Meursault, contre-enquête – Kamel Daoud

Meursault, contre-enquête - Kamel Daoud Après avoir vu un interview à la TV de Kamel Daoud à propos de ce livre, j’ai eu envie de lire cette « réponse » à « l’Étranger » d’Albert Camus.

Le roman a été finaliste pour le prix Goncourt, sans le remporter pour autant, mais avait obtenu d’autres prix, comme le montre le bandeau de couverture.

Mais avant de commencer, je me suis dit : relis d’abord l’Étranger, tu l’as lu à l’école il y a bien longtemps, ce sera bien de lire les deux à la suite.

Aussitôt dit, aussitôt fait, d’autant que les deux romans, sensiblement de la même taille, se lisent assez vite. Mais je serai tenté de dire que c’est le seul point commun entre les deux.

L’Étranger de Camus

C’est vraiment un très bon roman, on est tout de suite intrigué par ce personnage qui nous parle, et dont on sent bien qu’il montre une sorte d’insensibilité, d’indifférence à tout ce qui lui arrive, vivant normalement au quotidien, mais dans un détachement total, étranger au monde qui l’entoure.

La vie a-t-elle un sens pour cet homme ? Sous le soleil omniprésent, il finit par tuer un Arabe sur la plage, sans vraiment savoir pourquoi. La deuxième partie du roman est le récit de son procès, où on lui reprochera plus son indifférence au monde (son attitude à la mort de sa mère, qui ouvre le roman) que le meurtre, ce qui le conduira à une condamnation fatale (et acceptée).

C’est magnifiquement écrit, Camus raconte d’une manière vraiment unique ; dire que c’était son premier roman ! Il parait qu’il existe une version audio de l’Étranger, lu par Albert Camus lui-même. J’aimerais bien l’écouter…

Meursault, contre-enquête

À peine « l’Étranger » refermé, j’entame donc « Meursault, contre-enquête ». Le narrateur, Haroun, est le frère de « l’Arabe » tué par Meursault ; plus de cinquante ans plus tard, vieil homme assis au coin d’un bar, il va donner enfin un nom à la victime de Meursault, et nous raconter l’histoire vue de l’autre côté, bien des années plus tard, après l’indépendance. L’homme est amer sur sa vie, son pays, la religion…

Je n’ai pas du tout accroché. Même si c’est très bien écrit, il ne m’en reste qu’une longue lamentation assez déplaisante, souvent répétitive, avec cet Haroun qui interpelle constamment le lecteur sur ses malheurs. Je m’attendais à un jeu de miroir avec le roman de Camus, mais ce n’est apparemment pas ce que cherchait l’auteur : plutôt un prétexte pour parler de son pays à notre époque.

Kamel Daoud, né en 1970, est un  journaliste et écrivain algérien.

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