Le jeune Karl Marx – Raoul Peck

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck J’avais envie de voir ce film pour mieux connaître le personnage qui encore aujourd’hui est souvent mentionné dès que l’on parle de crise économique (du capitalisme). J’en suis ressorti un peu sur ma faim, mais bon, pas facile non plus de faire mieux je pense. Les deux premières scènes du film sont très explicites :

La première nous montre des pauvres ramassant du bois mort dans une forêt. Une voix off nous explique la différence entre la branche valide d’un arbre, et une branche morte, se demandant si la branche morte appartient toujours à l’arbre, et accessoirement à son propriétaire… Puis des hommes à cheval arrivent en chargeant, frappant sans retenue les gueux qui ont osé ramasser le bois mort.

La deuxième scène se passe dans une usine, où l’on voit des hommes, des femmes et des enfants travailler sur des machines. Apparemment, pas grand chose ne les distingue des gueux de la première scène (travailleurs pauvres). Arrive le patron qui fait un beau discours menaçant (je ne sais plus trop pourquoi), ce à quoi une ouvrière se rebelle et se fait virer sur le champ. Le fils du patron n’est autre que Friedrich Engels, qui va suivre l’ouvrière qui deviendra sa femme.

Le décor est installé, celui d’une classe ouvrière à l’aube de l’ère industrielle, qui n’a pas grand chose à envier aux esclaves. Le besoin de changer ce monde, et le sentiment de révolte qui va avec, n’est pas bien compliqué à comprendre et à accepter.

Nous retrouvons ensuite Karl Marx, alors journaliste en Allemagne, qui se fait expulser et se réfugie en France. Il assiste aux discours de Proudhon, auteur du célèbre : « La propriété, c’est le vol ». Ils se rencontrent à plusieurs reprises, mais sans être vraiment en accord sur leurs idées, Marx lui reprochant d’être trop théorique, trop abstrait. Quand un peu plus tard Proudhon publiera sa « Philosophie de la misère », Marx en fera une critique très sévère appelée « Misère de la philosophie » ! On imagine le personnage…

Engels viendra rencontrer Marx, et ils vont devenir inséparables. Engels connaît le monde des nantis, et celui des ouvriers, et il ne manque pas d’argent ; Marx est un penseur du matérialiste historique, assez redoutable quand il s’agit d’apporter la contradiction, mais peu doué pour les concessions, comme on l’a vu avec Proudhon. Il ne partage pas non plus les thèses de l’anarchie chères à Bakounine. Financièrement, il est fauché.

Avec Engels, ils vont approcher un mouvement clandestin appelé La ligue des justes, créé à Paris par des ouvriers allemands, et s’approchant du socialisme utopique. Les deux compères prétendront avoir Proudhon comme ami pour être crédible ! La Ligue des justes deviendra bientôt la Ligue des communistes, et Karl Marx publiera son Manifeste du Parti Communiste.

Voilà, ce sont les cinq années de la vie de Karl Marx qu’a choisi le réalisateur de montrer. Je suis resté sur ma faim car les échanges de dialectique politique sont un peu trop rapides à mon goût, on survole vraiment beaucoup de choses en très peu de temps, alors que certaines scènes de la vie familiale de Marx ou de Engels m’ont paru de peu d’intérêt. Mais il s’agissait sans doute d’un besoin d’équilibre afin que le film ne soit pas trop ardu, et cela a aussi le mérite de rendre Marx un peu plus humain.

Cela n’en reste pas moins un très bon film, d’une réalisation très classique, décrivant un moment crucial de la moitié du XIXème siècle, quand on sait tout ce qui va suivre. Ne pas confondre pour autant le Manifeste du Parti communiste de Karl Marx avec ce qu’en ont fait les différents Partis communistes de la planète ! 😉 D’ailleurs, à l’époque, aucun Parti communiste n’existait, et l’ouvrage fut par la suite republié sous le titre Manifeste communiste).

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