Naufrage au Mont-Blanc – Yves Ballu

Naufrage au Mont-Blanc - Yves BalluC’est ma frangine qui m’a offert ce bouquin : elle habite Chamonix, alors forcément cette terrible histoire l’a passionnée, et elle a voulu me faire connaître ce qui reste une véritable tragédie.

Nous sommes en 1956 : deux jeunes alpinistes (Vincendon, un parisien, et Henry, un belge) partent pour une course hivernale sur le Mont Blanc ; ils vont se retrouver coincés à 4000 mètres d’altitude, par -30°C, pendant plus de dix jours, leur calvaire étant suivi à la jumelle depuis Chamonix. Un hélicoptère qui tentera de se poser pour les secourir va s’écraser à leurs côtés… Il y a maintenant six personnes à secourir !

Si les deux alpinistes sont vivants, ils ont déjà leurs membres gelés, et même le visage pour l’un d’entre eux. D’autres secours vont être envoyés, mais l’on s’occupera d’abord de sauver les hommes de l’hélicoptère. L’issue sera fatale pour Vincendon et Henry, dont les corps ne seront ramenés dans la vallée qu’au printemps.

Yves Ballu est ingénieur de formation, docteur ès sciences, passionné de montagne, et écrivain : apparemment dans l’ordre, car je n’ai pas trouvé que c’était ni très bien écrit et raconté. Il y a parfois des phrases convenues, ou des dialogues peu crédibles, comme ceux du notaire Maître de la Roche : ce personnage n’existant que pour exprimer des opinions caricaturaux, provocants ; sans doute pour refléter une partie de l’opinion ? mais le procédé n’est pas très bien venu.

Par contre, l’auteur s’est appliqué à retranscrire les faits tels qu’ils se sont passés, sans chercher à protéger ou couvrir telle ou telle institution, et c’est déjà beaucoup, car des organismes comme la Compagnie des Guides de Chamonix (qui refusent carrément d’intervenir) et  l’EHM (École militaire de Haute Montagne) n’en sortent pas grandis, c’est le moins que l’on puisse dire. Car entre la mauvaise foi des uns et les mauvaises décisions des autres, le tableau est cruel. Ajoutez à cela un peu de malchance, et vous aurez une idée de la tragédie.

À la décharge des guides de Chamonix, les courses hivernales sont une pratique peu courante à l’époque ; et pour les Chamoniards, voir ces jeunes inconséquents partir à la recherche d’un exploit ne les incitent pas à prendre des risques (pour eux, bénévoles qui ont une famille, etc…). D’ailleurs, le débat sur la gratuité des secours en montagne n’est toujours pas clos de nos jours.

Il y a eu une émission de France Inter du 28/11/2016 sur le sujet, que l’on peut réécouter : Prisonniers du Mont-Blanc : l’affaire Vincendon Henry. On peut également retrouver deux trois photos sur le blog de Yves Ballu.

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