du  mouvement psychédélique. Ils installent des haut-parleurs dans les arbres de la vallée, mettent de la peinture fluo (Day-Glo) partout, et prennent du LSD&amp;hellip;. À une soirée mémorable, ils invitent les Hells Angels ; les flics sont partout autour de la propriété, mais ne peuvent rien faire ! À cette époque, Kesey se fera tout de même pincer pour possession de marijuana, mais sera relâché sous caution.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les Merry Pranksters partent alors dans un vieux bus scolaire bariolé de Day-Glo pour traverser les États-Unis jusqu&amp;rsquo;à New-York et retour. Voyage halluciné sous acide, distribuant le LSD à ceux qui souhaitent essayer, au cœur de l&amp;rsquo;Amérique profonde. Au volant, Neal Cassady, qui inspira Kerouac pour le personnage de Dean Moriarty, capable de conduire dans n&amp;rsquo;importe quel état.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De retour en Californie, ils organisent des happening culturels à San Francisco (les acid-tests), et organisent les premiers concerts psychédéliques : musique, écrans diffusant des images psychédéliques, bandes sons travaillées pour le reprendre en décalé, jeux de lumières. Des groupes comme les Grateful Dead et Big Brother &amp;amp; The Holding Company (avec Janis Joplin) y participent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La police finit par le coincer à nouveau pour possession de marijuana, et Ken Kesey s&amp;rsquo;enfuit au Mexique quelques mois, où la plupart des Merry Pranksters le rejoigne. Il décide finalement de revenir aux États-Unis narguer le FBI, qui l&amp;rsquo;arrête toutefois assez vite. Kesey réussit à convaincre le juge qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est repenti, et qu&amp;rsquo;il va demander aux jeunes d&amp;rsquo;arrêter de prendre du LSD. Il organise un dernier test et explique alors que le LSD a ouvert les portes, et qu&amp;rsquo;il faut maintenant passer à autre chose. Peu de temps après, il repasse devant un juge, toujours pour marijuana, et sera cette fois condamné à une courte peine de prison.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;aventure avec les Pranksters est terminée, Ken Kesey va retourner avec sa femme en Oregon, où il a grandi, et se remettra à l&amp;rsquo;écriture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le &amp;ldquo;nouveau journalisme&amp;rdquo; de Tom Wolfe, avec une histoire comme ça, donne un roman passionnant que l&amp;rsquo;on dévore d&amp;rsquo;un bout à l&amp;rsquo;autre. On apprend beaucoup sur cette époque un peu folle, et l&amp;rsquo;influence qu&amp;rsquo;elle a eu dans plein de domaines comme la musique ou la culture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tom_Wolfe&#34;  title=&#34;Tom Wolfe sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tom Wolfe&lt;/a&gt; est né en 1933 aux États-Unis. Il est l&amp;rsquo;un des créateurs (avec Norman Mailer, Truman Capote, J. Didion, Hunter S. Thompson) du nouveau journalisme. Ses premiers écrits sont souvent une critique du mode de vie américain. Il est surtout  connu pour son roman &amp;ldquo;Le bûcher des vanités&amp;rdquo; (1987) porté à l&amp;rsquo;écran par Brian de Palma.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Gonzo Highway - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/gonzo-highway-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Mon, 17 Sep 2012 18:04:28 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/gonzo-highway-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Gonzo Highway - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;gonzo-highway.png#floatleft&#34;&gt; Avant de parler du livre, admirez le magnifique Stetson en pur bacon de la couverture ! Serait-ce de l&amp;rsquo;art gonzo ? [photo de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.staudinger-franke.com/&#34;  title=&#34;Le site photo de Staudinger Franke&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;staudinger+franke&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Revenons au bouquin, qui est un recueil de lettres de ce cher Hunter S. Thompson (voir cet &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34;  title=&#34;article sur Rhum express d&amp;#39;Hunter S. Thompson&#34;&#xA;    &gt;article&lt;/a&gt;), ce dernier écrivant beaucoup et à propos de tout, les tapant sur sa machine à écrire en prenant soin d&amp;rsquo;en faire une copie sur papier carbone&amp;hellip; dans l&amp;rsquo;espoir que ses lettres seraient un jour publiées en témoignage de sa vie et de son époque. C&amp;rsquo;est exactement ce qui s&amp;rsquo;est passé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le recueil fait plus de 600 pages, et traite des années 1955 à 1976. L&amp;rsquo;occasion de revoir les événements qui ont marqué l&amp;rsquo;Amérique durant cette période (assassinat de Kennedy, mouvement hippie, émeutes de Chicago, Vietnam, Watergate, mouvement afro-méricain), et bien sûr la carrière de Hunter S. Thompson, pigiste pour de nombreuses revues ou journaux et jeune écrivain se battant avec son éditeur (il va galérer longtemps avant de devenir un écrivain reconnu).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il écrit tous azimuts : Faulkner, Nixon, Carter, Joan Baez, Tom Wolfe, Nelson Algren, Allen Ginsgerg, mais aussi à son dentiste, ses créanciers, son rédacteur en chef du moment&amp;hellip; ou encore il fait une très belle réponse à un jeune adolescent qui vient de lire son bouquin sur les Hell&amp;rsquo;s Angels et qui s&amp;rsquo;enthousiasme pour cette bande de hors-la-loi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y trouvera également deux articles de fond qu&amp;rsquo;il a publié : l&amp;rsquo;un sur &amp;ldquo;Big Sur&amp;rdquo; (en Californie, endroit où se retrouvèrent les beatniks), et l&amp;rsquo;autre sur le mouvement hippie à San Francisco (quartier Haight-Ashbury). Deux articles qui montrent son talent d&amp;rsquo;écrivain et la clairvoyance qu&amp;rsquo;il peut avoir sur les choses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le disait fou, alcoolique, drogué&amp;hellip; et certes, le personnage est entier, excessif, moqueur, les insultes ne manquant pas au fil de ces lettres. Mais à travers elles, le personnage qui apparaît se révèle entier, fidèle à ses idées, et rejetant toute idée de compromission, comme par exemple sur le métier de journaliste :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai fait une croix sur le journalisme à l&amp;rsquo;américaine. Le déclin de la presse américaine est depuis longtemps une évidence, et mon temps est trop précieux pour que je le gâche à essayer de fourguer à &amp;ldquo;l&amp;rsquo;homme de la rue&amp;rdquo; sa ration quotidienne de clichés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa colère est toute entière tournée vers le déclin de l&amp;rsquo;Amérique, et la fin du rêve américain, autrement dit l&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;une société de consommation complaisante, de politicards véreux, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bonus en fin d&amp;rsquo;article, la liste des dix meilleurs albums des années 60 selon Hunter S. Thompson !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsqu&amp;rsquo;il apprend l&amp;rsquo;assassinat du président Kennedy en 1963, il écrit à un ami :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;y a pas âme qui vive à huit cent bornes à la ronde à qui je puisse communiquer quoique ce soit — surtout pas la crainte et le dégoût que je ressens après le meurtre d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. Bon Dieu, je vais tourner maboul à force rester muet&amp;hellip; Je suis devenu un sphinx psychotique — j&amp;rsquo;ai envie de tuer faute de pouvoir parler. [&amp;hellip;] Nous entrons dans une ère de merde : le président Johnson et le durcissement des artères. Ni tes mômes ni les miens ne pourront jamais comprendre ce que Gatsby recherchait. Fini tout ça. Ça t&amp;rsquo;échappe, bien sûr, car tu t&amp;rsquo;en tiens à la première couche, la plus superficielle. Tu peux  balancer ton &amp;ldquo;réalisme&amp;rdquo; à la décharge. [&amp;hellip;] J&amp;rsquo;ai écrit à Semonin, ce petit rigolo de marxiste en chambre, qu&amp;rsquo;il devrait demander à ses gars d&amp;rsquo;acheter des balles pour leur flingues. Et qu&amp;rsquo;il oublie la dialectique. C&amp;rsquo;est la fin de la raison, le moment le plus cradingue de notre époque. [&amp;hellip;] Quoiqu&amp;rsquo;il en soit, ce jour marque la fin d&amp;rsquo;une ère. La fin du fair-play. À partir de maintenant, tous les coups sont permis, et ça ne va pas être joli à voir. Les tarés ont brisé le grand mythe de la décence américaine. On peut me compter dans les rangs de ceux qui vont prendre les armes — et s&amp;rsquo;il faut jouer vicieux, alors on va jouer vicieux&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant Las Vegas parano, une question qui revient souvent est celle qui consiste à savoir s&amp;rsquo;il a tout inventé ou s&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;a vraiment fait, comme pour son roman sur les Hell&amp;rsquo;s angels. Voici ce qu&amp;rsquo;il déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En tant que pur journalisme gonzo, ça ne fonctionne pas du tout — et, dans le cas contraire, il me serait impossible de l&amp;rsquo;admettre. Il faudrait être positivement dément pour avoir écrit un truc comme ça et prétendre que c&amp;rsquo;est une histoire vraie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans le genre loufoque, il écrit par exemple à Larry O&amp;rsquo;Brien, conseiller spécial du président (Lyndon Johnson) pour lui demander d&amp;rsquo;être nommé gouverneur des Samoa-Américaines&amp;hellip; Quand il reçoit une réponse l&amp;rsquo;informant que sa proposition sera dûment étudiée, il répond aussi sec :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cher M. O&amp;rsquo;Brien,&#xA;Mille mercis pour votre lettre du 17 juin. Dès réception de la dite, je me suis rendu chez Brook Brothers où j&amp;rsquo;ai fait l&amp;rsquo;achat de plusieurs costumes en lin blanc et autres effets associés à la fonction de gouverneur des Samoa-Américaines.&#xA;Pouvons-nous d&amp;rsquo;ores et déjà convenir d&amp;rsquo;une date ? Lyndon est-il conscient de l&amp;rsquo;importance du calendrier pour une telle opération ? Il serait de mauvais augure qu&amp;rsquo;un gouverneur fût nommé à l&amp;rsquo;automne. Je sais comment raisonnent les peuples tropicaux. Ils font grand cas des saisons. Il faut que le nouveau gouverneur arrive à la floraison des arbres, pendant le frai du poisson, lorsqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;horizon le soleil vire à l&amp;rsquo;orange, côté Chine, le soir dans le ciel. Aucune autre période ne convient. [&amp;hellip;]&#xA;Merci de me répondre sur-le-champ. Compte tenu de la situation en Extrême-Orient, la nomination d&amp;rsquo;une personnalité forte dans le Pacifique aura un impact déterminant sur nos relations extérieures. Un changement décisif.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il exècre les politicards, et ne fera pas de cadeau à Nixon, le suivant dans sa campagne de 1972 (Fear and Loathing: On the Campaign Trail &amp;lsquo;72). À propos du racisme, voici ce qu&amp;rsquo;il déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai jamais prêté la moindre attention au problème Noir/Juif/Wasp ; ça me semble être une perte de temps et d&amp;rsquo;énergie. Les préjugés auxquels moi je me heurte sont depuis toujours sont d&amp;rsquo;ordre plus général, ils balaient un champ bien trop large pour rester dans le cadre de limitations raciales. Il est clair pour moi — et ce depuis que j&amp;rsquo;ai une dizaine d&amp;rsquo;année — que la plupart des gens sont des salauds, des voleurs et, oui — même des enculeurs de porcs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il se présentera même aux élections pour être shérif dans le Colorado, à Pitkin, où il demeure. Son parti s&amp;rsquo;appelle le &amp;ldquo;Freak Power Movement&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai l&amp;rsquo;intention de mener une rude campagne pour devenir shérif &amp;amp; faire tourner en bourrique les enculés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant le poste que je brigue, l&amp;rsquo;affaire est déjà entendue. Et la seule question qui subsiste est de savoir combien de freaks, tarés, camés, criminels, anarchistes, beatnicks, braconniers, wobblies, motards et autres individus de confession bizarre sortiront de leur trou et voteront pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour une raison qui préoccupe l&amp;rsquo;auteur que je suis, je n&amp;rsquo;ai pas réussi à clairement faire comprendre que j&amp;rsquo;utilise le mot freak dans un sens positif et sympathique. Dans le contexte sinistre et effroyablement éclaté de l&amp;rsquo;Amerika de 1070, beaucoup de gens commencent à comprendre qu&amp;rsquo;être un freak est une option honorable.&#xA;Le truc, en fait, c&amp;rsquo;est que nous ne sommes absolument pas des monstres — des freaks — au sens littéral. Les réalités tordues du monde dans lequel nous essayons de vivre se sont combinées pour que nous nous sentions entrer dans la peau de freaks. Nous discutons, nous manifestons, nous faisons des pétitions — mais rien ne change.&#xA;Si ben que, maintenant, à l&amp;rsquo;heure où le reste de la nation subit les bombes et les assassinats politiques, une poignée de freaks tentent une expérience définitive, peut-être atavique, dans l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;imposer un changement par le vote&amp;hellip; et s&amp;rsquo;il faut appeler ça le Freak Power, ma foi&amp;hellip; qu&amp;rsquo;à cela ne tienne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faudra une coalition de dernière minute entre républicains et démocrates pour le faire échouer, le Freak Power Movement récoltant 40% des votes..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À un jeune adolescent qui vient de lire son livre sur les Hell&amp;rsquo;s Angles et qui lui écrit pour lui dire que c&amp;rsquo;est génial, et que dès qu&amp;rsquo;il sera en âge de passer son permis, il s&amp;rsquo;achètera une grosse Harley pour rejoindre la Californie, Hunter S. Thomson lui répond ceci :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Merci pour ta chouette lettre. Je l&amp;rsquo;ai reçue ce matin. Et je me suis dit qu&amp;rsquo;il fallait que je t&amp;rsquo;envoie un mot avant que tu te laisses embarquer par les Angels. J&amp;rsquo;apprécie les bons trucs que tu me dis sur le livre, mais jamais au grand jamais je n&amp;rsquo;ai eu l&amp;rsquo;intention de faire de la propagande pour les Angles, ni pour toute autre secte. Tu as bien mieux à faire que de te perdre dans ce genre d&amp;rsquo;histoire. Pas nécessairement parce que c&amp;rsquo;est mal, ou moche, ou je ne sais quoi&amp;hellip; mais parce que tu m&amp;rsquo;as l&amp;rsquo;air suffisamment brillant pour te lancer dans un truc à toi, sans avoir à rejoindre un clan qui existe déjà. [&amp;hellip;] Mieux vaut créer ses propres schémas que de tomber dans les ornières creusées par d&amp;rsquo;autres. Dis-toi bien que, si tu peux faire une chose mieux que quiconque, tu en auras la vie grandement facilitée, en ce bas monde — un monde pas commode, quand tu commences à le connaître un peu, où des gens capables de rouler en Harley, ce n&amp;rsquo;est pas ça qui manque&amp;hellip; surtout en Californie. Les meilleurs des Angels — les types avec qui tu pourras avoir envie de t&amp;rsquo;asseoir pour discuter — sont presque tous passés à autre chose après avoir fait un tour de piste. Ceux qui y restent sont presque tous incapables de faire autre chose, et ils n&amp;rsquo;ont rien à raconter. Ils ne sont pas dégourdis, ni marrant, ni courageux, ni même originaux. Ce sont juste des Vieux Cons, et ça, c&amp;rsquo;est bien pire qu&amp;rsquo;être un Jeune Con. Ils ne sont même pas heureux ; la plupart d&amp;rsquo;entre eux détestent la vie qu&amp;rsquo;ils mènent, mais ils ne peuvent pas se l&amp;rsquo;avouer, parce qu&amp;rsquo;ils ne sauraient pas où aller, ni quoi faire d&amp;rsquo;autre. C&amp;rsquo;est ça qui les rend mauvais&amp;hellip; et inutiles, parce que des connards méchants, en ce bas monde, ce n&amp;rsquo;est pas non plus ce qui manque. [&amp;hellip;]&#xA;Le secret, pour ne pas tomber dans le panneau, c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;avoir un truc à toi&amp;hellip; Un talent particulier, quelque chose que tu sais faire, que les autres seront bien obligés de respecter. Ainsi tu pourras rouler en bécane quand ça te chante, et quitter le peloton quand ça te chante. Crois-moi, c&amp;rsquo;est la meilleure façon de s&amp;rsquo;en tirer. C&amp;rsquo;est la différence entre mener sa propre barque et être un mouton dans le troupeau. Peut-être qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui, tu considères que ce n&amp;rsquo;est pas très important, mais d&amp;rsquo;expérience, je peux te dire que ça l&amp;rsquo;est.&#xA;Bon je ferme mon clapet. C&amp;rsquo;est juste que je ne veux pas que tu m&amp;rsquo;en veuilles, dans dix ans, pour t&amp;rsquo;avoir filé un tuyau pourri. Tout ce que j&amp;rsquo;essaye de dire, dans le fond, c&amp;rsquo;est très bien, sois un hors-la-loi&amp;hellip; mais sois-en un à ta façon, pour des raisons qui t&amp;rsquo;appartiennent en propre, et je t&amp;rsquo;en supplie, ne foire pas le coup aussi pitoyablement que les Angels.&#xA;Amitiés,&#xA;Hunter S. Thompson&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas mal non ? Enfin, bonus du bouquin quand John Lombardi (journaliste de Rolling Stone) lui demande quels seraient selon lui les dix meilleurs albums des années 60 :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ol&gt;&#xA;&lt;li&gt;Herbie Mann : Memphis underground (1969)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Bob Dylan : Bringing it all back home (1965)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Bob Dylan : Highway 61 revisited (1965)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Grateful Dead : Workingman&amp;rsquo;s dead (1970)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Rolling Stones : Let it bleed (1969)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Buffalo Springfield : Buffalo springfield (1967)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Jefferson Airplane : Surrealistic pillow (1967)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Les albums de l&amp;rsquo;inventif jazzman Roland Kirk en général&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Miles Davis : Sketches of Spain (1959)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Sandy Bull : Inventions (pour guitare, banjo, oud, basse Fender, guitare électrique) (1965)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ol&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5484&#34; &gt;Rhum express&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d’Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d’investigation basé sur l’immersion dans un milieu, n’hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d’Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le dernier baiser - James Crumley</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-baiser-james-crumley/</link>
            <pubDate>Thu, 30 Aug 2012 17:50:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-dernier-baiser-james-crumley/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le dernier baiser - James Crumley&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ledernierbaiser.png#floatleft&#34;&gt; Quoi de mieux qu&amp;rsquo;un bon polar pour les vacances ? Avec celui-ci, je n&amp;rsquo;ai pas été déçu, même si je n&amp;rsquo;étais pas vacances !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/C.W._Sughrue&#34;  title=&#34;C.W. Sugrhue sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;C.W. Sughrue&lt;/a&gt; (appelez-le C.W.) est le privé américain typique, revenu de tout (y compris du Vietnam), sans grand espoir pour l&amp;rsquo;espèce humaine, et buvant largement plus qu&amp;rsquo;il ne faudrait (tout cela est sans doute lié). Il est également attiré par les femmes fatales, et si celles-ci ont un destin tragique, cela tourne vite à l&amp;rsquo;obsession.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire démarre fort, C.W. étant chargé de retrouver un certain Trahearne (écrivain de son état) à la demande de son ex-femme, cette dernière s&amp;rsquo;inquiétant de sa santé fragile et de son goût immodéré pour la bouteille. Après avoir écumé une partie de l&amp;rsquo;Ouest américain de bar en bar, c&amp;rsquo;est finalement grâce à un chien lui aussi porté sur l&amp;rsquo;alcool que C.W retrouvera Trahearne&amp;hellip; Le décor est planté !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car la véritable histoire ne fait que commencer, quand la patronne du bar lui demande de retrouver sa fille Betty Sue, disparue dix ans plus tôt. C.W. va vite se trouver fasciné par cette mystérieuse Betty Sue que son enquête va peu à peu lui faire découvrir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un livre très plaisant à lire donc, qui m&amp;rsquo;a un peu rappelé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3461&#34;  title=&#34;Sylvia - Howard Fast&#34;&#xA;    &gt;Sylvia d&amp;rsquo;Howard Fast&lt;/a&gt; pour le portrait d&amp;rsquo;une femme au destin tragique. Dans un style très agréable, les répliques et les  réflexions sur la vie de C.W. sont vraiment savoureuses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Crumley&#34;  title=&#34;James Crumley sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Crumley&lt;/a&gt; est un écrivain américain (1939-2008). Professeur de composition littéraire à ses débuts, il s&amp;rsquo;oriente vers l&amp;rsquo;écriture, et devient un grand auteur de polars. Ses personnages (Sughrue et Milo Milodragovitch) sont des anti-héros excessifs, un peu comme lui parait-il. Son premier roman s&amp;rsquo;intitule &amp;ldquo;Un pour marquer la cadence&amp;rdquo;, témoignage poignant sur la guerre du Vietnam, et je me souviens avoir lu &amp;ldquo;Le Canard siffleur mexicain&amp;rdquo; (la suite des aventures de Sughrue)  ou encore &amp;ldquo;La danse de l&amp;rsquo;ours&amp;rdquo; (avec Milo Milodragovitch).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le studio de l&#39;inutilité - Simon Leys</title>
            <link>https://pled.fr/le-studio-de-linutilite-simon-leys/</link>
            <pubDate>Sun, 19 Aug 2012 14:55:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-studio-de-linutilite-simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le studio de l’inutilité - Simon Leys&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;studio-inutilite.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est grâce au &amp;ldquo;Canard enchaîné&amp;rdquo; que j&amp;rsquo;ai découvert cet auteur, dans la rubrique littéraire &amp;ldquo;Lettres ou pas lettres&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;avais d&amp;rsquo;ailleurs fait un article sur le blog : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=704&#34;  title=&#34;article \&amp;#34;Le bonheur des petits poissons\&amp;#34;&#34;&#xA;    &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt; (2008).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un nouvel article du Canard, tout ausi passionnant, signalait cette fois la sortie du &lt;strong&gt;Studio de l&amp;rsquo;inutilité&lt;/strong&gt;. Cette fois, j&amp;rsquo;ai acheté le livre, et ce fut un véritable plaisir de le lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Leys raconte&amp;hellip; sur ses trois sujets préférés : la littérature, la mer, et la Chine. Et comme c&amp;rsquo;est un érudit, à l&amp;rsquo;esprit libre, qui sait parler simplement et qui ne manque pas d&amp;rsquo;humour, on se laisse vite entraîner. Citations, anecdotes, réflexions&amp;hellip; on savoure à chaque page, même si l&amp;rsquo;auteur ou l&amp;rsquo;histoire vous sont inconnus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le studio de l&amp;rsquo;inutilité&amp;rdquo; fait référence à une cahute située au cœur d&amp;rsquo;un bidonville de réfugiés à Hong Kong, où Simon Leys, dans sa jeunesse, passa deux années en compagnie de trois amis, artistes ou étudiants :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce furent des années intenses et joyeuses, pour moi, l&amp;rsquo;étude et la vie ne formaient  plus qu&amp;rsquo;une seule et même entreprise, d&amp;rsquo;un intérêt inépuisable ; mes amis devenaient mes maîtres, et mes maîtres devenaient mes amis.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Découvrez le poète belge Henri Michaux et son livre &amp;ldquo;Un barbare en Asie&amp;rdquo;, ou la personnalité intime de George Orwell. Rappelez-vous le génocide Cambodgien et l&amp;rsquo;attitude des pays occidentaux, ou comprenez mieux le &amp;ldquo;miracle chinois&amp;rdquo; à la lumière des écrits de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un livre qui donne envie de lire d&amp;rsquo;autres titres de cet auteur !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur Simon Leys sur le blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10728&#34; &gt;Orwell ou l&amp;rsquo;horreur de la politique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10460&#34; &gt;Les naufragés du Batavia&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10255&#34; &gt;Simon Leys : Navigateur entre les mondes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6601&#34; &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6036&#34; &gt;Le bonheur des petits poissons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12014&#34; &gt;Les idées des autres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  title=&#34;Simon Leys sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simon Leys&lt;/a&gt;, de son vrai nom Pierre Ryckmans, est né en 1935 à Bruxelles. Après avoir étudié le droit et l’histoire de l’art à Anvers, il poursuit des études de langue, de littérature et d’art chinois à Taïwan, Singapour et Hong Kong, devenant un sinologue réputé. En 1971, il publie &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Habits_neufs_du_pr%C3%A9sident_Mao&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Les habits neufs du président Mao\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/a&gt; (1971), première critique virulente de la révolution culturelle qui lui attirera à l’époque l’inimitié de certains intellectuels français maoïstes.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Lointain souvenir de la peau - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/lointain-souvenir-de-la-peau-russel-banks/</link>
            <pubDate>Tue, 31 Jul 2012 18:02:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lointain-souvenir-de-la-peau-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Lointain souvenir de la peau - Russel Banks&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lointainsouvenirdelapeau.png#floatleft&#34;&gt; Ce livre était sur la table du libraire, et il avait aimé : il met une petite fiche dans ce cas&amp;hellip; et comme de mon côté je garde un a priori positif pour cet auteur dont le premier livre que j&amp;rsquo;avais lu, « &lt;strong&gt;Continents à la dérive&lt;/strong&gt;», m&amp;rsquo;avait marqué&amp;hellip; je me suis donc décidé à embarquer celui-là sans attendre deux ans pour le format poche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons faire connaissance du Kid, un jeune homme d&amp;rsquo;une vingtaine d&amp;rsquo;années, bracelet électronique à la cheville, qui vit sous un pont avec d&amp;rsquo;autres personnages peu avenants, rebuts de la société. Car ils ont tous ceci en commun : condamnés pour agression sexuelle sur mineur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Kid va rencontrer un professeur d&amp;rsquo;université (sur-diplômé et donc sociologue entre autres) qui va lui proposer de l&amp;rsquo;aider, s&amp;rsquo;il accepte en échange de répondre à ses questions, persuadé que ce problème doit être traité différemment par la société.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur est assez malin pour ne pas nous raconter tout de suite ce qu&amp;rsquo;a fait le Kid, et on hésite à le trouver sympathique malgré sa franchise déconcertante. Qu&amp;rsquo;a-t-il vraiment fait ? La première partie du roman est passionnante, décrivant comment la société américaine exclut ces personnes et ne leur laisse finalement aucune chance réelle de pouvoir vivre décemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la seconde partie, &amp;ldquo;le Professeur&amp;rdquo; se révèle avoir lui aussi un passé pour le moins inhabituel, et l&amp;rsquo;avenir du Kid passera un peu au second plan pour nous embarquer dans une histoire sans grand intérêt et peu crédible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est quand même un bon bouquin, le sujet est difficile et admirablement traité. On prend conscience des dérives de la société américaine, de son rapport ambigu au sexe, et de son puritanisme qui exclut sans rémission : le Kid n&amp;rsquo;a aucune chance de pouvoir se réintégrer, quelque soit sa faute, même si elle n&amp;rsquo;a été que potentielle. On est proche de &amp;ldquo;Minority report&amp;rdquo;, le roman de Philip K. Dick&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6941&#34; &gt;American Darling&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Russell_Banks&#34;  title=&#34;Russel Banks sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Russel Banks&lt;/a&gt; est un écrivain &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Progressisme&#34;  title=&#34;progressisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;progressiste&lt;/a&gt; américain, né en 1940. Il est membre de l’Académie américaine des arts et lettres, et a pris position contre l&amp;rsquo;intervention en Irak et le Patriot Act. &amp;ldquo;Continents à la dérive&amp;rdquo; reste pour moi son meilleur bouquin, j&amp;rsquo;avais aussi beaucoup apprécié &amp;ldquo;Sous le règne de Bone&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les mandarins - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/les-mandarins-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Sat, 14 Jul 2012 17:58:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-mandarins-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les mandarins - Simone de Beauvoir - Tome 1&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesmandarins1.png#floatleft&#34;&gt; Errant dans la librairie à la recherche d&amp;rsquo;un bon bouquin pour les vacances, je cherchais à me souvenir d&amp;rsquo;un auteur qui m&amp;rsquo;avait plu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai  alors pensé à Simone de Beauvoir, avec son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34;  title=&#34;L’Amérique au jour le jour 1947 – Simone de Beauvoir&#34;&#xA;    &gt;Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;. à la fois récit de voyage et portrait d&amp;rsquo;une Amérique qui n&amp;rsquo;a rien perdu de son acuité. Quand les philosophes de son talent se mettent à écrire des récits de voyage ou des romans, on a peu de risque d&amp;rsquo;être déçu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est comme ça que j&amp;rsquo;ai choisi celui-ci, notant tout de même au passage qu&amp;rsquo;il avait obtenu le prix Goncourt  (en 1954), et que Simone de Beauvoir en disait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;aurais souhaité qu&amp;rsquo;on prenne ce livre pour ce qu&amp;rsquo;il est ; ni une autobiographie, ni un reportage : une évocation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire commence à Noël 1944, quelques intellectuels de gauche parisiens font la fête car enfin la nouvelle est tombée : les allemands ne peuvent plus gagner la guerre. Les deux personnages principaux seront alternativement narrateurs d&amp;rsquo;un chapitre à l&amp;rsquo;autre : Anne, psychiatre et épouse d&amp;rsquo;un grand écrivain reconnu (Dubreuilh), et Henri, résistant, écrivain et rédacteur en chef d&amp;rsquo;un journal de gauche créé sous l&amp;rsquo;occupation, aux idéaux d&amp;rsquo;indépendance et de vérité très élevés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après s&amp;rsquo;être battu pour des idéaux, l&amp;rsquo;avenir de la société est incertain : les communistes d&amp;rsquo;un côté, victorieux mais avec Staline aux commandes, et de l&amp;rsquo;autre côté les américains, avec leur modèle de société libérale qui ne peut les satisfaire. On parle même du risque d&amp;rsquo;une troisième guerre mondiale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le parti communiste français est puissant au lendemain de la guerre, mais la rumeur de camps de travail soviétiques, similaires aux camps de concentration nazis, commence à remonter. Faut-il les dénoncer , au risque de détruire la moindre chance qu&amp;rsquo;une société plus juste puisse se mettre en place ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les mandarins - Simone de Beauvoir - Tome 2&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;146px&#34; data-flex-grow=&#34;61&#34; height=&#34;327&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/les-mandarins-simone-de-beauvoir/lesmandarins2.png&#34; width=&#34;200&#34;&gt; Dans ce contexte, les individus vont évoluer, les amis se fâcher ou se réconcilier, tomber amoureux ou rompre. C&amp;rsquo;est sans doute la partie la plus intéressante du roman, les questionnements de chacun et les choix à faire qui vous engagent et vous transforment&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien raconté, et quand Anne part aux États-Unis et y rencontre un écrivain dont elle tombe amoureuse, on pense forcément à la relation que Simone de Beauvoir eût avec &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nelson_Algren&#34;  title=&#34;Nelson Algren sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Nelson Algren&lt;/a&gt; (à qui le roman est dédié).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le hasard faisant parfois bien les choses, j&amp;rsquo;ai regardé récemment un reportage sur la vie d&amp;rsquo;Albert Camus. Le déclic s&amp;rsquo;est produit : Henri dans le roman pourrait être Albert Camus, et Dubreuilh serait Jean-Paul Sartre. Mais comme le rappelle l&amp;rsquo;auteur, ce n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une évocation. Vouloir y faire coïncider les personnages du roman avec leur histoire personnelle reviendrait à sous-estimer la capacité de romancière de Simone de Beauvoir. Elle est manifestement allé au-delà des personnages qui l&amp;rsquo;ont inspirée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;essentiel du roman tient dans ce moment de l&amp;rsquo;époque où on doit choisir un modèle de société, ainsi que sur les décisions personnelles que prennent les individus et qui influencent leurs vies, leurs relations. J&amp;rsquo;ai personnellement savouré ce roman de la première à la dernière page.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Les mandarins&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses Tome 1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses Tome 2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Simone de Beauvoir&lt;/strong&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  title=&#34;Existentialisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Elle a écrit plusieurs récits autobiographiques qui doivent valoir le détour : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moires_d%27une_jeune_fille_rang%C3%A9e&#34;  title=&#34;Mémoires d&amp;#39;une jeune fille rangée&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Une_mort_tr%C3%A8s_douce&#34;  title=&#34;Une mort très douce&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Une mort très douce&lt;/a&gt; et&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_compte_fait&#34;  title=&#34;Tout compte fait&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Love Medicine - Louise Erdrich</title>
            <link>https://pled.fr/love-medicine-louise-erdrich/</link>
            <pubDate>Wed, 27 Jun 2012 17:35:19 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/love-medicine-louise-erdrich/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Love Medicine - Louise Erdrich&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lovemedicine.jpg#floatleft&#34;&gt; Livre acheté un peu au hasard, posé sur la table du libraire : auteur amérindien, une histoire d&amp;rsquo;indiens d&amp;rsquo;Amérique, je me suis dit que ce devait être pas mal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché, à part quelques passages. Certes, c&amp;rsquo;est bien écrit, mais cette histoire un peu abracadabrante aux multiples personnages m&amp;rsquo;a semblé plutôt ennuyeuse au final. On passe son temps à revenir sur l&amp;rsquo;arbre généalogique présenté au début de l&amp;rsquo;ouvrage pour tenter de s&amp;rsquo;y retrouver, puis on abandonne tellement la confusion règne entre les enfants légitimes, illégitimes, adoptés, ceci sur plusieurs générations.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour simplifier, le narrateur change à chaque chapitre, et raconte l&amp;rsquo;histoire de son point de vue, sans pour autant connaître la vérité&amp;hellip; Ajoutez à cela une dose de légendes indiennes, de la magie, et la déchéance d&amp;rsquo;une culture qui se perd dans le monde moderne (chomage, alcoolisme) : l&amp;rsquo;auteur semble avoir voulu délibérément nous égarer. Mission réussie !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;écriture parfois poétique est pourtant agréable, mais le fond de l&amp;rsquo;histoire sans réel intérêt : dans ce labyrinthe de personnages et d&amp;rsquo;époques, un des personnages se demande qui est finalement son père. Il fallait bien que ça arrive !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Erdrich&#34;  title=&#34;Louise Erdrich sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Louise Erdrich&lt;/a&gt; (née en 1954 d&amp;rsquo;une mère Ojibwa et d&amp;rsquo;un père germano-américain) est une écrivaine américaine, auteur de romans, de poésies et de livre pour enfants. Elle appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne. Love medicine est son premier roman, paru en 1984.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris - Arthur Arnould</title>
            <link>https://pled.fr/histoire-populaire-et-parlementaire-de-la-commune-de-paris-arthur-arnould/</link>
            <pubDate>Sun, 24 Jun 2012 16:04:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/histoire-populaire-et-parlementaire-de-la-commune-de-paris-arthur-arnould/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris - Arthur Arnould&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;hppdcp.jpg#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4764&#34;  title=&#34;Lien permanent vers La Commune de 1871 – Jacques Rougerie&#34;&#xA;    &gt;La Commune de 1871 – Jacques Rougerie&lt;/a&gt; [collection Que sais-je?], écrit par un historien contemporain et offrant un excellent résumé de ce moment de l&amp;rsquo;histoire où le peuple de Paris se souleva,&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4833&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Histoire de la Commune de 1871 – Prosper-Olivier Lissagaray&#34;&#xA;    &gt;Histoire de la Commune de 1871 – Prosper-Olivier Lissagaray&lt;/a&gt;, écrit  par l&amp;rsquo;un de ses acteurs, qui en raconte le déroulement au quotidien,&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu ce livre qui est un bon complément puisque cette fois l&amp;rsquo;auteur (journaliste, membre du premier conseil de la commune) s&amp;rsquo;attache à décrire le modèle de société que la Commune voulait organiser. Que pensait-elle ? Que voulait-elle ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton est sincère, Arthur Arnould s&amp;rsquo;attache aux faits en bon journaliste, même si, quoiqu&amp;rsquo;il en dise, l&amp;rsquo;émotion perce encore dans certains passages. Pourtant il a attendu six ans avant de le publier :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Depuis ce temps, le calme a pu se faire dans l&amp;rsquo;esprit, la sage raison a pu reprendre son empire sur les désespoirs et les colères du premier moment, et l&amp;rsquo;exil, morne et froid, a versé sa glace sur les emportements de la lutte.&#xA;Je crois donc être, aujourd&amp;rsquo;hui, dans les meilleurs conditions possibles pour me prononcer, sans exagération comme sans illusion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu comme Lissagaray d&amp;rsquo;ailleurs,  qui mit cinq ans à publier le sien (« j’ai voulu sept preuves avant d’écrire ») : chez les deux auteurs, on sent ce besoin de tout pouvoir prouver de leurs écrits, tant la vérité est éloignée de ce que le pouvoir et la presse de l&amp;rsquo;époque ont bien voulu en raconter : l&amp;rsquo;État est sans pitié pour ceux qui ont osé le remettre en cause.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est plutôt bien écrit, le ton est alerte et la plume sait se montrer féroce quand il le faut, comme pour ce portrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce personnage, c&amp;rsquo;est M. Clamageran, petit homme tout rond et blafard, bâti comme un boudin, avec une figure de Nuremberg, le teint d&amp;rsquo;un fromage mou, l&amp;rsquo;air idiot, et plus idiot que son air.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En guise de préface, on peut lire cette citation (que l&amp;rsquo;on peut encore méditer de nos jours) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui, quoiqu&amp;rsquo;un fasse, la société est devenue, de militaire ou destructive, industrielle ou productive. Le travail est le maître, — non dans la loi il est vrai — mais dans la réalité scientifique. Les autonomies, les collectivités, quelles qu&amp;rsquo;elles soient, n&amp;rsquo;ont plus qu&amp;rsquo;un intérêt, qu&amp;rsquo;un besoin : la production abondante, l&amp;rsquo;échange assuré, la circulation rapide, la répartition universelle. &lt;strong&gt;À tout cela, il manque une chose : la justice&lt;/strong&gt;.&#xA;Qui vous la donnera ? Les gouvernements ? Non, vous-mêmes !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;en finir avec la centralisation du second empire, preuve que les révolutions précédentes avaient échouées à rendre le pouvoir au peuple. À chaque fois, celui-ci avait été rapidement repris par une oligarchie de circonstance, conduisant aux mêmes effets. La Commune, c&amp;rsquo;est donc autonomie et fédéralisme, réduisant le pouvoir centralisateur à sa plus simple expression.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le modèle de la Commune, c&amp;rsquo;est de ne plus confier tout le pouvoir à l&amp;rsquo;État, sans pour autant le combattre ou nier sa légitimité quand il s&amp;rsquo;agit des affaires de la nation (rappelons que les prussiens sont aux portes de Paris, et que l&amp;rsquo;État souhaite signer un armistice très coûteux pour la nation, l&amp;rsquo;essentiel étant que &amp;ldquo;les affaires reprennent&amp;rdquo;&amp;hellip;). La commune ne veut pas rendre les armes, réclame autonomie et indépendance, le fédéralisme permettant de structurer les groupes ainsi formés au niveau national.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La France venait d&amp;rsquo;accomplir une quatrième Révolution victorieuse, et, pour la quatrième fois, le peuple encore tout couvert de la sueur et de la poudre du combat, voyait cette Révolution tombée de fait entre les mains des éternels ennemis du peule. [&amp;hellip;]&#xA;Le 18 mars, le peuple déclara qu&amp;rsquo;il fallait sortir du cercle vicieux, couper le mal dans sa racine, non plus changer de maître, mais cesser d&amp;rsquo;avoir des maîtres, et, avec une admirable vision de la vérité, du but à atteindre, des moyens qui pouvaient y conduire, il proclama l&amp;rsquo;autonomie de la Commune et la fédération des communes.&#xA;Le nœud gordien était tranché, la pensée moderne avait trouvé un bras qui s&amp;rsquo;appelait Paris, et ce bras vigoureux venait de planter la cognée à la racine même du vieil arbre féodal, autoritaire et religieux.&#xA;L&amp;rsquo;ancien monde se sentit frappé de mort, et se souleva tout entier, depuis le gentillâtre idiot et le bedeau du village jusqu&amp;rsquo;au républicain formaliste, jusqu&amp;rsquo;au socialiste mystico-sentimentaliste et bourgeois, — depuis Lorgeril jusqu&amp;rsquo;à Louis Blanc.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car le République qui avait remplacé l&amp;rsquo;Empire ne proposait finalement que peu de changements :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il venait de constater encore que la République de Jules Favre n&amp;rsquo;aurait ni plus d&amp;rsquo;entrailles pour le peuple, ni plus d&amp;rsquo;intelligence des réformes sociales qu&amp;rsquo;une royauté quelconque, soit que cette royauté sortît des massacres d&amp;rsquo;une soldatesque avinée, comme en 1851, soit qu&amp;rsquo;elle sortît de la coalition des exploiteurs, des jouisseurs et des parvenus comme en 1830.&#xA;Il résultait de cette trouble expérience, que confier la gérance des intérêts et le statut des droits, soit au despotisme personnel d&amp;rsquo;un ambitieux, soit au despotisme oligarchique d&amp;rsquo;une caste, était une égale sottise, présentait le même danger, préparait de semblables mécomptes et des souffrances pareilles pour l&amp;rsquo;avenir.&#xA;Paris avait donc appris le mépris absolu des deux seules formes gouvernementales qui eussent été jusqu&amp;rsquo;alors en présence dans notre pays : — La monarchie et la République oligarchique ou bourgeoise.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paris ne croyait plus guère, après tant de Révolutions avortées, à l&amp;rsquo;efficacité de ces grands soulèvements qui lui donnent la dictature pendant huit jours, et qui le livrent à la réaction pendant vingt ans.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le programme de la Commune était le suivant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous ne voulons pas imposer nos volontés au reste de la France. Nous demandons simplement pour nous-mêmes les droits et les garanties qui nous sont essentiels.&#xA;Nous voulons l&amp;rsquo;autonomie absolue de la Commune de Paris.&#xA;Nous voulons nous administrer nous-mêmes.&#xA;Nous voulons que, dans l&amp;rsquo;enceinte de Paris, administration, justice, police, force armée, tout soit à nous.&#xA;Nous voulons que tout ce qui touche les impôts, les cultes, l&amp;rsquo;instruction publique, l&amp;rsquo;organisation du travail, etc., soit réglé par nous, en ce qui concerne Paris.&#xA;Nous ne voulons pas nous séparer de la France.&#xA;Nous accepterons les lois générales édictées par le gouvernement central, à condition que ce gouvernement soit républicain, dans tout ce qui ne portera pas atteinte à notre autonomie communale.&#xA;Ainsi, nous paierons notre part de la contribution de guerre.&#xA;Ainsi, quoique voulant abolir la conscription et les armées permanentes, nous fournirons, en cas de guerre, notre contingent, mais ce contingent nous le lèverons comme nous l&amp;rsquo;entendrons.&#xA;Nous engagerons les autres communes de France à imiter notre exemple, et à se fédérer avec nous.&#xA;Nous voulons, en un mot, être maîtres chez nous, y vivre à notre guise, suivant nos convictions et nos besoins.&#xA;Que Versailles reconnaisse notre autonomie, et nous ne le combattrons pas.&#xA;S&amp;rsquo;il attaque, nous nous défendrons, étant las de subir le joug des ruraux français.&#xA;Nous ne demandons pas que le gouvernement central revienne siéger à Paris. Nous préférons renoncer au titre et aux avantages matériels de la capitale, pour jouir des biens cent plus précieux de notre liberté.&#xA;Toutefois, si le gouvernement voulait revenir siéger à Paris, pourvu qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;amène avec lui, ni un homme de troupe, ni un agent de police, et qu&amp;rsquo;il renonce à s&amp;rsquo;occuper de nos affaires communales, nous sommes prêts à lui ouvrir nos portes, étant bien entendu que la garde nationale seule sera chargée de veiller sur lui, et de le protéger, comme de nous protéger contre lui.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques autres extraits pour apprécier la plume et les opinions de l&amp;rsquo;auteur :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La bourgeoisie et la révolution&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand la bourgeoisie a fait ou laissé faire une Révolution, son premier mouvement est de se retourner pour regarder, avec terreur et menace, le peuple qui la suit.  Le rejeter sous le joug dont elle s&amp;rsquo;est affranchie avec son appui, devient sa seule préoccupation.&#xA;Plus il a montré sa force, plus il a fait peur, plus il a excité de haine, et plus il a donné de cohésion aux bataillons un instant hésitants de ses implacables tyrans.&#xA;Aussi, le lendemain d&amp;rsquo;une Révolution, loin que le nombre des ennemis du peuple ait diminué, il a doublé.&#xA;La veille, ayant à combattre un autre adversaire, qui était le gouvernement établi, une partie de la bourgeoisie semblait marcher d&amp;rsquo;accord avec le peuple.&#xA;Le lendemain, la bourgeoisie n&amp;rsquo;ayant plus rien à craindre que du côté du peuple, se réunit toute entière contre lui.&#xA;Faire peur à ceux qui nous haïssent, sans les désarmer et les frapper, est la plus grande de toutes les fautes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les militaires&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Amiral ou général, tout ça se vaut ! Attendre de ces gens-là une folie héroïque, ou seulement une initiative quelconque, c&amp;rsquo;est peine perdue.&#xA;L&amp;rsquo;habitude d&amp;rsquo;obéir et de commander a complètement oblitéré chez eux le sens moral. Ils ont un honneur qui n&amp;rsquo;est pas l&amp;rsquo;honneur, et qui s&amp;rsquo;appelle honneur militaire. Pourvu qu&amp;rsquo;ils rendent leur épée d&amp;rsquo;après certaines régles prévues par leur Code, cet honneur est sauf et leur conscience satisfaite.&#xA;Leur courage également est un courage à part, qui s&amp;rsquo;appelle courage militaire. Ce courage consiste à ne point baisser la tête quand les obus sifflent aux oreilles ; mais il doit cesser aussitôt qu&amp;rsquo;à certaines murailles il y a certaines brêches de tant de centimètres carrés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les soldats&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rien, en effet, ne peut rendre compte du néant moral et intellectuel de ces paysans qu&amp;rsquo;on arrache ignorants à leur charrue, pour les soumettre au régime immoral et stupéfiant de la caserne.&#xA;Sur ce sauvageon, auquel nulle culture n&amp;rsquo;a fait pousser de fruits, la discipline militaire a greffé l&amp;rsquo;idiotisme et l&amp;rsquo;avilissement.&#xA;Pour en faire un bête féroce, il ne manque plus que l&amp;rsquo;odeur de la poudre, la peur et quelques verres d&amp;rsquo;eau-de-vie.&#xA;Les marins, aussi peu instruits, aussi dominés par la discipline, montrèrent cependant une certaine supériorité intellectuelle.&#xA;Ils se mêlèrent davantage au mouvement.&#xA;Il y a chez eux un côté de fantaisie et une habitude de voir des choses nouvelles, qui les préparent à accepter avec une joie enfantine la nouveauté ! Ils la comprennent mieux ; ils ont l&amp;rsquo;esprit plus ouvert.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand les prussiens entrent dans Paris, Arnould part à Bordeaux pour raconter les faits aux députés d&amp;rsquo;opposition : il va être déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les autres me reçurent assez mal. Il était visible qu&amp;rsquo;ils avaient déjà fait leur siège, et que cette brusque intervention du peuple de Paris les gênait, en les forçant à sortir, d&amp;rsquo;une façon quelconque, des nuages commodes de l&amp;rsquo;opposition parlementaire, derrière laquelle s&amp;rsquo;abritent, depuis si longtemps, toutes les convoitises du pouvoir et tous les compromis de conscience.&#xA;Les Louis Blanc, les Langlois, les Tolain et consorts, voulaient rester députés et continuer tout simplement, dans de nouvelles conditions, le petit métier lucratif et sans danger exploité, avant eux, durant vingt ans, par les Jules Favre, les Jules Simon et les Picard.&#xA;L&amp;rsquo;attitude du peuple de Paris les arrachait à ce doux rêve. N&amp;rsquo;allait-elle pas les forcer à se prononcer catégoriquement, à déchirer le voile qui convenait à la modestie de leur courage, à l&amp;rsquo;inanité de leurs convictions, à la réalité de leur égoïsme ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le métier d&amp;rsquo;homme politique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La plupart des vieux hommes politiques, qui ont fait de la politique un métier, qui se sont installés dans une opposition de carton, comme le rat dans son fromage, ont cette vile terreur et cette animosité misérable contre les lutteurs qui se font un nom à leurs côtés, et menacent de gâter le métier, en y apportant plus de passion, plus de sincérité, plus de talent, ou de nouvelles conceptions en rapport avec les besoins vrais de l&amp;rsquo;époque, et les aspirations du peuple.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et en parlant de Louis Blanc :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a aussi certains hommes que l&amp;rsquo;on ne peut fréquenter, écouter, subir, sans éprouver une sorte d&amp;rsquo;affaissement intellectuel, de relâchement de tous les ressorts de la volonté. Leur parole agréable ou éloquente à l&amp;rsquo;oreille vous endort, leurs raisonnements captieux, revêtus du masque de la fausse sagesse, de la fausse raison, de la fausse habileté, du faux patriotisme et de la fausse honnêteté, réveillent en vous tous les instincts d&amp;rsquo;égoïsme et de lâcheté qui rampent au fond des nos cœurs, leur donnent de beaux noms, les transforment en &lt;strong&gt;devoirs douloureux mais nécessaires&lt;/strong&gt;, et vous conduisent à des abdications de principes où vos intérêts personnels trouvent toujours leur compte.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Liberté - Égalité, oui mais :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le droit théorique est une fort belle chose&amp;hellip; dans les livres et dans les Constitutions, mais, en réalité, ce n&amp;rsquo;est rien, si je suis dépossédé de la faculté, de la possibilité d&amp;rsquo;en user.&#xA;Or, pour un homme privé d&amp;rsquo;une certaine instruction, pour un homme astreint à l&amp;rsquo;esclavage de la misère par le salariat qui ne lui laisse aucun moyen matériel ni moral d&amp;rsquo;améliorer sa situation, il n&amp;rsquo;y a ni liberté, ni égalité.&#xA;Dans de semblables conditions, la souveraineté populaire est un mensonge, le suffrage universel une duperie, plus dangereuse peut-être que la brutalité cynique des anciennes lois franchement négatives.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les paysans seront manipulés par le gouvernement qui lui décrit les Communards comme des assassins débauchés livrant la ville de Paris à l&amp;rsquo;anarchie et au pillage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;un autre côté, la Révolution avait, en partie, rendu la terre au paysan.[&amp;hellip;]&#xA;Le paysan a donc gagné, ou, plutôt, croit avoir gagné à la Révolution, tandis que l&amp;rsquo;ouvrier des villes, lui, n&amp;rsquo;a absolument bénéficié en rien de la nouvelle situation, puisqu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est point devenu propriétaire de son instrument de travail, et qu&amp;rsquo;il reste attaché à la glèbe du capital, comme jadis le paysan à la glèbe du seigneur.&#xA;Serf autrefois, il rongeait son frein et se sentait solidaire de quiconque souffre, de quiconque est exploité.&#xA;Propriétaire aujourd&amp;rsquo;hui, il s&amp;rsquo;est fait complice de tous les exploiteurs, et conservateur forcené, sans choix, sans raisonnement, sans mesure, de peur qu&amp;rsquo;on lui enlève ce morceau de terre, — son idéal, sa passion, son BIEN ! [&amp;hellip;]&#xA;Jadis, il courait sus aux châteaux.&#xA;Aujourd&amp;rsquo;hui, il monterait volontiers la garde à la porte du château, se figurant son arpent de vigne ou de blé solidaire du parc seigneurial, sa chaumière solidaire du château.&#xA;Jadis, il se levait à la voix du peuple de Paris démolissant la Bastille.&#xA;Aujourd&amp;rsquo;hui, déguisé en soldat, il égorge avec une férocité implacable l&amp;rsquo;ouvrier des villes, se figurant que cet ouvrier veut lui ravir sa terre, le dépouiller de sa propriété.&#xA;Cette situation explique toutes les Révolutions qui se sont succédées en France, depuis 89, et leur avortement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le 18 mars, le premier conseil de la Commune est composé d&amp;rsquo;anonymes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y avait là à l&amp;rsquo;hôtel de ville, un gouvernement anonyme, composé presque exclusivement de simples ouvriers, ou de petits enployés, dont les noms, pour les trois quarts, n&amp;rsquo;avaient guère dépassé le cercle de leur rue ou de leur atelier.&#xA;À quelque point de vue que l&amp;rsquo;on se plaçât, cela avait quelque chose d&amp;rsquo;inouï et d&amp;rsquo;effrayant.&#xA;Au 4 septembre, comme au 24 février, les noms des hommes portés au pouvoir par la Révolution étaient du moins un programme.&#xA;On les connaissait. Ils avaient un passé qui semblait répondre de l&amp;rsquo;avenir. Ils avaient des antécédents. Satisfaits et mécontents savaient, ou du moins croyaient savoir à qui ils avaient à faire.&#xA;Mais cette dictature anonyme, je le répète, que contenait-elle dans ses flancs ?&#xA;Ce fut là, dès le premier jour, le grand caractère de cette Révolution du 18 mars.&#xA;À l&amp;rsquo;hôtel de ville, il y avait des hommes dont personne ne connaissait les noms, parce que ces hommes n&amp;rsquo;avaient qu&amp;rsquo;un nom : LE PEUPLE !&#xA;La tradition était rompue. Quelque chose d&amp;rsquo;inattendu venait de se produire dans le monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de son élection :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quant à moi, loin de désirer ou de rechercher ce titre, je le redoutais profondément, je le répète, je ne l&amp;rsquo;acceptai qu&amp;rsquo;à la façon de ces devoirs écrasants qui vont sont imposés par l&amp;rsquo;honneur. [&amp;hellip;]&#xA;Quant à moi, je dois dire pourquoi je redoutais mon élection.&#xA;J&amp;rsquo;étais de ceux qui ne se faisaient aucune illusion.&#xA;Je connaissais trop les hommes que nous avions à combattre pour attendre d&amp;rsquo;eux une lueur de justice, de patriotisme, et de simple humanité.&#xA;Je savais que d&amp;rsquo;eux, il n&amp;rsquo;y avait à attendre qu&amp;rsquo;une guerre implacable, guerre de calomnies infâmes et de férocité froide.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Arnould&#34;  title=&#34;Arhur Arnould sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Arthur Arnould&lt;/a&gt; (1833-1895), est un écrivain et journaliste français. De tendance proudhonienne et anarchisante, il appartient à la minorité du Conseil et vote contre la création du Comité de Salut public. Après la Semaine sanglante, il se réfugie en Suisse et ne reviendra en France qu&amp;rsquo;après l&amp;rsquo;amnistie de 1880.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Rhum express - Hunter S. Thompson</title>
            <link>https://pled.fr/rhum-express-hunter-s-thompson/</link>
            <pubDate>Sun, 13 May 2012 18:03:15 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/rhum-express-hunter-s-thompson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Rhum express - Hunter S. Thompson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;rhumexpress.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le troisième bouquin de Hunter S. Thompson que je lis : j&amp;rsquo;avais commencé par &lt;strong&gt;Las Vegas parano&lt;/strong&gt; (1972), récit totalement déjanté d&amp;rsquo;une escapade à Las Vegas par un journaliste et son avocat sous l&amp;rsquo;emprise de la drogue et de l&amp;rsquo;alcool, illustrant ainsi la fin du rêve américain&amp;hellip; C&amp;rsquo;était aussi la découverte du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, inventé par Thompson, et consistant à s&amp;rsquo;immerger dans le sujet à traiter, avec toute la subjectivité que cela entraîne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais ensuite lu &lt;strong&gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/strong&gt; (1965) : Hunter S. Thompson, fasciné par le groupe de motards légendaire, intègre ce dernier pendant un an&amp;hellip; L&amp;rsquo;histoire se terminera mal, puisque Thompson manquera d&amp;rsquo;y laisser sa peau (une &amp;ldquo;querelle éthylique spontanée&amp;rdquo; dira-t-il), mais le récit est captivant et le roman-reportage celui d&amp;rsquo;un vrai journaliste certes, mais aussi d&amp;rsquo;un grand écrivain. Ça fait même froid dans le dos&amp;hellip; aller se mêler à une bande comme ça, il ne faut pas avoir peur !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rhum express&lt;/strong&gt; est le deuxième roman de Thompson (1961), et inspiré de ses premières années de carrière : Kemp, journaliste globe-trotter d&amp;rsquo;une trentaine d&amp;rsquo;années, se retrouve à Porto Rico, embauché par un petit journal local plutôt minable et sur le point de faire faillite. Déjà complètement désabusé sur le métier de journaliste et même sur la vie en général, il n&amp;rsquo;a pas de mal à se faire des amis auprès de quelques collègues dans le même état que lui. Porto Rico est à l&amp;rsquo;époque une cible de choix pour le capitalisme américain (l&amp;rsquo;expérience Cubaine aidant), et les projets de développement touristique en plein essor (ainsi que les magouilles afférentes). Le rhum aidant, les compères vont vite s&amp;rsquo;attirer des ennuis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman est très bien écrit, comme les autres d&amp;rsquo;ailleurs. Si les sujets abordés par Hunter S. Thompson sortent de l&amp;rsquo;ordinaire, ainsi que la façon de les aborder, on retrouve toujours une qualité littéraire, un art du récit, un engagement qui rendent la lecture passionnante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans Rhum express, le mal de vivre ressenti par le narrateur et ses amis est le vrai sujet du livre. Ils parlent de partir vers l&amp;rsquo;Amérique du Sud, poursuivre leur rêve de liberté, mais la réalité les ramène vite à leurs illusions perdues.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce qui me chiffonnait le plus, c&amp;rsquo;était que je n&amp;rsquo;avais pas vraiment envie de partir en Amérique du Sud, en fait. Ni nulle part, d&amp;rsquo;ailleurs. Et pourtant, en écoutant Yeamon, j&amp;rsquo;éprouvais le frisson anticipé du voyage, je me voyais débarquer d&amp;rsquo;un cargo à la Martinique et partir d&amp;rsquo;un pas tranquille à la recherche d&amp;rsquo;un hôtel abordable, je m&amp;rsquo;imaginais à Caracas, à Bogota, à Rio, taillant ma route dans un univers inconnu de moi mais que j&amp;rsquo;avais la certitude de pouvoir prendre à bras le corps parce que, simplement, j&amp;rsquo;étais un champion.&#xA;Masturbation pure et simple : au fond de moi, je ne désirais rien d&amp;rsquo;autre que des draps propres, une chambre ensoleillée, quelque chose de tangible que je pourrais considérer comme mien, jusqu&amp;rsquo;à ce que je m&amp;rsquo;en lasse en tout cas. Dans ma tête, sans que je le reconnaisse pleinement encore, grandissait l&amp;rsquo;affreux constat que j&amp;rsquo;étais finalement passé de l&amp;rsquo;autre côté de la barrière, sur la &amp;ldquo;pente déclinante&amp;rdquo;. Et le pire, c&amp;rsquo;est que je n&amp;rsquo;y voyais rien de tragique, que je me sentais seulement un peu anxieux et, comment dire, confortablement détaché de tout.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-film&#34;&gt;Le film&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Comme le bandeau le signale, le roman a fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une adaptation au cinéma. J&amp;rsquo;ai voulu regarder le film une fois le livre terminé : c&amp;rsquo;est plutôt raté et ne mérite pas le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Kemp a trois amis dans le roman, au cinéma il n&amp;rsquo;en reste que deux&amp;hellip; le personnage supprimé (Yeamon) est comme par hasard le plus vindicatif de la bande, violent, révolté, détestable par certains côtés, mais aussi le plus idéaliste. Le niveau de vie a lui été nettement revu à la hausse, car dans le roman, elles sont réellement minables (il faut bien faire rêver le spectateur, les tropiques, tout ça&amp;hellip;). Le personnage féminin du roman, Chenault, au centre d&amp;rsquo;une scène clef du roman, est caricaturée et ramenée au rôle d&amp;rsquo;une jolie nana tombant amoureuse de Kemp (le fameux coup de foudre indispensable à un bon scénario). Etc, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout a fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un beau nettoyage façon Hollywoood afin de toucher le plus vaste public possible sans le choquer, au risque de perdre totalement le sens du roman. Le summum est atteint lors de l&amp;rsquo;image finale, affichant le texte suivant à l&amp;rsquo;écran :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Kemp retourna à New-York, épousa Chenault et devint le plus célèbre et vénéré des journalistes. Il trouva son style et les &amp;ldquo;salauds&amp;rdquo; se découvrir un formidable ennemi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne manque que le nombre des enfants ! Les adaptations cinématographiques d&amp;rsquo;un roman sont souvent décevantes, avec celle-ci on atteint les sommets.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Hunter S. Thompson :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=9613&#34; &gt;Parano dans le bunker&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8753&#34; &gt;Dernier tango à Las Vegas&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8512&#34; &gt;Hunter S. Thompson, journaliste &amp;amp; hors-la-loi – William McKeen&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11854&#34; &gt;Hell&amp;rsquo;s Angels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5741&#34; &gt;Gonzo Highway&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5907&#34; &gt;Nouveaux commentaires sur la mort du rêve américain&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6124&#34; &gt;Le marathon d&amp;rsquo;Honolulu&lt;/a&gt; (Éd. Tristram)&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hunter_S._Thompson&#34;  title=&#34;Hunter S. Thompson sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hunter S. Thompson&lt;/a&gt; (1937-2005) était un journaliste et un écrivain américain de tempérament rebelle, fêtard et provocateur. Il inventa le principe du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journalisme_gonzo&#34;  title=&#34;Le journalisme gonzo sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;journalisme gonzo&lt;/a&gt;, méthode d&amp;rsquo;investigation basé sur l&amp;rsquo;immersion dans un milieu, n&amp;rsquo;hésitant pas à prendre drogues et alcools quand il le faut, écrivant le récit à la première personne sans chercher une pseudo objectivité. Il se donnera la mort le 20 février 2005, à son domicile d&amp;rsquo;Aspen (Colorado).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le gai savoir - Friedrich Nietzsche</title>
            <link>https://pled.fr/le-gai-savoir-friedrich-nietzsche/</link>
            <pubDate>Sun, 22 Apr 2012 16:39:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-gai-savoir-friedrich-nietzsche/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le gai savoir - Friedrich Nietzsche&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;legaisavoir.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le deuxième livre de Nietzsche que je lis, après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3304&#34;  title=&#34;article \&amp;#34;Par-delà bien et mal – Friedrich Nietzsche\&amp;#34;&#34;&#xA;    &gt;Par delà bien et mal&lt;/a&gt;, et qui se présente sous la même forme, à savoir une série de textes courts, autant de réflexions sur une multitude de sujets comme la morale, la science, la logique, la santé, la religion, etc&amp;hellip; bref sur la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je n&amp;rsquo;ai pas respecté l&amp;rsquo;ordre chronologique, puisque Nietzsche dit du &lt;strong&gt;Gai savoir&lt;/strong&gt; qu&amp;rsquo;il est une introduction à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra&#34;  title=&#34;\&amp;#34;Ainsi parlait Zarathoustra\&amp;#34; sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ainsi parlait Zarathoustra&lt;/a&gt;, de même que &lt;strong&gt;Par-delà bien et mal&lt;/strong&gt; est son commentaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis d&amp;rsquo;ailleurs pas pressé de lire Ainsi parlait Zarathoustra, poème philosophique et probablement l&amp;rsquo;œuvre majeure de Nietzsche, mais réputée hermétique, comme l&amp;rsquo;avoue son auteur lui-même :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Hélas ! mon Zarathoustra cherche encore cet auditoire [capable de le comprendre], il le cherchera longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le genre de bouquin que l&amp;rsquo;on peut relire dix fois, ou emmener sur une île déserte ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour en revenir au Gai savoir, comme pour Par-delà bien et mal, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion de remettre en cause certaines idées reçues, et donc de commencer à penser par soi-même. C&amp;rsquo;est sans doute le grand intérêt qu&amp;rsquo;il y a à lire Nietzsche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout n&amp;rsquo;est pas égal, ou peut-être certains textes m&amp;rsquo;ont parlé plus que d&amp;rsquo;autres&amp;hellip;parfois je n&amp;rsquo;ai rien compris à ce qu&amp;rsquo;il voulait dire, et pour d&amp;rsquo;autres je pense qu&amp;rsquo;il a bien déliré. L&amp;rsquo;ensemble est tout de même excellent, et on ne trouve pas dans celui-ci certaines idées plus que contestables rencontrées dans Par-delà bien et mal comme par exemple sur les femmes, le peuple ou l&amp;rsquo;aristocratie, ou encore son concept du surhomme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nietzsche publie Le gai savoir en 1882, alors qu&amp;rsquo;il est convalescent (il sera malade toute sa vie). En 1879, il obtient une pension car son état de santé l&amp;rsquo;oblige à quitter son poste de professeur de philosophie à Bâle. Il commence alors une vie errante dans le sud de la France et en Italie. Voici ce qu&amp;rsquo;il dit dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce livre aurait sans doute besoin de plus d&amp;rsquo;une préface ; en fin de compte, subsistera toujours le doute que quelqu&amp;rsquo;un, pour n&amp;rsquo;avoir rien vécu d&amp;rsquo;analogue, puisse jamais être familiarisé par des préfaces avec l&amp;rsquo;expérience préalable à ce livre. Il semble écrit dans le langage d&amp;rsquo;un vent de dégel : tout y est pétulance, inquiétude, contradiction, comme un temps d&amp;rsquo;avril, si bien qu&amp;rsquo;on y est constamment rappelé à l&amp;rsquo;hiver encore tout récent comme à la victoire remportée sur l&amp;rsquo;hiver, à cette victoire qui vient, qui doit venir, qui peut-être est déjà venue&amp;hellip; La reconnaissance y coule à flots, comme si l&amp;rsquo;événement le plus inespéré venait de se produire, la reconnaissance d&amp;rsquo;un convalescent — car la guérison était cet événement le plus inespéré. Le &amp;ldquo;Gai Savoir&amp;rdquo; : voilà qui annonce les Saturnales d&amp;rsquo;un esprit qui a patiemment résisté à une longue et terrible pression — patiemment, rigoureusement, froidement, sans se soumettre, mais aussi sans espoir —, et qui tout d&amp;rsquo;un coup se voit assailli par l&amp;rsquo;espoir, par l&amp;rsquo;espoir de la santé, par l&amp;rsquo;ivresse de la guérison.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme d&amp;rsquo;habitude, voilà quelques extraits pour vous faire une idée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Science&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En raison de trois erreurs. — On a favorisé le développement des sciences durant les derniers siècles, en partie parce qu&amp;rsquo;avec elles et par elles on espérait le mieux comprendre la bonté et la sagesse de Dieu — motif capital de l&amp;rsquo;âme des grands Anglais (tel Newton) —, en partie, parce que l&amp;rsquo;on croyait à l&amp;rsquo;absolue nécessité de la connaissance, notamment au lien le plus intime entre la morale, la science et le bonheur — motif capital de l&amp;rsquo;âme des grands Français (tel Voltaire) —; en partie, parce qu&amp;rsquo;on prétendait posséder et aimer dans la science quelque chose de désintéressé, d&amp;rsquo;inoffensif, se suffisant à soi-même, de véritablement innocent, à quoi les mauvaises impulsions de l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;auraient absolument aucune part, — motif capital de l&amp;rsquo;âme de Spinoza qui, en tant que connaissant, se sentait divin : — donc, en raison de trois erreurs!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Notre étonnement. — Un bonheur profond et foncier réside dans le fait que la science découvre des choses qui résistent à l&amp;rsquo;épreuve et qui ne cessent pas de donner lieu à de nouvelles découvertes : — il pourrait en être autrement ! Oui, nous sommes tellement convaincus de toute l&amp;rsquo;incertitude, de toute la fantasmagorie de nos jugements comme de l&amp;rsquo;éternel changement des lois et des notions humaines, que nous restons étonnés de voir combien stables demeurent les résultats de la science ! Jadis on ignorait tout de cette vicissitude des choses humaines, la coutume morale maintenait la croyance que toute vie intérieure de l&amp;rsquo;homme était fixée par d&amp;rsquo;éternels crampons à une nécessité d&amp;rsquo;airain : peut-être éprouvait-on alors à entendre des légendes et des contes de fées une volupté d&amp;rsquo;étonnement analogue. Le merveilleux devait procurer une grande détente à ces hommes, parfois sans doute exténués par la règle et l&amp;rsquo;éternité. Perdre pied pour une fois! Planer! Errer! Être fou! — voilà qui appartenait au Paradis et aux délices d&amp;rsquo;antan : tandis que notre béatitude est semblable à celle du naufragé qui a touché terre, qui pose ses deux pieds sur la vieille terre ferme — étonné de ne la point sentir osciller.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Réputation&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que d&amp;rsquo;autres pensent de nous. — Ce que nous savons de nous-mêmes et gardons dans la mémoire, n&amp;rsquo;est point si décisif que l&amp;rsquo;on croit pour le bonheur de notre vie. Le jour vient où ce que d&amp;rsquo;autres savent de nous (ou prétendent savoir) nous tombe sur le dos, — et dès lors nous reconnaissons que c&amp;rsquo;est là l&amp;rsquo;élément qui l&amp;rsquo;emporte. On vient plus facilement à bout de sa mauvaise conscience que de sa mauvaise réputation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dévouement féminin, qu&amp;rsquo;il ne semble pas prendre au sérieux&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dévouement. — Il est de nobles femmes d&amp;rsquo;une certaine pauvreté d&amp;rsquo;esprit, qui ne savent exprimer autrement leur dévouement le plus profond qu&amp;rsquo;en offrant leur vertu et leur pudeur : ce qu&amp;rsquo;elles ont de suprême. Et souvent ce don est accepté, sans engager le donataire aussi profondément que le supposent les donatrices — histoire fort mélancolique!&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Morale&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ampleur de l&amp;rsquo;élément moral. — L&amp;rsquo;image que nous voyons pour la première fois, nous la construisons immédiatement à l&amp;rsquo;aide de toutes nos anciennes expériences, chaque fois selon le degré de notre probité et de notre équité. Même dans le domaine de la perception sensible il n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;autres expériences vécues que morales.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Santé&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Santé de l&amp;rsquo;âme. — La formule de prédilection propre à la thérapeutique morale (dont l&amp;rsquo;auteur est Ariston de Chios) : &amp;ldquo;La vertu est la santé de l&amp;rsquo;âme&amp;rdquo; — pour être praticable, devrait être tout au moins modifiée dans ce sens : &amp;ldquo;Ta vertu est la santé de ton âme.&amp;rdquo;. Car il n&amp;rsquo;y a pas de santé en soi, et toutes les tentatives pour la définir ont échoué lamentablement. Ce qui importe ici, c&amp;rsquo;est ton but, ton horizon, ce sont tes forces, tes impulsions, tes erreurs, et notamment les idéaux et les phantasmes de ton âme, pour déterminer ce qui, même pour ton corps, constitue un état de santé. Ainsi il est d&amp;rsquo;innombrables santés du corps ; et plus l&amp;rsquo;on permettra à l&amp;rsquo;individu particulier et incomparable de relever la tête, plus l&amp;rsquo;on désapprendra le dogme de l&amp;rsquo;&amp;ldquo;égalité des hommes&amp;rdquo;, et plus nos médecins devront se passer de la notion d&amp;rsquo;une santé normale, en même temps que celle d&amp;rsquo;une diète normale, d&amp;rsquo;un processus normal de la maladie. Le moment serait venu alors de réfléchir à la santé et à la maladie de l&amp;rsquo;âme et d&amp;rsquo;identifier la vertu, particulière à chacun, avec sa santé propre. En fin de compte resterait la grande question de savoir si nous pouvons être absolument quittes de la maladie, même pour le développement de notre vertu, et si notamment notre soif de connaissance et de connaissance de nous-mêmes n&amp;rsquo;aurait pas autant besoin de l&amp;rsquo;âme malade que de l&amp;rsquo;âme saine : bref, si l&amp;rsquo;unique volonté de santé ne serait point un préjugé, une lâcheté et peut-être un vestige de barbarie et d&amp;rsquo;état rétrograde des plus subtils.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Chrétienté&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une résolution dangereuse. — La résolution chrétienne de considérer le monde comme laid et mauvais a rendu le monde laid et mauvais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Principe. — Une hypothèse inéluctable, à laquelle l&amp;rsquo;humanité doit revenir sans cesse, se révèle plus puissante à la longue que la foi la plus tenace en quelque chose de non-vrai (telle la foi chrétienne). À la longue : c&amp;rsquo;est-à-dire, en l&amp;rsquo;occurrence, au terme de cent mille ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;erreur du Christ. —  Le fondateur du christianisme estimait que rien ne faisait autant souffrir les hommes que leurs péchés : — c&amp;rsquo;était son erreur, l&amp;rsquo;erreur de celui qui se sentait sans péché, et à qui en cela l&amp;rsquo;expérience faisait défaut ! Ainsi son âme respirait cette merveilleuse et fantastique miséricorde pour une détresse dont même son peuple, inventeur du péché, souffrait rarement comme d&amp;rsquo;une grande détresse ! —  Mais les chrétiens ont su rendre justice ultérieurement à leur maître, et consacrer son erreur en tant que &amp;ldquo;vérité&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Stupéfiants&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Danger des végétariens. — La consommation excessive du riz pousse à l&amp;rsquo;usage de l&amp;rsquo;opium et de stupéfiants, tout de même que la consommation excessive de pommes de terre pousse au schnaps ; — mais son effet ultérieur plus subtil est d&amp;rsquo;incliner à des manières de penser et de sentir qui agissent comme des narcotiques. Or, il se trouve que les promoteurs de ces manières-là de penser et de sentir, tels les docteurs hindous, prônent précisément une diète purement végétarienne dont ils voudraient faire la loi à la masse : ils veulent ainsi provoquer et augmenter le besoin qu&amp;rsquo;ils sont eux-mêmes en mesure de satisfaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Question et réponse. — Qu&amp;rsquo;est-ce que les peuplades sauvages empruntent en premier aux Européens ? L&amp;rsquo;alcool et le christianisme, stupéfiants européens. —  Et de quoi périssent-elles le plus rapidement ? — des stupéfiants européens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyageur&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Joie et cécité. — Mes pensées, dit le Voyageur, à son ombre, doivent m&amp;rsquo;indiquer où j&amp;rsquo;en suis : non pas me révéler où je vais. J&amp;rsquo;aime l&amp;rsquo;ignorance de l&amp;rsquo;avenir et ne veux succomber à l&amp;rsquo;impatience ni à la saveur anticipée des choses promises.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Habitudes&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Courtes habitudes. — J&amp;rsquo;aime les courtes habitudes et je les tiens pour l&amp;rsquo;inestimable moyen de connaître nombre de choses et de situations, jusqu&amp;rsquo;au fond de leur suavité et de leur amertume ; ma nature est entièrement faite pour de courtes habitudes, même quant aux besoins de sa santé corporelle et de façon absolue, pour autant que je puisse voir : du plus bas jusqu&amp;rsquo;au plus haut. Je crois toujours que ceci a de quoi me contenter de durable façon — la courte habitude elle aussi a la foi de la passion, la foi en l&amp;rsquo;éternité — et je m&amp;rsquo;imagine être enviable pour l&amp;rsquo;avoir trouvé et reconnu : — et dès lors cette croyance a la vertu de me nourrir matin et soir et de répandre une profonde frugalité autour de soi et en moi-même, si bien que je n&amp;rsquo;ai rien à désirer, sans avoir besoin de comparer, de mépriser ou de haïr. Le jour vient où la bonne chose a fait son temps : elle se sépare de moi, non comme devenue un objet de dégoût — mais paisiblement, rassasiée de moi comme je suis d&amp;rsquo;elle, et comme si nous nous devions un reconnaissance mutuelle, donc prêts à nous serrer les mains au moment de prendre congé ! Et déjà la chose nouvelle m&amp;rsquo;attend à la porte, de même que la croyance — l&amp;rsquo;imperturbable folle, l&amp;rsquo;imperturbable sage ! — la croyance que cette chose nouvelle sera la chose juste, définitivement juste. Pour moi, il en est ainsi des repas, des pensées, des hommes, des villes, des poèmes, de la musique, des doctrines, des programmes du jour, des manières de vivre. — En revanche, je hais les habitudes durables, et je sens comme l&amp;rsquo;approche d&amp;rsquo;un tyran et comme un empoisonnement de mon atmosphère, dès que les circonstances prennent une tournure qu&amp;rsquo;elles doivent nécessairement engendrer des habitudes durables : par exemple à la faveur d&amp;rsquo;une fonction, d&amp;rsquo;une vie dans la constante compagnie des mêmes personnes, d&amp;rsquo;une résidence stable, d&amp;rsquo;un unique genre de santé. Oui, au plus profond de mon âme, je sais gré à ma santé lamentable, comme à tout ce qui est imparfait en moi, de m&amp;rsquo;offrir des centaines d&amp;rsquo;issues dérobées par où je puisse échapper aux habitudes durables. — Le plus insupportable sans doute, et ce qu&amp;rsquo;il y aurait de proprement terrible pour moi serait une vie totalement dépourvue d&amp;rsquo;habitudes, une vie qui demanderait une improvisation incessante — ce serait mon exil et ma liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Compréhension&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Gémissement. — Je saisis au vol cette compréhension et je pris hâtivement les premiers mauvais termes venus, pour la retenir. Et voici qu&amp;rsquo;elle est morte de la sécheresse de ces mots, et elle y reste accrochée, ballottante — et c&amp;rsquo;est à peine si je sais, quand je la considère, comment j&amp;rsquo;avais pu avoir pareille chance, à prendre cet oiseau.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Friedrich Wilhelm Nietzsche&lt;/strong&gt; est né en 1844, mort en 1900 (et fou les dix dernières années de sa vie). De nationalité allemande, philologue de formation, puis philosophe et poète. Sur Wikipedia, on peut trouver sa &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche_%28biographie%29&#34;  title=&#34;wikipedia, biographie de Nietzsche&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;biographie&lt;/a&gt; ainsi qu’une présentation de sa &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nietzsche&#34;  title=&#34;wikipedia, la philosophie de Nietzsche&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;philosophie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La carte et le territoire - Michel Houellebecq</title>
            <link>https://pled.fr/la-carte-et-le-territoire-michel-houellebecq/</link>
            <pubDate>Sun, 11 Mar 2012 17:40:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-carte-et-le-territoire-michel-houellebecq/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La carte et le territoire - Michel Houellebecq&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;carte-terrtoire-houellebecq.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le premier roman de Houellebecq que je lis, et ce grâce aux amis qui me l&amp;rsquo;ont offert pour mon anniversaire. L&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux ne tarit d&amp;rsquo;ailleurs pas d&amp;rsquo;éloges sur ses romans, et prédit qu&amp;rsquo;il deviendra un auteur classique dans le futur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On rentre très facilement dans l&amp;rsquo;histoire, celle de Jed, artiste peintre qui va rencontrer un certain succès, une très jolie femme, Houellebecq lui-même (et même Frédédric Beigbeder, tous deux mis en scène dans le roman).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le style est fluide, sans fioritures et agréable à lire, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amusant tout de même parfois, comme ici lors de la visite d&amp;rsquo;un agent immobilier :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jed craignit un instant qu&amp;rsquo;il ne se proclamât solidaire des artistes authentiques contre les bobos et autres philistins du même ordre, qui faisaient monter les prix, interdisant ainsi les ateliers d&amp;rsquo;artistes aux artistes, et comment faire n&amp;rsquo;est-ce pas je ne peux pas aller contre la vérité du marché ce n&amp;rsquo;est pas mon rôle, mais heureusement cela ne se produisit pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si Houellebecq s&amp;rsquo;invite dans l&amp;rsquo;histoire, il ne se donne pas un très beau rôle, voir pas de rôle du tout, c&amp;rsquo;est peut-être lui tout simplement. Mais que ce soit l&amp;rsquo;auteur par l&amp;rsquo;entremise de Jed, ou le personnage de Houellebecq, tous deux dressent une vision assez désabusée de notre monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jed va connaître le succès avec une série de toiles dont le thème est &amp;ldquo;Les métiers&amp;rdquo;, autant d&amp;rsquo;occasions d&amp;rsquo;évoquer les transformations de notre monde. C&amp;rsquo;est assez bien vu, bien documenté, chaque tableau donnant autant d&amp;rsquo;occasion de parler du monde et de ses changements. Ce n&amp;rsquo;est en aucune façon une critique de l&amp;rsquo;art en lui-même, et Jed artiste est parfaitement crédible, c&amp;rsquo;est plutôt le monde (y compris celui de l&amp;rsquo;art) autour de lui qui pose problème.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seconde partie du livre se transforme en une enquête policière menée par un policier désabusé, autre occasion de montrer l&amp;rsquo;état de notre société, mais à laquelle j&amp;rsquo;ai eu un peu plus de mal à accrocher. Heureusement, les rapports entre Jed et son père, proche de la mort, permettent de garder l&amp;rsquo;intérêt éveillé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au final un bon roman, agréable à lire, décrivant un monde qui ne sait plus trop où il va. Dommage à mon sens qu&amp;rsquo;il se soit senti obligé de s&amp;rsquo;y inviter ainsi que Beigbeder&amp;hellip; cela n&amp;rsquo;apporte rien, fait très &amp;ldquo;milieu parisien&amp;rdquo;, celui-là même que Houellebecq ne doit pas trop aimer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres articles sur le blog à propos de Michel Houellebecq :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10714&#34; &gt;Soumission&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10188&#34; &gt;Les particules élémentaires&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=8833&#34; &gt;Extension du domaine de la lutte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=11316&#34; &gt;Plateforme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=18704&#34; &gt;Anéantir&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Houellebecq&#34;  title=&#34;Michel Houellebecq sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Michel Houellebecq&lt;/a&gt; (né Michel Thomas à La Réunion en 1956), est l&amp;rsquo;un des auteurs contemporains de la langue française les plus connus et traduits dans le monde. Révélé par &amp;ldquo;Extension du domaine de la lutte&amp;rdquo; (1994) et surtout &amp;ldquo;Les particules élémentaires&amp;rdquo; (1998). Élevé d&amp;rsquo;abord par ses grands-parents maternels en Algérie, il est confié à six ans à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il adoptera le nom de jeune fille comme patronyme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La chute des géants - Ken Follett</title>
            <link>https://pled.fr/la-chute-des-geants-ken-follett/</link>
            <pubDate>Sat, 28 Jan 2012 18:21:45 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La chute des géants - Ken Follett&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chute-geants.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;était le cadeau de Noël de ma sœur Dominique et de son ami Paul, ce dernier ne tarissant pas d&amp;rsquo;éloges à son sujet et attendant le tome 2 avec impatience.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est apparemment donné pour tâche de raconter le XXème siècle en trois volumes, et le premier traite logiquement de la première guerre mondiale. C&amp;rsquo;est donc avec intérêt que je me suis attaqué à ce gros pavé de 998 pages.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, cette grande histoire du siècle n&amp;rsquo;est vue qu&amp;rsquo;à travers le petit bout de la lorgnette : un groupe de personnages (anglais, américains, allemands et russes — mais pas de français !) dont les amours contrariés par la guerre occupent l&amp;rsquo;essentiel du récit. Les coïncidences invraisemblables s&amp;rsquo;accumulent à un rythme soutenu, les personnages se croisant allègrement au gré des champs de bataille et/ou de leurs déplacements. La guerre est mondiale mais la planète très petite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À vouloir traiter l&amp;rsquo;Histoire de cette manière, on la rétrécit forcément, même si l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;est très bien documenté. Cela commence même plutôt bien avec l&amp;rsquo;opposition de classe entre de simples mineurs Gallois travaillant dans des conditions déplorables pour gagner une misère, et la noblesse anglaise qui possède tout et vit dans le luxe. Les femmes réclament le droit de vote, les mineurs font grève&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté russe, la situation est encore pire avec l&amp;rsquo;empire russe et son Tsar, le peuple vivant dans le plus grand dénuement. La révolution bolchevique aura lieu en pleine guerre (1917). Évidemment, le personnage de Gregory Pechkov, simple ouvrier métallurgiste au départ, deviendra un proche de Lénine grâce à son courage et sa droiture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;La chute des géants&amp;rdquo; fait référence à la fin des empires austro-hongrois, russes et allemands. L&amp;rsquo;auteur décrit assez bien l&amp;rsquo;enchaînement des faits menant au déclenchement de la guerre par le jeu des alliances (France-Angleterre-Russie contre Allemagne-Autriche-Hongrie), mais beaucoup moins bien l&amp;rsquo;atrocité des combats et le nombre de morts (9 millions) de cette guerre. Car l&amp;rsquo;important est ailleurs : Lady Maud de Fitzherbert reverra-t-elle le beau diplomate Walter von Ulrich avec qui elle s&amp;rsquo;est mariée en cachette quelques jours avant la guerre ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ken_Follett&#34;  title=&#34;Ken Follett sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ken Follett&lt;/a&gt; est un écrivain Gallois né en 1947, spécialisé en thrillers politiques. Il a obtenu son plus gros succès avec &amp;ldquo;Les piliers de la terre&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Shim Chong, fille vendue - Hwang Sok-yong</title>
            <link>https://pled.fr/shim-chong-fille-vendue-hwang-sok-yong/</link>
            <pubDate>Sun, 08 Jan 2012 19:11:09 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Shim Chong, fille vendue - Hwang Sok-yong&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;shimchong.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le libraire qui m&amp;rsquo;avait décrit cet écrivain sud-coréen comme l&amp;rsquo;un des plus grand d&amp;rsquo;Asie. Quand j&amp;rsquo;ai vu celui-ci sur la table, avec cette petite critique du Canard enchaîné &amp;ldquo;Un roman tendre et délicat sur une fille de joie et de peines&amp;hellip;&amp;rdquo; sur la couverture, je l&amp;rsquo;ai emporté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Shim Chong&lt;/strong&gt; est une figure mythique de l&amp;rsquo;imaginaire coréen. Le roman se déroule à la fin du XIXème siècle dans une Asie en pleine tourmente avec l&amp;rsquo;arrivée des occidentaux et leurs bateaux à vapeurs (les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Navires_noirs&#34;  title=&#34;les navires noirs sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;navires noirs&lt;/a&gt;) qui forcent l&amp;rsquo;ouverture des ports pour le commerce (début de la mondialisation, à coups de canons à l&amp;rsquo;époque !), les &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_l%27opium&#34;  title=&#34;les guerres de l&amp;#39;opium&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;guerres de l&amp;rsquo;opium&lt;/a&gt; qui s&amp;rsquo;en suivirent, l&amp;rsquo;emprise du Japon sur la région. Il manque une carte d&amp;rsquo;époque pour mieux suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais la vraie toile de fond du roman, c&amp;rsquo;est le sort réservé aux femmes (dans cette partie du monde et à cette époque ?). Les jeunes filles pauvres sont facilement vendues, et les maisons de plaisirs faisant partie du paysage et de la culture, leur destin tout tracé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au fil du roman et des aléas de sa vie pour le moins tourmentée, elle s&amp;rsquo;appellera tout à tour Lenhwa, Lotus ou encore Lenka. L&amp;rsquo;identité d&amp;rsquo;une femme n&amp;rsquo;est manifestement pas très important.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très vite elle comprendra que sa beauté est sa seule arme face aux hommes, et n&amp;rsquo;hésitera pas à s&amp;rsquo;en servir pour améliorer sa condition et peu à peu échapper à son destin. En clair séduire des hommes fortunés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vendue à 15 ans à des trafiquants chinois, elle deviendra la concubine d&amp;rsquo;un vieillard, puis geisha au &amp;ldquo;Pavillon du bonheur et des plaisirs&amp;rdquo; avant d&amp;rsquo;être enlevée par des trafiquants de chair et exploitée à Formose (ex Taïwan). Grâce à sa beauté et sa ténacité, un riche commerçant anglais la choisira à nouveau comme concubine&amp;hellip; enfin un prince en tombera amoureux, et la prendra pour femme. Elle terminera sa vie en paix, dans son pays d&amp;rsquo;origine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est admirablement écrit, l&amp;rsquo;auteur est effectivement un grand romancier, qui nous propose mine de rien un roman social dans un contexte historique parfaitement rendu, avec toutefois un &amp;ldquo;happy-end&amp;rdquo; qui ne doit pas vraiment refléter la réalité quotidienne du sort de ces femmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hwang_sok-yong&#34;  title=&#34;Hwang Sok-yong sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Hwang Sok-yong&lt;/a&gt; est un auteur sud-coréen né en 1943 en Mandchourie. Il a été marqué par sa participation au corps expéditionnaire coréen au Vietnam. Il a également été emprisonné 5 ans en Corée du Sud pour s&amp;rsquo;être rendu en Corée du nord.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Discours de la servitude volontaire - La Boétie</title>
            <link>https://pled.fr/discours-de-la-servitude-volontaire-la-boetie/</link>
            <pubDate>Mon, 26 Dec 2011 17:09:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/discours-de-la-servitude-volontaire-la-boetie/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Discours de la servitude volontaire - La Boétie&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laboetie.png#floatleft&#34;&gt; Ce texte d&amp;rsquo;Étienne de La Boétie est souvent cité comme une référence, je l&amp;rsquo;avais donc mis sur ma liste. S&amp;rsquo;il ne fait en lui-même qu&amp;rsquo;à peine quarante pages, l&amp;rsquo;introduction de &lt;strong&gt;Simone Goyard-Fabre&lt;/strong&gt; en fait plus de cent vingt, donnant un peu d&amp;rsquo;épaisseur au livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette introduction est très intéressante, décrivant très bien ce qu&amp;rsquo;est Le Discours et ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas, sa date de composition incertaine, donnant le contexte historique, etc&amp;hellip; C&amp;rsquo;est toujours un peu frustrant de lire 120 pages à propos d&amp;rsquo;un texte que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;apprête à lire, mais c&amp;rsquo;est assez réussi cette fois.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Discours a également été appelé le &lt;strong&gt;Contr&amp;rsquo;un&lt;/strong&gt; : selon La Boétie, la tyrannie est fondamentalement et essentiellement monocratie : l&amp;rsquo;autorité d&amp;rsquo;un seul. Dès lors, l&amp;rsquo;important n&amp;rsquo;est pas de poser l&amp;rsquo;origine du pouvoir ; c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;en examiner l&amp;rsquo;exercice. Et cet exercice, puisqu&amp;rsquo;il ne peut être &amp;ldquo;public&amp;rdquo;, est nécessairement mauvais, ne répondant pas à l&amp;rsquo;essence du politique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La &amp;ldquo;république&amp;rdquo; — entendons la &lt;em&gt;res publica&lt;/em&gt; (la chose publique) — doit avoir un caractère &amp;ldquo;public&amp;rdquo;, qui est, comme tel, irréductible à des rapports privés comme le sont les rapports domestiques ou les rapports de patronage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le tyran n&amp;rsquo;est pas le seul responsable, les peuples se laissant volontiers asservir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Paresse native qui est comme sa seconde nature : si la nature de l&amp;rsquo;homme est bien d&amp;rsquo;être franc [libre] et de le vouloir être, mais aussi sa nature est telle que naturellement il tient le pli que la nourriture [l&amp;rsquo;habitude] lui donne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aspiration à la liberté et tendance à la paresse s&amp;rsquo;affrontent donc en l&amp;rsquo;homme&amp;hellip; si l&amp;rsquo;on regarde notre société de consommation et de divertissement, cette remarque n&amp;rsquo;a pas pris une ride. À croire que nos gouvernants sont au courant !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour La Boétie, il y a une &amp;ldquo;dé-naturation&amp;rdquo; à la fois de l&amp;rsquo;homme qui aspire naturellement à la liberté et du tyran qui devrait gouverner pour le bien de tous. Il ne l&amp;rsquo;explique malheureusement pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le XVIème siècle ouvre l&amp;rsquo;âge moderne&amp;rdquo; (P. Villey) : cette formule s&amp;rsquo;applique parfaitement au texte de La Boétie. Il annonce probablement l&amp;rsquo;âge des Lumières, une première pensée en dehors du dogme théologique et de la royauté de droit divin, ainsi qu&amp;rsquo;un vibrant appel à la liberté des peuples.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En voici un bon résumé, tiré de l&amp;rsquo;introduction :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;un bout à l&amp;rsquo;autre du Discours, une idée-force porte l&amp;rsquo;élan du verbe : La Boétie — comme Machiavel devant les désordres de l&amp;rsquo;Italie ou Thomas More devant la misère de l&amp;rsquo;Angleterre — dénonce la maladie à laquelle s&amp;rsquo;abandonnent les peuples sous le joug de leurs maîtres et il s&amp;rsquo;interroge sur la thérapeutique qui ferait cesser de tels maux. Il entreprend donc d&amp;rsquo;analyser et d&amp;rsquo;expliquer la servitude des peuples à la fois par les tendances de la nature humaine et par le rôle néfaste des tyrans et de leurs complices ; puis, s&amp;rsquo;interrogeant sur les remèdes qui enrayeraient le mal endémique qui risque de conduire l&amp;rsquo;humanité à une mort prochaine, il lance, à l&amp;rsquo;adresse des peuples qui se laissent asservir et des principes qui se plaisent à les asservir, un appel au bon sens dans lequel vibre le sens de la liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le texte est écrit 15 ans après &lt;strong&gt;Le Prince&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Machiavel&lt;/strong&gt; et certains y ont vu une réponse de La Boétie : tandis que Le Prince codifie la tyrannie, le Discours énonce la revendication de la liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais tous deux sont des penseurs de la modernité attentifs et expriment le rapport de la condition humaine non plus à l&amp;rsquo;ordre de la divinité, mais à l&amp;rsquo;ordre de l&amp;rsquo;humanité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car il refuse que le pouvoir politique soit fondé en Dieu, que le prince soit un lieutenant de Dieu sur terre. Cette politique de la verticalité n&amp;rsquo;est pour lui  qu&amp;rsquo;une fable. Mais alors, s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;appartient qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;homme de gouverner la terre des hommes, il lui appartient de déterminer lui-même sa condition : il est responsable de son sommeil dogmatique et de sa servitude, comme il est responsable de son réveil et de sa liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Boétie ne remet pas en cause l&amp;rsquo;existence de Dieu (à l&amp;rsquo;époque, ça peut rapporter le bûcher !), ni ne s&amp;rsquo;attaque pas de manière frontale à la religion. Il se permet toutefois une hypothèse à propos du droit divin de la monarchie : &amp;ldquo;et encore, quand cela n&amp;rsquo;y serait pas&amp;hellip;&amp;rdquo;, et milite pour la République (la &amp;ldquo;res publica&amp;rdquo;, la chose publique), ce qui pour l&amp;rsquo;époque ne manque ni de courage ni de lucidité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour autant, le rôle de la religion servant le tyran est clairement évoqué. Le dernier paragraphe du texte en est d&amp;rsquo;autant plus inattendu puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;en remet à Dieu et à son châtiment pour les tyrans. Peut-être une clause de prudence ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;extraits-du-discours&#34;&gt;Extraits du Discours&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;adore le début, il cite Homère, et cela donne une idée de la tournure des phrases :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D&amp;rsquo;avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n&amp;rsquo;y voi :&#xA;Q&amp;rsquo;un, sans plus, soit le maître et qu&amp;rsquo;un seul soit le roi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;ce disait Ulysse en Homère, parlant en public. S&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;eût rien dit de plus, sinon :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n&amp;rsquo;y voi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;c&amp;rsquo;était autant bien dit que rien plus ; mais, au lieu que, pour le raisonner, il fallait dire que la domination de plusieurs ne pouvait être bonne, puisque la puissance d&amp;rsquo;un seul, dès lors qu&amp;rsquo;il prend ce titre de maître, est dure et déraisonnable, il est allé ajouter, tout au rebours :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;un, sans plus, soit le maître, et qu&amp;rsquo;un seul soit le roi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il en faudrait, d&amp;rsquo;aventure, excuser Ulysse, auquel, possible, lors était besoin d&amp;rsquo;user de ce langage pour apaiser la révolte de l&amp;rsquo;armée; conformant, je crois, son propos plus au temps qu&amp;rsquo;à la vérité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Boétie ne prêche pas pour la révolution, c&amp;rsquo;est pour lui inutile, il suffit de refuser le système :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Encore ce seul tyran, il n&amp;rsquo;est pas besoin de le combattre, il n&amp;rsquo;est pas besoin de le défaire, il est de soi-même défait, mais que le pays ne consente à sa servitude ; il ne faut pas lui ôter rien, mais ne lui donner rien ; il n&amp;rsquo;est pas besoin que le pays se mette en peine de rien faire pour soi, pourvu qu&amp;rsquo;il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples mêmes qui se laissent ou plutôt se font gourmander, puisqu&amp;rsquo;en cessant de servir ils en seraient quittes ; c&amp;rsquo;est le peuple qui s&amp;rsquo;asservit, qui se coupe la gorge, qui, ayant le choix ou d&amp;rsquo;être serf ou d&amp;rsquo;être libre, quitte la franchise et prend le joug, qui consent à son mal, ou plutôt le pourchasse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus dangereuse est la nature de l&amp;rsquo;homme à se laisser asservir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est vrai qu&amp;rsquo;au commencement on sert contraint et vaincu par la force ; mais ceux qui viennent après servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte. C&amp;rsquo;est cela, que les hommes naissant sous le joug, et puis nourris et élevés dans le servage, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés, et ne pensent point avoir autre bien ni autre droit que ce qu&amp;rsquo;ils ont trouvé, ils prennent pour leur naturel l&amp;rsquo;état de leur naissance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c&amp;rsquo;est la coutume : comme les plus braves courtauds [chevaux], qui au commencement mordent le frein et puis s&amp;rsquo;en jouent, et là où naguère ruaient contre la selle, ils se parent maintenant dans les harnais et tout fiers se gorgiassent sous la barde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et le tyran sait parfaitement en tirer partie :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Boétie raconte l&amp;rsquo;histoire du tyran Cyrus le Grand (fondateur de l&amp;rsquo;Empire perse) qui pour tenir en main les Sardains qui se révoltaient, installa des tavernes et des jeux publics plutôt que d&amp;rsquo;y maintenir une armée : le peuple ne se révolta plus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ainsi les peuples, assotis, trouvent beaux ces passe-temps, amusés d&amp;rsquo;un vain plaisir, qui leur passait devant les yeux, s&amp;rsquo;accoutumaient à servir aussi niaisement mais plus mal, que les petits enfants qui, pour voir les luisantes images des livres enluminés, apprennent à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours le populaire a eu cela : il est, au plaisir qu&amp;rsquo;il ne peut honnêtement recevoir, tout ouvert et dissolu, et, au tort et à la douleur qu&amp;rsquo;il ne peut honnêtement souffrir, insensible.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La religion fait quant à elle bon ménage avec les tyrans :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les tyrans mêmes trouvaient bien étrange que les hommes pussent endurer un homme leur faisant mal ; ils voulaient fort se mettre la religion devant pour garde-corps, et, s&amp;rsquo;il était possible, emprunter quelque échantillon de la divinité pour le maintien de leur méchante vie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Reste bien sûr les profiteurs et autres ambitieux sans qui rien ne serait possible :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais maintenant je viens à un point, lequel est à mon avis le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de la tyrannie. [&amp;hellip;] Ce sont toujours quatre ou cinq qui maintiennent le tyran, quatre ou cinq qui tiennent tout le pays en servage. Toujours il a été que cinq ou six ont eu l&amp;rsquo;oreille du tyran, et s&amp;rsquo;y sont approchés d&amp;rsquo;eux-mêmes, ou bien ont été appelés par lui, pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés, et communs aux biens de ses pilleries.  [&amp;hellip;] Ces six ont six cents qui profitent sous eux, et font de leur six cents ce que les six font au tyran. Ces six cents en tiennent sous eux six mille, qu&amp;rsquo;ils ont élevés en état, auxquels ils font donner ou le gouvernement des provinces, ou le maniement des deniers afin qu&amp;rsquo;ils tiennent la main, à leur avarice et cruauté et qu&amp;rsquo;ils l&amp;rsquo;exécutent quand il sera temps, et fassent tant de maux d&amp;rsquo;ailleurs qu&amp;rsquo;ils ne puissent durer que sous leur ombre, ni s&amp;rsquo;exempter que par leur moyen des lois et de la peine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pareillement, dès lors qu&amp;rsquo;un roi s&amp;rsquo;est déclaré tyran, tout le mauvais, toute la lie du royaume, je ne dis pas un tas de larroneaux et essorillés, qui ne peuvent guère en une république faire mal ni bien, mais ceux qui sont tâchés d&amp;rsquo;une ardente ambition et d&amp;rsquo;une notable avarice, s&amp;rsquo;amassent autour de lui et le soutiennent pour avoir part au butin, et être, sous le grand tyran, tyranneaux eux-mêmes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bo%C3%A9tie&#34;  title=&#34;Étienne de La Boétie sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Étienne de La Boétie&lt;/a&gt; (1530-1563) était un écrivain humaniste et un poète français. La Boétie est célèbre pour son Discours de la servitude volontaire. Il fut un grand ami de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Montaigne&#34;  title=&#34;Montaigne sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Montaigne&lt;/a&gt;, qui lui rendit hommage y compris dans ses Essais.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le chirurgien ambulant - Wolf Serno</title>
            <link>https://pled.fr/le-chirurgien-ambulant-wolf-serno/</link>
            <pubDate>Fri, 23 Dec 2011 19:04:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-chirurgien-ambulant-wolf-serno/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le chirurgien ambulant - Wolf Serno&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;wolf-serno.jpg#floatleft&#34;&gt; Cadeau de mon libraire (j&amp;rsquo;avais passé une belle commande) ? en fait offert par J&amp;rsquo;ai Lu dans le cadre d&amp;rsquo;un programme &amp;ldquo;Livre offert pour deux achetés&amp;rdquo; comme indiqué sur la couverture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Oui mais ma commande ne comportait aucun J&amp;rsquo;ai Lu ? apparemment le libraire semble prendre certaines initiatives personnelles&amp;hellip; et c&amp;rsquo;est très bien comme ça, c&amp;rsquo;est pour cela que je l&amp;rsquo;aime  !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors c&amp;rsquo;est le genre de roman à base historique, et excessivement romanesque. Nous allons suivre les aventures rocambolesques de Vitus, abandonné dès la naissance, élevé dans un monastère par les moines, y apprenant la médecine, puis partant dans le vaste monde à la recherche de ses origines. Et comme nous sommes au XVIème siècle, l&amp;rsquo;exercice médical en est encore à ses balbutiements&amp;hellip; on est toutefois surpris de ce qu&amp;rsquo;ils pouvaient déjà faire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant aux aventures de Vintus, une chose est sûre : il est tellement sympa qu&amp;rsquo;il ne peut rien lui arriver de grave. Même l&amp;rsquo;inquisition n&amp;rsquo;y pourra rien ! L&amp;rsquo;occasion tout de même de la voir traitée sous un angle intéressant : l&amp;rsquo;enrichissement de l&amp;rsquo;Église par le dépouillement de soi-disant hérétiques. Pour le reste, c&amp;rsquo;est assez abracadabrantesque comme dirait l&amp;rsquo;autre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dernière remarque : à la fin du livre on trouve un extrait de la suite : &amp;ldquo;Le chirurgien de Campodios&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est la première fois que je vois cela, mais bon, le livre est offert pour deux achetés, ça vaut le coup d&amp;rsquo;essayer d&amp;rsquo;en vendre un troisième ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La fabrication du consentement - Noam Chomsky &amp; Edward Herman</title>
            <link>https://pled.fr/la-fabrication-du-consentement-noam-chomsky-edward-herman/</link>
            <pubDate>Sun, 04 Dec 2011 19:00:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fabrication-du-consentement-noam-chomsky-edward-herman/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La fabrication du consentement - Noam Chomsky &amp; Edward Herman&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fabrication-consentement.png#floatleft&#34;&gt; Noam Chomsky, j&amp;rsquo;en avais entendu parler par Daniel Mermet lors du reportage &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=956&#34;  title=&#34;article sur Chomsky et Cie&#34;&#xA;    &gt;Chomsky et Cie&lt;/a&gt;, passionnant de bout en bout, et qui mérite largement le détour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3131&#34;  title=&#34;article sur Propaganda d&amp;#39;Edward Bernays&#34;&#xA;    &gt;Propaganda&lt;/a&gt;, d&amp;rsquo;Edward Bernays, qui explique comment la manipulation de l&amp;rsquo;opinion publique a été organisée dès le début du 20ème siècle, cet ouvrage explique comment les médias (journaux, télés) des pays dits démocratiques sont eux aussi de grands artisans de la propagande et n&amp;rsquo;ont rien de très différents des médias de pays dits totalitaires.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La couverture le dit très bien :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il n&amp;rsquo;aura échappé à personne que le postulat démocratique affirme que les médias sont indépendants, déterminés à découvrir la vérité et à la faire connaître ; et non qu&amp;rsquo;ils passent le plus clair de leur temps à donner l&amp;rsquo;image d&amp;rsquo;un monde tel que les puissants souhaitent que nous nous le représentions, qu&amp;rsquo;ils sont en position d&amp;rsquo;imposer la trame des discours, de décider ce que le bon peuple a le droit de savoir, d&amp;rsquo;entendre ou de penser, et de &amp;ldquo;gérer&amp;rdquo; l&amp;rsquo;opinion à coups de campagnes de propagande.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après avoir défini le modèle (les deux auteurs sont professeurs d&amp;rsquo;université), il est mis à l&amp;rsquo;épreuve des faits, et notamment lors d&amp;rsquo;élections en Amérique Centrale dans les années 80, où l&amp;rsquo;on voit que le traitement médiatique sera très différent selon que les américains les soutiennent ou pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis lors de la guerre du Vietnam. Le postulat si souvent répété &amp;ldquo;les médias nous ont fait perdre la guerre&amp;rdquo; (preuve de leur indépendance vis-à-vis du pouvoir !) ne tient pas l&amp;rsquo;analyse : ce n&amp;rsquo;est que lorsque les milieux d&amp;rsquo;affaires comprirent qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;existait pas de solution (après l&amp;rsquo;offensive du Têt) que le tournant médiatique s&amp;rsquo;opéra.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est presque anecdotique au regard des horreurs commises en Indochine (Vietnam, Cambodge, Laos) par les américains. Si vous êtes un fervent admirateur du modèle outre-atlantique, il est préférable de ne pas lire ce livre, vous en sortiriez probablement très affecté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon, vous prendrez probablement conscience qu&amp;rsquo;il est important de &amp;ldquo;sortir du cadre&amp;rdquo; dans lequel les-dits médias tentent de nous faire raisonner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit donc d&amp;rsquo;une étude sur les médias US parue en 1988 (mise à jour 2002) : la première partie du livre décrit le modèle de propagande, c&amp;rsquo;est-à-dire les critères objectifs permettant de l&amp;rsquo;expliquer. Suivent une série d&amp;rsquo;exemples selon certains angles récurrents :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;Victimes dignes ou indignes d&amp;rsquo;intérêt.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Légitimité électorale contre élections nulles et non avenues dans le tiers-monde (Salvador - Guatemala - Nicaragua).&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;Le complot de la filière bulgare et du KGB pour assassiner le Pape : un cas exemplaire de désinformation.&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-modèle-de-propagande&#34;&gt;LE MODÈLE DE PROPAGANDE&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Cinq filtres sélectionnent sans pitié les informations susceptibles de parution et plus encore de faire la une et bénéficier d&amp;rsquo;un suivi régulier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;1---taille-actionnariat-orientation-lucrative&#34;&gt;1 - Taille, actionnariat, orientation lucrative&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Au début du XIXe siècle, une presse radicale s&amp;rsquo;adressait directement aux prolétariat national. cette presse alternative était propre à renforcer la conscience classe. Les élites y voyaient une menace, et tentèrent de les briser d&amp;rsquo;abord par une avalanche de lois et de procès&amp;hellip; sans succès.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au début du siècle, on abandonna cette méthode au profit de l&amp;rsquo;idée libérale que les lois du marché rendraient les gens plus responsables :  changement d&amp;rsquo;échelle des entreprises, augmentation des coûts d&amp;rsquo;investissements et l&amp;rsquo;évolution des technologies réussirent là où la contrainte avait échoué. L&amp;rsquo;extension du libre marché s&amp;rsquo;accompagnait d&amp;rsquo;une industrialisation de la presse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les groupes dominants sont donc de très grosses entreprises, contrôlées par des gens très riches ou des administrateurs sous étroite surveillance de propriétaires et forces orientées vers le profit.  Ils sont en outre très interdépendants et ont des intérêts communs importants avec d&amp;rsquo;autres multinationales, des banques et le gouvernement. C&amp;rsquo;est le premier puissant filtre qui oriente les choix  dans le domaine de l&amp;rsquo;information.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;2---la-régulation-par-la-publicité&#34;&gt;2 - La régulation par la publicité&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les médias  dépendants de la publicité sont en fait subventionnés par elle, ce qui leur permet d&amp;rsquo;atteindre un rapport qualité-prix grâce auquel ils distancent et affaiblissent leurs concurrents qui en sont dépourvus (ou sont négligés par les annonceurs). Même si les médias vivant de la publicité ciblent une clientèle &amp;ldquo;haut de gamme&amp;rdquo;, ils captent facilement l&amp;rsquo;audience &amp;ldquo;bas de gamme&amp;rdquo;, leurs rivaux perdant leurs parts de marché et disparaissant ou étant marginalisés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi le média est sous contrôle : Selon les instructions de Procter &amp;amp; Gamble à leur agence de publicité :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il ne pourra se trouver dans aucun de vos programmes  quoi que ce soit qui, de quelque manière, donne une image des affaires comme froide, impitoyable et dépourvue de tout sentiment ou motivation spirituelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les tarifs de la publicité ne cessant de grimper, les revenus qui en découlent font de même. Journalistes et télévisions comprennent alors d&amp;rsquo;eux-mêmes que tel programme ne pourra pas être vendu aux annonceurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;3---les-sources-dinformation&#34;&gt;3 - Les sources d&amp;rsquo;information&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les médias ont besoin de sources d&amp;rsquo;information, et ne peuvent maintenir des reporters et caméras partout où un événement important se produit. Les sources proches des gouvernements seront enchantées de leur fournir une source régulière d&amp;rsquo;information. Les journalistes sont prédisposés à prendre de simples déclarations de bureaucrates pour argent comptant, car ils participent au renforcement d&amp;rsquo;un ordre normatif accréditant les experts officiels de la société.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les médias, prétendant être objectifs et craignant les accusations de partialité  ou d&amp;rsquo;éventuelles poursuites pour diffamation, ont besoin de sources pouvant être données à priori au-dessus de tout soupçon. Simple question de coûts, plus besoin de faire de minutieux recoupements !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le service de presse du Pentagone emploie ainsi plusieurs dizaine de milliers de personnes et dépense annuellement des centaines de millions de dollars. Seuls les grands groupes industriels peuvent rivaliser, constituants d&amp;rsquo;énormes réseaux de lobbying.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour ne pas être vulnérable aux sources non-officielles mais extrêmement respectables, il ne reste plus qu&amp;rsquo;à créer une communauté d&amp;rsquo;experts que l&amp;rsquo;on contrôle en les rémunérant comme consultants, ou en payant leurs recherches. Comme le soulignait Henry Kissinger, dans cet &amp;ldquo;âge des experts&amp;rdquo;, la communauté des experts est constituée par ceux qui ont un intérêt particulier dans les opinions généralement admises, élaborant et définissant ces consensus à un haut niveau ; c&amp;rsquo;est ce qui en fait, en dernière analyse, des experts.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;4---contre-feux-et-autres-moyens-de-pression&#34;&gt;4 - Contre-feux et autres moyens de pression&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les méthodes de contre-feux peuvent prendre la forme de lettres, de télégrammes, de coups de téléphone, de pétitions, de poursuites judiciaires, de déclarations, de pétitions au Congrès et autres protestations, menace et représailles. Les médias sont constamment confrontés à ce risque, et choisissent à la longue de ne pas le prendre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;5---lanticommunisme&#34;&gt;5 - L&amp;rsquo;anticommunisme&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le dernier filtre. Perçu comme le mal absolu, le communisme a toujours été le spectre qui hante les propriétaires. Les révolutions soviétique, chinoise et cubaine furent de véritables traumatismes pour les élites occidentales.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà pour le modèle théorique. Passons à la pratique :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;victimes-dignes-ou-indignes-dintérêt&#34;&gt;Victimes dignes ou indignes d&amp;rsquo;intérêt&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un système de propagande tendra invariablement à présenter  les victimes d&amp;rsquo;exactions dans des pays ennemis comme dignes d&amp;rsquo;intérêt, tandis que celles auxquelles son propre gouvernement ou celui d&amp;rsquo;un État client inflige un sort identique, voire pire, seront jugés indignes d&amp;rsquo;intérêt. Cette différence qualitative se mesure à travers le degré d&amp;rsquo;attention ou d&amp;rsquo;indignation.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Démonstration à l&amp;rsquo;appui avec le meurtre d&amp;rsquo;un prêtre polonais Jerzy Popielusko, assassiné par la police de son pays en octobre 1984, comparé avec celui de l&amp;rsquo;assassinat de religieux, à peu près à la même époque, dans la sphère d&amp;rsquo;influence des États-Unis (l&amp;rsquo;archevêque du Salvador Oscar Romero, ou encore quatre religieuses américaines assassinées elles aussi au Salvador).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La valeur des victimes est fondamentalement politique et correspond tout à fait à un système de propagande.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;légitimité-électorale&#34;&gt;Légitimité électorale&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les élections au Salvador en 1982 et au Guatemala en 1984 et 1985 se déroulent dans un contexte de terrorisme d&amp;rsquo;État et de répressions massives des populations civiles, ce qui était loin d&amp;rsquo;être le cas au Nicaragua. Pour trouver les premières légitimes et celles du Nicaragua contestables, les médias devaient se montrer particulièrement partiaux et faire nécessairement l&amp;rsquo;impasse sur le terrorisme d&amp;rsquo;État comme élément du contexte général des élections au guatemala et au Salvador.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Évidemment, les deux premiers pays étaient sous influence américaine, alors le Nicaragua tentait d&amp;rsquo;établir une véritable démocratie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;campagne-dindochine&#34;&gt;Campagne d&amp;rsquo;Indochine&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La deuxième moitié du bouquin se penche en détail sur la couverture des campagnes d&amp;rsquo;Indochine : Vietnam, Laos et Cambodge. Pour pouvoir commenter la couverture médiatique, il faut bien entendu parler des faits, et les auteurs, parfaitement documentés, nous apprennent beaucoup de choses sur ces événements.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La somme des horreurs commises est proprement incroyable. Le Sud-Vietnam a ainsi été beaucoup plus bombardé que le Nord ; en fait, le peuple vietnamien nord-sud confondu voulait essentiellement s&amp;rsquo;unifier pacifiquement. Seule une faible minorité défendait le gouvernement fantoche installé par les États-Unis.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans le delta du Mékong, l&amp;rsquo;artilleire et les frappes aériennes rasèrent complètement la moitié de My Tho, une ville de quatre-vingt mille habitants ; et la ville de Ben tre, comptant cent quarante mille habitants, fut anéantie au prétexte que, comme le déclara un colonel américain, offrant l&amp;rsquo;une des expressions les plus reprises de toute la guerre : &amp;ldquo;Il nous fallait détruire cette ville pour la sauver&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au Cambodge, les bombardement furent si intensifs qu&amp;rsquo;ils furent à l&amp;rsquo;origine du mouvement des Khmers Rouges, rendus tristement célèbres par la suite (une autre création des américains&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant au Laos, j&amp;rsquo;étais déjà informé des horreurs commises grâce à un reportage passé sur Arte : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=1078006,day=4,week=8,year=2010.html&#34;  title=&#34;Arte : CIA - Opération Laos&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;CIA - Opération Laos&lt;/a&gt; (on peut trouver un extrait &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.dailymotion.com/playlist/x193gx_suryap_cia-operation-laos/1#videoId=xcb492&#34;  title=&#34;\&amp;#34;CIA - Opération Laos\&amp;#34; sur Daily Motion&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;). Là encore, bombardements intensifs sans aucune justification, on se demande s&amp;rsquo;il ne s&amp;rsquo;agissait pas tout simplement d&amp;rsquo;écouler un stock de bombes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;ailleurs, on y apprend incidemment que les américains prirent en charge 80% des coûts de la guerre d&amp;rsquo;Indochine qu&amp;rsquo;y firent les Français&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Réalisé par deux professeurs d&amp;rsquo;université : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky&#34;  title=&#34;Noam Chomsky sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Noam Chomsky&lt;/a&gt; (linguiste) et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Herman&#34;  title=&#34;Edward Herman sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward Herman&lt;/a&gt; (économiste), l&amp;rsquo;ouvrage est très documenté et l&amp;rsquo;approche scientifique. Il est malgré tout très agréable à lire, rendu passionnant par les exemples fournis. Une bonne leçon d&amp;rsquo;histoire, doublée d&amp;rsquo;une analyse complète démontrant qu&amp;rsquo;il est préférable d&amp;rsquo;être très sceptique vis-à-vis de l&amp;rsquo;information diffusée par les grands médias.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le quai de Ouistreham - Florence Aubenas</title>
            <link>https://pled.fr/le-quai-de-ouistreham-florence-aubenas/</link>
            <pubDate>Wed, 23 Nov 2011 20:00:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-quai-de-ouistreham-florence-aubenas/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le quai de Ouistreham - Florence Aubenas&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ouistreham.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais entendu parler de ce livre lors sa sortie il y a environ un an, et je m&amp;rsquo;étais dit que cela devait être intéressant de lire cette immersion de Florence Aubenas chez les travailleurs précaires, du côté de Ouistreham.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme indiqué sur la couverture, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un &lt;strong&gt;reportage&lt;/strong&gt; et non d&amp;rsquo;un roman. Non pas que cela soit particulièrement mal écrit, mais n&amp;rsquo;attendez pas pour autant de grandes envolées littéraires : le ton est assez froid, la narration factuelle, tout cela peut-être volontairement&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Florence Aubenas va donc se retrouver à faire des ménages sur les ferrys accostant pour une heure au port avant de repartir. Le pire dans le genre lui a-t-on dit, on se demande même si elle ne l&amp;rsquo;a pas choisi exprès pour les besoins de son reportage. On perçoit déjà les limites du genre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus quelques autres petits contrats, une heure par ci, deux heures par là, la nuit, le week-end, appelée au dernier moment pour un remplacement&amp;hellip; car il faut être disponible si l&amp;rsquo;on veut arriver à la fin de la semaine avec une vingtaine d&amp;rsquo;heures, payées au smic quand tout va bien ; elle arrive ainsi à 700 € par mois, mais rien n&amp;rsquo;est garanti pour la semaine suivante ! Sans oublier l&amp;rsquo;indispensable voiture, ultime paradoxe, pour que tout cela soit seulement possible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La description des conditions dans lesquelles se retrouvent ces gens sans qualification dans notre société, dans les différentes boites de nettoyage qu&amp;rsquo;elle va fréquenter est sans concession. Cadences infernales, petits chefs, le sentiment d&amp;rsquo;inexistence confirmé par l&amp;rsquo;absence du regard des autres (&amp;ldquo;on devient un prolongement de l&amp;rsquo;aspirateur&amp;rdquo;). L&amp;rsquo;esclavage moderne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À Pôle Emploi, ce n&amp;rsquo;est pas mieux : flicage, administration kafkaïenne au bord de l&amp;rsquo;explosion&amp;hellip; rien ne va plus, tout le monde le sait mais il faut faire comme si. Les demandeurs d&amp;rsquo;emploi sont des clients, les &amp;ldquo;journées emploi&amp;rdquo; organisées aussi bidon que les stages. De simples statistiques que l&amp;rsquo;on manipule allègrement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A l’accueil, un type qui transpire excessivement est en train de protester :&#xA;- Je sais que je n’ai pas rendez-vous, mais je voudrais juste vous demander de supprimer mon numéro de téléphone sur mon dossier. J’ai peur qu’un employeur se décourage, s’il essaye d’appeler et que ça ne répond pas.&#xA;- Pourquoi ? […]&#xA;- Il ne marche plus.&#xA;- Qu’est-ce qui ne marche plus ?&#xA;- Mon téléphone.&#xA;- Pourquoi il ne marche plus ?&#xA;- On me l’a coupé pour des raisons économiques.&#xA;- Mais vous ne pouvez pas venir comme ça. Il faut un rendez-vous.&#xA;- Bon, on va se calmer. Je recommence tout : je voudrais un rendez-vous, s’il vous plaît, madame.&#xA;La jeune femme blonde paraît sincèrement ennuyée.&#xA;- Je suis désolée, monsieur, on ne peut plus fixer de rendez-vous en direct. Ce n’est pas de notre faute, ce sont les nouvelles mesures, nous sommes obligés de les appliquer. Essayez de nous comprendre. Désormais, les rendez-vous ne se prennent plus que par téléphone.&#xA;- Mais je n’ai plus le téléphone.&#xA;- Il y a des postes à votre disposition au fond de l&amp;rsquo;agence, mais je vous préviens : il faut appeler un numéro unique, le 39 49, relié à un central qui vient d&amp;rsquo;être mis en place. Il est pris d&amp;rsquo;assaut. L&amp;rsquo;attente peut être longue.&#xA;- Longue ?&#xA;- Parfois plusieurs heures.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;expérience s&amp;rsquo;arrêtera le jour où on lui propose un CDI,« pour ne pas bloquer un emploi réel » : un contrat de 5h30 à 8 heures du matin, payé 8, 94 € brut de l&amp;rsquo;heure !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je suis tout de même resté sur ma faim, il manque un peu d&amp;rsquo;empathie dans ce reportage. Florence Aubenas n&amp;rsquo;est pas de ce monde, et cela se sent, comme ses collègues de six mois ont du le sentir. Il y a comme une distance infranchissable entre eux (de la méfiance ?) qui transparaît dans sa narration. Il en résulte un drôle de sentiment : ces gens sont-ils tellement cons et incultes que ça ? je ne le crois pas, même s&amp;rsquo;ils sont certainement abrutis (au sens premier) par la vie que leur propose notre société. L&amp;rsquo;immersion a ses limites.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Aubenas&#34;  title=&#34;Florence Aubenas sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt; (1961) est une journaliste ayant travaillé à Libération comme grand reporter puis au Nouvel Obs. En 2005, elle est retenue en otage pendant plus de cinq mois en Irak. En 2009, elle est élue à la tête de l&amp;rsquo;Observatoire international des prisons.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Histoire de la Commune de 1871 - Prosper-Olivier Lissagaray</title>
            <link>https://pled.fr/histoire-de-la-commune-de-1871-proper-olivier-lissagaray/</link>
            <pubDate>Sat, 15 Oct 2011 16:33:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/histoire-de-la-commune-de-1871-proper-olivier-lissagaray/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Histoire de la Commune de 1871 - Prosper-Olivier Lissagaray&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;histoire-de-la-commune.png#floatleft&#34;&gt; Deuxième livre sur la Commune que je lis, et cette fois on rentre dans le détail (500 pages) avec une chronique au jour le jour des événements, écrite par un des participants, journaliste de surcroît.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;est pas historien, il en a pris l&amp;rsquo;habit. Il lui faudra cinq années pour recueillir les témoignages, les croiser (&amp;ldquo;j&amp;rsquo;ai voulu sept preuves avant d&amp;rsquo;écrire&amp;rdquo;), ne voulant surtout pas que le camp d&amp;rsquo;en face puisse les récuser. Il poursuivra son travail d&amp;rsquo;enquête et publiera une seconde édition vingt ans plus tard, l&amp;rsquo;édition définitive de cet ouvrage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le ton est passionné, et Lissagaray ne cache ni ses opinions, ni son sentiment de révolte. Il veut laisser à tous les travailleurs de la terre un témoignage, simple et sincère récit de l&amp;rsquo;histoire des vaincus (n&amp;rsquo;oublions pas que l&amp;rsquo;histoire est souvent écrite par les vainqueurs&amp;hellip;). Dans la préface il conclut par :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Celui qui fait au peuple de fausses légendes révolutionnaires, celui qui l&amp;rsquo;amuse d&amp;rsquo;histoires chantantes, est aussi criminel que le géographe qui dresserait des cartes menteuses pour les navigateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc la fin de l&amp;rsquo;Empire, et les Prussiens assiègent Paris. Le 4 Septembre 1870, l&amp;rsquo;Empire est renversé, un gouvernement de la Défense nationale est nommé, composé de députés républicains de Paris (&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Favre&#34;  title=&#34;Jules Favre sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jules Favre&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry&#34;  title=&#34;Jules Ferry sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jules Ferry&lt;/a&gt;, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Gambetta&#34;  title=&#34;Léon Gambetta sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Léon Gambetta&lt;/a&gt;). Les délégués syndicaux, de l&amp;rsquo;Internationale, lui apportent leur soutien : l&amp;rsquo;heure est grave, il s&amp;rsquo;agit de sauver la nation ! Mais l&amp;rsquo;entente ne va pas durer longtemps :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quel est donc leur but ? Leur but est de traiter. Depuis les premières défaites, ils n&amp;rsquo;en ont pas d&amp;rsquo;autre. Les revers qui exaltaient leurs pères avaient mis les hommes de la Gauche au ras des députés impériaux. Devenus Gouvernement, ils battent la même chamade, expédient M. Thiers quêter la paix par toute l&amp;rsquo;Europe, et Jules Favre à Bismark. Quand tout Paris leur crie &amp;ldquo;Défendez-nous, chassons l&amp;rsquo;ennemi&amp;rdquo;, ils applaudissent, acceptent, et tout bas ils disent : &amp;ldquo;tu vas traiter.&amp;rdquo; Il n&amp;rsquo;y a pas dans l&amp;rsquo;histoire de trahison plus haute. Les hommes du 4 Septembre ont-ils, oui ou non, détourné le mandat qu&amp;rsquo;ils avaient reçu ? &amp;ldquo;Oui&amp;rdquo; sera le verdict des siècles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La révolte du peuple de Paris part de là : face à un gouvernement qui ne pense qu&amp;rsquo;à traiter avec l&amp;rsquo;ennemi, préférant la poursuite des affaires quitte à céder aux exigences pourtant élevées de l&amp;rsquo;ennemi. Les nantis au pouvoir se soucient fort peu de l&amp;rsquo;idée de nation !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand on voit comment cela se passe de nos jours, on peut y trouver des similitudes : les politiques attendent toujours la dernière extrémité et sont incapables d&amp;rsquo;anticiper quoi que ce soit, de peur de déplaire aux milieux d&amp;rsquo;affaires.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, la reddition est signée, et les Prussiens acceptent qu&amp;rsquo;une élection soit organisée. Dominée par les ruraux et les bourgeois, la nouvelle Assemblée est conservatrice, majoritairement monarchiste, et nomme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_Thiers&#34;  title=&#34;Adolphe Thiers sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Adolphe Thiers&lt;/a&gt; comme chef du gouvernement. Elle siège dans un premier temps à Bordeaux, Paris étant toujours assiégé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand elle ne hurle pas, l&amp;rsquo;Assemblée s&amp;rsquo;agenouille : les sermons alternent avec les cris de mort. Gavardie demande la cour d&amp;rsquo;assises à défaut du bûcher contre qui niera l&amp;rsquo;existence de Dieu ou l&amp;rsquo;âme immortelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La paix est votée au pas de course : L&amp;rsquo;Alsace et la majeure partie de la Lorraine cédées aux Prussiens, cinq milliards de rançon&amp;hellip; et de nouvelles lois économiques draconiennes pour payer tout ça.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que les périls du siège n&amp;rsquo;avaient pu, l&amp;rsquo;Assemblée le fit : l&amp;rsquo;union de la petite bourgeoisie avec le prolétariat.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le peuple de Paris va se rebeller, refuser la capitulation. L&amp;rsquo;histoire est longue et je ne vais pas la raconter ici, Lissagaray le fait très bien, avec fougue et tempérament : les dix semaines que dure la Commune, l&amp;rsquo;entrée des Versaillais et les massacres commis durant la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Semaine_sanglante&#34;  title=&#34;La semaine sanglante sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;semaine sanglante&lt;/a&gt; (20 000 français tués par des français, mieux que la Saint-Barthélemy !), ainsi que les dix années de répression qui suivirent et le sort particulièrement cruel réservé aux nombreux déportés en Nouvelle-Calédonie (5 000 dont 3 000 qui n&amp;rsquo;en reviendront pas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette semaine sanglante est réellement terrible. Lissagaray en rend Thiers responsable, et le fustige constamment. Homme politique retors, &amp;ldquo;le petit homme&amp;rdquo; comme il l&amp;rsquo;appelle ne laissera aucune chance à la Commune, et sera l&amp;rsquo;instigateur de la répression féroce faite par les Versaillais. La désinformation sera totale et relayée par la presse comme il se doit. Pas de pardon pour un peuple qui a voulu contester le pouvoir en place.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Le sol est jonché de leurs cadavres, télégraphia M. Thiers à ses préfets ; ce spectacle affreux servira de leçon&amp;rdquo;. Il fallut malgré tout mettre un terme à cette leçon de choses. La peste, non la pitié, venait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi l&amp;rsquo;armée se vengeait de ses désastres sur Paris. Paris était un ennemi comme la Prusse, et d&amp;rsquo;autant moins à ménager que l&amp;rsquo;armée avait son prestige à reconquérir. Pour compléter la similitude, après la victoire il y eut un triomphe. Les Romains ne le décernaient jamais après les luttes civiles. M. Thiers fit parader les troupes dans une grande revue, sous l&amp;rsquo;œil des Prussiens auxquels il jetait les cadavres des Parisiens comme une revanche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il reste après avoir lu cette histoire est mitigée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Commune était portée par une ferveur citoyenne, des idées humanistes de haute valeur (une véritable démocratie participative ?). Elle a réalisé des choses incroyables dans un environnement on ne peut plus difficile. Hormis la reconnaissance de la République, elle établit les bases d&amp;rsquo;une démocratie directe reposant sur une citoyenneté active. Tous les services publics continuèrent à fonctionner, tenus par des ouvriers ou le prolétariat des employés. Neuf commissions furent nommées (militaire, subsistances, finances, justice, sûreté générale, travail, industrie et échanges, services publics et enseignement) et se mirent au travail.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Émancipation des femmes, liberté de la presse, budget du Culte supprimé, enseignement basé sur la science et la raison en sont quelques exemples. D&amp;rsquo;une honnêteté remarquable, elle aurait pu &amp;ldquo;taper&amp;rdquo; dans les caisses de la Banque de France, à sa disposition, mais ne l&amp;rsquo;a pas fait. Elle avait également accès aux archives de la Cour des Comptes, du Conseil d&amp;rsquo;État, de la Révolution française&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On pouvait étaler aux yeux du peuple l&amp;rsquo;histoire intime de la Révolution, du Directoire, du Premier Empire, de la monarchie de Juillet, de 1848, de Napoléon III. Il suffisait de jeter au vent toutes les pièces en laissant à l&amp;rsquo;avenir de faire le triage. On ne publia que deux ou trois fascicules. Les délégués dormirent à côté de ces trésors sans paraître les soupçonner.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Commune semble insouciante pendant longtemps, terriblement désorganisée. Les comités qui se succèdent perdent leur temps en palabres et lutte de pouvoir, alors que l&amp;rsquo;urgence est d&amp;rsquo;organiser la défense. Des hommes comme &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Pyat&#34;  title=&#34;Félix Pyat sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Félix Pyat&lt;/a&gt; , journaliste et homme politique, apportent la confusion dans les débats. Côté militaire, ce sera encore pire, l&amp;rsquo;incompétence rivalisant avec la désorganisation. Seuls &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaros%C5%82aw_Dombrowski&#34;  title=&#34;Jaroslaw Dombrowski sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dombrowski&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Walery_Wroblewski&#34;  title=&#34;Wroblewsky sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wroblewsky&lt;/a&gt;, deux officiers polonais, se montreront à la hauteur : le premier mourra sur les barricades, le second se battra comme simple soldat jusqu&amp;rsquo;à la fin puis s&amp;rsquo;exilera. Un immense gâchis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour terminer sur une note plus gaie, on y apprend les débuts d&amp;rsquo;un journal qui existe encore de nos jours, Le Figaro :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Villemessant avait sous cet Empire qui fît sortir toutes les sanies, créé le journal-type de la presse de joie, le Figaro. une escouade de petits drôles plus ou moins écrituriers, allaient à la Cour, à la ville, au théâtre, dénicher le cancan, le scandale du jour, l&amp;rsquo;anecdote croustillante, écoutant aux portes, flairant les cuvettes, fouillant dans les poches, recevant quelquefois la pièce, souvent le pied. Paillard, conservateur, religieux, le Figaro était l&amp;rsquo;organe et l&amp;rsquo;exploiteur de cette truanderie de dignitaires, de boursiers et de filles qui levaient si galamment les écus et la jambe. Les gens de lettres l&amp;rsquo;avaient adopté, y trouvant pâtée et tréteau. Le Gouvernement l&amp;rsquo;utilisa pour insulter l&amp;rsquo;opposition, ridiculiser les républicains, calomnier les réunions publiques, accréditer les faux complots qui pouvaient rattacher les timides à l&amp;rsquo;Empire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Lissagaray&#34;  title=&#34;Lissagaray sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Prosper-Olivier Lissagaray&lt;/a&gt; (1838-1901) était animateur littéraire, journaliste français républicain et socialiste indépendant. Franc-tireur, il ne s&amp;rsquo;affilia à aucun parti politique. Ses amis le décrivent comme &amp;ldquo;hautain, cassant, autoritaire, dominateur et batailleur&amp;rdquo;&amp;hellip; Inclassable, libertaire, l&amp;rsquo; &lt;strong&gt;Histoire de la Commune de 1871&lt;/strong&gt; est l&amp;rsquo;œuvre de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;PS : j&amp;rsquo;ai trouvé cette phrase &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://andrebourgeois.fr/Adolphe%20Thiers.htm&#34;  title=&#34;Portrait d&amp;#39;Adolphe Thiers par Hugues Rebell&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;, à propos de Thiers, amusante dans le contexte actuel :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Thiers Adolphe, une basse crapule, un petit homme agité après le gangster, petit lui aussi, Napoléon I. Il semble que les petits agités ne réussissent pas à la France.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Matin brun - Franck Pavloff</title>
            <link>https://pled.fr/matin-brun-franck-pavloff/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Oct 2011 18:07:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/matin-brun-franck-pavloff/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Matin brun - Franck Pavloff&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;matin-brun.png#floatleft&#34;&gt; Suite à l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4585&#34;  title=&#34;article sur Indignez-vous ! de Stéphane Hessel&#34;&#xA;    &gt;article&lt;/a&gt; sur le fameux &amp;ldquo;Indignez-vous !&amp;rdquo; de Stéphane Hessel, un commentaire faisait référence à ce livre comme quelque chose de plus percutant, &amp;ldquo;l&amp;rsquo;effet d&amp;rsquo;un coup de poing&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc lu ce livre, ou plutôt ces quelques pages : on arrive à onze pages grâce à une taille de caractères assurant une parfaite lecture, une hauteur d&amp;rsquo;interligne respectable et des marges conséquentes&amp;hellip; Quelque part entre le Haiku et la courte nouvelle ! ;-) Autant dire que cela ne prend pas beaucoup de temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ceci dit, le texte est effectivement beaucoup plus direct que celui de Stéphane Hessel. L&amp;rsquo;histoire est très simple, et montre clairement à quoi l&amp;rsquo;indifférence peut mener si l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;y prend garde. Sans doute beaucoup plus efficace pour un jeune que les grandes tirades de monsieur Hessel, avec tout le respect que l&amp;rsquo;on peut lui accorder.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La Commune de 1871 - Jacques Rougerie</title>
            <link>https://pled.fr/la-commune-de-1871-jacques-rougerie/</link>
            <pubDate>Sun, 25 Sep 2011 17:54:12 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-commune-de-1871-jacques-rougerie/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La Commune de 1871 - Jacques Rougerie&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;commune1871.png#floatleft&#34;&gt; Cela faisait quelque temps que je voulais me documenter sur cette période de notre histoire. Quoi de mieux que la collection &amp;ldquo;Que sais-je?&amp;rdquo; pour se faire une première idée ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écrit par un historien spécialiste du sujet, épais d&amp;rsquo;une centaine de pages, &lt;strong&gt;La Commune de 1871&lt;/strong&gt; offre un très bon résumé : contexte historique, données sociologiques de l&amp;rsquo;époque, la province, tout est là. La narration ne suit pas forcément un ordre chronologique, mais pour une première approche, c&amp;rsquo;est parfait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un rappel historique est primordial pour comprendre ce qui s&amp;rsquo;est passé. Quatre vingts ans après la Révolution française, c&amp;rsquo;est le Second Empire de Napoléon III, ou plutôt sa fin, et le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire est qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas glorieuse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La Commune fut l&amp;rsquo;«antithèse» de l&amp;rsquo;Empire, écrit Marx. [&amp;hellip;] Pour comprendre les évènements de 1871, il faut revenir sur les derniers jours de l&amp;rsquo;Empire, contre lequel se dresse déjà la Ville, sa capitale, Paris.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de la Commune de Paris durera en tout et pour tout 72 jours, du 18 mars au 28 mai 1871. Utopique sans doute, elle finira néanmoins dans un bain de sang tant elle fît peur au pouvoir. Citons encore Karl Marx :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;est-ce donc que la Commune, ce sphinx qui tarabuste si fort l&amp;rsquo;entendement bourgeois ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-second-empire&#34;&gt;Le second Empire&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Dès 1869, dans les grandes villes, le régime (autoritaire et centralisé) est contesté, le parti Républicain l&amp;rsquo;emporte aux élections municipales et souhaite obtenir une plus grande autonomie des conseils municipaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le régime ne tient que par le vote de la campagne, plus conservateur et moins touché par la situation économique qui se dégrade avec les déboires de l&amp;rsquo;Empire (Italie, Mexique) tandis qu&amp;rsquo;aux frontières grandit une redoutable concurrente, la Prusse. Les ouvriers commencent à parler de révolution et d&amp;rsquo;Internationale&amp;hellip; La répression est sévère, et tous les dirigeants sont condamnés à de lourdes peines.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le 19 juillet 1870, l&amp;rsquo;Empire déclare imprudemment la guerre à Prusse. Les défaites se succèdent. Le &lt;strong&gt;4 Septembre&lt;/strong&gt;, la foule, bourgeois et peuple mêlés, s&amp;rsquo;ameute devant le Palais-Bourbon, décrètent le fin de l&amp;rsquo;Empire et proclame la République !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-république&#34;&gt;La République&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Un gouvernement provisoire de Défense nationale est formé, composé par des républicains modérés. Il tente d&amp;rsquo;obtenir une paix honorable, mais les exigences des Prussiens, déjà aux portes de Paris, sont sans concessions. Paris se prépare à la guerre, prête à défendre la Patrie et le République avec enthousiasme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Des comités de vigilance sont créés dans chaque arrondissement, et chaque comité choisit deux membres  pour former un &lt;strong&gt;Comité central&lt;/strong&gt; de Défense nationale des Vingts arrondissements de Paris. Le Comité se voulait, du moins au départ, nullement concurrent mais auxiliaire du gouvernement :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Commune souveraine, opérant révolutionnairement la défaite de l&amp;rsquo;ennemi, facilitant l&amp;rsquo;harmonie des intérêts et le gouvernement direct des citoyens par eux-mêmes.&#xA;Il n&amp;rsquo;a jamais été question de faire au gouvernement une opposition de parti pris&amp;hellip; Nous prétendons uniquement mettre tous les habitants de Paris&amp;hellip; à même d&amp;rsquo;exercer leur imprescriptible droit municipal, conformément au plus simple et au plus naturel des principes républicains.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-capitulation&#34;&gt;La capitulation&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Le 28 janvier 1871, le gouvernement provisoire capitule, cédant à toutes les exigences des Prussiens :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il a fallu que les dernières illusions s&amp;rsquo;évanouissent&amp;hellip; Il a fallu voir Paris, ce héros, ce martyr, conspué, calomnié par les infâmes qui, de tout temps, ont méprisé les peules : il a fallu cette paix honteuse et hideuse entre toutes&amp;hellip; pour que cette population, disposée à une confiance aussi candide, s&amp;rsquo;aperçût enfin qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;avait plus à compter que sur elle-même pour assurer son honneur et sa liberté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car l&amp;rsquo;Allemagne ne veut traiter qu&amp;rsquo;avec un gouvernement régulier. On vote donc, pour ou contre la paix, mais aussi pour ou contre la liberté&amp;hellip; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Adolphe_Thiers&#34;  title=&#34;Adolphe Thiers sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Thiers&lt;/a&gt; (mi-conservateur orléaniste, mi-libéral) triomphe à la tête d&amp;rsquo;une Union libérale (aidé par des républicains modérés), et c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;échec pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/L%C3%A9on_Gambetta&#34;  title=&#34;Léon Gambetta sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gambetta&lt;/a&gt;, représentant les vrais républicains. L&amp;rsquo;Assemblée est composée en majorité de monarchistes, de républicains &amp;ldquo;de principe&amp;rdquo; et seulement de quelques radicaux gambettistes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-commune&#34;&gt;La Commune&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Mais Paris est toujours armée : le &lt;strong&gt;18 mars&lt;/strong&gt;, le gouvernement envoie l&amp;rsquo;armée reprendre le contrôle, mais tout dérape. Le peuple de Paris et les gardes nationaux (milice armée héritée de la Révolution française chargée de défendre leur ville ou leur quartier) se soulèvent. Le gouvernement fuit à Versailles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cette &amp;ldquo;Révolution sans précédents dans l&amp;rsquo;Histoire&amp;rdquo; s&amp;rsquo;acheminait comme sans le vouloir vers l&amp;rsquo;idée, sans précédent en effet, et dont on oublie trop le caractère  excessif aussi bien qu&amp;rsquo;utopique, d&amp;rsquo;une République de Paris qui, en se constituant d&amp;rsquo;abord seule, s&amp;rsquo;offrirait en modèle au reste du pays.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Paris s&amp;rsquo;est soulevé pour défendre la liberté, et n&amp;rsquo;a pas encore rejeté le gouvernement. Il veut simplement défendre la République&amp;hellip; Une députation de maires parisiens tente de se faire recevoir par l&amp;rsquo;Assemblée, mais cette dernière (à majorité rurale) refuse de les recevoir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Plus que de la volonté de Thiers, le rejet de tout compromis est venu de l&amp;rsquo;obstination haineuse de l&amp;rsquo;Assemblée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le 26 mars, l&amp;rsquo;élection d&amp;rsquo;un Conseil municipal est organisé. Le Comité central n&amp;rsquo;avait voulu patronner personne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus, des parleurs incapable de passer à l&amp;rsquo;action. Cherchez des hommes sincères, des hommes du Peuple, résolus, actifs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un conseil toujours valable de nos jours&amp;hellip; Si les tendances sont difficiles à répartir, l&amp;rsquo;Assemblée est composée majoritairement de travailleurs : ouvriers, patrons, employés, comptables, journalistes, professions libérales, médecins, avocats..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Deux grandes revendications sont rapidement satisfaites :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La conscription est abolie, le budget des Cultes supprimé et la séparation de l&amp;rsquo;Église et de l&amp;rsquo;État entérinée &amp;ldquo;considérant que&amp;hellip; la liberté de conscience est la première des libertés&amp;hellip;, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les faits et les principes scientifiques seront enseignés sans aucune concession hypocrite faite aux dogmes que la raison condamne et que la science répudie. L&amp;rsquo;enseignement public de la morale ne procède d&amp;rsquo;aucune autre autorité que celle de la science humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Commission du travail accomplit en peu de jours une œuvre sociale remarquable. C&amp;rsquo;est le &lt;strong&gt;Contrat social&lt;/strong&gt; de Rousseau qui sert de référence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La Commune, ce n&amp;rsquo;est pas seulement l&amp;rsquo;autonomie administrative, mais encore et surtout le droit absolu pour le groupe communal de créer son organisation politique comme un moyen pouvant réaliser le but suprême de la révolution, l&amp;rsquo;affranchissement du travail, l&amp;rsquo;abolition des monopoles et privilèges, de la bureaucratie et de la féodalité agioteuse et capitaliste.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;De nombreuses lois seront ainsi votées, présentant des avancées sociales remarquables. Côté défense par contre, si l&amp;rsquo;enthousiasme est là, c&amp;rsquo;est plutôt l&amp;rsquo;indiscipline qui domine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Jamais la Commune ne disposa de plus quelques milliers (trois, quatre dizaines) de combattants réels, et indisciplinés de surcroît. Quelques chefs valeureux les encadraient, les Polonais Dombrowski, Wroblewski, l&amp;rsquo;ancien Garibaldien La Cécilia. En face, Versailles édifia très vite une armée de 130 000 hommes, fraîches recrues ou prisonniers que l&amp;rsquo;Allemagne relâchait, tous soumis à une discipline rigoureuse et à une propagande efficace.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-fin&#34;&gt;La fin&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Pendant que la situation militaire s&amp;rsquo;assombrit, la Commune se déchire. On se querelle pour la création d&amp;rsquo;un &lt;strong&gt;Comité de salut public&lt;/strong&gt; aux pouvoirs étendus, quand une minorité crie à l&amp;rsquo;usurpation de la souveraineté du Peuple. La situation ne fera que s&amp;rsquo;aggraver, de comités en comités&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bakounine croyait y trouver  la réalisation de ses idées anarchistes : &amp;ldquo;La Commune s&amp;rsquo;était proclamée fédéraliste, et, sans nier l&amp;rsquo;unité nationale de la France qui est un fait naturel et social, elle nia audacieusement l&amp;rsquo;État, qui en est l&amp;rsquo;unité violente et artificielle&amp;rdquo;. À tout prendre, l&amp;rsquo;interprétation du Russe n&amp;rsquo;était pas tellement éloignée de celle de Marx.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le 21 mai, l&amp;rsquo;armée versaillaise entre dans un Paris totalement désorganisé, presque insouciant. La répression sera sanglante, le vainqueur procédant à des massacres systématiques pendant une semaine ! On ne s&amp;rsquo;arrêta de tuer que lorsque l&amp;rsquo;on ne sut plus que faire des cadavres : les &amp;ldquo;honnêtes gens&amp;rdquo; redoutaient une épidémie de peste.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Paris aurait perdu, par la mort ou par la fuite, près de 100 000 travailleurs, le septième de sa population masculine majeure. Ce fut à Versailles à un déchaînement d&amp;rsquo;hystérie, orchestré par une certaine presse, Le Figaro, Le Gaulois, les feuilles monarchistes. De grands écrivains y cédèrent, la bonne George Sand, trop provinciale désormais pour comprendre Paris, Flaubert, incapable de comprendre, bien moins enragé qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;a dit&amp;hellip; Zola était partagé : la Commune ne venait-elle pas de compromettre la fragile République ? &amp;hellip; Le seul Hugo, parisien et peuple dans l&amp;rsquo;âme, qui n&amp;rsquo;avait pas approuvé la Commune, sut aussitôt parler au nom des misérables.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jacques Rougerie, né en 1932 est un historien français, maître de conférences honoraire à l&amp;rsquo;Université de Paris I. Spécialiste de la Commune de Paris, il a renouvelé en profondeur son histoire.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Indignez vous ! - Stéphane Hessel</title>
            <link>https://pled.fr/indignez-vous-stephane-hessel/</link>
            <pubDate>Sun, 14 Aug 2011 11:40:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/indignez-vous-stephane-hessel/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Indignez vous ! - Stéphane Hessel&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;indignezvous.png#floatleft&#34;&gt; Voilà, j&amp;rsquo;ai enfin lu ce livre qui a tant fait parler, principalement par le nombre d&amp;rsquo;exemplaires vendus.. il faut dire qu&amp;rsquo;en sortant un livre de 12 pages à 3 € à la veille de Noël, l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;offrir un cadeau un peu moins idiot que d&amp;rsquo;habitude était belle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La profondeur du contenu est malheureusement proportionnelle à son épaisseur. Stéphane Hessel se borne à énoncer des évidences : les conquêtes sociales sont en danger, tout comme les droits de l&amp;rsquo;homme et la planète, l&amp;rsquo;écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s&amp;rsquo;accroître, la justice doit être la même pour tous, etc&amp;hellip; Que de révélations ! Il dit aussi que l&amp;rsquo;indifférence, c&amp;rsquo;est pas bien, et qu&amp;rsquo;il faut s&amp;rsquo;indigner&amp;hellip; Ah bon ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Heureusement il reste l&amp;rsquo;espoir&amp;hellip; sa confiance dans le progrès est intacte, et si le début du XXIe siècle a été une période de recul, la décennie précédente (1990) a été source de grands progrès, et il s&amp;rsquo;en réjouit&amp;hellip; par exemple, l&amp;rsquo;engagement pris par les Nations Unies de réduire la pauvreté de moitié d&amp;rsquo;ici 2015. C&amp;rsquo;est comme si c&amp;rsquo;était fait !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il conclue ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous appelons à une insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la communication de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l&amp;rsquo;amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On ne peut qu&amp;rsquo;approuver, mais j&amp;rsquo;aurai préféré qu&amp;rsquo;il se montre un peu plus concret sur ce qui passe en France aujourd&amp;rsquo;hui sur ces sujets. Sans doute ses longues années de diplomate l&amp;rsquo;empêchent-elles de dire les choses un peu plus crûment ? Il en reste donc aux généralités qui ne froissent personne. Indignez-vous, mais pas trop !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Voyage au Congo - André Gide</title>
            <link>https://pled.fr/voyage-au-congo-andre-gide/</link>
            <pubDate>Sat, 06 Aug 2011 18:33:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/voyage-au-congo-andre-gide/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Voyage au Congo - André Gide&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;voyage-congo.png#floatleft&#34;&gt; Cette fois, direction l&amp;rsquo;Afrique équatoriale au début du siècle (1926), où André Gide et Marc Allégret vont passer presque un an entre le Congo et le Tchad, en pleine époque coloniale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;abord un vrai journal de voyage, tenu au jour le jour, aux phrases parfois courtes, comme autant de petites touches esquissant la faune et la flore exotiques qu&amp;rsquo;il découvre autour de lui. Mais d&amp;rsquo;une manière générale, c&amp;rsquo;est très bien écrit, le vocabulaire précis, et les observations très pertinentes. Pas de doute, c&amp;rsquo;est un grand écrivain, très cultivé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et très vite le récit se transforme en une critique du colonialisme et du sort fait à la population locale. L&amp;rsquo;auteur va se trouver confronté à des injustices flagrantes (et amené à prendre parti), à l&amp;rsquo;exploitation faite par les Grandes Compagnies Concessionnaires venant piller le pays sous le prétexte d&amp;rsquo;y apporter le développement, et où l&amp;rsquo;État Français n&amp;rsquo;assume pas sa responsabilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans dénoncer totalement le colonialisme (l&amp;rsquo;apport de la civilisation peut justifier les sacrifices de la population locale), il pointe les dérives et leurs causes, ce qui déclenchera une polémique à son retour en  France, la droite voyant là une attaque des intérêts de la nation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En extrapolant, on se rend compte que rien n&amp;rsquo;a vraiment changé sur ce sujet, même si les pays ont acquis leur indépendance depuis. Beaucoup de remarques seraient encore totalement d&amp;rsquo;actualité&amp;hellip; la motivation principale restant la même : le profit !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;« Projet de jeunesse réalisé dans l&amp;rsquo;âge mûr » comme il le dit lui-même, André Gide a 56 ans quand il part pour ce voyage, en compagnie de Marc Allégret, qui réalisera un moyen métrage ainsi que des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/fr/archives_photo/visites_guidees/congo.html&#34;  title=&#34;Voyage au Congo, photographies de Marc Allégret&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;photographies&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même si de nombreux porteurs les accompagnent, que des &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wiktionary/fr/wiki/tipoye&#34;  title=&#34;définition du mot tipoye&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;tipoyes&lt;/a&gt; sont à leur disposition (chaises à porteur, tellement inconfortables qu&amp;rsquo;il est préférable de marcher quand on le peut), le voyage ne sera pas de tout repos (chaleur intense, moustiques, fièvres) et faire ce voyage à cet âge est une belle prouesse en soi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ah ! que je voudrais m&amp;rsquo;arrêter, m&amp;rsquo;asseoir, ici, sur le flanc de cette termitière monumentale, dans l&amp;rsquo;ombre obscure de cet énorme accacia, à épier les ébats de ces singes, à m&amp;rsquo;émerveiller longuement. L&amp;rsquo;idée de tuer, ce but à atteindre dans la chasse, étrécit mon plaisir. Assurément je ne serais pas immobile depuis quelques minutes, que se refermerait autour de moi la nature. Tout serait comme si je n&amp;rsquo;étais pas, et j&amp;rsquo;oublierais moi-même ma présence pour ne plus être que vision. Oh ravissement indicible ! Il est peu d&amp;rsquo;instants que j&amp;rsquo;aurais plus grand désir de revivre. Et tandis que j&amp;rsquo;avance dans ce frémissement inconnu, j&amp;rsquo;oublie l&amp;rsquo;ombre qui déjà me presse : tout ceci, tu le fais encore, mais sans doute pour la dernière fois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Certaines anecdotes sont très drôles :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Parfois cette constante compagnie m&amp;rsquo;importune, m&amp;rsquo;excède. Désireux de goûter ma solitude et l&amp;rsquo;enveloppement étroit de la forêt, je presse le pas, m&amp;rsquo;échappe en courant, tâchant de distancer les porteurs. Mais aussitôt ils partent tous au petit trot pour me rejoindre. Impatienté je m&amp;rsquo;arrête, les arrête, trace un trait sur le sol qu&amp;rsquo;ils ne devront dépasser qu&amp;rsquo;à mon coup de sifflet lorsque je serai déjà loin.  Mais un quart d&amp;rsquo;heure après il faut retourner en arrière, les chercher ; car ils n&amp;rsquo;ont pas compris et tout le convoi reste en panne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La beauté des paysages ne le laisse pas indifférent, comme ici sous la forme d&amp;rsquo;une note qu&amp;rsquo;il renoncera à récrire à son retour :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tâcher de faire sentir en quelques mots la beauté surhumaine de la nuit sur ce petit banc de sable d&amp;rsquo;or, entouré d&amp;rsquo;eau, de ciel, de solitude et d&amp;rsquo;étrangeté. Parfois un vol de grands échassiers passe en sifflant comme un rapide de nuit : on entend le bruit de leurs ailes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il nous fait également part de ses lectures :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je reprends, avec délices, depuis la fable 1, toutes les fables de La Fontaine. Je ne vois pas trop de quelle qualité l&amp;rsquo;on pourrait dire qu&amp;rsquo;il ne fasse preuve. Celui qui sait bien voir peut y trouver trace de tout ; mais il faut un œil averti, tant la touche, souvent, est légère. C&amp;rsquo;est un miracle de culture. Sage comme Montaigne ; sensible comme Mozart.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et quand il n&amp;rsquo;aime pas, il sait le dire également :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Étendu sur une chaise de bord, qui, de jour, prend la place du lit de camp replié, je relis le Barbier de Séville. Plus d&amp;rsquo;esprit que d&amp;rsquo;intelligence profonde. De la paillette. Manque de gravité dans le comique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour en revenir au colonialisme, le portrait qu&amp;rsquo;en fait Gide est très critique. D&amp;rsquo;une part, l&amp;rsquo;immensité des territoires et le manque de moyens de l&amp;rsquo;administration française mène à des situations précaires où finalement tout dépend de la qualité du responsable local : certains prennent leur tâche au sérieux, d&amp;rsquo;autres baissent vite les bras, profitent de leur pouvoir ou se laissent corrompre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autre part, l&amp;rsquo;État français déléguant certains territoires aux Grandes Compagnies Concessionnaires, Gide va découvrir les excès de celles-ci : pillage organisé des matières premières, injustices, recrutement de la main-d&amp;rsquo;œuvre par la force, exécutions sommaires, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son sentiment est assez bien résumé dans ce passage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;« Il le fallait&amp;hellip;» J&amp;rsquo;ai souligné plus haut ces mots tragiques. Il le fallait, pour l&amp;rsquo;entretien, la subsistance des postes de l&amp;rsquo;intérieur. Il le fallait, sous peine de laisser péricliter l&amp;rsquo;œuvre entreprise, et de voir tourner à néant le résultat d&amp;rsquo;immenses efforts. Le service d&amp;rsquo;autos, régulièrement organisé, qui rend aujourd&amp;rsquo;hui le portage inutile, c&amp;rsquo;est ce portage même qui d&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;a permis ; car ces autos il fallait les transporter là-bas, et seuls ont pu les faire parvenir à destination des navires qu&amp;rsquo;il fallait transporter, démontés, à dos d&amp;rsquo;hommes, au Stanley-Pool, par-delà les premiers rapides du Congo tout d&amp;rsquo;abord, puis dans le bassin du Tchad. Ce régime affreux, mais provisoire, était consenti en vue d&amp;rsquo;un plus grand bien, tout comme les souffrances et la mortalité qu&amp;rsquo;entraîne nécessairement l&amp;rsquo;établissement d&amp;rsquo;une voie ferrée. Le pays entier, les indigènes mêmes, en fin de compte et en dernier ressort, en profitent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;on ne peut en dire autant du régime abominable imposé aux indigènes par les Grandes Compagnies Concessionnaires. Au cours de notre voyage, nous aurons l&amp;rsquo;occasion de voir que la situation faite aux indigènes, aux &amp;ldquo;Saigneurs de caoutchouc&amp;rdquo;, comme on les appelle, par telle ou telle de ces Comapgnies, n&amp;rsquo;est pas beaucoup meilleure que celle que l&amp;rsquo;on nous peignait ci-dessus ; et ceci pour le seul profit, pour le seul enrichissement de quelques actionnaires.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;est-ce que ces Grandes Compagnies, en échange, ont fait pour le pays ? Rien. Les concessions furent accordées dans l&amp;rsquo;espoir que les Compagnies « feraient valoir » le pays. Elles l&amp;rsquo;ont exploité, ce qui n&amp;rsquo;est pas la même chose ; saigné, pressuré comme une orange dont on va bientôt rejeter la peau vide.&#xA;« Ils traitent ce pays comme si nous ne devions pas le garder », me disait un Père missionnaire.&#xA;Il n&amp;rsquo;y a plus ici d&amp;rsquo;il le fallait qui tienne. Ce mal est inutile et il ne le faut pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et sa vision de l&amp;rsquo;indigène est finalement assez proche de celle de Jean-Jacques Rousseau et du bon sauvage : à plusieurs reprises, il soulignera la gentillesse naturelle de ces peuples, et leur dégradation à notre contact :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ces deux tristes produits de grande ville (Yaoundé), voleurs, menteurs, hypocrites, justifieraient l&amp;rsquo;irritation de certains colons contre les noirs. Mais précisément,ce ne sont pas des produits naturels du pays. C&amp;rsquo;est au contact de notre civilisation qu&amp;rsquo;ils se sont gâtés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gide reportera à l&amp;rsquo;Administration Française les injustices dont il a été témoin, après avoir scrupuleusement recueilli des témoignages sur place pour étayer son rapport, écrira un article publié dans la presse à son retour, sera attaqué&amp;hellip; Tous ces courriers sont disponibles à la fin du roman. On y voit un homme impliqué, ne lâchant rien, répondant point par point à ses détracteurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut voir les photos de Marc Allégret sur le site de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.mediatheque-patrimoine.culture.gouv.fr/fr/archives_photo/visites_guidees/congo.html&#34;  title=&#34;Voyage au Congo - photographies de Marc Allégret&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Médiathèque de l&amp;rsquo;architecture et du patrimoine&lt;/a&gt;. Ça vaut le coup pour imaginer un peu ce qu&amp;rsquo;a pu être ce voyage, il y a un peu moins de cent ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Andr%C3%A9_Gide&#34;  title=&#34;André Gide sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;André Gide&lt;/a&gt; (1869-1951) est un écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Issu d&amp;rsquo;une famille de la haute bourgeoisie protestante, il assume son homosexualité dès 1893 (dans le roman, certaines remarques sur les jeunes hommes le laisse supposer), ce qui ne devait pas être évident.  Après ce voyage au Congo, il s&amp;rsquo;intéressera au communisme et l&amp;rsquo;expérience soviétique : il s&amp;rsquo;y rend en 1936, mais revient plein de désillusions et publiera &lt;em&gt;Retour de l&amp;rsquo;U.R.S.S&lt;/em&gt;, qui lui vaudra la haine des communistes Français !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Qui a tué Palomino Molero ? - Mario Vargas Llosa</title>
            <link>https://pled.fr/qui-a-tue-palomino-molero-mario-vargas-llosa/</link>
            <pubDate>Sun, 31 Jul 2011 17:57:45 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Qui a tué Palomino Molero ? - Mario Vargas Llosa&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;palominomolero.png#floatleft&#34;&gt; Comme l&amp;rsquo;annonce le titre, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un roman policier, où l&amp;rsquo;originalité de l&amp;rsquo;histoire tient essentiellement au fait qu&amp;rsquo;elle se déroule au Pérou, dans la petite ville de Talara.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les moyens de la gendarmerie sont très limités,et quand le seul taxi de Talara n&amp;rsquo;est pas libre, il faut faire du stop pour aller à la ville d&amp;rsquo;à côté pour les besoins de l&amp;rsquo;enquête&amp;hellip; et parfois revenir à pied ! Pour les trajets plus courts, il y a le cheval ou la bicyclette.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lituma, un jeune gendarme du coin va suivre l&amp;rsquo;enquête de l&amp;rsquo;expérimenté lieutenant Silva, qui maîtrise l&amp;rsquo;art d&amp;rsquo;obtenir des informations sans jamais poser de questions directes. Il est en outre obsédé par les rondeurs de Doña Adriana, la patronne du troquet où ils prennent leur repas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Assurément le lieutenant était un homme droit et c&amp;rsquo;est pourquoi Lituma avait pour lui, outre de l&amp;rsquo;estime, de l&amp;rsquo;admiration. Il était fort en gueule, porté sur le verbe haut et la boisson, et lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de la grosse buvetière il perdait les pédales. Cela dit, Lituma, tout le temps qu&amp;rsquo;il travaillait sous ses ordres, l&amp;rsquo;avait toujours vu s&amp;rsquo;efforcer, dans tous les conflits, toutes les affaires qui arrivaient à la gendarmerie, de rendre justice. Et sans jamais faire de préférence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Palomino est un jeune homme retrouvé assassiné, pire on s&amp;rsquo;est acharné sur son corps. Il venait de s&amp;rsquo;engager sur la base militaire proche&amp;hellip; l&amp;rsquo;armée ne va bien entendu pas se montrer très coopérative dans l&amp;rsquo;enquête, mais on peut faire confiance au lieutenant Silva pour en démêler les fils. Une fois celle-ci résolue, les rumeurs les plus folles continueront de courir car personne ne croit le gouvernement, et les deux gendarmes seront mutés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;enquête n&amp;rsquo;offre pas d&amp;rsquo;intérêt particulier, le style est plaisant, décrivant la vie de la population locale avec des personnages hauts en couleur, faisant face avec bonne humeur à leur pauvreté sociale. Ceci dit, rien d&amp;rsquo;extraordinaire non plus, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;amuse plus qu&amp;rsquo;il ne dénonce. Et lorsque que l&amp;rsquo;on lit sa bio, ce n&amp;rsquo;est pas de lui que j&amp;rsquo;attendrai d&amp;rsquo;apprendre quelque chose sur les classes défavorisées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Mario_Vargas_Llosa&#34;  title=&#34;Mario Vargas Llosa sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mario Vargas Llosa&lt;/a&gt;, né en 1936, marquis de Vargas Llosa, est un écrivain péruvien, lauréat du prix Nobel de littérature en 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l&amp;rsquo;individu, de sa révolte et de son échec » !?!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Engagé politiquement dès sa jeunesse, d&amp;rsquo;abord communiste mais déçu par la révolution Cubaine, il se tourne vite vers le libéralisme. Candidat à l&amp;rsquo;élection présidentielle du Pérou en 1990, il échoue contre toute attente au second tour contre Alberto Fujimori, après avoir tenté de stigmatiser la population asiatique du Pérou. Réfugié en Espagne, il obtient la nationalité espagnole, et fonde un parti politique en 2007, le UPyD (Union, Progrès et Démocratie) qui s&amp;rsquo;auto-définit comme progressiste.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La voie cruelle - Ella Maillart</title>
            <link>https://pled.fr/la-voie-cruelle-ella-maillart/</link>
            <pubDate>Sun, 24 Jul 2011 18:31:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-voie-cruelle-ella-maillart/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La voie cruelle - Ella Maillart&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;voie-cruelle.png#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34;  title=&#34;article sur Oasis interdites&#34;&#xA;    &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;, (le passionnant journal d&amp;rsquo;une traversée improbable de la Chine), j&amp;rsquo;ai voulu lire un autre roman d&amp;rsquo;Ella Maillart, l&amp;rsquo;écrivain voyageuse suisse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La voie cruelle&lt;/strong&gt; se passe quatre ans plus tard, à la veille de la seconde guerre mondiale : Ella part de Genève avec son amie Christina au volant d&amp;rsquo;une Ford, direction l&amp;rsquo;Afghanistan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ella part à la fois pour fuir l&amp;rsquo;Europe qui s&amp;rsquo;enfonce dans la guerre et le nationalisme, mais aussi pour retrouver un sens à la vie, &amp;ldquo;pour retrouver ceux qui savent encore vivre en paix&amp;rdquo; répond-elle spontanément à C.G. Jung avant de partir&amp;hellip; Elle veut aller au Kafiristan :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est là que vivent les hommes que je compte étudier, dans une contrée où je me sens à l&amp;rsquo;aise. Ce sont des montagnards que l&amp;rsquo;esclavage des besoins artificiels n&amp;rsquo;a pas encore atteints, des hommes libres que nul ne force à augmenter leur production journalière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour Christina, c&amp;rsquo;est un peu plus compliqué : sortant d&amp;rsquo;une énième cure de désintoxication (morphine, alcool), écrivain-poète avec une sensibilité à fleur de peau, c&amp;rsquo;est pour elle une dernière chance de s&amp;rsquo;en sortir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai trente ans. C&amp;rsquo;est là ma dernière chance pour corriger ma manière de vivre, une dernière tentative pour me reprendre en main. Ce voyage ne sera pas une folle escapade, comme si nous avions vingt ans ; et d&amp;rsquo;ailleurs ce serait impossible avec l&amp;rsquo;actuelle tragédie européenne. Ce voyage d&amp;rsquo;étude doit nous aider à atteindre notre but : devenir enfin des êtres conscients, capables de répondre d&amp;rsquo;eux-mêmes. Il m&amp;rsquo;est devenu insupportable de vivre ainsi à l&amp;rsquo;aveuglette&amp;hellip; Quelle est la cause, quelle est la signification de ce chaos qui sape hommes et nations ? Et puis, enfin, il doit bien y avoir quelque chose que je puisse faire de ma vie, une idée, un but pour lequel je puisse mourir avec joie ou vivre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré ce début prometteur, je suis resté sur ma faim.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Est-ce le voyage en voiture qui le rend moins aventureux ? Est-ce cette alliance entre deux femmes si différentes ? Dès les premières pages, Ella nous laisse entrevoir la réponse :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais je commençais alors à découvrir ce que l&amp;rsquo;avenir ne ferait que confirmer : pour la première fois, le voyage dans le monde objectif ne parvenait plus à me captiver entièrement. Car le monde est moins réel que ce qui active notre vie intérieure. Cette fois-ci, la bataille qui se livrait chez ma compagne était si poignante que mes pensées en étaient toutes imprégnées. Notre état d&amp;rsquo;âme toujours changeant conditionne, transforme même, les paysages et les gens que nous rencontrons.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et le récit se bornera bien souvent à des informations historiques sur les lieux traversés, aux noms certes évocateurs mais totalement inconnus, en rendant la lecture parfois fastidieuse. Tehnique de remplissage pour augmenter le nombre de pages, j&amp;rsquo;en ai bien peur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a heureusement des passages intéressants, qui pour l&amp;rsquo;essentiel remettent en cause notre modèle de société, et les dégâts qu&amp;rsquo;il provoque en s&amp;rsquo;exportant à travers le monde. Quand on parle de progrès, Ella cite le Dr J.-H. Oldham :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous devrions être sérieusement inquiets de voir que c&amp;rsquo;est le côté matériel et sordide de la civilisation occidentale qui exerce un effet si révolutionnaire et si puissant sur le reste du monde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Ella de conclure par ces mots, qui rappellent ceux de Lévi-Strauss :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;N&amp;rsquo;y a-t-il pas un moyen terme entre l&amp;rsquo;amer savoir de l&amp;rsquo;occident et l&amp;rsquo;inscouciante ignorance du monde propre aux nomades ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arrivée à Kaboul, l&amp;rsquo;accès au Kafiristan sera impossible. Les deux voyageuses se sépareront, et Ella passera les années de guerre dans le sud de L&amp;rsquo;Inde auprès de maîtres de sagesse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres d&amp;rsquo;Ella Maillart sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12625&#34; &gt;Croisières et caravanes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12091&#34; &gt;Des monts Célestes aux sables Rouges&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3869&#34; &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15228&#34; &gt;Ti-Puss&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Ella_Maillart&#34;  title=&#34;Ella Maillart sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ella Maillart&lt;/a&gt; (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. Jeune, très sportive et pratiquant la voile et ski, elle tentera une traversée de l&amp;rsquo;Atlantique, participera aux régates olympiques puis pendant quatre années consécutives à la coupe du monde de ski alpin sous les couleurs de la Suisse. Son métier de journaliste va l&amp;rsquo;envoyer une première fois en Russie et c&amp;rsquo;est le début d&amp;rsquo;une série de voyages : traversée du Caucase (1930), de l&amp;rsquo;Asie centrale Russe (1932), puis envoyée au Mandchoukuo, l&amp;rsquo;état créé par les japonnais en Chine par Le Petit Parisien (1934). Et en 1935, ce sera le grand voyage de Pékin à Srinagar raconté dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;../?p=3869&#34;  title=&#34;article sur Oasis interdites&#34;&#xA;    &gt;Oasis interdites&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Discours sur l&#39;origine et les fondements de l&#39;inégalité parmi les hommes - Jean-Jacques Rousseau</title>
            <link>https://pled.fr/discours-sur-lorigine-et-les-fondements-de-linegalite-parmi-les-hommes-jean-jacques-rousseau/</link>
            <pubDate>Fri, 15 Jul 2011 18:58:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/discours-sur-lorigine-et-les-fondements-de-linegalite-parmi-les-hommes-jean-jacques-rousseau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes - Rousseau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;rousseau-discours-inegalite.png#floatleft&#34;&gt; Comme il est toujours préférable de lire les grands auteurs pour se faire sa propre idée plutôt que d&amp;rsquo;écouter (puis répéter ?) ce qu&amp;rsquo;un autre en a dit&amp;hellip; j&amp;rsquo;ai voulu lire celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avant de lire cet essai, Jean-Jacques Rousseau se résumait pour moi à la question : &amp;ldquo;l&amp;rsquo;homme naît-il bon ou mauvais ?&amp;rdquo; à laquelle il avait répondu par le premier choix&amp;hellip; et bien souvent celui qui en parlait de nos jours laissait entendre que Rousseau s&amp;rsquo;était trompé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il le dit d&amp;rsquo;ailleurs beaucoup mieux dans la lettre à Philopolis (en annexe) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Remarquez au reste que dans cette affaire je suis toujours le monstre qui soutient que l&amp;rsquo;homme est naturellement bon, et que mes adversaires sont toujours les honnêtes gens qui, à l&amp;rsquo;édification publique, s&amp;rsquo;efforcent de prouver que la nature n&amp;rsquo;a fait que des scélérats.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, ce n&amp;rsquo;est pas vraiment ça que j&amp;rsquo;en retiens : c&amp;rsquo;est plutôt une sévère critique de la société (ou de l&amp;rsquo;État, du gouvernement) qui entretient l&amp;rsquo;inégalité, favorise la corruption, bride la liberté&amp;hellip; et ce de manière  quasi inévitable. Ce que dit Rousseau sur la société n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;ailleurs pas pris une ride.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On ne peut pas en dire autant de son propos sur l&amp;rsquo;homme &amp;ldquo;naturel&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;sauvage&amp;rdquo;, mais dans les deux cas l&amp;rsquo;effort de démonstration et de raisonnement est impressionnant. Sans oublier la construction des phrases, superbe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire qu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;époque, la science en était à ses balbutiements, la connaissance du monde partielle, et qu&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui on en sait beaucoup plus sur à peu près tous les sujets abordés. D&amp;rsquo;un autre côté, si les hommes &amp;ldquo;sauvages&amp;rdquo; ont été largement étudiés (lire &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;../?p=1870&#34;  title=&#34;article sur Tristes Tropiques&#34;&#xA;    &gt;Tristes tropiques&lt;/a&gt; de Claude Lévi-Strauss par exemple — qui parle d&amp;rsquo;ailleurs de Rousseau), ils ont également disparu, éliminés par notre civilisation : la boucle est bouclée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après une dédicace obséquieuse à la République de Genève, dont Rousseau est citoyen, et qui semble représenter pour lui la perfection (ce qui contredit un peu son propos ultérieur il me semble, ou est-ce justement volontaire ?), l&amp;rsquo;essai comporte deux parties : la première parle de l&amp;rsquo;homme naturel, la seconde de l&amp;rsquo;homme en société.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;première-partie&#34;&gt;Première partie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Dès la première page, Rousseau est on ne peut plus clair :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je conçois dans l&amp;rsquo;espèce humaine deux sortes d&amp;rsquo;inégalité ; l&amp;rsquo;une que j&amp;rsquo;appelle naturelle ou physique, parce qu&amp;rsquo;elle est établie par la Nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des force du corps, et des qualités de l&amp;rsquo;esprit, ou de l&amp;rsquo;âme ; l&amp;rsquo;autre qu&amp;rsquo;on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu&amp;rsquo;elle dépend d&amp;rsquo;une sorte de convention, et qu&amp;rsquo;elle est établie, ou du moins autorisée par le consentement des Hommes. Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent, au préjudice des autres, comme d&amp;rsquo;être plus riches, plus honorés, plus puissants qu&amp;rsquo;eux, ou même de s&amp;rsquo;en faire obéir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette première partie fait parfois sourire, car même si le raisonnement est louable, il fait parfois preuve d&amp;rsquo;une certaine naïveté ou d&amp;rsquo;idéalisme. N&amp;rsquo;oublions pas qu&amp;rsquo;il écrit tout cela en réponse à un sujet de l&amp;rsquo;académie de Dijon : le côté démonstration peut paraître parfois un peu scolaire .&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant l&amp;rsquo;amour entre homme et femme, la monogamie n&amp;rsquo;a rien de naturel pour Rousseau, l&amp;rsquo;homme sauvage attend paisiblement l&amp;rsquo;impulsion de la nature, l&amp;rsquo;occasion qui se présente. Mais il sous-entend une inégalité entre la femme et l&amp;rsquo;homme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Commençons par distinguer le moral du physique dans le sentiment de l&amp;rsquo;amour. Le physique est ce désir général qui porte un sexe à s&amp;rsquo;unir à l&amp;rsquo;autre ; le moral est ce qui détermine ce désir et le fixe sur un seul objet exclusivement, ou qui du moins lui donne pour cet objet préféré un plus grand degré d&amp;rsquo;énergie. Or il est facile de voir que le moral de l&amp;rsquo;amour est un sentiment factice ; né de l&amp;rsquo;usage de la société, et célébré par les femmes avec beaucoup d&amp;rsquo;habileté et de soin pour établir leur empire, et rendre dominant le sexe qui devait obéir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce que ne manquera pas de noter Voltaire, qui disait (avec humour) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les femmes sont capables de tout ce que nous faisons et&amp;hellip; la seule différence qui est entre elles et nous, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;elles sont peu aimables.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les relations entre les forts et les faibles dans l&amp;rsquo;état de nature, sa tirade est un peu simpliste :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;entends toujours répéter que les plus forts opprimeront les faibles ; mais qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;explique ce qu&amp;rsquo;on veut dire par ce mot d&amp;rsquo;oppression. Les uns domineront avec violence, les autres gémiront asservis à tous leurs caprices : voilà précisément ce que j&amp;rsquo;observe parmi nous, mais je ne vois pas comment pourrait me dire des hommes sauvages, à qui l&amp;rsquo;on aurait même bien de la peine à faire entendre ce que c&amp;rsquo;est que servitude et domination. Un homme pourra bien s&amp;rsquo;emparer des fruits qu&amp;rsquo;un autre a cueillis, du gibier qu&amp;rsquo;il a tué, de l&amp;rsquo;autre qui lui servait d&amp;rsquo;asile; mais comment viendra-t-il jamais à bout de s&amp;rsquo;en faire obéir, et quelles pourront être les chaînes de la dépendance parmi des hommes qui ne possèdent rien ? Si l&amp;rsquo;on me chasse d&amp;rsquo;un arbre, j&amp;rsquo;en suis quitte pour aller à un autre ; Si l&amp;rsquo;on me tourmente en un lieu, qui m&amp;rsquo;empêchera de passer ailleurs ? Se trouve-t-il un homme d&amp;rsquo;une force assez supérieure à la mienne, et, de plus, assez dépravé, assez paresseux, et assez féroce, pour me contraindre à pourvoir à sa subsistance pendant qu&amp;rsquo;il demeure oisif ? Il faut qu&amp;rsquo;il se résolve à ne pas me perdre de vue un seul instant, à me tenir lié avec un très grand soin durant son sommeil, de peur que je ne m&amp;rsquo;échappe ou que je ne le tue : c&amp;rsquo;est-à-dire qu&amp;rsquo;il est obligé de s&amp;rsquo;exposer volontairement à une peine beaucoup plus grande que celle qu&amp;rsquo;il veut éviter, et que celle qu&amp;rsquo;il me donne à moi-même. Après tout, sa vigilance se relâche-t-elle un moment ? Un bruit imprévu lui fait détourner la tête ? Je fais vingt pas dans la forêt, mes fers sont brisés, et il ne me revoit de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Certes, d&amp;rsquo;autres diront &amp;ldquo;Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;Il n&amp;rsquo;y a de maîtres que parce qu&amp;rsquo;il y a des esclaves&amp;rdquo;&amp;hellip; Mais bon, quand on regarde la planète aujourd&amp;rsquo;hui, certains n&amp;rsquo;ont vraiment pas de choix, si ce n&amp;rsquo;est celui de mourir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;deuxième-partie&#34;&gt;Deuxième partie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La deuxième partie est beaucoup plus intéressante. Et Rousseau commence fort avec cette phrase qui a bien du plaire à Marx :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le premier qui ayant enclos un terrain, s&amp;rsquo;avisa de dire &amp;ldquo;ceci est à moi&amp;rdquo;, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d&amp;rsquo;horreurs, n&amp;rsquo;eût point épargnées au Genre Humain celui qui arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : gardez-vous d&amp;rsquo;écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à vous, et que la Terre n&amp;rsquo;est à personne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le début de la propriété&amp;hellip; et donc de l&amp;rsquo;inégalité. L&amp;rsquo;homme s&amp;rsquo;organise alors en société, se créant de nouveaux besoins qui finalement l&amp;rsquo;aliènent:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ce nouvel état, avec une vie simple et solitaire, des besoins très bornés, et les instruments qu&amp;rsquo;ils avaient inventés pour y pourvoir, les hommes jouissants d&amp;rsquo;un fort grand loisir l&amp;rsquo;employèrent à se procurer plusieurs sortes de commodités inconnues de leurs pères ; et ce fût là le premier joug qu&amp;rsquo;ils s&amp;rsquo;imposèrent sans y songer, et la première source de maux qu&amp;rsquo;ils préparèrent à leurs descendants ; car outre qu&amp;rsquo;ils continuèrent ainsi à s&amp;rsquo;amollir le corps et l&amp;rsquo;esprit, ces commodités ayant par l&amp;rsquo;habitude perdu presque tout leur agrément, et étant en même temps dégénérées en de vrais besoins, la privation en devint beaucoup plus cruelle que la possession n&amp;rsquo;en était douce, et l&amp;rsquo;on était malheureux de les perdre, sans être heureux de les posséder.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;accord, mais le progrès n&amp;rsquo;est pas forcément superflu&amp;hellip; Et comme celui qui possède plus que les autres se met en danger, il faut alors inventer la Société et les Lois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Destitué de raisons valables pour se justifier, et de forces suffisantes pour se défendre ; écrasant facilement un particulier, mais écrasé lui-même par des troupes de bandits ; seul contre tous, et ne pouvant à cause des jalousies mutuelles s&amp;rsquo;unir avec ses égaux contre des ennemis unis par l&amp;rsquo;espoir commun du pillage, le riche pressé par la nécessité, connût enfin le projet le plus réfléchi qui soit jamais entré dans l&amp;rsquo;esprit humain ; ce fut d&amp;rsquo;employer en sa faveur les forces même de ceux qui l&amp;rsquo;attaquaient, de faire ses défenseurs de ses adversaires, de leur inspirer d&amp;rsquo;autres maximes, et de leur donner d&amp;rsquo;autres institutions qui lui fussent aussi favorables que le Droit naturel lui était contraire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi se crée la société et le droit de propriété, convention humaine. Pour Rousseau, la vie et la liberté sont parmi les dons essentiels de la nature, et le gouvernement se devrait être exemplaire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Comme pour établir l&amp;rsquo;esclavage, il a fallu faire violence à la Nature, il a fallu la changer pour perpétuer ce droit ; et les Juriconsultes qui ont gravement prononcé que l&amp;rsquo;enfant d&amp;rsquo;une esclave naîtrait esclave, ont décidé en d&amp;rsquo;autres termes qu&amp;rsquo;un homme ne naîtrait pas homme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il me parait donc certain que non seulement les gouvernements n&amp;rsquo;ont point commencé par le pouvoir arbitraire, qui n&amp;rsquo;en est que la corruption, le terme extrême, et qui les ramène enfin à la seule loi du plus fort dont ils fussent d&amp;rsquo;abord le remède, mais encore que quand même ils auraient commencé, ce pouvoir étant par sa nature illégitime, n&amp;rsquo;a pu servir de fondement aux droits de la société, ni par conséquent à l&amp;rsquo;inégalité d&amp;rsquo;institution.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans entrer aujourd&amp;rsquo;hui dans les recherches qui sont encore à faire sur la nature du pacte fondamental de tout gouvernement, je me borne en suivant l&amp;rsquo;opinion commune à considérer ici l&amp;rsquo;établissement de corps politique comme un vrai contrat entre le peuple et les chefs qu&amp;rsquo;il se choisit ; contrat par lequel les deux parties s&amp;rsquo;obligent à l&amp;rsquo;observation des lois qui y sont stipulées et qui forment les liens de leur union. Le peuple ayant, au sujet des relations sociales, réuni toutes les volontés en une seule, tous les articles sur lesquels cette volonté s&amp;rsquo;explique, deviennent autant de lois fondamentales qui obligent tous les membres de l&amp;rsquo;État sans exception, et l&amp;rsquo;une desquelles règle le choix et le pouvoir des magistrats chargés de veiller à l&amp;rsquo;exécution des autres. Ce pouvoir s&amp;rsquo;étend à tout ce qui peut maintenir la Constitution, sans aller jusqu&amp;rsquo;à la changer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Indépendance de la justice, des lois qui s&amp;rsquo;appliquent au nanti comme au pauvre (c&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;il fait l&amp;rsquo;éloge de la république de Genève en préambule) : vous voyez, c&amp;rsquo;est tout à fait d&amp;rsquo;actualité ! Il va même plus loin, et nous ne sommes pas loin de l&amp;rsquo;anarchisme avec cette remarque :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il serait aisé de prouver que tout gouvernement qui, sans se corrompre ni s&amp;rsquo;altérer, marcherait toujours exactement selon la fin de son institution, aurait été institué sans nécessité, et qu&amp;rsquo;un pays où personne n&amp;rsquo;éluderait les lois et n&amp;rsquo;abuserait de la magistrature, n&amp;rsquo;aurait besoin ni de magistrats ni de lois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après ces deux parties, on trouve des notes où Rousseau développe certains points évoqués (pour ceux qui veulent approfondir). Très intéressantes, même si certaines remarques comme par exemple des êtres mi-homme mi-animal que l&amp;rsquo;on aurait vu en Afrique font vraiment rigoler (pas tant de Rousseau, qui utilise le conditionnel avec prudence, mais sur l&amp;rsquo;état des connaissances de l&amp;rsquo;époque et les rumeurs qui circulent). Suivent enfin quelques lettres, dont sa réponse à Voltaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il arrive assez bien a évacuer le côté religieux de la création, puisque l&amp;rsquo;essentiel du propos est sur la société humaine. De toutes façons, à cette époque, on n&amp;rsquo;a pas le choix sur ce sujet si l&amp;rsquo;on veut rester en vie !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une dernière remarque : cette édition a gardé le texte et l&amp;rsquo;orthographe de 1775 (exemple : &amp;ldquo;j&amp;rsquo;aurois cherché un Païs&amp;rdquo;). Sauf besoin particulier, autant prendre une édition actualisée, histoire de se concentrer sur les idées, comme le rappelle quelques fois Rousseau : &amp;ldquo;si le lecteur suit attentivement ce raisonnement&amp;rdquo;&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai corrigé dans les extraits ci-dessus&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Jean-Jacques_Rousseau&#34;  title=&#34;Jean-Jacques Rousseau sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Jacques Rousseau&lt;/a&gt; (1712-1778) est un écrivain, philosophe, musicien du siècle des Lumières. Ses sujets de prédilection sont l&amp;rsquo;homme, la société ainsi que l&amp;rsquo;éducation. Il influencera la Révolution Française (avec le Contrat Social), et sera très critiqué pour avoir abandonné ses cinq enfants à l&amp;rsquo;assistance publique de l&amp;rsquo;époque ! Il tentera de s&amp;rsquo;en expliquer dans les Confessions, devenant l&amp;rsquo;un des premiers à inaugurer l&amp;rsquo;art auto-biographique. Il aurait fini sa vie victime de paranoïa, et persuadé d&amp;rsquo;une sorte de &amp;ldquo;complot&amp;rdquo; contre lui.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Niki, l&#39;histoire d&#39;un chien - Tibor Déry</title>
            <link>https://pled.fr/niki-lhistoire-dun-chien-tibor-dery/</link>
            <pubDate>Tue, 31 May 2011 18:02:58 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/niki-lhistoire-dun-chien-tibor-dery/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Niki, l’histoire d’un chien - Tibor Déry&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;Niki.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai entendu parler de ce livre sur France Culture, un samedi matin, lors de l&amp;rsquo;émission &lt;strong&gt;Répliques&lt;/strong&gt; d&amp;rsquo;Alain Finkielkraut (émission que je n&amp;rsquo;écoute d&amp;rsquo;ailleurs pas).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet en était ce livre, et dès le début (au moment où j&amp;rsquo;allais éteindre la radio), l&amp;rsquo;un des deux invités déclarait : &amp;ldquo;Je voudrais dire aux auditeurs d&amp;rsquo;éteindre la radio, d&amp;rsquo;aller acheter ce livre, et de s&amp;rsquo;y plonger avec délices&amp;rdquo;. Finkielkraut était un peu embêté, mais c&amp;rsquo;est ce que je fis. Et je ne fus pas déçu, c&amp;rsquo;est effectivement un très bon livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc l&amp;rsquo;histoire de Niki, une jeune femelle fox-terrier qui se fait adopter par Mr et Mme Ancsa à force de pirouettes et autres artifices de séduction&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes en Hongrie, en 1948 : après la guerre, l&amp;rsquo;Armée Rouge occupe le pays, les communistes arrivent au pouvoir et les années de stalinisme vont commencer. Mais on sait peu de choses sur ce qui se passe, si ce n&amp;rsquo;est que le nom des rues ou des places changent régulièrement&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car c&amp;rsquo;est bien l&amp;rsquo;histoire de Niki qui nous est contée, et pas celle de ses maîtres : le passage de la campagne à la ville, la disparition du maître (emprisonné pour n&amp;rsquo;avoir pas compris que le communisme n&amp;rsquo;exclut pas la corruption), et la tristesse qui envahit Niki au fur et à mesure que les années passent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout au plus le narrateur s&amp;rsquo;amuse-t-il à faire des comparaisons entre ce que peut ressentir un chien et un humain&amp;hellip; ce qui ne manque pas de nous faire réfléchir un peu. La censure empêche d&amp;rsquo;écrire certaines choses, mais les métaphores peuvent être encore plus fortes. Les observations sur le comportement animal sont remarquables, tout cela dans un style clair et limpide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, le premier hiver dans la ville est difficile pour Niki, brutalement privée de la liberté qu&amp;rsquo;elle connaissait à la campagne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On lui dictait, avec tendresse et doigté, certes, non seulement ses devoirs, mais aussi ses joies, et la liberté elle-même lui était offerte à heures fixes. Trop jeune, elle avait du mal à prendre le pli d&amp;rsquo;une discipline que même les nerfs de l&amp;rsquo;homme ne tolèrent que si le mécanisme subtil lui en est révélé, si on le lui explique. Mais que dire des contraintes qui demeurent inexpliquées ? Ce n&amp;rsquo;est pas de bon coeur que nous nous résignons à comparer un homme à un chien ; il serait blasphématoire de mettre en parallèle une bête sans âme et un homme aux sentiments sublimes et à la vaste intelligence, mais comment expliquer les dispositions de plus en plus moroses de l&amp;rsquo;ingénieur, sinon précisément par le fait qu&amp;rsquo;il ne recevait aucune explication ? Aucun explication, ni sur son propre sort, ni sur d&amp;rsquo;autres questions qui le préoccupaient — qu&amp;rsquo;on nous passe une expression un peu prétentieuse — pour le compte de ses semblables. Comme à un chien stupide, être inférieur, il lui était impossible de reconnaître les nécessités de l&amp;rsquo;heure parce que rien n&amp;rsquo;était fait pour l&amp;rsquo;éclairer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre extrait pour le plaisir :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;intelligence des bêtes n&amp;rsquo;établit aucune distinction entre le travail et le plaisir, dont l&amp;rsquo;antique untié ne devait rompre que sous la lourde patte de l&amp;rsquo;homme : pour Niki, la chasse au lièvre était donc un travail, devenu jeu ; par contre, la poursuite du caillou lancé — malgré l&amp;rsquo;excitation voluptueuse qu&amp;rsquo;elle faisait naître — un jeu devenu travail. Un jeu qui, peu à peu, comme jadis celui du ballon, tournait à l&amp;rsquo;idée fixe. La chienne ramenait le caillou au logis : elle entendait y poursuivre son travail. Dans la pièce, il y avait des cailloux dans tous les coins. En faisant le ménage, Mme Ancsa avait beau les faire disparaître, le lendemain elle trébuchait encore sur l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;eux que Niki avait caché sous le tapis, ou sorti d&amp;rsquo;une cachette connue d&amp;rsquo;elle seule. Dressée sur ses pattes de derrière comme pour foncer sur une souris cachée, la chienne visait le caillou de ses pattes de devant, sautait sur lui, le prenait entre ses dents et le plaçait triomphalement devant la chaussure de Mme Ancsa. La passion de la chasse obscurcissait à ce point son bon sens qu&amp;rsquo;il lui arriva, un jour que sa maîtresse était étendue sur le divan, de poser le caillou devant les chaussures que Mme Ancsa avait ôtées, et placées dans l&amp;rsquo;autre coin de la pièce, puis de s&amp;rsquo;accroupir à côté, remuant éperdument la queue, les yeux rayonnants de bonheur, prête à foncer au moment même où le soulier  donnerait un coup de pied au caillou.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un excellent roman que l&amp;rsquo;on prend beaucoup de plaisir à lire. On aurait presque envie d&amp;rsquo;adopter un chien !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tibor Déry&lt;/strong&gt; (1894-1977) est un écrivain Hongrois. Membre du parti communiste dans ses jeunes années, il en est exclu en 1953.  Niki parait deux ans plus tard. En 1956, il participe à la révolution, et est emprisonné jusqu&amp;rsquo;en 1960, d&amp;rsquo;où il sortira vieux et fatigué.  C&amp;rsquo;est en 1958 qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;a informé en prison que son chien , qui s&amp;rsquo;appelait également Niki, était mort.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La trilogie Fabio Montale - Jean-Claude Izzo</title>
            <link>https://pled.fr/la-trilogie-fabio-montale-jean-claude-izzo/</link>
            <pubDate>Fri, 20 May 2011 17:41:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-trilogie-fabio-montale-jean-claude-izzo/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La trilogie Fabio Montale - Jean-Claude Izzo&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;trilogieFabioMontale.png#floatleft&#34;&gt; Après la Provence champêtre vue par Jean Giono il y a près d&amp;rsquo;un siècle, on reste dans le sud mais on passe à une ville contemporaine ; et pas n&amp;rsquo;importe quelle ville, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de Marseille ! La ville de Izzo, celle qu&amp;rsquo;il a tant aimé&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fabio Montale est le héros, flic des quartiers nords désabusé (bientôt déclassé) aimant la poésie, le jazz, l&amp;rsquo;alcool et les femmes&amp;hellip; et voyant sa ville qu&amp;rsquo;il connait par cœur se transformer peu à peu, jusqu&amp;rsquo;à perdre son âme. La ville mais pas seulement, notre société aussi, qui ne sait pas où elle va, et où règnent la violence, la corruption, le racisme, la misère&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;Total Khéops&lt;/strong&gt;, son enfance de petit voyou refait surface, nous permettant de connaître son parcours, tout en parlant du milieu Marseillais et de la corruption de la police. &lt;strong&gt;Chourmo&lt;/strong&gt; traite de la misère sociale, de la dérive islamiste de jeunes émigrés paumés, et des manipulations dont ils sont l&amp;rsquo;objet, toujours par les flics et le milieu. &lt;strong&gt;Solea&lt;/strong&gt; annonce l&amp;rsquo;arrivée de la Mafia italienne, se veut très documenté et est finalement assez inquiétant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut se demander comment le rôle de Fabio Montale dans l&amp;rsquo;adaptation télévisée fût confié à Alain Delon ! Les deux personnages ne sont manifestement pas du même bord politique&amp;hellip; à moins que Delon ne soit finalement un très grand acteur ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette trilogie commence, en guise de préface, par une passionnante et inédite biographie de l&amp;rsquo;auteur par Nadia Dhoukar.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel Izzo&lt;/strong&gt; est né à Marseille en 1945 et meurt dans cette même ville en 2000. Fils d&amp;rsquo;émigré, passionné de poésie et de littérature, il adhère au PSU en 1996. En 1968, il est même candidat aux élections législatives de Marseille. Puis il adhère au PCF, devient rédacteur en chef de La Marseillaise (à cette époque un quotidien communiste). Il quittera le parti, préférant l&amp;rsquo;action concrète aux discours lénifiants. À noter qu&amp;rsquo;il vécu un temps à St-Malo, étant l&amp;rsquo;un des animateurs du festival &amp;ldquo;Étonnants voyageurs&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Regain - Jean Giono</title>
            <link>https://pled.fr/regain-jean-giono/</link>
            <pubDate>Sat, 30 Apr 2011 17:58:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/regain-jean-giono/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Regain - Jean Giono&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;regain.png#floatleft&#34;&gt; Troisième et dernier roman de la trilogie de Pan, après &amp;ldquo;Colline&amp;rdquo; puis &amp;ldquo;Un de Baumurges&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;occasion de retrouver une préface de la très chère Anne-Marie Marina-Mediavilla, que je me suis empressé de passer sans la lire, au cas où elle raconterait l&amp;rsquo;histoire comme dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4133&#34;  title=&#34;Article sur Colline&#34;&#xA;    &gt;Colline&lt;/a&gt;. Et comme là aussi, un petit dossier fait suite au roman, on peut se demander l&amp;rsquo;utilité de cette préface.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, ceci dit, on apprend très vite qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un village de Haute-Provence qui perd ses derniers habitants, et vu le titre, on peut rapidement deviner ce qui va se passer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Belle histoire que l&amp;rsquo;on a tout de même un peu de mal à croire, le retour à la terre de nos jours&amp;hellip; même en 1930, date de parution du roman, le dépeuplement était déjà bien avancé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur cette trilogie, ma préférence reste à &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4161&#34;  title=&#34;Article sur \&amp;#34;Un de Baumugnes\&amp;#34;&#34;&#xA;    &gt;Un de Baumugnes&lt;/a&gt;, tant pour l&amp;rsquo;histoire que pour le style.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme pour les deux romans précédents, la nature est présente et personnifiée, avec de puissantes évocations :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les labours d&amp;rsquo;automne ont commencé ce matin. Dès le premier tranchant de l&amp;rsquo;araire, la terre s&amp;rsquo;est mise à fumer. C&amp;rsquo;était comme un feu que l&amp;rsquo;on découvrait là-dessous. Maintenant que voilà déjà six longs sillons alignés côte à côte, il y a au-dessus du champ une vapeur comme d&amp;rsquo;un brasier d&amp;rsquo;herbe. C&amp;rsquo;est monté dans le jour clair et ça s&amp;rsquo;est mis à luire dans le soleil comme une colonne de neige.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le paysan qui laboure, c&amp;rsquo;est &lt;strong&gt;Panturle&lt;/strong&gt;, une force de la nature (!), chasseur devenu laboureur pour les beaux yeux d&amp;rsquo;une femme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est debout devant ses champs. Il a ses grands pantalons de velours brun, à côtes ; il semble vêtu avec un morceau de ses labours. Les bras le long du corps, il ne bouge pas. Il a gagné : c&amp;rsquo;est fini.&#xA;Il est solidement enfoncé dans la terre comme une colonne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Assez bizarrement, on passera de l&amp;rsquo;automne au printemps, les rigueurs de l&amp;rsquo;hiver dans le village imaginaire d&amp;rsquo;Aubignane auraient sans doute découragé même le lecteur d&amp;rsquo;y croire seulement un peu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Giono&#34;  title=&#34;Jean Giono sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean Giono&lt;/a&gt; (1865-1970) a un parcours qui force le respect. Dans les tranchées de la guerre 14-18, il fera partie des 11 survivants de sa compagnie ; puis il participera aux combats du chemin des Dames et à la bataille de la Somme ; en 1918, il est légèrement gazé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1939, il est à nouveau mobilisé mais sera emprisonné pour ses écrits pacifistes (&amp;ldquo;Refus d&amp;rsquo;obéissance&amp;rdquo;). A la fin de la guerre, bien qu&amp;rsquo;il ait hébergé et cachés juifs et résistants, il est injustement accusé de collaboration et à nouveau emprisonné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Élu membre de l&amp;rsquo;Académie Goncourt en 1954, il compte parmi les plus grands écrivains français du XXe siècle, mais resta néanmoins en marge des courants de la littérature de son temps. Humaniste, son œuvre est influencée par les auteurs de l&amp;rsquo;antiquité qu&amp;rsquo;il découvre très tôt : à cette époque, les livres des grands auteurs contemporains coûtaient 3, 50 F.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;tandis qu&amp;rsquo;Aristophane, Eschyle, Sophocle, Théocrite, Homère, Virgile ne coûtaient que 0, 95 F. dans la collection Garnier. Voilà la raison qui a présidé à la confection de ma bibliothèque d&amp;rsquo;adolescent. Voilà les livres dont j&amp;rsquo;ai subi l&amp;rsquo;influence à l&amp;rsquo;époque où les impressions se gravent profondément dans les âmes sensibles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écrit-il dans son journal&amp;hellip; La pauvreté à de bons côtés parfois. Son roman le plus connu est sans doute &amp;ldquo;Le Hussard sur le toit&amp;rdquo;, porté à l&amp;rsquo;écran en 1995 par Jan-Paul Rappeneau.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un de Baumugnes - Jean Giono</title>
            <link>https://pled.fr/un-de-baumugnes-jean-giono/</link>
            <pubDate>Sun, 10 Apr 2011 15:11:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-de-baumugnes-jean-giono/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Un de Baumugnes - Jean Giono&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;baumugnes-giono.png#floatleft&#34;&gt; Après &amp;ldquo;Colline&amp;rdquo;, il était logique que j&amp;rsquo;enchaîne sur &amp;ldquo;Un des Baumugnes&amp;rdquo;, le deuxième opus de la trilogie de Pan de Jean Giono&amp;hellip; d&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;on m&amp;rsquo;a offert les trois !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé celui-ci, j&amp;rsquo;ai trouvé le style plus abouti : c&amp;rsquo;est Amédée, un vieux journalier qui nous raconte l&amp;rsquo;histoire, et Giono l&amp;rsquo;écrit comme Amédée parle&amp;hellip; ça m&amp;rsquo;a fait penser à Céline dans &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2211&#34;  title=&#34;article sur Céline - Mort à crédit&#34;&#xA;    &gt;Mort à crédit&lt;/a&gt;. Pas d&amp;rsquo;argot parisien ici, mais du patois provençal&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en tout cas parfaitement réussi, et on est très vite accroché par cette histoire d&amp;rsquo;amitié entre Amédée et Albin, jeune journalier descendu de son village de Baumugnes, et tombé amoureux d&amp;rsquo;une jeune fille. Le vieil Amédée, avec tout le recul qu&amp;rsquo;il a sur la vie, va l&amp;rsquo;aider à retrouver la belle. Il va aider Albin&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;hellip; du mieux que je pouvais pour me guérir de cette sacrée maladie qui me fait souffrir du mal des autres&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais pas seulement Albin, car Amédée éprouve de l&amp;rsquo;empathie pour ses semblables, et nous le dit à travers ses propres mots. C&amp;rsquo;est un plaisir de l&amp;rsquo;écouter nous parler de la vie de ces ouvriers agricoles qui passaient de ferme en ferme, dur au travail, connaissant la nature&amp;hellip; et la vie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous autres, il n&amp;rsquo;y a rien de plus bohémien que nous. Dix jours avant, j&amp;rsquo;étais à Peyruis, dans une baraque, seul valet, un peu mon maître ; peu de travail, bonne table, et puis, la maîtresse c&amp;rsquo;était une bonne femme chaude ; enfin, coq en pâte. Pour un oui, pour un non, je lâche tout et le descends. J&amp;rsquo;arrive à Marigrate. Ils étaient tous à suer sur les aires.&#xA;- Eh, j&amp;rsquo;y dis, vous prenez du monde ?&#xA;- Des fois.&#xA;- Des fois, ça peut être ce coup-ci ?&#xA;- Amène-toi.&#xA;Et me voilà engagé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois aussi, la nature est très présente (tout se passe à la campagne), mais plus encore la vie toute entière : attendez de voir ce qui se passe quand Albin joue de l&amp;rsquo;harmonica&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Giono&#34;  title=&#34;Jean Giono sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean Giono&lt;/a&gt; (1865-1970) a un parcours qui force le respect. Dans les tranchées de la guerre 14-18, il fera partie des 11 survivants de sa compagnie ; puis il participera aux combats du chemin des Dames et à la bataille de la Somme ; en 1918, il est légèrement gazé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1939, il est à nouveau mobilisé mais sera emprisonné pour ses écrits pacifistes (&amp;ldquo;Refus d&amp;rsquo;obéissance&amp;rdquo;). A la fin de la guerre, bien qu&amp;rsquo;il ait hébergé et cachés juifs et résistants, il est injustement accusé de collaboration et à nouveau emprisonné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Élu membre de l&amp;rsquo;Académie Goncourt en 1954, il compte parmi les plus grands écrivains français du XXe siècle, mais resta néanmoins en marge des courants de la littérature de son temps. Humaniste, son œuvre est influencée par les auteurs de l&amp;rsquo;antiquité qu&amp;rsquo;il découvre très tôt : à cette époque, les livres des grands auteurs contemporains coûtaient 3, 50 F.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;tandis qu&amp;rsquo;Aristophane, Eschyle, Sophocle, Théocrite, Homère, Virgile ne coûtaient que 0, 95 F. dans la collection Garnier. Voilà la raison qui a présidé à la confection de ma bibliothèque d&amp;rsquo;adolescent. Voilà les livres dont j&amp;rsquo;ai subi l&amp;rsquo;influence à l&amp;rsquo;époque où les impressions se gravent profondément dans les âmes sensibles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écrit-il dans son journal&amp;hellip; La pauvreté à de bons côtés parfois. Son roman le plus connu est sans doute &amp;ldquo;Le Hussard sur le toit&amp;rdquo;, porté à l&amp;rsquo;écran en 1995 par Jan-Paul Rappeneau.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Colline - Jean Giono</title>
            <link>https://pled.fr/colline-jean-giono/</link>
            <pubDate>Sat, 02 Apr 2011 15:11:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/colline-jean-giono/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Colline - Jean Giono&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;colline-giono.png#floatleft&#34;&gt; Premier livre de la « trilogie de Pan », c&amp;rsquo;est aussi le premier roman de Jean Giono, qui lui permettra d&amp;rsquo;arrêter son activité salariée et de vivre de son écriture. Heureux homme ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Première précaution à prendre : passer la préface (15 pages) d&amp;rsquo;Anne-Marie Marina-Mediavilla, qui dès les premières lignes nous fait gracieusement &lt;em&gt;l&amp;rsquo;inventaire de ce qui nous est raconté&lt;/em&gt; sous le prétexte de &lt;em&gt;l&amp;rsquo;extrême simplicité de l&amp;rsquo;intrigue&lt;/em&gt;. Elle préfère nous parler du dieu Pan, de la mythologie, et de la façon dont Giono l&amp;rsquo;a intégré au roman : c&amp;rsquo;est tellement plus intéressant, vous comprenez ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À lire après le roman donc&amp;hellip; celui-ci étant assez court (une centaine de pages), il est du reste suivi d&amp;rsquo;un dossier (25 pages) également réalisé par Anne -Marie, au cas où vous n&amp;rsquo;auriez pas encore compris comment pensent et parlent les paysans (oui, oui, ils parlent, mais pas comme nous&amp;hellip;). Bon, j&amp;rsquo;exagère un peu, mais ces préfaces qui racontent l&amp;rsquo;histoire, ça me motive !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire donc, sans rien dévoiler : bien sûr, nous sommes en Provence, Giono y passera l&amp;rsquo;essentiel de sa vie, au point de se surnommer &amp;ldquo;le voyageur immobile&amp;rdquo;. Les Bastides Blanches, ce sont quatre maisons isolées sur une colline, où vivent autant de familles de paysans. La nature est forcément présente, et il va se passer des choses, somme toute normales. Là où cela devient intéressant , c&amp;rsquo;est comment ces faits naturels vont être interprétées par les-dit paysans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La nature est personnifiée, et représente une force mystérieuse&amp;hellip; La façon dont il décrit l&amp;rsquo;incendie comme une bête l&amp;rsquo;illustre bien :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Depuis elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes, son ventre de flammes suit ; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance. Un coup de griffe à droite, un à gauche ; ici elle éventre une chênaie ; là elle dévore d&amp;rsquo;un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pompoms de pins ; le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction. On dirait qu&amp;rsquo;elle sait où elle va.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si ces croyances anciennes peuvent sembler un peu décalées dans notre monde contemporain, elles ont le mérite de remettre l&amp;rsquo;homme à sa place : il fait partie intégrante de la nature, et ne peut y faire ce qu&amp;rsquo;il veut.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus, Giono sait y faire, et raconte l&amp;rsquo;histoire avec le vocabulaire des gens du coin. Je dois dire que je n&amp;rsquo;ai pas toujours trouvé le style très fluide, mais c&amp;rsquo;est un premier roman et il reste très agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Giono&#34;  title=&#34;Jean Giono sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean Giono&lt;/a&gt; (1865-1970) a un parcours qui force le respect. Dans les tranchées de la guerre 14-18, il fera partie des 11 survivants de sa compagnie ; puis il participera aux combats du chemin des Dames et à la bataille de la Somme ; en 1918, il est légèrement gazé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1939, il est à nouveau mobilisé mais sera emprisonné pour ses écrits pacifistes (&amp;ldquo;Refus d&amp;rsquo;obéissance&amp;rdquo;). A la fin de la guerre, bien qu&amp;rsquo;il ait hébergé et cachés juifs et résistants, il est injustement accusé de collaboration et à nouveau emprisonné.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Élu membre de l&amp;rsquo;Académie Goncourt en 1954, il compte parmi les plus grands écrivains français du XXe siècle, mais resta néanmoins en marge des courants de la littérature de son temps. Humaniste, son œuvre est influencée par les auteurs de l&amp;rsquo;antiquité qu&amp;rsquo;il découvre très tôt : à cette époque, les livres des grands auteurs contemporains coûtaient 3, 50 F.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;tandis qu&amp;rsquo;Aristophane, Eschyle, Sophocle, Théocrite, Homère, Virgile ne coûtaient que 0, 95 F. dans la collection Garnier. Voilà la raison qui a présidé à la confection de ma bibliothèque d&amp;rsquo;adolescent. Voilà les livres dont j&amp;rsquo;ai subi l&amp;rsquo;influence à l&amp;rsquo;époque où les impressions se gravent profondément dans les âmes sensibles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Écrit-il dans son journal&amp;hellip; La pauvreté à de bons côtés parfois. Son roman le plus connu est sans doute &amp;ldquo;Le Hussard sur le toit&amp;rdquo;, porté à l&amp;rsquo;écran en 1995 par Jan-Paul Rappeneau.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Du vrai, du beau, du bien - Jean-Pierre Changeux</title>
            <link>https://pled.fr/du-vrai-du-beau-du-bien-jean-pierre-changeux-2/</link>
            <pubDate>Thu, 17 Mar 2011 11:38:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/du-vrai-du-beau-du-bien-jean-pierre-changeux-2/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Du vrai, du beau, du bien - Jean-Pierre Changeux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;changeux.png#floatleft&#34;&gt; En 1984, j&amp;rsquo;avais lu « L&amp;rsquo;homme neuronal » du même auteur, et ça m&amp;rsquo;avait bien plu : les explications sur le fonctionnement de notre système nerveux, la complexité de notre cerveau avec ses milliards de neurones qui échangent de l&amp;rsquo;information grâce aux synapses (électrique ou chimique), les objets mentaux, l&amp;rsquo;organisation de la mémoire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même si c&amp;rsquo;était un peu compliqué à lire, on y apprenait beaucoup. Cela avait aussi le mérite d&amp;rsquo;une approche scientifique (matérialiste), et renvoyait mine de rien les superstitions de toutes sortes au placard, ce qui n&amp;rsquo;était pas pour me déplaire&amp;hellip; j&amp;rsquo;avais déjà passé ma période mystique ! ;-) .&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La science commençait à s&amp;rsquo;occuper de ce qui se passe dans notre tête : philosophie, sociologie, chimie, biologie, neurologie&amp;hellip; toutes ces disciplines se retrouvaient soudainement liées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, pour ce dernier ouvrage, je peux dire que je n&amp;rsquo;ai à peu près rien compris&amp;hellip; Je ne sais pas quel niveau il faut avoir pour comprendre tout ce qui y est expliqué, mais il est élevé : si vous n&amp;rsquo;êtes pas familier avec tout le vocabulaire spécialisé de ces domaines, c&amp;rsquo;est plutôt mal parti, car beaucoup de choses sont considérées comme acquises.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Des chapitres entiers sur les neurotransmetteurs, la chimie du cerveau, les mécanismes cellulaires sont proprement incompréhensibles au pauvre béotien que je suis. Il y a bien des illustrations qui parsèment le livre et qui auraient pu aider à la compréhension, mais elles sont tout aussi absconses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est dommage, Jean-Pierre Changeux y résume ses connaissances (trente années d&amp;rsquo;enseignement au Collège de France) mais ce livre n&amp;rsquo;est manifestement pas destiné à vulgariser celles-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyons voir ce que j&amp;rsquo;en ai tout de même retenu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première moitié reste cependant intéressante et à peu près abordable : il y aborde la philosophie et son histoire, et ses différentes représentations du monde. Conception naturaliste au début, les atomistes, tout cela débouchant sur la matérialité de l&amp;rsquo;âme; puis la raison de Platon (mais pour qui, partisan d&amp;rsquo;une finalité de la nature, l&amp;rsquo;âme est immatérielle), qui a le mérite d&amp;rsquo;amener une approche scientifique de la connaissance. Puis vient Darwin bien sûr, et tout ce qui s&amp;rsquo;en est suivi (les Lumières, etc&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il parle de l&amp;rsquo;art, et de la &lt;strong&gt;neuroesthétique&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;l&amp;rsquo;étude des bases neurales de la contemplation des œuvres d&amp;rsquo;art et de leur création&lt;/em&gt;. Après avoir revu le fonctionnement de l&amp;rsquo;oeil, la perception de la lumière, des formes, des couleurs, et même l&amp;rsquo;empathie (échange d&amp;rsquo;un contenu émotionnel), tout cela agrémenté de résultats d&amp;rsquo;expériences scientifiques passionnantes, il conclue :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans ce cadre, l&amp;rsquo;art devient un modèle de communication sociale qui crée une tension imprévue entre un réel contraignant et désirs et utopies de l&amp;rsquo;homme en société. L&amp;rsquo;art incite à un rêve partagé plausible et réconciliateur entre l&amp;rsquo;artiste et les spectateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait l&amp;rsquo;artiste est celui qui réussit à exprimer (parfois dans la douleur) une chose enfouie au plus profond de lui&amp;hellip; et peut-être également de nous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une autre partie sur l&amp;rsquo;apprentissage du langage, l&amp;rsquo;évolution de l&amp;rsquo;écriture au fil des civilisations, et de ce que cela implique sur notre développement cérébral est également passionnante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourtant, une approche purement génétique n&amp;rsquo;est sans doute pas la bonne : le développement du cerveau lui-même est darwinien, évolutionniste, avec des phases de développement où les connections synaptiques sont diffuses et abondantes dans un premier temps, puis deviennent moins nombreuses, cohérentes et organisées (« épigénèse par stabilisation sélective des synapses »).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À chaque activité mentale correspond des échanges entre neurones, des zones de notre cerveau sont activées et échangent également entre elles. Si elles sont absentes pour une raison ou pour une autre, il peut en résulter des comportements sociaux altérés (autisme, schizophrénie, et même tueur en série).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais une fois ceci démontré, on se pose tout de même la question : et après ? chaque découverte ne fait finalement que soulever d&amp;rsquo;autres questions, et la complexité de s&amp;rsquo;accroitre par la même occasion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le développement de notre cerveau est long et complexe, et pourtant notre séquence génétique n&amp;rsquo;est pas si éloignée de celle d&amp;rsquo;organismes beaucoup moins évolués. En d&amp;rsquo;autres termes, peu de différence au départ résulte en une complexité incroyable. Comment l&amp;rsquo;expliquer ? Il n&amp;rsquo;y a pas encore de réponse à ce genre de question, et il faudra attendre longtemps&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour revenir aux trois questions fondamentales de Platon, titre du livre, JP Changeux conclue ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le Beau serait ainsi véhiculé sous la forme de synthèses singulières et harmonieuses entre émotion et raison qui renforcent le lien social ; le Bien consisterait en la poursuite d&amp;rsquo;une vie heureuse de chacun avec les autres dans la société ; enfin, le Vrai serait la recherche incessante de vérités objectives, rationnelles, universelles et cumulatives, avec constante remise en question critique et progrès des connaissances ainsi engendrées.&#xA;Mais quel est le sens ou l&amp;rsquo;usage de tout cela ?&#xA;Pour y répondre, je mentionnerai un texte de 1972 de René Cassin, prix Nobel de la paix, auquel je suis très attaché, où celui-ci soulignait la « part immense de la science dans la conception, le développement et le respect pratique des droits de l&amp;rsquo;homme ». Cassin reconnaissait que les inventions pratiques  de l&amp;rsquo;industrie humaine, ainsi que les développements de la médecine rationnelle, de la Grèce antique jusqu&amp;rsquo;aux biotechnologies contemporaines, ont directement contribué à alléger la peine des hommes. Depuis la Renaissance, l&amp;rsquo;aspiration à la liberté d&amp;rsquo;examen (notamment la liberté de croyance) va de pair avec l&amp;rsquo;épanouissement de la liberté d&amp;rsquo;expression, intrinsèque à la pensée créatrice de la science. Le développement de la science a entraîné, mais indirectement, la reconnaissance progressive des droits de l&amp;rsquo;homme.&#xA;Aujourd&amp;rsquo;hui, le progrès fulgurant de la neuroscience permet de franchir une étape de plus. Une meilleure connaissance de l&amp;rsquo;homme et de l&amp;rsquo;humanité permet de « valoriser la diversité des expériences personnelles, la richesse des différentes cultures, la multiplicité de leurs conceptions du monde ». Ce savoir doit « favoriser la tolérance et le respect mutuel sur la base d&amp;rsquo;une reconnaissance d&amp;rsquo;autrui comme un autre soi-même appartenant à une même espèce sociale issue de l&amp;rsquo;évolution des espèces ».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le voit, un vibrant plébiscite de la science et de ce qu&amp;rsquo;elle apporte à l&amp;rsquo;homme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aurais aimé un autre livre : garder toute la partie historique (philosophie, civilisation, langage, écriture) et les explications scientifiques de base, les dernières connaissances acquises et les nouvelles voies qui s&amp;rsquo;ouvrent, enfin une mise en perspective avec les défis dans le monde d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;mise-à-jour-19-mars&#34;&gt;Mise à jour 19 mars&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;A mettre en perspective avec une émission de Répliques sur France Culture entendue ce matin : &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.franceculture.com/emission-repliques-l-enjeu-des-nanotechnologies-2011-03-19.html&#34;  title=&#34;France Culture - L&amp;#39;enjeu des nanotechnologies&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;enjeu des nanotechnologies&lt;/a&gt;. La science devient tellement complexe que le simple citoyen n&amp;rsquo;y comprend plus rien (comme à ce livre), et n&amp;rsquo;a plus qu&amp;rsquo;à retourner à la croyance ! Dans quelle mesure peut-on parler de démocratie dans ce cas ? La science en elle-même n&amp;rsquo;y est sans doute pour rien, mais ce que l&amp;rsquo;on en fait. Et qui décide de son évolution finalement ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Jean-Pierre_Changeux&#34;  title=&#34;Jean-Pierre Changeux sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jean-Pierre Changeux&lt;/a&gt; (1936) est un neurobiologiste français connu pour sa recherche dans plusieurs domaines de la biologie et pour ses idées concernant la relation entre l&amp;rsquo;esprit et le cerveau. Il est membre de l&amp;rsquo;Académie des sciences depuis 1986.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Gouffre, et autres récits - Andreïev</title>
            <link>https://pled.fr/le-gouffre-et-autres-recits-andreiev/</link>
            <pubDate>Mon, 31 Jan 2011 18:58:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-gouffre-et-autres-recits-andreiev/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le gouffre - Andreïev&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;legouffre-andreiev.png#floatleft&#34;&gt; Ce recueil de nouvelles m&amp;rsquo;a été conseillé par le libraire de Puteaux, admirateur de la littérature russe, et enthousiaste sur Andreïev et les personnages qu&amp;rsquo;il met en scène. Comme pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=3468&#34;  title=&#34;article sur Un héros de notre temps de Lermontov&#34;&#xA;    &gt;Lermontov&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai éprouvé un grand plaisir à lire ces histoires. L&amp;rsquo;écriture est magnifique, fluide et précise : ce doit être lié aux écrivains russes&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Gouffre est le premier volume de l&amp;rsquo;édition intégrale de ses récits : les premières nouvelles sont certainement autobiographiques (souvenirs d&amp;rsquo;école, d&amp;rsquo;enfance) et les personnages souvent hauts en couleurs sont décrits avec une véritable tendresse. J&amp;rsquo;étais bien accroché&amp;hellip; mais voilà, le côté innocent des récits de jeunesse ne va pas durer. Voilà ce que déclarait Andreïev en 1891, âgé de 20 ans :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je veux prouver qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est en ce monde ni vérité, ni beauté, ni bonheur fondé sur la vérité, ni liberté, ni égalité — il n&amp;rsquo;y en a  pas et il n&amp;rsquo;y en aura jamais. [&amp;hellip;] Je veux montrer l&amp;rsquo;inconsistance de ces fictions sur lesquelles l&amp;rsquo;homme s&amp;rsquo;est appuyé jusqu&amp;rsquo;à aujourd&amp;rsquo;hui : Dieu, la morale, l&amp;rsquo;au-delà, l&amp;rsquo;immortalité de l&amp;rsquo;âme, le bonheur humain, etc. Je veux être l&amp;rsquo;apôtre de l&amp;rsquo;auto-anéantissement. [&amp;hellip;] Je veux, dans mon livre, agir sur la raison, les sentiments, les nerfs de l&amp;rsquo;homme, sur toute sa nature animale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et très vite, les nouvelles vont s&amp;rsquo;assombrir : si le style est toujours majestueux, et les descriptions de la nature toujours somptueuses, presque romantiques&amp;hellip; le destin des personnages laisse effectivement peu de place à un réel espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Le Gouffre&amp;rdquo;, la nouvelle qui sert de titre au recueil, est situé à la page 435, tout près de la fin du livre&amp;hellip; c&amp;rsquo;est sans aucun doute la plus noire.  J&amp;rsquo;ai bien aimé &amp;ldquo;L&amp;rsquo;histoire de Sergueï Pétrovitch&amp;rdquo;, celle d&amp;rsquo;un jeune étudiant passionné par la doctrine de Nietzsche, mais qui finira par se suicider&amp;hellip; &amp;ldquo;Le mur&amp;rdquo; ferait presque frissonner&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc eu un peu plus de mal sur la deuxième partie du livre, d&amp;rsquo;autant que les descriptions de la nature, pour être toujours très belles, m&amp;rsquo;ont semblé un peu répétitives, comme si l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;y accrochait désespérément comme à la seule chose lumineuse dans la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Leonid_Andreiev&#34;  title=&#34;Léonid Andreïev sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Léonid Andreïev&lt;/a&gt; (1871-1919) est un écrivain et dramaturge russe, profondément marqué par Schopenhauer et Nietzsche. Il connait le succès puis sombre dans l&amp;rsquo;oubli ; il meurt des suites d&amp;rsquo;une tentative de suicide raté quelques années auparavant. On doit son arrivée en France à Laurent Terzieff qui monta la pièce &amp;ldquo;La Pensée&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Oasis interdites - Ella Maillart</title>
            <link>https://pled.fr/oasis-interdites-ella-maillart/</link>
            <pubDate>Sat, 22 Jan 2011 11:05:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/oasis-interdites-ella-maillart/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Oasis interdites - Ella Maillart&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ella-maillart.png#floatleft&#34;&gt; Encore un très bon bouquin dans cette collection Petite Bibliothèque Payot/Voyageurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1935, le Sinkiang (le Turkestan chinois, berceau d&amp;rsquo;une vieille culture iranienne, situé au nord du Tibet) est en plein soulèvement, et trois ou quatre factions se combattent, encouragées par l&amp;rsquo;URSS, l&amp;rsquo;Angleterre, voire le Japon&amp;hellip; sans oublier le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Kuomintang&#34;  title=&#34;Le Kuomintang sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kuomintang&lt;/a&gt; chinois qui les combat toutes&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ella Maillart se trouve alors à Pékin, et entreprend, accompagnée de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Peter_Fleming&#34;  title=&#34;Peter Fleming sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Peter Fleming&lt;/a&gt;, un voyage incertain, où il s&amp;rsquo;agit de traverser toute la Chine d&amp;rsquo;est en ouest jusqu&amp;rsquo;à cette province du Sinkiang, puis de rejoindre le Cachemire indien par les cols muletiers du Pamir et du Karakoram. Évidemment, il est impossible d&amp;rsquo;obtenir un visa, et tout étranger est normalement refoulé vers la côte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce voyage (qui dura sept mois) qu&amp;rsquo;elle nous fait partager dans ce livre, et d&amp;rsquo;une belle et simple manière. Comme le dit &lt;strong&gt;Nicolas Bouvier&lt;/strong&gt; (auteur du magnifique &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2009&#34;  title=&#34;article sur L&amp;#39;usage du monde de Nicolas Bouvier&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;usage du monde&lt;/a&gt;) dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La fraîcheur saisissante de l&amp;rsquo;observation, une langue extrêmement précise, enfin une philosophie du voyage qui permet à l&amp;rsquo;auteur de vivre son aventure sans trop vouloir la gouverner, remplacent avec avantage la &amp;ldquo;prétention de faire une œuvre littéraire&amp;rdquo; et me confirment dans l&amp;rsquo;idée qu&amp;rsquo;on a souvent plus de profit à lire les voyageurs qui écrivent que les écrivains qui voyagent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On ne peut mieux dire, et Ella va nous narrer son voyage au quotidien : les difficultés rencontrées, les coups de chance et de malchance, les longues marches éprouvantes, sans oublier le contexte géographique et politique des régions traversées, tous les deux bien souvent troublés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de son petit cheval Slalom, incapable d&amp;rsquo;avancer tellement il est devenu faible et qu&amp;rsquo;elle doit abandonner en espérant que la luzerne repoussera avant qu&amp;rsquo;il ne meure, est particulièrement touchante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme d&amp;rsquo;habitude, quelques extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le plaisir du départ pour une longue marche :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis toute à la curiosité de cet avenir incertain, au sentiment d&amp;rsquo;être délivrée désormais des obstacles des hommes ; toute à la joie de sentir que chaque jour, maintenant, sera neuf, et qu&amp;rsquo;aucun ne se présentera deux fois ; toute à mon application de n&amp;rsquo;observer plus qu&amp;rsquo;une seule règle : celle de marcher droit devant moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vie des nomades :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Notre état d&amp;rsquo;esprit est très différent : Peter découvre avec émerveillement la vie des nomades, vie vieille comme le monde&amp;hellip; Il est tout aux joies de l&amp;rsquo;initiation. Moi, au contraire, je retrouve une partie de mon passé et je continue en quelque sorte le voyage commencé au Turkestan russe ; je connais déjà l&amp;rsquo;odeur des chameaux, leur haleine fétide quand ils ruminent, je sais la halte au point d&amp;rsquo;eau, la collecte du crottin pour le feu et les joies que procure le thé bouillant ; je n&amp;rsquo;ignore pas la recherche des bêtes égarées à la poursuite de leur pâture, ni le silence des nuits où les yeux brûlent d&amp;rsquo;avoir trop regardé dans le vent. J&amp;rsquo;aime cette vie primitive où je retrouve la faim qui transforme en joie chaque morceau mis sous la dent, la saine fatigue, qui fait du sommeil une volupté incomparable, et le désir d&amp;rsquo;avancer que chaque pas réalise.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le temps de penser :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;avais quelques idées que je cherchais à développer, par exemple la perte de temps que représentait notre voyage, ou qui d&amp;rsquo;un Mongol ou d&amp;rsquo;un ouvrier parisien avait la vie la plus enviable, ou la valeur relative de nos civilisations. Mais j&amp;rsquo;étais incapable de raisonner, ma tête fonctionnait mal, et cette constatation m&amp;rsquo;attristait. Je me disais qu&amp;rsquo;un être intelligent devait pouvoir utiliser son cerveau au Tsaidam aussi bien que chez lui ou qu&amp;rsquo;en prison : combien de fois en Europe n&amp;rsquo;avais-je pas maudit la vie bousculée qui m&amp;rsquo;empêchait de penser. Et maintenant seules les préoccupations de la vie matérielle comptaient pour moi !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le système chinois :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Avant de nous quitter, Li nous apprend que le prince a fait interdire à tous les propriétaires de nous vendre des chameaux. Il veut sans doute nous forcer à revenir chez lui : les anciens ont dû lui faire comprendre l&amp;rsquo;erreur commise en rompant une rare occasion de nous soutirer de beaux dollars. En effet, tous les Mongols ont besoin d&amp;rsquo;argent pour payer à Sining l&amp;rsquo;intérêt de l&amp;rsquo;impôt en retard, et comme ils l&amp;rsquo;ont rarement, ce renard de Ma Chin Té l&amp;rsquo;avance pour eux au gouverneur qui, comme par hasard, se trouve être son gendre. Ma récupère l&amp;rsquo;intérêt usuraire de son argent en envoyant ses agents s&amp;rsquo;emparer des plus beaux moutons des Mongols. Les autres marchands, d&amp;rsquo;ailleurs, ont fait de même, et les Mongols, après avoir troqué leur laine contre un poids égal de farine, marché où ils sont largement volés, n&amp;rsquo;ont plus qu&amp;rsquo;à s&amp;rsquo;endetter. Il est admis qu&amp;rsquo;un dollar de marchandise équivaut à un mouton ; mais comme ce dollar ne sera pas versé, l&amp;rsquo;année suivante le marchand se remboursera intérêts et capital en prenant deux moutons pour chaque dollar versé. Exemple typique du système de pénétration cher à la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette manière d&amp;rsquo;agir explique l&amp;rsquo;assassinat de ces deux marchands chinois et l&amp;rsquo;empressement avec lequel la Mongolie extérieure s&amp;rsquo;est détachée de la Chine en 1911. Ainsi, jusqu&amp;rsquo;au fond de l&amp;rsquo;Asie, où je croyais joindre enfin des hommes pauvres mais libres, je trouve un esclavage économique et un antagonisme nationnal aussi âpre qu&amp;rsquo;en quelque partie que ce soit du monde d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui. À Pékin, les étudiants se soulèvent contre le Japon ; à Sian, les troupes gouvernementales de Nankin risquent leur vie contre le &amp;ldquo;communisme&amp;rdquo; ; au Kansou, les révoltes des Dounganes mettent périodiquement la Chine du Nord-Ouest à feu et à sang ; ici, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;exploitation des Mongols par les Chinois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Arrivée au Turkestan :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Voici tout à coup, au sommet d&amp;rsquo;une colline, cinq ou six piquets où des queues de Yak se balancent au vent : je reconnais du premier coup d&amp;rsquo;œil la tombe de Turkis musulmans, et l&amp;rsquo;on devine mon émotion : c&amp;rsquo;est le Turkestan. Tout auprès, un cube de terre séchée abrite un four à pain&amp;hellip; Du pain ! Que ne donnerais-je pour qu&amp;rsquo;il remplace notre vieux biscuit durci. Mais les Turkis ont quitté la vallée après les troubles récents, et c&amp;rsquo;est le désert qui nous accueille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes au bord d&amp;rsquo;un nouveau versant de l&amp;rsquo;Asie, avec de nouvelles mœurs et de nouvelles races ; Les cadavres n&amp;rsquo;y seront plus abandonnés aux oiseaux de proie comme ceux des Mongols, la farine sera cuite au four au lieu d&amp;rsquo;être mélangée au thé, les prières monteront vers l&amp;rsquo;invisible Allah au lieu d&amp;rsquo;être marmonnées devant les bouddhas de terre cuite. Une simple tombe, et je sentais s&amp;rsquo;effacer derrière moi la Mongolie, le monde jaune où je venais de vivre de si longs mois.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La mort d&amp;rsquo;un chameau :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le vieux chameau vient de s&amp;rsquo;accroupir encore, mais cette fois, malgré les coups, il ne se relèvera pas. Figé, perdu dans ses pensées lointaines, il semble regarder vers l&amp;rsquo;autre monde. Comme il ne porte plus de charge, il ne reste que le bât à sauver et la cheville qui tracerse son nez. Assa Khan s&amp;rsquo;en empare et continue sa route comme si de rien n&amp;rsquo;était.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;essaie d&amp;rsquo;imaginer que je suis comme lui un vieux chamelier fataliste : somme toute, nous avons vu jusqu&amp;rsquo;ici tant de carcasses le long des routes fréquentées, que je me demande pourquoi nous aussi, nous ne perdrions pas une fois un chameau ? Derrière nous, l&amp;rsquo;abandonné devient de plus en plus petit, jusqu&amp;rsquo;à n&amp;rsquo;être plus qu&amp;rsquo;un point parmi les rares boutourgas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quoiqu&amp;rsquo;un geste de Tokht&amp;rsquo;Ahoun ait semblé dire que tout était fini, la bête n&amp;rsquo;a pas été achevée. Un animal &amp;ldquo;jeté sur le gobi&amp;rdquo;, comme disent les caravaniers, peut être sauvé par un miracle ; si on le tuait, son âme troublée suivrait les autres chameaux et leur porterait malchance. Et les chameliers mettent un point d&amp;rsquo;honneur à perdre un chameau avec désinvolture : s&amp;rsquo;ils laissaient voir combien ils sont attachés à la bête, une puissance maléfique s&amp;rsquo;attaquerait au reste de la caravane, comme le dit Lattimore.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le bonheur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La chance nous aidant, nous avons réussi. Et la réussite de cette traversée restera sans rivale dans mon expérience. En effet, l&amp;rsquo;Asie est unique, et pour moi qui aime surtout les vieux pays primitifs, il n&amp;rsquo;y a pas de continent qui lui soit comparable. Le bonheur le voilà : cette ivresse que crée un instant d&amp;rsquo;équilibre entre un passé qui nous satisfait et un avenir immédiat riche de promesses. Il y a un accueil que je prévois incomparable dans une maison amie, un mois de grandes vacances à passer dans l&amp;rsquo;Himalaya — et pas encore de soucis. Un fou rire de gamine s&amp;rsquo;empare de moi tandis que je bourre les côtes de Peter de coups de coude, incapable d&amp;rsquo;exprimer autrement la joie qui bouillonne en moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle a su par la suite trouver les mots pour l&amp;rsquo;écrire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres livres d&amp;rsquo;Ella Maillart sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12625&#34; &gt;Croisières et caravanes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=12091&#34; &gt;Des monts Célestes aux sables Rouges&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=4502&#34; &gt;La voie cruelle&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=15228&#34; &gt;Ti-Puss&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/wiki/Ella_Maillart&#34;  title=&#34;Ella Maillart sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ella Maillart&lt;/a&gt; (1903-1997), de nationalité suisse, est une voyageuse, écrivain et photographe. Ce même voyage est également retracé par Peter Fleming dans son livre &lt;em&gt;Courrier de Tartarie&lt;/em&gt;. En 1939, elle fera la route de Genève à Kaboul à bord d&amp;rsquo;une Ford, en compagnie de Annemarie Schwarzenbach qu&amp;rsquo;elle essaie de libérer de la drogue : c&amp;rsquo;est le roman &lt;em&gt;La voie cruelle&lt;/em&gt;, que j&amp;rsquo;ai mis sur ma liste !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les chiens ont soif - Normand Baillargeon</title>
            <link>https://pled.fr/les-chiens-ont-soif-normand-baillargeon/</link>
            <pubDate>Sun, 26 Dec 2010 18:00:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-chiens-ont-soif-normand-baillargeon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les chiens ont soif - Normand Baillargeon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leschiensontsoif.png#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=916&#34;  title=&#34;article sur \&amp;#34;Petit traité d&amp;#39;auto-défense intellectuelle\&amp;#34; de Normand Baillargeon&#34;&#xA;    &gt;Petit cours d&amp;rsquo;auto-défense intellectuelle&lt;/a&gt;&amp;rdquo; du même auteur, je me suis empressé de prendre celui-ci. Si le premier nous apprenait à développer notre pensée critique de manière très plaisante, celui-ci (paru antérieurement) est plutôt une critique de notre société ainsi qu&amp;rsquo;un appel à se mobiliser.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie est très intéressante, particulièrement ses explications sur ce qu&amp;rsquo;est vraiment l&amp;rsquo;anarchisme. Il aborde ensuite des sujets comme l&amp;rsquo;éducation, l&amp;rsquo;économie politique, les impôts, et termine par quelques remarques destinées à montrer qu&amp;rsquo;une autre économie est possible, qu&amp;rsquo;il est temps de s&amp;rsquo;y intéresser&amp;hellip; et de militer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre est très documenté et de nombreuses références sont fournies sur les sujets abordés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur commence par taper sur les intellectuels, dont la responsabilité devrait être la recherche de la vérité, et non de servir les pouvoirs pour mieux profiter de leur position de privilégiés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-médias&#34;&gt;Les médias&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Vient ensuite le tour des médias et leur modèle propagandiste, se basant sur un ouvrage de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Chomsky&#34;  title=&#34;Noam Chomsky sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Noam Chomsky&lt;/a&gt; et &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_S._Herman&#34;  title=&#34;Edward S. Herman sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward S. Herman&lt;/a&gt; : &lt;strong&gt;La fabrique du consentement&lt;/strong&gt;. Certainement un bon livre à lire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et ce qui se passe, si ce modèle est juste, c&amp;rsquo;est une forme de contrôle des esprits laissant la pleine liberté à l&amp;rsquo;intérieur des cadres qu&amp;rsquo;elle fixe, une propagande se déployant dans l&amp;rsquo;atmosphère de la plus grande liberté, une manière d&amp;rsquo;autocensure consentie qui est sans doute la plus efficace de toutes les censures.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il suffit de regarder une interview présidentielle dans notre beau pays pour comprendre&amp;hellip; Les chiens ont soif, et les journalistes leur servent la soupe ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;À noter cette remarque utile :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Lorsqu&amp;rsquo;un débat a lieu dans les médias, cherchez à déterminer les prémisses que partagent les protagonistes. C&amp;rsquo;est souvent là que se trouve un, sinon le véritable enjeu dont on ne parle guère mais qui devrait être discuté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Norman Baillargeon donne ensuite des exemples concrets de traitement de l&amp;rsquo;information par les médias : la guerre au Kosovo et l&amp;rsquo;utilisation de l&amp;rsquo;UA (uranium appauvri), ou la prétendue &amp;ldquo;exode des cerveaux&amp;rdquo; que l&amp;rsquo;on nous ressort régulièrement. Il se livre également à un exercice intéressant sur le journal télévisé, en minutant chaque sujet abordé et en comparant le résultat aux faits réellement importants qui se sont passés dans le monde le même jour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lanarchisme&#34;&gt;L&amp;rsquo;anarchisme&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Aujourd&amp;rsquo;hui, si vous dites que vous êtes anarchiste, vous serez assimilé à un nihiliste, partisan du chaos, voir à un terroriste. Même les définitions des dictionnaires sont douteuses&amp;hellip; or étymologiquement :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;[an-] (privatif) [archos] (pouvoir, commandement ou autorité)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Où est le désordre ici ? pour l&amp;rsquo;anarchiste, au contraire, c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;un ordre en l&amp;rsquo;absence d&amp;rsquo;un pouvoir que naît la vraie liberté. L&amp;rsquo;anarchiste ne combat que la forme illégitime du pouvoir, et respecte le pouvoir légitime&amp;hellip; et de citer Brassens :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis tellement anarchiste que je fais un détour pour passer au passage clouté !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il parle également &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Stirner&#34;  title=&#34;Max Stirner sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Max Stirner&lt;/a&gt;, anarchiste individualiste (auteur du &amp;ldquo;L&amp;rsquo;unique et sa propriété&amp;rdquo;), et cite &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Bakounine&#34;  title=&#34;Bakounine sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bakounine&lt;/a&gt;, anarchiste social :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La liberté sans le socialisme conduit à des privilèges et à l&amp;rsquo;injustice; le socialisme sans la liberté conduit  à l&amp;rsquo;esclavage et à la brutalité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Libertariens et libertaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Attention à ne pas confondre les libertariens (qui comprennent les anarcho-capitalistes) et les libertaires (les anarchistes). Pour les premiers, l&amp;rsquo;individu a un droit naturel  sur sa personne, le produit de son travail et les ressources naturelles qu&amp;rsquo;il aurait découvertes ou transformées. Il s&amp;rsquo;en suit qu&amp;rsquo;il est contre un État qui va lui imposer des régles ou des contraintes (des impôts, quelle horreur !), et donc fondamentalement pour le fameux &amp;ldquo;marché&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le mot liberté dans notre société n&amp;rsquo;a évidemment pas le même sens si l&amp;rsquo;on fait partie des nantis ou des laissés pour compte.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;anarchiste est-il pour la violence ? à priori, il défend plutôt un pacifisme de principe, mais les circonstances peuvent l&amp;rsquo;expliquer. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Kropotkine&#34;  title=&#34;Kropotkine sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Kropotkine&lt;/a&gt; le résume ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il y a aussi une limite à la patience humaine. Les hommes sont réduits au désespoir, si bien qu&amp;rsquo;ils commettent des actes désespérés. [&amp;hellip;] Nous pouvons dire que la vengeance n&amp;rsquo;est pas un but en soi. Elle n&amp;rsquo;en est certainement pas un. Mais elle est humaine et toutes les révoltes ont eu et auront longtemps encore ce caractère. En fait, nous qui n&amp;rsquo;avons pas souffert des persécutions comme eux, les ouvriers, en souffrent; nous qui,dans nos maisons, nous mettons à l&amp;rsquo;abri des cris et de la vue de la souffrance humaine, nous ne pouvons pas juger ceux qui vivent au milieu de tout cet enfer de souffrances. [&amp;hellip;] Personnellement, je hais ces explosions, mais je ne peux m&amp;rsquo;ériger en juge pour condamner ceux qui sont réduits au désespoir. La force devra certainement être utilisée pour venir à bout de la force qui maintient l&amp;rsquo;état des choses actuel. Mais cela est une chose tout à fait à part, et bien des gens qui condamnent toute explosion prendront un fusil pour se battre contre la force.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et rien n&amp;rsquo;est simple : en 1916, le &lt;em&gt;Manifeste des Seize&lt;/em&gt; rédigé en faveur de l&amp;rsquo;entrée en guerre contre l&amp;rsquo;Allemagne était signé par des anarchistes, dont Pierre Kropotkine. Ils devaient bien le regretter plus tard, et avec le recul, y voir la puissance inouïe de la propagande étatico-nationaliste&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;léducation&#34;&gt;L&amp;rsquo;éducation&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith&#34;  title=&#34;Adam Smith sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Adam Smith&lt;/a&gt; lui-même, le chantre du marché et de la main invisible, le père du libéralisme économique, insistait sur l&amp;rsquo;obligation qui incombe à tout État de fournir des institutions publiques d&amp;rsquo;éducation, en accordant la priorité &amp;ldquo;aux gens du peuple&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Einstein&#34;  title=&#34;Albert Einstein sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Albert Einstein&lt;/a&gt; se désolait de la manière dont on éduque nos enfants :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rendre infirme les individus : voilà un des pires maux du capitalisme. Tout notre système d&amp;rsquo;éducation souffre de ce mal. Une compétitivité exacerbée est inculquée à l&amp;rsquo;élève, qu&amp;rsquo;on entraîne, pour le préparer à faire face à l&amp;rsquo;avenir, à adorer le succès obtenu dans l&amp;rsquo;accumulation de biens.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bakounine quant à lui prophétisait l&amp;rsquo;avènement d&amp;rsquo;une dictature de savants et d&amp;rsquo;experts, la pire de toutes selon lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parlant de l&amp;rsquo;éducation, élément clé du développement individuel, l&amp;rsquo;auteur fait une remarque qui m&amp;rsquo;a frappé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Parmi les sujets abordés en 1999 à Seattle et qui nous concerne particulièrement au  Québec et au Canada, il faut notamment souligner d&amp;rsquo;un trait rouge l&amp;rsquo;ouverture des services à la concurrence. Ce qui se profile derrière ces débats et ces mots en apparence anodins, c&amp;rsquo;est la privatisation et la commercialisation de la santé et de l&amp;rsquo;éducation. [&amp;hellip;] L&amp;rsquo;OMC cherche en effet à promouvoir et à étendre son trop peu connu Accord général sur le commerce des services (AGCS) lequel ouvre à la concurrence tous les services publics qui ne sont pas entièrement dispensés par les gouvernements. En somme, dès que le privé y aura quelque place, la santé ou l&amp;rsquo;éducation seront considérées comme un nouveau marché devant s&amp;rsquo;ouvrir à la compétition internationale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quand on voit ce qui se passe en France, ce lent cheminement vers la privatisation à coups de déficits constants ou de manque de moyens ne fait pas de doute. Mais je n&amp;rsquo;avais jamais fait le lien avec l&amp;rsquo;ouverture des services à la concurrence dont on voit déjà les premiers effets.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-marché&#34;&gt;Le marché&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur termine par la proposition d&amp;rsquo;une autre économie, dite &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_participaliste&#34;  title=&#34;l&amp;#39;économie participative sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;participative&lt;/a&gt;, élaborée par Robin Hahnel (professeur d&amp;rsquo;économie) et Michael Albert (activiste). Voilà ce que dit ce dernier du fameux marché :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le marché, même à gauche, ne fait plus guère l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;aucune critique, tant la propagande a réussi à convaincre tout un chacun de ses bienfaits. Je pense pour ma part que le marché est une des pires créations de l&amp;rsquo;humanité. Le marché est quelque chose dont la structure et la dynamique garantissent la création d&amp;rsquo;une longue série de maux, qui vont de l&amp;rsquo;aliénation à des attitudes et des comportements antisociaux en passant par une répartition injuste des richesses. Je suis donc un abolitionniste des marchés — même si je sais bien qu&amp;rsquo;ils ne disparaîtront pas demain — mais je le suis de la même manière que je suis un abolitionniste du racisme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Normand_Baillargeon&#34;  title=&#34;Normand Baillargeon sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Normand Baillargeon&lt;/a&gt; enseigne les fondements de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal. Il est essayiste, militant libertaire et collabore à de nombreuses revues alternatives.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le boulevard périphérique - Henry Bauchau</title>
            <link>https://pled.fr/le-boulevard-peripherique-henry-bauchau/</link>
            <pubDate>Tue, 21 Dec 2010 18:46:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-boulevard-peripherique-henry-bauchau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le boulevard périphérique - Henry Bauchau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;boulevard-peripherique.png#floatleft&#34;&gt; Dernier bouquin conseillé par le libraire de Morlaix, et pas vraiment ce qui m&amp;rsquo;a le plus plu. Ce livre a pourtant reçu le prix du livre Inter 2008 (comme la banderole le prouve), et j&amp;rsquo;étais plutôt confiant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, c&amp;rsquo;est peut-être le sujet (le cancer et la mort) qui ne m&amp;rsquo;a pas branché plus que ça. D&amp;rsquo;autant que le hasard faisant bien les choses, je me suis retrouvé à le lire à l&amp;rsquo;hosto lorsque je suis allé me faire retirer la vis de mon coude : ce n&amp;rsquo;est pas le meilleur endroit pour lire ce genre d&amp;rsquo;histoires ! ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un homme, assez âgé pour avoir connu la seconde guerre mondiale, passe quotidiennement à l&amp;rsquo;hôpital rendre visite à sa belle-fille, atteinte d&amp;rsquo;un cancer, et dont on se doute assez vite qu&amp;rsquo;elle ne s&amp;rsquo;en sortira pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En parallèle, il se remémore son amitié de jeunesse avec Stéphane, d&amp;rsquo;abord frère d&amp;rsquo;escalade, puis résistant héroïque, et qui comme tous les héros trouvera vite la mort. Il se souvient de ce monstre froid comme seule la guerre peut en révéler, appelé Shadow, et qui, emprisonné à la fin de la guerre, avait demandé à le rencontrer pour parler de la mort de Stéphane. Étrange rencontre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, rien à dire de ce côté. La mort, on y aura tous droit, mais on s&amp;rsquo;accrochera probablement à la vie le plus longtemps possible. Notre entourage nous répètera qu&amp;rsquo;il reste encore une chance, et les médecins aussi : ce nouveau traitement, même s&amp;rsquo;il est plus dur à supporter&amp;hellip; Et quelle attitude adopter lorsque l&amp;rsquo;on est de l&amp;rsquo;autre côté, à voir l&amp;rsquo;autre dépérir peu à peu ou reprendre momentanément des forces&amp;hellip; pour mieux retomber. Durer, lutter, refuser, mentir&amp;hellip; ou bien mourir en pleine force de l&amp;rsquo;âge comme Stéphane, qui ne craignait pas la mort ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur réussit parfaitement à mélanger ce présent et ses souvenirs au milieu de ses réflexions personnelles, au fil de ses aller-retour sur le périphérique pour se rendre à l&amp;rsquo;hôpital. Vu le sujet, c&amp;rsquo;est extrêmement bien fait, et plein de sensibilité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Bauchau&#34;  title=&#34;Henry Bauchau sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Henry Bauchau&lt;/a&gt; est né en 1913 à Malines (Belgique). Écrivain, poète, dramaturge, mais aussi psychanalyste, il vit à Paris depuis 1975. Très chrétien, il est également passionné par l&amp;rsquo;antiquité et le mysticisme oriental.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les soldats de Salamine - Javier Cercas</title>
            <link>https://pled.fr/les-soldats-de-salamine-javier-cercas/</link>
            <pubDate>Wed, 08 Dec 2010 18:59:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-soldats-de-salamine-javier-cercas/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les soldats de Salamine - Javier Cercas&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;soldats-salamine.png#floatleft&#34;&gt; Toujours conseillé par le libraire de Morlaix, voilà un excellent livre, qui a le mérite de parler de la guerre d&amp;rsquo;Espagne d&amp;rsquo;une manière tellement originale que les Républicains comme les Franquistes ont sans doute pu y trouver leur compte, et ce n&amp;rsquo;est pas la moindre des qualités de ce roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est aussi par le style utilisé par l&amp;rsquo;auteur, qui dialogue avec le lecteur et lui raconte comment il en en est venu à écrire ce roman, que la première accroche a lieu. L&amp;rsquo;écriture est limpide, le recul nécessaire et l&amp;rsquo;humour sont là (quand il parle de lui), et le sujet pourtant difficile parfaitement traité. Enfin, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;occasion de mieux comprendre ce qui s&amp;rsquo;est passé et comment Franco est arrivé au pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;un des fondateurs de la Phalange, idéologue à la fois poète et écrivain, Rafael Sánchez Mazas, échappe de peu au peloton d&amp;rsquo;exécution alors que les troupes républicaines sont déjà en déroute, du côté de Barcelone, et s&amp;rsquo;apprêtent à passer la frontière. L&amp;rsquo;auteur, ayant entendu cette histoire, va alors se mettre à la recherche de ce soldat républicain qui a pourtant manifestement reconnu le phalangiste&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà comment débute le roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C’est à l’été 1994, voilà maintenant plus de six ans, que j’entendis pour la première fois parler de l’exécution de Rafael Sánchez Mazas. Trois choses venaient alors tout juste de m’arriver : la première fut la mort de mon père, la deuxième, le départ de ma femme, la troisième, l’abandon de ma carrière d’écrivain. Mensonge. La vérité, c’est que, de ces trois choses, les deux premières sont on ne peut plus exactes ; contrairement à la troisième. En réalité, ma carrière d’écrivain n’avait jamais véritablement démarré, si bien qu’il m’aurait été difficile de l’abandonner. Il serait plus juste de dire qu’à peine entamée je l’avais abandonnée. En 1989, j’avais publié mon premier roman. Tout comme le recueil de nouvelles paru deux ans auparavant, le livre fut accueilli dans une indifférence notoire, mais ma vanité et le compte rendu élogieux d’un ami de l’époque s’allièrent pour me convaincre que je pouvais devenir romancier et que, pour ce faire, il valait mieux quitter mon travail à la rédaction du journal afin de me consacrer pleinement à l’écriture. Le résultat de ce changement de vie fut cinq ans d’angoisse économique, physique et métaphysique, trois romans inachevés et une épouvantable dépression qui me cloua pendant deux mois dans un fauteuil, devant la télévision. Fatiguée de payer les factures, y compris celle des funérailles de mon père, et de me voir pleurer devant le poste éteint, ma femme me quitta alors que je commençai à peine à reprendre le dessus et, ainsi, je n’eus d’autre remède que d’oublier pour toujours mes ambitions littéraires et de demander ma réintégration au journal. Je venais d’avoir quarante ans mais par bonheur — soit parce que je ne suis pas un bon écrivain, sans être un mauvais journaliste pour autant, soit, plus probablement, parce qu’à la rédaction personne n’était disposé à faire mon travail pour un salaire aussi modique que le mien — on accepta ma demande.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais si l&amp;rsquo;auteur a beaucoup d&amp;rsquo;humour quand il nous parle de sa vie, il est tout autant sérieux quand il parle de l&amp;rsquo;Histoire : dans les années 30, l&amp;rsquo;Europe est en pleine effervescence et l&amp;rsquo;époque est troublée&amp;hellip; Sánchez Mazas prononce des discours, et écrit dans FE, l&amp;rsquo;hebdomadaire officiel du groupuscule pas encore franchement fasciste mais nettement nationaliste, très catholique et anti-libéral :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il diffusa des idées et un mode de vie qui, avec le temps et sans que nul pût s&amp;rsquo;en douter — Sánchez Mazas lui-même moins que quiconque —, seraient adoptés comme idéologie révolutionnaire de choc face aux urgences de la guerre, puis réduits au rang d&amp;rsquo;ornement idéologique par le grassouillet militaire de pacotille, efféminé, incompétent, roué et conservateur qui les usurpa pour les transformer en apparat de plus en plus putride et vidé de sens, puis les livrer à une poignée de rustres pour qu&amp;rsquo;ils puissent pendant quarante années de pesanteur justifier son régime de merde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Franco, une fois au pouvoir, fera ce qu&amp;rsquo;il faut pour le garder le plus longtemps possible :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Depuis le 19 avril 1937 avait été promulgué le décret d&amp;rsquo;Unification, véritable anti-coup d&amp;rsquo;Etat (comme l&amp;rsquo;appela Ridruejo des années plus tard) par lequel toutes les forces politiques qui s&amp;rsquo;étaient ralliées au soulèvement se voyaient intégrées à un seul et même parti sous le commandement de Généralissime, la vieille garde de la Phalange pouvait commencer à soupçonner que la révolution fasciste dont elle avait rêvé n&amp;rsquo;allait jamais advenir. De fait, lecoktail expéditif qui lui tenait lieu de doctrine allait finalement se diluer en une soupe pudibonde, prévisible et conservatrice — car s&amp;rsquo;y mêlaient, en un amalgame brillant, démagogique et improbable, la préservation de certaines valeurs traditionnelles et l&amp;rsquo;urgence de changements profonds dans la structure économique et sociale du pays, la terreur des classes moyennes face à la révolution prolétarienne et un irrationalisme vitaliste d&amp;rsquo;origine nietzschéenne qui, contre le &amp;ldquo;vivere cauto&amp;rdquo; bourgeois, défendait le &amp;ldquo;vivere pericoloso&amp;rdquo; romantique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis l&amp;rsquo;auteur se lancera à la recherche de ces républicains qui passèrent la frontière française pour se retrouver dans un camp entouré de barbelés sur la plage d&amp;rsquo;Argelès. Vite engagés dans la légion étrangère, ils repartent pour une autre guerre&amp;hellip; De l&amp;rsquo;Afrique du Nord au Tchad (à pied, aller-retour), puis à Londres et le débarquement en Normandie&amp;hellip; avec la colonne Leclerc, ils seront parmi les premiers à entrer dans Paris. Pour enfin finir la guerre en Allemagne et en Autriche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et peu importe s&amp;rsquo;il retrouve ce fameux soldat&amp;hellip; Ceux qu&amp;rsquo;il va croiser lui permettront de finir superbement son roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Javier_Cercas&#34;  title=&#34;Javier Cercas sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Javier Cercas&lt;/a&gt; est né en 1966. Diplômé de philologie, professeur de littérature espagnole, et marqué très tôt par Jorge Luis Borges, c&amp;rsquo;est ce livre qui le révèlera au grand public. Une adaptation au cinéma a été faite : &amp;ldquo;Soldados de salamina&amp;rdquo; par David Trueba.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier</title>
            <link>https://pled.fr/train-de-nuit-pour-lisbonne-pascal-mercier/</link>
            <pubDate>Sun, 21 Nov 2010 18:24:07 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;traindenuit.png#floatleft&#34;&gt; Un autre livre proposé par le libraire de Morlaix (&amp;ldquo;bien écrit, profond&amp;rdquo;), et qui commence tellement bien que je l&amp;rsquo;ai offert à des amis chez qui je passais le week-end. Mais finalement j&amp;rsquo;ai trouvé qu&amp;rsquo;il ne tenait pas ses promesses, et je l&amp;rsquo;ai terminé un peu laborieusement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça commence pourtant bien avec Gregorius, 57 ans, professeur de langues anciennes à Berne, surnommé &amp;ldquo;le papyrus&amp;rdquo; par ses élèves, et à la vie réglée de façon immuable. Une rencontre furtive va pourtant faire basculer sa vie, et le faire partir pour Lisbonne à la recherche d&amp;rsquo;un écrivain dont le livre lui est tombé dans les mains et bouleversé par la même occasion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre en question, nous allons en avoir de très larges extraits tout au long du bouquin. L&amp;rsquo;auteur, &lt;strong&gt;Amadeu de Prado&lt;/strong&gt;, a tout pour être heureux, mais ne l&amp;rsquo;est pas : excès d&amp;rsquo;intelligence et de lucidité sur le monde et les humains ? bref, il va nous livrer ses questionnements sur la vie, et c&amp;rsquo;est ce qui fascine Gregorius, qui y voit des similarités avec la sienne. En ce qui me concerne, c&amp;rsquo;est ce qui va vite me lasser, à tel point que j&amp;rsquo;appréhendais les-dits extraits, reconnaissables aux caractères en italiques. D&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;ils peuvent faire plusieurs pages !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces réflexions philosophiques, j&amp;rsquo;ai trouvé que ça tournait pas mal en rond. On peut certes s&amp;rsquo;interroger à l&amp;rsquo;infini sur la vie ! L&amp;rsquo;auteur (Pascal Mercier, pas Amadeu) aurait pu ne garder les meilleures, et soigner le personnage de Gregorius, car de son côté, il m&amp;rsquo;a semblé que beaucoup de choses restaient sans réponse.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car les réflexions d&amp;rsquo;Amadeu ne manquent pas d&amp;rsquo;intérêt, c&amp;rsquo;est plutôt leur nombre qui est vite lassant :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Est-il vrai que tous nos actes sont en grande partie déterminés par la peur de la solitude ? Est-ce pour cela que nous renonçons à toutes les choses que nous regretterons à la fin de notre vie ? Est-ce pour cette raison que nous disons si rarement ce que nous pensons ? Pourquoi, sinon, tenons-nous à tous ces mariages désunis, à ces amitiés mensongères, à ces ennuyeux repas d&amp;rsquo;anniversaires ? Qu&amp;rsquo;est-ce qui nous arriverait si nous renoncions à tout cela, si nous mettions fin à ce chantage insidieux et décidions de nous assumer ? Si nous laissions jaillir comme une fontaine tous nos désirs réduits en esclavage et la fureur que nous cause notre servitude ? Car cette solitude redoutée, en quoi consiste-t-elle réellement ? Dans le silence des reproches qui nous sont désormais épargnés ? Dans la nécessité abolie de marcher à pas feutrés, en retenant notre souffle, sur le champ de mines des mensonges conjugaux et des demi-vérités amicales ? Déplorons-nous la liberté de ne nous asseoir, à table, en face de personne ? L&amp;rsquo;abondance de temps qui s&amp;rsquo;ouvre quand se tait le feu roulant des rendez-vous ? Ne voilà-t-il pas des choses merveilleuses ? Un état paradisiaque ? Pourquoi alors en avoir peur ? Est-ce à la fin une peur qui n&amp;rsquo;existe que parce que nous n&amp;rsquo;avons pas réfléchi à son objet ? Une peur qui nous a été inculquée par des parents, des professeurs et des prêtres à la tête vide ? Et pourquoi sommes-nous en réalité tellement sûrs que les autres ne nous envieraient pas, s&amp;rsquo;ils voyaient à quel point notre liberté est devenue vaste ? Et qu&amp;rsquo;ils ne rechercheraient pas aussitôt notre société ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beaucoup (de points) d&amp;rsquo;interrogations comme vous pouvez le constater&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet du livre, finalement, c&amp;rsquo;est la possibilité que l&amp;rsquo;on a tous de pouvoir sortir de notre quotidien pour réellement vivre notre vie. Mais Gregorius quittera Lisbonne et reviendra à Berne, et l&amp;rsquo;histoire ne dit pas ce qu&amp;rsquo;il fera de sa nouvelle liberté. Après les longs questionnements d&amp;rsquo;Amadeu, il n&amp;rsquo;y a plus de place pour que Gregorius vive sa vie, cinq cents pages sont déjà atteintes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascal Mercier&lt;/strong&gt;, de son vrai nom &lt;strong&gt;Peter Bieri&lt;/strong&gt;, est né en 1944 à Berne, est un philosophe et écrivain suisse, et titulaire de la chaire de philosophie des langues de Berlin de 1993 à 2007.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les années - Annie Ernaux</title>
            <link>https://pled.fr/les-annees-annie-ernaux/</link>
            <pubDate>Thu, 11 Nov 2010 18:42:17 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-annees-annie-ernaux/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les années - Annie Ernaux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesannees.png#floatleft&#34;&gt; Conseillé par un libraire de Morlaix alors que j&amp;rsquo;avais épuisé les livres emmenés en vacances, ce livre m&amp;rsquo;a beaucoup plu, même si l&amp;rsquo;auteur est de Normandie. ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Annie Ernaux est née en 1940, et ce roman raconte toutes ces années écoulées depuis sa naissance dans un petit bourg de Normandie jusqu&amp;rsquo;à nos jours. Mais là où ça devient intéressant, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;elle ne nous raconte pas sa vie à proprement parler, mais plutôt l&amp;rsquo;époque et tous les changements survenus dans la société dans ce laps de temps. Et il s&amp;rsquo;en est passé des choses, depuis l&amp;rsquo;après-guerre, les trente glorieuses et l&amp;rsquo;arrivée société de consommation, puis mai 68, Mitterrand&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle utilise le &amp;ldquo;on&amp;rdquo;, le &amp;ldquo;nous&amp;rdquo; pour retirer au récit un côté trop autobiographique, nous permettant ainsi de mieux partager tous ces changements de société, les courants de pensée qui ont traversé ces époques&amp;hellip; Même si l&amp;rsquo;on est un peu plus jeune que l&amp;rsquo;auteur, on y retrouvera beaucoup de choses qui ont traversé également notre propre vie (voilà que j&amp;rsquo;utilise le &amp;ldquo;on&amp;rdquo; également !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le progrès était l&amp;rsquo;horizon des existences. Il signifiait le bien-être, la santé des enfants, les maisons lumineuses et les rues éclairées, le savoir, tout ce qui tournait le dos aux choses noires de la campagne et à la guerre. Il était dans le plastique et le Formica, les antibiotiques et les indemnités de la sécurité sociale, l&amp;rsquo;eau courante sur l&amp;rsquo;évier et le tout-à-l&amp;rsquo;égout, les colonies de vacances, la continuation des études et l&amp;rsquo;atome. Il faut être de son temps, disait-on à l&amp;rsquo;envi, comme une preuve d&amp;rsquo;intelligence et d&amp;rsquo;ouverture d&amp;rsquo;esprit. En classe de quatrième, les sujets de rédaction invitaient à composer sur &amp;ldquo;les bienfaits de l&amp;rsquo;électricité&amp;rdquo; ou à écrire une réponse à &amp;ldquo;quelqu&amp;rsquo;un qui dénigre devant vous le monde moderne&amp;rdquo;. Les parents affirmaient que les jeunes en sauront plus que nous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La guerre du Vietnam était finie. Nous avions vécu tant de choses depuis son début qu&amp;rsquo;elle faisait partie de notre vie. Le jour de la chute de Saigon, on s&amp;rsquo;apercevait qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;avait jamais cru possible la défaite des américains. Ils payaient enfin pour le napalm, la petite fille courant dans une rizière dont le poster ornait nos murs. On ressentait l&amp;rsquo;allégresse et la fatigue des choses enfin accomplies. Il fallait déchanter. La télévision montrait des grappes humaines agglutinées sur des embarcations, fuyant le Vietnam communiste. Au Cambodge, le bouille civilisée du débonnaire roi Sihanouk abonné au Canard enchaîné ne parvenait pas à cacher la férocité des Khmers rouges. Mao mourrait et l&amp;rsquo;on se souvenait d&amp;rsquo;un matin d&amp;rsquo;hiver où, dans la cuisine avant de partir pour l&amp;rsquo;école, on avait entendu crier Staline est mort.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les &amp;ldquo;nouveaux philosophes&amp;rdquo; surgissaient sur les plateaux de télévision, ils ferraillaient contre les &amp;ldquo;idéologies&amp;rdquo;, brandissaient Soljenitsyne et le goulag pour faire rentrer sous terre les rêveurs de révolution. A la différence de Sartre, dit gâteux, et qui refusait toujours d&amp;rsquo;aller à la télévision, de Beauvoir et son débit de mitraillette, ils étaient jeunes, ils &amp;ldquo;interpellaient&amp;rdquo; les consciences en mots compréhensibles par tout le monde, ils rassuraient les gens sur leur intelligence.  Le spectacle de leur indignation morale était plaisant à regarder mais on ne voyait pas où ils voulaient en venir — sinon à décourager de voter pour l&amp;rsquo;Union de la gauche.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On se souvenait du reproche des parents, &amp;ldquo;tu n&amp;rsquo;es donc pas heureux avec tout ce que tu as ?&amp;rdquo;. Maintenant on savait que tout ce qu&amp;rsquo;on avait ne suffisait pas au bonheur. Ce n&amp;rsquo;était pas une raison pour renoncer aux choses. Et que certains en soient écartés, &amp;ldquo;exclus&amp;rdquo;, paraissait le prix à payer, un quota indispensable de vies sacrifiées, afin que la majorité continue d&amp;rsquo;en jouir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc une fresque de la seconde moitié du XXème siècle, avec ses évènements politiques, ses évolutions de société, mais aussi l&amp;rsquo;histoire des idéaux d&amp;rsquo;une jeune personne qui se marie, divorce, se retourne parfois sur sa vie et se demande ce qu&amp;rsquo;elle en a fait. Superbe ! Et l&amp;rsquo;on comprend l&amp;rsquo;intérêt de tenir un journal tout au long de sa vie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Ernaux&#34;  title=&#34;Annie Ernaux sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Annie Ernaux&lt;/a&gt; passe son enfance à Yvetot (Normandie). Née dans un milieu social modeste, elle devient successivement institutrice, professeure certifiée, puis agrégée de lettres modernes. En 1984, elle obtient le prix Renaudot pour un de ses ouvrages (déjà) à caractère autobiographique, La Place. Son parcours littéraire est très fortement marqué par la sociologie.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les fleurs bleues - Raymond Queneau</title>
            <link>https://pled.fr/les-fleurs-bleues-raymond-queneau/</link>
            <pubDate>Wed, 10 Nov 2010 18:16:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-fleurs-bleues-raymond-queneau/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les fleurs bleues - Raymond Queneau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;fleursbleues.png#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais bien aimé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2988&#34;  title=&#34;article sur Zazie dans le métro&#34;&#xA;    &gt;Zazie dans le métro&lt;/a&gt; du même auteur, et je m&amp;rsquo;attendais à passer un bon moment avec celui-ci. Ce ne fût pas le cas. Après une cinquantaine de pages, j&amp;rsquo;ai vite refermé le livre, lassé des jeux de mots plus ou moins drôles (souvent fastidieux) et par la vacuité de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref je n&amp;rsquo;ai pas accroché du tout aux aventures de Cidrolin sur sa péniche qui, lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;endort cède la place au duc d&amp;rsquo;Auge, et réciproquement. C&amp;rsquo;est le célèbre apologue chinois : &amp;quot; &lt;em&gt;Tchouang-Tseu rêve qu&amp;rsquo;il est un papillon, mais n&amp;rsquo;est-ce point le papillon qui rêve qu&amp;rsquo;il Tchouang-Tseu ?&lt;/em&gt;&amp;quot; avec lequel Raymond Queneau commence sa préface, comme pour prévenir le lecteur de la profondeur de son roman.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Loupé en ce qui me concerne, je le laisse aux amoureux du néo-français (les houatures, le campigne) ou des situations absurdes et anachroniques.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tour du monde d&#39;un sceptique - Aldous Huxley</title>
            <link>https://pled.fr/tour-du-monde-dun-sceptique-aldous-huxley/</link>
            <pubDate>Mon, 01 Nov 2010 11:34:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tour-du-monde-dun-sceptique-aldous-huxley/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Tour du monde d’un sceptique - Aldous Huxley&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tourdumondedunsceptique.png#floatleft&#34;&gt; En 1925, Aldous Huxley, âgé d&amp;rsquo;une trentaine d&amp;rsquo;années, entreprend un tour monde, et nous livre ses impressions à travers ce récit de voyage. A cette époque, il est journaliste et critique d&amp;rsquo;art ; il ne commencera réellement sa carrière d&amp;rsquo;écrivain qu&amp;rsquo;un peu plus tard (&amp;ldquo;Le meilleur des mondes&amp;rdquo; paraît en 1931), même s&amp;rsquo;il est passionné de littérature depuis longtemps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait de tour du monde, les trois-quarts du livre sont consacrés aux Indes, à la Birmanie et la Malaisie. Puis s&amp;rsquo;enchaînent rapidement Shanghaï, un peu de Japon et les États-Unis, alors en plein essor.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Aldous Huxley est un intellectuel cultivé, un humaniste, un fin observateur que tout intéresse. Il va donc nous livrer ses réflexions, certaines sur l&amp;rsquo;art, la plupart sur le monde, les hommes, la société, parfois avec humour, et c&amp;rsquo;est un plaisir de le lire : certes c&amp;rsquo;est bien écrit, mais surtout ce sont des réflexions personnelles qu&amp;rsquo;il nous fait partager. Ce qui ne peut que nous encourager à penser par nous-mêmes ; c&amp;rsquo;est même une belle démonstration de l&amp;rsquo;état d&amp;rsquo;esprit que cela nécessite. Il écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Voyager, c&amp;rsquo;est découvrir que tout le monde a tort.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2010/10/tajmahal.png&#34;  title=&#34;Le Taj Mahal et ses beaux minarets&#34;&#xA;    &gt;&lt;img alt=&#34;Le Taj Mahal&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;352px&#34; data-flex-grow=&#34;147&#34; height=&#34;136&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/tour-du-monde-dun-sceptique-aldous-huxley/tajmahal-small.png&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; Quand il n&amp;rsquo;aime pas, fût-ce l&amp;rsquo;une des sept merveilles du monde, il le dit, comme par exemple pour le Taj Mahal : en dehors du fait qu&amp;rsquo;il soit peu sensible à la somptuosité et au pittoresque (ce qu&amp;rsquo;est essentiellement le Taj Mahal selon lui), ce sont les minarets qui le rebutent le plus : les lois religieuses exigeaient des minarets, les lois de la proportions les rendent ridiculement grêles avec leurs lourds balcons. Et c&amp;rsquo;est vrai qu&amp;rsquo;en les regardant avec cet œil critique, nombre de phares bretons sont effectivement tout aussi jolis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A l&amp;rsquo;arrivée du bateau à Bombay :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On détache une douzaine de coolies, aux membres grêles comme ceux des singes-araignées, afin qu&amp;rsquo;ils roulent et hissent la passerelle. Ils l&amp;rsquo;empoignent et, simultanément, poussent un cri aigu, évidemment dans l&amp;rsquo;espoir que la passerelle, épouvantée, se mettra en place toute seule. Mais leur foi est insuffisante, la passerelle ne bouge pas. Tristement, avec force soupirs, ils se décident à pousser. C&amp;rsquo;est une méthode grossière, banale et fatigante pour faire bouger les choses,. Mais, du moins, elle réussit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A Jaipur, un seigneur féodal lui propose une ballade à dos d&amp;rsquo;éléphant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Notre mastodonte s&amp;rsquo;arrêta et, avec sa gravité ordinaire, se soulagea monstrueusement. L&amp;rsquo;opération terminée, il avait à peine repris sa marche, qu&amp;rsquo;une vieille femme qui était restée plantée, dans l&amp;rsquo;expectative, à la porte d&amp;rsquo;une masure au milieu des ruines, et nous nous demandions pourquoi, se précipita d&amp;rsquo;un bond sur le tas d&amp;rsquo;excréments fumants. Il y avait là, je suppose, de quoi alimenter son feu pour la cuisine de toute une semaine. Elle nous donna du &amp;ldquo;Salaam Maharaj&amp;rdquo;, nous octroyant dans sa reconnaissance le titre le plus pompeux qu&amp;rsquo;elle pût trouver. Notre passage avait été pour elle comme une chute de manne soudaine et inattendue. Elle nous remerciait et bénissait le grand et charitable Jumbo pour sa munificence gargantuesque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Notre tremblement de terre avait repris ses embardées. Je songeai aux douzaines de millions d&amp;rsquo;êtres humains pour lesquels le passage d&amp;rsquo;un éléphant diarrhéique semble un don de Dieu, un prodigieux coup de fortune. Cette idée me déprima. Pourquoi sommes-nous ici dix-huit cents millions d&amp;rsquo;hommes et de femmes, sur cette planète remarquable et peut-être unique ? A quelle fin ? Est-ce pour aller à la recherche du fumier — bouse de vache, crottin de cheval, excréments énormes et princiers des éléphants ? C&amp;rsquo;est évidemment cela, pour bon nombre d&amp;rsquo;entre nous du moins. C&amp;rsquo;était là, pensais-je, une raison qui semblait  mal appropriée à notre présence ici-bas, nous, âmes immortelles, cousins germains des anges, les propres frères de Bouddha, de Mozart et de sir Isaac Newton.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais un peu plus tard, je m&amp;rsquo;aperçus que j&amp;rsquo;avais eu tort de me laisser abattre par cette considération. [&amp;hellip;] Nous sommes là, c&amp;rsquo;est tout ; et comme les autres animaux, nous faisons ce que nos qualités innées et notre milieu nous permettent de faire. Notre œuvre, quand on la compare à celle des vaches et des éléphants, est remarquable. Eux, font, de façon automatique, du fumier ; nous, nous le recueillons et en faisons du combustible. Il n&amp;rsquo;y a pas là matière à déprimer ; il y a là de quoi être fiers. Pourtant, malgré le réconfort de la philosophie, je restai songeur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Assistant au congrès panindien de Cawnpore (où se trouvait Gandhi), il explique pourquoi il n&amp;rsquo;apprécie guère les discours politiques :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Or il se trouve que j&amp;rsquo;ai le goût de l&amp;rsquo;information exacte. J&amp;rsquo;aime savoir ce que je suis en train de faire, et pourquoi. Aussi quand j&amp;rsquo;ignore une chose, c&amp;rsquo;est dans une bibliothèque que je vais me renseigner, et non dans une réunion publique. Je sais qu&amp;rsquo;à la bibliothèque je réunirai les éléments me permettant de me faire une opinion. Dans une réunion publique, au contraire, l&amp;rsquo;orateur ne me donne des faits importants qu&amp;rsquo;un choix arbitraire, et garde le meilleur de son temps et de ses forces, pour tâcher, à coups d&amp;rsquo;éloquence, de me faire adopter sa manière de voir. Le discours politique ne me sert donc à rien. Ou je connais assez la question pour que l&amp;rsquo;éloquence du politicien soit entièrement superflue, ou j&amp;rsquo;en sais si peu qu&amp;rsquo;elle est apte à m&amp;rsquo;induire dangereusement en erreur. Dans le premier cas je suis à même de me former une opinion personnelle ; dans le second, je ne le suis pas, et je n&amp;rsquo;aime pas qu&amp;rsquo;on pense pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de la spiritualité hindoue :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les admirateurs des Indes sont unanimes à louer la &amp;ldquo;spiritualité&amp;rdquo; hindoue. Je ne suis pas d&amp;rsquo;accord avec eux. A mon sens, la &amp;ldquo;spiritualité&amp;rdquo; (en fin de compte simple affaire de climat) est pour les Indes la plus grandes des calamités et la cause de tous leurs malheurs. C&amp;rsquo;est cette préoccupation des réalités &amp;ldquo;spirituelles&amp;rdquo;, différentes des réalités historiques et immédiates de la vie ordinaire, qui a permis que des millions d&amp;rsquo;hommes et des millions de femmes se contentent, pendant plusieurs siècles, d&amp;rsquo;un sort indigne des êtres humains. Un peu moins de spiritualité, et les Indiens seraient déjà libres — libres de la domination étrangère et de la tyrannie de leurs propres préjugés et traditions.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À propos de Dieu qu&amp;rsquo;il exclut dans un raisonnement sur l&amp;rsquo;hygiène, il revient sur ce préjugé :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le fait que les hommes ont eu sur Dieu des idées absurdes et évidemment fausses ne justifie pas notre effort pour éliminer Dieu de l&amp;rsquo;univers. Les hommes ont eu des idées absurdes et fausses sur presque tous les sujets imaginables. Ils ont cru, par exemple, que la terre était plate et que le soleil tournait autour d&amp;rsquo;elle. Nous n&amp;rsquo;en concluons pas que l&amp;rsquo;astronomie n&amp;rsquo;existe pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ëtre libre ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est délicieux d&amp;rsquo;être libre quand on a suffisamment à faire et à penser pour éviter de jamais s&amp;rsquo;ennuyer, quand le travail que l&amp;rsquo;on fait est agréable et semble (douce illusion !) de quelque utilité ; quand on a la vision nette de ce qu&amp;rsquo;on désire accomplir et la force d&amp;rsquo;esprit suffisante pour ne jamais trop dévier du but poursuivi. Il est délicieux d&amp;rsquo;être libre. Mais, parfois, je dois l&amp;rsquo;avouer, il m&amp;rsquo;arrive de regretter les chaînes dont je ne me suis pas chargé. L&amp;rsquo;envie me prend alors d&amp;rsquo;une maison pleine d&amp;rsquo;affaires, d&amp;rsquo;un coin de terre où pousseraient des choses. Je sens que j&amp;rsquo;aimerais connaître intimement un petit pays, et ses habitants, que j&amp;rsquo;aimerais les avoir connus depuis des années, toute ma vie. Mais on ne saurait être à la fois deux choses incompatibles. Qui désire la liberté doit sacrifier les douceurs de l&amp;rsquo;esclavage. Ce n&amp;rsquo;est, hélas ! que trop évident.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voyageant en train vers Singapour, il traverse une immense forêt&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;ll n&amp;rsquo;y a pas de touriste que ne hante le désir de &amp;ldquo;sortir des sentiers battus&amp;rdquo;. D&amp;rsquo;abord parce qu&amp;rsquo;il veut faire quelque chose que les autres n&amp;rsquo;ont pas encore fait. Le besoin d&amp;rsquo;être unique, d&amp;rsquo;une façon ou d&amp;rsquo;une autre, augmente au fur et à mesure de la standardisation. Des agents de publicité américains, payés pour être psychologues, ont compris ce trait pathétique de la nature de leurs contemporains. [&amp;hellip;] Tout voyageur poursuit un fantôme qui, perpétuellement, lui échappe ; il espère sans cesse découvrir un nouveau mode de vie qui soit en quelque sorte fondamentalement différent de ceux qui lui sont familiers. Il s&amp;rsquo;imagine capable, dès qu&amp;rsquo;il le rencontrera, d&amp;rsquo;entrer magiquement en contact avec cette existence merveilleuse, de la comprendre et d&amp;rsquo;y participer. [&amp;hellip;] Être dévoré par des sangsues pour courir à la poursuite de quelque chose d&amp;rsquo;aussi désespérément inaccessible que le bout de l&amp;rsquo;arc-en-ciel, cela en valait-il la peine ? Évidemment non. Et je remerciai le ciel et l&amp;rsquo;Empire britannique pour le chemin de fer FMS. Mais je continuai à souhaiter voir l&amp;rsquo;autre côté de cette cloison de verdure. Je continuai à croire, en dépit de mes propres reniements, qu&amp;rsquo;il y avait de l&amp;rsquo;autre côté quelque chose de miraculeux et d&amp;rsquo;extraordinaire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Retour à Londres, et le moment de faire le bilan du voyage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le voyage est maintenant terminé et me voici revenu au point de départ, plus riche de beaucoup d&amp;rsquo;expériences, plus pauvre de nombreuses convictions perdues, de beaucoup de certitudes détruites. Convictions et certitudes ne sont que trop souvent concomitantes de l&amp;rsquo;ignorance.  [..] Quand je commençai mes voyages, je savais, ou je croyais savoir, comment les hommes devraient vivre, comment ils devraient être gouvernés et instruits, et ce qu&amp;rsquo;ils devaient croire. [&amp;hellip;] Maintenant, depuis mon retour, je n&amp;rsquo;éprouve plus de ces agréables certitudes. [&amp;hellip;] Ceux qui aiment sentir qu&amp;rsquo;ils ont toujours raison, et qui attachent une grande importance à leurs propres opinions, feraient bien de rester chez eux. En voyage, vous perdez vos convictions aussi facilement que vos lunettes, mais il est plus difficile de les remplacer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Aldous_Huxley&#34;  title=&#34;Aldous Huxley sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Aldous Huxley&lt;/a&gt; (1894-1963) est reconnu comme un grand penseur de notre temps. Il a été un fervent défenseur des valeurs de l&amp;rsquo;humanisme, et s&amp;rsquo;est également beaucoup intéressé aux valeurs spirituelles, la parapsychologie et la philosophie mystique (il a été ami avec Krishnamurti dont il admirait les enseignements). Il a essayé la mescaline et le LSD comme moyen d&amp;rsquo;accéder à une &amp;ldquo;philosophie éternelle&amp;rdquo;, et a raconté ses expériences dans &amp;ldquo;Les portes de la perception&amp;rdquo; (titre qui inspira Jim Morison pour le choix du nom du groupe de rock &amp;ldquo;Les Doors&amp;rdquo;). Sur son lit de mort, incapable de parler, il demanda par écrit à son épouse : « LSD, 100 µg, i.m. » Elle y accéda et il mourut paisiblement le matin suivant.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La cité des jarres - Arnaldur Indridason</title>
            <link>https://pled.fr/la-cite-des-jarres-arnaldur-indridason/</link>
            <pubDate>Tue, 12 Oct 2010 18:04:09 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-cite-des-jarres-arnaldur-indridason/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La cité des jarres - Arnaldur Indridason&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;citedesjarres.png#floatleft&#34;&gt; Et encore un roman policier, islandais cette fois. La première enquête de l&amp;rsquo;inspecteur Erlendur traduite en français, et grâce à laquelle l&amp;rsquo;écrivain Arnaldur reçu plusieurs prix.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intrigue est bien ficelée, et commence par un meurtre comme il se doit. Erlendur, la cinquantaine, en a vu d&amp;rsquo;autres. Divorcé depuis longtemps, il vit seul et s&amp;rsquo;inquiète pour sa fille, qui passe parfois le voir, mais vit en marge de la société. Et puis il y a cette douleur dans la poitrine qu&amp;rsquo;il ressent, et comme il fume clope sur clope, il s&amp;rsquo;interroge sans pour autant consulter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais tout va s&amp;rsquo;arranger : Erlendur va remarquablement élucider l&amp;rsquo;enquête (orientée génétique), sa fille reprendra le droit chemin (il apprendra même qu&amp;rsquo;il va être grand-père), et la douleur dans la poitrine trouvera son origine dans le très mauvais matelas où il passe quelques unes de ses nuits (sinon, il dort dans le fauteuil tout habillé).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Espérons que lui aussi retrouve le droit chemin, arrête de manger de la &amp;ldquo;junk-food&amp;rdquo;, réduise sa consommation de cigarettes, et prenne un peu plus soin de lui et de sa fille ! Bref, qu&amp;rsquo;il bosse moins&amp;hellip; de toutes façons, le type était mort depuis la première page et ne valait pas tripette.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaldur_Indri%C3%B0ason&#34;  title=&#34;Arnaldur sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Arnaldur Indridason&lt;/a&gt;, est né en 1961 à Reykjavik (Islande). Diplomé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma, avant se mettre à écrire des romans policiers.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un héros de notre temps - Lermontov</title>
            <link>https://pled.fr/un-heros-de-notre-temps-lermontov/</link>
            <pubDate>Thu, 07 Oct 2010 17:48:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-heros-de-notre-temps-lermontov/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Un héros de notre temps - Lermontov&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lermontov.png#floatleft&#34;&gt; Apparemment, ce roman n&amp;rsquo;est disponible qu&amp;rsquo;en édition bilingue (cette édition comme celle de Folio), alors il faudra prendre l&amp;rsquo;habitude au tournant de chaque page, de rester sur celle de droite. On s&amp;rsquo;y fait vite, et on a le sentiment d&amp;rsquo;avancer à grands pas !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lermontov, surnommé &amp;ldquo;le poète du Caucase&amp;rdquo; nous livre ici son seul roman. Il faut dire qu&amp;rsquo;il mourra jeune (26 ans), au cours d&amp;rsquo;un duel, tout comme Pouchkine dont il était un fervent admirateur. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs suite à la mort de ce dernier qu&amp;rsquo;il publie un poème (&amp;ldquo;La mort du poète&amp;rdquo;) adressé au tsar Nicolas 1er : celui-ci le trouvera trop impertinent, et Lermontov sera envoyé dans le Caucase comme officier des dragons&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;ldquo;Un héros de notre temps&amp;rdquo; est magnifiquement écrit, dans un style très fluide, et j&amp;rsquo;ai éprouvé un réel plaisir à le lire. Le personnage central, Petchorine, est un homme cynique, indifférent aux autres, méprisant le bonheur comme la mort. Malgré tout, il n&amp;rsquo;est pas antipathique pour autant, car d&amp;rsquo;une lucidité terrible envers lui-même comme envers les autres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici ce que dit Lermontov dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le héros de notre temps, chers messieurs, est en effet un portrait, mais pas celui d&amp;rsquo;un seul homme : c&amp;rsquo;est un portrait composé des vices de toute notre génération, dans leur plein épanouissement. Vous me direz encore une fois que l&amp;rsquo;homme de peut être aussi mauvais, mais je vous demanderai, si vous avez cru à la vraisemblance de tous les scélérats tragiques et romantiques, pourquoi vous ne croyez pas à la réalité de Petchorine. Si vous avez admiré des inventions bien plus terribles et plus monstrueuses, pourquoi ce caractère, même en tant que fiction, ne trouve-t-il pas grâce à vos yeux ? Ne serait-ce as qu&amp;rsquo;il y a en lui plus de vérité que vous ne le souhaiteriez ?&amp;hellip;&#xA;Vous direz que la morale n&amp;rsquo;y gagne rien&amp;hellip; Pardonnez-moi. On a assez nourri les gens de douceurs ; ils en ont eu l&amp;rsquo;estomac gâté : il faut des remèdes amers, des vérités mordantes. Mais n&amp;rsquo;allez pas croire cependant, après cela, que l&amp;rsquo;auteur de ce livre ait jamais eu le rêve orgueilleux de se faire le correcteur des vices humains. Dieu le garde d&amp;rsquo;une pareille naïveté ! Il s&amp;rsquo;est simplement amusé à peindre l&amp;rsquo;homme contemporain, tel qu&amp;rsquo;il le comprend et, pour son malheur et pour le vôtre, tel qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;a trop souvent rencontré. Que la maladie soit désignée, c&amp;rsquo;est bien assez ; quant au moyen de la soigner, Dieu seul le connaît !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que dire de plus ? lisez ce livre, et regardez nos contemporains : la situation ne s&amp;rsquo;est pas améliorée me semble-t-il&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Lermontov&#34;  title=&#34;Lermontov sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mikhaïl Lermontov&lt;/a&gt; (1814-1841), a eu une vie courte et mouvementée, alternant actes de bravoure et blagues de potache. Il meurt au cours d&amp;rsquo;un duel, dans des conditions très similaires à celle du duel auquel participe Petchorine dans ce roman (mais Petchorine gagne le duel). Sa mort aurait été commentée en ces termes par le Tsar: &amp;ldquo;Une mort de chien pour un chien.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sylvia - Howard Fast</title>
            <link>https://pled.fr/sylvia-howard-fast/</link>
            <pubDate>Mon, 04 Oct 2010 18:06:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sylvia-howard-fast/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Sylvia - Howard Fast&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sylvia.png#floatleft&#34;&gt; Un autre roman policier, conseillé par José, un collègue. Et le conseil était bon : très bonne histoire, sans fusillade ni cadavre, dans l&amp;rsquo;Amérique des années 1950, avec une vision sociale assez désabusée bien loin du rêve américain, et un magnifique portrait de femme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alan Macklin&lt;/strong&gt; (mais tout le monde l&amp;rsquo;appelle Mac) est un détective privé plutôt fauché, titulaire d&amp;rsquo;une licence d&amp;rsquo;Histoire ancienne, féru de littérature, et plutôt amer sur la vie en général. Un milliardaire lui propose d&amp;rsquo;enquêter sur la femme avec qui il projette de se marier, histoire de vérifier son passé. Mais attention, défense absolue de la rencontrer pour lui poser des questions : elle très intelligente et découvrirait très vite le pot aux roses.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mac va donc enquêter sur cette Sylvia : il réussira à remonter le fil de sa vie, et découvrir qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas la riche héritière qu&amp;rsquo;elle prétend être. Sylvia a du au contraire lutter pour s&amp;rsquo;en sortir, issue de la plus ultime pauvreté, père alcoolique, etc&amp;hellip; Boulimique de connaissance, elle lit tout ce qui lui tombe entre les mains, apprend les langues au fil de ses rencontres&amp;hellip; Sa volonté de s&amp;rsquo;en sortir n&amp;rsquo;a d&amp;rsquo;égal que son souci de dissimuler son passé. Très vite, Mac va en tomber éperdument amoureux, sans même la connaître, tant sa vie à elle le renvoie à la sienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Fast&#34;  title=&#34;Howard Fast sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Howard Fast&lt;/a&gt; (1914-2003), écrivain américain, publia ce livre en 1960 en utilisant pour la première fois le pseudonyme de E.-V. Cunningham : c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;habitude à l&amp;rsquo;époque, pour dissocier les écrits dits sérieux de ce genre de roman. Rien à voir donc avec le fait qu&amp;rsquo;il ait été au Parti Communiste Américain et sur la liste noire du cinéma du maccarthysme. Sylvia a fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un film de Gordon Douglas en 1965.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans la gorge du dragon - Eliot Pattison</title>
            <link>https://pled.fr/dans-la-gorge-du-dragon-eliot-pattison/</link>
            <pubDate>Sun, 03 Oct 2010 15:52:04 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dans-la-gorge-du-dragon-eliot-pattison/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Dans la gorge du dragon - Eliot Pattison&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pattison.png#floatleft&#34;&gt; Pendant les vacances, j&amp;rsquo;ai lu quelques polars, et le premier fût celui-ci, conseillé par Jean-Jacques. L&amp;rsquo;histoire se passe au Tibet, dans un camp de travail chinois, où les moines emprisonnés cassent des cailloux pour faire des routes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est un chinois qui mène l&amp;rsquo;enquête : &lt;strong&gt;Shan Tao Yun&lt;/strong&gt;, pourtant lui aussi emprisonné, ayant eu le malheur lors d&amp;rsquo;une enquête à Pékin de mettre en cause en membre du Parti. Mais comme il est très fort, le patron du camp fait appel à lui.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec raison, car pour comprendre ce qui se passe avec les moines tibétains, ça ne va pas être facile : les mobiles de leurs actions ne répondent pas plus aux critères chinois qu&amp;rsquo;européens. Parfois même, on se demande s&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;usent pas magie&amp;hellip; Mais Shan est fin psychologue, et passionné par la culture bouddhiste de ses compagnons de détention.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, et l&amp;rsquo;intrigue bien conçue. Mais le plus intéressant, c&amp;rsquo;est le milieu et l&amp;rsquo;environnement : la manière dont les moines, vivant dans un monde spirituel, réagissent à l&amp;rsquo;oppression de l&amp;rsquo;occupant, ce qui est important pour eux et ce qui ne l&amp;rsquo;est pas, leur culture, leurs rites&amp;hellip; tout cela rend le livre passionnant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Début de l&amp;rsquo;histoire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On appelait cela &amp;ldquo;s&amp;rsquo;en prendre quatre&amp;rdquo;. Le grand moine maigre paraissait suspendu au bord de la haute falaise et seul le vent brutal de l&amp;rsquo;Himalaya semblait le rattacher encore à la terre. Shan Tao Yun plissa les yeux pour mieux voir. Son cœur se serra. Son ami Trinle s&amp;rsquo;apprêtait à sauter. Trinle qui, pas plus tard que ce matin, avait murmuré une bénédiction à l&amp;rsquo;adresse des pieds de Shan afin qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;écrasent pas d&amp;rsquo;insectes en marchant. [&amp;hellip;]&#xA;Mais Trinle, toujours en suspens au bord de la falaise, regarda encore sous lui, de ses yeux calmes et attentifs. Des hommes qui s&amp;rsquo;en étaient pris quatre, Shan en avait vu, mais, chaque fois, l&amp;rsquo;anticipation s&amp;rsquo;était lue sur leur visage. C&amp;rsquo;est toujours ainsi que les choses se passaient, de cette même manière, abrupte et inattendue, comme s&amp;rsquo;ils se trouvaient poussés soudain par une voix que nul autre qu&amp;rsquo;eux ne pouvait entendre. Le suicide était un grand péché, et sa conséquence certaine, une réincarnation sous une forme de vie inférieure. Mais choisir de revivre à quatre pattes pouvait être une solution tentante face à la seule autre possibilité : une vie sur ses deux jambes dans une brigade de travaux forcés chinoise.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eliot Pattison&lt;/strong&gt; (né en 1951) est juriste de formation, économiste, et grand voyageur. Spécialiste de la Chine et passionné par le sort du Tibet, &amp;ldquo;Dans la gorge du dragon&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;The Skull Mantra&amp;rdquo; pour le titre original (prix Edgar Award 2000) est le premier d&amp;rsquo;une série avec l&amp;rsquo;inspecteur Shan. On peut donc le retrouver dans d&amp;rsquo;autres histoires.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Éducation sentimentale - Flaubert</title>
            <link>https://pled.fr/leducation-sentimentale-flaubert/</link>
            <pubDate>Wed, 29 Sep 2010 20:52:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/leducation-sentimentale-flaubert/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’Éducation sentimentale - Flaubert&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;education-sentimentale.png#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est peut-être le chef-d&amp;rsquo;œuvre de Flaubert, mais si j&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre, c&amp;rsquo;est plutôt après avoir entendu que l&amp;rsquo;auteur avait choisit de dresser un tableau de l&amp;rsquo;époque et des évènements historiques qui s&amp;rsquo;y rattachent. Or l&amp;rsquo;histoire se passe entre 1840 et 1851, époque agitée où la monarchie, la république et l&amp;rsquo;empire se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous allons donc suivre les aventures de Frédéric Moreau, jeune provincial petit-bourgeois venant faire ses études à Paris, et tombant éperdument amoureux de Marie Arnoux, femme d&amp;rsquo;un riche (et retors) commerçant. S&amp;rsquo;il est parfois sympathique par son idéalisme, le jeune Frédéric lasse vite par ses errements affectifs et son inactivité chronique : sa seule réelle occupation sera finalement de dilapider son héritage, de manière plus ou moins stupide.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les personnages qui l&amp;rsquo;entourent sont assez caricaturaux, représentant chacun un trait de l&amp;rsquo;époque : bourgeois, ancienne noblesse, courtisanes, artiste, républicain&amp;hellip; le seul sympa, finalement, c&amp;rsquo;est Dussardier, un simple commis qui d&amp;rsquo;ailleurs ne finira pas l&amp;rsquo;histoire. Pour la plupart, leur seul intérêt est l&amp;rsquo;argent, et pour ceux qui ont des opinions politiques, ce ne sont que prétextes à discussions dans les salons.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Concernant le côté historique, c&amp;rsquo;est effectivement plein de référence à la grande Histoire, à tel point que cette édition fourmille de notes de bas de page, certes très intéressantes pour un historien, mais qui me sont apparues un peu perturbatrices pour suivre le récit lui-même. Flaubert s&amp;rsquo;est attaché de manière presque maladive à la suivre dans sa chronologie, j&amp;rsquo;aurai préféré qu&amp;rsquo;il la décrive avec un peu de recul. La révolution de 1848, qui n&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs pour Frédéric qu&amp;rsquo;un &amp;ldquo;spectacle&amp;rdquo;, fait effectivement plus partie du décor qu&amp;rsquo;autre chose.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce roman annonce parait-il le roman contemporain : peut-être pour un spécialiste de la littérature ? Bref, n&amp;rsquo;étant ni historien ni professeur de littérature, et même si c&amp;rsquo;est très bien écrit, ce roman de 600 pages m&amp;rsquo;a finalement plutôt ennuyé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le seul intérêt est la description du milieu petit-bourgeois de cette époque et de la bêtise humaine, mais ça on connait déjà ! Mais peut-être est-ce là où Flaubert excelle après tout ? Comme on peut le lire dans la préface :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;Art ne doit servir de chaire à aucune doctrine sous peine de se déchoir ! On fausse toujours la réalité quand on veut l&amp;rsquo;amener à une conclusion (&amp;hellip;) Et puis, est-ce avec des fictions qu&amp;rsquo;on veut parvenir à découvrir la vérité ? L&amp;rsquo;histoire, l&amp;rsquo;histoire, et l&amp;rsquo;histoire naturelle ! (&amp;hellip;) Observons, tout est là. Et après des siècles d&amp;rsquo;études il sera peut-être donné à quelqu&amp;rsquo;un de faire la synthèse. La rage de vouloir conclure est une des manies les plus funestes et les plus stériles qui appartiennent à l&amp;rsquo;humanité. Chaque religion, chaque philosophie a prétendu avoir Dieu à elle, toiser l&amp;rsquo;infini et connaître la recette du bonheur. Quel orgueil et quel néant ! Je vois au contraire que les plus grands génies et les plus grandes œuvres n&amp;rsquo;ont jamais conclu. Homère, Shakespeare, Goethe, tous les fils aînés de Dieu (comme dit Michelet) se sont bien gardés de faire autre chose que représenter (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 23 octobre 1863).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ne suis pas certain d&amp;rsquo;être d&amp;rsquo;accord avec ça : on peut donner son opinion sans pour autant porter un jugement. Et les &amp;ldquo;fils aînés de Dieu&amp;rdquo; choisissaient des personnages un peu plus intéressants que Frédéric Moreau ! Serait-ce lié au côté autobiographique de l&amp;rsquo;œuvre ? ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Flaubert&#34;  title=&#34;Flaubert sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gustave Flaubert&lt;/a&gt; est né à Rouen en 1821 et meurt en 1880. Admirateur de Balzac, il s&amp;rsquo;inscrit dans la lignée du roman réaliste. Il a vécu une vie assez mondaine, et n&amp;rsquo;a pas vraiment connu le succès de son vivant, même s&amp;rsquo;il était très estimé par ses pairs (Zola, Daudet, Maupassant).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Notre besoin de consolation est impossible à rassasier - Stig Dagerman</title>
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            <pubDate>Thu, 23 Sep 2010 17:41:24 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Notre besoin de consolation est impossible à rassasier - Stig Dagerman&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;dagerman.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un tout petit livre, une dizaine de pages, et donc d&amp;rsquo;une épaisseur propre à le rendre invisible dans une bibliothèque. Si le texte est bref, il est également profondément triste (ou devrais-je dire profond et triste ?).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;ailleurs le dernier texte que &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Stig_Dagerman&#34;  title=&#34;Stig Dagerman sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Stig Dagerman&lt;/a&gt; écrivit, avant de sombrer dans le silence et de se donner la mort deux ans plus tard, en 1954, à l&amp;rsquo;âge de 31 ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il commença sa carrière comme journaliste pour des journaux syndicaux où il s&amp;rsquo;occupait de la section culturelle (son père est un militant anarcho-syndicaliste). Il est considéré comme l&amp;rsquo;un des écrivains suédois les plus importants des années 1940. Son œuvre traite des grandes préoccupations universelles et de la douloureuse réalité de l&amp;rsquo;existence, sans pour autant manquer d&amp;rsquo;humour.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici le premier paragraphe de ce texte, que vous pouvez d&amp;rsquo;ailleurs lire en totalité &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://chabrieres.pagesperso-orange.fr/texts/consolation.html&#34;  title=&#34;le texte complet en ligne&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;, vous n&amp;rsquo;êtes pas obligé d&amp;rsquo;acheter le livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et un autre extrait sur la notion du temps, plus optimiste :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. [&amp;hellip;] Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A noter que les &amp;ldquo;Têtes raides&amp;rdquo;, dans leur album Banco, en font une lecture. On la trouve en video sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.dailymotion.com/video/x56aua_tetes-raides-notre-besoin-de-consol_music&#34;  title=&#34;Les Têtes raides et Stig Dagerman&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Dailymotion&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Par-delà bien et mal - Friedrich Nietzsche</title>
            <link>https://pled.fr/par-dela-bien-et-mal-friedrich-nietzsche/</link>
            <pubDate>Sun, 29 Aug 2010 17:03:02 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/par-dela-bien-et-mal-friedrich-nietzsche/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Par-delà bien et mal - Friedrich Nietzsche&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nietzsche.png#floatleft&#34;&gt; Après avoir écouté Michel Onfray l&amp;rsquo;année dernière nous conter l&amp;rsquo;histoire et la philosophie de Nietzsche, je me suis lancé dans la lecture de l&amp;rsquo;un de ses ouvrages, &amp;ldquo;Par-delà bien et mal&amp;rdquo;. Pour une première lecture d&amp;rsquo;un philosophe, ce petit bouquin de 200 pages en Folio essai me paraissait abordable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre est composé de textes courts, autant de réflexions ou d&amp;rsquo;opinions exprimés sur les différents sujets abordés (philosophie, religion, morale, etc&amp;hellip;). Si Nietzsche est assez lisible (je veux dire qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;emploie pas un vocabulaire ésotérique), j&amp;rsquo;ai du en relire plus d&amp;rsquo;un pour mieux saisir ce qu&amp;rsquo;il voulait dire. La première lecture servait à voir à peu près de quoi il retournait, et où il voulait en venir (ce qui n&amp;rsquo;est pas toujours évident) ; et la deuxième, plus fluide, de saisir le texte dans son ensemble. C&amp;rsquo;était finalement assez agréable, quand le sujet ou l&amp;rsquo;idée me plaisait&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va bousculer bon nombre d&amp;rsquo;idées reçues, avec un certain plaisir et parfois avec un humour assez ravageur&amp;hellip; beaucoup de choses vont être sérieusement remises en question ! Grand penseur (&amp;ldquo;esprit libre&amp;rdquo; comme il se définit), à une époque ou la psychologie et la psychanalyse apparaissent, il ouvre certes des perspectives nouvelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il ne s&amp;rsquo;embarrasse ni ne doute de rien, et ses jugements vont parfois trop loin à mon goût (manque d&amp;rsquo;humanisme). Le &amp;ldquo;bas peuple&amp;rdquo; (la plèbe) est violemment dénigré et méprisé (élitisme ?). Quand il aborde &amp;ldquo;Peuples et patries&amp;rdquo;, puis &amp;ldquo;Qu&amp;rsquo;est-ce qui est aristocratique ?&amp;rdquo;. Là&amp;hellip; il faut sans doute mieux connaître la philosophie de Nietzsche pour bien comprendre ce qu&amp;rsquo;il veut dire  quand il parle du surhomme ou de la volonté de puissance (malgré les explications de Michel Onfray), mais ce n&amp;rsquo;est pas vraiment surprenant que ses idées aient été récupérées par les nazis et le fascisme italien.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme vous pourrez le voir dans les extraits ci-dessous, il y a donc du bon et du moins bon, voir du mauvais et je reste assez partagé sur le personnage :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il fut malade très tôt (syphilis ?), souffrant dans son corps toute sa vie ou presque, et cela explique peut-être ses réflexions sur les bienfaits de la souffrance, ou bien sa fascination pour les grands hommes et son mépris pour la démocratie qui &amp;ldquo;ramollit&amp;rdquo; les hommes. Il porte des jugements très sévères sur ces sujets qui ne me semblent pas empreints d&amp;rsquo;une réelle objectivité, mais plutôt d&amp;rsquo;une fascination.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à ses jugements sur la femme, là aussi ça dérape ! mais finalement comme tant d&amp;rsquo;autres qui l&amp;rsquo;ont précédé, j&amp;rsquo;ai bien l&amp;rsquo;impression qu&amp;rsquo;il faille attendre l&amp;rsquo;émancipation de celle-ci pour trouver des philosophes portant un jugement plus équitable&amp;hellip; comme quoi l&amp;rsquo;environnement influe sur la pensée, ce qui Nietzsche dit d&amp;rsquo;ailleurs à propos des philosophes : hélas, il n&amp;rsquo;échappe pas lui-même à la régle !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout l&amp;rsquo;intérêt du bouquin est nous faire réfléchir sur des choses que l&amp;rsquo;on considère comme acquises. On peut être ou ne pas être d&amp;rsquo;accord, l&amp;rsquo;essentiel est d&amp;rsquo;y réfléchir. De plus, comme les textes sont courts, on peut se ballader avec le bouquin en poche, en lire un, y réfléchir tranquillement, puis en lire un autre, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques extraits pour se faire une idée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La préface débute ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A supposer que la vérité soit femme, n&amp;rsquo;a-t-on pas lieu de soupçonner que tous les philosophes, pour autant qu&amp;rsquo;ils furent dogmatiques, n&amp;rsquo;entendaient pas grand-chose aux femmes et que l&amp;rsquo;effroyable sérieux, la gauche insistance avec lesquels ils se sont approchés de la vérité, ne furent que des exemples maladroits et mal appropriés pour conquérir justement les faveurs de cette femme ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur le philosophe, il cite Stendhal, &amp;ldquo;ce dernier grand psychologue&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pour être un bon philosophe, il faut être sec, clair, sans illusion. Un banquier qui a fait fortune a une partie du caractère requis pour faire des découvertes en philosophie, c&amp;rsquo;est-à-dire pour voir clair dans ce qui est.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la volonté de puissance :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les physiologistes devraient réfléchir avant de poser que, chez tout être organique, l&amp;rsquo;instinct de conservation constitue l&amp;rsquo;instinct cardinal. Un être vivant veut avant tout déployer sa force. La vie même est volonté de puissance, et l&amp;rsquo;instinct de conservation n&amp;rsquo;en est qu&amp;rsquo;une conséquence indirecte et des plus fréquentes. ? Bref, ici comme partout, gardons-nous des principes téléologiques superflus, tels que l&amp;rsquo;instinct de conservation (nous le devons à l&amp;rsquo;inconséquence de Spinoza). Ainsi le veut la méthode, qui doit être essentiellement économe en matière de principe.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur le libre arbitre, question soulevée par tant de philosophes :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est certes pas le moindre charme d&amp;rsquo;une théorie que d&amp;rsquo;être réfutable : c&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;elle attire les esprits déliés. Il semble bien que la théorie cent fois réfutée du &amp;ldquo;libre arbitre&amp;rdquo; ne doive sa survie qu&amp;rsquo;à ce genre de charme ; il vient toujours quelqu&amp;rsquo;un qui se sent de taille à la réfuter encore.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur l&amp;rsquo;amour du prochain :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rien n&amp;rsquo;y fait : il faut impitoyablement traîner au tribunal et mettre sur la sellette les sentiments d&amp;rsquo;abnégation et de sacrifice en faveur du prochain, la morale toute entière du renoncement, de même que l&amp;rsquo;esthétique de la &amp;ldquo;comptemplation désintéressée&amp;rdquo;, par le truchement de laquelle l&amp;rsquo;art émasculé d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui cherche, non sans astuce, à se donner bonne conscience. Il entre beaucoup trop de charme et de douceur dans ces sentiments qui ont en vue &amp;ldquo;le bien des autres et non mon bien&amp;rdquo; pour qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;ait pas à redoubler de méfiance sur ce point. &amp;ldquo;Ces sentiments, peut-on se demander, ne visent-ils pas à séduire ?&amp;rdquo; Le fait qu&amp;rsquo;ils plaisent — à celui qui les nourrit et à celui qui en profite, aussi bien qu&amp;rsquo;au simple spectateur — ne constitue pas un argument en leur faveur ; c&amp;rsquo;est précisément ce qui invite à la prudence. Soyons donc prudents !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur l&amp;rsquo;indépendance d&amp;rsquo;esprit&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En fin de compte, il faut tout faire soi-même pour savoir soi-même quelque chose : c&amp;rsquo;est-à-dire que l&amp;rsquo;on a beaucoup à faire. Mais une curiosité comme la mienne n&amp;rsquo;en demeure pas moins le plus agréable des vices, — pardon, je voulais dire : l&amp;rsquo;amour de la vérité trouve sa récompense au ciel et déjà sur cette terre. —&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la religion&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Partout où la névrose religieuse est apparue sur la terre, nous la trouvons liée à trois régimes dangereux : solitude, jeûne et continence, sans qu&amp;rsquo;il soit possible de dire avec certitude où il faut chercher la cause ou l&amp;rsquo;effet, ni même s&amp;rsquo;il existe sur ce point une relation de cause à effet. Ce qui autorise le dernier doute, c&amp;rsquo;est que les symptômes les plus ordinaires de cette névrose, chez les peuples sauvages aussi bien que chez les nations policées, consistent dans le déchaînement subit d&amp;rsquo;une frénésie sensuelle qui se mue tout aussi soudainement en convulsions de pénitence, en négation du monde et de sa volonté : deux phénomènes où il convient peut-être de reconnaître une épilepsie larvée ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la morale :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Toutes ces morales qui se proposent de faire le &amp;ldquo;bonheur&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;individu, comme on dit, qu&amp;rsquo;offrent-elles sinon des compromis avec le danger qui menace la personne de l&amp;rsquo;intérieur ; des recettes contre ses passions, ses bons et ses mauvais penchants, dans la mesure où ils aspirent à dominer et à régner sur la conscience ; de petites et grandes roueries, des artifices, qui dégagent un relent de pharmacie domestique et de sagesse de bonne femme ? Toutes présentent des formes baroques et déraisonnables, parce qu&amp;rsquo;elles s&amp;rsquo;adressent à &amp;ldquo;tout le monde&amp;rdquo;, parce qu&amp;rsquo;elles généralisent là où on a pas le droit de généraliser, toutes s&amp;rsquo;expriment dans l&amp;rsquo;absolu et se donnent pour absolues ; toutes sont dépourvues du moindre grain de sel et ne deviennent supportables, quelquefois même capiteuses, qu&amp;rsquo;une fois assaisonnées, quand elles dégagent une odeur dangereuse, celle surtout de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;autre monde&amp;rdquo;. Tout cela, aux yeux de l&amp;rsquo;intelligence, n&amp;rsquo;offre pas grande valeur et n&amp;rsquo;a rien à voir avec la &amp;ldquo;science&amp;rdquo;, ni encore moins avec la &amp;ldquo;sagesse&amp;rdquo; ; tout cela, je le répète, et même trois fois, n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;astuce, astuce, astuce entremêlée de sottise, sottise et sottise, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse de l&amp;rsquo;indifférence et de l&amp;rsquo;impassibilité marmoréenne que les stoïciens conseillaient comme un remède aux passions, du renoncement au rire et aux larmes préconisé par Spinoza avec sa prétention si naïve de détruire les passions en les soumettant à l&amp;rsquo;analyse et à la vivisection, ou encore du rabaissement des passions à un niveau si médiocre qu&amp;rsquo;il devient permis de les satisfaire tant elles deviennent inoffensives, ainsi que le réclame l&amp;rsquo;aristotélisme de la morale.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours sur la morale, mais plus litigieux :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Certains instincts puissants et dangereux, tels que le goût du risque, le courage téméraire, la soif de vengeance, la ruse, la rapacité, la passion de dominer, instincts qui n&amp;rsquo;étaient pas seulement honorés — sous d&amp;rsquo;autres noms, bien entendu — mais cultivés et fortifiés (parce qu&amp;rsquo;on en avait besoin quand la société était mise en péril par des ennemis), furent ressentis comme doublement forts une fois qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;eurent plus d&amp;rsquo;exutoires, et peu à peu taxés d&amp;rsquo;immoralité et abandonnés à la calomnie. Sont honorés désormais et tenus pour moraux les instincts et les penchants opposés ; l&amp;rsquo;instinct grégaire en tire les conclusions et entamme pas à pas sa marche en avant. La morale change désormais d&amp;rsquo;optique et se demande si une opinion, une passion, une volonté, un don est susceptible de nuire ou de ne pas nuire à la collectivité, à l&amp;rsquo;égalité ; une fois de plus la crainte est la mère de la morale. [&amp;hellip;] L&amp;rsquo;&amp;ldquo;agneau&amp;rdquo;, mieux encore le &amp;ldquo;mouton&amp;rdquo; gagnent en considération. On en arrive à un degré de déliquescence morbide et de ramollissement où la société prend elle-même parti, en tout sérieux et honnêteté, pour celui qui lui porte atteinte, pour le malfaiteur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un dictateur éclairé ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans tous les cas où l&amp;rsquo;on ne croit pas pouvoir se dispenser de têtes de file et de chefs, on s&amp;rsquo;ingénie aujourd&amp;rsquo;hui à substituer aux dirigeants un ensemble d&amp;rsquo;individus avisés du type grégaire : telle est, par exemple, l&amp;rsquo;origine de tous les régimes représentatifs. Malgré tout, quel bienfaits pour ces Européens, pour ce bétail humain, quelle délivrance d&amp;rsquo;un malaise qui devenait intolérable, que l&amp;rsquo;apparition d&amp;rsquo;un maître absolu : c&amp;rsquo;est ce que montrèrent pour la dernière fois sur une vaste échelle les répercussions du phénomène napoléonien : l&amp;rsquo;histoire de ces répercussions est pour ainsi dire celle du plus haut bonheur auquel ce siècle ait pu atteindre dans ses meilleurs moments et dans ses hommes les plus remarquables.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Va-t-en-guerre ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Peut-être ne faudra-t-il pas seulement des guerres aux Indes et des imbroglios en Asie pour délivrer l&amp;rsquo;Europe du plus grand danger qui la menace, mais des bouleversements intérieurs, l&amp;rsquo;éclatement de l&amp;rsquo;empire russe en une mosaïque de petits États et avant tout l&amp;rsquo;introduction de l&amp;rsquo;imbécilité parlementaire jointe à l&amp;rsquo;obligation pour chacun de lire son journal au petit-déjeuner. Ce n&amp;rsquo;est pas que je souhaite une pareille évolution, je souhaite plutôt le contraire, une telle aggravation de la menace russe qu&amp;rsquo;elle contraigne enfin l&amp;rsquo;Europe à devenir tout aussi menaçante, à se forger sa propre volonté, par le moyen d&amp;rsquo;une nouvelle caste régnant sur l&amp;rsquo;Europe, une volonté redoutable et à longue portée capable de se fixer des buts pour des millénaires.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vive la souffrance !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Vous voulez abolir la souffrance dans la mesure du possible, et il n&amp;rsquo;y a pas de plus folle ambition. Et nous ? Il semble que nous la voudrions encore plus profonde et plus grave qu&amp;rsquo;elle le fût jamais. Le bien-être tel que vous le concevez n&amp;rsquo;est pas un but, c&amp;rsquo;est à nos yeux un terme. Un état qui rend l&amp;rsquo;homme aussitôt ridicule et méprisable, qui fait souhaiter sa ruine.  La culture de la souffrance, de la grande souffrance, ne savez-vous pas que c&amp;rsquo;est là l&amp;rsquo;unique cause des dépassements de l&amp;rsquo;homme ? Cette tension de l&amp;rsquo;âme dans le malheur, qui l&amp;rsquo;aguerrit, son frisson au moment du grand naufrage, son ingéniosité et sa vaillance à supporter le malheur, à l&amp;rsquo;endurer, à l&amp;rsquo;interpréter, à l&amp;rsquo;exploiter jusqu&amp;rsquo;au bout, tout ce qui lui a jamais été donné de profondeur, de secret, de dissimulation, d&amp;rsquo;esprit, de ruse, de grandeur, n&amp;rsquo;a-t-il pas été acquis par la souffrance, à tracer la culture de la grande souffrance ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur les femmes et la culture :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On les rend chaque jour plus hystériques et plus inaptes à suivre leur première et dernière vocation, qui est de mettre les enfants au monde. D&amp;rsquo;une manière générale, on veut les &amp;ldquo;cultiver&amp;rdquo; encore plus, et comme on dit, fortifier par la culture la faiblesse de leur sexe : comme si l&amp;rsquo;histoire n&amp;rsquo;enseignait pas avec toute la netteté désirable que la &amp;ldquo;culture&amp;rdquo; de l&amp;rsquo;être humain et son affaiblissement, je veux dire l&amp;rsquo;affaiblissement , la dispersion, l&amp;rsquo;alanguissement de la volonté, n&amp;rsquo;avaient pas toujours marché de pair, et que les femmes les plus puissantes, celles qui ont exercé la plus forte influence (en dernier lieu encore la mère de Napoléon) ont dû leur puissance et leur ascendant sur les hommes à l&amp;rsquo;énergie de leur volonté, et non pas aux maîtres d&amp;rsquo;école.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La femme propriété de l&amp;rsquo;homme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un homme profond [&amp;hellip;] doit voir dans la femme une propriété, un bien qu&amp;rsquo;il convient d&amp;rsquo;enfermer, un être prédestiné à la sujétion et qui s&amp;rsquo;accomplit à travers elle ; il doit se rallier en cette matière à l&amp;rsquo;incomparable sagesse de l&amp;rsquo;Asie, à la supériorité de l&amp;rsquo;instinct asiatique. Ainsi firent les Grecs, héritiers et disciples par excellence de l&amp;rsquo;Asie, qui d&amp;rsquo;Homère au siècle de Périclès, et à mesure qu&amp;rsquo;ils croissaient en civilisation et en force, se montrèrent toujours plus sévères, plus orientaux à l&amp;rsquo;égard des femmes. Qu&amp;rsquo;on veuille bien réfléchir à quel point une telle attitude était nécessaire, logique et même humainement souhaitable.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La loi du plus fort :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Des hommes encore tout proches de la nature, des barbares dans tout ce que ce mot comporte d&amp;rsquo;effroyable, des hommes de proie encore en possession d&amp;rsquo;une volonté intacte et d&amp;rsquo;appétits de puissance inentamés se sont jetés sur des races plus faibles, plus policées, plus paisibles, des races soit commerçantes soit pastorales, ou sur de vieilles civilisations usées qui dilapidaient leurs dernières énergies en d&amp;rsquo;étincelants et mortels feux d&amp;rsquo;artifice. La caste aristocratique fut toujours, d&amp;rsquo;abord, la caste des barbares : sa supériorité ne résidait pas  avant tout dans sa force physique, mais dans sa force spirituelle ; ils étaient plus complètement des hommes (c&amp;rsquo;est-à-dire aussi, et à tous les niveaux, plus complètement des brutes).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le bas peuple :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Or une aristocratie saine ne doit pas se sentir une fonction, soit de la monarchie, soit de la collectivité, mais voir en l&amp;rsquo;une ou en l&amp;rsquo;autre son sens et sa plus haute justification ; c&amp;rsquo;est pourquoi elle devra prendre sur elle de sacrifier sans mauvaise conscience une foule d&amp;rsquo;êtres humains qu&amp;rsquo;elle réduira et rabaissera, dans son intérêt, à l&amp;rsquo;état d&amp;rsquo;hommes diminués, d&amp;rsquo;esclaves, d&amp;rsquo;instruments. Sa croyance fondamentale doit être que la société n&amp;rsquo;a pas le droit d&amp;rsquo;exister pour elle-même, mais qu&amp;rsquo;elle ne doit être que le soubassement et la charpente qui permettront à une élite de se hausser à ses devoirs supérieurs, à la réalisation d&amp;rsquo;un être plus élevé : semblable en cela à ces plantes grimpantes de Java — on les nomme &amp;ldquo;sipomatador&amp;rdquo; — qui tendent vers un chêne leurs bras avides de soleil et l&amp;rsquo;enlacent si fort et si longtemps qu&amp;rsquo;enfin elles se dressent au-dessus de l&amp;rsquo;arbre mais en s&amp;rsquo;appuyant sur lui, exhaussant leur cime avec bonheur pour l&amp;rsquo;éployer à la lumière.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Friedrich Wilhelm Nietzsche&lt;/strong&gt; est né en 1844, mort en 1900 (et fou les dix dernières années de sa vie). De nationalité allemande, philologue de formation, puis philosophe et poète. Sur Wikipedia, on peut trouver sa &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche_%28biographie%29&#34;  title=&#34;wikipedia, biographie de Nietzsche&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;biographie&lt;/a&gt; ainsi qu&amp;rsquo;une présentation de sa &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nietzsche&#34;  title=&#34;wikipedia, la philosophie de Nietzsche&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;philosophie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Notre part des ténèbres - Gérard Mordillat</title>
            <link>https://pled.fr/notre-part-des-tenebres-gerard-mordillat/</link>
            <pubDate>Sat, 14 Aug 2010 17:46:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/notre-part-des-tenebres-gerard-mordillat/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Notre part des ténèbres - Gérard Mordillat&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mordillat.png#floatleft&#34;&gt; Dernier roman de Gérard Mordillat, paru en 2008, et le premier que je lis de cet auteur. Une histoire très contemporaine, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une fermeture d&amp;rsquo;usine, avec tous les ingrédients auxquels nous sommes malheureusement habitués : spéculateurs, banquiers et politiques sans scrupules œuvrant main dans la main pour leur plus grand profit, qu&amp;rsquo;il soit financier ou mené par l&amp;rsquo;ambition personnelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les salariés sont laissés sur le carreau après de belles promesses, mais cette fois-ci ils ne vont pas se laisser faire. Ils occupent d&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;usine, mais celle-ci est incendiée une nuit par des inconnus&amp;hellip; ils vont alors monter une opération de grande envergure pour régler leurs comptes :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le fond de placement FII a obtenu d&amp;rsquo;excellents résultats financiers, et a invité à bord d&amp;rsquo;un paquebot pour la nuit du réveillon, ses meilleurs clients et amis, jusqu&amp;rsquo;au ministre de l&amp;rsquo;intérieur lui-même (sa femme est l&amp;rsquo;héritière de la banque Margaux&amp;hellip; elle-même impliquée dans la transaction). Bref, dans tout ce petit monde se trouvent tous les acteurs ayant participé de près ou de loin à la fermeture de l&amp;rsquo;usine, sans oublier Depardieu et Clavier, sous contrat pour montrer leurs binettes, et dont on se demande bien ce qu&amp;rsquo;ils viennent faire dans l&amp;rsquo;histoire : les noms des autres personnages sont fictifs, quel besoin d&amp;rsquo;y incorporer ces deux-là ? J&amp;rsquo;aurai préféré le nom du ministre !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, les salariés vont réussir à prendre le contrôle du « Nausicaa », et au lieu du feu d&amp;rsquo;artifice prévu à quelques centaines de mètres du port du Havre, vont l&amp;rsquo;emmener dans le mer du Nord, histoire de rencontrer une vraie tempête et&amp;hellip; mystère&amp;hellip; quelles sont leurs intentions ? personne ne le sait, le lecteur non plus, pas plus que les salariés eux-mêmes (une fois le livre terminé, on se pose encore la question). Au gouvernement, on met en place une cellule de crise, armée, GIGN, tout le tremblement&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;idée de départ est séduisante (la révolte), on a beaucoup mal à croire à cette histoire, tant les ficelles pour monter le scénario sont grosses, comme l&amp;rsquo;utilisation de missiles sol-air par les salariés pour tirer sur les hélicos du GIGN&amp;hellip; idem pour les personnages, gentils salariés contre patrons ou politiques dépravés, et pas plus de profondeur dans le description du problème social : l&amp;rsquo;auteur se contente d&amp;rsquo;essaimer de temps en temps des dépêches d&amp;rsquo;agence de presse annonçant ici une catastrophe, là des tortures, des bénéfices records pour telle compagnie ou un scandale ailleurs. Trop caricatural pour être réellement intéressant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Mordillat&#34;  title=&#34;Gérard Mordillat sur wikipedai&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Gérard Mordillat&lt;/a&gt; est né en 1949 à Paris. Fils d&amp;rsquo;ouvrier, soutien de longue date du PCF et maintenant du Front de gauche, passionné de littérature et de cinéma. Il a tenu la rubrique littéraire de Libération qu&amp;rsquo;il quitte après son premier roman, &amp;ldquo;Vive la sociale!&amp;rdquo;, qui deviendra un film quelques années plus tard. On dirait bien qu&amp;rsquo;il a écrit ce dernier bouquin en pensant que ça ferait un film, ça expliquerait la présence de Clavier et Depardieu ? en tout cas, l&amp;rsquo;idée n&amp;rsquo;était pas de décrire sérieusement une situation sociale inquiétante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à l&amp;rsquo;éditeur qui ajoute sur la couverture &amp;ldquo;le roman de l&amp;rsquo;insurrection qui vient&amp;rdquo;, on rigole franchement !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Autobiographie ou mes expériences de vérité - Gandhi</title>
            <link>https://pled.fr/autobiographie-ou-mes-experiences-de-verite-gandhi/</link>
            <pubDate>Tue, 13 Jul 2010 16:25:47 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/autobiographie-ou-mes-experiences-de-verite-gandhi/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Autobiographie ou mes expériences de vérité - Gandhi&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;gandhi.png#floatleft&#34;&gt; Tout le monde connaît Gandhi, le pionnier de la non-violence qui mena à l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Inde. Dans cette autobiographie, il va nous raconter comment il s&amp;rsquo;est construit : son enfance, son mariage très jeune, ses études en Angleterre, l&amp;rsquo;Afrique du Sud où il exerce la profession d&amp;rsquo;avocat (qu&amp;rsquo;il qualifie de foncièrement viciée ! suivez mon regard&amp;hellip;) et où il initiera ses premières luttes, puis son retour en Inde et le début de son implication politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il arrêtera malheureusement sa narration en 1925 (né en 1869), soit avant la fameuse &amp;ldquo;marche du sel&amp;rdquo; et le véritable début de la lutte pour l&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Inde. Mais ses deux principes fondamentaux sont déjà largement établis à cette date, à savoir le &lt;strong&gt;satyâgraha&lt;/strong&gt; et l&amp;rsquo; &lt;strong&gt;ahimsâ&lt;/strong&gt;. Ce qui peut se résumer par vérité, résistance civile et non-violence.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Gandhi procède beaucoup par des voeux, auxquels il se tient farouchement. Ces principes viennent des textes sacrés de l&amp;rsquo;hindouisme : il étudie les textes, leur signification profonde, en discute avec des amis, forge sa conviction profonde&amp;hellip; et prononce un vœu, auquel il se tiendra tout le reste de sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A bien des égards, c&amp;rsquo;est un ascète. Toujours il fera en sorte que ses actes soient en accord avec ses pensées. Il travaillera sans relâche à ce que ces dernières soient le moins possible diverties par les tentations de toutes sortes. Enfin, il cultivera l&amp;rsquo;humilité la plus totale. On peut résumer ça en une discipline spirituelle sans concession (purification, renoncement, etc&amp;hellip;). Extrait de la Baghavad Gîtâ :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;homme arrête son attention sur les objets des sens, de l&amp;rsquo;attrait naît en lui pour eux.&#xA;De l&amp;rsquo;attrait sort le désir ; du désir se forme la colère.&#xA;De la colère naît l&amp;rsquo;égarement ; de l&amp;rsquo;égarement, la confusion de pensée ;&#xA;De la confusion de pensée, la ruine de la raison ; de la ruine de la raison, il meurt.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits pour voir tout cela d&amp;rsquo;un peu plus près&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-vérité&#34;&gt;La Vérité&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Sur la quatrième de couverture on peut lire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Décrire la vérité, telle qu&amp;rsquo;elle m&amp;rsquo;est apparue, et de la façon exacte dont je l&amp;rsquo;ai atteinte, voilà quel a été mon effort incessant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dès les premières pages, Gandhi nous en dit plus sur ce qu&amp;rsquo;il appelle vérité :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A mes yeux, la vérité est principe souverain, qui en enrobe nombre d&amp;rsquo;autres. La vérité dont il s&amp;rsquo;agit ici, n&amp;rsquo;est pas seulement la véracité du verbe, mais véracité de la pensée aussi bien ; ni seulement vérité relative comme nous la concevons, mais Vérité Absolue, Principe Éternel, qui est Dieu. Il existe d&amp;rsquo;innombrables définitions de Dieu, parce que Ses manifestations sont innombrables. Elles me terrassent d&amp;rsquo;étonnement, de respect et de peur, et pour un moment me laissent tout muet. Mais j&amp;rsquo;adore Dieu comme Vérité seulement. Je ne L&amp;rsquo;ai pas encore trouvé, mais je Le cherche sans relâche. Je suis prêt à sacrifier ce que j&amp;rsquo;ai de plus cher à la poursuite de cette quête. Dût ce sacrifice réclamer ma vie même, j&amp;rsquo;espère être prêt à le consentir.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu auparavant, il dit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que je voudrais mener à bien - ce que j&amp;rsquo;ai tenté laborieusement , langui de mener à bien, ces trente années — c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;atteindre à l&amp;rsquo;accomplissement de soi, de voir Dieu face à face, de parvenir au Moksha (délivrance). Je ne vis, je ne me meus, je n&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;être que dans la poursuite de cette fin. Tout ce que j&amp;rsquo;accomplis par le moyen de la parole ou de l&amp;rsquo;écrit, comme toutes mes aventures dans le domaine de la politique, tend vers cette même fin. Mais comme je n&amp;rsquo;ai pas cessé de croire, tout au long de ma route, que ce que peut faire un homme, tous le peuvent, mes expériences n&amp;rsquo;ont pas été menées dans le secret du cabinet mais aux yeux de tous, et je ne pense pas que ce fait trahisse ou diminue leur valeur spirituelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous voilà prévenus : Gandhi est religieux, très religieux même !!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-mode-de-vie&#34;&gt;Le mode de vie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Tout cela l&amp;rsquo;amène à des valeurs et des comportements très marqués. Il est bien entendu végétarien (voir plus loin), et se contentera d&amp;rsquo;ailleurs bien souvent d&amp;rsquo;un régime de fruits (frais et secs), ce qui est selon lui suffisant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté médecine, c&amp;rsquo;est à peu près pareil : adepte de l&amp;rsquo;hydrothérapie (après avoir lu un livre de Louis Kuhne) et autres médecines naturelles, il prône plutôt le jeûne et pratique l&amp;rsquo;auto-médication, s&amp;rsquo;improvisant même médecin pour sa famille. Même gravement malade, quand un bouillon à base de poulet lui est prescrit, il refusera au risque d&amp;rsquo;y laisser sa peau ; et pas seulement pour lui, mais pour sa femme et ses enfants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marié très jeune, un temps porté sur le plaisir, il manque la mort de son père préférant s&amp;rsquo;éclipser pour rejoindre sa jeune femme. Il en éprouvera une grande honte : son esprit avait cédé aux griffes du désir charnel, alors qu&amp;rsquo;il aurait du être auprès de son père à lui prodiguer les derniers soins. Il lui faudra longtemps pour se libérer des chaînes du désir, et pratiquer l&amp;rsquo;abstinence totale, par le vœu de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Brahmacharya&#34;  title=&#34;Brahmacharya sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&lt;strong&gt;Brahmacharya&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il ne s&amp;rsquo;agit pas seulement d&amp;rsquo;abstinence sexuelle, mais de l&amp;rsquo;absence de toute pensée impure.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lahimsâ&#34;&gt;L&amp;rsquo;ahimsâ&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un mot sanskrit qui signifie non-nuisance et non-violence ; c&amp;rsquo;est pour Gandhi le fondement de la quête de vérité. Ceux qui le pratique sont végétariens puisqu&amp;rsquo;il ne faut pas faire souffrir les créatures. Et les conditions de traites des vaches étant ce qu&amp;rsquo;elles sont, Gandhi ne boira pas de lait non plus. Un jour, très malade, son médecin arrive à la persuader que son vœu ne s&amp;rsquo;applique pas au lait de chèvre. Il se laissera convaincre, mais regrettera cette faiblesse par la suite (sans parvenir à s&amp;rsquo;en libérer) : car si son vœu n&amp;rsquo;est pas réellement brisé, il l&amp;rsquo;est dans le principe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si ces choix peuvent nous paraître ultimes&amp;hellip; certains principes sont toutefois très intéressants, comme la bienveillance :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il faut non seulement souhaiter le bien de l&amp;rsquo;adversaire, mais voir ses propres fautes à travers un verre convexe et faire exactement l&amp;rsquo;inverse avec celle des autres pour arriver à une juste estimation des premières comme des secondes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre conseil remarquable : ne jamais s&amp;rsquo;attaquer aux hommes, mais à leurs actes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme et ses actes sont deux choses distinctes. Alors qu&amp;rsquo;une bonne action doit amener l&amp;rsquo;approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l&amp;rsquo;acte, qu&amp;rsquo;il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pêcheur » — c&amp;rsquo;est là un précepte que l&amp;rsquo;on applique rarement, s&amp;rsquo;il est aisé à comprendre : et c&amp;rsquo;est pourquoi le venin de la haine se répand si vite dans le monde. [&amp;hellip;] S&amp;rsquo;opposer à un système, l&amp;rsquo;attaquer, c&amp;rsquo;est bien ; mais s&amp;rsquo;opposer à son auteur, et l&amp;rsquo;attaquer, cela revient à s&amp;rsquo;opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-satyâgraha&#34;&gt;Le Satyâgraha&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Gandhi n&amp;rsquo;a aucune volonté d&amp;rsquo;indépendance de l&amp;rsquo;Inde au départ. Il considère l&amp;rsquo;Angleterre comme un grand frère, aidant l&amp;rsquo;Inde à s&amp;rsquo;émanciper dans le cadre de l&amp;rsquo;Empire Britannique, ce dernier existant pour le bien du monde (il avoue être crédule). Il montera même un corps d&amp;rsquo;infirmiers lors de la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_des_Boers&#34;  title=&#34;La guerre des Boers sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;guerre des Boers&lt;/a&gt;, et récidivera d&amp;rsquo;ailleurs lors de la première guerre mondiale, alors qu&amp;rsquo;il se trouve à Londres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en Afrique du Sud, où il organise des mouvements pour défendre les droits des travailleurs indiens, qu&amp;rsquo;il invente le mot de Satyâgraha : le terme employé auparavant était &amp;ldquo;résistance passive&amp;rdquo;, mais Gandhi se rend compte que les européens lui donnent un sens trop étroit : c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;arme des faibles, pouvant facilement dégénérer en violence. Il cherche alors un autre terme, et c&amp;rsquo;est son fils qui le trouvera finalement : Satyâgraha vient de sat = vérité et de âgraha = fermeté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De retour en Inde, il procédera de même pour lutter contre l&amp;rsquo;oppression que l&amp;rsquo;Empire Britannique impose aux paysans indiens (impôts injustes, lois discriminatrices, puis massacres). Il prononce des discours au Parti du Congrès et en deviendra le président en 1921. Il relancera le vêtement traditionnel de l&amp;rsquo;Inde (le dhoti), fait avec du coton filé avec un charkha (rouet) alors que tous les textiles venaient de l&amp;rsquo;Empire, et que le savoir-faire allait se perdre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;et-donc&#34;&gt;Et donc&amp;hellip;&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Voilà un livre très agréable à lire, fait de chapitres très courts, une page ou deux, et bien sûr empreints de vérité ! Gandhi, avec sa quête de pureté, n&amp;rsquo;est pas du genre à l&amp;rsquo;embellir&amp;hellip; et son humilité étant totale&amp;hellip; on peut par ce récit comprendre son cheminement, même si avec notre culture occidentale nous sommes très loin de tels principes !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut aussi constater les résultats qu&amp;rsquo;il obtient en se tenant à ces simples principes, et imaginer le charisme qu&amp;rsquo;il devait dégager. Mais que dire de tout ce renoncement ? ce refus des plaisirs terrestres ? ne pouvait-il pas chercher la Vérité sans l&amp;rsquo;assimiler à Dieu ? S&amp;rsquo;il avait été occidental, il serait probablement adepte de Platon et chrétien très pratiquant&amp;hellip; Il conclue le livre ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La conquête des passions subtiles me paraît une entreprise infiniment plus dure que la conquête physique du monde par la force des armes. Depuis mon retour aux Indes, pas un instant je n&amp;rsquo;ai cessé de vérifier la persistance, au tréfonds de moi-même, des passions dormantes et latentes. La conscience que j&amp;rsquo;en ai, m&amp;rsquo;a pénétré d&amp;rsquo;un sentiment d&amp;rsquo;humiliation, mais non de défaite. L&amp;rsquo;expérience, les expériences, m&amp;rsquo;ont soutenu et donné de grandes joies. Mais je sais qu&amp;rsquo;il me faudra passer encore pas un chemin ardu qui s&amp;rsquo;étend devant moi. Il me faudra me réduire à néant. Tant que l&amp;rsquo;homme ne se place pas, de son plein gré, au dernier rang de ses frères humains, il n&amp;rsquo;est pas de salut pour lui. L&amp;rsquo;Ahimsâ, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;extrême confin de l&amp;rsquo;humilité.&#xA;En disant adieu au lecteur, de moins pour le présent, je lui demande de se joindre à moi pour prier le Dieu de Vérité : Puisse-t-Il m&amp;rsquo;accorder, en faveur suprême, l&amp;rsquo;Ahimsâ en pensée, en paroles et en actes.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On ne peut que lui souhaiter d&amp;rsquo;avoir atteint son but&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Propaganda - Edward Bernays</title>
            <link>https://pled.fr/propaganda-edward-bernays-2/</link>
            <pubDate>Fri, 02 Jul 2010 13:20:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/propaganda-edward-bernays-2/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Propaganda - Edwards Bernays&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;propaganda.png#floatleft&#34;&gt; Cela faisait un bout de temps que j&amp;rsquo;avais entendu parler de ce livre, souvent cité comme référence lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de manipulation de l&amp;rsquo;opinion publique, et des débuts de la société de consommation. J&amp;rsquo;ai donc été très content de voir qu&amp;rsquo;il existait en français, et plus encore quand j&amp;rsquo;ai vu que la préface était signée de &lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;, auteur de l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=916&#34;  title=&#34;article sur Petit cours d&amp;#39;auto-défense intellectuelle&#34;&#xA;    &gt;Petit cours d&amp;rsquo;auto-défense intellectuelle&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, c&amp;rsquo;est cette préface que j&amp;rsquo;ai le plus apprécié : Normand Baillargeon résume parfaitement toute l&amp;rsquo;histoire, le personnage, la théorie, le côté faussement naïf présenté par Edward Bernays et les dérives qui ont vite lieu, sans oublier le contexte historique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre en lui-même n&amp;rsquo;est finalement que l&amp;rsquo;argumentaire de Bernays pour se vendre, ce qui ne le rend pas moins glaçant avec son postulat de base selon lequel le peuple doit être guidé (le gouvernement invisible) ou bien carrément marrant lorsqu&amp;rsquo;il affirme le besoin de sincérité nécessaire pour que la manipulation fonctionne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;de-quoi-sagit-il-&#34;&gt;De quoi s&amp;rsquo;agit-il ?&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle forme de publicité, mais nous sommes en 1913, et cette approche est nouvelle. Plutôt que vanter les avantages du produit ou d&amp;rsquo;une cause, il s&amp;rsquo;agit ici de créer une association avec une autre chose - d&amp;rsquo;inspiration freudienne - que le public ne pourra manquer de désirer. Pour la première fois, l&amp;rsquo;approche est scientifique : psychologie, sociologie et psychanalyse !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car Bernays est le neveu de Freud, et l&amp;rsquo;œuvre de ce dernier est pour beaucoup dans sa conception de la propagande, mot qu&amp;rsquo;il souhaite d&amp;rsquo;ailleurs réhabiliter et dont il regrette le sens péjoratif qu&amp;rsquo;on lui accorde généralement. Là on rigole franchement !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce que les américains appellent le &lt;em&gt;spin&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est-à-dire la manipulation - des nouvelles, des médias, de l&amp;rsquo;opinion - ainsi que la pratique systématique de l&amp;rsquo;interprétation et de la présentation partisane des faits. En français, cela s&amp;rsquo;appelle « les relations publiques ».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-débuts&#34;&gt;Les débuts&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;La fin du XIXe et le début du XXe siècle est marqué par des crises économiques à répétition (1873, 1893, 1907, 1919 et 1929). La richesse est extrêmement concentrée, les riches prospèrent, les scandales et les fraudes se succèdent, et les gens du peuple souffrent du froid et de la faim quand ils ne meurent pas.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;la vie est belle puisqu’on vous le dit !&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;317px&#34; data-flex-grow=&#34;132&#34; height=&#34;340&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/propaganda-edward-bernays-2/awol.jpg&#34; width=&#34;450&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut trouver de nouveaux moyens de calmer les masses : après avoir essayer les conseillers juridiques sans succès, les compagnies se tournent vers les journalistes : puisque ces derniers écrivent dans les journaux, il connaissent le public et savent communiquer avec lui. Mais les résultats ne sont pas ceux attendus.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-commission-creel&#34;&gt;La commission Creel&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;I want you for US Army&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;181px&#34; data-flex-grow=&#34;75&#34; height=&#34;264&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/propaganda-edward-bernays-2/unclesam.png&#34; width=&#34;200&#34;&gt; En 1917, les États-Unis entrent en guerre, mais la population américaine est majoritairement contre. La commission Creel est alors créée, véritable laboratoire de propagande moderne : composée de journalistes, d&amp;rsquo;intellectuels, de publicistes, son but avoué est de faire changer d&amp;rsquo;avis l&amp;rsquo;opinion publique. C&amp;rsquo;est elle qui entre autres créera le fameux poster &amp;ldquo;I want you for US Army&amp;rdquo; clamé par Oncle Sam. C&amp;rsquo;est un immense succès.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourquoi alors ne pas utiliser ce genre de méthode en temps de paix à ceux qui peuvent se le payer ? les entreprises, les politiques ont les moyens de se l&amp;rsquo;offrir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lucky-strike&#34;&gt;Lucky Strike&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Son plus grand succès sera celui d&amp;rsquo;amener les femmes américaines à fumer. En 1929, le président d&amp;rsquo;American Tobacco décide de s&amp;rsquo;attaquer au tabou qui interdit aux femmes de fumer en public (ce qui le prive de revenus potentiels). Il embauche Bernays, qui consulte un psychanalyste et apprend que la cigarette est un symbole phallique représentant le pouvoir sexuel du mâle. Il ne restait plus qu&amp;rsquo;à trouver un moyen d&amp;rsquo;associer la cigarette avec la remise en question de la domination masculine&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Peu de temps après, lors de la célèbre Eastern Parade de New-York, des suffragettes sortent des cigarettes et fument devant photographes et journalistes&amp;hellip; prévenus&amp;hellip; devinez par qui ?&#xA;Ce sont les flambeaux de la liberté ( &lt;strong&gt;torches of freedom&lt;/strong&gt;) qu&amp;rsquo;elles exhibent&amp;hellip; Et les ventes de cigarettes vont exploser. On comprend mieux combien le système mis au point par Bernays peut être redoutable !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y aura de nombreux autres exemples, comme le concours de sculpture sur barre de savon Ivory de Proctor &amp;amp; Gamble (37 ans de succès !), le petit déjeuner aux œufs et bacon, la tournée des Ballets russes aux États-Unis, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-gouvernement-invisible&#34;&gt;Le gouvernement invisible&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;A cette époque, les sciences sociales naissent à peine, et les théoriciens que Bernays côtoie pensent que la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu&amp;rsquo;une démocratie exige de chacun d&amp;rsquo;eux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;autant que cela rejoint un courant antidémocratique présent dans la pensée politique américaine : le véritable pouvoir, celui que procure la richesse de la nation, doit demeurer entre les mains des êtres les plus capables. &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Lippmann&#34;  title=&#34;Lippmann sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Lippmann&lt;/a&gt; (un des maîtres à penser de Bernays) déclare :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il sera nécessaire d&amp;rsquo;opérer une révolution dans la démocratie, à savoir la manipulation de l&amp;rsquo;opinion et la « fabrication des consentements ». Le public doit être mis à sa place afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d&amp;rsquo;être piétinés ou encornés par le troupeau de bêtes sauvages.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bernays s&amp;rsquo;appuyant sur le savoir (psychanalyse, sociologie) observe que d&amp;rsquo;une part, le groupe n&amp;rsquo;a pas les mêmes caractéristiques psychiques que l&amp;rsquo;individu, et d&amp;rsquo;autre part, il est motivé par des impulsions et des émotions que les connaissances en psychologie individuelle ne permettent pas d&amp;rsquo;expliquer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;D&amp;rsquo;où la question suivante : si l&amp;rsquo;on parvenait à comprendre le mécanisme et les ressorts de la mentalité collective, ne pourrait-on pas contrôler les masses et les mobiliser à volonté sans qu&amp;rsquo;elles s&amp;rsquo;en rendent compte ? :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;étude systématique de la psychologie des foules a mis au jour le potentiel qu&amp;rsquo;offre au gouvernement invisible de la société la manipulation des mobiles qui guident l&amp;rsquo;action humaine dans un groupe.&#xA;La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Baillargeon de souligner :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est crucial de rappeler combien ce qui est proposé ici contredit l&amp;rsquo;idéal démocratique moderne, celui que les Lumières nous ont légué, de rappeler à quel point Bernays, comme l&amp;rsquo;industrie qu&amp;rsquo;il a façonnée, doit faire preuve d&amp;rsquo;une étonnante aptitude à la duplicité mentale pour simultanément proclamer son souci de la vérité et de la libre discussion et accepter que la vérité sera énoncée par un client au début d&amp;rsquo;une campagne, laquelle devra tout mettre en œuvre - y compris, s&amp;rsquo;il le faut absolument, la vérité elle-même - pour susciter une adhésion à une thèse ou des comportements chez des gens dont on a postulé par avance qu&amp;rsquo;ils sont incapables de comprendre réellement ce qui est en jeu et auxquels on se sent donc en droit de servir ce que Platon appelait de « pieux mensonges ».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-associations&#34;&gt;Les associations&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;On ne compte plus aujourd&amp;rsquo;hui le nombre d&amp;rsquo;organismes créés pour servir d&amp;rsquo;intermédiaire entre une cause et son public. Ainsi une association luttant pour la défense des sans-abris (Oregonians for Food and Shelter) a pour véritable but de défendre l&amp;rsquo;utilisation de produits chimiques dans l&amp;rsquo;agriculture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bernays recense ainsi 22 128 publications périodiques aux États-Unis, dont certaines à des tirages importants. Si cela est représentatif des multiples clivages de la société, c&amp;rsquo;est aussi un canal où circulent des informations, des opinions &amp;ldquo;faisant autorité&amp;rdquo;. Le fait d&amp;rsquo;appartenir ainsi à un groupe rend le lecteur encore plus facilement maléable, et il propagera ces informations à son tour (en plus, cela lui évite de réfléchir par lui-même !).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit vite le bénéfice que peut en retirer un bon système de propagande.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;conclusion&#34;&gt;Conclusion&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;On peut facilement imaginer les progrès qui ont été faits depuis près de cent ans dans le domaine de la propagande et de la manipulation, tant dans le domaine économique que politique. Et ce ne sont pas les exemples de propagande, de manipulation de l&amp;rsquo;opinion publique, ou de plan de communication qui manquent de nos jours !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par les temps qui courent, il convient donc d&amp;rsquo;être lucide (voir méfiant), et de ne pas faire l&amp;rsquo;économie de réfléchir par soi-même (lire le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;../?p=916&#34;  title=&#34;article sur Petit cours d&amp;#39;auto-défense intellectuelle&#34;&#xA;    &gt;Petit cours d&amp;rsquo;auto-défense intellectuelle&lt;/a&gt; pour se faire une idée).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre est publié par les éditions ZONES, et est disponible gratuitement en ligne &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&amp;amp;id_article=21&#34;  title=&#34;Lyber Zones&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;. Il y a également une vidéo extraite du documentaire d’Adam Curtis &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.bbc.co.uk/bbcfour/documentaries/features/century_of_the_self.shtml&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;The century of the self&lt;/a&gt;&amp;rdquo; où l&amp;rsquo;on voit Bernays&amp;hellip; Enfin, un interview de Norman Baillargeon est également disponible racontant l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;American Tobacco.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;petite-biographie&#34;&gt;Petite biographie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud, fut l&amp;rsquo;un des pères fondateurs des « relations publiques » et mit au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique Latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Zazie dans le métro - Raymond Queneau</title>
            <link>https://pled.fr/zazie-dans-le-metro-raymond-queneau/</link>
            <pubDate>Sun, 09 May 2010 17:50:18 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Zazie dans le métro - Raymond Queneau&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;zazie.png#floatleft&#34;&gt; Zazie a dix ans, et la langue bien pendue. Venue à Paris passer deux jours chez son oncle Gabriel, elle n&amp;rsquo;a qu&amp;rsquo;une envie : prendre le métro. Hélas, il est en grève&amp;hellip;Elle ne le prendra finalement que dans l&amp;rsquo;avant-dernier chapitre, mais elle ne s&amp;rsquo;en apercevra pas, car elle dort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourquoi ce titre alors ? on apprend à la fin du roman que la genèse de ce roman fût longue, de 1945 à 1959 : Raymond Queneau modifia alors deux chapitres du manuscrit en supprimant les deux transports en métro de ses personnages, tant celui-ci avait changé. Les deux fragments initiaux sont ajoutés à la suite de cette édition : « Zazie vraiment dans le métro ».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Raymond Queneau avait aussi un grand projet : inquiet du danger à laisser la langue parlée s&amp;rsquo;éloigner de la langue littéraire, il jeta les base du &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9o-fran%C3%A7ais&#34;  title=&#34;le néo-frannçais sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;néo-français&lt;/a&gt;, à l&amp;rsquo;orthographe plus ou moins phonétique, et au vocabulaire typique du langage parlé. C&amp;rsquo;est amusant, car notre époque a plutôt vu la bataille inverse, celle de la défense du français littéraire contre celui des sms&amp;hellip; Raymond Queneau reconnaîtra l&amp;rsquo;échec de ce projet à la fin de sa vie, admettant par exemple que la télévision n&amp;rsquo;avait pas eu l&amp;rsquo;impact négatif qu&amp;rsquo;il craignait. &amp;hellip; il n&amp;rsquo;a peut-être pas vécu assez longtemps !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours est-il qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;en donne à cœur joie dans ce roman à l&amp;rsquo;histoire surréaliste et aux dialogues savoureux. Exemple, et je n&amp;rsquo;ai pas fait de fautes de frappe :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Tonton, qu&amp;rsquo;elle crie, on prend le métro ?&#xA;- Non.&#xA;- Comment ça, non ?&#xA;Elle s&amp;rsquo;est arrêtée. Gabriel stope également, se retourne, pose la valoche et se met à espliquer.&#xA;- Bin oui : y a grève. Le métro, ce moyen de transport éminemment parisien, s&amp;rsquo;est endormi sous terre, car les employés aux pinces perforantes ont cessé tout travail.&#xA;- Ah les salauds, s&amp;rsquo;écrie Zazie, ah les vaches. Me faire ça à moi.&#xA;- Y a pas qu&amp;rsquo;à toi qu&amp;rsquo;ils font ça, dit Gabriel parfaitement objectif.&#xA;- Jm&amp;rsquo;en fous. N&amp;rsquo;empêche que c&amp;rsquo;est à moi que ça arrive, moi qu&amp;rsquo;étais si heureuse, si contente et tout de m&amp;rsquo;aller voiturer dans lmétro. Sacrebleu, merde alors.&#xA;- Faut te faire une raison, dit Gabriel dont les propos se nuançaient parfois d&amp;rsquo;un thomisme légèrement kantien.&#xA;Et, passant sur le plan de la cosubjectivité, il ajouta :&#xA;- Et puis faut se grouiller : Charles attend.&#xA;- Oh, celle-là je la connais, s&amp;rsquo;esclama Zazie furieuse, je l&amp;rsquo;ai lue dans les Mémoires du général Vermot.&#xA;- Mais non, dit Gabriel, mais non, Charles, c&amp;rsquo;est un pote et il a un tac. Je nous le sommes réservé à cause de la grève précisément, son tac. T&amp;rsquo;as compris ? En route.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Zazie est plutôt délurée, a réponse à tout, et ne s&amp;rsquo;en laissera conter par personne. Et comme les adultes de ce roman sont également tous de sérieux &amp;ldquo;clients&amp;rdquo;, on ne s&amp;rsquo;ennuie pas au fil des pages et des réflexions des uns et des autres.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vous laisse découvrir les &amp;ldquo;Skeutadittaleur&amp;rdquo;, &amp;ldquo;bloudjinzes&amp;rdquo; et autres libertés d&amp;rsquo;écriture qu&amp;rsquo;il vous faudra parfois relire deux ou trois fois pour les comprendre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Queneau&#34;  title=&#34;Raymond Queneau sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Raymond Queneau&lt;/a&gt; est né au Havre en 1903, mort à Paris en 1976 d&amp;rsquo;un cancer du poumon. Il était romancier, poète et mathématicien. Zazie dans le métro a fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;une adaptation au cinéma par Louis Malle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Rue de la Sardine - John Steinbeck</title>
            <link>https://pled.fr/rue-de-la-sardine-john-steinbeck/</link>
            <pubDate>Sun, 25 Apr 2010 17:32:36 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/rue-de-la-sardine-john-steinbeck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Rue de la Sardine - John Steinbeck&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;rue-de-la-sardine.png#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2741&#34;  title=&#34;article sur Tortilla Flat&#34;&#xA;    &gt;Tortilla Flat&lt;/a&gt;, voilà un autre roman de John Steinbeck, tout à fait dans la même veine jubilatoire. Nous sommes toujours à Monterey (Californie), et l&amp;rsquo;envie de ne pas travailler de Mack et ses copains aussi arrêtée que l&amp;rsquo;était celle de Danny et ses amis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais voilà, ils voudraient faire plaisir à Doc, un type vraiment sympa qui leur rend toujours service. Lui organiser une fête&amp;hellip; mais avec quel argent ? ils vont y réussir, grâce à une chasse à la grenouille mémorable ; même Lee-Chong, l&amp;rsquo;épicier chinois, pourtant rompu aux affaires (tout en douceur, façon orientale) se fera avoir, car Mack est malin&amp;hellip; Mais la fête ne va pas se dérouler exactement comme prévu, surtout que Doc n&amp;rsquo;est pas là, et qu&amp;rsquo;accessoirement, elle a été organisée chez lui, sans le prévenir, pour lui faire une vraie surprise. Extraits de la fête en question :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils avaient lampé le whisky jusqu&amp;rsquo;à la dernière goutte et se sentaient le coeur en fête. Des passants entrèrent, se joignirent à la fête, et coururent chez Lee chercher un peu à boire. Lee Chong lui-même s&amp;rsquo;était mis de la partie, mais il avait décidément très mauvais estomac : il fut rapidement obligé de retourner chez lui. [&amp;hellip;] Un groupe de clients du Drapeau  de l&amp;rsquo;Ours, prenant le Laboratoire pour un établissement rival, fit invasion, en poussant des clameurs de joie. Ils furent repoussés, mais dans une sanglante bataille, une interminable, une folâtre bataille qui laissa deux carreaux cassés, et abattit la porte d&amp;rsquo;entrée. Le bruit des bonbonnes cassées était très désagréable à entendre. [&amp;hellip;] A une heure et demie du matin, on vit entrer un ivrogne attardé, il fit une réflexion qu&amp;rsquo;on estima insultante pour Doc : Mack lui assena un direct dont on se souvient, dont on parle encore.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Doc n&amp;rsquo;arrivera que le lendemain matin&amp;hellip; et découvrira son labo en très piteux état. Mais comme c&amp;rsquo;est un type sympa et compréhensif, une autre fête sera organisée, et celle-là sera grandiose !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel</title>
            <link>https://pled.fr/la-petite-fille-de-monsieur-linh-philippe-claudel/</link>
            <pubDate>Wed, 14 Apr 2010 17:59:07 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-petite-fille-de-monsieur-linh-philippe-claudel/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;la-petite-fille-de-monsieur-linh.png#floatleft&#34;&gt; Très beau petit roman que celui-ci : je l&amp;rsquo;ai ouvert un dimanche matin, et ne l&amp;rsquo;ai refermé que deux heures plus tard, une fois terminé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Monsieur Linh est un vieil homme, forcé de quitter son pays (sans doute le Vietnam) ravagé par la guerre, avec sa petite-fille Sang Diû qu&amp;rsquo;il tient fermement dans ses bras, seuls survivants de toute une famille. Arrivé dans le pays d&amp;rsquo;accueil, placé temporairement dans un dortoir, il se lie d&amp;rsquo;amitié avec un gros homme rencontré au hasard d&amp;rsquo;une promenade. Malgré la barrière de la langue, ils vont sympathiser et partager leurs solitudes respectives. Pas besoin de mots entre eux quand monsieur Linh montre l&amp;rsquo;horizon, et évoquer ainsi un lourd passé que le gros homme connaît pour y avoir fait la guerre, à une autre époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dénouement final vous surprendra probablement, même s&amp;rsquo;il éclaire certains doutes nés au cours de la lecture. L&amp;rsquo;histoire est pourtant racontée avec des mots simples, à travers les yeux du vieil homme&amp;hellip; Je ne vous en dis pas plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Claudel&lt;/strong&gt; est agrégé de français, écrivain et réalisateur, né en 1962. Il est maître de conférence à l&amp;rsquo;Université de Nancy. J&amp;rsquo;ai vu sur wikipedia qu&amp;rsquo;une adaptation au cinéma serait en préparation&amp;hellip; je ne vois pas trop comment (ni d&amp;rsquo;ailleurs pourquoi) retranscrire cette belle histoire au cinéma.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sous un autre jour - Jens Christian Grøndahl</title>
            <link>https://pled.fr/sous-un-autre-jour-jens-christian-gr%C3%B8ndahl/</link>
            <pubDate>Tue, 13 Apr 2010 17:56:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/sous-un-autre-jour-jens-christian-gr%C3%B8ndahl/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Sous un autre jour - Jens Christian Grøndahl&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sous-un-autre-jour.png#floatleft&#34;&gt; Après &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2309&#34;  title=&#34;article \&amp;#34;Bruits du coeur\&amp;#34;&#34;&#xA;    &gt;Bruits du coeur&lt;/a&gt;, que j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé, j&amp;rsquo;ai donc lu un deuxième roman de cet auteur danois. Si je n&amp;rsquo;ai pas été emporté par le ton du narrateur comme la première fois, c&amp;rsquo;est encore un bon roman que nous propose Jens Christian Grøndahl.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit cette fois d&amp;rsquo;une femme de cinquante-six ans, avocate, dont la vie bien établie et sans histoire va soudain basculer : son mari la quitte pour une femme plus jeune, chose courante de nos jours. Irène Beckman prend la chose avec philosophie, se rendant également compte qu&amp;rsquo;elle ne restait avec son mari que par habitude, finalement. Va alors commencer une lente interrogation sur le sens de la vie : elle se revoit étudiante filant à Paris pour échapper à la vie embourgeoisée dans laquelle elle évoluait, sa découverte de la liberté&amp;hellip; et ce qu&amp;rsquo;elle en a fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De plus sa mère, avec qui les échanges sont depuis longtemps superficiels, doit subir une opération et lui remet une lettre &amp;ldquo;au cas où&amp;hellip;&amp;rdquo; ; la curiosité aidant (car l&amp;rsquo;opération se passe très bien, mais la lettre tout de même lue), son contenu va encore une fois bousculer l&amp;rsquo;univers d&amp;rsquo;Irène. Une autre occasion de réflexion profonde sur la vie, les relations humaines, la famille. Et sur le monde :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et le monde, lui ? Il s&amp;rsquo;est perdu quelque part, au loin, à la télé, dans ce moment de flou où les pensées abandonnent face à l&amp;rsquo;infini du monde. Il s&amp;rsquo;est passé quelque chose pendant que nous vivions. Nous savons tant de choses sur le  reste du monde, sur sa cruauté, sur ses abominations, nous sommes plus informés que jamais, mais cela a si peu d&amp;rsquo;importance. Nos soucis sont simplement une forme plus avancée de distraction. Nous confions la réalité aux autres. Comment faire autrement ? Nous ne pouvons pas nous-mêmes aller dans les Balkans et faire entendre raison aux meurtirers, n&amp;rsquo;est-ce pas ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme Bruits du coeur, c&amp;rsquo;est très bien écrit. Les préoccupations de l&amp;rsquo;auteur à travers ces deux histoires sont finalement identiques, et sans doute celles de tout être humain qui s&amp;rsquo;arrête un peu, regarde autour de soi, et se demande le sens de tout cela. Personnellement, j&amp;rsquo;adore.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La joueuse de go -  Shan Sa</title>
            <link>https://pled.fr/la-joueuse-de-go-shan-sa/</link>
            <pubDate>Sun, 11 Apr 2010 18:08:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-joueuse-de-go-shan-sa/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La joueuse de go&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;joueusedego.png#floatleft&#34;&gt; A travers ce petit roman, et sans avoir l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;y toucher, ce sont les heures sombres de l&amp;rsquo;occupation japonaise en Mandchourie qui sont évoquées. Vers les années 30, l&amp;rsquo;armée japonaise occupe le terrain, et le fanatisme envers l&amp;rsquo;empereur y est de rigueur chez les jeunes officiers.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une petite ville, une jeune fille de seize ans, se rend souvent sur la « Place des Mille Vents » pour jouer au go, et se révèle intraitable avec ses adversaires&amp;hellip; jusqu&amp;rsquo;au jour où un jeune inconnu lui tient tête. Nous allons suivre leurs destins croisés au long de 92 chapitres très courts&amp;hellip; jusqu&amp;rsquo;au dénouement final.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;écriture est simple et directe, et si elle manque de fluidité parfois, l&amp;rsquo;histoire de ces deux personnages que tout oppose, et qui vont se découvrir à travers le jeu de go, vous passionnera probablement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Shan Sa&lt;/strong&gt; est née à Pékin en 1972. Elle quitte la Chine en 1990 suite aux évènements de la place &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestations_de_la_place_Tian%27anmen&#34;  title=&#34;Tian An Men sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tian An Men&lt;/a&gt;, s&amp;rsquo;installe en France et choisit la langue française pour écrire. La joueuse de go obtiendra le Goncourt des Lycéens en 2001.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La femme indépendante - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/la-femme-independante-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Sat, 03 Apr 2010 11:04:10 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La femme indépendante - Simone de Beauvoir&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;femme-independante.png#floatleft&#34;&gt; Après l&amp;rsquo;excellent &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34;  title=&#34;article sur L&amp;#39;Amérique au jour le jour 1947&#34;&#xA;    &gt;L&amp;rsquo;Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai enchaîné sur ce livre qui est en quelque sorte un résumé du « Deuxième Sexe ». Si comme moi les deux tomes de l&amp;rsquo;ouvrage référence de Simone de Beauvoir vous font peur, alors vous pouvez lire ce petit livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les choses ont tout de même fort heureusement changé depuis 1949, date de parution du « Deuxième Sexe ». Pour autant, l&amp;rsquo;analyse de la situation de la femme ne perd d&amp;rsquo;intérêt en rien. A l&amp;rsquo;époque, le livre provoqua de très vives réactions, faisant de Simone de Beauvoir la figure de proue du mouvement féministe. A tel point que le livre fût mis à l&amp;rsquo;index par le Vatican ! C&amp;rsquo;est peu dire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;index en question (à l&amp;rsquo;origine de l&amp;rsquo;expression), également appelé « l&amp;rsquo;index des livres interdits », dressait une liste de livres jugés impurs par le Vatican, et utilisé jusqu&amp;rsquo;en 1961 ! On y retrouve des auteurs comme Diderot, Pascal, Rousseau, Descartes, Malebranche, Balzac, Voltaire et bien d&amp;rsquo;autres&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouvera des idées déjà développées lors de son voyage en Amérique, puisqu&amp;rsquo;il y a de profondes analogies entre la condition des femmes et celle des Noirs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On connaît la boutade de Bernard Shaw : « l&amp;rsquo;Américain blanc, dit-il, en substance, relègue le Noir au rang de cireur de souliers : et il en conclut qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est bon qu&amp;rsquo;à cirer des souliers. » On retrouve ce cercle vicieux en toutes circonstances analogues : quand un individu ou un groupe d&amp;rsquo;individus est maintenu en situation d&amp;rsquo;infériorité, le fait est qu&amp;rsquo;il est inférieur ; mais c&amp;rsquo;est sur la portée du mot être qu&amp;rsquo;il faudrait s&amp;rsquo;entendre ; la mauvaise foi consiste à lui donner une valeur substantielle alors qu&amp;rsquo;il a le sens dynamique hégélien : être c&amp;rsquo;est être devenu, c&amp;rsquo;est avoir été fait tel qu&amp;rsquo;on se manifeste ; oui, les femmes dans l&amp;rsquo;ensemble sont aujourd&amp;rsquo;hui inférieures aux hommes, c&amp;rsquo;est-à-dire que leur situation leur ouvre de moindres possibilités : le problème c&amp;rsquo;est de savoir si cet état de choses doit se perpétuer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle parle aussi de la difficulté pour la femme pour ne pas entrer dans le jeu de la société, laquelle lui offre sa place, mais au prix de son indépendance.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai déjà dit que l&amp;rsquo;existence d&amp;rsquo;une caste privilégiée à laquelle il lui est permis de s&amp;rsquo;agréger rien qu&amp;rsquo;en livrant son corps est pour une jeune femme une tentation presque irrésistible ; elle est vouée à la galanterie du fait que ses salaires sont minimes tandis que le standard de vie que la société exige d&amp;rsquo;elle esst très haut ; si elle se contente de ce qu&amp;rsquo;elle gagne, elle ne sera qu&amp;rsquo;une paria : mal logée, mal vêtue, toutes les distractions et l&amp;rsquo;amour même lui seront refusées. Les gens vertueux lui prêchent l&amp;rsquo;ascétisme ; en vérité, son régime alimentaire est souvent aussi austère que celui d&amp;rsquo;une carmélite ; seulement, tout le monde ne peut pas prendre Dieu pour amant : il faut qu&amp;rsquo;elle plaise aux hommes pour réussir sa vie de femme. Elle se fera donc aider : c&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;escompte cyniquement l&amp;rsquo;employeur qui lui alloue un salaire de famine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les motivations de chaque sexe varient, et donnent lieu à une comparaison assez drôle :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;En de nombreux cas, ce qui intéresse le plus clairement l&amp;rsquo;homme dans une liaison, c&amp;rsquo;est le gain sexuel qu&amp;rsquo;il en tire : à la limite, il peut se contenter de passer tout juste avec sa maîtresse le temps nécessaire à perpétrer l&amp;rsquo;acte amoureux, mais — sauf exception — ce qu&amp;rsquo;elle souhaite quant à elle,c&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;«écouler» tout cet excès de temps dont elle ne sait que faire : et — comme le marchand qui ne vend des pommes de terre que si on lui « prend » des navets — elle ne cède son corps que si l&amp;rsquo;amant « prend » par-dessus le marché des heures de conversation et de sortie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais le passage vers l&amp;rsquo;indépendance ne sera pas facile, tant les rapports homme/femme sont imbriqués :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La dispute durera tant que les hommes et les femmes ne se reconnaîtront pas comme des senblables, c&amp;rsquo;est-à-dire tant que se perpétuera la féminité en tant que telle ; des uns et des autres qui est le plus acharné à la maintenir ? la femme qui s&amp;rsquo;en affranchit veut néanmoins en conserver les prérogatives ; et l&amp;rsquo;homme réclame qu&amp;rsquo;alors elle en assume les limitations. « Il est plus facile d&amp;rsquo;accuser un sexe que d&amp;rsquo;en excuser l&amp;rsquo;autre » dit Montaigne. Distribuer des blâmes et des satisfecit est vain. En vérité, si le cercle vicieux est ici si difficile à briser, c&amp;rsquo;est que les deux sexes sont chacun victimes à la fois de l&amp;rsquo;autre et de soi ; entre deux adversaires s&amp;rsquo;affrontant dans leur pure liberté, un accord pourrait aisément s&amp;rsquo;établir : d&amp;rsquo;autant que cette guerre ne profite à personne ; mais la complexité de toute cette affaire provient de ce que chaque camp est complice de son ennemi ; la femme poursuit son rêve de démission, l&amp;rsquo;homme son rêve d&amp;rsquo;aliénation ; l&amp;rsquo;inauthenticité ne paie pas : chacun s&amp;rsquo;en prend à l&amp;rsquo;autre du malheur qu&amp;rsquo;ils s&amp;rsquo;est attiré en cédant aux tentations de la facilité ; ce que l&amp;rsquo;homme et le femme haïssent l&amp;rsquo;un chez l&amp;rsquo;autre, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;échec éclatant de sa propre mauvaise foi et de sa propre lâcheté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petite surprise à la dernière page, c&amp;rsquo;est Marx qu&amp;rsquo;elle cite :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;« Le rapport immédiat, naturel, nécessaire, de l&amp;rsquo;homme à l&amp;rsquo;homme est le rapport de l&amp;rsquo;homme à la femme » a dit Marx. « Du caractère de ce rapport il suit jusqu&amp;rsquo;à quel point l&amp;rsquo;homme s&amp;rsquo;est compris lui-même comme être générique, comme homme ; le rapport de l&amp;rsquo;homme à la femme est le rapport le plus naturel de l&amp;rsquo;être humain à l&amp;rsquo;être humain. Il s&amp;rsquo;y montre donc jusqu&amp;rsquo;à quel point le comportement de l&amp;rsquo;homme est devenu humain ou jusqu&amp;rsquo;à quel point l&amp;rsquo;être humain est devenu son être naturel, jusqu&amp;rsquo;à quel point sa nature humaine est devenue sa nature. »&#xA;On ne saurait mieux dire. C&amp;rsquo;est au sein du monde donné qu&amp;rsquo;il appartient à l&amp;rsquo;homme de faire triompher le règne de la liberté ; pour remporter cette suprême victoire il est entre autres nécessaire que par-delà leurs différenciations naturelles hommes et femmes affirment sans équivoque leur fraternité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Karl Marx était aussi un philosophe&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2848&#34; &gt;L’Amérique au jour le jour 1947&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;La femme indépendante&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses Tome 1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses Tome 2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;_wp_link_placeholder&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_de_Beauvoir&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Simone de Beauvoir&lt;/a&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d’autres) elle fondera la revue « Les temps modernes », adepte de l’ &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;Amérique au jour le jour 1947 - Simone de Beauvoir</title>
            <link>https://pled.fr/lamerique-au-jour-le-jour-1947-simone-de-beauvoir/</link>
            <pubDate>Wed, 24 Mar 2010 18:59:55 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lamerique-au-jour-le-jour-1947-simone-de-beauvoir/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’Amérique au jour le jour 1947 - Simone de Beauvoir&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;amerique-au-jour-le-jour-.png#floatleft&#34;&gt; Simone de Beauvoir, on en a beaucoup parlé il y a deux ans : elle aurait eu cent ans en 2008 (on commémore comme on peut&amp;hellip;). J&amp;rsquo;avais vu à cette époque un téléfilm racontant son compagnonnage avec Jean-Paul Sartre, et qui donnait envie d&amp;rsquo;en savoir plus sur cette femme. Mais j&amp;rsquo;hésitais à lire son oeuvre majeure « Le Deuxième Sexe », imposant avec ses deux tomes et peut-être trop sérieux à mon goût&amp;hellip; C&amp;rsquo;est sur les conseils de Claude (fervente lectrice) que j&amp;rsquo;ai commencé par ce livre. Et je n&amp;rsquo;ai pas été déçu !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A tel point que je ne vois rien de mieux à écrire que le quatrième de couverture pour décrire ce roman :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai passé quatre mois en Amérique : c&amp;rsquo;est peu ; en outre, j&amp;rsquo;ai voyagé pour mon plaisir et au hasard des occasions ; il y a d&amp;rsquo;immenses zones du nouveau monde sur lesquelles je n&amp;rsquo;ai pas eu la moindre échappée ; en particulier, j&amp;rsquo;ai traversé ce grand pays industriel sans visiter les usines, sans voir ses réalisations techniques, sans entre en contact avec la classe ouvrière. Je n&amp;rsquo;ai pas pénétré non plus dans les hautes sphères où s&amp;rsquo;élaborent la politique et l&amp;rsquo;économie des U.S.A. Cependant, il ne me parait pas inutile, à côté des grands tableaux en pied que de plus compétents ont tracés, de raconter au jour le jour comment l&amp;rsquo;Amérique s&amp;rsquo;est dévoilée à une conscience : la mienne.&#xA;J&amp;rsquo;ai adopté la forme d&amp;rsquo;un journal, j&amp;rsquo;ai respecté l&amp;rsquo;ordre chronologique de mes étonnements, de mes admirations, de mes indignations, mes hésitations, mes erreurs. Voilà ce que j&amp;rsquo;ai vu et comment je l&amp;rsquo;ai vu ; je n&amp;rsquo;ai pas essayé d&amp;rsquo;en dire davantage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Que dire de plus clair ? Et c&amp;rsquo;est exactement ce que l&amp;rsquo;on va découvrir. Elle dresse un portrait de l&amp;rsquo;Amérique qui n&amp;rsquo;a rien perdu de son acuité soixante ans plus tard. Il faut dire que son jugement porte au-delà des apparences, n&amp;rsquo;est pas agrégée de philosophie qui veut (deuxième du concours&amp;hellip; derrière Sartre !)&amp;hellip;Vous partez en voyage aux États-Unis ? emmenez ce livre, vous y apprendrez beaucoup sur le pays et ses habitants. C&amp;rsquo;est de plus admirablement écrit&amp;hellip; un vrai bonheur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai particulièrement aimé sa manière de découvrir une ville, se promenant dans les rues centrales comme celles de la périphérie, dans les quartiers riches comme dans les ghettos. Le soir, ce seront les bars et les boites de jazz (noir, déjà dur à trouver), ou encore les tripots, selon l&amp;rsquo;endroit&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un soir à New-York, ville qui saura la séduire, et contemplant les lumières de la ville, elle écrit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Non, les promesses de ce ciel, de ces lumières, ne peuvent être tenues nulle part ; il n&amp;rsquo;existe aucune chose toute faite qui s&amp;rsquo;accorde avec la splendeur de ces nuits ; cette plénitude dont je rêve, qui me serait donnée hors de moi, ce ne sera jamais qu&amp;rsquo;un fantôme : il ne me sera jamais promis rien d&amp;rsquo;autre que moi-même, et moi-même ce n&amp;rsquo;est rien si je n&amp;rsquo;ai rien à faire de moi. La nuit n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un décor ; si j&amp;rsquo;essaie de la saisir, d&amp;rsquo;en faire la substance même des instants que je vis, elle fond dans mes mains. Il faudrait que quelque chose m&amp;rsquo;arrive, quelque chose de vrai, et tout le reste me serait donné par surcroît.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On a probablement tous ressenti cela ; « &lt;em&gt;moi-même ce n&amp;rsquo;est rien si je n&amp;rsquo;ai rien à faire de moi&lt;/em&gt;» me parait une très fine observation. Elle aborde le même sujet un peu plus tard, devant le Grand Canyon :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est là, je suis là : on voudrait que quelque chose se passe. Je regarde, c&amp;rsquo;est tout, et il ne se passe rien. C&amp;rsquo;est la même histoire, chaque fois. L&amp;rsquo;an dernier, il y avait le moutonnement des dunes couleur d&amp;rsquo;abricot et les palmiers glacés par la lune : rien ne s&amp;rsquo;est passé. Sable, pierre, lune, soleil couchant ; les choses sont là et je suis là et nous nous affrontons. Pour finir, c&amp;rsquo;est toujours moi qui me lève et qui m&amp;rsquo;en vais.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je pourrai citer plein de réflexions auxquelles elle se livre, toutes plus intéressantes les unes que les autres, abordant ainsi les sujets récurrents de l&amp;rsquo;Amérique : la société de consommation et l&amp;rsquo;illusion du choix qu&amp;rsquo;elle propose, le racisme et la condition des noirs (son analyse est fouillée et passionnante), la place des intellos et des écrivains voir des sympathisants communistes américains (on est quelques années avant le Maccarthisme, mais déjà&amp;hellip;), la place des pauvres, le positivisme forcené, l&amp;rsquo;hypocrisie des règles de société, la fameuse égalité des chances (déjà bien altérée à cette époque), le fatalisme, l&amp;rsquo;immigration, et bien sûr la condition féminine.&#xA;La liste a l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;une longue critique&amp;hellip; mais son jugement n&amp;rsquo;est pas toujours négatif, loin de là. Elle observe et analyse ce qu&amp;rsquo;elle voit, ce qu&amp;rsquo;elle entend, voilà tout. Ce n&amp;rsquo;en est que plus fort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;autres-articles-sur-le-même-auteur&#34;&gt;Autres articles sur le même auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;L&amp;rsquo;Amérique au jour le jour 1947&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2876&#34; &gt;La femme indépendante&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5630&#34; &gt;Les mandarins&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=6863&#34; &gt;Mémoires d’une jeune fille rangée&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=10036&#34; &gt;La force de l’âge&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16784&#34; &gt;La force des choses Tome 1&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;La force des choses Tome 2&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;Tout&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20212&#34; &gt;compte&lt;/a&gt; &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=16826&#34; &gt;fait&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=20289&#34; &gt;Une mort si douce&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Simone de Beauvoir&lt;/strong&gt;, de son vrai nom Simone-Lucie-Ernestine-Marie Bertrand de Beauvoir (!) est née en 1908 et morte en 1986 à Paris. Philosophe, romancière et essayiste, compagne de Jean-Paul Sartre avec qui (et d&amp;rsquo;autres) elle fondera la revue &amp;ldquo;Les temps modernes&amp;rdquo;, adepte de l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Existentialisme&#34;  title=&#34;Existentialisme sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;existentialisme&lt;/a&gt; et attachée au combat pour la condition de la femme. Elle a écrit plusieurs récits autobiographiques qui doivent valoir le détour : &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moires_d%27une_jeune_fille_rang%C3%A9e&#34;  title=&#34;Mémoires d&amp;#39;une jeune fille rangée&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Mémoires d&amp;rsquo;une jeune fille rangée&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Une_mort_tr%C3%A8s_douce&#34;  title=&#34;Une mort très douce&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Une mort très douce&lt;/a&gt; et&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_compte_fait&#34;  title=&#34;Tout compte fait&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tout compte fait&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Corps et âme - Franck Conroy</title>
            <link>https://pled.fr/corps-et-ame-franck-conroy/</link>
            <pubDate>Thu, 18 Mar 2010 18:51:29 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Corps et âme - Franck Conroy&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;corpsetame.png#floatleft&#34;&gt; Un roman proposé par la libraire : &amp;ldquo;l&amp;rsquo;enfance et les débuts d&amp;rsquo;un pianiste surdoué&amp;rdquo;&amp;hellip; la vie d&amp;rsquo;un génie, c&amp;rsquo;est toujours intéressant, même s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit ici d&amp;rsquo;un roman, me suis-je dit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai donc abordé avec plaisir ce roman de 700 pages dont l&amp;rsquo;histoire se passe à New-York dans les années quarante. Claude Rawlings est un enfant solitaire élevé seul par sa mère ; celle-ci travaillant, le gamin reste souvent seul dans l&amp;rsquo;appartement, scrutant le monde extérieur et inconnu par le soupirail&amp;hellip; Et lorsque sa mère rentre le soir, elle ne parle pas ou si peu que l&amp;rsquo;enfant développe surtout une vie intérieure. Au fond de sa chambre, il y a un petit piano de bar oublié, sur lequel il exprime ses émotions sans même savoir ce qu&amp;rsquo;est la musique. Un peu plus tard, il fera la rencontre du marchand d&amp;rsquo;instruments de musique à quelques pas de chez lui&amp;hellip; ce dernier va vite se rendre compte que le gamin, s&amp;rsquo;il est autodidacte, possède un réel talent et apprend très vite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman se lit facilement. L&amp;rsquo;histoire est très bien racontée par Franck Conroy, qui semble s&amp;rsquo;être attaché à décrire ce que peut être la vie d&amp;rsquo;un individu doté d&amp;rsquo;un talent naturel tel que celui-ci. N&amp;rsquo;allez pas croire que c&amp;rsquo;est une vie facile ! Il s&amp;rsquo;agit de talent certes, mais aussi de passion, et surtout de travail. Et comme la musique est pour Claude un univers entier où il se sent parfaitement à l&amp;rsquo;aise, contrairement au monde réel qu&amp;rsquo;il a du mal parfois à aborder&amp;hellip;il se jettera dans le travail d&amp;rsquo;autant plus facilement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur arrive très bien à faire partager au lecteur ce que peut être l&amp;rsquo;amour de la musique&amp;hellip; on s&amp;rsquo;étonne presque de ne rien entendre ! Et l&amp;rsquo;on apprend des choses sur la musique classique, sa composition&amp;hellip; Comme la &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_s%C3%A9rielle&#34;  title=&#34;La musique sérielle sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;musique sérielle&lt;/a&gt;, apparue au début du XXe siècle, en opposition à l&amp;rsquo;harmonie tonale. Il s&amp;rsquo;agit de répéter une série de notes définies, mais en les inversant, retournant, ou les deux. Claude n&amp;rsquo;aime pas trop cette musique, ne s&amp;rsquo;y retrouve pas (littéralement), et jouera un tour pendable au professeur de musique qui ne jure que par elle, composant un morceau respectant les règles strictes de la musique sérielle, mais duquel se dégage toute de même une harmonie (prise d&amp;rsquo;un morceau de Charlie Parker), pour qui sait l&amp;rsquo;entendre&amp;hellip; Le professeur en question ne l&amp;rsquo;entendra pas !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, si le roman se lit avec grand plaisir, l&amp;rsquo;énigme du père inconnu (et son dénouement typiquement américain), les amours de jeunesse, ses retrouvailles avec son premier amour offrent un intérêt limité. L&amp;rsquo;évocation du New-York de cette époque est par contre très réussie, comme l&amp;rsquo;engagement de sa mère contre le Maccarthisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Franck Conroy est né à New-York en 1936. «Corps et âmes» est son seul roman ; il existe un recueil de nouvelles,  «Entre ciel et terre», dont la description semble très prometteuse. Il est décédé d&amp;rsquo;un cancer du colon en 2005.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tortilla flat - John Steinbeck</title>
            <link>https://pled.fr/tortilla-flat-john-steinbeck/</link>
            <pubDate>Sun, 07 Feb 2010 17:41:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tortilla-flat-john-steinbeck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Tortilla Flat - John Steinbeck&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tortillaflat.png#floatleft&#34;&gt; Voilà un petit roman bien sympathique, qui ne se prend pas au sérieux et se lit avec délectation. L&amp;rsquo;histoire pourrait se passer dans un monde imaginaire, j&amp;rsquo;ai d&amp;rsquo;ailleurs pensé aux Hobbits de Tolkien au début, quand les personnages sont décrits (Danny et ses amis), tous des «paisanos», pas méchants pour un sou, roublards certes, ne demandant finalement qu&amp;rsquo;à pouvoir vivre une vie la plus tranquille possible. Et à ce jeu là, ils connaissent toutes les ficelles&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe à Monterey (Californie) : la ville basse est occupée par des américains et des italiens, et les anciens habitants, ces «paisanos», se sont retranchés sur les hauteurs, là où la ville et la forêt se confondent, et qui s&amp;rsquo;appelle &lt;strong&gt;Tortilla Flat&lt;/strong&gt;. L&amp;rsquo;auteur va donc nous conter leur histoire; ils ont deux choses en commun : une volonté bien arrêtée de ne jamais travailler, et un goût très prononcé pour le vin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Danny a une maison, et les autres non. Pour être précis, il hérite de deux maisons, mais ayant prêté gentiment la seconde à Pilon, son meilleur ami, ce dernier y met malencontreusement le feu. Il ne reste alors à Danny qu&amp;rsquo;à héberger Pilon dans sa propres maison. Et d&amp;rsquo;autres vont venir, car Danny est vraiment sympa. Comment tout cela finira-t-il ? c&amp;rsquo;est mine de rien une petite fable sur l&amp;rsquo;amitié qui nous est contée ici, d&amp;rsquo;une manière fort plaisante. Petit extrait pour se faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Deux gallons, c&amp;rsquo;est beaucoup de vin, même pour deux paisanos. Moralement, voici comment on peut graduer les bonbonnnes. Juste au-dessous de l&amp;rsquo;épaule de la première bouteille, conversation sérieuse et concentrée. Cinq centimètres plus bas, souvenirs doux et mélancoliques. Huit centimètres en-dessous, amours anciennes et flatteuses. Deux centimètres plus bas, amours anciennes et amères. Fond de la première bouteille, tristesse générale et sans raison. Épaule de la seconde bouteille, sombre abattement, impiété. Deux doigts plus bas, un chant de mort ou de désir. Encore un pouce, toutes les chansons qu&amp;rsquo;on connait. La graduaation s&amp;rsquo;arrête là; car les traces s&amp;rsquo;effacent alors et il n&amp;rsquo;y a plus de certitude : désormais n&amp;rsquo;importe quoi peut arriver.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est par ce roman humouristique que John Steinbeck (1902-1968) connait le succès (1935). Il écrira des livres beaucoup plus sérieux par la suite, dont &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Raisins_de_la_col%C3%A8re_%28roman%29&#34;  title=&#34;Les raisins de la colère sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Les raisins de la colère&lt;/a&gt;, qu&amp;rsquo;il considère comme sa meilleure oeuvre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il recevra le Prix Nobel de Littérature en 1962 pour son livre « L&amp;rsquo;Hiver de notre mécontentement » (The Winter of Our Discontent). Avec ce livre, il voulait « &lt;em&gt;revenir en arrière de presque quinze ans et recommencer à l&amp;rsquo;intersection où il avait mal tourné&lt;/em&gt; ». Il est alors déprimé, et estime que la célébrité l&amp;rsquo;a détourné « des vraies choses ».&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans la dèche à Paris et à Londres - George Orwell</title>
            <link>https://pled.fr/dans-la-deche-a-paris-et-a-londres-george-orwell/</link>
            <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 22:52:25 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dans-la-deche-a-paris-et-a-londres-george-orwell/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Dans la dèche à Paris et à Londres - Goerge Orwell&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;deche-paris-londre-orwell.jpg#floatleft&#34;&gt; George Orwell, avant d&amp;rsquo;écrire 1984, a apparemment pas mal galéré, comme le raconte ce petit livre autobiographique intitulé &lt;em&gt;Down and out in Paris and London&lt;/em&gt; dans sa version originale. Né aux Indes Britanniques en 1903, George Orwell s&amp;rsquo;engage six ans dans l&amp;rsquo;armée impériale en Birmanie, dont il démissionnera pour se consacrer à l&amp;rsquo;écriture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à cette époque qu&amp;rsquo;il vient en Europe et va connaître la misère et la pauvreté entre Londres et Paris (1928-1930). Il participera ensuite à la guerre d&amp;rsquo;Espagne, luttant contre le totalitarisme. Son roman le plus connu, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=626&#34;  title=&#34;article sur 1984&#34;&#xA;    &gt;1984&lt;/a&gt;, est publié en 1949. Il meurt à Londres en 1950.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc d&amp;rsquo;une sorte de journal qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit, où George Orwell nous raconte ses galères pour survivre, et nous fait pénétrer le monde des classes défavorisées de cette époque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le sujet de ce livre c&amp;rsquo;est la misère, et c&amp;rsquo;est dans ce quartier lépreux que j&amp;rsquo;en ai pour la première fois fait l&amp;rsquo;expérience - d&amp;rsquo;abord comme une leçon de choses dispensée par des individus menant des vies plus impossibles les unes que les autres, puis comme trame vécue de ma propre existence. C&amp;rsquo;est pour cela que je m&amp;rsquo;efforce de planter au mieux le décor.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Première partie à Paris donc, dans la dèche la plus totale, ne mangeant pas tous les jours, mettant ses fringues au clou&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est à ce moment là que je commençai à comprendre ce que signifie vraiment la pauvreté. Car six francs par jour, si ce n&amp;rsquo;est pas à proprement parler la misère, ce n&amp;rsquo;en est pas loin. Avec six francs par jour, on peut encore subsister à Paris, à condition de savoir s&amp;rsquo;y prendre. Mais l&amp;rsquo;affaire n&amp;rsquo;est pas de tout repos.&#xA;Curieuse sensation qu&amp;rsquo;un premier contact avec la «débine». C&amp;rsquo;est une chose à laquelle vous avez tellement pensé, que vous avez si souvent redoutée, une calamité dont vous avez toujours su qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;abattrait sur vous à un moment ou à un autre. Et quand vient ce moment, tout prend un tour si totalement et si prosaïquement différent. Vous vous imaginiez que ce serait très simple : c&amp;rsquo;est en fait extraordinairement compliqué. Vous vous imaginiez que ce serait terrible : ce n&amp;rsquo;est que sordide et fastidieux. C&amp;rsquo;est la petitesse inhérente à la pauvreté que vous commencez à découvrir. Les expédients auxquels elle vous réduit, les mesquineries alambiquées, les économies de bouts de chandelle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les portraits sont sans concession, ni illusion :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle disait à qui voulait l&amp;rsquo;entendre que, dans le temps, elle avait été actrice. Péripatéticienne serait sans doute plus proche de la vérité, car la plupart des prostituées finissent leur vie comme femme de ménage. Cela faisait une curieuse impression de voir que, malgré son âge et sa condition présente, elle continuait à porter une perruque d&amp;rsquo;un blond éclatant, à se mettre du noir aux yeux et à se maquiller comme une fille de vingt ans. Il faut croire que soixante-dix-huit heures de travail par semaine ne suffisent pas à étouffer toute envie de vivre chez l&amp;rsquo;être humain.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il finit par trouver un boulot de plongeur dans un grand hôtel, et c&amp;rsquo;est une occasion de plus de décrire de près un monde incroyable, qui ne donne guère envie d&amp;rsquo;aller dans un hôtel, et encore moins d&amp;rsquo;y manger ! Espérons qu&amp;rsquo;avec les règles d&amp;rsquo;hygiène actuelles, il soit totalement révolu. Il travaille dur dans des conditions qui le sont également. Une fois payé sa chambre et mit de côté l&amp;rsquo;argent du métro, de son tabac et des repas du dimanche, il lui reste qutre francs par jour  «à dépenser en boisson».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On éprouvait - c&amp;rsquo;est difficile à exprimer - une sorte d&amp;rsquo;épaisse satisfaction, la satisfaction que doit avoir un animal convenablement engraissé, à l&amp;rsquo;idée que la vie était devenue si simple. Car rien ne peut être aussi simple que la vie d&amp;rsquo;un plongeur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au-delà de la description d&amp;rsquo;un monde, c&amp;rsquo;est aussi une critique sociale sans appel :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si vous parlez à un riche n&amp;rsquo;ayant pas abdiqué toute probité intellectuelle de l&amp;rsquo;amélioration du sort de la classe ouvrière, vous obtiendrez le plus souvent une réponse du type suivant :&#xA;«Nous savons bien qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas agréable d&amp;rsquo;être pauvre; en fait, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un état si éloigné du nôtre qu&amp;rsquo;il nous arrive d&amp;rsquo;éprouver une sorte de délicieux pincement au cœur à l&amp;rsquo;idée de tout de que la pauvreté peut avoir de pénible. Mais ne comptez pas sur nous pour faire quoi que ce soit à cet égard. Nous vous plaignons - vous les classes inférieures - exactement comme nous plaignons un chat victime de la gale, mais nous lutterons de toutes nos forces contre toute amélioration de votre condition. Il nous paraît que vous êtes très bien où vous êtes. L&amp;rsquo;état des choses présent nous convient et nous n&amp;rsquo;avons nullement l&amp;rsquo;intention de vous accorder la liberté, cette liberté ne se traduirait-elle que par une heure de loisir de plus par jour. Ainsi donc, chers frères, puisqu&amp;rsquo;il faut que vous suiez pour payer nos voyages en Italie, suez bien et fichez-nous la paix.»&#xA;Cette attitude est notamment celle des gens intelligents, cultivés. On la retrouve en filigrane dans plus de cent essais. Parmi les nantis de la culture, bien rares sont ceux qui disposent de, mettons, moins de quatre cents livres par an, et c&amp;rsquo;est tout naturellement qu&amp;rsquo;ils épousent la cause des riches, parce qu&amp;rsquo;ils s&amp;rsquo;imaginent que toute bribe de liberté concédée aux pauvres menacerait la leur. Redoutant de voir un jour se matérialiser quelque sinistre utopie marxiste, l&amp;rsquo;homme cultivé préfère que les choses restent en l&amp;rsquo;état. Il ne porte peut-être pas dans son cœur le riche qu&amp;rsquo;il côtoie quotidiennement, mais il ne s&amp;rsquo;en dit pas moins que le plus vulgaire de ces riches est moins hostile à ses plaisirs, plus proche de ses manières d&amp;rsquo;être qu&amp;rsquo;un pauvre, et qu&amp;rsquo;il a donc intérêt à faire cause commune avec le premier. C&amp;rsquo;est cette peur d&amp;rsquo;une populace présumée dangereuse qui pousse la plupart des individus intelligents à professer des opinions conservatrices.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il ira à Londres, où un ami lui a promis du travail. Hélas, il devra patienter et se retrouvera encore à errer de lodging-house en asile de nuit (la loi anglaise les obligeant à ne pas dormir deux fois au même endroit), clochard parmi les clochards. Autre occasion de sujet d&amp;rsquo;étude :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Si vous abordez un passant et lui demandez s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas deux pence pour vous dépanner, ce passant peut appeler un agent qui vous mettra en sept jours au bloc pour mendicité. Mais si vous cassez les oreilles de vos contemporains en chantant &amp;ldquo;Plus près de Toi mon Dieu&amp;rdquo;, ou tracez quelques gribouillis à la craie sur le trottoir, ou encore si vous vous promenez avec un plateau chargé de boites d&amp;rsquo;allumettes - bref si vous vous muez en casse-pied patenté - on considère que vous vous livrez à une activité licite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;en suit une analyse pertinente du statut social des mendiants, et pourquoi ils sont méprisés par la société.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je crois quant à moi que c&amp;rsquo;est tout simplement parce qu&amp;rsquo;ils ne gagnent pas «convenablement» leur vie. Dans la pratique, personne ne s&amp;rsquo;inquiète de savoir si le travail est utile ou inutile, productif ou parasite. Tout ce qu&amp;rsquo;on lui demande, c&amp;rsquo;est de rapporter de l&amp;rsquo;argent. Derrière tous les discours dont on nous rebat les oreilles à propose de l&amp;rsquo;énergie, de l&amp;rsquo;efficacité, du devoir social et autres fariboles, quelle autre leçon y a-t-il que «amassez de l&amp;rsquo;argent, amassez-le légalement, et amassez-en beaucoup» ? L&amp;rsquo;argent est devenu la pierre de touche de la vertu. Affrontés à ce critère, les mendiants ne font pas le poids et sont par conséquent méprisés. Si l&amp;rsquo;on pouvait gagner ne serait-ce que dix livres par semaine en mendiant, la mendicité deviendrait tout d&amp;rsquo;un coup une activité «convenable». Un mendiant, à voir les choses sans passion, n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un homme d&amp;rsquo;affaire qui gagne sa vie comme tous les autres hommes d&amp;rsquo;affaire, en saisissant les occasions qui se présentent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon bouquin donc, décrivant une époque pas si lointaine&amp;hellip; Beaucoup de choses ont-elles d&amp;rsquo;ailleurs vraiment changées ? sur les conditions de travail, certainement, oui. Pour le reste&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Psychopathologie de la vie quotidienne - Sigmund Freud</title>
            <link>https://pled.fr/psychopathologie-de-la-vie-quotidienne-sigmund-freud/</link>
            <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 18:55:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/psychopathologie-de-la-vie-quotidienne-sigmund-freud/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Psychopathologie de la vie quotidienne - Sigmund Freud&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;freud.png#floatleft&#34;&gt; Avec un titre et un auteur pareil, le bouquin a de quoi faire peur&amp;hellip; C&amp;rsquo;est Michel Onfray qui en parlait lors d&amp;rsquo;un de ses cours sur la contre-histoire de la philosophie, disant que l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;appréhendait plus les lapsus de la même manière une fois ce livre lu. Et comme on fait tous.. y compris Freud d&amp;rsquo;ailleurs !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et finalement, ce livre se lit très facilement : Freud s&amp;rsquo;y exprime très clairement, avec même beaucoup de retenue. Loin d&amp;rsquo;énoncer des certitudes, il se borne à analyser (forcément !) des exemples de la vie courante, soit tirés de sa propre expérience, soit qu&amp;rsquo;ils lui ont été rapportés. Mais il le fait très simplement, sans aucune suffisance dans ses propos; il se borne à tenter des explications au cas par cas&amp;hellip; oublis de noms, lapsus, erreurs d&amp;rsquo;écriture, actes manqués&amp;hellip; tout y passe, et à chaque fois qu&amp;rsquo;une analyse est possible, on retrouve la trace de l&amp;rsquo;inconscient derrière tout ça. Car ce dernier travaille sans cesse, infatigablement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il dit une chose très simple sur les oublis :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je puis indiquer d&amp;rsquo;avance  le résultat uniforme que j&amp;rsquo;ai obtenu de toute une série d&amp;rsquo;observations : j&amp;rsquo;ai trouvé notamment que dans tous les cas l&amp;rsquo;oubli était motivé par un sentiment désagréable.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un début de piste pour analyser votre dernier oubli ? ;-) Si cela peut paraître évident dans certains cas, dans d&amp;rsquo;autres, cela vous interrogera ! Le principe peut être même être étendu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tout le monde admet qu&amp;rsquo;en ce qui concerne les traditions et l&amp;rsquo;histoire légendaire d&amp;rsquo;un peuple, il faut tenir compte, si l&amp;rsquo;on veut bien les comprendre, d&amp;rsquo;un motif semblable, c&amp;rsquo;est-à-dire le désir de faire disparaître du souvenir du peuple tout ce qui blesse ou choque son sentiment national. Une étude plus approfondie permettra peut-être un jour d&amp;rsquo;établir une analogie complète entre la manière dont se forment les traditions populaires et celle dont se forment les souvenirs d&amp;rsquo;enfance de l&amp;rsquo;individu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;En cette période de débat sur l&amp;rsquo;identité nationale&amp;hellip; voilà un angle intéressant à creuser ! Et de citer Darwin qui à chaque fois qu&amp;rsquo;il se trouvait en présence d&amp;rsquo;une idée nouvelle qui contredisait ses propres résultats, le notait systématiquement, sachant par expérience que les faits et les idées de ce genre disparaissent plus facilement de la mémoire que ceux qui vous sont favorables. Autre citation, de Nietzsche cette fois (Au-delà du bien et du mal, II) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;«C&amp;rsquo;est moi qui ait fait cela» dit ma mémoire. «Il est impossible que je l&amp;rsquo;aie fait» dit mon orgueil et il reste impitoyable. Finalement - c&amp;rsquo;est la mémoire qui cède.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre est donc une suite d&amp;rsquo;anecdotes, suivies de l&amp;rsquo;explication probable de l&amp;rsquo;erreur&amp;hellip; Ces énumérations peuvent être un peu lassantes à la longue (sans doute nécessaires à la démonstation), mais les réflexions et les analyses de Freud sont  passionnantes, comme vous pourrez en juger dans les extraits ci-dessous.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le truc, c&amp;rsquo;est évidemment d&amp;rsquo;analyser : dans quelles conditions étions-nous mentalement ? quelque chose nous tracassait-il ? que nous évoque le mot ? se concentrer sur ce qui nous passait par la tête à ce moment là, etc&amp;hellip; De toutes ces informations peut venir l&amp;rsquo;explication&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;extraits&#34;&gt;Extraits&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Les oublis sont contagieux !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On peut donc, d&amp;rsquo;une façon générale, distinguer deux variétés principales d&amp;rsquo;oubli de nom : un nom est oublié soit parce qu&amp;rsquo;il rappelle lui-même une chose désagréable. Donc, la reproduction de noms est troublée soit à cause d&amp;rsquo;eux-mêmes, soit à cause de leurs associations plus ou moins éloignées.&#xA;Un coup d&amp;rsquo;oeil sur ces propositions générales permet de comprendre pourquoi  l&amp;rsquo;oubli passager de noms constitue un de nos actes manqués les plus fréquents.&#xA;Nous sommes cependant encore loin d&amp;rsquo;avoir noté toutes les particularités du phénomène en question. Je veux encore attirer l&amp;rsquo;attention sur le fait que l&amp;rsquo;oubli de noms est contagieux au plus haut degré. Dans une conversation entre deux personnes, il suffit que l&amp;rsquo;une prétende avoir oublié tel ou tel nom, pour que le même nom échappe à l&amp;rsquo;autre. Seulement, la personne chez laquelle l&amp;rsquo;oubli est un phénomène induit retrouve plus facilement le nom oublié. Cet oubli «collectif» qui est un des phénomènes par lequel se manifeste la psychologie des foules n&amp;rsquo;a pas encore fait l&amp;rsquo;objet de recherches psychanalytiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lapsus révélateurs ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Lorsque dans une discussion sérieuse, l&amp;rsquo;un des deux adversaires commet un lapsus de ce genre, qui lui fait dire le contraire de ce qu&amp;rsquo;il coulait, cela le met dans un état d&amp;rsquo;infériorité par rapport à l&amp;rsquo;autre, qui manque rarement de profiter de l&amp;rsquo;amélioration de sa position.&#xA;Dans de tels cas, il devient évident que, d&amp;rsquo;une façon générale, les hommes attachent aux lapsus et autres actes manqués la même signification que celle que nous préconisons dans cet ouvrage, alors même qu&amp;rsquo;en théorie ils ne sont pas partisans de notre manière de voir et qu&amp;rsquo;ils ne sont pas disposés, en ce qui les concerne personnellement, à renoncer aux avantages qu&amp;rsquo;ils retirent le cas échéant de l&amp;rsquo;indifférence dont jouissent les actes manqués. L&amp;rsquo;hilarité et la moquerie que ces erreurs de langage provoquent au moment décisif témoignent contre l&amp;rsquo;opinion généralement admise, d&amp;rsquo;après laquelle ces erreurs seraient des lapsus linguae purs et simples, sans aucune portée psychologique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un &lt;em&gt;lapsus linguae&lt;/em&gt; est un erreur commise en parlant, un &lt;em&gt;lapsus calami&lt;/em&gt; quand il est fait en écrivant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je ne crois vraiment pas que quelqu&amp;rsquo;un puisse commettre un lapsus au cours d&amp;rsquo;une audience auprès de Sa Majesté, dans une sérieuse déclaration d&amp;rsquo;amour ou lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de défendes devant les jurés son honneur et son nom, bref dans tous les cas où, comme on le dire avec juste raison, on est tout entier à ce qu&amp;rsquo;on fait et dit. Nous devons (et nous avons l&amp;rsquo;habitude de le faire) introduire, jusque dans l&amp;rsquo;appréciation du style dont se sert un auteur, le principe d&amp;rsquo;explication qui nous est indispensable, lorsque nous voulons remonter aux causes d&amp;rsquo;un lapsus isolé. Une manière d&amp;rsquo;écrire claire et franche montre que l&amp;rsquo;auteur est d&amp;rsquo;accord avec lui-même, et toutes les fois que nous rencontrons un mode d&amp;rsquo;expression contraint, sinueux, fuyant, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que nous nous trouvons en présence d&amp;rsquo;idées compliquées, manquant de clarté, exposées sans assurance, comme avec une arrière-pensée critique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après quoi il cite Boileau, dans &amp;ldquo;l&amp;rsquo;Art poétique&amp;rdquo; :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que l&amp;rsquo;on conçoit bien s&amp;rsquo;énonce clairement&#xA;Et les mots pour le dire arrivent aisément.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Magnifique ! Sur l&amp;rsquo;oubli et le mépris:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est des hommes que l&amp;rsquo;on considère généralement comme ayant l&amp;rsquo;oubli facile et qu&amp;quot;on excuse de la même manière dont on excuse les myopes, lorsqu&amp;rsquo;ils ne saluent pas dans la rue. Ces personnes oublient toutes les petites promesses qu&amp;rsquo;elles ont faites, ne s&amp;rsquo;acquittent d&amp;rsquo;aucune des commissions dont on les a chargées, se montrent peu sûres dans les petites choses et prétendent qu&amp;rsquo;on ne doit pas leur en vouloir de ces petits manquements qui s&amp;rsquo;expliqueraient, non par leur caractère, mais par une certaine particularité organique. Je ne fais pas partie moi-même de cette catégorie de gens et je n&amp;rsquo;ai pas eu l&amp;rsquo;occasion d&amp;rsquo;analyser les actes de personnes sujettes aux oublis de ce genre, de sorte que je ne puis rien affirmer avec certitude quant aux motifs qui président à ces oublis. Mais je crois pouvoir dire par analogie qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un degré très prononcé de mépris à l&amp;rsquo;égard d&amp;rsquo;autrui, mépris inavoué et inconscient certes, et qui utilise le facteur constitutionnel pour s&amp;rsquo;exprimer et se manifester.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout cela a un impact sur les relations humaines, et nous analysons peut-être les autres plus volontiers que nous mêmes&amp;hellip; Un homme l&amp;rsquo;avait invité à le rejoindre lui et sa femme, pour le déjeuner. Arrivant, Freud constate que le seul fauteuil libre est encombré par l&amp;rsquo;imperméable de ce monsieur&amp;hellip; Il reste donc debout, et l&amp;rsquo;homme ne remarque rien&amp;hellip; Le message est clair : &amp;ldquo;il n&amp;rsquo;y a pas de place pour toi, tu es maintenant de trop&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est la femme qui lui en fera la remarque.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A propos de ce fait, et d&amp;rsquo;autres analogues, je me suis dit plus d&amp;rsquo;une fois que les actes non-intentionnels de ce genre doivent nécessairement devenir une source de malentendus dans les relations humaines. Celui qui accomplit un acte pareil, sans y attacher aucune attention, ne se l&amp;rsquo;attribue pas et ne s&amp;rsquo;en estime pas responsable. Quant à celui qui est, pour ainsi dire, victime d&amp;rsquo;une telle action, qui en supporte les conséquences, il attribue à son partenaire des intentions et des pensées dont celui-ci se défend, et il prétend connaître de ses processus psychiques plus que celui-ci ne croit en avoir révélé. L&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;un acte symptomatique est on ne peut plus contrarié, lorsqu&amp;rsquo;on le met en présence des conclusions que d&amp;rsquo;autres en ont tirées; il déclare ces conclusions fausses et sans fondement : c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas conscience de l&amp;rsquo;intention qui a présidé à son acte. Aussi finit-il par se plaindre d&amp;rsquo;être incompris ou mal compris par les autres. Au fond, les malentendus de ce genre tiennent au fait que l&amp;rsquo;on se comprend trop et trop finement. Plus deux hommes sont «nerveux» et plus il y aura d&amp;rsquo;occasions de brouille entre eux, occasions dont chacun déclinera la responsabilité avec autant d&amp;rsquo;énergie qu&amp;rsquo;il l&amp;rsquo;attribuera à l&amp;rsquo;autre. C&amp;rsquo;est là le châtiment pour notre manque de sincérité intérieure : sous le masque de l&amp;rsquo;oubli et de la méprise, en invoquant pour leur justification l&amp;rsquo;absence de mauvaise intention, les hommes expriment des sentiments et des passions dont ils feraient bien mieux d&amp;rsquo;avouer la réalité, en ce qui les concerne aussi bien qu&amp;rsquo;en ce qui concerne les autres, dès l&amp;rsquo;instant où ils ne sont pas à même de les dominer. On peut, en effet, affirmer d&amp;rsquo;une façon générale que chacun se livre constamment à l&amp;rsquo;analyse de ses prochains, qu&amp;rsquo;il finit par connaître mieux qu&amp;rsquo;il ne se connaît lui-même. [&amp;hellip;] il faut commencer par l&amp;rsquo;étude de ses propres actes et omissions, apparemment accidentels.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il termine par un chapitre intitulé «Déterminisme, croyance au hasard et superstition. Points de vue», très intéressant. Il aurait pu ajouter &amp;ldquo;la religion&amp;rdquo; au titre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce qui me distingue de l&amp;rsquo;homme superstitieux, c&amp;rsquo;est donc ceci : je ne crois pas qu&amp;rsquo;un événement, à la production duquel ma vie psychique n&amp;rsquo;a pas prit part, soit capable de m&amp;rsquo;apprendre des choses cachées concernant l&amp;rsquo;état à venir de la réalité; mais je crois qu&amp;rsquo;une manifestation non intentionnelle de ma propre activité psychique me révèle quelque chose de caché qui, à son tour, n&amp;rsquo;appartient qu&amp;rsquo;à ma vie psychique : je crois au hasard extérieur (réel), mais je ne crois pas au hasard intérieur (psychique). C&amp;rsquo;est le contraire du superstitieux : il ne sait rien de la motivation de ses actes accidentels et actes manqués, il croit par conséquent au hasard psychique; en revanche, il est porté à attribuer au hasard extérieur une importance qui se manifestera dans la réalité à venir, et à voir dans le hasard un moyen par lequel s&amp;rsquo;expriment certaines choses extérieures qui lui sont cachées. Il y a donc deux différences entre l&amp;rsquo;homme superstitieux et moi : en premier lieu, il projette à l&amp;rsquo;extérieur une motivation que je cherche à l&amp;rsquo;intérieur; en second lieu, il interprète par un événement le hasard que je ramène à une idée. Ce qu&amp;rsquo;il considère comme caché correspond chez moi à ce qui est inconscient, et nous avons en commun la tendance à ne pas laisser subsister le hasard comme tel, mais à l&amp;rsquo;interpréter.&#xA;J&amp;rsquo;admets donc que ce sont cette ignorance consciente et cette connaissance inconsciente de la motivation des hasards psychiques qui forment une des racines psychiques de la superstition. C&amp;rsquo;est parce que le superstitieux ne sait rien de la motivation de ses propres actes accidentels et parce que cette motivation cherche à s&amp;rsquo;imposer à sa connaissance, qu&amp;rsquo;il est obligé de la déplacer en la situant dans le monde extérieur. Si ce rapport existe, il est peu probable qu&amp;rsquo;il soit limité à ce seul cas. Je pense en effet que, pour une bonne part, la conception mythologique du monde, qui anime jusqu&amp;rsquo;aux religions les plus modernes, n&amp;rsquo;est autre chose qu&amp;rsquo;une psychologie projetée dans le monde extérieur. L&amp;rsquo;obscure connaissance des facteurs et faits psychiques de l&amp;rsquo;inconscient (autrement dit : la perception endopsychique de ces facteurs et de ces faits) se reflète (il est difficile de le dire autrement, l&amp;rsquo;analogie avec la paranoïa devant ici être appelée au secours) dans la construction d&amp;rsquo;une réalité supra-sensible, que la science retransforme en une psychologie de l&amp;rsquo;inconscient. On pourrait se donner pour tâche de décomposer, en se plaçant à ce point de vue, les mythes relatifs au paradis et au péché originel, à Dieu, au mal et au bien, à l&amp;rsquo;immortalité, etc. et de traduire la métaphysisque en métapsychologie. La distance qui sépare le déplacement opéré par le paranoïaque de celui opéré par le superstitieux est moins grande qu&amp;rsquo;elle ne paraît au premier abord.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La vague - Todd Strasser</title>
            <link>https://pled.fr/la-vague-todd-strasser/</link>
            <pubDate>Sun, 24 Jan 2010 19:02:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-vague-todd-strasser/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La vague - Todd Strasser&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lavague.png#floatleft&#34;&gt; Au dos du livre, on peut lire « Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 70 ».&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en fait l&amp;rsquo;adaptation romancée d&amp;rsquo;un téléfilm portant le même nom, lui-même  inspiré par une étude expérimentale sur le fascisme nommée « La troisième vague » , menée par un professeur d&amp;rsquo;histoire (Ron Jones) sur des élèves de première d&amp;rsquo;un lycée de Palo Alto, en Avril 1967. Ce roman est donc l&amp;rsquo;adaptation d&amp;rsquo;une adaptation&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;N&amp;rsquo;arrivant pas à expliquer à ses élèves comment le peuple allemand avait pu laisser le parti nazi procéder au génocide de populations entières, Ron Jones décide de les mettre &amp;ldquo;en situation&amp;rdquo;. Il fonde alors un mouvement nommé « La troisième vague », basé sur la discipline, et plaçant le groupe au-dessus de l&amp;rsquo;individu. L&amp;rsquo;expérience fonctionne tellement bien qu&amp;rsquo;une semaine plus tard, il y met fin brutalement, et explique aux étudiants comment ils ont été manipulés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman se lit en deux heures, et j&amp;rsquo;aurais aimé plus de profondeur et d&amp;rsquo;analyse, tant le sujet est intéressant, mais on restera à la surface des choses. Cela reste toutefois une petite histoire qu&amp;rsquo;il est bon de mettre entre toutes les mains, et particulièrement des adolescents.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Selon la page consacrée à ce sujet sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Troisi%c3%a8me_Vague&#34;  title=&#34;La troisième vague sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wikipedia&lt;/a&gt;, les sources fiables sur l&amp;rsquo;expérience sont rares, ayant été gardée secrète jusqu&amp;rsquo;en 1976, et les souvenirs du professeur Ron Jones sont plutôt confus. Lors de la sortie du téléfilm, il dénoncera la dramatisation volontaire des producteurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman a inspiré à son tour un film allemand réalisé par Dennis Gansel en 2008, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vague_%28film,_2008%29&#34;  title=&#34;La Vague (film, 2008)&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;La Vague&lt;/a&gt;, double lauréat des Prix du Film Allemand. Le film a également été nommé au Festival du Film de Sundance (Grand Prix du Jury). La sortie en France a eu lieu le 4 mars 2009.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien la dernière phrase de l&amp;rsquo;article sur Wikipedia :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;D’un point de vue sociologique, le fait que le public semble prêt à accorder crédit à la « Troisième Vague » telle qu’elle est relatée dans les adaptations artistiques pourrait en lui-même provoquer un questionnement et constituer un objet d’étude.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Beijing coma - Ma Jian</title>
            <link>https://pled.fr/beijing-coma-ma/</link>
            <pubDate>Sun, 13 Dec 2009 18:58:17 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Beijing coma - Ma Jiang&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;beijing-coma.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai lu ce livre lorsque je me suis cassé le coude. Il ne m&amp;rsquo;aura pas fallu moins de deux semaines d&amp;rsquo;inactivité totale pour lire ce gros pavé de 900 pages, relatant sous forme de chronique les évènements de la place Tian&amp;rsquo;anmen, et au passage vous donne une idée de ce que peut être la vie quotidienne en Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le narrateur, Dai Wei, un étudiant, est dans le coma. Il a reçu une balle dans la tête lorsque le Parti a décidé de nettoyer la place occupée depuis un mois par les étudiants. Il est allongé sur un lit, dans l&amp;rsquo;appartement de sa mère, et est conscient de tout ce qui se passe autour de lui. Alors il raconte&amp;hellip; à la fois comment tout cela s&amp;rsquo;est passé, mais aussi ses souvenirs d&amp;rsquo;enfance, la vie quotidienne de sa mère, les problèmes auxquels elle est confrontée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu d&amp;rsquo;histoire : en 1989, &lt;strong&gt;Hu Yaobang&lt;/strong&gt; meurt. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ancien président du Parti, déchu de tous ses fonctions en 1987. Il est populaire, car c&amp;rsquo;était un réformateur, ayant initié la réhabilitation des &lt;strong&gt;droitistes&lt;/strong&gt; : en 1956, Mao avait lancé &lt;strong&gt;le mouvement des cents fleurs&lt;/strong&gt;, qui encourageait les intellectuels à s&amp;rsquo;exprimer. C&amp;rsquo;était un piège, et ceux-ci seront envoyés à la campagne ou dans des camps de travail, et donc qualifié de droitistes. Au passage, Hu Yaobang était aussi partisan d&amp;rsquo;une politique pragmatique au Tibet, demandant le retrait de milliers de cadres chinois&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il sera remplacé par &lt;strong&gt;Zhao Ziyang&lt;/strong&gt;, en poste au moment des évènements. Opposé à la répression violente qui a lieu, il sera lui aussi écarté du Parti et placé en résidence surveillée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les étudiants décident de manifester pour demander plus de démocratie, et moins de corruption. En rendant hommage à Hu Yaobang, ils pensent pouvoir légitimer leur mouvement. Ils occupent alors la place Tian&amp;rsquo;anmen, presque par hasard. D&amp;rsquo;autant que très vite des mouvements dissidents se créent : à la moindre divergence d&amp;rsquo;opinion, un nouveau mouvement apparaît, avec son propre leader, sa propre déclaration politique, son propre service d&amp;rsquo;ordre. Certains sont partisans d&amp;rsquo;une action plus radicale, d&amp;rsquo;autres changent d&amp;rsquo;avis d&amp;rsquo;un jour à l&amp;rsquo;autre. Ils se savent également infiltrés par le Parti&amp;hellip; mais ce n&amp;rsquo;est pas une nouveauté pour eux, le Parti est omniprésent en Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après les évènements, Yu Jin, qui travaille désormais à Sanghaï pour une entreprise financière, raconte à Dai Wei (sans savoir si celui-ci l&amp;rsquo;entend) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;«Dai Wei, ils nous ont peut-être séparés, mais nous devons continuer la lutte. Quand ils m&amp;rsquo;ont arrêté, j&amp;rsquo;ai refusé de plaider coupable. Je leur ai juste dit ce qui s&amp;rsquo;était passé. J&amp;rsquo;ai dit que tu étais le patron, bien sûr. Je savais que tu étais déjà dans le coma, et que ça ne changerait rien pour toi. Tous ceux qui avaient des liens avec l&amp;rsquo;étranger sont partis. Ceux qui sont restés ont abandonné les études et se sont mis dans le commerce. Si tu veux vivre avec un minimum de dignité à notre époque il faut faire de l&amp;rsquo;argent. L&amp;rsquo;université de Beijing a perdu son âme. Personne ne veut plus y entrer. Les étudiants sont obligés de faire une année de service militaire avant de commencer le cursus maintenant, ce qui fait qu&amp;rsquo;il dure quatre ou cinq ans».&#xA;Qu&amp;rsquo;est-ce qui clochait avec notre génération ? Quand les fusils étaient pointés sur nous, nous continuions à perdre notre temps à nous chamailler. Nous étions courageux mais inexpérimentés, et nous ne comprenions pas grand chose à l&amp;rsquo;histoire de la Chine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et le Parti est tellement omniprésent qu&amp;rsquo;il est impossible d&amp;rsquo;y échapper :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Aujourd&amp;rsquo;hui, la Place est notre seul foyer, dit Wang Fei. Nous n&amp;rsquo;avons plus nulle part ou aller. Si nous retournions chez nos parents, ils nous livreraient à la police.&#xA;- Oui, Mao a détruit le système familial traditionnel afin que tous soient obligés de dépendre du Parti, expliqua Tian Yi. Nous sommes une génération d&amp;rsquo;orphelins. Nos parents ne nous ont pas soutenus affectivement. Dès que nous sommes nés, ils nous ont livrés au Parti et l&amp;rsquo;ont laissé contrôler nos vies.&#xA;- Si nous devions échouer maintenant, nos parents prendraient le parti du gouvernement et exigeraient notre châtiment, fit Bai Ling. Le jour de mes dix-huit ans je suis entré au Parti. Mon père m&amp;rsquo;a dit : &amp;ldquo;à partir de ce jour, tu appartiens au Parti&amp;rdquo;. Comment pourrai-je rentrer à la maison désormais ? Les orphelins doivent apprendre à tracer leur propre chemin dans la vie. [&amp;hellip;] Pu Wenhua et Hai Feng ont livré des informations aux militaires pour assurer leur avenir. Le gouvernement n&amp;rsquo;aura plus besoin de communiquer avec nous. Ces deux types ont carrément détruit notre mouvement. Ce qu&amp;rsquo;il nous faut maintenant, c&amp;rsquo;est un bain de sang. Il n&amp;rsquo;y a que si des flots de sang coulent sur la place Tian&amp;rsquo;anmen que les yeux des Chinois finiront par s&amp;rsquo;ouvrir. » Elle fronça les sourcils et éclata en sanglots.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La vie quotidienne de la mère de Dai Wei n&amp;rsquo;est pas triste non plus. Les soins apportés à son fils l&amp;rsquo;amènent dans des hôpitaux où sauver une vie n&amp;rsquo;est pas toujours la première préoccupation, mais plutôt l&amp;rsquo;argent et la peur de sanctions, comme ce dialogue entre deux infirmiers :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Y a-t-il un espoir pour le comateux d&amp;rsquo;à-côté ? Il a été renversé par une voiture, c&amp;rsquo;est ça ?&#xA;- Ça fait une semaine. S&amp;rsquo;il meurt maintenant, la cause de la mort sera enregistrée comme insuffisance de soins, au lieu d&amp;rsquo;accident de la route, et nous perdrons toutes nos primes.&#xA;- Personne n&amp;rsquo;est venu le réclamer. Les autorités arrêteront de payer ses soins demain. Je crois qu&amp;rsquo;on devrait le balancer devant l&amp;rsquo;hôpital.&#xA;- Mettons-le dans l&amp;rsquo;incinérateur. On dira qu&amp;rsquo;il est mort de septicémie.&#xA;- Non, tu ne peux pas faire ça. Ça n&amp;rsquo;est pas bien. C&amp;rsquo;est peut-être un riche homme d&amp;rsquo;affaire et il pourrait nous rembourser quand il sortira du coma.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon bouquin, avec quelques longueurs toutefois&amp;hellip; Une vision de la Chine contemporaine assez complète, avec son ouverture au capitalisme, mais sous contrôle total du Parti. A lire ce livre, on n&amp;rsquo;a vraiment aucune envie d&amp;rsquo;aller en Chine, tant le régime politique est omniprésent, dictant son bon vouloir à une population encore  très attachée aux coutumes millénaires. La démonstration d&amp;rsquo;une belle dictature, au cas où on l&amp;rsquo;oublierait&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je termine l&amp;rsquo;article par une photo trouvée sur Wikipedia : une bicyclette détruite et les traces de chenille d&amp;rsquo;un char, monument à la mémoire des victimes de la répression de Tian&amp;rsquo;anmen situé à&amp;hellip; Wroc?aw, en Pologne. Le nombre de victimes n&amp;rsquo;est toujours pas connu à ce jour (Amnesty International parle d&amp;rsquo;un millier), et le gouvernement chinois prétend toujours qu&amp;rsquo;il a du intervenir contre des voyous mettant en péril le socialisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2009/12/monument.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;à la mémoire des victimes de Tien’anmen&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;439px&#34; data-flex-grow=&#34;182&#34; height=&#34;246&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/beijing-coma-ma/monumentx450.jpg&#34; width=&#34;450&#34;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Karl Marx - Révolution et socialisme</title>
            <link>https://pled.fr/karl-marx-revolution-et-socialisme/</link>
            <pubDate>Sun, 18 Oct 2009 15:59:40 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Révolution et socialisme - Karl Marx&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;revolution-socialisme-karl-marx.jpg#floatleft&#34;&gt; Après le premier volume intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1073&#34;  title=&#34;Article sur Sociologie critique de Karl Marx&#34;&#xA;    &gt;Sociologie critique&lt;/a&gt;, lu il y a près d&amp;rsquo;un an déjà, et où Karl Marx analysait avec talent le capitalisme, il était temps de s&amp;rsquo;attaquer au second, tourné cette fois vers les conditions de l&amp;rsquo;émancipation politique et sociale. Comment faire la révolution !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour rappel, ces deux livres sont des recueils de textes de Karl Marx, réunis par Maximilien Rubel, qui fût l&amp;rsquo;éditeur des Oeuvres de Marx dans la Pléiade. Morceaux choisis, donc, permettant de condenser la pensée de Marx.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autant le premier ouvrage analysait remarquablement le capitalisme, et annonçait longtemps à l&amp;rsquo;avance les problèmes inhérents que ce système génère (inégalité, chômage, salaires minimum, spéculation, crises récurrentes), autant celui-ci semble un peu dépassé plus d&amp;rsquo;un siècle après.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut dire que les conditions de la classe ouvrière dans la seconde partie du XIXème siècle étaient autrement calamiteuses que maintenant, et l&amp;rsquo;idée que le peuple ouvrier se soulève un jour ou l&amp;rsquo;autre devait apparaître effectivement comme inéluctable. C&amp;rsquo;est ce que pense Marx.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Depuis cette époque, les enfants ne travaillent plus à l&amp;rsquo;usine, les congés payés sont arrivés (grâce au Front Populaire), et le prolétaire ne travaille plus 14h par jour sans pour autant parvenir à subvenir à ses besoins. Enfin&amp;hellip; disons que c&amp;rsquo;est vrai en Occident.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici quelques extraits choisis :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout d&amp;rsquo;abord, le mot communisme, comme le qualificatif de marxiste (voir le premier article), doit être éclairci : Marx se défend de toute idéologie et se méfie de toute récupération partisane. Pour lui le communisme est un état de fait, une manière de vivre, et non un parti politique dictant ce qui est bon ou non.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le communisme, pour nous, n&amp;rsquo;est pas un état qu&amp;rsquo;il faut créer, ni un idéal vers lequel la réalité doit s&amp;rsquo;orienter. Nous nommons communisme le mouvement réel qui abolit l&amp;rsquo;ordre établi. Les conditions de ce mouvement résultent des facteurs existant dans le présent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il faut toujours faire attention au sens des mots, aux amalgames et aux récupérations. Le communisme dont parle Marx n&amp;rsquo;est en aucun cas celui mis en place en Union Soviétique ou en Chine. On ne peut pas reprocher à Marx ce que d&amp;rsquo;autres ont fait en l&amp;rsquo;appelant du même nom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marx pense donc que la révolution prolétarienne est inéluctable, et qu&amp;rsquo;elle viendra naturellement, dès que la bourgeoisie aura terminé la sienne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand le monde antique était à son déclin, les vieilles religions furent vaincues par la religion chrétienne. Quand, au XVIIIe siècle, les idées chrétiennes succombaient devant la philosophie des Lumières, la société féodale livrait sa dernière bataille à la bourgeoisie, qui était alors révolutionnaire. Les idées de liberté religieuse et de liberté de conscience ne faisaient qu&amp;rsquo;exprimer, dans le domaine du savoir, le règne de la libre concurrence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car la révolution bourgeoise n&amp;rsquo;est pas celle des prolétaires :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les petits-bourgeois démocrates, bien loin de vouloir bouleverser la société toute entière au profit des prolétaires révolutionnaires, aspirent à un changement des conditions sociales en vue de se rendre la société existante aussi supportable et aussi commode que possible. [&amp;hellip;]&#xA;Pour ce qui est des ouvriers, il est avant tout certain qu&amp;rsquo;ils devront rester des salariés comme auparavant; la seule chose que les petits-bourgeois démocrates souhaitent aux ouvriers, c&amp;rsquo;est un meilleur salaire et une existence assurée; ils espèrent y parvenir par l&amp;rsquo;emploi partiel des ouvriers par l&amp;rsquo;État et grâce à des mesures de bienfaisance. Bref, ils espèrent corrompre les ouvriers par des aumônes plus ou moins déguisées et briser leur énergie révolutionnaire en leur rendant la situation momentanément supportable.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il semble bien que le &amp;ldquo;petit-bourgeois démocrate&amp;rdquo; ait aujourd&amp;rsquo;hui gagné la bataille&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quant à l&amp;rsquo;Église, Marx lui règle joliment son compte :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les principes sociaux du christianisme ont justifié l&amp;rsquo;esclavage antique, glorifié le servage médiéval, et ils savent au besoin approuver l&amp;rsquo;oppression du prolétariat, bien qu&amp;rsquo;avec un air quelque peu contrit.&#xA;Les principes sociaux du christianisme prêchent la nécessité d&amp;rsquo;une classe dominante et d&amp;rsquo;une classe opprimée et, pour cette dernière, ils se contentent d&amp;rsquo;exprimer pieusement le voeu que la première soit charitable.&#xA;Les principes sociaux du christianisme promettent dans le ciel la compensation [&amp;hellip;] de toutes les infamies sur la terre.&#xA;Les principes sociaux du christianisme déclarent que toutes les infamies commises par les oppresseurs contre les opprimés sont soit le juste châtiment du péché originel et d&amp;rsquo;autres péchés, soit des épreuves imposées par le Seigneur, dans son infinie sagesse, aux âmes sauvées.&#xA;Les principes sociaux du christianisme prêchent la lâcheté, le mépris de soi, l&amp;rsquo;abaissement, la soumission, l&amp;rsquo;humilité, bref tous les attributs de la canaille. Le prolétariat qui refuse de se laisser traiter en canaille a beaucoup plus besoin de son courage, de son respect de soi, de sa fierté et de son goût de l&amp;rsquo;indépendance que de son pain.&#xA;Les principes sociaux du christianisme sont hypocrites; le prolétariat est révolutionnaire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le progrès quant à lui ne semble pas permettre cette émancipation du travailleur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De nos jours, chaque chose parait grosse de son contraire. La machine qui possède le merveilleux pouvoir d&amp;rsquo;abréger le travail de l&amp;rsquo;homme et de le rendre plus productif entraîne la faim et l&amp;rsquo;excès de fatigue. Par un étrange caprice du destin, les nouvelles sources de richesse se transforment en sources de misère. On dirait que chaque victoire de la technique se paie par une déchéance de l&amp;rsquo;individu. À mesure que l&amp;rsquo;homme se rend maître de la nature, il semble se laisse dominer par ses semblables  ou par sa propre infamie. La pure lumière de la science elle-même semble avoir besoin, pour resplendir, des ténèbres de l&amp;rsquo;ignorance. Toutes nos inventions et tous nos progrès ne semblent avoir d&amp;rsquo;autre résultat que de doter de vie et d&amp;rsquo;intelligence les forces matérielles et de ravaler l&amp;rsquo;homme et sa vie au niveau d&amp;rsquo;une force matérielle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il parle longuement de La Commune de Paris, véritable gouvernement de la classe ouvrière, porteur de beaucoup d&amp;rsquo;espoirs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La Commune, clament-ils [le propriéaire foncier et le capitaliste], entend abolir la propriété, base de toute civilisation ! Oui, Messieurs, la Commune entendait abolir cette propriété de classe qui fait du travail du grand nombre la richesse d&amp;rsquo;une minorité. Elle visait à l&amp;rsquo;expropriation des expropriateurs. Elle voulait faire de la propriété individuelle une réalité transformant les moyens de production, terre et capital, aujourd&amp;rsquo;hui essentiellement moyens d&amp;rsquo;asservissement et d&amp;rsquo;exploitation du travail, en simples instruments d&amp;rsquo;un travail libre et associé. Mais c&amp;rsquo;est du communisme, de l&amp;rsquo;«impossible» communisme ! Eh bien, ceux des classes dominantes qui sont assez intelligents pour comprendre l&amp;rsquo;impossibilité de perpétuer le système actuel - et ils sont nombreux - sont devenus les apôtres encombrants et grandiloquents de la production coopérative. Si la production coopérative ne doit pas rester une feinte et un piège; si elle doit remplacer le système capitaliste; si l&amp;rsquo;ensemble des associations coopératives doit régler la production nationale selon un plan commun, la prenant ainsi sous leur propre contrôle et mettant fin à l&amp;rsquo;anarchie constante et aux convulsions périodiques qui sont la fatalité de la production capitaliste - qu&amp;rsquo;est-ce donc, Messieurs, sinon du communisme, du très «possible» communisme ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de la Commune se terminera dans un bain de sang&amp;hellip; Ce que Marx en raconte donne envie de lire son histoire, ce doit être passionnant. Au passage, les élus du peuple étaient révocables à tout moment : si un type élu (représentant du peuple) ne fait pas ce pour quoi il a été élu, il est préférable de le virer tout de suite sans attendre la fin du mandat. Nous devrions nous en inspirer, cela rapporcherait les hommes politiques du peuple&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La clef est donc l&amp;rsquo;abolition de la propriété individuelle&amp;hellip; Mais que se passe-t-il après ?  serons-nous tous payés pareil, que l&amp;rsquo;on bosse ou pas ? La réponse de Marx semble bien illusoire au regard du comportement humain :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais tel individu est physiquement ou intellectuellement supérieur à tel autre, et fournit donc en un même temps plus de travail ou peut travailler plus de temps qu&amp;rsquo;un autre. Le travail, pour servir de mesure, doit être calculé d&amp;rsquo;après la durée ou l&amp;rsquo;intensité, sinon il cesserait de faire fonction d&amp;rsquo;étalon. Ce droit &amp;ldquo;égal&amp;rdquo; est un droit &amp;ldquo;inégal&amp;rdquo; pour un travail inégal. Il ne reconnait aucune distinction de classe, étant donné que chacun est un travailleur comme un autre, mais il reconnait tacitement l&amp;rsquo;inégalité des talents individuels, et, par suite, des capacités productives comme des privilèges naturels. C&amp;rsquo;est donc, d&amp;rsquo;après son contenu, un droit de l&amp;rsquo;inégalité, comme tout droit. [&amp;hellip;] De plus : un ouvrier est marié, un autre non; l&amp;rsquo;un a plus d&amp;rsquo;enfants que l&amp;rsquo;autre, etc. À égalité de travail et par conséquent à égalité de participation au fond social de consommation, l&amp;rsquo;un reçoit donc effectivement plus que l&amp;rsquo;autre, l&amp;rsquo;un est plus riche que l&amp;rsquo;autre, etc. Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais inégal.&#xA;Mais ces inconvénients sont inévitables dans la première phase de la société communiste, quand elle ne fait que sortir de la société capitaliste après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être plus élevé que la structure économique de la société et le développement culturel qui en dépend.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car voilà, il y aura une deuxième phase :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dans un phase supérieure de la société communiste, lorsque auront disparu l&amp;rsquo;asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l&amp;rsquo;opposition entre le travail intellectuel et le travail corporel; quand le travail sera devenu non seulement le moyen de vivre, mais encore le premier besoin de la vie; quand, avec l&amp;rsquo;épanouissement universel des individus, les forces productives se seront accrues et que toutes les sources de la richesse coopérative jailliront avec abondance - alors seulement l&amp;rsquo;étroit horizon du droit bourgeois pourra être complètement dépassé et la société pourra écriure sur ses drapeaux : «De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cela semble très utopique, et peu en accord avec la nature humaine telle qu&amp;rsquo;on la connait. Ce que ne manque pas de remarquer &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Aleksandrovitch_Bakounine&#34;  title=&#34;Bakounine sur Wikipédia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Bakounine&lt;/a&gt; ( révolutionnaire anarchiste, apôtre du socialisme libertaire) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ainsi, en résultat : conduite de la grande majorité de la classe populaire par une minorité privilégiée. Mais, cette minorié, disent les marxistes, sera composée d&amp;rsquo;ouvriers. Oui, permettez, d&amp;rsquo;anciens ouvriers, mais qui, dès qu&amp;rsquo;ils ne sont plus représentants ou sont devenus gouvernants du peuple, cessent d&amp;rsquo;être des ouvriers&amp;hellip; et regarderont du haut (de l&amp;rsquo;État) tout le monde ouvrier du commun; ils ne représenteront plus le peuple, mais eux-mêmes et leurs prétentions au gouvernement du peuple. Celui qui douterait de cela ne connaît rien à la nature humaine.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plutôt bien vu ! mais Marx n&amp;rsquo;est évidemment pas d&amp;rsquo;acccord, et postule que l&amp;rsquo;homme évoluera naturellement une fois l&amp;rsquo;ancienne société sera renversée. L&amp;rsquo; &lt;em&gt;homme nouveau&lt;/em&gt; tant attendu par les révolutionnaires (comme le Che, qui y faisait souvent référence) : malheureusement, on attend toujours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà, je pourrai continuer ainsi longtemps, le livre est très intéressant et pas trop difficile à lire, en dehors de quelques passages trop &amp;ldquo;théoriques&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les observations de Marx sur la société sont vraiment percutantes, et toujours d&amp;rsquo;actualité. Son message est un messsage de liberté, le souhait d&amp;rsquo;une société humaine où l&amp;rsquo;homme enfin s&amp;rsquo;épanouit. L&amp;rsquo;ouvrage se termine par un chapitre intitulé &amp;ldquo;Vers le loisir créateur&amp;rdquo; qui n&amp;rsquo;est pas sans faire penser à un débat récent de notre société :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La vraie richesse étant la pleine puissance productive de tous les individus, l&amp;rsquo;étalon de mesure ne sera non pas le temps de travail, mais le temps disponible. Adopter le temps de travail comme étalon de la richesse, c&amp;rsquo;est fonder celle-ci sur la pauvreté; c&amp;rsquo;est vouloir que le loisir n&amp;rsquo;existe que dans et par l&amp;rsquo;opposition au temps de surtravail; c&amp;rsquo;est réduire le temps tout entier au seul temps de travail et dégrader l&amp;rsquo;individu au rôle exclusif d&amp;rsquo;ouvrier, d&amp;rsquo;instrument de travail. C&amp;rsquo;est pourquoi le machinisme le plus perfectionné force l&amp;rsquo;ouvrier à consacrer plus de temps au travail que ne l&amp;rsquo;a jamais fait le sauvage de la brousse ou l&amp;rsquo;artisan avec ses outils simples et grossiers.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;et-le-socialisme-dans-tout-ça-&#34;&gt;Et le socialisme dans tout ça ?&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Je prolonge cet article suite à la remarque concise de Michel (voir le premier commentaire) : pas un mot sur le socialisme. C&amp;rsquo;est vrai, et je m&amp;rsquo;étais même fait la réflexion en terminant l&amp;rsquo;article hier : le mot est tout de même dans le titre du bouquin&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour ce que j&amp;rsquo;en comprend, Marx se méfie de toute instance détenant la vérité et édictant les régles à observer. Comme dit dans la première citation, la révolution est un mouvement, naturel, inéluctable. Qu&amp;rsquo;un parti se nomme communiste ou socialiste, il n&amp;rsquo;a pas l&amp;rsquo;air d&amp;rsquo;en faire grand cas, ni grande différence&amp;hellip;&#xA;Il faut aussi se rappeler ce qu&amp;rsquo;est le socialisme (ou le communisme) mi-XIXe siècle : une idée, une philosophie&amp;hellip; des expérimentations commes celles d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Owen&#34;  title=&#34;Owen sur wikipédia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Owen&lt;/a&gt; avec la manufacture de New Lanark (merci à Michel Onfray et son université populaire de Caen grâce qui j&amp;rsquo;en avais entendu parler&amp;hellip;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais j&amp;rsquo;ai ré-ouvert le bouquin, et voilà quelques extraits plutôt explicites :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;De même que les économistes sont les représentants scientifiques de la classe bourgeoise, de même les socialistes ou les communistes sont les théoriciens de la classe prolétaire. Tant que le prolétariat n&amp;rsquo;est pas encore assez développé pour se constituer en classe, que par conséquent la lutte même du prolétariat avec la bourgeoisie n&amp;rsquo;a pas encore un caractère politique [&amp;hellip;] ces théoriciens ne sont que des utopistes qui [&amp;hellip;] improvisent des systèmes et courent après une science régénératrice. Mais à mesure que l&amp;rsquo;histoire marche et qu&amp;rsquo;avec elle la lutte du prolétariat se dessine plus nettement, ils n&amp;rsquo;ont plus besoin de chercher la science dans leur esprit, ils n&amp;rsquo;ont qu&amp;rsquo;à se rendre compte de ce qui se passe devant leurs yeux et s&amp;rsquo;en faire l&amp;rsquo;organe. Tant qu&amp;rsquo;ils cherchent la science et ne font que des systèmes, tant qu&amp;rsquo;ils sont au début de la lutte, ils ne voient dans la misère que la misère, sans y voir le côté révolutionnaire, subversif, qui renversera la société ancienne. Dès ce moment, la science produite par le mouvement historique, et s&amp;rsquo;y associant en pleine connaissance de cause, a cessé d&amp;rsquo;être doctrinaire, elle est devenue révolutionnaire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les systèmes authentiquement socialistes et communistes, les systèmes de Saint-Simon, de Fourier, de Owen, etc., surgissent dans la première phase, encore rudimentaire, de la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie. Les inventeurs de ces systèmes aperçoivent, il est vrai, l&amp;rsquo;antagonisme des classes, ainsi que l&amp;rsquo;action des éléments dissolvants au sein même de la société dominante. Mais ils ne discernent du côté prolétariat aucune spontanéité historique, aucun mouvement politique qui lui soit propre.&#xA;Comme le développement de l&amp;rsquo;antagonisme de classes marche de pair avec le développement de l&amp;rsquo;industrie, ils ne découvrent pas davantage les conditions matérielles de l&amp;rsquo;émancipation du prolétariat; dès lors, ils se mettent en quête d&amp;rsquo;une science sociale, de lois sociales, à la seule fin de créer ces conditions.&#xA;Leurs inventions personnelles doivent suppléer ce que le mouvement social ne produit point; les conditions historiques de l&amp;rsquo;émancipation prolétarienne, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire qui les donne, mais ils préfèrent les tirer de leur imagination; à la place de l&amp;rsquo;organisation graduelle et spontanée du prolétariat en classe, ils voudraient organiser la société suivant un plan imaginé à cet effet. L&amp;rsquo;histoire future du monde se résout pour eux dans la propagande et la mise en pratique de leurs plans de société.&#xA;[&amp;hellip;]&#xA;C&amp;rsquo;est pourquoi ils repoussent toute action politique et surtout toute action révolutionnaire; ils veulent atteindre leur but par des moyens pacifiques et ils essayent de frayer un chemin au nouvel évangile social par la force de l&amp;rsquo;exemple, par des expériences limitées qui, naturellement, sont vouées à l&amp;rsquo;échec.&#xA;Mais les écrits socialistes et communistes renferment également des éléments critiques. Ils attaquent la société existante dans tous ses fondements. Ils ont fourni, par conséquent, des matériaux d&amp;rsquo;une grande valeur pour éduquer et éclairer les travailleurs.&#xA;[&amp;hellip;]&#xA;L&amp;rsquo;importance du socialisme et du communisme critico-utopiques est en raison inverse du développement historique. À mesure que la lutte des classes se développe et prend forme, tous ces vains efforts pour s&amp;rsquo;élever au-dessus de la mêlée, toute cette contestation chimérique perdent toute valeur pratique, toute justification théorique. C&amp;rsquo;est pourquoi, si à beaucoup d&amp;rsquo;égards les auteurs de ces systèmes étaient des révolutionnaires, les sectes formées par leurs disciples sont toujours réactionnaires, car ils maintiennent les vieilles idées de leurs maîtres en face de l&amp;rsquo;évolution historique du prolétariat. Logiques avec eux-mêmes, ils cherchent donc à émousser la lutte des classes et à concilier les oppositions. Ils rêvent toujours à la réalisation expérimentale de leurs utopies sociales.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Là encore, cela n&amp;rsquo;a rien perdu en 150 ans&amp;hellip; et Marx croit en la révolution.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Cercle - Yannick Haenel</title>
            <link>https://pled.fr/cercle-yannick-haenel/</link>
            <pubDate>Fri, 28 Aug 2009 10:25:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/cercle-yannick-haenel/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Cercle - Yannick Haenel&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cercle.jpg#floatleft&#34;&gt; A l&amp;rsquo;inverse du précédent, j&amp;rsquo;ai senti dès les premières pages que ce roman n&amp;rsquo;allait pas me plaire. J&amp;rsquo;ai tout de même continué jusqu&amp;rsquo;à une centaine, puis je l&amp;rsquo;ai refermé définitivement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je ferai dorénavant un peu plus attention quand la libraire me  propose un bouquin (qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;avait pas lu d&amp;rsquo;ailleurs, nous en avons parlé ensuite). Si j&amp;rsquo;avais lu ne serait-ce que la première page sur place, le livre serait resté sur l&amp;rsquo;étagère de la librairie. Là, il risque de finir à la poubelle, les places dans ma biblitohèque sont comptées, et surtout se méritent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un type décide un beau matin, sur le quai de la station de métro, de tout laisser tomber. Extrait de la page 1 :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai dit : «c&amp;rsquo;est maintenant qu&amp;rsquo;il faut reprendre vie.» Aussitôt, il y a eu une série d&amp;rsquo;étincelles autour de ma tête, puis la phrase s&amp;rsquo;est enroulée autour de mes épaules en y traçant des lignes rouges, oranges, jaunes; elle a cheminé le long de mon bras, lentement, jusqu&amp;rsquo;à ma main qui s&amp;rsquo;est gorgée d&amp;rsquo;un sang bleu-noir. C&amp;rsquo;est ainsi que ce livre a commencé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;À mon avis, il aurait tout aussi bien fait de ne pas le commencer. Page 34, ça se confirme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le narrateur agit avec ses découvertes comme on agit avec sa propre solitude. Rien ne sera plus doux, plus labyrinthique, plus voluptueux, plus matinal, plus nocturne, rien ne sera plus glorieux, plus cauchemardesque, plus secret, plus bandant que ce qui arrivera bientôt si les phrases continuent de grandir et s&amp;rsquo;élancent, comme depuis ce matin, vers ce passage où la liberté s&amp;rsquo;affirme à mesure qu&amp;rsquo;elle s&amp;rsquo;énonce. Le livre que vous avez entre les mains vous amènera lentement au coeur de ce qui le rend possible. Le lecteur, s&amp;rsquo;il existe, est donc prié de faire de sa patience un art; et d&amp;rsquo;entendre les phrases comme elles sont venues, comme elles viennent, comme elles viendront : il n&amp;rsquo;y a pas de raison que cette aventure soit plus facile pour lui que pour moi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous voilà prévenu, c&amp;rsquo;est au lecteur de faire l&amp;rsquo;effort. Bref, on s&amp;rsquo;emm&amp;hellip; ferme au fil des digressions de l&amp;rsquo;auteur qui se regarde écrire, imite le style de grands auteurs surréalistes, au long de phrases toutes plus creuses les unes que les autres. Il écrit (plutôt bien d&amp;rsquo;ailleurs), mais s&amp;rsquo;enivre de ses propres mots, de citations littéraires pour montrer sa culture. Et il n&amp;rsquo;en ressort rien, un vide absolu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il a tout de même reçu le prix Décembre 2007 pour ce roman de 500 pages. S&amp;rsquo;il y avait plus de mois dans l&amp;rsquo;année, il méritait effectivement d&amp;rsquo;avoir le dernier.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Bruits du coeur - Jens Christian Grøndahl</title>
            <link>https://pled.fr/bruits-du-coeur-jens-christian-gr%C3%B8ndahl/</link>
            <pubDate>Fri, 28 Aug 2009 09:34:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/bruits-du-coeur-jens-christian-gr%C3%B8ndahl/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Bruits du coeur - Jens Christian Grøndahl&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bruitsducoeur.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;ai été accroché dès les premières pages de ce roman, par le ton, le rythme des phrases, puis par l&amp;rsquo;histoire elle-même qui peu à peu va se révéler, au gré et au rythme des souvenirs du narrateur, dont on ne saura jamais ni le nom ni le prénom.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de deux amis d&amp;rsquo;enfance, l&amp;rsquo;un resté au Danemark, l&amp;rsquo;autre, Adrian, ayant aménagé à New-York il y a une quinzaine d&amp;rsquo;années. Ce dernier vient de mourir d&amp;rsquo;une crise cardiaque, à 39 ans, et le narrateur reçoit une lettre de son ami cinq jours plus tard, hasard du destin et de la poste&amp;hellip; dans cette lettre, Adrian lui parle d&amp;rsquo;une chose qui le tourmente et dont il aimerait lui parler, car il est seul en mesure de comprendre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Se sentant un peu coupable d&amp;rsquo;avoir négligé leur amitié, le narrateur va alors revenir sur les premières années de celle-ci, et remonter doucement le fil du temps : les premiers amours, les évènements inattendus que la vie réserve aux deux jeunes hommes&amp;hellip; Le fond de l&amp;rsquo;histoire va peu à peu se décanter, le narrateur se découvrir, pour notre plus grand bonheur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un excellent roman, qui donne envie d&amp;rsquo;en lire d&amp;rsquo;autres du même auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jens_Christian_Gr%C3%B8ndahl&#34;  title=&#34;Jens Christian Grøndahl sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Jens Christian Grøndahl&lt;/a&gt; est né en 1959 à Copenhague. Il a écrit une dizaine de romans, et est reconnu comme l&amp;rsquo;un des meilleurs écrivains de sa génération.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Millenium people - J.G. Ballard</title>
            <link>https://pled.fr/millenium-people-jg-ballard/</link>
            <pubDate>Thu, 27 Aug 2009 14:06:10 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Millenium people - J.G. Ballard&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;millenium-people.jpg#floatleft&#34;&gt; Et si la middle-class se révoltait, entrait en rébellion ouverte avec la société ? Le quartier résidentielle de la «marina de Chelsea» est en effervescence, les mouvements de protestation se multiplient contre cette société en crise. Des actes gratuits, médiatisés, sèment peu à peu la pagaille. Si la bourgeoisie se révolte, où va-t-on ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est le point de départ de ce roman, traité avec un humour bien anglais. Un attentat à Heathrow va amener David Markham, psychologue, à infiltrer les révoltés de Chelsea. Le groupe serait-il manipulé par des terroristes beaucoup plus dangereux ? Qui est ce mytérieux médecin qui les a amenés à se révolter ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un portrait décalé de notre société médiatique et son absence de sens. Les personnages, cadres supérieurs, ont bien du mal à assumer la vacuité de leurs vies, et sont tous très (trop) perturbés&amp;hellip; Le roman se lit agréablement. Sans plus. Probablement trop britannique à mon goût, avec ces personnages improbables dont les problèmes égocentriques et/ou existentiels n&amp;rsquo;intéressent personne à part eux-mêmes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Graham_Ballard&#34;  title=&#34;J.G. Ballard sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;James Graham Ballard&lt;/a&gt; est un écrivain anglais, né en 1930 à Shanghaï. Lors de l&amp;rsquo;invasion de la Chine par le Japon, il passera trois ans en camp de détention pour civils. Il racontera son histoire dans &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;empire du soleil&lt;/strong&gt;, dont Spielberg fera un film. Puis il écrira plusieurs romans de science-fiction. Il est célèbre pour son roman &lt;strong&gt;Crash!&lt;/strong&gt;, adapté au cinéma par Cronenberg cette fois-ci. Un roman que je n&amp;rsquo;avais pas terminé à l&amp;rsquo;époque, avec là encore des personnages plus que perturbés.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le travail de la nuit - Thomas Glavinic</title>
            <link>https://pled.fr/le-travail-de-la-nuit-thomas-glavinic/</link>
            <pubDate>Thu, 27 Aug 2009 10:38:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-travail-de-la-nuit-thomas-glavinic/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le travail de la nuit - Thomas Glavinic&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;glavinic.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de Jonas qui un beau matin, voulant se rendre à son travail, se rend compte qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a plus de bus, ni personne pour le prendre d&amp;rsquo;ailleurs. Plus de radio, de tv, personne au bout du fil&amp;hellip;En fait, il semble bien être le seul (le dernier ?) être vivant sur la planète. Pas âme qui vive, à perte de vue. Plus de vie animale non plus. Seul.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Commence alors une longue narration, plutôt bien écrite, qui nous emmènera au bout de 400 pages à un épilogue guère surprenant. Le démarrage est lent, si tant est qu&amp;rsquo;il ait démarrage&amp;hellip; certes, il n&amp;rsquo;y a pas grand chose à faire dans une telle situation&amp;hellip; Alors Jonas s&amp;rsquo;observe. Et des choses bizarres se produisent, durant son sommeil, lors d&amp;rsquo;une folle course en voiture, et d&amp;rsquo;autres encore. Si elles maintiennent l&amp;rsquo;intérêt du lecteur, elles ne seront jamais expliquées. Très énervant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En fait, on se sait pas pourquoi Jonas fait telle ou telle action, ni ce qu&amp;rsquo;il a en tête&amp;hellip; A-t-il une stratégie ? l&amp;rsquo;auteur n&amp;rsquo;explique rien, se contente de décrire ce qu&amp;rsquo;il fait et où il va. Déçu donc&amp;hellip; en en parlant avec la libraire qui m&amp;rsquo;avait proposé ce livre, elle disait s&amp;rsquo;être complètement immergée dans la situation angoissante de Jonas, à savoir se retrouver seul au monde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ne le sommes-nous pas d&amp;rsquo;ailleurs, même entouré de personnes ? c&amp;rsquo;est peut-être ce que veut montrer l&amp;rsquo;auteur. A moins que ce ne soit l&amp;rsquo;inverse, que l&amp;rsquo;on ne peut pas vivre seul, que nous ne sommes rien sans les autres. Ou alors les deux ? À vous de voir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_Glavinic&#34;  title=&#34;Thomas Glavinic sur wikipedia (en)&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Thomas Glavinic&lt;/a&gt; est né en 1972 à Graz (Autriche). En 1987, il devient n°2 des joueurs d&amp;rsquo;échec autrichien de sa classe d&amp;rsquo;âge. Chauffeur de taxi, il a également travaillé dans la pub, avant de s&amp;rsquo;adonner totalement à l&amp;rsquo;écriture.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le testament français - Andreï Makine</title>
            <link>https://pled.fr/le-testament-francais-andrei-makine/</link>
            <pubDate>Tue, 25 Aug 2009 17:01:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-testament-francais-andrei-makine/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le testament francais - Andreï Makine&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;testamentfrancais.jpg#floatleft&#34;&gt; Très beau roman que celui-ci, que m&amp;rsquo;avait conseillé Jeff, le marin rencontré au Cambodge. J&amp;rsquo;ai suivi son conseil, et ne le regrette pas. Il se trouve que le roman a reçu le prix Goncourt et Médicis en 1995 (ainsi que le Goncourt des lycéens !). Ceci explique certainement cela.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un enfant russe passe ses vacances au fin fond de la Sibérie, chez sa grand-mère Charlotte, fille d&amp;rsquo;une mère française ayant émigré en Russie il y a bien longtemps. Au cours des longues soirées d&amp;rsquo;été, elle va lui raconter ses souvenirs parisiens, piochant parfois dans une vieille valise mystérieuse une coupure de presse, une photo de l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ces évocations enflammeront l&amp;rsquo;imaginaire de l&amp;rsquo;enfant&amp;hellip; ainsi l&amp;rsquo;inondation de 1910 transforme Paris en nouvelle Atlantide, émergeant des eaux&amp;hellip; Que Charlotte dise &amp;ldquo;Oh, Neuilly à cette époque n&amp;rsquo;était qu&amp;rsquo;un simple village&amp;hellip;&amp;rdquo;, et la voilà composée d&amp;rsquo;une douzaine d&amp;rsquo;isbas (maisons traditonnelles russes construites en bois), des quelques paysans et d&amp;rsquo;un troupeau qui se dirige lentement vers l&amp;rsquo;étable&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;imagination du lecteur se laisse également emporter&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;enfant va grandir, s&amp;rsquo;imprégnant ainsi de culture française, pour s&amp;rsquo;en affranchir à l&amp;rsquo;adolescence et peu à peu trouver sa véritable identité russe, à travers ce siècle mouvementé où l&amp;rsquo;histoire familiale s&amp;rsquo;entrechoque avec la grande histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La Russie, tel un ours après un long hiver, se réveillait en moi. Une Russie impitoyable, belle, absurde, unique. Une Russie opposée au reste du monde par un destin ténébreux.&#xA;Oui, si à la mort de mes parents, il m&amp;rsquo;arriva de pleurer c&amp;rsquo;est parce que je me sentis Russe. Et que la greffe française se mit à me faire, par moments, très mal.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est remarquablement écrit, l&amp;rsquo;évocation de l&amp;rsquo;identité française comme celle de la Russie avec ses grandes steppes, l&amp;rsquo;immensité de ses horizons, parfaitement transcrites, pleines de poésie. Le récit parfaitement maîtrisé réserve une surprise finale, fermant le cercle&amp;hellip; et donnant presque envie de recommencer au début.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Makine&#34;  title=&#34;Andreï Makine sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Andreï Makine&lt;/a&gt; est un écrivain français né en Sibérie en 1957. En 1987, à la faveur d&amp;rsquo;échanges culturels entre la France et la Russie, il demande et obtient l&amp;rsquo;asile politique, puis la nationalité française en 1996.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les falsificateurs - Antoine Bello</title>
            <link>https://pled.fr/les-falsificateurs-antoine-bello/</link>
            <pubDate>Sun, 23 Aug 2009 17:17:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-falsificateurs-antoine-bello/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2009/08/falsificateurs.jpg&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;Les falsificateurs - Antoine Bello&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;144px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;333&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/les-falsificateurs-antoine-bello/falsificateurs.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; Un bandeau vert entourait le livre que me montrait le libraire : «précède LES ECLAIREURS, prix france culture-télérama 2009». Ce dernier n&amp;rsquo;est pas encore disponible en format poche, mais &amp;ldquo;Les falsificateurs&amp;rdquo; oui. Et puisqu&amp;rsquo;il vaut mieux commencer une histoire par son début, j&amp;rsquo;ai donc pris celui-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un jeune diplomé en géographie se fait engagé par un cabinet d&amp;rsquo;études environnementales. Jusque là tout va bien. Très vite, son supérieur lui propose de travailler pour une organisation secrète, d&amp;rsquo;envergure mondiale, et dont les missions consistent principalement à établir de faux rapports, j&amp;rsquo;ai nommé le CFR : &lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt; onsortium de &lt;strong&gt;F&lt;/strong&gt; alsification de la &lt;strong&gt;R&lt;/strong&gt; éalité. Altération de documents existants, production de faux, tout cela afin de modifier le cours de l&amp;rsquo;histoire sans jamais apparaître au devant de la scène médiatique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jeune homme honnête, Sliv Dartunghunver va vite comprendre qu&amp;rsquo;il est essentiel de connaître les buts de cette mystérieuse organisation. Hélas, c&amp;rsquo;est précisément la seule chose qu&amp;rsquo;il est inutile de demander, seuls les plus hauts dirigeants les connaissent. Le comité directeur du CFR réfléchit au &lt;em&gt;sens de l&amp;rsquo;histoire&lt;/em&gt;. Il en découle un Plan par le biais de directives. A eux d&amp;rsquo;intégrer ces directives dans leurs productions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Sliv va faire ce qu&amp;rsquo;on lui demande, sans en comprendre les buts finaux, se bornant tout de même à quelques états d&amp;rsquo;âme. Lorsqu&amp;rsquo;il se croira impliqué dans un meurtre (en fait le CFR le teste), il démissionnera mais reviendra six mois plus tard. Car ce travail le fascine, il est doué, et il grimpe vite dans la hiérarchie&amp;hellip; son but est d&amp;rsquo;arriver au sommêt pour enfin comprendre. Triste comportement d&amp;rsquo;un type qui en fait accepte d&amp;rsquo;obéir à une autorité sans comprendre ses actes et de mettre ses idéaux dans sa poche parce qu&amp;rsquo;il en retire des bénéfices.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le problème du roman, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;on a du mal à accrocher à cette histoire de gigantesque manipulation prétendant &amp;ldquo;modeler&amp;rdquo; l&amp;rsquo;Histoire humaine. Passe encore les scénarios de falsification imaginés, peu crédibles, où l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;en donne à coeur joie, de la chienne Laïka à Christophe Colomb, en passant par les bushmen du Kahalari. J&amp;rsquo;aurai préféré moins de scénarios et plus d&amp;rsquo;élaboration. Mais le discours du directeur du Plan, homme pourtant sage et avisé, présente un &amp;ldquo;sens de l&amp;rsquo;histoire&amp;rdquo; très libéral&amp;hellip; Extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous sommes extraordinairement confiants sur l&amp;rsquo;avenir de l&amp;rsquo;humanité. Tous les indicateurs sont que nous utilisons - et que nous avons pour certains reconstitués sur plusieurs siècles - sont au vert : mortalité infantile, espérance de vie, alphabétisation, nombre de victimes des guerres de religion ou des épidémies évoluent tous dans le bon sens. L&amp;rsquo;économie de la planète connaît une expansion sans précédent, nourrie par le développement du commerce internationnal et l&amp;rsquo;innonvation technologique. Cela ne signifie évidemment pas que chacun profite également de la mondialisation. Le Japon, certaines nations européennes qui ont à la fois perdu le goût du travail et celui de faire des enfants ont du souci à se faire. Les français qui n&amp;rsquo;ont que le mot de redistribution à la bouche n&amp;rsquo;arrivent pas à se résoudre à partager leur richesse avec des Indiens ou des Chinois. Et pourtant, pour un emploi qui disparait à l&amp;rsquo;Ouest, ce sont dix familles qui sortent de la pauvreté en Inde.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et Sliv avale tout ça d&amp;rsquo;un trait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le progès de l&amp;rsquo;humanité passe par l&amp;rsquo;assimilitation et jamais par le rejet. [&amp;hellip;] Si la Chine tardait à se libéraliser, c&amp;rsquo;était sans doute qu&amp;rsquo;on ne pouvait pas diriger - au moins en cette fin de XXe siècle - un pays de plus d&amp;rsquo;un milliard d&amp;rsquo;habitants comme on dirigerait le Danemark ou Singapour. Si les néo-conservateurs américains gagnaient en influence, c&amp;rsquo;est sans doute parce qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;avaient pas tout à fait d&amp;rsquo;affirmer que les Etats-Unis assuraient désormais seuls la sécurité de la planète, mission dont semblait s&amp;rsquo;être graduellement déssaisie l&amp;rsquo;Europe dont la protection sociale absorbait une part grandissante de la richesse. [&amp;hellip;] Sans doute exprimait-il mieux que je n&amp;rsquo;aurais su le faire cette sensation que j&amp;rsquo;éprouvais confusément d&amp;rsquo;assister à l&amp;rsquo;apparition d&amp;rsquo;une civilisation mondiale, civilisation à qui il restait à trouver son mode de gouvernance, mais qui semblait plus unie que jamais autour de quelques principes clés comme la liberté, la science et l&amp;rsquo;abondance matérielle.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout va bien donc, vive la mondialisation et la société de consommation !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette vision ultra-libérale de la société parfaite me laisse plus que septique : sortir de la pauvreté&amp;hellip; pour entrer dans la misère ? Pas un mot sur l&amp;rsquo;accroissement des inégalités qu&amp;rsquo;un tel système implique. L&amp;rsquo;auteur me semble largement dépassé par son sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Bello&#34;  title=&#34;Antoine Bello sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Antoine Bello&lt;/a&gt; est un écrivain français né en 1970 à Boston et qui vit à New York. Je découvre à l&amp;rsquo;instant sur wikipedia qu&amp;rsquo;en 2007, il s&amp;rsquo;est engagé en faveur du candidat Nicolas Sarkozy à l&amp;rsquo;élection présidentielle. Je comprend mieux maintenant cette vision libérale du monde&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, je n&amp;rsquo;ai pas envie de connaître les buts du CFR. Les éclaireurs peuvent attendre.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mort à crédit - Céline</title>
            <link>https://pled.fr/mort-a-credit-celine/</link>
            <pubDate>Fri, 21 Aug 2009 17:14:09 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mort-a-credit-celine/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mort à crédit - Céline&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mortacredit1.jpg#floatleft&#34;&gt; C&amp;rsquo;est le deuxième livre de Céline que je lis, après &amp;ldquo;Voyage au bout de la nuit&amp;rdquo;, véritable chef d&amp;rsquo;oeuvre littéraire doublé d&amp;rsquo;une terrible et efficace critique de la guerre et du colonialisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Mort à crédit&lt;/strong&gt;, on fait connaissance avec ce qui deviendra le style si particulier de Céline, à savoir écrire comme on parle. Les phrases sont courtes, au milieu de points d&amp;rsquo;exclamation et de suspension&amp;hellip;  l&amp;rsquo;argot largement utilisé&amp;hellip; C&amp;rsquo;est un peu déconcertant au début, puis l&amp;rsquo;histoire se développant, on est vite complètement accroché.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;enfance de &lt;strong&gt;Ferdinand Balardu&lt;/strong&gt; (alter-ego de Louis-Ferdinand Céline), dans le Paris de la fin du XIXe siècle. L&amp;rsquo;univers des petites gens de cette époque est sordide, la vie est dure, les conditions d&amp;rsquo;hygiène loin de nos critères actuels. Surprenant de penser que c&amp;rsquo;était il y a tout juste cent ans&amp;hellip; On est au tournant de l&amp;rsquo;industrialisation, les petits métiers disparaissent, et ce n&amp;rsquo;est guère surprenant que des utopies égalitaires soient nées à cette époque. La grande guerre viendra peu après, autre manière de régler le problème les inégalités.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et le petit Ferdinand, entre un père violent et une mère pleureuse, est balloté dans ce monde qu&amp;rsquo;il ne comprend pas. Lui est plutôt lunatique, fait de son mieux pour ne pas déplaire, mais à chaque fois c&amp;rsquo;est la catastrophe. Il cherche désespérément du travail, mais quand il en trouve, il est alors victime de sa naiveté ou de la malhonnêteté des autres. Son désintérêt total envers cette vie n&amp;rsquo;arrange rien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Quand je revenais de mes longs périples, toujours infructueux, inutiles, à travers étages et quartiers, il fallait que je me rafistole avant de rentrer dans le Passage, que je n&amp;rsquo;aie pas l&amp;rsquo;air trop navré, trop déconfit pendant les repas. Ça aurait plus collé du tout. C&amp;rsquo;est une chose alors mes dabes qu&amp;rsquo;ils auraient pas pu encaisser, qu&amp;rsquo;ils avaient jamais pu blairer, qu&amp;rsquo;ils avaient jamais pu comprendre, que je manque, moi, d&amp;rsquo;espérance et de magnifique entrain&amp;hellip; Ils auraient jamais toléré&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais pas droit pour ma part aux lamentations, jamais !&amp;hellip; C&amp;rsquo;étaient des trucs bien réservés, les condoléances et les drames. C&amp;rsquo;était seulement pour mes parents&amp;hellip; Les enfants, c&amp;rsquo;étaient des voyous, des petits apaches, des ingrats, des petites raclures insouciantes !&amp;hellip; Ils voyaient tous les deux rouge à la minute que je me plaignais, même pour un tout petit commencement&amp;hellip; Alors c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;anathème ! le blasphème atroce !&amp;hellip; le parjure abominable !&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ultime sacrifice des parents, il va être envoyé en Angleterre pour apprendre l&amp;rsquo;anglais, avec l&amp;rsquo;espoir de pouvoir trouver un emploi dans le commerce à son retour. Mais c&amp;rsquo;est déjà trop tard, il y passera six mois sans ouvrir la bouche, ayant déjà compris que parler n&amp;rsquo;attirait que des ennuis&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je me laissais pas embringuer&amp;hellip; J&amp;rsquo;étais plus bon pour la parlote&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais qu&amp;rsquo;à me rappeler mes souvenirs&amp;hellip;. Le gueuloir de la maison !&amp;hellip; les limonades avec ma mère !&amp;hellip; Toutes les vannes que l&amp;rsquo;on peut vous filer avec en paroles ! Merde ! Plus pour moi ! J&amp;rsquo;avais mon sac !&amp;hellip; J&amp;rsquo;en étais gavé pour toujours des confidences et des salades !&amp;hellip; Salut ! J&amp;rsquo;en gardais des pleines brouettes&amp;hellip; Elles me remontaient sur l&amp;rsquo;estomac, rien qu&amp;rsquo;à essayer&amp;hellip; Ils m&amp;rsquo;auraient plus&amp;hellip;. C&amp;rsquo;était «la classe» ! J&amp;rsquo;avais un bon truc pour me taire, une occasion vraiment unique, j&amp;rsquo;en profiterais jusqu&amp;rsquo;à la gauche&amp;hellip; Pas de sentiments ! Pas d&amp;rsquo;entourloupes ! Elles me faisaient rendre moi leurs causettes&amp;hellip; Peut-être encore plus que les nouilles&amp;hellip; Et pourtant, il m&amp;rsquo;en venait du rabe rien que de penser à la maison&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il sera embauché par Courtial, inventeur improbable et escroc avéré, où il trouvera sa place pour un temps, lui servant de commis et d&amp;rsquo;homme à tout faire au long d&amp;rsquo;aventures cocasses et rocambolesques. Ainsi lorsqu&amp;rsquo;il doit expliquer aux inventeurs ayant souscrit à un concours (bidon) organisé par Courtial que ledit concours est suspendu :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;abordais les gars par la bande&amp;hellip; Je commençais par leur demander si ils avaient pas reçu ma lettre ?&amp;hellip; pour leur annoncer ma visite ?&amp;hellip; Non ?&amp;hellip; Ils avaient un petit sursaut&amp;hellip; Ils se voyaient déjà les gagnants ! Si c&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;heure de la tambouille, on m&amp;rsquo;invitait à partager ! Si ils étaient en famille, alors ma jolie mission, ça devenait devant tant de personnes d&amp;rsquo;une délicatesse extrême !&amp;hellip; Il me fallait des trésors de tact ! Ils avaient fait des rêves d&amp;rsquo;or !&amp;hellip; C&amp;rsquo;était un moment hideux&amp;hellip; Fallait pourtant que je les dissuade&amp;hellip; J&amp;rsquo;étais venu exprès pour ça&amp;hellip; J&amp;rsquo;essayais d&amp;rsquo;y mettre bien des nuances !&amp;hellip; Quand le hoquet les prenait, l&amp;rsquo;envie de brifer leur passait&amp;hellip; Ils se redressaient hypnotisés, le regard figé par la stupeur !&amp;hellip; Alors je surveillais les couteaux&amp;hellip; Y avait du vent dans les assiettes !&amp;hellip;. Je m&amp;rsquo;arc-boutais le dos au mur !&amp;hellip; La soupière en guise de fronde !&amp;hellip; Prêt à bloquer l&amp;rsquo;agresseur !&amp;hellip; Je poursuivais mon raisonnement. Au premier geste un petit peu drôle, c&amp;rsquo;est moi qui déclenchait le bastringue ! Je visais mon fias en pleine bouille !&amp;hellip; Mais, dans la plupart des endroits, cette attitude fort résolue suffisait à me préserver&amp;hellip; faisait réfléchir l&amp;rsquo;amateur&amp;hellip;. Ça se terminait pas trop mal&amp;hellip; en congratulations baveuses&amp;hellip; et puis grâce à la vinasse, en choeur de soupirs et roteries&amp;hellip; surtout si je déchais les deux thunes !&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu sur Wikipedia que Frédéric Dard admirait le style de Céline; en lisant ce livre, je pensais aux dialogues de Michel Audiard&amp;hellip; on y trouve la même truculence. Il n&amp;rsquo;y a nulle trace d&amp;rsquo;antisémitisme dans ce roman; sous des anecdotes fort drôles, c&amp;rsquo;est la misère de la condition humaine qui finalement ressort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Ferdinand_C%C3%A9line&#34;  title=&#34;Céline sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&lt;strong&gt;Louis-Ferdinand Céline&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (1894-1961) est un médecin et écrivain français, le plus traduit et diffusé dans le monde parmi ceux du XXe siècle après Marcel Proust. A partir de 1930, il se rapproche de l&amp;rsquo;extrême droite française. Auteur de pamphlets antisémites, puis ouvertement pro-nazi pendant l&amp;rsquo;occupation, il sera contraint à l&amp;rsquo;exil à la libération, puis amnistié en 1951. Il meurt à Meudon d&amp;rsquo;une rupture d&amp;rsquo;anévrisme.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles Tome 2 /1953-1981 - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/nouvelles-tome-2-1953-1981-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Sat, 15 Aug 2009 15:36:59 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nouvelles-tome-2-1953-1981-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;philip k. dick- nouvelles tome 2&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;dick-nouvelles2.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais commencé ce second tome des nouvelles de Philip K. Dick il y a un bon bout de temps. Si j&amp;rsquo;ai aimé la première période (1953-1963), en revanche la deuxième (1963-1981) me passionnait beaucoup moins. Plus j&amp;rsquo;avançais dans le livre (et dans le temps), moins les nouvelles me plaisaient. Je l&amp;rsquo;avais donc mis de côté, pour ne le finir que récemment.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Depuis ses débuts, les deux questions fondamentales de l&amp;rsquo;oeuvre de K. Dick étaient &amp;quot; &lt;em&gt;qu&amp;rsquo;est-ce que la réalité ?&lt;/em&gt;&amp;quot; et &amp;quot; &lt;em&gt;qu&amp;rsquo;est ce qu&amp;rsquo;être humain ?&lt;/em&gt;&amp;quot;. Mais vers 1974, il vit une expérience mystique qui lui fera ajouter une troisième question : &amp;quot; &lt;em&gt;qu&amp;rsquo;est-ce que la divinité ?&lt;/em&gt;&amp;quot;. En 1980, il écrira &lt;strong&gt;Siva&lt;/strong&gt;, premier tome de sa trilogie divine. Je me rappelle l&amp;rsquo;avoir lu à cette époque, c&amp;rsquo;est quand même complètement &amp;ldquo;barré&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est le moins que l&amp;rsquo;on puisse dire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un peu la même chose avec les nouvelles de cette époque : une fois terminées, on se demande ce qu&amp;rsquo;il a voulu raconter. Son expérience mystique, la prise d&amp;rsquo;amphétamines, sa tendance paranoïaque l&amp;rsquo;emmènent dans une direction où il est difficile de le suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philip K. Dick meurt en 1981 d&amp;rsquo;un malaise cardiaque, quelques jours avant la sortie au cinéma de &lt;strong&gt;Blade Runner&lt;/strong&gt; de Rifley Scott, tiré de son roman &lt;strong&gt;Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai particulièrement aimé cette nouvelle :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;un-jeu-guerrier&#34;&gt;Un jeu guerrier&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Wiseman travaille à l&amp;rsquo;Office terrien des critères d&amp;rsquo;importation. Le problème est le suivant : les produits importés de Ganymède (à l&amp;rsquo;autre bout du système solaire), des jouets pour enfants, sont fantastiques et génèrent d&amp;rsquo;énormes profits aux sociétés importatrices. Oui, mais quelles sont vraiment les intentions de Ganymède ? ne cherchent-ils pas à envahir la Terre avec l&amp;rsquo;aide de leurs &amp;ldquo;jouets&amp;rdquo; si sophistiqués ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Avec ses collègues, il va contrôler trois nouveaux jeux : une troupe de soldats qui attaquent une citadelle, un costume de cow-boy inspiré de l&amp;rsquo;ancien far-west, et un jeu appelé Syndrome, proche du Monopoly.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils vont consacrer toute leur énergie sur les deux premiers, car il se passe des choses étranges : les petits soldats disparaissent un par un (ils semblent absorbés par &amp;ldquo;la citadelle&amp;rdquo;, bloc de métal sombre inviolable), et la veste de cow-boy qui fait revenir en enfance celui qui la porte, le coupant de la réalité&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le troisième jeu passera les tests sans problème, et Joe Hauck, directeur des ventes, en apportera même un à ses enfants le soir. Les enfants se précipitent sur le jeu et apprennent les règles du jeu. Au cours d&amp;rsquo;une partie, Joe Hauck se rend compte de sa méprise : lui n&amp;rsquo;avait pas lu les règles du jeu&amp;hellip; Car les règles sont inversées : c&amp;rsquo;est la personne qui amasse le plus d&amp;rsquo;actions qui perd.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ils n&amp;rsquo;ont jamais connu le Monopoly, se dit Hauck. C&amp;rsquo;est pourquoi ce jeu tordu ne leur parait pas anormal. [&amp;hellip;] Déjà les deux enfants apprenaient à se défaire naturellement de leurs possessions. Ils renonçaient avidement à leur capital, avec un empressement, un abandon qui leur faisait trembler les mains. Levant sur son père des yeux brillants, Lora déclara : «c&amp;rsquo;est le meilleur jeu éducatif que tu nous aies jamais rapporté, papa !».&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ganymède gagnera peut-être la guerre économique&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est dans ce volume que l&amp;rsquo;on trouve l&amp;rsquo;excellent &amp;ldquo;Rapport minoritaire&amp;rdquo; (Minority report), dont un film a été tiré. Ces deux nouvelles sont de la première époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre articles sur le tome 1:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le dernier des maîtres&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick - Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick - Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953&#34;&#xA;    &gt;Le dernier des maîtres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=490&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick - Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick - Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les enfants de minuit - Salman Rushdie</title>
            <link>https://pled.fr/les-enfants-de-minuit-salman-rushdie/</link>
            <pubDate>Sun, 09 Aug 2009 15:47:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-enfants-de-minuit-salman-rushdie/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les enfants de minuit - Salman Rushdie&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;enfantsdeminuit.jpg#floatleft&#34;&gt; Je n&amp;rsquo;avais jamais rien lu de Salman Rushdie, et le libraire semblait sûr de lui avec ce second roman, écrit en 1981, et qui apporta la notoriété à son auteur, tout cela bien avant l&amp;rsquo;histoire des Versets sataniques, en 1988. Aucun doute, il maîtrise l&amp;rsquo;art de la narration, et c&amp;rsquo;est parfaitement écrit. Toutefois je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Saleem Sinai nait à minuit, le jour de où l&amp;rsquo;Inde accède à l&amp;rsquo;indépendance. Il va nous conter sa vie, inextricablement liée croit-il à l&amp;rsquo;histoire de son pays, mêlant l&amp;rsquo;Histoire (avec un grand H) à la sienne, totalement burlesque et délirante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est ce mélange que je n&amp;rsquo;ai pas aimé : l&amp;rsquo;auteur a plus tendance à se servir de l&amp;rsquo;Histoire pour les besoins de son récit que d&amp;rsquo;en approfondir les causes. Car avec l&amp;rsquo;indépendance vient la partition entre l&amp;rsquo;Inde et le Pakistan, puis l&amp;rsquo;assassinat de Ghandi, la guerre indo-pakistanasie, l&amp;rsquo;indépendance du Bangladesh&amp;hellip; Autant de faits que l&amp;rsquo;auteur, les connaissant parfaitement, aurait pu placer au coeur de son récit, plutôt que cette histoire d&amp;rsquo;enfants de minuit peu crédible et ne tenant guère la route (car Saleem Sinai n&amp;rsquo;est pas seul à être né à minuit en Inde, et tous ces enfants communiquent de façon mystérieuse&amp;hellip; au gré des besoins de l&amp;rsquo;auteur).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut objecter que c&amp;rsquo;est le propre de l&amp;rsquo;Inde, ce mélange des genres, où rien ne semble impossible et où le réel côtoie de près le magique. D&amp;rsquo;accord, c&amp;rsquo;est une saga baroque et burlesque, et on ne s&amp;rsquo;ennuie pas&amp;hellip; mais à mon goût, il y avait certainement mieux à faire avec cette Histoire. Et puis, le narrateur s&amp;rsquo;adresse parfois directement au lecteur, c&amp;rsquo;est assez habilement fait et montre la maîtrise dans la narration de l&amp;rsquo;auteur, mais bon, à part ça&amp;hellip; cela me parait inutile et un peu prétentieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Salman Rushdie&lt;/strong&gt; est un romancier britannique d&amp;rsquo;origine indienne, né à Bombay en 1947. Il vit au Royaume Uni depuis l&amp;rsquo;âge de quatorze ans. Dixit &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Rushdie&#34;  title=&#34;Salman Rushdie sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wikipedia&lt;/a&gt; : « &lt;em&gt;Son style narratif, mêlant mythe et fantaisie avec la vie réelle, a été qualifié de réalisme magique.&lt;/em&gt;». Donc voilà, je ne dois pas aimer ce style.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La montagne de l&#39;Âme - Gao Xingjian</title>
            <link>https://pled.fr/la-montagne-de-lame-gao-xingjian/</link>
            <pubDate>Wed, 05 Aug 2009 11:37:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-montagne-de-lame-gao-xingjian/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La montagne de l’âme - Gao Xingjian&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;montagnedelame.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Gao Xingjian&lt;/strong&gt; est né en 1940 en Chine. Dans les années 80, il s&amp;rsquo;impose comme écrivain et dramaturge. En 1987, il s&amp;rsquo;exile en France, victime d&amp;rsquo;attaques politiques violentes. En 2000, il reçoit le prix Nobel de littérature pour son oeuvre. Il est citoyen français depuis 1997.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà un roman qu&amp;rsquo;il est difficile de comparer à un autre. Les personnages ne sont définis que par un simple pronom, et l&amp;rsquo;on se  demande au fil des chapitres s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de la même personne ou d&amp;rsquo;une autre ? Peu importe en fait, l&amp;rsquo;essentiel est ailleurs. Et comme tout s&amp;rsquo;emmêle entre rêve et réalité, entre quête intérieure et vie réelle, l&amp;rsquo;auteur s&amp;rsquo;en explique quand son personnage rencontre un critique littéraire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;— Quelle que soit la manière dont vous racontez vos histoires, il faut qu&amp;rsquo;elles possèdent un personnage principal, non ? Un roman doit en tout cas avoir plusieurs personnages principaux, tandis que chez vous ?&amp;hellip;&#xA;— «Je», «tu », «elle» et «il» dans mon livre ne sont-ils pas des personnages ? demande-t-il.&#xA;— Mais ce ne sont que des pronoms personnels. Utiliser différentes approches de description ne dispense pas de faire le portrait des personnages eux-mêmes. Même si vous considérez ces pronoms personnels comme des personnages, votre livre ne comporte aucune figure nette. Et l&amp;rsquo;on ne peut pas parler de descriptions non plus.&#xA;Il dit qu&amp;rsquo;il ne peint pas de portraits.&#xA;— C&amp;rsquo;est juste, le roman, ce n&amp;rsquo;est pas la peinture, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;art du langage. Mais croyez-vous que le bavardage de vos personnages entre eux puisse remplacer le fait de les camper solidement ?&#xA;Il dit qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a pas non plus l&amp;rsquo;intention de camper le caractère de qui que ce soit, il ne sait pas lui-même s&amp;rsquo;il a un quelconque caractère.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors l&amp;rsquo;histoire&amp;hellip; Un homme voyage à travers la Chine, il n&amp;rsquo;est plus tout jeune, et cherche à rejoindre un lieu mythique : Lingshan, la Montagne de l&amp;rsquo;Âme&amp;hellip; ou est-ce une forêt primordiale où l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;a jamais encore pénétré ? que cherche-t-il vraiment ? l&amp;rsquo;amour ? le bonheur ? peut-être tout simplement à comprendre ce qu&amp;rsquo;il est. Et cette quête symbolique se déroule à travers une Chine en post-révolution culturelle, et toujours ancrée dans son passé, empli de légendes et de traditions.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un magnifique roman sur l&amp;rsquo;existence&amp;hellip; L&amp;rsquo;auteur maîtrise la narration et vous emmène dans ce voyage. Il suffit de prendre le rythme, et de se laisser emporter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Quelques extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je dois reconnaître que le regard brillant , plein d&amp;rsquo;attente, de cette jeune fille, avec son nez retroussé, son haut front, sa petite bouche fine commune à toutes les filles miao, a réveillé en moi une espèce de tendresse douloureuse que j&amp;rsquo;avais oubliée depuis longtemps; j&amp;rsquo;ai réalisé que jamais plus je ne ressentirais ce pur amour. Je dois reconnaître que je suis vieux maintenant. Non seulement l&amp;rsquo;âge et toutes sortes de distances me séparent d&amp;rsquo;elle, mais même si elle était très proche de moi et même si je pouvais l&amp;rsquo;entraîner de ma main, le plus grave est que mon coeur est vieux et que je ne peux plus aimer une jeune fille avec fougue, sans penser à rien. Mes relations avec les femmes ont perdu depuis longtemps ce naturel, seul le désir charnel demeure. Même si je recherche le plaisir d&amp;rsquo;un instant, j&amp;rsquo;ai peur d&amp;rsquo;avoir à assumer mes responsabilités. Je ne suis pas un loup, je veux seulement le devenir pour me réfugier dans la nature, mais je n&amp;rsquo;arrive pas à me débarrasser de mon apparence humaine, je suis une espèce de monstre à peau humaine qui ne trouve nulle part où aller.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tu lui dis que tu ne regardes que les lignes de la main, pas les visages.&#xA;Elle rectifie : regarde mon destin !&#xA;C&amp;rsquo;est une main pleine de force, tu la palpes.&#xA;Dis-moi simplement si je ferai des affaires.&#xA;Tu dis, tu dis que cette main a beaucoup de caractère.&#xA;Dis-moi simplement si je réussirai en affaires.&#xA;Tu ne peux que dire que c&amp;rsquo;est une main très entreprenante, ce qui ne veut pas dire que ses entreprises réussiront.&#xA;Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;une entreprise, si elle ne réussit pas ? rétorque-t-elle.&#xA;Dire que tu feras des affaires peut être aussi une manière d&amp;rsquo;encouragement.&#xA;Qu&amp;rsquo;est-ce que tu veux dire ?&#xA;Je veux dire que tu n&amp;rsquo;as pas d&amp;rsquo;ambition.&#xA;Elle pousse un soupir, ses doigts raides se détendent. Elle reconnait qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;est pas ambitieuse.&#xA;Tu dis qu&amp;rsquo;elle est une jeune fille obstinée, mais qu&amp;rsquo;elle manque d&amp;rsquo;ambition, qu&amp;rsquo;elle ne veut pas dominer les autres.&#xA;Oui, c&amp;rsquo;est ça, elle se mord les lèvres.&#xA;Le travail est souvent inséparable de l&amp;rsquo;ambition; un homme, si l&amp;rsquo;on dit qu&amp;rsquo;il a de l&amp;rsquo;ambition, ça veut dire qu&amp;rsquo;il a l&amp;rsquo;esprit d&amp;rsquo;entreprise; l&amp;rsquo;ambition, c&amp;rsquo;est la base de l&amp;rsquo;entreprise, l&amp;rsquo;ambition, c&amp;rsquo;est pour se distinguer des autres&#xA;C&amp;rsquo;est vrai, dit-elle, elle ne veut pas se distinguer des autres.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il m&amp;rsquo;avait raconté comment, réfugié dans la cabine de pilotage, il avait assisté à un carnage pendant la Révolution culturelle. C&amp;rsquo;étaient bien sûr des hommes que l&amp;rsquo;on tuait, pas des poissons. Trois par trois, attachés par les poignets à l&amp;rsquo;aide d&amp;rsquo;un fil de fer, ils étaient poussés vers le fleuve par des tirs de mitrailleuses. Dès que l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;eux était touché, il entraînait les autres dans l&amp;rsquo;eau et il les avait vus se débattre tels des poissons pris à l&amp;rsquo;hameçon, avant de dériver au fil du courant comme des chiens crevés. Ce qui est curieux, c&amp;rsquo;est que plus on tue des hommes, plus ils sont nombreux, alors que les poissons, plus on en pêche, plus ils deviennent rares. Il vaudrait mieux que ce soit le contraire.&#xA;Les hommes et les poissons ont ceci en commun que les grands hommes et les grands poissons ont tous disparu. On voit que le monde n&amp;rsquo;est pas fait pour eux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce chasseur avait été déifié. L&amp;rsquo;histoire et les rumeurs se mêlaient, une légende populaire était née. La vérité n&amp;rsquo;existe que dans l&amp;rsquo;expérience et encore seulement dans l&amp;rsquo;expérience de chacun, et même dans ce cas, dès qu&amp;rsquo;elle est rapportée, elle devient histoire. Il est impossible de démontrer la vérité des faits et il ne faut pas le faire. Laissons les habiles dialecticiens débattre sur la vérité de la vie. Ce qui est important, c&amp;rsquo;est la vie elle-même. Ce qui est réel, c&amp;rsquo;est que je suis assis à côté de ce feu, dans cette pièce noircie par la fumée de l&amp;rsquo;huile, que je vois ces flammes dansant dans ses yeux, ce qui est vrai, c&amp;rsquo;est moi-même, c&amp;rsquo;est la sensation fugitive que je viens d&amp;rsquo;éprouver, impossible à transmettre à autrui. Dehors le brouillard est tombé, les montagnes sombres se sont estompées, le son de la rivière rapide résonne en toi et ça suffit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;ombre du vent - Carlos Ruiz Zafón</title>
            <link>https://pled.fr/lombre-du-vent-carlos-ruiz-zafon/</link>
            <pubDate>Mon, 03 Aug 2009 09:41:57 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lombre-du-vent-carlos-ruiz-zafon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’ombre du vent - Carlos Ruiz Zafón&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;ombreduvent.jpg#floatleft&#34;&gt; Le jour de ses dix ans, par un matin brumeux, un libraire emmène son jeune fils, Daniel Sempere, dans un lieu mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés&amp;hellip; Là, comme le veut la tradition, il devra &amp;ldquo;adopter&amp;rdquo; un livre afin de le sauver de l&amp;rsquo;oubli.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le livre que choisira Daniel (L&amp;rsquo;ombre du vent de Julien Carax) va emmener cet adolescent dans une longue quête à travers le Barcelone d&amp;rsquo;après-guerre, sous l&amp;rsquo;ère de Franco, dans un intrigue parfaitement menée et passionnante. Car quelqu&amp;rsquo;un s&amp;rsquo;évertue à détruire toutes les oeuvres de cet auteur par ailleurs disparu&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un très bon livre, facile à lire, que l&amp;rsquo;on a de plus en plus de mal à &amp;ldquo;lâcher&amp;rdquo; au fur et à mesure de l&amp;rsquo;avancement de l&amp;rsquo;histoire, vraiment passionante et ne se dévoilant qu&amp;rsquo;au fil des pages.&#xA;Un seul petit bémol sur la scène finale, que je trouve un peu loupée, l&amp;rsquo;auteur ayant voulu à tout prix y faire participer Daniel, sans grand intérêt pour l&amp;rsquo;histoire, et perdant je trouve en crédibilité. Je suis certain que l&amp;rsquo;ignoble Fumero pouvait être terrassé sans son aide&amp;hellip; ;-)&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Carlos Ruiz Zafón&lt;/strong&gt; est né en 1964 à Barcelone. Il habite depuis 1993 à Los Angeles où il écrit des scénarios de films. A lire «L&amp;rsquo;ombre du vent», on n&amp;rsquo;est pas vraiment surpris, car il semble maîtriser l&amp;rsquo;art du suspense.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Beaux seins, belles fesses - Mo Yan</title>
            <link>https://pled.fr/beaux-seins-belles-fesses-mo-yan/</link>
            <pubDate>Thu, 30 Jul 2009 16:42:08 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/beaux-seins-belles-fesses-mo-yan/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Beaux seins, belles fesses - Mo Yan&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;bsbf.jpg#floatleft&#34;&gt; Ce livre est le « &lt;em&gt;Cent ans de solitude chinois&lt;/em&gt;», dit-on, sans doute avec raison : une fresque incroyable mélangeant Histoire et légendes, au coeur de la Chine profonde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jintong est le dernier enfant de Shangguan Lushi, et le seul garçon : il a par contre huit soeurs ! Sorte d&amp;rsquo;anti-héros, il passera les 900 pages de l&amp;rsquo;histoire à se protéger de la vie plutôt qu&amp;rsquo;à se mettre en avant (quand il n&amp;rsquo;utilise pas les autres, car il est loin d&amp;rsquo;être idiot). Comme un symbole, il se nourrira au sein maternel pratiquement toute sa vie (une chèvre fera l&amp;rsquo;affaire quelque temps)&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est contée sur un ton alerte et drôle, on ne s&amp;rsquo;ennuie pas une seconde. Car il va s&amp;rsquo;en passer des choses, dans cette Chine en bouleversement perpétuel : l&amp;rsquo;histoire commence fin XIXe siècle avec l&amp;rsquo;invasion Japonnaise, vient ensuite le &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guomindang&#34;  title=&#34;Guomindang sur Wikipédia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Guomintang&lt;/a&gt; (premier parti politique de la République de Chine); puis bien sûr Mao Tse Toung et son communisme, et enfin le néo-capitalisme actuel.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au milieu de ce fracas, le quotidien des habitants du village n&amp;rsquo;est pas simple. On perçoit la culture et le mode de vie ancestral, et le chamboulement provoqué par une histoire qui cafouille et se cherche. Car les perdants d&amp;rsquo;une époque peuvent devenir les vainqueurs de la suivante&amp;hellip; L&amp;rsquo;absurdité de tout cela, frappé au coin du bon sens paysan, devient vite très drôle, et les péripéties ne manquent pas, tant les personnages sont hauts en couleurs et l&amp;rsquo;imagination de l&amp;rsquo;auteur fertile.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mo Yan&lt;/strong&gt; est un écrivain chinois, né en 1956. Voilà ce qu&amp;rsquo;il déclare en 2004 dans un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.humanite.fr/2004-03-18_Cultures_-Mo-Yan-paysan-affame-ecrivain-assoiffe-de-verite&#34;  title=&#34;Inerview dans l&amp;#39;Huma&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;interview&lt;/a&gt; à l&amp;rsquo;Humanité :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je suis né à la campagne dans le Shandong. J’y ai vécu 20 ans, enfermé dans mon village jusqu’en 1976, année de la mort de Mao. Comme l’ensemble des Chinois à cette époque, nous vivions dans la misère. De 1959 à 1961, nous avons traversé une période de notre histoire avec les effets du &amp;quot; Grand Bond en avant &amp;ldquo;. J’étais affamé, j’ai mangé du charbon et j’ai trouvé ça bon. Un voisin qui était étudiant m’avait dit que la vie des écrivains était bonne en Chine et qu’on pouvait manger des raviolis à tous les repas. Dès lors j’ai rêvé d’écrire. Plus les difficultés s’amoncelaient et plus j’en rêvais. Lorsqu’éclate la révolution culturelle en 1966, je suis renvoyé de l’école, classé dans « les mauvais éléments ». Un oncle avait été propriétaire foncier. Paria, interdit d’éducation, j’ai vécu plus de temps avec les animaux qu’avec les hommes. Après avoir cassé l’agriculture en Chine, on brisait la culture. Muré dans le silence et la solitude, je ne voyais que l’écriture pour m’épancher. L’armée était une voie pour y parvenir. Mais je n’y avais même pas droit. Elle était réservée aux familles de paysans pauvres, ou à celles de cadres. J’ai biaisé. Je suis allé travailler dans une usine de coton du district puis j’ai posé ma candidature sans que les cadres de mon village soient au courant. Des amis m’ont aidé. Je me suis engagé en 1976. Dès lors j’étais libéré de la faim, je pouvais penser à autre chose. Lorsque je montais la garde, j’écrivais en pensée. Mes supérieurs disaient que j’étais un bon soldat parce que je restais immobile. C’est dans une chambrée que j’ai écrit mes premières nouvelles. Ma plume s’est emballée, j’ai poursuivi mon éducation dans une école de l’armée puis à l’université de Beida. Mais rien ne pourra faire oublier les douleurs de l’enfance.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Terre des oublis - Thu Huong Duong</title>
            <link>https://pled.fr/terre-des-oubblis-thu-huong-duong/</link>
            <pubDate>Mon, 27 Jul 2009 13:21:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/terre-des-oubblis-thu-huong-duong/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Terre des oublis - Thu Huong Duong&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;terredesoublis.jpg#floatleft&#34;&gt; Roman fleuve de 700 pages, écrit par une Vietnamienne dissidente du parti communiste Vietnamien, je m&amp;rsquo;attendais à passer un très bon moment avec ce livre. Ce fût une déception.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est celle d&amp;rsquo;une femme mariée, jeune mère et filant le parfait bonheur, qui voit son premier mari, que tout le monde croyait mort, revenir de la guerre. Les traditions du village la poussent vaguement à revenir avec son premier mari&amp;hellip; ce qu&amp;rsquo;elle choisit de faire, se sacrifiant on se sait trop pourquoi, par masochisme probablement. Elle est belle et intelligente, l&amp;rsquo;homme qu&amp;rsquo;elle aime est beau, riche et intelligent&amp;hellip; son premier mari est un rustre stupide qui ne comprend rien, d&amp;rsquo;autant que la guerre n&amp;rsquo;a rien arrangé à son psychisme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La psychologie des personnages étant ce qu&amp;rsquo;elle est, on va alors assister aux apitoiements de chacun d&amp;rsquo;entre eux sur leur triste sort, en se demandant à chaque page ce qu&amp;rsquo;ils attendent pour prendre au moins une fois dans leur vie la bonne décision; mais non, ils choisissent la mauvaise à chaque fois, puis passent le reste de temps à se lamenter.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et l&amp;rsquo;on a le temps de se poser la question, au fil de descriptions interminables et oiseuses, de plus souvent répétitives. Pourtant, la connaissance de la nature, de la vie d&amp;rsquo;un village vietnamien, des coutumes, parfaitement maîtrisée par l&amp;rsquo;auteur, offrait de belles possibilités. Au lieu de ça, on échappe de peu aux recettes de cuisine&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cerise sur le gâteau, à la fin du bouquin, l&amp;rsquo;auteur fait clairement comprendre à deux reprises que la femme est supérieure à l&amp;rsquo;homme (page 681 : &lt;em&gt;l&amp;rsquo;homme  n&amp;rsquo;arrivera jamais à la hauteur de la femme&lt;/em&gt;, puis page 695 : &lt;em&gt;l&amp;rsquo;homme est le seul à être imparfait&lt;/em&gt;). Ce qui bien entendu est  aussi stupide que de prétendre le contraire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une terre des oublis à oublier bien vite.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;usage du monde - Nicolas Bouvier</title>
            <link>https://pled.fr/lusage-du-monde-nicolas-bouvier/</link>
            <pubDate>Thu, 23 Jul 2009 10:10:33 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lusage-du-monde-nicolas-bouvier/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’usage du monde - Nicolas Bouvier&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;usagedumonde.jpg#floatleft&#34;&gt; Un véritable petit bijou ce livre ! Le récit du voyage, entre Belgrade et le Khyber Pass (montagne entre l&amp;rsquo;Afghanistan et le sous-continent indien), fait en 1953 par Nicolas Bouvier et un ami peintre Thierry Vernet, à bord d&amp;rsquo;une petite Fiat 500 Topolino. Un voyage de 2 ans, à travers la Turquie, l&amp;rsquo;Iran et l&amp;rsquo;Afghanistan, cherchant à travailler sur place l&amp;rsquo;hiver, puis se déplaçant dès que le climat le permet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Extraordinaire à plus d&amp;rsquo;un titre, que ce soit le ton du narrateur, sa poésie, son humour, ou simplement dans la description des situations qu&amp;rsquo;ils ont rencontré. Car il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une véritable aventure, non sans danger&amp;hellip; imaginez ce qu&amp;rsquo;un tel trajet pouvait représenter à cette époque&amp;hellip; Mais au-delà des savoureuses anecdotes ou d&amp;rsquo;une réalité parfois difficile, on ressent l&amp;rsquo;amour qu&amp;rsquo;éprouve Nicolas Bouvier à découvrir le monde. Il s&amp;rsquo;en dégage une vraie philosophie de la vie et du voyage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu&amp;rsquo;il se suffit à lui-même. On croit qu&amp;rsquo;on va faire un voyage, mais bientôt c&amp;rsquo;est le voyage qui vous fait, ou vous défait.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sans pour autant manquer d&amp;rsquo;humour, comme à propos des tchâikhanes (les caravansérails, sortes d&amp;rsquo;auberges) fréquentées au fil de la route, et citant un poème de Hâfiz :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;hellip; Si le mystique ignore encore le secret de ce Monde, je me demande de qui le cabaretier peut bien l&amp;rsquo;avoir appris&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bouvier&#34;  title=&#34;Nicolas Bouvier sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;&lt;strong&gt;Nicolas Bouvier&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (1929-1998) est un écrivain, photographe et voyageur suisse. Ce livre a été publié en 1963, et ne fût reconnu que tardivement. On peut toutefois trouver sur le site de la TSR (Télévision Suisse Romande) un interview de lui lors de la sortie de son livre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.rts.ch/archives/tv/culture/a-livre-ouvert/3467006-l-usage-du-monde.html&#34;  title=&#34;Interview Nicolas Bouvier par la TSR&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà d&amp;rsquo;autres extraits du roman pour vous mettre l&amp;rsquo;eau à la bouche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur le voyageur :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;A mon retour, il s&amp;rsquo;est trouvé beaucoup de gens qui n&amp;rsquo;étaient pas partis, pour me dire qu&amp;rsquo;avec un peu de fantaisie et de concentration ils voyageaient tout aussi bien sans lever le cul de leur chaise. Je les crois volontiers. Ce sont des forts. Pas moi. J&amp;rsquo;ai trop besoin de cet appoint concret qu&amp;rsquo;est le déplacement dans l&amp;rsquo;espace. Heureusement d&amp;rsquo;ailleurs que le monde s&amp;rsquo;étend pour les faibles et les supporte, et quand le monde, comme certains soirs sur la route de Macédoine, c&amp;rsquo;est la lune à main gauche, les flots argentés de la Morava à main droite, et la perspective d&amp;rsquo;aller chercher derrière l&amp;rsquo;horizon un village où vivre les trois prochaines semaines, je suis bien aise de ne pouvoir m&amp;rsquo;en passer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la compréhension de l&amp;rsquo;autre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est bien naturel que les gens d&amp;rsquo;ici n&amp;rsquo;en aient que pour les moteurs, les robinets, les hauts-parleurs et les commodités. En Turquie, ce sont surtout ces choses-là qu&amp;rsquo;on vous montre, et qu&amp;rsquo;il faut bien apprendre à regarder avec un oeil nouveau. L&amp;rsquo;admirable mosquée de bois où vous trouveriez justement ce que vous êtes venu chercher, ils ne penseront pas à la montrer, parce qu&amp;rsquo;on est moins sensible à ce que l&amp;rsquo;on a qu&amp;rsquo;à ce dont on manque. Ils manquent de technique; nous voudrions bien sortir de l&amp;rsquo;impasse dans laquelle trop de technique nous a conduits : cette sensibilité saturée par l&amp;rsquo;Information, cette Culture distraite, &amp;ldquo;au second degré&amp;rdquo;. Nous comptons sur leurs recettes pour revivre, eux sur les nôtres, pour vivre. On se croise en chemin sans toujours se comprendre, et parfois le voyageur s&amp;rsquo;impatiente; mais il y a beaucoup d&amp;rsquo;égoïsme dans cette impatience-là.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Problème linguistique en Macédoine :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le dialecte macédonien comprend des mots grecs, bulgares, serbes, turcs, sans compter les vocables locaux. Le débit est plus rapide qu&amp;rsquo;en serbe, l&amp;rsquo;interlocuteur moins patient; c&amp;rsquo;est dire que les quelques phrases apprises à Belgrade ne nous mènent pas loin. Quand le fabricant de cercueils demande l&amp;rsquo;heure à Thierry, c&amp;rsquo;est chaque fois pareil; l&amp;rsquo;un fait signe qu&amp;rsquo;il ne peut pas la dire et montre le cadran; l&amp;rsquo;autre, qu&amp;rsquo;il ne peut pas la lire. Pour les impossibilités au moins, il y a toujours moyen de s&amp;rsquo;entendre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur l&amp;rsquo;Islam, à Tabriz (Iran), un prêtre français lui explique :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;islam ici, le vrai ? c&amp;rsquo;est bien fini&amp;hellip; plus que du fanatisme, de l&amp;rsquo;hystérie, de la souffrance qui ressort. Ils sont toujours là pour vociférer en suivant leurs bannières noires, mettre à sac une ou deux boutiques, ou se mutiler dans des transports sacrés, le jour anniversaire de la mort des Imam&amp;hellip; Plus beaucoup d&amp;rsquo;éthique dans tout cela; quant à la doctrine, n&amp;rsquo;en parlons pas ! J&amp;rsquo;ai connu quelques véritables musulmans ici, des gens bien remarquables&amp;hellip; mais ils sont tous morts, ou partis. A présent&amp;hellip; Le fanatisme, voyez-vous, reprit-il, c&amp;rsquo;est la dernière révolte du pauvre, la seule qu&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;ose lui refuser. Elle le fait brailler le dimanche mais baster la semaine, et il y a ici des gens qui s&amp;rsquo;en arrangent. Bien des choses iraient mieux s&amp;rsquo;il y avait moins de ventres creux.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la première étape en Iran :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;Première étape : petite étape&amp;rdquo;, disent les caravaniers persans qui savent bien que, le soir du départ, chacun s&amp;rsquo;aperçoit qu&amp;rsquo;il a oublié quelque chose à la maison. D&amp;rsquo;ordinaire, on ne fait qu&amp;rsquo;un pharsar (6 km). Il faut que les étourdis puissent encore aller et revenir avant le lever du soleil. Cette part faite à la distraction m&amp;rsquo;est une raison de plus d&amp;rsquo;aimer la Perse. Je ne crois pas qu&amp;rsquo;il existe dans ce pays une seule disposition pratique qui néglige l&amp;rsquo;irréductible imperfection de l&amp;rsquo;homme.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur la peur en voyage :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il est temps de faire ici un peu de place à la peur. En voyage, il y a ainsi des moments où elle survient, et le pain que l&amp;rsquo;on mâchait reste en travers de la gorge. Lorsqu&amp;rsquo;on est trop fatigué, ou seul depuis trop longtemps, ou dans l&amp;rsquo;instant de dispersion qui succède à une poussée de lyrisme, elle vous tombe dessus au détour d&amp;rsquo;un chemin comme une douche glacée. Peur du mois qui va suivre, des chiens qui rôdent la nuit autour des villages en harcelant tout ce qui bouge, des nomades qui descendent à votre rencontrer en ramassant des cailloux, ou même, peur du cheval qu&amp;rsquo;on a loué à l&amp;rsquo;étape précédente, une brute vicieuse peut-être et qui a simplement caché son jeu.&#xA;On se défend de son mieux, surtout si le travail est en cause. L&amp;rsquo;humour, par exemple, est un excellent antidote, mais il faut être deux pour s&amp;rsquo;y livrer. Souvent aussi, il suffit de respirer à fond et d&amp;rsquo;avaler une gorgée de salive. Quand cela demeure, on renonce alors à entre dans cette rue, dans cette mosquée, ou à prendre cette photo. Le lendemain, on se le reproche romantiquement et bien à tort. La moitié au moins de ces malaises sont - on le comprend plus tard - une levée de l&amp;rsquo;instinct contre un danger sérieux. Il ne faut pas se moquer de ces avertissements. Avec les histoires de bandits et de loups, bien sûr, on exagère; cependant, entre l&amp;rsquo;Anatolie et le Khyber Pass il y a plusieurs endroits où de grands braillards lyriques, le coeur sur la main, ignorants comme des bornes, ont voulu à toute force se risquer, et ont cessé de donner de leurs nouvelles. Pas besoin de brigands pour cela; il suffit d&amp;rsquo;un hameau de montagne misérable et isolé, d&amp;rsquo;une de ces discussions irritées à propos d&amp;rsquo;un pain ou d&amp;rsquo;un poulet où, faute de se comprendre, on gesticule de plus en plus fort, avec des regards de plus en plus inquiets jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;instant où six bâtons se lèvent au-dessus d&amp;rsquo;une tête. Et tout ce qu&amp;rsquo;on a pu penser de la fraternité des peuples ne les empêche pas de retomber.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La peur à Ispahan :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Hier soir promenade le long du fleuve. [&amp;hellip;] Et dans la nature, exactement cette même intimité molle et dangereuse qu&amp;rsquo;on trouve parfois, les nuits d&amp;rsquo;été, aux abords d&amp;rsquo;Arles ou d&amp;rsquo;Avignon. Mais une Provence sans vin, ni vantardises ni voix de femmes ; en somme, sans ces obstacles ou ce fracas qui d&amp;rsquo;ordinaire nous isole de la mort. Je ne m&amp;rsquo;étais pas plutôt dit cela que j&amp;rsquo;ai commencé à la sentir partout, la mort : les regards qu&amp;rsquo;on croisait, l&amp;rsquo;odeur sombre d&amp;rsquo;un troupeau de buffles, les chambres éclairées béant sur la rivière, les hautes colonnes de moustiques. Elle gagnait sur moi à toute allure. Ce voyage ? un gâchis&amp;hellip; un échec. On voyage, on est libre, on va vers l&amp;rsquo;Inde&amp;hellip; et après ? J&amp;rsquo;avais beau me répéter : Ispahan; pas d&amp;rsquo;Ispahan qui tienne. Cette ville impalpable, ce fleuve qui n&amp;rsquo;aboutit nulle part étaient d&amp;rsquo;ailleurs peu propres à vous asseoir dans le sentiment du réel. Tout n&amp;rsquo;était plus qu&amp;rsquo;effondrement, refus, absence. A un tournant de la berge, le malaise est devenu si fort qu&amp;rsquo;il a fallu faire demi-tour. Thierry non plus n&amp;rsquo;en menait pas large - pris à partie lui aussi. Je ne lui avais pourtant rien dit. Nous sommes rentrés au pas de course.&#xA;Curieux, comme d&amp;rsquo;un coup le monde s&amp;rsquo;abîme et se défile. Peut-être le manque de sommeil ? ou l&amp;rsquo;effet des vaccins que nous avions refaits la veille ? ou les Djinns qui - dit-on - vous attaquent, le soir, lorsqu&amp;rsquo;on longe un cours d&amp;rsquo;eau sans prononcer le nom d&amp;rsquo;Allah ? Moi, je mis plutôt ceci : des paysages qui &lt;em&gt;vous en veulent&lt;/em&gt; et qu&amp;rsquo;il faut quitter immédiatement sous peine de conséquences incalculables, il n&amp;rsquo;en existe pas beaucoup, mais il en existe. Il y en a bien sur cette terre cinq ou six pour chacun de nous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et cette magnifique conclusion à la fin du livre, alors qu&amp;rsquo;il contemple le &amp;ldquo;Khyber Pass&amp;rdquo;, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;apprête à franchir pour passer de l&amp;rsquo;Afghanistan au sous-continent indien :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce jour-là, j&amp;rsquo;ai bien cru tenir quelque chose et que ma vie s&amp;rsquo;en trouverait changée. Mais rien de cette nature n&amp;rsquo;est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu&amp;rsquo;on porte en soi, devant cette espèce d&amp;rsquo;insuffisance centrale de l&amp;rsquo;âme qu&amp;rsquo;il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La mort du roi Tsongor  - Laurent Gaudé</title>
            <link>https://pled.fr/la-mort-du-roi-tsongor-laurent-gaude/</link>
            <pubDate>Sat, 18 Jul 2009 09:33:39 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-mort-du-roi-tsongor-laurent-gaude/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La mort du Roi Tsongor de Laurent Gaudé&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tsongor1.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà un petit conte symbolique parfaitement écrit, et bien agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe en Afrique, dans un royaume imaginaire, le roi Tsongor marie sa fille Samilia. Le royaume est riche, le roi sage (après toutefois un passé guerrier), et des cadeaux somptueux arrivent de toute part. Mais tout va très vite basculer, un trouble-fête arrive sous les traits d&amp;rsquo;un prétendant à qui Samilia adolescente a prêté serment. La guerre semble inévitable. Le roi va alors mourir, espérant ainsi éviter la guerre. Mais avant, il confiera une étrange mission à son plus jeune fils. Ce dernier ne la comprendra que bien plus tard&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Récit symbolique sur l&amp;rsquo;homme et son rapport au pouvoir, à la puissance&amp;hellip; à l&amp;rsquo;utilisation de la violence, et le prix qu&amp;rsquo;il faut en payer un jour. C&amp;rsquo;est une tragédie que l&amp;rsquo;on pourrait très bien faire lire à l&amp;rsquo;école. C&amp;rsquo;est très bien écrit, dans un style classique et majestueux, comme il se doit d&amp;rsquo;un récit mythique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Laurent Gaudé, né le 6 juillet 1972 à Paris, est un écrivain français lauréat du Prix Goncourt en 2004 pour son roman &lt;em&gt;Le Soleil des Scorta&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Mille soleils splendides - Khaled Hosseini</title>
            <link>https://pled.fr/mille-soleils-splendides-khaled-hosseini/</link>
            <pubDate>Sun, 05 Jul 2009 21:19:35 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/mille-soleils-splendides-khaled-hosseini/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Mille soleils splendides - Khaled Hosseini&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;mille-soleils.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais été enchanté par le premier livre de Khaled Hosseini, &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=699&#34;  title=&#34;article sur les derfs-volants de Kaboul&#34;&#xA;    &gt;Les cerfs-volants de Kaboul&lt;/a&gt;: une belle histoire humaine à travers celle troublée de l&amp;rsquo;Afghanistan. J&amp;rsquo;avais également lu sur son blog qu&amp;rsquo;il projetait d&amp;rsquo;écrire un nouveau roman, cette fois à propos des femmes : &amp;quot; &lt;em&gt;La lutte des femmes est tellement poignante, tragique, elle mérite une histoire&lt;/em&gt;&amp;quot; disait-il.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà donc ce roman, mais je dois dire que j&amp;rsquo;ai été déçu par son contenu. D&amp;rsquo;abord l&amp;rsquo;écriture, faite de phrases courtes, sans inspiration ni élan; puis l&amp;rsquo;histoire, finalement assez laborieuse, sorte de somme des malheurs que la femme musulmane peut rencontrer (et dieu sait s&amp;rsquo;il y en a, si je puis dire).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas, on ne retrouve pas la puissance du récit du premier roman. Il me semble que si le premier a été raconté sur une inspiration, probablement en partie autobiographique, le second est écrit par devoir. D&amp;rsquo;ailleurs, dans ses remerciements en fin de livre, Kalhed Hosseini laisse entendre que l&amp;rsquo;écriture fût longue et douloureuse&amp;hellip; on l&amp;rsquo;avait malheureusement pressenti.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Tristes tropiques - Claude Lévi-Strauss</title>
            <link>https://pled.fr/tristes-tropiques-claude-levi-strauss/</link>
            <pubDate>Fri, 03 Jul 2009 11:30:32 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/tristes-tropiques-claude-levi-strauss/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Tristes tropiques - Claude Lévi-Strauss&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;tristestropiques.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre dont tout le monde a entendu parler, d&amp;rsquo;autant que nous fêtions l&amp;rsquo;année dernière le centenaire de son auteur, &lt;strong&gt;C&lt;/strong&gt; laude &lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt; évi- &lt;strong&gt;S&lt;/strong&gt; trauss. Mais combien l&amp;rsquo;ont-ils lu ? j&amp;rsquo;étais surpris de constater que ni la libraire ni son employé ne l&amp;rsquo;avaient lu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;appréhendais en emmenant ce livre en voyage qu&amp;rsquo;il ne soit trop difficile à lire, qu&amp;rsquo;il faille des connaissances sérieuses en ethnologie pour le comprendre, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je fus vite rassuré. C&amp;rsquo;est d&amp;rsquo;abord remarquablement écrit, jusque dans le rythme et la construction des phrases&amp;hellip; puis les idées évoquées sont d&amp;rsquo;une réelle richesse. Ce livre ayant été écrit en 1954-1955, certaines réflexions souffrent d&amp;rsquo;un léger anachronisme, mais elles relèvent de l&amp;rsquo;exception : le monde a peu changé depuis, ou plutôt ce que les hommes en font.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première phrase du livre est :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je hais les voyages et les explorateurs.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pourtant, Claude Lévi-Strauss (CLS) a beaucoup voyagé et exploré, dans des conditions très précaires et parfois au péril de sa vie&amp;hellip; Du Brésil à l&amp;rsquo;Inde, il nous fera partager ses réflexions, à la fois d&amp;rsquo;ethnologue mais aussi de philosophe puisque c&amp;rsquo;est sa formation de départ. CLS s&amp;rsquo;interroge sur notre civilisation et les rapports qu&amp;rsquo;elle entretient aux autres cultures.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il rappelle par exemple une chose toute bête : quand une route a été construite, notre civilisation peut réellement arriver et tout changer très vite. Je lisais ce livre au Cambodge, où précisément le pays en est à cette étape : partout de nouvelles routes sont tracées, à grands renforts d&amp;rsquo;engins de BTP monstrueux, et construites par les chinois (en échange de quel accord économique ? quelle matière première sera pillée ?). Si les Cambodgiens restent à ce jour plus attirés par le hamac que par leur réussite personnelle, s&amp;rsquo;ils se projettent peu dans l&amp;rsquo;avenir&amp;hellip; combien de temps résisteront-ils ? Cela amène forcément à des réflexions sur le tourisme et ses effets dévastateurs, et donne du sens à cette première phrase du livre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa conclusion est très belle, presque poétique (voir le dernier extrait en fin d&amp;rsquo;article), il y reprend l&amp;rsquo;idée de Rousseau (également citée) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Trouver un juste milieu entre l&amp;rsquo;indolence de l&amp;rsquo;état primitif et la pétulante activité de notre amour-propre.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà quelques extraits choisis pour vous faire une idée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-débuts&#34;&gt;Les débuts&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;CLS se remémore d&amp;rsquo;abord ses débuts, et son premier voyage au Brésil. Une histoire rapide de la conquête du Brésil, de sa géographie, du massacre des indiens, ou de comment il est devenu ethnologue. C&amp;rsquo;est très intéressant, facile à lire, et bourré d&amp;rsquo;anecdotes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;ambassadeur du Brésil qui parle :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Des indiens ? Hélas, mon cher Monsieur, mais voici des lustres qu&amp;rsquo;ils ont tous disparus. Oh, c&amp;rsquo;est là une page bien triste , bien honteuse, dans l&amp;rsquo;histoire de mon pays. Mais les colons portugais du XVIe siècle étaient des hommes avides et brutaux. Comment leur reprocher d&amp;rsquo;avoir participé à la rudesse générale des moeurs ? Ils se saisissaient des Indiens, les attachaient à la bouche des canons et les déchiquetaient vivants à coups de boulets. C&amp;rsquo;est ainsi qu&amp;rsquo;on les a eu, jusqu&amp;rsquo;au dernier. Vous allez, comme sociologue, découvrir au Brésil des choses passionnantes, mais les Indiens, ny songez plus, vous n&amp;rsquo;en trouverez pas un seul&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;CLS :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pourtant, chez Louis de Souza-Dantas, l&amp;rsquo;ascendance indienne n&amp;rsquo;était pas douteuse et il eût pu aisément s&amp;rsquo;en glorifier. Mais, Brésilien d&amp;rsquo;exportation qui avait depuis l&amp;rsquo;adolescence adopté la France, il avait perdu jusqu&amp;rsquo;à la connaissance de l&amp;rsquo;état réel de son pays, à quoi s&amp;rsquo;était substitué dans sa mémoire une sorte de poncif officiel et distingué. Dans la mesure où certains souvenirs lui étaient restés, il préférait aussi, j&amp;rsquo;imagine, ternir les Brésiliens du XVIe siècle pour détourner l&amp;rsquo;attention du passe-temps favori qui avait été celui des hommes de la génération de ses parents, et même encore du temps de sa jeunesse : à savoir, recueillir dans les hôpitaux les vêtements infectés des victimes de la variole, pour aller les accrocher avec d&amp;rsquo;autres présents le long des sentiers encore fréquentés par les tribus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lors de sa préparation d&amp;rsquo;une agrégation de philosophie :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Là, j&amp;rsquo;ai commencé à apprendre que tout problème, grave ou futile, peut être liquidé par l&amp;rsquo;application d&amp;rsquo;une méthode, toujours identique, qui consiste à opposer deux vues traditionnelles de la question, à introduire la première par les justifications du sens commun, puis à les détruire au moyen de la seconde; enfin à les renvoyer dos à dos grâce à une troisième qui révèle le caractère également partiel des deux autres, ramenées par des artifices de vocabulaire aux aspects complémentaires d&amp;rsquo;une même réalité : forme et fond, contenant et contenu, être et paraître, continu et discontinu, essence ou existence, etc. Ces exercices deviennent vite verbaux, fondés sur un art du calembour qui prend la place de la réflexion; les assonances entre les termes, les homophonies et les ambiguïtés fournissant progressivement la matière de ces coups de théâtre spéculatifs à l&amp;rsquo;ingéniosité desquels se reconnaissent les bons travaux philosophiques.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lors d&amp;rsquo;un passage dans un hôtel  de Karachi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Et mon souvenir franchit aussitôt trois mille kilomètres, pour juxtaposer à cette image une autre recueillie au temple de la déesse Kali, le plus ancien et vénéré sanctuaire de Calcutta. Là, près d&amp;rsquo;une mare croupissante et dans cette atmosphère de cour des miracles et d&amp;rsquo;âpre exploitation commerciale où se déroule la vie religieuse populaire de l&amp;rsquo;Inde, près des bazars regorgeant de chromolithographies pieuses et de divinités en plâtre peint, s&amp;rsquo;élève le moderne caravansérail construit par les entrepreneurs du culte pour loger les pèlerins : c&amp;rsquo;est le &lt;em&gt;rest-house&lt;/em&gt;, longue halle de ciment divisée en deux corps, un pour les hommes, l&amp;rsquo;autre pour les femmes, et le long desquels courent des entablements, eux aussi de ciment nu, destinés à servir de lits; on me fait admirer les rigoles d&amp;rsquo;écoulement et les prises d&amp;rsquo;eau : dès que la cargaison humaine s&amp;rsquo;est éveillée et qu&amp;rsquo;on l&amp;rsquo;a envoyée se prosterner, implorant la guérison de ses chancres et de ses ulcères, de ses suintements et de ses plaies, on lave tout à grande eau avec des lances, et les étals rafraîchis sont prêts à recevoir un nouvel arrivage ; jamais, sans doute - sauf dans les camps de concentration - on n&amp;rsquo;a confondu à tel point des humains avec de la viande de boucherie.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-indiens&#34;&gt;Les Indiens&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Puis vient la narration des rencontres avec les tribus. Cette partie est un peu plus spécifique, mais reste très intéressante. Il y  décrit leur organisation sociale, l&amp;rsquo;art des peintures faciales, etc&amp;hellip;Bonne nouvelle, les Indiens picolent aussi, ici de la &lt;em&gt;pinga&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est-à-dire de l&amp;rsquo;alcool de canne :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;était bien une de ces &amp;ldquo;solennelles beuveries&amp;rdquo; déjà décrites par les auteurs du XVIIIe siècle, où les chefs siégeaient selon leur rang, servis par des écuyers, tandis que les hérauts énuméraient les titres du buveur et récitaient ses hauts faits. Les &lt;em&gt;Caduveo&lt;/em&gt; réagissent curieusement à la boisson : après une période d&amp;rsquo;excitation, ils tombent dans un morne silence, puis ils se mettent à sangloter. Deux hommes moins ivres prennent alors les bras du désespéré et le promènent de long en large, en lui murmurant des paroles de consolation et d&amp;rsquo;affection jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il se décide à vomir. Ensuite, tous les trois retournent à leur place où la beuverie continue.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit des scènes assez semblables en Bretagne, les larmes en moins &amp;hellip; ;-) A propos de l&amp;rsquo;écriture et des civilisations, CLS émet l&amp;rsquo;hypothèse suivante, pour le moins originale :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il faut admettre que la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l&amp;rsquo;asservissement. L&amp;rsquo;emploi de l&amp;rsquo;écriture a des fins désintéressées, en vue d&amp;rsquo;en tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l&amp;rsquo;autre. [&amp;hellip;] Si l&amp;rsquo;écriture n&amp;rsquo;a pas suffi à consolider les connaissances, elle était peut-être indispensable pour affermir les dominations. Regardons plus près de nous : l&amp;rsquo;action systématique des États européens en faveur de l&amp;rsquo;instruction obligatoire, qui se développe au cours du XIXe siècle, va de pair avec l&amp;rsquo;extension du service militaire et la prolétarisation. La lutte contre l&amp;rsquo;analphabétisme se confond ainsi avec le renforcement du contrôle des citoyens par le Pouvoir. Car il faut que tous sachent lire pour que ce dernier puisse dire : nul n&amp;rsquo;est censé ignorer la loi.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;conclusion&#34;&gt;Conclusion&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Dans les derniers chapitres, CLS revient à des considérations plus globales sur les sociétés humaines. Comment juger une société avec des valeurs qui lui sont étrangères (puisque issues d&amp;rsquo;une autre culture) ? Il y défend énergiquement Rousseau, &lt;em&gt;le plus ethnographe des philosophes&lt;/em&gt;. Il aborde également le monde musulman sous un angle particulièrement intéressant.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos de la police et de la justice :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Considérons les Indiens d&amp;rsquo;Amérique du Nord [&amp;hellip;] qui offrent un des rares exemples de peuple primitif doté d&amp;rsquo;une police organisée. Cette police (qui était aussi un corps de justice) n&amp;rsquo;aurait jamais conçu que le châtiment du coupable dût se traduire par une rupture des liens sociaux. Si un indigène avait contrevenu aux lois de la tribu, il était puni par la destruction de tous ses biens : tente et chevaux. Mais du même coup, la police contractait une dette à son égard; il lui incombait d&amp;rsquo;organiser la réparation collective du dommage dont le coupable avait été, par son châtiment, la victime. Cette réparation faisait de ce dernier l&amp;rsquo;obligé du groupe, auquel il devait marquer sa reconnaissance par des cadeaux que la collectivité entière - et la police elle-même - l&amp;rsquo;aidait à rassembler, ce qui inversait à nouveau les rapports; et ainsi de suite, jusqu&amp;rsquo;à ce que, au terme de toute une série de cadeaux et de contre-cadeaux, le désordre antérieur fût progressivement amorti et que l&amp;rsquo;ordre initial eût été restauré. Non seulement de tels usages sont plus humains que les nôtres, mais ils sont aussi plus cohérents, même en formulant le problème dans les termes de notre moderne psychologie : en bonne logique, &amp;ldquo;l&amp;rsquo;infantilisation&amp;rdquo; du coupable impliquée par la notion de punition exige qu&amp;rsquo;on lui reconnaisse un droit corrélatif à une gratification, sans laquelle la démarche première perd son efficacité, si même elle n&amp;rsquo;entraîne pas des résultats inverses de ceux qu&amp;rsquo;on espérait. Le comble de l&amp;rsquo;absurdité étant, à notre manière, de traiter simultanément le coupable comme un enfant pour nous autoriser à le punir, et comme un adulte afin de lui refuser la consolation; et de croire que nous avons accompli un grand progrès spirituel parce que [&amp;hellip;] nous préférons les mutiler physiquement et moralement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos de Rousseau :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Rousseau, tant décrié, plus mal connu qu&amp;rsquo;il ne le fût jamais, en butte à l&amp;rsquo;accusation ridicule qui lui attribue une glorification de l&amp;rsquo;état de nature - où l&amp;rsquo;on peut voir l&amp;rsquo;erreur de Diderot, mais non pas la sienne -, car il a dit exactement le contraire et reste le seul à montrer comment sortir de nos contradictions où nous errons à la traîne de ses adversaires. [&amp;hellip;] Jamais Rousseau n&amp;rsquo;a commis l&amp;rsquo;erreur de Diderot qui consiste à idéaliser l&amp;rsquo;homme naturel. Il ne risque pas de mêler l&amp;rsquo;état de nature et l&amp;rsquo;état de société; il sait que ce dernier est inhérent à l&amp;rsquo;homme, mais il entraîne des maux : la seule question est de savoir si ces maux sont inhérents à l&amp;rsquo;état. Derrière les abus et les crimes, on recherchera donc la base inébranlable de la société humaine. [&amp;hellip;] Rousseau avait sans doute raison de croire qu&amp;rsquo;il eût, pour notre bonheur, mieux valu que l&amp;rsquo;humanité tînt &amp;ldquo;un juste milieu entre l&amp;rsquo;indolence de l&amp;rsquo;état primitif et la pétulante activité de notre amour-propre&amp;rdquo;; que cet état était &amp;ldquo;le meilleur à l&amp;rsquo;homme&amp;rdquo; et que, pour l&amp;rsquo;en sortir, il a fallu &amp;ldquo;quelque funeste hasard&amp;rdquo; où l&amp;rsquo;on peut reconnaître ce phénomène doublement exceptionnel - parce qu&amp;rsquo;unique et parce que tardif - qui a consisté dans l&amp;rsquo;avènement de la civilisation mécanique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos de l&amp;rsquo;Islam et de la tolérance :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Sur le plan esthétique, le puritanisme islamique, renonçant à abolir la sensualité, s&amp;rsquo;est contenté de la réduire à ses formes mineures : parfums, dentelles, broderies et jardins. Sur le plan moral, on se heurte à la même équivoque d&amp;rsquo;une tolérance affichée en dépit d&amp;rsquo;un prosélytisme dont le caractère compulsif est évident. En fait, le contact avec des non-musulmans les angoisse. Leur genre de vie provincial se perpétue sous la menace d&amp;rsquo;autres genres de vie, plus libres et plus souples que le leur, et qui risquent de l&amp;rsquo;altérer par la seule contiguïté.&#xA;Plutôt que de parler de tolérance, il vaudrait mieux dire que cette tolérance, dans la mesure où elle existe, est une perpétuelle victoire sur eux-mêmes. En la préconisant, le Prophète les a placés dans une situation de crise permanente, qui résulte de la contradiction entre la portée universelle de la révélation, et l&amp;rsquo;admission de la pluralité des fois religieuses. [&amp;hellip;] Comme le remarquait un jour devant moi un philosophe indien, les musulmans tirent vanité de ce qu&amp;rsquo;ils professent la valeur universelle de grands principes : liberté, égalité, tolérance; et ils révoquent le crédit à quoi ils prétendent en affirmant du même jet qu&amp;rsquo;ils sont les seuls à les pratiquer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos de la burkha :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tout l&amp;rsquo;Islam semble être, en effet, une méthode pour développer dans l&amp;rsquo;esprit des croyants des conflits insurmontables, quitte à les sauver par la suite en leur proposant des solutions d&amp;rsquo;une très grande (mais trop grande) simplicité. D&amp;rsquo;une main on les précipite, de l&amp;rsquo;autre on les retient au bord de l&amp;rsquo;abîme. Vous inquiétez vous de la vertu de vos épouses ou de vos filles pendant que vous êtes en campagne ? Rien de plus simple,  voilez-les et cloîtrez-les. C&amp;rsquo;est ainsi que l&amp;rsquo;on en arrive au &lt;em&gt;burkha&lt;/em&gt; moderne, semblable à un appareil orthopédique avec sa coupe compliquée, ses guichets en passementerie pour la vision, ses boutons-pressions et ses cordonnets, le lourd tissu dont il est fait pour s&amp;rsquo;adapter exactement aux contours du corps humain tout en le dissimulant aussi complètement que possible. Mais, de ce fait, la barrière du souci s&amp;rsquo;est seulement déplacée, puisque maintenant il suffira que l&amp;rsquo;on frôle votre femme pour vous déshonorer, et vous vous tourmenterez plus encore. Une franche conversation avec de jeunes musulmans enseigne deux choses : d&amp;rsquo;abord, ils sont obsédés par le problème de la virginité prénuptiale et de la fidélité ultérieure; ensuite que le &lt;em&gt;purdha&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est-à-dire la ségrégation des femmes, fait en un sens obstacle aux intrigues amoureuses, mais les favorise sur un autre plan : par l&amp;rsquo;attribution aux femmes d&amp;rsquo;un monde propre, dont elles sont seules à connaître les détours. Cambrioleurs de harems quand ils sont jeunes, ils ont de bonne raisons pour s&amp;rsquo;en faire les gardiens une fois mariés.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et pour finir, le dernier paragraphe du livre :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pas plus que l&amp;rsquo;individu n&amp;rsquo;est seul dans le groupe et que chaque société n&amp;rsquo;est seule parmi les autres, l&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;est seul dans l&amp;rsquo;univers. Lorsque l&amp;rsquo;arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s&amp;rsquo;abîmer dans le vide creusé par notre fureur; tant que nous serons là et qu&amp;rsquo;il existera un monde - cette arche ténue qui nous relie à l&amp;rsquo;inaccessible - demeurera, montrant la voie inverse de celle de notre esclavage et dont, à défaut de la parcourir, la contemplation procure à l&amp;rsquo;homme  l&amp;rsquo;unique faveur qu&amp;rsquo;il sache mériter : suspendre la marche, retenir l&amp;rsquo;impulsion qui l&amp;rsquo;astreint à obturer l&amp;rsquo;une après l&amp;rsquo;autre les fissures ouvertes au mur de la nécessité et à parachever son oeuvre en même temps qu&amp;rsquo;il clôt sa prison; cette faveur que toute société convoite, quels que soient ses croyances, son régime politique et son niveau de civilisation; où elle place son loisir, son plaisir, son repos et sa liberté; chance, vitale pour la vie, de se &lt;em&gt;déprendre&lt;/em&gt; et qui consiste - adieu sauvages! adieu voyages! - pendant les brefs intervalles où notre espèce supporte d&amp;rsquo;interrompre son labeur de ruche, à saisir l&amp;rsquo;essence de ce qu&amp;rsquo;elle fut et continue d&amp;rsquo;être, en deçà de la pensée et au delà de la société : dans la contemplation d&amp;rsquo;un minéral plus beau que toutes nos oeuvres; dans le parfum, plus savant que nos livres, respiré au creux d&amp;rsquo;un lis; ou dans le clin d&amp;rsquo;oeil alourdi de patience, de sérénité et de pardon réciproque, qu&amp;rsquo;une entente involontaire permet parfois d&amp;rsquo;échanger avec un chat.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un excellent bouquin donc, à lire et déguster pleinement.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>De sang froid - Truman Capote</title>
            <link>https://pled.fr/de-sang-froid-truman-capote/</link>
            <pubDate>Wed, 17 Jun 2009 11:24:57 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;De sang froid - Truman Capote&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;desangfroid.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà le premier bouquin que j&amp;rsquo;ai lu pendant le voyage. Un terrible fait d&amp;rsquo;hiver survenu dans les années 50 aux Etats-Unis attire l&amp;rsquo;attention de &lt;strong&gt;Truman Capote&lt;/strong&gt;. Ce dernier se rend sur place, consulte les rapports, interroge les témoins (puis les accusés), et écrira à partir de ces matériaux une oeuvre de non-fiction, un roman réalité, &amp;ldquo;a non novel novel&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Nous sommes  en plein Middle West, et la première partie du roman décrit admirablement l&amp;rsquo;Amérique &amp;ldquo;idéale&amp;rdquo; de cette époque : une petite ville, des fermiers, (certains) riches mais travailleurs, honnêtes, aux valeurs morales fermement établies, et très croyants. Seul l&amp;rsquo;ennui semble pouvoir émerger de ce monde fermé. Et puis l&amp;rsquo;horreur qui survient : un quadruple meurtre, une famille entière, sans mobile apparent.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Truman Capote s&amp;rsquo;attache a un récit journalistique. L&amp;rsquo;enquête, difficilement, finira par aboutir, et les auteurs du crime, Perry Smith et Dick Hickock, seront finalement arrêtés. Il décrit alors leur profil psychologique, leur enfance, ces personnalités fragiles, terriblement amochées par la vie. On ne ressent finalement qu&amp;rsquo;une immense peine pour ces deux personnages, paumés, et qui ont commis l&amp;rsquo;horreur, sans trop savoir pourquoi. Puis vient le procès, dont le titre du roman révèle l&amp;rsquo;issue. On s&amp;rsquo;interroge finalement sur la fragilité d&amp;rsquo;une personnalité, sur notre société et ce qu&amp;rsquo;elle peut générer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Truman_Capote&#34;  title=&#34;Wikipedia - Truman Capote&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Truman Capote&lt;/a&gt; (1924-1984), de son vrai nom Truman Streckfus Persons, est considéré comme un grand écrivain américain. Il n&amp;rsquo;écrira qu&amp;rsquo;une quinzaine de nouvelles, et &lt;strong&gt;De sang froid&lt;/strong&gt; sera son chef d&amp;rsquo;oeuvre. Norman Mailer dira de lui :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Truman Capote est aussi acerbe qu&amp;rsquo;une vieille fille de soixante ans, mais à sa façon c&amp;rsquo;est un petit mec qui a des couilles&amp;hellip; et l&amp;rsquo;écrivain le plus parfait de ma génération : il écrit les meilleures phrases, où chaque terme, chaque rythme est soigneusement pesé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos de &amp;ldquo;De sang froid&amp;rdquo;, Truman Capote écrira :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Perry et Dick ont été pendus mardi dernier. J&amp;rsquo;étais là parce qu&amp;rsquo;ils me l&amp;rsquo;avaient demandé. Ce fut une épreuve atroce. Dont je ne me remettrai jamais complètement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Déçu tant par sa carrière que par sa vie, il devient très dépendant de l&amp;rsquo;alcool et de la drogue. Malgré des cures de désintoxication (sans succès), il meurt à Hollywood en 1984 d&amp;rsquo;une surdose médicamenteuse.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le saut du varan - François Bizot</title>
            <link>https://pled.fr/le-saut-du-varan-francois-bizot/</link>
            <pubDate>Mon, 16 Mar 2009 03:27:12 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-saut-du-varan-francois-bizot/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;le-saut-du-varan.jpg#floatleft&#34;&gt; Après avoir lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=1543&#34;  title=&#34;Le portail – François Bizot&#34;&#xA;    &gt;Le portail&lt;/a&gt;, j&amp;rsquo;ai enchaîné avec &amp;ldquo;Le saut du Varan&amp;rdquo;, également prêté par la journaliste française. Il s&amp;rsquo;agit cette fois d&amp;rsquo;un roman, le premier et le seul à ce jour de François Bizot.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe au Cambodge, dans la région de Siem Reap et des temples d&amp;rsquo;Angkor. Le corps d&amp;rsquo;une jeune fille khmer est retrouvé dans la brousse, et l&amp;rsquo;ambassade francaise envoie un enquêteur sur place. Nous sommes en 1970, et la région est déjà en plein trouble, la zone du meurtre difficilement accessible.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Boni, le policier, rencontrera sur place Rénot, un ethnologue français, personnage atypique et plein de surprises. Ils vont alors s&amp;rsquo;enfoncer dans la jungle, accompagnés de deux jeunes filles khmer et d&amp;rsquo;un guide.&#xA;L&amp;rsquo;aventure les emmènera très loin, dans un village reculé, isolé de la civilisation, au coeur des anciennes traditions khmer ; Boni en ressortira profondément transformé.  La fin du roman est parfaitement amenée, inattendue, et disons terriblement réaliste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On retrouve le ton de l&amp;rsquo;auteur, son amour de ce pays et de son peuple, ainsi que ses doutes dans ce que l&amp;rsquo;on appelle le progrès. C&amp;rsquo;est toujours admirablement écrit. Excellent roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le portail - François Bizot</title>
            <link>https://pled.fr/le-portail-francois-bizot/</link>
            <pubDate>Sun, 15 Mar 2009 11:04:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-portail-francois-bizot/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;le-portail.jpg#floatleft&#34;&gt; L&amp;rsquo;histoire sombre du Cambodge est à la fois complexe et récente. Bien sûr j&amp;rsquo;avais entendu parler des Khmers rouges, et de leurs massacres, mais sans plus. En lisant son résumé dans le guide Lonely Planet, j&amp;rsquo;étais surtout surpris par le fait qu&amp;rsquo;elle ne s&amp;rsquo;est terminée qu&amp;rsquo;en 1998, soit il y a une dizaine d&amp;rsquo;années.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Presque sans surprise, on retrouve les américains intimement mêlés à ces pages sombres de l&amp;rsquo;Histoire : en favorisant le coup d&amp;rsquo;état du général &lt;strong&gt;Lon Nol&lt;/strong&gt; (1970) et mettant ainsi en place un régime corrompu à outrance, en envahissant le Cambodge avec les Sud-Vietnamiens, en bombardant le Cambodge et les populations civiles, ils ont une lourde part de responsabilité dans la naissance du mouvement Khmer rouge. Et ce qu&amp;rsquo;il en résulta relève réellement de l&amp;rsquo;horreur, comme seuls les hommes sont capables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une journaliste française rencontrée à Siem Reap m&amp;rsquo;a prêté ce livre de François Bizot, anthropologue francais, spécialiste du bouddhisme de l&amp;rsquo;Asie du Sud-Est, et qui se trouvait à Angkor à cette époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Fait prisonnier en 1971, soit au tout début du mouvement, il sera le seul rescapé du camp de rééducation khmer rouge. Il sera interrogé par &lt;strong&gt;Douch&lt;/strong&gt;, et libéré grâce à lui. Oui, il s&amp;rsquo;agit bien de celui qui allait, plus tard, devenir le bourreau de la prison de  &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Tuol_Sleng&#34;  title=&#34;Tuol Sleng sur wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Tuol Sleng&lt;/a&gt; (S-21), et qui est jugé en ce moment même à Phnom Penh pour crime de guerre contre l&amp;rsquo;humanité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire poignante que raconte ce livre, publié en 2000, ainsi que l&amp;rsquo;évacuation de l&amp;rsquo;ambassade de France de Phnom Penh, où François Bizot jouera le rôle d&amp;rsquo;interprète (1975).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Remarquablement écrit, dans un francais très riche (l&amp;rsquo;homme est très érudit), il permet de comprendre un peu ce qui s&amp;rsquo;est passé. Douch à cette époque est encore un idéaliste épris de vérité, et leurs dialogues, leur relation sont étonnantes et riches d&amp;rsquo;enseignements.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au-delà de l&amp;rsquo;histoire factuelle, on ressent surtout l&amp;rsquo;irrémédiabe blessure qu&amp;rsquo;à vécu François Bizot, tant on ne ressort pas indemne d&amp;rsquo;une telle aventure. Voici un extrait du prologue du livre qui donne une idée du style et de sa profondeur. La préface de John Le Carré est également magnifique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai écrit ce livre dans une amertume sans fond. Un sentiment désespéré le traverse. Je ne crois plus qu&amp;rsquo;aux choses ; l&amp;rsquo;esprit sait y pressentir ce que leur apparence renferme d&amp;rsquo;éternel. La philosophie la plus éclairée n&amp;rsquo;est-elle pas celle qui enseigne à se méfier de l&amp;rsquo;homme ? De cet optimum, de cette créature suprême, qui forme l&amp;rsquo;aristrocratie naturelle du mode vivant ? De celui qui porte - quand par exception il devient vraiment lui-même - l&amp;rsquo;excellent, mais aussi le pire ? Vainqueur  des monstres et monstre lui-même à jamais&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors je m&amp;rsquo;interroge : les religioms que j&amp;rsquo;étudie seraient-elles l&amp;rsquo;art d&amp;rsquo;apprendre à tuer dans son corps le dragon ? Et cette présence diabolique, enfouie en nous et qui ressort toujours, est-elle le péché originel dont on m&amp;rsquo;enseigna l&amp;rsquo;existence quand j&amp;rsquo;étais enfant ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je hais l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;une aube nouvelle où les homo sapiens vivraient en harmonie, car l&amp;rsquo;espoir que cette utopie suscite a justifié les plus sanglantes exterminations de l&amp;rsquo;histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pourrons-nous jamais, d&amp;rsquo;un tel constat, tirer la leçon et nous en souvenir, effrayés, à chaque arrêt sur nous-mêmes ? Notre drame sur terre est que la vie, soumise à l&amp;rsquo;attraction du ciel nous empêche de revenir sur nos erreurs de la veille, comme la marée sur le sable efface tout dans son renversement.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;François Bizot est né à Nancy en 1940. &amp;ldquo;Le portail&amp;rdquo; a reçu plusieurs prix littéraires, et a également inspiré un film, &amp;ldquo;Derrière le portail&amp;rdquo; de Jean Baronnet (2004).&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le fusil de chasse - Yasushi Iouné</title>
            <link>https://pled.fr/le-fusil-de-chasse-yasushi-ioune/</link>
            <pubDate>Tue, 10 Feb 2009 18:36:06 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-fusil-de-chasse-yasushi-ioune/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le fusil de chasse - Yasushi Sinoué&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;sinoue.jpg#floatleft&#34;&gt; Petit roman par la taille (une centaine de pages, je l&amp;rsquo;ai lu d&amp;rsquo;une seule traite), mais quel style soigné, épuré, tout empreint de culture japonaise. On y plonge avec délice : l&amp;rsquo;histoire, son mode de narration qui l&amp;rsquo;éclaire sous des angles différents, les sentiments exprimés&amp;hellip; Tout révèle la parfaite maîtrise de l&amp;rsquo;auteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire commence de façon originale : le narrateur (écrivain, poète, aucunement intéressé par la chasse) adresse un poème intitulé &amp;ldquo;Le fusil de chasse&amp;rdquo; à la revue &amp;ldquo;Le Compagnon du Chasseur&amp;rdquo;, pour rendre service à un ami d&amp;rsquo;enfance, directeur de la dite revue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le poème lui a été inspiré par un homme croisé quelques mois auparavant : le fusil sur l&amp;rsquo;épaule, marchant lourdement sur un sentier sinueux, et dont pourtant émanait quelque chose de contemplatif, chose rare chez les chasseurs. Le poème lui-même évoque un rapprochement entre un fusil de chasse et l&amp;rsquo;isolement d&amp;rsquo;un être humain&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plusieurs mois passent, puis il reçoit l&amp;rsquo;étrange courrier d&amp;rsquo;un homme qui s&amp;rsquo;est reconnu dans le poème, et lui enjoint de lire 3 lettres qui lui furent adressées : l&amp;rsquo;une par la fille de sa maîtresse récemment décédée, la deuxième par son épouse, et la dernière par sa maîtresse elle-même. Nous allons donc lire ces trois lettres, et découvrir trois narrations des mêmes évènements, mais vécus différemment, en fonction de ce que chacune sait, ne sait pas, ou a découvert. Les trois lettres se complètent adroitement et dressent un tableau complet.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beau roman, où chaque mot est soigneusement pesé, et chaque sentiment parfaitement exprimé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yasuhsi Inoué&lt;/strong&gt; (1901-1991) fut poète, romancier et nouvelliste. Très populaire au Japon, il a écrit un grand nombres de romans et de nouvelles dont les thèmes sont souvent historiques, tous minutieusement documentés.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les saisons de la nuit - Colum McCann</title>
            <link>https://pled.fr/les-saisons-de-la-nuit-colum-mccann/</link>
            <pubDate>Sun, 25 Jan 2009 18:24:45 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-saisons-de-la-nuit-colum-mccann/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les saisons de la nuit - Colum McCann&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lessaisonsdelanuit.jpg#floatleft&#34;&gt; Quand j&amp;rsquo;ai commencé ce roman, je me suis vite rendu compte que l&amp;rsquo;histoire ne m&amp;rsquo;était pas étrangère. Et pour cause, j&amp;rsquo;avais déjà lu ce roman, il y a pas mal d&amp;rsquo;années certes, mais je l&amp;rsquo;ai retrouvé dans une pile, et avec la même couverture en plus, alors pas d&amp;rsquo;excuse&amp;hellip; Ceci dit, je l&amp;rsquo;ai relu avec plaisir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire commence au début du siècle (1916), à New-York où des ouvriers creusent un tunnel sous l&amp;rsquo;Hudson. Les conditions de vie sont difficiles à cette époque. Un accident survient, et quatre ouvriers vont être happés puis rejetés par le fleuve. Nathan Walker, jeune noir de dix-neuf ans, va en réchapper, mais pas son pote Con O&amp;rsquo;Leary.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien des années plus tard, en 1991, ce même tunnel est occupé par des sans-abris, et l&amp;rsquo;hiver particulièrement rigoureux cette année-là. Treefrog (c&amp;rsquo;est son surnom) est l&amp;rsquo;un deux, perdu dans un monde emplit de rituels complexes et immuables. Obsédé par la symétrie et l&amp;rsquo;espace, il dessine d&amp;rsquo;étranges cartes. Sans doute une manière de se raccrocher à un semblant de raison dans ce monde dur et sans espoir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Treefrog est en fait le petit-fils métis de Nathan Walker, qui s&amp;rsquo;était marié avec la fille de son pote Con, chose peu acceptée à cette époque où la ségrégation est de rigueur. Par des aller-retours entre le passé et le présent, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de ces trois générations que l&amp;rsquo;on va suivre, le passé expliquant dans la mesure du possible la situation présente.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien écrit, et les mots frappent juste, décrivant un monde d&amp;rsquo;ouvriers malmené vivant en marge de la cité prospère. Colum McCann nous dresse un tableau prenant et émouvant de ce milieu, par le biais d&amp;rsquo;une histoire complexe. Le dernier mot du livre est &amp;ldquo;résurrection&amp;rdquo;, et c&amp;rsquo;est Treefrog qui le soupèse sur le bout de sa langue en sortant du tunnel, ayant fait la paix avec lui-même et son passé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Colum McCann, né en 1965 à Dublin, est un écrivain irlandais. Journaliste de formation, il a parcouru les Etats-Unis en multipliant les petits boulots, puis est parti vivre au Japon, avant de revenir à New-York où il vit aujourd&amp;rsquo;hui.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Là où les tigres sont chez eux - Jean-Marie Blas de Roblès</title>
            <link>https://pled.fr/la-ou-les-tigres-sont-chez-eux-jean-marie-blas-de-robles/</link>
            <pubDate>Tue, 13 Jan 2009 18:42:03 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-ou-les-tigres-sont-chez-eux-jean-marie-blas-de-robles/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Là où les tigres sont chez eux - Jean-Marie Blas de Roblès&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laoulestigressontchezeux.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;em&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas impunément que l&amp;rsquo;on erre sous les palmiers, et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux.&lt;/em&gt;&#xA;- Goethe, &amp;ldquo;les Affinités électives&amp;rdquo; -&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Telle est la citation en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wiktionary.org/wiki/incipit&#34;  title=&#34;incipit sur wiktionnaire&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;incipit&lt;/a&gt; du livre, et qui explique le titre. &amp;ldquo;Une pépite !&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est comme ça que le libraire me l&amp;rsquo;a présenté. &amp;ldquo;Une grosse, alors&amp;hellip;&amp;rdquo; lui ai-je répondu tandis qu&amp;rsquo;il me montrait un exemplaire (près de 800 pages, un bon kilo). Ce n&amp;rsquo;est que plus tard que j&amp;rsquo;ai su qu&amp;rsquo;il avait reçu le prix Médicis, prix destiné à récompenser un premier livre, ou un auteur dont le talent n&amp;rsquo;a pas encore été reconnu. Il a également reçu le Prix du jury Jean Giono et le Prix du roman Fnac la même année.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et je n&amp;rsquo;ai pas été décu. Le personnage central du roman, correspondant de presse au fin fond du Brésil, doit lire un manuscrit de l&amp;rsquo;époque baroque, intitulé &amp;ldquo;Vie d&amp;rsquo;Athanase Kircher&amp;rdquo; (ce personnage a réellement existé). Sorte de savant fou et génial, mais jésuite et croyant donc fermement en Dieu.&#xA;La première partie de chaque chapitre y est consacré, et l&amp;rsquo;on suivra sa vie trépidante. Inventeur génial genre Léonard de Vinci, à l&amp;rsquo;intellect impressionnant, touche-à-tout, écrivant des sommes sur l&amp;rsquo;univers, le symbolisme de la lumière, la médecine chinoise, j&amp;rsquo;en passe et des meilleures. Il croit même déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens&amp;hellip; Mais son acharnement à vouloir tout ramener à Dieu dans cette approche malgré tout scientifique génère souvent des conclusions erronées.&#xA;La seconde partie de chapitre est consacrée aux histoires parallèles du personnage central, Eléazard, d&amp;rsquo;Eleine son ex-femme partie en expédition géologique dans la forêt amazonienne, et de Moéma, leur fille, étudiante délurée à la recherche d&amp;rsquo;elle-même à l&amp;rsquo;autre bout du Brésil. Et il va s&amp;rsquo;en passer des choses&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si les histoires contemporaines ont des liens, la vie d&amp;rsquo;Athanase Kircher semble n&amp;rsquo;en avoir aucun&amp;hellip; je commençais même un peu à me lasser de ses élucubrations&amp;hellip; mais quand on comprend ce que vient faire ce manuscrit dans ce qui se passe au Brésil&amp;hellip; ouf, on est scotché ! C&amp;rsquo;est très bien écrit, un roman fleuve a l&amp;rsquo;intrigue parfaitement menée et maîtrisée. Une pépite finement ciselée !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jean-Marie Blas de Roblès, né en 1954 en Algérie Française. Etudes de philosophie et d&amp;rsquo;histoire, écrivain, il se définit comme &amp;ldquo;voyageur érudit, archéologue de terrain&amp;rdquo; sur son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.blasderobles.com/site.html&#34;  title=&#34;le site de Jean-Marie Blas de Roblès&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;site&lt;/a&gt;. Il a apparemment pas mal bourlingué.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le week-end - Bernhard Schlink</title>
            <link>https://pled.fr/le-weekd-end-bernhard-schlink/</link>
            <pubDate>Thu, 18 Dec 2008 21:52:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-weekd-end-bernhard-schlink/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le-week-end - Bernhard Schlink&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;le-week-end.jpg#floatleft&#34;&gt; Enthousiasmé par &amp;ldquo;Le liseur&amp;rdquo;, déçu par &amp;ldquo;Le noeud gordien&amp;rdquo;, je me suis tout de même laissé tenté par ce dernier livre de Bernhard Schlink : &amp;ldquo;Le week-end&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le sujet est d&amp;rsquo;actualité, puisqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un membre de la Fraction Armée Rouge, libéré par le président de la République allemande. On a vu récemment en France la conséquence d&amp;rsquo;une simple déclaration à la presse de Jean-Marc Rouillan, ancien membre d&amp;rsquo;Action directe (rassurez-vous, ce n&amp;rsquo;est pas notre président de la République qui l&amp;rsquo;avait grâcié !). N&amp;rsquo;exprimant aucun regret, ce fût un retour direct à la case prison. Ça m&amp;rsquo;avait frappé, le fait que ce soit l&amp;rsquo;absence de regret qui finalement avait choqué le plus et motivé la sanction, immédiate et lourde. On veut bien pardonner, mais il faut quand même pas déconner : il nous faut des regrets !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est un peu le sujet du bouquin : Jörg va passer son premier week-end de liberté dans une maison à la campagne, où sa soeur a invité ses amis d&amp;rsquo;enfance. Son avocat est également présent, ainsi que Marko, membre d&amp;rsquo;un groupuscule révolutionnaire qui aimerait bien que Jörg les rejoigne. Le fils de Jörg, qui a toujours ignoré voir renié son père, arrivera un peu plus tard.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et c&amp;rsquo;est toute la difficulté d&amp;rsquo;un tel passé, et d&amp;rsquo;un retour dans le monde vingt ans plus tard qui est abordé dans ce livre. Tout a changé, les amis d&amp;rsquo;enfance ont fait leurs vies, trouvé leur place dans la société, mis leurs idéaux dans leur poche, et le mouchoir par dessus. Jörg, lui, avait franchi le pas, était passé de l&amp;rsquo;autre côté : attentats, meurtres. Puis vingt ans en prison, largement le temps de réfléchir à ses actes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors les langues vont se délier peu à peu, on apprendra qui a trahi Jörg lors de sa capture, mais c&amp;rsquo;est presque anecdotique. C&amp;rsquo;est surtout la difficulté d&amp;rsquo;exprimer ne serait-ce qu&amp;rsquo;une attitude rationnelle, avoir un avis raisonné après avoir participé à de tels actes, qui est traitée. Comment justifier ce que l&amp;rsquo;on a fait quand à cette époque on était en guerre contre la société, l&amp;rsquo;Etat ? Et peut-on réellement y revenir après la violation de ce qui est l&amp;rsquo;essence même de la société ? Que devient l&amp;rsquo;amitié ? Le pardon est-il souhaité, les regrets seulement possibles ? Que répondre aux questions posées sans se renier ou mentir ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon bouquin, bien écrit, qui traite admirablement un sujet plus compliqué qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y parait. L&amp;rsquo;impression finale, en tout cas la mienne, c&amp;rsquo;est que le retour n&amp;rsquo;est guère possible.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Qui comme Ulysse - Georges Flipo</title>
            <link>https://pled.fr/qui-comme-ulysse-georges-flipo/</link>
            <pubDate>Thu, 11 Dec 2008 21:56:49 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/qui-comme-ulysse-georges-flipo/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Qui comme Ulysse de Georges Fipo&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;quicommeulysse.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;em&gt;Ne demande pas ton chemin à quelqu&amp;rsquo;un qui le connaît, tu risquerais de ne pas te perdre&lt;/em&gt;&amp;hellip;&#xA;- Rabbi Nachman de Breslau -&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Telle est la citation en &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Incipit&#34;  title=&#34;Incipit - Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;incipit&lt;/a&gt; de ce livre qu&amp;rsquo;un collègue de boulot m&amp;rsquo;avait recommandé alors que nous discutions de mes longs congés à venir, et donc de voyage.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un recueil de nouvelles, j&amp;rsquo;ai toujours un peu peur d&amp;rsquo;être déçu, que l&amp;rsquo;histoire se termine trop vite ! Et puis finalement, c&amp;rsquo;est très agréable à lire, une courte histoire, des portraits rapides, le besoin d&amp;rsquo;être clair et concis. Appréhension totalement infondée donc.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et ce fût le cas avec ce recueil : on voyage allègrement d&amp;rsquo;une nouvelle, d&amp;rsquo;un continent à l&amp;rsquo;autre. Pas le temps de défaire le sac, une nouvelle aventure vous attend à la prochaine page. Les histoires sont bien ficelées, et le voyageur se retrouve alors face à lui-même dans un contexte qu&amp;rsquo;il ne maîtrise pas. Elles rappellent aussi des souvenirs de voyage, ou bien les situations narrées vous en rappellent d&amp;rsquo;autres, vécues celles-là&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé &amp;ldquo;Un éléphant de Pataya&amp;rdquo;, qui se passe en Thaïlande donc, avec un européen confronté malgré lui au tourisme sexuel, et aussi &amp;ldquo;La partie des petits saints&amp;rdquo;, avec ce maître des échecs qui se fait battre par un type quelque part au fin fond de l&amp;rsquo;Equateur (et de quelle manière !). Et d&amp;rsquo;autres encore, le gardien de phare breton qui voyage à sa manière&amp;hellip; Vraiment un bon recueil de nouvelles pour se changer les idées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Georges Flipo est nouvelliste pour la radio (Radio France, France Bleu). Il a publié 3 recueil de nouvelles et un roman.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vente à la criée du lot 49 - Thomas Pynchon</title>
            <link>https://pled.fr/vente-a-la-criee-du-lot-49-thomas-pynchon/</link>
            <pubDate>Tue, 25 Nov 2008 18:32:31 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vente-a-la-criee-du-lot-49-thomas-pynchon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Vente à la criée du lot 49 - Thomas Pynchon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pychon.jpg#floatleft&#34;&gt; Le libraire de Puteaux me parlait l&amp;rsquo;autre jour de cet auteur avec enthousiasme, me montrant le gros pavé qu&amp;rsquo;il était en train de lire : &amp;ldquo;Contre-jour&amp;rdquo;, le récit démarrant sur les traces des anarchistes de l&amp;rsquo;Ouest américain à la fin du XIXè siècle&amp;hellip; que &lt;strong&gt;Thomes Pynchon&lt;/strong&gt;, l&amp;rsquo;auteur, vivait caché depuis des années, pas de photos, pas d&amp;rsquo;interview à la presse&amp;hellip; Je décidais tout de même de commencer plus petit, avec &lt;strong&gt;Vente à la criée du lot 49&lt;/strong&gt;, deux cents pages en format poche.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je crois que j&amp;rsquo;ai bien fait, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment accroché. Une histoire pour le moins délirante, sans queue ni tête, bien écrit certes, mais bon&amp;hellip;Tant qu&amp;rsquo;à écrire, autant y mettre un peu de contenu. Pourtant j&amp;rsquo;aime bien les histoire délirantes (je n&amp;rsquo;ai rien contre en tout cas), mais il me faut tout de même un sens, ou alors quelques passages remarquables. Allez, un seul ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout se passe en Californie, sous le soleil. Les personnages sont tous délirants, prenant éventuellement du LSD comme le psychiatre (il deviendra fou) d&amp;rsquo;Oedipa (c&amp;rsquo;est son prénom), qui apprend qu&amp;rsquo;elle est nommée exécutrice testamentaire de son ex&amp;rsquo; (richissime). A partir de là, plus rien n&amp;rsquo;est certain : découvre-t-elle des choses ? devient-elle folle ? n&amp;rsquo;est-ce pas son ex qui aurait préparé toute cette extragante histoire ? La dernière page tournée, vous n&amp;rsquo;en saurez guère plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après un premier délire dont le sommet est une pièce de théâtre abracadabrantesque, le second parait pourtant prometteur : il existerait un système postal parrallèle à l&amp;rsquo;officiel, utilisé principalement par les minorités de la société (anarchistes, gays, exclus de tous genre, etc..). Et puis il y a ces timbres de collection qui après un examen attentif se révèlent tous porteurs d&amp;rsquo;un signe identifiant ce fameux système parralèle. J&amp;rsquo;ai cru que ça allait enfin partir sur quelque chose d&amp;rsquo;intéressant. Et puis non, la fin arrive et l&amp;rsquo;on peut tout supposer, et son contraire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sinon, c&amp;rsquo;est très bien écrit, l&amp;rsquo;auteur est doué pour ça, sans aucun doute. Il incruste dans l&amp;rsquo;histoire pas mal de références culturelles&amp;hellip; mais au vu de l&amp;rsquo;histoire, il serait imprudent de les prendre comme vraies.&#xA;Un bon bouquin du même auteur doit certainement valoir le détour, il suffit de choisir le ou les bons. Pas sûr que celui-ci en fasse partie (j&amp;rsquo;espère que non en fait).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Thomas Pynchon est né le 8 mai 1937 aux États-Unis. Depuis les années 50, il vit dans l’anonymat le plus complet et refuse toute interview. Il est considéré par la critique américaine, comme l’un des romanciers les plus importants de sa génération.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Sociologie critique - Karl Marx</title>
            <link>https://pled.fr/karl-marx-sociologie-critique/</link>
            <pubDate>Sun, 16 Nov 2008 17:45:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/karl-marx-sociologie-critique/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Karl Marx - Sociologie critique&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;marx.jpg#floatleft&#34;&gt; En voyant ce bouquin sur la table du libraire, je me suis dit qu&amp;rsquo;il était peut-être intéressant de lire Marx, en ces temps où la capitalisme semble rencontrer quelques problèmes &amp;ldquo;conceptuels&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;agit de textes de &lt;strong&gt;Karl Marx&lt;/strong&gt; (1818-1883) : lettres, extraits de ses ouvrages, rassemblés par &lt;strong&gt;Maximilien Rubel&lt;/strong&gt;, qui fut l&amp;rsquo;éditeur des Oeuvres de Marx dans la Pléiade.&#xA;De plus, c&amp;rsquo;est dans la collection &lt;em&gt;Petite bibliothèque Payot&lt;/em&gt;, couverture souple en carton, très agréable en main, la perfection en livre de poche !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, il faut pas mal se concentrer pour la lecture, c&amp;rsquo;est assez dense, et j&amp;rsquo;ai souvent dû relire plusieurs fois un paragraphe pour essayer de le comprendre. Et d&amp;rsquo;autres fois, je suis passé directement au suivant ! Mais du point de vue des idées, c&amp;rsquo;est remarquable, à chacun ensuite d&amp;rsquo;y réfléchir et d&amp;rsquo;en tirer ses propres conclusions. Mon bouquin est maintenant rempli de traits sur la marge pour repérer un texte qui m&amp;rsquo;a frappé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Marx est indéniablement un grand personnage, très cultivé comme d&amp;rsquo;autres de ce siècle. Philosophie, histoire, théoricien.. Il va même jusqu&amp;rsquo;à apprendre le russe (il parle déjà plusieurs langues européennes) dans le simple but de mieux comprendre les idées d&amp;rsquo;auteurs russes. On imagine le personnage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Tout ce que je sais, c&amp;rsquo;est que moi, je ne suis pas marxiste.&#xA;KARL MARX&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est avec cette citation que démarre la première partie de l&amp;rsquo;ouvrage (la plus facile à lire), plus autobiographique, et composée principalement de lettres de Marx, souvent à Engels, mais aussi de deux documents intimes adressés à sa femme.&#xA;La première chose à retenir est donc de ne pas confondre l&amp;rsquo;homme et ses écrits avec ce que d&amp;rsquo;autres ont fait dans l&amp;rsquo;histoire sous le couvert d&amp;rsquo;un &amp;ldquo;marxisme&amp;rdquo; dont il ne se reconnaît pas lui-même. C&amp;rsquo;est le sens de la citation mise en exergue.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et comme attendu, concernant la crise actuelle, ces textes écrits au XIXe siècle sont tout à fait pertinents.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;préface&#34;&gt;Préface&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;abandonne la préface de Louis Jannover après quelques pages (cinquante-quatre au total), contenant trop de références culturelles à mon goût (ou ma capacité), mais je lis l&amp;rsquo;introduction de Maximilien Rubel (soixante pages), et surprise ! il mentionne &lt;strong&gt;Max Stirner&lt;/strong&gt;, dont &lt;strong&gt;Michel Onfray&lt;/strong&gt; avait parlé cet été lors de son université populaire de Caen, diffusée sur France Culture comme chaque année. Le hasard fait parfois bien les choses, j&amp;rsquo;avais l&amp;rsquo;air plus cultivé tout d&amp;rsquo;un coup. Un petit mot sur lui au passage :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Philosophe contemporain de Hegel et de Marx, Stirner est un nihiliste et l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;un curieux &amp;ldquo;L&amp;rsquo;unique est sa propriété&amp;rdquo;, sorte de défi à tous les philosophes et à toutes les croyances. Une philosophie dure, où il n&amp;rsquo;y a de dominants que si des dominés acceptent de l&amp;rsquo;être&amp;hellip; ni de pauvres s&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;acceptaient d&amp;rsquo;être pauvres. Une pensée centrée sur soi, mais qui peut se révéler salutaire parfois&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;marx-était-il-bourgeois-&#34;&gt;Marx était-il bourgeois ?&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Un ami me disait &amp;ldquo;Marx, tu parles, il a vécu comme un bourgeois !&amp;rdquo;. Sa femme est certes issue de la noblesse prussienne, et le père de Marx est avocat, mais ils ont tous deux rompus avec leur milieu social, et il semble bien qu&amp;rsquo;ils aient vécu des périodes difficiles (au moins pendant les périodes d&amp;rsquo;exil, qui furent nombreuses). C&amp;rsquo;est en tout cas ce qu&amp;rsquo;il ressort de quelques extraits de lettres adressées à Engels, à qui, la mort dans l&amp;rsquo;âme, il doit demander de l&amp;rsquo;aide :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le grand froid qui vient de nous surprendre et le manque absolu de charbon dans notre logement m&amp;rsquo;obligent - bien que ce soit pour moi la chose la plus pénible qui existe au monde - de t&amp;rsquo;ennuyer une fois de plus.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il vit difficilement de ses écrits de journaliste et d&amp;rsquo;écrivain :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je m&amp;rsquo;efforce de grossir ce volume, car ces idiots d&amp;rsquo;allemands mesurent la valeur des livres d&amp;rsquo;après leur cubage.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, il est sans doute plus avisé de lire ce qu&amp;rsquo;il a écrit que d&amp;rsquo;écouter ce que l&amp;rsquo;on en dit, et ainsi se construire sa propre opinion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-crises-du-capitalisme&#34;&gt;Les crises du capitalisme&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Et puisque l&amp;rsquo;on est en pleine crise économique mondiale, il était intéressant de voir ce que Marx nous raconte à ce sujet. Ce qu&amp;rsquo;il en dit est parfaitement d&amp;rsquo;actualité, preuve de son talent d&amp;rsquo;analyste ou de théoricien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La possibilité de la crise est donnée parce que l&amp;rsquo;argent fonctionne comme moyen de circulation et à cause de la séparation de l&amp;rsquo;achat et de la vente.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On pense aux mouvements boursiers, où l&amp;rsquo;on peut acheter des actions et ne les payer que plus tard.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il conviendrait sans doute d&amp;rsquo;analyser les causes du développement de l&amp;rsquo;argent comme moyen de paiement dans la mesure où il est lié à celui du crédit et du surcrédit.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tiens, le crédit, responsable de la crise, ça ne vous dit rien ?&#xA;Et puisque que l&amp;rsquo;achat et la vente sont séparés, la crise se développe en tant que crise monétaire. Il nous parle déjà de la mondialisation, amenant des cycles successifs aboutissants toujours à une crise. D&amp;rsquo;ailleurs, selon lui, la période de ceux-ci tend à se raccourcir graduellement&amp;hellip; ça promet ! Le mode de production du capitalisme n&amp;rsquo;arrange rien :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La limite de la production, c&amp;rsquo;est le profit des capitalistes et nullement le besoin des producteurs&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-dette-publique&#34;&gt;La dette publique&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;La dette publique, en d&amp;rsquo;autres termes l&amp;rsquo;aliénation de l&amp;rsquo;État, qu&amp;rsquo;il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marqyue de son empreinte l&amp;rsquo;ère capitaliste. [&amp;hellip;] Le crédit public, voilà le credo du capital. [&amp;hellip;] Mais à part la classe des rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation - de même que celle des marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d&amp;rsquo;un capital tombé du ciel -, la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l&amp;rsquo;agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Terriblement d&amp;rsquo;actualité, non ? Avec tous ces milliards débloqués pour soutenir les banques&amp;hellip; c&amp;rsquo;est la manne idéale pour un capitaliste !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-baisse-des-salaires&#34;&gt;La baisse des salaires&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Deux citations à propos des salaires. La première de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Ricardo&#34;  title=&#34;Daniel Ricardo sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Ricardo&lt;/a&gt;, un économiste anglais auteur de la théorie de la valeur (avec qui Marx n&amp;rsquo;est pas forcément en accord, mais dont il cite certaines analyses) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Diminuez les frais de la fabrication des chapeaux et leur prix finira par tomber à leur nouveau prix naturel, quoique la demande puisse doubler, tripler ou quadrupler. Diminuez les frais d&amp;rsquo;entretien des hommes, en diminuant le prix naturel de la nourriture et des vêtement qui soutiennent la vie, et vous verrez les salaires finir par baisser quoique la demande de bras ait pu s&amp;rsquo;accroître considérablement [Ricardo].&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le prix des frais d&amp;rsquo;existence et de reproduction constitue le salaire. Le salaire ainsi déterminé s&amp;rsquo;appelle le minimum du salaire. [&amp;hellip;] il y a des ouvriers, des millions d&amp;rsquo;ouvriers, qui ne reçoivent pas assez pour pouvoir exister et se reproduire ; mais le salaire de la classe ouvrière tout entière tend, dans la limite de ces fluctuations, à devenir égal à ce minimum.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comment ne pas penser aux travailleurs d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui qui ne peuvent se payer un loyer ?&#xA;Par ailleurs, Marx détaille avec moultes précisions tout le mécanisme du travail, du salaire, de l&amp;rsquo;argent, etc&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;liberté-égalité-fraternité&#34;&gt;Liberté, Égalité, Fraternité&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous constatons avant tout le fait que les prétendus droits de l&amp;rsquo;homme, distincts du droit du citoyen, ne sont rien d&amp;rsquo;autres que les droits du membre de la société bourgeoise, c&amp;rsquo;est-à-dire de l&amp;rsquo;homme égoïste, de l&amp;rsquo;homme séparé de l&amp;rsquo;homme et de la communauté.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et il développe, c&amp;rsquo;est très intéressant et nos sacro-saints Droits de l&amp;rsquo;Homme en prennent un sacré coup, vu sous cet angle. L&amp;rsquo;Etat n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;un simple bureau d&amp;rsquo;enregistrement des doléances des capitalistes, et la bureaucratie s&amp;rsquo;y épanouit :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;autorité est par conséquent le principe de son savoir, et l&amp;rsquo;idolâtrie de l&amp;rsquo;autorité est sa mentalité.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;histoire-science-et-industrie&#34;&gt;Histoire, science et industrie&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;Pour Marx la société moderne (son organisation, ses rapports sociaux), l&amp;rsquo;histoire de celle-ci, son évolution, est véritablement l&amp;rsquo;expression de la psychologie humaine :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;industrie parvenue à l&amp;rsquo;existence historiquement objective constitue le livre ouvert des facultés essentielles de l&amp;rsquo;homme, la psychologie humaine concrètement saisissable  [..] L&amp;rsquo;industrie matérielle, ordinaire [..] nous offre, dans les objets sensibles, extérieurs à nous, utiles, sous la forme de l&amp;rsquo;aliénation, les facultés essentielles de l&amp;rsquo;homme, transformées en objets. Une psychologie qui refuse de puiser dans ce livre, c&amp;rsquo;est-à-dire justement la partie la plus vivante, la plus immédiate et la plus accessible à l&amp;rsquo;homme, ne peut devenir une science réelle, riche de contenu.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est sans doute le truc le plus intéressant à retenir : observer la société dans laquelle nous vivons comme l&amp;rsquo;expression de la psychologie humaine&amp;hellip; ça parait très intéressant !&#xA;Et c&amp;rsquo;est certainement tout le mérite de cette lecture, apporter un éclairage différent de celui qu&amp;rsquo;on nous présente aujourd&amp;rsquo;hui, vraiment caricatural de la pensée de Marx.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un second volume existe : &lt;strong&gt;Révolution et socialisme&lt;/strong&gt;, qui s&amp;rsquo;interroge sur les conditions de l&amp;rsquo;émancipation politique et sociale. Je vais attendre un peu et repasser à des romans pour l&amp;rsquo;instant.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La reine dans le palais des courants d&#39;air - Stieg Larsson</title>
            <link>https://pled.fr/la-reine-dans-le-palais-des-courants-dair-stieg-larsson/</link>
            <pubDate>Fri, 07 Nov 2008 18:00:23 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-reine-dans-le-palais-des-courants-dair-stieg-larsson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La reine dans le palais des courants d’air - Stieg Larsson&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;millenium3.jpg#floatleft&#34;&gt; &amp;hellip; ou Millenium 3, suite et fin de la trilogie. On retrouve Lisbeth très mal en point (normal, avec une balle dans la tête), mais en vie. L&amp;rsquo;intrigue reprend son cours, et là encore on accroche tout de suite, suspens, action, l&amp;rsquo;intrigue est toujours aussi bien menée. Les fils du tome 2 vont se dénouer, et Lisbeth devra passer devant la justice pour sa réhabilitation sociale, aidée par ses amis (car maintenant elle en a !). Un bon cru donc, le dernier hélas puisque l&amp;rsquo;auteur Stieg Larsson est mort peu de temps après avoir remis ses 3 manuscrits à son éditeur.&#xA;Alors tout ce bruit médiatique autour de cette trilogie était-il mérité ? pour moi, c&amp;rsquo;est un bon polar, qui accroche bien le lecteur, et que l&amp;rsquo;on a du mal à reposer tant l&amp;rsquo;intrigue est bien menée. Tout ce que  l&amp;rsquo;on demande à un polar&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, quelle société nous décrit Stieg Larsson ? hommes d&amp;rsquo;affaire respectés qui sont en fait des truands, des mouvements financiers qui échappent à tout contrôle, et d&amp;rsquo;autres personnalités officielles aux moeurs peu délicates. Un gouvernement qui ne contrôle pas ce que fait sa police secrète, cette dernière ayant complètement dérivée pour tomber dans l&amp;rsquo;illégalité la plus totale. Des femmes maltraitées, violées, tuées. Une presse et des médias manipulés.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Seul joyau de pureté dans ce monde perdu, un journal indépendant, qui enquête, dénonce et parvient à faire éclater la vérité et gagner les procès. C&amp;rsquo;est bien là que ça cloche, comme le faisait remarquer &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=869&#34;  title=&#34;article sur Denis Robert&#34;&#xA;    &gt;Denis Robert&lt;/a&gt; ! dans la vraie vie, le journaliste indépendant est harcelé par des groupes aux moyens démesurés, jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il abandonne son combat.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Malgré tout cela, Lisbeth, complètement associale au début de l&amp;rsquo;histoire, trouvera sa place. Le message est donc terriblement optimiste&amp;hellip; Pour le reste, la peinture de la société est assez proche de la réalité ! C&amp;rsquo;est peut-être la clef de son succès.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Petit cours d&#39;autodéfense intellectuelle - Normand Baillargeon</title>
            <link>https://pled.fr/petit-cours-dauto-defense-intellectuelle-normand-baillargeon/</link>
            <pubDate>Sun, 05 Oct 2008 16:55:03 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Petit cours d’auto-défense intellectuelle - Normand Baillargeon&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;baillargeon.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre très utile en ces temps de communication si soignée. Il nous rappelle pas mal de principes de bases que l&amp;rsquo;on a parfois tendance à oublier, et tout cela sur d&amp;rsquo;une manière très claire et plaisante.&#xA;Une véritable initiation à la pensée critique : vous n&amp;rsquo;entendrez plus les résultats de sondages de la même oreille, ni ne verrez un graphique du même oeil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première partie du livre aborde les outils : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités et la statistique (la partie maths et stats est un peu ardue, mais il est facile de comprendre l&amp;rsquo;essentiel).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y aborde entre autres la démonstration de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wiktionary.org/wiki/paralogisme&#34;  title=&#34;Faux raisonnement fait de bonne foi&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;paralogismes&lt;/a&gt; courants (ou l&amp;rsquo;art de la fourberie mentale et de la manipulation), des rappels sur les nombres fort utiles (les chances de gagner au loto, la difficulté qu&amp;rsquo;a l&amp;rsquo;humain à évaluer les grands nombres), etc. On y apprendra également au passage quelques tours de magie, et quelques anecdotes historiques, comme la question du chevalier de Méré à Blaise Pascal, qui donnera naissance à la théorie des probabilités.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La seconde partie est consacrée à la justification des croyances selon les éléments suivants : l&amp;rsquo;expérience personnelle, la science empirique et expérimentale, et enfin les médias. Cette dernière partie est passionnante, puisque notre société est devenu très médiatique. Extraits :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;a-propos-de-la-démocratie&#34;&gt;A propos de la démocratie&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ici, pour la majorité des gens, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;une démocratie de spectateurs et non de participants. L&amp;rsquo;information à laquelle ils ont droit est celle que leur préparent les véritables acteurs de la scène démocratique. Cette information doit les divertir; elle simplifie les informations à la mesure de ce qu&amp;rsquo;on pense être leur faible niveau de compréhension du monde - niveau que l&amp;rsquo;on souhaite bien sûr maintenir. Selon ce point de vue, la démocratie sainement comprise est donc fort différente de celle que la plupart des gens ont d&amp;rsquo;ordinaire et peut-être naïvement en tête.&#xA;Dans une des premières éditions de l&amp;rsquo;Encyclopedia of Social Sciences, parue dans les années 1930, un des plus éminents spécialistes des médias, Harold Laswell, expliquait qu&amp;rsquo;il importe surtout de ne pas succomber à ce qu&amp;rsquo;il nommait le &amp;ldquo;dogmatisme démocratique&amp;rdquo;, c&amp;rsquo;est-à-dire l&amp;rsquo;idée selon laquelle les gens ordinaires seraient en mesure de déterminer eux-mêmes leurs besoins et leurs intérêts et qu&amp;rsquo;ils seraient donc en mesure de choisir par eux-mêmes ce qui leur convient. Cette idée est complètement fausse, assurait Laswell. La vérité est plutôt qu&amp;rsquo;une élite doit décider pour eux. Cela peut certes sembler problématique, du moins au sein d&amp;rsquo;une démocratie naïvement comprise. Mais Laswell proposait une solution bien commode : à défaut du recours à la force pour contrôler la population, on peut parfaitement la contrôler par l&amp;rsquo;opinion.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;a-propos-des-médias&#34;&gt;A propos des médias&#xA;&lt;/h3&gt;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Malgré qu&amp;rsquo;ils soient en droit des outils politiques fondamentaux d&amp;rsquo;élaboration d&amp;rsquo;un espace public de discussion, ils sont en passe de renoncer à cette tâche pour ne plus exercer qu&amp;rsquo;une fonction de propagande et d&amp;rsquo;occultation du réel. Autrement dit, même s&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est guère réjouissant que la télévision verse de plus en plus dans le reality show et autres spectaculaires stupidités, la véritable tragédie se joue désormais chaque soir, au téléjournal, par le recul et l&amp;rsquo;oubli de la mission politique et citoyenne d&amp;rsquo;information qui est celle des médias.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et concernant la dépendance des médias envers la publicité, j&amp;rsquo;ai noté ceci : &amp;quot; &lt;em&gt;les médias vendent moins des informations à un public que du public à des annonceurs »&lt;/em&gt;, qui n&amp;rsquo;est pas sans rappeler le fameux &amp;quot; &lt;em&gt;temps de cerveau disponible&lt;/em&gt;&amp;quot; de Patrick Le Lay. Tout le monde est d&amp;rsquo;accord.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;la-dissonance-cognitive&#34;&gt;La dissonance cognitive&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai bien aimé aussi cette remarque de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky&#34;  title=&#34;Chomsky sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Chomsky&lt;/a&gt; (qui signe le quatrième de couverture) :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;[Si] vous vous conformez, vous commencez à obtenir les privilèges que confère le conformisme. Bientôt, parce qu&amp;rsquo;il est utile de le croire, vous en venez à croire ce que vous dites et vous intériorisez le système d&amp;rsquo;endoctrinement, de distorsions et de mensonges. Vous devenez ainsi un membre consentant de cette élite privilégiée qui exerce son contrôle sur la pensée et l&amp;rsquo;endoctrinement : tout cela se produit très couramment, jusqu&amp;rsquo;aux plus hauts échelons. Il est en fait très rare - c&amp;rsquo;est à peine si cela existe - qu&amp;rsquo;une personne puisse endurer ce qu&amp;rsquo;on appelle &amp;ldquo;la dissonance cognitive&amp;rdquo; - dire une chose et en croire une autre. Vous commencez donc à dire certaines choses parce qu&amp;rsquo;il est nécessaire de les dire et bientôt vous les croyez parce que vous devez les croire.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je pense qu&amp;rsquo;il y a beaucoup de gens qui pourtant s&amp;rsquo;en croient capables.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Normand_Baillargeon&#34;  title=&#34;Normand Baillargeon sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Normand Baillargeon&lt;/a&gt; enseigne les fondements de l&amp;rsquo;éducation à l&amp;rsquo;Université du Québec à Montréal.  Il est l&amp;rsquo;auteur de &amp;quot; &lt;em&gt;L&amp;rsquo;ordre sans le pouvoir&lt;/em&gt;&amp;quot; et de &amp;quot; &lt;em&gt;Les chiens ont soif&lt;/em&gt; ». Il est essayiste, militant libertaire et collabore à de nombreuses revues alternatives.&#xA;J&amp;rsquo;imagine qu&amp;rsquo;il a du aussi participer à des manifestations en première ligne, car il prend souvent comme exemple une société qui fabrique des matraques, quelque soit la démonstration à faire&amp;hellip; La répétition en est quoiqu&amp;rsquo;il en soit très amusante.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Traité de savoir-survivre - Philippe Val</title>
            <link>https://pled.fr/traite-de-savoir-survivre-philippe-val/</link>
            <pubDate>Fri, 19 Sep 2008 17:12:54 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/traite-de-savoir-survivre-philippe-val/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Traité de savoir-survivre par temps obscurs&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;traitedesavoirsurvivre.jpg#floatleft&#34;&gt; Philippe Val n&amp;rsquo;est pas que le directeur de la publication et de la rédaction de Charlie-Hebdo, il écrit aussi des livres. Et bien d&amp;rsquo;autres choses encore, puisque la première fois que j&amp;rsquo;ai entendu ce nom, je venais d&amp;rsquo;arriver à Hyères en 1982, et il passait avec son compère de l&amp;rsquo;époque Patrick Font (Font et Val) au café théâtre &amp;ldquo;Le bouc étourdi&amp;rdquo;, qui était tenu par des amis. Depuis, Font a mal tourné&amp;hellip; et Val m&amp;rsquo;inquiète (voir l&amp;rsquo;article précédent) !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Plus sérieusement, c&amp;rsquo;est un bouquin intéressant. Après une petite intro où Val nous explique comment la philosophie matérialiste (ou athéiste) de Spinoza fût un déclencheur pour lui, le point de départ d&amp;rsquo;une réflexion toujours vivace. Le travail de la pensée, la philosophie de l&amp;rsquo;approbation de la vie, sans dieux. La liberté. Je réfléchis donc je suis.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais sommes nous vraiment libres ? C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;objet de ce livre, Val nous propose de réfléchir à ceci :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;- Quelle est la proportion de nos actes dictés par les instincts ?&#xA;- Quelle est la proportion de nos actes qui sont le produit de notre liberté ?&#xA;- Quelle est la proportion de nos actes dictés par les lois de l&amp;rsquo;espèce, mais dont nous croyons qu&amp;rsquo;ils suivent une libre décision ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;espèce a ses propres lois acquises au long de l&amp;rsquo;évolution, nous avons les nôtres fraîchement issues de notre libre-arbitre. Si l&amp;rsquo;individu humain a gagné du terrain sur les lois de l&amp;rsquo;espèce depuis trois millions d&amp;rsquo;années, cette dernière reprend parfois le dessus&amp;hellip; Et ce qui est bon pour la continuation de l&amp;rsquo;espèce ne l&amp;rsquo;est pas forcément pour l&amp;rsquo; individu. La guerre par exemple.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il explore alors différents aspects de la vie, de l&amp;rsquo;histoire de l&amp;rsquo;homme sous cet angle. Une suite de courts chapitres sur chaque sujet, autant de réflexions pour nous amener à réfléchir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en cela que le bouquin est intéressant. Les idées de Val en elles-mêmes&amp;hellip; un peu moins : le raisonnement n&amp;rsquo;est pas toujours objectif, et destiné à servir la démonstration.  Mais après tout il ne fait qu&amp;rsquo;ouvrir un débat avec le lecteur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On le sent surtout fasciné par la culture : philo, psychanalyse, littérature classique, etc&amp;hellip; Il y fait beaucoup référence, un peu trop parfois. On se demande finalement comment un homme aussi cultivé n&amp;rsquo;a pas viré Siné plus tôt !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le noeud gordien - Bernhard Schlink</title>
            <link>https://pled.fr/le-noeud-gordien-bernhard-schlink/</link>
            <pubDate>Thu, 04 Sep 2008 17:17:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-noeud-gordien-bernhard-schlink/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Le noeud-gordien - Bernhard Schlink&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;noeud-gordien.jpg#floatleft&#34;&gt; Bernhard Schlink, j&amp;rsquo;avais déjà lu &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=647&#34;  title=&#34;article sur Le liseur&#34;&#xA;    &gt;Le liseur&lt;/a&gt;, et j&amp;rsquo;avais beaucoup aimé : très bien écrit, et profond dans les réflexions. Schlink ayant également écrit des romans policiers, à Noël dernier, j&amp;rsquo;offrais  &lt;strong&gt;Le noeud gordien&lt;/strong&gt; à Blaise (mon beau-frère). Je n&amp;rsquo;avais pas lu le livre, mais j&amp;rsquo;étais confiant en pensant au liseur. Cet été, je demandais à Blaise ce qu&amp;rsquo;il en avait pensé&amp;hellip; et il n&amp;rsquo;avait pas vraiment branché. Je décidais alors de le lire également, histoire de me faire ma propre idée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Même constat, l&amp;rsquo;intrigue est plus que moyenne, et la fin sous forme de happy-end peu crédible. L&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un type seul, traducteur de son métier, qui se retrouve manipulé par les services secrets pour traduire les plans d&amp;rsquo;un hélicoptère de combat. Une belle espionne lui tombe dans les bras, et il croit au grand amour. Mais tout finira bien, il se jouera seul des services secrets et retrouvera par miracle la belle espionne à New-York. Elle l&amp;rsquo;aime toujours et attend un enfant de lui. Trop cool ! Quant à l&amp;rsquo;écriture, rien de très exceptionnel. Bref, un polar moyen, voir décevant. Il se laisse lire, mais on se lasse vite de ces situations si peu crédibles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Finalement, il suffit de regarder les dates de parution des deux livres : 1988 pour le noeud gordien, et 1995 pour le liseur. Bernhard a fait d&amp;rsquo;énormes progrès en sept ans !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Dans la dèche au Royaume Enchanté - Cory Doctorow</title>
            <link>https://pled.fr/dans-la-deche-au-royaume-enchante-cory-doctorow/</link>
            <pubDate>Wed, 06 Aug 2008 17:46:18 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/dans-la-deche-au-royaume-enchante-cory-doctorow/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Dans la dèche au Royaume Enchanté&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;doctorow.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;avais entendu parler de ce livre en début d&amp;rsquo;année, à la radio, où le plus grand bien était dit de l&amp;rsquo;auteur : une nouvelle SF, ayant intégré toutes les technologies modernes, internet, etc&amp;hellip; Il n&amp;rsquo;était pas encore traduit en français, mais allait l&amp;rsquo;être dans quelques mois. Je le notais dans un coin, et l&amp;rsquo;ai lu cet été.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Julius travaille à Disney World, fait la quarantaine, mais il a 150 ans en réalité. Peu importe, car le cerveau des humains est maintenant connecté en permanence à une sorte d&amp;rsquo;internet du futur. Terminaux virtuels au bout des doigts activés d&amp;rsquo;une simple pensée, idem pour l&amp;rsquo;écran&amp;hellip; ça commence pas mal. Ils peuvent surtout faire une sauvegarde, changer de corps, et restaurer la-dite sauvegarde. Dans ce monde parfait à l&amp;rsquo;image de Disney World (cherchez l&amp;rsquo;erreur), et où la mort est vaincue (à condition de bien faire ses sauvegardes), une équipe menace de prendre le contrôle de l&amp;rsquo;attraction de Julius : la &lt;strong&gt;Mansion House&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire en elle-même est imprégnée de culture américaine, de celle des parcs d&amp;rsquo;attractions, et plus spécifiquement de cette Mansion House. On a du mal à s&amp;rsquo;impliquer&amp;hellip;&#xA;Il n&amp;rsquo;y a plus d&amp;rsquo;argent, tout repose sur ton &amp;ldquo;whuffie&amp;rdquo;, sorte de compteur personnel qui grimpe en fonction de l&amp;rsquo;estime que te portent les gens (mais qui n&amp;rsquo;est jamais vraiment décrit en détail, pas plus que la société &lt;em&gt;Bitchum&lt;/em&gt; dans laquelle l&amp;rsquo;histoire se passe). Quand le whuffie baisse, tu deviens une merde, chacun voyant le whuffie de l&amp;rsquo;autre. Tu perds ton boulot, ta femme te quitte, etc&amp;hellip; Dommage, ça aurait pu faire un bon roman de science-fiction.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lauteur&#34;&gt;L&amp;rsquo;auteur&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cory Doctorow&lt;/strong&gt;, né en 1971 à Toronto (Canada), est blogueur (blog &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://boingboing.net/&#34;  title=&#34;blog Boing Boing&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Boing Boing&lt;/a&gt;), journaliste et auteur de science fiction. Il milite à l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronic_Frontier_Foundation&#34;  title=&#34;EFF sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Electronic Frontier Foundation&lt;/a&gt;, et travaille pour &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Creative_Commons&#34;  title=&#34;Creative Common sur Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Creative Commons&lt;/a&gt;. Ses livres sont téléchargeables gratuitement sur &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://craphound.com/&#34;  title=&#34;site de Cory Doctorhow&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;son site&lt;/a&gt;, en anglais malheureusement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;auteur est certainement intéressant, ce bouquin là beaucoup moins.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La route - Cormac McCarthy</title>
            <link>https://pled.fr/la-route-cormac-mccarthy/</link>
            <pubDate>Fri, 25 Jul 2008 17:38:38 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-route-cormac-mccarthy/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;La route&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;laroute.jpg#floatleft&#34;&gt; Un bouquin offert par ma frangine pendant les vacances en juin. C&amp;rsquo;est toujours bon à prendre (la route&amp;hellip;). Merci Martine.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire est post cataclysme nucléaire. On ne saura jamais ce qui s&amp;rsquo;est passé, pas la moindre information sur les causes possibles de la catastrophe, rien qui pourrait éclairer notre lanterne. Le saurait-on d&amp;rsquo;ailleurs si cela arrivait ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On va donc se contenter de suivre un homme et son fils qui errent sur la route, poussant un caddy chargé de leurs maigres possessions. Souvent affamés, à la quête constante de nourriture (non contaminée), et toujours sur leurs gardes, se cachant dès qu&amp;rsquo;une silhouette surgit à l&amp;rsquo;horizon. Un peu paradoxal dans la mesure où leur but est tout de même de trouver un groupe humain qui les accueille. Bon&amp;hellip; il faut reconnaître que les routes sont très mal fréquentées.&#xA;Paradoxalement, il ne se passe pas grand chose, et l&amp;rsquo;on est pourtant pris par l&amp;rsquo;histoire. Il y a très peu de dialogues, le père et le fils n&amp;rsquo;échangeant que quelques mots de temps en temps Le monde est hostile, et ils avancent vers le sud fuyant l&amp;rsquo;hiver et le froid.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Côté écriture, la traduction a fait un drôle de choix, utilisant le &amp;ldquo;et&amp;rdquo; dans les énumérations, chose qui se fait en anglais, mais pas vraiment en français&amp;hellip; Exemple :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il retourna à la cuisine et prit le balai et ressortit et balaya le couvercle et posa le balai dans le coin et retira le couvercle de la citerne.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu lourdingue non ? C&amp;rsquo;est forcément volontaire, et ma foi je ne comprend pas trop. D&amp;rsquo;autant qu&amp;rsquo;on le retrouve tout au long du bouquin. Si le traducteur François Hirsch ou quelqu&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;autre veut bien m&amp;rsquo;expliquer, je suis preneur.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour le reste, c&amp;rsquo;est plutôt bien écrit, et l&amp;rsquo;atmosphère de ce monde d&amp;rsquo;après parfaitement retranscrite. C&amp;rsquo;est peut-être cela qui nous accroche&amp;hellip; Les jours se suivent et se ressemblent, il y a peu d&amp;rsquo;espoir, et l&amp;rsquo;homme trouve la force d&amp;rsquo;avancer pour essayer de sauver son fils. On sent tout de même que l&amp;rsquo; écrivain est un américain chrétien, et que tout cela ressemble fort au Châtiment Divin, et tutti quanti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin est nulle, je ne la dévoilerai pas, mais disons que je l&amp;rsquo;ai trouvée fort improbable. D&amp;rsquo;autres ont pu avoir la larme à l&amp;rsquo;oeil&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cormac_McCarthy&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Cormac McCarthy&lt;/a&gt; est né en 1933 à Providence (Etats-Unis). Reconnu comme l&amp;rsquo;un des écrivains majeur de son époque, il a reçu le prix Pulitzer en 2007 pour ce livre. Il est hanté par la violence des hommes et la question du Mal (Nathalie Crom - Télérama). Son meilleur livre serait &lt;strong&gt;Méridien de sang&lt;/strong&gt; ( &lt;em&gt;Blood meridian&lt;/em&gt;) : un gamin au Texas qui se retrouve avec des chasseurs d&amp;rsquo;indiens, plongé dans un monde où seuls les plus violents survivent (&amp;ldquo;sorte d&amp;rsquo;anti-western basé sur des faits réels. Noir, lyrique, et violent&amp;rdquo;). Et même très violent parait-il.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;homme au bras d&#39;or - Nelson Algren</title>
            <link>https://pled.fr/lhomme-au-bras-dor-nelson-algren/</link>
            <pubDate>Fri, 11 Jul 2008 15:53:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lhomme-au-bras-dor-nelson-algren/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;L’homme au bras d’or&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;algren.png#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Nelson Algren&lt;/strong&gt;, j&amp;rsquo;en avais entendu parler lors d&amp;rsquo;un film sur Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, au cours des nombreuses émissions célébrant le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (1908-1986).&#xA;Un américain écrivain communiste avec qui Simone noua une relation passionnée&amp;hellip; ça valait le coup d&amp;rsquo;aller voir ce qu&amp;rsquo;il avait écrit. Et je suis donc tombé sur &lt;strong&gt;L&amp;rsquo;homme au bras d&amp;rsquo;or&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La première bonne nouvelle en ouvrant le livre, c&amp;rsquo;est que la traduction est de &lt;strong&gt;Boris Vian&lt;/strong&gt;. Quelques pages plus loin, on se rend compte que Boris a pris sa tâche très au sérieux, comme dans cette réplique de Saltskin-le-Piaf au capitaine de police Casier-Chef :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai nib contre Kvork. C&amp;rsquo;est lui qui m&amp;rsquo;aime pas ! protesta cette merveille sans menton. L&amp;rsquo;fait est, j&amp;rsquo;respèque not&amp;rsquo; cousin pac&amp;rsquo;qu&amp;rsquo;i fait son devoir -toutes les fois qu&amp;rsquo;i m&amp;rsquo;pique je l&amp;rsquo;respèque un peu plus. Après tout, faut que tout le monde soye arrêté d&amp;rsquo;temps en temps. J&amp;rsquo;suis pas meilleur q&amp;rsquo;un autre&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un peu déroutant au début, mais on s&amp;rsquo;y fait vite, et heureusement tous les personnages ne parlent pas comme Le Piaf. Par contre il y a pas mal de mots d&amp;rsquo;argots&amp;hellip; Boris Vian a fait une traduction au plus serré ! C&amp;rsquo;est très bien écrit, l&amp;rsquo;univers et la faune de Division Street, dans les bas-fonds de Chicago des années 40 magnifiquement raconté. On se laisse vite emporter dans ce monde étrange et déroutant, et faisons peu à peu connaissances avec les gens du quartier&amp;hellip; et leurs moeurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Frankie Machine, dit la Distribe, est donneur de cartes dans un tripot clandestin, mais rêve de devenir batteur dans un orchestre. C&amp;rsquo;est lui L&amp;rsquo;homme au bras d&amp;rsquo;or. Revenant de l&amp;rsquo;armée avec plein de bonnes intentions (il y a décroché de la drogue), il retrouve sa femme, ses amis, son quartier. Mais on ne change pas de vie comme ça. Et à traîner dans le secteur, le passé va très vite reprendre sa place ; Frankie devra affronter de nouveau &amp;ldquo;le singe&amp;rdquo;, qui vient s&amp;rsquo;agripper à ton dos pour ne plus jamais te lâcher, comprenez l&amp;rsquo;héroïne.&#xA;Si le monde décrit est dur, les personnages sont hauts en couleurs, et les anecdotes les plus farfelues circulent :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Pourtant, tout en filant dans le sommeil, il eut l&amp;rsquo;impression que le temps était en réalité la vieille chatte grise sourde-muette d&amp;rsquo;Antel le Tôlier; elle restait couchée tout le jour sur le bar et étudiait les piliers de bar avec une tolérance inflexible du même genre. Chacun croyait la chatte muette; on ne l&amp;rsquo;avait jamais entendu ronronner. Seul Antek en savait plus long : lui seul avait entendu ronronner la vieille chatte. &amp;ldquo;Et quand tu l&amp;rsquo;entends ronronner, celle-là, t&amp;rsquo;es fini.&amp;rdquo;&#xA;Antek y croyait dur. &amp;ldquo;Celle-là, elle garde le compte de tous les coups que t&amp;rsquo;as descendus tous les jours. Aussi longtemps que t&amp;rsquo;es un buveur corèque, è ronronne pas. Mais quand t&amp;rsquo;arrives au coup qui te collera chez les ivrognes pour de bon, alors è sait que toute ta vie tu pourras plus te sortir de la bouteille, et è ronronne une fois pour toi. Elle a ronronné pour moi, et è ronronnera pour toi, et de mes propres oreilles je l&amp;rsquo;ai entendue ronronner pour Ramdam.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ramdam étant un chien amateur de bières !!&#xA;Les personnages vivent tous plus ou moins de combines, boivent tous plus qu&amp;rsquo;il ne faudrait, mais la plupart sont honnêtes et ont des rêves de bonheur tout simple. Ils sont simplement perdus dans ce monde moderne auquel ils ne comprennent rien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les coeurs en forme de carte postale, c&amp;rsquo;est plus du tout à la mode; Ce qui se demande, c&amp;rsquo;est le coeur avec un peu de fer, et du fer un peu tordu. Un coeur aérodynamique, mettons, avec une griffe comme arrache-clous, plus commode pour démolir que pour réparer les vieux machins, c&amp;rsquo;est ça qu&amp;rsquo;il faut pour se défendre maintenant. C&amp;rsquo;est la nouvelle mode. Le coeur non-galvanisé, ça ne tient plus le coup assez bien.&#xA;Des coeurs avec un peu de fer tordu - ça, ça fait des bons coeurs de fripouilles.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Frankie rechutera, et ça se finira mal.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;C&amp;rsquo;est comme ça, Solly. Tu lâches la came pendant des mois et des mois, tu te ramènes du singe à zéro. Tu triomphes. Tu y arrives enfin.&#xA;Tu sais que tu as vaincu. Tellement bien que quand le pourvoyeur te dit &amp;ldquo;ce coup-ci je t&amp;rsquo;en file une dose à l&amp;rsquo;oeil - un nouveau truc que je veux que t&amp;rsquo;essaies -&amp;rdquo; tu lui rigoles au nez en lui disant: &amp;ldquo;Essaie-le toi-même.&amp;rdquo; Et quand il te dit, l&amp;rsquo;air innocent, &amp;ldquo;la seringue est dans le tiroir du haut, sers-toi quand tu voudras&amp;rdquo;, pour te mettre dans le crâne qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;y a rien de plus facile, tu le laisses tomber aussi sec. Parce que t&amp;rsquo;y remettre, c&amp;rsquo;est le seul truc dont t&amp;rsquo;auras jamais plus besoin de ta vie.&#xA;Trois semaines plus tard, tu te réveilles, il fait noir, et c&amp;rsquo;est pas comme la nuit - le matin non plus - c&amp;rsquo;est simplement l&amp;rsquo;Heure de la Came. Ça vient comme une vague, tout là-bas, de plus en plus grosse, et qui t&amp;rsquo;arrive dessus jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;elle soit aussi grosse que cet hôtel, elle te tombe sur le râble et c&amp;rsquo;est fini.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Excellent bouquin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;le-film&#34;&gt;Le film&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;affiche du film&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;156px&#34; data-flex-grow=&#34;65&#34; height=&#34;300&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/lhomme-au-bras-dor-nelson-algren/affiche.jpg&#34; width=&#34;196&#34;&gt; La pochette du bouquin provient d&amp;rsquo;un film d&amp;rsquo;Otto Preminger, avec Franck Sinatra et Kim Novak (1955). Je l&amp;rsquo;ai regardé (après avoir lu le livre bien sûr) : l&amp;rsquo;histoire a été très nettement adoucie, le niveau de vie amélioré, la quantité d&amp;rsquo;alcool largement évaporée, et la fin est carrément trafiquée en happy-end : on peut supposer sans se tromper que Frankie et Molly se marieront et auront beaucoup d&amp;rsquo;enfants.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout ce que je peux dire, c&amp;rsquo;est que dans le bouquin, ça ne se passe pas du tout comme ça. Mais bon, Frankie n&amp;rsquo;est pas Sinatra, ni Molly Kim Novak&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La fille qui rêvait d&#39;un bidon d&#39;essence et d&#39;une allumette - Stieg Larsson</title>
            <link>https://pled.fr/la-fille-qui-revait-dun-bidon-dessence-et-dune-allumette-stieg-larsson/</link>
            <pubDate>Sun, 18 May 2008 15:23:50 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-fille-qui-revait-dun-bidon-dessence-et-dune-allumette-stieg-larsson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;millenium 2&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;millenium2.jpg#floatleft&#34;&gt; &amp;hellip; ou Millenium 2, le deuxième tome de la série de &lt;strong&gt;Stieg Larsson&lt;/strong&gt;. Cette fois, vous êtes accroché dès la lecture de l&amp;rsquo;inquiétant prologue, et le suspens très bien mené, le rythme soutenu vous font dévorer les pages. L&amp;rsquo;histoire débute chronologiquement à la suite de la précédente, et cette fois Lisbeth est le personnage central. Son passé va ressurgir, et l&amp;rsquo;on va connaître toute son histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais Lisbeth a changé depuis le tome 1. Elle est devenue riche (grâce au détournement de fonds durant le tome 1), et coule des jours tranquilles aux Bahamas au début de l&amp;rsquo;histoire. Elle a profité des possibilités de la chirurgie esthétique pour de faire poser des prothèses mammaires, et retirer les tatouages trop voyants. Elle se sociabilise terriblement ! Ça la rend moins sympathique je trouve. On y apprend également qu&amp;rsquo;elle a une soeur jumelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;intrigue est malgré tout assez classique : triple meurtre, police secrère suédoise SAPO, méchant insensible à la douleur, quasiment invincible, mais qui sera tout de même vaincu par un ancien champion de boxe opportunément apparu dans l&amp;rsquo;histoire&amp;hellip; Tout cela sur un fond de trafic de prostituées exportées des pays de l&amp;rsquo;Est. Le sort des femmes restant le lien récurrent des différentes histoires, mais avec moins de force cette fois-ci.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vais passer à d&amp;rsquo;autres bouquins avant d&amp;rsquo;attaquer le dernier tome. Laisser Lisbeth et Mickael se reposer un peu, ils en ont bien besoin. La soeur jumelle va-t-elle faire son apparition ?&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les hommes qui n&#39;aimaient pas les femmes - Stieg Larsson</title>
            <link>https://pled.fr/les-hommes-qui-naimaient-pas-les-femmes-stieg-larsson/</link>
            <pubDate>Wed, 09 Apr 2008 16:58:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-hommes-qui-naimaient-pas-les-femmes-stieg-larsson/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;stieglarsson.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;stieglarsson.jpg#floatleft&#34;&gt; Ça y est, j&amp;rsquo;ai lu le premier des trois romans de Stieg Larsson ! C&amp;rsquo;est Dominique qui va être content, depuis le temps qu&amp;rsquo;il nous conseille cette série &lt;strong&gt;Millenium&lt;/strong&gt;&amp;hellip; Il avait même fait un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=511&#34;  title=&#34;article de Dominique&#34;&#xA;    &gt;article&lt;/a&gt; sur ce blog, c&amp;rsquo;est dire son enthousiasme&amp;hellip; Une très bonne critique sur France-Culture avait achevé de me convaincre&amp;hellip; à moins que ce ne soit l&amp;rsquo;inverse !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Toujours est-il que j&amp;rsquo;ai déjà attaqué Millenium 2&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai trouvé le début de celui-ci un peu lent, et il faut attendre la moitié du roman pour que l&amp;rsquo;enquête commence. Entre temps, on a appris à connaître les deux personnages principaux, leur vie, leur passé. Mickael Blomkvist, journaliste d&amp;rsquo;investigation, la quarantaine, plaisant aux femmes, et Lisbeth Salander, jeune femme de vingt-cinq ans, hacker de haut niveau et totalement asociale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ils travailleront ensemble sur un meurtre dans une grande famille suédoise survenu 37 ans auparavant. Entre temps, Mickael se sera fait virer de son boulot (mais c&amp;rsquo;est une tactique pour une autre affaire), Lisbeth s&amp;rsquo;affranchira de son tuteur légal, et l&amp;rsquo;enquête les emmènera beaucoup plus loin qu&amp;rsquo;ils ne l&amp;rsquo;auraient pensé. Le fil conducteur semble être le sort des femmes battues, violées ou tuées.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un bon polar, sans aucun doute. Stieg Larson, né en 1954, a écrit des essais sur l&amp;rsquo;économie et couvert des reportages sur la guerre en Afrique. Il était le rédacteur en chef d&amp;rsquo;Expo, revue suédoise observatoire des manifestations ordinaires du fascisme. Il est décédé brutalement (crise cardiaque) peu de temps après avoir livré ses trois romans à l&amp;rsquo;éditeur, en 2004.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bon, Dominique, j&amp;rsquo;ai deux remarques pour toi :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ton Super-Blomkvist, quand il commence l&amp;rsquo;enquête&amp;hellip; à sa place, je confisque tous les albums photos de la famille, et l&amp;rsquo;enquête est bouclée en deux jours !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et tu n&amp;rsquo;auras pas omis de remarquer que Mickael et Lisbeth sont tous les deux équipés de Mac. Et que le méchant Wennerström utilise Microsoft Internet Explorer et Windows&amp;hellip; Alors qu&amp;rsquo;attends tu pour abandonner Windows ? je t&amp;rsquo;installe Ubuntu quand tu veux !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les autres - Alice Ferney</title>
            <link>https://pled.fr/les-autres-alice-ferney/</link>
            <pubDate>Mon, 17 Mar 2008 22:08:00 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-autres-alice-ferney/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;lesautres.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lesautres.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Alice Ferney&lt;/strong&gt;, de son vrai nom &lt;strong&gt;Cécile Gavriloff&lt;/strong&gt;, est une écrivaine française née le 21 novembre 1961. Elle est mariée, mère de 2 enfants, et professeur à l&amp;rsquo;université d&amp;rsquo;Orléans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les autres&lt;/strong&gt; part d&amp;rsquo;une idée simple : lors d&amp;rsquo;une soirée d&amp;rsquo;anniversaire, le frère offre un jeu de société : &lt;em&gt;Personnages et Caractères est un jeu de psychologie - &amp;hellip; - il est préférable que les joueurs se connaissent un peu, ou croient se connaître, ce qui revient sans doute au même. Le jeu leur fournira l&amp;rsquo;occasion de tester la profondeur et la justesse de leur familiarité&lt;/em&gt;. Sur la boite est écrit en gros : Personnes susceptibles s&amp;rsquo;abstenir. On est prévenu, et on se doute de ce qui peut se passer avec ce genre de jeu de la vérité.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Par ailleurs, l&amp;rsquo;auteur a choisi de découper le livre en trois parties : Choses pensées (ce que les personnages pensent), Choses dites (ce qu&amp;rsquo;ils disent), et Choses rapportées (la vision de l&amp;rsquo;auteur). Cette mise en forme apporte un éclairage différent aux évènements de cette soirée, mais bon&amp;hellip; elle génère aussi des redites, et me parait plus un exercice formel d&amp;rsquo;auteur qu&amp;rsquo;autre chose. Sinon c&amp;rsquo;est plutôt bien écrit, et assez agréable à lire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors bien sûr durant cette partie des choses sont dites, certaines blessent, des secrets sont révélés (ou non)&amp;hellip; Fallait-il jouer à ce jeu ? et d&amp;rsquo;une manière plus générale faut-il (peut-on) toujours dire la vérité ? que l&amp;rsquo;on soit amis, frères ou encore parents, se connait-on vraiment ? ne cache-t-on pas tous une blessure, un secret que l&amp;rsquo;on garde jalousement au fond de soi ? Le passé est si prompt à ressurgir&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai eu un peu de mal à accrocher à cette histoire d&amp;rsquo;une famille bourgeoise, avec ses problèmes, et à toutes ces évidences pensées, dites ou rapportées. Tout est frappé au coin du bon sens, et provoque quelques réflexions sur la vie et les relations humaines, mais rien de très nouveau finalement. J&amp;rsquo;étais plutôt rassuré de lire dans l&amp;rsquo;avant-dernier chapitre (p519) : &lt;em&gt;&amp;ldquo;Voilà qu&amp;rsquo;ils découvraient que la vie n&amp;rsquo;est pas un long ruban rose&amp;rdquo;&lt;/em&gt;. Tout ça pour ça ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sur Wikipédia, on lit &amp;ldquo;Alice Ferney&amp;rdquo; : Alice, pour Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, et Ferney du nom de la résidence de Voltaire qu&amp;rsquo;elle admire beaucoup et qui est né le même jour qu&amp;rsquo;elle&amp;quot;. Elle devrait signer Cécile Gavriloff, ce serait plus simple.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Simon Leys - Le bonheur des petis poissons</title>
            <link>https://pled.fr/simon-leys/</link>
            <pubDate>Sun, 24 Feb 2008 19:00:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/simon-leys/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/wp-content/uploads/2008/02/simonleys.jpg&#34;  title=&#34;Simon Leys&#34;&#xA;    &gt;&lt;img alt=&#34;Simon Leys&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;199px&#34; data-flex-grow=&#34;82&#34; height=&#34;241&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/simon-leys/simonleys.jpg&#34; width=&#34;200&#34;&gt;&lt;/a&gt; La lecture de la rubrique &lt;em&gt;Lettres ou pas Lettres&lt;/em&gt; du Canard de cette semaine parlait d&amp;rsquo;un livre de &lt;strong&gt;Simon Leys&lt;/strong&gt; intitulé &amp;ldquo;Le bonheur des petis poissons&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Vivant en Australie, Simon Leys, de son vrai nom &lt;strong&gt;Pierre Ryckmans&lt;/strong&gt; (belge), est un écrivain, essayiste, et sinologue réputé. Il a précédemment écrit &lt;strong&gt;Les habits neufs du président Mao&lt;/strong&gt;, chronique de la révolution culturelle Maoïste. Il y critique dès la première heure la dérive meurtrière de la révolution (raison de son pseudonyme d&amp;rsquo;ailleurs). Peu connu, il a rencontré un succès médiatique en 1983, lors de l&amp;rsquo;émission Apostrophes de Bernard Pivot.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Extrait de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Leys&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Wikipedia&lt;/a&gt; qui raconte l&amp;rsquo;anecdote :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Bernard Pivot avait également invité Maria-Antonietta Macciocchi, auteur du livre De la Chine.&#xA;Après avoir laissé cette dernière parler avec lyrisme de l&amp;rsquo;homme nouveau qui apparaissait en Chine, Simon Leys - qui avait vécu en Chine précisément pendant la période en question - répondit en fournissant plusieurs données factuelles suggérant qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;avait pas vérifié ses sources avant d&amp;rsquo;écrire son livre.« Il est normal que les imbéciles profèrent des imbécilités comme les pommiers produisent des pommes, mais moi qui ai vu chaque jour depuis ma fenêtre le fleuve Jaune charrier des cadavres, je ne peux accepter cette présentation idyllique par madame de la Révolution culturelle. » D&amp;rsquo;après une interview de Bernard Pivot, ce fut le seul cas où à la suite d&amp;rsquo;un passage à Apostrophes les prévisions de vente d&amp;rsquo;un livre furent révisées à la baisse.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;On voit le genre du bonhomme&amp;hellip; Revenons au &lt;strong&gt;Bonheur des petits poissons&lt;/strong&gt;&amp;hellip; Il s&amp;rsquo;agit donc de réflexions sur la vie, la culture, sur le monde qu&amp;rsquo;il décortique sans pareil.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le titre du livre vient de l&amp;rsquo;histoire appelée Le savoir depuis le haut du pont :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa : &amp;quot; Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux ! &amp;quot; Hui Zi objecta : &amp;quot; Vous n&amp;rsquo;êtes pas un poisson ; d&amp;rsquo;où tenez-vous que les poissons sont heureux ? - Vous n&amp;rsquo;êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? - Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n&amp;rsquo;êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux. - Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m&amp;rsquo;avez demandé &amp;ldquo;d&amp;rsquo;où tenez-vous que les poissons sont heureux&amp;rdquo; la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d&amp;rsquo;où je le sais - eh bien, je le sais du haut du pont.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis quelques réflexions notées dans l&amp;rsquo;article du Canard :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Simon Jeys adore parler littérature: &lt;em&gt;&amp;ldquo;Nul écrivain ne dispose d&amp;rsquo;une puissance verbale qui pourrait rivaliser avec l&amp;rsquo;imagination de ses lecteurs ; aussi tout son art est-il de jouer sur ce clavier-là&amp;rdquo;&lt;/em&gt;. Pour lui, lire des romans est la seule manière de survivre : &lt;em&gt;&amp;ldquo;En d&amp;rsquo;autres mots : les gens qui ne lisent pas de romans ni de poëmes risquent de se fracasser contre la muraille des faits ou d&amp;rsquo;être écrabouillés sous le poids des réalités&amp;rdquo;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;A propos du tabac : &lt;em&gt;&amp;ldquo;Le tabac est pour l&amp;rsquo;homme un poison des plus dangereux&amp;rdquo;. Cette vertueuse mise en garde est devenue assez banale me direz-vous. Ce qui l&amp;rsquo;est moins - et qui devrait donner à réfléchir -, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;identité de celui qui la formulait : Adolf Hitler.&amp;quot;&lt;/em&gt; Ça calme ! Il cite aussi Samuel Johnson qui écrivait &lt;em&gt;&amp;ldquo;A mesure que l&amp;rsquo;usage du tabac diminue, l&amp;rsquo;insanité augmente&amp;rdquo;&lt;/em&gt;, et se moque de la photo de Sartre à la cigarette censurée. Ainsi ce &amp;ldquo;fumer tue&amp;rdquo; sur les paquets, selon Leys, apporte un plus aux adeptes de la nicotine : &lt;em&gt;&amp;ldquo;D&amp;rsquo;un certain point de vue, les fumeurs bénéficient d&amp;rsquo;une sorte de supériorité spirituelle sur les non-fumeurs : ils ont une conscience plus aigüe de notre commune mortalité&amp;rdquo;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Enfin, à propos du travail, il cite La Bruyère &lt;em&gt;&amp;ldquo;Il ne manque cependant à l&amp;rsquo;oisiveté du sage qu&amp;rsquo;un meilleur nom, et que méditer, parler, lire et être tranquille s&amp;rsquo;appelât travailler&amp;rdquo;&lt;/em&gt;. Et n&amp;rsquo;est-ce pas &lt;em&gt;&amp;ldquo;la délétère influence américaine&amp;rdquo;&lt;/em&gt; qui prône ce fameux &lt;em&gt;&amp;ldquo;travailler plus&amp;rdquo;&lt;/em&gt; ? Nietzche vient au secours de Lyes : &lt;em&gt;&amp;ldquo;Leur furieux besoin de travailler -qui est un vice typique du Nouveau Monde- est en train de barbariser par contagion la vieille europe, et engendre ici une extraordianire stérilité spirituelle. Déjà nous devenons honteux de notre loisir, une longue méditation nous cause presque du remords&amp;hellip; &amp;ldquo;Faites n&amp;rsquo;importe quoi, mais ne restez pas à ne rien faire&amp;rdquo; : ce principe est la corde avec laquelle toutes les formes supérieures de culture et de goût vont se faire étouffer&amp;rdquo;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une pensée non conformiste, c&amp;rsquo;est toujours plaisant de nos jours.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini</title>
            <link>https://pled.fr/les-cerfs-volants-de-kaboul-khaled-hosseini/</link>
            <pubDate>Wed, 13 Feb 2008 18:52:29 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-cerfs-volants-de-kaboul-khaled-hosseini/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;cerfs-volants-de-kaboul.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;cerfs-volants-de-kaboul.jpg#floatleft&#34;&gt; Khaled Hosseini est né à Kaboul, en Afghanistan, en 1965. Fils de diplomate, lui et sa famille obtiennent l&amp;rsquo;asile politique aux Etats-Unis en 1980, suite à l&amp;rsquo;invasion de l&amp;rsquo;Afghanistan par l&amp;rsquo;Union Soviétque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Médecin, vivant en Californie, il connait un énorme succès avec son premier roman &lt;strong&gt;The kite runner&lt;/strong&gt;, en français, &lt;strong&gt;Les cerfs-volants de Kaboul&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Livre culte aux Etats-Unix, 33ème édition en Italie&amp;hellip; Sur son &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.khaledhosseini.com/blog/&#34;  title=&#34;Le blog de Khaled Hosseini&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;blog&lt;/a&gt;, il parle de son deuxième livre, &lt;strong&gt;Mille soleils splendides&lt;/strong&gt; (2007) ainsi :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mon premier roman était dominé par les hommes, et je savais en le terminant que j&amp;rsquo;allais encore écrire sur l&amp;rsquo;Afghanistan, mais cette fois à propos des femmes. La lutte des femmes est tellement poignante, tragique, elle mérite une histoire, et en tant qu&amp;rsquo;Afghan et écrivain, je savais que je ne pourrais pas résister à écrire sur ce sujet.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire des cerfs-volants de Kaboul commence dans un Afghanistan paisible où il fait bon vivre. Deux enfants sont inséparables, Amir, de l&amp;rsquo;ethnie des Pachtouns, père respectable et riche, et Hassan qui est un Hazara, au service des Pachtouns. Un peu comme les castes indiennes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis ce monde idylique va chavirer, la vie va les sérarer, et nous voilà embarqués dans une histoire admirablement racontée, remontant le temps jusqu&amp;rsquo;à nos jours : l&amp;rsquo;Afghanistan sera occupé par les soviétiques, puis viendront les Talibans, accueillis en libérateurs (mais la joie sera de courte durée).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un jour, Amir, exilé aux Etats-Unis, reçoit un appel du Pakistan : un vieil ami de son père lui demande de venir le voir, &lt;em&gt;il existe un moyen de te racheter&lt;/em&gt; lui dit-il&amp;hellip; Amir reviendra en Afghanistan pour une rémission difficile, hanté par cet hiver 1975 où il brisa son amitié avec Hassan.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Très bon bouquin et superbe histoire. L&amp;rsquo;Afghanistan y tient un rôle important, l&amp;rsquo;auteur aime son pays, sait retranscrire le pays et la culture dont il parle. Il montre ce qu&amp;rsquo;il est devenu, mais aussi ce qu&amp;rsquo;il était avant, vu à travers les yeux d&amp;rsquo;un enfant. Un paradis !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Chamelle - Marc Durin-Valois</title>
            <link>https://pled.fr/chamelle-marc-durin-valois/</link>
            <pubDate>Fri, 18 Jan 2008 18:38:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/chamelle-marc-durin-valois/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;chamelle.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;chamelle.jpg#floatleft&#34;&gt; Un véritable petit bijou, ce livre. Petit par la taille, mais l&amp;rsquo;histoire qu&amp;rsquo;il raconte vous accroche vite. Quelque part dans le tiers monde (peu importe, en fait) les habitants d&amp;rsquo;un village doivent migrer, car la sécheresse est là. Mais où aller ? d&amp;rsquo;un côté le désert, de l&amp;rsquo;autre la guerre, au sud tout est déjà sec. Ces gens n&amp;rsquo;ont rien, leur seule richesse consiste en quelques animaux&amp;hellip; La famille que l&amp;rsquo;on va suivre a une chamelle et quelques chèvres. Ils partiront avec une autre famille vers l&amp;rsquo;Est, vers le désert.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est une plongée dans un monde dur, cruel, où chacun cherche avant tout à sauver sa peau. Les rencontres avec les militaires sont terribles. La nature n&amp;rsquo;est pas en reste et ne pardonne rien non plus. Une histoire implacable, mais belle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans leur errance, ils croisent à un moment un véhicule humanitaire. Eux cherchent à localiser le gros de la troupe de réfugiés. La famille est seule, perdue dans le désert. Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le visage de la femme blanche frémit. Mais c&amp;rsquo;est une compassion trop ambitieuse qui nous traverse et part bien au-delà de nous, vers une montagne sombre dont nous ne sommes que la part infime. Et, par effet de boucle, l&amp;rsquo;ampleur de la tâche la ramène indéfiniment à elle, comme si la montagne ne lui renvoyait au fond que son propre reflet marqué de la même compassion figée et impuissante.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Renseignements pris, ils leur laissent quelques bouteilles d&amp;rsquo;eau, et reprennent leur recherche, abandonnant la famille sans plus de manières.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Elle passe devant nous, affairée, penchée sur une carte, sans nous accorder un regard, sans prêter attention à nos mines concentrées, nos appels sans mots ni sons. Elle se projette déjà là-bas, quelque part dans les sables, auprès d&amp;rsquo;une très grande foule de nécessiteux. Elle n&amp;rsquo;est pas venue pour sauver des existences, mais quelque chose d&amp;rsquo;infiniment plus noble et d&amp;rsquo;abstrait, la vie. Pour cela, deux vaut mieux qu&amp;rsquo;un, cent que dix, mille que cent. La loi des chiffres fait que Mouna, moi et les enfants ne sommes qu&amp;rsquo;un échantillon de misère. Une raclure de la vie.&#xA;Nous sommes seuls à nouveau.&#xA;Le silence, le soleil. La fournaise.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre a obtenu plusieurs prix en 2003. Il les mérite sans aucun doute. Le texte est très beau, les mots simples, on partage leur réalité quotidienne avec émotion, et l&amp;rsquo;on apprend à relativiser nos problèmes comparés aux leurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Durin-Valois&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Marc Durin-Valois&lt;/a&gt;, né en 1959, est journaliste et écrivain. Il a passé son enfance en Ouganda. Chamelle a été adapté au cinéma par Marion Hansel sous le titre &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_le_vent_soul%C3%A8ve_les_sables&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Si le vent soulève les sables&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Vingt-Quatre Heures d&#39;une femme sensible - Constance de Salm</title>
            <link>https://pled.fr/vingt-quatre-heures-dune-femme-sensible-constance-de-salm/</link>
            <pubDate>Wed, 16 Jan 2008 18:27:43 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/vingt-quatre-heures-dune-femme-sensible-constance-de-salm/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;constancedesalm.png&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;constancedesalm.png#floatleft&#34;&gt; L&amp;rsquo;idée de petit roman écrit en 1824 est décrite ainsi par Constance de Salm : &amp;quot; &lt;em&gt;en faisant éprouver, dans le court espace de vingt-quatre heures, à une femme vive et sensible, tout ce que l&amp;rsquo;amour peut inspirer d&amp;rsquo;ivresse, de trouble, de jalousie surtout&lt;/em&gt;&amp;quot;. Mais elle ajoute également : &amp;quot; &lt;em&gt;mon intention n&amp;rsquo;a pas été seulement de faire un tableau complet de cette multitude de vives sensations, qui sont, en quelque sorte, le secret des femmes, mais aussi de montrer jusqu&amp;rsquo;à quel point elles peuvent les égarer, et leur donner par là une utile et grande leçon&lt;/em&gt;&amp;quot;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est donc par une série de lettres, écrites dans un français très classique, que vous allez suivre les états d&amp;rsquo;âme d&amp;rsquo;une femme amoureuse, mais en proie au doute. C&amp;rsquo;est très bien fait, l&amp;rsquo;histoire est plaisante, et l&amp;rsquo;épilogue inattendu. Il n&amp;rsquo;est pas très épais, et se lit rapidement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais c&amp;rsquo;est dans la postface de Claude Schopp que l&amp;rsquo;on découvre la vie de cette &lt;strong&gt;Constance, princesse de Salm&lt;/strong&gt; au destin et à l&amp;rsquo;histoire étonnante. On parle beaucoup de Simone de Beauvoir ces temps-ci, mais Constance a aussi lutté pour les droits des femmes, et plus précisément leur accès à la culture, à la suite de la Révolution française.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Constance de Théis&lt;/strong&gt; est née à Nantes (quoique d&amp;rsquo;une famille Picarde) en 1767. D&amp;rsquo;une intelligence précoce, elle parle plusieurs langues à quinze ans, pratique les mathématiques et manifeste une vocation poétique. Elle accueille la Révolution avec enthousiasme :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;ils étaient beaux les sentiments d&amp;rsquo;alors ! / Que l&amp;rsquo;on se trouvait grand / Que l&amp;rsquo;on se sentait libre, / Quand, d&amp;rsquo;une nation partageant les transports, / On croyait sans effort / Entre tous les pouvoirs établir l&amp;rsquo;équilibre / Et par de nouveaux droits effacer d&amp;rsquo;anciens torts ! / Que l&amp;rsquo;on se trouvait grand : quand on pouvait se dire : / &amp;ldquo;Nul ici-bas n&amp;rsquo;est plus haut que moi : / Je ne reconnais d&amp;rsquo;autre empire / Que celui de l&amp;rsquo;honneur, la raison, et la loi&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais son origine aristoratique la rend suspecte et elle devra se cacher durant la Terreur. Rendue célèbre par une tragédie lyrique, &lt;strong&gt;Sapho&lt;/strong&gt;, elle est la première femme admise au Lycée des arts. Ce lycée se composait de savants, d&amp;rsquo;académiciens, d&amp;rsquo;écrivains, d&amp;rsquo;artistes&amp;hellip;&#xA;En 1795, elle leur lit &lt;strong&gt;Epître aux femmes&lt;/strong&gt;, qui devint le porte-étendard de la révolte des femmes en matière artitisque. A cette époque, elle s&amp;rsquo;appelle Constance Pipelet, mariée (en 1789) par sa famille à un chirurgien. Mari volage et jaloux, ils divorcent en 1799, grâce à une loi apportée par la révolution : &amp;ldquo;le mariage est dissoluble dans le divorce&amp;rdquo; !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle se marie à nouveau et devient Comtesse de Salm, puis princesse (le roi de Prusse ayant fait prince Joseph de Salm, son mari). Le couple sera heureux plus de quarante ans. Elle sera de toutes les sociétés savantes de l&amp;rsquo;époque, et tiendra un salon littéraire, recevant des écrivains comme Alexandre Dumas ou Stendhal.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle meurt en 1845. Poétesse et dramaturge, c&amp;rsquo;est son seul roman, tout le reste est en vers. On la surnommait &lt;em&gt;la Muse de la Raison&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Kafka sur le rivage - Haruki Murakami</title>
            <link>https://pled.fr/kafka-sur-le-rivage-haruki-murakami/</link>
            <pubDate>Sat, 12 Jan 2008 11:10:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/kafka-sur-le-rivage-haruki-murakami/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;kafkasurlerivage.png&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;kafkasurlerivage.png#floatleft&#34;&gt; Ce roman était bien en évidence sur les tables de la FNAC de Rennes. Après avoir lu quelques paragraphes, je le prenais.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Beau et étrange roman qui vous emmènera dans l&amp;rsquo;univers de ce jeune garçon de quinze ans qui s&amp;rsquo;enfuit de chez lui pour échapper à une malédiction paternelle. Le rêve et la réalité se confondent, et de chapitre en chapitre, on alterne entre deux histoires, ou plutôt deux visions (naturelle/surnaturelle) de la même histoire.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;habileté de l&amp;rsquo;auteur à manier les mots, à vous emmener dans cet univers en fait un roman très prenant. Sur fond d&amp;rsquo;apprentissage de la vie, d&amp;rsquo;une certaine forme de sagesse pour comprendre et vivre dans ce monde, d&amp;rsquo;accomplissement et de découverte de soi, voilà probablement un roman initiatique pour toute une génération. Superbe !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Kafka est accueilli par Oshima, un bibliothéquaire. Grâce à son immense culture, celui-ci pourra répondre à toutes les questions que l&amp;rsquo;adolescent se pose, jouant le rôle d&amp;rsquo;un sage et d&amp;rsquo;un ami. Ainsi lui explique-t-il :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ce que l&amp;rsquo;on nomme l&amp;rsquo;univers du surnaturel n&amp;rsquo;est autre que les ténèbres de notre propre esprit. Bien avant que Freud ou Jung fassent au XIXè siècle la lumière sur le fonctionnement de l&amp;rsquo;inconscient, les gens avaient déjà instinctivement établi une corrélation entre l&amp;rsquo;inconscient et le surnaturel, ces deux mondes obscurs. Ce n&amp;rsquo;était pas une métaphore. D&amp;rsquo;ailleurs, si on remonte encore plus loin, ce n&amp;rsquo;était même pas une corrélation. Jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;Edison découvre la lumière électrique, la majeure partie de la planète était plongée dans un noir d&amp;rsquo;encre. Aucune frontière ne séparait l&amp;rsquo;obscurité physique, extérieure, de l&amp;rsquo;obscurité intérieure de l&amp;rsquo;âme. &amp;hellip; Il était sans doute impossible aux gens de l&amp;rsquo;époque de penser en terme différents ces deux mondes de ténèbres. Aujourd&amp;rsquo;hui, il en va autrement. Les ténèbres extérieures se sont dissipées, mais les ténèbres intérieures demeurent. Ce que nous appelons ego ou conscience est la partie émergée de l&amp;rsquo;iceberg : la partie la plus importante reste plongée dans les ténèbres et c&amp;rsquo;est là que gît la source des contradictions et des confusions profondes qui nous tourmentent.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/Haruki_Murakami&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Haruki Murakami&lt;/a&gt; est né à Kyoto en 1949. Après des études de théâtre et de cinéma, il ouvre un club de jazz à Tokyo avant de se consacrer à l&amp;rsquo;écriture. Pour échapper au conformisme de la société japonaise, il s&amp;rsquo;expatrie en Grèce et en Italie, puis aux Etats-Unis. En 1995, après le séisme de Kobe et l&amp;rsquo;attentat de la secte Aum, il rentre au Japon.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Zoli - Colum McCann</title>
            <link>https://pled.fr/zoli-colum-mccann/</link>
            <pubDate>Thu, 10 Jan 2008 22:32:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/zoli-colum-mccann/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;zoli.png&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;zoli.png#floatleft&#34;&gt; Cette fois, c&amp;rsquo;est en lisant une critique dans le Canard enchaîné que j&amp;rsquo;ai eu envie de lire ce livre. La critique était excellente, et j&amp;rsquo;avais gardé ce titre en tête. Je n&amp;rsquo;ai pas été déçu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire passionnante d&amp;rsquo;une femme tzigane (les Roms) qui va parcourir le siècle et l&amp;rsquo;Europe, à travers les bouleversements de l&amp;rsquo;histoire. Son enfance d&amp;rsquo;abord, élevée par son grand-père (le reste de la famille a été assassiné par des fascistes tchéchoslovaques en 1930).&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;étais douée pour me rappeler les mots, et les phrases entières, alors on me faisait veiller tard pour que j&amp;rsquo;écoute bien.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans cette culture orale, son grand-père s&amp;rsquo;arrangera pour qu&amp;rsquo;elle apprenne à lire et écrire. Avec d&amp;rsquo;autres, ils essayent de vivre en nomades comme ils l&amp;rsquo;ont toujours fait, et d&amp;rsquo;échapper aux persécutions. Le nazisme passe. Puis viennent les communistes qui leur ouvrent les bras dans un premier temps. Se tournant vers l&amp;rsquo;écriture et la poësie, elle écrit les histoires anciennes de son peuple qu&amp;rsquo;elle connait si bien, les chante. Un poëte communiste le remarque et veut en faire une icône du parti.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais l&amp;rsquo;Histoire n&amp;rsquo;attend pas. Les communistes veulent maintenant les sédentariser, un traducteur veut publier ses textes&amp;hellip; chose interdite chez les Roms. Zoli sera bannie de son peuple, et devra fuire seule à travers l&amp;rsquo;europe, fière et libre malgré les persécutions et une immense solitude.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Colum McCann nous emmène dans une réflexion sur ce peuple méconnu, sa culture, et sa difficulté à pouvoir vivre comme ils le souhaitent, à se sentir étranger partout. Et bien sûr à réfléchir sur notre propre difficulté à accepter la différence. L&amp;rsquo;épopée de cette femme forte et indomptée est magnifiquement narrée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Colum McCann est Irlandais, né en 1965 à Dublin, et vit à New-York. Il a écrit quatre romans, repris chez 10/18.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les voix de l&#39;asphalte - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/les-voix-de-lasphalte-philip-k-dick/</link>
            <pubDate>Fri, 28 Dec 2007 17:33:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-voix-de-lasphalte-philip-k-dick/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Les voix de l’asphalte&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;voixasphalte1.jpg#floatleft&#34;&gt; L&amp;rsquo;autre jour, en passant chez Virgin, je vois ce bouquin sur une table. &amp;ldquo;Tiens, je ne le connais pas celui-là&amp;hellip;&amp;rdquo;. Et sur la page arrière (la quatrième de couverture), je lis : &amp;quot; &lt;em&gt;Dans ce roman inédit jusqu&amp;rsquo;à ce jour, et miraculeusement retrouvé, Philip K. Dick, plus visionaire que jamais, nous livre la radioscopie d&amp;rsquo;une amérique urbaine suffocante à travers le portrait mental d&amp;rsquo;un jeune homme au bord de la crise&lt;/em&gt;&amp;quot;. Evidemment, je le prend.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas un roman de science-fiction, comme en a beaucoup écrit Dick. Plutôt un roman noir, d&amp;rsquo;abord par les pensées du jeune homme en question, Stuart Hadley, mais aussi par la vision de la société américaine décrite.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Stuart Hadley se pose des questions, ne trouve pas de sens à sa vie. Il est marié, a un bon boulot, il va être papa&amp;hellip; tout pourrait aller pour le mieux. Et pourtant il ressent un malaise profond. Nous sommes à la fin des années cinquante, le maccarthysme vient de passer, c&amp;rsquo;est le début de la guerre froide. Stuart ne se retrouve pas dans les valeurs que la société prône : argent, travail, consommation, famille.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il va alors s&amp;rsquo;égarer une première fois auprès de la société des Gardiens de Jésus, et de son leader dont il entend une conférence. Les Gardiens de Jésus annoncent que la fin du monde est proche : Stuart se dit que cela explique pourquoi la situation actuelle est si catastrophique : les choses commencent à se dérégler !&#xA;Puis il y rencontrera un femme, cultivée, mystérieuse. Elle publie une luxueuse revue &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Crypto-fascisme&#34;  title=&#34;définition Wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;crypto-fasciste&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vous laisse lire et découvrir ce qui se passera ensuite&amp;hellip; et ce qu&amp;rsquo;il adviendra de Stuart. En préface, il y a un mot de Philip K. Dick, écrit en 1982, qui éclaire l&amp;rsquo;histoire :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;habite un petit appartement du barrio mexicain et j&amp;rsquo;utilise une machine à écrire mécanique Olympia que j&amp;rsquo;ai achetée en 1964, le canapé de mon séjour est cassé, les chats l&amp;rsquo;ont saccagé, comme ma chaise. Tout le monde me dit que je devrais habiter les beaux quartiers d&amp;rsquo;Orange (ici, c&amp;rsquo;est le comté d&amp;rsquo;Orange) et que je devrais posséder une Mercedes-Benz. Je n&amp;rsquo;ai qu&amp;rsquo;un seul costume à moi ; Dieu sait comment je vais me débrouiller pour la première de &lt;em&gt;Blade Runner&lt;/em&gt;. En gros, tout ce que je fais de mon argent - hormis les dépenses de base, l&amp;rsquo;alimentation, le strict nécessaire - , c&amp;rsquo;est aider des organisations humanitaires comme le American Friends Service Comittee. Ce que je veux dire, c&amp;rsquo;est que tout le monde me fait culpabiliser et me met mal à l&amp;rsquo;aise parce que je ne &lt;em&gt;veux&lt;/em&gt; pas d&amp;rsquo;une maison à étage, et que je ne veux pas d&amp;rsquo;un nouveau traitement de texte. J&amp;rsquo;avais une petite amie qui roulait en Porsche Turbo, mais ça m&amp;rsquo;a fichu la trouille, et elle m&amp;rsquo;a fichu la trouille. J&amp;rsquo;ai à côté de moi une boite en carton dont je me sers pour ranger le matériel de ma machine à écrire - j&amp;rsquo;en étais vraiment venu au point où je me disais qu&amp;rsquo;il y avait un truc qui clochait en moi, à force de ne pas vouloir acquérir les attributs prouvant au monde mon status social, mon succès. Pourtant, ça fait trente ans que je suis un authentique écrivain et&amp;hellip; je me suis rendu compte que je n&amp;rsquo;avais pas besoin de ça, que je n&amp;rsquo;ai rien à prouver à personne, et surtout pas à moi-même. Ecrire des romans et des histoires, c&amp;rsquo;est dur, comme travail, mais ce qui compte, c&amp;rsquo;est le travail proprement dit - pas seulement le travail produit, mais aussi &lt;em&gt;l&amp;rsquo;acte&lt;/em&gt; de travailler ; la besogne en elle-même. Le fait que je tape sur du papier bon marché acheté au Market Basket Supermarket ne joue ni en ma faveur ni en ma défaveur dans le grand tableau des résutlats, là-haut, au ciel, autrement dit, dans mon propre coeur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le liseur - Bernhard Schlink</title>
            <link>https://pled.fr/le-liseur-bernhard-schlink/</link>
            <pubDate>Thu, 20 Dec 2007 17:54:44 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-liseur-bernhard-schlink/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;leliseur.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;leliseur.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Bernhard Schlink&lt;/strong&gt; est né en 1944 et vit à Berlin. Professeur de droit, il commença sa carrière littéraire par des romans policiers, avec un personnage principal appelé Selbs, qui vient de &amp;ldquo;selblst&amp;rdquo; : &amp;ldquo;soi-même&amp;rdquo;. En 1995, il publie &lt;strong&gt;Le liseur&lt;/strong&gt;, roman partiellement biographique. Le roman connaîtra un succès mondial.&#xA;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un adolescent de quinze ans qui fait par hasard la connaissance d&amp;rsquo;une femme de trente-cinq ans, dont il devient l&amp;rsquo;amant. Quand il la rejoint chez elle, un rite s&amp;rsquo;installe : il lui fait la lecture à haute voix de romans qu&amp;rsquo;il choisit. Puis un jour, la femme disparait.&#xA;Bien des années plus tard, alors étudiant en droit, il suit un procès et la reconnait parmi les accusée. Il ne l&amp;rsquo;a jamais oubliée, et il va peu à peu comprendre son secret.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Remarquablement écrit, c&amp;rsquo;est une réflexion profonde sur la vie. Voilà trois extraits pour vous faire une idée :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Je pense, j&amp;rsquo;arrive à une conclusion, je traduis cette conclusion en décision, et je m&amp;rsquo;aperçois que l&amp;rsquo;acte est une chose à part, qui peut être conforme à la décision, mais pas nécessairement. Plus d&amp;rsquo;une fois, au cours de ma vie, j&amp;rsquo;ai fait ce que j&amp;rsquo;avais pas décidé, et ce que j&amp;rsquo;avais décidé, je ne l&amp;rsquo;ai pas fait. C&amp;rsquo;est un je-ne-sais-quoi qui agit; qui part rejoindre une femme que je ne veux plus voir; qui fait à un supérieur la remarque qui va me coûter ma carrière; qui continue à fumer quand j&amp;rsquo;ai décidé d&amp;rsquo;arrêter, et qui cesse de fumer quand j&amp;rsquo;ai admis que je suis et resterai fumeur. Je ne veux pas dire que pensée et décision sont sans influence sur les actes. Mais les actes n&amp;rsquo;exécutent pas simplement ce qui a été préalablement pensé et décidé. Ils ont leur source propre et ce sont les miens de façon toute aussi autonome que ma pensée est ma pensée.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Mais quelle énergie il y avait en moi ! Quelle confiance d&amp;rsquo;être un jour beau et intelligent, supérieur et admiré ! Quelle espérance, mise dans mes rencontres avec des personnes et des situations nouvelles !&#xA;Est-ce cela qui me rend triste ? Ce zèle et cette foi qui m&amp;rsquo;habitaient alors et arrachaient à la vie une promesse qui ne put jamais être tenue ? Quelquefois, je vois le même zèle et la même foi dans les visages d&amp;rsquo;enfants et d&amp;rsquo;adolescents, et je les vois avec la même tristesse que je me revois moi-même à l&amp;rsquo;époque. Cette tristesse est-elle la tristesse tout court ? Est-ce elle qui nous accable lorsque de beaux souvenirs se détériorent, parce que le bonheur dont on se souvient ne tenait pas seulement à la situation, mais à une promesse qui n&amp;rsquo;a pas été tenue ?&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai longtemps cru qu&amp;rsquo;il existait un progrès dans l&amp;rsquo;histoire du droit, une évolution en dépit de petits reculs et de terribles régressions, vers plus de beauté et de vérité, plus de rationalité et d&amp;rsquo;humanité. Depuis que cette croyance s&amp;rsquo;est révélée chimérique, j&amp;rsquo;aime à me représenter autrement le cours de l&amp;rsquo;histoire du droit : l&amp;rsquo;image avec laquelle je joue est celle d&amp;rsquo;un cours certes orienté vers un but, mais le but où il parvient, après toutes sortes de convulsions, de confusions et d&amp;rsquo;aberrations, n&amp;rsquo;est autre que son point de départ, d&amp;rsquo;où il lui faudra repartir à peine arrivé.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>1984 - George Orwell</title>
            <link>https://pled.fr/1984-george-orwell/</link>
            <pubDate>Tue, 20 Nov 2007 18:28:49 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/1984-george-orwell/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;1984.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;1984.jpg#floatleft&#34;&gt; L&amp;rsquo;autre jour, en passant à la Fnac de Rennes, j&amp;rsquo;ai vu ce livre et je me suis dit : oui, je l&amp;rsquo;ai lu il y a longtemps&amp;hellip; qu&amp;rsquo;est-ce ça donne aujourd&amp;rsquo;hui ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Big Brother vous regarde&lt;/em&gt; ! est-il écrit sur les affiches dont la ville est remplie. La société décrite est donc ultra totalitaire, on obéit ou l&amp;rsquo;on disparait. Dans chaque appartement il y a un &lt;em&gt;télécran&lt;/em&gt;, sorte de radio d&amp;rsquo;état, mais qui permet aussi de surveiller en permanence les individus. Le language est revu à la baisse, pour le simplifier, c&amp;rsquo;est la &lt;em&gt;novlang&lt;/em&gt; ! grâce à elle, la pensée elle aussi devrait se simplifier, et ainsi éviter au citoyen de trop réfléchir. Le pays est en guerre, ce qui est très pratique pour faire passer à peu près tout ce que l&amp;rsquo;on veut, et réduire la liberté individuelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le héros, Winston Smith, travaille au commissariat aux archives : son travail consiste à réécrire constamment l&amp;rsquo;histoire, en fonction des discours actuels de Big Brother. Ce dernier peut ainsi affirmer à peu près n&amp;rsquo;importe quoi&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les 3 slogans de base du sytème sont :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;LA GUERRE C&amp;rsquo;EST LA PAIX&#xA;LA LIBERTÉ C&amp;rsquo;EST L&amp;rsquo;ESCLAVAGE&#xA;L&amp;rsquo;IGNORANCE C&amp;rsquo;EST LA FORCE&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comprenez la liberté (du gouvernement) c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;esclavage (du peuple), etc. Dans sa tentative d&amp;rsquo;échapper au système, Winston Smith va tomber sur un livre qui décrit la société, et son histoire. On sort là nettement du simple roman de science-fiction, pour des considérations (une étude ?) sur la structure des sociétés humaines. On y explique par exemple que toute société est divisée en 3 groupes : la classe supérieure, la classe moyenne, et la classe inférieure :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Les buts de ces 3 groupes sont absolument inconciliables. Le but du groupe supérieur est de rester en place. Celui du groupe moyen, de changer de place avec le groupe supérieur. Le but du groupe inférieur, quand il en a un &amp;ndash; car c&amp;rsquo;est une caractéristique permanente des inférieurs qu&amp;rsquo;ils sont trop écraser de travail pour être conscients, d&amp;rsquo;une façon autre qu&amp;rsquo;intermittente, d&amp;rsquo;autre chose que de leur vie de chaque jour &amp;ndash; est d&amp;rsquo;abolir toute distinction et de créer une société dans laquelle tous les hommes seraient égaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ainsi, à travers l&amp;rsquo;histoire, une lutte qui est la même dans ses lignes principales, se répète sans arrêt. Pendant de longues périodes, la classe supérieure semble être solidement au pouvoir. Mais tôt ou tard, il arrive toujours un moment où elle perd, ou sa foie elle-même, ou son aptitude à gouverner efficacement, ou les deux. Elle est alors renversée par la classe moyenne qui enrôle à ses côtés la classe inférieure en lui faisant croire qu&amp;rsquo;elle lutte pour la liberté et la justice.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sitôt qu&amp;rsquo;elle a atteint son objectif, la classe moyenne rejette la classe inférieure dans son ancienne servitude et devient elle-même la classe supérieure. Un nouveau groupe moyen se détache alors de l&amp;rsquo;un des autres groupes, ou des deux, et la lutte recommence.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si dans les faits, notre société est très différente (démocratie, liberté), dans le fond, on peut se poser la question. La télévision prépare le temps de cerveau disponible pour la pub, comme l&amp;rsquo;on sait. Les politiques peuvent dire à peu près n&amp;rsquo;importe quoi sans être contredits : pas même besoin de réécrire l&amp;rsquo;histoire, c&amp;rsquo;est encore mieux foutu. Quant aux travailleurs, ils devront travailler plus, ce qui leur évitera certainement de trop réfléchir. On devrait même pouvoir trouver 3 slogans du même accabit que ceux du livre !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un autre passage m&amp;rsquo;a beaucoup amusé. Winston Smith est à son boulot, et doit remanier un discours passé de Big Brother, toujours pour le faire coller à la vérité du moment :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Winston réfléchit un moment, puis rapprocha de lui le phonoscript et se mit à dicter dans le style familier à Big Brother. Un style à la fois militaire et pédant, facile à imiter à cause de l&amp;rsquo;habitude de Big Brother de poser des questions et d&amp;rsquo;y répondre tout de suite.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ça ne vous rappelle pas quelqu&amp;rsquo;un, cette manie de faire les questions et les réponses ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Orwell&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;George Orwell&lt;/a&gt; (1903-1950) a eu une vie incroyable : il a été policier aux Indes, clochard à Paris, ouvrier, combattant en Espagne, speaker à la BBC, et bien sûr écrivain. Malade de la tuberculose, il écrivit 1984 dans ses toutes dernières années, alors qu&amp;rsquo;il luttait déjà contre la mort.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le non de Klara - Soazig Aaron</title>
            <link>https://pled.fr/le-non-de-klara-soazig-aaron/</link>
            <pubDate>Sun, 21 Oct 2007 17:24:42 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-non-de-klara-soazig-aaron/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;lenondeklara.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;lenondeklara.jpg#floatleft&#34;&gt; Un roman conseillé par la libraire de la fnac. &lt;strong&gt;Soazig Aaron&lt;/strong&gt; est née à Rennes (1949) et de confession juive, comme son prénom et son nom le suggèrent. Elle a reçue la Bourse Goncourt du premier roman et le prix Emmanuel-Roblès en 2002 pour ce livre. Saozig Aaron vit en Bretagne depuis une vingtaine d&amp;rsquo;années..&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le non de Klara&lt;/strong&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une femme qui revient des camps de la mort. Sous la forme du journal de son amie d&amp;rsquo;enfance qui l&amp;rsquo;accueille, elle va peu à peu livrer un peu d&amp;rsquo;elle-même, de son histoire. Elle refusera de voir sa fille, préférant disparaître.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous avons eu, nous, des enfances heureuses. Pourquoi pas elle ? Avec moi, elle n&amp;rsquo;échapperait pas à Brzezinka.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce n&amp;rsquo;est pas un sujet facile, et le ton reste étonnamment léger, les choses dites avec sensibilité et prudence. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;amie qui écrit. Klara a survécu, mais en devenant quelqu&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;autre. Pourtant la vie continue, y compris pour Klara.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La femme des sables - Kôbô Abé</title>
            <link>https://pled.fr/la-femme-des-sables-kobo-abe/</link>
            <pubDate>Mon, 01 Oct 2007 17:02:27 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-femme-des-sables-kobo-abe/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;femmedessables.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;femmedessables.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Kôbô Abe&lt;/strong&gt; (1924-1993) est né au Japon; il passe son enfance en Mandchourie (état fantôme créé par les Japonais au nord-est de la Chine de 1931 à 1945). Après des études de médecine, il se tourne vers la littérature : poëmes, pièce de théâtre, romans, science-fiction. Egalement militant communiste, il organise un cercle littéraire dans un quartier ouvrier.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;La femme des sables&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un maître d&amp;rsquo;école parti le temps d&amp;rsquo;un week-end à la recherche d&amp;rsquo;insectes des sables. Il arrive dans un village en bord de mer, bordé de dunes. Y demandant l&amp;rsquo;hospitalité pour la nuit, il va se retrouver au fond d&amp;rsquo;une fosse bordée de murs de de sable, où vit une femme, seule, dans une petite cabane. Plus moyen de sortir&amp;hellip; et le ravitaillement (eau, nourriture) n&amp;rsquo;arrive qu&amp;rsquo;en échange d&amp;rsquo;un travail sans fin : ce sable qui contamment se fait piéger dans le trou, s&amp;rsquo;infiltre partout, et qu&amp;rsquo;il faut ramasser à la pelle, pour être remonté à la surface par les villageois. Ces derniers ne culpabilisent pas le moins du monde : la vie est dure, l&amp;rsquo;Etat ne les aide pas, alors ils se débrouillent comme ils peuvent et piègent ainsi les rares étrangers. La femme (maîtresse-servante) se satisfait de cette vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;homme se révoltera, tentera d&amp;rsquo;échapper à cet esclavage, passera sa vie en revue, et finalement se demandera en quoi sa vie actuelle aurait moins de sens que sa vie précédente.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une réflexion sur la vie, la liberté, la condition humaine. Malheureusement, le style est un peu heurté, manque de fluidité, ce qui nuit au plaisir de suivre cette passionnante histoire. La faute à la traduction probablement, et peut-être aussi aux différences culturelles : les interrogations parfois très formelles de notre cher professeur reposent sur des valeurs qui sont bien loin des notres. Cela ne facilite sans doute pas la traduction ni le ton à y donner.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Son premier roman, &lt;em&gt;Les Murs&lt;/em&gt;, obtint en 1951 le prix Akutagawa, le plus grand prix littéraire japonais. &lt;em&gt;La Femme des sables&lt;/em&gt; est paru en 1962 et obtint en France le prix du Meilleur Livre étranger.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le Festin nu - Williams Burrough</title>
            <link>https://pled.fr/le-festin-nu/</link>
            <pubDate>Sat, 22 Sep 2007 10:20:26 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-festin-nu/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;festin-nu.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;festin-nu.jpg#floatleft&#34;&gt; Voilà un livre dont j&amp;rsquo;ai abandonné la lecture au bout de 50 pages. Ce n&amp;rsquo;est pas une raison pour ne pas en parler.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;William S. Burroughs, écrivain de la &lt;em&gt;Beat Generation&lt;/em&gt;, terme employé pour la première fois par &lt;strong&gt;Jack Kerouac&lt;/strong&gt; pour décrire son cercle d&amp;rsquo;amis. Le troisième membre fondateur était Alen Ginsberg. Les œuvres majeures de ces auteurs fondateurs sont &lt;em&gt;Sur la route&lt;/em&gt; de Kerouac, &lt;em&gt;Howl&lt;/em&gt; de Ginsberg et donc &lt;em&gt;Le Festin nu&lt;/em&gt; de Burroughs. J&amp;rsquo;avais lu &lt;em&gt;Sur la route&lt;/em&gt; il y a bien longtemps, excellent bouquin (tout est dans le titre), alors je me suis dit essayons le Festin nu.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;William Burroughs est décrit comme le plus noir des trois, il s&amp;rsquo;adonne à l&amp;rsquo;héroine durant les années 50 (pendant une dizaine d&amp;rsquo;années), allant jusqu&amp;rsquo;à tuer sa femme d&amp;rsquo;une balle en pleine tête alors qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;amusait à jouer à Guillaume Tell en visant une pomme posée sur la tête de celle-ci !&#xA;Il est aussi l&amp;rsquo;auteur d&amp;rsquo;une technique appelée le &lt;strong&gt;cut-up&lt;/strong&gt;: il s&amp;rsquo;agit de recréer un texte à partir de bribes découpées et mélangées au hasard, utilisant parfois des fragments d&amp;rsquo;autres auteurs.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;En 1956, après une cure de désintoxication, &lt;em&gt;Le Festin nu&lt;/em&gt; est publié. Il est rapidement interdit dans de nombreux états américains, pour obscénité. Il faudra 10 ans pour que le livre soit finalement reconnu &amp;ldquo;non-obscène&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour ce que j&amp;rsquo;en ai lu, c&amp;rsquo;est très décousu: mélange d&amp;rsquo;hallucinations, d&amp;rsquo;information sur les drogues et leur traitement médical, sur le fil d&amp;rsquo;une histoire incertaine. On s&amp;rsquo;y noie un peu, ça part dans tous les sens, et pas toujours d&amp;rsquo;une manière compréhensible. Je n&amp;rsquo;y rien vu d&amp;rsquo;obscène par contre, mais on imagine qu&amp;rsquo;à cette époque, et aux US, ce n&amp;rsquo;est pas trop étonnant.&#xA;Ça me fait penser à la chose suivante : avez-vous déjà eu une discussion avec un type ivre-mort ? C&amp;rsquo;est très difficile car l&amp;rsquo;individu en face de vous est incapable de se concentrer sur un sujet donné. Ecoute-t-il d&amp;rsquo;ailleurs ? pas sûr&amp;hellip; Même s&amp;rsquo;il y a parfois des raccourcis fulgurants, des choses dites qui ne le seraient pas sans l&amp;rsquo;ivresse, c&amp;rsquo;est souvent laborieux et difficile pour le type à jeun. A moins que les deux interlocuteurs soient ivres tous les deux&amp;hellip; là, cela peut durer des heures, mais personne ne s&amp;rsquo;en souviendra le lendemain !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre a sans doute une valeur pour étudier cette époque, ce mouvement. Quant au plaisir de lire proprement dit (en tout cas sous la forme à laquelle j&amp;rsquo;aspire), je ne vois pas trop où il pourrait se situer.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le destin de Mr Crump - Ludwig Lewisohn</title>
            <link>https://pled.fr/le-destin-de-mr-crump/</link>
            <pubDate>Wed, 29 Aug 2007 21:12:24 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-destin-de-mr-crump/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;destin-mr-crump.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;destin-mr-crump.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;strong&gt;Ludwig Lewisohn&lt;/strong&gt; (1883-1956), est né à Berlin, mais a vécu dès l&amp;rsquo;âge de 7 ans aux Etats-Unis. Il fit tout pour devenir un &amp;ldquo;bon américain&amp;rdquo;, allant même jusqu&amp;rsquo;à renoncer un temps à sa religion (il est juif) pour se tourner vers l&amp;rsquo;Eglise méthodiste. La Grande guerre aidant, la bonne société américaine lui demandera de tourner définitivement le dos à la culture allemande, dont ses parents l&amp;rsquo;ont nourri. Il s&amp;rsquo;y refusera.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Au milieu des années 20, lorsqu&amp;rsquo;il présente son livre &lt;em&gt;The case of Mr Crump&lt;/em&gt;, il se voit rejeté de partout, traité de sournois, pervers, calomniateur de la vertueuse Amérique, démolisseur des valeurs du mariage&amp;hellip; Le livre paraîtra finalement en France, en 1926 (publié par un américain non-conformiste: Edward Titus).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un jeune homme, ayant reçu une éducation stricte, artiste, passionné de musique classique et compositeur doué de talent. Issu d&amp;rsquo;une petite ville du Sud, il &amp;ldquo;monte&amp;rdquo; à New-York pour pouvoir exercer et développer son art.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hélas pour lui, il y rencontrera une femme de 20 ans son aînée, qui va jeter son dévolu sur lui: il est jeune, inexpérimenté, idéaliste&amp;hellip; elle est manipulatrice, dénuée de scrupules, tenace au-delà de l&amp;rsquo;imaginable (et accessoirement mère de 3 enfants d&amp;rsquo;un premier mariage).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Elle obtiendra le mariage en jouant sur l&amp;rsquo;amour que Mr Crump porte à ses parents, le menaçant d&amp;rsquo;un terrible scandale. Dans une amérique puritaine, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;enfer d&amp;rsquo;un tel mariage qui vous est conté, jusqu&amp;rsquo;au dénouement final. Le poids de la société ne lui laisse aucune chance, pour peu que la femme soit déterminée, et l&amp;rsquo;homme honnête.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le portrait de la femme est terrible. Pas étonnant qu&amp;rsquo;il ait choqué à l&amp;rsquo;époque, car un certain nombre de poncifs volent en éclat ! L&amp;rsquo;image de la femme d&amp;rsquo;abord (en tout cas celle-ci), puis le poids terrible que la société exerce. Aucune porte de sortie pour ce pauvre Herbert (ou Bertie, comme elle l&amp;rsquo;appelle quand elle veut l&amp;rsquo;amadouer).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est de plus admirablement écrit, fluide et profond à la fois. Extrait:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On dit que le chagrin et la mort adoucissent les cœurs. Ils peuvent aussi endurcir l&amp;rsquo;esprit, en lui retirant l&amp;rsquo;espérance et les illusions. Après avoir quitté la tombe où reposait sa mère, et la maison de son père, qui malgré la solitude et l&amp;rsquo;âge savait supporter sa douleur, Herbert se trouva plus fort qu&amp;rsquo;auparavant, parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;avait plus rien à craindre en ce monde. L&amp;rsquo;univers ne renfermait plus de terreur. Sa mère était affranchie de la souffrance, de l&amp;rsquo;espoir, des déceptions : elle faisait partie des innombrables générations de morts. C&amp;rsquo;est en cela, compris Herbert, en cette immortelle délivrance de toute fièvre mortelle que réside la majesté de la mort, c&amp;rsquo;est là ce qu&amp;rsquo;elle apporte. Qui a, une fois, connu cette pensée ne peut jamais plus perdre entièrement la faculté de se détacher du flux trop brûlant des choses&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une remarque pour finir : si vous lisez ce livre, gardez les 2 préfaces (dont une de Thomas Mann) pour la fin: le dénouement de l&amp;rsquo;histoire y est livré.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Ernesto Guevara - Paco Ignacio Taibo  II</title>
            <link>https://pled.fr/ernesto-guevara/</link>
            <pubDate>Mon, 13 Aug 2007 21:24:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/ernesto-guevara/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;che1.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;che1.jpg#floatleft&#34;&gt; Je viens de finir &lt;em&gt;Ernesto Guevara connu aussi comme le CHE&lt;/em&gt;, écrit par &lt;strong&gt;Paco Ignacio Taibo&lt;/strong&gt;, un romancier et historien mexicain. C&amp;rsquo;est une biographie complète et détaillée de la vie du Che, en passant rapidement sur son enfance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y suit la révolution Cubaine jour après jour, et c&amp;rsquo;est aussi prenant qu&amp;rsquo;un polar. Puis il sera ministre du gouvernement, l&amp;rsquo;occcasion de voir à quels problèmes ont été confrontés les révolutionnaires une fois au pouvoir. Mais préfèrera retourner servir la révolution, d&amp;rsquo;abord en Afrique, puis en Amérique du Sud, son grand rêve. La Bolivie sera le pays choisi pour démarer, et il y trouvera la mort à 39 ans.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Car l&amp;rsquo;aventure de la révolution Cubaine vaut le coup d&amp;rsquo;être racontée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On est en novembre 1956. Ils n&amp;rsquo;étaient qu&amp;rsquo;un petit groupe (82 au départ, une douzaine au pire moment), peu armés, sans ressources, et le plus souvent affamés. L&amp;rsquo;aide des paysans sera décisive pour leur survie&amp;hellip; sans oublier la dictature de Battista, qui par sa répression, ne fait que dresser le peuple contre lui et générer ainsi de nouveaux combattants qui rejoindront la révolution et le Che, devenu très vite une sorte de mythe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Che, de nationalité argentine, ne doit de participer au groupe de départ (dont fait partie Castro) que parce qu&amp;rsquo;il est médecin. Très vite, il se fera remplacer pour participer aux combats, et deviendra Commandant. Il dort très peu, et souffre d&amp;rsquo;asthme, ce qui le suivra toute sa vie, provoquant de graves crises quand dans la Sierra, il est à court de médicaments.&#xA;Mais il est d&amp;rsquo;une droiture sans faille: dur avec lui-même, dur avec ses hommes. La révolution passe avant tout. Il refuse tout avantage, partage tout, mais impose une discipline de fer&amp;hellip; Et ses hommes sont prêts à tout pour le suivre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le tournant de la révolution, c&amp;rsquo;est la traversée de la moitié du pays par deux colonnes emmenées par Che Guevara et Camilo Cienfuegos. 6 semaines d&amp;rsquo;une marche harrassante, sans nourriture ou presque, 600 kms de zone marécageuse, poursuivis par l&amp;rsquo;armée cubaine et l&amp;rsquo;aviation. Ils évitent ainsi l&amp;rsquo;encerclement dans la Sierra Maestra, et créent un deuxième foyer dans la Sierra d&amp;rsquo;Escambray. Quelques mois plus tard, le 02 janvier 1959, La Havane est pris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Sa vision de la révolution n&amp;rsquo;est pas communiste comme on l&amp;rsquo;a dit: il est certes très intéressé par la révolution bolchevique et la récolution chinoise. Il lit beaucoup à ce sujet, mais le perçoit à cette époque comme un idéal, n&amp;rsquo;en connaissant que la théorie. Plus tard, en tant que ministre Cubain, il ira en Russie et dans les pays de l&amp;rsquo;Est, et ne se génera pas pour critiquer durement la centralisation et la corruption. Il semble plus proche du communisme chinois. Mais au bout du compte, il appliquera sa propre méthode.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une fois la révolution gagnée, il s&amp;rsquo;occupera de la réforme agraire, puis sera ministre de l&amp;rsquo;industrie, tout cela pendant 5 ans. Il restera le même, participant aux journées de travail dans les champs tous les dimanches ou presque, refusant tout avantage lié à sa fonction, etc&amp;hellip;&#xA;Il ne participe pas directement à l&amp;rsquo;organisation du pouvoir, mais dénonce sans relâche tous les comportements non égalitaires, conscient des risques de dérive de la révolution. C&amp;rsquo;est vraiment impressionant de voir à quel point il reste fidèle dans ses actes à ses idéaux. Cela lui donne évidemment un énorme charisme auprès du peuple cubain, même s&amp;rsquo;il est argentin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;che2.jpg&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;154px&#34; data-flex-grow=&#34;64&#34; height=&#34;238&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/ernesto-guevara/che2.jpg&#34; width=&#34;153&#34;&gt; Il insiste énormément sur l&amp;rsquo;éducation. Même dans les moments les plus dur de la révolution, il organise des cours d&amp;rsquo;alphabétisation pour les combattants. Au gouvernement, il met en place des solutions originales: par exemple les ouvriers produisant le plus sont obligés de suivre une formation pour passer à l&amp;rsquo;échelon supérieur, alors qu&amp;rsquo;ils préfèreraient bien souvent être payés plus, tout simplement.&#xA;Le Che est conscient que pour qu&amp;rsquo;une révolution fonctionne (une fois le pouvoir pris), il faut des hommes nouveaux. Car les travers habituels ressortent vite, nombreux sont ceux qui tirent profit de la révolution&amp;hellip; Et les systèmes se corrompent lentement mais sûrement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une anecdote surprenante, c&amp;rsquo;est que avant la révolution, les cubains avaient, grâce aux USA, des habitudes et un niveau de consommation déjà évolué. Après le blocus américain, quand les cubains se tournent vers les russes, ils se rendent compte que le niveau de vie du bloc communiste est très en recul par rapport au leur ! Difficile d&amp;rsquo;importer de l&amp;rsquo;eau de toilette par exemple: ils n&amp;rsquo;en ont tout simplement pas, c&amp;rsquo;est un produit de luxe.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cet aspect économique est très bien décrit dans le livre, et c&amp;rsquo;est très intéressant de voir les problèmes auxquels ils ont été confrontés, comment ils ont été traités, les erreurs qui ont été commises et ce qui a réussi. Ce n&amp;rsquo;est pas tout de prendre le pouvoir, il faut l&amp;rsquo;exercer, nourrir le peuple, lui donner du travail, etc&amp;hellip; Et le blocus américain complique terriblement les choses. Le Che, dans ses discours de l&amp;rsquo;époque, est toujours aussi franc, pratiquant la critique comme l&amp;rsquo;auto-critique. Egal à lui-même&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Après ses années au gouvernement cubain, il se rendra en Afrique (au Congo), car il veut exporter la révolution, retrouver l&amp;rsquo;action. Ce sera un échec: l&amp;rsquo;esprit qui anime les pseudo révolutionnaires africains est très différent de celui de la révolution cubaine. Ce sont plutôt des contrebandiers, qui se saoûlent à longueur de journées. On est en 1965, et Laurent-Désiré Kabilla est déjà là ! Quand on pense qu&amp;rsquo;il sera élu président de la république démocratique du Congo en 1997&amp;hellip; Ah le rythme de l&amp;rsquo;Afrique !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Puis il se lance dans son vieux rêve: exporter la révolution dans toute l&amp;rsquo;amérique latine, pour la libérer de l&amp;rsquo;exploitation des USA qui, sous couvert d&amp;rsquo;accords économiques et avec le consentement de gouvernements corrompus, entretiennent et aggravent les inégalité sociales de tout le sous-continent. Le dialogue Nord-Sud n&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;une mascarade. Idée née de ses premiers voyages, où il prend conscience de l&amp;rsquo;exploitation des pauvres, des inégalités sociales, etc&amp;hellip; Elle ne l&amp;rsquo;a jamais quitté.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La Bolivie sera le premier pays choisi. A peu près tout se passe mal, la région choisie est trop désertique, le contact avec les groupes locaux pro-révolutionnaires est sous-évalué (l&amp;rsquo;idéalisme du Che). Ils sont terriblement isolés et ne peuvent être aidés par les paysans (qui subissent une pression beaucoup moins forte du gouvernement Bolivien, même s&amp;rsquo;ils sont dans la misère). La CIA aidera également le gouvernement bolivien (même si le doute subsiste quant à sa présence dans les montagnes) : moyens financiers, matériels, et formation militaire.&#xA;Le Che sera finalement capturé vivant, et abattu sur ordre le lendemain, sans doute parce qu&amp;rsquo;il fait encore peur, même prisonnier. Son corps sera même enterré dans un lieu secret pour ne laisser aucune trace et empêcher tout lieu de commémoration.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les deux tomes se lisent très bien, et la personnalité, le caractère du Che sont parfaitement retranscrits. Il y a énormément d&amp;rsquo;extraits de son journal, et on est donc vraiment à l&amp;rsquo;intérieur de l&amp;rsquo;histoire.&#xA;Ce qu&amp;rsquo;il en reste, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;idée de ce type qui dormait peu, malade, mais d&amp;rsquo;une énergie, d&amp;rsquo;une loyauté et d&amp;rsquo;une fidélité à ses idées incroyables. Il aimait lire, et jouer aux échecs. Il se maria 2 fois, mais la révolution passera toujours en premier.&#xA;L&amp;rsquo;échec de la tentative Bolivienne montre aussi l&amp;rsquo;énorme difficulté qu&amp;rsquo;aurait une révolution de ce type à réussir aujourd&amp;rsquo;hui. Quant à la révolution cubaine, on se demande même comment elle a pu réussir.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On peut juste regretter un manque de vision de ce que fait Castro, car s&amp;rsquo;ils communiquent souvent par lettres, on suit l&amp;rsquo;action du Che, et pas celle de Castro. Ce dernier (avocat de formation) semblait avoir un sens politique aiguisé, mais également un talent oratoire qui s&amp;rsquo;est révélé très utile. Il respectait énormément le Che, mais était beaucoup plus un politique.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le Che était un idéaliste, et n&amp;rsquo;a jamais renoncé à ses idées. C&amp;rsquo;est de là que nait le mythe. Un homme nouveau&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Les hommes qui n&#39;aimaient pas les femmes</title>
            <link>https://pled.fr/les-hommes-qui-naimaient-pas-les-femmes/</link>
            <pubDate>Fri, 27 Jul 2007 16:32:51 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/les-hommes-qui-naimaient-pas-les-femmes/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;stieglarsson.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;stieglarsson.jpg#floatleft&#34;&gt;\&lt;em&gt;\&lt;/em&gt; Article rédigé par Dominique D., un ami enthousiasmé par cette lecture **&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Lorsque Stieg Larsson remit en 2004 les trois volets de sa trilogie &amp;ldquo;Millénium&amp;rdquo;, il devait penser que ses récits tiendraient encore longtemps le lecteur en haleine&amp;hellip;hélas ce talentueux quinquagénaire fut, juste aprés, emporté par une crise cardiaque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors précipitez vous sur ce premier volume pour savoir comment Mikael Blomkvist, journaliste et rédacteur de la revue Millénium va mettre à jour une histoire familale sombre dans les milieux de la riche bourgoisie Suédoise.On y découvrira au fil des pages une galerie de personnages que nous aurons plaisir à retrouver (pour certains!) dans les prochains volumes.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bien écrit avec des rebondissements, du suspense, des puissants&amp;hellip;enfin bref tout ce qu&amp;rsquo;il vous faut pour lâcher la télé!!!&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Stieg Larsson.Les hommes qui n&amp;rsquo;aimaient pas les femmes. Actes noirs chez ACTE SUD&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Loin de Chandigarh - Tarun J Tejpal</title>
            <link>https://pled.fr/loin-de-chandigarh-tarun-j-tespal/</link>
            <pubDate>Sat, 21 Jul 2007 17:34:46 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/loin-de-chandigarh-tarun-j-tespal/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;loindechandigarh.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;loindechandigarh.jpg#floatleft&#34;&gt; Cela faisait longtemps que je n&amp;rsquo;avais pas lu un roman indien. Il y a pourtant de grands auteurs, et je n&amp;rsquo;ai jamais été déçu (je pense notamment à &lt;em&gt;La maison et le monde&lt;/em&gt; de Rabindranath Tagore (porté à l&amp;rsquo;écran par Satyajit Ray), magnifique roman et superbe portrait de femme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Loin de Chandigarh&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; se passe dans l&amp;rsquo;Inde du Nord des années 90. Un homme et une femme partage une passion très sensuelle et charnelle. Ils font l&amp;rsquo;acquisition d&amp;rsquo;une maison adossée aux contreforts de l&amp;rsquo;Himalaya. La découverte d&amp;rsquo;un manuscrit va bouleverser cette passion. L&amp;rsquo;homme sera habité par l&amp;rsquo;histoire qu&amp;rsquo;il découvre dans les carnets, et devra parcourir le long chemin vers la vérité avant de pouvoir revenir vers sa femme. L&amp;rsquo;occasion pour l&amp;rsquo;auteur de parcourir l&amp;rsquo;Inde depuis Gandhi à nos jours, l&amp;rsquo;arrivée de la modernité, les changements de valeurs d&amp;rsquo;une génération à l&amp;rsquo;autre, la culture indienne.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est bien entendu très bien écrit. J&amp;rsquo;ai trouvé que la description de la passion qui unit ce couple envahit un peu le début du roman (il faut attendre le milieu du roman pour que la manuscrit soit trouvé), mais l&amp;rsquo;histoire, dans laquelle s&amp;rsquo;imbriquent d&amp;rsquo;autres histoires toutes aussi captivantes, est passionnante.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman démarre par ces phrases:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;L&amp;rsquo;amour n&amp;rsquo;est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C&amp;rsquo;est le sexe. Les lois de la physique nous apprennent qu&amp;rsquo;il est plus difficile de détacher 2 corps accolés par leur centre que par l&amp;rsquo;une ou l&amp;rsquo;autre de leurs extrémités.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et se termine par celles-ci:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le sexe n&amp;rsquo;est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;amour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;La clef de ce changement est dans les 686 pages qui les séparent.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Suite Française - Irène Némirovsky</title>
            <link>https://pled.fr/suite-francaise/</link>
            <pubDate>Sun, 08 Jul 2007 18:45:20 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/suite-francaise/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;suitefrancaise.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;suitefrancaise.jpg#floatleft&#34;&gt; Irène Némirovky, née en 1903, fille d&amp;rsquo;un riche banquier juif ukrainien, trouvera l&amp;rsquo;exil en France après la Révolution russe (la tête de son père étant mise à prix par les Soviets).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Parlant 7 langues, écrivain reconnu dès les années 30 après son roman &lt;em&gt;David Golder&lt;/em&gt;, amie de Kessel et Cocteau, elle n&amp;rsquo;obtiendra pas pour autant la nationalité française, puis sera interdite de publication. Elle portera l&amp;rsquo;étoile jaune, sera arrêtée par la Gendarmerie, puis déportée à Auschwitz où elle meurt du typhus en 1942.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suite française&lt;/strong&gt; est le titre d&amp;rsquo;une série qui devait contenir 5 romans. Elle n&amp;rsquo;aura le temps d&amp;rsquo;écrire que les 2 premiers&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Tempête en juin&lt;/em&gt; décrit l&amp;rsquo;exode de Paris en juin 40, les gens se retrouvant sur les routes, toute classe sociale confondue. On va ainsi suivre quelques petits groupes de personnages qui vont se croiser (ou non) sur la route, en pleine débâcle. Le vernis de civilisation saute vite&amp;hellip; et les élans égoïstes sont plus nombreux que ceux de solidarité !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dolce&lt;/em&gt; raconte la vie d&amp;rsquo;un village durant l&amp;rsquo;occupation allemande. Sous une apparence paisible, la présence de l&amp;rsquo;occupant (et l&amp;rsquo;absence des maris) réveillera des tensions dans le village.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il arrive qu&amp;rsquo;un personnage meurt dans l&amp;rsquo;histoire. La mort arrive alors au détour d&amp;rsquo;une phrase, sans prévenir, comme elle devait arriver en ces temps perturbés, ou comme elle peut encore arriver de nos jours.. C&amp;rsquo;est inhabituel : on anticipe toujours plus ou moins la mort d&amp;rsquo;un personnage dans un roman&amp;hellip; ou bien c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;auteur qui nous la laisse entrevoir pour nous y préparer.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le tout est admirablement écrit, mais le lien entre les 2 parties est plutôt ténu. Par manque de temps, hélas. Une fresque inachevée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Suite française obtint le prix Renaudot 2004.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Un peu de lecture</title>
            <link>https://pled.fr/un-peu-de-lecture/</link>
            <pubDate>Sat, 02 Jun 2007 10:26:10 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/un-peu-de-lecture/</guid>
            <description>&lt;p&gt;Après les nouvelles de Philipp K. Dick, je reviens donc au roman. Direction la fnac, où je revois la libraire qui m&amp;rsquo;avait conseillé &amp;ldquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=241&#34; &gt;Nous autres&lt;/a&gt; &amp;ldquo;, cet excellent livre de Eugène Samiatine. Je lui demande si elle peut me conseiller d&amp;rsquo;autres livres, et me voilà reparti avec un assortiment de romans (tous en édition poche). Voilà ce que j&amp;rsquo;ai pensé des 4 premiers&amp;hellip; non je ne dévore pas à ce point, il s&amp;rsquo;agit de petits romans (en nombre de pages, au moins pour 3 d&amp;rsquo;entre-eux).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;les-braises&#34;&gt;Les braises&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;marai.jpg&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;149px&#34; data-flex-grow=&#34;62&#34; height=&#34;495&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/un-peu-de-lecture/marai.jpg&#34; width=&#34;308&#34;&gt; de &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sandor_Marai&#34;  target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Sandor Parai&lt;/a&gt; (1900-1989, auteur Roumain, qui ne fût reconnu hors de Hongrie qu&amp;rsquo;après la chute du mur de Berlin). Un vieux général (on est au début du 20ème siècle, à la fin de l&amp;rsquo;Empire austro-hongrois) va revoir un ami d&amp;rsquo;enfance après une séparation de 40 ans. Tout le temps nécessaire à réfléchir au passé, à l&amp;rsquo;amitié indéfectible qui les liaient et à ce qui les a séparé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est remarquablement écrit, les souvenirs passés au crible de l&amp;rsquo;analyse, avant la rencontre du soir, pour connaître enfin la vérité, puisque seule elle compte. Tout cela a une époque révolue, où l&amp;rsquo;honneur et la fidélité (en amour comme en amitié) étaient de rigueur.&#xA;Un très bon bouquin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;jai-renvoyé-martha&#34;&gt;J&amp;rsquo;ai renvoyé Martha&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;kuperman.jpg&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;144px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;474&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/un-peu-de-lecture/kuperman.jpg&#34; width=&#34;286&#34;&gt; de Nathalie Kuperman. Là, je n&amp;rsquo;ai pas vraiment compris la libraire de la fnac. Petit roman dans tous les sens du terme, l&amp;rsquo;histoire des interrogations existentielles d&amp;rsquo;une bourgeoise du 16ème qui embauche une femme de ménage, qu&amp;rsquo;elle virera à la fin, car vous comprenez, cela remet trop de choses en question.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bonne pour l&amp;rsquo;asile en ce qui me concerne.&#xA;Ecrire un roman, si petit soit-il, nécessite un sujet. Là on est proche du néant, et le style ne vaut guère mieux. Réussir à faire éditer ce livre est vraiment le seul point notable !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;un-couple-ordinaire&#34;&gt;Un couple ordinaire&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;miniere.jpg&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;144px&#34; data-flex-grow=&#34;60&#34; height=&#34;476&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/un-peu-de-lecture/miniere.jpg&#34; width=&#34;287&#34;&gt; de Isabelle Minière. Je m&amp;rsquo;attendais au pire en lisant celui-ci (après &lt;em&gt;J&amp;rsquo;ai renvoyé Martha&lt;/em&gt;), et ce fût une excellente surprise. Un couple où la femme confond l&amp;rsquo;amour et le pouvoir, et les réflexions d&amp;rsquo;un homme qui va réagir petit à petit, grâce à 3 évènements: l&amp;rsquo;achat d&amp;rsquo;une table basse en bois &amp;ldquo;creux&amp;rdquo;, où le mot creux sera le déclencheur initial de sa dissidence, puis la lecture de Plutarque pour apprendre à dire non, enfin la rencontre d&amp;rsquo;une autre femme pour quitter l&amp;rsquo;autre définitivement.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voici la leçon de Plutarque ( &lt;em&gt;Le Vice et la Vertu&lt;/em&gt;) citée en début du livre:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;[&amp;hellip;] certains, tout aussi terrorisés à l&amp;rsquo;idée qu&amp;rsquo;on dise souvent du mal d&amp;rsquo;eux ou qu&amp;rsquo;on leur en fasse, sont devenus des lâches et ont quitté la voie du bien par incapacité à endurer le mépris.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Une autre jour, tu as rencontré un bavard qui te met le grappin dessus et te saoule de mots. Ne soit pas timide, coupe-lui la parole et vaque à tes occupations. Des esquives et refus de ce genre, qui exercent contre la timidité en exposant à de petits reproches, nous préparent aux situations d&amp;rsquo;une autre ampleur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;[&amp;hellip;] On se forge ses principes en s&amp;rsquo;en servant.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;h3 id=&#34;lempoisonnement&#34;&gt;L&amp;rsquo;empoisonnement&#xA;&lt;/h3&gt;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;doblin-empoisonnement.jpg&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;151px&#34; data-flex-grow=&#34;63&#34; height=&#34;476&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/un-peu-de-lecture/doblin-empoisonnement.jpg&#34; width=&#34;301&#34;&gt; de Alfred Doblin. La chronique d&amp;rsquo;un procès qui défraya la chronique dans les années 1920. Deux femmes se lient, l&amp;rsquo;une subit les violences de son mari. Elles l&amp;rsquo;empoisonneront, et iront en prison. L&amp;rsquo;auteur (médecin et romancier) décortique les processus qui vont mener à cet assassinat&amp;hellip; presque inéluctablement. La violence du mari fera germer celle de la femme, et les juges seront débordés par le sujet: que juge-t-on ? un simple assassinat, ou une société où une femme mariée ne peut que subir ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est très bien écrit, et les analyses des situations psychologiques dans lesquelles se débatent les acteurs de ce drame admirablement décrits.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une centaine de pages seulement, mais pas un mot n&amp;rsquo;est de trop.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953 (suite et fin) - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/philip-k-dick-nouvelles-tome-1-1947-1953-suite-et-fin/</link>
            <pubDate>Thu, 24 May 2007 20:46:16 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/philip-k-dick-nouvelles-tome-1-1947-1953-suite-et-fin/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg#floatleft&#34;&gt; Je viens de terminer le tome 1 des nouvelles de P.K. Dick. Voir un premier article &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34;  title=&#34;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&#34;&#xA;    &gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce fût un véritable plaisir: les nouvelles, on se demande toujours si ce ne sera pas trop court, pas assez développé. Ph. K. Dick dit que cela évite de mettre en place un décor, de développer les personnages&amp;hellip; On entre tout de suite de le coeur de l&amp;rsquo;histoire. C&amp;rsquo;est plus direct.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Comme je lis souvent le soir avant de dormir, c&amp;rsquo;est finalement très agréable de lire une nouvelle ou deux, et de refermer le livre en ayant terminé une histoire. Et le lendemain, on en commence une nouvelle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si dans ces histoires, il est souvent question de voyage spatial (science-fiction oblige), c&amp;rsquo;est bien souvent parce que la planète Terre est devenue inhabitable: soit ses ressources ont été épuisées, soit des guerres atomiques l&amp;rsquo;ont ravagée, et la ravagent encore pour de longues années.&#xA;Les hommes se tournent vers l&amp;rsquo;espace parce qu&amp;rsquo;il leur faudra un jour quitter la Terre. Pas mal pour l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Les sociétés (technologiques) sont bien souvent totalitaires, et la place de l&amp;rsquo;homme (sa liberté) en péril. Et bien sûr toujours cette réalité qui, par un petit détail va se fissurer tout à coup, laissant le champ libre à l&amp;rsquo;imagination.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai beaucoup aimé &lt;em&gt;L&amp;rsquo;heure du wub, Le monde qu&amp;rsquo;elle voulait, L&amp;rsquo;homme doré,&lt;/em&gt; et encore &lt;em&gt;Les assiégés&lt;/em&gt; (P.K. Dick fera un roman plus tard sur le même thème, mais plus élaboré: &lt;em&gt;Les clans de la lune alphane&lt;/em&gt;): sur une planète, des hommes se défendent depuis des années contre un agresseur inconnu. Ils finissent par découvrir que leur vaisseau spatial était en fait un navire hôpital, transportant des malades mentaux (schizos, paranos, etc&amp;hellip;). La question se pose alors: sont-ils tous fous, et dans ce cas personne ne les a jamais attaqués ? c&amp;rsquo;est vrai que les ennemis ne laissent aucune trace&amp;hellip; ou bien est-ce une ruse que ces ennemis ont élaboré pour les diviser ? Il va falloir trouver la réalité d&amp;rsquo;une manière irréfutable.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je vais passer à des romans un peu moins imposants maintenant, histoire de faire une pause avant d&amp;rsquo;attaquer le tome 2 !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autre articles sur le tome 1 &amp;amp; 2 :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=440&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Le dernier des maîtres&#34;&#xA;    &gt;Philip K. Dick – Nouvelles – Tome 1 / 1947-1953&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=473&#34;  title=&#34;Lien permanent vers Philip K. Dick - Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953&#34;&#xA;    &gt;Le dernier des maîtres&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=2188&#34; &gt;Nouvelles Tome 2 /1953-1981 – Philip K. Dick&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le dernier des maîtres - P. K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/le-dernier-des-maitres/</link>
            <pubDate>Thu, 03 May 2007 21:44:01 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-dernier-des-maitres/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg#floatleft&#34;&gt; Coïncidence ? hier soir, j&amp;rsquo;ai regardé le débat Ségo-Sarko jusqu&amp;rsquo;à 23h, puis, un peu lassé je dois dire, je suis allé me coucher et j&amp;rsquo;ai ouvert mon livre de chevet du moment, à savoir les nouvelles de P.K. Dick (tome 1).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La nouvelle s&amp;rsquo;appelait &amp;ldquo;Le dernier des maîtres&amp;rdquo; (1953), avec en préambule un petit commentaire à postérori (1978) de l&amp;rsquo;auteur:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Ici je fais confiance à un robot pour remplir les fonctions de chef, mais à un robot qui est en même temps le serviteur souffrant, donc une sorte de Christ. Le chef comme serviteur de l&amp;rsquo;homme: un chef dont on devrait - peut-être - se dispenser. Une ambiguïté plane sur la morale de cette histoire. Faut-il que nous ayons un chef, ou bien devrions-nous penser par nous-mêmes ? C&amp;rsquo;est la seconde solution qui parait évidente, en principe. Mais&amp;hellip; il arrive qu&amp;rsquo;un gouffre sépare ce qui est théoriquement juste de ce qui est pratiquement réalisable. Il est intéressant ici que je préfère placer ma confiance en un robot plutôt qu&amp;rsquo;en un androïde. Sans doute est-ce parce que le robot, lui, ne tente pas de faire passer pour ce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;est pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Amusant en cette période électorale, non ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans la nouvelle, tous les gouvernements ont été anéantis par le peuple qui s&amp;rsquo;est soulevé en masse il y a 200 ans, las des guerres incessantes créées par ces gouvernements, brûlant tous les bâtiments, le savoir technologique, détruisant l&amp;rsquo;arsenal de bombes nucléaires, et retournant à une vie plus simple, plus libre, et pacifique. Le mouvement s&amp;rsquo;appelle la &lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt; igue &lt;strong&gt;A&lt;/strong&gt; narchiste.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans une vallée reculée, un vieux robot a été oublié et a recréé une mini société technologique, car il détient seul le savoir perdu. Il a bien entendu recréé une armée sur-équipée, sachant qu&amp;rsquo;ils seraient probablement découverts un jour, et qu&amp;rsquo;ils devront se protéger, se défendre. A un moment, le robot dit:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Nous sommes en présence d&amp;rsquo;un paradoxe: un gouvernement d&amp;rsquo;anarchistes&amp;hellip; un anti-Etat, en somme. Au lieu de diriger le monde, ils se promènent sur les routes afin de s&amp;rsquo;assurer que nul ne le fait à leur place.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;aime bien la dernière phrase.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;L.A.&lt;/strong&gt; finira par le trouver et le détruire également.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nouvelles - Tome 1 / 1947-1953 - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/philip-k-dick-nouvelles-tome-1-1947-1953/</link>
            <pubDate>Wed, 04 Apr 2007 16:57:40 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/philip-k-dick-nouvelles-tome-1-1947-1953/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;p-k-dick-nouvelles-tome11.jpg#floatleft&#34;&gt; Me voilà reparti dans Philip K. Dick, mon auteur de SF préféré !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette fois j&amp;rsquo;attaque les nouvelles, un premier tome de 1500 pages&amp;hellip; Du gros, du lourd, surtout qu&amp;rsquo;il faut en général tenir un livre pour le lire&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;P.K. Dick fut un auteur très prolifique (130 nouvelles, et 36 romans). Surtout à ses débuts, où il s&amp;rsquo;agissait de publier des nouvelles dans les journaux, pour &amp;ldquo;gagner sa croûte&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;était l&amp;rsquo;époque de la SF avec des vaisseaux interstéllaires, voyages dans l&amp;rsquo;espace ou dans le temps, et où l&amp;rsquo;imagination allait bon train.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Mais Dick se démarque déjà par son approche. La réalité est-elle vraiment ce qu&amp;rsquo;elle parait être ? qu&amp;rsquo;est-ce qui se cache au delà des apparences ? Et quand la réalité s&amp;rsquo;effondre, comment l&amp;rsquo;humain réagit-il ? et dans quelle société évolue-t-il ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est en France qu&amp;rsquo;il rencontrera pour la première fois le succès dans les années 60. Il meurt en 1982 au moment ou sort l&amp;rsquo;excellent &lt;em&gt;Blade Runner&lt;/em&gt;, une adaptation de son roman &lt;strong&gt;Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ses thèmes récurrents furent par la suite la schizophrénie, la paranoïa, et l&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Empathie&#34;  title=&#34;empathie - wikipedia&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;empathie&lt;/a&gt;. Ses deux plus fameux romans sont sans doute &lt;strong&gt;Le maître du Haut Château&lt;/strong&gt; (son premier grand succès) et &lt;strong&gt;Ubik&lt;/strong&gt; (son chef-d&amp;rsquo;oeuvre officiel).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;De nombreuses de ses nouvelles seront adaptées par la suite au cinéma, comme &lt;em&gt;Paycheck&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Minority report&lt;/em&gt; récemment. Mais ces films sont en général décevants, axés sur les effets spéciaux et non sur le fond de l&amp;rsquo;histoire, la psychologie des personnages. Problème récurrent de nos jours.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La deuxième nouvelle du livre s&amp;rsquo;appelle &lt;strong&gt;Roug&lt;/strong&gt;&amp;hellip; C&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;un chien qui est persuadé que des extra-terrestres (des Rougs) volent la boite à ordures de ses maîtres. Comment imaginer que ses maîtres n&amp;rsquo;y accordent pas une importance vitale, puisque chaque jour, ils y déposent des mets délicieux et en referment le couvercle soigneusement ? Mais chaque fin de semaine, les Rougs arrivent et en volent le contenu. Le chien a beau prévenir ses maîtres, rien n&amp;rsquo;y fait. Dès 5h du matin, sans doute à l&amp;rsquo;heure où se lèvent les éboueurs à l&amp;rsquo;autre bout de la ville, il commence pourtant à les prévenir: &amp;ldquo;Roug !&amp;rdquo; aboie-t-il&amp;hellip; Il les entendait, il était le seul à savoir&amp;hellip; Mais ses maîtres ne comprennent pas, trouvent le comportement du chien anormal: &amp;ldquo;il devient comme fou, surtout le vendredi matin&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Voilà ce qu&amp;rsquo;en dit P.K. Dick:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Cette petite nouvelle parle d&amp;rsquo;un vrai chien, qui s&amp;rsquo;appelait Snooper. Ses aboiements me rendaient cinglé tous les vendredis, mais j&amp;rsquo;étais tout de même plus fasciné par sa logique qu&amp;rsquo;irrité par ses efforts désespérés pour nous alerter. Je me demandais à quoi le monde devait ressembler pour ce chien. Manifestement, il ne voyait pas la même chose que nous. Il s&amp;rsquo;était élaboré tout un système de croyance, une vision totalement différente de la nôtre, mais logique étant donné les bases sur lesquelles il la fonde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Et voilà, sous une forme primitive, ce qui m&amp;rsquo;a servi de base pendant le plus clair des mes vingt-sept ans de carrière: on tente une incursion dans la tête d&amp;rsquo;une autre personne, ou d&amp;rsquo;une autre créature, et on regarde par ses yeux; et plus cet individu est différent de nous, mieux cela vaut&amp;hellip; Puis je me suis mis à développer l&amp;rsquo;idée que chaque créature vit dans un monde différent de tous les autres. Et je continue à penser que c&amp;rsquo;est vrai. Pour Snooper, les éboueurs étaient d&amp;rsquo;horribles et sinistres individus. Je crois vraiment qu&amp;rsquo;il ne les voyait pas du tout sous les mêmes yeux que nous.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il y a une suite à cet article &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=490&#34; &gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>L&#39;or sous la neige - Nicolas Vanier</title>
            <link>https://pled.fr/lor-sous-la-neige/</link>
            <pubDate>Fri, 02 Mar 2007 18:44:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/lor-sous-la-neige/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;orsouslaneige.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;orsouslaneige.jpg#floatleft&#34;&gt; Pendant que Martine et Blaise se balladent au Canada sur un traineau tiré par des chiens (c&amp;rsquo;était leur cadeau de mariage, pas le choix !), je me suis que c&amp;rsquo;était le moment de lire le livre qu&amp;rsquo;ils m&amp;rsquo;avaient filé.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;em&gt;L&amp;rsquo;or sous la neige&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;histoire de la ruée vers l&amp;rsquo;or en Alaska, en 1897. Des milliers d&amp;rsquo;invidus, n&amp;rsquo;ayant aucune idée le la nature du climat sous ces cieux, s&amp;rsquo;embarquent. Beaucoup mourront, ou feront demi-tour. Le héros du livre abandonnera tout de suite l&amp;rsquo;idée de gagner de l&amp;rsquo;or&amp;hellip; Car les meilleurs emplacements étaient attribués depuis longtemps quand la nouvelle est arrivée dans les villes. Encore un coup des médias !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il part donc dans le Grand Nord, tiré par les chiens sur son traineau (après moultes péripéties), et découvre la nature, sa beauté, sa dureté (peu de place à l&amp;rsquo;erreur)&amp;hellip; Il quitte la civilisation, rencontre des indiens&amp;hellip; Il change, et quand il trouvera finalement de l&amp;rsquo;or, il préfèrera ne pas le révéler afin de ne pas voir la &amp;ldquo;civilisation&amp;rdquo; arriver dans cet endroit vierge.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La fin est un peu trop romanesque à mon goût: il &amp;ldquo;épouse&amp;rdquo; la belle indienne mystérieuse qui lui laisse la vie sauve alors qu&amp;rsquo;il risquait de tuer son père (un homme blanc). Sinon, les grands espaces, les chiens, l&amp;rsquo;apprentissage des règles pour survivre&amp;hellip; la chasse pour se nourrir seulement (il apprend cela aussi).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une belle histoire à la Jack London, écrite par un français, explorateur et amoureux du Grand Nord.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le Grand Nord n&amp;rsquo;attendait rien de moi, dit-il. Moi j&amp;rsquo;attendais tout de lui: la patience, l&amp;rsquo;humilité, le respect.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>2 bouquins lu au hasard</title>
            <link>https://pled.fr/2-bouquins-lu-au-hasard/</link>
            <pubDate>Tue, 20 Feb 2007 21:20:21 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/2-bouquins-lu-au-hasard/</guid>
            <description>&lt;p&gt;Voilà 2 livres qui m&amp;rsquo;ont laissé à peu près la même impression.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;ne le dis à personne&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;149px&#34; data-flex-grow=&#34;62&#34; height=&#34;236&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/2-bouquins-lu-au-hasard/neledisapersonne.jpg&#34; width=&#34;147&#34;&gt; Le premier m&amp;rsquo;avait été prêté par un copain l&amp;rsquo;année dernière, &amp;ldquo;vendu&amp;rdquo; comme un bon polar&amp;hellip; J&amp;rsquo;avais été plutôt déçu: histoire improbable, personnages sans surprise: le héros est bon, riche, intelligent, il saura découvrir la vérité et retrouver sa femme, qu&amp;rsquo;il croyait morte depuis 8 ans, mais qui n&amp;rsquo;était pas morte en fait ! Elle avait volontairement disparu pour protéger les siens, mais c&amp;rsquo;est quand même elle qui envoie un mail à son mari pour donner signe de vie, le mettant ainsi en danger. Bien sûr, tout s&amp;rsquo;arrange à la fin.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout est construit minutieusement, chaque fin de chapitre donne envie de commencer le suivant, et le suspens est bien mené, il faut le reconnaître. On se demande même si le suspens (le découpage) n&amp;rsquo;est pas la raison d&amp;rsquo;être du livre&amp;hellip; Toujours est-il qu&amp;rsquo;en le lisant, on pense à un scénario de film. Et bien sûr, un film en a été fait.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;7 jours pour une éternité&#34; class=&#34;gallery-image&#34; data-flex-basis=&#34;146px&#34; data-flex-grow=&#34;61&#34; height=&#34;236&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;https://pled.fr/2-bouquins-lu-au-hasard/7jourspouruneeternite.jpg&#34; width=&#34;144&#34;&gt; L&amp;rsquo;histoire du second est encore plus improbable: Dieu et Lucifer envoient chacun &amp;ldquo;leur champion&amp;rdquo; sur terre pour voir qui est le plus fort. &amp;quot; &lt;em&gt;Il a le charme du diable, Elle a la force des anges&amp;hellip;&lt;/em&gt;&amp;quot; est-il écrit au dos du bouquin. Vous voyez le topo&amp;hellip; La fille est belle et le gars, très beau également bien sûr, n&amp;rsquo;est finalement pas si méchant que ça, puisqu&amp;rsquo;ils se rencontrent (par hasard) et tombent amoureux l&amp;rsquo;un de l&amp;rsquo;autre.&#xA;Chaque chapitre (il y en a 7 bien sûr: Premier Jour, etc&amp;hellip;) se termine par &amp;ldquo;Il y eut une nuit,il y eut un matin&amp;hellip;&amp;rdquo;. Grandiose, non ? Dieu se fait appeler Houston au début du livre, et vers les dernières pages, l&amp;rsquo;ange Michaël rentre dans le bureau en clamant: &amp;ldquo;Houston, nous avons un problème&amp;rdquo; ! En voilà une blague bien préparée&amp;hellip; A la fin, nos deux personnages se marient et ont des enfants (des jumeaux, c&amp;rsquo;est plus drôle)&amp;hellip;&#xA;Là encore, en le lisant on lit un scénario&amp;hellip; gageons qu&amp;rsquo;un film en sera fait ? l&amp;rsquo;auteur sera ainsi sans doute parvenu à ses fins.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Bref, cette littérature (de gare ? je n&amp;rsquo;ai rien contre), si elle se lit facilement, n&amp;rsquo;a pas grand chose à voir avec un vrai roman. Ni ces écrivains avec de vrais auteurs. En les lisant, on sent que le but recherché, l&amp;rsquo;aboutissement final, c&amp;rsquo;est que l&amp;rsquo;histoire soit retenue par la MGM ou Dreamworks&amp;hellip; Avec le jackpot qui va avec ! Les 5 livres de Marc Levy se sont vendus à 10 millions d&amp;rsquo;exemplaires, et un film a été fait de l&amp;rsquo;un de ses romans ( &lt;em&gt;Et si c&amp;rsquo;était vrai&amp;hellip;&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors quoi ? En lisant ces livres, on nous donne envie d&amp;rsquo;aller au ciné ? En écrivant ces livres, on se calque sur des scénarios de film pour assurer le succès ? Je ne sais pas, mais c&amp;rsquo;est sans aucun doute ce fameux &amp;ldquo;contenu culturel&amp;rdquo; dont on cherche tant à protéger les droits.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Adolfo Bioy Casarès</title>
            <link>https://pled.fr/adolfo-bioy-casares-2/</link>
            <pubDate>Sun, 04 Feb 2007 18:41:47 +0000</pubDate>
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            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;Romans&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;casares.jpg#floatleft&#34;&gt; J&amp;rsquo;en étais resté au 4ème roman de Bioy Casarès: &amp;ldquo;Le journal de la guerre au cochon&amp;rdquo;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je viens de finir le bouquin, soit les 4 autres romans: &amp;ldquo;Dormir au soleil&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un photographe à La Plata&amp;rdquo;, &amp;ldquo;Un champion fragile&amp;rdquo; et &amp;ldquo;Un autre monde&amp;rdquo;. Toujours une histoire qui parait simple et qui t&amp;rsquo;emmène dans quelque chose d&amp;rsquo;inattendu&amp;hellip; Les 2 derniers sont très courts, et plus drôles.&#xA;Casarès décrit les argentins de cette époque à merveille : entre hommes, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;amitié, la droiture (on ne renie pas une parole donnée), la bravoure (on n&amp;rsquo;a pas peur de la mort)&amp;hellip; Et les femmes, finalement, les manipulent sans trop de problème !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Dans &amp;ldquo;Dormir au soleil&amp;rdquo;, un horloger nous raconte par son journal ce qui lui arrive. Très précis (&amp;ldquo;n&amp;rsquo;oubliez pas que c&amp;rsquo;est un horloger qui vous parle !&amp;rdquo;), le lecteur comprend vite que sa femme le trompe, et que lui gobe toutes les explications, aussi farfelues soient-elles, tant qu&amp;rsquo;elles sont possibles, logiques. A quoi bon se rebeller et risquer l&amp;rsquo;affrontement alors qu&amp;rsquo;une explication rationnelle existe ? Finalement, la fin du roman sera une troisième voie&amp;hellip; Casarès nous a berné une fois de plus !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est admirablement écrit, Casarès s&amp;rsquo;est manifestement toujours attaché à être lisible facilement ; ses romans sont alertes, les chapitres courts, et l&amp;rsquo;histoire vous emmène vite. Il connaît manifestement l&amp;rsquo;âme humaine, et la décrit avec justesse et humour&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un petit extrait du dernier roman &amp;ldquo;Un autre monde&amp;rdquo;: le héros (cosmonaute) prend un taxi pour l&amp;rsquo;aéroport, d&amp;rsquo;où il doit décoller pour l&amp;rsquo;espace:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le chauffeur se tourna vers lui et lui demanda:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;- ne me dites pas que vous allez faire vos adieux à ces deux fous&amp;hellip;&#xA;- Quels fous ?&#xA;- Ceux qui s&amp;rsquo;en vont visiter les planètes&amp;hellip;&#xA;- Je suis l&amp;rsquo;un de ces deux fous.&#xA;- J&amp;rsquo;ai bien entendu ? Vous partez pour l&amp;rsquo;espace ? Vous n&amp;rsquo;êtes pas mort de peur ? Quand je vais raconter à ma femme que vous avez pris mon taxi&amp;hellip; Je vous parie tout ce que vous voulez qu&amp;rsquo;elle ne me croira pas.&#xA;&amp;hellip;&#xA;Quand Almagro voulu payer la course, le chauffeur refusa et lui dit:&#xA;- L&amp;rsquo;honneur de vous avoir emmené dans mon taxi me suffit.&#xA;- Vous allez dire à votre femme que vous n&amp;rsquo;avez pas voulu que je vous paie ? lui demanda Almagro.&#xA;- Non, je ne suis pas fou. Elle ne me le pardonnerait pas.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Casarès, l&amp;rsquo;imagination raisonnée !&lt;/strong&gt; (selon l&amp;rsquo;expression de Jorge Luis Borges)&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Journal de la guerre au cochon</title>
            <link>https://pled.fr/journal-de-la-guerre-au-cochon/</link>
            <pubDate>Sun, 22 Oct 2006 09:45:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/journal-de-la-guerre-au-cochon/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;search.png&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;casares.jpg#floatleft&#34;&gt; Retour sur Adolfo Bio Casarès, après avoir lu son quatrième roman : &amp;ldquo;Journal de la guerre au cochon&amp;rdquo;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une ville qui pourrait-être Buenos-Aires&amp;hellip;un vieux tranquille, avec ses habitudes et son cercle d&amp;rsquo;amis, voit le monde basculer: les jeunes se mettent à tuer les vieux. Par exemple un dimanche au stade, en attendant le début du match de foot, des jeunes balancent un vieux par-dessus les gradins, histoire de &amp;ldquo;tuer&amp;rdquo; le temps.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une plongée étrange dans la tête d&amp;rsquo;un vieux, qui ne comprend pas tout ce qui se passe&amp;hellip; Et on ne voit la réalité qu&amp;rsquo;à travers ses yeux et ses pensées. C&amp;rsquo;est assez flippant de voir à quel point la société t&amp;rsquo;exclue, et le décalage ressenti avec le monde actuel, la nostalgie éprouvée&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Martine (ma soeur) avait trouvé les 2 premiers romans un peu morbides&amp;hellip; Celui-là ne va rien arranger à l&amp;rsquo;affaire. La mort est forcément présente&amp;hellip; mais l&amp;rsquo;humour aussi.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Petit extrait:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Il continua son chemin et place Güemes il put enfin prendre un taxi: une vieille voiture conduite par un vieil homme. Celui-ci écouta attentivement l&amp;rsquo;adresse que Vidal lui donnait, baissa son drapeau et dit:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;- Vous faites bien monsieur. Passé un certain âge, il ne faut pas monter dans des taxis conduits pas des jeunes.&#xA;- Pourquoi ? demanda Vidal.&#xA;- Vous n&amp;rsquo;êtes pas au courant, monsieur ? Ils s&amp;rsquo;amusent à ramasser des vieux et après ils les jettent n&amp;rsquo;importe où.&#xA;Vidal était presque couché sur la banquette arrière. Il se redressa et, se penchant vers l&amp;rsquo;homme, dit:&#xA;- Qu&amp;rsquo;on ne vienne pas me dire que cette guerre est motivée par des lois scientifiques. Ce qu&amp;rsquo;il y a derrière elle, c&amp;rsquo;est une énorme fanfaronnade.&#xA;- Vous avez raison, Monsieur. L&amp;rsquo;argentin est un bravache. La jeunesse s&amp;rsquo;imagine qu&amp;rsquo;elle va à la chasse à la grosse bête et c&amp;rsquo;est nous qu&amp;rsquo;elle pourchasse.&#xA;- Et on vit dans l&amp;rsquo;insécurité. Le pire c&amp;rsquo;est de toujours craindre une surprise.&#xA;- C&amp;rsquo;est ce que je dis, reprit le chauffeur. Supposons qu&amp;rsquo;effectivement il y ait trop de vieillards inutiles. Pourquoi ne les mène-t-on pas dans un endroit décent où on les exterminerait avec des moyens modernes ?&#xA;- Le remède ne serait-il pas pire que le mal ? demanda Vidal. Il y aurait des abus.&#xA;- Là, je ne dis pas le contraire, reconnut l&amp;rsquo;homme. Le gouvernement à tendance à abuser. On le voit bien avec le téléphone.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Nous autres - Eugène Zamiatine</title>
            <link>https://pled.fr/nous-autres-deugene-zamiatine/</link>
            <pubDate>Mon, 18 Sep 2006 17:50:13 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/nous-autres-deugene-zamiatine/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;nousautres.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ce livre m&amp;rsquo;avait été chaudement recommandé par une libraire de la Fnac, visiblement passionnée. Eugène Zamiatine (écrivain, mathématicien et ingénieur) a écrit ce livre en 1920, soit quelques années avant l&amp;rsquo;arrivée de Staline au pouvoir.&lt;br&gt;&#xA;Quelques années plus tard, il écrira à Staline pour demander l&amp;rsquo;exil, afin de pouvoir continuer à écrire, arguant que la création est un but en soi, et ne peut se limiter à servir une cause. Tout est dit.&lt;br&gt;&#xA;Roman de science-fiction ou de politique fiction, novateur pour l&amp;rsquo;époque, il a probablement influencé l&amp;rsquo;écriture de &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; (George Orwell) et &lt;em&gt;Le Meilleur des mondes&lt;/em&gt; (Aldous Huxley).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il décrit une société totalitaire ou l&amp;rsquo;individu n&amp;rsquo;a de place qu&amp;rsquo;au sein du système, partie infinitésimale et donc négligeable. Le hasard n&amp;rsquo;a pas de place, tout est prévu&amp;hellip; Le &amp;rsquo;taylorisme&amp;rsquo; poussé jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;extrème, chaque minute de la journée (ou presque) est organisée. Mais une femme va passer par là, et l&amp;rsquo;univers si ordonné va peu à peu s&amp;rsquo;effriter&amp;hellip; Le héros va commencer à rêver, à se poser des questions&amp;hellip;Extrait :&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;&amp;ldquo;C&amp;rsquo;est fou ! Cela ne tient pas debout. Tu ne vois pas que ce que préparez, c&amp;rsquo;est la révolution ?&lt;br&gt;&#xA;- Oui, c&amp;rsquo;est la révolution, pourquoi cela ne tient-il pas debout ?&lt;br&gt;&#xA;- Parce qu&amp;rsquo;il ne peut pas y avoir de révolution. Parce que notre révolution a été la dernière et qu&amp;rsquo;il ne peut plus y en avoir. Tout le monde sait cela.&amp;rdquo;&lt;br&gt;&#xA;Je vis se dessiner le triangle moqueur de ses sourcils:&lt;br&gt;&#xA;&amp;ldquo;Mon cher, tu es mathématicien, bien plus, tu es philosophe-mathématicien, eh bien cite moi le &lt;em&gt;dernier&lt;/em&gt; chiffre.&lt;br&gt;&#xA;- Quoi ? Je ne comprend pas, quel dernier chiffre ?&lt;br&gt;&#xA;- Eh bien, celui du dessus, le plus grand !&lt;br&gt;&#xA;- Mais, I, c&amp;rsquo;est absurde. Le nombre des chiffres est infini, il ne peut y en avoir un dernier.&lt;br&gt;&#xA;- Alors pourquoi parles-tu de la dernière révolution ? Il n&amp;rsquo;y a pas de dernière révolution, le nombre des révolutions est infini. La dernière, c&amp;rsquo;est pour les enfants: l&amp;rsquo;infini les effraie et il faut qu&amp;rsquo;ils dorment tranquillement la nuit&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>La persuasion clandestine - Vance Packard</title>
            <link>https://pled.fr/la-persuasion-clandestine/</link>
            <pubDate>Thu, 07 Sep 2006 20:00:34 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/la-persuasion-clandestine/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;packard.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;packard.jpg#floatleft&#34;&gt; Dans un article récent intitulé &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=231&#34;  title=&#34;société individualiste ?&#34;&#xA;    &gt;&lt;em&gt;Société individualiste ?&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, il est fait mention du livre de Vance Packard, La persuasion clandestine (Titre original &lt;strong&gt;&lt;em&gt;The hidden persuaders&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;). J&amp;rsquo;ai trouvé un article parlant de ce livre sur le web, et en ce temps de future campagne électorale, c&amp;rsquo;est vraiment d&amp;rsquo;actualité, même si le livre date de 1957 ! C&amp;rsquo;est même un ouvrage de référence sur la manipulation en période électorale.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Il décrit comment les politiques américains, dès les années 50, en sont venus à adopter les techniques des publicitaires pour mieux manipuler les électeurs. Manipulation des symboles, Pavlov et ses réflexes conditionnés, Freud et l&amp;rsquo;image du père, etc&amp;hellip; On considère les électeurs comme des spectateurs-consom-mateurs de la politique (et dans &lt;em&gt;consommateurs&lt;/em&gt;, ily a &lt;em&gt;sommateurs&lt;/em&gt;). Extraits:&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le problème est de projeter le politique en tant que personnalité&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tous les longs discours sur des questions telles que l&amp;rsquo;inflation ou la guerre ont, en fait, peu d&amp;rsquo;influence sur le résultat. Le point capital d&amp;rsquo;une campagne est l&amp;rsquo;attraction émotive exercée par les candidats rivaux.&#xA;On utilise pour cela les mêmes techniques de projection employées pour déceler les affinités avec des images personnifiant des marques, afin de découvrir les sentiments cachés de l&amp;rsquo;électeur.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Car l&amp;rsquo;électeur indécis n&amp;rsquo;est pas l&amp;rsquo;« indépendant » réfléchi comme on le croit souvent. Il change d&amp;rsquo;avis « pour quelque puérile petite raison comme, par exemple, parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;aime pas la femme du candidat ».&#xA;Sonder le subconscient en matière de politique semblait justifié par le fait de plus en plus évident qu&amp;rsquo;on ne pouvait pas compter sur les électeurs comme des êtres rationnels. Individuellement et en masse, leur conduite comportait un élément fortement illogique.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;C&amp;rsquo;est vrai que je préfère la femme de Sarko au mari de Ségolène !! Mais je ne voterai pas Sarkozy quoiqu&amp;rsquo;il arrive !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Un échantillon de cette conduite non rationnelle fut la réaction des électeurs à la crise cardiaque du Président Eisenhower en 1955. Juste avant, au début de septembre 1955, le sondage Gallup montra que 61 % des gens interrogés voteraient pour lui s&amp;rsquo;il se présentait contre Mr. Adlai Stevenson, le principal démocrate possible. Puis il eut son attaque, et, pendant les mois suivants, alors qu&amp;rsquo;il semblait incertain qu&amp;rsquo;il se rétablît suffisamment pour se présenter de nouveau, les voix en sa faveur augmentèrent régulièrement jusqu&amp;rsquo;en mars où elles atteignirent 66 % dans sa lutte hypothétique contre Stevenson.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Jospin ne monte pas dans les sondages ? Il faudrait qu&amp;rsquo;il tombe malade brusquement !&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Le Journal de Psychologie anormale et sociale rapporta, au sujet de cet élément apparemment irrationnel de la pensée des électeurs, une expérience faite auprès de gens connus pour leur opinions soit pro, soit antidémocratiques. Tous écoutèrent un discours de dix minutes sur les affaires nationales, pour moitié de tendance prodémocratique et pour moitié antidémocratique. On dit aux auditeurs qu&amp;rsquo;on leur faisait subir un test sur leur mémoire. Vingt et un jours plus tard, on les interrogea, et on vit que leurs mémoires étaient nettement meilleures pour ce qui s&amp;rsquo;harmonisait avec leurs opinion politiques. Ils avaient tendance à oublier ce qui n&amp;rsquo;était pas conforme à leurs idées préconçues.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Moralité: il faut dire aux gens ce qu&amp;rsquo;ils veulent entendre&amp;hellip; Difficile dans ce cas d&amp;rsquo;avancer.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;Dorothy Thompson qualifia cela de « culte de la personnalité ». Le sociologue David Riesman attribua ce phénomène à la tendance à se laisser diriger par autrui, déjà constatée dans la vie américaine. Les Américains, de plus en plus occupés à consommer, sont devenus des consommateurs de politique. Il en découle une importance accrue donnée au meilleur acteur et, dans l&amp;rsquo;évaluation du spectacle, la «sincérité » de la présentation a pris plus d&amp;rsquo;importance. « De même, dit-il dans The Lonely Crowd , que le prestige de l&amp;rsquo;emballage et de la réclame d&amp;rsquo;un produit remplace la concurrence du prix, le prestige, en politique, qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agisse de la présentation de l&amp;rsquo;homme ou de celle des événements à la masse, remplace le type d&amp;rsquo;intérêt personnel qui gouvernait les gens habitués à se diriger eux-mêmes. »&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Alors ? Ségo ou Sarko ?&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;source: &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://www.planetenonviolence.org/Persuasion-Clandestine-de-Vance-Packard-Sondage-pour-qui-salivez-vous-le-plus-pour-Sego-ou-Sarko-,2006-06-14_a843.html&#34;  title=&#34;planetnonviolence&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;www.planetenonviolence.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Adolfo Bioy Casares</title>
            <link>https://pled.fr/adolfo-bioy-casares/</link>
            <pubDate>Sat, 08 Jul 2006 17:40:22 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/adolfo-bioy-casares/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;casares.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;casares.jpg#floatleft&#34;&gt; En ce moment je lis Adolfo Bioy Casares (1914-1999). Le livre &lt;em&gt;Romans&lt;/em&gt; regroupe les 8 romans qu&amp;rsquo;il a écrit.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Ecrivain argentin, grand ami de Jorge Luis Borges, ses romans sont marqués par un réalisme que vient altérer le fantastique. Le &amp;ldquo;héros&amp;rdquo; des romans cherche à comprendre ce qui lui arrive, et le lecteur aussi&amp;hellip; mais rien à faire, l&amp;rsquo;histoire est bien ficelée et vous emporte. C&amp;rsquo;est remarquablement écrit, très lisible (des phrases courtes, claires, précises).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai lu les 3 premiers romans (j&amp;rsquo;y ajoute la première phrase, l&amp;rsquo;incipit&amp;hellip;):&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&amp;rsquo;invention de Morel&lt;/strong&gt;: Aujourd&amp;rsquo;hui, dans cette île, s&amp;rsquo;est produit un miracle.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan d&amp;rsquo;évasion&lt;/strong&gt;: Il y a à peine un jour que je suis dans ces îles et j&amp;rsquo;ai déjà vu quelque chose de tellement grave qu&amp;rsquo;il me faut bonnement et simplement t&amp;rsquo;appeler au secours. Je vais tenter de m&amp;rsquo;expliquer en procédant par ordre.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le songe des héros&lt;/strong&gt;: A la fin des 3 jours et des trois nuits du Carnaval de 1927, la vie d&amp;rsquo;Emilio Gauna atteignit son premier et mystérieux paroxysme.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le roman suivant s&amp;rsquo;intitule &lt;strong&gt;Journal de la guerre au cochon&lt;/strong&gt;. C&amp;rsquo;est par lui que je suis venu à lire Casares. J&amp;rsquo;écoutais Charivari sur France-Inter, et le journaliste faisait un parralèle entre l&amp;rsquo;histoire de ce roman et la situation démographique et sociale d&amp;rsquo;aujourd&amp;rsquo;hui ou de demain.&#xA;L&amp;rsquo;histoire se situe dans une ville qui pourrait être Buenos-Aires, occupée par des vieux qui ont des ressources. Les jeunes sont relégués en banlieue, et sont sans ressources. Un démagogue les pousse à lyncher les vieux&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le pressentiment - Emmanuel Bove</title>
            <link>https://pled.fr/le-pressentiment/</link>
            <pubDate>Sun, 09 Apr 2006 17:33:36 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-pressentiment/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;pressentiment.jpg&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;pressentiment.jpg#floatleft&#34;&gt; Je viens de finir le pressentiment, d&amp;rsquo;Emmanuel BOVE (1898-1945). Né et mort à Paris, auteur prolixe dans les années 20 et 30, il connût le succès et tomba curieusement dans l&amp;rsquo;oubli.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire se passe en 1931, un type (avocat) issu d&amp;rsquo;une famille aisée, bourgeoise, choisit de les quitter tous (incapables d&amp;rsquo;un geste désintéressé) pour aller s&amp;rsquo;installer rue de Vanves, près de Montparnasse, dans un quartier miséreux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;On y voit la dureté des conditions de vie de l&amp;rsquo;époque, la difficulté de se faire accepter quand on vient d&amp;rsquo;un milieu différent, malgré tous ses efforts. Il cherche autre chose, une autre vie&amp;hellip; ou peut-être a-t-il déjà &lt;em&gt;le pressentiment&lt;/em&gt; de sa mort&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Un petit livre qui se lit vite et facilement, avec des descriptions à la Zola (sauf qu&amp;rsquo;on est presque 50 ans plus tard)&amp;hellip; Zola qui disait &amp;ldquo;être pauvre à Paris, c&amp;rsquo;est être pauvre 2 fois&amp;rdquo;. Un très bon moment de lecture.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;La bonne nouvelle, c&amp;rsquo;est que Jean-Pierre Daroussin (qui est fan de ce livre) a décidé d&amp;rsquo;en faire un film. Il devrait sortir au mois d&amp;rsquo;août. Voilà un &lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://cinema.telerama.fr/edito.asp?art_airs=M0512051458430&amp;amp;srub=1&#34;  title=&#34;Télérama - Le pressentiment&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;article sur Télérama&lt;/a&gt; qui en parle.&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Le langage silencieux - Edward T. Hall</title>
            <link>https://pled.fr/le-langage-silencieux/</link>
            <pubDate>Wed, 05 Apr 2006 20:27:37 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/le-langage-silencieux/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;le langage silencieux&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;langage-silencieux.png#floatleft&#34;&gt; Je viens de finir &lt;em&gt;Le langage silencieux&lt;/em&gt; d&amp;rsquo;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_T._Hall&#34;  title=&#34;Edward T. Hall&#34;&#xA;     target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener&#34;&#xA;    &gt;Edward T. Hall&lt;/a&gt;, un anthropologiste. J&amp;rsquo;avais lu ce livre il y a quelques années, sur les conseils d&amp;rsquo;un ami, et j&amp;rsquo;avais envie d&amp;rsquo;y revenir. Il tente une définition de ce qu&amp;rsquo;est la culture ; le bouquin date de &lt;strong&gt;1959&lt;/strong&gt;, c&amp;rsquo;est une première à l&amp;rsquo;époque.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;approche est scientifique et un peu rébarbative parfois, le livre se lit facilement et nous apprend plein de choses sur nous-mêmes, et bien sûr sur les autres (puisque c&amp;rsquo;est la même chose). Voilà une partie de sa conclusion.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;être en retard ? qu&amp;rsquo;est-ce qu&amp;rsquo;attendre ? Le message est différent selon que l&amp;rsquo;on soit américain, européen ou japonais. Ainsi le temps, et plus largement la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Edward T. Hall développe à travers de nombreux exemples (parfois cocasses) la théorie des systèmes de communication non verbaux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je voudrais vous livrer une partie de sa conclusion, que je trouve remarquable : pour mieux comprendre ce qui suit, il définit 3 aspects de la culture: le &lt;em&gt;formel&lt;/em&gt;, l&amp;rsquo; &lt;em&gt;informel&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;technique&lt;/em&gt;. Prenons la connaissance comme exemple (un des aspects de la culture) :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;formel&lt;/em&gt;, ce sera par exemple l&amp;rsquo;adulte dominateur modèle l&amp;rsquo;enfant à l&amp;rsquo;aide de &lt;em&gt;schémas&lt;/em&gt; qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;a jamais contesté. Il le corrige en disant &amp;ldquo;Ne fais pas ça&amp;rdquo;, ou &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est défendu&amp;rdquo;. Celui qui parle ne se demande pas où il en est, ni où en sont les autres adultes. On enseigne sous le ton de l&amp;rsquo;injonction ou de la remontrance.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pour l&amp;rsquo; &lt;em&gt;informel&lt;/em&gt;, ce sera : &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est difficile à expliquer, tu comprendras plus tard, quand tu seras grand&amp;rdquo; ou &amp;ldquo;tu as tout le temps pour apprendre&amp;rdquo;. L&amp;rsquo;enfant traduit souvent par &amp;ldquo;Ne pose pas de question, regarde autour de toi&amp;rdquo;&amp;hellip; L&amp;rsquo;agent principal est un modèle en vue d&amp;rsquo;une imitation.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;technique&lt;/em&gt;, c&amp;rsquo;est ce qui est transmis typiquement du professeur à l&amp;rsquo;élève, précédé d&amp;rsquo;une analyse logique. Le meilleur exemple est l&amp;rsquo;armée.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le dernier chapitre s&amp;rsquo;appelle &amp;ldquo;Relâcher l&amp;rsquo;étreinte&amp;rdquo;, en voilà quelques extraits:&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;blockquote&gt;&#xA;        &lt;p&gt;On résiste souvent à comprendre ce qu&amp;rsquo;est la culture car elle touche à notre personnalité profonde.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Accepter pleinement la réalité de la culture aurait des conséquences révolutionnaires&amp;hellip; J&amp;rsquo;ai analysé la culture en tant que communication. La plupart des difficultés des gens entre eux se rapportent à la déformation de la communication. La bonne volonté, dont on attend souvent qu&amp;rsquo;elle résolve les problèmes, est souvent inutile parce que c&amp;rsquo;est le message qui n&amp;rsquo;est pas compris.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;S&amp;rsquo;il peut élargir sa conception des forces qui sous-tendent et contrôlent sa vie, l&amp;rsquo;homme de la rue ne sera plus jamais sous l&amp;rsquo;emprise d&amp;rsquo;un comportement schématisé dont il reste inconscient. Lionel Trilling a comparé la culture à une prison. En fait, c&amp;rsquo;est une prison jusqu&amp;rsquo;au jour où l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;aperçoit qu&amp;rsquo;il existe des clés pour en ouvrir les portes. S&amp;rsquo;il est vrai que la culture lie les hommes de manière inconsciente, l&amp;rsquo;emprise qu&amp;rsquo;elle exerce n&amp;rsquo;est rien d&amp;rsquo;autre de plus que la routine des habitudes. L&amp;rsquo;homme n&amp;rsquo;a pas élaboré la culture pour s&amp;rsquo;étouffer lui-même mais comme un milieu dans lequel il se meut, vit, respire et développe son unicité particulière. S&amp;rsquo;il veut l&amp;rsquo;utiliser pleinement, il doit la connaître mieux.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Une compréhension réelle de la culture devrait réveiller en nous cet intérêt à la vie qui nous manque si souvent, aider les gens à savoir où ils sont et ce qu&amp;rsquo;ils sont et à se défendre contre les plus cupides, voleurs et opportunistes de leurs congénères. Ces derniers se servent du fait que le public est généralement inconcient de ces normes formelles communes qui donnent à notre société sa cohérence. Ces laissés-pour-compte, auxquels il manque la sécurité des bases de la culture formelle, veulent détruire le monde et construire le pouvoir autour d&amp;rsquo;eux-mêmes. La cas de sénateur McCarthy est un exemple classique de ce genre d&amp;rsquo;opportunisme. Si les américains avaient compris que les normes formelles ne sont pas individuelles, mais collectives, ils s&amp;rsquo;éviteraient de la maccarthysme dans toutes ses manifestations culturelles.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Le point le plus difficile à éclaircir est certainement que si la culture est imposée à l&amp;rsquo;homme, elle &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; également l&amp;rsquo;homme dans un sens très large.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;analogie avec la musique est utile pour comprendre la culture. Une partition musicale est semblable aux descriptions techniques que les anthropologues commencent à faire. Musicalement, le processus qui consiste à écrire des notations sur la partition n&amp;rsquo;enlève rien à l&amp;rsquo;artiste, mais lui permet simplement de transmettre à ceux qui sont absents ce qu&amp;rsquo;il fait lorsqu&amp;rsquo;il joue. Nous pouvons ainsi partager et sauvegarder un trait de génie qui, sinon, n&amp;rsquo;aurait atteint que ceux qui étaient physiquement présents lors du concert.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout comme les compositeurs, certains hommes sont plus doués que d&amp;rsquo;autres. Ils affectent réellement ceux qui les entourent, mais le processus s&amp;rsquo;arrête là parce qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;existe aucun moyen technique de décrire comment se passe cette affectation. Ce processus est, en effet, en grande partie inconscient.&lt;/p&gt;&#xA;&#xA;    &lt;/blockquote&gt;&#xA;&lt;p&gt;Pas mal, non ?&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>Paycheck - Philip K. Dick</title>
            <link>https://pled.fr/paycheck/</link>
            <pubDate>Sat, 04 Feb 2006 11:52:14 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/paycheck/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img alt=&#34;couverture paycheck&#34; loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;paycheck.jpg#floatleft&#34;&gt; Je viens de lire la nouvelle de Philip K. Dick &amp;ldquo;Paycheck&amp;rdquo;, dont on a fait un film il y a 2 ans (réalisé par John Woo, Hollywood).&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Cette nouvelle a été publiée en 1953 (Dick a été publié pour la première fois en 1952), et fais à peine 60 pages d&amp;rsquo;un bouquin format poche, écrit assez gros. Le style est plutôt brut, les événements s&amp;rsquo;enchaînent, les personnages peu décrits, tout repose sur le scénario de départ: perte de mémoire et 5 objets en poche&amp;hellip; qui vont l&amp;rsquo;amener au but, assez peu moral en fait : avoir sa part du gâteau !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Tout ça pour dire que quand on sait tout ce qu&amp;rsquo;a écrit Philip K. Dick, la complexité psychologique de ses personnages (schizo ou parano la plupart du temps), la qualité de ses scénarios, des futurs envisagés sous l&amp;rsquo;angle du rapport à la société de l&amp;rsquo;humain (souvent parano et brutale elle aussi)&amp;hellip; L&amp;rsquo;empathie&amp;hellip;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Hollywood choisit une de ses premières nouvelles, y ajoute plein d&amp;rsquo;effets spéciaux, de la violence, de la pensée formatée&amp;hellip; c&amp;rsquo;était la même chose avec Minority Report&amp;hellip; alors qu&amp;rsquo;il y aurait tellement mieux à faire avec les œuvres de Philip K. Dick.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Désolant !&lt;/p&gt;&#xA;</description>
        </item><item>
            <title>American Darling - Russel Banks</title>
            <link>https://pled.fr/american-darling-russel-banks/</link>
            <pubDate>Fri, 20 Jan 2006 18:52:56 +0000</pubDate>
            <guid>https://pled.fr/american-darling-russel-banks/</guid>
            <description>&lt;p&gt;&lt;img loading=&#34;lazy&#34; sizes=&#34;(max-width: 767px) calc(100vw - 30px), (max-width: 1023px) 700px, (max-width: 1279px) 950px, 1232px&#34; src=&#34;americandarling.jpg#floatleft&#34;&gt;&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Je viens de finir American Darling, le dernier roman de Russel Banks.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;L&amp;rsquo;histoire d&amp;rsquo;une femme américaine rebelle dans sa jeunesse (engagement révolutionnaire dans les années 60) qui fuit les US et se retrouve au Libéria, ou elle se marie. Elle retournera aux US finir sa vie.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;histoire de la création de l&amp;rsquo;état du Libéria est passionnante, puis les révolutions de Doe, Jonhson, Taylor&amp;hellip; pour le reste je suis resté sur ma faim. Un bon bouquin, sans plus. Très américain avec cette fille de famille plus qu&amp;rsquo;aisée, qui se passionne pour les chimpanzés, un truc récurrent chez les nantis on dirait ! ça a l&amp;rsquo;air à la mode !!&amp;hellip; bref, on a du mal à s&amp;rsquo;intéresser à son sort.&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai découvert Russel Banks avec &lt;em&gt;Continents à la dérive&lt;/em&gt;: celui-là, lisez-le, on y repense plusieurs jours après l&amp;rsquo;avoir terminé !&lt;/p&gt;&#xA;&lt;p&gt;Autres romans de Russel Banks sur ce blog :&lt;/p&gt;&#xA;&lt;ul&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19971&#34; &gt;De beaux lendemains&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19924&#34; &gt;L’Ange sur le toit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19808&#34; &gt;Sous le règne de Bone&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19765&#34; &gt;Continents à la dérive&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=19750&#34; &gt;Affliction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;li&gt;&lt;a class=&#34;link&#34; href=&#34;https://pled.fr/?p=5673&#34; &gt;Lointain souvenir de la peau&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&#xA;&lt;/ul&gt;&#xA;</description>
        </item></channel>
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