Cercle – Yannick Haenel

Cercle - Yannick Haenel A l’inverse du précédent, j’ai senti dès les premières pages que ce roman n’allait pas me plaire. J’ai tout de même continué jusqu’à une centaine, puis je l’ai refermé définitivement.

Je ferai dorénavant un peu plus attention quand la libraire me  propose un bouquin (qu’elle n’avait pas lu d’ailleurs, nous en avons parlé ensuite). Si j’avais lu ne serait-ce que la première page sur place, le livre serait resté sur l’étagère de la librairie. Là, il risque de finir à la poubelle, les places dans ma biblitohèque sont comptées, et surtout se méritent.

Un type décide un beau matin, sur le quai de la station de métro, de tout laisser tomber. Extrait de la page 1 :

J’ai dit : «c’est maintenant qu’il faut reprendre vie.» Aussitôt, il y a eu une série d’étincelles autour de ma tête, puis la phrase s’est enroulée autour de mes épaules en y traçant des lignes rouges, oranges, jaunes; elle a cheminé le long de mon bras, lentement, jusqu’à ma main qui s’est gorgée d’un sang bleu-noir. C’est ainsi que ce livre a commencé.

À mon avis, il aurait tout aussi bien fait de ne pas le commencer. Page 34, ça se confirme :

Le narrateur agit avec ses découvertes comme on agit avec sa propre solitude. Rien ne sera plus doux, plus labyrinthique, plus voluptueux, plus matinal, plus nocturne, rien ne sera plus glorieux, plus cauchemardesque, plus secret, plus bandant que ce qui arrivera bientôt si les phrases continuent de grandir et s’élancent, comme depuis ce matin, vers ce passage où la liberté s’affirme à mesure qu’elle s’énonce. Le livre que vous avez entre les mains vous amènera lentement au coeur de ce qui le rend possible. Le lecteur, s’il existe, est donc prié de faire de sa patience un art; et d’entendre les phrases comme elles sont venues, comme elles viennent, comme elles viendront : il n’y a pas de raison que cette aventure soit plus facile pour lui que pour moi.

Nous voilà prévenu, c’est au lecteur de faire l’effort. Bref, on s’emm… ferme au fil des digressions de l’auteur qui se regarde écrire, imite le style de grands auteurs surréalistes, au long de phrases toutes plus creuses les unes que les autres. Il écrit (plutôt bien d’ailleurs), mais s’enivre de ses propres mots, de citations littéraires pour montrer sa culture. Et il n’en ressort rien, un vide absolu.

Il a tout de même reçu le prix Décembre 2007 pour ce roman de 500 pages. S’il y avait plus de mois dans l’année, il méritait effectivement d’avoir le dernier.

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