Walden – Henry D. Thoreau

Walden - Henry D. Thoreau Encore un livre que j’ai laissé tomber après une cinquantaine de page. Ça fait deux à suivre après celui de Hannah Arendt… Mais cette fois, ce n’est pas parce que je n’y comprenais rien, mais parce que j’ai trouvé le texte assez ennuyeux.

On le trouve pas mal en librairie en ce moment (j’ai vu jusqu’à trois rééditions différentes côte à côte) parce qu’il vient de passer dans le domaine public : les éditeurs s’en donnent à cœur joie, proposant une nouvelle traduction, plus moderne, plus lisible.

Mais je n’ai pas du tout accroché aux élucubrations de l’auteur, qui semble être un personnage avec une forte personnalité, ayant beaucoup lu, et sûr de ses croyances (ou ses non-croyances). Malgré la nouvelle traduction, le monde a tellement changé depuis que ses considérations sur celui-ci n’ont que peu d’échos aujourd’hui !

Ensuite, la façon qu’a Thoreau d’asséner ses certitudes est un peu fatigante à la longue. Certes, il ne manque pas d’humour parfois, mais pour le reste, il a un côté « donneur de leçons » qui me rendait la lecture assez déplaisante et ennuyeuse. Et souvent, ce qu’il raconte n’a aucun intérêt, si ce n’est pour lui-même.

Comme il le dit dans la citation en exergue du livre :

Je n’ai pas l’intention d’écrire une ode au découragement, mais de me vanter aussi vigoureusement que Chanteclair dressé à l’aube sur son perchoir, au moins pour réveiller mes voisins.

On peut également lire sur le quatrième de couverture que ce livre a été apprécié par des générations d’écrivains américains, à commencer par des représentants de la Beat Generation, et qu’il est aussi à la source de la réflexion écologiste sur l’utilisation des ressources et la préservation des espèces sauvages… Je veux bien, je ne sais pas si c’est le temps qui a passé, mais en tout cas je n’ai vraiment pas accroché ni au style, ni au contenu.

Henry David Thoreau (1817-1862) est un philosophe, naturaliste et poète américain. Walden est son œuvre majeure mais il a également écrit un essai intitulé La désobéissance civile. Il refusa de payer ses impôts à un État qui admettait l’esclavage et faisait la guerre au Mexique (il ne passera qu’une nuit en prison, une de ses tantes ayant payé, contre son gré, à sa place). Il a inspiré les actions collectives menées par Gandhi et Martin Luther King.

La crise de la culture – Hannah Arendt

La crise de la culture - Hannah Arendt Voilà un livre dont j’ai arrêté la lecture au bout d’une cinquantaine de pages : trop ardu pour moi, pensée trop complexe ! Pourtant le sujet est très intéressant, et j’ai fait des efforts, mais vraiment… Et je ne parle pas des mots en grec non traduits, des citations latines qui le sont parfois mais pas toujours (merci !), etc…

Je pense qu’il faut un solide bagage culturel pour pouvoir suivre la pensée de madame Arendt, et moi je suis largué ! C’est dommage, je suis persuadé que l’on peut expliquer les mêmes concepts sans être aussi hermétique (ou ésotérique). Comme si Annah Arendt cherchait à montrer sa culture en même temps ; ça me fait penser à Lou Andréas-Salomé, aussi difficile à suivre.

La préface (écrite par l’auteur) est pourtant assez claire, et m’avait mis l’eau à la bouche. Il s’agit de savoir comment penser à notre époque. Partant du principe que l’homme vit sur une brèche, avec le passé révolu derrière nous et l’avenir inconnu devant, nous devons à chaque génération redécouvrir comment penser le monde, sur la base de nos connaissances accumulées, et en fonction de ce qui nous fait face. Or nous vivons, à notre époque une crise de la culture : le monde moderne marque une rupture avec la tradition, qui avait tenu bon jusque là. Il faut véritablement revoir notre rapport au monde en fonction de cela pour pouvoir penser correctement.

À défaut d’extraits du livre en lui-même, en voilà de la préface ! Hannah Arendt commence par citer une parabole de Kafka sur le passé et le présent :

Il a deux antagonistes : le premier le pousse de derrière, depuis l’origine. Le second barre la route devant lui. Il se bat avec les deux. Certes, le premier le soutient dans son combat contre le second car il veut le pousser en avant et de même le second le pousse en arrière. Mais il n’en est ainsi que théoriquement. Car il n’y a pas seulement les deux antagonistes en présence mais aussi, encore lui-même, et qui connaît réellement ses intentions ? Son rêve, cependant, est qu’une fois, dans un moment d’inadvertance — et il y faudrait assurément une nuit plus sombre qu’il n’y en eut jamais — il quitte d’un saut la ligne de combat et soit élevé, à cause de son expérience du combat, à la position d’arbitre sur ses antagonistes dans leur combat l’un contre l’autre.

Puis, après avoir développé, elle ajoute :

Mais l’ennuyeux est que nous ne semblons ni équipés ni préparés pour cette activité de pensée, d’installation dans la brèche entre le passé et le futur. Pendant de très longues époques de notre histoire, en fait à travers les millénaires qui ont suivi la fondation de Rome et furent déterminés par des concepts romains, cette brèche fut comblée par ce que, depuis les Romains, nous avons appelé la tradition. Que cette tradition se soit usée avec l’avance de l’âge moderne n’est un secret pour personne. Lorsque le fil de la tradition se rompit finalement, la brèche entre le passé et le futur cessa d’être une condition particulière à la seule activité de la pensée et une expérience réservée au petit nombre de ceux qui faisaient de la pensée leur affaire essentielle. Elle devint une réalité tangible et un problème pour tous ; ce qui veut dire qu’elle devint un fait qui relevait de la politique.
Kafka fait référence à l’expérience, l’expérience du combat acquise par « lui » qui tient ferme entre l’affrontement des vagues du passé et du futur. Cette expérience est une expérience de pensée — puisque, comme nous l’avons vu, toute la parabole a trait à un phénomène mental — et elle ne peut être acquise, comme toute expérience, que par la pratique, par des exercices. […] Les huit essais suivants sont de tels exercices, et leur seul but est d’acquérir de l’expérience en : comment penser ; ils ne contiennent pas de prescription quant à ce qu’il faut penser ou aux vérités qu’il convient d’affirmer. Il ne s’agit surtout pas pour eux de renouer le fil rompu de la tradition ou d’inventer quelque succédané ultramoderne destiné à combler la brèche entre le passé et le futur. Tout au long de ces exercices le problème de la vérité est laissé en suspens ; on se préoccupe seulement de savoir comment se mouvoir dans cette brèche — la seule région peut-être où la vérité pourra apparaître un jour. […}
À cet égard, le livre est divisé en trois parties. La première traite de la rupture moderne dans la tradition et du concept d’histoire par lequel l’âge moderne a espéré remplacer les concepts de la métaphysique traditionnelle. La seconde partie discute de deux concepts politiques centraux et liés, l’autorité et la liberté ; elle présuppose la discussion de la première partie en ce sens que des questions aussi élémentaires et directes que : qu’est-ce que l’autorité ? qu’est-ce que la liberté ? peuvent surgir seulement si aucune des réponses fournies par la tradition ne sont plus bonnes ni utilisables. Les quatre essais de la dernière partie, enfin, sont de franches tentatives pour appliquer le mode de pensée mis à l’épreuve dans les deux premières parties du livre aux problèmes actuels immédiats auxquels nous sommes quotidiennement confrontés, non, certes, pour trouver des solutions déterminées mais dans l’espoir de clarifier les problèmes et d’acquérir quelque assurance dans la confrontation de questions spécifiques.

Je ne sais pas vous, mais ça donne envie : apprendre à penser, ça peut se révéler très intéressant dans ce monde moderne où l’on est submergé d’informations. D’autant que les quatre essais sont : « La crise de l’éducation », « La crise de la culture », « Vérité et politique » et enfin « La conquête de l’espace et la dimension de l’homme ».

Je m’y replongerai peut-être un jour… Ou alors c’est le seul livre à emmener en voyage, pour avoir tout le temps de s’y plonger et replonger jusqu’à ce que l’on comprenne la pensée complexe (et très cultivée) d’Hannah Arendt !

Hannah Arendt (19063-1975) est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine. Il y a peu de temps, le film éponyme « Hannah Arendt » était passé sur Arte : elle est envoyée (en tant que journaliste juive) au procès d’Eichmann en Israël, et y défend sa théorie de « la banalité du mal » (Eichamnn n’a fait qu’obéir aux ordres, mais parce qu’il est un type médiocre ; en aucun cas elle ne le déresponsabilise), déclenchant une immense controverse.

Dans un si beau pays – The Big Sky 3 – A.B. Guthrie

Dans un si beau pays - The Big Sky 3 - A.B. Guthrie Et voilà donc le troisième et dernier roman faisant partie de la série « The Big Sky ». Certainement le plus sombre des trois ! Peut-être parce que Guthrie l’a écrit plus de trente ans après les deux premiers, à l’âge de quatre-vingts ans.

Nous retrouvons Dick Summers à l’endroit où nous l’avions laissé à la fin de La route de l’Ouest, où il avait emmené le convoi de colons, c’est-à-dire dans l’Oregon. Il souhaite désormais retrouver les grands espaces et retrouver la vie qu’il menait auparavant, faite de liberté et de bivouacs sous le ciel étoilé. Il part avec un nouveau compagnon, Higgins (et son violon).

Il veut aussi retrouver Boone Caudill, son ancien compagnon de route, pour lui expliquer qu’il a commis une terrible erreur en tuant son ami Jim Deakins (cela se passe dans le premier roman de la série). Mais Dick Summers va d’abord retrouver Teal Eye, ou « la captive aux yeux clairs »… avec qui il va s’installer, vivre et même avoir un enfant. Ils trouveront aussi une femme indienne pour Higgins. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais cela ne va pas durer.

Car il devient de plus en plus dur de vivre comme dans l’ancien temps, et c’est le sujet principal de ce roman : la présence des hommes blancs s’intensifie, et leur impact sur la nature en même temps. Les temps changent, et vouloir résister peut se révéler dangereux. Un blanc qui vit avec des indiens est-il encore un blanc ?

Après avoir du tuer Boone Caudill, devenu un homme agressif et dangereux qui ne supportera pas de devoir faire face à la vérité, Summers devra se résoudre à aller vivre avec les indiens blackfeet de la tribu de Teal Eye, car la présence des blancs les y oblige… Et les choses finiront par mal tourner : lors d’une expédition punitive (et totalement injustifiée), l’armée massacrera tout le camp, y compris Dick Summers. Comme pour mieux marquer la fin d’une époque, et la fin de l’histoire.

Comme pour les deux autres romans de la série, il y a une postface de Bertrand Tavernier. L’occasion de citer deux films : Jeremiah Johnson (1972) pour la scène où l’on mentionne des indiens catholiques et La flèche brisée (1950) pour le mariage avec une indienne.

A. B. Guthrie (1901-1991) est un romancier et historien américain. D’abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (la captive aux yeux clairs) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu’il voulait qu’on grave sur sa tombe, il répondit « Je veux être incinéré et j’aimerais qu’on inscrive sur ma tombe : « J’ai fait de mon mieux. »

La Route de l’Ouest – The Big Sky 2 – A.B. Guthrie

Comme j’avais apprécié La captive aux yeux clairs, il était logique de continuer la trilogie « The Big Sky »… En route donc pour cette deuxième partie.

Si la première mettait en avant les premiers hommes blancs (les trappeurs) à se rendre sur les terres indiennes du Montana, cette fois ce sont les colons qui quittent les terres ingrates du Missouri pour rejoindre l’Oregon. Tous espèrent une vie meilleure dans ce que les rumeurs décrivent comme un paradis sur terre, un territoire encore vierge qui leur tend les bras, avec des rivières, du gibier, des forêts…

Pour servir de guide, nous retrouvons le vieux Dick Summers, que la vie de paysan dans la Missouri ne tente plus guère. Et comme pour le premier opus, l’auteur s’attache à décrire, sans à priori ni moralisme, le mode de vie de ces colons, leur organisation sociale, tout au long de cette immense traversée : 3600 kms quand même, en chariots, avec femme et enfants, dans une nature parfois peu clémente. Les personnages sont attachants, et la lecture de ces aventures forcément très agréable.

L’expédition se passera globalement bien, même si quelques morts seront à déplorer. Les conditions sont dures, le passage des chariots (fleuves, ravins) relève parfois de l’exploit, mais les hommes sont décidés, poussés par ce futur radieux qu’ils pensent les attendre. On ressent à la lecture ce besoin d’expansion vers l’Ouest, cette conquête que rien ne peut arrêter… Les indiens sont déjà plus ou moins pacifiés, et ceux croisés près des forts déjà victime de l’alcool et dépendants des blancs.

Bertrand Tavernier, dans la postface, mentionne un autre roman « The Earthbreakers » de Ernest Haycox (jamais adapté au cinéma, jamais traduit en français non plus) qui s’attache à retracer les premières années des colons dans cet Oregon, complétant admirablement ce roman : ils vont endurer souffrances et privations avant de réussir à s’en sortir ! Le paradis espéré va se révéler beaucoup plus rude que prévu.

Et bien sûr la postface de B. Tavernier nous donne également quelques suggestions de films :La route de l’Ouest (1967) d’Andrew McLaglen, dont B. Tavernier ne nous dit pas le plus grand bien, recommandant plutôt La Piste des Géants (1930) pour son souffle épique. Il mentionne aussi Le convoi sauvage (1971) de Richard Sarafian. Il parle également d’un livre, Terreur Apache de W.R. Burnett, pour indiquer que ces deux auteurs s’immergent dans la façon de penser de leurs personnages, sans les condamner ou leur donner une leçon de morale.

A. B. Guthrie (1901-1991) est un romancier et historien américain. D’abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (la captive aux yeux clairs) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu’il voulait qu’on grave sur sa tombe, il répondit « Je veux être incinéré et j’aimerais qu’on inscrive sur ma tombe : « J’ai fait de mon mieux. »

Passage de Free à Orange (internet et mobile)

Quitter Free pour Orange Cela faisait quelque temps que le sujet me travaillait : je trouvais ma facture chez Free finalement assez élevée : avec la Freebox Révolution et un abonnement Free mobile illimité, le montant était de 56 euros par mois.

Côté box, je n’avais pas besoin de toutes les possibilités offertes par la Freebox Révolution, et côté téléphone mobile, je faisais un usage assez limité de la data (1 Go/mois) ; je me disais qu’il devait y avoir moyen de faire baisser cette facture.

J’avais fait le tour des offres du moment, et je ne trouvais pas vraiment d’alternative, sauf avec les réductions de la première année : après un an, on retrouvait grosso-modo le même tarif à quelques euros près… Je précise que je n’ai pas pris en compte des offres RED SFR, ne voulant pas aller chez Mr Drahi.

J’étais donc dans une sorte de statu quo, peu décidé à entamer des démarches pour un gain finalement limité, d’autant que je suis chez Free depuis une quinzaine d’années, et globalement satisfait des services.

Et voilà qu’un jour, je trouve un papier dans ma boite aux lettre m’informant que la fibre d’Orange était arrivée dans mon immeuble ! Il y avait un numéro pour appeler la commerciale, ce que j’ai fait. Après un rendez-vous, et quelques semaines de réflexion, j’entamais la migration vers Orange… J’avais appelé Free pour leur expliquer la situation, et leur demander quand ils seraient en mesure de me proposer la fibre : cela pouvait être dans 3 mois comme dans 6 mois ou un an, aucun moyen d’avoir ne serait-ce que l’estimation d’une date.

Voilà donc un petit retour d’expérience, les bonnes choses comme les mauvaises, après maintenant deux mois chez Orange. Je précise que j’ai arrondi tous les prix au centime supérieur, histoire de rendre les choses plus claires ! 😉

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La captive aux yeux clairs – The Big Sky 1 – A. B. Guthrie

La captive aux yeux clairs - A. B. Guthrie Après la déception de La marche du mort de Larry McMurtry, j’ai vu ce bouquin sur la table du libraire, qui est la premier d’une série de trois, appelée The Big Sky (qui est aussi le titre original de ce roman). Mais comme Lonesome Dove m’avait tout de même donné goût à la littérature sur l’époque « Western », je me suis laissé tenté.

Et ce fût une bonne surprise. Nous allons suivre les aventures de deux jeunes hommes, Boone Caudill et Jim Deakins, qui quittent leur Kentucky natal pour échapper à l’ennui et à une dure vie de paysan toute tracée. Ils rejoignent une expédition qui va remonter le fleuve Missouri jusqu’au territoire des indiens Blackfeet, réputés dangereux. À bord du bateau se trouve une jeune Blackfoot, Teal Eye, censée être la fille d’un chef indien, et donc permettre en la leur ramenant de les amadouer et pouvoir faire commerce avec eux.

Ils vont aussi rencontrer Dick Summers, un homme plein d’expérience, un « mountain man », un trappeur qui connaît la région et y a roulé sa bosse. Dick va les prendre sous son aile, et peu à peu apprendre ce mode de vie déjà en train de disparaître à Boone et Jim.

Parfaitement écrit, c’est l’occasion de décrire une époque, et le mode de vie de ces hommes au plus proche de la nature (nous sommes en 1830-1840). En même temps, l’avancée inexorable des hommes blancs sur les territoires indiens, leur impact sur la nature (la raréfaction du gibier) et sur les indiens (l’alcool et les maladies) sont en train de tout changer. À tel point que nos trois compères auront bien du mal à retrouver les Blackfeet (car Boone veut revoir Teal Eye), littéralement décimés par une épidémie de variole. Il y a une certaine mélancolie qui transparaît, surtout à travers les yeux de Dick, qui voit une époque se terminer.

Une très belle postface de Bertrand Tavernier conclut ce livre, l’occasion de noter quelques films de l’époque pour les amateurs de vieux westerns : La captive aux yeux clairs (1952) de Howard Hawks bien sûr, mais aussi La prisonnière du désert (1956), Au delà du Missouri (1951), L’homme des vallées perdues (1952) et enfin L’homme du Kentucky (1955) (A.B. Guthrie a écrit le scénario des deux derniers).

Nous retrouverons Dick Summers dans le deuxième Opus, La Route de l’Ouest…

A. B. Guthrie (1901-1991) est un romancier et historien américain. D’abord journaliste, puis professeur de littérature, son premier roman The Big Sky (ce livre) est un immense succès. À 72 ans, il se lancera dans une série de westerns policiers. Quand on lui demanda ce qu’il voulait qu’on grave sur sa tombe, il répondit « Je veux être incinéré et j’aimerais qu’on inscrive sur ma tombe : « J’ai fait de mon mieux. »

Motorola Moto G 4G LTE : passage à LineageOS et Android 7.1

Logo LineageOS Voilà, je suis enfin passé à Android 7.1 et à la version proposée par LineageOS par la même occasion. LineageOS, c’est le successeur de CyanogenMod après que la société Cyanogen Inc. ait annoncé l’arrêt du projet.

La communauté du libre qui s’occupait principalement de développer CyanogenMod a du alors changer le nom, puis trouver où et comment héberger tout le système de développement. Apparemment, tout a été résolu et fonctionne parfaitement.

Ça fait un petit moment que j’attendais, sans être trop pressé, que la version devienne un peu plus stable et mature. Je suivais l’évolution sur le forum XDA [ROM][OFFICIAL][Peregrine][7.X] LineageOS 14.1, et il y avait encore quelques problèmes sur les capteurs, mais ils sont maintenant réglés.

Pour l’installation, j’ai suivi cet article : Installer LineageOS sur Moto G 4G Peregrine où tout est très bien expliqué et détaillé, y compris l’installation du bootloader TWRP et le passage en mode root.

En voilà le résumé, tout s’est déroulé sans gros problème, mais avec tout de même deux ou trois choses à mentionner, suivi d’un petit retour sur Android 7 et LineageOS.

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La ferme des animaux – George Orwell

La ferme des animaux - George Orwell Il était temps que je lise cette fable de George Orwell, dont Simon Leys dit que c’est son chef-d’œuvre ! J’avais un peu peur de m’ennuyer à la lire, mais non, pas du tout, cette allégorie du communisme est magnifiquement racontée, et l’on prend un plaisir certain à la lire.

Une fois l’homme chassé de la ferme, les grand principes d’égalité annoncés et les lendemains radieux promis… arrive ce qui doit arriver : la prise de pouvoir et le début des privilèges pour une certaine classe, ici les cochons (les animaux les plus proches de l’homme ?).

J’ai particulièrement aimé le côté révisionniste, où l’histoire est modifiée en fonction du présent : le pauvre Boule de neige, héros de la première bataille, vite devenu le bouc émissaire de tous les problèmes (on pense à Trotsky) ; les bêlements des moutons qui empêchent vite toute discussion lors des réunions en scandant sans les comprendre des slogans appris par cœur… mais à qui cela fait-il penser ? Etc…

Et puis la façon dont les grands principes sont petit à petit transformés : « Nul animal ne boira de l’alcool » devient « Nul animal ne boira de l’alcool à l’excès » quand Napoléon découvre la bière… « Nul animal ne tuera un autre animal » devient « Nul animal ne tuera un autre animal sans raison valable » quant les exécutions commencent.

Les 7 commandements initiaux finissent d’ailleurs par se réduire à un seul : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres », et dans le dernier paragraphe, les cochons finissent par ressembler physiquement aux hommes :

Douze voix coléreuses criaient et elles étaient toutes les mêmes. Il n’y avait plus maintenant à se faire de questions sur les traits altérés des cochons. Dehors, les yeux des animaux allaient du cochon à l’homme et de l’homme au cochon, et de nouveau du cochon à l’homme ; mais déjà il était impossible de distinguer l’un de l’autre.

Bref, un bon moment de lecture. Paradoxalement, c’est Benjamin l’âne, qui se révèle le plus lucide sur toute l’histoire (il ne croit en rien, et semble revenu de tout !). On dit que les fables de La Fontaine sont de la même façon une lecture très enrichissante, à tous les âges (André Gide les avaient relues avec grand plaisir durant son Voyage au Congo). Avec celle-ci, l’adage est confirmé.

Autres articles sur George Orwell sur ce blog :

George Orwell (1903-1950) a eu une vie incroyable : il a été policier aux Indes, clochard à Paris, ouvrier, combattant en Espagne, speaker à la BBC, et bien sûr écrivain. Malade de la tuberculose, il écrivit 1984 dans ses toutes dernières années, alors qu’il luttait déjà contre la mort. Le petit livre de Simon Leys ci-dessus vous en apprendra beaucoup sur le personnage et sa clairvoyance.

Framabag et l’extension Wallabager pour Firefox

Tout est parti d’un article sur le « Blog de dada » parlant de Firefox, de son récent mode « multiprocess », et du besoin d’avoir des extensions compatibles avec ce mode.

Le mode multiprocess est destiné à améliorer les performances. Cela permet aussi que Firefox ne soit pas entièrement bloqué si une page web (donc un onglet) prend toutes les ressources du processeur. Rendons à César ce qui lui appartient, c’est Chrome, le navigateur de Google, qui a été le premier à implémenter ce principe.

Autant qu’il soit activé donc, mais pour cela il faut que les extensions que l’on utilise soient compatibles avec ce mode. J’avais déjà regardé ça au tout début (version 48 je crois) et installé une extension qui permet de vérifier si les extensions que l’on utilise sont compatibles ou pas : Add-on Compatibility Reporter. Puis j’avais laissé ça de côté, il me restait encore plusieurs extensions non compatibles.

Finalement j’ai donc regardé tout ça à nouveau, d’autant que l’article donnait un remplaçant à une extension que j’utilisais et dont je ne voulais pas me passer : Self Destructing Cookies. J’ai donc installé Cookie AutoDelete à la place. Cool ! 🙂

Une fois ceci fait, il ne me restait qu’une seule extension non compatible, c’était Wallabag v2. L’occasion d’ailleurs de me rendre compte qu’elle était maintenant dépréciée, et qu’il fallait maintenant utiliser Wallabager.

Wallabag est un service permettant de stocker des pages web pour une lecture ultérieure, j’avais fait un article sur le sujet il y a déjà deux ans. Particulièrement pratique par exemple pour lire ces articles quand je suis dans le métro, sans réseau, avec l’application Android Wallabag qui me les a rapatriés auparavant sur le smartphone.

Et nous voilà au sujet de cet article, j’ai eu quelques problèmes pour le configurer, il me fallait un User ID et un User secret dont je me demandais bien où je pouvais les trouver… C’est assez simple en fait, mais cela m’avait échappé.

Enfin j’utilise Framabag comme serveur Wallabag (celui que Framasoft a mis en ligne dans le cadre de sa campagne Dégooglisons internet).

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Naufrage au Mont-Blanc – Yves Ballu

Naufrage au Mont-Blanc - Yves BalluC’est ma frangine qui m’a offert ce bouquin : elle habite Chamonix, alors forcément cette terrible histoire l’a passionnée, et elle a voulu me faire connaître ce qui reste une véritable tragédie.

Nous sommes en 1956 : deux jeunes alpinistes (Vincendon, un parisien, et Henry, un belge) partent pour une course hivernale sur le Mont Blanc ; ils vont se retrouver coincés à 4000 mètres d’altitude, par -30°C, pendant plus de dix jours, leur calvaire étant suivi à la jumelle depuis Chamonix. Un hélicoptère qui tentera de se poser pour les secourir va s’écraser à leurs côtés… Il y a maintenant six personnes à secourir !

Si les deux alpinistes sont vivants, ils ont déjà leurs membres gelés, et même le visage pour l’un d’entre eux. D’autres secours vont être envoyés, mais l’on s’occupera d’abord de sauver les hommes de l’hélicoptère. L’issue sera fatale pour Vincendon et Henry, dont les corps ne seront ramenés dans la vallée qu’au printemps.

Yves Ballu est ingénieur de formation, docteur ès sciences, passionné de montagne, et écrivain : apparemment dans l’ordre, car je n’ai pas trouvé que c’était ni très bien écrit et raconté. Il y a parfois des phrases convenues, ou des dialogues peu crédibles, comme ceux du notaire Maître de la Roche : ce personnage n’existant que pour exprimer des opinions caricaturaux, provocants ; sans doute pour refléter une partie de l’opinion ? mais le procédé n’est pas très bien venu.

Par contre, l’auteur s’est appliqué à retranscrire les faits tels qu’ils se sont passés, sans chercher à protéger ou couvrir telle ou telle institution, et c’est déjà beaucoup, car des organismes comme la Compagnie des Guides de Chamonix (qui refusent carrément d’intervenir) et  l’EHM (École militaire de Haute Montagne) n’en sortent pas grandis, c’est le moins que l’on puisse dire. Car entre la mauvaise foi des uns et les mauvaises décisions des autres, le tableau est cruel. Ajoutez à cela un peu de malchance, et vous aurez une idée de la tragédie.

À la décharge des guides de Chamonix, les courses hivernales sont une pratique peu courante à l’époque ; et pour les Chamoniards, voir ces jeunes inconséquents partir à la recherche d’un exploit ne les incitent pas à prendre des risques (pour eux, bénévoles qui ont une famille, etc…). D’ailleurs, le débat sur la gratuité des secours en montagne n’est toujours pas clos de nos jours.

Il y a eu une émission de France Inter du 28/11/2016 sur le sujet, que l’on peut réécouter : Prisonniers du Mont-Blanc : l’affaire Vincendon Henry. On peut également retrouver deux trois photos sur le blog de Yves Ballu.

Un bon vieux blog garantit sans pub !