Born to be blue – Robert Budreau

Born to be blue - Robert Budreau Après Neruda, un autre biopic, sur Chet Baker cette fois-ci, le légendaire trompettiste de jazz. Il semble qu’Hollywood apprécie ce format, et c’est tant mieux quand, comme pour ces deux-là, une dose de poésie ou d’invention vient agrémenter l’histoire.

Pour celui-ci, le film commence avec le tournage d’un film où Chet Baker joue son propre rôle. Si le projet d’un tel film a bien existé, il n’a jamais eu lieu. Chet Baker va alors tomber amoureux de Jane, sa partenaire, mais le film est arrêté après qu’un dealer lui ait fracassé la mâchoire et quelques dents (épisode véridique de sa vie).

Nous suivons alors la longue traversée du désert de Chet pour réapprendre à jouer de la trompette, et à se désintoxiquer de l’héroïne, aidé et soutenu par Jane. L’artiste est hanté par ses souvenirs (toutes ces scènes sont en noir et blanc) et ses vieux démons. Le retour à la ferme de ses parents et ses rapports avec son père en dit long…

Il va finalement pouvoir rejouer au Birdland, le club historique du jazz new-yorkais, devant Mile Davis et Dizzy Gillepsie. Sous pression, la tentation de reprendre de l’héroïne va alors se présenter, car il est persuadé de mieux jouer quand il est sous les effets de la drogue.

Un film magnifique, très esthétique, et une histoire forte. L’acteur Ethan Hawke est vraiment excellent (il chante lui-même « My funny Valentine » !). J’ai vraiment beaucoup apprécié. Et l’on a envie d’écouter un peu de Chet Baker en sortant de la salle !

Motorola Moto G 4G LTE : Stock Android 6.0 avec correctif sécurité du 1er août 2016

À propos du téléphone En Septembre, j’avais installé une nouvelle ROM appelée « Identity Crisis » proposée sur le forum XDA (voir cet article). Alors que Motorola n’a proposé que Android 5 comme mise à jour pour ce modèle (XT1039), c’était une manière de passer à Android 6 Marshmallow avec un noyau proposé par Motorola (pour le XT1072, c’est-à-dire le Moto G 2nd Generation), mais transformé pour pouvoir fonctionner sur mon modèle… Un boulot vraiment génial fait par les développeurs d »XDA !

J’en étais très satisfait, et puis j’ai vu qu’une nouvelle version était proposée (sans doute la dernière d’ailleurs) intégrant le dernier noyau fourni par Motorola, qui inclut les correctifs de sécurité Android d’août 2016. C’est la Identity Crisis 6 LTE v1.5 ‘Deviant’ disponible sur cette page. Rien d’extraordinaire, certes, mais autant tourner avec le noyau le plus récent possible. Et puis j’avais le temps pour le faire, alors…

Ce fut l’occasion de vérifier l’extrême facilité avec laquelle on peut installer une nouvelle ROM quand le Recovery est déjà installé, et que la ROM est prête à l’emploi (root, etc…). Voilà d’ailleurs les caractéristiques complètes de celle-ci :

Stock Kernel | Zipaligned | Rooted | Busybox | init.d Script Support
OTA Updates Disabled | Non-essential Motorola Services removed | More RAM available
‘Cast Screen’ Enabled | Debloated | RRO Layers Support | ‘Safe volume warning’ Disabled | EAP Sim support
MultiROM Compatible | Post-install zipaligning (Fly-On Mod) | Improved Battery Life | Lock-screen rotation

Pas mal non ? En fait, la seule chose qu’il reste à gérer, ce sont les sauvegardes des différentes applis que l’on utilise, comme les SMS ou les comptes mails, et quelques autres précautions à prendre avant de lancer l’opération. Comme j’ai déjà détaillé pas mal de choses concernant l’installation de la ROM proprement dite dans cet article, je vais juste détailler les étapes préliminaires et postérieures à l’installation dans cet article.

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Souvenirs personnels – Joseph Conrad

Souvenirs personnels - Joseph Conrad Avant de parler de ce livre, remarquez le visage et les yeux de Conrad : le personnage devait être impressionnant quand on était face à lui !

Joseph Conrad nous offre donc quelques uns de ses souvenirs, une occasion de partir en voyage avec ce magnifique auteur. Il est quelque fois difficile à suivre dans ses pensées, qu’il laisse vagabonder au gré de ses souvenirs et des associations d’idées qu’ils provoquent ; de plus la postface nous explique que tout n’est pas forcément exact dans ce qu’il nous raconte… Mais l’ensemble est un plaisir à lire, comme d’habitude, et puis n’est-ce pas tout l’art du romancier de mêler vérité et fiction ?

Conrad va d’abord nous parler de son premier roman, La folie Almayer, de la réponse laconique du marin à qui il demanda s’il devait en continuer l’écriture, des années où il transporta ce manuscrit, au risque de le perdre quand sa pirogue chavira au Congo… Puis nous voilà en Pologne, où il revient après avoir bourlingué sur les mers : les souvenirs d’enfance et de famille lui reviennent : sa décision de devenir marin, le frère de son grand-père qui servit sous Napoléon et qui mangea du chien (qui relève de la fiction également), l’histoire de la Pologne et sa révolte contre l’Empire Russe.

Vers le milieu du livre, deux chapitres m’ont paru à leur début un peu difficile à suivre, puis il revient à chaque fois à des anecdotes toujours intéressantes, comme sa rencontre avec le vrai Almayer (rencontre imaginaire, même si le personnage qui servit d’inspiration à Conrad exista réellement), ou ses examens de passage pour devenir capitaine de la marine anglaise qui valent également le détour.

Autre articles sur Joseph Conrad sur ce blog :

Joseph Conrad (1857-1924), d’origine polonaise, est considéré comme l’un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle. Il sera marin pendant vingt ans, puis se consacrera totalement à son œuvre littéraire.

Corniche Kennedy – Dominique Cabrera

Corniche Kennedy - Dominique Cabrera Ce n’est certes pas un grand film, mais l’histoire de ces jeunes marseillais un peu paumés qui aiment plonger du haut de la corniche est finalement assez touchante. Ils viennent des quartiers nord de Marseille, ont abandonné l’école… Quand ils se livrent et racontent un peu ce qu’est leur vie, leur famille, leurs espoirs (s’il en ont), on se pose forcément des questions sur notre société.

La réalisatrice a d’ailleurs choisi d’engager des jeunes marseillais adeptes du plongeon et de leur apprendre à jouer plutôt que de faire l’inverse, et c’est plutôt réussi.

Une jeune fille d’un milieu aisé va venir s’intégrer au groupe, pour plonger avec eux. Elle va flirter avec deux garçons de la bande, l’occasion pour eux de se découvrir un peu, sous leurs dehors de mecs. L’intrigue policière qui vient s’y mêler est plutôt décevante, et vient presque gâcher ce qui aurait pu être un beau film sur la jeunesse. Sinon les images de la corniche, la mer, le soleil sur la peau, tout cela donne envie alors que l’hiver sévit !

Ce film est tiré du roman éponyme de Maylis de Kerangal, l’auteur de « Réparer les vivants », également adapté à l’écran.

Les villes de la plaine – Diane Meur

Les villes de la plaine - Diane MeurCela commence comme une fable agréable, philosophique, dans une ancienne civilisation imaginaire, et la curiosité nous fait facilement tourner les pages des premiers chapitres : où l’auteur va-t-il donc nous emmener ?

Hélas, les promesses ne seront pas tenues. Si c’est plutôt bien écrit, le style qui se veut assez raffiné se révèle assez vite lassant : presque celui d’un conte que l’on raconterait à des enfants, assez pompeux, avec un peu trop de recherche dans le vocabulaire. On comprend bien l’effet recherché, mais également l’échec.

Quant au sujet, c’est celui d’une civilisation construite sur un texte religieux fondateur ; or le sens de ce dernier s’avère avoir été détourné par une élite au fil des siècles afin de prendre le pouvoir. Avec en parallèle, une histoire d’amour entre un homme et une femme, ce n’est pas trop dur à écrire, et ça plaît toujours, hein ? J’oubliais deux ou trois chapitres se passant à une époque beaucoup plus rapprochée, qui n’apportent rien du tout, si ce n’est que les hypothèses des archéologues sont parfois loin de la réalité…

Tout cela apporte finalement de la déception à tous les niveaux : sujet manifestement trop vaste pour être traité de la sorte, on s’ennuie assez vite une fois la curiosité des premiers chapitres passée. Tout ça pour dénoncer finalement des évidences : des hommes détournent des textes pseudo-religieux pour mieux asseoir leur pouvoir sur les masses ? Mince alors, je n’avais jamais remarqué… Heureusement que le pauvre berger sans éducation réussit à séduire et sauver la belle, puis à retourner dans son village arriéré, où ils pourront couler des jours heureux ! Il a même failli sauver la civilisation, mais bon, faut pas trop exagérer quand même !

Diane Meur,  née à Uccle le 7 janvier 1970, est une femme de lettres belge d’expression française. Elle est titulaire d’une maîtrise de littérature comparée de l’Université Paris-IV ainsi qu’un DEA de sociohistoire de la littérature. Ceci explique sans doute le sujet de ce roman.

Juste la fin du monde – Xavier Dolan

Juste la fin du monde - Xavier Dolan Grosse déception en allant voir ce film, sélectionné dans le « Festival Cinéma Télérama » qui passe en ce moment à Rennes. Avec un titre pareil, et sachant que c’est l’histoire d’un écrivain qui revient dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine, je m’attendais à quelque chose de pesant, mais peut-être profond, sur la difficulté à communiquer entre les êtres…

Hélas, dès le début, on tombe dans une espèce de caricature de rapports humains, l’écrivain en question étant largement mutique, passant le film à sourire bêtement en guise de réponse ; quant à la famille, ils sont tous plus ou moins névrosés (plutôt plus que moins), ce qui donne des scènes et des dialogues complètement irréels : Marion Cotillard bafouille pendant tout le film, Vincent Cassel pique sa crise dès qu’il ouvre la bouche, etc…

On pourrait croire que les acteurs sont mauvais, mais vu leur notoriété, il semble bien que ce soit les dialogues et les scènes qui soient d’une débilité profonde. C’est d’ailleurs bien la seule profondeur que l’on atteindra ici.

À se demander comment ce film peut faire l’objet d’une sélection quelconque… Mais avec Télérama, c’est vrai que tout est possible !

Six récits au fil inconstant des jours – Shen Fu

Six récits au fil inconstant des jours - Shen Fu Un roman traduit par Simon Leys, noté pendant la lecture de sa biographie. Le contenu est à l’image du  titre, plein de beauté, de douceur et de fraîcheur…

Shen Fu (1763 – ?) était un obscur lettré, fonctionnaire se retrouvant souvent sans emploi, amené à emprunter, mettre en gages le peu qu’il a, et même à vivre chez des amis. Rien ne le destinait à la postérité, sauf ce recueil qui connût un immense succès en Chine, puis à l’étranger, dès sa publication, hélas largement posthume !

Le propos est on ne peut plus simple : raconter des expériences d’une vie sans grande histoire. Mais par cette simplicité même, il nous charme. Dommage que des six récits il n’en  subsiste que quatre…

Le premier est entièrement dédié à sa femme Chen Yun, intitulé « Souvenirs heureux : la vie conjugale » ; il nous raconte la rencontre et le mariage qui suivit, tous deux formant un couple très amoureux et complice. On en apprend beaucoup sur les mœurs de l’époque, et l’on est même surpris, comme avec l’histoire de la concubine Hanyuan, où Chen Yun semble proposer un ménage à trois ! Nous sommes loin de la femme soumise que l’on imagine…

Puis viennent les « Souvenirs exquis : les heures oisives », où l’auteur va nous détailler un peu leurs occupations, étant tous deux amateurs de poésie, aimant à deviser le soir au clair de lune, ou à se trouver une demeure un peu à l’écart pour en faire un nid douillet, en l’aménageant de belle manière, et pas uniquement l’intérieur : le jardin est aussi important, et révèle tout un art pour occuper l’espace afin d’apaiser l’esprit.

C’est alors le tour des « Souvenirs amers : les épreuves »… Les relations avec son père vont se détériorer sur un malentendu, Chen Yun va tomber malade, les soucis d’argent vont commencer. Ce récit commence ainsi :

Pourquoi donc la vie est-elle semée d’épreuves ? Le plus souvent elles surviennent comme une conséquence de nos fautes ; mais ceci ne saurait être mon cas, car tous mes malheurs sont venus, au contraire, de cette disposition que j’ai à suivre les élans de mon cœur, à respecter la parole donnée et à m’exprimer sans détour.

Le livre se termine par les « Souvenirs allègres… » où Shen Fu nous écrit une sorte de petit guide des endroits qu’il a pu visiter au cours de vie (amené à voyager pour occuper un poste quelques mois par exemple). À moins d’être sur place et d’aller visiter ces lieux, j’y ai trouvé peu d’intérêt, en dehors du style toujours aussi simple et candide, le rendant très agréable à lire.

J’ai beaucoup aimé les noms très poétiques employés pour nommer les lieux : le Pont des Dix Mille Années, la Source des Fleurs de Pêchers, une chambre baptisée « La Tour Parfumée de l’Invitée », un point de vue dominant un paysage immense appelé « Mille Arpents de Nuées »…

Simon Leys fournit une très belle préface, et nous explique :

Il n’y a rien d’idyllique ni de mièvre dans ce tableau de la vieille Chine ; Shen Fu et sa femme ont cruellement souffert sous la règle implacable de l’ancienne société, — mais sans révolte cependant : la société qui les écrase est aussi celle qui les a portés et nourris ; c’est d’elle qu’ils tiennent le meilleur d’eux-mêmes, leur sensibilité, leur humanité, un art de vivre exquis, et un courage sublime dans l’adversité.

Il  y a aussi quelques notes explicatives en fin d’ouvrage, pour donner un peu de contexte à certaines fêtes ou traditions mentionnés par Shen Fu, comme la Fête du Double Neuf (le neuvième jour du neuvième mois lunaire) :

C’est une des plus anciennes fêtes traditionnelles ; sa signification et son origine sont assez obscures ; il semble qu’elle commémore la manière dont une population ancienne aurait échappé jadis à un cataclysme naturel en se réfugiant au sommet d’une montagne. Quelle que soit sa signification initiale, le rite est resté, et aujourd’hui encore, à la date du Double-Neuf, on fait l’ascension d’une montagne, d’une colline ou de tout lieu élevé avoisinant l’endroit où l’on vit. Cette fête est devenue, elle aussi, un agréable prétexte à excursion et pique-nique.

Shen Fu est né en 1763 sous la dynastie Qing. On ignore la date de sa mort. « Six récits au fil inconstant des jours » fut retrouvé par hasard en 1849 et ne fut imprimé qu’en 1877. Simon Leys l’a traduit en 1966.

American Pastoral – Ewan McGregor

American Pastoral - Ewan McGregor Ce film avait reçu une très bonne critique du Canard, et est adapté d’un roman de Philip Roth qui a reçu le prix Pulitzer en 1997 : suffisant pour avoir envie de le voir.

C’est l’Amérique des années 1960, Seymour Levov, surnommé « Le Suédois » pour son look, champion de son lycée, a tout pour avoir une vie heureuse : une femme ex-Miss Jersey, la fabrique de gants de son père dont il prend les commandes, et une adorable petite fille dont le seul problème est de bégayer.

Mais le rêve va tourner au cauchemar, la petite fille grandit et se radicalise, révoltée par la guerre du Vietnam et les émeutes raciales qui secouent le pays : elle commet un attentat à la bombe dans la poste locale, provoquant un mort, puis disparaît.

Le Suédois ne va jamais s’en remettre, cherchant désespérément à retrouver sa fille, et son couple va éclater. Il finira par la retrouver, mais ce n’est plus la même personne. Il ne s’en remettra jamais.

Il y a une tension constante dans ce film, et le jeu des acteurs est parfait. On en ressort un peu secoué… Cela donne envie de lire le bouquin !

Vol au-dessus d’un nid de coucou – Ken Kesey

Vol au-dessus d'un nid de coucou - Ken Kesey Après avoir découvert l’extraordinaire Et quelques fois j’ai comme une grande idée, j’ai eu envie de lire le premier roman de cet auteur pour le moins atypique. Il suffit de lire Acid test de Tom Wolfe pour se faire une idée de la vie incroyable qu’a eu Ken Kesey, au moins ses jeunes années !

Au début des années soixante, pour quelques dollars, il s’était porté volontaire pour tester diverses drogues psychédéliques dans un hôpital psychiatrique. C’était l’époque de la découvert du LSD, les scientifiques étudiaient ces drogues qui altéraient l’état de conscience. Six mois plus tard, cherchant un travail, il se retrouva embauché comme aide-soignant dans le même service, avec le même médecin, sous les ordres de la même infirmière. C’est de cette expérience qu’il écrira cette histoire.

À noter que cette belle édition inclut des dessins que l’auteur fît à ce moment-là (montrant ainsi un autre talent), comme il nous l’explique dans la courte préface :

Les visages étaient toujours là, toujours aussi douloureusement à nu. Par stratégie d’évitement, je pris l’habitude de me réfugier derrière un calepin dans lequel je griffonnais. Cela me valut beaucoup de compliments de la part des infirmières : « Très bien, M. Kesey ! C’est la bonne approche. Il faut apprendre à les connaître. »
Je griffonnais aussi des visages. Non, pas exactement. En écumant cette pile d’esquisses, je m’aperçois que les visages se sont insinués dans ma tête et gravés dans mon esprit. Le stylo à la main, je n’avais qu’à attendre que la magie opère.

Bien sûr, j’ai vu et revu le film que Miloš Forman en a tiré en 1975, avec Jack Nicholson et Louise Fletcher. Si le film est assez fidèle au roman, la première différence est que le narrateur, dans le roman, c’est l’indien gigantesque que McMurphy appelle « Grand Chef ».

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