Archives de catégorie : Société

Vous avez dit CNE ?

Il y a quelque temps, Julie tombe sur une offre d’emploi sur internet qui lui convient: un CDI avec “bac+2 minimum, excellent relationnel, maîtrise de la langue française”, etc. La mission consiste à rédiger un bulletin hebdomadaire, gérer une base de données. Salaire: de 1600 à 2000 euros.

Julie répond, passe un premier entretien, puis un second. Finalement, elle fait partie de la dernière sélection (2 candidatse sur 600). Mais, le 15 mars, elle apprend que c’est l’autre candidate qui est sélectionnée, “plus calée en économie” lui dit-on.

Quelle ne fut pas la surprise de Julie de découvrir quelques jours plus tard, sur le même site internet de recherche d’emploi, une offre pour un poste de rédacteur-correcteur, avec “bac+2 minimum, excellent relationnel, maîtrise de la langue française”, publication d’un bulletin hebdomadaire, etc. Et pour la même entreprise bien sûr.

Seul changement: le contrat est un CNE, payé 400 euros de moins par mois.

(Source: le canard enchaîné – 29 mars 2006)

L’île de Pâques

Il y avait un article très intéressant dans le canard enchaîné du 4 janvier dernier: on y racontait l’histoire de l’île de Pâques: sa population passa de 15000 à 400 après qu’ils aient épuisé les ressources de l’ile, divisés qu’ils étaient en groupes rivaux. Sous la conduite des chefs et des prêtres, l’acheminement des statues contribuait activement au déboisement. La compétition se termina quand il n’y eut plus de palmiers ! Et tout cela en 3 siècles.

Continuer la lecture L’île de Pâques

Une analyse éclairante

Voilà une analyse éclairante à propos de la tragédie d’Outreau:

Rien n’est plus émouvant que le récit d’un enfant racontant les détails d’un crime dont il prétend avoir été ou le témoin ou la vistime. La naïveté du langage, la simplicité de la mise en scène accroissent singulièrement l’intérêt, entraînent la confiance. L’entourage se laisse aisément gagner par une émotion qui va grandissant toujours, se doublant de l’indignation et de la pitié qu’inspire une monstrueuse aventure. Par un procédé dont il est facile de se rendre compte, parents, amis, voisins, acceptent sans contrôle le fait, vrai ou faux; ils y ajoutent incessamment de nouveaux détails, constituent un ensemble bien plus complet que le récit primitif. L’enfant s’en empare, il se l’assimile, il le reproduit sans variante, et devant le magistrat, c’est avec une précision terrible qu’il accuse.

Et un peu plus loin:

Bientôt les détails abondent et quand la justice est saisie il se trouve un juge qui, épousant aveuglement les passions et les haines, a son opinion faite avant tout examen, et l’impose.

L’auteur s’appelait Motet, un médecin, et les extraits des Archives de l’anthropologie criminelle, publiée en 1887. Il cherchait les moyens d’éviter à l’avenir de telles dérives…

source Le canard enchaîné (08 février 2006)