La Fayette – Gonzague Saint Bris

La Fayette - Gonzague Saint Bris C’est un ami à qui je disais que j’aimais de plus en plus les bouquins historiques, typiquement la biographie d’un homme ayant marqué l’Histoire, car ils avaient cette saveur incomparable qu’est la réalité  comparée à une fiction parfois difficilement crédible ou peu intéresante… cet ami donc me conseilla de lire la biographie de La Fayette.

Après quelques recherches, la seule biographie existant en poche est celle-ci, écrite en 2006 par Gonzague Saint Bris… j’avais quelques doutes sur l’auteur, qui se sont confirmés à la lecture : il montre un grand intérêt pour les titres et les lignées royales, et en le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser à Stéphane Bern ! 😉

Le style laisse d’ailleurs à désirer : pas mal de phrases avec des descriptions un peu convenues ou alambiquées, de généalogies énoncées longues comme un jour sans fin, ou encore cette manie de présenter un personnage sans le nommer, puis terminer par « en qui on aura reconnu », ou « le lecteur aura reconnu »… Un peu énervant tout ça !

Mais revenons à l’essentiel, la vie de La Fayette ; selon l’auteur, La Fayette sera obsédé toute sa vie par deux choses : la liberté et la gloire. Pour la seconde, je ne suis pas vraiment convaincu, mais pour la première, il sera fidèle a son idéal de liberté jusqu’au bout, et plus généralement aux idéaux des Lumières.

Attiré par la volonté d’indépendance des Américains, il embarque à 19 ans, contre la volonté du roi , et à ses propres frais, pour rejoindre les Insurgents. Il se battra aux côtés des américains, faisant partie de l’état-major de George Washington, avec qui il se noue d’amitié.

De retour en France, il va se trouver confronté à la révolution française. Extrêmement populaire, il aurait certainement pu prendre le pouvoir à un moment ou à un autre, mais il ne le recherchait manifestement pas ; il démissionnera même de son poste de commandant de la Garde nationale. Fidèle à ses idées donc, on peut aussi se dire qu’il s’est pas mal de fois fait « ballader » par les hommes de pouvoir, à vouloir toujours ménager la chèvre et le choux, à savoir la noblesse et l’idéal de liberté : il lutte contre le chaos proposé par certains révolutionnaires, et milite plutôt pour conserver le pouvoir royal (il pense à une monarchie constitutionnelle). Aux États généraux, il continue de siéger à côté des nobles (sans renier ses origines) et vote en fonction de ses idéaux.

Les Jacobins le déclarent « traître à la nation », le forçant à chercher l’exil ; mais il est arrêté par les autrichiens qui le remettent aux prussiens. Il va alors passer cinq ans en captivité, au cachot, dans des conditions très difficiles. Il faudra attendre l’intervention de Napoléon Bonaparte pour qu’il soit libéré ; pourtant les deux hommes ne s’apprécient guère, et La Fayette s’opposera au titre de consul à vie que s’octroie Napoléon.

Il aura ainsi traverser trois révolutions, quatre royaumes, deux républiques et un empire… dans cette période trouble et complexe (de 1789 à l’avènement de Louis-Philippe), il tente de faire valoir ses idées, et y reste fidèle, démissionnant quand il le croit nécessaire. Il meurt en 1834, à l’âge de 77 ans, et la terre qui sert à recouvrir le cercueil vient partiellement d’Amérique, ramenée par lui-même lors d’un voyage qu’il y fit en 1824 : le voyage dura plus d’un an, et La Fayette y fût acclamé partout…

Pour conclure, La Fayette aura finalement eut très peu de reconnaissance en son propre pays… La période y est pour beaucoup, sans doute la plus instable de son histoire, et ce pendant de longues années. Contrairement aux États-Unis, sa patrie de cœur, où son amitié avec George Washington ne sera jamais démentie. Chateaubriand dira de lui :

Son aveuglement tenait lieu de génie car il n’avait qu’une seule idée, et heureusement pour lui elle était celle du siècle ; la fixité de cette idée a fait son empire.

Avant de mettre en avant ses contradictions :

Royaliste, il renversa en 1789 une royauté de huit siècles ; républicain, il créa en 1830 la royauté des barricades : il s’en est allé donnant à Philippe la couronne qu’il avait enlevée à Louis XVI […] Dans le Nouveau Monde, M. de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le monde ancien, à la destruction d’une vieille société : la liberté l’invoque à Washington, l’anarchie à Paris.

Gonzague Saint Bris, né en 1948, est un écrivain et journaliste français. Il aurait, selon le quatrième de couverture, consacré vingt ans de recherches à la rédaction de cette biographie de La Fayette… À voir le nombre de publications du personnage sur sa page wikipedia (une cinquantaine !), certaines ont du être carrément bâclés ! 😉

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